Pour utilisation avec un Smartphone | Ourbothy
© 1999-2006
Watch Tower Bible
and Tract Society of
Pennsylvania
Prêtons att...
Prêtons attention à la prophétie de Daniel !
1999, 2006
Cette publication est éditée dans le cadre d’une œuvre mondiale
d’...
*** dp chap. 1 p. 5-10 ***
Le livre de Daniel et vous
1
Un roi puissant menace d’exécuter
les sages de son royaume parce q...
C’est le Royaume de Dieu qui
remplacera toutes les formes de
domination humaine, pour le bien
éternel de l’humanité. Peut-...
il montre qu’il est le Très-Haut et le Chef
dans “ le royaume des humains ”. —
Daniel 4:17.
13
Daniel servit à la cour pen...
*** dp chap. 2 p. 13-29 ***
Daniel, un livre au banc des accusés
1
Imaginez-vous dans un tribunal.
Vous assistez à un juge...
fraude, alors les promesses qu’il
contient quant à l’avenir de l’humanité
ne sont au mieux que des mots vides de
sens. En ...
l’araméen ne possèdent les mots
“ grand-père ” et “ petit-fils ” ; “ fils de ”
peut signifier “ petit-fils de ”, et même
“...
LE RÈGNE DE YEHOÏAQIM
14
On lit en Daniel 1:1 : “ Dans la
troisième année du règne de Yehoïaqim
le roi de Juda, Neboukadne...
refusaient d’obéir à l’ordre du roi.
Des dizaines d’années plus tard, Daniel
fut jeté dans une fosse aux lions pour
avoir ...
hébraïques en trois groupes : la Loi, les
Prophètes et les Écrits. Et ils rangèrent
Daniel, non parmi les Prophètes, mais
...
Cela se serait passé environ un siècle et
demi avant que ne soit “ forgé ” le livre,
comme disent les critiques. Il va de ...
dans la bibliothèque d’une secte
maccabéenne. ”
27
Cependant, le livre de Daniel
est attesté par une source bien plus
anci...
n’existent pas. ’ ” Leur préjugé les
aveugle. Mais tel est leur choix... et ce
sont eux qui sont perdants.
32
Et vous ? Si...
5
Quelle fut l’issue du siège ?
“ Finalement Jéhovah livra en sa main
Yehoïaqim le roi de Juda et une partie
des ustensile...
UN COMBAT POUR L’ESPRIT
10
Immédiatement s’engagea un
combat pour les jeunes esprits de ces
exilés. Pour que les adolescen...
Le nom babylonien d’Azaria fut Abed-
Négo, qui veut probablement dire
“ Serviteur de Négo ”. Or, “ Négo ” est
une variante...
19
Une chose est de savoir ce qu’il
faut faire, mais tout autre chose est
d’avoir le courage de le faire quand on
subit de...
UNE ÉPREUVE
DE DIX JOURS EST PROPOSÉE
24
Daniel proposa au gardien une
épreuve en ces termes : “ S’il te plaît,
mets tes s...
grande sobriété. Et surtout, c’étaient leur
foi et leur confiance en Jéhovah qui leur
vaudraient de surmonter les épreuves...
événements de façon à faire connaître
par l’intermédiaire de ces jeunes
hommes, en particulier de Daniel, des
aspects impo...
dessein. Ce récit prouve que ce qui
semble être un malheur, >>
~
~
~
si Jéhovah le permet, peut servir un
objectif utile.
...
rois et établit des rois, qui donne la
sagesse aux sages et la connaissance
à ceux qui connaissent le discernement.
C’est ...
que représentaient les parties
métalliques de l’image pouvaient
désormais exercer leur domination sur la
terre sans être g...
Darius Ier
(le Perse) et l’autre
Artaxerxès Ier
.
14
Darius Ier
était dans la succession
des rois de Perse le troisième ap...
et Alexandre fit de la Grèce la nouvelle
puissance mondiale.
19
Après sa victoire à Gaugamèles,
Alexandre partit à l’assau...
Puissance médo-perse et la Grèce.
Le sixième, l’Empire romain, exerçait
toujours sa domination. Mais lui aussi
devait tomb...
millions d’humains. Mais la Première
Guerre mondiale provoqua l’apparition
de groupes de nations à la place des
empires. A...
‘ UNE MONTAGNE
REMPLIT LA TERRE ’
33
Lorsque “ les temps fixés des
nations ” ont pris fin en octobre 1914,
le “ Dieu du ci...
[Encadré/Carte/Illustrations, pages 63-67]
UN ROI-GUERRIER BÂTIT UN EMPIRE
Le prince héritier de Babylone et son armée met...
“ N’est-ce pas là Babylone la Grande que moi j’ai bâtie pour la maison royale par la force de ma
puissance et pour la dign...
Mishaël et Azaria. En effet, ces quatre
jeunes Hébreux avaient été sélectionnés
pour recevoir une formation en vue
d’assum...
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone

1 319 vues

Publié le

La prophétie de Daniel passée en revue chapitre par chapitre.
© 1999-2006 Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania.
Format adapté pour utiliser avec un Smartphone.

Publié dans : Spirituel
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
1 319
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
10
Actions
Partages
0
Téléchargements
22
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Prêtons attention à la prophétie de daniel en deux colonnes pour smartphone

  1. 1. Pour utilisation avec un Smartphone | Ourbothy © 1999-2006 Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania Prêtons attention à la prophétie de Daniel !
  2. 2. Prêtons attention à la prophétie de Daniel ! 1999, 2006 Cette publication est éditée dans le cadre d’une œuvre mondiale d’enseignement biblique rendue possible par des offrandes volontaires. Sauf indication, les citations des Écritures sont tirées de la version en français moderne Les Saintes Écritures — Traduction du monde nouveau — avec notes et références
  3. 3. *** dp chap. 1 p. 5-10 *** Le livre de Daniel et vous 1 Un roi puissant menace d’exécuter les sages de son royaume parce qu’ils sont incapables de révéler et d’interpréter le rêve déroutant qu’il vient de faire. Trois jeunes hommes qui refusent d’adorer une image imposante sont jetés dans un four surchauffé, mais ils ne meurent pas. Au beau milieu d’un festin, des centaines de personnes voient une main écrire des paroles mystérieuses sur le mur du palais. Des conspirateurs sans scrupules font jeter un homme âgé dans une fosse aux lions, mais il en ressort sans une égratignure. Un prophète de Dieu voit quatre bêtes en vision, bêtes dont la signification portera sur des millénaires. 2 Ce ne sont là que quelques-uns des récits qu’on trouve dans le livre de Daniel. Valent-ils la peine qu’on les examine attentivement ? De quelle utilité ce vieux livre peut-il être à notre époque ? Pourquoi se soucier d’événements qui se sont produits, il y a 2 600 ans ? DANIEL, UN LIVRE ANCIEN POUR LES TEMPS MODERNES 3 La plus grande partie du livre de Daniel tourne autour du thème de la domination mondiale, un sujet qui est au centre des préoccupations aujourd’hui. Presque tout le monde reconnaîtra que nous vivons une époque difficile. Jour après jour, les journaux nous bombardent d’informations affligeantes qui nous rappellent que la société humaine est en train de s’enfoncer dans un bourbier de problèmes complexes... et ce alors même que la science et la technologie accomplissent des prouesses.  4 Réfléchissez à ceci : L’homme a marché sur la lune, mais à de nombreux endroits il ne peut se promener sans crainte dans les rues de sa planète. Il est capable d’équiper une maison de toutes sortes de commodités, mais il ne peut endiguer le flot des familles brisées. Et il a su inaugurer l’ère de l’information, mais il ne peut apprendre aux gens à cohabiter en paix. Hugh Thomas, professeur d’histoire, a écrit un jour : “ La propagation de la connaissance et de l’instruction a appris peu de choses aux hommes sous le rapport de la maîtrise de soi et moins encore pour ce qui est de l’art de vivre avec d’autres humains. ” 5 Voulant établir un certain ordre dans la société, les hommes se sont organisés en gouvernements très divers. Cependant, aucun d’entre eux n’a échappé ni n’échappe à l’exactitude de cette remarque du roi Salomon : “ L’homme a dominé l’homme à son détriment. ” (Ecclésiaste 4:1 ; 8:9). Bien entendu, certains dirigeants ont de nobles idéaux. Néanmoins, aucun roi, aucun président ni aucun dictateur n’a le pouvoir d’éliminer la maladie et la mort. Aucun humain ne peut faire de la terre le Paradis que Dieu voulait qu’elle soit. 6 Le Créateur, quant à lui, est à la fois désireux et capable d’accomplir de telles choses. Il n’a pas besoin de la permission des gouvernements humains pour réaliser son dessein ; à ses yeux, en effet, “ les nations sont comme une goutte d’un seau ; oui, on les considère comme une couche de poussière sur la balance ”. (Isaïe 40:15.) Jéhovah est le Maître Souverain de l’univers. À ce titre, son pouvoir est de loin supérieur à celui des gouvernements humains.
  4. 4. C’est le Royaume de Dieu qui remplacera toutes les formes de domination humaine, pour le bien éternel de l’humanité. Peut-être cette idée n’est-elle nulle part expliquée aussi clairement que dans le livre de Daniel. DANIEL, BIEN-AIMÉ DE DIEU 7 Jéhovah Dieu éprouvait une grande affection pour Daniel, qui fut son prophète pendant de nombreuses années. D’ailleurs, un ange de Dieu qualifia Daniel de “ quelqu’un de très désirable ”. (Daniel 9:23.) Le terme hébreu original traduit par “ quelqu’un de très désirable ” peut signifier “ bien-aimé ”, “ particulièrement apprécié ”, voire “ favori ”. Daniel était particulièrement précieux aux yeux de Dieu. 8 Parlons brièvement de la situation exceptionnelle de ce prophète aimé. En 618 avant notre ère, le roi de Babylone, Neboukadnetsar, assiégea Jérusalem (Daniel 1:1). Peu après, certains jeunes Juifs instruits furent emmenés en exil à Babylone. Daniel était parmi eux. À l’époque, il était probablement adolescent. 9 Daniel et ses compagnons, Hanania, Mishaël et Azaria, faisaient partie des Hébreux qui furent choisis pour recevoir trois ans de formation dans “ l’écriture et la langue des Chaldéens ”. (Daniel 1:3, 4.) Certains spécialistes sont d’avis qu’il ne s’agissait vraisemblablement pas d’un simple cours de langue. Par exemple, le professeur Carl Keil déclare : “ Daniel et ses compagnons allaient être instruits dans la sagesse des prêtres et de l’élite intellectuelle des Chaldéens, laquelle était enseignée dans les écoles de Babylone. ” Daniel et ses compagnons reçurent donc une formation spéciale pour servir dans le gouvernement. >> 10 La situation de Daniel et de ses compagnons changeait du tout au tout. En Juda, ils avaient vécu au milieu d’adorateurs de Jéhovah. Désormais, ils étaient entourés de gens qui adoraient des dieux et des déesses de la mythologie. Néanmoins, ces jeunes gens, Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria, n’étaient pas intimidés. Malgré ce contexte qui mettait leur foi à l’épreuve, ils étaient déterminés à persévérer dans le vrai culte. 11 Ce n’était pas facile. Le roi Neboukadnetsar était un fervent adorateur de Mardouk, la divinité principale de Babylone. Les exigences de ce roi étaient parfois absolument inacceptables pour un adorateur de Jéhovah (voir par exemple Daniel 3:1-7). Mais Daniel et ses compagnons bénéficiaient de la direction infaillible de Jéhovah. Durant les trois années que dura leur formation, Dieu leur accorda “ connaissance et perspicacité en toute écriture et sagesse ”. En outre, Daniel reçut la faculté de comprendre les visions et les rêves. Par la suite, quand le roi passa en revue ces quatre jeunes hommes, il les trouva “ dix fois supérieurs à tous les prêtres-magiciens et évocateurs d’esprits qui étaient dans tout son royaume ”. — Daniel 1:17, 20. PROCLAMATION DES MESSAGES DE DIEU 12 Du début à la fin des nombreuses années qu’il passa à Babylone, Daniel fut le messager de Dieu auprès d’hommes tels que les rois Neboukadnetsar et Belshatsar. La mission de Daniel était capitale. Jéhovah avait permis à Neboukadnetsar de détruire Jérusalem ; il en avait fait son instrument. Par la suite, Babylone serait détruite à son tour. Vraiment, le livre de Daniel magnifie Jéhovah Dieu ;
  5. 5. il montre qu’il est le Très-Haut et le Chef dans “ le royaume des humains ”. — Daniel 4:17. 13 Daniel servit à la cour pendant quelque 70 ans, jusqu’à la chute de Babylone. Il vécut assez longtemps pour voir de nombreux Juifs retourner dans leur pays en 537 avant notre ère, même si la Bible ne précise pas qu’il les accompagna. Il resta très actif, au moins jusqu’à la troisième année du règne de Cyrus, le fondateur de l’Empire perse. À ce moment-là, Daniel devait approcher les 100 ans. 14 Après la chute de Babylone, Daniel mit par écrit les événements les plus marquants de sa vie. Le document qu’il rédigea constitue aujourd’hui une partie remarquable de la Sainte Bible et porte le nom de livre de Daniel. Mais pourquoi devrions-nous prêter attention à ce livre ancien ? DEUX PARTIES, UN MESSAGE 15 L’extraordinaire livre de Daniel contient deux parties très différentes : l’une est narrative, l’autre est prophétique. Ces deux aspects du livre de Daniel peuvent bâtir notre foi. De quelle manière ? La partie narrative (qui compte parmi les plus intenses de la Bible) montre que Jéhovah Dieu bénira ceux qui lui resteront fidèles et prendra soin d’eux. Daniel et ses trois compagnons sont demeurés fermes dans des épreuves qui menaçaient leur vie. Aujourd’hui, tous ceux qui veulent rester fidèles à Jéhovah seront fortifiés par un examen attentif de leur exemple.  16 La partie prophétique bâtit la foi en montrant que Jéhovah connaît le cours de l’Histoire, et ce des siècles, et même des millénaires, à l’avance. Par exemple, Daniel donne des détails sur la montée et la chute des puissances mondiales depuis l’époque de la Babylone antique jusqu’au “ temps de la fin ”. (Daniel 12:4.) Daniel dirige notre attention sur le Royaume de Dieu confié à son Roi établi et aux “ saints ” qui règnent avec lui ; il précise que ce gouvernement durera toujours. Ce gouvernement accomplira entièrement le dessein de Jéhovah concernant la terre et procurera des bénédictions à tous ceux qui voudront servir Dieu. — Daniel 2:44 ; 7:13, 14, 22. 17 Par bonheur, Jéhovah ne garde pas pour lui la connaissance des événements à venir. Il est au contraire le “ Révélateur des secrets ”. (Daniel 2:28.) Si nous nous arrêtons sur l’accomplissement des prophéties contenues dans le livre de Daniel, notre foi dans les promesses de Dieu en sera fortifiée. Nous renforcerons encore notre conviction que Dieu réalisera son dessein au moment exact et de la manière précise qu’il aura choisis. 18 Tous ceux qui étudient le livre de Daniel avec un cœur réceptif y gagneront une foi plus grande. Mais avant de nous plonger dans l’examen de ce livre, il nous faut vérifier son authenticité. Certains critiques ont dénigré le livre de Daniel : ils ont affirmé que les prophéties qu’il contient ont été rédigées après leur accomplissement. Les prétentions de ces sceptiques sont- elles fondées ? Le chapitre suivant répondra à cette question.
