Similaire à Le conflit Israël-Palestine. — 06. Figures de la résistance à l'occupation israélienne de la Palestine et de la recherche de paix depuis 1961
Le conflit Israël-Palestine. — 06. Figures de la résistance à l'occupation israélienne de la Palestine et de la recherche de paix depuis 1961
1.
7 - Figuresde la résistance
à l’occupation israélienne de la Palestine
et de la recherche de paix
Depuis 1961
Étienne Godinot - 28.08.2025
2.
Sabri Giroud
Né en19??, archéologue franco-palestinien et artisan du voyage.
IAnime une agence spécialisée dans l’organisation de voyages culturels et
solidaires en Palestine, ‘Diwan Voyage’, pour un tourisme responsable*.
« Expulsés des lieux comme du temps, les Palestiniens souffrent
jusqu’à ce jour de se voir dénier leur existence mais aussi leurs racines, et
donc leur avenir ». Pour raconter cette histoire plurimillénaire, multiple et
métissée, inscrite génération après génération à la croisée du Moyen-
Orient, de la Méditerranée et de l’Égypte, un collectif international de
spécialistes pluridisciplinaires − archéologues, historiens, anthropologues,
chercheurs en sciences sociales et politiques, journalistes – dresse des
portraits d’hommes et de femmes, illustres ou inconnus, révélant à la fois
des trajectoires individuelles et des pans de l’histoire sociale, intellectuelle
et politique de la Palestine, de la préhistoire à nos jours. La Palestine en
50 portraits est le fruit de 8 ans de travail avec 45 contributeurs de 12 pays
différents.
* Auteur d’un guide alternatif publié dans plusieurs langues, Palestine & Palestiniens. Guide
de voyage.
3.
Abeer Baker
Née en19??, avocate palestino-israélienne à St Jean d’Acre.
Diplômée en droit public et international de la North Western University
aux États-Unis, auteure des livres Palestinian Prisoners between the
Commu-nity and the Individual et, avec Anat Amar, de Threat : Palestinian
Political Prisoners in Israeli Prisons. Membre du Conseil d'administration
de Law for Palestine. Précédemment juriste pour Adalah - Legal Center for
Arab Minority Rights in Israel, pour Yesh Din et pour Gisha ( pour la liberté
de mouvement), consultante pour les organisations féministes
palestiniennes en Israël.
Écrit de nombreux articles d'opinion dans les médias arabes et
hébreux sur les sujets des droits humains.
7 000 prisonniers politiques palestiniens sont incarcérés dans les
prisons israéliennes. Ce chiffre inclut 200 enfants, 62 femmes et 2070
détenus administratifs (enfermés sans procès ni jugement). 40% des
Palestiniens de sexe masculin ont fait un séjour dans une prison israé-
lienne depuis 1967. Les autorités israéliennes peuvent incarcérer un
individu sans procès ni accusation, sur la base d'une "intention", durant 6
mois, renouvelables à l'infini. Les preuves ne sont communiquées ni au
détenu, ni à ses proches, ni même à ses avocats.
4.
François Ceccaldi
Né en19??, chercheur français. Docteur en études politiques de
‘l’École des hautes études en sciences sociales’ (EHESS), chercheur
associé à la chaire ‘Histoire contemporaine du monde arabe’ au ‘Collège
de France’. A travaillé sur les mutations de ‘l’Organisation de libération de
la Palestine’ (OLP) après la signature des accords d’Oslo en 1993, s’est
intéressé au système politique palestinien et aux luttes de pouvoir entre
factions. Ses travaux actuels s’orientent vers une réflexion plus globale sur
le pouvoir en Palestine.
Dans un article* La disqualification des interlocuteurs politiques pales-
tiniens par Israël, présente les mécanismes qui entretiennent la faiblesse
politique des dirigeants palestiniens. Ceux-ci sont appelés et amenés par
Israël 1) à faire des concessions quand tout a déjà été concédé, 2) à
gouverner sans pouvoir, 3) à répondre à des exigences impossibles à
satisfaire, et 4) à ne pas s’opposer, même de façon non-violente. L’objectif
de ces manœuvres est de disqualifier les dirigeants palestiniens ("intran-
sigeance", "incompétence", "irresponsabilité", etc.), d’entretenir une insta-
bilité chronique garantissant à l’État d’Israël le maintien d’un rapport de
force inégal et la poursuite de sa politique coloniale.
* dans Confluences Méditerranée n° 127, Hiver 2023-24. (Disqualification : discrédit,
dénigrement de la réputation de quelqu'un. NDLR)
5.
Dror Moreh
Né en1961, cinéaste et réalisateur israélien . Son film The
Gatekeepers (2012) a été nominé comme meilleur documentaire aux
85èmes
Academy Awards. Il est composé d'entretiens avec six anciens
directeurs des services secrets israéliens qui évoquent leur expérience à
la tête du Shin Beth : Ami Ayalon, Avi Dichter, Yuval Diskin, Carmi Gillon,
Yaakov Peri et Avraham Shalom.
Très critiques vis-à-vis des politiques menées par leurs
gouvernements (à l'exception de celui d'Yitzhak Rabin), ils racontent
les bavures, tortures, méthodes iniques de renseignements et de
recrutement d’indicateurs qui amplifient la haine de l’occupé. Ils
défendent tous un changement radical de politique en Israël : la
recherche de la paix et la reconnaissance au plus tôt de l’État
palestinien.
« On a gagné toutes les batailles, mais on a perdu la guerre ! »
Ami Ayalon
« Quand vous quittez le Shin Beth, vous devenez gauchiste…»
Yaakov Peri
6.
Gadi Algazi
Né en1961. Refuznik, emprisonné pendant 10 mois pour avoir
refusé de servir dans les territoires occupés en 1979, libéré de prison
grâce à une campagne citoyenne en sa faveur. Docteur de la faculté
d'histoire de l'université de Göttingen (Allemagne), professeur d'histoire
médiévale à l'Université de Tel-Aviv.
Cofondateur et animateur du mouvement judéo-arabe Taayoush
(ou Ta'ayush, "vivre ensemble" en arabe) créé en 2000. Ce mouve-
ment, réseau de plusieurs organisations palestiniennes et israéliennes,
allie actions non-violentes et réflexions afin de lutter contre l’occupation
israélienne de la Palestine et les escalades de violence en Israël et en
Palestine.
Taayoush amène parfois des groupes d'Israéliens pour aider des
Palestiniens à récolter les olives et pour les protéger. Il aide les Pales-
tiniens à contacter des avocats, des journalistes, tente d'alerter
l'opinion internationale sur les exactions commises par des colons,
offre du matériel vidéo à des Palestiniens afin qu'ils puissent
témoigner d'éventuels abus.
7.
Miko Peled
Israélien né1961, fils du général Mattityahu Peled (1923-1995),
qui était militant de la paix et un des principaux partisans du dialogue
israélo avec l'OLP et du retrait total des territoires occupés. L’accès de
Miko aux archives d’Israël lui permet de publier en 2012 un livre
dénonçant les crimes de guerre commis par son pays. Instructeur de
karaté à San Diego (USA), forme au leadership et à la résolution des
conflits non-violents à travers les arts martiaux, enseigne le karaté aux
enfants palestiniens dans les camps de réfugiés.
Cofondateur de la Fondation Elbanna-Peled, basée à Coronado
(Californie), qui soutient les organisations de base qui travaillent à une
résolution non-violente du conflit. Soutient le mouvement Boycott,
Désinvestissement Sanctions (BDS) contre l’occupation israëlienne.
« Pour le bien des deux nations, le mur de séparation doit être
détruit, le contrôle israélien sur la vie des Palestiniens doit cesser, une
démocratie laïque où tous les Israéliens et les Palestiniens vivent en
égaux doit être établie dans notre patrie commune.»
8.
Alexis Keller
Suisse né1962, docteur en sciences politiques, professeur à la
faculté de droit de Genève. Formation à l’université de Cambridge (Royaume-
Uni), invité à la Kennedy School of Government de l’université Harvard et à
Sciences Po Paris.
Un des principaux artisans suisses des Accords de Genève (1er
décembre 2003) pour un rapprochement entre Israéliens et Palestiniens,
complémentaire à la ‘Feuille de route’ définie par le ‘Quartette’ (ONU, UE,
Etats-Unis, Russie) sur la base d'une solution à deux États.
« En juillet-août 2003, j'ai eu l'impression que les négociations
n'aboutiraient pas. Les deux parties continuaient à buter sur les mêmes
problèmes, tels que le retour des réfugiés ou le tracé des frontières. Je leur ai
confié mes doutes et les ai prévenus que je me retirerais sous peu si aucun
pas décisif n'était franchi. »
9.
Mitri Raheb
Né en1962, chrétien palestinien, docteur en théologie de l’université
de Marbourg (Allemagne). Pasteur de l'Église évangélique luthérienne et
le fondateur et président de le consortium Diyar, un groupe d'institutions
luthériennes à vocation œcuménique desservant la région de Bethléem
(Dar Annadwa Addawliyya, centre international de rencontre; centre de
santé; collège supérieur artistique Dar Al-Kalima).
Doctorat honorifique de la Concordia University de Chicago (2003)
pour sa «contribution exceptionnelle à l'éducation chrétienne par la
recherche et la publication» et pour son «travail interreligieux en faveur de
l’établissement de la paix en Israël et en Palestine».
Prix Olof Palme 2015 « pour son combat courageux et infatigable
contre l'occupation et la violence et pour un futur Moyen-Orient caracté-
risé par la coexistence pacifique et l'égalité pour tous. » En 2012, prix
allemand des médias pour «son travail inlassable dans la création
d'espaces d'espoir pour son peuple qui vit sous l'occupation israélienne,
en fondant et en construisant des institutions d'excellence en matière
d'éducation, de culture et de santé».
10.
Qadora Fares
Palestinien néen 1962, membre du Fatah, arrêté en 1980 pour
fait de résistance armée. 14 ans de prison. Ministre sans portefeuille du
gouvernement d'Ahmed Qoreï, responsable du bureau de coordination
chargé de régler avec les Israéliens le retrait des villes palestiniennes.
Élu en 1996 au Parlement palestinien.
Haut responsable du Fatah, a participé à l'élaboration de l’Accord
de Genève. Parle couramment hébreu. Proche de Marwan Barghouti.
Longtemps désigné comme le leader du Palestinian prisoners of Israel
(‘Club des prisonniers palestiniens’)
« Exiger le retour* de tous les réfugiés sur le territoire de la Pales-
tine historique, c'est remettre en question l'existence même de l'État
d'Israël. (…) »
« Pendant un demi-siècle, nous avons agité des slogans irréalistes
et mené notre peuple d'abîme en abîme. (…) »
« Prenez l'exemple d'un Palestinien qui vit dans le camp Aïn el-
Héloué (près de Saïda, au Liban), qui n'a pas de travail fixe et qui, pour
réparer sa douche, doit solliciter une multitude d'autorisations.
* Le droit au retour des Palestiniens ne signifie pas le retour réel de
tous les Palestiniens – NDLR ../..
11.
Qadora Fares
Si vouslui demandez d'abandonner son droit au retour contre la possibilité d'une
émigration au Canada (avec un passeport palestinien, une compensation financière
conséquente, une option pour la nationalité canadienne), pensez-vous qu'il s'attachera
encore à une chimère qui s'appelle droit au retour ? »
« Un peuple sans espoir peut se frapper la tête contre le mur. (…) Établir une relation,
même négative, nous fait comprendre que notre ennemi est un être humain. (…) Israël ne
peut pas nous faire disparaître, pas plus que nous ne pouvons le faire disparaître. »
L'Initiative de Genève, ou Accord de Genève, est un plan de paix alternatif signée le 1er
décembre 2003 à
Genève. Les principaux artisans de cet accord sont l'ancien ministre israélien Yossi Beilin et l'ancien
ministre palestinien Yasser Abd Rabbo, sous l'impulsion du juriste suisse Alexis Keller :
- partage de la souveraineté sur Jérusalem qui serait la capitale des deux États,
- évacuation par Israël de 98 % de la Cisjordanie (dont la plupart des colonies) ,
- concernant le droit de retour des Palestiniens, une indemnisation des réfugiés qui auraient le choix entre
plusieurs options : installation dans le futur État Palestinien, rester définitivement dans le pays d'accueil,
aller s'installer dans un pays tiers, ou retour en Israël .
