Le dernier Jour d ’un Condamné
Plan de l ’analyse

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•

L ’analyse globale
Les personnages
Le 1° chapitre
Le GENRE de l ’œuvre
La focalisation interne
Le dernier Jour d ’un Condamné

1.
L ’analyse globale de
l ’oeuvre
Le dernier Jour d ’un Condamné
Analyse globale
De quoi s ’agit-il?????
•
•

Il ne s’agit pas d’un récit, mais d’un débat de société.
Un réquisitoire contre la mort : V.Hugo se place décidément du côté des abolitionnistes 

Un temps tragique

Il s’agit d’un compte à rebours. L’amenuisement du temps est source d’un “ tragique ” à la 
fois permanent et croissant

.

Art et niveaux de langue
•      L’une des 1° expériences du XIX° siècle de mêler les niveaux de langue. ; VH donne 
droit de cité à l’argot des prisons

.

Une dimension fantastique
Les cauchemars et hallucinations du condamné confèrent au récit des aspects frappants, 
étranges et fantômatiques
Le dernier Jour d ’un Condamné

2.
L ’analyse des
personnages
Le dernier Jour d ’un Condamné
Les personnages 1

•
•

•

•

Le condamné : on ne sait pas quel crime il a commis.  Pourtant il n’est pas 
perçu comme un monstre ; il vit atrocement l’attente de son exécution.
Les représentants de la société : juges, magistrats, directeur de la prison et 
prêtre représentent la société. Pour eux, une exécution est une chose banale 
qui doit se dérouler dans les formes
Marie : fille du condamné : elle a trois ans ; son père lui voue un amour 
absolu ; mais elle ne reconnaît pas son père dans ce barbu qui l’embrasse ; 
son père n’est-il pas mort ? 
La foule, compatissante et cruelle à la fois : elle assiste à une exécution 
capitale comme à un spectacle
Des personnages indifférents à la souffrance du condamné
Par l’intermédiaire de ses représentants, la société se montre indifférente à son sort
 le président du jury est “ calme ”
 les jurés sont “ blêmes et abattus ” mais c’est à cause de la fatigue due à la longue délibération 
 quelques-uns baillent 
 tous ont “ une grande envie de dormir ”
 un jeune assesseur s’entretient “ presque gaiement ” avec “ une jolie dame en chapeau rose ” ( aspect 
dérisoire de son sort aux mains des indifférents
 l’avocat de la défense vient de “ déjeuner copieusement et de bon appétit ”
 l’huissier ( qui l’accompagne à la Conciergerie) est plus préoccupé par “ la perte de son tabac ” que 
compatissant. Il reproche même au condamné d’être triste.
 Le bourreau ne se soucie que de ses problèmes techniques : il craint que la pluie ne rouille le mécanisme 
de la guillotine.
 Le geôlier est “ gentil ” quand il emmène le condamné dans une autre cellule   mais le narrateur 
pense: "Les égards du geôlier sentent l’échafaud ”
•
Le directeur est gentil, mais cette gentillesse est intolérable quand il informe le condamné que c’est “ pour 
aujourd’hui ” et qu’il lui demande “ en quoi il pourrait (lui) être agréable ou utile ”
Le dernier Jour d ’un Condamné

3.
L ’analyse du
premier chapitre
Le dernier Jour d ’un Condamné
Etude du Premier chapitre
• Un monologue intérieur :
• Une structure close :
• Un cri d ’horreur :
Le dernier Jour d ’un Condamné
Un Monologue intérieur
• Le narrateur-personnage s’exprime à la 1° PSG et au présent 
de l’indicatif. Il s’adresse à lui-même, n’ayant pas 
d’interlocuteur= principe du monologue intérieur. 
• Par ce choix narratif, le lecteur est dès les 1° lignes, 
(=l’incipit) directement en contact avec la CONSCIENCE du 
narrateur
• La voix est en outre= anonyme ( on ne sait rien de lui)
Le dernier Jour d ’un Condamné
Une structure close
•

