De l'amour
En dire du bien n'est rien
Avec toujours mots de velours
De langage fleuri on le loue d'un rien
De prose insipide on bat tambour
Jamais en cœur et âme on ne dit
Combien de blessure il ouvre
Combien par douleur assujettit
On éprouve, renie de par son oeuvre
Tu ne l'as ni ne peux l'atteindre
En son nom, tu te dénies
Il n'est ni ta vie, ni ton ami
Seul le soupir d'un cœur à étreindre
Dire l'amour c'est comme rêver
Un rêve qui passe et laisse
À sa suite un sentiment d'inachevé
Un cœur qu'on traîne en laisse
De l'amour, bien mieux vaut
Abstenir de sa bouche et bannir
Des mots justes pour éblouir
Un cœur de rien, cœur à ébaubir
Oncques mots, paroles, dires et poulets
Ne peuvent apporter un air quelconque
De ce qu'est réellement, ce masque
Seul l'inconnu peut le maîtriser
Il chemine et d'un pouce il trousse
Et la rime bénie et l'alexandrin divin
Celui qu'un monde cherchait en vain
Las, déjà loin, le temps d'une caresse…

De l'amour

  • 1.
    De l'amour En diredu bien n'est rien Avec toujours mots de velours De langage fleuri on le loue d'un rien De prose insipide on bat tambour Jamais en cœur et âme on ne dit Combien de blessure il ouvre Combien par douleur assujettit On éprouve, renie de par son oeuvre Tu ne l'as ni ne peux l'atteindre En son nom, tu te dénies Il n'est ni ta vie, ni ton ami Seul le soupir d'un cœur à étreindre Dire l'amour c'est comme rêver Un rêve qui passe et laisse À sa suite un sentiment d'inachevé Un cœur qu'on traîne en laisse De l'amour, bien mieux vaut Abstenir de sa bouche et bannir Des mots justes pour éblouir Un cœur de rien, cœur à ébaubir Oncques mots, paroles, dires et poulets Ne peuvent apporter un air quelconque De ce qu'est réellement, ce masque Seul l'inconnu peut le maîtriser Il chemine et d'un pouce il trousse Et la rime bénie et l'alexandrin divin Celui qu'un monde cherchait en vain Las, déjà loin, le temps d'une caresse…