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© 1999-2006
Watch Tower Bible
and Tract Society of
Pennsylvania
Prêtons attention à la prophétie de Daniel !
Prêtons attention à la prophétie de Daniel !
1999, 2006
Cette publication est éditée dans le cadre d’une œuvre mondiale
d’enseignement biblique rendue possible par des offrandes volontaires.
Sauf indication, les citations des Écritures sont tirées de la version en
français moderne Les Saintes Écritures — Traduction du monde nouveau
— avec notes et références
*** dp chap. 1 p. 5-10 ***
Le livre de Daniel et vous
1
Un roi puissant menace d’exécuter
les sages de son royaume parce qu’ils
sont incapables de révéler et
d’interpréter le rêve déroutant qu’il vient
de faire. Trois jeunes hommes qui
refusent d’adorer une image imposante
sont jetés dans un four surchauffé, mais
ils ne meurent pas. Au beau milieu d’un
festin, des centaines de personnes
voient une main écrire des paroles
mystérieuses sur le mur du palais.
Des conspirateurs sans scrupules font
jeter un homme âgé dans une fosse aux
lions, mais il en ressort sans une
égratignure. Un prophète de Dieu voit
quatre bêtes en vision, bêtes dont la
signification portera sur des millénaires.
2
Ce ne sont là que quelques-uns
des récits qu’on trouve dans le livre de
Daniel. Valent-ils la peine qu’on les
examine attentivement ?
De quelle utilité ce vieux livre peut-il être
à notre époque ? Pourquoi se soucier
d’événements qui se sont produits,
il y a 2 600 ans ?
DANIEL, UN LIVRE ANCIEN
POUR LES TEMPS MODERNES
3
La plus grande partie du livre de
Daniel tourne autour du thème de la
domination mondiale, un sujet qui est au
centre des préoccupations aujourd’hui.
Presque tout le monde reconnaîtra que
nous vivons une époque difficile.
Jour après jour, les journaux nous
bombardent d’informations affligeantes
qui nous rappellent que la société
humaine est en train de s’enfoncer dans
un bourbier de problèmes complexes...
et ce alors même que la science et
la technologie accomplissent des
prouesses. 
4
Réfléchissez à ceci : L’homme a
marché sur la lune, mais à de nombreux
endroits il ne peut se promener sans
crainte dans les rues de sa planète.
Il est capable d’équiper une maison de
toutes sortes de commodités, mais il ne
peut endiguer le flot des familles
brisées. Et il a su inaugurer l’ère de
l’information, mais il ne peut apprendre
aux gens à cohabiter en paix. Hugh
Thomas, professeur d’histoire,
a écrit un jour : “ La propagation de la
connaissance et de l’instruction a appris
peu de choses aux hommes sous le
rapport de la maîtrise de soi et moins
encore pour ce qui est de l’art de vivre
avec d’autres humains. ”
5
Voulant établir un certain ordre
dans la société, les hommes se sont
organisés en gouvernements très divers.
Cependant, aucun d’entre eux n’a
échappé ni n’échappe à l’exactitude
de cette remarque du roi Salomon :
“ L’homme a dominé l’homme à son
détriment. ” (Ecclésiaste 4:1 ; 8:9).
Bien entendu, certains dirigeants ont de
nobles idéaux. Néanmoins, aucun roi,
aucun président ni aucun dictateur n’a le
pouvoir d’éliminer la maladie et la mort.
Aucun humain ne peut faire de la terre le
Paradis que Dieu voulait qu’elle soit.
6
Le Créateur, quant à lui, est à la
fois désireux et capable d’accomplir de
telles choses. Il n’a pas besoin de la
permission des gouvernements humains
pour réaliser son dessein ; à ses yeux,
en effet, “ les nations sont comme une
goutte d’un seau ; oui, on les considère
comme une couche de poussière sur la
balance ”. (Isaïe 40:15.) Jéhovah est le
Maître Souverain de l’univers. À ce titre,
son pouvoir est de loin supérieur à celui
des gouvernements humains.
C’est le Royaume de Dieu qui
remplacera toutes les formes de
domination humaine, pour le bien
éternel de l’humanité. Peut-être cette
idée n’est-elle nulle part expliquée aussi
clairement que dans le livre de Daniel.
DANIEL, BIEN-AIMÉ DE DIEU
7
Jéhovah Dieu éprouvait une grande
affection pour Daniel, qui fut son
prophète pendant de nombreuses
années. D’ailleurs, un ange de Dieu
qualifia Daniel de “ quelqu’un de très
désirable ”. (Daniel 9:23.)
Le terme hébreu original traduit par
“ quelqu’un de très désirable ” peut
signifier “ bien-aimé ”, “ particulièrement
apprécié ”, voire “ favori ”. Daniel était
particulièrement précieux aux yeux de
Dieu.
8
Parlons brièvement de la situation
exceptionnelle de ce prophète aimé.
En 618 avant notre ère, le roi de
Babylone, Neboukadnetsar, assiégea
Jérusalem (Daniel 1:1). Peu après,
certains jeunes Juifs instruits furent
emmenés en exil à Babylone. Daniel
était parmi eux. À l’époque, il était
probablement adolescent.
9
Daniel et ses compagnons,
Hanania, Mishaël et Azaria, faisaient
partie des Hébreux qui furent choisis
pour recevoir trois ans de formation
dans “ l’écriture et la langue des
Chaldéens ”. (Daniel 1:3, 4.) Certains
spécialistes sont d’avis qu’il ne s’agissait
vraisemblablement pas d’un simple
cours de langue. Par exemple, le
professeur Carl Keil déclare : “ Daniel et
ses compagnons allaient être instruits
dans la sagesse des prêtres et de l’élite
intellectuelle des Chaldéens, laquelle
était enseignée dans les écoles de
Babylone. ” Daniel et ses compagnons
reçurent donc une formation spéciale
pour servir dans le gouvernement. >>
10
La situation de Daniel et de ses
compagnons changeait du tout au tout.
En Juda, ils avaient vécu au milieu
d’adorateurs de Jéhovah. Désormais,
ils étaient entourés de gens qui
adoraient des dieux et des déesses de
la mythologie. Néanmoins, ces jeunes
gens, Daniel, Hanania, Mishaël et
Azaria, n’étaient pas intimidés.
Malgré ce contexte qui mettait leur foi à
l’épreuve, ils étaient déterminés à
persévérer dans le vrai culte.
11
Ce n’était pas facile. Le roi
Neboukadnetsar était un fervent
adorateur de Mardouk, la divinité
principale de Babylone. Les exigences
de ce roi étaient parfois absolument
inacceptables pour un adorateur de
Jéhovah (voir par exemple Daniel 3:1-7).
Mais Daniel et ses compagnons
bénéficiaient de la direction infaillible de
Jéhovah. Durant les trois années que
dura leur formation, Dieu leur accorda
“ connaissance et perspicacité en toute
écriture et sagesse ”. En outre, Daniel
reçut la faculté de comprendre les
visions et les rêves. Par la suite, quand
le roi passa en revue ces quatre jeunes
hommes, il les trouva “ dix fois
supérieurs à tous les prêtres-magiciens
et évocateurs d’esprits qui étaient dans
tout son royaume ”. — Daniel 1:17, 20.
PROCLAMATION
DES MESSAGES DE DIEU
12
Du début à la fin des nombreuses
années qu’il passa à Babylone, Daniel
fut le messager de Dieu auprès
d’hommes tels que les rois
Neboukadnetsar et Belshatsar.
La mission de Daniel était capitale.
Jéhovah avait permis à Neboukadnetsar
de détruire Jérusalem ; il en avait fait
son instrument. Par la suite, Babylone
serait détruite à son tour. Vraiment, le
livre de Daniel magnifie Jéhovah Dieu ;
il montre qu’il est le Très-Haut et le Chef
dans “ le royaume des humains ”. —
Daniel 4:17.
13
Daniel servit à la cour pendant
quelque 70 ans, jusqu’à la chute de
Babylone. Il vécut assez longtemps pour
voir de nombreux Juifs retourner dans
leur pays en 537 avant notre ère, même
si la Bible ne précise pas qu’il les
accompagna. Il resta très actif, au moins
jusqu’à la troisième année du règne de
Cyrus, le fondateur de l’Empire perse.
À ce moment-là, Daniel devait
approcher les 100 ans.
14
Après la chute de Babylone, Daniel
mit par écrit les événements les plus
marquants de sa vie. Le document qu’il
rédigea constitue aujourd’hui une partie
remarquable de la Sainte Bible et porte
le nom de livre de Daniel.
Mais pourquoi devrions-nous prêter
attention à ce livre ancien ?
DEUX PARTIES, UN MESSAGE
15
L’extraordinaire livre de Daniel
contient deux parties très différentes :
l’une est narrative, l’autre est
prophétique. Ces deux aspects du livre
de Daniel peuvent bâtir notre foi.
De quelle manière ? La partie narrative
(qui compte parmi les plus intenses de
la Bible) montre que Jéhovah Dieu
bénira ceux qui lui resteront fidèles et
prendra soin d’eux. Daniel et ses trois
compagnons sont demeurés fermes
dans des épreuves qui menaçaient leur
vie.
Aujourd’hui, tous ceux qui veulent rester
fidèles à Jéhovah seront fortifiés par un
examen attentif de leur exemple. 
16
La partie prophétique bâtit la foi en
montrant que Jéhovah connaît le cours
de l’Histoire, et ce des siècles, et même
des millénaires, à l’avance.
Par exemple, Daniel donne des détails
sur la montée et la chute des
puissances mondiales depuis l’époque
de la Babylone antique jusqu’au “ temps
de la fin ”. (Daniel 12:4.) Daniel dirige
notre attention sur le Royaume de Dieu
confié à son Roi établi et aux “ saints ”
qui règnent avec lui ; il précise que ce
gouvernement durera toujours.
Ce gouvernement accomplira
entièrement le dessein de Jéhovah
concernant la terre et procurera des
bénédictions à tous ceux qui voudront
servir Dieu. — Daniel 2:44 ; 7:13, 14, 22.
17
Par bonheur, Jéhovah ne garde
pas pour lui la connaissance des
événements à venir. Il est au contraire le
“ Révélateur des secrets ”. (Daniel 2:28.)
Si nous nous arrêtons sur
l’accomplissement des prophéties
contenues dans le livre de Daniel, notre
foi dans les promesses de Dieu en sera
fortifiée. Nous renforcerons encore notre
conviction que Dieu réalisera son
dessein au moment exact et de la
manière précise qu’il aura choisis.
18
Tous ceux qui étudient le livre de
Daniel avec un cœur réceptif
y gagneront une foi plus grande.
Mais avant de nous plonger dans
l’examen de ce livre, il nous faut vérifier
son authenticité. Certains critiques ont
dénigré le livre de Daniel : ils ont affirmé
que les prophéties qu’il contient ont été
rédigées après leur accomplissement.
Les prétentions de ces sceptiques sont-
elles fondées ? Le chapitre suivant
répondra à cette question.
*** dp chap. 2 p. 13-29 ***
Daniel, un livre au banc des accusés
1
Imaginez-vous dans un tribunal.
Vous assistez à un jugement important.
Un homme est accusé de fraude. Le
procureur affirme que cet homme est
coupable. Pourtant, l’accusé a depuis
longtemps la réputation d’être intègre.
N’aimeriez-vous pas entendre les
arguments de la défense ?
2
Vous vous trouvez dans la même
situation vis-à-vis du livre de Daniel.
Son rédacteur était un homme connu
pour son intégrité. Le livre qui porte son
nom est tenu en haute estime depuis
des milliers d’années. Il se présente
comme de l’histoire authentique, écrite
par Daniel, un prophète hébreu qui
vécut aux VIIe
et VIe
siècles avant notre
ère. D’après la chronologie biblique, qui
est précise, ce livre couvre la période
qui va d’environ 618 à 536 avant notre
ère, et il a été terminé à cette dernière
date. Mais ce livre est accusé.
Des encyclopédies et d’autres ouvrages
de référence sous-entendent, voire
affirment, qu’il s’agit d’une fraude.
3
Par exemple, la New Encyclopædia
Britannica admet que le livre de Daniel
était autrefois “ généralement considéré
comme de l’histoire vraie, qui contenait
de véritables prophéties ”.
Cette encyclopédie ajoute cependant
qu’en réalité Daniel “ a été écrit plus
tard, à une époque de crise nationale —
quand les Juifs subissaient une
persécution intense sous [le roi de Syrie]
Antiochus IV Épiphane ”. Elle situe la
rédaction du livre entre 167 et 164 avant
notre ère. Le même ouvrage affirme que
le rédacteur du livre de Daniel ne
prophétise pas, mais raconte
simplement “ des événements qui sont
pour lui de l’histoire passée à la manière
de prophéties d’événements futurs ”. 
4
Où ces idées ont-elles germé ?
La critique du livre de Daniel n’est pas
nouvelle. Elle a commencé au IIIe
siècle
de notre ère avec un philosophe nommé
Porphyre. Comme beaucoup dans
l’Empire romain, il se sentait menacé par
l’influence qu’exerçait le christianisme.
Il a écrit 15 livres pour saper cette
“ nouvelle ” religion. Le 12e
s’en prenait
au livre de Daniel, que Porphyre
qualifiait de falsification, écrite par un
Juif du IIe
siècle avant notre ère.
Des attaques semblables ont été
lancées au XVIIIe
et au XIXe
siècle. Pour
les tenants de la haute critique et les
rationalistes, les prophéties (qui
consistent à annoncer des événements
futurs) sont quelque chose d’impossible.
Daniel est devenu une cible de choix.
En quelque sorte, son livre et lui ont été
assignés en justice. Les critiques
prétendaient avoir de nombreuses
preuves que ce livre avait été écrit non
par Daniel pendant l’exil des Juifs à
Babylone, mais par quelqu’un d’autre
des siècles plus tard {Note : Certains
critiques essaient d’atténuer l’accusation de
falsification en disant que l’écrivain a pris Daniel
comme pseudonyme, de même que des livres
non canoniques anciens ont été écrits sous des
noms d’emprunt. Cependant, un critique de la
Bible, Ferdinand Hitzig, a affirmé : “ Le cas du
livre de Daniel, si on l’attribue à un autre, est
différent. Il devient alors un écrit forgé de toutes
pièces, dont le but était de tromper ses lecteurs
immédiats, quoique pour leur bien. ”}.
Ces attaques se sont multipliées au
point qu’un auteur a rédigé une défense
intitulée Daniel dans la fosse aux
critiques.
5
Les affirmations péremptoires des
critiques sont-elles appuyées par des
preuves ? Ou bien les faits plaident-ils
en faveur de la défense ? L’enjeu est
important. En effet, ce n’est pas
seulement la réputation de ce livre
ancien qui est concernée, mais aussi
notre avenir. Si le livre de Daniel est une
fraude, alors les promesses qu’il
contient quant à l’avenir de l’humanité
ne sont au mieux que des mots vides de
sens. En revanche, s’il contient des
prophéties authentiques, vous serez
sans aucun doute désireux d’apprendre
ce qu’elles signifient pour nous
aujourd’hui. Cela étant dit, examinons
certaines attaques lancées contre
Daniel.
6
Prenons, par exemple, l’accusation
formulée dans The Encyclopedia
Americana : “ De nombreux détails
historiques des périodes anciennes
[celle de l’exil à Babylone notamment]
sont considérablement déformés ” dans
le livre de Daniel. En est-il vraiment
ainsi ? Considérons une à une trois
prétendues erreurs.
L’AFFAIRE
DU MONARQUE MANQUANT
7
Daniel a écrit que Belshatsar, un
“ fils ” de Neboukadnetsar, était roi à
Babylone quand la ville a été prise
(Daniel 5:1, 11, 18, 22, 30). Les critiques
ont longtemps attaqué cette affirmation,
car on ne trouvait le nom de Belshatsar
nulle part ailleurs que dans la Bible.
Les anciens historiens disaient en outre
que Nabonide, un successeur de
Neboukadnetsar, avait été le dernier roi
babylonien. C’est pourquoi, en 1850,
Ferdinand Hitzig affirmait que Belshatsar
était manifestement une pure invention
de l’écrivain. Mais l’opinion de M. Hitzig
ne vous paraît-elle pas un peu hâtive ?
Après tout, le fait que ce roi n’est
mentionné nulle part (surtout à une
période où il est reconnu que les récits
historiques sont rares) est-il la preuve
qu’il n’a jamais existé ? Du reste, en
1854 on a mis au jour de petits cylindres
d’argile dans les ruines d’Our, une ville
de la Babylonie antique qui se trouve
aujourd’hui dans le sud de l’Iraq. >>
Ces documents cunéiformes émanant
du roi Nabonide comprenaient une
prière en faveur de ‘ Bel-sar-oussour,
son fils aîné ’. Même les critiques ont dû
se rendre à l’évidence : il était question
du Belshatsar du livre de Daniel.
8
Les critiques n’étaient cependant
pas convaincus. “ Cela ne prouve rien ”,
a écrit l’un d’eux, appelé Fox Talbot.
Selon lui, le fils de l’inscription n’était
peut-être qu’un enfant, alors que Daniel
le présente comme un roi en exercice.
Mais un an seulement après la
publication des remarques de F. Talbot,
on a découvert d’autres tablettes
cunéiformes qui révélaient que
Belshatsar avait des secrétaires et des
domestiques. Il n’était donc sûrement
pas un enfant ! Finalement, d’autres
tablettes ont enfoncé le clou : elles
indiquaient que Nabonide s’absenta de
Babylone pendant des périodes de
plusieurs années. Elles montraient
également qu’à ces périodes il “ confia
la royauté ” de Babylone à son fils aîné
(Belshatsar). À ces périodes, Belshatsar
était roi de fait, puisqu’il était vice-roi
avec son père {Note : Nabonide n’était pas à
Babylone quand elle tomba. Il est donc exact de
dire que Belshatsar était roi à ce moment-là. Les
critiques ergotent sur le fait que les annales
profanes ne donnent pas à Belshatsar le titre
officiel de roi. Néanmoins, des témoignages
remontant à l’Antiquité montrent que même un
gouverneur était parfois qualifié de roi.}.
9
Toujours pas satisfaits, certains
critiques reprochent à la Bible de
qualifier Belshatsar, non de fils de
Nabonide, mais de fils de
Neboukadnetsar. Quelques-uns relèvent
que Daniel ne fait même pas allusion à
l’existence de Nabonide. Toutefois, ces
deux objections ne résistent pas à
l’examen. Il semble que Nabonide
épousa la fille de Neboukadnetsar.
Belshatsar serait dans ce cas le petit-fils
de Neboukadnetsar. Or, ni l’hébreu ni
l’araméen ne possèdent les mots
“ grand-père ” et “ petit-fils ” ; “ fils de ”
peut signifier “ petit-fils de ”, et même
“ descendant de ”. (Voir Matthieu 1:1.)
En outre, le récit biblique autorise à
identifier Belshatsar au fils de Nabonide.
En effet, lorsqu’il est terrifié par l’écriture
de mauvais augure qu’une main trace
sur le mur, Belshatsar aux abois offre la
troisième place dans le royaume à celui
qui saura la déchiffrer (Daniel 5:7).
Pourquoi la troisième et pas la
deuxième ? Cette offre donne à penser
que la première et la deuxième place
étaient déjà occupées. De fait, elles
l’étaient : par Nabonide et par son fils,
Belshatsar.
10
Ainsi, la mention de Belshatsar par
Daniel n’est pas le signe qu’il ne connaît
pas l’histoire “ avec précision ”.
Au contraire, bien qu’il n’écrive pas
l’histoire de Babylone, Daniel nous
donne un aperçu plus précis de la
monarchie babylonienne que des
historiens de l’Antiquité tels
qu’Hérodote, Xénophon et Bérose.
Pourquoi Daniel fut-il capable de
rapporter des faits qui leur
échappèrent ? Parce qu’il était à
Babylone. Son livre est l’œuvre d’un
témoin oculaire, et non d’un imposteur
qui aurait vécu des siècles plus tard.
QUI ÉTAIT DARIUS LE MÈDE ?
11
Selon Daniel, lorsque Babylone fut
renversée, un roi nommé “ Darius le
Mède ” commença à régner (Daniel
5:31). On n’a toutefois pas encore
trouvé le nom de Darius le Mède,
ni dans les sources profanes, ni dans les
découvertes archéologiques. C’est
pourquoi le Dictionnaire encyclopédique
de la Bible (par A. Westphal),
par exemple, affirme que ce Darius “ n’a
jamais existé ”. 
12
Certains spécialistes se montrent
plus prudents. Après tout, à une époque
les critiques affirmaient également au
sujet de Belshatsar qu’il n’avait “ jamais
existé ”. Il ne fait aucun doute qu’un jour
Darius sortira aussi de l’ombre.
Des tablettes cunéiformes ont déjà
révélé que Cyrus le Perse ne porta pas
le titre de “ roi de Babylone ”
immédiatement après la conquête de la
ville. Un chercheur émet cette
hypothèse : “ Celui qui porta le titre de
‘ roi de Babylone ’ était un roi vassal de
Cyrus, et non Cyrus lui-même. ”
Se peut-il que Darius ait été le nom de
règne ou le titre d’un puissant
fonctionnaire mède à qui Babylone fut
confiée ? Certains pensent que Darius
fut un homme du nom de Goubarou.
Cyrus nomma Goubarou gouverneur
de Babylone, et les récits profanes
confirment qu’il était investi d’un pouvoir
considérable. Une tablette cunéiforme
déclare qu’il établit des gouverneurs
subalternes à Babylone. Détail à relever,
Daniel signale que Darius nomma
120 satrapes pour gouverner le royaume
de Babylone. — Daniel 6:1.
13
Peut-être finira-t-on par mettre au
jour des indices plus directs qui
révéleront l’identité précise de ce roi.
Quoi qu’il en soit, le silence apparent de
l’archéologie est loin de constituer un
motif d’affirmer que Darius n’a “ jamais
existé ”, et encore moins de rejeter tout
le livre de Daniel en le disant frauduleux.
Il est bien plus rationnel de considérer le
récit de Daniel comme le rapport d’un
témoin oculaire plus détaillé que les
récits profanes qui ont subsisté.
~
~
~
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LE RÈGNE DE YEHOÏAQIM
14
On lit en Daniel 1:1 : “ Dans la
troisième année du règne de Yehoïaqim
le roi de Juda, Neboukadnetsar le roi de
Babylone vint à Jérusalem et entreprit
de l’assiéger. ” Les critiques contestent
ce verset parce qu’il ne semble pas
s’accorder avec Jérémie, selon lequel la
quatrième année de Yehoïaqim fut la
première année de Neboukadnetsar
(Jérémie 25:1 ; 46:2).
Daniel contredisait-il Jérémie ?
Quelques renseignements
supplémentaires règlent facilement la
question. Quand il fut établi roi en 628
avant notre ère par Pharaon Néko,
Yehoïaqim devint une marionnette entre
les mains du dirigeant égyptien.
Cela survint environ trois ans avant que
Neboukadnetsar ne succède à son père
sur le trône de Babylone, en 624.
Peu après (en 620), Neboukadnetsar
envahit Juda et fit de Yehoïaqim un roi
vassal de Babylone (2 Rois 23:34 ;
24:1). Pour un Juif qui vivait à Babylone,
la “ troisième année ” de Yehoïaqim était
donc la troisième année où ce roi était
vassal de Babylone. Daniel écrivit de
cette perspective. Jérémie, quant à lui,
écrivit de la perspective des Juifs qui
habitaient à Jérusalem. Aussi fit-il
débuter la royauté de Yehoïaqim au
moment où Pharaon Néko l’établit roi.
15
En réalité, cette prétendue
contradiction ne fait que renforcer les
indices selon lesquels Daniel écrivit son
livre à Babylone, parmi les exilés juifs.
Mais cet argument contre le livre de
Daniel comporte une autre faille béante.
Souvenez-vous que le rédacteur de
Daniel disposait indubitablement du livre
de Jérémie ; il en parla d’ailleurs (Daniel
9:2).
Si le rédacteur de Daniel avait été un
inventeur intelligent, comme l’affirment
les critiques, se serait-il risqué à >>
contredire une source aussi respectée
que Jérémie, de surcroît dès le premier
verset de son livre ?
De toute évidence, non.
DES DÉTAILS RÉVÉLATEURS
16
Tournons à présent notre attention
vers des choses positives plutôt que
négatives. Arrêtons-nous sur d’autres
détails du livre de Daniel qui indiquent
que son rédacteur avait une
connaissance de première main de
l’époque dont il parla dans ses écrits.
17
La connaissance que Daniel
possédait de détails subtils relatifs à la
Babylone antique atteste l’authenticité
de son récit. Par exemple, Daniel 3:1-6
rapporte que Neboukadnetsar fit dresser
une image géante pour que tous
l’adorent. Les archéologues ont trouvé
d’autres témoignages attestant que ce
monarque cherchait à mêler ses sujets
à des pratiques nationalistes et
religieuses. Par ailleurs, Daniel dit que
Neboukadnetsar se vantait de ses
nombreuses constructions (Daniel 4:30).
Il a fallu attendre notre époque pour que
les archéologues confirment que
Neboukadnetsar était à l’origine d’un
grand nombre de constructions faites à
Babylone. Quant à sa vantardise... cet
homme faisait estampiller les briques
mêmes de son nom ! Les critiques de
Daniel sont incapables d’expliquer
comment leur prétendu faussaire de
l’époque maccabéenne (167-63 avant
notre ère) aurait connu l’existence de
ces constructions... quelque quatre
siècles plus tard et bien avant que les
archéologues ne les sortent de terre !
18
Le livre de Daniel fait aussi état de
différences majeures entre la loi
babylonienne et la loi médo-perse.
Par exemple, sous la loi babylonienne
les trois compagnons de Daniel furent
jetés dans un four brûlant parce qu’ils
refusaient d’obéir à l’ordre du roi.
Des dizaines d’années plus tard, Daniel
fut jeté dans une fosse aux lions pour
avoir refusé d’obéir à une loi perse qui
violait sa conscience (Daniel 3:6 ; 6:7-9).
Certains ont voulu faire passer le récit
du four brûlant pour une légende, mais
des archéologues ont découvert une
lettre de la Babylone antique qui
mentionne précisément cette forme de
punition. En revanche, aux yeux des
Mèdes et des Perses, le feu était sacré.
C’est pourquoi ils préféraient d’autres
formes cruelles de punition. Il n’est dès
lors pas surprenant qu’ils aient adopté la
fosse aux lions.
19
On remarque une autre différence
encore. Daniel indique que
Neboukadnetsar pouvait édicter et
changer les lois à sa convenance.
Darius, de son côté, ne pouvait changer
‘ les lois des Mèdes et des Perses ’, pas
même celles qu’il avait promulguées en
personne (Daniel 2:5, 6, 24, 46-49 ;
3:10, 11, 29 ; 6:12-16) ! John Whitcomb,
un historien, écrit : “ L’histoire antique
confirme cette différence entre
Babylone, où la loi était soumise au roi,
et la Puissance médo-perse, où le roi
était soumis à la loi. ”
20
Le récit saisissant du festin de
Belshatsar, qui est rapporté en Daniel
chapitre 5, est riche en détails.
Apparemment, on commença par
manger gaiement et boire beaucoup, car
il est à plusieurs reprises question de vin
(Daniel 5:1, 2, 4). Or, sur certains reliefs
représentant ce genre de festins, les
personnages ne font que boire du vin.
De toute évidence, donc, le vin tenait
une place de premier ordre dans les
festivités. Daniel précise également
que des femmes étaient présentes
à ce banquet : les femmes de second
rang du roi et ses concubines
(Daniel 5:3, 23). >>
L’archéologie confirme ce détail, une
coutume babylonienne. À l’époque
maccabéenne, tant Juifs que Grecs
n’acceptaient pas que des femmes
participent à un festin avec des
hommes. Peut-être est-ce la raison pour
laquelle des versions primitives de la
Septante omettent dans Daniel la
mention de ces femmes {Note : Carl Keil,
un hébraïsant, écrit au sujet de Daniel 5:3 : “ La
LXX. a ici, ainsi qu’au ver. 23, omis de
mentionner les femmes, conformément à la
coutume des Macédoniens, des Grecs et des
Romains.”}. Pourtant, le prétendu
faussaire, auteur de Daniel, aurait vécu
dans cette culture hellénisée (grecque),
peut-être même à l’époque où fut
traduite la Septante !
21
Quand on sait ce genre de détails,
on a du mal à croire que le Dictionnaire
de la Bible, par A.-M. Gérard, puisse
dire de l’auteur du livre de Daniel qu’il
n’avait qu’une connaissance “ assez
vague ” de la période de l’Exil. Comment
un imposteur qui aurait vécu des siècles
plus tard aurait-il pu connaître si
intimement les anciennes coutumes
babyloniennes et perses ? D’autant que
l’un et l’autre empire avaient décliné
bien avant le IIe
siècle avant notre ère.
Il va de soi que les archéologues
n’existaient pas à l’époque ; les Juifs
d’alors ne se flattaient pas non plus de
connaître la culture et l’histoire de pays
étrangers. Seul Daniel le prophète,
un témoin oculaire de l’époque et des
événements dont il parlait, put écrire le
livre de la Bible qui porte son nom.
LES ÉLÉMENTS EXTERNES
PROUVENT-ILS
QUE DANIEL FUT FABRIQUÉ ?
22
Un des arguments les plus souvent
invoqués contre le livre de Daniel est sa
place dans le canon des Écritures
hébraïques. Les rabbins de l’Antiquité
classèrent les livres des Écritures
hébraïques en trois groupes : la Loi, les
Prophètes et les Écrits. Et ils rangèrent
Daniel, non parmi les Prophètes, mais
dans les Écrits. Cela signifie, en
concluent les critiques, que ce livre était
inconnu à l’époque où les œuvres des
autres prophètes furent rassemblées.
Le livre de Daniel se trouverait dans les
Écrits parce que ceux-ci furent compilés
plus tard.
23
Néanmoins, tous les spécialistes
de la Bible ne pensent pas que les
rabbins divisèrent le canon avec une
telle rigidité ni qu’ils exclurent Daniel des
Prophètes. Et de toute façon, même si
les rabbins ont classé Daniel dans les
Écrits, cela prouve-t-il qu’il fut écrit
ultérieurement ? Bien sûr que non.
Des érudits renommés ont évoqué
diverses raisons pour lesquelles les
rabbins auraient pu éliminer Daniel des
Prophètes. Ils le firent peut-être, par
exemple, parce que le livre les gênait,
ou parce qu’ils considéraient Daniel
comme différent des autres prophètes
dans la mesure où il occupait une
fonction profane à l’étranger. Quoi qu’il
en soit, ce qui compte vraiment, c’est
que les Juifs de l’Antiquité tenaient le
livre de Daniel en haute estime et le
regardaient comme canonique.
En outre, les faits indiquent que le canon
des Écritures hébraïques fut achevé
bien avant le IIe
siècle avant notre ère.
Aucun ajout ne fut permis ensuite,
notamment l’ajout de plusieurs livres
écrits au IIe
siècle avant notre ère.
24
Paradoxalement, l’une de ces
œuvres postérieures rejetées a été
utilisée contre le livre de Daniel. Le livre
apocryphe de l’Ecclésiastique, par Jésus
Ben Sirach, fut sans doute rédigé vers
180 avant notre ère. Les critiques
aiment faire remarquer que Daniel ne
figure pas dans la longue liste
d’hommes justes que ce livre contient. >
Ils en concluent que Daniel devait être
inconnu à l’époque. Cet argument est
accepté par une majorité dans le milieu
des spécialistes. Mais considérez ce qui
suit : la même liste omet Ezra et
Mordekaï (tous deux de grandes figures
aux yeux des Juifs d’après l’Exil), ainsi
que le bon roi Yehoshaphat.
De tous les juges, elle ne nomme que
Samuel {Note : En revanche, la liste
divinement inspirée d’hommes et de femmes
fidèles dressée par l’apôtre Paul en Hébreux
chapitre 11 semble bien faire allusion à des
événements racontés dans Daniel (Daniel 6:16-
24 ; Hébreux 11:32, 33). Toutefois, la liste de
Paul n’est pas non plus exhaustive. De
nombreux personnages, tels Isaïe, Jérémie et
Ézékiel, ne sont pas nommés dans cette liste, et
pourtant cela ne prouve pas qu’ils n’ont jamais
existé.}. Doit-on, sous prétexte que ces
hommes ne figurent pas dans une liste,
qui d’ailleurs ne se prétend pas
exhaustive, et qui en plus se trouve
dans un livre non canonique, doit-on
penser qu’ils sont tous fictifs ?
Cette idée même est grotesque.
TÉMOIGNAGE EXTERNE
EN FAVEUR DE DANIEL
25
Revenons aux preuves positives.
On a dit qu’aucun autre livre des
Écritures hébraïques n’est mieux attesté
que Daniel. En voici la démonstration :
Le célèbre historien juif Josèphe atteste
son authenticité. Il raconte qu’au cours
de la guerre qu’il mena contre la Perse
au IVe
siècle avant notre ère Alexandre
le Grand vint à Jérusalem, où les prêtres
lui montrèrent un exemplaire du livre de
Daniel. Alexandre conclut lui-même que
les paroles de la prophétie de Daniel
qu’on lui présentait se rapportaient à sa
campagne militaire contre la Perse
{Note : Pour certains historiens, cela expliquerait
pourquoi Alexandre fut si bon avec les Juifs, qui
étaient depuis longtemps amis des Perses. À
l’époque, Alexandre menait campagne pour
détruire tous les amis de la Perse.}.
~
Cela se serait passé environ un siècle et
demi avant que ne soit “ forgé ” le livre,
comme disent les critiques. Il va de soi
que les critiques ont contesté Josèphe
pour ce qui est de ce passage. Ils lui
reprochent aussi de préciser que >>
certaines prophéties du livre de Daniel
étaient accomplies. Pourtant, comme l’a
fait remarquer Joseph Wilson,
un historien, “ [Josèphe] connaissait
probablement mieux la question que
tous les critiques du monde ”.
[Encadré, page 26]
La question de la langue
La rédaction du livre de Daniel a été terminée vers 536 avant notre ère.
Il a été écrit en hébreu et en araméen, mais comporte quelques mots grecs et perses.
Ce mélange de langues est inhabituel, mais il n’est pas unique dans l’Écriture.
Le livre d’Ezra aussi a été écrit en hébreu et en araméen. Néanmoins, quelques critiques affirment que la
façon dont le rédacteur de Daniel a utilisé ces langues prouve qu’il a écrit après 536. Un critique souvent
cité déclare que l’emploi de mots grecs dans Daniel demande une date postérieure de composition. Il
prétend que l’hébreu appuie et que l’araméen pour le moins permet cette date postérieure, même une
date aussi récente que le II
e
siècle avant notre ère.
Cependant, tous les linguistes ne sont pas d’accord. Certains, qui font autorité, ont expliqué que
l’hébreu qu’on trouve dans Daniel est le même que celui d’Ézékiel et d’Ezra, et qu’il ne ressemble pas à
celui que contiennent des ouvrages apocryphes ultérieurs comme l’Ecclésiastique. Quant à l’emploi de
l’araméen par Daniel, considérez deux documents découverts parmi les Rouleaux de la mer Morte. Ils
sont également en araméen et datent des I
er
et II
e
siècles avant notre ère, peu après que Daniel aurait été
forgé. Mais les spécialistes ont relevé une profonde différence entre l’araméen de ces documents et celui
du livre de Daniel. C’est pourquoi certains pensent que le livre de Daniel doit être antérieur de plusieurs
siècles à la date que les critiques avancent.
Que dire des mots grecs “ problématiques ” qui figurent dans Daniel ?
On s’est rendu compte que certains étaient perses, et pas grecs du tout !
Les seuls mots qu’on pense toujours être grecs sont les noms de trois instruments de musique. La
présence de ces trois mots demande-t-elle vraiment qu’on attribue à Daniel une date postérieure ?
Aucunement. Les archéologues ont constaté que la culture grecque était influente des siècles avant
que la Grèce ne devienne une puissance mondiale. Sans compter que si le livre de Daniel avait été rédigé
au II
e
siècle avant notre ère, à une époque où la culture et la langue grecques imprégnaient tout,
contiendrait-il seulement trois mots grecs ? On peut en douter. Il en contiendrait certainement bien plus.
Ainsi, les faits linguistiques appuient bel et bien l’authenticité de Daniel.
26
L’authenticité du livre de Daniel
a été encore appuyée quand on a
découvert les Rouleaux de la mer Morte
dans les grottes de Qoumrân, en Israël.
Parmi les trouvailles faites en 1952, les
rouleaux et les fragments du livre de
Daniel sont étonnamment nombreux.
On a daté le plus ancien de la fin du
IIe
siècle avant notre ère. Il s’ensuit >>
que déjà à cette date le livre de Daniel
était bien connu et très respecté.
Une encyclopédie biblique (The
Zondervan Pictorial Encyclopedia of the
Bible) déclare : “ Il faut à présent cesser
de faire remonter Daniel à l’époque
maccabéenne, ne serait-ce que parce
qu’il n’aurait pas pu y avoir un intervalle
suffisant entre la rédaction de Daniel et
son apparition sous forme de copies
dans la bibliothèque d’une secte
maccabéenne. ”
27
Cependant, le livre de Daniel
est attesté par une source bien plus
ancienne et bien plus digne de foi.
Un des contemporains de Daniel était le
prophète Ézékiel. Lui aussi fut prophète
pendant l’exil à Babylone. À plusieurs
reprises, le livre d’Ézékiel mentionne
Daniel nommément (Ézékiel 14:14, 20 ;
28:3). Ces mentions indiquent que, déjà
de son vivant, au VIe
siècle avant notre
ère, Daniel avait la réputation d’être un
homme juste et sage, digne d’être cité
avec Noé et Job, des hommes qui
craignaient Dieu.
LE PLUS GRAND TÉMOIN
28
Pour finir, considérons le plus
grand des témoignages qui atteste
l’authenticité de Daniel : celui de Jésus
Christ en personne. Lorsqu’il parle des
derniers jours, Jésus cite “ Daniel le
prophète ” et une des prophéties de
Daniel. — Matthieu 24:15 ;
Daniel 11:31 ; 12:11.
29
Pour que la théorie maccabéenne
des critiques soit vraie, il faudrait donc
que l’une ou l’autre des propositions
suivantes soit vraie. Soit Jésus fut
trompé par cette fiction, soit il ne
prononça jamais les paroles que
Matthieu cite. Aucune de ces options
n’est concevable. Si on ne peut avoir
confiance en l’Évangile de Matthieu,
comment peut-on se fier aux autres
parties de la Bible ? Si on enlève ces
phrases, quels mots ôtera-t-on ensuite
des pages des Saintes Écritures ?
L’apôtre Paul a écrit : “ Toute Écriture
est inspirée de Dieu et utile pour
enseigner, [...] pour remettre les choses
en ordre. ” (2 Timothée 3:16).
Si donc Daniel était un faussaire, Paul
en serait un autre ! Se pourrait-il qu’on
ait trompé Jésus ? >>
C’est peu vraisemblable. Il était vivant,
au ciel, quand le livre de Daniel fut écrit.
Jésus déclara même : “ Avant
qu’Abraham vienne à l’existence, j’ai
été. ” (Jean 8:58). S’il est un humain
parmi tous ceux qui ont vécu à qui il
aurait fallu poser des questions sur
l’authenticité de Daniel, c’est bien Jésus.
Mais nous n’avons pas besoin de poser
des questions. Comme nous l’avons vu,
son témoignage pourrait difficilement
être plus clair.
30
Jésus confirma encore
l’authenticité du livre de Daniel au
moment de son baptême. Il devint alors
le Messie, ce qui accomplissait une
prophétie de Daniel, celle des
69 semaines d’années (Daniel 9:25, 26 ;
voir le chapitre 11 du présent ouvrage).
Même si la théorie défendant la
rédaction tardive du livre de Daniel était
vraie, le rédacteur de ce livre
connaissait quand même l’avenir
quelque 200 ans à l’avance.
Évidemment, Dieu n’aurait pas inspiré
un faussaire pour qu’il énonce de vraies
prophéties sous un faux nom.
Non, les humains qui sont fidèles à Dieu
acceptent volontiers le témoignage de
Jésus. Tous les spécialistes, tous les
critiques du monde auraient beau
s’insurger tous ensemble contre Daniel,
le témoignage de Jésus leur donnerait
tort, car il est “ le témoin fidèle et
véridique ”. — Révélation 3:14.
31
Même ce témoignage ne suffit pas
à de nombreux critiques de la Bible. Une
fois qu’on a examiné ce sujet à fond, on
ne peut s’empêcher de se demander si
toutes les preuves du monde suffiraient
à les convaincre.
Un professeur de l’université d’Oxford a
écrit : “ On n’aboutit à rien en répondant
simplement aux objections tant que
demeure ce préjugé du départ : ‘ Les
prophéties d’origine surnaturelle
n’existent pas. ’ ” Leur préjugé les
aveugle. Mais tel est leur choix... et ce
sont eux qui sont perdants.
32
Et vous ? Si vous vous rendez
compte qu’on n’a pas vraiment de raison
de douter de l’authenticité du livre de >>
~
~
Daniel, alors vous êtes prêt à
entreprendre un voyage passionnant.
Vous trouverez les récits de Daniel
étonnants, ses prophéties fascinantes.
Et surtout, vous verrez votre foi grandir
chapitre après chapitre.
Vous ne regretterez jamais d’avoir prêté
attention aux prophéties de Daniel !
*** dp chap. 3 p. 31-45 ***
Mis à l’épreuve,
mais fidèles à Jéhovah !
1
Le rideau se lève dans le livre
prophétique de Daniel à un moment où
la scène internationale connaissait un
changement radical. L’Assyrie venait de
perdre Ninive, sa capitale. L’Égypte, au
sud du pays de Juda, avait été reléguée
à une position de moindre importance.
Et Babylone accédait rapidement à la
puissance suprême dans la lutte pour
la domination du monde.
2
En 625 avant notre ère, le pharaon
d’Égypte, Néko, fit une tentative
désespérée pour stopper l’avancée des
Babyloniens vers le sud. Il conduisit son
armée à Karkémish, sur le cours
supérieur de l’Euphrate. La bataille de
Karkémish, ainsi qu’on l’a nommée, fut
un événement historique décisif.
L’armée babylonienne, menée par le
prince héritier Neboukadnetsar, porta un
coup fatal aux forces militaires de
Pharaon Néko (Jérémie 46:2).
Dans l’élan de sa victoire,
Neboukadnetsar envahit la Syrie et la
Palestine et, du même coup, mit fin à la
domination égyptienne dans cette
région. Seule la mort de son père,
Nabopolassar, interrompit
temporairement sa campagne. 
~
~
3
L’année suivante, désormais roi de
Babylone, Neboukadnetsar s’intéressa
de nouveau à ses campagnes militaires
en Syrie et en Palestine. C’est à cette
époque qu’il vint à Jérusalem pour la
première fois.
On lit dans la Bible : “ Durant ses jours
monta Neboukadnetsar le roi de
Babylone, et Yehoïaqim devint alors son
serviteur pendant trois ans. Mais il se
retourna et se rebella contre lui. ” —
2 Rois 24:1.
NEBOUKADNETSAR À JÉRUSALEM
4
L’expression “ pendant trois ans ”
retient toute notre attention, car les
premiers mots de Daniel sont : “ Dans la
troisième année du règne de Yehoïaqim
le roi de Juda, Neboukadnetsar le roi de
Babylone vint à Jérusalem et entreprit
de l’assiéger. ” (Daniel 1:1).
Dans la troisième année du règne total
de Yehoïaqim, qui régna de 628 à 618
avant notre ère, Neboukadnetsar n’était
pas encore “ le roi de Babylone ” ;
il n’était que le prince héritier.
En 620, Neboukadnetsar obligea
Yehoïaqim à payer un tribut. Mais au
bout d’environ trois ans, Yehoïaqim se
révolta.
C’est donc en 618, autrement dit durant
la troisième année de la vassalité de
Yehoïaqim à Babylone, que le roi
Neboukadnetsar vint à Jérusalem une
deuxième fois, pour punir ce roi qui
s’était rebellé.
5
Quelle fut l’issue du siège ?
“ Finalement Jéhovah livra en sa main
Yehoïaqim le roi de Juda et une partie
des ustensiles de la maison du vrai
Dieu. ” (Daniel 1:2). Yehoïaqim mourut
probablement durant les premiers temps
du siège, soit assassiné, soit au cours
d’une révolte (Jérémie 22:18, 19).
En 618 avant notre ère, Yehoïakîn, son
fils, lui succéda. Il avait 18 ans. Mais son
règne ne dura que trois mois et dix
jours : Yehoïakîn se rendit en 617. —
Voir 2 Rois 24:10-15.
6
Neboukadnetsar prit comme butin
les ustensiles sacrés du temple de
Jérusalem et “ les amena au pays de
Shinéar, à la maison de son dieu ; et ces
ustensiles, il les amena à la maison du
trésor de son dieu ”, Mardouk (Merodak
en hébreu) (Daniel 1:2 ; Jérémie 50:2).
On a découvert une inscription
babylonienne qui présente
Neboukadnetsar en train de dire à
propos du temple de Mardouk :
“ J’entreposai dedans de l’argent et de
l’or et des pierres précieuses [...] et y
plaçai la maison du trésor de mon
royaume. ” Il sera de nouveau question
de ces ustensiles sacrés aux jours du roi
Belshatsar. — Daniel 5:1-4.
L’ÉLITE
DE LA JEUNESSE DE JÉRUSALEM
7
Les trésors du temple de Jéhovah
ne furent pas seuls à être emportés à
Babylone. Le récit précise : “ Alors le roi
dit à Ashpenaz, le fonctionnaire en chef
de sa cour, d’amener quelques-uns
d’entre les fils d’Israël et de la
descendance royale et d’entre les
nobles, des enfants en qui il n’y avait
aucune tare, mais qui étaient bien
d’apparence, perspicaces en toute
sagesse, versés dans la connaissance
et possédant le discernement de ce
qu’on sait, qui avaient aussi en eux >>
la force de se tenir dans le palais du
roi. ” — Daniel 1:3, 4.
8
Qui fut choisi ? On lit : “ Il y avait
parmi eux quelques-uns des fils de
Juda : Daniel, Hanania, Mishaël et
Azaria. ” (Daniel 1:6). Ces paroles jettent
une certaine lumière sur les origines,
plutôt obscures, de Daniel et de ses
compagnons. On remarque par exemple
qu’ils étaient “ fils de Juda ”, la tribu
royale. On ignore s’ils étaient ou non
d’ascendance royale, mais il est logique
de penser qu’au moins ils appartenaient
à des familles importantes et influentes.
En plus d’être sains de corps et d’esprit,
ils possédaient perspicacité, sagesse,
connaissance et discernement, même
s’ils étaient assez jeunes pour être
qualifiés d’“ enfants ”, peut-être de
jeunes adolescents. Daniel et ses
compagnons devaient se distinguer
parmi la jeunesse de Jérusalem ; ils
devaient en former l’élite.
9
Le récit n’indique pas qui étaient
les parents de ces jeunes gens.
Il est néanmoins certain qu’ils étaient
attachés à Dieu et qu’ils avaient pris
leurs responsabilités parentales au
sérieux. Si on songe à la décadence
morale et spirituelle de Jérusalem à
l’époque, surtout parmi ‘ la descendance
royale et les nobles ’, il est clair que les
qualités manifestées par Daniel et ses
trois compagnons ne leur étaient pas
venues par hasard. On imagine sans
peine le déchirement que ces parents
durent éprouver en voyant leurs fils
emmenés dans un pays lointain.
Comme ils auraient été fiers pourtant
s’ils avaient su ce qu’ils deviendraient !
Incontestablement, il est essentiel que
les parents élèvent leurs enfants “ dans
la discipline et les avertissements de
Jéhovah ”. — Éphésiens 6:4.
~
UN COMBAT POUR L’ESPRIT
10
Immédiatement s’engagea un
combat pour les jeunes esprits de ces
exilés. Pour que les adolescents
hébreux se coulent dans le système
babylonien, Neboukadnetsar décréta
que ses fonctionnaires ‘ leur enseignent
l’écriture et la langue des Chaldéens ’.
(Daniel 1:4.) Il ne s’agissait pas d’une
éducation ordinaire. Une encyclopédie
(The International Standard Bible
Encyclopedia) explique qu’elle
“ comprenait l’étude du sumérien, de
l’akkadien, de l’araméen [...] et d’autres
langues, ainsi que de l’abondante
littérature rédigée dans ces langues ”.
Cette “ abondante littérature ”
comprenait de l’histoire, des
mathématiques, de l’astronomie, etc.
Cependant, “ les textes religieux
connexes, tant de présages que
d’astrologie [...], constituaient une part
importante ”.
11
Voulant que ces jeunes Hébreux
adoptent complètement les coutumes et
la culture de la cour babylonienne,
“ le roi fixa pour eux une ration
quotidienne des mets délicats du roi et
du vin dont il buvait, oui pour les
entretenir pendant trois ans, afin qu’au
terme de ces années ils puissent se
tenir devant le roi ”. (Daniel 1:5.)
De plus, “ le fonctionnaire principal de la
cour leur assigna alors des noms.
Ainsi il assigna à Daniel le nom de
Beltshatsar, à Hanania celui de
Shadrak, à Mishaël celui de Méshak et à
Azaria celui d’Abed-Négo ”. (Daniel 1:7.)
Il était courant aux temps bibliques de
donner à quelqu’un un nouveau nom
pour signaler un événement important
dans sa vie. Par exemple, Jéhovah
changea les noms d’Abram et de Saraï
en Abraham et Sara (Genèse 17:5, 15,
16). Lorsqu’un humain change le nom
d’un autre, c’est le signe qu’il détient >>
le pouvoir, qu’il domine. Quand Joseph
devint l’administrateur des vivres en
Égypte, Pharaon lui donna le nom de
Tsaphnath-Panéah. — Genèse 41:44,
45 ; voir aussi 2 Rois 23:34 ; 24:17.
12
Dans le cas de Daniel et de ses
trois amis hébreux, le changement de
nom était chargé de sens. Les noms que
leurs parents leur avaient donnés
avaient un lien avec le culte de Jéhovah.
“ Daniel ” signifie “ Mon juge, c’est
Dieu ”. “ Hanania ” veut dire “ Jéhovah a
témoigné de la faveur ”. “ Mishaël ”
signifie peut-être “ Qui est comme
Dieu ? ” Et “ Azaria ” a pour sens
“ Jéhovah a secouru, a aidé ”. Sans
doute possible, leurs parents espéraient
ardemment que leurs fils grandiraient
sous la direction de Jéhovah Dieu et le
serviraient fidèlement.
13
En revanche, les nouveaux noms
donnés aux quatre Hébreux étaient
étroitement liés aux noms de faux dieux,
comme si ces divinités avaient assujetti
le vrai Dieu. Quelle manœuvre
insidieuse visant à saper la foi de ces
jeunes gens !
14
Le nom de Daniel fut changé en
Beltshatsar, qui veut dire “ Protège la vie
du roi ”. Ce nom était sans doute une
forme abrégée d’une invocation à Bel,
ou Mardouk, le dieu principal de
Babylone. Qu’il ait ou non donné son
avis dans le choix de ce nom pour
Daniel, Neboukadnetsar était fier de
préciser qu’il était “ selon le nom de
[son] dieu ”. (Daniel 4:8.) Hanania fut
renommé Shadrak, nom qui, d’après
certains spécialistes, est composé et
signifie “ Commandement d’Akou ”.
Akou était le nom d’un dieu sumérien.
Mishaël fut renommé Méshak (peut-
être : Mishaakou), apparemment une
habile modification de “ Qui est comme
Dieu ? ” en “ Qui est ce qu’est Akou ? ”
Le nom babylonien d’Azaria fut Abed-
Négo, qui veut probablement dire
“ Serviteur de Négo ”. Or, “ Négo ” est
une variante de “ Nebo ”, divinité d’après
laquelle plusieurs dirigeants babyloniens
furent également nommés.
DÉTERMINÉS
À RESTER FIDÈLES À JÉHOVAH
15
Les noms babyloniens,
le programme de rééducation et le
régime spécial, tout cela tendait non
seulement à inculquer à Daniel et aux
trois jeunes Hébreux le mode de vie
babylonien, mais encore à les éloigner
de leur Dieu, Jéhovah, ainsi que de leur
formation et de leur contexte religieux.
Qu’allaient faire ces jeunes gens devant
tant de pressions et de tentations ?
16
Le récit inspiré raconte : “ Daniel
résolut dans son cœur de ne pas se
souiller avec les mets délicats du roi et
avec le vin dont il buvait. ” (Daniel 1:8a).
Même si Daniel seul est mentionné, la
suite du récit démontre que ses trois
compagnons soutinrent sa décision.
Les mots “ résolut dans son cœur ”
indiquent que l’instruction qu’il avait
reçue de ses parents et d’autres
personnes dans son pays avait touché
son cœur. C’est assurément une
éducation similaire qui guida les trois
autres Hébreux dans leur décision.
N’est-ce pas là une démonstration
magistrale de l’importance d’enseigner
nos enfants, quand bien même ils
semblent trop jeunes pour comprendre ?
— Proverbes 22:6 ; 2 Timothée 3:14, 15.
17
Pourquoi les jeunes Hébreux n’ont-
ils refusé que les mets délicats et le vin,
et pas les autres choses qui leur étaient
fournies ? L’argument énoncé par Daniel
en révèle clairement la raison : “ Ne pas
se souiller. ” En apprenant “ l’écriture et
la langue des Chaldéens ” et en
recevant un nom babylonien, même >>
à contrecœur, ils ne se souillaient pas
forcément. Prenez l’exemple de Moïse,
quelque 1 000 ans plus tôt. Il a été
“ instruit dans toute la sagesse des
Égyptiens ”, et pourtant il est resté fidèle
à Jéhovah. Il a reçu de bonnes bases
grâce à l’éducation que lui ont donnée
ses parents. En conséquence, “ par la
foi, Moïse, devenu grand, a refusé d’être
appelé fils de la fille de Pharaon,
choisissant d’être maltraité avec le
peuple de Dieu plutôt que d’avoir la
jouissance temporaire du péché ”. —
Actes 7:22 ; Hébreux 11:24, 25.
18
De quelle manière les choses
fournies par le roi de Babylone
souilleraient-elles les jeunes hommes ?
Premièrement, les mets délicats
comprenaient peut-être des aliments
interdits par la Loi mosaïque. Les
Babyloniens mangeaient en effet des
animaux impurs, interdits aux Israélites
sous la Loi (Lévitique 11:1-31 ; 20:24-26 ;
Deutéronome 14:3-20). Deuxièmement,
les Babyloniens n’avaient pas l’habitude
de saigner les animaux avant d’en
manger la chair. C’était violer
directement la loi de Jéhovah sur le
sang que de manger de la viande non
saignée (Genèse 9:1, 3, 4 ; Lévitique
17:10-12 ; Deutéronome 12:23-25).
Troisièmement, les adorateurs de faux
dieux avaient coutume d’offrir leur
nourriture à des idoles avant de la
manger en repas de communion. Les
serviteurs de Jéhovah ne faisaient rien
de cela (voir 1 Corinthiens 10:20-22).
Enfin, il n’était pas très sain pour des
gens de n’importe quel âge, et encore
moins pour des jeunes, de consommer
jour après jour une nourriture riche et
des boissons fortes.
~
~
19
Une chose est de savoir ce qu’il
faut faire, mais tout autre chose est
d’avoir le courage de le faire quand on
subit des pressions ou qu’on est tenté.
Daniel et ses trois amis auraient pu se
dire qu’ils étaient loin de leurs parents et
de leurs connaissances, que donc ceux-
ci ne sauraient rien de leurs actions. Ils
auraient pu aussi penser qu’après tout
c’était l’ordre du roi et qu’ils n’avaient
pas d’alternative.
En outre, d’autres jeunes acceptèrent
certainement volontiers ce qu’on leur
proposait et considérèrent qu’en profiter
était un privilège plutôt qu’une difficulté.
Mais de tels faux raisonnements
auraient pu facilement les inciter à
pécher en secret, un piège dans lequel
tombent de nombreux jeunes.
Les jeunes Hébreux savaient que “ les
yeux de Jéhovah sont en tout lieu ” et
que “ le vrai Dieu lui-même fera venir
toute sorte d’œuvre en jugement,
concernant toute chose cachée, pour
savoir si elle est bonne ou mauvaise ”.
(Proverbes 15:3 ; Ecclésiaste 12:14.)
Tirons tous leçon de la conduite de ces
jeunes gens fidèles !
LE COURAGE ET
LA PERSÉVÉRANCE RÉCOMPENSÉS
20
Ayant pris dans son cœur la
résolution de résister aux influences
corruptrices, Daniel agit en harmonie
avec sa décision. “ Il demandait au
fonctionnaire principal de la cour la
permission de ne pas se souiller. ”
(Daniel 1:8b). Le verbe “ demandait ”
mérite qu’on s’y arrête. La plupart du
temps, il faut persévérer dans ses efforts
pour finalement résister aux tentations
ou surmonter certaines faiblesses. —
Galates 6:9.
21
Dans le cas de Daniel,
la persévérance fut payante. “ Aussi le
vrai Dieu confia Daniel à la bonté de >>
cœur et à la miséricorde devant le
fonctionnaire principal de la cour. ”
(Daniel 1:9). Si les choses tournèrent
bien pour Daniel et ses compagnons,
ce n’est pas parce qu’ils avaient de la
prestance ou parce qu’ils étaient
intelligents ; c’est parce que Jéhovah
les bénissait. Daniel se souvint
certainement de ce proverbe hébreu :
“ Mets ta confiance en Jéhovah de tout
ton cœur et ne t’appuie pas sur ton
intelligence. Dans toutes tes voies tiens
compte de lui, et lui, il rendra droits tes
sentiers. ” (Proverbes 3:5, 6). Ceux qui
suivent ce conseil en sont récompensés.
22
Au début, le fonctionnaire principal
de la cour n’était pas d’accord.
“ Je crains mon seigneur le roi qui a fixé
votre nourriture et votre boisson, dit-il.
Pourquoi donc verrait-il que vos visages
sont abattus par rapport à ceux des
enfants qui sont de votre âge, et
pourquoi voudriez-vous rendre ma tête
coupable devant le roi ? ” (Daniel 1:10).
Ses objections et ses craintes étaient
légitimes. Le roi Neboukadnetsar n’avait
pas l’habitude d’essuyer des refus, et ce
fonctionnaire savait qu’il risquait sa
“ tête ” s’il n’obéissait pas aux
instructions du roi.
Qu’allait donc faire Daniel ?
23
C’est là que la perspicacité et la
sagesse entrèrent en jeu. Le jeune
Daniel se souvint probablement de ce
proverbe : “ Une réponse, lorsqu’elle est
douce, détourne la fureur, mais une
parole qui cause de la douleur fait
monter la colère. ” (Proverbes 15:1).
Au lieu d’exiger obstinément qu’on
accède à sa requête, ce qui lui aurait
peut-être valu le martyre, Daniel
n’insista pas. Au moment qui s’y prêtait,
il parla au “ gardien ”, qui était peut-être
plus disposé à la souplesse dans la
mesure où il ne rendait pas directement
des comptes au roi. — Daniel 1:11.
UNE ÉPREUVE
DE DIX JOURS EST PROPOSÉE
24
Daniel proposa au gardien une
épreuve en ces termes : “ S’il te plaît,
mets tes serviteurs à l’épreuve pendant
dix jours ; qu’on nous donne des
légumes pour que nous mangions et de
l’eau pour que nous buvions ; et que nos
visages et le visage des enfants qui
mangent les mets délicats du roi
paraissent devant toi, et selon ce que tu
verras, agis avec tes serviteurs. ” —
Daniel 1:12, 13.
25
À se contenter ‘ de légumes et
d’eau ’ pendant dix jours, auraient-ils
des visages “ abattus ” par rapport aux
autres ?
Le mot “ légumes ” traduit un terme
hébreu qui signifie fondamentalement
“ grains ”. Certaines traductions de la
Bible le rendent par “ légumes secs ”,
qu’on définit comme “ les graines
comestibles de diverses légumineuses
(par exemple pois, haricots ou
lentilles) ”. Certains spécialistes pensent
que, d’après le contexte, il était question
d’un régime qui ne comprenait pas
seulement des graines comestibles.
Un ouvrage de référence déclare :
“ Ce que Daniel et ses compagnons
demandaient, c’était le régime simple, à
base de légumes, du peuple moyen au
lieu du régime comportant de la viande,
plus riche, de la table royale. ” Ainsi, le
terme légumes englobait peut-être des
plats nourrissants préparés avec des
haricots, des concombres, de l’ail, des
poireaux, des lentilles, du melon, des
oignons, et du pain composé de
différentes céréales. C’était loin d’être
un régime de sous-alimentés !
Apparemment, le gardien le comprit.
“ Finalement il les écouta quant à cette
affaire et les mit à l’épreuve pendant dix
jours. ” (Daniel 1:14).
Quel fut le résultat ? 
26
“ Au bout de dix jours, leurs
visages paraissaient meilleurs et plus
gras de chair que ceux de tous les
enfants qui mangeaient les mets délicats
du roi. ” (Daniel 1:15). Il ne faut pas
prendre cette phrase comme preuve
qu’un régime végétarien vaut mieux
qu’un régime plus riche et comprenant
de la viande. Dix jours est une période
trop courte pour que n’importe quel
régime produise des résultats tangibles,
mais pas trop courte pour que Jéhovah
accomplisse son dessein.
“ La bénédiction de Jéhovah — voilà ce
qui enrichit, et il n’ajoute aucune douleur
avec elle ”, dit sa Parole (Proverbes
10:22). Les quatre jeunes Hébreux
mirent leur foi et leur confiance en
Jéhovah, et il ne les abandonna pas.
Des siècles plus tard, Jésus Christ
survécut sans manger pendant 40 jours.
Il cita alors les paroles suivantes, qu’on
trouve en Deutéronome 8:3 :
“ L’homme ne vit pas de pain seul, mais
[...] l’homme vit de toute déclaration de
la bouche de Jéhovah. ”
Ce que Daniel et ses amis vécurent en
offre un exemple type.
PERSPICACITÉ ET SAGESSE
AU LIEU DE METS DÉLICATS
ET DE VIN
27
Les dix jours n’étaient qu’un essai,
mais les résultats furent des plus
convaincants. “ Le gardien donc
continua d’enlever leurs mets délicats et
le vin qu’ils devaient boire et de leur
donner des légumes. ” (Daniel 1:16).
Il n’est pas difficile d’imaginer ce que les
autres jeunes qui recevaient la formation
pensaient de Daniel et de ses
compagnons. Il devait leur sembler
absurde de préférer tous les jours des
légumes à un festin de roi. Mais de
grandes épreuves pointaient à l’horizon,
qui demanderaient de la part des jeunes
Hébreux toute leur vigilance et la plus
grande sobriété. Et surtout, c’étaient leur
foi et leur confiance en Jéhovah qui leur
vaudraient de surmonter les épreuves
de leur foi. — Voir Josué 1:7.
28
Ce qu’on lit ensuite atteste que
Jéhovah était avec ces jeunes gens :
“ Quant à ces enfants, les quatre, à eux
le vrai Dieu donna connaissance et
perspicacité en toute écriture et
sagesse ; et Daniel avait de l’intelligence
en toutes sortes de visions et de rêves. ”
(Daniel 1:17).
Pour affronter les temps difficiles qui
approchaient, il leur fallait davantage
que de la force physique et une bonne
santé. “ Quand la sagesse entrera dans
ton cœur et que la connaissance
deviendra agréable à ton âme, la
capacité de réflexion veillera sur toi, le
discernement te préservera, pour te
délivrer de la voie mauvaise. ”
(Proverbes 2:10-12).
C’est précisément ce dont Jéhovah
équipa les quatre jeunes fidèles en vue
de ce qui les attendait.
29
Il est spécifié que Daniel “ avait de
l’intelligence en toutes sortes de visions
et de rêves ”. Ce n’est pas qu’il était
devenu médium. En effet, même si
Daniel est considéré comme l’un des
plus grands prophètes hébreux, il ne fit
jamais sous inspiration des déclarations
telles que : “ Voici ce qu’a dit le
Souverain Seigneur Jéhovah ” ou
“ Voici ce qu’a dit Jéhovah des armées ”.
(Isaïe 28:16 ; Jérémie 6:9.)
Ce n’est cependant que grâce à la
direction de l’esprit saint de Dieu que
Daniel était capable de comprendre et
d’interpréter les visions et les rêves qui
révélaient le dessein de Jéhovah. 
~
~
~
FINALEMENT, L’ÉPREUVE DÉCISIVE
30
Les trois années de rééducation et
de préparation prirent fin.
Arriva l’épreuve décisive : un entretien
avec le roi en personne. “ Au terme des
jours où le roi avait dit de les amener, le
fonctionnaire principal de la cour se mit
alors à les amener devant
Neboukadnetsar. ” (Daniel 1:18).
C’était le moment où les quatre jeunes
devaient rendre des comptes.
Leur avait-il été bénéfique de suivre les
lois de Jéhovah plutôt que d’adopter les
coutumes babyloniennes ?
31
“ Le roi parlait avec eux, et parmi
eux tous il ne s’en trouva pas comme
Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria ; et
ils continuèrent à se tenir devant le roi. ”
(Daniel 1:19). Quelle démonstration
incontestable du bien-fondé de leur
comportement des trois années
précédentes ! Il n’avait donc pas été sot
de leur part de suivre un régime dicté
par leur foi et par leur conscience.
En ayant été fidèles dans ce qui aurait
pu sembler être peu de chose, Daniel et
ses amis étaient récompensés par de
grandes choses.
Le privilège de “ se tenir devant le roi ”
était l’objectif poursuivi par tous les
jeunes qui recevaient la formation.
La Bible n’indique pas si les quatre
jeunes Hébreux furent les seuls à être
sélectionnés. Toujours est-il que leur
fidélité leur valut “ une grande
récompense ”. — Psaume 19:11.
32
“ As-tu vu un homme habile dans
son travail ? C’est devant les rois qu’il se
placera ”, disent les Écritures (Proverbes
22:29).
Ainsi, Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria
furent choisis par Neboukadnetsar pour
se tenir devant le roi, autrement dit pour
rester à la cour. On voit dans cette
histoire la main de Jéhovah diriger les
événements de façon à faire connaître
par l’intermédiaire de ces jeunes
hommes, en particulier de Daniel, des
aspects importants de son dessein.
Si c’était un honneur d’être choisi pour
vivre à la cour de Neboukadnetsar,
c’était un honneur plus grand encore
d’être utilisé de façon aussi
extraordinaire par le Roi de l’univers,
Jéhovah.
33
Neboukadnetsar s’aperçut
rapidement que la sagesse et la
perspicacité dont Jéhovah avait doté
les quatre jeunes Hébreux étaient très
supérieures à celles de tous les
conseillers et de tous les sages de sa
cour. “ Quant à toute affaire de sagesse
et d’intelligence sur laquelle le roi les
interrogeait, oui il les trouvait dix fois
supérieurs à tous les prêtres-magiciens
et évocateurs d’esprits qui étaient dans
tout son royaume. ” (Daniel 1:20).
Comment aurait-il pu en être
autrement ? Les “ prêtres-magiciens ” et
les “ évocateurs d’esprits ” se reposaient
sur le savoir superstitieux qui avait cours
à Babylone, tandis que Daniel et ses
amis mettaient leur confiance dans la
sagesse d’en haut. Les deux étaient tout
bonnement incomparables !
34
À dire vrai, la situation n’a pas
beaucoup changé avec le temps.
Au Ier
siècle de notre ère, où prévalaient
la philosophie grecque et la loi romaine,
l’apôtre Paul écrivit sous l’inspiration
divine : “ La sagesse de ce monde est
sottise auprès de Dieu ; en effet, il est
écrit : ‘ Il attrape les sages dans leur
propre ruse. ’ Et encore : ‘ Jéhovah sait
que les raisonnements des sages sont
futiles. ’ Que personne donc ne se
glorifie dans les hommes. ”
(1 Corinthiens 3:19-21).
Aujourd’hui, il nous faut nous attacher
fermement à ce que Jéhovah nous
enseigne et ne pas nous laisser >>
ébranler facilement par l’attrait et le
clinquant du monde. — 1 Jean 2:15-17.
FIDÈLES JUSQU’AU BOUT
35
L’épisode de Daniel chapitre 3,
relatif à l’image d’or que
Neboukadnetsar dressa dans la plaine
de Doura et à l’épreuve du four de feu,
atteste de façon poignante que Hanania,
Mishaël et Azaria avaient une foi solide.
Ces Hébreux qui craignaient Dieu
restèrent assurément fidèles à Jéhovah
jusqu’à leur mort. Nous le savons parce
que l’apôtre Paul fit sans aucun doute
allusion à eux quand il parla de ceux
“ qui, grâce à la foi, ont [...] arrêté la
violence du feu ”. (Hébreux 11:33, 34.)
Ils constituent des exemples
remarquables pour les serviteurs de
Jéhovah, tant jeunes qu’âgés.
36
Quant à Daniel, le dernier verset
du chapitre 1 déclare : “ Daniel continua
ainsi jusqu’à la première année de
Cyrus le roi. ” L’Histoire révèle que
Cyrus renversa Babylone en une seule
nuit, en 539 avant notre ère.
Certainement en raison de sa réputation
et de sa position, Daniel continua de
servir à la cour de Cyrus. D’ailleurs,
Daniel 10:1 rapporte que “ dans la
troisième année de Cyrus le roi de
Perse ” Jéhovah révéla une question
importante à Daniel. S’il était adolescent
lorsqu’on l’emmena à Babylone en 617
avant notre ère, il devait avoir près de
100 ans quand il reçut cette dernière
vision.
Quelle carrière longue, bénie et fidèle au
service de Jéhovah !
37
Le premier chapitre du livre de
Daniel ne raconte pas seulement
l’histoire de quatre garçons fidèles qui
ont surmonté des mises à l’épreuve de
leur foi. Il montre que Jéhovah peut
utiliser qui il veut pour accomplir son
dessein. Ce récit prouve que ce qui
semble être un malheur, >>
~
~
~
si Jéhovah le permet, peut servir un
objectif utile.
Et il enseigne que la fidélité dans les
petites choses procure une grande
récompense.
*** dp chap. 4 p. 46-62 ***
L’élévation
et la chute d’une image immense
1
Dix ans ont passé depuis que le roi
Neboukadnetsar a emmené Daniel et
d’autres “ principaux personnages du
pays ” de Juda en captivité à Babylone
(2 Rois 24:15). Le jeune Daniel sert à la
cour quand, soudain, une situation va
mettre sa vie en danger. Mais pourquoi
nous y intéresser ? Parce que la façon
dont Jéhovah Dieu intervient non
seulement sauve la vie de Daniel et
celle d’autres personnes, mais encore
révèle quelles puissances mondiales
des prophéties bibliques se succéderont
jusqu’à notre époque.
UN MONARQUE EN DIFFICULTÉ
2
“ Dans la deuxième année du règne
de Neboukadnetsar, écrivit le prophète
Daniel, Neboukadnetsar rêva des
rêves ; son esprit commença à s’agiter,
et c’en fut fait de son sommeil. ”
(Daniel 2:1). Ce Neboukadnetsar qui eut
des rêves était le souverain de l’Empire
babylonien. Il était devenu le souverain
du monde en 607 avant notre ère,
lorsque Jéhovah Dieu l’avait laissé
détruire Jérusalem et son temple.
Dans la deuxième année où
Neboukadnetsar dirigeait la puissance
mondiale (606/605), Dieu lui envoya un
rêve terrifiant. 
~
~
~
3
Ce rêve troubla tant
Neboukadnetsar qu’il n’en dormait plus.
Il voulait évidemment en connaître la
signification. Mais ce roi puissant avait
oublié son rêve ! Il convoqua donc les
magiciens, les enchanteurs et les
sorciers de Babylone, puis les somma
de raconter son rêve et de l’interpréter.
La tâche dépassait leurs compétences.
Leur incapacité mit Neboukadnetsar
dans une telle fureur qu’il donna l’ordre
“ de détruire tous les sages de
Babylone ”. Du coup, le prophète Daniel
allait rencontrer celui qui était désigné
pour l’exécution. Pour quelle raison ?
Ses trois compagnons hébreux
(Hanania, Mishaël et Azaria) et lui
étaient comptés parmi les sages de
Babylone. — Daniel 2:2-14.
DANIEL INTERVIENT
4
Ayant appris la raison qui avait
poussé Neboukadnetsar à promulguer
un décret aussi dur, “ Daniel entra [...] et
demanda au roi de lui accorder du
temps uniquement pour indiquer au roi
l’interprétation ”. Le roi accepta.
Daniel rentra chez lui, après quoi ses
trois amis hébreux et lui prièrent en
demandant “ des miséricordes de la part
du Dieu du ciel au sujet de ce secret ”.
La nuit même, Jéhovah révéla à Daniel
dans une vision le secret du rêve.
Daniel déclara avec reconnaissance :
“ Que le nom de Dieu soit béni, depuis
des temps indéfinis et pour des temps
indéfinis, car la sagesse et la force —
car elles lui appartiennent. C’est lui qui
change temps et époques, qui ôte des
rois et établit des rois, qui donne la
sagesse aux sages et la connaissance
à ceux qui connaissent le discernement.
C’est lui qui révèle les choses profondes
et les choses cachées, qui connaît ce
qui est dans les ténèbres ; et vraiment la
lumière demeure avec lui. ” Daniel louait
Jéhovah de ce qu’il lui avait donné cette
perspicacité. — Daniel 2:15-23.
5
Le lendemain, Daniel alla trouver
Ariok, le chef de la garde personnelle,
que le roi avait préposé pour détruire les
sages de Babylone. Lorsqu’il apprit que
Daniel était en mesure d’interpréter le
rêve, Ariok se précipita chez le roi.
Daniel ne s’attribua aucun mérite ; il dit
à Neboukadnetsar : “ Il existe un Dieu
dans les cieux qui est le Révélateur des
secrets, et il a fait connaître au roi
Neboukadnetsar ce qui doit arriver dans
la période finale des jours. ”
Daniel s’apprêtait non seulement à
révéler l’avenir de l’Empire babylonien,
mais encore à donner un aperçu des
événements mondiaux depuis l’époque
de Neboukadnetsar jusqu’à la nôtre et
même au-delà. — Daniel 2:24-30.
LE RAPPEL DU RÊVE
6
Neboukadnetsar pendu à ses
lèvres, Daniel expliqua : “ Toi, ô roi, tu
regardais, et voici : une certaine image
— immense. Cette image, qui était
grande et dont l’éclat était
extraordinaire, se tenait en face de toi,
et son aspect était terrifiant. Quant à
cette image, sa tête était en bon or ;
sa poitrine et ses bras étaient en
argent ; son ventre et ses cuisses
étaient en cuivre ; ses jambes étaient en
fer ; ses pieds étaient en partie de fer et
en partie d’argile modelée.
Tu as continué de regarder jusqu’à ce
qu’une pierre ait été détachée, non par
des mains, et elle a frappé l’image sur
ses pieds de fer et d’argile modelée >>
et les a broyés. À ce moment-là le fer,
l’argile modelée, le cuivre, l’argent et l’or
furent, tous ensemble, broyés et
devinrent comme la bale qui s’élève de
l’aire de battage d’été, et le vent les
emporta, si bien qu’on n’en trouva
aucune trace. Quant à la pierre qui avait
frappé l’image, elle devint une grande
montagne et remplit toute la terre. ” —
Daniel 2:31-35.
7
Neboukadnetsar dut être stupéfait
d’entendre Daniel raconter le rêve.
Mais les sages de Babylone ne seraient
épargnés que si Daniel l’interprétait
aussi.
En son nom et au nom de ses trois amis
hébreux, Daniel déclara : “ Voilà le rêve,
et son interprétation, nous la dirons
devant le roi. ” — Daniel 2:36.
UN ROYAUME
QUI SE DISTINGUA ENTRE TOUS
8
“ Toi, ô roi, le roi des rois, toi à qui
le Dieu du ciel a donné le royaume, la
puissance, la force et la dignité, et dans
la main de qui il a donné — en quelque
lieu qu’habitent les fils des humains —
les bêtes des champs et les créatures
ailées des cieux, et qu’il a fait chef sur
eux tous, c’est toi qui es la tête en or. ”
(Daniel 2:37, 38).
Ces paroles s’appliquèrent à
Neboukadnetsar après que Jéhovah se
fut servi de lui pour détruire Jérusalem,
en 607 avant notre ère.
En effet, les rois intronisés à Jérusalem
étaient de la lignée de David que
Jéhovah avait oint, et Jérusalem était la
capitale de Juda, le royaume typique de
Dieu qui représentait la souveraineté de
Jéhovah sur la terre. Lorsque la ville fut
détruite en 607, ce royaume typique de
Dieu cessa d’exister (1 Chroniques
29:23 ; 2 Chroniques 36:17-21).
Les puissances mondiales successives
que représentaient les parties
métalliques de l’image pouvaient
désormais exercer leur domination sur la
terre sans être gênées par le royaume
typique de Dieu. Neboukadnetsar était la
tête en or, le métal le plus précieux
connu dans l’Antiquité, car il s’était
distingué en renversant ce royaume
lorsqu’il avait détruit Jérusalem. —
Voir “ Un roi-guerrier bâtit un empire ”,
page 63. {{p. 30 ci-dessous}}
9
Neboukadnetsar, dont le règne
dura 43 ans, fut le chef d’une dynastie
qui dirigea l’Empire babylonien.
Cette dynastie compta son gendre,
Nabonide, et son fils aîné, Évil-Merodak.
Elle dura encore 43 ans, jusqu’à la mort
de Belshatsar, le fils de Nabonide, en
539 avant notre ère (2 Rois 25:27 ;
Daniel 5:30). Ainsi, la tête en or de
l’image vue en rêve ne représentait pas
seulement Neboukadnetsar, mais toute
la succession des souverains
babyloniens.
10
Daniel dit à Neboukadnetsar :
“ Après toi se lèvera un autre royaume
inférieur à toi. ” (Daniel 2:39).
Un royaume symbolisé par la poitrine et
les bras en argent dans l’image
succéderait à la dynastie de
Neboukadnetsar.
Quelque 200 ans plus tôt, Isaïe avait
prédit ce royaume ; il avait même
précisé le nom de son roi qui serait
victorieux : Cyrus (Isaïe 13:1-17 ; 21:2-
9 ; 44:24–45:7, 13). Ce royaume fut
l’Empire médo-perse. La civilisation
élaborée des Mèdes et des Perses
n’avait rien à envier à l’Empire
babylonien ; pourtant, ce royaume est
représenté par l’argent, un métal moins
précieux que l’or. Il fut inférieur à la
Puissance mondiale babylonienne en ce
qu’il ne se distingua pas en renversant
Juda, le royaume typique de Dieu dont
la capitale était Jérusalem. 
11
Environ 60 ans après avoir
interprété le rêve, Daniel fut témoin de la
fin de la dynastie de Neboukadnetsar.
Daniel était présent la nuit du 5 au
6 octobre 539 avant notre ère, quand
l’armée médo-perse prit Babylone, qui
semblait pourtant imprenable, et exécuta
le roi Belshatsar. À la mort de ce roi, la
tête en or de l’image vue en rêve
(l’Empire babylonien) cessa d’exister.
LE PEUPLE EN EXIL
LIBÉRÉ PAR UN ROYAUME
12
En 539 avant notre ère, l’Empire
médo-perse devint la puissance
mondiale dominante à la place de
l’Empire babylonien. À 62 ans, Darius le
Mède fut le premier dirigeant de la ville
conquise de Babylone (Daniel 5:30, 31).
Pendant une brève période, Cyrus le
Perse et lui régnèrent conjointement sur
l’Empire médo-perse. À la mort de
Darius, Cyrus se retrouva le chef unique
de l’Empire perse. Pour les Juifs en
captivité à Babylone, le règne de Cyrus
fut synonyme de libération.
En 537, en effet, Cyrus promulgua un
décret qui autorisait les exilés juifs à
retourner dans leur pays et à rebâtir
Jérusalem ainsi que le temple de
Jéhovah. Toutefois, le royaume typique
de Dieu ne fut pas rétabli en Juda et à
Jérusalem. — 2 Chroniques 36:22, 23 ;
Ezra 1:1–2:2a.
13
La poitrine et les bras en argent
de l’image vue en rêve figuraient la
succession des rois perses à compter
de Cyrus le Grand. Cette dynastie dura
plus de 200 ans. On pense que Cyrus
mourut au cours d’une campagne
militaire en 530 avant notre ère.
Parmi les quelque 12 rois qui lui
succédèrent sur le trône de Perse, au
moins 2 se montrèrent bons envers le
peuple choisi de Jéhovah. L’un était
Darius Ier
(le Perse) et l’autre
Artaxerxès Ier
.
14
Darius Ier
était dans la succession
des rois de Perse le troisième après
Cyrus le Grand. Les deux précédents
furent Cambyse II et son frère Bardiya
(ou un usurpateur, un mage nommé
Gaumata). Au moment où Darius Ier
(également connu sous le nom de
Darius le Grand) monta sur le trône, en
521 avant notre ère, la reconstruction du
temple à Jérusalem était sous le coup
d’une interdiction. Quand, en 520, on
découvrit le document qui contenait le
décret de Cyrus dans les archives
d’Ecbatane, non seulement Darius
annula l’interdiction, mais encore il
fournit des fonds tirés du trésor royal
pour rebâtir le temple. — Ezra 6:1-12.
15
L’autre roi perse qui contribua au
rétablissement des Juifs fut
Artaxerxès Ier
, qui succéda à son père
Assuérus (Xerxès Ier
) en 475 avant notre
ère.
Artaxerxès était surnommé Longue-Main
parce que sa main droite était plus
longue que la gauche.
Durant la 20e
année de son règne, en
455, il nomma Nehémia, son échanson
juif, gouverneur de Juda et le chargea
de rebâtir les murailles de Jérusalem.
Cette action marqua le départ des
‘ soixante-dix semaines d’années ’
mentionnées dans le 9e
chapitre de
Daniel et permit de déterminer la date
où apparaîtrait le Messie, ou Christ,
Jésus de Nazareth, ainsi que la date où
il mourrait. — Daniel 9:24-27 ;
Nehémia 1:1 ; 2:1-18.
16
Le dernier des six rois qui
montèrent après Artaxerxès Ier
sur le
trône de l’Empire perse fut Darius III.
Son règne prit fin soudainement en 331
avant notre ère, lorsqu’il subit une
terrible défaite devant Alexandre le >>
Grand à Gaugamèles, près de
l’ancienne Ninive. Cette défaite porta le
coup final à la Puissance mondiale
médo-perse que symbolisait la partie en
argent de l’image vue en rêve par
Neboukadnetsar. La puissance à venir
serait supérieure sous certains rapports,
mais inférieure sous d’autres.
On le comprend en écoutant la suite de
l’interprétation que Daniel donna du rêve
de Neboukadnetsar.
UN ROYAUME VASTE,
MAIS INFÉRIEUR
17
Daniel dit à Neboukadnetsar
que le ventre et les cuisses de l’image
immense constituaient ‘ un autre
royaume, un troisième, de cuivre, qui
dominerait sur toute la terre ’.
(Daniel 2:32, 39.) Ce troisième royaume
suivrait la Babylonie et la Puissance
médo-perse. Étant donné que le cuivre
est moins précieux que l’argent, cette
nouvelle puissance mondiale serait
inférieure à l’Empire médo-perse en ce
qu’elle n’aurait pas l’honneur par
exemple de libérer le peuple de
Jéhovah. Néanmoins, ce royaume
semblable à du cuivre ‘ dominerait sur
toute la terre ’, ce qui indique qu’il serait
plus étendu que la Babylonie ou que
l’Empire médo-perse. Or, que révèlent
les faits historiques sur cette puissance
mondiale ?
18
Peu après avoir hérité du trône de
Macédoine en 336 avant notre ère,
Alexandre III, un jeune homme
ambitieux de 20 ans, se lança dans une
campagne de conquête. Ses victoires
militaires lui valurent le nom d’Alexandre
le Grand. Remportant victoire sur
victoire, il poursuivit son avancée dans
le territoire perse. Une fois qu’il eut
vaincu Darius III à Gaugamèles en 331,
l’Empire perse commença à se disloquer
et Alexandre fit de la Grèce la nouvelle
puissance mondiale.
19
Après sa victoire à Gaugamèles,
Alexandre partit à l’assaut des capitales
perses qu’étaient Babylone, Suse,
Persépolis et Ecbatane.
En assujettissant le reste de l’Empire
perse, il étendit ses conquêtes jusqu’à
l’ouest de l’Inde. Il établit des colonies
grecques dans les pays conquis.
C’est ainsi que la langue et la culture
grecques se répandirent d’un bout à
l’autre de son royaume. De fait, l’Empire
grec devint plus vaste que n’importe
quel autre avant lui. Comme Daniel
l’avait prédit, le royaume de cuivre
‘ domina sur toute la terre ’. Entre autres
conséquences de cette expansion, le
grec (koinè) devint une langue
internationale. Étant donné que cette
langue permet de s’exprimer avec
précision, elle était idéale pour rédiger
les Écritures grecques chrétiennes et
pour répandre la bonne nouvelle du
Royaume de Dieu.
20
Alexandre le Grand ne resta que
huit ans à la tête de la puissance
mondiale. Bien que jeune (il avait
32 ans), il tomba malade à la suite d’un
banquet et mourut peu après, le 13 juin
323 avant notre ère. Avec le temps, son
immense empire fut divisé en quatre
territoires, chacun dirigé par un de ses
généraux. Ainsi, un seul grand royaume
donna naissance à quatre royaumes
que l’Empire romain finit par absorber.
La puissance mondiale semblable à du
cuivre n’exista que jusque vers 30 avant
notre ère, année où le dernier de ces
quatre royaumes (la dynastie des
Ptolémées qui régnait en Égypte) tomba
finalement devant Rome. 
~
~
UN ROYAUME QUI BROIE
ET MET EN PIÈCES
21
Daniel poursuivit son explication
de l’image du rêve : “ Quant au
quatrième royaume [après Babylone, la
Puissance médo-perse et la Grèce], il
sera fort comme le fer. Étant donné que
le fer broie et écrase toutes les autres
choses, ainsi — comme le fer qui met en
pièces — il broiera et mettra en pièces
tous ceux-là. ” (Daniel 2:40). Cette
puissance mondiale aurait une telle
force, une telle capacité de broyer,
qu’elle serait comme du fer : plus forte
que les empires représentés par l’or,
l’argent ou le cuivre. L’Empire romain fut
ce genre de puissance.
22
Rome broya et mit en pièces
l’Empire grec, puis engloutit les restes
des Puissances mondiales médo-perse
et babylonienne. La puissance romaine
ne montra aucun respect envers le
Royaume de Dieu proclamé par Jésus
Christ : elle mit ce dernier à mort sur un
poteau de supplice en 33 de notre ère.
Elle voulut mettre en pièces le vrai
christianisme ; à cette fin, elle persécuta
les disciples de Jésus. Qui plus est, les
Romains détruisirent Jérusalem et son
temple en 70 de notre ère.
23
Les jambes en fer de l’image vue
en rêve par Neboukadnetsar figuraient
non seulement l’Empire romain, mais
encore son prolongement politique.
Considérez ces paroles consignées en
Révélation 17:10 : “ Il y a sept rois : cinq
sont tombés, l’un est, l’autre n’est pas
encore arrivé, mais quand il arrivera, il
doit demeurer peu de temps. ” Quand
l’apôtre Jean rédigea ces mots, il était
détenu en exil par les Romains sur l’île
de Patmos. Les cinq rois, ou puissances
mondiales, qui étaient tombés étaient
l’Égypte, l’Assyrie, Babylone, la
Puissance médo-perse et la Grèce.
Le sixième, l’Empire romain, exerçait
toujours sa domination. Mais lui aussi
devait tomber, et le septième roi se
lèverait d’un des territoires conquis par
Rome. De quelle puissance mondiale
s’agirait-il ?
24
La Bretagne constituait jadis
une partie de l’Empire romain, au nord-
ouest. Mais en l’an 1763, elle était
devenue l’Empire britannique, la
Grande-Bretagne maîtresse des sept
mers. En 1776 #, ses 13 colonies
d’Amérique avaient déclaré leur >>
indépendance afin de former les États-
Unis d’Amérique. Par la suite,
néanmoins, la Grande-Bretagne et les
États-Unis s’allièrent dans la guerre
comme dans la paix. C’est ainsi que vint
à l’existence la Septième Puissance
mondiale des prophéties bibliques :
l’alliance anglo-américaine. Comme
l’Empire romain, elle s’est avérée ‘ forte
comme le fer ’, en exerçant une autorité
de fer. Les jambes en fer de l’image du
rêve comprennent donc l’Empire romain
et la double Puissance mondiale anglo-
américaine.
# §24 Voir *** w12 15/6 p. 19 Questions des lecteurs *** qui est une explication constituant une mise à jour de celle qui figure
dans le livre Prophétie de Daniel (page 57, paragraphe 24) et qui est illustrée aux pages 56 et 139.
[Tableau/Illustration, page 56]
(Voir la publication)
LES PUISSANCES MONDIALES DE LA PROPHÉTIE DE DANIEL
L’image immense (Daniel 2:31-45)
BABYLONIE à partir de 607 av. n. è.
PUISSANCE MÉDO-PERSE à partir de 539 av. n. è.
GRÈCE à partir de 331 av. n. è.
ROME à partir de 30 av. n. è.
PUISSANCE MONDIALE ANGLO-AMÉRICAINE à partir de 1763 de n. è.
MONDE DIVISÉ SUR LE PLAN POLITIQUE au temps de la fin
UN AMALGAME FRAGILE
25
Daniel dit ensuite à
Neboukadnetsar : “ Puisque tu as vu
que les pieds et les orteils étaient en
partie d’argile modelée de potier et en
partie de fer, le royaume sera divisé,
mais il s’y trouvera quelque chose de la
dureté du fer, étant donné que tu as vu
le fer mêlé à de l’argile humide. Et quant
aux orteils des pieds étant en partie de
fer et en partie d’argile modelée : le
royaume sera en partie fort et sera en
partie fragile. Puisque tu as vu du fer
mêlé à de l’argile humide, ils se
mêleront à la descendance des
humains ; mais ils ne s’attacheront pas,
celui-ci à celui-là, de même que le fer >>
ne se mêle pas avec l’argile modelée. ”
— Daniel 2:41-43.
26
La succession des puissances
mondiales représentée par les
différentes parties de l’image vue en
rêve par Neboukadnetsar commençait
par la tête et descendait jusqu’aux
pieds. Logiquement, les pieds et les
orteils en “ fer mêlé à de l’argile
humide ” symbolisaient la dernière
manifestation de la domination humaine
qui existerait au “ temps de la fin ”. —
Daniel 12:4.
27
À l’aube du XXe
siècle, l’Empire
britannique dominait un habitant de la
terre sur quatre. D’autres empires
européens avaient la mainmise sur des
millions d’humains. Mais la Première
Guerre mondiale provoqua l’apparition
de groupes de nations à la place des
empires. Après la Deuxième Guerre
mondiale, cette tendance s’est
accélérée. À mesure que le nationalisme
gagnait du terrain, le nombre des
nations dans le monde augmentait
considérablement. Les dix orteils de
l’image représentent tous ces
gouvernements et puissances qui
coexistent, puisque dans la Bible le
nombre dix correspond parfois à ce qui
est complet du point de vue terrestre. —
Voir Exode 34:28 ; Matthieu 25:1 ;
Révélation 2:10.
28
Étant donné que nous vivons au
“ temps de la fin ”, nous sommes arrivés
aux pieds de l’image. Certains des
gouvernements représentés par les
pieds et les orteils de l’image en fer
mêlé à de l’argile ressemblent au fer :
ils sont autoritaires, tyranniques.
D’autres ressemblent à l’argile.
En quel sens ? Daniel associa l’argile à
“ la descendance des humains ”.
(Daniel 2:43.) Malgré la fragilité de
l’argile, dont est faite la descendance
des humains, les dominations
traditionnelles comparables au fer ont
été contraintes d’écouter de plus en plus
le peuple, qui veut avoir son mot à dire
dans la manière dont il est gouverné
(Job 10:9). Mais les gouvernements
autoritaires et le peuple ne font pas bon
ménage, pas plus qu’on ne saurait unir
du fer et de l’argile. Au moment où
l’image sera détruite, le monde sera bel
et bien morcelé sur le plan politique !
29
Est-ce la désunion entre les pieds
et les orteils qui causera l’écroulement
de toute l’image ?
Qu’arrivera-t-il à cette image ? 
~
~
UNE ISSUE SPECTACULAIRE
30
Arrêtez-vous sur l’issue du rêve.
Daniel dit au roi : “ Tu as continué de
regarder jusqu’à ce qu’une pierre ait été
détachée, non par des mains, et elle a
frappé l’image sur ses pieds de fer et
d’argile modelée et les a broyés.
À ce moment-là le fer, l’argile modelée,
le cuivre, l’argent et l’or furent, tous
ensemble, broyés et devinrent comme la
bale qui s’élève de l’aire de battage
d’été, et le vent les emporta, si bien
qu’on n’en trouva aucune trace. Quant à
la pierre qui avait frappé l’image, elle
devint une grande montagne et remplit
toute la terre. ” — Daniel 2:34, 35.
31
La suite de la prophétie consista
en une explication : “ Aux jours de ces
rois-là, le Dieu du ciel établira un
royaume qui ne sera jamais supprimé.
Et le royaume ne passera à aucun autre
peuple. Il broiera tous ces royaumes et y
mettra fin, et lui-même subsistera pour
des temps indéfinis ; étant donné que tu
as vu que de la montagne une pierre a
été détachée, non par des mains, et
qu’elle a broyé le fer, le cuivre, l’argile
modelée, l’argent et l’or. Le Grand Dieu
lui-même a fait connaître au roi ce qui
doit arriver après cela. Et le rêve est sûr,
et son interprétation digne de foi. ” —
Daniel 2:44, 45.
32
Son rêve lui ayant été rappelé et
expliqué, Neboukadnetsar reconnut que
seul le Dieu de Daniel était “ un
Seigneur des rois et un Révélateur de
secrets ”. Le roi confia également à
Daniel et à ses trois compagnons
hébreux des postes à responsabilités
élevés (Daniel 2:46-49).
Quelle est toutefois la signification
moderne de l’“ interprétation digne de
foi ” énoncée par Daniel ?
~
‘ UNE MONTAGNE
REMPLIT LA TERRE ’
33
Lorsque “ les temps fixés des
nations ” ont pris fin en octobre 1914,
le “ Dieu du ciel ” a établi le Royaume
céleste en intronisant son Fils oint,
Jésus Christ, “ Roi des rois et Seigneur
des seigneurs ”
{Note : Voir le chapitre 6 du présent ouvrage.}.
(Luc 21:24 ; Révélation 12:1-5 ; 19:16.)
C’est de cette façon que par la
puissance divine, et non par des mains
humaines, la “ pierre ” qu’est le
Royaume messianique a été détachée
de la “ montagne ”, la souveraineté
universelle de Jéhovah.
Ce gouvernement céleste est confié à
Jésus Christ, à qui Dieu a accordé
l’immortalité
(Romains 6:9 ; 1 Timothée 6:15, 16).
C’est pourquoi ce “ royaume de notre
Seigneur [Dieu] et de son Christ ”, une
expression de la souveraineté
universelle de Jéhovah, ne passera à
personne d’autre. Il durera toujours. —
Révélation 11:15.
34
La naissance du Royaume a eu
lieu “ aux jours de ces rois-là ”. (Daniel
2:44.)
Ces rois n’étaient pas seulement les rois
représentés par les dix orteils de
l’image, mais aussi ceux que
symbolisaient ses parties en fer, en
cuivre, en argent et en or. Il est vrai que
les Empires babylonien, perse, grec et
romain n’étaient plus des puissances >>
mondiales en 1914, mais il en subsistait
des vestiges. L’Empire ottoman (turc)
occupait alors le territoire de la
Babylonie et des gouvernements étaient
en place en Perse (Iran), en Grèce ainsi
qu’à Rome.
35
Le Royaume céleste de Dieu
frappera bientôt l’image symbolique sur
ses pieds. En conséquence, tous les
royaumes figurés par cette image seront
mis en pièces ; ce sera leur fin.
Lors de “ la guerre du grand jour de Dieu
le Tout-Puissant ”, cette “ pierre ”
frappera avec une telle force que l’image
sera pulvérisée et que le vent de la
tempête de Dieu l’emportera comme la
bale d’une aire de battage (Révélation
16:14, 16). Ensuite, comme la pierre qui
atteignit les proportions d’une montagne
et qui remplit la terre, le Royaume de
Dieu deviendra la montagne ou
gouvernement qui régira “ toute la
terre ”. — Daniel 2:35.
36
Bien qu’étant céleste, le royaume
messianique étendra son pouvoir à
notre planète pour le bien de tous les
habitants obéissants de la terre.
Ce gouvernement stable “ ne sera
jamais supprimé ” ni “ ne passera à
aucun autre peuple ”. À la différence des
royaumes que dirigent les chefs
humains mortels, “ lui-même subsistera
pour des temps indéfinis ”, éternellement
(Daniel 2:44). Puissiez-vous avoir le
privilège de figurer pour l’éternité parmi
ses sujets !
~
.
.
.
.
.
[Encadré/Carte/Illustrations, pages 63-67]
UN ROI-GUERRIER BÂTIT UN EMPIRE
Le prince héritier de Babylone et son armée mettent en pièces les forces du pharaon Néko à Karkémish,
en Syrie. Les Égyptiens, vaincus, prennent la fuite en direction de leur pays, au sud, poursuivis par les
Babyloniens. Mais un message en provenance de Babylone contraint le prince victorieux à abandonner la
poursuite. Il vient d’apprendre que son père, Nabopolassar, est mort. Neboukadnetsar charge ses
généraux de ramener les captifs et le butin ; lui, rentre précipitamment pour monter sur le trône laissé
vacant par son père.
C’est dans ces circonstances que Neboukadnetsar accéda au trône de Babylone en l’an 624
avant notre ère et devint le deuxième souverain de l’Empire néo-babylonien. Au cours de son règne, qui
dura 43 ans, il prit possession des territoires occupés auparavant par la Puissance mondiale assyrienne
et il étendit son domaine : il prit la Syrie au nord et la Palestine à l’ouest, jusqu’à la frontière de l’Égypte.
—
Dans la quatrième année de son règne (620 avant notre ère), Neboukadnetsar vassalisa le
royaume de Juda (2 Rois 24:1). Trois ans plus tard, les Judéens se rebellèrent ; les Babyloniens
assiégèrent donc Jérusalem. Neboukadnetsar emmena Yehoïakîn, Daniel et d’autres captifs à Babylone.
Il emporta aussi des ustensiles du temple de Jéhovah. Il établit Tsidqiya, un oncle de Yehoïakîn, roi
vassal de Juda. — 2 Rois 24:2-17 ; Daniel 1:6, 7.
Quelque temps plus tard, Tsidqiya s’allia à l’Égypte et se rebella à son tour. Neboukadnetsar
assiégea de nouveau Jérusalem, et en 607 avant notre ère il fit une brèche dans la muraille, brûla le
temple et détruisit la ville.
Il tua tous les fils de Tsidqiya, puis rendit ce dernier aveugle et le lia, afin de l’emmener prisonnier à
Babylone. Neboukadnetsar fit captifs la plupart des habitants et transporta à Babylone le reste des
ustensiles du temple.
“ Ainsi Juda partit en exil de dessus son sol. ” — 2 Rois 24:18–25:21.
Neboukadnetsar conquit également Tyr en mettant le siège devant elle, un siège qui dura 13 ans.
Pendant ce siège, les têtes de ses soldats furent “ rendues chauves ” par les frottements de leur casque,
et leurs épaules furent “ dénudées ” à force de porter des matériaux pour construire les ouvrages de siège
(Ézékiel 29:18).
Finalement, Tyr capitula devant les forces babyloniennes.
Le roi de Babylone était à l’évidence un brillant stratège. Certains documents, surtout d’origine
babylonienne, tracent aussi de lui le portrait d’un roi juste.
Les Écritures ne spécifient pas que Neboukadnetsar était juste, mais le prophète Jérémie déclara que
Tsidqiya, alors qu’il s’était rebellé, serait traité équitablement ‘ s’il sortait vers les princes du roi de
Babylone ’. (Jérémie 38:17, 18.)
Et après la destruction de Jérusalem, Neboukadnetsar traita Jérémie avec respect. Le roi ordonna en effet
au sujet de ce dernier : “ Prends-le, aie les yeux fixés sur lui, ne lui fais aucun mal.
Mais selon ce qu’il te dira, agis ainsi avec lui. ” — Jérémie 39:11, 12 ; 40:1-4.
Neboukadnetsar était un administrateur : il discerna rapidement les qualités et les capacités de
Daniel et de ses trois compagnons (Shadrak, Méshak et Abed-Négo) dont les noms hébreux étaient
Hanania, Mishaël et Azaria. C’est pourquoi le roi leur confia des postes à responsabilités dans son
royaume. — Daniel 1:6, 7, 19-21 ; 2:49.
Neboukadnetsar était particulièrement dévoué à Mardouk, le dieu principal de Babylone. Le roi attribuait
toutes ses conquêtes à cette divinité. À Babylone, il bâtit ou embellit les temples de Mardouk et de
quantité d’autres divinités babyloniennes.
L’image d’or dressée dans la plaine de Doura était peut-être dédiée à Mardouk. Et Neboukadnetsar
prenait beaucoup en compte la divination pour prévoir les déplacements de son armée.
Par ailleurs, Neboukadnetsar fut fier de restaurer Babylone, la plus grande ville fortifiée de
l’époque. En terminant les imposantes murailles doubles que son père avait commencées,
Neboukadnetsar rendit la capitale apparemment imprenable.
Le roi répara un vieux palais au cœur de la ville et bâtit un palais d’été à environ deux kilomètres au nord.
Pour faire plaisir à la reine, qui était Mède et qui avait la nostalgie des collines et des forêts de son pays,
Neboukadnetsar aurait construit les Jardins suspendus, qui sont rangés parmi les Sept Merveilles du
monde antique.
“ N’est-ce pas là Babylone la Grande que moi j’ai bâtie pour la maison royale par la force de ma
puissance et pour la dignité de ma majesté ? ” lança un jour le roi avec vantardise tandis qu’il se
promenait dans son palais de Babylone. “ La parole était encore dans la bouche du roi ” qu’il devint fou.
Incapable de régner pendant sept ans, il mangea de la végétation, comme Daniel l’avait prédit. À la fin de
cette période, le royaume fut rendu à Neboukadnetsar, qui régna jusqu’à sa mort en 582 avant notre ère.
— Daniel 4:30-36.
*** dp chap. 5 p. 69-81 ***
Leur foi a passé l’épreuve
1
Devez-vous être attaché à Dieu
ou au pays dans lequel vous vivez ?
Beaucoup répondraient : ‘ Je respecte
les deux. J’adore Dieu en suivant les
préceptes de ma religion ; et dans le
même temps je fais allégeance à ma
patrie. ’
2
Si la démarcation entre piété et
patriotisme semble parfois floue
aujourd’hui, dans la Babylone antique
elle n’existait pour ainsi dire pas.
En fait, le profane et le sacré étaient si
inextricablement mêlés qu’il était
quelquefois impossible de les distinguer.
“ Dans la Babylone antique, écrit le
professeur Charles Pfeiffer, le roi était à
la fois grand prêtre et souverain.
Il procédait aux sacrifices et régissait la
vie religieuse de ses sujets. ”
3
Prenons l’exemple du roi
Neboukadnetsar. Son nom même
signifie “ Ô Nebo, protège l’héritier ! ”
Nebo était le dieu babylonien de la
sagesse et de l’agriculture.
Neboukadnetsar était un homme
profondément religieux. Comme nous
l’avons vu précédemment, il bâtit et
embellit les temples de nombreux dieux
babyloniens, et il était particulièrement
attaché à Mardouk, à qui il attribuait ses
victoires militaires {Note : Certains pensent
que Mardouk, qu’on tenait pour le fondateur de
l’Empire babylonien, représente Nimrod déifié.
Cependant, on ne peut l’affirmer.}. >>
Il apparaît également que
Neboukadnetsar se fiait beaucoup à la
divination pour élaborer ses plans de
bataille. — Ézékiel 21:18-23.
4
À dire vrai, toute la ville de
Babylone baignait dans la religion.
Elle se targuait de posséder plus de
50 temples, dans lesquels les gens
adoraient une multitude de dieux et de
déesses, par exemple la triade
composée d’Anou (le dieu du ciel),
d’Enlil (le dieu de la terre, de l’air et de la
tempête) et d’Ea (le dieu qui régnait sur
les eaux). Une autre trinité comprenait
Sîn (le dieu-lune), Shamash (le dieu-
soleil) et Ishtar (la déesse de la
fécondité). La magie, la sorcellerie et
l’astrologie jouaient un grand rôle dans
le culte babylonien.
5
Pour les exilés juifs, vivre au milieu
d’un peuple qui vénérait tant de dieux
était une véritable gageure. Des siècles
plus tôt, Moïse avait averti les Israélites
des conséquences tragiques qu’ils
subiraient s’ils se rebellaient contre le
Législateur suprême. Il leur avait dit :
“ Jéhovah te fera marcher, toi et ton roi
que tu établiras sur toi, vers une nation
que tu n’as pas connue, ni toi ni tes
ancêtres ; et là il te faudra servir d’autres
dieux, des dieux de bois et de pierre. ”
— Deutéronome 28:15, 36.
6
Maintenant, les Juifs se trouvaient
en plein dans cette situation fâcheuse.
Il n’était pas facile de demeurer fidèle à
Jéhovah, surtout pour Daniel, Hanania,
Mishaël et Azaria. En effet, ces quatre
jeunes Hébreux avaient été sélectionnés
pour recevoir une formation en vue
d’assumer une fonction
gouvernementale (Daniel 1:3-5).
Souvenez-vous qu’on leur avait même
donné des noms babyloniens
(Beltshatsar, Shadrak, Méshak et Abed-
Négo), probablement pour les inciter à
se fondre dans leur nouvel
environnement {Note : “ Beltshatsar ” veut
dire “ Protège la vie du roi ”. “ Shadrak ” signifie
peut-être “ Commandement d’Akou ”, le dieu-
lune sumérien. “ Méshak ” fait peut-être allusion
à un dieu sumérien et “ Abed-Négo ” veut dire
“ Serviteur de Négo ” ou Nebo.}. Étant donné
la position élevée de ces hommes, en
refusant d’adorer les dieux du pays ils
se seraient fait remarquer, voire auraient
passé pour des traîtres.
UNE IMAGE D’OR
SYNONYME DE MENACE
7
Sans doute dans le but de renforcer
l’unité de son empire, Neboukadnetsar
dressa une image d’or dans la plaine de
Doura. Cette image mesurait
60 coudées (27 mètres) de haut et
6 coudées (2,70 mètres) de large
{Note : Du fait que l’image était immense,
certains biblistes pensent qu’elle était en bois
recouvert d’or.}. Certains pensent que ce
n’était qu’une colonne, un obélisque.
Elle consistait peut-être en un piédestal
très haut sur lequel s’élevait une statue
immense à forme humaine, qui
représentait Neboukadnetsar lui-même
ou le dieu Nebo. Quoi qu’il en soit,
ce monument impressionnant était un
symbole de l’Empire babylonien.
À ce titre, il était fait pour être vu et
vénéré. — Daniel 3:1.
8
Ensuite, Neboukadnetsar organisa
une cérémonie d’inauguration.
Il réunit ses satrapes, ses préfets,
ses gouverneurs, ses conseillers,
ses trésoriers, ses juges, >>
ses magistrats de police et
tous les administrateurs des districts
administratifs. Un héraut cria : “ À vous il
est dit ceci, ô peuples, communautés
nationales et langues : Au moment où
vous entendrez le son du cor, du
chalumeau, de la cithare, de la harpe
triangulaire, de l’instrument à cordes, de
la cornemuse et de toutes sortes
d’instruments de musique, vous
tomberez et adorerez l’image d’or que
Neboukadnetsar le roi a dressée.
Quiconque ne tombera pas et n’adorera
pas sera jeté à l’instant même dans le
four de feu ardent. ” — Daniel 3:2-6.
9
Certains pensent que
Neboukadnetsar organisa cette
cérémonie dans le but de forcer les Juifs
à faire des compromis vis-à-vis du culte
de Jéhovah. Ce n’était probablement
pas le cas, car, manifestement, seuls les
fonctionnaires y furent invités.
Les seuls Juifs présents seraient donc
ceux qui occupaient des fonctions
gouvernementales. Il semble par
conséquent que la prosternation devant
l’image était une cérémonie destinée à
renforcer la solidarité de la classe
dirigeante. John Walvoord, professeur
de théologie, fait cette remarque :
“ Un tel déploiement de fonctionnaires
constituait d’une part une manifestation
flatteuse de la puissance de l’empire de
Neboukadnetsar, et d’autre part une
façon d’honorer les divinités qui, selon
eux, étaient à l’origine de leurs
victoires. ”
LES SERVITEURS DE JÉHOVAH
REFUSENT DE TRANSIGER
10
La plupart de ceux qui étaient
réunis devant l’image de
Neboukadnetsar n’eurent aucun
scrupule à l’adorer alors qu’ils servaient
divers dieux. “ Tous étaient habitués à
adorer des idoles, et rendre un culte à
un certain dieu ne les empêchait pas de
rendre hommage à un autre ”, explique
un bibliste. Il ajoute : “ Cela s’accordait
avec les idées qui circulaient parmi les
idolâtres, selon lesquelles il existait de
nombreux dieux [...] et il n’était pas
gênant de rendre hommage au dieu
d’un autre peuple ou d’un autre pays. ”
11
Les Juifs, en revanche, ne le
voyaient pas de cet œil. Leur Dieu,
Jéhovah, leur avait ordonné : “ Tu ne
dois pas te faire d’image sculptée, ni de
forme qui ressemble à quoi que ce soit
qui est dans les cieux en haut, ou qui est
sur la terre en bas, ou qui est dans les
eaux sous la terre. Tu ne dois pas te
prosterner devant eux, ni te laisser
entraîner à les servir, car moi, Jéhovah
ton Dieu, je suis un Dieu qui exige un
attachement exclusif. ” (Exode 20:4, 5).
C’est pourquoi, au moment où la
musique retentit et où les hommes
rassemblés se prosternèrent devant
l’image, trois jeunes Hébreux, Shadrak,
Méshak et Abed-Négo, restèrent debout.
— Daniel 3:7.
12
Le refus de trois fonctionnaires
hébreux d’adorer l’image mit certains
Chaldéens en furie. Ils s’approchèrent
immédiatement du roi et “ accusèrent les
Juifs ” {Note : L’expression araméenne traduite
par “ accuser ” signifie ‘ manger les morceaux ’
d’une personne, la dévorer à belles dents, en
quelque sorte, en la calomniant.}.
Ils ne souhaitaient pas d’explication.
Ils voulaient que les Hébreux soient
punis pour infidélité et trahison. Ils
déclarèrent à cette fin : “ Il existe
certains Juifs que tu as préposés à
l’administration du district administratif
de Babylone, Shadrak, Méshak et Abed-
Négo ; ces hommes robustes n’ont pas
tenu compte de toi, ô roi, ils ne servent
pas tes dieux, et l’image d’or que tu as
dressée, ils ne l’adorent pas. ” —
Daniel 3:8-12. 
13
Neboukadnetsar dut être vraiment
contrarié que les trois Hébreux aient
passé outre à son ordre. Il était en effet
manifeste qu’il n’avait pas réussi à
transformer Shadrak, Méshak et Abed-
Négo en partisans loyaux de l’Empire
babylonien. Ne les avait-il pourtant pas
instruits dans la sagesse des
Chaldéens ? Il avait même changé leur
nom ! Mais si Neboukadnetsar avait
pensé qu’une instruction prestigieuse
leur inculquerait un nouveau mode de
culte ou que le changement de leur nom
changerait leur identité, il s’était
lourdement trompé. Shadrak, Méshak et
Abed-Négo restèrent de fidèles
serviteurs de Jéhovah.
14
Le roi Neboukadnetsar fulminait.
En premier lieu, il convoqua Shadrak,
Méshak et Abed-Négo. Il demanda :
“ Est-il bien vrai, ô Shadrak, Méshak et
Abed-Négo, que vous ne servez pas
mes dieux, et que l’image d’or que j’ai
dressée, vous ne l’adorez pas ? ”
Neboukadnetsar prononça sans aucun
doute ces paroles sur le ton de
quelqu’un qui ne veut pas croire à une
énormité qu’il vient d’entendre.
‘ Comment trois hommes sains d’esprit,
devait-il se dire, ont-ils pu passer outre à
un ordre si clair — d’autant plus un ordre
qui faisait encourir une punition aussi
sévère ? ’ — Daniel 3:13, 14.
15
Neboukadnetsar était prêt à
donner aux trois Hébreux une seconde
chance. “ Maintenant, si vous êtes prêts,
déclara-t-il, pour qu’au moment où vous
entendrez le son du cor, du chalumeau,
de la cithare, de la harpe triangulaire, de
l’instrument à cordes, de la cornemuse
et de toutes sortes d’instruments de
musique, vous tombiez et adoriez
l’image que j’ai faite, c’est bien.
Mais si vous n’adorez pas, à l’instant
même vous serez jetés dans le four de
feu ardent. Et quel est le dieu qui pourra
vous sauver de mes mains ? ” —
Daniel 3:15.
16
Apparemment, la leçon enseignée
par le rêve de l’image
(rapporté en Daniel chapitre 2)
n’avait pas laissé d’impression durable
sur l’esprit et le cœur de
Neboukadnetsar. Peut-être avait-il déjà
oublié les paroles qu’il avait lui-même
dites à Daniel : “ Votre Dieu est un Dieu
des dieux, un Seigneur des rois. ”
(Daniel 2:47).
À présent, Neboukadnetsar semblait
défier Jéhovah en affirmant que pas
même Lui n’éviterait aux Hébreux la
punition qui les attendait.
17
Shadrak, Méshak et Abed-Négo
n’avaient pas besoin de reconsidérer
la question. Ils répondirent aussitôt :
“ Ô Neboukadnetsar, nous n’avons pas
besoin de te donner réponse à ce sujet.
Si cela doit être, notre Dieu que nous
servons est capable de nous sauver.
Il nous sauvera du four de feu ardent et
de ta main, ô roi ! Sinon, qu’il te soit fait
connaître, ô roi, que tes dieux ne sont
pas ceux que nous servons, et l’image
d’or que tu as dressée, nous ne
l’adorerons pas. ” — Daniel 3:16-18.
DANS LE FOUR DE FEU
18
Furieux, Neboukadnetsar
commanda à ses serviteurs de chauffer
le four sept fois plus que d’habitude.
Il ordonna ensuite à “ certains hommes
robustes pleins d’énergie vitale ” de lier
Shadrak, Méshak et Abed-Négo et de
les jeter dans le “ four de feu ardent ”.
Ces hommes obéirent aux ordres du
roi : ils jetèrent les trois Hébreux dans le
feu liés et tout habillés (peut-être pour
qu’ils soient brûlés encore plus vite).
Néanmoins, ce furent les sbires de
Neboukadnetsar que les flammes
tuèrent. — Daniel 3:19-22. 
19
En revanche, quelque chose
d’extraordinaire était en train de se
produire. Alors que Shadrak, Méshak et
Abed-Négo se trouvaient au milieu du
four de feu, les flammes ne les
consumaient pas. Imaginez la
stupéfaction de Neboukadnetsar ! On
les avait jetés solidement attachés dans
un feu suractivé, mais ils étaient toujours
vivants. Ils marchaient même librement
au milieu des flammes. Cependant,
Neboukadnetsar remarqua autre chose.
“ N’est-ce pas trois hommes robustes
que nous avons jetés, liés, au milieu du
feu ? ” demanda-t-il à ses hauts
fonctionnaires.
“ Oui, ô roi ! ” répondirent-ils. “ Voyez !
cria Neboukadnetsar, j’aperçois quatre
hommes robustes qui circulent librement
au milieu du feu, et ils n’ont aucune
blessure, et l’aspect du quatrième
ressemble à celui d’un fils des dieux. ”
— Daniel 3:23-25.
20
Neboukadnetsar s’approcha de la
porte du four de feu. “ Shadrak, Méshak
et Abed-Négo, serviteurs du Dieu Très-
Haut, appela-t-il, sortez et venez ici ! ”
Les trois Hébreux sortirent du milieu du
feu. Nul doute que tous ceux qui furent
témoins de ce miracle (notamment les
satrapes, les préfets, les gouverneurs et
les hauts fonctionnaires) étaient frappés
de stupeur. C’était comme si les trois
jeunes hommes n’avaient jamais mis les
pieds dans le four ! L’odeur du feu n’était
pas venue sur eux, et pas un cheveu de
leur tête n’avait été brûlé. —
Daniel 3:26, 27.
21
Le roi Neboukadnetsar était bien
forcé de reconnaître que Jéhovah est le
Dieu Très-Haut. “ Béni soit le Dieu de
Shadrak, Méshak et Abed-Négo,
déclara-t-il, qui a envoyé son ange et
a sauvé ses serviteurs qui ont eu
confiance en lui et qui ont changé la
parole même du roi et ont livré leurs
corps, parce qu’ils ne voulaient servir et
ne voulaient adorer aucun dieu, si ce
n’est leur Dieu. ” Puis il énonça cet
avertissement sans équivoque :
“ De ma part ordre est donné : à tout
peuple, communauté nationale ou
langue qui dit quelque chose de faux
contre le Dieu de Shadrak, Méshak et
Abed-Négo, on arrachera les membres,
et sa maison sera transformée en
latrines publiques ; étant donné qu’il
n’existe pas d’autre dieu qui soit capable
de délivrer comme celui-là. ”
Sur ce, les trois Hébreux retrouvèrent la
faveur royale et ‘ prospérèrent dans le
district administratif de Babylone ’. —
Daniel 3:28-30.
L’ÉPREUVE DE LA FOI
AUJOURD’HUI
22
Aujourd’hui, les adorateurs de
Jéhovah se trouvent dans une situation
semblable à celle de Shadrak, Méshak
et Abed-Négo. Il est vrai que les
serviteurs de Dieu ne sont pas
nécessairement en exil à proprement
parler. Cependant, Jésus a dit que ses
disciples ne feraient “ pas partie du
monde ”. (Jean 17:14.) Ils sont des
“ étrangers ” en ce sens qu’ils n’adoptent
pas les coutumes, les états d’esprit et
les pratiques contraires aux Écritures
des gens de leur entourage.
Comme l’apôtre Paul l’a écrit, les
chrétiens doivent ‘ cesser de se
conformer à ce système de choses-ci ’.
