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20/7/2015 Detaille Article
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« Les jeunes joueurs ont peur de
quitter le XV »
Propos recueillis par Philippe KALLENBRUNN 
philippe.kallenbrunn@midi­olympique.fr 
Comment a vraiment commencé votre aventure avec l’équipe de France à VII ?
J’étais en vadrouille en famille, au mois d’avril 2012. J’étais encore sous contrat avec l’Usap. Mais
comme je ne jouais pas beaucoup cette saison­là, j’avais des week­ends libres. Donc j’étais parti
en week­end et j’ai eu Émile Ntamack au téléphone, de qui je suis assez proche et qui me
conseille sur mes choix de carrière depuis le tout début. J’étais un peu dans le flou concernant
mon avenir. Celui à l’Usap était scellé, il me fallait trouver un nouveau challenge et Émile m’a parlé
du VII. Il m’a dit que l’équipe de France à VII faisait des contrats professionnels et qu’elle avait de
l’ambition. Chez moi, ça a fait tilt parce que j’avais eu la chance de jouer à VII en 2006. À l’époque,
il n’était pas question de contrats professionnels mais l’expérience avait été très bonne. C’était
sous Thierry Janeczek. Puis Jean­Claude Skrela m’a appelé, il m’a présenté les objectifs et le
projet du rugby à VII. Et tout ce que je recherchais se trouvait dans le projet. Du coup, en deux
rendez­vous, l’affaire était pliée. 
Quitter ainsi le Top 14, la compétition la plus médiatique, la plus lucrative au monde, ne
vous a­t­il pas demandé une réflexion plus poussée ?
À ce moment­là, déjà, je voulais partir en Angleterre. J’étais assez déçu de ma dernière saison à
Perpignan, où on m’a fait comprendre qu’à 32 ans, il ne me restait qu’un an de contrat à espérer
et que ce serait ensuite la retraite. Alors que là, on me parlait de deux ans de contrat, plus une
année optionnelle. On m’accordait une certaine confiance. Quand tu es vraiment passionné par le
rugby et que tu passes une saison en ne jouant que huit matchs, tu as vite choisi entre l’exposition
du Top 14 ou prendre du plaisir sur le terrain. Mes choix ont toujours été guidés par le plaisir. Et
du plaisir, à Perpignan, j’en ai eu pendant quatre ans, mais pas lors de la dernière saison, qui
reste douloureuse et marquante. Le défi était aussi celui de revenir à l’anonymat dans une grande
ville et, en quelque sorte, de me préparer à l’après­carrière, en repartant de zéro. 
Pourtant, en vous recrutant, la FFR
a aussi voulu attirer un nom…
20/7/2015 Detaille Article
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Bien sûr, elle avait dans l’idée de crédibiliser le projet. La FFR voulait garnir son effectif par des
joueurs « taillés » pour le VII mais avec une notoriété Top 14. Jean­Baptiste Gobelet s’était
d’ailleurs engagé juste avant moi. Mais quand je parle d’anonymat, je veux dire aussi que, sur le
circuit mondial, je devenais complètement anonyme. 
Ce passage à VII vous a­t­il changé ?
Oui, parce qu’il a fallu que je me remette en question. Que je me mette au travail. Non pas que je
ne travaillais pas avant mais quand on arrive dans une nouvelle discipline où les exigences sont
autres et que le corps n’est pas habitué à travailler pour cela, il y a des efforts à fournir. 
Lesquels, par exemple ?
Je n’ai jamais été un fainéant à XV dans la préparation physique, j’ai toujours été dans le haut du
panier. Mais quand je suis arrivé à VII et que j’ai passé les tests, j’étais le dernier de la classe… Et
puis, on a tous un peu d’orgueil. Je me suis dit que si je ne faisais rien, j’allais donner raison à
ceux qui m’avaient dit qu’à 32 ans j’étais trop vieux. Aujourd’hui, c’est d’ailleurs encore ma
première source de motivation. Montrer que ce n’est pas l’âge qui fait le joueur, mais la forme
physique. 
Aucun regret sur votre choix, donc ?