  6. 6. *** dp chap. 2 p. 13-29 *** Daniel, un livre au banc des accusés 1 Imaginez-vous dans un tribunal. Vous assistez à un jugement important. Un homme est accusé de fraude. Le procureur affirme que cet homme est coupable. Pourtant, l’accusé a depuis longtemps la réputation d’être intègre. N’aimeriez-vous pas entendre les arguments de la défense ? 2 Vous vous trouvez dans la même situation vis-à-vis du livre de Daniel. Son rédacteur était un homme connu pour son intégrité. Le livre qui porte son nom est tenu en haute estime depuis des milliers d’années. Il se présente comme de l’histoire authentique, écrite par Daniel, un prophète hébreu qui vécut aux VIIe et VIe siècles avant notre ère. D’après la chronologie biblique, qui est précise, ce livre couvre la période qui va d’environ 618 à 536 avant notre ère, et il a été terminé à cette dernière date. Mais ce livre est accusé. Des encyclopédies et d’autres ouvrages de référence sous-entendent, voire affirment, qu’il s’agit d’une fraude. 3 Par exemple, la New Encyclopædia Britannica admet que le livre de Daniel était autrefois “ généralement considéré comme de l’histoire vraie, qui contenait de véritables prophéties ”. Cette encyclopédie ajoute cependant qu’en réalité Daniel “ a été écrit plus tard, à une époque de crise nationale — quand les Juifs subissaient une persécution intense sous [le roi de Syrie] Antiochus IV Épiphane ”. Elle situe la rédaction du livre entre 167 et 164 avant notre ère. Le même ouvrage affirme que le rédacteur du livre de Daniel ne prophétise pas, mais raconte simplement “ des événements qui sont pour lui de l’histoire passée à la manière de prophéties d’événements futurs ”.  4 Où ces idées ont-elles germé ? La critique du livre de Daniel n’est pas nouvelle. Elle a commencé au IIIe siècle de notre ère avec un philosophe nommé Porphyre. Comme beaucoup dans l’Empire romain, il se sentait menacé par l’influence qu’exerçait le christianisme. Il a écrit 15 livres pour saper cette “ nouvelle ” religion. Le 12e s’en prenait au livre de Daniel, que Porphyre qualifiait de falsification, écrite par un Juif du IIe siècle avant notre ère. Des attaques semblables ont été lancées au XVIIIe et au XIXe siècle. Pour les tenants de la haute critique et les rationalistes, les prophéties (qui consistent à annoncer des événements futurs) sont quelque chose d’impossible. Daniel est devenu une cible de choix. En quelque sorte, son livre et lui ont été assignés en justice. Les critiques prétendaient avoir de nombreuses preuves que ce livre avait été écrit non par Daniel pendant l’exil des Juifs à Babylone, mais par quelqu’un d’autre des siècles plus tard {Note : Certains critiques essaient d’atténuer l’accusation de falsification en disant que l’écrivain a pris Daniel comme pseudonyme, de même que des livres non canoniques anciens ont été écrits sous des noms d’emprunt. Cependant, un critique de la Bible, Ferdinand Hitzig, a affirmé : “ Le cas du livre de Daniel, si on l’attribue à un autre, est différent. Il devient alors un écrit forgé de toutes pièces, dont le but était de tromper ses lecteurs immédiats, quoique pour leur bien. ”}. Ces attaques se sont multipliées au point qu’un auteur a rédigé une défense intitulée Daniel dans la fosse aux critiques. 5 Les affirmations péremptoires des critiques sont-elles appuyées par des preuves ? Ou bien les faits plaident-ils en faveur de la défense ? L’enjeu est important. En effet, ce n’est pas seulement la réputation de ce livre ancien qui est concernée, mais aussi notre avenir. Si le livre de Daniel est une
  7. 7. fraude, alors les promesses qu’il contient quant à l’avenir de l’humanité ne sont au mieux que des mots vides de sens. En revanche, s’il contient des prophéties authentiques, vous serez sans aucun doute désireux d’apprendre ce qu’elles signifient pour nous aujourd’hui. Cela étant dit, examinons certaines attaques lancées contre Daniel. 6 Prenons, par exemple, l’accusation formulée dans The Encyclopedia Americana : “ De nombreux détails historiques des périodes anciennes [celle de l’exil à Babylone notamment] sont considérablement déformés ” dans le livre de Daniel. En est-il vraiment ainsi ? Considérons une à une trois prétendues erreurs. L’AFFAIRE DU MONARQUE MANQUANT 7 Daniel a écrit que Belshatsar, un “ fils ” de Neboukadnetsar, était roi à Babylone quand la ville a été prise (Daniel 5:1, 11, 18, 22, 30). Les critiques ont longtemps attaqué cette affirmation, car on ne trouvait le nom de Belshatsar nulle part ailleurs que dans la Bible. Les anciens historiens disaient en outre que Nabonide, un successeur de Neboukadnetsar, avait été le dernier roi babylonien. C’est pourquoi, en 1850, Ferdinand Hitzig affirmait que Belshatsar était manifestement une pure invention de l’écrivain. Mais l’opinion de M. Hitzig ne vous paraît-elle pas un peu hâtive ? Après tout, le fait que ce roi n’est mentionné nulle part (surtout à une période où il est reconnu que les récits historiques sont rares) est-il la preuve qu’il n’a jamais existé ? Du reste, en 1854 on a mis au jour de petits cylindres d’argile dans les ruines d’Our, une ville de la Babylonie antique qui se trouve aujourd’hui dans le sud de l’Iraq. >> Ces documents cunéiformes émanant du roi Nabonide comprenaient une prière en faveur de ‘ Bel-sar-oussour, son fils aîné ’. Même les critiques ont dû se rendre à l’évidence : il était question du Belshatsar du livre de Daniel. 8 Les critiques n’étaient cependant pas convaincus. “ Cela ne prouve rien ”, a écrit l’un d’eux, appelé Fox Talbot. Selon lui, le fils de l’inscription n’était peut-être qu’un enfant, alors que Daniel le présente comme un roi en exercice. Mais un an seulement après la publication des remarques de F. Talbot, on a découvert d’autres tablettes cunéiformes qui révélaient que Belshatsar avait des secrétaires et des domestiques. Il n’était donc sûrement pas un enfant ! Finalement, d’autres tablettes ont enfoncé le clou : elles indiquaient que Nabonide s’absenta de Babylone pendant des périodes de plusieurs années. Elles montraient également qu’à ces périodes il “ confia la royauté ” de Babylone à son fils aîné (Belshatsar). À ces périodes, Belshatsar était roi de fait, puisqu’il était vice-roi avec son père {Note : Nabonide n’était pas à Babylone quand elle tomba. Il est donc exact de dire que Belshatsar était roi à ce moment-là. Les critiques ergotent sur le fait que les annales profanes ne donnent pas à Belshatsar le titre officiel de roi. Néanmoins, des témoignages remontant à l’Antiquité montrent que même un gouverneur était parfois qualifié de roi.}. 9 Toujours pas satisfaits, certains critiques reprochent à la Bible de qualifier Belshatsar, non de fils de Nabonide, mais de fils de Neboukadnetsar. Quelques-uns relèvent que Daniel ne fait même pas allusion à l’existence de Nabonide. Toutefois, ces deux objections ne résistent pas à l’examen. Il semble que Nabonide épousa la fille de Neboukadnetsar. Belshatsar serait dans ce cas le petit-fils de Neboukadnetsar. Or, ni l’hébreu ni
  8. 8. l’araméen ne possèdent les mots “ grand-père ” et “ petit-fils ” ; “ fils de ” peut signifier “ petit-fils de ”, et même “ descendant de ”. (Voir Matthieu 1:1.) En outre, le récit biblique autorise à identifier Belshatsar au fils de Nabonide. En effet, lorsqu’il est terrifié par l’écriture de mauvais augure qu’une main trace sur le mur, Belshatsar aux abois offre la troisième place dans le royaume à celui qui saura la déchiffrer (Daniel 5:7). Pourquoi la troisième et pas la deuxième ? Cette offre donne à penser que la première et la deuxième place étaient déjà occupées. De fait, elles l’étaient : par Nabonide et par son fils, Belshatsar. 10 Ainsi, la mention de Belshatsar par Daniel n’est pas le signe qu’il ne connaît pas l’histoire “ avec précision ”. Au contraire, bien qu’il n’écrive pas l’histoire de Babylone, Daniel nous donne un aperçu plus précis de la monarchie babylonienne que des historiens de l’Antiquité tels qu’Hérodote, Xénophon et Bérose. Pourquoi Daniel fut-il capable de rapporter des faits qui leur échappèrent ? Parce qu’il était à Babylone. Son livre est l’œuvre d’un témoin oculaire, et non d’un imposteur qui aurait vécu des siècles plus tard. QUI ÉTAIT DARIUS LE MÈDE ? 11 Selon Daniel, lorsque Babylone fut renversée, un roi nommé “ Darius le Mède ” commença à régner (Daniel 5:31). On n’a toutefois pas encore trouvé le nom de Darius le Mède, ni dans les sources profanes, ni dans les découvertes archéologiques. C’est pourquoi le Dictionnaire encyclopédique de la Bible (par A. Westphal), par exemple, affirme que ce Darius “ n’a jamais existé ”.  12 Certains spécialistes se montrent plus prudents. Après tout, à une époque les critiques affirmaient également au sujet de Belshatsar qu’il n’avait “ jamais existé ”. Il ne fait aucun doute qu’un jour Darius sortira aussi de l’ombre. Des tablettes cunéiformes ont déjà révélé que Cyrus le Perse ne porta pas le titre de “ roi de Babylone ” immédiatement après la conquête de la ville. Un chercheur émet cette hypothèse : “ Celui qui porta le titre de ‘ roi de Babylone ’ était un roi vassal de Cyrus, et non Cyrus lui-même. ” Se peut-il que Darius ait été le nom de règne ou le titre d’un puissant fonctionnaire mède à qui Babylone fut confiée ? Certains pensent que Darius fut un homme du nom de Goubarou. Cyrus nomma Goubarou gouverneur de Babylone, et les récits profanes confirment qu’il était investi d’un pouvoir considérable. Une tablette cunéiforme déclare qu’il établit des gouverneurs subalternes à Babylone. Détail à relever, Daniel signale que Darius nomma 120 satrapes pour gouverner le royaume de Babylone. — Daniel 6:1. 13 Peut-être finira-t-on par mettre au jour des indices plus directs qui révéleront l’identité précise de ce roi. Quoi qu’il en soit, le silence apparent de l’archéologie est loin de constituer un motif d’affirmer que Darius n’a “ jamais existé ”, et encore moins de rejeter tout le livre de Daniel en le disant frauduleux. Il est bien plus rationnel de considérer le récit de Daniel comme le rapport d’un témoin oculaire plus détaillé que les récits profanes qui ont subsisté. ~ ~ ~ ~
  9. 9. LE RÈGNE DE YEHOÏAQIM 14 On lit en Daniel 1:1 : “ Dans la troisième année du règne de Yehoïaqim le roi de Juda, Neboukadnetsar le roi de Babylone vint à Jérusalem et entreprit de l’assiéger. ” Les critiques contestent ce verset parce qu’il ne semble pas s’accorder avec Jérémie, selon lequel la quatrième année de Yehoïaqim fut la première année de Neboukadnetsar (Jérémie 25:1 ; 46:2). Daniel contredisait-il Jérémie ? Quelques renseignements supplémentaires règlent facilement la question. Quand il fut établi roi en 628 avant notre ère par Pharaon Néko, Yehoïaqim devint une marionnette entre les mains du dirigeant égyptien. Cela survint environ trois ans avant que Neboukadnetsar ne succède à son père sur le trône de Babylone, en 624. Peu après (en 620), Neboukadnetsar envahit Juda et fit de Yehoïaqim un roi vassal de Babylone (2 Rois 23:34 ; 24:1). Pour un Juif qui vivait à Babylone, la “ troisième année ” de Yehoïaqim était donc la troisième année où ce roi était vassal de Babylone. Daniel écrivit de cette perspective. Jérémie, quant à lui, écrivit de la perspective des Juifs qui habitaient à Jérusalem. Aussi fit-il débuter la royauté de Yehoïaqim au moment où Pharaon Néko l’établit roi. 15 En réalité, cette prétendue contradiction ne fait que renforcer les indices selon lesquels Daniel écrivit son livre à Babylone, parmi les exilés juifs. Mais cet argument contre le livre de Daniel comporte une autre faille béante. Souvenez-vous que le rédacteur de Daniel disposait indubitablement du livre de Jérémie ; il en parla d’ailleurs (Daniel 9:2). Si le rédacteur de Daniel avait été un inventeur intelligent, comme l’affirment les critiques, se serait-il risqué à >> contredire une source aussi respectée que Jérémie, de surcroît dès le premier verset de son livre ? De toute évidence, non. DES DÉTAILS RÉVÉLATEURS 16 Tournons à présent notre attention vers des choses positives plutôt que négatives. Arrêtons-nous sur d’autres détails du livre de Daniel qui indiquent que son rédacteur avait une connaissance de première main de l’époque dont il parla dans ses écrits. 17 La connaissance que Daniel possédait de détails subtils relatifs à la Babylone antique atteste l’authenticité de son récit. Par exemple, Daniel 3:1-6 rapporte que Neboukadnetsar fit dresser une image géante pour que tous l’adorent. Les archéologues ont trouvé d’autres témoignages attestant que ce monarque cherchait à mêler ses sujets à des pratiques nationalistes et religieuses. Par ailleurs, Daniel dit que Neboukadnetsar se vantait de ses nombreuses constructions (Daniel 4:30). Il a fallu attendre notre époque pour que les archéologues confirment que Neboukadnetsar était à l’origine d’un grand nombre de constructions faites à Babylone. Quant à sa vantardise... cet homme faisait estampiller les briques mêmes de son nom ! Les critiques de Daniel sont incapables d’expliquer comment leur prétendu faussaire de l’époque maccabéenne (167-63 avant notre ère) aurait connu l’existence de ces constructions... quelque quatre siècles plus tard et bien avant que les archéologues ne les sortent de terre ! 18 Le livre de Daniel fait aussi état de différences majeures entre la loi babylonienne et la loi médo-perse. Par exemple, sous la loi babylonienne les trois compagnons de Daniel furent jetés dans un four brûlant parce qu’ils