— Romains 12:2.
23
Les trois Hébreux ont refusé de se
conformer au système babylonien.
Même une instruction poussée dans la
sagesse chaldéenne ne les a pas
égarés. Leur position en matière de
culte était irrévocable, et leur allégeance
allait à Jéhovah. Les chrétiens
d’aujourd’hui doivent posséder la même
fermeté. Ils n’ont pas à avoir honte >>
d’être différents des gens du monde.
En effet, “ le monde est en train de
passer, et son désir aussi ”.
(1 Jean 2:17.) Il serait insensé, et inutile
de surcroît, de se conformer au présent
système de choses moribond.
24
Les chrétiens doivent se méfier de
toutes les formes d’idolâtrie, même des
plus subtiles {Note : Par exemple, la Bible
établit un lien entre la gloutonnerie, la convoitise
et l’idolâtrie. — Philippiens 3:18, 19 ; Colossiens
3:5.} (1 Jean 5:21). Shadrak, Méshak et
Abed-Négo obéirent en ce qu’ils se
tinrent respectueusement debout devant
l’image d’or, mais ils comprenaient que
se prosterner devant elle aurait été plus
qu’une marque de respect.
Cela aurait été un acte d’adoration qui
leur aurait valu la colère de Jéhovah
(Deutéronome 5:8-10). John Walvoord
écrit : “ Cela revenait à saluer un
drapeau, même si, étant donné
l’interaction entre le dévouement à la
religion et le dévouement à la nation,
cet acte avait aussi une connotation
religieuse. ” Aujourd’hui, les vrais
chrétiens adoptent une position aussi
ferme à l’égard de l’idolâtrie.
25
Le récit biblique concernant
Shadrak, Méshak et Abed-Négo offre
un exemple parlant à tous ceux qui sont
déterminés à vouer un attachement
exclusif à Jéhovah. L’apôtre Paul
pensait certainement à ces trois
Hébreux quand il parla de ceux qui,
parmi beaucoup qui exercèrent la foi,
ont “ arrêté la violence du feu ”.
(Hébreux 11:33, 34.)
Jéhovah récompensera tous ceux qui
imitent une telle foi. Il délivra les trois
Hébreux du four de feu, mais nous
pouvons être sûrs qu’il ressuscitera tous
les fidèles qui perdent la vie parce qu’ils
restent intègres et qu’il leur accordera la
vie éternelle.
~
Envers et contre tout, >>
~
~
~
Jéhovah “ garde les âmes de ses
fidèles ; de la main des méchants il les
délivre ”. — Psaume 97:10.
*** dp chap. 6 p. 82-97 ***
Le mystère du grand arbre est élucidé
1
JÉHOVAH permit au roi
Neboukadnetsar de devenir chef d’une
puissance mondiale. Le monarque de
Babylone jouissait d’une richesse
immense, d’une table somptueuse,
d’un palais grandiose, bref de tout ce
qu’il désirait sur le plan matériel.
Mais soudainement il fut humilié.
L’esprit dérangé, Neboukadnetsar se
comporta comme une bête.
Il fut chassé de la table royale et de la
résidence impériale, vécut dans les
champs et mangea de l’herbe comme
un taureau.
Qu’est-ce qui provoqua ce malheur ?
Et pourquoi s’y intéresser ? —
Voir Job 12:17-19 ; Ecclésiaste 6:1, 2.
LE ROI MAGNIFIE LE TRÈS-HAUT
2
Peu après avoir guéri de la
démence dans laquelle il avait sombré,
Neboukadnetsar envoya dans tout son
royaume un rapport digne d’intérêt sur
ce qui s’était passé.
Jéhovah inspira le prophète Daniel
pour conserver un récit exact de ces
événements. Ce récit commence par
ces mots : “ Neboukadnetsar le roi, à
tous les peuples, communautés
nationales et langues qui habitent dans
toute la terre : Que votre paix devienne
grande. Les signes et les prodiges que
le Dieu Très-Haut a accomplis à mon
égard, il m’a paru bon de les proclamer.
Que ses signes sont grands, et que ses
prodiges sont puissants ! >>
Son royaume est un royaume pour des
temps indéfinis, et sa domination est de
génération en génération. ” —
Daniel 4:1-3.
3
Les sujets de Neboukadnetsar
‘ habitaient dans toute la terre ’ :
son empire comprenait presque tout le
monde biblique. Le roi déclara à propos
du Dieu de Daniel : “ Son royaume est
un royaume pour des temps indéfinis. ”
Ces paroles magnifièrent Jéhovah d’un
bout à l’autre de l’Empire babylonien.
C’était en outre la deuxième fois qu’il
était montré à Neboukadnetsar que seul
le Royaume de Dieu est éternel, qu’il
subsiste “ pour des temps indéfinis ”. —
Daniel 2:44.
4
Quels ‘ signes et prodiges ’
“ le Dieu Très-Haut ” accomplit-il ?
Ils commencèrent avec ce que le roi
vécut et raconta ainsi :
“ Moi, Neboukadnetsar, j’étais tranquille
dans ma maison et florissant dans mon
palais. J’ai vu un rêve, et il me faisait
peur. Des images mentales sur mon lit
et des visions de ma tête m’effrayaient. ”
(Daniel 4:4, 5). Que fit le roi de Babylone
après avoir vu ce rêve troublant ?
5
Neboukadnetsar convoqua les
sages de Babylone et leur raconta le
rêve. Mais rien !
Ils étaient absolument incapables d’en
donner une interprétation.
Le récit ajoute : “ À la fin entra devant
moi Daniel, dont le nom est Beltshatsar,
selon le nom de mon dieu, et en qui il y
a l’esprit des dieux saints ; et devant lui
je dis quel était ce rêve. ” (Daniel 4:6-8).
Le nom que Daniel portait à la cour était
Beltshatsar, et le faux dieu que le roi
appela “ mon dieu ” était peut-être Bel,
Nebo ou Mardouk. C’est parce qu’il était
polythéiste que Neboukadnetsar
considérait Daniel comme quelqu’un en
qui il y avait “ l’esprit des dieux saints ”.
Et du fait que Daniel était préfet sur tous
les sages de Babylone, le roi le qualifia
de “ chef des prêtres-magiciens ”.
(Daniel 2:48 ; 4:9 ; voir aussi Daniel
1:20.) Il va de soi que le fidèle Daniel
n’abandonna jamais le culte de Jéhovah
pour pratiquer la magie. —
Lévitique 19:26 ; Deutéronome 18:10-12.
UN ARBRE IMMENSE
6
En quoi consistait le rêve effrayant
du roi de Babylone ? “ Or les visions de
ma tête sur mon lit, je les regardais, dit
Neboukadnetsar, et, voyez : un arbre au
milieu de la terre, dont la hauteur était
immense. L’arbre grandit et devint fort,
et sa hauteur atteignit finalement les
cieux, et il était visible jusqu’à l’extrémité
de toute la terre. Son feuillage était
beau, et son fruit abondant ; il y avait sur
lui de la nourriture pour tous. Sous lui la
bête des champs cherchait l’ombre, sur
ses branches habitaient les oiseaux des
cieux ; de lui se nourrissait toute chair. ”
(Daniel 4:10-12). On croit savoir que
Neboukadnetsar aimait beaucoup les
grands cèdres du Liban, au point qu’il se
déplaça pour les voir et qu’il fit rapporter
de ce bois à Babylone. Mais il n’avait
jamais rien vu de semblable à l’arbre de
son rêve. Cet arbre se situait “ au milieu
de la terre ”, bien visible de la terre
entière, et il était si productif qu’il
procurait de la nourriture à toute chair.
7
Mais ce rêve ne s’arrêtait pas là ;
Neboukadnetsar ajouta : “ J’ai continué
à regarder dans les visions de ma tête
sur mon lit, et, voyez : un veillant, oui un
saint, qui descendait des cieux. >>
Il criait avec force, et voici ce qu’il disait :
‘ Abattez l’arbre, et coupez ses
branches. Faites tomber son feuillage, et
dispersez ses fruits. Que la bête s’enfuie
de dessous lui, et les oiseaux de ses
branches. Toutefois la souche avec ses
racines, laissez-la dans la terre, oui avec
des liens de fer et de cuivre, parmi
l’herbe des champs ; de la rosée des
cieux qu’il soit mouillé, et avec la bête
que sa part soit parmi la végétation de la
terre. ’ ” — Daniel 4:13-15.
8
Les Babyloniens croyaient en des
créatures spirituelles bonnes et
mauvaises. Mais qui était ce “ veillant ”,
cette sentinelle, venu du ciel ?
Puisqu’il est qualifié de “ saint ”,
il s’agissait d’un ange juste qui
représentait Dieu
(voir Psaume 103:20, 21).
Imaginez les questions qui durent
assaillir Neboukadnetsar !
Pourquoi abattre cet arbre ? À quoi bon
empêcher la souche de pousser en la
liant avec du fer et du cuivre ?
Quel dessein une simple souche
pouvait-elle bien servir ?
9
Neboukadnetsar dut être
complètement dérouté quand il entendit
les paroles suivantes du veillant :
“ Que son cœur soit changé pour qu’il
ne soit plus un cœur d’humain, et qu’un
cœur de bête lui soit donné, et que sept
temps passent sur lui. Par le décret des
veillants la chose est, et par la parole
des saints, cette demande, afin que les
vivants sachent que le Très-Haut est
Chef dans le royaume des humains, et
qu’il le donne à qui il veut, et qu’il établit
sur lui le plus humble des humains. ”
(Daniel 4:16, 17). La souche d’un arbre
n’a évidemment pas de cœur humain
qui batte en elle.
En quel sens un cœur de bête peut-il
donc être donné à la souche d’un
arbre ?
Que sont les “ sept temps ” ?
Et quel est le rapport entre tout cela et la
domination dans “ le royaume des
humains ” ?
Neboukadnetsar voulait certainement le
savoir.
MAUVAISE NOUVELLE POUR LE ROI
10
Lorsqu’il entendit raconter le rêve,
Daniel fut momentanément stupéfait,
puis il eut peur. Neboukadnetsar lui dit
de l’expliquer ; aussi le prophète
déclara-t-il : “ Ô mon seigneur, que le
rêve s’applique à ceux qui te haïssent,
et son interprétation à tes adversaires.
L’arbre que tu as vu, qui grandit et
devint fort, [...] c’est toi, ô roi, parce que
tu as grandi et que tu es devenu fort, et
que ta grandeur a grandi et a atteint
jusqu’aux cieux, et ta domination jusqu’à
l’extrémité de la terre. ” (Daniel 4:18-22).
Dans les Écritures, les arbres peuvent
figurer des personnes, des dirigeants ou
des royaumes (Psaume 1:3 ;
Jérémie 17:7, 8 ; Ézékiel, chapitre 31).
Comme l’arbre immense de son rêve,
Neboukadnetsar ‘ avait grandi et était
devenu fort ’ : il était devenu le dirigeant
d’une puissance mondiale.
Mais la “ domination jusqu’à l’extrémité
de la terre ”, sur tout le royaume des
humains, est représentée par le grand
arbre. Cet arbre symbolise aussi, par
conséquent, la souveraineté universelle
de Jéhovah, en particulier dans sa
relation avec la terre. — Daniel 4:17.
11
Neboukadnetsar allait être
abaissé. Daniel ajouta pour le lui
annoncer : “ Parce que le roi a vu un
veillant, oui un saint, qui descendait des
cieux, qui disait également :
‘ Abattez l’arbre et supprimez-le.
Toutefois la souche avec ses racines,
laissez-la dans la terre, mais avec des
liens de fer et de cuivre, parmi l’herbe
des champs ; de la rosée des cieux >>
qu’il soit mouillé, et avec les bêtes des
champs que sa part soit jusqu’à ce que
sept temps passent sur lui ’, voici
l’interprétation, ô roi, et le décret du
Très-Haut c’est ce qui arrivera vraiment
à mon seigneur le roi. ”
(Daniel 4:23, 24).
Il fallait incontestablement du courage
pour transmettre un tel message à ce roi
puissant !
12
Qu’allait-il arriver à
Neboukadnetsar ? Imaginez sa réaction
quand Daniel précisa : “ Toi, on te
chassera d’entre les hommes et avec
les bêtes des champs sera ta demeure ;
et de la végétation, c’est ce qu’on te
donnera à manger, comme aux
taureaux ; et de la rosée des cieux tu
seras mouillé ; et sept temps passeront
sur toi, jusqu’à ce que tu saches que le
Très-Haut est Chef dans le royaume des
humains, et qu’il le donne à qui il veut. ”
(Daniel 4:25).
Apparemment, même les fonctionnaires
de cour de Neboukadnetsar
‘ le chasseraient d’entre les hommes ’.
Des gardiens de troupeaux
compatissants prendraient-ils soin de
lui ? Non, car Dieu avait décrété qu’il
demeurerait avec “ les bêtes des
champs ” et qu’il mangerait de la
végétation.
13
De même que l’arbre fut abattu,
de même Neboukadnetsar perdrait la
domination du monde, mais pour un
temps seulement. Daniel expliqua :
“ Parce qu’on a dit de laisser la souche
avec les racines de l’arbre, ton royaume
te restera après que tu sauras que les
cieux dominent. ” (Daniel 4:26).
Dans le rêve de Neboukadnetsar, on
laissa subsister la souche de l’arbre
abattu, liée toutefois pour qu’elle ne
pousse pas. Pareillement, le roi de
Babylone, la “ souche ”, subsisterait,
empêché toutefois de prospérer pendant
“ sept temps ”. Sa position de dirigeant
du monde serait comparable à la souche
liée de l’arbre. Elle serait conservée
jusqu’à ce que sept temps soient passés
sur elle. Jéhovah veillerait à ce que,
pendant cette période, personne ne
devienne monarque de Babylone à la
place de Neboukadnetsar, bien que son
fils nommé Évil-Merodak ait peut-être
assuré le règne pour lui.
14
Au vu de ce qui était prédit
concernant Neboukadnetsar, Daniel lui
lança courageusement cette invitation :
“ C’est pourquoi, ô roi, puisse mon
conseil te paraître bon : enlève tes
péchés par la justice, et ton iniquité en
faisant miséricorde aux pauvres. Peut-
être y aura-t-il une prolongation de ta
prospérité. ” (Daniel 4:27).
Peut-être que si Neboukadnetsar
abandonnait sa conduite pécheresse,
s’il cessait d’être un oppresseur et un
orgueilleux, cela changerait la situation.
Après tout, environ deux siècles
auparavant, Jéhovah avait bien décidé
de détruire les habitants de Ninive, la
capitale de l’Assyrie, puis ne l’avait pas
fait parce que le roi et ses sujets
s’étaient repentis
(Yona 3:4, 10 ; Luc 11:32).
Qu’en serait-il de l’orgueilleux
Neboukadnetsar ?
Changerait-il de conduite ?
LE PREMIER ACCOMPLISSEMENT
DU RÊVE
15
Neboukadnetsar garda son orgueil.
Un jour qu’il se promenait sur le toit de
son palais, 12 mois après le rêve de
l’arbre, il se vanta en ces termes :
“ N’est-ce pas là Babylone la Grande
que moi j’ai bâtie pour la maison royale
par la force de ma puissance et pour la
dignité de ma majesté ? ”
(Daniel 4:28-30). >>
Nimrod avait fondé Babylone (Babel),
mais Neboukadnetsar lui avait donné sa
splendeur (Genèse 10:8-10).
Dans une de ses inscriptions
cunéiformes, il déclare fièrement :
“ Je suis Neboukadretsar, roi de
Babylone, reconstructeur de l’Esagila et
de l’Ezida, fils de Nabopolassar. [...] Les
fortifications de l’Esagila et de Babylone
je consolidai, et j’établis le nom de mon
règne à jamais. ”
(Archaeology and the Bible, par George
Barton, 1949, p. 478, 479).
Une autre inscription parle de quelque
20 temples qu’il rénova ou rebâtit.
“ Sous le règne de Neboukadnetsar,
lit-on dans une encyclopédie (The World
Book Encyclopedia), Babylone devint
l’une des villes les plus resplendissantes
du monde antique. Dans ses propres
inscriptions, Neboukadnetsar parla
rarement de ses activités militaires ;
en revanche, il s’étendit sur ses
constructions et sur sa dévotion aux
dieux de Babylonie.
Il construisit probablement les Jardins
suspendus, l’une des Sept Merveilles du
monde antique. ”
16
L’orgueilleux Neboukadnetsar
avait beau se vanter, il était sur le point
d’être humilié. Le récit inspiré déclare :
“ La parole était encore dans la bouche
du roi qu’une voix tomba des cieux :
‘ À toi il est dit, ô Neboukadnetsar le roi :
“ Le royaume s’en est allé d’avec toi ;
d’entre les humains on te chassera et
avec les bêtes des champs sera ta
demeure. On te donnera de la
végétation à manger, comme aux
taureaux, et sept temps passeront sur
toi, jusqu’à ce que tu saches que le
Très-Haut est Chef dans le royaume des
humains, et qu’il le donne à qui il
veut. ” ’ ” — Daniel 4:31, 32.
~
17
Neboukadnetsar perdit rapidement
la raison. Chassé d’entre les humains,
il mangea de la végétation ‘ comme les
taureaux ’. Au milieu des bêtes des
champs, il ne passait certainement pas
ses journées paresseusement assis
dans l’herbe d’un paradis avant l’heure,
à profiter d’une brise rafraîchissante.
Aujourd’hui en Iraq, où se trouvent les
ruines de Babylone, les températures
atteignent 50°C au cours des mois d’été
et descendent au-dessous de zéro en
hiver. Laissés sans soins et exposés
aux éléments, les cheveux longs et
emmêlés de Neboukadnetsar
ressemblaient aux plumes des aigles, et
ses ongles qu’il ne coupait ni aux doigts
ni aux orteils prirent l’aspect de griffes
d’oiseaux (Daniel 4:33).
Quelle humiliation pour cet orgueilleux
souverain du monde !
18
Dans le rêve de Neboukadnetsar,
le grand arbre fut abattu et sa souche
fut liée afin qu’il ne pousse pas pendant
sept temps.
Pareillement, Neboukadnetsar “ fut
déposé du trône de son royaume ”
lorsque Jéhovah le frappa de folie
(Daniel 5:20).
En quelque sorte, cela changea le cœur
du roi de celui d’un homme en celui d’un
taureau. Néanmoins, Dieu garda son
trône à Neboukadnetsar jusqu’à la fin
des sept temps.
Tandis qu’Évil-Merodak était peut-être le
chef temporaire du gouvernement,
Daniel était “ chef sur tout le district
administratif de Babylone et préfet en
chef sur tous les sages de Babylone ”.
Ses trois compagnons hébreux
continuèrent de participer à
l’administration des affaires de ce district
(Daniel 1:11-19 ; 2:48, 49 ; 3:30).
Les quatre exilés attendirent que
Neboukadnetsar remonte sur le trône
après avoir guéri et avoir appris que >>
“ le Très-Haut est Chef dans le royaume
des humains, et qu’il le donne à qui il
veut ”.
LE RÉTABLISSEMENT
DE NEBOUKADNETSAR
19
Jéhovah rendit la raison à
Neboukadnetsar à la fin des sept temps.
Le roi reconnut alors la souveraineté du
Dieu Très-Haut ; il dit : “ À la fin des
jours, moi, Neboukadnetsar, j’ai levé
mes yeux vers les cieux, et mon
intelligence me revenait ; j’ai béni le
Très-Haut lui-même, j’ai loué et glorifié
Celui qui vit pour des temps indéfinis,
parce que sa domination est une
domination pour des temps indéfinis et
que son royaume est de génération en
génération. Tous les habitants de la
terre sont considérés comme rien ; et
il agit selon sa propre volonté parmi
l’armée des cieux et les habitants de la
terre. Et il n’existe personne qui puisse
arrêter sa main ou qui puisse lui dire :
‘ Qu’as-tu fait ? ’ ” (Daniel 4:34, 35).
Ainsi, Neboukadnetsar se rendit compte
que le Très-Haut est sans conteste le
Maître Souverain dans le royaume des
humains.
20
Lorsque Neboukadnetsar retrouva
son trône, ce fut comme si on enlevait
les liens de métal dont on avait cerclé la
souche de l’arbre vu en rêve.
Il dit à propos de son rétablissement :
“ Au même moment mon intelligence me
revenait, et pour la dignité de mon
royaume, ma majesté et mon éclat me
revenaient ; même mes hauts
fonctionnaires royaux et mes grands me
recherchaient avec empressement ;
je fus rétabli sur mon royaume, et une
grandeur extraordinaire me fut ajoutée. ”
(Daniel 4:36). Si des fonctionnaires de
cour avaient méprisé le roi quand il était
dément,
maintenant ils le “ recherchaient avec
empressement ”, avec une servilité
absolue.
21
Que de ‘ signes et prodiges ’
le Dieu Très-Haut avait accomplis !
Nous ne devrions pas être surpris que le
roi de Babylone rétabli ait déclaré :
“ Maintenant moi, Neboukadnetsar, je
loue, j’exalte et je glorifie le Roi des
cieux, parce que toutes ses œuvres sont
vérité et que ses voies sont justice, et
parce qu’il peut humilier ceux qui
marchent avec orgueil. ” (Daniel 4:2, 37).
Cependant, Neboukadnetsar ne se
métamorphosa pas pour autant en
adorateur de Jéhovah d’entre les
Gentils.
QU’INDIQUENT LES FAITS ?
22
Certains identifient la folie de
Neboukadnetsar à la lycanthropie.
On lit dans un dictionnaire médical :
“ LYCANTHROPIE, [...] de [lukos],
lupus, loup ; [anthrôpos], homo, homme.
On a donné ce nom à la maladie des
personnes qui se croient
métamorphosées en un animal, et qui
en imitent la voix ou les cris, les formes
ou les manières. C’est ordinairement en
loup, en chien ou en chat que ces
individus s’imaginent être transformés ;
quelquefois aussi en bœuf, témoin
Nabuchodonosor. ”
(Dictionnaire des sciences médicales,
par une société de médecins et de
chirurgiens, Paris, 1818, volume 29,
p. 246).
Les symptômes de la lycanthropie
ressemblent à ceux de la démence de
Neboukadnetsar. Cependant, étant
donné que sa maladie mentale fut
décrétée par Dieu, on ne peut l’identifier
précisément avec un désordre connu.
23
Un spécialiste, John Goldingay,
cite plusieurs textes relatifs à la folie et
au rétablissement de Neboukadnetsar. >
Il explique par exemple : “ Un texte
cunéiforme fragmentaire semble parler
d’un désordre mental chez
Neboukadnetsar, et peut-être du fait
qu’il négligea et quitta Babylone. ”
J. Goldingay cite un document appelé
“ Le Job babylonien ” et dit qu’il “ atteste
les châtiments par Dieu, la maladie,
l’humiliation, la recherche de
l’interprétation d’un rêve terrifiant,
le renversement tel un arbre, le rejet,
la consommation d’herbe, la perte de
l’intelligence, l’assimilation à un bœuf,
le fait d’être arrosé de pluie par
Mardouk, les ongles abîmés, la pousse
des cheveux, les liens, puis un
rétablissement pour lequel il loue le
dieu ”.
SEPT TEMPS
QUI NOUS CONCERNENT
24
Représenté par le grand arbre,
Neboukadnetsar symbolisait la
domination du monde.
Mais souvenez-vous que l’arbre figure
une domination et une souveraineté bien
plus grandes que celles du roi de
Babylone. Il symbolise la souveraineté
universelle de Jéhovah, “ le Roi des
cieux ”, en particulier par rapport à la
terre. Avant que les Babyloniens ne
détruisent Jérusalem, le royaume dont
cette ville était la capitale, où David et
ses héritiers siégeaient “ sur le trône de
Jéhovah ”, représentait la souveraineté
de Dieu à l’égard de la terre
(1 Chroniques 29:23).
Dieu lui-même fit abattre et lier cette
souveraineté en 607 avant notre ère,
quand il se servit de Neboukadnetsar
pour détruire Jérusalem. L’exercice de la
souveraineté divine vis-à-vis de la terre
par un royaume dans la lignée de David
fut interrompu pendant sept temps.
Quelle fut la durée de ces sept temps ?
Quand commencèrent-ils, et qu’est-ce
qui marqua leur fin ?
25
Au cours de la période de
démence de Neboukadnetsar, ‘ ses
cheveux devinrent longs comme les
plumes des aigles, et ses ongles comme
les griffes des oiseaux ’. (Daniel 4:33.)
Cela prit davantage que sept jours ou
sept semaines. Diverses traductions
mettent “ sept temps ” ; on peut aussi
parler de “ temps fixés (déterminés) ” ou
de “ périodes ”. (Daniel 4:16, 23, 25, 32.)
Une variante de la Septante en grec
ancien met “ sept ans ”.
Les “ sept temps ” étaient tenus pour
“ sept ans ” par Josèphe, historien juif du
Ier
siècle (Antiquités judaïques, livre X,
chapitre X, paragraphe 6). Et certains
hébraïsants considèrent ces “ temps ”
comme des “ années ”.
D’ailleurs, on trouve “ sept années ”
par exemple dans La Bible, par Pierre
de Beaumont. —
Voir aussi la Bible de la Pléiade, note.
26
De toute évidence,
les “ sept temps ” de Neboukadnetsar
correspondirent à sept années.
Dans les prophéties, une année compte
en moyenne 360 jours, ou 12 mois de
30 jours chacun
(voir Révélation 12:6, 14).
Par conséquent, les “ sept temps ”, ou
sept années, du roi consistèrent en
360 jours multipliés par 7, soit
2 520 jours.
Mais que dire de l’accomplissement en
grand de son rêve ?
Les “ sept temps ” prophétiques durèrent
bien plus de 2 520 jours.
C’est ce qu’indiquèrent ces paroles de
Jésus : “ Jérusalem sera foulée aux
pieds par les nations jusqu’à ce que les
temps fixés des nations soient
accomplis. ” (Luc 21:24).
Ce ‘ foulage ’ commença en 607 avant
notre ère, lorsque Jérusalem fut détruite
et que le royaume typique de Dieu
cessa de fonctionner en Juda. >>
Quand le foulage prendrait-il fin ?
Aux “ temps du rétablissement de toutes
choses ”, quand la souveraineté divine
serait de nouveau manifestée à l’égard
de la terre par l’intermédiaire de la
Jérusalem symbolique, le Royaume de
Dieu. — Actes 3:21.
27
Si on comptait 2 520 jours à partir
de la destruction de Jérusalem en 607
avant notre ère, cela nous mènerait
seulement en 600, une année qui n’a
rien de particulier dans les Écritures.
Même en 537, année où les Juifs libérés
furent de retour en Juda, la souveraineté
de Jéhovah ne fut pas manifestée sur la
terre. La raison en est que Zorobabel,
l’héritier du trône de David, ne fut pas
établi roi, mais seulement gouverneur de
la province perse de Juda.
28
Étant donné que les “ sept temps ”
sont prophétiques, il faut appliquer aux
2 520 jours cette règle biblique :
“ Un jour pour une année. ”
Cette règle est posée dans une
prophétie concernant le siège de
Jérusalem par les Babyloniens
(Ézékiel 4:6, 7 ; voir aussi
Nombres 14:34).
Les “ sept temps ” où les puissances
gentiles domineraient la terre sans être
gênées par le Royaume de Dieu
s’étendirent donc sur 2 520 ans.
Ils commencèrent lorsque Juda et
Jérusalem furent désolés au septième
mois lunaire (15 Tishri) de 607 avant
notre ère (2 Rois 25:8, 9, 25, 26).
De cette date à l’an 1 avant notre ère, il
y a 606 ans. Les 1 914 années qui
restent vont de là à 1914 de notre ère.
Par conséquent, les “ sept temps ”, ou
2 520 ans, ont pris fin le 15 Tishri ou
4/5 octobre 1914.
~
~
29
Cette année-là, “ les temps fixés
des nations ” ont été accomplis et Dieu a
donné la domination au “ plus humble
des humains ” (Jésus Christ), qui avait
été tenu pour si méprisable par ses
ennemis qu’ils étaient allés jusqu’à
l’attacher sur un poteau (Daniel 4:17).
Pour introniser le Roi messianique,
Jéhovah a détaché les liens
symboliques de fer et de cuivre >>
~
~
qui entouraient la “ souche ” de sa
souveraineté. Le Dieu Très-Haut a donc
laissé pousser de cette “ souche ”
un “ rejeton ” royal, une manifestation de
sa souveraineté à l’égard de la terre au
moyen du Royaume céleste dirigé
par le plus grand Héritier de David,
Jésus Christ (Isaïe 11:1, 2 ; Job 14:7-9 ;
Ézékiel 21:27).
Nous remercions Jéhovah de tout cœur
pour avoir ainsi dirigé les événements et
élucidé le mystère du grand arbre.
*** dp chap. 7 p. 99-113 ***
Quatre mots qui changèrent le monde
1
Quatre simples mots écrits sur un
mur recouvert de plâtre.
Et pourtant, ces quatre mots
terrorisèrent un dirigeant puissant, au
point presque de le rendre fou.
Ils annonçaient la chute de deux rois,
la mort de l’un d’eux et la fin d’une
puissance mondiale.
Ces mots provoquèrent l’humiliation
d’un ordre religieux respecté.
Et surtout, ils exaltèrent le culte pur de
Jéhovah et réaffirmèrent Sa
souveraineté à une époque où la plupart
des humains se préoccupaient peu de
l’un comme de l’autre.
Ces mots jettent même une certaine
lumière sur les événements mondiaux
d’aujourd’hui. Comment quatre mots
purent-ils accomplir tout cela ?
C’est ce que nous allons voir.
2
Des dizaines d’années s’étaient
écoulées depuis les événements décrits
dans le 4e
chapitre du livre de Daniel.
Le règne de l’orgueilleux roi
Neboukadnetsar à Babylone, qui avait
duré 43 ans, prit fin à sa mort, en 582
avant notre ère. Plusieurs membres de
sa famille lui succédèrent, mais l’un
après l’autre ils moururent >>
prématurément ou furent assassinés.
Finalement, un homme du nom de
Nabonide s’empara du trône en
fomentant une révolte.
Apparemment, Nabonide n’était pas lié
par le sang à la maison royale de
Babylone ; il était le fils d’une grande
prêtresse du dieu-lune Sîn.
D’après certains spécialistes, pour
légitimer son règne il épousa une fille de
Neboukadnetsar, il établit leur fils
Belshatsar vice-roi et il lui confia
Babylone pendant des périodes de
plusieurs années. Si cette hypothèse est
exacte, Belshatsar était le petit-fils de
Neboukadnetsar. Avait-il tiré leçon des
mésaventures de son grand-père ?
Avait-il compris que Jéhovah est le Dieu
suprême, capable d’humilier n’importe
quel roi ? Malheureusement non. —
Daniel 4:37.
UN FESTIN DÉRAPE
3
Le 5e
chapitre du livre de Daniel
s’ouvre sur un banquet. “ Pour ce qui est
de Belshatsar le roi, il fit un grand festin
pour mille de ses grands, et devant ces
mille il buvait du vin. ” (Daniel 5:1). Vous
imaginez sans peine qu’il fallait une salle
immense pour recevoir tous ces
hommes, sans compter les épouses de
second rang et les concubines du roi.
~
Un bibliste fait cette remarque :
“ Les banquets babyloniens étaient
magnifiques, mais finissaient
généralement dans l’ivresse.
Vins et mets de toutes sortes
chargeaient les tables. Des parfums
remplissaient la salle. Chanteurs et
instrumentistes venaient ajouter aux
plaisirs des convives. ” Présidant bien
à la vue de tous, Belshatsar buvait du
vin... buvait, buvait encore.
4
Il semble étrange que les
Babyloniens aient été d’humeur à
festoyer cette nuit-là, du 5 au 6 octobre
539 avant notre ère.
En effet, leur nation était en guerre, et la
situation n’était pas à leur avantage :
Nabonide venait de subir une défaite
devant les envahisseurs médo-perses ;
il s’était réfugié à Borsippa, au sud-ouest
de Babylone ; et à cette heure-là les
armées de Cyrus campaient juste à côté
de Babylone. Malgré cela, Belshatsar et
ses grands ne paraissaient pas inquiets.
Après tout, leur ville n’était-elle pas
Babylone, l’imprenable ?
Ses murailles colossales surplombaient
des fossés profonds remplis par le grand
Euphrate qui traversait la ville. Depuis
plus de cent ans aucun ennemi n’avait
pris Babylone d’assaut.
Pourquoi donc s’inquiéter ?
Peut-être Belshatsar se disait-il que le
bruit de leur orgie montrerait leur
assurance aux ennemis et les
découragerait.
5
Il ne fallut pas longtemps pour que
l’abus de boisson produise son effet sur
Belshatsar.
Comme le dit Proverbes 20:1, “ le vin est
moqueur ”. En l’occurrence, le vin
poussa le roi à commettre une action
des plus insensée. Il ordonna qu’on
apporte les récipients sacrés pris dans
le temple de Jéhovah.
Ces récipients, qui faisaient partie du >>
butin rapporté lors de la conquête de
Jérusalem par Neboukadnetsar, ne
devaient servir qu’au culte pur. Les
prêtres juifs eux-mêmes, autorisés à les
utiliser au temple de Jérusalem dans le
passé, avaient reçu l’injonction de se
garder purs. —
Daniel 5:2 ; voir aussi Isaïe 52:11.
6
Cependant, Belshatsar envisageait
une action encore plus insolente.
“ Le roi et ses grands, ses concubines et
ses épouses de second rang [...] burent
du vin, et ils louèrent les dieux d’or et
d’argent, de cuivre, de fer, de bois et de
pierre. ” (Daniel 5:3, 4).
Belshatsar voulait donc élever ses faux
dieux au-dessus de Jéhovah !
Il semble que cette attitude était
caractéristique des Babyloniens.
Ils méprisaient leurs captifs juifs, se
moquaient de leur culte et ne leur
laissaient entrevoir aucun espoir de
retourner dans leur cher pays
(Psaume 137:1-3 ; Isaïe 14:16, 17).
Peut-être ce monarque étourdi par la
boisson pensa-t-il qu’en humiliant les
exilés et en insultant leur Dieu il
impressionnerait ses femmes et les
fonctionnaires, il se donnerait une
apparence de force {Note : Dans une
inscription ancienne, le roi Cyrus déclara au
sujet de Belshatsar : “ Une mauviette est établie
comme [chef] de son pays. ”}.
Mais si Belshatsar fut grisé par la
sensation de pouvoir, cette sensation fut
de courte durée.
L’ÉCRITURE SUR LE MUR
7
“ À cet instant, dit le récit inspiré,
sortirent les doigts d’une main
d’homme : ils écrivaient devant le porte-
lampes sur le plâtre du mur du palais du
roi, et le roi apercevait le dos de la main
qui écrivait. ” (Daniel 5:5).
Quel spectacle impressionnant !
Une main surgie de nulle part, qui flottait
dans l’air près d’une partie bien éclairée
du mur. Imaginez le silence qui tomba
lorsque les invités, bouche bée, se
tournèrent vers elle.
La main se mit à écrire un message
énigmatique sur le plâtre
{Note : Même ce détail du récit de Daniel s’est
vérifié. Les archéologues ont constaté que les
murs des palais dans la Babylone antique
étaient en briques enduites de plâtre.}.
Ce phénomène fut si menaçant, si
inoubliable, qu’aujourd’hui encore, dans
les pays anglo-saxons, les gens
emploient l’expression “ l’écriture sur le
mur ” pour évoquer l’imminence d’un
malheur.
8
Quel fut l’effet de ce spectacle sur
ce roi orgueilleux qui avait cherché à
s’élever, et ses dieux avec lui, au-
dessus de Jéhovah ? “ À ce moment-là,
pour ce qui est du roi, son teint s’altéra
chez lui, et ses pensées l’effrayaient ;
les jointures de ses hanches se
relâchaient et ses genoux
s’entrechoquaient. ” (Daniel 5:6).
Lui qui avait voulu paraître grand et
majestueux à ses sujets, il donnait
l’image pitoyable d’un homme terrorisé :
son visage blêmit, ses hanches
chancelèrent, tout son corps trembla si
violemment que ses genoux
s’entrechoquaient. David avait dit vrai
dans un chant adressé à Jéhovah :
“ Tes yeux sont contre les orgueilleux,
pour les abaisser. ” — 2 Samuel 22:1,
28 ; voir aussi Proverbes 18:12.
9
Remarquons que la crainte
éprouvée par Belshatsar n’était pas la
crainte de Dieu, un profond respect pour
Jéhovah qui est le début de toute
sagesse (Proverbes 9:10). C’était au
contraire une terreur morbide qui
n’engendra chez le monarque tremblant
rien qui ressemble à de la sagesse >>
~
~
{Note : Les superstitions babyloniennes
rendaient probablement ce miracle encore plus
terrifiant. Le livre Babylonian Life and History
déclare : “On constate qu’en plus d’adorer de
nombreux dieux les Babyloniens étaient très
attachés à la croyance aux esprits, dans une si
grande mesure que les prières et les
incantations contre eux constituent une part très
importante de leur littérature religieuse.”}.
Au lieu d’implorer le pardon du Dieu qu’il
venait d’insulter, il cria avec force qu’on
amène “ les évocateurs d’esprits, les
Chaldéens et les astrologues ”.
Il déclara même : “ Tout homme qui lira
cette écriture et m’en indiquera
l’interprétation, de pourpre il sera revêtu,
avec un collier d’or autour de son cou, et
comme le troisième dans le royaume
il dominera. ” (Daniel 5:7).
Le troisième chef dans le royaume serait
indéniablement puissant, puisqu’il
n’aurait au-dessus de lui que les deux
rois en place, Nabonide et Belshatsar
lui-même. En temps normal, une telle
position aurait été réservée au fils aîné
de Belshatsar. Le roi était vraiment prêt
à tout pour connaître l’explication du
message miraculeux !
10
Les sages défilèrent dans la
grande salle. Babylone n’en manquait
pas, car elle baignait dans la fausse
religion et regorgeait de temples.
Les hommes qui se targuaient de lire les
présages et de déchiffrer les écrits
énigmatiques étaient certainement
légion. Ces sages devaient être
surexcités à la perspective qui s’offrait
à eux. On leur donnait l’occasion de
pratiquer leur art devant un auditoire
éminent, de gagner la faveur du roi et
d’accéder à un pouvoir immense.
Mais quel échec ! “ Ils ne furent pas
capables de lire l’écriture ni de faire
connaître l’interprétation au roi. ”
{Note : On lit dans Biblical Archaeology Review :
“Les experts babyloniens cataloguèrent des
milliers de présages. [...] Quand Belshatsar
exigea de savoir ce que signifiait l’écriture sur le
mur, les sages de Babylone consultèrent sans
aucun doute ces encyclopédies augurales. Mais
elles s’avérèrent inutiles.”} — Daniel 5:8.
11
On ignore si pour les sages de
Babylone l’écriture elle-même, c’est-à-
dire les lettres, fut ou non indéchiffrable.
Si elle l’avait été, ces hommes sans
scrupules auraient eu les coudées
franches pour inventer n’importe quelle
leçon fallacieuse, peut-être une qui flatte
le roi. Il est également possible que les
lettres aient été compréhensibles.
Mais comme les langues telles que
l’araméen et l’hébreu s’écrivaient sans
voyelles, chaque mot aurait pu avoir
plusieurs sens. Les sages auraient alors
probablement été incapables de
déterminer quels mots constituaient
le message. Et même s’ils l’avaient pu,
ils auraient été incapables d’en saisir la
signification de manière à les interpréter.
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre :
les sages de Babylone échouèrent...
lamentablement.
12
Il fut ainsi évident que les sages
étaient des charlatans, que leur ordre
religieux respecté était une imposture.
Quelle désillusion !
Quand il comprit que la confiance qu’il
avait mise dans ces religieux était vaine,
Belshatsar fut d’autant plus effrayé,
il pâlit davantage encore, et même ses
grands furent “ perplexes ”
{Note : Les lexicographes signalent que le mot
rendu ici par “ perplexes ” évoque une grande
consternation, comme si l’assemblée avait été
jetée dans la confusion.}. — Daniel 5:9.
ON CONVOQUE
UN HOMME PERSPICACE
13
À ce moment critique, la reine en
personne (sans doute la reine mère)
entra dans la salle de banquet.
Elle avait appris la consternation qui
régnait au festin et connaissait
quelqu’un qui était en mesure >>
de déchiffrer l’écriture sur le mur.
Des dizaines d’années plus tôt,
son père, Neboukadnetsar, avait
préposé Daniel au-dessus de tous
ses sages. La reine se souvenait que
cet homme avait “ un esprit
extraordinaire, de la connaissance et
de la perspicacité ”.
Puisqu’apparemment Daniel était
inconnu à Belshatsar, probablement le
prophète avait-il perdu ses hautes
fonctions dans le gouvernement après la
mort de Neboukadnetsar.
Mais la notoriété importait peu à Daniel.
Il avait certainement plus de 90 ans à
l’époque et servait toujours fidèlement
Jéhovah. Malgré quelque huit décennies
d’exil à Babylone, il était encore connu
par son nom hébreu. Même la reine le
nomma Daniel au lieu d’employer le
nom babylonien qu’on lui avait donné
autrefois. Elle suggéra au roi : “ Que
Daniel soit [...] appelé pour indiquer
l’interprétation. ” — Daniel 1:7 ; 5:10-12.
14
Daniel fut convoqué et se présenta
devant Belshatsar. Il était gênant de
demander une faveur à ce Juif, dont le
roi venait d’insulter le Dieu.
Néanmoins, Belshatsar essaya de flatter
Daniel : il lui offrit la même récompense,
la troisième place dans le royaume, s’il
parvenait à lire et à expliquer les mots
mystérieux (Daniel 5:13-16).
Daniel leva les yeux vers l’écriture sur le
mur, et l’esprit saint lui permit d’en
discerner la signification.
C’était un message de malheur de la
part de Jéhovah Dieu !
Comment Daniel allait-il prononcer le
jugement sans appel de ce roi perdu, à
sa face et de surcroît en présence de
ses femmes et de ses grands ?
Mettez-vous à la place de Daniel !
Se laissa-t-il influencer par les paroles
flatteuses du roi et par sa proposition de
richesse et de pouvoir ?
Le prophète édulcorerait-il la déclaration
de Jéhovah ?
15
Daniel parla courageusement ;
il dit : “ Que tes cadeaux soient pour toi,
et tes présents, donne-les à d’autres.
Toutefois je lirai au roi l’écriture et je lui
ferai connaître l’interprétation. ”
(Daniel 5:17).
Ensuite, Daniel rendit hommage à la
grandeur de Neboukadnetsar, un roi
si puissant qu’il pouvait tuer, frapper,
élever ou humilier qui il lui plaisait.
Cependant, Daniel rappela à Belshatsar
que c’était Jéhovah, “ le Dieu Très-
Haut ”, qui avait rendu Neboukadnetsar
grand. C’était Jéhovah qui avait humilié
ce roi puissant quand il s’était
enorgueilli. Neboukadnetsar avait appris
de force que “ le Dieu Très-Haut est
Chef dans le royaume des humains et
qu’il établit sur lui celui qu’il veut ”. —
Daniel 5:18-21.
16
Belshatsar ‘ savait tout cela ’.
Pourtant, il n’avait pas tiré leçon de
l’Histoire. En fait, il avait péché plus
gravement que Neboukadnetsar,
qui était pétri d’un orgueil mal placé ;
il avait agi avec une grande insolence
contre Jéhovah. Daniel dévoila le péché
du roi. En outre, devant l’assemblée de
païens, il dit hardiment à Belshatsar
que les faux dieux “ ne voient rien, ni
n’entendent rien, ni ne savent rien ”.
Le courageux prophète de Dieu ajouta
que, contrairement à ces dieux sans
valeur, Jéhovah était le Dieu ‘ dans la
main de qui était le souffle ’ du roi.
Aujourd’hui encore, les humains font des
dieux de choses sans vie : ils idolâtrent
l’argent, leur carrière, le prestige, voire
les plaisirs. Mais rien de tout cela ne
peut donner la vie. C’est à Jéhovah seul
que tous nous devons jusqu’à notre
existence ; c’est de Jéhovah que
dépend chacun de nos souffles. —
Daniel 5:22, 23 ; Actes 17:24, 25. 
UNE ÉNIGME RÉSOLUE
17
Le vieux prophète fit alors ce que
tous les sages de Babylone avaient été
incapables de faire. Il lut et interpréta
l’écriture tracée sur le mur.
Les mots étaient : “ MENÉ, MENÉ,
TEQEL et PARSÎN. ” (Daniel 5:24, 25).
Que signifient-ils ?
18
Littéralement, ces mots signifient
“ une Mine, une Mine, un Sicle et des
Demi-sicles ”.
Tous ces mots correspondaient à des
poids ayant une valeur monétaire,
énumérés selon leur valeur dans l’ordre
décroissant. Comme c’était déroutant !
Même si les sages de Babylone surent
reconnaître les lettres, il n’est guère
étonnant qu’ils aient été incapables de
les interpréter.
19
Sous l’influence de l’esprit saint de
Dieu, Daniel expliqua :
“ Voici l’interprétation de la parole :
MENÉ : Dieu a compté les jours de ton
royaume et l’a mené à sa fin. ”
(Daniel 5:26).
Les consonnes qui composaient le
premier mot permettaient de
comprendre tant le mot “ mine ” qu’une
forme du terme araméen rendu par
“ compté ”, en fonction des voyelles
ajoutées par le lecteur.
Daniel savait parfaitement que l’exil des
Juifs touchait à sa fin. Sur les 70 années
qu’il devait durer, 68 étaient déjà
passées (Jérémie 29:10).
Jéhovah, le Grand Maître du temps,
avait compté les jours où Babylone
serait une puissance mondiale, et la fin
était plus proche que ne le pensait
n’importe quel convive du banquet de
Belshatsar.
En fait, le temps était écoulé, non
seulement pour Belshatsar, mais encore
pour son père, Nabonide.
~
C’est peut-être la raison pour laquelle le
mot “ MENÉ ” était écrit deux fois : pour
annoncer la fin de ces deux royautés.
20
“ TEQEL ”, en revanche, n’était
écrit qu’une fois et au singulier.
Cela indique peut-être qu’il concernait
principalement Belshatsar, ce qui aurait
été approprié, du reste, puisqu’il s’était
montré très irrespectueux envers
Jéhovah. Le mot en soi veut dire
“ sicle ”, mais les consonnes permettent
aussi de comprendre le terme “ pesé ”.
C’est pourquoi Daniel dit à Belshatsar :
“ TEQEL : tu as été pesé dans la
balance et tu as été trouvé insuffisant. ”
(Daniel 5:27).
Pour Jéhovah, des nations entières sont
aussi insignifiantes qu’une couche de
poussière sur une balance (Isaïe 40:15).
Elles sont incapables d’entraver ses
desseins. Que pouvait donc un roi
arrogant à lui seul ?
Belshatsar avait essayé de s’élever au-
dessus du Souverain de l’univers.
Ce malheureux humain avait osé
insulter Jéhovah et se moquer du culte
pur, mais il avait été “ trouvé
insuffisant ”.
Oui, Belshatsar méritait tout à fait le
jugement qui approchait rapidement !
21
Le dernier mot sur le mur était
“ PARSÎN ”. Daniel le lut au singulier,
“ PÉRÈS ”, probablement parce qu’il
avait en face de lui un seul roi et que
l’autre était absent. Ce mot couronnait la
grande énigme de Jéhovah par un triple
jeu de mots. Littéralement, “ parsîn ”
signifie “ des demi-sicles ”.
Mais les lettres qui le composent
autorisent deux autres sens :
“ divisions ” et “ Perses ”.
Daniel prédit donc : “ PÉRÈS : ton
royaume a été divisé et donné aux
Mèdes et aux Perses. ” — Daniel 5:28.
……………………………………………
22
L’énigme était résolue.
La puissante Babylone allait tomber
devant les armées médo-perses.
Bien que frappé de plein fouet par cette
annonce de malheur, Belshatsar tint
parole. Il dit à ses serviteurs de revêtir
Daniel de pourpre, de le parer d’un
collier d’or et de le proclamer troisième
chef dans le royaume (Daniel 5:29).
Daniel ne refusa pas ces honneurs ;
il comprit qu’ils reflétaient l’honneur dû à
Jéhovah. Bien sûr, Belshatsar espérait
peut-être atténuer la condamnation de
Jéhovah en honorant Son prophète.
Mais il était trop tard pour bien faire.
LA CHUTE DE BABYLONE
23
Pendant que Belshatsar et ses
courtisans buvaient à leurs dieux et
se moquaient de Jéhovah, un drame
se jouait dans les ténèbres à l’extérieur
du palais. La prophétie qui avait été
énoncée par l’intermédiaire d’Isaïe
presque deux siècles plus tôt était en
train de s’accomplir. Jéhovah avait
prédit au sujet de Babylone : “ J’ai fait
cesser tous les soupirs causés par elle. ”
Oui, toute l’oppression que cette ville
méchante faisait subir au peuple choisi
de Dieu allait prendre fin.
Par quel moyen ?
La même prophétie précisait : “ Monte, ô
Élam ! Assiège, ô Médie ! ”
L’Élam fut absorbé par la Perse après
l’époque du prophète Isaïe.
Au moment où Belshatsar donnait son
festin, qui avait d’ailleurs également été
annoncé par Isaïe dans la même
prophétie, la Perse et la Médie s’étaient
alliées pour ‘ monter ’ contre Babylone
et l’‘ assiéger ’. — Isaïe 21:1, 2, 5, 6.
24
Pour tout dire, le nom même du
chef de ces armées avait été prédit,
ainsi que les grandes lignes de sa
stratégie. Environ 200 ans à l’avance,
Isaïe avait prophétisé que Jéhovah
oindrait un homme nommé Cyrus afin
qu’il frappe Babylone.
Lors de son attaque, tous les obstacles
s’aplaniraient devant lui. Les eaux de
Babylone se ‘ dessécheraient ’ et ses
portes imposantes resteraient ouvertes
(Isaïe 44:27–45:3). Or, il en fut ainsi.
Les armées de Cyrus détournèrent
l’Euphrate, ce qui abaissa le niveau de
l’eau et leur permit de traverser le lit du
fleuve. Les portes de la muraille de
Babylone avaient été laissées ouvertes
par des gardes négligents.
Les historiens s’accordent à dire que la
ville fut envahie alors que ses habitants
étaient en fête. Babylone fut prise
presque sans aucune résistance
(Jérémie 51:30). Il y eut toutefois au
moins une mort notable. Daniel raconta :
“ Dans cette nuit-là, Belshatsar le roi
chaldéen fut tué, et Darius le Mède reçut
le royaume, étant âgé d’environ
soixante-deux ans. ” — Daniel 5:30, 31.
TIRONS LEÇON DE L’ÉCRITURE
SUR LE MUR
25
Le récit inspiré contenu en Daniel
chapitre 5 est riche de sens pour nous.
La Babylone antique était un haut lieu
des pratiques de la fausse religion ;
à ce titre, elle symbolise bien l’empire
universel de la fausse religion.
Dans la Révélation, cet agglomérat
mondial de tromperie est figuré sous les
traits d’une prostituée sanguinaire
appelée “ Babylone la Grande ”.
(Révélation 17:5.) Faisant fi de tous les
avertissements concernant ses fausses
doctrines et ses pratiques qui
déshonorent Dieu, elle persécute ceux
qui prêchent la vérité renfermée dans
la Parole de Dieu. Tels les habitants de
Jérusalem et de Juda dans l’Antiquité,
le fidèle reste des chrétiens oints ont été
en quelque sorte exilés dans “ Babylone
la Grande ” quand la persécution >>
~
fomentée par le clergé a pour ainsi dire
arrêté la prédication du Royaume
en 1918.
26
Mais, d’un coup, “ Babylone la
Grande ” est tombée ! Oh ! sa chute n’a
fait presque aucun bruit, de même que
la Babylone antique est tombée presque
sans bruit en 539 avant notre ère.
Mais cette chute figurée n’en a pas
moins été dévastatrice.
Elle est survenue en 1919, quand les
serviteurs de Jéhovah ont été libérés de
la captivité babylonienne et ont reçu
l’approbation divine.
À partir de là, “ Babylone la Grande ” n’a
plus eu pouvoir sur le peuple de Dieu et
on a révélé au grand jour qu’elle était
une supercherie en laquelle il ne faut
pas avoir confiance. Il s’avère que cette
chute est irréversible, et sa destruction
finale est imminente.
C’est pourquoi les serviteurs de Jéhovah
reprennent cet avertissement : “ Sortez
d’elle, mon peuple, si vous ne voulez
pas participer avec elle à ses péchés. ”
(Révélation 18:4).
Prenez-vous cet avertissement au
sérieux ? Le faites-vous connaître ?
{Note : Voir les pages 205-71 du livre La
Révélation : le grand dénouement est proche !,
publié par les Témoins de Jéhovah.}
27
Ainsi, l’écriture est sur le mur
aujourd’hui, mais pas seulement pour
“ Babylone la Grande ”.
Souvenez-vous d’une vérité essentielle
au cœur du livre de Daniel : Jéhovah est
le Souverain de l’univers. Lui, et lui seul,
est en droit d’établir un chef sur
l’humanité (Daniel 4:17, 25 ; 5:21).
Tout ce qui s’oppose aux desseins de
Jéhovah sera éliminé. Jéhovah agira.
Ce n’est qu’une question de temps
(Habaqouq 2:3). Pour Daniel, ce temps
arriva au cours de la dixième décennie
de sa vie. Il vit alors Jéhovah éliminer
une puissance mondiale, une puissance
qu’il voyait opprimer le peuple de Dieu
depuis sa jeunesse.
28
Il est indéniable que Jéhovah Dieu
a établi sur un trône céleste un Chef
pour l’humanité. Le monde ne tient pas
compte de ce Roi et s’oppose à sa >>
~
~
domination : c’est l’indice assuré que
Jéhovah éliminera sous peu tous les
opposants au Royaume (Psaume 2:1-11 ;
2 Pierre 3:3-7). Agissez-vous, conscient
de l’urgence de notre époque ?
Mettez-vous votre confiance dans le
Royaume de Dieu ? Si oui, vous avez
tiré leçon de l’écriture sur le mur.
*** dp chap. 8 p. 115-127 ***
Sauvé de la gueule des lions !
1
BABYLONE était tombée !
En quelques heures seulement s’était
volatilisée la splendeur dont elle avait
joui pendant le siècle où elle avait été
puissance mondiale. Une nouvelle ère
voyait le jour : l’ère des Mèdes et des
Perses. Darius le Mède, qui succédait
à Belshatsar sur le trône, avait à présent
la lourde tâche d’organiser son empire
agrandi.
2
Une des premières mesures prises
par Darius consista à nommer
120 satrapes. On pense que les
hommes qui occupaient cette fonction
étaient parfois choisis dans la famille du
roi. En tout cas, chaque satrape
gouvernait un grand district ou une
subdivision plus petite de l’empire
(Daniel 6:1). Il avait entre autres pour
devoirs de percevoir les impôts et de
reverser le tribut à la cour royale.
Même s’il était contrôlé périodiquement
par un représentant itinérant du roi, le
satrape détenait un pouvoir
considérable. Son titre signifiait
“ protecteur du Royaume ”.
Dans sa province, le satrape était
considéré comme un roi vassal, ayant
presque un pouvoir souverain.
3
Quelle serait la place de Daniel
dans cette nouvelle organisation ?
Darius le Mède mettrait-il à la retraite ce
prophète juif qui avait maintenant >>
plus de 90 ans ? Certainement pas !
Darius savait sûrement que Daniel avait
prédit avec exactitude la chute de
Babylone et qu’une telle prédiction
exigeait un discernement supra-humain.
De plus, Daniel avait de l’expérience :
il traitait depuis des dizaines d’années
avec les différentes communautés
captives à Babylone. Darius voulait
garder de bonnes relations avec ses
nouveaux sujets. Par conséquent,
il souhaitait sans doute la présence dans
son entourage de quelqu’un ayant la
sagesse et l’expérience de Daniel.
Seulement, à quel titre ?
4
Il aurait déjà été étonnant que
Darius nomme Daniel satrape : pensez
donc, un exilé juif ! Mais essayez
d’imaginer la consternation qu’il suscita
lorsqu’il annonça sa décision de faire de
Daniel un des trois hauts fonctionnaires
préposés au-dessus des satrapes !
Et non seulement Daniel fut nommé,
mais encore il “ se distinguait
constamment ”, il se montrait supérieur
aux autres hauts fonctionnaires.
“ Un esprit extraordinaire ” se trouvait en
lui. Darius avait même l’intention de lui
confier la charge de premier ministre. —
Daniel 6:2, 3.
5
Les autres hauts fonctionnaires et
les satrapes devaient fulminer. L’idée
que Daniel ait autorité sur eux leur était
intolérable : il n’était en effet ni Mède, ni
Perse, ni membre de la famille royale.
Comment Darius pouvait-il élever un
étranger à un tel rang, au détriment de
ses compatriotes, au détriment de sa
propre famille ? Ce choix dut paraître
anormal. Sans compter qu’aux yeux
des satrapes l’intégrité de Daniel devait
représenter un frein gênant à la
corruption dont ils avaient coutume.
Néanmoins, les hauts fonctionnaires et
les satrapes n’osèrent pas s’en ouvrir
à Darius. Car enfin, Darius tenait Daniel
en haute estime.
6
Ces hommes politiques jaloux
conspirèrent. Ils cherchaient “ à trouver
un prétexte contre Daniel à propos du
royaume ”. Pouvait-on lui reprocher quoi
que ce soit sur la manière dont il
s’acquittait de ses responsabilités ?
Était-il malhonnête ?
Les hauts fonctionnaires et les satrapes
ne trouvèrent aucune négligence ni
aucune corruption de quelque sorte que
ce soit dans la façon dont Daniel
accomplissait son devoir.
“ Nous ne trouverons dans ce Daniel
aucun prétexte, se dirent-ils, si ce n’est
qu’il nous faut en trouver un contre lui
dans la loi de son Dieu. ”
C’est donc ainsi que ces hommes
sournois ourdirent un complot. Ils
pensaient se débarrasser de Daniel une
bonne fois pour toutes. — Daniel 6:4, 5.
UN COMPLOT MEURTRIER
MIS EN ŒUVRE
7
Un groupe de hauts fonctionnaires
et de satrapes “ entrèrent en foule ” chez
Darius. L’expression araméenne
employée ici emporte l’idée de tumulte.
Apparemment, ces hommes donnèrent
l’impression d’avoir une affaire
extrêmement urgente à porter devant
Darius. Peut-être s’étaient-ils dit qu’il
serait moins enclin à rejeter leur
proposition s’ils la présentaient avec
conviction et comme une question >>
qui requérait une intervention
immédiate. Ils allèrent donc droit au but ;
ils dirent : “ Tous les hauts
fonctionnaires du royaume, les préfets et
les satrapes, les hauts fonctionnaires
royaux et les gouverneurs ont tenu
conseil ensemble pour établir une
ordonnance royale et mettre en vigueur
une interdiction : Quiconque, dans
l’espace de trente jours, fait une requête
à quelque dieu ou homme, si ce n’est à
toi, ô roi, doit être jeté dans la fosse aux
lions. ” {Note : L’existence d’une “ fosse aux
lions ” à Babylone est attestée par des
inscriptions antiques d’après lesquelles il était
fréquent que les souverains orientaux possèdent
des parcs à animaux sauvages.} — Daniel
6:6, 7.
8
Les récits historiques confirment
qu’il était courant que les rois de
Mésopotamie soient tenus pour des
dieux et adorés comme tels. Nul doute,
par conséquent, que Darius fut flatté par
cette proposition. Il y vit peut-être aussi
un côté pratique. Souvenez-vous, en
effet, que pour les habitants de
Babylone Darius était un étranger et un
nouveau venu. Or, cette nouvelle loi
assoirait sa royauté et encouragerait les
foules qui vivaient à Babylone à vouer
leur fidélité et leur soutien au nouveau
régime. Cependant, en proposant leur
décret, les hauts fonctionnaires et les
satrapes ne se souciaient absolument
pas du bien du roi. Ce qu’ils voulaient
en réalité, c’était piéger Daniel,
car ils connaissaient son habitude de
prier Dieu trois fois par jour, devant les
fenêtres ouvertes de sa chambre haute.
9
Cette restriction portant sur la prière
posait-elle un problème pour toutes les
communautés religieuses de Babylone ?
Pas nécessairement, d’autant que
l’interdiction ne serait en vigueur qu’un
mois.
~
En outre, peu de non-Juifs considéraient
comme une compromission d’adresser
leur culte à un humain pendant un
temps. Un bibliste fait cette remarque :
“ Il n’était pas extravagant dans la plus
idolâtre des nations qu’on exige de
rendre un culte au roi ; par conséquent,
quand on demanda aux Babyloniens de
rendre au conquérant (Darius le Mède)
l’hommage dû à un dieu, ils accédèrent
sans difficulté à cette demande.
Seuls les Juifs ne pouvaient accepter
une telle exigence. ”
10
Quoi qu’il en soit, ceux qui vinrent
trouver Darius le poussèrent à “ établir
l’ordonnance et [à] signer l’écrit,
afin qu’il ne soit pas changé, selon la loi
des Mèdes et des Perses, laquelle n’est
pas abrogée ”. (Daniel 6:8.)
Dans l’ancien Orient, la volonté d’un roi
était souvent regardée comme absolue.
Cela entretenait l’idée qu’il était
infaillible. Même une loi qui pouvait
coûter la vie à des innocents devait
rester en vigueur !
11
Sans penser à Daniel, Darius
signa le décret (Daniel 6:9).
Ce faisant, il signa sans le savoir l’arrêt
de mort de son fonctionnaire le plus
précieux. Cet édit aurait inévitablement
des conséquences pour Daniel.
DARIUS OBLIGÉ À PRONONCER
UNE CONDAMNATION
12
Daniel eut bientôt connaissance de
la loi qui restreignait la prière.
Immédiatement, il entra dans sa maison
et alla dans sa chambre haute, où les
fenêtres étaient ouvertes dans la
direction de Jérusalem
{Note : La chambre haute était une pièce privée
dans laquelle on pouvait se retirer lorsqu’on
souhaitait ne pas être dérangé.}.
Il se mit à prier Dieu “ comme il l’avait
fait auparavant, régulièrement ”. Daniel
pensait peut-être qu’il était seul, >>
mais les conspirateurs le guettaient.
Soudain, ils “ entrèrent en foule ”, sans
doute dans la même effervescence que
lorsqu’ils étaient allés trouver Darius.
À présent, ils le voyaient de leurs
propres yeux : Daniel ‘ faisait requête et
implorait la faveur devant son Dieu ’.
(Daniel 6:10, 11.)
Les hauts fonctionnaires et les satrapes
avaient toutes les preuves qu’il leur
fallait pour accuser Daniel devant le roi.
13
Les ennemis de Daniel
demandèrent sournoisement à Darius :
“ N’as-tu pas signé une interdiction selon
laquelle tout homme qui, dans l’espace
de trente jours, adresse une requête à
quelque dieu ou homme, si ce n’est à
toi, ô roi, doit être jeté dans la fosse aux
lions ? ” Darius répondit : “ La chose est
bien établie selon la loi des Mèdes et
des Perses, laquelle n’est pas
abrogée. ” Les conspirateurs en vinrent
alors rapidement au fait. “ Daniel, qui est
d’entre les exilés de Juda, n’a pas tenu
compte de toi, ô roi, ni de l’interdiction
que tu as signée, mais trois fois par jour
il fait sa requête. ” — Daniel 6:12, 13.
14
Ce n’est pas par hasard si les
hauts fonctionnaires et les satrapes
précisèrent que Daniel était “ d’entre les
exilés de Juda ”. Ils voulaient à
l’évidence souligner que ce Daniel
que Darius avait élevé à un tel rang
n’était en réalité qu’un esclave juif.
Ils estimaient qu’à ce titre il n’était en
aucune façon au-dessus de la loi, quels
que soient les sentiments du roi à son
égard !
15
Peut-être les hauts fonctionnaires
et les satrapes s’attendaient-ils à ce que
le roi récompense leur enquête
astucieuse.
Dans ce cas, une surprise les attendait.
Darius fut très contrarié par la nouvelle
qu’ils lui apportaient.
Au lieu d’entrer en fureur contre Daniel
ou de l’envoyer sur-le-champ à la fosse
aux lions, Darius passa toute la journée
à s’efforcer de le délivrer.
Mais ses efforts furent vains. Les
conspirateurs ne tardèrent pas à revenir
et à réclamer effrontément le sang de
Daniel. — Daniel 6:14, 15.
16
Darius comprit qu’il n’avait pas le
choix. La loi ne pouvait être abrogée et
la “ transgression ” de Daniel ne pouvait
être pardonnée.
Tout ce que Darius put dire à Daniel fut :
“ Ton Dieu que tu sers avec constance,
il te sauvera lui-même. ”
Apparemment, Darius respectait le Dieu
de Daniel. C’était Jéhovah qui avait
donné à Daniel la faculté de prédire la
chute de Babylone. Dieu lui avait
également donné “ un esprit
extraordinaire ” qui le distinguait des
autres hauts fonctionnaires.
Peut-être Darius savait-il que des
dizaines d’années plus tôt le même Dieu
avait délivré trois jeunes Hébreux d’un
four de feu.
Le roi espérait vraisemblablement que
Jéhovah délivre à présent Daniel, car
lui-même n’avait pas le pouvoir de
revenir sur la loi qu’il avait signée.
Daniel fut donc jeté dans la fosse aux
lions
{Note : La fosse aux lions était peut-être une
chambre souterraine, pourvue d’un orifice au
sommet. Elle était probablement dotée aussi de
portes ou de grilles qu’on soulevait pour
introduire les animaux.}.
Ensuite, “ une pierre fut apportée et
placée sur l’ouverture de la fosse ; le roi
la scella de son anneau sigillaire et de
l’anneau sigillaire de ses grands, pour
que rien ne soit changé à l’égard de
Daniel ”. — Daniel 6:16, 17. 
~
~
UN REVIREMENT SPECTACULAIRE
17
Darius retourna dans son palais la
mort dans l’âme. On n’introduisit pas de
musiciens devant lui, car il n’était pas
d’humeur à se divertir. Il ne dormit pas
de la nuit et jeûna.
“ Son sommeil s’enfuit loin de lui. ”
À l’aurore, Darius se précipita à la fosse
aux lions. Il cria d’une voix triste :
“ Ô Daniel, serviteur du Dieu vivant,
ton Dieu, que tu sers avec constance, a-
t-il pu te sauver des lions ? ”
(Daniel 6:18-20). À sa grande surprise,
et à son grand soulagement, une
réponse se fit entendre !
18
“ Ô roi, vis pour des temps
indéfinis. ” Daniel montrait par ce salut
respectueux qu’il n’éprouvait pas
d’animosité envers le roi. Il savait que ce
n’était pas Darius le véritable instigateur
de sa persécution, mais les hauts
fonctionnaires et les satrapes envieux
(voir Matthieu 5:44 ; Actes 7:60).
Daniel ajouta : “ Mon Dieu a envoyé son
ange et a fermé la gueule des lions, et
ils ne m’ont pas supprimé, étant donné
que devant lui l’innocence s’est trouvée
en moi ; et devant toi non plus, ô roi, je
n’ai pas commis d’acte malfaisant. ” —
Daniel 6:21, 22.
19
Ces mots durent piquer au vif la
conscience de Darius. Il savait
parfaitement que Daniel n’avait rien
commis qui mérite la fosse aux lions.
Il était tout à fait conscient que les hauts
fonctionnaires et les satrapes avaient
conspiré pour que Daniel soit mis à mort
et qu’ils l’avaient, lui, manipulé pour
arriver à leurs fins égoïstes.
En affirmant que “ tous les hauts
fonctionnaires du royaume ” avaient
recommandé la promulgation de l’édit,
ils avaient sous-entendu que Daniel
aussi avait été consulté.
~
Darius s’occuperait plus tard de ces
individus tortueux. Pour l’heure, il donna
ordre de tirer Daniel hors de la fosse aux
lions. Daniel n’avait pas une égratignure,
ce qui était un miracle. — Daniel 6:23.
20
Maintenant que Daniel était en
sécurité, Darius avait d’autres affaires à
régler. “ Le roi donna l’ordre ; on amena
ces hommes robustes qui avaient
accusé Daniel et on les jeta dans la
fosse aux lions, eux, leurs fils et leurs
femmes ; ils n’avaient pas atteint le fond
de la fosse que les lions s’étaient rendus
maîtres d’eux, et ils broyèrent tous leurs
os. ”
{Note : Le mot “ accusé ” traduit une expression
araméenne qu’on peut aussi rendre par
“ calomnié ”. Ces précisions soulignent que les
intentions des ennemis de Daniel étaient
méchantes.} — Daniel 6:24.
21
Il peut sembler excessivement dur
d’avoir mis à mort non seulement les
conspirateurs, mais encore leurs
femmes et leurs enfants.
La Loi que Dieu avait donnée par
l’intermédiaire du prophète Moïse
déclarait quant à elle :
“ Les pères ne seront pas mis à mort à
cause des enfants, et les enfants ne
seront pas mis à mort à cause des
pères. Chacun sera mis à mort pour son
propre péché. ” (Deutéronome 24:16).
Néanmoins, dans certaines cultures de
l’Antiquité, il n’était pas exceptionnel
d’exécuter les membres de la famille
d’un malfaiteur en même temps que lui,
si son crime était grave.
Le but de cette mesure était peut-être
que les membres de la famille ne
puissent pas se venger par la suite.
En tout cas, la mise à mort des familles
des hauts fonctionnaires et des satrapes
ne fut certainement pas provoquée par
Daniel. Il fut probablement affligé par le
malheur que ces hommes méchants
avaient attiré sur leur famille. 
22
Les hauts fonctionnaires et les
satrapes qui avaient conspiré n’étaient
plus. Darius fit une proclamation, qui
déclarait : “ De devant moi ordre a été
donné : dans tout domaine de mon
royaume, on doit trembler et craindre
devant le Dieu de Daniel.
Car il est le Dieu vivant et un Dieu qui
subsiste pour des temps indéfinis ; son
royaume est un royaume qui ne sera
jamais supprimé, et sa domination est
pour toujours. Il sauve et il délivre,
il accomplit des signes et des prodiges
dans les cieux et sur la terre, car il a
sauvé Daniel de la patte des lions. ” —
Daniel 6:25-27.
SERVONS DIEU AVEC CONSTANCE
23
Daniel a laissé un magnifique
exemple à tous les serviteurs de Dieu
d’aujourd’hui. Sa conduite était toujours
au-dessus de tout reproche.
Dans son travail, il “ était digne de
confiance et [...] aucune négligence ni
rien de malhonnête ne fut trouvé en lui ”.
(Daniel 6:4.)
Un chrétien devrait pareillement être
travailleur. Cela ne veut pas dire qu’il
doive être un ambitieux impitoyable,
avide de richesses ou prêt à piétiner les
autres pour gravir les échelons
(1 Timothée 6:10).
Les Écritures exigent d’un chrétien qu’il
s’acquitte de ses obligations profanes
honnêtement et de toute son âme,
“ comme pour Jéhovah ”. — Colossiens
3:22, 23 ; Tite 2:7, 8 ; Hébreux 13:18.
24
En matière de culte, Daniel
n’acceptait aucun compromis. Son
habitude de prier était notoire. Les hauts
fonctionnaires et les satrapes savaient
bien qu’il prenait son culte au sérieux. Ils
étaient d’ailleurs convaincus qu’il
garderait ses habitudes même si une loi
les interdisait. Quel bel exemple pour les
chrétiens d’aujourd’hui !
Eux aussi ont la réputation de donner au
culte de Dieu la première place
(Matthieu 6:33).
Les observateurs devraient s’en rendre
compte facilement ; Jésus n’a-t-il pas
donné cet ordre à ses disciples :
“ Que votre lumière brille devant les
hommes, pour qu’ils voient vos belles
œuvres et rendent gloire à votre Père
qui est dans les cieux. ” —
Matthieu 5:16.
25
Certains diront peut-être que
Daniel aurait pu s’éviter la persécution
en priant Jéhovah secrètement pendant
la période de 30 jours.
Après tout, aucune posture, aucun cadre
n’est requis pour être entendu par Dieu.
Il est même capable de discerner les
méditations du cœur (Psaume 19:14).
Pourtant, aux yeux de Daniel, tout
changement dans ses habitudes
revenait à transiger. Pourquoi ?
26
Puisque l’habitude qu’avait Daniel
de prier était connue, quel message
aurait-il fait passer si d’un coup il s’était
arrêté ? Les observateurs auraient pu en
conclure qu’il avait la crainte de l’homme
et que le décret du roi transcendait la loi
de Jéhovah (Psaume 118:6).
Mais Daniel montra par ses actions que
c’était à Jéhovah qu’il vouait un
attachement exclusif
(Deutéronome 6:14, 15 ; Isaïe 42:8).
Bien entendu, ce faisant, Daniel ne
méprisa pas la loi du roi. Mais il ne se
cacha pas ni ne fit de compromis.
Daniel continua simplement de prier
dans sa chambre haute, “ comme il
l’avait fait auparavant, régulièrement ”,
avant l’édit du roi.
27
De nos jours, les serviteurs de
Dieu peuvent tirer profit de l’exemple de
Daniel. Ils se montrent ‘ soumis aux
autorités supérieures ’ en obéissant >>
aux lois du pays dans lequel ils vivent
(Romains 13:1). Toutefois, quand les
lois humaines s’opposent à celles de
Dieu, ils adoptent la même position que
les apôtres de Jésus, qui déclarèrent
avec hardiesse : “ Nous devons obéir à
Dieu, en sa qualité de chef, plutôt qu’aux
hommes. ” (Actes 5:29).
Par cette attitude, les chrétiens
n’encouragent ni l’insurrection ni la
rébellion. Ils veulent simplement vivre en
paix avec tous les hommes afin de
“ continuer à mener une vie calme et
paisible dans un parfait attachement à
Dieu ”. — 1 Timothée 2:1, 2 ;
Romains 12:18.
28
À deux reprises, Darius déclara
que Daniel servait Dieu “ avec
constance ”. (Daniel 6:16, 20.)
En araméen, la racine du mot traduit par
“ constance ” signifie “ tourner en rond ”.
Elle évoque l’idée d’un cycle continu, de
quelque chose de perpétuel. Telle était
l’intégrité de Daniel. Elle suivait une voie
prévisible. Il était inutile de se demander
ce que Daniel ferait devant des
épreuves, qu’elles soient grandes ou
petites. Il ferait le choix qu’il avait fait
des dizaines d’années plus tôt :
celui de la fidélité à Jéhovah.
29
Les serviteurs de Dieu
d’aujourd’hui veulent agir comme Daniel.
D’ailleurs, l’apôtre Paul a invité tous les
chrétiens à considérer l’exemple des
hommes du passé qui craignaient Dieu.
Grâce à la foi, ils ont “ réalisé la justice,
obtenu des promesses ” et (ce qui est
sans doute une allusion à Daniel)
“ fermé la gueule des lions ”.
Nous qui servons Jéhovah, montrons la
même foi et la même constance que
Daniel et “ courons avec endurance la
course qui est placée devant nous ”. —
Hébreux 11:32, 33 ; 12:1.
*** dp chap. 9 p. 129-148 ***
Qui dominera le monde ?
1
La prophétie captivante de Daniel
nous ramène à présent à la première
année de Belshatsar, roi de Babylone.
Voilà longtemps que Daniel est exilé
dans cette ville, mais sa fidélité à
Jéhovah n’a jamais faibli.
Âgé maintenant de plus de 70 ans, le
fidèle prophète voit “ un rêve et des
visions de sa tête sur son lit ”.
Or, ces visions l’effraient terriblement. —
Daniel 7:1, 15.
2
“ Voyez, s’exclame Daniel :
les quatre vents des cieux soulevaient la
mer immense. Et quatre bêtes énormes
montaient de la mer, chacune étant
différente des autres. ”
Quelles bêtes surprenantes !
La première est un lion ailé, et la
deuxième est semblable à un ours.
Puis vient un léopard à quatre ailes et à
quatre têtes ! La quatrième bête,
extraordinairement forte, a de grandes
dents de fer et dix cornes. Au milieu de
ses dix cornes s’élève une “ petite ”
corne, qui a “ des yeux comme des yeux
d’homme ” et ‘ une bouche qui profère
de grandes choses ’. — Daniel 7:2-8.
3
Les visions suivantes de Daniel
se déroulent au ciel. L’Ancien des jours
est assis sur un trône dans la gloire ;
il siège en Juge dans le Tribunal céleste.
‘ Mille milliers le servent, et dix mille fois
dix mille se tiennent devant lui. ’
Il condamne les bêtes, leur ôte la
domination et détruit la quatrième bête.
Une domination durable sur
“ les peuples, communautés nationales
et langues ” est confiée à “ quelqu’un de
semblable à un fils d’homme ”. —
Daniel 7:9-14. 
~
~
4
“ Quant à moi, dit Daniel,
mon esprit fut angoissé au-dedans de
moi à cause de cela, et les visions de
ma tête m’effrayaient. ” Il cherche donc
auprès d’un ange “ des renseignements
dignes de foi sur tout cela ”. L’ange lui
fournit “ l’interprétation des choses ”.
(Daniel 7:15-28.) Ce que Daniel vit et
entendit cette nuit-là revêt un grand
intérêt pour nous, car il eut un aperçu
d’événements mondiaux à venir qui
se dérouleraient jusqu’à notre époque,
où “ quelqu’un de semblable à un fils
d’homme ” reçoit la domination sur tous
“ les peuples, communautés nationales
et langues ”. Avec l’aide de la Parole et
de l’esprit de Dieu, nous aussi nous
pouvons comprendre le sens de ces
visions prophétiques
{Note : Pour être clairs et éviter de nous répéter,
nous ajouterons aux versets explicatifs contenus
en Daniel 7:15-28 un examen verset par verset
des visions rapportées en Daniel 7:1-14.}.
QUATRE BÊTES
MONTENT DE LA MER
5
“ Quatre bêtes énormes montaient
de la mer ”, déclara Daniel (Daniel 7:3).
Que symbolisait cette mer agitée par les
vents ? Des années plus tard, l’apôtre
Jean vit une bête sauvage à sept têtes
sortir de la “ mer ”.
Cette mer représentait “ des peuples, et
des foules, et des nations, et des
langues ”, la grande partie de l’humanité
qui est brouillée avec Dieu. La mer est
donc un symbole approprié des masses
d’humains éloignés de Dieu. —
Révélation 13:1, 2 ; 17:15 ; Isaïe 57:20.
6
“ Quant à ces bêtes énormes,
indiqua l’ange de Dieu, parce qu’elles
sont quatre, il y a quatre rois qui se
lèveront de la terre. ” (Daniel 7:17).
L’ange identifia donc les quatre bêtes
vues par Daniel à “ quatre rois ”.
Ces bêtes représentent par conséquent
des puissances mondiales.
Mais lesquelles ?
7
Les commentateurs de la Bible
établissent couramment un lien entre la
vision des quatre bêtes vue en rêve par
Daniel et l’image immense dont rêva
Neboukadnetsar.
Par exemple, la Bible Pirot-Clamer
déclare : “ Les quatre grandes bêtes [en
Daniel chapitre 7] correspondent aux
quatre parties de la statue que
Nabuchodonosor avait vue en
songe, II. ”
La Traduction Œcuménique de la Bible
dit : “ Les quatre Bêtes qui montent de la
mer évoquent la succession des
empires humains, selon un canevas
qu’on rencontrait déjà dans le ch. 2. ”
Les quatre puissances mondiales
représentées par les quatre métaux du
rêve de Neboukadnetsar étaient
l’Empire babylonien (la tête en or), la
Puissance médo-perse (la poitrine et les
bras en argent), la Grèce (le ventre et
les cuisses en cuivre) et l’Empire romain
(les jambes en fer) {Note : Voir le chapitre 4
du présent ouvrage.} (Daniel 2:32, 33).
Examinons en quoi ces royaumes
correspondent aux quatre bêtes
énormes vues par Daniel.
FÉROCE COMME UN LION,
RAPIDE COMME UN AIGLE
8
Quelles bêtes impressionnantes
s’offrirent au regard de Daniel !
Il en décrivit une ainsi : “ La première
était comme un lion, et elle avait des
ailes d’aigle.
Je continuai de regarder jusqu’à ce que
ses ailes soient arrachées ; elle fut
soulevée de terre et mise debout sur
deux pieds comme un homme, et on lui
donna un cœur d’homme. ” (Daniel 7:4).
Cette bête figurait la même domination
que celle représentée par la tête en or
de l’image immense : la Puissance >>
mondiale babylonienne (607-539 avant
notre ère). Comme un “ lion ”, un
prédateur, Babylone dévora cruellement
des nations, parmi lesquelles le peuple
de Dieu (Jérémie 4:5-7 ; 50:1
7). Comme s’il avait des ailes d’aigle, ce
“ lion ” volait de conquête en conquête
avec agressivité. — Lamentations 4:19 ;
Habaqouq 1:6-8.
9
Par la suite, le lion ailé unique eut
les ailes “ arrachées ”. Vers la fin du
règne de Belshatsar, Babylone perdit sa
rapidité dans les conquêtes ainsi que sa
suprématie, comparable à celle du lion,
sur les nations. Elle n’était pas plus
rapide qu’un homme sur deux pieds.
Puisqu’elle reçut “ un cœur d’homme ”,
elle s’affaiblit. N’ayant plus “ le cœur du
lion ”, Babylone ne pouvait plus se
comporter en reine “ parmi les bêtes de
la forêt ”.
(Voir 2 Samuel 17:10 ; Mika 5:8.)
Une autre bête énorme la vainquit.
VORACE COMME UN OURS
10
“ Voyez, déclara Daniel, une autre
bête, une deuxième, semblable à un
ours. Elle se dressait sur un côté, et il y
avait trois côtes dans sa gueule, entre
ses dents ; et voici ce qu’on lui disait :
‘ Lève-toi, mange beaucoup de chair. ’ ”
(Daniel 7:5).
Le roi symbolisé par l’“ ours ” était le
même que celui représenté par la
poitrine et les bras en argent de la
grande image : la succession des
souverains médo-perses (539-331 avant
notre ère) qui commença avec Darius le
Mède et Cyrus le Grand pour se
terminer avec Darius III.
11
L’ours symbolique “ se dressait sur
un côté ”, peut-être pour être prêt à
attaquer et à soumettre des nations, et
ainsi à garder la mainmise sur le monde.
~
~
Cette position pouvait également
indiquer que la succession des
souverains perses prendrait le dessus
sur le seul roi mède, Darius.
Quant aux trois côtes entre les dents de
l’ours, elles évoquaient peut-être les
trois directions dans lesquelles il étendit
ses conquêtes.
En effet, l’“ ours ” médo-perse alla au
nord prendre Babylone en 539 avant
notre ère. Puis il prit la direction de
l’ouest, à travers l’Asie Mineure et
jusqu’en Thrace.
Enfin, l’“ ours ” partit au sud à la
conquête de l’Égypte. Étant donné que
le chiffre trois symbolise parfois
l’intensité, les trois côtes soulignent
peut-être aussi l’avidité de l’ours
symbolique en matière de conquête.
12
L’“ ours ” obéit aux paroles
“ Lève-toi, mange beaucoup de chair ” :
il attaqua des nations.
En dévorant Babylone conformément à
la volonté divine, la Puissance médo-
perse était en mesure de rendre un
précieux service au peuple de Jéhovah.
C’est ce qu’elle fit, d’ailleurs
(voir “ Un monarque tolérant ”, page 149
Voir ci-dessous p.65).
Grâce à Cyrus le Grand, à Darius Ier
(Darius le Grand) et à Artaxerxès Ier
, la
Puissance médo-perse libéra les captifs
juifs de Babylone, puis les aida à rebâtir
le temple de Jéhovah et à réparer les
murailles de Jérusalem.
Avec le temps, l’Empire médo-perse
compta 127 districts administratifs,
si bien que le mari de la reine Esther,
Assuérus (Xerxès Ier
), “ régnait depuis
l’Inde jusqu’à l’Éthiopie ”. (Esther 1:1.)
Cependant, une autre bête encore allait
monter. 
~
~
~
RAPIDE COMME UN LÉOPARD AILÉ
13
La troisième bête était “ semblable
à un léopard, mais elle avait quatre ailes
de créature volante sur le dos.
La bête avait quatre têtes, et vraiment
on lui donna la domination ”.
(Daniel 7:6.)
Comme son équivalent, le ventre et les
cuisses en cuivre de l’image vue en rêve
par Neboukadnetsar, ce léopard à
quatre ailes et quatre têtes symbolisait
la succession des souverains
macédoniens, ou grecs, à partir
d’Alexandre le Grand.
Avec l’agilité et la rapidité d’un léopard,
Alexandre traversa l’Asie Mineure,
descendit en Égypte et gagna la
frontière ouest de l’Inde
(voir Habaqouq 1:8).
Son royaume était plus étendu que celui
de l’“ ours ”, puisqu’il comprenait la
Macédoine, la Grèce et l’Empire perse.
— Voir “ Un jeune roi à la conquête du
monde ”, page 153. Voir ci-dessous pp.65-67
14
Le “ léopard ” eut quatre têtes
après la mort d’Alexandre survenue en
323 avant notre ère. Quatre de ses
généraux finirent par lui succéder dans
différentes parties de son royaume.
Séleucus obtint la Mésopotamie et la
Syrie. Ptolémée dirigea l’Égypte et la
Palestine. Lysimaque domina l’Asie
Mineure et la Thrace, et Cassandre
reçut la Macédoine et la Grèce
(voir “ Un vaste royaume est divisé ”,
page 162 Voir ci-dessous p.67).
C’est alors que se leva une nouvelle
menace.
UNE BÊTE EFFRAYANTE
S’AVÈRE DIFFÉRENTE
15
Daniel qualifia la quatrième bête
d’“ effrayante, terrible et
extraordinairement forte ”.
Il ajouta : “ Et elle avait des dents de fer,
de grandes dents.
Elle dévorait et broyait, et ce qui restait,
elle le foulait avec ses pieds. Elle était
quelque chose de différent de toutes les
autres bêtes qui étaient avant elle, et
elle avait dix cornes. ” (Daniel 7:7).
Cette bête effrayante vit le jour sous la
forme du pouvoir politique et militaire de
Rome. Peu à peu, ce pouvoir prit le pas
sur les quatre divisions hellénistiques de
l’Empire grec, et en l’an 30 avant notre
ère Rome était devenue la nouvelle
puissance mondiale des prophéties
bibliques. En soumettant tout ce qui se
trouvait sur son passage par la force,
l’Empire romain finit par couvrir un
territoire qui englobait les îles
Britanniques, la plus grande partie de
l’Europe, le pourtour méditerranéen et
les régions au-delà de Babylone
jusqu’au golfe Persique.
16
Daniel désirait comprendre ce
qu’était cette bête “ extraordinairement
effrayante ” ; aussi écouta-t-il
attentivement l’explication de l’ange :
“ Et quant [à ses] dix cornes : de ce
royaume dix rois se lèveront ; et un
autre encore se lèvera après eux, et lui,
il sera différent des premiers, et il
humiliera trois rois. ”
(Daniel 7:19, 20, 24).
Qu’étaient ces “ dix cornes ” ou “ dix
rois ” ?
17
À mesure que Rome s’enrichit et
s’enfonça dans la décadence à cause
de la débauche de sa classe dirigeante,
elle perdit de sa puissance militaire.
Avec le temps, le déclin de la force
militaire romaine devint évident.
Au bout du compte, ce puissant empire
éclata en de nombreux royaumes.
Compte tenu que la Bible emploie
souvent le chiffre dix pour indiquer ce
qui est complet, les “ dix cornes ” de la
quatrième bête représentent tous les
royaumes issus de la dissolution >>
de Rome. — Voir Deutéronome 4:13 ;
Luc 15:8 ; 19:13, 16, 17.
18
Toutefois, la Puissance mondiale
romaine ne disparut pas avec la
déposition de son dernier empereur,
qui eut lieu à Rome en 476 de notre ère.
Pendant des siècles, la Rome papale
continua de dominer l’Europe, sur le
plan politique, et surtout sur le plan
religieux. Elle domina au moyen du
système féodal, dans lequel la plupart
des habitants d’Europe étaient assujettis
à un seigneur, et par-delà à un roi.
Et tous les rois reconnaissaient l’autorité
du pape. C’est ainsi que le Saint Empire
romain, dont la Rome papale était le
centre, présida aux affaires du monde
pendant toute la longue période de
l’Histoire qu’on appelle l’âge des
ténèbres.
19
Qui niera que la quatrième bête
était ‘ différente de tous les autres
royaumes ’ ? (Daniel 7:7, 19, 23.)
À cet égard, l’historien H. G. Wells a
écrit : “ La nouvelle puissance romaine
[...] était, sous plus d’un aspect,
différente des grands empires qui
avaient jusque-là dominé le monde
civilisé. [...] Elle domina [...] bientôt le
monde grec tout entier et sa population
compta moins d’éléments hamitiques et
sémitiques qu’aucune autre puissance
jusqu’ici. [...] L’empire romain [...] fut
donc une puissance [...] de type
nouveau dans l’histoire. [...] La
puissance de Rome n’avait été ni prévue
ni préparée et les Romains se trouvèrent
engagés, presque sans s’en rendre
compte, dans une vaste expérience
administrative. ”
Néanmoins, la quatrième bête allait
encore grandir.
~
~
UNE PETITE CORNE
PREND LE DESSUS
20
“ Je continuai de considérer les
cornes, dit Daniel, et, voyez : une autre
corne, une petite, monta au milieu
d’elles, et trois des premières cornes
furent arrachées de devant elle. ”
(Daniel 7:8).
L’ange expliqua à Daniel à propos de
cette croissance : “ Un autre encore se
lèvera après eux [les dix rois], et lui, il
sera différent des premiers, et il
humiliera trois rois. ” (Daniel 7:24).
Qui est ce roi, quand se leva-t-il, et
quels sont les trois rois qu’il humilia ?
21
Considérez les événements
suivants. En 55 avant notre ère, le
général romain Jules César envahit la
Bretagne (aujourd’hui la Grande-
Bretagne), mais ne réussit pas à y
établir une colonie permanente.
En 43 de notre ère, l’empereur Claude
entreprit une conquête plus définitive du
sud de la Bretagne. Puis, en 122 de
notre ère, l’empereur Hadrien entreprit
de construire un mur depuis la Tyne
jusqu’au golfe de Solway, mur qui
marquait la limite nord de l’Empire
romain. Tout au début du Ve
siècle, les
légions romaines quittèrent l’île.
“ Au XVIe
siècle, a expliqué un historien,
l’Angleterre n’était pas une grande
puissance. Sa richesse était moins
importante que celle des Pays-Bas ;
sa population, bien moins nombreuse
que celle de la France ; et sa force
armée, y compris sa marine, moins
redoutable que celle de l’Espagne. ”
De toute évidence, la Grande-Bretagne
était alors un royaume insignifiant, >>
ce qui correspond tout à fait à la petite
corne symbolique de la quatrième bête.
Mais les choses allaient changer.
22
En 1588, Philippe II d’Espagne
lança contre la Grande-Bretagne
l’Invincible Armada. Cette flotte,
composée de 130 vaisseaux et ayant à
son bord plus de 24 000 hommes, ne
remonta la Manche que pour être
vaincue par la marine britannique et
s’abîmer, victime de vents contraires et
des terribles tempêtes de l’Atlantique.
Cet événement “ a marqué de façon
décisive le passage de la suprématie
navale de l’Espagne à l’Angleterre ”,
a dit un historien. Au XVIIe
siècle, les
Hollandais possédaient la marine
marchande la plus importante du
monde.
Toutefois, grâce à ses colonies de plus
en plus nombreuses, la Grande-
Bretagne l’emporta sur ce royaume.
Au XVIIIe
siècle, les Britanniques et les
Français s’affrontèrent en Amérique du
Nord et en Inde. Il en résulta le traité de
Paris en 1763. Ce traité, a écrit William
Willcox, “ reconnaissait désormais à la
Grande-Bretagne la place de puissance
européenne prédominante dans le
monde colonial ”.
La suprématie de la Grande-Bretagne
fut confirmée par sa victoire écrasante
sur Napoléon en 1815. Ainsi, les “ trois
rois ” que la Grande-Bretagne ‘ humilia ’
furent l’Espagne, les Pays-Bas et la
France (Daniel 7:24).
En conséquence, la Grande-Bretagne
devint la plus grande puissance
coloniale et commerciale du monde.
Oui, la “ petite ” corne grandit au point
de devenir une puissance mondiale !
.
.
.
[Tableau/Illustration, page 139]
(Voir la publication)
LES PUISSANCES MONDIALES DE LA PROPHÉTIE DE DANIEL
L’image immense (Daniel 2:31-45)
Quatre bêtes montant de la mer (Daniel 7:3-8, 17, 25)
BABYLONIE à partir de 607 av. n. è.
PUISSANCE MÉDO-PERSE à partir de 539 av. n. è.
GRÈCE à partir de 331 av. n. è.
ROME à partir de 30 av. n. è.
PUISSANCE MONDIALE ANGLO-AMÉRICAINE à partir de 1763 de n. è.
MONDE DIVISÉ SUR LE PLAN POLITIQUE au temps de la fin
23
L’ange dit à Daniel que la
quatrième bête, le quatrième royaume,
‘ dévorerait toute la terre ’. (Daniel 7:23.)
On peut le dire de la province romaine
jadis appelée Bretagne. Elle devint
finalement l’Empire britannique et
‘ dévora toute la terre ’. À une époque,
cet empire englobait un quart de la
surface terrestre et un quart de la
population mondiale.
24
Étant donné que l’Empire romain
était différent des puissances mondiales
précédentes, le roi représenté par la
“ petite ” corne serait lui aussi “ différent
des premiers ”. (Daniel 7:24.)
L’historien H. G. Wells a fait cette
remarque au sujet de l’Empire
britannique : “ Jamais le monde n’a rien
vu de semblable. Cet empire comprend,
par ordre : 1° Au centre du système, la
‘ république couronnée ’ des Royaumes-
Unis de Grande-Bretagne [...].
Un tel empire n’a jamais pu être soumis
à une administration ou à un cerveau
unique. Il représente une libre
croissance, il est l’œuvre d’efforts
accumulés dont on ne trouve nulle part
l’équivalent dans le passé. ”
25
La “ petite ” corne ne comprenait
pas seulement l’Empire britannique.
En 1783, la Grande-Bretagne reconnut
l’indépendance de ses 13 colonies
américaines.
Les États-Unis d’Amérique s’allièrent
finalement à la Grande-Bretagne ;
ils sortirent de la Deuxième Guerre >>
mondiale promus au rang de nation
dominante du monde. Ils entretiennent
toujours des liens étroits avec la
Grande-Bretagne. La double Puissance
mondiale anglo-américaine qui en est
ressortie constitue la ‘ corne qui avait
des yeux ’. Cette puissance mondiale
est incontestablement observatrice,
astucieuse ! Elle ‘ profère de grandes
choses ’ en ce qu’elle impose sa
politique à la majeure partie du monde
et joue le rôle de son porte-parole, ou
“ faux prophète ”. — Daniel 7:8, 11, 20 ;
Révélation 16:13 ; 19:20.
LA PETITE CORNE
S’OPPOSE À DIEU ET À SES SAINTS
26
Daniel poursuivit la description de
sa vision en ces termes : “ Je continuai
de regarder lorsque cette corne fit la
guerre aux saints, et elle l’emportait sur
eux. ” (Daniel 7:21). L’ange de Dieu
prédit concernant cette “ corne ” ou roi :
“ Il proférera des paroles contre le Très-
Haut et, continuellement, il harcèlera les
saints du Suprême. Et il se proposera de
changer temps et loi, et ils seront livrés
en sa main pour un temps, et des temps
et la moitié d’un temps. ” (Daniel 7:25).
Comment et quand cette partie de la
prophétie s’est-elle accomplie ?
27
“ Les saints ” persécutés par la
“ petite ” corne (la Puissance mondiale
anglo-américaine) sont les disciples de
Jésus oints de l’esprit qui vivent sur la
terre (Romains 1:7 ; 1 Pierre 2:9).
~
Pendant des années avant la Première
Guerre mondiale, le reste de ces oints a
annoncé publiquement que 1914 verrait
la fin des “ temps fixés des nations ”.
(Luc 21:24.) Quand la guerre a éclaté
cette année-là, il a été évident que la
“ petite ” corne n’avait tenu aucun
compte de cet avertissement ; en effet,
elle a persisté à harceler les “ saints ”
oints de l’esprit. La Puissance mondiale
anglo-américaine a même entravé les
efforts qu’ils faisaient pour satisfaire à
l’exigence (ou “ loi ”) de Jéhovah qui
voulait que la bonne nouvelle du
Royaume soit prêchée dans le monde
entier par ses témoins (Matthieu 24:14).
C’est de cette façon que la “ petite ”
corne a essayé “ de changer temps et
loi ”.
28
L’ange de Jéhovah parla d’une
période prophétique qui durerait “ un
temps, et des temps et la moitié d’un
temps ”. Quelle en est la durée ? Les
commentateurs de la Bible pensent
généralement que cette expression
équivaut à trois temps et demi, la
somme d’un temps, deux temps et un
demi-temps. Puisque les “ sept temps ”
de la folie de Neboukadnetsar durèrent
sept années, les trois temps et demi
correspondent à trois ans et demi
{Note : Voir le chapitre 6 du présent ouvrage.}
(Daniel 4:16, 25).
On lit en note dans la Bible de la
Pléiade : “ Habituellement interprété
comme : ‘ un an, deux ans et la moitié
d’un an ’, soit trois ans et demi. ”
On retrouve en note dans la Bible
d’Osty : “ c’est-à-dire trois ans et demi. ”
Il est question de la même période en
Révélation 11:2-7, passage selon lequel
les témoins de Dieu prêcheraient vêtus
de toiles de sac pendant 42 mois, ou
1 260 jours, puis seraient tués.
Quand cette période a-t-elle commencé
et s’est-elle terminée ? 
29
Pour les chrétiens oints, la
Première Guerre mondiale a été un
temps d’épreuve. À la fin de 1914, ils
s’attendaient à être persécutés, comme
le montre le choix du texte de l’année
pour 1915 ; il s’agissait de la question
que Jésus avait posée à ses disciples :
“ Pouvez-vous boire ma coupe ? ”
inspirée de Matthieu 20:22, selon la King
James Version.
C’est ainsi qu’à partir de décembre 1914
ce petit groupe de témoins a prêché
vêtu “ de toiles de sac ”.
30
Alors que la fièvre guerrière se
propageait, les chrétiens oints
rencontraient de plus en plus
d’opposition.
Certains ont été mis en prison.
Des hommes comme Frank Platt en
Angleterre et Robert Clegg au Canada
ont été torturés par des autorités
sadiques. Le 12 février 1918, le
Dominion britannique du Canada a
interdit le septième volume des Études
des Écritures intitulé Le mystère
accompli, qui venait d’être publié, ainsi
que les tracts qui avaient pour titre
L’Étudiant de la Bible.
Le mois suivant, le ministère de la
Justice des États-Unis décrétait que la
diffusion de ce septième volume était
illégale. Avec quelles conséquences ?
Rien de moins que la perquisition de
domiciles, la confiscation de publications
et l’arrestation d’adorateurs de
Jéhovah !
31
Le harcèlement des oints de Dieu
a atteint son paroxysme le 21 juin 1918,
quand le président, Joseph Rutherford,
et des membres en vue de la Watch
Tower Bible and Tract Society ont été
condamnés sous des accusations
mensongères à de lourdes peines de
prison. Se proposant “ de changer
temps et loi ”, la “ petite ” corne avait
~
dans la pratique tué la prédication
organisée (Révélation 11:7).
Par conséquent, la période prédite
d’“ un temps, et des temps et la moitié
d’un temps ” s’est terminée en juin 1918.
32
Mais le harcèlement de la “ petite ”
corne n’avait pas éliminé “ les saints ”.
Comme le prophétisait le livre de la
Révélation, après une courte période
d’inactivité, les chrétiens oints sont
revenus à la vie et à l’activité
(Révélation 11:11-13).
Le 26 mars 1919, le président de la
Watch Tower Bible and Tract Society et
ses collaborateurs ont été libérés de
prison et, par la suite, disculpés des
accusations mensongères qui pesaient
sur eux. Immédiatement, le reste oint a
commencé à se réorganiser en vue de
l’activité.
Mais qu’est-ce qui attendait la “ petite ”
corne ?
L’ANCIEN DES JOURS
TIENT AUDIENCE
33
Après avoir présenté les quatre
bêtes, Daniel quitte des yeux la
quatrième pour regarder une scène qui
se déroule au ciel. Il voit l’Ancien des
jours assis en Juge sur son trône
resplendissant. L’Ancien des jours n’est
autre que Jéhovah Dieu (Psaume 90:2).
Tandis que le Tribunal céleste prend
place, Daniel voit ‘ des livres qui sont
ouverts ’. (Daniel 7:9, 10.)
Du fait que son existence remonte à un
passé infini, Jéhovah connaît toute
l’histoire humaine comme si elle se
trouvait consignée dans un livre. Il a
observé les quatre bêtes symboliques et
peut les juger selon ce qu’il sait d’elles
personnellement.
34
Daniel poursuit : “ Je continuai de
regarder à ce moment-là, à cause du
bruit des grandes paroles que proférait
la corne ; je continuai de regarder >>
jusqu’à ce que la bête soit tuée, que son
corps soit détruit et qu’elle soit livrée au
feu brûlant.
Mais quant au reste des bêtes, leur
domination fut ôtée, et on leur donna
une prolongation de vie pour un temps
et une période. ” (Daniel 7:11, 12).
L’ange dit à Daniel : “ Le Tribunal se mit
à siéger, et on lui ôta finalement sa
domination, afin de l’anéantir et de le
détruire totalement. ” — Daniel 7:26.
35
Par décret du Grand Juge,
Jéhovah Dieu, la corne qui a blasphémé
Dieu et qui a harcelé ses “ saints ”
connaîtra le même sort que l’Empire
romain, qui persécuta les premiers
chrétiens. Sa domination ne durera pas.
Ni non plus celle des “ rois ” inférieurs,
semblables à des cornes, issus de
l’Empire romain. Mais qu’en sera-t-il des
dominations dérivées des puissances
bestiales précédentes ?
Comme prédit, leur vie a été prolongée
“ pour un temps et une période ”.
Leurs territoires sont encore habités
aujourd’hui. L’Iraq, par exemple, occupe
le territoire de la Babylone antique.
La Perse (l’Iran) et la Grèce existent
toujours. Des vestiges de ces
puissances mondiales font partie des
Nations unies. Ces royaumes périront
aussi lors de l’anéantissement de la
dernière puissance mondiale.
Tous les gouvernements humains seront
supprimés lors de “ la guerre du grand
jour de Dieu le Tout-Puissant ”.
(Révélation 16:14, 16.)
Mais qui dirigera alors le monde ?
UNE DOMINATION DURABLE
EN VUE !
36
“ Je continuai de regarder dans les
visions de la nuit, et, voyez, s’exclama
Daniel : avec les nuages des cieux
venait quelqu’un de semblable à un fils
d’homme ; il eut accès auprès de
l’Ancien des jours, et on le fit approcher
devant Celui-là. ” (Daniel 7:13).
Lorsqu’il était sur la terre, Jésus Christ
se qualifiait de “ Fils de l’homme ”,
ce qui évoquait sa parenté avec les
humains (Matthieu 16:13 ; 25:31).
Jésus dit au Sanhédrin, la cour suprême
juive : “ Vous verrez le Fils de l’homme
assis à la droite de la puissance et
venant sur les nuages du ciel. ”
(Matthieu 26:64).
Par conséquent, celui qui, dans la vision
de Daniel, venait, invisible aux yeux
humains, et eut accès auprès de
Jéhovah Dieu était Jésus Christ
ressuscité et glorifié.
Quand cela s’est-il passé ?
37
Dieu a conclu avec Jésus Christ
une alliance pour un Royaume, de
même qu’il l’avait fait avec le roi David
(2 Samuel 7:11-16 ; Luc 22:28-30).
Lorsque “ les temps fixés des nations ”
ont pris fin en 1914, Jésus Christ pouvait
à bon droit recevoir la royauté, puisqu’il
était l’héritier royal de David.
On lit dans le récit prophétique de
Daniel : “ On lui donna domination,
dignité et royaume, pour que les
peuples, communautés nationales et
langues le servent tous. Sa domination
est une domination de durée indéfinie
qui ne passera pas, et son royaume, un
royaume qui ne sera pas supprimé. ”
(Daniel 7:14). Le Royaume messianique
a donc été établi au ciel en 1914.
Cependant, la domination est donnée à
d’autres également.
38
“ Les saints du Suprême recevront
le royaume ”, déclara l’ange
(Daniel 7:18, 22, 27). Jésus Christ est le
saint principal (Actes 3:14 ; 4:27, 30). >>
Les autres “ saints ” qui participent à la
domination sont les 144 000 fidèles
chrétiens oints de l’esprit, qui sont
héritiers du Royaume avec Christ
(Romains 1:7 ; 8:17 ; 2 Thessaloniciens
1:5 ; 1 Pierre 2:9). Ils sont ressuscités
esprits immortels pour régner avec
Christ sur le mont Sion céleste
(Révélation 2:10 ; 14:1 ; 20:6).
Ainsi, Christ Jésus et les chrétiens oints
ressuscités dirigeront le monde des
humains.
39
Au sujet de la domination du Fils
de l’homme et des autres “ saints ”
ressuscités, l’ange de Dieu dit :
“ Le royaume, la domination et la
grandeur des royaumes sous tous les
cieux furent donnés au peuple des
saints du Suprême. Leur royaume est un
royaume de durée indéfinie, et toutes les
dominations les serviront et leur
obéiront. ” (Daniel 7:27).
Que de bénédictions l’humanité
obéissante recevra sous ce Royaume !
40
Daniel ne se doutait pas de tous
les accomplissements merveilleux
qu’auraient les visions qu’il avait reçues
de Dieu. Il déclara : “ Jusqu’ici la fin de
la chose. Quant à moi, Daniel, mes
pensées m’effrayaient grandement, si
bien que mon teint s’altéra chez moi ;
mais je gardai la chose dans mon
cœur. ” (Daniel 7:28).
En ce qui nous concerne, nous vivons à
l’époque où nous pouvons comprendre
l’accomplissement de ce que vit Daniel.
Si nous prêtons attention à cette
prophétie, notre foi en sera renforcée et
nous serons plus convaincus que jamais
que le Roi messianique de Jéhovah est
en passe de diriger le monde.
[Encadré/Illustrations, pages 149-152]
UN MONARQUE TOLÉRANT
Un auteur grec du V
e
siècle avant notre ère laissa de lui l’image d’un monarque tolérant et exemplaire. Dans la Bible, il est
qualifié d’“ oint ” de Dieu et d’“ oiseau de proie ” venant “ du levant ”. (Isaïe 45:1 ; 46:11.) Le monarque en question est Cyrus le
Grand, roi de Perse.
La marche de Cyrus vers la gloire débuta vers 560/559 avant notre ère, quand il succéda à son père Cambyse I
er
sur le
trône d’Anshan, une ville ou un district de l’ancienne Perse. Anshan était alors sous la suzeraineté d’Astyage, roi de Médie. Cyrus se
révolta contre la domination mède et, en raison de la défection de l’armée d’Astyage, remporta une victoire éclair. Cyrus s’assura la
fidélité des Mèdes et, dès lors, Mèdes et Perses combattirent ensemble sous sa direction. Ainsi vit le jour la Puissance médo-perse,
qui avec le temps étendit son territoire depuis la mer Égée jusqu’à l’Indus. — Voir la carte.
À la tête des forces mèdes et perses alliées, Cyrus partit d’abord mettre de l’ordre dans une région qui connaissait des
troubles : l’ouest de la Médie, où Crésus, roi de Lydie, étendait son royaume en territoire mède. Cyrus progressa jusqu’à la frontière
orientale de l’Empire lydien, en Asie Mineure, vainquit Crésus et s’empara de sa capitale, Sardes. Il soumit ensuite les villes
ioniennes et assujettit toute l’Asie Mineure à l’Empire médo-perse. Il devint ainsi le rival principal de Babylone et de son roi,
Nabonide.
Cyrus se prépara alors à affronter la puissante Babylone. Et à partir de ce moment, il joua un rôle dans l’accomplissement
des prophéties bibliques. En effet, presque deux siècles plus tôt, Jéhovah avait dit nommément par l’intermédiaire du prophète Isaïe
que Cyrus serait le souverain qui renverserait Babylone et libérerait les Juifs de l’esclavage. C’est en vertu de cette prédiction que
les Écritures appellent Cyrus l’“ oint ” de Jéhovah. — Isaïe 44:26-28.
Lorsque Cyrus monta contre Babylone en 539 avant notre ère, il se retrouva devant une tâche titanesque. La ville était
entourée de murailles énormes ainsi que d’un fossé large et profond formé par l’Euphrate ; elle paraissait imprenable. Le long de
l’Euphrate, qui traversait la ville, s’élevait une muraille aussi haute qu’une montagne percée d’imposantes portes de cuivre.
Comment Cyrus prendrait-il Babylone ?
Plus d’un siècle auparavant, Jéhovah avait prédit “ la dévastation sur ses eaux ” et avait précisé qu’‘ elles seraient bel et
bien desséchées ’. (Jérémie 50:38.)
Conformément à cette prophétie, Cyrus dévia les eaux de l’Euphrate à quelques kilomètres au nord de Babylone. Son
armée descendit ensuite en pataugeant dans le lit du fleuve, escalada la pente qui menait à la muraille et entra facilement dans la
ville, car les portes de cuivre étaient restées ouvertes. Comme “ un oiseau de proie ” qui fond sur sa victime, ce dirigeant “ du
levant ”, de l’Orient, prit Babylone en une seule nuit !
Pour les Juifs de Babylone, la victoire de Cyrus annonçait la libération qu’ils attendaient depuis si longtemps et la fin des
70 ans de désolation de leur pays. Quelle joie ils durent éprouver lorsque, par une proclamation, Cyrus les autorisa à retourner à
Jérusalem et à rebâtir le temple ! Cyrus leur rendit également les précieux ustensiles du temple que Neboukadnetsar avait emportés
à Babylone, leur permit d’importer du bois du Liban et débloqua des fonds provenant de la maison royale pour couvrir les dépenses
qu’occasionnerait la construction. — Ezra 1:1-11 ; 6:3-5.
Dans l’ensemble, Cyrus suivit une politique humaine et tolérante envers les peuples qu’il vainquit. Peut-être ce
comportement était-il motivé, entre autres, par sa religion. Cyrus adhérait probablement aux enseignements du prophète perse
Zoroastre et adorait Ahoura Mazda, un dieu censé être le créateur de tout ce qui est bon. Dans l’ouvrage The Zoroastrian Tradition,
Farhang Mehr écrit : “ Zoroastre présentait Dieu comme la perfection morale. Il disait aux gens que Ahoura Mazda n’est pas
vindicatif, mais juste, et par conséquent qu’il ne fallait pas le craindre, mais l’aimer. ” Il se peut que la croyance en un dieu moral et
juste ait influencé l’éthique de Cyrus et l’ait incité à la magnanimité et à l’équité.
En revanche, le roi était moins tolérant vis-à-vis du climat de Babylone. Il n’aimait pas les étés torrides de la région. Cela
explique que, si Babylone demeura une ville royale de l’empire, ainsi qu’un centre religieux et culturel, pour autant elle ne fut guère
que sa capitale d’hiver. D’ailleurs, après la conquête de Babylone, Cyrus retourna rapidement dans sa capitale d’été, Ecbatane,
située à quelque 1 900 mètres au-dessus du niveau de la mer, au pied du mont Elvend. À cet endroit, les hivers froids que
compensaient des étés doux étaient plus à son goût. Cyrus construisit également un palais splendide dans son ancienne capitale,
Pasargades (près de Persépolis), à 650 kilomètres au sud-est d’Ecbatane. Cette résidence lui servait de retraite.
Cyrus laissa donc l’image d’un conquérant audacieux et d’un monarque tolérant. Son règne de 30 ans prit fin en 530 avant
notre ère, lorsqu’il mourut au cours d’une campagne militaire. Son fils, Cambyse II, lui succéda sur le trône de Perse.
[Encadré/Illustrations, pages 153-161]
UN JEUNE ROI À LA CONQUÊTE DU MONDE
Il y a quelque 2 300 ans, un général aux cheveux blonds âgé d’une vingtaine d’années se tenait debout au bord de la
Méditerranée, les yeux rivés sur une ville insulaire à environ un kilomètre de là. On lui en avait refusé l’entrée. Le jeune général en
fureur était déterminé à conquérir cette ville. Son plan d’attaque ? Construire une chaussée jusqu’à l’île, puis lancer ses troupes à
l’assaut de la ville. La construction de la chaussée était déjà commencée.
Mais un message du grand roi de l’Empire perse interrompit le jeune général. Le souverain perse, désireux d’établir la
paix, faisait une proposition extraordinaire : 10 000 talents d’or (qui vaudraient aujourd’hui plus de deux milliards de dollars), la main
d’une de ses filles et la domination sur toute la partie occidentale de l’Empire perse. En échange, il demandait le retour de sa famille,
que le général avait capturée.
Le commandant à qui il revenait d’accepter ou de rejeter cette proposition était Alexandre III de Macédoine. Devait-il accepter ?
“ C’était un moment fatidique pour le monde antique, déclare l’historien Ulrich Wilcken. Sa décision a eu en effet des retombées tout
au long du Moyen Âge et jusqu’à aujourd’hui, en Orient comme en Occident. ” Avant de découvrir la réponse d’Alexandre, voyons
quels événements ont abouti à ce moment crucial.
LA FORMATION D’UN CONQUÉRANT
Alexandre naquit à Pella, en Macédoine, en 356 avant notre ère. Son père était le roi Philippe II et sa mère Olympias.
Olympias enseigna à Alexandre que les rois de Macédoine descendaient d’Hercule, un fils du dieu grec Zeus. D’après elle,
Alexandre avait pour ancêtre Achille, le héros de l’Iliade, poème d’Homère. Ainsi conditionné par ses parents pour la conquête et la
gloire royale, le jeune Alexandre ne s’intéressa guère à autre chose. Un jour où on lui demanda s’il accepterait de participer à une
course aux Jeux olympiques, Alexandre répondit qu’il le ferait à condition de courir avec des rois. Il ambitionnait d’accomplir des
actions plus éclatantes que celles de son père et de se couvrir de gloire par ses exploits.
À 13 ans, Alexandre eut pour précepteur le philosophe grec Aristote, qui lui transmit le goût de la philosophie, de la
médecine et de la science. On a beaucoup débattu sur la mesure dans laquelle les enseignements philosophiques d’Aristote
façonnèrent la pensée d’Alexandre. “ On peut pourtant dire, sans trop risquer de se tromper, qu’ils devaient avoir la même opinion
sur bien peu de choses ”, a indiqué Bertrand Russell, philosophe du XX
e
siècle. “ Les idées politiques d’Aristote se fondaient sur la
conception de la cité grecque, qui était en train de disparaître. ” Le concept d’un gouvernement régissant une petite cité-État ne
pouvait plaire à un prince ambitieux qui rêvait de bâtir un immense empire centralisé. Alexandre ne devait pas trop aimer non plus le
précepte aristotélicien qui enseignait à traiter les non-Grecs en esclaves ; il envisageait en effet un empire où collaboreraient avec
bonheur vainqueurs et vaincus.
En revanche, tout porte à croire qu’Aristote insuffla à Alexandre le goût de la lecture et du savoir. Alexandre demeura un lecteur
assidu toute sa vie ; il se passionnait en particulier pour les écrits d’Homère. Certains disent qu’il apprit l’Iliade par cœur, soit
15 693 vers.
L’éducation donnée par Aristote fut brutalement interrompue en 340 avant notre ère : le prince, âgé de 16 ans, retourna à Pella
gouverner la Macédoine en l’absence de son père. Et il ne fallut pas longtemps au prince héritier pour se distinguer par des exploits
militaires. À la grande joie de Philippe, il eut tôt fait de mater les Maides, une tribu thrace rebelle, de prendre d’assaut leur ville
principale et d’appeler l’endroit Alexandroupolis, d’après son nom.
POURSUITE DE LA CONQUÊTE
L’assassinat de Philippe en 336 avant notre ère valut à Alexandre d’hériter du trône de Macédoine à l’âge de 20 ans.
Après avoir pénétré en Asie à l’Hellespont (aujourd’hui les Dardanelles) au printemps 334, Alexandre entreprit une campagne de
conquête avec une armée petite, mais efficace, composée de 30 000 fantassins et de 5 000 cavaliers. Son armée était
accompagnée d’ingénieurs, de géomètres, d’architectes, de scientifiques et d’historiens.
C’est au Granique, à l’extrémité nord-ouest de l’Asie Mineure (aujourd’hui la Turquie), qu’Alexandre remporta sa première
bataille contre les Perses. L’hiver de la même année, il conquit l’ouest de l’Asie Mineure. L’automne suivant, la deuxième bataille
décisive avec les Perses se déroula à Issus, à l’extrémité sud-est de l’Asie Mineure. Le grand roi de Perse, Darius III, vint à la
rencontre d’Alexandre avec une armée d’environ un demi-million d’hommes. Sûr de lui, Darius fit venir sa mère, sa femme et
d’autres membres de sa famille, afin qu’ils assistent à une victoire qui promettait d’être spectaculaire. Mais les Perses n’étaient pas
préparés à la soudaineté et à la véhémence de l’attaque macédonienne. Les forces d’Alexandre remportèrent une victoire écrasante
sur l’armée perse, et Darius s’enfuit en abandonnant sa famille à Alexandre.
Au lieu de poursuivre les Perses en déroute, Alexandre suivit la côte méditerranéenne en direction du sud et conquit les
bases de la puissante flotte perse. Cependant, la ville insulaire de Tyr résistait à l’invasion. Déterminé à la prendre, Alexandre
entama un siège qui dura sept mois. C’est au cours de ce siège que Darius envoya la proposition de paix mentionnée plus haut. Les
concessions envisagées étaient si alléchantes que Parménion, conseiller de confiance d’Alexandre, aurait dit : ‘ Si j’étais Alexandre,
j’accepterais. ’ Mais le jeune général aurait rétorqué : ‘ J’accepterais aussi, si j’étais Parménion. ’ Refusant la négociation, Alexandre
poursuivit le siège et démolit l’orgueilleuse maîtresse des mers en juillet 332 avant notre ère.
Alexandre épargna Jérusalem, qui s’était rendue, et continua vers le sud ; il conquit Gaza. Lasse de la domination perse,
l’Égypte l’accueillit en libérateur. À Memphis, il offrit des sacrifices au taureau Apis, ce qui plut aux prêtres égyptiens. Il fonda
également Alexandrie, qui porte toujours son nom ; la ville devint un centre culturel qui rivalisa avec Athènes.
