Georges BrassensChansons, textes et musiques         Edition spéciale
Georges BrassensPersonnage dune immense discrétion, Georges Brassens a inscrit son nomdans le patrimoine artistique frança...
Lami fidèleUne des caractéristiques du personnage Brassens est son sens aigu de lamitié.Déjà très fidèle à ses amis sétois...
Rencontre avec Patachou                             Il faut attendre le début des années 50 pour que                      ...
Après une série de récitals en janvier 1956 à Bobino,                    Georges Brassens interprète un rôle proche de son...
Les copains dabordEn 1964, Brassens retrouve le cinéma mais cette fois,pour composer "Les Copains dabord", chanson dufilm ...
Entretien avec Brel et FerréLe 6 janvier 1969, sur linitiative du magasine Rock et Folk, et de la radio RTL,Georges Brasse...
Adieux à BobinoSon tout dernier album original sort en 1976. Puis le 20 mars 1977, il monte pourla dernière fois sur la sc...
trace un portrait sans pitié, et pourtant si tendre, de ses contemporains.Aujourdhui encore, ses chansons sont reprises pa...
Poètes mis en musique par Georges BrassensLouis Aragon :       Il ny a pas damour heureux.Théodore de Banville : Le verger...
Disque 1" La mauvaise réputation " – 195301 - La mauvaise réputation02 - Le fossoyeur03 - Le gorille04 - Le petit cheval (...
Disque 2" Les amoureux des bancs publics " – 195401 - Les amoureux des bancs publics02 - Brave Margot03 - Pauvre Martin04 ...
Disque 3" Chanson pour lAuvergnat " – 195501 - Chanson pour lAuvergnat02 - Les sabots dHélène03 - Marinette04 - Une jolie ...
Disque 4" Je me suis fait tout petit " - 195701 - Je me suis fait tout petit02 - Lamandier03 - Oncle Archibald04 - La marc...
Disque 5" Le pornographe " – 195801 - Le vieux Léon02 - La ronde des jurons03 - A lombre du coeur de ma mie04 - Le pornogr...
Disque 6" Le mécréant " – 196001 -La traîtresse02 - Tonton Nestor03 -Le bistrot04 - Embrasse-les tous05 - La ballade des c...
Disque 7" Les trompettes de la renommée " - 196101 - Les trompettes de la renommée02 - Jeanne03 - Dans leau de la claire f...
Disque 8" Les copains dabord " – 196401 - Les copains dabord02 - Les quatzarts03 - Le petit joueur de flûteau04 - La tondu...
Disque 9" Supplique pour être enterré sur une plage de Sète " – 196601 - Supplique pour être enterré sur une plage de Sète...
Disque 10" La religieuse " - 196901 - Misogynie mise à part02 - Bécassine03 - Lancêtre04 - Rien à jeter05 - Les oiseaux de...
Disque 11" Fernande " - 197201 - Mourir pour des idées02 - Le Roi03 - Quatre-vingt-quinze pour cent04 - La ballade des gen...
Disque 12" Don Juan " - 197601 - Trompe la mort02 - Les ricochets03 - Tempête dans un bénitier04 - Le boulevard du temps q...
Disque 13" Disque document "Oeuvres de : Aristide Bruant, Gustave Nadaud, Alfred de Musset, Norge, HenriColpi interprétées...
Disque 14Dernières chansons de Brassens interprétées par Jean Bertola01 - Quand les cons sont braves02 - Méchante avec de ...
Disque 15" Le patrimoine " de Georges Brassens interprété par Jean Bertola01 - Lantéchrist02 - Si seulement elle était jol...
Disque 16Diverses chansons de Georges Brassens enregistrées par dautresinterprètes01 - Le bricoleur, enregistrée par Patac...
Disque 17" Les chansons de sa jeunesse " - 198001 - Avoir un bon copain               02 - On n’a pas besoin de la lune03 ...
Disque 18Live In Great Britain - 197301 - Auprès de mon arbre02 - Dans leau de la claire fontaine03 - Les sabots dHélène04...
Disque 19" Georges Brassens - Archives 1953-1980 Inédits " - 2001Ce disque contient 23 pièces, enregistrées entre 1953 et ...
À la goutte dOrTexte: Aristide BruantEn ce temps là dans chaqu famille,On blanchissait de mère en filleMaintenant on blanc...
À la place MaubertTexte: Aristide BruantJe mdemande à quoi quon songeEn prolongeant la rue MongeÀ quoi quça nous sert…Des ...
À lombre des marisParoles et Musique: Georges Brassens, 1972Les dragons de vertu nen prennent pas ombrage,Si javais eu lho...
Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière...Cest mon cas ces temps-ci, je suis triste, malade,Quand je d...
À lombre du coeur de ma mie1958A lombre du coeur de ma mi (bis)Un oiseau sétait endormi (bis)Un jour quelle faisait sembla...
À Mireille dit " Petit verglas "Poème de Paul FortNe tremblez pas, mais je dois le dire elle fut assassinée au couteau par...
À mon frère revenant dItaliePoème de Alfred de Musset, musique de Georges Brassens, 1972Ainsi, mon cher, tu ten reviensDu ...
Tu ten viens de les parcourirPour te distraire?Frère, ne ten va plus si loin.Dun peu daide jai grand besoin,Quoi quil madv...
AltesseTexte de Victor Hugo, musique de Georges BrassensAltesse, il ma fallu des revers, des traverses,De beaux soleils co...
Au bois de mon coeurParoles et musique: Georges Brassens, 1957Note: Musique pour le film Porte des LilasAu bois d Clamart ...
Auprès de mon arbreParoles et musique: Georges Brassens, 1955Auprès de mon arbre,Je vivais heureuxJaurais jamais dû méloig...
(refrain)Javais un mansardePour tout logementAvec des lézardesSur le firmamentJe lsavais par coeur depuisEt pour un baiser...
Ballade à la lunePoème de Alfred de Musset, musique de Georges Brassens, 1972Cétait, dans la nuit brune,Sur un clocher jau...
Je viens voir à la brune,Sur le clocher jauni,La lune,Comme un point sur un i.Disque : Disque document, no 10
Ballade des dames du temps jadisPoème de François Villon, musique de Georges Brassens, 1954Dites moy où, nen quel paysEst ...
Bécassine1969Un champ de blé prenait racineSous la coiffe de Bécassine,Ceux qui cherchaient la toison dorAilleurs avaient ...
Du temps des cerises en toute saisonEt jusquà lheure du trépas,Si le diable sen mêle pas.Cest une sorte de manant,Un amour...
Belleville-MénilmontantTexte: Aristide BruantPapa cétait un lapinQui sapplait J.-B. ChopinEt quavait son domicileÀ Bellvil...
BonhommeParoles et musique: Georges Brassens, 1956Malgré la bise qui mord,La pauvre vieille de sommeVa ramasser du bois mo...
Brave MargotParoles et musique: George Brassens, 1952Même musique que Pour ma Jeannette, 1943Margonton la jeune bergèreTro...
Le temps passa sur les mémoires,On oublia l’événement,Seuls des vieux racontent encoreA leurs p’tits enfants…(au refrain)D...
CarcassonnePoème de Gustave Nadaud, musique de Georges Brassens, 1945-1972)Note: Même musique que pour Le nombril des femm...
Celui qui a mal tournéParoles et musique: Georges Brassens, 1957Il y avait des temps et des tempsQuje nmétais pas servi dm...
Ce nest pas tout dêtre mon pèreParoles: Georges Brassens, 1980Interprétée par Jean BertolaDu fait quun couple de fieffésMi...
Cétait un peu lesteJamais endisqué?Paroles de Georges Brassens, musique et interprétation de ZimmermannEt quand elle eut f...
Ceux qui ne pensent pas comme nousParoles: Georges Brassens, 1982Interprétée par Jean BertolaQuand on nest pas daccord ave...
Chanson pour lAuvergnatParoles et musique: George Brassens, 1954Elle est à toi cette chansonToi lAuvergnat qui sans façonM...
Chansonnette à celle qui reste pucelleParoles: Georges Brassens, musique: Jean Bertola, 1985Interprété par Jean BertolaJad...
Charlotte ou Sarah?Paroles et interprétation de Pierre Louki, musique de Georges Brassens, 1942Même musique que pour Le bo...
Me faudra-T-il me donner à CharlotteEt SarahA la fois ?Gare à moi,Si deux souris me pelotent,Je suis fait comme un rat.Je ...
Clairette et la fourmiParoles: Georges Brassens, 1982Interprétée par Jean BertolaJétais pas lamant de Clairette,Mais son a...
Dieu protège les bergerettesEt les fourmis !Dieu protège les bergerettesEt les fourmis !Disque : Dernières chansons de Bra...
ColombinePoème de Verlaine, musique de Georges Brassens, 1956Léandre le sot,Pierrot qui dun sautDe puceFranchit le buisson...
Comme hierPoème de Paul Fort, musique de Georges Brassens, 1953Hé! donn moi ta bouche, hé ! ma jolie fraise !Laube a mis d...
Comme une soeur1958Comme une sœur, tête coupée, tête coupéeEll ressemblait à sa poupée, à sa poupée,Dans la rivière, elle ...
Concurrence déloyaleParoles et musique: Georges Brassens, 1966Il y a péril en la demeure,Depuis que les femmes de bonnes m...
Corne dAurochsParoles et musique: Georges Brassens, 1952Il avait nom corne dAurochs, au gué, au guéTout l mond peut pas sa...
Cupidon sen foutParoles et Musique: Georges Brassens, 1976Pour changer en amour notre amourette,Il sen serait pas fallu de...
Dans leau de la claire fontaineParoles et musique: Georges Brassens, 1961Dans leau de la claire fontaineElle se baignait t...
Dieu sil existeParoles: Georges Brassens, 1982Interprétée par Jean BertolaAu ciel de qui se moque-t-on?Était-ce utile quun...
Discours de fleursNon-endisquée?Paroles de Georges Brassens, musique et interprétation de ZimmermannSachant bien que même ...
Même vingt et même dix,Pour un seul myosotis.Mais minuit sonnait déjà,Lors en pensant que mes chats,Privés de leur mou peu...
Don Juan1976Gloire a qui freine a mort, de peur décrabouillerLe hérisson perdu, le crapaud fourvoyé !Et gloire a don Juan,...
Élégie à un rat de caveParoles et musique: Georges Brassens, 1979Personne naurait cru ce caveProphétisant que par malheur,...
Embrasse-les tousMusique: Georges Brassens, 1960Tu nes pas de cells qui meurnt où ells sattachent,Tu frottes ta joue à tou...
Entre la rue Didot et la rue de VanvesParoles: Georges Brassens, 1982Interprétée par Jean BertolaVoici ce quil advint jadi...
Au théâtre, ce soir, ici sur ces tréteaux,Entre la rue Didot et la rue de Vanves,Poussant une autr goualante,Y aurait à ma...
Entre lEspagne et lItalieParoles: Georges Brassens, 1982Interprétée par Jean BertolaLe géographe était pris de folie,Quand...
FernandeParoles et Musique: Georges Brassens, 1971Une manie de vieux garçonMoi jai pris lhabitudeDagrémenter ma solitudeAu...
Gastibelza (Lhomme à la carabine)Texte de Victor Hugo, musique de Georges Brassens, 1954Gastibelza, lhomme à la carabine,C...
Germaine TourangellePoème de Paul Fort, musique de Georges BrassensCette gerbe est pour vous Manon des jours heureux,Pour ...
Grand-pèreParoles et musique: Georges Brassens, 1957Grand-pèr´ suivait en chantantLa route qui mène à cent ansLa mort lui ...
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Biography and lyrics of Georges Brassens (1921-1981), french poet and singer.

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Brassens

  1. 1. Georges BrassensChansons, textes et musiques Edition spéciale
  2. 2. Georges BrassensPersonnage dune immense discrétion, Georges Brassens a inscrit son nomdans le patrimoine artistique français en créant un style unique sculpté autour demélodies simples et de textes qui sont autant de chef-d’œuvres poétiques.Cest dans le petit port méditerranéen de Sète, ville dont le nom reste aujourdhuiintimement lié au chanteur, que Elvira Dagrosa, épouse de Louis Brassens,donne naissance à un petit garçon le 22 octobre 1921. Entrepreneur et maçon,Louis a épousé Elvira, veuve de guerre, en 1919. Ils élèveront ensemble la petitefille quElvira a eue en 1912 de son premier mariage, Simone.Bien que ses parents ne sentendent guère sur certains points majeurs comme lareligion (Elvira est très pieuse, contrairement à Louis, anticlérical notoire),lambiance familiale est bonne et la musique ne manque pas de résonner dans lagrande maison sétoise. Cest tout particulièrement sa mère qui, doriginenapolitaine, a un goût certain pour les chansons traditionnelles de son pays etpour les mélodies à la mandoline. Cest dailleurs sur cet instrument que Georgesapprend les rudiments techniques quil développera plus tard avec la guitare.Elève moyen, Georges Brassens se passionne très tôt pour la poésie, initié parun de ses professeurs de français, Alphonse Bonnafé. Ce dernier sera dailleursle premier biographe du chanteur en 1963. Georges Brassens commence doncparallèlement à écrire quelques poèmes et quelques textes de chansons quiladapte à des airs dans le vent. Il crée à cette époque un petit orchestre nommé"Jazz", qui se produit dans quelques fêtes municipales. Il y tient la batterie.Définitivement peu tourné vers les études, il quitte le collège en 1939 suite à unepetite affaire de vol dans laquelle le jeune homme est impliqué sans y avoirvraiment participé. Agé de 18 ans, Georges songe à quitter Sète pour la capitale.Cet incident va lui en fournir loccasion. En attendant le départ, il travaille avecson père. A la fin de lannée, la guerre éclate, mais Sète est encore bien loin desévénements qui secouent lEurope.Cest en février 1940, que Georges Brassens prend le train pour Paris. Durantles premiers mois, il vit chez sa tante, Antoinette Dagrosa, et travaille commeouvrier dans lentreprise automobile Renault. Il continue en outre à écrire deschansons sur le piano de sa tante, et des poèmes. Après des bombardementssur Paris, Georges retourne quelques mois à Sète, et retrouve la capitale dèsseptembre 40. Là, il se consacre entièrement à la poésie et en 42, il réussit àpublier deux petits recueils, "A la venvole" et "Des coups dépée dans leau".En mars 43, Brassens est envoyé en Allemagne, pour le STO (Service du TravailObligatoire), au camp de Basdorf. Cest là quil rencontre Pierre Onténiente,prisonnier comme lui, qui devient un de ses meilleurs amis. En 1956, il deviendrale secrétaire et homme de confiance du chanteur qui le surnomme "Gibraltar".Peu de ses proches échapperont dailleurs à ce type de surnom, fantaisie dontBrassens est fort friand.
