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4voisins), chaque pollinie est prolongée par un caudicule à la base visqueuse qui permetdadhérer à linsecte pollinisateur....
5- Fagne calcaire, encore appelée Calestienne au sous-sol typiquement calcaire.On y trouve : forêt sur calcaire, broussail...
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8- travaux, extension de carrière- prélèvement volontaire et illégal de plants (de nouveau cas ont été constatés récemment...
9B. Clé de détermination des genresLa clé de détermination des espèces est intégrée au début des paragraphes génériques.1 ...
109 Fleurs vertes, labelle sans "bras", seulement deux feuilles presque opposées dans lamoitié inférieure de la tige. List...
11C. Synthèse des espèces rencontrées dansl’Entre-Sambre-et-MeuseRR : très rare R : rare AR : assez rare AC : assez commun...
1228 Orchis militaris Orchis militaire Mai-Juin RR29 Orchis mascula Orchis mâle Mai-Juin AR30 Orchis coriophora Orchis pun...
13D. Monographie des espèces de l’Entre-Sambre-et-MeuseGenre CEPHALANTHERA3 espèces dans la zone étudiée :- Fleurs rose vi...
14b. HabitatLe Céphalanthère à grandes fleurs est rarement observé en pleine lumière. Ses milieux deprédilection sont les ...
15Photo 8 : Cephalanthera damasonium.ESEM, le 07/06/2009.Photo 9 : Cephalanthera damasonium.ESEM, le 02/06/2010.
16Photo 10 : Cephalanthera damasonium. Individu complètement dépourvu de chlorophylle.ESEM, le 02/06/2010.
1703. LE CEPHALANTHERE A FEUILLES EN EPEE(Cephalanthera longifolia (L.) Fritsch)a. DescriptionPlante haute de 15 à 60 cm. ...
18Photo 12 : Cephalanthera longifolia. Photo prise du dessus. Sur la fleur de droite, onremarque très bien les pièces du p...
192 Epichile fortement crénelé 3Epichile lisse ou très faiblement crénelé 43 Fleurs moyennement grandes, de couleur rouge ...
20c. Statut régionalLEpipactis des marais subit une régression généralisée en Belgique et dans de nombreusesrégions avoisi...
21Photo 14 : Epipactis palustris. ESEM, le 23/07/2009.
2205. L’EPIPACTIS BRUN ROUGE(Epipactis atrorubens (Hoffmann) Besser)a. DescriptionPlante haute de 20 à 60 cm. Tige brun ro...
23Photo 16 : Epipactis atrorubens. ESEM, le 28/06/2009.
24Photo 17 : Epipactis atrorubens. ESEM, le 10/07/2010.06. L’EPIPACTIS A LARGES FEUILLES(Epipactis helleborine (L.) Crantz...
25c. Statut régionalLEpipactis à larges feuilles est une des orchidées les plus répandues en ESEM et plusgénéralement en B...
26Photo 19 : Epipactis helleborine. ESEM, le 15/07/2008. Sur cette photo, le rostellum et lespollinies ont disparu (voir f...
27Photo 20 : Epipactis helleborine. ESEM, le 18/07/2009. Cette espèce présente à sa base uneou plusieurs feuilles dont la ...
28c. Statut régionalEpipactis purpurata se trouve exclusivement dans les chênaies de la Fagne schisteuse maispas nimporte ...
29Photo 23 : Epipactis purpurata. ESEM, le 06/08/2008.
30L’EPIPACTIS POURPRE forme verte(Epipactis purpurata f. chlorophylla (Seeland) Soó)Les Epipactis, et plus spécialement Ep...
31Photo 25 : Epipactis purpurata f. chlorophylla. ESEM, le 06/08/2008.
32Photo 26 : Epipactis purpurata f. chlorophylla. ESEM, le 06/08/2008.08. L’EPIPACTIS DE MÜLLER(Epipactis muelleri Godf.)a...
33Photo 27 : Epipactis muelleri. Les feuilles sont étroites et allongées, fermes, en forme de faux,à bords ondulés et disp...
34Photo 28 : Epipactis muelleri en boutons. Remarquez la base du pédicelle floral non teintéede pourpre. ESEM, le 20/06/20...
35Photo 29 : Epipactis muelleri. Les fleurs sont généralement peu ouvertes à maturité. ESEM,le 11/07/2010.09a. L’EPIPACTIS...
36lautofécondation. Ses pollinies, plutôt que dêtre compactes, ce qui facilite le transport, sedésagrègent libérant ainsi ...
37c. Statut régionalLEpipactis à labelle étroit est certainement une des orchidées les plus rares de Belgique.Tellement ra...
38Comme nous venons de le voir, le statut de l’Epipactis à labelle étroit est certainement un desplus préoccupants en ce q...
39Le statut de neglecta pose, aujourd’hui encore, bien des questions. Nous lui avons donné, ici,le rang subspécifique comm...
40pouvait être envisagée (ce dernier est plus tardif et présente notamment des pédicellesfloraux teintés de rose-pourpre)....
41Le statut exact de cet Epipactis reste donc à définir dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. Il n’est pasdu tout impossible qu’il...
42Lhybride EPIPACTIS A LARGES FEUILLES X POURPREEpipactis helleborine x purpurata (E. xschulzei P. Fourn.)a. DescriptionCe...
43chez E. purpurata.Lépichile est variablemais rappelle souventcelui dE. purpurata. Lacupule nectarifère estsouvent assez ...
44Une forme particulière dEPIPACTISEn juillet 2009 une forme particulière dEpipactis a été découverte dans le cadre de ce ...
45Photo 42 : forme dEpipactis helleborine (?) complètement dépourvue de chlorophylle. Laforme de lépichile et la cupule ne...
46la plupart dentre eux na dailleurs pas de boutons floraux. Le fait quun pied ait fleuri enESEM en 2009 est donc exceptio...
47puisquelle ny a jamais été signalée que dans lESEM. Historiquement, elle a fleuri dans 3stations. La première, découvert...
48Photo 45 : Limodorum arbotivum. Remarquez, l’éperon presqu’aussi long que l’ovaire ainsique la teinte verte qui, de près...
49Genre LISTERAUne seule espèce dans la zone étudiée.11. LA LISTERE OVALE(Listera ovata (L.) R. Brown)a. DescriptionPlante...
50Photo 48 : Listera ovata. ESEM, le 06/06/2009.
51Photo 49 : Neottia nidus-avis. ESEM, le 24/05/2008.
52Genre NEOTTIAUne seule espèce dans la zone étudiée.12. LA NEOTTIE(Neottia nidus-avis (L.) L.C.M. Rich.)a. DescriptionSer...
53c. Statut régionalLa Goodyère à une histoire particulière. Découverte en Belgique pour la première fois en1903, sa venue...
54Photo 51 : Goodyera repens. ESEM, le 12/07/2009.
55Genre HERMINIUMUne seule espèce dans la zone étudiée.14. LHERMINIE, LORCHIS MUSC(Herminium monorchis (L.) R. Brown)a. De...
56Photo 52 : Platanthera chlorantha. ESEM, le 21/05/2004.
57b. HabitatOn trouve principalement le Plantanthère des montagnes, aussi appelé Platanthère verdâtre,sur des substrats ca...
58espèce bifolia ne peut être écartée cependant bien que clairement plus anecdotique. Elle ny a,à ce jour, pas encore été ...
59Lhybride PLATHANTHERE DES MONTAGNES X A DEUXFEUILLESPlatanthera chlorantha x bifolia (P. xhybrida Brügger)a. Description...
60b. HabitatSurtout sur des pelouses calcicoles où les 2 espèces parentes ont le plus de chance de setrouver côte à côte.c...
61Photo 55 : Gymnadenia conopsea. ESEM, le 26/06/2004.
62Photo 56 : Gymnadenia conopsea. ESEM, le 26/06/2004.
6318. LA GYMNADENIE ODORANTE(Gymnadenia odoratissima (L.) L.C.M. Rich.)a. DescriptionPlante haute de 12 à 30 cm, pluspetit...
64Photo 58 : Gymnadenia odoratissima. ESEM, le 28/06/2009.
