Grisone l ecurie_du_sieur_1599

297 vues

Publié le

Grisone

Publié dans : Sports
0 commentaire
0 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

  • Soyez le premier à aimer ceci

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
297
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
22
Actions
Partages
0
Téléchargements
7
Commentaires
0
J’aime
0
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Grisone l ecurie_du_sieur_1599

  1. 1. A Bibliothèque Fonds Ancien VetAgro Sup Gompvî Whérino"* de Lyon Cet ouvrage fait parti du fonds ancien de la bibliothèque de VetAgro Sup Campus Vétérinaire de Lyon. Dans le cadre de la politique de valorisation du fonds ancien, ces ouvrages numérisés sont disponibles à l'adresse suivante : http://www.vet-lyon.fr (> Bibliothèque »Fonds ancien) L écuirie du Sr. Federic Grison, gentilhomme napolitain Par F. Grisone (Traduction) (1599) Cote de l'ouvrage : 1351 (216 pages) PDF généré : pages 1 à 216 soit 216 pages Document créé le 27-05-2011 à 15h47 Mis à jourle 10-09-2010
  2. 2. r E c V 1 R 13 D V S' F E D E G RI S ON, GENTIL- H O M M E N A P O L I T A I N , En laquelle efl monflrê tordre &l'art de choyjir.dompter. piquer, dreßer & manier les chenaux, tant pour tufage de la guerre, qu'autre Àiiec les figuras de diuerfcs fortes de morsde bride. N'dgueres traduitte d'Italien en François 3 & nouueliement reuen': & augmentée > outre les preceden tes imprefy.ons. Pins lesremedcs tres-fmgulierspour les maladiesdes che-uaus^ actiouftez par le Sr.Fïancifco Lanfray, Efcir/er Italien. Par C I A V D e M i c h e l I n - primeur de lTnhietiité, M. u. X C i X. I A S L - r'i> -& 1*4* t * l
  3. 3. %
  4. 4. A H A V T E T P V I S S A N T S E I G N E V R , X v s t L o y s D e T o v r n o n , C o n t e d e Rofsillon,Gouuerncurdu haut &bas Viueroys,Senef- chal d'Auuergne^Capitaine de cinquante hommed'ar­ mesdes ordonnancesde faMajeité5&c. gné de mente-.que ie iefuis de deuoticn àl'hon­ neur de uofire fermce produiront quelques hlafme contre mon flence, pour le transformer en ingratitude : ^Maü ceux qui diront que njos biens faibîs m ofient la parole au lieu de me la donner, tantils niacca­ blent jugerontautant à la^vérité,qua mon aduantage. il efi urayque pour ne fire pat njeu défaillant de propos pour re- Jpondreaux benefices qui nenjom défaillentiamais jay don- rv.ofire uertu (qu'on peut plus admirer quecovnoifire ) ce qui _ m obligeentieremet a elle, le fçay bien qitencor queuos biens ne meportaffent à c efi hommage l'obligation qui fe doit a la ^valeur my porterait auec autant de deuoir,que de bonnes <•volonté.^Mais lajfemble tun à l'autre ence heu cy3pour les» *
  5. 5. le mondes. Jeneuom euffe rien peu donner dont le fubietl njom peut eflre plm agreable 3puis que njom en aue^texpe- riemcs. il efi ^urayque ce fie experience me pourrait nuirez^ fßßwyer worn eftestellementparfait, que''vom en fateves naifîreten- rowwg /e cr<y ^ w /? 60» f.xy7ßr/wf;zff %'<* afg eg, &<?%. /f ruow /f db«f ^wwr rg^ (y ment pour celle que lay de nauoir rien, qui nefoit -Vâflrc^. Wß/g dffWOW /g ZfjfmWf MMfMfffZdf# j V f f f f ^ ( 7 ^ fairetrès-humble ferwee, quenjos commandemens font les mouuemensde mon ame,&tobeyffance mon ame mefmz^j* JEtperfuadez,rvom außitte uomprïe, que mon intentionne fera i&mak autres,que d'engendrer une legion de uœux^ a/koM/gyTMfwr dr wr /f rffßgßf# afß ' .Fiß/?;'Cv frg;- C l a y d e M i c h e l » L E .
  6. 6. L E C V I R I E D E M . F E D R R I C G R I S O N G E N - II JL-B O M M £ NAPOLITAIN. L I V R E P R E M I E R . L n'y a en tout l'art militaire difcipline plus belle que celle qui enfeigne à dompter, pi-quer,& dreilèr les cheuaux: car elle n'eft feulement ornée debeaux 8c gracieux effeéts; aihsneceiïàire 8c de grand pris. Et d'autant plus difficile& digne delouange, qu'ileft be­ soin en icelië vferde temps, & mefure: 8cTvn 8c l'au­ tre diminuer 8caccroiftre auec vn vrayiugement& bondifcours: tel­ lement qu'encore le fens de l'ouye 8c de la veuc vousfera plus capa­ bles d'icelle, fi vous n'auez la pratique d'icelîereglée d'vnfubtil en- tendement.Paitantie nefay point de douteque quicâqae verra que i'aye voulu en efcriuant enf-igner ceit artde piquer& dreilèr cheuaux, il ne fe pourra tenir de condamner expreflement mon entreprife: i'eftimant vne peine perdue, comme Employée en rhofe , laquelle ,felon la cou- ftume vniuerfelle j il femblé qu'elle s'apprenne plusauecle trauaii du corps qu'auecques le difcours de parolles. Toutesfois cognoiffanc qif encore "de l'efprit, par ce qui fe oit & fe lit, peut naiitre la perfe­ ction de la choie, combien qu'elle ne fe puiilè voir: Se defireux du proufit public» i'ay trouué bon ,tout telqu'ileft le mettre en lumiere: me fouciant peu de plufieurs, lefquels necon/îderans àfauenture par le menu ce que i'en efery, chercheront curieufemçnt tous moyens de le mordre &'me reprendre: meconfiant außi qui] yaura grandnom­ bre de cheualiérs debon iugèment, qiii après l'auoir bien entendu , 8c mis en œuure parleur trauail: àla fin efclarciront auecquesI'efFedt, ce que i'ay auecques la plume traflé obfcurement fur le papier, defquels i'efpere, ainsfuis certain qu'il naiftra de rares effects , & que deiceux bien aiiem&nt Ce t irera vn frméè merueilleux. Si a-il efté vn temps qu'en vne ville du Royaume deNaples nomméeSybares, non les hom­ mes feulement, mais encores les cheuaux apprenoient à balier au ion de îaconiemufe.Ce nefera donequespasgrande merueille ft ores leche- ual animal tant docile8c amy de l'homme femonftrera parcy après par le moyen de ces miens enfeignemens, vaillant, adroit, & obeiifim.Par- tantles lifans fouuent fansdetraction, & auecques fincerité telle com­ me ie les ay eferits, corrigeant les fautes fi vous y en trotuiez, aduifez
  7. 7. z L'ECVIRÏE DE d'auancer le don, lequel en ceftaage par le moyen dettes labeurs vous eft courtoifèment prefenté non tant de moy» que dela puiiïanœ ôc li­ berale main de Dieu. Et s'il vous femble qu'en mes phrafes ôc manié­ rés de parler, ien'aye efté fidiligent &c exquis qu'il appartiendroit.Pen- fez que i'ay prinsde plus près garde à bien faire au'à bien dire: à finque chacun qui les lira apprenne plus à dreflèr& piquer cheuaux quapar» 1er: & ne fe plaifant à la le&ure il nes'arrefte pas à icelle, ains comme chaffé de fa rudefîe,incontinét il recoure aufruit&àl'vtilitéde l'œuure. Or qui vous pourroit iamais dire à plein les louanges Ôc la grand vertu du cheual ?,Qui eft celuy qui ne le recognoift Roy des animaux , ains vne roche inexpugnable, ôc tresfidele compagnon des rois ? Atten­ du mefmement que Bucephal accouftrê de fes narnois royaux ne le vou­ lutiamais laifTer cheuaucher par autre que par fon Alexandre: 6c bleffé à la prife de Thebes ne voulut iamais fouffrir qu'Alexandre demon- taft de luy pour monter defurs vn autre. Semblablement lecheual de Çaefàr ne voulut iamais porter autre que Caefar:8c en filant les hiftoi- res vous trouuerez infiniz a&es genereux ôc geft es glorieux de beau­ coup d'autres cheuaux pour raifon defquels en leur vie ils ont eftechers tenuz Se careffez, Ôc accouftrez de draps precieux: ôc depuis leur mort honorés par pompes fùnebres > br aues fepulchres , hautes pyrami­ des, Ôcpar vetspleins de leurs louanges. Apres que Bucephal fat mort Alexandre feit baftir vne ville,la où ;1fut enterré, laquelleen memoi­ re de luy ilappella Bucephalie. Legrand poete en (un Eneide voulut come pourvue excellence furnommer leRoyPicus dopteur de cheuaux: comme aufli feit il en diuers autres lieux le grand Meflape fils de Ne­ ptune: lequel Neptune dieu de la mer, ce dient les fables, engendra auecques Medufe le cheualaillé nommé Pegafe, lequel volant iufques au ciel fut conuerty en vn Aftre. Aafïi figurent les fables que Bellero- phon fils du Roy Glauque monté deflus ce cheual combatit ôc v ain­ quit la monftmeufe Chymere, pour-ce quil fut inuenteur & le premier an monde qui entreprint de monter deflus les cheuaux. Combien que iei fo*» depuis luy les Peletroniens Lapythes trouuerent (iFrent>& i 6trz)]les s rons, mors tours: ôc que finalement furent les Thefîaliens les__pre­ miers qui menerent les cheuaux à la guerre. Ce qu ils firent a la vé­ rité d vn iugement non moins profitable que diuin. Car il ne fe peut dire qu'il y eut iamais ny abondance de viures, ny fefte accomplie,ne braue ieu, ny bataille grande où les cheuaux n'ayent efté,ne degré3eftat, qualité ne profeffion humaine, foit de religion, de lettres, ou d armes » où ils n'ayent toujours efté , & ne foyent perpétuellement necefîai- res. Aulfi eft la valeurdu cheual par deflus tout autre valeur & puiffan- ce >& ç a vn fiqne par deflus tout autre figne d'honneur merueilleux certainement , ôc lut toute aune chofe admirable : pour-ce que
  8. 8. FED. G K Ï È Ô K LIVRE ï. 5 lés nebîes,& grands Seigneurs» ains les petits compagnons >ôc (Impies foldats fe font parles forces,& d exteritez des cheuaux,hauts, grands, braues,&illuftres.Qui nedira que tout Prince fe tient par raifon glo­ rieux d'eftre appelle Cheualier ?ôc t outesfoisil prend ce nom de cefl animal vrayement Royaî.Des vertus,& louanges duquel quand ie vou­ draisie ne pourrais aflèx fufHfamment parler : car aure/pedt de fon. excellence,la langue ne pourroit fuffire àen parlerfelon fa valeur. Par- qiioy contraint de men taire, ie laiflèray prelentçment à vous en faire plus îongdifcours. lediray donc premièrement que la qualité du cheual dependde« autres elemens ,& fe conforme plus auec celuy duquel plus il participe. S'iltientde la terre plusque des autres il fera melâcoIic,terrein, pefant» & de peu de cœur,8c eft couftuaaierement de poil moreau, ou de cou­ leur de Cerf, ou(ammelato) pommelé,ou de poilde fburis, ou de telles autres couleurs meflées. Si plus de l'eau,il fera phlegmatique, tardif, ôc mohôc leplus fouuent il eft blanc- Si plus deFair, ilfera fanguin,gail­ lard,prompt,6c temperé en les mouuemens: Ôcà couftume d'eftre Bay. S'il tient plus du fèu,il fera colere,leger,ardant, ôcfauteur, ôc n'auient guiere qu'il foit fort nerueu,&eft communement( Sauro)roux alezan* refembiant àla flamme3ou pluftoft à charbon ardent : mais quand auec làdeuè proportion il fera participant de tous les elemens enfèmble, alors ilfera parfait. Or entre tous les poils, leBay chaftain, le ( liarde rotato)gtis roue,que vulgairement on appelle{liardo pcwtato)gds pom­ melé,le (S Âge nato fopra negro )rouan (ca.mz.-zj,dï mora ) nommé tefte de more,5c encore(Sauro metalim roux metallin,lequel en lague Efpa- gnole s'appelle (alaz.an toflado)ûtZ2.iobfcur,fbnt les plus attrempez, & les plus eftimez: defaidt ils font de plus robufte, & de plus gentille zùa af* nature. Apres etix font plus à prifer ceuxqui de plus près leur reflem- pelle t'na blent : entre lefquels font leBay doré ou rouge en couleur, comme ro- Usn le(^e le, QU véritablement obfcur,qui ne fbitpas de ces Zains qui ont le tour ^ _ des yeux ,1e muffle, ôcles flancs lauez.Lc( Sauro)roux ou alezan à guife gnsne de charbon ardent,ôc non deflamme : Leblanc moucheté de noir: Lemarquet (liardo argento ) grisargenté qui à lesextremitez noires, c*eftà fçauoir "e tauth les pointes desoreilles, les crins, la queuëJes iambes , ôcles bras, ôc fi depuis les crins iufques à la queue il aura laraye noire, encore vaudra-il gii0 COif^ mieux.Le gris qui va tirant furle (pœrdiglio) pardii toutesfois qui n'ayt leur de pas lesextremitez noires : mais qui ayt les ïambes , 8cles bras vergez ou Z™cen- rayez, Et deuez noter que cfe tous les rmuuais poilsceux qui auront les 6 extremitez. noires feront les meilleurs. Encore ne vous faut il pas ce- /<er 1er qu'aucune forte de poil bien qu'il foit excellent ,ou Bay, ou {liardo) Br.tst *««, gris ne peut eftre du tout parfiiofcs'il n'a quelque figue de aduftion par ^ei ** les parties baîles qui aumoins foyent noires-comme ie vous ay dit a 2.
