Executive Master Marketing Management 2013-2014 - Cours d’Intelligence Economique de
Monsieur Christian HARBULOT, professeur à l’ESSEC.

Rapport d'Etude sur "les stratégies d'influence
gouvernementales sur l'Open Data" – décembre 2013

Auteurs :
Charles-Antoine d’HOOP (rapporteur)
Aude DEFRETIERE
Mar GARRIDO
Frédéric LARCHIER
Soumaya LOUATI
Esther PETIT
REMERCIEMENTS
Les auteurs remercient chaleureusement les 10 personnes qui ont bien voulu répondre à leurs
sollicitations, parfois pressantes, pour constituer ce rapport dans lequel chacun des membres de
l’équipe s’est investi avec intérêt, méthode et patience. La diversité des interlocuteurs et la qualité des
échanges auront permis, nous l’espérons, de rendre plus intéressant et pertinent ce rapport, et l’Open
Data nous est apparu au fil des entretiens comme étant économiquement stratégique, politiquement
incontournable et démocratiquement exigeant.
L’exercice académique de rédaction d’un rapport sur un sujet aussi « ouvert », sans jeux de
mots, a été très formateur, et prépare la rédaction de la thèse professionnelle du Master qui validera
notre diplôme ESSEC en Marketing Management.
Pour des raisons de confidentialité, nous ne mentionnons pas les noms des personnes
interviewées dans ce rapport. Néanmoins, afin de conserver au rapport son intérêt, nous portons à la
connaissance du lecteur les différentes organismes et institutions interviewés : institutions publiques,
journalistes, patron de start-up, collectivités locales, associations, partis politiques, grandes entreprises
impliquées dans le domaine, juristes.

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ABSTRACT
The “Competitive Intelligence” class of M.. Christian Harbulot is part of the ESSEC
Marketing & Management Executive Master Program. It aims at learning the proper ways to discover
real information out of what is pure demagoguery. M. Harbulot demanded to write a paper that would
allow us to leverage information according to his methods. “The big data shift”, “smart grids issues”,
or “risks of a cooperation agreement” were as many suggested topics, but our group decided to
specifically focus on “The influential strategies of governments on Open Data.”
Indeed, the Open Data movement, which consists in delivering public data on the Internet for
public or private use, is inherent with the decisions of the political sphere. Most of democracies, as
well as many local authorities, have already widely opened their databases. In order to reach an
impartial judgment about the strategies of the past and present French governments on this matter, we
decided to compare them with the one held in the USA, the UK, India, or on the African and the
European continents.
As a consequence, our team organized several meetings with influential politicians, legal experts,
senior officials, association leaders and, last but not least, with people who create and share Open
Data, like start-up’s CEOs and project manager of local authorities. We also studied terms of law and
official reports. Some members of the team attended events planned by Etalab or Sorbonne law
schools.
This paper analyzes and synthetizes the strategies of many different countries, illustrated with actual
examples of open data policies.

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RESUME
Le cursus académique de l’exécutive Master ESSEC en Marketing Management comporte un
cours d’Intelligence Economique dispensé par M. Christian HARBULOT. Il est demandé pour
l’apprentissage de ce cours de rédiger un rapport d’étude de façon à apprendre à chercher de
l’information et discerner le réel de la démagogie. Parmi les sujets proposés : « pourquoi la France a
raté le virage du big data, les smart grid, les risques d’un accord de coopération, etc… », les auteurs
ont choisi le sujet « les stratégies d’influence gouvernementales sur l’Open Data ».
Le principe de l’Open Data consiste à rendre disponible par internet les données numériques
publiques pour une utilisation privée ou publique, et l’Open Data est donc par nature un sujet où
l’impulsion politique joue un rôle prépondérant. Les premières analyses ont montré que la plupart des
démocraties mondiales, ainsi que de nombreuses collectivités locales, ont ouvert leurs bases de
données. Afin de porter un jugement plus objectif sur la stratégie des gouvernements français passés
et présents, nous avons fait le choix d’étudier les stratégies d’influence américaines, anglaises,
indiennes, panafricaines et européennes.
En France, l’équipe de rédaction a ciblé ses efforts sur la rencontre d’acteurs influents tels que
des hommes politiques, des juristes, des hauts fonctionnaires et des responsables d’associations, mais
aussi ceux qui « font l’Open Data » au quotidien, à savoir des patrons de start-up et des responsables
de projets Open Data dans les collectivités. Une recherche bibliographique complémentaire a été
orientée sur les textes juridiques et les rapports officiels, et plusieurs membres de l’équipe ont
participé à des évènements organisés par Etalab ou des facultés de droit parisiennes.
Le présent rapport restitue une synthèse des stratégies, illustrée d’exemples concrets de réutilisation
des données dans les pays étudiés, pondérée par des jugements sur celles qui ont été observées.

MOTS CLES
Etalab, Open Data, cada, sgmap, cnil, anssi, disic, libertic, popi, foia, raw_data, semantic data, Linked
data, metadata, opendatasoft, datarepublica, OpenKnowledgeFoundation, bigdata, dspl, PublicData,
democratie2.0, intelligence économique, statistiques, données personnelles, indexation, startup,
stratégies, influence, numérique, transparence

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TABLE DES MATIERES

Remerciements ......................................................................................................................... 1
Abstract .................................................................................................................................... 2
Resumé...................................................................................................................................... 3
Mots clés ................................................................................................................................... 3
Table des matières ................................................................................................................... 4
Table des figures ...................................................................................................................... 6
Introduction ............................................................................................................................. 8
1.

L’Open Data dans le monde .......................................................................................... 12
1.1. Aux Etats-Unis ...................................................................................................................... 12
1.2. En Grande-Bretagne ............................................................................................................ 15
1.3. En Inde................................................................................................................................... 17
1.3.1. Contexte et enjeux ............................................................................................................ 17
1.3.2. Le cadre juridique en Inde................................................................................................ 18
1.3.3. L’admnistration indienne : culture et organisation .......................................................... 18
1.3.4. Illustration du modèle indien ........................................................................................... 20
1.4. L’Open Data panafricain ..................................................................................................... 24
1.4.1. Genèse .............................................................................................................................. 24
1.4.2. L’Open Data de la banque africaine du développement .................................................. 25
1.4.3. Le développement économique et la lutte contre la corruption ....................................... 26
1.4.4. Exemple de l’Afrique du Sud ........................................................................................... 27
1.4.5. La protection des données personnelles en Afrique du Sud : un frein pour l’Open Data ?
29
1.5. Conclusion sur l’Open Data dans les pays étrangers étudiés ........................................... 29

2.

La politique européenne sur l’Open Data .................................................................... 31
2.1.
2.2.
2.3.
2.4.

3.

La politique affichée en France ..................................................................................... 34
3.1.
3.2.
3.3.

4.

La Mise en place d’un cadre juridique : la directive 2003/98/CE .................................... 31
Les apports de la directive 13/06/2013 ................................................................................ 32
La mise en place de programme de R&D&I ...................................................................... 34
Le portail européen de l’Open Data ................................................................................... 34
Un besoin de démocratie ...................................................................................................... 34
Un vecteur de modernisation de l’Etat ............................................................................... 36
Etat des lieux de la législation .............................................................................................. 39

Un mouvement d’ouverture entravé ............................................................................ 42
4.1. Les faits en contradiction avec les paroles .......................................................................... 42
4.1.1. Un gouvernement impliqué, mais pas trop … ................................................................. 42

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4.1.2. Un écosysteme défaillant ................................................................................................. 44
4.2. La défiance numérique, une exception culturelle française ............................................. 44
4.3. Les difficultés juridiques : sont-elles des prétextes pour ne pas faire ?........................... 46
4.4. Les difficultés techniques : qu’en est-il réellement ? ......................................................... 49
4.4.1. Les étapes principales pour mettre techniquement en œuvre un Open Data ................... 49
4.4.2. Les leviers d’influence : qui sont les métiers concernés ? ............................................... 54
4.4.3. Organiser l’influence ........................................................................................................ 55

5.

Les enjeux économiques de l’Open Data...................................................................... 58
5.1. Quels avantages pour l’Europe ? ........................................................................................ 58
5.2. Un outil stratégique pour l’économie française ................................................................. 58
5.3. L’Open Data, une stratégie business dans le secteur privé............................................... 60
5.4. L’ouverture et utilisation des données : exemples d’applications .................................... 61
5.4.1. Opendatasoft, une start-up innovante qui rend facile la réutilisation des données. ......... 61
5.4.2. Dataveyes, une start-up innovante de visualisations interactives de données. ................ 65
5.5. Les opportunités de l’ouverture des données. .................................................................... 68
5.6. Le rôle de Google, en tant qu’acteur privé ......................................................................... 72
5.6.1. Indexation des données avec le moteur de recherche ...................................................... 72
5.6.2. Le service de stockage et de présentation des données publiques de Google .................. 74
5.6.3. Le cas de la start-up francaise Datarepublica ................................................................... 76
5.7. Le cas d’Orange France ...................................................................................................... 76
5.7.1. Enjeux et perspectives. ..................................................................................................... 76
5.7.2. Un exemple concret proposé par Orange pour comprendre l’Open Data : « Où habitezvous vraiment ? ». .......................................................................................................................... 78
5.7.3. L’expérimentation : « Empreinte de mouvement ».......................................................... 80

6.

Conclusion ....................................................................................................................... 82

7.

Référence des sources..................................................................................................... 84
7.1. Personnes interviewées ......................................................................................................... 84
7.2. Liste des évènements auxquels les auteurs ont participé .................................................. 84
7.3. Références des textes législatifs ........................................................................................... 84
7.4. Bibliographie (livres, rapports, livres blancs) .................................................................... 87
7.5. Liens et références ................................................................................................................ 88

8.

Annexes ........................................................................................................................... 92
8.1.
8.2.
8.3.
8.4.

Méthodologie pour la production du rapport ................................................................... 92
Google trends : évolution des audiences du mot clé Open Data ....................................... 92
L’analyse des consignes d’indexation par les robots ......................................................... 92
Définitions complémentaires : caractéristiques essentielles des données ouvertes ......... 93

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TABLE DES FIGURES

Figure 1 : historique des ouvertures des sites gouvernementaux (source : Wikipédia)
Figure 2 : carte des initiatives locales Open Data en France, Source : association Libertic (Novembre 2013)
Figure 3 : acteurs interrogés pour le rapport ESSEC
Figure 4 : localisation des dépenses en formation versus le taux de chômage
Figure 5 : copies d’écran de l’application FBI’s most wanted
Figure 6 : le DATA Act doit permettre de suivre chaque dollar dépensé par l’administration
Figure 7 : répartition des crimes commis dans Londres et sa banlieue
Figure 8 : vue d’un bureau de l’administration indienne
Figure 9 : bureau de vote informatisé en Inde
Figure 10 : exemple de vue du portail indien
Figure 11 : carte de couverture des accès à internet
Figure 12 : les objectifs de la déclaration du Millénaire
Figure 13 : vue du portail Open Data de la Banque Mondiale
Figure 14 : le logo de L’Open Data for Africa
Figure 15 : principales catégories de jeux de données disponibles sur le portail global Open Data Africa.
Figure 16 : vue du portail Open Data Africain : accès aux sites des pays
Figure 17 : vue du portail Open Data de l’Afrique du Sud : http://southafrica.opendataforafrica.org
Figure 18 : extrait du portail de la ville de Johannesburg
Figure 19 : évolution de l’abstention Vième République
Figure 20 : sphères de circulation de l’information des décisions
Figure 21 : dynamique vertueuse de l’Open Data dans la transformation
Figure 22 : le président Hollande dans l’émission Des paroles et des actes
Figure 23 : les freins à l‘Open Data par peur de transparence
Figure 24 : La licence de l’Etalab
Figure 25 : la démarche d’analyse technique
Figure 26 : les étapes d’un plan directeur Open Data
Figure 27 : les décisions d’architecture pour la mise en œuvre d’un Open Data
Figure 28 : les risques techniques de conception d’un Open data
Figure 30 : verbatim les risques des données temps réel
Figure 31 : les métiers concernés par les problématiques techniques de l’Open Data
Figure 32 : les actions pour palier aux risques
Figure 33 : les leviers de la promotion de l’Open Data
Figure 34 : le financement de l’Open Data
Figure 35 : influer sur la recherche et le savoir
Figure 36 : Illustration du métier Data Scientist
Figure 37 : infographie source Opendatasoft.com
Figure 38 : infographie Opendatasoft.com : la cartographie
Figure 39 : infographie Opendatasoft.com
Figure 40 : vue d’écran Kelquartier.com
Figure 41 : vue d’écran : Dataveyes.com
Figure 42 : vue d’écran application Dataveyes
Figure 43 : vue d’écran Site Rennesmetropole.com
Figure 44 : vue d’écran site Rennesmetropole.com
Figure 45 : vue site ilovedemocracy.com

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Figure 46 : les principales données qui seraient réutilisées par une entreprise, source : Etude Bluenove-BVA 69
Figure 47 : les bénéfices attendus de l’ouverture des données (Source Etude Bluenove-BVA)
70
Figure 48 : les principaux obstacles d’un projet Open Data pour une entreprise - Source : Etude Bluenove-BVA
71
Figure 49 : résultats comparés des recherches sur www.data.gouv.fr et Google
73
Figure 50 : résultat recherche « military death » sur open.data.uk
73
Figure 51 : résultats comparés des recherches sur www.data.gov
73
Figure 52 : exemple de captcha et de mire d’authentification
74
Figure 53 : le service Public Data de Google
75
Figure 54 : comment importer un contenu sur le service public data de Google
75
Figure 55 : la fiche de M. Guillaume Bacuvier, membre du conseil stratégique (source : site Data Republica) 76
Figure 56 : Open Data, enjeux et perspectives dans les télécommunications (Source Orange Labs)
77
Figure 57 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -1
78
Figure 58 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -2
79
Figure 59 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -3
79
Figure 60 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -4
79
Figure 61 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -5
80
Figure 62 : site « empreinte.orange.com » -1
80
Figure 63 : site « empreinte.orange.com » -2&3
81
Figure 64 : vue Google Trends mot Open Data
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INTRODUCTION
Ce rapport s’inscrit dans le cadre du cours d’intelligence économique de Monsieur Christian
HARBULOT, professeur à l’executive Master en Marketing Management de l’ESSEC.
Il a pour objectif d’analyser « les stratégies d’influence gouvernementales sur l’Open Data ».
Dans cette introduction, après une brève présentation de l’Open Data dans le monde et en France,
nous présenterons l’analyse sémantique du sujet ainsi que la méthodologie utilisée.

Origines et principes de l’Open Data
Le principe de l’Open Data consiste à rendre disponible les données numériques publiques
via Internet pour une utilisation privée ou publique. C’est une démarche qui prend racine dans le
mouvement de démocratie ouverte né dès 1966 aux Etats-Unis avec le Freedom Of Information Act
(FOIA), qui définit, dans le chapitre 5, le rôle de l’organisation gouvernementale et de ses employés :
« Except as otherwise required by statute, matters of official record shall be made available, in
accordance with published rule, to persons properly and directly concerned, except information held
confidential for good cause found ». Ce mouvement prône une transparence des institutions via un
nouveau contrat de société
efficace entre gouvernants et
gouvernés,
avec
un
renforcement du processus
démocratique.
De nombreux pays, quelque
soient
leur
stade
de
développement, ont ouvert
leur site gouvernemental
d’Open Data, comme le
montre
l’infographie
cicontre.

Figure 1 : historique des ouvertures des sites gouvernementaux (source : Wikipédia)

Pour les collectivités et les organismes publics, l’Open Data consiste donc à publier, sur une
plateforme ouverte, le patrimoine statistique, cartographique, économique et financier des territoires.

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La mise à disposition des données déjà produites est une obligation légale en France. Un cadre
juridique strict définit cependant les informations qui peuvent être rendues publiques et celles qui ne
peuvent pas l’être pour des raisons de confidentialité. Les données sensibles et à caractère personnel
sont exclues, de fait, de la démarche d’Open Data.
L’Open Data 1 permet de constituer et d’entretenir une source d’informations fiables,
structurée (appelée Meta Data) ou non (Raw Data) pour les chercheurs, les journalistes et les citoyens.
L’Open Data ouvre la voie à la création d’applications pratiques où les données sont reliées entre
elles (Linked Data) par des champs en commun. Par exemple , la mairie publie des données sur
internet : horaires de bus, géolocalisation des arrêts, hauteur des trottoirs…Les développeurs peuvent
réutiliser librement ces données via des Application Purpose Interface (API) pour innover et
développer des applications pour faciliter l’accès aux transports des personnes à mobilité réduite.
L’Open Data ouvre donc de
nouvelles
opportunités
de
développement économique avec
l’émergence de nouveaux services
innovants et originaux.
Il contribue à rendre
accessible,
lisible
et
compréhensible
l’action
publique : décisions, projets,
finances publiques, encourageant
ainsi la transparence de l’action
des
l’administrations
internationales,
nationales,
régionales ou locales. La carte cicontre montre les collectivités qui
ont ouvert, ou ont l’intention
d’ouvrir leur données.

Figure 2 : carte des initiatives locales Open Data en France, Source : association Libertic (Novembre 2013)

L’Open Data offre enfin une perspective et une opportunité de modernisation des services
publics, en les rendant toujours plus efficaces, accessibles et collaboratifs, en phase avec les enjeux du
XXIième siècle, notamment celui de la réduction de la dette publique, via l’optimisation des services
publics. Le potentiel de développement économique avec l’Open Data dans les secteurs décentralisés
comme le tourisme ou plus régalien comme la santé représentera une part importante de la croissance
future des économies avec le digital.
La mise en œuvre de l’Open Data au sein d’un pays est régie par deux facteurs essentiels, qui
sont d’une part « l’offre », c’est à dire la volonté exercée par « le politique », qui a autorité sur son

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Le texte s’inspire du script de la vidéo http://youtu.be/aHxv_2BMJfw

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administration centrale et plus largement les élus locaux, décideurs sur des budgets alloués aux
systèmes d’information pour produire et exposer les données, et d’autre part « la demande » en
provenance des utilisateurs des données qui trouvent un intérêt et un bénéfice à l’exploiter. La
réutilisation des données, qui est la condition du succès de l’Open Data, repose sur plusieurs critères,
comme par exemple son exploitabilité, son accessibilité et notamment le coût d’accès, qui est un
levier d’influence important pour le politique, puisqu’il peut être gratuit, ou payant avec diverses
formes de tarification (abonnement, forfaitaire, fonction de l’usage).
En France, la mise en œuvre de l’Open Data, encore appelée donnée ouverte en français, est
confiée à l’Etalab, qui est une mission interministérielle en charge de la coordination de
l’ouverture des données publiques. Créée en février 2011 par François Fillon, elle est rattachée en
octobre 2012 au Secrétariat Général à la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP) lors de la
création de cette structure par Jean-Marc Ayrault. En parallèle et bien souvent de façon spontanée et
autonome, l’essor de l’Open Data en France s’est au début concrétisé par des initiatives territoriales
concrètes et ambitieuses.

Les stratégies gouvernementales
Le présent rapport doit analyser les stratégies d’influence gouvernementales, c’est à dire les
actions, les dispositifs et les choix des moyens mis en œuvre, au niveau du pouvoir exécutif et
législatif d’un Etat, pour atteindre ses objectifs sur l’Open Data. On veillera donc à identifier et
comparer les objectifs des gouvernements s’ils sont communiqués, selon leur nature (qualitatif,
quantitatif), leur ambition, leur pertinence et leur mesurabilité. En d’autres termes, on observera la
« propagande » et la pédagogie déclinée par les gouvernements pour « faire bouger » leurs
administrations, qui ont déjà par ailleurs de nombreuses autres priorités.

L’analyse définira d’une part qui sont les acteurs qui composent son écosystème et les procédés
déployés pour susciter, motiver ou promouvoir leurs actions en faveur de l’Open Data, et d’autre part,
la nature des freins liés à la mise en œuvre des ressources.
L’Histoire nous montre que l’information a été synonyme de pouvoir et de puissance, et la
mise en œuvre d’une démarche volontaire et régalienne de transparence et de partage des données ne
va pas de soi, même si cela peut apparaître comme un principe démocratique fort, et un juste retour de
la ponction fiscale. En cette période de forte pression sur la réduction des déficits publics et de
« chasse aux rentes de situation », la mise sur internet de données peut mettre en exergue les
contradictions ou aberrations des systèmes en place. Certains acteurs ou lobbies n’ont de fait aucun
intérêt à voir certains jeux de données publiés en ligne, qui seraient repris par les médias pour
informer les citoyens et demander plus de transparence et de réformes.

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Une méthodologie adaptée pour identifier les « non-écrits »
Afin d’identifier les freins véritables « non-écrits», notamment ceux induits par l’Histoire, les
auteurs ont donné une part importante aux interviews des acteurs qui ont bien voulu répondre à nos
sollicitations, afin d’obtenir les informations non
disponibles en ligne et de forger une conviction
Politiques
sur les pertinences des stratégies.
Juristes

Administrations

Start-up

Associations

Collectivités

Le mouvement Open Data est largement
déployé à l’échelle internationale, et une
priorisation des recherches et analyses a été faite
avec une focalisation sur les Etats-Unis, la
Grande-Bretagne, l’Inde, l’Afrique, l’Union
Européenne et la France pour intégrer les pays
référents, des nations émergentes et en voie de
développement.

Figure 3 : acteurs interrogés pour le rapport ESSEC

Un calendrier favorable
Le calendrier a permis de participer à des évènements riches en contacts et informations tels que le
Colloque « gouvernance des données à l’ère numérique » et la remise des prix #dataconnexions3
organisée par l’Etalab dans les locaux de Microsoft à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

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1. L’OPEN DATA DANS LE MONDE

Nous abordons dans ce paragraphe les différentes approches de politique d’Open Data à
travers quatre exemples : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Inde, le continent africain et l’Afrique du
Sud. Nous étudierons brièvement les programmes d’Open Data, les instruments, les freins et les
moteurs de la politique d’implémentation de l’Open Data et les effets de la politique d’Open Data.

1.1. AUX ETATS-UNIS
Lors de son premier jour en tant que président des Etats-Unis en janvier 2009, Barack
Obama annonçait que son administration appliquerait une stratégie de transparence qui impliquerait
un degré d’ouverture sans précédent de son gouvernement. Dans un communiqué aux responsables
gouvernementaux, il déclarait 2 «Nous travaillerons ensemble afin de nous assurer la confiance des
citoyens et d’établir un système de transparence, de participation publique, et de collaboration.
L’ouverture renforcera notre démocratie et promouvra l’efficience et l’efficacité au sein du
Gouvernement. »
La stratégie de transparence du gouvernement américain met l’emphase sur la relation
entre le gouvernement et les citoyens 3 « La transparence promeut le fait de devoir rendre compte de
ses actes et donne aux citoyens l’information sur ce que leur gouvernement fait. » Elle met en avant
l’augmentation du contrôle
démocratique
et
de
la
participation politique. De fait,
le
sous-titre
du
portail
gouvernemental dédié à l’Open
Data data.gov est « donner plus
de pouvoir aux personnes ».
Plus concrètement, des rapports
sur les dépenses fédérales sont
publiées
sur
le
site
www.recovery.gov que le
gouvernement a lancé en 2009,
comme l’illustre la figure cicontre.
Figure 4 : localisation des dépenses en formation versus le taux de chômage

Une motivation supplémentaire pour la mise à disposition de données gouvernementales est
l’implication plus importante des citoyens dans l’action de la police. Le FBI a de fait développé
2

The White House. (2009). Memorandum for the Heads of Executive Departments and Agencies, Transparency and Open Government,
Washington: OMB.
U.S. Department of State. (2010). Open Government Plan, Washington: U.S. Department of State.

3

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l’application iPhone « FBI most wanted »4 permettant d’identifier les criminels les plus recherchés ou
les personnes disparus.

Figure 5 : copies d’écran de l’application FBI’s most wanted

Les instruments permettant la mise en œuvre des politiques d’Open Data sont regroupés sur
le portail www.data.gov. Ils sont d’ordres divers : politiques, techniques, collaboratifs, éducatifs…
Le portail permet en effet d’accéder à la stratégie et aux initiatives gouvernementales sur l’Open Data.
En outre, il autorise les citoyens à contrôler la mise en œuvre de cette stratégie dans les différents
départements, agences ou organisations fédérales. Il met par ailleurs gracieusement à disposition les
divers jeux de données (91054 étaient disponibles au 27/10/2013) et les applications développées par
les citoyens. Enfin il met en relation les acteurs de l’Open Data au travers de forum et blogs. Bien que
présente, la section dédiée à l’enseignement est cependant moins mis en avant.
A noter, il n’y a pas eu de loi spécifique afin de développer initialement l’Open Data. En
effet, le gouvernement s’est appuyé sur les textes existants. Le Freedom of Information Act (FOIA),
aussi appelé Public Information Act, et qui date tout de même de 1966 ( !), représentait une avancée
majeure en permettant à tout citoyen qui en faisait la demande écrite d’accéder aux archives
d’agences fédérales. Mais les multiples réécritures de ce texte 5 illustraient déjà les difficultés des
l’administration à réellement s’ouvrir. Plus récemment, Vivek Kundra, ancien CTO de Washington
D.C. recruté par Obama pour assurer le même rôle au niveau fédéral, s’est appuyé sur le Funding
Accountability and Transparency Act (FATA), promulgué en 2006, pour que les agences fédérales
fournissent les données de dépenses publiques aux sites usaspending.gov et recovery.gov. Néanmoins,
il s’avère maintenant nécessaire d’industrialiser le processus de mise à disposition des données et pour
cela de l’encadrer avec le DATA Act qui vient d’être promulgué le 18 novembre 20136.

4
5
6

http://apps.usa.gov/fbis-most-wanted/
http://uspolitics.about.com/od/usgovernment/a/foia.htm
http://www.datacoalition.org/issues/data-act.html

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Figure 6 : le DATA Act doit permettre de suivre chaque dollar dépensé par l’administration

Cependant, le débat concernant la priorité donnée à l’ouverture par les Etats-Unis resurgit alors
qu’en 2011 le gouvernement fédéral dépense quatre fois plus à sécuriser ses données qu’à les ouvrir :
le budget fédéral dédié à la sécurité informatique est de 4,2 milliards de dollars tandis que celui dédié
au partage d'information n’est que de 0,9 milliards. Déjà en 2009, la journaliste Maura Reynolds avait
critiqué la stratégie d’ouverture d’Obama en déclarant 7 (Reynolds, 2009) qu’ « en pratique, les
agissements du nouveau président sur la confidentialité et la transparence se sont révélés ambigus,
son administration semblant faire autant de pas vers la protection de l’information gouvernementale
que vers une exposition au grand jour.» Cependant, cette asymétrie ironique semble se produire dans
la plupart des pays ayant des stratégies gouvernementales d’Open Data.
Rentrons dans le détail des moteurs de l’implémentation de la politique d’Open Data. Les
Etats-Unis font partie des pays précurseurs en matière d’Open Data et entendent de ce fait continuer à
faire la course en tête. Le discours volontariste d’Obama illustre et appuie ce propos. En parallèle, des
initiatives locales comme Apps for Democracy 8 à Washington D.C. ont favorisé la prise de
conscience nationale du potentiel de l’Open Data. Vivek Kundra déclarait « Apps for Democracy a
permis plus d’économies pour Washington D.C. qu’aucune autre initiative. » Bien entendu, les
innovations et initiatives citoyennes provenant de la mise à disposition de données publiques
encouragent le gouvernement à poursuivre dans cette voie. Ainsi, la Sunlight Foundation
(sunlightfoundation.com), fondée en 2006, a produit à ce jour 1189 API (Application Programming
Interface) facilitant l’appropriation et l’utilisation des données publiques.

7

Reynolds,
M.
(2009).
Open
government
or
http://www.msnbc.msn.com/id/32128642/ns/politics-cq_politics/.
www.appsfordemocracy.org

‘Transparency

Theater?

Msnbc,

July

24,

2009,

8

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Afin d’évaluer la politique d’Open Data, le Département du Budget a appelé le gouvernement à
évaluer sa politique d’ouverture. Cette auto-évaluation9(White House, 2005) contient trente critères,
lesquels sont basés sur la déclaration du président Obama. Bien que cette auto-évaluation aborde le
processus de déploiement, la complétude et mise en œuvre des plans d’ouverture, elle n’aborde pas
les impacts en cas de défaut de conformité.

1.2. EN GRANDE-BRETAGNE
Différents pays dont le Royaume Uni se sont inspirés de la déclaration d’Obama sur
l’ouverture et ont suivi les Etats-Unis en émettant des déclarations similaires. En décembre 2009, le
gouvernement britannique publia le rapport « Putting the Frontline First : Smarter Government » dans
lequel il est argumenté que le gouvernement doit s’ouvrir et promouvoir la transparence 10(Chief
Secretary to the Tresury, 2009).
La stratégie du gouvernement britannique met l’emphase sur l’engagement des citoyens et de
la société civile. « En fin de compte, un citoyen plus informé est un citoyen qui a plus de pouvoir.
Dans une démocratie moderne, les citoyens attendent de droit de savoir comment le gouvernement a
dépensé leur argent et quel en a été le résultat. […] Les données peuvent aussi être utilisées de
manière innovante en apportant des bénéfices économiques aux citoyens et aux entreprises à travers
un entrepreneuriat inexploité. » Des entreprises seront en mesure de développer une activité au
travers de services numériques et de contenus basés sur des données publiques, et les citoyens
pourront transformer leurs idées et leur créativité en solution concrète aux problèmes quotidiens. Une
étude de l’Université de Cambridge a mis en lumière que la croissance de l’économie britannique liée
à la mise à disposition gratuite d’une partie des données du secteur publique qui sont actuellement
vendues pourrait être de £160 millions la première année seulement 11(Newbery et al, 2008). Comme
aux Etats-Unis, la mise en ligne de données publiques est un moyen d’informer les citoyens sur leur
sécurité. La ville de Londres publie ainsi une carte détaillant l’activité criminelle sur son site WEB12.

9

http://www.whitehouse.gov/open/around/eop/omb/self-evaluation
Centre for Technology Policy Research. Chief Secretary to the Treasury (2009). Putting the Frontline First: Smarter Government, London:
HMGovernment.
11
Newbery, B. Bently, L. & Pollock, R. (2008). Models of Public Sector Information Provision via Trading Funds, London: BERR and HM
Treasury
12
http://maps.met.police.uk.
10

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Figure 7 : répartition des crimes commis dans Londres et sa banlieue

De même qu’aux Etats-Unis, le portail institutionnel central data.gov.uk regroupe les
différents instruments permettant la mise en œuvre de la stratégie d’Open Data. Il est actuellement en
refonte. Néanmoins, la partie liée à la mise à disposition des données (10462 au 27/10/13) et la partie
communautaire sont particulièrement mises en avant.
Légalement, la mise à disposition des données s’appuie sur le Freedom of Information Act
2000. Il permet aux citoyens britanniques d’accéder aux informations détenues par les autorités
publiques. Environ 120 000 requêtes sont formulées chaque année, dont 60% à titre privée, les autres
demandes étant le fait de journalistes ou d’entreprises.
Nous pouvons remarquer que la stratégie d’Open Data du Royaume-Uni s’inspire
beaucoup de celle des Etats-Unis. En effet, l’un des principaux moteurs pour les politiques d’Open
Data provient des initiatives que les pays copient les uns sur les autres. Le concours britannique
« Show us a better way » est en effet à l’origine du concours australien « MashUp Australia »
(mashupaustralia.org) 13 (Athur C, 2008). Ces concours ont été lancés afin de favoriser la création
d’applications par le grand public à partir de données gouvernementales rendues publiques.
Bien que Gordon Brown se soit inspiré de Barack Obama, des organismes extra-gouvernementaux ont
aussi contribué à l’ouverture des données publiques. Le journal The Gardian a ainsi lancé la
campagne « Free our data » dans laquelle il était demandé aux citoyens de réclamer l’accès aux
données gouvernementales 14(Arthur & Cross, 2006). L’Open Knowledge Foundation (okfn.org),

13

Arthur, C. (2008). Are the Show Us A Better Way winners safe from Ordnance Survey? November 12, 2008,
http://www.guardian.co.uk/technology/blog/2008/nov/12/ordnance-survey-google-maps-copyright
14
Arthur,
C.
&
Cross,
M.
(2006).
Give
us
back
our
crown
jewels.
Guardian,
March
9,
2006,
http://www.guardian.co.uk/technology/2006/mar/09/education.epublic

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organisation à but non lucratif, a été fondée en 2004 au Royaume-Uni mais son action est maintenant
internationale. Elle donne l’accès à treize millions de dépenses gouvernementales à travers le monde.
Avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni est le seul pays à avoir évalué sa politique d’Open Data. Dans
son rapport « Open Government – some next steps for the UK » le Center for Technology Policy
Research (2010) décrit la politique d’Open Data du gouvernement britannique et donne les
orientations pour de futures politiques. Bien que ce rapport donne des détails sur les instruments
utilisés par le gouvernement pour mettre en œuvre sa stratégie d’ouverture, il n’en aborde pas les
impacts économiques et sociaux.

1.3. EN INDE
1.3.1. CONTEXTE ET ENJEUX

La République de l’Inde est une République fédérale avec vingt huit Etats membres de
l’Union ainsi que sept territoires de l’Union. La Constitution indienne répartit les différentes
compétences entre le gouvernement de l’Union et les Etats de l’Union. Cette autonomie dans la
gestion et le développement économique de l’Etat de l’Union a conduit à un développement
disparate des différents Etats de l’Union.
Le développement de l’e-administration s’est produit à la fois de manière volontaire et
spontanée dans certains Etats de l’Union (Kerala, Tamil Nadu) et par une politique nationale de
modernisation par le gouvernement de l’Union, avec l’introduction du Plan Nationale de l’eGouvernance, afin de permettre une harmonisation et une convergence de l’e-administration
indienne. Le développement de l’e-administration
a conduit à la reconnaissance de la signature
électronique et des documents électroniques avec l’Information Technology Act en 2000, au
développement des machines électroniques de vote dès 2002, à l’instauration de téléservices et de emobile services, jusqu’à la création d’UID (Unique Identification- Identifiant Unique), permettant
d’attribuer à chaque citoyen indien une carte d’identifiant unique contenant de nombreuses
informations personnelles (projet Aadhaar réalisé par Safran, développeur des cartes biométriques en
Inde). Grâce à l’exploitation des données numériques, l’Inde a su moderniser son administration.
Pour Kapil Sibal, ministre de la communication et des technologies de l’information, l’enjeu est
immense pour le pays : « Le gouvernement n’est pas l’unique propriétaire des données. Toutes les
données doivent être partagées sauf celles qui sont importantes pour la sécurité. Il y a également une
responsabilité du côté de ceux qui utilisent et interprètent les données. Ils doivent comprendre qu’il y
a un enjeu de développement ».
La société civile en elle-même ne peut réellement en profiter directement, de part la fracture
numérique et l'incapacité d'appréhender ces données brutes. Il s'agit avant tout pour le moment d'une
opportunité considérable pour les entrepreneurs indiens de réaliser des d'applications facilitant la
vie quotidienne des indiens, à titre d'exemple des applications relatives aux rations alimentaires en
ville, etc.

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1.3.2. LE CADRE JURIDIQUE EN INDE

Le cadre juridique en Inde a évolué de façon régulière. Plusieurs lois ont été mises en place de
façon progressive, y compris pour donner droit aux individus à l’accès aux données de
l’administration, comme stipulé dans la loi « Right to information » en 2005 qui permet aux citoyens
d’obtenir une réponse de l’administration sous un délai de 30 jours. En 2006, la loi « e-governance » a
vu le jour légiférant sur la proximité entre les services de l’Etat et les citoyens.
Dans le projet de modernisation de l’administration, le département des technologies de
l’information a préparé un projet de loi significatif, The electronic service delivery bill, 201115 dont
l’objet est d’assurer que les prestations des services publics soient réalisées via le mode électronique
pour améliorer la transparence, l’efficacité, l’accessibilité et la fiabilité dans la livraison des services
de l’Etat. Ce projet de loi veut instaurer l’obligation pour les services publics de faire usage du
courrier électronique, lorsqu’il lui est écrit via cette forme. Il indique également que tous les
services publics doivent être délivrés en mode électronique dans les 5 années à compter de l’entrée en
vigueur de ce projet de loi. Pour le moment, ce projet n’a toujours pas été voté, mais les services du
département se sont engagés à faire passer ce projet de loi, ce qui facilitera la consécration de l’eadministration dans sa globalité, de son instauration dans l’administration indienne à la livraison de la
prestation au citoyen.
A l’image de ce qui a été fait en France (circulaire, directive européenne), en lien avec
l’ouverture des données publiques, l’Inde a publié via le ministère des sciences et de la technologie du
Gouvernement le National Data Sharing and Accessibility Policy (NDSAP), le 17 mars 2012. L'un de
ces objectifs est de réaliser une transmission verticale des informations non sensibles collectées par
l'administration indienne.

1.3.3. L’ADMNISTRATION INDIENNE : CULTURE ET ORGANISATION

1.3.3.1.

UN PEU D’HISTOIRE
L'administration indienne est un « monstre colossal» qui
permet de relier le simple village aux autorités administratives
centrales de New Delhi. Cette énorme structure fait aussi les
frais d'une fracture administrative, en effet les simples
villageois se perdent facilement lors de recherche d'interlocuteurs
compétents pour leurs questions administratives que ce soit en
matière foncière (agrément sur les terres cultivables,
autorisation…), en matière civile (acte de mariage, passeport…).

Figure 8 : vue d’un bureau de l’administration indienne

15

Source : http://mit.gov.in/content/draft-electronic-delivery-services-bill-2011

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1.3.3.2.

VERS LA MODERNISATION

L'arrivée des nouvelles technologies de
l’information et de la communication a été une réelle
opportunité pour administration indienne obsolète.
L'instauration du « National e-Governance Plan », à
partir de 2008 est la clé de la mutation de
l'administration indienne vers l'e-administration.
Le « National e-Governance Plan » a été approuvé
par le gouvernement de l’Union le 18 mai 2006 à
l’initiative du département de la technologie
d’information, du département de la réforme de
l’administration et sous la pression des griefs publics.
Figure 9 : bureau de vote informatisé en Inde

Ce plan16 a pour objectif d’améliorer les services administratifs aux citoyens et aux entreprises :
« Make all government services accessible to the common man in his locality, through common
service delibery outlets and ensure efficiency, transparency and reliability of such services at
affordable costs to realise the basic needs of the common man. »
Le plan fédéral se compose de 27 missions en mode projet et de 8 missions relatives au
support. Chaque projet consiste à faire évoluer un service administratif sous l’ère de l’eadministration, il s’agit du passage des services administratifs aux télé-services.
Afin de faciliter l’implémentation, le National e-Governance Plan impose quelques points
fondamentaux à la modernisation de l’administration indienne17.
•
•
•
•

16

17

les structures de support communes
l’initiative centralisée pour une mise en œuvre décentralisée
le partenariat public-privé
la gestion directe par les ministères

http://negp.gov.in
11th Report – Promoting e-Governance, Second Administraive Reforms Commission, GoI, Décembre 2008

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1.3.4. ILLUSTRATION DU MODELE INDIEN

1.3.4.1.

LE PORTAIL

L’Inde a lancé son portail Open Data le 8 août 201318. Plusieurs secteurs y sont représentés comme la
santé, le transport, le sanitaire, l’agriculture.
L’ouverture de la plateforme fait suite aux différentes initiatives prises par le gouvernement
pour stimuler l’utilisation des données publiques dans le pays. Au début de l’année 2013, l’Inde avait
ainsi lancé son premier hacktaton (48h pour imaginer des applications mobiles innovantes). Et pour
inciter les développeurs à se saisir des données du portail, le gouvernement organise des challenges
avec des récompenses à l’image de
dataconnexion en France.
Le site compte 4 678 ensembles de
données représentant 53 ministères et
départements et 7 applications représentant 5
départements. Le portail data.gov.in est
structuré, animé et très riche en informations
comparé à celui d’Etalab. On y trouve à la fois
des tableurs Excel avec des statistiques
d’audience et l’évaluation par les visiteurs, des
applications développées grâce à l’ouverture des
données, des représentations graphique, des
tableaux de bords…
Figure 10 : exemple de vue du portail indien

1.3.4.2.

LES COULISSES

La caractéristique du projet indien est d’être orchestré et porté par le savoir faire
indien en IT. Ce paragraphe illustre la capacité de l’Inde à développer des infrastructures
adaptées permettant de fournir l’ensemble des téléservices, avec une approche centralisée à
l’échelle nationale. Le renouveau des services de l’administration nécessite la transformation
des infrastructures de l’Etat, au niveau fédéral et pour les différents Etats de l’Union. Le
National e-Governance Plan a mené une politique de transformation et de création
harmonisée des infrastructures électroniques. A commencer par l’instauration des trois pivots
du National e-Governance Plan, à savoir les centres de données Etatiques, la création du
réseau étendu indien (SWAN) et la création de centre commun de services.

18

data.gov.in

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Figure 11 : portail du National Service Delivery Gateway

- Les centres de données Etatiques ou State Data Centers sont la colonne vertébrale du projet de
modernisation et regroupent l’ensemble des données qui seront partagées par la suite. A noter tout de
même la résistance de certains Etats qui ne souhaitent pas transférer les données locales, d’où
l’apparition de centres de données construits et maintenus uniquement par les instances de l’Etat de
l’Union.
A noter que le gouvernement de l’Union a alloué un budget de 19 millions d’euros sur une période
de 5 années19.
- Le State Wide Area Network (SWAN) correspond au réseau créé pour relier l’ensemble des
infrastructures électroniques.

