Les mineraisde fer sont exploités en Tunisie par la Société du Djebel
Djerissa (SDD), avec 2 mines en service :
les gisements de Tamera –Douahria, au Nord ouest, et
la mine de Djerissa, au Nord est.
L'exploitation a démarré, en 1901, d'abord, à ciel ouvert, et depuis 1960,
par une extraction souterraine à la mine de Djerissa.
La société exploite de l'hématite (Fe2O3) à Djerissa et Tamera, à des teneurs
allant de 40 à 55 % en Fe et de la sidérite (Fe2CO3), uniquement Djerissa, à
une teneur en Fe de 40 % et une granulométrie de moins de 20 mm, destiné
actuellement à l'exportation.
Après avoir été destinée, depuis 1966, à la sidérurgie tunisienne (Menzel
Bourguiba), la production est, depuis 1978, dédiée à l'industrie du ciment qui
a fini par remplacer totalement, à partir de 2002, celle de la sidérurgie.
Aujourd’hui, la production tunisienne du fer est consacrée notamment
comme :
additif dans l'industrie du ciment (94 %, sous forme d’hématite),
additif dans l'alimentation des bétails (6 %, sous forme de sidérite),
pigments dans l'industrie des colorants (petites quantités).
Le reste de la production est tourné vers l’exportation.
10.
Le milieu doitêtre aride, mais pas nécessairement chaud, par exemple les
ceintures tropicales et équatoriales, les zones à climat très froid. Il faut que les
apports d'eau soient inférieurs à l'évaporation.
Le système doit être plus ou moins isolé, de telle façon à minimiser les apports
d'eau, qu'ils soient météoriques ou marins. Un tel isolement est possible par une
barrière tectonique, volcanique ou sédimentaire. Un apport d'eau est cependant
indispensable, car le système a besoin d'un apport d'ions constant.
Les zones favorables sont donc les zones de rifts continentaux (Mer Morte), les
zones de bassins intracratoniques, les lacs, les zones de collision, les bassins fermés
où stagnent les eaux.
Les évaporites, ou roches évaporitiques, sont des
roches sédimentaires constituées de minéraux ayant
précipité à la suite d'une augmentation de leurs
concentrations dans une saumure. Cette augmentation
de concentration provient d'apports terrigènes de sels
minéraux et de l'évaporation de l'eau dans laquelle elles
se forment.
Les évaporites se forment par précipitation d'ions en
solution, dans un milieu aqueux sursaturé (saumure)
soumis à une évaporation intense.
Diverses conditions sont nécessaires à la formation de
gisements évaporitiques :
II- Géomorphologie etGenèse du Paysage
A - Les Principaux types de structure
B - Grands traits de la Géomorphologie de la Tunisie
1. La zone tellienne
2. La région atlasique centrale
3. Le secteur présaharien
4. Le massif saharien
C - Les paysages tunisiens
5. Notion de paysage et méthodes de lecture
6. Atouts et limites des paysages tunisiens
7. Agents et processus de l’érosion
8. Situation des cours d’eau
9. Actions anthropiques et conséquences
10. Etude de cas particuliers de dégradation des paysages Tunisiens (Désertification,
littoral et milieu insulaire…)
D - Aménagement du territoire et des paysages
11. Notion d’aménagement
12. Aménagements hydrauliques (barrages, aqueducs, canalisation et systèmes
d’évacuation des eaux usées, stations d’épuration …).
13. Aménagement et protection de l’environnement naturel (protection du littoral, lutte
contre l’érosion et la désertification, carrières, gisements, décharges…).
14. Aménagement et qualité de la vie en milieu urbain
Cours de laMedjerda
Vue de Chott El Jerid
Paysage de Kasserine
Cours de
Géomorphologie
Paysage de Matmata
Vue d’une plage à Jerba
21.
La Géomorphologie :(du grec Gaïa = la Terre, morphe = la forme et logos =
l’étude) est l'étude des formes des reliefs et des processus qui les façonnent
sur la Terre (et les autres planètes telluriques).
Les études géomorphologiques consistent à analyser les paysages,
comprendre leur histoire et expliquer leur évolution tout en modélisant les
changements à venir par le biais des observations de terrain, les
expérimentations de laboratoire et les modélisations analogique et
numérique.
