09/07/2016 Detaille Article
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ACTUALITÉ LA SÉLECTION MENÉE PAR DAVID COURTEIX A PRIS SES QUARTIERS
À TIGNES DEPUIS UNE DIZAINE DE JOURS POUR UNE PRÉPARATION TRÈS TYPÉE
RUGBY. AVEC L’OBJECTIF DE DÉCROCHER UNE MÉDAILLE LORS DES JEUX
OLYMPIQUES DE RIO.
COMME DES ENRAGÉES
Par Pierre­Laurent GOU, envoyé spécial  
pierre­laurent.gou@midi­olympique.fr  
La route pour Rio passait par Tignes, cette semaine, pour le VII
de France féminin. Installées dans le chalet Alpina à 2 100
mètres d’altitude depuis une dizaine de jours, les filles de
l’entraîneur David Courteix rêvent ouvertement de médaille. «
Nous sommes là pour cela ! Pas que pour participer au plus
grand événement planétaire sportif. À Rio, on veut être actrices
», clamait ainsi, mardi en fin de matinée, Élodie Guiglion. Après
une heure trente passée sur le terrain, lors d’une intensité
impressionnante ­ « qu’est­ce qu’elles cavalent » appréciait en
connaisseur, l’ex­sélectionneur Philippe Saint­André présent
dans la station­ la Toulonnaise de naissance avait enchaîné
avec ses coéquipières, par un gros travail de musculation et de
gainage du haut du corps, avant de répondre à nos questions,
sourire aux lèvres. « Nous sommes dans un cadre magnifique et
n’avons qu’à penser à notre objectif », glissait­elle, occultant tout
de même la prochaine annonce de de la liste finale, qui était
dans toutes les têtes. «A l’Insep, c’était plus pesant », confiait
Marjorie Mayans. La joueuse de Saint­Orens allait connaître une
grosse frayeur dans l’après­midi. Disputant un ballon aérien
avec une coéquipière au cours d’une opposition, elle se luxait
l’auriculaire. Une de ses partenaires, sur la touche, lâchait alors :
« j’ai cru que c’était le poignet, et que c’était fini pour elle ». Ce
n’est pas le moment.
LES DOUZE POUR RIO CONNUES CE WEEK­END
Cette semaine vécue au pied du glacier de la Grande­Motte va marquer un tournant pour le groupe
France. Ce week­end, David Courteix devra trancher dans le vif et déterminer quelles seront les douze
heureuses élues ­plus les deux remplaçantes­ sélectionnées pour les jeux Olympiques. Ceci expliquait
peut­être l’extrême application mise par les dix­neuf filles présentes à Tignes, au cours des deux séances
09/07/2016 Detaille Article
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rugby quotidiennes. Au total, les GPS indiquent qu’elles ont couvert pas moins de 60 kilomètres sur les six
derniers jours, rien que sur le rectangle vert. Ajoutez à cela trois escapades à 3 600 mètres pour se faire
les cuisses sur les célèbres wattbikes, le passage quotidien ­obligatoire­ en salle de musculation, tous les
déplacements réalisés en VTT, et leur compte est bon.
L’entraîneur du VII de France voulait des données objectives et rugbystiques pour faire son choix. Il les a
trouvés à Tignes. La station s’est d’ailleurs fait une spécialité des préparations d’avant saison pour le
football et le rugby. Cet été encore, Montpellier (18 au 24 juillet) et Lyon (30 juillet au 5 août) du Top 14,
mais aussi la formation anglaise de Worcester (du 2 au 12 août) utiliseront les infrastructures que la
tricolore Fanny Horta qualifie « d’idylliques ». C’est donc là que David Courteix, qui donne énormément
de la voix sur la pelouse, a affiné sa sélection. « Les JO commencent ici. 90 % des séances de travail
sont du rugby. Les filles n’ont que quatre ou cinq années derrière elles de haut niveau. Elles ont soif de
ballons, et ne sont pas là pour pédaler. » Son message et le contenu des séances sont clairs. Lui et son
staff font la chasse à la récupération. « Interdiction de poser les mains sur les hanches ou sur les genoux.
Le VII est un sport énergivore. On veut réussir en produisant du jeu, et en se déplaçant beaucoup »,
expliquait l’entraîneur adjoint, Paul Albaladejo. Pas de temps pour le farniente, enfin presque. « Lundi
après­midi était notre demi­journée off, on s’est précipitées au Spa ! Je n’ai jamais connu une telle
préparation... », nous confiait Marjorie Mayans qui apprend aussi à vivre avec des courbatures
constantes.
2 000 EUROS POUR VIVRE DE SA PASSION
« Nous avons l’impression d’être toutes rouillées au réveil, mais nous savons ce que nous voulons. » La
course à la médaille passe par cette sensation d’essoufflement constant, l’impression d’avoir « les
poumons qui brûlent », dixit Elodie Guiglion. Le tout dans une vraie bonne humeur. Les dix­neuf de ce
stage sont toutes professionnelles et sous contrat fédéral. « Et toutes au même salaire ! », tient à
souligner fermement David Courteix. À peine 2 000 euros par mois, plus une aide de 500 euros du
CNOSF pour le logement. On est loin des standards du XV et même de leurs homologues du VII
masculin. « Ce n’est pas grave », clame Marjorie Mayans. « On a toutes 25­26 ans, et la vie devant nous.
On veut juste vivre notre passion jusqu’au bout. »
Dans la semaine, les filles ont appris qu’elles auront l’honneur d’inaugurer le tournoi olympique de Rio,
lors de ces Jeux qui marqueront le retour dans le giron olympique du ballon ovale. Une raison de plus, si
le besoin s’en faisait ressentir, de mettre les bouchées doubles en Savoie que les Bleues quitteront le 15
juillet, gonflées à bloc !

Comme des Enragées