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N22

  1. 1. » P. 17 » P. 22 »   P. 13 CULTURE SPORT » lire page 3 P armi ces étrangers, M. Fadul fait remarquer que 102 940 se sont inscrits avec des cer- tificats de naissance, 69 997 ont présenté leurs cartes d’identité, 95 164 leurs passeports et 20 345 n’ont pas présenté de documents. Ils se sont enregistrés à partir des données bio- métriques. Le ministre a cependant précisé que cette particularité « ne signifiait pas que les dossiers de ces personnes n’étaient pas complets ». Jose Ramon Fadul a par ailleurs rappelé que la première phase du PNRE a été bouclée. La seconde phase devra, dit-il, débuter dans quarante-cinq jours. » suite page 5 Suite à la fermeture du Programme national de régularisation des étrangers (PNRE) en République dominicaine le 17 juin dernier, le ministre de l’Intérieur et de la Police dominicaine, Jose Ramon Fadul, a présenté un bilan de cette activité visant à offrir des papiers aux différents migrants vivant sur ce territoire. Durant dix-huit mois, l’immigration dominicaine a enregistré 288 466 inscrits soit environ 78 000 inscrits de plus que ce qui a été prévu par les autorités. Le Fort Jacques entre racket et restauration Par Dangelo Néard Et commencent les hostilités électorales ! LUNDI 22 JUIN 2015 NUMÉRO 22 WWW.LENATIONAL.HT QUOTIDIEN • 25 gourdesRÉPUBLIQUE D’HAITI HAÏTI / RÉPUBLIQUE DOMINICAINE HAÏTI / ÉLECTIONS SOCIÉTÉ PNRE : le temps des bilanspar Lionel Edouard « J'ai enfin reçu mon acte de naissance à l'âge de 16 ans » par Vantz Brutus Les play-offs débutent ce lundi ! par Gérald Bordes
  2. 2. 2 | N0 22 LUNDI 22 JUIN 2015 TRIBUNE Élections : La pyramide électoraleLa charpente politico-administrative définie par la constitution de 1987, aujourd’hui bicéphale, a jeté les bases pour l’émergence de nouvelles couches de classes moyennes appelées à prendre en charge la gestion du Pays. Il faut reconnaître la volonté des constituants dans leur effort d’institutionnaliser différemment l’État. Ils ont défini un cadre légal facilitant un nombre plus important de citoyens à s’intégrer dans la machine étatique, une manière aussi de les coopter. Cependant, ils ont tout aussi construit un appareillage administratif surdimensionné par rapport à la capacité des ressources limitées de l‘État. L a structuration économique du pays ne permet pas la promotion sociale par l’entreprenariat. Les catégo- ries sociales de classes moyennes, à capacités financières limitées, mena- cées dans leur existence par l’avidité des grands groupes familiaux annexés à de puissants internationaux, ont vite trouvé refuge dans ce grand appel démocratique de nouveaux « gestion- naires publics ». La Politique est dev- enue un champ d’affaires à moisson- ner, le terrain des conflits d’intérêts financiers et de société. Mais aussi fondamentalement un espace de dia- logue et d’équilibres instables entre les maîtres du moment. La politique est devenue une arme, un outil, un lieu, un espace de négociation pour le partage des avantages sociofinanciers entre les différentes catégories sociales : ceux autoproclamés bourgeois ; ceux qui se plaisent à être perçus comme bourgeois sans l’affirmer ; ceux qui se font passer pour des bourgeois ; les détenteurs du savoir acquis de hautes luttes dans les tranchées du monde civilisé ; les laissés pour compte du savoir acquis sur le tas univer- sitaire local ; tous ceux qui n’ont pas fini, mais qui finissent par décrocher un diplôme universel à caractère professionnel. Ceux qui sont partis et qui sont reve- nus : argentés, diplômés, dével- oppés, socialisés. Les proprié- taires : grands, moyens, petits ou gérants des terres de l’État ; Les directeurs, maîtresses ou maîtres d’école à diplômes universitaires, secondaires ou primaires ; les grands, moyens, petits commis de l’État et leurs attachés… Un pays de classes moyennes enchevê- trées en catégories multiples, agrégées d’intérêts individuels et d’idéologies en soubassement de couleurs et de références histo- riques. Le peuple national haïtien, dans ces différentes composantes et surtout sa couche de classes moy- ennes de progrès, se trouve piégé, pris en otage, dans un conflit ouvert entre les différents autres groupes de classes moyennes et les divers clans de la « bourgeoi- sie » dans leur quête de puissance d’argent et de pouvoir politique. Dans ce creuset, de contradic- tions réelles et d’oppositions fac- tices de ces groupes en quête de reconnaissance et de légitimité internationales, vient se déposer la grande bataille des élections. Il est venu le temps des regroupe- ments identitaires de « sak sanble rasanble » ou de la « fourchette qui ne peut permettre de boire la soupe des avantages du pouvoir ». Il faut un grand « kombit », une combine pour soulever, emporter la cagnotte électorale. C’est aussi le temps des grands déchire- ments, des déchirures entre les partenaires d’une longue nuit de débauches politiques. Le jour s’est levé sur leur impuissance partagée sur le lit d’un populisme moderne, deux points zéro (2.0). Qui s’étonne du nombre élevé de candidats ? Les candidats eux- mêmes ! Mais pourquoi sont-ils candidats ? Ils doivent se faire hara-kiri. Tous les autres qui se lamentent sur leur nombre pren- nent position pour leurs candi- dats. C’est une position partisane. Une présélection. Des primaires quoi. Cela fait développé, mod- erne, démocratique. Mais ont-ils oublié qu’il y a des postes de pouvoir à pourvoir, des salaires à percevoir, des promess- es à vendre, des transferts de posi- tions sociales à réussir, des négo- ciations restitutoires à mener. Il faut que le pays des « classes du pouvoir d’État » soit bien représen- té. Qui va négocier les mines du Nord héroïque à la Firmin. Tonton Nord est bien mort, mais qui sera son successeur désigné, pointé du doigt ? Le chanteur désenchanté, va continuer son métier en se rap- pelant des cigales qui ont sifflé tout son quinquennat. Il lui faut un remplaçant, un successeur. Comment savoir si ce sera, un prof chanteur, un maître chanteur, un maire chanteur, un pasteur chan- teur. Pas plus qu’un émetteur de chants de sirènes. Dans tous les cas la Nation déchantera. Un des soixante-dix réduits à cinquante huit prendra la tête du peloton de l’exécutif d’État. La tête immergée du collectif pré- sidentiel gérant les bulletins de présence des membres du consor- tium d’Amis de Haïti. Le premier ou le dernier échelon de la pyra- mide selon son point de départ ou d’intérêt. Soixante-dix candidats- présidents, autant de fractions de classes moyennes. Vingt des 262 candidats-séna- teurs, seront choisis, élus/votés selon la lecture des résultats. Dix- sept fois la valeur. Belle mise de départ. Un sur dix-sept. Le revenu mensuel divisé par dix-sept équiv- aut à dix-sept mois de salaire min- imum. Arithmétique d’explication justificative d’avoir été choisi par Dieu dans le rêve d’Adam. Du profond sommeil du peuple sortira mon pouvoir incarné de dire oui et jamais non en son nom. La deuxième strate de la pyramide est garnie. Inférieure à la première mais de loin supérieure en qualité, aux autres. La Chambre haute. La « Grande Caisse ». Pas celle des banques. Celle des résonances. Cent huit Députés sortiront des urnes parmi les 1 777 candidats- députés. Un tirage sans remise. Un tirage aléatoire basé sur une stratification par zones et catégo- ries sociales. Le hasard des votes s’exprime ainsi en statistiques mathématiques. Il en est de même des sondages à résultats à démon- trer. Les scientifiques analyseront les résultats et feront ressortir la justesse des méthodes de calcul. Nous regrettons les votes électro- niques. Ô combien faciles à gérer par des modélisations. Un élu, un vote. Celui de la grande machine électrice. Le troisième palier de la pyramide, dans la descente vers le peuple, sera renouvelé. La cinquante- neuvième marche de l’ascension socialo-étatique, jure qu’elle ne sera pas un tombeau blanchi. Ceux qui prennent sans souffler, sans prendre souffle devront-ils être inquiets ? Cent quarante fois trois sur deux mille fois trois, a multiplié par un facteur (x) de délégués de ville plus les délégués dérivés des sections communales. Pour enfin arriver à la Tour de Babel des Assemblées départementales. Prière d’aller à toutes les tables de calculs y compris les logarithmes pour comprendre comment est tamisée la base de la pyramide. Les cartels municipaux. Il ne s’agit pas d’un lieu commun, d’un ailleurs, mais de la municipalité de leur résidence. Une vraie piste d’atterrissage, et surtout une immense salle d’attente aux aspi- rations supérieures. Des maires en attente de devenir députés, sénateurs, présidents. Comprenez bien qu’un maire ne représente pas son peuple de votants. Il est le premier parmi les siens. Dérisoire, surtout quand on s’éloigne du centre du pouvoir suprême de l’État. Plus loin de toi « Seigneur Président » je n’aurai même pas une moto, mais hélas une bourrique au pire: « Bali yon kabrit ». Et je partirai en guerre contre tous les autres en liberté. La ville sera propre. Un urbain sain dans une urbanité saine. Tout un programme. Mieux un plan quadriennal. Enfin, la base. Celle qui permet à l’artiste de mélanger ses couleurs, sans confondre ses pinceaux. La base saine du pays. Le bon grain à moudre et à réensemencer. La base revendicative et de progrès. Arrêtez ! Non ! Simplement la base de la pyramide des élec- tions. La plus grande fréquence de la distribution statistique des candidats-chefs. Les CASEC et les ASEC. Pour bien les nommer : les Conseils d’administrations des Sections communales et les Assemblés de Sections commu- nales. Personne n’est capable à date de confirmer le nombre de candidats inscrits pour ces fonctions. Ce sera une fonction exponentielle à deux digits. En langage 2.0. Atten- dons la confirmation.
