RAPPORT D’ACTIVITÉS 2009_ SECTION BELGE
SOMMAIRE                             Préface                             page 03                             Approche thém...
MARC JOOLEN_BELGIQUE.                                                      PRÉFACE« Solidanza n’avait pour ambition que d’...
© D. BEELS - HILannée dernière, à lheure de dresser le bilan dune année 2008 qui se terminait par une crise financièresans...
PRÉFACE                                                                                                                   ...
KENGKEO_RDP LAO.                                                   THÈMES« Le Laos est infesté d’engins de guerre non ex-p...
01Le 1er septembre 2008, Patrick Chirwisa et Jean-Pierre Bolima, deux membres de l’équipe de Handicap Inter-national à Kis...
Dès sa création, Handicap International avait mis l’accent sur la       formé dans un domaine extrêmement pointu. Aujourd’...
THÈMES02Mon Siup, une Cambodgienne aveugle de naissance, a vécu 38 ans dans un isolement total. Jusqu’au jour oùelle a rej...
« Le fait que les personnes en situation de handicap en arrivent à dé-       (mot injurieux qui désigne les aveugles). Les...
THÈMES03Le 26 décembre 2004, un tremblement de terre dune intensité de 8.9 sur léchelle de Richter secoue les fondssous-ma...
des vagues. Mais le morcellement de sa population - 400.000 per-          développement (ADD – Association for Disability ...
THÈMES04En octobre, Le Thi Kim Huong (33 ans) s’est fait renverser par un bus alors qu’elle circulait à vélomoteur. Danssa...
nam. Nous y soignons même plus de personnes ayant subi un                 cours de ce type avant notre arrivée. Nous appre...
TRUNG_VIETNAM.                                                      PROGRAMMESTrung a huit ans et vit dans les montagnes p...
AFRIQUE                                                                                                                   ...
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AFRIQUE                RÉPUBLIQUE                D É M O C R AT I Q U E03                D U CO N G O                EN CH...
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Rapport Annuel Handicap International
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Rapport Annuel Handicap International

  1. 1. RAPPORT D’ACTIVITÉS 2009_ SECTION BELGE
  2. 2. SOMMAIRE Préface page 03 Approche thématique page 06 Revue des programmes page 15 Rapport financier page 29Éditeur responsable : Jan BrigouHandicap InternationalRue de Spa, 67 - 1000 Bruxelles - BelgiqueTél. : 0032 (0)2 280 16 01Fax : 0032 (0)2 230 60 30E-mail : info@handicap.bewww.handicap-international.beNuméro de compte : 000-0000077-77IBAN : BE80 0000 0000 7777BIC : BPOTBEB1Rédaction : Wendy Huyghe, Aurore Van VoorenGraphisme : Beltza (Chiquinquirá García)Impression : Nevelland (Entreprise de travail adapté)Traduction : ISO TranslationPhoto couverture : © D. TELEMANSPublication gratuite.Contactez Handicap International pour toute demande d’exemplaires supplémentaires.Een Nederlandstalige versie is op verzoek beschikbaar.An English version is also available upon request.
  3. 3. MARC JOOLEN_BELGIQUE. PRÉFACE« Solidanza n’avait pour ambition que d’être unévénement dansant solidaire organisé dans uncadre prestigieux, celui de la Bourse de Bruxelles.Mais ce que je retiendrai de ce week-end, c’est lachaleur humaine qui a régné durant ces deuxjours, personnes valides et moins valides, jeuneset moins jeunes, ensemble sur la piste de danse.C’est une image forte pour une organisationcomme la nôtre qui, dans ses projets, milite pour01une société plus inclusive. »
  4. 4. © D. BEELS - HILannée dernière, à lheure de dresser le bilan dune année 2008 qui se terminait par une crise financièresans précédent, je posais la question : « à quoi ressemblera lavenir ? ». Il est vrai quen entamant l’année 2009,qui pouvait dire jusquoù se répercuteraient les conséquences de cette crise ? Un an plus tard, au momentdécrire ces lignes, nous avons pu constater que dans la plupart des pays où nous travaillons – et surtout enAfrique – la récession a frappé durement. Beaucoup de familles ont perdu leurs sources de revenus, il n’y aplus de travail pour tout le monde.Les personnes en situation de handicap, thopédie. Un changement sest amorcé il y Cest avec beaucoup de satisfaction quenos équipes le constatent chaque jour, sont a quelques années, vers une approche plus nous avons vu en 2009 la question de laplus que jamais fragilisées dans un tel globale et plus transversale, ainsi que vers sécurité routière revenir au cœur descontexte. Pour elles, trouver du travail re- une plus grande diversification des actions. préoccupations de nombreuses instanceslève déjà de lexploit en temps normal. Mais Nous devons maintenant assurer un équili- internationales comme les Nations unies.maintenant, cela devient tout bonnement bre entre l’aide directe aux personnes han- Depuis près de 10 ans, Handicap Interna-impossible. Elles sont aussi les premières dicapées et cette approche plus sociale afin tional est quasiment la seule organisationsacrifiées sur lautel de lintérêt général : la de couvrir l’ensemble des besoins des bé- non gouvernementale internationale activefamille va privilégier ceux de ses membres néficiaires de nos actions, sans cesser dans la prévention des accidents de laqui peuvent assurer sa survie. Il est donc d’accorder une attention particulière à la route. Nous obtenons des résultats concretsplus que jamais nécessaire de souligner prévention du handicap. dans nos projets au Vietnam, au Cambodgelimportance de la Convention des Nations et au Laos. Mais malgré des progrès en-unies sur les Droits des personnes handica- Lannée 2009 aura été pour beaucoup de courageants dans ces pays, le problème depées. Une convention que Handicap Interna- programmes une année de concrétisation la sécurité routière reste une question detional sest efforcé de promouvoir dans ses des actions planifiées en 2008. Cest no- santé publique préoccupante. Une confé-différents programmes. Il faut rappeler avec tamment le cas en R.D. Congo, où le projet rence internationale sur la sécurité routièreforce que les personnes handicapées ont les de santé maternelle et infantile a pris toute organisée par les Nations unies s’est dérou-mêmes droits que les personnes valides – son ampleur et est devenu lun de nos pro- lée à Moscou en novembre 2009. Handicapdroit à léducation, à la santé, au travail. jets phares à Kinshasa, avant dêtre repro- International a été invité à y prendre la pa- duit dans dautres provinces du pays dans role pour faire part de son expérience deHeureusement, il est rassurant de constater les années à venir. terrain.que, malgré cette crise, Handicap Internatio-nal a gardé le cap au milieu de cette tem- De même, en ce qui concerne nos actions Cette conférence devrait déboucher sur unpête et a été capable de continuer à mettre d’urgence, après une année 2008 durant traité pour mettre un frein à l’insécurité suren œuvre ses projets. Ceci est le résultat laquelle nous étions intervenus lors du les routes. Les accidents de la circulationdun travail de fond entamé il y a trois ans, séisme au Sichuan, au Myanmar et à Cuba restent en effet lune des causes majeuresque ce soit pour avoir une visibilité finan- après le passage de cyclones, 2009 aura de décès et de handicap dans les pays encière accrue ou définir notre stratégie opé- été une année de stabilisation. Notre projet développement. Un problème que nousrationnelle. Handicap International a en effet en Chine est maintenant entré dans une constatons depuis de nombreuses annéesbeaucoup évolué. Dans le passé, lorgani- phase de post-urgence, tandis que nos ac- déjà en Asie et qui est sensible égalementsation sorientait clairement vers des spé- tions pour les personnes handicapées vic- en Afrique, un continent où Handicap Inter-cialités directement liées au traitement du times de ces catastrophes naturelles ont vu national compte lancer de nouvelles actionshandicap, comme la kinésithérapie et lor- leur conclusion au Myanmar et à Cuba. de sécurité routière dans un futur proche.04 | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2009 | HANDICAP INTERNATIONAL