  9. 9. 4' . I/ECVIRIE DE guieres , parlant du poil argenté3Sc du poilgris« Combien que de tou­ tes fortes il fetrouue de bien bons cheuaux, neantmoms fen parle fe­ lon1 experience qui sapprend ordinairement 5 ôc généralement deleuF nature &complexion* . E t vous declaireque le Bay chaftain eft coieric fanguin : 5c d'autanê plus coiericqu'il eil plus fouge en couleur de ( Sauro ) alezan enguifp de fêtl, Ôclion de rôfe: pource qu'alorsil feroit plus fanguin: âufîi tant plus ilä dg Hoir, taritplus tient il del'adulte fî le poil eft comme tout noir, & il a feulement les flans rouges,il ferâcoleiricaduftt comme s'il a les flans tous noirs, on l'appelle moreau lequel eft le plus fouiient melancolic de fa nature. Et à ce. melancolic, pource qu'il eft froid, ôc iec,beaucoup degens dient qu'il aduient peu d'eftretempere, phlegme, commeil eft befoing au coiericfanguin, &plus encor au coieric aduft: lequel pour luy adoucir cefte gloirefuperbe, qui luy procédé de cha­ leur excefîiue3doit auoir du poilblanc en certains lieux: non que par la qualité d icexix la forceou dextérité luy augmente ; mais à fin que par la bénignité , Sedouceur du phlegme demonftré par lé poil blanc, fê tempere en luycelle malignité qui luy procédé de la fechereiïè ou de 1 exceffiue chaleur defa nature, Se complexion.Et pource que les che­ naux quiont par trop,de poil blanc, naturellement font foibles com­ me font lesAuberes>& autres leursfetnblables marquez de blanc, ace- fie tache ^caiife volts vueiWé âdueitii'qU6 la mafqtie ou balzane plus eft pe­ ct/mar- .^ce > doutant plusefè-elle à prifer: pource que le moindre feing fuffit à que b lctn-faire cognoiftre la complexion du cheual de quelque forte qu'il puiiiè che des eftte. d'T'fied- ^als ^ ne VLieil-ie pa s que vouspendez que k [• iardo pômato) grîfori e' ''pommelé, ou.le blanc moucheté s ôc argenté,ayant lesextremitez noi­ res: ôcencores le gris méfiéde bland, île foyent cheuaux de grande va­ leur, comme ie vousay diet n'aguieres. Car combien qu'ils ayen-t du phlegme(huineur mol >Se corruptible, ) neantmoins parce qu'ils mon­ trent ces rouelles:miroirs,ou taches, Se autres parties noires chacun . d'eux iera.phlegmatic da phlegme fallé( humeur aigre >ôc inco rrupti­ ble) qui naift decholere adufte,ôc de phlegme:tellement que pour cefte 0 occafion ievous d.y qu e lescheuaux ayans cefte meilange de poil, ont adeouftumé d'eftre de grand courage5hardis,&:,vaillans: Seencores de cefte mefmecomplexiô fera lecheuai(Sagenato fopra negro)zoummais « il tient plusdu.fuperbe, pource qu'il n'a pas tant d'humidité :comme aufïi1t(Sauro ^i?^//»ö)roux.metalin,öü alezan obfcur , pour-ce qu'il à plus del'aduft, fera pareillement plusfupêrbe que leÊay chaftain. Èt fautfçauoii' que quand le poil noir s'engendre de colere adufte, le cheual detel pelagefera furieux,courageux, Se de grandfens: ôcbien fouiient on le void eftre cauteleux, Se trompeur, ôc s'appelle vulgaire­ ment^
  10. 10. FED. G&iSON LIVRÉ L ^ fnentjZain.Mais quaiid il vientdliüitieür melancholic naturel, le che­ ualfera alorscraintif,dm',&:pâi'ëffetix; 8cs'il tient de l'vriou de Vau ti'ej il pè fepetit pài toiifioiirs togtiôiftrë âii tntifH e> Se au. flafts rouges ou noirs, & fe difeerner Certainement: exceptéque par cès meurs ,& ma­ niérés défaire 3 & par la Vaillance defes faicts: parce.qu'ilauient aücu- rïefois combien que le cheual aye le poil noir deflfuS Iqs flans comme partout le reftëde foil corps > neantmoitis poutroit bien éftre fa com­ plexion de coieric àduft,&; non de melancolic naturel: ceftuy lafera le moreau paifaidfc, aiiqdeleft fort bien leant quelque ligne blanc, pour- lieu qu'il foit esparties éonuenablës:cottWë aiiflieft-il au moreau mai teint,qinm appelle Andrin : tellement que tour ainil que la vertu du poil eft plus g rande, d'autant que les marques en font plus pàrfaicèes; aufîi quand le chétialeft mal marqué,il éft Moinsà eftimet. Partant il mefemble qu il ëfcheticy bietià propos de vous dire que le cheual doit aiiöir les balzanes , c'eft à direle? marques blanches des pieds qui rieluy foyent pas trop chatiflees, pour la rai(on que ie vous ay n'a-guierës ditte. Et encores fuyuant l'experierice qu'on en void tous les iours,plus foiitelles àprifer, moins elles montent furles ioin- fces des paturons.,Et bien que fouûëntësfcis il y ait faute en ces lignes, & s'en voyent des effeéts contraires, fi né luis ie point d'aduis de les taire« Pourtantie vous vois declarer quels font les me illeurs, 3c quels les pires. Le Balzan dela main dela lance, feradextre ,8c bien maniant mais i• êft couftumierement allez malheureux. Le balzan de lamairi dela bride,n'eft guieres à eftimer. Le Balzan dû pieddroit s'appelle Arzel: 8ccombien qu'en fes façons it appâroifïè allezexcellent,fe garde bien néântmoins le Cheualier de le chèiiâticheren iournée ou bataille:car ilferacheualfuperbei vicieux & infortuné, - Le Balzan du pic de l'eftriereft bien àprifer,6c a toukours apparence d'eftre de boiicœur,& bon coureur. Le Balzaii desdeux mains,fera defaftrê,& mal fortuné, encore qu'il ^ ait i'vn ou l'autre piéblanc:car pour cela11e luy eft pas du tout oftée ^ ma!n, ^ mauuaife qualitê-.pource que la raifonveut que lé cheual aie toùùours des deux plus de blancderrieré quedeuatit. . t;edi Le Balzan (èulemeiit des deux piez ,eft bien marqué.Et £aueccela d£ il auoit l'eftoilîë aufront,lors il enfaüdroit faire grand compte.Et quad fans I'eftoille Cë'Bàlzart des deuxpîe2 âiitoit l'vne ou l'autre main blan­ che (8c tant plus fis'ëftoit ladröitte ) combien que ce fut ligne de pris fi ne feroit ilde fi grande valeur. Le Balzan de quatre des deux mains, 8c des deux piez, fera cheual 'ôyaLôcept*er,8r de bonne phantaiîe, mais iln'adulent guiere quilloît à j
  11. 11. f L'ECVÏRIE DE fort. Le Balzan deJa main de la lance,8c du pied droit,s'appelle Tra- ué,8c eft dangereux,&donc onne doit faire grand compte. Le Balzan de la main dela bride, &du pié de l'eftriereft fembîable- mentTraué:& combien qu'il foit de mauuaife marque, fi neftil pas fi mefchant que l'autre. Le Balzan de la main dela bride,&du pié droit s'appeîlefTraßduat) entretraué: ileft fèmblabîe de nature à i*Arzel, & encore pire: car il tombera aiféement,8cfera dangereux,& mortel. Le Balzan de la main de la lance ,Ôc du pié du montoir,pareillement s'appelle (Traflrauat ) entrçtraué *ôc eft de la aatyre de l'autre: mais il n'eft pas tant roauuais, Ôc da ngereux: neantmoms ne deuez-vous ad' hereL'à l'opinion de ceuxqui le tiennent de grand valeur. Mais notez que tant le traué commef entretraué s'engendreau ventre de fa mere auecques lesdeux balzanes fetrées,8c ioinéfces enfembie: de forte que quand ileft né,8c qu'on le cheuauche naturellement quand il vient.à lemanier ou courir,il raflèm'bielès piez enfèmbie:ôc alors atout heurt l'vn piédefordonne l'autre ,ôc Ie fait broncher,ôc choir:8c font à cefte occafïon ces cheuaux fnauuais,ôc maiheureux:mais Ventretrauê fe- aux autres figues blancs,dou femblent procéder les bons ou mauuais ef­ fectsdes cheuauxmiais pource qu'ilma fèmblé n'y auoir ny leur ny vray fondement,en telles chofes occultes par nature,ie n en ay point voulu parler,m'aiïèurant feulement ce quieft der par î'experience.De fai6fc par "l'experiertce,ôc par leseffèdtz apparens,les Romains cogneurent le mal­ heur,ôc la mauuaife fortune du cheualSeian»combiéqu il fuftbeau par excellence. Ne marreftantdoneqoes àîa diuerfîtedes opinions,.ieiuge feulement par la longue experience,laquelle fans doute vousfera co- gnoiftre vray tout ce queie vous ay dit,ôc par ces-figncs, 8c pas autres, que te vous diray cy après,lecheual le plus fouuent vous à enteigne, 6c enfeignerala qualités la bone,& la mauuaife fortune à laquelle ddoit eftre fubieâ:. .. - „ ftoille au front^u s'il ala Ufteou raye blanche,qui luydeicenae au long du chanÈain fansiuy toucher les-fourcils,ôcqui ne luy touche pas ml- ques fur le muEe/emblablementsil à l'vne,ôcl'autre enfembie,il fera parfait,Se d'infigne honté.Etencores fi le cheualnfeftoitBalzan, 8c ila- tioit feulementces fîgnes,fi fèroit-tildei>on cœur,8c getiereux.^ Le Balzan des parties d'embas qui porteiiMnaunais fieneiS-iial eitoil- ieoalaTayebknchee%lafaceoulWe,8cl'aiit^mbien_queresdeui ^u^artie-donnentquelqüe-faaeur atrpoil^eMiîienanalaife que par e - «festa maiitiaiftié-foit.corrige:. T ,
  12. 12. FED. GRISON. LIVRE L 7 te cheual qûi aura I'eftoile blanche au front,qui nelay fera lifte ou jraye & en aura vn autre furle muffle,fera malheureux & de mauuaife bouche:maiss'il auoit outre cela Balzane au pie du montoir pource que ceiluyeft vn %ne de grande vertu cefte faute en ferait amendée, £t fi chacune de ces Balzanes, portans ou bons ou mauuaisfïgnc cftoyent mouchetées de quelques taches noires: ainfi comme ce figne au mal porterait apparence de plus grand vice, aufli au biencroiftre en -fus grande bonté ,tellement que tel ligne augmente ou la bontéou la mauuaiftié du cheual felon 1eftat auquel il fe trouue: combien que beaucoup de gens tiennent que la balzannefanstache noireeft toufiours meilleure. Le cheual Rapicam quia du poil blanc depuis la main en arriéré,por- Raptcam te apparence de valeur: ôcs'il eft feméde poil blancde la mainen auant, cheual J e p l u s ï b u u e n t a u r a p e u d e f o r c e » q d e s Le cheual moucheté de blafic par tout le corps, pour le pluseft de eßa"les. bonne qualité, & fouuent bien fort excellent, ÔC plusou moinsfelon la l"ilfouës nature dupelage fur lequel ferala moucheture. * u'croup Ce que vous pourrez aifèment cognoiftrë, parce que ie vous ay par fe temt de cy deuant dit du bon Ôc du mauuais poil fans ce qu'il mefoie befoin de î>Titsp°lk vous en faire autre plus long Ai fcours. Mais s'ileftoitfeulement mou- la0fs cheté par les flans, vers la crouppe ou au col versles efpauies, ce ferait vn mauuais fîgne, & s'appellerait alors le cheual tel (Atauanato) taue- quojileß. lé ou freflonné , pource que tels cheuaux naiflèntdepuis lamy lui« iuf­ ques à la my Aouft:& pource qu'ils font encore ieunes, ils ne fe peuuent auec lemuffleöfter les fireflons ( que les EfpaignolsappellentTtuanos ) des flans : encore ne peuuent ils atteindre de la queue pour chaflèr ceux qu'ils ont deflus lesefpaules dont ilsont, non de nature, maisà l'occa­ fïon de ces morfures de frétions, les taches de poil blanc. Et pour ce que leur naiflànce eft tardiue, encore font-ils moins forts au trauail,tant par ce qu'au grand befoing l'herbe leur défaut, & leurs meres ne peuuent a- uoir abondance de laidt,qu'aufli parce que I'hyuer arriuant n'ont pas aa- ge fufiifant pour fouffrir ces inçommoditez, ôcà ce moyen leur dimi­ nuent lesforces, ôcne font fi gaillards comme les autres. Le cheual blanc moucheté de noir, fera fortleger, ôc aflèz adroiâôc de bon fens: femblablement quand il fera moucheté de rouge: tou­ tefois le moucheté de noir eft couftumierement plus fort ôcplus cou­ rageux. Le cheual de poil (Liardo) gris qui a feulement quelques mouchetu­ res rougesou tannées aux mâchoires, ôcau mufflefera fuperbe: ôcquel- quesfois fe defpite ôc s'efgare de bouche. Le cheual ( (jaz.w) Pie, le plus fouuent fera trompeur ôcne fera de ftanc vouloir. le
