Les personnages du Pays de Fouesnant - php1fbbj p

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Les personnages du Pays de Fouesnant - php1fbbj p

  1. 1. Jean Le FOLL Après le décès du recteur PERROT EN 1769 Le 21 mai de l'an 1769 décédait à Rospiec, à l'âge de 73 ans, Messire Noël Antoine PERROT, recteur de Fouesnant. Pendant près de quarante ans il avait conduit les destinées de l'église paroissiale. De tous les anciens recteurs, c'est celui qui nous a laissé le plus de traces écrites de son passage, en particulier à propos de ses démêlés avec le sieur Aubin du Plessix. S'il sut gérer les affaires de sa paroisse, il n'en négligea pas pour autant les siennes propres, et il n'oubliait pas de réclamer, même à la noblesse, des arriérés parfois lointains. L'entretien du choeur et du cancel de l'église lui incombait, ainsi que celui du presbytère. Nous allons voir dans les pages qui suivent que le Général de la paroisse et le nouveau recteur allaient faire constater que l'état de ces bâtiments laissait fort à désirer. Les travaux de réfection envisagés furent d'autant plus importants que l'inventaire après décès du recteur allait révéler qu'il avait amassé une petite fortune, dont ses héritiers durent se priver d'une bonne part pour la remise en état du choeur et du presbytère. Inventaire à Rospiec après le décès de Messire Perrot. "L'an 1769, le 21 mai sur les huit heures du soir, je soussigné, greffier du siège royal de Concarneau, déclare que sur l'avis qui m’a été signifié du décès du recteur de la paroisse de Fouesnant, Messire Noël Antoine Perrot, je me suis rendu au manoir presbytéral de Fouesnant pour apposer les scellés et annoter tous les meubles et effets restés après le décès du dit sieur recteur, et ce, à la requête du substitut de Monsieur le Procureur Général du Roi du dit siège de Concarneau, pour la conservation des droits et intérêts de la paroisse et des héritiers du dit recteur. Entré au manoir presbytéral, j’y ai trouvé Messire Joseph Auguste Le Traon de Kerguidan et Jean Corentin Guillermo, qui sont tous les deux prêtres de la dite paroisse et Tanguy Bertholom, fabrique, N.D.L.R. : Les croquis des pages suivantes représentent les chapiteaux de colonnes de l'église romane de Fouesnant, dessinés (et commentés) à la fin du siécle dernier par Ducrest de Villeneuve. 1/20
  2. 2. Jean Gléonec, Pierre Nédélec, A1ain Lozac'h, Alain Bertholom, délibérants de la dite paroisse, lesquels m'ont requis que j'eusse à faire le travail de ma charge, ce que voyant j'ai procédé à l'annotation des dits effets comme suit : Dans la chambre ou est décédé le feu sieur recteur : - Un lit carré à rideaux rouges, garni de deux matelas, une couette de plume, deux draps et deux couvertures, une chaise tapissée, 5 chaises de paille, deux montres d'argent, deux armoires desquelles, ouverture faite, il s'est trouvé dans celle du couchant : - 10 fourchettes et 8 cuillères d’argent, - 64 Livres 4 sols en argent blanc dans un pochon de liards*, dans un tiroir à droite ; - dans celui du milieu s'est trouvé 180 Livres en argent blanc* dans un pochon, et plusieurs papiers ; - dans un autre tiroir s'est trouvé dans un pochon 16 louis en or et 480 Livres en pièces de six Livres et plusieurs bagatelles et papiers, Lesquelles armoires ont été fermées à clef Il s'est trouvé de plus : - 20 pièces d'argent anciennes. 300 Livres dans un autre pochon " - 1200 Livres dans un autre pochon, en pièces de 6 Livres " - 1200 Livres dans un autre pochon, en pièces de 6 Livres,. - un rouleau l de 50 Iouis en or, valant 1200 Livres ; - 1500 Livres dans un pochon. Dans une chambre couchant de la première : - une couchette avec trois matelas; - un lit d'indienne garni d'une couette de plumes, un matelas ; - une armoire à deux battants dans laquelle il s'est trouvé : - 4 pièces de toile ; - 27 draps fins : - 2 courtepointes, - une autre armoire à deux battants contenant: - une pièce de toile ; - 3 couvertures de lit ; - 19 draps ; - 9 nappes, - Dans une autre armoire : - 8 pièces de toile ; - 24 chemises " - 6 couverts d'argent et une grande cuillère ; - 21 mouchoirs, quelques bouteilles, des paquets de fil, 5 draps à vanner, - 4 chaises de paille, Dans la chambre au-dessus de la grande cuisine : Un lit garni d'un matelas, une couette de plume, une couverture blanche, 6 chaises bourrées, une table à quatre pieds, 4 chaises de paille, deux armoires à deux battants: dans l’une d'elles s'est trouvé 112 serviettes fines, 3 nappes, 3 pièces de toile plusieurs autres linges et habits " dans l’autre, 35 assiettes d'étain et 9 plats. Dans un cabinet: un lit à rideau de tapisserie garni d’un matelas 2/20
  3. 3. une couette de plume, traversin, oreiller, deux couvertures, une table. Dans la salle: une table à tiroir, une grande glace, tapisserie de laine, 6 chaises, 2 fauteuils, un tabouret tapissé, 8 chaises de paille, 6 tableaux, un petit pliant, une grande armoire à deux battants dans laquelle il s'est trouvé 12 cuillères et 1l fourchettes d'argent, une cuillère potagère, 25 couteaux de table à pied blanc, 2 salières, 6 terrines, 8 douzaines d'assiettes, 15 plats. - Dans une autre armoire, douzaines de serviettes. Dans la cave : - 10 barriques pleines de cidre ; - 3 barriques de vin rouge : - 4 barriques vides ; - 10 potées de beurre ; - 3 tourtières : - une poissonnière : - 2 plats d'étain " - un dessus de tourtière ; - 2 moulins à tabac ; - 10 bailleaux*, un harpon, tranches, 2 pelles, 2 tranches, 6 piguelles*. - un lit de cuisine garnie d’une couette de balle, deux draps, une couverture verte ; - un autre mauvais lit : - une armoire à deux battants. Bestiaux : 4 vaches, une génisse, 2 boeufs, 2 bouvillons, un cheval. 2 échelles; 3 charrettes ferrées ; une Charrue complète: un pressoir à vis ; environ 25 barriques, Dans un cabinet servant de décharge" une table, un lit à colonnes garni en balle, un coffre, 6 quarts à pâte, Dans un cellier sur la cour - 8 barriques de cidre : - 5 barriques vides ; - un moulin à café ; - 4 haches,. - 3 auges de pierre ; - 50 douzaines de planche environ" - 4 brouettes ; - 20 ruches d'abeilles ; - 4 meules de paille ; - 2 meules de fagots ; - une seringue, un calice, un chartil*, Dans les champs' deux grandes meules de bois de cent*, Dans la cuisine : - Deux grands landiers," - Deux autres, moyens, - un chauffe-Iit " - 16 casseroles, - une timbale de cuivre rouge - un chaudron de cuivre - 4 grands bassins : - 4 autres, plus petits ; - 6 trépieds, une crémaillère : - deux pots de fer, deux chaudrons de fer une poêle à crêpes ; - un vaisselier et un buffet garni de 16 assiettes d'étain et un plat ; - une maye * à pâte : - une table de cuisine, un buffet, un gardemanger à deux battants ; - deux fléaux; Dans l'aire : une soixantaine de barriques vides, deux chenets, un soufflet, une pelle, une paire de pincettes, six gobelets à café et un huilier. 3/20
