OBJECTIFS
• Connaitre lesmodes de transmission des Salmonelles et Shigelles
• Connaitre les différentes espèces dans chacun de ces genres et les
principaux sérotypes
• Connaitre les principaux caractères biochimiques de ces deux genres
• Pouvoir différencier Salmonella sp et Shigella sp des autres espèces par
ces principaux caractères biochimiques
• Pouvoir faire le diagnostic biologique
• Il faut être capable de prendre en charge une Salmonellose et une
shigellose .
3.
PLAN
Introduction
LesSalmonelles/ les Shigelles:
- Généralités
- Caractéristiques
- Pouvoir pathogène
- Physiopathologie
- Formes cliniques
- Diagnostic biologique
- Traitement
Conclusion
Références bibliographiques
4.
INTRODUCTION
Après l’étude desentérobactéries en général et celle des
Eschérichia coli en particulier, nous allons etudier deux espèces :
Salmonella sp et Shigella sp.
GENERALITES
1- Historique:
La fièvretyphoïde fut individualisée par Petit et Serres en 1813,
avant l’ère bactériologique sur la base des signes cliniques et des
lésions ulcéreuses de l’intestin.
Pettenkoffer en 1868 met en évidence le rôle de l’eau de boisson
dans la dissémination des Salmonelle.
En 1880, Eberth observa la bacille de la typhoïde dans les coupes
de rate et de ganglions lymphatique, mais c’est Gaffky qui en obtint
la culture en 1884.
7.
GENERALITES
Historique (suite):
Widal eutl’idée d’agglutiner des souches de bacilles typhique avec le
serum de malade atteints de typhoïde, découvre ainsi la diversité
antigénique de ces bacilles.
En 1918, Weil Felix et Mitzemacher firent l’étude séparée des antigènes
somatiques O, flagellaires H et de surface Vi.
L’établissement de la diversité antigénique de ces bactéries fut l’œuvre
successive de White (1926), Kauffman puis le Minor.
8.
GENERALITES
2- Epidémiologie:
• Cesont des bactéries à transmission oro fécale qui après leur pénétration par voie
orale sont responsables d’ infections:
-fièvre typhoïde et paratyphoïde
- gastroentérite ou entérocolite
- TIAC/I (toxi-infections alimentaires collective) et individuelle
o Elle sévit dans les régions chaudes: Asie, Afrique et Amérique du sud; reste rare
ailleurs bien que des cas aient été décrits dans las régions industrialisées dans les
fruits de mer, et le rôle des migrations.
• Mode de contamination:
Les principaux modes de contamination sont: l’eau (S.typhi), les aliments (produits
laitiers, viande, les œufs, crudités…) et les animaux porteurs (volaille, tortue ,
batracien, reptile…)
9.
GENERALITES
o Habitat: Cesont essentiellement des parasites intestinaux des vertébrés
et des animaux à sang froid( tortue, reptile et batracien).
- Sérotypes strictement humains: Typhi , paratyphi A.Sendai que l’on
retrouve dans l’eau ou les aliments contaminés par les fécès humains.
- Sérotypes strictement animaux: Abortus-ovis (ovin) et Gallinarum-
pullorum (volaille) qui n’ont pas de rapport avec l’hygiène humaine.
- Sérotypes ubiquistes: La plupart des sérotypes sont dans cette catégorie
(Typhimurium) mais ils ont des espèces de prédilection. Ainsi Dublin
infecte les bovins et les humains, Enteritidis la volaille et les humains et
Derby, Branderburg, Panama les porcs (charcuterie) et les humains.
10.
GENERALITES
3-Classification: Selon Kauffman
Desdonnées de l’hybridation de l’ADN ont permis de conclure que le
Genre Salmonella ne comporte que deux espèces: S.enterica qui a 6 sous-
espèces différenciées par leur biotypes (S.enterica, S.salamae, S.arizonae,
S.diarizonae, S. houtenae et S.indica) et S.bongori. Et les sous-espèces
sont subdivisées en près de 2000 sérovars à partir des antigènes O,H et de
la capsule.
Ex: Salmonella typhi → Salmonella enterica sous espèce enterica
sérotype typhi.
11.
CARACTERISTIQUES
• Générales:
Ce sontdes entérobactéries, bacilles Gram négatif droites, souvent
immobiles ou mobile à ciliature péritriche, poussant sur milieu
ordinaire, aérobies-anaérobies facultatives, fermentant le glucose
avec ou sans production de gaz, réduisant les nitrates en nitrites et
oxydase négatifs.
