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Lettres a` la re´daction / Annales Franc710 ¸aises d’Anesthe´sie et de Re´animation 33 (2014) 704–713 
De nouvelles recommandations de l’European 
Society of Anaesthesiology pour la pratique 
clinique pourront-elles optimiser la prise en 
charge des he´morragies du post-partum par les 
diffe´rentes e´quipes de maternite´ ? 
The new ESA guidelines for clinical practice would optimize the 
therapeutics of the postpartum hemorrhage by the different teams of 
motherhood? 
War is the father of all and king of all. 
He¯ra´ kleitos ho Ephe´ sios 
Pre-socratic Greek philosopher c. 535–c. 475 B.C.E. 
C’est avec un tre` s grand inte´ reˆt que nous avons pris 
connaissance des conclusions de l’article de Bouvet et al. [1], 
publie´ en mai dernier dans les Afar, et des progre` s re´ alise´ s par les 
colle`gues de la re´ gion de la Loire. Nous souhaitons apporter 
quelques commentaires pour aller dans le sens de la conclusion de 
l’e´ tude, puisque nous avons pour nos parturientes de l’ıˆle de la 
Re´union la meˆme pre´occupation que celle de nos colle`gues nantais 
et angevins. 
L’important pour nous aussi est actuellement l’adhe´ sion aux 
toutes nouvelles RPC – si possible peu e´ loigne´ es des guidelines 
2013 de l’ESA – par le plus grand nombre d’e´quipes de maternite´ de 
l’ıˆle de la Re´union (et de Mayotte), facilitant une re´ponse 
the´rapeutique rapide apte a` diminuer morbidite´ et mortalite´ . 
Il y a quelques anne´ es notre taux de de´ ce` s attribue´ aux HPP e´ tait 
au double de celui de la me´ tropole, malgre´ de longues anne´ es de 
combat didactique pour de´fendre l’inte´ reˆt de l’acce` s au facteur I, 
aux antifibrinolytiques et aussi celui d’une homoge´ne´ isation des 
pratiques dans toutes les maternite´ s de notre ıˆle. 
Les grossesses e´ taient parfois tre` s mal suivies et la pre´valence 
triple de certaines pathologies rencontre´ es dans ces populations 
fragiles pouvait aussi expliquer l’e´ cart constate´ , il y a 10 ans, par 
l’Inserm entre nos chiffres et les chiffres me´ tropolitains et 
europe´ens : un effort de rattrapage a donc e´ te´ re´ alise´ et cet effort 
doit se poursuivre. 
Graˆce au re´seau de pe´ rinatalite´ de l’ıˆle de la Re´union (REPERE), 
sous l’e´ gide de notre tout jeune CHU, quasiment toutes les 
maternite´ s publiques et prive´ es de type 1, 2 ou 3 disposent a` ce jour 
de chariots de´ die´ s « HPP » complets et ergonomiques, dans lesquels 
se trouvent disponibles aussi bien le logigramme des RCP 
2004 re´ actualise´ en novembre 2013 que la feuille de surveillance 
spe´ cifique ou bien encore le ballon de tamponnement intra-ute´ rin 
de type BAKRI. . . La carbe´ tocine a e´ te´ introduite avec succe` s dans 
notre arsenal en de´but d’anne´ e. 
Des se´ ances de simulation ont e´ te´ re´cemment mises en place 
pour optimiser l’acquisition des re´flexes par nos jeunes appre-nants, 
internes de spe´ cialite´ , e´ le`ves sages-femmes en premier. 
Ainsi, meˆme les e´quipes les moins souvent confronte´ es a` ce risque 
peuvent suivre a` la lettre les consignes nationales (et re´ gionales) de 
la Socie´ te´ franc¸aise d’anesthe´ sie et de re´animation et CNGOF. 
Des re´unions de suivi re´ ite´ re´ es par le re´seau REPERE et des RMM 
biannuelles hospitalie` res prouvent ici la baisse progressive des 
e´ve´nements porteurs de risques et la diminution actuelle des 
accidents graves, voire leur rare´ faction. 
A` 
l’heure ou` l’ESA a e´mis en 2013 des recommandations pour le 
management des he´morragies se´ve` res (dont 18 RPC pour le seul 
domaine obste´ trical allant du grade 1B a` C) [2], voici nos divers 
commentaires. 
Le premier commentaire concerne la de´ finition de l’he´morragie 
du post-partum retenue en 2004 par nos experts : « 500 mL a` 
1000 mL selon la voie basse ou haute, chiffres conside´ re´ s comme 
discutables », e´ crivez-vous dans votre article. 
Si effectivement ces valeurs sont acceptables dans la majorite´ 
des cas (poids moyen de 75 kg), celles-ci omettent souvent les 
poids extreˆmes, ce qui est parfois pre´ judiciable car hasardeux. . . 
Nous avons ici en ratio sur notre ıˆle, davantage de patientes en 
obe´ site´ morbide et aussi davantage de patientes de petit poids 
(chez les mineures, nombreuses), il nous a donc semble´ plus 
pragmatique, plus pertinent et prudent de faire intervenir la 
notion de vole´mie rapporte´ e au poids de la parturiente (ou de son 
indice de masse corporelle) pour lancer au meilleur moment la 
premie` re phase the´ rapeutique, en tentant de ne pas compliquer le 
calcul. 
Dix pour cent de la vole´mie semble donc eˆtre le bon seuil en 
sachant que cette vole´mie passe progressivement de 70 mL/kg en 
de´but de grossesse [3] a` environ 90 mL/kg (+20 % a` 30 %) en fin de 
grossesse [4], en sachant bien que tout trouble de la perme´ abilite´ 
capillaire (pre´ -e´clamptique ou autre) modifie e´videmment ces 
valeurs. 
On retiendra donc simplement, avec comme aide mne´motech-nique, 
que 400 mL pour 50 kg, 800 mL pour 100 kg et 1200 mL 
pour 150 kg sont des seuils corre´ le´ s au poids et qu’il faut conside´ rer 
pour ne pas « sous-traiter » ou « sur-traiter » les patients de poids 
extreˆmes : ceci pour la voie basse, et il faut le´ge`rement e´ lever ces 
seuils lors des ce´ sariennes, d’environ 50 %. 
L’autre marque mne´motechnique que nous proposons – utile 
pour ne pas retarder la phase the´rapeutique nume´ ro 2 et ne pas 
attendre la fameuse demi-heure du logigramme de´ cisionnel de 
2004 – est le seuil de « 1 % du poids du corps », reflet du de´ bit de 
fuite sanguine : la sulprostone doit eˆtre de´ ja` lance´ e, vite mais 
progressivement sans bolus, et au mieux en surveillant le scope et 
parfois le segment ST. 