Ensuite, Alexandre se dirigea vers le nord-est : il traversa la Palestine en direction du Tigre. En l’an 331 avant notre ère, il
engagea sa troisième grande bataille contre les Perses, à Gaugamèles, non loin des ruines de Ninive. Les 47 000 hommes
d’Alexandre y écrasèrent l’armée perse réorganisée et forte d’au moins 250 000 soldats ! Darius s’enfuit et fut plus tard assassiné
par ses propres gens.
Grisé par sa victoire, Alexandre obliqua vers le sud et prit la capitale d’hiver des Perses, Babylone. Il occupa aussi les
capitales qu’étaient Suse et Persépolis, s’empara de l’immense trésor perse et brûla le grand palais de Xerxès. Pour finir, Ecbatane,
autre capitale, tomba devant lui. Ce conquérant rapide soumit ensuite le reste du territoire perse ; il poursuivit vers l’est jusqu’à
l’Indus, qui se trouve aujourd’hui au Pakistan.
Lorsqu’il traversa l’Indus, dans la région voisine de la province perse de Taxila, Alexandre rencontra un adversaire redoutable, le
monarque indien Porus. Alexandre mena contre lui sa quatrième et dernière grande bataille, en juin 326 avant notre ère. L’armée de
Porus comptait 35 000 hommes et 200 éléphants, qui terrifièrent les chevaux macédoniens. La bataille fut âpre et sanglante, mais
les forces d’Alexandre l’emportèrent. Porus se rendit et devint un allié.
Plus de huit années s’étaient écoulées depuis que l’armée macédonienne était passée en Asie, et les soldats étaient fatigués et
avaient le mal du pays. Démoralisés par la dure bataille avec Porus, ils voulurent rentrer chez eux. Réticent au départ, Alexandre
accéda à leur désir. La Grèce était devenue la puissance mondiale. Grâce aux colonies grecques établies dans les pays conquis, la
langue et la culture grecques se répandirent dans tout l’empire.
L’HOMME DERRIÈRE LE BOUCLIER
Ce qui assura la cohésion de l’armée macédonienne durant toutes les années que dura la conquête, ce fut la personnalité
d’Alexandre. Après les batailles, Alexandre avait l’habitude de rendre visite aux blessés, d’examiner leurs plaies, de louer les soldats
pour leurs exploits vaillants et de les honorer par un don en fonction de ce qu’ils avaient accompli. Quant à ceux qui mouraient au
combat, Alexandre leur célébrait des funérailles grandioses. Les parents et les enfants des hommes tombés à la guerre étaient
exemptés de tout impôt et de toute forme de service. Pour divertir ses hommes après les batailles, Alexandre organisait des jeux et
des combats. Un jour, il accorda même un congé aux hommes mariés depuis peu : il leur permit de passer l’hiver avec leur femme
en Macédoine. De telles actions lui valurent l’affection et l’admiration de ses hommes.
À propos du mariage d’Alexandre avec Roxane, princesse de Bactriane, le biographe grec Plutarque écrit : “ Il agit par
amour, [...] mais son mariage avec elle n’en parut pas moins approprié à ses desseins, car les barbares, mis en confiance par
l’union du roi avec une des leurs, conçurent pour lui une affection extrême, d’autant plus qu’en cette occasion il montra la plus
grande continence, même à l’égard de la seule femme qui l’eût soumis à son empire, et qu’il ne voulut point la toucher avant de
l’avoir légalement épousée. ”
Alexandre respectait aussi le mariage des autres. Alors que la femme du roi Darius était sa captive, il veilla à ce qu’elle
soit traitée honorablement. De même, lorsqu’il apprit que deux soldats macédoniens avaient abusé des femmes de certains
étrangers, il ordonna qu’ils soient exécutés s’ils se révélaient coupables.
Comme sa mère, Olympias, Alexandre était très religieux. Il offrait des sacrifices avant et après les batailles, et il interrogeait ses
devins sur la signification de certains présages. Il consulta aussi l’oracle d’Ammon, en Libye. Et à Babylone, il suivit les instructions
des Chaldéens concernant les sacrifices, particulièrement ceux offerts au dieu babylonien Bel (Mardouk).
Si Alexandre était modéré dans le manger, il finit par s’adonner à des excès dans le boire. Il parlait abondamment après chaque
coupe de vin et se vantait de ses exploits. Une des actions les plus sordides d’Alexandre fut le meurtre de son ami Clitus dans une
explosion de fureur un jour qu’il avait bu. Mais Alexandre s’en voulut tellement que pendant trois jours il resta alité, refusant
nourriture et boisson. Finalement, ses amis réussirent à le persuader de manger.
Avec le temps, le désir de gloire d’Alexandre fit ressortir chez lui d’autres traits indésirables. Il commença à croire facilement les
fausses accusations et à punir avec la plus grande sévérité. Par exemple, ayant été persuadé que Philotas était impliqué dans un
complot contre sa vie, Alexandre le fit exécuter, ainsi que son père, Parménion, le conseiller en qui il avait auparavant mis sa
confiance.
LA DÉFAITE D’ALEXANDRE
Peu après être rentré à Babylone, Alexandre contracta la fièvre paludéenne, dont il ne se remit jamais. Le 13 juin 323
avant notre ère, après n’avoir vécu que 32 ans et 8 mois, Alexandre fut vaincu par l’ennemi le plus implacable, la mort.
Il en alla exactement comme l’avaient fait remarquer certains sages indiens : “ Roi Alexandre, chaque homme n’a de terre que le
morceau sur lequel nous sommes installés ; et toi, tu ne te distingues en rien des autres hommes, sauf que, agité et follement
orgueilleux, tu t’es éloigné de la terre de tes pères, et tu as parcouru la terre entière en te créant des ennuis et en en suscitant aux
autres. Et pourtant, bientôt tu seras mort et tu ne posséderas de terre que ce qu’il faut pour inhumer ta dépouille. ”
[Encadré/Illustrations, pages 162, 163]
UN VASTE ROYAUME EST DIVISÉ
À propose du royaume d’Alexandre le Grand, la Bible prédit qu’il serait brisé et divisé, “ mais non pas pour sa postérité ”.
(Daniel 11:3, 4.) Conformément à cette prédiction, au cours des 14 ans qui suivirent la mort soudaine d’Alexandre survenue en 323
avant notre ère, Alexandre IV, son fils légitime, et Héraclès, son fils illégitime, furent assassinés.
En l’an 301 avant notre ère, quatre généraux d’Alexandre s’emparèrent du pouvoir dans le vaste empire que leur
commandant avait bâti. Le général Cassandre se rendit maître de la Macédoine et de la Grèce. Le général Lysimaque reçut l’Asie
Mineure et la Thrace. À Séleucus I
er
Nicator échurent la Mésopotamie et la Syrie. Et Ptolémée Lagus, ou Ptolémée I
er
, prit l’Égypte et
la Palestine. Du grand royaume unifié d’Alexandre naquirent donc quatre royaumes hellénistiques, ou grecs.
Parmi ces quatre royaumes hellénistiques, celui de Cassandre dura le moins longtemps. Quelques années après son
accession au pouvoir, sa descendance mâle s’éteignit, et, en 285 avant notre ère, Lysimaque prit possession de la partie
européenne de l’Empire grec. Quatre ans plus tard, Lysimaque tomba au combat devant Séleucus I
er
Nicator, ce qui donna à celui-ci
la mainmise sur la majeure partie des territoires d’Asie. Séleucus devint le premier des rois séleucides en Syrie. Il fonda Antioche en
Syrie et en fit sa nouvelle capitale. Il fut assassiné en 281, mais la dynastie qu’il fonda resta au pouvoir jusqu’en 64 avant notre ère,
année où le général romain Pompée fit de la Syrie une province de Rome.
Parmi les quatre divisions de l’empire d’Alexandre, le royaume ptolémaïque dura le plus longtemps. Ptolémée I
er
prit le titre
de roi en 305 avant notre ère et devint le premier roi, ou pharaon, macédonien d’Égypte. Il fit d’Alexandrie sa capitale et se lança
immédiatement dans un programme d’urbanisation. Un de ses projets de construction les plus ambitieux fut la célèbre bibliothèque
d’Alexandrie. Pour diriger cette construction grandiose, Ptolémée fit venir de Grèce un érudit réputé, un Athénien du nom de
Démétrius de Phalère. On raconte qu’au I
er
siècle de notre ère la bibliothèque contenait un million de rouleaux. La dynastie
ptolémaïque continua de gouverner l’Égypte jusqu’à sa chute devant Rome en 30 avant notre ère. Rome devint alors la puissance
mondiale dominante à la place de la Grèce.
.
.
.
.
*** dp chap. 10 p. 165-179 ***
Qui peut tenir
contre le Prince des princes ?
1
Cinquante-sept années ont passé
depuis la destruction du temple de
Jéhovah à Jérusalem. Belshatsar et son
père, Nabonide, gouvernent
conjointement l’Empire babylonien, la
Troisième Puissance mondiale des
prophéties bibliques >>
~
~
{Note : Sept puissances mondiales revêtent une
importance particulière par rapport à la Bible :
l’Égypte, l’Assyrie, la Babylonie, la Puissance
médo-perse, la Grèce, Rome et la double
Puissance mondiale anglo-américaine. Leur
particularité est d’avoir eu ou d’avoir encore à
faire avec le peuple de Jéhovah.}.
Daniel, prophète de Dieu, est exilé à
Babylone. Et durant “ la troisième année
du règne de Belshatsar le roi ”, Jéhovah
envoie à Daniel une vision qui révèle
certains détails relatifs à la restauration
du vrai culte. — Daniel 8:1.
[Illustrations, page 174]
Quelques grandes figures de la Puissance mondiale anglo-américaine :
1. George Washington, premier président des États-Unis (1789-1797).
2. La reine Victoria de Grande-Bretagne (1837-1901).
3. Woodrow Wilson, président des États-Unis (1913-1921).
4. David Lloyd George, premier ministre de Grande-Bretagne (1916-1922).
5. Winston Churchill, premier ministre de Grande-Bretagne (1940-1945, 1951-1955).
6. Franklin Roosevelt, président des États-Unis (1933-1945).
2
Cette vision prophétique, qui remua
profondément Daniel, nous intéresse au
plus haut point, nous qui vivons au
“ temps de la fin ”. L’ange Gabriel dit à
Daniel : “ Voici que je te fais savoir ce
qui arrivera dans la période finale des
invectives, car c’est pour le temps fixé
de la fin. ” (Daniel 8:16, 17, 19, 27).
Examinons donc avec intérêt ce que vit
Daniel et ce que sa vision signifie pour
nous aujourd’hui.
UN BÉLIER À DEUX CORNES
3
“ Je commençai à voir dans la
vision, écrit Daniel, et voici ce qui arriva :
tandis que je voyais, j’étais à Suse le
château, qui est en Élam le district
administratif ; et je voyais dans la vision,
et moi je me trouvais près du cours
d’eau Oulaï. ” (Daniel 8:2). Il n’est pas
précisé si Daniel se trouvait vraiment à
Suse, la capitale de l’Élam, située à
quelque 350 kilomètres à l’est de
Babylone, ou s’il y était seulement en
vision. 
4
Daniel poursuit : “ Quand je levai
les yeux, alors je vis, et voici : un bélier
qui se tenait devant le cours d’eau, et
il avait deux cornes. ” (Daniel 8:3a).
L’identité du bélier ne reste pas un
mystère pour Daniel.
L’ange Gabriel déclare en effet par la
suite : “ Le bélier que tu as vu et qui
possédait les deux cornes représente
les rois de Médie et de Perse. ”
(Daniel 8:20).
Les Mèdes venaient du plateau
montagneux qui s’élève à l’est de
l’Assyrie, et les Perses, à l’origine,
vivaient souvent en nomades dans la
région qui s’étend au nord du golfe
Persique.
Toutefois, lorsque l’Empire médo-perse
se forma, ses habitants acquirent un
goût du luxe prononcé.
5
“ Les deux cornes étaient hautes,
raconte Daniel, mais l’une était plus
haute que l’autre, et la plus haute fut
celle qui monta ensuite. ” (Daniel 8:3b).
~
La plus haute corne qui monta plus tard
figure les Perses, tandis que l’autre
corne représente les Mèdes.
Au départ, les Mèdes dominaient.
Mais en 550 avant notre ère, Cyrus le
Grand, roi de Perse, remporta une
victoire facile sur le roi mède Astyage.
Cyrus mêla les coutumes et les lois des
deux peuples, unit leurs royaumes et
étendit leurs conquêtes.
À partir de cette époque, l’empire fut
double.
LE BÉLIER PREND DE GRANDS AIRS
6
Daniel poursuit la description du
bélier en ces termes : “ Je vis le bélier
donner des coups de cornes vers
l’ouest, vers le nord et vers le sud ;
aucune bête sauvage ne tenait devant
lui, et personne ne délivrait de sa main.
Il agissait selon sa volonté, et il prenait
de grands airs. ” — Daniel 8:4.
7
Dans la précédente vision donnée
à Daniel, Babylone était figurée par la
bête sauvage qui montait de la mer et
qui était comme un lion ayant des ailes
d’aigle (Daniel 7:4, 17).
Cette bête symbolique fut incapable de
tenir devant “ le bélier ” de la nouvelle
vision. Babylone tomba devant Cyrus
le Grand en 539 avant notre ère.
Pendant presque 50 ans ensuite,
“ aucune bête sauvage ”, c’est-à-dire
aucun gouvernement politique,
ne réussit à se lever contre l’Empire
médo-perse, la Quatrième Puissance
mondiale des prophéties bibliques.
8
La Puissance mondiale médo-
perse, qui venait “ du levant ”
(de l’orient), faisait ce qui lui plaisait ;
elle donnait “ des coups de cornes vers
l’ouest, vers le nord et vers le sud ”.
(Isaïe 46:11.)
Le roi Cambyse II, qui succéda à Cyrus
le Grand, conquit l’Égypte.
Son successeur fut le roi de Perse >>
Darius Ier
, qui, allant vers l’ouest,
traversa le détroit du Bosphore en 513
avant notre ère et envahit la Thrace, un
territoire européen, dont la capitale était
Byzance (aujourd’hui Istanbul).
En l’an 508, il soumit la Thrace, puis il
conquit la Macédoine en 496. Si bien
qu’à l’époque de Darius, le “ bélier ”
médo-perse s’était emparé de territoires
dans trois directions principales : le nord
en Babylonie et en Assyrie, l’ouest en
Asie Mineure et le sud en Égypte.
9
La Bible atteste la grandeur de
l’Empire médo-perse ; elle appelle
Xerxès Ier
, le successeur de Darius,
“ cet Assuérus qui régnait depuis l’Inde
jusqu’à l’Éthiopie, sur cent vingt-sept
districts administratifs ”. (Esther 1:1.)
Mais cet empire imposant allait céder
le pas à un autre, et sous ce rapport la
vision de Daniel révèle des détails
fascinants, propres à renforcer notre foi
dans la parole prophétique de Dieu.
LE BOUC ABAT LE BÉLIER
10
Imaginez l’étonnement de Daniel
devant ce qu’il voit à présent. Le récit
déclare : “ Quant à moi, je continuai de
prêter attention, et, voyez : un bouc qui
venait du couchant sur la surface de
toute la terre ; il ne touchait pas la terre.
Pour ce qui est du bouc, il y avait une
corne très apparente entre ses yeux.
Et il venait jusqu’au bélier qui possédait
les deux cornes et que j’avais vu se tenir
devant le cours d’eau ; il courait vers lui
dans sa forte fureur. Et je le vis arriver
à proximité du bélier, et il s’exaspérait
contre lui ; il abattit alors le bélier et
brisa ses deux cornes, et il n’y eut pas
de force dans le bélier pour tenir devant
lui. Il le jeta donc par terre et le piétina,
et il n’y eut personne pour délivrer le
bélier de sa main. ” (Daniel 8:5-7).
Que signifie tout cela ?
11
Le sens de cette vision n’est
obscur ni pour Daniel ni pour nous.
“ Le bouc velu représente le roi de
Grèce ; quant à la grande corne qui était
entre ses yeux, elle représente le
premier roi ”, explique l’ange Gabriel à
Daniel (Daniel 8:21). En 336 avant notre
ère, le dernier roi de l’Empire perse,
Darius III (Codoman), fut couronné.
La même année, Alexandre devint roi en
Macédoine. L’Histoire montre
qu’Alexandre le Grand fut le premier
“ roi de Grèce ” prédit.
Parti “ du couchant ”, autrement dit de
l’occident, en l’an 334, Alexandre
avança rapidement. Comme s’il “ ne
touchait pas la terre ”, il conquit des
territoires et abattit “ le bélier ”.
La Grèce mit un terme à quelque deux
siècles de domination médo-perse, et
devint du coup la cinquième puissance
mondiale importante dans la Bible.
Quel accomplissement remarquable de
la prophétie divine !
12
Mais Alexandre ne devait pas
rester au pouvoir longtemps.
La vision révèle ensuite : “ Quant au
bouc, il prit de grands airs jusqu’à
l’extrême ; mais dès qu’il devint fort,
la grande corne fut brisée, et à sa place
montèrent alors, de façon très
apparente, quatre cornes, vers les
quatre vents des cieux. ” (Daniel 8:8).
Gabriel explique ainsi cette prophétie :
“ Comme celle-là a été brisée, de sorte
que quatre se sont finalement levées à
sa place, il y a quatre royaumes de sa
nation qui se lèveront, mais non pas
avec sa force. ” (Daniel 8:22).
Conformément à la prédiction, au faîte
de sa carrière victorieuse, Alexandre fut
‘ brisé ’, c’est-à-dire mourut, âgé
seulement de 32 ans.
Et son immense empire finit par être
divisé entre quatre de ses généraux. 
~
UNE MYSTÉRIEUSE PETITE CORNE
13
La partie suivante de la vision a
une portée sur plus de 2 200 ans : son
accomplissement touche jusqu’à notre
époque. Daniel écrit : “ De l’une d’elles
[les quatre cornes] sortit une autre
corne, une petite, et elle grandissait
beaucoup vers le sud, vers le levant et
vers la Parure. Et elle continua de
grandir jusqu’à l’armée des cieux, si bien
qu’elle fit tomber à terre quelques-uns
de cette armée et quelques-unes des
étoiles, et elle se mit à les piétiner.
Et jusqu’au Prince de l’armée elle prit de
grands airs, et à lui fut enlevé le sacrifice
constant, et le lieu fixe de son sanctuaire
fut jeté à bas. Et finalement une armée
fut livrée, ainsi que le sacrifice constant,
à cause de la transgression ; et elle
jetait la vérité par terre, et elle agit et eut
du succès. ” — Daniel 8:9-12.
14
Si nous voulons comprendre les
paroles qui viennent d’être citées, il nous
faut prêter attention à l’ange de Dieu.
Après avoir parlé de l’accession au
pouvoir des quatre royaumes issus de
l’empire d’Alexandre, l’ange Gabriel dit :
“ Dans la période finale de leur royaume,
lorsque les transgresseurs arriveront au
terme de leurs actions, se lèvera un roi
au visage farouche et comprenant les
paroles ambiguës. Et vraiment sa force
deviendra puissante, mais non par sa
propre force. Il causera des ravages
d’une façon prodigieuse ; oui, il réussira
et agira efficacement. Oui, il ravagera
des puissants, également le peuple
constitué des saints. Oui, selon sa
perspicacité, il fera aussi réussir la
tromperie dans sa main.
Dans son cœur il prendra de grands
airs, et en un temps où l’on vivra sans
souci il ravagera un grand nombre.
Contre le Prince des princes il se lèvera,
mais c’est sans main qu’il sera brisé. ”
— Daniel 8:23-25.
15
“ Pour toi, tiens secrète la vision,
précise l’ange à Daniel, car elle est
encore pour bien des jours. ”
(Daniel 8:26).
Cette partie de la vision ne devait pas
s’accomplir avant “ bien des jours ”, et
Daniel devait ‘ tenir secrète la vision ’.
Sa signification demeura apparemment
un mystère pour Daniel.
Mais aujourd’hui, ces “ bien des jours ”
sont sûrement écoulés.
Aussi soulevons-nous cette question :
‘ Que nous apprend l’histoire mondiale
sur l’accomplissement de cette vision
prophétique ? ’
LA PETITE CORNE DEVIENT
PUISSANTE PAR LA FORCE
16
Selon l’Histoire, la petite corne fut
un rejeton d’une des quatre cornes
symboliques : celle qui était la plus à
l’ouest. Il s’agissait du royaume
hellénistique du général Cassandre, qui
régnait sur la Macédoine et la Grèce.
Par la suite, ce royaume fut absorbé par
celui du général Lysimaque, le roi de la
Thrace et de l’Asie Mineure.
Au IIe
siècle avant notre ère, ces parties
occidentales du monde hellénistique
furent conquises par Rome.
Et en l’an 30 avant notre ère, Rome prit
possession de tous les royaumes
hellénistiques, ce qui la hissa au rang de
Sixième Puissance mondiale des
prophéties bibliques. Mais l’Empire
romain n’était pas la petite corne de la
vision de Daniel : cet empire, en effet,
ne dura pas jusqu’au “ temps fixé de la
fin ”. — Daniel 8:19.
17
Qu’est-ce que l’Histoire identifie
donc à ce roi agressif, ce “ roi au visage
farouche ” ? La Grande-Bretagne était
en réalité un rejeton de l’Empire romain,
au nord-ouest. Jusqu’au début du
Ve
siècle de notre ère, >>
~
on compta des provinces romaines dans
ce qui est aujourd’hui la Grande-
Bretagne.
Au fil du temps, l’Empire romain déclina,
mais l’influence de la civilisation gréco-
romaine continua de se faire sentir en
Grande-Bretagne ainsi que dans
d’autres régions d’Europe qui avaient
subi la domination de Rome.
“ L’Église s’est bientôt substituée à
l’Empire romain ”, a écrit Octavio Paz,
poète et écrivain mexicain lauréat du
prix Nobel. Et d’ajouter : “ Les Pères de
l’Église, tout comme les docteurs de
l’époque scolastique, ont greffé la
philosophie grecque sur la doctrine
chrétienne. ”
Quant à Bertrand Russell, philosophe et
mathématicien du XXe
siècle, il a fait
cette remarque : “ La civilisation de
l’Occident, qui a jailli de sources
grecques, est fondée sur une tradition
philosophique et scientifique qui
commença à Milet [une ville d’Asie
Mineure] il y a deux mille cinq cents
ans. ” On peut donc affirmer que
l’Empire britannique a ses racines
culturelles dans le royaume hellénistique
de Macédoine et de Grèce.
18
En 1763, l’Empire britannique
l’avait emporté sur ses puissants rivaux,
l’Espagne et la France. À partir de là,
cette puissance montra qu’elle était la
maîtresse des mers et la Septième
Puissance mondiale des prophéties
bibliques.
Même après que ses 13 colonies
américaines se furent séparées de la
Grande-Bretagne en 1776 pour fonder
les États-Unis d’Amérique, l’Empire
britannique s’étendit jusqu’à englober
un quart de la surface de la terre et un
quart de sa population.
La Septième Puissance mondiale devint
plus forte encore lorsque les États-Unis
d’Amérique collaborèrent avec la
Grande-Bretagne pour former la double
Puissance mondiale anglo-américaine.
Sur les plans économique et militaire,
cette puissance était vraiment devenue
“ un roi au visage farouche ”.
La petite corne transformée en
puissance politique farouche au “ temps
de la fin ” est donc la Puissance
mondiale anglo-américaine.
19
Daniel vit que la petite corne
“ grandissait beaucoup ” vers “ la
Parure ”. (Daniel 8:9.) La Terre promise,
que Jéhovah donna à son peuple choisi,
était si belle qu’on l’appelait “ la parure
de tous les pays ”, c’est-à-dire de la
terre entière (Ézékiel 20:6, 15).
Il est vrai que la Grande-Bretagne prit
Jérusalem le 9 décembre 1917, et qu’en
1920 la Société des Nations plaça la
Palestine sous mandat britannique,
mandat effectif jusqu’au 14 mai 1948.
Toutefois, la vision est prophétique ; elle
contient de nombreux symboles.
Et “ la Parure ” mentionnée dans cette
vision symbolise, non pas Jérusalem,
mais la condition terrestre du peuple que
Dieu considère comme saint à l’époque
de la Septième Puissance mondiale.
Voyons comment la Puissance mondiale
anglo-américaine essaie de menacer les
saints.
‘ LE LIEU DE SON SANCTUAIRE ’
JETÉ À BAS
20
La petite corne “ continua de
grandir jusqu’à l’armée des cieux, si bien
qu’elle fit tomber à terre quelques-uns
de cette armée et quelques-unes des
étoiles ”. Selon l’explication de l’ange,
“ l’armée des cieux ” et les “ étoiles ” que
la petite corne essaie de faire tomber
sont “ le peuple constitué des saints ”.
(Daniel 8:10, 24.) Ces “ saints ” sont les
chrétiens oints de l’esprit.
Étant introduits dans des relations avec
Dieu par le moyen de la nouvelle >>
alliance, entrée en vigueur grâce au
sang versé de Jésus Christ, ils sont
sanctifiés, purifiés et mis à part
pour le service exclusif de Dieu
(Hébreux 10:10 ; 13:20).
Les ayant désignés comme héritiers
avec son Fils dans l’héritage céleste,
Jéhovah les tient pour saints
(Éphésiens 1:3, 11, 18-20).
Par conséquent, dans la vision de
Daniel, “ l’armée des cieux ” désigne le
reste des 144 000 “ saints ” qui sont sur
la terre et qui régneront au ciel avec
l’Agneau. — Révélation 14:1-5.
21
Aujourd’hui, ceux qui restent des
144 000 sont les représentants
terrestres de la “ Jérusalem céleste ”,
le Royaume de Dieu comparé à une
ville, et de son temple
(Hébreux 12:22, 28 ; 13:14).
En ce sens ils occupent un “ lieu saint ”
que la Septième Puissance mondiale
essaie de piétiner et de dévaster
(Daniel 8:13). Qualifiant également ce
lieu saint de “ lieu fixe de son sanctuaire
[celui de Jéhovah] ”, Daniel dit : “ À lui
[Jéhovah] fut enlevé le sacrifice
constant, et le lieu fixe de son sanctuaire
fut jeté à bas. Et finalement une armée
fut livrée, ainsi que le sacrifice constant,
à cause de la transgression ; et elle
jetait la vérité par terre, et elle agit et eut
du succès. ” (Daniel 8:11, 12). Comment
ces paroles se sont-elles accomplies ?
22
Qu’est-il arrivé aux Témoins de
Jéhovah pendant la Deuxième Guerre
mondiale ? Ils ont été durement
persécutés. Cette persécution a
commencé dans les pays nazis et
fascistes. Mais rapidement ‘ la vérité a
été jetée par terre ’ d’un bout à l’autre du
vaste domaine de la ‘ petite corne dont
la force était devenue puissante ’.
“ L’armée ” des proclamateurs du
Royaume et leur prédication de “ la
bonne nouvelle ” ont été interdits dans
presque tout le Commonwealth
(Marc 13:10). Quand les nations qui en
faisaient partie ont mobilisé leurs forces
vives, elles ont refusé d’exempter
les Témoins de Jéhovah au titre de
ministres religieux : elles n’ont montré
aucun respect pour leur nomination
théocratique de ministres de Dieu.
Aux États-Unis, les fidèles serviteurs de
Jéhovah ont subi les attaques de la
foule et d’autres outrages.
En somme, la Septième Puissance
mondiale a essayé d’enlever un sacrifice
de louange, “ le fruit de lèvres ”,
offert régulièrement à Jéhovah par ses
serviteurs comme “ sacrifice constant ”
dans le cadre de leur culte
(Hébreux 13:15).
Cette puissance mondiale a donc
commis une “ transgression ” en
envahissant le domaine revenant de
droit au Dieu Très-Haut, “ le lieu fixe de
son sanctuaire ”.
23
En persécutant “ les saints ” au
cours de la Deuxième Guerre mondiale,
la petite corne a pris de grands airs
“ jusqu’au Prince de l’armée ”. Ou, pour
reprendre les termes de l’ange Gabriel,
elle s’est levée “ contre le Prince des
princes ”. (Daniel 8:11, 25.)
Le titre de “ Prince des princes ”
s’applique exclusivement à Jéhovah
Dieu. Le mot hébreu sar, traduit par
“ prince ”, est de la famille d’un verbe qui
signifie “ exercer le pouvoir ”. Il désigne
le fils d’un roi ou quelqu’un de rang
royal, mais aussi un chef. Le livre de
Daniel mentionne d’autres princes
angéliques, Mikaël par exemple.
Dieu est le Prince en chef de tous ces
princes (Daniel 10:13, 21 ;
voir aussi Psaume 83:18).
Peut-on imaginer que quelqu’un se lève
contre Jéhovah, le Prince des princes ?
………………………………………….-
“ LE LIEU SAINT ”
ÉTABLI DANS SA VRAIE CONDITION
24
Personne ne peut se lever contre
le Prince des princes, pas même un roi
“ au visage farouche ” comme la
Puissance mondiale anglo-américaine !
Les tentatives de ce roi visant à
dévaster le sanctuaire de Dieu
n’aboutissent pas.
Après une période de “ deux mille trois
cents soirs et matins, dit le messager
angélique, à coup sûr, le lieu saint sera
établi dans sa vraie condition ”, ou “ sera
justifié ”. — Daniel 8:13, 14 ; Bible de
Chouraqui.
25
Les 2 300 jours constituant une
période prophétique, il faut prendre pour
base une année prophétique de
360 jours (Révélation 11:2, 3 ; 12:6, 14).
Ces 2 300 jours équivalent alors à
6 années, 4 mois et 20 jours.
Quand cette période s’est-elle située ?
Dans les années 1930, le peuple de
Dieu a été de plus en plus persécuté
dans divers pays.
Et pendant la Deuxième Guerre
mondiale, les Témoins de Jéhovah ont
été cruellement persécutés dans les
pays qui dépendaient de la double
Puissance mondiale anglo-américaine.
Pourquoi ? Parce qu’ils étaient
déterminés à “ obéir à Dieu, en sa
qualité de chef, plutôt qu’aux hommes ”.
(Actes 5:29.)
Par conséquent, les 2 300 jours doivent
être rattachés à cette guerre
{Note : Daniel 7:25 parle aussi d’une période où
‘ les saints du Suprême sont harcelés
continuellement ’. Comme l’explique le chapitre
précédent, cela a eu lieu lors de la Première
Guerre mondiale.}.
Mais que dire du début et de la fin de
cette période prophétique ?
~
26
Pour que “ le lieu saint ” soit
“ établi ”, ou restauré, dans ce qu’il doit
être, il faut que les 2 300 jours aient
commencé au moment où, auparavant,
il était dans la “ vraie condition ” du point
de vue de Jéhovah. Au plus tôt, c’était le
1er
juin 1938, quand La Tour de Garde
en anglais (édition française du 1er
août)
a publié la première partie de l’article
intitulé “ Organisation ”.
La deuxième partie a paru dans le
numéro du 15 juin 1938 (du 15 août en
français).
Si on compte 2 300 jours (6 ans, 4 mois
et 20 jours dans le calendrier hébreu) à
partir de la quinzaine du 1er
au 15 juin
1938, on aboutit à la période du 8 au
22 octobre 1944.
Le premier jour d’une assemblée
spéciale tenue à Pittsburgh, en
Pennsylvanie (États-Unis), les
30 septembre et 1er
octobre 1944, le
président de la Société Watch Tower a
abordé le sujet
“ L’ordre théocratique à notre époque ”.
À l’assemblée générale annuelle, le
2 octobre, des amendements ont été
apportés aux statuts de la Société dans
le but de les conformer à l’organisation
théocratique aussi étroitement que la loi
le permettait. Grâce à la publication
d’éclaircissements sur les exigences
bibliques, l’organisation théocratique n’a
pas tardé à être mieux implantée dans
les congrégations des Témoins de
Jéhovah.
27
Tandis que les 2 300 jours
s’écoulaient durant la Deuxième Guerre
mondiale déclenchée en 1939, à cause
de la persécution “ le sacrifice constant ”
offert au sanctuaire de Dieu a
considérablement diminué.
En 1938, la Société Watch Tower
comptait 39 filiales qui supervisaient
l’œuvre des Témoins dans le monde ; >
~
mais en 1943, elle n’en avait plus que
21. Pareillement, le nombre des
prédicateurs du Royaume a peu
augmenté durant cette période.
28
Comme nous l’avons signalé, au
cours des derniers mois de la Deuxième
Guerre mondiale, les Témoins de
Jéhovah ont réaffirmé leur détermination
à glorifier la domination de Dieu en le
servant dans une organisation
théocratique. C’est dans ce but qu’ils ont
entrepris en 1944 de réorganiser leur
œuvre et de revoir leur mode de
fonctionnement.
D’ailleurs, La Tour de Garde en anglais
du 15 octobre 1944 (édition française de
novembre 1945) contenait un article
intitulé “ Organisés pour l’œuvre finale ”.
Cet article ainsi que d’autres traitant du
service chrétien, qui ont paru à la même
époque, indiquaient que les 2 300 jours
avaient pris fin et que “ le lieu saint ”
était de nouveau dans sa “ vraie
condition ”.
29
Les tentatives méchantes de
l’ennemi visant à dévaster et à détruire
“ le lieu saint ” avaient complètement
échoué. Les “ saints ” encore sur la
terre, ainsi que leurs compagnons de la
“ grande foule ”, étaient sortis victorieux
(Révélation 7:9). Et le sanctuaire, dans
sa vraie condition théocratique, continue
maintenant d’offrir à Jéhovah un service
sacré.
30
La Puissance mondiale anglo-
américaine est toujours en place. ‘
Mais c’est sans main qu’elle sera
brisée ’, déclara l’ange Gabriel
(Daniel 8:25).
Très bientôt, cette Septième Puissance
mondiale des prophéties bibliques, ce
“ roi au visage farouche ”, sera brisé,
non par des mains humaines,
~
~
mais par une puissance supra-humaine
à Harmaguedôn (Daniel 2:44 ;
Révélation 16:14, 16). >>
N’est-il pas exaltant de savoir que la
souveraineté de Jéhovah Dieu, le Prince
des princes, sera alors justifiée ?
*** dp chap. 11 p. 181-196 ***
Le moment de la venue du Messie
est révélé
1
JÉHOVAH est le Maître du temps.
Il dirige tous les temps et toutes les
époques qui ont un rapport avec son
œuvre (Actes 1:7). Tous les événements
qu’il a fixés pour ces temps et ces
époques arrivent immanquablement.
Il ne peut en aller autrement.
2
Le prophète Daniel, qui étudiait les
Écritures avec assiduité, avait la
conviction que Jéhovah était capable de
commander des événements et de les
faire survenir.
Il s’intéressait particulièrement aux
prophéties relatives à la dévastation de
Jérusalem. Jérémie avait consigné la
révélation de Dieu sur la durée de la
désolation de la ville sainte, et Daniel
suivait cette prophétie de près. Il écrivit :
“ Dans la première année de Darius le
fils d’Assuérus de la semence des
Mèdes, qui avait été fait roi sur le
royaume des Chaldéens ; dans la
première année de son règne, moi,
Daniel, je discernai par les livres le
nombre des années au sujet desquelles
la parole de Jéhovah était venue à
Jérémie le prophète, pour accomplir les
dévastations de Jérusalem, à savoir
soixante-dix ans. ” — Daniel 9:1, 2 ;
Jérémie 25:11.
3
Darius le Mède régnait alors sur
“ le royaume des Chaldéens ”.
La prédiction que Daniel avait énoncée
précédemment, quand il avait interprété
l’écriture sur le mur, s’était vite réalisée.
L’Empire babylonien n’était plus. >>
Il avait été “ donné aux Mèdes et aux
Perses ” en 539 avant notre ère. —
Daniel 5:24-28, 30, 31.
DANIEL PRIE HUMBLEMENT
JÉHOVAH
4
Daniel comprenait que les 70 ans
de désolation de Jérusalem allaient se
terminer. Qu’allait-il faire ?
Il nous le dit lui-même : “ Je tournai ma
face vers Jéhovah le vrai Dieu, afin de le
chercher par la prière et par les
supplications, par le jeûne, une toile de
sac et la cendre. Et je priais Jéhovah
mon Dieu, je faisais confession. ”
(Daniel 9:3, 4). Il fallait une bonne
condition de cœur pour bénéficier de la
délivrance miséricordieuse opérée par
Dieu
(Lévitique 26:31-46 ; 1 Rois 8:46-53).
Il fallait avoir la foi, être humble et se
repentir totalement des péchés qui
avaient été la cause de l’exil et de
l’esclavage. Daniel approcha donc Dieu
en faveur de son peuple pécheur.
De quelle manière ? En jeûnant, en
menant deuil et en se vêtant d’une toile
de sac, symbole de repentance et de
sincérité de cœur.
5
La prophétie de Jérémie avait
donné espoir à Daniel, car elle indiquait
que les Juifs seraient bientôt rétablis
dans leur pays, Juda
(Jérémie 25:12 ; 29:10).
Daniel était sans aucun doute confiant
que les Juifs assujettis seraient
soulagés ; en effet, un homme du nom
de Cyrus régnait déjà en Perse.
Or, Isaïe n’avait-il pas prophétisé que
Cyrus serait utilisé pour libérer les Juifs,
~
afin qu’ils rebâtissent Jérusalem et son
temple (Isaïe 44:28–45:3) ?
Mais Daniel ignorait totalement
comment cela surviendrait.
C’est pourquoi il continuait de supplier
Jéhovah.
6
Daniel attira l’attention sur la
miséricorde et la bonté de cœur de
Dieu. Il reconnut humblement que
les Juifs avaient péché en se rebellant,
en s’écartant des commandements de
Jéhovah et en n’écoutant pas ses
prophètes. Dieu les avait à bon droit
“ dispersés à cause de leur infidélité ”.
Daniel dit dans sa prière : “ Ô Jéhovah,
à nous appartient la honte de la face, à
nos rois, à nos princes et à nos
ancêtres, parce que nous avons péché
contre toi. À Jéhovah notre Dieu,
appartiennent les miséricordes et les
pardons, car nous nous sommes
rebellés contre lui. Nous n’avons pas
obéi à la voix de Jéhovah notre Dieu en
marchant dans ses lois qu’il avait mises
devant nous par la main de ses
serviteurs les prophètes. Tous ceux
d’Israël ont violé ta loi, et l’on s’est
écarté en n’obéissant pas à ta voix, si
bien que tu as déversé sur nous
l’imprécation et le serment qui est écrit
dans la loi de Moïse le serviteur du vrai
Dieu, car nous avons péché contre Lui. ”
— Daniel 9:5-11 ;
Exode 19:5-8 ; 24:3, 7, 8.
7
Dieu avait prévenu les Israélites
des conséquences qu’ils subiraient s’ils
lui désobéissaient et s’ils ne
respectaient pas l’alliance qu’il avait
conclue avec eux (Lévitique 26:31-33 ;
Deutéronome 28:15 ; 31:17).
Daniel reconnaît que les actions de Dieu
sont irréprochables ; il dit : “ Il a entrepris
de réaliser ses paroles qu’il avait
prononcées contre nous et contre nos
juges qui nous jugeaient, en faisant
venir sur nous un grand malheur, >>
tel que sous tous les cieux il n’a pas été
fait comme il a été fait à Jérusalem.
Comme c’est écrit dans la loi de Moïse,
tout ce malheur — il est venu sur nous,
et nous n’avons pas adouci la face de
Jéhovah notre Dieu en revenant de
notre faute et en nous montrant
perspicaces en ta fidélité.
Et Jéhovah est resté vigilant au sujet du
malheur et finalement il l’a fait venir sur
nous, car Jéhovah notre Dieu est juste
dans toutes ses œuvres qu’il a faites ; et
nous n’avons pas obéi à sa voix. ” —
Daniel 9:12-14.
8
Daniel ne cherche pas d’excuses
aux actions de son peuple.
Ses compatriotes ont mérité amplement
l’exil, ce qu’il confesse en ces termes :
“ Nous avons péché, nous avons agi
méchamment. ” (Daniel 9:15). Il n’est
pas non plus préoccupé seulement par
la fin de leurs souffrances. Sa supplique
porte sur la gloire et sur l’honneur de
Jéhovah. En pardonnant aux Juifs et en
les rétablissant dans leur pays, Dieu
tiendrait la promesse qu’il avait faite par
l’intermédiaire de Jérémie et sanctifierait
Son saint nom.
Daniel supplie : “ Ô Jéhovah, selon tous
tes actes de justice, s’il te plaît, que ta
colère et ta fureur s’en retournent de
dessus ta ville Jérusalem, ta montagne
sainte ; car, à cause de nos péchés et à
cause des fautes de nos ancêtres,
Jérusalem et ton peuple sont un objet
d’opprobre pour tous ceux qui sont
autour de nous. ” — Daniel 9:16.
9
Daniel continue sa prière fervente :
“ Maintenant écoute, ô notre Dieu, la
prière de ton serviteur et ses
supplications, et fais briller ta face sur
ton sanctuaire qui est désolé, par égard
pour Jéhovah. Incline ton oreille, ô mon
Dieu, et entends. Ouvre tes yeux et vois
nos désolations et la ville qui a été
~
appelée de ton nom ; car ce n’est pas
selon nos actes de justice que nous
faisons tomber nos supplications devant
toi, mais selon tes nombreuses
miséricordes. Ô Jéhovah, entends.
Ô Jéhovah, pardonne. Ô Jéhovah, prête
attention et agis. Ne tarde pas, à cause
de toi, ô mon Dieu, car ton nom a été
invoqué sur ta ville et sur ton peuple. ”
(Daniel 9:17-19).
Si Dieu ne pardonnait pas à son peuple
et l’abandonnait à l’exil, s’il laissait sa
ville sainte, Jérusalem, indéfiniment
désolée, les nations le tiendraient-elles
pour le Souverain de l’univers ?
Ne penseraient-elles pas que Jéhovah
était incapable de résister aux dieux
babyloniens ? Le nom de Jéhovah serait
inévitablement sali, perspective qui
peine Daniel.
D’ailleurs, sur les 19 fois où le nom
divin, Jéhovah, figure dans le livre de
Daniel, 18 occurrences se trouvent dans
cette prière !
GABRIEL VIENT RAPIDEMENT
10
Alors que Daniel est toujours en
prière, l’ange Gabriel apparaît.
Il dit : “ Ô Daniel, maintenant je suis sorti
pour te donner de la perspicacité avec
de l’intelligence. Au début de tes
supplications, une parole est sortie, et
moi je suis venu t’informer, parce que
tu es quelqu’un de très désirable.
Prête donc attention à la chose, et
aie de l’intelligence dans la chose vue. ”
Mais pourquoi Daniel l’appelle-t-il
“ l’homme Gabriel ” ? (Daniel 9:20-23.)
Quand Daniel avait cherché à
comprendre sa vision précédente du
bouc et du bélier, “ quelqu’un qui était
semblable d’aspect à un homme
robuste ” était apparu devant lui.
C’était l’ange Gabriel, envoyé pour lui
donner de la perspicacité
(Daniel 8:15-17). >>
~
Pareillement, après la prière de Daniel,
cet ange vint près de lui sous une forme
humaine et lui parla comme un homme
parle à un autre homme.
11
Gabriel arrive “ au moment de
l’offrande du soir ”. L’autel de Jéhovah
avait été détruit avec le temple à
Jérusalem, et les Juifs étaient captifs
des Babyloniens, qui étaient des païens,
si bien qu’ils n’offraient pas de sacrifices
à Dieu à Babylone. Cependant, pour les
Juifs fervents qui vivaient à Babylone,
il était approprié de louer et de supplier
Jéhovah aux moments prescrits pour les
offrandes sous la Loi mosaïque.
Daniel était un homme si attaché à Dieu
qu’il fut qualifié de “ quelqu’un de très
désirable ”. Jéhovah, ‘ qui entend la
prière ’, prenait plaisir en lui, si bien que
Gabriel fut envoyé rapidement pour
répondre à la prière pleine de foi de
Daniel. — Psaume 65:2.
12
Même quand cela avait mis sa vie
en danger, Daniel avait continué de prier
Dieu trois fois par jour (Daniel 6:10, 11).
Il n’est pas étonnant que Jéhovah l’ait
trouvé très désirable ! En plus de prier,
Daniel méditait sur la Parole de Dieu,
ce qui lui permettait de discerner la
volonté divine. Il persévérait dans la
prière et savait comment approcher
Jéhovah de façon à ce qu’il lui réponde.
Il mettait l’accent sur la justice divine
(Daniel 9:7, 14, 16). Et ses ennemis
avaient beau ne trouver aucune faille en
lui, Daniel savait qu’il était un pécheur
aux yeux de Dieu et il confessait
volontiers son péché. —
Daniel 6:4 ; Romains 3:23.
“ SOIXANTE-DIX SEMAINES ”
POUR SUPPRIMER LE PÉCHÉ
13
Quelle réponse Daniel reçoit à sa
prière ! Non seulement Jéhovah l’assure
que les Juifs seront rétablis dans leur
pays, mais encore il lui donne de la
perspicacité dans une question qui est
bien plus importante : l’apparition du
Messie prédit (Genèse 22:17, 18 ;
Isaïe 9:6, 7). Gabriel dit à Daniel :
“ Soixante-dix semaines ont été
déterminées sur ton peuple et sur ta ville
sainte, afin de mettre un terme à la
transgression, et de supprimer le péché,
et de faire propitiation pour la faute, et
d’amener la justice pour des temps
indéfinis, et d’apposer un sceau sur
vision et prophète, et d’oindre le Saint
des Saints. Il faut que tu saches et
que tu sois perspicace : depuis la sortie
de la parole pour rétablir et pour rebâtir
Jérusalem jusqu’à Messie le Guide,
il y aura sept semaines, également
soixante-deux semaines. Elle reviendra
et sera bel et bien rebâtie, avec place
publique et fossé, mais dans la détresse
des temps. ” — Daniel 9:24, 25.
14
N’était-ce pas une excellente
nouvelle ? Non seulement Jérusalem
serait rebâtie et le culte serait restauré
dans un nouveau temple, mais encore
“ Messie le Guide ” apparaîtrait à un
moment précis.
Ces événements se produiraient en
l’espace de “ soixante-dix semaines ”.
Étant donné que Gabriel ne parle pas
de jours, il n’est pas question de
semaines de sept jours chacune,
dont le total correspondrait à 490 jours,
soit simplement à un an et un tiers.
La reconstruction prédite de Jérusalem
“ avec place publique et fossé ” prit bien
plus de temps que cela. Les semaines
sont des semaines d’années. Un certain
nombre de versions modernes émettent
l’idée que chaque semaine dure sept
ans. Par exemple, le sens de “ semaines
d’années ” est indiqué dans une note sur
Daniel 9:24 dans la Bible du Rabbinat
français. On lit dans La Bible, par Pierre
de Beaumont : “ Soixante-dix semaines
d’années sont fixées à ton peuple et >>
à ta ville sainte. ” D’autres versions,
comme la Bible de Jérusalem et la Bible
de la Pléiade, confirment cette leçon en
note.
15
D’après les paroles de l’ange, les
“ soixante-dix semaines ” seraient
divisées en trois périodes :
1) “ sept semaines ”,
2) “ soixante-deux semaines ” et
3) une semaine,
autrement dit 49 ans, 434 ans et 7 ans,
soit au total 490 ans.
Notons avec intérêt que la Bible en
français courant met : “ Une période de
soixante-dix fois sept ans a été fixée
pour ton peuple et pour la ville sainte où
tu habites. ” Après avoir été exilés et
avoir souffert à Babylone pendant
70 ans, les Juifs bénéficieraient d’une
faveur spéciale de la part de Dieu
pendant 490 ans, ou 70 ans multipliés
par 7. Le point de départ de cette
période serait “ la sortie de la parole
pour rétablir et pour rebâtir Jérusalem ”.
Quand la sortie de la parole en question
aurait-elle lieu ?
LES “ SOIXANTE-DIX SEMAINES ”
COMMENCENT
16
Trois événements notables
méritent considération en rapport avec
le commencement des “ soixante-dix
semaines ”. Le premier survint en 537
avant notre ère, quand Cyrus émit son
décret qui rendait les Juifs à leur pays.
On y lit : “ Voici ce qu’a dit Cyrus le roi
de Perse : ‘ Tous les royaumes de la
terre, Jéhovah le Dieu des cieux me les
a donnés, et lui-même m’a chargé de lui
bâtir une maison à Jérusalem, qui est en
Juda. Quiconque parmi vous est de tout
son peuple — que son Dieu soit avec
lui. Qu’il monte donc à Jérusalem, qui
est en Juda, et qu’il rebâtisse la maison
de Jéhovah le Dieu d’Israël — c’est le
vrai Dieu —, laquelle était à Jérusalem.
Quant à quiconque est resté de ce
peuple — de tous les lieux où il réside
comme étranger —, que les hommes
de son lieu lui viennent en aide par de
l’argent, de l’or, des biens et des
animaux domestiques, avec l’offrande
volontaire, pour la maison du vrai Dieu
qui était à Jérusalem. ’ ” (Ezra 1:2-4).
Il est clair que ce décret visait
expressément la reconstruction du
temple, “ la maison de Jéhovah ”,
sur son ancien emplacement.
17
Le deuxième événement survint
dans la septième année du règne
d’Artaxerxès (Artaxerxès Longue-Main,
fils de Xerxès Ier
), roi de Perse. >>
À cette époque, Ezra le copiste se rendit
de Babylone à Jérusalem, ce qui
demandait un voyage de quatre mois.
Il était porteur d’une lettre du roi, une
lettre qui était spéciale, mais qui
n’autorisait pas la reconstruction de
Jérusalem.
La mission d’Ezra consistait seulement à
“ embellir la maison de Jéhovah ”. C’est
pourquoi la lettre parlait d’or et d’argent,
de récipients sacrés et de contributions
sous forme de blé, de vin, d’huile et de
sel destinés au culte rendu au temple,
ainsi que de l’exemption d’impôts pour
ceux qui y servaient. — Ezra 7:6-27.
[Schéma/Illustrations, pages 188, 189]
(Voir la publication)
“ SOIXANTE-DIX SEMAINES ”
455 av. n. è …………….406 av. n. è. …………..…….. 29 de n. è………...……33 de n. è……..….36 de n. è.
“ La parole………..……Jérusalem …………….…….. Messie………………….Messie……………Fin des “soixante-dix
pour……………………..rebâtie ………………………. apparaît…………………retranché……..…semaines ”
rétablir
[...]
Jérusalem. ”
……………7 semaines…………………62 semaines ……………………1 semaine
………………49 ans……………….………434 ans …………….……………7 ans
18
Le troisième événement eut lieu
13 ans plus tard, dans la 20e
année
d’Artaxerxès, roi de Perse.
Nehémia était alors son échanson à
“ Suse le château ”. Jérusalem avait été
rebâtie dans une certaine mesure par le
reste qui était revenu de Babylone.
Mais tout n’allait pas pour le mieux.
Nehémia apprit que ‘ la muraille de
Jérusalem était démolie et que ses
portes avaient été brûlées par le feu ’.
Cela le contraria beaucoup et le rendit
mélancolique.
Interrogé sur les raisons de sa tristesse,
Nehémia répondit : “ Que le roi vive pour
des temps indéfinis ! Pourquoi mon
visage ne deviendrait-il pas triste quand
…………………………………………...
la ville, la maison des tombes de mes
ancêtres, est dévastée et que ses portes
ont été dévorées par le feu ? ” —
Nehémia 1:1-3 ; 2:1-3.
19
Le récit concernant Nehémia se
poursuit ainsi : “ Alors le roi me dit :
‘ Que cherches-tu donc à obtenir ? ’
Aussitôt je priai le Dieu des cieux. Puis
je dis au roi : ‘ Si vraiment cela paraît
bon au roi, et si ton serviteur paraît bon
devant toi, je demande que tu m’envoies
vers Juda, vers la ville des tombes de
mes ancêtres, pour que je la
rebâtisse. ’ ” Cette proposition plut à
Artaxerxès, qui accéda aussi à la
requête suivante de Nehémia : “ Si
vraiment cela paraît bon au roi,
~
qu’on me donne des lettres pour les
gouverneurs d’au-delà du Fleuve
[l’Euphrate], afin qu’ils me laissent
passer jusqu’à ce que j’arrive en Juda,
et aussi une lettre pour Asaph le gardien
du parc qui appartient au roi, afin qu’il
me donne des arbres pour construire
avec du bois les portes du Château
qui appartient à la maison, et pour la
muraille de la ville, ainsi que pour la
maison où j’entrerai. ” Nehémia reconnut
par les paroles suivantes le rôle que
Jéhovah joua dans cette affaire :
“ Alors le roi me donna ces lettres, selon
la bonne main de mon Dieu qui était sur
moi. ” — Nehémia 2:4-8.
20
Bien que l’autorisation ait été
accordée au mois de Nisan, durant
la première partie de la 20e
année
du règne d’Artaxerxès, “ la sortie de
la parole pour rétablir et pour rebâtir
Jérusalem ” ne prit effet que des mois
plus tard, lorsque Nehémia arriva à
Jérusalem et entama son travail de
restauration. Le voyage d’Ezra avait
nécessité quatre mois, mais Suse se
trouvait à plus de 320 kilomètres à l’est
de Babylone, donc encore plus loin de
Jérusalem. Par conséquent, Nehémia
arriva à Jérusalem très probablement
vers la fin de la 20e
année d’Artaxerxès,
soit en 455 avant notre ère.
C’est alors que les “ soixante-dix
semaines ” prédites, autrement dit les
490 ans, commencèrent.
Elles prendraient fin dans la deuxième
moitié de l’an 36 de notre ère. —
Voir “ Quand le règne d’Artaxerxès
commença-t-il ? ” page 197.
Voir p.83 ci-dessous.
“ MESSIE LE GUIDE ” APPARAÎT
21
Combien d’années s’écoulèrent
avant que Jérusalem ne soit vraiment
rebâtie ? >>
~
La restauration de la ville devait
s’effectuer “ dans la détresse des
temps ” en raison des difficultés que
connaîtraient les Juifs entre eux et de
l’opposition que leur feraient subir les
Samaritains et d’autres. Le travail fut
sans doute terminé dans une mesure
suffisante vers 406 avant notre ère, soit
en l’espace des “ sept semaines ” ou
49 ans (Daniel 9:25). Suivrait une
période de 62 semaines, ou 434 ans.
Après cette période, le Messie promis
de longue date apparaîtrait.
En comptant 483 ans (49 plus 434) à
partir de 455 avant notre ère, on arrive
à 29 de notre ère.
Que se passa-t-il à ce moment-là ?
Luc, rédacteur d’un Évangile, répond :
“ Dans la quinzième année du règne de
Tibère César, alors que Ponce Pilate
était gouverneur de Judée, et qu’Hérode
était chef de district de Galilée, [...] la
déclaration de Dieu vint à Jean le fils de
Zekaria dans le désert. Il vint alors dans
tout le pays des environs du Jourdain,
prêchant un baptême symbole de
repentance pour le pardon des péchés. ”
À cette époque, “ le peuple était dans
l’attente ” du Messie. — Luc 3:1-3, 15.
22
Jean n’était pas le Messie promis.
Mais il déclara au sujet de ce qu’il vit
lors du baptême de Jésus de Nazareth,
à l’automne de l’an 29 de notre ère :
“ J’ai vu l’esprit descendre du ciel
comme une colombe, et il est demeuré
sur lui. Moi non plus je ne le connaissais
pas, mais Celui-là même qui m’a envoyé
baptiser dans l’eau m’a dit :
‘ Quel que soit celui sur qui tu verras
l’esprit descendre et demeurer, c’est
celui-là qui baptise dans de l’esprit
saint. ’ Et j’ai vu cela, et j’ai témoigné
que celui-ci est le Fils de Dieu. ”
(Jean 1:32-34).
À son baptême, Jésus devint l’Oint, le
Messie ou Christ.
Peu après, André, un disciple de Jean,
rencontra Jésus, qui était oint, puis dit
à Simon Pierre : “ Nous avons trouvé le
Messie. ” (Jean 1:41). “ Messie le
Guide ” apparut donc exactement au
moment prévu, à la fin des 69 semaines.
LES ÉVÉNEMENTS
DE LA DERNIÈRE SEMAINE
23
Que devait-il se passer au cours
de la 70e
semaine ? Gabriel dit que la
période de “ soixante-dix semaines ”
avait été déterminée “ afin de mettre
un terme à la transgression, et de
supprimer le péché, et de faire
propitiation pour la faute, et d’amener
la justice pour des temps indéfinis, et
d’apposer un sceau sur vision et
prophète, et d’oindre le Saint des
Saints ”.
Pour atteindre cet objectif, il fallait que
“ Messie le Guide ” meure.
À quel moment ? Gabriel déclara :
“ Après les soixante-deux semaines,
Messie sera retranché, avec rien pour
lui-même. [...] Et il devra garder l’alliance
en vigueur pour la multitude pendant
une semaine ; et à la moitié de la
semaine il fera cesser sacrifice et
offrande. ” (Daniel 9:26a, 27a).
Le moment critique aurait lieu “ à la
moitié de la semaine ”, c’est-à-dire au
milieu de la dernière semaine d’années.
24
Le ministère public de Jésus Christ
commença dans la deuxième moitié de
l’an 29 de notre ère et dura trois ans et
demi. Conformément à la prophétie,
Christ fut “ retranché ” au début de
l’an 33 : il mourut sur un poteau de
supplice, donnant sa vie humaine en
rançon pour l’humanité (Isaïe 53:8 ;
Matthieu 20:28). Une fois que Jésus,
ressuscité, eut présenté à Dieu, au ciel,
la valeur de sa vie humaine offerte en
sacrifice, les sacrifices d’animaux et les
offrandes prescrits par la Loi ne furent >
plus nécessaires. Bien que les prêtres
juifs aient continué à offrir des sacrifices
au temple de Jérusalem jusqu’à sa
destruction en 70 de notre ère, Dieu
ne considéra plus ces sacrifices comme
recevables. Ils avaient été remplacés
par un sacrifice meilleur, un sacrifice qui
n’aurait jamais besoin d’être renouvelé.
L’apôtre Paul écrivit : “ [Christ] a offert
un seul sacrifice pour les péchés à
perpétuité [...]. Car c’est par une seule
offrande sacrificielle qu’il a rendu
parfaits à perpétuité ceux qui sont en
train d’être sanctifiés. ” —
Hébreux 10:12, 14.
25
Même si le péché et la mort
continuèrent d’affliger l’humanité,
le retranchement de Jésus et sa
résurrection pour la vie céleste
réalisèrent les prophéties.
Cela ‘ mit un terme à la transgression,
supprima le péché, fit propitiation pour
la faute, et amena la justice ’. Dieu avait
ôté l’alliance de la Loi, qui avait rendu
manifeste que les Juifs étaient des
pécheurs et qui les avait condamnés
comme tels (Romains 5:12, 19, 20 ;
Galates 3:13, 19 ; Éphésiens 2:15 ;
Colossiens 2:13, 14). Désormais, les
péchés des transgresseurs repentants
pouvaient être effacés et les peines
encourues à cause de ces péchés
pouvaient être remises.
Grâce au sacrifice propitiatoire du
Messie, la réconciliation avec Dieu était
possible pour ceux qui exerceraient la
foi. Ils pouvaient espérer recevoir de
Dieu le don qu’est “ la vie éternelle par
Christ Jésus ”. — Romains 3:21-26 ;
6:22, 23 ; 1 Jean 2:1, 2.
26
C’est ainsi que Jéhovah ôta
l’alliance de la Loi par le moyen de la
mort de Christ en 33 de notre ère.
Dès lors, en quel sens pouvait-on dire
que le Messie ‘ devrait garder l’alliance
~
en vigueur pour la multitude pendant
une semaine ’ ? En ce sens qu’il garda
l’alliance abrahamique en vigueur.
Jusqu’à la fin de la 70e
semaine, Dieu
accorda les bénédictions qui découlaient
de cette alliance aux descendants
hébreux d’Abraham. Mais à la fin des
“ soixante-dix semaines ” d’années, en
36, l’apôtre Pierre prêcha à Corneille,
un Italien fervent, à sa maisonnée et à
d’autres Gentils. Et à partir de ce jour-là,
la bonne nouvelle fut annoncée parmi
les gens des nations. — Actes 3:25, 26 ;
10:1-48 ; Galates 3:8, 9, 14.
27
La prophétie prédisait également
l’onction du “ Saint des Saints ”. Il n’est
pas question d’onction du Très-Saint,
le compartiment le plus retiré du temple
de Jérusalem. L’expression “ Saint des
Saints ” se rapporte ici au sanctuaire
céleste de Dieu. C’est là que Jésus
présenta la valeur de son sacrifice
humain à son Père. Le baptême de
Jésus, en 29 de notre ère, avait oint,
ou mis à part, la réalité céleste,
spirituelle, représentée sur la terre par le
Très-Saint du tabernacle et plus tard du
temple. — Hébreux 9:11, 12.
DIEU CONFIRME LA PROPHÉTIE
28
La prophétie messianique énoncée
par l’ange Gabriel parlait encore
“ d’apposer un sceau sur vision et
prophète ”.
Cela signifiait que tout ce qui était prédit
au sujet du Messie (tout ce qu’il
accomplit au moyen de son sacrifice, de
sa résurrection et de sa parution au ciel,
ainsi que les autres choses qui se
produisirent au cours de la 70e
semaine)
serait frappé du sceau de l’approbation
divine, se révélerait véridique et serait
digne de foi. La vision serait scellée,
s’appliquerait exclusivement au Messie.
Elle trouverait sa réalisation en sa
personne et dans l’œuvre que Dieu >>
effectuerait par son intermédiaire.
On ne pourrait trouver la bonne
interprétation de la vision qu’en rapport
avec le Messie prédit. Rien d’autre ne
viendrait en desceller la signification.
29
Gabriel avait annoncé
précédemment que Jérusalem serait
rebâtie. Il prédit maintenant la
destruction de la ville rebâtie et de son
temple, en ces termes : “ La ville et
le lieu saint, le peuple d’un guide qui
vient les ravagera. Et la fin de cela sera
par l’inondation. Et jusqu’à la fin il y aura
guerre ; ce qui est décidé, ce sont des
désolations. [...] Et sur l’aile des choses
immondes il y aura celui qui cause la
désolation ; et jusqu’à une
extermination, la chose décidée se
déversera aussi sur celui qui est en
désolation. ” (Daniel 9:26b, 27b).
Certes, cette désolation surviendrait
après les “ soixante-dix semaines ” ;
néanmoins, elle serait une conséquence
directe des événements survenus
pendant la dernière “ semaine ”, durant
laquelle les Juifs rejetèrent le Christ et le
firent mettre à mort. —
Matthieu 23:37, 38.
30
L’Histoire montre qu’en 66 de notre
ère les légions romaines commandées
par Cestius Gallus, gouverneur de Syrie,
entourèrent Jérusalem.
Malgré la résistance juive, les armées
de Rome qui portaient leurs enseignes,
leurs étendards idolâtriques, pénétrèrent
dans la ville et commencèrent à saper
le mur nord du temple.
Leur présence en ce lieu faisait d’elles
une “ chose immonde ” capable de
causer une désolation complète
(Matthieu 24:15, 16).
En 70, les Romains menés par le
général Titus vinrent comme une
“ inondation ” et dévastèrent la ville et
son temple.
Rien ne les arrêta, car cela avait été
décrété (“ décidé ”) par Dieu. >>
~
Le Maître du temps, Jéhovah, avait une
nouvelle fois accompli sa parole !
[Encadré/Illustration, page 197]
Quand le règne d’Artaxerxès commença-t-il ?
Les historiens ne s’accordent pas sur l’année où le roi de Perse Artaxerxès commença son règne. Certains situent son
année d’accession en 465 avant notre ère du fait que son père, Xerxès, commença à régner en 486 et mourut dans sa 21
e
année de
règne. Cependant, tout porte à croire qu’Artaxerxès monta sur le trône en 475 et que sa première année de règne débuta en 474.
Des inscriptions et des sculptures mises au jour à Persépolis, capitale de la Perse antique, indiquent que Xerxès et son
père, Darius I
er
, régnèrent simultanément. Si cette situation dura 10 ans et si Xerxès régna seul pendant 11 ans après la mort de
Darius en 486, la première année de règne d’Artaxerxès fut 474.
Un deuxième indice a trait au général athénien Thémistocle, qui vainquit l’armée de Xerxès en 480 avant notre ère. Il
perdit par la suite la faveur du peuple grec et fut accusé de trahison. Thémistocle s’enfuit et chercha refuge à la cour perse, où il
reçut un bon accueil. D’après l’historien grec Thucydide, cela eut lieu alors qu’Artaxerxès “ régnait depuis peu ”. L’historien grec
Diodore de Sicile situe la mort de Thémistocle en 471. Puisque Thémistocle demanda un an pour apprendre le perse avant de se
présenter devant le roi Artaxerxès, il dut arriver en Asie Mineure au plus tard en 473.
Cette date est appuyée par la Chronique d’Eusèbe de Jérôme.
Étant donné qu’Artaxerxès “ régnait depuis peu ” quand Thémistocle arriva en Asie en 473, Ernst Hengstenberg, un
bibliste allemand, a déclaré dans son ouvrage intitulé Christologie des Alten Testaments que le règne d’Artaxerxès débuta en 474,
ce qu’affirment du reste d’autres sources encore. Il a ajouté : “ La vingtième année d’Artaxerxès est l’année 455 avant Christ. ”
*** dp chap. 12 p. 198-209 ***
Fortifié par un messager de Dieu
1
Le vif intérêt porté par Daniel
à l’accomplissement du dessein de
Jéhovah fut grandement récompensé.
Daniel reçut la passionnante prophétie
des 70 semaines qui annonçait le
moment où le Messie apparaîtrait.
Il eut également la joie de voir le reste
fidèle de ceux qui formaient son peuple
retourner dans leur pays.
Ce retour s’opéra en 537 avant notre
ère, vers la fin de “ la première année de
Cyrus le roi de Perse ”. — Ezra 1:1-4.
2
Daniel ne fut pas du nombre de
ceux qui rentrèrent au pays de Juda.
Il était sans doute trop âgé pour
effectuer un tel voyage.
De toute façon, Dieu comptait encore
utiliser ses services à Babylone.
Deux années passèrent. Puis le récit
déclare : “ Dans la troisième année de
Cyrus le roi de Perse, une chose fut
révélée à Daniel, qui était appelé du
nom de Beltshatsar ; et la chose >>
était vraie, et il y eut un grand service
militaire. Et il comprit la chose, et il eut
de l’intelligence dans la chose vue. ” —
Daniel 10:1.
3
“ La troisième année de Cyrus ”
tombait en 536/535 avant notre ère.
Plus de 80 années s’étaient écoulées
depuis que Daniel avait été emmené à
Babylone avec les descendants royaux
et des jeunes Judéens d’origine noble
(Daniel 1:3). S’il était un jeune
adolescent à son arrivée à Babylone,
Daniel devait avoir à présent près de
100 ans.
Quel service fidèle il avait à son actif !
4
Ce n’est toutefois pas parce que
Daniel était avancé en âge qu’il n’avait
plus de rôle à tenir au service de
Jéhovah.
Dieu allait par son intermédiaire
proclamer un message prophétique
d’une grande portée. Il s’agirait d’une
prophétie qui toucherait jusqu’à notre
époque et même au-delà.
~
Afin de préparer Daniel à cette nouvelle
tâche, Jéhovah jugea bon de prendre
une mesure en sa faveur, de le fortifier
en vue du service qui l’attendait.
UNE CAUSE D’INQUIÉTUDE
5
Même s’il ne retourna pas au pays
de Juda avec le reste des Juifs,
Daniel suivait de près ce qui se passait
dans son cher pays. Il apprit par des
nouvelles qui lui parvinrent que tout n’y
allait pas pour le mieux.
L’autel avait été rétabli et les fondations
du temple avaient été posées à
Jérusalem (Ezra, chapitre 3). Mais les
nations voisines s’opposaient à la
reconstruction et tramaient le mal contre
les Juifs revenus d’exil (Ezra 4:1-5).
Daniel avait effectivement de quoi
s’inquiéter.
6
Daniel connaissait la prophétie de
Jérémie (Daniel 9:2). Il savait que la
reconstruction du temple de Jérusalem
et le rétablissement du vrai culte avaient
un rapport étroit avec le dessein de
Jéhovah concernant Son peuple, et
que tout cela précéderait l’apparition du
Messie promis. Or, Daniel eut le
privilège immense de recevoir de
Jéhovah la prophétie des “ soixante-dix
semaines ”. Il comprit grâce à elle que le
Messie viendrait 69 “ semaines ” après
la sortie de la parole pour rétablir et pour
rebâtir Jérusalem (Daniel 9:24-27).
Cependant, Jérusalem était dévastée et
la construction du temple n’avançait
pas ; on comprend dès lors que Daniel
pouvait être découragé, abattu,
démoralisé.
7
“ En ces jours-là, moi, Daniel,
je fus dans le deuil pendant trois
semaines entières, rapporte le récit.
Je ne mangeai pas de pain délicat ;
ni viande ni vin n’entrèrent dans ma
bouche, et je ne m’enduisis d’aucune >>
~
huile jusqu’à l’achèvement des trois
semaines entières. ” (Daniel 10:2, 3).
“ Trois semaines entières ”, 21 jours !
Il était inhabituel de mener deuil et de
jeûner aussi longtemps. Apparemment,
cette période prit fin le “ vingt-quatrième
jour du premier mois ”. (Daniel 10:4.)
Daniel avait donc jeûné pendant la
Pâque, qu’on observait le 14e
jour du
premier mois, le mois de Nisan,
ainsi que durant les sept jours suivants,
ceux de la fête des Pains sans levain.
8
Daniel était déjà passé par une
expérience similaire. À l’époque, il se
posait des questions sur la réalisation
de la prophétie de Jéhovah concernant
les 70 ans de désolation de Jérusalem.
Qu’avait-il fait alors ?
“ Je tournai ma face vers Jéhovah le vrai
Dieu, déclara Daniel, afin de le chercher
par la prière et par les supplications, par
le jeûne, une toile de sac et la cendre. ”
Jéhovah avait répondu à sa prière en
envoyant l’ange Gabriel lui porter un
message qui l’avait beaucoup
encouragé (Daniel 9:3, 21, 22).
Jéhovah donnerait-il cette fois encore à
Daniel l’encouragement dont il avait bien
besoin ?
UNE VISION IMPRESSIONNANTE
9
Daniel n’est pas déçu. Il raconte ce
qui arrive ensuite : “ Tandis que je me
trouvais sur le bord du grand fleuve,
c’est-à-dire le Hiddéqel, je levai alors les
yeux et je vis, et voici : un certain
homme vêtu de lin, les hanches ceintes
d’or d’Ouphaz. ” (Daniel 10:4, 5).
Le Hiddéqel était un des quatre fleuves
qui prenaient leur source dans le jardin
d’Éden (Genèse 2:10-14).
En vieux perse, le Hiddéqel s’appelait le
Tigra, d’où vint le nom grec de Tigre.
On appela la région située entre ce
fleuve et l’Euphrate la Mésopotamie,
~
nom qui signifie “ Pays entre les
Fleuves ”. Cela confirme qu’au moment
où il reçut la vision Daniel était toujours
en Babylonie, même s’il n’était peut-être
pas dans la ville de Babylone.
10
Daniel reçut une vision
fantastique ! Incontestablement, ce
n’était pas un homme ordinaire qu’il vit
lorsqu’il leva les yeux. Il en fit cette
description colorée : “ Son corps était
comme de la chrysolithe, son visage
comme l’aspect de l’éclair, ses yeux
comme des torches de feu ; ses bras et
l’endroit de ses pieds étaient comme
l’aspect du cuivre poli, et le bruit de ses
paroles était comme le bruit d’une
foule. ” — Daniel 10:6.
11
Malgré l’éclat de cette vision, les
‘ hommes qui étaient avec moi ne virent
pas l’apparition ’, dit Daniel.
Pour une raison qui n’est pas précisée,
“ un grand tremblement tomba sur eux,
si bien qu’ils s’enfuirent en se cachant ”.
Daniel se retrouva donc seul au bord
du fleuve. La vue de “ cette grande
apparition ” était si bouleversante qu’il
confessa : “ Il ne resta aucune force en
moi, et ma dignité s’altéra sur moi,
jusqu’à suppression, et je ne conservai
aucune force. ” — Daniel 10:7, 8.
12
Observons de plus près ce
messager hors du commun qui effraya
tant Daniel. Il était “ vêtu de lin,
les hanches ceintes d’or d’Ouphaz ”.
Dans l’Israël antique, la ceinture, l’éphod
et le pectoral du grand prêtre, ainsi que
les robes des autres prêtres, étaient en
fin lin retors et étaient ornés d’or
(Exode 28:4-8 ; 39:27-29).
L’habillement du messager reflétait donc
la sainteté et la dignité de sa charge.
13
Daniel était en outre impressionné
par l’aspect du messager : par l’éclat
lumineux de son corps semblable à une
pierre précieuse, par le rayonnement >>
aveuglant de son visage qui brillait, par
le pouvoir de pénétration de ses yeux de
feu et par l’étincellement de ses bras et
de ses pieds puissants.
Même sa voix imposante inspirait la
crainte.
Tous ces détails indiquent qu’il était
supra-humain.
Cet “ homme vêtu de lin ” était
forcément un ange de haut rang, un
ange qui servait en la présence sainte
de Jéhovah, de qui il apportait un
message.
{Note : Bien que le nom de cet ange ne soit pas
précisé, il semble qu’il s’agisse de celui dont la
voix se fit entendre, celui qui dit à Gabriel d’aider
Daniel à comprendre une vision qu’il venait de
voir (comparer Daniel 8:2, 15, 16 avec 12:7, 8).
Par ailleurs, Daniel 10:13 montre que Mikaël,
“ un des principaux princes ”, vint aider cet ange.
Cet ange dont on ignore le nom doit par
conséquent avoir le privilège de collaborer
étroitement avec Gabriel et Mikaël.}
UN “ HOMME TRÈS DÉSIRABLE ”
EST FORTIFIÉ
14
Le message que l’ange de
Jéhovah avait pour Daniel était
important et complexe.
Avant d’être en mesure de le recevoir,
Daniel avait besoin d’aide pour se
remettre de son épuisement et de son
angoisse. Apparemment, l’ange s’en
rendit compte ; il aida donc Daniel avec
amour et l’encouragea. Laissons Daniel
raconter ce qui se produisit.
15
“ Tandis que j’entendais le son
de ses paroles, je dormais alors
profondément sur ma face, avec ma
face contre terre. ”
La peur, l’appréhension, avaient
probablement fait tomber Daniel dans
une sorte de torpeur. Que fit l’ange pour
l’aider ? “ Voyez, dit Daniel : une main
me toucha et finalement me réveilla pour
que je me mette sur mes genoux et sur
les paumes de mes mains. ”
~
De plus, l’ange encouragea le prophète
par ces mots : “ Ô Daniel, homme très
désirable, aie de l’intelligence dans les
paroles que je te dis, et mets-toi debout
à l’endroit où tu te tenais, >>
car maintenant j’ai été envoyé vers toi. ”
Cette main tendue et ces paroles
consolantes redonnèrent vie à Daniel.
Bien que “ frissonnant ”, il ‘ se mit
debout ’. — Daniel 10:9-11.
[Encadré, pages 204, 205]
Anges protecteurs ou chefs démoniaques ?
Les indications que le livre de Daniel donne au sujet des anges sont des plus instructives. Il nous apprend le rôle qu’ils
jouent pour ce qui est de porter la parole de Jéhovah et les efforts qu’ils font pour accomplir les missions qui leur sont confiées.
L’ange de Dieu déclara que, parti parler à Daniel, il fut retenu par “ le prince du royaume de Perse ”. Après avoir lutté avec lui
pendant 21 jours, le messager angélique s’en sortit seulement grâce à l’aide de “ Mikaël, un des principaux princes ”. L’ange dit
aussi qu’il lui faudrait de nouveau combattre cet ennemi, ainsi peut-être que “ le prince de Grèce ”. (Daniel 10:13, 20.) Ce n’était pas
une tâche facile, même pour un ange.
Mais qui étaient ces princes de Perse et de Grèce ?
Tout d’abord, nous notons que Mikaël était appelé “ un des principaux princes ” et “ votre prince ”. Plus tard, Mikaël fut
qualifié de “ grand prince qui se tient là en faveur des fils [du] peuple [de Daniel] ”. (Daniel 10:21 ; 12:1.) Mikaël était par conséquent
l’ange que Jéhovah avait chargé de conduire les Israélites à travers le désert. — Exode 23:20-23 ; 32:34 ; 33:2.
Une déclaration du disciple Jude vient appuyer cette conclusion ; il dit que “ Mikaël l’archange eut un différend avec le
Diable et qu’il discutait au sujet du corps de Moïse ”. (Jude 9.) En raison de sa position, de son pouvoir et de son autorité, Mikaël
était incontestablement “ l’archange ”, c’est-à-dire “ l’ange en chef ” ou “ l’ange principal ”. On le conçoit, cette position élevée ne
peut être attribuée à personne d’autre qu’à Jésus Christ, le Fils de Dieu, avant et après sa vie sur la terre. — 1 Thessaloniciens
4:16 ; Révélation 12:7-9.
Est-ce à dire que Jéhovah a également établi des anges sur les nations, telles que la Perse et la Grèce, afin qu’ils
président à leurs affaires ? Jésus Christ, le Fils de Dieu, a déclaré sans équivoque : “ Le chef du monde [...] n’a aucune prise sur
moi. ” Il a dit aussi : “ Mon royaume ne fait pas partie de ce monde. [...] mon royaume n’est pas d’ici. ” (Jean 14:30 ; 18:36). L’apôtre
Jean a écrit que “ le monde entier se trouve au pouvoir du méchant ”. (1 Jean 5:19.) Il est certain que les nations du monde n’ont
jamais été guidées ni gouvernées par Dieu ou par le Christ et qu’elles ne le sont toujours pas aujourd’hui. Si Jéhovah permet aux
“ autorités supérieures ” d’exister et de diriger les affaires des gouvernements de la terre, pour autant il n’établit pas ses anges au-
dessus d’elles (Romains 13:1-7). Les “ princes ” ou “ chefs ” qui sont à leur tête n’ont pu être placés à cette position que par “ le chef
du monde ”, Satan le Diable. Il s’agit forcément de chefs démoniaques, et non d’anges protecteurs. Il y a donc des forces
démoniaques invisibles, des “ princes ”, derrière les dirigeants visibles, et les conflits entre nations n’impliquent pas que des
humains.
16
L’ange signala qu’il était venu
spécialement pour fortifier Daniel.
“ N’aie pas peur, ô Daniel, dit-il, car
depuis le premier jour où tu as appliqué
ton cœur à comprendre et à t’humilier
devant ton Dieu, tes paroles ont été
entendues, et je suis venu moi-même à
cause de tes paroles. ” L’ange expliqua
ensuite pourquoi il avait mis du temps.
“ Mais le prince du royaume de Perse
s’est tenu là en opposition avec moi
pendant vingt et un jours, et, vois :
Mikaël, un des principaux princes, est
venu à mon aide ; quant à moi, je suis
resté là auprès des rois de Perse. ”
Avec l’aide de Mikaël, l’ange avait réussi
à accomplir sa mission ; il était venu
auprès de Daniel porteur de ce message
des plus urgent : >>
“ Je suis venu pour te faire discerner ce
qui arrivera à ton peuple dans la période
finale des jours, car c’est une vision
encore pour les jours à venir. ” —
Daniel 10:12-14.
17
La perspective de recevoir un
message aussi étonnant aurait dû
aiguillonner Daniel ; mais, au contraire,
les propos qu’il entendit l’abattirent.
On lit dans le récit : “ Or, lorsqu’il parla
avec moi, me disant des paroles comme
celles-ci, j’avais tourné ma face vers la
terre et j’étais devenu muet. ”
Toutefois, le messager angélique était
prêt à l’aider avec amour, une deuxième
fois. Daniel déclara :
“ Voyez : quelqu’un, ayant comme la
ressemblance des fils des humains,
~
touchait mes lèvres ; alors j’ouvris la
bouche, je parlai. ”
{Note : Il se peut bien entendu que ce soit l’ange
qui parlait avec Daniel qui ait touché ses lèvres
et l’ait ranimé ; mais la formulation de ce verset
autorise à penser qu’un autre ange, peut-être
Gabriel, l’ait fait. En tout état de cause, Daniel fut
fortifié par un messager angélique.} —
Daniel 10:15, 16a.
18
Daniel fut fortifié quand l’ange
toucha ses lèvres (voir Isaïe 6:7).
Ayant recouvré la parole, Daniel put
expliquer au messager angélique quelle
difficulté il rencontrait.
Il dit : “ Ô mon seigneur, à cause de
l’apparition, mes convulsions se sont
tournées chez moi, et je n’ai conservé
aucune force. Comment donc le
serviteur de mon seigneur que voici a-t-il
pu parler avec mon seigneur que voici ?
Et quant à moi, jusqu’à présent il ne
s’est trouvé en moi aucune force, et
aucun souffle n’est resté en moi. ” —
Daniel 10:16b, 17.
19
Daniel ne se plaignait pas ni ne
cherchait des excuses. Il exposait
simplement sa situation et l’ange
accepta son explication. C’est pourquoi
le messager angélique aida Daniel une
troisième fois. “ Celui qui était comme
l’aspect d’un homme tiré du sol me
toucha de nouveau et me fortifia ”,
dit le prophète. Après lui avoir donné de
l’énergie en le touchant, le messager lui
adressa ces paroles consolantes :
“ N’aie pas peur, ô homme très
désirable ! Paix à toi. Sois fort, oui sois
fort. ” Apparemment, ce contact
empreint d’amour et ces propos
constructifs étaient exactement ce qu’il
fallait à Daniel. >>
~
~
Quel bien en retira-t-il ?
Daniel déclara : “ Dès qu’il parla avec
moi, je rassemblai mes forces et
finalement je dis : ‘ Que mon seigneur
parle, car tu m’as fortifié. ’ ” Daniel était
maintenant prêt pour une nouvelle
mission difficile. — Daniel 10:18, 19.
20
Après avoir fortifié Daniel et l’avoir
aidé à se remettre mentalement et
physiquement, l’ange répéta le but de sa
mission. Il dit : “ En fait, sais-tu pourquoi
je suis venu vers toi ? Et maintenant,
je retournerai combattre contre le prince
de Perse. Quand je sortirai, vois : le
prince de Grèce vient aussi. Mais je
t’indiquerai les choses qui sont inscrites
dans l’écrit de vérité, et il n’y a personne
qui tienne ferme avec moi dans ces
choses, sinon Mikaël, votre prince. ” —
Daniel 10:20, 21.
21
Quel amour, quelle considération
de la part de Jéhovah ! Il agit toujours
avec ses serviteurs en tenant compte de
leurs capacités et de leurs limites.
D’une part, il leur confie des missions
qui correspondent à ce qu’il les sait
capables d’accomplir, même s’ils ont
parfois le sentiment du contraire.
D’autre part, il est disposé à les écouter
et à leur fournir ce qu’il leur faut pour les
aider à s’acquitter de leurs missions.
Imitons en tout temps notre Père
céleste, Jéhovah : encourageons et
fortifions avec amour nos compagnons
croyants. — Hébreux 10:24.
22
Le message réconfortant de l’ange
a beaucoup encouragé Daniel.
Malgré son âge avancé, il était fortifié et
prêt à recevoir et à consigner d’autres
prophéties remarquables pour notre
profit.
.
.
*** dp chap. 13 p. 211-229 ***
Deux rois en conflit
1
Deux rois rivaux sont enfermés
dans un combat sans merci pour la
suprématie. Au fil des années, ils se
trouvent tantôt l’un tantôt l’autre en
position de force. Parfois un roi domine
tandis que l’autre ne se manifeste plus,
parfois le conflit s’arrête pendant un
temps. Mais une nouvelle bataille
s’engage soudain, et le conflit reprend.
Les protagonistes de cette lutte furent
notamment Séleucus Ier
Nicator, roi de
Syrie, Ptolémée Lagus, roi d’Égypte,
Cléopâtre Ire
, princesse syrienne et
reine d’Égypte, Auguste et Tibère,
empereurs romains, et Zénobie, reine de
Palmyre. Alors que le conflit touche à sa
fin, l’Allemagne nazie, le bloc
communiste, la Puissance mondiale
anglo-américaine, la Société des
Nations et les Nations unies sont
impliqués à leur tour.
La phase finale du conflit sera
inattendue pour toutes ces entités
politiques.
L’ange de Jéhovah confia cette
prophétie captivante au prophète Daniel
il y a quelque 2 500 ans. —
Daniel, chapitre 11.
2
Daniel dut être enthousiasmé
lorsqu’il écouta l’ange lui décrire en
détail la rivalité qui opposerait les deux
rois. Ce tableau est intéressant pour
nous également, dans la mesure où la
lutte pour le pouvoir entre ces deux rois
se poursuit à notre époque.
Après avoir constaté que l’Histoire
atteste la première partie de cette
prophétie, nous sentirons notre foi
fortifiée ; nous serons plus certains
encore de l’accomplissement du dernier
épisode du récit prophétique.
En prêtant attention à cette prophétie,
nous discernerons clairement où >>
nous en sommes dans le cours du
temps. Nous serons en outre davantage
résolus à rester neutres dans le conflit et
nous attendrons patiemment que Dieu
agisse en notre faveur
(Psaume 146:3, 5).
Écoutons donc avec attention ce que
l’ange de Jéhovah dit à Daniel.
CONTRE LE ROYAUME DE GRÈCE
3
“ Quant à moi, déclara l’ange, dans
la première année de Darius le Mède
[539/538 avant notre ère], je me levai en
personne qui fortifie et comme
forteresse pour lui. ” (Daniel 11:1).
Darius n’était plus, mais l’ange indiquait
que son règne était le point de départ du
message prophétique. C’était ce roi qui
avait ordonné qu’on sorte Daniel de la
fosse aux lions. C’était lui également qui
avait décrété que tous ses sujets
devaient craindre le Dieu de Daniel
(Daniel 6:21-27).
Cependant, l’ange se leva pour soutenir,
non pas Darius le Mède, mais son
compagnon Mikaël, le prince du peuple
de Daniel (voir Daniel 10:12-14).
L’ange de Dieu apporta son soutien à
Mikaël alors que ce dernier luttait contre
le démon qui était prince de l’Empire
médo-perse.
4
L’ange de Dieu poursuivit :
“ Vois : il y aura encore trois rois qui se
lèveront pour la Perse, et le quatrième
amassera des richesses plus grandes
que celles de tous les autres. Et dès
qu’il sera devenu fort par ses richesses,
il soulèvera tout contre le royaume de
Grèce. ” (Daniel 11:2).
Qui étaient au juste ces souverains
perses ?
5
Les trois premiers rois furent Cyrus
le Grand, Cambyse II et Darius Ier
(Hystaspe). Étant donné que Bardiya
(ou un usurpateur appelé Gaumata) ne
régna que sept mois, la prophétie ne
prit pas son bref règne en considération.
En 490 avant notre ère, le troisième roi,
Darius Ier
, tenta d’envahir la Grèce pour
la deuxième fois. Cependant, les Perses
furent mis en déroute à Marathon et
battirent en retraite en Asie Mineure.
Darius fit bien des préparatifs minutieux
en vue d’une nouvelle campagne contre
la Grèce, mais il mourut quatre ans plus
tard, avant d’avoir pu l’entreprendre.
Cette campagne revint à son fils et
successeur, le “ quatrième ” roi,
Xerxès Ier
. Il s’agissait du roi Assuérus
qui épousa Esther. —
Esther 1:1 ; 2:15-17.
6
Xerxès Ier
souleva effectivement
“ tout contre le royaume de Grèce ”,
autrement dit l’ensemble des États grecs
indépendants. “ Poussé par des
courtisans ambitieux, dit le livre The
Medes and Persians — Conquerors and
Diplomats, Xerxès lança une attaque par
terre et par mer. ” Hérodote, historien
grec du Ve
siècle avant notre ère, écrit
que “ des expéditions dont nous avons
connaissance, celle-ci fut de beaucoup
la plus importante ”.
D’après son récit, l’effectif de la flotte de
Xerxès était “ au total [de] cinq cent dix-
sept mille six cent dix hommes. Celui de
l’infanterie était de dix-sept cent mille
[1 700 000] hommes ; celui des
cavaliers, de quatre-vingt mille ; et
j’ajouterai à ces derniers, précise
Hérodote, les Arabes qui menaient les
chameaux et les Libyens qui
conduisaient les chars, dont j’estime le
nombre à vingt mille hommes.
Additionnés, les effectifs de la flotte et
de l’armée de terre s’élèvent donc à
deux millions trois cent dix-sept mille six
cent dix hommes ”.
7
Xerxès Ier
n’était pas peu
ambitieux ; il voulait conquérir toute la
Grèce. Aussi mit-il son immense armée
en branle en 480 avant notre ère. >>
Malgré une diversion des Grecs aux
Thermopyles, les Perses ravagèrent
Athènes. À Salamine, toutefois, ils
subirent une défaite terrible.
Les Grecs remportèrent une autre
victoire à Platées, en 479. Aucun des
sept rois qui succédèrent à Xerxès sur le
trône de l’Empire perse au cours des
143 années suivantes ne porta la guerre
en Grèce.
Mais ensuite un roi puissant se leva en
Grèce.
UN GRAND ROYAUME
DIVISÉ EN QUATRE
8
“ À coup sûr un roi fort se lèvera et
dominera avec une domination étendue
et agira selon sa volonté ”, dit l’ange
(Daniel 11:3). À l’âge de 20 ans,
Alexandre ‘ se leva ’ : il devint roi de
Macédoine en 336 avant notre ère.
Il fut effectivement “ un roi fort ” :
Alexandre le Grand. En suivant un plan
dressé par son père, Philippe II, il
s’empara des provinces perses au
Proche-Orient. Ses 47 000 hommes
traversèrent l’Euphrate et le Tigre,
puis dispersèrent les 250 000 soldats de
Darius III à Gaugamèles. Darius s’enfuit
et fut assassiné, ce qui mit fin à la
dynastie perse. La Grèce était
désormais la puissance mondiale, et
Alexandre ‘ domina avec une domination
étendue et agit selon sa volonté ’.
9
Alexandre ne dominerait pas le
monde longtemps ; l’ange de Dieu
ajouta en effet : “ Quand il se sera levé,
son royaume sera brisé et sera divisé
vers les quatre vents des cieux, mais
non pas pour sa postérité et non pas
selon sa domination avec laquelle il
avait dominé ; car son royaume sera
déraciné, oui pour d’autres que ceux-
ci. ” (Daniel 11:4).
~
~
Alexandre n’avait pas encore 33 ans
quand une maladie subite l’emporta ;
c’était à Babylone, en 323 avant notre
ère.
10
Le vaste empire d’Alexandre ne
passa pas à “ sa postérité ”.
Son frère, Philippe III Arrhidée, régna
moins de sept ans et fut supprimé à la
demande d’Olympias, la mère
d’Alexandre, en 317 avant notre ère.
Alexandre IV, fils d’Alexandre, eut le
pouvoir jusqu’en 311, année où il fut tué
par Cassandre, un des généraux de son
père. Héraclès, fils illégitime
d’Alexandre, voulut régner au nom de
son père, mais fut assassiné en 309.
Avec sa mort s’éteignit la lignée
d’Alexandre, et “ sa domination ”
sortit de sa famille.
11
Après la mort d’Alexandre,
son royaume fut “ divisé vers les quatre
vents ”. Ses nombreux généraux se
querellèrent pour s’approprier des
territoires. Antigonus Ier
, un général
borgne, essaya de s’emparer de tout
l’empire d’Alexandre. Mais il mourut au
cours d’une bataille à Ipsus, en Phrygie.
En l’an 301 avant notre ère, quatre
généraux d’Alexandre étaient au pouvoir
dans le vaste territoire que leur
commandant avait conquis. Cassandre
dominait la Macédoine et la Grèce.
Lysimaque était maître de l’Asie Mineure
et de la Thrace. Séleucus Ier
Nicator
avait obtenu la Mésopotamie et la Syrie.
Et Ptolémée Lagus avait pris l’Égypte et
la Palestine. La parole prophétique était
véridique : l’immense empire
d’Alexandre avait été divisé en quatre
royaumes hellénistiques.
DEUX ROIS RIVAUX
SORTENT DU LOT
12
Quelques années après être
parvenu au pouvoir, Cassandre mourut,
et en 285 avant notre ère Lysimaque >>
prit possession de la partie européenne
de l’Empire grec.
En 281, Lysimaque tomba au combat,
vaincu par Séleucus Ier
Nicator, ce qui
rendit Séleucus maître de la plupart des
territoires d’Asie.
En 276, Antigonus II Gonatas, petit-fils
d’un des généraux d’Alexandre, monta
sur le trône de Macédoine. Par la suite,
la Macédoine passa sous la coupe de
Rome et finit transformée en province
romaine en 146 avant notre ère.
13
Sur quatre, il ne restait plus que
deux royaumes hellénistiques éminents :
celui qui avait à sa tête Séleucus Ier
Nicator et celui que dirigeait Ptolémée
Lagus. Séleucus établit la dynastie des
Séleucides en Syrie. Entre autres villes,
il fonda Antioche, la nouvelle capitale
syrienne, et le port de Séleucie.
Plus tard, l’apôtre Paul enseigna à
Antioche, où les disciples de Jésus
furent pour la première fois appelés
chrétiens (Actes 11:25, 26 ; 13:1-4).
Séleucus fut assassiné en 281, mais sa
dynastie régna jusqu’en 64 avant notre
ère, date à laquelle le général romain
Cnaeus Pompée érigea la Syrie en
province romaine.
14
Des quatre, le royaume
hellénistique qui dura le plus longtemps
fut celui de Ptolémée Lagus, ou
Ptolémée Ier
, qui prit le titre de roi en 305
avant notre ère. La dynastie
ptolémaïque qu’il fonda demeura à la
tête de l’Égypte jusqu’à ce qu’elle tombe
devant Rome en 30 avant notre ère.
15
Ainsi, parmi les quatre royaumes
hellénistiques, deux rois forts sortirent
du lot : Séleucus Ier
Nicator en Syrie et
Ptolémée Ier
en Égypte. C’est avec ces
deux rois que commença la longue lutte
entre “ le roi du Nord ” et “ le roi du Sud ”
décrite en Daniel chapitre 11. L’ange de
Jéhovah ne précisa pas les noms de ces
deux rois, car leur identité et leur
nationalité changeraient au cours des
siècles.
L’ange ne s’embarrassa pas de détails
inutiles ; il ne mentionna que les
souverains et les événements
déterminants dans le conflit.
LE CONFLIT COMMENCE
16
Écoutez ! L’ange de Jéhovah
raconte le départ de ce conflit plein de
rebondissements : “ Le roi du Sud
deviendra fort, oui un de ses princes
[d’Alexandre] ; et il [le roi du Nord]
l’emportera sur lui et à coup sûr
dominera avec une domination étendue,
plus grande que le pouvoir souverain de
celui-là. ” (Daniel 11:5). Les expressions
“ le roi du Nord ” et “ le roi du Sud ”
désignent des rois au nord et au sud du
peuple de Daniel, qui était alors libéré
de la captivité à Babylone et rétabli dans
le pays de Juda. Le premier “ roi du
Sud ” fut Ptolémée Ier
d’Égypte.
Un des généraux d’Alexandre qui
prévalut contre Ptolémée Ier
et qui
domina “ avec une domination étendue ”
fut le roi de Syrie Séleucus Ier
Nicator.
Il tint le rôle de “ roi du Nord ”.
17
Au début du conflit, le pays de
Juda se trouvait sous la domination du
roi du Sud. À partir de 320 avant notre
ère environ, Ptolémée Ier
encouragea les
Juifs à venir en Égypte en qualité de
colons. Une colonie juive prospéra à
Alexandrie, où Ptolémée Ier
fonda une
bibliothèque célèbre. Les Juifs de Juda
demeurèrent sous la coupe de l’Égypte
ptolémaïque, le roi du Sud, jusqu’en 198
avant notre ère.
18
À propos des deux rois, l’ange
prophétisa : “ Au bout de quelques
années ils s’allieront ensemble, et la fille
du roi du Sud viendra vers le roi du Nord
pour faire un accord équitable. >>
~
Mais elle ne conservera pas la force de
son bras ; et il ne tiendra pas, non plus
que son bras ; et elle sera livrée, elle et
ceux qui l’ont amenée, ainsi que celui
qui l’a engendrée, et celui qui la rendait
forte en ces temps-là. ” (Daniel 11:6).
Comment ces paroles se réalisèrent-
elles ?
19
La prophétie ne prit pas en compte
Antiochus Ier
, fils et successeur de
Séleucus Ier
Nicator, du fait qu’il ne
mena pas de guerre décisive contre
le roi du Sud. En revanche, son
successeur, Antiochus II, fit une longue
guerre à Ptolémée II, le fils de
Ptolémée Ier
. Antiochus II et Ptolémée II
constituèrent respectivement le roi du
Nord et le roi du Sud. Antiochus II était
marié à Laodice, et ils eurent un fils
appelé Séleucus II ; Ptolémée II, quant
à lui, avait une fille nommée Bérénice.
En 250 avant notre ère, ces deux rois
conclurent “ un accord équitable ”.
Pour payer le prix de cette alliance,
Antiochus II divorça d’avec sa femme,
Laodice, et épousa Bérénice, “ la fille du
roi du Sud ”. De Bérénice, il eut un fils
qui devint l’héritier du trône de Syrie à la
place des fils de Laodice.
20
Le “ bras ” de Bérénice, c’est-à-
dire le pouvoir qui la soutenait, était son
père, Ptolémée II. Quand il mourut en
246 avant notre ère, elle ne “ conserva
pas la force de son bras ” auprès de son
mari. En effet, Antiochus II la rejeta, se
remaria avec Laodice et désigna leur fils
comme successeur. Conformément au
plan de Laodice, Bérénice et son fils
furent assassinés. Les serviteurs qui
avaient accompagné Bérénice d’Égypte
en Syrie, “ ceux qui l’ont amenée ”,
subirent sans doute le même sort.
Laodice empoisonna même Antiochus II,
si bien que “ son bras ”, son pouvoir,
aussi ‘ ne tint pas ’. Ainsi, le père de
Bérénice (“ celui qui l’a engendrée ”) et
son mari syrien (qui l’avait pendant un
temps rendue “ forte ”) moururent tous
deux. Et Séleucus II, le fils de Laodice,
se retrouva roi de Syrie. Quelle serait la
réaction du roi ptolémaïque suivant ?
UN ROI VENGE LE MEURTRE
DE SA SŒUR
21
“ À coup sûr quelqu’un du rejeton
de ses racines se lèvera dans sa
position, déclara l’ange, et il viendra vers
les forces militaires et viendra contre la
forteresse du roi du Nord ; oui, il agira
contre eux et il l’emportera. ”
(Daniel 11:7).
Le “ quelqu’un du rejeton ” des parents
de Bérénice, les “ racines ”, était son
frère. À la mort de son père, il ‘ se leva ’
en qualité de roi du Sud : il fut le
pharaon Ptolémée III.
En premier lieu, il entreprit de venger le
meurtre de sa sœur. En marchant contre
le roi de Syrie Séleucus II, dont Laodice
s’était servi pour assassiner Bérénice et
son fils, il vint contre “ la forteresse du
roi du Nord ”. Ptolémée III prit la partie
fortifiée d’Antioche et blessa
mortellement Laodice.
Il traversa le domaine du roi du Nord en
direction de l’est, pilla la Babylonie et
poursuivit sa marche jusqu’en Inde.
22
Que se passa-t-il ensuite ?
L’ange de Dieu nous dit : “ Et aussi avec
leurs dieux, avec leurs images en métal
fondu, avec leurs objets désirables
d’argent et d’or, et avec les captifs
il viendra en Égypte. Et lui, pendant
quelques années, se tiendra à distance
du roi du Nord. ” (Daniel 11:8).
Plus de deux siècles auparavant, le roi
de Perse Cambyse II avait conquis
l’Égypte et avait emporté chez lui les
dieux égyptiens, “ leurs images en métal
fondu ”. Lorsqu’il pilla Suse, ancienne
capitale royale de la Perse, Ptolémée III
…………………………………………...
reprit ces dieux et les emmena “ captifs ”
en Égypte. Il rapporta également un
butin considérable, de nombreux “ objets
désirables d’argent et d’or ”.
Mais Ptolémée III dut mater une révolte
dans son pays ; aussi ‘ se tint-il à
distance du roi du Nord ’ : il ne lui fit plus
de mal.
LE ROI DE SYRIE SE VENGE
23
Comment le roi du Nord réagit-il ?
Daniel entendit : “ Il viendra réellement
dans le royaume du roi du Sud et
retournera vers son sol. ” (Daniel 11:9).
Le roi du Nord (le roi de Syrie
Séleucus II) riposta. Il pénétra dans
“ le royaume ” du roi du Sud, le roi
d’Égypte, mais subit une défaite.
Avec seulement un petit groupe de
soldats rescapés, Séleucus II ‘ retourna
vers son sol ’ : il battit en retraite à
Antioche, capitale de la Syrie, vers 242
avant notre ère. À sa mort, son fils
Séleucus III lui succéda.
24
Qu’était-il prédit au sujet de la
descendance du roi de Syrie
Séleucus II ? L’ange dit à Daniel :
“ Or, quant à ses fils, ils s’exciteront et
réuniront vraiment une foule de forces
militaires nombreuses. Et venant il
viendra à coup sûr et inondera et
passera. Mais il retournera, et il
s’excitera jusqu’à sa forteresse. ”
(Daniel 11:10).
Un assassinat abrégea le règne de
Séleucus III : il n’avait même pas duré
trois ans. Son frère, Antiochus III,
lui succéda sur le trône de Syrie.
Ce fils de Séleucus II rassembla une
armée nombreuse pour attaquer le roi
du Sud, qui était alors Ptolémée IV.
Le nouveau roi du Nord, le roi de Syrie,
battit l’Égypte et reprit le port de
Séleucie, la province de Cœlésyrie,
les villes de Tyr et de Ptolémaïs ainsi
que les villes voisines. Il mit en déroute
l’armée du roi Ptolémée IV et s’empara
de nombreuses villes de Juda.
Au printemps 217 avant notre ère,
Antiochus III quitta Ptolémaïs et se
rendit au nord, “ jusqu’à sa forteresse ”
en Syrie.
Mais un changement pointait à l’horizon.
LE VENT TOURNE
25
Comme Daniel, nous écoutons
attentivement la prédiction suivante de
l’ange de Jéhovah : “ Le roi du Sud
s’exaspérera, oui il sortira et combattra
contre lui, c’est-à-dire contre le roi du
Nord ; et à coup sûr il fera se lever une
foule nombreuse, et la foule sera
vraiment livrée en la main de celui-là. ”
(Daniel 11:11). Avec 75 000 soldats, le
roi du Sud, Ptolémée IV, monta au nord
contre l’ennemi. Le roi du Nord, le
Syrien Antiochus III, avait réuni “ une
foule nombreuse ” de 68 000 hommes
pour se lever contre lui. Mais “ la foule ”
fut “ livrée en la main ” du roi du Sud
dans la bataille qui eut lieu près de la
ville côtière de Raphia, non loin de la
frontière égyptienne.
26
La prophétie se poursuit ainsi :
“ Oui, la foule sera emportée.
Son cœur s’élèvera, et vraiment il fera
tomber des dizaines de milliers ; mais il
n’exploitera pas sa position de force. ”
(Daniel 11:12). Ptolémée IV, le roi du
Sud, ‘ emporta ’ dans la mort
10 000 fantassins et 300 cavaliers
syriens, et il fit 4 000 prisonniers.
Les rois conclurent alors un traité aux
termes duquel Antiochus III gardait son
port syrien de Séleucie, mais perdait la
Phénicie et la Cœlésyrie. Après cette
victoire, le cœur du roi du Sud égyptien
‘ s’éleva ’, surtout contre Jéhovah.
Juda resta assujetti à Ptolémée IV.
Néanmoins, celui-ci ‘ n’exploita pas sa
position de force ’ : il n’en profita pas
pour remporter d’autres victoires >>
contre le roi du Nord syrien. Il préféra
mener une vie débauchée, et son fils de
cinq ans, Ptolémée V, devint le roi du
Sud suivant, quelques années avant la
mort d’Antiochus III.
CELUI QUI AVAIT ACCOMPLI
DES EXPLOITS REVIENT
27
Antiochus III réalisa tant d’exploits
qu’on l’appela Antiochus le Grand.
L’ange déclara à son sujet :
“ À coup sûr le roi du Nord reviendra et
mettra sur pied une foule plus
nombreuse que la première ; et, au bout
des temps, de quelques années, il
viendra, et cela avec de grandes forces
militaires et beaucoup de biens. ”
(Daniel 11:13). Ces “ temps ” furent les
16 années ou davantage qui suivirent la
défaite infligée aux Syriens par les
Égyptiens à Raphia. Quand le jeune
Ptolémée V devint le roi du Sud,
Antiochus III partit avec “ une foule plus
nombreuse que la première ”
reconquérir les territoires que lui avait
pris le roi du Sud égyptien.
À cette fin, il allia son armée à celle du
roi Philippe V de Macédoine.
28
Le roi du Sud connaissait en outre
des troubles à l’intérieur de son
royaume. “ En ces temps-là, beaucoup
se lèveront contre le roi du Sud ”, révèle
l’ange (Daniel 11:14a).
Effectivement, beaucoup ‘ se levèrent
contre le roi du Sud ’. En plus d’affronter
l’armée d’Antiochus III et de son allié
macédonien, le jeune roi du Sud avait
des soucis dans son pays, en Égypte.
À cause de son tuteur, Agathocle, qui
gouvernait en son nom et traitait les
Égyptiens avec arrogance, beaucoup se
révoltèrent.
L’ange ajouta : “ Et quant aux fils des
bandits appartenant à ton peuple, ils se
laisseront entraîner pour essayer de
réaliser une vision ; et à coup sûr ils
trébucheront. ” (Daniel 11:14b).
Même certains membres du peuple de
Daniel devinrent des ‘ fils de bandits ’,
des révolutionnaires. Mais quelle que
soit la “ vision ” que ces Juifs auraient,
vision qui les inciterait à mettre fin à la
domination des Gentils sur leur pays,
elle serait fausse, et ils échoueraient,
ou ‘ trébucheraient ’.
29
L’ange de Jéhovah prédit ensuite :
“ Le roi du Nord viendra, il élèvera un
rempart de siège et s’emparera bel et
bien d’une ville avec des fortifications.
Et quant aux bras du Sud, ils ne
tiendront pas, non plus que le peuple de
ses gens d’élite ; et il n’y aura pas de
force pour continuer de tenir. Et celui
qui vient contre lui agira selon sa
volonté, et personne ne tiendra devant
lui. Il se tiendra dans le pays de la
Parure, et il y aura l’extermination dans
sa main. ” — Daniel 11:15, 16.
30
Les forces militaires commandées
par Ptolémée V, les “ bras du Sud ”,
succombèrent à une attaque lancée du
nord. À Panéas (Césarée de Philippe),
Antiochus III poussa le général égyptien
Scopas et 10 000 hommes choisis, des
“ gens d’élite ”, à se réfugier dans Sidon,
“ une ville avec des fortifications ”.
Antiochus III y ‘ éleva un rempart de
siège ’ et prit ce port phénicien en 198
avant notre ère. Il agit “ selon sa
volonté ”, car l’armée du roi du Sud
égyptien fut incapable de tenir devant
lui. Antiochus III marcha alors contre
Jérusalem, la capitale du “ pays de la
Parure ”, Juda. En 198, Jérusalem et
Juda passèrent de la domination du roi
du Sud égyptien à celle du roi du Nord
syrien. Et Antiochus III, le roi du Nord,
commença à ‘ se tenir dans le pays de
la Parure ’. Il y eut “ l’extermination dans
sa main ” pour tous les adversaires juifs
et égyptiens. Combien de temps ce roi
du Nord ferait-il ce qui lui plaisait ? 
ROME S’IMPOSE À L’AUTEUR DES
EXPLOITS
31
L’ange de Jéhovah nous donne
cette réponse :
“ Il [le roi du Nord] tournera sa face pour
venir avec la force de tout son royaume,
et il y aura des conditions équitables
avec lui ; et il agira efficacement.
Pour ce qui est de la fille des femmes,
il lui sera accordé de causer sa ruine.
Et elle ne tiendra pas, et elle ne restera
pas sienne. ” — Daniel 11:17.
32
Le roi du Nord, Antiochus III,
‘ tourna sa face ’ pour dominer l’Égypte
“ avec la force de tout son royaume ”.
Mais il finit par proposer “ des conditions
équitables ” de paix avec Ptolémée V,
le roi du Sud. Les exigences de Rome
avaient obligé Antiochus III à changer
ses plans.
Quand le roi Philippe V de Macédoine et
lui s’étaient ligués contre le tout jeune roi
d’Égypte pour s’emparer de ses
territoires, les tuteurs de Ptolémée V
avaient cherché protection auprès de
Rome. Rome saisit cette occasion
d’étendre sa sphère d’influence ;
elle éleva le ton.
33
Mis en demeure par Rome,
Antiochus III proposa des conditions de
paix au roi du Sud. Au lieu de rendre les
territoires qu’il avait conquis, comme
Rome l’exigeait, Antiochus III voulut en
faire un transfert fictif en donnant sa fille
Cléopâtre Ire
(“ la fille des femmes ”)
en mariage à Ptolémée V. Elle recevrait
en dot des provinces, notamment Juda,
“ le pays de la Parure ”. Cependant, lors
du mariage célébré en 193 avant notre
ère, le roi de Syrie ne remit pas ces
provinces à Ptolémée V. Le mariage
était politique ; il avait pour but
d’assujettir l’Égypte à la Syrie.
Mais le projet avorta, car Cléopâtre Ire
‘ ne resta pas sienne ’ : elle prit par la
suite le parti de son mari. Quand la
guerre éclata entre Antiochus III et les
Romains, l’Égypte se rangea du côté de
Rome.
34
L’ange ajouta à propos des revers
du roi du Nord : “ Il [Antiochus III]
tournera sa face vers les pays côtiers et
vraiment il en prendra beaucoup.
Et un commandant [Rome] devra faire
cesser pour lui-même [Rome] l’opprobre
de sa part, de sorte que son opprobre
[celui d’Antiochus III] ne sera pas.
Il [Rome] le fera s’en retourner sur celui-
là. Et il [Antiochus III] tournera sa face
vers les forteresses de son propre pays,
et à coup sûr il trébuchera et tombera, et
il ne sera pas trouvé. ” —
Daniel 11:18, 19.
35
Les “ pays côtiers ” en question
étaient ceux de Macédoine, de Grèce et
d’Asie Mineure. Une guerre éclata en
Grèce en 192 avant notre ère, ce qui
incita Antiochus III à s’y rendre.
Les prétentions du roi de Syrie à de
nouveaux territoires dans ce pays
déplurent à Rome, qui lui déclara la
guerre. Il fut vaincu par les Romains aux
Thermopyles. Environ un an après avoir
perdu la bataille de Magnésie en 190,
il dut tout abandonner en Grèce, en Asie
Mineure et dans les régions situées à
l’ouest des montagnes du Taurus.
Rome exigea un lourd tribut et domina
dès lors le roi du Nord syrien. Chassé de
Grèce, d’Asie Mineure et ayant perdu
presque toute sa flotte, Antiochus III
‘ tourna sa face vers les forteresses de
son propre pays ’, la Syrie. Les Romains
avaient ‘ fait s’en retourner sur celui-là
son opprobre contre eux ’. Antiochus III
mourut alors qu’il essayait de piller un
temple en Élymaïs, une région de Perse,
en 187. C’est ainsi qu’il ‘ tomba ’, mort ;
son fils, Séleucus IV, fut le roi du Nord
suivant. 
LE CONFLIT SE POURSUIT
36
Le roi du Sud, Ptolémée V, essaya
de prendre les provinces qui auraient dû
lui revenir comme dot de Cléopâtre,
mais le poison mit un terme à ses
ambitions. Son successeur fut
Ptolémée VI. Qu’était devenu
Séleucus IV ? Il avait besoin d’argent
pour payer le lourd tribut dû à Rome ;
aussi envoya-t-il Héliodore, son
trésorier, prendre les richesses que le
temple de Jérusalem était censé
contenir. Héliodore, qui convoitait le
trône, supprima Séleucus IV.
Cependant, le roi Eumène de Pergame
et Attale, son frère, installèrent sur le
trône Antiochus IV, le frère du roi
assassiné.
37
Antiochus IV, le nouveau roi du
Nord, voulut se montrer plus fort que
Dieu : il tenta d’éradiquer le culte de
Jéhovah. Il défia Jéhovah en vouant le
temple de Jérusalem à Zeus, ou Jupiter.
En décembre 167 avant notre ère, on
érigea un autel païen par-dessus le
grand autel qui se trouvait dans la cour
du temple et sur lequel était offert
chaque jour un holocauste à Jéhovah.
Dix jours plus tard, on offrit sur cet autel
païen un sacrifice à Zeus.
Cette profanation provoqua un
soulèvement des Juifs sous la conduite
des Maccabées.
Antiochus IV les combattit pendant trois
ans.
En 164, le jour anniversaire de la
profanation, Judas Maccabée redédia le
temple à Jéhovah et institua la fête de
l’Inauguration, Hanoukka. —
Jean 10:22.
38
Les Maccabées signèrent
probablement un traité avec Rome en
161 avant notre ère et fondèrent un
royaume en 104. Mais les frictions entre
eux et le roi du Nord syrien continuèrent.
Finalement, il fut demandé à Rome
d’intervenir. Le général romain Cnaeus
Pompée prit Jérusalem en 63 avant
notre ère, après un siège de trois mois.>
~
~
En 39 avant notre ère, le sénat romain
nomma Hérode, un Édomite, roi de
Judée. Ce dernier mit fin à la domination
maccabéenne en prenant Jérusalem
en 37
[Tableau/Illustrations, page 228]
(Voir la publication)
LES ROIS EN DANIEL 11:5-19
…………………………….Le roi du Nord…………………Le roi du Sud
Daniel 11:5……………….Séleucus I
er
Nicator……………Ptolémée I
er
Daniel 11:6……………….Antiochus II……………………..Ptolémée II
…………………………….(femme : Laodice)………………(fille : Bérénice)
Daniel 11:7-9……………...Séleucus II………………….…..Ptolémée III
Daniel 11:10-12…………...Antiochus III……………………Ptolémée IV
Daniel 11:13-19…………..Antiochus III…………………….Ptolémée V
………………………….(fille : Cléopâtre I
re
)..Successeur : Ptolémée VI
…………..Successeurs : Séleucus IV et Antiochus IV
39
N’est-il pas exaltant de constater
que la première partie de la prophétie
relative aux deux rois en conflit se
réalisa en détail ?
N’est-il pas passionnant de plonger ses
regards dans l’Histoire qui se déroula
quelque cinq siècles après que Daniel
eut reçu le message prophétique, et de
reconnaître les souverains qui >>
~
~
occupèrent les positions de roi du Nord
et de roi du Sud ? Cependant, l’identité
politique de ces deux rois a changé au
cours de la lutte qui s’est poursuivie
jusqu’à l’époque où Jésus Christ a foulé
la terre et qui se poursuit encore de nos
jours. En faisant le rapprochement entre
les événements de l’Histoire et les
détails étonnants révélés dans cette
prophétie, nous saurons identifier les
deux rois belligérants.
*** dp chap. 14 p. 231-247 ***
Les deux rois changent d’identité
1
Le monarque syrien Antiochus IV
envahit l’Égypte et s’autoproclame roi.
À la demande du roi d’Égypte,
Ptolémée VI, Rome envoie dans ce pays
un ambassadeur, Caius Popilius
Laenas. Il a avec lui une flotte
impressionnante et des ordres du sénat
romain enjoignant à Antiochus IV de
renoncer à la royauté sur l’Égypte et de
se retirer du pays. Le roi de Syrie et
l’ambassadeur de Rome se rencontrent
à Éleusis, faubourg d’Alexandrie. >>
~
Antiochus IV demande du temps pour
consulter ses conseillers, mais Laenas
trace un cercle autour du roi et lui dit de
rendre sa réponse avant d’en sortir.
Humilié, Antiochus IV se soumet aux
exigences de Rome et rentre en Syrie
en 168 avant notre ère.
Ainsi prend fin la confrontation entre le
roi du Nord syrien et le roi du Sud
égyptien.
2
Rome, qui joue un rôle dominant
dans les affaires du Proche-Orient,
continue de dicter sa volonté à la Syrie.
En conséquence, même si d’autres rois
de la dynastie séleucide dirigent la Syrie
après la mort d’Antiochus IV, survenue
en 163 avant notre ère, ils n’occupent
pas la position de “ roi du Nord ”.
(Daniel 11:15.) La Syrie est finalement
transformée en province romaine en 64
avant notre ère.
3
La dynastie ptolémaïque d’Égypte
garde la position de “ roi du Sud ”
pendant un peu plus de 130 ans après
la mort d’Antiochus IV (Daniel 11:14).
Au cours de la bataille d’Actium, en 31
avant notre ère, le chef romain Octavien
l’emporte sur les forces alliées de la
dernière reine ptolémaïque,
Cléopâtre VII, et de son amant romain,
Marc Antoine. Après le suicide de
Cléopâtre l’année suivante, l’Égypte
devient également une province romaine
et, par conséquent, ne tient plus le rôle
de roi du Sud. En l’an 30 avant notre
ère, Rome détient la suprématie tant sur
la Syrie que sur l’Égypte.
Faut-il maintenant s’attendre à ce que
d’autres dominations jouent les rôles du
roi du Nord et du roi du Sud ?
UN NOUVEAU ROI
ENVOIE “ UN EXACTEUR ”
4
Au printemps 33 de notre ère,
Jésus Christ dit à ses disciples :
“ Quand [...] vous apercevrez la chose
immonde qui cause la désolation, dont a
parlé Daniel le prophète, se tenant dans
un lieu saint [...], alors, que ceux qui
sont en Judée se mettent à fuir vers les
montagnes. ” (Matthieu 24:15, 16).
En citant Daniel 11:31, Jésus mettait ses
disciples en garde contre une future
‘ chose immonde qui causerait la
désolation ’. Cette prophétie concernant
le roi du Nord fut énoncée quelque
195 ans après la mort d’Antiochus IV, le
dernier roi de Syrie à avoir joué ce rôle.
Une nouvelle entité dirigeante devrait
sans aucun doute prendre l’identité du
roi du Nord. De qui s’agirait-il ? 