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La grièche 31 2013 spécial orchidées

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La grièche 31 2013 spécial orchidées

  1. 1. 1La feuille de contact de la Cellule Ornithologiquedu sud de l’Entre-Sambre-et-MeuseN°31 – Avril 2013SOMMAIRELes Orchidées de l’Entre-Sambre-et-Meusep. 2COMITÉ DE RÉDACTION ET DE RELECTURE : JACQUESADRIAENSEN, SEBASTIEN CARBONNELLE, PHILIPPEDEFLORENNE, THIERRY DEWITTE, FANNY ELLIS, MARC FASOL,GEORGES HORNEY, MARC LAMBERT, ARNAUD LAUDELOUT,OLIVIER ROBERFROID, SÉBASTIEN PIERRET« LA GRIÈCHE » VOUS OFFRE UNBOUQUET DE FLEURS (PARTIE 1)…La Grièche est une feuille de contact qui relaie avant tout des informations ornithologiques.Cependant, depuis, quelques temps déjà, nous y avons introduit des articles traitant d’autresdisciplines naturalistes. Ceux-ci restent et resteront minoritaires. Ils ont simplement pour butd’éveiller l’attention de nos lecteurs sur toute la richesse de nos campagnes. Dans le cadre del’ «Atlas de la Flore de Wallonie 2010», la Grièche voulait apporter sa contribution. Lesnuméros 31 et 32 traiteront donc d’une des familles botaniques les plus prestigieuses.Bon voyage dans le monde fabuleux des orchidées…Philippe DEFLORENNEPour rappel :L’adresse d’envoi pour les données et les textes est philippedeflorenne@yahoo.fr ou parcourrier postal: 53 rue de Martinsart à 6440 Froidchapelle.Vous pouvez aussi encoder vos données en ligne sur : http://observations.be/ ou surhttp://lagrieche.observations.be/index.php (même base de données) et alors plus besoin de lesenvoyer par un autre procédé.Pour les photos, prière de les envoyer à Sébastien Carbonnelle à l’adresse suivante (attentionnouvelle adresse!) : lagrieche.photos@gmail.com. Attention, aucune photo provenant du site« d’Observations.be » ne sera reprise dans « La Grièche ». Si vous souhaitez nous soumettrevos propres photos, merci de nous les envoyer par e-mail.Si vous ne possédez pas d’ordinateur, vous pouvez recevoir « La Grièche » en format papier.Vous pouvez l’obtenir auprès de Thierry Dewitte à l’adresse suivante : chaussée de Givet, 21à 5660 Mariembourg.Vous pouvez également retrouver les différents numéros sur les trois sites suivants :http://lagrieche.observations.be/index.php, www.aquascope.be et :http://www.natagora.be/index.php?id=1760
  2. 2. 2LES ORCHIDEESDE L’ENTRE-SAMBRE-ET-MEUSETexte et photos de Philippe Deflorennees orchidées sont très certainement les plantes qui fascinent le plus l’imaginaire collectif.Il est vrai que certaines d’entre elles possèdent un raffinement et une beauté à nul autrepareil. Si les orchidées, en provenance des tropiques et du savoir faire des horticulteurs, ontmaintenant envahi notre quotidien, peu de personnes savent qu’une belle panoplie d’entreelles croissent dans nos campagnes. De taille souvent plus modeste, elles dégagent toutefoisune franche envie d’en connaître davantage sur le mystère qui les entoure.Dans les années 1980, de très nombreux naturalistes ont commencé à s’intéresser à nosorchidées indigènes, mettant, du même coup, un peu d’ordre dans la systématique de lafamille, dans les cartes de répartition mais aussi, tout simplement, dans leur connaissancegénérale. Depuis lors, il faut bien le reconnaître, l’effervescence est un peu retombée,pourtant, de nombreux mystères restent encore à découvrir à leur sujet.Le but de la présente étude est de faire un point complet, plus de 20 ans plus tard. Que sontdevenues nos différentes espèces ? Sont-elles encore toutes présentes ? Certaines d’entre ellessont-elles menacées ? Demandent-elles des mesures spéciales ? D’autres sont-elles enexpansion ?Le bilan est mitigé. Certaines espèces, comme l’Ophrys abeille (Ophrys apifera), semblentavoir progressé, de nouvelles stations ont été découvertes. Plus généralement, les orchidéesprofitant des mesures de gestion, notamment sur les pelouses calcaires de Calestienne,semblent se maintenir à un niveau acceptable. Par contre, d’autres sont très rares ou au bordde l’extinction. C’est le cas par exemple de l’Epipactis des marais (Epipactis palustris), del’Epipactis à labelle étroit (Epipactis letpochila leptochila), de l’Epipactis négligé (Epipactisleptochila neglecta), du Limodore (Limodorum arbotivum),… Les espèces éteintes sont aunombre de 2, elles relèvent de disparition très anciennes. Elles seront aussi évoquées dans leprésent travail.Beaucoup de démarches ont été nécessaires pour faire renaître l’histoire de cette famillefabuleuse. Trop peu d’écrits mais beaucoup de souvenirs dans la mémoire des naturalisteslocaux. Je tiens donc à remercier particulièrement Sébastien Carbonnelle, Stéphane Cordier,Emmanuel Dehombreux, Pierre Delforge, Thierry Dewitte, Stéphane Herbay, Anne Lambert,Marc Lambert, Alain Paquet, Olivier Roberfroid, Bert Van der Krieken, Eric Walravens etPatrice Wuine pour la franche collaboration apportée à ce dossier, sans oublier les personnesqui, dune manière ou dune autre, ont transmis leurs observations, depuis de nombreusesannées.Pour des raisons que vous comprendrez facilement, il ne sera fait nulle part mention de sitesprécis, même pour les espèces plus communes, certaines stations ayant fait l’objet, de par lepassé et encore tout récemment, de destructions ou de prélèvements volontaires.L
  3. 3. 3L’objectif de cette synthèse est triple :1/ Vous permettre de distinguer les différents taxons présents dans l’Entre-Sambre-et-Meuse,et ce, au moyen d’une clé de détermination des genres et des espèces mais aussi de trèsnombreuses photos.2/ Vous préciser le statut régional actuel de chaque espèce.3/ Vous donner l’envie de mieux connaître et de mieux protéger nos orchidées.Malgré le soin apporté, il se peut que certaines informations ne nous aient pas été transmises.Si tel est le cas, si vous retrouvez, par exemple, dans vos carnets des informations anciennesqui méritent de figurer dans ces pages, surtout n’hésitez pas à nous les communiquer. Nousvous en serons très reconnaissants.A. Généralités01. Le cycle de vie, la biologie de nos orchidéesSi beaucoup dorchidées tropicales sont épiphytes (croissent sur des arbres, des supports),les orchidées de lESEM sont toutes terrestres. Leur vie commence par des grainesminuscules (+/- 0,5 mm) et très abondantes, contenues dans les capsules après lafructification. Celles-ci sont disséminées par le vent, parfois sur de grandes distances.Elles sont très rudimentaires et ne peuvent germer sans laide dun champignon. On parlealors de symbiose: le champignon fournit à lorchidée des substances nécessaires à sacroissance (dont des sels minéraux), alors que lorchidée apporte au champignon dautressubstances comme des vitamines par exemple.Une fois cette rencontre opérée, la graine peut alors germer et donner une plantule qui soitdevient autonome, soit continue sa symbiose avec le champignon. Il faut ensuite plusieursannées avant que lorchidée ne puisse fleurir. Elle achève sa croissance et dès quelledevient apte à fleurir, elle peut être visitée par des insectes qui assureront la pollinisation.02. La description de la fleurPour bien comprendre les termes employés dans les pages qui suivent, il est important demaîtriser quelques mots de vocabulaire. Ce paragraphe devrait vous y aider.Chez les orchidées, lovaire se trouve en arrière de la fleur. Il est le plus souvent reliédirectement à la tige, parfois à laide dun pédicelle. La fleur (périgone) est composée de 6pièces florales appelées tépales et réparties en 3 sépales (à larrière) et 3 pétales (à lavant).Une des caractéristiques majeures des orchidées est quun des pétales est transformé enune pièce remarquable, le labelle. Celui-ci est généralement la partie de la fleur quiaccueille linsecte pollinisateur. Il est habituellement orienté vers le bas. Il peut revêtirdifférentes formes, parfois très étonnantes. Chez les Epipactis, par exemple, le labelle estdivisé en 2 parties : lhypochile (à la base, nectarifère) et lépichile (au sommet). Chez lesOphrys, il prend un aspect dinsecte.Les orchidées de nos régions ne possèdent quune étamine fertile comportant le plussouvent 2 paquets de pollen, les pollinies. Chez le genre Orchis (ou pour les genres
  4. 4. 4voisins), chaque pollinie est prolongée par un caudicule à la base visqueuse qui permetdadhérer à linsecte pollinisateur. Chez le genre Epipactis, cest le rostellum qui contientune matière visqueuse qui jouera un rôle identique. Le stigmate (organe femelle) duneautre fleur, accueillera le pollen apporté par linsecte. Chez certaines de nos orchidées,Epipactis leptochila par exemple, le rostellum a disparu au cours de lévolution. La plantesautoféconde alors sans besoin daide extérieure.Photo 1 : Epipactis purpurata. ESEM, le 28/07/2008.Photo 2 : Ophrys apifera. ESEM, le 06/06/2009.03. Les habitatsLESEM possède la particularité dêtre traversé par 3 (on pourrait dire 4) régionsgéologiques et naturelles très distinctes (du sud au nord) :- lArdenne au sous-sol composé de schistes durs, de grès et une végétation typiquementforestière.- La dépression Fagne-Famenne divisée en :SépaleEpichilePétaleHypochile et sapoche nectarifèrePolliniesRostellumSépale latéralEtranglement entrehypochile et épichileStigmateSépale latéralGibbositéGynostèmePétalePolliniesLabelle (appendicenon visible, recourbévers larrière)
  5. 5. 5- Fagne calcaire, encore appelée Calestienne au sous-sol typiquement calcaire.On y trouve : forêt sur calcaire, broussailles, prairies sèches,…- Fagne schisteuse, au sous-sol schisteux. On y rencontre une végétationforestière (chênaie) et des prairies- Le Condroz, zone typique de nos grandes culturesNos orchidées peuvent sy rencontrer dans des habitats très différents : les pelousescalcicoles, les pelouses silicicoles, les prairies humides et mésophiles, les landes humides,les landes sèches, les fourrés, les forêts calcaires ou non,… A cela, nous pouvons ajouterdes milieux plus artificiels comme les bords de route, les carrières, les zones fraîchementremaniées,… Il faut cependant bien reconnaître que le milieu de prédilection pour laplupart de nos orchidées est représenté par les pelouses calcaires où parfois une dizainedespèces peuvent croître côte à côte. La Calestienne constitue donc la zone de rechercheprivilégiée pour de nombreux orchidophiles. Cependant, il ne faut surtout pas négliger lesautres types dhabitats où de nombreuses découvertes intéressantes peuvent encore êtrefaites. Le milieu caractéristique des différentes espèces sera détaillé au niveau de lamonographie de chacune dentre elles (Chapitre D).Photo 3 : Les pelouses calcicoles constituent un endroit de prédilection pour denombreuses espèces dorchidées. Sur cette pelouse, on trouve Ophrys insectifera, O.fuciflora, Himantoglossum hircinum et Gymnadenia conopsea. ESEM, le 27/06/2010.
  6. 6. 6Photo 4 : Talus bien exposé, en bord de route, où Ophrys apifera et Platantherachlorantha sont présents. ESEM, le 13/06/2010.Photo 5 : Prairie non amendée riche en Dactylorhiza maculata. ESEM, le 19/06/2010.
  7. 7. 7Photo 6 : Sous-bois calcaire, lieu de prédilection pour Epipactis leptochila subsp.neglecta (la subsp. leptochila se trouve dans le même type de milieu). ESEM, le14/07/2010.04. La nomenclature des orchidéesLa systématique des orchidées a évolué de manière phénoménale ces dernières années. Onpeut estimer que +/- 30.000 espèces sont décrites dans le monde à ce jour. Mais ce chiffrevarie de manière importante suivant les auteurs. Le concept despèces est encoreaujourdhui largement débattu dans diverses disciplines naturalistes. Nous ne rentreronspas ici dans ce débat qui sort du cadre de ce travail. Nous nous sommes fortement inspirésde la nomenclature utilisée dans la "flore bleue" (Lambinon & al, 2004).05. La protection des orchidéesSi, en ESEM, certaines orchidées comme Listera ovata, Orchis mascula et Epipactishelleborine ne sont pas globalement menacées, il nen va pas de même pour dautresespèces plus rares, parfois limitées à une seule station.Les menaces sont de natures diverses :- embroussaillement de pelouses calcicoles- mise en lumière du couvert forestier par coupe de la futaie pour des espèces commeEpipactis purpurata ou E. leptochila- épandage ou enrichissement de prés à orchidées- fauchage de bords de route à des périodes inappropriées
  8. 8. 8- travaux, extension de carrière- prélèvement volontaire et illégal de plants (de nouveau cas ont été constatés récemmenten ESEM)- …Rappelons que toutes nos orchidées indigènes sont protégées, à des degrés divers, grâce àla loi cadre du 12 juillet 1973.Soulignons limportant travail de protection réalisé, depuis de nombreuses années, pardifférents organismes et associations qui ont permis de sauvegarder certains de nos plusbeaux sites à orchidées.06. PhotosToutes les photos figurant dans ce travail ont été prises, sans exception, dans le sud delESEM et plus précisément dans les 11 entités couvertes par lantenne Natagora ESM, àsavoir : Walcourt, Sivry-Rance, Froidchapelle, Chimay, Momignies, Couvin, Viroinval,Cerfontaine, Philippeville, Florennes et Doische.Aucune modification n’y a été apportée concernant les teintes ou la luminosité. Elles ontsimplement, parfois été recadrées.
