Université Larbi Ben M’Hidi Oum El Bouaghi
Institut/Département de Gestion des Techniques Urbaines
Institut/Département de Gestion des Techniques Urbaines
Responsable de la matière: Dr Abdaoui GR
Suite au travaux TD :
La méthode INERIS
La méthode INERIS fait référence à un
ensemble de méthodologies et de lignes
directrices développées par l'Institut
National de l'Environnement Industriel et
des Risques (INERIS), un expert public
français dans le domaine des risques
industriels et environnementaux.
L'INERIS ne propose pas une unique méthode
labellisée "Méthode INERIS", mais plutôt des
approches et des guides méthodologiques
pour l'évaluation et la maîtrise des risques.
Ces méthodes sont principalement utilisées
dans le cadre réglementaire français pour les
Installations Classées pour la Protection de
l'Environnement (ICPE),
• La Matrice de Léopold est un outil méthodologique classique et
fondamental, largement utilisé dans le domaine de l'Évaluation de
l'Impact sur l'Environnement (EIE) des projets.
• Elle a été développée en 1971 par l'écologiste américain Luna
Leopold pour l'US Geological Survey.
fonctionnement et utilité
Principe de la Matrice de Léopold
La Matrice de Léopold est une grille à double
entrée qui permet d'identifier et d'évaluer de
manière systématique les interactions
potentielles entre les activités d'un projet et les
composantes de l'environnement.
Axe Description
Lignes (Verticale)
Elles énumèrent les Actions du Projet
(les causes d'impact). Historiquement, la
matrice originale comprenait 100 actions
possibles (ex. : forage, construction de
routes, modification du régime hydrique,
gestion des déchets, etc.).
Colonnes (Horizontale)
Elles énumèrent les Facteurs
Environnementaux (les récepteurs
d'impacts). La matrice originale comptait
88 facteurs environnementaux (ex. :
qualité de l'eau, espèces menacées,
valeur esthétique, patrimoine culturel,
etc.).
• Le croisement des lignes et des colonnes donne les interactions
potentielles (jusqu'à 8 800 dans la version complète).
Comment la Matrice est
Renseignée
Pour chaque intersection (ou
cellule) où une interaction est
possible, l'évaluateur
(généralement une équipe
pluridisciplinaire) inscrit deux
valeurs, séparées par une barre
oblique
(ex. : −7/3), pour évaluer l'impact :
A. L'Ampleur (ou Grandeur) de l'Impact
•Valeur numérique de 1 à 10 (souvent de -10 à 10).
•Elle représente l'intensité ou l'étendue de l'impact, sans jugement
de valeur.
•1= Impact minime, léger.
•10= Impact maximal, très étendu, irréversible.
•Le signe indique la nature de l'impact :
•Négatif (-, préjudice) ou Positif (+, bénéfice).
B. L'Importance (ou Signification) de l'Impact
•Valeur numérique de 1 à 10.
•Elle représente le jugement de valeur de l'impact, souvent lié à la
sensibilité ou à la rareté du facteur environnemental affecté.
•Une action peut avoir une faible ampleur (petit changement),
mais être d'une importance majeure (si elle affecte une espèce
en voie de disparition, par exemple).
Exemple de cellule : (-7/8)
•-7 (Ampleur) : L'impact est négatif et de forte intensité
(ex. : déforestation importante).
•8 (Importance) : L'impact est très important
(ex. : la zone déboisée était un habitat essentiel pour la faune).
Avantages et Limites
Limites
Complexité :
La matrice originale est très grande et
fastidieuse à remplir. Des versions adaptées
(matrices réduites) sont souvent utilisées.
Subjectivité :
L'attribution des valeurs (Ampleur et
Importance) repose sur le jugement
d'experts et peut être subjective.
Manque de Lien de Causalité :
Elle identifie les impacts directs (primaire)
mais a du mal à modéliser les impacts
indirects (secondaires ou cumulatifs) et les
relations de cause à effet complexes.
D'autres outils, comme le Réseau de
Sorensen, sont parfois utilisés en
complément pour cela.
Avantages
Exhaustivité :
Elle assure une revue quasi
complète de toutes les interactions
possibles entre le projet et
l'environnement.