  13. 13. S ' r L'ECVIKIE DE ' Le cheual c(iu a le noir des yeux blanc, quand ilchemine parla neige ôc par lefroid, ne voitCi bien comme par lesautres lieux. Ramings £e cheual qui ria ne marque blanche ne balzane aucune, ie monftre rno™?^ ^ouuent {Ttsjmingo) rebours ôcfera gay ÔC maniable:cela, aduient'à che1- rcmk. ^ uai de tout poil, maisplus au moreau, & à toute fortede pôilbay, ptip- O^eftar cipaiement aubay brun.('%gtningô) rebours eft appelle lecheual quinè mwp. va point de train certkin ôcqui lia point l'efprit repofé : SeFvn eft plus malin que l'autre: car tel fe trouuera, que plusvous le voudrez forcer, moins prendra ille train vny,mais iracomme s'ilauoit deux cœurs,l'vn le pouilant l'autreTarreftant, ôcfera tout fon mouuement de l'efehine. Si le cheual aPefpy feul ou accompagné auec(Sj)ada'1{omana)YeÇpée i Rofnaînd fur le colauprès descrins, ilfera heureux:ôc plus encore d'au­ tant qu'il parferaplus également d'vn coftéà I'autre.Etfera encore meil­ leur quand ill'aura deflusle front:D'auantage ferace ligne bon ôcnota­ ble,le faifant apparoir de courage franc ôcpur & qu'il fera très heureux , en guerre, quand il faura fus les deux hanches de derriere àl'endroitdu tronc de la queue, là ou ilne fe peat regarder. Et combien qu'il eut a- uec ce fîgne quelque Balzane mauuaife, neantmoins ayant celigne, il fera non feulement en partie, mais du tout retiré & preferué decefte mauuaife influ'énce.Toutesfois quand il al'c fpy ou remolin fur I'efpau- îe $ou delïusie cœur , ou en autrelieu des tians, ou rile peut choifïr de l'œil, c'eft vn mauuais ôc malheureux ligne,& contraire àceluy que i'ay did:& fera pired'autant qu'il fetrouuera plusprès du cœur,foit versla. partie de deuant ou celledè derriere. Mais aduifez-vous que ie neparle pas desefpis ou remolins qui font naturels, lefquels tout cheual a auxlieux ordonnez par la natuie, fça- , uoir eft, au milieu du front, au gofier,en l'eftomac >au nombril, & au , v flans : ma'ii dés autres qui d'abondant ôccomme par accident fontpro- •, „ duis ou en icellesou en autres parties du corps du cheual. remotin Le ^molm ou efpy eftoit appelle desanciens, petit cercle: pource lTey. que cefont certains poils retors,quifont ordinairement en forme ronde comme vn petit cercle peu plus ou moins grand qu vndemy douzain Qu^efl de noftre monnoye,ôc quelques fois ces poils font longs plus ou moins eßrfe ro- en fiçon de plume : laquelle longueur auiourd'huy s'appelle, efpée maine. Romaine. Et combien que le cheual foit de bon poil Ôc bien marqué, ôc que par là il demonftre gaillarde complexion, & non feulement bonne vo­ lonté , mais auiïi heureufe conftellation : neantmoins ileft néceifaire que fes membres foiert bien adiuftez,5c formez auec deiieproportion, autrement la vertu du cheualne feroit deiiement accomplie. Tellement que pour fatisfaire à voftre deiîr, ie vois braUement vous dire quels ils doiuent eftre, ôc comm enceray aux parties baffes efquelles le che- ualier
  14. 14. FED. GRISON. LI VRE L & B&iiet voulant regarder ôc vifiterle chenal, doit:premièrement arrefter fk veue ôcfon di(cours. Ledheua1 doit auoir lacorne del'ongle, iifTee & polie, noire, large3 fonde, feche, ôc crêufe. Et encore quellefut tendre oumolle pourueu; qu'elle ait le -talon, large , ce ne fera que plus grand ligne de legereté.. la raifon eft , pource que lecheualà caufe de la tendreté & foiblefïe de fon ongle duiour qu'il eft né commence acheminer par la campagne legerement ne s'ofmt appuyer fermement fur longle : mais s'aydant principalement des bras ôc du mouuementde l'efchine. Les couronnes LescanS deliées ôc pein es, fes. paturons cours, non trop couchez , ne troprele-/0"*'"' nez: A ce moyen ilfera plus fort par bas. ôcne bronchera fi toft en liant. Les iointes großes, ôc fi derriere elles il a vn toupet de poil, ce te-fendent ra vn figne de force. Les iambes droittes Ôc larges. Les bras nerueus, a- depuis (e s eéeques les canons cours, égaux Ôc iuf tes ôc aufurplus bien faits: pa-j','"r urcns reillement les genoux gros delcharnez &'vnis. Les hauts des bras, ou mufetes q ui s'eftendent depuis le genou il iulqu'à l'efpaule, quand lcn0uits„ cheual fe tient droit fur fes piedz , doment eftreplus élargis& diftans 1 vnde l'autre, par hault que par bas. Les efpaules longues , larges, ôc charnues..La poi&rine ou eftomach large ôc ron d. Le col, quine foit point tropcourt, mais qui tient plus du long que ducourt, gros vers îa poi&rine.{inarcato ) voûté par lemilieu,& grefleauprès dela tefît.Les oreilles petitesou plu fi oft aiguës Ôc droittes, debonne longueur, & Far­ ges plus ou moinsfelon la tailledu chenal. Le fiont décharné & large. Les yeux noirs ôc gros. Les falieres defius les fourcils pleines, Ôc emi­ nentes dehors: Les mâchoires.deliées ôc maigres: Les nareauxouirers & enflez, de forte que 3e vermeil de dedans fepuiiîè voir, à finque la refpiration luy foit plusaifée , ôcqu'il ait plus d'haleine : La bouche- grande. Et finalement toute la tefte prinfe enfembie doiteftre des deux coftez dela face, ôcde rencontre longue, feche Se femblable à celle d vn Mouton 3 monftrant les veines par tout. Mais le Genet ou cheualleger doit auoir latefte petite, auecques- lesmeimes parties que i'ay dûtes : toutesfois ne la doit tant auoir semblable à celledu Mouton. Lescrins clers femez ôc longs.. Et ne fuis point du tout contraire àl'opinion de ceux qui les veulent efpais: car pourueu qu'ils ne lefoientpointexceffi- uement Seen trop grande quantité,ils nefont pas pourtant àmefprifer: ôc s'ils font creppes on bien clairs-&: déliés, ilsiîgniffentencore plus; grande g-aillardife s'ileftoientgros, ils demonftreroient quele che­ ual feroit plus- de. robufte nature : comme auiïi s'ilsfont deliez, mon- ftrent plus-grand figne de bon fens, toutesfois legereté ôc delicateilè. k Vœuuve , Ôc peu de force a porter peine. Le garrot non feulement S" aigu, mais quafi eftendu ôcdroit : &qii:là fe voyele départementdes. qui efi/«r épaules: Le; des..court ôcqûine foit courbé ne vouté.ne auffi creux ny ia f'n ^
  15. 15. W V E C Vï R I E D E en^>nc^ fi lowbi) Les reins ronds, &mieux valent, plus ils font plains& cimmen- vn's vcrs Alpine du milieu : laquelle efpine du dosle cheualdoit auoir g,ment de double ôc vuidée en canal. Les codes larges, &longues auec vn petit T*fchine interualle entre la cofte de derriere ôc leneud de la hanche:Le ventre testant ieJong ÔC grand, neantmoins proportionéement caché defloubs les co- f rentier ßes. jes flancs pleins: &l'efpy ou remolin naturel qui fe trouue ordi- ' nairement en tous cheuaux près de chacun flanc jslus il monte en haut vers le neud de la hanche, ôc plus l'vn regardelautre pluseft grande l'apparence que le cheual foit leger : lacrouppe ronde&vnie,ôc vn peu rauaJée vers le canal qu'elle doit auoir au milieu: auecques aftèz grande diftance de l'vn des os ouneuds de la hanche, iufques à f autre: Les cuiffes longues Ôc larg es > auecques les os bien formez > ôc fo it charnus dedans ôc de hors. Et fi Je cheual a )es larrez amples, fees, Ôc bien eftenduz, öclesfaulx» ou vuiduresdesgreues, quel Italien ap- Falci te Pe^e ( ) courbez ôc large s , comme lesa ie Cerf, il fera ville ÔC fie cour adroit : mais s'il a les hanches ôc les iarrrez courbez, & les faulxeften- ètire du dues: il fera naturellement bon chemineur. La queue toufRie ôc bien derriere fournie de poil, ôc longue iufques àterre, auec le tronc gros de bonne ta l°^des me^urc , ôc bien affis entre les cuifïès, combien que aucuns veulent la ßueue rare ôc cler femée de poil, file poil eftoit vndé ôc c refpe, il eri quesaux feroit plusà prifer. Les couilions auec le membre, petits combien qu'il paturons y ayt beaucoup de bons cheuaux qui lesont grans Ôc gros: mais ie parle en dehors fe|Dn la vraye raifon de phyfionomi1:, fuiuant ce que le plus fouuent les g, eues. J'eXperjence demonftre. Et faut noter que tous les membres du cheual doiuent eftre correfpondans ôc proportionnez à la grandeur de fon corps qui fera comme celny du Cerf-plus haut derriere que deuant î toutesfois s'il eftoit outre mefure plus bas par deuant, il feroit dange­ reux à la courfe Et eft le cheual grandement àeftimerquand il a bon cœur , ôc ileft leger, cequi luy va«t mieux que laforce, car s'ileft fort, êc n'a point de cceur ne de legereté, il ne pourra auoir la vertu ôcdex­ térité propre pour fe bien manier: mais quand il fera leger ôccoura­ geux au trauail, encore qu'il ne foit pas tant fort, (îdurera-il plus qu'vn plus robufte > ôc en tout ce qu'il fera il fera iugé plus gentil ôcgaillard. Neantmoins celuy qui aura toutes ces vertus enfembie , fera iîngu- lier, ôc digne qu'on face grand compte de luy. Encore mefembie-il bon de vous aduertir qu'en l'efchine du cheual font requifes quatre qualitez fort reçommandables.La premiere eft,quand elleeft foupie,de forte que le cheual cheminant l'abandonne toute, ôcbrande fore quand il va, ôc fait le trot à deux fois 8c femble nager des reins, que l'Italien appelle(%t?%;^dr; lombi.)La feconde.quand le cheual aucommencement qu'on le cheuauche , s'amaße ôc amoncelle tout, courbant l'efchine, f q-ae l'Italien dift ( ajrt*ppar&farfchettadagfttny$3tcioncder &faire l'efchine
  16. 16. FED. GRISON. LfrVRE ï. m fcfchine iechat)& fâitdemefmeqaand il galoppe ouquand il fe veut manier a(rep«lens }paflàdes,& ne s'eipargne en rien à faire tout ce qoi 'i Knifeu peut afîèmblant, Ôc emploianttoute fapuifïànce. Et après qu'il a che- miné vnefpa.ce de cefte Cotte, ne pouuant pîus rèrenir fes membres, il s'abandonne^ fe laiftè aller mefmement s'il chemine loing.En quoy em' apparoift la foibîeflèimais ce défaut eft moindre que l'autre. La troifiefme, quand ileft dur ferme, ôcaflèuréde l'efchine »fanslà haußer ne baifTer3 de forte qu'il femble vn cheual de fer,ôc alorseft fort à e(limer. La quatriefme,quand il n'eft pas feulement dur, ferme, ôcaflèuré de l'efchine mais ioufiouis(fiiggruppa)s'aftembleySc amoncelée au com- U mencement, ô^à lafïn,ôc toutesles fois qu'il en eft befbing,& encores qu'il ne fefagrùpparfî) amafïè ou amoncelle »fi ne laifle il pourtantà v- " ' nir,ôc a(femb1er toute fa forcent pouuez dire qu'vn tel cheual ferat fort tient torn êc puifïant fur tous autres. *»>» ma. Mais nepenfez pas que pourtant que fecheual bien qu'il föit pro-ceai** & portionnê, &organize de nature puiiïe de foy- mefmes bien faire, ôcCe manier,fans le fecours humain, & la vraye doétrine : partant luy faut-ilentre Us auecques l'art reueilier les membres, & lesvertus occultesquifont entambet, luy, &felon le vray ordre,& la bonne difeipline, la vertufera plusou moins efeiaircie:Ains au conti-aîre l'art quand il eft mauuais, &faux, ruine, ôcanéantit lecheual.& luy couure,ôcafloppic route h venu,co­ me auill filant bon j& vray ilfuppîita beaucoup de parties où nature înyàdefailîy & vrayement à mfte caufè les Latins ont appellele che-^ naI,Equus,qui nefîgnifie autre choie que lufte, pourcc qu'outre les au­ tres raifons que les anciens en ont données, ilfiut que1echeual foie en tout, 8c par toutiufte par mefure,iufte aupas, iufte au trot, iuftean galop,iufte a lacarriere,iufte au parer,iufte aumanier, iufteau fault, Ôc finalement iuftede tefte,ôc iufte quand ileft fur fespieds arrefté,ôc en­ core iufte,ôcvniement mefuré felon la volonté de celuyqui lecheuau^ che.Et outre cela il luy faut,le pas efîeué,!e trot libre,& dehé, Ze galop vigoureux,& gaillard,la carriere viftejes fauts( agruppatt)iu{k.es am af- fèz,ôc amoncelez le parerleger,le maniement feur, ôcprompt. Et pour- ce que lecheual naturellement duiout qu'il fartdu ventre de la mere* va ie pas, legalop, ôccourt, Sene fait rien moins -ôc auec plus grande difficulté que le trot,à cefte caufe quand vous ferez defîùs, prenez toufiours garde à l'y aduire,& rendreleger: car par ce moyen il deuiea- dra plusiufte, &C plus aifez à conduire à la peefe<5hon de toutes lesau­ tres vertus , lesquelles particulièrement'puis après vous cognoiftrez euidemment: car dece trot iecheual vientà prendre au pas agilité: at$ galop, piiiardife : à la carriere viftelfe: au faut,reins ôc force, as parer tegerete : au maniement â feureté, & grande dextérité: à la tefte, Se a» f* £