  3. 3. Lami fidèleUne des caractéristiques du personnage Brassens est son sens aigu de lamitié.Déjà très fidèle à ses amis sétois, il se forge en Allemagne un nouveau groupede compagnons. Avec Brassens, lamitié dure des années, voire toute la vie.Parmi ses amis les plus fameux, on peut citer lécrivain René Fallet, le chanteurJacques Brel, lhumoriste Raymond Devos ou lacteur Lino Ventura, maisBrassens accorde autant dintérêt à ceux quil aime, connus ou non.En mars 44, il est de retour en France pour une permission. Il ne retournerajamais en Allemagne, et se cache chez un couple qui tient une place de choixdans la vie de Brassens, Jeanne et Marcel Planche. Il leur consacrera dailleursdes chansons, dont les célèbres "La cane de Jeanne" en 1953 ou "Chanson pourlauvergnat" (pour Marcel) en 1955. Il restera chez eux jusquen 1966. Infatigabletravailleur, cest là, au milieu des chats dont il raffole, quil écrira une grandepartie de son répertoire avec sa façon si spéciale de composer. En effet, il necompose que rarement sur sa guitare. Il commence par créer les rimes destextes en scandant le rythme de la main sur un coin de table. Lorsque le texte estau point, il adapte la mélodie au piano. Sous des aspects simples, ses partitionssont en fait complexes, puisque nayant aucune connaissance en matière desolfège, Brassens compose ses musiques sans franchement respecter les règlesprécises de lécriture musicale.A partir de 1946, pour gagner sa vie, il écrit quelques articles dans une revueanarchiste, "Le libertaire". Sensibles aux idées anarchistes, Brassens exprimeratoute sa vie ses idées dune façon moins politique que Léo Ferré mais plutôt enluttant, par ses chansons, contre une certaine hypocrisie de la société, à traversses bêtes noires telle la religion. Ses textes sont des prises de position en faveurdes laissés-pour-compte comme les prostituées. Son action anarchiste se situedans son irrévérence et sa désobéissance volontaires envers les conventionssociales pour lesquelles il na aucun goût.En 1947, sort son premier roman, "La lune écoute aux portes". Il écrit aussi àcette époque, certaines de ses plus grandes chansons parmi lesquelles, "BraveMargot", "La mauvaise réputation" ou "Le Gorille", titre qui est interdit dantennependant des années et dans lequel Brassens évoque son désaccord avec leprincipe de la peine de mort.Cest également à cette époque que Georges Brassens rencontre la femme desa vie, dorigine estonienne, Joha Heiman. Dun commun accord, le couple nepartagera jamais le même toit mais Joha, que Brassens surnomme Püppchen("petite poupée" en allemand) sera jusquau bout près de son compagnon.Brassens dira delle :"Ce nest pas ma femme, cest ma déesse."
  4. 4. Rencontre avec Patachou Il faut attendre le début des années 50 pour que Georges Brassens rencontre enfin le succès. Grâce à dun autre chansonnier, Jacques Grello, Brassens est engagé dans quelques cabarets dont le Caveau de la République, le Lapin agile à Montmartre, Milord lArsouille ou la Villa dEste, mais sans aucun succès. Personne ne sintéresse à ses textes et le chanteur perd un peu espoir. En 1952, il rencontre la chanteuse Patachou qui est à la tête dun des cabarets les plus en vogue du moment. Laudition que Brassens passe le soir du 6 mars séduit les quelques spectateurs présents dont Patachou, qui lengage sur le champ, et le musicien Pierre Nicolas, qui deviendra son contrebassiste attitré. Patachou, qui est une de ses premières interprètes, le convainc de chanter lui-même ses titres, ce qui nest pas totalement évident pour Brassens qui se voit plus dans le rôle dunsimple auteur-compositeur. De plus, sa grande timidité le pousse plutôt à nejamais se mettre en avant.Dès ses premiers concerts, Georges Brassens connaît un réel succès public etcritique. Jacques Canetti, directeur artistique chez Polydor, et patron du cabaretles Trois Baudets, décide de lengager dans son cabaret et pense même lui faireenregistrer quelques titres. En attendant, il lui propose une tournée dété afin dele préparer à affronter le public parisien à partir du 19 septembre en premièrepartie de Henri Salvador. Cette fois, Georges Brassens est lancé sur les rails dutriomphe, bien que ses chansons ne soient pas toujours très bien reçues par unpublic qui se scandalise à lécoute de titres tel que "Le Gorille", éternel sujet dediscorde. Cependant, ce type de réaction, dont les chansons de Brassens serontsouvent lobjet, n’empêchera jamais le chanteur de continuer à dénoncer lestravers de la société.Lenregistrement des premiers disques de Georges Brassens rencontre aussiquelques obstacles, toujours dus aux textes des chansons. Mais lobstination deJacques Canetti permet enfin la sortie de ses premiers 78 tours et 45 tours dès1952 sur son label Polydor.Le 16 octobre 1953, il fait sa première grande scène parisienne en vedette àBobino, théâtre dont le nom reste aujourdhui lié au chanteur qui y passera 13fois. Cest la consécration. La même année, est publié son roman "La Tour desmiracles". En décembre, sort un premier album 25cm au nom révélateur,"Georges Brassens chante les chansons poétiques (et souvent gaillardes) deGeorges Brassens". Puis 1954 marque ses débuts dans le prestigieux music-hallparisien, lOlympia, où il passe deux fois en février puis en septembre. Cetteannée-là sort un recueil de textes, "La mauvaise réputation". Brassens estreconnu non seulement comme un interprète au style novateur, mais aussi etsurtout comme un poète maîtrisant brillamment la langue française. Ce talent estrécompensé en 54 par le Grand Prix de lAcadémie du disque Charles Cros pourlalbum "Le parapluie". Mais outre ses propres textes, Georges Brassens chantesouvent les autres poètes dont François Villon ("Ballade des dames du tempsjadis"), Victor Hugo ("Gastibelza") ou son ami Paul Fort ("Le petit cheval"). Enmars 54, sort aussi son deuxième 25cm.Pris en charge par Jacques Canetti, Georges Brassens se lance dans denombreuses tournées en Europe et en Afrique du nord. En 1955, la station deradio Europe1, toute nouvellement créée, passe pour la première fois "Le gorille",titre jusque-là interdit. En avril, paraît un troisième 25cm, puis en octobre,Brassens remonte sur la scène de lOlympia. Enfin en 55, Brassens achète lamaison de Jeanne et de Marcel ainsi que la maison voisine.
  5. 5. Après une série de récitals en janvier 1956 à Bobino, Georges Brassens interprète un rôle proche de son propre personnage dans le film de René Clair, "Porte des Lilas". Ce sera sa seule apparition au cinéma.Depuis le début de lannée, Pierre Onténiente est le secrétaire de Brassens etsoccupe de gérer la vie matérielle de son ami. Ensemble, ils créent en 1957 lesEditions Musicales 57. Les concerts de lannée 57 à Paris se répartissent surtrois salles, lOlympia en mai, lAlhambra en octobre et bien sûr, Bobino du 29novembre au 18 décembre. En 1958, outre un Olympia du 22 octobre au 17novembre, il repart en tournée. Il continue toujours de vivre chez Marcel etJeanne, mais en 58, il sachète une grande maison à Crespières dans ledépartement des Yvelines.Pour Georges Brassens, les années 50 sachèvent par une nouvelle tournée etun récital à lOlympia en novembre. Mais en cette année 59, lors dun séjour àBiarritz, il est victime dun violent malaise du aux problèmes de santé qui le fontsouffrir déjà depuis de nombreuses années. Cet incident lui inspirera, plusieursannées après, la chanson "lEpave". Depuis la fin de la guerre, Brassens arégulièrement de très douloureuses crises de coliques néphrétiques et de calculsrénaux. Ces douleurs représenteront un tel handicap toute sa vie quil devraparfois même quitter la scène sous leffet de la douleur.Lannée 1960 commence par une série de concerts à lOlympia du 21 janvier au15 février, suivi dun nouveau passage à Bobino en avril, passage pendant lequelBrassens apprend la mort de son ami, le poète Paul Fort, le 20. En 61, il senvolepour le Canada où il effectue une tournée entre octobre et novembre, avant deretrouver lOlympia à la fin de lannée.En décembre 1962, sort son neuvième et dernier album 25cm, "Les trompettesde la renommée". Le 31 décembre, sa mère Elvira, décède à Sète.En 1963, Georges Brassens subit sa première opération des reins. Cest cetteannée-là, que son professeur de français, Alphonse Bonnafé, sort un ouvragesur son ancien élève. Parallèlement, un coffret de dix disques paraît pourcélébrer une carrière fort riche.
  6. 6. Les copains dabordEn 1964, Brassens retrouve le cinéma mais cette fois,pour composer "Les Copains dabord", chanson dufilm dYves Robert, "Les Copains". Ce titre seretrouve sur son premier album 30cm qui sort ennovembre, pendant une nouvelle série de récitalstriomphaux à Bobino du 21 octobre au 10 janvier 65,au cours desquels 120.000 personneslapplaudissent. Le 28 mars 65, meurt LouisBrassens, suivi de Marcel Planche quelques tempsplus tard.Le 12 octobre, Georges Brassens a loccasion de chanter avec celui quil admiredepuis sa jeunesse, Charles Trenet, lors de lémission de radio enregistrée endirect à lABC, "Musicora". Il démarre lannée 66 par une tournée hexagonale,puis après Trenet, cest avec Juliette Gréco quil partage laffiche du TNP(Théâtre National de Paris) du 16 septembre au 23 octobre.Après plus de vingt ans passés dans la petite maison de Jeanne et MarcelPlanche, impasse Florimont, Georges Brassens décide de déménager pour unappartement plus moderne. Il y reste peu de temps, et sinstalle finalement dansune maison du XVème arrondissement (en 69).Après un passage à Bobino et une tournée, Brassens subit une nouvelleopération chirurgicale le 12 mai 1967. Dans les mois suivants, il reçoit le Prix depoésie de lAcadémie française, très vieille institution vouée à la languefrançaise. Puis son ami, lécrivain René Fallet, publie un ouvrage consacré auchanteur.Georges Brassens observe les événements politico-sociaux de mai 1968 avecune certaine admiration et un certain bonheur, bien quil soit à ce moment-làcloué sur un lit dhôpital, souffrant une fois de plus de ces douloureuses coliquesnéphrétiques. Mais un autre événement va en revanche assombrir lannée 68puisque le 24 octobre décède Jeanne à 77 ans.A la fin des années 60, Brassens rencontre un jeune guitariste, Joël Favreau.Ensemble, avec Pierre Nicolas, ils vont désormais former un trio de scèneinséparable.
  7. 7. Entretien avec Brel et FerréLe 6 janvier 1969, sur linitiative du magasine Rock et Folk, et de la radio RTL,Georges Brassens participe à un entretien historique avec Léo Ferré et JacquesBrel, deux autres piliers de la chanson française. Cette année-là, les textes deBrassens sont dailleurs présentés au concours dentrée de lEcole NormaleSupérieure. Brassens finit lannée, et la décennie dans son théâtre fétiche,Bobino, du 14 octobre au 4 janvier 1970. Il enchaîne en mars 70 avec deuxconcerts à la Mutualité avant dentamer une tournée.En 1972, les 20 ans de chanson de Brassens donnent lieu à un coffret de 11albums accompagné dun ouvrage réunissant tous ses textes et poèmes.Doctobre à janvier 73, Georges Brassens se produit à Bobino avec, en premièrepartie plusieurs jeunes chanteurs, dont Maxime le Forestier, Philippe Chatel (quiécrira un livre sur Brassens), Henri Tachan ou Yves Simon.Toujours en 72, Georges Brassens achète une maison à Lézardrieux, près dePaimpol en Bretagne. Cet enfant de la Méditerranée a découvert cette région parlintermédiaire de Jeanne Planche qui en était originaire. Au cours des ans, il adéveloppé un tel amour pour ce coin de France quil se lança même danslapprentissage de la langue bretonne. Il y vient désormais de plus en plussouvent pour flâner et fréquenter le petit monde des pêcheurs qui lui rappelle sonport natal.Affaibli par ses problèmes de santé, Georges Brassens a beaucoup vieilli durantces dernières années et les concerts répétés deviennent fort fatigants pour lechanteur qui na pourtant que 51 ans. En 1973, il entame sa dernière tournée enFrance et en Belgique, et donne un concert au Sherman Théâtre de luniversitéde Cardiff en Grande-Bretagne le 28 octobre. Ce récital donne lieu à un desrares enregistrements publics de lartiste et paraît en 74 sous le titre "Live inGreat Britain".En 1975, il obtient le Grand Prix de la ville de Paris.