Systématisation :
Elle fournit un cadre structuré et
reproductible pour l'identification des
impacts.
Aide à la Décision :
Elle met en évidence les impacts les
plus critiques, permettant de
concentrer les efforts de mitigation
là où ils sont le plus nécessaires.
un exemple concret de comment la Matrice de Léopold
pourrait être utilisée pour un type de projet spécifique:
la construction d'une nouvelle route
1. Sélection des Axes : Actions du Projet et Facteurs Environnementaux
A. Quelques Actions Typiques du Projet (Lignes)
Ces actions représentent les étapes et les activités qui causeront des
perturbations :
•Préparation du site : Déboisement, décapage de la terre végétale.
•Construction : Mouvements de terrassement, utilisation de matériaux de
construction (carrières), circulation d'engins lourds.
•Exploitation : Augmentation du bruit et des gaz d'échappement, risques de
pollution accidentelle.
•Post-Construction : Modification du régime d'écoulement des eaux, création de
nouvelles barrières écologiques.
B. Quelques Facteurs Environnementaux Affectés (Colonnes)
Ces facteurs sont classés par milieu (Physique, Biologique, Humain) :
Milieu Physique Milieu Biologique Milieu Humain/Socio-économique
Qualité de l'air (poussière) Flore et habitats naturels Bruit pour les riverains
Stabilité du sol (érosion) Faune terrestre (migration, mortalité) Paysage et esthétique du site
Régime hydrique (eaux de
surface)
Zones humides (drainage) Santé et sécurité publiques
Bruit ambiant Espèces rares ou protégées Valeur archéologique ou culturelle
2. Renseignement de la Matrice (Exemples d'Évaluation)
• L'équipe d'experts renseigne les cellules d'interaction en attribuant les deux valeurs :
• Ampleur (A) : Intensité de l'impact (négatif : - / positif : + ; de 1 à 10).
• Importance (I) : Jugement de valeur sur le facteur affecté (de 1 à 10).
Action du Projet Facteur
Environnemental
Ampleur/
Importance
Justification (Interprétation)
Déboisement
(Préparation)
Flore et Habitats
naturels
−9/7 Fort impact négatif (−9) car la construction nécessite de couper de vastes
surfaces. L'importance est élevée (7) car les habitats locaux sont
modérément sensibles.
Terrassement
(Construction)
Qualité de l'air
(poussière)
−5/3 Impact négatif modéré (−5) et temporaire sur l'air (poussière des travaux).
L'importance (3) est faible car l'impact est réversible.
Circulation
automobile
(Exploitation)
Bruit pour les
riverains
−8/9 Impact négatif très fort (−8) et très important (9). Le bruit est une nuisance
constante et chronique affectant directement la qualité de vie des
populations.
Plantation
d'arbres (Mesure
Compensatoire)
Paysage et
esthétique
+4/6 Impact positif (+4) sur le long terme par l'intégration de la route dans le
paysage. Importance modérée (6).
3. Analyse et Plan de Mitigation
Une fois la matrice remplie, l'analyse se concentre sur les cellules
ayant les scores négatifs les plus élevés (où A × I est le plus fort,
surtout si I est élevé).
Dans cet exemple de construction de route, les scores critiques
seraient probablement ceux liés :
▪ Au bruit pour les riverains (nécessité de murs anti-bruit).
▪ À la destruction d'habitats (nécessité de mesures compensatoires
ou d'adaptation du tracé).
▪ Aux entraves à la faune (nécessité de passages fauniques, ou
"écureuils-ducs").
La matrice sert donc de feuille de route pour définir les mesures de
réduction et de compensation des impacts.
Exemple Détaillé : Gestion des Déchets Dangereux
dans la Construction Navale
L'industrie navale,
notamment les chantiers de
construction, de
maintenance et de
démolition, est une source
importante de déchets
dangereux en raison des
matériaux utilisés
(peintures, huiles, métaux
lourds).
1. Identification et Classification des Déchets Dangereux
Voici une liste des principaux types de déchets dangereux générés,
classés selon leur origine et leur dangerosité :
Catégorie de Déchet Origine dans l'Industrie
Navale
Classification de Danger Code Déchet (Exemple)
Boues
d'hydrocarbures
Nettoyage des citernes,
fonds de cale, séparateurs
huile/eau.
