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(patronat, comités d’entreprise, syndicats, associa-       culture, est une incitation et un point d’appui pourtions) c’es...
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  1. 1. maireSom Pour l’essor de la culture Introduction 3 Agnès Naton Démocratie culturelle 5 Jean-Pierre Burdin Des perspectives exaltantes 16 Franck Guillaumet Pour une démocratie culturelle 19 Document d’orientation d’orientation Document 48econgrès Dessins : Fred Sochard ORGANE Le Peuple case 432 OFFICIEL DE LA CGT 93514 Montreuil Cédex Tél . rédaction/administration : 01 Représentant légal 48 18 83 05 Président du conseil Tél. abonnement : 01 48 18 83 06 d’administration Télécopie : 01 48 59 28 31 Directeur de publication : e-mail : lepeuplecgt@free.fr Daniel Prada Rédactrice en chef : lepeuple@cgt.fr Françoise Duchesne Supplément au Peuple n°1638 85 année (n° 8474) e Secrétariat de rédaction : ce numéro a été tiré à 25 Sabine Ferry 000 exemplaires Cgt - Politique Culturelle Confédérale Christophe Barette Commission paritaire N° 0408 S 263, rue de Paris 93 516 Montreuil Cedex 01 48 18 86 89. culture@cgt.fr www.cgt.fr Maquette : 06460 Séverine Calippe dépôt légal - Novembre 2006 2 Supplément au Peuple n° 1638
  2. 2. Pour l’essor de la culture Préfaceelle A son 48econgrès, en avril 2006, à Lille, la Cgt a acté qu’elle entendait prendre toute sa place dans la construction d’une démocratie culturelle : chemin de l’émancipation du salarié-citoyen, du libre choix d’intervenir sur sa vie et son devenir, en rupture avec une vision élitiste de la culture. Cet engagement prolonge et renouvelle les combats constants de la Cgt pour l’essor de la culture dont avec les travailleurs du spectacle et de la culture, et aux côtés de ceux qui la font Supplément au Peuple n° 1638 3
  3. 3. vivre, elle a partagé les luttes tout au long de son histoire. Aujourd’hui, lorsque nous parlons, avec beaucoup d’au-tres, de démocratie culturelle, nous affirmons une conception dela culture qui permette à chacun de s’inscrire dans le partage etle développement de la culture commune. Se cultiver c’est biensortir de sa culture propre. Ce n’est pas faire sécession, c’estentrer en partage d’un monde commun. La culture n’est pas uncontinent à part, si essentiel soit-il. Elle se reçoit dans l’accueilde belles diversités qui irriguent le « tout-monde » et qui, commel’évoque Edouard Glissant, sont appelées à inventer un peuple. Permettre à chacun de se fonder et de se développercomme être de culture, dans son individualité la plus singulière etdans l’hospitalité qu’il offre à la culture d’autrui pour rassemblersans uniformiser, est bien aussi une tâche syndicale. Elle appelle à renouveler notre vision du travail, à enmesurer ses capacités (culturelles) transformatrices, à avoirconfiance dans les capacités d’affranchissements des salariés,dès lors que leurs dynamiques sont reconnues, rendues visibles,mises en culture. C’est tout le travail de l’art et des activités pro-prement émancipatrices d’ouvrir sur les polysémies du réel. Articuler dans un document de congrès, dans la structura-tion même du texte, démocratie culturelle et démocratie sociale,est une avancée considérable. Considérer qu’elles s’appuient etse conjuguent l’une l’autre élargit notre vision du syndicalisme,nos conceptions et possibilités de rassemblements, enrichit nospropositions de transformations sociales, nous met en positionmeilleure pour défendre les créations et institutions culturelles,porter des exigences envers les pouvoirs publics, le patronat. Comment agir, syndicalement, mais aussi avec d’autres, àce que s’affermisse ce qui n’est encore qu’une intuition balbu -tiante ? Nous savons que nous sommes nombreux à partager les4 Supplément au Peuple n° 1638
  4. 4. mêmes préoccupations, à vouloir croiser les réflexions et à por-ter des ambitions communes. En Juillet dernier en Avignon, nous avons reposé cettequestion, au moment où nous fêtions le soixantième anniversairedu festival. Le document donné à cette occasion, qu’on va lire ici,est né de rencontres et d’échanges auxquels ont participé les mili-tants de la Cgt, en beaucoup de lieux, avec d’autres amis dumouvement associatif, du monde du travail, des artistes, deschercheurs, des animateurs de l’éducation populaire, durant cesdeux dernières années1. C’est un mélange. Ce texte tente de don-ner cohérence à ces réflexions. Nous les versons au débat. Il s’ins-crit dans l’aventure culturelle de la Cgt2 et les met en perspectivedes décisions de notre 48econgrès. Il s’agit d’un travail commun de l’activité confédérale depolitique culturelle répondant à une demande collective pres -sante de capitaliser l’acquis d’une réflexion. Il ne clôt pas. Ilouvre. Il est maintenant à mettre en dispute, en discussion. C’estun point, pas un point final, mais un point de situation, qui a étédonné en Avignon parce que ce festival demeure, aux yeux debeaucoup, un des lieux prestigieux pouvant accueillir le renouvel-lement d’une pensée, ici syndicale, sur la culture et le travail. Unepensée pour agir. Secrétaire de la Cgt Agnès Naton Supplément au Peuple n° 1638 5