Par ailleurs le monitorage non invasif du de´ bit cardiaque et de la 
vole´mie (donc du remplissage) par biore´actance semble eˆtre, 
malgre´ quelques re´ serves [5], la solution la plus adapte´e dans ce 
contexte obste´ trical car fiable, rapide et simple a` mettre en place en 
urgence par rapport aux autres monitorages he´modynamiques 
plus agressifs et gue` re plus pre´ cis : c’est plus la tendance que la 
valeur affiche´e qui importe pour ge´ rer la re´animation. 
Notre deuxie`me commentaire concerne la compre´hension et la 
gestion des troubles de l’he´mostase et la mise a` disposition des 
plasmas frais congele´ s (PFC), pour les maternite´ s plus ou moins 
e´ loigne´ es des e´ tablissements de transfusion sanguine. 
La fin de grossesse physiologique ne s’accompagne pas 
seulement de l’augmentation des facteurs I, VII, etc., mais aussi 
de la baisse de l’antithrombine 3, de la hausse d’inhibiteurs de 
l’activation du plasminoge`ne (PAI 1 et PAI 2), de la hausse des 
activateurs urinaires et tissulaires du plasminoge`ne (uPA et tPA) 
entre autres. Tout cet e´ quilibre fragile a pour but de mettre 
physiologiquement a` chaque naissance 3 g de fibrine au fond de 
l’ute´ rus, afin de colmater la zone de de´collement placentaire et 
stopper la fuite sanguine. 
I N F O A R T I C L E 
Mots cle´s : 
De´ finition des HPP 
Monitorage non invasif du de´ bit cardiaque 
par biore´actance 
Monitorage des coagulopathies 
Plasma lyophilise´ 
Pansement he´mostatique au chitosan 
Keywords: 
Definition of PPH 
Non-invasive cardiac output monitoring by 
bioreactance 
Monitoring of bleeding disorders 
Lyophilized plasma 
Hemostatic chitosan gaze
Lettres a` la re´daction / Annales Franc¸aises d’Anesthe´sie et de Re´animation 33 (2014) 704–713 711 
Mais cet e´ quilibre instable, duˆ a` ces modifications enzyma-tiques, 
rend compte du potentiel caracte` re explosif de ces 
coagulopathies surprenantes (1/1000 fre´quentes mais vitales) 
induites par un he´matome re´ troplacentaire, ou une mort in ute´ ro 
ne´ glige´e ou un choc he´morragique ou une embolie amniotique, ou 
bien une autre cause pathologique : cela, on ne le rencontre nulle 
part ailleurs. 
L’acronyme CIVD (coagulation intravasculaire disse´mine´ e), 
erreur didactique regrettable de nos aıˆne´ s he´ matologistes – meˆme 
si maintenant plus personne ne prescrit de l’he´ parine –, n’est pas 
adapte´ a` ces situations obste´ tricales rares mais pe´ rilleuses car cela 
ne refle` te pas la cascade enzymatique induite et peut encore 
induire des erreurs ou des latences the´ rapeutiques. L’activation de 
la thrombine est moindre que celle de la plasmine, avec brutale 
lyse et cre´ ation de produits de de´ gradation du fibrinoge`ne et de la 
fibrine se fixant sur les re´cepteurs plaquettaires, rendant les 
thrombocytes inaptes a` la constitution d’un caillot solide. Il se 
surajoute donc une authentique thrombopathie, le chiffre absolu 
des thrombocytes de´ sactives n’est pas un reflet de leurs capacite´ s 
fonctionnelles et l’apport de plaquettes fraıˆches ne doit donc 
jamais traıˆner. 
Notez que l’ESA et une revue Cochrane pre´ conisent l’apport 
pre´ ventif de cet acide trane´xamique (TXA) au cours des 
ce´ sariennes – surtout en situation a` risque potentiel de saigne-ment, 
telle l’impre´ gnation de l’ute´ rus par un sel de magne´sium, ou 
une multiparite´ ou encore une chorio-amniotite (grade 2 C des 
guidelines ESA) [2]. Nous y adjoignons e´videmment le calcium 
(oublie´ dans l’article de mai dernier [1]), lequel favorise autant la 
contraction du myome` tre et la contractilite´ cardiaque que le 
processus de coagulation que peut perturber le citrate des PFC. Et 
les parturientes qui rec¸oivent un sel de magne´sium dans un but de 
neuroprotection aussi (1 ou 2 g), de` s le nouveau-ne´ pre´mature´ 
extrait. . . 
Si toutes nos maternite´ s disposent de stocks disponibles de 
facteur I (apport rapide si fibrinoge´ne´mie < a` 2 g/L, laquelle est une 
recommandation de grade 2C pour l’ESA), ceux-ci peuvent s’ave´ rer 
insuffisants, surtout si l’administration du TXA est omise, pour 
contrer l’hyperfibrinoge´nolyse parfois massive et brutale et pour 
prote´ ger le caillot (phe´nome`ne explosif rencontre´ dans 1 cas sur 
1000 naissances). 
En l’absence regrette´e ici de thromboe´lastogramme type 
ROTEMTM relocalise´ avec transmission intranet (grade C pour 
l’ESA), nous pre´conisons une mesure simple de´ localise´e de la 
coagulation par le temps de Quick, converti en international 
normalized ratio (INR), par l’usage par exemple du Coaguchek XS 
(Roche diagnostics, e´tude de faisabilite´ envisage´ e, valeur seuil de 
1,15) en lieu et place du « vieux » tube sec a` 7 minutes pour la 
de´ tection et l’alerte pre´coces de ces troubles d’he´mostase, mais 
aussi pour ne pas galvauder le fibrinoge` ne, les PFC ou bien encore le 
facteur VII active´ recombinant. 
Par ailleurs, les re´ serves en plasmas frais congele´ s (apportant 
les autres facteurs essentiels de la coagulation) ne sont pas 
toujours rapidement accessibles, rendant les transferts de´ licats. Or 
il existe actuellement – a` disposition de nos e´ quipes me´ dicales 
militaires de premie` re ligne – du plasma lyophilise´ ou french 
lyophilised plasma (PLYO ou FLYP) preˆt a` l’emploi en quelques 
minutes par l’ajout de 200 mL de se´rum physiologique (http:// 
www.gouvernement.fr/gouvernement/la-lyophilisation-du-plasma-sanguin). 
Citons le Centre de transfusion sanguine des arme´ es. 
« Un flacon de plasma lyophilise´ est e´ quivalent a` une unite´ de 
plasma the´rapeutique congele´ , mais il pre´sente sur ce dernier de 
nombreux avantage. 
Il se reconstitue en moins de 6 minutes et peut donc eˆtre 
administre´ plus rapidement qu’un plasma congele´ qui ne´ cessite 
une de´conge´ lation de 30 minutes. 