Toxique, Inflammable,
Écotoxique.
Huiles usagées
(ex: 13 01 10*)
Peintures et Solvants Décapage des coques,
application des revêtements
anti-salissures (antifouling).
Toxique, Irritant, Nocif,
Inflammable.
Déchets de peintures et vernis
(ex: 08 01 11*)
Déchets d'amiante Démolition de vieux navires
(isolants, calorifugeage).
Cancérogène (Avéré). Déchets d'amiante
(ex: 17 06 05*)
Piles et
accumulateurs
Maintenance et
remplacement des batteries
de bord.
Corrosif, Toxique, Écotoxique
(métaux lourds).
Accumulateurs au plomb
(ex: 16 06 01*)
Laitiers et poussières
de soudage
Opérations de soudage et
de découpage des métaux.
Toxique (métaux lourds
comme le chrome, le nickel).
Déchets de soudage
(ex: 12 01 13)Exporter vers Sheets
Note : Le symbole * indique que le déchet est classé comme dangereux selon la nomenclature européenne des déchets.
2. Mise en Œuvre de la Gestion (Méthode Détaillée)
La gestion des déchets dangereux suit un processus réglementé en plusieurs étapes,
conformément au principe du "berceau à la tombe" (de la production à l'élimination
finale).
Étape 1 : Le Tri et le Conditionnement (à la Source)
•Tri Sélectif Rigoureux : Les déchets doivent être triés immédiatement à la source
pour éviter tout mélange qui pourrait rendre le traitement plus complexe ou
dangereux. Par exemple, les solvants chlorés doivent être séparés des solvants non
chlorés.
•Conditionnement Approprié : Les déchets doivent être placés dans des récipients
étanches et homologués (fûts, conteneurs spéciaux, citernes) et adaptés à la nature
du déchet.
• Exemple : L'amiante est conditionné sous film plastique double et étanche,
étiqueté comme "Déchet d'amiante". Les huiles sont stockées dans des fûts ou
des cuves anti-fuite.
•Étiquetage : Chaque contenant reçoit une étiquette réglementaire mentionnant la
nature exacte du déchet, son code, ses propriétés de danger (pictogrammes), et la
date de conditionnement.
Étape 2 : Le Stockage Provisoire
•Zone Dédiée : Le stockage sur site doit se faire dans une aire spécialement conçue
(zone de rétention), couverte pour prévenir l'infiltration d'eau et équipée de moyens de
rétention pour recueillir toute fuite ou déversement accidentel (éviter la pollution des
sols ou des eaux).
•Séparation des Incompatibles : Les déchets qui pourraient réagir ensemble
(ex: acides et bases) sont stockés dans des zones séparées pour prévenir les
incendies, explosions ou émanations toxiques.
Étape 3 : La Traçabilité et le Transport
•Bordereau de Suivi des Déchets Dangereux (BSD) : C'est le document clé de la
traçabilité. Un BSD doit être établi pour chaque flux de déchet dangereux avant son
départ du site. Il doit suivre le déchet jusqu'à son traitement final et est visé par le
producteur, le transporteur et l'installation de traitement.
•Transport Spécialisé : Le transport est effectué par des transporteurs agréés et
respecte la réglementation sur le transport des matières dangereuses (ADR pour la
route).
Étape 4 : Le Traitement et l'Élimination Finale
Le traitement des déchets est réalisé par des installations
autorisées et dépend de la nature du déchet :
Déchet Dangereux Mode de Traitement Final (Exemple)
Boues d'hydrocarbures Cofeuillage (valorisation énergétique en cimenterie) ou
Traitement physico-chimique.
Peintures et Solvants Incinération à haute température avec récupération
d'énergie, ou régénération pour réutilisation (pour les
solvants).
Déchets d'amiante Stockage en Installation de Stockage de Déchets Dangereux
(ISDD) dédiée, après conditionnement hermétique et
sécurisé.
Accumulateurs (Batteries) Recyclage spécialisé pour récupérer les métaux (plomb,
acides, etc.).