La Géomorphologie est une discipline se plaçant à cheval entre la Géographie
physique et les Sciences de la Terre, avec 2 grands domaines portant sur :
la Géomorphologie structurale, centrée sur les structures affectant les
reliefs à différentes échelles (formes tectoniques, surfaces, escarpements, …),
la Géomorphologie dynamique (ou Géomorphologie zonale ou
climatique), centrée sur les processus (géodynamique) externes responsables
de la formation ou la modification, ainsi que l'évolution des formes de relief,
du littoral et du réseau hydrographique (érosion, altération, ablation,
transport, dépôt, …), tout en accordant une place de choix à l’impact du
climat actuel et des climats passés sur le modelage des grands traits du
paysage terrestre.
22.
Définition sommaire: la Géomorphologie est la discipline
scientifique qui décrit les formes de la surface de la Terre (relief) et
explique leur formation et leur évolution.
Quels sont ses objectifs ?
Etablir et caractériser les processus qui déterminent la
morphologie d’un paysage ;
Etablir les échelles de temps associées à la mise en place et à la
destruction des reliefs ;
Reconstituer l’histoire de relief d’une région et proposer un
modèle de son évolution future et ses conséquences sur de
potentiels aménagements.
23.
Certaines structures géologiquesdemandent des millions d’années (MA) pour se
former, …., d’autres, plus rares, seulement quelques secondes !
La
morphologie,
c’est aussi une
notion de
temps :
24.
… et lescôtes des continents,
aujourd’hui très éloignés,
s’emboîtent parfaitement !
Les structures géologiques de même âge se poursuivent au
travers d’un océan …
25.
Répartition pondérale desreliefs continentaux et des fonds marins à la surface de la Terre
Les points extrêmes du relief de la surface de la
lithosphère sont : le mont Everest dans l'Himalaya, le point
le plus haut, à 8 848 m, et la fosse des Mariannes, le point
le plus profond dans l'océan, à 11 034 m de profondeur.
Entre ces deux points extrêmes, on a donc un dénivelé de
l’ordre de 20 km.
La terre est souvent appelée, à juste titre, « planète bleue ». En effet, les mers et
les océans couvrent pas moins de 71% de la surface de la planète.
(+ 8848 m)
26.
Everest, Chomolungma
ou Sagarmatha
Chevauchantla frontière
séparant le Népal et le
Tibet, le mont Everest est
situé dans la partie
orientale de la chaîne de
l'Himalaya. Plus haut
sommet au monde, il
doit son altitude à la
collision entre le sous-
continent indien et le
continent asiatique.
D'abord désignée Peak B, cette montagne fut renommée Peak XV en 1852, puis sur
recommandation de Sir Andrew Waugh, surintendant du Survey of India, elle a été
rebaptisée Mont Everest, en 1856, en l'honneur de Sir George Everest, chef d’une
mission technique britannique dans les Indes, sous domination britannique. En
réalité, la montagne en question était désignée sous le nom de Tschoumou Lancma
(carte du Tibet, 1733). Aujourd'hui, les Tibétains la désignent sous le nom de
Chomolungma (Qomolangma), du nom de la déesse mère de la terre, alors que les
Népalais l'appellent Sagarmatha (la montagne dont la tête touche le ciel).
27.
Bathyscaphe Trieste deJacques Piccard
En 1960, Jacques Piccard,
ingénieur océanographe suisse
(fils d'Auguste Piccard, inventeur
du 1er bathyscaphe en 1947), et
Donald Walsh, de la marine
américaine, réussirent à
atteindre Challenger Deep, le
point le plus profond de la Terre
connu à ce jour (10 916 m), situé
dans la fosse des Mariannes, à
bord du bathyscaphe Trieste
(engin sous-marin conçu pour
l'exploration du fond des océans)
Fosse des Mariannes : elle tire son nom des Îles Mariannes, d’origine
volcanique, qui se sont formées sur le rebord de la fosse. C’est un domaine en
forme d’arc qui s’étend sur plus de 2 550 km de long, pour une largeur d’à
peine 70 km. Sa profondeur atteint 11 033 m, ce qui en fait la fosse
océanique la plus profonde connue à ce jour. Elle est le résultat de la
rencontre de deux plaques océaniques (plaque du Pacifique et la plaque des
Philippines). La première, plus ancienne, s'enfonce par subduction sous la
seconde, plus jeune et moins dense, au rythme de plus de 10 cm par an.
