Pps prgramme 2012 2016 fr

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Programme du PPS parti du progrès et du socialisme pour les élections du 25 novembre 2011.

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Pps prgramme 2012 2016 fr

  1. 1. Parti du Progrès et du Socialisme.Programme électoral pour les élections du 25 novembre 2011 « La La dignité maintenant» 1
  2. 2. Les citoyennes et les citoyens sont appelés à élire leurs représentants à la Chambre desreprésentants pour une nouvelle législature couvrant la période 2011-2016. Ces élections,anticipées se déroulent dans un nouveau contexte national créé suite à l’adoption par le peuplemarocain à une large majorité de la nouvelle constitution. Celle-ci donne des prérogativesaccrues à la Chambre des Représentants en matière législative, de contrôle de l’Exécutif et dediplomatie parlementaire. C’est dire tout l’enjeu de cette échéance électorale pour l’avenir dela démocratie et pour affronter les défis actuels et futurs de notre pays.Bien plus, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, nous allons assister à devéritables élections puisque c’est de leurs résultats et de la majorité parlementaire qui s’endégagera que dépendra le prochain Gouvernement. De même, pour la première fois, laconfrontation des programmes aurait un sens dans la mesure où le parti ou la coalition despartis appelés à former le prochain gouvernement auront à appliquer leur programme et lesengagements qu’ils auront pris devant les électrices et les électeurs. Par conséquent, le choixdes électeurs et électrices est déterminant pour décider eux-mêmes de leur avenir et de leurdestin.C’est dans cet esprit que le PPS se présente devant les citoyennes et les citoyens avec unprogramme électoral comportant des engagements clairs qui seront traduits en objectifschiffrés en temps opportun. Ce programme s’inspire de son programme économique et socialadopté par le 8ème Congrès National (mai 2010) et de son référentiel idéologique tel qu’il aété exprimé par ses instances nationales et constamment affiné et renouvelé pour être en phaseavec les préoccupations de notre peuple.Ainsi, le PPS réaffirme son identité socialiste qui inspire son combat pour l’instauration, àterme, d’un système social d’où seront bannies l’exploitation et l’injustice et où seront réuniesles conditions de dignité du citoyen marocain et de réponse à ses besoins matériels, moraux etspirituelsL’histoire du PPS, depuis sa création en 1943, (sous le nom du Parti Communiste Marocain)a été une histoire de lutte pour l’indépendance du pays, la promotion des droits du peupletravailleur et de la justice sociale … Elle a été également une période de questionnementpermanent et d’adaptation du référentiel socialiste aux conditions objectives du pays, loin detout dogmatisme et en tirant toutes les leçons de l’expérience des peuples dans le combat pourleur émancipation. Etre socialiste à l’heure actuelle, c’est faire fructifier la longue marche historique de notrepeuple vers une société de progrès, de démocratie, de solidarité, de liberté et de justice,d’émancipation des collectivités et des individus, quels que soient leur origine, leur sexe ouleur condition. En 2011, cela signifie, agir pour faire triompher le projet de modernité et deprogrès social fondé sur une triple exigence :1- Un consensus fort autour des constantes fédératrices de la Nation à savoir « la religionmusulmane modérée, l’unité nationale aux affluents multiples, la monarchie constitutionnelleet le choix démocratique » (article 1er de la constitution).2- Un Etat démocratique, moderne et efficace, fondé sur (i) le droit et une justiceindépendante et équitable, (ii) la mise en œuvre de la nouvelle constitution avec unerépartition claire des prérogatives de l’institution monarchique, garante de l’unité du pays, desa cohésion sociale et des libertés individuelles et collectives, du gouvernement et duparlement, (iii) le respect de la dignité de la personne humaine et des droits humains etl’émancipation de la femme avec la mise en place progressive de la parité (iv) la valorisationde la diversité culturelle de notre peuple, diversité qui nourrit son identité et son unité. 2
  3. 3. 3- Une dynamique de progrès, garantissant la mobilisation de notre jeunesse et de toutes lespotentialités de notre peuple autour des objectifs du développement grâce à un système degouvernance favorisant le renouvellement des élites, la démocratie participative et donnanttoute sa place à la décentralisation et à la régionalisation avancée.C’est cet engagement permanent du PPS en faveur des causes justes du peuple marocain et deses masses laborieuses qui l’a amené à participer depuis 1998, aux différents gouvernementsqui se sont succédé allant du Gouvernement Youssoufi en passant par le Gouvernement Jettouet enfin le gouvernement Abbas El Fassi.Nonobstant sa participation limitée à ces gouvernements, et dans le cadre d’un compromishistorique marqué par une asymétrie des pouvoirs, le PPS s’est comporté toujours d’unefaçon solidaire tout en adoptant une approche constructive vis-à-vis de l’actiongouvernementale pour l’approuver et l’appuyer chaque fois que des actes de progrès visantl’essor de notre société ont été adoptés, et pour la critiquer quand son comportement laisseapparaitre des faiblesses ou des insuffisances. Le PPS considère sa participation augouvernement et dans les institutions élues (parlement et collectivités territoriales) commeune tribune pour faire entendre la voix des masses laborieuses et défendre les intérêtssuprêmes du pays.Le programme que présente aujourd’hui le PPS, sous forme d’engagements n’est pas uncatalogue de mesures et de vœux pieux. C’est un engagement pour le combatdémocratique avec et pour le peuple, au gouvernement ou en dehors du gouvernement.Sachant que ni le PPS, ni aucun autre parti, ne peut se targuer d’obtenir à lui seul la majorité,notre programme fera l’objet d’une « négociation » en cas de participation au gouvernement.Le programme que nous présentons est un programme d’étape pour accompagner la nouvelleconstitution et contribuer à sa mise en application progressive. Croissance, emploi, compétitivité, investissement.A - Assurer une croissance forte et durable pour faire de notre pays un véritable paysémergent.La croissance assurée au cours de la dernière décennie reste insuffisante (4-5%) et fluctue augré de la pluviométrie et de la conjoncture internationale. Il faut absolument se fixer commeobjectif de réaliser un taux de croissance supérieur à 6% afin de pouvoir combler les déficitssociaux structurels et combattre le chômage endémique et notamment le chômage des jeunesdiplômés.Une attention particulière doit être accordée aux TPE et PME à travers une série d’avantagesà caractère fiscal et la facilitation de l’investissement en simplifiant les procédures et encréant un climat propice au développement des affaires. Ces structures représententaujourd’hui 95% des entreprises marocaines et contribuent à hauteur de 50% à lemploi,fournissent 20% de la valeur ajoutée, 30% des exportations, 40% de la production et 50% delinvestissement. 3
  4. 4. A partir de ce constat, on se rend compte rapidement que la plus grande part du défi à releverréside dans la promotion de ces entités qui doit, de ce fait, être au centre des préoccupationsde toute réforme. C’est ainsi que le PPS s’engage ;d’une part, à assister, aider et protéger les intérêts des petites entreprises en leur aménageantune loi qui permet de :  faciliter laccès aux marchés publics en réservant entre 20% et 40% des marchés et de lachat public aux PME nationales, ce qui encouragera linnovation locale tout en permettant aux petits acteurs de concurrencer les grandes entreprises pour atteindre eux aussi des tailles semblables et internationales ;  faciliter laccès au prêt bancaire au moyen dune garantie de lEtat de telle sorte que celle-ci se substitue à lemprunteur défaillant pour le remboursement du prêt ;  faciliter laccès à linformation via des guichets accessibles par téléphone et des centres dinformation ;et d’autre part, à lever les obstacles qui entravent toute émulation de l’entreprenariat, tels : le manque de transparence dans les affaires et la permanence des chasses gardées, des rentes, des privilèges, des passe-droits, agréments, clientélisme, parenté, délit d’initiés et accès inégal aux marchés. Ce qui pose toute la problématique de la concurrence loyale entre les entrepreneurs (équité dans l’accès à l’information, égalité de traitement pour bénéficier des crédits) ; la persistance du fléau de la corruption qui lamine l’effort national de promotion de la TPE-PME, affecte le rythme de la croissance, décourage l’investissement, réduit les opportunités d’affaires et entrave l’émergence d’une nouvelle classe d’entrepreneurs.B - Améliorer la compétitivité de l’économie pour gagner des parts de marché àl’international.Si le choix de l’ouverture sur le marché mondial est irréversible, notre pays doit assumer cechoix et ne pas subir passivement les effets pervers de la mondialisation et de l’ouverture.Pour tirer profit des opportunités offertes par cette ouverture, le pays doit gagner absolumentle défi de la compétitivité. Pour ce faire, il faut se doter d’une véritable stratégie industriellequi conférerait au pays des avantages comparatifs réels dans des « niches » de productivitétout en veillant à être compétitif sur le marché domestique. Le coût des transactions, le rôle del’administration et de la justice, les compromis salariaux, l’investissement dans la recherche etl’innovation, la transparence fiscale et l’assainissement de l’environnement del’entreprise…constituent les déterminants de cette compétitivité globale.Il faut d’urgence organiser le « réseau Maroc » à travers le monde en mobilisant toutes lesparties prenantes : Grande agence de promotion unique (sous la houlette du Chef dugouvernement au lieu des multiples organismes actuels) ; diplomatie politique du parlementet des partis ; diplomatie culturelle par un réseau de centres culturels marocains dans des paysétrangers sélectionnés ; diplomatie humaine par société civile et diasporas marocaines ;Chambres et Associations professionnelles ; Banques et entreprises ; Etudiants ; Universités etécoles ; Professionnels du commerce extérieur et de la communication …C - Améliorer l’efficacité de l’investissement. 4