Exporter vers Sheets
Exemple Détaillé : Gestion des Déchets Dangereux dans
l'Industrie Microélectronique
L'industrie microélectronique
(fabrication de puces, circuits
intégrés, etc.) génère des déchets
dangereux principalement sous
forme liquide, en raison des
multiples étapes de nettoyage, de
gravure (etching) et de dopage.
1.Identification et Classification des Déchets Dangereux
Catégorie de Déchet Origine dans l'Industrie
Microélectronique
Classification de
Danger
Code Déchet (Exemple)
Acides usés Processus de gravure
(Acide fluorhydrique,
sulfurique, nitrique).
Corrosif, Toxique. Déchets de décapage
acides
(ex: 11 01 05*)
Solvants organiques
usés
Inflammable, Toxique,
Irritant.
Solvants halogénés ou
non halogénés
(ex: 14 06 03*)
Eaux de rinçage
contaminées aux
métaux lourds
Toxique, Écotoxique. Boues de traitement
des eaux usées
(ex: 19 08 07*)
Déchets de
photorésists
Déchets issus de la
lithographie (résines
photosensibles).
Inflammable, Nocif. Résines usagées
(ex: 08 01 13*)
Exporter vers Sheets
2. Mise en Œuvre de la Gestion (Méthode Détaillée)
La gestion des déchets dans ce secteur est cruciale, car un grand nombre de déchets
sont très corrosifs ou très toxiques.
• Étape 1 : Le Tri et la Neutralisation (Séparation à la Source)
• Séparation stricte : La règle absolue est d'isoler les déchets en fonction de leur
incompatibilité. Les acides, les bases, et les oxydants doivent être séparés pour éviter
des réactions violentes, même à l'état usé.
• Focus Acides/Bases : Les acides usés sont collectés dans des cuves polyéthylènes
(PEHD) résistantes à la corrosion. Souvent, une pré-neutralisation est effectuée sur
site pour réduire la dangerosité du déchet avant l'envoi au traitement.
• Conditionnement : Les solvants sont collectés dans des fûts métalliques
homologués (pour l'inflammabilité), avec des systèmes de mise à la terre pour éviter
l'électricité statique.
• Étiquetage : L'étiquetage est immédiat, avec la mention de la concentration
résiduelle des substances dangereuses.
Étape 2 : Le Stockage Provisoire Sécurisé
• Stockage de liquides : L'essentiel des déchets étant liquide, le stockage
se fait en cuves ou fûts dans des zones de rétention spécifiques (bac de
rétention). La capacité du bac de rétention doit être suffisante pour
contenir le plus grand récipient stocké, ou 10% du volume total stocké
(selon la réglementation locale).
• Ventilation : Pour les solvants (déchets inflammables et volatils), la zone
de stockage est obligatoirement ventilée pour éviter l'accumulation de
vapeurs explosives (respect des règles ATEX - Atmosphères Explosibles).
• Durée : La durée de stockage sur site est strictement limitée (souvent à
un an maximum, et à trois mois pour les plus dangereux) afin de
minimiser les risques.
Étape 3 : La Traçabilité et le Transport
•Bordereau de Suivi des Déchets Dangereux (BSD) : Comme pour toute industrie, le BSD est
obligatoire. Il doit inclure les analyses chimiques certifiées du lot de déchets, car les centres de
traitement n'acceptent pas de déchets sans en connaître la composition exacte (surtout pour les
acides et métaux lourds).
•Contrôle : Le transporteur spécialisé vérifie la conformité du conditionnement et des étiquettes avant
le chargement.
Étape 4 : Le Traitement et l'Élimination Finale
Déchet
Dangereux
Mode de Traitement Final (Exemple)
Acides usés /
Eaux
contaminées
Traitement Physico-Chimique (PCC) : Neutralisation, précipitation des métaux lourds (pour les
transformer en boues non dangereuses), et filtration avant rejet de l'eau traitée (conformément
aux normes de rejet).
Solvants
organiques usés
Valorisation Énergétique (Incinération) : Envoyés vers des incinérateurs industriels agréés pour
destruction à très haute température avec récupération d'énergie.