  8. 8. Adieux à BobinoSon tout dernier album original sort en 1976. Puis le 20 mars 1977, il monte pourla dernière fois sur la scène de Bobino où depuis octobre 1976, il a dans uneultime série de concerts, réuni un public nombreux et admiratif.En 1979, son vieil ami, le musicien Moustache, lui propose de participer àlenregistrement dun album qui reprend ses plus célèbres titres dans desversions jazz. Georges Brassens, amateur de jazz depuis sa jeunesse,accompagne donc sur ce disque plusieurs jazzmen américains qui interprètententre autres "Chanson pour lAuvergnat", "le Pornographe", "la Chasse auxpapillons", et un titre inédit, "Elégie pour un rat de cave", seul titre chanté delalbum.La même année, Brassens est aussi invité sur le conte musical du chanteurPhilippe Chatel, "Emilie Jolie". Il y chante la "Chanson du hérisson" en duo avecHenri Salvador.A la fin de lannée, le maire de Paris Jacques Chirac lui remet le Grand Prix dudisque. Enfin en 1980, très malade, il enregistre ses dernières chansons au profitde lassociation Perce Neige, créée par le comédien Lino Ventura au profit delenfance handicapée. Dans cet album, Brassens chante de vieilles chansonsfrançaises de Charles Trenet, Jean Boyer, Paul Misraki ou lui-même.En novembre, atteint dun cancer, il est opéré pour la troisième fois des reins. Unan plus tard, le 29 octobre 1981, la mort, quil a si souvent chantée, lemportedans le petit village de Saint-Gely-du-Fesc, près de Sète, chez son ami etmédecin, Maurice Bousquet. Il est inhumé dans sa ville natale dans le cimetièredu Py, surnommé le "cimetière des pauvres".La simplicité de Georges Brassens en a fait un des artistes les plus aimés dupatrimoine culturel français. Son répertoire, impertinent mais jamais provocateur,
  9. 9. trace un portrait sans pitié, et pourtant si tendre, de ses contemporains.Aujourdhui encore, ses chansons sont reprises par des artistes du monde entier,et ses textes sont étudiés dans les écoles. Ses interprètes sont innombrables.Citons pour les étrangers, Graeme Allwright en anglais, Sam Alpha en créole ouPaco Ibanez en espagnol.Quant aux artistes français, la liste est longue de ceux qui lont chanté et lechantent encore : Maxime le Forestier, Renaud, Barbara ou Les frères Jacquessont parmi les plus célèbres à lui avoir consacré un album entier. A linitiative deJoël Favreau, un album, "Chantons Brassens" réunis des artistes et descomédiens (Michel Fugain, Manu Dibango, Philippe Léotard ou Françoise Hardy)autour du répertoire du chanteur. Mais la liste des hommages serait trop longue.Georges Brassens reste un artiste de référence largement apprécié et célébrédans le monde francophone. Créateur généreux et humaniste, lhomme à lacélèbre moustache occupe une place à part dans la mémoire de ses amis etadmirateurs.Août 1998
  10. 10. Poètes mis en musique par Georges BrassensLouis Aragon : Il ny a pas damour heureux.Théodore de Banville : Le verger du roi Louis.Pierre Corneille/Tristan Bernard : Marquise.Paul Fort : Comme hier. La marine. Le petit cheval. Si le bon Dieu lavait voulu.Victor Hugo : Altesse Gastibelza La légende de la nonne.Francis Jammes : La prière.Alphonse de Lamartine : Pensée des morts.Hégesippe Moreau : Sur la mort dune cousine de sept ans.Alfred de Musset : A mon frère, revenant dItalie. Ballade à la lune.Gustave Nadaud : Carcassonne. Le roi boiteux.Antoine Pol : Les Passantes.Jean Richepin : Oiseaux de passage. Philistins.Paul Verlaine : Colombine.François Villon : Ballades des dames du temps jadis.
  11. 11. Disque 1" La mauvaise réputation " – 195301 - La mauvaise réputation02 - Le fossoyeur03 - Le gorille04 - Le petit cheval (poème de Paul Fort)05 - Ballade des dames du temps jadis (Poème de François Villon)06 - Hécatombe07 - La chasse aux papillons08 - Le parapluie09 - La marine (Poème de Paul Fort)10 - Corne dAurochs11 - Il suffit de passer le pont12 - Comme hier (Poème de Paul Fort)
  12. 12. Disque 2" Les amoureux des bancs publics " – 195401 - Les amoureux des bancs publics02 - Brave Margot03 - Pauvre Martin04 - La première fille05 - La cane de Jeanne06 - Je suis un voyou07 - Jai rendez-vous avec vous08 - Le vent09 - Il ny a pas damour heureux (Poème de Louis Aragon)10 - La mauvaise herbe11 - Le mauvais sujet repenti12 - P... de toi
  13. 13. Disque 3" Chanson pour lAuvergnat " – 195501 - Chanson pour lAuvergnat02 - Les sabots dHélène03 - Marinette04 - Une jolie fleur05 - La légende de la nonne (Poème de Victor Hugo)06 - Colombine (Poème de Paul Verlaine)07 - Auprès de mon arbre08 - Gastibelza (Poème de Victor Hugo)09 - Le testament10 - La prière (Poème de Francis Jammes)11 - Le nombril des femmes dagents12 - Les croquants
  14. 14. Disque 4" Je me suis fait tout petit " - 195701 - Je me suis fait tout petit02 - Lamandier03 - Oncle Archibald04 - La marche nuptiale05 - Les lilas06 - Au bois de mon coeur07 - Grand-père08 - Celui qui a mal tourné09 - Le vin10 - Les Philistins (Poème de Jean Richepin)
  15. 15. Disque 5" Le pornographe " – 195801 - Le vieux Léon02 - La ronde des jurons03 - A lombre du coeur de ma mie04 - Le pornographe05 - Le père Noël et la petite fille06 - La femme dHector07 - Bonhomme08 - Les funérailles dantan09 - Le cocu10 - Comme une soeur
  16. 16. Disque 6" Le mécréant " – 196001 -La traîtresse02 - Tonton Nestor03 -Le bistrot04 - Embrasse-les tous05 - La ballade des cimetières06 - L’enterrement de Verlaine07 – Germaine Tourangelle08 – A Mireille dite ‘’ Petit Verglas’’09 - Pénélope10 - Lorage11 - Le mécréant12 - Le verger du roi Louis (Poème de François Villon)13 - Le temps passé14 - La fille à cent sous
  17. 17. Disque 7" Les trompettes de la renommée " - 196101 - Les trompettes de la renommée02 - Jeanne03 - Dans leau de la claire fontaine04 - Je rejoindrai ma Belle05 - La marguerite06 - Si le Bon Dieu lavait voulu07 - La Guerre de 14-1808 - Les amours dantan09 - Le temps ne fait rien à laffaire10 - Marquise11 - Lassassinat12 - La complainte des filles de joie
  18. 18. Disque 8" Les copains dabord " – 196401 - Les copains dabord02 - Les quatzarts03 - Le petit joueur de flûteau04 - La tondue05 - Le vingt-deux septembre06 - Les deux oncles07 - Vénus callipyge08 - Le mouton de Panurge09 - La route aux quatre chansons10 - Saturne11 - Le Grand Pan
  19. 19. Disque 9" Supplique pour être enterré sur une plage de Sète " – 196601 - Supplique pour être enterré sur une plage de Sète02 - Le fantôme03 - La fessée04 - Le pluriel05 - Les quatre bacheliers06 - Le bulletin de santé07 - La non-demande en mariage08 - Le grand chêne09 - Concurrence déloyale10 -Lépave11 - Le moyenâgeux
  20. 20. Disque 10" La religieuse " - 196901 - Misogynie mise à part02 - Bécassine03 - Lancêtre04 - Rien à jeter05 - Les oiseaux de passage06 - La religieuse07 - Pensée des morts08 - La rose, la bouteille et la poignée de main09 - Sale petit bonhomme
  21. 21. Disque 11" Fernande " - 197201 - Mourir pour des idées02 - Le Roi03 - Quatre-vingt-quinze pour cent04 - La ballade des gens qui sont nés quelque part05 - Sauf le respect que je vous dois06 - Stances à un cambrioleur07 - Le blason08 - La princesse et le croque-notes09 - Fernande10 - Les passantes11 - A lombre des maris
  22. 22. Disque 12" Don Juan " - 197601 - Trompe la mort02 - Les ricochets03 - Tempête dans un bénitier04 - Le boulevard du temps qui passe05 - Le modeste06 - Don Juan07 - Les casseuses08 - Cupidon sen fout09 - Montélimar10 - Histoire de faussaires11 - La messe au pendu12 - Lèche-cocu13 - Les patriotes14 - Mélanie
  23. 23. Disque 13" Disque document "Oeuvres de : Aristide Bruant, Gustave Nadaud, Alfred de Musset, Norge, HenriColpi interprétées par Georges Brassens.01 - Belleville-Ménilmontant (A. Bruant)02 - Places de Paris (A. Bruant)03 - A la place Maubert (A. Bruant)04 - A la Goutte dOr (A. Bruant)05 - Maman, Papa (Georges Brassens)06 - Elégie à un rat de cave (Georges Brassens)07 - Carcassonne (G. Nadaud, G. Brassens)08 - Le roi boiteux (G. Nadaud, G. Brassens)09 - Jehan ladvenu (Norge, Jacques Yvart)10 - Ballade à la lune (A. de Musset, G. Brassens)11 - A mon frère revenant dItalie (A. de Musset, G. Brassens)12 - Heureux qui comme Ulysse (H. Colpi, G. Delerue)
  24. 24. Disque 14Dernières chansons de Brassens interprétées par Jean Bertola01 - Quand les cons sont braves02 - Méchante avec de jolis seins03 - Dieu si il existe04 - Le vieux normand05 - Le passéiste06 - Ceux qui ne pensent pas commenous07 - La visite08 - La nymphomane09 - Clairette et la fourmi10 - Entre la rue Didot et la rue deVanves11 - Landropause12 - Entre lEspagne et lItalie13 - La maîtresse décole14 - Ce nest pas tout dêtre mon père15 - Le sceptique16 - Retouches à un roman damour de quatre sous17 - Le pêcheur
  25. 25. Disque 15" Le patrimoine " de Georges Brassens interprété par Jean Bertola01 - Lantéchrist02 - Si seulement elle était jolie03 - Le revenant04 - Tant quil y aura des Pyrénées05 - Chansonnette à celle qui restepucelle06 - La légion dhonneur07 - Sfaire enculer08 - Honte à qui peut chanter09 - Le progrès10 - Lorphelin11 - Les châteaux de sable12 - Jeanne Martin
  26. 26. Disque 16Diverses chansons de Georges Brassens enregistrées par dautresinterprètes01 - Le bricoleur, enregistrée par Patachou02 - Vendetta, enregistrée par Christian Méry03 - Le myosotis, enregistrée par Sacha Distel04 - Le chapeau de Mireille, enregistrée par Marcel Amont05 - Le vieux fossile, enregistrée par Marcel Amont06 - Une petite Eve en trop, enregistrée par Marcel Amont07 - Le coeur à lautomne, paroles de Pierre Louki enregistrée par Pierre Louki08 - Charlotte ou Sarah? paroles de Pierre Louki enregistrée par Pierre Louki09 - Sur la mort dune cousine de sept ans, paroles de Hégésippe Moreauenregistrée par les Compagnons de la Chanson
  27. 27. Disque 17" Les chansons de sa jeunesse " - 198001 - Avoir un bon copain 02 - On n’a pas besoin de la lune03 - Le bateau de pêche 04 - Ce petit chemin05 - Pour me rendre à mon bureau 06 - A Paris dans chaque faubourg07 - J’ai connu de vous 08 - Le refrain des chevaux de bois09 - Le général dort debout 10 - Verlaine11 - Sur mon phono 12 - Le bleu des bleuets13 - Sous le kiosque à musique 14 - Puisque vous partez en voyage15 - Y’a toujours un passage à niveau 16 - Il existe encore des bergères17 - A la Varenne 18 - La romance de la pluie19 - Une partie de pétanque 20 - Boum21 - Terre 22 - Les prénoms effacés23 - Quand un vicomte 24 - Le vieux château25 - Le fiacre 26 - Le chemin de ma belle27 - L’amour est passé près de vous 28 - La mala reputacion29 - La pata de Juana 30 - El testamento
  28. 28. Disque 18Live In Great Britain - 197301 - Auprès de mon arbre02 - Dans leau de la claire fontaine03 - Les sabots dHélène04 - Il ny a pas damour heureux05 - Hécatombe06 - Saturne07 - Le vieux Léon08 - Ballade des dames du temps jadis09 - Le fossoyeur10 - La chasse aux papillons11 - Bonhomme12 - Le gorille13 - La non-demande en mariage14 - La mauvaise réputation15 - Chanson pour l’Auvergnat16 - Les copains d’abord17 - Le roi
  29. 29. Disque 19" Georges Brassens - Archives 1953-1980 Inédits " - 2001Ce disque contient 23 pièces, enregistrées entre 1953 et 1980.Enregistrées en public à "La villa dEste", le 21 décembre 1953: • 1 - La mauvaise réputation • 2 - Le mauvais sujet repenti • 3 - Le parapluie • 4 - Hécatombe • 5 - La chasse aux papillons • 6 - Le gorille • 7 - Les amoureux des bancs publics • 8 - P... de toi • 9 - Brave Margot Enregistrée en décembre 62 pour lémission "Cadeaux insolites" de Claude Dufresnes: • 10 - Je suis swing Enregistrées pour l"émission "La la la" (2éme chaîne) de Janine Guyon, diffusée le 26 février 1966: • 11 - Au grand café Et en duo avec Charles Trenet: • 12 - Tout est au Duc • 13 - Le petit oiseau • 14 - Vous êtes jolie Enregistrée en 1970: • 15 - Jean rentre au village Séance de travail, rue Santos Dumont, chez Georges Brassens en 1972: • 16 - Les passantes, 1ière version • 17 - Les passantes, 2ième version Extrait de lémission "Le cabaret de lhistoire" (1ere chaîne) de Guy Breton: • 18 - Tu ten iras les pieds devant Extrait des séances denregistrement de lalbum "Brassens chante les chansons de sa jeunesse", 1980: • 19 - En quittant la ville, jentends • 20 - Adieu... Venise provençale • 21 - Ca sest passé un dimanche • 22 - Mimile Maquette réalisée en 1976, rue Santos Dumont, chez Georges Brassens: • 23 - Altesse
