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INGÉNIERIE DES SYSTÈMES DE
TÉLÉCOMMUNICATIONS
Belbachir K. A.
Module GT6 :
Description du module
• Structures de guidage d’une onde électromagnétique (EM)
• Modèle équivalent d’une ligne de transmission en haute fréquences (HF)
• Équations de propagation du courant et de la tension le long d’une ligne
• Coefficient de réflexion et impédance le long d’une ligne de transmission
• Etude de la réflexion à l’ extrémité d’une ligne de transmission
• Diagramme de Smith
• Adaptation d’une charge 2
Propagation libre et guidée
L’objectif d’un système de télécommunication est de transmettre d’un point à un autre une porteuse modulée par l’information qui peut :
■ être véhiculée par un support matériel ( piste de circuit imprimé, câble coaxial ...) : c’est la propagation guidée
■ être transformée en onde électromagnétique OEM par l’antenne et se propager dans l’espace environnant : c’est la propagation libre
Propagation guidée :
▪ Les électrons circulent dans les conducteurs du
câble coaxial
▪ produisent une OEM qui circule dans le câble
▪ l’onde est confinée dans l’espace entre le
conducteur central et la tresse de masse.
Propagartion libre :
■ Les électrons circulant dans l’antenne produisent
une OEM
■ cette onde se propage en s’éloignant de l’antenne
■ une fois émise, l’onde est libre de se propager
■ seuls les obstacles conducteurs limiteront sa
propagation
3
I. Structures de guidage d’une onde électromagnétique (OEM)
Les structures de guidage
Pour guider une onde électromagnétique, différentes techniques sont utilisées aujourd’hui :
■ les dispositifs formés de 2 conducteurs : ligne bifilaire, câble coaxial, piste de circuit imprimé avec son plan de masse ...
■ les dispositifs formés d’un tube conducteur (ou isolant) à l’intérieur duquel se propage l’OEM : guide d’onde (ou fibre optique)
■ des dispositifs qui concentrent l’émission dans une certaine direction : antennes directives
Guide d’onde
Ligne imprimée (Micro-ruban)
Câble coaxial
Faisceau hertzien
Fibre optique
Ligne bifilaire (paires torsadées)
4
La ligne bifilaire
Historiquement, les premières lignes ont été utilisées pour le télégraphe et plus tard pour le téléphone :
■ la ligne est constitué par deux conducteurs parallèles ou torsadés séparés par un isolant
■ l’onde OEM accompagne le signal et se propage au voisinage de la ligne
■ les champs sont intenses au voisinage des conducteurs et diminuent avec la distance
Onde OEM autour d’une ligne bifilaire
Câble UTP formé de 4 paires torsadées
Exemple : caractéristiques d’une ligne bifilaire UTP données par le fabricant
■ tension de service : 300 V
■ type de l’isolant : polyoléfine
■ impédance caractéristique : Zc = 100 ohms
■ capacité entre conducteurs pour 1 mètre de ligne : C = 56 pF/m
■ atténuation : 6,6 dB pour 100 m à 10 MHz
■ vitesse de propagation du signal : v = 180 000 km/s = c/1,7
Remarque : l’impédance caractéristique n’est pas une résistance, l’importance de ce paramètre sera vue plus loin
5
Le câble coaxial
Le câble coaxial est actuellement la structure de guidage la plus utilisée pour relier entre eux des équipements, depuis le domaine des basses
fréquences jusqu’à plus de 50 GHz :
■ il est constitué d’un conducteur central et d’une tresse périphérique
■ ces deux conducteurs sont séparés par un diélectrique isolant
■ l’onde OEM se propage entre le conducteur central et la tresse
■ les lignes de champ électrique E sont des rayons
■ les lignes de champ magnétique H sont des cercles
Exemple : caractéristiques d’un câble RG 58C/U données par le fabricant
■ tension maximale de service : 1400 V
■ type du diélectrique : polyéthylène
■ dimensions : r1 = 0,2 mm, r2 = 3 mm
■ impédance caractéristique : Zc = 50 ohms
■ capacité entre conducteurs pour 1 mètre de ligne : C = 100 pF/m
■ atténuation : 34 dB pour 100 m à 400 MHz
■ vitesse de propagation du signal : v = 200 000 km/s = c/1,5
6
La ligne imprimée
La ligne imprimée ou microruban (en anglais, microstrip) est très utilisée pour relier entre eux des composants radio fréquence (RF) sur un
circuit imprimé, dès que la longueur de la ligne est du même ordre de grandeur que la longueur d’onde du signal transporté :
■ elle est constitué d’une piste en cuivre et d’un plan de masse
■ ces deux conducteurs sont séparés par un diélectrique isolant ( époxy, téflon)