Boues de métaux
lourds
Stabilisation et Solidification : Les boues sont mélangées à des liants (ciment) pour les rendre
inertes et éviter la lixiviation des métaux avant leur enfouissement en Installation de Stockage
de Déchets Non Dangereux (ISDND) ou Dangereux (ISDD) selon leur taux de lixiviation.
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Des approches et des guides méthodologiques

  • 1.
    Université Larbi BenM’Hidi Oum El Bouaghi Institut/Département de Gestion des Techniques Urbaines Institut/Département de Gestion des Techniques Urbaines Responsable de la matière: Dr Abdaoui GR Suite au travaux TD : La méthode INERIS
  • 2.
    La méthode INERISfait référence à un ensemble de méthodologies et de lignes directrices développées par l'Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques (INERIS), un expert public français dans le domaine des risques industriels et environnementaux.
  • 3.
    L'INERIS ne proposepas une unique méthode labellisée "Méthode INERIS", mais plutôt des approches et des guides méthodologiques pour l'évaluation et la maîtrise des risques. Ces méthodes sont principalement utilisées dans le cadre réglementaire français pour les Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE),
  • 4.
    • La Matricede Léopold est un outil méthodologique classique et fondamental, largement utilisé dans le domaine de l'Évaluation de l'Impact sur l'Environnement (EIE) des projets. • Elle a été développée en 1971 par l'écologiste américain Luna Leopold pour l'US Geological Survey.
  • 5.
  • 6.
    Principe de laMatrice de Léopold La Matrice de Léopold est une grille à double entrée qui permet d'identifier et d'évaluer de manière systématique les interactions potentielles entre les activités d'un projet et les composantes de l'environnement.
  • 7.
    Axe Description Lignes (Verticale) Ellesénumèrent les Actions du Projet (les causes d'impact). Historiquement, la matrice originale comprenait 100 actions possibles (ex. : forage, construction de routes, modification du régime hydrique, gestion des déchets, etc.). Colonnes (Horizontale) Elles énumèrent les Facteurs Environnementaux (les récepteurs d'impacts). La matrice originale comptait 88 facteurs environnementaux (ex. : qualité de l'eau, espèces menacées, valeur esthétique, patrimoine culturel, etc.). • Le croisement des lignes et des colonnes donne les interactions potentielles (jusqu'à 8 800 dans la version complète).
  • 8.
    Comment la Matriceest Renseignée Pour chaque intersection (ou cellule) où une interaction est possible, l'évaluateur (généralement une équipe pluridisciplinaire) inscrit deux valeurs, séparées par une barre oblique (ex. : −7/3), pour évaluer l'impact : A. L'Ampleur (ou Grandeur) de l'Impact •Valeur numérique de 1 à 10 (souvent de -10 à 10). •Elle représente l'intensité ou l'étendue de l'impact, sans jugement de valeur. •1= Impact minime, léger. •10= Impact maximal, très étendu, irréversible. •Le signe indique la nature de l'impact : •Négatif (-, préjudice) ou Positif (+, bénéfice). B. L'Importance (ou Signification) de l'Impact •Valeur numérique de 1 à 10. •Elle représente le jugement de valeur de l'impact, souvent lié à la sensibilité ou à la rareté du facteur environnemental affecté. •Une action peut avoir une faible ampleur (petit changement), mais être d'une importance majeure (si elle affecte une espèce en voie de disparition, par exemple). Exemple de cellule : (-7/8) •-7 (Ampleur) : L'impact est négatif et de forte intensité (ex. : déforestation importante). •8 (Importance) : L'impact est très important (ex. : la zone déboisée était un habitat essentiel pour la faune).
  • 9.
  • 10.
    Limites Complexité : La matriceoriginale est très grande et fastidieuse à remplir. Des versions adaptées (matrices réduites) sont souvent utilisées. Subjectivité : L'attribution des valeurs (Ampleur et Importance) repose sur le jugement d'experts et peut être subjective. Manque de Lien de Causalité : Elle identifie les impacts directs (primaire) mais a du mal à modéliser les impacts indirects (secondaires ou cumulatifs) et les relations de cause à effet complexes. D'autres outils, comme le Réseau de Sorensen, sont parfois utilisés en complément pour cela. Avantages Exhaustivité : Elle assure une revue quasi complète de toutes les interactions possibles entre le projet et l'environnement. Systématisation : Elle fournit un cadre structuré et reproductible pour l'identification des impacts. Aide à la Décision : Elle met en évidence les impacts les plus critiques, permettant de concentrer les efforts de mitigation là où ils sont le plus nécessaires.