  9. 9. 9B. Clé de détermination des genresLa clé de détermination des espèces est intégrée au début des paragraphes génériques.1 Plante dépourvue (en grande partie) de chlorophylle, feuilles réduites 2Plante verte, feuilles bien développées 32 Labelle sans éperon, plante et fleurs brunâtres Neottia p.52Labelle pourvu dun éperon, fleurs violacées Limodorum p.463 Plante entièrement verdâtre. Labelle nettement trifide (mais à lobe médian neprésentant pas de forme humaine). De 2 à 4 feuilles basilaires, non maculées, souventaccompagnées de 1 à 3 petites feuilles caulinaires réduites. Ebauche déperon à la basedu labelle Herminium p.55Plante diversement colorée, parfois verdâtre mais, dans ce cas, labelle jamaisnettement trifide (sauf chez Orchis anthropophora qui présente alors une formehumaine) 44 Labelle dépourvu dun éperon 5Labelle pourvu dun éperon 105 Labelle velouté, pouvant évoquer la ressemblance avec un insecte Ophrys p.66Labelle non velouté et ne présentant pas de ressemblance avec un insecte 66 Plante liée à la présence de pins. Très petite taille. Fleurs blanches de 4 à 6 mmmaximum. Les feuilles basales à limbe ovale présentent un réseau bien apparent. Lesfeuilles caulinaires (sur la tige) sont très petites. Goodyera p.52Fleurs de couleurs variées mais de taille toujours supérieures à 6 mm 77 Labelle constitué dun hypochile (partie basale) en forme de coupe, contenant dunectar et dun épichile (partie distale) séparés par un rétrécissement. Attention, dans legenre Cephalanthera, les fleurs peuvent être très fermées, le labelle est alors difficile àobserver. 8Labelle non constitué dun hypochile et dun épichile 98 Fleurs uniformément blanches ou roses. Ovaire tordu non pédicellé.Cephalanthera p.13Labelle et sépales diversement colorés. Ovaire non tordu, pédicelle présent pouvantêtre tordu. Epipactis p.18
  10. 10. 109 Fleurs vertes, labelle sans "bras", seulement deux feuilles presque opposées dans lamoitié inférieure de la tige. Listera p.49Plante vert-jaunâtre. Labelle faisant penser à une silhouette humaine avec 2 bras etdeux jambes. Orchis anthropophora p.8210 Labelle entier, non divisé. Fleurs blanches, blanc verdâtre ou blanc jaunâtrePlathanthera p.55Fleurs de coloration variée. Labelle divisé présentant des lobes ou des dents 1111 Lobe médian du labelle long (30 à 45 mm) et large de +/- 2 mm, formant une lanièreplus ou moins tordue. Forte odeur musquée. Himantoglossum p.77Labelle différent 1212 Plante verdâtre, fleurs y comprises. Labelle et ovaire parfois un peu rougeâtre.Coeloglossum p.102Fleurs diversement colorées mais jamais complètement vertes 1313 Eperon très court (< 3mm) égalant au mieux 1/3 de la longueur de lovaire. Plante depetite taille (10 à 25cm), taches (points) purpurines nettes sur le labelle Neotinea p.80Eperon plus long (> 3mm) égalant au moins 1/2 de la longueur de lovaire 1414 Labelle pourvu, à la base, de 2 petites lamelles dressées perpendiculaires à sa surface.Inflorescence ovoïde à conique Anacampis p.101Labelle dépourvu de petites lamelles dressées. Epi plus allongé 1515 Bractées (petite feuille à la base de lovaire) hyalines (transparentes), incolores ou de lamême couleur que les fleurs. Feuille supérieure enveloppant linflorescence avant lafloraison, puis restant engainante autour de la tige Orchis p.81Bractées vertes parfois un peu teintées de pourpre. Feuille supérieure petite, nonengainante 1616 Labelle généralement maculé de points et de lignes. Eperon plus court que lovaire oulégalant Dactylorhiza p.105Labelle non maculé. Eperon grêle, égalant lovaire ou le dépassant le plus souventGymnadenia p.60
  11. 11. 11C. Synthèse des espèces rencontrées dansl’Entre-Sambre-et-MeuseRR : très rare R : rare AR : assez rare AC : assez commun C : communNom scientifique Nom français Date de floraison Statut01 Cephalanthera rubra Céphalanthère rose Juin-Juillet A confirmer02 CephalantheradamasoniumCéphalanthère à grandesfleursMai-Juin R03 CephalantheralongifoliaCéphalanthère à feuillesen épéeMai-Juillet RR04 Epipactis palustris Epipactis des marais Juin-Août RR05 Epipactis atrorubens Epipactis brun rouge Juin-Juillet R06 Epipactis helleborine Epipactis à largesfeuillesJuillet-Septembre AC07 Epipactis purpurata Epipactis pourpre Août-Septembre R08 Epipactis muelleri Epipactis de Müller Juillet R-RR09a Epipactis leptochilasubsp. leptochilaEpipactis à labelle étroit Juillet-Août RR09b Epipactis leptochilasubsp. neglectaEpipactis négligé Juin-Juillet RR10 LimodorumarbotivumLimodore Mai-Juin RR11 Listera ovata Listère ovale, double-feuilleMai-Juillet AC12 Neottia nidus-avis Néottie, nid doiseau Mai-Juillet AR13 Goodyera repens Goodyère Juillet-Août R-RR14 HerminiummonorchisHerminie, Orchis musc Juin-Juillet A confirmer15 Platanthera chlorantha Platanthère desmontagnesMai-Juillet AC16 Platanthera bifolia Platanthère à deuxfeuillesJuin-Juillet AR17 GymnadeniaconopseaGymnadénie moucheron Juin-Août AR18 GymnadeniaodoratissimaGymnadénie odorante Juin-Juillet RR19 Ophrys insectifera Ophrys mouche Mai-Juin R20 Ophrys sphegodes Ophrys araignée Avril-Juin A confirmer21 Ophrys apifera Ophrys abeille Mai-Juin R22 Ophrys fuciflora Ophrys frelon Mai-Juin R23 HimantoglossumhircinumLoroglosse, Orchis bouc Mai-Juillet R24 Neotinea ustulata Orchis brûlé Mai-Juin RR25 Orchis anthropophora Orchis homme pendu Mai-Juillet R-RR26 Orchis purpurea Orchis pourpre Mai-Juin R27 Orchis simia Orchis singe Mai-Juin RR
  12. 12. 1228 Orchis militaris Orchis militaire Mai-Juin RR29 Orchis mascula Orchis mâle Mai-Juin AR30 Orchis coriophora Orchis punaise Juin-Juillet Disparu31 Orchis morio Orchis bouffon Mai-Juin R-RR32 Orchis laxiflora Orchis lâche Mai-Juillet Disparu33 AnacampispyramidalisOrchis pyramidal Mai-Août R-RR34 Coeloglossum viride Orchis grenouille Mai-Juillet R-RR35 DactylorhizaincarnataOrchis incarnat Mai-Juin RR36 DactylorhizapraetermissaOrchis négligé Juin-Juillet RR37 Dactylorhiza majalis Orchis à larges feuilles Mai-Juin AR38 Dactylorhiza fuchsii Orchis de Fuchs Juin-Juillet AR39 Dactylorhiza maculata Orchis tacheté Juin-Juillet ARNom scientifique Parents Statut01 Epipactis xschulzei E. helleborine x purpurata RR02 Platanthera xhybrida P. chlorantha x bifolia R03 Ophrys xdevenensis O. fuciflora x insectifera RR04 Ophrys xalbertiana O. apifera x fuciflora RR05 Orchis xhybrida O. militaris x purpurea RR06 Dactylorhiza xtransiens D. fuchsii x maculata RR07 Dactylorhiza xdinglensis D. maculata x majalis RR08 Dactylorhiza xaschersoniana D. incarnata x majalis RR08 Dactylorhiza xhallii D. maculata x praetermissa RR10 Dactylorhiza xgodferyana D. majalis x praetermissa RRMême si certaines photos sont antérieures, nous avons commencé nos recherchessystématiques durant le printemps 2009. Celles-ci se sont terminées en 2010. Le bilan est lesuivant :- 34 espèces ont été retrouvées et photographiées. Si certaines présentent encore de bellespopulations, nous pouvons dire quaucune nest vraiment commune et que dautres se trouventdans une situation critique, ne fleurissant pas tous les ans ou ne comportant qu’un ou deuxpieds.- 2 espèces ont disparu depuis de nombreuses années : Orchis coriophora et O. laxiflora. Ellesont très peu de chance d’être retrouvées un jour.- 3 espèces citées méritent une confirmation mais peuvent provenir d’erreurs de déterminationou de transmission de l’information : Cephalanthera rubra, Herminium monorchis et Ophryssphegodes- 10 hybrides ont été découverts ou signalés mais il n’est pas impossible que l’un ou l’autresoit encore déniché dans les années proches.- on note également divers taxons infra-spécifiques : sous-espèces, variétés, formes.A titre de comparaison, 47 espèces seraient reconnues sur notre territoire national (Tyteca,2008). Un nombre aussi élevé despèces, signalées dans notre région, classe lESEM parmi lesrégions les plus prisées par les orchidophiles.
  13. 13. 13D. Monographie des espèces de l’Entre-Sambre-et-MeuseGenre CEPHALANTHERA3 espèces dans la zone étudiée :- Fleurs rose vif, rarement blanches. Feuilles oblongues-lancéolées C. rubra p.13- Fleurs blanches (à blanc crème) à peine ouvertes. Feuilles ovales-lancéolées, au maximum 2fois aussi longues que les entrenoeuds. Bractées plus longues que lovaire. Pièces extérieuresdu périgone obtuses à subaiguës au sommet C. damasonium p.13- Fleurs blanches (blanc pur), bien ouvertes. Feuilles lancéolées, 3 à 5 fois aussi longues queles entrenoeuds. Bractées (sauf généralement linférieure) plus courtes que lovaire. Piècesextérieures du périgone aiguës au sommet C. longifolia p.1701. LE CEPHALANTHERE ROSE(Cephalanthera rubra (L.)L.C.M. Rich.)a. DescriptionPlante haute de 15 à 65 cm. Tige à pilosité au sommet. Feuilles étroitement ovales àlancéolées, plus longues que les entrenoeuds. Bractées foliacées, les supérieures plus courtesque les fleurs. Fleurs de couleur rose vif à rose pourpré, peu ouvertes. Epichile allongé.b. HabitatComme les 2 autres espèces du genre, elle préfère lombre ou la mi-ombre. On la chercheradans les hêtraies ou les chênaies calcicoles, en sous-bois, en lisière ou dans des zones derecolonisation. Floraison de juin à juillet.c. Statut régionalCest une orchidée très rare en Wallonie, puisque, malgré 3 à 4 données anciennes, cetteespèce semble avoir complètement disparu de notre territoire. Une mention jamais publiéeexiste cependant en ESEM. Elle remonte au début des années 1980. Nous la reprenons iciavec les réserves d’usage, aucune autre mention n’étant venue l’appuyer depuis lors.02. LE CEPHALANTHERE A GRANDES FLEURS(Cephalanthera damasonium (Mill.) Druce)a. DescriptionPlante de 15 à 40 cm de haut (parfois jusque 70 cm), glabre. Feuilles ovales à lancéolées,étalées ou dressées. 3 à 12 fleurs assez grandes. Bractée, à chaque fleur, plus grande quelovaire. Fleurs blanc crème, souvent très peu ouvertes, voire presque fermées. Labellesouvent très peu visible. Plante généralement autogame: le pollen, pulvérulent, finit par sedésagréger et entrer en contact avec les stigmates de la même fleur.
