DICTIONNAIRE                      RAISONNÉ                          DELARCHITECTURE                   FRANÇAISE      OU   ...
DICTIONNAIRE RAISONNÉ                            DELARCHITECTURE                FRANÇAISE        DU XIe AU               X...
DICTIONNAIRE RAISONNÉ                                         DB    LARCHITECTURE                                    FRANÇ...
l AUTS]                         -   2 - derrière die une vielle désignéepar le mol orf/amstruni.                          ...
-   3-                           [ ARTS                                                                       ]une correct...
[ ARTS]                    - k -XVesiècle ou au commencementdu xvi% tels que lescosmographiesparexemple, reproduisait     ...
-   5 -                          [ ARTSIdérer commedesfantaisiesdartistes, avaient leur placedansle cycle en-cyclopédique ...
{ ARTS     ]                       -   6 -figure droite     à       représente                    la Médecine             ...
-   7 -                        [ APTS]"styleen forme de clou, sur une tablette pentagonale. troisième,la                  ...
[ ARTS]                        -   $-coupé undouble brisé    par     trait ; même àSens.Chartres,                       ch...
-   9 -                                 [ ARTS ]hampe, lescrinssur la palette. Méd.rin (probablement) 10)      et         ...
[ ASTHAGAI.E           ]que dattribut-. Ainsi, à Frihourj:, la Dialeetiquc                                                ...
-  -                      [ ASTRAGALE  ) de la colonneporte lastragale; mais, à partir du xne siècle, on voit sou- vent la...
[ ASTRAGALE         ]                    -   12 -deleur     lourdeur           primitive sedétachent réellementfût."oici  ...
-   13 -                           [ ATTRIBUTS                                                                            ...
f AUBIEIl]                      -   14 -proprement Les         dits. attributs sesont                       ne     guère  ...
- 15                                    [ AtTEL ]      AUTEL,s. m. Tout ce que lon peut savoir des autels de la primitive ...
[ AUTEL      ]                                 -    16 -emportait lesvoyages. lOrdre       dans        Aussi    romain app...
.-17     -                                 [ AUTEL]"France,       dautelscompletsdunecertaineimportance                   ...
_ AUTEL]                      -   18 -de-rétabli^ fort riches et souvent                                 dune grandedimens...
- 19 -                                 [ AUTEL                                                                            ...
[ AUTEL J                        - 20 -Lextérieurde lautel, cest le bûcherou lautel mêmede la croix... Ensecondlieu,lautel...
-   21 -                        [ AVIEL ]lautel, qui estle Christ,ce sontles apôtres les martyrs; les tentures            ...
f AUTEL]                                       -     22 -de* parlir.s le composaient            qui          rappelaitless...
-   23 -                          [ AUTEL]:sur ceux deschapelles, rarement sur les autels principaux des cathé- drales. Da...
[ AUTEL]                                -    26 -« autres: le dessus pilliersde dedansSuvre en manière dunenef            ...
-     2") -           [ AUTEL]solde la nefetdu transscpt, 3 nu-tres                         de         environil nétaitacc...
L   ADTEL ]                          Jfi(voy.    ARMOIRE).          nuantàlautel                      inatutinal          ...
[ AUTEI.1le Chauveet la croix dor donnée par labbé Suger . Le tableau de vanEyckestexécuté    avecune finesse une exactitu...
f AUTEL      ]                              -    28 -la cathédrale. J.-B. Thiers1démontreclairement lusage             »  ...
fAUTEL J«Notre-Dame,       dargent Acùlé du autel            doré.... sen^lredict (pi-mcipal)
[ AUTEL     ]                         - 30-, esl châssebois,    une    de     ayantseulement                              ...
-     31 -                        [ ATTEL]  Lautel desreliques de la cathédrale dArras disposéau chevet de cetteéglise, et...
[ AUTEL      ]                                     -      32 -tiques, ceslois,et il fautlesdistinguer couvertures nappes  ...
-   33 -                  [ AUTEL ] -«qui a ajouté les vies de cinq papes,savoir : dAdrien II, de Jean VIII, de « Martin I...
[ AUTEL]                  - 34 -encore voir à Rome,dans les églises Saint-Clément, Sainte-Agnès(horsdesmurs), Géorgie Yela...
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ARCHITECTURE FRANCAISE-VIOLLET LE DUC 2

  1. 1. DICTIONNAIRE RAISONNÉ DELARCHITECTURE FRANÇAISE OU XI* AU XVl« SIÈCLE II Droits de traduction et de reproduction réservés
  2. 2. DICTIONNAIRE RAISONNÉ DELARCHITECTURE FRANÇAISE DU XIe AU XVIe SIÈCLE E. VIOLLET- LE- DUC ARCHITECTE TOME DEUXIEME PARIS LIBRAIRIES - IMPRIMERIES RÉUNIES ANCIENNE HAJSON MOEEL 5. RUE SAINT - BENOIT, 5
  3. 3. DICTIONNAIRE RAISONNÉ DB LARCHITECTURE FRANÇAISE DU xr AU xvr SIÈCLE lsuile). ARTS (Libr-KAux), m. pi. Les monuments desxir et MIT siècle.:;prc- s."senlent fréquemment les sept Arts libéraux. La belle encyclopédiema-nuscrite intitulée Hortus délieiarum, composée au MI siècle par Herrade"deLandsberg, abbesse monastèrede Hohenbourg isainle Odile), en duAlsace, et conservée la bibliothèque de Strasbourg1, renferme parmi àses vignettes une personnification de la Philosophie et des sept Artslibéraux. La figure principale, la Philosophie, est représentée assise;sept sources sortent de sa poitrine, ce sont les sept Arts libéraux : laGrammaire, la Rhétorique, la Dialectique, la Musique, lArithmétique,la Géométrie et lAstronomie. Cette figure, qui occupe le centre delàvignette, estcouronnée dun bandeauduquel sortent trois tètes; les troisnoms (i ETHICA, LOGICA, PUYSICA les surmontent. Sous sespieds, »,Socrate Platon écrivent; cette légendeles accompagne« Auturun, et :universS queri docuitphilùsophia. Autour du cercle qui inscrit le rei »sujet principal sont tracés les sept compartiments dan*,lesquelsles srjiiArts sontfigurés.Au sommet, Grammaire représentée la est tenant desverges un livre; ensuivantde gaucheà droite, la Rhétorique et tient unstyle et des tablettes;la Dialectique,une tète de chien, cnputcanis,etcette légende «Argumenta cpncurrere : sino more canino.» La Musiqueporte uneharpe,cit/tara;devantelleestune sortedeviole, nommée lira; " Vovczla notice sur lHortus deliciarum,par M. A. l.i Nubie(Bi/ji. de tÉcole deschartes,t. 1, p. 238). Cemanuscrit étébrûlé par les Allemands. a H. - î
  4. 4. l AUTS] - 2 - derrière die une vielle désignéepar le mol orf/amstruni. LArithmétique-porteunevergedemi-circulaire laquellesontenfilées boules à des noires,sorte dabaqueencore usage Orient; la Géométrie, compas en en un etune règle.LAstronomietient un boisseauplein deau,probablement pour observerles a-tres par réllexion : ail-dé-us du boisseau-mil ligure-dé- astres.Quatre poètespaïen- -ont assissous le cycle desArts; ilstiennentdesplumes descanifs ou grattoirs;sur leur épauleun oiseau etnoir (lesprit immonde) semMc les inspirer. Lu portededroite dela façade occidentale la cathédrale Chartres de de présente,sculptés danssesvoussure-, le- Arts libéraux. Chaque science ou chaque art est personnifié pur une femme assise;au-dessousdelle, un homme est occupé à écrire sur nu pupitre (scriptionale] posé sur -e- genoux. M. labbé Bulteau. dans sa Descriptionîle In cathédrale de C/iartri-s , désigne chacune de ces liuures; et en effet la plupart dentre elles, sinon toutes, sont faciles à reconnaître aux attributs qui les accompagnent. La Musique frappe dun marteau trois clochelles; >ur ses genoux est posée une harpe à huit cordes; des violes sont suspen- dues à ses côtés. Sous la Musique, Pythagore écrit; il lient un grattoir de la main gauche. La Dialectique porte dans sa main droite un dragon ailé, et dans -a gauche un sceptre. Gcrbert écrit sous sa dictée; il trempe sa plume dans son écritoire. La Rhétorique di>court; (Juinlilien, placé au-dessous delle, taille sa plume. La Géométrie lient un com- pa.- et uneéqiierre; Archimède écrit. La Philosophie tient un livre ouvert Ki -ni ses genoux. Platon semble par- ler. LAstronomie regarde le ciel etporto un boisseau,comme dans le manuscrit dHerrade. Ptoléméetientdanschaquemain un objet cylindrique,un lube. La Grammaire tientdanssadroite uneverge,un livre ouvert danssagauche;deux écolierssontaccroupisusespieds: lun étudie,lautre tendla mainpourrecevoir- L. - lu cathalr.deChartres, M. labbéBulteau,185u. par