  17. 17. 32 Le ECVIRIE DE eol#5c àla voûte du col, fermeté incroyable^ à la bouche,doux>& bon appuy,qm eft lefondement detoute la doctrine. Partät dorigues^ßvous voulez que le cheual paruienne à fesperfedios ewex.* lors qu'il commencera à cheminer feur,& feul auecquesle(caHe%z.<w)li- k.4tt<t il- col finsqu'autre letire,premièrement quand vous voudrez môcer def- cni , che. fasluy, fera befoing leconduire en!eflatantsx3e careffant,& quelquefois ^SUem ^ ^re meiialfcr par qu'elqu vn qui fera près de luy, Sele frapper des x?t em' mains du collé droit pour le faire acofter d'vn montoir ou vous fe­ rez ce qu'il faudra faire auecques grand foin,& diligence:& puisquand il fera près de vous aulong du montoirj'aifeurer doucement luypafïànt v la main furie coL& furla crouppe:& ainfî monté de(fus, lecheuauc-he- ' ' rezplaiûmmint,toujours lenrgnardant, non feulement iufques a ce que vous ayez accouftré voftreh ibillemét:mais encore quelque efpace, puis après vousdemourerez arrefté tans luy laifîer f tire aucun mouue- ment,le carelîant fouuent.en luy paflant lors la main pardelfus le col,6c puis après vous leferez cheminer en auant deux ou trois petis pas tout doucement,puis vous arrefterez encore vne autre fois, & tantoft après fuiurez voitre chemin pour le mettre en befongne dela manière que ie vous declarer îy tantofhmais quand il portera la bride,&au'il fera ia in- ftruità- l'œuure, fi vous le voulez bien entretenir à faire dextrementla volte redoublée,toutes les fois que vous le cheuaucherez, Seferez deA fus luy ; aprèsque vous l'aurez faitcheminer ces deux petis pas de ia for­ me que ie vous aydit , vous luy ferez f.iire tout doucement fix voltes: deux voltes à main droitte,deux a main gauche, Se au dernier deux au­ tres voltes à m iin droite,ou bien vous luy ferezfaire feulemét troisvol­ tes a main Jroitt-ou bien vous luy ferez faire Lulemét trois voltes com­ paru esvne pour main,de forte que la premiere , Sela deiniere ie facent à droitte,Se puis vous arrefterez vn peu, Se puis après pourrez à voftre plaiùr le faire cheminer, ck pourfuiu re voftre voyage, toutes-fois vous veux ie bien auertir que le chenal àchacune volte doit toujours enche- ualler le piécontraire deflus l'autre ce que ie vous declareray plusam­ plement quand ieparleray cy après des voltes redoublées. Et Ci Je cheual, ou par crainte du trauail, ou parobflination de cou­ rage , ou par trop grande iuperbie naturelle ne veut approcher du mpntoir pour fe lai(1er cheuauch er,aIois vous luy donnerez d'vn ba- fton entre les oreilles, Se furlatefte(mais gardez les yeux )' Se fur tous les e ndroits de fon corps ou il vous viendra mieuxà propos:& par ce moyen.,.tant foit-il malingou incorrigible, rudement,& fa-ns lefpar^ gner, le vous faudra-il chaftier : Se encore le menaçant auec voix ru- de5& terrible, deforte que vous voyant obftiné contre luy ildeuiendra doux au rnontoir comme vn aigneau,& fins plus faire aucune refftan- - c€js''enappr-peheraimaisaufii.vousfaut-il prendre garde de le mignar-
  18. 18. FED. GRUQN LIVRE I. % der,5c carefîèr toutes les fois qu'il s'yrendra de fon gré ,êi qu'il fera ce que vous voudrez. Encores fe pourroit-il bien corriger Civo us le preniez de la main droitte par les refnes, le plus long quefaire fe pourra ; ou s'il n'a point encores la bride, parla"corde du licol : & vn autre par derriere luy battoit la crouppe.de la baguétee , lefaUi.ci.tant de trotter ou de gal- lopper auec la plusgrande furiequ'il feroit poiïible , ôc le faifant tour­ ner à l'entour de vous à maindroitte, 5c alors vous nebougerez voftre piédroit du lieu ou vous l'aurez pofé , mais feulement tournant le pié gauche vers luy, l'accompagnerez àchacun tour qu'il fera& vous qui Te tenez vous retournerez toufiours au milieu.Et après que vous l'aurez 1aillé- auecques infinies voltes de cefte main , retournant la volte, vous prendrez les refnes ou la corde, de la main gauche puis leferez femblablement par ceftuy-làfolliciter auec la baguette , à faire autant devoltes à maingauche: ôç comme >n'aguieres auec le piédroite aulli ferez-vous maintenant du pié gauche fans le mouuoir de fon Iieu,mais tournant feulement le piédroit. En celte maniéré ie pourrez- vous puis de1 vne puisde l'autre main faireebarre vneefpacede temps iufques àce qu'il vous femble veincu,& du tout luieCt.EtCi d'aduenture le cheual eftoit dematiuais vouloir 3 & vn /èul ne pouuoit Cuffire à l e faire tourner aux rondsen ces voltes, feroit be foin d'y mettre plutieurs perlonnes auec des baguettes , dauantage que vous en euifiez v ne autre plus longue que les autres, laquelle vous changeriez de main en main en changeant les voltes. Et allez fouuent vous trouLieriez que fans autres qui eulfent baguettes ,vous feul le battant par der­ rière de la voftre, tantoft d'vne main tantoft de l'autre le foriez fran­ chement tourner, & voiter comme il doit Donques vferez vous en cela de ce qui vous femblera plus commode, & plus aife pourfa cor- re£tion:laqueiie luy fera à la fin tant fafcheufe à comporter, que pour la crainte d'icelle , il felaillera doucement monter,<3c cheuaucher, &le trouuerez de îour en iour plus prompt àvous obéir. Et combien que ceftedifficulté de correction aduienne en cheuauxde tous aages, tou­ tefois la forme que ie vous vien de dire eft tort bonne pour les pou­ lains qui veulent faire rehftance au commencement qu'on les veut cheuaucher,8c vaudra beaucoup mieux pour eux, qu'aucun autre cha* ftiement qu'on leur puitiefaire.^ •• Et fautque vous ie çheuauchiez,Sc d emouriez délias luv, non feu­ lement auec grand courage, & fans auoir. crainte de luy , mais auec opinion que luy ,ôc vous .n'eftes'qu'vu corps, que tous deux n'a- uez qu'vn fens, ôc' vne feule volonté. Et après qu'il fera difdplmé par la forme que ie vousdiray 5 toutes les foisqu'il fe maniera ou pren­ dra layoke, accompagnez-le toufiours-du cofté qu'il fe tournera auec
  19. 19. *4 lïCViRIB 0 E voftre perform« ferme, 8croide fans vous panchér decofté ne d*autre, regardant toujours la tefte du cheual droit entre les deux oreilles, & Toup»t, non feulement alors, mais fouuent,fouuent pandant qu'il cheminera* eefle poi trottera , galloppera, ou courra ; entre lesquelles oreilles voftre nez S'té* ^ qui fera au milieu de fon toupet, feruira de figne pour vous faire in- c°gn°iftre fi vous eftes droi&ement, &iuftement ains en la feiieSc fi ne Us o- ie cheual va iufte, & droit de col de tefte comme ilappartient.il eft rtilles,en- bien vray que iufques à ce qu'il foitenfeigné, ôc bien apprins, en kle- tre les ç0n qae vous luy donnerez , il fera bon que quafi continuellement, ^tU%r levous abaifïïez les yeux : du cofté duquel il fe volte , Sc hiy gardiez *fronTdl les bras s'il les mene auec bon ordre:cars'il ne les menoit comme il doit, sheual vous en aduifantde bonne heure ; toufiours viendriez vous à temps, tant pour luy donner le chaftiement, que pour luy faire la careflè lors qu'il les manieroità leur ordre : mais depuis qu'il fera bien entendu: vous ferez comme ie vous ay dit n'aguieres : car fi vous fiifiez autre­ ment;,vous pourriez eftre re prins de vice non couuenabJeà bon, 8c choifi cheualier. Neantmoins rfeuez-vous noter, que combattant con­ tre voftre ennemy >il eft befoing deregarder fa main dont il tient leC- pée, & prende garde à fes mouuemens ,& non autre part toutesfois a- lors pource que la vert« des yeux â ia capacité vifiue bien grande,pour­ riez vous bien prendre gardeà/on cheual,& auvoftre,8c quand il fau» tera,ou parera,& à quelque autre mouuement qu'il fera, vous l'accom­ pagnerez de voftrecorps, fe conformant àfori mouuement, tout ainfi comme à tempsiîrefpond,& fe conforme à voftre requefte,& volontés Partant il ßiut que voftre corps auecques Fefchine voife iufte ,£c luy correfponde par ordre,auec pareille harmonie,5c concordance, comme fi c'eftoit vne mufique, Se femblablement vous tiendrez iuftement les refnesde la main gauche, & ia baguette de la main droitte, vous te- nanten îe cheuauchant iufte, &:droit defîùs iuy, & vous afïèurant auec­ ques les genoux, & auec les cuifles bien vniment difpofées, de forte quelles femblent collées auecques la felle:& kiiferez aller voz ïambes toutes droittes , de la forme que vous les tenez eftant debout fur voz piedz quand il fera befoing vous en foulagerez ie cheual plus ou- moins ,airtfi qu'il y efcherrazOr iaifïànt alîer voz ïambes de cefte fa­ çon les pieds Ven itont pofer fur les eftriers en leurs lieux propres, auec la pointe, & le talon de chacun d'iceux tournez de la partqu'il faudraide maniéré que tournant le vifage, que vous teniez droit, &iu­ fte, de l'vn oude l'autre cofté, fans le forcer toutesfois, 8c fans remou- uoir le corps, & regardant en bas vers l'etrier, vous apperceurez que la pointe de voftre pié fera tournée droit ou le dreiiera la poin&e de voftre nez.Et felonlaqualité de lafeile vous cheuaucherez plus court ou plus long : pourueu que toufiours l'etcier droit foit de demy point plus court
  20. 20. FED. GR IS ON. LIVRE t rj court que le gauche, & tiendrez l'etriuiere deflous le genouiî > pource que vousencneuaucherez plusà l'aife & plus gaillardement^ plus ma- giftralement pour foulager le cheual tant au fautque au maniement, ce fait auiourd'huy on en vfe ainfî, toutefois quand vous tiendrez ie- triuiere fur le genouilou cheuaucherez plus long & plus brauement, Se regardera chacune pointe de voz piedz droit à la pointe de chacune oreille du cheual, Se non droit àl'efpaule , comme aucuns ont voulu dire car,ilferoit faux cefte façon de cheuaucher, l'etriuiere deflus le genouil, anciennement fembloit plus gentille, Seeftoit en plus grand vfàge, pource que les cheualiers de ce temps-la vfoyent fort de che­ uaux bardez, & eftoit befoing, pour atteindre iufques à leur ventre, auoir des cfperons longs enuiron d'vne paulme: tellement qu'ils eftoyét contrains quafi par necefîité de cheuaucher de cefte façon. Et suf­ fi viendrait il bien à propos de le faire ainfî auiourd'huy, quand on cheusucheroit vn cheual bardé à la mode antique. Finalement au corps ,à 1efchine aux mains, aux cuiflès, aux ïambes, aux talons faut tenir ôc obferuer le temps Se la mefure: laquelle s'aprend feulement du bon difeours, & de la bonne doétrine Se de la longue experience qu'on a des cheuaux , Se p uis après toutes lesordonnances de pas en pas, au difeours que ie vous feray, vous feront claires Se manifeftes. Mais iufques à ce que le cheual vienne au temps de potter bride.com- Barefef, me ie vous diray tantoft, il luy feroit bien plus commode de le cheuau- basiim* cher auec la baftine: fur laquelle entendant bien les pofes de lafeile,f fans vous en dire autre chofe, vous faurez bien vous accommoder, auec les iambes fermes, Se pendantes en bas, ainfî comme il faut : Et^^T| vous aduerty que puis après quand on vient à luy mettre lafeile, qu'il ^ la îuy faut mettre plus fus le deuant que fus le derriere :car ainfî pofee elle ne fera pas feulement le cheual plus beau Seioly, mais encore plus aife : Se fera fèmbler le cheualier monté deflus plus difpos Se mieux à cheual ;fînon que le cheual fuft trop bas deuant Se court decol, car lors la feile luy defeendroit de foymefme continuellement fur les efpaules. Âpres que vous ferez monté deflus le cheuaL Se ilfera bien atiolé Se~fßoU, af afleure, vous le menerez le trot par la campagne dedroit endroicen-feure>ferz uiron cent pas de iufte mefui'e : Se s'ileft pofiible que ce foit dedans ^ftrur vne terre n agueres labourée auec charruë:& là auprès,en commençant les quatre a-main droitte, vous marquerez Sedefignerez fur le terren deux cercles/"'v ôu ronds: &par defïîis ces ronds vousluy ferez puisà vnemain, puis à autre enfuyuant faire deux voltes & demie au trot, qui font dix tours, defquelles tant les premieres comme les dernières feront à main droit- te > Se a la fin foutant defdits ronds ou cercles vous cheminerez le trot de droit en droit, peu plus, peu moins,d'autant d'efpaceque contient le tour de chacun dçfditsro$ds, qui fera enuiron de deux cens cinquan­ te