12.
Ariella Azoulay
Née en1962, auteure israélienne, commissaire d'art, photographe,
cinéaste et théoricienne de la photographie et de la culture visuelle.
Diplômée de l'université Paris VIII, de ‘l'École des Hautes Études en
Sciences Sociales’ et de l'Université de Tel Aviv. Professeure adjointe de
littérature comparée et de culture et médias modernes au Watson Institute
for International and Public Affairs de l'Université Brown (USA).
Analyse plus de 200 photographies de la période 1947-1950, dont
la plupart étaient conservées dans les archives de l'État israélien, pour
montrer l’expulsion des Palestiniens et les origines du conflit.
« Le régime en place ici conduit ses opérations sur deux fronts :
Avec des armes modernes sophistiquées, il tire sur les Arabes. Simulta-
nément il nous prend aussi pour cibles, ses citoyens privilégiés, avec une
arme désuète mais tout aussi sophistiquée, la propagande. (…)
Voilà 60 ans maintenant qu'on autorise les expulsions, les destructions, les
assassinats. Et voilà 60 ans que tous répètent comme des perroquets les
mots du régime en place, qui fait des Palestiniens les responsables de
leurs propres souffrances. »
13.
David Neuhaus
Né en1962, jésuite israélien. Né en Afrique du Sud dans une
famille juive ayant fui l’Allemagne nazie, immigre à Jérusalem à 15 ans,
docteur en sciences politiques de l’université hébraïque de Jérusalem.
Au moment de son service militaire obligatoire, il refuse de prendre les
armes « contre des hommes et des femmes qui ont le même droit que
moi de vivre sur cette terre ». Comme objecteur de conscience, est
détenu pendant plusieurs semaines dans une prison militaire.
Pendant 12 ans vicaire patriarcal pour les catholiques d’expression
hébraïque en Israël. Représente les Chrétiens de Terre sainte (2 % de la
population d’Israël et de la Palestine), pris entre un « nationalisme juif qui
les marginalise et leur impose des discriminations » et un « nationalisme
arabe dont ils ne cautionnent pas l’expression de plus en plus islami-
que ». Affable et généreux, figure incontournable du dialogue judéo-
chrétien.
« Le défi actuel consiste à créer des oasis de foi, de prière, d'enga-
gement envers la justice et la paix pour tous sans exception. »
14.
Hervé Magnin
Citoyen françaisné en 1963. Psychothérapeute pendant 25 ans.
Son intérêt pour la résilience individuelle se déplace ensuite vers la
résilience des peuples. Son approche systémique le pousse vers la
psychologie politique.
Artiste militant, s'exprime en tant que musicien (auteur, compositeur,
interprète), comédien (théâtre, impro, clown), écrivain (essais, romans,
nouvelles, scenarii), plasticien (sculpture, graphisme, peinture),
conférencier, animateur de colloques, aventurier (à pied, à vélo, à
trottinette électrique), reporter, lanceur d’alerte écologiste et non-violent.
Son engagement politique est plus particulièrement présent dans
l’album La part du colibri (2013), notamment dans ses chansons sur
Gandhi (Œil pour œil) et sur Martin Luther King (I have a dream). Fait
aussi des clips (Errare uranium est) et des films documentaires : Arménie,
terre de résilience (2013), Être ou ne pas être saami (2022), Habiter la
Terre (2024).
Son film documentaire Un mur dans ma tête (durée : 1 heure) paraît
en 2018.
../..
15.
Hervé Magnin
« "Ilest plus difficile de désagréger un préjugé qu'un atome", disait Albert
Einstein. En Palestine, les murs de séparation sont très concrets. Mais plus rigides
que le béton, sont les murs abstraits des mentalités façonnées par les
propagandes. En Palestine, la colonisation bat son plein. Mais décoloniser les
esprits est un préalable pour mettre un terme au colonialisme que le gouvernement
israélien fait régner dans les territoires occupés de Palestine. Du moins, c’est le
postulat de ce film qui invite à explorer la complexité du conflit israélo-palestinien.
Ce documentaire propose d’en comprendre mieux les enjeux, les obstacles,
mais aussi les leviers et les étapes qui pourraient conduire à un partage équitable
et pacifique de cette terre tant convoitée. Palestiniens et Juifs ont en commun un
lourd passé traumatique. Pour autant sont-ils sur une voie de résilience ? »
Images :
- Présentation du film en anglais, avec son titre en hébreu et en arabe.
- Sur le mur de séparation, fresque de Banski, artiste britannique d’art urbain né en 1974 (?)
16.
Jamal Khader
Né en1964, Palestinien, docteur en théologie de ‘l'Université
Pontificale Grégorienne de Rome’, membre du ‘Comité de Réflexion
Théologique du Patriarcat Latin’ et du ‘Comité de Dialogue avec les
Juifs’. Enseigne au séminaire de Beit Jala, à l'université de Bethléem,
au ‘Centre Emmaüs de Beit Sahour’ et au collège Mar Elias d'Ibillin.
Enseigne également les études sur la paix et les stratégies de résolution
de conflits pour le programme de ‘Maîtrise en coopération internationale
et développement’ (MICAD).
Coauteur de la déclaration Kairos Palestine 2009, appel à une lutte
non-violente pour mettre fin à l'injustice de l'occupation
« Nous ne voyons aucun effort sérieux de la part de la communauté
internationale pour mettre fin à l'occupation des terres palestiniennes.
Cette injustice est un terreau fertile pour toutes sortes d'extrémismes, y
compris religieux. »
« Il y a beaucoup de Juifs qui cherchent la paix, et nous pouvons
travailler ensemble, mais les rabbins fondamentalistes représentent une
menace réelle pour tout futur de coexistence et de paix. »
17.
Khalil Alamour
Né en1965, Bédouin arabe, citoyen israélien, professeur de
mathématiques devenu juriste pour l’association Adala. Il y a 200 000
bédouins en Israël. La moitié vit dans 7 villes construites pas Israël
pour les sortir de leurs terres. L’autre moitié vit dans 46 villages, 11 en
procédure de reconnaissance, 35 non reconnus.
Défend notamment le village de Alsira : 70 maisons vouées à la
destruction. Détient un titre de propriété, un acte d’achat de terre en
1921, authentifié par l’empire ottoman puis par l’empire britannique. Les
villageois n’ont pas d’adresse, pas de moyen de transport, pas de
conseil élu, pas l’eau courante (ils recueillent l’eau de pluie), de
l’électricité du réseau (ils ont des installations photovoltaïques), pas de
soins médicaux.
« Une famille a vu sa maison détruite 62 fois, et l’a reconstruite 62
fois… »
18.
Suleiman Baraka
Palestinien néen 1965 dans la bande de Gaza. Astrophysicien
soufi. Attiré par la physique à partir de son entrée à l’université d’Abu
Dis à Jérusalem. Master en physique théorique à l’Université Islami-
que de Gaza, doctorat en astrophysique à l’Université Pierre et Marie
Curie en France. Professeur en Libye. Rentre à Gaza, arrêté par les
Israéliens, mis dans une prison connue sous le nom de l’abattoir”, y
‟
passe 64 jours d’agonie insupportable.
Après les accords d’Oslo en 1993, travaille dans le domaine des
relations internationales auprès de l’Autorité Palestinienne. Quand le
Hamas arrive au pouvoir, part aux États-Unis, obtient un poste
important à l’Institut National Aérospatial de la NASA. Quand l’armée
israélienne pénètre dans la bande de Gaza en 2008, son fils Ibrahim,
11 ans (photo du bas), meurt dans le bombardement de la maison
familiale.
Malgré son confinement dans Gaza, continue à travailler avec
des membres de la NASA, de l’ESA et de Roscosmos (agence
spatiale russe), montre les étoiles aux enfants.
« Je crois en la solution d’un seul État pour les Palestiniens et les
Israéliens »
19.
Bassem Tamimi
Instituteur palestinienné en 1967. Un des leaders de la résistance
populaire non-violente en Cisjordanie, et plus précisément dans le village de
Nabi Saleh. Organise des marches et actions non-violentes de protes-tation
contre la construction du mur en Cisjordanie et des colonies israéliennes.
Condamné par la Cour militaire israélienne pour ses actions en 2011,
passe plus de 3 ans en prison pour "raisons administratives", sans qu’aucun
jugement ne soit rendu. Sa maison est mise à sac lors de plusieurs raids, sa
femme est arrêtée deux fois, et deux de ses enfants sont blessés. Déclaré
"défenseur des droits de l’Homme" par l’Union européenne et "prisonnier
d’opinion" par Amnesty International.
« Nous voulons démasquer le grand mensonge israélien, selon lequel
la Palestine serait une terre sans peuple, alors que nous sommes un peuple
privé de sa terre. (…)
La 3ème
Intifada sera non-violente ».
20.
Gabriel Hagaï
Né en1967, rabbin orthodoxe séfarade franco-israélien, confé-
rencier, linguiste, philologue, paléographe-codicologue, herboriste,
médiateur, poète, calligraphe et chanteur. Formé à Jérusalem et à
Boston, enseignant-chercheur et chargé de cours dans diverses univer-
sités et instituts supérieurs parisiens.
Co-dirige depuis dix ans un ensemble judéo-musulman de musi-
que arabo-andalouse, La Rose et l’Olivier, et co-anime (avec le poète
Khaled Roumo et la pasteure Mireille Akouala) un trio interspirituel de
conférenciers, Le Temps de la Miséricorde.
Très investi dans le dialogue interreligieux et membre actif de
plusieurs associations françaises et internationales promouvant la paix.
Membre de ‘l’Union Juive Française pour la Paix’ (UJFP)
« Le sionisme est un projet politique séculaire d’origine europé-
enne qui usurpe l’identité juive pour la transformer en nationalisme
primaire. C’est donc par définition un mouvement raciste, exclusiviste et
hégémoniste, de facto faiseur d’apartheid. C’est cette idéologie toxique
qui a donné naissance à l’État d’Israël. Or, avant cela, les Juifs n’ont
jamais été nationalistes, ni par leur histoire, ni par leur religion. Notre
Torah est basée sur la justice, l’amour, l’humilité, l’inclusion. Tout le
contraire des « valeurs » du sionisme construites sur l’orgueil, l’oppres-
sion, la haine et l’exclusion.» ../..
21.
Gabriel Hagaï
« Fonderun pays sur l’exclusion des non-juifs et sur le racisme
nationaliste entraîne tôt ou tard l’engagement dans l’épuration eth-
nique. Sous couvert d’un discours sécuritaire, l’État d’Israël continue de
violer les droits de l’homme envers les Palestiniens. D’abord l’occu-
pation armée des territoires, puis la suppression des droits civiques, et
enfin la répression meurtrière. »
« Tout au long de l’histoire, malgré quelques aléas anecdo-
tiques circonstanciels (parfois douloureux), la cohabitation judéo-
musulmane s’est faite sans heurts, et même dans un auto-enrichis-
sement réciproque. L’idéologie haineuse n’a pas sa place dans la
religion. Le vrai judaïsme n’est pas du nationalisme. »
« C’est pourquoi soutenir la paix c’est soutenir les deux camps
– pas les discours politiques, bien sûr, ni les gouvernements, mais les
habitants eux-mêmes –, et servir de médiateur afin qu’ils trouvent
d’eux-mêmes leur propres solutions à tous leurs problèmes. Je pense
que dès la reconnaissance par le gouvernement israélien de ses
erreurs, l’abandon de l’occupation armée et l’octroi de leur droits aux
Palestiniens, il n’y aura alors plus de problèmes (car plus de
sionisme). »
22.
Dror Etkes
Israélien néen 1968. Grands-parents exterminés pendant la
Shoah. Études d’histoire. Pendant son service militaire au sein au sein
de Tsahal, refuse de brûler les pieds des Palestiniens avec un briquet.
Responsable, entre 2002 et 2007, au sein de Shalom Akhshav
("La paix maintenant"), de l’Observatoire de la colonisation (études des
publications officielles, observation directe terrestre ou aérienne). Dirige
ensuite, au sein de l’organisation, le programme Yesh Din (“Il y a une
justice”) : lutte juridique contre la politique de colonisation.
« Il est possible que nous ayons occupé les Territoires en 1967
parce que nous étions en danger. Mais la question des colonies est
totalement différente. Elles sont le résultat d’une convoitise, et n’ont
aucun lien avec une détresse juive. » ../..