• Spécifiques:
Il appartient au groupe des Escherichiae et sont essentiellement
différenciées des autres espèces d’entérobactéries (Escherichia coli ,
Shigella sp, Citrobacter sp) par les caractères biochimiques ou
antigéniques.
12.
CARACTERISTIQUES:
1-Caractères biochimiques générauxdes salmonelles:
- glucose + - lactose - - ONPG -
-Indole - - acétoïne(VP) - - Uréase -
- Citrate ± - mobilité + - TDA - - H2S +
- Malonate - - Tartrate + - KCN -
- LDC + - etc…
• Exceptions de quelques espèces de salmonelles:
Salmonelle Mobilité Gaz H2S LDC Citrate
S. typhi + - + + -
S. paratyphi A + + - - -
S. abortus equi + + - + +
S. abortus ovis + + - + +
S. abortus suis + + + + +
S.gallinarum pullorum - ± ± + ±
13.
CARACTERISTIQUES
2- Les caractèresantigéniques:
• AntigèneO:
Lipopolysaccharide (LPS) des Gram négatifs, c’est une endotoxine qui
joue un rôle dans la virulence et la pathogénicité : inhibe le
complément, entraine la libération des substances vasodilatatrices
souvent responsables des collapsus circulatoire observé lors d’une
décharge massive (histamine, bradykinine, cytokine et les facteurs de
coagulation,) et la fièvre.
Sa présence peut être détecté par des techniques d’agglutination sur
lame avec des sérums spécifiques.
Il peut permettre la production des anticorps essentiels dans le
diagnostic immunologique (sérodiagnostic de WIDAL et FELIX).
14.
CARACTERISTIQUES
• Antigène H:
de nature protéique, possède la même configuration que l’antigène O
(constituants communs aux entérobactéries mobiles+ des constituants
propres à chaque espèce).
Il n’est pas toxique, et peut induire la production des anticorps non
neutralisants, importants pour le sérodiagnostic de WIDAL et FELIX.
• Antigène K:
C’est un antigène d’enveloppe ou de surface qui peut masquer
l’antigène O. Pour S. typhi est connu sous le nom de l’antigène Vi qui a
un rôle de virulence et dans la vaccination contre la typhoïde.
15.
POUVOIR PATHOGENE
Il existeun certain nombre de gènes codant pour des protéines de
virulence appelés gènes de pathogénicité ou de virulence:
Gènes de pathogénicité situés sur les plasmides, on dénombre environ
60 gènes pour S.enterica.
- Gène invA et org A dans les étapes précoces de l’infection
- Le ilôt SPI 1 qui code pour 2 protéines invF et HilA importantes pour le
système Inv/Spa protéine de surface (contact bactérie-cellule
épithéliale et la cascade d’internalisation) et pour l’induction de
l’apoptose des macrophages.
- Les ivi VI-A et ivi VI-B dans l’adhésion et l’invasion des cellules
16.
POUVOIR PATHOGENE
- Leilôt SPI 2 impliqué dans la maladie systémique et la survie dans les
macrophages
- Les gènes des fimbriae
- Les gènes codant l’antigène Vi : anti bactéricide du sérum et inhibitrice
du Complément
Le plasmide de virulence: chez les animaux d’élevage.
17.
PHYSIOPATHOLOGIE
• Ingestion d’uninoculum minimum de 105
bactéries dans l’eau ou les
aliments. Bien qu’une bonne quantité est neutralisée par l’acide
gastrique, celle qui résiste devra faire face au mucus intestinal, à la bile
et aux sucs pancréatiques avant d’atteindre les entérocytes (cellules M)
• Invasion: Après contact étroit entre les protéines de surface
bactériennes (intimine et invasine) et celles de l’épithélium de l’hôte
(intégrine), il se produit une internalisation de la bactérie dans la cellule
où elle va migrer jusqu’au ganglion mésentérique pour s’y multiplier.
18.
PHYSIOPATHOLOGIE
Lésions:
- A partirdes ganglions mésentériques, certaines bactéries vont se lyser et
engendrer fièvre, leucopénie, bradycardie et tuphos( état de
prostration).
- D’autres créent des lésions ganglionnaires responsables des
hémorragies et perforations. Ce contact entre les cellules du tissu
lymphoïde et les bactéries ayant migré→ accumulation dans les cellules
SPM (système de relais).