  14. 14. 14b. HabitatLe Céphalanthère à grandes fleurs est rarement observé en pleine lumière. Ses milieux deprédilection sont les lisières ou le couvert forestier mais toujours sur terrain calcaire. Dansnotre région, il faut donc le chercher en Calestienne. Les essences associées peuvent êtrefeuillues mais il nest pas rare de le trouver sous conifères (épicéa, par exemple). Il fleurit dela mi-mai à la mi-juin.c. Statut régionalLespèce est relativement bien représentée en Calestienne, inexistante dans nos autres régionsnaturelles. Elle y est signalée dans de nombreuses stations. Elle peut y former des populationsassez denses. De par son écologie particulière, elle ne semble pas globalement menacée àbrève échéance. Des individus dépourvus de chlorophylle peuvent apparaître ici et là. Unexemplaire a été découvert lors de nos recherches (voir photo 10). Cette particularité n’estapparemment connue que de C. damasonium, Epipactis purpurata et E. helleborine. Elle estdétaillée plus longuement dans le paragraphe « Une forme particulière d’Epipactis » page 44.Photo 7 : Cephalanthera damasonium. ESEM, le 07/06/2009.
  15. 15. 15Photo 8 : Cephalanthera damasonium.ESEM, le 07/06/2009.Photo 9 : Cephalanthera damasonium.ESEM, le 02/06/2010.
  16. 16. 16Photo 10 : Cephalanthera damasonium. Individu complètement dépourvu de chlorophylle.ESEM, le 02/06/2010.
  17. 17. 1703. LE CEPHALANTHERE A FEUILLES EN EPEE(Cephalanthera longifolia (L.) Fritsch)a. DescriptionPlante haute de 15 à 60 cm. Feuilles lancéolées, dressées et longues (> 15 cm). Une ou deuxbractées inférieures dépassant nettement la fleur, les autres très courtes, ne dépassant paslovaire. Fleurs dun blanc pur. Labelle muni de crêtes jaunes, bien visibles. Plantegénéralement pollinisée par des insectes.b. HabitatLe Céphalanthère à feuilles en épée croît à mi-ombre dans des forêts feuillues (hêtraies parexemple) mais aussi des pinèdes. On le trouve alors en sous-bois, dans des clairières ou enlisière, préférant de loin les terrains calcaires. Il fleurit de mai à juillet.c. Statut régionalEspèce surtout liée au calcaire, on la cherchera principalement en Calestienne. Elle y estcependant très rare. Signalée historiquement dans 6 sites de lESEM. Nous avons commencénos recherches au printemps 2010, elle na pas été retrouvée dans les 2 premières stationsvisitées. Cest seulement à la troisième d’entre elles que nous sommes parvenus à lobserver. Ily avait seulement un seul pied! Cest dire si cette espèce possède un statut très précaire enESEM sachant que son milieu de prédilection, la vieille hêtraie sur calcaire, ny est pas trèsrépandue.Photo 11 : Cephalanthera longifolia. ESEM, le 02/06/2010.
  18. 18. 18Photo 12 : Cephalanthera longifolia. Photo prise du dessus. Sur la fleur de droite, onremarque très bien les pièces du périgone (blanches) très aiguës en leur sommet. Elles sontobtuses ou subaiguës chez C. damasonium. Remarquez aussi que seule la fleur du baspossède une grande bractée, les autres sont à peine visibles. ESEM, le 02/06/2010.Genre EPIPACTISLe genre Epipactis est sûrement le plus ardu à étudier mais également un des plusintéressants. Ces dernières décennies ont permis des avancées importantes dans laconnaissance de sa systématique.6 espèces sont reconnues dans lESEM. Une septième, Epipactis microphylla (Epipactis àpetites feuilles), est possible mais na pas encore été trouvée. Elle a néanmoins été ajoutée àcette clé. Les Epipactis à labelle étroit et négligé ont été placés comme deux sous-espèces dE.leptochila.1 Epichile mobile, relié à lhypochile par un étranglement étroit. Hypochile muni de 2lobes latéraux dressés pourvus de stries violettes E. palustris p.19Epichile peu mobile par rapport à lhypochile, joint entre les deux, plus large 2
  19. 19. 192 Epichile fortement crénelé 3Epichile lisse ou très faiblement crénelé 43 Fleurs moyennement grandes, de couleur rouge foncé, feuilles normalementdéveloppées E. atrorubens p.22Fleurs petites, blanc verdâtre – grisâtre, feuilles très petites, plus courtes ou à peineplus courtes que les entrenoeuds (E. microphylla)4 Rostellum bien développé, fonctionnel (attention, à regarder sur des fleurs fraîches, àpeine ouvertes, si la fleur a été visitée par un insecte, celui-ci disparaît). Pollen non oupeu friable. Pédicelle de lovaire plus ou moins teinté de rose ou violacé 5Rostellum nul ou peu développé (plante autogame). Pollen friable. Pédicelle delovaire sans teinte rose ou violacée 65 Feuilles développées, largement ovales, normalement vertes E. helleborine p.24Feuilles petites, lancéolées. Plante très souvent teintée de violet ou vert bronzéE. purpurata p.266 Epichile très étalé en forme de lance E. leptochila subsp. leptochila p.35Epichile nettement rabattu vers larrière 77 Plante des milieux ouverts (lisières, pelouses). Feuilles rigides, à bords +/- ondulés.Epichile triangulaire, blanc E. muelleri p.32Plante des milieux très ombragés (sous-bois calcaires). Feuilles minces, incurvées trèsnettement vers le bas, souvent tombantes. Epichile teinté de rose ou mauveE. leptochila subsp. neglecta p.3804. L’EPIPACTIS DES MARAIS(Epipactis palustris (L.) Crantz)a. DescriptionPlante haute de 20 à 60 cm pouvant former des colonies denses. Tige densément pubescente,purpurine au niveau de linflorescence pourvue de 5 à 20 fleurs assez grandes. Feuilles ànervures fortement marquées. Labelle fortement articulé (épichile pivotant facilement parrapport à lhypochile). Epichile blanc, muni de 2 gibbosités jaunes à la base, hypochile blanc àparois latérales striées de violet. Epipactis facile à identifier parmi les autres espèces du genre.b. HabitatCet Epipactis possède un habitat très particulier par rapport aux autres espèces de la famille :le bas-marais alcalin. On le trouve dans des prairies humides, des clairières ou des nailles dechasse en forêt à condition que ces sites restent suffisamment humides. Lespèce souffre de larecolonisation de ces sites par des plantes plus robustes ou par la forêt.
  20. 20. 20c. Statut régionalLEpipactis des marais subit une régression généralisée en Belgique et dans de nombreusesrégions avoisinantes. Il a été une des orchidées les plus difficile à retrouver dans le cadre dece travail. Deux sites étaient antérieurement connus, dont lun fort de plusieurs milliers deplants, mais la recolonisation forestière et le manque de gestion étant passé par là… Fortheureusement, lobstination de lun dentre nous a permis de découvrir une très petitepopulation forte de 8 plants ! Presque un miracle ! Malheureusement, cette station possède unstatut très précaire. Lavenir de lespèce dans lESEM nest pas assuré actuellement. Il nestcependant pas impossible quune ou lautre petite population subsiste encore dans les forêts deCalestienne. Une attention très particulière doit donc y être portée.Les plants, dont un diagnostic a pu être donné sur les 8 exemplaires observés, relevaient de laforme palustris, il nest cependant pas impossible que la forme ochroleuca, à fleursentièrement blanc jaunâtre, ait pu exister dans le passé, les deux formes pouvant former despopulations mixtes. Si quelquun possède des informations à ce sujet…Photo 13 : Epipactis palustris. ESEM, le 23/07/2009.
  21. 21. 21Photo 14 : Epipactis palustris. ESEM, le 23/07/2009.
  22. 22. 2205. L’EPIPACTIS BRUN ROUGE(Epipactis atrorubens (Hoffmann) Besser)a. DescriptionPlante haute de 20 à 60 cm. Tige brun rouge foncé densément pubescente au niveau delinflorescence. Feuilles dressées, vert bronzé parfois teintées de violet. Inflorescence +/-unilatérale. Fleurs de couleur rouge pourpre foncé très caractéristique. Epichile fortementcrénelé, à gibbosités très rugueuses, rouge pourpre. Ovaire pubescent. Plante entomogame(reproduction grâce aux insectes) à rostellum fonctionnel. Pollen de consistance ferme. Fleursodorantes (vanille).b. HabitatParmi les Epipactis, Epipactis atrorubens estlespèce la plus thermophile. Elle est égalementtrès calcicole. On la trouvera donc sur despelouses calcaires bien ensoleillées, parfois surdes bords de route, des clairières sur calcaire oudes endroits assez rocailleux. Elle a été trouvéeune fois, en ESEM, sur des éboulisdolomitiques. Elle disparaît assez rapidementdès quon assiste à lembroussaillement, voire àla recolonisation forestière. Fleurit de fin juin àmi-juillet.c. Statut régionalCet Epipactis reste relativement présent dans lapartie orientale de lESEM. Curieusement, alorsque certains sites semblent pouvoir lui convenir,il reste presque inexistant plus à louest. Il nesemble pas immédiatement menacé puisquunebonne partie de sa population a trouvé refugedans des réserves naturelles gérées. Néanmoins,il ne faut pas la négliger, lespèce estcomplètement inexistante en région flamande et,en Wallonie, elle est restreinte à la Calestienneet à la Gaume.Photo 15 : Epipactis atrorubens. ESEM, le05/07/2009.
  23. 23. 23Photo 16 : Epipactis atrorubens. ESEM, le 28/06/2009.