23.
Dror Etkes
« Plusles Colons construisent, plus ils nous éloignent de la solution du
conflit dans le cadre de deux États distincts. (…) Si la France a réussi à
rapatrier un million de Pieds-noirs, nous pouvons ramener les Colons dans les
frontières de l’accord de Genève. (…) Je ne dis pas que l’évacuation des
colonies entraînera la fin du conflit. C’est un premier pas, un des plus difficiles,
une condition indispensable mais non suffisante pour un accord. »
« Bientôt, la moitié de la population d’Israël sera arabe ! N’importe qui
aurait pu le prédire dès 1967. C’est pathétique et cela montre à quel point la
politique israélienne est immature. »
Photos : - Logo du mouvement La paix maintenant
- La colonie israélienne Har Homa, construite au Sud-Est de
Jérusalem dans le quartier arabe du Mont Abu Ghneim.
24.
Jawad Siyam
Né en1969, enseignant et travailleur social palestinien, habite
le quartier de Silwan (Siloé) dans Jérusalem-Est, dont les Israéliens,
en raison du passé du lieu ("City of David") et des fouilles archéo-
logiques qu’ils y mènent, veulent chasser les habitants palestiniens. Il
y a 250 000 Palestiniens à Jérusalem-Est et 50 000 à Silwan, dont 50
% de jeunes.
Fondateur et directeur du Wadi Hilweh Information Center,
association culturelle (musique, danse, activités artistiques) qui défend
dans la non-violence l’identité palestinienne (informa-tion sur les
violations des droits humains, conseil et assistance juridique).
Organise des sit-in de protestation contre les arrestations.
« Nous avons été colonisés par les Romains, les Turcs, les
Anglais, aujourd’hui par les Israéliens, mais nous gardons l’espoir.
Nous n’avons pas le droit de perdre l’espoir. »
25.
Rami Elhanan etGhazi Briegeith
R.E. : Né en 19??, Israélien, graphiste à Jérusalem. En 1997, sa
fille Smadar meurt dans un attentat-suicide causé par un kamikaze
palestinien. Prend conscience avec sa femme que cet attentat est le
résultat de l’occupation, décide de pardonner et adhère à l’association
israélo-palestinienne de familles endeuillées Parents Circle. En
septembre 2010, fait partie de l’équipage du catamaran Irene qui
dénonce le blocus maritime de Gaza.
G.B. : électricien palestinien vivant à Hébron. Son frère est tué en
2000 par une jeune soldat israélien à un poste de contrôle. Adhère à
Parents Circle. « Il n’est pas besoin de s'aimer pour construire un
pont entre les deux nations : il est besoin de respect », dit-il.
Les deux font aussi partie de l’association Forgiveness
Project
26.
Daoud et JihanNassar
Né en 1970, Palestinien luthérien, études de théologie à Linz
(Autriche), master d‘administration d‘entreprise. Avec quelques uns de
ses frères et soeurs, sa femme Jihan et leurs 3 enfants, fait vivre la
Ferme de l‘Espérance, encerclée de 5 colonies israéliennes illégales à
Nahalin en Cisjordanie (9 km au sud-ouest de Bethléem).
Munis de titres de propriété depuis 1916, résistent dans la non-
violence à toutes les initiatives et menaces de démolition des
constructions (abris pour animaux, réservoir d‘eau, toilettes sèches,
Grotte de la paix, etc.), replantent des oliviers pour remplacer ceux
coupés par les colons israéliens.
Fondateur en 2000 et animateur du projet de paix "Tent of
Nations" (‘Tente des nations‘), destiné à promouvoir la compréhension
entre les peuples et les cultures. Des jeunes visiteurs du monde entier
sont hébergés sous des tentes. ../..
27.
Daoud Nassar
La déclaration« Nous refusons d‘être ennemis »
qui inspire l‘action de la Tent of Nations est inscrite sur un
rocher à l‘entrée de la propriété (photo du haut).
Le 19 mai 2014, des bulldozers israéliens arrivent
dans la vallée fertile de la ferme où la famille Nassar a
planté des arbres fruitiers il ya 10 ans, et détruisent les
terrasses et tous les arbres : plus de 1500 abricotiers,
pommiers et plants de vigne sont arrachés et enterrés
(photo du bas).
L’avocat de la famille prépare les documents pour
porter plainte. La protestation internationale s’organise.
28.
Murad Alkhufash
Nasser Abufarha
M.A. : Palestinien né en 1970. Avec le centre de développement
palestinien indépendant MA’AN, développe en 1992 une première ferme
en permaculture à Marda. En 2000, la seconde Intifada y met fin
brutalement. Pendant 6 années, approfondit ses connaissances en
permaculture en travaillant régulièrement dans une ferme du Tennessee
(USA). Le Global Ecovillage Network (GEN), réseau international
d’initiatives écologiques et sociales, l’aide financièrement à concevoir
son propre projet pour sa ville natale. De retour à Marda en 2006, monte
un site de démonstration pour la permaculture en Palestine, Marda
Permaculture Farm, affilié au GEN.
N. A. F. : Palestinien-états-unien né en 1964, directeur de Canaan,
entreprise palestinienne créée en 2005 qui commercialise de l’huile
d’olive. Propose aux producteurs le double du prix du marché pour
acheter leur huile d’olive en échange d’une production sans pesticide,
qui respecte les règles de l’agriculture biologique (ECOCERT).
Regroupe les petits producteurs d’huile d’olive en coopératives fédérées
dans la Palestinian Fair Trade Association (PFTA) : 55 coopératives et
plus de 1 500 paysans.
29.
Ziad Medoukh
Né en1970, Palestinien, DEA en didactique de Français Langue
Étrangère (FLE) de l'Université de Grenoble, Docteur en sciences du
langage de l’université Paris VIII. Responsable du département de
français de l’université Al-Aqsa de Gaza depuis 2006 et fondateur du
Centre de la paix de cette université en 2007. Nommé Ambassadeur de
paix par le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix *. Lauréat du
prix Bajaj International 2017 pour la promotion des valeurs gandhiennes.
Conférencier sur Gaza et la Palestine, et sur l’oppression exercée
sur la population par Israël, préconise la résistance non-violente et
multiplie en France et en Europe les rencontres avec les associations et
les réseaux de jeunes.
« Aujourd'hui, vivre à Gaza, organiser sa vie, l'éducation des
enfants, c'est déjà une forme de résistance non-violente, choisie
spontanément par la population civile : 94 % des enfants sont scolarisés,
ce qui témoigne de la force de résistance des familles palestiniennes. »
* Créé en 2004 en France et en Suisse, ce Cercle qui regroupe 100 person-
nalités du monde a pour but de "créer un lien universel de paix" entre acteurs,
artisans, organisations et familles internationales de paix.
30.
Sami Awad
Né en1971, militant palestinien non-violent, descendant d'une
famille de réfugiés palestiniens expulsée de son domicile à Jérusalem
en 1948. Codirecteur de Nonviolence International, ONG fondée par son
oncle Mubarak Awad. Également le fondateur de Holy Land Trust,
association créée à Bethleem en 1998, dont il a été directeur pendant 25
ans. Titulaire d'un doctorat en ‘divinity’ (théologie chrétienne) du Chicago
Theological Seminary, d'une maîtrise en relations internatio-nales de
l'Université américaine de Washington D.C. et d'un diplôme de premier
cycle en sciences politiques de l'Université du Kansas.
A travaillé dans le monde entier pour promouvoir la vision de la
paix par la non-violence et la consolidation de la communauté dans des
endroits tels que l'Inde, l'Afrique du Sud, les États-Unis, plus récemment,
Erbil (Kurdistan), et bien sûr Israël-Palestine.
« La résistance non-violente en Palestine est plus dangereuse que
jamais, mais c’est la seule voie pour avancer. Nous ne cons-truirons pas
un avenir meilleur pour tous les habitants de ce pays en nous entretuant
ou en nous dominant les uns les autres. Nous avons besoin d’un
mouvement proactif et non-violent, doté d’une vision et d’une stratégie
qui s’attaquent aux obstacles présents et futurs à la réalisation de la
liberté, de la justice, de la paix et de l’égalité dans ce pays.
../..
31.
Sami Awad
« Lesstratégies fondamentales de non-coopération et de non-
respect doivent devenir un élément central de la résistance et de la
résilience – non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour les
Israéliens et la communauté internationale.»
« Plus précisément, un mouvement non-violent doit émerger du
côté israélien qui défie directement les idéologies promouvant la peur, la
victimisation, l’exclusivité, la supériorité et la déshumanisation de l’autre.
Si nous ne nous attaquons pas au traumatisme collectif de l’oppresseur et
des opprimés, nous n’atteindrons jamais la paix. Ceux qui négocient à
partir de la peur (qu’elle soit réelle ou imaginaire) chercheront toujours à
prendre le pouvoir sur l’autre. Lorsque le pouvoir absolu est combiné à la
peur absolue, le résultat est un désastre absolu, là où nous en sommes
aujourd’hui.
« L’unité doit inclure tous les Palestiniens, ceux des territoires
occupés, ceux d’Israël (Palestiniens de 1948) et ceux de la diaspora. La
non-violence exige un haut niveau d’engagement et de discipline et doit
être engagée comme une stratégie à long terme, avec la compréhension
que de nombreuses batailles seront gagnées et beaucoup perdues. »
Image du bas : Sami Awad et "l’artiviste" juif Sharon Avraham
32.
Younes Arar
Palestinien néen 1971. Emprisonné 6 mois à l’âge de 17 ans
pour avoir jeté des pierres sur l’armée israélienne. Études de gestion
hôtelière, travaille à Dubaï, mais, "hanté" par son pays, retourne dans
son village de Beit Ommar où il est agriculteur et dirigeant d’une
coopérative agricole. Passe quotidiennement 4 check-points pour se
rendre au travail.
Études en 2007 au département pour la paix de l’Université
pontificale de Rome. Cofondateur en septembre 2001 de la Popular
Resistance High Follow Up Commission, HFUC, ("Haute commission
de suivi de la résistance populaire" ), qui regroupe des comités
populaires de résistance.
« On peut vivre en paix avec l’autre, on doit faire avec ! (…) Si on
craint la mort, on ne tiendra jamais tête. Mais je tiens à ma vie ! C’est
justement parce que je l’aime que je résiste. »
33.
Munther Amira
Né en1971, réfugié palestinien du village de Deir Aban, situé au
sud de Jérusalem, vit actuellement dans le camp de réfugiés d'Aida, non
loin de Bethléem. Responsable du Popular Struggle Coordination
Committee - PSCC (Comité de coordination de la lutte populaire). Le
PSCC aide à renforcer et facilite la communication entre les différents
comités populaires dans les villages palestiniens qui luttent contre le "mur
de l'apartheid".
Arrêté par des soldats israéliens en déc. 2017, alors qu'il participait
pacifiquement à une manifestation, accusé de 13 infractions : "trouble à
l'ordre public", "participation à un défilé sans autorisation", etc. et con-
damné à 6 mois d’emprisonnement
Président du Conseil d’administration du Youth center (Centre des
Jeunes) du camp de réfugiés d’Aïda, une organisation locale qui apporte
du soutien aux enfants et aux jeunes du camp. Est aussi engagé dans le
‘Comité de coordination de la résistance populaire’ (CCRP), un regrou-
pement de militants de base en Cisjordanie. À ce titre, est un représe-
ntant de premier plan de la résistance populaire non-violente en
Cisjordanie.
Arrêté à nouveau le 18 déc. 2023 suite au massacre perpétré par le
Hamas près de Gaza.
34.
Musa Abu Maria
Palestinienné en 19??. Prisonnier politique dans une prison
militaire de 1999 à 2003, torturé, hospitalisé à la suite de ces mauvais
traitements. De nouveau arrêté en 2009, libéré grâce à l’action
d’Amnesty International et des associations israéliennes de défense
des droits humains. Coordonnateur de la résistance populaire en
Cisjordanie.
Fondateur de Palestine Solidarity Project (PSP). Cette association,
fondée en 2006 dans le village de Beit Ommar (Cisjordanie sud),
s’oppose par l’action directe non-violente à l’occupation israélienne des
terres palestiniennes. Cette résistance non-violente associe manifes-
tations, accompagnement des agriculteurs et de leurs familles, actions
de conseil et de formation notamment pour communiquer à l’échelle
internationale.