  3. 3. LUNDI 22 JUIN 2015 N0 22 | 3 ACTUALITÉ Et commencent les hostilités électorales !par Noclès Débréus S i le Conseil électoral provisoire (CEP) croit avoir mis un terme à toute une série de contesta- tions de candidats avec la pub- lication de la liste définitive des agréés à la course présidentielle, les acteurs politiques sont loin d’en être satisfaits. Les hostilités électorales sont enclen- chées et le CEP est pressuré de part et d’autre. Les candidats écartés à la députation, au sénat, à la présidence ainsi que 40 plateformes et partis poli- tiques régulièrement inscrits dans les registres du CEP, se sont regroupés sous le label de Collectif des candidats exclus par le CEP (COCE/CEP). Con- férence de presse, marche pacifique, ce collectif presse le CEP à reconsi- dérer le cas de ses candidats mis en hors-jeu. Sous la pression d’un regroupement de 17 partis politiques et d’organisations le Conseil électoral provisoire a enlevé de la liste des candidats agréés à la présidentielle Jacky Lamarque, porte-étendard de la plateforme VERITE, pour « absence de décharge, de sa gestion comme coordonnateur du Groupe de travail sur l’éducation et la formation (GTEF) ». Le CEP a également rayé de la liste, Levelt François « qui a été condamné pour possession et trafic de crack et de cocaïne aux États-Unis d’Amérique, infraction considérée comme crime transnational ». Déjà, lors de la période de contestations, la question de décharge a été soulevée dans le cas de monsieur Lumarque, mais il a eu gain de cause, que ce soit au Bureau du contentieux électoral départemental (BECD) ou encore au BCEN (Bureau du contentieux électoral national). Il est à noter qu’aucun des partis et organisations politiques qui en veulent aujourd’hui à « l’Homme » de VERITE, ne s’était porté contestataire de ce dernier. Jonas Coffy du Parti politique Ayisyen pou Ayiti, avait contesté Jacky Lumarque au BCEN après le verdict du BCED, mais les juges du tribunal électoral de dernière instance avait rejeté d’un revers de la main le recours de Monsieur Coffy qui, selon les délibérations, n’a pas été contestataire au procès par devant le BCED. À ce sujet, plusieurs questions sont soulevées. Alors que ces partis politiques, regroupements ou organisations avaient la possibilité de contester Jacky Lumarque par devant le BCED, ils ne l’ont pas fait, qu’est-ce qui explique maintenant qu’ils enjoignent le CEP à rayer le nom du candidat de la plateforme VERITE de la liste des agréés ? Faut-il voir dans une lecture au second degré, un combat à distance entre René Préval et Jean Bertrand Arsitide? Car, hormis la Fusion des sociaux-démocrates et Alah, les autres groupements qui s’embarquent dans cette démarche sont tous de souche Lavalas. Régissant à ce sujet, le professeur et politologue, Gracien Jean, croit qu’il s’agit d’un double jeu d’intérêts et de positionnement dans cette entreprise de ces partis et regroupements. Ce double jeu, est motivé, dit-il, par des intérêts s’étendant dans l’immédiat et dans le futur. Les acteurs agissent de la sorte en tenant compte de l’évaluation de leur chance dans le processus électoral et cherchent à se positionner ou se repositionner sur l’arène politique, a commenté le professeur qui dit voir une crise de leadership actuellement sur l’échiquier politique. C’est d’ailleurs ce qui explique, dit- il, ce nombre record de candidats à la présidence (58 agréés sur un total de 70 inscrits). « Aucun parti n’est sorti du lot pour se positionner en leader et proposer une véritable alternative à la population. Chaque individu se croit être l’alternative», avance-t-il, précisant au passage que certains candidats se sont présentés dans la course pour des motifs financiers, de notoriété et également en quête de postes ministériels dans le cadre de la mise en place du prochain cabinet présidentiel qui émanera de ces joutes. Tout le monde dans ses petits souliers Le Conseil électoral provisoire vient de réduire le nombre de candidats pour la présidence. Deux noms sont enlevés de la liste. Laquestiondedéchargeaencoresoulevéunetonnedediscussions. Lescampsplacentleurspions.Lesgrandesmanœuvrescommencent.Lesmanitous traditionnelsvontfaireensortedeseprémunircontreuncoupdusortenplaçantun hommeàeuxauprèsdechaquecandidatsusceptibledegagnerlacourse.Lemontant engagé dans la campagne dépendra de l’importance supposée du candidat, mais l’essentielseradenepasraterentièrementl’arrivéecequisignifierait,sansvolte-face honteux,douloureuxetaussichèrementpayé,unepériodedevachesmaigrespour lescinqansàvenir. Lesjournalistespeuventêtredansleurspetitssoulierspendantcettepériode.Lesmé- diaspourlaplupartviventdusecteurprivé.Lesecteurprivéesttraversépardifférents courants. L’objectivité qui est déjà en soi un concept difficile à mettre en pratique, peutêtretaxéedesubjectivitéselonlapositiondel’observateur.Lesintérêtspartout se cachent, se dissimulent, se manipulent, et se heurtent, à la fois dans une partie d’escrime,d’échecs,depoker,dedés,maissurtoutunepartiedecoquins. L’exercice maintenant c’est d’examiner la liste des 56 candidats et de tenter de la réduire à une liste disons plus… conforme à une réalité civilisée et démocratique. Mais là encore l’exercice a trop d’aléas. Il peut difficilement se dégager de pulsions manipulatrices. C’est l’électorat qui décidera si on lui laisse cette liberté. Une certaine opinion qu’on entendc’estqueceneserapasquelqu’undusérailpolitiquequelepeuplechoisira, ceciencorepourdémontrersonrejetd’unepratiquepolitique.Làoùlebatblessec’est quedepuis1990,cettemêmepulsionatoujoursportéaupouvoirdespersonnesqui audépartnefaisaientpaspartiedudécorpolitiquedepremierplanetcevoteadonné cequ’iladonné.Va-t-onprendrecettefoislachanceavecun««politicien» decarrière ourestera-t-ondanslemêmejeuavecdesprotagonistesdifférentscommenousavons tropsouventl’habitudedeledécider? L’oragedesrapatriementss’avance.Commenousl’avonssoulignédansnotredernier éditorial,l’Étathaïtienestforcédevoir,d’accueillirceuxqu’ilatoujoursniés,méprisés. Ilestplusquedanssespetitssoulierslui,dontlafonctionn’ajamaisétédedéfendre notrepeuple.Ilsejoueaussiunepartied’unjeuinconnuàlafrontière.Quelserason impactsurlesélectionsàvenir? ÉditoHAÏTI/ÉLECTIONS Alors que la campagne électorale n’est pas encore officiellement lancée, les acteurs politiques semblent pourtant entrer de plain-pied dans la lutte. L’utilisation des réseaux sociaux, conférence de presse au quotidien font partie de la nouvelle stratégie de ces acteurs en ce temps électoral. Jeux de positionnement. Sit-in. Contestations. Dénonciations. Les hostilités électorales prennent définitivement forme bien avant l’ouverture officiellement des campagnes électorales prévue le 9 juillet pour les législatives et le 24 septembre pour la présidentielle ainsi que les collectivités territoriales. » suite de la première page
  4. 4. L ors du Sommet UE-CELAC qui s’est déroulé à Bruxelles, les 10 et 11 juin dernier, l’Union euro- péenne et le CARIFORUM ont signé le Programme Indicatif Régional (PIR) du 11e FED (Fonds Européen de Développement). Ainsi, Haïti va bénéficier directement de nouveaux programmes régionaux qui cibleront particulièrement les relations binatio- nales haïtiano-dominicaines, le com- merce et l’environnement, a appris HPN. Le Programme Indicatif Régional (PIR) couvre la période 2014-2020. Il est doté d’une enveloppe de 346 millions d’euros, soit plus du double de celle allant de la période 2008-2013 (165 millions d’euros), informe un communiqué de l’UE parvenu à HPN. Il vise globalement à financer des programmes régionaux couvrant trois secteurs-clés qui sont premièrement, la coopération et l’intégration économique régionale, deuxièmement, le changement climatique, l’environnement, la gestion des risques et désastres et les énergies renouvelables, et enfin troisièmement, la criminalité et la sécurité, précise le communiqué. L’ambassadeur de l’Union euro- péenne en Haïti, M. Javier Niño Pérez, a déclaré que « l’Union européenne, en tant que partenaire régional majeur, se réjouit de pou- voir accompagner une dynamique d’intégration et de coopération régionale qui se développe. » Un budget de 102 millions d’euros est accordé au premier secteur de concentration du PIR qui est la coopération et l’intégration économique régionale. Le deuxième secteur de concentra- tion sur le changement climatique, environnement, gestion des risques et désastres et énergies renouvel- ables dispose de 61,5 millions d’euros. Enfin, les secteurs de la criminalité et de la sécurité bénéficient d’une enveloppe de 44 millions d’euros. L’UE rappelle qu’Haïti perçoit plus de 40 % des ressources du FED destinées à la région Caraïbe, soit 420 millions d’euro sur un total d’1 milliard. L es responsables du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) ont annoncé que les examens de la 9e année se tiendront du 22 au 24 juin prochain, lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux de ce ministère, le vendredi 19 juin 2015. Près de 200 millions de gourdes sont alloués à l’organisation de ces examens, y compris ceux de l’École nationale d’infirmières (ENI) et de jardinières d’enfants. Les élèves de Philo, eux, subiront leurs épreuves du 29 juin au 1er juillet. Environ 73 mille candidats participeront aux examens de la classe de Philo et 206 330 postulants pour la 9e année fondamentale (A.F.). Il convient de souligner que l’Ouest est le département qui accueillera le plus grand nombre de candidats avec un effectif estimé à environ 101 509 participants. Il est suivi du Nord-ouest avec 11 631 candidats. S’ensuivent le Nord avec 21 096 participants, l’Artibonite avec 23 589 candidats, le Centre avec 11 071 postulants. Viennent ensuite les départements de la Grand’Anse avec 6 269 candidats, du Nord- est avec 8 069 élèves, du Sud-est, 7 669 prétendants. Soulignons que le département des Nippes représente le maillon le plus faible avec un nombre estimé à environ 5 183 candidats. « Le MENFP a déjà pris toutes les mesures nécessaires en vue de faciliter le bon déroulement de ces différents examens », indique le directeur du BUNEXE (Bureau national des examens d’État), Renan Michel. Il rappelle que les directeurs des établissements ont déjà retiré les fiches d’examens et les ont déjà remis à leurs élèves. Quant aux consignes, il a déclaré qu’elles demeurent inchangées. C’est le cas par exemple du port de l’uniforme qui est toujours obligatoire aux postulants depuis tantôt deux ans, ce, pour pouvoir avoir accès aux centres d’examen. L’utilisation du téléphone portable est strictement interdite dans les centres d’examens en ce qui concerne les candidats. Il a aussi indiqué que l’usage des calculatrices programmables et de tout autre appareil de communication est formellement interdit. Monsieur Michel a en outre déclaré qu’aucun intrus n’aura accès aux sièges d’examens, y compris les agents préposés à la sécurité de ces centres, sans l’autorisation des autorités compétentes. Dans le cas contraire, ils se verront interpelés et déférés par devant les autorités judiciaires pour les suites que requiert la loi. WWW.LENATIONAL.HT 2, DELMAS 40 B EMAIL: INFO@LENATIONAL.HT PUBLICITE@LENATIONAL.HT REDACTION@LENATIONAL.HT (509) 46 11 10 10 (509) 32 14 55 54 PROPRIÉTAIRE : LE NATIONAL. SA DIRECTEUR : JEAN GARDY LORCY PUBLICITÉ: SASKIA P.L.MICHEL DIRECTION ARTISTIQUE : FABRICE LAFLEUR RÉDACTEUR EN CHEF : GARY VICTOR RÉDACTEUR EN CHEF ADJ : HENRI ALPHONSE SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : JACQUES DESROSIERS JDESROSIERS@LENATIONAL.HT CONSEILLER À LA RÉDACTION : PIERRE CLITANDRE SECTION ACTUALITÉ : LIONEL EDOUARD SECTION CULTURE : DANGELO NÉARD SECTION ECONOMIE : HENRI ALPHONSE SECTION SPORTS : GERALD BORDES SECTION SOCIÉTÉ : JOE ANTOINE JN-BAPTISTE RÉDACTEURS : NOCLÈS DEBRÉUS, CADET JEAN MICHEL, STÉPHANIE BALMIR, EDDY LAGUERRE, VANTZ BRUTUS, KENSON DÉSIR, MONDÉSIR JEAN BILLY, REYNOLD ARIS, ISABELLE THÉOSMY, WALTER CAMEAU, SCHULTZ LAURENT JUNIOR PHOTOGRAPHES : JEAN JACQUES AUGUSTIN, RUBEN CHÉRY CORRECTEURS : JEAN ERIC FOUCHÉ FRANTZ CLERGÉ GRAPHISTE : JUNIOR ADME DISTRIBUTION : SARADJINE ST-JEAN ADMINISTRATION : RACHELLE COMPÈRE Les responsables du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) ont enfin mis à l’écart les examens de la classe de la 6e année fondamentale et ceux de la Rhéto. Maintenant seuls les élèves de la 9e année fondamentale (A.F.) et de la classe de philo participent aux examens officiels. 4 | N0 22 LUNDI 22 JUIN 2015 ACTUALITÉ HAÏTI/COOPÉRATION Près de 206 330 candidats aux examens de 9e année fondamentale par Reynold Aris Haïti va bénéficier de nouveaux programmes régionaux Sources : HPN HAÏTI/EXAMENSDE9EANNÉEFONDAMENTALE