  5. 5. Le taux de l’investissement étant fixé à un niveau relativement élevé, il serait difficile dansl’état actuel des choses de le porter à un niveau supérieur. Le problème réside dans l’efficacitéet le rendement de cet investissement. C’est pour cela que l’un des gisements de la croissanceréside justement dans l’efficacité de l’accumulation du capital. On y parviendra à travers unesérie de mesures : réorienter l’investissement en priorité vers les secteurs productifs etcréateurs d’une forte valeur ajoutée, investir dans l’innovation et la recherche, réduire lesfaux frais et par conséquent le coût de l’investissement, promouvoir une gestion saine del’entreprise tant privée que publique, mettre en œuvre une gouvernance démocratiqueparticulièrement dans les établissements publics qui constituent le premier investisseur dupays.D- Pour un secteur privé socialement responsable et acteur à part entière dudéveloppement.Le secteur privé a un rôle fondamental à jouer dans le processus de développement aux côtésdu secteur public, qui demande en ce qui le concerne à être réhabilité, modernisé etdémocratisé.L’Etat a pour responsabilité de promouvoir le secteur privé productif à travers notamment :- l’amélioration de l’environnement institutionnel des affaires (en liaison avec les réformes del’administration et de la justice) ;-la réforme du système de la formation professionnelle qui doit être davantage en phase avecles besoins du marché de l’emploi et du développement / adaptation des qualifications (tout aulong de la vie professionnelle des salariés) ;-la prise en charge des problèmes spécifiques des petites et moyennes entreprises à travers uneréforme fiscale adaptée, la promotion d’une charte Banque- PME permettant de desserrer lescontraintes de financement, la facilitation de l’accès aux marchés publics ;-la conclusion de conventions avec les grands groupes privés pour favoriser l’engagement deces derniers dans des secteurs prioritaires pour le développement du pays avec un systèmed’incitations financières et fiscales en contrepartie d’engagements clairs pour accroître le tauxd’accumulation, créer des emplois décents, promouvoir la recherche– développement,développer les exportations, contribuer au développement des régions défavorisées.Le PPS propose de promouvoir et d’encourager le concept d’entreprise socialementresponsable, concept pour lequel d’ailleurs les entreprises du secteur public devront constituerun modèle. L’entreprise socialement responsable est celle qui s’astreint au respect de sesobligations sociales et des lois, au respect de l’environnement, au respect des droits destravailleurs en matière de salaires, de liberté syndicale, de conditions de travail, deprévoyance sociale….L’entreprise socialement responsable devra mettre au centre de sesobjectifs le développement des qualifications des travailleurs et reconnaître à ces derniers undroit d’intervention sur certaines questions essentielles relatives à sa gestion et à sa stratégie.E - Tout pour l’emploi.La problématique de l’emploi est au cœur de notre programme et au centre despréoccupations du PPS. Il ne s’agit pas de n’importe quel emploi, mais d’un emploi décentqui garantisse la dignité de l’homme et lui assure une vie convenable. S’il n’y a pas desolution magique à ce niveau, nous pensons qu’il faille explorer toutes les voies possibles etfaire « feu de tout bois ». Le programme emploi que nous préconisons peut se décliner dansles mesures suivantes :E.1- Mesures générales 5
  6. 6. - La poursuite de la politique des grands travaux pour équiper le pays en autoroutes (Ex :autoroute de l’Atlas reliant Fès et Marrakech), en voies ferrées (en pensant à relier Marrakechà Laayoune), en routes régionales, en ports et aéroports, en logements sociaux. Ces grandstravaux qui seront réalisés soit par l’Etat, soit dans le cadre d’un partenariat public- privéauront un double impact : améliorer la compétitivité de l’économie et l’attractivité pour lesinvestisseurs d’une part et répondre à des besoins sociaux essentiels d’autre part.- La création dans chaque région, au moins, une technopôle et un grand pôleuniversitaire. Les technopoles et les universités seront les noyaux de constitution des pôlesde compétitivité régionaux qui donneront un élan nouveau à la régionalisation.-Intensification de l’investissement dans les énergies renouvelables –solaire, éolienne etautres- dans le but de réduire la dépendance énergétique.On s’attachera, chaque fois que cela est possible, à recourir aux techniques fondées sur lecapital humain et la création d’emplois de préférence aux techniques capitalistiques.- Multiplication des chantiers fondés sur la mobilisation sociale et populaire avecl’objectif de répondre aux besoins sociaux les plus urgents :  Construction de routes, pistes et ponts pour désenclaver le monde rural  Développement de la petite et moyenne hydraulique  Reboisement et promotion d’une sylviculture adaptée pour combattre la désertification et l’érosion des sols.  Aménagement du littoral.-Mais les grands travaux n’ont pas une dimension seulement matérielle ; le parti préconise la« constitution d’une armée du savoir » en vue de l’éradication de l’analphabétisme dansnotre pays en moins de 10 ans. Cette « armée du savoir » consacrerait la mobilisationnationale autour d’une question majeure qui conditionne l’avenir du pays tout en offrant uneopportunité d’emplois pour des milliers de jeunes et en particulier les diplômés chômeursE.2- Mesures spécifiques.Ces mesures à caractère général, doivent être complétées par des actions spécifiques dont :-L’adoption d’un « pacte social pour l’emploi » dans lequel s’engagent tous les partenaires :pouvoirs publics, syndicats et organisations patronales.-La création d’un observatoire de l’éducation, de l’emploi, de l’employabilité,-L’amélioration de l’employabilité des jeunes diplômés à travers une formation insertion,une meilleure adéquation formation- emploi (stages en entreprise durant le cursus scolaire etuniversitaire).-L’amélioration de l’intermédiation sur le marché du travail avec la généralisation de latransparence et de l’égalité des chances en matière d’emploi comme en matière de formation.-L’utilisation du levier fiscal pour inciter les entreprises à l’embauche : réduire le taux del’IR sur les jeunes cadres à l’embauche. 6
  7. 7. Réorientation en profondeur de stratégies sectorielles.A - Le PPS se prononce résolument en faveur d’une réorientation en profondeur desstratégies sectorielles mises en œuvre durant les dernières années en remettant au cœurde leurs objectifs la question sociale.A.1- Ceci est vrai pour le Plan vert dont les objectifs volontaristes qui lui ont été assignés(en matière de PIB agricole, d’investissements, de création d’emplois…) ne sauraient cacherl’exigence d’une révision profonde, notamment sur les plans suivants :*le développement de l’agriculture, comme nous le rappelle la flambée actuelle des prix desmatières agricoles et l’explosion de la facture alimentaire du Maroc doit voir, comme objectifmajeur, la satisfaction des besoins de la population et la garantie de notre sécuritéalimentaire ; ceci suppose en particulier de donner toute son importance à la valorisation dupotentiel céréalier et à la promotion du secteur de l’élevage et à sa restructuration ;*le développement des revenus des agriculteurs et la création dans le monde rurald’emplois décents constituent également des objectifs majeurs de réorientation ; ceci supposeen particulier de :+procéder à un rééquilibrage des efforts et des investissements entre le pilier 1(développement d’une agriculture rentable à haute productivité destinée essentiellementà l’exportation) et le pilier 2 (développement de l’agriculture sur la base des principes del’économie sociale et solidaire). Ce dernier pilier doit bénéficier d’un intérêt primordial, ils’agit là d’une exigence sociale. Fonder le développement de notre agriculture sur laperformance de quelques milliers d’exploitations et d’investisseurs privés à qui on accorde delarges avantages (en matière fiscale, en matière de foncier et de possibilités de financement) ettravaillant pour l’exportation constitue un choix de classe manifeste qui interpelle égalementsur son efficacité économique ;+la lutte contre la précarité dans le monde rural est une question essentielle : le planMaroc Vert doit donc prévoir les mécanismes permettant de contrecarrer l’inégalité desrapports entre capitalistes privés et petits producteurs, notamment dans le processusd’agrégation prévu par le pilier 1. Il faut assurer des prix rémunérateurs aux petits paysans etdes emplois décents aux travailleurs agricoles et ne pas les laisser soumis aux règles imposéespar les investisseurs privés mus exclusivement par des objectifs de rentabilité et de profit ;+enfin, le développement de l’agriculture ne saurait être dissocié d’une grande politique depromotion du monde rural à travers une approche intégrée de développement des activités nonagricoles (industrie, artisanat, tourisme…), l’accès à l’eau potable, aux soins et de promotionde la femme rurale.A-2 Ceci est vrai également pour le secteur industriel : une analyse en profondeur desrésultats du Plan d’Emergence industriel révèle que les choix faits par le Maroc de sepositionner sur un certain nombre de métiers (offshoring, automobile, aéronautique,agroalimentaire et produits de la mer) n’ont pas permis de développer une offre exportable àforte valeur ajoutée, tandis que le marché intérieur et la satisfaction de besoins essentiels de lapopulation n’entrent pas dans les objectifs majeurs du Plan. L’octroi d’avantages incitatifsmultiples pour attirer l’investissement privé dans les « métiers mondiaux » du Maroc n’a pasété accompagnée de conditionnalités fortes en matière de création d’emplois décents avec toutce que cela implique en matière de qualification, de salaires, de conditions de travail, deprotection sociale… ; les emplois créés restent bien souvent des emplois précaires et peuqualifiés. 7