  4. 4. Ne pouvant entrer dans le grenier où sont les blés, j'ai apposé une bande sur la porte et sur cinq armoires et ai remis le mesurage des blés à mercredi prochain, ne pouvant le faire dans le temps présent " L'inventaire reprend donc le 26 mai. Les délibérants sont cette fois Jean Guillermou, Tanguy Bertholom, fabrique, Paul Caradec, Jean Nédélec, et Jean Le Carre, Hémery curé de Fouesnant, a remplacé Le Traon de Kerguidan et Guillermou. "Dans le grenier, il s'est trouvé trois barres de fer, deux demi-minots, un grand fusil, 30 cannelles*, deux autres demi-minots, un cordage avec deux poulies, 9 plombs, 6 quarts de pâte, 6 poches à blé. Ayant fait une mesuration des blés, il s'est trouvé 100 minots de froment à la mesure du Roi, 44 minots de seigle, 73 minots d'avoine, le tout mesuré ricle*. Dans l'aire : deux mulons* de bois de cent, un mulon de fagots, deux bâts, une selle, une bride, une autre mauvaise bride, trois roues de charrette, 12 roches de paille, deux mannequins*, deux quélornes*, un petit coffre, deux tamis, une charrette à dévider*, un dévidoir, une paire de ciseaux, 3 scies; 4 chandeliers de cuivre dans la cuisine, un réchaud, deux crocqs à peser, une autre selle de cheval, 3 crocqs à fumier, deux pinces, 12 pots à lait, 3 jattes, 2 mirges (? }, un garde-manger ; dans l'entrée, deux grandes échelles, un fléau ferré. sales, 10 draps, 2 coeffes de bonnet, 2 mouchoirs blancs qui ont été remis à Mre Hémery pour les faire blanchir; 5 grands volumes dans la salle, un mortier de marbre; il a été remis au sieur Hémery la somme de 30 Livres tirée du tiroir où il s'est trouvé 70 Livres et 4 sols, pour subvenir aux frais et dépenses de la maison jusqu'à l'arrivée des héritiers. Les deux généraux de Fouesnant et de La Forêt sont chargés de veiller sur les biens ci-dessus annotés; ils ne resteront qu'à quatre chaque jour, lesquels répondront des dits effets et les représenteront lorsqu’ils en seront requis. " Comme il était d'usage après le décès d'un recteur, un état des lieux concernant l'église et le presbytère fut établi, avec les réparations à envisager. Le 18 mars 1771 tous les intéressés se réunirent au bourg de Fouesnant, avec leurs experts et défenseurs : - Écuyer Claude Pierre Gobelot, de la ville de Rosporden, expert désigné par Anne Armand Perrot, faisant pour lui et les cohéritiers de feu Messire Noël Perrot ; Jean-Baptiste Cajan, entrepreneur demeurant à Quimper, expert nommé par Dans un cabinet sur la cave, 11 minots de seigle et deux de blé noir. Il a été donné, pour le service de la maison, 2 minots d'avoine, 4 minots de seigle et trois minots de blé noir. Il s'est trouvé 83 serviettes 4/20
  5. 5. noble et discret Messire Esprit Félicien Cazimir de Ravenel du Boistilleul, docteur en théologie, grand vicaire de l'Évêché de Quimper, recteur actuel de la paroisse ; - Écuyer François Gabriel Gilart, sieur de Larc'hantel, expert nommé d'office en tant que rapporteur de l'exécution de la sentence rendue au siège du Présidial de Quimper des 9 et l6 du mois, qui demande qu'il soit fait et rapporté un état et des devis estimatifs des réparations grosses et menues à effectuer au choeur et cancel de l'église paroissiale de Fouesnant. Au bourg de Fouesnant attendaient: - Le recteur, accompagné de Maître Gailland, son procureur ; - le sieur Anne Armand Perrot, accompagné de Maître Douarin, avocat, et de Hervé, son procureur ; - Maître Demizit, avocat du Général de la paroisse. - Maître Pierre Corentin Prédour, assisté des douze délibérants de la Paroisse. En préliminaire à l'observation des lieux, une longue discussion s'engagea, où chacune des parties développa son point de vue et avança ses arguments. Il s'agissait pour l'essentiel que "les experts déclarent ce qu'ils entendent par choeur et cancel, seules parties de l'église à la charge du recteur». Il fallait déterminer "l'étendue et l'emplacement des dits choeur et cancel en tenant compte de la configuration de l'église primitive, et s’il ne restait aucun vestige d'un ancien chœur ; d'autre part des deux côtés du sanctuaire il y a deux chapelles adjacentes, et on ne sait à qui elles appartiennent. On ne peut raisonnablement assujettir les héritiers du feu recteur aux réparations et entretien de ces chapelles qui paraissent borner le sanctuaire." Maître Le Prédour tergiversa longuement en se basant sur l'architecture des arcades, des piliers, et la position du Christ, éléments qui, d'après lui, devaient permettre de préciser l'emplacement de qu'on voulait délimiter. Finalement, on décida de faire confiance aux experts qui veilleraient à ce qu'aucune des parties ne soit lésée. Ce n'est qu'après une expertise qui devait durer six jours, et une étude approfondie et méticuleuse, presque dans les moindres détails, des réparations à envisager que fut rédigé un long état estimatif de seize pages, que nous résumerons en insistant cependant sur ce qui peut présenter un intérêt. "Sur l'indication et démonstration de Me Le Prédour de Minvain faisant pour le général de Fouesnant, avons vu et examiné, en dedans et au dehors, tâté au marteau, sondé et passé au plomb de haut en bas tous les murs de ce qui est décrit par les Édits et Déclarations du Roi, arrêts et règlements de la Cour, ce que nous avons désigné pour choeur et cancel de l'église de Fouesnant..." Ils constatèrent d'abord que les piliers, arcades et voûtes du sanctuaire étaient "ventrueux, lézardés et ouverts, le tout défectueux, hors d'état de subsister ; il le faut démolir et réédifier depuis les fondements dans la même forme et structure actuelles". Travaux évalués à 1010 Livres. 5/20
  6. 6. " Le cul-de-Iampe voûté en pierres de moellons mesurant extérieurement 32 pieds de tour, orné de deux pilastres, soutenu au dehors par deux forts arcs-boutants posés après coup : au dehors et au dedans, vers le bas, si, arcades, trois vitraux, le dessus du cul-de-Iampe en pierres de moellons posés à chaux et à sable..., l'intérieur de la voûte, enduit à chaux et sable, peint en bleu avec des étoiles blanches et des chérubins.., tout ce que dessus troué, surplombé, lézardé, ouvert, creux par vétuté, et hors d'état de subsister : il faut tout démolir et relever à neuf depuis les fondements sur une hauteur de 27 pieds hors la terre." Travaux estimés à 1350 Livres. Le lendemain, Maître Le Prédour, soucieux de défendre au mieux les intérêts de la paroisse, demande de préciser "qu'il faudra enduire de chaux mélangée à du sable lavé, puis de chaux détrempée les endroits relevés à neuf comme ils l'étaient avant leur démolition, remplacer les peintures telles que la description en a été faite, garantir le pavage en carreaux du sanctuaire de tout événement, ainsi que le marchepied en pierre et en bois du maîtreautel et sa garniture, à l'exception des gradins pour recevoir les cierges et du tabernacle qui sont comme il sera dit ciaprès de nulle valeur... Avons ensuite examiné le maîtreautel ou l'on monte par un marchepied en bois et pierre, le tabernacle et les gradins, les dits gradins à deux étages de chaque côté du tabernacle, ce dernier qui les sépare formé de deux étages et d 'un couronnement en forme de dôme en sa partie supérieure ; le premier étage possède une porte ornée de Sculptures, environnées de deux pilastres à