  21. 21. it I/EC VIRIE D E te paumes : au bout duquel efpace vous arrefterez le cheual.a(lezfcotme piece,ie faifant tenir cependantegal& iufte, ferme & coy, & par l'efpa» ce de huid: iours, CGtîiînuei'ez d'ainfî le faire. Et après qu'ilaura dé­ moaré Mferme &coy , ainfî quedit eft, vous le ferez tout doucement tourner à main droitte » vn peu au large du commencement >de peut- V/briffe' ne ^ fice lafcke de col: puis vous en retournant par la mefme terre bat'- (Pift jointe vousen irez au trot rendre ôcdefcendre làmefmesou vous tue &fra eftes monté : Se pouraftèurerle cheual d'auantage,là mefmes parfois yte idem. quand il vous viendra à plaifir, vous mefmes luy ofterezla baftine. Et vous fault bien prendre garde toutes les foisqu'il s'arefte , & tient coy, de letenir iufte ôcefgal, comme ie vousay dit n'agueres.Et fis'arreftant il fe tient tors ayant la crouppe ou la poiétrine tournée plus d'vn cofté que de l'autre, ou s'il tournoit le corps tout entier tout d'vn cofté: Il vous faudra bien garder de leredrelier, ny auecVefperon, ny auecla ba­ guette : par ce que ne cognoiflant encore nel'vn ne l'autre, ilfe pour­ rait aifément deftourner, ôc à l'aduenture metre en fuitte: maisvn hom­ me à pié le pouflèra,le releuant auec les mains au cofté de la crouppe ou de la baftine, ou bien àl'efpaule,de la part dont il fetrouuera eftrehors du droit,ôc de la iufte Se égalémefure, en leredreftaant 6cremettant aii lieu, auquel il feraiufte Sedroit, auecles iambesde derriere, &les bras de deuant adiuftez àla droitte ligne dela routte où ileft arrefté.Et entre les autres choiescefte formeferoit fort bonne pour drefler& adiufter vit . cheu al de quelque aage qu'il puiile eftre,qui s'urreftetors, parla mau­ uaife nourriture qu'il a eue: &eftant ia enuieilly en cefte mauuaife accouftumance lors d'abondant le pourrait bien celuy qui le pouiîe chaftier dela baguette.. Et fi vous ne le voulez redreflerde ceftefaçon, alorsqu'il s'arrefte». tors , nonobftant qu'on luy tienne le licol droit & iufte, vousle ferez cheminer le pas tout doucement dixou douze paumes plus auant, droit vers le lieu où il fedoit arreiter: Se là vous l'arrefterez puis après, reti­ rant plus fort la corde du licol du coftéoppofiteà celuy qu'il tient tors Se hors de mefure plusou moinsfelon la reiiftenfe qu'il feraSe en la fin vous verrez qu'il le poferaiufte comme ileft befoing. Or depuis qu'il aura commencé à prendre lafubiection Seen partie à vous obeyr, fid'auenture il fait encores faute às'arefter iufte,& à fe tenir droit, vous le pourrez alorsredrefler vousfeul auec lebout dela corde du licol qui vous pend de l'vn& del'autre main l'en battant mo­ dérément furla crouppe, ou furl'efpaule nommément iur lecofté de la crouppe ou del'eipaule oppofite à celuy qui tienttors Se hors du iufte, auquel iufte par ce moyen il fe remettra doucement :Mais iufques à ce qu'on luy baille la bride,, gardez, vous bien deluylien faire de la ba­ guette,. mais, luy laiflant;le.licolauecla.bri4e pour quelque temps, ce-
  22. 22. f . FED, ORISÖN. LIVRE "Tî t? îuy fat saantsge de ne luy montrer point la baguette. Et vous declare que file cheual eft.dé peu dèfens, ou foible Sc mai­ gre,alors deuant qu il foit bien accouftumê à eftre cHeuauché, ces ronds aoîuent. eftre.frayez ÔC; ftampez par autres cheuaux que le voftre, afin st4m/,flr. qu ilvienne plus délibérément & auecques plus grand coeur,8c plus libre diti'ita- &plus iuftepar la routte de ces ronds défia faite& ftampée : Se que s'il fwr fortoit du batu du rond ils'en pourroit corrige;rdefoy-mefme en retour- " liant incontinant dedans pource que celuy feroit moindre peine de ren- di~ trer, & de trotter parla routte ia rompue & battue.Lefquels ronds apr que i'auray vn peu plus difeouru auecques vous fur le propos ou ie fuis prendre, entreiie vous montreray & enfeigneray plus, eiiideroment, non feule,- ment par iés paiplles,, mais par la figure naturelle que ie vousen repre- enfoncer > fënteray au fécond, Iiure.. Et encore à fin que cesronds fefa'cent plus ' aiiement:plus iuftes, Sede meftire égale del'vn à l'autre, il fera bon du™*™"' commencement Se iufquesà ce qu ils (oient bien grauez, & que marque" apparente s enpuiflè voir furie terrenenfaire le premier defïein au pas, & puis les paracheuérau trot;. Apres cela vous croiftrez 1 ordinaire du cheual tousles iours d'vne- volte d'auantage,& quand vous ferezvenu iufques àcinq voltes Sc de- mye,. qui font vingt Se de ux tours, ou plusou moinsfelon l'efprit du cheual, lors il ne faudra plus luy croiftre ne diminuer le nombre. Tou­ tesfois. auant que vous demontiez quand vous ferez ferti hors des ronds, Scie cheualfera repofe il viendra bien a propos de, luy faire faire • enuiron de trois petits pas en arriéré > qui feront dè quatre paumes:& lemblablément puis après tout doucement le remener où il eftoit, Se Làrrefter la vne efpace de temps ;puis vous en allerquand il vous plai­ ra: mais s'il femet entlefence,ne le forcez point,car il s'en retirera bien auecques Je temps& mecques là bridé,&par le moyen desinftruéfcions. que ie vous en donneray par le menu au fécond liure. Mais file cheual eft gaillard, quand vous le tournerez à droit pour vous en aller, comme ie vous difois n àgueres, vous irez au trot parla mefnief Pifle ) routte de droit en droitiufques aux ronds, Se non plus Se puis après tout douce­ ment vous^Ié tournerez a gauche, Se retournerez en arriéré par lesmet mes pas iufques au lieu d ouvous eftes premièrement party, Sc vne au­ tre roislé.tournant a droitte vous leferez encore cheminer au trot iuf­ ques aux; ronds de forte, qu'en comptant l'aller Se là venir ce feront quatre fois: Se p uis vous repofèrez: Se auancerez ce nombretous les iours félon lé plus ou le moinsde force que vouscognoiftrez au cheual: 8c après que vous ferez.repofe vne piece$ vous defeendrez en ce mefme lieu >ou bien vous enirez au trot ou demonter vousaurez accouftumê*, somme vous auez fait au commencement.. Btfaut noter> que bien qu'au commencementpour quelques fois ill
  23. 23. ig TECV1RIE DE fcitbon defaire volterle cheual vn pea aul arge, à fin qu'î!fe fecepîds Aime Sc plus roide de col, s'addreffantparlarouttedelapafladeàvn feu! deffein: neantmoins peu à peu il faudra chacun iour lecontraindre vn peu dauantage à faire la volte iufte , de Vaduire Se approcher tout doucement à luy faire mettre la tefte ou il a la crouppe,&luy faire toufiours encheualler le bras contraire delà volte par deflus l'autre en la forme que ie vous vois dire» Si vous le voulez faire volter à main droitte., vous ferez que le bras gauche luy pa/fe par deflus le droit, & fe voulant volter à lagauche, pareillement que le droit luy paife pardef- fus legauche. Quand vous apperceuez qu'ileft bien rompu &va franchement àce trot, qu'il recognoift les ronds, & qu il s'arrefte ôcfe volte aifément » ïors vous luy baillerez la bride, que Ion appelle le canon, auec les bran­ ches droites, & fi elle auoit défia feruy, elle n'en feroit que meilleure. Et le tenant par le licol, peu à peu auecques les refnes vous la luy fe­ rez fentiren la bouche, ôc luy faudra oindre de miel auec du fel, à fin de l'accûuftumer à la mâcher toufiours, & à plus modérément la rete­ nir: ôcmefmes parce moyen il prendra plaifirji la receuoir, ôcne deuien- dra fafcheux à brider: ôc alors, comme ie vous ay dit cydeuant, vous luy pourrez mettre lafeile à voftre plaifîr. . Mais depuis qu'il commencera s'afîèurer de la bride, luy faudra faire faire chacun iour vne volte dauantage iufques à ce que vous arriuiez aux vnze voltes ôc d emie, qui font quarante fix tours, ou bien luy en ferez moinsfaire , felon ce que vous cognoiftrez faforce, & fon ha- laine grande, ôc felon qujl vous refpondra ôcvous apperceurez qui! vous puifîè refifter ôc les porter fans fedélibérer : combien que ce nom­ brefoit conuenable à tout cheual ieune, gaillard, & nerueux i Ôc durant quelques iours vous n'irez n'auant n'arriéré ce nombre, ôcvous arre- llerez ôcferez les pofades en la forme que ie vousay ditte:& femblable- •pdjfad'es,ment vous ne ferez iamais faute de le mener quelques paffades par de£ remifesy fus z routt;e, par laquelle on fort d'vn bout à autre au trot, plus ou moinsfelon ce qu'il vous femblera qu'il le pourra porter, & à chacun bout le faire volter de la façon que ie vous ay dictecy deuant :&puis après vous en irez gaillardement defeendre , ôc puisle ferez tout douce­ ment mener en main. Ör à mefure que ces ronds par le continuel battement du cheual deuiennent durs en guife d'vn planché, faudra lors qu'il fera bien af- feiiré en iceux, luy en remarquer &ftamper fouuent d'autres en vnan* tre gueret qui foit de frais labouré & profond, à finque par la profon- dité d'iceluy il fe face plus leger & plus fouple d« bras & deiambes, toutesfois s'il y auoit faute de terrén pour en faire d'autres, quelques durs que Ment les premiers, fi s'en faudroit il feruir; mais puis après i! feroit
  24. 24. FED. G RI SON* LIVRE L r? il (èroit neceffaire de pourmenerle cheual ou au trot >ou au pas au tra­ ilers 4c quelque terre frefchement labourée : pAurceque le cheual e- ftant accouftumê de trotter paria terre labouréej fera toufiours puis après plus aifë,& plus foupleàleuerhault: & bien snanier les bras,5c les ïambes. Et fi dauenture iî n'eftoit pas aiïèz gaillard >prompt, Ôc tfueUîék fai­ te. les voltes par les ronds, ou s'il eftoit{Ramingo ) rebours, remis ou ,coiiart au trot,ou ilft vouloir arrefter auant la fin de fa leçon :fembla- blementdy-ie s'il fuy auenoitdegalopperen voltant lors il vous faudra. Solliciter,& reueillec fouuent auec la voix ou la parolle, & auet ce truc des lettres,qu on ade couftume de faire aux poulains pour leur donner courage d'aller auant > 8c outre cela envn mefme temps aiîèz de fois» vous fouiiiennede luy faire cognoiftrepeuàpeu l'aide de l a iambe, ôc du talon en cefte maniéré. Si vous le faidfces volter à droitte, vous luy aiderez du cofté gauche , &fi vous. le faites volter à gauche, vous luy aiderez du cofté droit : neantmoins par fois à fin qiril ne forte du rond» Se qu'il aille plus iufte par la route du tour, lors quevous iuy donnerez le coup de la partoppofite,vous luy arrondirez l'autre auecquesTautre talon de l'autrecofté destours : Sefi no nobftant cela il voltoit encore en vacillant quelque fois vous lefrapperez de tous les deux talons en- feruble également iométs pour fa plus grande corceâion, Se tiendrez encore,ce mefme ordre auec les efperons quand il aura commencé» les auoir,mais de la maniéré qu'il les luy faut donner ie. vous en feray tantoft vne.leçon. 11aduient aiîèz fouuent que te cheualalîantpar les tours,ou ronds ne va pas iufte,&.egal>& contournant le corps comme il doit faire , telle­ ment que pour obuier à celaie vous dy qu'il fera bon alors qui feraces toursàdroitte,de luy tenir laiambe gauche vers Pefpaule >ou audroit des fanglesr& la droitte vn peu plus en derriere vers les flancs-Et fi les tours fe font à.gauche de mefme façöluy mettrez vous la iambe droit­ te en auant vers l*efpauîe,& la gauche vers le flanc: ôc tat à l'vn comme à Tautre tour vous le frapperez, des talons quand il efcherra,en ces lieux mefmes,auiquels en arrondiiïànt on le picque des efperons:lequelatio- diflèment ievous declareray au fécond liure* Quand lecheual va en quelque forte que fe foit de droit en droit, foit au pas,foit au trot, foit au galop, foit en carrière,pour iuy dgnnec plus grande viftefle il le faut toufiours aider auec les deux talonsêgaux de ainfî ferez-vous aprèsauecquesles.efperons Quandil vous femble- Ea qu'il entendra bien letrot non feulement allant de droit en droit,mais auffi.envolte par les ronds, & qu'il entendra quand ilfe deura arre­ fter,Ôc qu'il recognoiiira vn peu-la bride, lors fi vous voulez,laypour­ rez vousöfterle licol, ôcen fon lieu,luy mettre lesiaulfesrefnes: ôt par
  25. 25. iß M G V i& i : D : Ibi$q«3n4pui$apre$iî fpmra des tours ou ronj^qn k pourfßil feien çnçor faire aller m galop;çorpbien qu'il feroit meilleur de ne le galop­ per iamais pluftoft qu'il n'entende Iç parer ,Çc les pattfades, Bt auffi vousprendrez garde àuec bmain roidç & ferme,Ôc Àf auanturç aq com­ mencement auec loutes les4eux iîiains,deluy faire toufiours porterie col wideAh tefte.ferme, Sç droitte:& auecqueshplus grande facilité qu'il feraitpoffibh^ainfiroidesle faire venir aux yöltes, Et notez bien que fans Iuy ipettre les faulfés refnes,quand il portera jejiçoî auec les refnes feulement,on ne taillera pas à le bien drefler ;Ôç y en.à beaucoup qui portent l'vn,8ç l'autre enfembie,mais ce feroit plus grand trauail à rçfcuyer,&reuiendroit à la fin tout à vn, . ~ Enuiron ce temps encores commencerez vous à luy bailler les efpe­ rons, ou en voltant aux ronds, ou quand vous irez le trot, de droit en droit par dedans le pret.Et combien qu'on les luy puifïè pareillement baillera fa çarriere >neantmoins il yaydra beaucoup mieux luy bailler ail ttQLÔç celuy profitera pour le faiçe plus iufte, Sçplus prompe: car lo­ uant que les luy dçmner à la carrière, il faudrait attendre iufques à ce qu'il fçeuft bien CQurre; 8cparer,ôç qu'il fqtdefia bien fait, Ôç bien en­ tendu autrement ce feroit fon defauantage, pour les raifons que vçus entendre? çy après. Neantmoins fâchez qu eftant Je cheual ou dé petit ou de grand fens,<Sç de quelque nature que çç foit, à fin qu'il ne vous vfe de quelque malic^fQuuienne-vous àl'inftant que vousluy baillerez le coup des efperons,de l'ayder toufiours dç la voix -, car par la crainte qu'il aura delaparolle de l'homme,il fe diuertir^ de (But mauuais pen-? fement qu'il pourrait mgir ou à pouffer ruadçs,ou à fauter, ou àfe dreÇ fer,& fe défendre de ygus* Nos predecefleurs nedonnobnt point les efperons au cheual iuf­ quesà cequ'il futbienferme dç tefte, Sç défia bienfait, Se bien dreffé felon qu'il ledreßbient en cetemps là, tellement qu'à cinq,à fix, ôc à fept ans combien que le cheual femaniaft bien àleur mode.fi n'eftoiçnt ils pasdu tout bien afîèurez de fa bonté. Car quand on venoit à leur bailler les efperons en ceft aagê là,le plus fouugnt ilsdeuenoient vi­ cieux, qui eftoit vne grande ignorance aii% efcuyers. ôc cheuaucheurs, qui ne s'auifoient pas qqe ces vices procedoient-de leur faute ; parce qu'après que les cheuaux auoient long temps efté dreffez^ôc afîèurez de làbaguette,5c à pleinstalons,& feuls fansefperons, & qu'ilsfe trou- uoient puifïàns,&:forts en aagerobufte, & gaillards3 ôç ia enuieiliiz, & ac<?ouftumez à la baguette,8ç au talon,(î toft qu'ilsvçnoientà fentir les efperons 5 qu'ils neçognqifiaient point pour ne les auoir point accon- ftu:mez,plus ils eftojerttgail|arçîs,5c de bonfens , tant plus à la fin de­ uenoient ilsrettifs, rebelles , ôc debas cœur ; & pour la crainte qu'ils auoient de fesefperons non açcouftumez,i!s ne fe pouuoient refouldre, ne
