2014
les troubles cognitifs en oncologie
Sandrine Vandenbossche
Neuropsychologue & Onco-coach
plan
Quelle est la situation ? Quelles sont les origines ?
Quelles sont les
conséquences cérébrales?
Quelles sont les enjeux
psychologiques ?
la situation
15 à 75 % d’altérations rapportées dans la littérature
✤ Méthodologies différentes :
- groupe de référence
- batteries objectives et subjectives
- définition du déficit
✤ Effet de contraste avec le potentiel antérieur
✤ CONSCIENCE des altérations
la situation
la situation
Altérations des fonctions cognitives modérées, subtiles et sélectives
Attention
Vitesse de traitement Fonctions exécutives
Mémoire de travail
la situation
✤ Enquête Hurricane Voice Breast Cancer (2007):
- Modification de la mémoire : 98 %
- Impact négatif sur QDV: 62 %
✤ Sondage franco-belge (Lefel & al, 2010)
- Perte de mémoire: 42 %
- Perte de concentration : 26 %
✤ Demande d’aide +++
80 % considèrent la PEC primordiale
70 % sont prêt a suivre des ateliers de rééducation
la situation
✤ Manque de connaissances des patients & du corps médical
✤ Manque d’informations du corps médical
✤ existence de ces « séquelles »
✤ mécanismes
✤ effets
✤ durée
< > Risque de créer la plainte !!! (Schagen, 2012)
la situation
Dissociation entre les plaintes et le fonctionnement cognitif objectif
✤ Perception subjective >< scores objectifs
✤ Résultats aux tests cognitifs ne reflètent ni la fréquence, ni la nature des troubles
✤ Utilité de questionnaires subjectifs
✤ Métacognition ???
la situation
Impact transitoire sur le FC mais « persistant » sur la qualité de vie
✤ Evolutions variables et récupération entre 12 et 24 mois (Wefel & al, 2004)
✤ Effets persistants jusqu’à 10 ans après la fin des traitements (Ahles & al, 2002)
—> impact sur la CONFIANCE et soi et ses capacités cognitives
origines
origines
✤ Impact des traitements sur la cognition —> neurotoxicité
- Effet du traitement
- Effet de la dose
- Effet de la combinaison
- Effet des traitements corticoïdes associés
- Effet des psychotropes
modifications anatomiques
HIPPOCAMPE
Aire préfrontale
Gyrus cingulaire
Lobe pariétal supérieur
Gyrus para-hippocampique
(Inigaki et al, 2007)
✤ Atrophie de l’hippocampe
✤ Réduction de densité de substance blanche et de substance grise
Modifications chimio-induites dans le fonctionnement cognitif
modifications fonctionnelles
IRMf de jumelles monozygotes de 60 ans pendant une tâche de mémoire de travail
Activation corticale +++ pour la jumelle traitée par chimiothérapie pendant la tâche
—> Compensation par activation d’autres régions cérébrales : performances =
—> Plus large réseau cérébral activé : fatigabilité cognitive +++
(Ferguson et al, 2007)
JUMELLE
NON
TRAITEE
JUMELLE
TRAITEE
PAR CT
enjeux psychologiques
✤ Troubles cognitifs dès l’annonce du cancer : 25 à 35 % chez patients avec cancer du sein ou du
colon (Wefel, 2004; Hermelink,Untch, Lux et al., 2007,)
✤ Avant tout traitement, diminution de l’activation chez des patientes qui vont être traitées pour un
cancer du sein versus sujets sains (Cimprich et al, 2009)
- gyrus frontal inférieur (aire de Broca - compréhension)
- gyrus cingulaire antérieur (aires de Brodmann - fct. exe) / cortex limbique
—> Impact du CANCER lui même ?
enjeux psychologiques
La plainte cognitive subjective est plus associée au niveau d’anxiété-dépression,
fatigue, QDV et moins aux résultats cognitifs (Vardy & al., 2009)
Plainte de mémoire = détresse psychologique ?