  8. 8. Le Maroc doit se donner les moyens d’une grande ambition industrielle en empruntant ainsi lavoie noble vers la compétitivité et la croissance de la productivité grâce à l’innovation, à laformation/qualification, à l’insertion dans les chaînes de valeur globalisées les plusdynamiques. Cette vision du développement industriel mérite d’être soutenue par unconsensus national de toutes les forces vives de la nation à travers des états généraux del’industrie qui concrétiseront l’ambition industrielle du Maroc à travers notamment :*une territorialisation/régionalisation du plan de développement industriel s’appuyantsur des pôles de compétitivité régionaux impliquant opérateurs publics et privés,universités, instituts de formation, régions …*le soutien et l’accompagnement des PME/PMI pour créer un tissu dense et dynamique desous-traitance et le développement des partenariats avec le public ou les grands groupesindustriels.A-3 Le secteur touristique constitue pour notre pays une réelle opportunité compte tenu del’importance que prend l’industrie touristique à la fois comme source de dynamismeéconomique et vecteur de création d’emplois. Il convient de veiller à combler les retardsaccumulés en matière d’infrastructures hôtelières et de formation des capacités humaines touten veillant à desserrer les contraintes de financement, facteurs qui ont retardé la réalisation dela vision 2010. Notre parti se prononce pour une réorientation de la politique touristiquedans le sens de la promotion d’un tourisme responsable, respectueux de contraintesenvironnementales notamment lors de la construction des grands complexestouristiques ; dans le sens également d’une meilleure valorisation de notre patrimoineculturel, l’écotourisme dans le monde rural ou dans les zones montagneuses offrant deréelles potentialités. Par ailleurs, il convient de mener une politique ambitieuse de promotiondu tourisme intérieur, pour mieux se prémunir des aléas de la conjoncture économique etpolitique mondiale.A-4 Le secteur de l’artisanat constitue un levier important pour le développementéconomique et un gisement d’emploi. Sa contribution à l’économie est loin d’être négligeable.Il participe à hauteur de 20% au PIB et occupe 2 millions de personnes, soit 20% de lapopulation active au niveau national.En plus de ces données à caractère économique et social, force est de relever que le secteurconstitue un moyen de transmission et de perpétuation de nos traditions culturelles etconstitue de la sorte une mémoire vivante de notre peuple et un patrimoine qu’il faudraabsolument sauvegarder.Toutefois, le secteur de l’artisanat souffre de plusieurs goulots d’étranglement tenant àl’aspect institutionnel, au financement et aux conditions de travail.- Sur le plan institutionnel, le secteur de l’artisanat reste mal défini et en tant que tel il n’ajamais émergé d’une façon autonome. Tantôt rattaché au ministère des affaires sociales, tantôtà celui du tourisme, il est ballotté entre différents départements en fonction de l’humeur et dela conjoncture. A cette confusion de statut, s’ajoute la faiblesse de sa représentativité à traversles chambres d’artisanat qui ne jouent qu’un rôle éphémère.-Sur le plan financier, les ressources mises à sa disposition sont somme toute modestes et nepermettent pas un décollage de ce secteur. Le crédit bancaire octroyé par un seul organisme, 8
  9. 9. en l’occurrence la Banque Populaire, ne couvre que l’acquisition de matières premières et dupetit outillage. La part du budget affecté au secteur est franchement dérisoire par rapport à sonpoids réel dans l’économie. Corollaire d’une telle situation : la faiblesse de la productivité etde la compétitivité du secteur. - Sur le plan social, on assiste à une dégradation des conditions de vie des artisans qui restentexclus de toute couverture sociale.Partant de ce constat, le PPS propose un plan de restructuration et de redressement du secteurconsidéré, comme cela a été précisé auparavant, dans sa double dimension : en tant queproducteur de marchandises et de richesses matérielles d’une part et en tant que patrimoineartistique et culturel d’autre part. Autrement dit, la reconversion de l’artisanat, telle que nousl’envisageons, ne doit pas aboutir à sa transformation en industrie moderne et entraîner sadisparition à l’instar de ce qui s’est passé ailleurs dans les sociétés industrialisées. L’artisanatmarocain connu à travers le monde par ses différents métiers est une richesse qu’il fautabsolument préserver. En partant de ces considérations, nous proposons le plan d’actionsuivant :Une mise à niveau institutionnelle à travers les mesures suivantes :-la création d’un département ministériel autonome chargé de l’artisanat ;-le renforcement du rôle des chambres d’artisanat et leur restructuration en les dotant demoyens financiers additionnels et en ressources humaines suffisantes et compétentes ;-l’organisation de la profession de l’artisan par filière au niveau national et provincial pourfaciliter l’encadrement technique.Une mise à niveau productive à travers les mesures suivantes :-la mise en place d’un système de crédit adapté à la profession à des conditions avantageuses ;-la création de zones de production artisanale et l’aménagement des ensembles artisanauxsous forme de complexes susceptibles d’accueillir les clients et les visiteurs en collaborationavec les collectivités locales ;-la mise en place de centres de formation dédiés aux principaux métiers de l’artisanat tout enveillant à la formation continue des artisans et à leur perfectionnement ;-la mise en œuvre d’une fiscalité « douce » et l’octroi d’avantages fiscaux au bénéfice desartisans ;-la promotion des produits de l’artisanat tant sur le marché intérieur (à travers une valorisationdu produit local) que sur le marché extérieur en étroite collaboration avec l’Office Marocaindu Tourisme et les représentations diplomatiques du Maroc à l’étranger. La Maison del’Artisan est appelée à jouer un rôle de dynamisant ;-l’assainissement des circuits de commercialisation et la régulation des relations entre lesartisans et les « bazars » dans le respect de la déontologie.Une mise à niveau sociale à travers les mesures suivantes :-l’adaptation du régime de la CNSS aux conditions socio- professionnelles des salariés dusecteur ; 9
  10. 10. -la mise en place d’un système de protection sociale au bénéfice des artisans indépendants ;-l’extension du régime de l’AMO à l’artisanat en tenant compte de ses capacités decotisation.A-5 Le secteur de la pêche doit être traité comme un véritable levier de développementcapable de contribuer à l’amélioration de la balance commerciale du pays grâce à sonpotentiel à l’exportation, à la création des emplois productifs par une transformation locale dupoisson et la création d’une véritable industrie de la pêche, et en participant enfin àl’amélioration du niveau nutritionnel de la population en faisant du poisson, non seulement,un complément à la viande, mais un véritable substitut. Il est inadmissible que, dans un payscomme le Maroc, la consommation moyenne du poisson ne dépasse pas 10 kg, par têted’habitant et par an, sachant que cette consommation est très faible dans les régions del’intérieur.Le Plan Halieutis couvrant la période décennale 2010-2020 comporte certes des aspects positifs, mais ilest loin de répondre aux objectifs décrits ci-dessus et ne s’attaque pas aux problèmes endémiques dusecteur relatifs notamment à la gouvernance et à l’économie de rente. Pour ce faire, le PPS propose : - Créer un observatoire national de la mer pour suivre l’évolution des richesses halieutiques et en assurer la reproduction. Cet observatoire doit être rattaché à lINRH. - Mettre en place un plan de restructuration et de mise à niveau des unités de pêche, tant côtière que hauturière, en encourageant les investissements privés. Cette mise à niveau doit embrasser la pêche artisanale. - Moderniser les infrastructures existantes tout en oeuvrant à leur élargissement : ports moyens de stockage et de transport. La participation du capital privé est plus que souhaitable, dans cette entreprise. - Favoriser l’intégration de la filière pêche maritime- industrie de transformation pour une meilleure valorisation des richesses halieutiques, en vue de créer suffisamment d’emplois et de valeur ajoutée. - Mettre en place un véritable plan de formation professionnelle pour une mise à niveau des ressources humaines. Des centres de formation doivent être crées dans toutes les villes côtières où existe une activité de la pêche et notamment dans les provinces du sud. - Inciter la profession à mieux se structurer et dynamiser les jeunes chambres de la pêche, afin qu’elles deviennent des interlocuteurs crédibles. - Réviser le statut fiscal du secteur en relation avec les profits induits. - Améliorer les circuits de distribution interne et instaurer un système précis de traçabilité, afin de contrecarrer la contrebande de poisson, d’encourager la consommation nationale en poisson et de pallier le déficit en protéines des Marocains, à travers une politique des prix incitative. - Poursuivre l’expérience de création des villages de pêche en les équipant en infrastructure sociale et en faire des pôles locaux de croissance. 10
  11. 11. - Renforcer la surveillance de notre zone maritime pour limiter les pillages de nos ressources. - Créer un véritable partenariat avec le capital étranger. Celui-ci ne doit pas se contenter de prélever la ressource, moyennant des royalties et redevances, mais s’intégrer dans la stratégie nationale telle qu’elle est déclinée ci-dessus. - Dans le domaine social, outre l’effort en matière de formation professionnelle, il faut améliorer le cadre de vie et de travail des gens de la mer, à travers, notamment, l’intégration du secteur dans le projet de l’AMO et le respect des normes de travail et de sécurité par l’application des dispositions du Code du travail et la reconnaissance des droits des travailleurs. - Enfin, il est urgent d’adopter le code maritime, en veilleuse depuis des années. Pour ce faire, un dialogue sincère et constructif doit s’instaurer entre tous les intervenants, dans le sens, bien compris, de l’intérêt national.B- Quelle démarche pour la définition des plans de développement sectoriels ?-Plusieurs départements ministériels à vocation sectorielle se sont dotés de stratégies et deplans de développement pour leurs secteurs respectifs : plan « Maroc Vert » pourl’agriculture, plan Azur pour le tourisme, plan Emergence industrielle, plan Halieutis pour lapêche…Cette démarche comporte des aspects positifs dans la mesure où elle ouvre desperspectives d’action exploitant les potentiels de progrès des différents secteurs avec desobjectifs très élevés dénotant un certain volontarisme. Sur un certain nombre de points, cesplans doivent être infléchis et réorientés. Mais concernant la démarche elle-même, il y a lieude souligner les lacunes suivantes :*l’élaboration des stratégies sectorielles a été marquée par un déficit démocratique et par unefaiblesse, voire une absence, de la concertation avec les acteurs concernés et même entre lesdifférents départements ministériels directement concernés ; il y a eu une sorte de démissiondu politique devant l’approche technocratique qui a bien souvent prévalu ;*le problème de la cohérence entrer les différentes stratégies se pose avec acuité et traduit lesinsuffisances du travail interministériel : une multiplication de stratégies sectoriellesétablies de manière cloisonnée, ministère par ministère, ne suffit pas à faire une stratégiecohérente de développement. A cet égard, le PPS appelle à la réhabilitation de la missionessentielle de la planification stratégique de l’Etat. Le Plan doit être conçu comme :+un moyen de donner de la visibilité et de la lisibilité aux choix et priorités de la politiqueéconomique et sociale de nature à mobiliser les investisseurs, les collectivités locales, lesONG et tous les secteurs de développement ;+un moyen de renforcer l’expression interministérielle de politiques publiques et, ainsifavoriser la synergie des moyens et l’intégration entre les projets de développement ;+un moyen de renforcer la régionalisation ; chaque région devant être dotée de son plan dedéveloppement cohérent avec les priorités nationales.La planification stratégique devra fournir un cadre de référence unifié aux différentespolitiques sectorielles, tant au niveau national que régional. Ce cadre de référence impliquepour les politiques publiques de s’inscrire d’emblée dans la mise en œuvre des principesconsacrés universellement du développement humain et du développement durable d’ailleursétroitement liés : 11