  30. 30. À la goutte dOrTexte: Aristide BruantEn ce temps là dans chaqu famille,On blanchissait de mère en filleMaintenant on blanchit encorÀ la goutt dOr. (Bis)Ell était encor demoiselleGrand-Maman, la belle IsabelleQuand elle épousa lgrand NestorÀ la goutt dOr. (Bis)Et Maman Pauline était sageLe jour quell se mit en ménageAvec Papa le ptit VictorÀ la goutt dOr. (Bis)À ctte époqu-là les fillettesLes gosslines, les gigolettesSmariaient avec leur trésorÀ la goutt dOr. (Bis)Leur fallait pas un mari pâleMais un garçon dlavoir… un mâle…Bien râblé… même un peu butorÀ la goutt dOr. (Bis)Ell scontentaient ljour de leur noceDun petit toilett pas féroceEt dun jeannette en similorÀ la goutt dOr. (Bis)Aujourdhui faut à ces dmoisellesDes machins avec des dentellesEt des vrais bijoux en vrai orÀ la goutt dOr. (Bis)Leur faut des jeuns homms en casquettesDes rouquins quont des rouflaquettesCollés sur un têt dhareng saurÀ la goutt dOr. (Bis)Et cest pour ça qules fillettesLes gosslines les gigolettesSmarient plus avec leur trésorÀ la goutt dOr. (Bis)Disque : Disque document, no 04
  31. 31. À la place MaubertTexte: Aristide BruantJe mdemande à quoi quon songeEn prolongeant la rue MongeÀ quoi quça nous sert…Des esquars des estatues,Quand on démolit, nos ruesÀ la plac Maubert ! (Bis)Avant qu’on y démolisseOn ne craignait pas la policeL’été comme l’hiverOn était toujours à l’ombredans un coin plus ou moins sombreÀ la plac Maubert ! (Bis)Quand on navait pas dmarmiteOn bouffait chez lpèr Lafrite.Pour un peu dauber :Le soir on lvait un pétasseUn choléra sans limaceÀ la plac Maubert ! (Bis)Pour trois ronds chez lpèr LunetteOù quchantait la môme ToinetteOn spayait lconcert.Pour six ronds au Château RougeOn sorguait avec sa gougeÀ la plac Maubert ! (Bis)Aussi bon Dieu ! jvous ldemandeQuand y aura pus dru GalandePus dHôtel ColbertOùsque vous voulez quys aillentLes purotins qui rouscaillentÀ la plac Maubert ! (Bis)Quon leur foute au moins des nichesComme on en fout aux canichesQuys soynt à couvertSous quéquchos qui les abriteQuand ys ntrouveront plus dgîteÀ la plac Maubert ! (Bis)Et quand ils rfileront la clocheY’zauront tous dans leur pochLe surin ouvertEt cjour là mes camarluchesLa nuit garaux lacromuchesDe la placMaubert , de la placMaubert (bis)Disque : Disque document, no 3
  32. 32. À lombre des marisParoles et Musique: Georges Brassens, 1972Les dragons de vertu nen prennent pas ombrage,Si javais eu lhonneur de commander à bord,A bord du Titanic quand il a fait naufrage,Jaurais crié:"Les femms adultères dabord!"Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière ...Car, pour combler les voeux, calmer la fièvre ardenteDu pauvre solitaire et qui nest pas de bois,Nulle nest comparable à lépouse inconstante.Femmes de chefs de gar, cest vous la fleur des bois.Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière...Quant à vous, messeigneurs, aimez à votre guise,En ce qui me concerne, ayant un jour comprisQuune femme adultère est plus quune autre exquise,Je cherche mon bonheur à lombre des maris.Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière...A lombre des maris mais, cela va sans dire,Pas nimporte lesquels, je les tri, les choisis.Si madame Dupont, daventure, mattire,Il faut que, par surcroît, Dupont me plaise aussi!Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière...Il convient que le bougre ait une bonne poireSinon, me ravisant, je détale à grands pas,Car je suis difficile et me refuse à boireDans le verr dun monsieur qui ne me revient pas.Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière...Ils sont loins mes débuts ou, manquant de pratique,Sur des femmes de flics je mis mon dévolu.Je nétais pas encore ouvert à lesthétique.Cette faute de goût je ne la commets plus.Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière...Oui, je suis tatillon, pointilleux, mais jestimeQue le mari doit être un gentleman complet,Car on finit tous deux par devenir intimesA force, à force de se passer le relaisNe jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière...Mais si lon tombe, hélas! sur des maris infâmes,Certains sont si courtois, si bons si chaleureux,Que, même après avoir cessé daimer leur femme,On fait encore semblant uniquement pour eux.
  33. 33. Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière...Cest mon cas ces temps-ci, je suis triste, malade,Quand je dois faire honneur à certaine pécore.Mais, son mari et moi, cest Oreste et Pylade,Et, pour garder lami, je la cajole encore.Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière...Non contente de me dé plaire, elle me trompe,Et les jours ou, furieux, voulant tout mettre à basJe cri:"La coupe est pleine, il est temps que je rompe!"Le mari me supplie:"Non ne me quittez pas!"Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière...Et je reste, et, tous deux, ensemble on se flagorne.Moi, je lui dis:"Cest vous mon cocu préféré."Il me réplique alors:"Entre toutes mes cornes,Celles que je vous dois, mon cher, me sont sacrées."Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,Je suis derrière...Et je reste et, parfois, lorsque cette pimbêcheSattarde en compagni de son nouvel amant,Que la nurse est sorti, le mari à la pêche,Cest moi, pauvre de moi! qui garde les enfants.Ne jetez pas la pierre à la femme adultère.Disque : Fernande, no 11
  34. 34. À lombre du coeur de ma mie1958A lombre du coeur de ma mi (bis)Un oiseau sétait endormi (bis)Un jour quelle faisait semblantDêtre la Belle au bois dormant.Et moi, me mettant à genoux, (bis)Bonnes fés, sauvegardez-nous ! (bis)Sur ce coeur jai voulu poserUne manière de baiser.Alors cet oiseau de malheur (bis)Se mit à crier Au voleur ! (bis)Au voleur ! et A lassassin !Comm si jen voulais à son sein.Aux appels de cet étourneau, (bis)Grand branle-bas dans Landerneau: (bis)Tout le monde et son père accourtAussitôt lui porter secours.Tant de rumeurs, de grondements, (bis)Ont fait peur aux enchantements, (bis)Et la belle désabuséeFerma son coeur à mon baiser.Et cest depuis ce temps, ma soeur, (bis)Que je suis devenu chasseur, (bis)Que mon arbalète à la mainJe cours les bois et les chemins.Disque : Le pornographe, no 3
  35. 35. À Mireille dit " Petit verglas "Poème de Paul FortNe tremblez pas, mais je dois le dire elle fut assassinée au couteau parun fichu mauvais garçon, dans sa chambre, là-bas derrière le Panthéon,rue Descartes, où mourut Paul Verlaine.O ! oui, je lai bien aimée ma petite " Petit Verglas " à moi si bonneet si douce et si triste. Pourquoi sa tristesse ? Je ne lavais pasdeviné, je ne pouvais pas le deviner.Non, je lai su après tu me lavais caché que ton père était mortsur léchafaud, Petit Verglas ! Jaurais bien dû le comprendre à tessourires.Jaurais dû le deviner à tes petits yeux, battus de sang, à ton bleuregard indéfinissable, papillotant et plein de retenue.Et moi qui avais toujours lair de te dire " Mademoiselle, voulez-vouspartager ma statue ? " Ah ! Jaurais dû comprendre à tes sourires, tesyeux bleus battus et plein de retenue.Et je tappelais comme ça, le Petit Verglas, que cest bête un poète !O petite chair transie ! Moi, je lai su après que ton père était mortainsi...Pardonne-moi, Petit Verglas. Volez, les anges !Disque : Le mécréant, no 8
  36. 36. À mon frère revenant dItaliePoème de Alfred de Musset, musique de Georges Brassens, 1972Ainsi, mon cher, tu ten reviensDu pays dont je me souviens,Comme dun rêve,De ces beaux lieux où lorangerNaquit pour nous dédommagerDu péché dÈve.Tu las vu, ce fantôme altierQui jadis eut le monde entierSous son empire.César dans sa pourpre est tombé ;Dans un petit manteau dabbéSa veuve expire.Tu tes bercé sur ce flot purOù Naples enchâsse dans lazurSa mosaïque,Oreiller des lazzaroniOù sont nés le macaroniEt la musique.Quil soit rusé, simple ou moqueur,Nest-ce pas quil nous laisse au cœurUn charme étrange,Ce peuple ami de la gaietéQui donnerait gloire et beautéPour une orange ?Ischia ! cest là quon a des yeux,Cest là quun corsage amoureuxSerre la hanche.Sur un bas rouge bien tiréBrille, sous le jupon doré,La mule blanche.Pauvre Ischia ! bien des gens nont vuTes jeunes filles que pied nuDans la poussière.On les endimanche à prix dor ;Mais ton pur soleil brille encorSur leur misère.Quoi quil en soit, il est certainQue lon ne parle pas latinDans les Abruzzes,Et que jamais un postillonNy sera lenfant dApollonNi des neuf Muses.Toits superbes ! froids monuments !Linceul dor sur des ossements !Ci-gît Venise.Là mon pauvre coeur est resté.Sil doit men être rapporté,Dieu le conduise !Mais de quoi vais-je ici parler ?Que ferait lhomme désolé,Quand toi, cher frère,Ces lieux où jai failli mourir,
  37. 37. Tu ten viens de les parcourirPour te distraire?Frère, ne ten va plus si loin.Dun peu daide jai grand besoin,Quoi quil madvienne.Je ne sais où va mon chemin,Mais je marche mieux quand ta mainSerre la mienne.Disque : Disque document, no 11
  38. 38. AltesseTexte de Victor Hugo, musique de Georges BrassensAltesse, il ma fallu des revers, des traverses,De beaux soleils coupés deffroyables averses.Être pauvre, être errant, et triste, être cocuEt recevoir beaucoup de coups de pieds au cul.Avoir des trous lhiver à mes grègues de toileGrelotter et pourtant, contempler les étoilesPour devenir, après tous mes beaux jours enfuisLe philosophe illustre et profond que je suis.Disque : Archives 1953-1980 Inédits, no 23
  39. 39. Au bois de mon coeurParoles et musique: Georges Brassens, 1957Note: Musique pour le film Porte des LilasAu bois d Clamart y a des petits fleurs,Y a des petits fleurs,Y a des copains au, au bois d mon coeur,Au, au bois d mon coeur.Au fond de d ma cour j suis renommé, (bis)Jsuis renomméPour avoir le coeur mal famé,Le coeur mal famé.Au bois d Vincenne y a des petits fleurs,Y a des petits fleurs,Y a des copains au, au bois d mon coeur,Au, au bois d mon coeur.Quand y a plus d vin dans mon tonneau, (bis)Dans mon tonneau,Ils nont pas peur de boir mon eau,De boire mon eau.Au bois d Meudon y a des petits fleurs,Y a des petits fleurs,Y a des copains au, au bois d mon coeur,Au, au bois d mon coeur.Ils maccompagnent à la mairie, (bis)A la mairie,Chaque fois que je me marie,Que je me marie.Au bois d Saint-Cloud y a des petits fleurs,Y a des petits fleurs,Y a des copains au, au bois d mon coeur,Au, au bois d mon coeur.Chaqu fois qu je meurs fidèlement, (bis)Fidèlement,Ils suivent mon enterrement,Mon enterrement.... des petites fleurs... (bis)Au, au bois d mon coeur... (bis)Disque : Je me suis fait tout petit, no 6
  40. 40. Auprès de mon arbreParoles et musique: Georges Brassens, 1955Auprès de mon arbre,Je vivais heureuxJaurais jamais dû méloigner d mon arbreAuprès de mon arbre,Je vivais heureuxJaurais jamais dû le quitter des yeux.Jai plaqué mon chêneComme un saligaudMon copain le chêneMon alter egoOn était du même boisUn peu rustique un peu bruteDont on fait nimporte quoiSauf naturellment les flûtesJai maintnant des frênesDes arbrs de JudéeTous de bonne graineDe haute futaieMais toi tu manque à lappelMa vieille branche de campagneMon seul arbre de NoëlMon mât de cocagne.(refrain)Je suis un pauvr typeJaurais plus de joieJai jeté ma pipeMa vieill pipe en boisQuavait fumé sans s fâcherSans jamais mbrûlé la lippeL tabac d la vache enragéeDans sa bonn vieill têt de pipeJai des pips décumeOrnées de fleuronsDe ces pips quon fumeEn levant le frontMais j retrouvrai plus ma foiDans mon coeur ni sur ma lippeLe goût d ma vieill pip en boisSacré nom dun pipe.(refrain)Le surnom dinfâmeMe va comme un gantDavec ma femmeJai foutu le campParc que depuis tant dannéesCétait pas un sinécureDe lui voir tout l temps le nezAu milieu de la figureJe bas la campagnePour dénicher laNouvelle compagneValant celle-làQui, bien sûr, laissait beaucoupTrop de pierrs dans les lentillesMais se pendait à mon couQuand j perdais mes billes.