  5. 5. - 3- [ ARTS ]une correction; figure est grimaçante. la Grammaire, sa Sous Chilonécrit.Nousdonnons 1) la copie cettedernière (fig. de sculpture xue dusiècle,remarquablement traitée.Chilonest fort attentif; penchésursonpupitre, sesert grattoir; sadroite, plumes .posées il du à des sontsur un latelier. Les libéraux sont toujours Arts ne pas seulement nombre sept. au de Onlesrencontre figurés plusou moins en grandnombre. la portecentrale Ade la cathédrale de Sens, qui date de la fin du xne siècle, 1<^Arts, et lesSciences au nombre douze; sont de malheiireii>emfiit. plupartdeces laba>-reliefs, sculptés dansle soubassement gauche, de .-uni tellementmu-tilés, quon ne peut les désignertous. On distinguela Grammaire;laMédecine(probablement), représentéepar une figure tenant desplantes;la Rhétorique, semble qui discourir; la Géométriela Peinture,dessinant ;surune tabletteposée sessur genoux;lAstronomie (fig. 2,i;la Musique;la Philosophieou la Théologie(fig. 3); la Dialectique (fig. 6). Sous^ (?)chacune ces de figures sculpté animal réelou fabuleux,ou quelque est unmonstreprodigieux, ainsiquonpeutle voir dansla figurek. Ondistingueun lion dévorant enfant,un chameau, griffon,un éléphant un un portantunetour, etc. Il ne faut pasoublierque lespritencyclopédique dominaità la fin du xnesiècle, quedans grandsmonuments et les sacrés queles telscathédrales, cherchaità résumer on touteslesconnaissances lépoque. deCétait un livre ouvert pour la foule, qui trouvait là, sur la pierre, unenseignement élémentaire. Dansles premiers livres imprimésà la fin du
  6. 6. [ ARTS] - k -XVesiècle ou au commencementdu xvi% tels que lescosmographiesparexemple, reproduisait on encore grandnombre ces un de figuresquenousvoyons sculptées lessoubassements cathédrales, étaient sur denos etquidestinées familiariserles intelligences à populairesnon-seulement avec lhistoire de lAncien et du Nouveau Testament, maisencore avecla phi- losophieet ce quon appelait alors ,»-- ...^ minimirin la Pnvsiclue> les connaissances ou naturelles. Dans la Cosmographie universelle de Sébastien Munster1, nous trouvons des gravuressur bois qui reproduisent les singularités naturelles sculptées dans beaucoup de nos églisesdu xne siècle; t-t pour nen citer quun exemple, Sébastien Munster donne, h la page 1229 de son recueil, homme au grand pied qui est sculpté sur les soubasse-^ ments de la porte centrale de la ca- thédrale de Sens(fig. 5 2), et voici ce quil en dit: « ... Similmente dicesi « di alcuni altri populi, checiasche- «dunodi loro ha ne piedi chesono « gcandissimi gamba una sola.sensa « piegar guiocchio,et pur sono <" mirabili velocitade, qua li di H u si adimandonoSciopodi. Questi, «corne attesta Plinio, nel tempo< estade, interra viso su,sifunno dell distesi col in ombra piede. col »¬es étranges que sommes facilement figures, nous trop disposés a consi- 1 Seilibri c/ella Coamogr. univ.,Sel). Munstero, de 1563. édit. 1 Nous donnonslefac-similécette ici de gravure duchapitre : «Délie tirée intitulé« maravigliose etitwnstruose créature si trovano che neiinterne delCAfrica parte »
  7. 7. - 5 - [ ARTSIdérer commedesfantaisiesdartistes, avaient leur placedansle cycle en-cyclopédique moyenâge,et les auteursantiques du faisaient plupart ladu temps les frais de cette histoire naturelle, scrupuleusementfiguré»-par nospeintresou sculpteurs xneet xmesiècles, de faire con- des afinnaître au peuple toutesles Suvres de la création (voy. BESTIAIRE). Mais revenons aux Arts libéraux. Une desplus belles collections desArts libéraux figurés se voit au portail occidental de la cathédrale deLaon (de 1210 à 1230),dans les voussuresde la grand» baie de gauche,au-dessus porche.Là les figuressont au nombre de dix. La première, duà gauche, représentela Philosophie ou la Théologie (fig. 6). Cette sta-tuette tient un sceptre de la main gauche1, dans la droite un livreouvert, au-dessusun livre fermé. Il est à présumer que le livre ferméreprésente lAncien Testament, et le livre ouvert le Nouveau. Sa têtenest pas couronnée comme à Sens, mais se perd dans une nuée; uneéchellepart de sespieds pour arriver jusquà son cou, et figure la succes-sion de degrésquil faut franchir pour arriver à la connaissance parfaitede la reine dessciences.La seconde,au-dessus,représentela Grammaire(fig. 7). La troisième, la Dialectique (fig. 8) ; un serpent lui sert de cein-ture. La quatrième, la Rhétorique (fig. 9). La cinquième, lArithmétique;la statuette lient des boules dans ses deux mains (fig. 10). La première 1 Le sceptre est brisé.
  8. 8. { ARTS ] - 6 -figure droite à représente la Médecine (probablement);regarde elle à * 3 rfC-AnO "<:!>travers vase(fig.11).La seconde, Peinture 12); cestla seule un la (fig.statue qui soit figurée sous les traits dun homme dessinant avec un
  9. 9. - 7 - [ APTS]"styleen forme de clou, sur une tablette pentagonale. troisième,la La 73.-Géométrie(fig. 13). La quatrième, lAstronomie (fig. IU). Il est à propos 15 **L, t."deremarquerque L- disqueque tient cette statuede lAstronomieest
  10. 10. [ ARTS] - $-coupé undouble brisé par trait ; même àSens.Chartres, chose A deanges tiennent égalementdisques delamême ( des coupés façon.dessextants propres des à faire observations; à mesurer angles. des Lacinquième, la Musique (fig. 15). n PMLOSOPHVS Dansle soclede la statue du Christ qui décorait le trumeau de la cathé- dralede Paris,étaientsculptés Arts libéraux.Sur lun des piliers qui les serventdesupportsaux bellesstatuesdu porche septentrional de la cathé-dralede Chartres(12^0environ),on voit figurésle Philosophe 16), (fig.lArchitecteou le Géomètre 17),le Peintre(fig.18);il tient de la main (fig.gauche palette,surlaquelledes une couleurs épaisses paraissent posées;dela main droite il tenait une brossedont il ne reste quun morceau delà
  11. 11. - 9 - [ ARTS ]hampe, lescrinssur la palette. Méd.rin (probablement) 10) et Le (fig. ;desplantes poussent ses sous pieds; hautdela ligureestmutilé. le 18. (9 Noustrouvons encoreune sérieassez complète desArts libéraux figuréssous le porche de la cathédrale de Fribourg en Brisgau. Ici lesnoms desligures sont peints sous les pieds desstalues. Celle collection est doncprécieuse, en ce quelle peut, avec le manuscrit dHrrrade, laciliterlexplication des figures sculptées ailleurs et qui ne sont accompagnées 1 H y a îles lois qui prononcent des peinesassezsévèrescontre ceux qui mutilent lesédificespublics; les cathédraleset les églises,que nous sachions,ne sont pas exceptées.Tous les jours, cependant, desenfants, à la sortie des écoles,jettent des pierres, à heures.fixes, contre leurs sculptures, et cela sur toute la surfacede la France. Il nous est arrivéquelquefoisde nous plaindre de cette habitude sauvage; mais la plainte dun particulierdésintéressé nest guère écoutée. Les magistrats chargésde la police urhainc rendraientun serviceaux arts et aux artistes, et aussià la civilisation, sils voulaient faire exécuter
  12. 12. [ ASTHAGAI.E ]que dattribut-. Ainsi, à Frihourj:, la Dialeetiquc semblecomptersursesdoigts; Hhéiorique un paquet fleurs; Médecine la lient de la regarde àtravers bouteille; Philosophie un dragon ses une la foule sous pieds, ellee~t couronnée. Onvoit,parlesexemple- nous que donnons que,dans grandes ici, lescathédrales, la fin du ue-ierle et au commencement xinc, les Arts à dulibérauxoccupaient placeimportante cestqueu effet,à cette une :époque, létude laphilosophie de antique, sciencesdes des et lettres, étaiten grandhonneur, surnosmonuments personnifications Arts et les deslibérauxsetrouvaient de pair avec les saints,les représentations desvertus, la paraboledes vierges sageset folles. Lidée de former unensemblede> art-, de les rendre tous sujets de la philosophie,étaitdailleursheureuse, expliquait parfaitement tendances et les encyclopé-diques desesprits élevésde celte époque. ASSEMBLAGE, m. On désigne par ce mot la réunion de pièces de s.charpente. (Voy. CHARPENTE.) ASSISE, f. Chaquelit de pierre, de moellon ou de brique, prend, dans s.une construction, le nom dassise. La hauteur des assises varie dans lesédificesdu moyeuâgeen raison de la qualité desmatériaux dont pouvaientdisposer les constructeurs. Chacun sait que les pierres calcaires se ren-contrent -oiis le sol, disposées bancs plus ou moins épais. Les archi- partectesdu moyenâge avaient le bon esprit de modifier leur construction enraison de la hauteur naturelle de ces bancs. Ils évitaient ainsi ces déchetsde pierre qui sont si onéreux, aujourdhui que lon prétend soumettre lapierre à une forme darchitecture souvent en désaccordavec la hauteurdesbancs naturels despierres.Lesconstructeurs antérieurs à lépoque dela renaissance connaissaientpasles sciages, permettent de débiter ne quiun banc calcaireen un plus ou moins grand nombre dassises. pierres Lesétaient employéestelles que lesfournissaient les carrières; aussila hau-teur naturelle des assises a-t-elle une influence considérable sur la formede larchitecturedeséditicesdune mêmeépoque.(Voy. COXSTIIUCTK».) ASTRAGALE, m. Cestla moulure qui sépare le chapiteau du fût de s.la colonne.Dansles ordres romains,lastragalefait partie du fût, il estcomposé dun cavet.dun tilct et dun tore (fig. 1).Cetteformeest suiviegénéralement lesédificesdespremiers dans tempsdu moyenâge.Le fût.1ni égardlesloisen igucur. Onle fait bienpourla destruction intempestive gibier. duOr, un bas-relief vaut, sinonpour tout le monde, moinspour quelques au uns, une per-drix, et leslois sexécutent dordinaire,quel que soit le petit nombrede ceuxdont ellesprotègent intérêts art.257duCode les (voy. Napoléon, pénal;. code Toutes mutilations lesdesligures curieuses, belles si et souvent, nous que avons données ci-dessus, duos sontbienplusaux main*descillantssortantde nosécoles publiques quaumarteau démo- deslisseurs de 17S3.