■ l’onde OEM se propage au-dessus du plan de masse autour de la piste
■ les lignes de champ électrique E vont de la piste au plan de masse
■ les lignes de champ magnétique entourent la piste
Exemple : ligne imprimée sur époxy d’épaisseur standard h =1,6 mm
■ largeur de la piste : w = 2,5 mm
■ impédance caractéristique : Zc = 50 ohms
■ capacité entre conducteurs pour 1 mètre de ligne : C = 120 pF/m
■ l’atténuation reste acceptable jusqu’à 2 GHz
■ vitesse de propagation du signal : v = 160 000 km/s = c/1,9
Ampli-mélangeur 24 GHz
7
Le guide d'onde
Le guide d’onde est un conducteur métallique creux de section rectangulaire, circulaire ou elliptique dans lequel se propage l’OEM :
■ le passage d’une ligne à un guide et inversement se fait à l’aide d’une antenne placée au bon endroit
■ l’air étant un très bon diélectrique, les pertes liées à l’isolant sont très faibles
■ pour un bon guide, les surfaces internes sont parfaitement polies, ce qui pose des problèmes de fabrication
■ les guides de grande longueur restent d’un prix très élevé
▪ dimensions : 7cm x 4 cm
▪ fréquence de coupure basse : fc = 2,78 GHz
▪ fréquence maximale : 5 GHz
▪ atténuation : 2,8 dB/100m
Adaptateur guide rectangulaire - câble coaxial
Guide d'onde elliptique EPW43 de Andrew
■ contrairement aux lignes, les guides ont une fréquence de coupure basse qui dépend
de leurs dimensions
■ par exemple, pour un guide rectangulaire dont le grand coté vaut a = 5 cm, la
fréquence de coupure basse vaut fc = 3 GHz
8
La fibre optique
Il existe un autre type de guide d’onde , entièrement isolant, appelé guide d’onde diélectrique dans lequel l’onde électromagnétique se
propage dans le verre ou le plastique : la fibre optique.
■ l’onde électromagnétique qui s’y propage est de très haute fréquence ( longueur d’onde comprise entre 0,4 et 1,5 microns )
■ les dimensions du cœur varient entre le micron pour les fibres monomodes et plusieurs dizaines de microns pour les fibres multimodes
■ la fibre a de nombreux avantages par rapport au câble coaxial : bande passante très large, pertes faibles, coût très bas
■ le raccordement des connecteurs présentent cependant des difficultés de mise en oeuvre
9
(m)
Différence entre une ligne et un circuit ordinaire
Dans la suite de ce cours, nous ne traiterons que les phénomènes de propagation sur les lignes bifilaires. L'étude des modes de propagation dans les guides
d'ondes métalliques et les fibres optiques ne sera pas faite dans ce module.
Lorsque les lignes bifilaires ont des longueurs qui ne sont pas petites devant la longueur d’onde des signaux transmis :
■ il faut alors tenir compte de la vitesse de propagation des grandeurs électriques qui est forcément inférieure à la vitesse de la lumière c
■ par conséquent, à un instant donné, les tensions et les courants ne seront pas identiques en tout point d’un conducteur
■ c’est la nouveauté par rapport à l’étude des circuits aux basses-fréquences où on applique l’approximation des états quasi-stationnaires
Premier cas :
■ on travaille aux basses-fréquences ou
■ avec une ligne de longueur faible devant la longueur
d’onde du signal
Résultat :
■ on néglige le temps de propagation que met le signal pour aller de l’entrée à la sortie de la ligne
■ si la résistance des conducteurs est négligeable, la tension en sortie est alors égale à la tension d’entrée
s(t) = e(t)
Deuxième cas :
■ on travaille à des fréquences élevées ou
■ avec une ligne voisine ou plus longue que la
longueur d’onde du signal
Résultat :
■ on tient compte du temps de propagation que met le signal pour aller de l’entrée à la sortie de la ligne
■ même si la résistance des conducteurs est négligeable, la tension en sortie n’est plus égale à la tension d’entrée
s(t) ≠ e(t)
10
Retard sur une ligne en régime impulsionnel
Si on applique à l’entrée du câble une impulsion fine, le phénomène de
propagation est bien visible :
■ à l’entrée l’impulsion e(t) s’écrit :
e(t) = g(t)
Câble coaxial :
■ longueur l = 30 m
■ impédance caractéristique : Zc = 50 ohms
■ vitesse de propagation v = 187 000 km/s
■ résistance de charge R = 50 ohms
■ largeur de l’impulsion : 100 ns
■ retard théorique : 160 ns
■ le signal se propage à la vitesse v et arrive en bout de ligne L avec
un retard :
𝛕 =
𝐋
𝐯
■ la tension en bout de ligne s’écrit donc :
e(t) = g(t- 𝛕)
11
?????