Sa tempe´ rature de conservation entre + 2 et + 25 8C (au lieu de 
30 8C pour un plasma the´rapeutique « classique ») et sa 
pe´remption de deux ans (au lieu de 1 an) permettent d’organiser 
plus facilement son transport et son stockage dans les diffe´ rents 
sites ou` il peut eˆtre envoye´ . 
La se´ lection des groupes sanguins des PFC viro-atte´nue´ s entrant 
dans la constitution du me´lange avant lyophilisation permet 
d’obtenir un plasma compatible quel que soit le groupe sanguin A, 
B, O du receveur, ce qui est un atout majeur lorsqu’on est dans 
l’urgence. 
L’agre´ment donne´ par l’ANSM a` la production de PLYO a` base de 
plasma viro-atte´nue´ par amotosalen s’applique aux ope´ rations 
exte´ rieures (OPEX) et aussi aux structures de soins civiles 
nationales, mais dans ce dernier cas, le PLYO doit eˆtre distribue´ 
par l’EFS au travers d’une convention passe´e avec le CTSA. » 
Le PLYO n’est donc pas appele´ a` remplacer le plasma frais 
congele´ , il comple` tera judicieusement l’arsenal the´rapeutique en 
mettant a` disposition de nos e´quipes obste´ tricales un plasma 
the´ rapeutique spe´cifique du traitement de l’urgence he´morragique 
grave, en attendant que le plasma frais soit de´congele´ et 
disponible, en e´ vitant ainsi les complications d’une coagulopathie 
complexe. 
Notre dernie` re remarque concerne les ballonnets de tampon-nement 
type BAKRI qui ont eu un franc succe` s ici aussi. . . 
Il nous semble que cette nouvelle me´ thode d’efficacite´ 
prouve´ e pourrait be´ ne´ ficier une re´ elle ame´ lioration, laquelle 
vient encore de la recherche me´ dicale militaire : il s’agit des 
pansements he´ mostatiques au chitosan utilise´ s par les e´quipes 
me´ dicales (CELOX) de l’OTAN pour leurs ope´ rations exte´ rieures 
[6]. 
A` 
partir d’une observation remarquable [6], ces nouveaux outils 
he´mostatiques ont e´ te´ re´cemment utilise´ s par une e´quipe 
obste´ tricale allemande, pour contrer une vingtaine d’he´morragies 
cataclysmiques avec succe` s, parmi lesquelles des placentas accreta 
[7]. 
Pour des pe´ riodes comparables dans le temps (18 mois) et pour 
un nombre comparable de naissances (3822 vs 4077) avant et 
apre` s l’introduction de ce pansement au chitosan, le nombre 
d’hyste´rectomies d’he´mostase a e´ te´ re´ duit de 75 % (8 vs 2 ; odds 
ratio : 4,27 ; p = 0,044). Aucun effet adverse n’a e´ te´ note´ . 
Il est donc licite de proposer d’intercaler entre le ballon de 
tamponnement intra-ute´ rin et la zone de de´ collement placentaire 
cette longue compresse he´mostatique au chitosan et qui sera 
retire´e en meˆme temps que le ballon (car fixe´e dessus), de` s la fuite 
sanguine controˆle´ e. La re´ activite´ the´rapeutique est ainsi ame´ liore´e 
et les sages-femmes pourraient meˆme eˆtre forme´ es a` la pose de ce 
pansement double, a` l’efficacite´ prometteuse. 
D’autres pansements au kaolin semblent provoquer un peu trop 
de de´gagement de chaleur. 
Si une e´tude randomise´e semble peu e´thique et difficile a` 
« construire », il est possible d’envisager une e´tude simple « avant-apre` 
s » chitosan, e´ ventuellement multicentrique, comparant les 
consommations de produits sanguins d’une anne´e a` l’autre a` partir 
de son introduction dans nos salles d’accouchement. 
Cet outil qui rejoindra aussi notre chariot de´ die´ HPP est – de 
plus – tre` s peu one´reux et capable d’offrir une vraie e´conomie de 
soins tout en ame´ liorant la qualite´ de la prise en charge. 
En conclusion, le controˆle pre´ coce et raisonne´ des HPP est 
be´ne´fique a` toutes et tous : des progre` s inde´ niables ont e´ te´ faits 
depuis 2004 sur la morbi-mortalite´ , et il en aura d’autres : 
re´duction des « re´chappe´ es belles » (near miss) et des holp up a` la 
banque du sang. . . 
Des mises a` jour ont eu lieu lors des congre` s internationaux car 
il faut re´ gulie`rement re´ actualiser les logigrammes de´ cisionnels en 
inte´ grant les donne´ es issues de la recherche clinique, tout comme 
les recommandations Caro, Sfar, CNGOF, ESA, consensuellement,
Lettres a` la re´daction / Annales Franc712 ¸aises d’Anesthe´sie et de Re´animation 33 (2014) 704–713 
afin que celles-ci soient mieux comprises, mieux accepte´ es et donc 
mieux applique´ es par un maximum d’e´quipes de terrain, en leur 
proposant aussi la participation a` une recherche clinique 
aujourd’hui facilite´ e. 
Les retours d’expe´ rience (REDEX) et les RMM peuvent eˆtre 
transmis par les forums tels celui du site du Club d’anesthe´ sie-re 
´animation obste´ tricale (Caro). 
Un registre europe´en HPP (site de l’ESA) est souhaitable pour 
re´ ajuster les propositions de recherche et les expertises : 7 a` 
8 millions d’enfants naissent chaque anne´e en Europe et les HPP, 
plus ou moins graves, concernent 5 % d’entre eux, ainsi que leur 
fratrie. 
De´claration d’inte´reˆts 
Les auteurs de´ clarent ne pas avoir de conflits d’inte´ reˆts en 
relation avec cet article. 
Re´fe´rences 
[1] Bouvet C, Lehousse T, Sentilhes L, Branger B, Granry JC. Enqueˆte de´ clarative sur 
la prise en charge anesthe´ sique des he´morragies du post-partum dans la re´gion 
Pays de Loire : quelle adhe´ sion aux recommandations pour la prise en charge 
clinique ? Ann Fr Anesth Reanim 2014;33:310–7. 
[2] Kozek-Langenecker SA, Afshari A, Albaladejo P, Santullano CA, De Robertis E, 
Filipescu DC, et al. Management of severe perioperative bleeding guidelines 
from the European Society of Anaesthesiology. Eur J Anaesthesiol 2013;30: 
270–382. 
[3] Teboul JL, Groupe d’experts de la SRLF. Recommandations d’experts de la SRLF- 
2004. Indicateurs du remplissage vasculaire au cours de l’insuffisance circula-toire. 
Reanimation 2004;13:255–63. 