  5. 5. Durant cette période, les autorités dominicaines procéderont à l’étude des dossiers soumis pour déterminer les citoyens qui obtiendront le statut d’immigrant. Aucune précision n’a été faite sur le nombre d’haïtiens inscrits dans le plan. Plus de 300 000, en situation irrégulière, de l’autre côté de la frontière sont directement concernés. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés avait appelé le gouvernement dominicain à surseoir sur l’expulsion des dizaines de milliers de personnes (la majorité d’origine haïtienne), dont la citoyenneté a été remise en question par une décision de la Cour constitutionnelle du pays datant de 2013. Pas de déportation massive Le ministre haïtien des Affaires étrangères, vertement critiqué par les organismes de droits humains pour sa gestion du dossier et surtout son manque de connaissance de cette affaire, a informé, le vendredi 19 juin, que la République dominicaine ne fera pas de déportation massive d’Haïtiens dans les jours à venir, soulignant que seuls les sans- papiers vivant de l’autre côté de la frontière seront rapatriés. Aussi a-t-il annoncé que le gouvernement haïtien a acheminé, le jeudi 18 juin, une correspondance aux autorités dominicaines afin de fixer la date des discussions entre les deux commissions migratoires pour l’élaboration d’un protocole de rapatriement. Le ministre Renaud se fie aux déclarations et promesses de son homologue dominicain, Andres Navarro, faites récemment lors d’une rencontre bilatérale déroulée à l’hôtel Royal Oasis, à Port-au- Prince. M. Navarro aurait précisé que seuls les étrangers non-inscrits dans le PNRE seraient expulsés. Une déclaration qui contraste avec la réalité du terrain et avec le discours tenu la semaine écoulée à l’hôtel Karibe par le Premier ministre Haïtien, Évans Paul, qui avait dénoncé un double langage des dominicains qui d’un côté disent qu’il n’y aura pas de déportation et de l’autre le contraire. Le chancelier haïtien menace, au cas où la République dominicaine violerait son engagement en effectuant une expulsion massive, d’user de tous les canaux diplomatiques afin de porter les autorités dominicaines à faire machine arrière. Pourtant, Philippe Jean Thomas du Garr, avait accusé le mercredi 17 juin, lors d’une conférence de presse au Royal Oasis, le président Martelly d’avoir cassé l’élan international dans ce dossier, suite à son intervention lors de la rencontre de Punta Cana, faisant croire qu’il s’agissait d’un problème entre deux États et qu’une solution sera vite trouvée, minimisant ainsi l’ampleur du conflit. La réalité du terrain Entre-temps,surleterrain,leService jésuite aux migrants/Solidarite Fwontalye (SJM-Haïti/SFw) informe avoir reçu au cours du mois de juin 2015, au point frontalier de Malpasse, 106 migrants haïtiens et/ou d’origine haïtienne. Parmi ces citoyens déportés par les autorités dominicaines, le SJM-Haïti/ SFw a dénombré 56 hommes, 35 femmes dont 3 qui sont enceintes et 15 enfants dont 6 sont accompagnés de leurs parents. À la frontière d’Anse-à-Pitre, le SJM- Haïti/SFw a observé 220 citoyens déportés dont 130 hommes, 70 enfants et 20 femmes. Il a reçu à Belladère 318 personnes dont 149 hommes, 93 femmes et 29 enfants. Tandis qu’à Cornillon Grand-Bois, point frontalier non-officiel, le SJM- Haïti a dénombré 230 personnes déportées dont 100 hommes, 80 femmes et 50 enfants. « Nous pouvons changer ce mal- heur en opportunité », a déclaré le directeur exécutif de la Plate- forme haïtienne de plaidoyer pour un développement Alternatif (PAPDA), Camille Chalmers, concer- nant la déportation des dominicains d’origine haïtienne et des travail- leurs haïtiens qui sera effective offi- ciellement d’ici un mois. Alors que la PAPDA exprime ses indignations sur la migration, la déportation et la situation des réfugiés haïtiens en République dominicaine, son princi- pal représentant, Camille Chalmers, a fait savoir qu’on peut changer les données, même si le gouvernement est en retard dans la mise en place des mécanismes pour recevoir ces réfugiés, et même si la déportation de quelques haïtiens venus de la Répub- lique dominicaine a déjà commencé de façon officieuse. Les dirigeants haïtiens, expli- que Chalmers, n’ont manifesté aucune volonté politique pour aider, particulièrement ces travail- leurs haïtiens, soulignant que la déportation était prévisible. Car, dit-il, cette déportation avait été annoncée depuis 2013 par les responsables dominicains. Il a aussi indiqué que l’État haïtien ne doit en aucun cas recevoir les réfugiés sans avoir exigé, d’abord, le rapatriement des patrimoines des dominicains d’origine haïti- enne et le transfert de la pension des travailleurs haïtiens. De plus, poursuit-il, malgré le Plan national de régularisation des étrangers (PNRE), lancé depuis juin dernier, le gouverne- ment n’avait montré depuis lors aucune volonté pour anticiper cette déportation massive. Bien que « le PNRE soit un bluff » dit-il. Cette question de dénation- alisation, rappelle M. Chalmers, allait être posée à la réunion de la CELAC en janvier 2014, à la Havane, sur la proposition de Ralph Gonsalves, Premier minis- tre de Saint-Vincent & Grenadine, et président de la CARICOM à l’époque, paradoxalement, le gou- vernement haïtien demanda le retrait de ce point de l’agenda de la réunion. « L’un des principaux défenseurs des autorités domini- caines anti-haïtiens... c’est le gou- vernement haïtien », ajoute-t-il. Par ailleurs, le professeur Chalm- ers, voit d’un bon œil la décision du gouvernement à demander des rencontres avec la société civile sur ce sujet, même s’il la trouve très tardive. Car « le problème existe depuis deux ans », lâche-t- il avec un sourire moqueur. Si le gouvernement veut intégrer ces travailleurs dans les différents secteurs du pays, la Papda, sous cet angle, opte pour le partage culturel entre les Haïtiens et les réfugiés (ou expatriés). Selon les M. Chalmers, la culture de solida- rité sera un instrument utile pour la réintégration sociale de ces per- sonnes dans la famille haïtienne. « Cette expulsion massive peut être aussi une occasion pour stimuler la solidarité et créer des opportunités économiques à partir de cet évènement », conclut-il. LUNDI 22 JUIN 2015 N0 22 | 5 ACTUALITÉ HAÏTI/RÉPUBLIQUEDOMINICAINE » suite de la première page PNRE : le temps des bilanspar Lionel Edouard Camille Chatlemers. / wordpress.com Camille Chalmers : Le PNRE est un bluffpar Bob S. Simon La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) a clairement exprimé ses indignations sur la déportation des apatrides et des travailleurs haïtiens. Pourtant, Camille Chalmers, croit qu’on peut changer ce drame en opportunité.
  6. 6. 6 | N0 22 LUNDI 22 JUIN 2015 ACTUALITÉ ÉCHO RD, l'ONU contre l'expulsion des apatrides La population apatride en République dominicaine est estimée à plus de 200 000 personnes, les conséquences de l’expulsion pourraient être dévastatrices », c’est ce qu’a estimé Adrian Edwards, porte- parole du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) demandant à la République dominicaine de prendrelesmesuresnécessaires pour empêcher toute expulsion des « dominicains apatrides » et pour éviter de créer une nouvelle crise de réfugiés. Le HCR a offert son soutien aux autorités dominicaines pour identifier et enregistrer les individus concernés. Jean-Michaël Mémé, lauréat du Concours international génération bilingue C’est Jean-Michaël Mémé qui a remporté le premier Prix du Concours international génération bilingue « Préservons la nature ! » organisé par l’Alliance française du Cap en association avec la 3e édition du programme génération bilingue proposé par l’Institut français de Paris. Mémé a gagné ce prix pour sa créativité et la qualité artistique de son affiche. Il participe à un voyage en France du 21 au 30 juillet 2015 en compagnie des 50 autres jeunes gagnants du Concours, originaire du monde entier. Les candidats qui ont pris part à ce concours devaient réaliser une affiche et créer un slogan sur le problème de la déforestation en Haïti, accompagnée d’un texte en français présentant le problème et proposant des solutions pour stopper la déforestation. Le BCEC de Petit-Goâve rend ses verdicts Sony Dicette candidat au poste de maire adjoint et Jean Gisson candidat au poste de CASEC pour la troisième section communale de Petit-Goâve prendront part aux prochaines élections. C’est ce qu’a décidé le Bureau du contentieux électoral communal de Petit- Goâve qui a rendu récemment ses verdicts. Selon les nouvelles, Pierre Gary a contesté la candidature de Sony Dicette pour une affaire de cocaïne. Jean Baptiste Alain s’est opposé à la candidature de Jean Gisson pour absence de décharge. Le BEC a rejeté la candidature du citoyen d’Esperinis Eluid Batistin, en raison d’une absence de certificat de décharge. 206 330 candidats participent ce lundi aux examens de 9e A.F 206 330 candidats participent ce lundi aux examens de 9e A.F. Ces examens se tiennent du 22 au 24 juin. Par contre, ceux de la Philo se dérouleront du 29 juin au 1er juillet, selon les précisions de Renan Michel, Directeur du Bureau national des examens d’État (BUNEXE). Tout candidat surpris en flagrant délit de fraude ou ayant un comportement répréhensible verra sa copie annulée et s’expose à une interdiction de participer aux examens pour une durée pouvant aller jusqu’à quatre ans, a indiqué monsieur Michel Informant que 200 millions de gourdes sont allouées à l’organisation de ces examens, y compris ceux de l’École nationale d’infirmières (ENI). Petrogaz-Haïti en quête du pétrole dans trois départements La société pétrolière et gazière, Petrogaz-Haïti, a débuté vendredi les travaux d’exploration et de recherches d’Hydrocarbures en Haïti. Ces recherches s’effectuent à Ganthier dans le département de l’Ouest. Il s’agit de détecter si les sous-sols haïtiens contiennent du pétrole. Le projet estimé à 81 millions de dollars s’étend sur une période de cinq ans, ont fait savoir les responsables de Petrogaz- Haïti. Selon les informations, Petrogaz-Haïti a reçu du Bureau des mines et de l’énergie (BME) 6 permis l’autorisant à explorer 6 sites dans trois départements du pays à savoir l’Ouest, les Nippes et la Grand-Anse. L ors du Sommet UE-CELAC qui s’est déroulé à Bruxelles, les 10 et 11 juin dernier, l’Union euro- péenne et le CARIFORUM ont signé le Programme Indicatif Régional (PIR) du 11e FED (Fonds Européen de Développement). Ainsi, Haïti va bénéficier directement de nouveaux programmes régionaux qui cibleront particulièrement les relations binatio- nales haïtiano-dominicaines, le com- merce et l’environnement, a appris HPN. Le Programme Indicatif Régional (PIR) couvre la période 2014-2020. Il est doté d’une enveloppe de 346 millions d’euros, soit plus du double de celle allant de la période 2008-2013 (165 millions d’euros), informe un communiqué de l’UE parvenu à HPN. Il vise globalement à financer des programmes régionaux couvrant trois secteurs-clés qui sont premièrement, la coopération et l’intégration économique régionale, deuxièmement, le changement climatique, l’environnement, la gestion des risques et désastres et les énergies renouvelables, et enfin troisièmement, la criminalité et la sécurité, précise le communiqué. L’ambassadeur de l’Union euro- péenne en Haïti, M. Javier Niño Pérez, a déclaré que « l’Union européenne, en tant que partenaire régional majeur, se réjouit de pou- voir accompagner une dynamique d’intégration et de coopération régionale qui se développe. » Un budget de 102 millions d’euros est accordé au premier secteur de concentration du PIR qui est la coopération et l’intégration économique régionale. Le deuxième secteur de concentra- tion sur le changement climatique, environnement, gestion des risques et désastres et énergies renouve- lables dispose de 61,5 millions d’euros. Enfin, les secteurs de la criminalité et de la sécurité bénéficient d’une enveloppe de 44 millions d’euros. L’UE rappelle qu’Haïti perçoit plus de 40 % des ressources du FED destinées à la région Caraïbe, soit 420 millions d’euro sur un total d’1 milliard. HAÏTI/RÉPUBLIQUEDOMINICAINE Des milliers d'Haïtiens craignent une expulsion imminente programmes régionaux Sources : AFP Des Haïtiens font la queue devant le ministère de l’Intérieur à Saint-Domingue, en République dominicaine, pour régulariser leur situation, le 17 juin 2015. / AFP
  7. 7. L ’organisation Amnesty Interna- tional souligne un manque de mesures durables pour proté- ger les droits humains en ce qui concerne Haïti, dans un rapport 2014-2015 dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse. Des mesures durables n’ont pas été mises en place dans le pays pour éviter les expulsions forcées de personnes à l’avenir, estime Amnesty international, dans ce rapport sur la situation des droits humains dans plusieurs pays, dont Haïti. De plus, aucun recours n’a été offert par les autorités haïtiennes à ces victimes d’expulsions forcées. « La majorité des personnes déplacées, qui ont quitté les camps, l’ont fait spontanément ou après avoir reçu une allocation-logement pour une période de 12 mois », critique le rapport. Opération mise en place par le gouvernement, en vue de faciliter le relogement des familles déplacées de 6 camps de la capitale dans leurs quartiers d’origine (16 quartiers), le projet 16/6 est vu comme un outil d’instrumentalisation politique et un mécanisme pour reproduire les mêmes structures fragiles, existantes avant le tremblement de terre du 12 janvier 2010. En janvier 2015, pas moins de 80 mille personnes étaient encore sans abri, logées dans des camps, 5 ans après. En plus des expulsions dans les camps, des maisons de plusieurs propriétaires ont été démolies, en mai 2014, sur ordre du gouvernement actuel, au centre de la capitale Port-au-Prince. Des centaines de familles se sont retrouvées sans abri, rappelle l’organisation Amnesty International. « La vaste majorité des personnes touchées n’avaient pas reçu de préavis suffisant au sujet de la démolition et seule une minorité réduite de propriétaires avaient reçu une indemnisation au moment de la démolition », déplore-t-elle. Amnesty international pointe également du doigt, dans son nouveau rapport 2014-2015, les menaces et agressions subies par des défenseurs de droits humains dans l’exercice de leur métier et le manque d’indépendance du système judiciaire. En ce qui concerne ces actes, dans la plupart des cas, « les autorités n’ont pas mené d’enquêtes approfondies dans un délai raisonnable, ni fourni des mesures de protection efficaces », mentionne Amnesty International. Jusqu’à date (juin 2015), aucune information ne circule sur l’enquête concernant la mort du coordonnateur de la Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (PPOHDH), Daniel Dorsainvil, et de son épouse Girldy Larêche. Un rapport d'Amnesty International fait état d'un manque de protection des droits humains Sources : Alterpresse LUNDI 22 JUIN 2015 N0 22 | 7 ACTUALITÉ
