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Pour les 140 ans des Girondins de Bordeaux, les
Chavoix, descendants du fondateur, donneront
de la voix
Lecture 3 min
Accueil Gironde Bordeaux
André Muret-Chavoix, l’un des descendants du fondateur du club des Girondins de Bordeaux sera au « Matmut », ce dimanche. Forcément. ©
Crédit photo : Laurent Theillet / « SUD OUEST »
Par Jean-Charles Galiacy
Publié le 15/10/2021 à 16h23
Mis à jour le 18/10/2021 à 10h17
Une dizaine de membres de la famille Chavoix seront au « Matmut » ce dimanche, avec des tee-
shirts ou drapeaux floqués du portrait de leur ancêtre, premier président du club en 1881
Sur leur torse, entourant le portrait stylisé de leur aïeul, quelques mots simples et efficaces en
imposent : « Cet homme est notre ancêtre. Il a fondé les Girondins en 1881 ». Avec une bonne
vingtaine de degrés Celsius et parmi les 39 000 personnes attendues dimanche au « Matmut »
que l’on pressent bouillants, les Chavoix seront une dizaine enveloppés dans leur tee-shirt
manches courtes, spécialement conçu pour l’occasion. Porte J, bloc 64, plusieurs descendants
de Jules-Urbain Chavoix se sont donné rendez-vous pour rendre hommage, d’une certaine
manière, au créateur et premier président du club omnisport, il y a maintenant 140 ans. En 1881
donc, une année qui fait verser à tout bon supporter des « Gigis » la larmichette.
Jules-Urbain Chavoix, fondateur du club des Girondins de Bordeaux.
Famille Chavoix
« Depuis une semaine, cela crépite, nous dit André Muret-Chavoix, arrière-petit-fils du
fondateur. Tout le monde s’envoie des petites infos à l’approche du match. » La famille, forte
d’environ 150 représentants, a un groupe WhatsApp dont beaucoup sont membres. On ne va
pas se mentir, les Chavoix aiment bien trouver des prétextes pour organiser de belles et
longues tablées. Il y a deux ans, prés Covid, ils furent plusieurs dizaines à célébrer les 100
ans de mariage de leurs grands-parents. À la Toussaint, les cousins disponibles se retrouvent
généralement à Léognan, dans la maison secondaire d’André. « Il y a une semaine encore,
nous avions une mini-cousinade, reprend le septuagénaire. Nous avons toujours entretenu
des liens familiaux très forts. Je sais que j’ai le gîte et le couvert chez tous mes cousins. »
Et les Girondins dans tout ça ? Les Chavoix n’habitent plus vraiment la région bordelaise.
Certains sont en Charente, en Charente-Maritime, voire en Allemagne. André, lui, a migré vers
Avignon, à une centaine de kilomètres d’une autre ville méditerranéenne grande rivale, dont
nous ne citerons évidemment pas le nom. « Beaucoup de Chavoix ont vécu à Bordeaux, nous
sommes tout de même marqués par l’histoire des Girondins, livre André. Le dimanche soir,
chez moi, j’ai toujours un œil attentif pour ce qu’ils ont fait pendant le week-end. Même si,
depuis quelque temps… » C’est pas terrible-terrible, serait-on tenté d’ajouter.
Le 27 mai 1987, j’étais à Lescure […] C’était ambiance corrida. Les quinze dernières minutes, tout le
monde tapait du pied dans un stade plein. Cela vibrait. »
La venue des Chavoix peut être un heureux présage. André n’est pas retourné au stade -
c’était encore Lescure - depuis le 27 mai 1987. Tout bon supporter se fendra d’une deuxième
larmichette en relisant cette date. « On jouait Saint-Étienne, se souvient le bonhomme. On
pouvait être champions de France. C’était une ambiance corrida. Les quinze dernières
minutes, tout le monde tapait du pied dans un stade plein. Cela vibrait. » Philippe Fargeon et
sa chevelure flamboyante avait alors offert la victoire (et le titre) aux siens d’une petite tête
décroisée. La kermesse fut totale.