vis de chaque côté; le second étage a 2 pieds 9 pouces de haut, ses deux angles coupés et accompagnés de petites colonnes torses, trois niches dans lesquelles sont des saints en sculpture : le couronnement en forme de dôme avec aussi trois petites niches sans figures, le dit couronnement se trouvant surmonté à son sommet par une figure représentant l'Ascension... Ce que cidevant décrit et orné de sculptures, peintures et dorures est pourri, vermoulu, rompu en une infinité d'endroits, il faut le remplacer à neuf entièrement conforme à l'ancien, peint et doré comme lui. Estimé 200 Livres. La charpente au- dessus du sanctuaire, les lambris, les pièces de bois aboutissant sur les quatre piliers du choeur en forme de croix en ogive sont défectueux .Les lambris en particulier sont vermoulus, ainsi que la charpente des combles du choeur, il faut tout remplacer à neuf, ainsi que les chevrons, en bon bois de chêne. Estimé y compris la réfection de la toiture d'ardoise. " Estimé 1260 Livres. Il est prévu également 108 Livres pour la réfection du dernier rang de pavé bordant le choeur. La commission prévoit aussi, pour être placée au milieu du choeur, "'une plate-/orme en bois de 8 pieds de long sur 4 pieds 6 pouces de large qui se terminera en rond aux deux extrémités et sera élevée à 4 ou 5 polices du pavé, et sur laquelle 6/20
  7. 7. on placera en triangle trois escabeaux d'environ deux pieds de hauteur, l'une pour le célébrant et les deux autres pour les chantre, on assemblera vers la partie supérieure de la dite plate-/orme un pupitre tournant où on pourra placer deux livres, un de chaque côté. Le bas du choeur doit être séparé de la nef par une balustrade de la hauteur de 3 pieds 1/2 au moins, qui se terminera à la partie la plus saillante de chaque pilier: le bas en sera clos à la hauteur d’un pied et le surplus en balustres tournés, aux deux bouts et en dedans de la dite balustrade on placera deux stalles ayant chacune en avant un accoudoir en forme de prie-dieu et une espèce de marche pour se mettre à genoux. Entre ces deux stalles et au milieu de la balustrade on fera une porte à deux battants de 4 pieds de large, dans la même forme que la dite balustrade. Des deux côtés du choeur, dans l'intervalle des piliers, on clora le choeur par des bancs à dossier clos par derrière qui seront aussi de la hauteur de la susdite balustrade, et seront les dits bancs séparés par des accoudoirs pour former quatre stalles de chaque côté, le surplus de chaque côté restant sans séparation. Le tout sera composé en menuiserie de chêne ou de châtaignier. Estimé !60 Livres. Il faudra aussi rétablir et remplacer les vitres aux cinq fenêtres condamnées: à trois desquelles on remettra les écussons qui y sont, consistant: savoir, celui de la fenêtre au-dessus du tabernacle portant d'azur à deux lions dorés armés et lampassés de gueules : ceux des deux fenêtres suivantes, côté de l'Évangile, portant de gueules à la croix pattée d'azur. Estimé: 12 Livres. On ne saura pas comment se présentaient les murs intérieurs du sanctuaire à cette époque. La commission en donne les raisons: "Quelques jurisconsltltes admettent encore à la charge du décimateur* le crucifix qui dans le plus grand nombre d'églises sépare le choeur et cancel de la nef ainsi que les images des saints et sculptures ou peintures enfermées dans l'étendue des dits choeur et cancel, mais lachose n'étant généralement pas reconnue et ces objets en étant même exceptés en plusieurs endroits, nous nous dispenserons de les comprendre dans le présent procès-verbal. " "Nous avons procédé au calcul général des sommes précédemment rapportées, que nous avons trouvé monter a quatre mille deux cent soixante quatorze Livres quatorze sols (4274 L 4 s)." Monsieur Perrot versera à Gilart de Larc'hantel la somme de cent soixante quatre Livres pour ses vacations et celles des autres experts. Un marché fut passé le 14 octobre 1775 entre les héritiers du recteur Perrot et Etienne Bigot, entrepreneur, marché contrôlé seulement le 14 juin 1776. Le sieur Bigot aurait souhaité commencer rapidement les travaux, mais alors se présenta un autre contretemps : les travaux comportaient un risque pour les vitraux et particulièrement les armoiries qui s'y trouvaient, et qui constituent autant de signes des prééminences dont bénéficient les familles nobles qui en sont qui en sont propriétaires. 7/20
  8. 8. L'entrepreneur demanda donc que ces armoiries soient clairement définies, afin d'éviter ennuis et contestations de la part des familles concernées. Il fit procéder à des bannies les 23 et 30 juin et le 7 juillet, "faisant appel à tous les prétendants aux droits honorifiques et intersignes des prééminences tant au dehors qu'au dedans de la dite église; et par la suite il sera procédé à la réception des plaidés des parties comparantes, soit par elles en personne, soit par procuration." Aussitôt les bannies terminées, on enregistra les déclarations des divers intéressés : "En l'endroit s'est présenté Maître Pierre Michel Cuzon, procureur de Messire Jean Pierre François de Guernisac, Chevalier seigneur du Stang et autres terres et seigneuries. Le dit Cuzon demande pour apurer que le dit seigneur de Guernisac, comme propriétaire du château du Stang, situé en cette paroisse, est par lui et ses prédécesseurs en possession immémoriale des prééminences ci-après en la dite paroisse : En la maîtresse vitre du côté de l'Épître, au bout méridional du grand autel, il a droit d'avoir un écusson portant les anciennes armes de sa Maison, qui sont "d'azur avec un aigle éployé d'argent, au chef endanché de même", avec une tombe élevée au dessous et une autre plus basse y joignant. Quoique par vétusté les intersignes des dites prééminences ne paraissent pas aujourd’hui ni dans la vitre, ni sur les tombes, leur existence n'en est pas moins constante, les aveux fournis au Roi le 22 juin 1683 par messires Ollivier et René de Guernisac, ses auteurs, ne laissent aucun doute sur la réalité des dites prééminences. C'est pourquoi le dit Cuzon, au nom du dit seigneur, requiert que lors de la réédification du choeur et cancel de la dite église, les susdites prééminences soient maintenues et que le général de la paroisse ait à les faire placer aux mêmes endroits et dans la même forme ci-dessus décrite, et a signé sous la réservation de tous les droits du dit seigneur de Guernizac". Signé: Cuzon. En l'endroit s'est présenté, Maître Charles François Hervé, Procureur au Présidial de Quimper, procureur fiscal des juridictions du Mur, Henvez et Guériven, agissant et occupant pour Messire Marie François Henri de Franquetot, duc de Coigny, Maréchal des Camps de l'armée du Roi, Colonel Général des Dragons de France, Gouverneur de la ville et château de Caen et du château et maison royale de Choisy, tant pour lui que pour Messires ses frères, propriétaires par indivis des dites terres et seigneuries, lequel Hervé a dit qu'à cause de la seigneurie de Henvez s'étendant en grande partie dans cette paroisse, que le dit seigneur de Coigny est haut justicier et premier prééminencier de l'église paroissiale de Fouesnant, qu'il s'agit aujourd’hui de rebâtir le choeur et cancel de la dite église, qu'il ne s'oppose point à la dite reconstruction, mais qu’en qualité 8/20