•
•

•

Condamné à mort de la fin fait écho à celui du début=> aucune évolution de la
situation, pas de progression narrative/ on revient au point de départ. Et cette
construction en boucle, close ( comme la cellule) traduit l’état d’esprit du
condamné, son enfermement dans l’obsession qu’il éprouve de l’échafaud qui
l’attend.
Dans la construction, on note également l’organisation interne du chapitre.
L’adverbe “ maintenant ” tout-puissant s’oppose en l’écrasant à l’adverbe
“ autrefois ” qui est comme relégué avec le temps de l’imparfait, à un passé
lointain, à jamais révolu.
Le présent règne en maître, implacable, n’ayant d’autre alternative qu’un futur
fatal ( = mort)
Le dernier Jour d ’un Condamné

4.
Le genre de l ’oeuvre
Le dernier Jour d ’un Condamné
LE GENRE DE L ’OEUVRE

•
•
•
•
•
•

Pourquoi n ’est-ce pas un journal intime??
Pourquoi n ’est-ce pas une autobiographie??
Un roman, oui, mais un roman à part
Surtout: un monologue intérieur
Un cri, une parole
l ’expression écrite d ’un langage parlé
Le dernier Jour d ’un Condamné
Pourquoi ne peut-on pas parler d ’un journal intime?
Le journal intime est caractérisé par les points suivants/ le dernier… ne présente pas ces
caractéristiques :
 Le J.I. est daté: heure, jour, mois et année . Ici, seul est mentionné le lieu de
l ’écriture. On ignore même le jour où a lieu l ’exécution
 Dans un J.I. il y a identité absolue entre l ’auteur ( = la personne réelle qui écrit le
livre) et le narrateur (= celui qui raconte) Ici, l ’auteur est VH et le narrateur qui dit
« je » est un condamné à mort fictif/ on ne peut donc les confondre….il s ’agit donc
plutôt d ’un pseudo-journal relevant de la fiction
Le dernier Jour d ’un Condamné
Pourquoi ne peut-on pas parler d ’une autobiographie?
•
•

L ’autobiographie est caractérisée par les points suivants/ le dernier… ne présente pas
ces caractéristiques :
Une autobiographie est un « récit rétrospectif en prose qu ’une personne fait de sa
propre existence, lorsqu’elle met l ’accent sur sa vie individuelle , en particulier
sur l ’histoire de sa personnalité »

• Le DJUC est bien un récit, mais il n ’est pas rétrospectif: pour l ’essentiel, il
n ’est pas rédigé au passé, mais au présent de l ’indicatif
• Le « je » ne renvoie pas à une personne réelle
• le récit ne porte pas sur toute l ’existence mais sur les derniers jours qui
précèdent sa mort
• la personnalité du narrateur reste enfin ENIGMATIQUE: on ne connaît ni son
nom, ni son âge, ni pourquoi il a tué, ni qui il a tué
Le dernier Jour d ’un Condamné
Un roman, oui, mais un roman à part
• Un héros inventé de toutes pièces
• Une situation exceptionnelle :l ’ attente d’un supplice
• Un artifice romanesque : comment un condamné
aurait-il la possibilité matérielle et la lucidité d’esprit
pour noter ses réactions ?
• Des éléments fantastiques ( les visions du condamné,
ses hallucinations
Le dernier Jour d ’un Condamné
Un monologue intérieur
•
•
•
•

Etrange monologue puisqu’il s’agit d’une production écrite. ( or monologue fait partie de
l’univers du théâtre)
Or son écriture mime le langage parlé : chez lui, tout est CRI
Enfin le point de vue adopté est toujours le sien.
Un narrateur qui ne s’adresse qu’à lui-même
–
–

•

En fait il n’écrit depuis le début que pour lui-même mais cela, il ne le découvre qu’à la fin…
–