[4] Mercier FJ, Moufouki M, Benhamou D. Risque anesthe´ siologique chez la femme 
enceinte. Trentie`mes journe´ es nationales du CNGOF; 2006 [Paris, extrait des 
mises a` jour en gyne´cologie me´ dicale]. 
[5] Conway DH, Hussain OA, Gall I. A comparison of noninvasive bioreactance with 
oesophageal Doppler estimation of stroke volume during open abdominal 
surgery: an observational study. Eur Anaesthesiol 2013;30:501–8. 
[6] Schmid BC1, Rezniczek GA, Rolf N, Maul H. Postpartum hemorrhage: use of 
hemostatic combat gauze. Am J Obstet Gynecol 2012;206:e12–3. http:// 
dx.doi.org/10.1016/j.ajog.2011.09.018. 
[7] Schmid BC, Rezniczek GA, Rolf N, Saade G, Gebauer G, Maul H. Uterine packing 
with chitosan-covered gauze for control of postpartum hemorrhage. Am J 
Obstet Gynecol 2013;209:e1–5. 
C. Gindreya,1,*, M. Fortina, M. Larghia, G. Boulesteixa, 
M. Boukerroub, P. Von Theobaldb,c 
aUnite´ d’anesthe´siologie obste´tricale, poˆle chirurgie anesthe´sie 
re´animation bloc ope´ratoire, CHU de la Re´union, Re´union 
bServices de gyne´co-obste´trique, poˆles femme me`re enfants des sites 
Sud et Nord, CHU de la Re´union, Re´union 
cCentre d’investigation clinique, CHU de la Re´union, Re´union 
*Auteur correspondant 
Adresse e-mail : claude.gindrey@chu-reunion.fr 
(C. Gindrey) 
1Membre de la SFAR et de l’ESA. 
Disponible sur Internet le 20 novembre 2014 
http://dx.doi.org/10.1016/j.annfar.2014.10.010 
Re´habilitation rapide apre` s une chirurgie 
colorectale programme´e : re´ponse 
Enhanced recovery after elective colorectal surgery: Reply 
La Socie´ te´ internationale de re´ habilitation ame´ liore´e en 
chirurgie ERAS1 « Enhanced recovery after surgery (ERAS1) 
Society » a publie´ des recommandations pour la prise en charge 
pe´ riope´ ratoire des patients apre` s la chirurgie du coˆlon en 2005 
[1]. Ces recommandations ont e´ te´ mises a` jour en 2009 [2] et 
en 2012 et 2013 [3,4]. Ces recommandations sont issues d’un 
consensus international et fournissent une prise en charge 
standardise´e qui permet de diminuer le stress chirurgical 
me´ tabolique du patient et ainsi d’ame´ liorer et d’acce´ le´ rer la 
re´ habilitation postope´ ratoire, notamment en re´duisant les compli-cations 
et les dure´ es de se´ jours sans ne´anmoins augmenter les 
risques de re´admissions a` l’hoˆpital [5]. Elles ont e´ te´ largement 
accepte´ es et sont officiellement soutenues par diffe´ rentes socie´ te´ s 
savantes comme la socie´ te´ europe´enne de nutrition clinique et 
me´ tabolisme (ESPEN) et l’association internationale de chirurgie 
du me´tabolisme et de la nutrition (IASMEN). 
Pour ces raisons, c’est avec inte´ reˆt que nous avons lu les 
nouvelles recommandations franc¸aises pour la re´ habilitation 
ame´ liore´e apre` s la chirurgie e´ lective colorectale qui ont e´ te´ 
publie´ es simultane´ment en anglais [6] et en franc¸ais [7]. Ces 
recommandations re´pe` tent largement ce qui a e´ te´ publie´ 
pre´alablement et nous sommes extreˆmement surpris de relever 
que les auteurs des recommandations franc¸aises n’ont pas juge´ 
ne´ cessaire de citer les recommandations qui ont de´ ja` e´ te´ publie´ es 
par la socie´ te´ ERAS [1–4]. Le paragraphe 4.3 des standards 
internationaux pour les auteurs [8] de´ clare clairement « Relevant 
previous work and publications, both by other researchers and the 
authors’ own, should be properly acknowledged and referenced. 
The primary literature should be cited where possible ». Pour nous, 
il est clair que les auteurs des recommandations franc¸aises e´ taient 
parfaitement au courant de l’existence de la litte´ rature ERAS sur ce 
sujet. Nous estimons que la de´ cision des auteurs [6,7] de ne pas 
citer en re´ fe´rences les recommandations de la socie´ te´ ERAS [1–4] 
publie´ es pre´alablement est de´ libe´ re´ e. Par la pre´ sente, nous 
stigmatisons cette manie` re se´ lective de citer la litte´ rature en 
omettant de citer en re´ fe´rence des travaux cle´ s sur ce sujet. D’un 
point de vue acade´mique, nous estimons qu’il s’agit d’un manque 
d’honneˆtete´ intellectuelle et scientifique. 
De´claration d’inte´reˆts 
Les auteurs n’ont pas transmis de de´ claration de conflits 
d’inte´ reˆts. 
Re´ fe´rences 
[1] Fearon KC, Ljungqvist O, Von Meyenfeldt M, Revhaug A, Dejong CH, Lassen K, 
et al. Enhanced recovery after surgery: a consensus review of clinical care for 
patients undergoing colonic resection. Clin Nutr 2005;24:466–77. 
[2] Lassen K, Soop M, Nygren J, Cox PB, Hendry PO, Spies C, et al., Enhanced 
Recovery After Surgery (ERAS) Group. Consensus review of optimal periopera-tive 
care in colorectal surgery: enhanced recovery after surgery (ERAS) group 
recommendations. Arch Surg 2009;144:961–9. 
[3] Gustafsson UO, Scott MJ, Schwenk W, Demartines N, Roulin D, Francis N, et al. 
Enhanced recovery after surgery society. Guidelines for perioperative care in 
elective colonic surgery: enhanced recovery after surgery (ERAS1) society 
recommendations. Clin Nutr 2012;31:783–800. 
[4] Gustafsson UO, Scott MJ, Schwenk W, Demartines N, Roulin D, Francis N, et al., 
Enhanced recovery after surgery (ERAS) society, European Society for clinical 
nutrition and metabolism (ESPEN). International association for surgical me-tabolism 
and nutrition (IASMEN). Guidelines for perioperative care in elective 
colonic surgery: enhanced recovery after surgery (ERAS1) society recommen-dations. 
World J Surg 2013;37:259–84. 
[5] Varadhan KK, Neal KR, Dejong CH, Fearon KC, Ljungqvist O, Lobo DN. The 
enhanced recovery after surgery (ERAS) pathway for patients undergoing major 
elective open colorectal surgery: a meta-analysis of randomized controlled 
trials. Clin Nutr 2010;29:434–40. 