  9. 9. de prééminencier, il est fondé, sans éviter les petites rentes honorifiques et prérogatives que les droits communs accordaient aux dits titres, soit qu'ils existent dans la dite église ou qu'on ait négligé de les y établir, que la seule distraction à faire en l'état se réduit à l'obligation pour l'entrepreneur de rétablir les intersignes et prééminences des dits seigneurs de Coigny existant actuellement, et même à conserver celles qu'il ne sera pas nécessaire de détruire, comme vitres armoiriées et autres choses semblables. Requiert de par le même seigneur de Coigny que tous les autres prétendants aux droits honorifiques et prééminences en la dite église aient à déclarer les titres sur lesquels ils se fondent; demande le dit Hervé, au dit nom, pour apuré que dans les principales vitres, au fond du cul-deIampe, il est un écusson à fond d'azur à deux lions rampant armés et lampassés de gueules, qui sont les véritables armes de la seigneurie du Henvez ; que suivant les titres des dits seigneurs, il doit exister dans le choeur, soit aux environs du maitreautel, soit dessous, attendu les changements qui y ont été faits par les précédents recteurs, une tombe leur appartenant et portant leurs armes, de laquelle il demande également qu’apurement lui soit donné, réservant au cas ou il n'en existe pas de marques ou d'intersignes, d'en faire en tout état de cause la perquisition lors de la démolition du grand autel. "d'or à un lion rampant de sinople" ; au deuxième, d'argent à trois croissants montant de gueules, deux et un" ; au troisième, "d'azur à la coquille d'argent" , au quatrième, "d'or à trois burettes de gueules ". De plus, il est une tombe au pavé du sol de la dite chapelle, laquelle existait auparavant, au milieu et vis à vis de l'autel où sont répétées ou à peu près les mêmes armoiries que dessus lesquelles prééminences appartiennent au dit seigneur de Guermeur comme propriétaire de la terre de Kerguilly, requérant encore qu'au cas ou les dites armoiries se trouveraient altérées ou cassées par la démolition, qu’elles seront rétablies aux frais de qui il appartiendra. Et a le dit Hervé signé sous la réservation de tous les droits de la partie. S'est encore présenté le dit Maître Pierre Michel Cuzon, procureur de Messire Louis Jean Marie chef de nom et d'armes de Kerret juveigneur des anciens Princes et Comtes de Léon, chevalier seigneur de Quillien, fondé en procure de Dame Sylvie Perrine Alleno de Keralic, Le dit Hervé, comme procureur de Messire Hervé du Guermeur, seigneur de Kerguilly et autres lieux a dit que quoique la chapelle à droite de l'église, dite NotreDame, ne soit pas dans le cas de démolition, comme le vitrage en pourrait être rompu par celle du choeur, il requiert qu’il soit donné pour apuré qu'il existe dans la partie supérieure du vitrail éclairant la dite chapelle, vers le nord, un écusson écartelé portant: au premier, 9/20
  10. 10. de Keralic, son épouse, auquel il a été dit qu'à cause des seigneuries de Kergaradec et Bréhoulou, il lui appartient en l'église de Fouesnant du chef de la dite dame son épouse, plusieurs prééminences et droits honorifiques, que ces droits lui sont assurés par un aveu de 1684 et une sentence de la même année, consistant : dans la partie susceptible de démolition, deux tombes situées dans le sanctuaire, à l'aile droite, dont I'une se prolonge sous le marchepied de l'autel armoiriées d’une croix pattée, les couleurs ne pouvant se distinguer, et deux écussons situés audessus de la dite tombe, dans deux vitrages différents, portant "d'argent à la croix pattée d'azur", et une tombe située autrefois derrière le maître-autel et actuellement dessous suite aux changements qui y ont été faits. Desquels droits et intersignes le dit Me Cuzon requiert qu'il lui soit donné apurement, se réservant expressément tous les autres droits honorifiques qui lui appartiennent dans la nef et les autres endroits de l'église, particulièrement le droit qu'il a d'apposer ses armes à la maîtresse vitre du grand autel, telles qu'on les voit sur les tombes ci-devant désignées et telles qu’elles doivent être sur celle sous le grand autel. En l'endroit, le dit Maître Charles François Hervé, procureur des seigneurs de Coigny, a protesté de nullité du plaidé ci-dessus, en ce que le seigneur de Quillien prétendrait au droit d'avoir des armoiries en la maîtresse vitre, ce droit appartenant uniquement aux dits seigneurs de Coigny ainsi qu'il est constaté par leurs armoiries qui y sont actuellement placées. dite église, telles qu'une tombe plate qui doit porter un écusson "d'azur au grelier ou cor de chasse d'argent", et ce à raison de sa terre de Coet Clévarec. Il requiert que le sieur de Keratry soit maintenu dans les dits droits et prééminences au cas de démolition de la dite chapelle Pour terminer, Maître Piriou, faisant pour le dit Bigot, a présenté le plan géométrique et figuratif de l'état actuel du chœur et cancel. Le commissaire a déclaré, en accord avec le sieur David, l'état des lieux exact et véritable. Ont signé: Flamand, huissier; de Reymond, faisant fonction de Procureur du Roi, Le Goaze de Kervélégan, Sénéchal de Quimper ; David, ingénieur des Ponts et Chaussées, Piriou ; Bigot, entrepreneur; Gelin, greffier. " Le lendemain, "sur les huit heures du matin, nous nous sommes transportés du manoir prieural de Locamand où nous avons pris ce jour nos logements, jusqu’àla dite église paroissiale de Fouesnant, accompagnés de Mr de Reymond, Conseiller au siège présidial de Quimper, faisant pour Mr le Procureur du Roi et des sus dénommés au procès-verbal"... De la part du dit Hervé comme procureur de Messire Jean François Chef de nom et d'armes de Keratry, a été dit que le dit sieur de Keratry a des prééminences et droits honorifiques dans la chapelle de Sainte-Marguerite, du côté gauche de la 10/20
