Cet article analyse l'évolution de l'origine sociale des enseignants du primaire en France entre 1964 et 2001, en comparant deux méthodes d'examen : l'une basée sur des enquêtes INSEE qui montre une cohérence avec la population active, et l'autre, fondée sur des enquêtes de terrain, suggérant une fermeture de l'accès pour les milieux populaires. Les auteurs concluent que le recrutement des enseignants s'est féminisé et est devenu moins populaire depuis les années 60, posant des implications sur la structure sociale et l'accès à la profession. Finalement, ils défendent l'idée que les transformations sociales doivent être comprises non seulement par des statistiques, mais aussi à travers le contexte sociohistorique et les pratiques professionnelles.