  10. 10. refusaient d’obéir à l’ordre du roi. Des dizaines d’années plus tard, Daniel fut jeté dans une fosse aux lions pour avoir refusé d’obéir à une loi perse qui violait sa conscience (Daniel 3:6 ; 6:7-9). Certains ont voulu faire passer le récit du four brûlant pour une légende, mais des archéologues ont découvert une lettre de la Babylone antique qui mentionne précisément cette forme de punition. En revanche, aux yeux des Mèdes et des Perses, le feu était sacré. C’est pourquoi ils préféraient d’autres formes cruelles de punition. Il n’est dès lors pas surprenant qu’ils aient adopté la fosse aux lions. 19 On remarque une autre différence encore. Daniel indique que Neboukadnetsar pouvait édicter et changer les lois à sa convenance. Darius, de son côté, ne pouvait changer ‘ les lois des Mèdes et des Perses ’, pas même celles qu’il avait promulguées en personne (Daniel 2:5, 6, 24, 46-49 ; 3:10, 11, 29 ; 6:12-16) ! John Whitcomb, un historien, écrit : “ L’histoire antique confirme cette différence entre Babylone, où la loi était soumise au roi, et la Puissance médo-perse, où le roi était soumis à la loi. ” 20 Le récit saisissant du festin de Belshatsar, qui est rapporté en Daniel chapitre 5, est riche en détails. Apparemment, on commença par manger gaiement et boire beaucoup, car il est à plusieurs reprises question de vin (Daniel 5:1, 2, 4). Or, sur certains reliefs représentant ce genre de festins, les personnages ne font que boire du vin. De toute évidence, donc, le vin tenait une place de premier ordre dans les festivités. Daniel précise également que des femmes étaient présentes à ce banquet : les femmes de second rang du roi et ses concubines (Daniel 5:3, 23). >> L’archéologie confirme ce détail, une coutume babylonienne. À l’époque maccabéenne, tant Juifs que Grecs n’acceptaient pas que des femmes participent à un festin avec des hommes. Peut-être est-ce la raison pour laquelle des versions primitives de la Septante omettent dans Daniel la mention de ces femmes {Note : Carl Keil, un hébraïsant, écrit au sujet de Daniel 5:3 : “ La LXX. a ici, ainsi qu’au ver. 23, omis de mentionner les femmes, conformément à la coutume des Macédoniens, des Grecs et des Romains.”}. Pourtant, le prétendu faussaire, auteur de Daniel, aurait vécu dans cette culture hellénisée (grecque), peut-être même à l’époque où fut traduite la Septante ! 21 Quand on sait ce genre de détails, on a du mal à croire que le Dictionnaire de la Bible, par A.-M. Gérard, puisse dire de l’auteur du livre de Daniel qu’il n’avait qu’une connaissance “ assez vague ” de la période de l’Exil. Comment un imposteur qui aurait vécu des siècles plus tard aurait-il pu connaître si intimement les anciennes coutumes babyloniennes et perses ? D’autant que l’un et l’autre empire avaient décliné bien avant le IIe siècle avant notre ère. Il va de soi que les archéologues n’existaient pas à l’époque ; les Juifs d’alors ne se flattaient pas non plus de connaître la culture et l’histoire de pays étrangers. Seul Daniel le prophète, un témoin oculaire de l’époque et des événements dont il parlait, put écrire le livre de la Bible qui porte son nom. LES ÉLÉMENTS EXTERNES PROUVENT-ILS QUE DANIEL FUT FABRIQUÉ ? 22 Un des arguments les plus souvent invoqués contre le livre de Daniel est sa place dans le canon des Écritures hébraïques. Les rabbins de l’Antiquité classèrent les livres des Écritures
  11. 11. hébraïques en trois groupes : la Loi, les Prophètes et les Écrits. Et ils rangèrent Daniel, non parmi les Prophètes, mais dans les Écrits. Cela signifie, en concluent les critiques, que ce livre était inconnu à l’époque où les œuvres des autres prophètes furent rassemblées. Le livre de Daniel se trouverait dans les Écrits parce que ceux-ci furent compilés plus tard. 23 Néanmoins, tous les spécialistes de la Bible ne pensent pas que les rabbins divisèrent le canon avec une telle rigidité ni qu’ils exclurent Daniel des Prophètes. Et de toute façon, même si les rabbins ont classé Daniel dans les Écrits, cela prouve-t-il qu’il fut écrit ultérieurement ? Bien sûr que non. Des érudits renommés ont évoqué diverses raisons pour lesquelles les rabbins auraient pu éliminer Daniel des Prophètes. Ils le firent peut-être, par exemple, parce que le livre les gênait, ou parce qu’ils considéraient Daniel comme différent des autres prophètes dans la mesure où il occupait une fonction profane à l’étranger. Quoi qu’il en soit, ce qui compte vraiment, c’est que les Juifs de l’Antiquité tenaient le livre de Daniel en haute estime et le regardaient comme canonique. En outre, les faits indiquent que le canon des Écritures hébraïques fut achevé bien avant le IIe siècle avant notre ère. Aucun ajout ne fut permis ensuite, notamment l’ajout de plusieurs livres écrits au IIe siècle avant notre ère. 24 Paradoxalement, l’une de ces œuvres postérieures rejetées a été utilisée contre le livre de Daniel. Le livre apocryphe de l’Ecclésiastique, par Jésus Ben Sirach, fut sans doute rédigé vers 180 avant notre ère. Les critiques aiment faire remarquer que Daniel ne figure pas dans la longue liste d’hommes justes que ce livre contient. > Ils en concluent que Daniel devait être inconnu à l’époque. Cet argument est accepté par une majorité dans le milieu des spécialistes. Mais considérez ce qui suit : la même liste omet Ezra et Mordekaï (tous deux de grandes figures aux yeux des Juifs d’après l’Exil), ainsi que le bon roi Yehoshaphat. De tous les juges, elle ne nomme que Samuel {Note : En revanche, la liste divinement inspirée d’hommes et de femmes fidèles dressée par l’apôtre Paul en Hébreux chapitre 11 semble bien faire allusion à des événements racontés dans Daniel (Daniel 6:16- 24 ; Hébreux 11:32, 33). Toutefois, la liste de Paul n’est pas non plus exhaustive. De nombreux personnages, tels Isaïe, Jérémie et Ézékiel, ne sont pas nommés dans cette liste, et pourtant cela ne prouve pas qu’ils n’ont jamais existé.}. Doit-on, sous prétexte que ces hommes ne figurent pas dans une liste, qui d’ailleurs ne se prétend pas exhaustive, et qui en plus se trouve dans un livre non canonique, doit-on penser qu’ils sont tous fictifs ? Cette idée même est grotesque. TÉMOIGNAGE EXTERNE EN FAVEUR DE DANIEL 25 Revenons aux preuves positives. On a dit qu’aucun autre livre des Écritures hébraïques n’est mieux attesté que Daniel. En voici la démonstration : Le célèbre historien juif Josèphe atteste son authenticité. Il raconte qu’au cours de la guerre qu’il mena contre la Perse au IVe siècle avant notre ère Alexandre le Grand vint à Jérusalem, où les prêtres lui montrèrent un exemplaire du livre de Daniel. Alexandre conclut lui-même que les paroles de la prophétie de Daniel qu’on lui présentait se rapportaient à sa campagne militaire contre la Perse {Note : Pour certains historiens, cela expliquerait pourquoi Alexandre fut si bon avec les Juifs, qui étaient depuis longtemps amis des Perses. À l’époque, Alexandre menait campagne pour détruire tous les amis de la Perse.}. ~
  12. 12. Cela se serait passé environ un siècle et demi avant que ne soit “ forgé ” le livre, comme disent les critiques. Il va de soi que les critiques ont contesté Josèphe pour ce qui est de ce passage. Ils lui reprochent aussi de préciser que >> certaines prophéties du livre de Daniel étaient accomplies. Pourtant, comme l’a fait remarquer Joseph Wilson, un historien, “ [Josèphe] connaissait probablement mieux la question que tous les critiques du monde ”. [Encadré, page 26] La question de la langue La rédaction du livre de Daniel a été terminée vers 536 avant notre ère. Il a été écrit en hébreu et en araméen, mais comporte quelques mots grecs et perses. Ce mélange de langues est inhabituel, mais il n’est pas unique dans l’Écriture. Le livre d’Ezra aussi a été écrit en hébreu et en araméen. Néanmoins, quelques critiques affirment que la façon dont le rédacteur de Daniel a utilisé ces langues prouve qu’il a écrit après 536. Un critique souvent cité déclare que l’emploi de mots grecs dans Daniel demande une date postérieure de composition. Il prétend que l’hébreu appuie et que l’araméen pour le moins permet cette date postérieure, même une date aussi récente que le II e siècle avant notre ère. Cependant, tous les linguistes ne sont pas d’accord. Certains, qui font autorité, ont expliqué que l’hébreu qu’on trouve dans Daniel est le même que celui d’Ézékiel et d’Ezra, et qu’il ne ressemble pas à celui que contiennent des ouvrages apocryphes ultérieurs comme l’Ecclésiastique. Quant à l’emploi de l’araméen par Daniel, considérez deux documents découverts parmi les Rouleaux de la mer Morte. Ils sont également en araméen et datent des I er et II e siècles avant notre ère, peu après que Daniel aurait été forgé. Mais les spécialistes ont relevé une profonde différence entre l’araméen de ces documents et celui du livre de Daniel. C’est pourquoi certains pensent que le livre de Daniel doit être antérieur de plusieurs siècles à la date que les critiques avancent. Que dire des mots grecs “ problématiques ” qui figurent dans Daniel ? On s’est rendu compte que certains étaient perses, et pas grecs du tout ! Les seuls mots qu’on pense toujours être grecs sont les noms de trois instruments de musique. La présence de ces trois mots demande-t-elle vraiment qu’on attribue à Daniel une date postérieure ? Aucunement. Les archéologues ont constaté que la culture grecque était influente des siècles avant que la Grèce ne devienne une puissance mondiale. Sans compter que si le livre de Daniel avait été rédigé au II e siècle avant notre ère, à une époque où la culture et la langue grecques imprégnaient tout, contiendrait-il seulement trois mots grecs ? On peut en douter. Il en contiendrait certainement bien plus. Ainsi, les faits linguistiques appuient bel et bien l’authenticité de Daniel. 26 L’authenticité du livre de Daniel a été encore appuyée quand on a découvert les Rouleaux de la mer Morte dans les grottes de Qoumrân, en Israël. Parmi les trouvailles faites en 1952, les rouleaux et les fragments du livre de Daniel sont étonnamment nombreux. On a daté le plus ancien de la fin du IIe siècle avant notre ère. Il s’ensuit >> que déjà à cette date le livre de Daniel était bien connu et très respecté. Une encyclopédie biblique (The Zondervan Pictorial Encyclopedia of the Bible) déclare : “ Il faut à présent cesser de faire remonter Daniel à l’époque maccabéenne, ne serait-ce que parce qu’il n’aurait pas pu y avoir un intervalle suffisant entre la rédaction de Daniel et son apparition sous forme de copies
  13. 13. dans la bibliothèque d’une secte maccabéenne. ” 27 Cependant, le livre de Daniel est attesté par une source bien plus ancienne et bien plus digne de foi. Un des contemporains de Daniel était le prophète Ézékiel. Lui aussi fut prophète pendant l’exil à Babylone. À plusieurs reprises, le livre d’Ézékiel mentionne Daniel nommément (Ézékiel 14:14, 20 ; 28:3). Ces mentions indiquent que, déjà de son vivant, au VIe siècle avant notre ère, Daniel avait la réputation d’être un homme juste et sage, digne d’être cité avec Noé et Job, des hommes qui craignaient Dieu. LE PLUS GRAND TÉMOIN 28 Pour finir, considérons le plus grand des témoignages qui atteste l’authenticité de Daniel : celui de Jésus Christ en personne. Lorsqu’il parle des derniers jours, Jésus cite “ Daniel le prophète ” et une des prophéties de Daniel. — Matthieu 24:15 ; Daniel 11:31 ; 12:11. 29 Pour que la théorie maccabéenne des critiques soit vraie, il faudrait donc que l’une ou l’autre des propositions suivantes soit vraie. Soit Jésus fut trompé par cette fiction, soit il ne prononça jamais les paroles que Matthieu cite. Aucune de ces options n’est concevable. Si on ne peut avoir confiance en l’Évangile de Matthieu, comment peut-on se fier aux autres parties de la Bible ? Si on enlève ces phrases, quels mots ôtera-t-on ensuite des pages des Saintes Écritures ? L’apôtre Paul a écrit : “ Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, [...] pour remettre les choses en ordre. ” (2 Timothée 3:16). Si donc Daniel était un faussaire, Paul en serait un autre ! Se pourrait-il qu’on ait trompé Jésus ? >> C’est peu vraisemblable. Il était vivant, au ciel, quand le livre de Daniel fut écrit. Jésus déclara même : “ Avant qu’Abraham vienne à l’existence, j’ai été. ” (Jean 8:58). S’il est un humain parmi tous ceux qui ont vécu à qui il aurait fallu poser des questions sur l’authenticité de Daniel, c’est bien Jésus. Mais nous n’avons pas besoin de poser des questions. Comme nous l’avons vu, son témoignage pourrait difficilement être plus clair. 30 Jésus confirma encore l’authenticité du livre de Daniel au moment de son baptême. Il devint alors le Messie, ce qui accomplissait une prophétie de Daniel, celle des 69 semaines d’années (Daniel 9:25, 26 ; voir le chapitre 11 du présent ouvrage). Même si la théorie défendant la rédaction tardive du livre de Daniel était vraie, le rédacteur de ce livre connaissait quand même l’avenir quelque 200 ans à l’avance. Évidemment, Dieu n’aurait pas inspiré un faussaire pour qu’il énonce de vraies prophéties sous un faux nom. Non, les humains qui sont fidèles à Dieu acceptent volontiers le témoignage de Jésus. Tous les spécialistes, tous les critiques du monde auraient beau s’insurger tous ensemble contre Daniel, le témoignage de Jésus leur donnerait tort, car il est “ le témoin fidèle et véridique ”. — Révélation 3:14. 31 Même ce témoignage ne suffit pas à de nombreux critiques de la Bible. Une fois qu’on a examiné ce sujet à fond, on ne peut s’empêcher de se demander si toutes les preuves du monde suffiraient à les convaincre. Un professeur de l’université d’Oxford a écrit : “ On n’aboutit à rien en répondant simplement aux objections tant que demeure ce préjugé du départ : ‘ Les prophéties d’origine surnaturelle
