N°396 FÉVRIER 2015 WWW.NANTERRE.FR
À LIRE ÉGALEMENT
ACTUALITÉ ∞ PAGE 7
Budget 2015: les raisons
d’une baisse des ressources
sans précédent
ACTUALITÉ ∞ PAGE 12
Kery James, le rappeur
qui a du cœur
ACTUALITÉ ∞ PAGE 14
L’association Ensemble contre
la récidive mène un chantier
d’insertion à la maison d’arrêt
VIE DES QUARTIERS ∞ PAGE 30
Le jeu, c’est sérieux à la Lud’Hoche
VIE DES QUARTIERS ∞ PAGE 31
Une vie au foyer des Sorbiers
PORTRAIT ∞ PAGE 32
Monique Hervo: la dame de cœur
À LA UNE
DESSINONS
L’AVENIR!
En commandant
un dessin
sur le thème
«Dessinons
l’avenir» à Frédéric Deligne,
illustrateur de presse qui
collabore notamment
avec L’Obs, Nanterre info a
souhaité rendre hommage
aux 17 victimes des attentats
terroristes de début janvier.
Un hommage qui, sur notre
couverture, prend la forme d’un
message de vivre ensemble et
de solidarité. Lire aussi page 6.
DOSSIER ∞ PAGE 18
Chacuncherche
sontoit!
Faire en sorte que chacun trouve, à
Nanterre, un logement correspondant
à ses besoins et à ses moyens: c’est
le credo de la politique de l’habitat
de la ville, mais aussi le sujet de
notre dossier. Entre constructions,
réhabilitations, solutions innovantes
et grands projets, Nanterre info fait
ce mois-ci le tour des actions en
direction du logement.
ACTUALITÉ ∞ PAGE 10
Arena: écologiquement vôtre
Le chantier de l’Arena est exemplaire en matière de
préservation de l’environnement, ce qui lui a valu le titre
de «chantier à faibles nuisances».
ACTUALITÉ ∞ PAGE 13
Un réseau très social
Deux Nanterriennes, deux initiatives, mais un même
outil: Facebook comme moyen de drainer un maximum
de bonnes volontés pour changer la société.
ACTUALITÉ ∞ PAGE 15
Philosophons à l’Agora
L’Agora, la maison des initiatives citoyennes, n’a jamais
aussi bien porté son nom. Ce mois-ci, elle accueille la
première édition de son café philo.
03
ACTUALITÉ ∞ PAGE 16
Nanterre-sur-Scène
Au théâtre des Amandiers, le spectacle Atlas a réuni, fin
janvier, cent Nanterriens qui, sur scène, interprètent leurs
vies. Une expérience inédite dans laquelle des trajectoires
se croisent.
ACTUALITÉ ∞ PAGE 8
Métropole du Grand Paris:
le débat continue
Mercredi 21 janvier, les habitants étaient invités à cerner
les enjeux du transfert des compétences logement et
aménagement à la Métropole du Grand Paris.
SPORT ∞ PAGE 35
Graines de champions
Reportage chez les jeunes footballeurs de l’Entente
sportive de Nanterre (ESN) qui ne rigolent pas avec le
ballon rond.
CULTURE ∞ PAGE 36
Mamma mia!
Les adhérents du Club amitié et loisirs des seniors
s’apprêtent à monter sur scène pour jouer Mozart, l’âge
d’or, une comédie musicale qu’ils ont montée de A à Z.
Réjouissant!
CULTURE ∞ PAGE 37
Comme un roman…
Rencontre avec Issa Safa, militant, boxeur, journaliste et
romancier qui signe Le Séparé, récit d’un nomade d’Iran,
une épopée perse parue aux éditions l’Harmattan.
N°396 FÉVRIER 2015 WWW.NANTERRE.FR
NANTERRE_INFO_396_p1.indd 1 26/01/15 15:51
PHOTOSMATHIASGLIKMANSETCLAIREMACEL
05
PATRICK JARRY
Maire de Nanterre
Conseiller général
des Hauts-de-Seine
Et maintenant ?
Surtout, ne pas tourner la page et faire comme si rien
ne s’était passé. Ne jamais oublier. Ni l’onde de choc
des attentats, ni la magnifique riposte populaire du 11
janvier. Nanterre a réagi dès les premières heures. Des
dizaines d’initiatives spontanées partout dans la ville.
Des moments d’échange et d’hommage aux dix-sept
victimes auxquels ont participé des milliers d’habitants
et de salariés.
Etcequiétaitleplusréconfortantdanstouscesrassem-
blements, c’était de retrouver la diversité de Nanterre.
Diversité d’âges, de quartiers, d’origines, d’opinions, de
confessions. C’est la ville dans ce qu’elle a de plus de
vivant, de plus actif et créatif, qui s’est mobilisée pour
dire non ! Ce n’est pas possible ! On n’a pas le droit de
tuerunhommeouunefemmepourundessin,ouparce
qu’il est juif, ou parce qu’il est policier.
Et maintenant ? Bien sûr, il faut des mesures d’État à la hauteur de la gra-
vitédelamenace,sansdérogeraudroitetànosvaleurs.Maisnoussavons
aussi que pour combattre ces dérives vers la violence et le terrorisme, la
réponsedoitêtreégalementsociale,économique,éducative,diplomatique.
Ce qui conduit aussi à poser certaines questions. Comment peut-on, par
exemple, s’alarmer de la situation de quartiers minés par le chômage,
l’échecscolaire,l’absencedeperspectiveset,danslemêmetemps,réduire
les moyens permettant de combattre ces inégalités ?
À Nanterre, nous sommes encore plus déterminés à promouvoir le vivre
ensemble.Levivreensemblen’estpasunmalnécessaire.Aucontraire,c’est
faire en sorte que chacun trouve sa place dans la ville, se sente reconnu
etécouté.C’estconsidérerladiversiténonpascommeunproblème,mais
d’abordcommeunerichesse.C’estlapossibilitédeconstruiredesespaces
derencontresetd’échangessurlabasedurespectmutuel.C’estapprendre
desautresetapprendreauxautres.C’estrefuserlaviolenceetlaloiduplus
fort. C’est développer l’entraide et la solidarité. C’est favoriser toutes les
formesd’émancipationhumaine,notammentparl’éducationetlaculture.
C’estcevivreensemblequenousnousattachonsàconstruireàNanterre.
C’estdifficile ?Oui,c’estdifficile.Maisc’estlaseulevoiepossiblepourque
nous puissions être à la fois fiers de nos diversités, et fiers de ce bien
commun qu’est la République.
Ce magazine est imprimé sur du
papier PEFC pour la couverture
et l’agenda et sur du papier
écologique pour l’intérieur. Il est
imprimé sur du papier issu de
forêts gérées durablement et
selon un processus de fabrication
labellisé imprim’vert.
N° 396
Magazine municipal
d’information
130, rue du 8-Mai-1945
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Photo de couverture :
Deligne
6
CLAIREMACEL
HOMMAGE … Mais aussi
Frédéric, Franck, Cabu, Elsa,
Charb, Honoré, Bernard, Ahmed,
Mustapha, Michel, Tignous,
Wolinski, Clarissa, Philippe,
Yohan, Yohav et François-Michel,
les 17 victimes des attentats
terroristes de début janvier.
Nanterre est Charlie…
Mercredi 7 janvier, 400 Nanterriens se sont rassemblés à l’hôtel de ville pour rendre hommage aux policiers, journalistes, dessinateurs et personnel de Charlie
Hebdo. « L’heure n’est pas au repli sur soi et à la peur de l’autre. L’heure est plus que jamais à l’affirmation des valeurs qui font la République et qui font la ville de
Nanterre depuis des décennies : la liberté, la démocratie, la fraternité, le vivre ensemble », a souligné Patrick Jarry.
Mercredi7etvendredi9janvier,deuxattentats
tragiquesébranlentlaFrancerépublicaine.Des
actesd’uneextrêmeviolence,vivementcondam-
nés par Nanterre dont les élus et citoyens se
sontimmédiatementmobiliséspourdirenonà
labarbarieetrendrehommageauxvictimesde
Charlie Hebdo, de Montrouge et du supermar-
ché casher de la porte de Vincennes.
Ausoirdesattaquesperpétréescontrel’hebdo-
madairesatirique,unrassemblementspontané
se tient dans le hall de l’hôtel de ville : « Le choc
est immense, déclare alors, très ému, Patrick
Jarry, le maire. Ce soir, c’est la société française
danssonensemble,c’estlavilledeNanterredans
toutes ses diversités qui sont bouleversées et ré-
voltées par cet attentat. » Les jours suivants, la
mobilisations’amplifieavecl’observationd’une
minute de silence à l’occasion de la journée de
deuilnationaletlesoutiendumaireetdesélus
à la communauté juive nanterrienne.
Dimanche11janvier,aprèss’êtrerassembléssur
l’esplanade Charles-de-Gaulle, les Nanterriens
ont rejoint la marche républicaine.
CHRISTELLE GARANCHER
Devant l’hôtel de ville.
Du 14 au 21 janvier, le cinéma Les Lumières
a bousculé sa programmation pour rendre
hommage aux caricaturistes assassinés.
Dimanche 11 janvier, des Nanterriens se rassemblent sur l’esplanade Charles-de-Gaulle avant de rejoindre
le cortège de la marche républicaine. Pour permettre la participation du plus grand nombre, le théâtre des
Amandiers avance l’heure de sa représentation.
CLAIREMACEL
CLAIREMACEL
MATHIASGLIKMANS
7
Budget 2015 : une baisse
des ressources sans précédent
FINANCES. En septembre, à l’ouverture de la période de préparation budgétaire, il manquait à la ville
13 millions d’euros pour équilibrer son budget 2015. Cette situation financière difficile est le fruit de
plusieurs facteurs, parmi lesquels la baisse des dotations de l’État, l’augmentation de la contribution
de Nanterre aux fonds de solidarité entre communes et l’instabilité du produit de la fiscalité en direction
des entreprises. Revue de détail.
- 4,6 MILLIONS D’EUROS
Baissedeladotationdel’État.En2015,ladota-
tion de l’État à la ville est en baisse de 4,6 mil-
lions d’euros et ce, au nom de la contribution
des collectivités à l’effort de redressement
des comptes publics. Or, il est à noter que les
communes portent 22 % de cet effort, alors
qu’elles ne représentent que 9,5 % de la dette
française.Enoutre,cettebaissesereproduiraen
2016 et 2017 ce qui, pour Nanterre, représente
11,7 millionsd’eurosderessourcesenmoinssur
trois ans, c’est-à-dire l’équivalent de 300 postes
d’agents communaux ou encore la totalité du
budget sport ou culture.
- 1 MILLION D’EUROS
Suppression du reversement du fonds de péré-
quation régional. En 2015, Nanterre ne bénéfi-
ciera plus du fonds de péréquation régional, ce
quiprivelebudgetcommunald’1 milliond’euros
de recettes.
 + 2,7 MILLIONS D’EUROS
Augmentation de la contribution au fonds de
péréquation national (FPIC) et au fonds de
péréquation régional (FSRIF). Cette année, la
contribution de la ville aux fonds de solidarité
entre communes augmente de 2,7 millions
d’euros, pour atteindre 10 millions d’euros, ce
qui ampute le budget d’autant. Dans les faits,
Nanterreestlourdementpénaliséeparlemode
de calcul de la péréquation. Principalement
fondé sur le potentiel fiscal des communes au
détriment de la situation sociale de leur popu-
lation,cemodedecalculfavoriselesvillesriches
fiscalement et socialement, à l’image de Paris
ou de Neuilly-sur-Seine. Face à cette injustice,
Nanterres’estmobiliséeetaobtenularévision
du mode de calcul, ce qui a fait baisser la note
de 5 millions d’euros.
INSTABILITÉ
DU PRODUIT
DE LA FISCALITÉ
DES ENTREPRISES
En 2011, la taxe professionnelle a été rempla-
céeparlacontributionéconomiqueterritoriale
(CET), un impôt très volatil. En 2013, cette taxe
arapportéàlaville60 millionsd’euros.En2014,
son produit est descendu à 56 millions. Légère
remontéeen2015,puisquelaCETreprésentera
pourlavilleunerecettede57,3millionsd’euros.
OnpeuttoutefoisnoterqueleproduitdelaCET
en2015neparvientpasàsehisserauniveaude
2013,cequilaissesupposerqu’entempsdecrise
cetimpôtrapportemoins.Enoutre,laCETprive
les villes de leur marge de manœuvre fiscale.
Ainsi, avant 2011, lorsque Nanterre relevait ses
tauxd’impositionde1 %,celaluirapportait1 mil-
lion d’euros, provenant à hauteur de 75 % des
entreprises. Aujourd’hui, le même relèvement
ne rapporte plus que 350 000 euros, dont plus
de 80 % provient des habitants.
ORLANE RENOU
CLAIREMACEL
Une situation
« injuste et intenable »
Jeudi 22 janvier, Patrick Jarry, le maire,
asuivilemouvementdegrèvedenom-
breuxmairesdeFrancepourprotester
contre le tour de vis financier imposé
par l’État aux communes. Ce jour-là, il
adoncannulésesactivitéshabituelles
pourrecevoir,danslehalldel’hôtelde
ville,lesusagersafindeleurexposersa
position face aux mesures étatiques
quipriventNanterred’unepartimpor-
tante de ses ressources. « Au moment
oùlasociétéfrançaiseaplusquejamais
besoin d’une réduction des inégalités
sociales, d’une lutte sans merci contre
les exclusions, ce qui passe nécessaire-
ment par des services publics en capa-
cité d’agir, imposer aux communes une
austérité à marche forcée n’est pas la
solution », estime-t-il. C’est pourquoi il
demandelasuspensiondelaréduction
desdotationsdel’Étatauxcommunes
dèslaprochaineloidefinances,lamo-
dification du mode de calcul du fonds
de solidarité régionale en faisant pas-
serlecritèredelasituationsocialedes
habitants de 20 à 25 % et la création
d’un nouvel impôt territorial assis sur
leur capital.
O. R.
8
PHOTOSMATHIASGLIKMANS
MÉTROPOLE Les compétences « logement » et « aménagement » transférées à la Métropole du
Grand Paris ? Un sujet qui fait aujourd’hui débat tant auprès des élus que des citoyens.
Mercredi 21 janvier, les Nanterriens étaient invités à mieux comprendre les enjeux liés à ce transfert
de compétences. Morceaux choisis.
Aménagement-logement : le grand pari
JEAN-PIERRE TROCHE,
architecte urbaniste, gérant de
Ville et Habitat et consultant
sur les politiques publiques de
l’habitat et du logement social.
« Oui, il faut une Métropole du
GrandParispouressayerd’avan-
cer sur la question de l’habitat, car aujourd’hui
noussommesdansunepériodedesous-produc-
tionchroniquedelogementsenÎle-de-France.Je
suispersuadéque,surcettequestion,ilfautune
gouvernanceforte,quidevraêtreaccompagnée
de compétences qui s’imposeraient aux villes
refusantdeconstruire.Onmanqued’uneaction
foncière forte. Elle peut venir de la métropole,
mais la coordination devra être gérée au plus
prèsdesterritoires.Carjenevoispascomment,
aujourd’hui, on peut résoudre tous les enjeux
autourdel’habitatsanscompétencespartagées
et coresponsabilité. Au-delà de ce débat tech-
nocratique, il ne faut pas oublier de se poser
la question des valeurs et de la mixité : avec le
projetduGrandParis,commentfairepouravoir
un peu plus d’égalité territoriale ? »
MIREILLE FERRI,
directrice générale de l’Atelier
international du Grand Paris
« Une métropole a un sens si
elleestuniformedanssastruc-
ture. Ici, ce n’est pas le cas, il
n’y a pas de cohérence ni du
pointdevuefonctionnel,nidelaformeurbaine.
Toutefois,ilyaquandmêmeuneinstitutionqui
nous promet enfin la disparition des inégalités
entre groupes sociaux et territoires. Mais une
cohérenceadministrativea-t-elle-déjàpermisde
fabriquer de la solidarité de façon uniforme ?
Non ! C’est un projet politique et la seule chose
dontonestàpeuprèscertainaujourd’hui,c’est
quelatonalitépolitiquemajoritairedelafuture
MétropoleduGrandParisneserapeut-êtrepas
la recherche de solidarité. Pour le moment, on
a uniquement gagné un échelon administratif
supplémentaire. L’empilement du mille-feuille
et des outils administratifs donne le tournis. »
« Plus de transparence »« Une gouvernance forte » «Un échelon administratif
supplémentaire »PATRICK JARRY,
maire de Nanterre
« Il est nécessaire qu’au niveau
delaMétropoleduGrandParis,
il existe un document contrac-
tuel et opposable qui déter-
mine, année par année, ce que
lescommunesdoiventconstruireenlogements,
tantennombrequ’ennatureoutypologie.Celui-
ciestnécessairepourplacerlescommunesface
àleursresponsabilités.Celadoitêtreassortide
plus de transparence, car la question politique
du logement ne peut progresser sans trans-
parence. Les habitants doivent savoir, chaque
année,quiconstruitquoietoù.Jesuispersuadé
qu’on ne pourra pas résoudre la question de la
crise du logement en Île-de-France seulement
avec de nouvelles institutions. Je le répète, il
faut plus de transparence. »
9
Une compétence à calibrer
Hélène Joinet, chargée d’études habitat à l’Institut
d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France.
Hélène Joinet, chargée d’études habitat à l’Institut
d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France (IAU-IdF)
nous livre son point de vue sur le transfert de la compétence
logement à la métropole.
DR
desmoyensengendrerauneforcedefrappe
conséquente.Maisl’aspectquantitatifn’est
pas tout. « Que construire et pour qui ? »
reste un enjeu central pour préserver un
parc financièrement accessible. De même,
l’amélioration du parc existant est tout
aussi essentielle.
Celaétant,laphasedepréfigurationesten
cours et les sujets de négociation restent
nombreux. L’élaboration des documents
cadresprendradutempsetleurdéclinaison
opérationnelle ne viendra qu’après. Cette
période de transition risque de susciter
une prudence des acteurs de terrain et des
reports dans le lancement des opérations.
Les villes perdront-elles leur
compétence en matière d’attribution de
logements ?
H. J. : En ce domaine, rien n’est acté. Tout
dépendradesrèglesdujeuétabliesentrela
métropole,lesterritoiresetlescommunes.
Mais l’attachement des élus à un droit de
regard sur le peuplement du parc HLM
laisse à penser que la gestion d’une partie
desréservations,contrepartiedesgaranties
financières apportées par les collectivités,
continuera de s’opérer à une échelle de
proximité.
PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTELLE GARANCHER
QR code generated on http://qrcode.littleidiot.be
Pouvez-vous nous dessiner les contours
de la compétence logement de la
métropole du Grand Paris ?
Hélène Joinet : La relance de la construc-
tionseraaucœurdespréoccupationsdela
métropole. L’urgence est patente : au cours
des dix dernières années, on a construit en
moyenne 41 000 logements par an en Île-
de-France, alors que les besoins sont esti-
més à 70 000. Pour ce faire, la métropole
élaboreraunplanmétropolitaindel’habitat
et de l’hébergement et pourra agir via les
aides financières et actions en faveur du
logement social. La métropole, ou les terri-
toiresquilacomposent,pourrontactionner
des leviers opérationnels : créer des zones
d’aménagementconcertéescommeengager
des programmes d’intérêt général. Et, en
tant qu’EPCI [établissement public de coo-
pération intercommunale, NDLR], elle sera
délégataire de compétences importantes
commelagestiondesaidesàlapierrepour
leparcsocial,l’améliorationduparcprivéou
la gestion de l’hébergement.
Y’a-t-il une réelle plus-value à confier
la planification de la construction de
logements à la métropole ?
H. J. : Parsonassisespatialelarge,laMétro-
pole pourra œuvrer à un rééquilibrage de
l’offredelogementsocial.Lamutualisation
Où en est-on ?
Dans la nuit du 22 au 23 janvier, le Sénat a adopté
un amendement gouvernemental précisant les
compétencesdelamétropoleetdesterritoires.Un
texte qui a confirmé le transfert de la définition
des plans locaux d’urbanisme des communes vers
les territoires.
Maisalors,quellesmargesdemanœuvrerestera-t-il
auxcommunes ?Enmatièred’aménagement,leurs
compétencesseraientréduitesàlaseuledélivrance
d’autorisations d’urbanisme, comme les permis de
construire. Tout autre possibilité juridique d’inter-
venir dans l’ensemble des domaines relevant de
l’aménagement (définition, création et réalisation
d’opérationsd’aménagement ;actionderestructura-
tionurbaineoudevalorisationdupatrimoinenatu-
reletpaysager ;constitutionderéservesfoncières…)
appartiendrait aux territoires ou à la métropole.
En matière de logement, relèveront de la métro-
pole les opérations d’amélioration du parc immo-
bilier existant, de réhabilitation et de résorption
de l’habitat insalubre. Les politiques du logement,
les aides financières, les actions pour le logement
social,cellesenfaveurdulogementdespersonnes
défavoriséesserontdéléguéesdefaçontransitoire
aux territoires avant de rejoindre la métropole.
JULIEN SAGE,
adjoint au maire délégué à
l’aménagement et à l’urbanisme
« EnFrance,onaimebienfairedegrands
projets pour résoudre de grands pro-
blèmes.Saufque,parfois,pourrésoudre
ces grands problèmes, il faut réfléchir
via des solutions locales. Alors, est-ce qu’une grande
réglementation, un grand PLU à l’échelle d’une métro-
pole, apportera quelque chose ? Non. Si les règles sont
communes, si la production urbaine est standardisée,
on ne respectera pas l’identité des territoires. D’autres
métropoles, confrontées elles aussi à la problématique
dulogement,onttrouvédessolutionspluspertinentes
que la recentralisation des outils. L’urbanisme ne se
pense pas d’en haut, mais se réfléchit d’en bas. »
CHRISTELLE GARANCHER
Mercredi 11 février à 19h30, le débat
se poursuit avec la question des
métropoles dans le monde.
Agora, 20, rue de Stalingrad.
Pour tout savoir sur la métropole :
www.nanterre.fr/la ville/Nanterre
dans la métropole.
Pour donner son avis : metropole@mairie-nanterre.fr. Vous
pouvez également enregistrer votre contribution tous les
jeudis, de 16h à 19h, à l’Agora, 20, rue de Stalingrad.
Votre avis sera ensuite diffusé sur Radio Agora.
http://radioagora-nanterre.fr
«L’urbanisme se réfléchit d’en bas »
10
ARENA Limiter l’impact sur l’environnement tout en restant
compatible avec les pratiques professionnelles du BTP, tel est l’enjeu
d’un chantier à faibles nuisances comme celui de l’Arena Nanterre-
La Défense.
Un chantier vert
Pour garantir la mise en œuvre de la démarche environnementale, Ouafa Mimouni (à gauche sur la
photo), chargée de l’environnement et du développement durable, organise des réunions d’information et
de sensibilisation sur le chantier.
déchets,lamaîtrisedesressourceseneaueten
électricité ainsi que la limitation des nuisances
(voir photos ci-dessous). « Quand on parle de
nuisances, il s’agit du bruit, de la poussière, des
odeurs, de l’état du chantier, du trafic et des
risques de pollution. Le plan d’installation du
chantieretlesmodesopératoiresontétéétudiés
demanièreàlimiteraumaximumcesnuisances. »
Ainsi,lesabordsetlesvéhiculessortantduchan-
tier sont régulièrement nettoyés, la circulation
se fait exclusivement en marche avant pour
éviter le déclenchement des signaux de recul,
certains éléments comme les gradins sont pré-
fabriquéspourlimiterl’utilisationdumatérielde
coffrage,deskitsantipollutionsontaccessibles
sur le chantier pour circonscrire rapidement un
écoulement accidentel…
Surleterrain,OuafaMimounitravailleenétroite
collaboration avec les équipes pour sensibiliser
l’ensemble du personnel, compagnons, sous-
traitants et fournisseurs dès leur arrivée sur le
chantier.« Nousorganisonségalementdecourtes
réunionsmensuellesaucoursdesquellesilssont
invités à réfléchir et à s’exprimer sur un thème
donné. »Elleregardeégalementleséventuelles
remarquesquepourraientfairelesriverainsvia
les outils mis à leur disposition : Numéro vert
(0 800 746 568), adresse mail (arena-riverain@
vinci-construction.fr), comités de suivi et boîte
aux lettres installée à l’entrée du chantier.