[6] Alfonsi P, Slim K, Chauvin M, Mariani P, Faucheron JL, Fletcher D, Working Group 
of Socie´ te´ franc¸aise d’anesthe´ sie et re´animation (Sfar) ; Socie´ te´ franc¸aise de 
chirurgie digestive (SFCD). French guidelines for enhanced recovery after 
elective colorectal surgery. J Visc Surg 2014;151:65–79. 
[7] Alfonsi P, Slim K, Chauvin M, Mariani P, Faucheron JL, Fletcher D, Le groupe de 
travail de la Socie´ te´ franc¸aise d’anesthe´ sie et re´animation (Sfar) et de la Socie´ te´ 
franc¸aise de chirurgie digestive (SFCD). Re´ habilation rapide pares une chirurgie 
colorectale programme´ e. Ann Fr Anesth Reanim 2014;33:370–84.

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HEMORRAGIES DU POST PARTUM 2014 - UP TO DATE

  • 1. Lettres a` la re´daction / Annales Franc710 ¸aises d’Anesthe´sie et de Re´animation 33 (2014) 704–713 De nouvelles recommandations de l’European Society of Anaesthesiology pour la pratique clinique pourront-elles optimiser la prise en charge des he´morragies du post-partum par les diffe´rentes e´quipes de maternite´ ? The new ESA guidelines for clinical practice would optimize the therapeutics of the postpartum hemorrhage by the different teams of motherhood? War is the father of all and king of all. He¯ra´ kleitos ho Ephe´ sios Pre-socratic Greek philosopher c. 535–c. 475 B.C.E. C’est avec un tre` s grand inte´ reˆt que nous avons pris connaissance des conclusions de l’article de Bouvet et al. [1], publie´ en mai dernier dans les Afar, et des progre` s re´ alise´ s par les colle`gues de la re´ gion de la Loire. Nous souhaitons apporter quelques commentaires pour aller dans le sens de la conclusion de l’e´ tude, puisque nous avons pour nos parturientes de l’ıˆle de la Re´union la meˆme pre´occupation que celle de nos colle`gues nantais et angevins. L’important pour nous aussi est actuellement l’adhe´ sion aux toutes nouvelles RPC – si possible peu e´ loigne´ es des guidelines 2013 de l’ESA – par le plus grand nombre d’e´quipes de maternite´ de l’ıˆle de la Re´union (et de Mayotte), facilitant une re´ponse the´rapeutique rapide apte a` diminuer morbidite´ et mortalite´ . Il y a quelques anne´ es notre taux de de´ ce` s attribue´ aux HPP e´ tait au double de celui de la me´ tropole, malgre´ de longues anne´ es de combat didactique pour de´fendre l’inte´ reˆt de l’acce` s au facteur I, aux antifibrinolytiques et aussi celui d’une homoge´ne´ isation des pratiques dans toutes les maternite´ s de notre ıˆle. Les grossesses e´ taient parfois tre` s mal suivies et la pre´valence triple de certaines pathologies rencontre´ es dans ces populations fragiles pouvait aussi expliquer l’e´ cart constate´ , il y a 10 ans, par l’Inserm entre nos chiffres et les chiffres me´ tropolitains et europe´ens : un effort de rattrapage a donc e´ te´ re´ alise´ et cet effort doit se poursuivre. Graˆce au re´seau de pe´ rinatalite´ de l’ıˆle de la Re´union (REPERE), sous l’e´ gide de notre tout jeune CHU, quasiment toutes les maternite´ s publiques et prive´ es de type 1, 2 ou 3 disposent a` ce jour de chariots de´ die´ s « HPP » complets et ergonomiques, dans lesquels se trouvent disponibles aussi bien le logigramme des RCP 2004 re´ actualise´ en novembre 2013 que la feuille de surveillance spe´ cifique ou bien encore le ballon de tamponnement intra-ute´ rin de type BAKRI. . . La carbe´ tocine a e´ te´ introduite avec succe` s dans notre arsenal en de´but d’anne´ e. Des se´ ances de simulation ont e´ te´ re´cemment mises en place pour optimiser l’acquisition des re´flexes par nos jeunes appre-nants, internes de spe´ cialite´ , e´ le`ves sages-femmes en premier. Ainsi, meˆme les e´quipes les moins souvent confronte´ es a` ce risque peuvent suivre a` la lettre les consignes nationales (et re´ gionales) de la Socie´ te´ franc¸aise d’anesthe´ sie et de re´animation et CNGOF. Des re´unions de suivi re´ ite´ re´ es par le re´seau REPERE et des RMM biannuelles hospitalie` res prouvent ici la baisse progressive des e´ve´nements porteurs de risques et la diminution actuelle des accidents graves, voire leur rare´ faction. A` l’heure ou` l’ESA a e´mis en 2013 des recommandations pour le management des he´morragies se´ve` res (dont 18 RPC pour le seul domaine obste´ trical allant du grade 1B a` C) [2], voici nos divers commentaires. Le premier commentaire concerne la de´ finition de l’he´morragie du post-partum retenue en 2004 par nos experts : « 500 mL a` 1000 mL selon la voie basse ou haute, chiffres conside´ re´ s comme discutables », e´ crivez-vous dans votre article. Si effectivement ces valeurs sont acceptables dans la majorite´ des cas (poids moyen de 75 kg), celles-ci omettent souvent les poids extreˆmes, ce qui est parfois pre´ judiciable car hasardeux. . . Nous avons ici en ratio sur notre ıˆle, davantage de patientes en obe´ site´ morbide et aussi davantage de patientes de petit poids (chez les mineures, nombreuses), il nous a donc semble´ plus pragmatique, plus pertinent et prudent de faire intervenir la notion de vole´mie rapporte´ e au poids de la parturiente (ou de son indice de masse corporelle) pour lancer au meilleur moment la premie` re phase the´ rapeutique, en tentant de ne pas compliquer le calcul. Dix pour cent de la vole´mie semble donc eˆtre le bon seuil en sachant que cette vole´mie passe progressivement de 70 mL/kg en de´but de grossesse [3] a` environ 90 mL/kg (+20 % a` 30 %) en fin de grossesse [4], en sachant bien que tout trouble de la perme´ abilite´ capillaire (pre´ -e´clamptique ou autre) modifie e´videmment ces valeurs. On retiendra donc simplement, avec comme aide mne´motech-nique, que 400 mL pour 50 kg, 800 mL pour 100 kg et 1200 mL pour 150 kg sont des seuils corre´ le´ s au poids et qu’il faut conside´ rer pour ne pas « sous-traiter » ou « sur-traiter » les patients de poids extreˆmes : ceci pour la voie basse, et il faut le´ge`rement e´ lever ces seuils lors des ce´ sariennes, d’environ 50 %. L’autre marque mne´motechnique que nous