•

Au cours de l’écriture, le condamné se rend progressivement compte de sa solitude absolue et d
l’inutilité d’écrire pour autrui
De plus les destinataires possibles sont éliminés un par un
“ pourquoi n‘essaierai-je pas de me dire à moi-même tout ce que j’éprouve… ”

Par l’intermédiaire de ses représentants, la société se montre indifférente à son sort
Le dernier Jour d ’un Condamné
Le dernier… est “ l’expression écrite d’un style parlé ”

•
•
•

Il s’ouvre sur un cri : “ condamné à mort ” et se clôt sur un autre “ Quatre heures ”
À l’intérieur de cette boucle, résonnent les échos de ses terreurs, de ses
souffrances, de ses dialogues avec lui-même.
L’insertion de l’argot des prisons dans le récit donne également au texte des
allures de langue parlée.
 Quand il retranscrit le dialogue des prisonniers
 Quand il entend une chanson à l’infirmerie
 Le récit du “ friauche ”
Le dernier Jour d ’un Condamné

5.
Le point de vue du
narrateur
Le dernier Jour d ’un Condamné
Le monde vu par une conscience
Toute narration implique un point de vue à partir duquel le récit est considéré.
On parle alors de focalisation . Il en existe de trois sortes :

• La focalisation zéro( ou point de vue omniscient: le narrateur sait tout)
• La focalisation externe( point de vue d ’un narrateur qui ne prend pas
partie, qui reste extérieur à l ’histoire)
• La focalisation interne ( point de vue du narrateur: on ne voit et on ne sait
ou pense que ce que le narrateur voit, pense, sait)
• Le DJUC est écrit selon un point de vue INTERNE
Le dernier Jour d ’un Condamné
Les effets produits par la focalisation interne
Le DJUC produit sur le lecteur une émotion intense, violente, insoutenable….Ceci est le
résultat de la focalisation interne

•
•
•

Le lecteur est plus près de la guillotine
Il se trouve dans la conscience-même du condamné
Les romanciers modernes( Samuel Beckett; Albert Camus) ont utilisé, en l ’affinant
encore, ce procédé du MONOLOGUE INTERIEUR
Le dernier Jour d ’un Condamné

6.
La force de l ’écriture
hugolienne
Le dernier Jour d ’un Condamné
La force de l ’écriture
Le choc que l ’on éprouve à la lecture du DJUC tient à
la fois:
– à l ’atrocité de son sujet
– et à la force de l ’écriture
Nous étudierons:
• La pluralité des images
• Les antithèses
• Le style dense
• La variété des registres
Le dernier Jour d ’un Condamné

Les images s ’organisent autour de trois références:
le métallique, l ’humide et le gluant, la pluie
les références au métallique:
L ’aspect tranchant de la guillotine obsède tant le narrateur que ses pensées et actions prennent
l ’aspect du métal
– l ’idée de sa prochaine exécution est « comme un spectre de plomb » qui hante ses rêves
sous « la forme d ’un couteau »
– lorsqu ’on lui coupe les cheveux, il ressent « un froid d ’acier »
– Le monde pénitentiaire devient à son tour métallique: les gardiens ont des mains de
fer »; les guichetiers portent des « souliers ferrés »
– la prison n ’est que bruits de fer
• « grincements rauques des verrous »
• « cliquetis (du) nœud de clefs du guichetier »
• « grelottement des chaînes » des forçats »
– Dans cet univers, il arrive même que les êtres eux-mêmes se métallisent:
• « On me remit les menottes. Cela avait une petite serrure compliquéesb qu ’ils
fermèrent avec soin. Je laissai faire: c ’était une machine sur une machine »
L ’humide et le gluant
1. La prison est dégradation et pourriture.
•
•
•
•

