La ballade du soldat
Mânava i Moruroa nei… Parataito mo'e
(Bienvenue à Moruroa !… Paradis perdu)
1er décembre 1963 :

Nous sommes dans les premiers jours de décembre 1963 et
notre section du 5ème RMP, génie-légion, s’ap...
Le 17 décembre 1963
Nous prenons la mer, beau
temps, mer calme et c’est la
découverte de la Royale et mon
premier voyage s...
Rade de Papeete le 17/12/1963
Le lendemain, nous longeons pendant presque toute la journée une
côte très basse couverte de cocotiers, sur la gauche Cela...
Le jour suivant dans l’après-midi, nous arrivons à Moruroa… le
choc : multitude de poissons, oiseaux, crustacés, coraux,
c...
Trois ou quatre sections de notre compagnie sont déjà sur les lieux
depuis août dernier. En majorité des légionnaires et q...
Notre premier chantier
Après notre installation et quelques menus travaux d’entretien, notre
premier chantier sera la cons...
Vacances à Moruroa 
Ce travail épuisant entrecoupé de baignade dans le lagon...
Ensuite nous entreprendrons un chantier plus vaste, la construction du
foyer, grand bâtiment en Y, couvert de niau, avec u...
Les photos suivantes sont de Georges Pierrot, notre boulanger à
Moruroa, qui m'a autorisé à les publier. Elles sont nettem...
Un tresseur de niau (merci à Christian pour la photo).
Nouveau chantier
Un hangar HV9 à un endroit éloigné où il n’y a plus de cocotiers et où la
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Un hangar HV9 et le premier quai.
Travaux divers
Un des boulots les plus pénibles, était le déchargement de ciment de
la goélette Orohena. L’ouverture de la...
La vie de tous les jours.
Pour la douche, il y avait une bâche-réservoir d’eau, surélevée de 2,5
mètres. Au-dessous, étaie...
Presque tout les dimanches, la venue du Bermuda de la RAI (Réseau
Aérien Interinsulaire) nous amène des produits frais, lé...
Quoique ! Pratiquement
tous les jours du poisson
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nous avions pêché la
veille au soir sur la
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Je n’ai jamais vu de rat durant mon séjour. Par contre, il y avait des
bernard-l’ermite qui s’introduisaient dans notre ba...
Enfin, un bain dans le lagon était un spectacle inouï… nous
avions l’impression de nous baigner dans un aquarium.

Bec de ...
L’eau était d’une telle clarté que nous voyons un fond de 20 mètres
avec précision. Quant j’étais sur un pinacle (colonne ...
Les loisirs
J’ai déjà eu l’occasion de parler de la pêche. Certains « dilettantes »
pêchaient pendant la journée côté lago...
Nous avons passé trois ou quatre week-ends sur des motu (îlots)
éloignés pour la pêche. Un chaland de débarquement nous y ...
Traversée d'un hoa
Bivouac sur la plage
Le 25 décembre, bien sur, la crèche de Noël avec les
légionnaires et « Joyeux Noël » en français et en allemand.
Le spectacle du coucher de soleil, avec les raies mantas qui
sautent hors de l’eau pour se débarrasser des parasites.
Le retour le 15 mars 1964
Et voilà, arrive ce jour où il faut quitter ce sol si accueillant… mais nous
sommes aussi conten...
Nous ferons escale au large de Fangataufa pour débarquer du
personnel et du matériel par baleinière. Une journée de specta...
Baleinière de récif
Qu’est devenu Fangataufa, atoll inhabité et protégé ?
Et le surlendemain, arrivée à Papeete
Nous retrouvons nos copains et… nos copines, évidemment. C’est
reparti pour les virées tardives Quinn’s, La Fayette, etc.…...
Je suis affecté au bureau de solde de la marine, sis au rez-dechaussée du Grand Hôtel à Papeete.
CONCLUSION
Maintenant, quand j’y repense, je
crois que nous avons commis une
faute ; Pendant ces trois mois,
nous ne nous ...
Photos (à l’exception de
celles qui sont notées) et
montage de Pierre

Le café pendant les pauses
est de Maiarii
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Ballade du soldat

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Voici l'histoire d'un séjour à Moruroa (archipel des Tuamotu - Polynésie française) de décembre 1963 à mars 1964. Ce séjour dans cette île complètement inconnue de nous à cette époque, n'est pas touristique mais bien agréable quand même.
J'ai une pensée émue pour ceux qui nous ont succédés en ces lieux : des milliers d'inconnus dont certains sont devenues mes amis, qui ont vécu des situations plus pénibles que la mienne et surtout ceux qui souffrent encore des conséquences de ce drame.