5
L’ange de Jéhovah Dieu prédit :
“ Et dans sa position [celle d’Antiochus
IV] doit se lever quelqu’un qui fera
passer un exacteur par le royaume
splendide, et en quelques jours il sera
brisé, mais non pas dans la colère ni
dans la guerre. ” (Daniel 11:20).
Il s’avéra que celui qui ‘ se leva ’ de
cette façon fut le premier empereur
romain, Octavien, qu’on appela César
Auguste. — Voir “ L’un honoré, l’autre
méprisé ”, page 248. Voir p.103 ci-dessous
6
“ Le royaume splendide ” d’Auguste
comprenait “ le pays de la Parure ”,
la province romaine de Judée
(Daniel 11:16).
En 2 avant notre ère, Auguste envoya
“ un exacteur ” lorsqu’il ordonna
l’enregistrement ou recensement de la
population, probablement afin de lever
des impôts et pour la conscription
militaire. C’est son décret qui amena
Joseph et Marie à se rendre à
Bethléhem pour se faire enregistrer, si
bien que Jésus naquit à l’endroit prédit
(Mika 5:2 ; Matthieu 2:1-12).
En août 14 de notre ère (“ en quelques
jours ”, c’est-à-dire pas très longtemps
après que l’enregistrement eut été
décrété), Auguste mourut à l’âge de
76 ans, ni “ dans la colère ”, sous les
coups d’un assassin, ni “ dans la
guerre ”, mais de maladie. Le roi du
Nord avait bel et bien changé d’identité !
Il était à présent l’Empire romain en la
personne de ses empereurs.
‘ LE MÉPRISÉ SE LÈVE ’
7
L’ange poursuivit la prophétie en
ces termes : “ Dans sa position [celle
d’Auguste] doit se lever quelqu’un de
méprisable, et à coup sûr on ne mettra
pas sur lui la dignité du royaume ; oui,
il viendra en un temps où l’on vivra sans
souci et s’emparera du royaume au
moyen d’une douceur feinte. Pour ce qui
est des bras de l’inondation, ils seront
inondés à cause de lui, et ils seront
brisés ; comme le sera également le
Guide de l’alliance. ” —
Daniel 11:21, 22.
8
Ce “ quelqu’un de méprisable ” fut
Tibère César, le fils de Livie, la troisième
femme d’Auguste
(voir “ L’un honoré, l’autre méprisé ”,
page 248 Voir p103 ci-dessous).
Auguste détestait ce beau-fils à cause
de ses mauvais traits de caractère et il
ne voulait pas qu’il soit le César suivant.
“ La dignité du royaume ” ne lui fut
accordée, à contrecœur, qu’une fois que
tous les autres successeurs possibles
furent morts. Auguste adopta Tibère en
4 de notre ère et l’établit héritier du
trône. Après la mort d’Auguste, Tibère,
le méprisé, âgé de 54 ans, ‘ se leva ’ en
ce sens qu’il se mit à exercer le pouvoir,
devenant l’empereur romain et le roi du
Nord.
9
“ Tibère, dit une encyclopédie (The
New Encyclopædia Britannica),
manipula le sénat et l’empêcha de le
nommer empereur pendant presque
un mois [après la mort d’Auguste]. ”
Il dit au sénat que personne d’autre
qu’Auguste n’était qualifié pour porter
le fardeau que représentait
le gouvernement de l’Empire romain, et
il demanda aux sénateurs de rétablir
la république en confiant l’autorité à
un groupe d’hommes plutôt qu’à un seul.
“ N’osant le prendre au mot, a écrit
l’historien Will Durant, le Sénat
échangea avec lui éloges et
compliments, jusqu’à ce qu’enfin
il acceptât le pouvoir. ” Et d’ajouter :
“ La pièce était bien jouée de part et
d’autre. Tibère voulait le principat ;
autrement, il aurait trouvé le moyen d’y
échapper ; le Sénat craignait et haïssait
Tibère, mais il se refusait à rétablir une
république basée comme l’ancienne >>
sur des assemblées théoriquement
souveraines. ” Ainsi, Tibère ‘ s’empara
du royaume au moyen d’une douceur
feinte ’.
10
“ Pour ce qui est des bras de
l’inondation ”, les forces militaires des
royaumes environnants, l’ange déclara :
‘ Ils seront inondés et seront brisés. ’
Quand Tibère devint le roi du Nord,
son neveu Germanicus César était
commandant des troupes romaines
sur le Rhin. En 15 de notre ère,
Germanicus mena ses troupes contre
le héros germain Arminius, avec un
certain succès. Cependant, il remporta
des victoires limitées et chèrement
payées, si bien que Tibère mit un terme
aux opérations militaires en Germanie.
Tibère préféra instiller la guerre civile
dans le but d’empêcher les tribus
germaniques de s’unir.
En règle générale, il opta pour une
politique étrangère de défense et
s’attacha à renforcer les frontières.
Ce choix fut assez heureux. De cette
manière, les “ bras de l’inondation ”
furent maîtrisés et “ brisés ”.
11
‘ Brisé ’, “ le Guide de l’alliance ”
que Jéhovah Dieu avait conclue avec
Abraham en vue de la bénédiction de
toutes les familles de la terre le fut lui
aussi. Jésus Christ était la Semence
d’Abraham promise dans cette alliance
(Genèse 22:18 ; Galates 3:16).
Le 14 Nisan 33 de notre ère, Jésus
comparut devant Ponce Pilate dans le
palais du gouverneur romain à
Jérusalem. Les prêtres juifs avaient
accusé Jésus de trahison contre
l’empereur. Mais Jésus dit à Pilate :
“ Mon royaume ne fait pas partie de
ce monde. [...] Mon royaume n’est pas
d’ici. ” Afin que le gouverneur romain
ne relâche pas Jésus, pourtant innocent,
les Juifs crièrent : “ Si tu relâches cet
homme, tu n’es pas un ami de César.
Tout homme qui se fait roi parle contre
César. ” Après avoir réclamé l’exécution
de Jésus, ils dirent : “ Nous n’avons de
roi que César. ”
En vertu de la loi de “ lèse-majesté ” que
Tibère avait étendue au point qu’elle
punisse presque la moindre insulte à
César, Pilate livra Jésus pour qu’il soit
‘ brisé ’, c’est-à-dire attaché sur un
poteau de supplice. — Jean 18:36 ;
19:12-16 ; Marc 15:14-20.
UN TYRAN ‘ PROJETTE SES
PROJETS ’
12
L’ange poursuivit sa prophétie
sur Tibère en disant : “ Parce qu’ils se
seront alliés avec lui, il pratiquera la
tromperie, oui il montera et deviendra
fort par le moyen d’une petite nation. ”
(Daniel 11:23). Les membres du sénat
romain s’étaient, constitutionnellement,
“ alliés ” avec Tibère, et lui, en théorie,
dépendait d’eux.
Mais il les trompa ; il devint en réalité
“ fort par le moyen d’une petite nation ”.
Cette petite nation était la Garde
prétorienne, qui campait près des
murailles de Rome.
Sa proximité intimidait le sénat et
permettait à Tibère de prévenir tout
soulèvement du peuple contre son
autorité. Tibère resta donc fort grâce
à environ 10 000 gardes.
13
L’ange ajouta : “ En un temps où
l’on vivra sans souci, il entrera dans la
partie grasse du district administratif, et
il fera vraiment ce que ses pères et les
pères de ses pères n’ont pas fait.
Il dispersera parmi eux butin, dépouilles
et biens ; et contre les places fortes
il projettera ses projets, mais seulement
jusqu’à un temps. ” (Daniel 11:24).
Tibère étant extrêmement suspicieux,
sous son règne se multiplièrent les
meurtres commandés. Dans une grande
mesure sous l’influence de Séjan, >>
le commandant de la Garde prétorienne,
la dernière partie de son règne fut
marquée par la terreur. Au bout du
compte, Séjan lui-même fut soupçonné
et exécuté. Pour ce qui est de tyranniser
le peuple, Tibère surpassa ses ancêtres.
14
En revanche, Tibère dispersa
“ butin, dépouilles et biens ” dans les
provinces romaines. À sa mort, tous les
peuples assujettis étaient prospères.
Les impôts n’étaient pas accablants, et
il était capable de générosité envers les
habitants des régions qui connaissaient
des difficultés. Si des soldats ou des
officiers opprimaient qui que ce soit ou
cautionnaient des malversations,
ils avaient lieu de craindre la vengeance
impériale. Une main de fer garantissait
la sécurité publique, et un système de
communications amélioré favorisa le
commerce. Tibère veillait à ce que les
affaires soient traitées impartialement
et sans délai à l’intérieur comme à
l’extérieur de Rome. On améliora
les lois, et on affina les codes sociaux
et moraux en poursuivant les réformes
instituées par Auguste César.
Néanmoins, Tibère ‘ projeta ses
projets ’, ce qui explique que l’historien
romain Tacite l’ait décrit comme un
homme hypocrite, doué pour se donner
de fausses apparences.
Lorsqu’il mourut en mars 37, Tibère était
considéré comme un tyran.
15
Les successeurs de Tibère
qui tinrent le rôle de roi du Nord furent
Gaius César (Caligula), Claude Ier
,
Néron, Vespasien, Titus, Domitien,
Nerva, Trajan et Hadrien.
“ Pour la plupart, dit The New
Encyclopædia Britannica, les
successeurs d’Auguste suivirent sa
politique administrative et poursuivirent
son programme de construction,
quoiqu’avec moins d’innovation et plus
d’ostentation. ” Le même ouvrage de
référence précise : “ À la fin du Ier
siècle
et au début du IIe
, Rome était à son
apogée sous le rapport de la grandeur et
de la population. ” Même si Rome
connaissait à l’époque des troubles aux
frontières impériales, sa première
confrontation prédite avec le roi du Sud
ne survint pas avant le IIIe
siècle de
notre ère.
RÉVEILLÉ CONTRE LE ROI DU SUD
16
L’ange de Dieu continua la
prophétie en disant : “ Il [le roi du Nord]
réveillera sa force et son cœur contre
le roi du Sud, avec de grandes forces
militaires ; quant au roi du Sud,
il s’excitera à la guerre avec des forces
militaires extrêmement grandes et
puissantes. Et il [le roi du Nord] ne
tiendra pas, car on projettera des projets
contre lui. Et ceux qui mangent ses mets
délicats causeront son effondrement.
Quant à ses forces militaires, elles
seront emportées ; oui, beaucoup
tomberont tués. ” — Daniel 11:25, 26.
17
Quelque 300 ans après
qu’Octavien eut érigé l’Égypte en
province romaine, l’empereur romain
Aurélien assuma le rôle de roi du Nord.
À ce moment-là, la reine Septimia
Zenobia (Zénobie) de la colonie romaine
de Palmyre occupait la position de roi du
Sud
{Note : Puisque les expressions
“ le roi du Nord ” et “ le roi du Sud ” sont des
titres, elles peuvent désigner n’importe quelle
entité dirigeante, aussi bien un roi qu’une reine
ou un bloc de nations.}
(voir “ Zénobie, la reine guerrière de
Palmyre ”, page 252 Voir p.104 ci-dessous).
L’armée palmyrénienne occupa l’Égypte
en 269 de notre ère, sous prétexte de la
rendre sûre pour Rome. Zénobie voulait
en réalité hisser Palmyre au rang de ville
dominante en Orient et diriger les
provinces orientales de Rome. Inquiet
de l’ambition de cette femme, >>
Aurélien réveilla “ sa force et son cœur ”
pour agir contre Zénobie.
18
Le roi du Sud, l’entité dirigeante
qui avait Zénobie à sa tête, ‘ s’excita ’
à la guerre contre le roi du Nord “ avec
des forces militaires extrêmement
grandes et puissantes ” sous la direction
de deux généraux, Zabdas et Zabbaï.
Mais Aurélien prit l’Égypte, puis lança
une expédition en Asie Mineure et
en Syrie. Zénobie fut vaincue à Émèse
(aujourd’hui Homs), après quoi elle battit
en retraite à Palmyre. Quand Aurélien
assiégea la ville, Zénobie se défendit
vaillamment, mais en vain. Elle s’enfuit
avec son fils en direction de la Perse,
mais fut rattrapée par les Romains près
de l’Euphrate. Les Palmyréniens
livrèrent leur ville en 272. Aurélien
épargna Zénobie ; il en fit une attraction
de choix dans son cortège triomphal
à Rome, en 274. Zénobie vécut le reste
de sa vie comme une dame romaine.
19
Aurélien, quant à lui, ‘ ne tint pas,
à cause de projets contre lui ’. En 275
de notre ère, il entreprit une expédition
contre les Perses. Alors qu’il attendait
en Thrace l’occasion de traverser
le détroit pour mettre le pied en Asie
Mineure, ceux qui ‘ mangeaient sa
nourriture ’ complotèrent contre lui et
causèrent son “ effondrement ”. Il était
sur le point de demander des comptes
à son secrétaire, Éros, concernant des
irrégularités. Mais Éros dressa une
fausse liste d’officiers destinés à la mort.
La vue de cette liste poussa ces officiers
à comploter contre Aurélien et à
l’assassiner.
20
La mort d’Aurélien ne mit pas fin à
l’existence du roi du Nord. D’autres
souverains romains reprirent le
flambeau. Pendant un temps, il y eut un
empereur d’Occident et un d’Orient.
Sous ces hommes, les “ forces
militaires ” du roi du Nord furent
“ emportées ” ou “ dispersées ”
{Note : Voir la note sur Daniel 11:26 dans les
Saintes Écritures — Traduction du monde
nouveau — avec notes et références, version
publiée par les Témoins de Jéhovah. {Rbi8 Daniel
11:26 *** “ submergeront ”, MLXX ; LXX
Bagster
: “ supprimeront
(des armées) ” ; Sy : “ seront dispersées ” ; Vg : “ seront
renversées ”.}}, et beaucoup ‘ tombèrent
tués ’ de par les invasions des tribus
germaniques venues du nord.
Les Goths forcèrent les frontières
romaines au IVe
siècle. Les invasions
se succédèrent. En 476, le chef germain
Odoacre déposa le dernier empereur
qui ait régné depuis Rome. Au début du
VIe
siècle, l’Empire romain avait été
brisé en Occident et des rois germains
régnaient en Bretagne, en Gaule, en
Italie, en Afrique du Nord et en Espagne.
La partie orientale de l’empire subsista
jusqu’au XVe
siècle.
UN GRAND EMPIRE EST DIVISÉ
21
Sans se perdre en détails inutiles
sur l’effondrement de l’Empire romain,
qui s’étendit sur plusieurs siècles,
l’ange de Jéhovah prédit ensuite
d’autres exploits du roi du Nord et du roi
du Sud. Cependant, un bref rappel de
certains événements survenus dans
l’Empire romain nous aidera à identifier
les deux rois rivaux à des époques
ultérieures.
22
Au IVe
siècle, l’empereur romain
Constantin accorda au christianisme
apostat la reconnaissance officielle.
Il convoqua même et présida en
personne un concile de l’Église à Nicée,
en Asie Mineure, en 325.
Par la suite, Constantin déplaça la
résidence impériale de Rome à
Byzance, ou Constantinople, et fit de
cette ville sa nouvelle capitale.
L’Empire romain demeura sous la
domination d’un seul empereur >>
jusqu’à la mort de Théodose Ier
, le
17 janvier 395.
23
Après la mort de Théodose,
l’Empire romain fut partagé entre
ses fils.
Honorius reçut la partie occidentale,
et Arcadius la partie orientale,
dont la capitale était Constantinople.
La Bretagne (Grande-Bretagne),
la Gaule, l’Italie, l’Espagne et l’Afrique
du Nord étaient au nombre des
provinces de la partie occidentale.
La Macédoine, la Thrace, l’Asie
Mineure, la Syrie et l’Égypte étaient des
provinces de la partie orientale.
En 642, Alexandrie, la capitale
égyptienne, tomba aux mains des
Sarrasins (les Arabes), si bien que
l’Égypte se retrouva province des
califes.
En janvier 1449, Constantin XI devint le
dernier empereur d’Orient. Sous la
conduite du sultan Mehmed II, les Turcs
ottomans prirent Constantinople le
29 mai 1453, ce qui porta le coup de
grâce à l’Empire romain d’Orient.
L’an 1517 vit l’Égypte annexée en
province turque.
Mais par la suite ce pays de l’ancien roi
du Sud passerait sous la tutelle d’un
autre empire d’Occident.
24
Dans l’aile occidentale de l’Empire
romain s’éleva l’évêque catholique de
Rome, notamment le pape Léon Ier
,
célèbre pour avoir assis l’autorité papale
au Ve
siècle. Plus tard, le pape prit sur
lui de couronner l’empereur d’Occident.
Cela eut lieu à Rome le jour de Noël de
l’an 800 : le pape Léon III couronna
Charles, roi des Francs (Charlemagne),
empereur du nouvel Empire romain
d’Occident. Ce couronnement redonna
un empereur à Rome et, selon certains
historiens, marqua l’avènement du Saint
Empire romain. Dès lors existèrent
l’Empire d’Orient et, en Occident, le
Saint Empire romain, qui se réclamaient
tous deux du christianisme.
25
Au fil du temps, les successeurs
de Charlemagne s’avérèrent de piètres
dirigeants. La fonction d’empereur resta
même vacante à une époque.
Dans l’intervalle, le roi de Germanie
Otton Ier
s’était emparé de la plus
grande partie de l’Italie du nord et du
centre. Il s’autoproclama roi d’Italie.
Le 2 février 962, le pape Jean XII
couronna Otton Ier
empereur du Saint
Empire romain. Sa capitale était en
Germanie, et les empereurs furent
germains, comme la plupart de leurs
sujets. Cinq siècles plus tard, la maison
autrichienne des Habsbourg acquit
le titre d’“ empereur ” et le conserva
presque tout le temps que dura encore
le Saint Empire romain.
LES DEUX ROIS DE NOUVEAU
IDENTIFIÉS CLAIREMENT
26
Napoléon Ier
porta un coup fatal
au Saint Empire romain quand il refusa
de reconnaître son existence après
les victoires qu’il remporta en Allemagne
au cours de l’année 1805.
Incapable de défendre la couronne,
l’empereur François II renonça au statut
d’empereur romain le 6 août 1806 et
se contenta du gouvernement de sa
nation en tant qu’empereur d’Autriche.
Au bout de 1 006 ans disparaissait le
Saint Empire romain, fondé par Léon III,
un pape catholique romain, et par
Charlemagne, un roi franc. >>
~
~
En 1870, Rome devint la capitale
du royaume d’Italie, indépendant du
Vatican. L’année suivante, un empire
allemand vit le jour lorsque Guillaume Ier
fut proclamé césar, ou kaiser.
C’est ainsi que le roi du Nord moderne,
l’Allemagne, monta sur la scène
mondiale.
27
Mais quelle était l’identité du roi du
Sud moderne ? L’Histoire indique que la
Grande-Bretagne prit le pouvoir impérial
au XVIIe
siècle. Napoléon Ier
voulait
couper les routes commerciales
britanniques ; c’est pourquoi il conquit
l’Égypte en 1798.
Cela déclencha la guerre, et une
alliance entre Britanniques et Ottomans
obligea les Français à se retirer
d’Égypte, identifiée au roi du Sud au
commencement du conflit.
Au siècle suivant, l’influence britannique
en Égypte s’affirma.
Après 1882, l’Égypte fut dans la pratique
une dépendance britannique.
Lorsque la Première Guerre mondiale
éclata en 1914, l’Égypte appartenait à la
Turquie et était gouvernée par un
khédive, ou vice-roi. Cependant, la
Turquie prit parti pour l’Allemagne dans
cette guerre ; la Grande-Bretagne
déposa par conséquent le khédive et
fit de l’Égypte un protectorat britannique.
Tissant peu à peu des liens étroits,
la Grande-Bretagne et les États-Unis
d’Amérique devinrent la Puissance
mondiale anglo-américaine. Ensemble,
les deux pays parvinrent à la position de
roi du Sud.
.
.
.
.
[Encadré/Illustration, pages 248-251]
L’UN HONORÉ, L’AUTRE MÉPRISÉ
L’un transforma une république déchirée par les dissensions en un empire mondial. L’autre, en 23 ans, multiplia par vingt
les richesses de cet empire. L’un fut honoré à sa mort ; l’autre fut méprisé. C’est sous les règnes de ces deux empereurs romains
que Jésus vécut et accomplit son ministère. Qui étaient-ils ? Et pourquoi l’un fut-il honoré et l’autre pas ?
IL ‘ TROUVA ROME EN BRIQUE ET LA LAISSA EN MARBRE ’
En 44 avant notre ère, quand Jules César fut assassiné, le petit-fils de sa sœur, Caius Octavius, n’avait que 18 ans.
Comme il était fils adoptif et principal héritier personnel de Jules César, Octavien marcha immédiatement sur Rome pour réclamer
son héritage. Il s’y heurta à un adversaire redoutable : Marc Antoine, lieutenant en chef de César, qui s’attendait à être l’héritier
principal. L’intrigue politique et la lutte pour le pouvoir qui s’ensuivirent durèrent 13 années.
Ce n’est qu’après avoir écrasé les forces alliées de la reine d’Égypte Cléopâtre et de son amant Marc Antoine (en 31
avant notre ère) qu’Octavien s’imposa comme le chef incontesté de l’Empire romain. L’année suivante, Antoine et Cléopâtre se
suicidèrent ; Octavien annexa l’Égypte. Ainsi s’écroula le dernier vestige de l’Empire grec, et Rome devint la puissance mondiale.
Octavien n’oubliait pas qu’en gouvernant en despote Jules César avait fini assassiné ; il veilla à ne pas reproduire la
même erreur. Pour ne pas froisser les sentiments des Romains, qui étaient favorables à une république, il déguisa la monarchie qu’il
exerçait sous un habit républicain. Il refusa les titres de “ roi ” et de “ dictateur ”. Il avança d’un pas encore : il annonça son intention
de rendre le contrôle de toutes les provinces au sénat et proposa de se démettre des charges qu’il assumait. Sa tactique réussit. Le
sénat, reconnaissant, pria Octavien de garder ses fonctions ainsi que le contrôle de plusieurs provinces.
En outre, le 16 janvier 27 avant notre ère, le sénat attribua à Octavien le titre d’“ Auguste ”, qui signifie “ Élevé, Consacré ”.
Non seulement Octavien accepta ce titre, mais encore il donna son nom à un mois (août, Augustus en latin) et enleva un jour à
février de sorte qu’août compte le même nombre de jours que juillet (Julius en latin), le mois nommé d’après Jules César. Octavien
devint par ces tactiques le premier empereur de Rome et fut par la suite appelé César Auguste ou “ L’Auguste ”. Plus tard, il reçut
également le titre de “ Pontifex Maximus ” (grand prêtre), et en 2 avant notre ère (l’année de la naissance de Jésus) le sénat lui
décerna le titre de Pater Patriae, “ Père de la patrie ”.
La même année, “ un décret parut de la part de César Auguste pour que toute la terre habitée se fasse enregistrer [...] ; et
tous les gens allaient se faire enregistrer, chacun dans sa propre ville ”. (Luc 2:1-3.) C’est à la suite de ce décret que Jésus naquit à
Bethléhem, conformément aux prophéties bibliques. — Daniel 11:20 ; Mika 5:2.
Sous Auguste, le gouvernement fut marqué par une certaine honnêteté et par une monnaie stable. Auguste mit aussi en
place un système postal efficace et construisit des routes et des ponts. Il réorganisa l’armée, créa une marine permanente et établit
une troupe d’élite de gardes du corps impériaux, la Garde prétorienne (Philippiens 1:13). Sous son patronage prospérèrent des
écrivains tels que Virgile et Horace, et des sculpteurs créèrent des œuvres magnifiques dans le style qu’on qualifie aujourd’hui de
classique. Auguste termina les édifices commencés par Jules César et restaura de nombreux temples. La Pax romana (“ paix
romaine ”) qu’il institua dura plus de deux siècles. Le 19 août 14 de notre ère, Auguste mourut, âgé de 76 ans ; il fut par la suite
déifié.
Auguste se vantait d’avoir ‘ trouvé Rome en brique et de l’avoir laissée en marbre ’. Il ne souhaitait pas que Rome revive
les jours déchirés par les luttes de l’ancienne république ; c’est pourquoi il voulut tracer la voie à l’empereur suivant. Toutefois, il eut
peu de choix : son neveu, deux petits-fils, un gendre et un beau-fils étaient morts ; il ne lui restait que son beau-fils Tibère.
LE “ QUELQU’UN DE MÉPRISABLE ”
Moins d’un mois après la mort d’Auguste, le sénat nomma Tibère empereur. Il avait 54 ans. Tibère vécut et gouverna
jusqu’en mars 37 de notre ère. Il était donc l’empereur de Rome à l’époque du ministère public de Jésus.
L’empereur Tibère avait des vertus et des vices. Parmi ses vertus, il avait horreur de gaspiller l’argent dans le luxe. En
conséquence, l’empire prospéra et accumula des fonds qui permirent de se relever de désastres et de sortir de jours mauvais. À sa
décharge, Tibère se considérait comme un simple humain, il refusa beaucoup de titres honorifiques, et le plus souvent il fit rendre le
culte impérial à Auguste plutôt qu’à lui-même. Il ne donna pas son nom à un mois du calendrier, comme l’avaient fait Auguste et
Jules César, ni n’autorisa qu’on l’honore de cette façon.
Cependant, les vices de Tibère l’emportaient sur ses vertus. Il était extrêmement suspicieux et hypocrite dans ses relations
avec les autres, et sous son règne on ne compta plus les meurtres commandés (nombre de ses anciens amis furent d’ailleurs parmi
les victimes). Il étendit la portée de la loi de lèse-majesté de façon qu’elle punisse, en plus des actes séditieux, les simples paroles
diffamatoires à son encontre. C’est probablement en s’appuyant sur cette loi que les Juifs firent pression sur le gouverneur romain
Ponce Pilate pour qu’il fasse tuer Jésus. — Jean 19:12-16.
Tibère rassembla la Garde prétorienne au voisinage de Rome en construisant des casernes fortifiées au nord des
murailles de la ville. La présence de cette garde intimidait le sénat, qui constituait une menace pour le pouvoir de l’empereur, et
assurait le contrôle de tout débordement du peuple. Tibère encouragea également la délation, si bien que la fin de son règne fut
marquée par la terreur.
Au moment de sa mort, Tibère était considéré comme un tyran. Quand il mourut, les Romains se réjouirent et le sénat
refusa de le déifier. Pour ces raisons et d’autres encore, nous voyons en Tibère l’accomplissement de la prophétie selon laquelle
“ quelqu’un de méprisable ” se lèverait en qualité de “ roi du Nord ”. — Daniel 11:15, 21.
.
.
[Encadré/Illustrations, page 252-255]
ZÉNOBIE, LA REINE GUERRIÈRE DE PALMYRE
“ Elle avait [...] le teint brun, les dents d’une blancheur éclatante, une voix forte et harmonieuse, et de grands yeux noirs,
dont une douceur attrayante tempérait la vivacité. L’étude avait éclairé son esprit, et en avait augmenté l’énergie naturelle. Elle
n’ignorait pas le latin ; mais elle possédait au même degré de perfection le grec, le syriaque et la langue égyptienne. ” Telles sont les
louanges dont l’historien Edward Gibbon a couvert Zénobie, la reine guerrière de la ville de Palmyre, en Syrie.
Le mari de Zénobie était Odenath, un noble palmyrénien qui fut élevé au rang de consulaire de Rome en 258 de notre ère
parce qu’il avait remporté une campagne contre la Perse en faveur de l’Empire romain. Deux ans plus tard, Odenath reçut de
l’empereur romain Gallien le titre de corrector totius Orientis (gouverneur de tout l’Orient), par reconnaissance pour sa victoire sur
Shapour I
er
, roi de Perse. Par la suite, Odenath se donna le titre de “ roi des rois ”. On peut dans une large mesure attribuer ces
succès remportés par Odenath au courage et à la prudence de Zénobie.
ZÉNOBIE ASPIRE À CRÉER UN EMPIRE
En 267 de notre ère, à l’apogée de sa carrière, Odenath fut assassiné, ainsi que son héritier. Son fils étant trop jeune,
Zénobie reprit le rang de son mari. Belle, ambitieuse, douée de talents d’administratrice, rompue à l’art de la guerre qu’elle avait
pratiqué avec son mari et maîtrisant plusieurs langues, elle parvint à s’assurer le respect et le soutien de ses sujets. Zénobie était
avide d’apprendre et s’entourait d’intellectuels. L’un de ses conseillers était le philosophe et rhéteur Cassius Longinus, ou Longin,
dont on dit qu’il était “ une bibliothèque vivante et un musée ambulant ”. Dans le livre Palmyra and Its Empire — Zenobia’s Revolt
Against Rome, Richard Stoneman écrit : “ Pendant cinq ans après la mort d’Odenath [...] Zénobie s’est imposée dans les esprits de
ses sujets comme maîtresse de l’Orient. ”
D’un côté du territoire de Zénobie se trouvait la Perse, que son mari et elle avaient affaiblie, et de l’autre Rome très
ébranlée. Au sujet de la situation de l’Empire romain à ce moment-là, l’historien John Roberts écrit : “ Le III
e
siècle fut [...] une
époque terrible pour Rome sur ses frontières tant orientales qu’occidentales, pendant qu’à l’intérieur avait commencé une nouvelle
période de guerre civile et de querelles de succession. Vingt-deux empereurs (en excluant les prétendants) se sont succédé. ” Pour
sa part, la maîtresse de la Syrie était un monarque absolu et bien établi dans son royaume. “ Ayant pouvoir sur l’équilibre des deux
empires [perse et romain], explique M. Stoneman, elle pouvait aspirer à en créer un troisième qui les dominerait tous les deux. ”
En 269, Zénobie vit arriver l’occasion d’étendre son pouvoir royal, lorsqu’un prétendant à la domination romaine se leva en
Égypte. Prestement, l’armée de Zénobie entra en Égypte, écrasa le rebelle et prit possession du pays. Autoproclamée reine
d’Égypte, Zénobie fit frapper une monnaie à son nom. Maintenant, son royaume s’étendait du Nil à l’Euphrate. À ce moment de sa
vie, elle occupait la position de “ roi du Sud ”. — Daniel 11:25, 26.
LA CAPITALE DE ZÉNOBIE
Zénobie fortifia et embellit sa capitale, Palmyre, qui en vint à rivaliser avec les plus grandes villes du monde romain. La
population de Palmyre atteignit probablement plus de 150 000 personnes. Derrière des murs de 21 kilomètres au dire de certains, la
cité n’était que magnifiques bâtiments publics, temples, jardins, colonnes et monuments. L’avenue principale s’ornait de colonnades,
des rangées d’environ 1 500 colonnes corinthiennes, hautes de plus de 15 mètres. Partout se rencontraient des statues et des
bustes de héros ou de riches bienfaiteurs. En 271, Zénobie érigea un couple de statues la représentant, elle, ainsi que son défunt
mari.
Le temple du Soleil, un des chefs-d’œuvre de Palmyre, dominait sans aucun doute la scène religieuse de la ville. Il est
probable que Zénobie elle aussi ait adoré une divinité liée au dieu-soleil. Toutefois, la Syrie du III
e
siècle était un pays multi-religieux.
Le royaume de Zénobie comptait des “ chrétiens ”, des juifs, des adorateurs du soleil et de la lune. Comment se comportait Zénobie
envers les diverses formes de culte existant dans son royaume ? M. Stoneman répond : “ Un dirigeant sage ne veut négliger aucune
coutume qui semble convenir à ses sujets. [...] On caressait [...] l’espoir d’avoir rallié les dieux du côté de Palmyre. ” Apparemment,
Zénobie pratiquait la tolérance religieuse.
Avec sa personnalité originale, Zénobie gagna l’admiration de beaucoup. Toutefois, le plus important fut qu’elle incarna
une entité politique annoncée dans la prophétie de Daniel. Mais son règne ne dépassa pas cinq ans. L’empereur romain Aurélien
vainquit Zénobie en 272, et plus tard mit à sac Palmyre et la dévasta irrémédiablement. Zénobie fut épargnée. On raconte qu’elle
épousa un sénateur romain et qu’elle passa le reste de sa vie retirée du monde.
*** dp chap. 15 p. 256-269 ***
Les rois rivaux entrent dans le XXe
siècle
1
“ On trouve dans l’Europe du
XIXe
siècle un dynamisme qui surpasse
de loin tout autre phénomène connu
antérieurement ”, écrit l’historien
Norman Davies. >>
Il ajoute : “ L’Europe vibrait de
puissance comme jamais auparavant :
de puissance technique, de puissance
économique, de puissance culturelle, de
puissance intercontinentale. ”
Les nations dominantes du “ ‘ siècle de
la puissance ’ dans cette Europe
triomphante, dit-il, ont été tout d’abord la
Grande-Bretagne [...] et, durant les
dernières décennies, l’Allemagne ”.
“ PORTÉ À FAIRE
CE QUI EST MAUVAIS ”
2
À la fin du XIXe
siècle, l’Empire
allemand était “ le roi du Nord ” et
la Grande-Bretagne se trouvait dans
la position de “ roi du Sud ”.
(Daniel 11:14, 15.)
“ En ce qui concerne ces deux rois,
déclara l’ange de Jéhovah, leur cœur
sera porté à faire ce qui est mauvais, et
à une même table ils continueront à
proférer le mensonge. ” Il ajouta : “ Mais
rien ne réussira, car la fin est encore
pour le temps fixé. ” — Daniel 11:27.
3
Le 18 janvier 1871, Guillaume Ier
est devenu le premier empereur du
Reich, ou Empire, allemand.
Il a nommé Otto Von Bismarck
chancelier. Préoccupé avant tout
d’étendre le nouvel empire, Bismarck
a évité les conflits avec les autres
nations et a formé la Triple-Alliance
avec l’Autriche-Hongrie et l’Italie. Mais
les intérêts de ce nouveau roi du Nord
n’ont pas tardé à se heurter à ceux du
roi du Sud.
4
Après la mort en 1888 de
Guillaume Ier
et de son successeur,
Frédéric III, Guillaume II est monté
sur le trône. Il avait 29 ans. Guillaume II,
le Kaiser Guillaume, a forcé Bismarck
à démissionner et a adopté une politique
d’expansion visant à étendre l’influence
allemande dans le monde.
“ Sous Guillaume II, dit un historien,
[l’Allemagne] a pris un air arrogant et
agressif. ”
5
Quand, le 24 août 1898,
le tsar Nicolas II de Russie a réuni une
conférence pour la paix à La Haye, aux
Pays-Bas, l’atmosphère internationale
était tendue. Cette conférence et la >>
suivante en 1907 ont abouti à l’institution
de la Cour permanente d’arbitrage à
La Haye. En devenant membres de
cette cour, le Reich allemand comme la
Grande-Bretagne donnaient l’impression
de rechercher la paix. Ils étaient assis
“ à une même table ”, amicaux en
apparence, mais ‘ leur cœur était porté
à faire ce qui est mauvais ’.
Leur tactique diplomatique qui consistait
à ‘ proférer le mensonge à une même
table ’ ne pouvait engendrer une paix
réelle. Quant à leurs ambitions
politiques, commerciales et militaires,
‘ rien ne pouvait réussir ’, puisque la fin
de ces deux rois ‘ était encore pour le
temps fixé ’ par Jéhovah Dieu.
“ CONTRE L’ALLIANCE SAINTE ”
6
L’ange de Dieu poursuivit en ces
termes : “ Et il [le roi du Nord] retournera
dans son pays avec beaucoup de biens,
et son cœur sera contre l’alliance sainte.
Il agira efficacement et à coup sûr
retournera dans son pays. ” —
Daniel 11:28.
7
Le Kaiser Guillaume est retourné
dans le “ pays ”, la condition terrestre,
de l’ancien roi du Nord.
De quelle manière ?
En mettant sur pied un impérialisme
destiné à étendre le Reich et son
influence.
Guillaume II a eu des visées coloniales
en Afrique et dans d’autres régions.
Désireux de rivaliser sur mer avec
la Grande-Bretagne, il a lancé la
construction d’une marine puissante.
“ De négligeable qu’elle était,
la puissance navale allemande est
devenue la deuxième après celle de
la Grande-Bretagne en à peine plus
d’une décennie ”, dit une encyclopédie
(The New Encyclopædia Britannica).
Pour garder la suprématie, la Grande-
Bretagne a dû revoir à la hausse son
programme de construction navale.
Elle a également négocié l’entente
cordiale avec la France et un accord
similaire avec la Russie, ce qui a donné
la Triple-Entente. L’Europe était alors
divisée en deux camps sur le plan
militaire : la Triple-Alliance d’un côté et
la Triple-Entente de l’autre.
8
L’Empire allemand menait une
politique d’agression, ce qui, du fait de
sa position prééminente dans la Triple-
Alliance, lui a rapporté “ beaucoup de
biens ”. L’Autriche-Hongrie et l’Italie
étant catholiques, la Triple-Alliance
bénéficiait en outre de la faveur du
pape, ce qui n’était pas le cas du roi
du Sud, dont la Triple-Entente était en
majorité non catholique.
9
Où en étaient les serviteurs de
Jéhovah ? Depuis longtemps ils
annonçaient que “ les temps fixés des
nations ” prendraient fin en 1914
{Note : Voir le chapitre 6 du présent ouvrage.}
(Luc 21:24). Cette année-là, le Royaume
de Dieu dirigé par l’Héritier du roi David,
Jésus Christ, a été établi dans les cieux
(2 Samuel 7:12-16 ; Luc 22:28, 29).
Déjà en mars 1880, le périodique La
Tour de Garde faisait le lien entre la
domination du Royaume de Dieu et
la fin des “ temps fixés des nations ”
ou “ temps des Gentils ”.
(Bible de Crampon [1905].)
Mais le cœur du roi du Nord allemand
était “ contre l’alliance sainte ”
du Royaume. Loin de reconnaître
ce Royaume, le Kaiser Guillaume ‘
a agi efficacement ’ en travaillant à ses
projets de domination mondiale.
Ce faisant, toutefois, il semait les
graines de la Première Guerre mondiale.
LE ROI ‘ SE DÉCOURAGE ’
DANS UNE GUERRE
10
“ Au temps fixé il [le roi du Nord]
retournera, prédit l’ange, et vraiment >>
il viendra contre le Sud, mais il n’en sera
pas de la fin comme du début. ”
(Daniel 11:29).
Le “ temps fixé ” où Dieu mettrait fin à la
domination des Gentils sur la terre est
arrivé en 1914, lorsqu’il a établi le
Royaume céleste.
Le 28 juin de cette année-là, l’archiduc
autrichien François-Ferdinand et
sa femme ont été assassinés par
un terroriste serbe à Sarajevo, en
Bosnie. C’est l’étincelle qui a déclenché
la Première Guerre mondiale.
11
Le Kaiser Guillaume a poussé
l’Autriche-Hongrie à répondre à la
Serbie. Assurée du soutien de
l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie a déclaré
la guerre à la Serbie le 28 juillet 1914.
Mais la Russie a volé au secours de la
Serbie. Quand l’Allemagne a déclaré la
guerre à la Russie, la France (un allié
dans la Triple-Entente) a soutenu la
Russie. L’Allemagne a alors déclaré
la guerre à la France. Pour avoir Paris
plus à sa portée, l’Allemagne a envahi la
Belgique, dont la neutralité était garantie
par la Grande-Bretagne.
La Grande-Bretagne a par conséquent
déclaré la guerre à l’Allemagne.
D’autres nations sont entrées dans
le conflit, et l’Italie a changé de camp.
Pendant la guerre, la Grande-Bretagne
a fait de l’Égypte un protectorat afin
d’empêcher le roi du Nord de fermer
l’accès au canal de Suez et d’envahir
l’Égypte, l’ancien pays du roi du Sud.
12
“ Malgré l’importance et la force
des Alliés, dit une encyclopédie (The
World Book Encyclopedia), l’Allemagne
semblait près de gagner la guerre. ”
Dans les précédents conflits entre les
deux rois, l’Empire romain (le roi du
Nord) avait systématiquement été
victorieux. Mais cette fois, ‘ il n’en a pas
été comme au début ’. Le roi du Nord a
perdu la guerre. L’ange en donna les
raisons dans ces paroles : “ Oui, les
navires de Kittim viendront contre lui et à
coup sûr il se découragera. ”
(Daniel 11:30a).
Qu’étaient “ les navires de Kittim ” ?
13
À l’époque de Daniel, Kittim était
Chypre. Cette île a été annexée par
la Grande-Bretagne au début de
la Première Guerre mondiale.
On lit, en outre, dans un ouvrage
spécialisé (The Zondervan Pictorial
Encyclopedia of the Bible) que ce nom
de Kittim “ inclut, par extension,
l’ensemble de l’O[ccident], et tout
spécialement l’O[ccident] maritime ”.
La Bible en français courant rend
l’expression “ les navires de Kittim ”
par “ des gens de l’ouest, arrivant par
bateaux ”.
Durant la Première Guerre mondiale, les
navires de Kittim ont été principalement
ceux de la Grande-Bretagne,
qui mouillaient au large des côtes
occidentales de l’Europe.
14
Alors que la guerre s’éternisait,
la flotte britannique a reçu d’autres
navires de Kittim en renfort.
Le 7 mai 1915, le sous-marin allemand
U-20 a coulé le Lusitania, un paquebot
civil, au large de la côte sud de l’Irlande.
Parmi les morts se trouvaient
128 Américains.
Par la suite, l’Allemagne a étendu la
guerre sous-marine à l’Atlantique,
ce qui a amené, le 6 avril 1917,
le président des États-Unis Woodrow
Wilson à déclarer la guerre à
l’Allemagne.
Fort des troupes et des bateaux de
guerre américains, le roi du Sud (alors la
Puissance mondiale anglo-américaine)
était engagé dans une guerre à outrance
avec l’autre roi, son rival.
15
Attaqué par la Puissance mondiale
anglo-américaine, le roi du Nord ‘ >>
s’est découragé ’ et a capitulé en
novembre 1918. Guillaume II s’est enfui
en exil aux Pays-Bas et l’Allemagne est
devenue une république. Mais ce n’en
était pas encore fini du roi du Nord.
LE ROI AGIT “ EFFICACEMENT ”
16
“ Vraiment il [le roi du Nord]
retournera, lancera des invectives contre
l’alliance sainte et agira efficacement ;
oui, il retournera et prêtera attention à
ceux qui abandonnent l’alliance sainte. ”
(Daniel 11:30b). C’est ce que l’ange
prophétisa, et c’est ce qui s’est réalisé.
17
Après la guerre, en 1918, les Alliés
victorieux ont imposé un traité de paix
punitif à l’Allemagne. Le peuple
allemand trouvait dures les clauses de
ce traité, et la nouvelle république était
faible à ses débuts. Pendant plusieurs
années, l’Allemagne s’est débattue avec
une détresse extrême et a subi la
grande dépression qui a finalement
laissé six millions de personnes sans
emploi. Au début des années 30, la
situation était mûre pour l’ascension
d’Adolf Hitler. Il est devenu chancelier
en janvier 1933, et l’année suivante
il assurait la présidence de ce que les
nazis appelaient le IIIe
Reich
{Note : Le Saint Empire romain avait été le
premier Reich et l’Empire allemand le
deuxième.}.
18
Immédiatement après avoir accédé
au pouvoir, Hitler a attaqué sans pitié
“ l’alliance sainte ” représentée par les
frères oints de Jésus Christ
(Matthieu 25:40).
En cela il a agi “ efficacement ” contre
ces chrétiens fidèles ; il a persécuté
cruellement nombre d’entre eux.
Hitler a remporté des succès
économiques et diplomatiques : sur ces
plans aussi, il a agi “ efficacement ”.
En quelques années seulement, il a fait
de l’Allemagne une puissance avec
laquelle il fallait compter sur la scène
mondiale.
19
Hitler a prêté “ attention à ceux qui
abandonnent l’alliance sainte ”.
Qui étaient-ils ?
Très probablement les chefs de la
chrétienté, qui prétendaient être en
relation d’alliance avec Dieu, mais qui
n’étaient plus des disciples de Jésus
Christ.
Hitler a demandé et obtenu le soutien de
“ ceux qui abandonnent l’alliance
sainte ”. Par exemple, il a conclu à
Rome un concordat avec le pape.
En 1935, Hitler a créé le ministère des
Affaires ecclésiastiques. L’un de ses
objectifs était de mettre les Églises
évangéliques sous le contrôle de l’État.
LES “ BRAS ” PROVIENNENT DU ROI
20
Hitler n’a pas tardé à entrer en
guerre, ce que l’ange avait prédit avec
exactitude :
“ Des bras se lèveront, provenant de lui ;
et vraiment ils profaneront le sanctuaire,
la forteresse, et ôteront le sacrifice
constant. ” (Daniel 11:31a).
Les “ bras ” étaient les forces militaires
que le roi du Nord a utilisées
pour combattre le roi du Sud au cours
de la Deuxième Guerre mondiale.
Le 1er
septembre 1939, les “ bras ” nazis
ont envahi la Pologne. Deux jours plus
tard, la Grande-Bretagne et la France
déclaraient la guerre à l’Allemagne pour
venir en aide à la Pologne. C’est ainsi
qu’a débuté la Deuxième Guerre
mondiale. La Pologne a été rapidement
écrasée et, peu après, les troupes
allemandes occupaient le Danemark,
la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique,
le Luxembourg et la France. “ À la fin de
1941, dit une encyclopédie (The World
Book Encyclopedia), l’Allemagne nazie
dominait le continent. ” 
21
Alors que l’Allemagne et l’Union
soviétique avaient signé un traité
d’amitié, de coopération et de
délimitation des frontières, Hitler
a envahi le territoire soviétique le 22 juin
1941. Du coup, l’Union soviétique est
passée du côté de la Grande-Bretagne.
L’armée soviétique a opposé une vive
résistance aux forces allemandes
malgré les avancées spectaculaires
qu’elles avaient opérées au départ.
Le 6 décembre 1941, l’armée allemande
a été de fait vaincue à Moscou.
Le lendemain, le Japon, allié de
l’Allemagne, bombardait Pearl Harbor,
à Hawaii.
Lorsqu’il l’a appris, Hitler a dit à ses
aides de camp : “ Maintenant, nous ne
pouvons plus perdre la guerre. ” Le
11 décembre, il a imprudemment
déclaré la guerre aux États-Unis.
Mais il avait sous-estimé la force de
l’Union soviétique et des États-Unis.
L’armée soviétique a attaqué à l’est ;
les forces britanniques et américaines
ont resserré l’étau à l’ouest ; le vent
n’a pas tardé à tourner contre Hitler.
Les forces allemandes ont perdu un à
un leurs territoires.
Après le suicide de Hitler, l’Allemagne
a capitulé, le 7 mai 1945.
22
“ Vraiment ils [les bras nazis]
profaneront le sanctuaire, la forteresse,
et ôteront le sacrifice constant ”, déclara
l’ange.
En Juda, dans l’Antiquité, le sanctuaire
faisait partie du temple de Jérusalem.
Cependant, quand les Juifs rejetèrent
Jésus, Jéhovah les rejeta ainsi que leur
temple (Matthieu 23:37–24:2).
Depuis le Ier
siècle de notre ère,
le temple de Jéhovah est un temple
spirituel ; son Saint des Saints est dans
les cieux, et sa cour spirituelle,
où servent les frères oints de Jésus,
le Grand Prêtre, est sur la terre. Depuis
les années 30, la “ grande foule ” rend
un culte à Dieu aux côtés du reste oint,
si bien qu’on dit qu’elle sert ‘ dans le
temple de Dieu ’. (Révélation 7:9, 15 ;
11:1, 2 ; Hébreux 9:11, 12, 24.)
Dans les pays qu’il dominait,
le roi du Nord a profané la cour terrestre
du temple en persécutant sans relâche
le reste oint et ses compagnons.
La persécution a été si intense que “ le
sacrifice constant ” (le sacrifice de
louange offert publiquement au nom de
Jéhovah) a été ôté (Hébreux 13:15).
Néanmoins, et malgré d’horribles
souffrances, les fidèles chrétiens oints,
avec les “ autres brebis ”, n’ont cessé de
prêcher pendant la Deuxième Guerre
mondiale. — Jean 10:16.
‘ LA CHOSE IMMONDE
EST INSTALLÉE ’
23
Alors que la fin de la Deuxième
Guerre mondiale s’annonçait, un autre
événement s’est produit, conformément
à la prédiction de l’ange de Dieu.
“ À coup sûr ils installeront la chose
immonde qui cause la désolation. ”
(Daniel 11:31b). Jésus aussi avait parlé
de “ la chose immonde ”. >>
~
~
Au Ier
siècle, il s’était agi de l’armée
romaine venue à Jérusalem en 66 de
notre ère pour mater une rébellion juive
{Note : Voir le chapitre 11 du présent ouvrage.}.
— Matthieu 24:15 ; Daniel 9:27.
24
Quelle “ chose immonde ” a été
‘ installée ’ aux temps modernes ?
Il s’agit apparemment d’une contrefaçon
“ immonde ” du Royaume de Dieu.
C’était la Société des Nations, la bête
sauvage de couleur écarlate qui est
allée dans l’abîme, autrement dit a
cessé d’exister en tant qu’organisation
pour la paix mondiale, quand a éclaté
la Deuxième Guerre mondiale
(Révélation 17:8). Toutefois, “ la bête
sauvage ” était “ sur le point de monter
de l’abîme ”. C’est ce qu’elle a fait
quand, le 24 octobre 1945, ont été
inaugurées les Nations unies qui
comptaient 50 nations membres, dont
l’ex-Union soviétique. C’est ainsi que “ la
chose immonde ” prédite par l’ange, les
Nations unies, a été installée.
25
L’Allemagne a été l’un des
principaux ennemis du roi du Sud
pendant les deux guerres mondiales et
a occupé la position de roi du Nord.
Qui occuperait cette position après elle ?
*** dp chap. 16 p. 270-285 ***
Les rois en guerre approchent de leur
fin
1
Après avoir réfléchi au climat
politique qui régnait aux États-Unis et
en Russie, Alexis de Tocqueville,
philosophe et historien français, a écrit
en 1835 : “ L’un a pour principal moyen
d’action la liberté ; l’autre, la servitude.
[...] Leurs voies sont diverses ;
néanmoins, chacun d’eux semble
appelé par un dessein secret de la
Providence à tenir un jour dans ses >>
mains les destinées de la moitié du
monde. ” Comment cette prédiction
s’est-elle réalisée dans le sillage de la
Deuxième Guerre mondiale ?
J. M. Roberts, un historien, écrit :
“ À la fin d’une deuxième guerre
mondiale, enfin il apparut nettement que
les destinées du monde allaient
probablement être dominées par deux
grands systèmes politiques, des
systèmes très différents, l’un en place
dans ce qui avait été la Russie, l’autre
aux États-Unis d’Amérique. ”
2
Pendant les deux guerres
mondiales, l’Allemagne avait été
le principal ennemi du roi du Sud
(la Puissance mondiale anglo-
américaine) et avait occupé la position
de roi du Nord. Cependant, au sortir de
la Deuxième Guerre mondiale, cette
nation s’est divisée. L’Allemagne de
l’Ouest s’est alliée au roi du Sud, et
l’Allemagne de l’Est s’est alignée sur
une autre entité puissante : le bloc
communiste des nations ayant à leur
tête l’Union soviétique. Ce bloc, cette
entité politique, s’est levé en tant que roi
du Nord, fortement opposé à l’alliance
anglo-américaine. Et la rivalité entre les
deux rois a pris la forme d’une guerre
froide qui a duré de 1948 à 1989.
Auparavant, le roi du Nord allemand
avait agi “ contre l’alliance sainte ”.
(Daniel 11:28, 30.) Comment le bloc
communiste agirait-il à l’égard de cette
alliance ?
LES VRAIS CHRÉTIENS
TRÉBUCHENT, MAIS L’EMPORTENT
3
“ Ceux qui agissent méchamment
contre l’alliance, déclara l’ange de Dieu,
il [le roi du Nord] les entraînera dans
l’apostasie au moyen de paroles
douces. ” L’ange ajouta : “ Mais pour ce
qui est du peuple qui connaît son Dieu,
il l’emportera et agira efficacement.
Quant aux perspicaces parmi le peuple,
ils donneront de l’intelligence à la
multitude. Oui, ils trébucheront par
l’épée et par la flamme, par la captivité
et par le pillage, pendant un certain
nombre de jours. ” — Daniel 11:32, 33.
4
Ceux qui “ agissent méchamment
contre l’alliance ” ne peuvent être que
les chefs de la chrétienté, qui se
prétendent chrétiens, mais dont les
actions profanent le nom même du
christianisme. Dans son livre intitulé
Religion in the Soviet Union, >>
Walter Kolarz dit : “ [Pendant la
Deuxième Guerre mondiale,]
le gouvernement soviétique a fait un
effort pour s’assurer l’aide matérielle et
morale des Églises dans la défense de
la patrie. ” Après la guerre, les chefs
religieux ont voulu conserver cette
amitié, malgré la politique athée de
la puissance qui constituait alors le roi
du Nord. La chrétienté a fait ainsi plus
que jamais partie du monde, une
apostasie répugnante aux yeux de
Jéhovah. — Jean 17:16 ; Jacques 4:4.
5
Qu’en était-il des chrétiens
authentiques, le “ peuple qui connaît son
Dieu ” et les “ perspicaces ” ?
Tout en étant ‘ soumis aux autorités
supérieures ’, comme il convient, les
chrétiens qui vivaient sous la domination
du roi du Nord ne faisaient pas partie du
monde (Romains 13:1 ; Jean 18:36).
Ils veillaient à rendre “ les choses de
César à César ”, mais ils rendaient aussi
“ les choses de Dieu à Dieu ”.
(Matthieu 22:21.)
Pour cette raison, leur intégrité a été
menacée. — 2 Timothée 3:12.
6
En conséquence, les vrais
chrétiens ‘ ont trébuché ’ et ‘ l’ont
emporté ’ tout à la fois. Ils ont trébuché
en ce qu’ils ont été cruellement
persécutés ; quelques-uns ont même
été tués. Mais ils l’ont emporté en ce
que la grande majorité d’entre eux sont
restés fidèles. Ils ont vaincu le monde,
à l’exemple de Jésus (Jean 16:33).
En outre, ils n’ont jamais cessé de
prêcher, même en prison ou dans les
camps de concentration. Ainsi, ils ‘ ont
donné de l’intelligence à la multitude ’.
Malgré la persécution qui a sévi dans
la plupart des pays dirigés par le roi du
Nord, le nombre des Témoins de
Jéhovah a augmenté.
Grâce à la fidélité des “ perspicaces ”,
une partie toujours plus importante de la
“ grande foule ” est apparue dans ces
pays. — Révélation 7:9-14.
LES SERVITEURS DE JÉHOVAH
SONT AFFINÉS
7
“ Mais quand ils [les serviteurs de
Dieu] trébucheront, ils seront secourus
par un peu de secours ”, annonça l’ange
(Daniel 11:34a). Le triomphe du roi du
Sud dans la deuxième guerre mondiale
avait valu quelque soulagement aux
chrétiens qui vivaient sous la domination
du roi rival (voir Révélation 12:15, 16).
Pareillement, ceux qui ont été
persécutés par le roi suivant ont de
temps à autre connu du soulagement.
Quand la guerre froide s’est apaisée,
de nombreux dirigeants se sont rendu
compte que les chrétiens fidèles
ne constituent pas une menace, et
par conséquent ils les ont reconnus
officiellement. Du secours est également
venu des membres de plus en plus
nombreux de la grande foule, qui ont fait
bon accueil à la prédication fidèle des
chrétiens oints. — Matthieu 25:34-40.
8
Parmi ceux qui affirmaient vouloir
servir Dieu pendant la guerre froide,
tous n’avaient pas de bons mobiles.
L’ange avait du reste lancé cet
avertissement : “ Beaucoup se joindront
à eux au moyen d’une douceur feinte. ”
(Daniel 11:34b). Un nombre
considérable de personnes se sont
intéressées à la vérité, mais n’ont pas
souhaité se vouer à Dieu.
Par contre, d’autres qui donnaient
l’impression d’accepter la bonne
nouvelle étaient en réalité des espions à
la solde des autorités. Un rapport
indique : “ Certains de ces personnages
sans scrupules étaient des communistes
qui s’étaient infiltrés dans l’organisation
du Seigneur, avaient simulé un zèle
dévorant, et même s’étaient vu confier
des services importants. ” 
9
L’ange poursuivit : “ Et certains
parmi les perspicaces trébucheront,
afin de faire une œuvre d’affinage
à cause d’eux et de purifier et de
blanchir, jusqu’au temps de la fin ;
car c’est encore pour le temps fixé. ”
(Daniel 11:35).
À cause de ces personnages infiltrés
dans la congrégation, certains des
fidèles sont tombés entre les griffes
des autorités. Jéhovah a permis qu’une
telle chose se produise pour qu’il y ait un
affinage, une purification de son peuple.
De même que Jésus “ a appris
l’obéissance de par les choses qu’il a
subies ”, de même ces fidèles ont appris
l’endurance par la mise à l’épreuve de
leur foi (Hébreux 5:8 ; Jacques 1:2, 3 ;
voir aussi Malaki 3:3). Ils ont ainsi été
‘ affinés, purifiés et blanchis ’.
10
Les serviteurs de Jéhovah
devaient trébucher et être affinés
“ jusqu’au temps de la fin ”.
Évidemment, ils s’attendent à être
persécutés jusqu’à la fin du système
de choses méchant. Toutefois, la
purification et le blanchiment du peuple
de Dieu à la suite de l’intrusion du roi du
Nord était “ pour le temps fixé ”.
Par conséquent, en Daniel 11:35,
le “ temps de la fin ” doit désigner la fin
de la période dont les serviteurs de Dieu
ont besoin pour être affinés et durant
laquelle ils endurent l’attaque du roi du
Nord. Ils ont sans doute cessé de
trébucher au temps fixé par Jéhovah.
LE ROI SE GRANDIT
11
L’ange ajouta au sujet du roi du
Nord : “ Vraiment le roi agira selon
sa propre volonté, il s’élèvera et se
grandira au-dessus de tout dieu ; et
[refusant de reconnaître la souveraineté
de Jéhovah] contre le Dieu des dieux
il proférera des choses prodigieuses.
Oui, il aura du succès jusqu’à ce que les
invectives soient parvenues à leur
terme ; car ce qui est décidé doit être
fait. Il ne fera pas attention au Dieu de
ses pères ; il ne fera attention ni au désir
des femmes ni à aucun autre dieu, mais
il se grandira au-dessus de tous. ” —
Daniel 11:36, 37.
12
Le roi du Nord a accompli
ces paroles prophétiques : il a rejeté
le “ Dieu de ses pères ”, notamment la
divinité trinitaire de la chrétienté.
Le bloc communiste a encouragé
l’athéisme à tout crin. C’est ainsi que
le roi du Nord s’est fait dieu,
qu’il ‘ s’est grandi au-dessus de tous ’.
Il n’a pas fait attention “ au désir des
femmes ” (les pays satellites qui étaient
en quelque sorte les servantes de son
régime, le Nord Viêt Nam par exemple) ;
ce roi a agi “ selon sa propre volonté ”.
13
L’ange continua la prophétie
en ces termes : “ C’est au dieu des
forteresses que, dans sa position,
il rendra gloire ; et c’est à un dieu que
n’ont pas connu ses pères qu’il rendra
gloire au moyen d’or et au moyen
d’argent, au moyen de pierres
précieuses et au moyen de choses
désirables. ” (Daniel 11:38). De fait,
le roi du Nord a mis sa confiance dans
le militarisme scientifique moderne,
le “ dieu des forteresses ”. Il a cherché
le salut au moyen de ce “ dieu ”
en sacrifiant des richesses énormes
sur son autel.
14
“ Il agira efficacement contre
les forteresses les mieux fortifiées,
avec un dieu étranger. Oui, quiconque
le reconnaîtra, il le fera abonder en
gloire, et vraiment il les fera dominer
parmi un grand nombre ; et il répartira
le sol pour un prix. ” (Daniel 11:39).
Confiant en son “ dieu étranger ”, celui
des armées, le roi du Nord a agi très
“ efficacement ” : il a prouvé qu’il était >>
une formidable puissance militaire des
“ derniers jours ”. (2 Timothée 3:1.)
Ceux qui ont soutenu son idéologie ont
reçu en contrepartie un appui politique,
financier et parfois militaire.
“ UNE POUSSÉE ” AU TEMPS DE LA
FIN
15
“ Au temps de la fin le roi du Sud
engagera le combat avec lui par une
poussée ”, dit l’ange à Daniel
(Daniel 11:40a). Le roi du Sud a-t-il
‘ poussé ’ le roi du Nord pendant le
“ temps de la fin ” ? (Daniel 12:4, 9.)
Oui, bien sûr ! Après la Première Guerre
mondiale, le lourd traité de paix infligé
à celui qui était alors le roi du Nord,
l’Allemagne, a certainement été
“ une poussée ”, une incitation à se
venger. Après sa victoire dans la
Deuxième Guerre mondiale, le roi du
Sud a pointé d’effrayantes armes
nucléaires sur son rival et a mis en place
contre lui une puissante alliance
militaire : l’Organisation du traité de
l’Atlantique Nord (OTAN). Un historien
britannique a déclaré au sujet de la
fonction de l’OTAN : “ C’était le principal
instrument servant à ‘ contenir ’ l’URSS,
qui passait désormais pour la menace la
plus sérieuse à la paix en Europe.
Sa mission a duré 40 ans, et elle a été
accomplie avec un succès
incontestable. ” Au fil des années de la
guerre froide, la “ poussée ” du roi du
Sud a encore pris la forme de
l’espionnage soutenu par une haute
technicité, ainsi que d’offensives
diplomatiques et militaires.
16
Comment le roi du Nord a-t-il
réagi ? “ Le roi du Nord se précipitera
sur lui avec des chars et des cavaliers et
de nombreux navires ; et à coup sûr
il entrera dans les pays et inondera et
passera. ” (Daniel 11:40b). L’histoire des
derniers jours a été marquée par la
politique expansionniste du roi du Nord.
Au cours de la Deuxième Guerre
mondiale, le “ roi ” nazi a inondé
les pays voisins du sien.
À la fin de cette guerre, le “ roi ” qui lui
a succédé a édifié un empire puissant.
Pendant la guerre froide, le roi du Nord
a combattu son rival par pays interposés
lors de conflits et d’insurrections, en
Afrique, en Asie et en Amérique latine.
Il a persécuté les vrais chrétiens et a
limité leur activité, sans toutefois la faire
cesser entièrement. Ses offensives
militaires et politiques lui ont assuré
la mainmise sur un certain nombre de
pays. C’est exactement ce que l’ange
avait prophétisé : “ Oui, il entrera aussi
dans le pays de la Parure [le domaine
spirituel du peuple de Jéhovah],
et il y aura beaucoup de pays qui
trébucheront. ” — Daniel 11:41a.
17
Néanmoins, le roi du Nord n’a pas
conquis le monde. L’ange prédit :
“ Voici ceux qui échapperont à sa main :
Édom, Moab et la partie principale des
fils d’Ammôn. ” (Daniel 11:41b).
Dans l’Antiquité, Édom, Moab et Ammôn
étaient situés entre les territoires du roi
du Sud égyptien et du roi du Nord
syrien. À notre époque, ils représentent
les nations et les organisations que le roi
du Nord a prises pour cibles,
mais qu’il n’a pas réussi à dominer.
L’ÉGYPTE N’ÉCHAPPE PAS
18
L’ange de Jéhovah continua
en ces termes : “ Il [le roi du Nord]
continuera d’avancer sa main contre
les pays ; quant au pays d’Égypte,
il n’échappera pas. Oui, il dominera sur
les trésors cachés de l’or et de l’argent,
et sur toutes les choses désirables
d’Égypte. Les Libyens et les Éthiopiens
seront sur ses pas. ” (Daniel 11:42, 43).
Même le roi du Sud, l’“ Égypte ”, n’a pas
échappé aux effets de la politique >>
expansionniste du roi du Nord.
Au Viêt Nam, par exemple, il a subi une
défaite retentissante. Qu’en est-il des
“ Libyens ” et des “ Éthiopiens ” ?
Il se pourrait bien que ces voisins de
l’Égypte antique figurent les nations
voisines de l’“ Égypte ” (le roi du Sud)
moderne qui ont parfois ‘ été sur les
pas ’ du roi du Nord.
19
Le roi du Nord a-t-il dominé sur
‘ les trésors cachés de l’Égypte ’ ?
Il a indéniablement eu une grande
influence sur la façon dont le roi du Sud
a utilisé ses ressources financières.
Par crainte de son rival, le roi du Sud
consacre d’énormes sommes
à l’entretien d’une formidable armée de
terre, de mer et de l’air. C’est dans cette
mesure que l’on peut dire du roi du Nord
qu’il a ‘ dominé ’ la façon dont le roi du
Sud fait usage de ses richesses.
LA DERNIÈRE CAMPAGNE
20
La rivalité entre le roi du Nord et
le roi du Sud, qu’elle se manifeste sur
les plans militaire, économique ou autre,
touche à sa fin. L’ange de Jéhovah
révéla les détails d’un conflit encore
à venir ; il déclara : “ Il y aura des
nouvelles qui le troubleront [le roi du
Nord], venant du levant et du nord, et
à coup sûr il sortira en grande fureur afin
d’anéantir et de vouer un grand nombre
à la destruction. Et il plantera ses tentes-
palais entre la grande mer et
la montagne sainte de la Parure ; et
il devra venir jusqu’à sa fin, et il n’y aura
personne pour lui venir en aide. ” —
Daniel 11:44, 45.
21
Le roi du Nord a subi un grave
revers en décembre 1991, quand l’Union
soviétique a été démantelée.
Qui sera ce roi lorsque Daniel 11:44, 45
s’accomplira ? S’agira-t-il d’un des pays
qui appartenaient autrefois à l’Union
soviétique ? Ou changera-t-il
complètement d’identité, comme il l’a
déjà fait plusieurs fois ? La mise au point
d’armes nucléaires par d’autres nations
engendrera-t-elle une nouvelle course
aux armements et aura-t-elle une
incidence sur l’identité de ce roi ?
Seul le temps répondra à ces questions.
Il est sage de ne pas spéculer.
Quand le roi du Nord entreprendra sa
dernière campagne, tous ceux qui
possèdent la perspicacité que donne la
Bible discerneront clairement
l’accomplissement de la prophétie. —
Voir “ Les rois dans Daniel chapitre 11 ”,
page 284. Voir p.115 ci-dessous
22
En revanche, il y a une chose que
nous savons : ce que le roi du Nord
va bientôt entreprendre. Poussé par
les nouvelles “ venant du levant et du
nord ”, il mènera une campagne ‘ afin
d’anéantir un grand nombre ’.
Contre qui cette campagne sera-t-elle
dirigée ? Et quelles “ nouvelles ”
provoqueront cette attaque ?
ALARMÉ PAR DES NOUVELLES
TROUBLANTES
23
Considérons ce que le livre de la
Révélation déclare concernant la fin de
Babylone la Grande, l’empire universel
de la fausse religion.
Avant “ la guerre du grand jour de Dieu
le Tout-Puissant ”, Har-Maguédôn, cette
grande ennemie du vrai culte “ sera
complètement brûlée par le feu ”.
(Révélation 16:14, 16 ; 18:2-8.)
Sa destruction est préfigurée par le
versement du sixième bol de la colère
de Dieu sur l’Euphrate symbolique.
Le fleuve est desséché pour que “ le
chemin soit préparé pour les rois venant
du soleil levant ”. (Révélation 16:12.)
Qui sont ces rois ?
Nuls autres que Jéhovah Dieu et Jésus
Christ ! — Voir Isaïe 41:2 ; 46:10, 11. 
24
La destruction de Babylone la
Grande est décrite de façon saisissante
dans le livre de la Révélation ; on y lit :
“ Les dix cornes que tu as vues [les rois
régnant au temps de la fin], et la bête
sauvage [les Nations unies], celles-ci
haïront la prostituée et la rendront
dévastée et nue, et mangeront
ses chairs et la brûleront complètement
par le feu. ” (Révélation 17:16).
Pourquoi les dirigeants détruiront-ils
Babylone la Grande ? Parce que ‘ Dieu
leur met au cœur d’exécuter sa
pensée ’. (Révélation 17:17.)
Parmi ces dirigeants figure le roi du
Nord. Ce qu’il entend “ venant du
levant ” pourrait bien être cet acte de
Jéhovah par lequel il mettra dans le
cœur des responsables humains l’idée
d’anéantir la grande prostituée
religieuse.
25
Mais la colère du roi du Nord
a une cible spéciale. Il “ plantera ses
tentes-palais entre la grande mer et
la montagne sainte de la Parure ”,
dit l’ange. À l’époque de Daniel,
la grande mer était la Méditerranée, et
la montagne sainte était Sion, lieu
où s’élevait autrefois le temple de Dieu.
Par conséquent, dans
l’accomplissement de la prophétie, c’est
contre le peuple de Dieu que le roi du
Nord, furieux, mène campagne.
Dans un sens spirituel, le lieu qui se
trouve “ entre la grande mer et la
montagne sainte ” représente le
domaine spirituel des serviteurs oints de
Jéhovah.
Ces serviteurs sont sortis de “ la mer ”
(représentant l’humanité éloignée de
Dieu) et ont l’espérance de gouverner
avec Jésus Christ sur le mont Sion
céleste. — Isaïe 57:20 ; Hébreux 12:22 ;
Révélation 14:1.
~
26
Ézékiel, qui était contemporain
de Daniel, prophétisa lui aussi une
attaque contre le peuple de Dieu
“ dans la période finale des jours ”.
Il dit que c’est Gog de Magog, autrement
dit Satan le Diable, qui engagerait les
hostilités (Ézékiel 38:14, 16).
Symboliquement, de quelle direction
Gog vient-il ? “ Des parties les plus
reculées du nord ”, déclare Jéhovah par
l’intermédiaire d’Ézékiel (Ézékiel 38:15).
Quelle que soit la virulence de cette
attaque, elle ne détruira pas le peuple
de Dieu. Cet affrontement spectaculaire
résultera d’une manœuvre opérée par >
Jéhovah dans le but d’annihiler les
forces de Gog. À ce sujet, Jéhovah dit à
Satan : “ À coup sûr, [...] je mettrai des
crochets dans tes mâchoires et te ferai
sortir. ” “ Je te ferai monter des parties
les plus reculées du nord et je te ferai
venir sur les montagnes d’Israël. ”
(Ézékiel 38:4 ; 39:2). Par conséquent, la
nouvelle “ venant du nord ”, qui rend le
roi du Nord furieux, doit provenir de
Jéhovah. Mais ce, en quoi les nouvelles
“ venant du levant et du nord ”
consisteront exactement au bout du
compte, seul Dieu le décidera, et le
temps le révélera.
[Tableau/Illustration, page 284]
(Voir la publication)
LES ROIS DANS DANIEL CHAPITRE 11
(…)
[Note du tableau]
La prophétie contenue en Daniel chapitre 11 ne prédit pas les noms des entités politiques qui occupent les positions de roi du Nord
et de roi du Sud à diverses époques. Leur identité n’est connue qu’une fois que les événements ont commencé à se produire. En
outre, puisque le conflit se livre par épisodes, à certains intervalles il n’y a pas de conflit ; un roi domine tandis que l’autre reste
inactif.
27
Quant à Gog, il organise cette
attaque acharnée à cause de la
prospérité de “ l’Israël de Dieu ” qui,
ainsi que la “ grande foule ” d’“ autres
brebis ”, ne fait plus partie du monde
(Galates 6:16 ; Révélation 7:9 ;
Jean 10:16 ; 17:15, 16 ; 1 Jean 5:19).
Gog regarde d’un mauvais œil “ un
peuple réuni d’entre les nations, un
peuple qui amasse fortune [spirituelle] et
biens [spirituels] ”. (Ézékiel 38:12.)
Considérant le domaine spirituel des
chrétiens comme “ un pays de
campagnes ouvertes ”, mûr pour être
envahi, Gog fait un suprême effort pour
éliminer cet obstacle à son hégémonie
du monde.
Mais il échoue (Ézékiel 38:11, 18 ; 39:4).
Lorsque les rois de la terre, y compris le
roi du Nord, attaqueront le peuple de
Jéhovah, ils ‘ viendront jusqu’à leur fin ’.
‘ LE ROI VIENDRA JUSQU’À SA FIN ’
28
La dernière campagne du roi du
Nord n’est pas menée directement
contre le roi du Sud. Il ne vient donc pas
jusqu’à sa fin à cause de son grand
rival. Pareillement, le roi du Sud n’est
pas détruit par le roi du Nord. Le roi du
Sud est détruit “ sans main [humaine] ”,
par le Royaume de Dieu
{Note : Voir le chapitre 10 du présent ouvrage.}
(Daniel 8:25). À vrai dire, à la bataille
d’Har-Maguédôn, ce sont tous les rois
de la terre qui seront détruits par le
Royaume de Dieu ; et c’est assurément
ce qui arrivera aussi au roi du Nord
(Daniel 2:44).
Daniel 11:44, 45 décrit des événements
qui aboutissent à cette bataille décisive.
Quand le roi du Nord ira à sa fin, on ne
s’étonnera pas qu’il n’y ait “ personne
pour lui venir en aide ” !
…………………………………………………………………….>>
*** dp chap. 17 p. 286-305 ***
L’identification des vrais adorateurs
au temps de la fin
1
Un groupe insignifiant et sans
défense subit l’attaque acharnée d’une
puissance mondiale redoutable.
Ce groupe survit et connaît même un
renouveau qu’il doit, non à sa propre
force, mais au prix que Jéhovah Dieu
lui attache. Daniel chapitre 7 prédit
ces événements, qui se sont produits au
début du XXe
siècle.
Mais quel était ce groupe ?
Le même chapitre de Daniel les appela
“ les saints du Suprême ”, Jéhovah Dieu.
Il révéla aussi que ces humains seront
finalement rois adjoints dans le
Royaume messianique. —
Daniel 7:13, 14, 18, 21, 22, 25-27.
2
Comme nous l’avons appris en
Daniel chapitre 11, le roi du Nord ira
à sa fin complète après avoir menacé
le pays spirituel en sécurité de ces
humains fidèles (Daniel 11:45 ;
voir aussi Ézékiel 38:18-23).
En effet, Jéhovah protège
soigneusement ses fidèles oints.
Psaume 105:14, 15 nous dit : “ À cause
d’eux [Jéhovah] reprit des rois, en
disant : ‘ Ne touchez pas à mes oints, et
à mes prophètes ne faites aucun mal. ’ ”
Dès lors, ne pensez-vous pas que, à
l’époque mouvementée que nous
traversons, il serait sage que la “ grande
foule ” en pleine expansion se rapproche
le plus possible de ces saints
(Révélation 7:9 ; Zekaria 8:23) ?
C’est précisément ce que Jésus Christ
recommanda de faire aux personnes
qu’il comparait à des brebis : se joindre
à ses frères spirituels oints en les
soutenant dans leur œuvre. —
Matthieu 25:31-46 ; Galates 3:29. 
3
Cependant, l’Adversaire de Dieu,
Satan, mène une guerre à outrance
contre les oints. Il est derrière la fausse
religion, et il a littéralement rempli
le monde de pseudo-chrétiens.
En conséquence, de nombreuses
personnes sont égarées. D’autres ont
perdu tout espoir de trouver les
représentants de la vraie religion
(Matthieu 7:15, 21-23 ; Révélation 12:9, 17).
Même celles qui trouvent le “ petit
troupeau ” et se joignent à lui doivent
lutter pour garder leur foi, car le monde
cherche en permanence à l’éroder
(Luc 12:32). Qu’en est-il de vous ?
Avez-vous trouvé “ les saints du
Suprême ” et vous joignez-vous à eux ?
Avez-vous en main les éléments solides
qui attestent que ceux que vous avez
trouvés sont indéniablement les
personnes que Dieu a choisies ?
Ces éléments peuvent renforcer votre
foi. Ils vous donneront également les
moyens d’aider d’autres personnes à
voir clair dans la confusion religieuse qui
règne aujourd’hui dans le monde.
Daniel chapitre 12 regorge de cette
connaissance vitale.
LE GRAND PRINCE ENTRE EN
ACTION
4
Daniel 12:1 déclare : “ Durant ce
temps-là se lèvera Mikaël, le grand
prince qui se tient là en faveur des fils
de ton peuple. ” Ce verset prédit deux
choses distinctes à propos de Mikaël :
la première, c’est qu’il “ se tient là ”,
ce qui évoque une situation qui dure
un certain temps ; la deuxième, c’est
qu’il “ se lèvera ”, ce qui sous-entend
qu’un événement surviendra au cours
de ce temps-là. Nous désirons d’abord
savoir durant quelle période Mikaël “
se tient là en faveur des fils [du] peuple
[de Daniel] ”.
Souvenez-vous que Mikaël est un nom
donné à Jésus dans son rôle de Chef
céleste. La précision selon laquelle il
“ se tient là ” nous rappelle la façon dont
ce terme est employé ailleurs dans le
livre de Daniel. Il se rapporte
fréquemment à une action accomplie
par un roi, un roi qui prend possession
du pouvoir par exemple. —
Daniel 11:2-4, 7, 20, 21.
5
Il est évident que l’ange parlait ici
d’une période mentionnée dans d’autres
prophéties bibliques. Jésus appela cette
période sa “ présence ”
(grec : parousia), où il serait Roi au ciel
(Matthieu 24:37-39). Cette période est
aussi appelée “ les derniers jours ” et
le “ temps de la fin ”. (2 Timothée 3:1 ;
Daniel 12:4, 9.) Depuis qu’elle a
commencé en 1914, Mikaël se tient là
en qualité de Roi au ciel. —
Voir Isaïe 11:10 ; Révélation 12:7-9.
6
Mais quand Mikaël ‘ se lève-t-il ’ ?
Quand il entreprend une action spéciale.
Cela, Jésus le fera dans l’avenir.
Révélation 19:11-16 décrit
prophétiquement Jésus sous les traits
du puissant Roi messianique qui,
chevauchant à la tête d’une armée
d’anges, détruit les ennemis de Dieu.
Daniel 12:1 ajoute : “ Et à coup sûr ce
sera un temps de détresse tel qu’il n’y
en a pas eu depuis qu’une nation a paru
jusqu’à ce temps-là. ”
Christ sera le grand Exécuteur de
Jéhovah ; il mettra fin à tout le système
de choses méchant au cours de la
“ grande tribulation ” prédite. —
Matthieu 24:21 ; Jérémie 25:33 ;
2 Thessaloniciens 1:6-8 ;
Révélation 7:14 ; 16:14, 16.
7
Durant cette période lugubre,
qu’adviendra-t-il des humains qui
exerceront la foi ?
Daniel s’entendit dire encore :
“ Durant ce temps-là ton peuple
échappera, tous ceux qui seront >>
trouvés inscrits dans le livre. ”
(Voir aussi Luc 21:34-36). Qu’est-ce que
ce livre ? Fondamentalement, il
représente le souvenir que Jéhovah
Dieu garde de ceux qui font sa volonté
(Malaki 3:16 ; Hébreux 6:10). Ceux dont
le nom est inscrit dans le livre de vie
sont les gens les plus en sécurité au
monde, car ils sont protégés par Dieu.
Quel que soit le mal qui leur advienne, il
peut être effacé et il le sera. Même si la
mort les emporte avant ce “ temps de
détresse ”,
ils demeureront sains et saufs dans
la mémoire sans limite de Jéhovah.
Il se souviendra d’eux et les ressuscitera
au cours du Règne millénaire de Jésus
Christ. — Actes 24:15 ; Révélation 20:4-6.
LES SAINTS ‘ SE RÉVEILLENT ’
8
Sans conteste, l’espérance de la
résurrection est réconfortante.
Daniel 12:2 y fait référence en ces
termes : “ Beaucoup de ceux qui sont
endormis dans le sol de poussière se
réveilleront, ceux-ci pour la vie de durée
indéfinie et ceux-là pour les opprobres et
pour l’aversion de durée indéfinie. ”
(Voir aussi Isaïe 26:19).
Ces paroles nous rappellent peut-être la
promesse émouvante d’une résurrection
générale énoncée par Jésus Christ
(Jean 5:28, 29).
Quelle espérance enthousiasmante !
Pensez à vos amis, aux membres de
votre famille qui vous sont chers et à qui
il sera donné de revivre !
Mais la promesse qu’on trouve dans le
livre de Daniel se rapporte avant tout à
une autre sorte de résurrection, à une
résurrection qui a déjà eu lieu.
Comment est-ce possible ?
9
Considérez le contexte. Comme
nous l’avons vu, le premier verset du
chapitre 12 s’applique non seulement
à la fin de l’actuel système de choses,
mais aussi à l’ensemble des derniers
jours. À dire vrai, le plus gros de ce
chapitre trouve son accomplissement,
non dans le paradis terrestre à venir,
mais durant le temps de la fin. Y a-t-il
eu une résurrection à cette époque ?
Certes, l’apôtre Paul écrivit que la
résurrection de “ ceux qui appartiennent
au Christ ” aurait lieu “ durant sa
présence ”. Toutefois, les humains
ressuscités pour vivre au ciel sont
relevés “ incorruptibles ”.
(1 Corinthiens 15:23, 52.)
Aucun d’eux n’est relevé “ pour les
opprobres et pour l’aversion de durée
indéfinie ” prédits en Daniel 12:2.
Existe-t-il une autre sorte de
résurrection ?
Dans la Bible, la résurrection prend
parfois un sens spirituel.
En Ézékiel et dans la Révélation, par
exemple, des passages prophétiques
s’appliquent à un retour à la vie spirituel,
à une résurrection spirituelle. —
Ézékiel 37:1-14 ; Révélation 11:3, 7, 11.
10
Les serviteurs oints de Dieu ont-ils
connu un retour à la vie spirituel au
temps de la fin ? Absolument !
En 1918, un petit reste de chrétiens
fidèles ont été l’objet d’une attaque
inouïe qui a perturbé leur ministère
public organisé. C’est une réalité
historique.
Puis, en 1919, contre toute attente, ils
ont repris vie au sens spirituel. Ces faits
concordent avec la description de la
résurrection prédite en Daniel 12:2.
Certains se sont alors et par la suite
‘ réveillés ’ spirituellement.
Malheureusement, néanmoins, tous
ne sont pas restés en vie sur ce plan.
Ceux qui, après s’être réveillés,
ont rejeté le Roi messianique et
ont abandonné le service de Dieu se
sont attiré ‘ les opprobres et l’aversion
de durée indéfinie ’ mentionnés en >>
Daniel 12:2 (Hébreux 6:4-6). Les oints
fidèles, quant à eux, ont mis à profit leur
vie spirituelle retrouvée : ils ont soutenu
fidèlement le Roi messianique. Au bout
du compte, leur fidélité leur vaut, pour
reprendre les termes de la prophétie, “ la
vie de durée indéfinie ”. Aujourd’hui, leur
vitalité spirituelle face à l’opposition nous
aide à les identifier.
ILS ‘ BRILLENT COMME LES
ÉTOILES ’
11
Les deux versets suivants de
Daniel chapitre 12 nous aident mieux
encore à identifier “ les saints du
Suprême ”. Au verset 3, l’ange dit à
Daniel : “ Les perspicaces brilleront
comme l’éclat de l’étendue ; et ceux qui
amènent la multitude à la justice,
comme les étoiles, pour des temps
indéfinis, oui pour toujours. ” Qui sont
“ les perspicaces ” aujourd’hui ?
De nouveau, les faits désignent les
mêmes “ saints du Suprême ”.
Après tout, qui en dehors du fidèle reste
oint a été assez perspicace pour
discerner que Mikaël, le grand Prince,
a commencé à se tenir là en Roi en
1914 ?
En prêchant ce genre de vérités, ainsi
qu’en gardant une conduite chrétienne,
ces chrétiens ont ‘ brillé comme des
foyers de lumière ’ dans le monde
enveloppé de ténèbres spirituelles
(Philippiens 2:15 ; Jean 8:12).
Jésus prophétisa à leur sujet :
“ En ce temps-là, les justes resplendiront
comme le soleil dans le royaume de leur
Père. ” — Matthieu 13:43.
12
Daniel 12:3 précise même à quelle
œuvre ces chrétiens oints seraient
occupés au temps de la fin.
Ils ‘ amèneraient la multitude à la
justice ’. Le reste oint a entrepris de
rassembler le nombre qui manquait des
144 000 cohéritiers de Christ
(Romains 8:16, 17 ; Révélation 7:3, 4).
Cette œuvre terminée (sans doute vers
le milieu des années 30), ces chrétiens
se sont mis à rassembler la “ grande
foule ” des “ autres brebis ”.
(Révélation 7:9 ; Jean 10:16.)
Ce sont des humains qui eux aussi
exercent la foi dans le sacrifice
rédempteur de Jésus Christ.
Ils sont en conséquence purs devant
Jéhovah. Ils se comptent par millions
aujourd’hui et caressent l’espoir de
survivre à la destruction prochaine du
monde méchant. Au cours du Règne
millénaire de Christ, Jésus et ses
144 000 rois et prêtres adjoints
appliqueront à l’humanité obéissante
sur la terre la plénitude des bienfaits de
la rançon ; ils aideront ainsi tous ceux
qui exerceront la foi à se débarrasser de
la moindre trace du péché hérité d’Adam
(2 Pierre 3:13 ; Révélation 7:13, 14 ;
20:5, 6).
Au plein sens du terme, les oints
contribueront alors à ‘ amener la
multitude à la justice ’ et ‘ brilleront
comme les étoiles ’ dans le ciel.
L’espérance de vivre sur la terre sous le
glorieux gouvernement céleste de Christ
et de ses rois adjoints a-t-elle du prix à
vos yeux ?
Quel privilège de prêcher la bonne
nouvelle du Royaume de Dieu aux côtés
des “ saints ” ! — Matthieu 24:14.
ILS ‘ RÔDENT ’
13
La déclaration de l’ange à Daniel,
qui commençait en Daniel 10:20,
se termine à présent par ces paroles
réconfortantes : “ Et quant à toi,
ô Daniel, rends secrètes ces paroles et
scelle le livre, jusqu’au temps de la fin.
Beaucoup rôderont çà et là, et la vraie
connaissance deviendra abondante. ”
(Daniel 12:4). De fait, la majeure partie
de ce que Daniel écrivit sous inspiration
a été rendue secrète et inaccessible >>
à l’intelligence humaine. D’ailleurs,
Daniel lui-même avoua plus loin :
“ Or, quant à moi, j’entendis, mais je ne
comprenais pas. ” (Daniel 12:8).
Dans ce sens, le livre de Daniel est
resté scellé pendant des siècles.
L’est-il toujours aujourd’hui ?
14
C’est un privilège pour nous que
de vivre au “ temps de la fin ” prédit
dans le livre de Daniel. Comme la
prophétie l’annonçait, de nombreux
fidèles ont ‘ rôdé ’ dans les pages de
la Parole de Dieu. En conséquence,
la bénédiction de Jéhovah aidant, la
vraie connaissance est devenue
abondante. Les fidèles Témoins de
Jéhovah oints ont reçu la perspicacité
nécessaire pour comprendre que le Fils
de l’homme est devenu Roi en 1914,
pour identifier les bêtes de la prophétie
de Daniel, pour mettre les humains en
garde contre “ la chose immonde qui
cause la désolation ”... et ce ne sont là
que quelques exemples (Daniel 11:31).
Cette abondance de connaissance est
une marque supplémentaire qui identifie
“ les saints du Suprême ”. Mais Daniel
reçut d’autres indications encore.
ILS SONT ‘ MIS EN PIÈCES ’
15
Daniel, souvenons-nous, reçut ces
messages angéliques sur le bord du
“ grand fleuve ” Hiddéqel, également
appelé le Tigre (Daniel 10:4).
Il y voit maintenant trois créatures
angéliques et déclare : “ Moi, Daniel, je
vis, et voici que deux autres se tenaient,
l’un sur cette rive-ci du fleuve et l’autre
sur cette rive-là du fleuve.
Alors l’un d’eux dit à l’homme vêtu de
lin, qui était au-dessus des eaux du
fleuve :
‘ Jusqu’à quand la fin des choses
prodigieuses ? ’ ” (Daniel 12:5, 6).
La question soulevée ici par l’ange peut
une nouvelle fois nous faire penser aux
“ saints du Suprême ”. Au début du
“ temps de la fin ”, en 1914, ils étaient
très soucieux de savoir au bout de
combien de temps s’accompliraient les
promesses de Dieu. La réponse à cette
question révèle qu’ils sont concernés
au premier chef par cette prophétie.
16
Le récit de Daniel dit ensuite :
“ Et je commençai à entendre l’homme
vêtu de lin, qui était au-dessus des eaux
du fleuve, alors qu’il levait sa main droite
et sa main gauche vers les cieux et jurait
par Celui qui est vivant pour des temps
indéfinis : ‘ Ce sera pour un temps fixé,
des temps fixés et une moitié. Et dès
qu’on aura achevé de mettre en pièces
la force du peuple saint, toutes ces
choses parviendront à leur terme. ’ ”
(Daniel 12:7). L’instant est grave.
L’ange lève les deux mains en faisant
serment, peut-être pour que les deux
anges des deux côtés du large fleuve
voient son geste. Par ce geste, en tout
cas, il indique que l’accomplissement de
la prophétie est absolument certain.
Mais quand les temps fixés dont il parle
ont-ils lieu ?
La réponse n’est pas aussi difficile à
trouver que vous pourriez le penser.
17
Cette prophétie ressemble
étonnamment à deux autres.
L’une d’elles, que nous avons
considérée au chapitre 9 du présent
ouvrage, se trouve en Daniel 7:25 ;
l’autre, en Révélation 11:3, 7, 9.
Arrêtons-nous sur quelques parallèles
entre ces prophéties. L’une et l’autre se
déroulent pendant le temps de la fin.
Les deux se rapportent aux serviteurs
saints de Dieu ; elles montrent qu’ils
sont persécutés et même, pendant un
temps, dans l’impossibilité d’accomplir
leur prédication publique.
Elles expliquent qu’ils reprennent vie et
qu’ils recommencent leur œuvre,
déjouant les plans de leurs >>
persécuteurs. Et chacune de ces
prophéties précise la durée du temps
d’épreuve des saints. Les deux
prophéties de Daniel (7:25 et 12:7)
parlent ‘ d’un temps, de temps et de la
moitié d’un temps ’. Les biblistes
admettent généralement qu’il est
question de trois temps et demi. La
Révélation parle pour la même période
d’une durée de 42 mois, ou 1 260 jours
(Révélation 11:2, 3). Voilà qui confirme
que les trois temps et demi de Daniel
correspondent à trois ans et demi de
360 jours chacun. Mais quand ces
1 260 jours ont-ils commencé ?
18
La prophétie indique assez
explicitement à quel moment les
1 260 jours prendraient fin :
lorsqu’“ on aura achevé de mettre en
pièces la force du peuple saint ”.
Au milieu de 1918, les responsables de
la Watch Tower Bible and Tract Society,
dont son président, Joseph Rutherford,
ont été déclarés coupables sous de
fausses accusations, condamnés à de
longues peines et emprisonnés.
Les saints de Dieu ont bel et bien vu leur
œuvre ‘ mise en pièces ’, leur force
brisée. Si on décompte trois ans et demi
en partant du milieu de 1918, on arrive
à la fin de 1914. À ce moment-là, le petit
groupe des oints rassemblaient leurs
forces pour résister à la persécution.
La Première Guerre mondiale avait
éclaté et l’opposition contre leur œuvre
était de plus en plus virulente.
Du reste, pour l’année 1915, le texte
qu’ils avaient choisi consistait en cette
question posée par le Christ à ses
disciples : “ Pouvez-vous boire ma
coupe ? ” (Matthieu 20:22). Ainsi que
Révélation 11:3 l’avait prédit, la période
de 1 260 jours qui a suivi a été pour les
oints une époque de deuil, comme s’ils
prophétisaient vêtus de toiles de sac.
La persécution a redoublé. Certains
oints ont été emprisonnés, d’autres
attaqués par des foules, d’autres encore
torturés. Beaucoup ont été démoralisés
par la mort, en 1916, du premier
président de la Société, Charles Russell.
Qu’allait-il se passer après cette période
sombre qui s’achevait par le meurtre des
saints en tant qu’organisation de
prédicateurs ?
19
La prophétie parallèle contenue
en Révélation 11:3, 9, 11 montre
qu’après avoir été tués les “ deux
témoins ” ne restent dans la mort qu’une
brève période : trois jours et demi.
Ensuite, ils reprennent vie. Pareillement,
la prophétie de Daniel chapitre 12
indique que les saints ne resteraient pas
silencieux, mais avaient encore du pain
sur la planche.
ILS SONT
‘ PURIFIÉS, BLANCHIS ET AFFINÉS ’
20
Nous l’avons vu plus haut,
Daniel écrivait ces choses, mais ne
les comprenait pas. Il dut néanmoins
se demander si les saints seraient ou
non finalement anéantis par leurs
persécuteurs, puisqu’il posa la question :
“ Quelle sera la période finale de ces
choses ? ” L’ange répondit : “ Va,
Daniel, car ces paroles sont secrètes et
scellées jusqu’au temps de la fin.
Beaucoup se purifieront et se
blanchiront et seront affinés.
À coup sûr les méchants agiront
méchamment, et aucun méchant ne
comprendra ; mais les perspicaces
comprendront. ” (Daniel 12:8-10).
Les saints avaient donc une espérance
certaine !
Ils ne seraient pas détruits ; au contraire,
ils seraient blanchis, ils auraient le
bonheur d’être considérés comme purs
devant Jéhovah Dieu (Malaki 3:1-3). >>
~
~
Leur perspicacité dans les questions
spirituelles leur permettrait de demeurer
purs aux yeux de Dieu.
À l’inverse, les méchants ne voudraient
pas comprendre les choses spirituelles.
Mais quand tout cela se réaliserait-il ?
21
Daniel l’apprit : “ Depuis le temps
où le sacrifice constant aura été ôté et
où l’on aura installé la chose immonde
qui cause la désolation, il y aura mille
deux cent quatre-vingt-dix jours. ”
Cette période commencerait par
conséquent lorsque certaines conditions
seraient réunies. “ Le sacrifice constant ”
(“ le sacrifice permanent ”) devait être
ôté (Daniel 12:11, note)
{Note : Traduit simplement par “ le sacrifice ”
dans la Septante.}.
À quel sacrifice l’ange pensait-il ?
Pas aux sacrifices d’animaux offerts
dans un temple sur la terre.
En effet, même le temple qui s’était
élevé jadis à Jérusalem n’était qu’une
“ copie de la réalité ”, la réalité étant
le grand temple spirituel de Jéhovah,
qui entra en fonction quand Christ en
devint le Grand Prêtre en 29 de notre
ère. Dans ce temple spirituel, qui
représente la disposition prise par Dieu
pour l’exercice du culte pur, il n’est nul
besoin d’offrir en permanence des
sacrifices pour le péché, puisque
“ le Christ a été offert une fois pour
toutes, afin de porter les péchés de
beaucoup ”. (Hébreux 9:24-28.)
Il n’empêche que tous les vrais chrétiens
offrent des sacrifices dans ce temple.
L’apôtre Paul écrivit : “ Par son
intermédiaire [celui de Christ] offrons
toujours à Dieu un sacrifice de louange,
c’est-à-dire le fruit de lèvres qui font une
déclaration publique pour son nom. ”
(Hébreux 13:15).
.
En conséquence, la première condition
posée par la prophétie, le fait que “ le
sacrifice constant ” serait ôté, a été >>
remplie vers le milieu de 1918, quand la
prédication a été pour ainsi dire
interrompue.
[Encadré, page 298]
LE SACRIFICE CONSTANT A ÉTÉ ÔTÉ
Dans le livre de Daniel, l’expression “ sacrifice constant ” apparaît cinq fois. Elle désigne un sacrifice de louange,
“ le fruit de lèvres ”, offert régulièrement à Jéhovah Dieu par ses serviteurs (Hébreux 13:15). En Daniel 8:11 ; 11:31 et 12:11,
il était prédit que ce sacrifice serait ôté.
Pendant les deux guerres mondiales, les serviteurs de Jéhovah ont été cruellement persécutés dans les territoires
du “ roi du Nord ” et du “ roi du Sud ”. (Daniel 11:14, 15.) C’est vers la fin de la Première Guerre mondiale que “ le sacrifice constant ”
a été ôté, lorsque la prédication a été pour ainsi dire arrêtée au milieu de 1918 (Daniel 12:7). Au cours de la Deuxième Guerre
mondiale, “ le sacrifice constant ” a également été “ enlevé ” pendant 2 300 jours par la Puissance mondiale anglo-américaine
(Daniel 8:11-14 ; voir le chapitre 10 du présent ouvrage). Il a également été ôté par les “ bras ” nazis pendant une période que
les Écritures ne précisent pas. — Daniel 11:31 ; voir le chapitre 15 du présent ouvrage.
22
Qu’en est-il de la deuxième
condition, l’‘ installation ’ de “ la chose
immonde qui cause la désolation ” ?
Comme nous l’avons vu quand nous
avons commenté Daniel 11:31,
cette chose immonde a d’abord été la
Société des Nations, qui a réapparu par
la suite sous la forme des Nations unies.
Ces institutions sont immondes en ce
qu’on les a proclamées l’unique espoir
de paix pour la terre, si bien que, dans
le cœur de nombre de gens,
elles prennent ni plus ni moins la place
du Royaume de Dieu !
Le projet de la Société des Nations a été
proposé officiellement en janvier 1919.
À l’époque, donc, les deux conditions de
Daniel 12:11 étaient remplies.
Par conséquent, les 1 290 jours ont
commencé début 1919 et
ont duré jusqu’à l’automne 1922
(dans l’hémisphère Nord).
23
Les saints ont-ils, au cours de
cette période, fait des progrès en vue
d’être blanchis et purifiés aux yeux de
Dieu ? Incontestablement ! >>
~
~
~
~
~
En mars 1919, le président de la Société
Watch Tower et ses proches
collaborateurs ont été libérés de prison.
Ils ont été par la suite disculpés des
fausses accusations qui pesaient sur
eux. Conscients que leur œuvre était
loin d’être terminée, ils se sont mis
immédiatement à l’ouvrage : ils ont
organisé une assemblée pour
septembre 1919.
La même année a vu la parution d’un
périodique qui accompagnerait La Tour
de Garde.
Appelé au départ L’Âge d’Or
(aujourd’hui Réveillez-vous !),
il a toujours soutenu La Tour de Garde
en dénonçant sans crainte la corruption
du monde actuel et en aidant les
serviteurs de Dieu à rester purs.
À la fin des 1 290 jours prédits, les
saints étaient en bonne voie pour être
purifiés et rétablis.
En septembre 1922, exactement au
moment où cette période se terminait, ils
ont tenu à Cedar Point (dans l’Ohio, aux
États-Unis) une assemblée qui a fait
date. Cette assemblée a donné une
vigoureuse impulsion à la prédication.
Cependant, il restait des progrès à
accomplir. On allait s’y employer au
cours d’une autre période particulière.
[Tableau/Illustrations, page 301]
(Voir la publication)
LES PÉRIODES PROPHÉTIQUES DANS DANIEL
Daniel 4:16, 25
Sept temps (2 520 ans) : Octobre 607 av. n. è. à octobre 1914 de n. è.
(Le Royaume messianique est établi. Voir le chapitre 6 du présent ouvrage.)
---
Daniel 7:25 ; 12:7
Trois temps et demi (1 260 jours) : Décembre 1914 à juin 1918
(Les chrétiens oints sont harcelés. Voir le chapitre 9 du présent ouvrage.)
---
Daniel 8:14
2 300 soirs et matins : 1
er
ou 15 juin 1938 au 8 ou 22 octobre 1944
(La “ grande foule ” apparaît, se multiplie. Voir le chapitre 10 du présent ouvrage.)
---
Daniel 9:24-27
70 semaines (490 ans) : 455 av. n. è. à 36 de n. è.
(La venue du Messie et son ministère sur la terre. Voir le chapitre 11 du présent ouvrage.)
---
Daniel 12:11
1 290 jours : Janvier 1919 à septembre 1922
(Les chrétiens oints se réveillent et progressent spirituellement.)
---
Daniel 12:12
1 335 jours : Septembre 1922 à mai 1926
(Les chrétiens oints sont heureux.)
HEUREUX LES SAINTS
24
L’ange de Jéhovah conclut sa
prophétie concernant les saints par
ces mots : “ Heureux celui qui reste
dans l’attente et qui arrive aux mille trois
cent trente-cinq jours ! ” (Daniel 12:12).
L’ange ne révèle aucun indice sur les
moments où cette période commence
ou s’achève. L’Histoire donne à penser
qu’elle suit simplement la période
précédente. En ce cas, elle s’étendrait
de l’automne 1922 à la fin du
printemps 1926 (dans l’hémisphère
Nord). Les saints ont-ils été heureux à la
fin de cette période ? Absolument, sous
plusieurs rapports importants sur le plan
spirituel.
25
Même après l’assemblée de 1922
(montrée page 302), certains saints de
Dieu avaient toujours le regard tourné
vers le passé. À leurs réunions, ils
continuaient d’étudier essentiellement la
Bible et les volumes des Études des
Écritures, rédigés par Charles Russell.

~
À l’époque, une opinion très répandue
voulait que 1925 soit l’année où
commencerait la résurrection et où
le Paradis serait rétabli sur la terre.
Du coup, beaucoup servaient Dieu avec
une date en vue. Quelques-uns
refusaient orgueilleusement de participer
à la prédication au public.
Tout n’allait pas pour le mieux.
26
Toutefois, à mesure que les
1 335 jours s’écoulaient, tout cela
a commencé à changer. On a mis
l’accent sur la prédication ; on s’est
organisé pour que tous y participent
régulièrement. On a prévu des réunions
pour étudier La Tour de Garde chaque
semaine. Le numéro du 1er
mars 1925
(juin en français) contenait l’article
historique intitulé “ La naissance de la
nation ” ; cet article permettait aux
serviteurs de Dieu de comprendre tout
ce qui s’était produit entre 1914 et 1919.
L’année 1925 passée, les saints n’ont
plus servi Dieu avec une date proche et
précise en vue. Le plus important était la
sanctification du nom de Jéhovah. Cette
vérité essentielle a été mise en évidence
comme jamais auparavant dans l’article
de La Tour de Garde du 1er
janvier 1926
(mars en français) intitulé “ Qui honorera
Jéhovah ? ” À l’assemblée tenue en
mai 1926 a paru le livre Délivrance (voir
l’illustration pleine page de la page 302 de la publication).
C’était le premier d’une série de
nouveaux livres destinés à remplacer les
Études des Écritures. Les saints ne
regrettaient plus le passé. Ils regardaient
avec confiance l’avenir et l’œuvre qui les
attendaient. La prophétie avait dit vrai :
quand les 1 335 jours se sont terminés,
les saints étaient heureux.
27
Évidemment, tous ne se sont pas
montrés endurants au cours de cette
époque troublée. C’est sans aucun
doute la raison pour laquelle l’ange avait
insisté sur l’importance de ‘ rester dans
l’attente ’. Ceux qui ont enduré et qui
sont restés dans l’attente ont été
abondamment bénis. L’examen de
Daniel chapitre 12 l’atteste. Comme
prédit, les oints ont, au sens spirituel,
repris vie, ont été ressuscités. Ils ont
reçu une perspicacité hors du commun ;
ils ont eu la capacité de ‘ rôder ’ dans la
Parole de Dieu et, guidés par l’esprit
saint, de percer des secrets séculaires.
Jéhovah les a purifiés et les a fait briller
spirituellement, avec autant d’éclat que
des étoiles. 
~
Cela leur a permis d’amener de
nombreux humains à être tenus pour
justes par Jéhovah Dieu.
28
Quand on connaît tous les indices
prophétiques qui identifient “ les saints
du Suprême ”, est-on excusable si on ne
les reconnaît pas et qu’on ne se joigne
pas à eux ?
De merveilleuses bénédictions attendent
la grande foule, qui sert Jéhovah aux
côtés du groupe des oints de moins en
moins nombreux.
Nous devons tous rester dans l’attente
de l’accomplissement des promesses
divines (Habaqouq 2:3). Voilà des
décennies que Mikaël, le grand Prince,
se tient là en faveur des serviteurs de
Dieu. Dans peu de temps maintenant,
il va entrer en action en qualité
d’exécuteur de l’actuel système de
choses, envoyé par Dieu.
Quelle sera alors notre situation ?
29
La réponse à cette question
dépendra de notre choix présent :
menons-nous une vie intègre ? Pour
renforcer notre détermination alors que
le “ temps de la fin ” approche de son
terme, considérons le dernier verset du
livre de Daniel. En l’examinant dans le
prochain chapitre, nous verrons
comment Daniel s’est tenu devant son
Dieu et comment il se tiendra devant lui
dans l’avenir.
*** dp chap. 18 p. 306-319 ***
Jéhovah promet une récompense
merveilleuse à Daniel
1
Un coureur approche de la ligne
d’arrivée. Il n’en peut plus, mais à la vue
de son objectif il rassemble tout ce qui
lui reste d’énergie dans ses dernières
foulées. Tous ses muscles tendus,
il franchit enfin la ligne d’arrivée ! >>
Sur son visage se lisent le soulagement,
le triomphe. Il a enduré jusqu’au bout, et
il en est récompensé.
2
À la fin de Daniel chapitre 12, on
trouve le prophète bien-aimé près de
la ligne d’arrivée de sa “ course ” à lui,
sa vie qu’il a consacrée au service de
Jéhovah. Après avoir cité divers
exemples d’hommes et de femmes
de foi parmi les serviteurs de Jéhovah
préchrétiens, l’apôtre Paul écrivit :
“ Ainsi donc, parce que nous avons
une si grande nuée de témoins qui nous
entoure, débarrassons-nous aussi de
tout poids et du péché qui nous entrave
facilement, et courons avec endurance
la course qui est placée devant nous,
tandis que nous avons les yeux fixés
sur l’Agent principal de notre foi et Celui
qui la porte à la perfection : Jésus.
Pour la joie qui était placée devant lui,
il a enduré un poteau de supplice,
méprisant la honte, et s’est assis à la
droite du trône de Dieu. ” —
Hébreux 12:1, 2.
3
Dans cette “ grande nuée de
témoins ” figurait Daniel.
Il avait indéniablement ‘ couru avec
endurance ’ ; il l’avait fait, motivé par
un profond amour pour Dieu. Jéhovah
avait révélé nombre de renseignements
à Daniel concernant l’avenir des
gouvernements du monde, mais
maintenant il lui envoyait cet
encouragement personnel : “ Quant à
toi, va vers la fin ; et tu te reposeras,
mais tu te lèveras pour ton lot à la fin
des jours. ” (Daniel 12:13).
L’ange de Jéhovah disait trois choses
distinctes à Daniel :
1) que Daniel devait ‘ aller vers la fin ’,
2) qu’il ‘ se reposerait ’ et
3) qu’il ‘ se lèverait ’ à un certain
moment.
En quoi ces paroles peuvent-elles
aujourd’hui encourager les chrétiens à
endurer jusqu’à la ligne d’arrivée dans la
course pour la vie ?
“ VA VERS LA FIN ”
4
Que voulait dire l’ange quand il
déclara à Daniel : “ Quant à toi, va vers
la fin ” ? La fin de quoi ?
Daniel avait presque 100 ans ; l’ange
faisait donc apparemment allusion >>
à la fin de sa vie, qui était probablement
très proche.
{Note : Daniel avait été emmené en exil à
Babylone en 617 avant notre ère, certainement
adolescent. Il reçut cette vision dans la troisième
année de Cyrus, soit en 536. — Daniel 10:1.}
L’ange exhortait Daniel à endurer
fidèlement jusqu’à sa mort. Ce ne serait
pas forcément facile. Daniel avait vécu
suffisamment longtemps pour voir
renverser Babylone et un reste des
exilés juifs retourner en Juda et
à Jérusalem. Cela dut procurer
beaucoup de joie au prophète âgé.
Rien n’indique cependant qu’il ait été du
voyage. Il se peut tout à fait qu’il ait été
trop âgé et trop fragile à l’époque.
Ou peut-être était-ce la volonté de
Jéhovah qu’il reste à Babylone.
Quoi qu’il en soit, on ne peut
s’empêcher de se demander si Daniel
n’était pas quelque peu nostalgique
après le départ de ses compatriotes
en Juda.
5
Daniel retira sans aucun doute
beaucoup de force de la déclaration
bienveillante de l’ange : “ Va vers la fin. ”
Cela nous rappelle peut-être les paroles
que Jésus Christ énonça quelque six
siècles après : “ Celui qui aura enduré
jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. ”
(Matthieu 24:13). C’est indubitablement
la voie que Daniel suivit. Il endura
jusqu’à la fin ; il courut jusqu’au bout,
fidèlement, la course pour la vie. Sans
doute est-ce une des raisons pour
lesquelles il est par la suite question de
lui en termes élogieux dans la Parole de
Dieu (Hébreux 11:32, 33). Qu’est-ce qui
permit à Daniel d’endurer jusqu’à la fin ?
Le récit de sa vie fournit la réponse.
ENDURONS DANS L’ÉTUDE DE LA
PAROLE DE DIEU
6
Pour endurer jusqu’à la fin, Daniel
ne s’arrêta jamais d’étudier et de
méditer profondément les promesses
exaltantes de Dieu.
Nous savons que Daniel était un fervent
étudiant de la Parole de Dieu.
Comment aurait-il connu autrement la
promesse de Jéhovah dictée à Jérémie
selon laquelle l’Exil durerait 70 ans ?
Daniel écrivit lui-même : “ Je discernai
par les livres le nombre des années. ”
(Daniel 9:2 ; Jérémie 25:11, 12).
Il est hors de doute que Daniel éplucha
de fond en comble les livres de la Parole
de Dieu qui existaient à son époque.
Les écrits de Moïse, de David, de
Salomon, d’Isaïe, de Jérémie, d’Ézékiel,
tout ce dont il disposait, donnèrent
à coup sûr à Daniel matière à lire et
à méditer pendant de nombreuses
heures agréables.
7
Pour cultiver l’endurance
aujourd’hui, il est indispensable d’étudier
la Parole de Dieu, de s’absorber en elle
(Romains 15:4-6 ; 1 Timothée 4:15).
Et nous disposons de la Bible entière,
notamment du récit de la manière dont
certaines prophéties de Daniel se sont
accomplies des siècles après leur
rédaction. Nous avons en plus la chance
de vivre “ au temps de la fin ” prédit en
Daniel 12:4. À notre époque, les oints
bénéficient de la perspicacité spirituelle ;
ils brillent comme des phares de vérité
dans un monde de ténèbres.
Cela explique que nombre des
prophéties profondes qui figurent dans
le livre de Daniel, dont certaines le
déconcertèrent, soient riches de sens
pour nous aujourd’hui.
Continuons donc d’étudier la Parole de
Dieu chaque jour ; ne banalisons jamais
ce privilège. Cela nous aidera à endurer.
DANIEL PERSÉVÉRA
DANS LA PRIÈRE
8
La prière aussi aida Daniel à
endurer jusqu’à la fin. Chaque jour il se
tournait vers Jéhovah Dieu et lui parlait>
franchement, le cœur rempli de foi et de
confiance.
Il savait que Jéhovah ‘ entend la prière ’.
(Psaume 65:2 ; voir aussi Hébreux 11:6.)
Quand il eut le cœur lourd, peiné qu’il
était par la conduite rebelle d’Israël,
Daniel s’épancha auprès de Jéhovah
(Daniel 9:4-19). Même lorsque Darius
établit par décret que pendant 30 jours
on ne devait adresser de requête à
personne d’autre qu’à lui, Daniel ne
cessa pas pour autant de prier Jéhovah
Dieu (Daniel 6:10).
N’est-il pas émouvant d’imaginer ce
vieillard fidèle préférer braver une fosse
et des lions qu’abandonner le privilège
précieux qu’est la prière ? Sur ce sujet,
aucun doute possible : Daniel alla
fidèlement à sa fin, en priant chaque jour
Jéhovah avec ferveur.
9
Il n’est pas compliqué de prier.
Nous pouvons prier pour ainsi dire
n’importe quand, n’importe où, à voix
haute ou en silence. Mais nous ne
devons jamais prendre ce précieux
privilège à la légère.
La Bible établit un rapport entre la prière
et l’endurance, la persévérance et l’état
de veille spirituel
(Luc 18:1 ; Romains 12:12 ;
Éphésiens 6:18 ; Colossiens 4:2).
N’est-il pas extraordinaire de pouvoir
communiquer à volonté et librement
avec le plus grand personnage de
l’univers ? Et d’être écouté ?
Souvenez-vous de la fois où Daniel
priait et où Jéhovah envoya un ange lui
répondre. Cet ange arriva alors que
Daniel priait encore (Daniel 9:20, 21) !
Nous ne sommes évidemment pas à
une époque où les anges rendent visite
aux humains, mais Jéhovah n’a pas
changé (Malaki 3:6). Tout comme il
entendit la prière de Daniel, il écoutera
les nôtres. Et plus nous prierons, plus
nous nous rapprocherons de Jéhovah ;
comme Daniel, nous forgerons un lien
qui nous aidera à endurer jusqu’à la fin.
ENDURONS DANS L’ENSEIGNEMENT
DE LA PAROLE DE DIEU
10
Daniel devait ‘ aller vers la fin ’
dans un autre sens encore. Il lui fallait
endurer en tant qu’enseignant de
la vérité. Il n’oublia jamais qu’il faisait
partie du peuple choisi à propos duquel
les Écritures avaient dit : “ ‘ Vous êtes
mes témoins ’, c’est là ce que déclare
Jéhovah, ‘ oui mon serviteur que j’ai
choisi. ’ ” (Isaïe 43:10). Daniel fit tout ce
qui était en son pouvoir pour être à la
hauteur de cette mission. Sa tâche
consistait probablement, entre autres,
à enseigner son peuple exilé à
Babylone. Nous sommes peu informés
sur ses rapports avec les autres Juifs,
excepté avec les trois qui sont appelés
“ ses compagnons ”, Hanania, Mishaël
et Azaria (Daniel 1:7 ; 2:13, 17, 18).
Leur étroite amitié aida certainement
chacun d’eux dans une grande mesure
à endurer (Proverbes 17:17). Daniel, qui
reçut de Jéhovah une perspicacité
particulière, avait beaucoup à enseigner
à ses amis (Daniel 1:17).
Mais son œuvre d’enseignement ne
s’arrêtait pas là.
11
Plus qu’aucun autre prophète,
Daniel fut chargé de donner le
témoignage à des dignitaires gentils.
Il dut souvent transmettre des messages
peu agréables ; pourtant, il ne traita
jamais les dirigeants auxquels il eut
affaire en personnages odieux ou en
quelque manière inférieurs à lui. Il leur
parla avec respect et diplomatie.
Si quelques-uns, comme les satrapes
jaloux et calculateurs, voulurent détruire
Daniel, en revanche il gagna le respect
d’autres dignitaires. >>
~
~
Grâce à la capacité que Jéhovah donna
à Daniel d’expliquer des mystères qui
laissaient perplexes des rois et des
sages, le prophète devint quelqu’un de
très éminent (Daniel 2:47, 48 ; 5:29).
Certes, en vieillissant, il ne pouvait plus
être aussi actif que dans sa jeunesse.
Il n’empêche qu’il alla certainement
à sa fin en cherchant fidèlement tous
les moyens de se montrer le témoin de
son Dieu qu’il aimait.
12
Dans la congrégation chrétienne
aujourd’hui, nous pouvons trouver de
fidèles compagnons qui nous aident
à endurer, de même que Daniel et
ses trois compagnons s’épaulaient
mutuellement. Nous nous enseignons
également les uns les autres,
ce qui produit “ un échange
d’encouragements ”. (Romains 1:11, 12.)
Comme Daniel, nous avons pour
mission de donner le témoignage aux
non-croyants (Matthieu 24:14 ; 28:19, 20).
C’est pourquoi il nous faut aiguiser nos
capacités afin d’‘ exposer correctement
la parole de la vérité ’ lorsque nous
parlons de Jéhovah (2 Timothée 2:15).
Et il nous sera bénéfique de suivre ce
conseil de l’apôtre Paul : “ Continuez à
marcher avec sagesse à l’égard de ceux
du dehors. ” (Colossiens 4:5). Cette
sagesse veut que nous ayons un point
de vue raisonnable sur les gens qui ne
partagent pas notre foi. Nous ne les
méprisons pas ; nous ne nous
considérons pas comme supérieurs
(1 Pierre 3:15). Nous cherchons plutôt
à les attirer vers la vérité ; nous utilisons
la Parole de Dieu avec tact et habileté
de façon à toucher leur cœur.
Quand nous réussissons à toucher
quelqu’un, cela nous procure une joie
immense. Ce genre de joie nous aide
incontestablement à endurer jusqu’à
la fin, à l’exemple de Daniel.
.
“ TU TE REPOSERAS ”
13
L’ange donna ensuite cette
assurance à Daniel : “ Tu te reposeras. ”
(Daniel 12:13).
Que signifiaient ces paroles ?
Bien sûr, Daniel savait qu’il allait mourir.
Depuis l’époque d’Adam jusqu’à la
nôtre, la mort attend inéluctablement
tous les humains. La Bible a bien raison
de qualifier la mort d’“ ennemi ”.
(1 Corinthiens 15:26.)
Néanmoins, pour Daniel, la perspective
de mourir évoquait quelque chose de
tout à fait différent de l’idée que s’en
faisaient les Babyloniens tout autour de
lui. À leurs yeux, imprégnés qu’ils
étaient du culte compliqué de quelque
4 000 fausses divinités, la mort
s’accompagnait de toutes sortes de
terreurs. Ils pensaient qu’après la mort
ceux qui avaient été malheureux ou dont
la fin avait été violente se transformaient
en esprits vengeurs qui hantaient
les vivants. Les Babyloniens croyaient
également en un au-delà terrifiant,
peuplé de monstres hideux aux formes
humaines et animales.
14
Pour Daniel, la mort n’avait rien
à voir avec ces idées. Des centaines
d’années avant l’époque du prophète,
le roi Salomon avait déclaré sous
l’inspiration divine : “ Les morts, eux,
ne savent rien. ” (Ecclésiaste 9:5).
Et à propos de celui qui meurt, le
psalmiste avait chanté :
“ Son esprit sort, il retourne à son sol ;
en ce jour-là périssent ses pensées. ”
(Psaume 146:4). Daniel savait par
conséquent que les paroles que l’ange
lui adressait se réaliseraient. La mort
était synonyme de repos. Nulle pensée,
nul regret amer, nul tourment... et
encore moins des monstres. À la mort
de Lazare, Jésus Christ présenta les
choses de façon similaire. >>
Il déclara : “ Lazare notre ami s’est
endormi. ” — Jean 11:11.