proposons – utile pour ne pas retarder la phase the´rapeutique nume´ ro 2 et ne pas attendre la fameuse demi-heure du logigramme de´ cisionnel de 2004 – est le seuil de « 1 % du poids du corps », reflet du de´ bit de fuite sanguine : la sulprostone doit eˆtre de´ ja` lance´ e, vite mais progressivement sans bolus, et au mieux en surveillant le scope et parfois le segment ST. Par ailleurs le monitorage non invasif du de´ bit cardiaque et de la vole´mie (donc du remplissage) par biore´actance semble eˆtre, malgre´ quelques re´ serves [5], la solution la plus adapte´e dans ce contexte obste´ trical car fiable, rapide et simple a` mettre en place en urgence par rapport aux autres monitorages he´modynamiques plus agressifs et gue` re plus pre´ cis : c’est plus la tendance que la valeur affiche´e qui importe pour ge´ rer la re´animation. Notre deuxie`me commentaire concerne la compre´hension et la gestion des troubles de l’he´mostase et la mise a` disposition des plasmas frais congele´ s (PFC), pour les maternite´ s plus ou moins e´ loigne´ es des e´ tablissements de transfusion sanguine. La fin de grossesse physiologique ne s’accompagne pas seulement de l’augmentation des facteurs I, VII, etc., mais aussi de la baisse de l’antithrombine 3, de la hausse d’inhibiteurs de l’activation du plasminoge`ne (PAI 1 et PAI 2), de la hausse des activateurs urinaires et tissulaires du plasminoge`ne (uPA et tPA) entre autres. Tout cet e´ quilibre fragile a pour but de mettre physiologiquement a` chaque naissance 3 g de fibrine au fond de l’ute´ rus, afin de colmater la zone de de´collement placentaire et stopper la fuite sanguine. I N F O A R T I C L E Mots cle´s : De´ finition des HPP Monitorage non invasif du de´ bit cardiaque par biore´actance Monitorage des coagulopathies Plasma lyophilise´ Pansement he´mostatique au chitosan Keywords: Definition of PPH Non-invasive cardiac output monitoring by bioreactance Monitoring of bleeding disorders Lyophilized plasma Hemostatic chitosan gaze
  • 2. Lettres a` la re´daction / Annales Franc¸aises d’Anesthe´sie et de Re´animation 33 (2014) 704–713 711 Mais cet e´ quilibre instable, duˆ a` ces modifications enzyma-tiques, rend compte du potentiel caracte` re explosif de ces coagulopathies surprenantes (1/1000 fre´quentes mais vitales) induites par un he´matome re´ troplacentaire, ou une mort in ute´ ro ne´ glige´e ou un choc he´morragique ou une embolie amniotique, ou bien une autre cause pathologique : cela, on ne le rencontre nulle part ailleurs. L’acronyme CIVD (coagulation intravasculaire disse´mine´ e), erreur didactique regrettable de nos aıˆne´ s he´ matologistes – meˆme si maintenant plus personne ne prescrit de l’he´ parine –, n’est pas adapte´ a` ces situations obste´ tricales rares mais pe´ rilleuses car cela ne refle` te pas la cascade enzymatique induite et peut encore induire des erreurs ou des latences the´ rapeutiques. L’activation de la thrombine est moindre que celle de la plasmine, avec brutale lyse et cre´ ation de produits de de´ gradation du fibrinoge`ne et de la fibrine se fixant sur les re´cepteurs plaquettaires, rendant les thrombocytes inaptes a` la constitution d’un caillot solide. Il se surajoute donc une authentique thrombopathie, le chiffre absolu des thrombocytes de´ sactives n’est pas un reflet de leurs capacite´ s fonctionnelles et l’apport de plaquettes fraıˆches ne doit donc jamais traıˆner. Notez que l’ESA et une revue Cochrane pre´ conisent l’apport pre´ ventif de cet acide trane´xamique (TXA) au cours des ce´ sariennes – surtout en situation a` risque potentiel de saigne-ment, telle l’impre´ gnation de l’ute´ rus par un sel de magne´sium, ou une multiparite´ ou encore une chorio-amniotite (grade 2 C des guidelines ESA) [2]. Nous y adjoignons e´videmment le calcium (oublie´ dans l’article de mai dernier [1]), lequel favorise autant la contraction du myome` tre et la contractilite´ cardiaque que le processus de coagulation que peut perturber le citrate des PFC. Et les parturientes qui rec¸oivent un sel de magne´sium dans un but de neuroprotection aussi (1 ou 2 g), de` s le nouveau-ne´ pre´mature´ extrait. . . Si toutes nos maternite´ s disposent de stocks disponibles de facteur I (apport rapide si fibrinoge´ne´mie < a` 2 g/L, laquelle est une recommandation de grade 2C pour l’ESA), ceux-ci peuvent s’ave´ rer insuffisants, surtout si l’administration du TXA est omise, pour contrer l’hyperfibrinoge´nolyse parfois massive et brutale et pour prote´ ger le caillot (phe´nome`ne explosif rencontre´ dans 1 cas sur 1000 naissances). En l’absence regrette´e ici de thromboe´lastogramme type ROTEMTM relocalise´ avec transmission intranet (grade C pour l’ESA), nous pre´conisons une mesure simple de´ localise´e de la coagulation par le temps de Quick, converti en international normalized ratio (INR), par l’usage par exemple du Coaguchek XS (Roche diagnostics, e´tude de faisabilite´ envisage´ e, valeur seuil de 1,15) en lieu et place du « vieux » tube sec a` 7 minutes pour la de´ tection et l’alerte pre´coces de ces troubles d’he´mostase, mais aussi pour ne pas galvauder le fibrinoge` ne, les PFC ou bien encore le facteur VII active´ recombinant. Par ailleurs, les re´ serves en plasmas frais congele´ s (apportant les autres facteurs essentiels de la coagulation) ne sont pas toujours rapidement accessibles, rendant les transferts de´ licats. Or il existe actuellement – a` disposition de nos e´ quipes me´ dicales militaires de premie` re ligne – du plasma lyophilise´ ou french lyophilised plasma (PLYO ou FLYP) preˆt a` l’emploi en quelques minutes par l’ajout de 200 mL de se´rum physiologique (http:// www.gouvernement.fr/gouvernement/la-lyophilisation-du-plasma-sanguin). Citons le Centre de transfusion sanguine des arme´ es. « Un flacon de plasma lyophilise´ est e´ quivalent a` une unite´ de plasma the´rapeutique congele´ , mais il pre´sente sur ce dernier de nombreux avantage. Il se reconstitue en moins de 6 minutes