  41. 41. (refrain)Javais un mansardePour tout logementAvec des lézardesSur le firmamentJe lsavais par coeur depuisEt pour un baiser la courseJemmenais mes bells de nuitsFaire un tour sur la grande ourseJhabit plus d mansardeIl peut désormaisTomber des hallbardesJe men bats loeil mais,Mais si quelquun monte aux cieuxMoins que moi jy paie des prunesY a cent sept ans qui dit mieux,Qu jai pas vu la lune!(au refrain)Disque : Chanson pour lAuvergnat, no 7
  42. 42. Ballade à la lunePoème de Alfred de Musset, musique de Georges Brassens, 1972Cétait, dans la nuit brune,Sur un clocher jauni,La lune,Comme un point sur un i.Lune, quel esprit sombrePromène au bout dun fil,Dans lombre,Ta face et ton profil ?Es-tu loeil du ciel borgne ?Quel chérubin cafardNous lorgneSous ton masque blafard ?Est-ce un ver qui te rongeQuand ton disque noirciSallongeEn croissant rétréci ?Es-tu, je ten soupçonne,Le vieux cadran de ferQui sonneLheure aux damnés denfer ?Sur ton front qui voyage,Ce soir ont-ils comptéQuel âgeA leur éternité ?Qui tavait éborgnéeLautre nuit ? Tétais-tuCognéeContre un arbre pointu ?Car tu vins, pâle et morne,Coller sur mes carreauxTa corne,A travers les barreaux.Lune, en notre mémoire,De tes belles amoursLhistoireTembellira toujours.Et toujours rajeunie,Tu seras du passantBénie,Pleine lune ou croissant.Et quil vente ou quil neige,Moi-même, chaque soir,Que fais-je,Venant ici masseoir ?Je viens voir à la brune,Sur le clocher jauniLa luneComme un point sur un i.
  43. 43. Je viens voir à la brune,Sur le clocher jauni,La lune,Comme un point sur un i.Disque : Disque document, no 10
  44. 44. Ballade des dames du temps jadisPoème de François Villon, musique de Georges Brassens, 1954Dites moy où, nen quel paysEst Flora la belle Romaine,Archipiades, né ThaïsQui fut sa cousine germaine,Echo parlant quand bruyt on maineDessus rivière ou sus estanQui beaulté ot trop plus quhumaine.Mais où sont les neiges dantan?Qui beaulté ot trop plus quhumaine.Mais où sont les neiges dantan?Où est la très sage Hélloïs,Pour qui chastré fut et puis moynePierre Esbaillart a Saint Denis?Pour son amour ot ceste essoyne.Semblablement, où est la royneQui commanda que BuridanFut geté en ung sac en Saine?Mais où sont les neiges dantan?Fut geté en ung sac en Saine?Mais où sont les neiges dantan?La royne blanche comme lisQui chantoit a voix de seraine,Berte au grand pié, Bietris, AlisHaremburgis qui tient le Maine,Et Jehanne la bonne LorraineQuEnglois brûlèrent à Rouen;Où sont ils, Vierge souveraine?Mais où sont les neiges dantan?Où sont ils, Vierge souveraine?Mais où sont les neiges dantan?Prince, nenquérez de sepmaineOù elles sont, ne de cest an,Quà ce refrain ne vous remaine:Mais où sont les neiges dantan?Quà ce refrain en vous remaine;Mais où sont les neiges dantan?Disque : La mauvaise réputation, no 5
  45. 45. Bécassine1969Un champ de blé prenait racineSous la coiffe de Bécassine,Ceux qui cherchaient la toison dorAilleurs avaient bigrement tort.Tous les seigneurs du voisinage,Les gros bonnets, grands personnages,Rêvaient de joindre à leur blasonUne boucle de sa toison.Un champ de blé prenait racineSous la coiffe de Bécassine.Cest une espèce de robin,Nayant pas lombre dun lopin,Quelle laissa pendre, vainqueur,Au bout de ses accroche-coeurs.Cest une sorte de manant,Un amoureux du tout-venantQui pourra chanter la chansonDes blés dor en toute saisonEt jusquà lheure du trépas,Si le diable sen mêle pas.Au fond des yeux de BécassineDeux pervenches prenaient racine,Si belles que SémiramisNe sen est jamais bien remis.Et les grands noms à majuscules,Les Cupidons à particulesAuraient cédé tous leurs acquêtsEn échange de ce bouquet.Au fond des yeux de BécassineDeux pervenches prenaient racine.Cest une espèce de gredin,Nayant pas lombre dun jardin,Un soupirant de rien du toutQui lui fit faire les yeux doux.Cest une sorte de manant,Un amoureux du tout-venantQui pourra chanter la chansonDes fleurs bleues en toute saisonEt jusquà lheure du trépas,Si le diable sen mêle pas.A sa bouche, deux belles guignes,Deux cerises tout à fait dignes,Tout à fait dignes du panierDe madame de Sévigné.Les hobereaux, les gentillâtres,Tombés tous fous delle, idolâtres,Auraient bien mis leur bourse à platPour soffrir ces deux guignes-là,Tout à fait dignes du panierDe madame de Sévigné.Cest une espèce détranger,Nayant pas lombre dun verger,Qui fit souvrir, qui étrennaSes jolies lèvres incarnat.Cest une sorte de manant,Un amoureux du tout-venantQui pourra chanter la chanson
  46. 46. Du temps des cerises en toute saisonEt jusquà lheure du trépas,Si le diable sen mêle pas.Cest une sorte de manant,Un amoureux du tout-venantQui pourra chanter la chansonDu temps des cerises en toute saisonEt jusquà lheure du trépas,Si le diable sen mêle pas.Disque : La religieuse, no 2
  47. 47. Belleville-MénilmontantTexte: Aristide BruantPapa cétait un lapinQui sapplait J.-B. ChopinEt quavait son domicileÀ Bellville ;Lsoir, avec sa ptit familleYsbaladait en chantantDes hauteurs de la CourtilleÀ Ménilmontant. (Bis)Lbuvait si peu quun soirOn la trouvé sultrottoirIl tait crevé ben tranquilleÀ Bellville ;On la mis dans dla terrglaisePour un prix exorbitantTout en haut du Pèr LachaiseÀ Ménilmontant. (Bis)Depuis cest moi quest lsouteneurNaturel à ma ptit sœurQuest lamie dla ptit CécileÀ Bellville ;Quest soutnue par son grand frèreQui sappell Éloi ConstantQua jamais connu son pèreÀ Ménilmontant. (Bis)Ma sœur est avec ÉloiDont la sœur est avec moiLsoir sulboulvard ejla rfileÀ Bellville ;Comm ça jgagn pas mal de braiseMon beau-frère en gagne autantPuisquy rfile ma sœur ThérèseÀ Ménilmontant. (Bis)Ldimanche au lieu dtravaillerJmont les môms au poulaillerVoir jouer ldrame ou lvaudvilleÀ Bellville ;Le soir on fait des épatesOn étal son culbutantMinc des gnoux et larg des pattesÀ Ménilmontant. (Bis)Cest comm ça qucest lvrai moyenDdevnir un bon citoyenOn grandit, sans sfair de bileÀ Bellville ;On cri : « Viv lindépendance ! »On a lcœur bath et contentEt lon nag dans labondanceÀ Ménilmontant. (Bis)Disque : Disque document, no 1
  48. 48. BonhommeParoles et musique: Georges Brassens, 1956Malgré la bise qui mord,La pauvre vieille de sommeVa ramasser du bois mortPour chauffer Bonhomme,Bonhomme qui va mourirDe mort naturelle.Mélancolique, elle vaA travers la forêt blêmeOù jadis elle rêvaDe celui quelle aime,Quelle aime et qui va mourirDe mort naturelle.Rien narrêtera le coursDe la vieille qui moissonneLe bois mort de ses doigts gourds,Ni rien ni personne,Car Bonhomme va mourirDe mort naturelle.Non, rien ne larrêtera,Ni cette voix de malheur(e)Qui dit : "Quand tu rentrerasChez toi, tout à lheure,Bonhomm sera déjà mortDe mort naturelle."Ni cette autre et sombre voix,Montant du plus profond delle,Lui rappeler que, parfois,Il fut infidèle,Car Bonhomme, il va mourirDe mort naturelle.Disque : Le pornographe, no 7
  49. 49. Brave MargotParoles et musique: George Brassens, 1952Même musique que Pour ma Jeannette, 1943Margonton la jeune bergèreTrouvant dans lherbe un petit chatQui venait de perdre sa mèreLadoptaElle entrouvre sa colleretteEt le couche contre son seincétait tout c quelle avait pauvretteComm coussinLe chat la prenant pour sa mèreSe mit à téter tout de goEmue, Margot le laissa faireBrav margotUn croquant passant à la rondeTrouvant le tableau peu communSen alla le dire à tout l mondeEt le lendemainRefrainQuand Margot dégrafait son corsagePour donner la gougoutte à son chatTous les gars, tous les gars du villageEtaient là, la la la la la laEtaient là, la la la la laEt Margot quétait simple et très sagePrésumait qu cétait pour voir son chatqules gars , tous les gars du villageEtaient là, la la la la la laEtaient là, la la la la la.L maître décole et ses potachesLe mair, le bedeau, le bougnatNégligeaient carrément leur tachePour voir çaLe facteur dordinair si prestePour voir ça, n distribuait plusLes lettre que personne au resteNaurait lues.Pour voir ça, Dieu le pardonne,Les enfants de coeur au milieuDu Saint Sacrifice abandonnentLe Saint lieu.Les gendarmes, mem mes gendarmesQui sont par natur si ballotsSe laissaient toucher par les charmesDu joli tableau.(au refrain)Mais les autr’s femm’s de la communePrivé’s d’leurs époux, d’leurs galants,Accumulèrent la rancunePatiemment…Puis un jour, ivres de colère,Elles s’armèrent de bâtonsEt, farouch’s, elles immolèrentLe chaton…La bergère, après bien des larmesPour s’consoler prit un mariEt ne dévoila plus ses charmesQue pour lui…
  50. 50. Le temps passa sur les mémoires,On oublia l’événement,Seuls des vieux racontent encoreA leurs p’tits enfants…(au refrain)Disque : Les amoureux des bancs publics, no 2
  51. 51. CarcassonnePoème de Gustave Nadaud, musique de Georges Brassens, 1945-1972)Note: Même musique que pour Le nombril des femmes dagents et Il na pas eu la chaude-pisse"Je me fais vieux, jai soixante ans,Jai travaillé toute ma vieSans avoir, durant tout ce temps,Pu satisfaire mon envie.Je vois bien quil nest ici-basDe bonheur complet pour personne.Mon voeu ne saccomplira pas :Je nai jamais vu Carcassonne !""On dit quon y voit tous les jours,Ni plus ni moins que les dimanches,Des gens sen aller sur le cours,En habits neufs, en robes blanches.On dit quon y voit des châteauxGrands comme ceux de Babylone,Un évêque et deux généraux !Je ne connais pas Carcassonne !""Le vicaire a cent fois raison :Cest des imprudents que nous sommes.Il disait dans son oraisonQue lambition perd les hommes.Si je pouvais trouver pourtantDeux jours sur la fin de lautomne…Mon Dieu ! que je mourrais contentAprès avoir vu Carcassonne !""Mon Dieu ! mon Dieu ! pardonnez-moiSi ma prière vous offense ;On voit toujours plus haut que soi,En vieillesse comme en enfance.Ma femme, avec mon fils Aignan,A voyagé jusquà Narbonne ;Mon filleul a vu Perpignan,Et je nai pas vu Carcassonne !"Ainsi chantait, près de Limoux,Un paysan courbé par lâge.Je lui dis : "Ami, levez-vous;Nous allons faire le voyage."Nous partîmes le lendemain;Mais (que le bon Dieu lui pardonne !)Il mourut à moitié chemin :Il na jamais vu Carcassonne !Disque : Disque document, no 7
  52. 52. Celui qui a mal tournéParoles et musique: Georges Brassens, 1957Il y avait des temps et des tempsQuje nmétais pas servi dmes dentsQuje n mettais pas dvin dans mon eauNi de charbon dans mon fourneau.Tous les croque-morts, silencieux,Me dévoraient déjà des yeux:Ma dernière heure allait sonner...Cest alors que jai mal tourné.Ny allant pas par quatre chemins,Jestourbis en un tournemain,En un coup de bûche excessif,Un noctambule en or massif.Les chats fourrés, quand ils lont su,Mont posé la patte dessusPour menvoyer à la SantéMe refaire une honnêteté.Machin, Chose, Un tel, Une telle,Tous ceux du commun des mortelsFurent davis que jaurais dûEn bonn justice être penduA la lanterne et sur-le-champ.Y svoyaient déjà partageantMa corde, en tout bien tout honneur,En guise de porte-bonheur.Au bout dun siècle, on ma jetéA la porte de la Santé.Comme je suis sentimental,Je retourne au quartier natal,Baissant le nez, rasant les murs,Mal à laise sur mes fémurs,Mattendant à voir les humainsSe détourner de mon chemin.Y en a un qui ma dit: " Salut!Te revoir, on ny comptait plus... "Y en a un qui ma demandéDes nouvelles de ma santé.Lors, jai vu quil restait encor’Du monde et du beau mond sur terre,Et jai pleuré, le cul par terre,Toutes les larmes de mon corps.Disque : Je me suis fait tout petit, no 8
  53. 53. Ce nest pas tout dêtre mon pèreParoles: Georges Brassens, 1980Interprétée par Jean BertolaDu fait quun couple de fieffésMinables a pris le caféDu pauvre, on naît et nous voilàContraints destimer ces gens-là.Parc quun minus de cinq à septChevauche une pauvre mazetteQui resta froide, sortit duNéant un qui naurait pas dû.RefrainCe nest pas tout dêtre mon père,Il faut aussi me plaire.Êtr mon fils ce nest pas tout,Il faut me plaire itou.Trouver son père sympathique,Cest pas automatique.Avoir un fils qui nous agrée,Ce nest pas assuré.Quand on savise de venirSur terre, il faut se prémunirContre la tentation facileDêtre un rejeton dimbécile.Ne pas mettre au monde un connard,Cest malcommode et cest un artQue ne pratique pas souventLa majorité des vivants.(Au Refrain)Lenfant naturel, lorphelinEst malheureux et je le plains,Mais, du moins, il nest pas tenuAu respect dun père inconnu.Jésus, lui, fut plus avisé,Et plutôt que de sexposerA prendre un crétin pour papa,Il aima mieux nen avoir pas.(Au Refrain)Cest pas un compte personnelQue je règle ; mon paternel,Brave vieux, me plaisait beaucoup,Était tout à fait à mon goût.Quant à moi qui, malgré des tasDe galipettes de fada,Nai point engendré de petits,J nai pas pu faire dabrutis.(Au Refrain)Disque : Dernières chansons de Brassens, no 14
  54. 54. Cétait un peu lesteJamais endisqué?Paroles de Georges Brassens, musique et interprétation de ZimmermannEt quand elle eut fini de coudre le linceulEt de faire la sieste,La veuve a décidé de ne pas rester seuleCétait un peu leste.Et quand elle eut fini de couver ce desseinElle mit sa veste,Et vint frapper chez moi, son plus proche voisin,Cétait un peu leste.Et quand elle eut fini la dernière bouchéeDun repas modeste,Ell dit : "Il se fait tard, cest lheur de se coucher",Cétait un peu leste.Et quand elle eut fini de bassiner le lit,Alea jacta est(e),Dans ses bras accueillants, jétais enseveli,Cétait un peu leste.Et quand elle eut fini d me presser sur son coeur,De leurs voix célestesLes anges dalentour soupiraient tous en choeur,Cétait un peu leste.Et quand elle eut fini d reprendre ses esprits,Elle manifesteLa fâcheuse intention de mavoir pour mari,Cétait un peu leste.Et quand elle eut fini de tenir ces propos,Tonnerre de Brest(e) !Je la flanquai dehors avec ses oripeaux,Cétait un peu leste.Et quand elle eut fini de dévaler l perronEt dit : "J te déteste",Elle se pendit au cou dun troisième larron,Cétait un peu leste.Et quand elle fut sortie de mon champ visuel,Parfumés dun zeste,Je bus cinq à six coups, lantidote usuel,Cétait un peu leste.Et quand jeus bien cuvé mon vin, je me suis dit,Regrettant mon geste,Que javais peut-être pas été des plus gentils,Cétait un peu leste.Et quand ell mentendit fair mon mea culpa,La petite peste,Me fit alors savoir quell ne men voulait pas,Cétait un peu leste.Et quand à lavenir ell tombra veuve encor,Son penchant funeste,Quelle vienne frapper chez moi dès la levée du corpsSans dmander son reste !