  5. 5. Démocratieculturelle Pa rler du rapport qu’entretient un peuple avec la culture, les cultu- Inventer ensemble...et construire res et singulièrement avec sa création artisti- que, à Avignon, c’est inscrire le propos dans une dynamique historique. Cela oblige à modestie et exigences. Nul lieu ne peut être plus symbolique, emblématique pour la Cgt pour poser cette question au lendemain d’un congrès qui l’engage à rassembler pour une démocratie culturelle. Retour sur un festival La dynamique d’Avignon Le festival d’Avignon, est né dans la dynamique de grandes conquêtes sociales et économiques de la Libération que portait, en prémisses, dix ans plus tôt, le front populaire. Ces projets stoppés par la guerre auront pourtant trouvé maturité dans les ras- semblements nés au cœur de la nuit de l’occupation, en résistance à l’envahisseur nazi : protection sociale, affer- missement des services publics et de la fonction publique, maîtrise nationale de secteurs économiques déterminants, institution des comités d’entreprise, émer-6 Supplément au Peuple n° 1638
  6. 6. gence de politique culturelle publique et Si l’on ne comprend «décentralisation théâtrale, nouvel essor de pas que le travaill’éducation populaire. et le culturel ont tout Citoyenneté, solidarité, émancipation à faire ensemble,dessinaient alors comme un horizon com- on ne peut appréhender nimun. Le propos de Jean Vilar : « Le TNP est l’un ni l’autre. ..donc au premier chef un service public. Tout comme Nicolas Frizele gaz, l’eau, l’électricité. » illustre bien l’am-pleur de l’ambition. Le festival d’Avignon est spectacle vivant. Elle a permis que beaucoupemblématique de telles volontés, que l’on de comités d’entreprise, avec leurs syndicats,dira politiques, qui trouveront leur incarna- s’engagent dans cette aventure en conju-tion à la Libération. Il concentre, rassemble, guant leurs énergies à l’action des mouve-en quelque sorte ces résolutions. Pour Vilar ments d’éducation populaire. Tout celale théâtre (et le festival, donc !) est indisso- donne le courage pour entreprendre maisciablement artistique, social et politique. Il aussi oblige à inventer puisque nousest donc du temps présent. revendiquons notre part d’un héritage social et « spirituel » qui comme le disait Pour ces raisons, dés l’origine, la Cgt a René Char, autre fondateur du Festival, n’estentretenu avec le festival de fortes complici- précédé d’aucun testament.tés. Elle s’est sentie de plain pied avec lesobjectifs de son fondateur, Jean Vilar et de En effet, II nous faut aujourd’hui releverPaul Puaux, qui devait lui succéder. Il n’y a les défis d’un monde qui a bien changé, auxpas lieu, du tout, d’idéaliser la chose. Ni les possibilités inouïes et démultipliées mais queluttes, ni les succès. Tout simplement dire l’aggravation des inégalités sociales et bienque ces batailles dans la culture qu’ont été plus gravement encore culturelles, bride.Avignon et l’aventure du TNP, ont été Ces failles sociales dans la culture bloquentconduites, avec beaucoup de ténacité, mais les perspectives de transformations émanci-aussi avec pas mal de difficultés et de fragili- patrices et entravent non seulement lestés, en connivence et amitiés avec les initia- efforts de diffusion des œuvres, mais assè-teurs. Elles ont marqué durablement les rap- chent le nécessaire renouvellement des écri-ports du monde du travail et de la culture. tures et des formes. Bien entendu, la Cgt a soutenu solidaire- Le rapport de la création et de la sociétément le travail et les actions des artistes et des fut porté avec beaucoup de volonté par ceuxtechniciens qui « font » le festival en exer- qui fondèrent le festival d’Avignon, dans lesçant leurs talents au service du théâtre et du problématiques et selon les idéaux de leur Supplément au Peuple n° 1638 7
  7. 7. époque. « Le public d’abord, le reste suit » disait questions principalement sous l’angle de laVilar. Cette question des publics a hanté le culture3.festival depuis qu’il a été crée. Elle garde sapertinence et pourtant se renouvelle. Le partage du sensible en questionNotre aujourd’hui… Observés sous l’angle des pratiques etmutations et fractures aspirations culturelles, ces évolutions et leurs N’entrons pas en départage des causes, effets sont très contradictoires. C’est rapide,au contraire mêlons. Suspendons, pour un violent et, sans doute pour cela même,temps, notre jugement et brossons, à grands effrayant, fascinant, sidérant, alors que, entraits, dans ses contradictions, notre quoti- même temps, fortement discriminatoire,dien: évolutions industrielles, scientifiques, injuste et douloureux, bousculant pratiquestechniques, transformations des modes