  8. 8. 8 | N0 22 LUNDI 22 JUIN 2015 MONDE ETATS-UNIS L armes, chants et dénoncia- tion du « diable »: l’église de Charleston, en Caroline du Sud, a accueilli dimanche ses paroissiens pour un premier service religieux depuis le massacre mercredi dans cette ville des Etats-Unis de neuf Noirs abattus par un jeune supréma- tiste blanc. Cette tuerie raciste, l’une des pires de l’histoire récente des Etats-Unis, a choqué une partie de l’Amérique et relancé les contro- verses tant sur les tensions racia- les latentes que sur la législation des armes à feu ou encore sur la place du drapeau confédéré du Sud historique. Plusieurs centaines de personnes, blanches et noires, occupaient dès 09H30 (13H30 GMT) les bancs de l’Emanuel African Methodist Episcopal Church, la plus vieille église de la communauté noire de Charleston, lieu emblématique pour les droits civiques, et théâtre du bain de sang mercredi soir pro- voqué par le jeune Dylann Roof. Des centaines d’autres fidèles et badauds, principalement blancs, étaient aussi massés, faute de place, à l’extérieur de l’église, d’où ils pouvaient entendre, grâce à des hauts-parleurs, le long discours du pasteur John Gillison et les chants religieux. Une chorale de gospel a chanté plusieurs minutes face à une foule calme, parfois émue aux larmes. La cérémonie, très forte en émo- tions, a été retransmise pendant près de deux heures par les télévi- sions américaines. Le révérend Gillison a maintes fois fait référence, sans le nommer, à Dylann Roof, le tueur présumé de neufs paroissiens noirs, et qui a été inculpé et maintenu en déten- tion. Mercredi, Dylann Roof, 21 ans, s’était introduit dans une soirée de lecture biblique de l’église. Après avoir sagement assisté à une heure d’étude, le jeune homme s’était levé et a ouvert le feu, touchant à plusieurs reprises ses victimes. Le diable est rentré Les paroissiens « étaient dans la maison du seigneur, étudiant ses paroles, priant les uns avec les autres », a clamé le dignitaire reli- gieux. « Mais le diable est aussi rentré. Et il a sans aucun doute essayé de prendre le contrôle. Mais grâce à Dieu, alléluia (...) il ne pouvait pas contrôler vos fidèles. Et il ne pouvait pas s’emparer de votre église », s’est exclamé M. Gillison. Le pasteur de la paroisse, Clem- enta Pinckney, élu démocrate du Sénat de Caroline du Sud, a été tué mercredi soir, ainsi que deux hommes et six femmes, âgés de 26 à 87 ans. En mémoire aux victimes, les cloches d’une vingtaine d’églises à et autour de Charleston ont sonné, tout comme des dizaines d’autres aux Etats-Unis. Samedi déjà, plusieurs manifesta- tions avaient secoué la Caroline du Sud. Des milliers de personnes s’étaient rassemblées à Columbia, capitale de l’Etat et siège du parlement local, devant lequel flotte toujours le drapeau confédéré, symbole controversé du sud esclavagiste des Etats-Unis, défait lors de la Guerre de sécession (1861-1865). Les manifestants étaient venus exiger le retrait de ce drapeau, qui n’avait pas été mis en berne en hommage aux victimes après la tuerie, contrairement au drapeau fédéral, la bannière étoilée, ou au drapeau de la Caroline du Sud. Symbole durable de la fierté et de l’héritage du Sud pour ses partisans, le drapeau confédéré représente le racisme et la théorie de la suprématie blanche pour ses détracteurs. Une autre manifestation s’est tenue samedi soir, à Charleston, à l’appel du mouvement « Black Lives Matter » (« La vie des Noirs compte »). La découverte samedi d’un site internet attribué à M. Roof a égale- ment fourni un éclairage sur le massacre. On y voit le jeune Blanc brûler la bannière étoilée et bran- dir le drapeau confédéré, mais surtout, dans un manifeste bourré dfautes d’orthographe, justifier a priori son crime par sa haine des Noirs. Le FBI a assuré qu’il travaillait à l’authentification du site, qui, selon des médias américains, aurait été ouvert en févier au nom de Dylann Roof. Le texte en dit long sur l’état d’esprit et la motivation du jeune homme, sorti du système scolaire après la 3e et chômeur au moment des faits. « Je n’ai pas le choix (...) J’ai choisi Charleston parce que c’est la ville historique de mon Etat et qui a eu à un moment le ratio le plus élevé de Noirs par rapport aux Blancs dans le pays », peut- on lire. « Nous n’avons pas de skinheads, pas de véritable KKK (Ku Klux Klan), personne ne fait rien d’autre que de parler sur l’internet. Quelqu’un doit avoir le courage de le faire dans le monde réel et j’imagine que cela doit être moi », ajoute l’auteur avant de se lancer dans une série de diatribes rac- istes contre les Noirs “stupides et violents”. Le drame de Charleston a égale- ment provoqué la colère du pré- sident Barack Obama qui a de nouveau réclamé de légiférer sur les armes. Endeuillée, l'église de Charleston dénonce la tuerie du « diable »Sources : AFP L’église de Charleston a ouvert ses portes pour un premier service religieux depuis la tuerie de mercredi. / Photo : DAVID GOLDMAN / POOL / AFP
  9. 9. LUNDI 22 JUIN 2015 N0 22 | 9 MONDE ISRAËL/PALESTINE MEXIQUE Dix morts lors d'une fusillade près de Monterrey Sources : AFP E n tournée au Proche-Orient, Laurent Fabius compte relanc- er les discussions entre Israël et la Palestine. Le ministre des Affaires étrangères français reproche à l’Etat hébreu son occupation de la Cisjordanie. Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a entamé samedi une tournée au Proche-Orient, où il veut relancer des négociations israélo-palestiniennes moribond- es, en estimant que la poursuite de la colonisation en Cisjordanie occupée faisait reculer les espoirs de paix. Reprendre les pourparlers israélo- palestiniens interrompus depuis plus d’un an sous une égide internationale et dans un calen- drier précis: telle est l’ossature du projet qu’entend défendre le ministre français au cours de son quatrième voyage dans la région depuis 2012. « Il faut que la sécu- rité d’Israël soit assurée complète- ment, c’est tout à fait essentiel, » a annoncé d’emblée Laurent Fabius au Caire, ajoutant immédiate- ment: « il faut en même temps que les droits des Palestiniens soient reconnus, parce que s’il n’y a pas de justice, il n’y a pas de paix. Et de ce point de vue-là, quand la colonisation avance, la solution des deux Etats recule ». Pas d’illusions Cette dernière phrase, la veille de son arrivée à Jérusalem, est un pari risqué pour la réussite de son périple, en Egypte, en Jor- danie, dans les Territoires pales- tiniens puis en Israël, tant le sujet déclenche d’ordinaire les foudres de l’Etat hébreu, qui poursuit sa politique de construction de nou- veaux logements en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem- Est. La communauté internationale considère cette colonisation comme illégale et un obstacle majeur à la reprise du processus de paix. « Ce n’est pas la seule pierre d’achoppement mais, si on veut la solution de deux Etats, la seule praticable, comme le reconnaissent d’ailleurs les deux parties, la colonisation, si elle se développe, risque de rendre impossible physiquement cette solution », a développé plus tard le ministre des Affaires étrangères. Il doit se rendre dimanche à Amman, puis à Ramallah, Jéru- salem et Tel Aviv. Pour autant, Paris ne se berce pas d’illusions sur les résultats de cette tournée. L’idée est de pouss- er à une reprise des négociations, mais « on en est loin aujourd’hui », concède un diplomate français déplorant une « inertie mortifère ». Le contexte n’est pas favor- able: le Premier ministre Benja- min Netanyahu dirige depuis mai un des gouvernements les plus à droite de l’histoire d’Israël, une coalition fragile dont une partie pousse à l’accélération de la colonisation, certains ministres s’étant prononcé contre la solu- tion à deux Etats. Côté palestinien, le président Mahmoud Abbas, affaibli, fait face à une crise politique et n’a pu mener à bien la réconciliation entre son parti le Fatah, au pouvoir en Cisjordanie, et les islamistes du Hamas, qui dirigent la bande de Gaza. L’activisme de la France sur la question israélo-palestinienne, qui relève du pré-carré améric- ain, s’est réveillé après l’échec, en avril 2014, d’une médiation de neuf mois du secrétaire d’Etat John Kerry. Ne rien faire conduirait à l’embrasement L’idée principale, « c’est qu’il faut que les parties reprennent les négociations », a martelé Laurent Fabius au Caire. « Il ne s’agit pas de faire la paix sans les parties, il s’agit d’inciter les par- ties à faire la paix », a-t-il pour- suivi. « Depuis 40 ans, il y a eu parfois des négociations mais elles n’ont jamais abouti, donc il faut sans doute réfléchir à un certain nombre d’adaptations de la méthode », estime le ministre français. Il a proposé samedi à la Ligue arabe, qui siège au Caire, la « création d’un comité interna- tional de soutien » aux négocia- tions, comprenant « les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et des représentants de l’Union européenne et des pays arabes ». « Et puis il faut enfin que, le moment venu, tout cela soit enté- riné par la communauté interna- tionale et pourquoi pas par une résolution des Nations unies », a plaidé le chef de la diploma- tie française, concluant: « dans tous les cas nous pensons que ne rien faire ce serait prendre le risque de l’enlisement et de l’embrasement ». Un projet de résolution nécessite cependant l’aval des Etats-Unis. Or, une résolution palestinienne présen- tée au Conseil de sécurité et soutenue par la France, prévoy- ant un accord de paix dans les 12 mois ainsi que le retrait israélien des Territoires occupés avant fin 2017, avait échoué fin décembre, certains des membres, dont les Etats-Unis, ayant voté contre. « Cela ne sert à rien de proposer une résolution qui se heurterait à tel ou tel veto », a ainsi estimé Laurent Fabius. Mais Paris veut croire que de récentes déclarations américaines assurant que Washington pourrait réévaluer sa position de soutien indéfectible à Israël à l’ONU, « est une ouverture inédite qu’il faut exploiter ». Laurent Fabius reproche à l'Etat hébreu d'empêcher la paix Sources : LEXPRESS.fr avec AFP Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. / Photo: afp.com/ FRANCOIS GUILLOT. D ix personnes ont été tuées vendredi lors d’une fusillade dans un entrepôt de bière, près de Monterrey, dans le nord du Mexique, selon les autorités locales. Plusieurs hommes armés sont arrivés à bord de deux véhicules et ont ouvert le feu sur des per- sonnes à l’intérieur de ce local, vers 20h00 GMT, dans la ville de Garcia, selon le procureur de l’Etat de Nuevo Leon, Javier Flores. Les autorités privilégient la piste d’un règlement de compte entre deux bandes criminelles selon le procureur, qui a précisé que sept kilos de marijuana avaient été retrouvés sur place. Sept personnes sont mortes durant l’attaque et trois ont succombé à leurs blessures à l’hôpital, selon M. Flores. Plusieurs des victimes ont été retrouvées nues ou à moitié nues, a-t-il précisé. Des enquêteurs, sous couvert d’anonymat, ont indiqué que d’anciens membres du cartel des Zetas utilisaient ce lieu pour organiser leur trafic. La police locale avait dans un premier temps décrit l’endroit comme un bar. La ville de Garcia (145 000 habitants) est le fief du nouveau gouverneur de l’Etat de Nuevo Leon, Jaime Rodríguez alias « El Bronco » (« La grande gueule »). Jaime Rodríguez est devenu le premier gouverneur indépendant de l’histoire du Mexique lors des élections locales et législatives du 7 juin dernier. Sa lutte contre le cartel des Zetas, lorsqu’il était maire de Garcia, lui a valu une grande popularité dans la région. « El Bronco » affirme avoir survé- cu à cette époque à deux tenta- tives d’assassinat. Sa fille, alors âgée de 2 ans, aurait par ailleurs été brièvement enlevée. Le leader du cartel des Zetas, Omar Trevino, alias « Z-42 », a été arrêté en mars dernier dans la banlieue de Monterrey. Son groupe criminel est notam- ment accusé d’avoir incendié en 2010 le casino de cette ville, pro- voquant la mort de 52 personnes. Situé à la frontière avec les Etats-Unis, le riche Etat indus- triel de Nuevo Leon est le théâtre d’affrontements violents entre les cartels pour le contrôle des routes de la drogue.