  13. 13. - - [ ASTRAGALE ) de la colonneporte lastragale; mais, à partir du xne siècle, on voit sou- vent lastragaletenir au chapiteau, afin déviter lévidement considérable que son dégagement oblige de faire sur le fût. Tant que la colonne est diminuée ou galbée, cet évidement ne se fait que dansune partie du fut; mais quand la colonne devient un cylindre parfait, cest-à-dire lorsque son diamètre est égal du bas en haut, à dater des premières années du xine siècle, lastragale devient, sansexception, un membre du chapiteau. Son profil varie du xe au xvi siècle,comme forme et comme dimension. Dans les édifices de lépoque carlovingienne,lastragaleprend, relativement à la hauteur du chapiteauet au diamètre de la colonne, une plus grande importance que dansles ordres romains; le cavet samoin- drit aux dépensdu tore, ou disparaît complètement (lig. 2 ), ou bien est remplacé par un ornement. La lormede lastragale romain faisant partie du fût de la colonne est surtout conservée dans les contrées où les monu- mentsantiques restaient debout.A Autun,à Langres, dansla Bourgogne, «-. je.dans Provence, la enAuvergne, lastragale conserve habituellement sesmembres jusquau siècle; primitifs xme seulement, lexne pendant siècle,ilsdeviennent fins, lecavet, lieudesemarier fût,enest plus et au auséparé une par légère (fig. 2). saillie 3 Quelquefois, à cetteépoque derecherche lexécutionprofils,tore lastragale, de dans des le de aulieuprésenter encoupe demi-cercle, un est aplati A3), est (lig. ou composédefines moulures, taillésuivant polygone 54J. mesure ou un (iig. Aque sculpturechapiteaux plus la des devient élégante etrefouillée, queles diamètres descolonnes deviennent forts, astragales moins les perdent 1A,delacrypte léglise de Saint-Léger -D, deJa àSnissons; crypteléglise de deSaint-Denis - G, lanef léglise enFrance; de de Saint-Menoii (Bourbonnais). - Cathédrale Langrcs. de 3 Clocher vieuxde la cathédrale Chartres. de 4A,salle capitulaire de Vézelay; égliseMoii(ri*al -]}, de (Bourgogne),
  14. 14. [ ASTRAGALE ] - 12 -deleur lourdeur primitive sedétachent réellementfût."oici el bien du(fig.6)unastragalelundes de chapiteauxchSur léglise Vézelay du de de(premières années xmesiècle); 7) des du (lig. chapiteaux la galerie de desrois de Notre-Dame de Paris (même époque). Puis enfin nous donnon,(fig. 8) le profil de lastragaleadoptépresquesans exceptionpendantle xme siècle; prolil qui, conformément à la méthode alors usitée, sertde larmier à la colonne. Quelquefois,dansles édificesde transition, lastragaleest orné; dansle 8chSurdela cathédrale Paris,quelques de chapiteaux triforiumsont dumunis dastragales composésrangées petites de de feuilles deau 9); (fig.plustardencoretrouve-t-on, surtout Normandie, astragales en des dé-corés, aiiiMquonpeutle remarquer le chSurde la cathédrale dans duMans 10). (fig. Pendant xive le siècle, astragales les samaigrissent, leurs
  15. 15. - 13 - [ ATTRIBUTS Jprofilsdeviennent moinsaccentués 11).Au xvesiècle, prennent (fig. ils aucontraire de la lourdeur et de la sécheresse,comme tous les profils de cette époque; ilsont une forte saillie qui contraste avec lexces-sive maigreur descolonnettes ou prismes ver-ticaux (fig. 12). Il nest pas besoin dajouterquau moment de la renaissance, lastragaleromain reparaît avec les imitations des ordresde lantiquité. ATTRIBUTS, m. pi. Cesont lesobjets empruntésà lordre matériel, qui s.accompagnent certainesfiguressculptées peintespour lesfaire recon- ounaître,ou quelon introduit dansla décoration édifices daccuser des atinleur destination,quelquefoisaussile motif qui lésa fait élever; de rappelercertains événements, souvenir despersonnages ont contribué à leur le quiexécution,dessainls auxquelsils sontdédiés.Lantiquité grecqueet romainea prodigué les attributs danssesmonumentssacrés profanes.Le moyen ouâgeJusquà lépoquede la renaissance, sestmontréau contraire avaredecegenrede décoration. Lespersonnages divins, lesapôtres,lessaints,ne sontque rarement accompagnés dattributs jusque vers le milieu du .me siècle(voy.APÔTRES, STATUAIRE), du moins cesattributs nontpasun caractère ouparticulier à chaquepersonnage ainsi lesprophètesportent généralement :des phylactères ; Nôtre-Seigneur, les apôtres, des rouleaux on des livres ;les martyrs, des palmes. La sainte Vierge est un des personnages sacrésque lon voit le plus anciennementaccompagnédattribub (voy. VICIIGEsainte).Mais les figuresqui accompagnentla Divinité ou lessaints JKM-UH-nages,les Vertus et les Vices, sont plutôt des symbolesque desattributs i « Et remarque, dit Guillaume Durand, que les patriarches et les prophètes« sont peints avec îles rouleaux dans leurs mains, et certains apôtresavecdes livres,« et certains autres avec des rouleaux. Sans doute parce quavant la enne du Christ,icla foi se montrait dune manière lignrative, et quelle était enveloppéede beaucoup« dobscurités au dedans delle-même. Cest pour exprimer cela que les patriarches et li sv prophètessont peints avec des rouleaux, par lesquelsest désignéeen quelque sorteune<iconnaissance imparfaite; mais comme les apôtresont été parfaitement instruits par le« Christ, voilà pourquoi ils peuvent se servir des livres par lesquelsest designéeconve-« iialjlement la connaissance parfaite. Or, commecertains dentre eux ont rédigéce quils<imil appris pour le l.nre servir a Lenseignement autres, voilà pourquoi ils sont dc- des« peintsconvenablement, ainsi que des docteurs,avecdes livres dans leurs mains, commev l-.ml,Pierre, Jacques Jude. Maisles autres, nayant rien écrit de stableou dapprouvé etv par lEglise, sont représentésnon avecdes livres, mais avec des rouleaux, en signe de<ileur prédication Ou représente, ajoute-t-il plus loin, les conïeneurs avec leurs« attributs; les évoquesmitres, les abbésencapuchonnés, parfois avec des lis qui desi- et« gnciU la chasteté; les docteurs avec des livres dans leurs mains, et les vierges(d après« lEvangile) avec des lampes » (Guillaume Durand, Ratio/iale, cap. ni; trad. parM. J. G. Barthélémy, Paris, 1854.)
  16. 16. f AUBIEIl] - 14 -proprement Les dits. attributs sesont ne guère introduits lesarts dansplastiques lorsque inclinait leréalisme,commencemen que lart vers audu xivesiècle. Cestalorsque lonvoit lessaintsreprésentés tenantenmain instrumentsleurmartyreles les de ; personnages profanes, objets lesqui indiquent rangou leurétat,leursgoûts leurspassions. ^ leur ou II est essentiel, danslétude desmonuments moyenâge,de distin- duguer lesattributs dessymboles. Ainsi,par exemple, démonsous le laliguredundragon, setrouvesculpté lespieds la plupartdes qui sous destatuesdévèques, mordantle bout du bâtonpastoral,estun symbole etnon un attribut. Lagneau,le pélican,le phénix,le lion, sontdesliguressymboliques delà Divinité, mais non desattributs; les clefsentre lesmain- (!(." sùnl Pierre sontun symbole;tandis que la croix en sautoirentre 1rs mains de saint André, le calice entre les mains de saint Jean,lecoutelasentre les mainsde saintBarthélémy, léquerre entre les mainsde saint Thomas, sont des attributs. Sur les monuments de lantiquité romaine, on trouve fréquemmentreprésentés objetstelsquedesinstruments sacrifice lestemples, des de surdesarmes sur les arcsde triomphe, desmasquessur les théâtres,deschai-,sur les hippodromes; rien danalogue dans nos édifices chrétiens dumoyeu âge (voy. SCULPTURE), religieux, civils ou militaires. Ce nest soitguère quà lépoque de la renaissance,alors que le goût de limitation desarts antiques prévalut, que lon couvrit dattributs les édifices sacrésouprofanes; que lon sculpta ou peignit des instruments religieux sur lesparois deséglises,sur les murs despalais, des trophéesou desemblèmesde lêtes, et même souvent des objets empruntés au paganismeet quinétaientplusen usage milieu de la sociétéde cetteépoque. au Étrangeconfusion didées, en effet, que celle qui faisait réunir sur la frise duneéglise des têtes de victimesà desciboires ou descalices; sur les trumeauxduu palais, des boucliers romains à descanons. AUBIER, m. Cestla partie blanche etspongieusedu bois de chênequi s.se trouve immédiatement sous lécorce et qui entoure le cSur. Laubierna ni duréeni solidité; saprésence linconvénient a dengendrer vei> leset de provoquer carie du bois.Lesanciennes la charpentes toujour> sontparfaitement purgées de leur aubier, aussise sont-elles bien conservées.11existait autrefois, dansles forêtsdesGaules, espèce chêne,dite une dechêneblanc,disparueaujourdhui,qui possédait avantage donner cet dedespièces dunegrande longueur, droites, dundiamètre peu près et àégaldu basen haut; cechênenavaitquepeudaubier soussonécorce,et ou lemployait brinssans refendre. en le Nousavons beaucoup vu decesboisdans charpentes des exécutéespendant XHI% et xv siècles, les xrvetpii, simplementéquarrisà la hacheet laissantvoir parfoislécorcesurlesarêtes, à peine sont chargés daubier. y aurait un avantage 11 considé-rable,il noussemble, tenterderetrouver dereproduire essence à et unedeboispossédant qualités des aussiprécieuses. CHAUPEME.) (Voy.