Non, il ne faut jamais regretter ! Je suis parti assez vite de Perpignan, j’ai emmené ma famille avec
moi. Il a fallu aller là où toute personne du Sud de la France tremble un peu à l’idée de devoir y
déménager, à la capitale. Quand on est né dans le Sud, on n’envisage jamais d’aller à Paris, parce
que ça paraît effroyable (rires). Pourtant, l’adaptation a été tellement rapide, que, aujourd’hui, on
n’est pas près de quitter Paris ! On y a trouvé notre équilibre et la vie là­haut convient très bien à
ma femme et ma fille. On s’entraîne à Marcoussis toute l’année. Ça peut faire peur à ceux qui
connaissent Marcoussis, on connaît le surnom de Marcatraz, sauf que quand on y arrive le matin
et qu’on en repart le soir, c’est un superbe outil de travail. On n’a pas tout à fait la même vision de
l’endroit que ceux qui y passent leur été, notamment en ce moment (rires). 
La qualification pour les JO a été un accouchement difficile. Pourquoi une nation
historique du rugby comme la France peine­t­elle autant à s’affirmer à VII ?
Le rugby à VII n’est pas entré dans les mentalités. Ceux qui aiment le XV veulent voir du jeu, mais
aussi des mêlées, des groupés pénétrants… Il y a des incontournables à XV. La preuve : quand
on change la règle de la mêlée, tout le monde lève les bras au ciel parce qu’on est en train de
dénaturer le rugby ! Le rugby à VII a été longtemps uune pratique de fin de saison, quelque chose
de fun. Sauf que pendant que les gens pensaient ça, la terre a continué à tourner. Et elle a tourné
plutôt vite au point que le discipline est devenue olympique, après le succès du projet porté par un
Français, Bernard Lapasset. 
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Vous qui parcourez le monde lors des étapes des World Series, quel est votre regard sur la
popularité du VII ailleurs ?
On dit souvent qu’en France, on a dix ans de retard sur les autres nations. En trois ans, j’ai
mesuré ce retard. Tu joues aux quatre coins du monde dans des stades remplis de 40, 50 ou 60
000 personnes qui viennent voir du VII. Toi, tu rentres, t’as gagné une Bowl, et les gens te disent
que c’est génial, qu’on a gagné la Coupe ! Ouais, c’est ça… (rires) Ça prouve que les gens ne
savent pas ce qu’on a gagné. Il y a un décalage. Tu sors d’un endroit où la ville s’arrête de vivre
pour cette compétition, et quand tu reviens chez toi, c’est comme si tu avais gagné un slalom en
kayak ! 
N’êtes­vous pas frustré par ce manque d’intérêt populaire chez nous ?
Non. Je me dis que j’ai la possibilité de rendre une discipline mieux connue dans mon pays. C’est
une mission. Moi, j’estime qu’on est les ambassadeurs d’une nouvelle discipline. Même si le VII
existe depuis longtemps, il reste une nouvelle pratique chez nous. Après, il ne faut pas se leurrer
sur ce qui attire les gens… En France, on a l’un des sports collectifs les plus titrés, le handball. Or,
quand les handballeurs ont terminé leur compétition mondiale ou olympique, recueillent­ils la
même ferveur qu’en pleine compétition ? Et à quel moment d’une compétition les gens se mettent­
ils réellement à les suivre ? En demi­finale ? Eh bien, on est un peu comme eux, sauf qu’on n’a
rien gagné. En termes d’image, on part du même endroit : il faut convaincre les gens. Et pour cela,
il faut des résultats. Cela dit, je pense que l’onde de popularité du VII a pris un virage le week­end
dernier avec notre qualification. Les gens ont pris conscience que le rugby entrait réellement dans
le cercle olympique. 
Le développement du rugby à VII aura été l’un des grands chantiers du mandat Camou à la
tête de la FFR. Avez­vous donc subi une forte pression fédérale, ces derniers mois, pour
atteindre l’objectif olympique ?
Non. Les dirigeants ont vu qu’on se sentait concernés. Quand tu es sportif de haut niveau et que
tu as un tel truc à décrocher, il n’y a pas besoin de faire dix mille discours… On a eu droit à un
discours du président Camou juste avant de partir à Exeter. C’était le bon timing. Ce n’était pas un
discours de pression, plutôt un supplément d’âme. Depuis le début, il a laissé les rênes à Jean­
Claude Skrela et à Frédéric Pomarel. 