et peut donc eˆtre administre´ plus rapidement qu’un plasma congele´ qui ne´ cessite une de´conge´ lation de 30 minutes. Sa tempe´ rature de conservation entre + 2 et + 25 8C (au lieu de 30 8C pour un plasma the´rapeutique « classique ») et sa pe´remption de deux ans (au lieu de 1 an) permettent d’organiser plus facilement son transport et son stockage dans les diffe´ rents sites ou` il peut eˆtre envoye´ . La se´ lection des groupes sanguins des PFC viro-atte´nue´ s entrant dans la constitution du me´lange avant lyophilisation permet d’obtenir un plasma compatible quel que soit le groupe sanguin A, B, O du receveur, ce qui est un atout majeur lorsqu’on est dans l’urgence. L’agre´ment donne´ par l’ANSM a` la production de PLYO a` base de plasma viro-atte´nue´ par amotosalen s’applique aux ope´ rations exte´ rieures (OPEX) et aussi aux structures de soins civiles nationales, mais dans ce dernier cas, le PLYO doit eˆtre distribue´ par l’EFS au travers d’une convention passe´e avec le CTSA. » Le PLYO n’est donc pas appele´ a` remplacer le plasma frais congele´ , il comple` tera judicieusement l’arsenal the´rapeutique en mettant a` disposition de nos e´quipes obste´ tricales un plasma the´ rapeutique spe´cifique du traitement de l’urgence he´morragique grave, en attendant que le plasma frais soit de´congele´ et disponible, en e´ vitant ainsi les complications d’une coagulopathie complexe. Notre dernie` re remarque concerne les ballonnets de tampon-nement type BAKRI qui ont eu un franc succe` s ici aussi. . . Il nous semble que cette nouvelle me´ thode d’efficacite´ prouve´ e pourrait be´ ne´ ficier une re´ elle ame´ lioration, laquelle vient encore de la recherche me´ dicale militaire : il s’agit des pansements he´ mostatiques au chitosan utilise´ s par les e´quipes me´ dicales (CELOX) de l’OTAN pour leurs ope´ rations exte´ rieures [6]. A` partir d’une observation remarquable [6], ces nouveaux outils he´mostatiques ont e´ te´ re´cemment utilise´ s par une e´quipe obste´ tricale allemande, pour contrer une vingtaine d’he´morragies cataclysmiques avec succe` s, parmi lesquelles des placentas accreta [7]. Pour des pe´ riodes comparables dans le temps (18 mois) et pour un nombre comparable de naissances (3822 vs 4077) avant et apre` s l’introduction de ce pansement au chitosan, le nombre d’hyste´rectomies d’he´mostase a e´ te´ re´ duit de 75 % (8 vs 2 ; odds ratio : 4,27 ; p = 0,044). Aucun effet adverse n’a e´ te´ note´ . Il est donc licite de proposer d’intercaler entre le ballon de tamponnement intra-ute´ rin et la zone de de´ collement placentaire cette longue compresse he´mostatique au chitosan et qui sera retire´e en meˆme temps que le ballon (car fixe´e dessus), de` s la fuite sanguine controˆle´ e. La re´ activite´ the´rapeutique est ainsi ame´ liore´e et les sages-femmes pourraient meˆme eˆtre forme´ es a` la pose de ce pansement double, a` l’efficacite´ prometteuse. D’autres pansements au kaolin semblent provoquer un peu trop de de´gagement de chaleur. Si une e´tude randomise´e semble peu e´thique et difficile a` « construire », il est possible d’envisager une e´tude simple « avant-apre` s » chitosan, e´ ventuellement multicentrique, comparant les consommations de produits sanguins d’une anne´e a` l’autre a` partir de son introduction dans nos salles d’accouchement. Cet outil qui rejoindra aussi notre chariot de´ die´ HPP est – de plus – tre` s peu one´reux et capable d’offrir une vraie e´conomie de soins tout en ame´ liorant la qualite´ de la prise en charge. En conclusion, le controˆle pre´ coce et raisonne´ des HPP est be´ne´fique a` toutes et tous : des progre` s inde´ niables ont e´ te´ faits depuis 2004 sur la morbi-mortalite´ , et il en aura d’autres : re´duction des « re´chappe´ es belles » (near miss) et des holp up a` la banque du sang. . . Des mises a` jour ont eu lieu lors des congre` s internationaux car il faut re´ gulie`rement re´ actualiser les logigrammes de´ cisionnels en inte´ grant les donne´ es issues de la recherche clinique, tout comme les recommandations Caro, Sfar, CNGOF, ESA, consensuellement,
  • 3. Lettres a` la re´daction / Annales Franc712 ¸aises d’Anesthe´sie et de Re´animation 33 (2014) 704–713 afin que celles-ci soient mieux comprises, mieux accepte´ es et donc mieux applique´ es par un maximum d’e´quipes de terrain, en leur proposant aussi la participation a` une recherche clinique aujourd’hui facilite´ e. Les retours d’expe´ rience (REDEX) et les RMM peuvent eˆtre transmis par les forums tels celui du site du Club d’anesthe´ sie-re ´animation obste´ tricale (Caro). Un registre europe´en HPP (site de l’ESA) est souhaitable pour re´ ajuster les propositions de recherche et les expertises : 7 a` 8 millions d’enfants naissent chaque anne´e en Europe et les HPP, plus ou moins graves, concernent 5 % d’entre eux, ainsi que leur fratrie. De´claration d’inte´reˆts Les auteurs de´ clarent ne pas avoir de conflits d’inte´ reˆts en relation avec cet article. Re´fe´rences [1] Bouvet C, Lehousse T, Sentilhes L, Branger B, Granry JC. Enqueˆte de´ clarative sur la prise en charge anesthe´ sique des he´morragies du post-partum dans la re´gion Pays de Loire : quelle adhe´ sion aux recommandations pour la prise en charge clinique ? Ann Fr Anesth Reanim 2014;33:310–7. [2] Kozek-Langenecker SA, Afshari A, Albaladejo P, Santullano CA, De Robertis E, Filipescu DC, et al. Management of severe perioperative bleeding guidelines from the European Society of Anaesthesiology. Eur J Anaesthesiol 2013;30: 270–382. [3] Teboul JL, Groupe d’experts de la SRLF. Recommandations d’experts de la SRLF- 2004. Indicateurs du remplissage vasculaire au cours de l’insuffisance circula-toire. Reanimation 2004;13:255–63. [4] Mercier FJ, Moufouki M, Benhamou D. Risque anesthe´ siologique chez la femme enceinte. Trentie`mes journe´ es nationales du CNGOF; 2006 [Paris, extrait des mises a` jour en gyne´cologie me´ dicale]. [5] Conway DH, Hussain OA, Gall I. A comparison of