  5. 5. PRÉFACE © I. PATEER - HINotre organisation n’est pas restée inactive et aura contribué, je le pense sincèrement, En 2009, Handicap International a doncpour lutter contre un autre fléau responsa- à faire prendre conscience qu’il était grand réussi à surmonter les difficultés. Les capa-ble de tant de vies brisées : les armes à temps de s’intéresser à l’aspect humain des cités de résilience de l’organisation sontsous-munitions. D’aucuns pourraient croire, drames causés par les mines antipersonnel remarquables. A force de patience, d’endu-qu’après la signature de la Convention et d’améliorer le Traité d’Ottawa en ce sens. rance, de créativité et de foi dans l’objet ded’interdiction des armes à sous-munitions à l’association, la section belge de HandicapOslo en décembre 2008, la cause était en- La fin de l’année 2009 a été marquée par International a pu passer les épreuves ettendue et la partie gagnée. Rien n’est plus une autre étape importante pour nos ac- devenir plus solide. Ce qui fait la forcefaux. Un traité peut rester lettre morte s’il tions : la fin de notre présence aux Mal- d’une organisation, ce sont ceux qui la com-n’est pas ratifié par les Etats signataires. dives, après cinq ans d’intervention en posent et tous ont contribué à ce change-Handicap International et les Ban Advocates faveur des personnes handicapées. Handi- ment, qu’il s’agisse des équipes sur le(un groupe de personnes dont la vie a été cap International était intervenu dans ce terrain (et j’associe le personnel nationalaffectée par les sous-munitions) ont donc pays après le terrible tsunami du 26 dé- au personnel expatrié), des membres dupoursuivi leurs actions et rappelé aux Etats cembre 2004, en même temps que l’orga- siège et des bénévoles.que rien n’était joué. Avec succès, puisque nisation venait en aide aux victimes entrente pays ont ratifié la Convention d’Oslo Indonésie, en Thaïlande et au Sri Lanka. Depuis trois ans maintenant, Nous nousau début de 2010 et que celle-ci entrera Nous avons pendant cinq ans travaillé à la efforçons de développer une stratégie cohé-donc en vigueur le 1er août. reconstruction des zones sinistrées, en por- rente pour nos projets de développement. tant une attention particulière aux per- En dépit des zones d’ombre qui persistentLe traité d’interdiction des mines antiper- sonnes handicapées, dont les besoins sur la situation économique mondiale, noussonnel mérite lui aussi toujours toute notre spécifiques, nous l’avons souvent rappelé, avons le courage d’anticiper le futur. Nous restent peu pris en compte dans les pro-vigilance, même 12 ans après sa signature. avons une meilleure visibilité financière et grammes d’aide. Les projets mis sur piedIl a d’ailleurs été l’objet d’une révision cri- nous communiquons mieux sur qui nous par Handicap International aux Maldivestique en décembre 2009, lors de la seconde sommes et ce que nous faisons. Cette stra- sont maintenant totalement gérés par nosconférence de révision du Traité qui s’est tégie paye. C’est ce que l’organisation, ce que partenaires locaux et suivront leur cours.tenue à Cartagena, en Colombie. En effet, les personnes qui travaillent pour Handicappendant dix ans, les différents intervenants International ont réalisé. La fin de l’année a donc été riche en évé-se sont concentrés sur l’aspect le plus visible nements de toute sorte et je m’en voudraisdu problème : le déminage. Avec pour co- de passer sous silence celui qui s’est dé- Bien entendu, la prudence est de mise : cerollaire une attention moindre portée à l’as- roulé à Bruxelles le week-end des 5 et 6 dé- développement est encore fragile. Mais jesistance aux victimes des mines et à leur cembre. En effet, Solidanza n’avait pour reste largement confiant pour le futur defamille. En 2009, Handicap International a ambition que d’être un événement dansant Handicap International Belgique.publié un rapport, « Voices from the ground », solidaire organisé dans un cadre presti-qui se fait l’écho de ces victimes, laissées gieux, celui de la Bourse de Bruxelles. Maisà elles-mêmes face aux difficultés quoti- ce que je retiendrai de ce week-end, c’est ladiennes auxquelles elles sont confrontées chaleur humaine qui a régné durant cesdepuis leur accident. Ce rapport a été pré- deux jours, personnes valides et moins va-senté pour la première fois à la session de lides, jeunes et moins jeunes, ensemble surla Conférence des Nations unies sur le Désar- la piste de danse. C’est une image fortemement à Genève et lancé dans plusieurs pour une organisation comme la nôtre qui, Marc Joolenpays. Il a été utilisé comme document de dans ses projets, milite pour une société Directeur généralréférence durant la Conférence de Cartagena plus inclusive.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2009 05 |
  6. 6. KENGKEO_RDP LAO. THÈMES« Le Laos est infesté d’engins de guerre non ex-plosés et je veux moi aussi faire quelque chosepour limiter les dangers, explique Kengkeo, res-ponsable des opérations de déminage. Nousavons encore plusieurs années de travail devantnous avant d’avoir éliminé tous ces engins deguerre non explosés des zones habitées. »02 © T. DIRVEN - HANDICAP INTERNATIONAL
  7. 7. 01Le 1er septembre 2008, Patrick Chirwisa et Jean-Pierre Bolima, deux membres de l’équipe de Handicap Inter-national à Kisangani, disparaissaient tragiquement dans un accident d’avion. Patrick travaillait pour le projetde sensibilisation aux dangers des mines antipersonnel, il excellait dans la collecte de données sur cetteproblématique. Jean-Pierre était la pierre angulaire de ce même projet. Grâce au théâtre, il pouvait rassemblerdes centaines de personnes autour des messages importants pour la sécurité des enfants et des adultes. Leurdécès soudain a déstabilisé l’équipe de Kisangani, émotionnellement bien sûr, mais aussi pour la qualité dutravail qu’ils effectuaient. Cette histoire tragique avait rappelé à tous à quel point les employés nationauxconstituent l’ossature des programmes de Handicap International.Le personnel national_la base de nos actionsLorsque l’on parle des organisations internationales, beaucoup ont Handicap International a suivi cette évolution. Si on analyse la pro-en effet une vision – plus ou moins héritée de lépoque postcoloniale portion entre le personnel expatrié et le personnel national au– dOccidentaux qui débarquent pour aider les habitants défavori- Cambodge, en Chine, au Laos et au Vietnam, on peut remarquersés des pays du Sud, leur bonne volonté et leur enthousiasme en que plus de 90% des postes sont occupés par des nationaux cesbandoulière. Cette image est largement dépassée. Cest oublier trois dernières années. Le nombre de projets ne diminuant pasque, quel que soit le contexte, le personnel national constitue la dans ces pays, c’est le signe d’un mouvement important : le per-base indispensable sur laquelle s’appuient les organisations hu- sonnel national se voit confier toujours plus de postes de res-manitaires. Handicap International ne fait pas exception, au ponsables de projet. Ils sont ainsi impliqués dans les discussionscontraire. En 2009, les programmes gérés par la section belge de sur l’élaboration de la stratégie des programmes de Handicap In-Handicap International comptaient ainsi 612 membres du person- ternational et pas simplement dans la simple mise en œuvre d’unnel national pour 61 expatriés. projet bien déterminé. Socheata Sann a été engagée en 2004 pour travailler comme gestionnaire des actions de sensibilisation pour leSi l’on regarde de plus près la composition des équipes sur le ter- programme de sécurité routière au Cambodge. Elle est maintenantrain, on peut se rendre compte que cest toute la composition des responsable de ce projet et coordinatrice des actions de sécuritééquipes qui a évolué. Par exemple, parmi les huit membres de routière pour la région d’Asie du Sud-Est. Elle vient de mener uneléquipe internationale de notre programme en Chine, on a compté mission exploratoire pour ouvrir un nouveau projet dans ce do-six nationalités différentes en 2009 (belge, française, australienne, maine au Bénin. Elle a donc vécu cette évolution : « Au début, lephilippine, indienne, anglaise). Et l’on peut trouver aussi des per- personnel national occupait des postes de gestionnaires de projet.sonnes originaires de pays du Sud dans une équipe expatriée. Pa- Mais petit à petit, jai remarqué un progrès, léquipe cambodgiennerallèlement à cela, la place du personnel national s’est également a été davantage impliquée dans la gestion, dans les discussionsmodifiée, le recrutement pour les postes autrefois confiés à des ex- stratégiques sur les actions à moyen et long terme et pas seulementpatriés se faisant dans le pays même. Ceci provient d’une ten- dans la gestion quotidienne. On nous a confié également de plus endance globale qui sest accentuée au début de cette décennie et qui plus de responsabilités, à un niveau plus élevé. Moi par exemple, j’aivise à renforcer la place accordée aux ressources humaines recru- remplacé un expatrié au poste de responsable de projet. »tées localement.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2009 07 |