SOPHIE BOCARD
traitantes,dumaîtred’ouvrageenvironnement
et de l’Epadesa. C’est aussi à elle que revient la
charge de faire respecter les obligations défi-
nies dans ce domaine par VINCI Construction
France, elles-mêmes fondées sur les exigences
réglementaires, les référentiels de certification
et les bonnes pratiques de la « maison ».
Une démarche labellisée
« Cet engagement se traduit notamment par la
mise en place d’une charte Chantier à faibles
nuisances à tous les stades d’avancement des
travaux »,poursuitOuafaMimouni.Cettecharte
couvre le tri, la valorisation et le recyclage des
« Mon rôle consiste à veiller à ce que l’ensemble
des intervenants sur le chantier prennent en
compte l’environnement dans leurs tâches quo-
tidiennes. » Après avoir exercé pendant quatre
ans le métier de conductrice de travaux, Ouafa
Mimounis’esttournéeverslemanagementen-
vironnemental.Lajeunefemmeestaujourd’hui
chargée de l’environnement et du développe-
ment durable sur le chantier de l’Arena. « Si
les techniques de construction me passionnent
toujours, j’aime la transversalité et la richesse de
cette fonction », commente-t-elle. De fait, elle
est l’interlocutrice régulière et privilégiée de
l’encadrementdechantier,desentreprisessous-
PHOTOSCLAIREMACEL
Gestion des déchets. Chaque grue a sa propre zone de
bennes pour les inertes (gravats, béton, parpaing…), le
bois, la ferraille et les déchets mélangés. Entre janvier et
septembre 2014, 70 % des déchets ont été triés et 91 % de la
matière valorisée.
Préservation des ressources. Cette unité de
lavage de bennes à béton permet de récupérer et
de réutiliser les eaux de lavage par filtration et
décantation.
Limitation des nuisances sonores.
Le niveau sonore est mesuré
en permanence par un micro
installé boulevard Aimé-Césaire. Le
dépassement du seuil de 85 dB (A)
déclenche une alerte et la mise en
place de mesures correctives.
11
MATHIASGLIKMANS
École Paul-Langevin :
des moyens maintenus
L’école Paul-Langevin continuera à recevoir des
moyens adaptés à la situation sociale et sco-
lairedesélèvesquifréquententl’établissement.
Telle est en substance la réponse apportée par
Philippe Wuillamier, directeur académique des
services de l’Éducation nationale des Hauts-
de-Seine, au maire de Nanterre, Patrick Jarry,
et à Zacharia Ben Amar, l’adjoint en charge
des affaires scolaires. Les élus, alertés par la
communauté enseignante sur le sort réservé
à certains établissements dans le cadre de la
réformedel’éducationprioritaire,ontétéreçus
le 6 janvier. Le 9 décembre, un vœu avait été
adopté à l’unanimité par le conseil municipal
en faveur du maintien de l’école Paul-Langevin
dans le nouveau réseau d’éducation prioritaire
Le 9 décembre, un vœu a été adopté par le conseil municipal pour le maintien
de l’école Paul-Langevin dans le nouveau réseau d’éducation prioritaire.
ENSEIGNEMENT Qui entre dans les nouveaux réseaux d’éducation
prioritaire (REP), qui y reste, qui en sort ? Les contours de la nouvelle
carte des REP se précisent à Nanterre.
(REP),applicableàlarentrée2015.Carc’estbien
l’éventuelle exclusion de cet établissement qui
pose problème.
REP et REP +
Pour comprendre, un petit rappel s’impose.
Chaque REP est constitué d’un collège « tête
deréseau »etdesécolesquiluisontrattachées.
Si le collège sort du dispositif, les écoles en
sortent automatiquement. C’est le cas à Nan-
terre du collège Jean-Perrin et donc de l’école
Paul-Langevin.Or,pourlesenseignantscomme
pour les élus, cette réorganisation ne tient pas
suffisamment compte de la situation sociale
des familles. Si le directeur académique s’est
montré rassurant en confirmant que l’établis-
sement continuerait à bénéficier de moyens
adaptés pendant trois ans, les élus ont insisté
surl’importancedepérenniserlesdéchargesde
direction en primaire et en maternelle.
Le collège République (précédemment associé
au dispositif Collège ambition, innovation et
réussite) rejoint quant à lui Victor-Hugo, Paul-
Eluard, André-Doucet dans le classement REP
et Evariste-Galois est classé en REP +, c’est-à-
dire parmi les établissements pour lesquels les
difficultés sociales ont des incidences fortes
sur la réussite scolaire. « Nous resterons néan-
moins attentifs à la dotation horaire de tous les
collèges de la ville, précise Patrick Jarry dans un
communiqué, celle-ci n’ayant fait que décroître
ces dernières années. » Aucune révision de la
carte des lycées n’est envisagée. Les moyens
sont donc maintenus.
SOPHIE BOCARD
Admission post-bac : le coup de pouce du CIO
ENSEIGNEMENT Bon à
savoir à quelques jours du
lancement de la procédure
d’admission post-bac : le centre
d’information et d’orientation
(CIO) tient des permanences
hebdomadaires à la Maison
de l’emploi et de la formation
(MEF).
Futursbacheliers,vousavezjusqu’au20mars
pour vous inscrire sur le portail Admission
post-bac (admission-postbac.fr), formuler et
hiérarchiser vos vœux pour le choix de votre
établissement supérieur. Cette plate-forme
a été mise en place pour simplifier les dé-
marches de préinscription dans l’enseigne-
ment supérieur en regroupant sur un seul
site plus de 10 000 formations publiques et
privées. Il s’agit notamment de la première
année de licence dans toutes les filières, de
la première année commune aux études de
santé, des classes préparatoires, des brevets
detechniciensupérieur(BTS),desdiplômesde
technicien supérieur (DUT)… C’est le passage
obligépourlesélèvesdeterminale,lesanciens
bacheliers et les titulaires d’un diplôme équi-
valent dès lors qu’ils ont moins de 26 ans.
Si vous ne maîtrisez pas (encore) toutes les
subtilités de la procédure, pas d’inquiétude.
Les conseillères d’orientation-psychologues
ducentred’informationetd’orientation(CIO)
proposent depuis le mois de novembre des
permanences hebdomadaires à la Maison de
l’emploietdelaformationdeNanterre(MEF).
Le calendrier des permanences du deuxième
trimestre est disponible sur le site Isnternet
de la MEF : www.mefnanterre.fr.
SOPHIE BOCARD
Prochaines permanences :
• Vendredi 13 février
(après-midi).
• Lundi 2 mars (matin).
Sur rendez-vous auprès du CIO : 01 47 21 47 80.
Maison de l’emploi et de la formation,
6, avenue Lénine.
12
MATHIASGLIKMANS
JEUNESSE Dans le cadre de sa tournée acoustique, le rappeur
Kery James reverse une partie de ses cachets pour aider des jeunes à
financer leurs études. Le 19 décembre dernier, Jasmine et Amina ont
reçu cette bourse à l’issue du concert à la Maison de la musique.
Passe ton rap !
C’est le Comité local d’aide aux projets des
jeunes (Clap : lire ci-dessous) qui lui a parlé de
la bourse offerte par Kery James. Jasmine, étu-
diante en master de microbiologie à l’institut
Léonard-de-Vinci, s’est en effet rapprochée, il y
aquelquessemaines,duservicemunicipalpour
obtenir un soutien financier. « Mon école coûte
3 000 euros par année scolaire. J’avais jusqu’au
mois de janvier pour verser cette somme. Mais
malheureusement, je ne disposais pas de cet
argent sur mon compte… » Cette jeune fille de
25 ans vit avec sa mère malade et ses deux
frères dans le quartier du Vieux-Pont. « J’ai donc
répondu à l’appel de l’association de Kery James
en expliquant ma situation dans une vidéo de
trois minutes. » Les mots – simples et sincères –
convainquent le jury, composé du rappeur,
du comédien Omar Sy et de quelques agents
municipaux. Lorsque Jasmine reçoit le coup de
téléphonel’informantqu’elleestlauréated’une
boursede4 000euros,ellen’arrivepasàycroire.
« C’était un cadeau de Noël avant l’heure. J’ai res-
senti un immense soulagement. J’allais pouvoir
financer ma formation ! Mon ambition est de
devenir attachée de recherche clinique dans une
entreprise pharmaceutique. »
En route vers l’emploi !
Amina, 22 ans, est, quant à elle, en dernière
année d’école de journalisme et se destine au
métier de reporter d’images. Mais, pour cela, il
lui manque une ligne sur son CV : le permis de
conduire.Carelleenestcertaine :lepetitcarton
rose l’aidera à trouver un emploi. Quand une
amie la prévient à la dernière minute que Kery
James propose une bourse dans le cadre de
sa tournée, elle saisit aussitôt sa chance. « J’ai
tourné une vidéo dans ma chambre. » Amina y
raconte naturellement son histoire, sans trop
croirequ’elleserasélectionnéeparlejury.Mais,
fidèleàsoncredo :« Çanecoûteriend’essayer ! »,
elle se lance. Quelques jours plus tard, Kery
Jameslacontacte« enpersonne »partéléphone
pourluiannoncerqu’uneboursede2 000euros
lui est attribuée. « Je n’ai pas trop réalisé sur le
coup, ce n’est que le jour de la rencontre avec
KeryJamesquej’aicompris. »Aminaetlerappeur
ontdiscutélonguementlaveilleduconcert.Elle
quin’écoutaitpasKeryJamesavantlemoisder-
nier se met à apprécier les textes du rappeur.
« Lors du concert à la Maison de la musique, je
suis venue avec ma mère. À la fin du spectacle,
elle a tenu à le remercier. Tout le monde était
très ému… »
GUILLAUME GESRET
Jasmine et Amina (de gauche à droite), les deux Nanterriennes lauréates
de la bourse d’étude octroyée par l’association de Kery James.
Le Clap joue les entremetteurs
C’est le Comité local d’aide aux projets des
jeunes (Clap), dont la vocation est d’accom-
pagner les projets des jeunes de la ville, qui
a relayé l’initiative de Kery James. Quelques
jours avant son concert à Nanterre, le Clap a
effectuéuntravaildeterrainpourrepérerdes
jeunes Nanterriens susceptibles de répondre
à l’appel lancé par le rappeur et son associa-
tionACESpourApprendre,comprendre,entre-
prendreetservir.Leséducateursontmobilisé
dix-septcandidatsquiontenvoyéaujuryune
vidéo de présentation. « Nanterre était la pre-
mière date de la tournée acoustique de Kery
James. Il fallait communiquer sur cette initia-
tive »,expliqueDavidAzoulay,responsabledu
Clap.Lesmembresdelastructuremunicipale
ont ensuite participé aux délibérations du
jury.« Noussommestrèsheureuxqu’Aminaet
Jasmine aient obtenu la bourse, c’est un beau
coup de pouce pour elles. »
G. G.
Renseignements : 39 92.
Demander la direction de
l’action jeunesse.
13
Troc en stock
La solidarité tisse sa toile
RÉSEAUX SOCIAUX Aurélie Machado vient de créer un groupe sur
Facebook pour inciter les Nanterriens à échanger des vêtements, des
denrées alimentaires ou encore des meubles.
RÉSEAUX SOCIAUX Comme
Laëtitia Pelaud, de plus en plus
de citoyens utilisent Facebook
pour construire des réseaux de
solidarité sur la toile mondiale.
CLAIREROBERT
L’idée est aussi simple que pertinente. Aurélie
Machado, étudiante en master de droit public
à l’université de Nanterre, a lancé cet appel sur
Facebook : « Et si on troquait nos affaires ? »
En quelques jours, une quarantaine d’amis
rejoignent le groupe sur le réseau social pour
« Quandj’aivouluaiderlessans-abriaudébutdel’hi-
ver,monréflexeaétédecréerunepageFacebook.Je
voulaismobilisermonentourage »,expliqueLaëtitia
Pelaud, une Nanterrienne de 31 ans. Très vite, les
« demandes en ami » et les « like » affluent sur la
page. En un mois, le groupe comptabilise près de
900 membres. « Facebook est un outil formidable
pour lancer une initiative. Beaucoup de personnes
désiraient se rendre utiles, mais ne savaient pas par
oùcommencer. »Avecsesamis,Laëtitiacommence
parcollecterdesvêtementschaudspourlesdistri-
procéderauxpremierséchanges.« J’habitedans
la résidence de l’université depuis un an et demi.
Nous autres, étudiants un peu fauchés, nous
nous entraidons déjà. Par exemple, j’ai échangé
l’autrejouruneplacedecinécontredescahiers… »
Aurélie souhaite à présent étendre ces trocs à
tous les habitants de Nanterre. Pour cela, ils
sont attendus sur Facebook dans le « groupe
de troc / don sur Nanterre ».
« Avant d’arriver en région parisienne, je vivais
à Pithiviers où un groupe semblable a réussi à
réunirplusde500membres.Beaucoupdejeunes
mamansyéchangentdesvêtementsetdesacces-
soires pour leurs enfants. Les étudiants se sont
également emparés de cette page pour troquer
des ustensiles de cuisine ou des meubles au gré
de leurs colocs. »
Vers une autre société
En bonne juriste, la jeune femme a rédigé une
charte de bienséance pour éviter les membres
malintentionnés et pour rappeler que l’argent
est totalement proscrit dans le groupe. Mais,
au-delà de cet aspect pratique, cette initiative
estunecontributionàlasociétédontellerêve.
« L’échangeetledonpermettentdesortirdelaso-
ciétédeconsommation.J’aitoujoursaiméchiner
danslesbrocantes,récupérerdesmeubleslaissés
surletrottoir,plutôtqued’achetertoutletemps
des objets neufs. »
Pour Aurélie, cette alternative à la consomma-
tion est aussi un moyen de créer du lien. Pas-
santbeaucoupdetempsàétudier,elleregrette
denepasconnaîtreplusdemondeàNanterre.
« Ce groupe est une façon de m’intégrer à mon
environnement.Danslarésidencedel’université,
nous sommes un peu coupés des quartiers de
Nanterre.J’aimeraisbiensortirducampusetren-
contrer des Nanterriens », conclut-elle.
GUILLAUME GESRET
Groupe de troc / don sur Nanterre.
buer aux SDF aux abords du Cash. Quelques jours
plus tard, Laëtitia, Karima, Latifa et les autres pré-
parent des repas chauds et des petits déjeuners
complets grâce aux dons d’argent des membres
du groupe Facebook. Karima, la bonne cuisinière
de la troupe, s’occupe de la soupe, la fameuse
chorba, et Latifa se charge de démarcher les com-
merçants nanterriens pour collecter de la nourri-
ture. « Nous avançons de manière artisanale, avec
toute notre énergie, pour effectuer ces maraudes.
L’autre dimanche, nous avons réussi à distribuer
200 repas. » Chaque week-end, le groupe d’amis
s’élargit et s’organise pour transporter les repas
dansunecamionnettequisillonnelesruesdeNan-
terreetdeParis.« Lessans-abrinousaccueillentavec
lesourire,certainscommencentànousreconnaître. »
GUILLAUME GESRET
 Aidons les SDF des Hauts-de-Seine et Paris.
Pendant une maraude du groupe
Facebook « Aidons les SDF des Hauts-
de-Seine et Paris ».
DR
14
Des assos as de com’
ASSOCIATIONS À l’Agora, les bénévoles des associations de la
ville ont accès à des ateliers qui les familiarisent avec les outils de
communication. En janvier, ils ont reçu une initiation à la wiki radio. MATHIASGLIKMANS
Installés dans la mezzanine de l’Agora, les sept
participantsécoutentsagementCatherine,chef
de projet de Radio Agora, qui dispose de deux
heurespourleurprésenterlaligneéditorialede
la wiki radio et les outils techniques indispen-
sables à la prise d’antenne. « Vous verrez, c’est
très simple. L’utilisation des enregistreurs numé-
riques et le logiciel de montage sont très intui-
tifs »,explique-t-elled’emblée.Autourdelatable,
Raphaël,responsabledelasectiondeNanterre
PARTICIPEZ À LA
RÉALISATION D’UNE
FICTION RADIO
delaLiguedesdroitsdel’Homme,n’enperdpas
une miette. « J’aimerais proposer une émission
sur les droits et les devoirs de chacun. J’ai déjà le
découpagedufeuilletonradiophoniqueentête,je
vienscematinpourapprendreàfairedelaradio. »
Rosemine, de l’association Diva, rêve elle aussi
deréaliseruneséried’interviewsdes« anciens »
ayant connu l’époque des colonies françaises.
« Ilsontdeshistoiresàraconter,pleind’anecdotes
qui pourraient éclairer les jeunes générations. »
En attendant de diffuser leurs émissions, les
uns et les autres apprivoisent le matériel. « J’ai
suivi plusieurs ateliers associatifs depuis la ren-
tréeetchaqueséanceesttrèsintéressante,confie
Chantal, de l’association Parole vole. L’objectif
est d’améliorer la communication de notre asso-
ciation. Au départ, je voulais créer un blog mais
jevousavouequemescompétenceseninforma-
tique étaient limitées… » Chantal a donc assisté
auxcourssurledécryptagedupaysageweb,les
logicielslibres,lamessageriegmail…« Cesateliers
m’ont appris beaucoup de choses, les différents
intervenants, graphistes, communicants sont
pédagogues »,estime-t-elle.Pourl’heure,leblog
desonassociationn’estpasencoreenligne.« J’y
travaille, assure-t-elle. Mais ce matin, une autre
idée m’est venue : pourquoi ne pas proposer une
émission à Radio Agora ? »
GUILLAUME GESRET
Renseignements et
inscriptions : Agora, 20, rue de
Stalingrad. Tél. : 01 71 11 43 55.
La philosophie du vivre ensemble
CITOYENNETÉ Un collectif
nanterrien lance une série
de débats sur le thème de la
démocratie. Ce nouveau rendez-
vous, appelé Agora philo,
débute samedi 7 février.
Laphilosophieaideàseforgerunespritcritique.
Un collectif, réunissant des habitants et des
enseignantsdel’universitépopulairedesHauts-
de-Seine, part de ce postulat pour proposer un
cycle de débats philosophiques et citoyens.
L’Agora philo réunira à chaque rendez-vous un
philosopheetunspécialistedelaquestionsou-
levée.Ilsengagerontundébataveclepublic.Le
tout sera enregistré et diffusé sur Radio Agora.
Ces rencontres ne sont (surtout) pas réservées
auxspécialistesdelaphilosophie–chacunétant
libre d’intervenir avec ses mots et sa façon de
raisonner. Le thème de la démocratie sera le
fil directeur des quatre Agora philo de l’année.
Lors de la première soirée, samedi 7 février, le
débatporteraplusspécifiquementsurlalaïcité.
Le public sera dans un premier temps invité à
découvrir le film Iranien de Mehran Tamadon,
dans lequel ce réalisateur iranien athée réussit
à convaincre quatre mollahs, partisans de la
République islamique, de venir habiter et dis-
cuter avec lui pendant deux jours. De ce huis
closémergelaproblématiqueduvivreensemble
en dépit des antagonismes religieux. Patrick
Gatignol, enseignant de l’université populaire
desHauts-de-Seine,apporteraensuitesonéclai-
rage philosophique et introduira la notion de
laïcité pour amorcer le débat avec la salle, en
présence du réalisateur.
G. G.
Samedi 7 février à 20h30.
Tarif : 5,30 euros.
Cinéma Les Lumières, 49, rue Maurice-Thorez.
Renseignements : agora@mairie-nanterre.fr
ou 01 71 11 43 55.
Vous aimez écrire, vous aimez interpréter,
vous aimez jouer avec les sons, vous
voulez prêter votre voix, vous avez envie
de participer à la réalisation d’une fiction
radiophonique ? Alors, contactez l’Agora !
Radio Agora cherche en effet à monter
une équipe afin de réaliser des fictions
radiophoniques qui seront diffusées sur
la wiki radio de Nanterre lors du festival
Déclics en octobre 2015.
Renseignements :
catherine.portaluppi@
mairie-nanterre.fr ou 01 71 11 43 53.
radioagora-nanterre.fr.
Les ateliers associatifs de l’Agora permettent aux associations de maîtriser
leur communication et donc de mieux faire connaître leur action.
15
SOCIAL En février et mars, un groupe de détenus de la maison
d’arrêt de Nanterre va participer à la rénovation de son plateau
sportif. Une initiative de l’association Ensemble contre la récidive,
fondée en 2010 par l’homme d’affaires Pierre Botton, lui-même
ancien détenu. Les explications d’Edith Bizot, responsable des
actions de terrain.
« Apporter un peu
d’humanité en prison »
Quel est l’objectif de ce projet ?
Edith Bizot : Ils’agitd’apporterunpeud’huma-
nité dans la prison et de permettre à des déte-
nus de travailler en étant rémunérés au Smic.
Nous allons refaire la piste d’athlétisme et le
terrain de sport, planter des arbres et installer
des bancs pour se reposer ou faire de la mus-
culation. Les détenus, tous volontaires, seront
sélectionnés par l’administration pénitentiaire
et accompagnés par les entreprises en charge
du chantier. Nous espérons qu’ils seront au
moins douze. Nous avons mené le même type
de projet à la prison de Fresnes, au printemps
dernier. C’était un terrain vague infesté de rats
qui a été complètement transformé, avec no-
tamment la réalisation de fresques le long du
mur d’enceinte.
Pourquoi le travail est-il si important pour
prévenir la récidive ?
E. B : Il apporte de l’estime de soi, de la recon-
naissance et permet d’indemniser les victimes.
C’est un temps qui devient utile pour des gens
qui sont enfermés 23 heures sur 24, parfois
à quatre dans une cellule de 9 m2
. Une telle
expérience provoque souvent un déclic : ils se
rendentcomptequ’onleurfaitconfiance,qu’ils
sont capables de bien faire et ils ont envie de
continuer.
Quels autres projets l’association Ensemble
contre la récidive mène-t-elle ?
E. B : Nous avons mis en place un dispositif
contrelechoccarcéral :diffusionenboucled’un
filmexpliquanttouteslesétapesquiattendent
la personne après sa garde à vue, apposition
d’un panneau sur les droits de l’Homme, instal-
lation de bancs dans les cellules, amélioration
del’hygiènedesdouchesetdestoilettes,etc.La
maisond’arrêtdeNanterread’ailleursétél’éta-
blissementpiloteenjuillet2010et,aujourd’hui,
vingt en France en bénéficient. Pour financer
cela, nous sommes soutenus par plusieurs
mécènes en contact avec Pierre Botton. Le
chantier de Nanterre a reçu, quant à lui, une
aidede50 000eurosduConseilgénéral,viason
appel à projets d’économie sociale et solidaire.
Est-ce difficile de faire changer les choses en
prison ?
E. B : Oui, c’est compliqué car la hantise de la
sécurité domine. Heureusement, depuis un an
etdemi,nousavonslachanced’avoirunedirec-
trice de l’administration pénitentiaire, Isabelle
Gorce, très ouverte et nous espérons étendre
ces actions à d’autres établissements.
PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE FRUCHARD
ensemblecontrelarecidive.com.
EN BREF
Les commerçants
seront de la partie !
ECOZONE Attention, écologie
populaire, concrète et participative en
vue ! Samedi 9 mai, Ecozone, le festival
de l’écologie au quotidien, revient au parc
des Anciennes-Mairies avec sa cohorte de
bons plans, sa bonne humeur et ses stands
ludiques recouvrant des thèmes aussi
variés que l’écoconstruction, le jardinage,
la consommation équitable ou encore la
mobilité alternative. Nouveauté cette année :
les commerçants sont invités à participer en
tenant des stands de vente ou de conseil
en lien avec l’écologie et le développement
durable. Intéressé ? Alors contactez sans
plus attendre la mission écologie urbaine
au 39 92 ou envoyez un courriel à
coralie.richard@mairie-nanterre.fr.
La 378 renforcée
TRANSPORTS La ligne de bus 378,
qui relie la gare RER Nanterre-Ville aux
Courtilles, à Asnières, s’est adaptée aux
besoins des usagers. Depuis le début de
l’année, sa fréquence de passage a été
améliorée et ses horaires étendus en soirée.