La France pouvait­elle décemment rater le
retour du rugby aux JO ?
C’aurait été faire un « reset » sur quatre à cinq ans de projet. Les Anglais, nos principaux
adversaires européens dans le circuit mondial, étant déjà qualifiés pour les JO, personne n’aurait
20/7/2015 Detaille Article
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compris qu’on ne le soit pas à l’issue du championnat d’Europe. La France du rugby absente des
jeux Olympiques, pour moi, ç’aurait été un cataclysme. Et on en avait tous conscience… (il marque
un arrêt), je pense (sourire). 
Pourquoi France VII demeure­t­elle incapable de gagner une étape des World Series ?
La seule victoire marquante dans les World Series date de 2005, lors de l’étape de Paris. C’est la
seule fois où la France a gagné. Alors, pourquoi ? Parce qu’il faut faire preuve de régularité et
qu’on en manque. On n’est pas encore au top mondial. On part avec des années de retard,
comme d’autres nations, qui le rattrapent plus vite que d’autres. Je pense par exemple à la
progression fulgurante des États­Unis... 
Qu’ont les Américains de plus que vous ?
Ils ont trouvé un équilibre de joueurs en allant chercher des mecs physiques venus du rugby,
d’autres venant du football américain, d’autres encore qui étaient des sprinters, et ils ont réussi à
créer une bonne combinaison qui les a amenés à remporter la dernière étape du circuit à Londres,
même s’il faut relativiser cette victoire, les nations majeures, déjà qualifiées, s’étant un peu
relâchées. Maintenant, il n’y a qu’à demander à Jean­Claude Skrela la difficulté qu’il a quand il
veut prendre un joueur pour l’amener à VII… Vous savez quoi ? La qualification aux jeux
Olympiques n’a pas été d’intérêt national. Certains ont joué le jeu à la fin de la saison parce qu’elle
était terminée. Mais il paraît impensable de constater que lorsque la France a besoin d’un joueur
pour une échéance d’intérêt national, il faille faire à ce point des pieds et des mains… 
La FFR a bâti un groupe, avec des joueurs sous contrat. Pourquoi, dès lors, ce besoin
d’aller chercher d’autres joueurs en Top 14 ?
Le projet de l’équipe de France à VII a démarré à deux ou trois joueurs. Il est ensuite monté à une
dizaine de joueurs. Et cette année, pour la première fois, nous étions dix­huit joueurs. Le groupe a
été étoffé mais cela n’a pas pris. Il n’y avait pas une vraie unité au sein du groupe, les résultats
n’étaient pas là. Et forcément, pour souder un groupe quand les résultats n’y sont pas, c’est
délicat. La FFR a dressé un constat d’échec et certains joueurs en ont fait les frais. La Fédé a
choisi de dégraisser, en se séparant de ceux qui, à ses yeux, ne faisaient plus avancer le projet.
Cela n’a pas été un moment facile : d’un côté, tu perds un collègue, un pote, de l’autre, tu es à
trois mois d’une qualification olympique et, ce n’est pas de l’égoïsme, mais tu es obligé d’avancer.
Parmi ces joueurs, certains représentaient le rugby à VII, et ce sont eux qui m’ont accueilli quand
je suis arrivé, dont Vincent Deniau, qui était le capitaine. 
L’implacable logique d’une concurrence de plus en plus dure, même à VII ?
Oui. Ce sont des choses que des centaines de joueurs vivent chaque saison en Top 14 et en Pro
D2. Il y a des joueurs emblématiques dans des clubs qui ne sont pas conservés. Moi­même, je ne
20/7/2015 Detaille Article
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suis pas sorti comme je l’aurai voulu de l’Usap. Quand j’ai joué mon dernier match avec l’Usap, je
ne savais même pas que c’était le dernier. C’est décevant de ne pas pouvoir choisir sa sortie.
C’est la pire des choses pour un joueur. Et la plupart de ceux qui nous ont quittés n’ont pas pu la
choisir. Ce côté humain fait de la peine quand on apprécie les mecs. 
Les Deniau, Gobelet, Albaladejo, Delmas
ont donc été écartés sur critères sportifs ?