de et comportements culturels, anciennes etproduction, des temps sociaux, des hiérar- classiques légitimités, écornant les sensibili-chies, du travail ; fragmentation du salariat et tés, cassant les frontières artistiques etdu corps social ; bouleversement des rap- mêlant les disciplines.ports sociaux ; transmission et partage desconnaissances ; élaboration et parcellisation De ce chaos naît cependant de l’inédit etdes savoirs ; financiarisation de l’économie et de l’inventivité langagière, technique,marché globalisé ; extension du marché de la sociale, artistique. De fortes synergies seculture ; fragilisation des institutions et des déploient même. Des expériences seformations sociales ; pratiques sociales et mènent. Des femmes et des hommes imagi-comportements culturels nouveaux ; exten- nent et composent de nouvelles façonssion du domaine des communications et de d’être au monde, et c’est aussi le rôle desl’information ; mosaïque urbaine d’identités artistes, de ceux qui écrivent, de nous lesculturelles qui se frottent, s’échangent, se révéler.métissent. Tout cela se conjuguant avec lesmouvements esthétiques, idéologiques, poli- Pour beaucoup pourtant, la grandetiques dans la relative autonomie de leurs majorité même, la vie est si agressée, lessphères respectives. N’allons pas énumérer conditions de l’existence sont si insupporta-davantage et n’ouvrons pas ici l’expertise de bles et le travail si malade, les savoir-faire etla fracture sociale tout autant que culturelle façons de travailler si heurtés et si peu recon-qui s’accroît. De nombreux documents Cgt nus, les trajectoires si blessées, que rêves,tentent, modestement, d’évaluer ce rapport révoltes et aspirations n’arrivent plus à sequ’entretient notre société avec la culture. dire avec « les mots à soi » et à se mettre enNous renvoyons à ceux qui abordent les partage.8 Supplément au Peuple n° 1638
  8. 8. Question : Comment avoir ses pro- pre expérience, de leur donner sens, des lespres mots pour inventer dans sa propre lier et relier, de les mettre en perspectivelangue dans la déperdition esthétique, la d’une société émancipée, prospère, hospita-misère symbolique asphyxiante ? On est lière, ouverte au tout-monde et d’y trouvercomme perdu dans une forêt de signes, un horizon de bonheur possible pour tous ettraces, mots, sons, goûts qui font difficile- chacun. Voilà notre utopie, c’est-à-dire notrement sens, en tout cas sens commun et moteur.qui peuvent faire peur, dont on se sentexclus, qui sont « les signes des autres ». Nous avons besoin d’entrer dans cetteAlors beaucoup d’entre-nous s’abîment, forêt de symboles, d’abord pour respirer,dans les eaux tièdes de la consommation savourer, érotiser et poétiser notre vie, lastandardisée. Ce dénuement-là s’étend vivre gravement et pourtant avec légèreté.bien plus largement et plus vite encore Ensuite « pour sortir de l’état de minorité, pourque le cercle de la pauvreté et de l’exclu- faire société, communiquer avec tous dans un espacesion sociale, qui grandit si rapidement. commun, n’être pas seulement des êtres de plainteCette pauvreté culturelle « empoisonne » ou de cri mais des êtres de raison et de discourstout le champ social, bien au-delà de la construisant leur action comme une démonstra-composante ouvrière la plus précarisée, tion », ainsi que l’évoque Jacques Rancière,fragilisée ou exclue du travail salarié. Les et de partager le sensible.catégories professionnelles de l’encadre-ment, voire de directions, qui par leur Evaluationinsertion professionnelle participent dedécisions économiques, qu’elles vivent des politiques culturelles4parfois comme un divorce d’avec leur Généralement l’examen des politiquesâme, ne sont pas moins touchées d’être publiques culturelles porte une doubleécartées du travail du sensible. préoccupation. La première est celle des publics, des amateurs, des connaisseurs, C’est la société tout entière qui ne peut voire des consommateurs et de leurs com-plus imaginer son devenir, inventer l’avenir. portements.Oui le désert croît. Avec Michel Serres rap-pelons que la sensation inaugure l’intelli- On parle alors d’élargissement et degence. L’esthésie guérit de l’anesthésie. renouvellement des publics, de proximité, de « non publics » ou de publics empêchés, C’est qu’il ne suffit pas d’être savant, de pratiques amateurs, d’éducation popu-d’être « dépositaire » de savoirs, souvent laire, de diffusion… On se livre à des enquê-parcellarisés d’ailleurs. Il faut encore être mis tes de fréquentation, aux statistiques suren capacité de les penser, à partir de sa pro- l’équipement des ménages et sur les prati- Supplément au Peuple n° 1638 9