19

National e-Governance Plan, meeting of the National e-Governance Advisory Group, DIT, GoI, 12/11/2010

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- Le National Service Delivery Gateway (NSDG) a pour objectif de fournir des services
gouvernementaux standardisés avec un développement d’infrastructures à moindre coût. Parmi les
objectifs établis par le National e-Governance Plan, il y a l’objectif de mettre en place des standards
d’interopérabilité entre les différents téléservices mis en œuvre à la fois par l’Union et les Etats de
l’Union, le NSDG doit agir comme un catalyseur en permettant la construction de normes standards
…
1.3.4.3.

ET POURTANT, L’INDE EST DECONNECTEE…

Comment un pays avec une fracture numérique aussi importante peut réussir à franchir le pas et
mettre en ligne un portail plus puissant que la
France ?
On ne compte à fin 2012 que 12,6%
d’utilisateurs internet en Inde sur une
population de 1,2 milliards d’habitants 20 et
68,84% de la population indienne vit en zone
rural.
La moyenne nationale d’accès en zone rurale
s’établissant pour 2009-2010 à 0,35% des
foyers.
Illustration
de
la
fracture
numérique (image ci-contre) : en rouge les
Etats dont le taux d’accès en zone rurale est
inférieur à dix pour mille foyer (soit inférieur
à 1%), en jaune ceux dont l’accès est
supérieur à 1% mais inférieur à 5% et en vert
ceux dont l’accès est supérieur à 5% de la
population.
Figure 11 : carte de couverture des accès à internet

Sur les 35 Etats et districts de la fédération indienne, seuls six dépassent la zone rouge, pour une
population totale de 44,5 millions d’Indiens. Les 29 autres comptent pour 1,165 milliards d’habitants.

Comment connecter les citoyens à un Open Data avec un
tel constat ?
Si l’Inde accuse un énorme retard pour Internet, sur la téléphonie mobile, la situation est
complètement différente et le taux de pénétration à fin 2012 est de près de 70%21.
La démocratisation du mobile en milieu rural et urbain a permis à l'administration indienne de se

20
21

Source INSEE
Source INSEE

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   22	
  
rapprocher plus rapidement de ses citoyens. Pour les milieux plus pauvres, l'administration indienne a
développé des services publics "common services centers", des points de connexion Internet public,
permettant d'accéder aux nouveaux téléservices et à Internet (avec des fonctionnaires compétents et
pédagogues pour former les citoyens à l'usage de l'ordinateur).
Peut-être l’Etat indien devrait-il créer le premier portail mobile Open Data dédié aux smartphones ?

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1.4. L’OPEN DATA PANAFRICAIN
1.4.1. GENESE

Sous l’égide des Nations Unies, en
septembre 2000, 147 chefs d'État et de gouvernement
et 189 pays se sont engagés dans la Déclaration du
Millénaire définissant 8 domaines (infographie cicontre).
L’objectif n°8, « Mettre en place un partenariat
mondial pour le développement », s’est traduit en
Afrique par la mise en œuvre d’un grand projet sur les
« autoroutes de l’information ».
A cette occasion, les banques multilatérales de
développement se sont entendues pour poursuivre
ces objectifs communs. C’est notamment le cas de la
Banque Africaine de Développement (BAD), créée en
1963 par 23 pays africains indépendants, et qui est
devenue au fil des ans la première institution
financière de développement en Afrique. Le rapport
annuel 201222 de la banque précise : « La Banque a la
volonté et les ressources nécessaires pour devenir la
première source d’informations et d’analyses sur les
économies africaines ».
En l’absence d’Instituts Nationaux de la
statistiques dignes de ce nom, la BAD joue donc un
rôle similaire à celui de l’INSEE en France, et a donc
un rôle important pour le pilotage du développement
des pays avec des taux de croissance élevés.
Figure 12 : les objectifs de la déclaration du Millénaire

La banque, qui propose déjà un portail très riche sur ses propres données statistiques, a donc financé
et fédéré le portail Open Data de l’Afrique 23

22
23

http://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Documents/Publications/Rapport%20annuel%202012.pdf
http://www.afdb.org/fr/knowledge/statistics/data-portal/

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Cette plateforme de données en ligne fait donc partie de l’initiative ‘Autoroute africaine de
l’information’ pour intensifier la collecte, la gestion, l’analyse et le partage de statistiques de qualité
sur le développement du continent.
Remarque importante :il existe d’autres banques de données internationales avec des informations sur
l’Afrique, mais la démarche est privée dans ce cas.
Exemple de l’Open Data de la banque mondiale sur l’Afrique du Sud24 :

Figure 13 : vue du portail Open Data de la Banque Mondiale

1.4.2. L’OPEN DATA DE LA BANQUE AFRICAINE DU DEVELOPPEMENT

Essentiellement orientée pour livrer des statistiques relatives aux réalités économiques et
sociales, l’initiative a pour ambition d’établir des
liens directs entre la BAD, les bureaux nationaux
de statistiques, les banques centrales et les
ministères de tutelle dans les pays africains. Elle
vise aussi à établir des liens entre les
organisations sous-régionales, les organisations
internationales de développement et une
communauté mondiale d’usagers .

Figure 14 : le logo de L’Open Data for Africa

24 http://data.worldbank.org/country/south-africa

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La banque estime que : « Les données fiables demeurent essentielles pour fixer les objectifs et les
cibles, ainsi que l’évaluation de l’impact des projets. »25 .
La BAD a ainsi déposé le nom de domaine http://opendataforafrica.org le 1er décembre 201126.
La plateforme facilite également la collecte, l’analyse et le partage des informations sur des sujets de
développement nouveaux et cruciaux tels que la sécurité, l’égalité de genre et le changement
climatique. La figure ci-dessous montre les thèmes principaux des jeux de données que l’on peut y
trouver, au niveau le plus élevé, c’est à dire « global Afrique ».

Nombre de jeux de données par catégories (>3)

Figure 15 : principales catégories de jeux de données disponibles sur le portail global Open Data Africa.

1.4.3. LE DEVELOPPEMENT
CORRUPTION

ECONOMIQUE

ET

LA

LUTTE

CONTRE

LA

Comme le précise l’onglet « About » du site Open Data for Africa27, la mission du portail est
de fournir des statistiques pour apporter une base cohérente, pour la conception et le pilotage des

25 http://www.afdb.org/fr/knowledge/statistics/about-us/
26 cf l’interrogation de la base des noms de domaine internet (requête
http://www.dynadot.com/domain/whois.html?domain=opendataforafrica.org)
27
http://opendataforafrica.org/about/us

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   26	
  
politiques pour la lutte contre la pauvreté sur le continent africain.
Un des objectifs de cette plate-forme est aussi de lutter contre la corruption comme le précise
M. Mohamadou Diallo, membre de l’Observatoire sur les Systèmes d’Information, les Réseaux et les
Inforoutes au Sénégal28 : « …Ce qui reviendrait alors à publier des données, naguère réservées à
l’usage interne des organisations notamment sur les budgets des organismes de l’Etat ou l’attribution
des marchés publics. Une transparence totale en vue de lutter contre toute forme de corruption ou
autre dérive pouvant mener à une quelconque dictature. »
1.4.4. EXEMPLE DE L’AFRIQUE DU SUD

Le portail Open Data for Africa permet d’aller ensuite vers les portails des pays, avec une
déclinaison par pays. Ci-dessous une vue d’écran du portail de l’Afrique du Sud :

Figure 16 : vue du portail Open Data Africain : accès aux sites des pays

28

http://www.osiris.sn/Open-data-un-gisement-d.html

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Figure 17 : vue du portail Open Data de l’Afrique du Sud : http://southafrica.opendataforafrica.org

On remarque que les états mais aussi les collectivités locales (villes , régions) bénéficient ainsi d’un
portail d’accès à leur données (exemple dans la première ligne: Cape Town) pour adresser avec une
granularité plus fine une plus grande diversité de sujets. L’influence supranationale de la BAD
s’exerce donc sur la fourniture d’un espace de
stockage, d’une interface de présentation et
d’indexation des données.
Remarque sur la qualité des données : une
analyse rapide du site montre par exemple sur la
ville de Johannesbourg, la complétude des
données est imparfaite : les données après 2009
ne sont pas présentes.
Figure 18 : extrait du portail de la ville de Johannesburg

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1.4.5. LA PROTECTION DES DONNEES PERSONNELLES EN AFRIQUE DU
SUD : UN FREIN POUR L’OPEN DATA ?

A ce jour, le texte en vigueur en Afrique du Sud est appelé POPI (Protection of Personal
Information) et date de 200629 et n’adresse pas les enjeux de protection des données personnelles avec
les usages existants (par exemple, les emailing de campagnes marketing) et les technologies
émergentes comme le Cloud et l’Open Data. Le nouveau texte en vigueur, approuvé par le parlement
Sud-Africain, est en cours de signature par le Président, et certains juristes locaux évoquent le fait que
les évolutions sont de nature à impacter l’économie numérique, de part l’élargissement du périmètre
et la nature des sanctions en cas de non respect de la loi.
Le nouveau texte30 vise surtout à renforcer la protection des données personnelles en
instaurant des sanctions importantes en cas de « negligent disclosure of personal information ». Le
périmètre de la définition d’une donnée personnelle y est défini (chapitre 1, ligne 55). Le texte31 durcit
également les conditions autorisées de capture, stockage et de sécurisation des données.
Les données figurant à ce jour sur l’Open Data sud-africain sont essentiellement statistiques et ne sont
donc pas concernées par l’évolution de la loi. Par contre, le terme « anonymization est absent, ce qui
tend à prouver que ce texte est bien une mise à niveau pour répondre aux exigences de respect de la
vie privée dans les usages déjà répandus (campagnes marketing, stockage et manipulation de données
clients), mais ne prend pas encore les problématiques inhérentes à l’Open Data.

1.5. CONCLUSION
ETUDIES

SUR

L’OPEN

DATA

DANS

LES

PAYS

ETRANGERS

Dans un nombre croissant de pays, suivant l’exemple des organisations internationales
telle que l’ONU qui a ouvert son site Web en 2008, l’Open Data se retrouve dans l’agenda politique et
administratif. Mais alors que des gouvernements nationaux ou régionaux ont défini des stratégies
d’Open Data, certains services administratifs sont encore réticents à les mettre en œuvre. Les barrières
importantes à leur déploiement effectif sont d’une part la culture du secret à l’intérieur des
administrations, causée par la peur de rendre publique des dysfonctionnements ou des actes de
corruption, ou d’autre part l’utilisation politique qui peut en être fait. Parfois même, ce sont des « abus
de biens sociaux" des élus qui ont réveillé les consciences et servi de catalyseur pour aboutir in fine à
une grande transparence sur le fonctionnement de l’Etat, comme en témoigne la diffusion intégrale
sur internet de l’historique des notes de frais des députés britanniques32.

29

http://www.justice.gov.za/legislation/bills/B9-2009_ProtectionofPersonalInformation.pdf,
MINISTER
OF
JUSTICE
AND
CONSTITUTIONAL DEVELOPMENT, Août 2009
30
https://www.saica.co.za/Portals/0/Technical/LegalAndGovernance/POPI%20final.pdf,
MINISTER
OF
JUSTICE
AND
CONSTITUTIONAL DEVELOPMENT, 2009
31
http://www.humanipo.com/news/34240/popi-set-to-cause-complications-for-data-management/, Ayanda Dlamini. Octobre 2013
32
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20090522.OBS7705/chronologie-du-scandale-des-notes-de-frais-des-deputes-britanniques.html, le
nouvel Observateur, 2009

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   29	
  
Un autre point soulevé est le manque de compréhension de l’impact précis de ces
stratégies, ce qui rend les administrations hésitantes à être proactives. Les stratégies d’ouverture sont
à l’heure actuelle très orientées sur le renforcement de la participation démocratique et l’amélioration
de la protection publique. Les instruments d’ouverture sont quant à eux principalement basés sur le
volontariat et les aspects techniques et légaux, alors que la partie éducative reste à développer. On
note enfin que plusieurs pays ont promulgué des textes pour donner une impulsion au déploiement de
l’Open Data.

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   30	
  
2. LA POLITIQUE EUROPEENNE SUR L’OPEN DATA
L’Europe a décidé de s’impliquer sur la question de l’Open Data via l’édition de normes
juridiques et la mise en place de programmes d’encouragement autour de la recherche et du
développement d’une part, et la mise en place d’un portail européen de l’Open Data d’autre part.

2.1. LA MISE EN
2003/98/CE

PLACE

D’UN

CADRE

JURIDIQUE :

LA

DIRECTIVE

La législation, comme la fiscalité d’ailleurs, constituent un levier puissant de l’influence
gouvernementale et une place importante y est consacrée dans ce rapport.
Le cadre juridique européen autour de l’Open Data s’est déroulé en deux temps, une première
directive en 2003 modifiée par la directive de 2013. La première intervention de l’Europe dans le
domaine de l’Open Data a lieu avec l’adoption de la directive n°2003/98/CE du Parlement Européen
et du Conseil du 17 novembre 2003 concernant la réutilisation des informations du secteur public.
Les instances européennes partent du constat suivant : « les informations émanant du secteur
public constituent une matière première importante pour les produits et les services de contenu
numérique et deviendront une ressource de plus en plus importante sur le plan du contenu à mesure
que les services de contenu sans fil se développeront ». Saisissant ainsi son rôle d’harmonisateur
des normes dans l’Union Européenne, le Parlement Européen édicte donc une directive en 2003 visant
à fixer un cadre général autour de la réutilisation des informations du secteur public afin d’éviter les
importantes divergences entre les Etats membres en matière d’exploitation de ces informations. Et
ceci dans le but de « permettre aux entreprises européennes d’exploiter le potentiel de ces
informations et de contribuer à la croissance économique et à la création d’emplois ».
Malgré cette bonne volonté clairement exprimée, et une juste prise en compte des enjeux
économiques autour de l’Open Data, la portée de cette directive restera limitée. Ceci est, tout
d’abord, lié à la nature même de la directive, qui contrairement au règlement européen ne s’applique
pas directement en droit interne et laisse donc aux Etats la liberté de transposer les grands principes
dans leur droit interne. L’édiction d’un règlement aurait peut-être montré une volonté d’harmonisation
plus forte de l’Europe et l’aurait poussée à entrer plus dans le détail des modalités de l’harmonisation.
Au final, cette directive reste un texte assez flou et très peu contraignant.
La directive a cependant le mérite de proposer une définition de la donnée publique susceptible
d’englober toute représentation d’actes, de faits ou d’informations – ainsi que leur compilation quel
que soit leur support (écrit sur papier ou stocké sous forme électronique ou enregistrement sonore,
visuel ou audiovisuel), détenus par un organisme public.

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   31	
  
En revanche, en ne prenant pas clairement partie sur un principe de gratuité de la mise à disposition
des données publiques, elle vient entretenir une ambiguïté sur la question de la tarification :
article 6 : « lorsque les redevances sont prélevées, le total des recettes provenant de la fourniture et
des autorisations de réutilisation de ces documents ne dépasse pas le coût de collecte, de production,
de reproduction et de diffusion » en ajoutant « tout en permettant un retour sur investissement
raisonnable ».

2.2. LES APPORTS DE LA DIRECTIVE 13/06/2013
En décembre 2011, la Commission Européenne propose une recommandation riche autour de
l’ouverture des données publiques, qui ne sera que partiellement reprise par la directive du 13 juin
2013.
La recommandation
Européenne

de

la

Commission

Le 12 décembre 2011, la Commission publie une recommandation nommée « L’ouverture des
données publiques : un moteur pour l’innovation, la croissance et une gouvernance transparente ». La
commission commence par traduire la démarche d’ouverture des données publiques en potentiel
économique, en citant quelques exemples :
•
•
•
•
•

2007, le marché allemand des informations géographiques représente 1,4 milliards d’euros
(soit une croissance de 50% depuis 2000)
2008, 15000 postes dédiés au même sujet dans les Pays-Bas
2008, une étude estime le marché total de l’information du secteur public dans l’Union
Européenne à 28 milliards d’euros
Cette même étude prétend que les avantages globaux liés à une plus grande ouverture des
informations du secteur public représenteraient 40 milliards d’euros
Enfin pour l’ensemble des 27 pays membres de l’Union Européenne, le total des gains
économiques directs et indirects découlant de l’utilisation des informations du secteur public
et applications fondées sur ces données serait de l’ordre de 140 milliards d’euros par an.

Bien que l’on puisse reprocher à la Commission de ne pas trop faire la part des choses dans ce bilan
économique, entre le chiffre d’affaires qui proviendrait d’économie de gestion dans les
administrations et celui qui proviendrait de réelles innovations (cf. Interview OpenDataSoft), son
constat a le mérite de forcer la prise de conscience de l’enjeu stratégique que représente l’ouverture
des données publiques.
La commission pointe du doigt ce qu’elle juge être des obstacles persistants dans l’ouverture de ces
données publiques :
•

cadre juridique : disparités considérables entre les pays membres (surtout dans les système de
tarification entre récupération des coûts et gratuité),

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   32	
  
•
•

manque de sensibilisation des organismes du secteur public et des entreprises,
obstacles pratiques et techniques (barrière linguistique, questions d’interopérabilité).

Une traduction à minima de ces recommandations dans la directive du 13
juin 2013
Dans ce contexte, on aurait pu s’attendre à ce que la modification de la directive de 2003 soit plus
contraignant et permette ainsi d’arriver enfin aux harmonisations attendues entre pays membres.
On note cependant quelques avancées :
Par rapport à l’ancienne version de la directive de 2003, le texte affirme un véritable droit à la
réutilisation du secteur public. L’ancienne version définissait les champs d’informations où la
réutilisation était autorisée ; la nouvelle fait l’inverse, et exige que tout document entrant dans le
champ d’application doit être réutilisable pour des usages commerciaux et non commerciaux.
Ce texte vient aussi apporter une obligation de transparence dans le calcul des redevances.
Toute personne le demandant doit pouvoir avoir accès au mode de calcul utilisé pour l’établissement
de la redevance. Ceci est perçu comme une excellente nouvelle pour Pierre Chrzanowski (groupe de
l’Open Knowledge Foundation) : « Cette exigence de rendre les modes de tarifications complètement
transparents en amont, c’est-à-dire avant même qu’une demande de réutilisation soit soumise,
pourrait avoir des conséquences intéressantes. Il est peu probable que les organismes publics iront
jusqu’à calculer des coûts marginaux pour tous les jeux de données qu’ils possèdent; cela signifie que
les données ne pourront pas être soumises à tarification, puisqu’aucun mode de calcul n’aurait alors
été défini, justifié et publié en amont. C’est un très bon outil pour empêcher les administrations de
pratiquer des tarifications de données injustifiées. »
La directive élargit son champ d’application aux musées, bibliothèques et archives.
Cependant, cette extension est assortie d’un nombre important d’exceptions et de règles qui viennent
pour beaucoup enlever l’intérêt de cette dernière. Par exemple, concernant les voies de recours, en cas
de décision négative, le texte prévoit que « les organismes du secteur public communiquent au
demandeur les raisons du refus ; les bibliothèques, y compris les bibliothèques universitaires, les
musées et les archives ne sont pas tenus d’indiquer cette mention ».
Autre déception du texte, bien que la directive précise que les données du secteur doivent être mise à
disposition dans des formats ouverts lisibles par machine, elle n’impose aucun format.
Pour finir, la directive réaffirme, dans son article 6, le principe d’un coût marginal : « Lorsque la
réutilisation de documents est soumise à des redevances, lesdites redevances sont limitées aux coûts
marginaux de reproduction, de mise à disposition et de diffusion. » Mais la présence de nombreuses
exceptions comme les bibliothèques, musées et archives fait perdre beaucoup d’intérêt à ce principe.

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2.3. LA MISE EN PLACE DE PROGRAMME DE R&D&I
La commission européenne fait état d’un budget d’environ 100 millions d’euros dédiés à la recherche,
le développement et l’innovation.
Dans les faits, cela profite peu aux acteurs économiques du marché français, la démarche de demande
de subventions est lourde et longue, alors que le marché demande une forte réactivité « le temps de
procéder à la demande de subvention, on est déjà passé à autre chose tellement cela évolue vite » Cf.
interview OpenDataSoft.
On note cependant différents projets en cours pour favoriser la R&D&I :
-­‐
-­‐
-­‐

Linked Open Data (exploitation du web pour l’intégration des données et des informations et
sur l’utilisation des technologies sémantiques)
OpenAIRE (créer une infrastructure participative pour l’initiative pilote de l’UE dans le
domaine)
ISA sur l’interopérabilité sémantique (faire de l’utilisation des métadonnées publiques
ouvertes une première étape vers l’alignement des métadonnées)

On a cependant du mal à voir une réelle concrétisation de ces encouragements en R&D.

2.4. LE PORTAIL EUROPEEN DE L’OPEN DATA
Un des objectifs de la Commission Européenne est de mettre en place un portail des données de
l’Union Européenne.
Le portail http://open-data.europa.eu propose un accès gratuit et centralisé aux données produites par
les institutions et organes de l’Union Européennes. A ce jour, on comptabilise 6323 jeux de données
publiées sur ce site. Ce nombre peut paraître très faible comparé au 353 226 jeux de données
présentes sur le site http://data.gouv.fr.
Le problème réside dans le fait que la commission n’a que peu de pouvoir pour mener à bien ce
projet. En effet, on peut lire dans une communication sur l'ouverture des données publiée par
l'exécutif européen : « La Commission invite le Parlement Européen et le Conseil, dans le cadre de
leurs compétences respectives, à créer les conditions-cadres appropriées pour la réutilisation des
informations du secteur public dans l'Union Européenne ».

3. LA POLITIQUE AFFICHEE EN FRANCE
L’analyse du développement de l’Open Data dans plusieurs pays du monde permet une mise en
perspective plus objective du projet en France
3.1. UN BESOIN DE DEMOCRATIE

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Henri Verdier, directeur d’Etalab depuis janvier 2013, classe la France parmi « les 5
pays qui en font le plus et le mieux en matière d’Open Data »33. Toutefois, la France accuse un certain
retard notamment sur les Etats-Unis et à la GrandeBretagne et risque de manquer des opportunités
d’envergure à l’heure où le besoin de démocratie se fait
pressant et l’efficacité de l’appareil d’Etat est remise en
cause.
Phénomène historique, la côte de popularité de
l’exécutif n’a jamais été aussi faible dans les sondages,
preuve en est les résultats du dernier sondage BVA et à
son directeur général adjoint d’ajouter « Jamais, en
trente-deux ans de mesures, un président n'était tombé
en dessous de 30% de bonnes opinions dans une
enquête BVA »34.

Figure 19 : évolution de l’abstention Vième République

Mais plus singulier encore Marine Le Pen (FN) rattrape le niveau d’opinion favorable du président
François Hollande. Du jamais vu sous la Ve République. On assiste à une montée des extrêmes et
une radicalisation résultant d’une crise économique, sociale et politique installée depuis maintenant
plusieurs années.
A cette tendance s’ajoute une abstention grandissante aux élections de représentants au niveau
national, régional ou local. Le taux d’abstention atteignait près de 43% aux dernières élections
législatives. Les questions politiques semblent de moins en moins intéresser les citoyens.
Ce désenchantement est nuancé par une société civile en demande d’action et de
participation dans le débat public. Ce mouvement n’est d’ailleurs pas nouveau, le parti socialiste
avait initié les conseils de la vie lycéenne lorsque Jack Lang était ministre de l’Education Nationale,
concept repris et élargi par Lionel Jospin, avec la loi de démocratie locale qui institue les conseils de
quartiers. Plus récemment Ségolène Royal alors en course pour la primaire socialiste, fait de la
démocratie participative le socle de son programme. Les citoyens sont mis au cœur du processus
démocratique. Ces fondements démocratiques participatifs s’appuient sur un tissu associatif français
dense et influent. La France est le pays de l’UE qui compte le plus d’associations35. Une culture
associative forte et une capacité de la part des parties prenantes à prendre la parole dans le débat
public sont des spécificités culturelles françaises.
Dans ce paysage démocratique contrasté, à la fois teinté de désillusions et
d’opportunités, le numérique ouvre une nouvelle voie à l’action citoyenne, l’exemple des

33
34
35

Supplément à STRATEGIES n°1729 juin 2013
Sondage BVA réalisé par internet les 24 et 25 octobre 2013
Source : Deloitte 2013 pour le Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative

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   35	
  
entrepreneurs avec le mouvement des « pigeons » illustre bien ce phénomène. L’administration décide
de prendre une disposition fiscale sur la taxation des plus-values de cession. Et à l’interlocuteur
interviewé, en charge de l'Open gov à l'UMP, de rappeler que cette décision entraine un mouvement
insaisissable par les politiques, ponctuel et totalement spontané grâce notamment aux réseaux
sociaux. Forts de ce rassemblement, les « pigeons » font entendre leur voix et le gouvernement est
contraint de prendre en compte leurs revendications. Dans la même veine, les auto-entrepreneurs,
rassemblés dans le mouvement des « poussins », se servent des mêmes outils numériques pour
prendre la parole et dialoguer avec les pouvoirs publics. Le numérique facilite l’expression citoyenne,
et crée des ponts entre les administrations et leurs administrés.

L’Open Data : une tendance pérenne
L’Open Data s’inscrit dans cette tendance pérenne. Preuve en est la nouvelle orientation
d’Etalab. La mission interministérielle ne se borne désormais plus qu’à la coordination de l’ouverture
des données publiques, elle met l’accent sur la compréhension et la réutilisation des données par le
grand public : les citoyens, les associations, les chercheurs, les journalistes… Critiqué en raison de
l’opacité des données livrées sur son portail numérique data.gouv.fr, Etalab lance en décembre 2013
une nouvelle version de son site, afin de « mettre l’accent sur l’enrichissement des jeux de données
». Ainsi le portail dans sa nouvelle version proposera 3 000 fichiers de données contrairement à la
première mouture qui en dénombrait jusqu’à 350 000. L’objectif est véritablement de livrer un
contenu plus qualitatif que quantitatif. Chaque jeu de données sera illustré par des projets concrets
réalisés à partir des données ouvertes, pour une meilleure compréhension et une plus grande
interactivité entre les producteurs et les réutilisateurs des données ainsi que le grand public.
Le premier ministre Jean-Marc Ayrault, à l’occasion du festival du numérique « Futur en
Seine », qui s’est tenu le 13 juin 2013, a réaffirmé le soutien et l’engagement du gouvernement dans
la politique d’ouverture des données : « Le gouvernement a demandé à toutes ses administrations et à
tous les opérateurs publics de jouer le jeu et mettre au service leurs données ». 36
La France prend la mesure de son retard en matière d’ouverture des données et tend à
renforcer les moyens d’un Open Data fort et plus systématique. A l’heure où le dialogue avec les
citoyens se crispe, l’ouverture des données publiques répond non seulement à un besoin de
démocratie participative mais également à une opportunité de modernisation de l’Etat et de ses
administrations. Le défi est de taille dans un pays pétri dans la culture de l’opacité bureaucratique,
mais le potentiel est plus grand encore.

3.2. UN VECTEUR DE MODERNISATION DE L’ETAT

36

http://www.dailymotion.com/video/x10vcw4_continuer-a-appuyer-de-toutes-nos-forces-le-developpement-du-numerique_news,
Marc AYRAULT, Juin 2013

Jean-

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   36	
  
L’Open Data comme vecteur de transformation de l’administration se joue à deux niveaux : le
premier revêt une dimension interne, avec une meilleure efficacité de l’appareil étatique et une
meilleure coopération entre les différents organes, et le second est axé sur l’externe et sur la qualité de
service fournie et perçue par les citoyens.
La volonté de dépoussiérer l’appareil étatique ne date pas d’hier. En 1998, le
gouvernement JOSPIN lance la PAGSI, le
Programme d’Action Gouvernemental pour la
Le grand
Société de l’Information. L’une des principales
public
missions de ce programme consiste à moderniser
les services publics. A cette époque déjà, Internet
Les partenaires
professionnels
et les NTIC viennent ébranler les rouages de
l’administration. En 2000 Bruno Lasserre,
Les partenaires
de
président d’un groupe de travail du commissariat
l'administation
au plan, réfléchissant sur l’apport des technologies
à la modernisation de l’Etat, souligne combien les
NTIC conduisent à un « accroissement de la
L'administratio
n elle-même
productivité, à une accélération de la circulation
des informations mais surtout à une redéfinition du
rôle de la hiérarchie, à un décloisonnement des
services ».37
Figure 20 : sphères de circulation de l’information des décisions

Le 30 octobre 2012 le SGMAP, le Secrétariat général pour la modernisation de l’action
publique, est placé sous l’autorité du premier ministre avec pour objectif de coordonner, favoriser et
soutenir, au niveau interministériel, les travaux conduits par les administrations en vue d’évaluer et de
moderniser l’action publique, notamment dans le domaine des systèmes d’information et de
communication. Ce secrétariat coordonne également la réutilisation la plus large possible des
informations publiques. A travers la DISIC, la Direction Interministérielle des Systèmes
d’Information et de Communication de l’Etat, piloté par la SGMAP, il s’agit de constituer un réseau
interministériel, pour rationnaliser les coûts et harmoniser les politiques de gestion de réseaux
uniques.
Un chemin encore long
Malgré les efforts déployés, le chemin qui mène à la modernisation des administrations
semble encore bien long. Les ministères peinent à partager leurs données. Pour exemple le ministère
du logement n’a pas accès aux informations sur les taxes d’habitation détenues par le ministère des
finances, mais grâce à l’ouverture des données ce dernier parvient à obtenir les informations
recherchées sans passer par Bercy. En ce sens, l’Open Data est un puissant levier d’interconnexion
entre les ministères et un vecteur de circulation de l’information qui à terme favorise une plus grande
efficacité. L’Open Data tend également à décentraliser les initiatives et le stockage d’informations. Le
37

Internet et Politique, Projet collectif de Sciences Po - 2005

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  Data	
   37	
  
9 octobre 2013, les collectivités de Rennes, PACA, Gironde, Montpellier, Bordeaux, Saône et Loire
créent l’association Open Data France, elle rassemble l’ensemble des collectivités à l’initiative de
cette création. Ces dernières s'organisent autour de cette association pour avoir une légitimité vis à vis
de l'état et leur objectif est de partager leurs réalisations et pratiques et d’aborder l’éventuelle
mutualisation de plates-formes techniques en travaillant sur les formats.
Grâce à l’Open Data et à son récent élargissement, les acteurs dans les ministères, les administrations
et les collectivités deviennent de véritables parties prenantes actives, dans une logique de co-création
et de meilleur partage de l’information. Cette logique tend à fluidifier les processus et permet
d’identifier et de prévenir les doublons qui peuvent apparaître dans un système plus opaque. Notre
interlocuteur à l’ UMP rappelle que « aux Etats-Unis, en 2009, le président Obama demande la mise
en ligne des procédures de mise à jour du parc informatique au niveau fédéral. Suite à cette ouverture
des données, le constat est frappant : les redondances administratives coûteraient jusqu’à 3 milliards
de dollars». Une meilleure visibilité sur les activités des différents organes de l’appareil étatique
permettrait non seulement plus d’efficacité mais des économies considérables. Dans un contexte
d’austérité budgétaire l’Open Data semble avoir de quoi séduire.
L’opportunité d’améliorer la qualité de service
Si l’ouverture des données représente une opportunité d’amélioration de la performance
interne de l’Etat, elle représente également un moyen d’améliorer la qualité du service rendu aux
citoyens et permet d’afficher une plus grande transparence.38
Tandis que dans la relation classique de l’administration avec ses administrés, le rôle du
service publique n’était pas questionnable, avec l’Open Data et la tendance à la plus grand
transparence, les services rendus peuvent être améliorés en tenant compte des remontées des citoyens
et plus largement de la société civile. En effet l’ouverture des données entraine une utilisation des
données et une évaluation par les utilisateurs. Les organisations publiques productrices de données
vont de plus en plus devoir tenir compte des retours des administrés, sans quoi elles feraient perdre
tout le sens de l’ouverture et de la circulation des données. La transparence permet l’évaluation des
politiques publiques et améliore la confiance des citoyens dans leurs administrations. Le schéma de
gouvernance change dans un contexte numérique qui valorise les échanges et la coopération.
Notre interlocuteur interviewé de l’association nantaise LIBERTIC créée fin 2009 afin de promouvoir
l’ouverture des données publiques, précise qu’à l’heure actuelle « ne font foi que les données
collectées par les agents en interne » et que sans la prise en compte du retours des utilisateurs sur
l’ouverture des données « on risque de passer à coté d’un potentiel d’amélioration ».

38

Colloque de la DILA : intervention de M. Camille DOMANGE, Chef du département des programmes numériques du ministère de la
Culture et de la Communication

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   38	
  
L’UDI dans son cahier de propositions 39insiste sur cet aspect : « La gouvernance renouvelée par le
citoyen, plus qu'utilisateur de services publics, devient co-acteur de ces services publics. La
gouvernance de demain n'est plus uniquement ‘’descendante’’ mais aussi plus ‘’ascendante’’ ».
L’Open Data favorise la transparence et la
co-création avec les citoyens qui sont de
puissants leviers de modernisation de
l’action publique, toutefois il faudra veiller
à un accompagnement des agents
notamment pour désamorcer des craintes
liées à un contrôle jugé excessif sur la
sphère
publique.
Le
mouvement
d’ouverture des données aux résultats
prometteurs semble s’inscrire dans la
durée, et notre interlocuteur interviewé
dans la Collectivité Territoriale de Saône
et Loire, de préciser « la France est en
train « d’inventer l’Open Data » et il faut
compter 10 à 15 ans pour son
déploiement ».

Open
Data
Améliorati
on de
l'action
publique
en interne

amélioration
de la qualité
de service
rendue et
perçue

Figure 21 : dynamique vertueuse de l’Open Data dans la transformation

L’obligation de transparence des administrations améliore la confiance des usagers,
particulièrement dans un contexte morose à plusieurs égards, teintés parfois de scandales de
corruption ou de fraudes aux plus hauts niveaux de l’Etat. Notre interlocuteur interviewé à l’UMP
rappelle l’exemple du Québec où des scandales de corruption dans l’attribution de marchés publics
ont entrainé un puissant mouvement Open Data40. Le besoin de retrouver de la confiance entraine la
transparence et l’Open Data est l’un des outils favorisés par les pouvoirs publics pour tisser ou retisser
un lien parfois rompu avec les citoyens.
Sur bien des aspects, l’Open Data, qui malheureusement peine à se généraliser dans les
administrations, représente un formidable vecteur de modernisation de l’Etat, tant en fluidifiant les
mécaniques internes propres à l’appareil étatique, que dans la relation et l’action publique délivrée
aux citoyens. Dans un monde numérique où l’ensemble des informations est davantage accessible,
l’Etat et ses administrations ne semblent pas pouvoir rester en retrait de ce mouvement d’ouverture.

3.3. ETAT DES LIEUX DE LA LEGISLATION

39

Source : Rapport « - L'Open Data un levier majeur pour moderniser la démocratie, fabriquer de la croissance durable et augmenter nos
recettes fiscales », Alain Dolium, 2013
40
http://www.huffingtonpost.ca/2012/11/18/quebec-corruption-scandal_n_2153602.html, By Benjamin Shingler, The Canadian Press,
Novembre 2012

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  Data	
   39	
  
Avant la loi « CADA » (liberté d’accès aux documents administratifs) du 17 janvier 1978,
l’Administration française est une institution fermée qui refuse de communiquer tous les documents
que les administrés peuvent être amenés à lui demander.
Cette loi est donc une petite révolution qui vient instaurer un véritable « droit à l’information ».
C’est en ce point qu’on peut considérer que la loi CADA a pu être une première étape dans l’édiction
du principe d’ouvertures des données publiques.
On peut regretter en revanche qu’il ait fallu ensuite attendre l’édiction de la directive européenne de
2003 et sa transcription en droit interne pour qu’une nouvelle avancée ait lieu. On peut noter une
timide avancée avec la circulaire du premier ministre du 14 février 1994, elle est considérée comme
un coup d’essai, qui avait le mérite d’identifier clairement les questions auxquelles le droit positif se
devait d’apporter des solutions propres à concilier les différents intérêts en présence : ceux,
commerciaux, des opérateurs privés et ceux des personnes publiques détentrices des données
défendant l’immuable principe d’intérêt général.
Il faudra donc attendre la directive européenne du 17 novembre 2003 et sa transposition en
droit interne par l’ordonnance n°2005-650 du 6 juin 2005 relative à la liberté d’accès aux documents
administratifs et à la réutilisation des informations publiques pour que soit finalement ajouté dans la
loi du 17 juillet 1978 des dispositions spécifiques portant notamment sur les conditions de
réutilisation des « informations publiques ». Cette ordonnance viendra notamment intégrer dans la loi
de 1978 un article 10 venant affirmer que les données publiques peuvent être utilisées librement à des
fins commerciales, c’est à dire exploitées par des acteurs privés. Cette liberté de réutilisation est totale
à condition de ne pas altérer et dénaturer de leur sens les données publiques et de respecter les
dispositions législatives concernant les données à caractère personnel.
La circulaire du 26 mai 2011, relative à la création du portail unique des informations publiques de
l’Etat « data.gouv.fr » par la mission « Etalab », et l’application des dispositions régissant le droit de
réutilisation des informations publiques, réaffirment le principe général de la mise à disposition
gratuite du plus grand nombre d’information. La soumission à redevance doit rester l’exception et être
« dûment justifiée par des circonstances particulières ».
Malgré cette affirmation du principe de gratuité, dans la réalité l’application de ce dernier
reste l’exception là où la règle consiste à mettre en place quasi systématiquement des redevances
(Rapport Trojette, novembre 2013). Pour le rapporteur, l’application de ces redevances constitue des
freins qui « risquent de limiter les démarches en faveur de la transparence et la modernisation de
l’action publique et de porter atteinte au développement économique ».
En ce qui concerne la protection des données personnelles, certains s’élèvent contre l’Open
Data, comme Gaëtan Gorce, Sénateur PS, qui s’alarme des « menaces considérables qu’il représente
déjà pour le respect de la vie privée », voire « la perspective d’un fichage généralisé à des fins privées
», par « recoupement des données brutes [...] voire avec celles (le Big-Data) dont des entreprises sont
déjà en possession ».

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Pour d’autres cela reste un « non-sujet » dans la mesure où des textes régissent déjà la
protection des données individuelles (Loi informatique et libertés du 6 juin 1978). A ce titre, la CNIL
rappelle que « les informations figurant dans des documents produits ou reçus par les administrations,
peuvent être utilisées par toute personne qui le souhaite à d’autres fins que celles de la mission de
service public pour les besoins de laquelle les documents ont été produits ou reçus » sauf si leur «
communication porte atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical et au secret en matière
commerciale et industrielle. »
La réutilisation est possible dans trois cas :
•
•
•

la personne concernée y a consenti,
les données ont été anonymisées,
une disposition législative ou réglementaire le permet.

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4. UN MOUVEMENT D’OUVERTURE ENTRAVE
4.1. LES FAITS EN CONTRADICTION AVEC LES PAROLES

4.1.1. UN GOUVERNEMENT IMPLIQUE, MAIS PAS TROP …

L’organisation actuelle d’Etalab laisse penser que le gouvernement n’a pas encore mis le
coup d’accélérateur sur le développement de l’Open Data en France. En effet, à date l’équipe
Etalab est composée de 8 collaborateurs et
dispose d’un budget de 4 millions d’euros, ce qui
peut paraître faible pour un projet d’une telle
envergure (d’autant plus que les SI historiques
ont des formats divers et variés et ne sont pas
conçus pour faciliter l’Open Data), mais cela est
peut être cohérent eu égard des actions entreprises
et de l’ambition actuelle de l’Etat. Notre
correspondante Etalab indique que « s’il y avait
des moyens financiers, 1 million d’euros de plus,
on pourrait explorer une thématique de bout en
bout ».
Figure 22 : le président Hollande dans l’émission Des paroles et des actes

Certes l’Etat ne met pas les moyens suffisants pour l’ascension de l’Open Data, mais nous pouvons
imaginer que le frein ne se situe pas là, en comparant notamment avec un pays émergeant comme
l’Inde, qui malgré une organisation administrative beaucoup plus complexe et disparate arrive à créer
une administration numérique.
En plus d’une équipe de taille modeste et d’un budget laissant déduire la limite de l’ambition, nous
pouvons noter le choix du rattachement d’Etalab à un secrétariat général (SGMAP) et non pas à un
ministère, cela reflète peut-être le manque d’importance accordée à la problématique.
Les missions d’Etalab manquent crucialement de structuration, d’objectifs tangibles et de
planning. La démarche actuelle repose sur une libération progressive et une assistance auprès des
différentes administrations de l’Etat, sans avoir une indication claire sur la cible.
Nous pouvons noter qu’il n y a pas de projet global avec une méthodologie commune et organisée. En
effet, il n’existe pas de méthodologie projet indiquant les étapes de modernisation de l’Etat, ni de
projet commun et centralisé lié à la refonte du système d’information. Ce qui peut paraître absurde car
pour moderniser, il faut des données harmonisées et centralisées et une démarche nationale : si l’Inde
l’a fait avec autant d’Etats, la France peut le faire.
De même au niveau des collectivités locales, chacun a sa méthodologie et l’avancement sur le sujet

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est complètement disparate. Pour exemple la collectivité de Saône et Loire est très avancée tandis que
d’autres le sont nettement moins.
Une volonté de transparence controversée: l’ouverture certes, mais avec un dispositif
verrouillé. En effet, la transparence dérange car elle exige une obligation de résultat et une
responsabilisation des citoyens. Dans le domaine de la santé par exemple, une remise en cause de la
surconsommation de médicaments et de l’excès de consultations peut avoir des conséquences sur le
corps médical.
Toujours sur le secteur de la santé, Marisol Touraine affichait cet automne41 l'intention qu'enfin le
potentiel inexploité de ces bases de données soit " valorisé, au bénéfice de l'ensemble des acteurs du
système de santé ". Au ministère de la Santé, on tempère toutefois. Cette exploitation ne peut être
envisagée que " dans un cadre respectueux du secret médical et des règles garantissant l'anonymat.
Seules les données non sensibles de ce double point de vue ont vocation à être mises à disposition de
la collectivité ". L’ouverture est envisagée, mais pour les données intéressantes cela n’est pas certain.
Par exemple pour les données individuelles anonymisées notamment, la ministre de la Santé n'a
aucune intention de laisser les acteurs extérieurs à la sphère publique en disposer.
A cela s’ajoute la complexité du site data.gouv.fr, c’est « le parcours du combattant » pour télécharger
les données et une fois téléchargées, l’interprétation n’est pas si simple.
- Un rythme au ralenti, même si sur l’année 2013 il y a eu plusieurs temps forts (feuille de route
d’Etalab, directive européenne, G8, création de l’association Open Data France).
Aujourd'hui il s’agit d’une démarche incitative, et, même si l’autorité du Premier Ministre reste
importante, la mise en œuvre peut être très longue puisqu’il n’y a pas de loi.
La chronologie illustre bien le manque d’une démarche plus coercitive: la première directive
européenne date de 2003 et le sujet a été lancé à Rennes en 2010, soit 7 ans après. L’adoption d’une
loi semble nécessaire (ex : le Brésil qui en a voté une) afin d’accélérer le mouvement de l’Open Data.
La démarche incitative n’est pas suffisante. Un projet de loi est d’ailleurs en cours sur la transparence,
la question se pose de savoir si l’Open Data y sera inclus.
- Déficit de communication, aujourd’hui le sujet reste dans l’ombre et ne fait pas l’objet d’une
médiatisation importante. Par exemple, au journal Le Monde personne ne couvrait ce sujet, jusqu’à
l’arrivée de Alexandre Léchenet en 2011. Aux yeux de la rédaction, le sujet est considéré comme peu
important, par rapport à d’autres sujets, pour les lecteurs du Monde.fr. De fait, il n’y a pas de rubrique
dédiée, les publications sont rattachées à des événements autour du sujet, comme la publication d’une
circulaire ou une nomination.
Pourquoi le gouvernement ne s’appuie-t-il pas sur ce canal pour une « vulgarisation » du sujet ? Une
communication régulière et systématique sur le sujet aiderait à la connaissance du sujet et à fortiori à
son développement. Le sujet reste méconnu du citoyen. En Saône et Loire, par exemple, le sujet est
présent depuis deux ans, mais les citoyens ne le connaissent pas, confie le directeur du projet Open
Data en Saône et Loire.