- Certaines vont être libérées dans le courant sanguin (hémoculture) à
partir du canal thoracique où il y’aura une atteinte multi viscérale (rein,
vésicule biliaire, foie) et seront excrétés dans les selles(coproculture) .
19.
PHYSIOPATHOLOGIE
• La vésiculebiliaire ainsi que les macrophages sont respectivement
des zones de réserve digestive et extradigestive des salmonelles car à
ce niveau elles échappent au système immunitaire.
• L’organisme produit des anticorps qui sont importants dans le
contrôle de la maladie et dans le diagnostic biologique.
• Sans traitement, la mortalité est de l’ordre de 20%
FORMES CLINIQUES
Après 1à 2 semaines d’incubation, apparaissent les signes cliniques:
• Fièvre typhoïde et paratyphoïde: fièvre continue, céphalées, anorexie,
douleurs abdominales associés à alternance diarrhée ou une constipation.
Les tâches rosées lenticulaires et l’hépato- splénomégalie sont inconstantes.
• Dissociation pouls – T°
• Septicémie à salmonelle
• Toxi infection alimentaire collective (TIAC): nausées , diarrhée vomissement
et fièvre (contexte de repas collectif)
• Les formes frustres ou asymptomatiques
• Complications: hémorragie ou perforation digestive, péritonite, septicémie,
myocardite, encéphalite ou coma. mort
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
I- Lesprélèvements:
- Le sang dans le tube sec pour extraire le sérum pour le sérodiagnostic
- Le sang total à distance des repas, d’une ATB(24 à 48h) pour l’hémoculture au
cours de l’acmé de fébrile ou des frissons qu’il faudra répéter à 1 ou 2 jours
d’intervalle. Compte tenue de la faible bactériémie (1-10/ml) il faudra faire une
dilution au 1/5 ou 1/10 avec le bouillon.
- Les selles fraichement émises au laboratoire (salle de prélèvement) après
observation de certaines mesures générales ( pas de suppositoires, pas d’ATB) de
préférence après la première semaine.
- Prélèvements rectaux
- Autres: recherche des salmonelles dans les autre liquides biologiques (urine,
liquide d’épanchement, LCR, pus, tâches lenticulaires, ponction biopsique…)
24.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
A-l’examen direct:
L’examen macroscopique : ne donne aucune orientation
L’état frais (selles): nous renseigne sur la présence de germes mobiles
(mobilité des bacilles)
La coloration de Gram: met en évidence des bacilles Gram négatif droites
25.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
B- laculture:
1- Hémoculture:
C’est le meilleur moyen diagnostic lorsqu’elles sont répétées au cours
des septénaires en l’absence de toute antibiothérapie( au moins 3).
Une fois la bactérie isolée le genre et espèce seront précisés par des
caractères biochimiques, les sérotypes quant à eux seront déterminés
par des caractères antigéniques ou génétiques.
Une négativité des résultats peut être observée dans ces cas:
- antibiothérapie en cours
- Portage chronique avec les bactéries dans les macrophages
( nécessité de lyser les hématies et de centrifuger les leucocytes)
26.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
2-coproculture:
Ce n’est pas le meilleur moyen diagnostic de la typhoïde, elle est
recommandée pour le suivi du traitement ou le Dg de portage
chronique.
Préculture sur milieu d’enrichissement ( muller kaufman ou sélénite)
car il ya une faible quantité de bactéries émises par les selles.
Culture sur milieu sélectif: Mac Conkey, Hektoen, SS, EMB, Drigalski…
27.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
3-La biliculture (le string-test):
Il vient remplacer la méthode par le tubage duodénal. Elle consiste à
coller une extrémité d’un fil à la joue du patient et l’autre à un
comprimé qu’il doit avaler. Le fil se déroule au long du tube digestif et le
comprimé est récupéré par la suite pour analyse.
4- Myéloculture: invasive
5-Recherche des salmonelles dans les aliments ou l’eau (gélose lactosée de
désoxycholate à 0,1% ou BLBVB)
28.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :Caractères
culturaux
Ce sont des bactéries non exigeantes, qui poussent sur les milieux
ordinaires (prélèvement monomicrobien): gélose BCP, gélose
trypticase-caséine soja, Muller hinton…
On utilise les milieux sélectifs surtout pour des prélèvements
polymicrobiens (selles). Ils inhibent la flore commensale et les
bactéries Gram Positif en favorisant la pousse de Salmonelle et
Shigelle: Hektoen, Drigalski, SS, NBG, Rambach, DCLS, XTL4, EMB.
