La problématique dela représentation sociale et
son utilité dans le champ de la maladie
Claudine Herzlich
Réalisé par :
Lachtioui Ahmad
Oubaouch Samira
Bouazaoui Abdelghafour
Lazaar Souhaila
Aouni Khadija
El farkani Fadwa
Encadré par :
Pr. Outalha
2.
Plan
Introduction :
L’auteuret les éléments de l’article (titre, année)
Le contexte général
La confrontation des avis des sociologues
L’analyse :
La relation entre la représentation sociale avec la santé et la maladie
Les éléments sociaux de la santé et de la maladie
La représentation sociale et la perception de la santé et de la maladie
Les types de la maladie selon C. Herzlich
Les limites de la représentation sociale dans le champ de la santé et de la maladie
Auteur : ClaudineHerzlich
Claudine Herzlich : est une sociologue française reconnue, affiliée
au Centre d'Études des Mouvements Sociaux (CNRS-EHESS). Ses
travaux se concentrent sur les représentations sociales et leur
impact dans le domaine de la santé et de la maladie, intégrant des
perspectives sociologiques et anthropologiques pour analyser
comment les sociétés conceptualisent et vivent des phénomènes tels
que la maladie.
5.
Les éléments del’article:
Revue
Titre
Page
Année
citatio
n
DOI
Article
Sciences sociales et santé
La problématique de la
représentation sociale et son
utilité dans le champ de la
maladie (Commentaire)
pp. 71-84
1984
https://doi.org/10.3406/so
san.1984.968
46 fois
6.
L’article de ClaudineHerzlich, La problématique de la représentation sociale et son utilité dans le
champ de la maladie (1984), est considéré comme une contribution majeure à la sociologie de la
santé. Il s’inscrit dans un contexte postérieur à l’émergence du modèle des Heath Beliefs développé
par les sociologues anglo-saxons, qui s’intéressaient aux représentations sociales de la santé et de la
maladie, souvent en collaboration avec les professionnels de santé publique. Ces derniers cherchaient
à mieux comprendre les perceptions populaires afin de guider leurs interventions.
L’article de Herzlich fait suite à sa propre étude menée dans les années 1960 sur les représentations de
la santé et de la maladie en France. Il a été publié dans un contexte marqué par les avancées médicales
d’après-guerre et l’émergence de nouvelles menaces sanitaires, comme l’épidémie de VIH.
Le contexte général :
Durkheim affirme quela pensée
collective, imposée par la
société, précède et domine la
pensée individuelle. L’individu
ne choisit pas ces
représentations collectives, ce
qui souligne l’influence
déterminante des structures
sociales sur la conscience.
Moscovici prolonge la pensée de
Durkheim, mais en changeant de
perspective : il insiste sur le rôle actif
des individus dans l’appropriation
des représentations collectives. Plutôt
que de les subir passivement, les
individus les réinterprètent et les
transforment pour reconstruire leur
propre réalité sociale.
La confrontation des avis:
9.
Claudine Herzlich critiquel’usage de la psychanalyse dans l’étude des
représentations sociales, car cela peut confondre science et opinion
populaire. Elle propose plutôt d’analyser la maladie comme une
construction sociale porteuse de sens, révélatrice des valeurs, peurs et
normes d’une société. À l’instar de Mary Douglas, elle montre que nos
visions du corps et de la santé reflètent des jugements sociaux et culturels
profonds.
10.
Les marxistes
Les sociologuesmarxistes ont ignoré les études sur les représentations sociales car elles
ne s'intégraient pas dans leur cadre d'analyse idéologique. Ils se concentraient sur une
lecture structurelle et matérielle des phénomènes sociaux, comme les classes, les
rapports de production et l'idéologie dominante, ce qui négligeait l'étude des discours
et des perceptions des individus.