✤ Dimension brutale d’INSECURITE
✤ Moment de CRISE
✤ REVOLUTION sur le plan psychique
✤ CONFRONTATION aigue à son avenir
Anxiété
Tristesse-
dépression
Rupture
professionnelle
Image du
corps
Fatigue
Perte d’intégrité
physique et psychique
Modifications
sociales,
familiales
Perte
d’autonomie
processus psychologiques adaptatifs
✤ « Verrouillage » des émotions = paralyse le fonctionnement cérébral
Test mémoire autobiographique : Patients CT = éléments émotionnels < sujets sains
Verrouillage émotionnel = verrouillage intellectuel —> on mémorise ce qui nous intéresse
(Morel et Al., 2012)
✤ Activisme +++ (pensée et action) = position de « lutte »
Hyperactivité qui préserve l’ intégrité psychique pendant la maladie et le traitement MAIS:
✤ Saturation cérébrale (plus de place pour intégrer de nouvelles informations)
✤ Manque du mot, manque de fluidité (la pensée va trop vite/mots)
✤ Dispersion dans les activités (on commence tout sans rien finir)
processus psychologiques adaptatifs
✤ Préoccupations psycho-affectives liées aux épreuves traversées
—> moins de disponibilité psychique et intellectuelle = manque d’attention
✤ Actions incohérentes: lunettes dans le frigo
✤ Phénomène d’automatisme : moins de contrôle de nos actions
✤ Empêche de mobiliser les capacités intellectuelles
conclusion
✤ Plaintes très fréquentes
✤ Difficile à objectiver par batteries standards
✤ Dissociation entre objectif et subjectif
✤ Origines et mécanismes complexes
✤ Impact majeur de l’état psychologique
✤ Besoin ET demande d’écoute et d’aide : 70 % !!!
conclusion
—> CANCER = ALTERATIONS COGNITIVES
subtiles
modérées
sélectives
transitoires
MAIS témoignant d’une altération de la qualité de vie !
Merci pour votre attention

Cognition & Cancer

  • 1.
    2014 les troubles cognitifsen oncologie Sandrine Vandenbossche Neuropsychologue & Onco-coach
  • 2.
    plan Quelle est lasituation ? Quelles sont les origines ? Quelles sont les conséquences cérébrales? Quelles sont les enjeux psychologiques ?
  • 3.
    la situation 15 à75 % d’altérations rapportées dans la littérature ✤ Méthodologies différentes : - groupe de référence - batteries objectives et subjectives - définition du déficit ✤ Effet de contraste avec le potentiel antérieur ✤ CONSCIENCE des altérations
  • 5.
  • 6.
    la situation Altérations desfonctions cognitives modérées, subtiles et sélectives Attention Vitesse de traitement Fonctions exécutives Mémoire de travail
  • 7.
    la situation ✤ EnquêteHurricane Voice Breast Cancer (2007): - Modification de la mémoire : 98 % - Impact négatif sur QDV: 62 % ✤ Sondage franco-belge (Lefel & al, 2010) - Perte de mémoire: 42 % - Perte de concentration : 26 % ✤ Demande d’aide +++ 80 % considèrent la PEC primordiale 70 % sont prêt a suivre des ateliers de rééducation
  • 8.
    la situation ✤ Manquede connaissances des patients & du corps médical ✤ Manque d’informations du corps médical ✤ existence de ces « séquelles » ✤ mécanismes ✤ effets ✤ durée < > Risque de créer la plainte !!! (Schagen, 2012)
  • 9.
    la situation Dissociation entreles plaintes et le fonctionnement cognitif objectif ✤ Perception subjective >< scores objectifs ✤ Résultats aux tests cognitifs ne reflètent ni la fréquence, ni la nature des troubles ✤ Utilité de questionnaires subjectifs ✤ Métacognition ???
  • 10.
    la situation Impact transitoiresur le FC mais « persistant » sur la qualité de vie ✤ Evolutions variables et récupération entre 12 et 24 mois (Wefel & al, 2004) ✤ Effets persistants jusqu’à 10 ans après la fin des traitements (Ahles & al, 2002) —> impact sur la CONFIANCE et soi et ses capacités cognitives
  • 11.