La pousse se fait en 18 à 24h à 37°C en aérobie ou anaérobie.
29.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :caractères culturaux
Milieux de
culture
Rambach XTL4 Drigalski NBG SS DCLS Hektoen
Sucre fermenté
ou substrat
métabolisé
Propylène glycol
Lactose
Saccharose
Xylose
Lactose // Lactose Lactose
Saccharose
Lactose
Saccharose
Salicine
Aspect des
colonies (24h à
37°C)
Rouge fuschia (sauf
Typhi et Paratyphi
incolores)
0,5-1mm
Noires à centre
noire sur fond
violet
2mm
Bleu-vert
2-3mm
Verdâtre
translucide à
centre noir
1-3mm
Incolore
(centre noir)
1-2mm
Incolore et
Légèrement
rosée
0,5-2mm
Vert-bleuâtre
(centre noir)
Détection de
production de
H2S
- + - + + - +
Discrimination
avec la flore
associée
Très bonne Très bonne Faible Bonne moyenne bonne bonne
Perception
correcte des
salmonelle
-Lactose
-Saccharose
Non
Oui
Non
Non
Non
Oui
Oui
Oui
Non
Oui
Non
Non
Non
Non
Sélecteur
antisaprophyte +++ +++ - +++ ++ - +
30.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :caractères culturaux
Milieu de Hektoen
Milieu de mac Conkey
Colonies vert-bleuâtres ou vertes à centre noir à
différencier des colonies saumons(orangers)
Colonies rosées
31.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :caractères culturaux
Après isolement des germes en culture, on effectue le test à Oxydase
pour différencier des entérobactéries et des BGN non fermentaires.
Une galerie en tube : près de 11 caractères sont déterminés
- Milieu de Kliger Hajna : Gaz , H2S (noircir), Lactose et Glucose (jaunir)
- Milieu de Citrate de Simmons : vert → bleu
- Milieu Mannitol -mobilité : jaunir + trouble à partir duquel on teste le
Nitrate.
- test de l’Urée: à partir duquel on va tester Indole, et TDA.
Mini galerie API 20E: complète les caractères biochimiques et donne
avec certitude lorsque la souche est pure et bien isolée, l’espèce.
32.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :caractères culturaux
Milieu de Kliger Production de H2S+
Glucose+, Lactose - et Gaz+
LES GALERIES EN TUBE
33.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
Caractèresculturaux
Les galeries miniaturisées (API de Biomérieux): qui complètent les
caractères biochimiques de la galerie en tube.
34.
Algorithme de traitementdes BGN
Bacille Gram Négatif
Entérobactéries
Bactéries non fermentaires
Oxydase
Galerie en tube
Galerie API 20 E
-
+
Galerie API 20 NE
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
•Les milieux chromogènes: CHROMagar distingue les colonies de
Salmonelle mauves des autres colonies d’entérobactéries bleus ou
incolores
• La biologie moléculaire: Indiqué lorsque l’identification classique pose des
problèmes ou au cours des études épidémiologiques où la détermination
des sérotypes est importante. Pour cela les étapes préliminaires doivent
être menées avec précaution pour obtenir une souche pure.
37.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
II-Sérodiagnosticde WIDAL et FELIX:
C’est un test d’agglutination qui permet de détecter les anticorps
dirigés contre les constituants de la bactérie Salmonella sp.
Les anticorps détectés sont principalement ceux dirigés contre les
antigènes 0 ou H communs avec Salmonella typhi ou les Salmonella
paratyphi A,B et C .
Ce test étant peu sensible et peu spécifique ne peut donc en aucun cas
être un test de confirmation mais d’orientation , la mise en évidence du
germe a une valeur plus importante.
38.
Sérodiagnostic de WIDALet FELIX (suite)
Test de Widal et Felix: agglutination
Principe :
Ce test consiste à rechercher les agglutinines(AC) dans le sérum des
patients atteints de fièvre typhoïde ou paratyphoïde. (kit contient des
Ag)
Procédure :
Le sérum est dilué successivement au 1/10 ,1/20 ,1/40 ,1/80 ,1/160 ,
1/320, on effectue 8 séries. On ajoute ensuite dans les tubes de
chaque séries respectivement 0,9ml de suspension TO,TH, AO, AH ,
BO ,BH,CO,CH.