Pour Bourdieu, il faut partir des structures sociales objectives (rapports de
pouvoir, champs sociaux, institutions), car ce sont elles qui façonnent les
représentations, et non l’inverse. Il propose donc un « objectivisme provisoire » :
analyser d’abord les structures, puis revenir à l’expérience vécue avec une
compréhension plus profonde de ses déterminants.
11.
Claudine Herzlich reconnaîtla validité de la critique de Bourdieu, mais elle soutient
que les études sur les représentations sociales ne se limitent pas à accepter les discours
individuels comme des vérités. Elles cherchent plutôt à comprendre comment ces
discours construisent une réalité perçue comme évidente, tout en restant conscientes de
leur caractère collectif et socialement situé. Herzlich note également que, même
Bourdieu reconnaît que l’objectivisme seul ne suffit pas à saisir l’expérience humaine,
et que son concept d'habitus présente des similitudes avec celui de représentation
sociale.
12.
Luc Boltanski estimeque le discours des malades, notamment des classes populaires,
n’a pas d’autonomie réelle : il serait constitué de fragments mal assimilés du discours
médical dominant. Claudine Herzlich conteste cette vision trop unilatérale, affirmant
que, même influencée par la médecine, la représentation de la maladie est aussi une
construction sociale autonome, porteuse de sens et capable d’interroger l’ordre social.
Elle défend l’idée d’une interaction réciproque entre savoir médical et savoir profane,
et critique la lecture réductrice souvent faite de l’œuvre de Boltanski.
13.
Comment relier lareprésentation sociale avec la
santé et la maladie ?
14.
Contexte social de
l'individu
Étudede la maladie
au-delà des modèles
médicaux
Inspiration
durkheimienne
La maladie comme
phénomène social
L’auteure part de l'idée que l'homme est un être social, formé par
la langue de la société à laquelle il appartient, et modelé par un
univers cognitif et symbolique préexistant.
Elle a étudié la représentation de la santé et de la maladie comme
des réalités sociales, indépendantes des seuls modèles médicaux,
en s'intéressant à leur signification dans le contexte social et
culturel.
L’auteure s'inspire de l'idée durkheimienne d’une « pensée
sociale », montrant que chaque société construit un discours sur
la maladie qui est indissociable de ses constructions mentales
collectives, ses valeurs, et ses rapports de sens.
Elle souligne que, bien que la médecine moderne soit centrale, la
maladie déborde souvent du cadre médical, et la représentation
de la maladie n’est pas seulement un savoir mais aussi une
interprétation et une quête de sens.
15.
Analyse de lagenèse
de la maladie
Opposition « santé-maladie »
et « individu-société »
Signification sociale
de la maladie
Distance entre discours
médical et représentation
sociale
L’auteure montre comment la société, perçue comme agressive et
contraignante, attribue la maladie à un « mode de vie » moderne
et urbain. L’individu, quant à lui, s’identifie à la santé et cherche
à maintenir un équilibre entre le biologique et le social.
Elle mentionne que la double opposition entre santé-maladie et
individu-société organise la représentation et donne sens à la
maladie. À travers ces oppositions, la maladie devient une
expression des contraintes sociales vécues par l’individu.
La maladie est signifiante car elle incarne la contrainte sociale.
L’auteure souligne que les comportements individuels
contribuent à la formation d'une représentation sociale collective
de la maladie.
Elle souligne que, bien que la médecine moderne soit centrale, la
maladie déborde souvent du cadre médical, et la représentation
de la maladie n’est pas seulement un savoir mais aussi une
interprétation et une quête de sens.
16.
Comment l’auteur amontré les éléments sociaux
de la santé et de la maladie ?
17.
Les discours desindividus
Les récits des individus sur la santé et la maladie révèlent des schémas culturels partagés, où la
maladie est souvent perçue comme résultant d'une société moderne stressante et exigeante.
Mode de vie et normes sociales
Le mode de vie est perçu comme un facteur clé dans la santé. Les normes de santé dominantes sont
intégrées par les individus, mais aussi adaptées ou rejetées selon les contextes sociaux.