  8. 8. Dès sa création, Handicap International avait mis l’accent sur la formé dans un domaine extrêmement pointu. Aujourd’hui, c’estnécessité de former du personnel compétent, capable à terme de Kengkeo Boulipavone qui assure la direction des opérations dereprendre les actions mises en place et d’assurer leur pérennité et dépollution. Il a fait partie d’une des premières promotions sortiesleur qualité lors de l’autonomisation des projets. Ce que confirme de l’école de déminage d’Y’lai : « En tant que responsable desSocheata : « L’équipe internationale a été attentive à apporter un opérations de nettoyage, je fais le lien entre le bureau de Xeponsoutien et des formations adaptées à chacun. En ce qui me et celui de Vientiane. En même temps, je dois aussi être le lienconcerne, jai notamment eu l’occasion de suivre une formation d’un avec la composante en charge de la sensibilisation aux dangersmois en Suède sur la sécurité routière. ». Les équipes travaillant des engins de guerre non explosés (MRE). Le reste, c’est du travailpour les projets de sécurité routière du Cambodge, du Laos et du de terrain, superviser et assister les équipes quand elles ont besoinVietnam ont également eu l’occasion de participer régulièrement à d’une aide technique. J’ai des contacts quotidiens par radio, jedes séminaires organisés par l’université de Hasselt (Belgique). dois vérifier que tout est en ordre.»Parfois, ce sont même les étudiants de nos universités belges quieffectuent un stage sur le terrain. Nous avons ainsi des accords Le centre de réadaptation de Suleymaniah (Iraq) est également unavec l’UCL (Université Catholique de Louvain - Belgique) qui envoie bon exemple de la qualité du travail mené par le personnel national.chaque années depuis presque dix ans maintenant des étudiants en Handicap International s’est efforcé de mettre en place une struc-kinésithérapie au Vietnam pour des stages dans les centres pour ture locale, KORD, capable de reprendre le centre. Le transfert depara- et tétraplégiques. compétence est effectif depuis 2005. Depuis, Handicap Internatio-Cette politique de renforcement du personnel national peut mon- nal accompagne KORD uniquement pour un soutien limité afintrer ses effets dans un domaine aussi sensible que les opérations de d’assurer l’équilibre financier de la structure. Et en 2009, les au-déminage et de débombage. A Kisangani, Handicap International torités de la région ont récompensé la qualité des services fournisa clairement fait le choix de renforcer les capacités de l’équipe des par KORD aux personnes handicapées.cadres nationaux du programme de déminage afin de laisser despersonnes capables de reprendre le flambeau de la lutte contre A tous les échelons, les membres nationaux des équipes sur le ter-les mines après notre retrait, programmé en 2011. Quatre mem- rain ont une importance capitale. En effet, qui mieux qu’eux peutbres du personnel – Mario, Jason, Rama et Tobin – ont été sélec- savoir comment approcher les bénéficiaires de nos actions, réalisertionnés pour suivre les cours donnés par le Centre de formation au des campagnes de sensibilisation efficaces tenant compte dudéminage humanitaire (CPADD), au Bénin. « L’UNMACC, l’organe contexte et de la culture du pays ?coordinateur de la lutte contre les mines au Congo, a accordé unedérogation qui permet à nos quatre collaborateurs de travailler Ce mouvement de renforcement du personnel national est une évo-sans la supervision directe d’un expatrié. C’est une belle recon- lution structurelle qui va se poursuivre dans les années qui vien-naissance de notre volonté de renforcer le personnel congolais de nent, dans le monde humanitaire en général et pour Handicapnotre équipe » ajoute Stephan Jooris, coordinateur opérationnel International en particulier. Chacun est conscient de limportanceen charge de la gestion du programme RD Congo à Bruxelles. et de la valeur des équipes nationales travaillant pour Handicap International. Tous sont les artisans de la réussite de nos projets.Au Laos aussi, les équipes de débombage travaillent sans super-vision expatriée, nécessaire auparavant faute de personnel national Il était temps de souligner leur importance pour l’organisation.08 | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2009 | HANDICAP INTERNATIONAL
  9. 9. THÈMES02Mon Siup, une Cambodgienne aveugle de naissance, a vécu 38 ans dans un isolement total. Jusqu’au jour oùelle a rejoint un groupe de personnes handicapées. «Cela m’a permis de rencontrer d’autres personnes ensituation de handicap mais aussi d’apprendre, sous l’impulsion de Handicap International, comment nous pou-vons défendre nos droits.» Mon Siup et son association ont récemment fêté leur première victoire : le marchécouvert sera désormais rendu accessible aux personnes handicapées. En apportant son soutien à des asso-ciations locales, Handicap International peut en effet amener de grands et petits changements dans la viequotidienne de ces personnes.Handicap International_aide les personnes en situation de handicapà défendre elles-mêmes leurs droitsDans huit des douze pays où nous travaillons, Handicap International «La sensibilisation autour du thème du handicap représente notresoutient donc des associations de et pour les personnes handi- deuxième axe d’intervention. Dans l’hémisphère Sud, les personnescapées : en RPD de Corée, en Chine, au Laos, au Cambodge, au Bu- handicapées sont souvent victimes de discriminations. Pour changerrundi, en Angola, à Cuba et en Colombie. Nous accompagnons ces les mentalités, nous organisons des campagnes de sensibilisation àassociations et les aidons à apprendre comment défendre elles- l’intention de la population, des autorités et des personnes concernées.mêmes leurs droits. Depuis le 13 décembre 2006, les droits des Celles–ci ont souvent une mauvaise image d’elles-mêmes, d’où lapersonnes en situation de handicap sont inscrits dans la Conven- nécessité de les amener à se voir elles aussi différemment », ex-tion internationale des Nations unies. « Cette convention a ceci de plique Sophie Wyseur. « Dans le cadre de ces campagnes, nous pu-particulier quelle introduit une nouvelle approche dans le travail blions des articles dans la presse et diffusons des spots à la radio eten faveur des personnes handicapées. Ces personnes ne sont plus à la télévision. Les interventions à l’échelon local n’en sont pas pourconsidérées comme des « bénéficiaires » d’actes de bienfaisance, autant oubliées : dans les villages, des petites représentations théâ-de soins et de protection sociale. Cette nouvelle approche met trales ou des jeux de rôle donnent souvent de très bons résultats. »l’accent sur la personne elle-même ! Une personne qui jouit dedroits et de la capacité à les faire valoir et à prendre elle-même les « Un troisième pilier est constitué par le travail de lobbying et dedécisions qui la concernent », explique Jeroen Stol. Ce dernier a plaidoyer proprement dit, qui consiste ici à aider les associations àlancé pour Handicap International des projets aux Maldives et au obtenir des droits. Les activités varient d’un pays à l’autre. Ce