« Nous croyons dans le concept de "fermeté" comme une forme
de résistance. Pour beaucoup de communautés avec lesquelles nous
travaillons, rester sur leurs terres face à l’intimidation, la violence,
l’étranglement économique et les tentatives de déplacements forcés,
c’est un acte de résistance. »
35.
Yonatan Shapira
Né en1972, Israélien, officier de l’armée de l’air pendant 12 ans. En
septembre 2003, fait partie des 27 pilotes de l’armée de l’air qui, dans une lettre
ouverte, déclarent refuser d’effectuer des missions de survol de la Cisjordanie et
la bande de Gaza occupées . Licencié de l’armée. Dénonce les crimes de guerre
israéliens *.
Fondateur, avec le Palestinien Souliman Khatib, de l’association israélo-
palestinienne Combatants for Peace, qui mène une lutte non-violente contre
l’occupation israélienne de la Palestine et pour une solution pacifique entre les 2
peuples.
Membre de Boycott from Within, appelle au boycott et aux sanc-tions
internationales contre Israël, participe aux flottilles vers Gaza pour dénoncer le
blocus maritime de cette zone palestinienne. Attaqué par l'armée israélienne
pour avoir tenté de naviguer vers Gaza et de briser le siège.
* En juillet 2002, pour tuer un dirigeant du Hamas à Gaza, un F 16 israélien largue une
bombe et tue 14 personnes, dont 9 enfants. Lors de l’opération Plomb durci (22 jours de
bombardements en déc. 2008 - janv. 2009), 1 400 Palestiniens sont tués. etc.
36.
Abdel Kader Al-Husseini
Palestinienné en 1972. Études de droit des affaires, travaille dans
une banque de 1996 à 1999. À la mort de son père, Fayçal Al-Husseini,
crée et dirige la Faisal Al-Husseini Foundation pour s’occuper de
problèmes sociaux, d’éducation et de santé des Palestiniens de
Jérusalem. Membre du Fatah, signataire de l’accord de Genève.
Après l’assassinat du cheick Ahmed Yassine, appelle les
Palestiniens à ne pas riposter par la violence.
« Quand vous manifestez pacifiquement, le monde ne peut fermer
les yeux et laisser les Israéliens faire ce qu’ils veulent. (…) S’il y a la
paix un jour, les Israéliens auront leur armée et des impôts pour la
payer. Nous, nous n’aurons pas d’armée, nous reconstruirons notre
économie et nous pourrons vendre moins cher ! Une nouvelle sorte de
compétition s’installera. »
37.
Ali Abu Awwad
Néen 1972, militant de paix palestinien. Ancien militant armé de la
cause palestinienne, découvre la non-violence en prison, obtient son
transfert après une grève de la faim de 17 jours. Fonde Taghyeer
(‘Change’), un mouvement national palestinien non-violent, dans la
conviction que la non-violence est le seul moyen de ramener la paix dans la
région et mettre fin à l'occupation israélienne. Fin 2014, crée le centre non-
violent palestinien "Karama" (‘Dignité’), sur les terres de sa famille situé
dans une zone située entre Bethléem et Hébron. Vit dans sa “cabane de la
non-violence” à Beit Ummar, dans les territoires palestiniens occupés.
Crée Roots (Racines) avec l’Israélien Shaul Judelman, et Leaders
Leading for Peace avec des activistes israéliens locaux pour engager les
deux communautés et leurs dirigeants à trouver une solution juste au conflit.
Parcourt le monde avec Robi Damelin (photo du bas), une femme juive ayant
perdu un fils en tué par un sniper palestinien, et avec le rabbin Hanan
Schlesinger.
« Vous ne pouvez pas pratiquer la non-violence sans écouter la
version de l'autre côté. Mais d'abord vous devez renoncer à être
victime. Les Juifs ne sont pas mes ennemis, leur peur, oui.»
38.
Ramzy Baroud
Journaliste, écrivainet analyste politique étatsunien-pales-
tinien. Né à dans un camp de réfugiés à Gaza en 1972, après que son
père ait été chassé de son village lors de la Nakba. A enseigné la
communication de masse à l'Université de technologie Curtin en
Australie et en Malaisie.
Ancien producteur d'Al-Jazeera, rédacteur en chef depuis 1999
du site Internet The Palestine Chronicle, source irremplaçable
d’informations et d’analyses sur le conflit israélo-palestinien.
A notamment travaillé sur l’assaut par l’armée israélienne du camp de
réfugiés de Jénine en avril 2002 en réaction aux attentats palestiniens.
« Les organisations de la résistance palestinienne doivent
s’abstenir de prendre pour cibles des civils israéliens. (…) Cette
décision est impérative si la lutte des Palestiniens veut sauvegarder
ses valeurs historiques et conserver sa supériorité morale. »
../..
39.
Ramzy Baroud
« Larésistance palestinienne a principalement pris la forme d’un
mouvement non-violent et populaire. Celui-ci se poursuivra aussi
longtemps que resteront en place les circonstances qui ont contribué à
son apparition. »
« Les Palestiniens ne sont pas les victimes d’une catastrophe
naturelle mais bien d’un siège, qui résulte d’une décision politique du
gouvernement israélien. Pour les Palestiniens, les négociations n’ont
mené nulle part. La campagne ‘Boycott Désinvestissement Sanctions’
est bien plus efficace que n’importe quel projet humanitaire. BDS est
une stratégie non-violente, d’où son efficacité. Elle doit être
accompagnée par une autre campagne, une campagne d’information,
afin de toucher le public le plus large possible »
40.
Guy Nattiv
et ZarAmir Ebrahimi
Guy Nattiv, né en 1973, scénariste, réalisateur et
producteur israélien.
Zahra Amir Ebrahimi, née en 1981, actrice, produc-
trice et réalisatrice franco-iranienne réfugiée en France.
Le film thriller Tatami (2024) est le fruit de la coopération inédite
de ces cinéastes de deux pays pourtant ennemis irréductibles, l’Iran et
Israël.
La judokate iranienne Leila et son entraîneuse Maryam se
rendent aux championnats du monde de judo, à Tbilissi en Géorgie, avec
l’intention de gagner. Leila reçoit un ultimatum du chef de l’État iranien :
simuler une blessure pour ne pas affronter une judokate israélienne. Sa
liberté et celle de sa famille étant en jeu, elle se retrouve face à un choix
impossible : se plier à la dictature iranienne, comme l’implore son
entraîneuse, ou se battre pour réaliser son rêve.
« J’ai appris à l’école qu’Israël n’existe pas. Donc nous ne som-
mes pas autorisés à travailler ensemble, à nous rencontrer, à nous lier
d’amitié ou à affronter en compétition cet ennemi imaginaire. » Z.A. E.
« Tatami est un hommage rendu à ces femmes. C’est un film sur
le pouvoir des Iraniennes, un film qui a tiré son inspiration des athlètes
placées sans l’obligation de porter le hijab. » G. N
41.
Abdullah Abu Rahma
Néen 1973 ?, Palestinien, habitant de Bil’in, village de 1800
habitants en Cisjordanie privé de ses terres par la construction du mur.
Coordinateur du Comité Populaire de Bil'in contre le Mur de séparation
et les Colonies.
Depuis janvier 2005, le village a organisé des manifestations non-
violentes hebdomadaires tous les vendredis contre la construction du
mur avec des Israéliens et des internationaux. Il a obtenu en 2007 de la
Cour Suprême israélienne le déplacement du mur.
Arrêté en décembre 2009 pour détention d’armes israéliennes
usagées après avoir organisé une exposition de grenades utilisées
contre les manifestants. 25 comités de résistance populaire ont adopté
des méthodes d’action similaires.
« Notre seul ennemi est l’occupation (…) La non-violence est
efficace. C’est quelque chose dont nous sommes fiers. Notre Intifada est
pacifique, est c’est pourquoi elle est forte ».
42.
Mohammed Khatib
Né en1974, militant palestinien, porte-parole du Comité
populaire de Bil'in. Ce village palestinien de 1600 habitants, à 16 km de
Ramallah, a vu plus de la moitié de ses terres confisquées pour la
construction de nouvelles colonies.
Étranglé par le mur, Bil'in connaît le sort de dizaines d'autres
villages palestiniens enclavés, comme Kharbata, Safa, Deir Qadis, dont
les habitants sont réduits à la misère ou à l'exil. Des citoyens israéliens
et palestiniens y débattent et y luttent ensemble contre le mur et la
colonisation en général dans le cadre de l'association Tayyush
("Ensemble").
« Nous manifestons tous les vendredis. Le sens profond de notre
action, c’est la lutte contre l’occupation israélienne, mais pas contre le
peuple israélien. Nos distribuons des tracts aux soldats en leur disant
que nous ne sommes pas contre eux en tant qu’individus, mais contre
ce qu’ils représentent, c’est-à-dire l’occupation.
Chaque mois, nous avons une rencontre avec les représentants
des groupes israéliens de la "Coalition israélienne contre le mur". De
même avec les internationaux. Le combat doit être triangulaire. »
43.
Antony Loewenstein
Né en1974, journaliste d'investigation, auteur et cinéaste
indépendant allemand, à l’origine juif athée australien. Apparaît régu-
lièrement à la télévision, à la radio, en public et dans les universités du
monde entier pour discuter d'actualité et de politique.
Son livre sur le conflit israélo-palestinien, My Israel Question (1ère
édition en 2006), qui examine les perspectives du processus de paix
au Moyen-Orient dans le nouveau contexte géopolitique, est décrit par
Ilan Pappé comme « l'un des meilleurs traités qui présente de la
manière la plus lucide possible pourquoi l'antisionisme ne peut pas
être assimilé à l'antisémitisme ».
Coéditeur avec Ahmed Moor du livre de 2012 Après le sionisme :
un État pour Israël et la Palestine, qui comprend des essais d' Omar
Barghouti, de John Mearsheimer, d' Ilan Pappé, de Sara Roy et de
Jonathan Cook.
Cofondateur d' Independent Australian Jewish Voices (IAJV).
Partisan du mouvement ‘Boycott, Désinvestissement et Sanctions’
(BDS). Lauréat du prix de la paix 2019 à Jérusalem (Al Quds), l'un des
plus importants prix de la paix en Australie, pour son travail en Israël-
Palestine.
44.
Hillel Kogan etAdi Boutros
H.K. : Né en 1974, de parents ayant quitté l’Union soviétique.
Assistant chorégraphe de Ohad Naharin au sein du Batsheva
Ensemble. Crée des œuvres de danse depuis 1996.
En 2013, crée le spectacle We Love Arabs : un chorégraphe
israélien choisit un danseur arabe pour créer une pièce porteuse d’un
message de coexistence et de paix. Au fil de cette parodie décapante
mêlant clichés chorégraphiques et racistes, le créateur auto-glorifié se
trouve piégé par les idées fausses qu'il prétend combattre. Après une
heure de rires, les acteurs dansent dans la même communion autour
d’un plat de houmous partagé. Ce spectacle diffusé en trois langues
(hébreu, anglais et français) tourne dans le monde entier et lui vaut
plusieurs prix et une reconnaissance internationale.
A. B. : danseur palestinien de nationalité israélienne
« J’avais besoin de parler avec humour des relations délicates entre nos
deux peuples et surtout du racisme sous-jacent qui en découle. Ma
pièce est une satire et une parodie. L'approche comique nous permet
d'examiner les questions avec moins d'émotions pesantes, avec moins
de lourdeur. Et le plus important, cela offre l'occasion de rire de nous-
mêmes. »
45.
Sari Bashi
Née en1975, juriste israélo-étatsunienne. Enseigne le droit international
humanitaire à la faculté de droit de Yale et à l’université de Tel Aviv et
supervise des recherches à Democracy for the Arab World Now
(DAWN).
Abandonne sa brillante carrière juridique aux États-Unis pour fonder avec
professeur Kenneth Mann, professeur de droit à l’université de Tel Aviv,
l’organisation ‘Gisha’ qui apporte une assistance juridique directe et mène un
plaidoyer public pour protéger la liberté de mouvement des Palestiniens.
D’abord directrice de plaidoyer au sujet d’Israël et de la Palestine à Human
Rights Watch, supervise ensuite une équipe de 270 personnes dans 50 pays,
travaillant sur 18 domaines régionaux et thématiques des droits de l'homme.