39.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
Interprétationdu sérodiagnostic de WIDAL:
Les anti O sont précoces et disparaissent dès à la guérison, donc ils ont
une valeur plus prédictive que les anti H, qui peuvent persister après.
Un taux de anti 0 ≥ 1/200 a une valeur positive
Avant d’interpréter il faut connaitre la cinétique des anticorps et les
facteurs influençant.
40.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :évolution des anticorps anti-O et
anti-H et orientation diagnostic
D’après Bouvet et collaborateur
41.
Tableau: résultats dutest de Widal et Félix
Antigènes Résultat /Titre
TO + 1/160
TH + 1/40
AO -
AH -
BO -
BH -
CO -
CH -
42.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
testde WIDAL : facteurs influençants :
- l’antibiothérapie précoce peut perturber la cinétique des
anticorps anti H et anti O (réaction immunologique faible).
- vaccination par un vaccin TAB (typhi et paratyphi A et B) laisse
persister des anti TH, anti AH et des anti BH.
- les récidives de fièvre typhoïde peut s’observer même chez les
porteurs d’un taux élevé d’anti H et d’anti O.
- Il existe des Ag 0 communs à plusieurs communautés bactériennes
(réaction croisée→ Faux positifs)
43.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
III-Identificationantigénique ou sérotypage:
Les groupes antigéniques O sont caractérisés par la présence de l’Ag
somatique commun (facteur O majeur). A l’intérieur d’un groupe , les
différents sérotypes se distinguent par des facteurs O accessoires et
surtout par l’Ag flagellaire(H).
1- Détermination de l’antigène O
Il est indispensable de ne sérotyper que les espèces de Salmonella
correctement identifiées par les caractères biochimiques car certains
Ag O étant communs aux genres.
44.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
Certaines souches voient leur Ag O caché par l’Ag Vi (S.typhi , paratyphi
C, et quelques rares souches de Dublin).
Ainsi pour ces germes (cas de S. typhi), l’Ag O n’agglutine pas à cause
de la présence de l’Ag Vi, le diagnostic se fait par cette remarque
combinée des caractères biochimiques remarquables qui lui sont
propres : ODC-Citrate-Gaz.
On peut d’abord testé l’Ag Vi et pour confirmer la présence de l’Ag O
en chauffant préalablement la suspension pendant 10 minutes à 100°C
avant de confirmer sa présence.
45.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
Enpratique:
On prélève sur une culture humide, une souche jeune dont les
caractères biochimiques sont correctement identifiés. On la dépose sur
une lame stérile et on dispose le réactif contenant des anticorps; on
observe immédiatement la réaction.
46.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
2-Détermination de l’antigène H:
On le recherche lorsque l’antigène O a été mis en évidence. Il
existe sous forme bi phasique ie possède deux spécificités
antigéniques différentes :
- l’une que l’on peut tester par les antisérums (phase prépondérante)
- L’autre après essaimage sur une gélose contenant des anticorps
dirigés contre cette phase qui s’exprime.
- On vérifiera que la souche n’est pas auto agglutinante en la testant
sur lame avec de l’eau physiologique ou une solution de NaCl à 2%.
47.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
III-Sensibilitéaux antibiotiques:
Les salmonelles appartiennent selon sensibilité aux antibiotiques à la
classe I qui ne possèdent pas de β lactamase.
Les sensibilités connues: Cotrimoxazole , Chloramphénicol, ampicilline
pour lesquels des résistances sont de nos jours décrites. Cependant,
Salmonella entérica sérotype entérica souche typhi reste sensible aux
autres antibiotiques actifs sur les autres entéribactéries.
Les résistances peuvent être naturelles ou acquises, pour ces
dernières:
- résistance transférable au chloramphénicol et ampicilline.
- résistance d’origine plasmidique à la fois au chloramphénicol et au
cotrimoxazole.
48.
TRAITEMENT
• CURATIF:
Ces moléculesrestent actives sur la majorité des souches
Le chloramphénicol: 50mg/kg/jours ou 2g/jour en 2 ou 3 prises
le cotrimoxazole : pendant 10jours soit 60mg/kg/jr ou 1600mg de SMX + 12mg/kg/jr
ou 320mg de TMP respectivement chez l’enfant et l’adulte.
les fluoroquinolones :
- ofloxacine 400mg/jr en deux prise pendant 7jours
- ciprofloxacine chez l’adulte 1g par jours en 2 prises pendant 5 à 7 jours
NB Les quinolones peuvent être administrés chez l’enfant ou la femme enceinte à
titre exceptionnel si le pronostic vital est engagé.