paysCambodge, qui encouragent les associations à défendre les droits a-t-il signé la Convention ? Des lois sont-elles déjà entrées en vi-des personnes handicapées. « La Convention n’est pas une baguette gueur ? Sont-elles respectées ? Présenter un projet de loi n’est pasmagique. Elle offre un cadre qui doit servir de base à la législation et chose aisée. Difficile également de pointer du doigt un pays où la lé-aux politiques nationales. Les personnes en situation de handicap gislation nest pas respectée. Nos formations dans le domaine duseront de plus en plus conscientes de leurs droits mais cest avant plaidoyer sont donc très utiles. Dans ce contexte, je citerais, à titretout à la société civile de leur donner les outils dont elles ont besoin d’exemple, la Cambodian Disabled Peoples Organisation (CDPO),pour faire valoir ces droits. » qui parvient vraiment à faire pression à léchelon national. » ajoute Sophie Wyseur. «Depuis peu, nous allons encore plus loin, avec “Making it Work”, un nouveau projet. Lidée est d‘aider les associa-Trois piliers tions à recueillir suffisamment d’informations afin qu’elles puissent faire pression efficacement. C’est ce que nous appelons le ‘foodLa Convention est donc à la base des actions de Handicap Inter- for advocacy’. Nous rassemblons aussi des récits encourageants etnational. « Nos interventions poursuivent un triple objectif », ex- des exemples illustratifs d’enseignement inclusif ou d’insertion pro-plique Sophie Wyseur, Référente technique au siège de Handicap fessionnelle de personnes en situation de handicap, afin de montrerInternational en Belgique. « Nous voulons en premier lieu renforcer les ce qu’il est possible de réaliser », poursuit-elle.capacités des organisations locales de personnes en situation dehandicap. Cela commence par une analyse de l’organisation : où en « Nous incitons aussi les personnes handicapées à participer auxest-elle et quelle forme d’aide peut lui être utile ? Notre assistance prises de décisions locales. En Colombie, des associations parvien-se concentre souvent sur la gestion et la stratégie interne. Nous nent de la sorte à pousser les conseils municipaux à inscrire à lordreveillons par exemple au bon fonctionnement démocratique de ces du jour des thèmes en rapport avec le handicap. Des plans d’actionassociations et nous nous assurons qu’elles représentent un groupe ont ainsi souvent vu le jour et leur financement a été assuré en partiebien défini. Nous offrons aussi des formations et des conseils.» par Handicap International. »HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2009 09 |
  10. 10. « Le fait que les personnes en situation de handicap en arrivent à dé- (mot injurieux qui désigne les aveugles). Les gens me prenaient pourfendre elles-mêmes leurs droits peut également permettre de chan- une incapable. J’habite toujours chez ma mère. Il est peu probableger efficacement les mentalités. Mais tout cela n’est pas toujours que je me marie un jour. En participant à cette association, j’ai eufacile, surtout dans les régions à peine sorties d’un conflit. Au Bu- enfin l’occasion de parler avec d’autres personnes en situation derundi par exemple, l’intérêt personnel l’emporte encore souvent sur handicap. Cela m’a énormément aidée à reprendre confiance. Je di-l’intérêt collectif. La population burundaise ne ressent pas le besoin rige maintenant moi-même notre association. Cette activité mede s’unir. À nous de susciter ce besoin », explique Sophie Wyseur. donne de l’énergie, je me sens à l’aise lorsque je rencontre les chefs« Au Burundi, nous avons ainsi demandé à des associations de nous de notre communauté pour les sensibiliser. Je pense que les autori-soumettre un projet de sensibilisation autour du handicap. Les projets tés locales commencent enfin à avoir une idée des difficultés aux-de qualité seront financés. Grâce à cette initiative, les associations quelles nous sommes confrontés. Grâce aux fonds qui ont été réunis,commencent à réfléchir à leur méthode de travail et examinent com- le marché couvert sera bientôt accessible aux personnes en situationment s’organiser. Il s’agit là du pilier n°1 de nos objectifs. Le deuxième de handicap et nous aurons alors inscrit une victoire à notre actif. Onpilier (améliorer l’image des personnes en situation de handicap) voit donc que les personnes handicapées doivent se soutenir mu-bénéficie bien sûr d’un solide coup de pouce lui aussi. En effet, c’est tuellement. J’espère que les groupes d’entraide de ce type se multi-bien grâce aux projets récompensés que nous voyons des affiches dans plieront dans le reste du pays. »les rues et que des jeux de rôle sont organisés dans les villages. » ANGOLA_DEPUIS LA CONSTITUTION JUSQU’AUX STADES DE FOOTBALL« Notre soutien aux associations constitue un volet clé du travail de En Angola, Handicap International accompagne et soutient 21 asso-Handicap International » conclut Sophie Wyseur. « Car lorsque nous ciations en faveur de personnes en situation de handicap. « Etnous retirons d’un pays, les associations doivent être capables de celles-ci ont remporté plusieurs victoires en 2009 », explique Juliepoursuivre seules le travail de plaidoyer afin que les personnes han- Nuttens, directrice de programme en Angola. « On retiendra surtoutdicapées jouissent de leurs droits, comme les autres citoyens. » qu’elles ont eu voix au chapitre lors de la consultation nationale sur les réformes constitutionnelles. Nos conclusions ont été intégrées dans le texte définitif de la réforme. Nous avons ainsi des garantiesDeux exemples que les droits fondamentaux des personnes handicapées seront mieux respectés. Nous apprenons également aux associations àCAMBODGE_CONFIANCE EN SOI ET ACCESSIBILITÉ AU MARCHÉ exploiter l’actualité pour arracher des droits aux autorités. Elles ontAu Cambodge, des groupes d’entraide parviennent aujourd’hui à ainsi obtenu que les stades soient accessibles à tous durant la Coupedéfendre les droits des personnes handicapées auprès des auto- d’Afrique de football. »rités locales. « Ces associations travaillent de manière toujours plusprofessionnelle et structurée », explique Jeroen Stol, directeur de Handicap International et les associations ont également exploitéprogramme au Cambodge. « En 2008, nous avons donc mis sur pied largement la Journée internationale des personnes handicapés. « DeCommunity for All (CFA), une organisation qui fédère lensemble des très nombreuses activités ont été organisées le 3 décembre : desgroupes dentraide. » Mon Siup, 38 ans, est membre d’un groupe conférences, des expositions photo, des émissions de radio, desd’entraide de Koch Chas, un village de la province de Siem Reap. marches de protestation, des championnats sportifs, des sketches,Ce qu’elle a vécu jusqu’ici montre malheureusement que la sensi- des spectacles de chant et de poésie. De manière ludique mais aussibilisation est véritablement fondamentale. « Je suis non-voyante de plus officiellement, nous avons rappelé aux autorités locales et auxnaissance et je n’ai jamais été acceptée. Certaines personnes me personnes en situation de handicap l’existence de la Conventionméprisaient. D’autres me lançaient des insultes, comme « kwak » internationale qui défend leurs droits. » © T. DIRVEN - HANDICAP INTERNATIONAL « C’est un volet clé du travail de Handicap Inter-national, car lorsque nous nous retirons d’un pays,les associations doivent être capables de pour-suivre seules le travail de plaidoyer. »