  55. 55. Ceux qui ne pensent pas comme nousParoles: Georges Brassens, 1982Interprétée par Jean BertolaQuand on nest pas daccord avec le fort en thèmeQui, chez les sorbonnards, fit ses humanités,On murmure in petto : "Cest un vrai Nicodème,Un balourd, un bélître, un bel âne bâté."Moi qui pris mes leçons chez lengeance argotique,Je dis en loccurrence, excusez le jargon,Si la forme a changé le fond reste identique :"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."RefrainEntre nous soit dit, bonnes gens,Pour reconnaîtreQue lon nest pas intelligent,Il faudrait lêtre.Entre nous soit dit, bonnes gens,Pour reconnaîtreQue lon nest pas intelligent,Il faudrait lêtre.Jouant les ingénus, le père de Candide,Le génial Voltaire, en substance écrivitQuil souffrait volontiers - complaisance splendide -Que lon ne se conformât point à son avis."Vous proférez, Monsieur, des sottises énormes,Mais jusque à la mort, je me battrais pour quonVous les laissât tenir. Attendez-moi sous lorme !""Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."(Au Refrain)Si ça nentraîne pas une guerre civileQuand un fâcheux me contrarie, cest - soyons francs -Un peu par sympathie, par courtoisie servile,Un peu par vanité davoir lair tolérant,Un peu par crainte aussi que cette grosse bêtePrise à rebrousse-poil ne sorte de ses gondsPour mettre à coups de poing son credo dans ma tête."Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."(Au Refrain)La morale de ma petite ritournelle,Il semble superflu de vous lexpliciter.Elle coule de source, elle est incluse en elle :Faut choisir entre deux éventualités.En fait dalternative, on fait pas plus facile.Ceux qui laiment, parbleu, sont des esprits féconds,Ceux qui ne laiment pas, de pauvres imbéciles."Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."(Au Refrain)Disque : Dernières chansons de Brassens, no 6
  56. 56. Chanson pour lAuvergnatParoles et musique: George Brassens, 1954Elle est à toi cette chansonToi lAuvergnat qui sans façonMas donné quatre bouts de boisQuand dans ma vie il faisait froidToi qui mas donné du feu quandLes croquantes et les croquantsTous les gens bien intentionnésMavaient fermé la porte au nezCe nétait rien quun feu de boisMais il mavait chauffé le corpsEt dans mon âme il brûle encoreA la manièr dun feu de joie.Toi lauvergnat quand tu mourrasQuand le croqumort temporteraQuil te conduise à travers cielAu père éternel.Elle est à toi cette chansonToi lhôtesse qui sans façonMas donné quatre bouts de painQuand dans ma vie il faisait faimToi qui mouvris ta huche quandLes croquantes et les croquantsTous les gens bien intentionnésSamusaient a me voir jeûnerCe nétait rien quun peu de painMais il mavait chauffé le corpsEt dans mon âme il brûle encoreA la manièr dun grand festin.Toi lhôtesse quand tu mourrasQuand le croqumort temporteraQuil te conduise à travers cielAu père éternel.Elle est à toi cette chansonToi létranger qui sans façonDun air malheureux mas souriLorsque les gendarmes mont prisToi qui nas pas applaudi quandLes croquantes et les croquantsTous les gens bien intentionnésRiaient de me voir emmenerCe nétait rien quun peu de mielMais il mavait chauffé le corpsEt dans mon âme il brûle encoreA la manièr dun grand soleil.Toi létranger quand tu mourrasQuand le croqumort temporteraQuil te conduise à travers cielAu père éternel.Disque : Chanson pour lAuvergnat, no 1
  57. 57. Chansonnette à celle qui reste pucelleParoles: Georges Brassens, musique: Jean Bertola, 1985Interprété par Jean BertolaJadis la mineurePerdait son honneur(e)Au moindre faux pasCes moeurs nont plus cours deNos jours cest la gourdeQui ne le fait pas.Toute ton école,Petite, rigoleQuencore à seize ansTu sois vierge et sage,Fidèle à lusageCaduc à présent.Malgré les exemplesDe gosses, plus ampleInformé que toi,Et quon dépucelleAvec leur crécelleAu bout de leurs doigts.Chacun te brocardeDe ce que tu gardesTa fleur doranger,Pour la bonne cause,Et chacune gloseSur tes préjugés.Et tu sers de cibleMais reste insensibleAux propos moqueurs,Aux traits à la gomme.Comporte-toi commeTe le dit ton coeur.Quoi que lon raconte,Y a pas plus de honteA se refuser,Ni plus de mériteDailleurs, ma petite,Quà se faire baiser.FacultatifsCertes, si te presseLa soif de caresses,Cours, saute avec lesVénus de Panurge.Va, mais si rien nurge,Faut pas temballer.Mais si tu succombes,Sache surtout quon peutÊtre passée parOnze mille verges,Et demeurer vierge,Paradoxe à part.Disque : Le patrimoine, no 5
  58. 58. Charlotte ou Sarah?Paroles et interprétation de Pierre Louki, musique de Georges Brassens, 1942Même musique que pour Le bon dieu est swingNayant pas connu lamour depuis plus de vingt ansJavais, disons, le coeur en veilleuse.Pourtant jai du sex-appeal et je suis bien portant,Mais pas de Juliette pour autant.Et voilà que dans ma vie tombent en même tempsDeux créatures ensorceleuses.Mais deux à la fois cest beaucoup pour un débutant,Pardonnez si je suis hésitant.Je nsais pasSi je dois baiser CharlotteOu embras-Ser Sarah.Charlotte aDe délicieuses culottes,Sarah a de beaux bras.Je nsais pasSi Charlotte sans culotteEst mieux quSa-Rah sans bras.Si cest laCulotte qui me piloteVoyez mon embarras.Je n peux pas dire que je naime pas Sarah à cause des culottes quelle na pas.Mais j peux pas soutenir de même que Charlotte ne me plaît pas à cause desbras de Sarah.Dans mon casComment faire saperlotte ?Si je choi-Sis Sarah,Dans ses brasLa culotte de CharlottePour sûr me manquera.Plus je rêve de cueillir ces fruits damour charmantsEt plus jappréhende la cueillette.Me faudra-t-il les honorer simultanémentEt comment men sortir autrement ?Si je peux offrir mon coeur à chacune en donnantUn ventricule et une oreillette,Il est dautres attributs que je ne puis vraimentDétailler inconsidérément.Je nsais pasSi je dois chasser CharlotteOu rembar-Rer Sarah.Que feraLa culotte de CharlotteSi Sarah baisse les bras ?Et si Sa-Rah veut porter la culotte,Quest-c que Char-Lotte dira ?Car si Char-Lotte a beaucoup de culottes,Sarah na que deux bras.Bien sûr Charlotte masticote, pour un coeur tant et tant de culottes, tentation !Oui mais Sarah est polyglotte, une polyglotte sans culotte cest bien pour laconversation.
  59. 59. Me faudra-T-il me donner à CharlotteEt SarahA la fois ?Gare à moi,Si deux souris me pelotent,Je suis fait comme un rat.Je n sais pasSi je dois baiser CharlotteOu embras-Ser Sarah.Charlotte aDe délicieuses culottes,Sarah a de beaux bras.Disque - Autres interprètes, no 8
  60. 60. Clairette et la fourmiParoles: Georges Brassens, 1982Interprétée par Jean BertolaJétais pas lamant de Clairette,Mais son ami.De jamais lui conter fleuretteJavais promis.Un jour quon cardait ses chevrettesAux champs, parmiLherbe tendre et les pâquerettes,Elle sendormit.Lherbe tendre et les pâquerettes,Elle sendormit.Durant son sommeil, indiscrète,Une fourmiSe glissa dans sa collerette,Quelle infamie !Moi, pour secourir la pauvrette,Vite je misMa patte sur sa gorgerette :Elle a blêmi.Ma patte sur sa gorgerette :Elle a blêmi.Crime de lèse-bergeretteJavais commis.Par des gifles que rien narrêteJe suis puni,Et pas des gifles dopérette,Pas des demies.Jen ai gardé belle luretteLe cou démis.Jen ai gardé belle luretteLe cou démis.Quand jai tort, moi, quon me maltraite,Daccord, admis !Mais quand jai rien fait, je regrette,Cest pas permis.Voilà quà partir je mapprêteSans bonhomie,Cest alors que la guillerettePrend lair soumis.Cest alors que la guillerettePrend lair soumis.Elle dit, baissant les mirettes :"Cest moi qui ai mis,Au-dedans de ma collerette,Cette fourmi."Les clés de ses beautés secrètesEll ma remis.Le ciel me tombe sur la crêteSi lon dormit.Le ciel me tombe sur la crêteSi lon dormit.Je suis plus lami de Clairette,Mais son promis.Je ne lui contais pas fleurette,Je my suis mis.De jour en jour notre amouretteSe raffermit.