L ’argot des détenus: « on dirait des crapauds et des araignées »
La chanson d ’une jeune fille: « on eût dit la bave d ’une limace sur une rose »
« La fatale pensée » de la mort semble « écrite…sur la dalle mouillée et suante de
(la)cellule »
L ’araignée évoque le visqueux, la répulsion, l ’obscurité du désespoir: « Au-dessus de
ma tête, une noire voûte …à laquelle d ’épaisses toiles d ’araignées pendent comme des
haillons »

•

2. Les références à la pluie

•

Tantôt enveloppante et emprisonnante: elle raye « l ’air comme un réseau de toiles
d ’araignées »
Tantôt elle symbolise l ’insensibilité: les paroles du prêtre « ont glissé » sur le narrateur
« comme sur cette vitre glacée »
Tantôt elle transit de froid le détenu comme pour le faire souffrir davantage. « On
dirait que les hommes veulent mettre le ciel de moitié dans leur office de bourreau »

•
•
Antithèses et densité de style
Un récit vigoureux qui s’appuie puissamment sur:
1. Des antithèses fréquentes ( rien n ’existe sans son contraire: thème cher à
Hugo)
2. Des phrases brèves et denses
3. Une variété de registres
1. Des antithèses fréquentes ( rien n ’existe sans son contraire: thème cher à Hugo)
Qui se reconnaissent :

•

Dans le rapprochement de deux termes contradictoires
•
•
•
•

•

« Moi, seul, muet dans ce vacarme, seul immobile dans ce tumulte »
« Vous y cueillez une jolie fleur; vous la respirez; elle pue »
« Malheureusement, je n ’étais pas malade »
« Le service est lourd, la paye est légère »

dans l ’organisation d ’un chapitre
• « début du XXI° chapitre: « Je suis calme maintenant »
• fin du chapitre: »ô rage! démons!Malédictions! »

•

dans une vaste construction antithétique:TOUT EST CONTRASTE
•
•
•
•

le passé s ’oppose au présent
la détention s ’oppose à la liberté
la vie s ’oppose à la mort
aux espoirs d ’évasion s ’oppose la certitude de finir sur l ’échafaud
Des phrases brèves et denses
La brièveté des phrases CONCENTRE la violence dramatique du sujet

Des phrases nominales, sans verbe, sèches comme le diagnostic d ’un
médecin
• « Une violente douleur de tête. Les reins froids, le front
brûlant »
• Ces phrases courtes, violentes , nominales ou non, ouvrent et ferment
le chapitre pour mieux frapper l ’esprit du lecteur
• « Condamné à mort! »
• « C ’est pour aujourd’hui! »
• « Les galères! Juste ciel! »
• « Il me semble qu ’on monte l ’escalier….Quatre heures! »
III Une variété de registres
Nous étudierons les registres suivants:
• Le Pathétique,
• Le lyrisme élégiaque,
–

Élégie n. f.. Poème lyrique de ton mélancolique, sur un
sujet tendre et triste )

– Lyrisme: n.m. vient du nom LYRE/ expression de
sentiments personnels

• L’ironie amère
III Une variété de registres

• Le pathétique:comment ne pas éprouver un sentiment de pitié
et de compassion pour cet homme dont le désarroi est absolu?
Sa mise à mort est inéluctable
III Une variété de registres

• Le lyrisme élégiaque:les souvenirs de jeunesse, son entrevue avec sa fille
– « nos mains tremblent en se touchant….elle me parle des petits
oiseaux.. »
– Le contraste entre les souvenirs heureux et son destin colore
douloureusement ce lyrisme
– le père est rejeté par sa fille qu ’il aime tant
III Une variété de registres
•L ’ironie amère: étonnante a priori dans un tel contexte, elle est
pourtant une arme pour le narrateur qui se bat contre les angoisses.
–La prison de Bicêtre est aussi un « hospice de vieillesse »:
« Tiens! Il paraît qu ’il y a des gens qui vieillissent là »
–la situation : le prêtre console… non pas le narrateur (qui en aurait
bien besoin), mais l ’huissier qui a perdu son tabac
–« Encore deux heures et 45 mn… et je serai GUERI ( c ’est à dire
MORT!)
•Le narrateur tente de prendre de la distance vis-à-vis de ce qui va lui
arriver. Mais tel n ’est pas le cas. Voilà pourquoi l ’ironie est amère