Retard sur une ligne en régime sinusoïdal
Examinons le cas concret d’un câble de grande longueur relié à un générateur sinusoïdal :
■ si on applique à l’entrée de la ligne une tension sinusoïdale e(t) : e(0,t) = E cos(𝛚t)
■ le signal se propage à la vitesse v et arrive à la position d’abscisse x avec un retard : 𝛕 =
𝐱
𝐯
■ la tension en un point d’abscisse x s’écrit donc : e(x,t) = E cos(𝛚 (t- 𝛕))
= E cos(𝛚t - 𝛚
𝒙
𝐯
))
= E cos(𝛚t - 𝛗))
■ ce retard se traduit en régime sinusoïdal par un déphasage entre l’entrée et la sortie : 𝛗 = 𝛚
𝒙
𝐯
Remarque : le signal e(t) qui se propage
de l’entrée vers la sortie du câble est
aussi appelé « onde progressive »
12
Déphasage introduit par un câble
13
?????
?????
?????
?????? ???????????
Forme générale
■ En posant constante de propagation
On obtient :
■ En conclusion nous pouvons retenir que la tension à un instant donné n'est pas la même en tout point de la ligne.
𝛃 =
𝛚
𝐯
■ La tension e(x,t) est une fonction de l'espace x et de temps t. On peut la représenter en fonction de l'un ou de l'autre des deux paramètres :
e(x,t) = E cos(𝛚t - 𝛃x)
La tension à une abscisse particulière x0 est une
sinusoïde de période temporelle T
La tension le long de la ligne à un instant
donné t0 est une sinusoïde de période spatiale 
■ Soit la tension en un point d’abscisse x :
e(x,t) = E cos(𝛚t - 𝛚
𝒙
𝐯
)
14
e(x0,t) e(x,t0)
Modèle équivalent d’une ligne de transmission
Pour modéliser une ligne, on considère qu’elle est formée d’une infinité de tronçons de longueur infiniment petite (dx ≪ ) en
cascade. Cette longueur dx doit être petite devant la longueur d'onde pour que l'on puisse y considérer la tension et le
courant uniforme. :
On définit pour la ligne 4 grandeurs :
■ la résistance série linéique R : représente les pertes par effet
joule dans les conducteurs. C’est une résistance par unité de
longueur qui est en général très faible (en ohms/m)
■ l’inductance série linéique L : représente les effets magnétiques
liés au passage du courant dans les conducteurs. Chaque tronçon
de ligne est le siège de phénomènes d’induction caractérisés par
une inductance (en H/m)
■ la capacité shunt linéique C : modélise le condensateur composé
des deux fils conducteurs portés à des potentiels différents (en
F/m)
■ la conductance shunt linéique G : c’est l’inverse de la résistance
entre les deux conducteurs constituant la ligne. La conductance
représente les pertes diélectriques (en Siemens/m) Ordres de grandeur :
R = 0,01 ohm/m G = 0,01 S/m
C = 100 pF/m L = 250 nH/m
R, L, C et G sont appelés paramètres physiques ou primaires du segment de ligne.
15
A partir de quand faut-il tenir compte de ce modèle
On doit tenir compte du phénomène de propagation et appliquer ce modèle dès que la tension est suffisamment non
uniforme le long d’une ligne. Analysons quelques exemples.
■ Réseau électrique :
f = 50Hz ➔  = c/f = 6000 km
Dans ce cas la longueur d'onde est toujours beaucoup plus grande que la longueur des lignes utilisées dans le réseau
électrique et on peut considérer que la tension est toujours uniforme. Il est donc inutile d'introduire la notion de
propagation sur le réseau électrique.