  11. 11. Monsieur de Reymond décide de conclure ".., pour le Roi, à ce qu’il soit décerné acte des dires et raisons ci-dessus produites par les différents prétendants aux droits qui ont comparu en notre présent procès-verbal, et que défaut soit donné envers les non comparants; en conséquence du serment du dit David, expert en blason, qui a été reçu, lui ordonnons de procéder aux apurements et vérifications de tous les droits honorifiques et intersignes de prééminences existant dans la partie de l'église de Fouesnant susceptible de démolition et d'en dresser un procès-verbal séparé du présent pour y être joint, et a signé sous la réservation des droits de Sa Majesté. " Le Goaze de Kervélégan reprendra les conclusions de Me de Reymond : " Donnons acte des droits et raisons portés dans les plaidés ci-dessus des différents prétendants aux droits qui ont comparu à notre présent procès-verbal et avons donné défaut envers les noncomparants ; avons ordonné au dit David, expert en blason, de procéder incessamment et sans délai aux apurements et vérifications de tous les droits existants, " Le sieur David se mit aussitôt au travail: on lira ci-après le procès verbal complet qu'il établit. Fouesnant qui doit être démolie par le sieur Étienne Bigot, entrepreneur, et aux fins d'assignation pour cet effet à nous donnée à la requête du dit Bigot, par exploit d 'huissier le 10 de ce mois, et par suite de notre prestation de serment à l'endroit du comparant, de la descente faite par Mr Le Goaze de Kervelegan, Sénéchal de Quimper, commissaire nommé à cet effet en vertu d'ordonnance, en présence de Mr Raymond faisant fonction de Procureur du Roi du dit siège, nous nous sommes rendu en la dite église paroissiale et y avons vaqué à l'examen et vérification des armoiries, signes et intersignes de prééminences existant dans le choeur et cancel de la dite église, tant intérieurement qu'extérieurement, comme suit : D'abord, nous nous sommes fait assurer des parties que l'on doit démolir des dits choeur et cancel d'après un plan servi par le dit Bigot aux fins de son marché, lequel dit plan a été chiffré ce jour, avons vu que le dit Bigot, aux termes de son marché, ne doit démolir que le culde-lampe de cette église, dont le dessus forme une voûte en maçonnerie à moellons, et partie des deux retours en aile jusqu’à l'arcade séparant le chœur de la nef " lequel cul-de-Iampe est éclairé par trois petits vitraux étroits et assez élevés, qu'il y a aussi dans chaque aile deux autres petits vitraux de même forme 'L'an 1776. le 30 juillet, nous, Noble homme Julien Barthélemy David, ingénieur des Ponts et Chaussées au département de Quimper, y demeurant rue Viniou, paroisse de Saint-Sauveur, rapport à l'exécution d'instance rendue au siège présidial de Quimper le 15 juin dernier portant notre nomination pour expert en blason à l'effet de constater les prééminences, droits honorifiques, signes et intersignes existant dans la partie du choeur et cancel de l'église paroissiale de 11/20
  12. 12. et grandeur que les précédents. Le dit entrepreneur ne doit démolir l'aile gauche que de quelques pieds au-delà de la naissance du cintre du cul-de-Iampe, et ne doit point démolir les deux vitraux qui éclairent la dite aile gauche, ni les chapelles Notre-Dame ni Sainte-Marguerite, à gauche, qui font partie des bas-côtés, mais seulement une partie de la voûte au-dessus de la chapelle de Notre-Dame, à droite. Et après avoir écouté les plaids et réquisitoires faits de la part des différents intéressés ou prétendant aux droits en la dite partie du choeur et cancel à démolir, nous avons vu et fait voir qu’au bas du vitrail du cul-de-Iampe, au dessus du milieu de l'autel, il existe seulement un écusso de forme carrée, portant "d'azur à deux lions rampants d'argent armés et lampassés de gueules ", et qu'il n'existe aucun autre écusson dans le dit vitrail qui est en verre à petits carreaux communs, en plomb et vergettes de fer. Nous avons vu et fait voir que dans le vitrail de la droite du cul-de-lampe, aussi en verre commun à petits carreaux et en plomb, il existe au haut du dit vitrail un écusson portant "d'argent à la croix pattée d'azur", et qu'il n'existe nul autre écusson dans le dit vitrail commun posés au plomb, il n'existe, aucun écusson. Avons vu et fait voir, passant à l'examen des vitraux de l'aile gauche du dit cul-de-Iampe, que le premier vitrail, proche du vitrail du centre est vitré à petits carreaux posés au plomb et qu’il n’ y existe aucun écusson. Avons vu et fait voir que le bas du deuxième est vitré à petits carreaux posés au plomb, et le haut à grands carreaux aussi posés au plomb, ce qui signifierait que cette partie du haut a été refaite et réparée nouvellement, sans pouvoir assurer si cette partie ancienne du vitrage contenait quelque écusson ni aucun intersigne. Avons vu que le troisième vitrail de la dite aile gauche est aussi vitré à carreaux de verre commun posés au plomb et qu'il n y existe aucun écusson, d'observation qu'il ne sera aucunement touché par la démolition aux dits derniers vitraux et qu'ils ne seront aucunement défigurés ni changés Nous sommes ensuite passé à l'examen des pierres tombales ou enfeux prétendus dans les dits choeur et cancel. Nous avons vu et fait voir qu'au second vitrail à droite, lequel vitrail est lui aussi en verre commun petits carreaux posés au plomb, dans la partie supérieure il existe aussi, de même qu'au précédent, un écusson portant "d'argent à la croix pattée d'azur", et qu’il n'existe aucun autre écusson dans le dit vitrail. Avons vu et fait voir que dans le troisième vitrail, à l'aile droite proche de l'arc séparant le choeur de la nef lequel vitrail est à grands carreaux de verre 12/20
  13. 13. Avons vu et fait voir que dans le sanctuaire, à l'aile droite, proche le mur, au bas du deuxième vitrail, il existe deux portions de pierre de tombe rase: la première, proche de la première marche de l'autel et se prolongeant même dessous la dite première marche, la dite pierre de 2 pieds et 8 pouces de longueur apparente au-delà de la marche, sur 2 pieds 4 pouces de largeur, sur la quelle pierre est sculptée grossièrement une croix pattée sans pouvoir distinguer ni l'émail, ni la couleur. Avons vu et fait voir qu’à la deuxième pierre tombale, proche et jointive à la première et allant le long du mur d'aile droite du cul-de-Iampe, laquelle pierre a 3 pieds de longueur sur 2 pieds 4 pouces de largeur, sont grossièrement sculptés deux accolés où on aperçoit quelques vestiges de croix pattée, mais tout dépéris par vétusté, sans pouvoir découvrir ni émail, ni couleur. Nous sommes ensuite passés à l'aile gauche du cul-de-Iampe et y avons vu et fait voir qu’il existe dans le sanctuaire, audessous du deuxième vitrail, une espèce de pierre tombale à la hauteur du pavé du dit sanctuaire, sur laquelle il ne paraît aucun écusson mais seulement quelques traits tracés qui n'indiquent aucune armoirie ni écusson. dans le vitrail éclairant la chapelle de Notre-Dame, la dite chapelle à droite, à tout événement qu'il fut nécessaire de la démolir, quoique l'entrepreneur n’ y fut pas obligé, nous avons vu et fait voir qu'il existe au haut de ce vitrail un écusson écartelé portant: au premier, "d'or à un espèce de lion rampant de sinople", au deuxième," d'argent à trois croissants montant de gueules, deux et un ", au troisième, "d'azur à la coquille d'argent" ; au quatrième "d'or à trois burettes de gueules, deux et un ". Avons de plus vu et fait voir qu'au pavé du sol de la dite chapelle, proche le mur, au bas du vitrail, il existe une pierre tombale rase avec le dit pavé, laquelle pierre a 5 pieds 4 pouces de longueur sur 2 pieds 3 pouces de largeur, ou sont sculptés grossièrement deux écussons accolés, au premier, un lion rampant, au deuxième une espèce d'arbre, plus un troisième écusson portant un lion passant, le dit troisième écusson supporté par deux espèces de lions; le tout sans pouvoir distinguer les émaux ni les couleurs. Nous sommes ensuite passés à la chapelle à gauche du dit choeur et cancel, nommée Sainte Marguerite, où dans le vitrail il ne s'est trouvé aucun intersigne d’écusson ; Toutes les ci-devant descriptions sont les seules prééminences et droits honorifiques que nous avons pu découvrir dans les dits choeur et cancel à démolir; disons cependant qu'il peut exister sous l'autel et sous son marchepied des tombes rases ou élevées ou pierres tombales, mais que personne n'ayant requis que les dits autel et marchepied fussent démolis pour y voir, que nous n'avons pu le faire faire sans au préalable y être autorisé de justice. 11 a été requis au surplus de constater des armoiries que se trouvent 13/20