La Ceftriaxone : 60 à 80mg /kg en 1injection pendant 5jours
49.
TRAITEMENT :
PREVENTION:
Ils’agit des mesures d’hygiène publique
- Lavage systématique des mains après les selles ou avant le repas
- Aménagement des latrines
- Traitement des cas diagnostiqués (porteurs sains surtout et malades)
- Traitement des selles déversées dans la nature
- Traitement des eaux et aliments prêts à la consommation
- Entretien des réseaux d’égout
- LE VACCIN: Le TAB (peu utilisé) en 3 injections renouvelables après 1 an,
actif sur la fièvre typhoïde et paratyphoïde et le Typhim Vi (acellulaire fait à
base de l’antigène capsulaire de S.typhi purifié ie polysaccharides purifiées
en 1dose renouvelable après 3ans.
GENERALITES
Historique:
Les shigella furentdécrites pour la première fois par Chantemesse et
Widal en 1888 qui les isolèrent à partir de selles de malades atteints de
dysenterie bacillaire.
52.
GENERALITES
Comme lessalmonelles, ce sont des entérobactéries donc possedant tous
les caractères qui leur sont commmuns. Elles appartiennent au groupe
des Eschérichiae, elles sont immobiles et possèdent un certains nombres
de caractères biochimiques les différenciant des autres espèces.
-glucose + -lactose - - indole ±
-uréase - - H2S- - mobilité-
-nitrates+ - ONPG ± -Citrate -
-TDA - -VP(acétone) -
-Gaz – (sauf S.flaexneri sérotype 6 et S. boydii sérotype 14)
- Catalase + sauf Shigella dysenteriae sérotype 1
53.
GENERALITES
Il existe4 espèces subdivisées en sérotypes selon leurs caractères
antigéniques:
-Groupe A: S.dysenteriae(10) -Groupe B: S.flexneri (6)
-Groupe C: S. boydii (15) -Groupe D: S.sonnei (1)
La souche S. dysenteriae type 1 est fortement incriminée dans les
épidémies de grande ampleur avec la grande létalité (>10%) et des
problèmes de résistances aux antibiotiques actifs sur les autres souches.
La shigellose sévit essentiellement en Asie, Amérique su sud et en
Afrique(régions chaudes) et le réservoir est humain.
54.
GENERALITES
Epidémiologie:
Les shigellasont des bactéries strictement humaines, la
contamination orofécale se fait à partir des eaux et des aliments
contaminées par les selles de malades ou de porteurs sains.
La shigellose atteint surtout les enfants de moins de 5 ans dans les
régions où l’hygiène est insuffisante. Selon l’OMS , il y’aurait
plusieurs millions de cas annuels entrainant une mortalité infantile
de plus de 10%. Elle reste endémique partout dans le monde et sévit
dès que les conditions l’hygiène sont défectueuses.
55.
POUVOIR PATHOGENE
Le pouvoirpathogène est essentiellement dû au pouvoir invasif du
germe établi par un certain nombres de structures et renforcé par
l’action de la toxine dysentérique:
• Pouvoir invasif:
les grands plasmides qui codent pour des protéines qui permettent
la phagocytose par les cellules M de la plaque de Peyer, leur
multiplication intracellulaire et leur passage d’une cellule à une
autre. Le plasmide inv qui forme un bloc de 30Kb dans lequel quatre
gènes essentiels dont IpgC, IpaA, IpaB, IpaC agissent.
Ipa= Invasion plasmid antigen
56.
POUVOIR PATHOGENE :
•Pouvoir pathogène dû à la toxine dysentérique:
C’est une cytotoxine dont l’expression à un taux élevé est surtout
possible chez S.dysenteriae (bacille de Shiga). Il s’agit d’une N-
glycosidase qui hydrolyse l’ARN ribosomal, ce qui entraîne l’arrêt de
la synthèse protéique .
L’effet principal de cette toxine s’exerce au niveau de la
vascularisation capillaire intestinale et entraîne des phénomènes
ischémiques et hémorragiques (entérotoxique).
D’autres part , peut avoir une action neurotoxique et néphrotoxiques
responssable du syndrome hémolytique et urémique. (shu
syndrome, aussi chez Ecoli entéro- hémorragique)
57.
PHYSIOPATHOLOGIE
• Ingestion: Aprèsingestion des bactéries de l’ordre de 10 à 102
, ces
dernières envahissent la muqueuse iléale ou colique. De ce fait c’est une
pathologie extrêmement contagieuse.