  12. 12. Développement humain dans les sens où toutes les politiques publiques doivent convergerpour combler, à terme, tous les déficits et toutes les inégalités en matière d’éducation, desanté, d’emploi, de culture, d’accès aux services publics fondamentaux, de promotion de lafemme et de lutte contre la pauvreté et l’exclusion,Développement durable, dans le sens où les politiques publiques doivent veiller à l’équilibreentre trois exigences : développement économique, progrès social et protection del’environnement. La protection de l’environnement ne signifie pas seulement la lutte contreles diverses formes de pollution pour procurer un cadre de vie sain aux populations, mais ellecomporte une dimension plus fondamentale de solidarité intergénérationnelle et interrégionale, fondées sur l’exploitation modérée, rationalisée et partagée des ressourcesnaturelles avec l’objectif d’apporter une réponse cohérente aux défis du monde rural, demaîtrise de la croissance urbaine, de gestion rationnelle des ressources hydriques, de luttecontre toutes les formes de dégradation des milieux naturels : eaux, sols, forêts, littoral, zoneshumides, richesses végétales et animales, terres arables.Ainsi, l’action sociale du gouvernement ne doit pas consister à réduire ou « assécher » lesphénomènes de pauvreté, d’exclusion et de précarité…considérés comme les effets« inévitables » de la croissance économique du fait de l’orientation libérale qui globalementcontinue de l’inspirer. Il faut refuser les modèles de croissance excluante et opter pour unepolitique sociale inclusive s’inscrivant d’emblée dans le référentiel du développementhumain.De même, une politique en matière d’environnement fondée sur une tentative a posteriori decorriger ou de réduire les dégâts à l’environnement s’avérerait illusoire, peu efficace et, danstous les cas, extrêmement coûteuse.De ce point de vue, il est important que l’Etat se préoccupe de mettre en cohérence lesgrandes références stratégiques des politiques publiques. A titre d’exemple, il conviendrait defusionner sous un document simplifié la charte de l’aménagement du territoire, la charte del’environnement, la stratégie nationale, certains volets du plan Maroc Vert et de la stratégieénergétique…pour gagner en lisibilité et favoriser la coordination interministérielle. Une croissance équilibrée, réductrice des inégalités spatiales et sociales.La croissance ne signifie pas le développement. C’est une lapalissade. Le développement semesure par l’amélioration des conditions de vie de la population et la réduction des inégalitésà la fois spatiales et sociales. Pour ce faire, le programme que propose le PPS met l’humain aucentre du développement et fait du « social » et de la satisfaction des besoins fondamentauxde la population, son credo de base.A- Réduire les inégalités campagnes- villes et promouvoir le monde rural.Une bonne partie des problèmes de la ville trouvent leur source à la campagne qui draineannuellement un « surplus » de population de 500 000 personnes. Le développement dumonde rural et sa mise à niveau économique et sociale constituent un impératif dudéveloppement du pays dans son ensemble. Le programme que propose le PPS s’articuleraautour des axes suivants : 12
  13. 13. - La création d’un cadre institutionnel favorisant la mobilisation des agriculteurs et de toutesles potentialités productives, à travers :•La liquidation des régimes d’appropriation collective des terres et la levée des freins fonciersqui bloquent l’investissement et la modernisation de notre agriculture : mise des terres guich, collectives et de la réforme agraire à la disposition des agriculteurs qui les exploitent ;constitution d’une réserve foncière publique à partir des terres habous et du domaine public del’Etat au service des objectifs stratégiques en matière de recherche, de formation, productionde semences, promotion de l’investissement• La réforme des circuits de commercialisation et, notamment, la réduction immédiate à 3%des taxes prélevées dans les marchés de gros.•La mise en place, en substitution au fonds de développement agricole, d’un fonds de soutienà l’intensification agricole alimenté par les taxes fiscales indirectes supportées par lesagriculteurs.• La mise en œuvre d’approches territorialisées et l’élaboration d’une carte des vocationsagricoles de la superficie agricole utile, avec l’impératif d’interdire explicitement toute miseen culture dans les terres marginales et notamment les terres de parcours.• La conduite d’une action vigoureuse de remembrement en donnant la priorité aux terres àhaut potentiel et en mobilisant les financements nécessaires par l’institution d’un impôtfoncier dédié à cette action.• Le recouvrement de la participation des bénéficiaires des investissements effectués par l’Etatdans les périmètres irrigués.• La révision du système de tarification de l’eau en fonction de son coût de production, ducoût de pompage et, également, en fonction des cultures concernées et de la qualité de l’eau.. Une politique de ressources humaines visant à former les ingénieurs, cadres et technicienspour mieux encadrer les agriculteurs, développer la recherche et la vulgarisation.- L’intensification de la production agricole dans les exploitations produisant des surplus pourla vente, tout en veillant à la sauvegarde des petites exploitations familiales. A cet égard, lesous-secteur céréalier et l’élevage seront les axes prioritaires de la modernisation et del’intensification agricoles dans la mesure où ils représentent l’essentiel de la surface agricoleutile, ainsi que la grande majorité de la population rurale ; dans la mesure également où on ytrouve les plus grands déficits en matière de rendement et de productivité - Une politique d’irrigation rendant la production agricole relativement indépendante de lapluviométrie en mobilisant les ressources hydrauliques encore mobilisables et en adoptant lestechniques économes d’eau et en parachevant le programme national d’irrigation.- Une politique de promotion du monde rural, qui ne se limite pas au développement del’agriculture, mais se préoccupe :• de favoriser la réalisation des infrastructures de base (eau, électrification, santé,enseignement, routes pistes et ponts, petite et moyenne hydraulique…)• de promouvoir la femme rurale, axe majeur de l’intervention de l’Etat pour réduire lesdéficits sociaux dans le monde rural à travers la scolarisation des petites filles,l’alphabétisation, l’intégration par l’emploi à travers les coopératives, la lutte contre toutes lesformes de discrimination,…• de développer les activités non agricoles particulièrement en favorisant le tourisme rural,l’artisanat en liaison avec l’activité agricole (meunerie, boulangerie, mécanique, 13
  14. 14. menuiserie,…) les activités agro-industrielles (chaîne de froid, production d’aliments debétail, conditionnement de semences …).B- Réduire les inégalités sociales, renforcer la cohésion nationale et réhabiliter le servicepublic.La réduction de la fracture sociale constitue un véritable enjeu pour la stabilité politique et lapaix sociale dans le pays, condition sine qua none pour le renforcement de la démocratie et dudéveloppement. Les deux phénomènes vont de pair.B.1 - Pour un partage plus équitable des richesses.- Une profonde réforme fiscale est nécessaire : la réforme fiscale que nous proposons visedeux objectifs complémentaires : d’une part, favoriser l’investissement et lutter contre lesrevenus spéculatifs en instaurant des taux différenciés selon la nature de l’activité ; d’autrepart, protéger et soutenir le pouvoir d’achat des larges couches populaires à traversnotamment la réduction, ou la suppression , des taux de la TVA sur une série de produits debase comme les médicaments, les produits alimentaires de base, le relèvement du seuild’exonération de l’IR à 48 000 DH. Le PPS estime que le rendement de la fiscalité,indispensable à tout développement, tient à la généralité de son application, et sa bonneadaptation vient de la pluralité de ses formes. Mais son caractère juste dépend de deux autresvertus : lune est technique, la connaissance précise de toute capacité contributive ; lautre estpolitique, à savoir, la volonté de s’attaquer à la rente, à la spéculation et d’instaurer unevéritable équité fondée sur la capacité contributive de chacun ; c’est au pouvoir politique deredresser, par la loi fiscale, les inégalités et les injustices en matière de revenu ou de fortune.C’est ainsi que nous proposons de :- Elargir l’assiette fiscale et lutter contre l’évasion et la fraude fiscales. Il est anormal que sur1,67 million de TPE seules 310 000 aient la patente et que l’essentiel de l’effort fiscal soit lacontribution des fonctionnaires et salariés taxés à la source, ainsi que celle de quelquescentaines d’entreprises ; un grand effort d’intégration de l’informel, fondé surl’accompagnement et la pédagogie, mais aussi sur la sanction des infractions à la loi quandcela s’impose, devra être conduit ;- Instaurer un impôt sur la fortune ;- Instaurer un impôt sur les grosses successions ;- Taxer les résidences secondaires et le foncier non bâti pour libérer les logements dans leszones de pénurie d’habitation ;- Corriger l’incohérence dans la taxation respective du travail et du capital. Il est paradoxaldans notre pays que les plus values de cession d’actions en bourse soient imposées à 15%,celles des OPCVM et du foncier à 20%, tandis que les revenus du travail sont beaucoup plusimposés.- Revaloriser le Salaire minimum en le fixant à 3000 DH mensuels tout en réduisantprogressivement l’écart entre le SMIG et le SMAG dans la perspective de l’unification dusalaire minimum, et augmenter les bas revenus de telle sorte à resserrer l’écart desrémunérations. Cette révision à la hausse ne pénalisera pas l’investissement. Bien aucontraire, en stimulant la consommation, elle augmentera la demande locale et favorisera àterme l’investissement. Pour soutenir le pouvoir d’achat de la population et en premier lieudes revenus du travail, il faut indexer le salaire sur le « coût de la vie » (dont il faut revoir lecalcul) et la productivité. 14