  14. 14. n’existent pas. ’ ” Leur préjugé les aveugle. Mais tel est leur choix... et ce sont eux qui sont perdants. 32 Et vous ? Si vous vous rendez compte qu’on n’a pas vraiment de raison de douter de l’authenticité du livre de >> ~ ~ Daniel, alors vous êtes prêt à entreprendre un voyage passionnant. Vous trouverez les récits de Daniel étonnants, ses prophéties fascinantes. Et surtout, vous verrez votre foi grandir chapitre après chapitre. Vous ne regretterez jamais d’avoir prêté attention aux prophéties de Daniel ! *** dp chap. 3 p. 31-45 *** Mis à l’épreuve, mais fidèles à Jéhovah ! 1 Le rideau se lève dans le livre prophétique de Daniel à un moment où la scène internationale connaissait un changement radical. L’Assyrie venait de perdre Ninive, sa capitale. L’Égypte, au sud du pays de Juda, avait été reléguée à une position de moindre importance. Et Babylone accédait rapidement à la puissance suprême dans la lutte pour la domination du monde. 2 En 625 avant notre ère, le pharaon d’Égypte, Néko, fit une tentative désespérée pour stopper l’avancée des Babyloniens vers le sud. Il conduisit son armée à Karkémish, sur le cours supérieur de l’Euphrate. La bataille de Karkémish, ainsi qu’on l’a nommée, fut un événement historique décisif. L’armée babylonienne, menée par le prince héritier Neboukadnetsar, porta un coup fatal aux forces militaires de Pharaon Néko (Jérémie 46:2). Dans l’élan de sa victoire, Neboukadnetsar envahit la Syrie et la Palestine et, du même coup, mit fin à la domination égyptienne dans cette région. Seule la mort de son père, Nabopolassar, interrompit temporairement sa campagne.  ~ ~ 3 L’année suivante, désormais roi de Babylone, Neboukadnetsar s’intéressa de nouveau à ses campagnes militaires en Syrie et en Palestine. C’est à cette époque qu’il vint à Jérusalem pour la première fois. On lit dans la Bible : “ Durant ses jours monta Neboukadnetsar le roi de Babylone, et Yehoïaqim devint alors son serviteur pendant trois ans. Mais il se retourna et se rebella contre lui. ” — 2 Rois 24:1. NEBOUKADNETSAR À JÉRUSALEM 4 L’expression “ pendant trois ans ” retient toute notre attention, car les premiers mots de Daniel sont : “ Dans la troisième année du règne de Yehoïaqim le roi de Juda, Neboukadnetsar le roi de Babylone vint à Jérusalem et entreprit de l’assiéger. ” (Daniel 1:1). Dans la troisième année du règne total de Yehoïaqim, qui régna de 628 à 618 avant notre ère, Neboukadnetsar n’était pas encore “ le roi de Babylone ” ; il n’était que le prince héritier. En 620, Neboukadnetsar obligea Yehoïaqim à payer un tribut. Mais au bout d’environ trois ans, Yehoïaqim se révolta. C’est donc en 618, autrement dit durant la troisième année de la vassalité de Yehoïaqim à Babylone, que le roi Neboukadnetsar vint à Jérusalem une deuxième fois, pour punir ce roi qui s’était rebellé.
  15. 15. 5 Quelle fut l’issue du siège ? “ Finalement Jéhovah livra en sa main Yehoïaqim le roi de Juda et une partie des ustensiles de la maison du vrai Dieu. ” (Daniel 1:2). Yehoïaqim mourut probablement durant les premiers temps du siège, soit assassiné, soit au cours d’une révolte (Jérémie 22:18, 19). En 618 avant notre ère, Yehoïakîn, son fils, lui succéda. Il avait 18 ans. Mais son règne ne dura que trois mois et dix jours : Yehoïakîn se rendit en 617. — Voir 2 Rois 24:10-15. 6 Neboukadnetsar prit comme butin les ustensiles sacrés du temple de Jérusalem et “ les amena au pays de Shinéar, à la maison de son dieu ; et ces ustensiles, il les amena à la maison du trésor de son dieu ”, Mardouk (Merodak en hébreu) (Daniel 1:2 ; Jérémie 50:2). On a découvert une inscription babylonienne qui présente Neboukadnetsar en train de dire à propos du temple de Mardouk : “ J’entreposai dedans de l’argent et de l’or et des pierres précieuses [...] et y plaçai la maison du trésor de mon royaume. ” Il sera de nouveau question de ces ustensiles sacrés aux jours du roi Belshatsar. — Daniel 5:1-4. L’ÉLITE DE LA JEUNESSE DE JÉRUSALEM 7 Les trésors du temple de Jéhovah ne furent pas seuls à être emportés à Babylone. Le récit précise : “ Alors le roi dit à Ashpenaz, le fonctionnaire en chef de sa cour, d’amener quelques-uns d’entre les fils d’Israël et de la descendance royale et d’entre les nobles, des enfants en qui il n’y avait aucune tare, mais qui étaient bien d’apparence, perspicaces en toute sagesse, versés dans la connaissance et possédant le discernement de ce qu’on sait, qui avaient aussi en eux >> la force de se tenir dans le palais du roi. ” — Daniel 1:3, 4. 8 Qui fut choisi ? On lit : “ Il y avait parmi eux quelques-uns des fils de Juda : Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria. ” (Daniel 1:6). Ces paroles jettent une certaine lumière sur les origines, plutôt obscures, de Daniel et de ses compagnons. On remarque par exemple qu’ils étaient “ fils de Juda ”, la tribu royale. On ignore s’ils étaient ou non d’ascendance royale, mais il est logique de penser qu’au moins ils appartenaient à des familles importantes et influentes. En plus d’être sains de corps et d’esprit, ils possédaient perspicacité, sagesse, connaissance et discernement, même s’ils étaient assez jeunes pour être qualifiés d’“ enfants ”, peut-être de jeunes adolescents. Daniel et ses compagnons devaient se distinguer parmi la jeunesse de Jérusalem ; ils devaient en former l’élite. 9 Le récit n’indique pas qui étaient les parents de ces jeunes gens. Il est néanmoins certain qu’ils étaient attachés à Dieu et qu’ils avaient pris leurs responsabilités parentales au sérieux. Si on songe à la décadence morale et spirituelle de Jérusalem à l’époque, surtout parmi ‘ la descendance royale et les nobles ’, il est clair que les qualités manifestées par Daniel et ses trois compagnons ne leur étaient pas venues par hasard. On imagine sans peine le déchirement que ces parents durent éprouver en voyant leurs fils emmenés dans un pays lointain. Comme ils auraient été fiers pourtant s’ils avaient su ce qu’ils deviendraient ! Incontestablement, il est essentiel que les parents élèvent leurs enfants “ dans la discipline et les avertissements de Jéhovah ”. — Éphésiens 6:4. ~
  16. 16. UN COMBAT POUR L’ESPRIT 10 Immédiatement s’engagea un combat pour les jeunes esprits de ces exilés. Pour que les adolescents hébreux se coulent dans le système babylonien, Neboukadnetsar décréta que ses fonctionnaires ‘ leur enseignent l’écriture et la langue des Chaldéens ’. (Daniel 1:4.) Il ne s’agissait pas d’une éducation ordinaire. Une encyclopédie (The International Standard Bible Encyclopedia) explique qu’elle “ comprenait l’étude du sumérien, de l’akkadien, de l’araméen [...] et d’autres langues, ainsi que de l’abondante littérature rédigée dans ces langues ”. Cette “ abondante littérature ” comprenait de l’histoire, des mathématiques, de l’astronomie, etc. Cependant, “ les textes religieux connexes, tant de présages que d’astrologie [...], constituaient une part importante ”. 11 Voulant que ces jeunes Hébreux adoptent complètement les coutumes et la culture de la cour babylonienne, “ le roi fixa pour eux une ration quotidienne des mets délicats du roi et du vin dont il buvait, oui pour les entretenir pendant trois ans, afin qu’au terme de ces années ils puissent se tenir devant le roi ”. (Daniel 1:5.) De plus, “ le fonctionnaire principal de la cour leur assigna alors des noms. Ainsi il assigna à Daniel le nom de Beltshatsar, à Hanania celui de Shadrak, à Mishaël celui de Méshak et à Azaria celui d’Abed-Négo ”. (Daniel 1:7.) Il était courant aux temps bibliques de donner à quelqu’un un nouveau nom pour signaler un événement important dans sa vie. Par exemple, Jéhovah changea les noms d’Abram et de Saraï en Abraham et Sara (Genèse 17:5, 15, 16). Lorsqu’un humain change le nom d’un autre, c’est le signe qu’il détient >> le pouvoir, qu’il domine. Quand Joseph devint l’administrateur des vivres en Égypte, Pharaon lui donna le nom de Tsaphnath-Panéah. — Genèse 41:44, 45 ; voir aussi 2 Rois 23:34 ; 24:17. 12 Dans le cas de Daniel et de ses trois amis hébreux, le changement de nom était chargé de sens. Les noms que leurs parents leur avaient donnés avaient un lien avec le culte de Jéhovah. “ Daniel ” signifie “ Mon juge, c’est Dieu ”. “ Hanania ” veut dire “ Jéhovah a témoigné de la faveur ”. “ Mishaël ” signifie peut-être “ Qui est comme Dieu ? ” Et “ Azaria ” a pour sens “ Jéhovah a secouru, a aidé ”. Sans doute possible, leurs parents espéraient ardemment que leurs fils grandiraient sous la direction de Jéhovah Dieu et le serviraient fidèlement. 13 En revanche, les nouveaux noms donnés aux quatre Hébreux étaient étroitement liés aux noms de faux dieux, comme si ces divinités avaient assujetti le vrai Dieu. Quelle manœuvre insidieuse visant à saper la foi de ces jeunes gens ! 14 Le nom de Daniel fut changé en Beltshatsar, qui veut dire “ Protège la vie du roi ”. Ce nom était sans doute une forme abrégée d’une invocation à Bel, ou Mardouk, le dieu principal de Babylone. Qu’il ait ou non donné son avis dans le choix de ce nom pour Daniel, Neboukadnetsar était fier de préciser qu’il était “ selon le nom de [son] dieu ”. (Daniel 4:8.) Hanania fut renommé Shadrak, nom qui, d’après certains spécialistes, est composé et signifie “ Commandement d’Akou ”. Akou était le nom d’un dieu sumérien. Mishaël fut renommé Méshak (peut- être : Mishaakou), apparemment une habile modification de “ Qui est comme Dieu ? ” en “ Qui est ce qu’est Akou ? ”
  17. 17. Le nom babylonien d’Azaria fut Abed- Négo, qui veut probablement dire “ Serviteur de Négo ”. Or, “ Négo ” est une variante de “ Nebo ”, divinité d’après laquelle plusieurs dirigeants babyloniens furent également nommés. DÉTERMINÉS À RESTER FIDÈLES À JÉHOVAH 15 Les noms babyloniens, le programme de rééducation et le régime spécial, tout cela tendait non seulement à inculquer à Daniel et aux trois jeunes Hébreux le mode de vie babylonien, mais encore à les éloigner de leur Dieu, Jéhovah, ainsi que de leur formation et de leur contexte religieux. Qu’allaient faire ces jeunes gens devant tant de pressions et de tentations ? 16 Le récit inspiré raconte : “ Daniel résolut dans son cœur de ne pas se souiller avec les mets délicats du roi et avec le vin dont il buvait. ” (Daniel 1:8a). Même si Daniel seul est mentionné, la suite du récit démontre que ses trois compagnons soutinrent sa décision. Les mots “ résolut dans son cœur ” indiquent que l’instruction qu’il avait reçue de ses parents et d’autres personnes dans son pays avait touché son cœur. C’est assurément une éducation similaire qui guida les trois autres Hébreux dans leur décision. N’est-ce pas là une démonstration magistrale de l’importance d’enseigner nos enfants, quand bien même ils semblent trop jeunes pour comprendre ? — Proverbes 22:6 ; 2 Timothée 3:14, 15. 17 Pourquoi les jeunes Hébreux n’ont- ils refusé que les mets délicats et le vin, et pas les autres choses qui leur étaient fournies ? L’argument énoncé par Daniel en révèle clairement la raison : “ Ne pas se souiller. ” En apprenant “ l’écriture et la langue des Chaldéens ” et en recevant un nom babylonien, même >> à contrecœur, ils ne se souillaient pas forcément. Prenez l’exemple de Moïse, quelque 1 000 ans plus tôt. Il a été “ instruit dans toute la sagesse des Égyptiens ”, et pourtant il est resté fidèle à Jéhovah. Il a reçu de bonnes bases grâce à l’éducation que lui ont donnée ses parents. En conséquence, “ par la foi, Moïse, devenu grand, a refusé d’être appelé fils de la fille de Pharaon, choisissant d’être maltraité avec le peuple de Dieu plutôt que d’avoir la jouissance temporaire du péché ”. — Actes 7:22 ; Hébreux 11:24, 25. 18 De quelle manière les choses fournies par le roi de Babylone souilleraient-elles les jeunes hommes ? Premièrement, les mets délicats comprenaient peut-être des aliments interdits par la Loi mosaïque. Les Babyloniens mangeaient en effet des animaux impurs, interdits aux Israélites sous la Loi (Lévitique 11:1-31 ; 20:24-26 ; Deutéronome 14:3-20). Deuxièmement, les Babyloniens n’avaient pas l’habitude de saigner les animaux avant d’en manger la chair. C’était violer directement la loi de Jéhovah sur le sang que de manger de la viande non saignée (Genèse 9:1, 3, 4 ; Lévitique 17:10-12 ; Deutéronome 12:23-25). Troisièmement, les adorateurs de faux dieux avaient coutume d’offrir leur nourriture à des idoles avant de la manger en repas de communion. Les serviteurs de Jéhovah ne faisaient rien de cela (voir 1 Corinthiens 10:20-22). Enfin, il n’était pas très sain pour des gens de n’importe quel âge, et encore moins pour des jeunes, de consommer jour après jour une nourriture riche et des boissons fortes. ~ ~