Désormais, du lundi au vendredi, un bus
circule toutes les quatre minutes aux heures
de pointe sur le tronçon Victor Basch-
Les Courtilles. Pendant les heures creuses,
un bus passe toutes les sept minutes sur
toute la ligne et, du lundi au dimanche, le
service est étendu jusque 0h30.
Petits mais triés
ENVIRONNEMENT Les consignes
de tri concernant les petits emballages
métalliques évoluent. Désormais, qu’ils
soient petits ou grands, plus aucune
différence ! Vos capsules, opercules,
collerettes, bouchons en acier et en
aluminium peuvent désormais être recyclés
s’ils sont déposés dans le bac jaune.
Si vous avez encore des doutes sur les
consignes, un guide du tri est disponible à
l’hôtel de ville, dans les mairies de quartier
et est téléchargeable sur www.nanterre.fr,
rubrique cadre de vie.
Edith Bizot, responsable des actions de terrain
de l’association Ensemble contre la récidive.
DR
THÉÂTRE La scène du théâtre des Amandiers se peuple peu à
peu d’une, dix, trente puis cent personnes, entrant sur le plateau comme
sur un podium. Ce dimanche 25 janvier, les comédiens sont comptables,
retraités, animateurs, consultants, SDF ou collégiens. Ces cent habitants de
Nanterre, de tous âges et de toutes conditions sociales, ont accepté de se
prêter, pendant une semaine, à une expérience hors du commun : participer
à une performance théâtrale, conçue comme « une sculpture sociale » par
un duo d’artistes portugais, Ana Borralho et João Galante. Inspiré d’une
comptine pour enfants, ce spectacle est la cartographie d’une population,
d’où jaillit des paroles de révolte et d’espoir. Créé en 2011 à Lisbonne, le
spectacle a déjà tourné au Brésil, en Suède et en Italie. Atlas-Nanterre en
est la 26e
déclinaison. Retour en images sur une belle aventure collective et
humaine.
ISABELLE FRUCHARD, PHOTOS MATHIAS GLIKMANS
La bourrasque
Atlas
Le principe d’Atlas est que, tour à tour, chaque participant décline sa profession, son
statut social, ses coups de cœur, avec la même tournure de phrase. Magali murmure :
« Si 58 danseuses en situation de handicap, contraintes de travailler à l’étranger faute
de propositions artistiques en France, dérangent beaucoup de gens… »
Tiago Gandra, l’assistant son et lumière, entouré de Ana Borralho,
à gauche, et de Catarina Gonçalves qui coordonne le groupe.
Dimanche 25 janvier, dernier échauffement avant le spectacle.
Première répétition, lundi 19 janvier. Sur la grande scène du théâtre des Amandiers,
les participants se présentent et parlent de ce qui les anime. Au centre, le metteur
en scène, Ana Borralho, et ses assistants collectent toutes ces informations.
« Le moment des histoires » : crescendo, puis decrescendo,
les performers d’Atlas vont livrer leur histoire au public.
16
Séances d’embrassades pour favoriser la
bienveillance, l’absence de jugement et
l’énergie positive du groupe.
Une partie du groupe pendant le spectacle.
Avec Atlas, l’ambition d’Ana Borralho et João
Galante est de créer « une sculpture sociale ».
Une danse endiablée comme moyen
de conjurer le trac avant le spectacle.
À la fin du spectacle, les participants goûtent les
applaudissements d’une salle pleine à craquer.
Mohamed, 33 ans, vendeur de thé ambulant et comédien d’un jour, offre
à tous les participants une tournée générale après le spectacle.
17
Pour vaincre la crise du logement et fluidifier les parcours résidentiels, la ville actionne tous les leviers. De la
construction de logements sociaux, en accession libre ou encadrée à la rénovation du bâti ancien, en passant
par des opérations de démolition-reconstruction et la recherche de solutions innovantes, petit tour d’horizon
d’une politique qui vise à offrir à chacun un logement qui correspond à ses moyens et à ses besoins.
∞ Interview d’André Cassou, adjoint
au maire délégué à l’habitat ������������ P 19
∞ 600 logements livrés en 2014 �������� P 20
∞ Logement social : transparence
et équité ����������������������������������������������� P 21
∞ Fini le loyer, vive la propriété ! �������� P 22
∞ Deux générations, un même toit �� P 23
∞ Mon premier chez moi���������������������� P 23
∞ Une aide gratuite pour rénover
son logement ������������������������������������� P 24
∞ Aotep ne perd pas la Boule ������������� P 25
∞ Démolir pour reconstruire ��������������� P 25
∞ En 2015 et 2016, la ville poursuit
ses efforts ������������������������������������������� P 26
LOGEMENT :
MOBILISATION À
TOUS LES ÉTAGES !
À LIRE DANS CE DOSSIER
DOMINIQUEJASSIN
19
DOSSIER
Nanterre est-elle une ville attractive ?
AndréCassou :Oui,Nanterreestunevilleattrac-
tive à plus d’un titre. Elle compte davantage
d’emplois que d’habitants, elle est dotée d’un
incomparable réseau de transports et elle pré-
senteuneoffredelogementsdiversifiéequel’on
ne trouve pas dans les villes limitrophes. Nan-
terre dispose également de réserves foncières
qui en font un véritable réservoir à projets.
La médaille de l’attractivité a-t-elle un
revers ?
A. C. : La pression sur le logement social et la
spéculation financière en sont les principales
conséquences. Nanterre compte 19 000 loge-
ments sociaux et nous en attribuons environ
1 000 par an. Alors que les demandes sont en
progression constante avec 80 demandeurs de
plus par mois, la mobilité a fortement diminué
en dix ans. Et nous savons, par le biais du nou-
veau système d’enregistrement régional, que
les demandes continuent et continueront à
affluer (1)
.
Deuxième point : l’augmentation des prix qui
touche le secteur privé comme le public. Ainsi,
54 % des loyers sont conventionnés mais ils ne
sontpastousaumêmeprix.Ilsvarientde3 euros
le m² pour une construction ancienne à 7 euros
le m² dans le neuf, le tout sans les charges. Cela
n’estpasàlaportéedetouteslesboursesetpeut
créer une rupture dans le parcours résidentiel,
mêmedanslelogementsocial.Àl’achat,lesprix
duneufsontpassésde2 500 eurosà5 300euros
lem²endixansetlecoûtd’unlogementancien
n’est guère moins élevé.
Quelle politique la ville met-elle en œuvre
pour faire en sorte que chacun puisse se
loger à Nanterre ?
A. C. : D’abord, Nanterre construit et construit
beaucoup.En2014,nousavonslancé1 472loge-
ments.C’est,aprèsParis,lavillequiconstruitle
plus en Île-de-France. Ensuite, nous appliquons
le principe de la diversité sociale en proposant
à la fois de l’accession à la propriété, libre et
encadrée, du logement locatif avec priorité au
social et du logement pour étudiants. Le par-
coursrésidentiels’entrouvefacilité.Nousallons
également créer des logements locatifs inter-
médiairesdanslecadreduprogrammelocalde
l’habitat intercommunal. Quant au dispositif
NanterreHabitatPlus,destinéauxpropriétaires
de logements anciens, il permet de rénover les
habitations dégradées et de lutter contre la
précarité énergétique.
Le conseil municipal a adopté un vœu pour
étendre à Nanterre l’encadrement des loyers,
une des dispositions de la loi Alur (2)
. Allez-
vous être entendus ?
A. C. : À long terme, nous aurons gain de cause
carNanterren’estpaslaseulevilleàdemander
l’encadrement des loyers. À court terme, cela
semble plus difficile. Seule Paris intra-muros a
étéagrééaumotifqu’iln’yapasd’observatoire
capable de vérifier l’état des loyers en Île-de-
France. Ce qui reste à prouver…
Qu’apporte le programme local de l’habitat
intercommunal (PLHI) en matière de
résorption de la crise du logement ?
A. C. : Nous avons élaboré, avec Suresnes et
Rueil,unprogrammed’investissementtrèsam-
bitieux.Ilfixeà12 000lenombredelogementsà
construiredanslessixprochainesannées,dont
6 500 à Nanterre. S’il se doit de répondre aux
besoins des habitants, l’objectif pour Nanterre
est ambitieux : 1 000 logements par an, c’est
10 programmes à suivre simultanément ! Se
pose également la question du financement
du logement social auquel la ville apporte
des subventions en plus du financement de
la surcharge foncière. À la fin de l’année, c’est
plusieurs millions d’euros pris sur le budget
de la ville dans un contexte financier déjà très
contraint.
Et le plan local d’urbanisme (PLU),
actuellement en révision, comment peut-il
agir en faveur du logement ?
A.C. :LePLUreprendtouteslesorientationsdu
PLHI :constructiondelogementsdiversifiésavec
une part de 40 % de logements sociaux, mixité
sociale, parcours résidentiel… Il fixe également
des objectifs aux bailleurs sociaux en matière
de rénovation de leur patrimoine.
Quand on parle réserve foncière à Nanterre,
on pense immédiatement aux Groues.
Concernant l’aménagement de ce secteur,
quel est votre souhait ?
A.C. :QueceonzièmequartierdeNanterresoit
unquartieràéchellehumaine :4 500logements
d’ici 2025, cela nous semble raisonnable. Ces
constructions nous permettraient de reloger
deshabitantsduParc-SudetduChemin-de-l’Île
pourréintroduiredelamixitédanscesquartiers.
C’est ce que nous avons fait au Petit-Nanterre
et aux Provinces-Françaises, dans le cadre des
opérations de rénovation urbaine.
PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE FRUCHARD
ET SOPHIE BOCARD
(1) 19 500 personnes ont cité Nanterre parmi leurs choix de
résidence en Île-de-France.
(2) Loi du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et un
urbanisme rénové (Alur).
Entretien avec André Cassou, adjoint au maire délégué à l’habitat.
CLAIREMACEL
André Cassou, adjoint au maire
délégué à l’habitat.
« APRÈS PARIS,
NANTERRE EST LA VILLE QUI CONSTRUIT
LE PLUS EN ÎLE-DE-FRANCE »
LIVRÉS EN 2014
500 m
La Défense
COLOMBES
LA GARENNE-
COLOMBES
COURBEVOIE
SURESNES
CHATOU
RUEIL-MALMAISON
PUTEAUX
BEZONS
HOUILLES
CARRIÈRES-SUR-SEINE
Gare Nanterre-
Université
Gare Nanterre-
PréfectureGare
Nanterre-Ville
Parc
André-
Malraux
Parc des
Chènevreux
la
Seine
N A N T E R R E
500 m
République
Chemin-de-l'Île
Vieux-Pont
Université
Parc Nord
Parc
Sud
La Boule-
Champs
Pierreux
Centre
Plateau -
Mont-Valérien
Petit Nanterre
République
Chemin-de-l'Île
Vieux-Pont
Université
Parc-Nord
Parc-
Sud
La Boule-
Champs
Pierreux
Centre
Plateau -
Mont-Valérien
Petit-Nanterre
Université
Paris X
Hôtel
de ville
Centre
hospitalier
Max-Fourestier
Préfecture des
Hauts-de-Seine
Tribunal
de grande
instance
Hôtel du
département
600 logements livrés en 2014
Locatif
social
Accession
libre
Accession
encadrée
Les logements livrés en 2014
À Nanterre, quand on parle construction de logements, on pense souvent aux Terrasses et aux quartiers de
l’Université et du Petit-Nanterre bénéficiant de projets de renouvellement urbain et social (Prus). Pourtant,
en 2014, ce sont d’autres programmes immobiliers, souvent de moindre importance et donc moins visibles,
qui ont essaimé en ville. Que cela soit en accession libre à la propriété, en locatif social ou en accession
encadrée, en 2014, 600 nouveaux appartements ont été livrés.
Rue de l’Avenir
6, rue
Ampère
70, av.
Hoch
Rue Germaine-Tillion
Rue de
Bezons
10
Total
1515
5252
67
2828
8282
110
49
3232
5252
84
1818
3030
48
14
59-61
rue Henri-
Barbusse
2, rue de
Saint-Cloud
24-26
rue Pasteur
344-356
av. Georges-
Clemenceau
3737
6060
97
1717
5454
117117
188
20
DOSSIER
600 LOGEMENTS
À Nanterre, quand on parle construction de logements, on pense souvent aux Terrasses et aux quartiers
de l’Université et du Petit-Nanterre bénéficiant de projets de renouvellement urbain et social (Prus).
Pourtant, en 2014, ce sont d’autres programmes immobiliers, souvent de moindre importance et donc
moins visibles, qui ont essaimé en ville. Que cela soit en accession libre à la propriété, en locatif social ou
en accession encadrée, en 2014, 600 nouveaux appartements ont été livrés.
21
DOSSIER
TRANSPARENCE ET ÉQUITÉ
Beaucoupdecandidats,peudereçus.L’offrede
logements sociaux en Île-de-France est très en
deçà des besoins, et Nanterre n’échappe pas à
cettesituation.Malgrédeseffortssubstantiels
de la ville – qui compte 56 % de logements so-
ciaux (1)
etenprévoit40 %danschaquenouveau
programmedeconstruction (2)
–,lalistedesde-
mandeurss’allongeinexorablement.Ilsétaient
3 390 en mai 2013, près de 300 de plus un an
plus tard (3 670 en mai 2014). À cela s’ajoute
unemobilitéàl’intérieurduparcdelogements
sociaux beaucoup plus faible qu’auparavant,
liée à la perte du pouvoir d’achat qui met un
freinàl’évolutionduparcoursrésidentiel.Cette
pénurierendd’autantplusimportantelabonne
compréhension des procédures d’attribution.
Ainsi, la ville, qui est dite « réservataire », au
mêmetitrequed’autresorganismes(Conseilgé-
néral,bailleurssociaux,1 %logement…),dispose
d’un certain nombre de logements à attribuer,
en contrepartie de son effort de financement
d’une partie des programmes de construction.
Chargé de mission « parcours résidentiels » au
servicemunicipaldel’habitat,BenjaminNeuville
LOGEMENT SOCIAL :
Comment les logements sociaux sont-ils attribués ? Du côté de la ville
comme de l’office municipal HLM, l’ancienneté de la demande reste le
critère prédominant. Explications.
expliquelesdifférentesétapesquigarantissent
l’équité dans le traitement des dossiers : « Les
bailleurs sociaux (3)
nous préviennent lorsqu’un
logement se libère. Nous proposons trois candi-
dats enregistrés dans notre logiciel, répondant
à deux critères : les ressources qui doivent être
au moins trois fois supérieures au loyer et la
composition du ménage devant correspondre
à la typologie du logement. Nous hiérarchisons
ensuitecescandidatsenfonctiondel’ancienneté
deleurdemandeetdel’urgencedeleursituation.
C’estensuitelebailleurquiexamineledossieren
commission d’attribution. »
Plus de transparence
À l’office municipal HLM, qui possède environ
la moitié du parc social de la ville, le critère de
l’anciennetéestégalementprédominant.Lefait
d’habiteràNanterreoud’ytravaillerpèseégale-
ment, l’objectif de la municipalité étant d’attri-
buer 70 logements sur 100 à des Nanterriens.
Afin d’améliorer la transparence dans ce qu’on
appelle les mutations, c’est-à-dire les déména-
gementsauseinduparcsocial,l’officeamisen
placeen2013unbarèmedesmutations.« C’est
un système de points dans lequel nous prenons
en compte l’ancienneté dans le logement, mais
égalementlasuroccupation,lesquartierschoisis
et le nombre de secteurs demandés », indique
Patrice Marchal, président de la commission
d’attributiondel’officemunicipalHLM.Ducôté
de la ville, l’objectif est de mettre en place un
nouveausystèmeinformatiquepermettantaux
demandeursdeconnaîtrel’avancéedeleurdos-
sier et de l’actualiser le cas échéant.
ISABELLE FRUCHARD
(1) La loi « Duflot » du 18 janvier 2013 fixe à 25 % la part
de logements sociaux dans les communes de plus de
1 500 habitants en Île-de-France.
(2) 40 % de logements sociaux pour tout programme de
plus de 1 200 m2
, à l’exception des grands quartiers
d’habitat social.
(3) Parmi les principaux, on peut citer l’office municipal
HLM, Hauts-de-Seine Habitat et la Logirep.
Où adresser sa demande de logement ?
Pour faire une demande de logement, il faut d’abord remplir deux formulaires. Le premier est
un document national qui permet d’attribuer un numéro unique régional. Le second est un
questionnaire spécifique à la mairie de Nanterre. Ces formulaires sont disponibles à l’accueil
de l’hôtel de ville, dans les mairies et antennes de quartier, et sont téléchargeables sur le site
Internet de la ville : www.nanterre.fr/cadre de vie/logement-habitat.
Ensuite,pourconstitueretdéposersademandedelogement,ilfauts’adresserauservicehabi-
tat. Deux conditions sont exigées pour y déposer un dossier : résider à Nanterre ou y travailler
(en CDI) depuis plus d’un an.
I. F.
Service habitat : niveau 1 de l’hôtel de ville, 88-118, rue du 8 Mai 1945. Ouvert du lundi
au vendredi de 8h30 à 13h15, sauf le jeudi matin. Samedi matin uniquement sur
rendez-vous au 39 92.
Qui sont les
demandeurs ?
Environ1 000logementssociauxsontattri-
buéschaqueannée.Parmiles3 670deman-
deurs de logements sociaux, 1 000 ont fait
leursdémarchesdepuismoinsd’unan,35 %
sont sur la liste d’attente depuis un à trois
ans et 35 % depuis plus de trois ans. 62 %
des demandeurs sont déjà logés dans le
parc social, dont la moitié sont des jeunes
décohabitants. Sur l’ensemble des deman-
deurs, 38 % ont moins de 30 ans et n’ont
pastoujourslesressourcesnécessairespour
accéder au logement social. 44 % sont en
situationprécaire(chômage,CDD,intérim)
et 40 % ont des ressources très faibles.
I. F.
DOMINIQUEJASSIN
22
DOSSIER
VIVE LA PROPRIÉTÉ !
Devenir propriétaire grâce à un prix du mètre
carréinférieurde25à30 %parrapportàceluidu
marché :c’estleprincipedel’accessionencadrée.
Depuis2006etconformémentàl’objectifdéfini
parleProgrammelocaldel’habitat(PLH),laville
négocieunepart(environ10 %)delogementsen
accession encadrée dans un certain nombre de
programmesdeconstruction.Dansdessecteurs
telsquelesTerrasses,l’écoquartierHoche,lesZAC
Sainte-Geneviève ou encore Rouget-de-Lisle, ce
dispositif est rendu possible grâce à un effort
conjuguédelamairieetdesaménageurs(Semna
et Epadesa), ces derniers consentant à un prix
de vente minoré des terrains. L’accession enca-
drée est réservée aux ménages sous conditions
deressources,enprioritéauxNanterriensvenus
du parc social. Précisons cependant, face aux
nombreuses demandes infructueuses, qu’il est
nécessaired’avoirunapportpersonnelsuffisant
et des ressources régulières pour en bénéficier.
En contrepartie, ces nouveaux propriétaires
doivent se soumettre à des clauses antispécu-
latives pendant sept ans, en cas de revente de
leur logement. Par ailleurs, le bien est acheté à
titrederésidenceprincipaleetnepeutpasêtre
misenlocation.Nouveautédepuis2013,lespro-
priétairesd’unlogementenaccessionencadrée
quisouhaitentacquérirunnouvelappartement
peuventresterdansledispositif.Autotal,365 lo-
gements en accession encadrée ont été livrés
depuis 2006, et 101 autres devraient être com-
mercialisés en 2015 (lire ci-dessous).
ISABELLE FRUCHARD
• L’inscription s’effectue par
courrier dans lequel est précisé
que l’on habite ou travaille à Nanterre, adressé au
service habitat de la ville qui transmet ensuite les
demandes aux promoteurs. Depuis 2009, ce sont ces
derniers qui instruisent les dossiers.
Service habitat, hôtel de ville, BP 1406,
92014 Nanterre Cedex.
• L’Association départementale d’information sur le
logement (Adil) propose des conseils gratuits pour
élaborer un plan de financement avant l’achat d’un
logement. Sur rendez-vous au 08 20 16 92 92.
Adil, 17, rue Salvador-Allende.
DOMINIQUEJASSIN
Sous certaines conditions, la ville donne un coup de pouce aux
aspirants propriétaires. Gros plan sur l’accession encadrée.
Centre / Sainte-Geneviève
5, rue de la Croix
Programme En Aparté, dans le cadre
de l’opération de la ZAC Sainte-Geneviève
15 logements
République
• Rue Anatole-France / 
avenue de la République
Programme Les voiles blanches
43 logements
• Avenue Gallieni
Dans le cadre de l’opération de l’usine
du Docteur Pierre (site Natalys),
25 logements
Aspirants propriétaires, des programmes immobiliers comprenant
une part de logements en accession encadrée sont en cours de
construction. À bon entendeur…
FINI LE LOYER,
Vieux-Pont
Rue Thomas-Lemaître (ex Bateau)
58 logements
Petit-Nanterre
• 353-357, avenue de la République
Programme Les passages République
31 logements
• 426, avenue de la République
Programme Atrium
50 logements
• 450, avenue de la République
63 logements
Parc
• Jardins de l’Arche, programme One,
9 logements
Université
• 41, boulevard des Provinces-Françaises
Programme Quartett, dans le cadre
de l’opération Cœur de quartier
18 logements
• Boulevard des Provinces-Françaises
Programme Les Hauts de jardin, dans
le cadre du projet de renouvellement
urbain et social du quartier
49 logements
• Boulevard Emile-Zola / 
boulevard Honoré-de-Balzac
Secteur dit des Bizis
70 logements
• Boulevard du 17 octobre 1961 /
boulevard Soufflot
Programme Green Home, Terrasse 9,
dans le cadre de l’opération Seine-Arche
31 logements
LES PROGRAMMES À VENIR
Devenir propriétaire : un rêve qui peut
devenir réalité avec l’accession encadrée.
MON PREMIER
SOUS UN MÊME TOIT
CHEZ MOI
L’appartement est situé au quatrième étage
d’un immeuble neuf donnant sur la place Nel-
son-Mandela.Clairetspacieux,ilaccueilledepuis
six mois deux générations d’habitants et trois
parcoursdevie.IlyalàMoussa,77ans,retraité,
dontlasantéestfragile ;Aminata,28ans,mère
célibatairededeuxjeunesgarçonsetAminata,
31 ans, employée intérimaire dans le secteur
de la restauration collective. Jusqu’en août der-
nier,lajeunefemmevivaitchezsesparents.« Je
voulais être autonome et je cherchais un T2 à
Nanterre », explique-t-elle. Mais la décohabita-
tions’avèredifficilecomptetenudel’irrégularité
de ses revenus. « C’est une assistante sociale de
la ville qui m’a proposé cette solution, poursuit
Aminata.Audébut,j’étaisunpeuréticente,jene
voyais pas les choses comme ça… Finalement,
ça se passe super bien ! J’apprends à connaître
mescolocsetjejouevolontiersaveclesenfants. »
Solidaires
Pour 300 euros par mois charges comprises et
dans le cadre d’un bail d’un an, Aminata béné-
ficie d’une chambre de 10 m² et de sanitaires
qu’elle partage avec la seconde Aminata. Le
logement compte trois chambres supplémen-
taires – deux pour la petite famille et une pour
Moussa–deuxsallesdebains,unsalon-cuisine
etunbalcon.Letoutdansunappartementmo-
derneetconfortable,aupieddeLaDéfenseetà
quelquesmètresdelagaredeRERNanterre-Pré-
fecture. « Chacun fait ses courses et s’occupe de
sonlinge,préciseAminata.Pourleménage,c’est
deux fois par semaine à tour de rôle. Et pour les
repas, ça dépend des occupations et du rythme
de chacun. En semaine, nous dînons rarement
ensemblemaisilnousarrivedepartagerunplat
le week-end. Moi, j’aime bien cuisiner pour les
autres ! »
Pour favoriser le bon fonctionnement de la
vie en collectivité, les colocataires signent une
« charte du vivre ensemble » et les équipes de
l’association Habitat et Humanisme, qui gère
le logement, assurent un suivi, personnalisé
si besoin. Pour certaines personnes, l’habitat
intergénérationnelconstitueuneétapedansun
parcours de vie fragilisé par l’isolement ou les
accidents de la vie. Dans tous les cas, l’accom-
pagnement encourage la solidarité entre les
résidents.