  61. 61. Dieu protège les bergerettesEt les fourmis !Dieu protège les bergerettesEt les fourmis !Disque : Dernières chansons de Brassens, no 8
  62. 62. ColombinePoème de Verlaine, musique de Georges Brassens, 1956Léandre le sot,Pierrot qui dun sautDe puceFranchit le buisson,Cassandre sous sonCapuce,Arlequin aussi,Cet aigrefin siFantasque,Aux costumes fous,Les yeux luisant sousSon masque,Do, mi, sol, mi, fa,Tout ce monde va,Rit, chanteEt danse devantUne frêle enfantMéchanteDont les yeux perversComme les yeux vertsDes chattesGardent ses appasEt disent :"A bas Les pattes !"Limplacable enfant,Preste et relevantSes jupes,La rose au chapeau,Conduit son troupeauDe dupes !Disque : Chanson pour lAuvergnat, no 6
  63. 63. Comme hierPoème de Paul Fort, musique de Georges Brassens, 1953Hé! donn moi ta bouche, hé ! ma jolie fraise !Laube a mis des fraiss plein notr horizon.Garde tes dindons, moi mes porcs, Thérèse.Ne rpouss pas du pied mes ptits cochons.Va, comme hier ! comme hier ! comme hier !Si tu ne maimes point, cest moi qui taimrons.Lun tient le couteau, lautre la cuiller:La vie, cest toujours les mêmes chansons.Pour sauter l gros sourceau de pierre en pierre,Comme tous les jours mes bras tenlèvront.Nos dindes, nos truies nous suivront légères.Ne rpouss pas du pied mes ptits cochons.Va, comme hier ! comme hier ! comme hier !Si tu ne maimes point, cest moi qui taimerons.La vie, cest toujours amour et misère.La vie, cest toujours les mêmes chansons.Jai tant de respect pour ton coeur, Thérèse.Et pour tes dindons, quand nous nous aimons.Quand nous nous fâchons, hé ! ma jolie fraise,Ne rpouss pas du pied mes ptits cochons.Va, comme hier ! comme hier ! comme hier !Si tu ne maimes point, cest moi qui taimrons.Lun tient le couteau, lautre la cuiller:La vie, cest toujours la même chanson.Disque : La mauvaise réputation, no 12
  64. 64. Comme une soeur1958Comme une sœur, tête coupée, tête coupéeEll ressemblait à sa poupée, à sa poupée,Dans la rivière, elle est venueTremper un peu son pied menu, son pied menu.Par une ruse à ma façon, à ma façon,Je fais semblant dêtre un poisson, dêtre un poisson.Je me déguise en cachalotEt je me couche au fond de leau, au fond de leau.Jai le bonheur, grâce à ce biais, grâce à ce biais,De lui croquer un bout de pied, un bout de pied.Jamais requin na, jen réponds,Jamais rien goûté daussi bon, rien daussi bon.Ell ma puni de ce culot, de ce culot,En me tenant le bec dans leau, le bec dans leau.Et jai dû, pour lapitoyer,Faire mine de me noyer, de me noyer.Convaincu de mavoir occis, mavoir occis,La voilà qui se radoucit, se radoucit,Et qui membrasse et qui me mordPour me ressusciter des morts, citer des morts.Si cest le sort quil faut subir, quil faut subir,A lheure du dernier soupir, dernier soupir,Si, des noyés, tel est le lot,Je retourne me fiche à leau, me fiche à leau.Chez ses parents, le lendemain, le lendemain,Jai couru demander sa main, dmander sa main,Mais comme je navais rien dansLa mienne, on ma crié: "Va-ten!", crié: "Va-ten!"On la livrée aux appétits, aux appétitsDune espèce de mercanti, de mercanti,Un vrai maroufle, un gros sac dor,Plus vieux quHérode et que Nestor, et que Nestor.Et depuis leurs noces jattends, noces jattends,Le coeur sur des charbons ardents, charbons ardents,Que la Faucheuse vienne cou--per lherbe aux pieds de ce grigou, de ce grigou.Quand ell sera veuve éploré, veuve éploré,Après lavoir bien enterré, bien enterré,Jai lespérance quelle viendraFaire sa niche entre mes bras, entre mes bras.Disque : Le pornographe, no 10
  65. 65. Concurrence déloyaleParoles et musique: Georges Brassens, 1966Il y a péril en la demeure,Depuis que les femmes de bonnes mœurs,Ces trouble-fête,Jalouses de Manon Lescaut,Viennent débiter leurs gigotsA la sauvette.Ells ôtnt le bonhomm de dessusLa brave horizontal déçue,Ells prennnt sa place.De la bouche au pauvre tapinElls retirnt le morceau de pain,Cest dégueulasse.En vérité, je vous le dis,Il y en a plus quen NormandieIl y a de pommes.Sainte-Madlein, protégez-nous,Le métier de femme ne nou-rrit plus son homme.Y a ces gamines de malheur,Ces gosss qui, tout en suçant leurPouc de fillette,Se livrent au détournementDe majeur et, vénalement,Troussnt leur layette.Y a ces rombièrs de qualité,Ces punaiss de salon de théQui se prosternent,Qui, pour redorer leur blason,Viennent accrocher leur visonA la lanterne.Y a ces ptits bourgeoises faux culsQui, daccord avec leur cocu,Clerc de notaire,Au prix de gros vendent leur corps,Leurs charmes qui fleurent encorLa pomm de terre.Lors, délaissant la fill de joie,Le client peut faire son choixTout à sa guise,Et se payer beaucoup moins cherDes collégienns, des ménagèrs,Et des marquises.Ajoutez à ça quaujourdhuiLa manie de lacte gratuitSe développe,Que des créaturs se font cul-buter à lœil et sans calcul.Ah ! les salopes !Ells ôtnt le bonhomm de dessusLa brave horizontal déçue,Ell prennnt sa place.De la bouche au pauvre tapinElls retirnt le morceau de pain,Cest dégueulasse.Disque : Supplique pour être enterré sur une plage de Sète, no 9
  66. 66. Corne dAurochsParoles et musique: Georges Brassens, 1952Il avait nom corne dAurochs, au gué, au guéTout l mond peut pas sappler Durand, au gué, au guéEn le regardant avec un oeil de poète,On aurait pu croire à son frontal de prophète,Quil avait les grands eaux de Versaills dans la têteCorne dAurochs.Mais que le bon dieu lui pardonne, au gué, au guéCétaient celles du robinet; au gué, au guéOn aurait pu croire en l voyant penché sur londeQuil se plongeait dans des méditations profondes,Sur laspect fugitif des choses de se mondeCorne dAurochs.Cétaient hélas pour sassurer, au gué, au guéQu le vent n lavait pas décoiffé, au gué, au guéIl proclamait à son de trompe à tous les carrefours"Il ny a qu les imbéciles qui sachent bien faire lamour,La virtuosité cest une affaire de balourds!"Corne dAurochs.Il potassait à la chandelle, au gué, au guéDes traités de maintien sexuel, au gué, au guéEt sur les femms nues des musées, au gué, au guéFaisait l brouillon de ses baisers, au gué, au guéEt bientôt petit à petit, au gué, au guéOn a tout su, tout su de lui, au gué, au guéOn a su quil était enfant de la PatrieQuil était incapable de risquer sa viePour cueillir un myosotis à une filleCorne dAurochs.Quil avait un ptit cousin, au gué, au guéHaut placé chez les argousins, au gué, au guéEt que les jours de pénurie, au gué, au guéIl prenait ses repas chez lui, au gué, au guéCest même en revenant d chez cet antipathiqueQuil tomba victime dune indigestion critiqueEt refusa l secours de la thérapeutiqueCorne dAurochs.Parce que cétait à un Allmand, au gué, au guéQuon devait le médicament, au gué, au guéIl rendit comm il put son âme machinaleEt sa vie nayant pas été originaleLEtat lui fit des funérailles nationalesCorne dAurochs.Alors sa veuve en gémissant, au gué, au guéCoucha avec son remplaçant, au gué, au gué.Disque : La mauvaise réputation, no 10
  67. 67. Cupidon sen foutParoles et Musique: Georges Brassens, 1976Pour changer en amour notre amourette,Il sen serait pas fallu de beaucoup,Mais, ce jour là, Vénus était distraite,Il est des jours où Cupidon sen fout.Des jours où il joue les mouches du coche.Où, elles sont émoussées dans le bout,Les flèches courtoises quil nous décoche,Il est des jours où Cupidon sen fout.Se consacrant à dautres imbéciles,Il neu pas lheur de soccuper de nous,Avec son arc et tous ses ustensiles,Il est des jours où Cupidon sen fout.On tenté sans lui douvrir la fête,Sur lherbe tendre, on sest roulés, mais vousAvez perdu la vertu, pas la tête,Il est des jours où Cupidon sen fout.Si vous mavez donné toute licence,Le coeur, hélas, nétait pas dans le coup;Le feu sacré brillait par son absence,Il est des jours où Cupidon sen fout.On effeuilla vingt fois la marguerite,Elle tomba vingt fois sur «pas du tout».Et notre pauvre idylle a fait faillite,Il est des jours où Cupidon sen fout.Quand vous irez au bois conter fleurette,Jeunes galants, le ciel soit avec vous.Je neus pas cette chance et le regrette,Il est des jours où Cupidon sen fout.Disque : Don Juan, no 8
  68. 68. Dans leau de la claire fontaineParoles et musique: Georges Brassens, 1961Dans leau de la claire fontaineElle se baignait toute nue.Une saute de vent soudaineJeta ses habits dans les nues.En détresse, elle me fit signe,Pour la vêtir, daller chercherDes morceaux de feuilles de vigne,Fleurs de lis ou fleurs doranger.Avec des pétales de roses,Un bout de corsage lui fit.Mais la belle n’était pas bien grosse :Une seule rose a suffiAvec le pampre de la vigne,Un bout de cotillon lui fit.Mais la belle était si petiteQu’une seule feuille a suffi.Elle me tendit ses bras, ses lèvres,Comme pour me remercier...Je les pris avec tant de fièvreQuell fut toute déshabillée.Le jeu dut plaire à lingénue,Car, à la fontaine souvent,Ell salla baigner toute nueEn priant Dieu quil fit du vent,Quil fit du vent...Disque : Les trompettes de la renommée, no 3
  69. 69. Dieu sil existeParoles: Georges Brassens, 1982Interprétée par Jean BertolaAu ciel de qui se moque-t-on?Était-ce utile quun orageVînt au pays de JeannetonMette à mal son beau pâturage.Pour ses brebis, pour ses moutons,Plus une plante fourragère,Rien dépargné que le chardon!Dieu, sil existe, il exagère,Il exagère.Et là-dessus, méchant, glouton,Et pas pour un sou bucolique,Vers le troupeau de Jeanneton,Le loup sortant du bois rapplique.Sans laisser même un rogaton,Tout il croque, tout il digère.Au ciel de qui se moque-t-on?Dieu, sil existe, il exagère,Il exagère.Et là-dessus le Corydon,Le promis de la pastourelle,Laquelle allait au grand pardonRêver damours intemporelles,- Au ciel de qui se moque-t-on? -Suivit la cuisse plus légèreEt plus belle dune goton.Dieu, sil existe, il exagère,Il exagère.Adieu les prairies, les moutons,Et les beaux jours de la bergère.Au ciel de qui se moque-t-on?Ferait-on de folles enchères?Quand il grêle sur le persil,Cest bête et méchant, je suggèreQuon en parle au prochain concile.Dieu, sil existe, il exagère,Il exagère.Disque : Dernières chansons de Brassens, no 3
  70. 70. Discours de fleursNon-endisquée?Paroles de Georges Brassens, musique et interprétation de ZimmermannSachant bien que même siJe suis amoureux transi,Jamais ma main ne les cueilleDe bon cœur les fleurs maccueillent.Et mesquivant des salons,Où lon déblatère, où lonTient des propos byzantins,Jvais faire un tour au jardin.Car je préfère, ma foi,En voyant ce que parfois,Ceux des hommes peuvent faire,Les discours des primevères.Des bourdes, des inepties,Les fleurs en disent aussi,Mais jamais personne en meurtEt ça plaît à mon humeur.Le premier Mai cest pas gai,Je trime a dit le muguet,Dix fois plus que dhabitude,Regrettable servitude.Muguet, sois pas chicaneur,Car tu donnes du bonheur,Pas cher à tout un chacun.Brin d muguet, tu es quelquun.Mon nom savant me désol,Appelez-moi tournesol,Ronchonnait lhéliotrope,Ou je deviens misanthrope.Tournesol cest entendu,Mais en échange veux-tuNous donner un gros paquetDe graines de perroquet ?Léglantine en rougissantDit : ça me tourne les sangs,Que gratte-cul lon me nomme,Cré nom dun petit bonhomme !Églantine on te prometDe ne plus le faire, maisToi tu ne piqueras plus.Adjugé, marché conclu.Les "je taime un peu beaucoup",Ne sont guère de mon goût,Les serments damour mirritent,Se plaignait la marguerite.Car cest là mon infortune,Aussitôt que débute uneAffaire sentimentale,Jy laisse tous mes pétals.Un myosotis clamait :Non je noublierai jamais,Quand je vivrais cent ans dâge,Mille ans et même davantage.Plein de souvenance allons,Cent ans cest long, cest bien long,
  71. 71. Même vingt et même dix,Pour un seul myosotis.Mais minuit sonnait déjà,Lors en pensant que mes chats,Privés de leur mou peuchère,Devaient dire : "il exagère".Et saluant mes amiesLes fleurs je leur ai promisQue je reviendrais bientôt.Et vivent les végétaux.Car je préfère ma foi,En voyant ce que parfois,Ceux des hommes peuvent faire,Les discours des primevères.Des bourdes des inepties,Les fleurs en disent aussi,Mais jamais personne en meurt,Et ça plaît à mon humeur.