  14. 14. mais dans le sol du pavé, entre la porte de la sacristie et l'autel, s'est trouvée une pierre tombale et rase ayant 6 pieds de long sur 2 pieds 6 pouces de large, chargée de trois écussons sculptés grossièrement en pierre. Au premier, on n'a pu distinguer ce qui a pu y exister: au deuxième, nous y avons vu une espèce de lion rampant et une autre figure qu'on ne peut désigner : au troisième écusson, nous avons vu à peu près qu'il est mi-parti et coupé : au mi-parti, une espèce de grelier ou cor, sans cependant pouvoir l'assurer, et autres figures qu'on ne peul définir. Ce sont là tous les intersignes et écussons que nous avons relevés." Le sieur Piriou, procureur du sieur Bigot, a alors demandé "qu'attendu que la vérification était faite et qu'il est intéressant pour sa partie d y travailler d'un moment à l'autre pour éviter les chicaneries des héritiers du sieur Perrot, attendu que par le marché qu'a fait le sieur Bigot avec eux, il s'est obligé de commencer les travaux dans le courant du présent mois de juillet il demande qu'il plaise à Mr le Commissaire d'ordonner que le dit Bigot travaille incessamment à la démolition en question." Le commissaire trancha aussitôt, "faute aux comparants d'avoir montré les lettres au soutien de leurs prétentions aux droits, les avons renvoyés se pourvoir au siège et d’y apporter leurs titres dans un délai de trois mois, faute de quoi les avons dès à présent, ainsi que les défaillants, déboutés de leurs prétentions. Faisant droit sur les conclusions du sieur Piriou, avons invité sa partie à travailler incessamment à la démolition, réédification et réparations dont il s'agit, sans nuire ni causer préjudice aux droits d'une partie quelconque." Plan de l'église de Fouesnant, emprunté au bel ouvrage de L-M TILLET : "Bretagne Romane" (Ed. "Zodiaque") Selon l'auteur, les parties dont les épaisseurs sont en blanc ne seraient pas d'époque: c'est évident pour le pignon ouest et le porche sud, mais beaucoup moins pour le chevet à pans coupés. Ce1ui-ci aurait été refait à partir de 1754, après l'écroulement de la tour surmontant le carré de transept, 20 ans seulement avant les événements que nous relatons. Comment expliquer qu'il n 'y soit fait aucune allusion, et qu'en si peu de temps, la maçonnerie, bâtie "à chaux et à sable", soit " trouée, surplombée, lézardée, ouverte, creuse par vétusté, hors d'état de subsister", la charpente des combles du choeur "pourrie, vermoulue" ? 14/20
  15. 15. Les travaux réalisés, le nouveau recteur, Mre Hyroë, n'en fut pas satisfait et une nouvelle expertise fut demandée : Le 21 septembre 1778, se retrouvèrent donc devant l'église de Fouesnant : " Messire Jacques Marie Hyroë, recteur de Fouesnant, demeurant ordinairement à Brest, paroisse Saint-Louis, avec pour expert Louis Magado Noble Homme Antoine Joseph Jean de la Hubaudière, sous-ingénieur des Ponts et Chaussées demeurant à Quimper, expert nommé par Étienne Bigot et les héritiers de feu le recteur Perrot, Noble homme Pierre Joachim Bernard, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de Bretagne au département de Landerneau, expert nommé d'office par sentence du siège présidial de Quimper." A la sacristie, Louis Le Bescond, procureur du sieur Hyroë, les attendait. Il leur signala ce qu'il considérait comme malfaçons : une lézarde au haut des murs, la charpente qui avait travaillé, les arcs-boutants qui n'étaient pas bien liés aux murs, la couverture laissant filtrer l' eau. Le sieur Bigot s'expliqua et reconnut qu'il pouvait y avoir quelques ardoises "faillantes", mais que s'il en avait été prévenu il y aurait remédié. Il démontra que les autres observations n'étaient pas fondées, et le sieur de La Hubaudière conforta ses dires. Il fit remarquer qu'il avait réalisé certains travaux non prévus au marché, particulièrement le revêtement extérieur en pierres de taille jusqu'à la plinthe, au lieu de pierres de bardage ainsi qu'il en était auparavant, et refait à neuf une partie du mur du côté de la sacristie. La conclusion, après un long rapport de douze pages, sera donnée par le sieur Bernard, expert nommé d'office : - 1 Pour la lézarde, il suffira de collier un peu de mortier dans la disjonction constatée, mais que cette dernière n'est pas du fait de l'entrepreneur. - 2 : Les arcs-boutants sont réalisés dans les règles de l'art. - 3 : Que la charpente des combles est bonne, que le bois est sain. - 4 : Que la couverture construite en ardoises de Châteaulin est exécutée suivant les règles de l'art " il suffira de remplacer quelques ardoises. Estimons enfin, compte tenu des différentes défectuosités indiquées ci-dessus, que l'on peut donner "renable " du reste des ouvrages exécutés par le sieur Bigot aux choeur et cancel de l'église de Fouesnant. " Il en coûtera 192 Livres 8 sols 6 deniers au sieur Hyroë pour régler les vacations des différents experts, dont 96 Livres pour le sieur Bernard. 15/20
  16. 16. Au manoir presbytéral de Rospiec L'entretien du presbytère et de ses dépendances était à la charge du recteur. Après le décès de chaque recteur, une commission procédait à l'inspection des lieux pour en vérifier le bon état. Cela s'était produit en 1728 à l'arrivée de M. Perrot, puis au cours de son ministère en 1748 : les travaux préconisés avaient été réalisés l'année suivante. Mais cette fois, compte tenu de l'importance de l'héritage laissé par le défunt, le Général de la paroisse qui avait la responsabilité du presbytère entreprit de passer au peigne fin l'état des lieux et de relever dans les moindres détails les travaux à prévoir. Les héritiers du recteur, Anne Armand Perrot, Jan Ollivier et Noël Boulicant, ainsi que le nouveau recteur, se mirent d'accord, souhaitant que tout soit fait dans les règles pour éviter toute contestation future: le procès-verbal couvre quarante pages ! Le manoir de Rospiec ne se présentait pas à l'époque sous son aspect actuel. La maison avait 20 mètres de long (elle a été diminuée depuis dans sa partie ouest), 6 de large et 8 de haut, avec neuf ouvertures au sud, toutes de pierre de taille. Elle comportait au rez-de-chaussée un vestibule; côté levant, une grande et belle cuisine dont la cheminée est encore intacte; a l'ouest, un très grand salon avec cheminée. A l'étage, deux chambres avec cheminées, un cabinet, au-dessus, un grenier. Au nord du vestibule, dans un pavillon en saillie, un escalier en pierre de taille desservait les appartements et le grenier. Au sud de la cour, l'ancienne chapelle était en ruines. La commission