15
Arrêtons-nous sur une autre raison
pour laquelle la perspective de mourir
n’effrayait pas Daniel.
La Parole de Dieu dit : “ Un nom vaut
mieux qu’une bonne huile, et le jour de
la mort que le jour de sa naissance. ”
(Ecclésiaste 7:1). En quel sens le jour
de la mort, un jour triste s’il en est, peut-
il valoir mieux que le jour joyeux de la
naissance ? Tout est dans le “ nom ”.
“ Une bonne huile ” pouvait valoir
extrêmement cher. Un jour, par
exemple, Marie la sœur de Lazare
enduisit les pieds de Jésus d’une huile
parfumée qui valait presque un an de
salaire (Jean 12:1-7) !
Comment un simple nom pouvait-il être
aussi précieux ? En Ecclésiaste 7:1,
la Septante met : “ Un beau nom. ”
Ce qui est précieux, ce n’est pas tant
le nom en soi que ce qu’il représente.
Lorsque quelqu’un naît, il n’a pas de
réputation, pas de belles œuvres à son
actif ; personne ne se souvient avec
émotion de sa personnalité, de ses
qualités. Quand quelqu’un arrive au
terme de sa vie en revanche, son nom
évoque tout cela. Et si son nom est beau
du point de vue de Dieu, alors il est
amplement plus précieux que n’importe
quel bien matériel.
16
D’un bout à l’autre de sa vie,
Daniel fit tout ce qui était en son pouvoir
pour avoir un beau nom auprès de Dieu,
et aucun de ses efforts n’échappa à
Jéhovah. Il observait Daniel et examinait
son cœur. Dieu avait agi de même à
l’égard du roi David, qui chanta :
“ Ô Jéhovah, tu m’as scruté, et tu me
connais. Tu as su quand je m’assois et
quand je me lève. Tu as été attentif de
loin à ma pensée. ” (Psaume 139:1, 2).
~
~
Certes, Daniel n’était pas parfait.
Il descendait du pécheur Adam et
appartenait à une nation pécheresse
(Romains 3:23). Mais Daniel se repentit
de son état de pécheur et s’efforça
toujours de marcher avec son Dieu dans
la droiture. Le fidèle prophète pouvait
dès lors être certain que Jéhovah
pardonnerait ses péchés et
ne les retiendrait jamais contre lui
(Psaume 103:10-14 ; Isaïe 1:18).
Volontairement, ce sont des belles
œuvres de ses serviteurs fidèles dont
Jéhovah se souvient (Hébreux 6:10).
D’ailleurs, l’ange de Jéhovah appela
Daniel à deux reprises “ homme très
désirable ”. (Daniel 10:11, 19.) C’était la
preuve que Dieu aimait Daniel.
Daniel pouvait aller se reposer satisfait,
en sachant qu’il s’était fait un beau nom
auprès de Jéhovah.
17
Nous ferions bien de nous
demander, tous autant que nous
sommes : ‘ Ai-je un beau nom auprès
de Jéhovah ? ’ Nous vivons une époque
troublée. Ce n’est pas être morbide,
mais simplement réaliste, que
d’admettre que la mort peut emporter
n’importe lequel d’entre nous à n’importe
quel moment (Ecclésiaste 9:11).
Il est donc capital d’être déterminé à se
faire un beau nom auprès de Dieu dès
maintenant, sans attendre.
Si nous le faisons, nous n’avons pas
à craindre la mort. Elle n’est qu’un
repos, comme le sommeil. Et comme
le sommeil, elle est suivie d’un réveil !
“ TU TE LÈVERAS ”
18
Le livre de Daniel se termine par
l’une des plus belles promesses que
Dieu a jamais faites à un humain.
L’ange de Jéhovah dit à Daniel : “ Tu te
lèveras pour ton lot à la fin des jours. ”
Que voulait dire l’ange ? >>
~
Manifestement, puisque le ‘ repos ’ dont
il venait de parler était la mort, la
promesse selon laquelle Daniel ‘ se
lèverait ’ un jour ne pouvait se rapporter
qu’à une chose : la résurrection !
{Note : D’après The Brown-Driver-Briggs
Hebrew and English Lexicon, le mot hébreu
rendu ici par ‘ se lever ’ a trait à “ la renaissance
après la mort ”.}
Certains biblistes ont affirmé que Daniel
chapitre 12 contient la première allusion
explicite à la résurrection dans les
Écritures hébraïques (Daniel 12:2).
Sur ce point, néanmoins, ils se
trompent. Daniel connaissait
parfaitement l’espérance de la
résurrection.
19
Par exemple, Daniel connaissait
assurément ces paroles qu’Isaïe avait
rédigées deux siècles plus tôt :
“ Tes morts vivront. Un cadavre à moi —
ils se relèveront. Réveillez-vous et
poussez des cris de joie, vous qui
résidez dans la poussière ! Car [...] la
terre fera tomber, c’est-à-dire enfantera,
même ceux qui sont sans force dans la
mort. ” (Isaïe 26:19). Bien avant déjà,
Éliya et Élisha avaient reçu de Jéhovah
le pouvoir d’opérer des résurrections
(1 Rois 17:17-24 ; 2 Rois 4:32-37).
Même avant, Hanna, la mère du
prophète Samuel, avait reconnu que
Jéhovah peut relever des humains du
shéol, la tombe (1 Samuel 2:6).
Précédemment encore, le fidèle Job
avait exprimé son propre espoir par ces
mots : “ Si un homme robuste meurt,
peut-il revivre ? Tous les jours de ma
corvée, j’attendrai, jusqu’à ce que
vienne ma relève. Tu appelleras, et moi
je te répondrai. Tu languiras après
l’œuvre de tes mains. ” — Job 14:14, 15.
20
Comme Job, Daniel avait des
raisons d’être persuadé que Jéhovah
le ramènerait un jour à la vie, mieux,
qu’il languissait après. Il dut toutefois
être profondément réconforté d’entendre
une créature spirituelle puissante
confirmer son espérance.
Oui, Daniel se lèvera à “ la résurrection
des justes ” qui surviendra au cours du
Règne millénaire de Christ (Luc 14:14).
Comment cela se passera-t-il pour
Daniel ? La Parole de Dieu n’est pas
avare de renseignements sur ce sujet.
21
Jéhovah est “ un Dieu, non pas de
désordre, mais de paix ”.
(1 Corinthiens 14:33.)
Il est par conséquent évident que dans
le Paradis la résurrection se déroulera
avec ordre. Peut-être que du temps
aura passé depuis Har-Maguédôn
(Révélation 16:14, 16).
Tous les vestiges de l’ancien système
de choses auront été éliminés, et des
préparatifs auront sans aucun doute été
faits pour accueillir les morts.
Quant à l’ordre dans lequel les morts
reviendront, la Bible contient ce
précédent : “ Chacun à son propre
rang. ” (1 Corinthiens 15:23). Il semble
probable que, dans la ‘ résurrection des
justes et des injustes ’, les justes soient
ramenés les premiers (Actes 24:15).
De cette manière, les hommes fidèles
du passé, tel Daniel, pourront participer
à l’administration des affaires terrestres,
notamment à l’instruction des milliards
d’“ injustes ” ramenés à la vie. —
Psaume 45:16.
22
Avant d’être prêt à assumer
de telles responsabilités, Daniel aura
certainement des questions à poser.
N’a-t-il pas dit à propos de certaines
des prophéties profondes qui lui étaient
confiées : “ J’entendis, mais je ne
comprenais pas. ” (Daniel 12:8).
Comme il sera enthousiasmé de
comprendre enfin ces mystères divins !
Il voudra inévitablement tout savoir sur
le Messie. Daniel découvrira avec
fascination la marche des puissances >>
mondiales depuis son époque jusqu’à
la nôtre, l’identité des fidèles “ saints du
Suprême ”, qui auront persévéré malgré
la persécution au “ temps de la fin ”, et
la destruction finale de tous les
royaumes humains par le Royaume
messianique de Dieu. —
Daniel 2:44 ; 7:22 ; 12:4.
LE LOT DE DANIEL
DANS LE PARADIS, ET LE VÔTRE !
23
Daniel voudra connaître le monde
dans lequel il se trouvera alors,
un monde tellement différent de celui de
son temps. Disparues, toutes traces des
guerres et de l’oppression qui gâchaient
le monde à son époque.
Il n’y aura ni affliction, ni maladie, ni mort
(Isaïe 25:8 ; 33:24).
En revanche, il y aura de la nourriture en
abondance, des logements en quantité
et un travail satisfaisant pour tous
(Psaume 72:16 ; Isaïe 65:21, 22).
L’humanité constituera une famille unie
et heureuse.
24
Il est sûr et certain que Daniel aura
une place dans ce monde-là.
“ Tu te lèveras pour ton lot ”, lui dit
l’ange. Le mot hébreu traduit ici par
“ lot ” est celui qui désignait les parcelles
de terrain
{Note : Ce mot hébreu est de la famille de celui
qui signifie “ caillou ”, car on se servait de petites
pierres pour jeter les sorts. On répartissait
parfois les terres de cette façon (Nombres 26:55,
56). Le manuel du traducteur pour le livre de
Daniel dit qu’ici le mot désigne “ ce qui est
destiné/attribué à quelqu’un ” par Dieu.}.
Daniel devait connaître la prophétie
d’Ézékiel relative à la répartition du pays
rétabli d’Israël (Ézékiel 47:13–48:35).
Que donne à penser cette prophétie en
ce qui concerne son accomplissement
dans le Paradis ?
Que tous les serviteurs de Dieu auront
leur place dans ce Paradis, et que la
terre sera répartie avec ordre et justice.
Naturellement, le lot que Daniel recevra
dans le Paradis ne consistera pas
seulement en un terrain. Il comprendra
sa place dans le dessein de Dieu.
Daniel est certain de recevoir sa
récompense promise.
25
Mais votre lot à vous ? Les mêmes
promesses peuvent s’appliquer dans
votre cas. Jéhovah veut que les
humains obéissants ‘ se lèvent ’ pour
leur lot, il veut qu’ils aient une place
dans le Paradis.
Songez un peu : ne sera-t-il pas
prodigieux de rencontrer Daniel en
personne, ainsi que d’autres hommes et
femmes fidèles des temps bibliques ?
Des humains sans nombre seront
ramenés à la vie, qu’il faudra instruire
pour qu’ils connaissent Jéhovah Dieu et
qu’ils l’aiment. Imaginez-vous en train de
prendre soin de notre demeure terrestre
et de la transformer en un paradis d’une
variété infinie et d’une beauté éternelle.
Représentez-vous en train d’être
enseigné par Jéhovah, en train
d’apprendre à mener la vie qu’il avait
prévue pour les humains (Isaïe 11:9 ;
Jean 6:45). Il y a bel et bien une place
pour vous dans le Paradis.
Même si le mot Paradis sonne
curieusement aux oreilles de certains
aujourd’hui, souvenez-vous qu’à l’origine
Jéhovah avait créé l’homme pour vivre
dans un tel endroit (Genèse 2:7-9).
En ce sens, le Paradis est l’habitat
naturel des milliards de terriens.
C’est pour vivre là qu’ils sont faits.
Lorsque les humains se retrouveront >>
dans le Paradis, ce sera comme s’ils
rentraient chez eux.
~26
Nos cœurs ne s’embrasent-ils pas
de reconnaissance quand nous pensons
à cet avenir ? N’êtes-vous pas impatient
de le connaître ? Il n’est pas étonnant
que les Témoins de Jéhovah aient envie
de savoir quand viendra la fin du
système de choses. Il n’est pas facile
d’attendre. Jéhovah le sait, puisqu’il
nous encourage à ‘ continuer à
attendre ’ la fin “ même si elle venait
à tarder ”. Il veut dire qu’elle pourrait
donner l’impression de tarder à notre
point de vue ; en effet, dans le même
verset, nous lisons cette assurance :
“ Elle ne sera pas en retard. ”
(Habaqouq 2:3 ;
voir aussi Proverbes 13:12).
Sans doute possible, la fin viendra
exactement au moment fixé.
27
Que devez-vous faire à l’approche
de la fin ? La même chose que le
prophète Daniel, bien-aimé de Jéhovah :
endurer fidèlement. Étudiez assidûment
la Parole de Dieu. Priez avec ferveur.
Aimez et fréquentez vos compagnons
croyants. Enseignez avec zèle la vérité
à autrui. La fin du présent système de
choses méchant approchant jour après
jour, demeurez déterminé à servir
fidèlement le Très-Haut et à défendre
hardiment sa Parole. Surtout, prêtez
attention à la prophétie de Daniel !
Et que le Souverain Seigneur Jéhovah
vous accorde le privilège de vous tenir
joyeusement devant lui pour toute
l’éternité !
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Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone

  • 1.
    Pour utilisation avecun Smartphone | Ourbothy © 1999-2006 Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania Prêtons attention à la prophétie de Daniel !
  • 2.
    Prêtons attention àla prophétie de Daniel ! 1999, 2006 Cette publication est éditée dans le cadre d’une œuvre mondiale d’enseignement biblique rendue possible par des offrandes volontaires. Sauf indication, les citations des Écritures sont tirées de la version en français moderne Les Saintes Écritures — Traduction du monde nouveau — avec notes et références
  • 3.
    *** dp chap.1 p. 5-10 *** Le livre de Daniel et vous 1 Un roi puissant menace d’exécuter les sages de son royaume parce qu’ils sont incapables de révéler et d’interpréter le rêve déroutant qu’il vient de faire. Trois jeunes hommes qui refusent d’adorer une image imposante sont jetés dans un four surchauffé, mais ils ne meurent pas. Au beau milieu d’un festin, des centaines de personnes voient une main écrire des paroles mystérieuses sur le mur du palais. Des conspirateurs sans scrupules font jeter un homme âgé dans une fosse aux lions, mais il en ressort sans une égratignure. Un prophète de Dieu voit quatre bêtes en vision, bêtes dont la signification portera sur des millénaires. 2 Ce ne sont là que quelques-uns des récits qu’on trouve dans le livre de Daniel. Valent-ils la peine qu’on les examine attentivement ? De quelle utilité ce vieux livre peut-il être à notre époque ? Pourquoi se soucier d’événements qui se sont produits, il y a 2 600 ans ? DANIEL, UN LIVRE ANCIEN POUR LES TEMPS MODERNES 3 La plus grande partie du livre de Daniel tourne autour du thème de la domination mondiale, un sujet qui est au centre des préoccupations aujourd’hui. Presque tout le monde reconnaîtra que nous vivons une époque difficile. Jour après jour, les journaux nous bombardent d’informations affligeantes qui nous rappellent que la société humaine est en train de s’enfoncer dans un bourbier de problèmes complexes... et ce alors même que la science et la technologie accomplissent des prouesses.  4 Réfléchissez à ceci : L’homme a marché sur la lune, mais à de nombreux endroits il ne peut se promener sans crainte dans les rues de sa planète. Il est capable d’équiper une maison de toutes sortes de commodités, mais il ne peut endiguer le flot des familles brisées. Et il a su inaugurer l’ère de l’information, mais il ne peut apprendre aux gens à cohabiter en paix. Hugh Thomas, professeur d’histoire, a écrit un jour : “ La propagation de la connaissance et de l’instruction a appris peu de choses aux hommes sous le rapport de la maîtrise de soi et moins encore pour ce qui est de l’art de vivre avec d’autres humains. ” 5 Voulant établir un certain ordre dans la société, les hommes se sont organisés en gouvernements très divers. Cependant, aucun d’entre eux n’a échappé ni n’échappe à l’exactitude de cette remarque du roi Salomon : “ L’homme a dominé l’homme à son détriment. ” (Ecclésiaste 4:1 ; 8:9). Bien entendu, certains dirigeants ont de nobles idéaux. Néanmoins, aucun roi, aucun président ni aucun dictateur n’a le pouvoir d’éliminer la maladie et la mort. Aucun humain ne peut faire de la terre le Paradis que Dieu voulait qu’elle soit. 6 Le Créateur, quant à lui, est à la fois désireux et capable d’accomplir de telles choses. Il n’a pas besoin de la permission des gouvernements humains pour réaliser son dessein ; à ses yeux, en effet, “ les nations sont comme une goutte d’un seau ; oui, on les considère comme une couche de poussière sur la balance ”. (Isaïe 40:15.) Jéhovah est le Maître Souverain de l’univers. À ce titre, son pouvoir est de loin supérieur à celui des gouvernements humains.
  • 4.
    C’est le Royaumede Dieu qui remplacera toutes les formes de domination humaine, pour le bien éternel de l’humanité. Peut-être cette idée n’est-elle nulle part expliquée aussi clairement que dans le livre de Daniel. DANIEL, BIEN-AIMÉ DE DIEU 7 Jéhovah Dieu éprouvait une grande affection pour Daniel, qui fut son prophète pendant de nombreuses années. D’ailleurs, un ange de Dieu qualifia Daniel de “ quelqu’un de très désirable ”. (Daniel 9:23.) Le terme hébreu original traduit par “ quelqu’un de très désirable ” peut signifier “ bien-aimé ”, “ particulièrement apprécié ”, voire “ favori ”. Daniel était particulièrement précieux aux yeux de Dieu. 8 Parlons brièvement de la situation exceptionnelle de ce prophète aimé. En 618 avant notre ère, le roi de Babylone, Neboukadnetsar, assiégea Jérusalem (Daniel 1:1). Peu après, certains jeunes Juifs instruits furent emmenés en exil à Babylone. Daniel était parmi eux. À l’époque, il était probablement adolescent. 9 Daniel et ses compagnons, Hanania, Mishaël et Azaria, faisaient partie des Hébreux qui furent choisis pour recevoir trois ans de formation dans “ l’écriture et la langue des Chaldéens ”. (Daniel 1:3, 4.) Certains spécialistes sont d’avis qu’il ne s’agissait vraisemblablement pas d’un simple cours de langue. Par exemple, le professeur Carl Keil déclare : “ Daniel et ses compagnons allaient être instruits dans la sagesse des prêtres et de l’élite intellectuelle des Chaldéens, laquelle était enseignée dans les écoles de Babylone. ” Daniel et ses compagnons reçurent donc une formation spéciale pour servir dans le gouvernement. >> 10 La situation de Daniel et de ses compagnons changeait du tout au tout. En Juda, ils avaient vécu au milieu d’adorateurs de Jéhovah. Désormais, ils étaient entourés de gens qui adoraient des dieux et des déesses de la mythologie. Néanmoins, ces jeunes gens, Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria, n’étaient pas intimidés. Malgré ce contexte qui mettait leur foi à l’épreuve, ils étaient déterminés à persévérer dans le vrai culte. 11 Ce n’était pas facile. Le roi Neboukadnetsar était un fervent adorateur de Mardouk, la divinité principale de Babylone. Les exigences de ce roi étaient parfois absolument inacceptables pour un adorateur de Jéhovah (voir par exemple Daniel 3:1-7). Mais Daniel et ses compagnons bénéficiaient de la direction infaillible de Jéhovah. Durant les trois années que dura leur formation, Dieu leur accorda “ connaissance et perspicacité en toute écriture et sagesse ”. En outre, Daniel reçut la faculté de comprendre les visions et les rêves. Par la suite, quand le roi passa en revue ces quatre jeunes hommes, il les trouva “ dix fois supérieurs à tous les prêtres-magiciens et évocateurs d’esprits qui étaient dans tout son royaume ”. — Daniel 1:17, 20. PROCLAMATION DES MESSAGES DE DIEU 12 Du début à la fin des nombreuses années qu’il passa à Babylone, Daniel fut le messager de Dieu auprès d’hommes tels que les rois Neboukadnetsar et Belshatsar. La mission de Daniel était capitale. Jéhovah avait permis à Neboukadnetsar de détruire Jérusalem ; il en avait fait son instrument. Par la suite, Babylone serait détruite à son tour. Vraiment, le livre de Daniel magnifie Jéhovah Dieu ;
  • 5.
    il montre qu’ilest le Très-Haut et le Chef dans “ le royaume des humains ”. — Daniel 4:17. 13 Daniel servit à la cour pendant quelque 70 ans, jusqu’à la chute de Babylone. Il vécut assez longtemps pour voir de nombreux Juifs retourner dans leur pays en 537 avant notre ère, même si la Bible ne précise pas qu’il les accompagna. Il resta très actif, au moins jusqu’à la troisième année du règne de Cyrus, le fondateur de l’Empire perse. À ce moment-là, Daniel devait approcher les 100 ans. 14 Après la chute de Babylone, Daniel mit par écrit les événements les plus marquants de sa vie. Le document qu’il rédigea constitue aujourd’hui une partie remarquable de la Sainte Bible et porte le nom de livre de Daniel. Mais pourquoi devrions-nous prêter attention à ce livre ancien ? DEUX PARTIES, UN MESSAGE 15 L’extraordinaire livre de Daniel contient deux parties très différentes : l’une est narrative, l’autre est prophétique. Ces deux aspects du livre de Daniel peuvent bâtir notre foi. De quelle manière ? La partie narrative (qui compte parmi les plus intenses de la Bible) montre que Jéhovah Dieu bénira ceux qui lui resteront fidèles et prendra soin d’eux. Daniel et ses trois compagnons sont demeurés fermes dans des épreuves qui menaçaient leur vie. Aujourd’hui, tous ceux qui veulent rester fidèles à Jéhovah seront fortifiés par un examen attentif de leur exemple.  16 La partie prophétique bâtit la foi en montrant que Jéhovah connaît le cours de l’Histoire, et ce des siècles, et même des millénaires, à l’avance. Par exemple, Daniel donne des détails sur la montée et la chute des puissances mondiales depuis l’époque de la Babylone antique jusqu’au “ temps de la fin ”. (Daniel 12:4.) Daniel dirige notre attention sur le Royaume de Dieu confié à son Roi établi et aux “ saints ” qui règnent avec lui ; il précise que ce gouvernement durera toujours. Ce gouvernement accomplira entièrement le dessein de Jéhovah concernant la terre et procurera des bénédictions à tous ceux qui voudront servir Dieu. — Daniel 2:44 ; 7:13, 14, 22. 17 Par bonheur, Jéhovah ne garde pas pour lui la connaissance des événements à venir. Il est au contraire le “ Révélateur des secrets ”. (Daniel 2:28.) Si nous nous arrêtons sur l’accomplissement des prophéties contenues dans le livre de Daniel, notre foi dans les promesses de Dieu en sera fortifiée. Nous renforcerons encore notre conviction que Dieu réalisera son dessein au moment exact et de la manière précise qu’il aura choisis. 18 Tous ceux qui étudient le livre de Daniel avec un cœur réceptif y gagneront une foi plus grande. Mais avant de nous plonger dans l’examen de ce livre, il nous faut vérifier son authenticité. Certains critiques ont dénigré le livre de Daniel : ils ont affirmé que les prophéties qu’il contient ont été rédigées après leur accomplissement. Les prétentions de ces sceptiques sont- elles fondées ? Le chapitre suivant répondra à cette question.
  • 6.
    *** dp chap.2 p. 13-29 *** Daniel, un livre au banc des accusés 1 Imaginez-vous dans un tribunal. Vous assistez à un jugement important. Un homme est accusé de fraude. Le procureur affirme que cet homme est coupable. Pourtant, l’accusé a depuis longtemps la réputation d’être intègre. N’aimeriez-vous pas entendre les arguments de la défense ? 2 Vous vous trouvez dans la même situation vis-à-vis du livre de Daniel. Son rédacteur était un homme connu pour son intégrité. Le livre qui porte son nom est tenu en haute estime depuis des milliers d’années. Il se présente comme de l’histoire authentique, écrite par Daniel, un prophète hébreu qui vécut aux VIIe et VIe siècles avant notre ère. D’après la chronologie biblique, qui est précise, ce livre couvre la période qui va d’environ 618 à 536 avant notre ère, et il a été terminé à cette dernière date. Mais ce livre est accusé. Des encyclopédies et d’autres ouvrages de référence sous-entendent, voire affirment, qu’il s’agit d’une fraude. 3 Par exemple, la New Encyclopædia Britannica admet que le livre de Daniel était autrefois “ généralement considéré comme de l’histoire vraie, qui contenait de véritables prophéties ”. Cette encyclopédie ajoute cependant qu’en réalité Daniel “ a été écrit plus tard, à une époque de crise nationale — quand les Juifs subissaient une persécution intense sous [le roi de Syrie] Antiochus IV Épiphane ”. Elle situe la rédaction du livre entre 167 et 164 avant notre ère. Le même ouvrage affirme que le rédacteur du livre de Daniel ne prophétise pas, mais raconte simplement “ des événements qui sont pour lui de l’histoire passée à la manière de prophéties d’événements futurs ”.  4 Où ces idées ont-elles germé ? La critique du livre de Daniel n’est pas nouvelle. Elle a commencé au IIIe siècle de notre ère avec un philosophe nommé Porphyre. Comme beaucoup dans l’Empire romain, il se sentait menacé par l’influence qu’exerçait le christianisme. Il a écrit 15 livres pour saper cette “ nouvelle ” religion. Le 12e s’en prenait au livre de Daniel, que Porphyre qualifiait de falsification, écrite par un Juif du IIe siècle avant notre ère. Des attaques semblables ont été lancées au XVIIIe et au XIXe siècle. Pour les tenants de la haute critique et les rationalistes, les prophéties (qui consistent à annoncer des événements futurs) sont quelque chose d’impossible. Daniel est devenu une cible de choix. En quelque sorte, son livre et lui ont été assignés en justice. Les critiques prétendaient avoir de nombreuses preuves que ce livre avait été écrit non par Daniel pendant l’exil des Juifs à Babylone, mais par quelqu’un d’autre des siècles plus tard {Note : Certains critiques essaient d’atténuer l’accusation de falsification en disant que l’écrivain a pris Daniel comme pseudonyme, de même que des livres non canoniques anciens ont été écrits sous des noms d’emprunt. Cependant, un critique de la Bible, Ferdinand Hitzig, a affirmé : “ Le cas du livre de Daniel, si on l’attribue à un autre, est différent. Il devient alors un écrit forgé de toutes pièces, dont le but était de tromper ses lecteurs immédiats, quoique pour leur bien. ”}. Ces attaques se sont multipliées au point qu’un auteur a rédigé une défense intitulée Daniel dans la fosse aux critiques. 5 Les affirmations péremptoires des critiques sont-elles appuyées par des preuves ? Ou bien les faits plaident-ils en faveur de la défense ? L’enjeu est important. En effet, ce n’est pas seulement la réputation de ce livre ancien qui est concernée, mais aussi notre avenir. Si le livre de Daniel est une
  • 7.
    fraude, alors lespromesses qu’il contient quant à l’avenir de l’humanité ne sont au mieux que des mots vides de sens. En revanche, s’il contient des prophéties authentiques, vous serez sans aucun doute désireux d’apprendre ce qu’elles signifient pour nous aujourd’hui. Cela étant dit, examinons certaines attaques lancées contre Daniel. 6 Prenons, par exemple, l’accusation formulée dans The Encyclopedia Americana : “ De nombreux détails historiques des périodes anciennes [celle de l’exil à Babylone notamment] sont considérablement déformés ” dans le livre de Daniel. En est-il vraiment ainsi ? Considérons une à une trois prétendues erreurs. L’AFFAIRE DU MONARQUE MANQUANT 7 Daniel a écrit que Belshatsar, un “ fils ” de Neboukadnetsar, était roi à Babylone quand la ville a été prise (Daniel 5:1, 11, 18, 22, 30). Les critiques ont longtemps attaqué cette affirmation, car on ne trouvait le nom de Belshatsar nulle part ailleurs que dans la Bible. Les anciens historiens disaient en outre que Nabonide, un successeur de Neboukadnetsar, avait été le dernier roi babylonien. C’est pourquoi, en 1850, Ferdinand Hitzig affirmait que Belshatsar était manifestement une pure invention de l’écrivain. Mais l’opinion de M. Hitzig ne vous paraît-elle pas un peu hâtive ? Après tout, le fait que ce roi n’est mentionné nulle part (surtout à une période où il est reconnu que les récits historiques sont rares) est-il la preuve qu’il n’a jamais existé ? Du reste, en 1854 on a mis au jour de petits cylindres d’argile dans les ruines d’Our, une ville de la Babylonie antique qui se trouve aujourd’hui dans le sud de l’Iraq. >> Ces documents cunéiformes émanant du roi Nabonide comprenaient une prière en faveur de ‘ Bel-sar-oussour, son fils aîné ’. Même les critiques ont dû se rendre à l’évidence : il était question du Belshatsar du livre de Daniel. 8 Les critiques n’étaient cependant pas convaincus. “ Cela ne prouve rien ”, a écrit l’un d’eux, appelé Fox Talbot. Selon lui, le fils de l’inscription n’était peut-être qu’un enfant, alors que Daniel le présente comme un roi en exercice. Mais un an seulement après la publication des remarques de F. Talbot, on a découvert d’autres tablettes cunéiformes qui révélaient que Belshatsar avait des secrétaires et des domestiques. Il n’était donc sûrement pas un enfant ! Finalement, d’autres tablettes ont enfoncé le clou : elles indiquaient que Nabonide s’absenta de Babylone pendant des périodes de plusieurs années. Elles montraient également qu’à ces périodes il “ confia la royauté ” de Babylone à son fils aîné (Belshatsar). À ces périodes, Belshatsar était roi de fait, puisqu’il était vice-roi avec son père {Note : Nabonide n’était pas à Babylone quand elle tomba. Il est donc exact de dire que Belshatsar était roi à ce moment-là. Les critiques ergotent sur le fait que les annales profanes ne donnent pas à Belshatsar le titre officiel de roi. Néanmoins, des témoignages remontant à l’Antiquité montrent que même un gouverneur était parfois qualifié de roi.}. 9 Toujours pas satisfaits, certains critiques reprochent à la Bible de qualifier Belshatsar, non de fils de Nabonide, mais de fils de Neboukadnetsar. Quelques-uns relèvent que Daniel ne fait même pas allusion à l’existence de Nabonide. Toutefois, ces deux objections ne résistent pas à l’examen. Il semble que Nabonide épousa la fille de Neboukadnetsar. Belshatsar serait dans ce cas le petit-fils de Neboukadnetsar. Or, ni l’hébreu ni
  • 8.
    l’araméen ne possèdentles mots “ grand-père ” et “ petit-fils ” ; “ fils de ” peut signifier “ petit-fils de ”, et même “ descendant de ”. (Voir Matthieu 1:1.) En outre, le récit biblique autorise à identifier Belshatsar au fils de Nabonide. En effet, lorsqu’il est terrifié par l’écriture de mauvais augure qu’une main trace sur le mur, Belshatsar aux abois offre la troisième place dans le royaume à celui qui saura la déchiffrer (Daniel 5:7). Pourquoi la troisième et pas la deuxième ? Cette offre donne à penser que la première et la deuxième place étaient déjà occupées. De fait, elles l’étaient : par Nabonide et par son fils, Belshatsar. 10 Ainsi, la mention de Belshatsar par Daniel n’est pas le signe qu’il ne connaît pas l’histoire “ avec précision ”. Au contraire, bien qu’il n’écrive pas l’histoire de Babylone, Daniel nous donne un aperçu plus précis de la monarchie babylonienne que des historiens de l’Antiquité tels qu’Hérodote, Xénophon et Bérose. Pourquoi Daniel fut-il capable de rapporter des faits qui leur échappèrent ? Parce qu’il était à Babylone. Son livre est l’œuvre d’un témoin oculaire, et non d’un imposteur qui aurait vécu des siècles plus tard. QUI ÉTAIT DARIUS LE MÈDE ? 11 Selon Daniel, lorsque Babylone fut renversée, un roi nommé “ Darius le Mède ” commença à régner (Daniel 5:31). On n’a toutefois pas encore trouvé le nom de Darius le Mède, ni dans les sources profanes, ni dans les découvertes archéologiques. C’est pourquoi le Dictionnaire encyclopédique de la Bible (par A. Westphal), par exemple, affirme que ce Darius “ n’a jamais existé ”.  12 Certains spécialistes se montrent plus prudents. Après tout, à une époque les critiques affirmaient également au sujet de Belshatsar qu’il n’avait “ jamais existé ”. Il ne fait aucun doute qu’un jour Darius sortira aussi de l’ombre. Des tablettes cunéiformes ont déjà révélé que Cyrus le Perse ne porta pas le titre de “ roi de Babylone ” immédiatement après la conquête de la ville. Un chercheur émet cette hypothèse : “ Celui qui porta le titre de ‘ roi de Babylone ’ était un roi vassal de Cyrus, et non Cyrus lui-même. ” Se peut-il que Darius ait été le nom de règne ou le titre d’un puissant fonctionnaire mède à qui Babylone fut confiée ? Certains pensent que Darius fut un homme du nom de Goubarou. Cyrus nomma Goubarou gouverneur de Babylone, et les récits profanes confirment qu’il était investi d’un pouvoir considérable. Une tablette cunéiforme déclare qu’il établit des gouverneurs subalternes à Babylone. Détail à relever, Daniel signale que Darius nomma 120 satrapes pour gouverner le royaume de Babylone. — Daniel 6:1. 13 Peut-être finira-t-on par mettre au jour des indices plus directs qui révéleront l’identité précise de ce roi. Quoi qu’il en soit, le silence apparent de l’archéologie est loin de constituer un motif d’affirmer que Darius n’a “ jamais existé ”, et encore moins de rejeter tout le livre de Daniel en le disant frauduleux. Il est bien plus rationnel de considérer le récit de Daniel comme le rapport d’un témoin oculaire plus détaillé que les récits profanes qui ont subsisté. ~ ~ ~ ~
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    LE RÈGNE DEYEHOÏAQIM 14 On lit en Daniel 1:1 : “ Dans la troisième année du règne de Yehoïaqim le roi de Juda, Neboukadnetsar le roi de Babylone vint à Jérusalem et entreprit de l’assiéger. ” Les critiques contestent ce verset parce qu’il ne semble pas s’accorder avec Jérémie, selon lequel la quatrième année de Yehoïaqim fut la première année de Neboukadnetsar (Jérémie 25:1 ; 46:2). Daniel contredisait-il Jérémie ? Quelques renseignements supplémentaires règlent facilement la question. Quand il fut établi roi en 628 avant notre ère par Pharaon Néko, Yehoïaqim devint une marionnette entre les mains du dirigeant égyptien. Cela survint environ trois ans avant que Neboukadnetsar ne succède à son père sur le trône de Babylone, en 624. Peu après (en 620), Neboukadnetsar envahit Juda et fit de Yehoïaqim un roi vassal de Babylone (2 Rois 23:34 ; 24:1). Pour un Juif qui vivait à Babylone, la “ troisième année ” de Yehoïaqim était donc la troisième année où ce roi était vassal de Babylone. Daniel écrivit de cette perspective. Jérémie, quant à lui, écrivit de la perspective des Juifs qui habitaient à Jérusalem. Aussi fit-il débuter la royauté de Yehoïaqim au moment où Pharaon Néko l’établit roi. 15 En réalité, cette prétendue contradiction ne fait que renforcer les indices selon lesquels Daniel écrivit son livre à Babylone, parmi les exilés juifs. Mais cet argument contre le livre de Daniel comporte une autre faille béante. Souvenez-vous que le rédacteur de Daniel disposait indubitablement du livre de Jérémie ; il en parla d’ailleurs (Daniel 9:2). Si le rédacteur de Daniel avait été un inventeur intelligent, comme l’affirment les critiques, se serait-il risqué à >> contredire une source aussi respectée que Jérémie, de surcroît dès le premier verset de son livre ? De toute évidence, non. DES DÉTAILS RÉVÉLATEURS 16 Tournons à présent notre attention vers des choses positives plutôt que négatives. Arrêtons-nous sur d’autres détails du livre de Daniel qui indiquent que son rédacteur avait une connaissance de première main de l’époque dont il parla dans ses écrits. 17 La connaissance que Daniel possédait de détails subtils relatifs à la Babylone antique atteste l’authenticité de son récit. Par exemple, Daniel 3:1-6 rapporte que Neboukadnetsar fit dresser une image géante pour que tous l’adorent. Les archéologues ont trouvé d’autres témoignages attestant que ce monarque cherchait à mêler ses sujets à des pratiques nationalistes et religieuses. Par ailleurs, Daniel dit que Neboukadnetsar se vantait de ses nombreuses constructions (Daniel 4:30). Il a fallu attendre notre époque pour que les archéologues confirment que Neboukadnetsar était à l’origine d’un grand nombre de constructions faites à Babylone. Quant à sa vantardise... cet homme faisait estampiller les briques mêmes de son nom ! Les critiques de Daniel sont incapables d’expliquer comment leur prétendu faussaire de l’époque maccabéenne (167-63 avant notre ère) aurait connu l’existence de ces constructions... quelque quatre siècles plus tard et bien avant que les archéologues ne les sortent de terre ! 18 Le livre de Daniel fait aussi état de différences majeures entre la loi babylonienne et la loi médo-perse. Par exemple, sous la loi babylonienne les trois compagnons de Daniel furent jetés dans un four brûlant parce qu’ils
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    refusaient d’obéir àl’ordre du roi. Des dizaines d’années plus tard, Daniel fut jeté dans une fosse aux lions pour avoir refusé d’obéir à une loi perse qui violait sa conscience (Daniel 3:6 ; 6:7-9). Certains ont voulu faire passer le récit du four brûlant pour une légende, mais des archéologues ont découvert une lettre de la Babylone antique qui mentionne précisément cette forme de punition. En revanche, aux yeux des Mèdes et des Perses, le feu était sacré. C’est pourquoi ils préféraient d’autres formes cruelles de punition. Il n’est dès lors pas surprenant qu’ils aient adopté la fosse aux lions. 19 On remarque une autre différence encore. Daniel indique que Neboukadnetsar pouvait édicter et changer les lois à sa convenance. Darius, de son côté, ne pouvait changer ‘ les lois des Mèdes et des Perses ’, pas même celles qu’il avait promulguées en personne (Daniel 2:5, 6, 24, 46-49 ; 3:10, 11, 29 ; 6:12-16) ! John Whitcomb, un historien, écrit : “ L’histoire antique confirme cette différence entre Babylone, où la loi était soumise au roi, et la Puissance médo-perse, où le roi était soumis à la loi. ” 20 Le récit saisissant du festin de Belshatsar, qui est rapporté en Daniel chapitre 5, est riche en détails. Apparemment, on commença par manger gaiement et boire beaucoup, car il est à plusieurs reprises question de vin (Daniel 5:1, 2, 4). Or, sur certains reliefs représentant ce genre de festins, les personnages ne font que boire du vin. De toute évidence, donc, le vin tenait une place de premier ordre dans les festivités. Daniel précise également que des femmes étaient présentes à ce banquet : les femmes de second rang du roi et ses concubines (Daniel 5:3, 23). >> L’archéologie confirme ce détail, une coutume babylonienne. À l’époque maccabéenne, tant Juifs que Grecs n’acceptaient pas que des femmes participent à un festin avec des hommes. Peut-être est-ce la raison pour laquelle des versions primitives de la Septante omettent dans Daniel la mention de ces femmes {Note : Carl Keil, un hébraïsant, écrit au sujet de Daniel 5:3 : “ La LXX. a ici, ainsi qu’au ver. 23, omis de mentionner les femmes, conformément à la coutume des Macédoniens, des Grecs et des Romains.”}. Pourtant, le prétendu faussaire, auteur de Daniel, aurait vécu dans cette culture hellénisée (grecque), peut-être même à l’époque où fut traduite la Septante ! 21 Quand on sait ce genre de détails, on a du mal à croire que le Dictionnaire de la Bible, par A.-M. Gérard, puisse dire de l’auteur du livre de Daniel qu’il n’avait qu’une connaissance “ assez vague ” de la période de l’Exil. Comment un imposteur qui aurait vécu des siècles plus tard aurait-il pu connaître si intimement les anciennes coutumes babyloniennes et perses ? D’autant que l’un et l’autre empire avaient décliné bien avant le IIe siècle avant notre ère. Il va de soi que les archéologues n’existaient pas à l’époque ; les Juifs d’alors ne se flattaient pas non plus de connaître la culture et l’histoire de pays étrangers. Seul Daniel le prophète, un témoin oculaire de l’époque et des événements dont il parlait, put écrire le livre de la Bible qui porte son nom. LES ÉLÉMENTS EXTERNES PROUVENT-ILS QUE DANIEL FUT FABRIQUÉ ? 22 Un des arguments les plus souvent invoqués contre le livre de Daniel est sa place dans le canon des Écritures hébraïques. Les rabbins de l’Antiquité classèrent les livres des Écritures
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    hébraïques en troisgroupes : la Loi, les Prophètes et les Écrits. Et ils rangèrent Daniel, non parmi les Prophètes, mais dans les Écrits. Cela signifie, en concluent les critiques, que ce livre était inconnu à l’époque où les œuvres des autres prophètes furent rassemblées. Le livre de Daniel se trouverait dans les Écrits parce que ceux-ci furent compilés plus tard. 23 Néanmoins, tous les spécialistes de la Bible ne pensent pas que les rabbins divisèrent le canon avec une telle rigidité ni qu’ils exclurent Daniel des Prophètes. Et de toute façon, même si les rabbins ont classé Daniel dans les Écrits, cela prouve-t-il qu’il fut écrit ultérieurement ? Bien sûr que non. Des érudits renommés ont évoqué diverses raisons pour lesquelles les rabbins auraient pu éliminer Daniel des Prophètes. Ils le firent peut-être, par exemple, parce que le livre les gênait, ou parce qu’ils considéraient Daniel comme différent des autres prophètes dans la mesure où il occupait une fonction profane à l’étranger. Quoi qu’il en soit, ce qui compte vraiment, c’est que les Juifs de l’Antiquité tenaient le livre de Daniel en haute estime et le regardaient comme canonique. En outre, les faits indiquent que le canon des Écritures hébraïques fut achevé bien avant le IIe siècle avant notre ère. Aucun ajout ne fut permis ensuite, notamment l’ajout de plusieurs livres écrits au IIe siècle avant notre ère. 24 Paradoxalement, l’une de ces œuvres postérieures rejetées a été utilisée contre le livre de Daniel. Le livre apocryphe de l’Ecclésiastique, par Jésus Ben Sirach, fut sans doute rédigé vers 180 avant notre ère. Les critiques aiment faire remarquer que Daniel ne figure pas dans la longue liste d’hommes justes que ce livre contient. > Ils en concluent que Daniel devait être inconnu à l’époque. Cet argument est accepté par une majorité dans le milieu des spécialistes. Mais considérez ce qui suit : la même liste omet Ezra et Mordekaï (tous deux de grandes figures aux yeux des Juifs d’après l’Exil), ainsi que le bon roi Yehoshaphat. De tous les juges, elle ne nomme que Samuel {Note : En revanche, la liste divinement inspirée d’hommes et de femmes fidèles dressée par l’apôtre Paul en Hébreux chapitre 11 semble bien faire allusion à des événements racontés dans Daniel (Daniel 6:16- 24 ; Hébreux 11:32, 33). Toutefois, la liste de Paul n’est pas non plus exhaustive. De nombreux personnages, tels Isaïe, Jérémie et Ézékiel, ne sont pas nommés dans cette liste, et pourtant cela ne prouve pas qu’ils n’ont jamais existé.}. Doit-on, sous prétexte que ces hommes ne figurent pas dans une liste, qui d’ailleurs ne se prétend pas exhaustive, et qui en plus se trouve dans un livre non canonique, doit-on penser qu’ils sont tous fictifs ? Cette idée même est grotesque. TÉMOIGNAGE EXTERNE EN FAVEUR DE DANIEL 25 Revenons aux preuves positives. On a dit qu’aucun autre livre des Écritures hébraïques n’est mieux attesté que Daniel. En voici la démonstration : Le célèbre historien juif Josèphe atteste son authenticité. Il raconte qu’au cours de la guerre qu’il mena contre la Perse au IVe siècle avant notre ère Alexandre le Grand vint à Jérusalem, où les prêtres lui montrèrent un exemplaire du livre de Daniel. Alexandre conclut lui-même que les paroles de la prophétie de Daniel qu’on lui présentait se rapportaient à sa campagne militaire contre la Perse {Note : Pour certains historiens, cela expliquerait pourquoi Alexandre fut si bon avec les Juifs, qui étaient depuis longtemps amis des Perses. À l’époque, Alexandre menait campagne pour détruire tous les amis de la Perse.}. ~
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    Cela se seraitpassé environ un siècle et demi avant que ne soit “ forgé ” le livre, comme disent les critiques. Il va de soi que les critiques ont contesté Josèphe pour ce qui est de ce passage. Ils lui reprochent aussi de préciser que >> certaines prophéties du livre de Daniel étaient accomplies. Pourtant, comme l’a fait remarquer Joseph Wilson, un historien, “ [Josèphe] connaissait probablement mieux la question que tous les critiques du monde ”. [Encadré, page 26] La question de la langue La rédaction du livre de Daniel a été terminée vers 536 avant notre ère. Il a été écrit en hébreu et en araméen, mais comporte quelques mots grecs et perses. Ce mélange de langues est inhabituel, mais il n’est pas unique dans l’Écriture. Le livre d’Ezra aussi a été écrit en hébreu et en araméen. Néanmoins, quelques critiques affirment que la façon dont le rédacteur de Daniel a utilisé ces langues prouve qu’il a écrit après 536. Un critique souvent cité déclare que l’emploi de mots grecs dans Daniel demande une date postérieure de composition. Il prétend que l’hébreu appuie et que l’araméen pour le moins permet cette date postérieure, même une date aussi récente que le II e siècle avant notre ère. Cependant, tous les linguistes ne sont pas d’accord. Certains, qui font autorité, ont expliqué que l’hébreu qu’on trouve dans Daniel est le même que celui d’Ézékiel et d’Ezra, et qu’il ne ressemble pas à celui que contiennent des ouvrages apocryphes ultérieurs comme l’Ecclésiastique. Quant à l’emploi de l’araméen par Daniel, considérez deux documents découverts parmi les Rouleaux de la mer Morte. Ils sont également en araméen et datent des I er et II e siècles avant notre ère, peu après que Daniel aurait été forgé. Mais les spécialistes ont relevé une profonde différence entre l’araméen de ces documents et celui du livre de Daniel. C’est pourquoi certains pensent que le livre de Daniel doit être antérieur de plusieurs siècles à la date que les critiques avancent. Que dire des mots grecs “ problématiques ” qui figurent dans Daniel ? On s’est rendu compte que certains étaient perses, et pas grecs du tout ! Les seuls mots qu’on pense toujours être grecs sont les noms de trois instruments de musique. La présence de ces trois mots demande-t-elle vraiment qu’on attribue à Daniel une date postérieure ? Aucunement. Les archéologues ont constaté que la culture grecque était influente des siècles avant que la Grèce ne devienne une puissance mondiale. Sans compter que si le livre de Daniel avait été rédigé au II e siècle avant notre ère, à une époque où la culture et la langue grecques imprégnaient tout, contiendrait-il seulement trois mots grecs ? On peut en douter. Il en contiendrait certainement bien plus. Ainsi, les faits linguistiques appuient bel et bien l’authenticité de Daniel. 26 L’authenticité du livre de Daniel a été encore appuyée quand on a découvert les Rouleaux de la mer Morte dans les grottes de Qoumrân, en Israël. Parmi les trouvailles faites en 1952, les rouleaux et les fragments du livre de Daniel sont étonnamment nombreux. On a daté le plus ancien de la fin du IIe siècle avant notre ère. Il s’ensuit >> que déjà à cette date le livre de Daniel était bien connu et très respecté. Une encyclopédie biblique (The Zondervan Pictorial Encyclopedia of the Bible) déclare : “ Il faut à présent cesser de faire remonter Daniel à l’époque maccabéenne, ne serait-ce que parce qu’il n’aurait pas pu y avoir un intervalle suffisant entre la rédaction de Daniel et son apparition sous forme de copies
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    dans la bibliothèqued’une secte maccabéenne. ” 27 Cependant, le livre de Daniel est attesté par une source bien plus ancienne et bien plus digne de foi. Un des contemporains de Daniel était le prophète Ézékiel. Lui aussi fut prophète pendant l’exil à Babylone. À plusieurs reprises, le livre d’Ézékiel mentionne Daniel nommément (Ézékiel 14:14, 20 ; 28:3). Ces mentions indiquent que, déjà de son vivant, au VIe siècle avant notre ère, Daniel avait la réputation d’être un homme juste et sage, digne d’être cité avec Noé et Job, des hommes qui craignaient Dieu. LE PLUS GRAND TÉMOIN 28 Pour finir, considérons le plus grand des témoignages qui atteste l’authenticité de Daniel : celui de Jésus Christ en personne. Lorsqu’il parle des derniers jours, Jésus cite “ Daniel le prophète ” et une des prophéties de Daniel. — Matthieu 24:15 ; Daniel 11:31 ; 12:11. 29 Pour que la théorie maccabéenne des critiques soit vraie, il faudrait donc que l’une ou l’autre des propositions suivantes soit vraie. Soit Jésus fut trompé par cette fiction, soit il ne prononça jamais les paroles que Matthieu cite. Aucune de ces options n’est concevable. Si on ne peut avoir confiance en l’Évangile de Matthieu, comment peut-on se fier aux autres parties de la Bible ? Si on enlève ces phrases, quels mots ôtera-t-on ensuite des pages des Saintes Écritures ? L’apôtre Paul a écrit : “ Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, [...] pour remettre les choses en ordre. ” (2 Timothée 3:16). Si donc Daniel était un faussaire, Paul en serait un autre ! Se pourrait-il qu’on ait trompé Jésus ? >> C’est peu vraisemblable. Il était vivant, au ciel, quand le livre de Daniel fut écrit. Jésus déclara même : “ Avant qu’Abraham vienne à l’existence, j’ai été. ” (Jean 8:58). S’il est un humain parmi tous ceux qui ont vécu à qui il aurait fallu poser des questions sur l’authenticité de Daniel, c’est bien Jésus. Mais nous n’avons pas besoin de poser des questions. Comme nous l’avons vu, son témoignage pourrait difficilement être plus clair. 30 Jésus confirma encore l’authenticité du livre de Daniel au moment de son baptême. Il devint alors le Messie, ce qui accomplissait une prophétie de Daniel, celle des 69 semaines d’années (Daniel 9:25, 26 ; voir le chapitre 11 du présent ouvrage). Même si la théorie défendant la rédaction tardive du livre de Daniel était vraie, le rédacteur de ce livre connaissait quand même l’avenir quelque 200 ans à l’avance. Évidemment, Dieu n’aurait pas inspiré un faussaire pour qu’il énonce de vraies prophéties sous un faux nom. Non, les humains qui sont fidèles à Dieu acceptent volontiers le témoignage de Jésus. Tous les spécialistes, tous les critiques du monde auraient beau s’insurger tous ensemble contre Daniel, le témoignage de Jésus leur donnerait tort, car il est “ le témoin fidèle et véridique ”. — Révélation 3:14. 31 Même ce témoignage ne suffit pas à de nombreux critiques de la Bible. Une fois qu’on a examiné ce sujet à fond, on ne peut s’empêcher de se demander si toutes les preuves du monde suffiraient à les convaincre. Un professeur de l’université d’Oxford a écrit : “ On n’aboutit à rien en répondant simplement aux objections tant que demeure ce préjugé du départ : ‘ Les prophéties d’origine surnaturelle
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    n’existent pas. ’” Leur préjugé les aveugle. Mais tel est leur choix... et ce sont eux qui sont perdants. 32 Et vous ? Si vous vous rendez compte qu’on n’a pas vraiment de raison de douter de l’authenticité du livre de >> ~ ~ Daniel, alors vous êtes prêt à entreprendre un voyage passionnant. Vous trouverez les récits de Daniel étonnants, ses prophéties fascinantes. Et surtout, vous verrez votre foi grandir chapitre après chapitre. Vous ne regretterez jamais d’avoir prêté attention aux prophéties de Daniel ! *** dp chap. 3 p. 31-45 *** Mis à l’épreuve, mais fidèles à Jéhovah ! 1 Le rideau se lève dans le livre prophétique de Daniel à un moment où la scène internationale connaissait un changement radical. L’Assyrie venait de perdre Ninive, sa capitale. L’Égypte, au sud du pays de Juda, avait été reléguée à une position de moindre importance. Et Babylone accédait rapidement à la puissance suprême dans la lutte pour la domination du monde. 2 En 625 avant notre ère, le pharaon d’Égypte, Néko, fit une tentative désespérée pour stopper l’avancée des Babyloniens vers le sud. Il conduisit son armée à Karkémish, sur le cours supérieur de l’Euphrate. La bataille de Karkémish, ainsi qu’on l’a nommée, fut un événement historique décisif. L’armée babylonienne, menée par le prince héritier Neboukadnetsar, porta un coup fatal aux forces militaires de Pharaon Néko (Jérémie 46:2). Dans l’élan de sa victoire, Neboukadnetsar envahit la Syrie et la Palestine et, du même coup, mit fin à la domination égyptienne dans cette région. Seule la mort de son père, Nabopolassar, interrompit temporairement sa campagne.  ~ ~ 3 L’année suivante, désormais roi de Babylone, Neboukadnetsar s’intéressa de nouveau à ses campagnes militaires en Syrie et en Palestine. C’est à cette époque qu’il vint à Jérusalem pour la première fois. On lit dans la Bible : “ Durant ses jours monta Neboukadnetsar le roi de Babylone, et Yehoïaqim devint alors son serviteur pendant trois ans. Mais il se retourna et se rebella contre lui. ” — 2 Rois 24:1. NEBOUKADNETSAR À JÉRUSALEM 4 L’expression “ pendant trois ans ” retient toute notre attention, car les premiers mots de Daniel sont : “ Dans la troisième année du règne de Yehoïaqim le roi de Juda, Neboukadnetsar le roi de Babylone vint à Jérusalem et entreprit de l’assiéger. ” (Daniel 1:1). Dans la troisième année du règne total de Yehoïaqim, qui régna de 628 à 618 avant notre ère, Neboukadnetsar n’était pas encore “ le roi de Babylone ” ; il n’était que le prince héritier. En 620, Neboukadnetsar obligea Yehoïaqim à payer un tribut. Mais au bout d’environ trois ans, Yehoïaqim se révolta. C’est donc en 618, autrement dit durant la troisième année de la vassalité de Yehoïaqim à Babylone, que le roi Neboukadnetsar vint à Jérusalem une deuxième fois, pour punir ce roi qui s’était rebellé.
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    5 Quelle fut l’issuedu siège ? “ Finalement Jéhovah livra en sa main Yehoïaqim le roi de Juda et une partie des ustensiles de la maison du vrai Dieu. ” (Daniel 1:2). Yehoïaqim mourut probablement durant les premiers temps du siège, soit assassiné, soit au cours d’une révolte (Jérémie 22:18, 19). En 618 avant notre ère, Yehoïakîn, son fils, lui succéda. Il avait 18 ans. Mais son règne ne dura que trois mois et dix jours : Yehoïakîn se rendit en 617. — Voir 2 Rois 24:10-15. 6 Neboukadnetsar prit comme butin les ustensiles sacrés du temple de Jérusalem et “ les amena au pays de Shinéar, à la maison de son dieu ; et ces ustensiles, il les amena à la maison du trésor de son dieu ”, Mardouk (Merodak en hébreu) (Daniel 1:2 ; Jérémie 50:2). On a découvert une inscription babylonienne qui présente Neboukadnetsar en train de dire à propos du temple de Mardouk : “ J’entreposai dedans de l’argent et de l’or et des pierres précieuses [...] et y plaçai la maison du trésor de mon royaume. ” Il sera de nouveau question de ces ustensiles sacrés aux jours du roi Belshatsar. — Daniel 5:1-4. L’ÉLITE DE LA JEUNESSE DE JÉRUSALEM 7 Les trésors du temple de Jéhovah ne furent pas seuls à être emportés à Babylone. Le récit précise : “ Alors le roi dit à Ashpenaz, le fonctionnaire en chef de sa cour, d’amener quelques-uns d’entre les fils d’Israël et de la descendance royale et d’entre les nobles, des enfants en qui il n’y avait aucune tare, mais qui étaient bien d’apparence, perspicaces en toute sagesse, versés dans la connaissance et possédant le discernement de ce qu’on sait, qui avaient aussi en eux >> la force de se tenir dans le palais du roi. ” — Daniel 1:3, 4. 8 Qui fut choisi ? On lit : “ Il y avait parmi eux quelques-uns des fils de Juda : Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria. ” (Daniel 1:6). Ces paroles jettent une certaine lumière sur les origines, plutôt obscures, de Daniel et de ses compagnons. On remarque par exemple qu’ils étaient “ fils de Juda ”, la tribu royale. On ignore s’ils étaient ou non d’ascendance royale, mais il est logique de penser qu’au moins ils appartenaient à des familles importantes et influentes. En plus d’être sains de corps et d’esprit, ils possédaient perspicacité, sagesse, connaissance et discernement, même s’ils étaient assez jeunes pour être qualifiés d’“ enfants ”, peut-être de jeunes adolescents. Daniel et ses compagnons devaient se distinguer parmi la jeunesse de Jérusalem ; ils devaient en former l’élite. 9 Le récit n’indique pas qui étaient les parents de ces jeunes gens. Il est néanmoins certain qu’ils étaient attachés à Dieu et qu’ils avaient pris leurs responsabilités parentales au sérieux. Si on songe à la décadence morale et spirituelle de Jérusalem à l’époque, surtout parmi ‘ la descendance royale et les nobles ’, il est clair que les qualités manifestées par Daniel et ses trois compagnons ne leur étaient pas venues par hasard. On imagine sans peine le déchirement que ces parents durent éprouver en voyant leurs fils emmenés dans un pays lointain. Comme ils auraient été fiers pourtant s’ils avaient su ce qu’ils deviendraient ! Incontestablement, il est essentiel que les parents élèvent leurs enfants “ dans la discipline et les avertissements de Jéhovah ”. — Éphésiens 6:4. ~
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    UN COMBAT POURL’ESPRIT 10 Immédiatement s’engagea un combat pour les jeunes esprits de ces exilés. Pour que les adolescents hébreux se coulent dans le système babylonien, Neboukadnetsar décréta que ses fonctionnaires ‘ leur enseignent l’écriture et la langue des Chaldéens ’. (Daniel 1:4.) Il ne s’agissait pas d’une éducation ordinaire. Une encyclopédie (The International Standard Bible Encyclopedia) explique qu’elle “ comprenait l’étude du sumérien, de l’akkadien, de l’araméen [...] et d’autres langues, ainsi que de l’abondante littérature rédigée dans ces langues ”. Cette “ abondante littérature ” comprenait de l’histoire, des mathématiques, de l’astronomie, etc. Cependant, “ les textes religieux connexes, tant de présages que d’astrologie [...], constituaient une part importante ”. 11 Voulant que ces jeunes Hébreux adoptent complètement les coutumes et la culture de la cour babylonienne, “ le roi fixa pour eux une ration quotidienne des mets délicats du roi et du vin dont il buvait, oui pour les entretenir pendant trois ans, afin qu’au terme de ces années ils puissent se tenir devant le roi ”. (Daniel 1:5.) De plus, “ le fonctionnaire principal de la cour leur assigna alors des noms. Ainsi il assigna à Daniel le nom de Beltshatsar, à Hanania celui de Shadrak, à Mishaël celui de Méshak et à Azaria celui d’Abed-Négo ”. (Daniel 1:7.) Il était courant aux temps bibliques de donner à quelqu’un un nouveau nom pour signaler un événement important dans sa vie. Par exemple, Jéhovah changea les noms d’Abram et de Saraï en Abraham et Sara (Genèse 17:5, 15, 16). Lorsqu’un humain change le nom d’un autre, c’est le signe qu’il détient >> le pouvoir, qu’il domine. Quand Joseph devint l’administrateur des vivres en Égypte, Pharaon lui donna le nom de Tsaphnath-Panéah. — Genèse 41:44, 45 ; voir aussi 2 Rois 23:34 ; 24:17. 12 Dans le cas de Daniel et de ses trois amis hébreux, le changement de nom était chargé de sens. Les noms que leurs parents leur avaient donnés avaient un lien avec le culte de Jéhovah. “ Daniel ” signifie “ Mon juge, c’est Dieu ”. “ Hanania ” veut dire “ Jéhovah a témoigné de la faveur ”. “ Mishaël ” signifie peut-être “ Qui est comme Dieu ? ” Et “ Azaria ” a pour sens “ Jéhovah a secouru, a aidé ”. Sans doute possible, leurs parents espéraient ardemment que leurs fils grandiraient sous la direction de Jéhovah Dieu et le serviraient fidèlement. 13 En revanche, les nouveaux noms donnés aux quatre Hébreux étaient étroitement liés aux noms de faux dieux, comme si ces divinités avaient assujetti le vrai Dieu. Quelle manœuvre insidieuse visant à saper la foi de ces jeunes gens ! 14 Le nom de Daniel fut changé en Beltshatsar, qui veut dire “ Protège la vie du roi ”. Ce nom était sans doute une forme abrégée d’une invocation à Bel, ou Mardouk, le dieu principal de Babylone. Qu’il ait ou non donné son avis dans le choix de ce nom pour Daniel, Neboukadnetsar était fier de préciser qu’il était “ selon le nom de [son] dieu ”. (Daniel 4:8.) Hanania fut renommé Shadrak, nom qui, d’après certains spécialistes, est composé et signifie “ Commandement d’Akou ”. Akou était le nom d’un dieu sumérien. Mishaël fut renommé Méshak (peut- être : Mishaakou), apparemment une habile modification de “ Qui est comme Dieu ? ” en “ Qui est ce qu’est Akou ? ”
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    Le nom babyloniend’Azaria fut Abed- Négo, qui veut probablement dire “ Serviteur de Négo ”. Or, “ Négo ” est une variante de “ Nebo ”, divinité d’après laquelle plusieurs dirigeants babyloniens furent également nommés. DÉTERMINÉS À RESTER FIDÈLES À JÉHOVAH 15 Les noms babyloniens, le programme de rééducation et le régime spécial, tout cela tendait non seulement à inculquer à Daniel et aux trois jeunes Hébreux le mode de vie babylonien, mais encore à les éloigner de leur Dieu, Jéhovah, ainsi que de leur formation et de leur contexte religieux. Qu’allaient faire ces jeunes gens devant tant de pressions et de tentations ? 16 Le récit inspiré raconte : “ Daniel résolut dans son cœur de ne pas se souiller avec les mets délicats du roi et avec le vin dont il buvait. ” (Daniel 1:8a). Même si Daniel seul est mentionné, la suite du récit démontre que ses trois compagnons soutinrent sa décision. Les mots “ résolut dans son cœur ” indiquent que l’instruction qu’il avait reçue de ses parents et d’autres personnes dans son pays avait touché son cœur. C’est assurément une éducation similaire qui guida les trois autres Hébreux dans leur décision. N’est-ce pas là une démonstration magistrale de l’importance d’enseigner nos enfants, quand bien même ils semblent trop jeunes pour comprendre ? — Proverbes 22:6 ; 2 Timothée 3:14, 15. 17 Pourquoi les jeunes Hébreux n’ont- ils refusé que les mets délicats et le vin, et pas les autres choses qui leur étaient fournies ? L’argument énoncé par Daniel en révèle clairement la raison : “ Ne pas se souiller. ” En apprenant “ l’écriture et la langue des Chaldéens ” et en recevant un nom babylonien, même >> à contrecœur, ils ne se souillaient pas forcément. Prenez l’exemple de Moïse, quelque 1 000 ans plus tôt. Il a été “ instruit dans toute la sagesse des Égyptiens ”, et pourtant il est resté fidèle à Jéhovah. Il a reçu de bonnes bases grâce à l’éducation que lui ont donnée ses parents. En conséquence, “ par la foi, Moïse, devenu grand, a refusé d’être appelé fils de la fille de Pharaon, choisissant d’être maltraité avec le peuple de Dieu plutôt que d’avoir la jouissance temporaire du péché ”. — Actes 7:22 ; Hébreux 11:24, 25. 18 De quelle manière les choses fournies par le roi de Babylone souilleraient-elles les jeunes hommes ? Premièrement, les mets délicats comprenaient peut-être des aliments interdits par la Loi mosaïque. Les Babyloniens mangeaient en effet des animaux impurs, interdits aux Israélites sous la Loi (Lévitique 11:1-31 ; 20:24-26 ; Deutéronome 14:3-20). Deuxièmement, les Babyloniens n’avaient pas l’habitude de saigner les animaux avant d’en manger la chair. C’était violer directement la loi de Jéhovah sur le sang que de manger de la viande non saignée (Genèse 9:1, 3, 4 ; Lévitique 17:10-12 ; Deutéronome 12:23-25). Troisièmement, les adorateurs de faux dieux avaient coutume d’offrir leur nourriture à des idoles avant de la manger en repas de communion. Les serviteurs de Jéhovah ne faisaient rien de cela (voir 1 Corinthiens 10:20-22). Enfin, il n’était pas très sain pour des gens de n’importe quel âge, et encore moins pour des jeunes, de consommer jour après jour une nourriture riche et des boissons fortes. ~ ~
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    19 Une chose estde savoir ce qu’il faut faire, mais tout autre chose est d’avoir le courage de le faire quand on subit des pressions ou qu’on est tenté. Daniel et ses trois amis auraient pu se dire qu’ils étaient loin de leurs parents et de leurs connaissances, que donc ceux- ci ne sauraient rien de leurs actions. Ils auraient pu aussi penser qu’après tout c’était l’ordre du roi et qu’ils n’avaient pas d’alternative. En outre, d’autres jeunes acceptèrent certainement volontiers ce qu’on leur proposait et considérèrent qu’en profiter était un privilège plutôt qu’une difficulté. Mais de tels faux raisonnements auraient pu facilement les inciter à pécher en secret, un piège dans lequel tombent de nombreux jeunes. Les jeunes Hébreux savaient que “ les yeux de Jéhovah sont en tout lieu ” et que “ le vrai Dieu lui-même fera venir toute sorte d’œuvre en jugement, concernant toute chose cachée, pour savoir si elle est bonne ou mauvaise ”. (Proverbes 15:3 ; Ecclésiaste 12:14.) Tirons tous leçon de la conduite de ces jeunes gens fidèles ! LE COURAGE ET LA PERSÉVÉRANCE RÉCOMPENSÉS 20 Ayant pris dans son cœur la résolution de résister aux influences corruptrices, Daniel agit en harmonie avec sa décision. “ Il demandait au fonctionnaire principal de la cour la permission de ne pas se souiller. ” (Daniel 1:8b). Le verbe “ demandait ” mérite qu’on s’y arrête. La plupart du temps, il faut persévérer dans ses efforts pour finalement résister aux tentations ou surmonter certaines faiblesses. — Galates 6:9. 21 Dans le cas de Daniel, la persévérance fut payante. “ Aussi le vrai Dieu confia Daniel à la bonté de >> cœur et à la miséricorde devant le fonctionnaire principal de la cour. ” (Daniel 1:9). Si les choses tournèrent bien pour Daniel et ses compagnons, ce n’est pas parce qu’ils avaient de la prestance ou parce qu’ils étaient intelligents ; c’est parce que Jéhovah les bénissait. Daniel se souvint certainement de ce proverbe hébreu : “ Mets ta confiance en Jéhovah de tout ton cœur et ne t’appuie pas sur ton intelligence. Dans toutes tes voies tiens compte de lui, et lui, il rendra droits tes sentiers. ” (Proverbes 3:5, 6). Ceux qui suivent ce conseil en sont récompensés. 22 Au début, le fonctionnaire principal de la cour n’était pas d’accord. “ Je crains mon seigneur le roi qui a fixé votre nourriture et votre boisson, dit-il. Pourquoi donc verrait-il que vos visages sont abattus par rapport à ceux des enfants qui sont de votre âge, et pourquoi voudriez-vous rendre ma tête coupable devant le roi ? ” (Daniel 1:10). Ses objections et ses craintes étaient légitimes. Le roi Neboukadnetsar n’avait pas l’habitude d’essuyer des refus, et ce fonctionnaire savait qu’il risquait sa “ tête ” s’il n’obéissait pas aux instructions du roi. Qu’allait donc faire Daniel ? 23 C’est là que la perspicacité et la sagesse entrèrent en jeu. Le jeune Daniel se souvint probablement de ce proverbe : “ Une réponse, lorsqu’elle est douce, détourne la fureur, mais une parole qui cause de la douleur fait monter la colère. ” (Proverbes 15:1). Au lieu d’exiger obstinément qu’on accède à sa requête, ce qui lui aurait peut-être valu le martyre, Daniel n’insista pas. Au moment qui s’y prêtait, il parla au “ gardien ”, qui était peut-être plus disposé à la souplesse dans la mesure où il ne rendait pas directement des comptes au roi. — Daniel 1:11.
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    UNE ÉPREUVE DE DIXJOURS EST PROPOSÉE 24 Daniel proposa au gardien une épreuve en ces termes : “ S’il te plaît, mets tes serviteurs à l’épreuve pendant dix jours ; qu’on nous donne des légumes pour que nous mangions et de l’eau pour que nous buvions ; et que nos visages et le visage des enfants qui mangent les mets délicats du roi paraissent devant toi, et selon ce que tu verras, agis avec tes serviteurs. ” — Daniel 1:12, 13. 25 À se contenter ‘ de légumes et d’eau ’ pendant dix jours, auraient-ils des visages “ abattus ” par rapport aux autres ? Le mot “ légumes ” traduit un terme hébreu qui signifie fondamentalement “ grains ”. Certaines traductions de la Bible le rendent par “ légumes secs ”, qu’on définit comme “ les graines comestibles de diverses légumineuses (par exemple pois, haricots ou lentilles) ”. Certains spécialistes pensent que, d’après le contexte, il était question d’un régime qui ne comprenait pas seulement des graines comestibles. Un ouvrage de référence déclare : “ Ce que Daniel et ses compagnons demandaient, c’était le régime simple, à base de légumes, du peuple moyen au lieu du régime comportant de la viande, plus riche, de la table royale. ” Ainsi, le terme légumes englobait peut-être des plats nourrissants préparés avec des haricots, des concombres, de l’ail, des poireaux, des lentilles, du melon, des oignons, et du pain composé de différentes céréales. C’était loin d’être un régime de sous-alimentés ! Apparemment, le gardien le comprit. “ Finalement il les écouta quant à cette affaire et les mit à l’épreuve pendant dix jours. ” (Daniel 1:14). Quel fut le résultat ?  26 “ Au bout de dix jours, leurs visages paraissaient meilleurs et plus gras de chair que ceux de tous les enfants qui mangeaient les mets délicats du roi. ” (Daniel 1:15). Il ne faut pas prendre cette phrase comme preuve qu’un régime végétarien vaut mieux qu’un régime plus riche et comprenant de la viande. Dix jours est une période trop courte pour que n’importe quel régime produise des résultats tangibles, mais pas trop courte pour que Jéhovah accomplisse son dessein. “ La bénédiction de Jéhovah — voilà ce qui enrichit, et il n’ajoute aucune douleur avec elle ”, dit sa Parole (Proverbes 10:22). Les quatre jeunes Hébreux mirent leur foi et leur confiance en Jéhovah, et il ne les abandonna pas. Des siècles plus tard, Jésus Christ survécut sans manger pendant 40 jours. Il cita alors les paroles suivantes, qu’on trouve en Deutéronome 8:3 : “ L’homme ne vit pas de pain seul, mais [...] l’homme vit de toute déclaration de la bouche de Jéhovah. ” Ce que Daniel et ses amis vécurent en offre un exemple type. PERSPICACITÉ ET SAGESSE AU LIEU DE METS DÉLICATS ET DE VIN 27 Les dix jours n’étaient qu’un essai, mais les résultats furent des plus convaincants. “ Le gardien donc continua d’enlever leurs mets délicats et le vin qu’ils devaient boire et de leur donner des légumes. ” (Daniel 1:16). Il n’est pas difficile d’imaginer ce que les autres jeunes qui recevaient la formation pensaient de Daniel et de ses compagnons. Il devait leur sembler absurde de préférer tous les jours des légumes à un festin de roi. Mais de grandes épreuves pointaient à l’horizon, qui demanderaient de la part des jeunes Hébreux toute leur vigilance et la plus
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    grande sobriété. Etsurtout, c’étaient leur foi et leur confiance en Jéhovah qui leur vaudraient de surmonter les épreuves de leur foi. — Voir Josué 1:7. 28 Ce qu’on lit ensuite atteste que Jéhovah était avec ces jeunes gens : “ Quant à ces enfants, les quatre, à eux le vrai Dieu donna connaissance et perspicacité en toute écriture et sagesse ; et Daniel avait de l’intelligence en toutes sortes de visions et de rêves. ” (Daniel 1:17). Pour affronter les temps difficiles qui approchaient, il leur fallait davantage que de la force physique et une bonne santé. “ Quand la sagesse entrera dans ton cœur et que la connaissance deviendra agréable à ton âme, la capacité de réflexion veillera sur toi, le discernement te préservera, pour te délivrer de la voie mauvaise. ” (Proverbes 2:10-12). C’est précisément ce dont Jéhovah équipa les quatre jeunes fidèles en vue de ce qui les attendait. 29 Il est spécifié que Daniel “ avait de l’intelligence en toutes sortes de visions et de rêves ”. Ce n’est pas qu’il était devenu médium. En effet, même si Daniel est considéré comme l’un des plus grands prophètes hébreux, il ne fit jamais sous inspiration des déclarations telles que : “ Voici ce qu’a dit le Souverain Seigneur Jéhovah ” ou “ Voici ce qu’a dit Jéhovah des armées ”. (Isaïe 28:16 ; Jérémie 6:9.) Ce n’est cependant que grâce à la direction de l’esprit saint de Dieu que Daniel était capable de comprendre et d’interpréter les visions et les rêves qui révélaient le dessein de Jéhovah.  ~ ~ ~ FINALEMENT, L’ÉPREUVE DÉCISIVE 30 Les trois années de rééducation et de préparation prirent fin. Arriva l’épreuve décisive : un entretien avec le roi en personne. “ Au terme des jours où le roi avait dit de les amener, le fonctionnaire principal de la cour se mit alors à les amener devant Neboukadnetsar. ” (Daniel 1:18). C’était le moment où les quatre jeunes devaient rendre des comptes. Leur avait-il été bénéfique de suivre les lois de Jéhovah plutôt que d’adopter les coutumes babyloniennes ? 31 “ Le roi parlait avec eux, et parmi eux tous il ne s’en trouva pas comme Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria ; et ils continuèrent à se tenir devant le roi. ” (Daniel 1:19). Quelle démonstration incontestable du bien-fondé de leur comportement des trois années précédentes ! Il n’avait donc pas été sot de leur part de suivre un régime dicté par leur foi et par leur conscience. En ayant été fidèles dans ce qui aurait pu sembler être peu de chose, Daniel et ses amis étaient récompensés par de grandes choses. Le privilège de “ se tenir devant le roi ” était l’objectif poursuivi par tous les jeunes qui recevaient la formation. La Bible n’indique pas si les quatre jeunes Hébreux furent les seuls à être sélectionnés. Toujours est-il que leur fidélité leur valut “ une grande récompense ”. — Psaume 19:11. 32 “ As-tu vu un homme habile dans son travail ? C’est devant les rois qu’il se placera ”, disent les Écritures (Proverbes 22:29). Ainsi, Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria furent choisis par Neboukadnetsar pour se tenir devant le roi, autrement dit pour rester à la cour. On voit dans cette histoire la main de Jéhovah diriger les
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    événements de façonà faire connaître par l’intermédiaire de ces jeunes hommes, en particulier de Daniel, des aspects importants de son dessein. Si c’était un honneur d’être choisi pour vivre à la cour de Neboukadnetsar, c’était un honneur plus grand encore d’être utilisé de façon aussi extraordinaire par le Roi de l’univers, Jéhovah. 33 Neboukadnetsar s’aperçut rapidement que la sagesse et la perspicacité dont Jéhovah avait doté les quatre jeunes Hébreux étaient très supérieures à celles de tous les conseillers et de tous les sages de sa cour. “ Quant à toute affaire de sagesse et d’intelligence sur laquelle le roi les interrogeait, oui il les trouvait dix fois supérieurs à tous les prêtres-magiciens et évocateurs d’esprits qui étaient dans tout son royaume. ” (Daniel 1:20). Comment aurait-il pu en être autrement ? Les “ prêtres-magiciens ” et les “ évocateurs d’esprits ” se reposaient sur le savoir superstitieux qui avait cours à Babylone, tandis que Daniel et ses amis mettaient leur confiance dans la sagesse d’en haut. Les deux étaient tout bonnement incomparables ! 34 À dire vrai, la situation n’a pas beaucoup changé avec le temps. Au Ier siècle de notre ère, où prévalaient la philosophie grecque et la loi romaine, l’apôtre Paul écrivit sous l’inspiration divine : “ La sagesse de ce monde est sottise auprès de Dieu ; en effet, il est écrit : ‘ Il attrape les sages dans leur propre ruse. ’ Et encore : ‘ Jéhovah sait que les raisonnements des sages sont futiles. ’ Que personne donc ne se glorifie dans les hommes. ” (1 Corinthiens 3:19-21). Aujourd’hui, il nous faut nous attacher fermement à ce que Jéhovah nous enseigne et ne pas nous laisser >> ébranler facilement par l’attrait et le clinquant du monde. — 1 Jean 2:15-17. FIDÈLES JUSQU’AU BOUT 35 L’épisode de Daniel chapitre 3, relatif à l’image d’or que Neboukadnetsar dressa dans la plaine de Doura et à l’épreuve du four de feu, atteste de façon poignante que Hanania, Mishaël et Azaria avaient une foi solide. Ces Hébreux qui craignaient Dieu restèrent assurément fidèles à Jéhovah jusqu’à leur mort. Nous le savons parce que l’apôtre Paul fit sans aucun doute allusion à eux quand il parla de ceux “ qui, grâce à la foi, ont [...] arrêté la violence du feu ”. (Hébreux 11:33, 34.) Ils constituent des exemples remarquables pour les serviteurs de Jéhovah, tant jeunes qu’âgés. 36 Quant à Daniel, le dernier verset du chapitre 1 déclare : “ Daniel continua ainsi jusqu’à la première année de Cyrus le roi. ” L’Histoire révèle que Cyrus renversa Babylone en une seule nuit, en 539 avant notre ère. Certainement en raison de sa réputation et de sa position, Daniel continua de servir à la cour de Cyrus. D’ailleurs, Daniel 10:1 rapporte que “ dans la troisième année de Cyrus le roi de Perse ” Jéhovah révéla une question importante à Daniel. S’il était adolescent lorsqu’on l’emmena à Babylone en 617 avant notre ère, il devait avoir près de 100 ans quand il reçut cette dernière vision. Quelle carrière longue, bénie et fidèle au service de Jéhovah ! 37 Le premier chapitre du livre de Daniel ne raconte pas seulement l’histoire de quatre garçons fidèles qui ont surmonté des mises à l’épreuve de leur foi. Il montre que Jéhovah peut utiliser qui il veut pour accomplir son
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    dessein. Ce récitprouve que ce qui semble être un malheur, >> ~ ~ ~ si Jéhovah le permet, peut servir un objectif utile. Et il enseigne que la fidélité dans les petites choses procure une grande récompense. *** dp chap. 4 p. 46-62 *** L’élévation et la chute d’une image immense 1 Dix ans ont passé depuis que le roi Neboukadnetsar a emmené Daniel et d’autres “ principaux personnages du pays ” de Juda en captivité à Babylone (2 Rois 24:15). Le jeune Daniel sert à la cour quand, soudain, une situation va mettre sa vie en danger. Mais pourquoi nous y intéresser ? Parce que la façon dont Jéhovah Dieu intervient non seulement sauve la vie de Daniel et celle d’autres personnes, mais encore révèle quelles puissances mondiales des prophéties bibliques se succéderont jusqu’à notre époque. UN MONARQUE EN DIFFICULTÉ 2 “ Dans la deuxième année du règne de Neboukadnetsar, écrivit le prophète Daniel, Neboukadnetsar rêva des rêves ; son esprit commença à s’agiter, et c’en fut fait de son sommeil. ” (Daniel 2:1). Ce Neboukadnetsar qui eut des rêves était le souverain de l’Empire babylonien. Il était devenu le souverain du monde en 607 avant notre ère, lorsque Jéhovah Dieu l’avait laissé détruire Jérusalem et son temple. Dans la deuxième année où Neboukadnetsar dirigeait la puissance mondiale (606/605), Dieu lui envoya un rêve terrifiant.  ~ ~ ~ 3 Ce rêve troubla tant Neboukadnetsar qu’il n’en dormait plus. Il voulait évidemment en connaître la signification. Mais ce roi puissant avait oublié son rêve ! Il convoqua donc les magiciens, les enchanteurs et les sorciers de Babylone, puis les somma de raconter son rêve et de l’interpréter. La tâche dépassait leurs compétences. Leur incapacité mit Neboukadnetsar dans une telle fureur qu’il donna l’ordre “ de détruire tous les sages de Babylone ”. Du coup, le prophète Daniel allait rencontrer celui qui était désigné pour l’exécution. Pour quelle raison ? Ses trois compagnons hébreux (Hanania, Mishaël et Azaria) et lui étaient comptés parmi les sages de Babylone. — Daniel 2:2-14. DANIEL INTERVIENT 4 Ayant appris la raison qui avait poussé Neboukadnetsar à promulguer un décret aussi dur, “ Daniel entra [...] et demanda au roi de lui accorder du temps uniquement pour indiquer au roi l’interprétation ”. Le roi accepta. Daniel rentra chez lui, après quoi ses trois amis hébreux et lui prièrent en demandant “ des miséricordes de la part du Dieu du ciel au sujet de ce secret ”. La nuit même, Jéhovah révéla à Daniel dans une vision le secret du rêve. Daniel déclara avec reconnaissance : “ Que le nom de Dieu soit béni, depuis des temps indéfinis et pour des temps indéfinis, car la sagesse et la force — car elles lui appartiennent. C’est lui qui change temps et époques, qui ôte des
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    rois et établitdes rois, qui donne la sagesse aux sages et la connaissance à ceux qui connaissent le discernement. C’est lui qui révèle les choses profondes et les choses cachées, qui connaît ce qui est dans les ténèbres ; et vraiment la lumière demeure avec lui. ” Daniel louait Jéhovah de ce qu’il lui avait donné cette perspicacité. — Daniel 2:15-23. 5 Le lendemain, Daniel alla trouver Ariok, le chef de la garde personnelle, que le roi avait préposé pour détruire les sages de Babylone. Lorsqu’il apprit que Daniel était en mesure d’interpréter le rêve, Ariok se précipita chez le roi. Daniel ne s’attribua aucun mérite ; il dit à Neboukadnetsar : “ Il existe un Dieu dans les cieux qui est le Révélateur des secrets, et il a fait connaître au roi Neboukadnetsar ce qui doit arriver dans la période finale des jours. ” Daniel s’apprêtait non seulement à révéler l’avenir de l’Empire babylonien, mais encore à donner un aperçu des événements mondiaux depuis l’époque de Neboukadnetsar jusqu’à la nôtre et même au-delà. — Daniel 2:24-30. LE RAPPEL DU RÊVE 6 Neboukadnetsar pendu à ses lèvres, Daniel expliqua : “ Toi, ô roi, tu regardais, et voici : une certaine image — immense. Cette image, qui était grande et dont l’éclat était extraordinaire, se tenait en face de toi, et son aspect était terrifiant. Quant à cette image, sa tête était en bon or ; sa poitrine et ses bras étaient en argent ; son ventre et ses cuisses étaient en cuivre ; ses jambes étaient en fer ; ses pieds étaient en partie de fer et en partie d’argile modelée. Tu as continué de regarder jusqu’à ce qu’une pierre ait été détachée, non par des mains, et elle a frappé l’image sur ses pieds de fer et d’argile modelée >> et les a broyés. À ce moment-là le fer, l’argile modelée, le cuivre, l’argent et l’or furent, tous ensemble, broyés et devinrent comme la bale qui s’élève de l’aire de battage d’été, et le vent les emporta, si bien qu’on n’en trouva aucune trace. Quant à la pierre qui avait frappé l’image, elle devint une grande montagne et remplit toute la terre. ” — Daniel 2:31-35. 7 Neboukadnetsar dut être stupéfait d’entendre Daniel raconter le rêve. Mais les sages de Babylone ne seraient épargnés que si Daniel l’interprétait aussi. En son nom et au nom de ses trois amis hébreux, Daniel déclara : “ Voilà le rêve, et son interprétation, nous la dirons devant le roi. ” — Daniel 2:36. UN ROYAUME QUI SE DISTINGUA ENTRE TOUS 8 “ Toi, ô roi, le roi des rois, toi à qui le Dieu du ciel a donné le royaume, la puissance, la force et la dignité, et dans la main de qui il a donné — en quelque lieu qu’habitent les fils des humains — les bêtes des champs et les créatures ailées des cieux, et qu’il a fait chef sur eux tous, c’est toi qui es la tête en or. ” (Daniel 2:37, 38). Ces paroles s’appliquèrent à Neboukadnetsar après que Jéhovah se fut servi de lui pour détruire Jérusalem, en 607 avant notre ère. En effet, les rois intronisés à Jérusalem étaient de la lignée de David que Jéhovah avait oint, et Jérusalem était la capitale de Juda, le royaume typique de Dieu qui représentait la souveraineté de Jéhovah sur la terre. Lorsque la ville fut détruite en 607, ce royaume typique de Dieu cessa d’exister (1 Chroniques 29:23 ; 2 Chroniques 36:17-21). Les puissances mondiales successives
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    que représentaient lesparties métalliques de l’image pouvaient désormais exercer leur domination sur la terre sans être gênées par le royaume typique de Dieu. Neboukadnetsar était la tête en or, le métal le plus précieux connu dans l’Antiquité, car il s’était distingué en renversant ce royaume lorsqu’il avait détruit Jérusalem. — Voir “ Un roi-guerrier bâtit un empire ”, page 63. {{p. 30 ci-dessous}} 9 Neboukadnetsar, dont le règne dura 43 ans, fut le chef d’une dynastie qui dirigea l’Empire babylonien. Cette dynastie compta son gendre, Nabonide, et son fils aîné, Évil-Merodak. Elle dura encore 43 ans, jusqu’à la mort de Belshatsar, le fils de Nabonide, en 539 avant notre ère (2 Rois 25:27 ; Daniel 5:30). Ainsi, la tête en or de l’image vue en rêve ne représentait pas seulement Neboukadnetsar, mais toute la succession des souverains babyloniens. 10 Daniel dit à Neboukadnetsar : “ Après toi se lèvera un autre royaume inférieur à toi. ” (Daniel 2:39). Un royaume symbolisé par la poitrine et les bras en argent dans l’image succéderait à la dynastie de Neboukadnetsar. Quelque 200 ans plus tôt, Isaïe avait prédit ce royaume ; il avait même précisé le nom de son roi qui serait victorieux : Cyrus (Isaïe 13:1-17 ; 21:2- 9 ; 44:24–45:7, 13). Ce royaume fut l’Empire médo-perse. La civilisation élaborée des Mèdes et des Perses n’avait rien à envier à l’Empire babylonien ; pourtant, ce royaume est représenté par l’argent, un métal moins précieux que l’or. Il fut inférieur à la Puissance mondiale babylonienne en ce qu’il ne se distingua pas en renversant Juda, le royaume typique de Dieu dont la capitale était Jérusalem.  11 Environ 60 ans après avoir interprété le rêve, Daniel fut témoin de la fin de la dynastie de Neboukadnetsar. Daniel était présent la nuit du 5 au 6 octobre 539 avant notre ère, quand l’armée médo-perse prit Babylone, qui semblait pourtant imprenable, et exécuta le roi Belshatsar. À la mort de ce roi, la tête en or de l’image vue en rêve (l’Empire babylonien) cessa d’exister. LE PEUPLE EN EXIL LIBÉRÉ PAR UN ROYAUME 12 En 539 avant notre ère, l’Empire médo-perse devint la puissance mondiale dominante à la place de l’Empire babylonien. À 62 ans, Darius le Mède fut le premier dirigeant de la ville conquise de Babylone (Daniel 5:30, 31). Pendant une brève période, Cyrus le Perse et lui régnèrent conjointement sur l’Empire médo-perse. À la mort de Darius, Cyrus se retrouva le chef unique de l’Empire perse. Pour les Juifs en captivité à Babylone, le règne de Cyrus fut synonyme de libération. En 537, en effet, Cyrus promulgua un décret qui autorisait les exilés juifs à retourner dans leur pays et à rebâtir Jérusalem ainsi que le temple de Jéhovah. Toutefois, le royaume typique de Dieu ne fut pas rétabli en Juda et à Jérusalem. — 2 Chroniques 36:22, 23 ; Ezra 1:1–2:2a. 13 La poitrine et les bras en argent de l’image vue en rêve figuraient la succession des rois perses à compter de Cyrus le Grand. Cette dynastie dura plus de 200 ans. On pense que Cyrus mourut au cours d’une campagne militaire en 530 avant notre ère. Parmi les quelque 12 rois qui lui succédèrent sur le trône de Perse, au moins 2 se montrèrent bons envers le peuple choisi de Jéhovah. L’un était
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    Darius Ier (le Perse)et l’autre Artaxerxès Ier . 14 Darius Ier était dans la succession des rois de Perse le troisième après Cyrus le Grand. Les deux précédents furent Cambyse II et son frère Bardiya (ou un usurpateur, un mage nommé Gaumata). Au moment où Darius Ier (également connu sous le nom de Darius le Grand) monta sur le trône, en 521 avant notre ère, la reconstruction du temple à Jérusalem était sous le coup d’une interdiction. Quand, en 520, on découvrit le document qui contenait le décret de Cyrus dans les archives d’Ecbatane, non seulement Darius annula l’interdiction, mais encore il fournit des fonds tirés du trésor royal pour rebâtir le temple. — Ezra 6:1-12. 15 L’autre roi perse qui contribua au rétablissement des Juifs fut Artaxerxès Ier , qui succéda à son père Assuérus (Xerxès Ier ) en 475 avant notre ère. Artaxerxès était surnommé Longue-Main parce que sa main droite était plus longue que la gauche. Durant la 20e année de son règne, en 455, il nomma Nehémia, son échanson juif, gouverneur de Juda et le chargea de rebâtir les murailles de Jérusalem. Cette action marqua le départ des ‘ soixante-dix semaines d’années ’ mentionnées dans le 9e chapitre de Daniel et permit de déterminer la date où apparaîtrait le Messie, ou Christ, Jésus de Nazareth, ainsi que la date où il mourrait. — Daniel 9:24-27 ; Nehémia 1:1 ; 2:1-18. 16 Le dernier des six rois qui montèrent après Artaxerxès Ier sur le trône de l’Empire perse fut Darius III. Son règne prit fin soudainement en 331 avant notre ère, lorsqu’il subit une terrible défaite devant Alexandre le >> Grand à Gaugamèles, près de l’ancienne Ninive. Cette défaite porta le coup final à la Puissance mondiale médo-perse que symbolisait la partie en argent de l’image vue en rêve par Neboukadnetsar. La puissance à venir serait supérieure sous certains rapports, mais inférieure sous d’autres. On le comprend en écoutant la suite de l’interprétation que Daniel donna du rêve de Neboukadnetsar. UN ROYAUME VASTE, MAIS INFÉRIEUR 17 Daniel dit à Neboukadnetsar que le ventre et les cuisses de l’image immense constituaient ‘ un autre royaume, un troisième, de cuivre, qui dominerait sur toute la terre ’. (Daniel 2:32, 39.) Ce troisième royaume suivrait la Babylonie et la Puissance médo-perse. Étant donné que le cuivre est moins précieux que l’argent, cette nouvelle puissance mondiale serait inférieure à l’Empire médo-perse en ce qu’elle n’aurait pas l’honneur par exemple de libérer le peuple de Jéhovah. Néanmoins, ce royaume semblable à du cuivre ‘ dominerait sur toute la terre ’, ce qui indique qu’il serait plus étendu que la Babylonie ou que l’Empire médo-perse. Or, que révèlent les faits historiques sur cette puissance mondiale ? 18 Peu après avoir hérité du trône de Macédoine en 336 avant notre ère, Alexandre III, un jeune homme ambitieux de 20 ans, se lança dans une campagne de conquête. Ses victoires militaires lui valurent le nom d’Alexandre le Grand. Remportant victoire sur victoire, il poursuivit son avancée dans le territoire perse. Une fois qu’il eut vaincu Darius III à Gaugamèles en 331, l’Empire perse commença à se disloquer
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    et Alexandre fitde la Grèce la nouvelle puissance mondiale. 19 Après sa victoire à Gaugamèles, Alexandre partit à l’assaut des capitales perses qu’étaient Babylone, Suse, Persépolis et Ecbatane. En assujettissant le reste de l’Empire perse, il étendit ses conquêtes jusqu’à l’ouest de l’Inde. Il établit des colonies grecques dans les pays conquis. C’est ainsi que la langue et la culture grecques se répandirent d’un bout à l’autre de son royaume. De fait, l’Empire grec devint plus vaste que n’importe quel autre avant lui. Comme Daniel l’avait prédit, le royaume de cuivre ‘ domina sur toute la terre ’. Entre autres conséquences de cette expansion, le grec (koinè) devint une langue internationale. Étant donné que cette langue permet de s’exprimer avec précision, elle était idéale pour rédiger les Écritures grecques chrétiennes et pour répandre la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. 20 Alexandre le Grand ne resta que huit ans à la tête de la puissance mondiale. Bien que jeune (il avait 32 ans), il tomba malade à la suite d’un banquet et mourut peu après, le 13 juin 323 avant notre ère. Avec le temps, son immense empire fut divisé en quatre territoires, chacun dirigé par un de ses généraux. Ainsi, un seul grand royaume donna naissance à quatre royaumes que l’Empire romain finit par absorber. La puissance mondiale semblable à du cuivre n’exista que jusque vers 30 avant notre ère, année où le dernier de ces quatre royaumes (la dynastie des Ptolémées qui régnait en Égypte) tomba finalement devant Rome.  ~ ~ UN ROYAUME QUI BROIE ET MET EN PIÈCES 21 Daniel poursuivit son explication de l’image du rêve : “ Quant au quatrième royaume [après Babylone, la Puissance médo-perse et la Grèce], il sera fort comme le fer. Étant donné que le fer broie et écrase toutes les autres choses, ainsi — comme le fer qui met en pièces — il broiera et mettra en pièces tous ceux-là. ” (Daniel 2:40). Cette puissance mondiale aurait une telle force, une telle capacité de broyer, qu’elle serait comme du fer : plus forte que les empires représentés par l’or, l’argent ou le cuivre. L’Empire romain fut ce genre de puissance. 22 Rome broya et mit en pièces l’Empire grec, puis engloutit les restes des Puissances mondiales médo-perse et babylonienne. La puissance romaine ne montra aucun respect envers le Royaume de Dieu proclamé par Jésus Christ : elle mit ce dernier à mort sur un poteau de supplice en 33 de notre ère. Elle voulut mettre en pièces le vrai christianisme ; à cette fin, elle persécuta les disciples de Jésus. Qui plus est, les Romains détruisirent Jérusalem et son temple en 70 de notre ère. 23 Les jambes en fer de l’image vue en rêve par Neboukadnetsar figuraient non seulement l’Empire romain, mais encore son prolongement politique. Considérez ces paroles consignées en Révélation 17:10 : “ Il y a sept rois : cinq sont tombés, l’un est, l’autre n’est pas encore arrivé, mais quand il arrivera, il doit demeurer peu de temps. ” Quand l’apôtre Jean rédigea ces mots, il était détenu en exil par les Romains sur l’île de Patmos. Les cinq rois, ou puissances mondiales, qui étaient tombés étaient l’Égypte, l’Assyrie, Babylone, la
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    Puissance médo-perse etla Grèce. Le sixième, l’Empire romain, exerçait toujours sa domination. Mais lui aussi devait tomber, et le septième roi se lèverait d’un des territoires conquis par Rome. De quelle puissance mondiale s’agirait-il ? 24 La Bretagne constituait jadis une partie de l’Empire romain, au nord- ouest. Mais en l’an 1763, elle était devenue l’Empire britannique, la Grande-Bretagne maîtresse des sept mers. En 1776 #, ses 13 colonies d’Amérique avaient déclaré leur >> indépendance afin de former les États- Unis d’Amérique. Par la suite, néanmoins, la Grande-Bretagne et les États-Unis s’allièrent dans la guerre comme dans la paix. C’est ainsi que vint à l’existence la Septième Puissance mondiale des prophéties bibliques : l’alliance anglo-américaine. Comme l’Empire romain, elle s’est avérée ‘ forte comme le fer ’, en exerçant une autorité de fer. Les jambes en fer de l’image du rêve comprennent donc l’Empire romain et la double Puissance mondiale anglo- américaine. # §24 Voir *** w12 15/6 p. 19 Questions des lecteurs *** qui est une explication constituant une mise à jour de celle qui figure dans le livre Prophétie de Daniel (page 57, paragraphe 24) et qui est illustrée aux pages 56 et 139. [Tableau/Illustration, page 56] (Voir la publication) LES PUISSANCES MONDIALES DE LA PROPHÉTIE DE DANIEL L’image immense (Daniel 2:31-45) BABYLONIE à partir de 607 av. n. è. PUISSANCE MÉDO-PERSE à partir de 539 av. n. è. GRÈCE à partir de 331 av. n. è. ROME à partir de 30 av. n. è. PUISSANCE MONDIALE ANGLO-AMÉRICAINE à partir de 1763 de n. è. MONDE DIVISÉ SUR LE PLAN POLITIQUE au temps de la fin UN AMALGAME FRAGILE 25 Daniel dit ensuite à Neboukadnetsar : “ Puisque tu as vu que les pieds et les orteils étaient en partie d’argile modelée de potier et en partie de fer, le royaume sera divisé, mais il s’y trouvera quelque chose de la dureté du fer, étant donné que tu as vu le fer mêlé à de l’argile humide. Et quant aux orteils des pieds étant en partie de fer et en partie d’argile modelée : le royaume sera en partie fort et sera en partie fragile. Puisque tu as vu du fer mêlé à de l’argile humide, ils se mêleront à la descendance des humains ; mais ils ne s’attacheront pas, celui-ci à celui-là, de même que le fer >> ne se mêle pas avec l’argile modelée. ” — Daniel 2:41-43. 26 La succession des puissances mondiales représentée par les différentes parties de l’image vue en rêve par Neboukadnetsar commençait par la tête et descendait jusqu’aux pieds. Logiquement, les pieds et les orteils en “ fer mêlé à de l’argile humide ” symbolisaient la dernière manifestation de la domination humaine qui existerait au “ temps de la fin ”. — Daniel 12:4. 27 À l’aube du XXe siècle, l’Empire britannique dominait un habitant de la terre sur quatre. D’autres empires européens avaient la mainmise sur des
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    millions d’humains. Maisla Première Guerre mondiale provoqua l’apparition de groupes de nations à la place des empires. Après la Deuxième Guerre mondiale, cette tendance s’est accélérée. À mesure que le nationalisme gagnait du terrain, le nombre des nations dans le monde augmentait considérablement. Les dix orteils de l’image représentent tous ces gouvernements et puissances qui coexistent, puisque dans la Bible le nombre dix correspond parfois à ce qui est complet du point de vue terrestre. — Voir Exode 34:28 ; Matthieu 25:1 ; Révélation 2:10. 28 Étant donné que nous vivons au “ temps de la fin ”, nous sommes arrivés aux pieds de l’image. Certains des gouvernements représentés par les pieds et les orteils de l’image en fer mêlé à de l’argile ressemblent au fer : ils sont autoritaires, tyranniques. D’autres ressemblent à l’argile. En quel sens ? Daniel associa l’argile à “ la descendance des humains ”. (Daniel 2:43.) Malgré la fragilité de l’argile, dont est faite la descendance des humains, les dominations traditionnelles comparables au fer ont été contraintes d’écouter de plus en plus le peuple, qui veut avoir son mot à dire dans la manière dont il est gouverné (Job 10:9). Mais les gouvernements autoritaires et le peuple ne font pas bon ménage, pas plus qu’on ne saurait unir du fer et de l’argile. Au moment où l’image sera détruite, le monde sera bel et bien morcelé sur le plan politique ! 29 Est-ce la désunion entre les pieds et les orteils qui causera l’écroulement de toute l’image ? Qu’arrivera-t-il à cette image ?  ~ ~ UNE ISSUE SPECTACULAIRE 30 Arrêtez-vous sur l’issue du rêve. Daniel dit au roi : “ Tu as continué de regarder jusqu’à ce qu’une pierre ait été détachée, non par des mains, et elle a frappé l’image sur ses pieds de fer et d’argile modelée et les a broyés. À ce moment-là le fer, l’argile modelée, le cuivre, l’argent et l’or furent, tous ensemble, broyés et devinrent comme la bale qui s’élève de l’aire de battage d’été, et le vent les emporta, si bien qu’on n’en trouva aucune trace. Quant à la pierre qui avait frappé l’image, elle devint une grande montagne et remplit toute la terre. ” — Daniel 2:34, 35. 31 La suite de la prophétie consista en une explication : “ Aux jours de ces rois-là, le Dieu du ciel établira un royaume qui ne sera jamais supprimé. Et le royaume ne passera à aucun autre peuple. Il broiera tous ces royaumes et y mettra fin, et lui-même subsistera pour des temps indéfinis ; étant donné que tu as vu que de la montagne une pierre a été détachée, non par des mains, et qu’elle a broyé le fer, le cuivre, l’argile modelée, l’argent et l’or. Le Grand Dieu lui-même a fait connaître au roi ce qui doit arriver après cela. Et le rêve est sûr, et son interprétation digne de foi. ” — Daniel 2:44, 45. 32 Son rêve lui ayant été rappelé et expliqué, Neboukadnetsar reconnut que seul le Dieu de Daniel était “ un Seigneur des rois et un Révélateur de secrets ”. Le roi confia également à Daniel et à ses trois compagnons hébreux des postes à responsabilités élevés (Daniel 2:46-49). Quelle est toutefois la signification moderne de l’“ interprétation digne de foi ” énoncée par Daniel ? ~
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    ‘ UNE MONTAGNE REMPLITLA TERRE ’ 33 Lorsque “ les temps fixés des nations ” ont pris fin en octobre 1914, le “ Dieu du ciel ” a établi le Royaume céleste en intronisant son Fils oint, Jésus Christ, “ Roi des rois et Seigneur des seigneurs ” {Note : Voir le chapitre 6 du présent ouvrage.}. (Luc 21:24 ; Révélation 12:1-5 ; 19:16.) C’est de cette façon que par la puissance divine, et non par des mains humaines, la “ pierre ” qu’est le Royaume messianique a été détachée de la “ montagne ”, la souveraineté universelle de Jéhovah. Ce gouvernement céleste est confié à Jésus Christ, à qui Dieu a accordé l’immortalité (Romains 6:9 ; 1 Timothée 6:15, 16). C’est pourquoi ce “ royaume de notre Seigneur [Dieu] et de son Christ ”, une expression de la souveraineté universelle de Jéhovah, ne passera à personne d’autre. Il durera toujours. — Révélation 11:15. 34 La naissance du Royaume a eu lieu “ aux jours de ces rois-là ”. (Daniel 2:44.) Ces rois n’étaient pas seulement les rois représentés par les dix orteils de l’image, mais aussi ceux que symbolisaient ses parties en fer, en cuivre, en argent et en or. Il est vrai que les Empires babylonien, perse, grec et romain n’étaient plus des puissances >> mondiales en 1914, mais il en subsistait des vestiges. L’Empire ottoman (turc) occupait alors le territoire de la Babylonie et des gouvernements étaient en place en Perse (Iran), en Grèce ainsi qu’à Rome. 35 Le Royaume céleste de Dieu frappera bientôt l’image symbolique sur ses pieds. En conséquence, tous les royaumes figurés par cette image seront mis en pièces ; ce sera leur fin. Lors de “ la guerre du grand jour de Dieu le Tout-Puissant ”, cette “ pierre ” frappera avec une telle force que l’image sera pulvérisée et que le vent de la tempête de Dieu l’emportera comme la bale d’une aire de battage (Révélation 16:14, 16). Ensuite, comme la pierre qui atteignit les proportions d’une montagne et qui remplit la terre, le Royaume de Dieu deviendra la montagne ou gouvernement qui régira “ toute la terre ”. — Daniel 2:35. 36 Bien qu’étant céleste, le royaume messianique étendra son pouvoir à notre planète pour le bien de tous les habitants obéissants de la terre. Ce gouvernement stable “ ne sera jamais supprimé ” ni “ ne passera à aucun autre peuple ”. À la différence des royaumes que dirigent les chefs humains mortels, “ lui-même subsistera pour des temps indéfinis ”, éternellement (Daniel 2:44). Puissiez-vous avoir le privilège de figurer pour l’éternité parmi ses sujets ! ~ . . . . .
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    [Encadré/Carte/Illustrations, pages 63-67] UNROI-GUERRIER BÂTIT UN EMPIRE Le prince héritier de Babylone et son armée mettent en pièces les forces du pharaon Néko à Karkémish, en Syrie. Les Égyptiens, vaincus, prennent la fuite en direction de leur pays, au sud, poursuivis par les Babyloniens. Mais un message en provenance de Babylone contraint le prince victorieux à abandonner la poursuite. Il vient d’apprendre que son père, Nabopolassar, est mort. Neboukadnetsar charge ses généraux de ramener les captifs et le butin ; lui, rentre précipitamment pour monter sur le trône laissé vacant par son père. C’est dans ces circonstances que Neboukadnetsar accéda au trône de Babylone en l’an 624 avant notre ère et devint le deuxième souverain de l’Empire néo-babylonien. Au cours de son règne, qui dura 43 ans, il prit possession des territoires occupés auparavant par la Puissance mondiale assyrienne et il étendit son domaine : il prit la Syrie au nord et la Palestine à l’ouest, jusqu’à la frontière de l’Égypte. — Dans la quatrième année de son règne (620 avant notre ère), Neboukadnetsar vassalisa le royaume de Juda (2 Rois 24:1). Trois ans plus tard, les Judéens se rebellèrent ; les Babyloniens assiégèrent donc Jérusalem. Neboukadnetsar emmena Yehoïakîn, Daniel et d’autres captifs à Babylone. Il emporta aussi des ustensiles du temple de Jéhovah. Il établit Tsidqiya, un oncle de Yehoïakîn, roi vassal de Juda. — 2 Rois 24:2-17 ; Daniel 1:6, 7. Quelque temps plus tard, Tsidqiya s’allia à l’Égypte et se rebella à son tour. Neboukadnetsar assiégea de nouveau Jérusalem, et en 607 avant notre ère il fit une brèche dans la muraille, brûla le temple et détruisit la ville. Il tua tous les fils de Tsidqiya, puis rendit ce dernier aveugle et le lia, afin de l’emmener prisonnier à Babylone. Neboukadnetsar fit captifs la plupart des habitants et transporta à Babylone le reste des ustensiles du temple. “ Ainsi Juda partit en exil de dessus son sol. ” — 2 Rois 24:18–25:21. Neboukadnetsar conquit également Tyr en mettant le siège devant elle, un siège qui dura 13 ans. Pendant ce siège, les têtes de ses soldats furent “ rendues chauves ” par les frottements de leur casque, et leurs épaules furent “ dénudées ” à force de porter des matériaux pour construire les ouvrages de siège (Ézékiel 29:18). Finalement, Tyr capitula devant les forces babyloniennes. Le roi de Babylone était à l’évidence un brillant stratège. Certains documents, surtout d’origine babylonienne, tracent aussi de lui le portrait d’un roi juste. Les Écritures ne spécifient pas que Neboukadnetsar était juste, mais le prophète Jérémie déclara que Tsidqiya, alors qu’il s’était rebellé, serait traité équitablement ‘ s’il sortait vers les princes du roi de Babylone ’. (Jérémie 38:17, 18.) Et après la destruction de Jérusalem, Neboukadnetsar traita Jérémie avec respect. Le roi ordonna en effet au sujet de ce dernier : “ Prends-le, aie les yeux fixés sur lui, ne lui fais aucun mal. Mais selon ce qu’il te dira, agis ainsi avec lui. ” — Jérémie 39:11, 12 ; 40:1-4. Neboukadnetsar était un administrateur : il discerna rapidement les qualités et les capacités de Daniel et de ses trois compagnons (Shadrak, Méshak et Abed-Négo) dont les noms hébreux étaient Hanania, Mishaël et Azaria. C’est pourquoi le roi leur confia des postes à responsabilités dans son royaume. — Daniel 1:6, 7, 19-21 ; 2:49. Neboukadnetsar était particulièrement dévoué à Mardouk, le dieu principal de Babylone. Le roi attribuait toutes ses conquêtes à cette divinité. À Babylone, il bâtit ou embellit les temples de Mardouk et de quantité d’autres divinités babyloniennes. L’image d’or dressée dans la plaine de Doura était peut-être dédiée à Mardouk. Et Neboukadnetsar prenait beaucoup en compte la divination pour prévoir les déplacements de son armée. Par ailleurs, Neboukadnetsar fut fier de restaurer Babylone, la plus grande ville fortifiée de l’époque. En terminant les imposantes murailles doubles que son père avait commencées, Neboukadnetsar rendit la capitale apparemment imprenable. Le roi répara un vieux palais au cœur de la ville et bâtit un palais d’été à environ deux kilomètres au nord. Pour faire plaisir à la reine, qui était Mède et qui avait la nostalgie des collines et des forêts de son pays, Neboukadnetsar aurait construit les Jardins suspendus, qui sont rangés parmi les Sept Merveilles du monde antique.