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  1. 1. La ballade du soldat Mânava i Moruroa nei… Parataito mo'e (Bienvenue à Moruroa !… Paradis perdu)
  2. 2. 1er décembre 1963 : Nous sommes dans les premiers jours de décembre 1963 et notre section du 5ème RMP, génie-légion, s’apprête à embarquer sur le TCD Foudre. Je dois dire qu’après plus de 4 mois de chantier à Arue et de bringue « Quinn’s-La Fayette », un petit séjour de 3 mois à Moruroa ne peut être que bénéfique pour notre santé… et notre porte-monnaie.
  3. 3. Le 17 décembre 1963 Nous prenons la mer, beau temps, mer calme et c’est la découverte de la Royale et mon premier voyage sur un bateau (en dehors du Poti'i Moorea, entre Papeete et Moorea). Il fait chaud et avec mon ami Emile, nous mettons nos matelas pneumatiques sur le pont du bateau pour dormir plutôt que d’aller dans les coursives. Les marins n’y volent aucun inconvénient… nous sommes reçus comme des touristes.
  4. 4. Rade de Papeete le 17/12/1963
  5. 5. Le lendemain, nous longeons pendant presque toute la journée une côte très basse couverte de cocotiers, sur la gauche Cela nous parait irréel vu la longueur, en fait nous longeons les atolls de Hereheretue, Anuanuraro, Anuanurunga, Nukutepipi et, un peu plus loin, Tematangi.
  6. 6. Le jour suivant dans l’après-midi, nous arrivons à Moruroa… le choc : multitude de poissons, oiseaux, crustacés, coraux, cocotiers et plage de sable blanc à l’infini…. Lagon de Moruroa le 19/12/1963
  7. 7. Trois ou quatre sections de notre compagnie sont déjà sur les lieux depuis août dernier. En majorité des légionnaires et quelques collègues du génie. Coup de chance, c’est notre lieutenant (un gars formidable), qui est responsable de l’intendance en plus de son travail au chantier. Cela nous ouvrira les portes des cuisines… Ma baraque Fillod
  8. 8. Notre premier chantier Après notre installation et quelques menus travaux d’entretien, notre premier chantier sera la construction de fare niau (maison en feuille de cocotier tressée) à l’endroit le plus large de Moruroa où se trouve une vieille maison en bois, un four à pain enterré dans le sable de corail et un petit cimetière de deux ou trois tombes (témoins d’un drame ?)
  9. 9. Vacances à Moruroa 
  10. 10. Ce travail épuisant entrecoupé de baignade dans le lagon...
  11. 11. Ensuite nous entreprendrons un chantier plus vaste, la construction du foyer, grand bâtiment en Y, couvert de niau, avec un ponton sur le lagon. Le futur foyer, dont j'ai peint le dessous du ponton au goudron (très agréable, en faisant la planche, mais j'étais pas beau à voir à la fin)
  12. 12. Les photos suivantes sont de Georges Pierrot, notre boulanger à Moruroa, qui m'a autorisé à les publier. Elles sont nettement meilleures que les miennes et n'ont pas subi le climat humide de Tahiti depuis près d'un demi-siècle.
  13. 13. Un tresseur de niau (merci à Christian pour la photo).
  14. 14. Nouveau chantier Un hangar HV9 à un endroit éloigné où il n’y a plus de cocotiers et où la mer communique avec le lagon à marée haute. Ce hangar HV9 se situera à l’endroit du début de la future piste d’avion de l’atoll. Repérage de la zone par un collègue
  15. 15. Un hangar HV9 et le premier quai.
  16. 16. Travaux divers Un des boulots les plus pénibles, était le déchargement de ciment de la goélette Orohena. L’ouverture de la cale étant trop petite pour les palettes ( ?), nous devions mettre les sacs de ciment dans un filet. Une fois le filet rempli, celuici était transbordé par le palan du bateau vers une péniche de débarquement. Il faut savoir que cela se passait au milieu du lagon faute de quai. Au bout d’une heure, nous étions couverts de ciment qui collait à la peau avec la sueur ; Mais, quelle joie, un plongeon dans le lagon, nous rinçait et c’était reparti pour un tour…
  17. 17. La vie de tous les jours. Pour la douche, il y avait une bâche-réservoir d’eau, surélevée de 2,5 mètres. Au-dessous, étaient fixées des chasses d’eau de WC. Nous tirions la chasse pour nous mouiller et après le savonnage, nous tirions à nouveau sur la chasse pour nous rincer. Cette douche n’était ouverte qu’une heure par jour, en fin de journée de travail. Les réserves d’eau étaient amenées à Moruora par un bateau de la Royale spécialisé