Un tifo géant aux couleurs du logo du club
Nouveau jour de fête ce dimanche. André sera accompagné de ses cousins, notamment Jean-
Baptiste ou François. La bande des Chavoix a même fait réaliser des drapeaux en hommage à
l’arrière-grand-paternel. « Nos mantras familiaux, cela a toujours été le travail et le sport »,
explique André. Certains descendants se sont illustrés, au rugby, en aviron ou en hockey-sur-
gazon. Pas au foot. Mais « on s’est aussi souvenu que ma grand-mère portait chaque jeudi les
enfants du quartier Sainte-Croix de Bordeaux dans notre maison de Léognan. Elle avait
aménagé des buts sur un bout de terrain pour qu’ils puissent taper le ballon », raconte
l’Avignonnais.
Un petit peu des Chavoix sera également présent sur la pelouse du stade Matmut Atlantique
ce week-end. Le tifo géant représentant le logo du club, étendu à l’entrée des joueurs, a été
conçu par la société Dejean Marine, spécialiste dans la conception de pavillons et drapeaux,
et dirigée par le mari d’une cousine. Cela reste dans la famille. De quoi certainement émouvoir
Jules-Urbain, qui fut à l’origine de tout.
Après la rencontre Bordeaux-Nantes à 15 heures, « le match des légendes » devrait débuter
aux alentours de 17 h 20, avec deux mi-temps d’une demi-heure. Près d’une soixantaine
d’anciens joueurs et entraîneurs sont attendus. Parmi eux, beaucoup de joueurs des titres de
1999 et 2009, d’autres anciens (Pauleta, Giresse, Jacquet, Rohr, Sané, Mavuba…).
Jules-Urbain Chavoix, qui es-tu ?
On doit donc la création du club des Girondins de Bordeaux (omnisports) à Jules-Urbain
Chavoix. Enfant d’une famille très nombreuse (11 frères et sœurs), le Girondin est né aux
Lèves-et-Thoumeyragues, en pays Foyen. Devenu médecin, son cabinet était installé cours de
la Marne (anciennement cours Saint-Jean). Pour la petite histoire, les Girondins des Bordeaux
ont été créés aux Capucins par Chavoix et des amis à lui. Durant sept années, il fut le premier
président de la structure dont les sports phare étaient alors l’aviron, la boxe ou le tir. La section
football a été créée un peu plus tard, en 1910.

20211015 140ans girondins

  • 1.
    premium Pour les 140ans des Girondins de Bordeaux, les Chavoix, descendants du fondateur, donneront de la voix Lecture 3 min Accueil Gironde Bordeaux André Muret-Chavoix, l’un des descendants du fondateur du club des Girondins de Bordeaux sera au « Matmut », ce dimanche. Forcément. © Crédit photo : Laurent Theillet / « SUD OUEST » Par Jean-Charles Galiacy Publié le 15/10/2021 à 16h23 Mis à jour le 18/10/2021 à 10h17 Une dizaine de membres de la famille Chavoix seront au « Matmut » ce dimanche, avec des tee- shirts ou drapeaux floqués du portrait de leur ancêtre, premier président du club en 1881 Sur leur torse, entourant le portrait stylisé de leur aïeul, quelques mots simples et efficaces en imposent : « Cet homme est notre ancêtre. Il a fondé les Girondins en 1881 ». Avec une bonne vingtaine de degrés Celsius et parmi les 39 000 personnes attendues dimanche au « Matmut » que l’on pressent bouillants, les Chavoix seront une dizaine enveloppés dans leur tee-shirt manches courtes, spécialement conçu pour l’occasion. Porte J, bloc 64, plusieurs descendants de Jules-Urbain Chavoix se sont donné rendez-vous pour rendre hommage, d’une certaine manière, au créateur et premier président du club omnisport, il y a maintenant 140 ans. En 1881 donc, une année qui fait verser à tout bon supporter des « Gigis » la larmichette.