C’est comme cela qu’on nous l’a présenté. Après, il y a peut­être autre chose mais ce n’est pas à
moi d’en parler. Cela a été dur parce qu’on a fini la saison avec eux, tout en sachant que le rêve
olympique allait leur échapper. 
Finalement, la construction de ce groupe élargi n’était pas une bonne idée...
Sans résultat, encore une fois, c’est difficile. L’année où je suis arrivé, à deux tournois de la fin, on
était cinquièmes. Derrière, on ne réussit pas trop mal la Coupe du monde en Russie. Là, tu te dis
que ça y est, le phénomène est lancé, on va étoffer le groupe parce qu’il va falloir faire des
rotations, amener de la qualité pour instaurer un peu de concurrence pour ne pas que les mecs se
relâchent. Or, là, le groupe est élargi mais tu as moins de résultats que quand il était restreint.
Donc ce n’était pas la bonne formule. 
Le mérite de la qualification olympique est revenu en grande partie aux joueurs du Top 14
qui vous ont rejoints pour les trois étapes du championnat d’Europe. N’est­ce pas un peu
agaçant pour ceux qui, comme vous, ont fait toute la saison ?
Depuis que je suis arrivé, Jean­Claude Skrela a toujours dit que, si on le pouvait, on étofferait le
groupe avec des joueurs de notoriété et de qualité. Le fait que ces joueurs­là arrivent à ce
moment­là ne m’a donc pas surpris. Ils ont finalement remplacé numériquement et qualitativement
les absents dans des secteurs qui nous faisaient défaut, la puissance et le domaine aérien. C’est
vrai qu’on a entendu ensuite que l’apport des joueurs du Top 14 avait qualifié la France. Moi, ce
qui m’importe, c’est d’aller aux JO. Que les phares soient tournés sur un autre, je m’en fiche. 
Ont­ils vraiment été déterminants ?
Honnêtement, leur apport a été bénéfique au groupe. Ils sont arrivés avec de la bonne humeur,
certains d’entre eux sortaient d’une saison galère, donc ils étaient contents d’être là. Je pense
que, physiquement, ils ont souffert. Dès le premier entraînement, ils ont compris qu’il fallait
galoper. Ils sont arrivés sur une compétition européenne qui n’est pas du niveau mondial et je
pense qu’eux ont mesuré la difficulté de la discipline. S’ils sont amenés à revenir, notamment pour
les JO, chose qui est à envisager, il y aura forcément des étapes des World Series à jouer avec
nous, parce que la marche est plus grande qu’on ne le pense. Tu as beau avoir un nom dans le
20/7/2015 Detaille Article
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Top 14, être incontournable en championnat, quand tu arrives à VII sur le circuit européen, ce
n’est pas facile. Je ne sais pas si le grand public qui a vu Rémy Grosso marquer plein d’essais l’a
mesuré, mais Rémy Grosso, qui a été performant, en a bavé ! Ils sont arrivés avec beaucoup
d’humilité, sur la pointe de pieds, et quand ils ont assisté à notre premier entraînement, ils
tremblaient un peu des genoux… (sourire) Mais leur aura vis­à­vis des jeunes joueurs du groupe a
motivé ces derniers. Nos jeunes ont eu envie de montrer à Fulgence Ouedraogo que ce sont eux
les pionniers de la discipline. 
Avez­vous touché le jackpot ? Une qualification pour les JO rapporte­t­elle une grosse
prime ?
On ne la connaît même pas ! Quand on a négocié nos contrats, on n’était pas en mesure de
réclamer une quelconque prime parce qu’on était au pied du mur… Donc ce sera une surprise. On
espère une récompense avant Noël et que ce soit un beau cadeau (rires). Je ne me fais pas de
soucis parce que je sais que pour ça, le président est carré. Même si la participation aux JO, c’est
déjà le jackpot. 
Faut­il former des joueurs spécifiquement
au VII ?