18.
Environnement social commefacteur de maladie
Herzlich souligne que l'environnement social, notamment l'urbanisation et les pressions sociales,
transforme la maladie en critique implicite de l'ordre social. Le corps malade symbolise les tensions
entre les exigences sociales et les limites humaines.
Maladie comme miroir de la société
La maladie devient un miroir des contradictions et des valeurs collectives de la société, illustrant les
conflits entre la vie moderne et le bien-être individuel.
19.
Comment les représentationssociales participent-
elles à façonner notre perception de la santé et de
la maladie, au-delà de la vision strictement
biologique ?
20.
Approche
socioculturelle de la
santé
Rôledes représentations
sociales
Santé et maladie comme
métaphores sociales
Claudine Herzlich affirme
que la santé et la maladie
ne peuvent pas être
réduites à leur seule
dimension biologique ; elles
doivent être comprises
dans leur contexte social,
culturel et historique.
Ces représentations
permettent d'expliquer
comment les individus
donnent du sens à leur
expérience de la santé et de
la maladie, en liant le corps
biologique à un univers
symbolique et culturel.
Elles deviennent des
métaphores du rapport au
monde, à la nature, à la
ville, aux autres et aux
institutions, traduisant
notre manière de vivre les
transformations sociales.
21.
Évolution des
représentations Conceptde « santéisation »
Fonction des
représentations sociales
Herzlich montre que ces
représentations évoluent
avec le temps ;
aujourd’hui, la santé est
devenue une valeur
centrale, quasi morale,
dans nos sociétés
modernes.
Elle introduit l’idée de «
santéisation », illustrant
une pression sociale
croissante sur les individus
pour être en bonne santé,
vue comme une
responsabilité personnelle
et un devoir citoyen.
Elles révèlent les tensions,
valeurs et changements de
la société, tout en offrant
une lecture de la santé et de
la maladie comme
constructions sociales en
perpétuelle transformation.
Par ailleurs, ClaudineHerzlich distingue plusieurs types de
représentations de la maladie, qui traduisent des façons
différentes de vivre et de donner du sens à l’expérience de
la maladie :
La maladie destructrice
La maladie libératrice
La maladie métier
24.
La maladie destructrice
Estperçue comme une force nuisible, qui perturbe brutalement la vie
de la personne. Elle est vécue comme une rupture, une menace
directe à l’identité, à l’équilibre personnel et à la continuité de
l’existence. Dans cette perspective, la maladie est une épreuve
redoutée, synonyme de perte, de souffrance et de fragilité.
25.
La maladie libératrice
Quantà elle, apparaît paradoxalement comme une sorte
d’échappatoire. Elle permet à certains individus de se retirer
temporairement ou durablement de situations pesantes, comme des
responsabilités professionnelles, familiales ou sociales. Dans ce cas,
la maladie offre une "pause", voire une légitimation pour se
soustraire à des contraintes devenues trop lourdes à porter.
26.
La maladie métier
Représenteune manière de vivre la maladie en l’intégrant
activement dans son quotidien, presque comme un véritable métier.
Les personnes atteintes de maladies s’impliquent dans des
associations de patients, deviennent pairs-aidants, formateurs,
militants, ou encore acteurs de prévention. Ainsi, la maladie n’est
plus uniquement subie, elle devient une source d’engagement et de
transformation personnelle, parfois même un levier d’insertion
sociale ou professionnelle.
27.
Quelles sont limitesde la notion de représentation
sociale, notamment dans le cadre de la santé et de
la maladie?
28.
Limite Explication
Analyse tropgénérale Simplifie la diversité des discours.
Trop descriptive Manque de mise en perspective
dynamique.
Peu d’ancrage historique Néglige les origines idéologiques et
sociales
Apparente stabilité Peut freiner l'analyse critique dans les
sociétés modernes.
Oubli de l’action sociale Passe à côté de leur rôle dans les conflits
et mobilisations.