Discours Bresso EuroPCom

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Discours Bresso EuroPCom

  1. 1. BRUXELLES, 13 OCTOBRE 2010 EUROPCOM Session d'ouverture au Parlement européen MERCEDES BRESSO, PRÉSIDENTE DU COMITÉ DES REGIONS Seulement le discours prononcé fait fois Monsieur le Vice-Président du Parlement européen, Cher Stavros, Monsieur le Ministre-Président de la Wallonie, Cher Rudy, Tous les trois, en tant qu'élus représentants politiques, nous faisons probablement exception aujourd'hui, dans cet amphithéâtre parlementaire, parmi plus de 600 communicateurs publics réunis à l'occasion de cette première Conférence européenne sur la Communication Publique. L'idée en soi me plaît beaucoup, je dois dire, car je la trouve pertinente et nécessaire: mettre en scène et en réseaux tous ces acteurs 1
  2. 2. professionnels de la communication en Europe et sur l'Europe valait bien une grand' messe. Et je me réjouis que le Comité des régions ait pu se trouver à l'origine de cet EUROPCOM, aux côtés de votre région Wallonne, Président Demotte, et de la région Flamande, et ceci en plein cœur de l'agenda de la Présidence belge du Conseil de l'Union européenne. Je me félicite également que cette Conférence ait reçu l'adhésion de toutes les institutions européennes. La réunion d'hier qui rassemblait tous les chefs de bureau de représentation du Parlement européen et de la Commission ainsi que les directeurs de l'information des Etats membres, lui confère une dimension interinstitutionnelle extrêmement précieuse. Enfin, et c'est l'élément qui me touche le plus dans ce concept d'EUROPCOM, je note une présence massive de directeurs de la communication des villes et des régions parce qu'ils et elles sont des acteurs clés de la réussite du rapprochement entre l'Union européenne et ses citoyens. Mesdames et Messieurs, Evidemment, le défi devant nous est gigantesque à l'échelle de la taille de la démocratie européenne. Qu'attendent nos 500 millions de concitoyens de nous, responsables politiques européens, et de vous, professionnels de la communication? Tout en avouant leur scepticisme et leur méconnaissance dans le fonctionnement de l'Union et se plaignant de souffrir d'un éloignement vis-à-vis de ses institutions, les Européens n'en aspirent pas moins à être plus et mieux informés sur l'Europe. Ils veulent savoir: 2
  3. 3. − qui dirige et comment est dirigée l'Europe, − quelle est sa place et son poids dans le monde, − comment nous protège-t-elle des effets de la globalisation, − quels atouts donne-t-elle à une économie sociale et durable et à ses entreprises, − en quoi change-t-elle la vie des citoyens, ou, plus, prosaïquement, ce qu'elle leur rapporte –"what do I get from the EU?". Les opinions publiques et le débat public s'organisent autour de ces grandes questions et trouvent leur place dans des sphères soit européenne, soit nationales, soit territoriales. Comment y répondre? Comment, à l'échelle d'un demi-milliard d'individus, nourrir ces sphères publiques globales ou décentralisées avec une information qui rende la construction européenne plus lisible et accessible? Le Traité de Lisbonne a introduit une nouvelle architecture politique de l'Union, avec une nouvelle répartition des pouvoirs, et naturellement l'apparition de nouveaux acteurs. L'avenir dira, si avec Lisbonne, l'Union devient plus claire, plus accessible et mieux acceptée par les citoyens. C'est pourquoi nous devons, à notre tour, vite trouver une nouvelle architecture pour la communication sur l'Europe, grâce à une approche à multi-niveaux mettant en réseau: les institutions européennes, les Etats membres, les régions et les villes. Il y a de l'espace pour tous, des messages pour tous, un idéal européen à partager, une multitude d'histoires d'Europe à raconter à nos medias 3
  4. 4. et à nos citoyens, à condition d'agir de manière coordonnée, organisée et professionnelle. − Un espace de communication pour tous: un des challenges de cette nouvelle communication sur l'Europe, c'est qu'elle doit être portée par des visages qui sont familiers aux citoyens. Je pense à ceux des parlementaires européens bien sûr, mais aussi à ceux des élus des territoires, des présidents de régions et des maires, qui viendront s'ajouter à ceux des responsables institutionnels généralement porteurs de la communication sur l'Union. Cette communication "multi-visages" est un facteur clé pour rendre l'Europe familière et accessible. − Un idéal européen et une vision à partager: il est essentiel que les institutions européennes délivrent des messages communs aux opinions publiques: une meilleure gouvernance économique; investir dans la croissance à l'horizon 2020; un budget ambitieux pour l'Union; un espace de liberté, de justice et de sécurité pour nos citoyens; une Europe globale qui pèse sur la scène mondiale. Nous pouvons tous nous retrouver sur ces objectifs de communication pour 2011 proposés par la Commission européenne. − une communication par la preuve reste néanmoins indispensable: comment et en quoi l'Union contribue-t-elle à améliorer la vie des citoyens au quotidien. Nous entrons dans un domaine où, je le répète, il s'agit de raconter une multitude d'histoires d'Europe, avec des faits et des résultats que les gens comprennent. Je vous assure, c'est ce qu'attendent de nous les 4