  24. 24. 24Photo 17 : Epipactis atrorubens. ESEM, le 10/07/2010.06. L’EPIPACTIS A LARGES FEUILLES(Epipactis helleborine (L.) Crantz)a. DescriptionPlante haute de 30 à 75 cm, parfois un peu plus. Tige pubescente. Plante globalement verte.Feuille(s) inférieure(s) ovales à pratiquement rondes. Epichile blanc ou plus souvent rosé-pourpre, rabattu vers larrière et muni deux gibbosités à la base. Hypochile comportant unepoche nectarifère souvent dun brun-noir assez prononcé. Ovaire vert mais pédicelle teinté deviolet (caractère important). Plante entomogame à rostellum fonctionnel, pollen deconsistance ferme. De très rares plants peuvent être dépourvus de pigments chlorophylliens,voir la page 44 à ce sujet.b. HabitatCette orchidée peut se retrouver dans une panoplie très étendue de milieux. Plutôt attirée parles milieux semi-ombragés, on peut également la trouver à lombre ou en pleine lumière. Onla trouvera en sous-bois de feuillus mais aussi de résineux, en bordure des chemins, dans desvégétations de recolonisation, en lisière forestière, le long de ballasts de voies ferrées,… Lanature du sol est également très éclectique, elle passera tantôt dun sol acide à un sol calcaire,plutôt aéré mais parfois très sec. Fleurit de juillet à fin août (voire septembre).
  25. 25. 25c. Statut régionalLEpipactis à larges feuilles est une des orchidées les plus répandues en ESEM et plusgénéralement en Belgique. Son grand pouvoir de colonisation et le peu dexigence quant aubiotope, concourent à son importante dispersion dans nos régions. Il nest donc pasdirectement menacé actuellement. Du fait de sa grande amplitude écologique, cette espècepeut paraître très variable dans la coloration des fleurs, leur structure, la taille des plants,… .Les caractères cités doivent cependant éviter toute confusion avec dautres espèces voisines.Photo 18 : Epipactis helleborine. ESEM, le 15/07/2008.
  26. 26. 26Photo 19 : Epipactis helleborine. ESEM, le 15/07/2008. Sur cette photo, le rostellum et lespollinies ont disparu (voir flèche). Cette fleur a donc été visitée par un insecte. Comparezcette fleur à celle de la photo 22 où ces composants sont encore bien présents.07. L’EPIPACTIS POURPRE(Epipactis purpurata Smith)a. DescriptionPlante de 30 à 70 cm de haut. Croissant tantôt isolée mais régulièrement en groupe surtoutdans les stations où la plante se porte bien. Tige vert-gris-bronzé à violacé. Feuilles de petitetaille, étroites, lancéolées, vert bronzé. Fleurs pouvant être très nombreuses (>50) sur unemême hampe florale, souvent grandes et bien ouvertes. Epichile blanc à centre rose pâle, aumoins aussi large que long et présentant des gibbosités faisant penser à un coussinet, la pointeest rabattue vers larrière. Poche nectarifère de lhypochile souvent beaucoup plus pâle quechez E. helleborine. Ovaire vert à légèrement violacé, le pédicelle est teinté de violet. Planteentomogame à rostellum ferme et à pollinies compactes.
  27. 27. 27Photo 20 : Epipactis helleborine. ESEM, le 18/07/2009. Cette espèce présente à sa base uneou plusieurs feuilles dont la forme peut varier dovale à ronde. Quoi quil en soit, des feuillesrondes, comme présentées sur cette photo, ne se rencontrent que chez cette espècedEpipactis.b. HabitatEspèce dombre, lEpipactispourpre affectionneparticulièrement les sous-boisfrais sur des sols profonds et où lecouvert est dense. Les vieilleschênaies ont sa préférence. Il fuitles sols calcaires tout comme lessols très acides. Espèce fleurissanttrès tardivement de fin juilletjusquau début de septembre.Photo 21 : Feuilles d’Epipactispurpurata. ESEM, le 28/07/2008.
  28. 28. 28c. Statut régionalEpipactis purpurata se trouve exclusivement dans les chênaies de la Fagne schisteuse maispas nimporte où dans cette zone, uniquement dans la frange bordant la Calestienne. Si lonvoulait faire un transect du sud au nord de lESEM, avec les Epipactis de sous-bois, on diraitquE. leptochila s.l. occupe les sols calcaires de la Calestienne, E. purpurata la bordure sud dela Fagne schisteuse, plus au nord, on ne rencontrera plus que E. helleborine qui est beaucoupplus ubiquiste.En ESEM, cet Epipactis possède encore parfois de belles stations dans des vieilles chênaies-charmaies sombres dont le sol nest pas couvert de végétation. Cependant la moindre coupe defutaie engendre une disparition rapide de lespèce. Sil arrive régulièrement de rencontrer desplants isolés dans les zones propices, ceux-ci sont souvent le résultat douvertures oudéclaircies dans le couvert forestier ayant eu pour résultat de décimer une station. De raresplants subsistent alors ici et là, profitant de micro-conditions favorables, mais laissant lespoird’une reprise si les conditions générales du milieu venaient à s’améliorer.Il existe 2 formes particulières de cette espèce :f. chlorophylla (Seeland) Soó : de couleur générale vert pomme. Elle a été trouvée en ESEM,voir page 30.f. rosea : dépourvue de chlorophylle et donc rose. Cette forme n’a pas encore été trouvée enESEM mais cela n’est pas impossible. Voir à ce sujet, page 44.Photo 22 : Epipactis purpurata. ESEM, le 28/07/2008.
  29. 29. 29Photo 23 : Epipactis purpurata. ESEM, le 06/08/2008.
  30. 30. 30L’EPIPACTIS POURPRE forme verte(Epipactis purpurata f. chlorophylla (Seeland) Soó)Les Epipactis, et plus spécialement Epipactis purpurata, sont colorés par deux groupesprincipaux de pigments, les anthocyanes, responsables des teintes roses à violettes et lespigments chlorophylliens qui donnent des teintes jaune-verdâtre à vertes. Les formeshypochromes (faiblement colorées) apparaissent chez les individus où la production despigments de lun ou lautre groupe est diminuée (Delforge, 1998). Chez la forme chlorophylla,il y a absence totale danthocyanes, chez la forme rosea, cest linverse. Mais desconcentrations variables de ces deux pigments peuvent apparaître chez certains individus.Dans les populations dEpipcatis purpurata on rencontrera donc des individus généralementpourpres, cependant certains auront une teinte plutôt verte. La photo 23 nous montre desindividus relativement verts mais pourvus quand même danthocyanes. Les plus attentifsdentre vous auront remarqué une teinte pourprée, sur le pédicelle floral et la tige notamment.Chez chlorophylla, même les pédicelles floraux sont vert pomme, ceci est par exemple bienvisible sur la photo 25.Une seule station de cette forme particulière est connue en ESEM (et probablement enBelgique). Elle se trouve dans le prolongement dune station de la forme type. Très peuabondante, elle a régressé ces dernières années, en cause, des travaux de voiries forestières etde débroussaillage dans la zone en question. Comme on peut le constater sur les photos, cesplants sont étonnamment verts pour des Epipactis purpurata, ils ne possèdent pas la moindretrace de couleur pourpre. Cette forme est peu décrite dans la littérature, on la connaîtnotamment en Allemagne mais sa distribution devrait être précisée.Photo 24 : Feuilles d’Epipactis purpurata f. chlorophylla. ESEM, le 28/07/2008.
  31. 31. 31Photo 25 : Epipactis purpurata f. chlorophylla. ESEM, le 06/08/2008.
  32. 32. 32Photo 26 : Epipactis purpurata f. chlorophylla. ESEM, le 06/08/2008.08. L’EPIPACTIS DE MÜLLER(Epipactis muelleri Godf.)a. DescriptionPlante haute de 20 à 60 cm. Tige et feuilles de couleur verte. Feuilles lancéolées, arquées àbords plus ou moins ondulés. Fleurs peu colorées, peu ouvertes, épichile généralement blanc,parfois légèrement rosé, à protubérances verdâtres, plus large que long, paraissant court etrabattu vers larrière. Hypochile blanc. Pétales blancs à nervures vertes bien marquées.Sépales vert-jaunâtre pâles. Plante autogame : rostellum généralement absent, pollenpulvérulent.b. HabitatAffectionne particulièrement les endroits bien exposés comme les pelouses calcicoles ou leslisières forestières, toujours sur des sols calcaires, chênaies claires thermophiles ou bordure deplantations de pins. Fleurit de la fin juin à la mi-juillet.c. Statut régionalConnu de quelques sites en ESEM. Il a disparu dau moins un dentre eux. Sa présence semblefluctuer dune année à lautre mais il nest jamais abondant. Il mérite certainement uneattention toute particulière surtout quil est souvent méconnu des gestionnaires de réserves etplus généralement des naturalistes. Il demande aussi meilleure prospection pour mieux cernerson statut régional.
  33. 33. 33Photo 27 : Epipactis muelleri. Les feuilles sont étroites et allongées, fermes, en forme de faux,à bords ondulés et disposées sur 2 rangs. Elles sont aussi légèrement pliées donnant laspectdune gouttière. ESEM, le 20/06/2010.
  34. 34. 34Photo 28 : Epipactis muelleri en boutons. Remarquez la base du pédicelle floral non teintéede pourpre. ESEM, le 20/06/2010.
  35. 35. 35Photo 29 : Epipactis muelleri. Les fleurs sont généralement peu ouvertes à maturité. ESEM,le 11/07/2010.09a. L’EPIPACTIS A LABELLE ETROIT(Epipactis leptochila (Godf.) Godf. subsp. leptochila)Photo 30 : Epipactis leptochilaleptochila. ESEM, le 19/07/2008.a. DescriptionOrchidaceae peu connue, lEpipactis àlabelle étroit se reconnaît à labsencede rostellum (appendice souventglobuleux que lon retrouve chez lesorchidées au niveau du gynostème(colonne centrale), ce rostellumcontient un produit visqueux servantà laccrochage des pollinies (sac depollen) sur le dos des insectespollinisateurs). Sil y a absence derostellum, cette plante aura donc unepréférence marquée pour
  36. 36. 36lautofécondation. Ses pollinies, plutôt que dêtre compactes, ce qui facilite le transport, sedésagrègent libérant ainsi rapidement le pollen. Outre ce caractère très particulier du mondedes orchidées, cet Epipactis se reconnaît notamment grâce aux caractères suivants :- Une taille habituellement de 50 à 60 cm mais certains individus, particulièrementgrands, peuvent atteindre celle de nos plus grandes orchidées indigènes.- Un couleur générale vert-pâle des feuilles et de la tige. Feuilles grandes minces,souvent tombantes. La bractée inférieure est très souvent de grande taille.- La base du pédicelle floral, toujours vert-pâle et non teinté de rougeâtre commehabituellement chez lEpipactis à larges feuilles (E. helleborine (L.) Crantz), lespècela plus répandue du genre. Fleurs relativement grandes et bien ouvertes (en général),souvent peu teintées.- Le joint séparant lépichile (partie distale du labelle, cette pièce florale particulière aubas et au centre sur la photo 30) de lhypochile (partie basale du labelle, en forme decoupe, voir photo 30) assez large. Nous y reviendrons lorsque nous parlerons de lasubsp. neglecta.- Mais une des caractéristiques les plus faciles à mettre en évidence sur le terrain est laforme de lépichile. Celui-ci est plan, à pointe non recourbée vers larrière. Il estallongé et plus long que large. Il possède ainsi une forme très particulière, en "fer delance" qui ne permet aucune contestation.b. HabitatLes populations dEpipactis à labelle étroit sont toujours de très petite taille. Elles neconcernent le plus souvent que quelques individus. Croissance uniquement en sous-boiscalcaires, dans des endroits bien ombragés avec une végétation au sol très réduite. Floraisontardive fin juillet, parfois début août.Photo 31 : Epipactis leptochila leptochila. ESEM, le 19/07/2008.