■ Télécommunication :
Réseau informatique Ethernet 10BT : f = 10MHz ➔  ≈ 30 m
La longueur des lignes pour un câblage en paires torsadées disposées en étoile peut varier de quelques mètres à 100
mètres. Elle n'est donc pas forcément petite devant la longueur d'onde. Il faut donc que tenir compte de la propagation.
■ Circuits électroniques
Basses fréquences : f = 1 MHz ➔  ≈ 300 m Taille des pistes = 10 cm
Dans ce cas, les pistes sont toujours beaucoup plus petites que la longueur d'onde. Il est donc inutile de tenir compte des
phénomènes de propagation.
Hautes fréquences : f = 10 GHz ➔  ≈ 3 cm Taille des pistes = 1 cm
Dans ce cas, la longueur des pistes est du même ordre de grandeur que la longueur d'onde. Il est donc indispensable
de tenir compte de ces phénomènes de propagation.
16
II. Modèle équivalent d’une ligne de transmission en haute fréquences (HF)
On considère une ligne de transmission de longueur
l, alimentée à une extrémité par un générateur de
tension haute fréquence HF (eg , Zg) et fermée à
l’autre extrémité sur une impédance de charge ZL. En
HF, du fait que la longueur de la ligne est, en
général, grande devant la longueur d’onde l > , il
en résulte que la tension et le courant électriques
varient le long le la ligne.
On doit alors faire l’approximation qui revient à
décomposer la ligne en une suite d’éléments (tronçons,
segments) identiques. Chaque éléments de ligne, de
longueur x, étant pris très petit devant  (x ≪ )
pour qu’on puisse le représenter avec une erreur
négligeable par le quadripôle équivalent à
constantes localisées R L G C.
Nous allons traiter le cas général d’une ligne avec
pertes. Plaçons-nous en un point d’abscisse x par
rapport à l’origine et raisonnons sur l’élément compris
entre x et x+x
Zg
eg
ZL
v(t,0)
i(t,0)
+
-
x x + x
0 l
i(t,x)
v(t,x)
x x + x
v(t,x+x)
i(t,x+x)
Lx Rx
Cx Gx
17

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  • 1. INGÉNIERIE DES SYSTÈMES DE TÉLÉCOMMUNICATIONS Belbachir K. A. Module GT6 :
  • 2. Description du module • Structures de guidage d’une onde électromagnétique (EM) • Modèle équivalent d’une ligne de transmission en haute fréquences (HF) • Équations de propagation du courant et de la tension le long d’une ligne • Coefficient de réflexion et impédance le long d’une ligne de transmission • Etude de la réflexion à l’ extrémité d’une ligne de transmission • Diagramme de Smith • Adaptation d’une charge 2
  • 3. Propagation libre et guidée L’objectif d’un système de télécommunication est de transmettre d’un point à un autre une porteuse modulée par l’information qui peut : ■ être véhiculée par un support matériel ( piste de circuit imprimé, câble coaxial ...) : c’est la propagation guidée ■ être transformée en onde électromagnétique OEM par l’antenne et se propager dans l’espace environnant : c’est la propagation libre Propagation guidée : ▪ Les électrons circulent dans les conducteurs du câble coaxial ▪ produisent une OEM qui circule dans le câble ▪ l’onde est confinée dans l’espace entre le conducteur central et la tresse de masse. Propagartion libre : ■ Les électrons circulant dans l’antenne produisent une OEM ■ cette onde se propage en s’éloignant de l’antenne ■ une fois émise, l’onde est libre de se propager ■ seuls les obstacles conducteurs limiteront sa propagation 3 I. Structures de guidage d’une onde électromagnétique (OEM)
  • 4. Les structures de guidage Pour guider une onde électromagnétique, différentes techniques sont utilisées aujourd’hui : ■ les dispositifs formés de 2 conducteurs : ligne bifilaire, câble coaxial, piste de circuit imprimé avec son plan de masse ... ■ les dispositifs formés d’un tube conducteur (ou isolant) à l’intérieur duquel se propage l’OEM : guide d’onde (ou fibre optique) ■ des dispositifs qui concentrent l’émission dans une certaine direction : antennes directives Guide d’onde Ligne imprimée (Micro-ruban) Câble coaxial Faisceau hertzien Fibre optique Ligne bifilaire (paires torsadées) 4