  9. 9. L’émancipation l’on évoque, ici aussi, les publics, c’est au« des travailleurs nom de l’exigence d’un « élitisme pour tous » ou pour opposer la culture et l’art auc’est leur sortie de l’état vil divertissement.de minorité, c’est prouverqu’ils appartiennent bien Ces schémas sont aujourd’hui entrés enà la société, qu’ils communi- crise en même temps que les pratiques cul-quent bien avec tous turelles et artistiques elles-mêmes. Sous ledans un espace commun ; coup des transformations sociales, sociétalesqu’ils ne sont pas seulement et culturelles profondes, c’est la conception même de la culture et de la politique d’orga-des êtres de besoin, de plainte nisation publique que nous en avons qui estou de cri, mais des êtres aujourd’hui appelée à se renouveler.de discours, qu’ils peuventopposer raison à raison Le temps est venu d’estimer nos politi-et construire leur action ques culturelles en regard de l’accomplisse-comme unedémonstration […] ... ment des hommes dans le mouvement de leurs civilisations. Se dégager du comptable, du statistique, non pas pour fuir contraintes et astreintes budgétaires, mais bien plutôt pour penser le souffle de l’indispensable gou-ques culturelles des populations. On débat de vernement de la chose publique. Ouvrir aul’accès pour tous à la culture, des objets cul- sens qui manque tant à l’architecture de nosturels, de la rotation des produits, de la politiques.« culture jetable ». La conception que notre société a de la La seconde concerne l’art, la création, culture, la place qu’elle lui offre, doit êtreles créateurs. aujourd’hui réévaluée, réinterrogée. Cela en regard des impasses économiques, sociales et On parle ici de la vitalité de l’art, de son sociétales actuelles.renouvellement, de ses nouveaux territoires,de cultures patrimoniales, institutionnelles Les relations que notre société entretientou émergentes, d’équipements publics, avec la création artistique sont aujourd’huid’événementiels, d’exigences artistiques, de fortement ébranlées. Ce qui se révèle ainsipluralités esthétiques, de politiques publiques dans la sphère culturelle porte un éclairaged’achat, de transparence des choix, de cote- sur la gravité des blocages économiques etries, de mécénat, de soutien à la création. Si sociaux que nous connaissons.10 Supplément au Peuple n° 1638
  10. 10. Changer de regard toute réelle réflexion sur l’économie de la Dans un tel paysage, continuer d’évaluer culture, sur le poids des industries culturel-les actions publiques en matière de culture les, et bien plus encore sur les cohérencesavec le même regard conduit à ne rien voir stratégiques des entreprises et l’imbricationde la profondeur de la crise. Les politiques de la culture, de l’art avec l’industrie et lepubliques, au niveau de l’État comme à celui commerce, avec le management, la commu-des collectivités territoriales, qui financent nication, le design. C’est dans cette perspec-de plus en plus la culture, patinent. Elles tive qu’il faudrait expertiser les questions dus’épuisent dans leur volonté d’élargissement mécénat, du rapport à l’industrie du tou-des publics et ne parviennent pas à investir risme, des équipements, particulièrementsuffisamment de nouveaux champs créatifs. patrimoniaux, les évènements et produc- tions artistiques ! En l’état, nos critères d’appréciation sontinopérants. Ce qui les sous-tend relève d’une Il y a là des continents entiers à explorer.conception restrictive, étriquée de la culture. Les concepts pour le faire nous manquent carIls laissent paresseusement trop de choses la culture est vue politiquement en sépara-hors champ. Le territoire balayé est trop tion du corps (ici social) et de l’esprit (lesexclusivement celui des beaux-arts et des arts). C’est ce procès-là qu’il convient d’ou-belles lettres. Celui-là même que dessine his- vrir pour apprécier et structurer nos politi-toriquement le ministère de la culture. Nous ques publiques.avons besoin d’une autre intelligence, plusglobale, de la culture. La contribution historique et constante de nombreux acteurs, telle que celle de Ne pas voir cela conduit à mésestimer ...l’apport riche et singulier des arts (et dessciences) à la culture. Cela les fragilise. Lesreconsidérer dans un rapport large, politique S’émancipersi l’on veut, à l’ensemble des activités humai- ce n’est pas faire sécession,nes qui ne sont généralement pas reconnues c’est s’affirmer commecomme composant de la culture, c’est, tout co-partageant un espaceau contraire, les ouvrir à tout l’humain, les commun […] Le cheminouvrir à l’arrachement créatif. étroit de l’émancipation passe entre l’acquiescementElargir notre conception aux mondes séparésde la culture et l’illusion du consensus. Notons que, du même coup, est évacuée Jacques Rancière Supplément au Peuple n° 1638 11