  • 11.
    un exemple concretde comment la Matrice de Léopold pourrait être utilisée pour un type de projet spécifique: la construction d'une nouvelle route
  • 12.
    1. Sélection desAxes : Actions du Projet et Facteurs Environnementaux A. Quelques Actions Typiques du Projet (Lignes) Ces actions représentent les étapes et les activités qui causeront des perturbations : •Préparation du site : Déboisement, décapage de la terre végétale. •Construction : Mouvements de terrassement, utilisation de matériaux de construction (carrières), circulation d'engins lourds. •Exploitation : Augmentation du bruit et des gaz d'échappement, risques de pollution accidentelle. •Post-Construction : Modification du régime d'écoulement des eaux, création de nouvelles barrières écologiques.
  • 13.
    B. Quelques FacteursEnvironnementaux Affectés (Colonnes) Ces facteurs sont classés par milieu (Physique, Biologique, Humain) : Milieu Physique Milieu Biologique Milieu Humain/Socio-économique Qualité de l'air (poussière) Flore et habitats naturels Bruit pour les riverains Stabilité du sol (érosion) Faune terrestre (migration, mortalité) Paysage et esthétique du site Régime hydrique (eaux de surface) Zones humides (drainage) Santé et sécurité publiques Bruit ambiant Espèces rares ou protégées Valeur archéologique ou culturelle
  • 14.
    2. Renseignement dela Matrice (Exemples d'Évaluation) • L'équipe d'experts renseigne les cellules d'interaction en attribuant les deux valeurs : • Ampleur (A) : Intensité de l'impact (négatif : - / positif : + ; de 1 à 10). • Importance (I) : Jugement de valeur sur le facteur affecté (de 1 à 10). Action du Projet Facteur Environnemental Ampleur/ Importance Justification (Interprétation) Déboisement (Préparation) Flore et Habitats naturels −9/7 Fort impact négatif (−9) car la construction nécessite de couper de vastes surfaces. L'importance est élevée (7) car les habitats locaux sont modérément sensibles. Terrassement (Construction) Qualité de l'air (poussière) −5/3 Impact négatif modéré (−5) et temporaire sur l'air (poussière des travaux). L'importance (3) est faible car l'impact est réversible. Circulation automobile (Exploitation) Bruit pour les riverains −8/9 Impact négatif très fort (−8) et très important (9). Le bruit est une nuisance constante et chronique affectant directement la qualité de vie des populations. Plantation d'arbres (Mesure Compensatoire) Paysage et esthétique +4/6 Impact positif (+4) sur le long terme par l'intégration de la route dans le paysage. Importance modérée (6).
  • 15.
    3. Analyse etPlan de Mitigation Une fois la matrice remplie, l'analyse se concentre sur les cellules ayant les scores négatifs les plus élevés (où A × I est le plus fort, surtout si I est élevé). Dans cet exemple de construction de route, les scores critiques seraient probablement ceux liés : ▪ Au bruit pour les riverains (nécessité de murs anti-bruit). ▪ À la destruction d'habitats (nécessité de mesures compensatoires ou d'adaptation du tracé). ▪ Aux entraves à la faune (nécessité de passages fauniques, ou "écureuils-ducs"). La matrice sert donc de feuille de route pour définir les mesures de réduction et de compensation des impacts.
  • 16.
    Exemple Détaillé :Gestion des Déchets Dangereux dans la Construction Navale L'industrie navale, notamment les chantiers de construction, de maintenance et de démolition, est une source importante de déchets dangereux en raison des matériaux utilisés (peintures, huiles, métaux lourds).
  • 17.