• Phagocytose: Les bactéries sont internalisées par ces cellules épithéliales,
suivi de l’invasion et multiplication avec un passage de proche en proche
dans ces cellules. Ces étapes restent localisées à la couche supérieure de
l’épithélium, engendrant ainsi une nécrose inflammatoire et réactionnelle
du colon.
La phagocytose induite s’explique par le fait que , la bactérie par un
gène plasmidique(inv) code pour des protéines(IpgC,Ipa A,B et C) qui
forment un complexe avec la cellule épithéliale puis formation de pore et
déclenchement d’une réorganisation du cytosquelette.
58.
PHYSIOPATHOLOGIE :
• Lésions:A la suite de la nécrose inflammatoire réactionnelle, ces bactéries
créent à ce niveau des micro abcès qui provoquent des ulcérations
superficielles saignantes recouvertes d’une pseudomembrane (mucus,
débris cellulaires, leucocytes et Shigella sp) et la fièvre.
FORMES CLINIQUES
Aprèsune incubation de 2 à 5 jours
Shigellose qui présente les signes et symptômes suivants : diarrhée
faite de selles liquides glaireuses (mucus) et sanguinolentes
( hémorragie) + colique (douleurs intestinales paroxystiques) ou
douleur rectale et la fièvre élevée (39° - 40°C). Pratiquement les mêmes
signes et symptômes que ceux observés dans l’amibiase.
Le SHU
61.
FORMES CLINIQUES :
Syndromehémolytique et urémique:(SHU)
Il s’agit de microangiopathie thrombotique caractérisée par des
lésions de l’endothélium de la microcirculation suivie d’un
gonflement cellulaire, d’adhérence plaquettaire et de thrombose.
Il est dû à la toxine de Shigella (aussi la vérotoxine de E.coli ) qui
passe dans la circulation et se lie à des récepteurs glycoprotéiques
spécifiques, exprimées à la surface des cellules endothéliales des
micro vaisseaux.
Chez l’enfant, il est généralement associé à une diarrhée.
Les complications pouvant être cérébrale, rénale, anémique …
62.
FORMES CLINIQUES :
Formes frustres: diarrhée banale
Syndrome de REITER (arthrite réactive ) chez les HLA B27
Formes compliquées: septicémie, abdomen aigu, convulsion,
déshydratation, anémie sévère , insuffisance rénale.
NB: Les symptômes sont plus graves aux âges extrêmes (<5 et >50ans)
63.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
1- lesprélèvements:
- Les selles fraichement émises pour la coproculture
- Les aliments et l’eau
- Le sang pour les hémocultures (extrêmement rare)
- les urines (rares)
NB: Le transport des selles et leur prise en charge doit être rapide , les
Shigella ne supportant pas un séjour prolongé dans les selles du fait
de l ’acidification. Si le prélèvement ne peut être acheminé
rapidement, il est possible de conserver pendant quelques heures à
+4°C.
64.
DIAGNOOSTIC BIOLOGIQUE
2- Examendirect:
La macroscopie oriente (selles glairo sanguinolentes)
L’état frais : permet de voir la mobilité des germes(non), des éléments de
présomption associant la présence d’hématies et de nombreux leucocytes
(neutrophiles) qui permet de faire le diagnostic différentiel avec une
amibiase intestinale aigüe.
La coloration de Gram: déséquilibre de la flore intestinale aux profit de
très nombreux bacilles à Gram négatif droites
65.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
3-Les milieux de culture: COPROCULTURE
On utilise les milieux sélectifs surtout pour des prélèvements
polymicrobien (selles). Ils inhibent la flore commensale en favorisant la
pousse de Salmonelle et Shigelle: Hektoen, Drigalski, SS, NBG, Rambach,
DCLS, XTL4.
La culture se fait à 37°C pendant 18 à 24h en anaérobie ou aérobie.
66.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
Milieude culture Aspect des colonies après 24h à 37°C
Hektoen Colonies bleu-verte ou verte ou transparentes de 2-3mm
Milieu SS Colonies translucides, incolores (lactose -) de 1-2 mm
EMB? Colonies grises ambrées de 1 - 2 mm
DCL (désoxycholate-citrate-lactose) Colonies régulières, incolores ou roses blanchâtres de 2-3 mm
Mac Conkey Colonies jaunes ou incolores (lactose -)
Milieu de Drigalski Colonies bleus-vertes (lactose -) de 2-3 mm
Gélose lactosée au Désoxycholate à 0,1% incolores
XLD (Xylose-lactose-désoxycholate) Colonies lisses, rouges de 1-2 mm
CARACTERES CULTURAUX:
67.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
Les caractères biochimiques:
Permettent de différencier les shigelles des autres entérobactéries,
principalement celles du groupe des Escherichiae, aussi des différents
espèces et sérotypes.