dernier jour d'un condamné

  • 1.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Plan de l ’analyse • • • • • L ’analyse globale Les personnages Le 1° chapitre Le GENRE de l ’œuvre La focalisation interne
  • 2.
    Le dernier Jourd ’un Condamné 1. L ’analyse globale de l ’oeuvre
  • 3.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Analyse globale De quoi s ’agit-il????? • • Il ne s’agit pas d’un récit, mais d’un débat de société. Un réquisitoire contre la mort : V.Hugo se place décidément du côté des abolitionnistes  Un temps tragique Il s’agit d’un compte à rebours. L’amenuisement du temps est source d’un “ tragique ” à la  fois permanent et croissant . Art et niveaux de langue •      L’une des 1° expériences du XIX° siècle de mêler les niveaux de langue. ; VH donne  droit de cité à l’argot des prisons . Une dimension fantastique Les cauchemars et hallucinations du condamné confèrent au récit des aspects frappants,  étranges et fantômatiques
  • 4.
    Le dernier Jourd ’un Condamné 2. L ’analyse des personnages
  • 5.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Les personnages 1 • • • • Le condamné : on ne sait pas quel crime il a commis.  Pourtant il n’est pas  perçu comme un monstre ; il vit atrocement l’attente de son exécution. Les représentants de la société : juges, magistrats, directeur de la prison et  prêtre représentent la société. Pour eux, une exécution est une chose banale  qui doit se dérouler dans les formes Marie : fille du condamné : elle a trois ans ; son père lui voue un amour  absolu ; mais elle ne reconnaît pas son père dans ce barbu qui l’embrasse ;  son père n’est-il pas mort ?  La foule, compatissante et cruelle à la fois : elle assiste à une exécution  capitale comme à un spectacle
  • 6.
    Des personnages indifférentsà la souffrance du condamné Par l’intermédiaire de ses représentants, la société se montre indifférente à son sort  le président du jury est “ calme ”  les jurés sont “ blêmes et abattus ” mais c’est à cause de la fatigue due à la longue délibération   quelques-uns baillent   tous ont “ une grande envie de dormir ”  un jeune assesseur s’entretient “ presque gaiement ” avec “ une jolie dame en chapeau rose ” ( aspect  dérisoire de son sort aux mains des indifférents  l’avocat de la défense vient de “ déjeuner copieusement et de bon appétit ”  l’huissier ( qui l’accompagne à la Conciergerie) est plus préoccupé par “ la perte de son tabac ” que  compatissant. Il reproche même au condamné d’être triste.  Le bourreau ne se soucie que de ses problèmes techniques : il craint que la pluie ne rouille le mécanisme  de la guillotine.  Le geôlier est “ gentil ” quand il emmène le condamné dans une autre cellule   mais le narrateur  pense: "Les égards du geôlier sentent l’échafaud ” • Le directeur est gentil, mais cette gentillesse est intolérable quand il informe le condamné que c’est “ pour  aujourd’hui ” et qu’il lui demande “ en quoi il pourrait (lui) être agréable ou utile ”
  • 7.
    Le dernier Jourd ’un Condamné 3. L ’analyse du premier chapitre
  • 8.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Etude du Premier chapitre • Un monologue intérieur : • Une structure close : • Un cri d ’horreur :
  • 9.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Un Monologue intérieur • Le narrateur-personnage s’exprime à la 1° PSG et au présent  de l’indicatif. Il s’adresse à lui-même, n’ayant pas  d’interlocuteur= principe du monologue intérieur.  • Par ce choix narratif, le lecteur est dès les 1° lignes,  (=l’incipit) directement en contact avec la CONSCIENCE du  narrateur • La voix est en outre= anonyme ( on ne sait rien de lui)