Rift médio-océanique :
Les dorsales médio-
océaniques ne sont pas
constituées d’une ligne
morphologique continue, mais
d'une suite de nombreux
segments reliés par des failles
transformantes.
Le domaine axial des
dorsales est souvent
caractérisé par un fossé
d'effondrement constitué
d’une vallée étroite
de quelques km de
profondeur appelée rift
médio-océanique, où les
conditions sont très
favorables au
développement d’une vie
sous-marine intense.
32.
Ces rifts,formant une dépression de 4 000 mètres de profondeur moyenne,
constituent des dépressions qui « déchirent » les dorsales médio-océaniques en
leurs axes, d’une manière continue, sur près de 60 000 km, au travers de tous les
océans du monde.
La morphologie de ces rifts est celle de fossés faillés – avec des miroirs de
faille orientés vers l’axe du rift, parfois étroits (quelques centaines de mètres),
parfois plus larges (quelques dizaines de kilomètres).
Dans l’axe, se trouvent des zones de volcanisme sous-marin, constituées de :
volcans et de coulées donnant naissance à des pillow lavas (ou laves en
coussins) basaltiques qui sont les premiers témoins de la croûte juvénile
néoformée,
et, en d’autres endroits, des bouches hydrothermales laissant monter des
fluides dont la température dépasse souvent la température critique de l’eau
(373,995°C, sous 220 atm.).
33.
Ride médio-océanique :
C’estla frontière de divergence entre
deux plaques tectoniques qui s'écartent
l'une de l'autre avec création de
lithosphère océanique.
Guyot :
C’est un relief sous-marin au sommet
aplati.
On explique l’existence de ces reliefs
comme étant le résultat d’une érosion, à
l'air libre de leur sommet, avant d’être
progressivement enfoncés sous l’eau.
Canyon sous-marin :
C’est une vallée sous-marine profonde et encaissée, plus ou moins sinueuse
et ramifiée, pouvant atteindre 1000 m de profondeur, entaillant le talus
continental (et parfois même le plateau continental : on parle alors de gouf,
quand ce type de relief se prolonge jusqu’aux environs de la côte), caractérisée
par des versants raides, parcouru par des courants de turbidité.
Les canyons sous-marins peuvent être le prolongement sous-marin de
fleuves, mais ils peuvent également avoir d'autres origines.
34.
Volcans sous-marin :
Il s’agit de fissures dans la croûte
terrestre, obligatoirement immergées, d'où
jaillit du magma, principalement dans le
domaine des dorsales océaniques. Ce type
de volcans produit environ 75 % de la
totalité des magmas.
La lave formée par les volcans sous-
marins est différente de la lave
continentale : au contact avec l'eau de mer,
une couche solide se forme rapidement
autour de la lave lui donnant une forme
particulière de « coussins de lave » (pillow
lava).
Fosse hadale :
Il s’agit d’une fosse sous-marine constituée
en dépression profonde, de plus de 7 000 m,
plus ou moins longue et étroite, présente
dans les zones de subduction ou de
divergence, caractéristiques des marges
actives.
35.
Un des objectifsde la
Géomorphologie est
de proposer un
modèle de l’évolution
future de la Planète et
ses conséquences sur
de potentiels
aménagements : un
cas exceptionnel, le
rift est-africain
annonce la naissance
prévisible d’un nouvel
océan.
36.
Une plaineest une forme particulière
de relief : il s’agit d’une large étendue, à
basse altitude, présentant une surface
topographique quasi-plane, avec des
pentes relativement faibles. Les cours
d’eau y sont donc moins encaissées que
sur un plateau. Généralement, une
plaine est dominée est dominée par les
reliefs environnants.
Parmi les plaines tunisiennes, on peut
citer celles de la Medjerda, du Sahel, de
la Jeffara, …
Vue de la plaine de la Medjerda
Vue de la plaine de la Jeffara
Vue de la plaine de Mornag
37.