  37. 37. 37c. Statut régionalLEpipactis à labelle étroit est certainement une des orchidées les plus rares de Belgique.Tellement rare, quelle ne fleurit pas certaines années comme ce fut le cas en 1999, 2002 et2005. Seuls 4 sites abritent ou ont abrité lespèce, dont trois dans le sud de lEntre-Sambre-et-Meuse :- En ESEM, un premier site où ce taxon fut découvert, pour la première fois enBelgique, en 1987 (Deflorenne & al., 1987). On y atteint un maximum de 6 individusen 1987. Actuellement, cet Epipactis y est au bord de lextinction puisquil ny a pasfleuri en 2002, 2004, 2005, 2006, 2008 et 2009. Il y eut néanmoins deux individus enfleurs en 2003 et un individu en 2007.- En ESEM un second site où un seul plant sera découvert en 1987. Aucun autre plantny sera jamais revu.- En ESEM, un autre site découvert en 1989. On y atteint un maximum de 16 individusen 1991. Actuellement, le meilleur endroit pour lEpipactis à labelle étroit puisquil yfleurit pratiquement tous les ans mais toujours en faibles nombres.- En Lesse et Lomme : un individu unique de 1995 à 1997, plus rien ensuite.Dans la littérature, une série d’autres données sont rapportées à Epipactis leptochila. Toutesces observations sont à rapporter à la subsp. neglecta dont il est fait mention ci-après.Photo 32 : Epipactis leptochila leptochila. ESEM, le 19/07/2008.
  38. 38. 38Comme nous venons de le voir, le statut de l’Epipactis à labelle étroit est certainement un desplus préoccupants en ce qui concerne nos orchidées indigènes. Les sites de lESEM profitentd’un statut de protection certain. Cependant, au début des années 1990, une coupe forestière, àproximité dune station d’Epipactis, a mis celle-ci en lumière et rendu le site partiellementinadéquat pour l’espèce. Le même phénomène s’est déroulé sur lautre site, quelques annéesplus tard, où une très légère coupe de futaie a provoqué un envahissement du sous-bois par laMercuriale vivace (Mercurialis perennis L.) rendant lendroit beaucoup moins attractif pourlespèce.Depuis leur découverte, ces deux sites sont suivis, chaque année, notamment dans le cadre dela « Surveillance de l’état de l’environnement wallon par bioindicateurs ». Les résultats sontsans appel: sur chacun d’entre eux une régression très marquée de la population est constatée.Il est difficile d’intervenir si ce n’est en empêchant toute coupe de bois dans l’environnementimmédiat du site. Cet Epipactis demande, en effet, un ombrage important ainsi qu’un sous-bois « propre » c’est-à-dire non envahi par la végétation. Ce type d’habitat ne peut semaintenir que dans boisements gérés en « réserve intégrale » où tout type de gestion est doncévité.09b. L’EPIPACTIS NEGLIGE(Epipactis leptochila (Godf.) Godf. subsp. neglecta Kümpel)Photo 33 : Epipactis leptochilaneglecta. ESEM, le 05/07/2008.a. DescriptionLEpipactis négligé a souventété confondu avec lEpipactis àlarge feuille avec lequel ilpartage indéniablement certainscaractères. Cependant sonautogamie marquée, unrostellum nul ou rudimentaire,les pollinies friables, lepédicelle de lovaire non coloréde rose ou de pourpre, lapréférence pour les solscalcaires, les feuilleslancéolées,… le rapprochentsans aucun doute de lEpipactis à labelle étroit.Macroscopiquement, il se distingue aisément de ce dernier par les caractères suivants :- Une floraison beaucoup plus hâtive (fin juin – début juillet contre fin juillet – débutaoût). Deux à trois semaines séparent les deux floraisons. Généralement lEpipactisnégligé est fané lorsque lEpipactis à labelle étroit fleurit.- La forme de lépichile est certainement le caractère le plus distinctif: alors quil estconcave, étalé, plus long que large et en forme de lance chez la sous-espèce nominale,il est clairement convexe, moins long et toujours recourbé vers larrière chez neglecta.- La gouttière séparant lépichile de lhypochile est toujours très étroite en forme de "!"(voir fleur du bas sur la photo 36). Chez la subsp. leptochila elle est large (voir parexemple la photo 32).
  39. 39. 39Le statut de neglecta pose, aujourd’hui encore, bien des questions. Nous lui avons donné, ici,le rang subspécifique comme suggéré par la "flore bleue" mais il a tantôt été élevé au rangdespèce, tantôt au rang variétal dEpipactis leptochila. Si les populations des deux taxonssemblent bien distinctes dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, il n’en est pas de même partout. EnAllemagne et en Croatie, par exemple, des individus aux caractères intermédiaires existent,leur détermination s’avère parfois très complexe.En fait, il n’est pas rare de trouver les ssp leptochila et neglecta sur les mêmes sites. Neglectaaurait une tendance à remplacer graduellement leptochila. Si vous voulez en connaître plussur le cheminement qui a d’abord conduit à la séparation puis au rapprochement de ces deuxtaxons, je vous conseille vivement la lecture de Delforge & Gevaudan (2008). Quoi qu’il ensoit, il ya fort à parier que les années à venir devraient nous permettre d’en connaître encoreun peu plus sur la systématique et la répartition de ces orchidées peu communes.On peut également souligner des différencesmorphologiques assez importantes entre lesindividus, soit de régions différentes (ce qui estnormal pour des plantes autogames développantde petites populations à partir d’une soucheunique), soit aussi à l’intérieur d’une mêmepopulation. Les deux exemplaires photographiésici présentent, à l’examen, de nettes différencesd’aspect en qui concerne la forme ou la teinte del’épichile par exemple (vous pouvez, à ce titre,comparer les photos 33 et 35 (plant 1) des photos34 et 36 (plant 2)).Photo 34 : Epipactis leptochila neglecta. ESEM,le 05/07/2008.b. HabitatHabitat identique à celui dEpipactis leptochila,cest à dire une préférence très marquée pour lessous-bois très ombragés sur sol calcaire.Floraison dans nos régions fin juin, début juilletet précédant celle dEpipactis leptochila daumoins 3 semaines.c. Statut régionalNeglecta a, comme son nom lindique, souvent été négligé. Lhistoire de ce taxon dans le sudde lEntre-Sambre-et-Meuse est digne des meilleurs polars et na trouvé un dénouement finalquen 2008 après 25 ans dinterrogations :- En juillet 1983, Jean Devillers-Terschuren prend quelques clichés dun Epipactisparticulier qui sera ultérieurement rapporté à neglecta.- En 1990, puis en 1991, toujours dans le même sous-bois, quelques pieds attirentlattention à proximité de la station dEpipactis à labelle étroit. La mauvaiseconnaissance du taxon, à cette époque, laisse planer un doute quant à leurdétermination précise. La possibilité d’un hybride entre E. leptochila et E. helleborine
  40. 40. 40pouvait être envisagée (ce dernier est plus tardif et présente notamment des pédicellesfloraux teintés de rose-pourpre). La floraison précoce des plants peut, a posteriori etmalgré l’absence de photos, laisser penser à neglecta.- Vers 1995, les caractères de ce taxon semblent un peu mieux définis par les botanistesmais, pour notre région, commence une réelle traversée du désert. Malgré des visitesrépétées chaque année sans interruption sur le site, aucun indice ne révèle plus laprésence de celui-ci. Le mystère restera entier jusqu’en 2007 quand l’espoir renaît. Enpleine période de floraison d’Epipactis leptochila ssp leptochila, un plant fanéd’Epipactis laisse planer un doute énorme sur sa nature exacte. Mais l’état de celui-cine permet pas une détermination formelle.- En 2008, une visite précoce est organisée sur le même site. Malgré des recherchesminutieuses, le plant fané de 2007 reste introuvable. Ceci n’est pas très étonnant chezce type d’Epipactis qui ne fleurissent pas avec certitude chaque année. Le mystères’épaissit. Fort heureusement des recherches plus approfondies à quelque distance delà permettent de découvrir un premier puis un second plant qui, après une analyserapide, font tomber un verdict sans appel : L’Epipactis négligé existe toujours bel etbien dans l’Entre-Sambre-et-Meuse ! Il aura fallu attendre 25 années entre sa premièreobservation et sa redécouverte !Photo 35 : Epipactis leptochila neglecta. ESEM, le 05/07/2008.
  41. 41. 41Le statut exact de cet Epipactis reste donc à définir dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. Il n’est pasdu tout impossible qu’il soit découvert, dans les années à venir, sur d’autres sites de laCalestienne occidentale. Il passe très certainement inaperçu ou est, encore aujourd’hui,probablement confondu avec l’Epipactis à large feuille. En Calestienne orientale, bien querare, il semble néanmoins plus répandu. C’est vraiment le type de taxon qui peut êtrerecherché dans le cadre de l’Atlas de la flore de Wallonie.Photo 36 : Epipactis leptochila neglecta. ESEM, le 05/07/2008.
  42. 42. 42Lhybride EPIPACTIS A LARGES FEUILLES X POURPREEpipactis helleborine x purpurata (E. xschulzei P. Fourn.)a. DescriptionCet hybride peut se présentersous 2 formes etvraisemblablement sous unetroisième, voir à ce sujet lepoint suivant. Comme danstoute population hybride, onidentifiera tantôt les caractèresdune espèce, tantôt plutôtceux de lautre. E xschulzei serencontre donc parfois sous saforme pourpre, sans doute laplus habituelle et parfois soussa forme verte. Toutes deuxpossèdent des feuilleslancéolées, plus grandes quechez E. purpurata et jamaisrondes à la base de la tigecomme chez E. helleborine.Photo 37 : Epipactis xschulzeiforme verte. ESEM, le25/07/2009.La forme verte possède doncune teinte générale plutôtsimilaire à E. helleborine. Laface inférieure des feuilles estsouvent teintée de pourpre. Lacupule nectarifère est souventassez foncée. Lépichile est unbon critère diagnostique, pluslarge que long et présentantdes rugosités en forme decoussinets. Il est souvent peuteinté.Photo 38 : Epipactis xschulzeiforme verte. ESEM, le19/07/2009.La forme pourpre possède uneteinte similaire à E.purpurata. Les feuilles sontpourpres, lancéolées etnettement plus longues que
  43. 43. 43chez E. purpurata.Lépichile est variablemais rappelle souventcelui dE. purpurata. Lacupule nectarifère estsouvent assez foncée.Photo 39 : Epipactisxschulzei formepourpre. ESEM, le18/07/2009.b. HabitatOn trouve évidemmentcet hybride dans lesendroits où les 2 espècescoexistent maisattention lun desparents peut manquer.Comme E. purpuratapréfère les sous-bois trèsombragés et comme E.helleborine est plutôtattiré par des milieuxmieux éclairés onrencontrera E. xschulzeide préférence auxlisières des bois.En ce qui concerne lesdates de floraison, E.helleborine fleurithabituellement plus tôt quE.purpurata. E. xschulzei fleurit donc àune période transitoire, après la mi-juillet.c. Statut régionalDécouvert fin des années 1980(Deflorenne P. & Duvignaud J.,1987). Deux ou trois stations sontconnues où les deux espèces souchescoexistent au moins certaines années.A rechercher de façon plus cibléedans les stations dE. purpurata.Photo 40 : Epipactis xschulzei formepourpre. ESEM, le 18/07/2009.