  • 10.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Une structure close • • • • Condamné à mort de la fin fait écho à celui du début=> aucune évolution de la situation, pas de progression narrative/ on revient au point de départ. Et cette construction en boucle, close ( comme la cellule) traduit l’état d’esprit du condamné, son enfermement dans l’obsession qu’il éprouve de l’échafaud qui l’attend. Dans la construction, on note également l’organisation interne du chapitre. L’adverbe “ maintenant ” tout-puissant s’oppose en l’écrasant à l’adverbe “ autrefois ” qui est comme relégué avec le temps de l’imparfait, à un passé lointain, à jamais révolu. Le présent règne en maître, implacable, n’ayant d’autre alternative qu’un futur fatal ( = mort)
  • 11.
    Le dernier Jourd ’un Condamné 4. Le genre de l ’oeuvre
  • 12.
    Le dernier Jourd ’un Condamné LE GENRE DE L ’OEUVRE • • • • • • Pourquoi n ’est-ce pas un journal intime?? Pourquoi n ’est-ce pas une autobiographie?? Un roman, oui, mais un roman à part Surtout: un monologue intérieur Un cri, une parole l ’expression écrite d ’un langage parlé
  • 13.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Pourquoi ne peut-on pas parler d ’un journal intime? Le journal intime est caractérisé par les points suivants/ le dernier… ne présente pas ces caractéristiques :  Le J.I. est daté: heure, jour, mois et année . Ici, seul est mentionné le lieu de l ’écriture. On ignore même le jour où a lieu l ’exécution  Dans un J.I. il y a identité absolue entre l ’auteur ( = la personne réelle qui écrit le livre) et le narrateur (= celui qui raconte) Ici, l ’auteur est VH et le narrateur qui dit « je » est un condamné à mort fictif/ on ne peut donc les confondre….il s ’agit donc plutôt d ’un pseudo-journal relevant de la fiction
  • 14.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Pourquoi ne peut-on pas parler d ’une autobiographie? • • L ’autobiographie est caractérisée par les points suivants/ le dernier… ne présente pas ces caractéristiques : Une autobiographie est un « récit rétrospectif en prose qu ’une personne fait de sa propre existence, lorsqu’elle met l ’accent sur sa vie individuelle , en particulier sur l ’histoire de sa personnalité » • Le DJUC est bien un récit, mais il n ’est pas rétrospectif: pour l ’essentiel, il n ’est pas rédigé au passé, mais au présent de l ’indicatif • Le « je » ne renvoie pas à une personne réelle • le récit ne porte pas sur toute l ’existence mais sur les derniers jours qui précèdent sa mort • la personnalité du narrateur reste enfin ENIGMATIQUE: on ne connaît ni son nom, ni son âge, ni pourquoi il a tué, ni qui il a tué
  • 15.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Un roman, oui, mais un roman à part • Un héros inventé de toutes pièces • Une situation exceptionnelle :l ’ attente d’un supplice • Un artifice romanesque : comment un condamné aurait-il la possibilité matérielle et la lucidité d’esprit pour noter ses réactions ? • Des éléments fantastiques ( les visions du condamné, ses hallucinations
  • 16.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Un monologue intérieur • • • • Etrange monologue puisqu’il s’agit d’une production écrite. ( or monologue fait partie de l’univers du théâtre) Or son écriture mime le langage parlé : chez lui, tout est CRI Enfin le point de vue adopté est toujours le sien. Un narrateur qui ne s’adresse qu’à lui-même – – • En fait il n’écrit depuis le début que pour lui-même mais cela, il ne le découvre qu’à la fin… – • Au cours de l’écriture, le condamné se rend progressivement compte de sa solitude absolue et d l’inutilité d’écrire pour autrui De plus les destinataires possibles sont éliminés un par un “ pourquoi n‘essaierai-je pas de me dire à moi-même tout ce que j’éprouve… ” Par l’intermédiaire de ses représentants, la société se montre indifférente à son sort