  • 5. La ligne bifilaire Historiquement, les premières lignes ont été utilisées pour le télégraphe et plus tard pour le téléphone : ■ la ligne est constitué par deux conducteurs parallèles ou torsadés séparés par un isolant ■ l’onde OEM accompagne le signal et se propage au voisinage de la ligne ■ les champs sont intenses au voisinage des conducteurs et diminuent avec la distance Onde OEM autour d’une ligne bifilaire Câble UTP formé de 4 paires torsadées Exemple : caractéristiques d’une ligne bifilaire UTP données par le fabricant ■ tension de service : 300 V ■ type de l’isolant : polyoléfine ■ impédance caractéristique : Zc = 100 ohms ■ capacité entre conducteurs pour 1 mètre de ligne : C = 56 pF/m ■ atténuation : 6,6 dB pour 100 m à 10 MHz ■ vitesse de propagation du signal : v = 180 000 km/s = c/1,7 Remarque : l’impédance caractéristique n’est pas une résistance, l’importance de ce paramètre sera vue plus loin 5
  • 6. Le câble coaxial Le câble coaxial est actuellement la structure de guidage la plus utilisée pour relier entre eux des équipements, depuis le domaine des basses fréquences jusqu’à plus de 50 GHz : ■ il est constitué d’un conducteur central et d’une tresse périphérique ■ ces deux conducteurs sont séparés par un diélectrique isolant ■ l’onde OEM se propage entre le conducteur central et la tresse ■ les lignes de champ électrique E sont des rayons ■ les lignes de champ magnétique H sont des cercles Exemple : caractéristiques d’un câble RG 58C/U données par le fabricant ■ tension maximale de service : 1400 V ■ type du diélectrique : polyéthylène ■ dimensions : r1 = 0,2 mm, r2 = 3 mm ■ impédance caractéristique : Zc = 50 ohms ■ capacité entre conducteurs pour 1 mètre de ligne : C = 100 pF/m ■ atténuation : 34 dB pour 100 m à 400 MHz ■ vitesse de propagation du signal : v = 200 000 km/s = c/1,5 6
  • 7. La ligne imprimée La ligne imprimée ou microruban (en anglais, microstrip) est très utilisée pour relier entre eux des composants radio fréquence (RF) sur un circuit imprimé, dès que la longueur de la ligne est du même ordre de grandeur que la longueur d’onde du signal transporté : ■ elle est constitué d’une piste en cuivre et d’un plan de masse ■ ces deux conducteurs sont séparés par un diélectrique isolant ( époxy, téflon) ■ l’onde OEM se propage au-dessus du plan de masse autour de la piste ■ les lignes de champ électrique E vont de la piste au plan de masse ■ les lignes de champ magnétique entourent la piste Exemple : ligne imprimée sur époxy d’épaisseur standard h =1,6 mm ■ largeur de la piste : w = 2,5 mm ■ impédance caractéristique : Zc = 50 ohms ■ capacité entre conducteurs pour 1 mètre de ligne : C = 120 pF/m ■ l’atténuation reste acceptable jusqu’à 2 GHz ■ vitesse de propagation du signal : v = 160 000 km/s = c/1,9 Ampli-mélangeur 24 GHz 7
  • 8. Le guide d'onde Le guide d’onde est un conducteur métallique creux de section rectangulaire, circulaire ou elliptique dans lequel se propage l’OEM : ■ le passage d’une ligne à un guide et inversement se fait à l’aide d’une antenne placée au bon endroit ■ l’air étant un très bon diélectrique, les pertes liées à l’isolant sont très faibles ■ pour un bon guide, les surfaces internes sont parfaitement polies, ce qui pose des problèmes de fabrication ■ les guides de grande longueur restent d’un prix très élevé ▪ dimensions : 7cm x 4 cm ▪ fréquence de coupure basse : fc = 2,78 GHz ▪ fréquence maximale : 5 GHz ▪ atténuation : 2,8 dB/100m Adaptateur guide rectangulaire - câble coaxial Guide d'onde elliptique EPW43 de Andrew ■ contrairement aux lignes, les guides ont une fréquence de coupure basse qui dépend de leurs dimensions ■ par exemple, pour un guide rectangulaire dont le grand coté vaut a = 5 cm, la fréquence de coupure basse vaut fc = 3 GHz 8