  17. 17. - 15 [ AtTEL ] AUTEL,s. m. Tout ce que lon peut savoir des autels de la primitive lîglise,cestquils étaientindifféremment bois,de pierreou demêlai. de Pendantlestempsde persécution,les autels étaient souvent destable- il bois que lon pouvait facilement transporter dun lieu à un autre. Lautel de Saint-Jeande Lnlran était de bois. Lempereur Constantin ayantrendu la paixà lÉglisechrétienne, saint Sylvestre placerostensiblement lit dans celte basilique lautel de bois qui avait servi dans les temps dépreuves, avec défensequaucun autre que le pape ny dît la uie->e.Cesautels de bois étaient faits en forme de coffre, cest-à-dire quils étaient creux. Saint Augustin raconteque Maximin, évoquede liagaï en Afrique, fut ma--acré sous un autel de bois que les Donatistesenfoncèrent sur lui. (irégoire de lours se sert souvent du mot anlin, au lieu d«r« on Autture, pour de-i- gner lautel. Cesautels de bois étaient revêtusde matières précieuses, or, argentet pierreries. LauteldeSainte-Sophie Gonslantinople, de donnépar limpératrice Pulcbérie, consistait en une table dor garnie de pierreries. Il est dusagedepuis plusieurs siècles doffrir le saint sacrifice -ur des autels de pierre, ou si les autels sont de bois ou de toute autre matière.faut-il quil y ait au milieu une dalle de pierre consacrée autel portatif. ou11ne semblepas que lesautels portatifs con-acirs aient été admis avant le vin siècle, et lon pouvait dire la messesur des autels dor, dargent ou debois. Tbéodoret, évèquede Cvi, qui vivait pendant la première moitié duVesiècle, célébra les divins mystères sur les mains de ses diacres, à laprière du saint ermite Maris, ainsi quil le dit danssonHistoire i-iltyicitse.Théodore, archevêquede Gantorbcry, mort en 690, fait observer, dan-son lénitcntiel-, quon peut dire la messe pleine campagne-ans autel enportatif, pourvu quun prêtre, ou un diacre, ou celui même qui dit lamesse,tienne le calice et loblation entre sesmains. Les autel- portatifsparaissentavoir été imposés dans le cas de nécessité absolue de- levin1sièele.Uède, dans son Histoire desAnfjlni*, parle dautels portatifsque les deux Ewaldes portaient avec eux partout où ils allaient3. Hincmar,archevêquede lîeims, mort en 882, permit, danssesCajtitulaires, lusagedes autels portatifs4 de pierre, de marbre ou en mosaïque.Tendant lesxie et xiie siècles,ces autels portatifs devinrent fort communs; on les 1 « .... Efro ^ro libenler obtemperavi, et sacra asa adferri jussi (née enitu pnrui« obérât locu>,. Dinconiinique manibus utens pro altari, lujsticum et diinuin ao sulut iro« >,ll lilh llllll nlilllll. » 2 Cap. il. 3 Vu Gange,Gfoss. * Cap. ni: « ..... iNemoprcsbyterorum in altano ab cpiscop<iM- mn^rriMlu L.int.ii-o« présumât. Quaprnplcr si nécessitas poposcent,douée ccclesiaul ait,in. i i "ii-e, ."runtin-,« et in capellis etiain qu;e consecrationein non inereiitnr, tabnlani i|iiUquj pix^bjter, eui« necessariuiii fuei-it, de inarinorc, vel nigra pctra, aut iitrn Imni-stissiino, secundinu« siiain pns-ibilitatem, honestc alTectatam Imbeat. et nubis ad consecrandum ollerat, quam« sccuin, cùin expedierit, deserat, in qua sacra inysteria seciiudiiin ritum ecclesiaruin« aiçerc vuleat. »
  18. 18. [ AUTEL ] - 16 -emportait lesvoyages. lOrdre dans Aussi romain appelle-t-il les tabulasitinerarias.Les inventairesdestrésorsdéglisesfont mention fréquemmentdautelsportatifs. Sur les tailles dautels fixe-, il ôlail dusage, avant le ix siècle, dèsdincrusterdi- /»-<>/iitiatoir<.-s, qui étaientdesplaques ou dargentsur dorlesquelles ollrait saintsacrifice. on le Anastase Bibliothécaire dans le dit,sa lie du pape Pascal que ce souverain /", pontife(il poserun propi-liatoire dargent sur lautel de Saint-Iierre de Rome,un surlautel delégliseSainte-Praxède, les autelsde Sainte-Marie Cosmediu, >ur dede la basiliquede Sainte-Marie Majeure. papeLéon IV lit également Lefaire un propitiatoirepesant livresdargentet 80 livresdor pour lautel 72de la basilique de Saint-Pierre. Lesautelsprimitifs,quils fussent pierre,deboisoude métal,étaient decreux.Lauteldor dressé larchevêque par AngelbertdanslégliseSaint-Ambroise de Milan était creux, et lon pouvait apercevoir les reliquesquil contenait par une ouverture percéepar derrière . Lévoque Adelhelme,qui vivaitàla fin du ixesiècle, racontequun soldatdu roi Oo/.on,qui était devenuaveugle, recouvrala vue en se glissantsouslautel de léglisede Mouchy-le-Neuf, diocèse Paris,pendant du de quoncélébrait la messe. monumentsviennent à cet égard appuyerles textes Lesnombreuxque nouscroyons inutile de citer2; lesautelsles plusancienscumins sont généralementportés sur une ou plusieurs colonnes(fig. 1et 23). La plupart desautels grecsétaient portés sur une seule colonne.Lusage des autels creux ou portés sur despoints dappui isolés sest con-servéjusquau r Merle.Lautel nétait considéréjusqualors que commeune tablesouslaquelle on plaçait parfois de saintesreliques, ou qui étaitélevéeau-dessusdune crypte renfermant un corps-saint; car, à vrai dire,les reliquaires étaient plutùt, pendant le moyen âge, posés,à certainesoccasions,sur lautel que dessous4. nexiste plus, que noussachions,en Il r-hciins, t. iv. - Voj. Disiert. ecc/é*..<»/" /-//"("//.. /o/fc/--i/ev vylites, par J. 15.ThiiTS. Paris, 1088. /<"",Nous »e pouvonsnui nx faire que ilu remiser nus lecteurs à ce curieux ouvrage, pleintic recherches savantes. 3 La lifrnre 1 ilimiif lautel île la chapelle la Viergede léglisede Montréal île (Bour-trivgHf);cet autel est du xu1siècle. La liuurc 2, le maître autel de léglise de Bnis-Saintc-Marie (Saône-et-Luire) ; cet autel est du xif siècle. A est le socle avec riacriisteinent descoloimctles; le chapiteau la colonncttc 15, de centrale; G, la hasedune desquatreco-lonnes. Nous devonsce dc?sin à lnlili^-aurc de M. Millet, larchitecte de la curieuseéjrlise de Bois-Sainte-ilarie. 4 «Kieii ne nous porleà cmire,dit ïhiersdansses Dissei-t. fccUs. lesprincip. surautels des éolises(p. 42), quon ait ini> il,> reliques des saints sur les autels avant lexie siècle; nul canon,nui décret, nul règlement,nul exemple,nul témoignage desécrivainsecclésiastiques nous le persuade; si lon yen a mis, les saintsde qui ne ouellesétoient sontoffenses lesont fait ôter sen et Dans xcsiècle le même, quelquesSaintsont cru quil y anit de lirrévérence à mettre leurs reliques sur les autels. En
  19. 19. .-17 - [ AUTEL]"France, dautelscompletsdunecertaineimportance antérieurs auxue siècle. On en trouve figurés dans des manuscrit* "ii des bas-reliefsavant celte époque mais ils sont très-simples,presquetoujourssans ;retable, composés seulement dune tablesupportée descolonnes par etrecouvertede nappestombant des deux côtésjusquau sol. Liisaucdesretables cependant ancien,témoinle ivlahle .«lordonnép;ir est fortlempereurHenri II à la cathédrale Baie,en1019,et conservé de aujour- L_tlhui au musée de Cltiny (voy. RETABLI;) le grand retable dor émaillé ;et enrichi de pierreries déposésur le maître aulel de léglise Saint-Mairde Venise, connu sousle norn de la lnln itnrn. et dont une paille datede la fin du Xe siècle; celui conservé autrefois dans le trésor de Saint-Denis. Lautel étant consacré, dès les premiers siècles aucune imauene devait y être déposée en présence de leucharistie ; mais le retable nelétant point, on pouvait le recouvrir de représentationsde personnagessaints, de scènes de lAncien et du Nouveau Testament. Sauf dans cer-taines cathédrales, à dater du xne siècle, les autels sont donc surmontésvoici un exemple qui ne peut être raisonnablement contesté. Herimii Ier, abbé «Je.Cluny. rapports (apud S. Oilon, abb. Cluiiiae., lib. II; « quaussitôt quon eut mis, pourH quelquesjours seulement,les reliques de sainte Gauburgc sur lautel dune église de« son nom, et oisiut; de Cluui, les miracles<|msy laisoieiUcessèrent;et <|uecette sainte,(i étant apparue à lun des malades qui imploroit son assistance, lui dit que la raison pour« laquelle il ne reeoiivroit pas la santéétoit parce quon avoit ini> sesreliques sur lautel« du S igneur, qui ne doit servir quà la célébration des mystères divins. Ce qui donna« occasion de les en oter et de les rapporter dans le lieu où elles étaient auparavant,i<Kt au même instant les miracles continuèrent île sy faire. » Guillaume Durand, d.uisson Kational desdivins offices (cliap. 111, xv;, qui date du xin" siècle,admet les chasses p.dessaints sur les autels. H dit : « ... El les citasses (ayjsS) posées lautel, qui esl le sur" Cbrist, ce sont les apôtreset les martyrs... » II. - 2
  20. 20. _ AUTEL] - 18 -de-rétabli^ fort riches et souvent dune grandedimension.Quantauxtablesdesautels, jusque la moitiédu xnesiècle, sonttrès-fré- vers ellesquemment creusées formede plateau.SaintRémi, en archevêque deLv, ,n. avait donné à IV-liM deSaint-Etienne,pendantle ixc siècle,un autelde marbre dont la table était creuséede 6 centimètres environ, avec de m " _petits orificesà chacundescoins1.D. Mabillonreproduit,dansle troi-sième volume ses de Annales Benedictini, table une dautel sept de palmesdelon.u r quatredelarge,donnée labbéTresmirussonmonastère MI par à deMiinl-Olivet, diocèse Carcassonne, du de également creusée remplie etdinscriptions dornements et gravés, les quatre avec signes évan- des esauxquatrecoins2.La grande tabledu maîtreautelde léglise (itiirrjiques France, le sieur Mauléou, 80. Paris.1718. de par de p. Linscription letour la tuble ainsi quifuit de est conçue Tresmirus, Dei :« gratia