  18. 18. Presque tout les dimanches, la venue du Bermuda de la RAI (Réseau Aérien Interinsulaire) nous amène des produits frais, légumes, fruits, viande,… et le courrier. Nous lisons rapidement les lettres reçues de nos familles, les nôtres repartent par le même avion… Mais surtout nous pensons aux améliorations de nos repas. Si vous êtes l’auteur de cette photo, merci de me passer un message
  19. 19. Quoique ! Pratiquement tous les jours du poisson au menu, le poisson que nous avions pêché la veille au soir sur la barrière côté océan ; Certains jours, langoustes ! Quand les prises étaient peu nombreuses, ces plats étaient réservés à ceux qui avaient participé à la pêche (inutile de vous dire que j’en faisais toujours partie).
  20. 20. Je n’ai jamais vu de rat durant mon séjour. Par contre, il y avait des bernard-l’ermite qui s’introduisaient dans notre baraque la nuit. Pour les oiseaux, ils étaient peu variés (frégates, sternes,…) mais en très grand nombres.
  21. 21. Enfin, un bain dans le lagon était un spectacle inouï… nous avions l’impression de nous baigner dans un aquarium. Bec de canne (lethrinus = ‘o’eo)
  22. 22. L’eau était d’une telle clarté que nous voyons un fond de 20 mètres avec précision. Quant j’étais sur un pinacle (colonne verticale de corail au milieu du lagon), je touchais l’eau avant de plonger pour être sur qu’elle se trouvait bien là. Et sur les pinacles, des belles huitres nacrières grandes comme des assiettes.
  23. 23. Les loisirs J’ai déjà eu l’occasion de parler de la pêche. Certains « dilettantes » pêchaient pendant la journée côté lagon, comme notre coiffeur, légionnaire italien, qui pêchait entre deux coupes de cheveux, avec juste un fil enroulé autour d’une bouteille d’Hinano et un hameçon (je dis bien, un hameçon, souvent sans appât). Pour nous, c’était le soir, sur le platier côté océan, dans 50 cm d’eau. Nous étions une douzaine, en ligne, équipés de nos chaussures « pataugas », un bâton à la main et quelques lampes morigaz (lampe à pétrole sous pression avec manchon lumineux). Il suffisait de donner un coup de bâton sur le poisson endormi pour l’assommer, généralement tarau (loche) pahoro (perroquet) et roï (mérou)… Quand nous trouvions une langouste, immédiatement nous l’entourions et c’était à celui qui lui mettrait le pied dessus le premier. Tout cela finissait dans nos sacs en caoutchouc (sac de nos matelas pneumatiques).
  24. 24. Nous avons passé trois ou quatre week-ends sur des motu (îlots) éloignés pour la pêche. Un chaland de débarquement nous y amenait le samedi et venait nous rechercher le dimanche. Un hoa, chenal peu profond entre l’océan et le lagon
  25. 25. Traversée d'un hoa
  26. 26. Bivouac sur la plage
  27. 27. Le 25 décembre, bien sur, la crèche de Noël avec les légionnaires et « Joyeux Noël » en français et en allemand.
  28. 28. Le spectacle du coucher de soleil, avec les raies mantas qui sautent hors de l’eau pour se débarrasser des parasites.
  29. 29. Le retour le 15 mars 1964 Et voilà, arrive ce jour où il faut quitter ce sol si accueillant… mais nous sommes aussi content de retrouver bientôt Tahiti, ses dancings, ses charmantes vahiné… et les copains. Donc fin Mars, nous embarquons sur le Cheliff…
  30. 30. Nous ferons escale au large de Fangataufa pour débarquer du personnel et du matériel par baleinière. Une journée de spectacle pour nous et de travail périlleux pour les paumutu et les marins.
  31. 31. Baleinière de récif
  32. 32. Qu’est devenu Fangataufa, atoll inhabité et protégé ?
  33. 33. Et le surlendemain, arrivée à Papeete
  34. 34. Nous retrouvons nos copains et… nos copines, évidemment. C’est reparti pour les virées tardives Quinn’s, La Fayette, etc.… Que fait ma vespa devant le Quinn’s !!!
  35. 35. Je suis affecté au bureau de solde de la marine, sis au rez-dechaussée du Grand Hôtel à Papeete.
  36. 36. CONCLUSION Maintenant, quand j’y repense, je crois que nous avons commis une faute ; Pendant ces trois mois, nous ne nous sommes jamais posé la question de savoir ce que nous étions venu faire ici… Même pas : C’est un centre de repos ? Un club de vacances pour famille de militaire ? Une base de sous-marin ?... Comment aurions nous pu imaginer que deux ans et demi après… l’enfer s’abattrait sur ce paradis ?
  37. 37. Photos (à l’exception de celles qui sont notées) et montage de Pierre Le café pendant les pauses est de Maiarii

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