SOPHIE BOCARD
Le saviez-vous ?
Le concept est simple : faire cohabiter
dans la même habitation des personnes
degénérationsdifférentespourrésoudre
les problèmes de logement et d’isole-
ment. Une idée mise en pratique pour
lapremièrefoisen1997enEspagneavec
le programme « Vivir y convivir ». Depuis
une dizaine d’années maintenant, il se
développe en France, notamment grâce
au travail de plusieurs associations.
CLAIREMACEL
Àpeinelestravauxachevésennovembre,lavilla
Clotaire a immédiatement trouvé preneurs. Il
faut dire que ce foyer de jeunes travailleurs
flambant neuf est idéalement situé en plein
centre-ville. Géré par l’association Relais accueil
du Vallona, qui dispose de deux autres foyers
à Nanterre-Préfecture et à Courbevoie, la villa
Clotairecomprend24logements,quinzestudios
simplesetneufdoublespourlescouples.Ilssont
réservés aux jeunes de 18 à 25 ans, en situation
de travail, de recherche d’emploi ou de forma-
tion,ayantentre650et1 350eurosderessources
Trouver un logement pas cher tout en tenant compagnie à quelqu’un
qui en a besoin : le logement intergénérationnel, encore méconnu en
France, rapproche les générations à Nanterre.
Le foyer de jeunes travailleurs : une solution temporaire et utile avant d’intégrer un logement vraiment
autonome. L’exemple de la villa Clotaire qui vient d’être inaugurée.
23
DOSSIER
mensuelles. « C’est un hébergement temporaire,
d’une durée d’un an, renouvelable une fois, une
étape intermédiaire entre le départ de la famille
etl’appartementpérenne  »,expliqueJean-Baptiste
Kieffer, directeur de l’association. Les jeunes y
trouvent des services communs, cuisine, salon
avectélévisionetaccèsInternet,buanderiebon
marché… Une équipe de conseillères en écono-
miesocialeetfamilialeetdetravailleurssociaux
est également à leur disposition.
« C’est la même vie que dans un autre immeuble,
avec des habitants très sages et d’autres plus fê-
tards », assure Jean-Baptiste Kieffer qui, parfois,
doit rappeler les consignes en matière de vivre
ensemble ou de consommation énergétique.
Reste que, selon lui, une grande majorité de
résidentssortentplusmûrsdecetteexpérience,
avec un emploi stable ou un vrai projet profes-
sionnel.Signesmoinspositifs,laduréemoyenne
deséjour,autourdevingtmois,commeletemps
d’attentepourobtenirunstudio,quatremois,se
sont allongés, symptômes d’une crise du loge-
ment qui touche d’abord les jeunes.
ISABELLE FRUCHARD
DEUX GÉNÉRATIONS
Moussa et Aminata sont colocataires.
En plein cœur du centre ancien, la cour Saint-Germain
a bénéficié du dispositif communal OPAH-RU.
24
DOSSIER
UNE AIDE GRATUITE
POUR RÉNOVER SON LOGEMENT
Réaliser des devis, trouver le bon entrepreneur,
financersonprojet…Pourpeuquel’onsoitbien
conseillé, faire des travaux dans son logement
ne vire pas toujours au cauchemar. Avec Nan-
terreHabitatPlus,opérationaniméeparlePact
Paris / Hauts-de-Seine / Val-d’Oise,lesNanterriens
peuvent bénéficier d’un accompagnement per-
sonnalisé et de conseils techniques gratuits
pour la réalisation de leur projet.
Pour qui ?
Nanterre Habitat Plus s’adresse aux proprié-
taires et copropriétaires privés, occupants ou
bailleurs, qui prévoient des travaux d’améliora-
tiondeleurlogementoudespartiescommunes
de leur immeuble. Ce dispositif municipal, re-
conduit au mois de septembre 2014 pour cinq
ans, est soumis à conditions, parmi lesquelles
leniveaude revenu pourlespropriétairesoccu-
pants et le montant des loyers pratiqués pour
les propriétaires bailleurs.
Pour quoi ?
Au-delà de l’assistance gratuite pour la défini-
tion du projet et des conseils tout au long de
la réalisation des travaux, le dispositif offre un
accompagnementdanslarecherchedefinance-
ments auprès des organismes publics.
Tous types d’interventions de rénovation et
d’amélioration de l’habitat sont éligibles à
l’accompagnement technique. Toutefois, pour
obteniruneaidefinancière,prioritéestdonnée
aux travaux d’amélioration thermique permet-
tant de réaliser des économies d’énergie, de
réhabilitation de l’habitat dégradé et d’adapta-
tion au vieillissement. Nouveauté cette année :
un appel à candidature est lancé en direction
des copropriétés voulant effectuer des travaux
d’amélioration thermique ambitieux.
Comment ?
Le Pact Paris / Hauts-de-Seine / Val d’Oise a été
choisi par la ville pour animer l’opération. Pour
bénéficier de son expertise, il suffit de prendre
rendez-vous,dulundiauvendredide9hà12het
de14hà17h.L’équipeduPactvouspermettrade
définirprécisémentvotreprojet,vousexpliquera
quelles sont les possibilités de financement et
d’accompagnement.
CHRISTELLE GARANCHER
PACT Paris / Hauts-de-Seine /
Val-d’Oise,
101, avenue Jules-Quentin à Nanterre.
Renseignements et rendez-vous : 01 55 17 19 68
ou nanterrehabitatplus@pact-habitat.org.
UN DISPOSITIF POUR
LUTTER CONTRE
L’INSALUBRITÉ
Pour résorber l’habitat indigne qui
touche principalement les logements
privés et revitaliser le centre ancien,
Nanterre a lancé en 2009 une opéra-
tion programmée d’amélioration de
l’habitat de renouvellement urbain
(OPAH-RU). L’objectif de ce dispositif,
qui a pris fin en 2014, était d’éliminer
l’habitatanciendégradétoutenpréser-
vant le patrimoine bâti et d’améliorer
lecadredevieduquartier.Encinqans,
plusde500logementsontbénéficiédu
dispositif et plus 5 millions d’euros de
travaux ont été engagés.
C. G.
DR
CLAIREMACEL
Depuis 2001, 1 900 logements ont bénéficié de travaux de rénovation
dans le cadre du dispositif Nanterre Habitat Plus. Le 28 janvier, la ville
a lancé la quatrième édition de l’opération. Détails et nouveautés.
Dans cet immeuble du Mont-Valérien, des travaux
d’isolation thermique ont été réalisés avec l’aide
de Nanterre Habitat Plus.
25
DOSSIER
AOTEP
DÉMOLIR
NE PERD PAS LA BOULE
POUR RECONSTRUIRE
C’est un grand ensemble qui se vide. Bientôt, il
laissera place à de nouveaux immeubles, plus
petits, qui s’inscrivent dans la requalification
globale de la place de la Boule, nouvelle entrée
de ville en 2030 du fait de l’arrivée du métro
Grand Paris Express.
Ici,onl’appelle« labarreAotep ».Situéàl’angle
desavenuesJoliot-CurieetGeorges-Clemenceau,
l’immeublede17étagesconstruitaudébutdes
années soixante sera bientôt démoli. Parce
qu’uneréhabilitationlourdedubâtiment,souf-
frantdevétusté,n’auraitpaspermisd’offrirun
meilleurcadredevieàseshabitants,lebailleur
social France Habitation et la ville ont signé,
le 11 avril 2013, un protocole d’accord pour sa
démolition-reconstruction. Une décision suivie
de la signature d’une charte de relogement, le
9 juillet 2013, avec l’amicale de locataires CNL
(Confédération nationale du logement). Ce
document officiel, outil indispensable pour la
prise en compte la plus fine des besoins des
familles vivant dans les 289 appartements
de l’immeuble, a permis d’ouvrir une enquête
socialepourdéterminerlesattentesdechacun,
du choix du quartier au type de logement, en
passant par le niveau des loyers.
Dix-huit mois plus tard, près de 130 ménages
ontétérelogés,lamoitiédansdesprogrammes
immobiliers neufs situés à proximité, avenue
Clemenceau et rue de Saint-Cloud, mais aussi
dans le secteur Hoche.
Tourner la page ensemble
Mais,àl’heuredudéménagement,abandonner
lâchementleurssouvenirsetlaisserl’âmedece
lieu emblématique se perdre dans les cartons
estimpossiblepourleshabitants.Unprojetmé-
moireadoncétéengagépourgarderunetrace
de ces cinq décennies qui ont vu défiler tant
de familles nanterriennes. Porté par la ville et
l’associationdedéveloppementsocialdeFrance
Habitation, le projet Arbre vise à valoriser ce
passé riche de vivre ensemble et à maintenir
uneviesocialedansl’immeublependantlerelo-
gement. Actuellement en cours d’élaboration,
en partenariat avec l’association Sangs Mêlés,
il sera officiellement lancé, avec les habitants
qui en deviendront les acteurs principaux, au
printemps.
CHRISTELLE GARANCHER
Mieux comprendre
L’Insee fait le distinguo entre popula-
tion municipale, population comptée
à part et population totale.
Lapopulationmunicipale(90 722habi-
tants) comprend les personnes ayant
leur résidence habituelle sur le terri-
toire, les personnes sans-abri et celles
résidant dans une habitation mobile
recensée dans la commune.
La population comptée à part
(2 016 habitants) comprend les per-
sonnesdontlarésidencehabituelleest
dansuneautrecommunemaisquiont
conservéunerésidencesurleterritoire.
La population totale (92 738 habi-
tants) est la somme de la population
municipale et de la population comp-
tée à part.
MAIRIEDENANTERREXXX
3 554. C’est le nombre de logements construits à
Nanterreentre2008et2013.Etcestroisdernières
années, le phénomène s’est accéléré avec la livrai-
son de 712 logements par an en moyenne. De son
côté, la population municipale n’a augmenté que
de 0,4 % par an. Ainsi, selon les chiffres de l’Insee
publiésle29décembre,90 722personnes(lireenca-
dré) vivaient à Nanterre au 1er
janvier 2012.
Étonnant ? Pas tant que ça ! Dans notre ville, les
nouvelles constructions permettent en partie de
relogerlesfamillesconcernéesparlesdeuxprojets
derenouvellementurbainsetsociauxprogrammés
dans les quartiers du Petit-Nanterre et de l’Univer-
sité. S’y ajoutent des opérations de démolition-re-
constructionplusponctuelles,commecelledelacité
dite« duBateau »,maisaussicelledel’immeublede
la place de La Boule (289 logements) et de l’allée
Buffon (70 logements). Et, parfois, décohabitation
desjeunesoblige,ilfauttrouverplusieurslogements
pourunemêmefamille !Depuis2007,plusd’untiers
des logements sociaux neufs construits l’ont été
pourrenouveleretaméliorerleparcsocialdelaville.
CHRISTELLE GARANCHER
Vouée à la démolition, la barre
de la place de la Boule voit ses
habitants partir un à un. Pour
ne pas oublier le passé de ce
bâtiment emblématique, un
projet mémoire est en cours
d’élaboration.
Plus une ville construit de logements, plus sa population augmente : cette
idée reçue a la dent dure . À Nanterre, les chiffres prouvent le contraire.
L’immeuble situé à l’angle
des avenues Joliot-Curie
et Georges-Clemenceau
commence à se vider. Il sera
démoli pour laisser place à de
petites unités d’habitation.
TRIMESTRE 1 TRIMESTRE 2 TRIMESTRE 3 TRIMESTRE 4
2015
1 34, rue Maurice-Thorez
2 Rue des Primevères
6 340, avenue Georges-Clemenceau
7 Bd Emile-Zola/bd Honoré-de-Balzac
8 12, rue Waldeck-Rochet
4 41, bd des Provinces-Françaises
5 Rue Anatole-France/
avenue de la République
3 5, rue de la Croix
Accession
encadrée
Locatif
social
Accession
libre
34, rue Maurice-Thorez
Rue des Primevères
41, bd des Provinces-Françaises
Bd Emile-Zola/
bd Honoré-de-Balzac
Rue Anatole-France/
avenue de la République
18 logements
en accession libre
31 logements
en locatif privé
5, rue de la Croix
2
1
3
5 340, avenue
Georges-Clemenceau
6
7
4
Programme Quartett dans le cadre
de l’opération Cœur de quartier
Secteur des Bizis
Programme En Aparté
Programme Les Voiles Blanches
354 logements
157 logements
137 logements
44 logements
70 logements
Une résidence hôtelière
avec 104 studios
55
Locatif social
Accession
encadrée
Accession
libre
Accession
encadrée
Locatif
social
Locatif
social
Accession
libre
Locatif
socialLocatif
social pour
étudiants
47
Résidence
sociale
pour
jeunes
actifs
50
Locatif social
pour étudiants18
Accession
encadrée
66
Accession
libre
118
Logements
privés pour
étudiants
+
43
26
45
18
25
47
47
88
15
54
Crédit:Nexity
Crédit:AFL-Spirit
Crédit:GroupeBatiterre
Crédit:Domaxis
Crédit:Eiffage/PhilippeDubois
Crédit:Eiffage/PhilippeDubois
Crédit:Boudoin-Bergeron
Accession
encadrée
Locatif
social
12, rue Waldeck-Rochet
8
33 logements
20
13
Crédit:ClaireMacel
Locatif social
Accession
libre
26
DOSSIER
LA VILLE
POURSUIT SES EFFORTS
Aperçu non exhaustif des programmes qui sortiront de terre en 2015 et 2016.
2016
TRIMESTRE 1 TRIMESTRE 2 TRIMESTRE 3 TRIMESTRE 4
1 57, rue Joffre
2 Bd du 17 Octobre 1961
4 Bd des Provinces-Françaises
5 353-357, av. de la République
6 121, rue des Trois-Fontanot
7 Rue Jean-Jaurès et
rue Thomas-Lemaître
3 426, avenue de la République
121, rue des Trois-Fontanot57, avenue Joffre
1
68 logements
27
41
Crédit:Bouyguesimmobilier
Accession
libre Locatif
social
Bd du 17 Octobre 1961
2
147 logements
33
3183
Crédit:ZundeletCristea/Bouygues
426, av. de la République
3
70 logements
Crédit:ToursPromotion,SamyTabet
Accession
libre
Locatif
social
Locatif
social
Accession
encadrée
Accession
encadrée
Bd des Provinces-Françaises
4
6
129 logements
31 logements
40
49
40
Crédit:Bouyguesimmobilier
Crédit:CalqArchitecture
Accession
libre Accession
libre
Accession
encadrée
Locatif
social Locatif
social
Les Hauts de Jardin
19
12
Programme Atrium
Programme Green Home
Terrasse 9
50
20
353-357,
avenue de la République
5
103 logements
Crédit:Bouygues/Quadrifiore
Locatif
social
Accession
encadrée
Programme Les Passages République
50
20
Rue Jean-Jaurès et
rue Thomas-Lemaître
(ex-Bateau)
7
153 logements
Crédit:DR
Accession
à la propriété
Locatif
social
95
58
27
DOSSIER
28
DOMINIQUEJASSIN
Un sourire et beaucoup d’altruisme
PETIT-NANTERRE ∞ Maïssa
Goudy a lancé l’association Le
sourire de Neyila pour venir en
aide aux personnes hospitalisées
et aux sans-abri.
Acteur de son quartier
EN VILLE ∞ Les conseils de
quartiers évoluent. Afin de
renforcer la participation des
habitants au collectif d’animation
de ces instances participatives,
un appel à volontaires est lancé.
Petit-Nanterre de 33 ans. Elle décide alors de
déposerlesstatutsdesapropreassociation.« Je
viens toujours en aide aux sans-abri mais, paral-
lèlement, j’effectue des visites dans les hôpitaux
auprès des personnes seules. »
MaïssaGoudyappellesonassociationLesourire
de Neyila, en hommage à sa fille qui lui donne
l’énergie de se battre tous les jours. Très vite,
elle prend contact avec l’hôpital Max-Foures-
tieretsigneuneconventiondepartenariatavec
l’établissementquisetrouveàcôtédechezelle.
Entouréedequelquesamis,Maïssaserenddeux
fois par mois au chevet des patients. « Je lance
aussi des appels de don sur Facebook quand je
vois des enfants malades issus de familles défa-
vorisées. » En quelques mois, une quarantaine
de bénévoles la rejoignent. Tous effectuent
également des maraudes pour apporter de la
nourriture et des kits d’hygiène aux sans-abri.
« Je suis très surprise de l’engouement autour de
moi. Je reçois d’innombrables soutiens. »
GUILLAUME GESRET
 le sourire de Neyila
grâce à l’adaptation constante de ces rendez-
vousauxattentesetauxnouveauxbesoinsdes
habitants, ainsi qu’aux enjeux de territoire en
constante évolution.
Cette année, le collectif d’animation chargé
de veiller au bon fonctionnement des conseils
de quartier, d’établir l’ordre du jour, de fixer
les dates de réunions et d’assurer le suivi des
pointstraitésestremodelé.Désormais,untiers
d’élus, un tiers de citoyens tirés au sort et un
tiers d’habitants volontaires le composent. Les
habitants qui souhaitent se porter volontaires
peuventdéposerleurcandidatureparmail.Une
opportunité offerte à tous, pour porter la voix
de son quartier.
CHRISTELLE GARANCHER
Dépôt des candidatures :
appelavolontariat.conseilsdequartier@mairie-
nanterre.fr.
En juin 1977, le conseil municipal de Nanterre
créelespremiersconseilsdequartiersd’Europe.
Depuis bientôt quarante ans, ils permettent
aux habitants de participer activement à la vie
de leur quartier. Aménagement, équipements
publics, gestion des déchets, transports… tous
lessujetsysontabordés.Unelongévitéacquise
Il lui a fallu un déclic pour convertir ses bonnes
intentions en actes. Maïssa a frôlé la mort l’an
dernier. « La maladie m’a aidée à prendre du
recul. Cela fait longtemps que je voulais aider
les démunis, mais j’étais prise par le travail et
les obligations vaines. » En sortant de l’hôpital,
elle se rapproche d’un ami qui effectue béné-
volement des maraudes dans les rues de Paris.
« J’ai rencontré des personnes très humaines. On
dit souvent que les gens sont égoïstes, mais ce
n’estpasvrai !Entoutcas,pastoutlemonde.J’ai
discuté avec des bénévoles qui sont solidaires et
généreux. Seulement, ils ne le crient pas sur les
toits. » Cette vision positive de la société contri-
bue au rétablissement de cette habitante du
L’association Le sourire de Neyila effectue des
maraudes auprès des SDF et des visites aux
malades du Cash.
CLAIREROBERT
29
DR
CLAIREMACEL
Homme-femme : mode d’emploi
Depuis deux ans, la compagnie du Théâtre du bout du monde travaille autour
des relations filles-garçons via une pièce d’Aristophane, Lysistrata.
PETIT-NANTERRE/CHEMIN-DE-L’ÎLE ∞ La compagnie du Théâtre du
bout du monde donne la parole aux jeunes de Nanterre, Asnières et
Colombes dans une pièce qui aborde l’épineuse question des relations
hommes-femmes. À découvrir samedi 28 février.
pouvoir. Une première version de la pièce a été
donnée l’an dernier suite à une série d’ateliers
menés avec les jeunes fréquentant le centre
social Hissez Haut. Dans le spectacle présenté
àlasalledesfêtesdeNanterre,lesadolescents
donnaient la réplique à quatre comédiens pro-
fessionnels et à quatre résidents du Cash. « Le
théâtre est une façon de valoriser la parole des
jeunes. La mise en scène et le texte leur offrent
eneffetuncadre.Ilspeuventainsiexprimerleurs
points de vue », explique Philippe Guérin, direc-
teur de la compagnie du Petit-Nanterre.
Plus loin pour l’égalité
Depuis la rentrée de septembre, la troupe du
Théâtre du bout du monde a élargi son projet
enassociantlecollectifMasquesquiintervient
auprès des adolescents de Colombes et d’As-
nières. « Nos collègues travaillent davantage sur
lacomédieetlejeudemasque,poursuitPhilippe
Guérin. Notre sensibilité nous amène, de notre
côté, à questionner la citoyenneté des jeunes et
à leur offrir une place pour les exprimer. »
Une trentaine d’adolescents de Nanterre, Co-
lombes et Asnières participent au projet. Tous
serassemblerontdurantlesvacancesdefévrier
pourcréeruneformethéâtralecommune,qu’ils
présenteront à la maison du Chemin-de-l’Île.
« Lysistrata reste la trame du spectacle. Mais je
peux affirmer que la pièce n’aura plus rien à voir
avec la première version. Elle sera le fruit des
improvisations et des histoires des jeunes des
trois communes. »
GUILLAUME GESRET
Samedi 28 février à 16 heures,
Maison du Chemin-de-l’Île,
61-63, bd du Général-Leclerc.
Renseignements : 01 47 84 23 38.
Depuis deux ans, le directeur de la compagnie
part d’une comédie grecque écrite en 411 avant
Jésus-Christ pour réfléchir sur la discrimination
et l’équilibre entre les garçons et les filles dans
lemonde.Lysistratad’Aristophanemeteneffet
en scène des femmes qui se révoltent contre
la domination des hommes et prennent le
Cœur de quartier : les commerces doivent ouvrir en 2015 !
UNIVERSITÉ ∞ L’Établissement public d’aménagement de La Défense
Seine Arche (Epadesa), maître d’ouvrage de l’opération Cœur de
quartier, épingle l’enseigne Casino qui semble retarder l’ouverture de
sa moyenne surface.
de mise en exploitation.
Dansuncourrierdatédu17décembre,l’Établis-
sement public d’aménagement de La Défense
Seine Arche, maître d’ouvrage de l’opération, a
rappelé à l’enseigne Casino qu’il était impératif
que le supermarché ainsi que les boutiques
associées puissent ouvrir dans les meilleurs
délais. « Tout retard supplémentaire mettrait en
causel’engagementprisparlesdifférentsacteurs
du projet d’assurer la continuité commerciale du
site », est-il précisé. Les commerces existants
doiventeneffetfermeraucoursdel’année2015.
S. B.
Nanterre info en faisait état dans son numéro
de janvier : l’opération Cœur de quartier prévoit
l’implantation de 5 390 m² de surfaces com-
merciales acquises par Casino, comprenant un
supermarchédetaillemoyenneetcinqsurfaces
plus petites.
Initialement prévue en juin 2015, puis en sep-
tembre, l’ouverture du supermarché au public
serait désormais annoncée pour le mois de
novembre. Sans compter que les autorisations
administratives,notammentencequiconcerne
l’aménagementd’unétablissementrecevantdu
public (ERP), conditionnent également la date
Dans le quartier de l’Université, on devine déjà
les coques commerciales de Cœur de quartier.
30
MATHIASGLIKMANS
CLAIREMACEL
La Mission locale en perm’
CHEMIN-DE-L’ÎLE / UNIVERSITÉ ∞ La Mission locale ouvre deux
permanences dans les quartiers pour aider les jeunes à entrer dans la
vie active.
Place au jeu !
À la Lud’Hoche, trois matinées par semaine sont
réservées aux assistantes maternelles et aux
enfants dont elles s’occupent.
Nadia Dalal, conseillère à la Mission locale.
CHEMIN-DE-L’ÎLE ∞ Le jeu
rassemble ! Démonstration
à la Lud’Hoche, la nouvelle
ludothèque du Chemin-de-l’Île.