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    Jules-Urbain Chavoix, fondateurdu club des Girondins de Bordeaux. Famille Chavoix « Depuis une semaine, cela crépite, nous dit André Muret-Chavoix, arrière-petit-fils du fondateur. Tout le monde s’envoie des petites infos à l’approche du match. » La famille, forte d’environ 150 représentants, a un groupe WhatsApp dont beaucoup sont membres. On ne va pas se mentir, les Chavoix aiment bien trouver des prétextes pour organiser de belles et longues tablées. Il y a deux ans, prés Covid, ils furent plusieurs dizaines à célébrer les 100 ans de mariage de leurs grands-parents. À la Toussaint, les cousins disponibles se retrouvent généralement à Léognan, dans la maison secondaire d’André. « Il y a une semaine encore, nous avions une mini-cousinade, reprend le septuagénaire. Nous avons toujours entretenu des liens familiaux très forts. Je sais que j’ai le gîte et le couvert chez tous mes cousins. » Et les Girondins dans tout ça ? Les Chavoix n’habitent plus vraiment la région bordelaise. Certains sont en Charente, en Charente-Maritime, voire en Allemagne. André, lui, a migré vers Avignon, à une centaine de kilomètres d’une autre ville méditerranéenne grande rivale, dont nous ne citerons évidemment pas le nom. « Beaucoup de Chavoix ont vécu à Bordeaux, nous sommes tout de même marqués par l’histoire des Girondins, livre André. Le dimanche soir,
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    chez moi, j’aitoujours un œil attentif pour ce qu’ils ont fait pendant le week-end. Même si, depuis quelque temps… » C’est pas terrible-terrible, serait-on tenté d’ajouter. Le 27 mai 1987, j’étais à Lescure […] C’était ambiance corrida. Les quinze dernières minutes, tout le monde tapait du pied dans un stade plein. Cela vibrait. » La venue des Chavoix peut être un heureux présage. André n’est pas retourné au stade - c’était encore Lescure - depuis le 27 mai 1987. Tout bon supporter se fendra d’une deuxième larmichette en relisant cette date. « On jouait Saint-Étienne, se souvient le bonhomme. On pouvait être champions de France. C’était une ambiance corrida. Les quinze dernières minutes, tout le monde tapait du pied dans un stade plein. Cela vibrait. » Philippe Fargeon et sa chevelure flamboyante avait alors offert la victoire (et le titre) aux siens d’une petite tête décroisée. La kermesse fut totale. Un tifo géant aux couleurs du logo du club Nouveau jour de fête ce dimanche. André sera accompagné de ses cousins, notamment Jean- Baptiste ou François. La bande des Chavoix a même fait réaliser des drapeaux en hommage à l’arrière-grand-paternel. « Nos mantras familiaux, cela a toujours été le travail et le sport », explique André. Certains descendants se sont illustrés, au rugby, en aviron ou en hockey-sur- gazon. Pas au foot. Mais « on s’est aussi souvenu que ma grand-mère portait chaque jeudi les enfants du quartier Sainte-Croix de Bordeaux dans notre maison de Léognan. Elle avait aménagé des buts sur un bout de terrain pour qu’ils puissent taper le ballon », raconte l’Avignonnais. Un petit peu des Chavoix sera également présent sur la pelouse du stade Matmut Atlantique ce week-end. Le tifo géant représentant le logo du club, étendu à l’entrée des joueurs, a été conçu par la société Dejean Marine, spécialiste dans la conception de pavillons et drapeaux, et dirigée par le mari d’une cousine. Cela reste dans la famille. De quoi certainement émouvoir Jules-Urbain, qui fut à l’origine de tout. Après la rencontre Bordeaux-Nantes à 15 heures, « le match des légendes » devrait débuter aux alentours de 17 h 20, avec deux mi-temps d’une demi-heure. Près d’une soixantaine d’anciens joueurs et entraîneurs sont attendus. Parmi eux, beaucoup de joueurs des titres de 1999 et 2009, d’autres anciens (Pauleta, Giresse, Jacquet, Rohr, Sané, Mavuba…). Jules-Urbain Chavoix, qui es-tu ? On doit donc la création du club des Girondins de Bordeaux (omnisports) à Jules-Urbain Chavoix. Enfant d’une famille très nombreuse (11 frères et sœurs), le Girondin est né aux Lèves-et-Thoumeyragues, en pays Foyen. Devenu médecin, son cabinet était installé cours de
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    la Marne (anciennementcours Saint-Jean). Pour la petite histoire, les Girondins des Bordeaux ont été créés aux Capucins par Chavoix et des amis à lui. Durant sept années, il fut le premier président de la structure dont les sports phare étaient alors l’aviron, la boxe ou le tir. La section football a été créée un peu plus tard, en 1910.