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L'open data : évolution ou révolution de la communication publique ? 

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Tribune libre de Christophe Libert, responsable du service Innovation numérique de la Région Île-de-France et de Victor Fouqueray, chargé de projets multimédia et open data à la Région Île-de-France pour le Cercle des communicants francophones.

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L'open data : évolution ou révolution de la communication publique ? 

  1. 1. Cercle des communicants francophones Tribune libre de Christophe Libert, responsable du service Innovation numérique de la Région Île- de-France et de Victor Fouqueray, chargé de projets multimédia et open data à la Région Île-de- France. L'open data : évolution ou révolution de la communication publique ? Pour un communicant œuvrant à la transparence de l'action publique, l'open data représente une réelle opportunité. Dans le contexte de la défiance accrue des citoyens envers le politique, l'ouverture des données publiques renouvelle l'armada communicationnel en fournissant des armes dites "neutres", et présentées comme libres de toute manipulation. La transformation de ces données en outils de communication amène une évolution des formats produits, tels que les graphiques, les tableaux, les cartographiques dynamiques, et autres datavisualisations. Ces formats nouveaux, qui sont autant de nouvelles illustrations de l'action publique, impliquent de mobiliser des expertises bien spécifiques, et qui ne sont pas "standard" dans les services de communication. En effet, le travail technique et graphique peut se révéler relativement lourd pour certains jeux de données, et c'est un travail majoritairement réalisé en interne encore aujourd'hui. Cependant, le résultat en vaut souvent la chandelle : les formats de communication permis par l'open data sont particulièrement adaptés à la simultanéité, à la viralité et à l'ubiquité du web social. Plus encore, ces datavisualisations sont de véritables outils pédagogiques permettant de mettre en lumière l'apport de l'open data, souvent décriée pour son manque d'accessibilité au citoyen lambda sans connaissance technique pour manipuler les données 'brutes". Vue de l'extérieur, l'open data représente donc un beau défi, au croisement de l'évolution des usages de communication, des enjeux citoyens, et de la légitimité/légitimation de l'action publique. Elle représente des évolutions de taille, certes, mais qui ne font que suivre des lames de fonds activées et actives par ailleurs. La vraie révolution, elle, se déroule plutôt à l'intérieur des institutions. En interne, le bon déroulé d'une démarche open data implique un maillage d'acteurs divers pour assurer le portage politique, l'assurance juridique, l'expertise technique, la prise au sérieux hiérarchique, etc. La diversité des acteurs et l'apport à la démarche de chacun n'autorisent aucune défection, qui signifie un blocage important le cas échéant. Par exemple, quid d'une base de données métier si personne ne peut en configurer un export valable ? Quid d'un accord-cadre d'open data par défaut auprès des prestataires sans valeur juridique associée ? La révolution impliquée par l'open data se situe aussi dans la capacité des communicants publics à faire accepter à leur institution la prise de risques politique et organisationnelle. En effet, quoi de plus délicat que de publier les chiffres d'un budget ou d'expliquer à des correspondants dans les services qu'ils vont être mobilisés sur ce projet, alors que rien ne le mentionne dans leur fiche de poste ? Au-delà de certaines réticences, dont la nature varie en fonction de la position de chaque acteur, il faut savoir saisir les opportunités. Certes, libérer des données expose à un retour de flammes : corrections, comparaisons douteuses, relevés d'incohérences, etc. sont le lot de tout communicant public lancé dans une telle démarche. Et plus difficile encore : l'open data impose d'accepter de ne plus être le seul détenteur de sa donnée, ce qui est pour certains synonyme d'un dangereux lâcher-prise. Mais que ne gagne-t-on pas en accédant à une communauté citoyenne constituée et prête à dialoguer chiffres sur table, en livrant des clés de compréhension claires et accessibles loin des bilans annuels soporifiques ! On ne traitera pas ici de la délicate question des publics, à savoir la pertinence des destinataires d'une démarche open data (graphistes, journalistes, développeurs informatiques et autres initiés ne sont en effet pas tout à fait représentatifs de l'ensemble de la population) mais au regard de l'évolution de la communication vers toujours plus d'infographie et autre fact-checking minute, nous pensons que les données récoltées aujourd'hui constitueront demain les meilleures réponses aux attentes des citoyens. Et personne, semble-t-il, ne
  2. 2. blâmera une institution publique capable de nouer de véritables liens avec ses citoyens et de leur apporter un service réel, quand on observe généralement un décalage peu flatteur entre les usages répandus dans le grand public et les réflexes ''à la papa'' faisant encore foi ici ou là. S'adapter aux nouveaux usages et outils de la communication n'est qu'une évolution logique, parfois déjà difficile, pour les communicants publics. Cependant, le faire en s'appuyant sur l'open data exige de faire sauter de nombreux verrous, de la tentation d'une maîtrise totale de la communication au fonctionnement en silos des services... Il semble qu'aujourd'hui, la révolution de l'open data renouvelle le scénario de la montée en puissance du web social : il faut que les communicants publics occupent la place qui leur revient, sans attendre, sinon d'autres acteurs le feront à leur place, comme plusieurs grands groupes privés l'ont déjà appris à leurs dépens. Sauf que cette fois-ci, personne ne pourra dire qu'il n'avait pas été prévenu. Le Cercle vise à faire progresser la communication publique et politique dans le monde francophone. Il se veut être un espace de dialogue, de partage d'expériences et de valorisation de tous. LinkedIn > Cercle des communicants francophones Twitter > @com_francophone Facebook > cercledescommunicants

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