C’est déjà le cas. Quand je suis arrivé, Jonathan Laugel, qui était avec les moins de 20 ans, venait
avec nous et, progressivement, il a grignoté son temps de jeu. Même chose pour Steeve Barry et
Stephen Parez. La Fédé a fait le constat, sur la technique individuelle, que le joueur français
régressait. En Nouvelle­Zélande, en Angleterre, la formation du joueur passe par le rugby à VII. La
FFR l’a compris. Elle forme maintenant des joueurs au rugby à VII et par le rugby à VII. Au pole
France, il y a en effet des cycles de rugby à VII imposés pour tous les joueurs, peu importe leur
ligne. Des piliers, des talonneurs, eux aussi, y participent, pour acquérir de la technique
individuelle et une caisse physique. Certains de ces joueurs du pole sont ensuite amenés à jouer
avec France VII Développement sur des tournois annexes comme à Dubaï ou à Las Vegas. Et ils
sont potentiellement amenés à intégrer l’équipe de France. Cette année, Alexandre Gracbling et
Sacha Valleau ont été lancés, dans la lignée de Parez ou Laugel. Il faut des joueurs formés pour le
VII qui puissent prendre le relais des cadres. Cela se passe comme ça dans toutes les grandes
nations du VII. 
Quelle est la problématique pour convaincre
un joueur de se spécialiser à VII ?
Ce qui fait peur aux jeunes joueurs, c’est de quitter le XV, et de ne plus pouvoir y revenir. Pour
l’instant, je n’ai pas fait mon trou à XV, si je viens à VII, est­ce que je ne vais pas disparaître des
écrans ? Ils ont peur d’être bloqués et de ne pas pouvoir en sortir. Pour moi, c’est la seule
problématique. En Nouvelle­Zélande, par exemple, il y a un noyau dur qui ne fait que du VII, et
20/7/2015 Detaille Article
http://ejournal.midi­olympique.fr/epaper/xml_epaper/Rouge/20_07_2015/pla_4995_Midi_Olympique_Rouge/xml_arts/art_29689928.xml 7/7
des joueurs de XV qui, à l’approche des tournois, rejoignent l’équipe à VII. Aujourd’hui, en France,
on ne peut pas faire ça. Les joueurs ne sont pas libérés par leur club, par leur entraîneur… 
Un Top 14 à VII serait­il une solution ?
Je sais que c’est un peu dans les tuyaux mais c’est un sujet qui amène une opposition de plus
entre la Ligue et la Fédération. Il est évident que plus on développera des joueurs de haut niveau
à VII, mieux ce sera pour l’équipe de France. Au­delà d’un championnat à VII, il faut que les clubs
soient réellement convaincus des bienfaits du VII sur le joueur de rugby. Si tous les clubs l’étaient
aujourd’hui, on ne rencontrerait pas ces difficultés. Même avec un groupe de 18 cette saison, on a
dû aller chercher des mecs de Top 14 parce que, en raison des blessures, on n’était pas 12 pour
partir. Or, quand on décroche le téléphone, pas grand monde ne vient : soit que le président du
club bloque, soit que le joueur ne veut pas fâcher son président. Pourtant, c’est l’équipe de
France… Et notre discipline est tellement exigeante que tu ne peux pas obliger un joueur à venir.
Jean­Claude Skrela a souvent parlé d’appliquer la règle 9 mais tu ne peux pas imposer à un
joueur de venir souffrir dans cette discipline. (il s’arrête) Moi, ce qui m’importe, c’est que l’équipe
de France aille chercher une médaille à Rio. Et pour cela, il va falloir que tout le monde s’entende. 
Terminerez­vous votre carrière aux JO ?
Sincèrement, je n’en sais rien. J’aurai 36 ans à Rio et je ne me fixe pour l’instant pas d’autres
objectifs que celui­là. Mais je ne m’interdis pas de penser que j’aurai peut­être encore envie de
jouer. En 2018, il y a aura la Coupe du monde… L’autre interrogation sera aussi de savoir si
rester, et donc prendre la place d’un jeune, sera une bonne chose pour l’équipe. Ce qui est sûr, en
revanche, c’est que j’aimerais continuer à m’impliquer dans le rugby à VII après ma carrière, et si
possible en ne restant pas trop loin du ballon (sourire). 
Les clubs de Top 14 ne vous ont­ils
plus jamais appelé ?
Si, mais pour me demander le numéro de Virimi Vakatawa (rires). De toute façon, je ne reviendrai
plus à XV.

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