  21. 21. - 19 - [ AUTEL ]Saint-Serninde Toulouse, retrouvée depuisquelquesannées danslunedeschapelles, conservée cette église,était également et dans entouréedune riche bordure dornements et creusée ; cette table parait, appar-tenir à la première moitié du xnesiècle.Il semble ces que tablesaientété creusées percées trousafin de pouvoirêtre lavées et de sanscraintede répandre terreleau qui pouvaitentraînerdesparcelles sainte-, à desespèces. Voici (fig. 3) la figurede lautel de la tribune de lé-glise de Montréal près dAval-Ion, dont la labié, portée surune seule colonne, est ainsicreusée et percée dun petitorifice1. « Le grand autel dela cathédrale de Lyon, ditle sieur (le Mauléon dans ses <>i/<i<)ts liturgiques-. est ceintdune balustrade de cuivre s^assez légère, haute de deuxpieds environ, et elle finit au niveau du derrière de lautel, qui estlarge environ de cinq pieds. Lautel, dont la table de marbre est un peucreuséepar-dessus,est fort simple, orné seulement dun parement pardevant et dun autre au retable dau-dessus. Sur ce retable sont deux-croix aux deux côtés; Scaliger dit quil ny en avait point de soutemps. » Guillaume Durand, dans son /!<ition/ili, que lon ne saurait trop lire etméditer lorsquon veut connaîtrele moyenâgecatholique3,sétendlongue-ment sur lautel et la signification desdiversesparties qui le composent.((Lautel, dit-il daprès les Ecritures, avait beaucoup départies, à savoir,la haute et la basse, lintérieure et lextérieure... Le haut de lautel, cestDieu-Trinité, cest aussi lKglise triomphante... Le bas de lautel, cestlÉglise militante; cestencore tabledu temple,dont il estdit : «Passer la« les jours de fête dans de saints repasassiset pressés ma table pi è> à« du coin de lautel... » Lintérieur de lautel, cest la pureté du cSur« abbas, edilîcavit hanc djinum, et jussit dedicare in honore sancte Trinitalis, id r~t« Putris, et Filii, et Spiritus sancti. Deo gralias. » Dans la longueur, on lit cette aiiin-inscription « Amelius,nutu Dei vicecomes. Eu cercle sont graée- I,">m<cripli<>n> : »suivantesAutourde la tète de lion (saint Marc): « Vox pcr désertafreudensleocujus :« imaginem Marcus tenct.» Autourdela têtedelaigle(saintJean) « .More : volaturaquila« ad astracujusfigurait!Johannestenet.» Autourdela tète du veau(saint Luc) : « Rite« mactatur taurus ad aram cujus tipurn Lucas tenet. » Autour de la tête de lange (saintMathieu): « Speciein tenct et naturamMaltheus liomo.» T. III, p. 495.) ut 1 Cet autel date de la fin du xiic siècle. 2 Page 44. 3 Rationale, cap. II. Guillaume Durand,evèqne Monde, de mourutà la fin duïiue siècle. Trad. par M. G. Barthélémy. Paris, 1854.
  22. 22. [ AUTEL J - 20 -Lextérieurde lautel, cest le bûcherou lautel mêmede la croix... Ensecondlieu,lautelsignifie aussi lÉglise spirituelle et ses ; quatre coins,lesquatrepartiesdu mondesur lesquelles lÉgliseétendsonempire.Troisièmement, est limage du Christ,sanslequel aucundon ne peut ilêtreoffert dune manière agréable Père. pourquoi au Cest lÉglise cou- atumedadresser prières lère parlentremise Christ.Quatriè- ses au dumement, estlafiguredu corps Seigneur. il du Cinquièmement, il repré-Miile la lubiesur laquellele Christ but et mangeaavecses disciples. Or,poursuit-il, on lit danslExodeque lon déposa danslarchedu Testa-ment ou du Témoignage déclaration,cest-à-direles tables les- la surquelles était écrit le témoignage, peut mêmedire les témoignages on duSeigneurà son peuple,et celafut fait pour montrerque Dieuavait faitrevivrepar lécriture destablesla loi naturellegravée danslescSurs desImiumes. (Mi y mit encore une urne dor pleine de manne pour attesterrpie Dieu avait donné du ciel du pain aux fils dIsraël, et la vergedAaroupour montrer que toute-puissancevient du Seigneur-Dieu, et le Deulé-ronuuie en -igné du pacte par lequel le peuple avait dit : «Nous feronstout ce que le Seigneur nous dira.» Et à causede cela larche fut appeléelArche du Témoignageou du Testament, et, à causede cela encore, letabernacle fut appelé le Tabernacle du Témoignage. Or, on lit un propi-tiatuire ou couverture sur larche... Cestà limitation de cela que danscertaines église- un placesur lautel une arche ou un tabernacle lequel danson di-pofte corpsdu Seigneuret te reliquesdessaints...Donc, ajoute Guil- lelaume Durand plus loin, par lautel il faut entendre notre cSur... ; ellecuMir est au milieu du corps comme lautel estau milieu de léglise. Cestau sujet de cetautel que le Seigneurdonne cet ordre dans le Lévitique :« Le feu brûlera toujours sur mon autel. » Le feu, cest la charité ; lautel,cest un ciLMirpur... Leslingesblancsdont on couvre lautel représententlachairuii lhumanité du Sauveur...» Guillaume Durand termine sonchapitreDe/autel,en ili-ant quejamaislautel ne doit être dépouillénirevêtu de parement- lugubres ou dépines,si ce nest au jour de la Ta--sion du Seigneur (ce que, ajoute-t-il, réprouve aujourdhui le concile deLyon), ou lor-que lEglise est injustement dépouillée de sesdroits. Dansson chapitre 111 (Despeintures, etc.), il dit: «On peint quelquefois lesima^e-de- -aint-lèiv- sur le retable de lautel...Lesornements de lau-tel sont de- mirrc- et deschâsses (capsis), tentures,desphvlaclères des(pkylacteriis), chandeliers, croix, desfranges des des dor, desbannière-,des livres, desvoileset descourtines.Le coffre danslequelon con-ereleshostiesconsacrée- -iguifie le corpsde la Viergeglorieuse...Hestpar-fois de bois,parfois divoireblanc,parfoisdargent, parfois et par- dorfois île cristal... Le même coffre, lorsquil contient les hostiesconsacréeset non consacrées,dé-igné la mémoire humaine ; car lhomme doit serappeler continuellement biens les quila reçus Dieu,tantlestempo- derels, qui sont figurés leshosties consacrées, lesspirituels, par non quereprésentés les par hosties consacrées... leschâsses Et (capsS) poséessur
  23. 23. - 21 - [ AVIEL ]lautel, qui estle Christ,ce sontles apôtres les martyrs; les tentures etet les liagesde lautel, ce sont les confesseurs, viergeset tousles lessaints, dont le Seigneur dit au prophète : « Tu te revêtiras deux comme« dun vêtement...» On place encore sur lautel même, dan- certaineséglises,le tabernacle (laburnaculum),dont il a été parlé au chapitre deYAutêt. « Aux coins de lautel sont placésà demeure deux chandeliers, poursignifier la joie desdeux peuplesqui se réjouirent de la nativilé^du Christ.Ces chandeliers, au milieu desquels est la croix, portent de petits flam-beaux allumés; car lange dit aux pasteurs : « Je vous annonce une« grande joie qui sera pour tout le peuple, parce quaujourdhui vous est« né le Sauveur du monde... » « Le devant de lautel est encore orné dune frange dor, selon cetteparole de lExode (chap. .xv et xxvm) : « Tu me construiras un autel, et((tu lentoureras dune guirlande haute de quatre doigts. » « Le livre de lÉvangile aussiplacésur lautel, parcequr lEvangile esta été publié par le Christ lui-mêmeet que lui-même en rend témoignage. » En parlant des voiles, lévèque de Mende sexprime ainsi : » 11est àremarquer que lon suspendtrois sortes de voiles dans lédi-e. à ~aoir :celui qui couvre les chosessaintes, celui qui sépare le sanctuaire duclergé, et celui qui sépare le clergé du peuple... Le premier voile, cest-à-dire les rideaux que lon tend desdeux eûtesde lautel, et dont le prêtrepénètre le secret,a été figuré daprèsce quon lit dans lExode (.iv)...Le second voile, ou courtine, que, pendant le carême et la célébrationde la messe, étend devant lautel, tire son origine et sa ligure de celui onqui était suspendu dans le tabernacle et qui séparait le Saint dessaintsdu lieu saint... Ce voile cachait larche au peuple, et il était tissu avecun art admirable et orné dune belle broderie de diverses couleurs... et,à son imitation, les courtines sont encoreaujourdhui tissuesde diversescouleurs très-belles... « Dans quelqueséglises,lautel, dans la solennité de Pâques,est ornéde couvertures précieuses, et lon met dessusdes voiles de trois couleur> :rouge, gris et noir, qui désignent trois époques.La première leçon et lerépons étant finis, ou ùte le voile noir, qui sigmlie le temps avant la loi.Aprèsla seconde leçonet le répons,on enlèvele voile gris, qui désignele temps sous la loi. Après la troisième leçon, on ôte le voile rouge, quisignifie lépoque de la grâce, dans laquelle, par la passion du Christ,lentrée nous a été et nous est encore ouverte au Saint des saints et à lagloire éternelle. » Quelque longues que soient ces citations, on comprendra leur impor-tance et leur valeur; elles jettent une grande clarté sur le sujet qui nousoccupe.Tant que le clergé maintint les anciennestraditions, et jusquaumoment où il fut entraîné par le goût quelque peu désordonné du.viesiècle, il sut conserver à lautel sa signification première. Lauteldemeura le symbole visible de lancienne et de la nouvelle loi. Chacune