nommée d'office par sentence du siège royal de Concarneau comprenait Sébastien de Penandreff, expert des sieurs héritiers; noble homme Charles Poullain, entrepreneur, expert du Général, Messire René Marie Le Rousseau, de la paroisse Saint-Colomban de Quimper; Maître Le Paige, greffier au siège royal de Concarneau les accompagnait, afin de lever les scellés et d'ouvrir les appartements. La commission se pencha d'abord sur les procès-verbaux de 1728 et 1748 qui leur permirent d'établir exactement la 1iste des bâtiments et annexes concernés : la maison, l'écurie, la crèche à vaches et la maison à four, seuls anciens édifices à la charge du Général et "conséquemment" des héritiers, et enfin les murs formant la clôture de la cour, du jardin, ainsi que le reste des clôtures "qui sont de terre," les fossés et autres dépendances du pourpris. Me Yves Perrault, procureur du Général, s'est alors présenté en compagnie de Tanguy Bertholom, le marguillier en charge; Jean Guillermou, Jean Le Calvez, Jean Gléonec, Paul Caradec, délibérants de la paroisse; Jean Guériven, Alain Lozac 'h et Charles Gléonec, délibérants de la trêve de La Forêt; et a déclaré "consentir à ce qu’il soit procédé par les experts au devis estimatif conformément aux pièces mentionnées. Tanguy Bertholom guidera la commission. On va d'abord s'arrêter à la porte cochère de la cour "construite en pierre de taille, garnie de ses vantaux : les quatre pierres de voûte sont disjointes, il faut démolir cette partie et replacer les pierres à chaux et à sable, bien d'aplomb et en alignement; il faudra aussi, en conséquence, démolir le chapiteau et le reconstruire à neuf avec de bons moellons posés à mortier d'argile. On y replacera l'écusson qui y est... On passera aux vantaux une peinture d'ocre rouge détrempée et broyée à l'huile, à deux couches..." 16/20
  17. 17. Le pavé de la cour entre la maison principale, l'écurie et la porte cochère est en bon état, quelques pierres seulement à remplacer. Le mur du midi entre la chapelle et la maison à four, en bon état" sauf au bout du levant où l'ouverture pour communiquer avec une loge à poules devra être reconstruite. Celui du levant, depuis la maison principale jusqu'à la maison à four est en mauvais état et devra être reconstruit dans toute sa longueur de 56 pieds sur 12 pieds de hauteur. Tous ces travaux estimés 147 Livres. La maison principale: la façade comportait huit fenêtres et une porte. " La partie occidentale devra être refaite à neuf au mortier d'argile, les jambages des fenêtres en pierre de taille seront replacées et posées à chaux et à sable". Le pignon est reconnu en bon état, mais celui de la construction le abritant le cabinet devra être refait à neuf, ainsi que la partie occidentale de la costière nord. Travaux évalués 206 Livres L'intérieur de la maison principale : L'escalier à noyau tournant en pierre de taille est en bon état. Ce sont les portes et fenêtres qui demandent le plus de réparations, ainsi que les volets et vantaux : toutes précisions sont données sur la façon de les réparer en bois de chêne ou de châtaignier. Dans la cuisine, "la dalle, l'étal à baratte et les orbes sont en bon état, ainsi que la cheminée, dont le foyer cependant devra être refait à neuf en pierre de taille. Il faudra aussi aplanir et remplir en terre le sol de la cuisine et du vestibule, de même que recaler à chaux et à sable les deux marches de la porte qui communique de la cuisine au vestibule". Le plancher de la salle est bon, ainsi que la cheminée, mais l'état des fenêtres laisse à désirer et 20 carreaux manquent. Travaux évalués 95 Livres. remblayé et aplani. A l'étage, le plancher de chambre au-dessus de la cuisine est en bon état, ainsi que la fenêtre du côté nord "composée à l'antique" ; les deux fenêtres du sud" bien qu'elles présentent .."des vices dans la construction des châssis à verres ne peuvent être condamnées eu égard à leur forte consistance", mais 8 carreaux manquants sont à remplacer: de même 13 carreaux sont à remplacer à la fenêtre du cabinet. Rien à redire de la chambre audessus de la boulangerie" ni du petit cabinet au-dessus de la cave. Le plancher du grand grenier est à relever en entier à neuf avec "de bonnes planches de sapin ou de châtaignier, rabotées des deux côtés, jointes à rainure et languette, clouées sur chaque solive"; La charpente est faite de bon bois, mais certaines pièces " arquées et concavées pour avoir été posées vertes" demandent à être doublées en bois de chêne pour les fortifier. Dans la couverture d'ardoises tant du grand corps de logis que des appartements en appentis, seules quelques pièces "faillantes" sont à remplacer. Une rampe d'escalier en marches de bois, sans contre-marches, conduit à une petite fuie* au-dessus du grand escalier de la maison principale: "son plancher est à relever à neuf en y plaçant une petite trappe garnie d'une targette; la terrasse de la dite fuie est à réparer et les tringles qui sont au devant des ouvertures prévues pour les pigeons à remplacer ". Les bâtiments annexes: A l'ouest de la cour s'étendait une construction qui comprenait l'écurie, la "maison à buer" et l'étable, avec 3 portes et 5 fenêtres s'ouvrant à l'est, et deux lucarnes. Un escalier en pierre de taille au pignon nord permettait d'accéder au grenier. Les réparations à y effectuer sont détaillées sur quatre pages: remplacement des râteliers, des trois poteaux qui servent de séparation à quatre chevaux, des fenêtres, du plancher Le sol de la "boulangerie" devra être 17/20
  18. 18. grenier, de la porte d'entrée de la crèche aux vaches "en y attachant la serrure encloisonnée en bois avec son écusson". La charpente, "quoique non placée selon les règles de l’architecture, est d'ancienne construction et de bon bois, il suffira de la consolider". Montant de ces réparations: 458 Livres. Restait encore à voir la maison à tour, en bon état. Le grand four, ayant 6 pieds 3 pouces de diamètre, devra être couvert de terre et de mottes après avoir détruit la loge à poules construite sur le dit four ; le petit four de 3 pieds 6 pouces de diamètre, totalement détruit, est à refaire à neuf, avec une pierre de taille pour servir de fermeture. "Compte tenu des dangers d'incendie que présente /a maison à four, il est nécessaire de poser sur les poutres et soliveaux un torchis composé de rondins enveloppés de foin mêlé avec moitié d'argile, une couche en dessous et une autre en dessus". On poursuit l'inspection par la visite des murs du jardin, la clôture de l'aire, les fossés des vergers, des champs, des bois: tout est à refaire ou à réparer. Finalement, le montant des travaux à effectuer s'est élevé à 2.621 Livres 2 sols 3 deniers. Charles Le Poullain, architecte, percevra pour ses vacations 56 Livres ; Le Rousseau, 65 Livres, et de Penandreff 56 Livres. Si les travaux de l'église furent réalisés convenablement, il est probable que ceux concernant Rospiec et ses dépendances laissèrent à désirer, car l'ensemble se retrouva assez rapidement en état de délabrement prononcé. Quelques remarques Concernant l' héritage