  • 17.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Le dernier… est “ l’expression écrite d’un style parlé ” • • • Il s’ouvre sur un cri : “ condamné à mort ” et se clôt sur un autre “ Quatre heures ” À l’intérieur de cette boucle, résonnent les échos de ses terreurs, de ses souffrances, de ses dialogues avec lui-même. L’insertion de l’argot des prisons dans le récit donne également au texte des allures de langue parlée.  Quand il retranscrit le dialogue des prisonniers  Quand il entend une chanson à l’infirmerie  Le récit du “ friauche ”
  • 18.
    Le dernier Jourd ’un Condamné 5. Le point de vue du narrateur
  • 19.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Le monde vu par une conscience Toute narration implique un point de vue à partir duquel le récit est considéré. On parle alors de focalisation . Il en existe de trois sortes : • La focalisation zéro( ou point de vue omniscient: le narrateur sait tout) • La focalisation externe( point de vue d ’un narrateur qui ne prend pas partie, qui reste extérieur à l ’histoire) • La focalisation interne ( point de vue du narrateur: on ne voit et on ne sait ou pense que ce que le narrateur voit, pense, sait) • Le DJUC est écrit selon un point de vue INTERNE
  • 20.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Les effets produits par la focalisation interne Le DJUC produit sur le lecteur une émotion intense, violente, insoutenable….Ceci est le résultat de la focalisation interne • • • Le lecteur est plus près de la guillotine Il se trouve dans la conscience-même du condamné Les romanciers modernes( Samuel Beckett; Albert Camus) ont utilisé, en l ’affinant encore, ce procédé du MONOLOGUE INTERIEUR
  • 21.
    Le dernier Jourd ’un Condamné 6. La force de l ’écriture hugolienne
  • 22.
    Le dernier Jourd ’un Condamné La force de l ’écriture Le choc que l ’on éprouve à la lecture du DJUC tient à la fois: – à l ’atrocité de son sujet – et à la force de l ’écriture Nous étudierons: • La pluralité des images • Les antithèses • Le style dense • La variété des registres
  • 23.
    Le dernier Jourd ’un Condamné Les images s ’organisent autour de trois références: le métallique, l ’humide et le gluant, la pluie
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    les références aumétallique: L ’aspect tranchant de la guillotine obsède tant le narrateur que ses pensées et actions prennent l ’aspect du métal – l ’idée de sa prochaine exécution est « comme un spectre de plomb » qui hante ses rêves sous « la forme d ’un couteau » – lorsqu ’on lui coupe les cheveux, il ressent « un froid d ’acier » – Le monde pénitentiaire devient à son tour métallique: les gardiens ont des mains de fer »; les guichetiers portent des « souliers ferrés » – la prison n ’est que bruits de fer • « grincements rauques des verrous » • « cliquetis (du) nœud de clefs du guichetier » • « grelottement des chaînes » des forçats » – Dans cet univers, il arrive même que les êtres eux-mêmes se métallisent: • « On me remit les menottes. Cela avait une petite serrure compliquéesb qu ’ils fermèrent avec soin. Je laissai faire: c ’était une machine sur une machine »
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    L ’humide etle gluant 1. La prison est dégradation et pourriture. • • • • L ’argot des détenus: « on dirait des crapauds et des araignées » La chanson d ’une jeune fille: « on eût dit la bave d ’une limace sur une rose » « La fatale pensée » de la mort semble « écrite…sur la dalle mouillée et suante de (la)cellule » L ’araignée évoque le visqueux, la répulsion, l ’obscurité du désespoir: « Au-dessus de ma tête, une noire voûte …à laquelle d ’épaisses toiles d ’araignées pendent comme des haillons » • 2. Les références à la pluie • Tantôt enveloppante et emprisonnante: elle raye « l ’air comme un réseau de toiles d ’araignées » Tantôt elle symbolise l ’insensibilité: les paroles du prêtre « ont glissé » sur le narrateur « comme sur cette vitre glacée » Tantôt elle transit de froid le détenu comme pour le faire souffrir davantage. « On dirait que les hommes veulent mettre le ciel de moitié dans leur office de bourreau » • •