  18. 18. 19 Une chose est de savoir ce qu’il faut faire, mais tout autre chose est d’avoir le courage de le faire quand on subit des pressions ou qu’on est tenté. Daniel et ses trois amis auraient pu se dire qu’ils étaient loin de leurs parents et de leurs connaissances, que donc ceux- ci ne sauraient rien de leurs actions. Ils auraient pu aussi penser qu’après tout c’était l’ordre du roi et qu’ils n’avaient pas d’alternative. En outre, d’autres jeunes acceptèrent certainement volontiers ce qu’on leur proposait et considérèrent qu’en profiter était un privilège plutôt qu’une difficulté. Mais de tels faux raisonnements auraient pu facilement les inciter à pécher en secret, un piège dans lequel tombent de nombreux jeunes. Les jeunes Hébreux savaient que “ les yeux de Jéhovah sont en tout lieu ” et que “ le vrai Dieu lui-même fera venir toute sorte d’œuvre en jugement, concernant toute chose cachée, pour savoir si elle est bonne ou mauvaise ”. (Proverbes 15:3 ; Ecclésiaste 12:14.) Tirons tous leçon de la conduite de ces jeunes gens fidèles ! LE COURAGE ET LA PERSÉVÉRANCE RÉCOMPENSÉS 20 Ayant pris dans son cœur la résolution de résister aux influences corruptrices, Daniel agit en harmonie avec sa décision. “ Il demandait au fonctionnaire principal de la cour la permission de ne pas se souiller. ” (Daniel 1:8b). Le verbe “ demandait ” mérite qu’on s’y arrête. La plupart du temps, il faut persévérer dans ses efforts pour finalement résister aux tentations ou surmonter certaines faiblesses. — Galates 6:9. 21 Dans le cas de Daniel, la persévérance fut payante. “ Aussi le vrai Dieu confia Daniel à la bonté de >> cœur et à la miséricorde devant le fonctionnaire principal de la cour. ” (Daniel 1:9). Si les choses tournèrent bien pour Daniel et ses compagnons, ce n’est pas parce qu’ils avaient de la prestance ou parce qu’ils étaient intelligents ; c’est parce que Jéhovah les bénissait. Daniel se souvint certainement de ce proverbe hébreu : “ Mets ta confiance en Jéhovah de tout ton cœur et ne t’appuie pas sur ton intelligence. Dans toutes tes voies tiens compte de lui, et lui, il rendra droits tes sentiers. ” (Proverbes 3:5, 6). Ceux qui suivent ce conseil en sont récompensés. 22 Au début, le fonctionnaire principal de la cour n’était pas d’accord. “ Je crains mon seigneur le roi qui a fixé votre nourriture et votre boisson, dit-il. Pourquoi donc verrait-il que vos visages sont abattus par rapport à ceux des enfants qui sont de votre âge, et pourquoi voudriez-vous rendre ma tête coupable devant le roi ? ” (Daniel 1:10). Ses objections et ses craintes étaient légitimes. Le roi Neboukadnetsar n’avait pas l’habitude d’essuyer des refus, et ce fonctionnaire savait qu’il risquait sa “ tête ” s’il n’obéissait pas aux instructions du roi. Qu’allait donc faire Daniel ? 23 C’est là que la perspicacité et la sagesse entrèrent en jeu. Le jeune Daniel se souvint probablement de ce proverbe : “ Une réponse, lorsqu’elle est douce, détourne la fureur, mais une parole qui cause de la douleur fait monter la colère. ” (Proverbes 15:1). Au lieu d’exiger obstinément qu’on accède à sa requête, ce qui lui aurait peut-être valu le martyre, Daniel n’insista pas. Au moment qui s’y prêtait, il parla au “ gardien ”, qui était peut-être plus disposé à la souplesse dans la mesure où il ne rendait pas directement des comptes au roi. — Daniel 1:11.
  19. 19. UNE ÉPREUVE DE DIX JOURS EST PROPOSÉE 24 Daniel proposa au gardien une épreuve en ces termes : “ S’il te plaît, mets tes serviteurs à l’épreuve pendant dix jours ; qu’on nous donne des légumes pour que nous mangions et de l’eau pour que nous buvions ; et que nos visages et le visage des enfants qui mangent les mets délicats du roi paraissent devant toi, et selon ce que tu verras, agis avec tes serviteurs. ” — Daniel 1:12, 13. 25 À se contenter ‘ de légumes et d’eau ’ pendant dix jours, auraient-ils des visages “ abattus ” par rapport aux autres ? Le mot “ légumes ” traduit un terme hébreu qui signifie fondamentalement “ grains ”. Certaines traductions de la Bible le rendent par “ légumes secs ”, qu’on définit comme “ les graines comestibles de diverses légumineuses (par exemple pois, haricots ou lentilles) ”. Certains spécialistes pensent que, d’après le contexte, il était question d’un régime qui ne comprenait pas seulement des graines comestibles. Un ouvrage de référence déclare : “ Ce que Daniel et ses compagnons demandaient, c’était le régime simple, à base de légumes, du peuple moyen au lieu du régime comportant de la viande, plus riche, de la table royale. ” Ainsi, le terme légumes englobait peut-être des plats nourrissants préparés avec des haricots, des concombres, de l’ail, des poireaux, des lentilles, du melon, des oignons, et du pain composé de différentes céréales. C’était loin d’être un régime de sous-alimentés ! Apparemment, le gardien le comprit. “ Finalement il les écouta quant à cette affaire et les mit à l’épreuve pendant dix jours. ” (Daniel 1:14). Quel fut le résultat ?  26 “ Au bout de dix jours, leurs visages paraissaient meilleurs et plus gras de chair que ceux de tous les enfants qui mangeaient les mets délicats du roi. ” (Daniel 1:15). Il ne faut pas prendre cette phrase comme preuve qu’un régime végétarien vaut mieux qu’un régime plus riche et comprenant de la viande. Dix jours est une période trop courte pour que n’importe quel régime produise des résultats tangibles, mais pas trop courte pour que Jéhovah accomplisse son dessein. “ La bénédiction de Jéhovah — voilà ce qui enrichit, et il n’ajoute aucune douleur avec elle ”, dit sa Parole (Proverbes 10:22). Les quatre jeunes Hébreux mirent leur foi et leur confiance en Jéhovah, et il ne les abandonna pas. Des siècles plus tard, Jésus Christ survécut sans manger pendant 40 jours. Il cita alors les paroles suivantes, qu’on trouve en Deutéronome 8:3 : “ L’homme ne vit pas de pain seul, mais [...] l’homme vit de toute déclaration de la bouche de Jéhovah. ” Ce que Daniel et ses amis vécurent en offre un exemple type. PERSPICACITÉ ET SAGESSE AU LIEU DE METS DÉLICATS ET DE VIN 27 Les dix jours n’étaient qu’un essai, mais les résultats furent des plus convaincants. “ Le gardien donc continua d’enlever leurs mets délicats et le vin qu’ils devaient boire et de leur donner des légumes. ” (Daniel 1:16). Il n’est pas difficile d’imaginer ce que les autres jeunes qui recevaient la formation pensaient de Daniel et de ses compagnons. Il devait leur sembler absurde de préférer tous les jours des légumes à un festin de roi. Mais de grandes épreuves pointaient à l’horizon, qui demanderaient de la part des jeunes Hébreux toute leur vigilance et la plus
  20. 20. grande sobriété. Et surtout, c’étaient leur foi et leur confiance en Jéhovah qui leur vaudraient de surmonter les épreuves de leur foi. — Voir Josué 1:7. 28 Ce qu’on lit ensuite atteste que Jéhovah était avec ces jeunes gens : “ Quant à ces enfants, les quatre, à eux le vrai Dieu donna connaissance et perspicacité en toute écriture et sagesse ; et Daniel avait de l’intelligence en toutes sortes de visions et de rêves. ” (Daniel 1:17). Pour affronter les temps difficiles qui approchaient, il leur fallait davantage que de la force physique et une bonne santé. “ Quand la sagesse entrera dans ton cœur et que la connaissance deviendra agréable à ton âme, la capacité de réflexion veillera sur toi, le discernement te préservera, pour te délivrer de la voie mauvaise. ” (Proverbes 2:10-12). C’est précisément ce dont Jéhovah équipa les quatre jeunes fidèles en vue de ce qui les attendait. 29 Il est spécifié que Daniel “ avait de l’intelligence en toutes sortes de visions et de rêves ”. Ce n’est pas qu’il était devenu médium. En effet, même si Daniel est considéré comme l’un des plus grands prophètes hébreux, il ne fit jamais sous inspiration des déclarations telles que : “ Voici ce qu’a dit le Souverain Seigneur Jéhovah ” ou “ Voici ce qu’a dit Jéhovah des armées ”. (Isaïe 28:16 ; Jérémie 6:9.) Ce n’est cependant que grâce à la direction de l’esprit saint de Dieu que Daniel était capable de comprendre et d’interpréter les visions et les rêves qui révélaient le dessein de Jéhovah.  ~ ~ ~ FINALEMENT, L’ÉPREUVE DÉCISIVE 30 Les trois années de rééducation et de préparation prirent fin. Arriva l’épreuve décisive : un entretien avec le roi en personne. “ Au terme des jours où le roi avait dit de les amener, le fonctionnaire principal de la cour se mit alors à les amener devant Neboukadnetsar. ” (Daniel 1:18). C’était le moment où les quatre jeunes devaient rendre des comptes. Leur avait-il été bénéfique de suivre les lois de Jéhovah plutôt que d’adopter les coutumes babyloniennes ? 31 “ Le roi parlait avec eux, et parmi eux tous il ne s’en trouva pas comme Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria ; et ils continuèrent à se tenir devant le roi. ” (Daniel 1:19). Quelle démonstration incontestable du bien-fondé de leur comportement des trois années précédentes ! Il n’avait donc pas été sot de leur part de suivre un régime dicté par leur foi et par leur conscience. En ayant été fidèles dans ce qui aurait pu sembler être peu de chose, Daniel et ses amis étaient récompensés par de grandes choses. Le privilège de “ se tenir devant le roi ” était l’objectif poursuivi par tous les jeunes qui recevaient la formation. La Bible n’indique pas si les quatre jeunes Hébreux furent les seuls à être sélectionnés. Toujours est-il que leur fidélité leur valut “ une grande récompense ”. — Psaume 19:11. 32 “ As-tu vu un homme habile dans son travail ? C’est devant les rois qu’il se placera ”, disent les Écritures (Proverbes 22:29). Ainsi, Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria furent choisis par Neboukadnetsar pour se tenir devant le roi, autrement dit pour rester à la cour. On voit dans cette histoire la main de Jéhovah diriger les
  21. 21. événements de façon à faire connaître par l’intermédiaire de ces jeunes hommes, en particulier de Daniel, des aspects importants de son dessein. Si c’était un honneur d’être choisi pour vivre à la cour de Neboukadnetsar, c’était un honneur plus grand encore d’être utilisé de façon aussi extraordinaire par le Roi de l’univers, Jéhovah. 33 Neboukadnetsar s’aperçut rapidement que la sagesse et la perspicacité dont Jéhovah avait doté les quatre jeunes Hébreux étaient très supérieures à celles de tous les conseillers et de tous les sages de sa cour. “ Quant à toute affaire de sagesse et d’intelligence sur laquelle le roi les interrogeait, oui il les trouvait dix fois supérieurs à tous les prêtres-magiciens et évocateurs d’esprits qui étaient dans tout son royaume. ” (Daniel 1:20). Comment aurait-il pu en être autrement ? Les “ prêtres-magiciens ” et les “ évocateurs d’esprits ” se reposaient sur le savoir superstitieux qui avait cours à Babylone, tandis que Daniel et ses amis mettaient leur confiance dans la sagesse d’en haut. Les deux étaient tout bonnement incomparables ! 34 À dire vrai, la situation n’a pas beaucoup changé avec le temps. Au Ier siècle de notre ère, où prévalaient la philosophie grecque et la loi romaine, l’apôtre Paul écrivit sous l’inspiration divine : “ La sagesse de ce monde est sottise auprès de Dieu ; en effet, il est écrit : ‘ Il attrape les sages dans leur propre ruse. ’ Et encore : ‘ Jéhovah sait que les raisonnements des sages sont futiles. ’ Que personne donc ne se glorifie dans les hommes. ” (1 Corinthiens 3:19-21). Aujourd’hui, il nous faut nous attacher fermement à ce que Jéhovah nous enseigne et ne pas nous laisser >> ébranler facilement par l’attrait et le clinquant du monde. — 1 Jean 2:15-17. FIDÈLES JUSQU’AU BOUT 35 L’épisode de Daniel chapitre 3, relatif à l’image d’or que Neboukadnetsar dressa dans la plaine de Doura et à l’épreuve du four de feu, atteste de façon poignante que Hanania, Mishaël et Azaria avaient une foi solide. Ces Hébreux qui craignaient Dieu restèrent assurément fidèles à Jéhovah jusqu’à leur mort. Nous le savons parce que l’apôtre Paul fit sans aucun doute allusion à eux quand il parla de ceux “ qui, grâce à la foi, ont [...] arrêté la violence du feu ”. (Hébreux 11:33, 34.) Ils constituent des exemples remarquables pour les serviteurs de Jéhovah, tant jeunes qu’âgés. 36 Quant à Daniel, le dernier verset du chapitre 1 déclare : “ Daniel continua ainsi jusqu’à la première année de Cyrus le roi. ” L’Histoire révèle que Cyrus renversa Babylone en une seule nuit, en 539 avant notre ère. Certainement en raison de sa réputation et de sa position, Daniel continua de servir à la cour de Cyrus. D’ailleurs, Daniel 10:1 rapporte que “ dans la troisième année de Cyrus le roi de Perse ” Jéhovah révéla une question importante à Daniel. S’il était adolescent lorsqu’on l’emmena à Babylone en 617 avant notre ère, il devait avoir près de 100 ans quand il reçut cette dernière vision. Quelle carrière longue, bénie et fidèle au service de Jéhovah ! 37 Le premier chapitre du livre de Daniel ne raconte pas seulement l’histoire de quatre garçons fidèles qui ont surmonté des mises à l’épreuve de leur foi. Il montre que Jéhovah peut utiliser qui il veut pour accomplir son