  15. 15. - Créer les conditions pour le développement d’une véritable classe moyenne et ce endonnant au travail et à l’effort la valeur qu’ils méritent, en valorisant les compétencespersonnelles, en changeant les critères de promotion dans le travail et la fonctionpublique…L’école et le système éducatif doivent contribuer à développer une nouvelleculture pour le travail et l’effort. De même qu’il convient d’encourager les citoyens à accéderà la propriété de leur logement.B.2- Assurer la gratuité et la qualité des services sociaux de base comme leviersfondamentaux de l’égalité des chances.Les droits fondamentaux de la personne humaine dont le droit à l’éducation, à la santé, aulogement…doivent être au cœur de l’action du futur gouvernement. A ce titre, le PPS en sesituant dans le droit fil de ses valeurs fondamentales de progrès, de solidarité et de défense dela dignité humaine, préconise les mesures suivantes : B .2.1- L’éducation : une priorité nationale Le Parti du Progrès et du Socialisme, prenant en considération les nouvelles donnesdes retombées de la mondialisation et de l’importance de la formation du capital humain pourfaire face à la compétitivité dans une économie de plus en plus internationalisée, et attachéaux principes fondamentaux de la dignité humaine, de l’égalité des chances et de la solidaritésociale, fait du développement du secteur de l’éducation et de la formation, et celui de larecherche, une priorité nationale, et s’engage à défendre avec vigueur et détermination unevéritable refondation de l’école et de l’université au service du développement économique,social et culturel. Il s’engage à contribuer à apporter des réponses concrètes et pragmatiquesaux diverses problématiques et trouver des solutions adéquates aux multiples insuffisances etdysfonctionnements, ouvrant ainsi la voie à la naissance d’une nouvelle école nationaleréconciliée avec son environnement et en phase avec les besoins de la société et les attentesdes citoyens. Dans ce cadre, le PPS propose dans son programme électoral : - la construction d’une école nationale rénovée, en phase avec son environnementnational et international, répondant aux besoins de la société du savoir et aux attenteslégitimes des citoyens, - Agir sur leviers essentiels à même de contribuer à la réalisation de ces objectifs 1.- Pour construire l’école de l’égalité des chances, nous proposons i-Une école généralisée gratuite et obligatoire de 3 à 15 ans, assurant une éducation adaptée, répondant aux besoins individuels quelques soient les conditions sociales et territoriales sans oublier les enfants aux besoins spécifiques. ii-Une réduction significative des déperditions scolaires grâce à l’adoption d’un enseignement individualisé, d’appui aux élèves en difficulté, une orientation basée sur l’évaluation des acquis et des aptitudes de chacun. iii- Un accompagnement matériel des élèves, notamment des plus démunis (transports, cantines, internats), iv- Des infrastructures adaptées aux territoires et aux communautés. 2- Pour asseoir une école de qualité, donnant une éducation à même de contribuer au développement individuel, à l’autonomisation personnelle, à la socialisation de tous et de chacun, et préparant à une formation pédagogique et professionnelle, en conformité avec les besoins de la société et des citoyens, dans 15
  16. 16. le cadre d’un référentiel national de connaissances, d’aptitudes et de valeurs, nous proposons :  i- une refonte des curricula et des manuels scolaires en conformité avec les orientations de la Charte Nationale ;  ii- l’adoption de méthodes didactiques contribuant à l’acquisition de capacités d’analyse, de synthèse, de résolution de problèmes, et participant à l’autonomie des apprenants, à l’éveil critique et à l’auto- apprentissage ;  iii- une grande priorité accordée à l’enseignement des langues étrangères, à côté des langues nationales ;  iv- Un enseignement des sciences contribuant à l’épanouissement de l’esprit scientifique et au raisonnement logique (laboratoires, visites de terrains, observation) ;  v- une place de choix doit être donnée à l’enseignement, l’apprentissage et l’utilisation des technologies de l’information ;  vi- l’adoption de rythmes scolaires adaptés aux divers niveaux, territoires et communautés ;  vii- l’instauration de systèmes d’évaluation des acquis des apprenants en conformité avec les objectifs énoncés plus haut. 3 - Pour l’émergence d’une école citoyenne et anticipatrice de changements : l’école doit être conçue de telle façon qu’elle ne reste plus cantonnée dans le seul exercice de l’enseignement et dans la transmission de savoirs, subissant plus ou moins passivement les changements sociaux et culturels, comme une fatalité externe à elle, mais qu’elle soit en permanence appelée à anticiper ces changements, à les dompter et les moraliser pour mieux répondre aux nouveaux besoins attendus de la société et des citoyens, devenant ainsi un agent majeur de mutations, de progrès social, de respect d’éthique, d’émancipation culturelle et d’épanouissement personnel, tout en restant attachée aux valeurs fondamentales du projet sociétal que nous proposons. L’école doit être également capable de contribuer à la formation citoyenne et civique des apprenants et à leur socialisation. L’apprentissage du respect de l’éthique dans l’exercice de tout acte, l’acquisition de comportements citoyens dans la vie sociale, familiale et professionnelle, l’acceptation de l’autre avec ses différences et ses opinions et croyances sont autant de fondements nécessaires et d’outils pédagogiques indispensables à une formation à l’écoute, à la communication, au respect et à l’échange interculturel. Les fondements et valeurs ci-dessus énoncés ne sont pas spontanément réunis dansl’école, pour leur concrétisation dans la pratique quotidienne, qu’ils soient formellement 16
  17. 17. précisés mais nécessitent et accompagnés d’objectifs bien définis, de mesures de mise enœuvre et d’évaluation basées sur les deux leviers majeurs agissant transversalement surl’ensemble du système de l’éducation et de formation. nous nous attachons à développersuccinctement les deux leviers sans lesquels aucun progrès réel et significatif ne peut êtreréalisé, à savoir : la formation et l’évolution des ressources humaines et la gouvernance dusystème éducatif et des établissements. 1- La question des ressources humaines : elle est au cœur de la problématique de l’éducation et elle est aussi la plus complexe et la plus difficile, tant les résultats de toute réforme dans ce domaine sont intimement liés à l’acte pédagogique, à sa qualité, sa pertinence, sa cohérence, et à l’engagement, à la mobilisation, à l’esprit de mission et de responsabilité de l’encadrant, dépendent essentiellement de sa sélection, sa formation, sa formation continue, son évaluation et sa promotion 1-1- Cela suppose au niveau scolaire : i- Des instruments qui valorisent, le métier de l’enseignant, avec des bourses attractives allouées aux meilleurs bacheliers ; ii- Une formation approfondie, suivie d’une période de deux années formation alternée ; iii- Un concours d’obtention du certificat d’aptitude, après cette formation, avec intégration au cycle des professeurs des écoles ; iv- Un cadre clair et évolutif permettant aux enseignants d’évoluer dans ce cadre, tout en contribuant à les garder dans l’école ; v- Un système de promotion qui intègre les formations continues et les résultats obtenus. 1-2- Au niveau universitaire : i- Création d’un cadre d’assistants permettant d’attirer les meilleurs éléments détenteurs de Master et diplôme d’ingénieur de préparer, dans de bonnes conditions, leur doctorat, tout en se préparant au métier de professeur d’enseignant du supérieur et de chercheur ; ii- Création d’un diplôme d’agrégation pour la titularisation dans le cadre des enseignants chercheurs, après la soutenance de thèse ; iii- Refonte du statut des enseignants chercheurs qui favorise l’engagement et la qualité de formateur et de chercheur, et qui intègre la production scientifique et la productivité dans l’encadrement pour les promotions exceptionnelles ; iv- Facilitation de la circulation et de la mobilité nationale et internationale pour encourager la recherche- développement et l’innovation ; 17
  18. 18. v- Instauration d’un système d’évaluation externe des enseignants – chercheurs pour leurs promotions ; vi- Gestion des ressources humaines décentralisée au niveau de l’université.2- Le deuxième levier est celui de la gouvernance du système éducatif dans sa globalité avec : i- Une révision des organigrammes des départements scolaire et universitaire basés sur une organisation donnant à ces départements les fonctions régaliennes d’orientation, de planification, de régulation, de définition des curricula et manuels, d’accréditation, d’évaluation et de coordination nationale ; ii- Un approfondissement de l’autonomie des universités et des académies, leur donnant davantage de possibilités d’inter- réaction, de coopération, d’anticipation avec l’allocation des ressources humaines et matérielles pour l’accomplissement de leurs missions. Dans ce cadre, une refonte de la loi 01/00 relative aux universités et celle relative aux académies devrait être entreprise, avec réorganisation de leurs instances de décision et de gestion ; iii- Une réadaptation du secteur de la formation professionnelle aux besoins de prise en charge des élèves quittant le système scolaire avant la fin du secondaire et aux attentes de l’entreprise, avec une parfaite coordination avec le système scolaire, ainsi que l’instauration de passerelles entre les deux et l’adoption du principe de validation des acquis ; iv- L’organisation d’un système d’orientation assurant la formation adaptée à chaque personne, avec l’instauration de mécanismes de passerelles entre les divers systèmes actuellement éclatés et non coordonné ; v- Mettre la recherche et l’innovation au cœur des missions de l’université, avec l’encouragement des entreprises à la participation aux projets de recherche- développement (crédit impôt recherche) et l’incitation au regroupement des universités et des entreprises autour de projets nationaux ou régionaux (pôles de compétitivité, clusters) ; vi- Création d’un fonds de financement de dépôts de brevets et de valorisation de projets porteurs. 18