    1. Identification etClassification des Déchets Dangereux Voici une liste des principaux types de déchets dangereux générés, classés selon leur origine et leur dangerosité : Catégorie de Déchet Origine dans l'Industrie Navale Classification de Danger Code Déchet (Exemple) Boues d'hydrocarbures Nettoyage des citernes, fonds de cale, séparateurs huile/eau. Toxique, Inflammable, Écotoxique. Huiles usagées (ex: 13 01 10*) Peintures et Solvants Décapage des coques, application des revêtements anti-salissures (antifouling). Toxique, Irritant, Nocif, Inflammable. Déchets de peintures et vernis (ex: 08 01 11*) Déchets d'amiante Démolition de vieux navires (isolants, calorifugeage). Cancérogène (Avéré). Déchets d'amiante (ex: 17 06 05*) Piles et accumulateurs Maintenance et remplacement des batteries de bord. Corrosif, Toxique, Écotoxique (métaux lourds). Accumulateurs au plomb (ex: 16 06 01*) Laitiers et poussières de soudage Opérations de soudage et de découpage des métaux. Toxique (métaux lourds comme le chrome, le nickel). Déchets de soudage (ex: 12 01 13)Exporter vers Sheets Note : Le symbole * indique que le déchet est classé comme dangereux selon la nomenclature européenne des déchets.
  • 18.
    2. Mise enŒuvre de la Gestion (Méthode Détaillée) La gestion des déchets dangereux suit un processus réglementé en plusieurs étapes, conformément au principe du "berceau à la tombe" (de la production à l'élimination finale). Étape 1 : Le Tri et le Conditionnement (à la Source) •Tri Sélectif Rigoureux : Les déchets doivent être triés immédiatement à la source pour éviter tout mélange qui pourrait rendre le traitement plus complexe ou dangereux. Par exemple, les solvants chlorés doivent être séparés des solvants non chlorés. •Conditionnement Approprié : Les déchets doivent être placés dans des récipients étanches et homologués (fûts, conteneurs spéciaux, citernes) et adaptés à la nature du déchet. • Exemple : L'amiante est conditionné sous film plastique double et étanche, étiqueté comme "Déchet d'amiante". Les huiles sont stockées dans des fûts ou des cuves anti-fuite. •Étiquetage : Chaque contenant reçoit une étiquette réglementaire mentionnant la nature exacte du déchet, son code, ses propriétés de danger (pictogrammes), et la date de conditionnement.
  • 19.
    Étape 2 :Le Stockage Provisoire •Zone Dédiée : Le stockage sur site doit se faire dans une aire spécialement conçue (zone de rétention), couverte pour prévenir l'infiltration d'eau et équipée de moyens de rétention pour recueillir toute fuite ou déversement accidentel (éviter la pollution des sols ou des eaux). •Séparation des Incompatibles : Les déchets qui pourraient réagir ensemble (ex: acides et bases) sont stockés dans des zones séparées pour prévenir les incendies, explosions ou émanations toxiques. Étape 3 : La Traçabilité et le Transport •Bordereau de Suivi des Déchets Dangereux (BSD) : C'est le document clé de la traçabilité. Un BSD doit être établi pour chaque flux de déchet dangereux avant son départ du site. Il doit suivre le déchet jusqu'à son traitement final et est visé par le producteur, le transporteur et l'installation de traitement. •Transport Spécialisé : Le transport est effectué par des transporteurs agréés et respecte la réglementation sur le transport des matières dangereuses (ADR pour la route).
  • 20.
    Étape 4 :Le Traitement et l'Élimination Finale Le traitement des déchets est réalisé par des installations autorisées et dépend de la nature du déchet : Déchet Dangereux Mode de Traitement Final (Exemple) Boues d'hydrocarbures Cofeuillage (valorisation énergétique en cimenterie) ou Traitement physico-chimique. Peintures et Solvants Incinération à haute température avec récupération d'énergie, ou régénération pour réutilisation (pour les solvants). Déchets d'amiante Stockage en Installation de Stockage de Déchets Dangereux (ISDD) dédiée, après conditionnement hermétique et sécurisé. Accumulateurs (Batteries) Recyclage spécialisé pour récupérer les métaux (plomb, acides, etc.). Exporter vers Sheets
  • 21.