  24. 24. f AUTEL] - 22 -de* parlir.s le composaient qui rappelaitlessaintesÉcritures, les ougrands fait* de la primitive Église.Toujours simple de forme, que samatièrelui précieuse commune, était entouré tout ce qui devait ou il dele faire paraître saint aux yeux desfidèles,sansque cesaccessoireslui«.liassent r.narière de simplicité et de pureté que le faux goût des cedernier* siècle* lui ont enlevé. .uiis allons essayer,soit à laide des textes, soit à laide des monu-ments, de donner une idée complète des autels de nos églisesdu moyenà,ue. Mai* dabord il e*l nécessaire détablir une distinction entre lesdifférents autels. Dans le* églisescathédrales,le maître autel non-seule-ment était simple de forme, mais souvent même il élait dépourvu deretable, entouré *eiilement dune clôture avec uile* et courtines, et *ur-iijuiité au dossier dune colonne avec crosseà laquelle était suspenduela sainte eucharistie. Sur le* coté* étaient établies des armoires danslesquelles étaient renfermée* les relique*; quelquefois, au lieu de lasii*pen*i<m.*ur lautel, était poséun riche tabernacle, ainsi que nouslapprend Guillaume Durand, destiné à contenir les hosties consacréescl non consacrées.Toutefois il est à présumer que ces tabernacles,MI coffre*, nétaient pa* lié* à lautel dune manière permanente. Surlautel même se dressaient seulement la croix et deux flambeaux. Jus-quau xiii- siècle, les trônes des évèques et les stalles des chanoinesrégulier* étaient disposés généralement, dansles cathédrales,au chevet;le trône épiscopaloccupait le centre. Cette disposition, encore conservée dans quelques basiliques romaines, entre autres à Saint-Jean de Lalran, à Saint- haurent hors des murs (fig. k ), à Saint- Clément (fig. fi -), etc., et qui appartenait à 5la prhnitive Église, devait nécessairementempêcher létablissement descentre-autels ou des retables, car ceux-ci eussent caché le célébrant.Aussi ne voit-on guèreles retables apparaître que sur les autels adossés, Dansle plan que nous donnons ici, lautel est élevéen A sur une crypte ou confes-sion; k- tnine épi-copal est en B. 2 Dans plan, lautel eslen A, le Ironeépiscopal B. ce en
  25. 25. - 23 - [ AUTEL]:sur ceux deschapelles, rarement sur les autels principaux des cathé- drales. Dansles églises monastiques,il y avait presque toujours lauldmalutinal, qui était celui où sedisait loffice ordinaire,placéà lentréedu sanctuaireau bout du chSur des religieux, cl [autel des reliques,poséau fond du sanctuaire, derrièreou souslequelétaientcun-enées etles châsses des saints. Cétait ainsi quétaient établis les autels principauxdeléglisede Saint-Denis France,dèsle tempsde Suger.Au fond du enrond-point, lillustre abbé avait lait élever le reliquaire contenant leschâsses saints martyrs, en avant duquel était placé un autel. Voici la desdescription que donne D. Doublet de ce monument remarquable... « En « ceste partie est le très-sainct autel des glorieux saincts martyrs (ou « bien lautel des corps saincts, à raison que leurs corps reposent >oubs « iceluy), lequel est de porphyre gris beau en perfection : et la partie « dau-dessus, ou surface du même autel, couverte dor fin, aussi enrichi « de plusieurs belles agalhes et pierres précieuses. se voit une ccr|- Là « lente table couverte dor (un retable), ornée et embellie de pierreries, « qua fait faire jadis le roi Pépin, laquelle est quarrée; et sur les quatre « costez sont des lettres en émail sur or, les unes après les autres, en ces <(termes : Bertrada Deum veneram Christoque sao-ntn.Et puis : //"</ « Pijjjiinn rage f(elii:isxi»io quonitiim... Au derrière de cet autel est le « sacrécercueil descorps des saincts martyrs, qui contient depuis laire « et pavé cinq pieds et demy de hault, et huict pieds de long sur sept <cpieds de large, fait dune assisede marbre noir tout autour du bas « dun pied de hault, et sur la dicte assisehuit pilliers quarrez ausside « marbre noir de deux pieds et demy de hault, et sur iceux huit pilliers « une autre assisede marbre noir, à plusieurs moulures anciennes,et « entre les dicts huit pilliers, huit panneaux de treillis de fonte, enchâssez » en bois, de plusieurs belles façons, deuxpiedset demy de long, le de » pillier du milieu de derrière, et pareillement le pillier de lun descoings « du dit derrière, couverts chacun dune bande de cuivre doré, aussi « iceux treillis et bois couverts de cuivre doré à feuillages, avec plusieurs « émaux ronds sur cuivre doré et plusieurs clous dorés sur iceux; et sur « le marbredela couverture, dedans dit cercueil,une voultede pierre le « revestuëaudedansdecuivre doré, qui prend jusque soubslautel, qui est « le lieu où reposentles sacrez corps desapôtres de France saint Deux-; « lAréopagite, saint Hustic, et saint Eleulhère, en des châsses daruent « de très-ancienne façon, pendantesà des chaînettes aussi et boucles « dargent, pour lesquellesouvrir il y a trois clefs dargent... Au-dessu- » du dit cercueil il y a un grand tabernacle de charpenterie de la dite <( longueur largeuren façondéglise, hautenefetbasses et à vnùte.>. garny u de huict posteaux,à savoir à chacun desdeux pignons quatre, les deux <( coingsrondsde deux piedset demyde hault, et les deux autres des » dedansSuvre de six piedset demyde hault, aussi garnyde bases et « chapiteaux et entre iceux trois béezet regards fenestres demy : de à"«rondsportansleur plein centre,et celledu milieu plus haulteque les
  26. 26. [ AUTEL] - 26 -« autres: le dessus pilliersde dedansSuvre en manière dunenef des« déglise la dite longueur,et de deuxpiedset demyde large,portant de« de coslé dautredix colombetlesà et jour, et deuxauxdeuxboutsà base« cl chapiteau dancienne façon: au-dessus ladite nef et colombettes de dev chacun cosiée4 un appeulilen manièrede basses chapelles,voûtesel« allées, rosir/, etceintres demyrondsportansquatreculs de lampe; les à"i à chacun<lc> deuxpignons la dite nefcinq petitesfenestres, par de trois« liant à deux petits pilliers quarrezpar voye,et au-dessous deux,au« milieu un pillicr mml; le dedans la nef remplypar bas duneforme de" de cercueil, et le>deux costezaussi remplis par bas dune môme forme(i de cercueil de bois de la longueur du dit tabernacle, celle du milieu plus« haut eslevéc que les autres.Le devantdu cercueildu milieu joignant« le dit autel est ^.irny en la bordure den basde plusieurs beaux esmaux« pur cuivre dore, en façon dapplique de diversesfaçons, et au-dessus((îles dits esruauxplusieurs bellesagathes,les unesen façonde camahieux« à faces dhommes :camées)et les autres en fond de cuve (chatons)...» Tout le devant de cet autel est couvert dor, et enrichy de bellesperles« rondesdOrient, daiguës marines en fond de cuve, de topazes,grenats, .saphirs, amatistes, cornalines, presmes desmeraudes,esmaux dap-« plique et cassidoines, avec trois belles croix poséessur la pointe de« chacun pignon du cercueil, dont celle du milieu est dor, et les autres<(dargent doré, enrichies de beauxsaphirs,de bellesamatistes,de grenats» et presmesdesmeraiideN. derrière du cercueil préallégué ce vers-cy AUu .est escrit en lettres dur sur laiton, ainsi que sensuit : « Facit utrumqiie laïus, frontem, Icituinqiiu Sujrgerus , » Cette description si minutieuse de lautel des reliques de labbaye de.--aint-Denisfait voir que, si le reliquaire était important et aussiriche parson ornementation que par la matière, lautel placé en avant conservaitla simplicité desformes primitives; que cet autel était indépendant dureliquaire ; que les trois chasses saints étaient placéesde façon ù pé- desnétrer jusque sousla table, et que les cercueils supérieurs disposés dansle grand tabernacleà trois nefs étaient feints, et ne faisaient que rappeleraux yeux des lideli.-sla présence des corps-saints quils ne pouvaientapercevoir. Sans prétendre faire ici une restauration de cet autel remar-quable,nouscroyonscependant devoiren donnerun croquisaussiexac-tement tracé que possible daprèsla description, atln de rendre le texteintelligible pour tous (flg. 6)"2.Cetautel et son reliquaire, placésau fonddu rond-point de léglise abbatiale, nétaient pas entourés dune clôtureparticulière, car le sanctuaire était lui-même fermé et élevé au-dessus du Aitlirj. de liibbayede Saiiict-Deuys France,par F. J. Doublet,1625, liv. 1, enp. 289 eUim. - Nu dixiiimis,M A le plande cet autel et reliquaire,dressé us daprèslesdimensionsindiquées par D. Doublet.
  27. 27. - 2") - [ AUTEL]solde la nefetdu transscpt, 3 nu-tres de environil nétaitaccompagné ; mm m J gpp?^^ v "" " w^MaKw . -^.- G^i^r " <£J^J - <?JIJK ]! 115K"^liTi lSIfw " S~l7ÎHB|ql --^i-£_^lH G, jv. VsAi à35B i ":^que de deux armoiresà droite et à gauche,contenant le trésor de léglise
  28. 28. L ADTEL ] Jfi(voy. ARMOIRE). nuantàlautel inatutinal plan-àlextrémité laxedela decroisée pre-que et adossé la tribuneformée lexhaussement sanc- à par dutuaire,il étaitentouré grillesde fer "faite*,parbeauxcompartimens de »,composé dunetabledemarbreportéepar quatre piliersde marbreblanc;il avait été con.sacrc le papesaint Etienne. A la lin du xv<siècle, par 7cet autel était encore environné de colonnes de vermeil surmontées defiguresdanges tenantdesflambeaux,et reliées destringlessur les- parquellesglissaient courtines.Derrièrele retable,qui était dor, avait lesété élevéela châsserenfermant les reliques du roi saint Louis. fn délicieux tableaude van Eyck, conservé Londresdansla collection àde l>rd"*, nousdonnela disposition la formedespartiessupérieures etdecetautel; le dessous la tabledelautelestcaché un richepare- de parment de tapi-scrie(fig. 7)- On retrouveici le retabledonnépar Charles I>oubk(, cha|i. XXXVIK.