  72. 72. Don Juan1976Gloire a qui freine a mort, de peur décrabouillerLe hérisson perdu, le crapaud fourvoyé !Et gloire a don Juan, davoir un jour souriA celle a qui les autres nattachaient aucun prix !Cette fille est trop vilaine, il me la faut.Gloire au flic qui barrait le passage aux autosPour laisser traverser les chats de Lautaud !Et gloire a don Juan davoir pris rendez-vous,Avec la délaisse, que lamour désavoue !Cette fille est trop vilaine, il me la faut.Gloire au premier venu qui passe et qui se taitQuand la canaille crie " haro sur le baudet " !Et gloire a don Juan pour ses galants discoursA celle a qui les autres faisaient jamais la cour !Cette fille est trop vilaine, il me la faut.Et gloire a ce cure sauvant son ennemiLors du massacre de la Saint-Barthlemy !Et gloire a don Juan qui couvrit de baisersLa fille que les autres refusaient dembrasser !Cette fille est trop vilaine, il me la faut.Et gloire à ce soldat qui jeta son fusilPlutôt que dachever lotage a sa merci !Et gloire a don Juan davoir ose trousserCelle dont le jupon restait toujours baisse !Cette fille est trop vilaine, il me la fautGloire a la bonne soeur qui, par temps pas très chaudDégela dans sa main le pénis du manchotEt gloire a don Juan qui fit reluire un soirCe cul déshérite ne sachant que sasseoirCette fille est trop vilaine, il me la fautGloire à qui nayant pas didéal sacro-saintSe borne à ne pas trop emmerder ses voisins!Et gloire à don Juan qui rendit femme celleQui, sans lui, quelle horreur! serait morte pucelle!Cette fille est trop vilaine, il me la fautDisque : Don Juan, no 6
  73. 73. Élégie à un rat de caveParoles et musique: Georges Brassens, 1979Personne naurait cru ce caveProphétisant que par malheur,Mon pauvre petit rat de cave,Tu débarquerais avant lheure.Tu nétais pas du genre qui vireDe bord et tous on le savait,Du genre à quitter le navire,Et tu es la première qui l’ait fait.Maintenant mamie quon te séquestreAu sein des cieux,Que je m déguise en chanteur dorchestrePour tes beaux yeux,En partant mamie je te lassure,Tu as fichu le noir au fond de nous,Quoiquon nait pas mis de crêpe surNos putains de binious.On n ma jamais vu, faut que tu l notes,Cest une primeur,Faire un boeuf avec des croque-notes,Cest en ton honneur.Sache aussi quen écoutant Bechet(e),Foll gamberge, on voit la nuit tombée,Ton fantôme qui sautille en cachetteRue du Vieux Colombier.Ton fantôme qui sautille en cachetteRue du Vieux Colombier.Sans aucun "au revoir mes frères"Mais on n ten veut pas pour autant,Mine de rien tu es allée faireTon trou dans les neiges dantan.Désormais, cest pas des salades,Parmi Flora, Jeanne, Thaïs,Jinclus ton nom à la balladeDes belles dams du temps jadis.Maintenant mamie qu ta place est faiteChez les gentils,Qu tu as retrouvé pour léternelle fête,Papa Zutty,Chauff la place à tous les vieux potaches,Machin, Chose, et Luter et Longnon,Et ce gras du bide de Moustache,Tes fidèls compagnons.Sil est brave, pourquoi que Dieu le pèreLà-haut feraitQuelque différence entre Saint-PierreEt Saint-Germain-des-Prés ?De tout coeur on espère que dans ceParadis miséricordieux,Brillnt pour toi des lendemains qui dansentOù y a pas de bon Dieu.Brillnt pour toi des lendemains qui dansentOù y a pas de bon Dieu.Disque : Disque document, no 6
  74. 74. Embrasse-les tousMusique: Georges Brassens, 1960Tu nes pas de cells qui meurnt où ells sattachent,Tu frottes ta joue à toutes les moustaches,Faut s lever de bon matin pour voir un ingénuQui n tait pas connu,Entré libre à nimporte qui dans ta ronde,Coeur dartichaut, tu donne un feuille à tout l monde,Jamais, de mémoire dhomm, moulin navait étéAutant fréquenté.De Pierre à Paul, en passant par Jule et Félicien,Embrasse-les tous, (bis)Dieu reconnaîtra le sien !Passe-les tous par tes armes,Passe-les tous par tes charmes,Jusquà c que lun deux, les bras en croix,Tourne de loeil dans tes bras,Des grands aux ptits en allant jusquaux Lilliputiens,Embrasse-les tous, (bis)Dieu reconnaîtra le sienJusquà ce quamour sensuive,Quà son coeur une plai vive,Le plus touché dentre nousDemande grâce à genoux.En attendant le baiser qui fera mouche,Le baiser quon garde pour la bonne bouche,En attendant de trouver, parmi tous ces galants,Le vrai merle blanc,En attendant qu le ptit bonheur ne tapporteCelui derrière qui tu condamneras ta porteEn marquant dessus "Fermé jusquà la fin des joursPour cause damour "...De Pierre à Paul, en passant par Jule et Félicien,Embrasse-les tous, (bis)Dieu reconnaîtra le sien !Passe-les tous par tes armes,Passe-les tous par tes charmes,Jusquà cque lun deux, les bras en croix,Tourne de loeil dans tes bras,Des grands aux ptits en allant jusquaux Lilliputiens,Embrasse-les tous, (bis)Dieu reconnaîtra le sien!Alors toutes tes fredaines,Guilledous et prétentaines,Tes écarts, tes grands écarts,Te seront pardonnés, carLes fills quand ça dit "je taime",Cest comme un second baptême,Ça leur donne un coeur tout neuf,Comme au sortir de son oeuf.Disque : Le mécréant, no 4
  75. 75. Entre la rue Didot et la rue de VanvesParoles: Georges Brassens, 1982Interprétée par Jean BertolaVoici ce quil advint jadis grosso modoEntre la rue Didot et la rue de Vanves,Dans les années quaranteOù je débarquais de mon Languedo,Entre la rue de Vanvs et la rue Didot.Passait un bell gretchen au carrefour du château,Entre la rue Didot et la rue de Vanves,Callipyge à prétendreJouer les Vénus chez les Hottentots,Entre la rue de Vanvs et la rue Didot.En signe dirrespect, je balance aussitôt,Entre la rue Didot et la rue de Vanves,En geste de revanche,Une patte croche au bas de son dos,Entre la rue de Vanvs et la rue Didot.La souris gris se fâche et subito presto,Entre la rue Didot et la rue de Vanves,La conne, la méchante,Va dmander ma tête à ses ptits poteaux,Entre la rue de Vanvs et la rue Didot.Deux sbires sont venus avec leurs noirs manteaux,Entre la rue Didot et la rue de Vanves,Se pointer dans mon antreEt sûrement pas pour m fair de cadeaux,Entre la rue de Vanvs et la rue Didot.Jétais alors en train de suer sang et eau,Entre la rue Didot et la rue de Vanves,De muser les phalangesSur un chouette accord du père Django,Entre la rue de Vanvs et la rue Didot.Par un heureux hasard, ces enfants de salauds,Entre la rue Didot et la rue de Vanves,Un sacré coup de chance,Aimaient la guitare et les trémolos,Entre la rue de Vanvs et la rue Didot.Ils sen sont retournés sans finir leur boulot,Entre la rue Didot et la rue de Vanves,Fredonnant un mélangeDe Lily Marlène et dHeili Heilo,Entre la rue de Vanvs et la rue Didot.Une supposition : quils aient comme Malraux,Entre la rue Didot et la rue de Vanves,Quils aient comme ce branqueCompté la musique pour moins que zéro,Entre la rue de Vanvs et la rue Didot,Mauraient collé au mur avec ou sans bandeau,Entre la rue Didot et la rue de Vanves,On lirait, quell navrance !Mon blase inconnu dans un ex-voto,Entre la rue de Vanvs et la rue Didot.
  76. 76. Au théâtre, ce soir, ici sur ces tréteaux,Entre la rue Didot et la rue de Vanves,Poussant une autr goualante,Y aurait à ma place un autre cabot,Entre la rue de Vanvs et la rue Didot. (bis)Disque : Dernières chansons de Brassens, no 10
  77. 77. Entre lEspagne et lItalieParoles: Georges Brassens, 1982Interprétée par Jean BertolaLe géographe était pris de folie,Quand il imagina de tendre,Tout juste entre lEspagne et lItalie,Ma carte du Tendre.RefrainAvec moi Cupidon se surmène.Dans mon coeur dartichaut il piquaDeux flèches : lune au nom de Carmen(e),La seconde au nom de Francesca.Les soirs de bal, jenlace tour à tour,Je fais danser chacune delles :Un pied pour la séguedille, un pied pourLa gaie tarentelle.(Au Refrain)Sans guère songer à ce que demainLe coquin de sort me destine,Javance en tenant ferme à chaque mainMes deux soeurs latines.(Au Refrain)Si jamais lune dells un jour apprendQuelle nest pas tout à fait seule,Jai plus quà courir chez le tisserandChoisir un linceul.(Au Refrain)On me verrait pris dans cette hypothèseEntre deux mégères ardentes,Entre deux feux : lenfer de CervantèsEt lenfer de Dante !(A Refrain)Devant la faucheuse sil faut plus tard,Pauvre de moi, que je mincline,Quon me porte en terre au son des guitaresEt des mandolines !(Au Refrain)Disque : Dernières chansons de Brassens, no 12
  78. 78. FernandeParoles et Musique: Georges Brassens, 1971Une manie de vieux garçonMoi jai pris lhabitudeDagrémenter ma solitudeAux accents de cette chansonRefrainQuand je pense à FernandeJe bande, je bandeQuand j pense à FélicieJe bande aussiquand j pense à LéonorMon dieu je bande encoreMais quand j pense à LuluLà je ne bande plusLa bandaison papaCa n se commande pas.Cest cette mâle ritournelleCette antienne virileQui retentit dans la guériteDe la vaillante sentinelle.Afin de tromper son cafardDe voir la vie moins terneTout en veillant sur sa lanterneChante ainsi le gardien de phareAprès la prière du soirComme il est un peu tristeChante ainsi le séminaristeA genoux sur son reposoir.A lÉtoile où jétait venuPour ranimer la flammeJentendis émus jusquau larmesLa voix du soldat inconnu.Et je vais mettre un point finalA ce chant salutaireEn suggérant au solitaireDen faire un hymne national.(variation au féminin, auteur(e) anonyme)Quand j pense à cette andouilleJe mouille, je mouilleQuand j pense à ce HenriJe mouille aussiQuand j pense à ce HectorMon dieu je mouille encoreMais quand j pense à ManuLà, je ne mouille plusLe frotte-minou mamanCa n se commande pas.Disque : Fernande, no 9
  79. 79. Gastibelza (Lhomme à la carabine)Texte de Victor Hugo, musique de Georges Brassens, 1954Gastibelza, lhomme à la carabine,Chantait ainsi:« Quelquun a-t-il connu doña Sabine?Quelquun dici?Chantez, dansez, villageois! la nuit gagneLe mont Falu... --Le vent qui vient à travers la montagneMe rendra fou.« Quelquun de vous a-t-il connu Sabine,Ma señora?Sa mère était la vieille maugrabineDAntequera,Qui chaque nuit criait dans la tour MagneComme un hibou... --Le vent qui vient à travers la montagneMe rendra fou.« Vraiment, la reine eût près delle été laideQuand, vers le soir,Elle passait sur le pont de TolèdeEn corset noir.Un chapelet du temps de CharlemagneOrnait son cou... --Le vent qui vient à travers la montagneMe rendra fou.Le roi disait, en la voyant si belle,A son neveu:« Pour un baiser, pour un sourire delle,Pour un cheveu,Infant don Ruy, je donnerai lEspagneEt le Pérou!Le vent qui vient à travers la montagneMe rendra fou.« Je ne sais pas si jaimais cette dame,Mais je sais bienQue, pour avoir un regard de son âme,Moi, pauvre chien,Jaurai gaîment passé dix ans au bagneSous les verrous... --Le vent qui vient à travers la montagneMe rendra fou.« Quand je voyais cette enfant, moi le pâtreDe ce canton,Je croyais voir la belle Cléopâtre,Qui, nous dit-on,Menait César, empereur dAllemagne,Par le licou... --Le vent qui vient à travers la montagneMe rendra fou.« Dansez, chantez, villageois, la nuit tombeSabine, un jour,A tout vendu, sa beauté de colombe,Tout son amour,Pour lanneau dor du comte de Saldagne,Pour un bijou... --Le vent qui vient à travers la montagneMa rendu fou.Disque : Chanson pour lAuvergnat, no 8
  80. 80. Germaine TourangellePoème de Paul Fort, musique de Georges BrassensCette gerbe est pour vous Manon des jours heureux,Pour vous cette autre, eh ! oui, Jeanne des soirs troublants.Plus souple vers lazur et déchiré des Sylphes,Voilà tout un bouquet de roses pour Thérèse.Où donc est-il son fin petit nez qui renifle ?Au paradis ? eh ! non, cendre au Père-Lachaise.Plus haut, cet arbre deau qui rechute pleureur,En saule dOrphélie, est pour vous, Amélie.Et pour vous ma douceur, ma douleur, ma folie !Germaine Tourangelle, ô vous la plus jolie.Le fluide arc-en-ciel ségrenant sur mon coeur.Disque : Le mécréant, no 7
  81. 81. Grand-pèreParoles et musique: Georges Brassens, 1957Grand-pèr´ suivait en chantantLa route qui mène à cent ansLa mort lui fit, au coin d´un boisL´coup du pèr´ FrançoisL´avait donné de son vivantTant de bonheur à ses enfantsQu´on fit, pour lui en savoir gréTout pour l´enterrerEt l´on courut à toutes jam-Bes quérir une bière, maisComme on était légers d´argentLe marchand nous reçut à bras fermés" Chez l´épicier, pas d´argent, pas d´épicesChez la belle Suzon, pas d´argent, pas de cuisseLes morts de basse conditionC´est pas de ma juridiction "Or, j´avais hérité d´grand-pèreUn´ pair´ de bott´s pointuesS´il y a des coups d´pied que´que part qui s´perdentÇui-là toucha son butC´est depuis ce temps-là que le bon apôtre,Ah ! c´est pas joli...Ah ! c´est pas poli...A un´ fess´ qui dit merde à l´autreBon papaNe t´en fais pasNous en viendronsA bout de tous ces empêcheurs d´enterrer en rondLe mieux à faire et le plus courtPour qu´l´enterr´ment suivît son coursFut de borner nos prétentionsA un´ bièr´ d´occasionContre un pot de miel on acquitLes quatre planches d´un mort quiRêvait d´offrir quelques douceursA une âme sœurEt l´on courut à toutes jam-Bes quérir un corbillard, maisComme on était légers d´argentLe marchand nous reçut à bras fermés" Chez l´épicier, pas d´argent, pas d´épicesChez la belle Suzon, pas d´argent, pas de cuisseLes morts de basse conditionC´est pas de ma juridiction "Ma bott´ partit, mais je m´refuseDe dir´ vers quel endroitÇa rendrait les dames confusesEt je n´en ai pas le droitC´est depuis ce temps-là que le bon apôtreAh ! c´est pas joli...Ah ! c´est pas poli...A un€

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