  22. 22. dessein. Ce récit prouve que ce qui semble être un malheur, >> ~ ~ ~ si Jéhovah le permet, peut servir un objectif utile. Et il enseigne que la fidélité dans les petites choses procure une grande récompense. *** dp chap. 4 p. 46-62 *** L’élévation et la chute d’une image immense 1 Dix ans ont passé depuis que le roi Neboukadnetsar a emmené Daniel et d’autres “ principaux personnages du pays ” de Juda en captivité à Babylone (2 Rois 24:15). Le jeune Daniel sert à la cour quand, soudain, une situation va mettre sa vie en danger. Mais pourquoi nous y intéresser ? Parce que la façon dont Jéhovah Dieu intervient non seulement sauve la vie de Daniel et celle d’autres personnes, mais encore révèle quelles puissances mondiales des prophéties bibliques se succéderont jusqu’à notre époque. UN MONARQUE EN DIFFICULTÉ 2 “ Dans la deuxième année du règne de Neboukadnetsar, écrivit le prophète Daniel, Neboukadnetsar rêva des rêves ; son esprit commença à s’agiter, et c’en fut fait de son sommeil. ” (Daniel 2:1). Ce Neboukadnetsar qui eut des rêves était le souverain de l’Empire babylonien. Il était devenu le souverain du monde en 607 avant notre ère, lorsque Jéhovah Dieu l’avait laissé détruire Jérusalem et son temple. Dans la deuxième année où Neboukadnetsar dirigeait la puissance mondiale (606/605), Dieu lui envoya un rêve terrifiant.  ~ ~ ~ 3 Ce rêve troubla tant Neboukadnetsar qu’il n’en dormait plus. Il voulait évidemment en connaître la signification. Mais ce roi puissant avait oublié son rêve ! Il convoqua donc les magiciens, les enchanteurs et les sorciers de Babylone, puis les somma de raconter son rêve et de l’interpréter. La tâche dépassait leurs compétences. Leur incapacité mit Neboukadnetsar dans une telle fureur qu’il donna l’ordre “ de détruire tous les sages de Babylone ”. Du coup, le prophète Daniel allait rencontrer celui qui était désigné pour l’exécution. Pour quelle raison ? Ses trois compagnons hébreux (Hanania, Mishaël et Azaria) et lui étaient comptés parmi les sages de Babylone. — Daniel 2:2-14. DANIEL INTERVIENT 4 Ayant appris la raison qui avait poussé Neboukadnetsar à promulguer un décret aussi dur, “ Daniel entra [...] et demanda au roi de lui accorder du temps uniquement pour indiquer au roi l’interprétation ”. Le roi accepta. Daniel rentra chez lui, après quoi ses trois amis hébreux et lui prièrent en demandant “ des miséricordes de la part du Dieu du ciel au sujet de ce secret ”. La nuit même, Jéhovah révéla à Daniel dans une vision le secret du rêve. Daniel déclara avec reconnaissance : “ Que le nom de Dieu soit béni, depuis des temps indéfinis et pour des temps indéfinis, car la sagesse et la force — car elles lui appartiennent. C’est lui qui change temps et époques, qui ôte des
  23. 23. rois et établit des rois, qui donne la sagesse aux sages et la connaissance à ceux qui connaissent le discernement. C’est lui qui révèle les choses profondes et les choses cachées, qui connaît ce qui est dans les ténèbres ; et vraiment la lumière demeure avec lui. ” Daniel louait Jéhovah de ce qu’il lui avait donné cette perspicacité. — Daniel 2:15-23. 5 Le lendemain, Daniel alla trouver Ariok, le chef de la garde personnelle, que le roi avait préposé pour détruire les sages de Babylone. Lorsqu’il apprit que Daniel était en mesure d’interpréter le rêve, Ariok se précipita chez le roi. Daniel ne s’attribua aucun mérite ; il dit à Neboukadnetsar : “ Il existe un Dieu dans les cieux qui est le Révélateur des secrets, et il a fait connaître au roi Neboukadnetsar ce qui doit arriver dans la période finale des jours. ” Daniel s’apprêtait non seulement à révéler l’avenir de l’Empire babylonien, mais encore à donner un aperçu des événements mondiaux depuis l’époque de Neboukadnetsar jusqu’à la nôtre et même au-delà. — Daniel 2:24-30. LE RAPPEL DU RÊVE 6 Neboukadnetsar pendu à ses lèvres, Daniel expliqua : “ Toi, ô roi, tu regardais, et voici : une certaine image — immense. Cette image, qui était grande et dont l’éclat était extraordinaire, se tenait en face de toi, et son aspect était terrifiant. Quant à cette image, sa tête était en bon or ; sa poitrine et ses bras étaient en argent ; son ventre et ses cuisses étaient en cuivre ; ses jambes étaient en fer ; ses pieds étaient en partie de fer et en partie d’argile modelée. Tu as continué de regarder jusqu’à ce qu’une pierre ait été détachée, non par des mains, et elle a frappé l’image sur ses pieds de fer et d’argile modelée >> et les a broyés. À ce moment-là le fer, l’argile modelée, le cuivre, l’argent et l’or furent, tous ensemble, broyés et devinrent comme la bale qui s’élève de l’aire de battage d’été, et le vent les emporta, si bien qu’on n’en trouva aucune trace. Quant à la pierre qui avait frappé l’image, elle devint une grande montagne et remplit toute la terre. ” — Daniel 2:31-35. 7 Neboukadnetsar dut être stupéfait d’entendre Daniel raconter le rêve. Mais les sages de Babylone ne seraient épargnés que si Daniel l’interprétait aussi. En son nom et au nom de ses trois amis hébreux, Daniel déclara : “ Voilà le rêve, et son interprétation, nous la dirons devant le roi. ” — Daniel 2:36. UN ROYAUME QUI SE DISTINGUA ENTRE TOUS 8 “ Toi, ô roi, le roi des rois, toi à qui le Dieu du ciel a donné le royaume, la puissance, la force et la dignité, et dans la main de qui il a donné — en quelque lieu qu’habitent les fils des humains — les bêtes des champs et les créatures ailées des cieux, et qu’il a fait chef sur eux tous, c’est toi qui es la tête en or. ” (Daniel 2:37, 38). Ces paroles s’appliquèrent à Neboukadnetsar après que Jéhovah se fut servi de lui pour détruire Jérusalem, en 607 avant notre ère. En effet, les rois intronisés à Jérusalem étaient de la lignée de David que Jéhovah avait oint, et Jérusalem était la capitale de Juda, le royaume typique de Dieu qui représentait la souveraineté de Jéhovah sur la terre. Lorsque la ville fut détruite en 607, ce royaume typique de Dieu cessa d’exister (1 Chroniques 29:23 ; 2 Chroniques 36:17-21). Les puissances mondiales successives
  24. 24. que représentaient les parties métalliques de l’image pouvaient désormais exercer leur domination sur la terre sans être gênées par le royaume typique de Dieu. Neboukadnetsar était la tête en or, le métal le plus précieux connu dans l’Antiquité, car il s’était distingué en renversant ce royaume lorsqu’il avait détruit Jérusalem. — Voir “ Un roi-guerrier bâtit un empire ”, page 63. {{p. 30 ci-dessous}} 9 Neboukadnetsar, dont le règne dura 43 ans, fut le chef d’une dynastie qui dirigea l’Empire babylonien. Cette dynastie compta son gendre, Nabonide, et son fils aîné, Évil-Merodak. Elle dura encore 43 ans, jusqu’à la mort de Belshatsar, le fils de Nabonide, en 539 avant notre ère (2 Rois 25:27 ; Daniel 5:30). Ainsi, la tête en or de l’image vue en rêve ne représentait pas seulement Neboukadnetsar, mais toute la succession des souverains babyloniens. 10 Daniel dit à Neboukadnetsar : “ Après toi se lèvera un autre royaume inférieur à toi. ” (Daniel 2:39). Un royaume symbolisé par la poitrine et les bras en argent dans l’image succéderait à la dynastie de Neboukadnetsar. Quelque 200 ans plus tôt, Isaïe avait prédit ce royaume ; il avait même précisé le nom de son roi qui serait victorieux : Cyrus (Isaïe 13:1-17 ; 21:2- 9 ; 44:24–45:7, 13). Ce royaume fut l’Empire médo-perse. La civilisation élaborée des Mèdes et des Perses n’avait rien à envier à l’Empire babylonien ; pourtant, ce royaume est représenté par l’argent, un métal moins précieux que l’or. Il fut inférieur à la Puissance mondiale babylonienne en ce qu’il ne se distingua pas en renversant Juda, le royaume typique de Dieu dont la capitale était Jérusalem.  11 Environ 60 ans après avoir interprété le rêve, Daniel fut témoin de la fin de la dynastie de Neboukadnetsar. Daniel était présent la nuit du 5 au 6 octobre 539 avant notre ère, quand l’armée médo-perse prit Babylone, qui semblait pourtant imprenable, et exécuta le roi Belshatsar. À la mort de ce roi, la tête en or de l’image vue en rêve (l’Empire babylonien) cessa d’exister. LE PEUPLE EN EXIL LIBÉRÉ PAR UN ROYAUME 12 En 539 avant notre ère, l’Empire médo-perse devint la puissance mondiale dominante à la place de l’Empire babylonien. À 62 ans, Darius le Mède fut le premier dirigeant de la ville conquise de Babylone (Daniel 5:30, 31). Pendant une brève période, Cyrus le Perse et lui régnèrent conjointement sur l’Empire médo-perse. À la mort de Darius, Cyrus se retrouva le chef unique de l’Empire perse. Pour les Juifs en captivité à Babylone, le règne de Cyrus fut synonyme de libération. En 537, en effet, Cyrus promulgua un décret qui autorisait les exilés juifs à retourner dans leur pays et à rebâtir Jérusalem ainsi que le temple de Jéhovah. Toutefois, le royaume typique de Dieu ne fut pas rétabli en Juda et à Jérusalem. — 2 Chroniques 36:22, 23 ; Ezra 1:1–2:2a. 13 La poitrine et les bras en argent de l’image vue en rêve figuraient la succession des rois perses à compter de Cyrus le Grand. Cette dynastie dura plus de 200 ans. On pense que Cyrus mourut au cours d’une campagne militaire en 530 avant notre ère. Parmi les quelque 12 rois qui lui succédèrent sur le trône de Perse, au moins 2 se montrèrent bons envers le peuple choisi de Jéhovah. L’un était
  25. 25. Darius Ier (le Perse) et l’autre Artaxerxès Ier . 14 Darius Ier était dans la succession des rois de Perse le troisième après Cyrus le Grand. Les deux précédents furent Cambyse II et son frère Bardiya (ou un usurpateur, un mage nommé Gaumata). Au moment où Darius Ier (également connu sous le nom de Darius le Grand) monta sur le trône, en 521 avant notre ère, la reconstruction du temple à Jérusalem était sous le coup d’une interdiction. Quand, en 520, on découvrit le document qui contenait le décret de Cyrus dans les archives d’Ecbatane, non seulement Darius annula l’interdiction, mais encore il fournit des fonds tirés du trésor royal pour rebâtir le temple. — Ezra 6:1-12. 15 L’autre roi perse qui contribua au rétablissement des Juifs fut Artaxerxès Ier , qui succéda à son père Assuérus (Xerxès Ier ) en 475 avant notre ère. Artaxerxès était surnommé Longue-Main parce que sa main droite était plus longue que la gauche. Durant la 20e année de son règne, en 455, il nomma Nehémia, son échanson juif, gouverneur de Juda et le chargea de rebâtir les murailles de Jérusalem. Cette action marqua le départ des ‘ soixante-dix semaines d’années ’ mentionnées dans le 9e chapitre de Daniel et permit de déterminer la date où apparaîtrait le Messie, ou Christ, Jésus de Nazareth, ainsi que la date où il mourrait. — Daniel 9:24-27 ; Nehémia 1:1 ; 2:1-18. 16 Le dernier des six rois qui montèrent après Artaxerxès Ier sur le trône de l’Empire perse fut Darius III. Son règne prit fin soudainement en 331 avant notre ère, lorsqu’il subit une terrible défaite devant Alexandre le >> Grand à Gaugamèles, près de l’ancienne Ninive. Cette défaite porta le coup final à la Puissance mondiale médo-perse que symbolisait la partie en argent de l’image vue en rêve par Neboukadnetsar. La puissance à venir serait supérieure sous certains rapports, mais inférieure sous d’autres. On le comprend en écoutant la suite de l’interprétation que Daniel donna du rêve de Neboukadnetsar. UN ROYAUME VASTE, MAIS INFÉRIEUR 17 Daniel dit à Neboukadnetsar que le ventre et les cuisses de l’image immense constituaient ‘ un autre royaume, un troisième, de cuivre, qui dominerait sur toute la terre ’. (Daniel 2:32, 39.) Ce troisième royaume suivrait la Babylonie et la Puissance médo-perse. Étant donné que le cuivre est moins précieux que l’argent, cette nouvelle puissance mondiale serait inférieure à l’Empire médo-perse en ce qu’elle n’aurait pas l’honneur par exemple de libérer le peuple de Jéhovah. Néanmoins, ce royaume semblable à du cuivre ‘ dominerait sur toute la terre ’, ce qui indique qu’il serait plus étendu que la Babylonie ou que l’Empire médo-perse. Or, que révèlent les faits historiques sur cette puissance mondiale ? 18 Peu après avoir hérité du trône de Macédoine en 336 avant notre ère, Alexandre III, un jeune homme ambitieux de 20 ans, se lança dans une campagne de conquête. Ses victoires militaires lui valurent le nom d’Alexandre le Grand. Remportant victoire sur victoire, il poursuivit son avancée dans le territoire perse. Une fois qu’il eut vaincu Darius III à Gaugamèles en 331, l’Empire perse commença à se disloquer