41

LE MONDE du 7 octobre 2013, article non signé

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4.1.2. UN ECOSYSTEME DEFAILLANT

Le développement de la culture de la donnée est un vrai levier pour la transformation de
l’administration. Or, les ministères ne manipulent pas les données et donc n’en connaissent pas la
valeur. Il y a un manque évident de compétences clés pour la réussite du projet Open Data. Les
« Data Scientist », autrement dit des personnes capables de manipuler les données, sont trop peu
nombreux.
Afin de passer du stade d’idée à la concrétisation de la réutilisation des données, des compétences
spécifiques et un dispositif adapté sont nécessaires. Il faut des micros entreprises et non des
développeurs isolés. Des start-up se lancent, avec un modèle économique qui reste à démontrer. Aux
Etats-Unis, par exemple, dans la mythique Silicon Valley, des milliers de développeurs ont été
mandatés sur le sujet.
Les citoyens restent absents de l’écosystème. En effet, à date, il n y a pas d’interactions avec le
citoyen afin de bâtir un procédé collaboratif. Toute la question est de savoir si le phénomène est
volontaire ou non.
Voici un exemple d’interactivité avec les citoyens42 : lorsque des allocations sont délivrées par les
collectivités pour un objectif bien précis (rentrée scolaire, allocation personnalisée d’autonomie), il
n’est pas possible à date de s’assurer qu’elles sont attribuées et coordonnées de façon optimale étant
donné qu’il n’est pas possible de s’assurer l’utilisation qui en est faite. La mise en place d’un portail
interactif avec les citoyens permettrait de disposer d’information sur leurs utilisations et de suivre
également les actions des collectivités. Pour ce faire, l’accompagnement des agents et des citoyens est
nécessaire afin de présenter l’intérêt et atténuer les craintes sur la vie privée.
4.2. LA
DEFIANCE
FRANÇAISE

NUMERIQUE,

UNE

En matière d’Open Data, la France semble
sujette à des contradictions. A la fois consciente du
potentiel d’innovation économique et sociale, de
transparence démocratique et de modernisation de
l’action publique, des réticences subsistent et freinent
le pays dans un rôle d’acteur dynamique de
l’ouverture des données publiques. La France compte
parmi les derniers pays à adhérer à la charte
internationale : open gov parternship. Cette timidité
s’explique en grande partie par un héritage
administratif qui privilégie un fonctionnement en vase
clos qui sacralise la haute administration et favorise
l’opacité organisationnelle.

EXCEPTION

Défauts
d'organisation

CULTURELLE

Perte de
contrôle

Manque de
transparence

Peur de la transparence

Figure 23 : les freins à l‘Open Data par peur de transparence

42

Source rapport Institut Montaigne, Gilles BABINET, Février 2013

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La haute administration française souffre d’un très faible recrutement en externe. Notre interlocuteur
interviewé à l’UMP précise que : « la part des gens issus du secteur privé ou associatif qui font un
passage dans la haute administration, de façon contractuelle par exemple, est très faible ». La haute
administration est sacralisée dans la mesure où ses portes ne s’ouvrent qu’à l’élite qui a réussi les
concours d’entrée. L’uniformisation, souhaitée et entretenue, des hauts fonctionnaires participe à cette
sacralisation et dans ce contexte on comprend la culture de l’opacité intrinsèque à ce système
organisationnel.
Les administrations françaises
l’ouverture de leurs données

réticentes

à

Tandis que chaque député européen publie un organigramme de son équipe, en France cette
règle n’est pas appliquée. Dans la même veine les parlementaires français refusent de mettre en
ligne les données concernant leur patrimoine. Toutefois ces informations sont disponibles sur
simple demande à la préfecture. Ces exemples illustrent le décalage entre l’ouverture et la
transparence souhaitées dans une économie numérique de développement de l’Open Data, et la réalité
de la communication des informations concernant les différentes administrations. Tandis qu’en Suède
70% des fonctionnaires estiment qu’il faut ouvrir les données publiques, ils sont à peine 27% en
France. Aux Pays-Bas ils sont 43% à estimer qu’Internet est un canal privilégié d’interaction avec les
citoyens contre 17% des fonctionnaires français43. Le niveau hiérarchique importe peu, l’ensemble de
l’administration française, à tous les échelons, est frileuse quant à l’ouverture des données et la
multiplication des points de contact avec ses administrés.
Cette réticence organisée s’explique par une peur de la transparence des administrations.
A l’origine de cette crainte, plusieurs facteurs émergent dont un défaut de pédagogie sur l’Open Data.
Nombreux sont les fonctionnaires, aux différents échelons, à ne pas savoir ce qu’est le mouvement
d’ouverture des données publiques. Notre interlocuteur interviewé d’Etalab, d’ajouter que « il faut
développer la culture de la donnée dans les administrations. Les ministères ne manipulent pas les
données et donc n’en connaissent pas la valeur. Il y a un vrai déficit de personnes qui savent ce que
sont les données et ce que l’on peut en faire ». Sans connaissances sur le sujet, les enjeux sont
totalement incompris. La sélection des données et leur partage apparaissent comme des tâches
supplémentaires à effectuer sans en saisir la valeur ajoutée. Les informations livrées dans le cadre de
l’Open Data sont considérées comme des informations secondaires, peu intéressantes, sans enjeux
stratégique ou politique. Notre interlocuteur interviewé au sein de l’association Libertic, constate
aussi le manque d’intérêt de certaines données livrées « les données financières, par exemple, ne sont
pas très fines, ce sont des agrégations avec perte d’informations ». Le manque d’information, et de
communication sur le projet Open Data crée un contexte peu favorable au développement d’une
politique dynamique en la matière.
Second facteur du manque de transparence : la peur de dévoiler des défauts d’organisation
et des doublons. Notre interlocuteur interviewé à l’UMP donne l’exemple du nombre de buralistes en
France, pour lui « aujourd’hui il n’y a pas une seule administration française qui a le même chiffre

43

Source Logica et Pierre Audoin Consultants

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pour le nombre de buralistes en France, parce que les administrations n’utilisent pas les mêmes
nomenclatures. Un buraliste n’est pas défini de la même manière selon que l’on est au ministère de la
santé ou au ministère de l’économie. » Dévoiler les divergences, et parfois les incohérences d’une
administration à l’autre, fragiliserait l’ensemble de l’appareil étatique ce qui fait peur aux acteurs
publics et qui à terme rend l’ouverture des données publiques difficile. Personne ne souhaite que des
failles du système puissent être traduites en incompétence aux yeux de l’ensemble des citoyens, les
administrations craignent d’être désavouées. A l’UDI d’ajouter que « En effet les choix des élus et
des décideurs seront de plus en plus confrontés à l’esprit critique et constructif du citoyen. On
comprend mieux les réticences qui, ici ou là, voient le jour dans les administrations ou parmi certains
élus (…) et les données financières ne sont souvent pas encore ouvertes au grand public. »44.
Enfin, la transparence fait peur car elle suppose la perte d’une certaine forme de contrôle et
une ingérence mal vécue par les administrations. Notre interlocuteur interviewé à l’Etalab confie la
réaction de l’inspecteur des finances lorsque Etalab demande l’ouverture des données : « attendez, on
va vérifier que les calculs sont bons ». Les administrations voient l’ouverture de leurs données comme
une mise à nu de leur activité et de leur expertise, doublé d’un jugement potentiel dans la mesure où
elles ne connaissent pas bien les acteurs de l’Open Data et les finalités. L’administration française
fonctionne dans une culture du cloisonnement, le partage que suppose l’ouverture va à l’encontre des
principes fondateurs du fonctionnement de la sphère publique.
Citons l’exemple du journaliste au quotidien Le Monde, qui après de nombreuses relances, a
obtenu des données sur la répartition des chômeurs par conseiller chez Pôle Emploi45. Les chiffres ont
montré une disparité importante du nombre de chômeurs dans le portefeuille des conseillers selon les
régions et a été repris dans plusieurs médias.

4.3. LES DIFFICULTES JURIDIQUES : SONT-ELLES DES PRETEXTES POUR
NE PAS FAIRE ?
La multiplication des licences
L’ouverture des données ne peut se faire qu’avec une licence de réutilisation qui précise les
droits et les devoirs associés à la consultation et à la réutilisation des données. Or, en France, avant le
lancement de la licence d’Etalab en octobre 201146, il n’y avait aucune licence de référence. Ce qui a
obligé les administrations locales a utilisé les licences disponibles qu’elles trouvaient les plus
adaptées.

44

Source : Rapport « UDI- L'Open Data un levier majeur pour moderniser la démocratie, fabriquer de la croissance durable et augmenter
nos recettes fiscales »
45
http://www.lemonde.fr/emploi/visuel/2013/09/21/quel-portefeuille-pour-les-conseillers-dans-votre-agence-poleemploi_3482107_1698637.html, article non signé
46
http://www.data.gouv.fr/Licence-Ouverte-Open-Licence, Etalab

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Aujourd’hui il y a donc une diversité de licences appliquées sur le territoire français en matière de
réutilisation des données publiques. Cette diversité pourrait nuire à l’interopérabilité des données et
limiter ainsi l’efficacité des initiatives d’Open Data. Selon notre interlocuteur interviewé à
l’association Libertic: « Le concepteur d’application
ne peut pas lire 10 pages de conditions
d’applications juridiques.»
Il convient donc qu’une licence standard de référence
soit mise en place pour réduire la complexité
juridique qui existe actuellement.
Figure 24 : La licence de l’Etalab

La protection des données personnelles
Le législateur a catégorisé le « détournement de finalité », et l’exprime de la façon suivante:
Il s’agit alors d’une infraction visée à l’article 226-21 du Code pénal prévoyant que « Le fait, par
toute personne détentrice de données à caractère personnel à l’occasion de leur enregistrement, de leur
classement, de leur transmission ou de toute autre forme de traitement, de détourner ces informations
de leur finalité telle que définie par la disposition législative, l’acte réglementaire ou la décision de la
Commission nationale de l’informatique et des libertés autorisant le traitement automatisé, ou par les
déclarations préalables à la mise en oeuvre de ce traitement, est puni de cinq ans d’emprisonnement
et de 300 000 Euros d’amende. »
La CNIL est un des maillons clés du dispositif étatique pour protéger les données personnelles et
les actions suivantes sont promues par cet organisme:
•
•
•
•

Privilégier le « privacy by design »
Multiplier la désignation de CIL (Correspondant Informatique et Libertés) au sein d’entités
publiques, notamment pour bénéficier de certains outils pratiques proposés par la CNIL.
Labelliser une méthodologie de formation des CIL effectuée par d’autres organismes
(exemple par le label CNIL délivré pour la formation proposée par le cabinet www.hsc.fr).
Mise en place d’une démarche de labélisation par la CNIL à venir sur des produits,

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Analyse d’un cas particulier : une adresse IP est-elle une
donnée personnelle ?
L’article de 2 de la loi Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux
libertés, modifiée Modifié par Loi n°2004-801 du 6 août 2004 - art. 1 JORF 7 août 2004 précise :
« Constitue une donnée à caractère personnel toute information relative à une personne physique
identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement, par référence à un numéro
d'identification ou à un ou plusieurs éléments qui lui sont propres. Pour déterminer si une personne est
identifiable, il convient de considérer l'ensemble des moyens en vue de permettre son identification
dont dispose ou auxquels peut avoir accès le responsable du traitement ou toute autre personne. »
La question posée est donc simple, mais la réponse l’est moins comme le montre l’analyse de
l’avocat Thiébaut Devergranne47 : tout dépend de l’architecture de l’accès à internet donc la réponse
relève de l’analyse au cas par cas. De façon générale, le risque mentionné par la CNIL sur ce sujet
lors de l’interview réside davantage dans la mise en ligne dans le futur de données
complémentaires qui permettraient in fine de résoudre des indéterminations actuelles sur
l’identification de l’internaute final.
On conclue donc que le principe de précaution doit être mis en œuvre avec une anonymisation des
adresses IP si de rares fichiers en contenant devaient être mis en ligne dans un Open Data.

47

http://www.donneespersonnelles.fr/adresse-ip-est-elle-donnee-personnelle, Thiébaut Devergranne, novembre 2011

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4.4. LES DIFFICULTES TECHNIQUES : QU’EN EST-IL REELLEMENT ?
Les éléments techniques présents dans ce paragraphe ont été établis notamment grâce aux
interviews d’un haut fonctionnaire au Conseil d’Etat, de l’interlocuteur chez OpenDataSoft, et des
informations disponibles sur le site de cette entreprise.
La démarche suivie pour traiter le sujet est la suivante: on évalue les stratégies gouvernementales au
regard des freins techniques exprimés. En effet, pour être efficace, une stratégie d'influence sur un
grand projet se bâtit et s'adapte en fonction des difficultés, notamment techniques, que les acteurs du
projet vont rencontrer.
La méthode visée dans cette section du
rapport est donc de procéder en trois
temps comme le montre le schéma cicontre.

Démarche
Open Data

Risques

Leviers
d'influence

•  Le plan directeur technique
d'un projet Open Data: les
questions à se poser

•  Identification des risques,
occurences, et impacts

•  Que peuvent faire les
gouvernements pour faciliter
la gestion des risques

Figure 25 : la démarche d’analyse technique

4.4.1. LES ETAPES PRINCIPALES POUR METTRE TECHNIQUEMENT EN
ŒUVRE UN OPEN DATA

Afin d’identifier les freins issus des difficultés techniques et les leviers de résolution associés, il
est nécessaire de se mettre « dans la peau » d’un directeur de projet Open Data et de suivre les
étapes de ce qui pourrait être son plan directeur :

1. Schéma
fonctionnel

2. Processus et
traitements à
mettre en place

3. Choix de
l'architecture et
du sourcing

4. Risques,
occurences et
impacts

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Figure 26 : les étapes d’un plan directeur Open Data

1. Etablissement d’un schéma fonctionnel d’exposition des données : on liste ici les questions sur les
aspects fonctionnels de ce que l’Open Data doit apporter.
! quelles sont les données primaires dont on dispose (fichiers, base de données, API, Web
services) et quelle est leur fiabilité ?
! quelles sont les données que l’on souhaite exposer (granularité, précision) ?
! sous quelle forme souhaite-t-on exposer les données (cartes, fichiers, flux XML, API,
graphiques..) ?
! comment les données seront-elles accessibles: librement, avec login/password, abonnement,
licences, avec des limitations de trafic ?
! quelle stratégie d’indexation implémenter sur les données ouvertes ?
! quels feedbacks souhaités sur l’utilisation des données ? (publication des niveaux de
réutilisation, moyen pour avoir un retour par exemple via mail, formulaire web) ?
! quels niveaux de qualité des données exposées ? Publication d’un Service Level Agreement
(SLA) avec par exemple le niveau de qualité défini, mesuré et publié; l’historique des
incidents; des opérations de maintenance prévisionnelles; fourniture d’un contact en cas de
problèmes; notification en cas de changement de format, calendrier de mise à jour des
données primaires = date du dernier rafraîchissement ou du prochain rafraîchissement.

2. En fonction des objectifs définis, identifier les processus et traitements à mettre en place :
! normalisation en entrée du processus: simplification des post-traitements via une migration
d’un format propriétaire vers une structure de métadonnée normalisée, avec par exemple des
tags d’anonymisation pour qualifier la donnée, changement des libellés des données (ex
Dépenses en € et non Dep €, date, format de nombre)
! identification du besoin d’anonymisation: quelles sont les données personnelles à anonymiser
dans les données brutes ?
! masquage ou effacement de données sensibles non publiables (sur des données sensibles
financières ou commerciales notamment)
! enrichissement et calculs supplémentaires avec d’autres données internes ou externes, période
de rafraîchissement,...)
! formatage en sortie du processus pour exposer un format de fichier normalisé (ex format de
fichier ouvert GPX pour la géolocalisation, GTFS, ...) et documenté; publication d’une API
(dans ce cas c’est le format de la requête et le format de réponse qui sont concernés).

3.

Choix d’une architecture: les points clés à considérer pour faire le bon choix

Plusieurs approches antagonistes sont possibles que l’on résume dans les schémas ci-dessous, selon les
délais, les coûts et la qualité recherchée pour la mise en œuvre d’un Open Data:

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Qualité de service
requise pour la
disponibilité des
données

Mise à disposition
de fichiers bruts,
sans couche de
présentation, sans
SLA

Intérêt pour
l’entreprise de la
mise à disposition
des données

Coeur de métier:
développements
internes

Type
d’hébergement

Mise en oeuvre
d’une couche service
avec valeur ajoutée:
SLA, anonymisation,
formatage, API

Solution "Turn
Key" on the
shelve

Hébergement
interne

Hébergement
externe via
Cloud
=> scalable par
définition et avec
des coûts
proportionnels
Figure 27 : les décisions d’architecture pour la mise en œuvre d’un Open Data

4.

Identification des risques

Certaines occurrences associées aux difficultés techniques ont été identifiées lors des interviews. Les
risques sont classés en deux catégories, en fonction de leurs spécificités à l’Open Data, ou si leur
nature est générique à tout projet d’IT.

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Risques spécifiques à l’Open Data, en phase de conception :

Maîtrise de l’infrastructure informatique: où sont les données ?
Connaissance approximative de l’existant avec le répérage des serveurs hébergeant les données, qui peuvent être multi-fichiers, multi-requêtes
et donc hébergées sur plusieurs bases de données sur des serveurs différents, voire sur des sites différents =>Risque sur les délais

Besoin de mise en place de dispositifs d’extraction
Importation de librairies adhoc pour écrire des requêtes, licences supplémentaires sur la BDD
=> Compétences additionnelles pouvant être nécessaires en gestion de base de données

Identification des besoins et moyens d'anonymisation des données- environ 20% des cas 49
Risque de dénonciation à la CNIL, responsabilité pénale

Incompatibilité des équipements avec des interfaces externes (Web services)
Risque: besoin de renouvellement des matériels et logiciels pour être compatible avec les standards du marché

Identification des règles de corrélation avec d'autres données internes ou externes
Les données de corrélation peuvent être externes, ce qui induit une complexité supplémentaire
49

Figure 28 : les risques techniques de conception d’un Open data

49

Estimation conjointe par nos interlocuteurs Libertic et OpenDataSoft

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Risques spécifiques à l’Open Data en phase d’exploitation :

Evolution fréquente et non notifiée des interfaces et du format des données
Ces évènements sont de nature à rendre indisponibles les services qui utilisent des données
dynamiques en Open Data 50

Difficulté à prévoir le trafic
En cas d'ouverture grand public, la prévision de trafic est aléatoire et les impacts sur la qualité de service peuvent
être importants => besoin d’une surveillance pour détecter des progressions rapides du trafic

Besoin de mise en place d’une exploitation pour suivre la qualité de service
Missions: notification avec e-mailing, historique des disponibilités & maintenance programmées sur le site=>
risque sur l’augmentation des coûts, sans connaissance des clients (si en accès libre) et sans revenus additionnels !

50

Figure 29 : les risques sur l’exploitation d’un service Open Data

Selon OpenDataSoft, « les technologies du Web permettent déjà de mettre en œuvre un Open Data, le
frein est davantage dans la démarche ».
On peut citer le verbatim de la responsable Information et voyageur et relation client à la Direction
des services transiliens de la SNCF51 :

Figure 30 : verbatim les risques des données temps réel

50
51

Indisponibilité du service d’information sur les horaires des transports Nantais (Source Libertic)
Rapport Bluenove : Open Data : quels enjeux et opportunités pour l’entreprise ? 2011

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Risques liés à la composante informatique du projet - non spécifiques à l’Open Data, identifiés par
ordre chronologique.
! Risques sur l’ouverture des infrastructures informatiques : l’Open Data porte bien son nom et
l’accès depuis Internet à des ressources nécessite des règles d’ingénieries précises.
! Besoin de respecter les directives de l’ANSSI (agence nationale de la sécurité des SI) =>
étude de conformité préalable et appel à des sociétés d'audit, et ressources associées52
! Difficultés dans l’identification des flux à ouvrir dans les équipements de sécurité IP:
Firewall, règles ACL dans les routeurs ou les load balancer, proxy, reverse proxy; mise à jour
des référentiels, définition de noms de domaines exclusifs pour l’accès depuis l’extérieur avec
création de certificats pour les flux en https….
! Administration des mots de passe, des VPN (certificats), des licences pour l’accès aux
serveurs de données: risque sur les coûts
4.4.2. LES LEVIERS D’INFLUENCE : QUI SONT LES METIERS CONCERNES ?

Les risques étant caractérisés, la question suivante est de savoir quels sont les leviers
d’influence dont dispose un gouvernement pour les maîtriser ou pour en minimiser les
impacts ?
Les métiers techniques concernés par la gestion des risques ci-dessus sont les suivants :

start up

web master

architectes IT

database
manager
responsable IT
des mairies &
collectivités

Développeurs
éditeurs
logiciels TPE/
PME

Société d'audit
de sécurité

Figure 31 : les métiers concernés par les problématiques techniques de l’Open Data

52

http://www.ssi.gouv.fr/IMG/pdf/RGS_PC-Type_Confidentialite_V2-3.pdf, services du Premier Ministre, Février 2010

Les	
  stratégies	
  d'influence	
  gouvernementales	
  sur	
  l'Open	
  Data	
   54	
  
4.4.3. ORGANISER L’INFLUENCE

On regroupe les actions associées à la gestion des risques en 4 catégories.

1. Faciliter les
échanges
d'information

2. Promouvoir
l'Open Data

3. Financer
explicitement
l'Open Data

4. Développer
la recherche et
le partage du
savoir

Figure 32 : les actions pour palier aux risques

1. Faciliter les échanges d’information sur les aspects techniques : où comment les responsables
gouvernementaux peuvent dynamiser les échanges avec les interlocuteurs publics (DSI des
administrations, ) et privés (startup, associations ...) sur l’Open Data.
! réaliser des ateliers techniques pour permettre les échanges avec les acteurs, dont les agences
de sécurité étatiques, quand elles existent. En France, c’est l’ANSSI qui apporte une
recommandation par l’intermédiaire des référentiels généraux de sécurité (RGS) et
d’interopérabilité (RGI), qui sont exigés pour tout téléservice public (contenu informationnel
accessible en ligne). Les préconisations de ces référentiels rejoignent les recommandations et
outils de la CNIL en matière d’approche de la sécurité des données personnelles. En ce sens,
2 guides pratiques ont été publiés livrant une méthodologie d’analyse des risques « vie privée
» et un catalogue de mesures.
! créer un salon professionnel de l’Open Data ou introduire la thématique dans des salons avec
une thématique proche (cf celui sur le Big Data d’octobre 2013)
! mettre à disposition un forum d'échange technique dédié sur les bonnes pratiques avec des
thématiques précises (anonymisation, indexation, …). Ce rôle est porté en France notamment
par l’association OpenDataFrance 53 et en Grande Bretagne par l’Open Knowledge
Foundation.
! référencer les liens vers les sites étrangers sur le site WEB de l’organisme. Le site
http://www.data.gouv.fr comporte en bas de page un lien vers les Open Data étrangers.
53

Open Data France : http://opendatafrance.net/inf/ et http://opendatafrance.net/les-ateliers/

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2. Promouvoir l’Open Data : donner de la visibilité
! être présent sur les salons professionnels de l’IT où viennent les DSI des organismes publics
et les collectivités,
! mettre en rapport des start-up avec des investisseurs de type capital risque,
! faire connaître les sociétés apportant des solutions innovantes sur les difficultés spécifiques à
l'Open Data (ex : anonymisation des données)
! Avoir une démarche marketing orientée clients sur les problèmes techniques, commander un
sondage auprès des DSI des administrations et des collectivités pour identifier les freins à la
mise en oeuvre de l’Open Data (i.e. appliquer une démarche marketing d’analyse du marché
avec des enquêtes qualitatives et quantitatives).
! Organiser le Buzz : faire écrire des
articles de presse par des journalistes sur le sujet
dans la presse spécialisés IT et régionale, faire
BUZZ
diffuser par l’organisme en charge de la
Mktg
coordination une “news letter” où l’on
mentionne les défis techniques (déjà fait par
Visibilité
l’Etalab en France, Libertic).

Promouvoir l'Open Data
Figure 33 : les leviers de la promotion de l’Open Data

3. Financer explicitement l’Open Data
! créer une dynamique d'échange avec les industriels de l'IT pour estimer la taille du marché
des solutions techniques et susciter des développements de solutions logicielles industrielles,
! donner des incitations fiscales pour les start-up travaillant sur le secteur,
! apporter un soutien logistique et financier
Taille du
aux associations qui animent la communauté de
marché
l’Open Data,
! primer financièrement dans les concours
Concours
Fiscalité
d'innovation
les entreprises les plus innovantes en terme
d'apport de solutions et de technologies sur les
problèmes techniques,
budgets
! Négocier avec le SGMAP des enveloppes
soutien
dédiés
associations
budgétaires dédiées à l’Open Data
Figure 34 : le financement de l’Open Data

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   56	
  
4. Développer la recherche et la transmission du savoir

Influence
Formations

Etudes

Livres

Brevets

Figure 35 : influer sur la recherche et le savoir

! mettre en place des formations
spécifiques avec les autres ministères: éducation
nationale, établissement d’études supérieures
(universités, IUT, écoles d’ingénieurs, ...). On
pense notamment au métier en devenir de
datascientist.54.

Figure 36 : Illustration du métier Data Scientist

! susciter des sujets d’études techniques, voire de projets de recherche (thèses…) ou de projet
de fin d’étude dans les écoles d’ingénieurs et universités (exemple: comment transformer en
méta data une base de connaissance au format Excel ?). En France, la CNIL travaille avec
l’INRIA sur des projets de recherche pour l'anonymisation, et ce pour éviter des conflits
d'intérêt avec d’éventuels partenaires privés.
! rencontrer des éditeurs de la presse spécialisée (Eyrolles, Dunod, …) pour faire écrire un
livre actualisé sur l’Open Data (à date il n’y en a qu’une seule référence sur Amazon.fr:
l'Open Data : Comprendre l'ouverture des données publique, de Simon Chignard). Un des
commentaires des acheteurs est d’ailleurs de faire écrire un livre plus détaillé sur le sujet…
! favoriser la propriété industrielle comme les dépôts de brevet sur des problématiques
techniques de l’Open Data, en faisant connaître les brevets existants sur l’Open Data et ce en
association avec les organismes nationaux de propriété industrielle.

De façon générale, en France, Etalab, avec l’aide des associations en place a déjà lancé ou mis en
place beaucoup de chantiers pour lever les freins techniques, mais les initiatives peinent à se
mettre en place faute de moyens financiers, et d’une réelle perception par l’ensemble des acteurs
des enjeux économiques.
54

http://fr.wikipedia.org/wiki/Science_des_données

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   57	
  
5. LES ENJEUX ECONOMIQUES DE L’OPEN DATA
5.1. QUELS AVANTAGES POUR L’EUROPE ?

L’utilisation des données ouvertes est un enjeu économique fort, à court terme pour le
développement du numérique, et à long terme pour la croissance, l’emploi et le développement des
secteurs stratégiques de l’économie.
Une étude réalisée pour le compte de la Commission Européenne estimait le marché total de
l’information du secteur public en 2008 dans l’UE à 28 milliards d’euros55. Selon cette étude, les
avantages économiques globaux liés à une plus grande ouverture des informations du secteur public
représenteraient environ 40 milliards d’euros par an pour l’UE. Pour l’ensemble de l’économie de
l’UE, le total des gains économiques directs et indirects découlant de l’utilisation des ISP (Internet
Service Provider) et des applications fondées sur ces données serait de l’ordre de 140 milliards
d’euros par an.56
L’évolution vers l’ouverture des données se poursuit dans de nombreux Etats membres. Ces
derniers adoptent le concept de réutilisation pour des raisons de transparence, d’efficacité
administrative et de potentiel économique. Ils soutiennent l’idée d’administration ouverte en
engageant des actions législatives et en prenant des mesures pratiques comme la production de
données dans des formats lisibles par machine et la création des portails.
Le Royaume-Uni a créé le portail data.gov.uk57, qui regroupe les données d’organismes
publics à tous les niveaux de l’administration. D’autres Etats membres mettent en place des portails
similaires, c’est le cas de la France avec Etalab et le portail data.gouv.fr.58 Il existe aussi des portails
au niveau régional tels que les dadesobertes.gencat.cat59 en Catalogne (Espagne) et dati.piemonte.it60
en Piémont (Italie).
Néanmoins, les niveaux d’initiative et de sensibilisation aux questions d’ouverture des
données publiques sont inégaux parmi les Etats membres. Il y a un risque que l’Europe passe à coté
des grandes possibilités économiques offertes par les données ouvertes, et prenne du retard sur
d’autres pays du monde où les politiques d’ouverture des données publiques sont bien établies.

5.2. UN OUTIL STRATEGIQUE POUR L’ECONOMIE FRANÇAISE

55

Communication de la Commission au Parlement Européen, au Conseil, au Comité Economique et Social Européen et au Comité des
Régions. COM/2011 /0882 final * /.
Review of recent studies on PSI re-use and related market developments, G. Vickery, août 2011.
57
http://data.gov.uk	
  
58
http://www.data.gouv.fr
59
http://www20.gencat.cat/portal/site/dadesobertes
60
http://www.dati.piemonte.it
56

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   58	
  
L’ouverture des données publiques permet à des entrepreneurs, des chercheurs, des
développeurs d’accéder aux données collectées dans le cadre du fonctionnement des administrations.
En les réutilisant, ils inventent de nouveaux usages et peuvent créer de nouvelles applications utiles
aux citoyens. Cette coproduction de services au public peut constituer la base d’une nouvelle relation
numérique de l’administration à l’usager, et d’un fonctionnement plus efficace de la puissance
publique. Un accès plus large aux données publiques peut contribuer à renforcer la confiance des
consommateurs, et donc la stabilité de notre économie.
Des conditions de réutilisation plus libres encourageraient l’innovation et pourraient
contribuer au développement de l’économie numérique : les nouveaux services et applications
mobiles, qui en bénéficieraient particulièrement, connaissent actuellement une très forte croissance.
L’économie numérique est un facteur clé de croissance économique et de création d’emplois.
L’économie numérique représente 3,7% du PIB (72 milliards d’euros) et en représentera 5,5% d’ici
201561. Il représente d’ores et déjà 1,15 millions d’emplois. Il a permis la création nette de 700 000
emplois en France et en créera 450 000 supplémentaires d’ici 2015.
L’accès aux données publiques pourrait faciliter le développement durable en permettant aux
consommateurs de faire des choix mieux informés.
Enfin, la réutilisation des données publiques constitue un élément de soutien aux objectifs stratégiques
d’investissement d’avenir pour l’économie française, de la société numérique aux villes de demain,
aux transports intelligents, en passant par l’encouragement de la recherche scientifique et de
l’innovation.

Le cas de l’assurance maladie

Le SNIIRAM est le Système National d’Information Intertégimes d’Assurance Maladie. Le
SNIIRAM est une base de données nationale à vocation médico-sanitaire. Elle regroupe des données
sur les patients (âge, sexe, notion de CMU-C, diagnostic de l’ALD,...), sur la consommation des soins
en ville, sur la consommation de soins en établissement, sur les pathologies traitées.
L’inspecteur général des affaires sociales, Pierre-Louis Bras, a remis le jeudi 13 octobre à la ministre
de la santé Marisol Touraine un rapport sur « La gouvernance et l’utilisation des données de santé »62.
Selon le rapport, les bénéfices potentiels que l’on peut attendre d’un accès au SNIIRAM sont d’ordre :
• Démocratique : les données lors qu’elles sont accessibles et mises en forme peuvent
alimenter le débat public sur la santé. Par exemple : les données peuvent servir à documenter
les inégalités territoriales de recours aux soins et les pratiques de dépassement. Ces données

61

UDI-L’Open Data un levier majeur pour moderniser la démocratie, fabriquer de la croissance durable et augmenter nos recettes fiscales,
Alain Dolium, 2013
http://www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport-donnees-de-sante-2013.pdf, Pierre Louis BRAS, Septembre 2013

62

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   59	
  
peuvent aussi participer à la transparence de l’action publique en permettant une évaluation
des résultats des politiques mises en œuvre.
• Sanitaire : les données représentent indiscutablement un outil au potentiel extrêmement fort
dans les domaines de la pharmaco-épidémiologie et de l’évaluation post-AMM63. Au delà de
la vigilance-sécurité, les données peuvent servir de support à des études de santé publique
comme par exemple, évaluations des états de santé, de facteurs de risque, des inégalités de
santé.
• Economique : le premier gain économique que l’on peut attendre est de délivrer des soins
sans danger pour les patients et de qualité qui sera certainement la meilleure manière de
maîtriser les dépenses de santé. Un deuxième gain est la documentation des décisions sur
l’organisation de notre système de soins.
Les pouvoirs publics continuent d’afficher leur volonté de transparence en matière de données
de santé. Tout le monde s’interroge aujourd’hui sur l’intérêt que présentent ces données, notamment
celles collectées par la Caisse nationale d’Assurance Maladie (CNAMTS) lors de la télétransmission
des feuilles de soins électronique. Par contre, l’accès à ces données reste pour le moment réservé à
l’administration qui n’en fait pas grand chose et laisse ainsi perdurer des dysfonctionnements
majeurs64. Exemple parmi d’autres, la surconsommation de médicaments, dont l’impact financier se
chiffre chaque année en milliards d’euros. De façon certaine, le lobby de l’industrie du médicament
ne milite pas non plus pour l’Open Data de la santé !
Le Ministère de la Santé veut bien ouvrir l’accès, mais seulement aux données qui
présentent peu d’intérêt. Celles dont l’utilisation permettrait d’envisager de réelles avancées dans la
gestion de notre système de santé, les données individuelles anonymes notamment, la Ministre de la
Santé n’a aucune intention de laisser les acteurs extérieurs à la sphère publique en disposer.

5.3. L’OPEN DATA, UNE STRATEGIE BUSINESS DANS LE SECTEUR PRIVE

A ce jour, en France l’essentiel du mouvement d’ouverture des données concerne le secteur
public. Par contre, c’est au monde de l’entreprise à s’intéresser à ce mouvement. Le monde des
affaires commence à s’interroger pour savoir s’il pourrait tirer un intérêt de l’ouverture des données.
Le partage des données est-il un levier d’innovation pour l’entreprise ? Le partage des données avec
les utilisateurs, les clients, les consommateurs peut-il créer de nouvelles opportunités commerciales?
Les bénéfices cités précédemment pour les institutions publiques sont les mêmes pour les
entreprises privées, l’ouverture du système d’information permet d’accroitre les échanges et la valeur
ajoutée du cœur de métier. L’Open Data est une excellente occasion de mettre en lumière l’intérêt
63

Evaluation post-AMM : Phase effectuée par le laboratoire qui commercialise le médicament, elle permet de surveiller, dans des conditions
réelles d’utilisation, que le médicament est bien efficace, et qu’il ne provoque pas de pathologies non détectées pendant la phases
précédentes des essaies cliniques.
64
http://www.argusdelassurance.com/acteurs/donnees-de-sante-sniiram-ouvre-toi.61715, Laure Viel, mars 2013

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   60	
  
d’une ouverture du système d’information vers l’extérieur permettant le développement d’un
écosystème. Par contre, il faut considérer que la décision de l’entreprise de s’inscrire dans ce
mouvement d’ouverture est donc principalement liée à l’analyse d’opportunités en des termes
commerciaux, d’image ou d’innovation.

5.4. L’OUVERTURE ET
D’APPLICATIONS

UTILISATION

DES

DONNEES

:

EXEMPLES

	
  
Alors que le mouvement d’ouverture et de réutilisation des données publiques, depuis
l’origine, était clair sur les données potentiellement partageables, le monde de l’entreprise semble se
poser plus de questions sur la nature des données à partager.
De quelles données parle-t-on ? Quelles données pour quelle réutilisation? Des données de
transparence sur les activités de l’entreprise ? Des données issues de la chaîne de production ? Quelles
sont les motivations des entreprises à libérer des données ?
Les données publiques ne représentent qu’une partie de données qui composent l’écosystème
des échanges de données. L’ouverture de données doit se faire sur les données du cœur de métier et
non sur les fonctions supports. Les données du cœur de métier sont celles qui ont le plus de valeur.
5.4.1. OPENDATASOFT, UNE START-UP INNOVANTE QUI REND FACILE LA
REUTILISATION DES DONNEES.

	
  
Opendatasoft 65 est une société sur le marché du
Data-Driven Software (DDS) créée en 2011. Elle permet
aux entreprises de réutiliser toutes données à partir de
n’importe quelles sources et formats, sans aucune limite de
volumétrie.
« L’Open Data est, avant tout, une nouvelle façon de voir la gouvernance de l’information et
des données. Nous ne pouvons imaginer le système d’information autrement qu’à travers un système
étendu en dehors de l’entreprise. Faire de l’Open Data et du Big Data, c’est à la fois se concentrer
sur la valeur de Big Data produit par l’entreprise elle même, mais aussi les données hexogènes qui
viennent de l’écosystème naturel et des partenaires de l’entreprise »66 Jean-Marc Lazard, Fondateur
de Opendatasoft.
« L’innovation de Opendatasoft repose sur deux piliers : d’une part l’innovation technologique, qui
réside dans l’exploitation des ressources et des calculs qui sont sur le Cloud. Nous avons une
capacité à calculer et mobiliser des ressources importantes à la demande, ce qui permet donc aux
65
66

http://www.opendatasoft.com
http://vimeo.com/53431850

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   61	
  
clients de disposer de ses ressources à la demande. D’autre part l’innovation d’usage qui permet à
nos clients d’imaginer la gestion des données d’une manière différente en croisant les données
endogènes et les données hexogènes et en le transformant ensemble en nouveaux services » 67 JeanMarc Lazard, Fondateur de Opendatasoft.
Opendatasoft est une plateforme qui a réinventé le data management dans trois domaines :
•

Préparation des données : collecte, extraction et normalisation des données.

	
  

	
  
Figure 37 : infographie source Opendatasoft.com

•

Réutilisation des données : publication dans des formats standards, data visualisation
interactives, API complète et sécurisée.

	
  

	
  
Figure 38 : infographie Opendatasoft.com : la cartographie

•

Exploitation des services : Technologies Big Data sur le Cloud, monitoring des API, reporting des
consommations.

	
  

67

http://vimeo.com/53431850	
  

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Figure 39 : infographie Opendatasoft.com

Opendatasoft travaille aujourd’hui dans le domaine smart-city avec de nouveaux services
comme les villes intelligentes, la décongestion de service de transport, l’optimisation de la
consommation énergétique, etc. Ces thématiques concernent à la fois les données publiques et aussi
les opérateurs de services qui eux fournissent la donnée d’exploitation. Les principaux clients de
Opendatasoft sont Veolia environnement, Groupe La Poste et Mairie de Paris. L’objectif commun
pour tous les acteurs est toujours de proposer des services innovants pour le consommateur et les
citoyens, grâce à l’utilisation des données qui sont produites en permanence.
Quelques exemples de travaux réalisés par Opendatasoft :
1. Kelquartier.com68 : site qui donne gratuitement accès à toutes les informations dont vous
avez besoin sur un quartier : données liées à l’immobilier, habitants, environnement,
éducation, commerces et établissements, politique, santé et sécurité.

	
  

68

http://kelquartier.com

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   63	
  
 

	
  
Figure 40 : vue d’écran Kelquartier.com

	
  
2. Fédération Nationale des Bistrots de Pays : Gestion collaborative avec les membres de sa
base de données et la réutilisation sans contrainte des données sur tout type de support
comme widgets cartographiques interactifs, sites web, blogs, applications mobiles, bornes
interactives.
3. RATP : la solution Opendatasoft a permis d’automatiser la transformation de ses fichiers
horaires Trident AMIVIF en des fichiers GTFS, et produire un accès aux données sous
formes d’API.