  10. 10. 10 | N0 22 LUNDI 22 JUIN 2015 ÉCONOMIE INVESTISSEMENTSPRODUCTIFS Déportation : convertir la contrainte en opportunité Par Henri Alphonse Convertir nos échecs en opportunités. / Photo: © Bilongo. C es déportés - doit-on le rap- peler- il faudra les accueillir, les loger, les nourrir. Les nour- rir sera le défi le plus grand. Mais l’insécurité alimentaire, déjà, bat son plein dans le pays. D’aucuns préconisent la mise en place d’un dispositif de production agricole sur les lieux mêmes des campements à installer. D’autres plaident plutôt en faveur d’une démarche inclusive, conforme à la stratégie paysanne de survie, et qui résiliente, entend mettre toutes les chances de son côté. Or, il se trouve que la majorité des déportés sont devenus, par la force des choses, des experts en production agricole et en élevage. « Donnez-moi un point d’appui - aurait dit Archimède - et je soulèverai le monde ». Autrement dit, peu importe l’option retenue, donnez aux déportés - à ceux et celles qui le veulent - l’opportunité d’évoluer dans les meilleurs con- ditions d’investissements et leur productivité atteindra des som- mets insoupçonnés. On pourrait ainsi rappeler la circu- laire du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), le 30 octobre 2013, créa l’Unité de promotion de l’Investissement privé dans le secteur agri- cole (UPISA), dans un souci de cohérence et dans la poursuite de son principal objectif pour « améliorer la capacité du MARNDR à répondre aux besoins, attentes et aspirations des petits, moyens et grands entrepreneurs agricoles et agro-industriels ». Ce premier objectif stratégique une fois atteint, l’UPISA se chargerait de « la propulsion de l’engagement du MARNDR dans le secteur avec une culture de com- munication, d’information, et de coopération avec le secteur privé », deuxième phase d’un chemine- ment sinueux – et c’est le moins qu’on puisse dire – vers une agri- culture soucieuse de « jouer son rôle de levier pour le développe- ment socio-économique, l’entité créerait le dispositif d’attraction des investissements ». Tout un programme. Déjà, après le séisme du 12 janvier 2010, le ministère de l’Agriculture avait élaboré le Plan national d’investissement agricole 2010- 2016 dans la perspective – préten- dait-on – « d’une synergie (utile) entre le ministère et un ensemble de partenaires représentatifs du secteur agricole haïtien ». Ce plan représenterait une con- tribution importante à la mise en œuvre des grands chantiers définis par le gouvernement dans le Plan d’Action pour le relève- ment et le développement d’Haïti rédigé après le séisme du 12 jan- vier 2010. Des données convaincantes L’annexe 9 de ce plan axé sur la production et le développement des filières, se décline par la composante « Intégration de la production locale dans les opéra- tions humanitaires et de dével- oppement (achats locaux) » Pour justifier cette option, la néces- sité d’augmenter l’offre alimen- taire du pays, particulièrement à un moment où le nombre de bouches à nourrir est suscep- tible d’augmentation. L’offre ali- mentaire du pays, constatent les auteurs de ce Plan, est assurée par trois sources: la production natio- nale, les importations et l’aide ali- mentaire. Les importations sont la princi- pale composante de cette offre. Haïti reste un importateur net de biens alimentaires. Entre 2003 et 2005, la production nationale comptait en moyenne pour 43% des disponibilités alimentaires, tandis que les importations ali- mentaires se maintenaient à hau- teur d’environ 51% et l’aide ali- mentaire autour de 6%. À titre de comparaison, précisent- ils, en 1981 la part des importa- tions dans la disponibilité alimen- taire haïtienne n’atteignait pas 19%. La majorité de la popula- tion fait face depuis longtemps à un problème alimentaire grave et chronique. La phase critique a déjà été atteinte depuis plus d’une quinzaine d’années. L’indice global de sécurité alimentaire (IGSM) calculé pour la période 1991-93 était de 26,5 contre 67,5 pour 1988-1990, ce qui traduit une chute brutale attestant le pas- sage d’une phase intermédiaire à une phase extrêmement critique. Et de conclure : les principales informations quantitatives issues d’estimations effectuées à partir de trois enquêtes de base révèlent qu’un haïtien sur deux vit dans l’extrême pauvreté (avec moins de 1USD par jour), que la moitié de la population n’a pas accès à la ration alimentaire minimale établie par la FAO (225 kg d’équivalent céré- ales/an/habitant) et que 80% des ménages déclarent ne pas satis- faire adéquatement leurs besoins alimentaires. Deux ans plus tard, les respon- sables du MARNDR entreprennent de sortir l’UPISA de sa léthargie. Trois ateliers et plus de 7 réunions de travail qui ont permis de présenter, le jeudi 11 juin écoulé, un plan stratégique échelonné sur une période de trois ans (2015- 2018). L’Unité de promotion de l’investissement privé dans le secteur agricole aura donc survé- cu à toute cette période pour renaitre de ses cendres. Elle se prépare à œuvrer dans le sens de « l’amélioration des capacités du MARNDR à répondre aux besoins, attentes et aspirations des petits, moyens et grands entrepreneurs agricoles et agro-industriels ». Et s’il faut s’attendre à une aug- mentation d’environ 400 000 bouches supplémentaires à nour- rir, le moins qu’on puisse faire est de penser global et d’agir locale- ment. wEn d’autres termes, convertir ce défi en opportunité d’amorcer une véritable augmentation durable de la productivité de l’agriculture haïtienne. La déportation programmée vers Haïti de dizaines de milliers de migrants et de Dominicains d’ascendance haïtienne et leur hébergement - tout aussi programmé - dans les dunes de Fonds-Parisien par l’État haïtien préfigure l’ouverture, une fois de plus, de l’énième débat autour des conditions minima d’investissements productifs viables en milieu rural haïtien.
  11. 11. LUNDI 22 JUIN 2015 N0 22 | 11 ÉCONOMIE L e coût net des enfants est plus élevé pour le parent qui n’en a pas la garde, en général le père, observe France Stratégie qui propose un système pour “mieux” partager les charges liées aux enfants. France Stratégie a publié, jeudi 18 juin, une note de synthèse consacrée au partage des charges liées aux enfants après un divorce ou une séparation. Il en ressort que les deux parents perdent en niveau de vie, mais que le coût net des enfants est plus élevé pour celui qui n’en a pas la garde une fois les aides ajoutées et les impôts déduits. Un vrai phénomène de société puisque chaque année plus de 150.000 couples avec enfants mineurs se séparent, ce qui donne lieu à un contentieux important surtout pour déterminer le mon- tant de la pension alimentaire. C’est presque toujours le verse- ment de ladite pension alimen- taire qui répond aux exigences de l’article 371-2 du code civil selon lequel “chacun des parents con- tribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant”. Il s’agit bien des charges directe- ment liées aux besoins vitaux de l’enfant (nourriture, logement, etc) et non d’une prestation com- pensatoire qui permet de “com- penser la disparité que la rupture du mariage a créé dans les condi- tions de vie respective” des deux ex-époux. Les pères sont les perdants Dans les faits, la pension alimen- taire est en général versée par le père. En effet, les affaires passées devant un juge en 2012 ont abouti à ce que 73% des enfants résident chez leur mère, 17% en résidence alternée et 10% chez leur père. Pour aider à évaluer le montant de cette prestation, le ministère de la Justice a établi un barème indicatif en 2010. La pension y est calculée comme une proportion du revenu du parent non gardien qui dépend du mode de garde et du nombre d’enfants. Avec un enfant, son montant est évalué à 18% des revenus du parent non gardien dans le cas d’une garde réduite (où le parent ne voit quasiment pas son enfant) ; à 13,5% dans le cas d’une garde classique (un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires) ; et à 9% en cas de garde alternée. “Ce barème n’est comme son nom l’indique, qu’indicatif, insiste Me Laurence Mayer, avocate au barreau de Paris spécialisée en droit de la famille. La cour de cassation a d’ailleurs sanctionné une décision qui ne s’était basée que sur le barème pour déterminer le montant de la pension”. (Cour de cassation 23 octobre 2013, 1ère chambre civile) “C’est le travail des conseils et des juges de gérer leurs dos- siers avec la minutie nécessaire pour déterminer les montants à verser le plus en corrélation avec la réalité et les possibilités de chacune des parties”, ajoute l’avocate. Sachant qu’avec ou sans enfants, la vie de couple permet en effet de mettre en commun revenus et dépenses et de béné- ficier d’économies d’échelle qui disparaissent avec la séparation. Un barème rarement appliqué par les juges France Stratégie a comparé les montants décidés par les juges avec ceux qui découleraient d’une application du barème. L’organisme de réflexion et de recommandations au gouverne- ment, rattaché à Matignon, est parti du postulat que sur les 126.000 décisions rendues par les juges des affaires familiales en 2012 et qui concernent 200.000 mineurs: - pour un quart d’entre elles (32% des enfants), aucune contribu- tion n’a été fixée (pour la grande majorité, il s’agit des cas de rési- dence alternée et de résidence habituelle chez le père). - pour l’ensemble des pensions alimentaires versées, le montant moyen s’élève à 170 euros par mois et par enfant. Mais les auteurs de l’étude ont remarqué que les montants fixés par les juges sont en moyenne légèrement inférieurs à ceux qui découleraient du barème. Face à cela, Madhi Ben Jelloul et Pierre- Yves Cusset proposent trois pistes pour coller davantage à la réalité: - de modifier la législation socio- fiscale pour qu’elle s’adapte mieux à la situation des parents séparés, notamment des plus démunis. “Par exemple, en donnant une part fiscale au parent non gardien ou en instaurant des allocations loge- ment pour le parent non gardien”, note Pierre-Yves Cusset. L’un des enjeux serait que les parents non gardiens puissent exercer leur droit de visite et d’hébergement dans de bonnes conditions. - de modifier la table de référence pour le calcul des pensions ali- mentaires pour avoir une méthode de calcul en cohérence avec un critère d’équité accepté. - a minima, de proposer aux juges et aux parents un outil permettant de simuler la situation financière des deux ménages issus de la séparation, en intégrant l’impact du système socio-fiscal. France Stratégie et Etalab ont d’ailleurs développé un logiciel de micro- simulation OpenFisca qui répond à l’ensemble de ces critères. Ce système applique le barème de la Chancellerie pour la pension ali- mentaire mais prenant en compte les effets des économies d’impôts et prestations sociales liées aux enfants. S’il est consultable en ligne, cet outil n’est pas vraiment adapté au grand public en ce sens qu’il ne permet pas de faire les com- paraisons nécessaires à chaque situation, les utilisateurs devant faire plusieurs manipulationscor- respondant aux situations de par- ents en couple, parent divorcé avec garde, etc. “Pour l’heure, c’est une sorte de base”, indique Pierre-Yves Cusset qui s’en est servi pour détailler un certain nombre de situations: Pour un couple où chacun des par- ents gagne 1,5 Smic et qui a deux enfants de moins de 14 ans en garde “classique”, le parent ayant la garde de l’enfant bénéficie d’un avantage socio-fiscal de 4.225 euros, alors que le parent non gardien ne bénéficie que de 557 euros, correspondant à la déduc- tion de la pension alimentaire de ses revenus imposables. Lorsqu’ils vivaient en couple, les parents consentaient à eux deux un sacrifice de niveau de vie de 23% par rapport à une situation sans enfants. Après la séparation, toujours en garde classique, ce sacrifice est de 23% pour le parent gardien et 31% pour l’autre parent. En garde alternée, il est de 4% pour le parent bénéficiant de la pension alimentaire et de pres- tations sociales ne pouvant faire l’objet d’un partage (allocation de rentrée scolaire par exemple), et de 31% pour l’autre. Comment fixer la pension alimentaire pour un enfantSources : challenges.fr LÉGISLATIONSOCIO-FISCALE Comment fixer la pension alimentaire pour un enfant.