  29. 29. [ AUTEI.1le Chauveet la croix dor donnée par labbé Suger . Le tableau de vanEyckestexécuté avecune finesse une exactitude remarquables, et si quelon distingueparfaitement jusquaux moindresdétailsdu retableet dureliquaire.Lescaractères particuliersaux stylesdifférents sontobservésavec une scrupuleuse fidélité. On voit que le retable appartient auic siècle; lescolonnes, anges le reliquaire,à la fin du xine siècle. les et D. Doubletdonne,dansle chapitreXLV sesAntiquités labbaye de il>- d>Suint-Denis, descriptionminutieusedu retabledor decet autel,qui uneserapporteentièrement tableaude vanEyck; il mentionnela qualité auet le nombre despierres précieuses, des perles, leur position, les acces-soires qui accompagnentles personnages. Guillaume Durand semble admettre que tous les autels de sou tempsétaient entourés de voileset courtines, et en effet lesexemplesdonnésparles descriptions ou lesreprésentationspeintes ou dessinées malheu- (carreusement de tous cesmonuments pasun seul ne reste debout) viennentappuyer sontexte. Du tempsdeMauléon(1718),ilexi-lail encoreun certainnombre dautels ayant conservéleur ancienne disposition. Cet auteur citecelui de Saint-Seine, de lordre de Saint-Benoît-. «Le grand an Ici est sansretable. Il y a seulementun gradin etsix chandeliersdessus.Au-dosiisestun crucifix haut de plus de huit pieds,an-dessousduquel estla suspensiondu saint sacrementdans le ciboire ; et aux deux côtés de lautel il y aquatre colonnesde cuivre, et quatre angesde cuivre avecde- chandelierset descierges et de grands rideaux.» A Saint-Etienne de Sens (la cathé-drale), même disposition. A la cathédrale de Chartres, « le grand autelest fort large; il ny a point de balustrades,mais seulementdesculmines decuivre et des angesau-dessusautour du sanctuaire. Le parement est attachéaux nappes,un demi-pied sur lautel; la frange du parement est tout auliant sur le bord de la table. Au-dessusde lautel il y a seulementun pare-ment au retable, et au-dessus une image de la sainteVierge dargent estdoré. Par derrière estune verge decuivre, et au haut un crucifix dor de lagrandeurdun piedet demi,au piedduquelestune autrevergedecuivrequi avanceenviron dun pied ou dun pied et demi sur lautel, au bout delaquelleestla suspension saintciboire, du selonlesecond conciledeTours,sulj titulo crucis corpus Domini coin/ioi/ntu/. Saint-Ouen de Houen, »» le grand autel est simple, séparéde la muraille, avec desrideaux auxcôtés,une balustradede bois, quatre piliers et quatre angesdessus, commeà celui de léglisecathédrale. Au-dessus retableest la suspension du dusaint ciboire (au pied de la croix), et les images de saint Pierre et de saintPaul, premierspatrons, entre deux ou trois cierges de chaque côté. Il y atrois lampesou bassinsdevant le grand autel, avec trois cier^e^. commeà 1 On peut encore voir une représentationde cette croix d-ins le trésor de Saint-Denis,jrravé dans louvrage de D. Félibien ; quant au reliquaire de vermeil, les huguenots senemparèrent lorsquils prirent Saint-Denis. 2 Saint-Stinc, près de Dijon. (oy<igesliturgiques de France, p. 157.)
  30. 30. f AUTEL ] - 28 -la cathédrale. J.-B. Thiers1démontreclairement lusage » que dentourerles autelsdevoiles,encore conservé sontempsdansquelques de églises,étaitgénéral les dans premiers siècles christianisme. donnons du Nous icih copie lancienmaîtreauteldela cathédrale de dArras(fig. représenté 8),sur un tableaudu xvie siècleconservédansla sacristiede cetteéglise2.Cetauteldataitcertainement xmesiècle, peut-être partiesupérieure du sauf ladela suspension, croix, qui paraîtappartenirau xe. Cecharmant la mo-numentétait construitpartie en marbreblanc,partie en argent naturelou doré. La pile postérieurederrièrele retableétait de marbrerehausséde (juelquesdorures; portaitunepetitestatue la Viergesous dais elle de uncouronnédvmcruciiieraentdargent,avecsaint Jeanet la Vierge;troisangesreçoivent le précieux sangdeNôtre-Seigneurdansde petitescoupes.Derrière le daisde la Vierge était un ange de vermeil sonnant de lolifant.Une crossede vermeil à laquelle sattachait un ange aux ailes déployéessoutenait le saint ciboire suspendupar une petite chaîne. Sur le retableétaient posés reliquaires. Six colonnesdargent et de vermeil portaient dessix anges entre les mains desquels on distingue les instruments de lapassion. Dansle tableaudela sacristie dArras,lautel ainsique le retablesont couverts de parements semés de fleurs de lis. Nous ne savons pascomment était décoré le retable sous le parement; quant à lautel, ilprésentait une disposition très-remarquable,disposition que nous repro-dui»ons dans la gravure (fig. 8), daprès un dessinde feu Garnerey3. Le maître autel de la cathédrale de Paris, qui est représentédans unegravure de!6624, est disposécommecelui de la cathédraledArras. Quatreangestenant les instruments de la passionsont posés quatre colonnes surde cuivre portant lestringles sur lesquellesglissentlescourtine-. A Notre-Damede Paris, lautel était fort simple, revêtu dun parement, ainsi que leretable; derrière lautel sélevait le grand reliquaire contenant la châssede saint Marcel. « Premièrement, dit le P. Dubreul5, derrière et au haut « du grand autel, sur une large table de cuivre, soutenuede quatre gros« et fort haults piliers de mêmeestofle,est poséela chasse saint Marcel, de « neulième évesque Paris, laquelle est dargent doré, enrichie dune de <<infinité de grossesperles et pierres précieuses.... Plus hault dicelle,«estune fort grandecroix, dont le crucifix est dargentdoré. » A côtéde cereliquaire était un autre autel: «Au côtédroit, poursuitdDubreul, sur lautel de la Trinité, dict des Ardents, est la châssede 1 Dissert, ecclës. les principaux autel* des églises, chap. xiv. sur 2 VoyezAnnalesarchéologiques, IX, p. 1, larticle de M. Lassus les notesde t. elM. Didron, ainsi que la gravure exécutée sur un calque de ce tableau. 3 Nousdevons conservation ce dessin M. Lassus, du vivant de M. Gar- la de à qui,nerey, un avait fait un calque. Ce dessinest reproduit dans les Annales archéologiques,t. IX. 4 LEntréetriomphante LeursMajestés de LouisXIV et Marie-Thérèse dans la villede Paru. Paris, 1662, in-f°. 5 Théâtre antiq. deParis, par R. P. F. Jacques des Dubreul.Paris, 1612,p. 3G.
  31. 31. fAUTEL J«Notre-Dame, dargent Acùlé du autel doré.... sen^lredict (pi-mcipal)
  32. 32. [ AUTEL ] - 30-, esl châssebois, une de ayantseulement le devant couvert dargentadoré, laquelle le corps saint en e>t de Lucain, martyr.... Au-i«du .li.-l autelde la Trinité sontplusieurs châsses.... » Voici, daprès lagravure nous parlé il heure, dont avons tout i JU 9 -^ -c^ Sî-vcet autelprincipalde Notre-Dame Paris, de aveclachâsse saintMarcel deMi-pendue sousun grandbaldaquin(fig.9;. Cemaîtreautelparaîtavoirété élevévers la (in dvi xme siècle; peut-être était-il contemporain de laclôture du chSur, qui date du commencementdu xiv* siècle.
  33. 33. - 31 - [ ATTEL] Lautel desreliques de la cathédrale dArras disposéau chevet de cetteéglise, et qui est reproduit dansles Annnli s iii-rlu-nlmjiques M. JJidron, dedaprès un tableau conservédansla sacristie, présentait une dispositionanalogue à celle de lautel du chevet de Notre-Dame de Paris, si ce nestque le reliquaire estsuspenduau-dessus lautel, scellé aux deux piles deextrêmes labside, et quon y monte par un pelil escalier de bois posé deà la droite de cet autel . Lusage de poserdesparements devant les autels, bien quancien, ne -fut pas adopté uniformément en France. Cela explique pourquoi, à pur-tir du xile siècle, quelques tables dautels anciens soni porleo sur desmassifs bruts, tandis que dautres sont soutenues par de» colonuellcsriches de sculptures, des arcatures, des plaques de pierre ou de marineincrustées ou sculptées. Le sieur de Mauléon observe :J« que dans les cha-pellesde léglise cathédrale dAngers, lesautels (selonlancien usigc quenous avons conservé le vendredi saint, et, il ny a pas encore longtemp-,le samedi saint aussi) sont à nu, et ne sont couverts de quoi que ce soit ;de sorte que ce nest quun moment avantque dy Uire l.i iw:-sv quony met les nappes,qui débordent comme celle quon met sur une tableoù lon dîne ; et il ny a point de parement. » La forme la plus habituellede lautel, pendant le moyen âge, quil soit ou non revêtu deparements,est celle dune table ou dun coffre. 11 certain que les beaux autels deschapelles de léglise abbatiale de estSaint-Denis en France, dont nous donnerons plus loin les dessins, et tantdautres, portés sur des colonnes ou présentant des faces richement déco-rées de sculptures, de peintures et dapplications, nétaient pasdestinésàrecevoir desparements; tandisque très-anciennementdéjàcertainsautelsen étaient garnis. Lautel majeur de la cathédrale deReims avait un pare-ment en partie dor lin, en partie de vermeil, donné par les archeè<|iirsllincmaret Samson des Prés. Lautel des reliques de léglise de Saint-Denisétait égalementrevêtu sur la face dun parement dor enrichi de pierre-*précieuses avait été donné par Suger. Mais le plus souvent les pare- quiments étaient détoffesprécieuses,pour les devantsdautel comme pourles retables.Guillaume Durand4 nadmet pour lesvêtementsecclésiastiquesque quatre couleurs principales : le blanc, le rouge, le noir et le vert ; ilajoute, il estvrai, que lemploi de ces quatre couleurs nest pas absolu-ment rigoureux; lécarlatepeut, selon lui, être substitué aurougr, le violetau noir, la couleur byssv blanc, et le safran au vert. Il estprobable que aules parementsdesautels étaient soumis, comme les vêlementsecclésias- 1 Annalesarchéol., t. VIII. Nousne pouvonsmieux faire que Je renvoyer noslecteursa la gravure donnée par MM. Lassus et Gaucherel. 2 On entend par parement un revêtement mobile que lon place devant et sur lescôtésdes autels ou retables, et que lon changesuivant les fêtesou les époquesde lauuee.(Voy. le Dictionnaire ilu mobilier, au mot PAREMENT.) 3 Page79. 4 RdtiijHule, lib. Il, cap. xvin.