4. Région Ile de France : la création du portail Open Data. La solution Opendatasoft a
permis aussi bien la préparation et gestion des jeux de données produits par la collectivité
et les organismes associés, que la publication des données sous forme d’API,
téléchargement et datavisualisations interactives. Lors de l’interview, OpenDataSoft nous
a indiqué facturer annuellement une prestation de 8 k€ à la Région Ile de France -avec les
niveaux de consultation à date - pour cette prestation, ce qui permet d’avoir un ordre de

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   64	
  
grandeur et montrer que le coût est modéré avec cette architecture et n’est donc pas un
frein.

5.4.2. DATAVEYES, UNE START-UP
INTERACTIVES DE DONNEES.

INNOVANTE

DE

VISUALISATIONS

	
  
Dans un contexte de data-déluge au quotidien, quelque soit le public concerné, celui-ci attend
désormais de la transparence et de la clarté pour accorder sa confiance. Ni les journalistes, ni les
sources traditionnelles d’information n’ont aujourd’hui les moyens de rendre lisibles les flux de
données qui impactent notre quotidien. Dataveyes69 a été créé il y a 3 ans pour bâtir des produits de
visualisation qui comblent le gap entre l’abstraction des données et les besoins du public. Sa méthode
est centrée sur l’expérience utilisateur, en regardant comment les utilisateurs s’approprient
l’information et comment ils l’utilisent.

	
  

	
  

	
  

Nous présentons un exemple de visualisation à partir des données. Dataveyes a mis en
relation la proximité musicale et la proximité géographique dans les salles de concert à Paris.
L’utilisateur souhaite connaître la proximité des salles de concert à Paris par type de musique, en un
coup d’œil et d’une manière très rapide il visualise toutes les salles qui programment des concerts
rock et la proximité entre elles.

	
  

69

http://dataveyes.com

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   65	
  
 
Figure 41 : vue d’écran : Dataveyes.com

Quelques projets emmenés par Dataveyes :
1. Métropole Rennes70. Conception et réalisation d’une interface de visualisation destinée à faire un
portrait des habitants de Rennes Métropole à partir de données ouvertes. Le citoyen a la
possibilité de zoomer sur plusieurs paramètres comme le sexe, l’âge, l’activité, la localité, etc.
pour arriver à la donnée précise.

	
  
Figure 42 : vue d’écran application Dataveyes

70

http://dataviz.rennesmetropole.fr/quisommesnous/index-fr.php

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   66	
  
 
Figure 43 : vue d’écran Site Rennesmetropole.com

	
  

	
  
Figure 44 : vue d’écran site Rennesmetropole.com

	
  
	
  
2. Arte71 Conception et réalisation d’une visualisation interactive destinée à accompagner la série de
documentaires « I love democracy » diffusée par Arte. En quelques clics nous pouvons accéder
aux données de différent pays.

71

http://ilovedemocracy.arte.tv/fr/

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   67	
  
 

	
  
Figure 45 : vue site ilovedemocracy.com

	
  
5.5. LES OPPORTUNITES DE L’OUVERTURE DES DONNEES.

	
  
Face à ce mouvement d’ouverture de données, selon l’étude Bluenove-BVA 72 , les
responsables de grandes entreprises semblent convaincus de l’intérêt à ouvrir leurs données en
particulier dans les domaines environnementaux (40%), techniques (37%), opérationnels (26%) et
marketing & communication (26%). Seuls 4% déclarent ne pas être prêts à partager des données
internes avec un tiers.

	
  

72

http://www.bluenove.com/publications/revue-de-presse/le-livre-blanc-de-bluenove-sur-lopen-data-plebiscite-dans-les-medias/	
  

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Figure 46 : les principales données qui seraient réutilisées par une entreprise, source : Etude Bluenove-BVA

Cette volonté d’ouvrir les données de l’entreprise s’inscrit principalement, dans une stratégie
d’innovation. 63% pensent pouvoir améliorer la satisfaction client avec l’ouverture des données. 62%
des entreprises interrogés pensent que l’ouverture de leurs données leur apporterait des bénéfices forts
pour développer un écosystème de partenaires innovants. 60% considèrent que l’ouverture de leurs
données les aiderait à accélérer le développement de produits et services innovants.
L’image est aussi un des grands enjeux de l’ouverture des données. L’entreprise qui donne
accès à certaines de ses données expose ainsi une image d’ouverture et de coopération. Dans le
secteur privé, l’Open Data peut servir de clé d’entrée pour ouvrir de nouvelles passerelles, tenter de
nouvelles expériences au service de collaborations fructueuses, innovantes et potentiellement
créatrices de revenus durables.
Par exemple, GrDF, filiale du Groupe GDF SUEZ, a retenu OpenDataSoft pour mener un
projet innovant de gestion et d'accès collaboratifs à des données métiers de l'entreprise. Une
architecture de type Open Data a été mise en oeuvre pour permettre un accès rapide et simple à leurs

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données en interne, et ce pour éviter des développements lourds et coûteux sur le SI décisionnel
(DWH) 73
Le tableau ci-dessous montre les principaux bénéfices attendus par l’ouverture des données
et de la réutilisation des données pour l’entreprise.

	
  

	
  
Figure 47 : les bénéfices attendus de l’ouverture des données (Source Etude Bluenove-BVA)

Mais l’ouverture des données par l’entreprise est souvent freinée par la méconnaissance du
concept Open Data. 47% des responsables d’entreprises interrogés disent connaître l’Open Data, et
seulement 12% disent le connaître très bien. A cette méconnaissance, nous pouvons ajouter la
difficulté à évaluer les enjeux de la démarche. Un dernier frein est le manque de notoriété de

73

http://www.opendatasoft.com/fr/references/

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   70	
  
l’ouverture des données. Ces trois paramètres laissent les entreprises dubitatives sur les
investissements en matière d’ouverture des données.
Le tableau ci-dessous présente les principaux obstacles à l’ouverture des données pour les
entreprises.

	
  
Figure 48 : les principaux obstacles d’un projet Open Data pour une entreprise - Source : Etude Bluenove-BVA

A ce jour, il y a encore beaucoup de questions complexes en termes d’investissement et
d’impacts sur l’activité de l’entreprise auxquelles il lui faudra répondre avant de s’engager dans
l’ouverture des données.

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5.6. LE ROLE DE GOOGLE, EN TANT QU’ACTEUR PRIVE
Il nous a paru important de réserver un chapitre sur le rôle que Google joue sur l’Open Data
dans ce rapport, pour montrer les leviers d’influence dont dispose Google sur l’Open Data, vis à vis
des agences nationales Open Data, la réciproque étant moins vraie…
5.6.1. INDEXATION DES DONNEES AVEC LE MOTEUR DE RECHERCHE

Compte tenu de la part de marché du moteur de recherche de Google dans le monde (94%) 74,
le réflexe de l’internaute reste d’utiliser ce moteur pour trouver les informations qu’il recherche, dès
lors que les sites Open Data autorisent les moteurs de recherche à indexer leurs pages.
Notre interlocuteur à la CNIL nous a indiqué que cet organisme prône dans ses bonnes pratiques « la
lutte contre l’indexation sauvage par Google :
•
•
•
•

le moteur de recherche interne doit être accessible avec authentification préalable »,
empêcher le référencement des pages,
insérer des données sous format image,
ne pas permettre de lire certaines métadonnées.

Les données des sites Open Data sont-elles indexées par Google ?

Ce choix – que l’on suppose conscient et volontaire – n’est pas anodin et relève d’un choix
stratégique d’ouverture des données.
1. La théorie : le fonctionnement de l’internet précise que tout propriétaire de site peut interdire la
découverte des pages, et donc des données en paramétrant le fichier robots.txt qui doit être placé sur
la racine du site WEB. Le fichier robots.txt est en effet un fichier texte utilisé pour le référencement
naturel des sites web, contenant des commandes à destination des robots d'indexation des moteurs de
recherche, afin de leur préciser les pages qui peuvent ou ne peuvent pas être indexées. Ainsi tout
moteur de recherche commence l'exploration d'un site web en cherchant le fichier robots.txt à la
racine du site.
2. La pratique : recherche simultanée de mots clés sur Google et via le moteur de recherche du site
•

74

En France avec les mots « maladie personnel militaire »: si on cherche sur le portail
data.gouv.fr via le moteur du site, on trouve le document, et la même recherche avec les
mêmes mots clés sur Google référence aussi le document dans la première page.

http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/parts-de-marche-des-moteurs-de-recherche-en-france.shtml, mai 2013

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Figure 49 : résultats comparés des recherches sur www.data.gouv.fr et Google

•

En Grande Bretagne: pour une recherche sur le site open.data.uk avec le mot clé « military
deaths », la requête du mot clé complet sur www.google.uk permet de trouver le document.

Figure 50 : résultat recherche « military death » sur open.data.uk

•

Aux US : le test avec la recherche avec le mot clé « military death » est aussi concluant : le
fichier qui est trouvé sur le site américain est aussi identifié par le moteur de recherche.

Figure 51 : résultats comparés des recherches sur www.data.gov

Ceci est confirmé par l’analyse des consignes données au robot Googlebot de Google, qui peut
indexer les pages, dont l’analyse détaillée est en annexe du rapport.

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  l'Open	
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   73	
  
On ne retrouve pas de mire d’authentifications ou de captcha illustrés ci-dessous dans les portails:

Figure 52 : exemple de captcha et de mire d’authentification

Conclusion : Le comparatif réalisé le 19 novembre 2013 ne montre pas de différences
importantes, confirmées par les tests de recherche. Seul le site américain renseigne dans le fichier
robots.txt la structure du site. Le tableau comparatif technique est porté en annexe du rapport.
5.6.2. LE SERVICE DE STOCKAGE ET DE PRESENTATION DES DONNEES
PUBLIQUES DE GOOGLE

Google offre à la communauté internet un service de présentation des données publiques appelé
Public Data.
Ce service 75 est proposé par Google pour permettre à l'utilisateur de visualiser des données de la
Banque mondiale, de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques),
Eurostat (office statistique de l'Union européenne) et plus généralement les données des agences
publiques et organisations afin d'afficher des graphiques pour suivre des tendances.

75

http://www.generation-nt.com/google-public-data-explorer-donnees-statistiques-dspl-actualite-1163151.html, Jérome G, Février 2011

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Figure 53 : le service Public Data de Google

L’apport principal de l’outil est de présenter l’évolution des données sous une forme dynamique en
faisant varier l’échelle de temps. L’importation de données nécessite d’être dans le format Dataset
Plublishing Language ( DSPL ) qui est un nouveau format de données basé sur XML qui fournit une
interface pour mettre en ligne ses propres données ou méta données.

Figure 54 : comment importer un contenu sur le service public data de Google

(vue
de
la
vidéo
Youtube
explicative
http://www.youtube.com/watch?v=AM6w_tUlIn4)

du

service

Public

Data :

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   75	
  
Le choix du format des données produites pour être exposées sur les Open Data influe donc sur leur
compatibilité avec le service Public Data de Google, qui pourrait s’imposer dans le futur et de venir
l’Open Data mondial…A ce jour, nous n’avons pas noté d’intentions de la part des Etats de déposer
sur le site de Google ces données.
5.6.3. LE CAS DE LA START-UP FRANCAISE DATAREPUBLICA

Le directeur régional EMEA (Europe, Middle East and Africa) de Google siège au conseil
stratégique de la start-up Française DataRepublica 76 , ce qui lui permet de disposer des
informations et d’influer très probablement sur sa stratégie, voire de la racheter au cas où….L’Etat
français est sans doute étranger à cet état de fait, mais comme pour le rachat de Dailymotion par
l’Américain Yahoo qui a été bloqué par le gouvernement, on peut supposer que le gouvernement ne
restera pas indifférent à une prise de participation plus importante de la part de Google, ou un rachat
complet.

Figure 55 : la fiche de M. Guillaume Bacuvier, membre du conseil stratégique (source : site Data Republica)

5.7. LE CAS D’ORANGE FRANCE
5.7.1. ENJEUX ET PERSPECTIVES.

« Comment les opérateurs se préparent à l’Open Data ? Pour eux c’est une révolution.
Les données sont nombreuses, il faut les collecter, les stocker, les indexer pour les rendre accessibles,
les éditer pour que d’autres puissent y accéder. Ensuite il faut utiliser des algorithmes très
sophistiqués permettant d’extraire l’information à partir de ces données et les interpréter de manière
efficace à des coûts maîtrisés. Pour traiter ce grand nombre de données, nous devons utiliser des
structures performantes comme le Cloud, dans lequel un groupe comme Orange est un acteur très
important. « Cette high-technologie nous permet de traiter une grande quantité de données avec de
coûts raisonnables. » Nicolas Demassieux, Directeur Recherche & Stratégie Orange.77

76 http://www.data-publica.com/content/company/
77
http://www.orange-innovation.tv/fr/webtv/cloud/pro/open-data

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Figure 56 : Open Data, enjeux et perspectives dans les télécommunications (Source Orange Labs)

A l’occasion du « Show hello ! 2013 » le 7 novembre 2013, Stéphane Richard, PDG d’Orange a
réaffirmé son ambition forte en matière d’Open Data innovation : l’Open Data et des données
personnelles.78 Pour l’opérateur, les problématiques sont de deux ordres : leur exploitation dans le
cadre du Big Data et leur protection pour les utilisateurs.
Dans le premier cas, Orange entend croiser les données spatio-temporelles de ses clients - une fois
rendues anonymes - avec celles fournies par l’administration dans le cadre de l’Open Data afin de
développer services et analyses de terrain en temps réel. C’est déjà le cas à Marseille où Orange croise
les données mobiles avec le réseau de transports en commun de la citée phocéenne pour modéliser, en
temps réel, les flux de voyageurs.
Concernant la protection des données, on peut imaginer le potentiel commercial que la mise en
application de ces données collectées pourrait présenter en direction des différents secteurs privés.
Stéphane Richard a rappelé que « le modèle économique d’Orange repose sur la protection et
la sécurité des données de nos clients à travers des services payants ». Orange entend donc s’inscrire
comme « opérateur de confiance ». « La protection des données est fondamentale, c’est un sujet de
plus en plus sensible. On peut garantir à nos clients la sécurisation de leurs données et cela mérite un
engagement solennel ».

78

http://www.silicon.fr/orange-se-preoccupe-donnees-personnelles-90640.html, Christophe Lagane, Novembre 2013

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   77	
  
En matière de données personnelles, l’e-santé est un domaine tellement sensible que le projet
du dossier médical personnel (DMP)79 n’est toujours pas une réalité des années après son lancement.
Cela n’empêche pas Orange d’investir le secteur. Dans ce cadre, l’opérateur propose un service
d’authentification et de consultation confidentielle des dossiers médicaux, en situation de mobilité
depuis n’importe quel terminal connecté. Le système d’accès au dossier du patient repose sur un lien
sécurisé entre la carte SIM du terminal mobile et la carte d’identité professionnel du médecin (carte
CPS en France). En test au CHU de Clermont-Ferrand, le service devrait être commercialisé en fin
d’année en France et vise une sortie mondiale à terme.

5.7.2. UN
EXEMPLE
CONCRET
PROPOSE
PAR
ORANGE
POUR
80
COMPRENDRE L’OPEN DATA : « OU HABITEZ-VOUS VRAIMENT ? ».

Cette application vise à mettre en relation la perception qu’ont les citoyens de leur territoire
(ville et département) avec la réalité fournie par les données publiques. Le but est de montrer au
citoyen l’intérêt d’ouvrir les données publiques : améliorer la connaissance de sont territoire est une
première étape, qui peut par exemple aider à choisir son lieu de vie ou à s’engager dans la vie locale.
A travers 16 questions, telles que « Pensez-vous que le nombre de médecins généralistes soit plus
important dans votre ville par rapport à la moyenne nationale ? », « Pensez-vous que les revenus nets
soient plus importants dans votre ville par rapport à la moyenne nationale ? ». L’internaute va pouvoir
tester ses connaissances, il pourra découvrir les décalages existants entre sa perception et la réalité
issue des données publiques.

Figure 57 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -1

79
80

http://www.dmp.gouv.fr
http://ouhabitezvousvraiment.fing.org/ou-habitez-vous-vraiment/

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   78	
  
Figure 58 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -2

Figure 59 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -3

Figure 60 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -4

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Figure 61 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -5

Les résultats de ce test, recueillis par les chercheurs du laboratoire de Sciences Humaines et
Sociales d’Orange, permettront de mener une première analyse sur les effets de la mise à disposition
des données publiques et identifier les questions sur lesquelles le décalage entre perception et
information chiffrée est la plus forte. Les résultats seront diffusés sur le site, quand le seuil statistique
suffisant sera atteint.
5.7.3. L’EXPERIMENTATION : « EMPREINTE DE MOUVEMENT »

Conçue par une équipe de designers et chercheurs d’Orange, « Empreint de mouvement »81 aborde la
géolocalisation sous un angle nouveau. Vos déplacements ne sont plus seulement des données
numériques mais deviennent de véritables cartes 3D. Le relief, plus ou mois important, de chaque
carte met en évidence le temps passé sur un territoire défini et pendant une période donnée.

Figure 62 : site « empreinte.orange.com » -1

81

http://empreinte.orange.com

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Figure 63 : site « empreinte.orange.com » -2&3

Si vous êtes détenteur d’un abonnement mobile Orange, vous pourrez vous inscrire sur le site
empreinte.orange.com et demander à enregistrer vos déplacements. Un fois l’enregistrement terminé,
vous pourrez découvrir et acheter votre empreinte de mouvement réalisé en impression 3D.

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6. CONCLUSION

Le mouvement de l’Open Data se développe dans tous les continents et avance avec un
rythme différent selon les pays. Selon nos observations, ce rythme n’est pas forcément en lien avec le
niveau de développement des pays. Néanmoins, nous notons que les précurseurs sont les pays
anglo-saxons qui sont favorisés par une culture de transparence supérieure à celle de la France, ainsi
que par un écosystème plus riche, composé de compétences adaptées en exploitation et manipulation
des données, de datajournalistes et de citoyens plus informés et intéressés par le sujet. Dans ces pays,
on remarque également une transparence et une implication de l’Etat supérieures à celles observées
en France, ce qui est un facteur supplémentaire pour le développement de l’Open Data.
L’action européenne ne constitue pas réellement un moteur pour le développement de l’Open Data en
France, la dernière directive votée est en effet assez ouverte et laisse une adaptation possible à chaque
état. De plus, la France ne profite pas de l’aide financière proposée dont l’obtention est compliquée et
longue.
Dans ce paysage global, la France qui orchestre pour l’instant le projet de façon contrôlée devrait
passer outre ses craintes (le citoyen prend le pouvoir) et accélérer le déploiement pour booster
l’économie, en complément de l’amélioration de l’efficacité de son administration.
Sur le premier challenge qui consiste à ouvrir la majorité des données publiques pour favoriser la
transparence et le développement économique, la France devrait sensibiliser et communiquer sur les
apports de cette libération des données, et insister sur la démarche gagnant-gagnant pour obtenir
l’adhésion des administrations et passer le cap du lancement.
Cette étape n’est d’ailleurs pas la plus complexe en terme de mise en oeuvre car les techniques
actuelles du WEB sont suffisantes pour exposer des données. Cependant, ce mode de fonctionnement
en rupture exige un effort très important en conduite du changement, d’où la nécessité d’un
accompagnement fort auprès des administrations, auquel il faut ajouter le besoin de recruter ou former
des compétences sachant manipuler les données (les data scientists).
L’ouverture des données, si elle n’est pas accompagnée de structuration, d’organisation des données
et de création de métadonnées, perd son intérêt et son exploitation sera limitée. Sur ce point, Etalab a
commencé à prendre conscience comme confié par notre interlocuteur « nous allons arrêter la course
à l’échalote et publier des séries de données qui ont du sens et non pas des jeux de données
morcelés ».
Au vu des enjeux et de la taille du projet, il est important que le gouvernement donne plus de leviers
et de pouvoirs à Etalab, car pour le moment, il s’agit d’un coordinateur et facilitateur pour la mise en
ligne des données, sans objectifs forts ni autorité envers les administrations. La feuille de route n’est
pas suffisamment étoffée et elle manque de précision.

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A date, la mission d’Etalab est focalisée sur le support et la coordination auprès de l’administration.
L’accompagnement des collectivités ne fait pas partie de leur priorités, bien que celles-ci soient à
l’initiative du mouvement en France, comme par exemple la Collectivité de Saône et Loire qui
souhaite développer le tourisme avec son Open Data.
Afin de compléter les actions auprès des administrations et des collectivités locales, l’Etat a
également un rôle à jouer auprès des citoyens afin de créer un mouvement collaboratif. Il nous semble
important de communiquer d’avantage et d’utiliser la presse et les associations comme relais auprès
des citoyens.
Enfin, à l’image des autres pays étrangers, la France gagnerait à renforcer le cadre juridique de l’Open
Data avec une loi plus exigeante envers les parties-prenantes pour garantir son développement.
Le deuxième challenge du gouvernement réside dans l’optimisation des services de l’Etat et n’est
certainement pas le plus simple. Ce volet nécessite des efforts financiers en plus de la conduite du
changement. En effet, il s’agit de créer un système ou socle homogène et commun pour l’ensemble de
l’administration, ce qui impliquera sans doute une adaptation du système d’information actuel. Cela
nous semble beaucoup plus lent à mettre en oeuvre et compte tenu du rythme de la libération des
données, il peut y avoir d’autres priorités et changements de gouvernements avant que celui-ci ne voit
le jour.
La France a donc plusieurs challenges pour arriver à un Open Data utile aux citoyens. La culture de
non transparence et le mode de fonctionnement bureaucratique cloisonné de notre pays n’aide pas à
activer le mouvement, même si en 2013, nous notons plusieurs temps forts, qui montrent tout de
même une inflexion. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, il nous paraît important de
lever la tête, de prendre l’Eurostar, l’avion ou plus simplement son navigateur internet pour aller
chercher les bonnes idées chez nos voisins et partenaires. Au delà des différences culturelles et
juridiques, la stratégie d’influence du gouvernement sur l’Open Data en sera d’autant plus légitime et
efficace !

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7. REFERENCE DES SOURCES
7.1. PERSONNES INTERVIEWEES

Cette section a été masquée pour respecter l’anonymat des personnes interviewées
Nota Bene :
- Nous n’avons pas pu réaliser l’interview avec l’interlocuteur au sein du Parlement européen, malgré
maintes relances et une promesse de leur part pour l’obtention d’un rendez-vous,
- L’INSEE nous a déclaré le manque de prise en compte du sujet au sein des équipes et cet organisme
nous a conseillé de contacter d’autres interlocuteurs ( !).

7.2. LISTE DES EVENEMENTS AUXQUELS LES AUTEURS ONT PARTICIPE

! Colloque DILA 17 et 18 juin 2013 : Le droit et la gouvernance des données publiques et
privées à l’ère du numérique. DILA, et Amphithéâtre université Panthéon-Sorbonne
(http://www.imodev.org/imodevcolloquedila2013/index.html)
! Concours Data Connexion, organisé par l’Etalab, lundi 24 juin 2013, centre de conférence
Microsoft, Issy Les Moulineaux
! Salon du Big Data, 16 et 17 octobre 2013

7.3. REFERENCES DES TEXTES LEGISLATIFS

! Textes officiels en Europe :
• Directive 2003/98/CE du 17 novembre concernant la réutilisation des informations du
secteur public ;
• Directive 2013/37/UE du parlement européen et du conseil du 26 juin 2013 modifiant la
directive 2003/98/CE concernant la réutilisation des informations du secteur public
! Textes officiels en France :
•

•
•

Ordonnance n°2005-650 du 6 juin 2005 (qui transpose la directive européenne de 2003)
relative à la liberté d’accès aux documents administratifs et à la réutilisation des
informations publiques ;
Le décret n°2011-194 du 21 février 2011 qui est à l’origine de la création d’un portail
unique des données publiques : data.gouv.fr
Le décret 2011-577 du 26 mai 2011 relatif à la réutilisation des informations publiques

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•
•

détenues par l’Etat et les EPA (question de la tarification)
A venir : la transposition de La Directive du 26 juin 2013 doit être transposée au plus
tard en juillet 2015
article 226-21 du Code pénal : peines relatives au détournement de finalité
Art 3 de la loi Informatique et Liberté : obligations du responsable de traitement

! Textes officiels en Grande Bretagne
• Freedom of Information Act, 2000.
! Textes officiels aux Etats-Unis
• FOIA de 1966 : http://uspolitics.about.com/od/usgovernment/a/foia.htm
• The Federal Funding Accountability and Transparency Act (FFATA) of 2006:
• Guidance on Data Submission under the Federal Funding Accountability and
Transparency Act (FFATA)
! Textes officiels en Inde
• Right to information, 2005. http://rti.gov.in/rti-act.pdf
• E-governance plan- http://india.gov.in/e-governance/national-e-governance-plan, 2006,
formulated by the Department of Electronics and Information Technology (DEITY) and
Department of Administrative Reforms and Public Grievances (DARPG)
• National Data Sharing and Accessibility Policy, Indian Ministery of Science and
Technology, Mars 2012

! Textes officiels en Afrique du Sud
• Le Protection Of Personal Information (POPI) :
http://www.justice.gov.za/legislation/bills/B9-2009_ProtectionofPersonalInformation.pdf
! Jurisprudence et communications
•
•

•

•

•
•

Jurisprudence sur les infractions sur l'exposition de données personnelles (CNIL, CADA,
etc...)
Diffusion des données publiques Fasc. 2700 Jurisclasseur Communication. (doc. 88
pages), Mathieu Gaudemat, Avocat au barreau de Paris, 31 décembre 2009 Mise à jour le
1er novembre 2011
Communication de la commission au parlement européen, au conseil, au comité
économique et social européen et au comité des régions. L’ouverture des données
publiques : un moteur pour l’innovation, la croissance et une gouvernance transparente 12
décembre 2011
Avis du Comité économique et social européen sur le thème Renforcer la culture
numérique, les compétences numériques et l’insertion numérique (avis exploratoire) 29
octobre 2011
Question écrite n°5128 Ministère du redressement productif – Propositions pour un «
New Deal » numérique JO Sénat du 7 mars 2013, Gérard Cornu (UMP)
Communication commerce électronique n°1, Janvier 2013, alerte 2, Discours du 1er
ministre à l’occasion de sa rencontre avec les acteurs français et internationaux de

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•
•
•

l’économie numérique, Janvier 2013, communication commerce électronique
Circulaire du 26 mai 2011 relative à la création du portail unique des informations
publiques de l’Etat « data.gouv.fr » par la mission « Etalab » et l’application des
dispositions régissant le droit de réutilisation des informations publiques
Semaine juridique Administrations et Collectivités territoriales n°24, 10 juin 2013, act.
504
Semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°27, 1er juillet 2013, act.
584, « Le Parlement Européen marque une avancée modérée vers l’open Data »
AJDA 2013 p.301, « Réutilisation commerciale d’archives départementales : nouvelle
décision, nouvelle étape»
Semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°16, 15 avril 2013, act.
358, « La réutilisation des données publiques numérique du secteur culturel»
Question écrite n°631 vers le ministère de l’Economie et des Finances, M. Lionel Tardy,
député de Haute-Savoie, UMP, JO 15 janvier 2013
Question écrite n°4508 Ministère des affaires sociales et de la santé Pétition « Open Data
: Libérez nos données de santé », M. Marcel Rainaud, JO 7 février 2013
Semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°23, 11 juin 2012, act.
402, Semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°23, 11 juin 2012,
act. 402
Le Conseil national du numérique publie ses recommandations sur l’Open Data
Semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°24, 10 juin 2013, act.
502
Le Gouvernement compte-t-il renforcer la politique d’Open Data», Réponse ministérielle
n°18109 : JOAN Q 28 mai 2013, p. 5484
Droit administratif n°8, Aout 2011, repère 8 « La réutilisation des données publiques »,
Jean Bernard Auby
"AJDA 2013 p. 708, « Les projets de loi de décentralisation en conseil des ministres»
Marie-Christine de Montecler
AJ Collectivités territoriales 2011 p. 391, « La réutilisation des données publiques : bases
de données et Open Data » , Antoine Chéron, Avocat au barreau de Paris et de Bruxelles
AJ Collectivités territoriales 2013 P. 123, Open Data et valorisation du patrimoine
immatériel, Antoine Chéron, Avocat au barreau de Paris et de Bruxelles
La semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°38, 16 septembre
2013, 2260. L'open Data : universalité du principe et diversité des expériences
Daniel Bourcier, Centre d'études et de recherche en sciences administratives et politiques,
CNRS, Université Paris II
Assemblée nationale Question écrite 640, Ministère de l'enseignement supérieur et de la
recherche, question de Lionel Tardy Député Haute-Savoie, groupe UMP
Europe: directive européenne sur l'Open Data du 13/6/2013 = communiqué de presse:
http://www.europarl.europa.eu/pdfs/news/public/story/20130610STO11409/20130610ST
O11409_fr.pdf
et
http://eurlex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2013:175:FULL:FR:PDF pages 1 à
10

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7.4. BIBLIOGRAPHIE (LIVRES, RAPPORTS, LIVRES BLANCS)
! Livres :
L'Open Data : Comprendre l'ouverture des données publiques, Simon
CHIGNARD, Fyp Editions mars 2012, 191 pages.
! Livre blanc : Novembre 2011, Une initiative de bluenove, en partenariat avec SNCF, Le
Groupe La Poste, SUEZ ENVIRONNEMENT, Groupe POULT sur la base de l’étude
bluenove – BVA. Open Data : quels enjeux et opportunités pour l’entreprise ?
http://www.bluenove.com/bluenove/wp-content/plugins/email-beforedownload/download.php?dl=6a4c329ea3460b77fb9a8fff3b8987ff, 66 pages
! Rapports :
• Juillet 2011 : rapport d'étude Telecom Paris Tech :« Pour une politique ambitieuse des
données publiques : Les données publiques au service de l’innovation et de la
transparence » , Rapport à la Délégation aux usages de l’Internet, remis au Ministre de
l’Industrie,de l’Energie et de l’Economie numérique le 13 juillet 2011 ;
http://www.scribd.com/fullscreen/59939293, 116 pages
•

Février 2013, Institut Montaigne, « Pour un new deal Numérique », Gilles BABINET, 60
pages

•

25 Janvier 2013, pré-rapport de la commission européenne du député européen Jan
Philipp Albrecht sur le renforcement de la protection des données personnelles : 230
pages

•

18 March 2013, Rapport Gartner : Moving Toward Data-Centric Government Analyst(s):
Andrea Di Maio – document non consultable en ligne – source interne Orange, 7 pages

•

Octobre 2013, rapport de Mc Kinsey: unlocking innovation and performance with liquid
information
http://www.mckinsey.com/~/media/McKinsey/dotcom/Insights/Business
Technology/Open data Unlocking innovation and performance with liquid
information/MGI_Open_data_Full_report_Oct_2013.ashx ;
116
pages

•

Juin 2013, rapport licence professionnelle de Melle Laurence RUMEAU, Management
des ressources numériques, « Open Data : Développer la culture de la donnée ouverte au
sein de la Communauté Urbaine de Toulouse Métropole.
http://fr.slideshare.net/libertic/rapport-open-data-laurence-rumeau, 43 pages

•

La charte signée au G8 :
https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/207772/Op
en_Data_Charter.pdf, 10 pages

•

Septembre 2013 : La feuille de route du Gouvernement en matière d’ouverture et de
partage des données publiques.

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   87	
  
http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers_joints/donnees-publiques.pdf, 5
pages
•

Septembre 2013 : rapport Claudy Lebreton, Président du Conseil général des Côtes
d’Armor et président de l’Assemblée des départements de France, « Les territoires
numériques de la France de demain »
http://www.strategie.gouv.fr/blog/wp-content/uploads/2013/09/Territoires-et-numériqueRapport-Lebreton.pdf, 177 pages

•

October
22th
Internet
Gouvernement
Forum
summit
2013,
Bali,
http://fr.slideshare.net/ccAustralia/igf-internet-governance-22-october-2013
(NDLR:
Romain Lacombe, Secretariat général pour la Modernisation de l’action publique,
Premier ministre, from FRANCE Government had also been scheduled for
teleconferencing, but unfortunately due to technical obstacles he could not do the
teleconference),
16
pages

•

Novembre 2013 : rapport de Mohammed Adnène TROJETTE, Magistrat à la Cour des
Comptes au Premier Ministre. L’ouverture des données publiques : Les exceptions au
principe
de
gratuité
sont-elles
toutes
légitimes?
http://www.gouvernement.fr/presse/remise-du-rapport-trojette-sur-l-ouverture-desdonnees-publiques,
121
pages.

•

Novembre 2013 : Charte du G8 pour l’ouverture des données publiques, Premier
Ministre, http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers_joints/plan-actionfrance_version_francaise.pdf, 43 pages (NDLR : mise en ligne donc 4 mois après le
sommet !)

•

Novembre 2013 : Document interne de l’UDI : L’Open Data un levier majeur pour
moderniser la démocratie, fabriquer de la croissance durable et augmenter nos recettes
fiscales – Alain Dolium

! Présentations & Séminaires
• L’exploitation des données publiques dans le cadre du BIG DATA – DEPREZ
GUIGNOT ASSOCIES, société d’avocat, 15/11/2013

7.5. LIENS ET REFERENCES

! Les liens des institutions gouvernementales :
•

Direction de l’information Légale et Administrative (DILA) : www.dila.premierministre.gouv.fr.

Les	
  stratégies	
  d'influence	
  gouvernementales	
  sur	
  l'Open	
  Data	
   88	
  
•

Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique
www.modernisation.gouv.fr/sgmap

(SGMAP) :

•

Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA): www.cada.fr

•

CNIL :www.cnil.fr

•

Etalab : www.etalab.gouv.fr

•

Direction Interministérielle des Systèmes d’Information et Communication DISIC
http://www.modernisation.gouv.fr/le-sgmap/organisation/la-disic

•

Légifrance : http://www.legifrance.gouv.fr

•

Plateforme française d'ouverture des données publiques (Open Data) : www.data.gouv.fr

•

Agence nationale de sécurité des systèmes d’information : http://www.ssi.gouv.fr

! Acteurs privés en France sur l’Open Data
• OpenDataSoft : www.opendatasoft.fr
• DataRepublica : http://www.data-publica.com
• Dataveyes : :Dataveyes.com
• Talend (anonymisation de données) : :www.Talend.com
! Aux Etats-Unis
• Opendatasocrata : http://opendata.socrata.com
! Associations Françaises
• Libertic (association nantaise de loi 1901, indépendante et non-partisane, créée en
décembre 2009): http://libertic.wordpress.com
• OpenData France (L’association Open Data France, créée le 9 octobre 2013 à Toulouse a
vocation à fédérer l'ensemble des acteurs engagés dans un projet de Partage des Données
Publiques en France.) http://opendatafrance.net
• Site info guerre (site indépendant d’information et de réflexion) : article de M. Christian
HARBULOT sur le site http://www.infoguerre.fr/edito/edito-droit-citoyen-disposerinformation-personnelle/
! Les sites sur l’Open Data à l’étranger
•

Europe : http://open-data.europa.eu.

En mode Béta et décliné en 23 langues !

•

Etats-Unis :
o The Freedom of Information Act (FOIA) is a law that gives you the right to access
information from the federal government : http://www.foia.gov
o Le site officiel de l’Open Data http://www.data.gov

Les	
  stratégies	
  d'influence	
  gouvernementales	
  sur	
  l'Open	
  Data	
   89	
  
•

•
•

Royaume Uni
o Le site officiel de l’Open Data http://data.gov.uk
o Open Knowledge Foundation (The Open Knowledge Foundation is a non-profit
organisation founded in 2004 and dedicated to promoting Open Data …):
http://okfn.org
Inde :
o Le site officiel de l’Open Data lancé le 8 Août 2013 : http://data.gov.in
Afrique :
o Le site Open Data de la Banque Africaine du Développement : The African
Development Bank Group (AfDB) is committed to supporting statistical development
in Africa as a sound basis for designing and managing effective development policies
for reducing poverty on the continent). http://opendataforafrica.org,
o Le site du groupe de la Banque Africaine du Développement :
http://www.afdb.org/fr/knowledge/statistics/open-data-for-africa/
o Le site officiel d’hébergement des données : http://africaopendata.org

! Références bibliographiques sur l’Open Data aux Etats-Unis et en Grande Bretagne
•
•

•
•
•
•
•
•

Arthur, C. & Cross, M. (2006). Give us back our crown jewels. Guardian, March 9, 2006,
http://www.guardian.co.uk/technology/2006/mar/09/education.epublic.
Arthur, C. (2008). Are the Show Us A Better Way winners safe from Ordnance Survey?
November 12, 2008, http://www.guardian.co.uk/technology/blog/2008/nov/12/ordnancesurvey-google-maps-copyright.
Centre for Technology Policy Research (2010). Open Government, Some next steps for the
UK, London:
Centre for Technology Policy Research. Chief Secretary to the Treasury (2009). Putting the
Frontline First: Smarter Government, London: HMGovernment.
Newbery, B. Bently, L. & Pollock, R. (2008). Models of Public Sector Information Provision
via Trading Funds, London: BERR and HM Treasury.
Reynolds, M. (2009). Open government or ‘Transparency Theater? Msnbc, July 24, 2009,
http://www.msnbc.msn.com/id/32128642/ns/politics-cq_politics/.
The White House. (2009). Memorandum for the Heads of Executive Departments and
Agencies, Transparency and Open Government, Washington: OMB.
U.S. Department of State. (2010). Open Government Plan, Washington: U.S. Department of
State.

! Les vidéos sur l’Open Data (sélection)
• L’Open Data à la loupe : le Spot de présentation de la démarche d'ouverture des données
numériques publiques, initié par LiberTIC, soutenu par Nantes Métropole et réalisé par A2B
Production
en
licence
Art
Libre.a
vidéo
de
l’association
Libertic.
http://youtu.be/aHxv_2BMJfw
• Harvard Business School : Open Data vs. Privacy and Community Change. Panel discussion
with researchers and activists to discuss how governments and corporations use data about
your
community ?

Les	
  stratégies	
  d'influence	
  gouvernementales	
  sur	
  l'Open	
  Data	
   90	
  
•
•
•

http://youtu.be/h8C2WGNYSgA
Lift conference video : 15 mars 2012. Open Data: How We Got Here and Where We're Going
by Rufus Pollock. http://youtu.be/6cRtbA_d4RI
TED 30 octobre 2012: Sanjay Pradhan: How Open Data is changing international aid.
http://youtu.be/zG21nyJNB_A
Journée de rencontre nationale - 31 janvier 2013 « OpenData & Citoyen : les réponses de la
médiation numérique » organisée par ARSENIC PACA avec le soutien de la région Provence
Alpes Côte d'Azur : intervention de Valérie PEUGEOT:
http://www.youtube.com/watch?v=obGqmlEQwjs

! Comptes Twitter (sélection)
• @opendataParis (exemple de tweet : localisez à tous moment tous les kiosques à journaux à
Paris, MAJ des data sets sur les marchés de la Ville et du département de Paris
• @Etalab : véritable forum d’échange sur l’Open Data (plusieurs tweets et messages pas jour
en mode public envoyés par la communauté).
• @Open Gov : Official twitter account of the White house Open Government Initiative. 1
tweet tous les 5 jours environ avec beaucoup de retweet des autres sites sur l’Open Data
américain.

Les	
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  gouvernementales	
  sur	
  l'Open	
  Data	
   91	
  
8. ANNEXES

8.1. METHODOLOGIE POUR LA PRODUCTION DU RAPPORT
La méthodologie suivante a été suivie pour la recherche d’informations, l’orientation des
recherches et la validation du sujet avec M. HARBULOT.
1. Rédaction personnelle individuelle par chacun des membres du groupe de la compréhension
du sujet, puis mise en commun.
2. Rédaction de la compréhension du sujet pour validation
3. Proposition d’un plan de recherche sous excel avec deux onglets: thèmes et problématiques,
sources d’information et attribution des interviews aux membres du groupe.
4. Interviews réalisées en binome, avec CR diffusé au groupe
5. Proposition d’un plan du rapport (macro) pour validation
6. Proposition d’un plan du rapport détaillé pour validation
7. Répartition de la rédaction entre les membres de l’équipe, puis consolidation par le
rapporteur.
8.2. GOOGLE TRENDS : EVOLUTION DES AUDIENCES DU MOT CLE OPEN
DATA

Figure 64 : vue Google Trends mot Open Data

8.3. L’ANALYSE DES CONSIGNES D’INDEXATION PAR LES ROBOTS
La balise Disallow indique que les pages sous la racine ne sont pas autorisées pour l’indexation.
Site Français

Site UK

Site US

Les	
  stratégies	
  d'influence	
  gouvernementales	
  sur	
  l'Open	
  Data	
   92	
  
data.gouv.fr/robots.txt

data.gov.uk/robots.txt
(l’URL de navigation
est la même)

User-agent: *
=>
selon
l’analyse
du
site
http://www.dcs.ed.ac.uk/cgi/sxw/parserobots.pl

No restrictions.
The robots.txt file does not contain
any valid Disallow lines, and so
places no restrictions on robots
?site=data.gouv.fr,=>

http://catalog.data.gov/robots.txt
https://explore.data.gov/robots.txt
(les deux sites de navigation qui
exposent le catalogue de l’Open Data
US)

User-agent: *
Crawl-delay: 10
# Directories
Disallow: /qa/link_checker
Disallow: /data/resource_cache/
Disallow: /includes/
Disallow: /misc/
Disallow: /modules/
Disallow: /profiles/
Disallow: /scripts/
Disallow: /themes/
# Files
Disallow: /CHANGELOG.txt
Disallow: /cron.php
Disallow: /INSTALL.mysql.txt
Disallow: /INSTALL.pgsql.txt
Disallow: /install.php
Disallow: /INSTALL.txt
Disallow: /LICENSE.txt
Disallow: /MAINTAINERS.txt
Disallow: /update.php
Disallow: /UPGRADE.txt
Disallow: /xmlrpc.php
# Paths (clean URLs)
Disallow: /admin/
Disallow: /comment/reply/
Disallow: /filter/tips/
Disallow: /node/add/
Disallow: /search/
Disallow: /user/register/
Disallow: /user/password/
Disallow: /user/login/
Disallow: /user/logout/
Disallow: /user
# Paths (no clean URLs)
Disallow: /?q=admin/
Disallow: /?q=comment/reply/
Disallow: /?q=filter/tips/
Disallow: /?q=node/add/
Disallow: /?q=search/
Disallow: /?q=user/password/
Disallow: /?q=user/register/
Disallow: /?q=user/login/
Disallow: /?q=user/logout/

http://catalog.data.gov/robots.txt
User-agent: *
Disallow: /dataset/rate/
Disallow: /revision/
Disallow: /dataset/*/history
Disallow: /api/
User-Agent: *
Crawl-Delay: 10
https://explore.data.gov/robots.txt
Sitemap:
http://explore.data.gov/
sitemap-explore.data.gov.xml
=> le site US renseigne le robot sur
le plan du site.