  12. 12. Les inégalités entre riches et pauvres au plus haut depuis 30 ans dans l'OCDE Source : AFP ” Nous avons atteint un point critique. Les inégalités dans les pays de l’OCDE n’ont jamais été aussi élevées depuis que nous les mesurons”, a déclaré le Secré- taire général de l’organisation, Angel Gurría, en présentant le rapport, à Paris, au côté de Marianne Thyssen, Commissaire européenne à l’emploi. Aujourd’hui, dans la zone OCDE qui regroupe 34 pays, les 10% les plus riches de la population ont un revenu 9,6 fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres, alors que la proportion était de 7,1 fois dans les années 1980 et 9,1 fois dans les années 2000, selon un nouveau rapport de l’Organisation de coopération et de développe- ment économiques (OCDE) publié jeudi. Les inégalités sont encore plus criantes en termes de patri- moine, souligne le rapport. “En ne s’attaquant pas au prob- lème des inégalités, les gouverne- ments affaiblissent le tissu social dans leur pays et compromettent leur croissance économique à long terme”, a-t-il ajouté. On estime que la montée des iné- galités, entre 1985 et 2005, dans les 19 pays de l’OCDE analysés, a amputé la croissance de 4,7 points de pourcentage en cumulé entre 1990 et 2010. Pour réduire les inégalités et stim- uler la croissance, l’OCDE recom- mande aux gouvernements de pro- mouvoir l’égalité entre hommes et femmes en matière d’emploi, d’élargir l’accès à des emplois plus stables et d’encourager les inves- tissements dans l’éducation et la formation tout au long de la vie active. Entre 1995 et 2013, plus de la moitié des emplois créés dans les pays de l’OCDE étaient à temps partiel, sous contrat à durée déter- minée ou relevaient de travailleurs indépendants. Plus de la moitié des emplois tem- poraires étaient occupés par des moins de 30 ans. Quant aux femmes, leur probabil- ité d’occuper un emploi rémunéré est inférieur de 16% à celle des hommes et leurs rémunérations restent inférieures de 15% à celles des hommes. Les inégalités dans les pays de l’OCDE sont le plus marquées au Chili, au Mexique, en Turquie, aux Etats-Unis et en Israël, et le moins au Danemark, en Slovénie, en République slovaque et en Nor- vège. Elles sont plus importantes encore dans les grandes économies émer- gentes mais se sont réduites dans certains pays, notamment au Brésil, souligne le rapport. La redistribution par le biais de l’impôt est aussi un moyen efficace de réduire les inégalités, selon le rapport, qui relève que l’efficacité des mécanismes de redistribution s’est amoindrie dans de nombreux pays ces dernières décennies. Les politiques publiques doivent garantir que les plus riches, mais aussi les entreprises multination- ales, paient leur part de la charge fiscale, souligne l’Organisation. ÉTATS-UNIS 12 | N0 22 LUNDI 22 JUIN 2015 ÉCONOMIE Les inégalités ont atteint des niveaux record dans la plupart des pays de l’OCDE et restent plus élevées encore dans beaucoup d’économies émergentes, selon un rapport de l’organisation qui relève en particulier les écarts entre hommes et femmes. La Réserve fédérale américaine moins optimiste pour 2015Source : AFP L a réunion du comité de poli- tique monétaire de la Fed n’a pas débouché sur une hausse des taux. Celle-ci a revu ses projections macro-économiques pour 2015 à la baisse. AToujours pas de hausse des taux mais quelques indications sur les perspectives des prochains mois. «L’activité économique s’est dével- oppée de façon modérée après avoir stagné au premier trimes- tre. Les créations d’emplois ont augmenté mais le taux de chô- mage est resté stable», a expliqué la Réserve fédérale américaine, pour justifier le maintien des taux à leur niveau actuel. Ses nouvelles projections mac- roéconomiques pour le reste de l’année, moins optimistes que celles de mars, expliquent en partie sa prudence. Elle a tenu compte du coup de froid sur l’économie américaine en début d’année et prévoit que le PIB ne progressera que de 1,8 % à 2 % sur un an au dernier trimestre 2015 (contre 2,3 à 2,7 % lors de ses dernières prévi- sions). Le taux de chômage devrait quant à lui s’établir entre 5,2 % et 5,3 % (contre 5 à 5,2 % précédem- ment). «Le comité veut voir des preuves tangibles d’amélioration avant de juger opportun de relever les taux», a insisté Janet Yellen. Ses projections pour 2016 et 2017 sont en revanche inchangées. Hausse très graduelle La majorité des économistes parient actuellement sur un relèvement des taux en septem- bre, ces derniers ayant été main- tenus proches de zéro depuis l’éclatement de la crise en 2008. Une hausse cette année reste très probable, 15 des 17 membres du comité de politique monétaire étant favorables à un geste dans l’année. Mais celui-ci sera sans doute plus modeste qu’attendu : le comité de politique monétaire situe l’évolution des taux entre 0,25 % et 1 % d’ici à la fin de l’année. Plus aucun membre du comité ne table sur des taux au-dessus de 1 % cette année, alors qu’ils étaient encore quatre en mars.« Nous tablons toujours sur une première hausse en septembre, affirme Satyam Panday, économiste chez Stan- dard & Poor’s. La Fed est restée prudente car elle veut préparer les marchés à une hausse très gradu- elle, mais ses prévisions montrent qu’elle voit le mauvais démarrage de début d’année comme un point très conjoncturel». Toute hausse éventuelle sera graduelle La succession d’indicateurs pub- liés ces derniers mois a en effet soufflé le chaud et le froid, retar- dant une décision de politique monétaire que beaucoup atten- daient à l’été. Le mauvais démar- rage de l’économie américaine – avec un PIB en recul de 0,7 % au premier trimestre – ainsi que la faiblesse persistante de l’inflation (0,1 % en avril) ont même conduit le FMI, il y a dix jours, à plaider en faveur d’une hausse en 2016 plutôt que cette année.Depuis, les bons chiffres des créations d’emplois en mai ont quelque peu rassuré et de nombreux écono- mistes estiment désormais que le ralentissement de début d’année était temporaire. Très prudente, Janet Yellen s’est toutefois bien gardée de donner un calendrier, s’en remettant inlassablement aux indicateurs de conjoncture pub- liés d’ici là. «Le comité n’a pris aucune déci- sion sur le moment approprié, a-t-elle répété. Cela dépendra des données macro-économiques des prochains mois. » Toute hausse éventuelle sera « graduelle », et ne suivra aucun «schéma méca- nique ». Et même après une première hausse, la politique monétaire pourrait rester « très accommodante pendant un bon moment». La redistribution par le biais de l’impôt est aussi un moyen efficace de réduire les inégalités. / Photo : © John Kuczala via Getty Images.
  13. 13. LUNDI 22 JUIN 2015 N0 22 | 13 SOCIÉTÉ S elon le maire Anthony Josaphat, plus d’un millier d’enfants ne détiennent pas de documents d’identification dans sa commune. Une enquête réali- sée en début d’année a permis d’en identifier plus de 700 non enregistrés au bureau de l’État civil de Plaisance ou sans actes de naissance. «Unesituationalarmantequibloque l’accès à l’éducation, à l’obtention de documents de voyage et qui, de surcroit, rend les enfants plus vulnérables à la traite », a déploré Yves-Gérard Olivier, directeur adjoint du Projet HPP AKSE qui apporte un soutien technique à la mise en place d’une base de données permettant à la mairie de mieux orienter ses interventions futures, ainsi que dans la mise sur pied d’un comité mixte de suivi société civile/autorités locales pour proposer et mettre en œuvre des solutions structurelles et durables. Melissa Rosser, directrice du Bureau de démocratie et gouvernance à l’USAID s’est félicitée de la synergie réalisée entre les différents acteurs étatiques en vue d’offrir un service qui concoure à la protection des enfants. Le représentant du ministère de la Justice, Me Jean Robert Taccyl a rappelé à la population de Plaisance que par décret présidentiel en date du 16 janvier 2014 (effectif jusqu’au 16 janvier 2019) toute personne âgé de 25 mois et plus doivent obtenir gratuitement leur acte de naissance. Il en a profité pour demander aux parents de porter plainte au Parquet si jamais un officier d’État civil ou clercs exigeaient un quelconque frais. Et pour ceux qui auraient déjà été victimes d’abus de la part de ces derniers M. Taccyl les a invités à venir le voir personnellement pour porter plainte. Pour les enfants de moins de 25 mois, il a rappelé aux intéressés que les frais pour l’obtention de l’acte de naissance ne doivent, en aucun cas, dépasser 50 gourdes. Le représentant du ministère de la Justice a fait ces déclarations dans l’espoir de couper court aux mauvaises pratiques courantes dans les régions reculées du pays. Pour marquer son intérêt pour le projet de promotion du droit à l’identité M. Sony Aurélien, représentant du ministère des Affaires Sociales a révélé qu’il était lui-même une victime et que c’est suite à un jugement qu’il a pu obtenir un document en bonne et due forme. Il a rappelé que le projet va continuer jusqu’à ce que chaque enfant ait un acte de naissance. Pour les enfants qui reviennent de la République dominicaine M. Aurélien a rappelé qu’ils peuvent aussi pleinement profiter des dispositions du décret du 16 janvier 2014.Selon l’enquête mortalité, morbidité et utilisation des services du ministère de la Santé publique (EMMUS V, 2012) les données à l’échelle nationale révèlent que pour huit enfants sur dix, la naissance a été enregistrée à l’État civil. Cependant seulement 73% des enfants haïtiens ont effectivement reçu leur acte de naissance. Et les communautés rurales sont beaucoup plus affectées. Comme causes, les Officiers d’État civil avancent que le ministère de la Justice n’envoie pas à temps, ou en quantité suffisante les registres et les formulaires de naissances. Ils dénoncent aussi un personnel insuffisant ou incompétent et plaident pour avoir plus de clercs formés en support. « J'ai enfin reçu mon acte de naissance à l'âge de 16 ans »par Vantz Brutus HAÏTI/PLAISANCE/DROITÀL’IDENTITÉ Louisemica Similien. / Photo: Louisemica Similien a obtenu son acte de naissance à l’âge de 16 ans. C’est le maire de la ville qui le lui a remis en compagnie de représentants du ministère de la Justice, des Affaires Sociales, de plusieurs officiers d’État civil du département du Nord, des membres de Casec et Asec, des représentants de l’USAID et de HPP AKSE partenaires de mise en œuvre d’un projet pilote de promotion du « droit à l’identité » dans la commune de Plaisance. Louisemica fait partie des 200 enfants qui ont reçu, le 18 juin, ce document d’identité grâce à une coordination accrue entre les différents acteurs impliqués.