  11. 11. l’éducation populaire, est gravement sous- importantes dans notre pays. La Cgt et leévaluée, non seulement quant à la diffusion, mouvement ouvrier ont pris leur part dansmais dans l’élaboration même des savoirs et cette belle histoire. Consolider ces acquis etdans la constitution des démarches artisti- avancées historiques, dépasser les limitesques. L’impasse est aussi faite sur le travail de rencontrées impose de renouveler notrela culture, ses métiers. Il aura fallu le dur approche et d’élargir notre vision de la cul-conflit social lié à l’intermittence dans le ture.spectacle vivant et enregistré (toujours nonréglé) et les luttes d’autres secteurs de la cul- Il faut se mettre en capacité de jauger etture pour que le travail artistique trouve de la d’évaluer une politique culturelle en fonc-visibilité publique, là même où il restait mas- tion du mouvement de la société, dans tou-qué. tes ses composantes et dans l’ensemble de ses champs d’activité et de les faire entrer en Pourtant, toute politique culturelle ne se correspondance avec l’art. Il ne s’agit pas dedevrait-elle pas d’évaluer et de soutenir les tout confondre, mais de penser articulation,conditions d’exercice des métiers artistiques métissage, partage, relation, rencontre,et de la culture, le statut de ceux qui s’y exer- hybridation.cent, qu’ils soient salariés ou pas, de droitsprivés ou publics. Garantir la pérennité et L’éloignement du public et de l’œuvrel’indépendance des structures et des démar- est souvent évoqué. Parfois avec condescen-ches pour que des risques artistiques puissent dance, voire avec une certaine compassion.se prendre conditionne pour beaucoup l’es- L’appauvrissement pour l’écriture, pour lasor d’une société. création, pour sa matière même, quand elle ne se frotte pas à la grammaire et au vocabu- Dire cela n’est pas renier les mérites et laire de notre temps, est rarement mesuré. les efforts des politiques publiques si En retour, là où nous forgeons notre langue, où nous faisons culture, faisons sens, nous sommes comme privé d’abécédaire. De là, vient que la partie de la jeunesse exilée dans l’archipel des banlieues, n’ayant plus les mots pour dire, ni même pour vraiment penser en soit contraint à danser sa révolte dans le feu. Les gestes ont leur être éloquences, précé- dent les paroles, qui ensuite les accompa- gnent. (Rap, Slam…) Mais comment anti- ciper, comprendre, partager, comment sortir de notre cécité, de notre surdité ?12 Supplément au Peuple n° 1638
  12. 12. Alors qu’il faudrait considérer l’articula- L’histoire du travail «tion « développement des publics » et a forgé l’histoire« exigence artistique » de façon dialectique,nous les séparons trop souvent et nous nous des hommes. Elle se fondprivons d’examiner comment ils se fécon- avec les changementsdent l’un l’autre. Une telle restriction du les plus profonds de notrechamp de vision s’accompagne d’un aplatis- histoire comme peuple.sement du réel qui empêche les forces socia- François Bon (Labeur)les de le soulever.La question du travail5 Ceci n’est pas un repliement sur une valeur travail que d’aucuns, dans le sillage du C’est dans ce cadre général qu’il faut par- Medef, louent aujourd’hui, après l’avoir bra-ler encore et encore du monde de l’entre- dée hier. C’est d’ouvrir la culture et l’art àprise, du monde du travail comme structu- tout l’empan des activités humaines, dont ilrant et façonnant durablement les êtres. s’agit. Et pour cela d’avoir une vision anthro-Nous résisterons aux ricanements de ceux pologique et culturelle du travail. Le travailqui nous reprochent de tout confondre, de reste une énigme difficile à saisir. N’avons-nous enferrer dans notre obsession à poser nous pas du mal à nous délivrer de représen-cette question du rapport du travail aux pro- tations naturalistes du travail ? Il s’agit duductions artistiques. dévoilement de son sens, de sa portée trans- formatrice de l’être au monde. Cette tâche Le travail, le soin qu’on lui porte devrait ne s’accomplit jamais mieux que dans la ren-être une préoccupation constante des pou- contre de la création, de l’écriture toujoursvoirs publics et de toutes les forces sociales, singulière qui tente de s’y confronter, dede l’ensemble des partenaires sociaux. Trop l’explorer, de libérer la parole du carcan desde choses sociales, culturelles, pas seulement mots qui l’enserrent.techniques et scientifiques, mais aussi esthéti-ques, sensibles, se nouent là, pour que ce ter- Le libéralisme n’est pas qu’un rapportritoire soit déserté et seulement recherché économique. C’est du symbolique à l’oeu-lorsqu’il est livré à la friche. Aujourd’hui vre. Il nous faut saisir les potentialités cultu-encore le travail est le principal vecteur de relles du travail si nous ne voulons résister,créativité et de civilisation. Tautologie, car anticiper, compter, être, oui tout simple-enfin l’essence du travail est de faire civilisa- ment, être.tions. Lieu de brassage, de métissage, de par-tages des sensibilités, de rencontres des cul- C’est, avec l’école et l’enseignementtures. artistique qui devrait s’y conduire, là où le Supplément au Peuple n° 1638 13