Précisersonsouhaitdeformation,sepréparerà
unentretiend’embauche,décrocherunpremier
emploi… Dans le parcours semé d’embûches
que constitue pour les jeunes l’entrée dans la
vie active, le soutien de la Mission locale est
précieux. Afin de mieux faire connaître ce ser-
vice,despermanencessontmisesenplacedans
plusieurs quartiers. Après le Petit-Nanterre en
2003, le Parc en 2007, c’est au tour du Chemin-
de-l’Îleetdel’Universitédebénéficierdecenou-
veau service. Un jeudi sur deux en alternance,
au centre social et culturel des Acacias et à la
maison Daniel-Féry, Nadia Dalal, conseillère en
insertion professionnelle, reçoit individuelle-
ment les jeunes pour les aider à construire leur
projet professionnel. « Je m’efforce de les rendre
autonomes dans leur recherche d’emploi ou de
formation. Ils doivent comprendre que cela met
du temps, mais qu’en général ça marche. D’ail-
leurs, je croise régulièrement des jeunes que j’ai
accompagnés et qui ont décroché un CDI. »
Lorsque d’autres freins apparaissent, comme
des soucis de santé ou de logement, Nadia
oriente son jeune public vers les interlocuteurs
EN CHIFFRE
2 007jeunes ont été suivis
par la Mission locale en 2014.
adaptés. Cette première phase de maturation
conduitensuitenaturellementles16-25ansvers
la maison mère : la MEF (Maison de l’emploi et
de la formation). Place de la Boule, toute une
série d’ateliers (simulation d’entretien, rédac-
tion de la lettre de motivation et du CV, tech-
niquesderecherched’emploi,etc.)sontlàpour
les booster. « Et si ils ne sentent pas à l’aise en
groupe, ils peuvent toujours revenir me voir ! »,
ajoute Nadia.
Les permanences de la mission locale sont ou-
vertes à tous les 16-25 ans non scolarisés avec
ou sans rendez-vous.
ISABELLE FRUCHARD
Les Perm’ de la Mission locale
• Centre social et culturel
des Acacias, 1, rue des Sorbiers, un jeudi sur deux
(semaine impaire), de 14h à 18h. Tél. : 01 47 29 13 12.
• Maison Daniel-Féry, 10, boulevard Jules-Mansart, un
jeudi sur deux (semaine paire), de 14h à 18h.
« JeproposelecolonelMoutarde,avecuncouteau
danslacuisine »,formulelentementSaoudatou
à ses trois camarades de jeu. Comme tous les
mercredis,lesquatrecopinesde10et12ansne
rateraient pour rien au monde leur après-midi
jeuàlaLud’hoche.Ellesyontdéjàappristoutes
sortesdejeux,etcejourlà,avecleCluedo,elles
découvrent le plaisir de se glisser dans la peau
dudétective.Àlatablevoisine,SamietAymen,
cinqans,s’endonnentàcœurjoiepourappuyer
leplusvitepossiblesurlasonnetted’HalliGalli,
alors que leurs copains du centre de loisirs Arc
en ciel ont jeté leur dévolu sur la trousse du
docteur et la mallette de bricolage.
Ouverte le 18 octobre dernier, au pied d’un des
immeubles de l’écoquartier Hoche, la nouvelle
Lud’hoche a conquis très vite son jeune public.
« Nous avons acheté beaucoup de jeux, plus de
500, et les enfants peuvent maintenant en em-
prunter, explique Lucie Verrière, l’une des deux
animatrices du lieu. En général, ils sont attirés
parceuxqu’ilsconnaissentetc’estànousdeleur
en faire découvrir de nouveaux. »
Ens’installantdansdeslocauxflambantneufs,
laLud’Hocheagrandementgagnéenespace,en
luminositéetadoubléseshorairesd’ouvertureà
destinationdesdifférentspublics,enfantsbien
sûr, mais aussi parents et assistantes mater-
nelles. Depuis le mois de janvier, elle sort aussi
de ses murs et se rend le jeudi après-midi au
foyer des Sorbiers et à la Maison du Chemin-
de-l’Île, en alternance. Une façon de susciter
des rencontres conviviales autour d’une bonne
partie de dames ou de dominos !
ISABELLE FRUCHARD
La Lud’Hoche, espace Hoche,
31, avenue de la Commune-de-
Paris. Tél. : 09 53 14 07 18. Cotisation : 5 € par an.
Soirée jeux de société ouverte à tous,
vendredi 13 février de 18h à 21h.
31
CLAIREMACEL
DOMINIQUEJASSIN
Son foyer, sa bataille
Arrivé en France à neuf ans, ce père de quatre
enfants a dû quitter l’appartement familial de
la cité Berthelot à la suite de son divorce.
Depuisplusdequinzeans,AzouaouAïdhabite
dans une petite chambre du foyer Adoma de
la rue des Sorbiers, comme 520 autres rési-
dents, pour la plupart travailleurs ou retraités
migrants. Deux tours de seize étages dont
Azouaou Aïd connaît les moindres recoins
et les nombreuses failles. Ce matin de début
janvier, devant la porte obstinément ouverte
d’un des deux ascenseurs du bâtiment A, ce
retraité de 64 ans, originaire de Tizi Ouzou, se
désespère. « Parfois, les deux ascenseurs sont
Azouaou Aïd (à gauche) devant un ascenseur en panne aux côtés d’un autre membre du comité de
résidents, Taher Berzaque.
CHEMIN-DE-L’ÎLE ∞ Défendre les conditions de vie au foyer
des Sorbiers : c’est la lourde tâche qui incombe à Azouaou Aïd,
membre du comité de résidents.
en panne. L’autre jour, une infirmière est venue
pour faire une piqûre d’insuline et a dû grimper
quinze étages à pied. Je ne pense pas qu’elle re-
vienne une deuxième fois… Il faudrait remplacer
cesascenseursquidatentde1969,maisonnous
dit que c’est trop cher. Alors on fait du bricolage
pourlesréparer,maisçanetientpaslongtemps. »
Danslevastehalld’entrée,Azouaousaluedeux
messieurs âgés assis sur le radiateur, faute de
sièges. « Avant, ici, c’était une salle de télévision
avec des fauteuils. On y jouait aux dominos »,
soupirent-ils.
Au service de ses voisins
Depuis2006,AzouaouAïdestunintermédiaire
précieuxentrelasociétéAdoma,propriétairedu
foyer, et les résidents. Avec deux autres loca-
taires,ilparticipeaucomitéderésidentsquise
tientchaquetrimestre,parfoisplusenfonction
desurgences.Àforcedebatailler,ilobtientpar-
fois des petites victoires. Ainsi, depuis le mois
de février, quatre agents de sécurité ont été
recrutés entre 18 heures et 5 heures du matin
pour empêcher les intrusions extérieures. « Je
ne baisse jamais les bras », confie Azouaou qui
a exercé toutes sortes de métiers : magasinier,
agentdebureau,commercial…Sonénergietou-
joursintacte,illametaujourd’huiauservicede
ses nombreux voisins.
ISABELLE FRUCHARD
Le prix du loyer d’une chambre
au foyer des Sorbiers va de
100 € à 471 € en fonction des revenus des résidents.
Les berges bucoliques entrent en Seine
CHEMIN-DE-L’ÎLE / PETIT-NANTERRE ∞ Sur près de trois kilomètres,
entre le pont de Bezons et Rueil-Malmaison, les berges de Seine
nanterriennes se refont une beauté.
Les trois kilomètres de promenade plantée en
borduredefleuveretrouveront,d’iciàmai2016,
tout leur attrait. Le conseil général des Hauts-
de-Seine vient en effet d’engager des travaux,
cofinancés par la ville, de réhabilitation des
berges de Seine qui cheminent à Nanterre. Ces
aménagementssecaractérisentparlarevégéta-
lisationdestalusquiontsouffertdel’érosion,la
réhabilitationdelapromenadebasselelongdu
fleuve (elle deviendra ainsi accessible à tous), la
rénovationd’ouvragesexistantspouroffrirplus
depointsdevueetlapréservationdesespaces
naturels.Enoutre,146arbres,21 111arbusteset
139 m2
de surface parsemée de plantes semi-
aquatiques seront plantés.
Ce programme fait partie du projet de recon-
quête des 39 kilomètres des berges de Seine
dudépartement.Lespremierstravauxontcom-
mencé en 2010 avec, entre autres chantiers, la
constructiondelapasserellepiétonneauniveau
de la darse de la ZAC des Guilleraies.
CHRISTELLE GARANCHER
4,5 millions d’euros (hors achats de végétaux),
dont 1,327 million financé par la ville de Nanterre,
ont été engagés pour rénover les berges de
Nanterre. Sur cette photo, la passerelle piétonne
construite lors de la première phase des travaux.
32
La cause du logement
Q
uiestcettefemmequivitdansunecaravane
à 150 km de Paris ? Qui est cette femme de
86ansqueleConsuld’Algérievientvoir,dans
ce camping loin de tout, pour prendre des
nouvelles ?Quiestcettefemmequiarompu
avec sa famille et ses amis à l’âge de trente
ans pour vivre aux côtés des Algériens parqués dans
le bidonville de Nanterre ? Pour le savoir, il faut rouler
pendant deux heures en direction de Troyes. Monique
Hervo habite au bord d’un étang, au milieu de grands
arbres, dans une petite caravane équipée du strict mini-
mum : un lit une place, un bureau et une kitchenette.
« Les sanitaires sont à 50 mètres, c’est pratique ! » Cette
femme ne possède rien, à l’exception d’une Fiat Panda
d’occasion. « Le confort m’embarrasse, on perd du temps
avec le matériel, la vie est ailleurs… »
Sa vie, elle l’a consacrée aux immigrés. Tout débute en
1959,aumomentoùelleétudieauxBeaux-ArtsdeParis
et fréquente une bande d’amis qui connaît le sculpteur
César.MoniqueHervodécouvrealorsdansunquotidien
dusoirl’existencedesbidonvillesauxportesdeParis.« J’ai
décidédem’yrendreavecdescopinespourcomprendreet
discuter avec ceux qui vivent dans ces baraques. » Cette
zone laissée à l’abandon, cernée par la police en pleine
guerred’Algérie,estdécritecommedangereuse.Monique,
avecladéterminationdeses30 ans,franchitleseuildu
bidonvilleoùelleestreçueàbrasouvertsparlesfamilles
qui lui offrent le thé et ne demandent qu’à rencontrer
desFrançais.Dixmillepersonnesviventlà,surleterrain
vaguedelaFolie,entasséesdansdescabanonssanseau,
niélectricité.« Unincendievenaitdeseproduire.J’aivoulu
les aider à reconstruire les cabanes. » Le soir, Monique
reste sur place. Elle ne le sait pas encore, mais elle va
vivre douze ans dans le bidonville de Nanterre…
Partisane de l’indépendance
Très vite, elle épouse la cause algérienne. « Je suis une
enfant de la Seconde Guerre mondiale, l’occupation alle-
mande à Paris m’a marquée. Je ne supportais pas que les
Françaisoccupentl’Algérie. »Laguerreestomniprésente
dans la vie de Monique Hervo. Depuis sa plus tendre
enfance,elleentendsonpèreressassersessouvenirsde
14-18. À 16 ans, elle brancarde les rescapés du camp de
Buchenwald.« C’estlàquej’aidécouvertjusqu’oùpouvait
conduire la haine de l’autre. »
En 1960, la jeune femme refuse de porter les valises
pour le FLN. Elle préfère rester visible en aidant les
familles dans le bidonville. La nuit, la pression policière
estinsoutenable.Lesfouillesaveclesbergersallemands
sontquotidiennes.« Le17octobre1961,leshabitantsdes
bidonvillesontvoulumanifesteràParis,maislapoliceles
attendaitsurlepontdeNeuilly.Ilsonttirédansletas :au
moins 300 hommes ont été tués, certains jetés dans la
Seine. »MoniqueHervoad’ailleurstémoignéen1999au
procès de Maurice Papon, préfet de l’époque, décrivant
les horreurs commises en ce jour funeste.
Après la guerre d’Algérie, elle n’abandonne pas le bi-
donville. « J’étais déterminée. J’ai tout quitté pour aider
mes amis à trouver un logement, à vivre dignement. Je
ne voyais plus mes parents et mes amis parisiens. Ils ne
comprenaient pas mon engagement. » Elle passe ses
journées à remplir des dossiers de demande de loge-
mentetrefusederejoindreuneassociation,oupire,un
partipolitique.« Jesuisunefemmelibre,lesassociations
dépendent des subventions et les partis politiques mani-
pulentetlouvoient ! »En1971,lebidonvilledelaFolieest
rasé.Ellea42ans,pasdemari,nid’enfants.« J’aifaitdes
choix, je ne les regrette pas. » La Cimade lui offre alors
son premier emploi. Celle qui n’avait jamais touché un
salaire s’occupe de reloger les travailleurs africains rési-
dant dans les hôtels meublés, puis de résorber les cités
de transit de Nanterre. « Je me suis battue pour trouver
des appartements pendant treize ans. »
Mémoire du bidonville
À 57 ans, elle se retire en Savoie chez une amie pour
se replonger dans ses notes et enregistrements audio
réalisés dans le bidonville. Son premier livre – Nanterre
en guerre d’Algérie, Chroniques du bidonville – sort aux
éditionsduSeuil.Quelquesannéesplustard,ActesSud
publie Demain, demain, Nanterre, bidonville de la Folie,
1962-1966,unebandedessinéedontelleestl’auteuravec
LaurentMaffre :« C’estcapitaldelaisserunetracedecette
époque.LesAlgériens,qu’ilsviventenFranceoudel’autre
côté de la Méditerranée, ne savent pas grand-chose de
cette période. »
Elle qui a vécu aux premières loges l’arrivée des popula-
tions venues des anciennes colonies françaises estime,
avec le recul, que l’intégration a très mal fonctionné.
« Les Français n’ont pas dialogué, ils ont voulu mettre les
immigrésdansunmoule.Maiscelanemarchepascomme
ça. Aujourd’hui, je constate que les gens ont peur, que
les enfants d’immigrés sont frustrés. Les communautés
se replient, les filles mettent le voile alors que leur mère
ne le mettaient pas, et certains enfants de la troisième
génération rejettent avec violence la société française. »
À l’écart du monde, dans sa caravane, Monique prépare
unnouveaulivrepourrevenirsurlesproblématiquesdu
logementchezlesimmigrés.« À86ans,jepréfèrevivreà
deuxheuresdeNanterre,sinonjeseraistoujoursinvitéeà
boire le thé chez des amis ! » Ici, Monique a au moins la
tranquillité pour écrire et la nature pour rêver.
GUILLAUME GESRET
PHOTO CLAIRE MACEL
Nanterre en guerre d’Algérie,
Chroniques du bidonville paru au Seuil,
28,99 euros.
Demain, demain, Nanterre, bidonville de la Folie, 1962-1966, paru
chez Actes Sud, 23,40 euros.
MONIQUE HERVO
MONIQUE HERVO A VÉCU PENDANT DOUZE ANS DANS
LE BIDONVILLE DE LA FOLIE, SOLIDAIRE DES FAMILLES
MAGHRÉBINES QUI Y ÉTAIENT PARQUÉES.
33
DATES CLÉS
1929
Naissance à Paris
1959-1971
Active dans le bidonville
de Nanterre
1973-1979
Salariée à la Cimade
1979-1986
Mission de résorption des
cités de transit à Nanterre
2001
Parution du livre Chroniques
du bidonville au Seuil
2012
Diffusion et mise en ligne
du documentaire http://
bidonville-nanterre.arte.tv
34
CLAIREMACEL
BASKET C’est sans filet, en toute honnêteté et avec volubilité
que Pascal Donnadieu, le coach de la JSF Nanterre réputé pour sa
discrétion, s’est prêté au jeu des petits papiers. La règle de l’interview
est simple : un mot tiré au sort, une réaction.
Joueur français de légende
« Alain Gilles d’abord, décédé il y a quelques
semaines, parce que c’est un joueur qui, dans le
contexte du basket actuel, aurait pu jouer dans
un club européen ou en NBA. Et il a été fidèle
à Villeurbanne avec qui il a tout gagné. Et puis
TonyParker.Ungarçonaupalmarèshorsnorme. »
Ambition
« Notre faculté à Nanterre est d’avoir essayé de
conserver un certain état d’esprit tout en ayant
del’ambition.Pourpartirduniveauleplusbaset
monter comme nous l’avons fait, il faut en avoir.
Oui, j’ai beaucoup d’ambition, je ne supporte pas
de perdre. Mais avoir de l’ambition ce n’est pas
claironneràdroiteetàgauchequ’onveutgagner
ci ou ça, c’est se donner les moyens d’aller tou-
jours plus loin et le travail que l’on met en place
avec les joueurs. »
Mam Jaiteh
« C’estungarçonquiaénormémentprogresséet
nous lui souhaitons le meilleur. Nous faisons en
sorte qu’il soit bon collectivement et qu’il s’épa-
nouisse pour concrétiser ses ambitions : jouer en
NBA. C’est un objectif très élevé et, aujourd’hui,
je pense que sportivement il est dans les clous. »
En avant Guingamp
« Cela fait partie des belles rencontres que l’on
peut faire [l’an dernier, les staffs des deux clubs
se sont rencontrés, NDLR]. Tout est parti de
deux de nos supporters également supporters
de Guingamp. Nos parcours respectifs et notre
philosophie commune ont fait le reste. Le sport
est un monde parfois superficiel et pas toujours
très authentique, mais pas avec eux. Ça fait plai-
sir. Et puis, étant Breton et très attaché à cette
région, je pense que ça a renforcé les liens. »
Collectif
« C’est un mot très important pour moi, car on
peut assembler plein de joueurs sans que l’os-
mose prenne. Ici, on a toujours considéré le col-
lectifcommecapital.Ilfautsedonnerlesmoyens
d’avoir un collectif fort, et un collectif fort passe
parlerespectsurleterrainetendehorsmaisaus-
si par l’épanouissement des joueurs qui doivent
se sentir bien dans leurs baskets. »
Co-leader
« C’est notre situation actuelle [l’interview a été
réaliséele13janvier,NDLR].Seretrouverentête
avec Strasbourg et Limoges, deux équipes profi-
léespourl’Europe,etêtresuivipardesformations
commeVilleurbanneetLevallois,c’estunegrosse
performance. Pas sûr que les gens s’en rendent
compteetsurtoutqu’ilsacceptentquel’onpuisse
rétrograder.Denotrecôté,nousrestonslucideset
savouronscemomentcarçapeutvitechanger. »
EuroChallenge
« C’est une compétition que je prends très au
sérieux. J’ai dit aux joueurs qu’une saison très
réussieseraitd’allerleplusloinpossibleenEuro-
Challenge en participant au Final Four même si
ça risque d’être compliqué. »
Formation
« De tout temps à Nanterre, on a considéré que
c’étaitimportantetc’estdevenuunephilosophie.
Notreobjectifestdepermettreàpleindejeunes
Nanterriens de jouer au basket, de s’éclater en
faisantunsportcollectif.J’estimequelesportc’est
l’école de la vie. Nous remplissons là un rôle de
coachspourlapartietechniquemaisaussid’édu-
cateurs. »
Leaders Cup
« Lefaitd’yparticiperestpournousunepremière
victoire, car seules les huit premières équipes
des phases allers du championnat sont sélec-
tionnées. Certains y voient une compétition au
rabais mais, à quelques jours du rendez-vous, ils
bataillenttouspouryêtre.Pasmoi.C’estlaseule
compétitionfrançaise,etelleesttrèsélevée,que
nous n’avons pas gagnée avec Nanterre. J’espère
que cette année le public nanterrien se mobili-
sera, contrairement à l’an dernier. J’étais déçu du
manque de soutien. »
PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTELLE GARANCHER
Leaders Cup : les 20, 21 et
22 février à Disneyland Paris.
Renseignements abonnés
et non-abonnés auprès de
lucie.rigaudeau@jsfnanterre.com.
EuroChallenge : dernier match du Last 16 à domicile
contre Le Mans : mardi 17 février à 20h30. Places en
vente sur wwww.jsfnanterre.com.
Pascal Donnadieu, coach de la JSF Nanterre.
Dans les petits papiers de Pascal Donnadieu
Dan Carter en ciel et blanc
En 2017, le Racing Métro 92 quittera
son historique stade Yves-du-Manoir
à Colombes pour fouler la pelouse
synthétique de l’Arena à Nanterre (lire
p. 10). Mais avant cela, le club connaî-
traunmomenthistoriqueavecl’arrivée,
fin 2015 après la coupe du monde, de
l’ouvreur vedette des All Blacks, Dan
Carter.À32 ans,lejoueurnéo-zélandais,
recordman des points inscrits en sélec-
tion (1 457 en 102 matchs) s’est engagé
pourtroissaisonsavecleclubfrancilien.
Dan Carter a déjà fréquenté le Top 14
en 2008-2009 sous les couleurs du club
de Perpignan. Blessé au talon d’Achille,
il n’avait pu disputer que cinq matchs,
mais avait néanmoins hérité d’un titre
de champion de France.
SOPHIE BOCARD
Prochain match
Racing Métro 92 / ASM
Clermont, samedi 21 février, stade Yves-du-
Manoir, 12, rue François-Faber à Colombes.
racing-metro92.com.
35
CLAIREMACEL
Ils mesurent tout juste 1,50 m et font déjà
quelques prouesses avec leurs crampons aux
couleurs clinquantes. Tous ont un rêve : per-
cer dans le football. Mais cela reste un rêve
de gosse. En grandissant, ils prennent vite
conscience que les élus se comptent sur les
doigts de la main. Chez les apprentis de l’école
de football de l’ESN, qu’ils évoluent ou non en
compétition, cela semble déjà assimilé. Ous-
man Diaby et ses éducateurs sportifs se font
undevoirdeveilleràcequeleursélèvesgardent
la tête sur les épaules. Sur le terrain du stade
Gabriel-Péri, la grosse tête à l’entraînement ou
aprèsunevictoiren’apassaplace.Outrelatech-
Les jeunes pousses du ballon rond
FOOTBALL Depuis plusieurs années, l’école de foot de l’Entente
sportive nanterrienne (ESN) fait le plein. Un succès lié à l’engouement
national mais aussi à l’ambiance et aux valeurs insufflées par le club.
nique, l’équipe éducative est là pour « inculquer
des valeurs, car leur transmission fait partie de
notretravail »,expliqueDjamelLayachi,l’undes
quatreentraîneursdescatégoriesU12etU13(U
signifiantUnderou« moinsde »,12et13ansen
l’occurrence).
Rien que du plaisir !
Lerespect,leplaisiretlegoûtdel’effortsontle
leitmotiv de chaque entraînement des U8, U9,
U10, U11, U12 et U13. « Pour éviter la champion-
niteaiguë,iln’yapasdeclassementchezlesplus
petits. Cela commence chez les U12 seulement,
continue Ousman Diaby, le responsable de
l’école de foot. Pour eux, nous n’imposons au-
cun objectif de résultat. Il faut juste qu’ils jouent
sérieusement », poursuit-il.
Ici, pas d’individualité qui vaille non plus ! Tout
le monde a sa place dans l’équipe, le collectif
étant la base du jeu. « Prendre les meilleurs, ce
n’estpasnotrepolitique.Nousvoulonsquetous
lesenfantsjouentaumoinsunefoistouslesdeux
matchs et sur les deux mi-temps à chaque fois »,
poursuitlecoach.Mais,sirigueuretassiduiténe
sontpasaurendez-vouslorsdesentraînements,
la sanction peut tomber : suspension pour les
prochains matchs ou entraînements. « L’état
d’esprit, la combativité, c’est aussi ça le foot »,
justifieDjamel.Etlarecettesemblefonctionner
puisque aujourd’hui les moins de 12 et 13 ans
caracolententêtedeleurchampionnatenpre-
nant du plaisir et en produisant du beau foot.
CHRISTELLE GARANCHER
Les U12 et U13 à l’entraînement au stade Gabriel-Péri.
Dan Carter, l’ouvreur vedette des All Blacks,
rejoindra le Racing Métro 92 fin 2015.
RACINGMETRO92
36
Le spectacle continue !