  • 9. La fibre optique Il existe un autre type de guide d’onde , entièrement isolant, appelé guide d’onde diélectrique dans lequel l’onde électromagnétique se propage dans le verre ou le plastique : la fibre optique. ■ l’onde électromagnétique qui s’y propage est de très haute fréquence ( longueur d’onde comprise entre 0,4 et 1,5 microns ) ■ les dimensions du cœur varient entre le micron pour les fibres monomodes et plusieurs dizaines de microns pour les fibres multimodes ■ la fibre a de nombreux avantages par rapport au câble coaxial : bande passante très large, pertes faibles, coût très bas ■ le raccordement des connecteurs présentent cependant des difficultés de mise en oeuvre 9 (m)
  • 10. Différence entre une ligne et un circuit ordinaire Dans la suite de ce cours, nous ne traiterons que les phénomènes de propagation sur les lignes bifilaires. L'étude des modes de propagation dans les guides d'ondes métalliques et les fibres optiques ne sera pas faite dans ce module. Lorsque les lignes bifilaires ont des longueurs qui ne sont pas petites devant la longueur d’onde des signaux transmis : ■ il faut alors tenir compte de la vitesse de propagation des grandeurs électriques qui est forcément inférieure à la vitesse de la lumière c ■ par conséquent, à un instant donné, les tensions et les courants ne seront pas identiques en tout point d’un conducteur ■ c’est la nouveauté par rapport à l’étude des circuits aux basses-fréquences où on applique l’approximation des états quasi-stationnaires Premier cas : ■ on travaille aux basses-fréquences ou ■ avec une ligne de longueur faible devant la longueur d’onde du signal Résultat : ■ on néglige le temps de propagation que met le signal pour aller de l’entrée à la sortie de la ligne ■ si la résistance des conducteurs est négligeable, la tension en sortie est alors égale à la tension d’entrée s(t) = e(t) Deuxième cas : ■ on travaille à des fréquences élevées ou ■ avec une ligne voisine ou plus longue que la longueur d’onde du signal Résultat : ■ on tient compte du temps de propagation que met le signal pour aller de l’entrée à la sortie de la ligne ■ même si la résistance des conducteurs est négligeable, la tension en sortie n’est plus égale à la tension d’entrée s(t) ≠ e(t) 10
  • 11. Retard sur une ligne en régime impulsionnel Si on applique à l’entrée du câble une impulsion fine, le phénomène de propagation est bien visible : ■ à l’entrée l’impulsion e(t) s’écrit : e(t) = g(t) Câble coaxial : ■ longueur l = 30 m ■ impédance caractéristique : Zc = 50 ohms ■ vitesse de propagation v = 187 000 km/s ■ résistance de charge R = 50 ohms ■ largeur de l’impulsion : 100 ns ■ retard théorique : 160 ns ■ le signal se propage à la vitesse v et arrive en bout de ligne L avec un retard : 𝛕 = 𝐋 𝐯 ■ la tension en bout de ligne s’écrit donc : e(t) = g(t- 𝛕) 11 ?????
  • 12. Retard sur une ligne en régime sinusoïdal Examinons le cas concret d’un câble de grande longueur relié à un générateur sinusoïdal : ■ si on applique à l’entrée de la ligne une tension sinusoïdale e(t) : e(0,t) = E cos(𝛚t) ■ le signal se propage à la vitesse v et arrive à la position d’abscisse x avec un retard : 𝛕 = 𝐱 𝐯 ■ la tension en un point d’abscisse x s’écrit donc : e(x,t) = E cos(𝛚 (t- 𝛕)) = E cos(𝛚t - 𝛚 𝒙 𝐯 )) = E cos(𝛚t - 𝛗)) ■ ce retard se traduit en régime sinusoïdal par un déphasage entre l’entrée et la sortie : 𝛗 = 𝛚 𝒙 𝐯 Remarque : le signal e(t) qui se propage de l’entrée vers la sortie du câble est aussi appelé « onde progressive » 12
  • 13. Déphasage introduit par un câble 13 ????? ????? ????? ?????? ???????????