Épouse un Palestinien et s’installe à Ramallah, en Cisjordanie. Marathonienne,
auteure du blog Umm Forat sur l'éducation de ses enfants en Cisjordanie occupée.
« Il existe un principe très simple : ne pas tuer d'enfants, ne pas les prendre
en otage, ne pas leur lancer des bombes. »
« Le Hamas a commis des crimes de guerre contre des civils israéliens.
Mais cela ne justifie pas qu'Israël commette des crimes de guerre contre des civils
palestiniens. »
46.
Maoz Inon etAziz Abu Sarah
Maoz Inon, né en 1975, entrepreneur israélien dans le tourisme,
ouvre une maison d’hôtes dans la Vieille ville arabe de Nazareth, puis
une chaîne d’hôtels. Après la mort de ses parents tués le 7 octobre
2023 par une roquette du groupe terroriste palestinien du Hamas, mène
campagne pour la paix et la réconciliation au Moyen-Orient en étroite
collaboration avec les militants palestiniens Aziz Abu Sarah et Issa
Amro.
Aziz Abu Sarah, né en 1980, journaliste palestinien, entrepreneur
social et homme politique, militant de la paix. Voit son frère mourir de
blessures internes après sa libération d'une prison israélienne (un an de
détention pour jets de pierres), se tourne vers l'écriture politique anti-
israélienne. Après le lycée, apprend l'hébreu et rejoint une association
d'aide aux familles israélo-palestiniennes endeuillées, donne des
conférences contre l'activisme violent dans les écoles. Après des études
de gestion touristique, fonde sa propre agence de voyages. Dans ce
cadre, rencontre Marc Gopin de la George Mason University, qui l’incite
à transformer son entreprise en entrepreneuriat social. En 2009, fonde,
avec son partenaire israélien Scott Cooper une entreprise proposant
des circuits alternatifs aux juifs, musulmans et chrétiens des deux
camps dans la zone de conflit.
47.
Maoz Inon etAziz Abu Sarah
A.A.S, ex-codirecteur exécutif du Center for World Religions, Diplomacy
and Conflict Resolution, branche de la School for Conflict Analysis and
Resolution à la George Mason University (Virginie). A coordonné le travail du
groupe dans les pays islamiques comme l'Afghanistan et la Syrie. Pour illustrer
l'impact du nombre de morts résultant de la Seconde Intifada, co-organise
l'exposition de 1 200 cercueils (le nombre de victimes des deux camps) drapés
de drapeaux israéliens et palestiniens sur la place Rabin à Tel Aviv puis devant
le siège des Nations Unies à New York.
Artisans du ‘Sommet des Peuples pour la Paix’ à Jérusalem,
les 8 et 9 mai 2025, organisée par la Coalition It’s Time, alliance de plus de 60
organisations pour la paix, la réconciliation et la coexistence : la plus grande
mobilisation anti-guerre depuis le 7 octobre 2023. Plus de 5 000 participants,
dont plusieurs soldats israéliens opposés à la guerre en cours, de nombreux
proches d’otages, des survivants d’attentats terroristes, des proches en deuil
des victimes de la guerre, des habitants de la région frontalière de Gaza, des
juristes, des artistes, des diplomates, des leaders d’opinion, juifs et arabes.
« J’ai eu pendant 20 ans des partenaires palestiniens, jorda-niens,
égyptiens […] Je sais qu’Israéliens et Palestiniens peuvent vivre ensemble car
je l’ai vécu. » Maoz Inon
48.
Mira Awad
Née en1975, native de Rama, village de Galilée, de nationalité
israélienne. Fille d’un père médecin d’origine arabe palestinienne et de
confession chrétienne, et d’une mère bulgare, spécialiste en langues
slaves. Diplômée de l’école de musique Rimon (à Ramat Ha Sharon).
Mène de front une carrière dans la chanson et un parcours d’actrice.
En 2009, première chanteuse arabe à concourir pour Israël lors
de l’Eurovision, aux côtés de la chanteuse juive israélo états-unienne
d’origine yéménite Achinoam Nini, dite Noa. Les deux artistes ne ratent
jamais une occasion de se produire ensemble… (Photo du bas)
N’a jamais renoncé à son engagement en faveur de la tolérance
et de la compréhension mutuelle et du dialogue des deux commu-
nautés. Dans Mona, une série écrite par Mira Awad pour la télévision
publique israélienne, une Arabe palestinienne d’Israël, résidant à Tel-
Aviv, file le parfait amour avec un Juif israélien de Sdérot, jusqu’à ce
que l’opération militaire ‘Bordure protectrice’ à Gaza vienne interrompre
leur idylle…
« L’hymne national, Hatikva, ne me fait pas spécialement vibrer. Et
par ailleurs, je crois qu’il est encore nécessaire de se battre pour la paix
et la coexistence entre Israéliens et Palestiniens ».
49.
Tsahi Halevi etLucy Aharish
Tsahi Halevi, né en 1975, acteur israélien. Joue notamment le
rôle de Naor dans la série israélienne Fauda.
En octobre 2018, épouse Lucy Aharish, journaliste arabe
israélienne, née en 1981, la première arabe israélienne à présenter
un journal d'information en hébreu sur une chaîne de télévision
israélienne, ‘Channel 10’.
Ce mariage vaut à leur couple des critiques d'ultraconser-
vateurs israéliens, y compris au sein du gouvernement.
Le ministre ultra-orthodoxe de l'Intérieur Arie Dery estime sur une
station de radio militaire que leur mariage "n’est pas une bonne chose". Il
s’inquiète pour leurs futurs enfants, invite la mariée à se convertir au judaïsme
et conclut sur les méfaits de "l'assimilation qui consume le peuple juif".
Bentzi Gopstein, chef de l'organisation d'extrême droite Lehava ("La
Flamme") connue pour ses campagnes contre les relations mixtes, réprouve le
mariage et appelle le marié à "préserver la dignité du peuple juif".
Ces propos provoquent une vague de soutien envers les
mariés. "Félicitations et bonheur à ce couple magnifique", déclare la
députée travailliste Shelly Yachimovich (née en 1960, photo du bas),
journaliste, présentatrice de radio et de télévision
50.
Vittorio Arrigoni
(1975-2011), reporteret militant italien. Membre de l'ONG
International Solidarity Movement, s’installe à Gaza en 2008. Empri-
sonné par les Israéliens après son embarcation sur les flottilles, colla-
bore à Il Manifesto. Avec la même maison d'édition, publie son livre
Restiamo umani, synthèse de ses reportages à Gaza.
Au cours de l'opération ‘Plomb durci’, acquiert une renommée
internationale pour son blog Radio Guerrilla, seule source de l'Ouest
pour informer sur Gaza à un moment où aucun journaliste n'a accès à la
bande. En janvier 2011, publie sur son blog le manifeste des jeunes de
Gaza.
Assassiné par les salafistes du Jahafil Al-Tawhid Wal-Jihad fi
Filastin, qui l'avaient pris en otage pour essayer d'obtenir du Hamas la
libération de plusieurs de leurs membres, dont le cheikh Hicham al-
Soueïdani.
Décrit le gouvernement israélien comme l'un des pires régimes
d'apartheid au monde, affirme que le blocus israélien sur Gaza est
criminel. Avant même le massacre du 7 octobre 2023, n'aime pas du
tout non plus le Hamas dont il affirme qu’il a considérablement limité les
droits humains.
51.
Nadav Lapid
Né en1975, réalisateur, scénariste, écrivain et critique littéraire
israélien, installé à Paris. Né dans une famille d'artistes, suit des études
d'histoire et de philosophie à l'université de Tel Aviv et à l'université Paris
VIII. Dans ses films Policier (2011), Le genou d’Ahed* (2021), dresse un
constat souvent effarant de la société israélienne.
« Je suis dans un désespoir qui dépasse le politique, c’est un
désespoir existentiel que je vis depuis longtemps. Israël est un pays où
l’horizon n’existe pas. Un pays sans avenir. Un État profondément
malade, qui a perverti nos âmes et celles de nos voisins. »
« C’est d’une logique terrifiante. On a rendu Gaza monstrueux, il
n’est donc pas étonnant que des monstres aient poussé là-bas. Que le
Hamas et Netanyahou se soient accordés pendant des années, c’est
évident, cela ne fait même plus débat. Mais le plus inquiétant, c’est qu’ils
expriment l’essence collective de leur peuple, à savoir un désir meurtrier.
On ne peut pas espérer trouver de solution ainsi. On ne peut pas atten-
dre du malade ou du pervers qu’il se soigne tout seul. Et, en même
temps, on a toujours cette foi que l’humain ait une âme et qu’il puisse
échapper à son déterminisme social comme historique. »
* Ahed Tamimi, jeune militante palestinienne opposé à l’occupation militaire, gifle en
décembre 2017 un soldat de Tsahal. Condamnée à 8 mois de prison, elle devient une icône de
la résistance à la colonisation. Le député israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich déplore que
les soldats ne lui aient pas tiré dessus, « au moins dans le genou », de sorte que son
assignation à résidence soit définitive.
52.
Nathan Thrall
Né en1976 d’une mère juive émigrée de l'Union soviétique, écrivain,
essayiste, et journaliste états-unien basé à Jérusalem. Travaille 10 ans à
l’International Crisis Group, où il est directeur de l’Arab-Israeli Project, et
enseigne au Bard College. Ses livres sont tra-duits dans une douzaine de
langues.
Auteur du livre Le seul langage qu’ils comprennent : Obliger Israël à
accepter le compromis avec la Palestine (2017)
Reçoit en 2024 le prix Pulitzer for pour son livre A Day in the Life of Abed
Salama (2023), dans lequel il part d’un fait divers, un accident de bus sco-laire
près de la Ville sainte survenu en 2012 à Jérusalem, pour aus-culter les
conséquences de l’occupation israélienne sur la vie des Palesti-niens de
Cisjordanie.
« Les véritables racines de ce conflit sont la création d’un État pour le
peuple juif contre la volonté de la majorité autochtone sur sa terre. Le système
de domination en place, complexe et bureaucratique, fait qu’Israël contrôle 7
millions de Juifs et 7 millions de Palestiniens sans droits fonda-mentaux. Il y
aura des violences tant que cette question ne sera pas réglée. La clé du
succès des colonies repose sur la "suburbanisation", le fait que les colons ont
l’impression de vivre dans n’importe quelle banlieue d’Israël, avec une route
directe bien goudronnée, des postes de police, des cliniques, des écoles, des
centres commerciaux, et le sentiment d’une présence juive continue. »
53.
Youssef Ziadna
ou Youssefal Zayadeneh, Bédouin (arabe israélien) né en 1976,
conducteur de minibus pour une entreprise privée. Habite une maison de tôle
et de béton érigée au milieu d’un village oublié près de Rahat, dans le désert
du Néguev, au sud d’Israël.
Le 7 octobre 2023, jour de la tuerie perpétrée par le Hamas contre les
participants israéliens à la rave party du festival de musique de Reim (260
victimes), double la capacité de son minibus de 14 places et sauve 30
passagers en état de choc en les conduisant à travers le désert vers l’armée
israélienne hors des routes sur lesquelles le Hamas a posté ses hommes.
Reçoit peu après un appel téléphonique du Hamas «Toi et ta famille,
vous allez le payer ! ». Pleure un cousin assassiné lors de l’attaque et
s’inquiète pour 4 autres membres de sa famille qui sont toujours portés
disparus. Reçoit aussi la visite du président de l’Etat d’Israël, Isaac Herzog,
venu le féliciter. Dans son village privé d’abri antimissile alors que les
roquettes tombent en 20 secondes depuis la bande de Gaza, le Bédouin
espère que son geste changera le destin de sa communauté.
« Plutôt mourir si cela signifie que je peux sauver des vies. »
« Quand Israël bombarde Gaza, le sol tremble sous nos pieds. Quand
le Hamas bombarde Israël, les roquettes arrivent sur nous en vingt secondes.
Et nous n’avons qu’un seul abri, d’une capacité de huit personnes, pour 1 000
habitants. »
54.