  13. 13. travail est bien vivant, tout à la fois en souf- gation qui nous est faite de l’entreprendre.france et en bonheur, qu’il faut investir cultu-rellement. Là où il invente et est moteur, là Nous sommes obligés de constateroù il souffre parce que nié. C’est de là que qu’aucun ministre de la Culture, depuis dedoit naître une parole nouvelle. nombreuses années, n’a su comprendre l’ampleur de cette question, forger une doc- Il faudrait évaluer les pratiques culturelles trine, et donc bien évidemment impulserdes salariés et les confronter aux pratiques une réelle politique, malgré l’insistance de laprofessionnelles, rechercher leurs attentes et Cgt, hélas souvent un peu seule. Les timidesaspirations, mesurer et conforter les inter- engagements et les expérimentations initiéesventions, les initiatives culturelles des syndi- par Mme Catherine Trautmann, alors minis-cats, des comités d’entreprise ou associations tre de la Culture, n’ont jamais été réelle-plus ou moins similaires. C’est leur vocation ment évalués ni franchement consolidés. Ilsde provoquer le collectif de travail à la parole, n’ont pas été suivis d’effets. Il est vrai qu’unede permettre l’intervention solidaire, de rap- telle politique nécessiterait de prendre desprocher des pratiques professionnelles, socia- risques et du temps, le nouveau devant trou-les et culturelles, d’ouvrir à l’apport de cul- ver son chemin. Cela demanderait aussitures, de langues et de coutumes encore d’engager résolument des partenariatsétrangères, d’élaborer et de croiser des publics, état, collectivités territoriales, ausavoirs, d’entrer en partage esthétique, sensi- niveau des sites, des territoires et de réexa-ble. miner courageusement les transversalités ministérielles, pour parvenir à mobiliser tous Il faut aussi que les organisations du les acteurs sociaux, patronat compris.monde du travail puissent procéder à l’éva-luation de leurs propres politiques, de leurs La question rebondit cruellement quandactions, en regard du développement écono- il s’agit des publics empêchés, en fait dumique et social de l’entreprise et des straté- public exclu, souvent d’abord du travail.gies qu’elle développe. Cela suppose de Personnes incarcérées, hospitalisées, handi-réévaluer les droits et les moyens dont elles capées, mais aussi vivant dans des quartiersdisposent. Ils sont aujourd’hui obsolètes et en grandes difficultés. Notre société soigneinadaptés face aux nouvelles configurations beaucoup et sans doute pas encore assez. Elledes entreprises et à la situation extrêmement réprime, normalise et censure aussi mais elledégradée que connaît le travail. Elles refuse de soigner le travail, de le recréer.devraient être aussi en capacité d’expertiser Notre conviction est que l’attention singu-les politiques publiques et patronales, en ce lière qui doit être portée au travail est unequi concerne la culture. La chose n’est des clés pour lever les blocages que rencon-aujourd’hui pas facile. C’est justement l’obli- trent nos politiques culturelles. Nous pen-14 Supplément au Peuple n° 1638
  14. 14. Quelques proximités et nités du réel et le transformer, aimer à« complicités. Echos de pleine vie, ouvrir sur l’universel. Elle est l’af- firmation d’une liberté et d’une hospitalitélectures, de regards et irrépressible dans tous les temps de la vie.d’écoutes pour inviter à la Elle est la respiration : temps de travail etrencontre. François Bon, temps de loisirs, qui sont deux temps à libé-Hervé Brisse, Yves Clôt, rer.Nicolas Frize, EdouardGlissand, Bernard Lubat, Rendre toute sa place au travail dans laCharles Tordjman, Agnès construction des politiques culturelles en l’ouvrant au tout de la culture est la contri-Varda, Michel Vinaver, bution spécifique d’un syndicalisme CgtMarcel Trillat, Yves confédéré et rassembleur à l’essor de cul-Schwartz. ture. Les rencontres, les réflexions menées toutes ces années concrétisent cette ambi-sons aussi que notre société ne retrouvera tion. Les travaux du congrès et ce documenttoute sa dynamique sociale que si le monde en témoignent. •du travail entre en partage culturel. Cela par-ticipe de l’instauration d’une véritable démo- Conseiller confédéralcratie culturelle. Penser la culture sans pen- Politique culturelle Jean-Pierre Burdinser son rapport au travail est une impasse.Penser le travail sans le fonder dans la cul-ture, c’est conduire à la misère sociale. Cettequestion de la place faite au travail, à sonsens, à sa visibilité, au soin qu’on lui porte estrefoulée, depuis bien longtemps. Il semblebien qu’historiquement nous n’ayons pas suvoir ensemble, à temps, le travail autrementque comme un terrain en friche, qu’il fau-drait acculturer en apportant la lumière, sansprendre mesure les faire et imaginaire qui y 1) On se rappellera les deux séminaires organisés en 2005 « culture et création » et « culture et responsabilités publiques » ainsi que le colloque de clôture qui les a suivis. (Voir note 3)germent et s’y inventent, y compris dans 2) « L’Aventure Culturelle de la Cgt ». Marius Bertou, J-Michel Leterrier. V.O. édi- tions. 