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    Antithèses et densitéde style Un récit vigoureux qui s’appuie puissamment sur: 1. Des antithèses fréquentes ( rien n ’existe sans son contraire: thème cher à Hugo) 2. Des phrases brèves et denses 3. Une variété de registres
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    1. Des antithèsesfréquentes ( rien n ’existe sans son contraire: thème cher à Hugo) Qui se reconnaissent : • Dans le rapprochement de deux termes contradictoires • • • • • « Moi, seul, muet dans ce vacarme, seul immobile dans ce tumulte » « Vous y cueillez une jolie fleur; vous la respirez; elle pue » « Malheureusement, je n ’étais pas malade » « Le service est lourd, la paye est légère » dans l ’organisation d ’un chapitre • « début du XXI° chapitre: « Je suis calme maintenant » • fin du chapitre: »ô rage! démons!Malédictions! » • dans une vaste construction antithétique:TOUT EST CONTRASTE • • • • le passé s ’oppose au présent la détention s ’oppose à la liberté la vie s ’oppose à la mort aux espoirs d ’évasion s ’oppose la certitude de finir sur l ’échafaud
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    Des phrases brèveset denses La brièveté des phrases CONCENTRE la violence dramatique du sujet Des phrases nominales, sans verbe, sèches comme le diagnostic d ’un médecin • « Une violente douleur de tête. Les reins froids, le front brûlant » • Ces phrases courtes, violentes , nominales ou non, ouvrent et ferment le chapitre pour mieux frapper l ’esprit du lecteur • « Condamné à mort! » • « C ’est pour aujourd’hui! » • « Les galères! Juste ciel! » • « Il me semble qu ’on monte l ’escalier….Quatre heures! »
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    III Une variétéde registres Nous étudierons les registres suivants: • Le Pathétique, • Le lyrisme élégiaque, – Élégie n. f.. Poème lyrique de ton mélancolique, sur un sujet tendre et triste ) – Lyrisme: n.m. vient du nom LYRE/ expression de sentiments personnels • L’ironie amère
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    III Une variétéde registres • Le pathétique:comment ne pas éprouver un sentiment de pitié et de compassion pour cet homme dont le désarroi est absolu? Sa mise à mort est inéluctable
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    III Une variétéde registres • Le lyrisme élégiaque:les souvenirs de jeunesse, son entrevue avec sa fille – « nos mains tremblent en se touchant….elle me parle des petits oiseaux.. » – Le contraste entre les souvenirs heureux et son destin colore douloureusement ce lyrisme – le père est rejeté par sa fille qu ’il aime tant
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    III Une variétéde registres •L ’ironie amère: étonnante a priori dans un tel contexte, elle est pourtant une arme pour le narrateur qui se bat contre les angoisses. –La prison de Bicêtre est aussi un « hospice de vieillesse »: « Tiens! Il paraît qu ’il y a des gens qui vieillissent là » –la situation : le prêtre console… non pas le narrateur (qui en aurait bien besoin), mais l ’huissier qui a perdu son tabac –« Encore deux heures et 45 mn… et je serai GUERI ( c ’est à dire MORT!) •Le narrateur tente de prendre de la distance vis-à-vis de ce qui va lui arriver. Mais tel n ’est pas le cas. Voilà pourquoi l ’ironie est amère