À un mois de la représentation, les répétitions
vontbontraindanslagrandesalledelamaison
du Chemin-de-l’Île. Le Club amitié et loisirs des
seniors prépare Mozart, l’âge d’or. La deuxième
partie de ce spectacle musical, initié en 2012,
sera présentée à la fin du mois sur la scène de
la Maison de la musique. « C’est un gros travail
et un véritable défi pour les participants, insiste
Carole Sainturat, l’animatrice, qui compte
17 spectacles à son actif. Mais ça leur apporte
beaucoup. » Travail de la mémoire, confiance
en soi, dynamisme… c’est aussi pour certains
le moyen de traverser des périodes de deuil ou
de maladie. « Les costumes et les décors sont
entièrement réalisés par les adhérents, ajoute
Eric Frémont, le directeur du club. C’est un pro-
jet qui rassemble toutes les bonnes volontés. »
Linda,80 ans,monterasurscènepourlasixième
foisavecsonjolibrindevoix :« J’aitoujoursaimé
chanter. L’an dernier, j’interprétais la mère de
Mozart. Cette année, je chante le Requiem. »
Quant à Gérard, 73 ans, un grand monsieur au
regard rieur, il interprète l’intendant du roi. Il
estégalementl’undespiliersdel’atelierthéâtre
qui assure cette année la première partie du
spectacle musical. Il endossera donc plusieurs
rôlesetenchaîneralesdeuxreprésentationsde
PHOTOSCLAIREMACEL
COMÉDIE MUSICALE Le deuxième opus de Mozart, l’âge d’or, le
spectacle musical proposé par le Club amitié et loisirs des seniors
sera joué le 28 février à la Maison de la musique. En attendant, en
coulisses, c’est l’effervescence !
l’après-midi. « Ça va être physique mais, quand
on est sur scène, on retrouve sa jeunesse. Et ça,
c’est magnifique ! »
SOPHIE BOCARD
Dormez je le veux de Georges
Feydeau et Mozart, l’âge d’or,
samedi 28 février à 14h et 18h, Maison de la musique,
8, rue des Anciennes-Mairies.
Réservation au Club des seniors : 01 46 69 96 35.
Pour le 17e
spectacle du Club amitié et loisirs des seniors, Mozart,
l’âge d’or, ils sont 35 à monter sur scène pour deux représentations.
Séance d’essayage. Les costumes, comme les
décors, sont réalisés par les adhérents du club.
Inspiré de l’opéra rock Mozart, le spectacle mêle chant, comédie et danse.
37
L’Hemingway iranien
LITTÉRATURE Sa vie est une aventure et il pourrait être un
personnage de roman. Entraîneur de boxe, réfugié politique,
communiste, Issa Safa est aussi l’auteur de textes politiques sur
l’Iran. Son dernier ouvrage, Le Séparé, récit d’un nomade d’Iran, est
un roman qui rend hommage à la culture nomade perse. Rencontre.
les islamistes d’Iran ont volé la révolution au
peuple de gauche.
À Nanterre, notre homme, âgé de 59 ans, est
surtout connu pour être entraîneur de boxe au
gymnasePablo-Picasso.Aujourd’hui,quandonle
croise au pied des tours Aillaud, l’« Hemingway
iranien » a le sourire. Avec son bel accent perse,
ilnousannoncequ’ilvientdepublierunroman
auxéditionsL’Harmattan.« Jereviensàmespre-
mièresamours,lalittérature.Danscelivre,jefais
revivre la culture nomade de mon enfance… »
Issa Safa est en effet né dans une grande tribu
du Nord-Ouest de l’Iran, victime de la pression
dugouvernementduShah.« Lesnomadessont
unpeuplerebelle,fieretinsoumis »,précise-t-il.En
bonhéritierdesaculture,ilsouhaiteaujourd’hui
perpétuer les belles histoires racontées en fa-
mille, les chants et les danses au coucher du
soleil. « J’ai imaginé une épopée héroïque d’un
nomade vivant en Iran. Le récit mêle des faits
réels, des personnages de ma famille et des his-
toires imaginaires. »
Un autre regard sur l’Iran
Le récit d’Issa Safa nous plonge dans les pay-
sagesmajestueuxdel’Iran.Lestyleemprunteau
réalisme magique où le héros croise des djinns
etadoptedespanthères.JamaisLeSéparé,récit
d’un nomade d’Iran ne tombe dans la nostalgie
cafardeuse. L’auteur porte au contraire un
regard optimiste sur son héros, qui est certes
coupé de sa tradition mais aspire à devenir un
rebelle moderne. « À travers ce roman, j’ai envie
d’aider les jeunes à rêver leur vie. » Ce livre parle
à tous les déracinés, à tous les opprimés à qui
on interdit de parler leur langue maternelle
et de promouvoir leur culture ancestrale. « Je
m’adresse à la fois aux Iraniens, qui ont accès
à une traduction gratuite en perse sur Internet,
pour leur redonner de l’espoir. Et j’écris aussi
pour rappeler aux Français que tous les Iraniens
ne sont pas des mollahs. À commencer par le
peuple nomade qui accorde une grande place
auxfemmesetquiaunrapportquejequalifierais
de folklorique à la religion. »
GUILLAUME GESRET
Le Séparé, récit d’un nomade
d’Iran, éd. L’Harmattan, 18,50 €.
CLAIREMACEL
Avec sa carrure massive, sa moustache fournie
et sa chemise rouge, Issa Safa ne passe pas
inaperçu. Ce réfugié iranien vit à Nanterre de-
puis qu’il a fui le régime de l’ayatollah Khomei-
ny en 1982. Engagé au parti communiste, il
a publié d’innombrables articles politiques
dans les journaux de la diaspora iranienne. Il
est également l’auteur d’un livre remarquable
sur Khomeiny, qui explique comment, en 1979,
Rock the Casbah !
MUSIQUE DU MONDE Les
samedis 7 et 14 février, la scène
nanterrienne accueille un beau
plateau de musique, tout droit
venu d’Algérie.
met un point d’honneur à rendre hommage à
sarégionnatale,laKabylie.Àtraverssestextes
et ses mélodies, il contribue à populariser la
musique kabyle, méconnue du grand public.
Il n’en demeure pas moins un artiste ouvert
quicomposesonproprestyle,leyal,enrichide
sonorités venues des quatre coins du monde.
Enbêtedescèneetchanteurgénéreux,Takfa-
rinas électrisera, à n’en pas douter, la Maison
de la musique.
Une semaine plus tard, le 14 février, c’est la
musique de Reda Taliani, un subtil alliage de
chaâbi,raïetautresstylesmusicauxtradition-
nels du Maghreb, qui envoûtera le public de
la Maison Daniel-Féry. Chanteur non consen-
suel qui décrit la réalité des jeunes en Algérie,
son pays natal, l’artiste sait également puiser
ses influences chez James Brown, Santana ou
encore Alpha Blondy.
CHRISTELLE GARANCHER
Takfarinas : samedi 7 février à
20h30 à la Maison de la
Musique, 8, rue des Anciennes-Mairies.
Reda Taliani : samedi 14 février à 20h30 à la Maison
Daniel-Féry, 10-14, boulevard Jules-Mansart.
Réservations : 39 92 ou www.nanterre.fr.
Virtuose de la mandole, instrument qu’il a
adapté à son jeu et à son style, Takfarinas, le
plusrockdeschanteurskabyles,n’hésitepasà
bousculerlesfrontièresdelamusique.L’artiste
Issa Safa, entraîneur de boxe, réfugié politique et écrivain.
3e
DÉBAT :
Les métropoles dans le monde
MERCREDI 11 FÉV. 2015
À 19H30 À L’AGORA, 20 rue de Stalingrad
 
Les textes accueillis dans ces pages sont sous la seule responsabilité de leurs auteurs.
Nanterre est Charlie
Les 7, 8 et 9 janvier, notre pays a traversé de ter-
ribles événements. Face à ces actes lâches et
ignobles, nous éprouvons horreur et révulsion. À
Nanterre, comme partout ailleurs en France, plu-
sieurs hommages ont été organisés en souvenir
des 17 victimes innocentes de ces attentats ter-
roristes.
Des hommages nécessaires pour que chacun
puisse réaffirmer son attachement aux valeurs
de la République et adresser ses sincères condo-
léances aux familles et aux proches des victimes.
Et maintenant ?
Il ne faut pas sombrer dans le désespoir et céder
à la peur. Nous avons un mandat pour rendre ce
mondemeilleur.Nousdevonsrétablirlaculturede
Paix dans la pratique du pouvoir, dans nos com-
munes, et dans nos actes du quotidien car notre
République est en crise. Ce travail, nous devons y
réfléchircollectivementetélaborerunprogramme
local d’actions civiques, pédagogiques, culturelles
et sociales et s’assurer de sa mise en œuvre dans
les meilleurs délais.
Car, si nous sommes tous des Charlie, il faut que
nous soyons tous plus fraternels.
Chacun de nous a besoin d’apprendre à vivre en-
semble.Cessonsdenousdresserlesunscontreles
autres,debâtirunmurdehaineaucœurdenotre
République et luttons contre toutes les discrimi-
nations, notamment celles dont sont victimes de
trop nombreux Nanterriens.
Ce changement d’attitude, c’est l’affaire de tous
et pas seulement celle des plus jeunes à qui on ré-
pète sans cesse qu’ils doivent s’intégrer, faire des
efforts, respecter les règles...
Nousdevonschangerd’attitude,ycomprislesélus.
Et, si ensemble nous changeons, alors les choses
se débloqueront.
Des élus exemplaires, Nanterre y
a aussi droit !
En 2014, nous avons été la seule liste candidate à
prendreclairementdesengagementspourplusde
transparenceetd’éthique,ensignantlachartede
l’associationAnticor.Cesengagements,auregard
des dernières actualités politico-judiciaires dans
notre ville, prennent tout leur sens.
Il n’est pas acceptable que les agissements d’élus
isolésternissentl’imagedelamajoritéd’entrenous,
mais quand de tels événements se déroulent au
sein même de la majorité municipale, la responsa-
bilité est d’autant plus grande.
Nousinvitonsdoncmonsieurlemaireàs’engager
fermementpourremettredel’ordredanssamajo-
rité.Noussuggérons,notamment,lamiseenplace
d’« une commission éthique indépendante », com-
prenantélus(majoritéetopposition)etcitoyens,à
laquelleilneparticiperapas,chargéeentreautres
de contrôler les déclarations d’intérêts privés et
associatifs des élus. Monsieur le maire doit éga-
lement s’engager publiquement à suspendre les
fonctions exécutives et les délégations d’un élu
dès lors que celui-ci est mis en examen, en parti-
culier pour un délit d’atteinte à la probité dans
l’exercice d’un mandat électif.
Il ne s’agit ici que de deux propositions qui pour-
raient être prises immédiatement mais nous
sommes disposés à soutenir toute autre mesure
qui permettra de vous redonner confiance dans
les élus que nous sommes.
Maguy Edorh, Alexandre Ampilhac et Florence
Boîtelet.
Pour nous retrouver : www.monnanterre.fr.
Pour nous contacter : contact@monnanterre.fr
07 63 18 53 58.
Groupe l’Alternative, PRG et Citoyens
Nanterre et la France après
#Charlie
À l’heure où nous envoyons ces lignes pour publica-
tion(le19janvier),laFrancevientdetraverserunmo-
ment exceptionnel de gravité et de dignité.
Nousavonsressentidansnotrechairladouleurde
ces femmes et hommes devenus héros, assassinés
par la monstruosité terroriste. Nousavonsétéuna-
nimes,auconseilmunicipal,ànousrassemblerpour
la République. Ces événements ont également rap-
pelédurementànotrevillel’assassinatde8conseil-
lersmunicipauxen2002.Nouspensonsaussiàceux
qui ont vécu cette tragédie.
Enjanvier,ceuxquisontmortsétaientdessinateurs,
journalistes, agent d’entretien, policiers, simples
passants. Ils avaient le tort de parler fièrement,
de faire dignement leur métier, d’exercer leur liber-
té,d’êtreJuifs,etd’êtrelàaumauvaismoment,au
mauvais endroit.
À Nanterre, peut-être plus qu’ailleurs, dans notre
belle ville populaire, nous savons combien la peur,
le manque de respect et l’ignorance peuvent susci-
terlahaine,l’angoisseoul’amalgame.Noussavons
les dangers du repli identitaire et communautaire.
Nous savons que l’amour de notre pays doit être,
plus que jamais, transmis aux jeunes générations.
C’est pour cela que nous devons être fermes avec
la défense de la République et de ses valeurs, sans
compromission :lalaïcitéquipermetàtousdeprati-
querlibrementsareligionmaisimposeuneréserve
publique ; l’exemplarité, le respect de la Loi et la sé-
curité, fondements de notre démocratie ; la liberté
qui nous grandit ; l’égalité qui donne à chacun l’op-
portunité de réussir ; la fraternité qui nous réunit.
C’est aussi pour cela que nous devons plus que ja-
maisêtreauxcôtésdeceuxquifontvivrecesvaleurs
auquotidien,dansleursmétiers :lespoliciers,lesen-
seignantset,demanièregénérale,lesfonctionnaires.
Nousdevonslesaccompagnerenexerçantchacunà
notreplacenotreresponsabilité :celledumaireest
entre autres de mettre en place une police munici-
pale, formée, armée, travaillant main dans la main
avec la police nationale, afin de mieux protéger les
citoyens et de faire respecter la loi.
Nous avons aussi le devoir d’expliquer ce qu’il se
passe, sans excuser ni justifier.
Contrairement à ce que dit le journal Cerises, re-
layé par « Gauche citoyenne » (de M. Jarry et Mme
Fraysse), nous ne croyons pas que les difficultés so-
cialesconduisentàl’extrémisme :cen’estpasparce
qu’ongranditdansunquartierdifficilequ’onestun
fanatique en puissance ! Nous nous élevons forte-
mentcontrecettevisiondelasociété,prêteàtout
excuser, y compris l’inexcusable ; prête à tout justi-
fier,ycomprisl’injustifiable.C’estinsultertousceux
qui,ayantgrandidansdesconditionsdifficiles,ont
surmonté les obstacles, par leur travail et leur mé-
rite, et sont devenus des citoyens exemplaires. Ils
sont nombreux, ceux qui s’en sortent ! Ils sont ma-
joritaires. Ne les trahissons pas.
À Nanterre, peut-être plus qu’ailleurs, nous savons
doncquel’Écoleestunenjeumajeur.Nousenavons
faitlecœurdenotrecombatpolitique,lapremière
de nos priorités, en proposant la généralisation du
soutienscolaire,l’ouverturedenouvellesécolespour
soulager les classes, ou en agissant concrètement
par l’accompagnement scolaire.
À Nanterre, nous devons faire vivre l’élan qui a pris
forme le 11 janvier 2015, pour faire ensemble une
villequimontreraàlaFranceque,richedesadiver-
sité, la République est grande !
Camille Bedin, Gilles Norroy, Madeleine Maufrais,
Michel Ripoteau, Marie Tran, Cedric Martins, Lorraine
Régis, Alexandre Guillemaud
contact@nanterre-ensemble.fr - 50 bis,
rue de Suresnes à Nanterre - 09 54 99 22 67.
Groupe d’union de l’opposition UMP-UDI-DVD
39
Lesattaquesterroristessurvenuesausiège
de Charlie Hebdo et dans l’Hyper Casher
de Vincennes et à Montrouge, ont fait
17 morts. Nous redisons ici notre vive émo-
tionetnotresolidaritéàl’ensembledesvic-
times,auxfamilles,ainsiqu’àleursproches
et amis. Nous condamnons la barbarie de
ces actes inhumains qui touchent aux fon-
dements de notre démocratie.
Les terroristes n’ont pas seulement tou-
ché les familles des victimes auxquelles
nous pensons particulièrement. Ils ont at-
teintchacuneetchacund’entrenous,tous
cellesetceuxquiparticipentjouraprèsjour
àconstruireunesociétéplusjuste,plusfra-
ternelle et plus solidaire.
En réaction à ce drame, à Nanterre et par-
tout en France des rassemblements histo-
riques ont montré la volonté de toute la
Nation de faire front ensemble pour dé-
fendre la République et ses valeurs de li-
berté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.
En criant haut et fort « Nous sommes
tous Charlie ! »,
la France a vou-
lu dire avec force
que nous sommes
libres et debout.
Nous avons voulu
affirmer avec une
détermination iné-
branlable que la li-
berté d’expression
est une valeur fondamentale de notre so-
ciété et que rien ne nous fera y renoncer.
Nous faisons nôtres les paroles de VOL-
TAIRE, philosophe engagé contre toute
forme d’intolérance : « Je ne suis pas d’ac-
cordaveccequevousdites,maisjemebat-
trai jusqu’à la mort pour que vous ayez le
droit de le dire »...
Cet épisode effroyable ne peut que nous
rappeler à quel point il est important de
nous réunir et de défendre l’idée que la li-
berté, la justice, la fraternité et la défense
de la dignité humaine ont été au cœur de
multiples combats de celles et ceux qui
n’ont jamais désespéré face à l’ignominie
et à la barbarie, même lorsque leur vie ou
celle de leur proche ont été malmenées.
Restons unis, ne laissons personne nous
faire basculer dans la haine, le racisme, la
xénophobie ou le rejet de telle ou telle re-
ligion. Aucun extrémiste, aucun fanatique
nedoitjamaismettreàmalnotrefraternité.
Cette actualité tragique nous conduit à
nous rappeler à quel point il est important
de préserver ce qui est devenu notre bien
le plus précieux dans notre démocratie et
notre plus grande richesse : la volonté et la
faculté de vivre ensemble.
Nanterreréunitunepopulationàl’histoire
et aux origines multiples. Cette diversité
et notre solidarité sont une chance ; conti-
nuonstousensembleàfairevivrecetidéal
sans aucune concession.
http://www.ps-nanterre.net.
Les événements de ce début d’année 2015
n’auront laissé personne indifférent. Ces
attaques contre la liberté, qu’elle soit d’ex-
pression,d’engagementoudecroyance,ont
marquélepays.Cescrimes,maisaussitout
ce qui en a découlé depuis, soulèvent de
gravesproblèmes,d’importantesquestions.
	 Ilnes’agitpasdeprétendreapporterici
toutes les réponses, mais plutôt de contri-
buer à la réflexion qui ne peut être que col-
lective, la plus large possible.
	 D’abord, refusons l’amalgame qui as-
simileraitlajeunessemusulmanedenotre
pays avec les criminels. Toute réponse qui
oublierait cela ferait le jeu du terrorisme.
Il nous faut lutter contre toutes les dis-
criminations, les divisions, les racismes,
les fascismes et les haines religieuses. Ne
pas renoncer aux valeurs de liberté, d’éga-
lité, de fraternité, mais bien les faire vivre
pleinement, et ainsi combattre toutes les
haines. Dans le cadre de ma délégation
« mémoire et an-
ciens combat-
tants », j’ai enten-
du de nombreux
témoignages
concernant l’une
des périodes les
plus sombres de
notre histoire, et
c’est notamment en faisant persister ces
valeurs, en les défendant, que la haine fut
vaincue.Nousdevonspouvoirdécider,tous
ensemble, de notre avenir et des choix de
société pour (re)donner un sens à la Répu-
blique. C’est un ensemble de droits qui ga-
rantit l’égalité, la liberté, la fraternité.
	 Souvenons-nousdenotrehistoire,elle
est le témoin de nos erreurs, comme de
nos victoires passées. Sachons l’analyser,
et la questionner, y trouver la force d’agir.
L’ignorance est un poison mortel pour la
société, un levier absolu pour les fascistes
de tout genre. Soyons vigilants à ne pas
prendre pour acquis tout ce qui nous est
dit, montré. Continuons à défendre l’accès
aux loisirs et à la culture pour tous et par
tous, l’éducation de qualité, à développer
les espaces et outils d’un véritable vivre
ensemble, à lutter contre toutes formes
de discriminations... Apprenons de nous-
mêmes, des autres, du collectif. La diversi-
té n’est pas une faiblesse, mais bien une ri-
chesse pour la France.
« Vivre ensemble, c’est commencer par
se comprendre et que le plus fort aide le
faible. » Magyd Cherfi, écrivain et chan-
teur du groupe Zebda.
Le groupe CIC et moi-même adressons
nos plus sincères condoléances aux
familles et proches de toutes les victimes.
Une grande et profonde pensée aux
disparus et aux blessés, physiquement
comme psychologiquement.
GWENN HERBIN
Groupe Communistes et initiative citoyenne
STÉPHANIE LAMORA
Groupe socialiste
40
 
DEBOUT ET FIERS D’ÊTRE
ENSEMBLE
Les événements dramatiques qui se sont
déroulés du 7 au 9 janvier dernier nous
ont tous bouleversés. Difficile d’exprimer
en quelques mots notre tristesse, notre
rage, nos peurs et notre incompréhension.
Nous sommes tous Charlie, juifs, musul-
mans, chrétiens, athées et policiers. Nous
sommestousdescitoyensdumondequela
violence et les morts heurtent au plus pro-
fond. Les libertés d’expression, de pensée,
dereligionontéténoyées,encoreunefois,
dans le sang. Mais les marches citoyennes,
dont celle du dimanche 11 janvier où de
nombreux Nanterriens étaient présents,
permettentd’espérer.Cesmarchesontété
des moments de convivialité républicaine
où tous les Français, quelle que soit leur
histoire, se sont rassemblés en un peuple
uni et unanime pour dénoncer cette hor-
reur. Impossible pour nous de faire un des-
sindanscettetribune,aucundenousn’ale
talent d’un Cabu, d’un Charb, d’un Honoré,
d’un Tignous, d’un Wolinski… Alors jouons
avec les mots :
Faire retour à la République
L’année 2015 commence dans la douleur.
Nos émotions sont encore incandescentes, mê-
lées d’effroi, de colère et d’espoir. Dans notre mé-
moire se bouscule la sauvagerie des attentats et
desprisesd’otages,maisaussilasplendideréaction
nationale et internationale qui a suivi démontrant
que la France n’était pas seulement un pays mais
aussi une idée.
Effroi, parce que l’on a assassiné des journalistes
pour faire taire leurs idées, des policiers symboles
delaloietdel’ordrerépublicain,desjuifsparcequ’ils
étaient juifs.
Colère, de voir resurgir la bête immonde de l’antisé-
mitisme. Colère de voir bafouer l’héritage de la Ré-
volutionfrançaisequeconstituelaDéclarationdes
droits de l’Homme et du citoyen qui garantit la li-
berté d’expression à l’article 11.
Espoir,cetteformidableexplosiondepatriotismeet
d’uniténationale.LaMarseillaiseetlesdrapeauxtri-
coloresdepuistroplongtempsconfinésauxterrains
de sport. Manifestation sans précédent de notre
histoire contemporaine. La République et ses va-
leurs, que certains avaient décrétées ringardes ont
été revendiquées avec force et conviction. Le 11 jan-
vier 2015, on a retrouvé le chemin qui va de la Ré-
publique à la Nation, d’un parcours cela redevient
un programme.
Quelles traces laisseront ces événements ? Vont-ils
creuser des fossés ou bien au contraire permettre
detranscendernosclivages,nosdiversitésd’origine
oudecroyances ?L’histoiren’estpasécriteàl’avance.
Il faut espérer mais surtout agir et nous montrer à
la hauteur. Notre victoire sur la barbarie sera notre
dignité, notre confiance dans la force des valeurs
républicaines.
LaRépubliquecen’estpasquedebonssentiments
c’est aussi des exigences. C’est un effort, une disci-
pline. La République, c’est la laïcité, c’est la liberté
dansunesociété,depratiquersareligionetl’obliga-
tiondelaisserlesautrespratiquerlaleur.Cen’estpas
la mise en commun de tous les interdits. La laïcité,
c’estlefaitdedirequetouslescitoyens,quellesque
soient leurs croyances ou non, sont libres et égaux.
C’est la liberté de conscience et le principe de non-
discrimination pour raison de religion. La laïcité fut
un mot trop peu prononcé durant la dernière pé-
riodeetaveclaquelledes« accommodements »ont
été recherchés jusqu’à la remettre en cause.
LaRépublique,c’estlerefusdescommunautarismes.
Cette doctrine étrangère à l’esprit français prétend
quelesindividusappartiennentd’abordàleurscom-
munautésoriginellesàbaseethniqueoureligieuseet
quelaNationn’estquelafédérationdecescommu-
nautés. Le peuple de France a dit le 11 janvier 2015
qu’iln’envoulaitpas,attachéàuneFrancelaïquequi
ne reconnaît que des individus et non des commu-
nautésselonlemotcélèbreduducdeClermontTon-
nerresouslaRévolution« Ilfauttoutrefuserauxjuifs
commenation,ettoutleuraccordercommeindividus.
Ilfautqu’ilssoientcitoyens. »LaRépubliquenerecon-
naîtqu’unecommunauté :lacommunauténationale.