  19. 19. B. 2.2- Assurer l’accès aux soins et généraliser la couverture médicaleLa politique de santé proposée par le PPS vise deux objectifs essentiels :  L’accès de tous les citoyens à des soins de santé, au moment opportun, selon leurs besoins et non leur capacité de payement,  Des services de santé de qualité, sécurisés, efficaces et axés sur le patient. Les rapports annuels de l’OMS jugent sévèrement la réactivité du système national desanté, considéré comme faible, ce qui classe le Maroc dans la queue du peloton des pays àéconomie similaire. Les raisons d’un tel classement sont multiples, il est important d’enciter trois : - Une extrême complexité du système national de santé qui se caractérise par une multitude d’intervenants sans harmonisation ni coordination de leurs activités, - Un financement faible et fragmenté, - Et surtout l’absence d’une politique « offensive» et cohérente en matière de santé. Malgré l’évolution et le chemin parcouru, la santé au Maroc présente encore desindicateurs et des dysfonctionnements alarmants : un taux de mortalité maternelle de 227 pour100 000 naissances vivantes ; un taux de mortalité infantile de 40 pour 1000 ; un taux demortalité en pré-hospitalier de 63% pour les accidents graves de la voie publique ; un tauxd’occupation moyen des hôpitaux de 56% seulement, production très faible [3,6 interventionschirurgicales/chirurgien/semaine] ; 20% de la population la plus riche consomme 56% dessoins alors que 20% de la population la plus pauvre n’en consomme que 3% (rapport de 1 sur19) ; forte participation des ménages au financement des soins (54%) ; une iniquité dansl’offre et une iniquité dans l’accès aux soins entre les régions d’une part et entre le milieurural et le milieu urbain d’autre part [31% de la population rurale est à plus de 10 km d’uncentre de santé] ; déficit qualitatif et quantitatif en professionnels de la santé [l’OMS situe leMaroc parmi les 57 pays du monde qui connaissent une pénurie aigue de médecins : 5,4médecins pour 10 000 habitants [« 12 pour 10000 en Tunisie, 13 pour 10 000 en Algérie »],exécution très faible des crédits allouée au ministère de la santé [48% seulement] ;centralisme administratif et absence de déconcentration ; une absence de politique dumédicament ; une absence d’une véritable politique de prise en charge des urgences et desmalades mentaux ; 146 établissements de soins fermés faute de personnels et de moyensmédico-techniques ; une couverture médicale ne dépassant guère 30% de la population, ; uneintervention directe de l’Etat par l’intermédiaire du ministère de la santé allant du rôle deprestataire de service à celui de pourvoyeur de financement, ou encore de régulateur[régulation autoritaire] et planificateur. Le souci permanent du PPS est de pouvoir offrir à la société un système de santéefficace et performant, contribuant ainsi à la consolidation des liens sociaux parl’approfondissement de la valeur, de la solidarité et de la confiance au sein de la communauté. Afin de permettre au système national de santé de jouer pleinement son rôle quiconsiste à garantir la santé pour tous avec équité, à permettre une prise en charge médicale dequalité à hauteur du développement souhaité pour notre pays et à mettre le citoyen au centredu développement, le PPS propose une « stratégie santé » dont les sept mesures phares sont : 19
  20. 20. - Le renforcement institutionnel du ministère de la santé : le développement du rôle degarant de l’équité, de la distribution de l’offre, de réglementation, de régulation[régulation formative et non autoritaire] et de démocratisation des soins,- Rendre au citoyen la confiance dans le système de la santé par la moralisation dusecteur, l’amélioration de l’accueil, l’information, la propreté, l’équité, la disponibilité desmédicaments et du matériel médico-technique [matériel d’ostéosynthèse, …],- La mise en place d’une véritable régionalisation du système de santé [pour aboutir àune efficience gestionnaire et économique]. Les directions régionales de la santé aurontpour mission la planification, la coordination, la gestion basée sur des résultats, lacollaboration intersectorielle, la participation communautaire, le partenariat public-privéet la gestion des ressources humaines, matérielles et financières,- Réduire la part supportée par les ménages dans le financement de la santé à moinsde 20% [54% actuellement],- Développer une politique de proximité de la prise en charge des urgenceshospitalières et pré-hospitalières par la réorganisation, la restructuration et l’équipementdes services d’urgences et la mise en place du Samu (service d’aide médicale urgente)marocain,- La mise en place d’une politique du médicament : o Mettre en place une nouvelle politique de fixation du prix du médicament, o Investir dans le médicament générique, o Mettre en place des mécanismes pour protéger les médicaments essentiels et de très grande utilité pour la population [le prix des médicaments essentiels doit être maintenu constant, voire abaissé ; en contrepartie, le prix des produits de semi-confort, de confort et de luxe pourront être relativement libérés]. L’objectif étant de protéger le pouvoir d’achat de la population et de lui garantir un accès suffisant aux médicaments indispensables et essentiels, o Mettre en place des mécanismes réglementaires qui permettent d’ajuster la politique de remboursement dans le cadre de l’assurance-maladie, car il n’est pas logique de rembourser un produit de confort au même taux qu’un produit essentiel ; comme il n’est pas logique de rembourser un produit coûteux, alors que le même produit est disponible sur le marché à un coût inférieur [générique], o Promouvoir la rationalisation de la consommation par une information correcte et transparente, o Rationaliser la prescription en renforçant l’éthique en matière de publicité et de marketing,- Mettre en place une politique en santé mentale : o Affecter plus de postes budgétaires à la psychiatrie, o Mettre fin à la psychiatrie asilaire en intégrant la santé mentale dans la pratique médicale quotidienne, o Combattre la stigmatisation et la discrimination des malades mentaux et de leurs familles, o Intégrer la santé mentale dans toutes les structures hospitalières [structures aux dimensions humaines, ouvertes et gérées de manière souple], 20
  21. 21. o Développer des partenariats avec les ONG et la coopération internationale. Cette stratégie du PPS pour le développement de la santé admet une vision selonlaquelle la santé et le bien être de la population représentent un investissement pour la société.Pour l’individu, santé et bien être constituent une ressource importante, qui lui permet de tirerune satisfaction de la vie et d’exercer pleinement ses rôles. Pour la société, des citoyennes etdes citoyens en bonne santé représentent un gage de dynamisme et de progrès. Les sommes etles énergies de la collectivité consacrées à l’amélioration de la santé et du bien-être sontconsidérées par le PPS comme un investissement, et non comme une dépense deconsommation. Mais comme tout investissement, il doit être dirigé vers les solutions les plusefficaces.B.2.3- Engager le pays dans un processus de développement culturel durable respectantla diversité et la richesse de notre patrimoine.Il s’agit de la meilleure voie pour, tout en valorisant notre patrimoine et notre civilisationenracinés dans l’amazighité, l’arabité et l’africanité, conforter l’ouverture culturelle du Marocet promouvoir les valeurs de tolérance et de respect de la différence et de la diversité. C’estcette option qui garantit une lutte efficace contre les tendances obscurantistes fondées sur unevision sectaire et rétrograde de notre identité. En terme de politique publique, nous nousengageons, dans le cadre de la prochaine législature, à oeuvrer pour conduire une grandepolitique culturelle disposant des moyens nécessaires pour :- Densifier le tissu des « lieux d’accès à la culture » en multipliant les théâtres, les salles etateliers d’exposition, les conservatoires, les bibliothèques, les cinémas… et favoriser lespratiques culturelles les plus diverses chez notre jeunesse,- Réhabiliter, valoriser et ‘’donner à voir’’ notre patrimoine sous ses diverses formes à traversun réseau de musées, l’organisation des festivals et universités…- Susciter l’adhésion populaire et l’intérêt de notre jeunesse aussi bien pour le patrimoinematériel et architectural que pour les patrimoines immatériels (patrimoine oral, traditions,métiers, danses…)-Réduire la fracture numérique en encourageant l’accession au réseau internet notamment auniveau des établissements scolaires, l’acquisition des ordinateurs et en régulant davantage lemarché de la téléphonie mobile pour réduire les prix des communications et d’abonnements etlutter contre toute forme illicite d’entente entre les opérateurs.- Renforcer l’infrastructure culturelle et artistique (musées, théâtres, conservatoires demusique, bibliothèques, salles de cinéma..) selon une approche régionale et participative ettenant compte de la diversité culturelle.- Réhabiliter et sauvegarder notre patrimoine culturel dans sa diversité à travers la créationd’une instance nationale qui aura comme missions de gérer et de coordonner l’action enmatière de patrimoine.- Faciliter et généraliser l’accès aux services culturels en réduisant les disparités entre régionset en accordant une priorité au monde rural.- Réhabiliter notre patrimoine culturel dans toutes ses variantes, le mettre à niveau, lesauvegarder à travers la création d’une agence nationale autonome chargée de coordonner lesactions relatives aux différents aspects du patrimoine. 21
  22. 22. - Assurer les mécanismes de protection des droits culturels et de la propriété intellectuelle desindividus et groupes contre toute forme de marginalisation, de piratage, de contrebande et decommerce illicite.- Préserver et consolider les acquis des artistes et des créateurs et améliorer leur situationmatérielle et morale.- Améliorer le soutien accordé aux associations culturelles sur la base de critères objectifs ettransparents.- Soutenir toutes formes de création féminine pour valoriser la femme marocaine et luttercontre les images stéréotypes véhiculées par les média et les ouvrages scolaires.- Activer la création du Conseil national des langues et de la culture marocaine selon uneapproche participative garantissant l’efficacité et la démocratisation de la politique culturelle.- Renforcer la présence culturelle marocaine à l’étranger à travers la création d’un réseau desétablissements actifs dans le domaine et la mise en place d’une diplomatie culturelle.- Augmenter la part du budget alloué à la culture dans le budget général en encourageant lespartenariats et l’investissement privé dans le domaine culturel.- Rendre opérationnelles les nouvelles dispositions constitutionnelles faisant de la langueamazigh une langue officielle.- Préparer la loi organique qui définit le processus de mise en œuvre du caractère officiel de lalangue amazigh ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et auxdomaines prioritaires de la vie publique.- Renforcer le partenariat avec le tissu associatif amazigh pour garantir une application sainedes nouvelles dispositions constitutionnelles.- Améliorer la place accordée à la langue amazigh dans le paysage audio visuel national etrenforcer les moyens de la chaine publique amazigh.- Renforcer l’enseignement de la langue dans les établissements scolaires dans la perspectivede sa généralisation.- Généraliser progressivement l’utilisation de la langue amazigh dans l’espace public et lesservices publics.- Conduire une politique ambitieuse dans le domaine de la formation et de la mise à niveaudes ressources humaines dans la fonction publique.B.2.4- Conduire une nouvelle politique du sport, à la mesure de ses enjeux économiques,sociaux et culturels- Il faut préciser que le sport est, pour la première fois inscrit dans la Constitution commeun droit du citoyen, au même titre que léducation et la santé. Partant de là, il appartiendraaux diverses institutions de lEtat (Gouvernement, parlement, collectivités territoriales) delinscrire parmi leur préoccupation et dassumer leur responsabilité pour permettre sonexercice par tous les citoyens, indépendamment de leur sexe, de leur âge, ou de leurlocalisation géographique. Le sport doit être considéré comme une activité physique 22