  44. 44. 44Une forme particulière dEPIPACTISEn juillet 2009 une forme particulière dEpipactis a été découverte dans le cadre de ce travail.Il sagit dune forme complètement dépourvue de chlorophylle. Comme nous lavons vuprécédemment (voir à ce sujet E. purpurata forme verte), certains Epipactis peuvent êtrecomplètement dépourvus danthocyanes, dautres peuvent être complètement dépourvus depigments chlorophylliens, ce qui est le cas ici.Le site présentait 5 plants hypochromes dont 2 possédaient des boutons floraux. Un seul plantfleurira. Dans cette station, suivie depuis plus de 20 ans sans que cette forme particulière naitété détectée, on retrouve côte à côte E. purpurata, E. helleborine et E. xschulzei. Il est doncdifficile de rattacher cet Epipactis à un taxon précis. Ce que lon peut dire cest que lephénotype est plutôt à rattacher à E. helleborine mais quune introgression dE. purpuratanest pas impossible au vu de plants très voisins à rattacher avec certitude à E. xschulzei.Photo 41 : forme dEpipactis helleborine (?) complètement dépourvue de chlorophylle.Remarquez labsence danthocyanes dans les feuilles. ESEM, le 20/07/2009.On connaît chez E. purpurata la forme rosea dépourvue complètement de chlorophylle. Cetteforme na pas encore été trouvée en ESEM ni probablement en Belgique mais méritecertainement une recherche ciblée. Chez E. helleborine, ce phénomène est également connu.
  45. 45. 45Photo 42 : forme dEpipactis helleborine (?) complètement dépourvue de chlorophylle. Laforme de lépichile et la cupule nectarifère de lhypochile teintée de rose indiquent plutôt uneappartenance à E. helleborine. Remarquez la teinte très blanche des fleurs. ESEM, le25/07/2009.Il a été décrit de manière complète par Pierre Delforge (1998) après la découverte de 2 plantsen région bruxelloise. En Belgique, au moins 2 autres pieds ont été mentionnés en Lorraine.Les individus trouvés en Europe fleurissent très rarement, ils flétrissent souvent brutalement,
  46. 46. 46la plupart dentre eux na dailleurs pas de boutons floraux. Le fait quun pied ait fleuri enESEM en 2009 est donc exceptionnel.Lorigine de plants hypochromes peut être liée à la présence de métaux lourds dans le sol ou àlemploi dherbicides mais il est certain que cette hypothèse doit être écartée dans le cas quinous concerne ici comme dans la plupart des autres dailleurs. Lexplication avancée par PierreDelforge est quil sagirait de plants malades ou vieillissants dont le(s) champignon(s)endotrophe(s) ont pris une part trop importante dans la symbiose, empêchant la productionnormale de chlorophylle.Genre LIMODORUM.Une seule espèce dans la zone étudiée.10. LE LIMODORE(Limodorum arbotivum (L.)Swartz)a. DescriptionPlante robuste de 20 à 80 cm de haut.Facile à reconnaître parce que neressemblant à aucune autre de nosorchidées. Tige violette ou brunâtre,entourée de feuilles en forme debractées sur toute la hauteur.Inflorescence lâche parfois très haute (>30 cm). Fleurs parfois fermées, teintéesde violet. Plante à tendance autogame.Eperon nectarifère effilé, environ aussilong que lovaire. Plante saprophyte ouparasite (le débat nest pas clos), maisprésentant malgré tout des pigmentschlorophylliens dans la tige, ce quininfirme pas que la plante possède uneteinte générale violette.b. HabitatPlutôt une plante de mi-ombre sur solcalcaire : bois clairs thermophiles,broussailles voire pelouses rases. Fleuritde mai à juin sous nos latitudes.Photo 43 : Limodorum arbotivum.ESEM, le 21/06/2010.c. Statut régionalLa Belgique constitue la limite nord desa répartition. Lespèce y est très rare
  47. 47. 47puisquelle ny a jamais été signalée que dans lESEM. Historiquement, elle a fleuri dans 3stations. La première, découverte en 1886 a fait lobjet de nombreuses observations.Cependant, lendroit a été planté de Pins noirs (Pinus nigra) et le Limodore ny sera plus revuaprès 1973. La seconde existe toujours bel et bien et fait lobjet de suivis particuliers. Lespèceny fleurit quen de très faibles quantités, avec des éclipses certaines années, sans doute liéesaux conditions climatiques. Un troisième site, découvert dans les années 1990, na jamaisabrité quun seul plant (Delforge P., 1998). Dans ce site, son statut actuel, ne nous est pasconnu. En 2010, lors de nos recherches, seuls 2 plants ont été trouvés. Inutile dajouter quecette espèce mérite une protection intégrale.Photo 44 : Limodorum arbotivum. ESEM, le 21/06/2010.
  48. 48. 48Photo 45 : Limodorum arbotivum. Remarquez, l’éperon presqu’aussi long que l’ovaire ainsique la teinte verte qui, de près, transparaît dans la tige et les ovaires. ESEM, le 21/06/2010.Photo 46 : Limodorum arbotivum. ESEM, le 21/06/2010.
  49. 49. 49Genre LISTERAUne seule espèce dans la zone étudiée.11. LA LISTERE OVALE(Listera ovata (L.) R. Brown)a. DescriptionPlante haute de 20 à 60 cm. Entièrementverte dans toutes ses parties. Ellepourrait être très discrète et pourtant onla remarque souvent aisément à cause desa tige munie vers la base de 2 grandesfeuilles presque rondes et opposées, cequi lui donne un aspect particulier. Lesfleurs sont nombreuses, vertes etsouvent très ouvertes. Lovaire estlonguement pédicellé.b. HabitatEspèce très éclectique quant à seshabitats, elle préfère toutefois lesendroits frais et les sols profonds. Onpeut la trouver en lisière forestière voireen forêt, sur pelouse calcicole ouschisteuse, le long de ballast de voiesferrées,… Lespèce fleurit de mai àjuillet mais est généralement assezprécoce.c. Statut régionalIl sagit dune des espèces les pluscommunes de nos orchidées, elle peutêtre trouvée dans toutes nos régionsnaturelles. Aucune mesure particulièrene semble nécessaire à sa protectionsachant quon la rencontre courammentdans nos réserves naturelles.Photo 47 : Listera ovata. ESEM, le 12/06/2010.
  50. 50. 50Photo 48 : Listera ovata. ESEM, le 06/06/2009.
  51. 51. 51Photo 49 : Neottia nidus-avis. ESEM, le 24/05/2008.
  52. 52. 52Genre NEOTTIAUne seule espèce dans la zone étudiée.12. LA NEOTTIE(Neottia nidus-avis (L.) L.C.M. Rich.)a. DescriptionSerait génétiquement très proche de la Listère ovale mais, à première vue, ny ressemble pasdu tout. Plante haute de 15 à 35 cm, dépourvue de chlorophylle et donc entièrement brunâtre àbeige pâle. Ce caractère la distingue aisément de nos autres orchidées indigènes. Inflorescencedense de 15 à 30 fleurs. Labelle nettement bilobé, chaque lobe étant très fortement incurvévers lextérieur.b. HabitatPlante de la hêtraie calcicole, on la rencontrera préférentiellement en sous-bois, mais parfoisdans des broussailles ou en lisière forestière. Le hêtre étant peu présent en ESEM, suite à sonexploitation ancienne, elle se trouvera donc essentiellement dans les associations de la sérieconstituées de chênes et dessences annexes. Elle demande souvent des sols profonds maistoujours en terrain calcaire. Elle fleurit de mi-mai à mi-juin voire juillet.c. Statut régionalEspèce relativement bien représentée en Calestienne. La gestion actuelle de nos massifsforestiers ne semble pas constituer une menace à court terme.Genre GOODYERAUne seule espèce dans la zone étudiée.13. LA GOODYERE(Goodyera repens (L.) R. Brown)a. DescriptionPlante de très petite taille de 5 à 20 cm maximum. Tige verte pourvue dune pubescenceblanchâtre dense. Quelques feuilles sur la tige très réduites et de 3 à 5 feuilles basilairespossédant des nervures donnant laspect dun réseau. Ces feuilles sont présentes une bonnepartie de lannée et permettent de repérer la plante même en dehors des périodes de floraison.Inflorescence densément pubescente munie de 5 à 20 fleurs blanches très petites. Planteformant parfois des colonies.b. HabitatLespèce est strictement inféodée aux plantations de pins. Elle y vit dans les mousses où elletrouve la fraîcheur nécessaire à son maintien. Elle fleurit de juillet jusque début août.
  53. 53. 53c. Statut régionalLa Goodyère à une histoire particulière. Découverte en Belgique pour la première fois en1903, sa venue est expliquée par lapport de graines, en provenance des massifs montagneux,lié à lintroduction massive de pins du début du vingtième siècle. Dans la région qui nousconcerne, il faudra donc la chercher dans la Calestienne et ses abords, zone caractérisée parses monocultures de pins. Si elle était encore bien répandue voici 20 ou 30 ans, plusieurs siteslont vu disparaître, en cause labandon de la culture du pin. Cette orchidée ne semble doncplus quen sursis dans notre région et a été particulièrement difficile à retrouver pour leprésent travail, sa très petite taille narrangeant pas les choses.Photo 50 : Goodyera repens. ESEM, le 28/06/2009.
  54. 54. 54Photo 51 : Goodyera repens. ESEM, le 12/07/2009.