Francesca Albanese
L’oppression d’Israëlcontre les Palestiniens est soutenue par
un système d’exploitation, d’occupation et de profit, avertit
Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale de l’ONU, dans un nouveau
rapport adressé en juillet 2025 au ‘Conseil des droits de l’homme’. Le
rapport dénonce le mercantilisme des entreprises et les gains monétaires
qui ont permis et légitimé la présence et les actions illégales d’Israël.
« Au cours des 21 derniers mois, alors que le génocide israélien a
détruit la vie et les paysages des Palestiniens, la bourse de Tel-Aviv a
grimpé de 213 % (USD), engrangeant 225,7 milliards de dollars de gains
boursiers, dont 67,8 milliards ce dernier mois. Pour certains, le génocide
est rentable ».
Le rapport de la Rapporteuse spéciale identifie 48 entreprises
distinctes, ainsi que leurs sociétés mères, filiales, franchisés, conces-
sionnaires et partenaires de consortium dans différents secteurs, dont des
fabricants d’armes, des sociétés technologiques, des institutions
financières et des entreprises de construction et d’énergie.
Image du bas :
- Francesca Albanese, née en 1977, juriste et chercheuse italienne, spécialisée en droit
international. En mai 2022, elle est nommée rapporteuse spéciale des Nations unies sur les
territoires palestiniens, pour un mandat de 3 ans, puis confirmée dans cette fonction jusqu'en
2028.
55.
Abou Alaa Mansour
Néen 1978 ?, militant palestinien, membre du Comité populaire
de Bil'in. Lutte contre l’accaparement des terres par Israël et contre le
mur, "barrière" contestée pas seulement par les Palestiniens, puisqu'en
septembre 2007, la Cour Suprême israélienne a jugé à l’unanimité que le
tracé du mur portait préjudice aux habitants de Bil’in et qu’il devait être
modifié.
« La stratégie israélienne vise l’avortement et l’échec de la
méthode non-violente, étant donné le rôle de cette méthode dans le
dévoilement de l’occupation et la réfutation du roman trompeur sur ce
qui se passe en Palestine.
Bil’in est à la fois le symbole de la non-violence, mais aussi le
symbole de l’assassinat cible par l’armée israélienne qui tue un jeune
homme, Bassem Abu Rahma qui s’adressait aux soldats et leur
demandant de ne pas tirer des coups de feu car la marche était
pacifique. À Ni’lin, en un an et demi, 5 manifestants sont tombés en
martyrs, la plupart étaient des jeunes garçons. »
Photo du bas : Un jeune franchit le mur de séparation. Au fond, la colonie israélienne de
Modiin Illit, l’une des plus importantes de Cisjordanie. Michael Sfard, avocat israélien,
cofondateur de Yesh Din, une organisation de défense des droits humains, réussit à prouver que
le tracé n’avait pas été établi pour des raisons de sécurité, mais pour permettre l’extension de
cette colonie.
56.
Bassem et JawaherAbu Rahma
Basem A. R., né en 1978, militant palestinien. Un des princi-
paux responsables de la résistance populaire dans le village de Bil’in.
Le 7 avril 2009, pendant une marche de protestation contre le mur,
demande aux soldats de ne pas tirer car la marche est pacifique. Mort
à l’hôpital à l'âge de 31 ans, après qu’un soldat israélien lui ait tiré à
bout portant une grenade de gaz lacrymogène à grande vitesse
directement dans la poitrine,
Les enquêteurs militaires israéliens ont fermé leur enquête
sur ce décès sans inculpation, invoquant un manque de preuves
malgré le fait que l'incident ait été enregistré par trois caméras
séparées.
Sa sœur, Jawaher Abu Rahma , est asphyxiée à mort, le 1er
janvier 2011, après que les soldats aient tiré des dizaines
de grenades à gaz sur des manifestants non-violents.
57.
Rachel Corrie
(1979-2003), militanteétats-unienne d’origine juive, volontaire du
International Solidarity Movement (ISM). Morte le 16 mars 2003 dans la
bande de Gaza, durant la Seconde Intifada, écrasée par un bulldozer
israélien alors qu'elle essaye avec d'autres membres de son organisation
d'arrêter pacifiquement la démolition de la maison d'un médecin
palestinien.
Des membres d'ISM présents sur les lieux lors des faits affir-ment
que le conducteur du bulldozer a délibérément tué Rachel en l'écrasant
deux fois avec son bulldozer. La jeune femme s'était placée face à
l'engin, dans le but de se faire voir par le conducteur et ainsi l'inciter à ne
pas poursuivre son chemin vers la démolition. Selon l’armée israélienne,
le conducteur de l’engin ne l’aurait pas vue, car elle était dans un angle
mort.
A travers le destin tragique de Rachel, qui tenait un journal de
voyage sous forme d'e-mails qu'elle envoyait à sa famille et à ses amis
aux États-Unis, le film Rachel de Simone Bitton (2009) médite sur les
thèmes de l'idéalisme, de l'engagement, de l'utopie politique.
58.
Fathy Khdirat
Né en19??, Palestinien, membre fondateur et coordi-
nateur de l’association Jordan Valley Solidarity. Cette asso-
ciation, appuyée par des volontaires internationaux qui viennent
du monde entier, défend le droit des Palestiniens à exister sur
leur terre.
« La vallée du Jourdain représente environ 30 % du
territoire de la Cisjordanie, et 95 % de ces terres sont dans la
zone occupée. Notre groupe décide de se battre, de construire,
de résister, d'aider les gens à exister dans leur pays d'origine
parce que nous nous rendons compte qu’Israël a un plan pour
expulser tout le monde de cette zone. S'il n'y a pas d'eau, il n’y
a pas de vie. Donc, empêcher les gens d'utiliser les ressources
en eau, c’est les forcer à quitter leur terre. »
59.
Anna Baltzer
Née en1979, Juive états-unienne , coordinatrice de la US
Campaign for Palestinan Rights aux USA), conférencière, auteure.
Depuis 2000, se rend régulièrement en Cisjordanie en tant que
bénévole pour le ‘Service international des femmes pour la paix’ afin
de faire connaître les violations des droits humains et soutenir la
résistance non-violente palestinienne.
Dénonce la neutralité des bien-pensants qui ne veulent pas
prendre parti dans ce conflit, alors qu’il s’agit, comme du temps du
mouvements des droits civiques aux États-Unis, du combat d’un
peuple opprimé contre une situation d’oppression caractérisée.
A fait plus de 500 conférences à travers le monde pour parler
des colonies, du Mur, de la censure, de la Nakba de 1948, des
réfugiés palestiniens, de Gaza, de l'activisme israélien, du mouve-
ment de résistance non-violent palestinien. Insiste sur les manifes-
tations non-violentes, sur l'éducation, encourage le dialogue pour
trouver des solutions.
60.
Fatima Khaldi
Née en19??, activiste et travailleuse sociale palestinienne. Avec
l'Union des femmes palestiniennes, elle a créé des jardins d'enfants qui
fonctionnaient comme école pour les enfants pendant la journée, et un
lieu de rencontre pour les femmes palestiniennes l'après-midi.
Actuellement, travaille avec le International Woomen Peace
Service (IWPS), et animatrice de Women for Life à Salfit. Après un
camp d'été de 2 semaines en juillet 2004, crée avec d’autres le groupe
Flowers Against the Occupation, groupe de jeunes filles qui vivent en
Cisjordanie occupée. Ce groupe se réunit une fois par semaine pour des
ateliers sur des sujets tels que l'anglais, l'art, la danse, la musique, la
santé des filles, la confiance des filles et la violence contre les filles.
« Nous voulons montrer au monde entier que nous rejetons la
violence et le racisme israéliens, nous croyons que la justice de notre
cause et notre détermination sont plus fortes que n'importe quelle arme
israélienne et que, pour une vie meilleure, les femmes palestiniennes
sont capables d'accomplir ce qui semble impossible. »
61.
Issa Amro
Palestinien néen 1980. En janvier 2003, proteste contre la
fermeture par l’armée israélienne de l’université polytechnique de
Palestine (où il est en dernière année d’études d’ingénieur), consi-
dérée comme étant en zone militaire. Avec d’autres étudiants, orga-
nise des actions de désobéissance civile.
Responsable de l'organisation Youth against settlements ("La
jeunesse contre les colonies"), une des figures du combat palestinien
contre l'occupation israélienne. Documente les violations des droits de
l’homme dans les territoires occupés, fournit des caméras aux familles
palestiniennes pour qu’elles puissent mettre en exergue la violence
quotidienne qu’elles subissent.
En 2010, déclaré "défenseur des droits de l'homme de l'année
en Palestine" par le ‘Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits
de l'homme’, initiative pour sa sécurité en raison de nombreux
témoignages de harcèlement de la part de soldats et de colons
israéliens et d'une série d'arrestations arbitraires.
En 2015, dissuade les jeunes Palestiniens de commettre des
attaques au couteau, et préconise une approche non-violente de la
résistance. Arrêté et inculpé en 2016 après avoir manifesté pour la
libre circulation à Hébron.
62.
Roi Silberberg
Né en1980, formateur israélien. À 23 ans, étudiant à l’univer-
sité, est enrôlé comme réserviste dans les Territoires occupés. Pendant
ces 3 semaines de service, est témoin de la réalité de l’occupation.
Devient un refuznik, dit à l’armée qu’il ne prendra plus part à cette
oppression. Maîtrise en droits de l’homme et doctorat en philosophie de
l’éducation, thèse de doctorat sur les fondements philosophiques et les
enjeux de l’éducation à la paix.
Fonde l’ONG Amal - L’arabe parlé pour tous, qui enseigne l’arabe
aux enfants des écoles primaires de Tel Aviv et de Jaffa ; membre du
Conseil d’administration de Zochrot, qui a comme objectif de sensibiliser
le public israélien à la Nakba ; collaborateur du groupe This is not an
Ulpan, initiative pour l’étude de l’arabe et de l’hébreu.
Depuis 2020, Directeur de The School for Peace dans le village
de Neve Shalom - Wahat as Salam, (‘l’Oasis de paix’), sur une colline à
une demi-heure de Jérusalem et de Tel Aviv, où des familles juives et
arabes, toutes citoyennes israéliennes, vivent ensemble par choix.
‘L’École pour la Paix’ est la première institution éducative établie
en Israël à promouvoir, à travers des cours et des séminaires, des
moments de rencontre et de confrontation entre Israéliens et Palestiniens
sur la gestion du conflit. Elle a déjà été visée par 2 incendies criminels,
dont le premier a complètement détruit le bâtiment principal.
63.
Ronit Avni
Née en1980 à Rio de Janeiro, citoyenne des États-Unis, du Cana-
da et d’Israël, auteure et réalisatrice. Étudie à partir de 1998 l’histoire du
Proche-Orient à la Columbia University de New York. Fondatrice en
2003 et directrice générale de Just Vision, à Washington.
Cette organisation de sensibilisation et de soutien des Palestiniens
et les Israéliens qui poursuivent "la liberté, la dignité, la sécurité et la paix
par des moyens non-violents" demande la fin de l’occupation et de
l’implantation de colonies israéliennes dans les territoires palestiniens.
Elle crée des films-documentaires en hébreu, en arabe et en anglais
(Home Front, Budrus, Encounter Point) et agit comme plaque tournante
entre les divers acteurs et mouvements.
«Les changements dans le monde d'aujourd'hui commencent par
le bas et sont menés finalement par les gouvernants : l’écologie, le
féminisme, le mouvement des droits civiques, etc. Le conflit israélo-
palestinien n'est pas différent. Les politiciens finiront par suivre, mais je
m'inquiète de qui va diriger ».
64.
Yehuda Shaul
Israélien néen 1982. Issu du milieu juif orthodoxe, fait son
service militaire pendant trois ans au sein d’une unité combattante
dans les Territoires occupés et constate les ravages de l’occupation.
En 2004, avec 65 camarades, vétérans de Tsahal, crée
l’association Breaking the Silence qui recueille et publie les témoi-
gnages des soldats chargés du "contrôle" des Palestiniens de
Cisjordanie et sensibilise la population, pour la forcer à savoir, "parce
que l’opinion ignore ce qui se passe sur le terrain". Se bat contre les
humiliations, les spoliations, les expropriations, les démolitions…
« L’occupation est pour Israël une seconde nature, Israël ne
conçoit la possibilité de vivre avec ses voisins qu’en les contrôlant de
façon absolue et obsessionnelle. (…) Si on ne cesse pas l’occupation,
c’est tout Israël qu’on risque à terme de perdre. Pour y mettre fin, il
suffit de le décider. »
65.