=> pas de restriction de
la navigation sur le site
pour les pages de
contenus
du
type :
http://data.gov.uk/datas
et/deaths_in_the_uk_re
gular_armed_forces

8.4. DEFINITIONS
COMPLEMENTAIRES :
ESSENTIELLES DES DONNEES OUVERTES

CARACTERISTIQUES

Selon l’Open Government Data Group82, les données ouvertes doivent êtreჼ:

82

http://www.opengovdata.org/home/8principles

Les	
  stratégies	
  d'influence	
  gouvernementales	
  sur	
  l'Open	
  Data	
   93	
  
1. Complètes: chaque jeu de données doit comporter toutes les données disponibles à
l’exception des données sujettes à des limitations concernant la vie privée, la sécurité ou
des privilèges d’accès.
2. Primaires: les données ouvertes sont des données brutes, prises directement à la source,
aussi détaillées que possible et sans traitement ni modification.
3. Opportunesჼ: les données doivent être rendues disponibles aussi vite que possible pour
être le plus à jour possible.
4. Accessiblesჼ: les données doivent être disponibles pour le plus grand nombre.
5. Exploitablesჼ: c’est à dire prêtes à être traitées par des outils informatiques.
6. Non discriminatoiresჼ: accessibles sans inscription.
7. Non propriétairesჼ: disponibles dans des formats ouverts.
8. Libres de droits
*Application Programming Interface : Interface de programmation fournie par un programme
informatique. Elle permet l’interaction des programmes les uns avec les autres.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Interface_de_programmation

Les	
  stratégies	
  d'influence	
  gouvernementales	
  sur	
  l'Open	
  Data	
   94	
  