  • 13.
    origines ✤ Impact destraitements sur la cognition —> neurotoxicité - Effet du traitement - Effet de la dose - Effet de la combinaison - Effet des traitements corticoïdes associés - Effet des psychotropes
  • 14.
    modifications anatomiques HIPPOCAMPE Aire préfrontale Gyruscingulaire Lobe pariétal supérieur Gyrus para-hippocampique (Inigaki et al, 2007) ✤ Atrophie de l’hippocampe ✤ Réduction de densité de substance blanche et de substance grise Modifications chimio-induites dans le fonctionnement cognitif
  • 15.
    modifications fonctionnelles IRMf dejumelles monozygotes de 60 ans pendant une tâche de mémoire de travail Activation corticale +++ pour la jumelle traitée par chimiothérapie pendant la tâche —> Compensation par activation d’autres régions cérébrales : performances = —> Plus large réseau cérébral activé : fatigabilité cognitive +++ (Ferguson et al, 2007) JUMELLE NON TRAITEE JUMELLE TRAITEE PAR CT
  • 16.
    enjeux psychologiques ✤ Troublescognitifs dès l’annonce du cancer : 25 à 35 % chez patients avec cancer du sein ou du colon (Wefel, 2004; Hermelink,Untch, Lux et al., 2007,) ✤ Avant tout traitement, diminution de l’activation chez des patientes qui vont être traitées pour un cancer du sein versus sujets sains (Cimprich et al, 2009) - gyrus frontal inférieur (aire de Broca - compréhension) - gyrus cingulaire antérieur (aires de Brodmann - fct. exe) / cortex limbique —> Impact du CANCER lui même ?
  • 17.
    enjeux psychologiques La plaintecognitive subjective est plus associée au niveau d’anxiété-dépression, fatigue, QDV et moins aux résultats cognitifs (Vardy & al., 2009) Plainte de mémoire = détresse psychologique ? ✤ Dimension brutale d’INSECURITE ✤ Moment de CRISE ✤ REVOLUTION sur le plan psychique ✤ CONFRONTATION aigue à son avenir Anxiété Tristesse- dépression Rupture professionnelle Image du corps Fatigue Perte d’intégrité physique et psychique Modifications sociales, familiales Perte d’autonomie
  • 18.
    processus psychologiques adaptatifs ✤« Verrouillage » des émotions = paralyse le fonctionnement cérébral Test mémoire autobiographique : Patients CT = éléments émotionnels < sujets sains Verrouillage émotionnel = verrouillage intellectuel —> on mémorise ce qui nous intéresse (Morel et Al., 2012) ✤ Activisme +++ (pensée et action) = position de « lutte » Hyperactivité qui préserve l’ intégrité psychique pendant la maladie et le traitement MAIS: ✤ Saturation cérébrale (plus de place pour intégrer de nouvelles informations) ✤ Manque du mot, manque de fluidité (la pensée va trop vite/mots) ✤ Dispersion dans les activités (on commence tout sans rien finir)
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    processus psychologiques adaptatifs ✤Préoccupations psycho-affectives liées aux épreuves traversées —> moins de disponibilité psychique et intellectuelle = manque d’attention ✤ Actions incohérentes: lunettes dans le frigo ✤ Phénomène d’automatisme : moins de contrôle de nos actions ✤ Empêche de mobiliser les capacités intellectuelles
  • 20.
    conclusion ✤ Plaintes trèsfréquentes ✤ Difficile à objectiver par batteries standards ✤ Dissociation entre objectif et subjectif ✤ Origines et mécanismes complexes ✤ Impact majeur de l’état psychologique ✤ Besoin ET demande d’écoute et d’aide : 70 % !!!
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    conclusion —> CANCER =ALTERATIONS COGNITIVES subtiles modérées sélectives transitoires MAIS témoignant d’une altération de la qualité de vie !
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