Muna Ammar
Née en19??, Directrice palestinienne du Center for Freedom and
Justice (‘Centre pour la liberté et la justice’). Cette association mobilise la
population dans une lutte non-violente contre l'occupation à Beit Omar,
entre Bethléem et Hébron, en Cisjordanie occupée, soutient l’engagement
des femmes dans des programmes d’éco-nomie solidaire et de
coopératives, organise des rencontres entre femmes israéliennes et
palestiniennes.
« L'économie et le mouvement de résistance sont intrinsè-quement
liés. Nous demandons aux internationaux de coopérer avec les
organisations qui travaillent à l’amélioration de la situation économique
des femmes en Palestine. C’est important pour mettre fin à l'occupation. »
66.
Wendy Pearlman
Née en1980??, enseignante étatsunienne. Professeure de
sciences politiques à la Northwestern University (Evanston près de
Chicago, Illinois), titulaire la chaire d'études sur le Moyen-Orient. A
étudié ou mené des recherches en Espagne, en Allemagne, au Maroc,
en Égypte, au Liban, en Jordanie, en Turquie, en Israël, en Cisjordanie
et dans la bande de Gaza.
Ses recherches portent sur la politique comparée du Moyen-
Orient, les mouvements sociaux, la violence politique, les réfugiés et la
migration, les émotions et la mobilisation, et le conflit arabo-israélien.
Son livre Violence, Nonviolence, and the Palestinian National
Movement (2011) pose la question : Où est le "Gandhi palestinien" ?
Enquête sur les raisons pour lesquelles des stratégies non-violentes et
violentes ont été utilisées à différents moments. Cherche à découvrir
comment le degré d'unité ou de fragmentation interne détermine la
décision d'utiliser une stratégie violente ou non-violente. Montre que la
cohésion interne d’un mouvement est une condition nécessaire mais
pas suffisante pour l'utilisation de la revendication non-violente.
Étudie l'histoire du mouvement national palestinien depuis la
période du mandat britannique.
67.
Meriem Laribi
Née en1980 à Alger, journaliste indépendante. Père torturé par
l’armée française à l’âge de 17 ans. Arrive en France à l’âge de 15 ans,
fuyant avec sa mère la guerre civile qui sévit en Algérie. Collabore
régulièrement avec Le Monde diplomatique et Orient XXI, et a également
co-réalisé, avec Maïlys Khider, un documentaire produit par ‘Le Média’
intitulé Gaza : fuir le génocide (2024).
Dès le 7 octobre 2023, entreprend de documenter, jour après jour,
l’impensable*.
Raconte aussi comment, semaine après semaine, les services du
Président français et certains de ses confrères ont tenté de la museler. Au
delà se son expérience, son essai démonte le traitement médiatique de la
guerre en Palestine et pointe du doigt un biais systémique : comment,
sous couvert de neutralité, la presse occidentale a validé un récit tronqué,
invisibilisé les victimes palestiniennes et normalisé l’inacceptable.
* Les actes génocidaires constatés par les experts et les organisations de défense des droits
humains comprennent des massacres à grande échelle, l'utilisation de la famine comme arme de
guerre, le refus de l'entrée et de la distribution d'aide humanitaire aux civils, la destruction
d'infrastructures civiles, des attaques contre le personnel soignant et des déplacements forcés, le
tout associé à des discours tenus par les médias israéliens ou certaines autorités israéliennes au
début du conflit et considérés comme des expressions d'une intention génocidaire.
68.
Wasim Almasri
Palestinien gazaoui,né au Liban en 1982, d’un père palestinien et
d’une mère libanaise. A 1 an lorsque la guerre civile éclate sur place,
acculant sa famille à fuir. Passe la décennie suivante dans un camp de
réfugiés, en Syrie. Épuisés par cette vie précaire, ses parents s’exilent à
nouveau à Gaza. Étudie les technologies de l'information à Chicago.
Travaille avec la société civile et des instituts internationaux à Ramallah
sur des projets visant à développer des pratiques de démocratie et de
transparence pour l'Autorité palestinienne en Cisjordanie. Sa maison,
située à Beit Hanoun (nord-est de Gaza), est anéantie à l’automne 2023
par Tsahal. « Plus rien ! À l’heure où je vous parle, j’ai perdu sur place 15
membres de ma famille. Peut-être plus, je ne sais pas, je n’arrive pas à
joindre tout le monde… Mais 15, sûr. ».
Directeur des communications du mouvement OneVoice en
Palestine, puis engagé pour le rapprochement entre Palestiniens et
Israéliens au sein de Alliance for Middle East Peace (Allmep, Alliance pour
la paix au Moyen-Orient), une coalition de 160 organisations implantées
des deux côtés de la frontière, dont il est directeur des programmes.
« Le but n’est pas de faire gagner un camp ou l’autre, c’est
d’arrêter la guerre entre nos deux peuples. Le reste, c’est indécent .
Sur les valeurs, on se rejoint complètement. Après, on peut être en
désaccord sur la question de la solution à un État ou à deux États, mais
c’est secondaire. »»,
69.
Nadav Weiman
Né en1986, ex-soldat et militant de la paix israélien. Études
d’éducation populaire au Seminar Hakibbutzim College à Tel Aviv.
Travaille comme professeur d'histoire et de littérature au lycée, est le
tuteur légal et le conseiller d'un foyer pour adolescents défavorisés à Tel
Aviv.
À l’âge de 18 ans, sert comme tireur d’élite (sniper) dans les
forces spéciales de Tsahal en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et
constate toutes les exactions commises par l’armée israélienne.
Rejoint en 2012 Breaking the Silence, ONG des anciens
combattants israéliens contre l’occupation de la Palestine, en tant que
témoin-activiste, est ensuite coordinateur du programme Témoin-
Activiste. Depuis 2019, directeur principal de Breaking the Silence.
Dans une interview accordée en mai 2025 à Democracy Now !, évo-que
l’utilisation de civils palestiniens comme boucliers humains à Gaza par
l’armée israélienne.
« Je suis devenu activiste précisément parce que j’ai servi dans
l’armée israélienne. »
« Ce n'est qu'après avoir entrepris de nombreuses autres
incursions dans des maisons palestiniennes que j'ai réalisé que notre
rôle en tant que soldats était de maintenir le contrôle militaire sur les
Palestiniens, et non de garantir la sécurité des habitants de Tel-Aviv et
de Jérusalem. » ../..
70.
Nadav Weiman
« Lepremier principe préconisé par Tsahal est parfois appelé
"risque zéro pour nos forces". Cela implique de considérer tout civil
palesti-nien comme un terroriste. Le deuxième principe, connu sous
le nom de "doctrine Dahiya", est que, dans un conflit asymétrique
contre un acteur non étatique, une période de calme peut être atteinte
en causant des dommages disproportionnés aux installations
militaires et aux infrastructures et biens civils. La relecture des conflits
passés a toujours porté sur la bonne application de ces principes,
jamais sur la validité des principes eux-mêmes. »
« À Gaza, quiconque n'évacue pas est coupable jusqu'à ce qu'il
ait été prouvé innocent. »
« La leçon que nous devrions tirer des conflits passés est que la
violence ne peut pas nous offrir aux Israéliens la sécurité que nous
méritons. Une résolution politique qui aborde les racines du conflit est
le seul moyen de défendre les frontières et les citoyens israéliens.
Nous devons parvenir à des accords contraignants qui garantissent
les droits, la sécurité et la liberté des Israéliens et des Palestiniens et
l'autodétermination des deux peuples. »
71.
Hamdan Ballal etYuval Abraham
H. B., né en 1989, cinéaste et militant des droits de l'homme pales-
tinien. Travaille comme agriculteur, photographe et chercheur bénévole sur
le terrain pour l'organisation israélienne de défense des droits de l'homme
B'Tselem. En 2024, coréalise, avec Basel Adra, Yuval Abraham et Rachel
Szor, le film documentaire No Other Land sur les colonies israéliennes et la
violence en Cisjordanie*. Le 24 mars 2025, est agressé, blessé et ensan-
glanté à son domicile à Susya, dans le sud de la Cisjordanie, par des colons
israéliens armés.
Y. A., né en 1995 , journaliste d'investigation israélien. Participe à des
actions pour empêcher les colons israéliens de détruire des maisons
palestiniennes en territoires occupés, en s’installant sur place dans des
familles de Cisjordanie. En 2020, crée la plate-forme We Beyond the Fence
(‘ Nous au-delà du mur’), avec Ahmed Alnaouq, un journaliste palestinien :
le site propose des textes, traduits en hébreu, qui racontent le quotidien des
Palestiniens de l’enclave sous blocus depuis 2007.
* En 2025, le film No other land est acclamé par la critique, remportant l'Oscar du meilleur long
métrage documentaire lors de la 97e
cérémonie des Oscars, le Panorama Audience Award du
meilleur film documentaire et le prix du meilleur documentaire de la Berlinale au 74e
Festival
international du film de Berlin.
72.
Simon Assoun
Né en1991, militant juif antisioniste français, issu d’une famille
juive séfarade d'origine algérienne. Membre du Bureau national de l'Union
juive française pour la paix (UJFP). Porte parole de ‘Tsedek !’, collectif
fondé en juin 2023 pour porter la voix de Juifs venus d’horizons divers,
lutter contre le racisme d’État en France et pour la fin de l’apa-theid et de
l’occupation en Israël-Palestine en forgeant des armes théoriques.
« Ce concept [Tsedek : justice dans la tradition juive] sert de fil
conducteur à notre militantisme : nous conjuguons notre identité juive à la
lutte antiraciste et faisons de cette dernière un élément central de notre
judéité. »
« Nous regrettons qu'aujourd'hui l'antisémitisme soit trop souvent
associé aux classes populaires issues de l’immigration postcoloniale et à
l’extrême-gauche. Les milieux dans lesquels les opinions judéo-phobes
progressent le plus sont les milieux d'extrême-droite. »
« En engageant l'ensemble de la communauté juive dans un soutien
inconditionnel et systématique à l'État israélien, le CRIF* participe
directement à l'importation du conflit israélo-palestinien, à l'identification
des Juifs de France aux soldats israéliens. Cela participe à la circulation
d'idées judéophobes et expose les Juifs issus des classes populaires à
des formes de violence. »
* CRIF : ‘Conseil Représentatif des Institutions Juives de France’
73.
Rima Hassan
Née en1992, juriste et militante franco-palestinienne. Née dans le
camp de réfugiés de Neyrab en Syrie, dernière des 6 enfants d'un militaire
palestinien, forcé à l’exil vers la Syrie lors de la création d’Israël en 1948, et
d'une institutrice d'Alep, arrive en France à l’âge de 10 ans.
Master en droit international à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne.
Dans son mémoire de master, s'intéresse à la comparaison juridique de
l’apartheid en Afrique du Sud et en Israël.
Fonde en 2019 ‘l’Observatoire des camps de réfugiés’ dont l’objectif est
d’ « Informer, enquêter, sensibiliser sur les camps de réfugiés, de déplacés et
de migrants dans le monde » : 140 camps observés dans 59 pays sur une
carte géographique en ligne sur le site o-cr.org
Fonde en 2023 le collectif ‘Action Palestine France’.
« Le récit proposé est celui d’un conflit symétrique entre Israël et la
Palestine. L’analyse omet de nous resituer, nous, Palestiniens, dans notre
condition de sujets colonisés, dominés. »
« Tout le monde parle du "plan de partage" et accuse les Palestiniens
de l’avoir refusé : personne ne nous a rien demandé ! On nous l’a imposé. Ça
n’a rien à voir. Depuis le début, notre voix n’existe pas. C’est donc sans
surprise que les puissances occidentales, qui étaient autant d’empires
coloniaux, mettent en œuvre cette différence de traitement. » ../..
74.