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    “ N’est-ce paslà Babylone la Grande que moi j’ai bâtie pour la maison royale par la force de ma puissance et pour la dignité de ma majesté ? ” lança un jour le roi avec vantardise tandis qu’il se promenait dans son palais de Babylone. “ La parole était encore dans la bouche du roi ” qu’il devint fou. Incapable de régner pendant sept ans, il mangea de la végétation, comme Daniel l’avait prédit. À la fin de cette période, le royaume fut rendu à Neboukadnetsar, qui régna jusqu’à sa mort en 582 avant notre ère. — Daniel 4:30-36. *** dp chap. 5 p. 69-81 *** Leur foi a passé l’épreuve 1 Devez-vous être attaché à Dieu ou au pays dans lequel vous vivez ? Beaucoup répondraient : ‘ Je respecte les deux. J’adore Dieu en suivant les préceptes de ma religion ; et dans le même temps je fais allégeance à ma patrie. ’ 2 Si la démarcation entre piété et patriotisme semble parfois floue aujourd’hui, dans la Babylone antique elle n’existait pour ainsi dire pas. En fait, le profane et le sacré étaient si inextricablement mêlés qu’il était quelquefois impossible de les distinguer. “ Dans la Babylone antique, écrit le professeur Charles Pfeiffer, le roi était à la fois grand prêtre et souverain. Il procédait aux sacrifices et régissait la vie religieuse de ses sujets. ” 3 Prenons l’exemple du roi Neboukadnetsar. Son nom même signifie “ Ô Nebo, protège l’héritier ! ” Nebo était le dieu babylonien de la sagesse et de l’agriculture. Neboukadnetsar était un homme profondément religieux. Comme nous l’avons vu précédemment, il bâtit et embellit les temples de nombreux dieux babyloniens, et il était particulièrement attaché à Mardouk, à qui il attribuait ses victoires militaires {Note : Certains pensent que Mardouk, qu’on tenait pour le fondateur de l’Empire babylonien, représente Nimrod déifié. Cependant, on ne peut l’affirmer.}. >> Il apparaît également que Neboukadnetsar se fiait beaucoup à la divination pour élaborer ses plans de bataille. — Ézékiel 21:18-23. 4 À dire vrai, toute la ville de Babylone baignait dans la religion. Elle se targuait de posséder plus de 50 temples, dans lesquels les gens adoraient une multitude de dieux et de déesses, par exemple la triade composée d’Anou (le dieu du ciel), d’Enlil (le dieu de la terre, de l’air et de la tempête) et d’Ea (le dieu qui régnait sur les eaux). Une autre trinité comprenait Sîn (le dieu-lune), Shamash (le dieu- soleil) et Ishtar (la déesse de la fécondité). La magie, la sorcellerie et l’astrologie jouaient un grand rôle dans le culte babylonien. 5 Pour les exilés juifs, vivre au milieu d’un peuple qui vénérait tant de dieux était une véritable gageure. Des siècles plus tôt, Moïse avait averti les Israélites des conséquences tragiques qu’ils subiraient s’ils se rebellaient contre le Législateur suprême. Il leur avait dit : “ Jéhovah te fera marcher, toi et ton roi que tu établiras sur toi, vers une nation que tu n’as pas connue, ni toi ni tes ancêtres ; et là il te faudra servir d’autres dieux, des dieux de bois et de pierre. ” — Deutéronome 28:15, 36. 6 Maintenant, les Juifs se trouvaient en plein dans cette situation fâcheuse. Il n’était pas facile de demeurer fidèle à Jéhovah, surtout pour Daniel, Hanania,
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    Mishaël et Azaria.En effet, ces quatre jeunes Hébreux avaient été sélectionnés pour recevoir une formation en vue d’assumer une fonction gouvernementale (Daniel 1:3-5). Souvenez-vous qu’on leur avait même donné des noms babyloniens (Beltshatsar, Shadrak, Méshak et Abed- Négo), probablement pour les inciter à se fondre dans leur nouvel environnement {Note : “ Beltshatsar ” veut dire “ Protège la vie du roi ”. “ Shadrak ” signifie peut-être “ Commandement d’Akou ”, le dieu- lune sumérien. “ Méshak ” fait peut-être allusion à un dieu sumérien et “ Abed-Négo ” veut dire “ Serviteur de Négo ” ou Nebo.}. Étant donné la position élevée de ces hommes, en refusant d’adorer les dieux du pays ils se seraient fait remarquer, voire auraient passé pour des traîtres. UNE IMAGE D’OR SYNONYME DE MENACE 7 Sans doute dans le but de renforcer l’unité de son empire, Neboukadnetsar dressa une image d’or dans la plaine de Doura. Cette image mesurait 60 coudées (27 mètres) de haut et 6 coudées (2,70 mètres) de large {Note : Du fait que l’image était immense, certains biblistes pensent qu’elle était en bois recouvert d’or.}. Certains pensent que ce n’était qu’une colonne, un obélisque. Elle consistait peut-être en un piédestal très haut sur lequel s’élevait une statue immense à forme humaine, qui représentait Neboukadnetsar lui-même ou le dieu Nebo. Quoi qu’il en soit, ce monument impressionnant était un symbole de l’Empire babylonien. À ce titre, il était fait pour être vu et vénéré. — Daniel 3:1. 8 Ensuite, Neboukadnetsar organisa une cérémonie d’inauguration. Il réunit ses satrapes, ses préfets, ses gouverneurs, ses conseillers, ses trésoriers, ses juges, >> ses magistrats de police et tous les administrateurs des districts administratifs. Un héraut cria : “ À vous il est dit ceci, ô peuples, communautés nationales et langues : Au moment où vous entendrez le son du cor, du chalumeau, de la cithare, de la harpe triangulaire, de l’instrument à cordes, de la cornemuse et de toutes sortes d’instruments de musique, vous tomberez et adorerez l’image d’or que Neboukadnetsar le roi a dressée. Quiconque ne tombera pas et n’adorera pas sera jeté à l’instant même dans le four de feu ardent. ” — Daniel 3:2-6. 9 Certains pensent que Neboukadnetsar organisa cette cérémonie dans le but de forcer les Juifs à faire des compromis vis-à-vis du culte de Jéhovah. Ce n’était probablement pas le cas, car, manifestement, seuls les fonctionnaires y furent invités. Les seuls Juifs présents seraient donc ceux qui occupaient des fonctions gouvernementales. Il semble par conséquent que la prosternation devant l’image était une cérémonie destinée à renforcer la solidarité de la classe dirigeante. John Walvoord, professeur de théologie, fait cette remarque : “ Un tel déploiement de fonctionnaires constituait d’une part une manifestation flatteuse de la puissance de l’empire de Neboukadnetsar, et d’autre part une façon d’honorer les divinités qui, selon eux, étaient à l’origine de leurs victoires. ” LES SERVITEURS DE JÉHOVAH REFUSENT DE TRANSIGER 10 La plupart de ceux qui étaient réunis devant l’image de Neboukadnetsar n’eurent aucun scrupule à l’adorer alors qu’ils servaient divers dieux. “ Tous étaient habitués à adorer des idoles, et rendre un culte à
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    un certain dieune les empêchait pas de rendre hommage à un autre ”, explique un bibliste. Il ajoute : “ Cela s’accordait avec les idées qui circulaient parmi les idolâtres, selon lesquelles il existait de nombreux dieux [...] et il n’était pas gênant de rendre hommage au dieu d’un autre peuple ou d’un autre pays. ” 11 Les Juifs, en revanche, ne le voyaient pas de cet œil. Leur Dieu, Jéhovah, leur avait ordonné : “ Tu ne dois pas te faire d’image sculptée, ni de forme qui ressemble à quoi que ce soit qui est dans les cieux en haut, ou qui est sur la terre en bas, ou qui est dans les eaux sous la terre. Tu ne dois pas te prosterner devant eux, ni te laisser entraîner à les servir, car moi, Jéhovah ton Dieu, je suis un Dieu qui exige un attachement exclusif. ” (Exode 20:4, 5). C’est pourquoi, au moment où la musique retentit et où les hommes rassemblés se prosternèrent devant l’image, trois jeunes Hébreux, Shadrak, Méshak et Abed-Négo, restèrent debout. — Daniel 3:7. 12 Le refus de trois fonctionnaires hébreux d’adorer l’image mit certains Chaldéens en furie. Ils s’approchèrent immédiatement du roi et “ accusèrent les Juifs ” {Note : L’expression araméenne traduite par “ accuser ” signifie ‘ manger les morceaux ’ d’une personne, la dévorer à belles dents, en quelque sorte, en la calomniant.}. Ils ne souhaitaient pas d’explication. Ils voulaient que les Hébreux soient punis pour infidélité et trahison. Ils déclarèrent à cette fin : “ Il existe certains Juifs que tu as préposés à l’administration du district administratif de Babylone, Shadrak, Méshak et Abed- Négo ; ces hommes robustes n’ont pas tenu compte de toi, ô roi, ils ne servent pas tes dieux, et l’image d’or que tu as dressée, ils ne l’adorent pas. ” — Daniel 3:8-12.  13 Neboukadnetsar dut être vraiment contrarié que les trois Hébreux aient passé outre à son ordre. Il était en effet manifeste qu’il n’avait pas réussi à transformer Shadrak, Méshak et Abed- Négo en partisans loyaux de l’Empire babylonien. Ne les avait-il pourtant pas instruits dans la sagesse des Chaldéens ? Il avait même changé leur nom ! Mais si Neboukadnetsar avait pensé qu’une instruction prestigieuse leur inculquerait un nouveau mode de culte ou que le changement de leur nom changerait leur identité, il s’était lourdement trompé. Shadrak, Méshak et Abed-Négo restèrent de fidèles serviteurs de Jéhovah. 14 Le roi Neboukadnetsar fulminait. En premier lieu, il convoqua Shadrak, Méshak et Abed-Négo. Il demanda : “ Est-il bien vrai, ô Shadrak, Méshak et Abed-Négo, que vous ne servez pas mes dieux, et que l’image d’or que j’ai dressée, vous ne l’adorez pas ? ” Neboukadnetsar prononça sans aucun doute ces paroles sur le ton de quelqu’un qui ne veut pas croire à une énormité qu’il vient d’entendre. ‘ Comment trois hommes sains d’esprit, devait-il se dire, ont-ils pu passer outre à un ordre si clair — d’autant plus un ordre qui faisait encourir une punition aussi sévère ? ’ — Daniel 3:13, 14. 15 Neboukadnetsar était prêt à donner aux trois Hébreux une seconde chance. “ Maintenant, si vous êtes prêts, déclara-t-il, pour qu’au moment où vous entendrez le son du cor, du chalumeau, de la cithare, de la harpe triangulaire, de l’instrument à cordes, de la cornemuse et de toutes sortes d’instruments de musique, vous tombiez et adoriez l’image que j’ai faite, c’est bien. Mais si vous n’adorez pas, à l’instant même vous serez jetés dans le four de feu ardent. Et quel est le dieu qui pourra
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    vous sauver demes mains ? ” — Daniel 3:15. 16 Apparemment, la leçon enseignée par le rêve de l’image (rapporté en Daniel chapitre 2) n’avait pas laissé d’impression durable sur l’esprit et le cœur de Neboukadnetsar. Peut-être avait-il déjà oublié les paroles qu’il avait lui-même dites à Daniel : “ Votre Dieu est un Dieu des dieux, un Seigneur des rois. ” (Daniel 2:47). À présent, Neboukadnetsar semblait défier Jéhovah en affirmant que pas même Lui n’éviterait aux Hébreux la punition qui les attendait. 17 Shadrak, Méshak et Abed-Négo n’avaient pas besoin de reconsidérer la question. Ils répondirent aussitôt : “ Ô Neboukadnetsar, nous n’avons pas besoin de te donner réponse à ce sujet. Si cela doit être, notre Dieu que nous servons est capable de nous sauver. Il nous sauvera du four de feu ardent et de ta main, ô roi ! Sinon, qu’il te soit fait connaître, ô roi, que tes dieux ne sont pas ceux que nous servons, et l’image d’or que tu as dressée, nous ne l’adorerons pas. ” — Daniel 3:16-18. DANS LE FOUR DE FEU 18 Furieux, Neboukadnetsar commanda à ses serviteurs de chauffer le four sept fois plus que d’habitude. Il ordonna ensuite à “ certains hommes robustes pleins d’énergie vitale ” de lier Shadrak, Méshak et Abed-Négo et de les jeter dans le “ four de feu ardent ”. Ces hommes obéirent aux ordres du roi : ils jetèrent les trois Hébreux dans le feu liés et tout habillés (peut-être pour qu’ils soient brûlés encore plus vite). Néanmoins, ce furent les sbires de Neboukadnetsar que les flammes tuèrent. — Daniel 3:19-22.  19 En revanche, quelque chose d’extraordinaire était en train de se produire. Alors que Shadrak, Méshak et Abed-Négo se trouvaient au milieu du four de feu, les flammes ne les consumaient pas. Imaginez la stupéfaction de Neboukadnetsar ! On les avait jetés solidement attachés dans un feu suractivé, mais ils étaient toujours vivants. Ils marchaient même librement au milieu des flammes. Cependant, Neboukadnetsar remarqua autre chose. “ N’est-ce pas trois hommes robustes que nous avons jetés, liés, au milieu du feu ? ” demanda-t-il à ses hauts fonctionnaires. “ Oui, ô roi ! ” répondirent-ils. “ Voyez ! cria Neboukadnetsar, j’aperçois quatre hommes robustes qui circulent librement au milieu du feu, et ils n’ont aucune blessure, et l’aspect du quatrième ressemble à celui d’un fils des dieux. ” — Daniel 3:23-25. 20 Neboukadnetsar s’approcha de la porte du four de feu. “ Shadrak, Méshak et Abed-Négo, serviteurs du Dieu Très- Haut, appela-t-il, sortez et venez ici ! ” Les trois Hébreux sortirent du milieu du feu. Nul doute que tous ceux qui furent témoins de ce miracle (notamment les satrapes, les préfets, les gouverneurs et les hauts fonctionnaires) étaient frappés de stupeur. C’était comme si les trois jeunes hommes n’avaient jamais mis les pieds dans le four ! L’odeur du feu n’était pas venue sur eux, et pas un cheveu de leur tête n’avait été brûlé. — Daniel 3:26, 27. 21 Le roi Neboukadnetsar était bien forcé de reconnaître que Jéhovah est le Dieu Très-Haut. “ Béni soit le Dieu de Shadrak, Méshak et Abed-Négo, déclara-t-il, qui a envoyé son ange et a sauvé ses serviteurs qui ont eu confiance en lui et qui ont changé la parole même du roi et ont livré leurs
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    corps, parce qu’ilsne voulaient servir et ne voulaient adorer aucun dieu, si ce n’est leur Dieu. ” Puis il énonça cet avertissement sans équivoque : “ De ma part ordre est donné : à tout peuple, communauté nationale ou langue qui dit quelque chose de faux contre le Dieu de Shadrak, Méshak et Abed-Négo, on arrachera les membres, et sa maison sera transformée en latrines publiques ; étant donné qu’il n’existe pas d’autre dieu qui soit capable de délivrer comme celui-là. ” Sur ce, les trois Hébreux retrouvèrent la faveur royale et ‘ prospérèrent dans le district administratif de Babylone ’. — Daniel 3:28-30. L’ÉPREUVE DE LA FOI AUJOURD’HUI 22 Aujourd’hui, les adorateurs de Jéhovah se trouvent dans une situation semblable à celle de Shadrak, Méshak et Abed-Négo. Il est vrai que les serviteurs de Dieu ne sont pas nécessairement en exil à proprement parler. Cependant, Jésus a dit que ses disciples ne feraient “ pas partie du monde ”. (Jean 17:14.) Ils sont des “ étrangers ” en ce sens qu’ils n’adoptent pas les coutumes, les états d’esprit et les pratiques contraires aux Écritures des gens de leur entourage. Comme l’apôtre Paul l’a écrit, les chrétiens doivent ‘ cesser de se conformer à ce système de choses-ci ’. — Romains 12:2. 23 Les trois Hébreux ont refusé de se conformer au système babylonien. Même une instruction poussée dans la sagesse chaldéenne ne les a pas égarés. Leur position en matière de culte était irrévocable, et leur allégeance allait à Jéhovah. Les chrétiens d’aujourd’hui doivent posséder la même fermeté. Ils n’ont pas à avoir honte >> d’être différents des gens du monde. En effet, “ le monde est en train de passer, et son désir aussi ”. (1 Jean 2:17.) Il serait insensé, et inutile de surcroît, de se conformer au présent système de choses moribond. 24 Les chrétiens doivent se méfier de toutes les formes d’idolâtrie, même des plus subtiles {Note : Par exemple, la Bible établit un lien entre la gloutonnerie, la convoitise et l’idolâtrie. — Philippiens 3:18, 19 ; Colossiens 3:5.} (1 Jean 5:21). Shadrak, Méshak et Abed-Négo obéirent en ce qu’ils se tinrent respectueusement debout devant l’image d’or, mais ils comprenaient que se prosterner devant elle aurait été plus qu’une marque de respect. Cela aurait été un acte d’adoration qui leur aurait valu la colère de Jéhovah (Deutéronome 5:8-10). John Walvoord écrit : “ Cela revenait à saluer un drapeau, même si, étant donné l’interaction entre le dévouement à la religion et le dévouement à la nation, cet acte avait aussi une connotation religieuse. ” Aujourd’hui, les vrais chrétiens adoptent une position aussi ferme à l’égard de l’idolâtrie. 25 Le récit biblique concernant Shadrak, Méshak et Abed-Négo offre un exemple parlant à tous ceux qui sont déterminés à vouer un attachement exclusif à Jéhovah. L’apôtre Paul pensait certainement à ces trois Hébreux quand il parla de ceux qui, parmi beaucoup qui exercèrent la foi, ont “ arrêté la violence du feu ”. (Hébreux 11:33, 34.) Jéhovah récompensera tous ceux qui imitent une telle foi. Il délivra les trois Hébreux du four de feu, mais nous pouvons être sûrs qu’il ressuscitera tous les fidèles qui perdent la vie parce qu’ils restent intègres et qu’il leur accordera la vie éternelle. ~
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    Envers et contretout, >> ~ ~ ~ Jéhovah “ garde les âmes de ses fidèles ; de la main des méchants il les délivre ”. — Psaume 97:10. *** dp chap. 6 p. 82-97 *** Le mystère du grand arbre est élucidé 1 JÉHOVAH permit au roi Neboukadnetsar de devenir chef d’une puissance mondiale. Le monarque de Babylone jouissait d’une richesse immense, d’une table somptueuse, d’un palais grandiose, bref de tout ce qu’il désirait sur le plan matériel. Mais soudainement il fut humilié. L’esprit dérangé, Neboukadnetsar se comporta comme une bête. Il fut chassé de la table royale et de la résidence impériale, vécut dans les champs et mangea de l’herbe comme un taureau. Qu’est-ce qui provoqua ce malheur ? Et pourquoi s’y intéresser ? — Voir Job 12:17-19 ; Ecclésiaste 6:1, 2. LE ROI MAGNIFIE LE TRÈS-HAUT 2 Peu après avoir guéri de la démence dans laquelle il avait sombré, Neboukadnetsar envoya dans tout son royaume un rapport digne d’intérêt sur ce qui s’était passé. Jéhovah inspira le prophète Daniel pour conserver un récit exact de ces événements. Ce récit commence par ces mots : “ Neboukadnetsar le roi, à tous les peuples, communautés nationales et langues qui habitent dans toute la terre : Que votre paix devienne grande. Les signes et les prodiges que le Dieu Très-Haut a accomplis à mon égard, il m’a paru bon de les proclamer. Que ses signes sont grands, et que ses prodiges sont puissants ! >> Son royaume est un royaume pour des temps indéfinis, et sa domination est de génération en génération. ” — Daniel 4:1-3. 3 Les sujets de Neboukadnetsar ‘ habitaient dans toute la terre ’ : son empire comprenait presque tout le monde biblique. Le roi déclara à propos du Dieu de Daniel : “ Son royaume est un royaume pour des temps indéfinis. ” Ces paroles magnifièrent Jéhovah d’un bout à l’autre de l’Empire babylonien. C’était en outre la deuxième fois qu’il était montré à Neboukadnetsar que seul le Royaume de Dieu est éternel, qu’il subsiste “ pour des temps indéfinis ”. — Daniel 2:44. 4 Quels ‘ signes et prodiges ’ “ le Dieu Très-Haut ” accomplit-il ? Ils commencèrent avec ce que le roi vécut et raconta ainsi : “ Moi, Neboukadnetsar, j’étais tranquille dans ma maison et florissant dans mon palais. J’ai vu un rêve, et il me faisait peur. Des images mentales sur mon lit et des visions de ma tête m’effrayaient. ” (Daniel 4:4, 5). Que fit le roi de Babylone après avoir vu ce rêve troublant ? 5 Neboukadnetsar convoqua les sages de Babylone et leur raconta le rêve. Mais rien ! Ils étaient absolument incapables d’en donner une interprétation. Le récit ajoute : “ À la fin entra devant moi Daniel, dont le nom est Beltshatsar, selon le nom de mon dieu, et en qui il y a l’esprit des dieux saints ; et devant lui je dis quel était ce rêve. ” (Daniel 4:6-8).
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    Le nom queDaniel portait à la cour était Beltshatsar, et le faux dieu que le roi appela “ mon dieu ” était peut-être Bel, Nebo ou Mardouk. C’est parce qu’il était polythéiste que Neboukadnetsar considérait Daniel comme quelqu’un en qui il y avait “ l’esprit des dieux saints ”. Et du fait que Daniel était préfet sur tous les sages de Babylone, le roi le qualifia de “ chef des prêtres-magiciens ”. (Daniel 2:48 ; 4:9 ; voir aussi Daniel 1:20.) Il va de soi que le fidèle Daniel n’abandonna jamais le culte de Jéhovah pour pratiquer la magie. — Lévitique 19:26 ; Deutéronome 18:10-12. UN ARBRE IMMENSE 6 En quoi consistait le rêve effrayant du roi de Babylone ? “ Or les visions de ma tête sur mon lit, je les regardais, dit Neboukadnetsar, et, voyez : un arbre au milieu de la terre, dont la hauteur était immense. L’arbre grandit et devint fort, et sa hauteur atteignit finalement les cieux, et il était visible jusqu’à l’extrémité de toute la terre. Son feuillage était beau, et son fruit abondant ; il y avait sur lui de la nourriture pour tous. Sous lui la bête des champs cherchait l’ombre, sur ses branches habitaient les oiseaux des cieux ; de lui se nourrissait toute chair. ” (Daniel 4:10-12). On croit savoir que Neboukadnetsar aimait beaucoup les grands cèdres du Liban, au point qu’il se déplaça pour les voir et qu’il fit rapporter de ce bois à Babylone. Mais il n’avait jamais rien vu de semblable à l’arbre de son rêve. Cet arbre se situait “ au milieu de la terre ”, bien visible de la terre entière, et il était si productif qu’il procurait de la nourriture à toute chair. 7 Mais ce rêve ne s’arrêtait pas là ; Neboukadnetsar ajouta : “ J’ai continué à regarder dans les visions de ma tête sur mon lit, et, voyez : un veillant, oui un saint, qui descendait des cieux. >> Il criait avec force, et voici ce qu’il disait : ‘ Abattez l’arbre, et coupez ses branches. Faites tomber son feuillage, et dispersez ses fruits. Que la bête s’enfuie de dessous lui, et les oiseaux de ses branches. Toutefois la souche avec ses racines, laissez-la dans la terre, oui avec des liens de fer et de cuivre, parmi l’herbe des champs ; de la rosée des cieux qu’il soit mouillé, et avec la bête que sa part soit parmi la végétation de la terre. ’ ” — Daniel 4:13-15. 8 Les Babyloniens croyaient en des créatures spirituelles bonnes et mauvaises. Mais qui était ce “ veillant ”, cette sentinelle, venu du ciel ? Puisqu’il est qualifié de “ saint ”, il s’agissait d’un ange juste qui représentait Dieu (voir Psaume 103:20, 21). Imaginez les questions qui durent assaillir Neboukadnetsar ! Pourquoi abattre cet arbre ? À quoi bon empêcher la souche de pousser en la liant avec du fer et du cuivre ? Quel dessein une simple souche pouvait-elle bien servir ? 9 Neboukadnetsar dut être complètement dérouté quand il entendit les paroles suivantes du veillant : “ Que son cœur soit changé pour qu’il ne soit plus un cœur d’humain, et qu’un cœur de bête lui soit donné, et que sept temps passent sur lui. Par le décret des veillants la chose est, et par la parole des saints, cette demande, afin que les vivants sachent que le Très-Haut est Chef dans le royaume des humains, et qu’il le donne à qui il veut, et qu’il établit sur lui le plus humble des humains. ” (Daniel 4:16, 17). La souche d’un arbre n’a évidemment pas de cœur humain qui batte en elle. En quel sens un cœur de bête peut-il donc être donné à la souche d’un arbre ?
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    Que sont les“ sept temps ” ? Et quel est le rapport entre tout cela et la domination dans “ le royaume des humains ” ? Neboukadnetsar voulait certainement le savoir. MAUVAISE NOUVELLE POUR LE ROI 10 Lorsqu’il entendit raconter le rêve, Daniel fut momentanément stupéfait, puis il eut peur. Neboukadnetsar lui dit de l’expliquer ; aussi le prophète déclara-t-il : “ Ô mon seigneur, que le rêve s’applique à ceux qui te haïssent, et son interprétation à tes adversaires. L’arbre que tu as vu, qui grandit et devint fort, [...] c’est toi, ô roi, parce que tu as grandi et que tu es devenu fort, et que ta grandeur a grandi et a atteint jusqu’aux cieux, et ta domination jusqu’à l’extrémité de la terre. ” (Daniel 4:18-22). Dans les Écritures, les arbres peuvent figurer des personnes, des dirigeants ou des royaumes (Psaume 1:3 ; Jérémie 17:7, 8 ; Ézékiel, chapitre 31). Comme l’arbre immense de son rêve, Neboukadnetsar ‘ avait grandi et était devenu fort ’ : il était devenu le dirigeant d’une puissance mondiale. Mais la “ domination jusqu’à l’extrémité de la terre ”, sur tout le royaume des humains, est représentée par le grand arbre. Cet arbre symbolise aussi, par conséquent, la souveraineté universelle de Jéhovah, en particulier dans sa relation avec la terre. — Daniel 4:17. 11 Neboukadnetsar allait être abaissé. Daniel ajouta pour le lui annoncer : “ Parce que le roi a vu un veillant, oui un saint, qui descendait des cieux, qui disait également : ‘ Abattez l’arbre et supprimez-le. Toutefois la souche avec ses racines, laissez-la dans la terre, mais avec des liens de fer et de cuivre, parmi l’herbe des champs ; de la rosée des cieux >> qu’il soit mouillé, et avec les bêtes des champs que sa part soit jusqu’à ce que sept temps passent sur lui ’, voici l’interprétation, ô roi, et le décret du Très-Haut c’est ce qui arrivera vraiment à mon seigneur le roi. ” (Daniel 4:23, 24). Il fallait incontestablement du courage pour transmettre un tel message à ce roi puissant ! 12 Qu’allait-il arriver à Neboukadnetsar ? Imaginez sa réaction quand Daniel précisa : “ Toi, on te chassera d’entre les hommes et avec les bêtes des champs sera ta demeure ; et de la végétation, c’est ce qu’on te donnera à manger, comme aux taureaux ; et de la rosée des cieux tu seras mouillé ; et sept temps passeront sur toi, jusqu’à ce que tu saches que le Très-Haut est Chef dans le royaume des humains, et qu’il le donne à qui il veut. ” (Daniel 4:25). Apparemment, même les fonctionnaires de cour de Neboukadnetsar ‘ le chasseraient d’entre les hommes ’. Des gardiens de troupeaux compatissants prendraient-ils soin de lui ? Non, car Dieu avait décrété qu’il demeurerait avec “ les bêtes des champs ” et qu’il mangerait de la végétation. 13 De même que l’arbre fut abattu, de même Neboukadnetsar perdrait la domination du monde, mais pour un temps seulement. Daniel expliqua : “ Parce qu’on a dit de laisser la souche avec les racines de l’arbre, ton royaume te restera après que tu sauras que les cieux dominent. ” (Daniel 4:26). Dans le rêve de Neboukadnetsar, on laissa subsister la souche de l’arbre abattu, liée toutefois pour qu’elle ne pousse pas. Pareillement, le roi de Babylone, la “ souche ”, subsisterait, empêché toutefois de prospérer pendant
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    “ sept temps”. Sa position de dirigeant du monde serait comparable à la souche liée de l’arbre. Elle serait conservée jusqu’à ce que sept temps soient passés sur elle. Jéhovah veillerait à ce que, pendant cette période, personne ne devienne monarque de Babylone à la place de Neboukadnetsar, bien que son fils nommé Évil-Merodak ait peut-être assuré le règne pour lui. 14 Au vu de ce qui était prédit concernant Neboukadnetsar, Daniel lui lança courageusement cette invitation : “ C’est pourquoi, ô roi, puisse mon conseil te paraître bon : enlève tes péchés par la justice, et ton iniquité en faisant miséricorde aux pauvres. Peut- être y aura-t-il une prolongation de ta prospérité. ” (Daniel 4:27). Peut-être que si Neboukadnetsar abandonnait sa conduite pécheresse, s’il cessait d’être un oppresseur et un orgueilleux, cela changerait la situation. Après tout, environ deux siècles auparavant, Jéhovah avait bien décidé de détruire les habitants de Ninive, la capitale de l’Assyrie, puis ne l’avait pas fait parce que le roi et ses sujets s’étaient repentis (Yona 3:4, 10 ; Luc 11:32). Qu’en serait-il de l’orgueilleux Neboukadnetsar ? Changerait-il de conduite ? LE PREMIER ACCOMPLISSEMENT DU RÊVE 15 Neboukadnetsar garda son orgueil. Un jour qu’il se promenait sur le toit de son palais, 12 mois après le rêve de l’arbre, il se vanta en ces termes : “ N’est-ce pas là Babylone la Grande que moi j’ai bâtie pour la maison royale par la force de ma puissance et pour la dignité de ma majesté ? ” (Daniel 4:28-30). >> Nimrod avait fondé Babylone (Babel), mais Neboukadnetsar lui avait donné sa splendeur (Genèse 10:8-10). Dans une de ses inscriptions cunéiformes, il déclare fièrement : “ Je suis Neboukadretsar, roi de Babylone, reconstructeur de l’Esagila et de l’Ezida, fils de Nabopolassar. [...] Les fortifications de l’Esagila et de Babylone je consolidai, et j’établis le nom de mon règne à jamais. ” (Archaeology and the Bible, par George Barton, 1949, p. 478, 479). Une autre inscription parle de quelque 20 temples qu’il rénova ou rebâtit. “ Sous le règne de Neboukadnetsar, lit-on dans une encyclopédie (The World Book Encyclopedia), Babylone devint l’une des villes les plus resplendissantes du monde antique. Dans ses propres inscriptions, Neboukadnetsar parla rarement de ses activités militaires ; en revanche, il s’étendit sur ses constructions et sur sa dévotion aux dieux de Babylonie. Il construisit probablement les Jardins suspendus, l’une des Sept Merveilles du monde antique. ” 16 L’orgueilleux Neboukadnetsar avait beau se vanter, il était sur le point d’être humilié. Le récit inspiré déclare : “ La parole était encore dans la bouche du roi qu’une voix tomba des cieux : ‘ À toi il est dit, ô Neboukadnetsar le roi : “ Le royaume s’en est allé d’avec toi ; d’entre les humains on te chassera et avec les bêtes des champs sera ta demeure. On te donnera de la végétation à manger, comme aux taureaux, et sept temps passeront sur toi, jusqu’à ce que tu saches que le Très-Haut est Chef dans le royaume des humains, et qu’il le donne à qui il veut. ” ’ ” — Daniel 4:31, 32. ~
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    17 Neboukadnetsar perdit rapidement laraison. Chassé d’entre les humains, il mangea de la végétation ‘ comme les taureaux ’. Au milieu des bêtes des champs, il ne passait certainement pas ses journées paresseusement assis dans l’herbe d’un paradis avant l’heure, à profiter d’une brise rafraîchissante. Aujourd’hui en Iraq, où se trouvent les ruines de Babylone, les températures atteignent 50°C au cours des mois d’été et descendent au-dessous de zéro en hiver. Laissés sans soins et exposés aux éléments, les cheveux longs et emmêlés de Neboukadnetsar ressemblaient aux plumes des aigles, et ses ongles qu’il ne coupait ni aux doigts ni aux orteils prirent l’aspect de griffes d’oiseaux (Daniel 4:33). Quelle humiliation pour cet orgueilleux souverain du monde ! 18 Dans le rêve de Neboukadnetsar, le grand arbre fut abattu et sa souche fut liée afin qu’il ne pousse pas pendant sept temps. Pareillement, Neboukadnetsar “ fut déposé du trône de son royaume ” lorsque Jéhovah le frappa de folie (Daniel 5:20). En quelque sorte, cela changea le cœur du roi de celui d’un homme en celui d’un taureau. Néanmoins, Dieu garda son trône à Neboukadnetsar jusqu’à la fin des sept temps. Tandis qu’Évil-Merodak était peut-être le chef temporaire du gouvernement, Daniel était “ chef sur tout le district administratif de Babylone et préfet en chef sur tous les sages de Babylone ”. Ses trois compagnons hébreux continuèrent de participer à l’administration des affaires de ce district (Daniel 1:11-19 ; 2:48, 49 ; 3:30). Les quatre exilés attendirent que Neboukadnetsar remonte sur le trône après avoir guéri et avoir appris que >> “ le Très-Haut est Chef dans le royaume des humains, et qu’il le donne à qui il veut ”. LE RÉTABLISSEMENT DE NEBOUKADNETSAR 19 Jéhovah rendit la raison à Neboukadnetsar à la fin des sept temps. Le roi reconnut alors la souveraineté du Dieu Très-Haut ; il dit : “ À la fin des jours, moi, Neboukadnetsar, j’ai levé mes yeux vers les cieux, et mon intelligence me revenait ; j’ai béni le Très-Haut lui-même, j’ai loué et glorifié Celui qui vit pour des temps indéfinis, parce que sa domination est une domination pour des temps indéfinis et que son royaume est de génération en génération. Tous les habitants de la terre sont considérés comme rien ; et il agit selon sa propre volonté parmi l’armée des cieux et les habitants de la terre. Et il n’existe personne qui puisse arrêter sa main ou qui puisse lui dire : ‘ Qu’as-tu fait ? ’ ” (Daniel 4:34, 35). Ainsi, Neboukadnetsar se rendit compte que le Très-Haut est sans conteste le Maître Souverain dans le royaume des humains. 20 Lorsque Neboukadnetsar retrouva son trône, ce fut comme si on enlevait les liens de métal dont on avait cerclé la souche de l’arbre vu en rêve. Il dit à propos de son rétablissement : “ Au même moment mon intelligence me revenait, et pour la dignité de mon royaume, ma majesté et mon éclat me revenaient ; même mes hauts fonctionnaires royaux et mes grands me recherchaient avec empressement ; je fus rétabli sur mon royaume, et une grandeur extraordinaire me fut ajoutée. ” (Daniel 4:36). Si des fonctionnaires de cour avaient méprisé le roi quand il était dément,
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    maintenant ils le“ recherchaient avec empressement ”, avec une servilité absolue. 21 Que de ‘ signes et prodiges ’ le Dieu Très-Haut avait accomplis ! Nous ne devrions pas être surpris que le roi de Babylone rétabli ait déclaré : “ Maintenant moi, Neboukadnetsar, je loue, j’exalte et je glorifie le Roi des cieux, parce que toutes ses œuvres sont vérité et que ses voies sont justice, et parce qu’il peut humilier ceux qui marchent avec orgueil. ” (Daniel 4:2, 37). Cependant, Neboukadnetsar ne se métamorphosa pas pour autant en adorateur de Jéhovah d’entre les Gentils. QU’INDIQUENT LES FAITS ? 22 Certains identifient la folie de Neboukadnetsar à la lycanthropie. On lit dans un dictionnaire médical : “ LYCANTHROPIE, [...] de [lukos], lupus, loup ; [anthrôpos], homo, homme. On a donné ce nom à la maladie des personnes qui se croient métamorphosées en un animal, et qui en imitent la voix ou les cris, les formes ou les manières. C’est ordinairement en loup, en chien ou en chat que ces individus s’imaginent être transformés ; quelquefois aussi en bœuf, témoin Nabuchodonosor. ” (Dictionnaire des sciences médicales, par une société de médecins et de chirurgiens, Paris, 1818, volume 29, p. 246). Les symptômes de la lycanthropie ressemblent à ceux de la démence de Neboukadnetsar. Cependant, étant donné que sa maladie mentale fut décrétée par Dieu, on ne peut l’identifier précisément avec un désordre connu. 23 Un spécialiste, John Goldingay, cite plusieurs textes relatifs à la folie et au rétablissement de Neboukadnetsar. > Il explique par exemple : “ Un texte cunéiforme fragmentaire semble parler d’un désordre mental chez Neboukadnetsar, et peut-être du fait qu’il négligea et quitta Babylone. ” J. Goldingay cite un document appelé “ Le Job babylonien ” et dit qu’il “ atteste les châtiments par Dieu, la maladie, l’humiliation, la recherche de l’interprétation d’un rêve terrifiant, le renversement tel un arbre, le rejet, la consommation d’herbe, la perte de l’intelligence, l’assimilation à un bœuf, le fait d’être arrosé de pluie par Mardouk, les ongles abîmés, la pousse des cheveux, les liens, puis un rétablissement pour lequel il loue le dieu ”. SEPT TEMPS QUI NOUS CONCERNENT 24 Représenté par le grand arbre, Neboukadnetsar symbolisait la domination du monde. Mais souvenez-vous que l’arbre figure une domination et une souveraineté bien plus grandes que celles du roi de Babylone. Il symbolise la souveraineté universelle de Jéhovah, “ le Roi des cieux ”, en particulier par rapport à la terre. Avant que les Babyloniens ne détruisent Jérusalem, le royaume dont cette ville était la capitale, où David et ses héritiers siégeaient “ sur le trône de Jéhovah ”, représentait la souveraineté de Dieu à l’égard de la terre (1 Chroniques 29:23). Dieu lui-même fit abattre et lier cette souveraineté en 607 avant notre ère, quand il se servit de Neboukadnetsar pour détruire Jérusalem. L’exercice de la souveraineté divine vis-à-vis de la terre par un royaume dans la lignée de David fut interrompu pendant sept temps. Quelle fut la durée de ces sept temps ? Quand commencèrent-ils, et qu’est-ce qui marqua leur fin ?
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    25 Au cours dela période de démence de Neboukadnetsar, ‘ ses cheveux devinrent longs comme les plumes des aigles, et ses ongles comme les griffes des oiseaux ’. (Daniel 4:33.) Cela prit davantage que sept jours ou sept semaines. Diverses traductions mettent “ sept temps ” ; on peut aussi parler de “ temps fixés (déterminés) ” ou de “ périodes ”. (Daniel 4:16, 23, 25, 32.) Une variante de la Septante en grec ancien met “ sept ans ”. Les “ sept temps ” étaient tenus pour “ sept ans ” par Josèphe, historien juif du Ier siècle (Antiquités judaïques, livre X, chapitre X, paragraphe 6). Et certains hébraïsants considèrent ces “ temps ” comme des “ années ”. D’ailleurs, on trouve “ sept années ” par exemple dans La Bible, par Pierre de Beaumont. — Voir aussi la Bible de la Pléiade, note. 26 De toute évidence, les “ sept temps ” de Neboukadnetsar correspondirent à sept années. Dans les prophéties, une année compte en moyenne 360 jours, ou 12 mois de 30 jours chacun (voir Révélation 12:6, 14). Par conséquent, les “ sept temps ”, ou sept années, du roi consistèrent en 360 jours multipliés par 7, soit 2 520 jours. Mais que dire de l’accomplissement en grand de son rêve ? Les “ sept temps ” prophétiques durèrent bien plus de 2 520 jours. C’est ce qu’indiquèrent ces paroles de Jésus : “ Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations jusqu’à ce que les temps fixés des nations soient accomplis. ” (Luc 21:24). Ce ‘ foulage ’ commença en 607 avant notre ère, lorsque Jérusalem fut détruite et que le royaume typique de Dieu cessa de fonctionner en Juda. >> Quand le foulage prendrait-il fin ? Aux “ temps du rétablissement de toutes choses ”, quand la souveraineté divine serait de nouveau manifestée à l’égard de la terre par l’intermédiaire de la Jérusalem symbolique, le Royaume de Dieu. — Actes 3:21. 27 Si on comptait 2 520 jours à partir de la destruction de Jérusalem en 607 avant notre ère, cela nous mènerait seulement en 600, une année qui n’a rien de particulier dans les Écritures. Même en 537, année où les Juifs libérés furent de retour en Juda, la souveraineté de Jéhovah ne fut pas manifestée sur la terre. La raison en est que Zorobabel, l’héritier du trône de David, ne fut pas établi roi, mais seulement gouverneur de la province perse de Juda. 28 Étant donné que les “ sept temps ” sont prophétiques, il faut appliquer aux 2 520 jours cette règle biblique : “ Un jour pour une année. ” Cette règle est posée dans une prophétie concernant le siège de Jérusalem par les Babyloniens (Ézékiel 4:6, 7 ; voir aussi Nombres 14:34). Les “ sept temps ” où les puissances gentiles domineraient la terre sans être gênées par le Royaume de Dieu s’étendirent donc sur 2 520 ans. Ils commencèrent lorsque Juda et Jérusalem furent désolés au septième mois lunaire (15 Tishri) de 607 avant notre ère (2 Rois 25:8, 9, 25, 26). De cette date à l’an 1 avant notre ère, il y a 606 ans. Les 1 914 années qui restent vont de là à 1914 de notre ère. Par conséquent, les “ sept temps ”, ou 2 520 ans, ont pris fin le 15 Tishri ou 4/5 octobre 1914. ~ ~
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    29 Cette année-là, “les temps fixés des nations ” ont été accomplis et Dieu a donné la domination au “ plus humble des humains ” (Jésus Christ), qui avait été tenu pour si méprisable par ses ennemis qu’ils étaient allés jusqu’à l’attacher sur un poteau (Daniel 4:17). Pour introniser le Roi messianique, Jéhovah a détaché les liens symboliques de fer et de cuivre >> ~ ~ qui entouraient la “ souche ” de sa souveraineté. Le Dieu Très-Haut a donc laissé pousser de cette “ souche ” un “ rejeton ” royal, une manifestation de sa souveraineté à l’égard de la terre au moyen du Royaume céleste dirigé par le plus grand Héritier de David, Jésus Christ (Isaïe 11:1, 2 ; Job 14:7-9 ; Ézékiel 21:27). Nous remercions Jéhovah de tout cœur pour avoir ainsi dirigé les événements et élucidé le mystère du grand arbre. *** dp chap. 7 p. 99-113 *** Quatre mots qui changèrent le monde 1 Quatre simples mots écrits sur un mur recouvert de plâtre. Et pourtant, ces quatre mots terrorisèrent un dirigeant puissant, au point presque de le rendre fou. Ils annonçaient la chute de deux rois, la mort de l’un d’eux et la fin d’une puissance mondiale. Ces mots provoquèrent l’humiliation d’un ordre religieux respecté. Et surtout, ils exaltèrent le culte pur de Jéhovah et réaffirmèrent Sa souveraineté à une époque où la plupart des humains se préoccupaient peu de l’un comme de l’autre. Ces mots jettent même une certaine lumière sur les événements mondiaux d’aujourd’hui. Comment quatre mots purent-ils accomplir tout cela ? C’est ce que nous allons voir. 2 Des dizaines d’années s’étaient écoulées depuis les événements décrits dans le 4e chapitre du livre de Daniel. Le règne de l’orgueilleux roi Neboukadnetsar à Babylone, qui avait duré 43 ans, prit fin à sa mort, en 582 avant notre ère. Plusieurs membres de sa famille lui succédèrent, mais l’un après l’autre ils moururent >> prématurément ou furent assassinés. Finalement, un homme du nom de Nabonide s’empara du trône en fomentant une révolte. Apparemment, Nabonide n’était pas lié par le sang à la maison royale de Babylone ; il était le fils d’une grande prêtresse du dieu-lune Sîn. D’après certains spécialistes, pour légitimer son règne il épousa une fille de Neboukadnetsar, il établit leur fils Belshatsar vice-roi et il lui confia Babylone pendant des périodes de plusieurs années. Si cette hypothèse est exacte, Belshatsar était le petit-fils de Neboukadnetsar. Avait-il tiré leçon des mésaventures de son grand-père ? Avait-il compris que Jéhovah est le Dieu suprême, capable d’humilier n’importe quel roi ? Malheureusement non. — Daniel 4:37. UN FESTIN DÉRAPE 3 Le 5e chapitre du livre de Daniel s’ouvre sur un banquet. “ Pour ce qui est de Belshatsar le roi, il fit un grand festin pour mille de ses grands, et devant ces mille il buvait du vin. ” (Daniel 5:1). Vous imaginez sans peine qu’il fallait une salle immense pour recevoir tous ces hommes, sans compter les épouses de second rang et les concubines du roi. ~
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    Un bibliste faitcette remarque : “ Les banquets babyloniens étaient magnifiques, mais finissaient généralement dans l’ivresse. Vins et mets de toutes sortes chargeaient les tables. Des parfums remplissaient la salle. Chanteurs et instrumentistes venaient ajouter aux plaisirs des convives. ” Présidant bien à la vue de tous, Belshatsar buvait du vin... buvait, buvait encore. 4 Il semble étrange que les Babyloniens aient été d’humeur à festoyer cette nuit-là, du 5 au 6 octobre 539 avant notre ère. En effet, leur nation était en guerre, et la situation n’était pas à leur avantage : Nabonide venait de subir une défaite devant les envahisseurs médo-perses ; il s’était réfugié à Borsippa, au sud-ouest de Babylone ; et à cette heure-là les armées de Cyrus campaient juste à côté de Babylone. Malgré cela, Belshatsar et ses grands ne paraissaient pas inquiets. Après tout, leur ville n’était-elle pas Babylone, l’imprenable ? Ses murailles colossales surplombaient des fossés profonds remplis par le grand Euphrate qui traversait la ville. Depuis plus de cent ans aucun ennemi n’avait pris Babylone d’assaut. Pourquoi donc s’inquiéter ? Peut-être Belshatsar se disait-il que le bruit de leur orgie montrerait leur assurance aux ennemis et les découragerait. 5 Il ne fallut pas longtemps pour que l’abus de boisson produise son effet sur Belshatsar. Comme le dit Proverbes 20:1, “ le vin est moqueur ”. En l’occurrence, le vin poussa le roi à commettre une action des plus insensée. Il ordonna qu’on apporte les récipients sacrés pris dans le temple de Jéhovah. Ces récipients, qui faisaient partie du >> butin rapporté lors de la conquête de Jérusalem par Neboukadnetsar, ne devaient servir qu’au culte pur. Les prêtres juifs eux-mêmes, autorisés à les utiliser au temple de Jérusalem dans le passé, avaient reçu l’injonction de se garder purs. — Daniel 5:2 ; voir aussi Isaïe 52:11. 6 Cependant, Belshatsar envisageait une action encore plus insolente. “ Le roi et ses grands, ses concubines et ses épouses de second rang [...] burent du vin, et ils louèrent les dieux d’or et d’argent, de cuivre, de fer, de bois et de pierre. ” (Daniel 5:3, 4). Belshatsar voulait donc élever ses faux dieux au-dessus de Jéhovah ! Il semble que cette attitude était caractéristique des Babyloniens. Ils méprisaient leurs captifs juifs, se moquaient de leur culte et ne leur laissaient entrevoir aucun espoir de retourner dans leur cher pays (Psaume 137:1-3 ; Isaïe 14:16, 17). Peut-être ce monarque étourdi par la boisson pensa-t-il qu’en humiliant les exilés et en insultant leur Dieu il impressionnerait ses femmes et les fonctionnaires, il se donnerait une apparence de force {Note : Dans une inscription ancienne, le roi Cyrus déclara au sujet de Belshatsar : “ Une mauviette est établie comme [chef] de son pays. ”}. Mais si Belshatsar fut grisé par la sensation de pouvoir, cette sensation fut de courte durée. L’ÉCRITURE SUR LE MUR 7 “ À cet instant, dit le récit inspiré, sortirent les doigts d’une main d’homme : ils écrivaient devant le porte- lampes sur le plâtre du mur du palais du roi, et le roi apercevait le dos de la main qui écrivait. ” (Daniel 5:5). Quel spectacle impressionnant ! Une main surgie de nulle part, qui flottait
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    dans l’air prèsd’une partie bien éclairée du mur. Imaginez le silence qui tomba lorsque les invités, bouche bée, se tournèrent vers elle. La main se mit à écrire un message énigmatique sur le plâtre {Note : Même ce détail du récit de Daniel s’est vérifié. Les archéologues ont constaté que les murs des palais dans la Babylone antique étaient en briques enduites de plâtre.}. Ce phénomène fut si menaçant, si inoubliable, qu’aujourd’hui encore, dans les pays anglo-saxons, les gens emploient l’expression “ l’écriture sur le mur ” pour évoquer l’imminence d’un malheur. 8 Quel fut l’effet de ce spectacle sur ce roi orgueilleux qui avait cherché à s’élever, et ses dieux avec lui, au- dessus de Jéhovah ? “ À ce moment-là, pour ce qui est du roi, son teint s’altéra chez lui, et ses pensées l’effrayaient ; les jointures de ses hanches se relâchaient et ses genoux s’entrechoquaient. ” (Daniel 5:6). Lui qui avait voulu paraître grand et majestueux à ses sujets, il donnait l’image pitoyable d’un homme terrorisé : son visage blêmit, ses hanches chancelèrent, tout son corps trembla si violemment que ses genoux s’entrechoquaient. David avait dit vrai dans un chant adressé à Jéhovah : “ Tes yeux sont contre les orgueilleux, pour les abaisser. ” — 2 Samuel 22:1, 28 ; voir aussi Proverbes 18:12. 9 Remarquons que la crainte éprouvée par Belshatsar n’était pas la crainte de Dieu, un profond respect pour Jéhovah qui est le début de toute sagesse (Proverbes 9:10). C’était au contraire une terreur morbide qui n’engendra chez le monarque tremblant rien qui ressemble à de la sagesse >> ~ ~ {Note : Les superstitions babyloniennes rendaient probablement ce miracle encore plus terrifiant. Le livre Babylonian Life and History déclare : “On constate qu’en plus d’adorer de nombreux dieux les Babyloniens étaient très attachés à la croyance aux esprits, dans une si grande mesure que les prières et les incantations contre eux constituent une part très importante de leur littérature religieuse.”}. Au lieu d’implorer le pardon du Dieu qu’il venait d’insulter, il cria avec force qu’on amène “ les évocateurs d’esprits, les Chaldéens et les astrologues ”. Il déclara même : “ Tout homme qui lira cette écriture et m’en indiquera l’interprétation, de pourpre il sera revêtu, avec un collier d’or autour de son cou, et comme le troisième dans le royaume il dominera. ” (Daniel 5:7). Le troisième chef dans le royaume serait indéniablement puissant, puisqu’il n’aurait au-dessus de lui que les deux rois en place, Nabonide et Belshatsar lui-même. En temps normal, une telle position aurait été réservée au fils aîné de Belshatsar. Le roi était vraiment prêt à tout pour connaître l’explication du message miraculeux ! 10 Les sages défilèrent dans la grande salle. Babylone n’en manquait pas, car elle baignait dans la fausse religion et regorgeait de temples. Les hommes qui se targuaient de lire les présages et de déchiffrer les écrits énigmatiques étaient certainement légion. Ces sages devaient être surexcités à la perspective qui s’offrait à eux. On leur donnait l’occasion de pratiquer leur art devant un auditoire éminent, de gagner la faveur du roi et d’accéder à un pouvoir immense. Mais quel échec ! “ Ils ne furent pas capables de lire l’écriture ni de faire connaître l’interprétation au roi. ” {Note : On lit dans Biblical Archaeology Review : “Les experts babyloniens cataloguèrent des milliers de présages. [...] Quand Belshatsar exigea de savoir ce que signifiait l’écriture sur le
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    mur, les sagesde Babylone consultèrent sans aucun doute ces encyclopédies augurales. Mais elles s’avérèrent inutiles.”} — Daniel 5:8. 11 On ignore si pour les sages de Babylone l’écriture elle-même, c’est-à- dire les lettres, fut ou non indéchiffrable. Si elle l’avait été, ces hommes sans scrupules auraient eu les coudées franches pour inventer n’importe quelle leçon fallacieuse, peut-être une qui flatte le roi. Il est également possible que les lettres aient été compréhensibles. Mais comme les langues telles que l’araméen et l’hébreu s’écrivaient sans voyelles, chaque mot aurait pu avoir plusieurs sens. Les sages auraient alors probablement été incapables de déterminer quels mots constituaient le message. Et même s’ils l’avaient pu, ils auraient été incapables d’en saisir la signification de manière à les interpréter. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : les sages de Babylone échouèrent... lamentablement. 12 Il fut ainsi évident que les sages étaient des charlatans, que leur ordre religieux respecté était une imposture. Quelle désillusion ! Quand il comprit que la confiance qu’il avait mise dans ces religieux était vaine, Belshatsar fut d’autant plus effrayé, il pâlit davantage encore, et même ses grands furent “ perplexes ” {Note : Les lexicographes signalent que le mot rendu ici par “ perplexes ” évoque une grande consternation, comme si l’assemblée avait été jetée dans la confusion.}. — Daniel 5:9. ON CONVOQUE UN HOMME PERSPICACE 13 À ce moment critique, la reine en personne (sans doute la reine mère) entra dans la salle de banquet. Elle avait appris la consternation qui régnait au festin et connaissait quelqu’un qui était en mesure >> de déchiffrer l’écriture sur le mur. Des dizaines d’années plus tôt, son père, Neboukadnetsar, avait préposé Daniel au-dessus de tous ses sages. La reine se souvenait que cet homme avait “ un esprit extraordinaire, de la connaissance et de la perspicacité ”. Puisqu’apparemment Daniel était inconnu à Belshatsar, probablement le prophète avait-il perdu ses hautes fonctions dans le gouvernement après la mort de Neboukadnetsar. Mais la notoriété importait peu à Daniel. Il avait certainement plus de 90 ans à l’époque et servait toujours fidèlement Jéhovah. Malgré quelque huit décennies d’exil à Babylone, il était encore connu par son nom hébreu. Même la reine le nomma Daniel au lieu d’employer le nom babylonien qu’on lui avait donné autrefois. Elle suggéra au roi : “ Que Daniel soit [...] appelé pour indiquer l’interprétation. ” — Daniel 1:7 ; 5:10-12. 14 Daniel fut convoqué et se présenta devant Belshatsar. Il était gênant de demander une faveur à ce Juif, dont le roi venait d’insulter le Dieu. Néanmoins, Belshatsar essaya de flatter Daniel : il lui offrit la même récompense, la troisième place dans le royaume, s’il parvenait à lire et à expliquer les mots mystérieux (Daniel 5:13-16). Daniel leva les yeux vers l’écriture sur le mur, et l’esprit saint lui permit d’en discerner la signification. C’était un message de malheur de la part de Jéhovah Dieu ! Comment Daniel allait-il prononcer le jugement sans appel de ce roi perdu, à sa face et de surcroît en présence de ses femmes et de ses grands ? Mettez-vous à la place de Daniel ! Se laissa-t-il influencer par les paroles flatteuses du roi et par sa proposition de richesse et de pouvoir ?
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    Le prophète édulcorerait-illa déclaration de Jéhovah ? 15 Daniel parla courageusement ; il dit : “ Que tes cadeaux soient pour toi, et tes présents, donne-les à d’autres. Toutefois je lirai au roi l’écriture et je lui ferai connaître l’interprétation. ” (Daniel 5:17). Ensuite, Daniel rendit hommage à la grandeur de Neboukadnetsar, un roi si puissant qu’il pouvait tuer, frapper, élever ou humilier qui il lui plaisait. Cependant, Daniel rappela à Belshatsar que c’était Jéhovah, “ le Dieu Très- Haut ”, qui avait rendu Neboukadnetsar grand. C’était Jéhovah qui avait humilié ce roi puissant quand il s’était enorgueilli. Neboukadnetsar avait appris de force que “ le Dieu Très-Haut est Chef dans le royaume des humains et qu’il établit sur lui celui qu’il veut ”. — Daniel 5:18-21. 16 Belshatsar ‘ savait tout cela ’. Pourtant, il n’avait pas tiré leçon de l’Histoire. En fait, il avait péché plus gravement que Neboukadnetsar, qui était pétri d’un orgueil mal placé ; il avait agi avec une grande insolence contre Jéhovah. Daniel dévoila le péché du roi. En outre, devant l’assemblée de païens, il dit hardiment à Belshatsar que les faux dieux “ ne voient rien, ni n’entendent rien, ni ne savent rien ”. Le courageux prophète de Dieu ajouta que, contrairement à ces dieux sans valeur, Jéhovah était le Dieu ‘ dans la main de qui était le souffle ’ du roi. Aujourd’hui encore, les humains font des dieux de choses sans vie : ils idolâtrent l’argent, leur carrière, le prestige, voire les plaisirs. Mais rien de tout cela ne peut donner la vie. C’est à Jéhovah seul que tous nous devons jusqu’à notre existence ; c’est de Jéhovah que dépend chacun de nos souffles. — Daniel 5:22, 23 ; Actes 17:24, 25.  UNE ÉNIGME RÉSOLUE 17 Le vieux prophète fit alors ce que tous les sages de Babylone avaient été incapables de faire. Il lut et interpréta l’écriture tracée sur le mur. Les mots étaient : “ MENÉ, MENÉ, TEQEL et PARSÎN. ” (Daniel 5:24, 25). Que signifient-ils ? 18 Littéralement, ces mots signifient “ une Mine, une Mine, un Sicle et des Demi-sicles ”. Tous ces mots correspondaient à des poids ayant une valeur monétaire, énumérés selon leur valeur dans l’ordre décroissant. Comme c’était déroutant ! Même si les sages de Babylone surent reconnaître les lettres, il n’est guère étonnant qu’ils aient été incapables de les interpréter. 19 Sous l’influence de l’esprit saint de Dieu, Daniel expliqua : “ Voici l’interprétation de la parole : MENÉ : Dieu a compté les jours de ton royaume et l’a mené à sa fin. ” (Daniel 5:26). Les consonnes qui composaient le premier mot permettaient de comprendre tant le mot “ mine ” qu’une forme du terme araméen rendu par “ compté ”, en fonction des voyelles ajoutées par le lecteur. Daniel savait parfaitement que l’exil des Juifs touchait à sa fin. Sur les 70 années qu’il devait durer, 68 étaient déjà passées (Jérémie 29:10). Jéhovah, le Grand Maître du temps, avait compté les jours où Babylone serait une puissance mondiale, et la fin était plus proche que ne le pensait n’importe quel convive du banquet de Belshatsar. En fait, le temps était écoulé, non seulement pour Belshatsar, mais encore pour son père, Nabonide. ~
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    C’est peut-être laraison pour laquelle le mot “ MENÉ ” était écrit deux fois : pour annoncer la fin de ces deux royautés. 20 “ TEQEL ”, en revanche, n’était écrit qu’une fois et au singulier. Cela indique peut-être qu’il concernait principalement Belshatsar, ce qui aurait été approprié, du reste, puisqu’il s’était montré très irrespectueux envers Jéhovah. Le mot en soi veut dire “ sicle ”, mais les consonnes permettent aussi de comprendre le terme “ pesé ”. C’est pourquoi Daniel dit à Belshatsar : “ TEQEL : tu as été pesé dans la balance et tu as été trouvé insuffisant. ” (Daniel 5:27). Pour Jéhovah, des nations entières sont aussi insignifiantes qu’une couche de poussière sur une balance (Isaïe 40:15). Elles sont incapables d’entraver ses desseins. Que pouvait donc un roi arrogant à lui seul ? Belshatsar avait essayé de s’élever au- dessus du Souverain de l’univers. Ce malheureux humain avait osé insulter Jéhovah et se moquer du culte pur, mais il avait été “ trouvé insuffisant ”. Oui, Belshatsar méritait tout à fait le jugement qui approchait rapidement ! 21 Le dernier mot sur le mur était “ PARSÎN ”. Daniel le lut au singulier, “ PÉRÈS ”, probablement parce qu’il avait en face de lui un seul roi et que l’autre était absent. Ce mot couronnait la grande énigme de Jéhovah par un triple jeu de mots. Littéralement, “ parsîn ” signifie “ des demi-sicles ”. Mais les lettres qui le composent autorisent deux autres sens : “ divisions ” et “ Perses ”. Daniel prédit donc : “ PÉRÈS : ton royaume a été divisé et donné aux Mèdes et aux Perses. ” — Daniel 5:28. …………………………………………… 22 L’énigme était résolue. La puissante Babylone allait tomber devant les armées médo-perses. Bien que frappé de plein fouet par cette annonce de malheur, Belshatsar tint parole. Il dit à ses serviteurs de revêtir Daniel de pourpre, de le parer d’un collier d’or et de le proclamer troisième chef dans le royaume (Daniel 5:29). Daniel ne refusa pas ces honneurs ; il comprit qu’ils reflétaient l’honneur dû à Jéhovah. Bien sûr, Belshatsar espérait peut-être atténuer la condamnation de Jéhovah en honorant Son prophète. Mais il était trop tard pour bien faire. LA CHUTE DE BABYLONE 23 Pendant que Belshatsar et ses courtisans buvaient à leurs dieux et se moquaient de Jéhovah, un drame se jouait dans les ténèbres à l’extérieur du palais. La prophétie qui avait été énoncée par l’intermédiaire d’Isaïe presque deux siècles plus tôt était en train de s’accomplir. Jéhovah avait prédit au sujet de Babylone : “ J’ai fait cesser tous les soupirs causés par elle. ” Oui, toute l’oppression que cette ville méchante faisait subir au peuple choisi de Dieu allait prendre fin. Par quel moyen ? La même prophétie précisait : “ Monte, ô Élam ! Assiège, ô Médie ! ” L’Élam fut absorbé par la Perse après l’époque du prophète Isaïe. Au moment où Belshatsar donnait son festin, qui avait d’ailleurs également été annoncé par Isaïe dans la même prophétie, la Perse et la Médie s’étaient alliées pour ‘ monter ’ contre Babylone et l’‘ assiéger ’. — Isaïe 21:1, 2, 5, 6. 24 Pour tout dire, le nom même du chef de ces armées avait été prédit, ainsi que les grandes lignes de sa stratégie. Environ 200 ans à l’avance, Isaïe avait prophétisé que Jéhovah
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    oindrait un hommenommé Cyrus afin qu’il frappe Babylone. Lors de son attaque, tous les obstacles s’aplaniraient devant lui. Les eaux de Babylone se ‘ dessécheraient ’ et ses portes imposantes resteraient ouvertes (Isaïe 44:27–45:3). Or, il en fut ainsi. Les armées de Cyrus détournèrent l’Euphrate, ce qui abaissa le niveau de l’eau et leur permit de traverser le lit du fleuve. Les portes de la muraille de Babylone avaient été laissées ouvertes par des gardes négligents. Les historiens s’accordent à dire que la ville fut envahie alors que ses habitants étaient en fête. Babylone fut prise presque sans aucune résistance (Jérémie 51:30). Il y eut toutefois au moins une mort notable. Daniel raconta : “ Dans cette nuit-là, Belshatsar le roi chaldéen fut tué, et Darius le Mède reçut le royaume, étant âgé d’environ soixante-deux ans. ” — Daniel 5:30, 31. TIRONS LEÇON DE L’ÉCRITURE SUR LE MUR 25 Le récit inspiré contenu en Daniel chapitre 5 est riche de sens pour nous. La Babylone antique était un haut lieu des pratiques de la fausse religion ; à ce titre, elle symbolise bien l’empire universel de la fausse religion. Dans la Révélation, cet agglomérat mondial de tromperie est figuré sous les traits d’une prostituée sanguinaire appelée “ Babylone la Grande ”. (Révélation 17:5.) Faisant fi de tous les avertissements concernant ses fausses doctrines et ses pratiques qui déshonorent Dieu, elle persécute ceux qui prêchent la vérité renfermée dans la Parole de Dieu. Tels les habitants de Jérusalem et de Juda dans l’Antiquité, le fidèle reste des chrétiens oints ont été en quelque sorte exilés dans “ Babylone la Grande ” quand la persécution >> ~ fomentée par le clergé a pour ainsi dire arrêté la prédication du Royaume en 1918. 26 Mais, d’un coup, “ Babylone la Grande ” est tombée ! Oh ! sa chute n’a fait presque aucun bruit, de même que la Babylone antique est tombée presque sans bruit en 539 avant notre ère. Mais cette chute figurée n’en a pas moins été dévastatrice. Elle est survenue en 1919, quand les serviteurs de Jéhovah ont été libérés de la captivité babylonienne et ont reçu l’approbation divine. À partir de là, “ Babylone la Grande ” n’a plus eu pouvoir sur le peuple de Dieu et on a révélé au grand jour qu’elle était une supercherie en laquelle il ne faut pas avoir confiance. Il s’avère que cette chute est irréversible, et sa destruction finale est imminente. C’est pourquoi les serviteurs de Jéhovah reprennent cet avertissement : “ Sortez d’elle, mon peuple, si vous ne voulez pas participer avec elle à ses péchés. ” (Révélation 18:4). Prenez-vous cet avertissement au sérieux ? Le faites-vous connaître ? {Note : Voir les pages 205-71 du livre La Révélation : le grand dénouement est proche !, publié par les Témoins de Jéhovah.} 27 Ainsi, l’écriture est sur le mur aujourd’hui, mais pas seulement pour “ Babylone la Grande ”. Souvenez-vous d’une vérité essentielle au cœur du livre de Daniel : Jéhovah est le Souverain de l’univers. Lui, et lui seul, est en droit d’établir un chef sur l’humanité (Daniel 4:17, 25 ; 5:21). Tout ce qui s’oppose aux desseins de Jéhovah sera éliminé. Jéhovah agira. Ce n’est qu’une question de temps (Habaqouq 2:3). Pour Daniel, ce temps arriva au cours de la dixième décennie de sa vie. Il vit alors Jéhovah éliminer une puissance mondiale, une puissance
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    qu’il voyait opprimerle peuple de Dieu depuis sa jeunesse. 28 Il est indéniable que Jéhovah Dieu a établi sur un trône céleste un Chef pour l’humanité. Le monde ne tient pas compte de ce Roi et s’oppose à sa >> ~ ~ domination : c’est l’indice assuré que Jéhovah éliminera sous peu tous les opposants au Royaume (Psaume 2:1-11 ; 2 Pierre 3:3-7). Agissez-vous, conscient de l’urgence de notre époque ? Mettez-vous votre confiance dans le Royaume de Dieu ? Si oui, vous avez tiré leçon de l’écriture sur le mur. *** dp chap. 8 p. 115-127 *** Sauvé de la gueule des lions ! 1 BABYLONE était tombée ! En quelques heures seulement s’était volatilisée la splendeur dont elle avait joui pendant le siècle où elle avait été puissance mondiale. Une nouvelle ère voyait le jour : l’ère des Mèdes et des Perses. Darius le Mède, qui succédait à Belshatsar sur le trône, avait à présent la lourde tâche d’organiser son empire agrandi. 2 Une des premières mesures prises par Darius consista à nommer 120 satrapes. On pense que les hommes qui occupaient cette fonction étaient parfois choisis dans la famille du roi. En tout cas, chaque satrape gouvernait un grand district ou une subdivision plus petite de l’empire (Daniel 6:1). Il avait entre autres pour devoirs de percevoir les impôts et de reverser le tribut à la cour royale. Même s’il était contrôlé périodiquement par un représentant itinérant du roi, le satrape détenait un pouvoir considérable. Son titre signifiait “ protecteur du Royaume ”. Dans sa province, le satrape était considéré comme un roi vassal, ayant presque un pouvoir souverain. 3 Quelle serait la place de Daniel dans cette nouvelle organisation ? Darius le Mède mettrait-il à la retraite ce prophète juif qui avait maintenant >> plus de 90 ans ? Certainement pas ! Darius savait sûrement que Daniel avait prédit avec exactitude la chute de Babylone et qu’une telle prédiction exigeait un discernement supra-humain. De plus, Daniel avait de l’expérience : il traitait depuis des dizaines d’années avec les différentes communautés captives à Babylone. Darius voulait garder de bonnes relations avec ses nouveaux sujets. Par conséquent, il souhaitait sans doute la présence dans son entourage de quelqu’un ayant la sagesse et l’expérience de Daniel. Seulement, à quel titre ? 4 Il aurait déjà été étonnant que Darius nomme Daniel satrape : pensez donc, un exilé juif ! Mais essayez d’imaginer la consternation qu’il suscita lorsqu’il annonça sa décision de faire de Daniel un des trois hauts fonctionnaires préposés au-dessus des satrapes ! Et non seulement Daniel fut nommé, mais encore il “ se distinguait constamment ”, il se montrait supérieur aux autres hauts fonctionnaires. “ Un esprit extraordinaire ” se trouvait en lui. Darius avait même l’intention de lui confier la charge de premier ministre. — Daniel 6:2, 3. 5 Les autres hauts fonctionnaires et les satrapes devaient fulminer. L’idée que Daniel ait autorité sur eux leur était intolérable : il n’était en effet ni Mède, ni Perse, ni membre de la famille royale.
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    Comment Darius pouvait-ilélever un étranger à un tel rang, au détriment de ses compatriotes, au détriment de sa propre famille ? Ce choix dut paraître anormal. Sans compter qu’aux yeux des satrapes l’intégrité de Daniel devait représenter un frein gênant à la corruption dont ils avaient coutume. Néanmoins, les hauts fonctionnaires et les satrapes n’osèrent pas s’en ouvrir à Darius. Car enfin, Darius tenait Daniel en haute estime. 6 Ces hommes politiques jaloux conspirèrent. Ils cherchaient “ à trouver un prétexte contre Daniel à propos du royaume ”. Pouvait-on lui reprocher quoi que ce soit sur la manière dont il s’acquittait de ses responsabilités ? Était-il malhonnête ? Les hauts fonctionnaires et les satrapes ne trouvèrent aucune négligence ni aucune corruption de quelque sorte que ce soit dans la façon dont Daniel accomplissait son devoir. “ Nous ne trouverons dans ce Daniel aucun prétexte, se dirent-ils, si ce n’est qu’il nous faut en trouver un contre lui dans la loi de son Dieu. ” C’est donc ainsi que ces hommes sournois ourdirent un complot. Ils pensaient se débarrasser de Daniel une bonne fois pour toutes. — Daniel 6:4, 5. UN COMPLOT MEURTRIER MIS EN ŒUVRE 7 Un groupe de hauts fonctionnaires et de satrapes “ entrèrent en foule ” chez Darius. L’expression araméenne employée ici emporte l’idée de tumulte. Apparemment, ces hommes donnèrent l’impression d’avoir une affaire extrêmement urgente à porter devant Darius. Peut-être s’étaient-ils dit qu’il serait moins enclin à rejeter leur proposition s’ils la présentaient avec conviction et comme une question >> qui requérait une intervention immédiate. Ils allèrent donc droit au but ; ils dirent : “ Tous les hauts fonctionnaires du royaume, les préfets et les satrapes, les hauts fonctionnaires royaux et les gouverneurs ont tenu conseil ensemble pour établir une ordonnance royale et mettre en vigueur une interdiction : Quiconque, dans l’espace de trente jours, fait une requête à quelque dieu ou homme, si ce n’est à toi, ô roi, doit être jeté dans la fosse aux lions. ” {Note : L’existence d’une “ fosse aux lions ” à Babylone est attestée par des inscriptions antiques d’après lesquelles il était fréquent que les souverains orientaux possèdent des parcs à animaux sauvages.} — Daniel 6:6, 7. 8 Les récits historiques confirment qu’il était courant que les rois de Mésopotamie soient tenus pour des dieux et adorés comme tels. Nul doute, par conséquent, que Darius fut flatté par cette proposition. Il y vit peut-être aussi un côté pratique. Souvenez-vous, en effet, que pour les habitants de Babylone Darius était un étranger et un nouveau venu. Or, cette nouvelle loi assoirait sa royauté et encouragerait les foules qui vivaient à Babylone à vouer leur fidélité et leur soutien au nouveau régime. Cependant, en proposant leur décret, les hauts fonctionnaires et les satrapes ne se souciaient absolument pas du bien du roi. Ce qu’ils voulaient en réalité, c’était piéger Daniel, car ils connaissaient son habitude de prier Dieu trois fois par jour, devant les fenêtres ouvertes de sa chambre haute. 9 Cette restriction portant sur la prière posait-elle un problème pour toutes les communautés religieuses de Babylone ? Pas nécessairement, d’autant que l’interdiction ne serait en vigueur qu’un mois. ~
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    En outre, peude non-Juifs considéraient comme une compromission d’adresser leur culte à un humain pendant un temps. Un bibliste fait cette remarque : “ Il n’était pas extravagant dans la plus idolâtre des nations qu’on exige de rendre un culte au roi ; par conséquent, quand on demanda aux Babyloniens de rendre au conquérant (Darius le Mède) l’hommage dû à un dieu, ils accédèrent sans difficulté à cette demande. Seuls les Juifs ne pouvaient accepter une telle exigence. ” 10 Quoi qu’il en soit, ceux qui vinrent trouver Darius le poussèrent à “ établir l’ordonnance et [à] signer l’écrit, afin qu’il ne soit pas changé, selon la loi des Mèdes et des Perses, laquelle n’est pas abrogée ”. (Daniel 6:8.) Dans l’ancien Orient, la volonté d’un roi était souvent regardée comme absolue. Cela entretenait l’idée qu’il était infaillible. Même une loi qui pouvait coûter la vie à des innocents devait rester en vigueur ! 11 Sans penser à Daniel, Darius signa le décret (Daniel 6:9). Ce faisant, il signa sans le savoir l’arrêt de mort de son fonctionnaire le plus précieux. Cet édit aurait inévitablement des conséquences pour Daniel. DARIUS OBLIGÉ À PRONONCER UNE CONDAMNATION 12 Daniel eut bientôt connaissance de la loi qui restreignait la prière. Immédiatement, il entra dans sa maison et alla dans sa chambre haute, où les fenêtres étaient ouvertes dans la direction de Jérusalem {Note : La chambre haute était une pièce privée dans laquelle on pouvait se retirer lorsqu’on souhaitait ne pas être dérangé.}. Il se mit à prier Dieu “ comme il l’avait fait auparavant, régulièrement ”. Daniel pensait peut-être qu’il était seul, >> mais les conspirateurs le guettaient. Soudain, ils “ entrèrent en foule ”, sans doute dans la même effervescence que lorsqu’ils étaient allés trouver Darius. À présent, ils le voyaient de leurs propres yeux : Daniel ‘ faisait requête et implorait la faveur devant son Dieu ’. (Daniel 6:10, 11.) Les hauts fonctionnaires et les satrapes avaient toutes les preuves qu’il leur fallait pour accuser Daniel devant le roi. 13 Les ennemis de Daniel demandèrent sournoisement à Darius : “ N’as-tu pas signé une interdiction selon laquelle tout homme qui, dans l’espace de trente jours, adresse une requête à quelque dieu ou homme, si ce n’est à toi, ô roi, doit être jeté dans la fosse aux lions ? ” Darius répondit : “ La chose est bien établie selon la loi des Mèdes et des Perses, laquelle n’est pas abrogée. ” Les conspirateurs en vinrent alors rapidement au fait. “ Daniel, qui est d’entre les exilés de Juda, n’a pas tenu compte de toi, ô roi, ni de l’interdiction que tu as signée, mais trois fois par jour il fait sa requête. ” — Daniel 6:12, 13. 14 Ce n’est pas par hasard si les hauts fonctionnaires et les satrapes précisèrent que Daniel était “ d’entre les exilés de Juda ”. Ils voulaient à l’évidence souligner que ce Daniel que Darius avait élevé à un tel rang n’était en réalité qu’un esclave juif. Ils estimaient qu’à ce titre il n’était en aucune façon au-dessus de la loi, quels que soient les sentiments du roi à son égard ! 15 Peut-être les hauts fonctionnaires et les satrapes s’attendaient-ils à ce que le roi récompense leur enquête astucieuse. Dans ce cas, une surprise les attendait. Darius fut très contrarié par la nouvelle qu’ils lui apportaient.
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    Au lieu d’entreren fureur contre Daniel ou de l’envoyer sur-le-champ à la fosse aux lions, Darius passa toute la journée à s’efforcer de le délivrer. Mais ses efforts furent vains. Les conspirateurs ne tardèrent pas à revenir et à réclamer effrontément le sang de Daniel. — Daniel 6:14, 15. 16 Darius comprit qu’il n’avait pas le choix. La loi ne pouvait être abrogée et la “ transgression ” de Daniel ne pouvait être pardonnée. Tout ce que Darius put dire à Daniel fut : “ Ton Dieu que tu sers avec constance, il te sauvera lui-même. ” Apparemment, Darius respectait le Dieu de Daniel. C’était Jéhovah qui avait donné à Daniel la faculté de prédire la chute de Babylone. Dieu lui avait également donné “ un esprit extraordinaire ” qui le distinguait des autres hauts fonctionnaires. Peut-être Darius savait-il que des dizaines d’années plus tôt le même Dieu avait délivré trois jeunes Hébreux d’un four de feu. Le roi espérait vraisemblablement que Jéhovah délivre à présent Daniel, car lui-même n’avait pas le pouvoir de revenir sur la loi qu’il avait signée. Daniel fut donc jeté dans la fosse aux lions {Note : La fosse aux lions était peut-être une chambre souterraine, pourvue d’un orifice au sommet. Elle était probablement dotée aussi de portes ou de grilles qu’on soulevait pour introduire les animaux.}. Ensuite, “ une pierre fut apportée et placée sur l’ouverture de la fosse ; le roi la scella de son anneau sigillaire et de l’anneau sigillaire de ses grands, pour que rien ne soit changé à l’égard de Daniel ”. — Daniel 6:16, 17.  ~ ~ UN REVIREMENT SPECTACULAIRE 17 Darius retourna dans son palais la mort dans l’âme. On n’introduisit pas de musiciens devant lui, car il n’était pas d’humeur à se divertir. Il ne dormit pas de la nuit et jeûna. “ Son sommeil s’enfuit loin de lui. ” À l’aurore, Darius se précipita à la fosse aux lions. Il cria d’une voix triste : “ Ô Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu, que tu sers avec constance, a- t-il pu te sauver des lions ? ” (Daniel 6:18-20). À sa grande surprise, et à son grand soulagement, une réponse se fit entendre ! 18 “ Ô roi, vis pour des temps indéfinis. ” Daniel montrait par ce salut respectueux qu’il n’éprouvait pas d’animosité envers le roi. Il savait que ce n’était pas Darius le véritable instigateur de sa persécution, mais les hauts fonctionnaires et les satrapes envieux (voir Matthieu 5:44 ; Actes 7:60). Daniel ajouta : “ Mon Dieu a envoyé son ange et a fermé la gueule des lions, et ils ne m’ont pas supprimé, étant donné que devant lui l’innocence s’est trouvée en moi ; et devant toi non plus, ô roi, je n’ai pas commis d’acte malfaisant. ” — Daniel 6:21, 22. 19 Ces mots durent piquer au vif la conscience de Darius. Il savait parfaitement que Daniel n’avait rien commis qui mérite la fosse aux lions. Il était tout à fait conscient que les hauts fonctionnaires et les satrapes avaient conspiré pour que Daniel soit mis à mort et qu’ils l’avaient, lui, manipulé pour arriver à leurs fins égoïstes. En affirmant que “ tous les hauts fonctionnaires du royaume ” avaient recommandé la promulgation de l’édit, ils avaient sous-entendu que Daniel aussi avait été consulté. ~
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    Darius s’occuperait plustard de ces individus tortueux. Pour l’heure, il donna ordre de tirer Daniel hors de la fosse aux lions. Daniel n’avait pas une égratignure, ce qui était un miracle. — Daniel 6:23. 20 Maintenant que Daniel était en sécurité, Darius avait d’autres affaires à régler. “ Le roi donna l’ordre ; on amena ces hommes robustes qui avaient accusé Daniel et on les jeta dans la fosse aux lions, eux, leurs fils et leurs femmes ; ils n’avaient pas atteint le fond de la fosse que les lions s’étaient rendus maîtres d’eux, et ils broyèrent tous leurs os. ” {Note : Le mot “ accusé ” traduit une expression araméenne qu’on peut aussi rendre par “ calomnié ”. Ces précisions soulignent que les intentions des ennemis de Daniel étaient méchantes.} — Daniel 6:24. 21 Il peut sembler excessivement dur d’avoir mis à mort non seulement les conspirateurs, mais encore leurs femmes et leurs enfants. La Loi que Dieu avait donnée par l’intermédiaire du prophète Moïse déclarait quant à elle : “ Les pères ne seront pas mis à mort à cause des enfants, et les enfants ne seront pas mis à mort à cause des pères. Chacun sera mis à mort pour son propre péché. ” (Deutéronome 24:16). Néanmoins, dans certaines cultures de l’Antiquité, il n’était pas exceptionnel d’exécuter les membres de la famille d’un malfaiteur en même temps que lui, si son crime était grave. Le but de cette mesure était peut-être que les membres de la famille ne puissent pas se venger par la suite. En tout cas, la mise à mort des familles des hauts fonctionnaires et des satrapes ne fut certainement pas provoquée par Daniel. Il fut probablement affligé par le malheur que ces hommes méchants avaient attiré sur leur famille.  22 Les hauts fonctionnaires et les satrapes qui avaient conspiré n’étaient plus. Darius fit une proclamation, qui déclarait : “ De devant moi ordre a été donné : dans tout domaine de mon royaume, on doit trembler et craindre devant le Dieu de Daniel. Car il est le Dieu vivant et un Dieu qui subsiste pour des temps indéfinis ; son royaume est un royaume qui ne sera jamais supprimé, et sa domination est pour toujours. Il sauve et il délivre, il accomplit des signes et des prodiges dans les cieux et sur la terre, car il a sauvé Daniel de la patte des lions. ” — Daniel 6:25-27. SERVONS DIEU AVEC CONSTANCE 23 Daniel a laissé un magnifique exemple à tous les serviteurs de Dieu d’aujourd’hui. Sa conduite était toujours au-dessus de tout reproche. Dans son travail, il “ était digne de confiance et [...] aucune négligence ni rien de malhonnête ne fut trouvé en lui ”. (Daniel 6:4.) Un chrétien devrait pareillement être travailleur. Cela ne veut pas dire qu’il doive être un ambitieux impitoyable, avide de richesses ou prêt à piétiner les autres pour gravir les échelons (1 Timothée 6:10). Les Écritures exigent d’un chrétien qu’il s’acquitte de ses obligations profanes honnêtement et de toute son âme, “ comme pour Jéhovah ”. — Colossiens 3:22, 23 ; Tite 2:7, 8 ; Hébreux 13:18. 24 En matière de culte, Daniel n’acceptait aucun compromis. Son habitude de prier était notoire. Les hauts fonctionnaires et les satrapes savaient bien qu’il prenait son culte au sérieux. Ils étaient d’ailleurs convaincus qu’il garderait ses habitudes même si une loi les interdisait. Quel bel exemple pour les chrétiens d’aujourd’hui !
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    Eux aussi ontla réputation de donner au culte de Dieu la première place (Matthieu 6:33). Les observateurs devraient s’en rendre compte facilement ; Jésus n’a-t-il pas donné cet ordre à ses disciples : “ Que votre lumière brille devant les hommes, pour qu’ils voient vos belles œuvres et rendent gloire à votre Père qui est dans les cieux. ” — Matthieu 5:16. 25 Certains diront peut-être que Daniel aurait pu s’éviter la persécution en priant Jéhovah secrètement pendant la période de 30 jours. Après tout, aucune posture, aucun cadre n’est requis pour être entendu par Dieu. Il est même capable de discerner les méditations du cœur (Psaume 19:14). Pourtant, aux yeux de Daniel, tout changement dans ses habitudes revenait à transiger. Pourquoi ? 26 Puisque l’habitude qu’avait Daniel de prier était connue, quel message aurait-il fait passer si d’un coup il s’était arrêté ? Les observateurs auraient pu en conclure qu’il avait la crainte de l’homme et que le décret du roi transcendait la loi de Jéhovah (Psaume 118:6). Mais Daniel montra par ses actions que c’était à Jéhovah qu’il vouait un attachement exclusif (Deutéronome 6:14, 15 ; Isaïe 42:8). Bien entendu, ce faisant, Daniel ne méprisa pas la loi du roi. Mais il ne se cacha pas ni ne fit de compromis. Daniel continua simplement de prier dans sa chambre haute, “ comme il l’avait fait auparavant, régulièrement ”, avant l’édit du roi. 27 De nos jours, les serviteurs de Dieu peuvent tirer profit de l’exemple de Daniel. Ils se montrent ‘ soumis aux autorités supérieures ’ en obéissant >> aux lois du pays dans lequel ils vivent (Romains 13:1). Toutefois, quand les lois humaines s’opposent à celles de Dieu, ils adoptent la même position que les apôtres de Jésus, qui déclarèrent avec hardiesse : “ Nous devons obéir à Dieu, en sa qualité de chef, plutôt qu’aux hommes. ” (Actes 5:29). Par cette attitude, les chrétiens n’encouragent ni l’insurrection ni la rébellion. Ils veulent simplement vivre en paix avec tous les hommes afin de “ continuer à mener une vie calme et paisible dans un parfait attachement à Dieu ”. — 1 Timothée 2:1, 2 ; Romains 12:18. 28 À deux reprises, Darius déclara que Daniel servait Dieu “ avec constance ”. (Daniel 6:16, 20.) En araméen, la racine du mot traduit par “ constance ” signifie “ tourner en rond ”. Elle évoque l’idée d’un cycle continu, de quelque chose de perpétuel. Telle était l’intégrité de Daniel. Elle suivait une voie prévisible. Il était inutile de se demander ce que Daniel ferait devant des épreuves, qu’elles soient grandes ou petites. Il ferait le choix qu’il avait fait des dizaines d’années plus tôt : celui de la fidélité à Jéhovah. 29 Les serviteurs de Dieu d’aujourd’hui veulent agir comme Daniel. D’ailleurs, l’apôtre Paul a invité tous les chrétiens à considérer l’exemple des hommes du passé qui craignaient Dieu. Grâce à la foi, ils ont “ réalisé la justice, obtenu des promesses ” et (ce qui est sans doute une allusion à Daniel) “ fermé la gueule des lions ”. Nous qui servons Jéhovah, montrons la même foi et la même constance que Daniel et “ courons avec endurance la course qui est placée devant nous ”. — Hébreux 11:32, 33 ; 12:1.
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    *** dp chap.9 p. 129-148 *** Qui dominera le monde ? 1 La prophétie captivante de Daniel nous ramène à présent à la première année de Belshatsar, roi de Babylone. Voilà longtemps que Daniel est exilé dans cette ville, mais sa fidélité à Jéhovah n’a jamais faibli. Âgé maintenant de plus de 70 ans, le fidèle prophète voit “ un rêve et des visions de sa tête sur son lit ”. Or, ces visions l’effraient terriblement. — Daniel 7:1, 15. 2 “ Voyez, s’exclame Daniel : les quatre vents des cieux soulevaient la mer immense. Et quatre bêtes énormes montaient de la mer, chacune étant différente des autres. ” Quelles bêtes surprenantes ! La première est un lion ailé, et la deuxième est semblable à un ours. Puis vient un léopard à quatre ailes et à quatre têtes ! La quatrième bête, extraordinairement forte, a de grandes dents de fer et dix cornes. Au milieu de ses dix cornes s’élève une “ petite ” corne, qui a “ des yeux comme des yeux d’homme ” et ‘ une bouche qui profère de grandes choses ’. — Daniel 7:2-8. 3 Les visions suivantes de Daniel se déroulent au ciel. L’Ancien des jours est assis sur un trône dans la gloire ; il siège en Juge dans le Tribunal céleste. ‘ Mille milliers le servent, et dix mille fois dix mille se tiennent devant lui. ’ Il condamne les bêtes, leur ôte la domination et détruit la quatrième bête. Une domination durable sur “ les peuples, communautés nationales et langues ” est confiée à “ quelqu’un de semblable à un fils d’homme ”. — Daniel 7:9-14.  ~ ~ 4 “ Quant à moi, dit Daniel, mon esprit fut angoissé au-dedans de moi à cause de cela, et les visions de ma tête m’effrayaient. ” Il cherche donc auprès d’un ange “ des renseignements dignes de foi sur tout cela ”. L’ange lui fournit “ l’interprétation des choses ”. (Daniel 7:15-28.) Ce que Daniel vit et entendit cette nuit-là revêt un grand intérêt pour nous, car il eut un aperçu d’événements mondiaux à venir qui se dérouleraient jusqu’à notre époque, où “ quelqu’un de semblable à un fils d’homme ” reçoit la domination sur tous “ les peuples, communautés nationales et langues ”. Avec l’aide de la Parole et de l’esprit de Dieu, nous aussi nous pouvons comprendre le sens de ces visions prophétiques {Note : Pour être clairs et éviter de nous répéter, nous ajouterons aux versets explicatifs contenus en Daniel 7:15-28 un examen verset par verset des visions rapportées en Daniel 7:1-14.}. QUATRE BÊTES MONTENT DE LA MER 5 “ Quatre bêtes énormes montaient de la mer ”, déclara Daniel (Daniel 7:3). Que symbolisait cette mer agitée par les vents ? Des années plus tard, l’apôtre Jean vit une bête sauvage à sept têtes sortir de la “ mer ”. Cette mer représentait “ des peuples, et des foules, et des nations, et des langues ”, la grande partie de l’humanité qui est brouillée avec Dieu. La mer est donc un symbole approprié des masses d’humains éloignés de Dieu. — Révélation 13:1, 2 ; 17:15 ; Isaïe 57:20. 6 “ Quant à ces bêtes énormes, indiqua l’ange de Dieu, parce qu’elles sont quatre, il y a quatre rois qui se lèveront de la terre. ” (Daniel 7:17). L’ange identifia donc les quatre bêtes vues par Daniel à “ quatre rois ”. Ces bêtes représentent par conséquent
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    des puissances mondiales. Maislesquelles ? 7 Les commentateurs de la Bible établissent couramment un lien entre la vision des quatre bêtes vue en rêve par Daniel et l’image immense dont rêva Neboukadnetsar. Par exemple, la Bible Pirot-Clamer déclare : “ Les quatre grandes bêtes [en Daniel chapitre 7] correspondent aux quatre parties de la statue que Nabuchodonosor avait vue en songe, II. ” La Traduction Œcuménique de la Bible dit : “ Les quatre Bêtes qui montent de la mer évoquent la succession des empires humains, selon un canevas qu’on rencontrait déjà dans le ch. 2. ” Les quatre puissances mondiales représentées par les quatre métaux du rêve de Neboukadnetsar étaient l’Empire babylonien (la tête en or), la Puissance médo-perse (la poitrine et les bras en argent), la Grèce (le ventre et les cuisses en cuivre) et l’Empire romain (les jambes en fer) {Note : Voir le chapitre 4 du présent ouvrage.} (Daniel 2:32, 33). Examinons en quoi ces royaumes correspondent aux quatre bêtes énormes vues par Daniel. FÉROCE COMME UN LION, RAPIDE COMME UN AIGLE 8 Quelles bêtes impressionnantes s’offrirent au regard de Daniel ! Il en décrivit une ainsi : “ La première était comme un lion, et elle avait des ailes d’aigle. Je continuai de regarder jusqu’à ce que ses ailes soient arrachées ; elle fut soulevée de terre et mise debout sur deux pieds comme un homme, et on lui donna un cœur d’homme. ” (Daniel 7:4). Cette bête figurait la même domination que celle représentée par la tête en or de l’image immense : la Puissance >> mondiale babylonienne (607-539 avant notre ère). Comme un “ lion ”, un prédateur, Babylone dévora cruellement des nations, parmi lesquelles le peuple de Dieu (Jérémie 4:5-7 ; 50:1 7). Comme s’il avait des ailes d’aigle, ce “ lion ” volait de conquête en conquête avec agressivité. — Lamentations 4:19 ; Habaqouq 1:6-8. 9 Par la suite, le lion ailé unique eut les ailes “ arrachées ”. Vers la fin du règne de Belshatsar, Babylone perdit sa rapidité dans les conquêtes ainsi que sa suprématie, comparable à celle du lion, sur les nations. Elle n’était pas plus rapide qu’un homme sur deux pieds. Puisqu’elle reçut “ un cœur d’homme ”, elle s’affaiblit. N’ayant plus “ le cœur du lion ”, Babylone ne pouvait plus se comporter en reine “ parmi les bêtes de la forêt ”. (Voir 2 Samuel 17:10 ; Mika 5:8.) Une autre bête énorme la vainquit. VORACE COMME UN OURS 10 “ Voyez, déclara Daniel, une autre bête, une deuxième, semblable à un ours. Elle se dressait sur un côté, et il y avait trois côtes dans sa gueule, entre ses dents ; et voici ce qu’on lui disait : ‘ Lève-toi, mange beaucoup de chair. ’ ” (Daniel 7:5). Le roi symbolisé par l’“ ours ” était le même que celui représenté par la poitrine et les bras en argent de la grande image : la succession des souverains médo-perses (539-331 avant notre ère) qui commença avec Darius le Mède et Cyrus le Grand pour se terminer avec Darius III. 11 L’ours symbolique “ se dressait sur un côté ”, peut-être pour être prêt à attaquer et à soumettre des nations, et ainsi à garder la mainmise sur le monde. ~ ~
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    Cette position pouvaitégalement indiquer que la succession des souverains perses prendrait le dessus sur le seul roi mède, Darius. Quant aux trois côtes entre les dents de l’ours, elles évoquaient peut-être les trois directions dans lesquelles il étendit ses conquêtes. En effet, l’“ ours ” médo-perse alla au nord prendre Babylone en 539 avant notre ère. Puis il prit la direction de l’ouest, à travers l’Asie Mineure et jusqu’en Thrace. Enfin, l’“ ours ” partit au sud à la conquête de l’Égypte. Étant donné que le chiffre trois symbolise parfois l’intensité, les trois côtes soulignent peut-être aussi l’avidité de l’ours symbolique en matière de conquête. 12 L’“ ours ” obéit aux paroles “ Lève-toi, mange beaucoup de chair ” : il attaqua des nations. En dévorant Babylone conformément à la volonté divine, la Puissance médo- perse était en mesure de rendre un précieux service au peuple de Jéhovah. C’est ce qu’elle fit, d’ailleurs (voir “ Un monarque tolérant ”, page 149 Voir ci-dessous p.65). Grâce à Cyrus le Grand, à Darius Ier (Darius le Grand) et à Artaxerxès Ier , la Puissance médo-perse libéra les captifs juifs de Babylone, puis les aida à rebâtir le temple de Jéhovah et à réparer les murailles de Jérusalem. Avec le temps, l’Empire médo-perse compta 127 districts administratifs, si bien que le mari de la reine Esther, Assuérus (Xerxès Ier ), “ régnait depuis l’Inde jusqu’à l’Éthiopie ”. (Esther 1:1.) Cependant, une autre bête encore allait monter.  ~ ~ ~ RAPIDE COMME UN LÉOPARD AILÉ 13 La troisième bête était “ semblable à un léopard, mais elle avait quatre ailes de créature volante sur le dos. La bête avait quatre têtes, et vraiment on lui donna la domination ”. (Daniel 7:6.) Comme son équivalent, le ventre et les cuisses en cuivre de l’image vue en rêve par Neboukadnetsar, ce léopard à quatre ailes et quatre têtes symbolisait la succession des souverains macédoniens, ou grecs, à partir d’Alexandre le Grand. Avec l’agilité et la rapidité d’un léopard, Alexandre traversa l’Asie Mineure, descendit en Égypte et gagna la frontière ouest de l’Inde (voir Habaqouq 1:8). Son royaume était plus étendu que celui de l’“ ours ”, puisqu’il comprenait la Macédoine, la Grèce et l’Empire perse. — Voir “ Un jeune roi à la conquête du monde ”, page 153. Voir ci-dessous pp.65-67 14 Le “ léopard ” eut quatre têtes après la mort d’Alexandre survenue en 323 avant notre ère. Quatre de ses généraux finirent par lui succéder dans différentes parties de son royaume. Séleucus obtint la Mésopotamie et la Syrie. Ptolémée dirigea l’Égypte et la Palestine. Lysimaque domina l’Asie Mineure et la Thrace, et Cassandre reçut la Macédoine et la Grèce (voir “ Un vaste royaume est divisé ”, page 162 Voir ci-dessous p.67). C’est alors que se leva une nouvelle menace. UNE BÊTE EFFRAYANTE S’AVÈRE DIFFÉRENTE 15 Daniel qualifia la quatrième bête d’“ effrayante, terrible et extraordinairement forte ”. Il ajouta : “ Et elle avait des dents de fer, de grandes dents.
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    Elle dévorait etbroyait, et ce qui restait, elle le foulait avec ses pieds. Elle était quelque chose de différent de toutes les autres bêtes qui étaient avant elle, et elle avait dix cornes. ” (Daniel 7:7). Cette bête effrayante vit le jour sous la forme du pouvoir politique et militaire de Rome. Peu à peu, ce pouvoir prit le pas sur les quatre divisions hellénistiques de l’Empire grec, et en l’an 30 avant notre ère Rome était devenue la nouvelle puissance mondiale des prophéties bibliques. En soumettant tout ce qui se trouvait sur son passage par la force, l’Empire romain finit par couvrir un territoire qui englobait les îles Britanniques, la plus grande partie de l’Europe, le pourtour méditerranéen et les régions au-delà de Babylone jusqu’au golfe Persique. 16 Daniel désirait comprendre ce qu’était cette bête “ extraordinairement effrayante ” ; aussi écouta-t-il attentivement l’explication de l’ange : “ Et quant [à ses] dix cornes : de ce royaume dix rois se lèveront ; et un autre encore se lèvera après eux, et lui, il sera différent des premiers, et il humiliera trois rois. ” (Daniel 7:19, 20, 24). Qu’étaient ces “ dix cornes ” ou “ dix rois ” ? 17 À mesure que Rome s’enrichit et s’enfonça dans la décadence à cause de la débauche de sa classe dirigeante, elle perdit de sa puissance militaire. Avec le temps, le déclin de la force militaire romaine devint évident. Au bout du compte, ce puissant empire éclata en de nombreux royaumes. Compte tenu que la Bible emploie souvent le chiffre dix pour indiquer ce qui est complet, les “ dix cornes ” de la quatrième bête représentent tous les royaumes issus de la dissolution >> de Rome. — Voir Deutéronome 4:13 ; Luc 15:8 ; 19:13, 16, 17. 18 Toutefois, la Puissance mondiale romaine ne disparut pas avec la déposition de son dernier empereur, qui eut lieu à Rome en 476 de notre ère. Pendant des siècles, la Rome papale continua de dominer l’Europe, sur le plan politique, et surtout sur le plan religieux. Elle domina au moyen du système féodal, dans lequel la plupart des habitants d’Europe étaient assujettis à un seigneur, et par-delà à un roi. Et tous les rois reconnaissaient l’autorité du pape. C’est ainsi que le Saint Empire romain, dont la Rome papale était le centre, présida aux affaires du monde pendant toute la longue période de l’Histoire qu’on appelle l’âge des ténèbres. 19 Qui niera que la quatrième bête était ‘ différente de tous les autres royaumes ’ ? (Daniel 7:7, 19, 23.) À cet égard, l’historien H. G. Wells a écrit : “ La nouvelle puissance romaine [...] était, sous plus d’un aspect, différente des grands empires qui avaient jusque-là dominé le monde civilisé. [...] Elle domina [...] bientôt le monde grec tout entier et sa population compta moins d’éléments hamitiques et sémitiques qu’aucune autre puissance jusqu’ici. [...] L’empire romain [...] fut donc une puissance [...] de type nouveau dans l’histoire. [...] La puissance de Rome n’avait été ni prévue ni préparée et les Romains se trouvèrent engagés, presque sans s’en rendre compte, dans une vaste expérience administrative. ” Néanmoins, la quatrième bête allait encore grandir. ~ ~
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    UNE PETITE CORNE PRENDLE DESSUS 20 “ Je continuai de considérer les cornes, dit Daniel, et, voyez : une autre corne, une petite, monta au milieu d’elles, et trois des premières cornes furent arrachées de devant elle. ” (Daniel 7:8). L’ange expliqua à Daniel à propos de cette croissance : “ Un autre encore se lèvera après eux [les dix rois], et lui, il sera différent des premiers, et il humiliera trois rois. ” (Daniel 7:24). Qui est ce roi, quand se leva-t-il, et quels sont les trois rois qu’il humilia ? 21 Considérez les événements suivants. En 55 avant notre ère, le général romain Jules César envahit la Bretagne (aujourd’hui la Grande- Bretagne), mais ne réussit pas à y établir une colonie permanente. En 43 de notre ère, l’empereur Claude entreprit une conquête plus définitive du sud de la Bretagne. Puis, en 122 de notre ère, l’empereur Hadrien entreprit de construire un mur depuis la Tyne jusqu’au golfe de Solway, mur qui marquait la limite nord de l’Empire romain. Tout au début du Ve siècle, les légions romaines quittèrent l’île. “ Au XVIe siècle, a expliqué un historien, l’Angleterre n’était pas une grande puissance. Sa richesse était moins importante que celle des Pays-Bas ; sa population, bien moins nombreuse que celle de la France ; et sa force armée, y compris sa marine, moins redoutable que celle de l’Espagne. ” De toute évidence, la Grande-Bretagne était alors un royaume insignifiant, >> ce qui correspond tout à fait à la petite corne symbolique de la quatrième bête. Mais les choses allaient changer. 22 En 1588, Philippe II d’Espagne lança contre la Grande-Bretagne l’Invincible Armada. Cette flotte, composée de 130 vaisseaux et ayant à son bord plus de 24 000 hommes, ne remonta la Manche que pour être vaincue par la marine britannique et s’abîmer, victime de vents contraires et des terribles tempêtes de l’Atlantique. Cet événement “ a marqué de façon décisive le passage de la suprématie navale de l’Espagne à l’Angleterre ”, a dit un historien. Au XVIIe siècle, les Hollandais possédaient la marine marchande la plus importante du monde. Toutefois, grâce à ses colonies de plus en plus nombreuses, la Grande- Bretagne l’emporta sur ce royaume. Au XVIIIe siècle, les Britanniques et les Français s’affrontèrent en Amérique du Nord et en Inde. Il en résulta le traité de Paris en 1763. Ce traité, a écrit William Willcox, “ reconnaissait désormais à la Grande-Bretagne la place de puissance européenne prédominante dans le monde colonial ”. La suprématie de la Grande-Bretagne fut confirmée par sa victoire écrasante sur Napoléon en 1815. Ainsi, les “ trois rois ” que la Grande-Bretagne ‘ humilia ’ furent l’Espagne, les Pays-Bas et la France (Daniel 7:24). En conséquence, la Grande-Bretagne devint la plus grande puissance coloniale et commerciale du monde. Oui, la “ petite ” corne grandit au point de devenir une puissance mondiale ! . . .
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    [Tableau/Illustration, page 139] (Voirla publication) LES PUISSANCES MONDIALES DE LA PROPHÉTIE DE DANIEL L’image immense (Daniel 2:31-45) Quatre bêtes montant de la mer (Daniel 7:3-8, 17, 25) BABYLONIE à partir de 607 av. n. è. PUISSANCE MÉDO-PERSE à partir de 539 av. n. è. GRÈCE à partir de 331 av. n. è. ROME à partir de 30 av. n. è. PUISSANCE MONDIALE ANGLO-AMÉRICAINE à partir de 1763 de n. è. MONDE DIVISÉ SUR LE PLAN POLITIQUE au temps de la fin 23 L’ange dit à Daniel que la quatrième bête, le quatrième royaume, ‘ dévorerait toute la terre ’. (Daniel 7:23.) On peut le dire de la province romaine jadis appelée Bretagne. Elle devint finalement l’Empire britannique et ‘ dévora toute la terre ’. À une époque, cet empire englobait un quart de la surface terrestre et un quart de la population mondiale. 24 Étant donné que l’Empire romain était différent des puissances mondiales précédentes, le roi représenté par la “ petite ” corne serait lui aussi “ différent des premiers ”. (Daniel 7:24.) L’historien H. G. Wells a fait cette remarque au sujet de l’Empire britannique : “ Jamais le monde n’a rien vu de semblable. Cet empire comprend, par ordre : 1° Au centre du système, la ‘ république couronnée ’ des Royaumes- Unis de Grande-Bretagne [...]. Un tel empire n’a jamais pu être soumis à une administration ou à un cerveau unique. Il représente une libre croissance, il est l’œuvre d’efforts accumulés dont on ne trouve nulle part l’équivalent dans le passé. ” 25 La “ petite ” corne ne comprenait pas seulement l’Empire britannique. En 1783, la Grande-Bretagne reconnut l’indépendance de ses 13 colonies américaines. Les États-Unis d’Amérique s’allièrent finalement à la Grande-Bretagne ; ils sortirent de la Deuxième Guerre >> mondiale promus au rang de nation dominante du monde. Ils entretiennent toujours des liens étroits avec la Grande-Bretagne. La double Puissance mondiale anglo-américaine qui en est ressortie constitue la ‘ corne qui avait des yeux ’. Cette puissance mondiale est incontestablement observatrice, astucieuse ! Elle ‘ profère de grandes choses ’ en ce qu’elle impose sa politique à la majeure partie du monde et joue le rôle de son porte-parole, ou “ faux prophète ”. — Daniel 7:8, 11, 20 ; Révélation 16:13 ; 19:20. LA PETITE CORNE S’OPPOSE À DIEU ET À SES SAINTS 26 Daniel poursuivit la description de sa vision en ces termes : “ Je continuai de regarder lorsque cette corne fit la guerre aux saints, et elle l’emportait sur eux. ” (Daniel 7:21). L’ange de Dieu prédit concernant cette “ corne ” ou roi : “ Il proférera des paroles contre le Très- Haut et, continuellement, il harcèlera les saints du Suprême. Et il se proposera de changer temps et loi, et ils seront livrés en sa main pour un temps, et des temps et la moitié d’un temps. ” (Daniel 7:25). Comment et quand cette partie de la prophétie s’est-elle accomplie ? 27 “ Les saints ” persécutés par la “ petite ” corne (la Puissance mondiale anglo-américaine) sont les disciples de Jésus oints de l’esprit qui vivent sur la terre (Romains 1:7 ; 1 Pierre 2:9). ~
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    Pendant des annéesavant la Première Guerre mondiale, le reste de ces oints a annoncé publiquement que 1914 verrait la fin des “ temps fixés des nations ”. (Luc 21:24.) Quand la guerre a éclaté cette année-là, il a été évident que la “ petite ” corne n’avait tenu aucun compte de cet avertissement ; en effet, elle a persisté à harceler les “ saints ” oints de l’esprit. La Puissance mondiale anglo-américaine a même entravé les efforts qu’ils faisaient pour satisfaire à l’exigence (ou “ loi ”) de Jéhovah qui voulait que la bonne nouvelle du Royaume soit prêchée dans le monde entier par ses témoins (Matthieu 24:14). C’est de cette façon que la “ petite ” corne a essayé “ de changer temps et loi ”. 28 L’ange de Jéhovah parla d’une période prophétique qui durerait “ un temps, et des temps et la moitié d’un temps ”. Quelle en est la durée ? Les commentateurs de la Bible pensent généralement que cette expression équivaut à trois temps et demi, la somme d’un temps, deux temps et un demi-temps. Puisque les “ sept temps ” de la folie de Neboukadnetsar durèrent sept années, les trois temps et demi correspondent à trois ans et demi {Note : Voir le chapitre 6 du présent ouvrage.} (Daniel 4:16, 25). On lit en note dans la Bible de la Pléiade : “ Habituellement interprété comme : ‘ un an, deux ans et la moitié d’un an ’, soit trois ans et demi. ” On retrouve en note dans la Bible d’Osty : “ c’est-à-dire trois ans et demi. ” Il est question de la même période en Révélation 11:2-7, passage selon lequel les témoins de Dieu prêcheraient vêtus de toiles de sac pendant 42 mois, ou 1 260 jours, puis seraient tués. Quand cette période a-t-elle commencé et s’est-elle terminée ?  29 Pour les chrétiens oints, la Première Guerre mondiale a été un temps d’épreuve. À la fin de 1914, ils s’attendaient à être persécutés, comme le montre le choix du texte de l’année pour 1915 ; il s’agissait de la question que Jésus avait posée à ses disciples : “ Pouvez-vous boire ma coupe ? ” inspirée de Matthieu 20:22, selon la King James Version. C’est ainsi qu’à partir de décembre 1914 ce petit groupe de témoins a prêché vêtu “ de toiles de sac ”. 30 Alors que la fièvre guerrière se propageait, les chrétiens oints rencontraient de plus en plus d’opposition. Certains ont été mis en prison. Des hommes comme Frank Platt en Angleterre et Robert Clegg au Canada ont été torturés par des autorités sadiques. Le 12 février 1918, le Dominion britannique du Canada a interdit le septième volume des Études des Écritures intitulé Le mystère accompli, qui venait d’être publié, ainsi que les tracts qui avaient pour titre L’Étudiant de la Bible. Le mois suivant, le ministère de la Justice des États-Unis décrétait que la diffusion de ce septième volume était illégale. Avec quelles conséquences ? Rien de moins que la perquisition de domiciles, la confiscation de publications et l’arrestation d’adorateurs de Jéhovah ! 31 Le harcèlement des oints de Dieu a atteint son paroxysme le 21 juin 1918, quand le président, Joseph Rutherford, et des membres en vue de la Watch Tower Bible and Tract Society ont été condamnés sous des accusations mensongères à de lourdes peines de prison. Se proposant “ de changer temps et loi ”, la “ petite ” corne avait ~
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    dans la pratiquetué la prédication organisée (Révélation 11:7). Par conséquent, la période prédite d’“ un temps, et des temps et la moitié d’un temps ” s’est terminée en juin 1918. 32 Mais le harcèlement de la “ petite ” corne n’avait pas éliminé “ les saints ”. Comme le prophétisait le livre de la Révélation, après une courte période d’inactivité, les chrétiens oints sont revenus à la vie et à l’activité (Révélation 11:11-13). Le 26 mars 1919, le président de la Watch Tower Bible and Tract Society et ses collaborateurs ont été libérés de prison et, par la suite, disculpés des accusations mensongères qui pesaient sur eux. Immédiatement, le reste oint a commencé à se réorganiser en vue de l’activité. Mais qu’est-ce qui attendait la “ petite ” corne ? L’ANCIEN DES JOURS TIENT AUDIENCE 33 Après avoir présenté les quatre bêtes, Daniel quitte des yeux la quatrième pour regarder une scène qui se déroule au ciel. Il voit l’Ancien des jours assis en Juge sur son trône resplendissant. L’Ancien des jours n’est autre que Jéhovah Dieu (Psaume 90:2). Tandis que le Tribunal céleste prend place, Daniel voit ‘ des livres qui sont ouverts ’. (Daniel 7:9, 10.) Du fait que son existence remonte à un passé infini, Jéhovah connaît toute l’histoire humaine comme si elle se trouvait consignée dans un livre. Il a observé les quatre bêtes symboliques et peut les juger selon ce qu’il sait d’elles personnellement. 34 Daniel poursuit : “ Je continuai de regarder à ce moment-là, à cause du bruit des grandes paroles que proférait la corne ; je continuai de regarder >> jusqu’à ce que la bête soit tuée, que son corps soit détruit et qu’elle soit livrée au feu brûlant. Mais quant au reste des bêtes, leur domination fut ôtée, et on leur donna une prolongation de vie pour un temps et une période. ” (Daniel 7:11, 12). L’ange dit à Daniel : “ Le Tribunal se mit à siéger, et on lui ôta finalement sa domination, afin de l’anéantir et de le détruire totalement. ” — Daniel 7:26. 35 Par décret du Grand Juge, Jéhovah Dieu, la corne qui a blasphémé Dieu et qui a harcelé ses “ saints ” connaîtra le même sort que l’Empire romain, qui persécuta les premiers chrétiens. Sa domination ne durera pas. Ni non plus celle des “ rois ” inférieurs, semblables à des cornes, issus de l’Empire romain. Mais qu’en sera-t-il des dominations dérivées des puissances bestiales précédentes ? Comme prédit, leur vie a été prolongée “ pour un temps et une période ”. Leurs territoires sont encore habités aujourd’hui. L’Iraq, par exemple, occupe le territoire de la Babylone antique. La Perse (l’Iran) et la Grèce existent toujours. Des vestiges de ces puissances mondiales font partie des Nations unies. Ces royaumes périront aussi lors de l’anéantissement de la dernière puissance mondiale. Tous les gouvernements humains seront supprimés lors de “ la guerre du grand jour de Dieu le Tout-Puissant ”. (Révélation 16:14, 16.) Mais qui dirigera alors le monde ? UNE DOMINATION DURABLE EN VUE ! 36 “ Je continuai de regarder dans les visions de la nuit, et, voyez, s’exclama Daniel : avec les nuages des cieux venait quelqu’un de semblable à un fils d’homme ; il eut accès auprès de
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    l’Ancien des jours,et on le fit approcher devant Celui-là. ” (Daniel 7:13). Lorsqu’il était sur la terre, Jésus Christ se qualifiait de “ Fils de l’homme ”, ce qui évoquait sa parenté avec les humains (Matthieu 16:13 ; 25:31). Jésus dit au Sanhédrin, la cour suprême juive : “ Vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance et venant sur les nuages du ciel. ” (Matthieu 26:64). Par conséquent, celui qui, dans la vision de Daniel, venait, invisible aux yeux humains, et eut accès auprès de Jéhovah Dieu était Jésus Christ ressuscité et glorifié. Quand cela s’est-il passé ? 37 Dieu a conclu avec Jésus Christ une alliance pour un Royaume, de même qu’il l’avait fait avec le roi David (2 Samuel 7:11-16 ; Luc 22:28-30). Lorsque “ les temps fixés des nations ” ont pris fin en 1914, Jésus Christ pouvait à bon droit recevoir la royauté, puisqu’il était l’héritier royal de David. On lit dans le récit prophétique de Daniel : “ On lui donna domination, dignité et royaume, pour que les peuples, communautés nationales et langues le servent tous. Sa domination est une domination de durée indéfinie qui ne passera pas, et son royaume, un royaume qui ne sera pas supprimé. ” (Daniel 7:14). Le Royaume messianique a donc été établi au ciel en 1914. Cependant, la domination est donnée à d’autres également. 38 “ Les saints du Suprême recevront le royaume ”, déclara l’ange (Daniel 7:18, 22, 27). Jésus Christ est le saint principal (Actes 3:14 ; 4:27, 30). >> Les autres “ saints ” qui participent à la domination sont les 144 000 fidèles chrétiens oints de l’esprit, qui sont héritiers du Royaume avec Christ (Romains 1:7 ; 8:17 ; 2 Thessaloniciens 1:5 ; 1 Pierre 2:9). Ils sont ressuscités esprits immortels pour régner avec Christ sur le mont Sion céleste (Révélation 2:10 ; 14:1 ; 20:6). Ainsi, Christ Jésus et les chrétiens oints ressuscités dirigeront le monde des humains. 39 Au sujet de la domination du Fils de l’homme et des autres “ saints ” ressuscités, l’ange de Dieu dit : “ Le royaume, la domination et la grandeur des royaumes sous tous les cieux furent donnés au peuple des saints du Suprême. Leur royaume est un royaume de durée indéfinie, et toutes les dominations les serviront et leur obéiront. ” (Daniel 7:27). Que de bénédictions l’humanité obéissante recevra sous ce Royaume ! 40 Daniel ne se doutait pas de tous les accomplissements merveilleux qu’auraient les visions qu’il avait reçues de Dieu. Il déclara : “ Jusqu’ici la fin de la chose. Quant à moi, Daniel, mes pensées m’effrayaient grandement, si bien que mon teint s’altéra chez moi ; mais je gardai la chose dans mon cœur. ” (Daniel 7:28). En ce qui nous concerne, nous vivons à l’époque où nous pouvons comprendre l’accomplissement de ce que vit Daniel. Si nous prêtons attention à cette prophétie, notre foi en sera renforcée et nous serons plus convaincus que jamais que le Roi messianique de Jéhovah est en passe de diriger le monde.
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    [Encadré/Illustrations, pages 149-152] UNMONARQUE TOLÉRANT Un auteur grec du V e siècle avant notre ère laissa de lui l’image d’un monarque tolérant et exemplaire. Dans la Bible, il est qualifié d’“ oint ” de Dieu et d’“ oiseau de proie ” venant “ du levant ”. (Isaïe 45:1 ; 46:11.) Le monarque en question est Cyrus le Grand, roi de Perse. La marche de Cyrus vers la gloire débuta vers 560/559 avant notre ère, quand il succéda à son père Cambyse I er sur le trône d’Anshan, une ville ou un district de l’ancienne Perse. Anshan était alors sous la suzeraineté d’Astyage, roi de Médie. Cyrus se révolta contre la domination mède et, en raison de la défection de l’armée d’Astyage, remporta une victoire éclair. Cyrus s’assura la fidélité des Mèdes et, dès lors, Mèdes et Perses combattirent ensemble sous sa direction. Ainsi vit le jour la Puissance médo-perse, qui avec le temps étendit son territoire depuis la mer Égée jusqu’à l’Indus. — Voir la carte. À la tête des forces mèdes et perses alliées, Cyrus partit d’abord mettre de l’ordre dans une région qui connaissait des troubles : l’ouest de la Médie, où Crésus, roi de Lydie, étendait son royaume en territoire mède. Cyrus progressa jusqu’à la frontière orientale de l’Empire lydien, en Asie Mineure, vainquit Crésus et s’empara de sa capitale, Sardes. Il soumit ensuite les villes ioniennes et assujettit toute l’Asie Mineure à l’Empire médo-perse. Il devint ainsi le rival principal de Babylone et de son roi, Nabonide. Cyrus se prépara alors à affronter la puissante Babylone. Et à partir de ce moment, il joua un rôle dans l’accomplissement des prophéties bibliques. En effet, presque deux siècles plus tôt, Jéhovah avait dit nommément par l’intermédiaire du prophète Isaïe que Cyrus serait le souverain qui renverserait Babylone et libérerait les Juifs de l’esclavage. C’est en vertu de cette prédiction que les Écritures appellent Cyrus l’“ oint ” de Jéhovah. — Isaïe 44:26-28. Lorsque Cyrus monta contre Babylone en 539 avant notre ère, il se retrouva devant une tâche titanesque. La ville était entourée de murailles énormes ainsi que d’un fossé large et profond formé par l’Euphrate ; elle paraissait imprenable. Le long de l’Euphrate, qui traversait la ville, s’élevait une muraille aussi haute qu’une montagne percée d’imposantes portes de cuivre. Comment Cyrus prendrait-il Babylone ? Plus d’un siècle auparavant, Jéhovah avait prédit “ la dévastation sur ses eaux ” et avait précisé qu’‘ elles seraient bel et bien desséchées ’. (Jérémie 50:38.) Conformément à cette prophétie, Cyrus dévia les eaux de l’Euphrate à quelques kilomètres au nord de Babylone. Son armée descendit ensuite en pataugeant dans le lit du fleuve, escalada la pente qui menait à la muraille et entra facilement dans la ville, car les portes de cuivre étaient restées ouvertes. Comme “ un oiseau de proie ” qui fond sur sa victime, ce dirigeant “ du levant ”, de l’Orient, prit Babylone en une seule nuit ! Pour les Juifs de Babylone, la victoire de Cyrus annonçait la libération qu’ils attendaient depuis si longtemps et la fin des 70 ans de désolation de leur pays. Quelle joie ils durent éprouver lorsque, par une proclamation, Cyrus les autorisa à retourner à Jérusalem et à rebâtir le temple ! Cyrus leur rendit également les précieux ustensiles du temple que Neboukadnetsar avait emportés à Babylone, leur permit d’importer du bois du Liban et débloqua des fonds provenant de la maison royale pour couvrir les dépenses qu’occasionnerait la construction. — Ezra 1:1-11 ; 6:3-5. Dans l’ensemble, Cyrus suivit une politique humaine et tolérante envers les peuples qu’il vainquit. Peut-être ce comportement était-il motivé, entre autres, par sa religion. Cyrus adhérait probablement aux enseignements du prophète perse Zoroastre et adorait Ahoura Mazda, un dieu censé être le créateur de tout ce qui est bon. Dans l’ouvrage The Zoroastrian Tradition, Farhang Mehr écrit : “ Zoroastre présentait Dieu comme la perfection morale. Il disait aux gens que Ahoura Mazda n’est pas vindicatif, mais juste, et par conséquent qu’il ne fallait pas le craindre, mais l’aimer. ” Il se peut que la croyance en un dieu moral et juste ait influencé l’éthique de Cyrus et l’ait incité à la magnanimité et à l’équité. En revanche, le roi était moins tolérant vis-à-vis du climat de Babylone. Il n’aimait pas les étés torrides de la région. Cela explique que, si Babylone demeura une ville royale de l’empire, ainsi qu’un centre religieux et culturel, pour autant elle ne fut guère que sa capitale d’hiver. D’ailleurs, après la conquête de Babylone, Cyrus retourna rapidement dans sa capitale d’été, Ecbatane, située à quelque 1 900 mètres au-dessus du niveau de la mer, au pied du mont Elvend. À cet endroit, les hivers froids que compensaient des étés doux étaient plus à son goût. Cyrus construisit également un palais splendide dans son ancienne capitale, Pasargades (près de Persépolis), à 650 kilomètres au sud-est d’Ecbatane. Cette résidence lui servait de retraite. Cyrus laissa donc l’image d’un conquérant audacieux et d’un monarque tolérant. Son règne de 30 ans prit fin en 530 avant notre ère, lorsqu’il mourut au cours d’une campagne militaire. Son fils, Cambyse II, lui succéda sur le trône de Perse. [Encadré/Illustrations, pages 153-161] UN JEUNE ROI À LA CONQUÊTE DU MONDE Il y a quelque 2 300 ans, un général aux cheveux blonds âgé d’une vingtaine d’années se tenait debout au bord de la Méditerranée, les yeux rivés sur une ville insulaire à environ un kilomètre de là. On lui en avait refusé l’entrée. Le jeune général en fureur était déterminé à conquérir cette ville. Son plan d’attaque ? Construire une chaussée jusqu’à l’île, puis lancer ses troupes à l’assaut de la ville. La construction de la chaussée était déjà commencée. Mais un message du grand roi de l’Empire perse interrompit le jeune général. Le souverain perse, désireux d’établir la paix, faisait une proposition extraordinaire : 10 000 talents d’or (qui vaudraient aujourd’hui plus de deux milliards de dollars), la main d’une de ses filles et la domination sur toute la partie occidentale de l’Empire perse. En échange, il demandait le retour de sa famille, que le général avait capturée. Le commandant à qui il revenait d’accepter ou de rejeter cette proposition était Alexandre III de Macédoine. Devait-il accepter ? “ C’était un moment fatidique pour le monde antique, déclare l’historien Ulrich Wilcken. Sa décision a eu en effet des retombées tout au long du Moyen Âge et jusqu’à aujourd’hui, en Orient comme en Occident. ” Avant de découvrir la réponse d’Alexandre, voyons quels événements ont abouti à ce moment crucial.