  5. 5. hommes et les femmes de nos régions, de nos campagnes et de nos villes. Nous devons rendre l'Europe accessible et concrète aux yeux des citoyens. * * * Mesdames et Messieurs, Comment nous y prendre pour bâtir ce nouvel édifice de communication publique sur l'Europe? Je dirais qu'à Bruxelles, entre institutions européennes, les choses marchent, mais il faut aller plus loin. Celles-ci ont uni tous leurs efforts pour proposer un socle de coopération et orchestrer, depuis Bruxelles, dans et avec les États membres, une série d'initiatives de communication autour de messages et d'objectifs thématiques prédéfinis. Le Comité des régions a été pleinement associé à cette coopération interinstitutionnelle symbolisée par "Communiquer l'Europe en partenariat". "Going local" doit, me semble-t-il, rester un des points forts de la communication européenne et demeure en tous cas l'axe majeur de la politique de communication du Comité des régions, comme le CdR l'a réaffirmé dans son propre Livre blanc sur la gouvernance à multi- niveaux en 2009. Que disons-nous? 5
  6. 6. - Sans une approche délibérément décentralisée de la communication de l'Union dans les États et leurs territoires, - sans une déclinaison régionale et locale de la communication européenne adaptée aux réalités territoriales - et sans l'engagement des acteurs politiques pour animer de façon permanente le débat européen dans les villes et régions européennes et rendre compte des décisions prises au niveau communautaire, la conquête des opinions publiques restera en panne ou incomplète. Ce qui est le cas, avouons-le, un peu aujourd'hui. La communication décentralisée doit devenir un des enjeux de cette nouvelle mandature de l'Union européenne. Les institutions européennes se rejoignent face à ce constat et les efforts de coopération à l'échelon de l'UE le confirment, mais je leur dis aujourd'hui, M.SORENSEN, Me. LAHOUSSE, M.KEMPPINEN, "N'ayez pas peur d'ouvrir depuis Bruxelles les voies de la communication décentralisée dans les territoires". Alors comment parfaire et approfondir l'organisation de cette communication de proximité? C'est l'objet de cette Conférence EUROPCOM: la conquête des opinions publiques dans les territoires. Je dis bien des opinions publiques. Dans chaque État membre, il convient de multiplier les synergies entre les représentations du Parlement européen et de la Commission européenne, et les collectivités territoriales et leurs associations. Les parlementaires européens, les membres du CdR, les présidents de 6
  7. 7. régions, les maires, doivent pouvoir y trouver des points d'appui pour communiquer sur l'Europe. Moi qui suis élue dans une région, je vous l'affirme: la contribution des régions et des villes, ainsi que de leurs élus, offre des atouts majeurs pour la réussite de la communication sur l'Europe: − les élus régionaux et locaux bénéficient dans leur circonscription – auprès de leurs citoyens – d'un vrai capital de confiance; − ils ont la meilleure connaissance des attentes que nourrissent ces mêmes citoyens par rapport à l'Europe; − ils se voient reconnaitre par ceux-ci une légitimité à les informer sur l'Union. Les régions, les villes et leurs élus ont donc un rôle clé à jouer. Cette communication décentralisée est sans conteste en mouvement, mais il faut l'amplifier. A l'instar des parlementaires européens, les maires, présidents de régions ou élus territoriaux – dont près de 700 d'entre eux sont membres du Comité des régions – jouent de plus en plus leur rôle de porte-parole de l'Union auprès de leurs citoyens. − Avec eux, les formations politiques et les réseaux associatifs des collectivités, à l'échelon européen ou national, forment des relais opérationnels de communication. − Auprès d'eux, dans leurs propres collectivités territoriales, travaillent des professionnels de la communication publique, nombreux aujourd'hui à EUROPCOM, chargés de concevoir et de mettre en place des campagnes d'information, d'organiser des 7
  8. 8. événements, de produire et d'alimenter des outils de communication, − Ils assurent enfin les relations avec la presse et les medias régionaux et locaux qui restent à mes yeux les meilleurs supports d'information pour l'Europe. − Nous savons que nos collectivités territoriales disposent de budgets et de moyens de communication souvent conséquents qu'elles peuvent mobiliser et destiner à des actions d'information conjuguées avec les institutions européennes et leurs bureaux de représentation. Mesdames, Messieurs, En conclusion, parce ce que c'est le lieu et le moment, je voudrais vous amener à réfléchir à ce que pourrait être une approche stratégique commune de la communication sur l'Europe et en Europe. Face à un espace démocratique de 500 millions de citoyens, tellement éloignés de notre bulle Bruxelloise, où les attentes d'Europe sont si différenciées, - avons-nous d'autres choix que de communiquer à proximité de ces femmes et ces hommes qui peuplent nos territoires? - avons-nous d'autres choix que de moins parler au nom de nos institutions européennes respectives et davantage au nom de l'Union européenne porteuse d'un projet et de succès? - ne devons-nous pas réfléchir à une politique de communication qui fédère ces succès Made in Europe (Erasmus, la politique régionale, ……) 8
  9. 9. - ne faut-il pas aller jusqu'à imaginer pour l'Union européenne une politique de marque – "Branding Europe" - à l'image de ce que font nos villes et nos régions? C'est un enjeu stratégique pour la construction européenne et pour la place de l'Union auprès des opinions publiques. Je ne connais pas un seul dessein politique qui ait abouti sans adhésion populaire et sans qu'il soit compris par ses citoyens. La communication de l'Union européenne est en soi un dessein politique. A nous, à vous de l'imaginer, de le partager et de le porter. Je vous remercie pour votre attention et je me réjouis d'écouter les conclusions de vos débats. 9

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