  23. 23. participant à lépanouissement de la personnalité et au bien-être de la population. Cest leSPORT DE MASSE ouvert à tous et devant être pris en charge par tous les intervenantspolitiques, économiques et sociaux (administrations, Etablissement publics et privés,collectivités locales). A cet effet, le gouvernement fera adopter par le Parlement UNE CHARTE DU SPORTPOUR TOUS qui précisera les modalités de la mise en œuvre du sport de masse à ces diverséchelons, lobjectif étant de permettre à tout un chacun de pratiquer le sport en tant que facteurde développement physique et mental et instrument dépanouissement humain. Une mentionspéciale doit être accordée au SPORT scolaire et universitaire pour que tous les élèves et lesétudiants puissent pratiquer le sport de leur choix dans les établissements quils fréquentent.- Sport de compétition : La pratique du sport de compétition au Maroc est très limitée etconcerne à peine 1% de la population, ce qui limite le relèvement du nombre de pratiquantsdans les associations sportives du pays et, de ce fait, la possibilité déclosion de nouveauxtalents. La politique du prochain gouvernement devra sappuyer sur une mobilisation de toutesles capacités de lEtat et des collectivités territoriales pour développer la pratique du sport decompétition dans les diverses régions du pays de façon à multiplier par 3 le nombre depratiquants durant la prochaine législature et atteindre le MILLION.Pour cela, il faut augmenter sensiblement le budget du ministère de la Jeunesse et des sports àraison de 0,3 point chaque année pour quil atteigne 2%. Cela signifie laugmentationsubstantielle des investissements dans linfrastructure sportive et des subventions defonctionnement des fédérations et des associations.-Organisation sportive : Toute organisation sportive doit sarticuler autour de laREGIONALISATION que le pays sapprête à mettre en œuvre. Chaque région doit pouvoirsappuyer sur un Conseil Régional du Sport (CRS) regroupant les représentants des ministèresdu sport, de léducation, de lintérieur, du Comité National Olympique, des autorités locales,des collectivités, des associations sportives et des ligues.Ces organismes doivent agir dans le cadre de plans quadriennaux avec des objectifs déclaréset chiffrés pour développer le sport de compétition dans leur région : augmentation du nombredassociations, développement des infrastructures, élévation du niveau de compétitivité.Il est essentiel que toutes les infrastructures sportives doivent être gérées dans ce cadre, enfavorisant, autant que peut, leur mise à disposition des associations et labandon progressif dela tutelle de ladministration et des collectivités.- Sport délite : Il nest pas possible davoir des résultats honorables dans les diversescompétitions internationales auxquelles le Maroc participe (Jeux Olympiques, Championnatsdu monde et continentaux) dans les différentes disciplines sportives sans une politiquesportive délite, favorisant la promotion des talents à traversdes STRUCTURES DEXCELLENCE. Nous proposons de mettre en place ces structures enpartenariat avec le CNOM, les fédérations, les ligues et les associations concernées, pourpermettre aux talents détectés dans les diverses disciplines sportives de sadonner à leursentraînements sans sacrifier leurs carrières (études, profession), selon des critères de sélectiontransparents et équitables. Des sections SPORT-ETUDES doivent être disponibles dans lesdiverses régions pour laccueil des élèves sélectionnés. Des contrats-programmes doivent êtreétablis entre les divers partenaires de ces opérations, en veillant à faire périodiquement lesévaluations nécessaires. 23
  24. 24. - Formation des cadres : les cadres sportifs (dirigeants, entraîneurs, arbitres, médecins dusport, kinésithérapeutes, psychologues) doivent avoir dans le cadre des lois leur statut bienprécisé. Leur formation et leur recyclage doivent être assurés par les organismes compétents,pour quils puissent accomplir leur mission dans les meilleures conditions. Une politique depromotion des cadres nationaux, à tous les échelons, doit être menée par les diversintervenants pour les associations, les ligues et fédérations puissent sassurer de leurs servicesdans le cadre de conventions de collaborations équitables pour tous.- Lutte contre le dopage : le dopage est un danger réel pour la santé des sportifs. Larsenaljuridique et la politique de sensibilisation doivent être assurés par le gouvernement.- Le hooliganisme doit être traité à la racine dans les écoles, les associations et les quartierspour y mettre fin.-Les médias sont les partenaires indispensables des acteurs sportifs. Leurs relations doiventse développer dans le cadre du respect mutuel et de la collaboration pour lintérêt général.- un nouveau système de gouvernance du secteur, fondée sur la démocratisation et le respectde l’autonomie du mouvement olympique, la modernisation de la gestion des fédérations etdes clubs.B.2.5 - Une politique dhabitat qui préserve notre patrimoine architectural et répondeaux besoins de la population en matière de logementLa crise de lhabitat, tant dans les agglomérations urbaines que dans les villages et centres urbains, estdevenue préoccupante. Elle a des retombées négatives sur le mode de vie et le paysage urbain ainsique sur la détérioration de la qualité de la vie et la santé des citoyens.Le PPS plaide pour ladoption dune politique dhabitat qui préserve le patrimoine architectural,humanise nos villes et facilite l’accès à un logement décent à tous les ménages en fonction de leurpouvoir d’achat. Il préconise :- La mise en place des schémas daménagement urbain dans toutes les agglomérations urbaines et leurapprobation de telle sorte quils engagent toutes les parties prenantes dans le domaine de lhabitat etde lurbanisme: privé, promoteurs immobiliers, communes, pouvoirs publics;- La création dun tissu de petites et moyennes villes à la périphérie des grandes agglomérations et cedans le cadre dun schéma daménagement conçu au niveau dune région homogène sur les plansgéographique, urbain et économique. Ces centres doivent être dotés de tous les équipements de baseet services sociaux: espaces verts, centres commerciaux, transports en commun…- Linstauration de programmes dhabitat communs aux communes urbaines dans les grandes villes.- La restructuration de lhabitat insalubre, là où prédomine la construction "clandestine" et illégalecomme cest le cas dans certaines grandes villes ;- Léradication, dune façon définitive, des bidonvilles qui déforment le tissu urbain en procédant à ladistribution de lots de terrain et de logements sociaux dans un cadre transparent et en combattanttoutes formes de corruption et de favoritisme qui ternissent cette opération; 24
  25. 25. - Lintérêt accordé aux villes traditionnelles pour trouver des solutions adéquates à leur restaurationdans le cadre dun programme national spécifique et sauvegarder toute la richesse quelles recèlent demonuments, darchitecture, dhistoire et de civilisation. Il faut restructurer le réseau dassainissement,aménager les ruelles, assurer la propreté et lhygiène. Pour ce faire, des incitations doivent êtreaccordées aux propriétaires à travers un contrat Etat - Collectivités locales.- Lencouragement des coopérations dhabitation et l’aide au logement économique.- Lencouragement du logement rural en mettant à contribution le Crédit Agricole qui aura le droit deréaliser des lotissements dans le monde rural.- Par ailleurs, il faut revoir les conditions doctroi du crédit en faveur de limmobilier et du logementéconomique en supprimant le système des avances qui pénalise les personnes aux bas revenus.- Il faut faciliter le transfert des terrains domaniaux au bénéfice des projets ayant lagrément descommunes selon les priorités de ces dernières.- Combattre la spéculation immobilière sous toutes ses formes et réguler le marché foncier enintensifiant le contrôle sur la construction et les équipements et en disposant d’une réserve foncièrepublique destinée aux lotissements populaires et aux constructions de logements sociaux. Une politique active d’intégration sociale et de solidarité nationale. A-Aller vers la parité et l’égalité effective des sexes.En s’appuyant sur les acquis déjà réalisés notamment à travers le nouveau code de la famille et lenouveau code de la nationalité et ainsi que sur les avancées enregistrées en matière politique, socialou économique, le PPS militera pour la mise en œuvre effective des nouvelles dispositionsconstitutionnelles en matière de parité, en proposant de :- lutter contre la féminisation de la pauvreté, en favorisant les programmes de développement les activités génératrices de revenus en faveur des femmes, en donnant à la femme chef de ménage en situation précaire la priorité d’embauche dans les programmes publics, en combattant les disparités sexistes sur le marché du travail ;- développer des programmes spécifiques d’alphabétisation des femmes, de scolarisation des petites filles … tout en veillant à la valorisation de l’image de la femme dans les programmes éducatifs ;- promouvoir les services de planification familiale et de promotion de la santé de la mère et de l’enfant ;- veiller à l’application saine du nouveau code de la famille, accélérer la formation des juges dans le domaine … tout en menant un vaste programme de sensibilisation sur les nouveaux droits ;- Renforcer les moyens affectés au fonds de solidarité familiale dédié aux femmes divorcées ;- veiller, sur le plan politique, à éliminer toutes les normes juridiques discriminatoires et assurer une représentation significative des femmes dans les responsabilités publiques et politiques. B-Mener une grande politique de lutte contre la pauvreté et la précarité.- L’INDH est une initiative porteuse qui consacre le choix du pays de faire du développement humainla finalité de l’ensemble des stratégies sectorielles et des politiques publiques ; la force de l’INDHprovient du fait qu’elle repose sur les principes de la gouvernance démocratique et notamment de ladémocratie participative.Une première évaluation de l’INDH révèle que chaque fois que la population est associée auxprocessus de formulation et de suivi des projets, les résultats sont tangibles ; par contre, chaque fois 25