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    LA FORMATION D’UNCONQUÉRANT Alexandre naquit à Pella, en Macédoine, en 356 avant notre ère. Son père était le roi Philippe II et sa mère Olympias. Olympias enseigna à Alexandre que les rois de Macédoine descendaient d’Hercule, un fils du dieu grec Zeus. D’après elle, Alexandre avait pour ancêtre Achille, le héros de l’Iliade, poème d’Homère. Ainsi conditionné par ses parents pour la conquête et la gloire royale, le jeune Alexandre ne s’intéressa guère à autre chose. Un jour où on lui demanda s’il accepterait de participer à une course aux Jeux olympiques, Alexandre répondit qu’il le ferait à condition de courir avec des rois. Il ambitionnait d’accomplir des actions plus éclatantes que celles de son père et de se couvrir de gloire par ses exploits. À 13 ans, Alexandre eut pour précepteur le philosophe grec Aristote, qui lui transmit le goût de la philosophie, de la médecine et de la science. On a beaucoup débattu sur la mesure dans laquelle les enseignements philosophiques d’Aristote façonnèrent la pensée d’Alexandre. “ On peut pourtant dire, sans trop risquer de se tromper, qu’ils devaient avoir la même opinion sur bien peu de choses ”, a indiqué Bertrand Russell, philosophe du XX e siècle. “ Les idées politiques d’Aristote se fondaient sur la conception de la cité grecque, qui était en train de disparaître. ” Le concept d’un gouvernement régissant une petite cité-État ne pouvait plaire à un prince ambitieux qui rêvait de bâtir un immense empire centralisé. Alexandre ne devait pas trop aimer non plus le précepte aristotélicien qui enseignait à traiter les non-Grecs en esclaves ; il envisageait en effet un empire où collaboreraient avec bonheur vainqueurs et vaincus. En revanche, tout porte à croire qu’Aristote insuffla à Alexandre le goût de la lecture et du savoir. Alexandre demeura un lecteur assidu toute sa vie ; il se passionnait en particulier pour les écrits d’Homère. Certains disent qu’il apprit l’Iliade par cœur, soit 15 693 vers. L’éducation donnée par Aristote fut brutalement interrompue en 340 avant notre ère : le prince, âgé de 16 ans, retourna à Pella gouverner la Macédoine en l’absence de son père. Et il ne fallut pas longtemps au prince héritier pour se distinguer par des exploits militaires. À la grande joie de Philippe, il eut tôt fait de mater les Maides, une tribu thrace rebelle, de prendre d’assaut leur ville principale et d’appeler l’endroit Alexandroupolis, d’après son nom. POURSUITE DE LA CONQUÊTE L’assassinat de Philippe en 336 avant notre ère valut à Alexandre d’hériter du trône de Macédoine à l’âge de 20 ans. Après avoir pénétré en Asie à l’Hellespont (aujourd’hui les Dardanelles) au printemps 334, Alexandre entreprit une campagne de conquête avec une armée petite, mais efficace, composée de 30 000 fantassins et de 5 000 cavaliers. Son armée était accompagnée d’ingénieurs, de géomètres, d’architectes, de scientifiques et d’historiens. C’est au Granique, à l’extrémité nord-ouest de l’Asie Mineure (aujourd’hui la Turquie), qu’Alexandre remporta sa première bataille contre les Perses. L’hiver de la même année, il conquit l’ouest de l’Asie Mineure. L’automne suivant, la deuxième bataille décisive avec les Perses se déroula à Issus, à l’extrémité sud-est de l’Asie Mineure. Le grand roi de Perse, Darius III, vint à la rencontre d’Alexandre avec une armée d’environ un demi-million d’hommes. Sûr de lui, Darius fit venir sa mère, sa femme et d’autres membres de sa famille, afin qu’ils assistent à une victoire qui promettait d’être spectaculaire. Mais les Perses n’étaient pas préparés à la soudaineté et à la véhémence de l’attaque macédonienne. Les forces d’Alexandre remportèrent une victoire écrasante sur l’armée perse, et Darius s’enfuit en abandonnant sa famille à Alexandre. Au lieu de poursuivre les Perses en déroute, Alexandre suivit la côte méditerranéenne en direction du sud et conquit les bases de la puissante flotte perse. Cependant, la ville insulaire de Tyr résistait à l’invasion. Déterminé à la prendre, Alexandre entama un siège qui dura sept mois. C’est au cours de ce siège que Darius envoya la proposition de paix mentionnée plus haut. Les concessions envisagées étaient si alléchantes que Parménion, conseiller de confiance d’Alexandre, aurait dit : ‘ Si j’étais Alexandre, j’accepterais. ’ Mais le jeune général aurait rétorqué : ‘ J’accepterais aussi, si j’étais Parménion. ’ Refusant la négociation, Alexandre poursuivit le siège et démolit l’orgueilleuse maîtresse des mers en juillet 332 avant notre ère. Alexandre épargna Jérusalem, qui s’était rendue, et continua vers le sud ; il conquit Gaza. Lasse de la domination perse, l’Égypte l’accueillit en libérateur. À Memphis, il offrit des sacrifices au taureau Apis, ce qui plut aux prêtres égyptiens. Il fonda également Alexandrie, qui porte toujours son nom ; la ville devint un centre culturel qui rivalisa avec Athènes. Ensuite, Alexandre se dirigea vers le nord-est : il traversa la Palestine en direction du Tigre. En l’an 331 avant notre ère, il engagea sa troisième grande bataille contre les Perses, à Gaugamèles, non loin des ruines de Ninive. Les 47 000 hommes d’Alexandre y écrasèrent l’armée perse réorganisée et forte d’au moins 250 000 soldats ! Darius s’enfuit et fut plus tard assassiné par ses propres gens. Grisé par sa victoire, Alexandre obliqua vers le sud et prit la capitale d’hiver des Perses, Babylone. Il occupa aussi les capitales qu’étaient Suse et Persépolis, s’empara de l’immense trésor perse et brûla le grand palais de Xerxès. Pour finir, Ecbatane, autre capitale, tomba devant lui. Ce conquérant rapide soumit ensuite le reste du territoire perse ; il poursuivit vers l’est jusqu’à l’Indus, qui se trouve aujourd’hui au Pakistan. Lorsqu’il traversa l’Indus, dans la région voisine de la province perse de Taxila, Alexandre rencontra un adversaire redoutable, le monarque indien Porus. Alexandre mena contre lui sa quatrième et dernière grande bataille, en juin 326 avant notre ère. L’armée de Porus comptait 35 000 hommes et 200 éléphants, qui terrifièrent les chevaux macédoniens. La bataille fut âpre et sanglante, mais les forces d’Alexandre l’emportèrent. Porus se rendit et devint un allié. Plus de huit années s’étaient écoulées depuis que l’armée macédonienne était passée en Asie, et les soldats étaient fatigués et avaient le mal du pays. Démoralisés par la dure bataille avec Porus, ils voulurent rentrer chez eux. Réticent au départ, Alexandre accéda à leur désir. La Grèce était devenue la puissance mondiale. Grâce aux colonies grecques établies dans les pays conquis, la langue et la culture grecques se répandirent dans tout l’empire. L’HOMME DERRIÈRE LE BOUCLIER Ce qui assura la cohésion de l’armée macédonienne durant toutes les années que dura la conquête, ce fut la personnalité d’Alexandre. Après les batailles, Alexandre avait l’habitude de rendre visite aux blessés, d’examiner leurs plaies, de louer les soldats pour leurs exploits vaillants et de les honorer par un don en fonction de ce qu’ils avaient accompli. Quant à ceux qui mouraient au combat, Alexandre leur célébrait des funérailles grandioses. Les parents et les enfants des hommes tombés à la guerre étaient exemptés de tout impôt et de toute forme de service. Pour divertir ses hommes après les batailles, Alexandre organisait des jeux et
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    des combats. Unjour, il accorda même un congé aux hommes mariés depuis peu : il leur permit de passer l’hiver avec leur femme en Macédoine. De telles actions lui valurent l’affection et l’admiration de ses hommes. À propos du mariage d’Alexandre avec Roxane, princesse de Bactriane, le biographe grec Plutarque écrit : “ Il agit par amour, [...] mais son mariage avec elle n’en parut pas moins approprié à ses desseins, car les barbares, mis en confiance par l’union du roi avec une des leurs, conçurent pour lui une affection extrême, d’autant plus qu’en cette occasion il montra la plus grande continence, même à l’égard de la seule femme qui l’eût soumis à son empire, et qu’il ne voulut point la toucher avant de l’avoir légalement épousée. ” Alexandre respectait aussi le mariage des autres. Alors que la femme du roi Darius était sa captive, il veilla à ce qu’elle soit traitée honorablement. De même, lorsqu’il apprit que deux soldats macédoniens avaient abusé des femmes de certains étrangers, il ordonna qu’ils soient exécutés s’ils se révélaient coupables. Comme sa mère, Olympias, Alexandre était très religieux. Il offrait des sacrifices avant et après les batailles, et il interrogeait ses devins sur la signification de certains présages. Il consulta aussi l’oracle d’Ammon, en Libye. Et à Babylone, il suivit les instructions des Chaldéens concernant les sacrifices, particulièrement ceux offerts au dieu babylonien Bel (Mardouk). Si Alexandre était modéré dans le manger, il finit par s’adonner à des excès dans le boire. Il parlait abondamment après chaque coupe de vin et se vantait de ses exploits. Une des actions les plus sordides d’Alexandre fut le meurtre de son ami Clitus dans une explosion de fureur un jour qu’il avait bu. Mais Alexandre s’en voulut tellement que pendant trois jours il resta alité, refusant nourriture et boisson. Finalement, ses amis réussirent à le persuader de manger. Avec le temps, le désir de gloire d’Alexandre fit ressortir chez lui d’autres traits indésirables. Il commença à croire facilement les fausses accusations et à punir avec la plus grande sévérité. Par exemple, ayant été persuadé que Philotas était impliqué dans un complot contre sa vie, Alexandre le fit exécuter, ainsi que son père, Parménion, le conseiller en qui il avait auparavant mis sa confiance. LA DÉFAITE D’ALEXANDRE Peu après être rentré à Babylone, Alexandre contracta la fièvre paludéenne, dont il ne se remit jamais. Le 13 juin 323 avant notre ère, après n’avoir vécu que 32 ans et 8 mois, Alexandre fut vaincu par l’ennemi le plus implacable, la mort. Il en alla exactement comme l’avaient fait remarquer certains sages indiens : “ Roi Alexandre, chaque homme n’a de terre que le morceau sur lequel nous sommes installés ; et toi, tu ne te distingues en rien des autres hommes, sauf que, agité et follement orgueilleux, tu t’es éloigné de la terre de tes pères, et tu as parcouru la terre entière en te créant des ennuis et en en suscitant aux autres. Et pourtant, bientôt tu seras mort et tu ne posséderas de terre que ce qu’il faut pour inhumer ta dépouille. ” [Encadré/Illustrations, pages 162, 163] UN VASTE ROYAUME EST DIVISÉ À propose du royaume d’Alexandre le Grand, la Bible prédit qu’il serait brisé et divisé, “ mais non pas pour sa postérité ”. (Daniel 11:3, 4.) Conformément à cette prédiction, au cours des 14 ans qui suivirent la mort soudaine d’Alexandre survenue en 323 avant notre ère, Alexandre IV, son fils légitime, et Héraclès, son fils illégitime, furent assassinés. En l’an 301 avant notre ère, quatre généraux d’Alexandre s’emparèrent du pouvoir dans le vaste empire que leur commandant avait bâti. Le général Cassandre se rendit maître de la Macédoine et de la Grèce. Le général Lysimaque reçut l’Asie Mineure et la Thrace. À Séleucus I er Nicator échurent la Mésopotamie et la Syrie. Et Ptolémée Lagus, ou Ptolémée I er , prit l’Égypte et la Palestine. Du grand royaume unifié d’Alexandre naquirent donc quatre royaumes hellénistiques, ou grecs. Parmi ces quatre royaumes hellénistiques, celui de Cassandre dura le moins longtemps. Quelques années après son accession au pouvoir, sa descendance mâle s’éteignit, et, en 285 avant notre ère, Lysimaque prit possession de la partie européenne de l’Empire grec. Quatre ans plus tard, Lysimaque tomba au combat devant Séleucus I er Nicator, ce qui donna à celui-ci la mainmise sur la majeure partie des territoires d’Asie. Séleucus devint le premier des rois séleucides en Syrie. Il fonda Antioche en Syrie et en fit sa nouvelle capitale. Il fut assassiné en 281, mais la dynastie qu’il fonda resta au pouvoir jusqu’en 64 avant notre ère, année où le général romain Pompée fit de la Syrie une province de Rome. Parmi les quatre divisions de l’empire d’Alexandre, le royaume ptolémaïque dura le plus longtemps. Ptolémée I er prit le titre de roi en 305 avant notre ère et devint le premier roi, ou pharaon, macédonien d’Égypte. Il fit d’Alexandrie sa capitale et se lança immédiatement dans un programme d’urbanisation. Un de ses projets de construction les plus ambitieux fut la célèbre bibliothèque d’Alexandrie. Pour diriger cette construction grandiose, Ptolémée fit venir de Grèce un érudit réputé, un Athénien du nom de Démétrius de Phalère. On raconte qu’au I er siècle de notre ère la bibliothèque contenait un million de rouleaux. La dynastie ptolémaïque continua de gouverner l’Égypte jusqu’à sa chute devant Rome en 30 avant notre ère. Rome devint alors la puissance mondiale dominante à la place de la Grèce. . . . .
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    *** dp chap.10 p. 165-179 *** Qui peut tenir contre le Prince des princes ? 1 Cinquante-sept années ont passé depuis la destruction du temple de Jéhovah à Jérusalem. Belshatsar et son père, Nabonide, gouvernent conjointement l’Empire babylonien, la Troisième Puissance mondiale des prophéties bibliques >> ~ ~ {Note : Sept puissances mondiales revêtent une importance particulière par rapport à la Bible : l’Égypte, l’Assyrie, la Babylonie, la Puissance médo-perse, la Grèce, Rome et la double Puissance mondiale anglo-américaine. Leur particularité est d’avoir eu ou d’avoir encore à faire avec le peuple de Jéhovah.}. Daniel, prophète de Dieu, est exilé à Babylone. Et durant “ la troisième année du règne de Belshatsar le roi ”, Jéhovah envoie à Daniel une vision qui révèle certains détails relatifs à la restauration du vrai culte. — Daniel 8:1. [Illustrations, page 174] Quelques grandes figures de la Puissance mondiale anglo-américaine : 1. George Washington, premier président des États-Unis (1789-1797). 2. La reine Victoria de Grande-Bretagne (1837-1901). 3. Woodrow Wilson, président des États-Unis (1913-1921). 4. David Lloyd George, premier ministre de Grande-Bretagne (1916-1922). 5. Winston Churchill, premier ministre de Grande-Bretagne (1940-1945, 1951-1955). 6. Franklin Roosevelt, président des États-Unis (1933-1945). 2 Cette vision prophétique, qui remua profondément Daniel, nous intéresse au plus haut point, nous qui vivons au “ temps de la fin ”. L’ange Gabriel dit à Daniel : “ Voici que je te fais savoir ce qui arrivera dans la période finale des invectives, car c’est pour le temps fixé de la fin. ” (Daniel 8:16, 17, 19, 27). Examinons donc avec intérêt ce que vit Daniel et ce que sa vision signifie pour nous aujourd’hui. UN BÉLIER À DEUX CORNES 3 “ Je commençai à voir dans la vision, écrit Daniel, et voici ce qui arriva : tandis que je voyais, j’étais à Suse le château, qui est en Élam le district administratif ; et je voyais dans la vision, et moi je me trouvais près du cours d’eau Oulaï. ” (Daniel 8:2). Il n’est pas précisé si Daniel se trouvait vraiment à Suse, la capitale de l’Élam, située à quelque 350 kilomètres à l’est de Babylone, ou s’il y était seulement en vision.  4 Daniel poursuit : “ Quand je levai les yeux, alors je vis, et voici : un bélier qui se tenait devant le cours d’eau, et il avait deux cornes. ” (Daniel 8:3a). L’identité du bélier ne reste pas un mystère pour Daniel. L’ange Gabriel déclare en effet par la suite : “ Le bélier que tu as vu et qui possédait les deux cornes représente les rois de Médie et de Perse. ” (Daniel 8:20). Les Mèdes venaient du plateau montagneux qui s’élève à l’est de l’Assyrie, et les Perses, à l’origine, vivaient souvent en nomades dans la région qui s’étend au nord du golfe Persique. Toutefois, lorsque l’Empire médo-perse se forma, ses habitants acquirent un goût du luxe prononcé. 5 “ Les deux cornes étaient hautes, raconte Daniel, mais l’une était plus haute que l’autre, et la plus haute fut celle qui monta ensuite. ” (Daniel 8:3b). ~
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    La plus hautecorne qui monta plus tard figure les Perses, tandis que l’autre corne représente les Mèdes. Au départ, les Mèdes dominaient. Mais en 550 avant notre ère, Cyrus le Grand, roi de Perse, remporta une victoire facile sur le roi mède Astyage. Cyrus mêla les coutumes et les lois des deux peuples, unit leurs royaumes et étendit leurs conquêtes. À partir de cette époque, l’empire fut double. LE BÉLIER PREND DE GRANDS AIRS 6 Daniel poursuit la description du bélier en ces termes : “ Je vis le bélier donner des coups de cornes vers l’ouest, vers le nord et vers le sud ; aucune bête sauvage ne tenait devant lui, et personne ne délivrait de sa main. Il agissait selon sa volonté, et il prenait de grands airs. ” — Daniel 8:4. 7 Dans la précédente vision donnée à Daniel, Babylone était figurée par la bête sauvage qui montait de la mer et qui était comme un lion ayant des ailes d’aigle (Daniel 7:4, 17). Cette bête symbolique fut incapable de tenir devant “ le bélier ” de la nouvelle vision. Babylone tomba devant Cyrus le Grand en 539 avant notre ère. Pendant presque 50 ans ensuite, “ aucune bête sauvage ”, c’est-à-dire aucun gouvernement politique, ne réussit à se lever contre l’Empire médo-perse, la Quatrième Puissance mondiale des prophéties bibliques. 8 La Puissance mondiale médo- perse, qui venait “ du levant ” (de l’orient), faisait ce qui lui plaisait ; elle donnait “ des coups de cornes vers l’ouest, vers le nord et vers le sud ”. (Isaïe 46:11.) Le roi Cambyse II, qui succéda à Cyrus le Grand, conquit l’Égypte. Son successeur fut le roi de Perse >> Darius Ier , qui, allant vers l’ouest, traversa le détroit du Bosphore en 513 avant notre ère et envahit la Thrace, un territoire européen, dont la capitale était Byzance (aujourd’hui Istanbul). En l’an 508, il soumit la Thrace, puis il conquit la Macédoine en 496. Si bien qu’à l’époque de Darius, le “ bélier ” médo-perse s’était emparé de territoires dans trois directions principales : le nord en Babylonie et en Assyrie, l’ouest en Asie Mineure et le sud en Égypte. 9 La Bible atteste la grandeur de l’Empire médo-perse ; elle appelle Xerxès Ier , le successeur de Darius, “ cet Assuérus qui régnait depuis l’Inde jusqu’à l’Éthiopie, sur cent vingt-sept districts administratifs ”. (Esther 1:1.) Mais cet empire imposant allait céder le pas à un autre, et sous ce rapport la vision de Daniel révèle des détails fascinants, propres à renforcer notre foi dans la parole prophétique de Dieu. LE BOUC ABAT LE BÉLIER 10 Imaginez l’étonnement de Daniel devant ce qu’il voit à présent. Le récit déclare : “ Quant à moi, je continuai de prêter attention, et, voyez : un bouc qui venait du couchant sur la surface de toute la terre ; il ne touchait pas la terre. Pour ce qui est du bouc, il y avait une corne très apparente entre ses yeux. Et il venait jusqu’au bélier qui possédait les deux cornes et que j’avais vu se tenir devant le cours d’eau ; il courait vers lui dans sa forte fureur. Et je le vis arriver à proximité du bélier, et il s’exaspérait contre lui ; il abattit alors le bélier et brisa ses deux cornes, et il n’y eut pas de force dans le bélier pour tenir devant lui. Il le jeta donc par terre et le piétina, et il n’y eut personne pour délivrer le bélier de sa main. ” (Daniel 8:5-7). Que signifie tout cela ?
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    11 Le sens decette vision n’est obscur ni pour Daniel ni pour nous. “ Le bouc velu représente le roi de Grèce ; quant à la grande corne qui était entre ses yeux, elle représente le premier roi ”, explique l’ange Gabriel à Daniel (Daniel 8:21). En 336 avant notre ère, le dernier roi de l’Empire perse, Darius III (Codoman), fut couronné. La même année, Alexandre devint roi en Macédoine. L’Histoire montre qu’Alexandre le Grand fut le premier “ roi de Grèce ” prédit. Parti “ du couchant ”, autrement dit de l’occident, en l’an 334, Alexandre avança rapidement. Comme s’il “ ne touchait pas la terre ”, il conquit des territoires et abattit “ le bélier ”. La Grèce mit un terme à quelque deux siècles de domination médo-perse, et devint du coup la cinquième puissance mondiale importante dans la Bible. Quel accomplissement remarquable de la prophétie divine ! 12 Mais Alexandre ne devait pas rester au pouvoir longtemps. La vision révèle ensuite : “ Quant au bouc, il prit de grands airs jusqu’à l’extrême ; mais dès qu’il devint fort, la grande corne fut brisée, et à sa place montèrent alors, de façon très apparente, quatre cornes, vers les quatre vents des cieux. ” (Daniel 8:8). Gabriel explique ainsi cette prophétie : “ Comme celle-là a été brisée, de sorte que quatre se sont finalement levées à sa place, il y a quatre royaumes de sa nation qui se lèveront, mais non pas avec sa force. ” (Daniel 8:22). Conformément à la prédiction, au faîte de sa carrière victorieuse, Alexandre fut ‘ brisé ’, c’est-à-dire mourut, âgé seulement de 32 ans. Et son immense empire finit par être divisé entre quatre de ses généraux.  ~ UNE MYSTÉRIEUSE PETITE CORNE 13 La partie suivante de la vision a une portée sur plus de 2 200 ans : son accomplissement touche jusqu’à notre époque. Daniel écrit : “ De l’une d’elles [les quatre cornes] sortit une autre corne, une petite, et elle grandissait beaucoup vers le sud, vers le levant et vers la Parure. Et elle continua de grandir jusqu’à l’armée des cieux, si bien qu’elle fit tomber à terre quelques-uns de cette armée et quelques-unes des étoiles, et elle se mit à les piétiner. Et jusqu’au Prince de l’armée elle prit de grands airs, et à lui fut enlevé le sacrifice constant, et le lieu fixe de son sanctuaire fut jeté à bas. Et finalement une armée fut livrée, ainsi que le sacrifice constant, à cause de la transgression ; et elle jetait la vérité par terre, et elle agit et eut du succès. ” — Daniel 8:9-12. 14 Si nous voulons comprendre les paroles qui viennent d’être citées, il nous faut prêter attention à l’ange de Dieu. Après avoir parlé de l’accession au pouvoir des quatre royaumes issus de l’empire d’Alexandre, l’ange Gabriel dit : “ Dans la période finale de leur royaume, lorsque les transgresseurs arriveront au terme de leurs actions, se lèvera un roi au visage farouche et comprenant les paroles ambiguës. Et vraiment sa force deviendra puissante, mais non par sa propre force. Il causera des ravages d’une façon prodigieuse ; oui, il réussira et agira efficacement. Oui, il ravagera des puissants, également le peuple constitué des saints. Oui, selon sa perspicacité, il fera aussi réussir la tromperie dans sa main. Dans son cœur il prendra de grands airs, et en un temps où l’on vivra sans souci il ravagera un grand nombre. Contre le Prince des princes il se lèvera, mais c’est sans main qu’il sera brisé. ” — Daniel 8:23-25.
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    15 “ Pour toi,tiens secrète la vision, précise l’ange à Daniel, car elle est encore pour bien des jours. ” (Daniel 8:26). Cette partie de la vision ne devait pas s’accomplir avant “ bien des jours ”, et Daniel devait ‘ tenir secrète la vision ’. Sa signification demeura apparemment un mystère pour Daniel. Mais aujourd’hui, ces “ bien des jours ” sont sûrement écoulés. Aussi soulevons-nous cette question : ‘ Que nous apprend l’histoire mondiale sur l’accomplissement de cette vision prophétique ? ’ LA PETITE CORNE DEVIENT PUISSANTE PAR LA FORCE 16 Selon l’Histoire, la petite corne fut un rejeton d’une des quatre cornes symboliques : celle qui était la plus à l’ouest. Il s’agissait du royaume hellénistique du général Cassandre, qui régnait sur la Macédoine et la Grèce. Par la suite, ce royaume fut absorbé par celui du général Lysimaque, le roi de la Thrace et de l’Asie Mineure. Au IIe siècle avant notre ère, ces parties occidentales du monde hellénistique furent conquises par Rome. Et en l’an 30 avant notre ère, Rome prit possession de tous les royaumes hellénistiques, ce qui la hissa au rang de Sixième Puissance mondiale des prophéties bibliques. Mais l’Empire romain n’était pas la petite corne de la vision de Daniel : cet empire, en effet, ne dura pas jusqu’au “ temps fixé de la fin ”. — Daniel 8:19. 17 Qu’est-ce que l’Histoire identifie donc à ce roi agressif, ce “ roi au visage farouche ” ? La Grande-Bretagne était en réalité un rejeton de l’Empire romain, au nord-ouest. Jusqu’au début du Ve siècle de notre ère, >> ~ on compta des provinces romaines dans ce qui est aujourd’hui la Grande- Bretagne. Au fil du temps, l’Empire romain déclina, mais l’influence de la civilisation gréco- romaine continua de se faire sentir en Grande-Bretagne ainsi que dans d’autres régions d’Europe qui avaient subi la domination de Rome. “ L’Église s’est bientôt substituée à l’Empire romain ”, a écrit Octavio Paz, poète et écrivain mexicain lauréat du prix Nobel. Et d’ajouter : “ Les Pères de l’Église, tout comme les docteurs de l’époque scolastique, ont greffé la philosophie grecque sur la doctrine chrétienne. ” Quant à Bertrand Russell, philosophe et mathématicien du XXe siècle, il a fait cette remarque : “ La civilisation de l’Occident, qui a jailli de sources grecques, est fondée sur une tradition philosophique et scientifique qui commença à Milet [une ville d’Asie Mineure] il y a deux mille cinq cents ans. ” On peut donc affirmer que l’Empire britannique a ses racines culturelles dans le royaume hellénistique de Macédoine et de Grèce. 18 En 1763, l’Empire britannique l’avait emporté sur ses puissants rivaux, l’Espagne et la France. À partir de là, cette puissance montra qu’elle était la maîtresse des mers et la Septième Puissance mondiale des prophéties bibliques. Même après que ses 13 colonies américaines se furent séparées de la Grande-Bretagne en 1776 pour fonder les États-Unis d’Amérique, l’Empire britannique s’étendit jusqu’à englober un quart de la surface de la terre et un quart de sa population. La Septième Puissance mondiale devint plus forte encore lorsque les États-Unis d’Amérique collaborèrent avec la
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    Grande-Bretagne pour formerla double Puissance mondiale anglo-américaine. Sur les plans économique et militaire, cette puissance était vraiment devenue “ un roi au visage farouche ”. La petite corne transformée en puissance politique farouche au “ temps de la fin ” est donc la Puissance mondiale anglo-américaine. 19 Daniel vit que la petite corne “ grandissait beaucoup ” vers “ la Parure ”. (Daniel 8:9.) La Terre promise, que Jéhovah donna à son peuple choisi, était si belle qu’on l’appelait “ la parure de tous les pays ”, c’est-à-dire de la terre entière (Ézékiel 20:6, 15). Il est vrai que la Grande-Bretagne prit Jérusalem le 9 décembre 1917, et qu’en 1920 la Société des Nations plaça la Palestine sous mandat britannique, mandat effectif jusqu’au 14 mai 1948. Toutefois, la vision est prophétique ; elle contient de nombreux symboles. Et “ la Parure ” mentionnée dans cette vision symbolise, non pas Jérusalem, mais la condition terrestre du peuple que Dieu considère comme saint à l’époque de la Septième Puissance mondiale. Voyons comment la Puissance mondiale anglo-américaine essaie de menacer les saints. ‘ LE LIEU DE SON SANCTUAIRE ’ JETÉ À BAS 20 La petite corne “ continua de grandir jusqu’à l’armée des cieux, si bien qu’elle fit tomber à terre quelques-uns de cette armée et quelques-unes des étoiles ”. Selon l’explication de l’ange, “ l’armée des cieux ” et les “ étoiles ” que la petite corne essaie de faire tomber sont “ le peuple constitué des saints ”. (Daniel 8:10, 24.) Ces “ saints ” sont les chrétiens oints de l’esprit. Étant introduits dans des relations avec Dieu par le moyen de la nouvelle >> alliance, entrée en vigueur grâce au sang versé de Jésus Christ, ils sont sanctifiés, purifiés et mis à part pour le service exclusif de Dieu (Hébreux 10:10 ; 13:20). Les ayant désignés comme héritiers avec son Fils dans l’héritage céleste, Jéhovah les tient pour saints (Éphésiens 1:3, 11, 18-20). Par conséquent, dans la vision de Daniel, “ l’armée des cieux ” désigne le reste des 144 000 “ saints ” qui sont sur la terre et qui régneront au ciel avec l’Agneau. — Révélation 14:1-5. 21 Aujourd’hui, ceux qui restent des 144 000 sont les représentants terrestres de la “ Jérusalem céleste ”, le Royaume de Dieu comparé à une ville, et de son temple (Hébreux 12:22, 28 ; 13:14). En ce sens ils occupent un “ lieu saint ” que la Septième Puissance mondiale essaie de piétiner et de dévaster (Daniel 8:13). Qualifiant également ce lieu saint de “ lieu fixe de son sanctuaire [celui de Jéhovah] ”, Daniel dit : “ À lui [Jéhovah] fut enlevé le sacrifice constant, et le lieu fixe de son sanctuaire fut jeté à bas. Et finalement une armée fut livrée, ainsi que le sacrifice constant, à cause de la transgression ; et elle jetait la vérité par terre, et elle agit et eut du succès. ” (Daniel 8:11, 12). Comment ces paroles se sont-elles accomplies ? 22 Qu’est-il arrivé aux Témoins de Jéhovah pendant la Deuxième Guerre mondiale ? Ils ont été durement persécutés. Cette persécution a commencé dans les pays nazis et fascistes. Mais rapidement ‘ la vérité a été jetée par terre ’ d’un bout à l’autre du vaste domaine de la ‘ petite corne dont la force était devenue puissante ’. “ L’armée ” des proclamateurs du Royaume et leur prédication de “ la bonne nouvelle ” ont été interdits dans
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    presque tout leCommonwealth (Marc 13:10). Quand les nations qui en faisaient partie ont mobilisé leurs forces vives, elles ont refusé d’exempter les Témoins de Jéhovah au titre de ministres religieux : elles n’ont montré aucun respect pour leur nomination théocratique de ministres de Dieu. Aux États-Unis, les fidèles serviteurs de Jéhovah ont subi les attaques de la foule et d’autres outrages. En somme, la Septième Puissance mondiale a essayé d’enlever un sacrifice de louange, “ le fruit de lèvres ”, offert régulièrement à Jéhovah par ses serviteurs comme “ sacrifice constant ” dans le cadre de leur culte (Hébreux 13:15). Cette puissance mondiale a donc commis une “ transgression ” en envahissant le domaine revenant de droit au Dieu Très-Haut, “ le lieu fixe de son sanctuaire ”. 23 En persécutant “ les saints ” au cours de la Deuxième Guerre mondiale, la petite corne a pris de grands airs “ jusqu’au Prince de l’armée ”. Ou, pour reprendre les termes de l’ange Gabriel, elle s’est levée “ contre le Prince des princes ”. (Daniel 8:11, 25.) Le titre de “ Prince des princes ” s’applique exclusivement à Jéhovah Dieu. Le mot hébreu sar, traduit par “ prince ”, est de la famille d’un verbe qui signifie “ exercer le pouvoir ”. Il désigne le fils d’un roi ou quelqu’un de rang royal, mais aussi un chef. Le livre de Daniel mentionne d’autres princes angéliques, Mikaël par exemple. Dieu est le Prince en chef de tous ces princes (Daniel 10:13, 21 ; voir aussi Psaume 83:18). Peut-on imaginer que quelqu’un se lève contre Jéhovah, le Prince des princes ? ………………………………………….- “ LE LIEU SAINT ” ÉTABLI DANS SA VRAIE CONDITION 24 Personne ne peut se lever contre le Prince des princes, pas même un roi “ au visage farouche ” comme la Puissance mondiale anglo-américaine ! Les tentatives de ce roi visant à dévaster le sanctuaire de Dieu n’aboutissent pas. Après une période de “ deux mille trois cents soirs et matins, dit le messager angélique, à coup sûr, le lieu saint sera établi dans sa vraie condition ”, ou “ sera justifié ”. — Daniel 8:13, 14 ; Bible de Chouraqui. 25 Les 2 300 jours constituant une période prophétique, il faut prendre pour base une année prophétique de 360 jours (Révélation 11:2, 3 ; 12:6, 14). Ces 2 300 jours équivalent alors à 6 années, 4 mois et 20 jours. Quand cette période s’est-elle située ? Dans les années 1930, le peuple de Dieu a été de plus en plus persécuté dans divers pays. Et pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Témoins de Jéhovah ont été cruellement persécutés dans les pays qui dépendaient de la double Puissance mondiale anglo-américaine. Pourquoi ? Parce qu’ils étaient déterminés à “ obéir à Dieu, en sa qualité de chef, plutôt qu’aux hommes ”. (Actes 5:29.) Par conséquent, les 2 300 jours doivent être rattachés à cette guerre {Note : Daniel 7:25 parle aussi d’une période où ‘ les saints du Suprême sont harcelés continuellement ’. Comme l’explique le chapitre précédent, cela a eu lieu lors de la Première Guerre mondiale.}. Mais que dire du début et de la fin de cette période prophétique ? ~
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    26 Pour que “le lieu saint ” soit “ établi ”, ou restauré, dans ce qu’il doit être, il faut que les 2 300 jours aient commencé au moment où, auparavant, il était dans la “ vraie condition ” du point de vue de Jéhovah. Au plus tôt, c’était le 1er juin 1938, quand La Tour de Garde en anglais (édition française du 1er août) a publié la première partie de l’article intitulé “ Organisation ”. La deuxième partie a paru dans le numéro du 15 juin 1938 (du 15 août en français). Si on compte 2 300 jours (6 ans, 4 mois et 20 jours dans le calendrier hébreu) à partir de la quinzaine du 1er au 15 juin 1938, on aboutit à la période du 8 au 22 octobre 1944. Le premier jour d’une assemblée spéciale tenue à Pittsburgh, en Pennsylvanie (États-Unis), les 30 septembre et 1er octobre 1944, le président de la Société Watch Tower a abordé le sujet “ L’ordre théocratique à notre époque ”. À l’assemblée générale annuelle, le 2 octobre, des amendements ont été apportés aux statuts de la Société dans le but de les conformer à l’organisation théocratique aussi étroitement que la loi le permettait. Grâce à la publication d’éclaircissements sur les exigences bibliques, l’organisation théocratique n’a pas tardé à être mieux implantée dans les congrégations des Témoins de Jéhovah. 27 Tandis que les 2 300 jours s’écoulaient durant la Deuxième Guerre mondiale déclenchée en 1939, à cause de la persécution “ le sacrifice constant ” offert au sanctuaire de Dieu a considérablement diminué. En 1938, la Société Watch Tower comptait 39 filiales qui supervisaient l’œuvre des Témoins dans le monde ; > ~ mais en 1943, elle n’en avait plus que 21. Pareillement, le nombre des prédicateurs du Royaume a peu augmenté durant cette période. 28 Comme nous l’avons signalé, au cours des derniers mois de la Deuxième Guerre mondiale, les Témoins de Jéhovah ont réaffirmé leur détermination à glorifier la domination de Dieu en le servant dans une organisation théocratique. C’est dans ce but qu’ils ont entrepris en 1944 de réorganiser leur œuvre et de revoir leur mode de fonctionnement. D’ailleurs, La Tour de Garde en anglais du 15 octobre 1944 (édition française de novembre 1945) contenait un article intitulé “ Organisés pour l’œuvre finale ”. Cet article ainsi que d’autres traitant du service chrétien, qui ont paru à la même époque, indiquaient que les 2 300 jours avaient pris fin et que “ le lieu saint ” était de nouveau dans sa “ vraie condition ”. 29 Les tentatives méchantes de l’ennemi visant à dévaster et à détruire “ le lieu saint ” avaient complètement échoué. Les “ saints ” encore sur la terre, ainsi que leurs compagnons de la “ grande foule ”, étaient sortis victorieux (Révélation 7:9). Et le sanctuaire, dans sa vraie condition théocratique, continue maintenant d’offrir à Jéhovah un service sacré. 30 La Puissance mondiale anglo- américaine est toujours en place. ‘ Mais c’est sans main qu’elle sera brisée ’, déclara l’ange Gabriel (Daniel 8:25). Très bientôt, cette Septième Puissance mondiale des prophéties bibliques, ce “ roi au visage farouche ”, sera brisé, non par des mains humaines, ~ ~
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    mais par unepuissance supra-humaine à Harmaguedôn (Daniel 2:44 ; Révélation 16:14, 16). >> N’est-il pas exaltant de savoir que la souveraineté de Jéhovah Dieu, le Prince des princes, sera alors justifiée ? *** dp chap. 11 p. 181-196 *** Le moment de la venue du Messie est révélé 1 JÉHOVAH est le Maître du temps. Il dirige tous les temps et toutes les époques qui ont un rapport avec son œuvre (Actes 1:7). Tous les événements qu’il a fixés pour ces temps et ces époques arrivent immanquablement. Il ne peut en aller autrement. 2 Le prophète Daniel, qui étudiait les Écritures avec assiduité, avait la conviction que Jéhovah était capable de commander des événements et de les faire survenir. Il s’intéressait particulièrement aux prophéties relatives à la dévastation de Jérusalem. Jérémie avait consigné la révélation de Dieu sur la durée de la désolation de la ville sainte, et Daniel suivait cette prophétie de près. Il écrivit : “ Dans la première année de Darius le fils d’Assuérus de la semence des Mèdes, qui avait été fait roi sur le royaume des Chaldéens ; dans la première année de son règne, moi, Daniel, je discernai par les livres le nombre des années au sujet desquelles la parole de Jéhovah était venue à Jérémie le prophète, pour accomplir les dévastations de Jérusalem, à savoir soixante-dix ans. ” — Daniel 9:1, 2 ; Jérémie 25:11. 3 Darius le Mède régnait alors sur “ le royaume des Chaldéens ”. La prédiction que Daniel avait énoncée précédemment, quand il avait interprété l’écriture sur le mur, s’était vite réalisée. L’Empire babylonien n’était plus. >> Il avait été “ donné aux Mèdes et aux Perses ” en 539 avant notre ère. — Daniel 5:24-28, 30, 31. DANIEL PRIE HUMBLEMENT JÉHOVAH 4 Daniel comprenait que les 70 ans de désolation de Jérusalem allaient se terminer. Qu’allait-il faire ? Il nous le dit lui-même : “ Je tournai ma face vers Jéhovah le vrai Dieu, afin de le chercher par la prière et par les supplications, par le jeûne, une toile de sac et la cendre. Et je priais Jéhovah mon Dieu, je faisais confession. ” (Daniel 9:3, 4). Il fallait une bonne condition de cœur pour bénéficier de la délivrance miséricordieuse opérée par Dieu (Lévitique 26:31-46 ; 1 Rois 8:46-53). Il fallait avoir la foi, être humble et se repentir totalement des péchés qui avaient été la cause de l’exil et de l’esclavage. Daniel approcha donc Dieu en faveur de son peuple pécheur. De quelle manière ? En jeûnant, en menant deuil et en se vêtant d’une toile de sac, symbole de repentance et de sincérité de cœur. 5 La prophétie de Jérémie avait donné espoir à Daniel, car elle indiquait que les Juifs seraient bientôt rétablis dans leur pays, Juda (Jérémie 25:12 ; 29:10). Daniel était sans aucun doute confiant que les Juifs assujettis seraient soulagés ; en effet, un homme du nom de Cyrus régnait déjà en Perse. Or, Isaïe n’avait-il pas prophétisé que Cyrus serait utilisé pour libérer les Juifs, ~
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    afin qu’ils rebâtissentJérusalem et son temple (Isaïe 44:28–45:3) ? Mais Daniel ignorait totalement comment cela surviendrait. C’est pourquoi il continuait de supplier Jéhovah. 6 Daniel attira l’attention sur la miséricorde et la bonté de cœur de Dieu. Il reconnut humblement que les Juifs avaient péché en se rebellant, en s’écartant des commandements de Jéhovah et en n’écoutant pas ses prophètes. Dieu les avait à bon droit “ dispersés à cause de leur infidélité ”. Daniel dit dans sa prière : “ Ô Jéhovah, à nous appartient la honte de la face, à nos rois, à nos princes et à nos ancêtres, parce que nous avons péché contre toi. À Jéhovah notre Dieu, appartiennent les miséricordes et les pardons, car nous nous sommes rebellés contre lui. Nous n’avons pas obéi à la voix de Jéhovah notre Dieu en marchant dans ses lois qu’il avait mises devant nous par la main de ses serviteurs les prophètes. Tous ceux d’Israël ont violé ta loi, et l’on s’est écarté en n’obéissant pas à ta voix, si bien que tu as déversé sur nous l’imprécation et le serment qui est écrit dans la loi de Moïse le serviteur du vrai Dieu, car nous avons péché contre Lui. ” — Daniel 9:5-11 ; Exode 19:5-8 ; 24:3, 7, 8. 7 Dieu avait prévenu les Israélites des conséquences qu’ils subiraient s’ils lui désobéissaient et s’ils ne respectaient pas l’alliance qu’il avait conclue avec eux (Lévitique 26:31-33 ; Deutéronome 28:15 ; 31:17). Daniel reconnaît que les actions de Dieu sont irréprochables ; il dit : “ Il a entrepris de réaliser ses paroles qu’il avait prononcées contre nous et contre nos juges qui nous jugeaient, en faisant venir sur nous un grand malheur, >> tel que sous tous les cieux il n’a pas été fait comme il a été fait à Jérusalem. Comme c’est écrit dans la loi de Moïse, tout ce malheur — il est venu sur nous, et nous n’avons pas adouci la face de Jéhovah notre Dieu en revenant de notre faute et en nous montrant perspicaces en ta fidélité. Et Jéhovah est resté vigilant au sujet du malheur et finalement il l’a fait venir sur nous, car Jéhovah notre Dieu est juste dans toutes ses œuvres qu’il a faites ; et nous n’avons pas obéi à sa voix. ” — Daniel 9:12-14. 8 Daniel ne cherche pas d’excuses aux actions de son peuple. Ses compatriotes ont mérité amplement l’exil, ce qu’il confesse en ces termes : “ Nous avons péché, nous avons agi méchamment. ” (Daniel 9:15). Il n’est pas non plus préoccupé seulement par la fin de leurs souffrances. Sa supplique porte sur la gloire et sur l’honneur de Jéhovah. En pardonnant aux Juifs et en les rétablissant dans leur pays, Dieu tiendrait la promesse qu’il avait faite par l’intermédiaire de Jérémie et sanctifierait Son saint nom. Daniel supplie : “ Ô Jéhovah, selon tous tes actes de justice, s’il te plaît, que ta colère et ta fureur s’en retournent de dessus ta ville Jérusalem, ta montagne sainte ; car, à cause de nos péchés et à cause des fautes de nos ancêtres, Jérusalem et ton peuple sont un objet d’opprobre pour tous ceux qui sont autour de nous. ” — Daniel 9:16. 9 Daniel continue sa prière fervente : “ Maintenant écoute, ô notre Dieu, la prière de ton serviteur et ses supplications, et fais briller ta face sur ton sanctuaire qui est désolé, par égard pour Jéhovah. Incline ton oreille, ô mon Dieu, et entends. Ouvre tes yeux et vois nos désolations et la ville qui a été ~
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    appelée de tonnom ; car ce n’est pas selon nos actes de justice que nous faisons tomber nos supplications devant toi, mais selon tes nombreuses miséricordes. Ô Jéhovah, entends. Ô Jéhovah, pardonne. Ô Jéhovah, prête attention et agis. Ne tarde pas, à cause de toi, ô mon Dieu, car ton nom a été invoqué sur ta ville et sur ton peuple. ” (Daniel 9:17-19). Si Dieu ne pardonnait pas à son peuple et l’abandonnait à l’exil, s’il laissait sa ville sainte, Jérusalem, indéfiniment désolée, les nations le tiendraient-elles pour le Souverain de l’univers ? Ne penseraient-elles pas que Jéhovah était incapable de résister aux dieux babyloniens ? Le nom de Jéhovah serait inévitablement sali, perspective qui peine Daniel. D’ailleurs, sur les 19 fois où le nom divin, Jéhovah, figure dans le livre de Daniel, 18 occurrences se trouvent dans cette prière ! GABRIEL VIENT RAPIDEMENT 10 Alors que Daniel est toujours en prière, l’ange Gabriel apparaît. Il dit : “ Ô Daniel, maintenant je suis sorti pour te donner de la perspicacité avec de l’intelligence. Au début de tes supplications, une parole est sortie, et moi je suis venu t’informer, parce que tu es quelqu’un de très désirable. Prête donc attention à la chose, et aie de l’intelligence dans la chose vue. ” Mais pourquoi Daniel l’appelle-t-il “ l’homme Gabriel ” ? (Daniel 9:20-23.) Quand Daniel avait cherché à comprendre sa vision précédente du bouc et du bélier, “ quelqu’un qui était semblable d’aspect à un homme robuste ” était apparu devant lui. C’était l’ange Gabriel, envoyé pour lui donner de la perspicacité (Daniel 8:15-17). >> ~ Pareillement, après la prière de Daniel, cet ange vint près de lui sous une forme humaine et lui parla comme un homme parle à un autre homme. 11 Gabriel arrive “ au moment de l’offrande du soir ”. L’autel de Jéhovah avait été détruit avec le temple à Jérusalem, et les Juifs étaient captifs des Babyloniens, qui étaient des païens, si bien qu’ils n’offraient pas de sacrifices à Dieu à Babylone. Cependant, pour les Juifs fervents qui vivaient à Babylone, il était approprié de louer et de supplier Jéhovah aux moments prescrits pour les offrandes sous la Loi mosaïque. Daniel était un homme si attaché à Dieu qu’il fut qualifié de “ quelqu’un de très désirable ”. Jéhovah, ‘ qui entend la prière ’, prenait plaisir en lui, si bien que Gabriel fut envoyé rapidement pour répondre à la prière pleine de foi de Daniel. — Psaume 65:2. 12 Même quand cela avait mis sa vie en danger, Daniel avait continué de prier Dieu trois fois par jour (Daniel 6:10, 11). Il n’est pas étonnant que Jéhovah l’ait trouvé très désirable ! En plus de prier, Daniel méditait sur la Parole de Dieu, ce qui lui permettait de discerner la volonté divine. Il persévérait dans la prière et savait comment approcher Jéhovah de façon à ce qu’il lui réponde. Il mettait l’accent sur la justice divine (Daniel 9:7, 14, 16). Et ses ennemis avaient beau ne trouver aucune faille en lui, Daniel savait qu’il était un pécheur aux yeux de Dieu et il confessait volontiers son péché. — Daniel 6:4 ; Romains 3:23. “ SOIXANTE-DIX SEMAINES ” POUR SUPPRIMER LE PÉCHÉ 13 Quelle réponse Daniel reçoit à sa prière ! Non seulement Jéhovah l’assure que les Juifs seront rétablis dans leur pays, mais encore il lui donne de la
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    perspicacité dans unequestion qui est bien plus importante : l’apparition du Messie prédit (Genèse 22:17, 18 ; Isaïe 9:6, 7). Gabriel dit à Daniel : “ Soixante-dix semaines ont été déterminées sur ton peuple et sur ta ville sainte, afin de mettre un terme à la transgression, et de supprimer le péché, et de faire propitiation pour la faute, et d’amener la justice pour des temps indéfinis, et d’apposer un sceau sur vision et prophète, et d’oindre le Saint des Saints. Il faut que tu saches et que tu sois perspicace : depuis la sortie de la parole pour rétablir et pour rebâtir Jérusalem jusqu’à Messie le Guide, il y aura sept semaines, également soixante-deux semaines. Elle reviendra et sera bel et bien rebâtie, avec place publique et fossé, mais dans la détresse des temps. ” — Daniel 9:24, 25. 14 N’était-ce pas une excellente nouvelle ? Non seulement Jérusalem serait rebâtie et le culte serait restauré dans un nouveau temple, mais encore “ Messie le Guide ” apparaîtrait à un moment précis. Ces événements se produiraient en l’espace de “ soixante-dix semaines ”. Étant donné que Gabriel ne parle pas de jours, il n’est pas question de semaines de sept jours chacune, dont le total correspondrait à 490 jours, soit simplement à un an et un tiers. La reconstruction prédite de Jérusalem “ avec place publique et fossé ” prit bien plus de temps que cela. Les semaines sont des semaines d’années. Un certain nombre de versions modernes émettent l’idée que chaque semaine dure sept ans. Par exemple, le sens de “ semaines d’années ” est indiqué dans une note sur Daniel 9:24 dans la Bible du Rabbinat français. On lit dans La Bible, par Pierre de Beaumont : “ Soixante-dix semaines d’années sont fixées à ton peuple et >> à ta ville sainte. ” D’autres versions, comme la Bible de Jérusalem et la Bible de la Pléiade, confirment cette leçon en note. 15 D’après les paroles de l’ange, les “ soixante-dix semaines ” seraient divisées en trois périodes : 1) “ sept semaines ”, 2) “ soixante-deux semaines ” et 3) une semaine, autrement dit 49 ans, 434 ans et 7 ans, soit au total 490 ans. Notons avec intérêt que la Bible en français courant met : “ Une période de soixante-dix fois sept ans a été fixée pour ton peuple et pour la ville sainte où tu habites. ” Après avoir été exilés et avoir souffert à Babylone pendant 70 ans, les Juifs bénéficieraient d’une faveur spéciale de la part de Dieu pendant 490 ans, ou 70 ans multipliés par 7. Le point de départ de cette période serait “ la sortie de la parole pour rétablir et pour rebâtir Jérusalem ”. Quand la sortie de la parole en question aurait-elle lieu ? LES “ SOIXANTE-DIX SEMAINES ” COMMENCENT 16 Trois événements notables méritent considération en rapport avec le commencement des “ soixante-dix semaines ”. Le premier survint en 537 avant notre ère, quand Cyrus émit son décret qui rendait les Juifs à leur pays. On y lit : “ Voici ce qu’a dit Cyrus le roi de Perse : ‘ Tous les royaumes de la terre, Jéhovah le Dieu des cieux me les a donnés, et lui-même m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda. Quiconque parmi vous est de tout son peuple — que son Dieu soit avec lui. Qu’il monte donc à Jérusalem, qui est en Juda, et qu’il rebâtisse la maison de Jéhovah le Dieu d’Israël — c’est le vrai Dieu —, laquelle était à Jérusalem.
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    Quant à quiconqueest resté de ce peuple — de tous les lieux où il réside comme étranger —, que les hommes de son lieu lui viennent en aide par de l’argent, de l’or, des biens et des animaux domestiques, avec l’offrande volontaire, pour la maison du vrai Dieu qui était à Jérusalem. ’ ” (Ezra 1:2-4). Il est clair que ce décret visait expressément la reconstruction du temple, “ la maison de Jéhovah ”, sur son ancien emplacement. 17 Le deuxième événement survint dans la septième année du règne d’Artaxerxès (Artaxerxès Longue-Main, fils de Xerxès Ier ), roi de Perse. >> À cette époque, Ezra le copiste se rendit de Babylone à Jérusalem, ce qui demandait un voyage de quatre mois. Il était porteur d’une lettre du roi, une lettre qui était spéciale, mais qui n’autorisait pas la reconstruction de Jérusalem. La mission d’Ezra consistait seulement à “ embellir la maison de Jéhovah ”. C’est pourquoi la lettre parlait d’or et d’argent, de récipients sacrés et de contributions sous forme de blé, de vin, d’huile et de sel destinés au culte rendu au temple, ainsi que de l’exemption d’impôts pour ceux qui y servaient. — Ezra 7:6-27. [Schéma/Illustrations, pages 188, 189] (Voir la publication) “ SOIXANTE-DIX SEMAINES ” 455 av. n. è …………….406 av. n. è. …………..…….. 29 de n. è………...……33 de n. è……..….36 de n. è. “ La parole………..……Jérusalem …………….…….. Messie………………….Messie……………Fin des “soixante-dix pour……………………..rebâtie ………………………. apparaît…………………retranché……..…semaines ” rétablir [...] Jérusalem. ” ……………7 semaines…………………62 semaines ……………………1 semaine ………………49 ans……………….………434 ans …………….……………7 ans 18 Le troisième événement eut lieu 13 ans plus tard, dans la 20e année d’Artaxerxès, roi de Perse. Nehémia était alors son échanson à “ Suse le château ”. Jérusalem avait été rebâtie dans une certaine mesure par le reste qui était revenu de Babylone. Mais tout n’allait pas pour le mieux. Nehémia apprit que ‘ la muraille de Jérusalem était démolie et que ses portes avaient été brûlées par le feu ’. Cela le contraria beaucoup et le rendit mélancolique. Interrogé sur les raisons de sa tristesse, Nehémia répondit : “ Que le roi vive pour des temps indéfinis ! Pourquoi mon visage ne deviendrait-il pas triste quand …………………………………………... la ville, la maison des tombes de mes ancêtres, est dévastée et que ses portes ont été dévorées par le feu ? ” — Nehémia 1:1-3 ; 2:1-3. 19 Le récit concernant Nehémia se poursuit ainsi : “ Alors le roi me dit : ‘ Que cherches-tu donc à obtenir ? ’ Aussitôt je priai le Dieu des cieux. Puis je dis au roi : ‘ Si vraiment cela paraît bon au roi, et si ton serviteur paraît bon devant toi, je demande que tu m’envoies vers Juda, vers la ville des tombes de mes ancêtres, pour que je la rebâtisse. ’ ” Cette proposition plut à Artaxerxès, qui accéda aussi à la requête suivante de Nehémia : “ Si vraiment cela paraît bon au roi, ~
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    qu’on me donnedes lettres pour les gouverneurs d’au-delà du Fleuve [l’Euphrate], afin qu’ils me laissent passer jusqu’à ce que j’arrive en Juda, et aussi une lettre pour Asaph le gardien du parc qui appartient au roi, afin qu’il me donne des arbres pour construire avec du bois les portes du Château qui appartient à la maison, et pour la muraille de la ville, ainsi que pour la maison où j’entrerai. ” Nehémia reconnut par les paroles suivantes le rôle que Jéhovah joua dans cette affaire : “ Alors le roi me donna ces lettres, selon la bonne main de mon Dieu qui était sur moi. ” — Nehémia 2:4-8. 20 Bien que l’autorisation ait été accordée au mois de Nisan, durant la première partie de la 20e année du règne d’Artaxerxès, “ la sortie de la parole pour rétablir et pour rebâtir Jérusalem ” ne prit effet que des mois plus tard, lorsque Nehémia arriva à Jérusalem et entama son travail de restauration. Le voyage d’Ezra avait nécessité quatre mois, mais Suse se trouvait à plus de 320 kilomètres à l’est de Babylone, donc encore plus loin de Jérusalem. Par conséquent, Nehémia arriva à Jérusalem très probablement vers la fin de la 20e année d’Artaxerxès, soit en 455 avant notre ère. C’est alors que les “ soixante-dix semaines ” prédites, autrement dit les 490 ans, commencèrent. Elles prendraient fin dans la deuxième moitié de l’an 36 de notre ère. — Voir “ Quand le règne d’Artaxerxès commença-t-il ? ” page 197. Voir p.83 ci-dessous. “ MESSIE LE GUIDE ” APPARAÎT 21 Combien d’années s’écoulèrent avant que Jérusalem ne soit vraiment rebâtie ? >> ~ La restauration de la ville devait s’effectuer “ dans la détresse des temps ” en raison des difficultés que connaîtraient les Juifs entre eux et de l’opposition que leur feraient subir les Samaritains et d’autres. Le travail fut sans doute terminé dans une mesure suffisante vers 406 avant notre ère, soit en l’espace des “ sept semaines ” ou 49 ans (Daniel 9:25). Suivrait une période de 62 semaines, ou 434 ans. Après cette période, le Messie promis de longue date apparaîtrait. En comptant 483 ans (49 plus 434) à partir de 455 avant notre ère, on arrive à 29 de notre ère. Que se passa-t-il à ce moment-là ? Luc, rédacteur d’un Évangile, répond : “ Dans la quinzième année du règne de Tibère César, alors que Ponce Pilate était gouverneur de Judée, et qu’Hérode était chef de district de Galilée, [...] la déclaration de Dieu vint à Jean le fils de Zekaria dans le désert. Il vint alors dans tout le pays des environs du Jourdain, prêchant un baptême symbole de repentance pour le pardon des péchés. ” À cette époque, “ le peuple était dans l’attente ” du Messie. — Luc 3:1-3, 15. 22 Jean n’était pas le Messie promis. Mais il déclara au sujet de ce qu’il vit lors du baptême de Jésus de Nazareth, à l’automne de l’an 29 de notre ère : “ J’ai vu l’esprit descendre du ciel comme une colombe, et il est demeuré sur lui. Moi non plus je ne le connaissais pas, mais Celui-là même qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘ Quel que soit celui sur qui tu verras l’esprit descendre et demeurer, c’est celui-là qui baptise dans de l’esprit saint. ’ Et j’ai vu cela, et j’ai témoigné que celui-ci est le Fils de Dieu. ” (Jean 1:32-34). À son baptême, Jésus devint l’Oint, le Messie ou Christ.
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    Peu après, André,un disciple de Jean, rencontra Jésus, qui était oint, puis dit à Simon Pierre : “ Nous avons trouvé le Messie. ” (Jean 1:41). “ Messie le Guide ” apparut donc exactement au moment prévu, à la fin des 69 semaines. LES ÉVÉNEMENTS DE LA DERNIÈRE SEMAINE 23 Que devait-il se passer au cours de la 70e semaine ? Gabriel dit que la période de “ soixante-dix semaines ” avait été déterminée “ afin de mettre un terme à la transgression, et de supprimer le péché, et de faire propitiation pour la faute, et d’amener la justice pour des temps indéfinis, et d’apposer un sceau sur vision et prophète, et d’oindre le Saint des Saints ”. Pour atteindre cet objectif, il fallait que “ Messie le Guide ” meure. À quel moment ? Gabriel déclara : “ Après les soixante-deux semaines, Messie sera retranché, avec rien pour lui-même. [...] Et il devra garder l’alliance en vigueur pour la multitude pendant une semaine ; et à la moitié de la semaine il fera cesser sacrifice et offrande. ” (Daniel 9:26a, 27a). Le moment critique aurait lieu “ à la moitié de la semaine ”, c’est-à-dire au milieu de la dernière semaine d’années. 24 Le ministère public de Jésus Christ commença dans la deuxième moitié de l’an 29 de notre ère et dura trois ans et demi. Conformément à la prophétie, Christ fut “ retranché ” au début de l’an 33 : il mourut sur un poteau de supplice, donnant sa vie humaine en rançon pour l’humanité (Isaïe 53:8 ; Matthieu 20:28). Une fois que Jésus, ressuscité, eut présenté à Dieu, au ciel, la valeur de sa vie humaine offerte en sacrifice, les sacrifices d’animaux et les offrandes prescrits par la Loi ne furent > plus nécessaires. Bien que les prêtres juifs aient continué à offrir des sacrifices au temple de Jérusalem jusqu’à sa destruction en 70 de notre ère, Dieu ne considéra plus ces sacrifices comme recevables. Ils avaient été remplacés par un sacrifice meilleur, un sacrifice qui n’aurait jamais besoin d’être renouvelé. L’apôtre Paul écrivit : “ [Christ] a offert un seul sacrifice pour les péchés à perpétuité [...]. Car c’est par une seule offrande sacrificielle qu’il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont en train d’être sanctifiés. ” — Hébreux 10:12, 14. 25 Même si le péché et la mort continuèrent d’affliger l’humanité, le retranchement de Jésus et sa résurrection pour la vie céleste réalisèrent les prophéties. Cela ‘ mit un terme à la transgression, supprima le péché, fit propitiation pour la faute, et amena la justice ’. Dieu avait ôté l’alliance de la Loi, qui avait rendu manifeste que les Juifs étaient des pécheurs et qui les avait condamnés comme tels (Romains 5:12, 19, 20 ; Galates 3:13, 19 ; Éphésiens 2:15 ; Colossiens 2:13, 14). Désormais, les péchés des transgresseurs repentants pouvaient être effacés et les peines encourues à cause de ces péchés pouvaient être remises. Grâce au sacrifice propitiatoire du Messie, la réconciliation avec Dieu était possible pour ceux qui exerceraient la foi. Ils pouvaient espérer recevoir de Dieu le don qu’est “ la vie éternelle par Christ Jésus ”. — Romains 3:21-26 ; 6:22, 23 ; 1 Jean 2:1, 2. 26 C’est ainsi que Jéhovah ôta l’alliance de la Loi par le moyen de la mort de Christ en 33 de notre ère. Dès lors, en quel sens pouvait-on dire que le Messie ‘ devrait garder l’alliance ~
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    en vigueur pourla multitude pendant une semaine ’ ? En ce sens qu’il garda l’alliance abrahamique en vigueur. Jusqu’à la fin de la 70e semaine, Dieu accorda les bénédictions qui découlaient de cette alliance aux descendants hébreux d’Abraham. Mais à la fin des “ soixante-dix semaines ” d’années, en 36, l’apôtre Pierre prêcha à Corneille, un Italien fervent, à sa maisonnée et à d’autres Gentils. Et à partir de ce jour-là, la bonne nouvelle fut annoncée parmi les gens des nations. — Actes 3:25, 26 ; 10:1-48 ; Galates 3:8, 9, 14. 27 La prophétie prédisait également l’onction du “ Saint des Saints ”. Il n’est pas question d’onction du Très-Saint, le compartiment le plus retiré du temple de Jérusalem. L’expression “ Saint des Saints ” se rapporte ici au sanctuaire céleste de Dieu. C’est là que Jésus présenta la valeur de son sacrifice humain à son Père. Le baptême de Jésus, en 29 de notre ère, avait oint, ou mis à part, la réalité céleste, spirituelle, représentée sur la terre par le Très-Saint du tabernacle et plus tard du temple. — Hébreux 9:11, 12. DIEU CONFIRME LA PROPHÉTIE 28 La prophétie messianique énoncée par l’ange Gabriel parlait encore “ d’apposer un sceau sur vision et prophète ”. Cela signifiait que tout ce qui était prédit au sujet du Messie (tout ce qu’il accomplit au moyen de son sacrifice, de sa résurrection et de sa parution au ciel, ainsi que les autres choses qui se produisirent au cours de la 70e semaine) serait frappé du sceau de l’approbation divine, se révélerait véridique et serait digne de foi. La vision serait scellée, s’appliquerait exclusivement au Messie. Elle trouverait sa réalisation en sa personne et dans l’œuvre que Dieu >> effectuerait par son intermédiaire. On ne pourrait trouver la bonne interprétation de la vision qu’en rapport avec le Messie prédit. Rien d’autre ne viendrait en desceller la signification. 29 Gabriel avait annoncé précédemment que Jérusalem serait rebâtie. Il prédit maintenant la destruction de la ville rebâtie et de son temple, en ces termes : “ La ville et le lieu saint, le peuple d’un guide qui vient les ravagera. Et la fin de cela sera par l’inondation. Et jusqu’à la fin il y aura guerre ; ce qui est décidé, ce sont des désolations. [...] Et sur l’aile des choses immondes il y aura celui qui cause la désolation ; et jusqu’à une extermination, la chose décidée se déversera aussi sur celui qui est en désolation. ” (Daniel 9:26b, 27b). Certes, cette désolation surviendrait après les “ soixante-dix semaines ” ; néanmoins, elle serait une conséquence directe des événements survenus pendant la dernière “ semaine ”, durant laquelle les Juifs rejetèrent le Christ et le firent mettre à mort. — Matthieu 23:37, 38. 30 L’Histoire montre qu’en 66 de notre ère les légions romaines commandées par Cestius Gallus, gouverneur de Syrie, entourèrent Jérusalem. Malgré la résistance juive, les armées de Rome qui portaient leurs enseignes, leurs étendards idolâtriques, pénétrèrent dans la ville et commencèrent à saper le mur nord du temple. Leur présence en ce lieu faisait d’elles une “ chose immonde ” capable de causer une désolation complète (Matthieu 24:15, 16). En 70, les Romains menés par le général Titus vinrent comme une “ inondation ” et dévastèrent la ville et son temple.
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    Rien ne lesarrêta, car cela avait été décrété (“ décidé ”) par Dieu. >> ~ Le Maître du temps, Jéhovah, avait une nouvelle fois accompli sa parole ! [Encadré/Illustration, page 197] Quand le règne d’Artaxerxès commença-t-il ? Les historiens ne s’accordent pas sur l’année où le roi de Perse Artaxerxès commença son règne. Certains situent son année d’accession en 465 avant notre ère du fait que son père, Xerxès, commença à régner en 486 et mourut dans sa 21 e année de règne. Cependant, tout porte à croire qu’Artaxerxès monta sur le trône en 475 et que sa première année de règne débuta en 474. Des inscriptions et des sculptures mises au jour à Persépolis, capitale de la Perse antique, indiquent que Xerxès et son père, Darius I er , régnèrent simultanément. Si cette situation dura 10 ans et si Xerxès régna seul pendant 11 ans après la mort de Darius en 486, la première année de règne d’Artaxerxès fut 474. Un deuxième indice a trait au général athénien Thémistocle, qui vainquit l’armée de Xerxès en 480 avant notre ère. Il perdit par la suite la faveur du peuple grec et fut accusé de trahison. Thémistocle s’enfuit et chercha refuge à la cour perse, où il reçut un bon accueil. D’après l’historien grec Thucydide, cela eut lieu alors qu’Artaxerxès “ régnait depuis peu ”. L’historien grec Diodore de Sicile situe la mort de Thémistocle en 471. Puisque Thémistocle demanda un an pour apprendre le perse avant de se présenter devant le roi Artaxerxès, il dut arriver en Asie Mineure au plus tard en 473. Cette date est appuyée par la Chronique d’Eusèbe de Jérôme. Étant donné qu’Artaxerxès “ régnait depuis peu ” quand Thémistocle arriva en Asie en 473, Ernst Hengstenberg, un bibliste allemand, a déclaré dans son ouvrage intitulé Christologie des Alten Testaments que le règne d’Artaxerxès débuta en 474, ce qu’affirment du reste d’autres sources encore. Il a ajouté : “ La vingtième année d’Artaxerxès est l’année 455 avant Christ. ” *** dp chap. 12 p. 198-209 *** Fortifié par un messager de Dieu 1 Le vif intérêt porté par Daniel à l’accomplissement du dessein de Jéhovah fut grandement récompensé. Daniel reçut la passionnante prophétie des 70 semaines qui annonçait le moment où le Messie apparaîtrait. Il eut également la joie de voir le reste fidèle de ceux qui formaient son peuple retourner dans leur pays. Ce retour s’opéra en 537 avant notre ère, vers la fin de “ la première année de Cyrus le roi de Perse ”. — Ezra 1:1-4. 2 Daniel ne fut pas du nombre de ceux qui rentrèrent au pays de Juda. Il était sans doute trop âgé pour effectuer un tel voyage. De toute façon, Dieu comptait encore utiliser ses services à Babylone. Deux années passèrent. Puis le récit déclare : “ Dans la troisième année de Cyrus le roi de Perse, une chose fut révélée à Daniel, qui était appelé du nom de Beltshatsar ; et la chose >> était vraie, et il y eut un grand service militaire. Et il comprit la chose, et il eut de l’intelligence dans la chose vue. ” — Daniel 10:1. 3 “ La troisième année de Cyrus ” tombait en 536/535 avant notre ère. Plus de 80 années s’étaient écoulées depuis que Daniel avait été emmené à Babylone avec les descendants royaux et des jeunes Judéens d’origine noble (Daniel 1:3). S’il était un jeune adolescent à son arrivée à Babylone, Daniel devait avoir à présent près de 100 ans. Quel service fidèle il avait à son actif ! 4 Ce n’est toutefois pas parce que Daniel était avancé en âge qu’il n’avait plus de rôle à tenir au service de Jéhovah. Dieu allait par son intermédiaire proclamer un message prophétique d’une grande portée. Il s’agirait d’une prophétie qui toucherait jusqu’à notre époque et même au-delà. ~
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    Afin de préparerDaniel à cette nouvelle tâche, Jéhovah jugea bon de prendre une mesure en sa faveur, de le fortifier en vue du service qui l’attendait. UNE CAUSE D’INQUIÉTUDE 5 Même s’il ne retourna pas au pays de Juda avec le reste des Juifs, Daniel suivait de près ce qui se passait dans son cher pays. Il apprit par des nouvelles qui lui parvinrent que tout n’y allait pas pour le mieux. L’autel avait été rétabli et les fondations du temple avaient été posées à Jérusalem (Ezra, chapitre 3). Mais les nations voisines s’opposaient à la reconstruction et tramaient le mal contre les Juifs revenus d’exil (Ezra 4:1-5). Daniel avait effectivement de quoi s’inquiéter. 6 Daniel connaissait la prophétie de Jérémie (Daniel 9:2). Il savait que la reconstruction du temple de Jérusalem et le rétablissement du vrai culte avaient un rapport étroit avec le dessein de Jéhovah concernant Son peuple, et que tout cela précéderait l’apparition du Messie promis. Or, Daniel eut le privilège immense de recevoir de Jéhovah la prophétie des “ soixante-dix semaines ”. Il comprit grâce à elle que le Messie viendrait 69 “ semaines ” après la sortie de la parole pour rétablir et pour rebâtir Jérusalem (Daniel 9:24-27). Cependant, Jérusalem était dévastée et la construction du temple n’avançait pas ; on comprend dès lors que Daniel pouvait être découragé, abattu, démoralisé. 7 “ En ces jours-là, moi, Daniel, je fus dans le deuil pendant trois semaines entières, rapporte le récit. Je ne mangeai pas de pain délicat ; ni viande ni vin n’entrèrent dans ma bouche, et je ne m’enduisis d’aucune >> ~ huile jusqu’à l’achèvement des trois semaines entières. ” (Daniel 10:2, 3). “ Trois semaines entières ”, 21 jours ! Il était inhabituel de mener deuil et de jeûner aussi longtemps. Apparemment, cette période prit fin le “ vingt-quatrième jour du premier mois ”. (Daniel 10:4.) Daniel avait donc jeûné pendant la Pâque, qu’on observait le 14e jour du premier mois, le mois de Nisan, ainsi que durant les sept jours suivants, ceux de la fête des Pains sans levain. 8 Daniel était déjà passé par une expérience similaire. À l’époque, il se posait des questions sur la réalisation de la prophétie de Jéhovah concernant les 70 ans de désolation de Jérusalem. Qu’avait-il fait alors ? “ Je tournai ma face vers Jéhovah le vrai Dieu, déclara Daniel, afin de le chercher par la prière et par les supplications, par le jeûne, une toile de sac et la cendre. ” Jéhovah avait répondu à sa prière en envoyant l’ange Gabriel lui porter un message qui l’avait beaucoup encouragé (Daniel 9:3, 21, 22). Jéhovah donnerait-il cette fois encore à Daniel l’encouragement dont il avait bien besoin ? UNE VISION IMPRESSIONNANTE 9 Daniel n’est pas déçu. Il raconte ce qui arrive ensuite : “ Tandis que je me trouvais sur le bord du grand fleuve, c’est-à-dire le Hiddéqel, je levai alors les yeux et je vis, et voici : un certain homme vêtu de lin, les hanches ceintes d’or d’Ouphaz. ” (Daniel 10:4, 5). Le Hiddéqel était un des quatre fleuves qui prenaient leur source dans le jardin d’Éden (Genèse 2:10-14). En vieux perse, le Hiddéqel s’appelait le Tigra, d’où vint le nom grec de Tigre. On appela la région située entre ce fleuve et l’Euphrate la Mésopotamie, ~
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    nom qui signifie“ Pays entre les Fleuves ”. Cela confirme qu’au moment où il reçut la vision Daniel était toujours en Babylonie, même s’il n’était peut-être pas dans la ville de Babylone. 10 Daniel reçut une vision fantastique ! Incontestablement, ce n’était pas un homme ordinaire qu’il vit lorsqu’il leva les yeux. Il en fit cette description colorée : “ Son corps était comme de la chrysolithe, son visage comme l’aspect de l’éclair, ses yeux comme des torches de feu ; ses bras et l’endroit de ses pieds étaient comme l’aspect du cuivre poli, et le bruit de ses paroles était comme le bruit d’une foule. ” — Daniel 10:6. 11 Malgré l’éclat de cette vision, les ‘ hommes qui étaient avec moi ne virent pas l’apparition ’, dit Daniel. Pour une raison qui n’est pas précisée, “ un grand tremblement tomba sur eux, si bien qu’ils s’enfuirent en se cachant ”. Daniel se retrouva donc seul au bord du fleuve. La vue de “ cette grande apparition ” était si bouleversante qu’il confessa : “ Il ne resta aucune force en moi, et ma dignité s’altéra sur moi, jusqu’à suppression, et je ne conservai aucune force. ” — Daniel 10:7, 8. 12 Observons de plus près ce messager hors du commun qui effraya tant Daniel. Il était “ vêtu de lin, les hanches ceintes d’or d’Ouphaz ”. Dans l’Israël antique, la ceinture, l’éphod et le pectoral du grand prêtre, ainsi que les robes des autres prêtres, étaient en fin lin retors et étaient ornés d’or (Exode 28:4-8 ; 39:27-29). L’habillement du messager reflétait donc la sainteté et la dignité de sa charge. 13 Daniel était en outre impressionné par l’aspect du messager : par l’éclat lumineux de son corps semblable à une pierre précieuse, par le rayonnement >> aveuglant de son visage qui brillait, par le pouvoir de pénétration de ses yeux de feu et par l’étincellement de ses bras et de ses pieds puissants. Même sa voix imposante inspirait la crainte. Tous ces détails indiquent qu’il était supra-humain. Cet “ homme vêtu de lin ” était forcément un ange de haut rang, un ange qui servait en la présence sainte de Jéhovah, de qui il apportait un message. {Note : Bien que le nom de cet ange ne soit pas précisé, il semble qu’il s’agisse de celui dont la voix se fit entendre, celui qui dit à Gabriel d’aider Daniel à comprendre une vision qu’il venait de voir (comparer Daniel 8:2, 15, 16 avec 12:7, 8). Par ailleurs, Daniel 10:13 montre que Mikaël, “ un des principaux princes ”, vint aider cet ange. Cet ange dont on ignore le nom doit par conséquent avoir le privilège de collaborer étroitement avec Gabriel et Mikaël.} UN “ HOMME TRÈS DÉSIRABLE ” EST FORTIFIÉ 14 Le message que l’ange de Jéhovah avait pour Daniel était important et complexe. Avant d’être en mesure de le recevoir, Daniel avait besoin d’aide pour se remettre de son épuisement et de son angoisse. Apparemment, l’ange s’en rendit compte ; il aida donc Daniel avec amour et l’encouragea. Laissons Daniel raconter ce qui se produisit. 15 “ Tandis que j’entendais le son de ses paroles, je dormais alors profondément sur ma face, avec ma face contre terre. ” La peur, l’appréhension, avaient probablement fait tomber Daniel dans une sorte de torpeur. Que fit l’ange pour l’aider ? “ Voyez, dit Daniel : une main me toucha et finalement me réveilla pour que je me mette sur mes genoux et sur les paumes de mes mains. ” ~
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    De plus, l’angeencouragea le prophète par ces mots : “ Ô Daniel, homme très désirable, aie de l’intelligence dans les paroles que je te dis, et mets-toi debout à l’endroit où tu te tenais, >> car maintenant j’ai été envoyé vers toi. ” Cette main tendue et ces paroles consolantes redonnèrent vie à Daniel. Bien que “ frissonnant ”, il ‘ se mit debout ’. — Daniel 10:9-11. [Encadré, pages 204, 205] Anges protecteurs ou chefs démoniaques ? Les indications que le livre de Daniel donne au sujet des anges sont des plus instructives. Il nous apprend le rôle qu’ils jouent pour ce qui est de porter la parole de Jéhovah et les efforts qu’ils font pour accomplir les missions qui leur sont confiées. L’ange de Dieu déclara que, parti parler à Daniel, il fut retenu par “ le prince du royaume de Perse ”. Après avoir lutté avec lui pendant 21 jours, le messager angélique s’en sortit seulement grâce à l’aide de “ Mikaël, un des principaux princes ”. L’ange dit aussi qu’il lui faudrait de nouveau combattre cet ennemi, ainsi peut-être que “ le prince de Grèce ”. (Daniel 10:13, 20.) Ce n’était pas une tâche facile, même pour un ange. Mais qui étaient ces princes de Perse et de Grèce ? Tout d’abord, nous notons que Mikaël était appelé “ un des principaux princes ” et “ votre prince ”. Plus tard, Mikaël fut qualifié de “ grand prince qui se tient là en faveur des fils [du] peuple [de Daniel] ”. (Daniel 10:21 ; 12:1.) Mikaël était par conséquent l’ange que Jéhovah avait chargé de conduire les Israélites à travers le désert. — Exode 23:20-23 ; 32:34 ; 33:2. Une déclaration du disciple Jude vient appuyer cette conclusion ; il dit que “ Mikaël l’archange eut un différend avec le Diable et qu’il discutait au sujet du corps de Moïse ”. (Jude 9.) En raison de sa position, de son pouvoir et de son autorité, Mikaël était incontestablement “ l’archange ”, c’est-à-dire “ l’ange en chef ” ou “ l’ange principal ”. On le conçoit, cette position élevée ne peut être attribuée à personne d’autre qu’à Jésus Christ, le Fils de Dieu, avant et après sa vie sur la terre. — 1 Thessaloniciens 4:16 ; Révélation 12:7-9. Est-ce à dire que Jéhovah a également établi des anges sur les nations, telles que la Perse et la Grèce, afin qu’ils président à leurs affaires ? Jésus Christ, le Fils de Dieu, a déclaré sans équivoque : “ Le chef du monde [...] n’a aucune prise sur moi. ” Il a dit aussi : “ Mon royaume ne fait pas partie de ce monde. [...] mon royaume n’est pas d’ici. ” (Jean 14:30 ; 18:36). L’apôtre Jean a écrit que “ le monde entier se trouve au pouvoir du méchant ”. (1 Jean 5:19.) Il est certain que les nations du monde n’ont jamais été guidées ni gouvernées par Dieu ou par le Christ et qu’elles ne le sont toujours pas aujourd’hui. Si Jéhovah permet aux “ autorités supérieures ” d’exister et de diriger les affaires des gouvernements de la terre, pour autant il n’établit pas ses anges au- dessus d’elles (Romains 13:1-7). Les “ princes ” ou “ chefs ” qui sont à leur tête n’ont pu être placés à cette position que par “ le chef du monde ”, Satan le Diable. Il s’agit forcément de chefs démoniaques, et non d’anges protecteurs. Il y a donc des forces démoniaques invisibles, des “ princes ”, derrière les dirigeants visibles, et les conflits entre nations n’impliquent pas que des humains. 16 L’ange signala qu’il était venu spécialement pour fortifier Daniel. “ N’aie pas peur, ô Daniel, dit-il, car depuis le premier jour où tu as appliqué ton cœur à comprendre et à t’humilier devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues, et je suis venu moi-même à cause de tes paroles. ” L’ange expliqua ensuite pourquoi il avait mis du temps. “ Mais le prince du royaume de Perse s’est tenu là en opposition avec moi pendant vingt et un jours, et, vois : Mikaël, un des principaux princes, est venu à mon aide ; quant à moi, je suis resté là auprès des rois de Perse. ” Avec l’aide de Mikaël, l’ange avait réussi à accomplir sa mission ; il était venu auprès de Daniel porteur de ce message des plus urgent : >> “ Je suis venu pour te faire discerner ce qui arrivera à ton peuple dans la période finale des jours, car c’est une vision encore pour les jours à venir. ” — Daniel 10:12-14. 17 La perspective de recevoir un message aussi étonnant aurait dû aiguillonner Daniel ; mais, au contraire, les propos qu’il entendit l’abattirent. On lit dans le récit : “ Or, lorsqu’il parla avec moi, me disant des paroles comme celles-ci, j’avais tourné ma face vers la terre et j’étais devenu muet. ” Toutefois, le messager angélique était prêt à l’aider avec amour, une deuxième fois. Daniel déclara : “ Voyez : quelqu’un, ayant comme la ressemblance des fils des humains, ~
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    touchait mes lèvres; alors j’ouvris la bouche, je parlai. ” {Note : Il se peut bien entendu que ce soit l’ange qui parlait avec Daniel qui ait touché ses lèvres et l’ait ranimé ; mais la formulation de ce verset autorise à penser qu’un autre ange, peut-être Gabriel, l’ait fait. En tout état de cause, Daniel fut fortifié par un messager angélique.} — Daniel 10:15, 16a. 18 Daniel fut fortifié quand l’ange toucha ses lèvres (voir Isaïe 6:7). Ayant recouvré la parole, Daniel put expliquer au messager angélique quelle difficulté il rencontrait. Il dit : “ Ô mon seigneur, à cause de l’apparition, mes convulsions se sont tournées chez moi, et je n’ai conservé aucune force. Comment donc le serviteur de mon seigneur que voici a-t-il pu parler avec mon seigneur que voici ? Et quant à moi, jusqu’à présent il ne s’est trouvé en moi aucune force, et aucun souffle n’est resté en moi. ” — Daniel 10:16b, 17. 19 Daniel ne se plaignait pas ni ne cherchait des excuses. Il exposait simplement sa situation et l’ange accepta son explication. C’est pourquoi le messager angélique aida Daniel une troisième fois. “ Celui qui était comme l’aspect d’un homme tiré du sol me toucha de nouveau et me fortifia ”, dit le prophète. Après lui avoir donné de l’énergie en le touchant, le messager lui adressa ces paroles consolantes : “ N’aie pas peur, ô homme très désirable ! Paix à toi. Sois fort, oui sois fort. ” Apparemment, ce contact empreint d’amour et ces propos constructifs étaient exactement ce qu’il fallait à Daniel. >> ~ ~ Quel bien en retira-t-il ? Daniel déclara : “ Dès qu’il parla avec moi, je rassemblai mes forces et finalement je dis : ‘ Que mon seigneur parle, car tu m’as fortifié. ’ ” Daniel était maintenant prêt pour une nouvelle mission difficile. — Daniel 10:18, 19. 20 Après avoir fortifié Daniel et l’avoir aidé à se remettre mentalement et physiquement, l’ange répéta le but de sa mission. Il dit : “ En fait, sais-tu pourquoi je suis venu vers toi ? Et maintenant, je retournerai combattre contre le prince de Perse. Quand je sortirai, vois : le prince de Grèce vient aussi. Mais je t’indiquerai les choses qui sont inscrites dans l’écrit de vérité, et il n’y a personne qui tienne ferme avec moi dans ces choses, sinon Mikaël, votre prince. ” — Daniel 10:20, 21. 21 Quel amour, quelle considération de la part de Jéhovah ! Il agit toujours avec ses serviteurs en tenant compte de leurs capacités et de leurs limites. D’une part, il leur confie des missions qui correspondent à ce qu’il les sait capables d’accomplir, même s’ils ont parfois le sentiment du contraire. D’autre part, il est disposé à les écouter et à leur fournir ce qu’il leur faut pour les aider à s’acquitter de leurs missions. Imitons en tout temps notre Père céleste, Jéhovah : encourageons et fortifions avec amour nos compagnons croyants. — Hébreux 10:24. 22 Le message réconfortant de l’ange a beaucoup encouragé Daniel. Malgré son âge avancé, il était fortifié et prêt à recevoir et à consigner d’autres prophéties remarquables pour notre profit. . .
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    *** dp chap.13 p. 211-229 *** Deux rois en conflit 1 Deux rois rivaux sont enfermés dans un combat sans merci pour la suprématie. Au fil des années, ils se trouvent tantôt l’un tantôt l’autre en position de force. Parfois un roi domine tandis que l’autre ne se manifeste plus, parfois le conflit s’arrête pendant un temps. Mais une nouvelle bataille s’engage soudain, et le conflit reprend. Les protagonistes de cette lutte furent notamment Séleucus Ier Nicator, roi de Syrie, Ptolémée Lagus, roi d’Égypte, Cléopâtre Ire , princesse syrienne et reine d’Égypte, Auguste et Tibère, empereurs romains, et Zénobie, reine de Palmyre. Alors que le conflit touche à sa fin, l’Allemagne nazie, le bloc communiste, la Puissance mondiale anglo-américaine, la Société des Nations et les Nations unies sont impliqués à leur tour. La phase finale du conflit sera inattendue pour toutes ces entités politiques. L’ange de Jéhovah confia cette prophétie captivante au prophète Daniel il y a quelque 2 500 ans. — Daniel, chapitre 11. 2 Daniel dut être enthousiasmé lorsqu’il écouta l’ange lui décrire en détail la rivalité qui opposerait les deux rois. Ce tableau est intéressant pour nous également, dans la mesure où la lutte pour le pouvoir entre ces deux rois se poursuit à notre époque. Après avoir constaté que l’Histoire atteste la première partie de cette prophétie, nous sentirons notre foi fortifiée ; nous serons plus certains encore de l’accomplissement du dernier épisode du récit prophétique. En prêtant attention à cette prophétie, nous discernerons clairement où >> nous en sommes dans le cours du temps. Nous serons en outre davantage résolus à rester neutres dans le conflit et nous attendrons patiemment que Dieu agisse en notre faveur (Psaume 146:3, 5). Écoutons donc avec attention ce que l’ange de Jéhovah dit à Daniel. CONTRE LE ROYAUME DE GRÈCE 3 “ Quant à moi, déclara l’ange, dans la première année de Darius le Mède [539/538 avant notre ère], je me levai en personne qui fortifie et comme forteresse pour lui. ” (Daniel 11:1). Darius n’était plus, mais l’ange indiquait que son règne était le point de départ du message prophétique. C’était ce roi qui avait ordonné qu’on sorte Daniel de la fosse aux lions. C’était lui également qui avait décrété que tous ses sujets devaient craindre le Dieu de Daniel (Daniel 6:21-27). Cependant, l’ange se leva pour soutenir, non pas Darius le Mède, mais son compagnon Mikaël, le prince du peuple de Daniel (voir Daniel 10:12-14). L’ange de Dieu apporta son soutien à Mikaël alors que ce dernier luttait contre le démon qui était prince de l’Empire médo-perse. 4 L’ange de Dieu poursuivit : “ Vois : il y aura encore trois rois qui se lèveront pour la Perse, et le quatrième amassera des richesses plus grandes que celles de tous les autres. Et dès qu’il sera devenu fort par ses richesses, il soulèvera tout contre le royaume de Grèce. ” (Daniel 11:2). Qui étaient au juste ces souverains perses ? 5 Les trois premiers rois furent Cyrus le Grand, Cambyse II et Darius Ier (Hystaspe). Étant donné que Bardiya (ou un usurpateur appelé Gaumata) ne régna que sept mois, la prophétie ne
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    prit pas sonbref règne en considération. En 490 avant notre ère, le troisième roi, Darius Ier , tenta d’envahir la Grèce pour la deuxième fois. Cependant, les Perses furent mis en déroute à Marathon et battirent en retraite en Asie Mineure. Darius fit bien des préparatifs minutieux en vue d’une nouvelle campagne contre la Grèce, mais il mourut quatre ans plus tard, avant d’avoir pu l’entreprendre. Cette campagne revint à son fils et successeur, le “ quatrième ” roi, Xerxès Ier . Il s’agissait du roi Assuérus qui épousa Esther. — Esther 1:1 ; 2:15-17. 6 Xerxès Ier souleva effectivement “ tout contre le royaume de Grèce ”, autrement dit l’ensemble des États grecs indépendants. “ Poussé par des courtisans ambitieux, dit le livre The Medes and Persians — Conquerors and Diplomats, Xerxès lança une attaque par terre et par mer. ” Hérodote, historien grec du Ve siècle avant notre ère, écrit que “ des expéditions dont nous avons connaissance, celle-ci fut de beaucoup la plus importante ”. D’après son récit, l’effectif de la flotte de Xerxès était “ au total [de] cinq cent dix- sept mille six cent dix hommes. Celui de l’infanterie était de dix-sept cent mille [1 700 000] hommes ; celui des cavaliers, de quatre-vingt mille ; et j’ajouterai à ces derniers, précise Hérodote, les Arabes qui menaient les chameaux et les Libyens qui conduisaient les chars, dont j’estime le nombre à vingt mille hommes. Additionnés, les effectifs de la flotte et de l’armée de terre s’élèvent donc à deux millions trois cent dix-sept mille six cent dix hommes ”. 7 Xerxès Ier n’était pas peu ambitieux ; il voulait conquérir toute la Grèce. Aussi mit-il son immense armée en branle en 480 avant notre ère. >> Malgré une diversion des Grecs aux Thermopyles, les Perses ravagèrent Athènes. À Salamine, toutefois, ils subirent une défaite terrible. Les Grecs remportèrent une autre victoire à Platées, en 479. Aucun des sept rois qui succédèrent à Xerxès sur le trône de l’Empire perse au cours des 143 années suivantes ne porta la guerre en Grèce. Mais ensuite un roi puissant se leva en Grèce. UN GRAND ROYAUME DIVISÉ EN QUATRE 8 “ À coup sûr un roi fort se lèvera et dominera avec une domination étendue et agira selon sa volonté ”, dit l’ange (Daniel 11:3). À l’âge de 20 ans, Alexandre ‘ se leva ’ : il devint roi de Macédoine en 336 avant notre ère. Il fut effectivement “ un roi fort ” : Alexandre le Grand. En suivant un plan dressé par son père, Philippe II, il s’empara des provinces perses au Proche-Orient. Ses 47 000 hommes traversèrent l’Euphrate et le Tigre, puis dispersèrent les 250 000 soldats de Darius III à Gaugamèles. Darius s’enfuit et fut assassiné, ce qui mit fin à la dynastie perse. La Grèce était désormais la puissance mondiale, et Alexandre ‘ domina avec une domination étendue et agit selon sa volonté ’. 9 Alexandre ne dominerait pas le monde longtemps ; l’ange de Dieu ajouta en effet : “ Quand il se sera levé, son royaume sera brisé et sera divisé vers les quatre vents des cieux, mais non pas pour sa postérité et non pas selon sa domination avec laquelle il avait dominé ; car son royaume sera déraciné, oui pour d’autres que ceux- ci. ” (Daniel 11:4). ~ ~
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    Alexandre n’avait pasencore 33 ans quand une maladie subite l’emporta ; c’était à Babylone, en 323 avant notre ère. 10 Le vaste empire d’Alexandre ne passa pas à “ sa postérité ”. Son frère, Philippe III Arrhidée, régna moins de sept ans et fut supprimé à la demande d’Olympias, la mère d’Alexandre, en 317 avant notre ère. Alexandre IV, fils d’Alexandre, eut le pouvoir jusqu’en 311, année où il fut tué par Cassandre, un des généraux de son père. Héraclès, fils illégitime d’Alexandre, voulut régner au nom de son père, mais fut assassiné en 309. Avec sa mort s’éteignit la lignée d’Alexandre, et “ sa domination ” sortit de sa famille. 11 Après la mort d’Alexandre, son royaume fut “ divisé vers les quatre vents ”. Ses nombreux généraux se querellèrent pour s’approprier des territoires. Antigonus Ier , un général borgne, essaya de s’emparer de tout l’empire d’Alexandre. Mais il mourut au cours d’une bataille à Ipsus, en Phrygie. En l’an 301 avant notre ère, quatre généraux d’Alexandre étaient au pouvoir dans le vaste territoire que leur commandant avait conquis. Cassandre dominait la Macédoine et la Grèce. Lysimaque était maître de l’Asie Mineure et de la Thrace. Séleucus Ier Nicator avait obtenu la Mésopotamie et la Syrie. Et Ptolémée Lagus avait pris l’Égypte et la Palestine. La parole prophétique était véridique : l’immense empire d’Alexandre avait été divisé en quatre royaumes hellénistiques. DEUX ROIS RIVAUX SORTENT DU LOT 12 Quelques années après être parvenu au pouvoir, Cassandre mourut, et en 285 avant notre ère Lysimaque >> prit possession de la partie européenne de l’Empire grec. En 281, Lysimaque tomba au combat, vaincu par Séleucus Ier Nicator, ce qui rendit Séleucus maître de la plupart des territoires d’Asie. En 276, Antigonus II Gonatas, petit-fils d’un des généraux d’Alexandre, monta sur le trône de Macédoine. Par la suite, la Macédoine passa sous la coupe de Rome et finit transformée en province romaine en 146 avant notre ère. 13 Sur quatre, il ne restait plus que deux royaumes hellénistiques éminents : celui qui avait à sa tête Séleucus Ier Nicator et celui que dirigeait Ptolémée Lagus. Séleucus établit la dynastie des Séleucides en Syrie. Entre autres villes, il fonda Antioche, la nouvelle capitale syrienne, et le port de Séleucie. Plus tard, l’apôtre Paul enseigna à Antioche, où les disciples de Jésus furent pour la première fois appelés chrétiens (Actes 11:25, 26 ; 13:1-4). Séleucus fut assassiné en 281, mais sa dynastie régna jusqu’en 64 avant notre ère, date à laquelle le général romain Cnaeus Pompée érigea la Syrie en province romaine. 14 Des quatre, le royaume hellénistique qui dura le plus longtemps fut celui de Ptolémée Lagus, ou Ptolémée Ier , qui prit le titre de roi en 305 avant notre ère. La dynastie ptolémaïque qu’il fonda demeura à la tête de l’Égypte jusqu’à ce qu’elle tombe devant Rome en 30 avant notre ère. 15 Ainsi, parmi les quatre royaumes hellénistiques, deux rois forts sortirent du lot : Séleucus Ier Nicator en Syrie et Ptolémée Ier en Égypte. C’est avec ces deux rois que commença la longue lutte entre “ le roi du Nord ” et “ le roi du Sud ” décrite en Daniel chapitre 11. L’ange de Jéhovah ne précisa pas les noms de ces
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    deux rois, carleur identité et leur nationalité changeraient au cours des siècles. L’ange ne s’embarrassa pas de détails inutiles ; il ne mentionna que les souverains et les événements déterminants dans le conflit. LE CONFLIT COMMENCE 16 Écoutez ! L’ange de Jéhovah raconte le départ de ce conflit plein de rebondissements : “ Le roi du Sud deviendra fort, oui un de ses princes [d’Alexandre] ; et il [le roi du Nord] l’emportera sur lui et à coup sûr dominera avec une domination étendue, plus grande que le pouvoir souverain de celui-là. ” (Daniel 11:5). Les expressions “ le roi du Nord ” et “ le roi du Sud ” désignent des rois au nord et au sud du peuple de Daniel, qui était alors libéré de la captivité à Babylone et rétabli dans le pays de Juda. Le premier “ roi du Sud ” fut Ptolémée Ier d’Égypte. Un des généraux d’Alexandre qui prévalut contre Ptolémée Ier et qui domina “ avec une domination étendue ” fut le roi de Syrie Séleucus Ier Nicator. Il tint le rôle de “ roi du Nord ”. 17 Au début du conflit, le pays de Juda se trouvait sous la domination du roi du Sud. À partir de 320 avant notre ère environ, Ptolémée Ier encouragea les Juifs à venir en Égypte en qualité de colons. Une colonie juive prospéra à Alexandrie, où Ptolémée Ier fonda une bibliothèque célèbre. Les Juifs de Juda demeurèrent sous la coupe de l’Égypte ptolémaïque, le roi du Sud, jusqu’en 198 avant notre ère. 18 À propos des deux rois, l’ange prophétisa : “ Au bout de quelques années ils s’allieront ensemble, et la fille du roi du Sud viendra vers le roi du Nord pour faire un accord équitable. >> ~ Mais elle ne conservera pas la force de son bras ; et il ne tiendra pas, non plus que son bras ; et elle sera livrée, elle et ceux qui l’ont amenée, ainsi que celui qui l’a engendrée, et celui qui la rendait forte en ces temps-là. ” (Daniel 11:6). Comment ces paroles se réalisèrent- elles ? 19 La prophétie ne prit pas en compte Antiochus Ier , fils et successeur de Séleucus Ier Nicator, du fait qu’il ne mena pas de guerre décisive contre le roi du Sud. En revanche, son successeur, Antiochus II, fit une longue guerre à Ptolémée II, le fils de Ptolémée Ier . Antiochus II et Ptolémée II constituèrent respectivement le roi du Nord et le roi du Sud. Antiochus II était marié à Laodice, et ils eurent un fils appelé Séleucus II ; Ptolémée II, quant à lui, avait une fille nommée Bérénice. En 250 avant notre ère, ces deux rois conclurent “ un accord équitable ”. Pour payer le prix de cette alliance, Antiochus II divorça d’avec sa femme, Laodice, et épousa Bérénice, “ la fille du roi du Sud ”. De Bérénice, il eut un fils qui devint l’héritier du trône de Syrie à la place des fils de Laodice. 20 Le “ bras ” de Bérénice, c’est-à- dire le pouvoir qui la soutenait, était son père, Ptolémée II. Quand il mourut en 246 avant notre ère, elle ne “ conserva pas la force de son bras ” auprès de son mari. En effet, Antiochus II la rejeta, se remaria avec Laodice et désigna leur fils comme successeur. Conformément au plan de Laodice, Bérénice et son fils furent assassinés. Les serviteurs qui avaient accompagné Bérénice d’Égypte en Syrie, “ ceux qui l’ont amenée ”, subirent sans doute le même sort. Laodice empoisonna même Antiochus II, si bien que “ son bras ”, son pouvoir, aussi ‘ ne tint pas ’. Ainsi, le père de Bérénice (“ celui qui l’a engendrée ”) et
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    son mari syrien(qui l’avait pendant un temps rendue “ forte ”) moururent tous deux. Et Séleucus II, le fils de Laodice, se retrouva roi de Syrie. Quelle serait la réaction du roi ptolémaïque suivant ? UN ROI VENGE LE MEURTRE DE SA SŒUR 21 “ À coup sûr quelqu’un du rejeton de ses racines se lèvera dans sa position, déclara l’ange, et il viendra vers les forces militaires et viendra contre la forteresse du roi du Nord ; oui, il agira contre eux et il l’emportera. ” (Daniel 11:7). Le “ quelqu’un du rejeton ” des parents de Bérénice, les “ racines ”, était son frère. À la mort de son père, il ‘ se leva ’ en qualité de roi du Sud : il fut le pharaon Ptolémée III. En premier lieu, il entreprit de venger le meurtre de sa sœur. En marchant contre le roi de Syrie Séleucus II, dont Laodice s’était servi pour assassiner Bérénice et son fils, il vint contre “ la forteresse du roi du Nord ”. Ptolémée III prit la partie fortifiée d’Antioche et blessa mortellement Laodice. Il traversa le domaine du roi du Nord en direction de l’est, pilla la Babylonie et poursuivit sa marche jusqu’en Inde. 22 Que se passa-t-il ensuite ? L’ange de Dieu nous dit : “ Et aussi avec leurs dieux, avec leurs images en métal fondu, avec leurs objets désirables d’argent et d’or, et avec les captifs il viendra en Égypte. Et lui, pendant quelques années, se tiendra à distance du roi du Nord. ” (Daniel 11:8). Plus de deux siècles auparavant, le roi de Perse Cambyse II avait conquis l’Égypte et avait emporté chez lui les dieux égyptiens, “ leurs images en métal fondu ”. Lorsqu’il pilla Suse, ancienne capitale royale de la Perse, Ptolémée III …………………………………………... reprit ces dieux et les emmena “ captifs ” en Égypte. Il rapporta également un butin considérable, de nombreux “ objets désirables d’argent et d’or ”. Mais Ptolémée III dut mater une révolte dans son pays ; aussi ‘ se tint-il à distance du roi du Nord ’ : il ne lui fit plus de mal. LE ROI DE SYRIE SE VENGE 23 Comment le roi du Nord réagit-il ? Daniel entendit : “ Il viendra réellement dans le royaume du roi du Sud et retournera vers son sol. ” (Daniel 11:9). Le roi du Nord (le roi de Syrie Séleucus II) riposta. Il pénétra dans “ le royaume ” du roi du Sud, le roi d’Égypte, mais subit une défaite. Avec seulement un petit groupe de soldats rescapés, Séleucus II ‘ retourna vers son sol ’ : il battit en retraite à Antioche, capitale de la Syrie, vers 242 avant notre ère. À sa mort, son fils Séleucus III lui succéda. 24 Qu’était-il prédit au sujet de la descendance du roi de Syrie Séleucus II ? L’ange dit à Daniel : “ Or, quant à ses fils, ils s’exciteront et réuniront vraiment une foule de forces militaires nombreuses. Et venant il viendra à coup sûr et inondera et passera. Mais il retournera, et il s’excitera jusqu’à sa forteresse. ” (Daniel 11:10). Un assassinat abrégea le règne de Séleucus III : il n’avait même pas duré trois ans. Son frère, Antiochus III, lui succéda sur le trône de Syrie. Ce fils de Séleucus II rassembla une armée nombreuse pour attaquer le roi du Sud, qui était alors Ptolémée IV. Le nouveau roi du Nord, le roi de Syrie, battit l’Égypte et reprit le port de Séleucie, la province de Cœlésyrie, les villes de Tyr et de Ptolémaïs ainsi que les villes voisines. Il mit en déroute
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    l’armée du roiPtolémée IV et s’empara de nombreuses villes de Juda. Au printemps 217 avant notre ère, Antiochus III quitta Ptolémaïs et se rendit au nord, “ jusqu’à sa forteresse ” en Syrie. Mais un changement pointait à l’horizon. LE VENT TOURNE 25 Comme Daniel, nous écoutons attentivement la prédiction suivante de l’ange de Jéhovah : “ Le roi du Sud s’exaspérera, oui il sortira et combattra contre lui, c’est-à-dire contre le roi du Nord ; et à coup sûr il fera se lever une foule nombreuse, et la foule sera vraiment livrée en la main de celui-là. ” (Daniel 11:11). Avec 75 000 soldats, le roi du Sud, Ptolémée IV, monta au nord contre l’ennemi. Le roi du Nord, le Syrien Antiochus III, avait réuni “ une foule nombreuse ” de 68 000 hommes pour se lever contre lui. Mais “ la foule ” fut “ livrée en la main ” du roi du Sud dans la bataille qui eut lieu près de la ville côtière de Raphia, non loin de la frontière égyptienne. 26 La prophétie se poursuit ainsi : “ Oui, la foule sera emportée. Son cœur s’élèvera, et vraiment il fera tomber des dizaines de milliers ; mais il n’exploitera pas sa position de force. ” (Daniel 11:12). Ptolémée IV, le roi du Sud, ‘ emporta ’ dans la mort 10 000 fantassins et 300 cavaliers syriens, et il fit 4 000 prisonniers. Les rois conclurent alors un traité aux termes duquel Antiochus III gardait son port syrien de Séleucie, mais perdait la Phénicie et la Cœlésyrie. Après cette victoire, le cœur du roi du Sud égyptien ‘ s’éleva ’, surtout contre Jéhovah. Juda resta assujetti à Ptolémée IV. Néanmoins, celui-ci ‘ n’exploita pas sa position de force ’ : il n’en profita pas pour remporter d’autres victoires >> contre le roi du Nord syrien. Il préféra mener une vie débauchée, et son fils de cinq ans, Ptolémée V, devint le roi du Sud suivant, quelques années avant la mort d’Antiochus III. CELUI QUI AVAIT ACCOMPLI DES EXPLOITS REVIENT 27 Antiochus III réalisa tant d’exploits qu’on l’appela Antiochus le Grand. L’ange déclara à son sujet : “ À coup sûr le roi du Nord reviendra et mettra sur pied une foule plus nombreuse que la première ; et, au bout des temps, de quelques années, il viendra, et cela avec de grandes forces militaires et beaucoup de biens. ” (Daniel 11:13). Ces “ temps ” furent les 16 années ou davantage qui suivirent la défaite infligée aux Syriens par les Égyptiens à Raphia. Quand le jeune Ptolémée V devint le roi du Sud, Antiochus III partit avec “ une foule plus nombreuse que la première ” reconquérir les territoires que lui avait pris le roi du Sud égyptien. À cette fin, il allia son armée à celle du roi Philippe V de Macédoine. 28 Le roi du Sud connaissait en outre des troubles à l’intérieur de son royaume. “ En ces temps-là, beaucoup se lèveront contre le roi du Sud ”, révèle l’ange (Daniel 11:14a). Effectivement, beaucoup ‘ se levèrent contre le roi du Sud ’. En plus d’affronter l’armée d’Antiochus III et de son allié macédonien, le jeune roi du Sud avait des soucis dans son pays, en Égypte. À cause de son tuteur, Agathocle, qui gouvernait en son nom et traitait les Égyptiens avec arrogance, beaucoup se révoltèrent. L’ange ajouta : “ Et quant aux fils des bandits appartenant à ton peuple, ils se laisseront entraîner pour essayer de réaliser une vision ; et à coup sûr ils
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    trébucheront. ” (Daniel11:14b). Même certains membres du peuple de Daniel devinrent des ‘ fils de bandits ’, des révolutionnaires. Mais quelle que soit la “ vision ” que ces Juifs auraient, vision qui les inciterait à mettre fin à la domination des Gentils sur leur pays, elle serait fausse, et ils échoueraient, ou ‘ trébucheraient ’. 29 L’ange de Jéhovah prédit ensuite : “ Le roi du Nord viendra, il élèvera un rempart de siège et s’emparera bel et bien d’une ville avec des fortifications. Et quant aux bras du Sud, ils ne tiendront pas, non plus que le peuple de ses gens d’élite ; et il n’y aura pas de force pour continuer de tenir. Et celui qui vient contre lui agira selon sa volonté, et personne ne tiendra devant lui. Il se tiendra dans le pays de la Parure, et il y aura l’extermination dans sa main. ” — Daniel 11:15, 16. 30 Les forces militaires commandées par Ptolémée V, les “ bras du Sud ”, succombèrent à une attaque lancée du nord. À Panéas (Césarée de Philippe), Antiochus III poussa le général égyptien Scopas et 10 000 hommes choisis, des “ gens d’élite ”, à se réfugier dans Sidon, “ une ville avec des fortifications ”. Antiochus III y ‘ éleva un rempart de siège ’ et prit ce port phénicien en 198 avant notre ère. Il agit “ selon sa volonté ”, car l’armée du roi du Sud égyptien fut incapable de tenir devant lui. Antiochus III marcha alors contre Jérusalem, la capitale du “ pays de la Parure ”, Juda. En 198, Jérusalem et Juda passèrent de la domination du roi du Sud égyptien à celle du roi du Nord syrien. Et Antiochus III, le roi du Nord, commença à ‘ se tenir dans le pays de la Parure ’. Il y eut “ l’extermination dans sa main ” pour tous les adversaires juifs et égyptiens. Combien de temps ce roi du Nord ferait-il ce qui lui plaisait ?  ROME S’IMPOSE À L’AUTEUR DES EXPLOITS 31 L’ange de Jéhovah nous donne cette réponse : “ Il [le roi du Nord] tournera sa face pour venir avec la force de tout son royaume, et il y aura des conditions équitables avec lui ; et il agira efficacement. Pour ce qui est de la fille des femmes, il lui sera accordé de causer sa ruine. Et elle ne tiendra pas, et elle ne restera pas sienne. ” — Daniel 11:17. 32 Le roi du Nord, Antiochus III, ‘ tourna sa face ’ pour dominer l’Égypte “ avec la force de tout son royaume ”. Mais il finit par proposer “ des conditions équitables ” de paix avec Ptolémée V, le roi du Sud. Les exigences de Rome avaient obligé Antiochus III à changer ses plans. Quand le roi Philippe V de Macédoine et lui s’étaient ligués contre le tout jeune roi d’Égypte pour s’emparer de ses territoires, les tuteurs de Ptolémée V avaient cherché protection auprès de Rome. Rome saisit cette occasion d’étendre sa sphère d’influence ; elle éleva le ton. 33 Mis en demeure par Rome, Antiochus III proposa des conditions de paix au roi du Sud. Au lieu de rendre les territoires qu’il avait conquis, comme Rome l’exigeait, Antiochus III voulut en faire un transfert fictif en donnant sa fille Cléopâtre Ire (“ la fille des femmes ”) en mariage à Ptolémée V. Elle recevrait en dot des provinces, notamment Juda, “ le pays de la Parure ”. Cependant, lors du mariage célébré en 193 avant notre ère, le roi de Syrie ne remit pas ces provinces à Ptolémée V. Le mariage était politique ; il avait pour but d’assujettir l’Égypte à la Syrie. Mais le projet avorta, car Cléopâtre Ire ‘ ne resta pas sienne ’ : elle prit par la
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    suite le partide son mari. Quand la guerre éclata entre Antiochus III et les Romains, l’Égypte se rangea du côté de Rome. 34 L’ange ajouta à propos des revers du roi du Nord : “ Il [Antiochus III] tournera sa face vers les pays côtiers et vraiment il en prendra beaucoup. Et un commandant [Rome] devra faire cesser pour lui-même [Rome] l’opprobre de sa part, de sorte que son opprobre [celui d’Antiochus III] ne sera pas. Il [Rome] le fera s’en retourner sur celui- là. Et il [Antiochus III] tournera sa face vers les forteresses de son propre pays, et à coup sûr il trébuchera et tombera, et il ne sera pas trouvé. ” — Daniel 11:18, 19. 35 Les “ pays côtiers ” en question étaient ceux de Macédoine, de Grèce et d’Asie Mineure. Une guerre éclata en Grèce en 192 avant notre ère, ce qui incita Antiochus III à s’y rendre. Les prétentions du roi de Syrie à de nouveaux territoires dans ce pays déplurent à Rome, qui lui déclara la guerre. Il fut vaincu par les Romains aux Thermopyles. Environ un an après avoir perdu la bataille de Magnésie en 190, il dut tout abandonner en Grèce, en Asie Mineure et dans les régions situées à l’ouest des montagnes du Taurus. Rome exigea un lourd tribut et domina dès lors le roi du Nord syrien. Chassé de Grèce, d’Asie Mineure et ayant perdu presque toute sa flotte, Antiochus III ‘ tourna sa face vers les forteresses de son propre pays ’, la Syrie. Les Romains avaient ‘ fait s’en retourner sur celui-là son opprobre contre eux ’. Antiochus III mourut alors qu’il essayait de piller un temple en Élymaïs, une région de Perse, en 187. C’est ainsi qu’il ‘ tomba ’, mort ; son fils, Séleucus IV, fut le roi du Nord suivant.  LE CONFLIT SE POURSUIT 36 Le roi du Sud, Ptolémée V, essaya de prendre les provinces qui auraient dû lui revenir comme dot de Cléopâtre, mais le poison mit un terme à ses ambitions. Son successeur fut Ptolémée VI. Qu’était devenu Séleucus IV ? Il avait besoin d’argent pour payer le lourd tribut dû à Rome ; aussi envoya-t-il Héliodore, son trésorier, prendre les richesses que le temple de Jérusalem était censé contenir. Héliodore, qui convoitait le trône, supprima Séleucus IV. Cependant, le roi Eumène de Pergame et Attale, son frère, installèrent sur le trône Antiochus IV, le frère du roi assassiné. 37 Antiochus IV, le nouveau roi du Nord, voulut se montrer plus fort que Dieu : il tenta d’éradiquer le culte de Jéhovah. Il défia Jéhovah en vouant le temple de Jérusalem à Zeus, ou Jupiter. En décembre 167 avant notre ère, on érigea un autel païen par-dessus le grand autel qui se trouvait dans la cour du temple et sur lequel était offert chaque jour un holocauste à Jéhovah. Dix jours plus tard, on offrit sur cet autel païen un sacrifice à Zeus. Cette profanation provoqua un soulèvement des Juifs sous la conduite des Maccabées. Antiochus IV les combattit pendant trois ans. En 164, le jour anniversaire de la profanation, Judas Maccabée redédia le temple à Jéhovah et institua la fête de l’Inauguration, Hanoukka. — Jean 10:22. 38 Les Maccabées signèrent probablement un traité avec Rome en 161 avant notre ère et fondèrent un royaume en 104. Mais les frictions entre eux et le roi du Nord syrien continuèrent.
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    Finalement, il futdemandé à Rome d’intervenir. Le général romain Cnaeus Pompée prit Jérusalem en 63 avant notre ère, après un siège de trois mois.> ~ ~ En 39 avant notre ère, le sénat romain nomma Hérode, un Édomite, roi de Judée. Ce dernier mit fin à la domination maccabéenne en prenant Jérusalem en 37 [Tableau/Illustrations, page 228] (Voir la publication) LES ROIS EN DANIEL 11:5-19 …………………………….Le roi du Nord…………………Le roi du Sud Daniel 11:5……………….Séleucus I er Nicator……………Ptolémée I er Daniel 11:6……………….Antiochus II……………………..Ptolémée II …………………………….(femme : Laodice)………………(fille : Bérénice) Daniel 11:7-9……………...Séleucus II………………….…..Ptolémée III Daniel 11:10-12…………...Antiochus III……………………Ptolémée IV Daniel 11:13-19…………..Antiochus III…………………….Ptolémée V ………………………….(fille : Cléopâtre I re )..Successeur : Ptolémée VI …………..Successeurs : Séleucus IV et Antiochus IV 39 N’est-il pas exaltant de constater que la première partie de la prophétie relative aux deux rois en conflit se réalisa en détail ? N’est-il pas passionnant de plonger ses regards dans l’Histoire qui se déroula quelque cinq siècles après que Daniel eut reçu le message prophétique, et de reconnaître les souverains qui >> ~ ~ occupèrent les positions de roi du Nord et de roi du Sud ? Cependant, l’identité politique de ces deux rois a changé au cours de la lutte qui s’est poursuivie jusqu’à l’époque où Jésus Christ a foulé la terre et qui se poursuit encore de nos jours. En faisant le rapprochement entre les événements de l’Histoire et les détails étonnants révélés dans cette prophétie, nous saurons identifier les deux rois belligérants. *** dp chap. 14 p. 231-247 *** Les deux rois changent d’identité 1 Le monarque syrien Antiochus IV envahit l’Égypte et s’autoproclame roi. À la demande du roi d’Égypte, Ptolémée VI, Rome envoie dans ce pays un ambassadeur, Caius Popilius Laenas. Il a avec lui une flotte impressionnante et des ordres du sénat romain enjoignant à Antiochus IV de renoncer à la royauté sur l’Égypte et de se retirer du pays. Le roi de Syrie et l’ambassadeur de Rome se rencontrent à Éleusis, faubourg d’Alexandrie. >> ~ Antiochus IV demande du temps pour consulter ses conseillers, mais Laenas trace un cercle autour du roi et lui dit de rendre sa réponse avant d’en sortir. Humilié, Antiochus IV se soumet aux exigences de Rome et rentre en Syrie en 168 avant notre ère. Ainsi prend fin la confrontation entre le roi du Nord syrien et le roi du Sud égyptien. 2 Rome, qui joue un rôle dominant dans les affaires du Proche-Orient, continue de dicter sa volonté à la Syrie. En conséquence, même si d’autres rois de la dynastie séleucide dirigent la Syrie
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    après la mortd’Antiochus IV, survenue en 163 avant notre ère, ils n’occupent pas la position de “ roi du Nord ”. (Daniel 11:15.) La Syrie est finalement transformée en province romaine en 64 avant notre ère. 3 La dynastie ptolémaïque d’Égypte garde la position de “ roi du Sud ” pendant un peu plus de 130 ans après la mort d’Antiochus IV (Daniel 11:14). Au cours de la bataille d’Actium, en 31 avant notre ère, le chef romain Octavien l’emporte sur les forces alliées de la dernière reine ptolémaïque, Cléopâtre VII, et de son amant romain, Marc Antoine. Après le suicide de Cléopâtre l’année suivante, l’Égypte devient également une province romaine et, par conséquent, ne tient plus le rôle de roi du Sud. En l’an 30 avant notre ère, Rome détient la suprématie tant sur la Syrie que sur l’Égypte. Faut-il maintenant s’attendre à ce que d’autres dominations jouent les rôles du roi du Nord et du roi du Sud ? UN NOUVEAU ROI ENVOIE “ UN EXACTEUR ” 4 Au printemps 33 de notre ère, Jésus Christ dit à ses disciples : “ Quand [...] vous apercevrez la chose immonde qui cause la désolation, dont a parlé Daniel le prophète, se tenant dans un lieu saint [...], alors, que ceux qui sont en Judée se mettent à fuir vers les montagnes. ” (Matthieu 24:15, 16). En citant Daniel 11:31, Jésus mettait ses disciples en garde contre une future ‘ chose immonde qui causerait la désolation ’. Cette prophétie concernant le roi du Nord fut énoncée quelque 195 ans après la mort d’Antiochus IV, le dernier roi de Syrie à avoir joué ce rôle. Une nouvelle entité dirigeante devrait sans aucun doute prendre l’identité du roi du Nord. De qui s’agirait-il ?  5 L’ange de Jéhovah Dieu prédit : “ Et dans sa position [celle d’Antiochus IV] doit se lever quelqu’un qui fera passer un exacteur par le royaume splendide, et en quelques jours il sera brisé, mais non pas dans la colère ni dans la guerre. ” (Daniel 11:20). Il s’avéra que celui qui ‘ se leva ’ de cette façon fut le premier empereur romain, Octavien, qu’on appela César Auguste. — Voir “ L’un honoré, l’autre méprisé ”, page 248. Voir p.103 ci-dessous 6 “ Le royaume splendide ” d’Auguste comprenait “ le pays de la Parure ”, la province romaine de Judée (Daniel 11:16). En 2 avant notre ère, Auguste envoya “ un exacteur ” lorsqu’il ordonna l’enregistrement ou recensement de la population, probablement afin de lever des impôts et pour la conscription militaire. C’est son décret qui amena Joseph et Marie à se rendre à Bethléhem pour se faire enregistrer, si bien que Jésus naquit à l’endroit prédit (Mika 5:2 ; Matthieu 2:1-12). En août 14 de notre ère (“ en quelques jours ”, c’est-à-dire pas très longtemps après que l’enregistrement eut été décrété), Auguste mourut à l’âge de 76 ans, ni “ dans la colère ”, sous les coups d’un assassin, ni “ dans la guerre ”, mais de maladie. Le roi du Nord avait bel et bien changé d’identité ! Il était à présent l’Empire romain en la personne de ses empereurs. ‘ LE MÉPRISÉ SE LÈVE ’ 7 L’ange poursuivit la prophétie en ces termes : “ Dans sa position [celle d’Auguste] doit se lever quelqu’un de méprisable, et à coup sûr on ne mettra pas sur lui la dignité du royaume ; oui, il viendra en un temps où l’on vivra sans souci et s’emparera du royaume au moyen d’une douceur feinte. Pour ce qui
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    est des brasde l’inondation, ils seront inondés à cause de lui, et ils seront brisés ; comme le sera également le Guide de l’alliance. ” — Daniel 11:21, 22. 8 Ce “ quelqu’un de méprisable ” fut Tibère César, le fils de Livie, la troisième femme d’Auguste (voir “ L’un honoré, l’autre méprisé ”, page 248 Voir p103 ci-dessous). Auguste détestait ce beau-fils à cause de ses mauvais traits de caractère et il ne voulait pas qu’il soit le César suivant. “ La dignité du royaume ” ne lui fut accordée, à contrecœur, qu’une fois que tous les autres successeurs possibles furent morts. Auguste adopta Tibère en 4 de notre ère et l’établit héritier du trône. Après la mort d’Auguste, Tibère, le méprisé, âgé de 54 ans, ‘ se leva ’ en ce sens qu’il se mit à exercer le pouvoir, devenant l’empereur romain et le roi du Nord. 9 “ Tibère, dit une encyclopédie (The New Encyclopædia Britannica), manipula le sénat et l’empêcha de le nommer empereur pendant presque un mois [après la mort d’Auguste]. ” Il dit au sénat que personne d’autre qu’Auguste n’était qualifié pour porter le fardeau que représentait le gouvernement de l’Empire romain, et il demanda aux sénateurs de rétablir la république en confiant l’autorité à un groupe d’hommes plutôt qu’à un seul. “ N’osant le prendre au mot, a écrit l’historien Will Durant, le Sénat échangea avec lui éloges et compliments, jusqu’à ce qu’enfin il acceptât le pouvoir. ” Et d’ajouter : “ La pièce était bien jouée de part et d’autre. Tibère voulait le principat ; autrement, il aurait trouvé le moyen d’y échapper ; le Sénat craignait et haïssait Tibère, mais il se refusait à rétablir une république basée comme l’ancienne >> sur des assemblées théoriquement souveraines. ” Ainsi, Tibère ‘ s’empara du royaume au moyen d’une douceur feinte ’. 10 “ Pour ce qui est des bras de l’inondation ”, les forces militaires des royaumes environnants, l’ange déclara : ‘ Ils seront inondés et seront brisés. ’ Quand Tibère devint le roi du Nord, son neveu Germanicus César était commandant des troupes romaines sur le Rhin. En 15 de notre ère, Germanicus mena ses troupes contre le héros germain Arminius, avec un certain succès. Cependant, il remporta des victoires limitées et chèrement payées, si bien que Tibère mit un terme aux opérations militaires en Germanie. Tibère préféra instiller la guerre civile dans le but d’empêcher les tribus germaniques de s’unir. En règle générale, il opta pour une politique étrangère de défense et s’attacha à renforcer les frontières. Ce choix fut assez heureux. De cette manière, les “ bras de l’inondation ” furent maîtrisés et “ brisés ”. 11 ‘ Brisé ’, “ le Guide de l’alliance ” que Jéhovah Dieu avait conclue avec Abraham en vue de la bénédiction de toutes les familles de la terre le fut lui aussi. Jésus Christ était la Semence d’Abraham promise dans cette alliance (Genèse 22:18 ; Galates 3:16). Le 14 Nisan 33 de notre ère, Jésus comparut devant Ponce Pilate dans le palais du gouverneur romain à Jérusalem. Les prêtres juifs avaient accusé Jésus de trahison contre l’empereur. Mais Jésus dit à Pilate : “ Mon royaume ne fait pas partie de ce monde. [...] Mon royaume n’est pas d’ici. ” Afin que le gouverneur romain ne relâche pas Jésus, pourtant innocent, les Juifs crièrent : “ Si tu relâches cet homme, tu n’es pas un ami de César.