  11. 11. THÈMES03Le 26 décembre 2004, un tremblement de terre dune intensité de 8.9 sur léchelle de Richter secoue les fondssous-marins dans le golfe du Bengale, près de lîle de Sumatra. Un énorme raz-de-marée provoqué par le séismeravage les côtes asiatiques, détruisant lintérieur des terres sur parfois plus dun kilomètre. La liste des pays frap-pés est longue : Bangladesh, Inde, Indonésie, Malaisie, Maldives, Myanmar, Sri Lanka, Thaïlande, ... On a res-senti les effets du tsunami jusque sur les côtes africaines, en Somalie, en Tanzanie et au Kenya. On dénombreplus de 270.000 morts et plus d’un million de sans-abris. La province d’Aceh, en Indonésie, a subi 65% despertes. Aux Maldives, une personne sur trois est affectée.Tsunami_bilan après cinq ans d’actionsCette catastrophe de grande ampleur a été largement médiatisée Handicap International est donc intervenu très rapidement après laet a suscité un élan de générosité sans précédent. Les organisations catastrophe. La section française travaillait déjà au Sri Lanka, oùinternationales ont mobilisé leurs ressources et leurs équipes pour elle avait ouvert un centre de réadaptation physique à Batticaloa, survenir en aide aux sinistrés. Elles ont été dès le départ confrontées à la côte est, dès juin 2004. Ce centre avait pour but de répondredes défis d’une ampleur sans précédent. La donne a été également aux besoins des personnes handicapées suite à la guerre civile. Lescompliquée par le fait de devoir travailler dans des zones instables, équipes du centre de réadaptation physique se sont donc mobiliséescomme à Sumatra ou au Sri Lanka où la guerre civile entre le gou- dans les heures qui ont suivi pour répondre aux besoins : fournirvernement et les Tigres Tamouls connaît des hauts et des bas. Pour des aides à la marche, des traitements de réadaptation physiqueHandicap International, il sagissait de prendre en compte les per- de base, ainsi que de la kinésithérapie respiratoire.sonnes handicapées dans laide de première urgence dune part,mais surtout au moment de la reconstruction d’autre part. Rapidement aussi, une équipe est partie à Aceh, sur l’île de Suma- tra et la région la plus touchée, pour fournir une intervention di-Handicap International, comme les autres organisations non gou- recte : soins de kinésithérapie dans les hôpitaux puis dans les campsvernementales, a dû également faire face aux attentes du grand et les dispensaires de village. L’organisation a fourni du matériel,public quant à lutilisation des dons : il aurait fallu reconstruire notamment pour léquipement du centre de réadaptation fonction-tout, tout de suite. Or les acteurs humanitaires se devaient de nelle et dappareillage de lhôpital de Bandah Aceh.combiner l’aide d’urgence à une vision à plus long terme. La tâcheétait énorme et a pris du temps : on parlait dune période de cinq La section belge de Handicap International, de son côté, a décidéà dix ans nécessaire pour effacer les traces du Tsunami. d’intervenir dans les Maldives. Cet archipel a lui aussi subi les assauts
  12. 12. des vagues. Mais le morcellement de sa population - 400.000 per- développement (ADD – Association for Disability and Develop-sonnes réparties sur 200 îles - rend difficile laide aux victimes. ment). Ces deux associations ont mené une série de projets deHandicap International a travaillé dabord en partenariat avec sensibilisation et ont surtout assuré un rôle de représentation desdautres organisations internationales à la reconstruction des mai- personnes handicapées auprès du gouvernement maldivien. Ellessons détruites et a veillé à laccessibilité des nouveaux logements sont parvenues à faire ajouter les questions liées au handicap àet des bâtiments publics. Dans le même temps, lorganisation a signé lagenda gouvernemental, tant et si bien que les autorités ont signédes accords de collaboration avec le gouvernement pour travailler la Convention des Nations unies pour les droits des personnessur la préparation aux catastrophes naturelles avec une attention handicapées.particulière pour les personnes handicapées. Nous avons rapidementélargi nos actions post-urgences aux questions liées à laccès aux Lucy Roberts a ouvert et fermé le programme de Handicap Inter-services pour les personnes en situation de handicap. national aux Maldives. Elle a pu constater les changements après cinq ans « Aux Maldives, les personnes handicapées étaient margi-Cette question de laccessibilité, de linclusion de la personne han- nalisées, navaient accès à aucun service, il ny avait aucun cadredicapée et de ses droits, on l’a retrouvée dans toutes les actions légal pour garantir leurs droits. Il semble maintenant que la sociétéde Handicap International dans les régions frappées par le Tsunami civile soit capable de soccuper du bien-être des personnes handi-une fois la période durgence passée. « Appareiller et rééduquer capées. »n’est qu’une étape dans le soutien aux personnes handicapées. Laréadaptation des personnes handicapées passe également par leur Au bout de cinq ans, comme il était prévu dès le départ, Handicapindépendance financière, leur intégration à la société et le respect de International sest donc retiré des Maldives. Une coopération pas-leurs droits », expliquait à l’époque Louis Bourgois, ancien direc- sionnante et fructueuse entre Handicap International et ses parte-teur adjoint du programme Sri Lanka. naires maldiviens s’est ainsi achevée. Les uns comme les autres ont le sentiment d’avoir fait œuvre utile : tant les autorités que laCest ainsi que lorganisation a développé des approches à base population ont été conscientisés au thème du handicap. Mais au-communautaire, soit directement soit en partenariat avec des as- delà de la simple prise de conscience, Handicap International asociations locales existantes, comme aux Maldives. A partir de juin réellement contribué à améliorer la qualité de vie des personnes2007, toujours aux Maldives, Handicap International a commencé handicapées, et ce en agissant à différents niveaux et de façonà travailler sur un projet de renforcement des capacités des per- complémentaire. Nous avons travaillé d’une part à un niveau po-sonnes handicapées et leur laccès à linformation, afin daméliorer litique en collaborant avec les ministères concernés pour établir unleur inclusion sociale à travers les structures de prise en charge, cadre politique et d’autre part, en agissant à un échelon local,linsertion scolaire, des formations professionnelles ou encore des nous avons montré qu’il était possible de répondre aux besoinsactivités sociales et sportives. Nous avons aussi veillé à conscien- des personnes handicapées, malgré les difficultés inhérentes à latiser le reste de la population pour une meilleure acceptation des géographie de l’archipel. Handicap International a égalementpersonnes en situation de handicap. contribué à une meilleure insertion sociale. Ensemble, avec nos partenaires, nous avons fait en sorte que la question du handicap neHandicap International a ainsi soutenu la création de deux orga- soit plus un tabou, ceci au bénéfice des personnes handicapéesnisations : lAssociations pour les personnes sourdes (MDA, Mal- suite au tsunami, mais ce qui a bénéficié plus largement à toutesdives Deaf Association) et lAssociation pour le handicap et le les personnes en situation de handicap du pays. « La réadaptation des personnes handicapées passe par leur indépendance financière, leur intégration à la société et le respect de leurs droits. » © B. KORMANN - HANDICAP INTERNATIONAL
  13. 13. THÈMES04En octobre, Le Thi Kim Huong (33 ans) s’est fait renverser par un bus alors qu’elle circulait à vélomoteur. Danssa région (la province de Dong Nai, au Vietnam), il faut parfois attendre des heures l’arrivée d’une ambulance.« Heureusement, une équipe de volontaires de Handicap International était dans le coin. Ils m’ont prodiguéles premiers soins, ce qui m’a permis d’éviter des lésions irréversibles. D’ici quelques mois, je pourrai à nouveaumarcher. » Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Huong est l’une des 50 millionsde victimes blessées chaque année dans des accidents de la route. Dans le monde entier, la route tue tou-jours plus de personnes et entraîne un nombre de handicaps toujours plus élevé.La sécurité routière_devient pour la première fois une priorité mondialeDans ce contexte, Handicap International se réjouit de la place pri- C’est dans les pays en développementmordiale accordée pour la première fois à la sécurité routière dansl’agenda international en 2009. Les ONG et les chefs d’État et de que le problème se pose avec le plus d’acuité !gouvernement du monde entier ont ainsi exprimé leur intention Dans les pays riches, le nombre de victimes d’accidents de la routede mettre un terme à laugmentation rapide du nombre de morts stagne. Dans les pays en développement en revanche, ce chiffreet de blessés sur les routes. À l’initiative de l’OMS, 50 ONG sesont réunies à deux reprises afin de participer à la préparation de connaît une véritable explosion. À l’échelle mondiale, les pays oc-la conférence interministérielle des Nations unies sur la sécurité cidentaux industrialisés possèdent plus de la moitié des véhicules àroutière qui a eu lieu à Moscou en novembre. Le Président ainsi moteur. Pourtant, selon les chiffres de l’OMS, plus de 90% des acci-que des membres de l’équipe de Handicap International y étaient dents de la route ont lieu dans les pays en développement. « Lin-présents, Handicap international étant la seule ONG à avoir pris la frastructure routière nest généralement pas adaptée au boom desparole à cette occasion. 