  26. 26. FED, G&I50N WVRE L P§ çognoiftre qu'elle çftoit Ja< volppté du chevtauoheur t attendu que fgns ces pointure? ilscouroient,& fe rnanioient4mais paçauenture pen- fçient ilsfefentans piquer desefperons', quele vouloir de i'Eçuyerou du cheualier quijes piquoit iuft tout contraire. Età çefle occasion afiez defois il? ajjoient detrauers,& faifoientfauts, & ruades, & auJong al­ ler fe çonfermgjent,5c acçouflumoient en celte malice. Parquoy pour jeuç çorre&ion, file cheual eftaitfâcheux,& terrible, à fin qui! ne le peuft defendre j & faire le mauuais,iîs luy donnoientles efperons de­ dans l'eauen viieriuiere oy enla mer:&ç aucunefois luy donnaient des f jperoîisà mollettes àbouttons, ou à molette de Sainébe Çaterine : ôc ne lechaftioient ou çorrigeoiçnt auec telleforte d'efperons , mais l'en piquoientfeulement à la furiedelà carriere, Ôç quand ils les voûtaient hafter d'aller: pource qu'ils n'auoient pas cognqiiTance de ce que fer- Uoit le çhaftjemeqt des efperons ne d'aucun des autres chaftieraens,ôc îie çognoifloient pas encore la variété desfeçours, §c aydes qu'on, y euftpeu faire;Dont ^.uenoitque les çheuaux fe trouuoient plus con- fus,&:moins çhaftiez,& aueç plus grandeanimofke confermez en leur çrreur.Etpourçe ypus dy-ie qu'incontinent que leçheuaj feraafIolé,&: afîeuré,& qu'il recognoiftra les ronds,& aura porté enuirqn dixlours la bride,tant foible,jeune, & maigre puifïèil eftre ne laiilèz pourtant. |uy bailler les efperons,comme ie vousay dit n*aguieres: car lors eilant encorefîmple,il aura crainte de i'Efcuyer,&:toutesles fois, qu'il orra ce- fte parolle,ou ce tfuc de ieures au delTus de luy, il vousluy donnez à l'inftant les efperons il ne penfeçaà autre chofe qu'à ceftei"oix, àfuyr ôc cheminer en auant, & à cemoyen peuà peuil s'auiferaau vouloir du Çheualier,de forte que venant à ceftaagejl fetrouuera iuftç, 5c façon­ né en toytes çhofes,& ençenderaparfai&emet tout cheftiement, & tout aide des efperons. Mais fid'auanture vous rencontrez vn cheual ia auancé en aage. qui foit defa nature rebours ou retif(car combien quece foit vne mefme çhofe,néanmoins lerétif eil de plusbas coeur,pour ççquêtant plus on |e picque,Se:plus s'obltïrre,moins ade courage, Se moins chemine ;loi: vn ou autre ,U né luy deuez vous donner les elperons ny au trot, ny augalqp ,ny à la carrière: mais allant le pas par la villeen vn mefme infiant auecla paroUeou lç trucde leures vous luy donnerez de< ef pe­ rons le mettant à plus grande furiede trocà la longueur du corps du. cheual. Et quand il ira,(orsçomméçerez:à lecareflèr luy paifant lamain fur le col ; ôc luy pourrez donnerceßeauance des efperons dix fois le jour, en vous pourmenant:& quand ilfera aiîeuré > vous irez puisaprès le trot,ou par la ville ou parla campaigne,maisil vaudroit beaucoup, mieux que cefuft par vn garet profond, $ç la autres tantes fois le pic, querez vous des efperonsje mettant lors à plus grande furie de g«(op4 c ;
  27. 27. il L'ECVZRIE DE ptiit n~ fembiab!etîient de la longueur ducorps du cheual,8de ferez fouuet ain- ""tur'boH h,continuant î'vn^l'autrt au pas, ÔC au trot :&en cefaifant le cheual %.tr, deui *ndrafè ur auxefperons, & les entendra fort bien. grid :ou Pu/sapreson luy pourrait bien bailler les tours au pas,% puis an trot» r*&i-,yï' Se lors qu'il vous fèmblera diminuer defhrie,vous!uy baillerez les efpè- ^âTl^10:15 luec<l'ies m^naccs delà voix vn peu terrible,on auec letroc desle- imfc- ures,Vau2nçant lors enplusgrande vilieffè de trot, s'il vale pas ,3c de tueux galop s'ilva le trot.Et vous fouuienne toaflours,fi le cheual fèntant l'e£- moitié- per5auance,Se renforce le pas,de leSatter,5c careffer vous aduifez auflî taint' qu'en cela il eft befoingd'auoir la main legere,& les talons moderex>& vfer de tous les deux en temps, Se faifon,8c pîils ou moins felonla quali­ té du cheual.Et après qu'il commencera de cognoiftre les efperons,vous lay ferez flire lestours au galop:comme ie vourdiray plus amplement i an fécond liure,vn peu deuant que votis defîgner la figure des ronds. Et pource qu'il a des cheuaux fenlrafs ,nourrir auec mauuaifc ac- coufhiimnce,8r grandeignorance, lefqueis fè fèntans poindre des ef- strode, perons font ruades,Ôc foyent la ftrade fe mettant de Iranersde part ou fem,che- d'autre,& auec faultss'en vont ronflant en bonne volonté de vous iet- ter bas;ie vous auife qu*a 1encontre de tels chenaux il vous faut mon- ihrercruel,& faire peu de compte de leur orgueil, tellement que G vous en rencontrez quelqu'vn qui ayt ce vice , quand il vous fèmblera, feur à faire lesvoltesdedans les toursou rond^en les faifit nt il fera boa lors que vous verrez Inopportunité delay donner à trois diuerfes fois trois fermes (fperonnades: &fi toft qu'il entrera en fa malice, le bat­ tre d'vne baguette par la tefte de tous les deux coft -2,3c entre ks deux oreilles, Se for les ïambes de deuant ,8c ence mefmeinfra.it laycner>& lemenaflèr forieu dement,& atiec voix haute, & terrible. Et ne ceSrez 3'ainfi le faire iufques à ce qu'endurant lefperon patiemment il che­ mine de franche volonté , Se fè remettant droit en la routte il fèrende à voftre vouloir. Et qoand il fera vaincu,3c doux, alors vcùs ferez tout le contraire de ce que ievous vien de dire. Car vous ne le battrez plus, ains luyferez en temps, &lieu commode cheres, 3c carénés, tout ainfi que ftiyuant l'opportunité, 8c quand lebefoing le requercit, il foftpi- qaé des efperons, 8c chaftiê de la voix,8c de la baguette en fes defordr# Se maaoâiftiez. Et forez le femblable : puis après au maniement des (rrpollotts)paffàdes, foient de trot ou de gallop: toutesfois tant cecy commeceque ie vous ay dit par-auant ne fè petit bonnement decla­ rerà plain par parolles , mais le pratique,Sc i experiêce longue,iointe auec vn bon difeours, vousfecà au long aller bien facilement entendre tout ce que vous en ay dit. Et peui-cc qu'il fe trouue des cheuaulx fort fupexbes, 6corgtieü- hux,
  28. 28. FED. GRIS ON. LIVRE i t3 lernt» impatiens des efpçrons, &enuieiiîiz en leur malice qui toufiours. débattent contre le cheuaucheur, Ôc s'efforcent de fe deffendre, partant ie vous fais entendre, que plus la peau ducheual eft trauaiJiee & ef- chauffêe,plus ie cheualfouffre:parquoyie vous dy >que lors qu'il fait le mauuais ,il eft bon d'aileî en vn champ,& lors àvoltes & à pa.ifa.des Ott au trot, ou au galop luy donner de la peine affez. Car auec le tra- uail&îes battures commodes, & les coups a efperons frequens3i! vien­ dra en û grande fueur &chaleur, quelès coups neluy donneront plus ce reprefêntement : mais tant s'enfaudra qu'il face plus contre vous ou defence ou refîftence, qu'au contraire il vous obéira & fera tout ce que vous voudrez, & principalement fi après qu'il fe feracorrigé dece vice de point en point vous luy fûtes carefiès. Partant fôyeiaduerty que cette forte corre&ion fera propre, à vn chenal degrand cœur :car fi le cheual eftoit poltron & de bas'cœur, il ne fèroit pas bon de le tour »enter & le trauailîer auec fi grande furie: pourcequ'il fè pourrok Bien abandonner, & parfôn ifnpuiSànceêc peu de vertu deuenir ret ti£ Atant vous fuffife en tant que touche lapointure des efpemons, Se la façon de les donner. Or quand vous cognoittrez puis après que îe cheual aura quelque partie d'haleine , de ces vnze voltes& demie, vous luy en ofterez trois, qui font douze tours, & luyen ferez faire feulementhuiclSe demie &à l'auenture moins, fi moins vous luy en fâifîez auparauant faire, 5c vous eh irez fèmblabîement au trot de droit en droit repofêr. Et auxiours quevous luy ferez faire ces voltes vous le ferez encore aller eft autre part de droit en droit 8c autrot»par fefpace d'vne demi? bu d'vne petite carriere au plus, &le tiendrez furle pendant ou entiz les deux derniers teireins: & puis après tout doucement vous luy fe­ rez faire en derrière enuiron quatre petits pas, qui feront peu plus peu moins de cinq paulmes : 8c puis le ferez fèmblablemenr retourner tout doucement au mefme lieu d'où vouseftes party,& farrefierez, & quand vous ferez arrefté ,vous le careïïèrez vne piece, laypaflànt la main de la baguette for le cpl. Et en allant ainfi le trot, vous irez Seviendrez douze fois au lieu de ces trois voltesque vous luy aurez diminuées, qui reuenoient à douze tours : mais auffi fault-il toufiours aller Se venir fur 1a mefme ( 1ifie ) routte, &par les mefînespas : & à chacun bout le fairevoîter iufle,auecles bras bien ordonnez, ainfi queie vous ay dit par cy deuant, &:que ie vous diray encore cy après quand lepro­ pos y efcherra: & fi le cheuaî deuantqu'il vienne mfques àce nombre de voltes, ou d'allées &:Venues, alioit bien & iuftement, il neferoit be- foing de le trauailîer, ne le faire continuer plus auant, ains le laïïlèrez. auecques cellebonne bouche. Encore faut-il noter que plus le cheuaî deuient dur 3c appuyé, fe ^ laiftknt
  29. 29. 24 L'EC VIRIE DE iaifîânt aller fur la; bride,tellement quecheminant Se iepo fafttiî vous force quaß la main: d'autant plusvous fouuienne toutesfois^qu ilarre- fte, le tairereculeren arriéréquelquepas,,Seluy, en faireautant retour» ner en auant iufques.au lieu do ntileftoit reculé.Et fiencelai!deuiçnt fafcheuxou difficile,ou qu'ilrie v.ueilleconfentir àfaire cequevoudrez, il le vous faudra chattier par la forme que ievousdirayaufécond K- ure. Quand il ferabienferme Se bienfèuràfe parer,vous luy ayderez à ?4»-er, fetenir de la voix, Se aucunesfoisdes efperons pareils, & dela baguet- trreßer, te fur l'cfpaule droitte, peu ou point furI'eipaulegauche, & luy ferez zoirf jur fajre jes pofailès: & quand il les fçaura bienfaireaprèsle trotvous le le çuL ferez aucunesfois aller,au galop » & à ia En d'iceiuy femblablcment .. vous luyayderés au pendant, à fin qu'il lesrace plus aifeement, 3c(cet Tu fitIn- fa^1 ) auec les (aulx commeilappartient:Se iufquesà cequ'il vienne °do en le aifé à fe pofér vous prendrez peineà l'yinftraire:& quand ilentendra maniant bien les pofades3 vousluy en ferezfairetroisou deuxau moins,Se làen. a pajfades fè careffant vousarrefterez vnepiece. d°'afîdit Mais s'il fait les pofadestrop haulte,ou biens ilnelésfait îufles,8c fui en ter auec toutes les parties q ui leur,font propres, vousle chaftierez à Fin-„ re quandSkznt auecques les efperons: & s'ileft befôingencoreauecla baguette; on rar- aux flancs, &incontinentapresfsitesle vneautre fois palierauant Tef- reïle pour pacç j*vne courte palTade:mais quand ilferaarrefté,vous l'aiderez dela retourner ^ ^ s'j| eft befbingencore lepourrez-vousaiderdu gras delaiam- be, ou des efperons, ou de la baguettefur Felpauleplusou moins,& l'vn &l'autre felon que vousverrezque befbingfera: & ainfi il deuien- drabien apprins, iufte, Se fèur àles faire bien& debonne grace telle­ ment que touteslesfoisqu'il oiracefteformedé voix,il fehaußera puis après tant de fois q ue vous,voudrez, Ôc encore fansle faire cheminer auant fe pourroit-il bien corriger delafaçon que ievousay ditte:ôc a- presqu'il fera chaftié, le faudra faire volter & cheminer par la mefme routte qu'il a faite, Se après retourner au trot& leparer fur ce pendant ou fut lapremiere parade, & tant defois retourner àainfi faireiufquesà ce qu'il lesfacebien: 5c les faifant bien,pluslonguement,vous demeu­ rez arrefté, tant plus fe fera iliufte,nonfeulement au parer,maisaufïi en toute autrevertuàlaquellevouslevoudrezaduyre. Et fefautdonner garde quefilecheual eftieune affez fouuent le pen­ dant lu? fait peur, Se beaucoup de,fôisne le.peutfouffiir:par-tantie vous dy qu'alorsillefaut tenir aux premiersdeuxterreins,quifera entre le plan Se le bas: mais quand il fera leur, Se ilentreraen aage Ôc en for­ ce, vous ie tiendrez à lamoitié du pendant»-ou bienauxderniersdeux terreins, qui fera entre le bas & le plan* toutesfoisfelqncequ'il vous Satisfera, vous vferezplus del'vn que de1autre». Âpres