  26. 26. que les pratiques autoritaires prédominent, chaque fois que l’autorité locale n’arrive pas à sedébarrasser des vieilles habitudes où elle seule a le pouvoir de décider et d’allouer les ressources,selon des pratiques clientélistes ou bureaucratiques, les résultats et l’impact sur les populations nesont pas au rendez-vous.- Il faut approfondir la démarche INDH en l’inscrivant dans la durée et en veillant à la généraliser àl’ensemble des provinces et des quartiers périphériques, partout où subsistent des poches de pauvretéet d’exclusion.- Le gouvernement doit assurer les conditions d’une large mobilisation sociale et populaire pour, auniveau local, développer les programmes d’insertion économique et sociale (par la formation etl’apprentissage, par le développement du micro crédit, par l’encouragement des activités génératricesde revenu,…), les programmes de lutte contre l’analphabétisme et l’ignorance, le développement desinfrastructures sociales de base…- Les approches partenariales seront privilégiées : l’Etat devra accompagner les acteurs locaux (ONG, Collectivités locales…) par un très fort investissement en formation ; Il aura uneresponsabilité majeure de mise à niveau des centres et complexes sociaux, de création de nouveaux,d’élaboration de plan de lutte contre la précarité et l’exclusion au niveau local et régional- En même temps, pour faire face aux cas de précarité ou de détresse extrêmes, il mettra en place unfonds social, alimenté par le budget de l’Etat mais aussi les dons des bienfaiteurs ou le produit de lagénérosité publique…L’aide monétaire directe que peut apporter l’Etat devra s’attacher à éviter l’institutionnalisation etl’assistanat permanent ; l’action sociale devra privilégier la recherche de l’intégration économique etsociale, l’auto- prise en charge de la population, le développement de l’esprit de travail et le goût del’effort ainsi que le développement d’activités génératrices de revenus.- L’INDH sera réorientée dans le sens de la promotion de l’économie sociale fondée sur leregroupement des petits producteurs et la mutualisation de leurs moyens sur la base de la solidarité etde l’esprit coopératif ; les secteurs de l’agriculture, de l’artisanat, de la pêche … se prêtentparticulièrement à cette approche.- Promouvoir la solidarité, c’est définir des stratégies de lutte et d’intégration de toutes les fractionsde la société en situation de vulnérabilité ou victimes de discrimination.C- Une attention particulière à l’égard des personnes aux besoins spécifiques.Le gouvernement n’adoptera aucune stratégie sectorielle si elle ne prend pas en compte les besoinsspécifiques de certaines catégories, en particulier : les handicapés, l’enfance abandonnée et l’enfancedes rues et les personnes âgées sans ressources.- La population en situation de handicap, estimée à plus de 1,5 millions de personnes, a droit aurespect de sa dignité d’être humain. Le PPS considère que la prévention et le dépistage du handicap, lessoins, léducation, la formation et lorientation professionnelle, lemploi, la garantie dun minimum deressources, lintégration sociale et lintégration aux sports et aux loisirs du mineur et de ladultehandicapés physiques, sensoriels ou mentaux, constituent une obligation nationale..Lenfant handicapé, doit pouvoir disposer des mêmes droits que tous les enfants dits "normaux",comme eux, il a le droit de vivre son enfance, dêtre heureux, aimé, accepté avec ses différences,respecté, éduqué et soigné. Il a aussi droit aux loisirs (sports, arts, voyages...). Il a droit à lacommunication grâce à des moyens adaptés à son handicap. 26
  27. 27. Le PPS préconise de mettre en œuvre une stratégie fondée sur les principes suivants :-Mettre en œuvre des politiques publiques intégrant les principes énoncés dans la nouvelle constitutionen matière de droits humains, de non discrimination et d’approche genre.-Définir des politiques publiques fondées sur le développement inclusif des personnes en situationd’handicap et assurer les droits fondamentaux et la dignité pour l’ensemble des citoyennes et citoyensen tenant compte des besoins spécifiques de chacune et de chacun notamment en matière de santé,d’éducation, d’emploi et d’accessibilité.-Œuvrer pour la mise en œuvre du contenu de la convention internationale des droits des personnes ensituation d’handicap et adopter un projet de loi pour le renforcement de leurs droits tel qu’il a étépréparé par le Ministère du développement social en partenariat avec la société civile.- Œuvrer pour la mise en place d’un fonds d’appui aux droits des personnes handicapées destiné àréaliser l’égalité des chances pour l’accès aux services publics.-Assurer la prise en compte du handicap de façon transversale dans l’ensemble des instances nationaleset régionales et notamment dans les différents conseils créés par la nouvelle Constitution.-Développer l’approche participative et associer la société civile active dans le domaine du handicap àla prise de décision et à la mise œuvre des politiques publiques en la matière.Par ailleurs, en matière de prévention qui constitue un axe essentiel, le PPS propose les mesuressuivantes :- Diagnostic anténatal des principales maladies héréditaires invalidantes chez les familles à risque,- Surveillance médicalisée des grossesses,- Encadrement médicalisé de laccouchement- Traitement précoce de la fièvre chez le nourrisson.- Poursuite des efforts de vaccination contre les maladies infectieuses.-Prévention et traitement précoce de la diarrhée (sels de réhydratation orale)- Prévention et traitement précoce des accidents.Linformation et léducation constituent le meilleur moyen de prévention. Elle doit sadresser auxfamilles, surtout aux mères et aux jeunes filles. Elle doit insister sur :- les risques dune grossesse et dun accouchement non suivis, - les avantages de lallaitement maternel pour la prévention des diarrhées, des maladies infectieuses etde leurs complications, y compris le handicap, - les risques et la prévention des accidents par une plus grande vigilance. 27
  28. 28. Cette information utilisera des moyens adaptés pour passer des messages éducatifs : mass- média (plusparticulièrement la TV), affiches, souks, emballages des ingrédients consommables utilisés (lessives,thé, sucre...).Il est souhaitable aussi que des programmes de prévention soient intégrés dans les programmesscolaires.D - L’enfance et la jeunesse.Dans ce domaine, le PPS propose l’adoption d’une stratégie nationale selon une approcheparticipative entre les institutions étatiques, les partis politiques, les ONG et le secteur privé. Lesactions à mener consistent dans :- la création de nouvelles infrastructures au bénéfice de la jeunesse et de l’enfance en donnant lapriorité aux régions défavorisées afin de réduire les déséquilibres entre régions ;- le lancement du programme de complexes régionaux susceptibles d’accueillir un grand nombre debénéficiaires ; l’augmentation des maisons de jeunes de 436 à 750 à fin 2015 ;-la mise à niveau des espaces et infrastructures culturelles dédiés aux jeunes et aux enfants en les dotantdes équipements modernes et de nouvelles technologies de communication ;-le renforcement du soutien aux associations de jeunes et d’enfants selon des contrats- programmes etdes cahiers de charges dûment établis ;-l’amélioration du niveau d’encadrement humain à travers une politique judicieuse de recrutement endonnant la priorité aux lauréats de l’Institut Royal de formation des cadres et une mise à niveau desressources existantes ;-le renforcement des capacités d’accueil des centres d’estivage pour atteindre 250 000 enfantsbénéficiaires en veillant à l’amélioration des conditions d’estivage en matière de nourriture, detransport, de santé, d’hygiène, de sécurité et d’assurance, et d’animation ;-le renforcement et l’amélioration des programmes dédiés à la jeunesse et à l’enfance à travers desactions nationales : musique, théâtre, arts plastiques, sport, danse et expression corporelle, voyagesorganisés, tourisme… ;l’actualisation des textes juridiques organisant le secteur et le développement des méthodes de gestionadministrative et financière.-Pour l’enfance abandonnée et l’enfance des rues, une politique spécifique doit être appliquée à leurégard. Elle consiste d’abord à leur assurer une protection juridique, à les accueillir dans des centressociaux d’accueil où ils doivent recevoir l’affection, la formation qui leur fait défaut pour les intégrerdans la vie professionnelle et vivre pleinement leur citoyenneté.E- Les personnes âgées sans ressources suffisantesLe même intérêt doit être accordé aux personnes âgées pour leur garantir de vivre avec un minimum dedignité le restant de leur vie. Deux options sont envisagées à cet effet : soit accueillir ces personnesdans des centres dédiés aux personnes âgées en veillant à ce que ces centres comportent un minimum 28
  29. 29. de confort matériel et de convivialité ; soit accorder, pour ceux qui ont la possibilité de vivre au sein deleur famille, une pension vieillesse ou un complément de retraite.Dans tous les cas, l’Etat se doit de prendre en charge ces personnes en matière de gratuité d’accès auxsoins de base, de facilités de transport, de pratique de sport adapté à leur âge et toute une séried’activités favorisant leur épanouissement. Pour une gouvernance démocratiqueLa question de la gouvernance démocratique est au cœur de notre programme. Elleconditionne les progrès de l’ensemble des autres chantiers et est posée en des termesnouveaux par la nouvelle constitution. En effet, cette dernière donne à la question de lagouvernance une dimension politique essentielle et la rend indissociable des réformespolitiques indispensables visant notamment à concrétiser les principes constitutionnelsnouveaux :-affirmation des droits et libertés ancrés au référentiel universel des droits de l’homme ;-consécration du pluralisme de la société marocaine politique, social, linguistique et culturel ;-consécration des principes de l’inclusivité, de la solidarité (sociale, spatiale, générationnelle)et de la parité homme- femme ;-consécration du principe d’un gouvernement politique, expression de la souveraineténationale, pleinement responsable des politiques publiques dans tous les secteurs et astreint àrendre compte de ses actes devant le parlement et devant les citoyens ;-affirmation du lien entre la responsabilité et la redevabilité à tous les niveaux ;-séparation des pouvoirs et affirmation du statut de la justice en tant que pouvoir indépendant,au service d’une protection réelle des droits et de l’assurance du respect des lois ;-constitutionnalisation du rôle des acteurs de la vie économique et de la démocratieparticipative : associations, syndicats, partis, collectivités territoriales ;-affirmation du Maroc en tant qu’Etat unitaire décentralisé fondé sur la régionalisation,-enfin, affirmation constitutionnelle des principes de bonne gouvernance et de la moralisationde la vie publique et de l’Etat de droit économique.Pour donner corps à ces principes, le PPS axe ses propositions sur les points suivants :-refonte des relations de l’Etat avec les autres acteurs de développement,-réformes de l’administration et de justice,-exigence d’une stratégie forte et inscrite dans la durée de lutte contre la corruption etde moralisation de la vie publique et économique.A- Refonte des relations de l’Etat avec les autres acteurs de développement-Renforcement du rôle développementiste de l’Etat à travers des politiques publiques àcontenu social fort visant à garantir la cohésion sociale et spatiale du pays à travers laréhabilitation de sa mission de planification ; la planification que nous préconisons est uneplanification démocratique, fondée sur la concertation et la décentralisation, visant à donner 29

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