  14. 14. 14 | N0 22 LUNDI 22 JUIN 2015 SOCIÉTÉ Diable à morne Tapion : vérité, mythe ou mensonge ?Par Ritzamarum Zetrenne Y a-t-il un diable à morne Tapion qui provoque les accidents de la circulation ? Situé à l’entrée de la commune de Petit-Goâve, morne Tapion est l’un des endroits du pays les plus réputés pour les accidents de la circulation. Les accidents y sont tellement fréquents qu’on explique cela par l’existence d’un éventuel diable qui sortirait à besoin pour étancher sa soif de sang. Y a-t-il réellement un diable à morne Tapion ? 1 3 avril 2015. Je suis en bus pour rentrer à Port-au-Prince. Arrivé à morne Tapion, la cir- culation est bloquée. Tout le monde descend. Voir ce qui se passe est la seule motivation des passag- ers. Moi aussi. Une dame est passée à côté du bus : « mezanmi !! O ! O ! ». Elle geint. Je comprends tout, surtout quand elle ajoute : « gade moun ki gaspiye ». Il y a un accident. Plusieurs dizaines de blessés. Environ 8 morts. Tragique. Face à cette scène, il y a une voix qui vient détourner toute mon attention et m’emmène dans un autre temps : « djab sa a p ap janm fin bwè san mezanmi ! ». C’est une quinquagénaire qui a certaine- ment vu beaucoup d’accidents de la sorte se produire au morne meurtrier. Sa déclaration me rappelle toutes ces fois que l’on m’a raconté cette histoire quand j’étais enfant. Morne Tapion a un diable, et c’est bien sûr ce dernier qui provoque autant d’accidents en ce lieu. Comme tout bon mythe, celui-ci se renouvelle continuellement comme pour dire « ce qu’on dit n’est pas faux ». Un jeune raconte ce que lui a dit un vieillard concernant morne Tapion : « un gros serpent est apparu dans la rue alors qu’un homme gravit le morne. Ce derni- er a vite brandi son mouchoir rouge, pris sa bouteille de rhum et versé 3 coups par terre. Puis le serpent est reparti et l’homme a poursuivi son chemin ». « Cet homme connait bien le diable du morne », explique le vieillard au jeune. Cela dit, les accidents se produisent parce que les chauf- feurs ne respectent pas tous le diable qui habite la montagne. Histoires vraies ? Anecdotes ? Je sais seulement que « ces trucs » marchent ! Beaucoup se rappel- lent encore quand ils eurent à escalader morne Tapion pour la première fois. Cette impression d’avoir à dire « bonjou tonton djab » qui débouche sur une soif de dormir tout le long du voyage. Ou encore cette envie de crier comme un fou une fois arrivé au pied du morne « djab, m pa pè w ». Le mythe est bel et bien présent encore aujourd’hui. « Bizarre- ment beaucoup de ces accidents se produisent à la période pascale », m’ont fait remarquer certains habitants de la zone. « Djab la gen lè l pou l manje », disent-ils. Mais est-ce qu’en plein 21e siècle, l’on doit encore expliquer les phénomènes par des mythes ? Ne devrait-on pas de préférence cher- cher des explications rationnelles aux phénomènes qui marquent notre quotidien ? Les mythes semblent nous décharger de notre responsabilité dans ce qui arrive. S’il y a un diable qui provoque les accidents, aucun haïtien n’est responsable des victimes du morne Tapion. Mais, et si c’était vrai ? Bien sûr que c’est vrai. Il y a un diable à morne Tapion, du moins des diables. Voyons ça ! On a déjà mentionné l’accident du 13 avril de cette année. Mais on n’en a pas encore mentionné la cause. Tous ces gens ont été tués parce qu’un camion voulait dou- bler un autre. Ils ont finalement fait une collision. 9 septembre 2014. Un autre accident à morne Tapion a tué 23 personnes et a fait 37 blessés. Un bus faisant le trajet Port-au-Prince/Jérémie a dévalé une colline puis s’est ren- versé dans un ravin après que ses freins aient lâché. L’on sait tous que ces bus transportent autant de personnes que de sacs. 7 avril 2012. Un accident a fait une trentaine de morts et 40 blessés. Causes : encore les freins. Le bus qui devait se rendre à Saint-Louis du Sud bondé de personnes et de produits de toute sorte s’est ren- versé alors qu’il défilait à grande vitesse. Pas besoin d’en citer plus. L’essentiel est de constater que tous ces accidents sont produits par presque les mêmes causes : collision, freins, soubresaut… Alors, je dis oui, oui il y a un diable. Mais ce diable n’habite pas morne Tapion. Ce diable habite les autorités, mais aussi les chauf- feurs. Ce diable, c’est bien sûr l’indifférence et la négligence. Indifférence de nos autorités qui n’ont jamais pris des mesures pour diminuer le nombre d’accidents sur nos routes, pas seulement à morne Tapion. Négligence de nos chauffeurs qui ne vérifient pas leurs camions avant de prendre la route. Tuez ce diable, en fait ces diables, et je parie que morne Tapion ne fera plus de victimes. HAÏTI-CIRCULATION Vue partielle du morne-tapion. / Photo : haiti.ikaly.htZ Morne tapion.
  15. 15. LUNDI 22 JUIN 2015 N0 22 | 15 SOCIÉTÉ P ar comparaison aux généra- tionsprécédentes,l’onnepeut plus nier ce brusque change- ment qui s’opère dans la vie amoureuse des jeunes d’aujourd’hui. L’on a comme l’impression que tout est lié aux conjonctures politiques du pays, et que, trente ans plus tard, nous sommes en train de vivre ce que l’on pourrait appeler une véritable « révolution » sur le plan sentimental, chambardant ainsi nos mœurs et nos us d’antan. Les plus conservateurs, les nostalgiques diront que nous nous convergeons tout droit vers l’effritement de nos valeurs, lesquelles constituaient, jadis, tout ce qui nous restait de dignité humaine. Il n’est plus question aujourd’hui d’écrire des lettres ou des poèmes pour celui qui souhaite conquérir le cœur de sa dulcinée. Il sera vu comme un « mawozo », un pantin, le jeune qui envisage d’inviter sa copine à dîner, au cinéma ou à un quelconque endroit où ils profiteraient de bons moments d’intimité. Les bouquets de fleurs, les cartes de vœux, ne sont plus à l’ordre du jour, même durant les périodes de la Saint-Valentin. À entendre nos aînés, tout est pra- tiquement beaucoup plus facile qu’auparavant : « Autrefois, pour séduire une jeune femme, cela prenait des mois et même des années avant d’y parvenir, racon- te, le visage empreint de nostalgie, un père de famille d’un certain âge. Et maintenant, un simple flirt de quelques heures suffit à satisfaire des désirs oh combien éphémères ! ». Sommes-nous plus habiles dans l’art de la séduction ? Pas certain que les réponses feront l’unanimité. Blòdè pa nan bese triye sa l jwenn li pran Ce slogan à succès était fredonné sur toutes les lèvres dans diverses régions du pays entre la fin de l’année 2010 et le début de l’année 2011. L’idée est de « jeter ses filets et de ramasser tout ce qui bouge ». L’essentiel, c’est d’éviter de rentrer bredouille. Cette concep- tion des états des choses illustre quelque peu la perception qui fait croire que les jeunes sont davan- tage « pragmatiques » que « pas- sionnés » dans leurs relations. Autant dire qu’il est fort difficile de trouver un couple de jeunes dont les fondements sont les fruits d’un amour vrai. Certains de ces couples ressem- blent aujourd’hui à des magasins de « prêt-à-porter » où l’on essaye des vêtements à longueur de journée, pour finalement repartir les mains vides, accusant les prix. L’endroit ne représente plus un obstacle pour les retrouvailles. Quand il n’y en a pas, l’on se crée un décor. « On s’aime partout », comme l’a si bien dit Fabien Marsaud (Grand Corps Malade). À l’école, à l’église, dans l’enceinte des universités (ce qui est très courant), au restaurant, chez des amis… D’autant plus que « l’amour a ses maisons que les par- ents ignorent ». Aussi la meilleure sanction que l’on peut infliger à son enfant, est- elle de l’empêcher de participer à un « after school zo-kiki », à un « ti sourit » ; car c’est là que tous les rêves se réalisent, que tous les projets se matérialisent, que tous les désirs sont satisfaits. La Génération Internet Avec l’avènement des nouvelles technologies, nos rapports avec le monde sont bouleversés, et particulièrement pour la nou- velle génération, celle que Jean- Claude Kaufmann – sociologue et chercheur au CNRS – appelle la « Génération Internet ». Ainsi, avec le pullulement des sites de rencontre, des réseaux sociaux, il est presqu’impossible d’imaginer un couple de jeunes sans que les amants ne disposent de l’un de ces comptes ; car, en lieu et place des promenades dominicales, des pique-niques…, c’est l’un des meilleurs outils de communication leur permettant de rester en contact en perma- nence. Pour certains, rien n’existe en dehors de Facebook ou de WhatsApp. C’est toute une nou- velle vie (virtuelle) qui commence pour eux, et tout se résume à cela : les selfies, les vidéos, les mentions « j’aime », les notes audio… Dis-moi quel est ton statut, et je te dirai qui tu es Célibataire ? En couple ? Marié (e) ? L’on se soigne à bien con- struire son profil. Et plus l’on est « disponible », plus l’on augmente ses chances. C’est l’occasion en or d’officialiser une relation. C’est peut-être également une stra- tégie pour alimenter des rumeurs (move siyal) ou de susciter des jalousies… qui sait ? Ce qui est sûr, ce genre de statut ne passe pas inaperçu. Aujourd’hui l’amour chez les jeunes se conçoit d’une tout autre manière. Il faut croire que les temps changent, et forcément l’amour avec… L'amour chez les jeunes d'aujourd'huipar Romaric Fils-Aimé De nos jours, le concept « amour » semble avoir une toute nouvelle connotation, chez les jeunes, que ce qu’il fut il y a trente ans de cela. Dans les bars, dans les familles, dans certains lieux publics…, ils sont plus d’un à se plaindre de cette nouvelle vision du sentiment amoureux. HAÏTI-JEUNESETSENTIMENT Dans le Sud-est, les Anses-à-Pitres reçoivent des refugiésPar Pierre-Paul Ancion E nviron six cents haïtiens vien- nent de quitter volontairement la République dominicaine pour fuir les agressions des dominicains. Ces citoyens vivent actuellement dans des camps à Tètalo dans la section communale Boucan Guillaume et à Parc Cadeau dans l’entrée des Anses-à-Pitres, selon Ronald Delice, et Frantz Magellan Pierre-Louis, deux des trois membres de la commission de coordination de la Protection civile dans le Sud-est. « Le département du Sud-est se prépare à recevoir beaucoup plus de gens. Cette semaine une délégation s’est rendue aux Anses-à-Pitres pour identifier les potentiels abris, évaluer leur capacité d’accueil. Cette délégation avait également pour mission de dénombrer les réfugiés présents » explique le secrétaire général de la délégation du Sud-est, Frantz Magellan Pierre- Louis. La Protection civile envisage de déplacer les 600 réfugiés recensés aux Anses-à-Pitres, sur la frontière haitiano-dominicaine pour les loger à Thiotte, commune éloignée de la frontière. Selon Frantz Pierre-Louis, cette mesure vise à empêcher la proli- fération de camps d’hébergement sur la frontière et à décourager les gens à retourner en République dominicaine. Les réfugiés ne reçoivent pas encore de support de l’État, cependant la délégation du Sud-est planifie leur accompagnement. Cette semaine, une rencontre sera organisée à l’extraordinaire par la délégation et les directions départementales de l’Administration publique pour bâtir un plan d’accompagnement. La population des Anses-à-Pitres et ces réfugiés Une partie de la population de la commune des Anses-à-Pitres voit en la présence de ces 600 citoyens, une menace. Cette tranche croit que l’insécurité va connaitre une hausse dans les prochains jours. « Dès leur arrivée dans la commune, il nous faut 125 Gourdes pour 100 pesos et le prix de tous les produits ont grimpé », commente un propriétaire de Disco. Selon Jean Rony, la population a peur de la venue des rapatriés et réfugiés dans sa commune. « Dans les années 1990 une vague de rapatriés s’est installée dans une zone aménagée pour eux qu’on appelle « Réfugié ». Sans argent, ni profession, ces gens se sont transformés en producteurs et marchands de charbon de bois. Ils ont déboisé la localité appelée Boukara, se sont lancés dans le vol, maintenant cette zone est synonyme de banditisme, de misère », relate Jean Rony. Celui-ci précise qu’après l’expérience de ces années-là, la population des Anses-à-Pitres sou- haite que leur commune soit tout simplement un lieu de transit pour les rapatriés et réfugiés. Il aimerait que l’État haïtien donne une réponse politico-économique à la République dominicaine en cessant de commercer avec la RD au profit du renforcement du commerce avec les autres îles de la Caraïbe et en facilitant le retour de la diaspora haïtien, du monde entier, pour investir dans tous les aspects de la vie sociale en Haïti.