  30. 30. FED. GRISON . LIVRE 1. tj Jtjvfeï queiecheuaî non feulementau trot, mais auiïi au galop vous ßmbiera legerdeuanti& feraies pofades,iuftes du, tout comme il lesreßZtdS *loitfaire,lorsluy pourriez-vous bien donner la carrière qui fut vifte ne 5*«/» 8r mefuréeJà renforçanttoufiours de foie iufquesàla fin {c'hegli ajfa l-<*u <« k» chi) qu'il fiuch.era3& parera aueclespofades: toutesfoisadui/êzqu'il ne fc_ faut pas faire courre fouuentcomme ie vous diray plus particuliercourbsttsi lement autant que ie vous laitfe. Maisû vousle voulez.ençore faire lë-9»fe/es.. i?er dut derriere, quand.il fçaura bienfaire les pofades,lors %'ilfera îa jjofade le vousfaudra àyder de la voix, ie battreores d'yn codé ores Eforom 4é.lautre, ôcoresenfémbleparderriereaueçquesîa baguette, & que-f*r£fls » quefois çncor auec lès efperons pareils,& iufquesàçequ'il cotnmen-9"4"^ ce a{grapptgißrt);hw&iacrouppe & s'ammonceler & qu'il enren-f^j/^l de que vous le voulez fouuent moiçfter.-en: cela: tellement que puis de*x eß* ?presincontinent quil s'enaduifera, toutesles fois que. vous îuy ayde-"5»- tout fez àtemps jl deuiçndra.leger du.derriere». Et ainfi commela proprie- te dè la baguetteeft defairç.ieger.le cheuaî pardeuant , quand on bat fur l'vne ou fur l'autre efpaule: femBîablementquandon l'en bat par lesf?ansce ft moyen de le faireJegerdu derriere. Ilpourroit. bienencore, quandJe cheualpare3auoirvn homme àpié' derriereluy,! quel faadroit qu'ii fuft bien accort, & qu'ilentendift biefî Jé temps &; !a mefure:& à l'inftant que îe cheual fait la pofade,iilepour-adm[êex~ toit aiderdélavoix, Se d'vne petite houiïîne, l'enbattant aux hanches/w»*e#i* & furjacrquppe,qui feroit moyen dele faire hauftèr.Mais aduifez quefiJe cbeuaieftdè grandfens>6cdëfon naturel fort,^en bouc he, ou dur demâchoires 3ßc lequelfeulement par îa vraye forcede l'artfefe- foit.cornge.defa bouches à î'aduenturecela ne luy viendrait pas bien a-propos,,parce.qu'il'vouspourrait forcer8c.aller en auant,fe fouue- s$antde fonnaturehmais voudroitmieux vferdel'autre maniéré que ie vousay ditte, oubien dè cequi fe Wt en JeftaWe çommeie vousdi- xay.tantoftqui £aît le cheuaî.merueilleufementîéger,& monfhelemo­ yen* de (œgritpparfi)) s'amonceîei& fe haufler.également.deuant' 5c derriere:& à toutes (es façonstoutes les foisqu'il vous refpond: & fait ce:que vous,voulez, il faut ceftèrdele battre: ainsfera lors bondeJe #arefter,comme îèvousay défia maintesfois dit,& vousdiray encore cy,aprèsquand il-efchem,toueesfôis ft! au commencement il n'aencom toute faforce, il :ne feroit pasxaifonnabledè lèfaire leger du derriere# car.eftànt foible il n'en pourroit pas porterlà peine mais ce luy fera aflèz qu' il fe lieue au ec léspofadesen auant&Juy pourriez apprendre. l'autre puis,après quandil entrera.sn/a.force.&;enfonaagepîus fer— sne.. Si îe cheuaîieft léger»Sevous voulezque aureteniriîface dès faults». agdézle auecques les efperonspateils&auecquesla voix>& principa-- ' " ii
  31. 31. iV I/ËCVÏRÏE DE lemetit au fécond faultquand il fefouleue en l'air, Sealors finglez-ie de la baguetteiuftement fur la crouppe& àl'vn & à l'autre coite, ou bien plus du oofté duquel plusil pend,& toutes les foisque vouscognoiftrez qu'il aura befoin d'eftreallégé deuant,il ferabon encores l'aider àtemps de la baguette fur l'efpaule droitteou fur la gauche: & fe faut donner garde qu'il y a des cheuaux qui fe leueront beaucoup plus haut auec layde du gras des iambes, que auecque les efperons. Et ne faut pas feiiv lement qu'il foitleger par tout ailleurs,m&isqu'il lefoit principalement Se naturelllement en hiifans les fauits:& puis après luy faut donner or­ dre au bras auec les pofad es de la formeque ievous ay ditte , & queie vous diray plus amplement & puis l'aidant auec les efperons pareils ÔC auecla voix à temps Se pareillement auec la baguetteil viendra à fauter auecquesruades, Se ( Sosfefo & œgrnppato )fouleué Se amoncelé. Mais toutes les fois qu'au commencement il aura fait vn fault iufte Se ( agruppato ) amoncelé auec ruades » il faudra incontinent qu'il fera arrefté,le Hater& carelier, luy paiïant la main droitte par deflus le col. Et après que vous ferez demouré ainfi coy quelque piece,vous ne ie tourmenterez point autrement ains feroit for e bon de defeendre in­ continente!! ce mefme lieu, & le faire gaillardement mener en main iufquesen l'eftable. Car en a faifancquand vous viendrez l'autre fois puis après à le cheuaucher.il en fera dauatitage Se plus aiféement Se délibérément: toutesfois s'il ne vous vient à gré de defeendre, vousen pourrez aller pasà pas. Quand lecheual fe leuera en baut,iufques à ce qu'il ait cognoifian­ ce de vöftre volonté, & des faults, Se qu'il ait totalement pris iaddrefîè Se la mefure de( agrupparfi) s'amonceler 5c amafter l'elchine, nele fau­ dra pasguere forcer,maisl'aydant parla forme que ie vous ay d itte, vous luy ferez faire à la fin du pas, ou du trot ou du galop, ou dela car­ rière, deux,ou trois,ou quatre faults,Se non plus, lefquels ilfera gentils Se haults,& (agrnppati)imz(Cez commeilsdoiuent eftre autrement il les pourrait fairede trauers, abandonnez, &lalches, Se aucunefois endan­ ger de fe leyer tout droit, 8c en cela le pendant luy feroitaflêz fauo- rable, lequel du commencement doit eftie vn peu & non trop rampant toutesfois fi le cheual de fa nature eß: forr leger Sc faulteur , il pour­ ra bien porter plus grand nombrede faults, Se alors vous donnerez biengarde àfaire de forte qu'il aille iufte Se droit par vne route: ce qu'il fera aifê de luy apprendre auecques les tours, Se auec le trot, Se fe tenir toufiçmrs egal, & auec les moyens que ie vous ay défiadit, & queie vous diray encore par cy après, le tenirferme &feurde la tefte:& puis après quand il fera ferme, il lefaudra aider auec le galop gaillard, en luy faifant faire à deux pas vn fault, ou en autrenombre eßäl Sc iufte, fins fedçuoyeriamais de la mefure quç Ion aura commencce : & ainfi alhnb
  32. 32. FED. GR ISON. LIVRE î. jl7 allant toujours en auant par telleefpaceque vous penferez qu'il pour- fa bien durer ôcqu'il pourra, continuer fâ force:& faudra que ie der­ nier fault.foitpluftoftplus grand que moindre que ie premier, & les autres, Se que lecheual faukant ne pende point piusd'vn cofté que de l'autreencore le pourroit-on bien faire laulter ( co ifùo ißalQ ) auec fes balanfages de ferme en ferme: Se auifez bien que iufques a ce foit dû tout egal,Se iufte au trot tant fur les ronds que fur la routte de decorps droit en droit,&qu'il aitquelque haleine, Sequilfoit dèuenu bienle- & ger du deuant auec les pofades, & du derriere( conigruppi ) auecles*"J"*s'*K amonceleures,Scruades,on ne.luydoit^ en aucune maniéré baill er 1 galop ne l'es faults. Mais depuis quecognoiftrez qu'il entendra bienfiant en toutes ces chofesjors lecheuauchantplus rarement,& auec plus gran-yne ™ef" degaillardifè,6c.en Aifantmoins détoursau trot, Seà là fin fortant dts mePl(tC£ ronds au galop ailegrement.vousle verrezà temps à chafques deux pasj^^zrs fournis feleuer( dagruppo in gruppcjde bôd'en bond au galop gaillard,fi,< com­ te s'en ira iufteiufques au lieu où il fè,'va arrefter, Se ou il a accouftu- me rnéde parer:ou bien s'il ne fait cela,iefuis leur quarriuant au bout feraon ti:r,t des faults,enl'aidantà temps déla voix(fans tropleforcer)ôc des autres^alcelûfe aidesqui luy feront propres, &tom k Si lecheuaî n'èftoit point dè.fa natureenclina ruades, Se à fè feauoir>»infiant (aggruparfi)ama(1er,& amonceler le voulantforcer,tant qu'il eft poiîi-la hauf- Ble à fin de luy fare venir plusaiféement,vous ferez en cette maniéré: fant &ri*1 Vous en irez a l'eftable derriereluy, ôc auecvnehoußine lé frapperez rau,alattti- fUrle milieu dela.crouppe ores plusores moins,félon que vous en ver­ rezle.befoing,Se en cefaifant vous l'aiderez encore auec là voix,de la maniéréqu'on l'aidequandon lùydonnelès paufàdes, comme tantoft ie vousdecîareray,& parce moyenil viendra à ( œggn;parfi)s zmaiïkî,ôc amonceler, Se après,il eftendèra les ruades, ôe quandilenfera venu là vous nele tourmenterez plusdelà baguette,à fin qu'il prenne courage- de faire ceque.vous voulez, Se lefoliciterez toufiours iufquesà ce qu'ili vous y fatisfacerdont aduiendra que puis aprèsà peine oira.-iiîe fïngîe- ment dela baguette,& leion dèla voix,qu'ilne(aggrj!ppera)s'amaRe,8c: amoncelIe3& face ruadès, non feulementen1'èftable,mais aufiiquand; vousferezmontéde/ïùs. Fàut noterque quandle clieual'nefait pas lés ruadès iuûes Jors le - faut battre plus fort iufques à ce qu'il les fa ce iuftès, 5c puis quand iP les aura vne fbis tirées iuftes,&droittesjvouslè Wfierezpour vntemps; auec cefte bouchertoutesfois il fera bon de l'en foiliciter deux outrois-. fbis le iour de làforme.queie vous ayditte n aguieres, & par ce moyen - il fe fera iufte „ & merueiileufèmentleger dû derriere, Sccognoiftrat Bien quand vous aurez voloiité qu'il ( 'aggrup}>} ) s'amaife, Se amoji^- oellè», : (l&
  33. 33. IS Ï/ECVIRÎE DE Mais fi vous voulez bien Vaccouftumer àcela,après qu'ilaora bié tendu cefte façon en('enable,& quand vous ferez monté deifevous ar­ rêterez, & ferez qu'vn homme à pié îe menacera par derriere fembla- b/ement auec la baguette,& en temps conuenable, ôc ainfi deuiendra il leger du deuant, &du deiriere.Et combien que non en cela feulement, maisen toutes autres chofes l'vn cheualfoit plus dur,&rude quel'autre neantmoins auec le temps,de tant gros efprit foit- il auec le foing , ôc h peine que vous y prendrez en temps,faifon,& mefure requife,il fera ce que vous.voudrez. 'Quand votisjuyvoudres mondrer-deuant ou npres céla3îe moyen,àe fe manier,quad vouscognoiftrez qu'il fera preft a faire les voltes e(boit­ tes en cheuallantles bras auec le vray ordre ôc qu'il fera ferme de teile, &fera aiféement les pofades.,-après que vousaurezacheué vos voltes, lors en vn chemin eftroit, ou en laraye au bout de laquelle fortant des rôds vous allez parer,ou bien en vnterrein lequel au moins foit vnpeu mol.Ôc que fes pas s'ypuifîet former,vous le ferez cheminer au tiot l'ef- paced'vne petitecarrierèyou.d'vne longue pofade , luybaillant à temps courage auecques la yoixeou auec îe truc des Ieurcs,&:.quand vous ierez au terme de i'arreft,îuy aydantde la. voix,vous îûy fevez:faire vne poi'ade & en faifant la fécondé alors qu'il feleuera,vous prt trdrez auec1 aide de la languela volte de la main droittefans luy faire tordrele co!,en .l'ai­ dant magiOralement auec le licol ou lesfaulfes refnes,& les refnes iufte* & àtemps vousluy ferezcognoiftre le fecours des efperonsou gras delà Ïambe,&tde la baguette,ou de l'vn on del'autre > ou des,deux enfeinblé quand.il efcherra^plus ou moins, filon le fentiment qu'il aura, &fui- cherra plus ou moins ,. félon le fentiment qu'il aura , & fumant ce que plusamplement ie vous ?n-diraycy après: & faitesque la volte foit iufte,Iuy faifant.mçuuoir premièrement les efpaules ,xX les bras de de- uant,Ô£ non la crouppe les ïambes de derriere :& fans faire paufe retourner par la mefme routte iufques au lieu,d'où vous elles parti,ÔC îà femblablement de la formeque ie vous ay ditte, vous luy ferez fai­ re vnepöfide ,&en faifant la fécondé vous luy ferez prend re l'autre volte à main gauche ,& tant à l'aller qu'au venir qu'il y ait enuiron douze paiTades de trot,ledrefïàntainfiquei'ay dit:&ce manieméts'ap­ pelle^ demy temps. , . Et combienqueie vous ayèdit n'agtiïeres qui! Faut Fa ire voîter le cheual du deuant, &non.de la ciouppe , & des iambes de derriere, neantmoins ievous fais certain que quand ilentend la volte,en tournât les efpaules,&:les bras,alors en quelqueforte, qu'il fe manie, faifant les pofadesen auant,il mouuera les iambes( falcando )en fauchant, Se les nauflera vn peu de tèllegrace les accommodantà la volte,qu'il la fuiurs toufiours iuàeiêc memeilleufe,auec vn belair,&gentilordieicomme il ,eft requisdelafaire. Voaâ