Rapport intelligence economique open data - linkedin

  • 1.
    Executive Master MarketingManagement 2013-2014 - Cours d’Intelligence Economique de Monsieur Christian HARBULOT, professeur à l’ESSEC. Rapport d'Etude sur "les stratégies d'influence gouvernementales sur l'Open Data" – décembre 2013 Auteurs : Charles-Antoine d’HOOP (rapporteur) Aude DEFRETIERE Mar GARRIDO Frédéric LARCHIER Soumaya LOUATI Esther PETIT
  • 2.
    REMERCIEMENTS Les auteurs remercientchaleureusement les 10 personnes qui ont bien voulu répondre à leurs sollicitations, parfois pressantes, pour constituer ce rapport dans lequel chacun des membres de l’équipe s’est investi avec intérêt, méthode et patience. La diversité des interlocuteurs et la qualité des échanges auront permis, nous l’espérons, de rendre plus intéressant et pertinent ce rapport, et l’Open Data nous est apparu au fil des entretiens comme étant économiquement stratégique, politiquement incontournable et démocratiquement exigeant. L’exercice académique de rédaction d’un rapport sur un sujet aussi « ouvert », sans jeux de mots, a été très formateur, et prépare la rédaction de la thèse professionnelle du Master qui validera notre diplôme ESSEC en Marketing Management. Pour des raisons de confidentialité, nous ne mentionnons pas les noms des personnes interviewées dans ce rapport. Néanmoins, afin de conserver au rapport son intérêt, nous portons à la connaissance du lecteur les différentes organismes et institutions interviewés : institutions publiques, journalistes, patron de start-up, collectivités locales, associations, partis politiques, grandes entreprises impliquées dans le domaine, juristes. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   1  
  • 3.
    ABSTRACT The “Competitive Intelligence”class of M.. Christian Harbulot is part of the ESSEC Marketing & Management Executive Master Program. It aims at learning the proper ways to discover real information out of what is pure demagoguery. M. Harbulot demanded to write a paper that would allow us to leverage information according to his methods. “The big data shift”, “smart grids issues”, or “risks of a cooperation agreement” were as many suggested topics, but our group decided to specifically focus on “The influential strategies of governments on Open Data.” Indeed, the Open Data movement, which consists in delivering public data on the Internet for public or private use, is inherent with the decisions of the political sphere. Most of democracies, as well as many local authorities, have already widely opened their databases. In order to reach an impartial judgment about the strategies of the past and present French governments on this matter, we decided to compare them with the one held in the USA, the UK, India, or on the African and the European continents. As a consequence, our team organized several meetings with influential politicians, legal experts, senior officials, association leaders and, last but not least, with people who create and share Open Data, like start-up’s CEOs and project manager of local authorities. We also studied terms of law and official reports. Some members of the team attended events planned by Etalab or Sorbonne law schools. This paper analyzes and synthetizes the strategies of many different countries, illustrated with actual examples of open data policies. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   2  
  • 4.
    RESUME Le cursus académiquede l’exécutive Master ESSEC en Marketing Management comporte un cours d’Intelligence Economique dispensé par M. Christian HARBULOT. Il est demandé pour l’apprentissage de ce cours de rédiger un rapport d’étude de façon à apprendre à chercher de l’information et discerner le réel de la démagogie. Parmi les sujets proposés : « pourquoi la France a raté le virage du big data, les smart grid, les risques d’un accord de coopération, etc… », les auteurs ont choisi le sujet « les stratégies d’influence gouvernementales sur l’Open Data ». Le principe de l’Open Data consiste à rendre disponible par internet les données numériques publiques pour une utilisation privée ou publique, et l’Open Data est donc par nature un sujet où l’impulsion politique joue un rôle prépondérant. Les premières analyses ont montré que la plupart des démocraties mondiales, ainsi que de nombreuses collectivités locales, ont ouvert leurs bases de données. Afin de porter un jugement plus objectif sur la stratégie des gouvernements français passés et présents, nous avons fait le choix d’étudier les stratégies d’influence américaines, anglaises, indiennes, panafricaines et européennes. En France, l’équipe de rédaction a ciblé ses efforts sur la rencontre d’acteurs influents tels que des hommes politiques, des juristes, des hauts fonctionnaires et des responsables d’associations, mais aussi ceux qui « font l’Open Data » au quotidien, à savoir des patrons de start-up et des responsables de projets Open Data dans les collectivités. Une recherche bibliographique complémentaire a été orientée sur les textes juridiques et les rapports officiels, et plusieurs membres de l’équipe ont participé à des évènements organisés par Etalab ou des facultés de droit parisiennes. Le présent rapport restitue une synthèse des stratégies, illustrée d’exemples concrets de réutilisation des données dans les pays étudiés, pondérée par des jugements sur celles qui ont été observées. MOTS CLES Etalab, Open Data, cada, sgmap, cnil, anssi, disic, libertic, popi, foia, raw_data, semantic data, Linked data, metadata, opendatasoft, datarepublica, OpenKnowledgeFoundation, bigdata, dspl, PublicData, democratie2.0, intelligence économique, statistiques, données personnelles, indexation, startup, stratégies, influence, numérique, transparence Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   3  
  • 5.
    TABLE DES MATIERES Remerciements......................................................................................................................... 1 Abstract .................................................................................................................................... 2 Resumé...................................................................................................................................... 3 Mots clés ................................................................................................................................... 3 Table des matières ................................................................................................................... 4 Table des figures ...................................................................................................................... 6 Introduction ............................................................................................................................. 8 1. L’Open Data dans le monde .......................................................................................... 12 1.1. Aux Etats-Unis ...................................................................................................................... 12 1.2. En Grande-Bretagne ............................................................................................................ 15 1.3. En Inde................................................................................................................................... 17 1.3.1. Contexte et enjeux ............................................................................................................ 17 1.3.2. Le cadre juridique en Inde................................................................................................ 18 1.3.3. L’admnistration indienne : culture et organisation .......................................................... 18 1.3.4. Illustration du modèle indien ........................................................................................... 20 1.4. L’Open Data panafricain ..................................................................................................... 24 1.4.1. Genèse .............................................................................................................................. 24 1.4.2. L’Open Data de la banque africaine du développement .................................................. 25 1.4.3. Le développement économique et la lutte contre la corruption ....................................... 26 1.4.4. Exemple de l’Afrique du Sud ........................................................................................... 27 1.4.5. La protection des données personnelles en Afrique du Sud : un frein pour l’Open Data ? 29 1.5. Conclusion sur l’Open Data dans les pays étrangers étudiés ........................................... 29 2. La politique européenne sur l’Open Data .................................................................... 31 2.1. 2.2. 2.3. 2.4. 3. La politique affichée en France ..................................................................................... 34 3.1. 3.2. 3.3. 4. La Mise en place d’un cadre juridique : la directive 2003/98/CE .................................... 31 Les apports de la directive 13/06/2013 ................................................................................ 32 La mise en place de programme de R&D&I ...................................................................... 34 Le portail européen de l’Open Data ................................................................................... 34 Un besoin de démocratie ...................................................................................................... 34 Un vecteur de modernisation de l’Etat ............................................................................... 36 Etat des lieux de la législation .............................................................................................. 39 Un mouvement d’ouverture entravé ............................................................................ 42 4.1. Les faits en contradiction avec les paroles .......................................................................... 42 4.1.1. Un gouvernement impliqué, mais pas trop … ................................................................. 42 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   4  
  • 6.
    4.1.2. Un écosystemedéfaillant ................................................................................................. 44 4.2. La défiance numérique, une exception culturelle française ............................................. 44 4.3. Les difficultés juridiques : sont-elles des prétextes pour ne pas faire ?........................... 46 4.4. Les difficultés techniques : qu’en est-il réellement ? ......................................................... 49 4.4.1. Les étapes principales pour mettre techniquement en œuvre un Open Data ................... 49 4.4.2. Les leviers d’influence : qui sont les métiers concernés ? ............................................... 54 4.4.3. Organiser l’influence ........................................................................................................ 55 5. Les enjeux économiques de l’Open Data...................................................................... 58 5.1. Quels avantages pour l’Europe ? ........................................................................................ 58 5.2. Un outil stratégique pour l’économie française ................................................................. 58 5.3. L’Open Data, une stratégie business dans le secteur privé............................................... 60 5.4. L’ouverture et utilisation des données : exemples d’applications .................................... 61 5.4.1. Opendatasoft, une start-up innovante qui rend facile la réutilisation des données. ......... 61 5.4.2. Dataveyes, une start-up innovante de visualisations interactives de données. ................ 65 5.5. Les opportunités de l’ouverture des données. .................................................................... 68 5.6. Le rôle de Google, en tant qu’acteur privé ......................................................................... 72 5.6.1. Indexation des données avec le moteur de recherche ...................................................... 72 5.6.2. Le service de stockage et de présentation des données publiques de Google .................. 74 5.6.3. Le cas de la start-up francaise Datarepublica ................................................................... 76 5.7. Le cas d’Orange France ...................................................................................................... 76 5.7.1. Enjeux et perspectives. ..................................................................................................... 76 5.7.2. Un exemple concret proposé par Orange pour comprendre l’Open Data : « Où habitezvous vraiment ? ». .......................................................................................................................... 78 5.7.3. L’expérimentation : « Empreinte de mouvement ».......................................................... 80 6. Conclusion ....................................................................................................................... 82 7. Référence des sources..................................................................................................... 84 7.1. Personnes interviewées ......................................................................................................... 84 7.2. Liste des évènements auxquels les auteurs ont participé .................................................. 84 7.3. Références des textes législatifs ........................................................................................... 84 7.4. Bibliographie (livres, rapports, livres blancs) .................................................................... 87 7.5. Liens et références ................................................................................................................ 88 8. Annexes ........................................................................................................................... 92 8.1. 8.2. 8.3. 8.4. Méthodologie pour la production du rapport ................................................................... 92 Google trends : évolution des audiences du mot clé Open Data ....................................... 92 L’analyse des consignes d’indexation par les robots ......................................................... 92 Définitions complémentaires : caractéristiques essentielles des données ouvertes ......... 93 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   5  
  • 7.
    TABLE DES FIGURES Figure1 : historique des ouvertures des sites gouvernementaux (source : Wikipédia) Figure 2 : carte des initiatives locales Open Data en France, Source : association Libertic (Novembre 2013) Figure 3 : acteurs interrogés pour le rapport ESSEC Figure 4 : localisation des dépenses en formation versus le taux de chômage Figure 5 : copies d’écran de l’application FBI’s most wanted Figure 6 : le DATA Act doit permettre de suivre chaque dollar dépensé par l’administration Figure 7 : répartition des crimes commis dans Londres et sa banlieue Figure 8 : vue d’un bureau de l’administration indienne Figure 9 : bureau de vote informatisé en Inde Figure 10 : exemple de vue du portail indien Figure 11 : carte de couverture des accès à internet Figure 12 : les objectifs de la déclaration du Millénaire Figure 13 : vue du portail Open Data de la Banque Mondiale Figure 14 : le logo de L’Open Data for Africa Figure 15 : principales catégories de jeux de données disponibles sur le portail global Open Data Africa. Figure 16 : vue du portail Open Data Africain : accès aux sites des pays Figure 17 : vue du portail Open Data de l’Afrique du Sud : http://southafrica.opendataforafrica.org Figure 18 : extrait du portail de la ville de Johannesburg Figure 19 : évolution de l’abstention Vième République Figure 20 : sphères de circulation de l’information des décisions Figure 21 : dynamique vertueuse de l’Open Data dans la transformation Figure 22 : le président Hollande dans l’émission Des paroles et des actes Figure 23 : les freins à l‘Open Data par peur de transparence Figure 24 : La licence de l’Etalab Figure 25 : la démarche d’analyse technique Figure 26 : les étapes d’un plan directeur Open Data Figure 27 : les décisions d’architecture pour la mise en œuvre d’un Open Data Figure 28 : les risques techniques de conception d’un Open data Figure 30 : verbatim les risques des données temps réel Figure 31 : les métiers concernés par les problématiques techniques de l’Open Data Figure 32 : les actions pour palier aux risques Figure 33 : les leviers de la promotion de l’Open Data Figure 34 : le financement de l’Open Data Figure 35 : influer sur la recherche et le savoir Figure 36 : Illustration du métier Data Scientist Figure 37 : infographie source Opendatasoft.com Figure 38 : infographie Opendatasoft.com : la cartographie Figure 39 : infographie Opendatasoft.com Figure 40 : vue d’écran Kelquartier.com Figure 41 : vue d’écran : Dataveyes.com Figure 42 : vue d’écran application Dataveyes Figure 43 : vue d’écran Site Rennesmetropole.com Figure 44 : vue d’écran site Rennesmetropole.com Figure 45 : vue site ilovedemocracy.com 8 9 11 12 13 14 16 18 19 20 22 24 25 25 26 27 28 28 35 37 39 42 44 47 49 50 51 52 53 54 55 56 56 57 57 62 62 63 64 66 66 67 67 68 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   6  
  • 8.
    Figure 46 :les principales données qui seraient réutilisées par une entreprise, source : Etude Bluenove-BVA 69 Figure 47 : les bénéfices attendus de l’ouverture des données (Source Etude Bluenove-BVA) 70 Figure 48 : les principaux obstacles d’un projet Open Data pour une entreprise - Source : Etude Bluenove-BVA 71 Figure 49 : résultats comparés des recherches sur www.data.gouv.fr et Google 73 Figure 50 : résultat recherche « military death » sur open.data.uk 73 Figure 51 : résultats comparés des recherches sur www.data.gov 73 Figure 52 : exemple de captcha et de mire d’authentification 74 Figure 53 : le service Public Data de Google 75 Figure 54 : comment importer un contenu sur le service public data de Google 75 Figure 55 : la fiche de M. Guillaume Bacuvier, membre du conseil stratégique (source : site Data Republica) 76 Figure 56 : Open Data, enjeux et perspectives dans les télécommunications (Source Orange Labs) 77 Figure 57 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -1 78 Figure 58 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -2 79 Figure 59 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -3 79 Figure 60 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -4 79 Figure 61 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -5 80 Figure 62 : site « empreinte.orange.com » -1 80 Figure 63 : site « empreinte.orange.com » -2&3 81 Figure 64 : vue Google Trends mot Open Data 92 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   7  
  • 9.
    INTRODUCTION Ce rapport s’inscritdans le cadre du cours d’intelligence économique de Monsieur Christian HARBULOT, professeur à l’executive Master en Marketing Management de l’ESSEC. Il a pour objectif d’analyser « les stratégies d’influence gouvernementales sur l’Open Data ». Dans cette introduction, après une brève présentation de l’Open Data dans le monde et en France, nous présenterons l’analyse sémantique du sujet ainsi que la méthodologie utilisée. Origines et principes de l’Open Data Le principe de l’Open Data consiste à rendre disponible les données numériques publiques via Internet pour une utilisation privée ou publique. C’est une démarche qui prend racine dans le mouvement de démocratie ouverte né dès 1966 aux Etats-Unis avec le Freedom Of Information Act (FOIA), qui définit, dans le chapitre 5, le rôle de l’organisation gouvernementale et de ses employés : « Except as otherwise required by statute, matters of official record shall be made available, in accordance with published rule, to persons properly and directly concerned, except information held confidential for good cause found ». Ce mouvement prône une transparence des institutions via un nouveau contrat de société efficace entre gouvernants et gouvernés, avec un renforcement du processus démocratique. De nombreux pays, quelque soient leur stade de développement, ont ouvert leur site gouvernemental d’Open Data, comme le montre l’infographie cicontre. Figure 1 : historique des ouvertures des sites gouvernementaux (source : Wikipédia) Pour les collectivités et les organismes publics, l’Open Data consiste donc à publier, sur une plateforme ouverte, le patrimoine statistique, cartographique, économique et financier des territoires. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   8  
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    La mise àdisposition des données déjà produites est une obligation légale en France. Un cadre juridique strict définit cependant les informations qui peuvent être rendues publiques et celles qui ne peuvent pas l’être pour des raisons de confidentialité. Les données sensibles et à caractère personnel sont exclues, de fait, de la démarche d’Open Data. L’Open Data 1 permet de constituer et d’entretenir une source d’informations fiables, structurée (appelée Meta Data) ou non (Raw Data) pour les chercheurs, les journalistes et les citoyens. L’Open Data ouvre la voie à la création d’applications pratiques où les données sont reliées entre elles (Linked Data) par des champs en commun. Par exemple , la mairie publie des données sur internet : horaires de bus, géolocalisation des arrêts, hauteur des trottoirs…Les développeurs peuvent réutiliser librement ces données via des Application Purpose Interface (API) pour innover et développer des applications pour faciliter l’accès aux transports des personnes à mobilité réduite. L’Open Data ouvre donc de nouvelles opportunités de développement économique avec l’émergence de nouveaux services innovants et originaux. Il contribue à rendre accessible, lisible et compréhensible l’action publique : décisions, projets, finances publiques, encourageant ainsi la transparence de l’action des l’administrations internationales, nationales, régionales ou locales. La carte cicontre montre les collectivités qui ont ouvert, ou ont l’intention d’ouvrir leur données. Figure 2 : carte des initiatives locales Open Data en France, Source : association Libertic (Novembre 2013) L’Open Data offre enfin une perspective et une opportunité de modernisation des services publics, en les rendant toujours plus efficaces, accessibles et collaboratifs, en phase avec les enjeux du XXIième siècle, notamment celui de la réduction de la dette publique, via l’optimisation des services publics. Le potentiel de développement économique avec l’Open Data dans les secteurs décentralisés comme le tourisme ou plus régalien comme la santé représentera une part importante de la croissance future des économies avec le digital. La mise en œuvre de l’Open Data au sein d’un pays est régie par deux facteurs essentiels, qui sont d’une part « l’offre », c’est à dire la volonté exercée par « le politique », qui a autorité sur son 1 Le texte s’inspire du script de la vidéo http://youtu.be/aHxv_2BMJfw Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   9  
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    administration centrale etplus largement les élus locaux, décideurs sur des budgets alloués aux systèmes d’information pour produire et exposer les données, et d’autre part « la demande » en provenance des utilisateurs des données qui trouvent un intérêt et un bénéfice à l’exploiter. La réutilisation des données, qui est la condition du succès de l’Open Data, repose sur plusieurs critères, comme par exemple son exploitabilité, son accessibilité et notamment le coût d’accès, qui est un levier d’influence important pour le politique, puisqu’il peut être gratuit, ou payant avec diverses formes de tarification (abonnement, forfaitaire, fonction de l’usage). En France, la mise en œuvre de l’Open Data, encore appelée donnée ouverte en français, est confiée à l’Etalab, qui est une mission interministérielle en charge de la coordination de l’ouverture des données publiques. Créée en février 2011 par François Fillon, elle est rattachée en octobre 2012 au Secrétariat Général à la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP) lors de la création de cette structure par Jean-Marc Ayrault. En parallèle et bien souvent de façon spontanée et autonome, l’essor de l’Open Data en France s’est au début concrétisé par des initiatives territoriales concrètes et ambitieuses. Les stratégies gouvernementales Le présent rapport doit analyser les stratégies d’influence gouvernementales, c’est à dire les actions, les dispositifs et les choix des moyens mis en œuvre, au niveau du pouvoir exécutif et législatif d’un Etat, pour atteindre ses objectifs sur l’Open Data. On veillera donc à identifier et comparer les objectifs des gouvernements s’ils sont communiqués, selon leur nature (qualitatif, quantitatif), leur ambition, leur pertinence et leur mesurabilité. En d’autres termes, on observera la « propagande » et la pédagogie déclinée par les gouvernements pour « faire bouger » leurs administrations, qui ont déjà par ailleurs de nombreuses autres priorités. L’analyse définira d’une part qui sont les acteurs qui composent son écosystème et les procédés déployés pour susciter, motiver ou promouvoir leurs actions en faveur de l’Open Data, et d’autre part, la nature des freins liés à la mise en œuvre des ressources. L’Histoire nous montre que l’information a été synonyme de pouvoir et de puissance, et la mise en œuvre d’une démarche volontaire et régalienne de transparence et de partage des données ne va pas de soi, même si cela peut apparaître comme un principe démocratique fort, et un juste retour de la ponction fiscale. En cette période de forte pression sur la réduction des déficits publics et de « chasse aux rentes de situation », la mise sur internet de données peut mettre en exergue les contradictions ou aberrations des systèmes en place. Certains acteurs ou lobbies n’ont de fait aucun intérêt à voir certains jeux de données publiés en ligne, qui seraient repris par les médias pour informer les citoyens et demander plus de transparence et de réformes. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   10  
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    Une méthodologie adaptéepour identifier les « non-écrits » Afin d’identifier les freins véritables « non-écrits», notamment ceux induits par l’Histoire, les auteurs ont donné une part importante aux interviews des acteurs qui ont bien voulu répondre à nos sollicitations, afin d’obtenir les informations non disponibles en ligne et de forger une conviction Politiques sur les pertinences des stratégies. Juristes Administrations Start-up Associations Collectivités Le mouvement Open Data est largement déployé à l’échelle internationale, et une priorisation des recherches et analyses a été faite avec une focalisation sur les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Inde, l’Afrique, l’Union Européenne et la France pour intégrer les pays référents, des nations émergentes et en voie de développement. Figure 3 : acteurs interrogés pour le rapport ESSEC Un calendrier favorable Le calendrier a permis de participer à des évènements riches en contacts et informations tels que le Colloque « gouvernance des données à l’ère numérique » et la remise des prix #dataconnexions3 organisée par l’Etalab dans les locaux de Microsoft à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   11  
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    1. L’OPEN DATADANS LE MONDE Nous abordons dans ce paragraphe les différentes approches de politique d’Open Data à travers quatre exemples : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Inde, le continent africain et l’Afrique du Sud. Nous étudierons brièvement les programmes d’Open Data, les instruments, les freins et les moteurs de la politique d’implémentation de l’Open Data et les effets de la politique d’Open Data. 1.1. AUX ETATS-UNIS Lors de son premier jour en tant que président des Etats-Unis en janvier 2009, Barack Obama annonçait que son administration appliquerait une stratégie de transparence qui impliquerait un degré d’ouverture sans précédent de son gouvernement. Dans un communiqué aux responsables gouvernementaux, il déclarait 2 «Nous travaillerons ensemble afin de nous assurer la confiance des citoyens et d’établir un système de transparence, de participation publique, et de collaboration. L’ouverture renforcera notre démocratie et promouvra l’efficience et l’efficacité au sein du Gouvernement. » La stratégie de transparence du gouvernement américain met l’emphase sur la relation entre le gouvernement et les citoyens 3 « La transparence promeut le fait de devoir rendre compte de ses actes et donne aux citoyens l’information sur ce que leur gouvernement fait. » Elle met en avant l’augmentation du contrôle démocratique et de la participation politique. De fait, le sous-titre du portail gouvernemental dédié à l’Open Data data.gov est « donner plus de pouvoir aux personnes ». Plus concrètement, des rapports sur les dépenses fédérales sont publiées sur le site www.recovery.gov que le gouvernement a lancé en 2009, comme l’illustre la figure cicontre. Figure 4 : localisation des dépenses en formation versus le taux de chômage Une motivation supplémentaire pour la mise à disposition de données gouvernementales est l’implication plus importante des citoyens dans l’action de la police. Le FBI a de fait développé 2 The White House. (2009). Memorandum for the Heads of Executive Departments and Agencies, Transparency and Open Government, Washington: OMB. U.S. Department of State. (2010). Open Government Plan, Washington: U.S. Department of State. 3 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   12  
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    l’application iPhone «FBI most wanted »4 permettant d’identifier les criminels les plus recherchés ou les personnes disparus. Figure 5 : copies d’écran de l’application FBI’s most wanted Les instruments permettant la mise en œuvre des politiques d’Open Data sont regroupés sur le portail www.data.gov. Ils sont d’ordres divers : politiques, techniques, collaboratifs, éducatifs… Le portail permet en effet d’accéder à la stratégie et aux initiatives gouvernementales sur l’Open Data. En outre, il autorise les citoyens à contrôler la mise en œuvre de cette stratégie dans les différents départements, agences ou organisations fédérales. Il met par ailleurs gracieusement à disposition les divers jeux de données (91054 étaient disponibles au 27/10/2013) et les applications développées par les citoyens. Enfin il met en relation les acteurs de l’Open Data au travers de forum et blogs. Bien que présente, la section dédiée à l’enseignement est cependant moins mis en avant. A noter, il n’y a pas eu de loi spécifique afin de développer initialement l’Open Data. En effet, le gouvernement s’est appuyé sur les textes existants. Le Freedom of Information Act (FOIA), aussi appelé Public Information Act, et qui date tout de même de 1966 ( !), représentait une avancée majeure en permettant à tout citoyen qui en faisait la demande écrite d’accéder aux archives d’agences fédérales. Mais les multiples réécritures de ce texte 5 illustraient déjà les difficultés des l’administration à réellement s’ouvrir. Plus récemment, Vivek Kundra, ancien CTO de Washington D.C. recruté par Obama pour assurer le même rôle au niveau fédéral, s’est appuyé sur le Funding Accountability and Transparency Act (FATA), promulgué en 2006, pour que les agences fédérales fournissent les données de dépenses publiques aux sites usaspending.gov et recovery.gov. Néanmoins, il s’avère maintenant nécessaire d’industrialiser le processus de mise à disposition des données et pour cela de l’encadrer avec le DATA Act qui vient d’être promulgué le 18 novembre 20136. 4 5 6 http://apps.usa.gov/fbis-most-wanted/ http://uspolitics.about.com/od/usgovernment/a/foia.htm http://www.datacoalition.org/issues/data-act.html Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   13  
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    Figure 6 :le DATA Act doit permettre de suivre chaque dollar dépensé par l’administration Cependant, le débat concernant la priorité donnée à l’ouverture par les Etats-Unis resurgit alors qu’en 2011 le gouvernement fédéral dépense quatre fois plus à sécuriser ses données qu’à les ouvrir : le budget fédéral dédié à la sécurité informatique est de 4,2 milliards de dollars tandis que celui dédié au partage d'information n’est que de 0,9 milliards. Déjà en 2009, la journaliste Maura Reynolds avait critiqué la stratégie d’ouverture d’Obama en déclarant 7 (Reynolds, 2009) qu’ « en pratique, les agissements du nouveau président sur la confidentialité et la transparence se sont révélés ambigus, son administration semblant faire autant de pas vers la protection de l’information gouvernementale que vers une exposition au grand jour.» Cependant, cette asymétrie ironique semble se produire dans la plupart des pays ayant des stratégies gouvernementales d’Open Data. Rentrons dans le détail des moteurs de l’implémentation de la politique d’Open Data. Les Etats-Unis font partie des pays précurseurs en matière d’Open Data et entendent de ce fait continuer à faire la course en tête. Le discours volontariste d’Obama illustre et appuie ce propos. En parallèle, des initiatives locales comme Apps for Democracy 8 à Washington D.C. ont favorisé la prise de conscience nationale du potentiel de l’Open Data. Vivek Kundra déclarait « Apps for Democracy a permis plus d’économies pour Washington D.C. qu’aucune autre initiative. » Bien entendu, les innovations et initiatives citoyennes provenant de la mise à disposition de données publiques encouragent le gouvernement à poursuivre dans cette voie. Ainsi, la Sunlight Foundation (sunlightfoundation.com), fondée en 2006, a produit à ce jour 1189 API (Application Programming Interface) facilitant l’appropriation et l’utilisation des données publiques. 7 Reynolds, M. (2009). Open government or http://www.msnbc.msn.com/id/32128642/ns/politics-cq_politics/. www.appsfordemocracy.org ‘Transparency Theater? Msnbc, July 24, 2009, 8 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   14  
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    Afin d’évaluer lapolitique d’Open Data, le Département du Budget a appelé le gouvernement à évaluer sa politique d’ouverture. Cette auto-évaluation9(White House, 2005) contient trente critères, lesquels sont basés sur la déclaration du président Obama. Bien que cette auto-évaluation aborde le processus de déploiement, la complétude et mise en œuvre des plans d’ouverture, elle n’aborde pas les impacts en cas de défaut de conformité. 1.2. EN GRANDE-BRETAGNE Différents pays dont le Royaume Uni se sont inspirés de la déclaration d’Obama sur l’ouverture et ont suivi les Etats-Unis en émettant des déclarations similaires. En décembre 2009, le gouvernement britannique publia le rapport « Putting the Frontline First : Smarter Government » dans lequel il est argumenté que le gouvernement doit s’ouvrir et promouvoir la transparence 10(Chief Secretary to the Tresury, 2009). La stratégie du gouvernement britannique met l’emphase sur l’engagement des citoyens et de la société civile. « En fin de compte, un citoyen plus informé est un citoyen qui a plus de pouvoir. Dans une démocratie moderne, les citoyens attendent de droit de savoir comment le gouvernement a dépensé leur argent et quel en a été le résultat. […] Les données peuvent aussi être utilisées de manière innovante en apportant des bénéfices économiques aux citoyens et aux entreprises à travers un entrepreneuriat inexploité. » Des entreprises seront en mesure de développer une activité au travers de services numériques et de contenus basés sur des données publiques, et les citoyens pourront transformer leurs idées et leur créativité en solution concrète aux problèmes quotidiens. Une étude de l’Université de Cambridge a mis en lumière que la croissance de l’économie britannique liée à la mise à disposition gratuite d’une partie des données du secteur publique qui sont actuellement vendues pourrait être de £160 millions la première année seulement 11(Newbery et al, 2008). Comme aux Etats-Unis, la mise en ligne de données publiques est un moyen d’informer les citoyens sur leur sécurité. La ville de Londres publie ainsi une carte détaillant l’activité criminelle sur son site WEB12. 9 http://www.whitehouse.gov/open/around/eop/omb/self-evaluation Centre for Technology Policy Research. Chief Secretary to the Treasury (2009). Putting the Frontline First: Smarter Government, London: HMGovernment. 11 Newbery, B. Bently, L. & Pollock, R. (2008). Models of Public Sector Information Provision via Trading Funds, London: BERR and HM Treasury 12 http://maps.met.police.uk. 10 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   15  
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    Figure 7 :répartition des crimes commis dans Londres et sa banlieue De même qu’aux Etats-Unis, le portail institutionnel central data.gov.uk regroupe les différents instruments permettant la mise en œuvre de la stratégie d’Open Data. Il est actuellement en refonte. Néanmoins, la partie liée à la mise à disposition des données (10462 au 27/10/13) et la partie communautaire sont particulièrement mises en avant. Légalement, la mise à disposition des données s’appuie sur le Freedom of Information Act 2000. Il permet aux citoyens britanniques d’accéder aux informations détenues par les autorités publiques. Environ 120 000 requêtes sont formulées chaque année, dont 60% à titre privée, les autres demandes étant le fait de journalistes ou d’entreprises. Nous pouvons remarquer que la stratégie d’Open Data du Royaume-Uni s’inspire beaucoup de celle des Etats-Unis. En effet, l’un des principaux moteurs pour les politiques d’Open Data provient des initiatives que les pays copient les uns sur les autres. Le concours britannique « Show us a better way » est en effet à l’origine du concours australien « MashUp Australia » (mashupaustralia.org) 13 (Athur C, 2008). Ces concours ont été lancés afin de favoriser la création d’applications par le grand public à partir de données gouvernementales rendues publiques. Bien que Gordon Brown se soit inspiré de Barack Obama, des organismes extra-gouvernementaux ont aussi contribué à l’ouverture des données publiques. Le journal The Gardian a ainsi lancé la campagne « Free our data » dans laquelle il était demandé aux citoyens de réclamer l’accès aux données gouvernementales 14(Arthur & Cross, 2006). L’Open Knowledge Foundation (okfn.org), 13 Arthur, C. (2008). Are the Show Us A Better Way winners safe from Ordnance Survey? November 12, 2008, http://www.guardian.co.uk/technology/blog/2008/nov/12/ordnance-survey-google-maps-copyright 14 Arthur, C. & Cross, M. (2006). Give us back our crown jewels. Guardian, March 9, 2006, http://www.guardian.co.uk/technology/2006/mar/09/education.epublic Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   16  
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    organisation à butnon lucratif, a été fondée en 2004 au Royaume-Uni mais son action est maintenant internationale. Elle donne l’accès à treize millions de dépenses gouvernementales à travers le monde. Avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni est le seul pays à avoir évalué sa politique d’Open Data. Dans son rapport « Open Government – some next steps for the UK » le Center for Technology Policy Research (2010) décrit la politique d’Open Data du gouvernement britannique et donne les orientations pour de futures politiques. Bien que ce rapport donne des détails sur les instruments utilisés par le gouvernement pour mettre en œuvre sa stratégie d’ouverture, il n’en aborde pas les impacts économiques et sociaux. 1.3. EN INDE 1.3.1. CONTEXTE ET ENJEUX La République de l’Inde est une République fédérale avec vingt huit Etats membres de l’Union ainsi que sept territoires de l’Union. La Constitution indienne répartit les différentes compétences entre le gouvernement de l’Union et les Etats de l’Union. Cette autonomie dans la gestion et le développement économique de l’Etat de l’Union a conduit à un développement disparate des différents Etats de l’Union. Le développement de l’e-administration s’est produit à la fois de manière volontaire et spontanée dans certains Etats de l’Union (Kerala, Tamil Nadu) et par une politique nationale de modernisation par le gouvernement de l’Union, avec l’introduction du Plan Nationale de l’eGouvernance, afin de permettre une harmonisation et une convergence de l’e-administration indienne. Le développement de l’e-administration a conduit à la reconnaissance de la signature électronique et des documents électroniques avec l’Information Technology Act en 2000, au développement des machines électroniques de vote dès 2002, à l’instauration de téléservices et de emobile services, jusqu’à la création d’UID (Unique Identification- Identifiant Unique), permettant d’attribuer à chaque citoyen indien une carte d’identifiant unique contenant de nombreuses informations personnelles (projet Aadhaar réalisé par Safran, développeur des cartes biométriques en Inde). Grâce à l’exploitation des données numériques, l’Inde a su moderniser son administration. Pour Kapil Sibal, ministre de la communication et des technologies de l’information, l’enjeu est immense pour le pays : « Le gouvernement n’est pas l’unique propriétaire des données. Toutes les données doivent être partagées sauf celles qui sont importantes pour la sécurité. Il y a également une responsabilité du côté de ceux qui utilisent et interprètent les données. Ils doivent comprendre qu’il y a un enjeu de développement ». La société civile en elle-même ne peut réellement en profiter directement, de part la fracture numérique et l'incapacité d'appréhender ces données brutes. Il s'agit avant tout pour le moment d'une opportunité considérable pour les entrepreneurs indiens de réaliser des d'applications facilitant la vie quotidienne des indiens, à titre d'exemple des applications relatives aux rations alimentaires en ville, etc. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   17  
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    1.3.2. LE CADREJURIDIQUE EN INDE Le cadre juridique en Inde a évolué de façon régulière. Plusieurs lois ont été mises en place de façon progressive, y compris pour donner droit aux individus à l’accès aux données de l’administration, comme stipulé dans la loi « Right to information » en 2005 qui permet aux citoyens d’obtenir une réponse de l’administration sous un délai de 30 jours. En 2006, la loi « e-governance » a vu le jour légiférant sur la proximité entre les services de l’Etat et les citoyens. Dans le projet de modernisation de l’administration, le département des technologies de l’information a préparé un projet de loi significatif, The electronic service delivery bill, 201115 dont l’objet est d’assurer que les prestations des services publics soient réalisées via le mode électronique pour améliorer la transparence, l’efficacité, l’accessibilité et la fiabilité dans la livraison des services de l’Etat. Ce projet de loi veut instaurer l’obligation pour les services publics de faire usage du courrier électronique, lorsqu’il lui est écrit via cette forme. Il indique également que tous les services publics doivent être délivrés en mode électronique dans les 5 années à compter de l’entrée en vigueur de ce projet de loi. Pour le moment, ce projet n’a toujours pas été voté, mais les services du département se sont engagés à faire passer ce projet de loi, ce qui facilitera la consécration de l’eadministration dans sa globalité, de son instauration dans l’administration indienne à la livraison de la prestation au citoyen. A l’image de ce qui a été fait en France (circulaire, directive européenne), en lien avec l’ouverture des données publiques, l’Inde a publié via le ministère des sciences et de la technologie du Gouvernement le National Data Sharing and Accessibility Policy (NDSAP), le 17 mars 2012. L'un de ces objectifs est de réaliser une transmission verticale des informations non sensibles collectées par l'administration indienne. 1.3.3. L’ADMNISTRATION INDIENNE : CULTURE ET ORGANISATION 1.3.3.1. UN PEU D’HISTOIRE L'administration indienne est un « monstre colossal» qui permet de relier le simple village aux autorités administratives centrales de New Delhi. Cette énorme structure fait aussi les frais d'une fracture administrative, en effet les simples villageois se perdent facilement lors de recherche d'interlocuteurs compétents pour leurs questions administratives que ce soit en matière foncière (agrément sur les terres cultivables, autorisation…), en matière civile (acte de mariage, passeport…). Figure 8 : vue d’un bureau de l’administration indienne 15 Source : http://mit.gov.in/content/draft-electronic-delivery-services-bill-2011 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   18  
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    1.3.3.2. VERS LA MODERNISATION L'arrivéedes nouvelles technologies de l’information et de la communication a été une réelle opportunité pour administration indienne obsolète. L'instauration du « National e-Governance Plan », à partir de 2008 est la clé de la mutation de l'administration indienne vers l'e-administration. Le « National e-Governance Plan » a été approuvé par le gouvernement de l’Union le 18 mai 2006 à l’initiative du département de la technologie d’information, du département de la réforme de l’administration et sous la pression des griefs publics. Figure 9 : bureau de vote informatisé en Inde Ce plan16 a pour objectif d’améliorer les services administratifs aux citoyens et aux entreprises : « Make all government services accessible to the common man in his locality, through common service delibery outlets and ensure efficiency, transparency and reliability of such services at affordable costs to realise the basic needs of the common man. » Le plan fédéral se compose de 27 missions en mode projet et de 8 missions relatives au support. Chaque projet consiste à faire évoluer un service administratif sous l’ère de l’eadministration, il s’agit du passage des services administratifs aux télé-services. Afin de faciliter l’implémentation, le National e-Governance Plan impose quelques points fondamentaux à la modernisation de l’administration indienne17. • • • • 16 17 les structures de support communes l’initiative centralisée pour une mise en œuvre décentralisée le partenariat public-privé la gestion directe par les ministères http://negp.gov.in 11th Report – Promoting e-Governance, Second Administraive Reforms Commission, GoI, Décembre 2008 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   19  
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    1.3.4. ILLUSTRATION DUMODELE INDIEN 1.3.4.1. LE PORTAIL L’Inde a lancé son portail Open Data le 8 août 201318. Plusieurs secteurs y sont représentés comme la santé, le transport, le sanitaire, l’agriculture. L’ouverture de la plateforme fait suite aux différentes initiatives prises par le gouvernement pour stimuler l’utilisation des données publiques dans le pays. Au début de l’année 2013, l’Inde avait ainsi lancé son premier hacktaton (48h pour imaginer des applications mobiles innovantes). Et pour inciter les développeurs à se saisir des données du portail, le gouvernement organise des challenges avec des récompenses à l’image de dataconnexion en France. Le site compte 4 678 ensembles de données représentant 53 ministères et départements et 7 applications représentant 5 départements. Le portail data.gov.in est structuré, animé et très riche en informations comparé à celui d’Etalab. On y trouve à la fois des tableurs Excel avec des statistiques d’audience et l’évaluation par les visiteurs, des applications développées grâce à l’ouverture des données, des représentations graphique, des tableaux de bords… Figure 10 : exemple de vue du portail indien 1.3.4.2. LES COULISSES La caractéristique du projet indien est d’être orchestré et porté par le savoir faire indien en IT. Ce paragraphe illustre la capacité de l’Inde à développer des infrastructures adaptées permettant de fournir l’ensemble des téléservices, avec une approche centralisée à l’échelle nationale. Le renouveau des services de l’administration nécessite la transformation des infrastructures de l’Etat, au niveau fédéral et pour les différents Etats de l’Union. Le National e-Governance Plan a mené une politique de transformation et de création harmonisée des infrastructures électroniques. A commencer par l’instauration des trois pivots du National e-Governance Plan, à savoir les centres de données Etatiques, la création du réseau étendu indien (SWAN) et la création de centre commun de services. 18 data.gov.in Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   20  
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    Figure 11 :portail du National Service Delivery Gateway - Les centres de données Etatiques ou State Data Centers sont la colonne vertébrale du projet de modernisation et regroupent l’ensemble des données qui seront partagées par la suite. A noter tout de même la résistance de certains Etats qui ne souhaitent pas transférer les données locales, d’où l’apparition de centres de données construits et maintenus uniquement par les instances de l’Etat de l’Union. A noter que le gouvernement de l’Union a alloué un budget de 19 millions d’euros sur une période de 5 années19. - Le State Wide Area Network (SWAN) correspond au réseau créé pour relier l’ensemble des infrastructures électroniques. 19 National e-Governance Plan, meeting of the National e-Governance Advisory Group, DIT, GoI, 12/11/2010 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   21  
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    - Le NationalService Delivery Gateway (NSDG) a pour objectif de fournir des services gouvernementaux standardisés avec un développement d’infrastructures à moindre coût. Parmi les objectifs établis par le National e-Governance Plan, il y a l’objectif de mettre en place des standards d’interopérabilité entre les différents téléservices mis en œuvre à la fois par l’Union et les Etats de l’Union, le NSDG doit agir comme un catalyseur en permettant la construction de normes standards … 1.3.4.3. ET POURTANT, L’INDE EST DECONNECTEE… Comment un pays avec une fracture numérique aussi importante peut réussir à franchir le pas et mettre en ligne un portail plus puissant que la France ? On ne compte à fin 2012 que 12,6% d’utilisateurs internet en Inde sur une population de 1,2 milliards d’habitants 20 et 68,84% de la population indienne vit en zone rural. La moyenne nationale d’accès en zone rurale s’établissant pour 2009-2010 à 0,35% des foyers. Illustration de la fracture numérique (image ci-contre) : en rouge les Etats dont le taux d’accès en zone rurale est inférieur à dix pour mille foyer (soit inférieur à 1%), en jaune ceux dont l’accès est supérieur à 1% mais inférieur à 5% et en vert ceux dont l’accès est supérieur à 5% de la population. Figure 11 : carte de couverture des accès à internet Sur les 35 Etats et districts de la fédération indienne, seuls six dépassent la zone rouge, pour une population totale de 44,5 millions d’Indiens. Les 29 autres comptent pour 1,165 milliards d’habitants. Comment connecter les citoyens à un Open Data avec un tel constat ? Si l’Inde accuse un énorme retard pour Internet, sur la téléphonie mobile, la situation est complètement différente et le taux de pénétration à fin 2012 est de près de 70%21. La démocratisation du mobile en milieu rural et urbain a permis à l'administration indienne de se 20 21 Source INSEE Source INSEE Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   22  
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    rapprocher plus rapidementde ses citoyens. Pour les milieux plus pauvres, l'administration indienne a développé des services publics "common services centers", des points de connexion Internet public, permettant d'accéder aux nouveaux téléservices et à Internet (avec des fonctionnaires compétents et pédagogues pour former les citoyens à l'usage de l'ordinateur). Peut-être l’Etat indien devrait-il créer le premier portail mobile Open Data dédié aux smartphones ? Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   23  
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    1.4. L’OPEN DATAPANAFRICAIN 1.4.1. GENESE Sous l’égide des Nations Unies, en septembre 2000, 147 chefs d'État et de gouvernement et 189 pays se sont engagés dans la Déclaration du Millénaire définissant 8 domaines (infographie cicontre). L’objectif n°8, « Mettre en place un partenariat mondial pour le développement », s’est traduit en Afrique par la mise en œuvre d’un grand projet sur les « autoroutes de l’information ». A cette occasion, les banques multilatérales de développement se sont entendues pour poursuivre ces objectifs communs. C’est notamment le cas de la Banque Africaine de Développement (BAD), créée en 1963 par 23 pays africains indépendants, et qui est devenue au fil des ans la première institution financière de développement en Afrique. Le rapport annuel 201222 de la banque précise : « La Banque a la volonté et les ressources nécessaires pour devenir la première source d’informations et d’analyses sur les économies africaines ». En l’absence d’Instituts Nationaux de la statistiques dignes de ce nom, la BAD joue donc un rôle similaire à celui de l’INSEE en France, et a donc un rôle important pour le pilotage du développement des pays avec des taux de croissance élevés. Figure 12 : les objectifs de la déclaration du Millénaire La banque, qui propose déjà un portail très riche sur ses propres données statistiques, a donc financé et fédéré le portail Open Data de l’Afrique 23 22 23 http://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Documents/Publications/Rapport%20annuel%202012.pdf http://www.afdb.org/fr/knowledge/statistics/data-portal/ Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   24  
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    Cette plateforme dedonnées en ligne fait donc partie de l’initiative ‘Autoroute africaine de l’information’ pour intensifier la collecte, la gestion, l’analyse et le partage de statistiques de qualité sur le développement du continent. Remarque importante :il existe d’autres banques de données internationales avec des informations sur l’Afrique, mais la démarche est privée dans ce cas. Exemple de l’Open Data de la banque mondiale sur l’Afrique du Sud24 : Figure 13 : vue du portail Open Data de la Banque Mondiale 1.4.2. L’OPEN DATA DE LA BANQUE AFRICAINE DU DEVELOPPEMENT Essentiellement orientée pour livrer des statistiques relatives aux réalités économiques et sociales, l’initiative a pour ambition d’établir des liens directs entre la BAD, les bureaux nationaux de statistiques, les banques centrales et les ministères de tutelle dans les pays africains. Elle vise aussi à établir des liens entre les organisations sous-régionales, les organisations internationales de développement et une communauté mondiale d’usagers . Figure 14 : le logo de L’Open Data for Africa 24 http://data.worldbank.org/country/south-africa Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   25  
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    La banque estimeque : « Les données fiables demeurent essentielles pour fixer les objectifs et les cibles, ainsi que l’évaluation de l’impact des projets. »25 . La BAD a ainsi déposé le nom de domaine http://opendataforafrica.org le 1er décembre 201126. La plateforme facilite également la collecte, l’analyse et le partage des informations sur des sujets de développement nouveaux et cruciaux tels que la sécurité, l’égalité de genre et le changement climatique. La figure ci-dessous montre les thèmes principaux des jeux de données que l’on peut y trouver, au niveau le plus élevé, c’est à dire « global Afrique ». Nombre de jeux de données par catégories (>3) Figure 15 : principales catégories de jeux de données disponibles sur le portail global Open Data Africa. 1.4.3. LE DEVELOPPEMENT CORRUPTION ECONOMIQUE ET LA LUTTE CONTRE LA Comme le précise l’onglet « About » du site Open Data for Africa27, la mission du portail est de fournir des statistiques pour apporter une base cohérente, pour la conception et le pilotage des 25 http://www.afdb.org/fr/knowledge/statistics/about-us/ 26 cf l’interrogation de la base des noms de domaine internet (requête http://www.dynadot.com/domain/whois.html?domain=opendataforafrica.org) 27 http://opendataforafrica.org/about/us Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   26  
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    politiques pour lalutte contre la pauvreté sur le continent africain. Un des objectifs de cette plate-forme est aussi de lutter contre la corruption comme le précise M. Mohamadou Diallo, membre de l’Observatoire sur les Systèmes d’Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal28 : « …Ce qui reviendrait alors à publier des données, naguère réservées à l’usage interne des organisations notamment sur les budgets des organismes de l’Etat ou l’attribution des marchés publics. Une transparence totale en vue de lutter contre toute forme de corruption ou autre dérive pouvant mener à une quelconque dictature. » 1.4.4. EXEMPLE DE L’AFRIQUE DU SUD Le portail Open Data for Africa permet d’aller ensuite vers les portails des pays, avec une déclinaison par pays. Ci-dessous une vue d’écran du portail de l’Afrique du Sud : Figure 16 : vue du portail Open Data Africain : accès aux sites des pays 28 http://www.osiris.sn/Open-data-un-gisement-d.html Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   27  
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    Figure 17 :vue du portail Open Data de l’Afrique du Sud : http://southafrica.opendataforafrica.org On remarque que les états mais aussi les collectivités locales (villes , régions) bénéficient ainsi d’un portail d’accès à leur données (exemple dans la première ligne: Cape Town) pour adresser avec une granularité plus fine une plus grande diversité de sujets. L’influence supranationale de la BAD s’exerce donc sur la fourniture d’un espace de stockage, d’une interface de présentation et d’indexation des données. Remarque sur la qualité des données : une analyse rapide du site montre par exemple sur la ville de Johannesbourg, la complétude des données est imparfaite : les données après 2009 ne sont pas présentes. Figure 18 : extrait du portail de la ville de Johannesburg Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   28  
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    1.4.5. LA PROTECTIONDES DONNEES PERSONNELLES EN AFRIQUE DU SUD : UN FREIN POUR L’OPEN DATA ? A ce jour, le texte en vigueur en Afrique du Sud est appelé POPI (Protection of Personal Information) et date de 200629 et n’adresse pas les enjeux de protection des données personnelles avec les usages existants (par exemple, les emailing de campagnes marketing) et les technologies émergentes comme le Cloud et l’Open Data. Le nouveau texte en vigueur, approuvé par le parlement Sud-Africain, est en cours de signature par le Président, et certains juristes locaux évoquent le fait que les évolutions sont de nature à impacter l’économie numérique, de part l’élargissement du périmètre et la nature des sanctions en cas de non respect de la loi. Le nouveau texte30 vise surtout à renforcer la protection des données personnelles en instaurant des sanctions importantes en cas de « negligent disclosure of personal information ». Le périmètre de la définition d’une donnée personnelle y est défini (chapitre 1, ligne 55). Le texte31 durcit également les conditions autorisées de capture, stockage et de sécurisation des données. Les données figurant à ce jour sur l’Open Data sud-africain sont essentiellement statistiques et ne sont donc pas concernées par l’évolution de la loi. Par contre, le terme « anonymization est absent, ce qui tend à prouver que ce texte est bien une mise à niveau pour répondre aux exigences de respect de la vie privée dans les usages déjà répandus (campagnes marketing, stockage et manipulation de données clients), mais ne prend pas encore les problématiques inhérentes à l’Open Data. 1.5. CONCLUSION ETUDIES SUR L’OPEN DATA DANS LES PAYS ETRANGERS Dans un nombre croissant de pays, suivant l’exemple des organisations internationales telle que l’ONU qui a ouvert son site Web en 2008, l’Open Data se retrouve dans l’agenda politique et administratif. Mais alors que des gouvernements nationaux ou régionaux ont défini des stratégies d’Open Data, certains services administratifs sont encore réticents à les mettre en œuvre. Les barrières importantes à leur déploiement effectif sont d’une part la culture du secret à l’intérieur des administrations, causée par la peur de rendre publique des dysfonctionnements ou des actes de corruption, ou d’autre part l’utilisation politique qui peut en être fait. Parfois même, ce sont des « abus de biens sociaux" des élus qui ont réveillé les consciences et servi de catalyseur pour aboutir in fine à une grande transparence sur le fonctionnement de l’Etat, comme en témoigne la diffusion intégrale sur internet de l’historique des notes de frais des députés britanniques32. 29 http://www.justice.gov.za/legislation/bills/B9-2009_ProtectionofPersonalInformation.pdf, MINISTER OF JUSTICE AND CONSTITUTIONAL DEVELOPMENT, Août 2009 30 https://www.saica.co.za/Portals/0/Technical/LegalAndGovernance/POPI%20final.pdf, MINISTER OF JUSTICE AND CONSTITUTIONAL DEVELOPMENT, 2009 31 http://www.humanipo.com/news/34240/popi-set-to-cause-complications-for-data-management/, Ayanda Dlamini. Octobre 2013 32 http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20090522.OBS7705/chronologie-du-scandale-des-notes-de-frais-des-deputes-britanniques.html, le nouvel Observateur, 2009 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   29  
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    Un autre pointsoulevé est le manque de compréhension de l’impact précis de ces stratégies, ce qui rend les administrations hésitantes à être proactives. Les stratégies d’ouverture sont à l’heure actuelle très orientées sur le renforcement de la participation démocratique et l’amélioration de la protection publique. Les instruments d’ouverture sont quant à eux principalement basés sur le volontariat et les aspects techniques et légaux, alors que la partie éducative reste à développer. On note enfin que plusieurs pays ont promulgué des textes pour donner une impulsion au déploiement de l’Open Data. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   30  