150 pays ont demandé aux Nations unies vélomoteurs et (dans une moindre mesure) des voitures », expliquede préparer une stratégie commune pour une décennie d’actions Vincent Slypen. « Les véhicules sont souvent à moitié hors d’usage,dans la sécurité routière. les taxis transportent trop de passagers, le port du casque et les cein- tures de sécurité font figure d’exception, les codes de la route et lesHandicap International reconnaît certaines avancées dans le domaine permis de conduire sont pratiquement inexistants. Il ny a pas dede la sécurité routière. « Mais quoi de plus logique ? », souligne trottoirs, les routes sont en très mauvais état, les limitations deVincent Slypen, Directeur des Opérations chez Handicap Interna- vitesse ne sont pas respectées et nombreux sont ceux qui condui-tional Belgique. « Les chiffres sont éloquents. La route fait aujourd’hui sent sous influence. »1,3 million de morts par an. Si aucune mesure n’est prise, on avancele chiffre de 2,4 millions de décès en 2030. Les accidents de la route, L’Asie du Sud-Est, surtout, voit les problèmes saccumuler. Selonaujourd’hui neuvième cause de mortalité dans le monde, seront des études de l’OMS, le nombre de victimes d’accidents de la routealors la cinquième cause de décès. Ils tueront donc plus que le sida aura augmenté de 144% en 2020 par rapport à 2000. Depuis 2000,et le cancer. D’ici 2015, les accidents de la circulation pourraient la sécurité routière est ainsi devenue un volet clé de nos activitésmême devenir la première cause de handicap chez les enfants âgés dans trois pays de la région : le Cambodge, la RPD Lao et le Viet-de 5 ans et plus. »HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2009 13 |
  14. 14. nam. Nous y soignons même plus de personnes ayant subi un cours de ce type avant notre arrivée. Nous apprenons par exemplehandicap suite à un accident de la route qu’à cause des mines an- aux enfants comment traverser la rue. Nous formons également destipersonnel. enseignants », précise Jeroen Stol.Dans cette région, notre expertise est reconnue, ce qui nous amène «La clé du succès est souvent la mise en place dune initiative asso-parfois à conseiller d’autres pays. Nous préparons notamment une ciant éducation routière en milieu scolaire, campagnes de sensibili-intervention au Bénin. « Nous sommes aujourd’hui mondialement sation renforcées auprès de la population et travail de lobbyingreconnus comme un acteur clé » explique Philippe Martinez, direc- auprès des autorités. On voit de plus en plus de casques dans le pay-teur de programme au Vietnam. « En 2009, des collaborateurs de sage urbain. Grâce à nos campagnes, la moitié des motocyclistesnotre équipe vietnamienne ont ainsi été invités à participer à une portent aujourd’hui un casque au Cambodge, un pourcentage qui aconférence de l’OMS afin de partager leur expérience dans le do- doublé en six mois de temps seulement. Et depuis février 2009, cemaine des premiers secours. » sont même tous les conducteurs de deux roues qui portent un casque à Ho Chi Minh Ville – ville vietnamienne de plusieurs millionsSi nous avons pu avoir une telle expertise, c’est parce que nous avons dhabitants. Nous avons fait en sorte que le port du casque deviennepu nous appuyer sur nos années dexpérience dans les projets une obligation légale. Nos campagnes ne se limitent cependant pasaxés sur les mines antipersonnel. Les stratégies déployées sont en à l’échelon national. Nous mettons aussi en oeuvre des activitéseffet les mêmes : activités de lobbying, gestion de bases de données, locales impliquant des associations de terrain. Une telle approcheéducation, sensibilisation et aide médicale. « Handicap International est essentielle pour provoquer un changement de mentalités. »a lancé son premier projet de sécurité routière au Laos en 2000, suiteà une étude qui montrait qu’une majorité des patients hospitalisés Handicap International organise également des formations en pre-était victime d’un accident de la route » précise Luc Delneuville, Di- miers secours, à destination des écoles comme à lintention de vo-recteur du programme Laos. lontaires. Une initiative qui s’avère très efficace au Vietnam. « Nous avons mis en place 25 postes de premiers secours dans cinq districts. Seize équipes de plus de 100 volontaires formés par nos soins se fontDe la prévention à l’aide médicale un point d’honneur d’arriver le plus rapidement possible sur les lieux d’un accident de la route. Car pour larrivée dune ambulance, il fautAu Cambodge, Handicap International a mis en place une base de parfois attendre plusieurs heures » nous assure Philippe Martinez,données pour les victimes des accidents de la circulation (RCVIS – qui travaille au Vietnam. « En 2010, il y aura encore plus de postesRoad Crash and Victim Information System). Personne ne connais- de secours et plus de volontaires. Nous distribuons par ailleurs dessait en effet le nombre précis de morts ou de blessés. « Il s’agit là brochures qui expliquent aux habitants les bons réflexes à avoird’une réalisation majeure », estime le directeur du programme au lorsqu’on est le témoin d’un accident de la circulation. »Cambodge, Jeroen Stol. « Maintenant que nous disposons de donnéesprécises, nous pouvons faire pression plus efficacement auprès des « Nous pouvons conclure au succès de notre approche multidiscipli-autorités ou dautres parties prenantes. L’idée est de transférer, naire », se réjouit Philippe Martinez. « Dans la province vietnamienneà terme, ce système informatisé dans dautres pays en développe- de Dong Nai, où le projet "Safe Roads for Better Life" est omniprésentment. » (livraison de matériel et dambulances, ouverture de postes de soins médicaux, formation de volontaires, sensibilisation des enfants), les« L’éducation routière est un aspect essentiel de notre lutte contre résultats sont déjà perceptibles après un an. Dans la région, le nom-les accidents de la route. Au Cambodge, au Vietnam comme au Laos, bre d’accidents mortels a diminué de 30%. Le nombre de blessés anous mettons au point, en coopération avec le ministère de lédu- quant à lui baissé de 42,5%. Des résultats qui nous incitent à étendrecation, un programme destiné aux écoles primaires. Il n’existait aucun nos projets « sécurité routière » à d’autres pays. Une mission de re- connaissance a déjà été lancée cette année en Afrique. »LES DIFFÉRENTS TYPES D’INTERVENTIONSD E H A N D I C A P I N T E R N AT I O N A L Éducation à la sécurité routière Sensibilisation du grand public Mise en place Plaidoyer pour le développement dans les écoles d’un système d’une législation appropriée dans Mise en place de systèmes de première urgence le domaine de la sécurité routière de récolte de données sur les lieux d’un accident de la route Renforcement des capacités de nos partenaires institutionnels. © L. AERTS - HI © T. DIRVEN - HI © L. AERTS - HI
  15. 15. TRUNG_VIETNAM. PROGRAMMESTrung a huit ans et vit dans les montagnes près deKhan Hoa. A première vue, c’est un petit garçonnormal, très actif. Petit pour son âge, Trung a unedéficience intellectuelle. Il ne peut pas mangerseul et dit seulement quelques mots. A l’âge de5 ans, il a subi avec succès une opération pourcorriger un bec de lièvre. Handicap Internationalmet tout en œuvre pour pouvoir identifier desenfants comme Trung rapidement afin qu’ils puis-03sent recevoir un traitement beaucoup plus tôt.
