Une mère qui vous implore
Jeudi 24 décembre 2015,
Madame, Monsieur,
NON !!!
Je n ai pas oublié, je suis toujours là à attendre que justice soit faite.
Depuis le 10 février 2013, jour du décès de mon fils Jérôme, mon corps a cessé de vivre, ma 
pensée est toujours là pour mon fils.
Je ne voudrais jamais aller me coucher.
Chaque matin, quand je me lève, dans mon coeur, il y a une bougie éteinte et...pour survivre à 
ce cauchemar, je m'efforce de la rallumer.
Pourquoi tout ce silence ? alors qu'à des milliers de kilomètres de la Martinique une maman, 
un papa, une soeur... souffrent de ce vide immense.
Mon fils, mon frère est sous terre...
Comme j'aimerai tant savoir la vérité!
Je prie chaque jour Dieu, afin qu'il me vienne en aide.
Les larmes me viennent, mon fils, mon frère me manque.
J’aimerai tant le serrer dans mes bras mais le sort en a voulu autrement.
Jérôme adorait la Martinique.
Quelle tristesse!
Il ne demandait pas grand chose, être heureux, redémarrer une vie en Martinique.
Un grand et énorme désespoir m'envahit.
Comment supporter cette absence profonde ?
Je pense fort à lui, sa guitare est là...dans un coin de sa chambre, elle n'émet plus de sons, tout 
est silencieux, je n'entends plus sa voix, je ne vois plus glisser ses doigts sur les cordes de sa 
guitare.
Le coeur n'y est plus... Une personne importante, précieuse manque à ma vie.
Jérôme est parti un jour, mais qui aurait pensé qu’il ne reviendrait plus.
Combien faut­il de larmes pour survivre à la perte d'un être cher ?
Que ce soit de jour ou de nuit, sans Jérôme, forte est ma souffrance... notre souffrance.
Il y aura toujours un stylo pour écrire le futur, mais il n'y aura jamais de gomme pour effacer 
le passé.
On m'a donné un coeur pour l'aimer, des yeux pour le voir, mais avec mon coeur, je souffre et 
avec mes yeux je pleure.
Jérôme avait 31 ans.
Le jour de sa naissance, je pleurais de joie de l'avoir mis au monde et.... maintenant je pleure 
toute la peine de mon coeur.
Je ne suis pas devenue veuve.
Je ne suis pas devenue orpheline, j'ai perdu mon enfant, ce n'est pas dans la logique qu'une 
mère enterre son fils.
Je me demande si un jour, je pourrais accepter cette terrible réalité.
Aujourd'hui, je vous demande, s'il vous plait, de comprendre ma tristesse, ma douleur, mon 
désarroi.
La justice martiniquaise a décidé de clôturer le dossier concernant la mort de mon fils.
Si, il vous arrive de repenser à cette journée ou que vous savez quelque chose, en le disant, 
vous pourriez ressentir le soulagement d'avoir aidé une famille dans la détresse.
Une simple lettre (ci­jointe) de votre part attestant que Jérôme était séquestré chez SAINT 
PRIX EDOUARVILLE ou si vous savez autre chose, suffirait pour la réouverture du dossier, 
en y joignant une photocopie de votre carte d'identité.
Vous pourrez ainsi témoigner anonymement.
Certaines  personnes  de  votre  rue,  lors  de  leur  audition,  ont  témoigné  que  Jérôme  était 
séquestré chez cet individu.
Malheureusement, il ne suffit pas de le dire.
Je vous en supplies faites­le par écrit !
Les  fêtes  de  Noël  approchent...  A  table,  ce  24  Décembre,  la  chaise  de  Jérôme  sera  vide. 
PENSEZ A MOI.
Mon fils, mon frère nous a quitté injustement, une disparition totale et inattendue.
Ce courrier, vous pouvez me l'adresser personnellement à mon adresse ci­dessous.
Votre nom ne sera diffusé à personne.
Je vous implore de témoigner par écrit, vous êtes ma dernière issue.
PARLEZ !
MON UNIQUE ET ULTIME LUEUR D'ESPOIR C'EST VOUS.
LA DERNIERE CARTE A JOUER EST ENTRE VOS MAINS !
AVEC TOUT MON COEUR, JE COMPTE SUR VOUS.
Sachez que cette lettre a été adressée en quinze exemplaires et envoyée à tous vos voisins.
Un coeur a cessé de battre, un courage à la vie... est parti.
La mort de Jérôme fait partie de ma vie.
Je suis à jamais liée à son chemin, il fera toujours partie du mien.
Durant neuf mois, je lui ai donné mon oxygène, maintenant je le garde à l'infini dans mon 
coeur.
JE VOUS EN PRIE, NE SOUFFLEZ PAS SUR MA DERNIERE FLAMME.
Monsieur et Madame RANCAN et leur fille.
N’hésitez pas à nous contacter :
M. et Mme RANCAN Ernest
216A Rue Colonel Hennequin
57780 ROSSELANGE
MOSELLE – France
Téléphone : 06.48.28.40.18
                    03.87.58.15.99 

Lettre Françoise Rancan