    Exemple Détaillé :Gestion des Déchets Dangereux dans l'Industrie Microélectronique L'industrie microélectronique (fabrication de puces, circuits intégrés, etc.) génère des déchets dangereux principalement sous forme liquide, en raison des multiples étapes de nettoyage, de gravure (etching) et de dopage.
  • 22.
    1.Identification et Classificationdes Déchets Dangereux Catégorie de Déchet Origine dans l'Industrie Microélectronique Classification de Danger Code Déchet (Exemple) Acides usés Processus de gravure (Acide fluorhydrique, sulfurique, nitrique). Corrosif, Toxique. Déchets de décapage acides (ex: 11 01 05*) Solvants organiques usés Inflammable, Toxique, Irritant. Solvants halogénés ou non halogénés (ex: 14 06 03*) Eaux de rinçage contaminées aux métaux lourds Toxique, Écotoxique. Boues de traitement des eaux usées (ex: 19 08 07*) Déchets de photorésists Déchets issus de la lithographie (résines photosensibles). Inflammable, Nocif. Résines usagées (ex: 08 01 13*) Exporter vers Sheets
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    2. Mise enŒuvre de la Gestion (Méthode Détaillée) La gestion des déchets dans ce secteur est cruciale, car un grand nombre de déchets sont très corrosifs ou très toxiques. • Étape 1 : Le Tri et la Neutralisation (Séparation à la Source) • Séparation stricte : La règle absolue est d'isoler les déchets en fonction de leur incompatibilité. Les acides, les bases, et les oxydants doivent être séparés pour éviter des réactions violentes, même à l'état usé. • Focus Acides/Bases : Les acides usés sont collectés dans des cuves polyéthylènes (PEHD) résistantes à la corrosion. Souvent, une pré-neutralisation est effectuée sur site pour réduire la dangerosité du déchet avant l'envoi au traitement. • Conditionnement : Les solvants sont collectés dans des fûts métalliques homologués (pour l'inflammabilité), avec des systèmes de mise à la terre pour éviter l'électricité statique. • Étiquetage : L'étiquetage est immédiat, avec la mention de la concentration résiduelle des substances dangereuses.
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    Étape 2 :Le Stockage Provisoire Sécurisé • Stockage de liquides : L'essentiel des déchets étant liquide, le stockage se fait en cuves ou fûts dans des zones de rétention spécifiques (bac de rétention). La capacité du bac de rétention doit être suffisante pour contenir le plus grand récipient stocké, ou 10% du volume total stocké (selon la réglementation locale). • Ventilation : Pour les solvants (déchets inflammables et volatils), la zone de stockage est obligatoirement ventilée pour éviter l'accumulation de vapeurs explosives (respect des règles ATEX - Atmosphères Explosibles). • Durée : La durée de stockage sur site est strictement limitée (souvent à un an maximum, et à trois mois pour les plus dangereux) afin de minimiser les risques.
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    Étape 3 :La Traçabilité et le Transport •Bordereau de Suivi des Déchets Dangereux (BSD) : Comme pour toute industrie, le BSD est obligatoire. Il doit inclure les analyses chimiques certifiées du lot de déchets, car les centres de traitement n'acceptent pas de déchets sans en connaître la composition exacte (surtout pour les acides et métaux lourds). •Contrôle : Le transporteur spécialisé vérifie la conformité du conditionnement et des étiquettes avant le chargement. Étape 4 : Le Traitement et l'Élimination Finale Déchet Dangereux Mode de Traitement Final (Exemple) Acides usés / Eaux contaminées Traitement Physico-Chimique (PCC) : Neutralisation, précipitation des métaux lourds (pour les transformer en boues non dangereuses), et filtration avant rejet de l'eau traitée (conformément aux normes de rejet). Solvants organiques usés Valorisation Énergétique (Incinération) : Envoyés vers des incinérateurs industriels agréés pour destruction à très haute température avec récupération d'énergie. Boues de métaux lourds Stabilisation et Solidification : Les boues sont mélangées à des liants (ciment) pour les rendre inertes et éviter la lixiviation des métaux avant leur enfouissement en Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux (ISDND) ou Dangereux (ISDD) selon leur taux de lixiviation. Exporter vers Sheets