Cas particuliers deplaines :
La plaine abyssale : large plaine sous-marine profonde (-4000 à -6000 m),
à faible pente, conduisant aux dorsales océaniques.
La plaine d'altitude (ou altiplano, en espagnol) désigne particulièrement
une large plaine situé au cœur de la cordillère des Andes et qui est la plus
haute région habitée au monde après le plateau du Tibet.
La plaine de piémont : plaine située au pieds des chaînes de montagne et
formée par le dépôt des matériaux charriés par les torrents et rivières
provenant de ces montagnes.
La plaine alluviale (correspondant au lit majeur d'un cours d'eau) : surface
correspondant à la zone inondable d’un cours d’eau et constituée par les
alluvions déposés lors de crues successives.
La plaine deltaïque : elle est située à la confluence de la plaine alluviale et
du domaine marin (ou lacustre ou de sebkha).
La plaine d'épandage : une zone d'accumulation de dépôts variés charriés
par les torrents (ou les moraines, dans le cas des glaciers).
La plaine littorale : aire côtière non recouverte enrichie par les apports
continentaux.
38.
Formation des chaînesde montagnes : voir cours de Tectonique et de
Géologie structurale
Introduction à lamorphologie structurale des reliefs sédimentaires :
On appelle formes structurales, les formes dont la configuration est
déterminée par la nature des roches et leur disposition (Coque, 1993).
En fonction des déformations tectoniques subies par les roches, on
distingue 3 types de reliefs principaux dans les structures
sédimentaires :
Les reliefs aclinaux ou tabulaires : les structures sédimentaires n'ont
pas ou peu subi de déformations. Les couches sont en position
horizontale ou subhorizontale.
Les reliefs monoclinaux : les structures sédimentaires présentent des
pendages de même direction sur une grande distance.
Les reliefs plissés : les structures sédimentaires ont subi des
déformations et présentent une succession de plis plus ou moins
complexes (souvent compliqués par des accidents tectoniques) suivant
l'intensité des déformations subies.
A chaque type de relief sont associées des formes caractéristiques.
41.
Reliefs aclinaux outabulaires :
vues panoramiques de certains
reliefs en Tunisie, où les strates
sont planes ou très faiblement
inclinées.
Reliefs du Sud-est de Tunisie
Relief tabulaire et canyon à Tamerza
Table de Jugurtha – Kalâat Sennan
42.
Reliefs monoclinaux :
casdu Dahar (1 et 2),
dans le Sud-est
tunisien, et Tamerza
(3), au Sud-ouest, où
les strates présentent
un pendage plus ou
moins léger vers
l’Ouest.
- 1 -
- 2 -
- 3 -
43.
Reliefs plissés :largement
répandus en Tunisie centrale, en
Tunisie septentrionale et au Cap-
Bon, de tels reliefs sont constitués
de strates déformées par les
plissements et les accidents
tectoniques de tous genres.
44.
1
2 3
4
A -Principales formes de relief aclinal :
La forme typique du relief aclinal est le plateau structural, plus ou
moins entaillé par l'érosion.
45.
Les principales formesd’un relief aclinal (ou d’un plateau structural
résultant de l'affleurement d'une couche résistante à l'érosion) sont :
les mesas,
les buttes-témoins et avant-buttes qui constituent des reliefs
résiduels des plateaux démantelés par l'érosion,
ces plateaux peuvent être entaillés par des canyons ou des
reculées.
Lorsque la série
sédimentaire se compose
d'une alternance de
roches de dureté variable,
le profil transversal est
irrégulier et se présente
sous forme d'une
alternance de talus et de
replats structuraux
surmontés par une
corniche sommitale.
46.
2 - UneReculée dans le Jura (France)
3 - Relief tabulaire (Namibie) avec, au
centre, une Mesa protégée, au sommet,
par une couche résistante à l’érosion.
4 - L’érosion a dégagé une butte témoin
(Monument Valley, USA) avec une épaisse
couche gréseuse résistant à l’érosion et
surmontant des faciès plus tendres.
Illustrations photo. de certaines
formes de reliefs aclinaux.