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    2. LA POLITIQUEEUROPEENNE SUR L’OPEN DATA L’Europe a décidé de s’impliquer sur la question de l’Open Data via l’édition de normes juridiques et la mise en place de programmes d’encouragement autour de la recherche et du développement d’une part, et la mise en place d’un portail européen de l’Open Data d’autre part. 2.1. LA MISE EN 2003/98/CE PLACE D’UN CADRE JURIDIQUE : LA DIRECTIVE La législation, comme la fiscalité d’ailleurs, constituent un levier puissant de l’influence gouvernementale et une place importante y est consacrée dans ce rapport. Le cadre juridique européen autour de l’Open Data s’est déroulé en deux temps, une première directive en 2003 modifiée par la directive de 2013. La première intervention de l’Europe dans le domaine de l’Open Data a lieu avec l’adoption de la directive n°2003/98/CE du Parlement Européen et du Conseil du 17 novembre 2003 concernant la réutilisation des informations du secteur public. Les instances européennes partent du constat suivant : « les informations émanant du secteur public constituent une matière première importante pour les produits et les services de contenu numérique et deviendront une ressource de plus en plus importante sur le plan du contenu à mesure que les services de contenu sans fil se développeront ». Saisissant ainsi son rôle d’harmonisateur des normes dans l’Union Européenne, le Parlement Européen édicte donc une directive en 2003 visant à fixer un cadre général autour de la réutilisation des informations du secteur public afin d’éviter les importantes divergences entre les Etats membres en matière d’exploitation de ces informations. Et ceci dans le but de « permettre aux entreprises européennes d’exploiter le potentiel de ces informations et de contribuer à la croissance économique et à la création d’emplois ». Malgré cette bonne volonté clairement exprimée, et une juste prise en compte des enjeux économiques autour de l’Open Data, la portée de cette directive restera limitée. Ceci est, tout d’abord, lié à la nature même de la directive, qui contrairement au règlement européen ne s’applique pas directement en droit interne et laisse donc aux Etats la liberté de transposer les grands principes dans leur droit interne. L’édiction d’un règlement aurait peut-être montré une volonté d’harmonisation plus forte de l’Europe et l’aurait poussée à entrer plus dans le détail des modalités de l’harmonisation. Au final, cette directive reste un texte assez flou et très peu contraignant. La directive a cependant le mérite de proposer une définition de la donnée publique susceptible d’englober toute représentation d’actes, de faits ou d’informations – ainsi que leur compilation quel que soit leur support (écrit sur papier ou stocké sous forme électronique ou enregistrement sonore, visuel ou audiovisuel), détenus par un organisme public. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   31  
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    En revanche, enne prenant pas clairement partie sur un principe de gratuité de la mise à disposition des données publiques, elle vient entretenir une ambiguïté sur la question de la tarification : article 6 : « lorsque les redevances sont prélevées, le total des recettes provenant de la fourniture et des autorisations de réutilisation de ces documents ne dépasse pas le coût de collecte, de production, de reproduction et de diffusion » en ajoutant « tout en permettant un retour sur investissement raisonnable ». 2.2. LES APPORTS DE LA DIRECTIVE 13/06/2013 En décembre 2011, la Commission Européenne propose une recommandation riche autour de l’ouverture des données publiques, qui ne sera que partiellement reprise par la directive du 13 juin 2013. La recommandation Européenne de la Commission Le 12 décembre 2011, la Commission publie une recommandation nommée « L’ouverture des données publiques : un moteur pour l’innovation, la croissance et une gouvernance transparente ». La commission commence par traduire la démarche d’ouverture des données publiques en potentiel économique, en citant quelques exemples : • • • • • 2007, le marché allemand des informations géographiques représente 1,4 milliards d’euros (soit une croissance de 50% depuis 2000) 2008, 15000 postes dédiés au même sujet dans les Pays-Bas 2008, une étude estime le marché total de l’information du secteur public dans l’Union Européenne à 28 milliards d’euros Cette même étude prétend que les avantages globaux liés à une plus grande ouverture des informations du secteur public représenteraient 40 milliards d’euros Enfin pour l’ensemble des 27 pays membres de l’Union Européenne, le total des gains économiques directs et indirects découlant de l’utilisation des informations du secteur public et applications fondées sur ces données serait de l’ordre de 140 milliards d’euros par an. Bien que l’on puisse reprocher à la Commission de ne pas trop faire la part des choses dans ce bilan économique, entre le chiffre d’affaires qui proviendrait d’économie de gestion dans les administrations et celui qui proviendrait de réelles innovations (cf. Interview OpenDataSoft), son constat a le mérite de forcer la prise de conscience de l’enjeu stratégique que représente l’ouverture des données publiques. La commission pointe du doigt ce qu’elle juge être des obstacles persistants dans l’ouverture de ces données publiques : • cadre juridique : disparités considérables entre les pays membres (surtout dans les système de tarification entre récupération des coûts et gratuité), Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   32  
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    • • manque de sensibilisationdes organismes du secteur public et des entreprises, obstacles pratiques et techniques (barrière linguistique, questions d’interopérabilité). Une traduction à minima de ces recommandations dans la directive du 13 juin 2013 Dans ce contexte, on aurait pu s’attendre à ce que la modification de la directive de 2003 soit plus contraignant et permette ainsi d’arriver enfin aux harmonisations attendues entre pays membres. On note cependant quelques avancées : Par rapport à l’ancienne version de la directive de 2003, le texte affirme un véritable droit à la réutilisation du secteur public. L’ancienne version définissait les champs d’informations où la réutilisation était autorisée ; la nouvelle fait l’inverse, et exige que tout document entrant dans le champ d’application doit être réutilisable pour des usages commerciaux et non commerciaux. Ce texte vient aussi apporter une obligation de transparence dans le calcul des redevances. Toute personne le demandant doit pouvoir avoir accès au mode de calcul utilisé pour l’établissement de la redevance. Ceci est perçu comme une excellente nouvelle pour Pierre Chrzanowski (groupe de l’Open Knowledge Foundation) : « Cette exigence de rendre les modes de tarifications complètement transparents en amont, c’est-à-dire avant même qu’une demande de réutilisation soit soumise, pourrait avoir des conséquences intéressantes. Il est peu probable que les organismes publics iront jusqu’à calculer des coûts marginaux pour tous les jeux de données qu’ils possèdent; cela signifie que les données ne pourront pas être soumises à tarification, puisqu’aucun mode de calcul n’aurait alors été défini, justifié et publié en amont. C’est un très bon outil pour empêcher les administrations de pratiquer des tarifications de données injustifiées. » La directive élargit son champ d’application aux musées, bibliothèques et archives. Cependant, cette extension est assortie d’un nombre important d’exceptions et de règles qui viennent pour beaucoup enlever l’intérêt de cette dernière. Par exemple, concernant les voies de recours, en cas de décision négative, le texte prévoit que « les organismes du secteur public communiquent au demandeur les raisons du refus ; les bibliothèques, y compris les bibliothèques universitaires, les musées et les archives ne sont pas tenus d’indiquer cette mention ». Autre déception du texte, bien que la directive précise que les données du secteur doivent être mise à disposition dans des formats ouverts lisibles par machine, elle n’impose aucun format. Pour finir, la directive réaffirme, dans son article 6, le principe d’un coût marginal : « Lorsque la réutilisation de documents est soumise à des redevances, lesdites redevances sont limitées aux coûts marginaux de reproduction, de mise à disposition et de diffusion. » Mais la présence de nombreuses exceptions comme les bibliothèques, musées et archives fait perdre beaucoup d’intérêt à ce principe. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   33  
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    2.3. LA MISEEN PLACE DE PROGRAMME DE R&D&I La commission européenne fait état d’un budget d’environ 100 millions d’euros dédiés à la recherche, le développement et l’innovation. Dans les faits, cela profite peu aux acteurs économiques du marché français, la démarche de demande de subventions est lourde et longue, alors que le marché demande une forte réactivité « le temps de procéder à la demande de subvention, on est déjà passé à autre chose tellement cela évolue vite » Cf. interview OpenDataSoft. On note cependant différents projets en cours pour favoriser la R&D&I : -­‐ -­‐ -­‐ Linked Open Data (exploitation du web pour l’intégration des données et des informations et sur l’utilisation des technologies sémantiques) OpenAIRE (créer une infrastructure participative pour l’initiative pilote de l’UE dans le domaine) ISA sur l’interopérabilité sémantique (faire de l’utilisation des métadonnées publiques ouvertes une première étape vers l’alignement des métadonnées) On a cependant du mal à voir une réelle concrétisation de ces encouragements en R&D. 2.4. LE PORTAIL EUROPEEN DE L’OPEN DATA Un des objectifs de la Commission Européenne est de mettre en place un portail des données de l’Union Européenne. Le portail http://open-data.europa.eu propose un accès gratuit et centralisé aux données produites par les institutions et organes de l’Union Européennes. A ce jour, on comptabilise 6323 jeux de données publiées sur ce site. Ce nombre peut paraître très faible comparé au 353 226 jeux de données présentes sur le site http://data.gouv.fr. Le problème réside dans le fait que la commission n’a que peu de pouvoir pour mener à bien ce projet. En effet, on peut lire dans une communication sur l'ouverture des données publiée par l'exécutif européen : « La Commission invite le Parlement Européen et le Conseil, dans le cadre de leurs compétences respectives, à créer les conditions-cadres appropriées pour la réutilisation des informations du secteur public dans l'Union Européenne ». 3. LA POLITIQUE AFFICHEE EN FRANCE L’analyse du développement de l’Open Data dans plusieurs pays du monde permet une mise en perspective plus objective du projet en France 3.1. UN BESOIN DE DEMOCRATIE Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   34  
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    Henri Verdier, directeurd’Etalab depuis janvier 2013, classe la France parmi « les 5 pays qui en font le plus et le mieux en matière d’Open Data »33. Toutefois, la France accuse un certain retard notamment sur les Etats-Unis et à la GrandeBretagne et risque de manquer des opportunités d’envergure à l’heure où le besoin de démocratie se fait pressant et l’efficacité de l’appareil d’Etat est remise en cause. Phénomène historique, la côte de popularité de l’exécutif n’a jamais été aussi faible dans les sondages, preuve en est les résultats du dernier sondage BVA et à son directeur général adjoint d’ajouter « Jamais, en trente-deux ans de mesures, un président n'était tombé en dessous de 30% de bonnes opinions dans une enquête BVA »34. Figure 19 : évolution de l’abstention Vième République Mais plus singulier encore Marine Le Pen (FN) rattrape le niveau d’opinion favorable du président François Hollande. Du jamais vu sous la Ve République. On assiste à une montée des extrêmes et une radicalisation résultant d’une crise économique, sociale et politique installée depuis maintenant plusieurs années. A cette tendance s’ajoute une abstention grandissante aux élections de représentants au niveau national, régional ou local. Le taux d’abstention atteignait près de 43% aux dernières élections législatives. Les questions politiques semblent de moins en moins intéresser les citoyens. Ce désenchantement est nuancé par une société civile en demande d’action et de participation dans le débat public. Ce mouvement n’est d’ailleurs pas nouveau, le parti socialiste avait initié les conseils de la vie lycéenne lorsque Jack Lang était ministre de l’Education Nationale, concept repris et élargi par Lionel Jospin, avec la loi de démocratie locale qui institue les conseils de quartiers. Plus récemment Ségolène Royal alors en course pour la primaire socialiste, fait de la démocratie participative le socle de son programme. Les citoyens sont mis au cœur du processus démocratique. Ces fondements démocratiques participatifs s’appuient sur un tissu associatif français dense et influent. La France est le pays de l’UE qui compte le plus d’associations35. Une culture associative forte et une capacité de la part des parties prenantes à prendre la parole dans le débat public sont des spécificités culturelles françaises. Dans ce paysage démocratique contrasté, à la fois teinté de désillusions et d’opportunités, le numérique ouvre une nouvelle voie à l’action citoyenne, l’exemple des 33 34 35 Supplément à STRATEGIES n°1729 juin 2013 Sondage BVA réalisé par internet les 24 et 25 octobre 2013 Source : Deloitte 2013 pour le Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   35  
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    entrepreneurs avec lemouvement des « pigeons » illustre bien ce phénomène. L’administration décide de prendre une disposition fiscale sur la taxation des plus-values de cession. Et à l’interlocuteur interviewé, en charge de l'Open gov à l'UMP, de rappeler que cette décision entraine un mouvement insaisissable par les politiques, ponctuel et totalement spontané grâce notamment aux réseaux sociaux. Forts de ce rassemblement, les « pigeons » font entendre leur voix et le gouvernement est contraint de prendre en compte leurs revendications. Dans la même veine, les auto-entrepreneurs, rassemblés dans le mouvement des « poussins », se servent des mêmes outils numériques pour prendre la parole et dialoguer avec les pouvoirs publics. Le numérique facilite l’expression citoyenne, et crée des ponts entre les administrations et leurs administrés. L’Open Data : une tendance pérenne L’Open Data s’inscrit dans cette tendance pérenne. Preuve en est la nouvelle orientation d’Etalab. La mission interministérielle ne se borne désormais plus qu’à la coordination de l’ouverture des données publiques, elle met l’accent sur la compréhension et la réutilisation des données par le grand public : les citoyens, les associations, les chercheurs, les journalistes… Critiqué en raison de l’opacité des données livrées sur son portail numérique data.gouv.fr, Etalab lance en décembre 2013 une nouvelle version de son site, afin de « mettre l’accent sur l’enrichissement des jeux de données ». Ainsi le portail dans sa nouvelle version proposera 3 000 fichiers de données contrairement à la première mouture qui en dénombrait jusqu’à 350 000. L’objectif est véritablement de livrer un contenu plus qualitatif que quantitatif. Chaque jeu de données sera illustré par des projets concrets réalisés à partir des données ouvertes, pour une meilleure compréhension et une plus grande interactivité entre les producteurs et les réutilisateurs des données ainsi que le grand public. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault, à l’occasion du festival du numérique « Futur en Seine », qui s’est tenu le 13 juin 2013, a réaffirmé le soutien et l’engagement du gouvernement dans la politique d’ouverture des données : « Le gouvernement a demandé à toutes ses administrations et à tous les opérateurs publics de jouer le jeu et mettre au service leurs données ». 36 La France prend la mesure de son retard en matière d’ouverture des données et tend à renforcer les moyens d’un Open Data fort et plus systématique. A l’heure où le dialogue avec les citoyens se crispe, l’ouverture des données publiques répond non seulement à un besoin de démocratie participative mais également à une opportunité de modernisation de l’Etat et de ses administrations. Le défi est de taille dans un pays pétri dans la culture de l’opacité bureaucratique, mais le potentiel est plus grand encore. 3.2. UN VECTEUR DE MODERNISATION DE L’ETAT 36 http://www.dailymotion.com/video/x10vcw4_continuer-a-appuyer-de-toutes-nos-forces-le-developpement-du-numerique_news, Marc AYRAULT, Juin 2013 Jean- Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   36  
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    L’Open Data commevecteur de transformation de l’administration se joue à deux niveaux : le premier revêt une dimension interne, avec une meilleure efficacité de l’appareil étatique et une meilleure coopération entre les différents organes, et le second est axé sur l’externe et sur la qualité de service fournie et perçue par les citoyens. La volonté de dépoussiérer l’appareil étatique ne date pas d’hier. En 1998, le gouvernement JOSPIN lance la PAGSI, le Programme d’Action Gouvernemental pour la Le grand Société de l’Information. L’une des principales public missions de ce programme consiste à moderniser les services publics. A cette époque déjà, Internet Les partenaires professionnels et les NTIC viennent ébranler les rouages de l’administration. En 2000 Bruno Lasserre, Les partenaires de président d’un groupe de travail du commissariat l'administation au plan, réfléchissant sur l’apport des technologies à la modernisation de l’Etat, souligne combien les NTIC conduisent à un « accroissement de la L'administratio n elle-même productivité, à une accélération de la circulation des informations mais surtout à une redéfinition du rôle de la hiérarchie, à un décloisonnement des services ».37 Figure 20 : sphères de circulation de l’information des décisions Le 30 octobre 2012 le SGMAP, le Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique, est placé sous l’autorité du premier ministre avec pour objectif de coordonner, favoriser et soutenir, au niveau interministériel, les travaux conduits par les administrations en vue d’évaluer et de moderniser l’action publique, notamment dans le domaine des systèmes d’information et de communication. Ce secrétariat coordonne également la réutilisation la plus large possible des informations publiques. A travers la DISIC, la Direction Interministérielle des Systèmes d’Information et de Communication de l’Etat, piloté par la SGMAP, il s’agit de constituer un réseau interministériel, pour rationnaliser les coûts et harmoniser les politiques de gestion de réseaux uniques. Un chemin encore long Malgré les efforts déployés, le chemin qui mène à la modernisation des administrations semble encore bien long. Les ministères peinent à partager leurs données. Pour exemple le ministère du logement n’a pas accès aux informations sur les taxes d’habitation détenues par le ministère des finances, mais grâce à l’ouverture des données ce dernier parvient à obtenir les informations recherchées sans passer par Bercy. En ce sens, l’Open Data est un puissant levier d’interconnexion entre les ministères et un vecteur de circulation de l’information qui à terme favorise une plus grande efficacité. L’Open Data tend également à décentraliser les initiatives et le stockage d’informations. Le 37 Internet et Politique, Projet collectif de Sciences Po - 2005 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   37  
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    9 octobre 2013,les collectivités de Rennes, PACA, Gironde, Montpellier, Bordeaux, Saône et Loire créent l’association Open Data France, elle rassemble l’ensemble des collectivités à l’initiative de cette création. Ces dernières s'organisent autour de cette association pour avoir une légitimité vis à vis de l'état et leur objectif est de partager leurs réalisations et pratiques et d’aborder l’éventuelle mutualisation de plates-formes techniques en travaillant sur les formats. Grâce à l’Open Data et à son récent élargissement, les acteurs dans les ministères, les administrations et les collectivités deviennent de véritables parties prenantes actives, dans une logique de co-création et de meilleur partage de l’information. Cette logique tend à fluidifier les processus et permet d’identifier et de prévenir les doublons qui peuvent apparaître dans un système plus opaque. Notre interlocuteur à l’ UMP rappelle que « aux Etats-Unis, en 2009, le président Obama demande la mise en ligne des procédures de mise à jour du parc informatique au niveau fédéral. Suite à cette ouverture des données, le constat est frappant : les redondances administratives coûteraient jusqu’à 3 milliards de dollars». Une meilleure visibilité sur les activités des différents organes de l’appareil étatique permettrait non seulement plus d’efficacité mais des économies considérables. Dans un contexte d’austérité budgétaire l’Open Data semble avoir de quoi séduire. L’opportunité d’améliorer la qualité de service Si l’ouverture des données représente une opportunité d’amélioration de la performance interne de l’Etat, elle représente également un moyen d’améliorer la qualité du service rendu aux citoyens et permet d’afficher une plus grande transparence.38 Tandis que dans la relation classique de l’administration avec ses administrés, le rôle du service publique n’était pas questionnable, avec l’Open Data et la tendance à la plus grand transparence, les services rendus peuvent être améliorés en tenant compte des remontées des citoyens et plus largement de la société civile. En effet l’ouverture des données entraine une utilisation des données et une évaluation par les utilisateurs. Les organisations publiques productrices de données vont de plus en plus devoir tenir compte des retours des administrés, sans quoi elles feraient perdre tout le sens de l’ouverture et de la circulation des données. La transparence permet l’évaluation des politiques publiques et améliore la confiance des citoyens dans leurs administrations. Le schéma de gouvernance change dans un contexte numérique qui valorise les échanges et la coopération. Notre interlocuteur interviewé de l’association nantaise LIBERTIC créée fin 2009 afin de promouvoir l’ouverture des données publiques, précise qu’à l’heure actuelle « ne font foi que les données collectées par les agents en interne » et que sans la prise en compte du retours des utilisateurs sur l’ouverture des données « on risque de passer à coté d’un potentiel d’amélioration ». 38 Colloque de la DILA : intervention de M. Camille DOMANGE, Chef du département des programmes numériques du ministère de la Culture et de la Communication Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   38  
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    L’UDI dans soncahier de propositions 39insiste sur cet aspect : « La gouvernance renouvelée par le citoyen, plus qu'utilisateur de services publics, devient co-acteur de ces services publics. La gouvernance de demain n'est plus uniquement ‘’descendante’’ mais aussi plus ‘’ascendante’’ ». L’Open Data favorise la transparence et la co-création avec les citoyens qui sont de puissants leviers de modernisation de l’action publique, toutefois il faudra veiller à un accompagnement des agents notamment pour désamorcer des craintes liées à un contrôle jugé excessif sur la sphère publique. Le mouvement d’ouverture des données aux résultats prometteurs semble s’inscrire dans la durée, et notre interlocuteur interviewé dans la Collectivité Territoriale de Saône et Loire, de préciser « la France est en train « d’inventer l’Open Data » et il faut compter 10 à 15 ans pour son déploiement ». Open Data Améliorati on de l'action publique en interne amélioration de la qualité de service rendue et perçue Figure 21 : dynamique vertueuse de l’Open Data dans la transformation L’obligation de transparence des administrations améliore la confiance des usagers, particulièrement dans un contexte morose à plusieurs égards, teintés parfois de scandales de corruption ou de fraudes aux plus hauts niveaux de l’Etat. Notre interlocuteur interviewé à l’UMP rappelle l’exemple du Québec où des scandales de corruption dans l’attribution de marchés publics ont entrainé un puissant mouvement Open Data40. Le besoin de retrouver de la confiance entraine la transparence et l’Open Data est l’un des outils favorisés par les pouvoirs publics pour tisser ou retisser un lien parfois rompu avec les citoyens. Sur bien des aspects, l’Open Data, qui malheureusement peine à se généraliser dans les administrations, représente un formidable vecteur de modernisation de l’Etat, tant en fluidifiant les mécaniques internes propres à l’appareil étatique, que dans la relation et l’action publique délivrée aux citoyens. Dans un monde numérique où l’ensemble des informations est davantage accessible, l’Etat et ses administrations ne semblent pas pouvoir rester en retrait de ce mouvement d’ouverture. 3.3. ETAT DES LIEUX DE LA LEGISLATION 39 Source : Rapport « - L'Open Data un levier majeur pour moderniser la démocratie, fabriquer de la croissance durable et augmenter nos recettes fiscales », Alain Dolium, 2013 40 http://www.huffingtonpost.ca/2012/11/18/quebec-corruption-scandal_n_2153602.html, By Benjamin Shingler, The Canadian Press, Novembre 2012 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   39  
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    Avant la loi« CADA » (liberté d’accès aux documents administratifs) du 17 janvier 1978, l’Administration française est une institution fermée qui refuse de communiquer tous les documents que les administrés peuvent être amenés à lui demander. Cette loi est donc une petite révolution qui vient instaurer un véritable « droit à l’information ». C’est en ce point qu’on peut considérer que la loi CADA a pu être une première étape dans l’édiction du principe d’ouvertures des données publiques. On peut regretter en revanche qu’il ait fallu ensuite attendre l’édiction de la directive européenne de 2003 et sa transcription en droit interne pour qu’une nouvelle avancée ait lieu. On peut noter une timide avancée avec la circulaire du premier ministre du 14 février 1994, elle est considérée comme un coup d’essai, qui avait le mérite d’identifier clairement les questions auxquelles le droit positif se devait d’apporter des solutions propres à concilier les différents intérêts en présence : ceux, commerciaux, des opérateurs privés et ceux des personnes publiques détentrices des données défendant l’immuable principe d’intérêt général. Il faudra donc attendre la directive européenne du 17 novembre 2003 et sa transposition en droit interne par l’ordonnance n°2005-650 du 6 juin 2005 relative à la liberté d’accès aux documents administratifs et à la réutilisation des informations publiques pour que soit finalement ajouté dans la loi du 17 juillet 1978 des dispositions spécifiques portant notamment sur les conditions de réutilisation des « informations publiques ». Cette ordonnance viendra notamment intégrer dans la loi de 1978 un article 10 venant affirmer que les données publiques peuvent être utilisées librement à des fins commerciales, c’est à dire exploitées par des acteurs privés. Cette liberté de réutilisation est totale à condition de ne pas altérer et dénaturer de leur sens les données publiques et de respecter les dispositions législatives concernant les données à caractère personnel. La circulaire du 26 mai 2011, relative à la création du portail unique des informations publiques de l’Etat « data.gouv.fr » par la mission « Etalab », et l’application des dispositions régissant le droit de réutilisation des informations publiques, réaffirment le principe général de la mise à disposition gratuite du plus grand nombre d’information. La soumission à redevance doit rester l’exception et être « dûment justifiée par des circonstances particulières ». Malgré cette affirmation du principe de gratuité, dans la réalité l’application de ce dernier reste l’exception là où la règle consiste à mettre en place quasi systématiquement des redevances (Rapport Trojette, novembre 2013). Pour le rapporteur, l’application de ces redevances constitue des freins qui « risquent de limiter les démarches en faveur de la transparence et la modernisation de l’action publique et de porter atteinte au développement économique ». En ce qui concerne la protection des données personnelles, certains s’élèvent contre l’Open Data, comme Gaëtan Gorce, Sénateur PS, qui s’alarme des « menaces considérables qu’il représente déjà pour le respect de la vie privée », voire « la perspective d’un fichage généralisé à des fins privées », par « recoupement des données brutes [...] voire avec celles (le Big-Data) dont des entreprises sont déjà en possession ». Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   40  
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    Pour d’autres celareste un « non-sujet » dans la mesure où des textes régissent déjà la protection des données individuelles (Loi informatique et libertés du 6 juin 1978). A ce titre, la CNIL rappelle que « les informations figurant dans des documents produits ou reçus par les administrations, peuvent être utilisées par toute personne qui le souhaite à d’autres fins que celles de la mission de service public pour les besoins de laquelle les documents ont été produits ou reçus » sauf si leur « communication porte atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical et au secret en matière commerciale et industrielle. » La réutilisation est possible dans trois cas : • • • la personne concernée y a consenti, les données ont été anonymisées, une disposition législative ou réglementaire le permet. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   41  
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    4. UN MOUVEMENTD’OUVERTURE ENTRAVE 4.1. LES FAITS EN CONTRADICTION AVEC LES PAROLES 4.1.1. UN GOUVERNEMENT IMPLIQUE, MAIS PAS TROP … L’organisation actuelle d’Etalab laisse penser que le gouvernement n’a pas encore mis le coup d’accélérateur sur le développement de l’Open Data en France. En effet, à date l’équipe Etalab est composée de 8 collaborateurs et dispose d’un budget de 4 millions d’euros, ce qui peut paraître faible pour un projet d’une telle envergure (d’autant plus que les SI historiques ont des formats divers et variés et ne sont pas conçus pour faciliter l’Open Data), mais cela est peut être cohérent eu égard des actions entreprises et de l’ambition actuelle de l’Etat. Notre correspondante Etalab indique que « s’il y avait des moyens financiers, 1 million d’euros de plus, on pourrait explorer une thématique de bout en bout ». Figure 22 : le président Hollande dans l’émission Des paroles et des actes Certes l’Etat ne met pas les moyens suffisants pour l’ascension de l’Open Data, mais nous pouvons imaginer que le frein ne se situe pas là, en comparant notamment avec un pays émergeant comme l’Inde, qui malgré une organisation administrative beaucoup plus complexe et disparate arrive à créer une administration numérique. En plus d’une équipe de taille modeste et d’un budget laissant déduire la limite de l’ambition, nous pouvons noter le choix du rattachement d’Etalab à un secrétariat général (SGMAP) et non pas à un ministère, cela reflète peut-être le manque d’importance accordée à la problématique. Les missions d’Etalab manquent crucialement de structuration, d’objectifs tangibles et de planning. La démarche actuelle repose sur une libération progressive et une assistance auprès des différentes administrations de l’Etat, sans avoir une indication claire sur la cible. Nous pouvons noter qu’il n y a pas de projet global avec une méthodologie commune et organisée. En effet, il n’existe pas de méthodologie projet indiquant les étapes de modernisation de l’Etat, ni de projet commun et centralisé lié à la refonte du système d’information. Ce qui peut paraître absurde car pour moderniser, il faut des données harmonisées et centralisées et une démarche nationale : si l’Inde l’a fait avec autant d’Etats, la France peut le faire. De même au niveau des collectivités locales, chacun a sa méthodologie et l’avancement sur le sujet Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   42  
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    est complètement disparate.Pour exemple la collectivité de Saône et Loire est très avancée tandis que d’autres le sont nettement moins. Une volonté de transparence controversée: l’ouverture certes, mais avec un dispositif verrouillé. En effet, la transparence dérange car elle exige une obligation de résultat et une responsabilisation des citoyens. Dans le domaine de la santé par exemple, une remise en cause de la surconsommation de médicaments et de l’excès de consultations peut avoir des conséquences sur le corps médical. Toujours sur le secteur de la santé, Marisol Touraine affichait cet automne41 l'intention qu'enfin le potentiel inexploité de ces bases de données soit " valorisé, au bénéfice de l'ensemble des acteurs du système de santé ". Au ministère de la Santé, on tempère toutefois. Cette exploitation ne peut être envisagée que " dans un cadre respectueux du secret médical et des règles garantissant l'anonymat. Seules les données non sensibles de ce double point de vue ont vocation à être mises à disposition de la collectivité ". L’ouverture est envisagée, mais pour les données intéressantes cela n’est pas certain. Par exemple pour les données individuelles anonymisées notamment, la ministre de la Santé n'a aucune intention de laisser les acteurs extérieurs à la sphère publique en disposer. A cela s’ajoute la complexité du site data.gouv.fr, c’est « le parcours du combattant » pour télécharger les données et une fois téléchargées, l’interprétation n’est pas si simple. - Un rythme au ralenti, même si sur l’année 2013 il y a eu plusieurs temps forts (feuille de route d’Etalab, directive européenne, G8, création de l’association Open Data France). Aujourd'hui il s’agit d’une démarche incitative, et, même si l’autorité du Premier Ministre reste importante, la mise en œuvre peut être très longue puisqu’il n’y a pas de loi. La chronologie illustre bien le manque d’une démarche plus coercitive: la première directive européenne date de 2003 et le sujet a été lancé à Rennes en 2010, soit 7 ans après. L’adoption d’une loi semble nécessaire (ex : le Brésil qui en a voté une) afin d’accélérer le mouvement de l’Open Data. La démarche incitative n’est pas suffisante. Un projet de loi est d’ailleurs en cours sur la transparence, la question se pose de savoir si l’Open Data y sera inclus. - Déficit de communication, aujourd’hui le sujet reste dans l’ombre et ne fait pas l’objet d’une médiatisation importante. Par exemple, au journal Le Monde personne ne couvrait ce sujet, jusqu’à l’arrivée de Alexandre Léchenet en 2011. Aux yeux de la rédaction, le sujet est considéré comme peu important, par rapport à d’autres sujets, pour les lecteurs du Monde.fr. De fait, il n’y a pas de rubrique dédiée, les publications sont rattachées à des événements autour du sujet, comme la publication d’une circulaire ou une nomination. Pourquoi le gouvernement ne s’appuie-t-il pas sur ce canal pour une « vulgarisation » du sujet ? Une communication régulière et systématique sur le sujet aiderait à la connaissance du sujet et à fortiori à son développement. Le sujet reste méconnu du citoyen. En Saône et Loire, par exemple, le sujet est présent depuis deux ans, mais les citoyens ne le connaissent pas, confie le directeur du projet Open Data en Saône et Loire. 41 LE MONDE du 7 octobre 2013, article non signé Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   43  
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    4.1.2. UN ECOSYSTEMEDEFAILLANT Le développement de la culture de la donnée est un vrai levier pour la transformation de l’administration. Or, les ministères ne manipulent pas les données et donc n’en connaissent pas la valeur. Il y a un manque évident de compétences clés pour la réussite du projet Open Data. Les « Data Scientist », autrement dit des personnes capables de manipuler les données, sont trop peu nombreux. Afin de passer du stade d’idée à la concrétisation de la réutilisation des données, des compétences spécifiques et un dispositif adapté sont nécessaires. Il faut des micros entreprises et non des développeurs isolés. Des start-up se lancent, avec un modèle économique qui reste à démontrer. Aux Etats-Unis, par exemple, dans la mythique Silicon Valley, des milliers de développeurs ont été mandatés sur le sujet. Les citoyens restent absents de l’écosystème. En effet, à date, il n y a pas d’interactions avec le citoyen afin de bâtir un procédé collaboratif. Toute la question est de savoir si le phénomène est volontaire ou non. Voici un exemple d’interactivité avec les citoyens42 : lorsque des allocations sont délivrées par les collectivités pour un objectif bien précis (rentrée scolaire, allocation personnalisée d’autonomie), il n’est pas possible à date de s’assurer qu’elles sont attribuées et coordonnées de façon optimale étant donné qu’il n’est pas possible de s’assurer l’utilisation qui en est faite. La mise en place d’un portail interactif avec les citoyens permettrait de disposer d’information sur leurs utilisations et de suivre également les actions des collectivités. Pour ce faire, l’accompagnement des agents et des citoyens est nécessaire afin de présenter l’intérêt et atténuer les craintes sur la vie privée. 4.2. LA DEFIANCE FRANÇAISE NUMERIQUE, UNE En matière d’Open Data, la France semble sujette à des contradictions. A la fois consciente du potentiel d’innovation économique et sociale, de transparence démocratique et de modernisation de l’action publique, des réticences subsistent et freinent le pays dans un rôle d’acteur dynamique de l’ouverture des données publiques. La France compte parmi les derniers pays à adhérer à la charte internationale : open gov parternship. Cette timidité s’explique en grande partie par un héritage administratif qui privilégie un fonctionnement en vase clos qui sacralise la haute administration et favorise l’opacité organisationnelle. EXCEPTION Défauts d'organisation CULTURELLE Perte de contrôle Manque de transparence Peur de la transparence Figure 23 : les freins à l‘Open Data par peur de transparence 42 Source rapport Institut Montaigne, Gilles BABINET, Février 2013 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   44  
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    La haute administrationfrançaise souffre d’un très faible recrutement en externe. Notre interlocuteur interviewé à l’UMP précise que : « la part des gens issus du secteur privé ou associatif qui font un passage dans la haute administration, de façon contractuelle par exemple, est très faible ». La haute administration est sacralisée dans la mesure où ses portes ne s’ouvrent qu’à l’élite qui a réussi les concours d’entrée. L’uniformisation, souhaitée et entretenue, des hauts fonctionnaires participe à cette sacralisation et dans ce contexte on comprend la culture de l’opacité intrinsèque à ce système organisationnel. Les administrations françaises l’ouverture de leurs données réticentes à Tandis que chaque député européen publie un organigramme de son équipe, en France cette règle n’est pas appliquée. Dans la même veine les parlementaires français refusent de mettre en ligne les données concernant leur patrimoine. Toutefois ces informations sont disponibles sur simple demande à la préfecture. Ces exemples illustrent le décalage entre l’ouverture et la transparence souhaitées dans une économie numérique de développement de l’Open Data, et la réalité de la communication des informations concernant les différentes administrations. Tandis qu’en Suède 70% des fonctionnaires estiment qu’il faut ouvrir les données publiques, ils sont à peine 27% en France. Aux Pays-Bas ils sont 43% à estimer qu’Internet est un canal privilégié d’interaction avec les citoyens contre 17% des fonctionnaires français43. Le niveau hiérarchique importe peu, l’ensemble de l’administration française, à tous les échelons, est frileuse quant à l’ouverture des données et la multiplication des points de contact avec ses administrés. Cette réticence organisée s’explique par une peur de la transparence des administrations. A l’origine de cette crainte, plusieurs facteurs émergent dont un défaut de pédagogie sur l’Open Data. Nombreux sont les fonctionnaires, aux différents échelons, à ne pas savoir ce qu’est le mouvement d’ouverture des données publiques. Notre interlocuteur interviewé d’Etalab, d’ajouter que « il faut développer la culture de la donnée dans les administrations. Les ministères ne manipulent pas les données et donc n’en connaissent pas la valeur. Il y a un vrai déficit de personnes qui savent ce que sont les données et ce que l’on peut en faire ». Sans connaissances sur le sujet, les enjeux sont totalement incompris. La sélection des données et leur partage apparaissent comme des tâches supplémentaires à effectuer sans en saisir la valeur ajoutée. Les informations livrées dans le cadre de l’Open Data sont considérées comme des informations secondaires, peu intéressantes, sans enjeux stratégique ou politique. Notre interlocuteur interviewé au sein de l’association Libertic, constate aussi le manque d’intérêt de certaines données livrées « les données financières, par exemple, ne sont pas très fines, ce sont des agrégations avec perte d’informations ». Le manque d’information, et de communication sur le projet Open Data crée un contexte peu favorable au développement d’une politique dynamique en la matière. Second facteur du manque de transparence : la peur de dévoiler des défauts d’organisation et des doublons. Notre interlocuteur interviewé à l’UMP donne l’exemple du nombre de buralistes en France, pour lui « aujourd’hui il n’y a pas une seule administration française qui a le même chiffre 43 Source Logica et Pierre Audoin Consultants Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   45  
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    pour le nombrede buralistes en France, parce que les administrations n’utilisent pas les mêmes nomenclatures. Un buraliste n’est pas défini de la même manière selon que l’on est au ministère de la santé ou au ministère de l’économie. » Dévoiler les divergences, et parfois les incohérences d’une administration à l’autre, fragiliserait l’ensemble de l’appareil étatique ce qui fait peur aux acteurs publics et qui à terme rend l’ouverture des données publiques difficile. Personne ne souhaite que des failles du système puissent être traduites en incompétence aux yeux de l’ensemble des citoyens, les administrations craignent d’être désavouées. A l’UDI d’ajouter que « En effet les choix des élus et des décideurs seront de plus en plus confrontés à l’esprit critique et constructif du citoyen. On comprend mieux les réticences qui, ici ou là, voient le jour dans les administrations ou parmi certains élus (…) et les données financières ne sont souvent pas encore ouvertes au grand public. »44. Enfin, la transparence fait peur car elle suppose la perte d’une certaine forme de contrôle et une ingérence mal vécue par les administrations. Notre interlocuteur interviewé à l’Etalab confie la réaction de l’inspecteur des finances lorsque Etalab demande l’ouverture des données : « attendez, on va vérifier que les calculs sont bons ». Les administrations voient l’ouverture de leurs données comme une mise à nu de leur activité et de leur expertise, doublé d’un jugement potentiel dans la mesure où elles ne connaissent pas bien les acteurs de l’Open Data et les finalités. L’administration française fonctionne dans une culture du cloisonnement, le partage que suppose l’ouverture va à l’encontre des principes fondateurs du fonctionnement de la sphère publique. Citons l’exemple du journaliste au quotidien Le Monde, qui après de nombreuses relances, a obtenu des données sur la répartition des chômeurs par conseiller chez Pôle Emploi45. Les chiffres ont montré une disparité importante du nombre de chômeurs dans le portefeuille des conseillers selon les régions et a été repris dans plusieurs médias. 4.3. LES DIFFICULTES JURIDIQUES : SONT-ELLES DES PRETEXTES POUR NE PAS FAIRE ? La multiplication des licences L’ouverture des données ne peut se faire qu’avec une licence de réutilisation qui précise les droits et les devoirs associés à la consultation et à la réutilisation des données. Or, en France, avant le lancement de la licence d’Etalab en octobre 201146, il n’y avait aucune licence de référence. Ce qui a obligé les administrations locales a utilisé les licences disponibles qu’elles trouvaient les plus adaptées. 44 Source : Rapport « UDI- L'Open Data un levier majeur pour moderniser la démocratie, fabriquer de la croissance durable et augmenter nos recettes fiscales » 45 http://www.lemonde.fr/emploi/visuel/2013/09/21/quel-portefeuille-pour-les-conseillers-dans-votre-agence-poleemploi_3482107_1698637.html, article non signé 46 http://www.data.gouv.fr/Licence-Ouverte-Open-Licence, Etalab Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   46  
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    Aujourd’hui il ya donc une diversité de licences appliquées sur le territoire français en matière de réutilisation des données publiques. Cette diversité pourrait nuire à l’interopérabilité des données et limiter ainsi l’efficacité des initiatives d’Open Data. Selon notre interlocuteur interviewé à l’association Libertic: « Le concepteur d’application ne peut pas lire 10 pages de conditions d’applications juridiques.» Il convient donc qu’une licence standard de référence soit mise en place pour réduire la complexité juridique qui existe actuellement. Figure 24 : La licence de l’Etalab La protection des données personnelles Le législateur a catégorisé le « détournement de finalité », et l’exprime de la façon suivante: Il s’agit alors d’une infraction visée à l’article 226-21 du Code pénal prévoyant que « Le fait, par toute personne détentrice de données à caractère personnel à l’occasion de leur enregistrement, de leur classement, de leur transmission ou de toute autre forme de traitement, de détourner ces informations de leur finalité telle que définie par la disposition législative, l’acte réglementaire ou la décision de la Commission nationale de l’informatique et des libertés autorisant le traitement automatisé, ou par les déclarations préalables à la mise en oeuvre de ce traitement, est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 300 000 Euros d’amende. » La CNIL est un des maillons clés du dispositif étatique pour protéger les données personnelles et les actions suivantes sont promues par cet organisme: • • • • Privilégier le « privacy by design » Multiplier la désignation de CIL (Correspondant Informatique et Libertés) au sein d’entités publiques, notamment pour bénéficier de certains outils pratiques proposés par la CNIL. Labelliser une méthodologie de formation des CIL effectuée par d’autres organismes (exemple par le label CNIL délivré pour la formation proposée par le cabinet www.hsc.fr). Mise en place d’une démarche de labélisation par la CNIL à venir sur des produits, Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   47  
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    Analyse d’un casparticulier : une adresse IP est-elle une donnée personnelle ? L’article de 2 de la loi Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, modifiée Modifié par Loi n°2004-801 du 6 août 2004 - art. 1 JORF 7 août 2004 précise : « Constitue une donnée à caractère personnel toute information relative à une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement, par référence à un numéro d'identification ou à un ou plusieurs éléments qui lui sont propres. Pour déterminer si une personne est identifiable, il convient de considérer l'ensemble des moyens en vue de permettre son identification dont dispose ou auxquels peut avoir accès le responsable du traitement ou toute autre personne. » La question posée est donc simple, mais la réponse l’est moins comme le montre l’analyse de l’avocat Thiébaut Devergranne47 : tout dépend de l’architecture de l’accès à internet donc la réponse relève de l’analyse au cas par cas. De façon générale, le risque mentionné par la CNIL sur ce sujet lors de l’interview réside davantage dans la mise en ligne dans le futur de données complémentaires qui permettraient in fine de résoudre des indéterminations actuelles sur l’identification de l’internaute final. On conclue donc que le principe de précaution doit être mis en œuvre avec une anonymisation des adresses IP si de rares fichiers en contenant devaient être mis en ligne dans un Open Data. 47 http://www.donneespersonnelles.fr/adresse-ip-est-elle-donnee-personnelle, Thiébaut Devergranne, novembre 2011 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   48  
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    4.4. LES DIFFICULTESTECHNIQUES : QU’EN EST-IL REELLEMENT ? Les éléments techniques présents dans ce paragraphe ont été établis notamment grâce aux interviews d’un haut fonctionnaire au Conseil d’Etat, de l’interlocuteur chez OpenDataSoft, et des informations disponibles sur le site de cette entreprise. La démarche suivie pour traiter le sujet est la suivante: on évalue les stratégies gouvernementales au regard des freins techniques exprimés. En effet, pour être efficace, une stratégie d'influence sur un grand projet se bâtit et s'adapte en fonction des difficultés, notamment techniques, que les acteurs du projet vont rencontrer. La méthode visée dans cette section du rapport est donc de procéder en trois temps comme le montre le schéma cicontre. Démarche Open Data Risques Leviers d'influence •  Le plan directeur technique d'un projet Open Data: les questions à se poser •  Identification des risques, occurences, et impacts •  Que peuvent faire les gouvernements pour faciliter la gestion des risques Figure 25 : la démarche d’analyse technique 4.4.1. LES ETAPES PRINCIPALES POUR METTRE TECHNIQUEMENT EN ŒUVRE UN OPEN DATA Afin d’identifier les freins issus des difficultés techniques et les leviers de résolution associés, il est nécessaire de se mettre « dans la peau » d’un directeur de projet Open Data et de suivre les étapes de ce qui pourrait être son plan directeur : 1. Schéma fonctionnel 2. Processus et traitements à mettre en place 3. Choix de l'architecture et du sourcing 4. Risques, occurences et impacts Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   49  
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    Figure 26 :les étapes d’un plan directeur Open Data 1. Etablissement d’un schéma fonctionnel d’exposition des données : on liste ici les questions sur les aspects fonctionnels de ce que l’Open Data doit apporter. ! quelles sont les données primaires dont on dispose (fichiers, base de données, API, Web services) et quelle est leur fiabilité ? ! quelles sont les données que l’on souhaite exposer (granularité, précision) ? ! sous quelle forme souhaite-t-on exposer les données (cartes, fichiers, flux XML, API, graphiques..) ? ! comment les données seront-elles accessibles: librement, avec login/password, abonnement, licences, avec des limitations de trafic ? ! quelle stratégie d’indexation implémenter sur les données ouvertes ? ! quels feedbacks souhaités sur l’utilisation des données ? (publication des niveaux de réutilisation, moyen pour avoir un retour par exemple via mail, formulaire web) ? ! quels niveaux de qualité des données exposées ? Publication d’un Service Level Agreement (SLA) avec par exemple le niveau de qualité défini, mesuré et publié; l’historique des incidents; des opérations de maintenance prévisionnelles; fourniture d’un contact en cas de problèmes; notification en cas de changement de format, calendrier de mise à jour des données primaires = date du dernier rafraîchissement ou du prochain rafraîchissement. 2. En fonction des objectifs définis, identifier les processus et traitements à mettre en place : ! normalisation en entrée du processus: simplification des post-traitements via une migration d’un format propriétaire vers une structure de métadonnée normalisée, avec par exemple des tags d’anonymisation pour qualifier la donnée, changement des libellés des données (ex Dépenses en € et non Dep €, date, format de nombre) ! identification du besoin d’anonymisation: quelles sont les données personnelles à anonymiser dans les données brutes ? ! masquage ou effacement de données sensibles non publiables (sur des données sensibles financières ou commerciales notamment) ! enrichissement et calculs supplémentaires avec d’autres données internes ou externes, période de rafraîchissement,...) ! formatage en sortie du processus pour exposer un format de fichier normalisé (ex format de fichier ouvert GPX pour la géolocalisation, GTFS, ...) et documenté; publication d’une API (dans ce cas c’est le format de la requête et le format de réponse qui sont concernés). 3. Choix d’une architecture: les points clés à considérer pour faire le bon choix Plusieurs approches antagonistes sont possibles que l’on résume dans les schémas ci-dessous, selon les délais, les coûts et la qualité recherchée pour la mise en œuvre d’un Open Data: Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   50  
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    Qualité de service requisepour la disponibilité des données Mise à disposition de fichiers bruts, sans couche de présentation, sans SLA Intérêt pour l’entreprise de la mise à disposition des données Coeur de métier: développements internes Type d’hébergement Mise en oeuvre d’une couche service avec valeur ajoutée: SLA, anonymisation, formatage, API Solution "Turn Key" on the shelve Hébergement interne Hébergement externe via Cloud => scalable par définition et avec des coûts proportionnels Figure 27 : les décisions d’architecture pour la mise en œuvre d’un Open Data 4. Identification des risques Certaines occurrences associées aux difficultés techniques ont été identifiées lors des interviews. Les risques sont classés en deux catégories, en fonction de leurs spécificités à l’Open Data, ou si leur nature est générique à tout projet d’IT. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   51  
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    Risques spécifiques àl’Open Data, en phase de conception : Maîtrise de l’infrastructure informatique: où sont les données ? Connaissance approximative de l’existant avec le répérage des serveurs hébergeant les données, qui peuvent être multi-fichiers, multi-requêtes et donc hébergées sur plusieurs bases de données sur des serveurs différents, voire sur des sites différents =>Risque sur les délais Besoin de mise en place de dispositifs d’extraction Importation de librairies adhoc pour écrire des requêtes, licences supplémentaires sur la BDD => Compétences additionnelles pouvant être nécessaires en gestion de base de données Identification des besoins et moyens d'anonymisation des données- environ 20% des cas 49 Risque de dénonciation à la CNIL, responsabilité pénale Incompatibilité des équipements avec des interfaces externes (Web services) Risque: besoin de renouvellement des matériels et logiciels pour être compatible avec les standards du marché Identification des règles de corrélation avec d'autres données internes ou externes Les données de corrélation peuvent être externes, ce qui induit une complexité supplémentaire 49 Figure 28 : les risques techniques de conception d’un Open data 49 Estimation conjointe par nos interlocuteurs Libertic et OpenDataSoft Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   52  
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    Risques spécifiques àl’Open Data en phase d’exploitation : Evolution fréquente et non notifiée des interfaces et du format des données Ces évènements sont de nature à rendre indisponibles les services qui utilisent des données dynamiques en Open Data 50 Difficulté à prévoir le trafic En cas d'ouverture grand public, la prévision de trafic est aléatoire et les impacts sur la qualité de service peuvent être importants => besoin d’une surveillance pour détecter des progressions rapides du trafic Besoin de mise en place d’une exploitation pour suivre la qualité de service Missions: notification avec e-mailing, historique des disponibilités & maintenance programmées sur le site=> risque sur l’augmentation des coûts, sans connaissance des clients (si en accès libre) et sans revenus additionnels ! 50 Figure 29 : les risques sur l’exploitation d’un service Open Data Selon OpenDataSoft, « les technologies du Web permettent déjà de mettre en œuvre un Open Data, le frein est davantage dans la démarche ». On peut citer le verbatim de la responsable Information et voyageur et relation client à la Direction des services transiliens de la SNCF51 : Figure 30 : verbatim les risques des données temps réel 50 51 Indisponibilité du service d’information sur les horaires des transports Nantais (Source Libertic) Rapport Bluenove : Open Data : quels enjeux et opportunités pour l’entreprise ? 2011 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   53  
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    Risques liés àla composante informatique du projet - non spécifiques à l’Open Data, identifiés par ordre chronologique. ! Risques sur l’ouverture des infrastructures informatiques : l’Open Data porte bien son nom et l’accès depuis Internet à des ressources nécessite des règles d’ingénieries précises. ! Besoin de respecter les directives de l’ANSSI (agence nationale de la sécurité des SI) => étude de conformité préalable et appel à des sociétés d'audit, et ressources associées52 ! Difficultés dans l’identification des flux à ouvrir dans les équipements de sécurité IP: Firewall, règles ACL dans les routeurs ou les load balancer, proxy, reverse proxy; mise à jour des référentiels, définition de noms de domaines exclusifs pour l’accès depuis l’extérieur avec création de certificats pour les flux en https…. ! Administration des mots de passe, des VPN (certificats), des licences pour l’accès aux serveurs de données: risque sur les coûts 4.4.2. LES LEVIERS D’INFLUENCE : QUI SONT LES METIERS CONCERNES ? Les risques étant caractérisés, la question suivante est de savoir quels sont les leviers d’influence dont dispose un gouvernement pour les maîtriser ou pour en minimiser les impacts ? Les métiers techniques concernés par la gestion des risques ci-dessus sont les suivants : start up web master architectes IT database manager responsable IT des mairies & collectivités Développeurs éditeurs logiciels TPE/ PME Société d'audit de sécurité Figure 31 : les métiers concernés par les problématiques techniques de l’Open Data 52 http://www.ssi.gouv.fr/IMG/pdf/RGS_PC-Type_Confidentialite_V2-3.pdf, services du Premier Ministre, Février 2010 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   54  
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    4.4.3. ORGANISER L’INFLUENCE Onregroupe les actions associées à la gestion des risques en 4 catégories. 1. Faciliter les échanges d'information 2. Promouvoir l'Open Data 3. Financer explicitement l'Open Data 4. Développer la recherche et le partage du savoir Figure 32 : les actions pour palier aux risques 1. Faciliter les échanges d’information sur les aspects techniques : où comment les responsables gouvernementaux peuvent dynamiser les échanges avec les interlocuteurs publics (DSI des administrations, ) et privés (startup, associations ...) sur l’Open Data. ! réaliser des ateliers techniques pour permettre les échanges avec les acteurs, dont les agences de sécurité étatiques, quand elles existent. En France, c’est l’ANSSI qui apporte une recommandation par l’intermédiaire des référentiels généraux de sécurité (RGS) et d’interopérabilité (RGI), qui sont exigés pour tout téléservice public (contenu informationnel accessible en ligne). Les préconisations de ces référentiels rejoignent les recommandations et outils de la CNIL en matière d’approche de la sécurité des données personnelles. En ce sens, 2 guides pratiques ont été publiés livrant une méthodologie d’analyse des risques « vie privée » et un catalogue de mesures. ! créer un salon professionnel de l’Open Data ou introduire la thématique dans des salons avec une thématique proche (cf celui sur le Big Data d’octobre 2013) ! mettre à disposition un forum d'échange technique dédié sur les bonnes pratiques avec des thématiques précises (anonymisation, indexation, …). Ce rôle est porté en France notamment par l’association OpenDataFrance 53 et en Grande Bretagne par l’Open Knowledge Foundation. ! référencer les liens vers les sites étrangers sur le site WEB de l’organisme. Le site http://www.data.gouv.fr comporte en bas de page un lien vers les Open Data étrangers. 53 Open Data France : http://opendatafrance.net/inf/ et http://opendatafrance.net/les-ateliers/ Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   55  
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    2. Promouvoir l’OpenData : donner de la visibilité ! être présent sur les salons professionnels de l’IT où viennent les DSI des organismes publics et les collectivités, ! mettre en rapport des start-up avec des investisseurs de type capital risque, ! faire connaître les sociétés apportant des solutions innovantes sur les difficultés spécifiques à l'Open Data (ex : anonymisation des données) ! Avoir une démarche marketing orientée clients sur les problèmes techniques, commander un sondage auprès des DSI des administrations et des collectivités pour identifier les freins à la mise en oeuvre de l’Open Data (i.e. appliquer une démarche marketing d’analyse du marché avec des enquêtes qualitatives et quantitatives). ! Organiser le Buzz : faire écrire des articles de presse par des journalistes sur le sujet dans la presse spécialisés IT et régionale, faire BUZZ diffuser par l’organisme en charge de la Mktg coordination une “news letter” où l’on mentionne les défis techniques (déjà fait par Visibilité l’Etalab en France, Libertic). Promouvoir l'Open Data Figure 33 : les leviers de la promotion de l’Open Data 3. Financer explicitement l’Open Data ! créer une dynamique d'échange avec les industriels de l'IT pour estimer la taille du marché des solutions techniques et susciter des développements de solutions logicielles industrielles, ! donner des incitations fiscales pour les start-up travaillant sur le secteur, ! apporter un soutien logistique et financier Taille du aux associations qui animent la communauté de marché l’Open Data, ! primer financièrement dans les concours Concours Fiscalité d'innovation les entreprises les plus innovantes en terme d'apport de solutions et de technologies sur les problèmes techniques, budgets ! Négocier avec le SGMAP des enveloppes soutien dédiés associations budgétaires dédiées à l’Open Data Figure 34 : le financement de l’Open Data Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   56  