1995. On relira aussi avec profit« Culture au travail » de J-Michel Leterrierl’activité syndicale, par exemple. dont la réédition est annoncée chez L’harmattan. Préface de Gérard Astor. Numéro 4 des cahiers de Convergences. Décembre 2006 3) On se reportera à trois documents (à commander culture@cgt.fr ) : - Thématiques NVO « la France a-t-elle besoin de culture ? » (janvier 2004) La culture est une présence radicale et - Le Peuple compte rendu 48e congrès. Supplément au numéro 1632 (juin 2006) - NVO spécial 48e congrès, n° 3217 du 14 Avril 2006 Politiques culturelles et mondetotale au monde, là où nous y sommes insé- du travail. Echos d’une réflexion (juillet 2005) disponible sur www.cgt.frrés, pour l’entendre, pour saisir les opportu- 4) J-P.Burdin « Crise d’Horizon ». Opus 3 de culture publique 2005 5) Voir J-P.Burdin, revue Mouvement 16. Avril, Juin 2002 : « L’art au travail ». Supplément au Peuple n° 1638 15
  15. 15. Des perspectivesExaltantes La confinée, est les institutions culture par trop souvent devons dire ensemble : ce renouveau démocratique sera culturel ou ne sera pas ! et pouvoirs publics, à ce qui pourrait s’apparenter à une sorte de vestibule, où Y aurait-il des cultures « empêchées » d’exis- elle serait reléguée, de salon, certes à ter, des cultures condamnées au silence et à l’oubli ? peu près confortable, à l’atmosphère un Nous ne sommes pas prêts à accepter cette dérive peu feutrée, et au fond assez étouf- effrayante. Si nous nous refusons à livrer clés en fante. Elle n’est là, en quelque sorte, main une définition de la culture, nous travaillons convoquée qu’à l’heure de faire briller à faire émerger une autre conception, ouvragée des les beaux arts et les belles lettres. Pour le échanges, du partage, faite de solidarités, de la reste, elle ne devrait résonner qu’au tra- diversité des cultures. vers des tuyaux d’orgue des industries culturelles et du prisme marchand. Bouger ces lignes pour changer la société, pré- tendre à des temps nouveaux où se conjuguent les On s’en doute, ce que propose la Cgt à tous les libertés et l’émancipation, nous en revendiquons acteurs de la culture, comme à l’ensemble du monde l’idéal et l’action. C’est ce chemin qu’il nous faut du travail est aux antipodes de cette conception de tracer, chemin difficile et annonciateur de combats la culture. exaltants. Mais nous ne venons pas de nulle part, loin s’en faut. Les 2e rencontres Cgt « Travail, cul- C’est tout le sens de la 15e décision du docu- ture, syndicalisme », organisées à Montpellier en ment d’orientation adoptée au 48e congrès de février 2003, ont ouvert quatre champs de Lille, en avril dernier, de s’engager dans la réflexions et d’actions. construction « d’une nouvelle démocratie cultu- relle ». Cette décision constitue un atout considéra- • L’entreprise, la culture et le travail. ble pour asseoir et poursuivre la démarche syndicale Plus que jamais nous sommes convaincus que le tra- de toute la Cgt et de son activité confédérale de vail, sa complexité et son sens ont directement à voir Politique culturelle. et interagissent avec la culture et la création artis- tique. Le travail est donc bien l’un des paramètres La crise profonde qui touche toutes les sphères majeurs de l’équation que nous tentons de résoudre de notre société - crise de repères et crise de sens avec pour l’essor d’une « nouvelle démocratie cultu- les conséquences dramatiques d’aliénation et de relle». Analyser et repenser les interventions et souffrance sociale -, exige de la Cgt de prendre réso- interactions à l’entreprise dans la culture et dans lument le parti du renouveau démocratique. Nous l’art, questionner les rôles des différents acteurs 16 Supplément au Peuple n° 1638
  16. 16. (patronat, comités d’entreprise, syndicats, associa- culture, est une incitation et un point d’appui pourtions) c’est ce que nous réaffirmons. impulser une action confédérée. • Les territoires, les sites et culture. La • Pour la culture de tous, partout dansglobalisation de l’économie, l’accélération de la le monde. Dans le cadre de la mondialisationrentabilité et de la rotation des capitaux, les délo- économique le libéralisme a parfaitement compriscalisations et les concentrations d’ entreprises font fi qu’il peut tirer un immense profit du développe-des frontières, ruinent sans états d’âme les territoi- ment des industries culturelles. Il agit donc sur desres, en imposant de nouvelles cartographies des pou- leviers puissants qui concourent à l’uniformisationvoirs et des dominations. Au contraire nous voulons et à la standardisation de la culture. Faire grandir« cultiver » les territoires, leurs potentialités cultu- l’exigence de la diversité culturelle n’est-ce pas déjàrelles, leurs singularités économiques, industrielles ébranler cette machine en apparence bien huilée.et sociales, en s’appuyant sur leur richesse, leurmémoire, leur capacité créative. Nous voulons Nous