  55. 55. 55Genre HERMINIUMUne seule espèce dans la zone étudiée.14. LHERMINIE, LORCHIS MUSC(Herminium monorchis (L.) R. Brown)a. DescriptionPlante de petite taille, haute de 5 à 25 (30) cm. Entièrement verdâtre et donc passantfacilement inaperçue. Deux feuilles basilaires ovales à linéaires-lancéolées, de 1 à 3 feuillescaulinaires bractéiformes. Inflorescence grêle, assez allongée. Fleurs vert jaunâtre. Labelletrès nettement trilobé, pétales linéaires. Ovaire sessile.b. HabitatEspèce de pleine lumière, sur substrats secs à humides avec une préférence marquée pour lessols calcaires. On la trouve dans les dépressions des dunes littorales, des bas-marais, despelouses calcaires. Floraison en juin-juillet.c. Statut régionalEn Belgique, sa répartition était limitée à quelques rares stations dans les dunes littorales de laMer du Nord jusquen 1979 quand deux petites populations ont été découvertes dans des préscalcaires de la vallée du Viroin (Anselin A., 1980). Cependant, aucune information nestvenue, par la suite, étayer cette découverte et il nest pas impossible quil y ait eu uneconfusion avec des plants de très petite taille dOrchis antropophorum ou de Coeloglossumviride poussant sur ces sites (Devillers P. et al, 1990). Nous soumettons donc cette mentionavec les réserves dusage.Genre PLATANTHERA2 espèces dans la zone étudiée :- Fleurs blanc verdâtre. Anthère à loges écartées lune de lautre à la base, elles sont nettementdivergentes. Plante peu odorante P. chlorantha p.55- Fleurs blanc pur. Anthère à loges presque parallèles entre elles et rapprochées lune delautre. Plante odorante surtout le soir P. bifolia p.5715. LE PLATANTHERE DES MONTAGNES(Platanthera chlorantha (Cust.) Reichenb.)a. DescriptionPlante haute de 15 à 60 cm, pourvue de 2 grandes feuilles ovales et luisantes à la base. Fleursblanc verdâtre. Sépales latéraux bien étalés, sépale dorsal et pétales formant un casque.Labelle oblong non divisé, légèrement rejeté en arrière, souvent teinté de verdâtre surtout surla partie distale. Eperon fin et plus long que lovaire. Pollinies nettement divergentes.
  56. 56. 56Photo 52 : Platanthera chlorantha. ESEM, le 21/05/2004.
  57. 57. 57b. HabitatOn trouve principalement le Plantanthère des montagnes, aussi appelé Platanthère verdâtre,sur des substrats calcaires: pelouses, bois clairs, ourlet,… mais on peut également le trouverdans dautres endroits, notre partie ardennaise nétant pas épargnée. On le trouvera alors surdes bords de routes, des ballasts de chemin de fer, des prés non amendés. Sa floraisoncommence assez tôt, début mai et se poursuit jusquen juin-début juillet.c. Statut régionalGrâce à sa large amplitude écologique, le Platanthère des montagnes est bien répandu danslESEM. On le trouve principalement en Calestienne mais il peut être trouvé un peu partout. Ilfleurit volontiers sur les bords de route surtout si ceux-ci sont un peu ensoleillés. Il peutformer des populations assez denses. Son statut ne demande pas, à lheure actuelle, demesures particulières.16. LE PLATANTHERE A DEUX FEUILLES(Platanthera bifolia (L.) L.C.M. Rich.)a. DescriptionLe Platanthère à deux feuilles est très semblable au Platanthère des montagnes. On lereconnaît à son port plus grêle, moins robuste, et à ses fleurs plus blanches (exceptée la partiedistale du labelle verdâtre). Mais le caractère le plus déterminant sur le terrain estcertainement la position des anthères dont les loges sont rapprochées lune de lautre et sontdonc parallèles entre elles. Pour mieux comprendre ce caractère, vous pouvez comparer lafleur du bas de la photo 52 et la fleur du haut de la photo 53.b. HabitatLespèce peut se rencontrer dans différents types dhabitats mais, en ESEM, on la trouveraspécialement sur des substrats calcaires allant de la pelouse sèche au bois clair. Sa présence enmilieu acide est à confirmer dans notre région, voir à ce sujet le point suivant. Fleurit plustardivement que lespèce précédente de début juin à début juillet.c. Statut régionalLe Planthère à deux feuilles trouve son maximum écologique sur substrats calcaires enESEM. Il nest pas rare sur et à proximité des pelouses calcaires de Calestienne. Il a été trouvéune fois sur une lande mésotrophe à Callune (Calluna vulgaris). Dune manière générale, il estun peu moins fréquent que P. chlorantha qui occupe une amplitude un peu plus large demilieux. Cependant, cette explication demande quelques précisions. Deux sous-espèces sontactuellement reconnues à P. bifolia:P. b. bifolia: poussant sur sols acides, de plus petite taille : 15 à 40 cm, épi dense, long de 3 à10 cm, labelle long de 6 à 12 mm et éperon de 12 à 23 mm. Floraison 2 à 3 semaines plustardive que la sous-espèce suivante.P.b. latiflora (Drejer) Løjtnant: poussant sur sols neutres à calcaires, taille de 20 à 50 voire 85cm, épi lâche, long de 6 à 20 cm, labelle long de 10 à 16 mm, éperon long de 25 à 30 (40)mm.Ces deux sous-espèces ont fait lobjet de nombreuses discussions et, sur le terrain, ellesnétaient généralement pas reconnues, ce qui laisse planer un doute sur leur statut exact,notamment en ce qui concerne lESEM. Ce que lon peut dire cest que la sous-espèce latifloraest certainement, et de loin, la plus représentée dans notre région. La présence de la sous-
  58. 58. 58espèce bifolia ne peut être écartée cependant bien que clairement plus anecdotique. Elle ny a,à ce jour, pas encore été décrite officiellement mais si lon se réfère à lAtlas de la Flore Belgeet Luxembourgeoise (1979), un carré pointé dans la zone très acide de notre région ardennaisepeut laisser supposer sa présence qui reste donc à confirmer.Photo 53 : Platanthera bifolia. ESEM, le 26/06/2004.
  59. 59. 59Lhybride PLATHANTHERE DES MONTAGNES X A DEUXFEUILLESPlatanthera chlorantha x bifolia (P. xhybrida Brügger)a. DescriptionP. xhybrida possède évidemment des caractères intermédiaires entre les deux espèces citéesplus haut. Les plus déterminants sont :1/ Des anthères à loges légèrement écartées lune de lautre et donc en position intermédiaire.2/ Une date de floraison à cheval par rapport aux 2 espèces parentes puisque, comme nouslavons vu précédemment, P. chlorantha fleurit avant P. bifolia. Cependant, P. chloranthapeut être en fin de floraison alors que P. bifolia commence la sienne, cest à cette période queles hybrides sont générés. On les trouvera donc début juin.On peut souligner quil ny a pas de barrière génétique entre les deux espèces. Cependant lapollinisation de chaque espèce se fait de manière différente. Dans le cas de P. chlorantha, lespollinies se collent sur les yeux de linsecte pollinisateur, chez P. bifolia, comme elles sontplus rapprochées, elles se collent sur la trompe. Dans le cas de lhybride, la fixation de cespollinies est souvent rendue plus difficile de par leur position intermédiaire. La fécondationreste donc plus aléatoire (Tyteca, 2008).Photo 54 : Platanthera xhybrida. ESEM, le 06/06/2009.
  60. 60. 60b. HabitatSurtout sur des pelouses calcicoles où les 2 espèces parentes ont le plus de chance de setrouver côte à côte.c. Statut régionalStatut régional peu connu de par la difficulté didentification. Est sûrement répandu ça et là oùles 2 espèces croissent lune à côté de lautre, ce qui nest pas exceptionnel.Genre GYMNADENIA2 espèces dans la zone étudiée :- Eperon très grêle, pointu, dépassant largement lovaire. Labelle plus large que long, lobeslatéraux bien différenciés. Fleurs peu odorantes G. conopsea p.60- Eperon grêle, épaissi au sommet (nettement arrondi), égalant +/- lovaire. Labelle plus longque large, lobes latéraux peu différenciés. Fleurs à forte odeur de vanille, surtout le soirG.odoratissima p.6317. LA GYMNADENIE MOUCHERON(Gymnadenia conopsea (L.) R. Brown)a. DescriptionPlante de 20 à 60 cm de haut, très élancée. 4 à 8 feuilles basilaires linéaires ou étroitementlancéolées, dressées. Inflorescence allongée, étroite, pourvue de nombreuses fleurs (20 à 60)rose pâle à rose foncé, très rarement blanches, peu odorantes. Labelle trilobé plus large quelong. Sépales latéraux linéaires et étalés. Eperon très long et très fin, nettement plus long quelovaire (+/- 2 fois plus long).b. HabitatEspèce de pleine lumière que lon trouve le plus souvent sur pelouses calcicoles, ou parfois lesbords de routes mais toujours sur sol calcaire. Floraison assez tardive de juin à juillet parfoisaoût.c. Statut régionalEspèce assez abondante en Calestienne sur les tiennes calcaires, fleurit plus tardivement queles autres espèces sur ce type de milieu. Nest pas menacée pour linstant sachant quune bonnepartie de sa population se trouve dans des réserves gérées. La variété représentée en ESEM estconopsea. Des plants, au sein de populations normales, possédant des caractères de la var.densiflora se trouvent ça et là, mais ils sont plus à considérer comme dans lamplitudephénotypique de conopsea quen variété distincte. Densiflora est généralement très robuste, àinflorescence longue de 8 à 18 cm, comprenant généralement plus de 50 fleurs très odorantes(vanille), sa floraison est plus tardive de 10 à 15 jours et préfère des zones plus humides.
  61. 61. 61Photo 55 : Gymnadenia conopsea. ESEM, le 26/06/2004.
  62. 62. 62Photo 56 : Gymnadenia conopsea. ESEM, le 26/06/2004.
  63. 63. 6318. LA GYMNADENIE ODORANTE(Gymnadenia odoratissima (L.) L.C.M. Rich.)a. DescriptionPlante haute de 12 à 30 cm, pluspetite et plus grêle que G. conopsea.Quand elles poussent côte à côte, G.odoratissima fait leffet dune"petite sœur". Feuilles étroites,dressées. Fleurs dun rose allant depâle à plus foncé, mais souventd’une couleur rose peu prononcée.Labelle trilobé nettement plus longque large, son lobe médiannettement plus long que les 2latéraux. Léperon est de longueur+/- égale à celle de lovaire ou ledépasse très légèrement. Dégage,surtout le soir, une très forte odeurde vanille, ce qui distingue aisémentcette orchidée de sa grande sœur.b. HabitatSurtout en pleine lumière sur despelouses calcicoles. Floraison : juinà juillet, souvent un peu plusprécoce que G. conopsea maisrecouvrement important.c. Statut régionalG. odoratissima est certainementune des espèces emblématiques delESEM puisquon ne la trouve nullepart ailleurs en Belgique. Elle y aété découverte en 1930-1932(Culot, 1932) et atteint dans notrerégion sa limite septentrionale.Depuis lors, les recherches ontpermis de trouver 5 localités maisseuls deux sites possèdent encoredes populations viables, ils sont fortheureusement sous haute protection.Photo 57 : Gymnadeniaodoratissima. ESEM, le 28/06/2009.
  64. 64. 64Photo 58 : Gymnadenia odoratissima. ESEM, le 28/06/2009.

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