  16. 16. 16 | N0 22 LUNDI 22 JUIN 2015 SOCIÉTÉ I l est des choses qui viennent et qui ne durent guère, mais dont le court passage attire toujours le plus grand nombre. Il est des choses qui changent comme chan- gent et les jours et les heures…comme change le temps. Il est des choses atti- rantes, incitatrices…mais versatiles. Oui, il est des choses chaud-lapin qui vous séduisent au premier regard et vous rejettent plus tard. De ces choses : une. La mode. Ce qui nous rend à la mode aujourd’hui nous fera démoder demain, on le sait. En dépit de tout, l’on reste accroc à la mode. UDe nos jours, en Haïti, les jeunes cherchent inlassablement du swag. À côté des multiples couleurs vives, les plus vives : le skinny. Le pays se « skinnyse » considérablement. Adultes, jeunes… presque tout le monde. À regarder le défilé des passants chaque jour, à regarder les élèves… de grâce, pardonnez à celui qui penserait que le pays a un embargo sur les tissus. Temps de la guerre contre les « chemises- parachutes », les « pantalons patte fanfan ». Culte du « kole sou kò ». Le skinny est la mode. « On est plus beau avec un skinny », nous a avoué un jeune qui a refusé qu’on mentionne son nom. Dans un pantalon skinny, selon lui, on ne saurait ne pas attirer l’attention des autres. Cela dit, beaucoup de jeunes se « skinnysent » dans l’ultime but de capter l’attention des autres. Qu’on objecte que l’on peut tout aussi bien attirer l’attention avec un pantalon « patte éléphant » ou avec un « pied tambour ». Evidemment ! L’on tournera en dérision une personne qui aurait porté de tels vêtements. De ce fait, les « skinny boys » chercheraient plutôt à gagner l’admiration des autres. Et d’ailleurs, « les filles adorent quand on est skinny », ajoute le jeune en souriant à ses pairs présents lors de l’interview. Dans les écoles secondaires, il semble que désormais, ce ne sont plus les élèves les plus brillants qui sont les plus connus ou appréciés. Les skinny boys sont les stars dans les écoles. David Léandre est un jeune couturier qui vit à Bon-Repos, la Plaine. Il a commencé à coudre à Petit-Goâve depuis environ une dizaine d’années. On lui donne à « skinnyser » un pantalon ou une chemise fréquem- ment. Si autrefois on lui donnait des aunes de toiles pour confection- ner les vêtements, aujourd’hui on lui donne que des fripes à rétrécir. « Ils veulent à tout prix que tous leurs vêtements soient des skin- nys, nous informe David, surtout quand ils ont à participer à un pro- gramme ». Le jeune couturier, qui voudrait lancer sa carrière dans la mode, s’étonne que « mêmes les jeunes chrétiens suivent ce courant ». Le phénomène skinny prend du champ chaque jour dans le pays. Les jeunes s’y plongent promptement. Ils veulent être acceptés par leurs pairs, trouver l’admiration des autres, et surtout ils ne voudraient pas être ridiculisés… ils veulent bien « paraitre ». Mais dans cette course au « Paraitre », quelle place accordent-t-ils à l’« Etre » ? « Je suis skinny, donc je suis »par Ritzamarum Zetrenne HAÏTI/MODESKINNY Depuis quelques temps, le skinny est apparu dans le pays. L’un des maillons de la question du swag, ce style vestimentaire est devenu la mode. En effet, ils sont nombreux les jeunes à courir après ce nouveau style qui, on dirait, confirme leur existence désormais. Skinny Style.
  17. 17. LUNDI 22 JUIN 2015 N0 22 | 17 CULTURE O n est bien content de l’idée que l’Etat puisse tempo- rairement fermer quelques sites historiques pour les restaurer, les aménager, améliorer leurs conditions et s’assurer de leur pérennité. Cette logique de protec- tion, de promotion et de conserva- tion de la mémoire historique est plus que souhaitable. Elle permettra aux générations présentes et futures de trouver des repères et une intelligence politique dans des lieux laissés par les ancêtres. Après la conquête de son indépendance, l’Etat haïtien avait bien compris qu’il était dans les possibilités militaires des états racistes coloniaux européens de revenir sur les lieux de leur crime pour remettre dans les chaines les fils et filles désormais libres d’Haïti. Il a donc été bien pensé par nos leaders de construire un peu partout dans le pays des Forts qui avaient pour mission d’opposer une résistance armée et stratégiques aux éventuelles invasions d’armées ennemies. C’est à l’affut de cette manière de penser la défense de la souveraineté d’Haïti que le Fort Jacques, comme tant d’autres forts, a été construit. Le Fort Jacques: hôtel pour débonnaires prolétaires Malheureusement depuis plus- ieurs années, le site du fort est abandonné aux assauts de tous les mauvais vents d’Haïti. Placé dans les hauteurs de Fermathe dans un climat très frais et très reposant, beaucoup d’amoureux désœuvrés en trop plein de fantasmes con- vertissent systématiquement les lieux en motel et déchetterie. On y trouve entre mille petite pilles d’ordures, des emballages de capotes à droite et à gauche On y va rien que pour ça. On s’organise en bandes, on se trouve quelques bières au passage, on loue un bus et hop la caravane du sexe prend les hauteurs. Sans aucun égard pour la mémoire et le souffle révo- lutionnaire du lieu. Aujourd’hui restauration disent-ils Depuis plusieurs mois, le Fort est fermé. On lit partout restauration mais on y trouve de restauration que l’écriture du mot. Le Fort est dans un sérieux état de délabre- ment et visiblement l’Etat ne fout rien si ce n’est écrire en grandes lettres Interdiction d’entrer pour restauration. Aussi, le Fort n’est en rien fermé comme on ferme un lieu. Des raketè sont aux aguets aux voies d’accès. Il suffit de négocier. Entre 50 et 100 gourdes, le tour est joué. On y a accès. Et on y fait ce qu’on veut. On peut même y mettre le feu ou tourner un film X. A côté de tout ça, danse un certain excès de zèle des inspecteurs de l’ISPAN. Paulson Pierre-Philipe, producteur d’une émission télévi- sée qui fait la promotion de la lit- térature contemporaine, se trou- vait hier dimanche au Fort pour y tourner son show. Il n’était pas à l’intérieur du site, mais un agent de l’ISPAN à la belle chemise et aux grandes paires de lunettes qui passait par là comme hasard, la tête pleine de sa chef- ferie, lui a bien fait comprendre qu’il n’a pas accès au Fort pour y faire quoique soi. Au producteur de lui dire à raison d’aller dire ça à ceux qui rançonnent les gens à l’entrée et aux visiteurs qui étaient déjà à l’intérieur quand lui il n’était qu’aux alentours du Fort. Il faut qu’on arrête de faire dans le ridicule ici. On n’a pas le droit de traiter notre mémoire de peuple dans la propagande, l’excès de zèle et le rançonnement. S’il faut restaurer le Fort Jacques et qu’il faille le fermer pour ça. Fermons-le pour ça. Restaurons- le. Arrêtons de mentir, de faire semblant, arrêtons d’enterrer ce pays. Le Fort Jacques entre racket et restauration Par Dangelo Néard L’une des entrées du Fort. L e jeudi 18 Juin, la police natio- naleaarrêtépourvandalismele maestro Géré Roussan et trois autres membres du groupe Fresh Style Band. Cette bande à pied ainsi que plusieurs autres, comme : Bèl Plezi Band, Relax Band, Baguette Magique manifestaient à travers les rues de Jacmel depuis le mercredi 17 Juin pour exiger du comité organisa- teur de l’édition 2015 du carnaval de Jacmel, de la direction départemen- tale du Tourisme et du ministère de la Culture, la publication des résultats du concours d’excellence organisé durant le carnaval et la remise des primes. La première journée de manifesta- tion s’est déroulée sans incident regrettable, cependant le jeudi 18 Juin la violence s’est emparée des manifestants en colère. Ceux-ci ont vandalisé le Centre Conven- tion de Jacmel, siège de la direc- tion départementale du Tourisme, et le lycée des Jeunes Filles, dirigé par le président du comité du car- naval 2015. « La revendication des manifes- tants est juste cependant, nous ne pouvons pas tolérer la violence dont ils ont fait montre. Le centre Convention, le lycée Célie Lamour sont des bâtiments publics, ils n’ont rien à voir avec le carna- val. Nous devons sécuriser nos acquis et non les détruire » a, en substance, commenté le délégué départemental du Sud-est. Les proches des citoyens appréhendés demandent leur libération. Cependant, l’opinion de la population est partagée sur ces arrestations. wSelon les interventions faites sur les ondes des stations de radio de la ville, certains citoyens esti- ment que la police ne devrait pas arrêter uniquement des membres du groupe Fresh Style Band. Pour d’autres la police ne fait que son travail. Notons que le montant des primes prévus est : deux cent mille Gourdes pour le premier, 150 mille Gourdes pour le deux- ième, et 50 mille Gourdes pour le troisième. Retirez de vos plans la perspective d’une petite excursion au sein de l’un des plus importants lieux de mémoire de la résistance à l’esclavage en Haïti. En effet, depuis plusieurs mois, les portes du Fort Jacques sont fermées aux visites. Sur ce qu’il reste de murs au Fort, on n’arrive à lire en grandes lettres : « Interdiction d’entrer. Le fort est fermé pour des travaux de restauration. Ceux qui dérogeront à cette règle seront punis par la loi ». Mais dans la vérité des lieux, on ne voit l’allure d’aucune restauration. Nous sommes de préférence dans une supercherie publique. Quatre membres du groupe Fresh Style Band arrêtés Par Paul Ancion L’ambiance instituée par une bande à pied.

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