  16. 16. AFRIQUE Angola ANGOLA La section belge de Handicap International a travaillé en Angola à partir EN CHIFFRES01 de 1995 avec la création de centres de réadaptation ainsi que d’un centre Personnel international : 6 de production de pieds prothétiques. En 2005, les projets ont connu un Personnel national : 61 Budget : 1.337.064 € premier tournant avec la remise des centres au Programme national de Principaux bailleurs de fonds : réadaptation. Une autre grande étape a été en 2007 la fusion des projets Agence canadienne de développement international menés par les sections française et belge de Handicap International, la (ACDI), section française se retirant du pays. En 2009, les activités de Handicap DGCD - Programme, International sarticulaient autour de trois grands axes : la réadaptation Ministère des Affaires Etrangères d’Irlande (Irish Aid), à base communautaire (RBC), linsertion professionnelle des personnes Ministère des Affaires en situation de handicap et le renforcement des associations de per- Etrangères des Pays-Bas (Buza), sonnes handicapées. Syndicat des travailleurs canadiens de l’automobile (TCA-Canada), Le projet de RBC a pour but d’améliorer ou encore identification dun employeur. Union Européenne l’intégration sociale et économique des per- Ces équipes ont également sensibilisé le (EuropeAid). sonnes handicapées. Les équipes du projet monde du travail aux problèmes rencontrés identifient les personnes handicapées, les par les personnes handicapées. informent des possibilités daide, les trans- fèrent pour une prise en charge adaptée Le projet de renforcement des associations vers les services compétents et assurent un de personnes handicapées a pour but de suivi individualisé. En parallèle, les agents soutenir ces associations pour quà terme, de RBC sefforcent aussi de sensibiliser les elles puissent influencer les décisions qui membres de la communauté à une meil- concernent les personnes handicapées. Les leure acceptation des personnes handica- 21 organisations soutenues par Handicap pées et au handicap en général. International ont obtenu des résultats concrets en 2009, dont lintégration du Le projet d’insertion professionnelle est handicap dans les textes de la nouvelle Luanda réalisé en partenariat avec deux associa- Constitution de lAngola. Elles ont effectué tions dans la province de Huambo. Des aussi un gros travail pour permettre aux équipes identifient les personnes handica- personnes handicapées davoir accès à la Benguela HUAMBO Huambo pées qui bénéficieront dun appui et les ac- Coupe dAfrique des Nations, événement BENGUELA compagnent tout au long de leur parcours : sportif phare de lannée 2009. Les associa- Bibala HUILA formation, microcrédit, fourniture du maté- tions ont également organisé de nombreuses Lubango riel de base pour commencer leur activité activités de sensibilisation. NAMIBE En 2010, les activités de RBC de la province de Benguela seront transférées à nos trois partenaires, la Direction provinciale de las- sistance et de la réinsertion sociale, lAPADV et la LARDEF. Cette phase de retrait sera évaluée et reproduite dans les autres pro- vinces lors de la deuxième phase de dés- engagement. La deuxième phase du projet dinsertion économique sachève quant à elle dans le courant de 2010 et, sous ré- serve de financements, une troisième et dernière sera développé en 2010-2011. Les actions de soutien aux associations de per- sonnes handicapées se poursuivront en 2010, avec notamment lorganisation dun séminaire de renforcement rassemblant les 21 associations.
  17. 17. AFRIQUE BURUNDI EN CHIFFRES 02 Personnel international : 6 Personnel national : 27 Budget : 1.020.711 € Principaux bailleurs de fonds : DGCD - Programme, Ministère des Affaires Etrangères du G-D de Luxembourg, Union Européenne (EuropeAid), Ville de Luxembourg,Burundi Wallonie Bruxelles International.Le Burundi est lun des pays les plus pauvres, où près de 90% de lapopulation vit avec moins de 1$ par semaine. Handicap International estprésent dans ce pays depuis 1992. Actuellement, le programme sarti- MUYINGA Muyingacule autour de quatre axes : la réadaptation à base communautaire(RBC), lappui institutionnel aux centres de réadaptation physique, lesoutien aux associations de personnes handicapées et un quatrième Bujumbura Gitega RUYIGI GITEGAaxe transversal de plaidoyer. RUTANA MAKAMBALe projet d’appui aux centres de réadapta- de fistules obstétricales qui, grâce à cela, onttion physique entamé en mars 2009 com- ensuite pu être opérées, de même qu’uneprend quatre volets, lun visant à arriver, dici trentaine d’enfants ayant un bec de lièvre.2012, à améliorer l’autonomie de 12 centres En soutenant lensemble des associationspartenaires sur les plans technique, adminis- des personnes handicapées du Burundi danstratif et financier ; laugmentation du nombre leur rôle de plaidoyer, Handicap Internationalde personnes handicapées prises en charge ; veut renforcer leur capacité de se gérer, delamélioration des soins donnés et enfin mener des projets et de communiquer surlamélioration de laccessibilité de ces cen- les droits des personnes handicapées. Cestres. Dautres actions sont en préparation associations se sont mises en réseau, lecomme la mise en place dun centre de for- RAPHB (Réseau des associations de per-mation au CNAR (Centre National d’Appa- sonnes handicapées du Burundi). Les per- En 2010, nous espérons développer un pro-reillage et de Réadaptation) de Gitega. sonnes handicapées du Burundi dans leur jet à part entière concernant les fistules ensemble bénéficieront ainsi des actions de obstétricales, poursuivre un appui substan-En 2009, les équipes du projet de réadapta- sensibilisation organisées par le RAPHB et tiel aux centres partenaires de réadaptationtion à base communautaire de Handicap In- ses membres. physique de manière à améliorer leur péren-ternational ont sélectionné et soutenu, dans nité et donc de pouvoir mettre un terme àun contexte de projet pilote, 27 familles Chacun des trois projets comporte un axe notre appui en 2012. Nous désirons égale-ayant des enfants handicapés, de manière transversal de communication visant la pré- ment continuer notre soutien à la réadap-à élaborer un modèle efficace d’intégration. vention du handicap, une meilleure coopé- tation à base communautaire et l’appui auxIndépendamment de ce projet pilote, près ration entre les différents intervenants, associations de personnes en situation dede trente enfants handicapés ont pu être lorganisation dateliers déchange interré- handicap, et ce au moins jusque 2013. Uninscrits dans une école, nos équipes ont pu gionaux et des actions de plaidoyer pour nouveau projet en santé maternelle et in-identifier une centaine de femmes souffrant un changement des mentalités. fantile est à l’étude.HANDICAP INTERNATIONAL | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2009 17 |
  18. 18. AFRIQUE RÉPUBLIQUE D É M O C R AT I Q U E03 D U CO N G O EN CHIFFRES Personnel international : 16 Personnel national : 116 (dont 11 ne sont pas directement payés par HI) Budget : 3.342.930 € Principaux bailleurs de fonds : République démocratique Ambassade de France à Kinshasa, Big Lottery Fund, du Congo DGCD - Programme, Urgence, Ministère des Affaires La République démocratique du Congo est un pays dont les indicateurs Etrangères du G-D de Luxembourg, sociaux sont plus que préoccupants : taux de mortalité maternelle et Ministère des Affaires infantile élevés, pauvreté. Handicap International travaille au Congo Etrangères des Pays-Bas (Buza), depuis 1995. A l’heure actuelle, les projets se concentrent à Kinshasa et PNUD, ses environs, dans la région de Kisangani et au Nord-Kivu. UNICEF, Union Européenne (EuropeAid, ECHO). tres écoles primaires de la capitale. De plus, hôpitaux de Lubutu, Masisi, Kiroshe et Ruts- Handicap International participe au groupe huru. Parallèlement, lorganisation a conti- de travail gouvernemental pour rénover le nué à donner des soins de kinésithérapie système éducatif du pays. En décembre respiratoire à des enfants malnutris sévères 2009, le Sénat a accepté un amendement accueillis dans les centres nutritionnels thé- PROVINCE ORIENTALE visant à introduire le concept d « éducation rapeutiques, ainsi que de la kinésithérapie inclusive » dans le projet de loi portant sur fonctionnelle pour combler leurs retards mo- Kisangani l’organisation et le fonctionnement de teurs. Handicap International a aussi veillé NORD-KIVU Goma RWANDA lenseignement national. à la prise en charge des enfants handicapés BURUNDI vivant dans les camps de déplacés de Kinshasa La santé maternelle et infantile est un enjeu Goma. Enfin, un dernier volet vise à assurer primordial au Congo, où les risques de déve- laccès à laide humanitaire des personnes lopper un handicap au moment de la nais- les plus vulnérables dans les camps de dé- sance sont énormes. Notre projet vise donc, placés, associé à un soutien au retour de dans deux zones de santé