Jojo
C’est un gentil jojo, tout le jour
Il se prend pour le roi, le héros
De la cité, du bitume, du caniveau.
En deux temps il vous joue un tour.
J’aime le voir faisant ses embrouilles.
Un jour, l’air de rien il dégotte en douce
Des Larousse comme s’il en pousse
Des dicos pourquoi? Ben, la tambouille!
Me dit-il, de son air de ne pas y toucher
«La cass‘trone, et ben j’suis trop p’tit…
Les ‘la rousses’, c’est qu’j’suis trop rikiki »
Le flegme, ne connait pas, juste un peu écorché
je le vis, une autre fois, arriver
Comme un dératé, le feu quelque part
C’est sûr, ou bien un train de retard.
Atterrir, en un virage serré, sur le nez.
Chouignant à vous en fendre l’âme,
En chapelet se mit à dégoiser
Une suite de gros mots osés
Devant les passants qui s’exclament
Sur ses talons, les bleus, la maréchaussée
Viennent pour lui mettre les "poussets"
C’est que notre hardi, plutôt gonflé
D’un plantigrade s’était pris d’amitié.
La veille au soir, sans concertation
Prit la direction du parc zoologique
Prestement escalada, une gymnastique,
Les grilles de cette vaste prison.
Et libéra en un tour de main
De leur ‘Eden’ ours et oursons
Qui s’enfuirent tels démons
Sans même penser à demain
Nos amis pandores ne surent,
Ni ne virent, quoi ni comment
Le rusé, bravement comme se jouant,
Faussa compagnie aux bleus d'azur

Jojo

  • 1.
    Jojo C’est un gentiljojo, tout le jour Il se prend pour le roi, le héros De la cité, du bitume, du caniveau. En deux temps il vous joue un tour. J’aime le voir faisant ses embrouilles. Un jour, l’air de rien il dégotte en douce Des Larousse comme s’il en pousse Des dicos pourquoi? Ben, la tambouille! Me dit-il, de son air de ne pas y toucher «La cass‘trone, et ben j’suis trop p’tit… Les ‘la rousses’, c’est qu’j’suis trop rikiki » Le flegme, ne connait pas, juste un peu écorché je le vis, une autre fois, arriver Comme un dératé, le feu quelque part C’est sûr, ou bien un train de retard. Atterrir, en un virage serré, sur le nez. Chouignant à vous en fendre l’âme, En chapelet se mit à dégoiser Une suite de gros mots osés Devant les passants qui s’exclament Sur ses talons, les bleus, la maréchaussée Viennent pour lui mettre les "poussets" C’est que notre hardi, plutôt gonflé D’un plantigrade s’était pris d’amitié. La veille au soir, sans concertation Prit la direction du parc zoologique
  • 2.
    Prestement escalada, unegymnastique, Les grilles de cette vaste prison. Et libéra en un tour de main De leur ‘Eden’ ours et oursons Qui s’enfuirent tels démons Sans même penser à demain Nos amis pandores ne surent, Ni ne virent, quoi ni comment Le rusé, bravement comme se jouant, Faussa compagnie aux bleus d'azur