Rima Hassan
« Jen’en veux à personne d’avoir créé un territoire sûr pour les
Juifs, j’en veux à ceux qui l’ont fait au détriment d’un autre peuple. »
« L’État français a négocié avec le FLN, qu’il qualifiait aussi de
"terroriste". Le PKK est également désigné ainsi, ce qui n’a pas empê-
ché, un temps, l’État turc de négocier la paix avec lui. »
« L’apartheid que nous subissons n’est pas le même que celui
qu’ont vécu les Noirs en Afrique du Sud – ils étaient tous soumis, « éga-
lement », aux mêmes lois. L’apartheid israélien repose sur la fragmen-
tation du peuple palestinien. Il y a plusieurs catégories de Palestiniens,
vivant dans des espaces différenciés et dotés de statuts multiples. »
« La seule solution viable est un État binational démocratique et
laïc. Craig Mokhiber, directeur du bureau du Haut-commissariat aux
droits de l’Homme à l’ONU, vient de démissionner et, dans sa lettre, on
peut lire que la solution à deux États est devenue "une plaisanterie dans
les couloirs de l’ONU" ».
« Il faut parvenir à isoler Israël comme ça a été le cas avec l’Afri-
que du Sud. Il faut le contraindre à respecter le droit. Faire pression.
L’amener à négocier dans un nouveau cadre démocratique. »
75.
Mairav Zonszein
Née en1994?, journaliste israélo-étatsunienne et spécialiste
d’Israël à l’International Crisis Group.
« Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, est un
bouc émissaire bien pratique dans les déboires de la guerre à Gaza.
En fait, le problème est qu’une majorité d’Israéliens soutient la machine
de guerre. Ils sont largement favorables à la campagne militaire en
cours à Gaza et soutiennent l’objectif affiché du gouvernement : l’anni-
hilation du Hamas, quel qu’en soit le coût humain pour les Palestiniens
de la bande de Gaza.
Dans un sondage réalisé en janvier 2024, une majorité écrasante
(88 %) de Juifs israéliens estimait que le nombre stupéfiant de victimes
palestiniennes (le bilan avait déjà dépassé les 25 000 morts, il est en
aout 2025 à 61 000 morts) était justifié.»
« Plus encore qu’auparavant, l’armée en Cisjordanie semble
ouvrir la voie aux colons en s’attaquant aux Palestiniens et à leurs
biens. »
- Image du bas : Avi Zornberg, enseignant, soutient l'appel du ministre israélien des
Finances, Bezalel Smotrich (extrême droite), visant à interdire aux Palestiniens de récolter des
olives à proximité des colonies.
76.
Alice Kisiya etsa famille
Née en 1994, coach sportive, Palestinienne chrétienne
disposant de la citoyenneté israélienne, dont la famille possède 5 parcel-les
de terres dans la vallée d’Al-Makhrour, près de Bethléem. En 2012, l’armée
israélienne détruit le restaurant familial qui domine la verdoyante vallée. Au
fil des années, le restaurant est détruit et reconstruit quatre fois, en 2012,
2013, 2015 et 2019, année où la maison attenante subit le même sort.
Depuis 2017, la propriété du terrain est revendiquée par Himanuta,
une filiale du KKL-JNF (le Fonds national juif israélien) connue pour son
implication dans l’achat de terres palestiniennes en Cisjordanie. « Ils ont
affirmé l’avoir acheté en 1969 et que leur titre foncier provenait des archives
de l’État. Nous avons consulté nous-mêmes ces archives, sans rien trouver.
Leur document était un faux et nous l’avons prouvé ».
En juillet 2024, avec le soutien de l’armée israélienne qui émet un
« ordre de fermeture militaire » sur la zone, des colons envahissent les
terres de la famille Kisiya. Alice décide de se battre, monte un réseau
interreligieux d’activistes et multiplie les interviews. Juifs israéliens,
chrétiens et musulmans se lancent dans la bataille pour « sauver al-
Makhrour ». Des prêtres et des rabbins apportent leur soutien.
Image du haut : Alice Kisiya résiste à l’occupation des terres familiales par les colons
israéliens.
77.
Alice Kisiya etsa famille
Une église en bois est construite en une heure et demie par des militants de
diverses religions. Une prière dominicale de protestation réunit des personnes de 40
pays différents.
Après un an de bataille juridique, la Cour suprême d’Israël en juin 2025 reconnait
les droits de la famille Kisiya sur les terres, et ouvre la voie à la reconnais-sance
définitive de la propriété devant les tribunaux compétents.
Les colons qui s’y étaient installés depuis une année sont expulsés.
« La présence des militants internationaux nous protège contre les attaques des
colons et l’accaparement des terres. Des juifs israéliens nous soutiennent et viennent
célébrer le Shabbat auprès de nous. La non-violence est la bonne solution. »
Images : - Alice Kisiya et Michelle, sa mère
- Célébration interreligieuse dans la chapelle construite pour soutenir
la lutte : le pasteur Munther Isaac de l’Église évangélique luthérienne
de Jordanie et Alice Kisiya
- Deux parmi les nombreuses vidéos de reportage sur le combat de
la famille Kisaya
78.
Dafna Rothstein Landman
Israéliennenée en 1997. Coordinatrice de l’initiative de 60 jeunes Israéliens
annonçant en mars 2014 leur refus de servir dans l'armée d'occupation.
« Nous, soussignés, avons l’intention de refuser de servir dans l’armée et la
principale raison de ce refus est notre opposition à l’occupation militaire des territoires
palestiniens. Dans ces territoires, les droits de l’homme sont bafoués et des actes définis
selon le droit international comme des crimes de guerre sont perpétrés de façon
quotidienne. Ceux-ci comprennent des assassinats (exécutions extrajudiciaires), la
construction de colonies sur des terres occupées, des détentions administratives, des
tortures, des punitions collectives et une répartition inégale de ressources comme
l’électricité et l’eau.(…) Tout service militaire perpétue la situation actuelle, et de ce fait
nous ne pouvons prendre part à un système qui se livre à de tels actes. »
79.
Tal Mitnick
Né en2005, objecteur de conscience israélien. En déc. 2023,
refuse d’être enrôlé dans l’armée et de participer aux opérations à Gaza.
Condamné à 30 jours d’emprisonnement pour insoumission.
« Cette terre a un problème : deux nations y ont tissé un lien
indéniable. Même avec toute la violence du monde, nous ne pourrions pas
effacer le peuple palestinien ou son lien avec cette terre, tout comme le
peuple juif ou notre lien avec cette même terre ne peuvent pas être effacés.
Le problème ici relève d’une forme de suprématie, la croyance que cette
terre n’appartient qu’à un seul peuple. La violence ne peut résoudre ce
problème, ni de la part du Hamas, ni de la part d’Israël. Il n’y a pas de
solution militaire à un problème politique. C’est pourquoi je refuse de
m’enrôler dans une armée qui croit que le vrai problème peut être ignoré,
sous le couvert d’une guerre civile, avec un gouvernement qui ne fait
qu’entretenir le deuil et la douleur.
«Je refuse de croire que plus de violence nous garantira plus de
sécurité, je refuse de participer à une guerre de vengeance. J’ai grandi dans
un foyer où la vie est sacrée, où le dialogue est valorisé, où la
communication et la compréhension passent toujours avant la violence.
Dans le monde plein de corruption dans lequel nous vivons, la violence
et la guerre sont un moyen détourné pour accroître le soutien au
gouvernement et faire taire les critiques. »
80.
Hossam Shabat
(2001-2025) journalistepalestinien. Études en média et technolo-
gies de communication, membre du conseil municipal des jeunes de Beit
Hanoun.
Après le début de la guerre Israël-Hamas, documente sur les
réseaux sociaux - il est suivi par presque 600 000 personnes sur
Instagram - les effets de celle-ci dans le nord de la bande de Gaza,
comme photojournaliste, puis à la télévision pour Al Jazeera Mubasher.
Perd sa maison, le restaurant familial et des dizaines de membres de sa
famille dans des bombardements israéliens, et sa famille fuit vers le sud,
tandis qu'il reste au nord. Est accusé en octobre 2024 par Tsahal d'être,
comme 5 autres journalistes du média qatari qui couvraient le siège du
nord de Gaza, un tireur d'élite du Hamas et du Jihad islamique
palestinien. Le quotidien étatsunien The New York Times indique que
cette accusation, dont il n'a pas pu établir la véracité, s'inscrit dans une
campagne plus large de l'armée israélienne contre Al Jazeera, qu'elle
accuse d'être proche du Hamas. Le ‘Comité pour la protection des
journalistes’ (CPJ) condamne les allégations de l'armée israélienne qu'il
juge non étayées.
Est tué le 24 mars 2025 par l'armée israélienne au moyen d'une
frappe par drone sur son véhicule. Il est le 206ème
journaliste palestinien
tué par l'armée israélienne depuis le début de la guerre à Gaza.
81.
Arturo Cohen
et MuhammadDajani
Tous les mardis après-midi, pendant trois heures, un terrain de
football situé dans le quartier d’Abu Tor à Jérusalem est envahi par
les cris et les rires des jeunes joueurs, âgés de 6 à 13 ans. L’équipe,
qui ne participe pas à des compétitions, est composée d’environ 30
enfants israéliens (1/3) et palestiniens (2/3) qui s’entraînent sous le
regard attentif de leurs deux entraîneurs bilingues, Arturo Cohen
(Italo-Israélien, étudiant à l’Université hébraïque de Jéruslem) et
Muhammad Dajani, dans le cadre d’Inter Campus, un projet social du
club de football italien Inter Milan.
Le programme de formation a débuté en 2013, dans le quartier
de Bet Safafa, au sud de Jérusalem, et a été déplacé au centre
d’Abu Tor en 2019.
Social Goal, l’organisation israélienne à but non lucratif qui
organise la formation au nom de ‘l’Inter Milan’, gère aujourd’hui un
projet similaire pour les garçons et les filles à Bet Safafa, ainsi qu’un
projet au sud de Tel Aviv pour les enfants des demandeurs d’asile
érythréens et soudanais, ainsi qu’à Ramallah.
« Nous essayons de changer une réalité très complexe. » ■
Images :
- L’entraîneur Arturo Cohen avec des enfants israéliens et palestiniens
- Muhammad Dajani (au centre), Noam Levy (à droite) et Arturo Cohen (à gauche)
82.
Sept. 2014 :
43israéliens de l’unité 8200
Dans une lettre publiée le 12 septembre 2014 dans le journal Yediot Aharonot,
43 Israéliens (33 soldats et 10 officiers, hommes et femmes), ayant servi dans l'unité
8200 du renseignement militaire israélien affirment :
« Le renseignement permet le contrôle permanent de millions de personnes à
l'aide d'une surveillance profonde et intrusive, qui s'immisce dans la plupart des secteurs
du quotidien des individus. Tout cela ne permet pas aux gens de mener des vies
normales et incite à plus de violence, nous éloignant toujours davantage de la fin du
conflit. (…) Notre conscience ne nous permet pas de participer aux missions de collecte
d'informations sur la population palestinienne. Nous ne pouvons plus continuer à servir
ce système et à dénier leurs droits à des millions de personnes tout en gardant bonne
conscience. »
Ils évoquent leur rôle capital dans les opérations d'éliminations ciblées, prati-
quées par l'armée.
« Nous appelons tous les soldats qui servent actuellement dans cette unité ou
qui vont y servir, tous les Israéliens à faire entendre leurs voix contre ces abus et agir
pour y mettre un terme. »
83.
Avril 2025 :
970pilotes réservistes
Le 10 avril 2025, à l’initiative de Guy Poran, 970 pilotes réser-
vistes diffusent une lettre critiquant la politique menée à Gaza par le
gouvernement de Benyamin Netanyahou, accusé de mettre en péril la
vie des derniers otages retenus par le Hamas avec la reprise de la
guerre dans l’enclave palestinienne.
« Il a été prouvé dans le passé que seul un accord peut ramener
les otages en sécurité (…) Actuellement, la guerre sert des intérêts
politiques importants et personnels, pas des intérêts de sécurité.
Continuer la guerre ne contribuera à aucun de ses objectifs déclarés et
conduira à la mort des otages, des soldats israéliens et de civils
innocents, ainsi qu’à l’épuisement des forces israéliennes de réserve.»
L’armée israélienne Tsahal annonce aussitôt le renvoi de tous les
réservistes actifs signataires de cette lettre.
En octobre 2024, une précédente lettre similaire de soldats
israéliens avait déjà suscité le débat en Israël. 145 soldats, réser-
vistes comme officiers réguliers, avaient alors approuvé ce docu-
ment, aux revendications semblables.
Outre les manifestations régulières, 48 % des Israéliens esti-
ment fin février 2025 que Benyamin Netanyahou doit démissionner
immédiatement, d’après une étude publiée par Haaretz.