Enfin, la République, c’est l’éducation pour redon-
nerdesperspectivessocialesàtoutenotrejeunesse
et en faire des citoyens éclairés. Mais on ne peut
pas demander à l’école de fabriquer l’esprit public
en continuant à la concevoir comme un lieu d’ani-
mationplutôtqued’instruction,conditionindispen-
sable à l’émancipation. On ne pourra pas non plus
luttercontrel’exclusionsocialesansemploietpour
celailfautrompreavecladémarchemortifèreenga-
géeparnosdirigeantsenEurope.Enimposantlegel
delacroissanceparl’austérité,ilsontaccruledéses-
poirdesbanlieues,l’exclusiondesjeunes,l’angoisse
de la précarité, des quartiers que l’on appelait « po-
pulaires » et que l’on qualifie aujourd’hui de « sen-
sibles », où souvent plus de 40 % des jeunes sont
au chômage !
Nous ressentons tous le caractère décisif de cette
période d’où peut sortir le meilleur comme le pire.
À Nanterre comme ailleurs, en tous points, il faut
faire retour à la République. Cet idéal universaliste
quinousvientdelaphilosophiedesLumières.C’est
autour de ces valeurs – et d’elles seules – que nous
feronssociété.Liberté,Égalité,FraternitéetLaïcité
plus que jamais !
Les textes accueillis dans ces pages sont sous la seule responsabilité de leurs auteurs.
ANDRÉ CASSOU ET FRANCIS MASANÈS
Groupe Mouvement républicain et citoyen
Groupe Europe Écologie / les Verts
41
Chaleureux camarades
Humoristes impertinents
Anti-nucléaires
Réactifs contre la bêtise
Libérés et sans complexes
Intelligents humanistes
Engagés citoyens
Complexité et modernité
Humanisme et fermeté
Amour et religions
République et engagements citoyens
Laïcité et refus de tout amalgame
Information et libertés
Ecolos et éducation
42
Le groupe des enfants espagnols venant d’arriver à Nanterre en 1937, parmi lesquels Conchita Gonzalez et Emilio Rubiera
(photo prise devant l’actuelle médiathèque Flora-Tristan, rue des Anciennes-Mairies). Fonds Ochando.
E
n 1937, l’Espagne est en proie à
la guerre civile provoquée, l’année
précédente, par un coup d’État
militaire.LaRépubliqueespagnole
aux abois évacue de nombreux
enfants, par bateau, en direction
de l’Union soviétique où ils sont attendus
pour être pris en charge. L’un de ces bateaux
est immobilisé sur les côtes françaises à cause
d’une panne mécanique.
Les enfants sont débarqués et acheminés vers
la région parisienne où de nombreuses villes
vontlesaccueilliretparmielles,Nanterre,admi-
nistréedepuislesélectionsmunicipalesde1935
par Raymond Barbet.
Sur la photographie ci-dessus, récemment
retrouvée, nous avons reconnu deux enfants
arrivant dans notre ville.
Conchita Gonzalez, née en 1924 en Galice, est
l’une des fillettes de ce regroupement. Elle est
accueillieàNanterreparlafamilleRobin,au98,
avenuedelaRépublique.PierreRobin,cheminot,
militantcommuniste,étaitàl’époqueconseiller
municipal. À la fin de la guerre, Conchita ren-
contreraAntonioOchando,rescapéducampde
Mauthausen où de nombreux espagnols « apa-
trides » (c’est ainsi que les nazis appelaient les
républicains vaincus) trouvèrent la mort. Ils se
En 1936, l’Espagne plonge dans la
guerre civile suite au coup d’État
du général Francisco Franco.
La guerre d’Espagne opposera
républicains et nationalistes
putschistes et se terminera,
en 1939, par la victoire de ces
derniers. C’est au cours de cette
guerre civile que de nombreux
réfugiés espagnols, évacués,
arrivent à Nanterre.
Réfugiés espagnols à Nanterre
marient en 1947. Plus tard, Antonio Ochando
ouvrira un salon de coiffure dans la rue Henri-
Barbusse.
Emilio Rubiera, né en 1927 dans les montagnes
des Asturies, fait aussi partie de ce groupe
d’enfants accueillis à Nanterre. Il sera élevé
dans le quartier des Fontenelles, puis renvoyé
en Espagne par les troupes allemandes durant
l’Occupation.En1956,deretourenFrance,c’est
dans notre ville qu’il s’installera à nouveau, rue
delaSource,avecsafemmeAmorRocesetleurs
trois filles. L’une d’elles, Maria Rubiera, devien-
dra conseillère municipale de la ville, bien des
années plus tard.
La ville de Nanterre n’est pas seulement un
point de chute pour les « rojos » (les « rouges »,
nomdonnéauxcombattantsdelaRépublique
espagnole),elleestaussiunappuiprécieuxdans
l’activité politique en leur faveur. Ainsi, entre
1937 et 1939, les jeunes communistes de Nan-
terre organisent des collectes d’argent dans la
rue de Saint-Germain (aujourd’hui rue Henri-
Barbusse), et ce « tous les dimanches » comme
le rappelle Vincent Pascucci, qui participait à
cette activité.
Malgré les différentes expressions mondiales
de soutien, la jeune République espagnole est
43
J. A. Isla-Garcia a conservé son drapeau des combattants de la
République espagnole, hérité de son grand-père Bernabe Dorrego.
La jeunesse militante de Nanterre organise le soutien matériel
aux combattants de la République espagnole (devant la boucherie
située au 27 de l’actuelle rue Henri-Barbusse). Fonds Pascucci.
Dessin original de Loïc Ramirez. Fonds Alonso.
vaincueparlestroupesfranquistesenavril1939.
Le parti communiste d’Espagne (PCE), interdit
sur le sol ibérique, est condamné à l’exil. Il sur-
vit en France grâce à l’aide du parti commu-
niste français (PCF). Les militants espagnols se
lancentalorsdansunelonguebataillepolitique
clandestine contre la dictature de Franco, avec
la France pour base arrière. En 1950, le gouver-
nementfrançais,quicraintlaprésencemassive
de« rougesarmés »surlesolnational,prononce
l’interdictionduPCEenFranceetorganiseune
rafle policière qui débouche sur l’arrestation
de plusieurs réfugiés républicains. Ceux qui en
réchappent sont désormais condamnés à être
des militants de l’ombre, des deux côtés des
Pyrénées.
Le combattant Francisco Martinez Lopez,
aujourd’hui résidant à Alicante, raconte : « À
Nanterre, nous avions des relations avec la mu-
nicipalité et la population. Pendant longtemps,
on a même eu un local où l’on emmagasinait le
matérielutilisépourlaFêtedel’Humanitéettout
le reste. »
Francisco Sanchez, qui habite actuellement à
Rueil-Malmaison, se souvient d’avoir aidé une
femme à accoucher clandestinement : « Les ca-
maradesnousontlogésdanslaruedesAlouettes
avec son mari qui était clandestin. Nous avons
été là avec un médecin, du parti communiste
lui aussi, qui nous soignait gratuitement. Ici, à
Nanterre,avecl’ancienmaireBarbet,onaététrès
bon avec nous ».
GerardoIslaGarciaétaitégalementunmilitant
du PCE. Il est arrivé après la guerre à Nanterre
où il a rencontré Antonia Bernabe Gomez, qu’il
a épousée. Les parents de celle-ci étaient des
exilés,lepère,BernabeDorrego,avaitcombattu
lesfranquistesettravaillaitdansuneentreprise
de plomberie.
Antonia sera employée dans la boulangerie si-
tuéeau5,rueduCastel-Marly,puisàlaclinique
de la Boule (actuellement centre de loisirs ma-
ternel) puis au sein de l’entreprise Forvil (usine
du Docteur-Pierre). Tous deux habitaient dans
un des logements appartenant à l’entreprise
Portier-Dielhy.Antoniasupportaitdifficilement
lesallers-retoursclandestinsdeGerardoentrela
France et l’Espagne, pour le PCE. Leur fils aîné
habite toujours Nanterre.
Durant toute cette période d’exil, des Nanter-
riens aideront ces Espagnols à traverser les
Pyrénées, à transporter des tracts et des jour-
naux.Ilexistaitalorsuneintimeetquasisecrète
collaborationentremilitantsduPCFetduPCE.
En1975,ledictateurmeurtets’ouvreainsipour
l’Espagne une perspective de changement, de
transition, qui verra la mise en place d’une mo-
narchie parlementaire et le retour de figures
importantesdel’exilrépublicain.ÀNanterreles
enfantsde« rojos »restentpourlaplupartdans
la ville qui les a vus grandir. Quant aux parents
qui,commeEmilioRubiera,sontrepartis,ilsont
emmené avec eux un peu de cette ville au sud
des Pyrénées.
LOÏC RAMIREZ
Auteur de l’ouvrage L’Espagne dans
nos cœurs. Le parti communiste français
dans la lutte antifranquiste, 1944-1975,
éditions Atlantica, novembre 2012.
SOCIÉTÉ D’HISTOIRE DE NANTERRE
PHOTOSDR
44 LOISIRS
Fanfare
La fanfare de Nanterre organise son concert hiver-
nalsamedi7février2015à20h,àlasalledesfêtes.
Dans un esprit festif et populaire, les musiciens
amateurs de la fanfare municipale passent du
jazzàlajava,dufunkaumusette.Concertgratuit.
Vous pouvez apporter pâtes, riz, pots pour bébés,
etc., pour les Restos du cœur de Nanterre. Entrée
libre dans la limite des places disponibles. Réser-
vation conseillée au 06 11 66 86 46 ou par mail:
contact@fanfare-de-nanterre.fr.
Salledesfêtes,2,ruedesAnciennes-Mairies.
Gospel
L’association gospel J’ouvre mon cœur propose
des ateliers de chant les lundi et vendredi dans la
salle municipale Soufflot (à côté de la maternelle
Soufflot), de 19h à 20h30. Inscriptions possibles
toute l’année. L’association recherche également
des musiciens.
Contacter Josela au 06 25 14 58 62. Par mail:
gospel.assos.jouvremoncoeur@gmail.com.
Loto, danse, handball et…
Amap
Le centre social et culturel Hissez Haut organise
un loto samedi 7 mars à 14h, salle du parc des
Anciennes-Mairies.
Activités proposées par le centre: des cours de
danse orientale le mardi soir de 19h à 20h à par-
tir du mardi 4 mars, un atelier handball pour les
enfants de 6 à 10 ans, le mercredi de 14h à 16h.
Une Amap existe aussi dans le centre, en parte-
nariat avec un maraîcher de l’Oise. La livraison
des paniers est prévue tous les lundis entre 18h
et 19h y compris pendant les vacances scolaires.
Pourtouteinformation,appelezHissezHautau
09 52 74 91 42.
Club de rire
Vous avez besoin de remettre du rire, de la joie
et de la créativité dans votre vie quotidienne?
Stéphanie, rigologue, vous attend au Club de rire
de Nanterre.
Au programme: yoga du rire, jeux coopératifs, sti-
mulation de la joie de vivre, détente, lâcher prise.
Salle du parc des Anciennes-Mairies, les 1ers
et 3es
mardis du mois de 20h à 21h. Tarif: 10 € la séance
(possibilité d’abonnement).
Touslesrenseignementssur:
http://club.rire92.over-blog.com.
Mail:club.rire92@yahoo.fr.
Tél.:06 63 66 04 82.
Cours de zumba
LaMaisonpourtousproposedescoursdezumba
le jeudi de 19h à 20h au Palais des sports et le
samedi de 10h à 11h à la salle Pablo-Picasso, 75,
avenue Pablo-Picasso.
Tarifs: 120 € de janvier jusqu’à la fin de l’année,
hors vacances scolaires.
Tél.:01 41 37 64 80ou06 69 39 28 38.
Mail:ciediepa@yahoo.fr.
Remise en forme pour tous!
Jusqu’au 14 juin 2015, le dispositif Parc Courons
Hauts-de-Seine propose, chaque semaine, un pro-
gramme (gratuit) de remise en forme encadré par
des éducateurs sportifs spécialisés. Neuf parcs
des Hauts-de-Seine participent à cette opération
qui a lieu le samedi et le dimanche matin, de 10h
à 12h. Au programme, étirements, assouplisse-
ments et jogging.
À Nanterre, rendez-vous parc André-Malraux, près
du poste de garde.
Pourtoutrenseignement:siteParcCourons
2014/2015danslesparcsdesHauts-de-Seine.
Chanter… parler
L’association Voix-E propose des ateliers pour tra-
vaillerlavoixenpetitgroupegrâceàuneméthode
originale et efficace (exercices ludiques, prise de
consciencedelarelationcorps-voix,relaxation).Le
répertoire est individuel et varié. Il n’y a pas de
limite d’âge et aucune connaissance particulière
de la musique n’est requise. Les séances ont lieu
en centre-ville, une heure par semaine, le jeudi
entre 18 heures et 22 heures et le samedi entre
12h30 et 15h30. Cours d’essai sans engagement.
Renseignementsau0662442170.
Mail:voix-e@neuf.fr.
Qi gong, éventail, tai-chi-
chuan
Acqua-Toffana propose des cours de qi gong,
d’éventail, de tai-chi-chuan, de remise en forme
et d’autodéfense.
∞ Qi gong et éventail: lundi de 19h30 à 21h et de
21h à 21h45, salle de danse du Palais des sports,
136, av. Joliot-Curie.
∞ Remise en forme et autodéfense: lundi de
19h30 à 21h, mairie de quartier du Mont-Valérien,
207, rue Paul-Vaillant-Couturier.
∞ Tai-chi-chuan: mardi de 19h30 à 21h, mairie de
quartier du Mont-Valérien.
∞ L’association organise aussi des stages un
dimanche par mois de 10h30 à 16h: qi gong, tai-
chi, éventail. Prochain stage le 15 février au Palais
des sports (salle de danse).
Tarifs: 20 € annuels pour l’adhésion, 165 € annuels
pour une activité hebdomadaire, tarif dégressif
pour plusieurs activités hebdomadaires.
Tél.:Joau06 16 13 70 60,Cathyau01 39 69 64 29.
Site:www.acquatoffana-qigong.org.
Gymnastique douce,
relaxation, sophrologie
Ateliers de gymnastique douce, relaxation et
sophrologie avec l’association Écoute en corps.
∞ Séances hebdomadaires: le mercredi de 16h15
à 18h, de 18h à 19h30 et de 19h30 à 21h.
La gymnastique douce s’inspire des méthodes
Pilates et Feldenkrais et s’accompagne de tech-
niques de relaxation, de sophrologie et de res-
piration.
∞ Séances individuelles sur rendez-vous, accom-
pagnement personnalisé.
∞ Stage mensuel: le prochain a lieu samedi
7 février de 14h30 à 17h30.
Les séances se déroulent salle Le Corbusier, à
2 mn du RER Nanterre-Préfecture.
ContactezGisèleAbécéraau06 07 69 87 16.
Site:http://ecoute.en.corps.free.fr.
Cours de zumba
et de baïlothérapie
L’ART 17 (Association des résidents Terrasse 17)
propose des cours de baïlothérapie et de zumba,
tous les vendredis de 19h à 20h et de 20h à 21h
jusqu’en juillet 2015 (y compris une semaine sur
deux pendant les vacances scolaires).
Salle le Corbusier, 49, esplanade Charles-de-Gaulle
à 2 mn du RER A Nanterre-Préfecture.
Pourtousrenseignements,appelezau
06 86 69 95 57oucristina.rodado@gmail.com.
Premiercoursd’essaigratuit.
Kung-fu wushu
L’association Convergences kung-fu wushu pro-
pose, depuis plus de douze ans, des cours de
kung-fu wushu, autodéfense, shuai-jiao/shoubo
(coups de pieds/poings, projections) et tai-chi-
chuan.
∞ Lundi de 18h30 à 19h30 pour les 10/15ans
(Pass 92 accepté).
∞ Lundi de 19h30 à 21h30 pour les adultes.
Gymnase Voltaire, 44, rue de l’Union. Les cours
sont encadrés par un professeur diplômé d’État.
Stage de qi gong, dimanche 8 février de 10h à 13h.
Site:http://association.convergences.over-blog.fr.
Renseignementsau06 63 73 49 54.
Mail:convergences.kungfuwushu@gmail.com.
Ateliers bébés chanteurs
Le chant est un vecteur de communication très
précieux avec les tout-petits. Cet atelier vous pro-
pose de vivre avec eux des moments de détente
autour des sons et des chansons… Séances de
chant pour les 0-3 ans accompagnés d’un adulte,
tous les vendredis de 10 heures à 11 heures. Salle
de danse, 14, rue Salvador Allende.
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Tél.:06 63 96 09 99.
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Cet atelier permet de découvrir les pas de base
dans une ambiance détendue et joyeuse. Styles
de danse très variés, en cercle ou en ligne.
Tous les lundis de 14 heures à 15h30, salle de
danse au 14, rue Salvador Allende.
AssociationGrandirEnsemble92
Tél.:06 63 96 09 99.
45
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Aucun diplôme n’est délivré. De nombreuses
disciplines sont accessibles: histoire de l’art,
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spécifiques, des cycles de conférences, des ate-
liersengroupesrestreints,desvisitesdemusées
et d’expositions, des voyages en Île-de-France ou
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Mohamed-Sadek Djari, Nouh Amrane, Rayhan Hasni,
Lyam Yoyotte Remy, Abderrahmane Abdi, Wladimir
Remérand Ramambason, Imran Amghar, Nolann
Prigent, Mathéo Quément, Ayoub Moreau, Sarah
Auguste, Harena Randriarimalala Rapanarivosoa,
Basma Belfouzy, Anissa Mamou, Lina Fortin,
Wijdane Ben Aoun, Rayan Tahiri, Lou Lacombe,
Ketsiane Jean Pierre, Océane Antoniucci, Salih
Rabah, Rayan Djaber, Léon Roger, Mohamed Rezig,
Sanoussy Cissokho, Anass Mouchtahi, Proshu
Lubanzadio Tambwe, Rayane Ndzeuko, Baptiste
Leboucher, Ismaël Rezig, Sirine El Khal, Sofia
Bencherrat, Meryem Latreche, Sana Sayah, Zeïnab
Drame, Dominique Kinzonzi Bandzouzi, Heïzer
Weigel, Chahine Zahzouh, Sarah Aoudjit, Ilyes Nita,
Raphaël Martin, Nohlan Chahbi, Samy Houche, Jade
Menasria, Louise Plansot Rigot, Helin Yosma, Malak
Akhchoun, Jana Idali, Valentina Viana Jankovic,
Jade Halloin, Killian Lawrence Desvergnes, Anaë
Rakotosalama, Iliana Abadli, Wanis Abadli, Sirine
Noubli, Morgane Dollet, Camille Fraillon, Sinem
Köylü, Romain Sechaud, Ismaël Ben Boujemâa,
Youssef En Nasri, Alicia Fontanel, Lucie Pires Alves,
Lucas Ciocan, Carolina Da Silva De Sousa, Kiyan Di
Prima, Jihane El Fekih, Zélie Tran, Charles Kerkaert,
Manel Mohamed Ben-Ali, Yann Paquet, Cheikh
Mangane, Elie Mao, Lila Rocher, Tasneem Said Bacar,
Louise Bezi, Anna Braga Chauvire, Maflani Fofana,
Lou Lunel, Fetiche Doerr, Eva Liu, Juliette Anton,
Naël Meraouna, Raoul Popovici, Coralie Becquet
Thomet, Amudan Ramaswamy, Noah Doucouré,
Yeni Doucoure, Evan Lacoste, Souhayl Dribek,
Kiana Kesri, Zoé Loyant, Paul Bourbon, Wayann
Malabar, Louis Souillart, Jordan Trinchete Da Cunha,
Mila Le Chanony, Dieynaba Toure Siracus, Eliakim
Angbonou, Manon Le Goff, Wided Lemghaïrbat,
Chahïn Asri, Elie Banzouzi Tchikouta, Lucia Lagha
Serna, Nour-Hanaël Moali, Eva Vo Dinh, Chahd
Zidane.
CARNET
PÉRIODE
DU 16 NOVEMBRE
AU 15 DÉCEMBRE
NAISSANCES
David Carneiro,
Mohamed-Sadek Djari,
Lyam Yoyotte Remy,
Remérand Ramambason,
Prigent,
Auguste,
Basma Belfouzy,
Wijdane Ben Aoun,
Ketsiane Jean Pierre,
Rabah,
Sanoussy Cissokho,
Lubanzadio Tambwe,
Leboucher,
Bencherrat,
Drame,
Weigel,
Raphaël Martin,
Menasria,
Akhchoun,
Jade Halloin,
Rakotosalama,
Noubli,
Köylü,
Youssef En Nasri,
Lucas Ciocan,
Prima,
Manel Mohamed Ben-Ali,
Mangane,
Louise Bezi,
Lou Lunel,
Naël Meraouna,
Thomet,
Yeni Doucoure,
Kiana Kesri,
Malabar,
Mila Le Chanony,
Angbonou,
Chahïn Asri,
Serna,
Zidane.
EN BREF BÉNÉVOLAT
Journée portes ouvertes
L’institut de formation en soins infirmiers (Ifsi)
organise une journée portes ouvertes mercredi
4 février de 14h à 18h.
Ifsi,ImmeubleAxeSeine,1à3,ruedu1er
Mai.
Tél.:0149034170.
Permanence juridique
La prochaine permanence juridique gratuite aura
lieu mercredi 11 février de 14h à 16h. Uniquement
sur rendez-vous.
Pourtouteinformationoupourprendrerendez-
vous,appelezlecentresocialetculturelHissez
Hautau0952749142ouau0147242307.
Un jour, une expo
L’association Acri Liberté organise désormais une
exposition d’un jour, un dimanche toutes les six
semaines, intitulée «artistes en liberté». Elle pro-
pose aux artistes nanterriens l’usage gratuit de
son espace d’exposition (jusqu’à une quarantaine
d’œuvres de moyen format). L’Acri prend à sa
charge le «pot» du vernissage et facilite la mise
en place et le démontage de l’exposition.
Renseignements:acriliberte@yahoo.fr.
ACRILiberté,28-40,rueSalvador-Allende.
Tél.:0147215975(pendantlapermanence,
lemercredide21hà22h).
Mail:acriliberte@yahoo.fr.
Flash ton patrimoine
Vous avez entre six et 25 ans? Partagez votre vi-
sion du patrimoine en Île-de-France en participant,
du15janvierau15mars2015,auconcoursorganisé
par les conseils d’architecture, d’urbanisme et de
l’environnement (CAUE) d’Île-de-France. Seul, en
groupe ou avec votre classe, photographiez une
maison, un paysage, un coin de rue, une usine, un
fleuve… ou votre vieux voisin. Publiez vos photos
sur le site www.flash-ton-patrimoine.fr et accom-
pagnez-les d’un texte libre inspiré par votre sujet
(poème, légende, dialogue, récit…). Tous les envois,
même les plus décalés, construiront une carte inte-
ractive illustrant le patrimoine de la région tel que
vous vous le représentez. Les thèmes du concours
sont les suivants: Grand Paris, sud du métro du
GrandParis,architecture,ville,paysage,patrimoine
immatériel, autour de Le Corbusier.
Remisedesprixsamedi11avrilà14h30àlaCitéde
l’architectureetdupatrimoineàParis.
Attention à la fraude!
Une société du nom de Veva contacte les habi-
tants de Nanterre et se prétend, à tort, manda-
tée par la ville pour vous permettre de réduire vos
impôts. Cette société propose en fait des produits
financiers avec des méthodes plus que discutables
pour trouver des clients. Attention donc à ne pas
accorder de crédit à ces appels mensongers.
46
MARIAGES
Olivier Bergeal et Cinthia Meunier, Noureddine
Souici et Meriem Mzoughi, Youcef Derdega et Maria
Dumitru, Arezki Belkessam et Yasmine Kadri, Imad
Cherghou et Loubna Ettamiri, Samir Nait-Hamoud
et Fatima Oukil, Farid Ayache et Madina Kenane, El
Haoues Mehiri et Kelline Ilehmadne, Chakib Amouri
et Maha Bitari, Eric Chuet et Cécile Menivier, Louis
Zephir et Wilzlie Milord, Omar Entabi et Nora
Fahham, Fares Boudjeddi et Imène Boudjedi.