1 - Canyon entaillant la structure
tabulaire de Tamerza, témoignant de
l’efficacité de l’érosion
47.
Butes témoins dedépôts lacustres
sahariens dans la partie nord du site
d’Arich el Metnane (Algérie), témoignant
d’anciennes époques humides dans
cette région.
1 : sables grossiers de l’Erg 2 : dépôts
lacustres holocènes ; 3 : niveaux gris
(palustres ?).
(D’après Yann Callot et Michel Fontugne,
2008)
Reculée dans un relief tabulaire (Tamerza)
48.
B - Principalesformes de relief dans
les structures monoclinales :
La forme de relief typique des séries sédimentaires monoclinales à
faible pendage est la Cuesta.
49.
Les forme derelief en cuesta sont typiques des séries sédimentaires
monoclinales à faible pendage constituant le Dahar du Sud tunisien.
Ici, la célèbre Cuesta de Kef El Anba (Béni Khedache).
Les formesde relief monoclinal se développent dans des structures
sédimentaires présentant des pendages de même direction sur une grande
distance. La forme majeure est la cuesta (côte, pente ou montée en
Espagnol).
Les cuestas se développent dans des séries sédimentaires, dont la
lithologie est très contrastée et le pendage plutôt faible à modéré (ne
dépassant guère les 15°).
Il s'agit d'une forme de relief dissymétrique dégagée par l'érosion
différentielle. La présence de buttes-témoins ou d'avant-buttes témoigne de
l'ancienne extension des dépôts.
Ces formes de relief sont plutôt
visibles dans les zones climatiques
arides ou semi-arides, en raison
de l’excellent dégagement des
affleurements.
Il s'agit d'ailleurs souvent de
formes héritées qui se sont
formées aux cours de périodes
climatiques passées plus humides
dans ces zones.
52.
Reliefs en cuesta
etbutte témoin
en Tunisie
Vue panoramique de Kef El Anba – Beni Khedache
J. Boulahnèche et Chirdou - Thala
53.
C – 1– Principales formes de relief conforme associées aux structures
plissées :
Les formes de relief plissé se développent dans des zones où les couches
sédimentaires ont subi des déformations, en formant alors une succession de
plis synclinaux et anticlinaux.
54.
On parlede relief conforme lorsque les anticlinaux correspondent aux points
culminants du relief et les synclinaux aux zones déprimées. On retrouve ce type de
relief principalement en périphérie des chaînes de montagne, là où les couches
n'ont pas subi de trop fortes déformations et n'ont pas été charriées (glissements
sur de longues distances). C'est le cas, par exemple, de l’Atlas tunisien.
Les formes de relief plissé ne sont pas figées. Elles évoluent sous l'effet de
l'érosion. Les anticlinaux, affaiblis par les fractures de tension qui se sont créées au
niveau de la charnière lors de la phase de plissement, se démantèlent plus
rapidement que les synclinaux qui, eux, ont été comprimés et sont donc plus
résistants.
La dépression située au cœur des anticlinaux évidés se nomme combe
anticlinale et les corniches qui la délimitent, des crêts. Lorsqu'une couche plus
résistante est mise à jour au centre de la combe, elle forme un mont dérivé.
Le réseau hydrographique contribue de façon essentielle à l'attaque des plis. Il
est composé de tronçons longitudinaux, parallèles à l'axe des plis, et de tronçons
transversaux évoluant par érosion régressive : on appelle ruz l'entaille que forme
un cours d'eau sur le flanc d'une cluse (ou clue), la partie du tracé d'un cours d'eau
qui traverse un anticlinal de part en part.
Les formes de relief qui se développent dans les nappes de charriage (comme
c’est le cas de l’extrême Nord tunisien) sont très complexes et difficiles à décrire et
expliquer ici.
55.
Autre bloc
diagramme
illustrant les
principales
formesde
relief plissé se
développant
dans des
zones où les
couches
sédimentaires
ont subi des
déformations,
en formant
une succession
de plis
synclinaux et
anticlinaux.
56.