de Kinshasa, à ces personnes dans leur région dorigine. renforcer les compétences du personnel chargés des consultations pré et post na- A la fin de 2010, Handicap International se tales, à fournir les équipements nécessaires désengagera du projet de RBC. Les actions aux centres de santé partenaires et à col- dans le domaine de léducation inclusive et lecter les informations sur les facteurs de de la santé maternelle et infantile à Kins- risque du handicap et sa prévalence. hasa seront quant à elles renforcées. Lun A Kinshasa, le projet de réadaptation à base des objectifs sera de capitaliser les deux communautaire (RBC) couvre 18 communes. A Kisangani, le désengagement progressif expériences pour pouvoir les reproduire. Le réseau de 22 comités de réadaptation à de Handicap International sest poursuivi Les projets se poursuivront à Goma. Les base communautaire (les CRC) assure le suivi en 2009 et devrait sachever dici à 2011. équipes de kinésithérapie mettront en place de 8.000 personnes handicapées et de leurs Handicap International a ainsi réorienté ses une clinique de kiné mobile pour poursuivre familles. Les agents communautaires les activités de déminage et de dépollution la prise en charge des enfants handicapés conseillent et leur permettent d’avoir accès à pour développer des missions de récolte de retournés chez eux après la fermeture des des aides. Ce projet s’achèvera fin 2010. données sur les mines en Province Orientale camps de déplacés. Les équipes se charge- et dans le Maniema, et poursuit ses objectifs ront également didentifier les personnes Handicap International a soutenu les centres de renforcement des capacités locales. handicapées dans les camps des zones de Bon Départ et Kikesa pour en faire des cen- Mwezo, Nyanzale et Birambiso, à 90 km de tres de référence en matière d’éducation En 2009, les activités de Handicap Interna- Goma, pour leur fournir des aides de marche inclusive à Kinshasa. En 2009, cette expé- tional dans le Nord Kivu comptaient un pro- et sassurer que ces personnes ont accès rience pilote a pu être étendue à douze au- jet de kinésithérapie hospitalière dans les aux infrastructures du camp. 18 | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2009 | HANDICAP INTERNATIONAL
  19. 19. AMÉRIQUE LATINEColombieLa Colombie est le quatrième plus grand pays dAmérique du Sud et lundes plus peuplés, avec 46,8 millions dhabitants. Cest malheureuse-ment lun des pays au monde les plus affectés par les mines antiper-sonnel avec 31 départements touchés sur 32, en raison dun conflit entredifférents groupes armés illégaux et les forces gouvernementales. Cartagena Sincelejo CúcutaHandicap International travaille dans ce Bolivar, notamment dans leurs actions pour Bucaramengapays depuis 1998, où l’organisation a com- promouvoir la participation et linclusion des Medellínmencé en soutenant la Fondation REI, une personnes handicapées dans leur commu-organisation spécialisée dans la réadaptation nauté. A terme, lobjectif de Handicap Inter-des personnes handicapées à Cartagena. Ce national est de renforcer les structures desprojet est maintenant réalisé, mais latelier associations concernées, afin quelles agis-orthopédique mis en place avec laide de sent de manière plus efficace à un niveauHandicap International accueille encore au- aussi bien local que régional et national.jourdhui les bénéficiaires de notre projetdaide aux victimes des mines. En Colombie, les projets d’action contre les mines se concentrent sur lassistance di-En 2009, Handicap International a continué recte aux victimes de mines et d’engins deses interventions dans cinq départements, guerre non explosés dune part, et sur leAntioquia, Bolivar, Sucre, Santander et Nord renforcement des acteurs responsables deSantander, dans lesquels sarticulent trois Le projet de RBC entre dans sa phase finale la prise en charge des victimes dautre part.grands projets : la réadaptation à base en 2010 et devra se concentrer notamment Lannée 2009 aura été particulièrementcommunautaire (RBC), l’appui aux associa- symbolique pour Handicap International en sur le renforcement des espaces de concer-tions de personnes handicapées et l’action Colombie puisque la ville de Cartagena a tation, pour promouvoir une société oùcontre les mines. accueilli la Seconde Conférence de révision tous peuvent trouver leur place et ainsiLe projet de RBC a pour objectif daider les du Traité dOttawa en décembre. Cette évoluer vers un projet de développementpersonnes handicapées à accéder aux ser- conférence a souligné l’insuffisance des local inclusif. A partir de 2011, le projetvices de base et de sensibiliser la commu- programmes gouvernementaux daide aux dappui aux associations se concentrera surnauté au respect de leurs droits dans les victimes de mines, mise en évidence par trois associations de personnes handica-départements dAntioquia et de Bolivar. Handicap International dans son rapport pées, pour développer leur rayonnement « Voices from the Ground », et limportance régional et national. Quant au volet desHandicap International a soutenu dix asso- de renforcer les institutions intervenant projets dédiés à laction contre les mines, ilciations de personnes handicapées situées dans le circuit de prise en charge des vic- se renforcera encore en 2010.dans les départements dAntioquia et de times de mines. 04 CO LO M B I E EN CHIFFRES Personnel international : 2 Personnel national : 38 Budget : 1.052.240 € Principaux bailleurs de fonds : Agence suisse pour le Développement et la Coopération (Cosude), DGCD - Programme, Union Européenne (EuropeAid). 19 |
  20. 20. AMÉRIQUE LATINE Cuba Cuba est le plus grand pays des Caraïbes et compte environ 11 millions d’habitants, dont 3.26% de personnes handicapées. Les handicaps phy- siques et moteurs sont les plus nombreux. Handicap International tra- vaille à Cuba depuis 1998. En douze ans, les projets ont évolué : après un appui à la production de prothèses, un projet de réadaptation à base communautaire (RBC) a vu le jour en 2001, suivi en 2005 d’un partenariat CUBA EN CHIFFRES avec le Ministère de l’éducation pour améliorer l’inclusion scolaire des05 enfants handicapés. Ces deux projets se sont développés au fil des ans. Personnel international : 2 Personnel national : 2, En 2008, un projet d’appui et de renforcement des associations repré- financés par nos partenaires, sentant les personnes handicapées s’est ajouté à la liste des actions en- en appui à Handicap International, plus les treprises par Handicap International à Cuba. Les projets se sont poursuivis équipes de projets, elles en 2009 en gardant toujours cet objectif de favoriser une société plus aussi financées par les partenaires locaux. inclusive, en renforçant la structure sociale et les compétences existantes. Budget : 1.316.579 € Principaux bailleurs de fonds : DGCD - Programme, Urgence, Ainsi, les projets de réadaptation à base Gouvernement de la Région Flamande (Belgique) communautaire (RBC) mis en œuvre dans La Havane les provinces de Pinar del Rio et Holguin se Handicap International Luxembourg, sont poursuivis en 2009. Les volontaires, PINAR DEL RIO encadrés par des équipes de spécialistes, Mairie de Paris, proposent des exercices de réadaptation, Ministère des Affaires HOLGUIN forment la famille de la personne handica- Etrangères du G-D de Luxembourg, GRANMA pée pour qu’elle puisse mieux la prendre en charge et sensibilisent la communauté Union Européenne (ECHO). pour qu’elle intègre mieux les personnes en situation de handicap. Les agents de RBC apportent également leur soutien aux pro- jets de réinsertion professionnelle Les actions visant à améliorer le modèle d’inclusion scolaire continuent également en zone rurale après avoir connu un ralentis- sement en 2008 suite aux dégâts provoqués par les deux ouragans qui avaient ravagé l’île. Handicap International a équipé les écoles régulières bénéficiaires du projet pour que les enfants handicapés bénéficient des mêmes possibilités que les autres. L’orga- nisation a également contribué à préparer les enseignants pour qu’ils puissent adapter leur enseignement à chaque handicap spé- cifique et a sensibilisé le milieu éducatif dans son ensemble. Les associations représentant les personnes handicapées bénéficient toujours du soutien de Handicap International, qui a notamment travaillé à renforcer leurs capacités de ges- tion et à former leur personnel. Outre la poursuite de ses activités de réa- daptation à base communautaire, d’éduca- tion inclusive et de soutien aux associations, Handicap International apportera également une attention particulière à la question du handicap mental à Cuba. Une campagne na- tionale de sensibilisation de la population à la question de l’inclusion des personnes handicapées dans la société a débuté en 2009 et se poursuivra durant plusieurs mois encore en 2010. 20 | RAPPORT D’ACTIVITÉS 2009 | HANDICAP INTERNATIONAL

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