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    4. Développer larecherche et la transmission du savoir Influence Formations Etudes Livres Brevets Figure 35 : influer sur la recherche et le savoir ! mettre en place des formations spécifiques avec les autres ministères: éducation nationale, établissement d’études supérieures (universités, IUT, écoles d’ingénieurs, ...). On pense notamment au métier en devenir de datascientist.54. Figure 36 : Illustration du métier Data Scientist ! susciter des sujets d’études techniques, voire de projets de recherche (thèses…) ou de projet de fin d’étude dans les écoles d’ingénieurs et universités (exemple: comment transformer en méta data une base de connaissance au format Excel ?). En France, la CNIL travaille avec l’INRIA sur des projets de recherche pour l'anonymisation, et ce pour éviter des conflits d'intérêt avec d’éventuels partenaires privés. ! rencontrer des éditeurs de la presse spécialisée (Eyrolles, Dunod, …) pour faire écrire un livre actualisé sur l’Open Data (à date il n’y en a qu’une seule référence sur Amazon.fr: l'Open Data : Comprendre l'ouverture des données publique, de Simon Chignard). Un des commentaires des acheteurs est d’ailleurs de faire écrire un livre plus détaillé sur le sujet… ! favoriser la propriété industrielle comme les dépôts de brevet sur des problématiques techniques de l’Open Data, en faisant connaître les brevets existants sur l’Open Data et ce en association avec les organismes nationaux de propriété industrielle. De façon générale, en France, Etalab, avec l’aide des associations en place a déjà lancé ou mis en place beaucoup de chantiers pour lever les freins techniques, mais les initiatives peinent à se mettre en place faute de moyens financiers, et d’une réelle perception par l’ensemble des acteurs des enjeux économiques. 54 http://fr.wikipedia.org/wiki/Science_des_données Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   57  
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    5. LES ENJEUXECONOMIQUES DE L’OPEN DATA 5.1. QUELS AVANTAGES POUR L’EUROPE ? L’utilisation des données ouvertes est un enjeu économique fort, à court terme pour le développement du numérique, et à long terme pour la croissance, l’emploi et le développement des secteurs stratégiques de l’économie. Une étude réalisée pour le compte de la Commission Européenne estimait le marché total de l’information du secteur public en 2008 dans l’UE à 28 milliards d’euros55. Selon cette étude, les avantages économiques globaux liés à une plus grande ouverture des informations du secteur public représenteraient environ 40 milliards d’euros par an pour l’UE. Pour l’ensemble de l’économie de l’UE, le total des gains économiques directs et indirects découlant de l’utilisation des ISP (Internet Service Provider) et des applications fondées sur ces données serait de l’ordre de 140 milliards d’euros par an.56 L’évolution vers l’ouverture des données se poursuit dans de nombreux Etats membres. Ces derniers adoptent le concept de réutilisation pour des raisons de transparence, d’efficacité administrative et de potentiel économique. Ils soutiennent l’idée d’administration ouverte en engageant des actions législatives et en prenant des mesures pratiques comme la production de données dans des formats lisibles par machine et la création des portails. Le Royaume-Uni a créé le portail data.gov.uk57, qui regroupe les données d’organismes publics à tous les niveaux de l’administration. D’autres Etats membres mettent en place des portails similaires, c’est le cas de la France avec Etalab et le portail data.gouv.fr.58 Il existe aussi des portails au niveau régional tels que les dadesobertes.gencat.cat59 en Catalogne (Espagne) et dati.piemonte.it60 en Piémont (Italie). Néanmoins, les niveaux d’initiative et de sensibilisation aux questions d’ouverture des données publiques sont inégaux parmi les Etats membres. Il y a un risque que l’Europe passe à coté des grandes possibilités économiques offertes par les données ouvertes, et prenne du retard sur d’autres pays du monde où les politiques d’ouverture des données publiques sont bien établies. 5.2. UN OUTIL STRATEGIQUE POUR L’ECONOMIE FRANÇAISE 55 Communication de la Commission au Parlement Européen, au Conseil, au Comité Economique et Social Européen et au Comité des Régions. COM/2011 /0882 final * /. Review of recent studies on PSI re-use and related market developments, G. Vickery, août 2011. 57 http://data.gov.uk   58 http://www.data.gouv.fr 59 http://www20.gencat.cat/portal/site/dadesobertes 60 http://www.dati.piemonte.it 56 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   58  
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    L’ouverture des donnéespubliques permet à des entrepreneurs, des chercheurs, des développeurs d’accéder aux données collectées dans le cadre du fonctionnement des administrations. En les réutilisant, ils inventent de nouveaux usages et peuvent créer de nouvelles applications utiles aux citoyens. Cette coproduction de services au public peut constituer la base d’une nouvelle relation numérique de l’administration à l’usager, et d’un fonctionnement plus efficace de la puissance publique. Un accès plus large aux données publiques peut contribuer à renforcer la confiance des consommateurs, et donc la stabilité de notre économie. Des conditions de réutilisation plus libres encourageraient l’innovation et pourraient contribuer au développement de l’économie numérique : les nouveaux services et applications mobiles, qui en bénéficieraient particulièrement, connaissent actuellement une très forte croissance. L’économie numérique est un facteur clé de croissance économique et de création d’emplois. L’économie numérique représente 3,7% du PIB (72 milliards d’euros) et en représentera 5,5% d’ici 201561. Il représente d’ores et déjà 1,15 millions d’emplois. Il a permis la création nette de 700 000 emplois en France et en créera 450 000 supplémentaires d’ici 2015. L’accès aux données publiques pourrait faciliter le développement durable en permettant aux consommateurs de faire des choix mieux informés. Enfin, la réutilisation des données publiques constitue un élément de soutien aux objectifs stratégiques d’investissement d’avenir pour l’économie française, de la société numérique aux villes de demain, aux transports intelligents, en passant par l’encouragement de la recherche scientifique et de l’innovation. Le cas de l’assurance maladie Le SNIIRAM est le Système National d’Information Intertégimes d’Assurance Maladie. Le SNIIRAM est une base de données nationale à vocation médico-sanitaire. Elle regroupe des données sur les patients (âge, sexe, notion de CMU-C, diagnostic de l’ALD,...), sur la consommation des soins en ville, sur la consommation de soins en établissement, sur les pathologies traitées. L’inspecteur général des affaires sociales, Pierre-Louis Bras, a remis le jeudi 13 octobre à la ministre de la santé Marisol Touraine un rapport sur « La gouvernance et l’utilisation des données de santé »62. Selon le rapport, les bénéfices potentiels que l’on peut attendre d’un accès au SNIIRAM sont d’ordre : • Démocratique : les données lors qu’elles sont accessibles et mises en forme peuvent alimenter le débat public sur la santé. Par exemple : les données peuvent servir à documenter les inégalités territoriales de recours aux soins et les pratiques de dépassement. Ces données 61 UDI-L’Open Data un levier majeur pour moderniser la démocratie, fabriquer de la croissance durable et augmenter nos recettes fiscales, Alain Dolium, 2013 http://www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport-donnees-de-sante-2013.pdf, Pierre Louis BRAS, Septembre 2013 62 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   59  
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    peuvent aussi participerà la transparence de l’action publique en permettant une évaluation des résultats des politiques mises en œuvre. • Sanitaire : les données représentent indiscutablement un outil au potentiel extrêmement fort dans les domaines de la pharmaco-épidémiologie et de l’évaluation post-AMM63. Au delà de la vigilance-sécurité, les données peuvent servir de support à des études de santé publique comme par exemple, évaluations des états de santé, de facteurs de risque, des inégalités de santé. • Economique : le premier gain économique que l’on peut attendre est de délivrer des soins sans danger pour les patients et de qualité qui sera certainement la meilleure manière de maîtriser les dépenses de santé. Un deuxième gain est la documentation des décisions sur l’organisation de notre système de soins. Les pouvoirs publics continuent d’afficher leur volonté de transparence en matière de données de santé. Tout le monde s’interroge aujourd’hui sur l’intérêt que présentent ces données, notamment celles collectées par la Caisse nationale d’Assurance Maladie (CNAMTS) lors de la télétransmission des feuilles de soins électronique. Par contre, l’accès à ces données reste pour le moment réservé à l’administration qui n’en fait pas grand chose et laisse ainsi perdurer des dysfonctionnements majeurs64. Exemple parmi d’autres, la surconsommation de médicaments, dont l’impact financier se chiffre chaque année en milliards d’euros. De façon certaine, le lobby de l’industrie du médicament ne milite pas non plus pour l’Open Data de la santé ! Le Ministère de la Santé veut bien ouvrir l’accès, mais seulement aux données qui présentent peu d’intérêt. Celles dont l’utilisation permettrait d’envisager de réelles avancées dans la gestion de notre système de santé, les données individuelles anonymes notamment, la Ministre de la Santé n’a aucune intention de laisser les acteurs extérieurs à la sphère publique en disposer. 5.3. L’OPEN DATA, UNE STRATEGIE BUSINESS DANS LE SECTEUR PRIVE A ce jour, en France l’essentiel du mouvement d’ouverture des données concerne le secteur public. Par contre, c’est au monde de l’entreprise à s’intéresser à ce mouvement. Le monde des affaires commence à s’interroger pour savoir s’il pourrait tirer un intérêt de l’ouverture des données. Le partage des données est-il un levier d’innovation pour l’entreprise ? Le partage des données avec les utilisateurs, les clients, les consommateurs peut-il créer de nouvelles opportunités commerciales? Les bénéfices cités précédemment pour les institutions publiques sont les mêmes pour les entreprises privées, l’ouverture du système d’information permet d’accroitre les échanges et la valeur ajoutée du cœur de métier. L’Open Data est une excellente occasion de mettre en lumière l’intérêt 63 Evaluation post-AMM : Phase effectuée par le laboratoire qui commercialise le médicament, elle permet de surveiller, dans des conditions réelles d’utilisation, que le médicament est bien efficace, et qu’il ne provoque pas de pathologies non détectées pendant la phases précédentes des essaies cliniques. 64 http://www.argusdelassurance.com/acteurs/donnees-de-sante-sniiram-ouvre-toi.61715, Laure Viel, mars 2013 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   60  
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    d’une ouverture dusystème d’information vers l’extérieur permettant le développement d’un écosystème. Par contre, il faut considérer que la décision de l’entreprise de s’inscrire dans ce mouvement d’ouverture est donc principalement liée à l’analyse d’opportunités en des termes commerciaux, d’image ou d’innovation. 5.4. L’OUVERTURE ET D’APPLICATIONS UTILISATION DES DONNEES : EXEMPLES   Alors que le mouvement d’ouverture et de réutilisation des données publiques, depuis l’origine, était clair sur les données potentiellement partageables, le monde de l’entreprise semble se poser plus de questions sur la nature des données à partager. De quelles données parle-t-on ? Quelles données pour quelle réutilisation? Des données de transparence sur les activités de l’entreprise ? Des données issues de la chaîne de production ? Quelles sont les motivations des entreprises à libérer des données ? Les données publiques ne représentent qu’une partie de données qui composent l’écosystème des échanges de données. L’ouverture de données doit se faire sur les données du cœur de métier et non sur les fonctions supports. Les données du cœur de métier sont celles qui ont le plus de valeur. 5.4.1. OPENDATASOFT, UNE START-UP INNOVANTE QUI REND FACILE LA REUTILISATION DES DONNEES.   Opendatasoft 65 est une société sur le marché du Data-Driven Software (DDS) créée en 2011. Elle permet aux entreprises de réutiliser toutes données à partir de n’importe quelles sources et formats, sans aucune limite de volumétrie. « L’Open Data est, avant tout, une nouvelle façon de voir la gouvernance de l’information et des données. Nous ne pouvons imaginer le système d’information autrement qu’à travers un système étendu en dehors de l’entreprise. Faire de l’Open Data et du Big Data, c’est à la fois se concentrer sur la valeur de Big Data produit par l’entreprise elle même, mais aussi les données hexogènes qui viennent de l’écosystème naturel et des partenaires de l’entreprise »66 Jean-Marc Lazard, Fondateur de Opendatasoft. « L’innovation de Opendatasoft repose sur deux piliers : d’une part l’innovation technologique, qui réside dans l’exploitation des ressources et des calculs qui sont sur le Cloud. Nous avons une capacité à calculer et mobiliser des ressources importantes à la demande, ce qui permet donc aux 65 66 http://www.opendatasoft.com http://vimeo.com/53431850 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   61  
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    clients de disposerde ses ressources à la demande. D’autre part l’innovation d’usage qui permet à nos clients d’imaginer la gestion des données d’une manière différente en croisant les données endogènes et les données hexogènes et en le transformant ensemble en nouveaux services » 67 JeanMarc Lazard, Fondateur de Opendatasoft. Opendatasoft est une plateforme qui a réinventé le data management dans trois domaines : • Préparation des données : collecte, extraction et normalisation des données.     Figure 37 : infographie source Opendatasoft.com • Réutilisation des données : publication dans des formats standards, data visualisation interactives, API complète et sécurisée.     Figure 38 : infographie Opendatasoft.com : la cartographie • Exploitation des services : Technologies Big Data sur le Cloud, monitoring des API, reporting des consommations.   67 http://vimeo.com/53431850   Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   62  
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      Figure 39 :infographie Opendatasoft.com Opendatasoft travaille aujourd’hui dans le domaine smart-city avec de nouveaux services comme les villes intelligentes, la décongestion de service de transport, l’optimisation de la consommation énergétique, etc. Ces thématiques concernent à la fois les données publiques et aussi les opérateurs de services qui eux fournissent la donnée d’exploitation. Les principaux clients de Opendatasoft sont Veolia environnement, Groupe La Poste et Mairie de Paris. L’objectif commun pour tous les acteurs est toujours de proposer des services innovants pour le consommateur et les citoyens, grâce à l’utilisation des données qui sont produites en permanence. Quelques exemples de travaux réalisés par Opendatasoft : 1. Kelquartier.com68 : site qui donne gratuitement accès à toutes les informations dont vous avez besoin sur un quartier : données liées à l’immobilier, habitants, environnement, éducation, commerces et établissements, politique, santé et sécurité.   68 http://kelquartier.com Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   63  
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        Figure 40: vue d’écran Kelquartier.com   2. Fédération Nationale des Bistrots de Pays : Gestion collaborative avec les membres de sa base de données et la réutilisation sans contrainte des données sur tout type de support comme widgets cartographiques interactifs, sites web, blogs, applications mobiles, bornes interactives. 3. RATP : la solution Opendatasoft a permis d’automatiser la transformation de ses fichiers horaires Trident AMIVIF en des fichiers GTFS, et produire un accès aux données sous formes d’API. 4. Région Ile de France : la création du portail Open Data. La solution Opendatasoft a permis aussi bien la préparation et gestion des jeux de données produits par la collectivité et les organismes associés, que la publication des données sous forme d’API, téléchargement et datavisualisations interactives. Lors de l’interview, OpenDataSoft nous a indiqué facturer annuellement une prestation de 8 k€ à la Région Ile de France -avec les niveaux de consultation à date - pour cette prestation, ce qui permet d’avoir un ordre de Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   64  
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    grandeur et montrerque le coût est modéré avec cette architecture et n’est donc pas un frein. 5.4.2. DATAVEYES, UNE START-UP INTERACTIVES DE DONNEES. INNOVANTE DE VISUALISATIONS   Dans un contexte de data-déluge au quotidien, quelque soit le public concerné, celui-ci attend désormais de la transparence et de la clarté pour accorder sa confiance. Ni les journalistes, ni les sources traditionnelles d’information n’ont aujourd’hui les moyens de rendre lisibles les flux de données qui impactent notre quotidien. Dataveyes69 a été créé il y a 3 ans pour bâtir des produits de visualisation qui comblent le gap entre l’abstraction des données et les besoins du public. Sa méthode est centrée sur l’expérience utilisateur, en regardant comment les utilisateurs s’approprient l’information et comment ils l’utilisent.       Nous présentons un exemple de visualisation à partir des données. Dataveyes a mis en relation la proximité musicale et la proximité géographique dans les salles de concert à Paris. L’utilisateur souhaite connaître la proximité des salles de concert à Paris par type de musique, en un coup d’œil et d’une manière très rapide il visualise toutes les salles qui programment des concerts rock et la proximité entre elles.   69 http://dataveyes.com Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   65  
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      Figure 41 :vue d’écran : Dataveyes.com Quelques projets emmenés par Dataveyes : 1. Métropole Rennes70. Conception et réalisation d’une interface de visualisation destinée à faire un portrait des habitants de Rennes Métropole à partir de données ouvertes. Le citoyen a la possibilité de zoomer sur plusieurs paramètres comme le sexe, l’âge, l’activité, la localité, etc. pour arriver à la donnée précise.   Figure 42 : vue d’écran application Dataveyes 70 http://dataviz.rennesmetropole.fr/quisommesnous/index-fr.php Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   66  
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      Figure 43 :vue d’écran Site Rennesmetropole.com     Figure 44 : vue d’écran site Rennesmetropole.com     2. Arte71 Conception et réalisation d’une visualisation interactive destinée à accompagner la série de documentaires « I love democracy » diffusée par Arte. En quelques clics nous pouvons accéder aux données de différent pays. 71 http://ilovedemocracy.arte.tv/fr/ Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   67  
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        Figure 45: vue site ilovedemocracy.com   5.5. LES OPPORTUNITES DE L’OUVERTURE DES DONNEES.   Face à ce mouvement d’ouverture de données, selon l’étude Bluenove-BVA 72 , les responsables de grandes entreprises semblent convaincus de l’intérêt à ouvrir leurs données en particulier dans les domaines environnementaux (40%), techniques (37%), opérationnels (26%) et marketing & communication (26%). Seuls 4% déclarent ne pas être prêts à partager des données internes avec un tiers.   72 http://www.bluenove.com/publications/revue-de-presse/le-livre-blanc-de-bluenove-sur-lopen-data-plebiscite-dans-les-medias/   Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   68  
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      Figure 46 :les principales données qui seraient réutilisées par une entreprise, source : Etude Bluenove-BVA Cette volonté d’ouvrir les données de l’entreprise s’inscrit principalement, dans une stratégie d’innovation. 63% pensent pouvoir améliorer la satisfaction client avec l’ouverture des données. 62% des entreprises interrogés pensent que l’ouverture de leurs données leur apporterait des bénéfices forts pour développer un écosystème de partenaires innovants. 60% considèrent que l’ouverture de leurs données les aiderait à accélérer le développement de produits et services innovants. L’image est aussi un des grands enjeux de l’ouverture des données. L’entreprise qui donne accès à certaines de ses données expose ainsi une image d’ouverture et de coopération. Dans le secteur privé, l’Open Data peut servir de clé d’entrée pour ouvrir de nouvelles passerelles, tenter de nouvelles expériences au service de collaborations fructueuses, innovantes et potentiellement créatrices de revenus durables. Par exemple, GrDF, filiale du Groupe GDF SUEZ, a retenu OpenDataSoft pour mener un projet innovant de gestion et d'accès collaboratifs à des données métiers de l'entreprise. Une architecture de type Open Data a été mise en oeuvre pour permettre un accès rapide et simple à leurs Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   69  
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    données en interne,et ce pour éviter des développements lourds et coûteux sur le SI décisionnel (DWH) 73 Le tableau ci-dessous montre les principaux bénéfices attendus par l’ouverture des données et de la réutilisation des données pour l’entreprise.     Figure 47 : les bénéfices attendus de l’ouverture des données (Source Etude Bluenove-BVA) Mais l’ouverture des données par l’entreprise est souvent freinée par la méconnaissance du concept Open Data. 47% des responsables d’entreprises interrogés disent connaître l’Open Data, et seulement 12% disent le connaître très bien. A cette méconnaissance, nous pouvons ajouter la difficulté à évaluer les enjeux de la démarche. Un dernier frein est le manque de notoriété de 73 http://www.opendatasoft.com/fr/references/ Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   70  
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    l’ouverture des données.Ces trois paramètres laissent les entreprises dubitatives sur les investissements en matière d’ouverture des données. Le tableau ci-dessous présente les principaux obstacles à l’ouverture des données pour les entreprises.   Figure 48 : les principaux obstacles d’un projet Open Data pour une entreprise - Source : Etude Bluenove-BVA A ce jour, il y a encore beaucoup de questions complexes en termes d’investissement et d’impacts sur l’activité de l’entreprise auxquelles il lui faudra répondre avant de s’engager dans l’ouverture des données. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   71  
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    5.6. LE ROLEDE GOOGLE, EN TANT QU’ACTEUR PRIVE Il nous a paru important de réserver un chapitre sur le rôle que Google joue sur l’Open Data dans ce rapport, pour montrer les leviers d’influence dont dispose Google sur l’Open Data, vis à vis des agences nationales Open Data, la réciproque étant moins vraie… 5.6.1. INDEXATION DES DONNEES AVEC LE MOTEUR DE RECHERCHE Compte tenu de la part de marché du moteur de recherche de Google dans le monde (94%) 74, le réflexe de l’internaute reste d’utiliser ce moteur pour trouver les informations qu’il recherche, dès lors que les sites Open Data autorisent les moteurs de recherche à indexer leurs pages. Notre interlocuteur à la CNIL nous a indiqué que cet organisme prône dans ses bonnes pratiques « la lutte contre l’indexation sauvage par Google : • • • • le moteur de recherche interne doit être accessible avec authentification préalable », empêcher le référencement des pages, insérer des données sous format image, ne pas permettre de lire certaines métadonnées. Les données des sites Open Data sont-elles indexées par Google ? Ce choix – que l’on suppose conscient et volontaire – n’est pas anodin et relève d’un choix stratégique d’ouverture des données. 1. La théorie : le fonctionnement de l’internet précise que tout propriétaire de site peut interdire la découverte des pages, et donc des données en paramétrant le fichier robots.txt qui doit être placé sur la racine du site WEB. Le fichier robots.txt est en effet un fichier texte utilisé pour le référencement naturel des sites web, contenant des commandes à destination des robots d'indexation des moteurs de recherche, afin de leur préciser les pages qui peuvent ou ne peuvent pas être indexées. Ainsi tout moteur de recherche commence l'exploration d'un site web en cherchant le fichier robots.txt à la racine du site. 2. La pratique : recherche simultanée de mots clés sur Google et via le moteur de recherche du site • 74 En France avec les mots « maladie personnel militaire »: si on cherche sur le portail data.gouv.fr via le moteur du site, on trouve le document, et la même recherche avec les mêmes mots clés sur Google référence aussi le document dans la première page. http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/parts-de-marche-des-moteurs-de-recherche-en-france.shtml, mai 2013 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   72  
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    Figure 49 :résultats comparés des recherches sur www.data.gouv.fr et Google • En Grande Bretagne: pour une recherche sur le site open.data.uk avec le mot clé « military deaths », la requête du mot clé complet sur www.google.uk permet de trouver le document. Figure 50 : résultat recherche « military death » sur open.data.uk • Aux US : le test avec la recherche avec le mot clé « military death » est aussi concluant : le fichier qui est trouvé sur le site américain est aussi identifié par le moteur de recherche. Figure 51 : résultats comparés des recherches sur www.data.gov Ceci est confirmé par l’analyse des consignes données au robot Googlebot de Google, qui peut indexer les pages, dont l’analyse détaillée est en annexe du rapport. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   73  
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    On ne retrouvepas de mire d’authentifications ou de captcha illustrés ci-dessous dans les portails: Figure 52 : exemple de captcha et de mire d’authentification Conclusion : Le comparatif réalisé le 19 novembre 2013 ne montre pas de différences importantes, confirmées par les tests de recherche. Seul le site américain renseigne dans le fichier robots.txt la structure du site. Le tableau comparatif technique est porté en annexe du rapport. 5.6.2. LE SERVICE DE STOCKAGE ET DE PRESENTATION DES DONNEES PUBLIQUES DE GOOGLE Google offre à la communauté internet un service de présentation des données publiques appelé Public Data. Ce service 75 est proposé par Google pour permettre à l'utilisateur de visualiser des données de la Banque mondiale, de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), Eurostat (office statistique de l'Union européenne) et plus généralement les données des agences publiques et organisations afin d'afficher des graphiques pour suivre des tendances. 75 http://www.generation-nt.com/google-public-data-explorer-donnees-statistiques-dspl-actualite-1163151.html, Jérome G, Février 2011 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   74  
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    Figure 53 :le service Public Data de Google L’apport principal de l’outil est de présenter l’évolution des données sous une forme dynamique en faisant varier l’échelle de temps. L’importation de données nécessite d’être dans le format Dataset Plublishing Language ( DSPL ) qui est un nouveau format de données basé sur XML qui fournit une interface pour mettre en ligne ses propres données ou méta données. Figure 54 : comment importer un contenu sur le service public data de Google (vue de la vidéo Youtube explicative http://www.youtube.com/watch?v=AM6w_tUlIn4) du service Public Data : Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   75  
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    Le choix duformat des données produites pour être exposées sur les Open Data influe donc sur leur compatibilité avec le service Public Data de Google, qui pourrait s’imposer dans le futur et de venir l’Open Data mondial…A ce jour, nous n’avons pas noté d’intentions de la part des Etats de déposer sur le site de Google ces données. 5.6.3. LE CAS DE LA START-UP FRANCAISE DATAREPUBLICA Le directeur régional EMEA (Europe, Middle East and Africa) de Google siège au conseil stratégique de la start-up Française DataRepublica 76 , ce qui lui permet de disposer des informations et d’influer très probablement sur sa stratégie, voire de la racheter au cas où….L’Etat français est sans doute étranger à cet état de fait, mais comme pour le rachat de Dailymotion par l’Américain Yahoo qui a été bloqué par le gouvernement, on peut supposer que le gouvernement ne restera pas indifférent à une prise de participation plus importante de la part de Google, ou un rachat complet. Figure 55 : la fiche de M. Guillaume Bacuvier, membre du conseil stratégique (source : site Data Republica) 5.7. LE CAS D’ORANGE FRANCE 5.7.1. ENJEUX ET PERSPECTIVES. « Comment les opérateurs se préparent à l’Open Data ? Pour eux c’est une révolution. Les données sont nombreuses, il faut les collecter, les stocker, les indexer pour les rendre accessibles, les éditer pour que d’autres puissent y accéder. Ensuite il faut utiliser des algorithmes très sophistiqués permettant d’extraire l’information à partir de ces données et les interpréter de manière efficace à des coûts maîtrisés. Pour traiter ce grand nombre de données, nous devons utiliser des structures performantes comme le Cloud, dans lequel un groupe comme Orange est un acteur très important. « Cette high-technologie nous permet de traiter une grande quantité de données avec de coûts raisonnables. » Nicolas Demassieux, Directeur Recherche & Stratégie Orange.77 76 http://www.data-publica.com/content/company/ 77 http://www.orange-innovation.tv/fr/webtv/cloud/pro/open-data Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   76  
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    Figure 56 :Open Data, enjeux et perspectives dans les télécommunications (Source Orange Labs) A l’occasion du « Show hello ! 2013 » le 7 novembre 2013, Stéphane Richard, PDG d’Orange a réaffirmé son ambition forte en matière d’Open Data innovation : l’Open Data et des données personnelles.78 Pour l’opérateur, les problématiques sont de deux ordres : leur exploitation dans le cadre du Big Data et leur protection pour les utilisateurs. Dans le premier cas, Orange entend croiser les données spatio-temporelles de ses clients - une fois rendues anonymes - avec celles fournies par l’administration dans le cadre de l’Open Data afin de développer services et analyses de terrain en temps réel. C’est déjà le cas à Marseille où Orange croise les données mobiles avec le réseau de transports en commun de la citée phocéenne pour modéliser, en temps réel, les flux de voyageurs. Concernant la protection des données, on peut imaginer le potentiel commercial que la mise en application de ces données collectées pourrait présenter en direction des différents secteurs privés. Stéphane Richard a rappelé que « le modèle économique d’Orange repose sur la protection et la sécurité des données de nos clients à travers des services payants ». Orange entend donc s’inscrire comme « opérateur de confiance ». « La protection des données est fondamentale, c’est un sujet de plus en plus sensible. On peut garantir à nos clients la sécurisation de leurs données et cela mérite un engagement solennel ». 78 http://www.silicon.fr/orange-se-preoccupe-donnees-personnelles-90640.html, Christophe Lagane, Novembre 2013 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   77  
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    En matière dedonnées personnelles, l’e-santé est un domaine tellement sensible que le projet du dossier médical personnel (DMP)79 n’est toujours pas une réalité des années après son lancement. Cela n’empêche pas Orange d’investir le secteur. Dans ce cadre, l’opérateur propose un service d’authentification et de consultation confidentielle des dossiers médicaux, en situation de mobilité depuis n’importe quel terminal connecté. Le système d’accès au dossier du patient repose sur un lien sécurisé entre la carte SIM du terminal mobile et la carte d’identité professionnel du médecin (carte CPS en France). En test au CHU de Clermont-Ferrand, le service devrait être commercialisé en fin d’année en France et vise une sortie mondiale à terme. 5.7.2. UN EXEMPLE CONCRET PROPOSE PAR ORANGE POUR 80 COMPRENDRE L’OPEN DATA : « OU HABITEZ-VOUS VRAIMENT ? ». Cette application vise à mettre en relation la perception qu’ont les citoyens de leur territoire (ville et département) avec la réalité fournie par les données publiques. Le but est de montrer au citoyen l’intérêt d’ouvrir les données publiques : améliorer la connaissance de sont territoire est une première étape, qui peut par exemple aider à choisir son lieu de vie ou à s’engager dans la vie locale. A travers 16 questions, telles que « Pensez-vous que le nombre de médecins généralistes soit plus important dans votre ville par rapport à la moyenne nationale ? », « Pensez-vous que les revenus nets soient plus importants dans votre ville par rapport à la moyenne nationale ? ». L’internaute va pouvoir tester ses connaissances, il pourra découvrir les décalages existants entre sa perception et la réalité issue des données publiques. Figure 57 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -1 79 80 http://www.dmp.gouv.fr http://ouhabitezvousvraiment.fing.org/ou-habitez-vous-vraiment/ Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   78  
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    Figure 58 :vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -2 Figure 59 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -3 Figure 60 : vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -4 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   79  
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    Figure 61 :vue d’écran Application « Où habitez vous vraiment ? » -5 Les résultats de ce test, recueillis par les chercheurs du laboratoire de Sciences Humaines et Sociales d’Orange, permettront de mener une première analyse sur les effets de la mise à disposition des données publiques et identifier les questions sur lesquelles le décalage entre perception et information chiffrée est la plus forte. Les résultats seront diffusés sur le site, quand le seuil statistique suffisant sera atteint. 5.7.3. L’EXPERIMENTATION : « EMPREINTE DE MOUVEMENT » Conçue par une équipe de designers et chercheurs d’Orange, « Empreint de mouvement »81 aborde la géolocalisation sous un angle nouveau. Vos déplacements ne sont plus seulement des données numériques mais deviennent de véritables cartes 3D. Le relief, plus ou mois important, de chaque carte met en évidence le temps passé sur un territoire défini et pendant une période donnée. Figure 62 : site « empreinte.orange.com » -1 81 http://empreinte.orange.com Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   80  
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    Figure 63 :site « empreinte.orange.com » -2&3 Si vous êtes détenteur d’un abonnement mobile Orange, vous pourrez vous inscrire sur le site empreinte.orange.com et demander à enregistrer vos déplacements. Un fois l’enregistrement terminé, vous pourrez découvrir et acheter votre empreinte de mouvement réalisé en impression 3D. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   81  
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    6. CONCLUSION Le mouvementde l’Open Data se développe dans tous les continents et avance avec un rythme différent selon les pays. Selon nos observations, ce rythme n’est pas forcément en lien avec le niveau de développement des pays. Néanmoins, nous notons que les précurseurs sont les pays anglo-saxons qui sont favorisés par une culture de transparence supérieure à celle de la France, ainsi que par un écosystème plus riche, composé de compétences adaptées en exploitation et manipulation des données, de datajournalistes et de citoyens plus informés et intéressés par le sujet. Dans ces pays, on remarque également une transparence et une implication de l’Etat supérieures à celles observées en France, ce qui est un facteur supplémentaire pour le développement de l’Open Data. L’action européenne ne constitue pas réellement un moteur pour le développement de l’Open Data en France, la dernière directive votée est en effet assez ouverte et laisse une adaptation possible à chaque état. De plus, la France ne profite pas de l’aide financière proposée dont l’obtention est compliquée et longue. Dans ce paysage global, la France qui orchestre pour l’instant le projet de façon contrôlée devrait passer outre ses craintes (le citoyen prend le pouvoir) et accélérer le déploiement pour booster l’économie, en complément de l’amélioration de l’efficacité de son administration. Sur le premier challenge qui consiste à ouvrir la majorité des données publiques pour favoriser la transparence et le développement économique, la France devrait sensibiliser et communiquer sur les apports de cette libération des données, et insister sur la démarche gagnant-gagnant pour obtenir l’adhésion des administrations et passer le cap du lancement. Cette étape n’est d’ailleurs pas la plus complexe en terme de mise en oeuvre car les techniques actuelles du WEB sont suffisantes pour exposer des données. Cependant, ce mode de fonctionnement en rupture exige un effort très important en conduite du changement, d’où la nécessité d’un accompagnement fort auprès des administrations, auquel il faut ajouter le besoin de recruter ou former des compétences sachant manipuler les données (les data scientists). L’ouverture des données, si elle n’est pas accompagnée de structuration, d’organisation des données et de création de métadonnées, perd son intérêt et son exploitation sera limitée. Sur ce point, Etalab a commencé à prendre conscience comme confié par notre interlocuteur « nous allons arrêter la course à l’échalote et publier des séries de données qui ont du sens et non pas des jeux de données morcelés ». Au vu des enjeux et de la taille du projet, il est important que le gouvernement donne plus de leviers et de pouvoirs à Etalab, car pour le moment, il s’agit d’un coordinateur et facilitateur pour la mise en ligne des données, sans objectifs forts ni autorité envers les administrations. La feuille de route n’est pas suffisamment étoffée et elle manque de précision. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   82  
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    A date, lamission d’Etalab est focalisée sur le support et la coordination auprès de l’administration. L’accompagnement des collectivités ne fait pas partie de leur priorités, bien que celles-ci soient à l’initiative du mouvement en France, comme par exemple la Collectivité de Saône et Loire qui souhaite développer le tourisme avec son Open Data. Afin de compléter les actions auprès des administrations et des collectivités locales, l’Etat a également un rôle à jouer auprès des citoyens afin de créer un mouvement collaboratif. Il nous semble important de communiquer d’avantage et d’utiliser la presse et les associations comme relais auprès des citoyens. Enfin, à l’image des autres pays étrangers, la France gagnerait à renforcer le cadre juridique de l’Open Data avec une loi plus exigeante envers les parties-prenantes pour garantir son développement. Le deuxième challenge du gouvernement réside dans l’optimisation des services de l’Etat et n’est certainement pas le plus simple. Ce volet nécessite des efforts financiers en plus de la conduite du changement. En effet, il s’agit de créer un système ou socle homogène et commun pour l’ensemble de l’administration, ce qui impliquera sans doute une adaptation du système d’information actuel. Cela nous semble beaucoup plus lent à mettre en oeuvre et compte tenu du rythme de la libération des données, il peut y avoir d’autres priorités et changements de gouvernements avant que celui-ci ne voit le jour. La France a donc plusieurs challenges pour arriver à un Open Data utile aux citoyens. La culture de non transparence et le mode de fonctionnement bureaucratique cloisonné de notre pays n’aide pas à activer le mouvement, même si en 2013, nous notons plusieurs temps forts, qui montrent tout de même une inflexion. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, il nous paraît important de lever la tête, de prendre l’Eurostar, l’avion ou plus simplement son navigateur internet pour aller chercher les bonnes idées chez nos voisins et partenaires. Au delà des différences culturelles et juridiques, la stratégie d’influence du gouvernement sur l’Open Data en sera d’autant plus légitime et efficace ! Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   83  
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    7. REFERENCE DESSOURCES 7.1. PERSONNES INTERVIEWEES Cette section a été masquée pour respecter l’anonymat des personnes interviewées Nota Bene : - Nous n’avons pas pu réaliser l’interview avec l’interlocuteur au sein du Parlement européen, malgré maintes relances et une promesse de leur part pour l’obtention d’un rendez-vous, - L’INSEE nous a déclaré le manque de prise en compte du sujet au sein des équipes et cet organisme nous a conseillé de contacter d’autres interlocuteurs ( !). 7.2. LISTE DES EVENEMENTS AUXQUELS LES AUTEURS ONT PARTICIPE ! Colloque DILA 17 et 18 juin 2013 : Le droit et la gouvernance des données publiques et privées à l’ère du numérique. DILA, et Amphithéâtre université Panthéon-Sorbonne (http://www.imodev.org/imodevcolloquedila2013/index.html) ! Concours Data Connexion, organisé par l’Etalab, lundi 24 juin 2013, centre de conférence Microsoft, Issy Les Moulineaux ! Salon du Big Data, 16 et 17 octobre 2013 7.3. REFERENCES DES TEXTES LEGISLATIFS ! Textes officiels en Europe : • Directive 2003/98/CE du 17 novembre concernant la réutilisation des informations du secteur public ; • Directive 2013/37/UE du parlement européen et du conseil du 26 juin 2013 modifiant la directive 2003/98/CE concernant la réutilisation des informations du secteur public ! Textes officiels en France : • • • Ordonnance n°2005-650 du 6 juin 2005 (qui transpose la directive européenne de 2003) relative à la liberté d’accès aux documents administratifs et à la réutilisation des informations publiques ; Le décret n°2011-194 du 21 février 2011 qui est à l’origine de la création d’un portail unique des données publiques : data.gouv.fr Le décret 2011-577 du 26 mai 2011 relatif à la réutilisation des informations publiques Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   84  
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    • • • détenues par l’Etatet les EPA (question de la tarification) A venir : la transposition de La Directive du 26 juin 2013 doit être transposée au plus tard en juillet 2015 article 226-21 du Code pénal : peines relatives au détournement de finalité Art 3 de la loi Informatique et Liberté : obligations du responsable de traitement ! Textes officiels en Grande Bretagne • Freedom of Information Act, 2000. ! Textes officiels aux Etats-Unis • FOIA de 1966 : http://uspolitics.about.com/od/usgovernment/a/foia.htm • The Federal Funding Accountability and Transparency Act (FFATA) of 2006: • Guidance on Data Submission under the Federal Funding Accountability and Transparency Act (FFATA) ! Textes officiels en Inde • Right to information, 2005. http://rti.gov.in/rti-act.pdf • E-governance plan- http://india.gov.in/e-governance/national-e-governance-plan, 2006, formulated by the Department of Electronics and Information Technology (DEITY) and Department of Administrative Reforms and Public Grievances (DARPG) • National Data Sharing and Accessibility Policy, Indian Ministery of Science and Technology, Mars 2012 ! Textes officiels en Afrique du Sud • Le Protection Of Personal Information (POPI) : http://www.justice.gov.za/legislation/bills/B9-2009_ProtectionofPersonalInformation.pdf ! Jurisprudence et communications • • • • • • Jurisprudence sur les infractions sur l'exposition de données personnelles (CNIL, CADA, etc...) Diffusion des données publiques Fasc. 2700 Jurisclasseur Communication. (doc. 88 pages), Mathieu Gaudemat, Avocat au barreau de Paris, 31 décembre 2009 Mise à jour le 1er novembre 2011 Communication de la commission au parlement européen, au conseil, au comité économique et social européen et au comité des régions. L’ouverture des données publiques : un moteur pour l’innovation, la croissance et une gouvernance transparente 12 décembre 2011 Avis du Comité économique et social européen sur le thème Renforcer la culture numérique, les compétences numériques et l’insertion numérique (avis exploratoire) 29 octobre 2011 Question écrite n°5128 Ministère du redressement productif – Propositions pour un « New Deal » numérique JO Sénat du 7 mars 2013, Gérard Cornu (UMP) Communication commerce électronique n°1, Janvier 2013, alerte 2, Discours du 1er ministre à l’occasion de sa rencontre avec les acteurs français et internationaux de Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   85  
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    • • • • • • • • • • • • • • • • • • • l’économie numérique, Janvier2013, communication commerce électronique Circulaire du 26 mai 2011 relative à la création du portail unique des informations publiques de l’Etat « data.gouv.fr » par la mission « Etalab » et l’application des dispositions régissant le droit de réutilisation des informations publiques Semaine juridique Administrations et Collectivités territoriales n°24, 10 juin 2013, act. 504 Semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°27, 1er juillet 2013, act. 584, « Le Parlement Européen marque une avancée modérée vers l’open Data » AJDA 2013 p.301, « Réutilisation commerciale d’archives départementales : nouvelle décision, nouvelle étape» Semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°16, 15 avril 2013, act. 358, « La réutilisation des données publiques numérique du secteur culturel» Question écrite n°631 vers le ministère de l’Economie et des Finances, M. Lionel Tardy, député de Haute-Savoie, UMP, JO 15 janvier 2013 Question écrite n°4508 Ministère des affaires sociales et de la santé Pétition « Open Data : Libérez nos données de santé », M. Marcel Rainaud, JO 7 février 2013 Semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°23, 11 juin 2012, act. 402, Semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°23, 11 juin 2012, act. 402 Le Conseil national du numérique publie ses recommandations sur l’Open Data Semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°24, 10 juin 2013, act. 502 Le Gouvernement compte-t-il renforcer la politique d’Open Data», Réponse ministérielle n°18109 : JOAN Q 28 mai 2013, p. 5484 Droit administratif n°8, Aout 2011, repère 8 « La réutilisation des données publiques », Jean Bernard Auby "AJDA 2013 p. 708, « Les projets de loi de décentralisation en conseil des ministres» Marie-Christine de Montecler AJ Collectivités territoriales 2011 p. 391, « La réutilisation des données publiques : bases de données et Open Data » , Antoine Chéron, Avocat au barreau de Paris et de Bruxelles AJ Collectivités territoriales 2013 P. 123, Open Data et valorisation du patrimoine immatériel, Antoine Chéron, Avocat au barreau de Paris et de Bruxelles La semaine juridique Administrations et collectivités territoriales n°38, 16 septembre 2013, 2260. L'open Data : universalité du principe et diversité des expériences Daniel Bourcier, Centre d'études et de recherche en sciences administratives et politiques, CNRS, Université Paris II Assemblée nationale Question écrite 640, Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, question de Lionel Tardy Député Haute-Savoie, groupe UMP Europe: directive européenne sur l'Open Data du 13/6/2013 = communiqué de presse: http://www.europarl.europa.eu/pdfs/news/public/story/20130610STO11409/20130610ST O11409_fr.pdf et http://eurlex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2013:175:FULL:FR:PDF pages 1 à 10 Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   86  
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    7.4. BIBLIOGRAPHIE (LIVRES,RAPPORTS, LIVRES BLANCS) ! Livres : L'Open Data : Comprendre l'ouverture des données publiques, Simon CHIGNARD, Fyp Editions mars 2012, 191 pages. ! Livre blanc : Novembre 2011, Une initiative de bluenove, en partenariat avec SNCF, Le Groupe La Poste, SUEZ ENVIRONNEMENT, Groupe POULT sur la base de l’étude bluenove – BVA. Open Data : quels enjeux et opportunités pour l’entreprise ? http://www.bluenove.com/bluenove/wp-content/plugins/email-beforedownload/download.php?dl=6a4c329ea3460b77fb9a8fff3b8987ff, 66 pages ! Rapports : • Juillet 2011 : rapport d'étude Telecom Paris Tech :« Pour une politique ambitieuse des données publiques : Les données publiques au service de l’innovation et de la transparence » , Rapport à la Délégation aux usages de l’Internet, remis au Ministre de l’Industrie,de l’Energie et de l’Economie numérique le 13 juillet 2011 ; http://www.scribd.com/fullscreen/59939293, 116 pages • Février 2013, Institut Montaigne, « Pour un new deal Numérique », Gilles BABINET, 60 pages • 25 Janvier 2013, pré-rapport de la commission européenne du député européen Jan Philipp Albrecht sur le renforcement de la protection des données personnelles : 230 pages • 18 March 2013, Rapport Gartner : Moving Toward Data-Centric Government Analyst(s): Andrea Di Maio – document non consultable en ligne – source interne Orange, 7 pages • Octobre 2013, rapport de Mc Kinsey: unlocking innovation and performance with liquid information http://www.mckinsey.com/~/media/McKinsey/dotcom/Insights/Business Technology/Open data Unlocking innovation and performance with liquid information/MGI_Open_data_Full_report_Oct_2013.ashx ; 116 pages • Juin 2013, rapport licence professionnelle de Melle Laurence RUMEAU, Management des ressources numériques, « Open Data : Développer la culture de la donnée ouverte au sein de la Communauté Urbaine de Toulouse Métropole. http://fr.slideshare.net/libertic/rapport-open-data-laurence-rumeau, 43 pages • La charte signée au G8 : https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/207772/Op en_Data_Charter.pdf, 10 pages • Septembre 2013 : La feuille de route du Gouvernement en matière d’ouverture et de partage des données publiques. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   87  
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    http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers_joints/donnees-publiques.pdf, 5 pages • Septembre 2013: rapport Claudy Lebreton, Président du Conseil général des Côtes d’Armor et président de l’Assemblée des départements de France, « Les territoires numériques de la France de demain » http://www.strategie.gouv.fr/blog/wp-content/uploads/2013/09/Territoires-et-numériqueRapport-Lebreton.pdf, 177 pages • October 22th Internet Gouvernement Forum summit 2013, Bali, http://fr.slideshare.net/ccAustralia/igf-internet-governance-22-october-2013 (NDLR: Romain Lacombe, Secretariat général pour la Modernisation de l’action publique, Premier ministre, from FRANCE Government had also been scheduled for teleconferencing, but unfortunately due to technical obstacles he could not do the teleconference), 16 pages • Novembre 2013 : rapport de Mohammed Adnène TROJETTE, Magistrat à la Cour des Comptes au Premier Ministre. L’ouverture des données publiques : Les exceptions au principe de gratuité sont-elles toutes légitimes? http://www.gouvernement.fr/presse/remise-du-rapport-trojette-sur-l-ouverture-desdonnees-publiques, 121 pages. • Novembre 2013 : Charte du G8 pour l’ouverture des données publiques, Premier Ministre, http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers_joints/plan-actionfrance_version_francaise.pdf, 43 pages (NDLR : mise en ligne donc 4 mois après le sommet !) • Novembre 2013 : Document interne de l’UDI : L’Open Data un levier majeur pour moderniser la démocratie, fabriquer de la croissance durable et augmenter nos recettes fiscales – Alain Dolium ! Présentations & Séminaires • L’exploitation des données publiques dans le cadre du BIG DATA – DEPREZ GUIGNOT ASSOCIES, société d’avocat, 15/11/2013 7.5. LIENS ET REFERENCES ! Les liens des institutions gouvernementales : • Direction de l’information Légale et Administrative (DILA) : www.dila.premierministre.gouv.fr. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   88  
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    • Secrétariat Général pourla Modernisation de l’Action Publique www.modernisation.gouv.fr/sgmap (SGMAP) : • Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA): www.cada.fr • CNIL :www.cnil.fr • Etalab : www.etalab.gouv.fr • Direction Interministérielle des Systèmes d’Information et Communication DISIC http://www.modernisation.gouv.fr/le-sgmap/organisation/la-disic • Légifrance : http://www.legifrance.gouv.fr • Plateforme française d'ouverture des données publiques (Open Data) : www.data.gouv.fr • Agence nationale de sécurité des systèmes d’information : http://www.ssi.gouv.fr ! Acteurs privés en France sur l’Open Data • OpenDataSoft : www.opendatasoft.fr • DataRepublica : http://www.data-publica.com • Dataveyes : :Dataveyes.com • Talend (anonymisation de données) : :www.Talend.com ! Aux Etats-Unis • Opendatasocrata : http://opendata.socrata.com ! Associations Françaises • Libertic (association nantaise de loi 1901, indépendante et non-partisane, créée en décembre 2009): http://libertic.wordpress.com • OpenData France (L’association Open Data France, créée le 9 octobre 2013 à Toulouse a vocation à fédérer l'ensemble des acteurs engagés dans un projet de Partage des Données Publiques en France.) http://opendatafrance.net • Site info guerre (site indépendant d’information et de réflexion) : article de M. Christian HARBULOT sur le site http://www.infoguerre.fr/edito/edito-droit-citoyen-disposerinformation-personnelle/ ! Les sites sur l’Open Data à l’étranger • Europe : http://open-data.europa.eu. En mode Béta et décliné en 23 langues ! • Etats-Unis : o The Freedom of Information Act (FOIA) is a law that gives you the right to access information from the federal government : http://www.foia.gov o Le site officiel de l’Open Data http://www.data.gov Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   89  
  • 91.
    • • • Royaume Uni o Lesite officiel de l’Open Data http://data.gov.uk o Open Knowledge Foundation (The Open Knowledge Foundation is a non-profit organisation founded in 2004 and dedicated to promoting Open Data …): http://okfn.org Inde : o Le site officiel de l’Open Data lancé le 8 Août 2013 : http://data.gov.in Afrique : o Le site Open Data de la Banque Africaine du Développement : The African Development Bank Group (AfDB) is committed to supporting statistical development in Africa as a sound basis for designing and managing effective development policies for reducing poverty on the continent). http://opendataforafrica.org, o Le site du groupe de la Banque Africaine du Développement : http://www.afdb.org/fr/knowledge/statistics/open-data-for-africa/ o Le site officiel d’hébergement des données : http://africaopendata.org ! Références bibliographiques sur l’Open Data aux Etats-Unis et en Grande Bretagne • • • • • • • • Arthur, C. & Cross, M. (2006). Give us back our crown jewels. Guardian, March 9, 2006, http://www.guardian.co.uk/technology/2006/mar/09/education.epublic. Arthur, C. (2008). Are the Show Us A Better Way winners safe from Ordnance Survey? November 12, 2008, http://www.guardian.co.uk/technology/blog/2008/nov/12/ordnancesurvey-google-maps-copyright. Centre for Technology Policy Research (2010). Open Government, Some next steps for the UK, London: Centre for Technology Policy Research. Chief Secretary to the Treasury (2009). Putting the Frontline First: Smarter Government, London: HMGovernment. Newbery, B. Bently, L. & Pollock, R. (2008). Models of Public Sector Information Provision via Trading Funds, London: BERR and HM Treasury. Reynolds, M. (2009). Open government or ‘Transparency Theater? Msnbc, July 24, 2009, http://www.msnbc.msn.com/id/32128642/ns/politics-cq_politics/. The White House. (2009). Memorandum for the Heads of Executive Departments and Agencies, Transparency and Open Government, Washington: OMB. U.S. Department of State. (2010). Open Government Plan, Washington: U.S. Department of State. ! Les vidéos sur l’Open Data (sélection) • L’Open Data à la loupe : le Spot de présentation de la démarche d'ouverture des données numériques publiques, initié par LiberTIC, soutenu par Nantes Métropole et réalisé par A2B Production en licence Art Libre.a vidéo de l’association Libertic. http://youtu.be/aHxv_2BMJfw • Harvard Business School : Open Data vs. Privacy and Community Change. Panel discussion with researchers and activists to discuss how governments and corporations use data about your community ? Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   90  
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    • • • http://youtu.be/h8C2WGNYSgA Lift conference video: 15 mars 2012. Open Data: How We Got Here and Where We're Going by Rufus Pollock. http://youtu.be/6cRtbA_d4RI TED 30 octobre 2012: Sanjay Pradhan: How Open Data is changing international aid. http://youtu.be/zG21nyJNB_A Journée de rencontre nationale - 31 janvier 2013 « OpenData & Citoyen : les réponses de la médiation numérique » organisée par ARSENIC PACA avec le soutien de la région Provence Alpes Côte d'Azur : intervention de Valérie PEUGEOT: http://www.youtube.com/watch?v=obGqmlEQwjs ! Comptes Twitter (sélection) • @opendataParis (exemple de tweet : localisez à tous moment tous les kiosques à journaux à Paris, MAJ des data sets sur les marchés de la Ville et du département de Paris • @Etalab : véritable forum d’échange sur l’Open Data (plusieurs tweets et messages pas jour en mode public envoyés par la communauté). • @Open Gov : Official twitter account of the White house Open Government Initiative. 1 tweet tous les 5 jours environ avec beaucoup de retweet des autres sites sur l’Open Data américain. Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   91  
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    8. ANNEXES 8.1. METHODOLOGIEPOUR LA PRODUCTION DU RAPPORT La méthodologie suivante a été suivie pour la recherche d’informations, l’orientation des recherches et la validation du sujet avec M. HARBULOT. 1. Rédaction personnelle individuelle par chacun des membres du groupe de la compréhension du sujet, puis mise en commun. 2. Rédaction de la compréhension du sujet pour validation 3. Proposition d’un plan de recherche sous excel avec deux onglets: thèmes et problématiques, sources d’information et attribution des interviews aux membres du groupe. 4. Interviews réalisées en binome, avec CR diffusé au groupe 5. Proposition d’un plan du rapport (macro) pour validation 6. Proposition d’un plan du rapport détaillé pour validation 7. Répartition de la rédaction entre les membres de l’équipe, puis consolidation par le rapporteur. 8.2. GOOGLE TRENDS : EVOLUTION DES AUDIENCES DU MOT CLE OPEN DATA Figure 64 : vue Google Trends mot Open Data 8.3. L’ANALYSE DES CONSIGNES D’INDEXATION PAR LES ROBOTS La balise Disallow indique que les pages sous la racine ne sont pas autorisées pour l’indexation. Site Français Site UK Site US Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   92  
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    data.gouv.fr/robots.txt data.gov.uk/robots.txt (l’URL de navigation estla même) User-agent: * => selon l’analyse du site http://www.dcs.ed.ac.uk/cgi/sxw/parserobots.pl No restrictions. The robots.txt file does not contain any valid Disallow lines, and so places no restrictions on robots ?site=data.gouv.fr,=> http://catalog.data.gov/robots.txt https://explore.data.gov/robots.txt (les deux sites de navigation qui exposent le catalogue de l’Open Data US) User-agent: * Crawl-delay: 10 # Directories Disallow: /qa/link_checker Disallow: /data/resource_cache/ Disallow: /includes/ Disallow: /misc/ Disallow: /modules/ Disallow: /profiles/ Disallow: /scripts/ Disallow: /themes/ # Files Disallow: /CHANGELOG.txt Disallow: /cron.php Disallow: /INSTALL.mysql.txt Disallow: /INSTALL.pgsql.txt Disallow: /install.php Disallow: /INSTALL.txt Disallow: /LICENSE.txt Disallow: /MAINTAINERS.txt Disallow: /update.php Disallow: /UPGRADE.txt Disallow: /xmlrpc.php # Paths (clean URLs) Disallow: /admin/ Disallow: /comment/reply/ Disallow: /filter/tips/ Disallow: /node/add/ Disallow: /search/ Disallow: /user/register/ Disallow: /user/password/ Disallow: /user/login/ Disallow: /user/logout/ Disallow: /user # Paths (no clean URLs) Disallow: /?q=admin/ Disallow: /?q=comment/reply/ Disallow: /?q=filter/tips/ Disallow: /?q=node/add/ Disallow: /?q=search/ Disallow: /?q=user/password/ Disallow: /?q=user/register/ Disallow: /?q=user/login/ Disallow: /?q=user/logout/ http://catalog.data.gov/robots.txt User-agent: * Disallow: /dataset/rate/ Disallow: /revision/ Disallow: /dataset/*/history Disallow: /api/ User-Agent: * Crawl-Delay: 10 https://explore.data.gov/robots.txt Sitemap: http://explore.data.gov/ sitemap-explore.data.gov.xml => le site US renseigne le robot sur le plan du site. => pas de restriction de la navigation sur le site pour les pages de contenus du type : http://data.gov.uk/datas et/deaths_in_the_uk_re gular_armed_forces 8.4. DEFINITIONS COMPLEMENTAIRES : ESSENTIELLES DES DONNEES OUVERTES CARACTERISTIQUES Selon l’Open Government Data Group82, les données ouvertes doivent êtreჼ: 82 http://www.opengovdata.org/home/8principles Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   93  
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    1. Complètes: chaquejeu de données doit comporter toutes les données disponibles à l’exception des données sujettes à des limitations concernant la vie privée, la sécurité ou des privilèges d’accès. 2. Primaires: les données ouvertes sont des données brutes, prises directement à la source, aussi détaillées que possible et sans traitement ni modification. 3. Opportunesჼ: les données doivent être rendues disponibles aussi vite que possible pour être le plus à jour possible. 4. Accessiblesჼ: les données doivent être disponibles pour le plus grand nombre. 5. Exploitablesჼ: c’est à dire prêtes à être traitées par des outils informatiques. 6. Non discriminatoiresჼ: accessibles sans inscription. 7. Non propriétairesჼ: disponibles dans des formats ouverts. 8. Libres de droits *Application Programming Interface : Interface de programmation fournie par un programme informatique. Elle permet l’interaction des programmes les uns avec les autres. http://fr.wikipedia.org/wiki/Interface_de_programmation Les  stratégies  d'influence  gouvernementales  sur  l'Open  Data   94