  26. 26. et Alexandre fit de la Grèce la nouvelle puissance mondiale. 19 Après sa victoire à Gaugamèles, Alexandre partit à l’assaut des capitales perses qu’étaient Babylone, Suse, Persépolis et Ecbatane. En assujettissant le reste de l’Empire perse, il étendit ses conquêtes jusqu’à l’ouest de l’Inde. Il établit des colonies grecques dans les pays conquis. C’est ainsi que la langue et la culture grecques se répandirent d’un bout à l’autre de son royaume. De fait, l’Empire grec devint plus vaste que n’importe quel autre avant lui. Comme Daniel l’avait prédit, le royaume de cuivre ‘ domina sur toute la terre ’. Entre autres conséquences de cette expansion, le grec (koinè) devint une langue internationale. Étant donné que cette langue permet de s’exprimer avec précision, elle était idéale pour rédiger les Écritures grecques chrétiennes et pour répandre la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. 20 Alexandre le Grand ne resta que huit ans à la tête de la puissance mondiale. Bien que jeune (il avait 32 ans), il tomba malade à la suite d’un banquet et mourut peu après, le 13 juin 323 avant notre ère. Avec le temps, son immense empire fut divisé en quatre territoires, chacun dirigé par un de ses généraux. Ainsi, un seul grand royaume donna naissance à quatre royaumes que l’Empire romain finit par absorber. La puissance mondiale semblable à du cuivre n’exista que jusque vers 30 avant notre ère, année où le dernier de ces quatre royaumes (la dynastie des Ptolémées qui régnait en Égypte) tomba finalement devant Rome.  ~ ~ UN ROYAUME QUI BROIE ET MET EN PIÈCES 21 Daniel poursuivit son explication de l’image du rêve : “ Quant au quatrième royaume [après Babylone, la Puissance médo-perse et la Grèce], il sera fort comme le fer. Étant donné que le fer broie et écrase toutes les autres choses, ainsi — comme le fer qui met en pièces — il broiera et mettra en pièces tous ceux-là. ” (Daniel 2:40). Cette puissance mondiale aurait une telle force, une telle capacité de broyer, qu’elle serait comme du fer : plus forte que les empires représentés par l’or, l’argent ou le cuivre. L’Empire romain fut ce genre de puissance. 22 Rome broya et mit en pièces l’Empire grec, puis engloutit les restes des Puissances mondiales médo-perse et babylonienne. La puissance romaine ne montra aucun respect envers le Royaume de Dieu proclamé par Jésus Christ : elle mit ce dernier à mort sur un poteau de supplice en 33 de notre ère. Elle voulut mettre en pièces le vrai christianisme ; à cette fin, elle persécuta les disciples de Jésus. Qui plus est, les Romains détruisirent Jérusalem et son temple en 70 de notre ère. 23 Les jambes en fer de l’image vue en rêve par Neboukadnetsar figuraient non seulement l’Empire romain, mais encore son prolongement politique. Considérez ces paroles consignées en Révélation 17:10 : “ Il y a sept rois : cinq sont tombés, l’un est, l’autre n’est pas encore arrivé, mais quand il arrivera, il doit demeurer peu de temps. ” Quand l’apôtre Jean rédigea ces mots, il était détenu en exil par les Romains sur l’île de Patmos. Les cinq rois, ou puissances mondiales, qui étaient tombés étaient l’Égypte, l’Assyrie, Babylone, la
  27. 27. Puissance médo-perse et la Grèce. Le sixième, l’Empire romain, exerçait toujours sa domination. Mais lui aussi devait tomber, et le septième roi se lèverait d’un des territoires conquis par Rome. De quelle puissance mondiale s’agirait-il ? 24 La Bretagne constituait jadis une partie de l’Empire romain, au nord- ouest. Mais en l’an 1763, elle était devenue l’Empire britannique, la Grande-Bretagne maîtresse des sept mers. En 1776 #, ses 13 colonies d’Amérique avaient déclaré leur >> indépendance afin de former les États- Unis d’Amérique. Par la suite, néanmoins, la Grande-Bretagne et les États-Unis s’allièrent dans la guerre comme dans la paix. C’est ainsi que vint à l’existence la Septième Puissance mondiale des prophéties bibliques : l’alliance anglo-américaine. Comme l’Empire romain, elle s’est avérée ‘ forte comme le fer ’, en exerçant une autorité de fer. Les jambes en fer de l’image du rêve comprennent donc l’Empire romain et la double Puissance mondiale anglo- américaine. # §24 Voir *** w12 15/6 p. 19 Questions des lecteurs *** qui est une explication constituant une mise à jour de celle qui figure dans le livre Prophétie de Daniel (page 57, paragraphe 24) et qui est illustrée aux pages 56 et 139. [Tableau/Illustration, page 56] (Voir la publication) LES PUISSANCES MONDIALES DE LA PROPHÉTIE DE DANIEL L’image immense (Daniel 2:31-45) BABYLONIE à partir de 607 av. n. è. PUISSANCE MÉDO-PERSE à partir de 539 av. n. è. GRÈCE à partir de 331 av. n. è. ROME à partir de 30 av. n. è. PUISSANCE MONDIALE ANGLO-AMÉRICAINE à partir de 1763 de n. è. MONDE DIVISÉ SUR LE PLAN POLITIQUE au temps de la fin UN AMALGAME FRAGILE 25 Daniel dit ensuite à Neboukadnetsar : “ Puisque tu as vu que les pieds et les orteils étaient en partie d’argile modelée de potier et en partie de fer, le royaume sera divisé, mais il s’y trouvera quelque chose de la dureté du fer, étant donné que tu as vu le fer mêlé à de l’argile humide. Et quant aux orteils des pieds étant en partie de fer et en partie d’argile modelée : le royaume sera en partie fort et sera en partie fragile. Puisque tu as vu du fer mêlé à de l’argile humide, ils se mêleront à la descendance des humains ; mais ils ne s’attacheront pas, celui-ci à celui-là, de même que le fer >> ne se mêle pas avec l’argile modelée. ” — Daniel 2:41-43. 26 La succession des puissances mondiales représentée par les différentes parties de l’image vue en rêve par Neboukadnetsar commençait par la tête et descendait jusqu’aux pieds. Logiquement, les pieds et les orteils en “ fer mêlé à de l’argile humide ” symbolisaient la dernière manifestation de la domination humaine qui existerait au “ temps de la fin ”. — Daniel 12:4. 27 À l’aube du XXe siècle, l’Empire britannique dominait un habitant de la terre sur quatre. D’autres empires européens avaient la mainmise sur des
  28. 28. millions d’humains. Mais la Première Guerre mondiale provoqua l’apparition de groupes de nations à la place des empires. Après la Deuxième Guerre mondiale, cette tendance s’est accélérée. À mesure que le nationalisme gagnait du terrain, le nombre des nations dans le monde augmentait considérablement. Les dix orteils de l’image représentent tous ces gouvernements et puissances qui coexistent, puisque dans la Bible le nombre dix correspond parfois à ce qui est complet du point de vue terrestre. — Voir Exode 34:28 ; Matthieu 25:1 ; Révélation 2:10. 28 Étant donné que nous vivons au “ temps de la fin ”, nous sommes arrivés aux pieds de l’image. Certains des gouvernements représentés par les pieds et les orteils de l’image en fer mêlé à de l’argile ressemblent au fer : ils sont autoritaires, tyranniques. D’autres ressemblent à l’argile. En quel sens ? Daniel associa l’argile à “ la descendance des humains ”. (Daniel 2:43.) Malgré la fragilité de l’argile, dont est faite la descendance des humains, les dominations traditionnelles comparables au fer ont été contraintes d’écouter de plus en plus le peuple, qui veut avoir son mot à dire dans la manière dont il est gouverné (Job 10:9). Mais les gouvernements autoritaires et le peuple ne font pas bon ménage, pas plus qu’on ne saurait unir du fer et de l’argile. Au moment où l’image sera détruite, le monde sera bel et bien morcelé sur le plan politique ! 29 Est-ce la désunion entre les pieds et les orteils qui causera l’écroulement de toute l’image ? Qu’arrivera-t-il à cette image ?  ~ ~ UNE ISSUE SPECTACULAIRE 30 Arrêtez-vous sur l’issue du rêve. Daniel dit au roi : “ Tu as continué de regarder jusqu’à ce qu’une pierre ait été détachée, non par des mains, et elle a frappé l’image sur ses pieds de fer et d’argile modelée et les a broyés. À ce moment-là le fer, l’argile modelée, le cuivre, l’argent et l’or furent, tous ensemble, broyés et devinrent comme la bale qui s’élève de l’aire de battage d’été, et le vent les emporta, si bien qu’on n’en trouva aucune trace. Quant à la pierre qui avait frappé l’image, elle devint une grande montagne et remplit toute la terre. ” — Daniel 2:34, 35. 31 La suite de la prophétie consista en une explication : “ Aux jours de ces rois-là, le Dieu du ciel établira un royaume qui ne sera jamais supprimé. Et le royaume ne passera à aucun autre peuple. Il broiera tous ces royaumes et y mettra fin, et lui-même subsistera pour des temps indéfinis ; étant donné que tu as vu que de la montagne une pierre a été détachée, non par des mains, et qu’elle a broyé le fer, le cuivre, l’argile modelée, l’argent et l’or. Le Grand Dieu lui-même a fait connaître au roi ce qui doit arriver après cela. Et le rêve est sûr, et son interprétation digne de foi. ” — Daniel 2:44, 45. 32 Son rêve lui ayant été rappelé et expliqué, Neboukadnetsar reconnut que seul le Dieu de Daniel était “ un Seigneur des rois et un Révélateur de secrets ”. Le roi confia également à Daniel et à ses trois compagnons hébreux des postes à responsabilités élevés (Daniel 2:46-49). Quelle est toutefois la signification moderne de l’“ interprétation digne de foi ” énoncée par Daniel ? ~
  29. 29. ‘ UNE MONTAGNE REMPLIT LA TERRE ’ 33 Lorsque “ les temps fixés des nations ” ont pris fin en octobre 1914, le “ Dieu du ciel ” a établi le Royaume céleste en intronisant son Fils oint, Jésus Christ, “ Roi des rois et Seigneur des seigneurs ” {Note : Voir le chapitre 6 du présent ouvrage.}. (Luc 21:24 ; Révélation 12:1-5 ; 19:16.) C’est de cette façon que par la puissance divine, et non par des mains humaines, la “ pierre ” qu’est le Royaume messianique a été détachée de la “ montagne ”, la souveraineté universelle de Jéhovah. Ce gouvernement céleste est confié à Jésus Christ, à qui Dieu a accordé l’immortalité (Romains 6:9 ; 1 Timothée 6:15, 16). C’est pourquoi ce “ royaume de notre Seigneur [Dieu] et de son Christ ”, une expression de la souveraineté universelle de Jéhovah, ne passera à personne d’autre. Il durera toujours. — Révélation 11:15. 34 La naissance du Royaume a eu lieu “ aux jours de ces rois-là ”. (Daniel 2:44.) Ces rois n’étaient pas seulement les rois représentés par les dix orteils de l’image, mais aussi ceux que symbolisaient ses parties en fer, en cuivre, en argent et en or. Il est vrai que les Empires babylonien, perse, grec et romain n’étaient plus des puissances >> mondiales en 1914, mais il en subsistait des vestiges. L’Empire ottoman (turc) occupait alors le territoire de la Babylonie et des gouvernements étaient en place en Perse (Iran), en Grèce ainsi qu’à Rome. 35 Le Royaume céleste de Dieu frappera bientôt l’image symbolique sur ses pieds. En conséquence, tous les royaumes figurés par cette image seront mis en pièces ; ce sera leur fin. Lors de “ la guerre du grand jour de Dieu le Tout-Puissant ”, cette “ pierre ” frappera avec une telle force que l’image sera pulvérisée et que le vent de la tempête de Dieu l’emportera comme la bale d’une aire de battage (Révélation 16:14, 16). Ensuite, comme la pierre qui atteignit les proportions d’une montagne et qui remplit la terre, le Royaume de Dieu deviendra la montagne ou gouvernement qui régira “ toute la terre ”. — Daniel 2:35. 36 Bien qu’étant céleste, le royaume messianique étendra son pouvoir à notre planète pour le bien de tous les habitants obéissants de la terre. Ce gouvernement stable “ ne sera jamais supprimé ” ni “ ne passera à aucun autre peuple ”. À la différence des royaumes que dirigent les chefs humains mortels, “ lui-même subsistera pour des temps indéfinis ”, éternellement (Daniel 2:44). Puissiez-vous avoir le privilège de figurer pour l’éternité parmi ses sujets ! ~ . . . . .