C – 2– Principales formes de relief inverse associées aux structures plissées :
Contrairement à aux formes de relief conforme où les anticlinaux représentent
les points culminants, les formes associées au relief inverse sont caractérisées par
la culmination des synclinaux qu'on nomme synclinaux perchés.
Cette situation est le résultat d’une érosion avancée, en ce sens que dans le cas
des structures plissées, le démantèlement des reliefs commence au niveau des
charnières anticlinales culminantes et déjà fragilisées par le processus de
plissement. Les anticlinaux sont ainsi fréquemment évidés par l’érosion au point
d’inverser les formes du relief (à l’origine, conforme) : les anticlinaux sont alors
démantelés, alors que les synclinaux, mieux épargnés par l’érosion, culminent, au
point d’être confondus, à première vue, avec des formes anticlinales : c’est ce
qu’on appelle les synclinaux perchés.
Anticlinal démantelé
= Combe
57.
Les formesde relief inverse dans les
structures plissées sont observées et
analysées à une large échelle (régionale),
souvent sur des plis réguliers de faible
amplitude, et résultent d’un modelé
d'érosion où les synclinaux deviennent
exhumés (perchés) par l'abaissement des
anticlinaux (par l’érosion).
En Tunisie, le Jebel Gorra, à
proximité de la ville de Thibar,
culminant à 850 m, avec des
falaises (crêt) de 20 à 40 m en
calcaires très durs à nummulites
reposant sur des faciès marneux,
est un exemple de synclinal perché
qui s’étend sur 6,5 km de long et
environ 2,5 km de large.
D’autres reliefs (Serj, kesra,
Jugurtha, …) présentent des
caractéristiques morphologiques
analogues.
Plateau de Kesra - Siliana
Jebel Gorra
58.
Définition de lamorphologie karstique :
Le terme Karst désigne une formation carbonatée largement affectée par
la dissolution, suite à une altération et une érosion d'origine chimique.
Ces formations carbonatées présentent alors des formes particulières aussi
bien en surface (dolines,
exo-karst) qu’en profondeur
(grottes, endo-karst).
Bloc diagramme illustrant
les principales formes
karstiques.
Généralement, dans les
pays karstiques, le paysage
est souvent caractérisé
par une réduction de
l’importance du
réseau hydrographique
superficiel au profit du
développement du réseau
souterrain.
59.
Origine du motkarst :
Le mot karst est d’origine allemande, mais tire sa dénomination de
la région slovène Le Kras, un plateau calcaire de 440 km2
, retenu, à
l’échelle internationale, comme éponyme des phénomènes karstiques
(le terme allemand est conséquent de l’occupation de La Slovénie par
l’Autriche jusqu'en 1918).
La région du Kras est inscrite depuis 1986 au patrimoine mondial de
l'UNESCO en raison du caractère exceptionnel des morphologies
karstiques (grottes de Postojna et de Skocjan).
Principe de dissolution et précipitation des calcaires :
Dissolution
CaCO3 + H2O + CO2 Ca(HCO3)2
Précipitation
Carbonate
de Ca
Bicarbonate
de Ca
Gaz
carbonique
Eau
La teneur en CO2 dans le milieu est déterminante pour la
quantité de carbonates formés ou dissous :
o L’augmentation de cette teneur dans l’eau est synonyme
d’acidification accrue de l’eau et donc une plus forte dissolution
des calcaires en bicarbonates.
o A l’inverse, la baisse de la teneur en CO2 est synonyme de
précipitations des bicarbonates en calcaires.
60.
La Tunisieest un pays sédimentaire par excellence. On note l’abondance
des carbonates, c’est pourquoi plusieurs réseaux karstiques sont formés en
Tunisie :
Zembra et Zembretta,
Le réseau karstique de Ain Khamouda,
Les massifs de la dorsale Tunisienne :
Djebel Zaghouan, Djebel Ressas, Djebel Serdj, …
Le Dahar et la chaîne de Gafsa.
Bien que les différentes figures
karstiques (gouffres, grottes, dolines,
…) sont réparties un peu partout, il
n’en reste pas moins que le domaine
le plus concerné par la karstification
est celui de la Dorsale tunisienne,
surtout au niveau des jebels Serdj,
Bargou et Zaghouan.
Figures karstiques du Jebej Serdj