- La galerie en tube: 11 caractères
- La mini galerie API 20 E permet d ’établir les différents profils
Espèces de
Shigelle
CARCTERES BIOCHIMIQUES
mobilité TDA urée VP Mannitol lactose glucose H2S Indole ONPG ODC
S. flexneri - - - - + - + - d - -
S. boydii - - - - + - + - d ± ±
S.dysenteriae - - - - - - + - d ± -
S. sonnei - - - - + ± + - - ± +
68.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
Les caractères antigéniques:
Il s’agit des antigènes somatiques O, capsulaire K et d’adhésine. Les
Shigelles ne possèdent pas d’antigène flagellaire H car ils sont immobiles
Le sérodiagnostic a peu de valeur car la montée des anticorps est
tardive et de nombreuses réactions croisées (AgO).
La biologie moléculaire: pour les études épidémiologiques.
Autres méthodes diagnostic:
- Recherche du plasmide Inv par des sondes nucléiques
- Recherche de la toxine dysentérique (immunoenzymatique )
- Recherche d’agglutinine (syndrome de REITER) à 15jrs d’intervalle.
69.
DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE :
Sensibilitéaux antibiotiques:
Les shigelles appartiennent selon sensibilité aux antibiotiques à la
classe I qui possèdent des céphalosporinases de bas niveau.
De nos jours de nombreuses résistances dues au grand plasmide sont
décrites.
L’ampicilline, le cotrimoxazole et les fluoroquinolones restent actives
sur la majorité des souches.
70.
TRAITEMENT
• CAS DESEPIDEMIES: (S.dysenteriae type1)
- Ciprofloxacine: PO 1g/jr chez l’adulte ou 30 mg/kg /jr chez l’enft en 2
prises pdt 5jrs
- Ceftriaxone: IM 1g/jr pendant 5jrs en 1injection chez l’adulte ou
50mg/kg/j chez l’enft
• EN DEHORS D’EPIDEMIE:
- Cotrimoxazole: PO pendant 5 jours soit 60mg/kg/jr ou 1600mg de SMX
+ 12mg/kg/jr ou 320mg de TMP respectivement chez l’enfant et l’adulte.
- Ampicilline: PO 4g/jr chez l’adulte ou 100mg /kg/jr chez l’enft en 4 prise
pendant 5jrs
- Acide nalidixique: PO 4g/jr chez l’adulte ou 60 mg /kg/jr en 4 prise
pendant 5jrs.
71.
TRAITEMENT
PREVENTIF:
Il s’agitdes mesures d’hygiène publique
- Lavage systématique des mains après les selles et avant le repas
- Aménagement des latrines
- Traitement des cas diagnostiqués (porteurs sains surtout et malades)
- Traitement des selles déversées dans la nature
- Traitement des eaux et aliments prêts à la consommation
- Entretien des réseaux d’égout
Il n’ya pas encore de vaccin disponible
72.
CONCLUSION: ce qu’ilfaut retenir
Les salmonelles et shigelles sont des entérobactéries du groupe des Escherichiae,
de la classe I selon la sensibilité aux antibiotiques. Elles possèdent chacune
d’elle des propriétés biochimiques de différenciation dans la classe des
Escherichiae (TDA-,Urée- et VP-).
Les Shigelles sont très proches de certaines souches de E.coli entéroinvasif sur le
plan des caractères biochimiques et cliniques.
Dans un genre, on a des espèces et chacune d’elle présente des sérotypes
déterminés par les différents antigènes: O, K, ±H .
Un laboratoire qui met en évidence les groupes O4,5-O6,7,8 et O9 pourrait faire
le diagnostic de 90% des Salmonelles infectant l’homme.
Parmi les sous-groupe de Shigelle, celui responsable des épidémies de grande
ampleur est le S.dysenteriae type 1 avec beaucoup de résistance aux ATB et la
seule entérobactérie catalase - .
La prise en charge de ces affections doit être essentiellement axée sur la
prévention car constituent des affections du péril fécal et de l’hygiène .