noninvasive bioreactance with oesophageal Doppler estimation of stroke volume during open abdominal surgery: an observational study. Eur Anaesthesiol 2013;30:501–8. [6] Schmid BC1, Rezniczek GA, Rolf N, Maul H. Postpartum hemorrhage: use of hemostatic combat gauze. Am J Obstet Gynecol 2012;206:e12–3. http:// dx.doi.org/10.1016/j.ajog.2011.09.018. [7] Schmid BC, Rezniczek GA, Rolf N, Saade G, Gebauer G, Maul H. Uterine packing with chitosan-covered gauze for control of postpartum hemorrhage. Am J Obstet Gynecol 2013;209:e1–5. C. Gindreya,1,*, M. Fortina, M. Larghia, G. Boulesteixa, M. Boukerroub, P. Von Theobaldb,c aUnite´ d’anesthe´siologie obste´tricale, poˆle chirurgie anesthe´sie re´animation bloc ope´ratoire, CHU de la Re´union, Re´union bServices de gyne´co-obste´trique, poˆles femme me`re enfants des sites Sud et Nord, CHU de la Re´union, Re´union cCentre d’investigation clinique, CHU de la Re´union, Re´union *Auteur correspondant Adresse e-mail : claude.gindrey@chu-reunion.fr (C. Gindrey) 1Membre de la SFAR et de l’ESA. Disponible sur Internet le 20 novembre 2014 http://dx.doi.org/10.1016/j.annfar.2014.10.010 Re´habilitation rapide apre` s une chirurgie colorectale programme´e : re´ponse Enhanced recovery after elective colorectal surgery: Reply La Socie´ te´ internationale de re´ habilitation ame´ liore´e en chirurgie ERAS1 « Enhanced recovery after surgery (ERAS1) Society » a publie´ des recommandations pour la prise en charge pe´ riope´ ratoire des patients apre` s la chirurgie du coˆlon en 2005 [1]. Ces recommandations ont e´ te´ mises a` jour en 2009 [2] et en 2012 et 2013 [3,4]. Ces recommandations sont issues d’un consensus international et fournissent une prise en charge standardise´e qui permet de diminuer le stress chirurgical me´ tabolique du patient et ainsi d’ame´ liorer et d’acce´ le´ rer la re´ habilitation postope´ ratoire, notamment en re´duisant les compli-cations et les dure´ es de se´ jours sans ne´anmoins augmenter les risques de re´admissions a` l’hoˆpital [5]. Elles ont e´ te´ largement accepte´ es et sont officiellement soutenues par diffe´ rentes socie´ te´ s savantes comme la socie´ te´ europe´enne de nutrition clinique et me´ tabolisme (ESPEN) et l’association internationale de chirurgie du me´tabolisme et de la nutrition (IASMEN). Pour ces raisons, c’est avec inte´ reˆt que nous avons lu les nouvelles recommandations franc¸aises pour la re´ habilitation ame´ liore´e apre` s la chirurgie e´ lective colorectale qui ont e´ te´ publie´ es simultane´ment en anglais [6] et en franc¸ais [7]. Ces recommandations re´pe` tent largement ce qui a e´ te´ publie´ pre´alablement et nous sommes extreˆmement surpris de relever que les auteurs des recommandations franc¸aises n’ont pas juge´ ne´ cessaire de citer les recommandations qui ont de´ ja` e´ te´ publie´ es par la socie´ te´ ERAS [1–4]. Le paragraphe 4.3 des standards internationaux pour les auteurs [8] de´ clare clairement « Relevant previous work and publications, both by other researchers and the authors’ own, should be properly acknowledged and referenced. The primary literature should be cited where possible ». Pour nous, il est clair que les auteurs des recommandations franc¸aises e´ taient parfaitement au courant de l’existence de la litte´ rature ERAS sur ce sujet. Nous estimons que la de´ cision des auteurs [6,7] de ne pas citer en re´ fe´rences les recommandations de la socie´ te´ ERAS [1–4] publie´ es pre´alablement est de´ libe´ re´ e. Par la pre´ sente, nous stigmatisons cette manie` re se´ lective de citer la litte´ rature en omettant de citer en re´ fe´rence des travaux cle´ s sur ce sujet. D’un point de vue acade´mique, nous estimons qu’il s’agit d’un manque d’honneˆtete´ intellectuelle et scientifique. De´claration d’inte´reˆts Les auteurs n’ont pas transmis de de´ claration de conflits d’inte´ reˆts. Re´ fe´rences [1] Fearon KC, Ljungqvist O, Von Meyenfeldt M, Revhaug A, Dejong CH, Lassen K, et al. Enhanced recovery after surgery: a consensus review of clinical care for patients undergoing colonic resection. Clin Nutr 2005;24:466–77. [2] Lassen K, Soop M, Nygren J, Cox PB, Hendry PO, Spies C, et al., Enhanced Recovery After Surgery (ERAS) Group. Consensus review of optimal periopera-tive care in colorectal surgery: enhanced recovery after surgery (ERAS) group recommendations. Arch Surg 2009;144:961–9. [3] Gustafsson UO, Scott MJ, Schwenk W, Demartines N, Roulin D, Francis N, et al. Enhanced recovery after surgery society. Guidelines for perioperative care in elective colonic surgery: enhanced recovery after surgery (ERAS1) society recommendations. Clin Nutr 2012;31:783–800. [4] Gustafsson UO, Scott MJ, Schwenk W, Demartines N, Roulin D, Francis N, et al., Enhanced recovery after surgery (ERAS) society, European Society for clinical nutrition and metabolism (ESPEN). International association for surgical me-tabolism and nutrition (IASMEN). Guidelines for perioperative care in elective colonic surgery: enhanced recovery after surgery (ERAS1) society recommen-dations. World J Surg 2013;37:259–84. [5] Varadhan KK, Neal KR, Dejong CH, Fearon KC, Ljungqvist O, Lobo DN. The enhanced recovery after surgery (ERAS) pathway for patients undergoing major elective open colorectal surgery: a meta-analysis of randomized controlled trials. Clin Nutr 2010;29:434–40. [6] Alfonsi P, Slim K, Chauvin M, Mariani P, Faucheron JL, Fletcher D, Working Group of Socie´ te´ franc¸aise d’anesthe´ sie et re´animation (Sfar) ; Socie´ te´ franc¸aise de chirurgie digestive (SFCD). French guidelines for enhanced recovery after elective colorectal surgery. J Visc Surg 2014;151:65–79. [7] Alfonsi P, Slim K, Chauvin M, Mariani P, Faucheron JL, Fletcher D, Le groupe de travail de la Socie´ te´ franc¸aise d’anesthe´ sie et re´animation (Sfar) et de la Socie´ te´ franc¸aise de chirurgie digestive (SFCD). Re´ habilation rapide pares une chirurgie colorectale programme´ e. Ann Fr Anesth Reanim 2014;33:370–84.