  • 14. Forme générale ■ En posant constante de propagation On obtient : ■ En conclusion nous pouvons retenir que la tension à un instant donné n'est pas la même en tout point de la ligne. 𝛃 = 𝛚 𝐯 ■ La tension e(x,t) est une fonction de l'espace x et de temps t. On peut la représenter en fonction de l'un ou de l'autre des deux paramètres : e(x,t) = E cos(𝛚t - 𝛃x) La tension à une abscisse particulière x0 est une sinusoïde de période temporelle T La tension le long de la ligne à un instant donné t0 est une sinusoïde de période spatiale  ■ Soit la tension en un point d’abscisse x : e(x,t) = E cos(𝛚t - 𝛚 𝒙 𝐯 ) 14 e(x0,t) e(x,t0)
  • 15. Modèle équivalent d’une ligne de transmission Pour modéliser une ligne, on considère qu’elle est formée d’une infinité de tronçons de longueur infiniment petite (dx ≪ ) en cascade. Cette longueur dx doit être petite devant la longueur d'onde pour que l'on puisse y considérer la tension et le courant uniforme. : On définit pour la ligne 4 grandeurs : ■ la résistance série linéique R : représente les pertes par effet joule dans les conducteurs. C’est une résistance par unité de longueur qui est en général très faible (en ohms/m) ■ l’inductance série linéique L : représente les effets magnétiques liés au passage du courant dans les conducteurs. Chaque tronçon de ligne est le siège de phénomènes d’induction caractérisés par une inductance (en H/m) ■ la capacité shunt linéique C : modélise le condensateur composé des deux fils conducteurs portés à des potentiels différents (en F/m) ■ la conductance shunt linéique G : c’est l’inverse de la résistance entre les deux conducteurs constituant la ligne. La conductance représente les pertes diélectriques (en Siemens/m) Ordres de grandeur : R = 0,01 ohm/m G = 0,01 S/m C = 100 pF/m L = 250 nH/m R, L, C et G sont appelés paramètres physiques ou primaires du segment de ligne. 15
  • 16. A partir de quand faut-il tenir compte de ce modèle On doit tenir compte du phénomène de propagation et appliquer ce modèle dès que la tension est suffisamment non uniforme le long d’une ligne. Analysons quelques exemples. ■ Réseau électrique : f = 50Hz ➔  = c/f = 6000 km Dans ce cas la longueur d'onde est toujours beaucoup plus grande que la longueur des lignes utilisées dans le réseau électrique et on peut considérer que la tension est toujours uniforme. Il est donc inutile d'introduire la notion de propagation sur le réseau électrique. ■ Télécommunication : Réseau informatique Ethernet 10BT : f = 10MHz ➔  ≈ 30 m La longueur des lignes pour un câblage en paires torsadées disposées en étoile peut varier de quelques mètres à 100 mètres. Elle n'est donc pas forcément petite devant la longueur d'onde. Il faut donc que tenir compte de la propagation. ■ Circuits électroniques Basses fréquences : f = 1 MHz ➔  ≈ 300 m Taille des pistes = 10 cm Dans ce cas, les pistes sont toujours beaucoup plus petites que la longueur d'onde. Il est donc inutile de tenir compte des phénomènes de propagation. Hautes fréquences : f = 10 GHz ➔  ≈ 3 cm Taille des pistes = 1 cm Dans ce cas, la longueur des pistes est du même ordre de grandeur que la longueur d'onde. Il est donc indispensable de tenir compte de ces phénomènes de propagation. 16
  • 17. II. Modèle équivalent d’une ligne de transmission en haute fréquences (HF) On considère une ligne de transmission de longueur l, alimentée à une extrémité par un générateur de tension haute fréquence HF (eg , Zg) et fermée à l’autre extrémité sur une impédance de charge ZL. En HF, du fait que la longueur de la ligne est, en général, grande devant la longueur d’onde l > , il en résulte que la tension et le courant électriques varient le long le la ligne. On doit alors faire l’approximation qui revient à décomposer la ligne en une suite d’éléments (tronçons, segments) identiques. Chaque éléments de ligne, de longueur x, étant pris très petit devant  (x ≪ ) pour qu’on puisse le représenter avec une erreur négligeable par le quadripôle équivalent à constantes localisées R L G C. Nous allons traiter le cas général d’une ligne avec pertes. Plaçons-nous en un point d’abscisse x par rapport à l’origine et raisonnons sur l’élément compris entre x et x+x Zg eg ZL v(t,0) i(t,0) + - x x + x 0 l i(t,x) v(t,x) x x + x v(t,x+x) i(t,x+x) Lx Rx Cx Gx 17