  34. 34. TED. G RI S ON. LIVRE !. i* "VottS fouiiienne qu'acres cela toutes îes fois qu'allant au trot vous fe» lez arriuê à l'endroit ou le doitfairela pofade, ilne fera pas befoing de lefolieiter ou tourmenter /pour luy faire faire : mais vous tiendrez la main ferme, & droittefans la tournerde coufté ned'autre,& lors vous luy ferez feulement ceft anertiiffmerit aide delà langue,& voush verrez mcontinetit(falcanäo ) en fauchant, & fe hautiant vn peu de­ uant s'accommoder ,& prendre de bonne grace defoy-mefmela vol» ^je eftroitte,ferme,iufte,& modereément efleuee^mettant la telleou ila- /iioitJacrouppeïSc-èûntinuahtde mefmefaçonaifeémcric ilfe manierai ;6emps. ?Maisaprès que le cheuaî fefçaura ainfi manier^fi vous ïe trouuez (on Bcleger,vousluy ferezfaire deux pofades, 5c en.faifant la troifiefme, in­ continent qu'ilcommencera à fe teuer,vous îe tournerezà la volte,ôc co» ïinuerez cèftordre,mais bien que le cheual foit fort, neruu& îeger,is trouueray toujours bon qu'en fufantîa fécondé pofade on le tourneà la volte,comme ie;vous,ay dit n'aguieres: pourceque la yoke en fers plus profitable,&plus prompte demeilleuregracea& plus aifee: néant- moins à cheuaî de grande forcequi va{.iagru^o ingruip) de bonieft bond,(i on îe prend a la tierce.pofade& elle fera beaucoupplusbelle-: 2c teile façon s'appéilemaniemcntà temps ou de tout temps. Quand îe;cheaaî n'a pas grande force,ou s'il eft pefant- vous le tien­ drez comme glilfant ou coulant fur les hanches dederriere: & furÎa;:fiîs de fes(fd/^*)niux,8c alors qu'il aaccouftumé de faire la premiere po­ fade,vous ie tournerez à la volte tatà l'vnecommeà l'autre main,5c élis fe fera iufte, par la forme qüeie voys ay ditte. Et ceftefiçon s'appelle« Maniement contre temps,pourceque iecheual voulant faire la premie- ce pofade,8c alors qu'il veutcommencer à fe leù?r:en l'ai' pour raire po­ fade,vous îuyderûbeZiôctîoyez iavoîte,8c-ne luy accordes pasle temps de faire,5c acheûer îa pofadcîtoutesfbisàia fin quand vous irez vous ar- fefter,vôus luy enferez feire vne. Et vous aduife qu'ainfî comme le ma­ niement detout temps,îuy fera plus aile quand il Içaura premièrement bien faire le maniementà demy temps:auiîi ne feia-iî jamais fi parfaite­ ment le maniement contretemps,s'il n'a parau ant cognoiilance pareil­ lement du demy temps,lequel àce moyen profiteraautant pourl'vn que pour Tautré. • Encorefe pourroit bien manier-lecheuaîà fvne deces trois: manières queie vous viens de dire,à temps,demy temps,ou contre téps > bas, Se ]be»tUe près de terre, le faifant couler auecques les faux l'entretenait plus ou «en,«* * moins aux voltes felon le temps que vous en voudrez vfer, les cîoyât ma/« en eftroi&es come il appartient,5c auec l'aide qu'il leur eft nece#àire,enco- l'air 0s te feroit iîlaiâmbétte'.Sc quàhd vous le voudrez manier deceftefaçon il la^lte Ce'roit bon(comme auffi ferok-ii louabis aux autres façons de ;mame- ' d J
  35. 35. 3o Z/ECVIRIE DE mentjhosuer aucimefoisvnlieu,auquelà chaquebout ouoft va parer» 6c donner la volte,ily eut vn petit pendät ou letgrreinfutdüret:{ Se en­ core qu'ilnefutdur,ilny auDbit pasgrand danger)caril contraindraitle cheual deforte qu'il viendrait à manieriuftement,Se auec bonneme- furer/z faut-il neantmoins noter, que le cheual ne viendrait iamaisàfè faire en fa.perfe£bion,fion nel'auoit par-auant £ai£t,leger du deuants- uec les pofades. El fert beaucoup-en toutes fortesde maniement,tantaux (repallons) paffades comme aux voltes redoublées d'accompagner toufiours les voltes auecques la perfonne fans fe Iailfer pendre dé coftê ne d!autre, comme ie vouseti.ay défia vire, autre fois adueity. Età fin qu'il vous foit plus aifé, ores.le vous diray-ie plus clairement. Quand, le cheual' fait lavolteà main droitte, vousl'accompagnerésauec le corps,droit, contournant feulementi'efpaule gauche vn peu vers l'oreille g auche du cheual, plus ou.moins felon ce que vous cognoiflrez qu'il enfera, befoing-, Se alors jî vousîaiflez pendrevn peu voftre corps en arrière ce neluy fera.que plusgrandfecours:maisfaudra, faire l'vn,8c l'autre à temps: correfpondantà ce mouuement que îe cheual fera (fàlcando) fauchant,à la volte,Se non autrement:.car en cefte maniéré non feule* ment lecorps,mais les hanches auec toute k perfonne Itiy. aideront 4 olorretoufiourslavolte plus furieufe,& plus iufteauec grande facili­ té,& en vnmefme lieu auecmerueilleufe mefure:He. ainfi encore à tou­ tes.les voltesqu'ilferaà maingauche,vousJuy.tonrnerez vn peu Pefpau- îêdroitte versl'oreille droitte', parquoytoutainfi que vousfaites â U yokedroitte,ainfiferez vous àlagauche: .&.cela luy feruira d'vn grand; çontrepoix pour le faire toufiours checir.iufte3&.erunefme routte. • Il anient bienfouuentquele trouuantle cheual las,5c.fafché ou foi? bjle> foitque celaluy vienne de nature ou de trop grande ieunefie, il prendra trop detrauail fi. on le manie ainfi fouuent au trot-: partant vous di-ie qu'illuyfera profitable de le.manier- quelquefoisfeulement au pas, ôcauec vnde ces-temps,dont ie vous ay parlé, n'aguieres,luv faire prendre les voltes felon la qualité, dumaniementque vous luv voudrés faire faire,tellement qu'ores au pas,oresau trot,vous luymon-: {itérés toufiours la maniéré que vous voudrés qu'il retienne: &vous fouuiernequepour vn temps il nefaut point laiifer l'ordre que. vous aurez commencé au tFat.ou.,au pas:.car lefaire, changer.fifouuent ne feroitque le confondre. Apres queîe cheualfefçaura bien manier dé.toutesces façons au pas. qu au trotivousle maniérés puis aptes au galopauec les mefmes temps 5c les mefmesordres dont ievous ay parlé,.au trot.,luy.faifant: faire les vpkes,à chacune main vne, maisque îapremiere38c ladernierefoient . à main
  36. 36. FED. GRIS ON, LIVRE t % àiftaindrdittè i ôc vn peu deuant que vous îuy donniez la volte foa;* uienne vousdétourner la baguette du cofté oppo fite*à fin que le che­ ual entende voftre volonté,ôcqu'il aitloifir des'y accommoder: car paz 'cemoyen ii ferala volte plus aiféement ôcde meilleure grace: ôc lors que vousfe voudrez arrefter, aydes-leauecles efperonspareils,ou bien feulement auecle moldes limbes. Se auecla voixSe la.baguette 3 ôc luy fai&es faire lespofzdes. Mais notés qu'ala fin quand vous vouiezque îe cheuaî s'arre&e, Ôc pare fi le maniement fera de tout temps, vous îuy ferez faire trois po- iades:s*iifera dedemy temps, vous îuy en ferez faire deux: 5c s'il fera contre temps vous ne luy en ferez faire qu vne: toutefois h à chacun de fes maniemens il faifoit deux où trois pofades, ce ne feroit pasfini­ teàreprendre: mais ce feroi^beaucoup mieuxfait,ôc en cheuaucheur plusaccordd'yprocéder enlaforme quei'ay ditte. D'auantage en cha­ cune pofade on luy pourroit bien ayder àluy faire faire vne couplede îuades, pouraeuqu'il fuft défiaapprinsà les bienfaire: car autrement il ne les feroit pas en tempsôclieu, nyàlafaçon qu'illesfaudraitfaire3 Ets'ileftoitdéfiafait ôc prompt auxruades,onlesluy pourroit bien fai­ te fairenon auparer feulement, mais aufliaux voltes-: toutesfoisau ma­ niement contre temps, elles ne luy fèroientpaspropres:maisellesfè~ roient bien fèantes au maniement àdemy temps, ou de tout temps : Se pource faire feroit bonincontinent que lecheualàla find: la pafîade (falcando)fauchant la premiereou laféconde,pofaJei'ayderdela voix, ou dela baguette,oudes efperonsou desdeux ou troisenfemble,felon cequevousaduifêrez qu ilen fera befoing,pour Iuyfaire tenir vnecou­ ple de ruades en arriéré, & auclorredeTa volte vneautre coupleen a- uant: ôcfuiuant puis aprèsla pofade vous Iuyferezfaire le fèmbîable à la volte de l'autre bout,& faudraainfi continuer tellement qu'achacune desdeuxil tirera deuxcouplesderuadesvne coupleen arriéréôcvne cou­ pleen auantàchacune voltequ'il fera.Combien qu'encoreà-chacii bout de pafïade on pourroit bien lors qu'il cloft la volte Iuy faire donneroù il tenoit latefte& ouil a la crouppe, vnecouplede ruadesôc non plus. Quand lecheualfera bienfeurôc bien iufteen tous fes maniemear, Vous le pourriez bien à voftre phantafie(caril n'eft point befoing d'en donner regle) manier encore le faifanteontoumer& retourner par les pafîàdes de la forme que coule fur la terre vne anguille ou vn ferpent- , maisie vous aduerty que vousgardiez d'en vfér au maniementdes che- «aux ieunes, car ce leurtourneroicpîuftoft à dommage qua leur avan­ tage. Et faut fçauoir que chaque volte quiiè faitchaque forte de ces maniemens des paffades,, fe peut appellerdemie volte,encore fcpeut nommer volte fimple. / Si auant que manier le cheual, ou en quelque autrefaifon quefe foit;
  37. 37. # L ' E C V Ï R I S D E {oit, en vous prefênte |a baguette» vous la deuez prendre tout donee^ ment fans furie,à fin quelechcual nes?encfpouuantc:& après que.vous, f aurezprijfe, vousle careflerezenl'afiéurant, & luy en.mettant la moi­ tiéfur le col,ou bien le grattant auprès du garrot auecle boutde la ba­ guette qui.vousfprtira au.deftousdu poingdroit dont vousla tenez. " Et pource «que c'eftciiofe neceiîaire de fçaaoîcr à: temps,changer main àla baguette,ceque puisaprès, vous feruira, beaucoup à.manier; iefpéequand vous,tombatrezvaftreennemy,,pource quevoftre mai», fera défiaaccou ftumée àfe pofér & remuer comme il appartient par­ tent vous dy-ie que maniantle.cheuaî il: vous fauttenir la baguettede là maindroitte» auecle bras.eftendu tout à.bas, tenant lè p oingfurîa cuifïédroitte ou derriere elle 3 dé (orteque îa baguette îuy pafle aiii trauersdu col quafi en.îa forme d'vne croix. Sainâ: André, Se quand il. aura prisà là fin de la paflàde là volte droitte,vn peu deuant quevous airiuiezàVautrevolte gauche» vous îaîeuerez de.îàj,& là tiendrez au cofté droit peu moins de deux paulmesJoip del'œil delabride ou de l'œil du cheual,Sela pointe dela baguette, tant longue ou courte foit elle,s'auanceraen auant,enquelquelieu qu'elle s'arrefte, & toufiours àuecîè bras cftendu:&qyand vous approcherez del'autre volte droite® vousla remettrez au trauersdu col du cofté gauche comme vous feiftes a,u commencement: Se en cefte façon felon la voice vous îuy change- fez delieu.Toutesfois adiiifez quecombienque lecheual rface iâ v.olte V.main gauche, pour vne fois,ceneferoit pasfautedê.îuytenir ïâ ba­ guette furle col;déla forme que e vous ay; ditte >.attendu quec'eftfon: premierSe plus propre lieu & dauantage, pourceque lecheuaî de fon • naturel eft plus prompt à là volte de main gauche , il n'y.auroitpas grand danger en la luy faifant faire , de ne.îuy baillerpas fi fouuentle îécours de la veue dela baguette; & vousdeclare que naturellement & félon la,vraye difcipîine on îa d oibt porter plus ou moinsd'vn cofté que-d'autre»félon-ie bejfbing qu'il en eft,c'eft à fçauoir du coftéduquel, le cheualeft moinsferme, & d'oui ilfeiette îéplus; tellementques'ileft d'vn cofté foible.dê col enluy donnant îemaniement tenez toufiours: là baguettedé ce.coftérîà duquelil pend.maiss'ileft egal&iufteautant d'vn codé qued autre,vousla changerezquelque fois,demain& alor$ fî Vous là teniez parfoisfur foncol deiàforme.queie vous ay.dit,ü ny aurapasgrand danger:Se à mefurequevous aduiferez qu'il en .fera ,be» - föin vous le pourrez bien ayder ou.chaftier auec.îa baguette de l'vn ou. de l'uitrecofté delacrouppe >{ainfi qu iléicherra-) oudés Hans,011des. efpiu.îésî.&.àîà fin faudra toufiôursretourner.apofer.!a main qui tient là baguette en l'vn de ces deux ii>ux- lefqueîs deuxlieuxfont les deux,, gnrdes principalesde Iefpée ou de l'eftoc«, Mais ^tnnd à raifon de c^uclque grand delotarc» iLfecoitb'elomg

×