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    Tout homme quise fait roi parle contre César. ” Après avoir réclamé l’exécution de Jésus, ils dirent : “ Nous n’avons de roi que César. ” En vertu de la loi de “ lèse-majesté ” que Tibère avait étendue au point qu’elle punisse presque la moindre insulte à César, Pilate livra Jésus pour qu’il soit ‘ brisé ’, c’est-à-dire attaché sur un poteau de supplice. — Jean 18:36 ; 19:12-16 ; Marc 15:14-20. UN TYRAN ‘ PROJETTE SES PROJETS ’ 12 L’ange poursuivit sa prophétie sur Tibère en disant : “ Parce qu’ils se seront alliés avec lui, il pratiquera la tromperie, oui il montera et deviendra fort par le moyen d’une petite nation. ” (Daniel 11:23). Les membres du sénat romain s’étaient, constitutionnellement, “ alliés ” avec Tibère, et lui, en théorie, dépendait d’eux. Mais il les trompa ; il devint en réalité “ fort par le moyen d’une petite nation ”. Cette petite nation était la Garde prétorienne, qui campait près des murailles de Rome. Sa proximité intimidait le sénat et permettait à Tibère de prévenir tout soulèvement du peuple contre son autorité. Tibère resta donc fort grâce à environ 10 000 gardes. 13 L’ange ajouta : “ En un temps où l’on vivra sans souci, il entrera dans la partie grasse du district administratif, et il fera vraiment ce que ses pères et les pères de ses pères n’ont pas fait. Il dispersera parmi eux butin, dépouilles et biens ; et contre les places fortes il projettera ses projets, mais seulement jusqu’à un temps. ” (Daniel 11:24). Tibère étant extrêmement suspicieux, sous son règne se multiplièrent les meurtres commandés. Dans une grande mesure sous l’influence de Séjan, >> le commandant de la Garde prétorienne, la dernière partie de son règne fut marquée par la terreur. Au bout du compte, Séjan lui-même fut soupçonné et exécuté. Pour ce qui est de tyranniser le peuple, Tibère surpassa ses ancêtres. 14 En revanche, Tibère dispersa “ butin, dépouilles et biens ” dans les provinces romaines. À sa mort, tous les peuples assujettis étaient prospères. Les impôts n’étaient pas accablants, et il était capable de générosité envers les habitants des régions qui connaissaient des difficultés. Si des soldats ou des officiers opprimaient qui que ce soit ou cautionnaient des malversations, ils avaient lieu de craindre la vengeance impériale. Une main de fer garantissait la sécurité publique, et un système de communications amélioré favorisa le commerce. Tibère veillait à ce que les affaires soient traitées impartialement et sans délai à l’intérieur comme à l’extérieur de Rome. On améliora les lois, et on affina les codes sociaux et moraux en poursuivant les réformes instituées par Auguste César. Néanmoins, Tibère ‘ projeta ses projets ’, ce qui explique que l’historien romain Tacite l’ait décrit comme un homme hypocrite, doué pour se donner de fausses apparences. Lorsqu’il mourut en mars 37, Tibère était considéré comme un tyran. 15 Les successeurs de Tibère qui tinrent le rôle de roi du Nord furent Gaius César (Caligula), Claude Ier , Néron, Vespasien, Titus, Domitien, Nerva, Trajan et Hadrien. “ Pour la plupart, dit The New Encyclopædia Britannica, les successeurs d’Auguste suivirent sa politique administrative et poursuivirent son programme de construction, quoiqu’avec moins d’innovation et plus d’ostentation. ” Le même ouvrage de
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    référence précise :“ À la fin du Ier siècle et au début du IIe , Rome était à son apogée sous le rapport de la grandeur et de la population. ” Même si Rome connaissait à l’époque des troubles aux frontières impériales, sa première confrontation prédite avec le roi du Sud ne survint pas avant le IIIe siècle de notre ère. RÉVEILLÉ CONTRE LE ROI DU SUD 16 L’ange de Dieu continua la prophétie en disant : “ Il [le roi du Nord] réveillera sa force et son cœur contre le roi du Sud, avec de grandes forces militaires ; quant au roi du Sud, il s’excitera à la guerre avec des forces militaires extrêmement grandes et puissantes. Et il [le roi du Nord] ne tiendra pas, car on projettera des projets contre lui. Et ceux qui mangent ses mets délicats causeront son effondrement. Quant à ses forces militaires, elles seront emportées ; oui, beaucoup tomberont tués. ” — Daniel 11:25, 26. 17 Quelque 300 ans après qu’Octavien eut érigé l’Égypte en province romaine, l’empereur romain Aurélien assuma le rôle de roi du Nord. À ce moment-là, la reine Septimia Zenobia (Zénobie) de la colonie romaine de Palmyre occupait la position de roi du Sud {Note : Puisque les expressions “ le roi du Nord ” et “ le roi du Sud ” sont des titres, elles peuvent désigner n’importe quelle entité dirigeante, aussi bien un roi qu’une reine ou un bloc de nations.} (voir “ Zénobie, la reine guerrière de Palmyre ”, page 252 Voir p.104 ci-dessous). L’armée palmyrénienne occupa l’Égypte en 269 de notre ère, sous prétexte de la rendre sûre pour Rome. Zénobie voulait en réalité hisser Palmyre au rang de ville dominante en Orient et diriger les provinces orientales de Rome. Inquiet de l’ambition de cette femme, >> Aurélien réveilla “ sa force et son cœur ” pour agir contre Zénobie. 18 Le roi du Sud, l’entité dirigeante qui avait Zénobie à sa tête, ‘ s’excita ’ à la guerre contre le roi du Nord “ avec des forces militaires extrêmement grandes et puissantes ” sous la direction de deux généraux, Zabdas et Zabbaï. Mais Aurélien prit l’Égypte, puis lança une expédition en Asie Mineure et en Syrie. Zénobie fut vaincue à Émèse (aujourd’hui Homs), après quoi elle battit en retraite à Palmyre. Quand Aurélien assiégea la ville, Zénobie se défendit vaillamment, mais en vain. Elle s’enfuit avec son fils en direction de la Perse, mais fut rattrapée par les Romains près de l’Euphrate. Les Palmyréniens livrèrent leur ville en 272. Aurélien épargna Zénobie ; il en fit une attraction de choix dans son cortège triomphal à Rome, en 274. Zénobie vécut le reste de sa vie comme une dame romaine. 19 Aurélien, quant à lui, ‘ ne tint pas, à cause de projets contre lui ’. En 275 de notre ère, il entreprit une expédition contre les Perses. Alors qu’il attendait en Thrace l’occasion de traverser le détroit pour mettre le pied en Asie Mineure, ceux qui ‘ mangeaient sa nourriture ’ complotèrent contre lui et causèrent son “ effondrement ”. Il était sur le point de demander des comptes à son secrétaire, Éros, concernant des irrégularités. Mais Éros dressa une fausse liste d’officiers destinés à la mort. La vue de cette liste poussa ces officiers à comploter contre Aurélien et à l’assassiner. 20 La mort d’Aurélien ne mit pas fin à l’existence du roi du Nord. D’autres souverains romains reprirent le flambeau. Pendant un temps, il y eut un empereur d’Occident et un d’Orient. Sous ces hommes, les “ forces
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    militaires ” duroi du Nord furent “ emportées ” ou “ dispersées ” {Note : Voir la note sur Daniel 11:26 dans les Saintes Écritures — Traduction du monde nouveau — avec notes et références, version publiée par les Témoins de Jéhovah. {Rbi8 Daniel 11:26 *** “ submergeront ”, MLXX ; LXX Bagster : “ supprimeront (des armées) ” ; Sy : “ seront dispersées ” ; Vg : “ seront renversées ”.}}, et beaucoup ‘ tombèrent tués ’ de par les invasions des tribus germaniques venues du nord. Les Goths forcèrent les frontières romaines au IVe siècle. Les invasions se succédèrent. En 476, le chef germain Odoacre déposa le dernier empereur qui ait régné depuis Rome. Au début du VIe siècle, l’Empire romain avait été brisé en Occident et des rois germains régnaient en Bretagne, en Gaule, en Italie, en Afrique du Nord et en Espagne. La partie orientale de l’empire subsista jusqu’au XVe siècle. UN GRAND EMPIRE EST DIVISÉ 21 Sans se perdre en détails inutiles sur l’effondrement de l’Empire romain, qui s’étendit sur plusieurs siècles, l’ange de Jéhovah prédit ensuite d’autres exploits du roi du Nord et du roi du Sud. Cependant, un bref rappel de certains événements survenus dans l’Empire romain nous aidera à identifier les deux rois rivaux à des époques ultérieures. 22 Au IVe siècle, l’empereur romain Constantin accorda au christianisme apostat la reconnaissance officielle. Il convoqua même et présida en personne un concile de l’Église à Nicée, en Asie Mineure, en 325. Par la suite, Constantin déplaça la résidence impériale de Rome à Byzance, ou Constantinople, et fit de cette ville sa nouvelle capitale. L’Empire romain demeura sous la domination d’un seul empereur >> jusqu’à la mort de Théodose Ier , le 17 janvier 395. 23 Après la mort de Théodose, l’Empire romain fut partagé entre ses fils. Honorius reçut la partie occidentale, et Arcadius la partie orientale, dont la capitale était Constantinople. La Bretagne (Grande-Bretagne), la Gaule, l’Italie, l’Espagne et l’Afrique du Nord étaient au nombre des provinces de la partie occidentale. La Macédoine, la Thrace, l’Asie Mineure, la Syrie et l’Égypte étaient des provinces de la partie orientale. En 642, Alexandrie, la capitale égyptienne, tomba aux mains des Sarrasins (les Arabes), si bien que l’Égypte se retrouva province des califes. En janvier 1449, Constantin XI devint le dernier empereur d’Orient. Sous la conduite du sultan Mehmed II, les Turcs ottomans prirent Constantinople le 29 mai 1453, ce qui porta le coup de grâce à l’Empire romain d’Orient. L’an 1517 vit l’Égypte annexée en province turque. Mais par la suite ce pays de l’ancien roi du Sud passerait sous la tutelle d’un autre empire d’Occident. 24 Dans l’aile occidentale de l’Empire romain s’éleva l’évêque catholique de Rome, notamment le pape Léon Ier , célèbre pour avoir assis l’autorité papale au Ve siècle. Plus tard, le pape prit sur lui de couronner l’empereur d’Occident. Cela eut lieu à Rome le jour de Noël de l’an 800 : le pape Léon III couronna Charles, roi des Francs (Charlemagne), empereur du nouvel Empire romain d’Occident. Ce couronnement redonna un empereur à Rome et, selon certains historiens, marqua l’avènement du Saint Empire romain. Dès lors existèrent l’Empire d’Orient et, en Occident, le
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    Saint Empire romain,qui se réclamaient tous deux du christianisme. 25 Au fil du temps, les successeurs de Charlemagne s’avérèrent de piètres dirigeants. La fonction d’empereur resta même vacante à une époque. Dans l’intervalle, le roi de Germanie Otton Ier s’était emparé de la plus grande partie de l’Italie du nord et du centre. Il s’autoproclama roi d’Italie. Le 2 février 962, le pape Jean XII couronna Otton Ier empereur du Saint Empire romain. Sa capitale était en Germanie, et les empereurs furent germains, comme la plupart de leurs sujets. Cinq siècles plus tard, la maison autrichienne des Habsbourg acquit le titre d’“ empereur ” et le conserva presque tout le temps que dura encore le Saint Empire romain. LES DEUX ROIS DE NOUVEAU IDENTIFIÉS CLAIREMENT 26 Napoléon Ier porta un coup fatal au Saint Empire romain quand il refusa de reconnaître son existence après les victoires qu’il remporta en Allemagne au cours de l’année 1805. Incapable de défendre la couronne, l’empereur François II renonça au statut d’empereur romain le 6 août 1806 et se contenta du gouvernement de sa nation en tant qu’empereur d’Autriche. Au bout de 1 006 ans disparaissait le Saint Empire romain, fondé par Léon III, un pape catholique romain, et par Charlemagne, un roi franc. >> ~ ~ En 1870, Rome devint la capitale du royaume d’Italie, indépendant du Vatican. L’année suivante, un empire allemand vit le jour lorsque Guillaume Ier fut proclamé césar, ou kaiser. C’est ainsi que le roi du Nord moderne, l’Allemagne, monta sur la scène mondiale. 27 Mais quelle était l’identité du roi du Sud moderne ? L’Histoire indique que la Grande-Bretagne prit le pouvoir impérial au XVIIe siècle. Napoléon Ier voulait couper les routes commerciales britanniques ; c’est pourquoi il conquit l’Égypte en 1798. Cela déclencha la guerre, et une alliance entre Britanniques et Ottomans obligea les Français à se retirer d’Égypte, identifiée au roi du Sud au commencement du conflit. Au siècle suivant, l’influence britannique en Égypte s’affirma. Après 1882, l’Égypte fut dans la pratique une dépendance britannique. Lorsque la Première Guerre mondiale éclata en 1914, l’Égypte appartenait à la Turquie et était gouvernée par un khédive, ou vice-roi. Cependant, la Turquie prit parti pour l’Allemagne dans cette guerre ; la Grande-Bretagne déposa par conséquent le khédive et fit de l’Égypte un protectorat britannique. Tissant peu à peu des liens étroits, la Grande-Bretagne et les États-Unis d’Amérique devinrent la Puissance mondiale anglo-américaine. Ensemble, les deux pays parvinrent à la position de roi du Sud. . . . .
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    [Encadré/Illustration, pages 248-251] L’UNHONORÉ, L’AUTRE MÉPRISÉ L’un transforma une république déchirée par les dissensions en un empire mondial. L’autre, en 23 ans, multiplia par vingt les richesses de cet empire. L’un fut honoré à sa mort ; l’autre fut méprisé. C’est sous les règnes de ces deux empereurs romains que Jésus vécut et accomplit son ministère. Qui étaient-ils ? Et pourquoi l’un fut-il honoré et l’autre pas ? IL ‘ TROUVA ROME EN BRIQUE ET LA LAISSA EN MARBRE ’ En 44 avant notre ère, quand Jules César fut assassiné, le petit-fils de sa sœur, Caius Octavius, n’avait que 18 ans. Comme il était fils adoptif et principal héritier personnel de Jules César, Octavien marcha immédiatement sur Rome pour réclamer son héritage. Il s’y heurta à un adversaire redoutable : Marc Antoine, lieutenant en chef de César, qui s’attendait à être l’héritier principal. L’intrigue politique et la lutte pour le pouvoir qui s’ensuivirent durèrent 13 années. Ce n’est qu’après avoir écrasé les forces alliées de la reine d’Égypte Cléopâtre et de son amant Marc Antoine (en 31 avant notre ère) qu’Octavien s’imposa comme le chef incontesté de l’Empire romain. L’année suivante, Antoine et Cléopâtre se suicidèrent ; Octavien annexa l’Égypte. Ainsi s’écroula le dernier vestige de l’Empire grec, et Rome devint la puissance mondiale. Octavien n’oubliait pas qu’en gouvernant en despote Jules César avait fini assassiné ; il veilla à ne pas reproduire la même erreur. Pour ne pas froisser les sentiments des Romains, qui étaient favorables à une république, il déguisa la monarchie qu’il exerçait sous un habit républicain. Il refusa les titres de “ roi ” et de “ dictateur ”. Il avança d’un pas encore : il annonça son intention de rendre le contrôle de toutes les provinces au sénat et proposa de se démettre des charges qu’il assumait. Sa tactique réussit. Le sénat, reconnaissant, pria Octavien de garder ses fonctions ainsi que le contrôle de plusieurs provinces. En outre, le 16 janvier 27 avant notre ère, le sénat attribua à Octavien le titre d’“ Auguste ”, qui signifie “ Élevé, Consacré ”. Non seulement Octavien accepta ce titre, mais encore il donna son nom à un mois (août, Augustus en latin) et enleva un jour à février de sorte qu’août compte le même nombre de jours que juillet (Julius en latin), le mois nommé d’après Jules César. Octavien devint par ces tactiques le premier empereur de Rome et fut par la suite appelé César Auguste ou “ L’Auguste ”. Plus tard, il reçut également le titre de “ Pontifex Maximus ” (grand prêtre), et en 2 avant notre ère (l’année de la naissance de Jésus) le sénat lui décerna le titre de Pater Patriae, “ Père de la patrie ”. La même année, “ un décret parut de la part de César Auguste pour que toute la terre habitée se fasse enregistrer [...] ; et tous les gens allaient se faire enregistrer, chacun dans sa propre ville ”. (Luc 2:1-3.) C’est à la suite de ce décret que Jésus naquit à Bethléhem, conformément aux prophéties bibliques. — Daniel 11:20 ; Mika 5:2. Sous Auguste, le gouvernement fut marqué par une certaine honnêteté et par une monnaie stable. Auguste mit aussi en place un système postal efficace et construisit des routes et des ponts. Il réorganisa l’armée, créa une marine permanente et établit une troupe d’élite de gardes du corps impériaux, la Garde prétorienne (Philippiens 1:13). Sous son patronage prospérèrent des écrivains tels que Virgile et Horace, et des sculpteurs créèrent des œuvres magnifiques dans le style qu’on qualifie aujourd’hui de classique. Auguste termina les édifices commencés par Jules César et restaura de nombreux temples. La Pax romana (“ paix romaine ”) qu’il institua dura plus de deux siècles. Le 19 août 14 de notre ère, Auguste mourut, âgé de 76 ans ; il fut par la suite déifié. Auguste se vantait d’avoir ‘ trouvé Rome en brique et de l’avoir laissée en marbre ’. Il ne souhaitait pas que Rome revive les jours déchirés par les luttes de l’ancienne république ; c’est pourquoi il voulut tracer la voie à l’empereur suivant. Toutefois, il eut peu de choix : son neveu, deux petits-fils, un gendre et un beau-fils étaient morts ; il ne lui restait que son beau-fils Tibère. LE “ QUELQU’UN DE MÉPRISABLE ” Moins d’un mois après la mort d’Auguste, le sénat nomma Tibère empereur. Il avait 54 ans. Tibère vécut et gouverna jusqu’en mars 37 de notre ère. Il était donc l’empereur de Rome à l’époque du ministère public de Jésus. L’empereur Tibère avait des vertus et des vices. Parmi ses vertus, il avait horreur de gaspiller l’argent dans le luxe. En conséquence, l’empire prospéra et accumula des fonds qui permirent de se relever de désastres et de sortir de jours mauvais. À sa décharge, Tibère se considérait comme un simple humain, il refusa beaucoup de titres honorifiques, et le plus souvent il fit rendre le culte impérial à Auguste plutôt qu’à lui-même. Il ne donna pas son nom à un mois du calendrier, comme l’avaient fait Auguste et Jules César, ni n’autorisa qu’on l’honore de cette façon. Cependant, les vices de Tibère l’emportaient sur ses vertus. Il était extrêmement suspicieux et hypocrite dans ses relations avec les autres, et sous son règne on ne compta plus les meurtres commandés (nombre de ses anciens amis furent d’ailleurs parmi les victimes). Il étendit la portée de la loi de lèse-majesté de façon qu’elle punisse, en plus des actes séditieux, les simples paroles diffamatoires à son encontre. C’est probablement en s’appuyant sur cette loi que les Juifs firent pression sur le gouverneur romain Ponce Pilate pour qu’il fasse tuer Jésus. — Jean 19:12-16. Tibère rassembla la Garde prétorienne au voisinage de Rome en construisant des casernes fortifiées au nord des murailles de la ville. La présence de cette garde intimidait le sénat, qui constituait une menace pour le pouvoir de l’empereur, et assurait le contrôle de tout débordement du peuple. Tibère encouragea également la délation, si bien que la fin de son règne fut marquée par la terreur. Au moment de sa mort, Tibère était considéré comme un tyran. Quand il mourut, les Romains se réjouirent et le sénat refusa de le déifier. Pour ces raisons et d’autres encore, nous voyons en Tibère l’accomplissement de la prophétie selon laquelle “ quelqu’un de méprisable ” se lèverait en qualité de “ roi du Nord ”. — Daniel 11:15, 21. . .
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    [Encadré/Illustrations, page 252-255] ZÉNOBIE,LA REINE GUERRIÈRE DE PALMYRE “ Elle avait [...] le teint brun, les dents d’une blancheur éclatante, une voix forte et harmonieuse, et de grands yeux noirs, dont une douceur attrayante tempérait la vivacité. L’étude avait éclairé son esprit, et en avait augmenté l’énergie naturelle. Elle n’ignorait pas le latin ; mais elle possédait au même degré de perfection le grec, le syriaque et la langue égyptienne. ” Telles sont les louanges dont l’historien Edward Gibbon a couvert Zénobie, la reine guerrière de la ville de Palmyre, en Syrie. Le mari de Zénobie était Odenath, un noble palmyrénien qui fut élevé au rang de consulaire de Rome en 258 de notre ère parce qu’il avait remporté une campagne contre la Perse en faveur de l’Empire romain. Deux ans plus tard, Odenath reçut de l’empereur romain Gallien le titre de corrector totius Orientis (gouverneur de tout l’Orient), par reconnaissance pour sa victoire sur Shapour I er , roi de Perse. Par la suite, Odenath se donna le titre de “ roi des rois ”. On peut dans une large mesure attribuer ces succès remportés par Odenath au courage et à la prudence de Zénobie. ZÉNOBIE ASPIRE À CRÉER UN EMPIRE En 267 de notre ère, à l’apogée de sa carrière, Odenath fut assassiné, ainsi que son héritier. Son fils étant trop jeune, Zénobie reprit le rang de son mari. Belle, ambitieuse, douée de talents d’administratrice, rompue à l’art de la guerre qu’elle avait pratiqué avec son mari et maîtrisant plusieurs langues, elle parvint à s’assurer le respect et le soutien de ses sujets. Zénobie était avide d’apprendre et s’entourait d’intellectuels. L’un de ses conseillers était le philosophe et rhéteur Cassius Longinus, ou Longin, dont on dit qu’il était “ une bibliothèque vivante et un musée ambulant ”. Dans le livre Palmyra and Its Empire — Zenobia’s Revolt Against Rome, Richard Stoneman écrit : “ Pendant cinq ans après la mort d’Odenath [...] Zénobie s’est imposée dans les esprits de ses sujets comme maîtresse de l’Orient. ” D’un côté du territoire de Zénobie se trouvait la Perse, que son mari et elle avaient affaiblie, et de l’autre Rome très ébranlée. Au sujet de la situation de l’Empire romain à ce moment-là, l’historien John Roberts écrit : “ Le III e siècle fut [...] une époque terrible pour Rome sur ses frontières tant orientales qu’occidentales, pendant qu’à l’intérieur avait commencé une nouvelle période de guerre civile et de querelles de succession. Vingt-deux empereurs (en excluant les prétendants) se sont succédé. ” Pour sa part, la maîtresse de la Syrie était un monarque absolu et bien établi dans son royaume. “ Ayant pouvoir sur l’équilibre des deux empires [perse et romain], explique M. Stoneman, elle pouvait aspirer à en créer un troisième qui les dominerait tous les deux. ” En 269, Zénobie vit arriver l’occasion d’étendre son pouvoir royal, lorsqu’un prétendant à la domination romaine se leva en Égypte. Prestement, l’armée de Zénobie entra en Égypte, écrasa le rebelle et prit possession du pays. Autoproclamée reine d’Égypte, Zénobie fit frapper une monnaie à son nom. Maintenant, son royaume s’étendait du Nil à l’Euphrate. À ce moment de sa vie, elle occupait la position de “ roi du Sud ”. — Daniel 11:25, 26. LA CAPITALE DE ZÉNOBIE Zénobie fortifia et embellit sa capitale, Palmyre, qui en vint à rivaliser avec les plus grandes villes du monde romain. La population de Palmyre atteignit probablement plus de 150 000 personnes. Derrière des murs de 21 kilomètres au dire de certains, la cité n’était que magnifiques bâtiments publics, temples, jardins, colonnes et monuments. L’avenue principale s’ornait de colonnades, des rangées d’environ 1 500 colonnes corinthiennes, hautes de plus de 15 mètres. Partout se rencontraient des statues et des bustes de héros ou de riches bienfaiteurs. En 271, Zénobie érigea un couple de statues la représentant, elle, ainsi que son défunt mari. Le temple du Soleil, un des chefs-d’œuvre de Palmyre, dominait sans aucun doute la scène religieuse de la ville. Il est probable que Zénobie elle aussi ait adoré une divinité liée au dieu-soleil. Toutefois, la Syrie du III e siècle était un pays multi-religieux. Le royaume de Zénobie comptait des “ chrétiens ”, des juifs, des adorateurs du soleil et de la lune. Comment se comportait Zénobie envers les diverses formes de culte existant dans son royaume ? M. Stoneman répond : “ Un dirigeant sage ne veut négliger aucune coutume qui semble convenir à ses sujets. [...] On caressait [...] l’espoir d’avoir rallié les dieux du côté de Palmyre. ” Apparemment, Zénobie pratiquait la tolérance religieuse. Avec sa personnalité originale, Zénobie gagna l’admiration de beaucoup. Toutefois, le plus important fut qu’elle incarna une entité politique annoncée dans la prophétie de Daniel. Mais son règne ne dépassa pas cinq ans. L’empereur romain Aurélien vainquit Zénobie en 272, et plus tard mit à sac Palmyre et la dévasta irrémédiablement. Zénobie fut épargnée. On raconte qu’elle épousa un sénateur romain et qu’elle passa le reste de sa vie retirée du monde. *** dp chap. 15 p. 256-269 *** Les rois rivaux entrent dans le XXe siècle 1 “ On trouve dans l’Europe du XIXe siècle un dynamisme qui surpasse de loin tout autre phénomène connu antérieurement ”, écrit l’historien Norman Davies. >> Il ajoute : “ L’Europe vibrait de puissance comme jamais auparavant : de puissance technique, de puissance économique, de puissance culturelle, de puissance intercontinentale. ” Les nations dominantes du “ ‘ siècle de la puissance ’ dans cette Europe triomphante, dit-il, ont été tout d’abord la
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    Grande-Bretagne [...] et,durant les dernières décennies, l’Allemagne ”. “ PORTÉ À FAIRE CE QUI EST MAUVAIS ” 2 À la fin du XIXe siècle, l’Empire allemand était “ le roi du Nord ” et la Grande-Bretagne se trouvait dans la position de “ roi du Sud ”. (Daniel 11:14, 15.) “ En ce qui concerne ces deux rois, déclara l’ange de Jéhovah, leur cœur sera porté à faire ce qui est mauvais, et à une même table ils continueront à proférer le mensonge. ” Il ajouta : “ Mais rien ne réussira, car la fin est encore pour le temps fixé. ” — Daniel 11:27. 3 Le 18 janvier 1871, Guillaume Ier est devenu le premier empereur du Reich, ou Empire, allemand. Il a nommé Otto Von Bismarck chancelier. Préoccupé avant tout d’étendre le nouvel empire, Bismarck a évité les conflits avec les autres nations et a formé la Triple-Alliance avec l’Autriche-Hongrie et l’Italie. Mais les intérêts de ce nouveau roi du Nord n’ont pas tardé à se heurter à ceux du roi du Sud. 4 Après la mort en 1888 de Guillaume Ier et de son successeur, Frédéric III, Guillaume II est monté sur le trône. Il avait 29 ans. Guillaume II, le Kaiser Guillaume, a forcé Bismarck à démissionner et a adopté une politique d’expansion visant à étendre l’influence allemande dans le monde. “ Sous Guillaume II, dit un historien, [l’Allemagne] a pris un air arrogant et agressif. ” 5 Quand, le 24 août 1898, le tsar Nicolas II de Russie a réuni une conférence pour la paix à La Haye, aux Pays-Bas, l’atmosphère internationale était tendue. Cette conférence et la >> suivante en 1907 ont abouti à l’institution de la Cour permanente d’arbitrage à La Haye. En devenant membres de cette cour, le Reich allemand comme la Grande-Bretagne donnaient l’impression de rechercher la paix. Ils étaient assis “ à une même table ”, amicaux en apparence, mais ‘ leur cœur était porté à faire ce qui est mauvais ’. Leur tactique diplomatique qui consistait à ‘ proférer le mensonge à une même table ’ ne pouvait engendrer une paix réelle. Quant à leurs ambitions politiques, commerciales et militaires, ‘ rien ne pouvait réussir ’, puisque la fin de ces deux rois ‘ était encore pour le temps fixé ’ par Jéhovah Dieu. “ CONTRE L’ALLIANCE SAINTE ” 6 L’ange de Dieu poursuivit en ces termes : “ Et il [le roi du Nord] retournera dans son pays avec beaucoup de biens, et son cœur sera contre l’alliance sainte. Il agira efficacement et à coup sûr retournera dans son pays. ” — Daniel 11:28. 7 Le Kaiser Guillaume est retourné dans le “ pays ”, la condition terrestre, de l’ancien roi du Nord. De quelle manière ? En mettant sur pied un impérialisme destiné à étendre le Reich et son influence. Guillaume II a eu des visées coloniales en Afrique et dans d’autres régions. Désireux de rivaliser sur mer avec la Grande-Bretagne, il a lancé la construction d’une marine puissante. “ De négligeable qu’elle était, la puissance navale allemande est devenue la deuxième après celle de la Grande-Bretagne en à peine plus d’une décennie ”, dit une encyclopédie (The New Encyclopædia Britannica). Pour garder la suprématie, la Grande- Bretagne a dû revoir à la hausse son
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    programme de constructionnavale. Elle a également négocié l’entente cordiale avec la France et un accord similaire avec la Russie, ce qui a donné la Triple-Entente. L’Europe était alors divisée en deux camps sur le plan militaire : la Triple-Alliance d’un côté et la Triple-Entente de l’autre. 8 L’Empire allemand menait une politique d’agression, ce qui, du fait de sa position prééminente dans la Triple- Alliance, lui a rapporté “ beaucoup de biens ”. L’Autriche-Hongrie et l’Italie étant catholiques, la Triple-Alliance bénéficiait en outre de la faveur du pape, ce qui n’était pas le cas du roi du Sud, dont la Triple-Entente était en majorité non catholique. 9 Où en étaient les serviteurs de Jéhovah ? Depuis longtemps ils annonçaient que “ les temps fixés des nations ” prendraient fin en 1914 {Note : Voir le chapitre 6 du présent ouvrage.} (Luc 21:24). Cette année-là, le Royaume de Dieu dirigé par l’Héritier du roi David, Jésus Christ, a été établi dans les cieux (2 Samuel 7:12-16 ; Luc 22:28, 29). Déjà en mars 1880, le périodique La Tour de Garde faisait le lien entre la domination du Royaume de Dieu et la fin des “ temps fixés des nations ” ou “ temps des Gentils ”. (Bible de Crampon [1905].) Mais le cœur du roi du Nord allemand était “ contre l’alliance sainte ” du Royaume. Loin de reconnaître ce Royaume, le Kaiser Guillaume ‘ a agi efficacement ’ en travaillant à ses projets de domination mondiale. Ce faisant, toutefois, il semait les graines de la Première Guerre mondiale. LE ROI ‘ SE DÉCOURAGE ’ DANS UNE GUERRE 10 “ Au temps fixé il [le roi du Nord] retournera, prédit l’ange, et vraiment >> il viendra contre le Sud, mais il n’en sera pas de la fin comme du début. ” (Daniel 11:29). Le “ temps fixé ” où Dieu mettrait fin à la domination des Gentils sur la terre est arrivé en 1914, lorsqu’il a établi le Royaume céleste. Le 28 juin de cette année-là, l’archiduc autrichien François-Ferdinand et sa femme ont été assassinés par un terroriste serbe à Sarajevo, en Bosnie. C’est l’étincelle qui a déclenché la Première Guerre mondiale. 11 Le Kaiser Guillaume a poussé l’Autriche-Hongrie à répondre à la Serbie. Assurée du soutien de l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie a déclaré la guerre à la Serbie le 28 juillet 1914. Mais la Russie a volé au secours de la Serbie. Quand l’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie, la France (un allié dans la Triple-Entente) a soutenu la Russie. L’Allemagne a alors déclaré la guerre à la France. Pour avoir Paris plus à sa portée, l’Allemagne a envahi la Belgique, dont la neutralité était garantie par la Grande-Bretagne. La Grande-Bretagne a par conséquent déclaré la guerre à l’Allemagne. D’autres nations sont entrées dans le conflit, et l’Italie a changé de camp. Pendant la guerre, la Grande-Bretagne a fait de l’Égypte un protectorat afin d’empêcher le roi du Nord de fermer l’accès au canal de Suez et d’envahir l’Égypte, l’ancien pays du roi du Sud. 12 “ Malgré l’importance et la force des Alliés, dit une encyclopédie (The World Book Encyclopedia), l’Allemagne semblait près de gagner la guerre. ” Dans les précédents conflits entre les deux rois, l’Empire romain (le roi du Nord) avait systématiquement été victorieux. Mais cette fois, ‘ il n’en a pas été comme au début ’. Le roi du Nord a perdu la guerre. L’ange en donna les
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    raisons dans cesparoles : “ Oui, les navires de Kittim viendront contre lui et à coup sûr il se découragera. ” (Daniel 11:30a). Qu’étaient “ les navires de Kittim ” ? 13 À l’époque de Daniel, Kittim était Chypre. Cette île a été annexée par la Grande-Bretagne au début de la Première Guerre mondiale. On lit, en outre, dans un ouvrage spécialisé (The Zondervan Pictorial Encyclopedia of the Bible) que ce nom de Kittim “ inclut, par extension, l’ensemble de l’O[ccident], et tout spécialement l’O[ccident] maritime ”. La Bible en français courant rend l’expression “ les navires de Kittim ” par “ des gens de l’ouest, arrivant par bateaux ”. Durant la Première Guerre mondiale, les navires de Kittim ont été principalement ceux de la Grande-Bretagne, qui mouillaient au large des côtes occidentales de l’Europe. 14 Alors que la guerre s’éternisait, la flotte britannique a reçu d’autres navires de Kittim en renfort. Le 7 mai 1915, le sous-marin allemand U-20 a coulé le Lusitania, un paquebot civil, au large de la côte sud de l’Irlande. Parmi les morts se trouvaient 128 Américains. Par la suite, l’Allemagne a étendu la guerre sous-marine à l’Atlantique, ce qui a amené, le 6 avril 1917, le président des États-Unis Woodrow Wilson à déclarer la guerre à l’Allemagne. Fort des troupes et des bateaux de guerre américains, le roi du Sud (alors la Puissance mondiale anglo-américaine) était engagé dans une guerre à outrance avec l’autre roi, son rival. 15 Attaqué par la Puissance mondiale anglo-américaine, le roi du Nord ‘ >> s’est découragé ’ et a capitulé en novembre 1918. Guillaume II s’est enfui en exil aux Pays-Bas et l’Allemagne est devenue une république. Mais ce n’en était pas encore fini du roi du Nord. LE ROI AGIT “ EFFICACEMENT ” 16 “ Vraiment il [le roi du Nord] retournera, lancera des invectives contre l’alliance sainte et agira efficacement ; oui, il retournera et prêtera attention à ceux qui abandonnent l’alliance sainte. ” (Daniel 11:30b). C’est ce que l’ange prophétisa, et c’est ce qui s’est réalisé. 17 Après la guerre, en 1918, les Alliés victorieux ont imposé un traité de paix punitif à l’Allemagne. Le peuple allemand trouvait dures les clauses de ce traité, et la nouvelle république était faible à ses débuts. Pendant plusieurs années, l’Allemagne s’est débattue avec une détresse extrême et a subi la grande dépression qui a finalement laissé six millions de personnes sans emploi. Au début des années 30, la situation était mûre pour l’ascension d’Adolf Hitler. Il est devenu chancelier en janvier 1933, et l’année suivante il assurait la présidence de ce que les nazis appelaient le IIIe Reich {Note : Le Saint Empire romain avait été le premier Reich et l’Empire allemand le deuxième.}. 18 Immédiatement après avoir accédé au pouvoir, Hitler a attaqué sans pitié “ l’alliance sainte ” représentée par les frères oints de Jésus Christ (Matthieu 25:40). En cela il a agi “ efficacement ” contre ces chrétiens fidèles ; il a persécuté cruellement nombre d’entre eux. Hitler a remporté des succès économiques et diplomatiques : sur ces plans aussi, il a agi “ efficacement ”. En quelques années seulement, il a fait de l’Allemagne une puissance avec
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    laquelle il fallaitcompter sur la scène mondiale. 19 Hitler a prêté “ attention à ceux qui abandonnent l’alliance sainte ”. Qui étaient-ils ? Très probablement les chefs de la chrétienté, qui prétendaient être en relation d’alliance avec Dieu, mais qui n’étaient plus des disciples de Jésus Christ. Hitler a demandé et obtenu le soutien de “ ceux qui abandonnent l’alliance sainte ”. Par exemple, il a conclu à Rome un concordat avec le pape. En 1935, Hitler a créé le ministère des Affaires ecclésiastiques. L’un de ses objectifs était de mettre les Églises évangéliques sous le contrôle de l’État. LES “ BRAS ” PROVIENNENT DU ROI 20 Hitler n’a pas tardé à entrer en guerre, ce que l’ange avait prédit avec exactitude : “ Des bras se lèveront, provenant de lui ; et vraiment ils profaneront le sanctuaire, la forteresse, et ôteront le sacrifice constant. ” (Daniel 11:31a). Les “ bras ” étaient les forces militaires que le roi du Nord a utilisées pour combattre le roi du Sud au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Le 1er septembre 1939, les “ bras ” nazis ont envahi la Pologne. Deux jours plus tard, la Grande-Bretagne et la France déclaraient la guerre à l’Allemagne pour venir en aide à la Pologne. C’est ainsi qu’a débuté la Deuxième Guerre mondiale. La Pologne a été rapidement écrasée et, peu après, les troupes allemandes occupaient le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France. “ À la fin de 1941, dit une encyclopédie (The World Book Encyclopedia), l’Allemagne nazie dominait le continent. ”  21 Alors que l’Allemagne et l’Union soviétique avaient signé un traité d’amitié, de coopération et de délimitation des frontières, Hitler a envahi le territoire soviétique le 22 juin 1941. Du coup, l’Union soviétique est passée du côté de la Grande-Bretagne. L’armée soviétique a opposé une vive résistance aux forces allemandes malgré les avancées spectaculaires qu’elles avaient opérées au départ. Le 6 décembre 1941, l’armée allemande a été de fait vaincue à Moscou. Le lendemain, le Japon, allié de l’Allemagne, bombardait Pearl Harbor, à Hawaii. Lorsqu’il l’a appris, Hitler a dit à ses aides de camp : “ Maintenant, nous ne pouvons plus perdre la guerre. ” Le 11 décembre, il a imprudemment déclaré la guerre aux États-Unis. Mais il avait sous-estimé la force de l’Union soviétique et des États-Unis. L’armée soviétique a attaqué à l’est ; les forces britanniques et américaines ont resserré l’étau à l’ouest ; le vent n’a pas tardé à tourner contre Hitler. Les forces allemandes ont perdu un à un leurs territoires. Après le suicide de Hitler, l’Allemagne a capitulé, le 7 mai 1945. 22 “ Vraiment ils [les bras nazis] profaneront le sanctuaire, la forteresse, et ôteront le sacrifice constant ”, déclara l’ange. En Juda, dans l’Antiquité, le sanctuaire faisait partie du temple de Jérusalem. Cependant, quand les Juifs rejetèrent Jésus, Jéhovah les rejeta ainsi que leur temple (Matthieu 23:37–24:2). Depuis le Ier siècle de notre ère, le temple de Jéhovah est un temple spirituel ; son Saint des Saints est dans les cieux, et sa cour spirituelle, où servent les frères oints de Jésus, le Grand Prêtre, est sur la terre. Depuis
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    les années 30,la “ grande foule ” rend un culte à Dieu aux côtés du reste oint, si bien qu’on dit qu’elle sert ‘ dans le temple de Dieu ’. (Révélation 7:9, 15 ; 11:1, 2 ; Hébreux 9:11, 12, 24.) Dans les pays qu’il dominait, le roi du Nord a profané la cour terrestre du temple en persécutant sans relâche le reste oint et ses compagnons. La persécution a été si intense que “ le sacrifice constant ” (le sacrifice de louange offert publiquement au nom de Jéhovah) a été ôté (Hébreux 13:15). Néanmoins, et malgré d’horribles souffrances, les fidèles chrétiens oints, avec les “ autres brebis ”, n’ont cessé de prêcher pendant la Deuxième Guerre mondiale. — Jean 10:16. ‘ LA CHOSE IMMONDE EST INSTALLÉE ’ 23 Alors que la fin de la Deuxième Guerre mondiale s’annonçait, un autre événement s’est produit, conformément à la prédiction de l’ange de Dieu. “ À coup sûr ils installeront la chose immonde qui cause la désolation. ” (Daniel 11:31b). Jésus aussi avait parlé de “ la chose immonde ”. >> ~ ~ Au Ier siècle, il s’était agi de l’armée romaine venue à Jérusalem en 66 de notre ère pour mater une rébellion juive {Note : Voir le chapitre 11 du présent ouvrage.}. — Matthieu 24:15 ; Daniel 9:27. 24 Quelle “ chose immonde ” a été ‘ installée ’ aux temps modernes ? Il s’agit apparemment d’une contrefaçon “ immonde ” du Royaume de Dieu. C’était la Société des Nations, la bête sauvage de couleur écarlate qui est allée dans l’abîme, autrement dit a cessé d’exister en tant qu’organisation pour la paix mondiale, quand a éclaté la Deuxième Guerre mondiale (Révélation 17:8). Toutefois, “ la bête sauvage ” était “ sur le point de monter de l’abîme ”. C’est ce qu’elle a fait quand, le 24 octobre 1945, ont été inaugurées les Nations unies qui comptaient 50 nations membres, dont l’ex-Union soviétique. C’est ainsi que “ la chose immonde ” prédite par l’ange, les Nations unies, a été installée. 25 L’Allemagne a été l’un des principaux ennemis du roi du Sud pendant les deux guerres mondiales et a occupé la position de roi du Nord. Qui occuperait cette position après elle ? *** dp chap. 16 p. 270-285 *** Les rois en guerre approchent de leur fin 1 Après avoir réfléchi au climat politique qui régnait aux États-Unis et en Russie, Alexis de Tocqueville, philosophe et historien français, a écrit en 1835 : “ L’un a pour principal moyen d’action la liberté ; l’autre, la servitude. [...] Leurs voies sont diverses ; néanmoins, chacun d’eux semble appelé par un dessein secret de la Providence à tenir un jour dans ses >> mains les destinées de la moitié du monde. ” Comment cette prédiction s’est-elle réalisée dans le sillage de la Deuxième Guerre mondiale ? J. M. Roberts, un historien, écrit : “ À la fin d’une deuxième guerre mondiale, enfin il apparut nettement que les destinées du monde allaient probablement être dominées par deux grands systèmes politiques, des systèmes très différents, l’un en place dans ce qui avait été la Russie, l’autre aux États-Unis d’Amérique. ”
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    2 Pendant les deuxguerres mondiales, l’Allemagne avait été le principal ennemi du roi du Sud (la Puissance mondiale anglo- américaine) et avait occupé la position de roi du Nord. Cependant, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, cette nation s’est divisée. L’Allemagne de l’Ouest s’est alliée au roi du Sud, et l’Allemagne de l’Est s’est alignée sur une autre entité puissante : le bloc communiste des nations ayant à leur tête l’Union soviétique. Ce bloc, cette entité politique, s’est levé en tant que roi du Nord, fortement opposé à l’alliance anglo-américaine. Et la rivalité entre les deux rois a pris la forme d’une guerre froide qui a duré de 1948 à 1989. Auparavant, le roi du Nord allemand avait agi “ contre l’alliance sainte ”. (Daniel 11:28, 30.) Comment le bloc communiste agirait-il à l’égard de cette alliance ? LES VRAIS CHRÉTIENS TRÉBUCHENT, MAIS L’EMPORTENT 3 “ Ceux qui agissent méchamment contre l’alliance, déclara l’ange de Dieu, il [le roi du Nord] les entraînera dans l’apostasie au moyen de paroles douces. ” L’ange ajouta : “ Mais pour ce qui est du peuple qui connaît son Dieu, il l’emportera et agira efficacement. Quant aux perspicaces parmi le peuple, ils donneront de l’intelligence à la multitude. Oui, ils trébucheront par l’épée et par la flamme, par la captivité et par le pillage, pendant un certain nombre de jours. ” — Daniel 11:32, 33. 4 Ceux qui “ agissent méchamment contre l’alliance ” ne peuvent être que les chefs de la chrétienté, qui se prétendent chrétiens, mais dont les actions profanent le nom même du christianisme. Dans son livre intitulé Religion in the Soviet Union, >> Walter Kolarz dit : “ [Pendant la Deuxième Guerre mondiale,] le gouvernement soviétique a fait un effort pour s’assurer l’aide matérielle et morale des Églises dans la défense de la patrie. ” Après la guerre, les chefs religieux ont voulu conserver cette amitié, malgré la politique athée de la puissance qui constituait alors le roi du Nord. La chrétienté a fait ainsi plus que jamais partie du monde, une apostasie répugnante aux yeux de Jéhovah. — Jean 17:16 ; Jacques 4:4. 5 Qu’en était-il des chrétiens authentiques, le “ peuple qui connaît son Dieu ” et les “ perspicaces ” ? Tout en étant ‘ soumis aux autorités supérieures ’, comme il convient, les chrétiens qui vivaient sous la domination du roi du Nord ne faisaient pas partie du monde (Romains 13:1 ; Jean 18:36). Ils veillaient à rendre “ les choses de César à César ”, mais ils rendaient aussi “ les choses de Dieu à Dieu ”. (Matthieu 22:21.) Pour cette raison, leur intégrité a été menacée. — 2 Timothée 3:12. 6 En conséquence, les vrais chrétiens ‘ ont trébuché ’ et ‘ l’ont emporté ’ tout à la fois. Ils ont trébuché en ce qu’ils ont été cruellement persécutés ; quelques-uns ont même été tués. Mais ils l’ont emporté en ce que la grande majorité d’entre eux sont restés fidèles. Ils ont vaincu le monde, à l’exemple de Jésus (Jean 16:33). En outre, ils n’ont jamais cessé de prêcher, même en prison ou dans les camps de concentration. Ainsi, ils ‘ ont donné de l’intelligence à la multitude ’. Malgré la persécution qui a sévi dans la plupart des pays dirigés par le roi du Nord, le nombre des Témoins de Jéhovah a augmenté. Grâce à la fidélité des “ perspicaces ”, une partie toujours plus importante de la
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    “ grande foule” est apparue dans ces pays. — Révélation 7:9-14. LES SERVITEURS DE JÉHOVAH SONT AFFINÉS 7 “ Mais quand ils [les serviteurs de Dieu] trébucheront, ils seront secourus par un peu de secours ”, annonça l’ange (Daniel 11:34a). Le triomphe du roi du Sud dans la deuxième guerre mondiale avait valu quelque soulagement aux chrétiens qui vivaient sous la domination du roi rival (voir Révélation 12:15, 16). Pareillement, ceux qui ont été persécutés par le roi suivant ont de temps à autre connu du soulagement. Quand la guerre froide s’est apaisée, de nombreux dirigeants se sont rendu compte que les chrétiens fidèles ne constituent pas une menace, et par conséquent ils les ont reconnus officiellement. Du secours est également venu des membres de plus en plus nombreux de la grande foule, qui ont fait bon accueil à la prédication fidèle des chrétiens oints. — Matthieu 25:34-40. 8 Parmi ceux qui affirmaient vouloir servir Dieu pendant la guerre froide, tous n’avaient pas de bons mobiles. L’ange avait du reste lancé cet avertissement : “ Beaucoup se joindront à eux au moyen d’une douceur feinte. ” (Daniel 11:34b). Un nombre considérable de personnes se sont intéressées à la vérité, mais n’ont pas souhaité se vouer à Dieu. Par contre, d’autres qui donnaient l’impression d’accepter la bonne nouvelle étaient en réalité des espions à la solde des autorités. Un rapport indique : “ Certains de ces personnages sans scrupules étaient des communistes qui s’étaient infiltrés dans l’organisation du Seigneur, avaient simulé un zèle dévorant, et même s’étaient vu confier des services importants. ”  9 L’ange poursuivit : “ Et certains parmi les perspicaces trébucheront, afin de faire une œuvre d’affinage à cause d’eux et de purifier et de blanchir, jusqu’au temps de la fin ; car c’est encore pour le temps fixé. ” (Daniel 11:35). À cause de ces personnages infiltrés dans la congrégation, certains des fidèles sont tombés entre les griffes des autorités. Jéhovah a permis qu’une telle chose se produise pour qu’il y ait un affinage, une purification de son peuple. De même que Jésus “ a appris l’obéissance de par les choses qu’il a subies ”, de même ces fidèles ont appris l’endurance par la mise à l’épreuve de leur foi (Hébreux 5:8 ; Jacques 1:2, 3 ; voir aussi Malaki 3:3). Ils ont ainsi été ‘ affinés, purifiés et blanchis ’. 10 Les serviteurs de Jéhovah devaient trébucher et être affinés “ jusqu’au temps de la fin ”. Évidemment, ils s’attendent à être persécutés jusqu’à la fin du système de choses méchant. Toutefois, la purification et le blanchiment du peuple de Dieu à la suite de l’intrusion du roi du Nord était “ pour le temps fixé ”. Par conséquent, en Daniel 11:35, le “ temps de la fin ” doit désigner la fin de la période dont les serviteurs de Dieu ont besoin pour être affinés et durant laquelle ils endurent l’attaque du roi du Nord. Ils ont sans doute cessé de trébucher au temps fixé par Jéhovah. LE ROI SE GRANDIT 11 L’ange ajouta au sujet du roi du Nord : “ Vraiment le roi agira selon sa propre volonté, il s’élèvera et se grandira au-dessus de tout dieu ; et [refusant de reconnaître la souveraineté de Jéhovah] contre le Dieu des dieux il proférera des choses prodigieuses. Oui, il aura du succès jusqu’à ce que les
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    invectives soient parvenuesà leur terme ; car ce qui est décidé doit être fait. Il ne fera pas attention au Dieu de ses pères ; il ne fera attention ni au désir des femmes ni à aucun autre dieu, mais il se grandira au-dessus de tous. ” — Daniel 11:36, 37. 12 Le roi du Nord a accompli ces paroles prophétiques : il a rejeté le “ Dieu de ses pères ”, notamment la divinité trinitaire de la chrétienté. Le bloc communiste a encouragé l’athéisme à tout crin. C’est ainsi que le roi du Nord s’est fait dieu, qu’il ‘ s’est grandi au-dessus de tous ’. Il n’a pas fait attention “ au désir des femmes ” (les pays satellites qui étaient en quelque sorte les servantes de son régime, le Nord Viêt Nam par exemple) ; ce roi a agi “ selon sa propre volonté ”. 13 L’ange continua la prophétie en ces termes : “ C’est au dieu des forteresses que, dans sa position, il rendra gloire ; et c’est à un dieu que n’ont pas connu ses pères qu’il rendra gloire au moyen d’or et au moyen d’argent, au moyen de pierres précieuses et au moyen de choses désirables. ” (Daniel 11:38). De fait, le roi du Nord a mis sa confiance dans le militarisme scientifique moderne, le “ dieu des forteresses ”. Il a cherché le salut au moyen de ce “ dieu ” en sacrifiant des richesses énormes sur son autel. 14 “ Il agira efficacement contre les forteresses les mieux fortifiées, avec un dieu étranger. Oui, quiconque le reconnaîtra, il le fera abonder en gloire, et vraiment il les fera dominer parmi un grand nombre ; et il répartira le sol pour un prix. ” (Daniel 11:39). Confiant en son “ dieu étranger ”, celui des armées, le roi du Nord a agi très “ efficacement ” : il a prouvé qu’il était >> une formidable puissance militaire des “ derniers jours ”. (2 Timothée 3:1.) Ceux qui ont soutenu son idéologie ont reçu en contrepartie un appui politique, financier et parfois militaire. “ UNE POUSSÉE ” AU TEMPS DE LA FIN 15 “ Au temps de la fin le roi du Sud engagera le combat avec lui par une poussée ”, dit l’ange à Daniel (Daniel 11:40a). Le roi du Sud a-t-il ‘ poussé ’ le roi du Nord pendant le “ temps de la fin ” ? (Daniel 12:4, 9.) Oui, bien sûr ! Après la Première Guerre mondiale, le lourd traité de paix infligé à celui qui était alors le roi du Nord, l’Allemagne, a certainement été “ une poussée ”, une incitation à se venger. Après sa victoire dans la Deuxième Guerre mondiale, le roi du Sud a pointé d’effrayantes armes nucléaires sur son rival et a mis en place contre lui une puissante alliance militaire : l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Un historien britannique a déclaré au sujet de la fonction de l’OTAN : “ C’était le principal instrument servant à ‘ contenir ’ l’URSS, qui passait désormais pour la menace la plus sérieuse à la paix en Europe. Sa mission a duré 40 ans, et elle a été accomplie avec un succès incontestable. ” Au fil des années de la guerre froide, la “ poussée ” du roi du Sud a encore pris la forme de l’espionnage soutenu par une haute technicité, ainsi que d’offensives diplomatiques et militaires. 16 Comment le roi du Nord a-t-il réagi ? “ Le roi du Nord se précipitera sur lui avec des chars et des cavaliers et de nombreux navires ; et à coup sûr il entrera dans les pays et inondera et passera. ” (Daniel 11:40b). L’histoire des derniers jours a été marquée par la
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    politique expansionniste duroi du Nord. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, le “ roi ” nazi a inondé les pays voisins du sien. À la fin de cette guerre, le “ roi ” qui lui a succédé a édifié un empire puissant. Pendant la guerre froide, le roi du Nord a combattu son rival par pays interposés lors de conflits et d’insurrections, en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Il a persécuté les vrais chrétiens et a limité leur activité, sans toutefois la faire cesser entièrement. Ses offensives militaires et politiques lui ont assuré la mainmise sur un certain nombre de pays. C’est exactement ce que l’ange avait prophétisé : “ Oui, il entrera aussi dans le pays de la Parure [le domaine spirituel du peuple de Jéhovah], et il y aura beaucoup de pays qui trébucheront. ” — Daniel 11:41a. 17 Néanmoins, le roi du Nord n’a pas conquis le monde. L’ange prédit : “ Voici ceux qui échapperont à sa main : Édom, Moab et la partie principale des fils d’Ammôn. ” (Daniel 11:41b). Dans l’Antiquité, Édom, Moab et Ammôn étaient situés entre les territoires du roi du Sud égyptien et du roi du Nord syrien. À notre époque, ils représentent les nations et les organisations que le roi du Nord a prises pour cibles, mais qu’il n’a pas réussi à dominer. L’ÉGYPTE N’ÉCHAPPE PAS 18 L’ange de Jéhovah continua en ces termes : “ Il [le roi du Nord] continuera d’avancer sa main contre les pays ; quant au pays d’Égypte, il n’échappera pas. Oui, il dominera sur les trésors cachés de l’or et de l’argent, et sur toutes les choses désirables d’Égypte. Les Libyens et les Éthiopiens seront sur ses pas. ” (Daniel 11:42, 43). Même le roi du Sud, l’“ Égypte ”, n’a pas échappé aux effets de la politique >> expansionniste du roi du Nord. Au Viêt Nam, par exemple, il a subi une défaite retentissante. Qu’en est-il des “ Libyens ” et des “ Éthiopiens ” ? Il se pourrait bien que ces voisins de l’Égypte antique figurent les nations voisines de l’“ Égypte ” (le roi du Sud) moderne qui ont parfois ‘ été sur les pas ’ du roi du Nord. 19 Le roi du Nord a-t-il dominé sur ‘ les trésors cachés de l’Égypte ’ ? Il a indéniablement eu une grande influence sur la façon dont le roi du Sud a utilisé ses ressources financières. Par crainte de son rival, le roi du Sud consacre d’énormes sommes à l’entretien d’une formidable armée de terre, de mer et de l’air. C’est dans cette mesure que l’on peut dire du roi du Nord qu’il a ‘ dominé ’ la façon dont le roi du Sud fait usage de ses richesses. LA DERNIÈRE CAMPAGNE 20 La rivalité entre le roi du Nord et le roi du Sud, qu’elle se manifeste sur les plans militaire, économique ou autre, touche à sa fin. L’ange de Jéhovah révéla les détails d’un conflit encore à venir ; il déclara : “ Il y aura des nouvelles qui le troubleront [le roi du Nord], venant du levant et du nord, et à coup sûr il sortira en grande fureur afin d’anéantir et de vouer un grand nombre à la destruction. Et il plantera ses tentes- palais entre la grande mer et la montagne sainte de la Parure ; et il devra venir jusqu’à sa fin, et il n’y aura personne pour lui venir en aide. ” — Daniel 11:44, 45. 21 Le roi du Nord a subi un grave revers en décembre 1991, quand l’Union soviétique a été démantelée. Qui sera ce roi lorsque Daniel 11:44, 45 s’accomplira ? S’agira-t-il d’un des pays qui appartenaient autrefois à l’Union soviétique ? Ou changera-t-il
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    complètement d’identité, commeil l’a déjà fait plusieurs fois ? La mise au point d’armes nucléaires par d’autres nations engendrera-t-elle une nouvelle course aux armements et aura-t-elle une incidence sur l’identité de ce roi ? Seul le temps répondra à ces questions. Il est sage de ne pas spéculer. Quand le roi du Nord entreprendra sa dernière campagne, tous ceux qui possèdent la perspicacité que donne la Bible discerneront clairement l’accomplissement de la prophétie. — Voir “ Les rois dans Daniel chapitre 11 ”, page 284. Voir p.115 ci-dessous 22 En revanche, il y a une chose que nous savons : ce que le roi du Nord va bientôt entreprendre. Poussé par les nouvelles “ venant du levant et du nord ”, il mènera une campagne ‘ afin d’anéantir un grand nombre ’. Contre qui cette campagne sera-t-elle dirigée ? Et quelles “ nouvelles ” provoqueront cette attaque ? ALARMÉ PAR DES NOUVELLES TROUBLANTES 23 Considérons ce que le livre de la Révélation déclare concernant la fin de Babylone la Grande, l’empire universel de la fausse religion. Avant “ la guerre du grand jour de Dieu le Tout-Puissant ”, Har-Maguédôn, cette grande ennemie du vrai culte “ sera complètement brûlée par le feu ”. (Révélation 16:14, 16 ; 18:2-8.) Sa destruction est préfigurée par le versement du sixième bol de la colère de Dieu sur l’Euphrate symbolique. Le fleuve est desséché pour que “ le chemin soit préparé pour les rois venant du soleil levant ”. (Révélation 16:12.) Qui sont ces rois ? Nuls autres que Jéhovah Dieu et Jésus Christ ! — Voir Isaïe 41:2 ; 46:10, 11.  24 La destruction de Babylone la Grande est décrite de façon saisissante dans le livre de la Révélation ; on y lit : “ Les dix cornes que tu as vues [les rois régnant au temps de la fin], et la bête sauvage [les Nations unies], celles-ci haïront la prostituée et la rendront dévastée et nue, et mangeront ses chairs et la brûleront complètement par le feu. ” (Révélation 17:16). Pourquoi les dirigeants détruiront-ils Babylone la Grande ? Parce que ‘ Dieu leur met au cœur d’exécuter sa pensée ’. (Révélation 17:17.) Parmi ces dirigeants figure le roi du Nord. Ce qu’il entend “ venant du levant ” pourrait bien être cet acte de Jéhovah par lequel il mettra dans le cœur des responsables humains l’idée d’anéantir la grande prostituée religieuse. 25 Mais la colère du roi du Nord a une cible spéciale. Il “ plantera ses tentes-palais entre la grande mer et la montagne sainte de la Parure ”, dit l’ange. À l’époque de Daniel, la grande mer était la Méditerranée, et la montagne sainte était Sion, lieu où s’élevait autrefois le temple de Dieu. Par conséquent, dans l’accomplissement de la prophétie, c’est contre le peuple de Dieu que le roi du Nord, furieux, mène campagne. Dans un sens spirituel, le lieu qui se trouve “ entre la grande mer et la montagne sainte ” représente le domaine spirituel des serviteurs oints de Jéhovah. Ces serviteurs sont sortis de “ la mer ” (représentant l’humanité éloignée de Dieu) et ont l’espérance de gouverner avec Jésus Christ sur le mont Sion céleste. — Isaïe 57:20 ; Hébreux 12:22 ; Révélation 14:1. ~
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    26 Ézékiel, qui étaitcontemporain de Daniel, prophétisa lui aussi une attaque contre le peuple de Dieu “ dans la période finale des jours ”. Il dit que c’est Gog de Magog, autrement dit Satan le Diable, qui engagerait les hostilités (Ézékiel 38:14, 16). Symboliquement, de quelle direction Gog vient-il ? “ Des parties les plus reculées du nord ”, déclare Jéhovah par l’intermédiaire d’Ézékiel (Ézékiel 38:15). Quelle que soit la virulence de cette attaque, elle ne détruira pas le peuple de Dieu. Cet affrontement spectaculaire résultera d’une manœuvre opérée par > Jéhovah dans le but d’annihiler les forces de Gog. À ce sujet, Jéhovah dit à Satan : “ À coup sûr, [...] je mettrai des crochets dans tes mâchoires et te ferai sortir. ” “ Je te ferai monter des parties les plus reculées du nord et je te ferai venir sur les montagnes d’Israël. ” (Ézékiel 38:4 ; 39:2). Par conséquent, la nouvelle “ venant du nord ”, qui rend le roi du Nord furieux, doit provenir de Jéhovah. Mais ce, en quoi les nouvelles “ venant du levant et du nord ” consisteront exactement au bout du compte, seul Dieu le décidera, et le temps le révélera. [Tableau/Illustration, page 284] (Voir la publication) LES ROIS DANS DANIEL CHAPITRE 11 (…) [Note du tableau] La prophétie contenue en Daniel chapitre 11 ne prédit pas les noms des entités politiques qui occupent les positions de roi du Nord et de roi du Sud à diverses époques. Leur identité n’est connue qu’une fois que les événements ont commencé à se produire. En outre, puisque le conflit se livre par épisodes, à certains intervalles il n’y a pas de conflit ; un roi domine tandis que l’autre reste inactif. 27 Quant à Gog, il organise cette attaque acharnée à cause de la prospérité de “ l’Israël de Dieu ” qui, ainsi que la “ grande foule ” d’“ autres brebis ”, ne fait plus partie du monde (Galates 6:16 ; Révélation 7:9 ; Jean 10:16 ; 17:15, 16 ; 1 Jean 5:19). Gog regarde d’un mauvais œil “ un peuple réuni d’entre les nations, un peuple qui amasse fortune [spirituelle] et biens [spirituels] ”. (Ézékiel 38:12.) Considérant le domaine spirituel des chrétiens comme “ un pays de campagnes ouvertes ”, mûr pour être envahi, Gog fait un suprême effort pour éliminer cet obstacle à son hégémonie du monde. Mais il échoue (Ézékiel 38:11, 18 ; 39:4). Lorsque les rois de la terre, y compris le roi du Nord, attaqueront le peuple de Jéhovah, ils ‘ viendront jusqu’à leur fin ’. ‘ LE ROI VIENDRA JUSQU’À SA FIN ’ 28 La dernière campagne du roi du Nord n’est pas menée directement contre le roi du Sud. Il ne vient donc pas jusqu’à sa fin à cause de son grand rival. Pareillement, le roi du Sud n’est pas détruit par le roi du Nord. Le roi du Sud est détruit “ sans main [humaine] ”, par le Royaume de Dieu {Note : Voir le chapitre 10 du présent ouvrage.} (Daniel 8:25). À vrai dire, à la bataille d’Har-Maguédôn, ce sont tous les rois de la terre qui seront détruits par le Royaume de Dieu ; et c’est assurément ce qui arrivera aussi au roi du Nord (Daniel 2:44). Daniel 11:44, 45 décrit des événements qui aboutissent à cette bataille décisive. Quand le roi du Nord ira à sa fin, on ne s’étonnera pas qu’il n’y ait “ personne pour lui venir en aide ” ! …………………………………………………………………….>>
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    *** dp chap.17 p. 286-305 *** L’identification des vrais adorateurs au temps de la fin 1 Un groupe insignifiant et sans défense subit l’attaque acharnée d’une puissance mondiale redoutable. Ce groupe survit et connaît même un renouveau qu’il doit, non à sa propre force, mais au prix que Jéhovah Dieu lui attache. Daniel chapitre 7 prédit ces événements, qui se sont produits au début du XXe siècle. Mais quel était ce groupe ? Le même chapitre de Daniel les appela “ les saints du Suprême ”, Jéhovah Dieu. Il révéla aussi que ces humains seront finalement rois adjoints dans le Royaume messianique. — Daniel 7:13, 14, 18, 21, 22, 25-27. 2 Comme nous l’avons appris en Daniel chapitre 11, le roi du Nord ira à sa fin complète après avoir menacé le pays spirituel en sécurité de ces humains fidèles (Daniel 11:45 ; voir aussi Ézékiel 38:18-23). En effet, Jéhovah protège soigneusement ses fidèles oints. Psaume 105:14, 15 nous dit : “ À cause d’eux [Jéhovah] reprit des rois, en disant : ‘ Ne touchez pas à mes oints, et à mes prophètes ne faites aucun mal. ’ ” Dès lors, ne pensez-vous pas que, à l’époque mouvementée que nous traversons, il serait sage que la “ grande foule ” en pleine expansion se rapproche le plus possible de ces saints (Révélation 7:9 ; Zekaria 8:23) ? C’est précisément ce que Jésus Christ recommanda de faire aux personnes qu’il comparait à des brebis : se joindre à ses frères spirituels oints en les soutenant dans leur œuvre. — Matthieu 25:31-46 ; Galates 3:29.  3 Cependant, l’Adversaire de Dieu, Satan, mène une guerre à outrance contre les oints. Il est derrière la fausse religion, et il a littéralement rempli le monde de pseudo-chrétiens. En conséquence, de nombreuses personnes sont égarées. D’autres ont perdu tout espoir de trouver les représentants de la vraie religion (Matthieu 7:15, 21-23 ; Révélation 12:9, 17). Même celles qui trouvent le “ petit troupeau ” et se joignent à lui doivent lutter pour garder leur foi, car le monde cherche en permanence à l’éroder (Luc 12:32). Qu’en est-il de vous ? Avez-vous trouvé “ les saints du Suprême ” et vous joignez-vous à eux ? Avez-vous en main les éléments solides qui attestent que ceux que vous avez trouvés sont indéniablement les personnes que Dieu a choisies ? Ces éléments peuvent renforcer votre foi. Ils vous donneront également les moyens d’aider d’autres personnes à voir clair dans la confusion religieuse qui règne aujourd’hui dans le monde. Daniel chapitre 12 regorge de cette connaissance vitale. LE GRAND PRINCE ENTRE EN ACTION 4 Daniel 12:1 déclare : “ Durant ce temps-là se lèvera Mikaël, le grand prince qui se tient là en faveur des fils de ton peuple. ” Ce verset prédit deux choses distinctes à propos de Mikaël : la première, c’est qu’il “ se tient là ”, ce qui évoque une situation qui dure un certain temps ; la deuxième, c’est qu’il “ se lèvera ”, ce qui sous-entend qu’un événement surviendra au cours de ce temps-là. Nous désirons d’abord savoir durant quelle période Mikaël “ se tient là en faveur des fils [du] peuple [de Daniel] ”. Souvenez-vous que Mikaël est un nom donné à Jésus dans son rôle de Chef
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    céleste. La précisionselon laquelle il “ se tient là ” nous rappelle la façon dont ce terme est employé ailleurs dans le livre de Daniel. Il se rapporte fréquemment à une action accomplie par un roi, un roi qui prend possession du pouvoir par exemple. — Daniel 11:2-4, 7, 20, 21. 5 Il est évident que l’ange parlait ici d’une période mentionnée dans d’autres prophéties bibliques. Jésus appela cette période sa “ présence ” (grec : parousia), où il serait Roi au ciel (Matthieu 24:37-39). Cette période est aussi appelée “ les derniers jours ” et le “ temps de la fin ”. (2 Timothée 3:1 ; Daniel 12:4, 9.) Depuis qu’elle a commencé en 1914, Mikaël se tient là en qualité de Roi au ciel. — Voir Isaïe 11:10 ; Révélation 12:7-9. 6 Mais quand Mikaël ‘ se lève-t-il ’ ? Quand il entreprend une action spéciale. Cela, Jésus le fera dans l’avenir. Révélation 19:11-16 décrit prophétiquement Jésus sous les traits du puissant Roi messianique qui, chevauchant à la tête d’une armée d’anges, détruit les ennemis de Dieu. Daniel 12:1 ajoute : “ Et à coup sûr ce sera un temps de détresse tel qu’il n’y en a pas eu depuis qu’une nation a paru jusqu’à ce temps-là. ” Christ sera le grand Exécuteur de Jéhovah ; il mettra fin à tout le système de choses méchant au cours de la “ grande tribulation ” prédite. — Matthieu 24:21 ; Jérémie 25:33 ; 2 Thessaloniciens 1:6-8 ; Révélation 7:14 ; 16:14, 16. 7 Durant cette période lugubre, qu’adviendra-t-il des humains qui exerceront la foi ? Daniel s’entendit dire encore : “ Durant ce temps-là ton peuple échappera, tous ceux qui seront >> trouvés inscrits dans le livre. ” (Voir aussi Luc 21:34-36). Qu’est-ce que ce livre ? Fondamentalement, il représente le souvenir que Jéhovah Dieu garde de ceux qui font sa volonté (Malaki 3:16 ; Hébreux 6:10). Ceux dont le nom est inscrit dans le livre de vie sont les gens les plus en sécurité au monde, car ils sont protégés par Dieu. Quel que soit le mal qui leur advienne, il peut être effacé et il le sera. Même si la mort les emporte avant ce “ temps de détresse ”, ils demeureront sains et saufs dans la mémoire sans limite de Jéhovah. Il se souviendra d’eux et les ressuscitera au cours du Règne millénaire de Jésus Christ. — Actes 24:15 ; Révélation 20:4-6. LES SAINTS ‘ SE RÉVEILLENT ’ 8 Sans conteste, l’espérance de la résurrection est réconfortante. Daniel 12:2 y fait référence en ces termes : “ Beaucoup de ceux qui sont endormis dans le sol de poussière se réveilleront, ceux-ci pour la vie de durée indéfinie et ceux-là pour les opprobres et pour l’aversion de durée indéfinie. ” (Voir aussi Isaïe 26:19). Ces paroles nous rappellent peut-être la promesse émouvante d’une résurrection générale énoncée par Jésus Christ (Jean 5:28, 29). Quelle espérance enthousiasmante ! Pensez à vos amis, aux membres de votre famille qui vous sont chers et à qui il sera donné de revivre ! Mais la promesse qu’on trouve dans le livre de Daniel se rapporte avant tout à une autre sorte de résurrection, à une résurrection qui a déjà eu lieu. Comment est-ce possible ? 9 Considérez le contexte. Comme nous l’avons vu, le premier verset du chapitre 12 s’applique non seulement à la fin de l’actuel système de choses,
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    mais aussi àl’ensemble des derniers jours. À dire vrai, le plus gros de ce chapitre trouve son accomplissement, non dans le paradis terrestre à venir, mais durant le temps de la fin. Y a-t-il eu une résurrection à cette époque ? Certes, l’apôtre Paul écrivit que la résurrection de “ ceux qui appartiennent au Christ ” aurait lieu “ durant sa présence ”. Toutefois, les humains ressuscités pour vivre au ciel sont relevés “ incorruptibles ”. (1 Corinthiens 15:23, 52.) Aucun d’eux n’est relevé “ pour les opprobres et pour l’aversion de durée indéfinie ” prédits en Daniel 12:2. Existe-t-il une autre sorte de résurrection ? Dans la Bible, la résurrection prend parfois un sens spirituel. En Ézékiel et dans la Révélation, par exemple, des passages prophétiques s’appliquent à un retour à la vie spirituel, à une résurrection spirituelle. — Ézékiel 37:1-14 ; Révélation 11:3, 7, 11. 10 Les serviteurs oints de Dieu ont-ils connu un retour à la vie spirituel au temps de la fin ? Absolument ! En 1918, un petit reste de chrétiens fidèles ont été l’objet d’une attaque inouïe qui a perturbé leur ministère public organisé. C’est une réalité historique. Puis, en 1919, contre toute attente, ils ont repris vie au sens spirituel. Ces faits concordent avec la description de la résurrection prédite en Daniel 12:2. Certains se sont alors et par la suite ‘ réveillés ’ spirituellement. Malheureusement, néanmoins, tous ne sont pas restés en vie sur ce plan. Ceux qui, après s’être réveillés, ont rejeté le Roi messianique et ont abandonné le service de Dieu se sont attiré ‘ les opprobres et l’aversion de durée indéfinie ’ mentionnés en >> Daniel 12:2 (Hébreux 6:4-6). Les oints fidèles, quant à eux, ont mis à profit leur vie spirituelle retrouvée : ils ont soutenu fidèlement le Roi messianique. Au bout du compte, leur fidélité leur vaut, pour reprendre les termes de la prophétie, “ la vie de durée indéfinie ”. Aujourd’hui, leur vitalité spirituelle face à l’opposition nous aide à les identifier. ILS ‘ BRILLENT COMME LES ÉTOILES ’ 11 Les deux versets suivants de Daniel chapitre 12 nous aident mieux encore à identifier “ les saints du Suprême ”. Au verset 3, l’ange dit à Daniel : “ Les perspicaces brilleront comme l’éclat de l’étendue ; et ceux qui amènent la multitude à la justice, comme les étoiles, pour des temps indéfinis, oui pour toujours. ” Qui sont “ les perspicaces ” aujourd’hui ? De nouveau, les faits désignent les mêmes “ saints du Suprême ”. Après tout, qui en dehors du fidèle reste oint a été assez perspicace pour discerner que Mikaël, le grand Prince, a commencé à se tenir là en Roi en 1914 ? En prêchant ce genre de vérités, ainsi qu’en gardant une conduite chrétienne, ces chrétiens ont ‘ brillé comme des foyers de lumière ’ dans le monde enveloppé de ténèbres spirituelles (Philippiens 2:15 ; Jean 8:12). Jésus prophétisa à leur sujet : “ En ce temps-là, les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. ” — Matthieu 13:43. 12 Daniel 12:3 précise même à quelle œuvre ces chrétiens oints seraient occupés au temps de la fin. Ils ‘ amèneraient la multitude à la justice ’. Le reste oint a entrepris de rassembler le nombre qui manquait des 144 000 cohéritiers de Christ
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    (Romains 8:16, 17; Révélation 7:3, 4). Cette œuvre terminée (sans doute vers le milieu des années 30), ces chrétiens se sont mis à rassembler la “ grande foule ” des “ autres brebis ”. (Révélation 7:9 ; Jean 10:16.) Ce sont des humains qui eux aussi exercent la foi dans le sacrifice rédempteur de Jésus Christ. Ils sont en conséquence purs devant Jéhovah. Ils se comptent par millions aujourd’hui et caressent l’espoir de survivre à la destruction prochaine du monde méchant. Au cours du Règne millénaire de Christ, Jésus et ses 144 000 rois et prêtres adjoints appliqueront à l’humanité obéissante sur la terre la plénitude des bienfaits de la rançon ; ils aideront ainsi tous ceux qui exerceront la foi à se débarrasser de la moindre trace du péché hérité d’Adam (2 Pierre 3:13 ; Révélation 7:13, 14 ; 20:5, 6). Au plein sens du terme, les oints contribueront alors à ‘ amener la multitude à la justice ’ et ‘ brilleront comme les étoiles ’ dans le ciel. L’espérance de vivre sur la terre sous le glorieux gouvernement céleste de Christ et de ses rois adjoints a-t-elle du prix à vos yeux ? Quel privilège de prêcher la bonne nouvelle du Royaume de Dieu aux côtés des “ saints ” ! — Matthieu 24:14. ILS ‘ RÔDENT ’ 13 La déclaration de l’ange à Daniel, qui commençait en Daniel 10:20, se termine à présent par ces paroles réconfortantes : “ Et quant à toi, ô Daniel, rends secrètes ces paroles et scelle le livre, jusqu’au temps de la fin. Beaucoup rôderont çà et là, et la vraie connaissance deviendra abondante. ” (Daniel 12:4). De fait, la majeure partie de ce que Daniel écrivit sous inspiration a été rendue secrète et inaccessible >> à l’intelligence humaine. D’ailleurs, Daniel lui-même avoua plus loin : “ Or, quant à moi, j’entendis, mais je ne comprenais pas. ” (Daniel 12:8). Dans ce sens, le livre de Daniel est resté scellé pendant des siècles. L’est-il toujours aujourd’hui ? 14 C’est un privilège pour nous que de vivre au “ temps de la fin ” prédit dans le livre de Daniel. Comme la prophétie l’annonçait, de nombreux fidèles ont ‘ rôdé ’ dans les pages de la Parole de Dieu. En conséquence, la bénédiction de Jéhovah aidant, la vraie connaissance est devenue abondante. Les fidèles Témoins de Jéhovah oints ont reçu la perspicacité nécessaire pour comprendre que le Fils de l’homme est devenu Roi en 1914, pour identifier les bêtes de la prophétie de Daniel, pour mettre les humains en garde contre “ la chose immonde qui cause la désolation ”... et ce ne sont là que quelques exemples (Daniel 11:31). Cette abondance de connaissance est une marque supplémentaire qui identifie “ les saints du Suprême ”. Mais Daniel reçut d’autres indications encore. ILS SONT ‘ MIS EN PIÈCES ’ 15 Daniel, souvenons-nous, reçut ces messages angéliques sur le bord du “ grand fleuve ” Hiddéqel, également appelé le Tigre (Daniel 10:4). Il y voit maintenant trois créatures angéliques et déclare : “ Moi, Daniel, je vis, et voici que deux autres se tenaient, l’un sur cette rive-ci du fleuve et l’autre sur cette rive-là du fleuve. Alors l’un d’eux dit à l’homme vêtu de lin, qui était au-dessus des eaux du fleuve : ‘ Jusqu’à quand la fin des choses prodigieuses ? ’ ” (Daniel 12:5, 6). La question soulevée ici par l’ange peut une nouvelle fois nous faire penser aux
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    “ saints duSuprême ”. Au début du “ temps de la fin ”, en 1914, ils étaient très soucieux de savoir au bout de combien de temps s’accompliraient les promesses de Dieu. La réponse à cette question révèle qu’ils sont concernés au premier chef par cette prophétie. 16 Le récit de Daniel dit ensuite : “ Et je commençai à entendre l’homme vêtu de lin, qui était au-dessus des eaux du fleuve, alors qu’il levait sa main droite et sa main gauche vers les cieux et jurait par Celui qui est vivant pour des temps indéfinis : ‘ Ce sera pour un temps fixé, des temps fixés et une moitié. Et dès qu’on aura achevé de mettre en pièces la force du peuple saint, toutes ces choses parviendront à leur terme. ’ ” (Daniel 12:7). L’instant est grave. L’ange lève les deux mains en faisant serment, peut-être pour que les deux anges des deux côtés du large fleuve voient son geste. Par ce geste, en tout cas, il indique que l’accomplissement de la prophétie est absolument certain. Mais quand les temps fixés dont il parle ont-ils lieu ? La réponse n’est pas aussi difficile à trouver que vous pourriez le penser. 17 Cette prophétie ressemble étonnamment à deux autres. L’une d’elles, que nous avons considérée au chapitre 9 du présent ouvrage, se trouve en Daniel 7:25 ; l’autre, en Révélation 11:3, 7, 9. Arrêtons-nous sur quelques parallèles entre ces prophéties. L’une et l’autre se déroulent pendant le temps de la fin. Les deux se rapportent aux serviteurs saints de Dieu ; elles montrent qu’ils sont persécutés et même, pendant un temps, dans l’impossibilité d’accomplir leur prédication publique. Elles expliquent qu’ils reprennent vie et qu’ils recommencent leur œuvre, déjouant les plans de leurs >> persécuteurs. Et chacune de ces prophéties précise la durée du temps d’épreuve des saints. Les deux prophéties de Daniel (7:25 et 12:7) parlent ‘ d’un temps, de temps et de la moitié d’un temps ’. Les biblistes admettent généralement qu’il est question de trois temps et demi. La Révélation parle pour la même période d’une durée de 42 mois, ou 1 260 jours (Révélation 11:2, 3). Voilà qui confirme que les trois temps et demi de Daniel correspondent à trois ans et demi de 360 jours chacun. Mais quand ces 1 260 jours ont-ils commencé ? 18 La prophétie indique assez explicitement à quel moment les 1 260 jours prendraient fin : lorsqu’“ on aura achevé de mettre en pièces la force du peuple saint ”. Au milieu de 1918, les responsables de la Watch Tower Bible and Tract Society, dont son président, Joseph Rutherford, ont été déclarés coupables sous de fausses accusations, condamnés à de longues peines et emprisonnés. Les saints de Dieu ont bel et bien vu leur œuvre ‘ mise en pièces ’, leur force brisée. Si on décompte trois ans et demi en partant du milieu de 1918, on arrive à la fin de 1914. À ce moment-là, le petit groupe des oints rassemblaient leurs forces pour résister à la persécution. La Première Guerre mondiale avait éclaté et l’opposition contre leur œuvre était de plus en plus virulente. Du reste, pour l’année 1915, le texte qu’ils avaient choisi consistait en cette question posée par le Christ à ses disciples : “ Pouvez-vous boire ma coupe ? ” (Matthieu 20:22). Ainsi que Révélation 11:3 l’avait prédit, la période de 1 260 jours qui a suivi a été pour les oints une époque de deuil, comme s’ils prophétisaient vêtus de toiles de sac. La persécution a redoublé. Certains
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    oints ont étéemprisonnés, d’autres attaqués par des foules, d’autres encore torturés. Beaucoup ont été démoralisés par la mort, en 1916, du premier président de la Société, Charles Russell. Qu’allait-il se passer après cette période sombre qui s’achevait par le meurtre des saints en tant qu’organisation de prédicateurs ? 19 La prophétie parallèle contenue en Révélation 11:3, 9, 11 montre qu’après avoir été tués les “ deux témoins ” ne restent dans la mort qu’une brève période : trois jours et demi. Ensuite, ils reprennent vie. Pareillement, la prophétie de Daniel chapitre 12 indique que les saints ne resteraient pas silencieux, mais avaient encore du pain sur la planche. ILS SONT ‘ PURIFIÉS, BLANCHIS ET AFFINÉS ’ 20 Nous l’avons vu plus haut, Daniel écrivait ces choses, mais ne les comprenait pas. Il dut néanmoins se demander si les saints seraient ou non finalement anéantis par leurs persécuteurs, puisqu’il posa la question : “ Quelle sera la période finale de ces choses ? ” L’ange répondit : “ Va, Daniel, car ces paroles sont secrètes et scellées jusqu’au temps de la fin. Beaucoup se purifieront et se blanchiront et seront affinés. À coup sûr les méchants agiront méchamment, et aucun méchant ne comprendra ; mais les perspicaces comprendront. ” (Daniel 12:8-10). Les saints avaient donc une espérance certaine ! Ils ne seraient pas détruits ; au contraire, ils seraient blanchis, ils auraient le bonheur d’être considérés comme purs devant Jéhovah Dieu (Malaki 3:1-3). >> ~ ~ Leur perspicacité dans les questions spirituelles leur permettrait de demeurer purs aux yeux de Dieu. À l’inverse, les méchants ne voudraient pas comprendre les choses spirituelles. Mais quand tout cela se réaliserait-il ? 21 Daniel l’apprit : “ Depuis le temps où le sacrifice constant aura été ôté et où l’on aura installé la chose immonde qui cause la désolation, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours. ” Cette période commencerait par conséquent lorsque certaines conditions seraient réunies. “ Le sacrifice constant ” (“ le sacrifice permanent ”) devait être ôté (Daniel 12:11, note) {Note : Traduit simplement par “ le sacrifice ” dans la Septante.}. À quel sacrifice l’ange pensait-il ? Pas aux sacrifices d’animaux offerts dans un temple sur la terre. En effet, même le temple qui s’était élevé jadis à Jérusalem n’était qu’une “ copie de la réalité ”, la réalité étant le grand temple spirituel de Jéhovah, qui entra en fonction quand Christ en devint le Grand Prêtre en 29 de notre ère. Dans ce temple spirituel, qui représente la disposition prise par Dieu pour l’exercice du culte pur, il n’est nul besoin d’offrir en permanence des sacrifices pour le péché, puisque “ le Christ a été offert une fois pour toutes, afin de porter les péchés de beaucoup ”. (Hébreux 9:24-28.) Il n’empêche que tous les vrais chrétiens offrent des sacrifices dans ce temple. L’apôtre Paul écrivit : “ Par son intermédiaire [celui de Christ] offrons toujours à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui font une déclaration publique pour son nom. ” (Hébreux 13:15). .
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    En conséquence, lapremière condition posée par la prophétie, le fait que “ le sacrifice constant ” serait ôté, a été >> remplie vers le milieu de 1918, quand la prédication a été pour ainsi dire interrompue. [Encadré, page 298] LE SACRIFICE CONSTANT A ÉTÉ ÔTÉ Dans le livre de Daniel, l’expression “ sacrifice constant ” apparaît cinq fois. Elle désigne un sacrifice de louange, “ le fruit de lèvres ”, offert régulièrement à Jéhovah Dieu par ses serviteurs (Hébreux 13:15). En Daniel 8:11 ; 11:31 et 12:11, il était prédit que ce sacrifice serait ôté. Pendant les deux guerres mondiales, les serviteurs de Jéhovah ont été cruellement persécutés dans les territoires du “ roi du Nord ” et du “ roi du Sud ”. (Daniel 11:14, 15.) C’est vers la fin de la Première Guerre mondiale que “ le sacrifice constant ” a été ôté, lorsque la prédication a été pour ainsi dire arrêtée au milieu de 1918 (Daniel 12:7). Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, “ le sacrifice constant ” a également été “ enlevé ” pendant 2 300 jours par la Puissance mondiale anglo-américaine (Daniel 8:11-14 ; voir le chapitre 10 du présent ouvrage). Il a également été ôté par les “ bras ” nazis pendant une période que les Écritures ne précisent pas. — Daniel 11:31 ; voir le chapitre 15 du présent ouvrage. 22 Qu’en est-il de la deuxième condition, l’‘ installation ’ de “ la chose immonde qui cause la désolation ” ? Comme nous l’avons vu quand nous avons commenté Daniel 11:31, cette chose immonde a d’abord été la Société des Nations, qui a réapparu par la suite sous la forme des Nations unies. Ces institutions sont immondes en ce qu’on les a proclamées l’unique espoir de paix pour la terre, si bien que, dans le cœur de nombre de gens, elles prennent ni plus ni moins la place du Royaume de Dieu ! Le projet de la Société des Nations a été proposé officiellement en janvier 1919. À l’époque, donc, les deux conditions de Daniel 12:11 étaient remplies. Par conséquent, les 1 290 jours ont commencé début 1919 et ont duré jusqu’à l’automne 1922 (dans l’hémisphère Nord). 23 Les saints ont-ils, au cours de cette période, fait des progrès en vue d’être blanchis et purifiés aux yeux de Dieu ? Incontestablement ! >> ~ ~ ~ ~ ~ En mars 1919, le président de la Société Watch Tower et ses proches collaborateurs ont été libérés de prison. Ils ont été par la suite disculpés des fausses accusations qui pesaient sur eux. Conscients que leur œuvre était loin d’être terminée, ils se sont mis immédiatement à l’ouvrage : ils ont organisé une assemblée pour septembre 1919. La même année a vu la parution d’un périodique qui accompagnerait La Tour de Garde. Appelé au départ L’Âge d’Or (aujourd’hui Réveillez-vous !), il a toujours soutenu La Tour de Garde en dénonçant sans crainte la corruption du monde actuel et en aidant les serviteurs de Dieu à rester purs. À la fin des 1 290 jours prédits, les saints étaient en bonne voie pour être purifiés et rétablis. En septembre 1922, exactement au moment où cette période se terminait, ils ont tenu à Cedar Point (dans l’Ohio, aux États-Unis) une assemblée qui a fait date. Cette assemblée a donné une vigoureuse impulsion à la prédication. Cependant, il restait des progrès à accomplir. On allait s’y employer au cours d’une autre période particulière.
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    [Tableau/Illustrations, page 301] (Voirla publication) LES PÉRIODES PROPHÉTIQUES DANS DANIEL Daniel 4:16, 25 Sept temps (2 520 ans) : Octobre 607 av. n. è. à octobre 1914 de n. è. (Le Royaume messianique est établi. Voir le chapitre 6 du présent ouvrage.) --- Daniel 7:25 ; 12:7 Trois temps et demi (1 260 jours) : Décembre 1914 à juin 1918 (Les chrétiens oints sont harcelés. Voir le chapitre 9 du présent ouvrage.) --- Daniel 8:14 2 300 soirs et matins : 1 er ou 15 juin 1938 au 8 ou 22 octobre 1944 (La “ grande foule ” apparaît, se multiplie. Voir le chapitre 10 du présent ouvrage.) --- Daniel 9:24-27 70 semaines (490 ans) : 455 av. n. è. à 36 de n. è. (La venue du Messie et son ministère sur la terre. Voir le chapitre 11 du présent ouvrage.) --- Daniel 12:11 1 290 jours : Janvier 1919 à septembre 1922 (Les chrétiens oints se réveillent et progressent spirituellement.) --- Daniel 12:12 1 335 jours : Septembre 1922 à mai 1926 (Les chrétiens oints sont heureux.) HEUREUX LES SAINTS 24 L’ange de Jéhovah conclut sa prophétie concernant les saints par ces mots : “ Heureux celui qui reste dans l’attente et qui arrive aux mille trois cent trente-cinq jours ! ” (Daniel 12:12). L’ange ne révèle aucun indice sur les moments où cette période commence ou s’achève. L’Histoire donne à penser qu’elle suit simplement la période précédente. En ce cas, elle s’étendrait de l’automne 1922 à la fin du printemps 1926 (dans l’hémisphère Nord). Les saints ont-ils été heureux à la fin de cette période ? Absolument, sous plusieurs rapports importants sur le plan spirituel. 25 Même après l’assemblée de 1922 (montrée page 302), certains saints de Dieu avaient toujours le regard tourné vers le passé. À leurs réunions, ils continuaient d’étudier essentiellement la Bible et les volumes des Études des Écritures, rédigés par Charles Russell.  ~ À l’époque, une opinion très répandue voulait que 1925 soit l’année où commencerait la résurrection et où le Paradis serait rétabli sur la terre. Du coup, beaucoup servaient Dieu avec une date en vue. Quelques-uns refusaient orgueilleusement de participer à la prédication au public. Tout n’allait pas pour le mieux. 26 Toutefois, à mesure que les 1 335 jours s’écoulaient, tout cela a commencé à changer. On a mis l’accent sur la prédication ; on s’est organisé pour que tous y participent régulièrement. On a prévu des réunions pour étudier La Tour de Garde chaque semaine. Le numéro du 1er mars 1925 (juin en français) contenait l’article historique intitulé “ La naissance de la nation ” ; cet article permettait aux serviteurs de Dieu de comprendre tout ce qui s’était produit entre 1914 et 1919. L’année 1925 passée, les saints n’ont plus servi Dieu avec une date proche et précise en vue. Le plus important était la sanctification du nom de Jéhovah. Cette vérité essentielle a été mise en évidence
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    comme jamais auparavantdans l’article de La Tour de Garde du 1er janvier 1926 (mars en français) intitulé “ Qui honorera Jéhovah ? ” À l’assemblée tenue en mai 1926 a paru le livre Délivrance (voir l’illustration pleine page de la page 302 de la publication). C’était le premier d’une série de nouveaux livres destinés à remplacer les Études des Écritures. Les saints ne regrettaient plus le passé. Ils regardaient avec confiance l’avenir et l’œuvre qui les attendaient. La prophétie avait dit vrai : quand les 1 335 jours se sont terminés, les saints étaient heureux. 27 Évidemment, tous ne se sont pas montrés endurants au cours de cette époque troublée. C’est sans aucun doute la raison pour laquelle l’ange avait insisté sur l’importance de ‘ rester dans l’attente ’. Ceux qui ont enduré et qui sont restés dans l’attente ont été abondamment bénis. L’examen de Daniel chapitre 12 l’atteste. Comme prédit, les oints ont, au sens spirituel, repris vie, ont été ressuscités. Ils ont reçu une perspicacité hors du commun ; ils ont eu la capacité de ‘ rôder ’ dans la Parole de Dieu et, guidés par l’esprit saint, de percer des secrets séculaires. Jéhovah les a purifiés et les a fait briller spirituellement, avec autant d’éclat que des étoiles.  ~ Cela leur a permis d’amener de nombreux humains à être tenus pour justes par Jéhovah Dieu. 28 Quand on connaît tous les indices prophétiques qui identifient “ les saints du Suprême ”, est-on excusable si on ne les reconnaît pas et qu’on ne se joigne pas à eux ? De merveilleuses bénédictions attendent la grande foule, qui sert Jéhovah aux côtés du groupe des oints de moins en moins nombreux. Nous devons tous rester dans l’attente de l’accomplissement des promesses divines (Habaqouq 2:3). Voilà des décennies que Mikaël, le grand Prince, se tient là en faveur des serviteurs de Dieu. Dans peu de temps maintenant, il va entrer en action en qualité d’exécuteur de l’actuel système de choses, envoyé par Dieu. Quelle sera alors notre situation ? 29 La réponse à cette question dépendra de notre choix présent : menons-nous une vie intègre ? Pour renforcer notre détermination alors que le “ temps de la fin ” approche de son terme, considérons le dernier verset du livre de Daniel. En l’examinant dans le prochain chapitre, nous verrons comment Daniel s’est tenu devant son Dieu et comment il se tiendra devant lui dans l’avenir. *** dp chap. 18 p. 306-319 *** Jéhovah promet une récompense merveilleuse à Daniel 1 Un coureur approche de la ligne d’arrivée. Il n’en peut plus, mais à la vue de son objectif il rassemble tout ce qui lui reste d’énergie dans ses dernières foulées. Tous ses muscles tendus, il franchit enfin la ligne d’arrivée ! >> Sur son visage se lisent le soulagement, le triomphe. Il a enduré jusqu’au bout, et il en est récompensé. 2 À la fin de Daniel chapitre 12, on trouve le prophète bien-aimé près de la ligne d’arrivée de sa “ course ” à lui, sa vie qu’il a consacrée au service de Jéhovah. Après avoir cité divers exemples d’hommes et de femmes de foi parmi les serviteurs de Jéhovah préchrétiens, l’apôtre Paul écrivit :
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    “ Ainsi donc,parce que nous avons une si grande nuée de témoins qui nous entoure, débarrassons-nous aussi de tout poids et du péché qui nous entrave facilement, et courons avec endurance la course qui est placée devant nous, tandis que nous avons les yeux fixés sur l’Agent principal de notre foi et Celui qui la porte à la perfection : Jésus. Pour la joie qui était placée devant lui, il a enduré un poteau de supplice, méprisant la honte, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. ” — Hébreux 12:1, 2. 3 Dans cette “ grande nuée de témoins ” figurait Daniel. Il avait indéniablement ‘ couru avec endurance ’ ; il l’avait fait, motivé par un profond amour pour Dieu. Jéhovah avait révélé nombre de renseignements à Daniel concernant l’avenir des gouvernements du monde, mais maintenant il lui envoyait cet encouragement personnel : “ Quant à toi, va vers la fin ; et tu te reposeras, mais tu te lèveras pour ton lot à la fin des jours. ” (Daniel 12:13). L’ange de Jéhovah disait trois choses distinctes à Daniel : 1) que Daniel devait ‘ aller vers la fin ’, 2) qu’il ‘ se reposerait ’ et 3) qu’il ‘ se lèverait ’ à un certain moment. En quoi ces paroles peuvent-elles aujourd’hui encourager les chrétiens à endurer jusqu’à la ligne d’arrivée dans la course pour la vie ? “ VA VERS LA FIN ” 4 Que voulait dire l’ange quand il déclara à Daniel : “ Quant à toi, va vers la fin ” ? La fin de quoi ? Daniel avait presque 100 ans ; l’ange faisait donc apparemment allusion >> à la fin de sa vie, qui était probablement très proche. {Note : Daniel avait été emmené en exil à Babylone en 617 avant notre ère, certainement adolescent. Il reçut cette vision dans la troisième année de Cyrus, soit en 536. — Daniel 10:1.} L’ange exhortait Daniel à endurer fidèlement jusqu’à sa mort. Ce ne serait pas forcément facile. Daniel avait vécu suffisamment longtemps pour voir renverser Babylone et un reste des exilés juifs retourner en Juda et à Jérusalem. Cela dut procurer beaucoup de joie au prophète âgé. Rien n’indique cependant qu’il ait été du voyage. Il se peut tout à fait qu’il ait été trop âgé et trop fragile à l’époque. Ou peut-être était-ce la volonté de Jéhovah qu’il reste à Babylone. Quoi qu’il en soit, on ne peut s’empêcher de se demander si Daniel n’était pas quelque peu nostalgique après le départ de ses compatriotes en Juda. 5 Daniel retira sans aucun doute beaucoup de force de la déclaration bienveillante de l’ange : “ Va vers la fin. ” Cela nous rappelle peut-être les paroles que Jésus Christ énonça quelque six siècles après : “ Celui qui aura enduré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. ” (Matthieu 24:13). C’est indubitablement la voie que Daniel suivit. Il endura jusqu’à la fin ; il courut jusqu’au bout, fidèlement, la course pour la vie. Sans doute est-ce une des raisons pour lesquelles il est par la suite question de lui en termes élogieux dans la Parole de Dieu (Hébreux 11:32, 33). Qu’est-ce qui permit à Daniel d’endurer jusqu’à la fin ? Le récit de sa vie fournit la réponse. ENDURONS DANS L’ÉTUDE DE LA PAROLE DE DIEU 6 Pour endurer jusqu’à la fin, Daniel ne s’arrêta jamais d’étudier et de méditer profondément les promesses exaltantes de Dieu. Nous savons que Daniel était un fervent
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    étudiant de laParole de Dieu. Comment aurait-il connu autrement la promesse de Jéhovah dictée à Jérémie selon laquelle l’Exil durerait 70 ans ? Daniel écrivit lui-même : “ Je discernai par les livres le nombre des années. ” (Daniel 9:2 ; Jérémie 25:11, 12). Il est hors de doute que Daniel éplucha de fond en comble les livres de la Parole de Dieu qui existaient à son époque. Les écrits de Moïse, de David, de Salomon, d’Isaïe, de Jérémie, d’Ézékiel, tout ce dont il disposait, donnèrent à coup sûr à Daniel matière à lire et à méditer pendant de nombreuses heures agréables. 7 Pour cultiver l’endurance aujourd’hui, il est indispensable d’étudier la Parole de Dieu, de s’absorber en elle (Romains 15:4-6 ; 1 Timothée 4:15). Et nous disposons de la Bible entière, notamment du récit de la manière dont certaines prophéties de Daniel se sont accomplies des siècles après leur rédaction. Nous avons en plus la chance de vivre “ au temps de la fin ” prédit en Daniel 12:4. À notre époque, les oints bénéficient de la perspicacité spirituelle ; ils brillent comme des phares de vérité dans un monde de ténèbres. Cela explique que nombre des prophéties profondes qui figurent dans le livre de Daniel, dont certaines le déconcertèrent, soient riches de sens pour nous aujourd’hui. Continuons donc d’étudier la Parole de Dieu chaque jour ; ne banalisons jamais ce privilège. Cela nous aidera à endurer. DANIEL PERSÉVÉRA DANS LA PRIÈRE 8 La prière aussi aida Daniel à endurer jusqu’à la fin. Chaque jour il se tournait vers Jéhovah Dieu et lui parlait> franchement, le cœur rempli de foi et de confiance. Il savait que Jéhovah ‘ entend la prière ’. (Psaume 65:2 ; voir aussi Hébreux 11:6.) Quand il eut le cœur lourd, peiné qu’il était par la conduite rebelle d’Israël, Daniel s’épancha auprès de Jéhovah (Daniel 9:4-19). Même lorsque Darius établit par décret que pendant 30 jours on ne devait adresser de requête à personne d’autre qu’à lui, Daniel ne cessa pas pour autant de prier Jéhovah Dieu (Daniel 6:10). N’est-il pas émouvant d’imaginer ce vieillard fidèle préférer braver une fosse et des lions qu’abandonner le privilège précieux qu’est la prière ? Sur ce sujet, aucun doute possible : Daniel alla fidèlement à sa fin, en priant chaque jour Jéhovah avec ferveur. 9 Il n’est pas compliqué de prier. Nous pouvons prier pour ainsi dire n’importe quand, n’importe où, à voix haute ou en silence. Mais nous ne devons jamais prendre ce précieux privilège à la légère. La Bible établit un rapport entre la prière et l’endurance, la persévérance et l’état de veille spirituel (Luc 18:1 ; Romains 12:12 ; Éphésiens 6:18 ; Colossiens 4:2). N’est-il pas extraordinaire de pouvoir communiquer à volonté et librement avec le plus grand personnage de l’univers ? Et d’être écouté ? Souvenez-vous de la fois où Daniel priait et où Jéhovah envoya un ange lui répondre. Cet ange arriva alors que Daniel priait encore (Daniel 9:20, 21) ! Nous ne sommes évidemment pas à une époque où les anges rendent visite aux humains, mais Jéhovah n’a pas changé (Malaki 3:6). Tout comme il entendit la prière de Daniel, il écoutera les nôtres. Et plus nous prierons, plus nous nous rapprocherons de Jéhovah ; comme Daniel, nous forgerons un lien qui nous aidera à endurer jusqu’à la fin.
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    ENDURONS DANS L’ENSEIGNEMENT DELA PAROLE DE DIEU 10 Daniel devait ‘ aller vers la fin ’ dans un autre sens encore. Il lui fallait endurer en tant qu’enseignant de la vérité. Il n’oublia jamais qu’il faisait partie du peuple choisi à propos duquel les Écritures avaient dit : “ ‘ Vous êtes mes témoins ’, c’est là ce que déclare Jéhovah, ‘ oui mon serviteur que j’ai choisi. ’ ” (Isaïe 43:10). Daniel fit tout ce qui était en son pouvoir pour être à la hauteur de cette mission. Sa tâche consistait probablement, entre autres, à enseigner son peuple exilé à Babylone. Nous sommes peu informés sur ses rapports avec les autres Juifs, excepté avec les trois qui sont appelés “ ses compagnons ”, Hanania, Mishaël et Azaria (Daniel 1:7 ; 2:13, 17, 18). Leur étroite amitié aida certainement chacun d’eux dans une grande mesure à endurer (Proverbes 17:17). Daniel, qui reçut de Jéhovah une perspicacité particulière, avait beaucoup à enseigner à ses amis (Daniel 1:17). Mais son œuvre d’enseignement ne s’arrêtait pas là. 11 Plus qu’aucun autre prophète, Daniel fut chargé de donner le témoignage à des dignitaires gentils. Il dut souvent transmettre des messages peu agréables ; pourtant, il ne traita jamais les dirigeants auxquels il eut affaire en personnages odieux ou en quelque manière inférieurs à lui. Il leur parla avec respect et diplomatie. Si quelques-uns, comme les satrapes jaloux et calculateurs, voulurent détruire Daniel, en revanche il gagna le respect d’autres dignitaires. >> ~ ~ Grâce à la capacité que Jéhovah donna à Daniel d’expliquer des mystères qui laissaient perplexes des rois et des sages, le prophète devint quelqu’un de très éminent (Daniel 2:47, 48 ; 5:29). Certes, en vieillissant, il ne pouvait plus être aussi actif que dans sa jeunesse. Il n’empêche qu’il alla certainement à sa fin en cherchant fidèlement tous les moyens de se montrer le témoin de son Dieu qu’il aimait. 12 Dans la congrégation chrétienne aujourd’hui, nous pouvons trouver de fidèles compagnons qui nous aident à endurer, de même que Daniel et ses trois compagnons s’épaulaient mutuellement. Nous nous enseignons également les uns les autres, ce qui produit “ un échange d’encouragements ”. (Romains 1:11, 12.) Comme Daniel, nous avons pour mission de donner le témoignage aux non-croyants (Matthieu 24:14 ; 28:19, 20). C’est pourquoi il nous faut aiguiser nos capacités afin d’‘ exposer correctement la parole de la vérité ’ lorsque nous parlons de Jéhovah (2 Timothée 2:15). Et il nous sera bénéfique de suivre ce conseil de l’apôtre Paul : “ Continuez à marcher avec sagesse à l’égard de ceux du dehors. ” (Colossiens 4:5). Cette sagesse veut que nous ayons un point de vue raisonnable sur les gens qui ne partagent pas notre foi. Nous ne les méprisons pas ; nous ne nous considérons pas comme supérieurs (1 Pierre 3:15). Nous cherchons plutôt à les attirer vers la vérité ; nous utilisons la Parole de Dieu avec tact et habileté de façon à toucher leur cœur. Quand nous réussissons à toucher quelqu’un, cela nous procure une joie immense. Ce genre de joie nous aide incontestablement à endurer jusqu’à la fin, à l’exemple de Daniel. . “ TU TE REPOSERAS ”
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    13 L’ange donna ensuitecette assurance à Daniel : “ Tu te reposeras. ” (Daniel 12:13). Que signifiaient ces paroles ? Bien sûr, Daniel savait qu’il allait mourir. Depuis l’époque d’Adam jusqu’à la nôtre, la mort attend inéluctablement tous les humains. La Bible a bien raison de qualifier la mort d’“ ennemi ”. (1 Corinthiens 15:26.) Néanmoins, pour Daniel, la perspective de mourir évoquait quelque chose de tout à fait différent de l’idée que s’en faisaient les Babyloniens tout autour de lui. À leurs yeux, imprégnés qu’ils étaient du culte compliqué de quelque 4 000 fausses divinités, la mort s’accompagnait de toutes sortes de terreurs. Ils pensaient qu’après la mort ceux qui avaient été malheureux ou dont la fin avait été violente se transformaient en esprits vengeurs qui hantaient les vivants. Les Babyloniens croyaient également en un au-delà terrifiant, peuplé de monstres hideux aux formes humaines et animales. 14 Pour Daniel, la mort n’avait rien à voir avec ces idées. Des centaines d’années avant l’époque du prophète, le roi Salomon avait déclaré sous l’inspiration divine : “ Les morts, eux, ne savent rien. ” (Ecclésiaste 9:5). Et à propos de celui qui meurt, le psalmiste avait chanté : “ Son esprit sort, il retourne à son sol ; en ce jour-là périssent ses pensées. ” (Psaume 146:4). Daniel savait par conséquent que les paroles que l’ange lui adressait se réaliseraient. La mort était synonyme de repos. Nulle pensée, nul regret amer, nul tourment... et encore moins des monstres. À la mort de Lazare, Jésus Christ présenta les choses de façon similaire. >> Il déclara : “ Lazare notre ami s’est endormi. ” — Jean 11:11. 15 Arrêtons-nous sur une autre raison pour laquelle la perspective de mourir n’effrayait pas Daniel. La Parole de Dieu dit : “ Un nom vaut mieux qu’une bonne huile, et le jour de la mort que le jour de sa naissance. ” (Ecclésiaste 7:1). En quel sens le jour de la mort, un jour triste s’il en est, peut- il valoir mieux que le jour joyeux de la naissance ? Tout est dans le “ nom ”. “ Une bonne huile ” pouvait valoir extrêmement cher. Un jour, par exemple, Marie la sœur de Lazare enduisit les pieds de Jésus d’une huile parfumée qui valait presque un an de salaire (Jean 12:1-7) ! Comment un simple nom pouvait-il être aussi précieux ? En Ecclésiaste 7:1, la Septante met : “ Un beau nom. ” Ce qui est précieux, ce n’est pas tant le nom en soi que ce qu’il représente. Lorsque quelqu’un naît, il n’a pas de réputation, pas de belles œuvres à son actif ; personne ne se souvient avec émotion de sa personnalité, de ses qualités. Quand quelqu’un arrive au terme de sa vie en revanche, son nom évoque tout cela. Et si son nom est beau du point de vue de Dieu, alors il est amplement plus précieux que n’importe quel bien matériel. 16 D’un bout à l’autre de sa vie, Daniel fit tout ce qui était en son pouvoir pour avoir un beau nom auprès de Dieu, et aucun de ses efforts n’échappa à Jéhovah. Il observait Daniel et examinait son cœur. Dieu avait agi de même à l’égard du roi David, qui chanta : “ Ô Jéhovah, tu m’as scruté, et tu me connais. Tu as su quand je m’assois et quand je me lève. Tu as été attentif de loin à ma pensée. ” (Psaume 139:1, 2). ~ ~ Certes, Daniel n’était pas parfait. Il descendait du pécheur Adam et
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    appartenait à unenation pécheresse (Romains 3:23). Mais Daniel se repentit de son état de pécheur et s’efforça toujours de marcher avec son Dieu dans la droiture. Le fidèle prophète pouvait dès lors être certain que Jéhovah pardonnerait ses péchés et ne les retiendrait jamais contre lui (Psaume 103:10-14 ; Isaïe 1:18). Volontairement, ce sont des belles œuvres de ses serviteurs fidèles dont Jéhovah se souvient (Hébreux 6:10). D’ailleurs, l’ange de Jéhovah appela Daniel à deux reprises “ homme très désirable ”. (Daniel 10:11, 19.) C’était la preuve que Dieu aimait Daniel. Daniel pouvait aller se reposer satisfait, en sachant qu’il s’était fait un beau nom auprès de Jéhovah. 17 Nous ferions bien de nous demander, tous autant que nous sommes : ‘ Ai-je un beau nom auprès de Jéhovah ? ’ Nous vivons une époque troublée. Ce n’est pas être morbide, mais simplement réaliste, que d’admettre que la mort peut emporter n’importe lequel d’entre nous à n’importe quel moment (Ecclésiaste 9:11). Il est donc capital d’être déterminé à se faire un beau nom auprès de Dieu dès maintenant, sans attendre. Si nous le faisons, nous n’avons pas à craindre la mort. Elle n’est qu’un repos, comme le sommeil. Et comme le sommeil, elle est suivie d’un réveil ! “ TU TE LÈVERAS ” 18 Le livre de Daniel se termine par l’une des plus belles promesses que Dieu a jamais faites à un humain. L’ange de Jéhovah dit à Daniel : “ Tu te lèveras pour ton lot à la fin des jours. ” Que voulait dire l’ange ? >> ~ Manifestement, puisque le ‘ repos ’ dont il venait de parler était la mort, la promesse selon laquelle Daniel ‘ se lèverait ’ un jour ne pouvait se rapporter qu’à une chose : la résurrection ! {Note : D’après The Brown-Driver-Briggs Hebrew and English Lexicon, le mot hébreu rendu ici par ‘ se lever ’ a trait à “ la renaissance après la mort ”.} Certains biblistes ont affirmé que Daniel chapitre 12 contient la première allusion explicite à la résurrection dans les Écritures hébraïques (Daniel 12:2). Sur ce point, néanmoins, ils se trompent. Daniel connaissait parfaitement l’espérance de la résurrection. 19 Par exemple, Daniel connaissait assurément ces paroles qu’Isaïe avait rédigées deux siècles plus tôt : “ Tes morts vivront. Un cadavre à moi — ils se relèveront. Réveillez-vous et poussez des cris de joie, vous qui résidez dans la poussière ! Car [...] la terre fera tomber, c’est-à-dire enfantera, même ceux qui sont sans force dans la mort. ” (Isaïe 26:19). Bien avant déjà, Éliya et Élisha avaient reçu de Jéhovah le pouvoir d’opérer des résurrections (1 Rois 17:17-24 ; 2 Rois 4:32-37). Même avant, Hanna, la mère du prophète Samuel, avait reconnu que Jéhovah peut relever des humains du shéol, la tombe (1 Samuel 2:6). Précédemment encore, le fidèle Job avait exprimé son propre espoir par ces mots : “ Si un homme robuste meurt, peut-il revivre ? Tous les jours de ma corvée, j’attendrai, jusqu’à ce que vienne ma relève. Tu appelleras, et moi je te répondrai. Tu languiras après l’œuvre de tes mains. ” — Job 14:14, 15. 20 Comme Job, Daniel avait des raisons d’être persuadé que Jéhovah le ramènerait un jour à la vie, mieux, qu’il languissait après. Il dut toutefois être profondément réconforté d’entendre une créature spirituelle puissante
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    confirmer son espérance. Oui,Daniel se lèvera à “ la résurrection des justes ” qui surviendra au cours du Règne millénaire de Christ (Luc 14:14). Comment cela se passera-t-il pour Daniel ? La Parole de Dieu n’est pas avare de renseignements sur ce sujet. 21 Jéhovah est “ un Dieu, non pas de désordre, mais de paix ”. (1 Corinthiens 14:33.) Il est par conséquent évident que dans le Paradis la résurrection se déroulera avec ordre. Peut-être que du temps aura passé depuis Har-Maguédôn (Révélation 16:14, 16). Tous les vestiges de l’ancien système de choses auront été éliminés, et des préparatifs auront sans aucun doute été faits pour accueillir les morts. Quant à l’ordre dans lequel les morts reviendront, la Bible contient ce précédent : “ Chacun à son propre rang. ” (1 Corinthiens 15:23). Il semble probable que, dans la ‘ résurrection des justes et des injustes ’, les justes soient ramenés les premiers (Actes 24:15). De cette manière, les hommes fidèles du passé, tel Daniel, pourront participer à l’administration des affaires terrestres, notamment à l’instruction des milliards d’“ injustes ” ramenés à la vie. — Psaume 45:16. 22 Avant d’être prêt à assumer de telles responsabilités, Daniel aura certainement des questions à poser. N’a-t-il pas dit à propos de certaines des prophéties profondes qui lui étaient confiées : “ J’entendis, mais je ne comprenais pas. ” (Daniel 12:8). Comme il sera enthousiasmé de comprendre enfin ces mystères divins ! Il voudra inévitablement tout savoir sur le Messie. Daniel découvrira avec fascination la marche des puissances >> mondiales depuis son époque jusqu’à la nôtre, l’identité des fidèles “ saints du Suprême ”, qui auront persévéré malgré la persécution au “ temps de la fin ”, et la destruction finale de tous les royaumes humains par le Royaume messianique de Dieu. — Daniel 2:44 ; 7:22 ; 12:4. LE LOT DE DANIEL DANS LE PARADIS, ET LE VÔTRE ! 23 Daniel voudra connaître le monde dans lequel il se trouvera alors, un monde tellement différent de celui de son temps. Disparues, toutes traces des guerres et de l’oppression qui gâchaient le monde à son époque. Il n’y aura ni affliction, ni maladie, ni mort (Isaïe 25:8 ; 33:24). En revanche, il y aura de la nourriture en abondance, des logements en quantité et un travail satisfaisant pour tous (Psaume 72:16 ; Isaïe 65:21, 22). L’humanité constituera une famille unie et heureuse. 24 Il est sûr et certain que Daniel aura une place dans ce monde-là. “ Tu te lèveras pour ton lot ”, lui dit l’ange. Le mot hébreu traduit ici par “ lot ” est celui qui désignait les parcelles de terrain {Note : Ce mot hébreu est de la famille de celui qui signifie “ caillou ”, car on se servait de petites pierres pour jeter les sorts. On répartissait parfois les terres de cette façon (Nombres 26:55, 56). Le manuel du traducteur pour le livre de Daniel dit qu’ici le mot désigne “ ce qui est destiné/attribué à quelqu’un ” par Dieu.}. Daniel devait connaître la prophétie d’Ézékiel relative à la répartition du pays rétabli d’Israël (Ézékiel 47:13–48:35). Que donne à penser cette prophétie en ce qui concerne son accomplissement dans le Paradis ? Que tous les serviteurs de Dieu auront leur place dans ce Paradis, et que la terre sera répartie avec ordre et justice. Naturellement, le lot que Daniel recevra dans le Paradis ne consistera pas
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    seulement en unterrain. Il comprendra sa place dans le dessein de Dieu. Daniel est certain de recevoir sa récompense promise. 25 Mais votre lot à vous ? Les mêmes promesses peuvent s’appliquer dans votre cas. Jéhovah veut que les humains obéissants ‘ se lèvent ’ pour leur lot, il veut qu’ils aient une place dans le Paradis. Songez un peu : ne sera-t-il pas prodigieux de rencontrer Daniel en personne, ainsi que d’autres hommes et femmes fidèles des temps bibliques ? Des humains sans nombre seront ramenés à la vie, qu’il faudra instruire pour qu’ils connaissent Jéhovah Dieu et qu’ils l’aiment. Imaginez-vous en train de prendre soin de notre demeure terrestre et de la transformer en un paradis d’une variété infinie et d’une beauté éternelle. Représentez-vous en train d’être enseigné par Jéhovah, en train d’apprendre à mener la vie qu’il avait prévue pour les humains (Isaïe 11:9 ; Jean 6:45). Il y a bel et bien une place pour vous dans le Paradis. Même si le mot Paradis sonne curieusement aux oreilles de certains aujourd’hui, souvenez-vous qu’à l’origine Jéhovah avait créé l’homme pour vivre dans un tel endroit (Genèse 2:7-9). En ce sens, le Paradis est l’habitat naturel des milliards de terriens. C’est pour vivre là qu’ils sont faits. Lorsque les humains se retrouveront >> dans le Paradis, ce sera comme s’ils rentraient chez eux. ~26 Nos cœurs ne s’embrasent-ils pas de reconnaissance quand nous pensons à cet avenir ? N’êtes-vous pas impatient de le connaître ? Il n’est pas étonnant que les Témoins de Jéhovah aient envie de savoir quand viendra la fin du système de choses. Il n’est pas facile d’attendre. Jéhovah le sait, puisqu’il nous encourage à ‘ continuer à attendre ’ la fin “ même si elle venait à tarder ”. Il veut dire qu’elle pourrait donner l’impression de tarder à notre point de vue ; en effet, dans le même verset, nous lisons cette assurance : “ Elle ne sera pas en retard. ” (Habaqouq 2:3 ; voir aussi Proverbes 13:12). Sans doute possible, la fin viendra exactement au moment fixé. 27 Que devez-vous faire à l’approche de la fin ? La même chose que le prophète Daniel, bien-aimé de Jéhovah : endurer fidèlement. Étudiez assidûment la Parole de Dieu. Priez avec ferveur. Aimez et fréquentez vos compagnons croyants. Enseignez avec zèle la vérité à autrui. La fin du présent système de choses méchant approchant jour après jour, demeurez déterminé à servir fidèlement le Très-Haut et à défendre hardiment sa Parole. Surtout, prêtez attention à la prophétie de Daniel ! Et que le Souverain Seigneur Jéhovah vous accorde le privilège de vous tenir joyeusement devant lui pour toute l’éternité ! {{Fin}}