sommes résolus à nous rassembler, avec deouvrir les territoires, les décloisonner. nombreux partenaires au plan européen comme au plan international, pour l’instauration de nouvel- • Les politiques culturelles et les res- les règles protectrices et la ratification par les étatsponsabilités publiques.Plus personne ne se ris- de la charte de l’Unesco portant sur la diversitéque vraiment à nier l’affaiblissement des responsa- culturelle. De ce point de vue, la constitution d’unebilités publiques en matière de culture. Près de 50 nouvelle confédération syndicale internationale,ans après sa création, le ministère de la Culture a dont la Cgt est partie prenante, appelle à ne pasperdu le cap de «la démocratisation de l’accès à la céder aux tentations de replis et à agir pour préser-culture» et connaît un désengagement auquel nous ver les richesses culturelles de tous, et à libérer, par-ne nous résignons pas Les collectivités territoriales, tout, des énergies créatrices.et notamment les régions qui font beaucoup plusque par le passé peinent, faute de moyens, à prendre Toutes les rencontres auxquelles nous sommesle relais et à assumer des politiques culturelles inno- invités ou que nous organisons valident la perti-vatrices. Les politiques publiques dans leur ensemble nence de ce cadre de travail pour construire desse montrent incapables de trouver un second souffle mobilisations et deset de repenser leurs missions fondatrices. actions. Un cadre Franck Guillaumet pour agir ! • Là encore, la décision du 48e congrès d’enga-ger une vaste campagne pour l’adoption d’une loid’orientation et de programmation pour la culture,garante de l’exception culturelle et de droits sociauxpour l’ensemble des travailleurs du spectacle et de la Membre de la commission culturelle confédérale Supplément au Peuple n° 1638 17
  17. 17. « Document d’orientation L i l l e s 2 0 0 6 - 4 8 e congrès La démocratie au cœur des enjeux de transformation du travail et de la sociétéPour une démocratie culturelle Cgt entend prendre toute sa place dans la construction d’une véritable La démocratie culturelle. Il s’agit d’afficher notre volonté de rompre avec une vision élitiste de la cul-ture. Il n’y a de démocratie culturelle que par le développement et le partage descultures de tous. Celles qui s’élaborent au travail doivent être reconnues dansleurs apports à la transformation sociale et à l’essor d’une société de progrès.Il ne peut y avoir de démocratie culturelle et de pérennité de l’exception cultu-relle sans la reconnaissance de droits sociaux pour l’ensemble des travailleursdu spectacle et de la culture. Nous revendiquons en même temps l’accès des salariés, des privés d’emploi, desretraités et de leurs familles aux oeuvres du patrimoine et de la création artistique etscientifique. Nous n’acceptons pas que des couches entières de la population soientsoumises aux seuls choix que leur propose l’industrie audiovisuelle et du loisir,aujourd’hui régie par le seul Diktat de l’audimat. A l’heure de la révolution de l’information et de la connaissance, les nouvellestechnologies ne conduisent pas automatiquement à la démocratie culturelle. La sur-abondance de produits et de services va de pair avec la standardisation. Garantir ladiversité culturelle implique l’accès à la création de l’ensemble des catégories popu-laires.18 Supplément au Peuple n° 1638
  18. 18. ion Lecture et écriture, pratiques musicales, théâtrales et artistiques sont à promou- voir à toutes les étapes de la vie, de l’éducation et dans les différentes sphères socia- les. La Cgt revendique la démocratie culturelle, le libre épanouissement des salariés, le droit à choisir, à critiquer, à intervenir sur sa vie et son devenir de salarié et d’in- dividu. C’est le chemin de l’émancipation. Pour gagner cette autonomie, il faudra mobiliser le système éducatif et les servi- ces publics culturels, il faudra associer les mouvements d’éducation populaire avec une exigence toute particulière pour les Comités d’entreprise, renforcer des politi- ques publiques en direction de la création, garantir l’avenir du service public de l’audiovisuel grâce à un financement public accru, assurer la pérennité de la presse, sa pluralité et son indépendance grâce à des moyens nouveaux. Il faudra porter des exigences fortes vis-à-vis des pouvoirs économiques mais aussi vis-à-vis de l’État et des collectivités territoriales dont les budgets doivent être à la hauteur des enjeux. Décision Le congrès décide de faire de l’exigence d’une « nouvelle démocratie culturelle » un axe de construction revendicative et de mobilisation, et d’enga- ger une vaste campagne pour l’adoption d’une loi d’orienta- tion et de programmation pour la culture garante de l’excep- tion culturelle et de droits sociaux pour l’ensemble des travailleurs du spectacle et de la culture. Supplément au Peuple n° 1638 19

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