  30. 30. [Encadré/Carte/Illustrations, pages 63-67] UN ROI-GUERRIER BÂTIT UN EMPIRE Le prince héritier de Babylone et son armée mettent en pièces les forces du pharaon Néko à Karkémish, en Syrie. Les Égyptiens, vaincus, prennent la fuite en direction de leur pays, au sud, poursuivis par les Babyloniens. Mais un message en provenance de Babylone contraint le prince victorieux à abandonner la poursuite. Il vient d’apprendre que son père, Nabopolassar, est mort. Neboukadnetsar charge ses généraux de ramener les captifs et le butin ; lui, rentre précipitamment pour monter sur le trône laissé vacant par son père. C’est dans ces circonstances que Neboukadnetsar accéda au trône de Babylone en l’an 624 avant notre ère et devint le deuxième souverain de l’Empire néo-babylonien. Au cours de son règne, qui dura 43 ans, il prit possession des territoires occupés auparavant par la Puissance mondiale assyrienne et il étendit son domaine : il prit la Syrie au nord et la Palestine à l’ouest, jusqu’à la frontière de l’Égypte. — Dans la quatrième année de son règne (620 avant notre ère), Neboukadnetsar vassalisa le royaume de Juda (2 Rois 24:1). Trois ans plus tard, les Judéens se rebellèrent ; les Babyloniens assiégèrent donc Jérusalem. Neboukadnetsar emmena Yehoïakîn, Daniel et d’autres captifs à Babylone. Il emporta aussi des ustensiles du temple de Jéhovah. Il établit Tsidqiya, un oncle de Yehoïakîn, roi vassal de Juda. — 2 Rois 24:2-17 ; Daniel 1:6, 7. Quelque temps plus tard, Tsidqiya s’allia à l’Égypte et se rebella à son tour. Neboukadnetsar assiégea de nouveau Jérusalem, et en 607 avant notre ère il fit une brèche dans la muraille, brûla le temple et détruisit la ville. Il tua tous les fils de Tsidqiya, puis rendit ce dernier aveugle et le lia, afin de l’emmener prisonnier à Babylone. Neboukadnetsar fit captifs la plupart des habitants et transporta à Babylone le reste des ustensiles du temple. “ Ainsi Juda partit en exil de dessus son sol. ” — 2 Rois 24:18–25:21. Neboukadnetsar conquit également Tyr en mettant le siège devant elle, un siège qui dura 13 ans. Pendant ce siège, les têtes de ses soldats furent “ rendues chauves ” par les frottements de leur casque, et leurs épaules furent “ dénudées ” à force de porter des matériaux pour construire les ouvrages de siège (Ézékiel 29:18). Finalement, Tyr capitula devant les forces babyloniennes. Le roi de Babylone était à l’évidence un brillant stratège. Certains documents, surtout d’origine babylonienne, tracent aussi de lui le portrait d’un roi juste. Les Écritures ne spécifient pas que Neboukadnetsar était juste, mais le prophète Jérémie déclara que Tsidqiya, alors qu’il s’était rebellé, serait traité équitablement ‘ s’il sortait vers les princes du roi de Babylone ’. (Jérémie 38:17, 18.) Et après la destruction de Jérusalem, Neboukadnetsar traita Jérémie avec respect. Le roi ordonna en effet au sujet de ce dernier : “ Prends-le, aie les yeux fixés sur lui, ne lui fais aucun mal. Mais selon ce qu’il te dira, agis ainsi avec lui. ” — Jérémie 39:11, 12 ; 40:1-4. Neboukadnetsar était un administrateur : il discerna rapidement les qualités et les capacités de Daniel et de ses trois compagnons (Shadrak, Méshak et Abed-Négo) dont les noms hébreux étaient Hanania, Mishaël et Azaria. C’est pourquoi le roi leur confia des postes à responsabilités dans son royaume. — Daniel 1:6, 7, 19-21 ; 2:49. Neboukadnetsar était particulièrement dévoué à Mardouk, le dieu principal de Babylone. Le roi attribuait toutes ses conquêtes à cette divinité. À Babylone, il bâtit ou embellit les temples de Mardouk et de quantité d’autres divinités babyloniennes. L’image d’or dressée dans la plaine de Doura était peut-être dédiée à Mardouk. Et Neboukadnetsar prenait beaucoup en compte la divination pour prévoir les déplacements de son armée. Par ailleurs, Neboukadnetsar fut fier de restaurer Babylone, la plus grande ville fortifiée de l’époque. En terminant les imposantes murailles doubles que son père avait commencées, Neboukadnetsar rendit la capitale apparemment imprenable. Le roi répara un vieux palais au cœur de la ville et bâtit un palais d’été à environ deux kilomètres au nord. Pour faire plaisir à la reine, qui était Mède et qui avait la nostalgie des collines et des forêts de son pays, Neboukadnetsar aurait construit les Jardins suspendus, qui sont rangés parmi les Sept Merveilles du monde antique.
  31. 31. “ N’est-ce pas là Babylone la Grande que moi j’ai bâtie pour la maison royale par la force de ma puissance et pour la dignité de ma majesté ? ” lança un jour le roi avec vantardise tandis qu’il se promenait dans son palais de Babylone. “ La parole était encore dans la bouche du roi ” qu’il devint fou. Incapable de régner pendant sept ans, il mangea de la végétation, comme Daniel l’avait prédit. À la fin de cette période, le royaume fut rendu à Neboukadnetsar, qui régna jusqu’à sa mort en 582 avant notre ère. — Daniel 4:30-36. *** dp chap. 5 p. 69-81 *** Leur foi a passé l’épreuve 1 Devez-vous être attaché à Dieu ou au pays dans lequel vous vivez ? Beaucoup répondraient : ‘ Je respecte les deux. J’adore Dieu en suivant les préceptes de ma religion ; et dans le même temps je fais allégeance à ma patrie. ’ 2 Si la démarcation entre piété et patriotisme semble parfois floue aujourd’hui, dans la Babylone antique elle n’existait pour ainsi dire pas. En fait, le profane et le sacré étaient si inextricablement mêlés qu’il était quelquefois impossible de les distinguer. “ Dans la Babylone antique, écrit le professeur Charles Pfeiffer, le roi était à la fois grand prêtre et souverain. Il procédait aux sacrifices et régissait la vie religieuse de ses sujets. ” 3 Prenons l’exemple du roi Neboukadnetsar. Son nom même signifie “ Ô Nebo, protège l’héritier ! ” Nebo était le dieu babylonien de la sagesse et de l’agriculture. Neboukadnetsar était un homme profondément religieux. Comme nous l’avons vu précédemment, il bâtit et embellit les temples de nombreux dieux babyloniens, et il était particulièrement attaché à Mardouk, à qui il attribuait ses victoires militaires {Note : Certains pensent que Mardouk, qu’on tenait pour le fondateur de l’Empire babylonien, représente Nimrod déifié. Cependant, on ne peut l’affirmer.}. >> Il apparaît également que Neboukadnetsar se fiait beaucoup à la divination pour élaborer ses plans de bataille. — Ézékiel 21:18-23. 4 À dire vrai, toute la ville de Babylone baignait dans la religion. Elle se targuait de posséder plus de 50 temples, dans lesquels les gens adoraient une multitude de dieux et de déesses, par exemple la triade composée d’Anou (le dieu du ciel), d’Enlil (le dieu de la terre, de l’air et de la tempête) et d’Ea (le dieu qui régnait sur les eaux). Une autre trinité comprenait Sîn (le dieu-lune), Shamash (le dieu- soleil) et Ishtar (la déesse de la fécondité). La magie, la sorcellerie et l’astrologie jouaient un grand rôle dans le culte babylonien. 5 Pour les exilés juifs, vivre au milieu d’un peuple qui vénérait tant de dieux était une véritable gageure. Des siècles plus tôt, Moïse avait averti les Israélites des conséquences tragiques qu’ils subiraient s’ils se rebellaient contre le Législateur suprême. Il leur avait dit : “ Jéhovah te fera marcher, toi et ton roi que tu établiras sur toi, vers une nation que tu n’as pas connue, ni toi ni tes ancêtres ; et là il te faudra servir d’autres dieux, des dieux de bois et de pierre. ” — Deutéronome 28:15, 36. 6 Maintenant, les Juifs se trouvaient en plein dans cette situation fâcheuse. Il n’était pas facile de demeurer fidèle à Jéhovah, surtout pour Daniel, Hanania,
  32. 32. Mishaël et Azaria. En effet, ces quatre jeunes Hébreux avaient été sélectionnés pour recevoir une formation en vue d’assumer une fonction gouvernementale (Daniel 1:3-5). Souvenez-vous qu’on leur avait même donné des noms babyloniens (Beltshatsar, Shadrak, Méshak et Abed- Négo), probablement pour les inciter à se fondre dans leur nouvel environnement {Note : “ Beltshatsar ” veut dire “ Protège la vie du roi ”. “ Shadrak ” signifie peut-être “ Commandement d’Akou ”, le dieu- lune sumérien. “ Méshak ” fait peut-être allusion à un dieu sumérien et “ Abed-Négo ” veut dire “ Serviteur de Négo ” ou Nebo.}. Étant donné la position élevée de ces hommes, en refusant d’adorer les dieux du pays ils se seraient fait remarquer, voire auraient passé pour des traîtres. UNE IMAGE D’OR SYNONYME DE MENACE 7 Sans doute dans le but de renforcer l’unité de son empire, Neboukadnetsar dressa une image d’or dans la plaine de Doura. Cette image mesurait 60 coudées (27 mètres) de haut et 6 coudées (2,70 mètres) de large {Note : Du fait que l’image était immense, certains biblistes pensent qu’elle était en bois recouvert d’or.}. Certains pensent que ce n’était qu’une colonne, un obélisque. Elle consistait peut-être en un piédestal très haut sur lequel s’élevait une statue immense à forme humaine, qui représentait Neboukadnetsar lui-même ou le dieu Nebo. Quoi qu’il en soit, ce monument impressionnant était un symbole de l’Empire babylonien. À ce titre, il était fait pour être vu et vÀ

×