du recteur Perrot " Les recteurs, sous l'Ancien Régime, étaient titulaires d'un "bénéfice avec charge d'âmes", c’est-à-dire titulaires d'une responsabilité pastorale à laquelle étaient attachés, outre l'inamovibilité, des revenus en principe bien précisés pour chaque cas. (Le mot " bénéfice ", employé comme terme technique du droit de l'Église, ne comporte pas une connotation de "profit " aussi forte que dans le langage courant) Ces revenus étaient de deux sortes - des revenus strictement bénéficiaux - quelques revenus annexes, appelés " casuels ", intégralement et définitivement acquis à qui les percevait. Les revenus bénéficiaux étaient essentiellement constitués de la "dîme", impôt ecclésiastique, auquel s'ajoutait, dans le diocèse de Cornouaille, 1/3 des quêtes du dimanche et d'autres offrandes. Chaque recteur était tenu d'utiliser ses revenus bénéficiaux : - pour s'assurer une honnête subsistance ; - pour financer, ou participer au financement de l'assistance publique dans sa paroisse. - pour faire face à certaines charges lui incombant, variables avec les temps et les lieux : ce pouvait être les grosses réparations ou les réparations courantes du presbytère et de l'église. Dans certaines paroisses, le recteur avait ainsi à sa charge l'entretien du choeur de l'église. Ces obligations remplies, s'il y avait du superflu, le recteur ne pouvait, en principe, se l'approprier, mais devait l'affecter à quelques pieuses activités. La gestion financière et matérielle de chaque paroisse était assurée par un "conseil de Fabrique ". Les conflits entre recteur et conseil de Fabrique n'étaient pas rares: 18/20
  19. 19. il est arrivé, par exemple, qu’un conseil de Fabrique traîne en justice son recteur trop négligent, dans son obligation d'entretenir l'église. En pareille situation, il est arrivé aussi qu'un conseil de Fabrique ne bouge pas, soit que la forte personnalité du recteur lui ait imposé de ne pas le faire, ou qu’il se soit laissé impressionner par les mérites passés, le grand âge, ou les infirmités de son pasteur ... se réservant, celui-ci décédé, de se retourner contre ses héritiers pour en obtenir des réparations qui auraient du être faites depuis longtemps. " Communiqué par Hubert Bouché. NB. Nos lecteurs feront par ailleurs un utile rapprochement entre l'inventaire des biens du recteur Perrot et d'autres inventaires déjà publiés dans nos précédents bulletins. Concernant les armoiries et écussons : Regrettons tout d'abord qu'il n'en reste rien, tout au moins rien de visible. Ensuite que "l'expert en blason " n'ait pas jugé utile de donner son avis sur l'origine des armoiries qu'il a relevées : ce n'était évidemment pas son rôle. Mais il nous est aujourd'hui très difficile de porter un jugement sur le bien-fondé des arguments des prétendants aux prééminences Les tombes et vitraux des deux chapelles latérales appartenant aux familles du Guenneur et Keratry -Landanet ne devraient pas prêter à contestation. Pourtant, mise à part la tombe rase de la chapelle Sainte-Marguerite, on ne retrouve dans les armes citées aucun élément des armoiries des dites familles. Dans la partie centrale, on peut accorder un certain crédit aux déclarations de Maître Cuzon, procureur de Mr de Kerret, héritier par sa femme des seigneuries de Kergaradec et Bréhoulou. Il est dommage que n'ait pu être vérifiée l'existence de la troisième tombe située sous l’autel. Dans te grand vitrail central, on n'a relevé qu'un seul écusson, qui pourrait donc porter les armes des premiers prééminenciers : en l’occurrence, selon les dires de la famille de Coigny, celles du Henvez. Si cela était vérifié, on pourrait en déduire que la seigneurie du Henvez était, à l'époque de la construction de l'église, c’est-à-dire au XII ème siècle, la plus puissante de la paroisse. Autre sujet d'étonnement, nulle part n'apparaissent les armoiries de l'ancienne seigneurie de Fouesnant. La famille de Guernisac prétend bien que devraient se trouver les armes de ses prédécesseurs, "d'azur à une aigle éployée d'argent au chef endanché de même", mais elles ne s 'y trouvent pas ! Et les armes de Fouesnant étaient "de sable à l'aigle éployée d'argent"... On remarquera aussi l'absence de tout blason des tenants de Penfoulic depuis les origines. Mais cette seigneurie avait ses attaches plutôt à La Forêt. Pas plus, la seigneurie de Lespont n'est représentée, à moins que lui appartienne la tombe portant un écusson supporté par deux lions, à rapprocher de celui qui figurait autrefois sur le portail d'entrée du manoir. N.B. : Nos lecteurs trouveront, dans notre numéro spécial "Seigneuries Fouesnantaises", deux pages couleurs représentant les armoiries citées. Enfin, ces querelles de préséances nous semblent aujourd'hui bien dérisoires. Elles montrent l'attachement de la noblesse, grande ou modeste, au moindre de ses privilèges, même purement honorifiques. Ceci à quelques années seulement de la Révolution... 19/20
  20. 20. LEXIQUE Argent blanc: un "blanc" est une petite monnaie d'argent valant 5 deniers. (La Livre vaut 20 sols ou sous, un sol vaut 12 deniers, un liard vaut 1/4 de sol, soit 3 deniers.) Bailleau : Baquet, récipient en bois. Bois de cent: Selon le contexte, il s'agit probablement de billettes de bois de chauffage. Cannelle: Robinet de bois qu'on met à un tonneau, un pressoir. Charrette à dévider: C'est la traduction littérale du breton "karr-dibuner" désignant un dévidoir, c'est-à-dire l'appareil servant à disposer le fil en écheveaux. Cependant, il est déjà fait état d'un dévidoir dans le même paragraphe: il pourrait donc s'agir d'un rouet, en breton "karr nézan", charrette à filer. Chartil : Charrette servant au transport des gerbes, du foin. Décimateur: Celui qui a le droit de lever la dîme, cette dernière étant l'impôt ecclésiastique qui correspond à la dixième partie des récoltes (en réalité une traction variable selon les lieux ou les circonstances). Fuie: Petit colombier. Général (de la paroisse) : Assemblée de quelques membres influents de la paroisse autour du recteur afin de régler les problèmes de la communauté: une préfiguration du conseil municipal Mannequin: Panier long et étroit en lattes de bois à claire-voie. Désigne aussi un épouvantail à oiseaux suggérant une forme humaine. Maye (à pâle) : Pétrin; désigne également le coffre de bois servant à ranger le pain. Minot: Unité de mesure utilisée pour les grains, extrêmement variable selon les endroits et les denrées. " A la mesure du Roi", un minot vaut 39 litres, mais le terme semble souvent confondu avec la "mine", qui en vaut le double. Ces mesures sont spécifiées rases (ou ricles) ou bien combles : dans le premier cas, on verse le grain dans la mesure jusqu'à la remplir à ras; dans le second, on ajoute ce qui peut tenir par dessus, ce qui l'augmente d'environ 1/5. Mulon : petite meule. Piguelle : Pioche ( en breton," pigul). Pochon : Diminutif de "poche", l'un et l'autre désignant un petit sac de toile. Quélornes : Baquet ou seau en bois (en breton "kelorn"). 20/20

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