  34. 34. [ AUTEL ] - 32 -tiques, ceslois,et il fautlesdistinguer couvertures nappes à des ou rouges,Crisesnoires, parle et dont lévoque Mende son de dans troisième chapitre,nté plushaut.En changeant couleurdesvêtements la ecclésiastiquessuivantles diHérents tempsde lannée,le clergéchangeaitégalement,comme cela sepratique encoreaujourdhui, la couleurdesparementsdautels,lorsquecesparements étaientfaits détoffes.Il enétait de mêmedes voiles et courtines entourant lesautels,cestentures étaient variables.Ne ajouterons,au sujet des voiles et courtines,quils nétaientpas ni-uniformément disposéspendant le moyen âge autour desautels. « Outre« quaujourdhui, ditThiers (chap.MX), il y a peu de ciboiresau-dessus<ides autels, hors lItalie, il ny a point dautels qui aient desvoiles ou<(rideaux tout autour. La vérité est quen plusieurs ancienneséglises, lant séculières que régulières, les principaux autels ont desvoiles au o côté droit et au côté gauche; mais ils nen ont ni au devant, ni au der-(( rière, parce quau derrière il y a desretables, destableaux ou desimages(i en relief, et que le devant est entièrement ouvert, si ce nest quen« carêmeon y met cesvoiles dont parlent Beleth-, Durand3, et lesUz de« (liteaux1. En dautres églises,les autels nont point du tout de voiles,« quoiquil y ait apparencequils en ont eu autrefois, ou au moins à droite« et à gauche, a- qui M-rrc/muait par les pilastres ou colonnes bois ou de« du cuicre que lon y voit encore à présent. Enfin, il y a une infinité<idautels qui non-seulementnont point du tout de voiles, mais qui ne« paraissentpas même en avoir eu autrefois, nayant aucun vestigede« pilastresou colonnes. Il y enavoit cependantautour desanciensautels,«(dans les églises dOrient, comme dans celles dOccident, et on les y« tenoit dépliés et étendus(fermés)au moins pendant la consécration et« jusquà lélévation dela sainte hostie, afin de procurer plus de ^énération« aux divins mystères.» Après une dissertation étendue sur lusage desvoiles posésau devant des autels grecs,Thiers termine son chapitre endisant : <> légard deséglisesdOccident,nous avonsdespreuvesde reste A<icomme les auVels y éloient entourés de voiles attachés aux ciboires, à<ileurs arcades, ou aux colonnesqui les soutenoient. Il ne faut que lire les vies des papesécritespar Anastase Bibliothécaire le pour en être« convaincu, et surtout celles de Serge Itr, de GrégoireIII, de Zacharie,<(dAdrien 1er, LéonIII, dePascal deGrégoire de SergeII, de de Ier, IV,« LéonIV, deNicolasIer; on y verraque cessouverains pontifesont faitKfaire en diverseséglises Rome,lesunsvingt-cinq,lesautreshuit, et de«la plupartquatrevoilesdétoffes précieuses êtretendusautourdes pour« autels, pour êtresuspendus ciboiresdesautels,pour êtreattachés aux<iauxarcades desciboiresautourdesautels....Guillaume Bibliothécaire, le 1 Thiers écrivait ceci en 1688. - lu p.T/i/irnt. ilinii. offtr., cap. i.xxxv. 3 Kntijiiii/i., lib. I, cup. ni. 4 Cap.xv.
  35. 35. - 33 - [ AUTEL ] -«qui a ajouté les vies de cinq papes,savoir : dAdrien II, de Jean VIII, de « Martin II ou MarinIer,dAdrienIII et dEtienne à cellesquAnastaso VI, « a finies par Nicolas Ier, parle encore de cesmêmesvoiles, dans la vie ii dEtienne VI, où il dit que ce papedonna un voile de lin et trois autres "< voiles de soie pour mettre autour de lautel de léglise de Saint-Pierre <"" Rome... » Thiers, qui neva guère cherchersesdocumentsque dansles à lextes, ne paraît pascertain que dansléglise dOccident il y eût eu destoiles devant autels. Le fait ne noussemble douteux cependant,au les pas moins dans un certain nombre de diocèses. Voici (fig. 10)comme preuve la copie dun ivoire du xie siècle , sur lequel le voile atitèrii-m-île lautel"est parfaitement visible. Dans cette petite sculpture, que nous donnons grandeur dexécution, le prêtre I0 est assis dans une chaire sous un dais; devant lautel, trois clercs sont également assis,le voile an- térieur est relevé. La suspension du saint sacrement est attachéesous le cijborium. On ne voit surla table de lautel quun livre posé plat, lÉvangile; desclercs à"tiennent trois flambeaux du côtédroit de lautel. Nous trouvonsdes exemples analoguesdans desvitraux, dans des manuscrits etsculptures du xie au xme siècle.Plus tard les voiles antérieurs desautels sont rares et on ne les re-trouve plus en Occident, que surJes côtés, entre les colonnes, ainsique le font voir les figures 7, 8et 9. Il semblerait que les voilesantérieursaient cessédêtreemployéspour cacherles autelsdeséglisesdOccidentpendant consécration, la lorsquele schisme sefut établi. grec"Cest aussi à cette époque que le ci/hunnm,ou baldaquin recouvrantdirectement lautel, cesse serencontrerdansles églises France,et de denest plus remplacé que par la clôture de courtines latérales. En effet, danstouslesmonuments la fin du xmcsiècle,ainsique dansceuxîlesMV° de"etxv% lautel nestplus couvertde cetédicule,désignéencoreen Italiesousle nom de cyborium (voy.CYBORIUM); que, pendantla période tandisromane et jusque versle milieu du xin6 siècle,on trouve, soit dansles bas-.reliefs, peintures, vitraux ou lesvignettesdesmanuscrits, édi- les les descules portés des sur colonnes recouvrant et lautel, comme quonpeut ceux 1 Moulagetiré du cabinet de M. Alf. Gérente. Cet ivoire paraît appartenir à la fin duJie siècleet de style rhénan. 1t. - 3
  36. 36. [ AUTEL] - 34 -encore voir à Rome,dans les églises Saint-Clément, Sainte-Agnès(horsdesmurs), Géorgie Yelabro Venise, léglise S. in ; a. dans Saint-Marc,etc.Cependant, tempsde Guillaume du Durand, comme fait leremarquer Thiers,lesvoilesantérieurs autels des étaientencore posés[tendant carême, Guillaume le et Durand écrivaitsonnational la findu àmc siècle.«Il està remarquer, dit-il1, quon suspend trois sortesdecivoiles dans léglise, savoir: à celuiqui couvre choses les saintes, celui« qui sépare sanctuaire clergé,et celuiqui sépare clergé le du le du«peuple....Le premiervoile,cest-à-dire rideaux lon tenddes les que(i deux côtésde lautel, et dont le prêtrepénètrele secret,a été figuré<(daprèsce quon lit danslExode(xxxiv): «Moïse un voile sur sa mit« figure,parceque les fils dIsraël ne pouvaientsoutenirléclat de son« visage....» Le secondvoile, ou courtine, que, pendant le carêmeet la« célébration de la messe,on étend devant lautel, tire son origine et sia figure de celui qui étaitsuspendu dansle tabernacle séparait le Saint quic< saints du lieu saint- Ce voile cachait larche au peuple, et il était des» tissu avec un art admirable et orné dune belle broderie de diversesn couleurs, et il se fendit lors de la passiondu Seigneur; et, à son imila-» tion, les courtines sont encore aujourdhui tissuesde diverses couleurs« très-belles... Le troisième voile a tiré son origine du cordon de muraille« ou tapisserie dansla primitiveÉglise,faisaitle tour duchSur et ne qui,» sélevait quà hauteur dappui, ce qui sobserveencore dans certaines-d églises2....Mais,le vendredi saint,on ôte tous les voiles léglise,. de« parce que, lors de la passion du Seigneur, le voile du temple futHdéchiré.... Le voile qui séparele sanctuaire du clergé esttiré ou enlevé« à lheure de vêpres de chaque samedi de carême, et quand loffice du« dimanche est commencé, afin que le clergé puisse regarder dans le» sanctuaire, parce que le dimanche rappelle le souvenir de la résurrec-« tion.... Voilàpourquoicelaa lieu aussipendant lessix dimanches qui» suivent la fête de Pâques.... » Lautel de la sainteChapellehaute de Paris ne paraîtpasavoir étédisposé pour être voilé, et lédicule qui portait le grand reliquaire étaitplacé derrière et non au-dessus lui. Noustraçonsici (fig. 11)le plan dede cet autel et de son entourage. Lautel semble être contemporain de lasainteChapelle(1240Ù1250);quant à la tribunesur laquelleestposéelagrandechâsse, dont tous lesdébrissontaujourdhui replacés, date et elleévidemment dernières des années xmesiècle. du Quatre colonnesportantdes angesde bronze doré étaient placées aux quatre coins de lemmarche-ment de lautel ; mais ces colonnes avaient été élevées sous Henri III. Aufond du rond-point, derrière maîtreautelA, étaitdressé petit autelB ; le unsuivantun ancienusage, petit autelétait désigné ce sousle nom dautel 1 Kutiouale, lib. I, cap. ni. 2 O.it par suite de cettetradition que nousvoyons encoresur les mursde quelqueséglises peintures »,es simulaitdestenturessuspendues. ,Voj. PEINTURE.)

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