DÉCÈS
Georges Butaux (90 ans), Fatima Karkouri (64 ans),
Simonne Costenoble (72 ans), Ahmed Benzahra
(64 ans), Danielle Yao (66 ans), Marianne Mazzocchi
(83 ans), Gisèle Fillion (84 ans), Hippolyte Labry
(79 ans), Paulette Marey (92 ans), Pierre Caillet
(87 ans), Gérard Thierry (63 ans), Omar Ramdani
(62 ans), Ginette Guessab (79 ans), Thérèse Patras
(83 ans), Moussa Abed (68 ans), Ackah Zoukrou
(52 ans), Kurusamuthu Joseph Antony (76 ans), Sami
Boutar (45 ans), Corinne Laissaoui (51 ans), Brahim
Yamani (85 ans), Christiane Gomis (72 ans), Patrick
Martin (66 ans), Giselle Guiguen (101 ans), Paulette
Duret (84 ans), Jacqueline Poubennec (69 ans),
Joséphine Darré (90 ans), Michel Belligon (67 ans),
Elena Trevisiol (95 ans), Zahia Labssi (73 ans), Daniel
Lievin (66 ans), Micheline Sage (89 ans), Mohammed-
Salah Khiri (73 ans), Mebarka Bakhati (83 ans),
Chabha Hasniou (70 ans), Hervé Le Corre (55 ans).
Restos du cœur
Les Restos du cœur de Nanterre recherchent des
bénévoles pour la distribution et l’acceuil, les lundis,
mardis, jeudis, vendredis, de 8h à 12h.
Attention, l’adresse a changé! Rendez-vous désor-
mais au 95, avenue de la Liberté.
Pourtousrenseignements,
appelezau01 47 21 87 22.
Défense des consommateurs
L’association locale de défense des consommateurs
UFC Que Choisir 92 Nord (11 communes du 92 Nord
dont Nanterre) recrute des bénévoles pour le traite-
ment des litiges de la consommation, des enquêtes
de la consommation, de la rédaction de bulletins
d’information, des représentations diverses, etc.
Si vous êtes intéressés, envoyez un message à
contact@92nord.ufcquechoisir.fr en indiquant en
objet:renseignementpourbénévolatUFC(suiviMD).
Site: http://www.ufc-quechoisir-92nord.fr/
250 RECRUTEURS À CONVAINCRE
GRANDE HALLE DE LA VILLETTE
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STATION PORTE DE PANTINENTRÉE LIBRE ET GRATUITE, SE MUNIR DE CV
JEUDI12FÉVRIER 2015-10H/18H
INFORMEZ-VOUS : 01 53 95 15 15
PRÉPAREZ-VOUS : WWW.GPS-EMPLOI.FR

Nanterre Info Février 15

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    N°396 FÉVRIER 2015WWW.NANTERRE.FR
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    À LIRE ÉGALEMENT ACTUALITÉ∞ PAGE 7 Budget 2015: les raisons d’une baisse des ressources sans précédent ACTUALITÉ ∞ PAGE 12 Kery James, le rappeur qui a du cœur ACTUALITÉ ∞ PAGE 14 L’association Ensemble contre la récidive mène un chantier d’insertion à la maison d’arrêt VIE DES QUARTIERS ∞ PAGE 30 Le jeu, c’est sérieux à la Lud’Hoche VIE DES QUARTIERS ∞ PAGE 31 Une vie au foyer des Sorbiers PORTRAIT ∞ PAGE 32 Monique Hervo: la dame de cœur À LA UNE DESSINONS L’AVENIR! En commandant un dessin sur le thème «Dessinons l’avenir» à Frédéric Deligne, illustrateur de presse qui collabore notamment avec L’Obs, Nanterre info a souhaité rendre hommage aux 17 victimes des attentats terroristes de début janvier. Un hommage qui, sur notre couverture, prend la forme d’un message de vivre ensemble et de solidarité. Lire aussi page 6. DOSSIER ∞ PAGE 18 Chacuncherche sontoit! Faire en sorte que chacun trouve, à Nanterre, un logement correspondant à ses besoins et à ses moyens: c’est le credo de la politique de l’habitat de la ville, mais aussi le sujet de notre dossier. Entre constructions, réhabilitations, solutions innovantes et grands projets, Nanterre info fait ce mois-ci le tour des actions en direction du logement. ACTUALITÉ ∞ PAGE 10 Arena: écologiquement vôtre Le chantier de l’Arena est exemplaire en matière de préservation de l’environnement, ce qui lui a valu le titre de «chantier à faibles nuisances». ACTUALITÉ ∞ PAGE 13 Un réseau très social Deux Nanterriennes, deux initiatives, mais un même outil: Facebook comme moyen de drainer un maximum de bonnes volontés pour changer la société. ACTUALITÉ ∞ PAGE 15 Philosophons à l’Agora L’Agora, la maison des initiatives citoyennes, n’a jamais aussi bien porté son nom. Ce mois-ci, elle accueille la première édition de son café philo. 03 ACTUALITÉ ∞ PAGE 16 Nanterre-sur-Scène Au théâtre des Amandiers, le spectacle Atlas a réuni, fin janvier, cent Nanterriens qui, sur scène, interprètent leurs vies. Une expérience inédite dans laquelle des trajectoires se croisent. ACTUALITÉ ∞ PAGE 8 Métropole du Grand Paris: le débat continue Mercredi 21 janvier, les habitants étaient invités à cerner les enjeux du transfert des compétences logement et aménagement à la Métropole du Grand Paris. SPORT ∞ PAGE 35 Graines de champions Reportage chez les jeunes footballeurs de l’Entente sportive de Nanterre (ESN) qui ne rigolent pas avec le ballon rond. CULTURE ∞ PAGE 36 Mamma mia! Les adhérents du Club amitié et loisirs des seniors s’apprêtent à monter sur scène pour jouer Mozart, l’âge d’or, une comédie musicale qu’ils ont montée de A à Z. Réjouissant! CULTURE ∞ PAGE 37 Comme un roman… Rencontre avec Issa Safa, militant, boxeur, journaliste et romancier qui signe Le Séparé, récit d’un nomade d’Iran, une épopée perse parue aux éditions l’Harmattan. N°396 FÉVRIER 2015 WWW.NANTERRE.FR NANTERRE_INFO_396_p1.indd 1 26/01/15 15:51 PHOTOSMATHIASGLIKMANSETCLAIREMACEL
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    05 PATRICK JARRY Maire deNanterre Conseiller général des Hauts-de-Seine Et maintenant ? Surtout, ne pas tourner la page et faire comme si rien ne s’était passé. Ne jamais oublier. Ni l’onde de choc des attentats, ni la magnifique riposte populaire du 11 janvier. Nanterre a réagi dès les premières heures. Des dizaines d’initiatives spontanées partout dans la ville. Des moments d’échange et d’hommage aux dix-sept victimes auxquels ont participé des milliers d’habitants et de salariés. Etcequiétaitleplusréconfortantdanstouscesrassem- blements, c’était de retrouver la diversité de Nanterre. Diversité d’âges, de quartiers, d’origines, d’opinions, de confessions. C’est la ville dans ce qu’elle a de plus de vivant, de plus actif et créatif, qui s’est mobilisée pour dire non ! Ce n’est pas possible ! On n’a pas le droit de tuerunhommeouunefemmepourundessin,ouparce qu’il est juif, ou parce qu’il est policier. Et maintenant ? Bien sûr, il faut des mesures d’État à la hauteur de la gra- vitédelamenace,sansdérogeraudroitetànosvaleurs.Maisnoussavons aussi que pour combattre ces dérives vers la violence et le terrorisme, la réponsedoitêtreégalementsociale,économique,éducative,diplomatique. Ce qui conduit aussi à poser certaines questions. Comment peut-on, par exemple, s’alarmer de la situation de quartiers minés par le chômage, l’échecscolaire,l’absencedeperspectiveset,danslemêmetemps,réduire les moyens permettant de combattre ces inégalités ? À Nanterre, nous sommes encore plus déterminés à promouvoir le vivre ensemble.Levivreensemblen’estpasunmalnécessaire.Aucontraire,c’est faire en sorte que chacun trouve sa place dans la ville, se sente reconnu etécouté.C’estconsidérerladiversiténonpascommeunproblème,mais d’abordcommeunerichesse.C’estlapossibilitédeconstruiredesespaces derencontresetd’échangessurlabasedurespectmutuel.C’estapprendre desautresetapprendreauxautres.C’estrefuserlaviolenceetlaloiduplus fort. C’est développer l’entraide et la solidarité. C’est favoriser toutes les formesd’émancipationhumaine,notammentparl’éducationetlaculture. C’estcevivreensemblequenousnousattachonsàconstruireàNanterre. C’estdifficile ?Oui,c’estdifficile.Maisc’estlaseulevoiepossiblepourque nous puissions être à la fois fiers de nos diversités, et fiers de ce bien commun qu’est la République. Ce magazine est imprimé sur du papier PEFC pour la couverture et l’agenda et sur du papier écologique pour l’intérieur. Il est imprimé sur du papier issu de forêts gérées durablement et selon un processus de fabrication labellisé imprim’vert. N° 396 Magazine municipal d’information 130, rue du 8-Mai-1945 92 000 Nanterre Tél. : 39 92 Fax : 01 47 21 83  10 Mail : nanterre.info@mairie- nanterre.fr Directeur de la publication : Hassan Hmani Directrice de l’information : Stéphanie Decker Rédactrice en chef : Orlane Renou Secrétaire de rédaction : Laurence Mosnier Journalistes : Sophie Bocard, Christelle Garancher, Isabelle Fruchard, Guillaume Gesret Photographes : Claire Macel, Mathias Glikmans Création graphique : JBA Réalisation graphique : Publicité : HSP : 01  55  69  31  00 Imprimerie : LNI : 01  40  85  74  85 Tirage : 41 500 exemplaires Pour la version sonore : mission handicap 39 92, mission. handicap@mairie-nanterre.fr Photo de couverture : Deligne
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    6 CLAIREMACEL HOMMAGE … Maisaussi Frédéric, Franck, Cabu, Elsa, Charb, Honoré, Bernard, Ahmed, Mustapha, Michel, Tignous, Wolinski, Clarissa, Philippe, Yohan, Yohav et François-Michel, les 17 victimes des attentats terroristes de début janvier. Nanterre est Charlie… Mercredi 7 janvier, 400 Nanterriens se sont rassemblés à l’hôtel de ville pour rendre hommage aux policiers, journalistes, dessinateurs et personnel de Charlie Hebdo. « L’heure n’est pas au repli sur soi et à la peur de l’autre. L’heure est plus que jamais à l’affirmation des valeurs qui font la République et qui font la ville de Nanterre depuis des décennies : la liberté, la démocratie, la fraternité, le vivre ensemble », a souligné Patrick Jarry. Mercredi7etvendredi9janvier,deuxattentats tragiquesébranlentlaFrancerépublicaine.Des actesd’uneextrêmeviolence,vivementcondam- nés par Nanterre dont les élus et citoyens se sontimmédiatementmobiliséspourdirenonà labarbarieetrendrehommageauxvictimesde Charlie Hebdo, de Montrouge et du supermar- ché casher de la porte de Vincennes. Ausoirdesattaquesperpétréescontrel’hebdo- madairesatirique,unrassemblementspontané se tient dans le hall de l’hôtel de ville : « Le choc est immense, déclare alors, très ému, Patrick Jarry, le maire. Ce soir, c’est la société française danssonensemble,c’estlavilledeNanterredans toutes ses diversités qui sont bouleversées et ré- voltées par cet attentat. » Les jours suivants, la mobilisations’amplifieavecl’observationd’une minute de silence à l’occasion de la journée de deuilnationaletlesoutiendumaireetdesélus à la communauté juive nanterrienne. Dimanche11janvier,aprèss’êtrerassembléssur l’esplanade Charles-de-Gaulle, les Nanterriens ont rejoint la marche républicaine. CHRISTELLE GARANCHER Devant l’hôtel de ville. Du 14 au 21 janvier, le cinéma Les Lumières a bousculé sa programmation pour rendre hommage aux caricaturistes assassinés. Dimanche 11 janvier, des Nanterriens se rassemblent sur l’esplanade Charles-de-Gaulle avant de rejoindre le cortège de la marche républicaine. Pour permettre la participation du plus grand nombre, le théâtre des Amandiers avance l’heure de sa représentation. CLAIREMACEL CLAIREMACEL MATHIASGLIKMANS
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    7 Budget 2015 : unebaisse des ressources sans précédent FINANCES. En septembre, à l’ouverture de la période de préparation budgétaire, il manquait à la ville 13 millions d’euros pour équilibrer son budget 2015. Cette situation financière difficile est le fruit de plusieurs facteurs, parmi lesquels la baisse des dotations de l’État, l’augmentation de la contribution de Nanterre aux fonds de solidarité entre communes et l’instabilité du produit de la fiscalité en direction des entreprises. Revue de détail. - 4,6 MILLIONS D’EUROS Baissedeladotationdel’État.En2015,ladota- tion de l’État à la ville est en baisse de 4,6 mil- lions d’euros et ce, au nom de la contribution des collectivités à l’effort de redressement des comptes publics. Or, il est à noter que les communes portent 22 % de cet effort, alors qu’elles ne représentent que 9,5 % de la dette française.Enoutre,cettebaissesereproduiraen 2016 et 2017 ce qui, pour Nanterre, représente 11,7 millionsd’eurosderessourcesenmoinssur trois ans, c’est-à-dire l’équivalent de 300 postes d’agents communaux ou encore la totalité du budget sport ou culture. - 1 MILLION D’EUROS Suppression du reversement du fonds de péré- quation régional. En 2015, Nanterre ne bénéfi- ciera plus du fonds de péréquation régional, ce quiprivelebudgetcommunald’1 milliond’euros de recettes.  + 2,7 MILLIONS D’EUROS Augmentation de la contribution au fonds de péréquation national (FPIC) et au fonds de péréquation régional (FSRIF). Cette année, la contribution de la ville aux fonds de solidarité entre communes augmente de 2,7 millions d’euros, pour atteindre 10 millions d’euros, ce qui ampute le budget d’autant. Dans les faits, Nanterreestlourdementpénaliséeparlemode de calcul de la péréquation. Principalement fondé sur le potentiel fiscal des communes au détriment de la situation sociale de leur popu- lation,cemodedecalculfavoriselesvillesriches fiscalement et socialement, à l’image de Paris ou de Neuilly-sur-Seine. Face à cette injustice, Nanterres’estmobiliséeetaobtenularévision du mode de calcul, ce qui a fait baisser la note de 5 millions d’euros. INSTABILITÉ DU PRODUIT DE LA FISCALITÉ DES ENTREPRISES En 2011, la taxe professionnelle a été rempla- céeparlacontributionéconomiqueterritoriale (CET), un impôt très volatil. En 2013, cette taxe arapportéàlaville60 millionsd’euros.En2014, son produit est descendu à 56 millions. Légère remontéeen2015,puisquelaCETreprésentera pourlavilleunerecettede57,3millionsd’euros. OnpeuttoutefoisnoterqueleproduitdelaCET en2015neparvientpasàsehisserauniveaude 2013,cequilaissesupposerqu’entempsdecrise cetimpôtrapportemoins.Enoutre,laCETprive les villes de leur marge de manœuvre fiscale. Ainsi, avant 2011, lorsque Nanterre relevait ses tauxd’impositionde1 %,celaluirapportait1 mil- lion d’euros, provenant à hauteur de 75 % des entreprises. Aujourd’hui, le même relèvement ne rapporte plus que 350 000 euros, dont plus de 80 % provient des habitants. ORLANE RENOU CLAIREMACEL Une situation « injuste et intenable » Jeudi 22 janvier, Patrick Jarry, le maire, asuivilemouvementdegrèvedenom- breuxmairesdeFrancepourprotester contre le tour de vis financier imposé par l’État aux communes. Ce jour-là, il adoncannulésesactivitéshabituelles pourrecevoir,danslehalldel’hôtelde ville,lesusagersafindeleurexposersa position face aux mesures étatiques quipriventNanterred’unepartimpor- tante de ses ressources. « Au moment oùlasociétéfrançaiseaplusquejamais besoin d’une réduction des inégalités sociales, d’une lutte sans merci contre les exclusions, ce qui passe nécessaire- ment par des services publics en capa- cité d’agir, imposer aux communes une austérité à marche forcée n’est pas la solution », estime-t-il. C’est pourquoi il demandelasuspensiondelaréduction desdotationsdel’Étatauxcommunes dèslaprochaineloidefinances,lamo- dification du mode de calcul du fonds de solidarité régionale en faisant pas- serlecritèredelasituationsocialedes habitants de 20 à 25 % et la création d’un nouvel impôt territorial assis sur leur capital. O. R.
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    8 PHOTOSMATHIASGLIKMANS MÉTROPOLE Les compétences« logement » et « aménagement » transférées à la Métropole du Grand Paris ? Un sujet qui fait aujourd’hui débat tant auprès des élus que des citoyens. Mercredi 21 janvier, les Nanterriens étaient invités à mieux comprendre les enjeux liés à ce transfert de compétences. Morceaux choisis. Aménagement-logement : le grand pari JEAN-PIERRE TROCHE, architecte urbaniste, gérant de Ville et Habitat et consultant sur les politiques publiques de l’habitat et du logement social. « Oui, il faut une Métropole du GrandParispouressayerd’avan- cer sur la question de l’habitat, car aujourd’hui noussommesdansunepériodedesous-produc- tionchroniquedelogementsenÎle-de-France.Je suispersuadéque,surcettequestion,ilfautune gouvernanceforte,quidevraêtreaccompagnée de compétences qui s’imposeraient aux villes refusantdeconstruire.Onmanqued’uneaction foncière forte. Elle peut venir de la métropole, mais la coordination devra être gérée au plus prèsdesterritoires.Carjenevoispascomment, aujourd’hui, on peut résoudre tous les enjeux autourdel’habitatsanscompétencespartagées et coresponsabilité. Au-delà de ce débat tech- nocratique, il ne faut pas oublier de se poser la question des valeurs et de la mixité : avec le projetduGrandParis,commentfairepouravoir un peu plus d’égalité territoriale ? » MIREILLE FERRI, directrice générale de l’Atelier international du Grand Paris « Une métropole a un sens si elleestuniformedanssastruc- ture. Ici, ce n’est pas le cas, il n’y a pas de cohérence ni du pointdevuefonctionnel,nidelaformeurbaine. Toutefois,ilyaquandmêmeuneinstitutionqui nous promet enfin la disparition des inégalités entre groupes sociaux et territoires. Mais une cohérenceadministrativea-t-elle-déjàpermisde fabriquer de la solidarité de façon uniforme ? Non ! C’est un projet politique et la seule chose dontonestàpeuprèscertainaujourd’hui,c’est quelatonalitépolitiquemajoritairedelafuture MétropoleduGrandParisneserapeut-êtrepas la recherche de solidarité. Pour le moment, on a uniquement gagné un échelon administratif supplémentaire. L’empilement du mille-feuille et des outils administratifs donne le tournis. » « Plus de transparence »« Une gouvernance forte » «Un échelon administratif supplémentaire »PATRICK JARRY, maire de Nanterre « Il est nécessaire qu’au niveau delaMétropoleduGrandParis, il existe un document contrac- tuel et opposable qui déter- mine, année par année, ce que lescommunesdoiventconstruireenlogements, tantennombrequ’ennatureoutypologie.Celui- ciestnécessairepourplacerlescommunesface àleursresponsabilités.Celadoitêtreassortide plus de transparence, car la question politique du logement ne peut progresser sans trans- parence. Les habitants doivent savoir, chaque année,quiconstruitquoietoù.Jesuispersuadé qu’on ne pourra pas résoudre la question de la crise du logement en Île-de-France seulement avec de nouvelles institutions. Je le répète, il faut plus de transparence. »
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    9 Une compétence àcalibrer Hélène Joinet, chargée d’études habitat à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France. Hélène Joinet, chargée d’études habitat à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France (IAU-IdF) nous livre son point de vue sur le transfert de la compétence logement à la métropole. DR desmoyensengendrerauneforcedefrappe conséquente.Maisl’aspectquantitatifn’est pas tout. « Que construire et pour qui ? » reste un enjeu central pour préserver un parc financièrement accessible. De même, l’amélioration du parc existant est tout aussi essentielle. Celaétant,laphasedepréfigurationesten cours et les sujets de négociation restent nombreux. L’élaboration des documents cadresprendradutempsetleurdéclinaison opérationnelle ne viendra qu’après. Cette période de transition risque de susciter une prudence des acteurs de terrain et des reports dans le lancement des opérations. Les villes perdront-elles leur compétence en matière d’attribution de logements ? H. J. : En ce domaine, rien n’est acté. Tout dépendradesrèglesdujeuétabliesentrela métropole,lesterritoiresetlescommunes. Mais l’attachement des élus à un droit de regard sur le peuplement du parc HLM laisse à penser que la gestion d’une partie desréservations,contrepartiedesgaranties financières apportées par les collectivités, continuera de s’opérer à une échelle de proximité. PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTELLE GARANCHER QR code generated on http://qrcode.littleidiot.be Pouvez-vous nous dessiner les contours de la compétence logement de la métropole du Grand Paris ? Hélène Joinet : La relance de la construc- tionseraaucœurdespréoccupationsdela métropole. L’urgence est patente : au cours des dix dernières années, on a construit en moyenne 41 000 logements par an en Île- de-France, alors que les besoins sont esti- més à 70 000. Pour ce faire, la métropole élaboreraunplanmétropolitaindel’habitat et de l’hébergement et pourra agir via les aides financières et actions en faveur du logement social. La métropole, ou les terri- toiresquilacomposent,pourrontactionner des leviers opérationnels : créer des zones d’aménagementconcertéescommeengager des programmes d’intérêt général. Et, en tant qu’EPCI [établissement public de coo- pération intercommunale, NDLR], elle sera délégataire de compétences importantes commelagestiondesaidesàlapierrepour leparcsocial,l’améliorationduparcprivéou la gestion de l’hébergement. Y’a-t-il une réelle plus-value à confier la planification de la construction de logements à la métropole ? H. J. : Parsonassisespatialelarge,laMétro- pole pourra œuvrer à un rééquilibrage de l’offredelogementsocial.Lamutualisation Où en est-on ? Dans la nuit du 22 au 23 janvier, le Sénat a adopté un amendement gouvernemental précisant les compétencesdelamétropoleetdesterritoires.Un texte qui a confirmé le transfert de la définition des plans locaux d’urbanisme des communes vers les territoires. Maisalors,quellesmargesdemanœuvrerestera-t-il auxcommunes ?Enmatièred’aménagement,leurs compétencesseraientréduitesàlaseuledélivrance d’autorisations d’urbanisme, comme les permis de construire. Tout autre possibilité juridique d’inter- venir dans l’ensemble des domaines relevant de l’aménagement (définition, création et réalisation d’opérationsd’aménagement ;actionderestructura- tionurbaineoudevalorisationdupatrimoinenatu- reletpaysager ;constitutionderéservesfoncières…) appartiendrait aux territoires ou à la métropole. En matière de logement, relèveront de la métro- pole les opérations d’amélioration du parc immo- bilier existant, de réhabilitation et de résorption de l’habitat insalubre. Les politiques du logement, les aides financières, les actions pour le logement social,cellesenfaveurdulogementdespersonnes défavoriséesserontdéléguéesdefaçontransitoire aux territoires avant de rejoindre la métropole. JULIEN SAGE, adjoint au maire délégué à l’aménagement et à l’urbanisme « EnFrance,onaimebienfairedegrands projets pour résoudre de grands pro- blèmes.Saufque,parfois,pourrésoudre ces grands problèmes, il faut réfléchir via des solutions locales. Alors, est-ce qu’une grande réglementation, un grand PLU à l’échelle d’une métro- pole, apportera quelque chose ? Non. Si les règles sont communes, si la production urbaine est standardisée, on ne respectera pas l’identité des territoires. D’autres métropoles, confrontées elles aussi à la problématique dulogement,onttrouvédessolutionspluspertinentes que la recentralisation des outils. L’urbanisme ne se pense pas d’en haut, mais se réfléchit d’en bas. » CHRISTELLE GARANCHER Mercredi 11 février à 19h30, le débat se poursuit avec la question des métropoles dans le monde. Agora, 20, rue de Stalingrad. Pour tout savoir sur la métropole : www.nanterre.fr/la ville/Nanterre dans la métropole. Pour donner son avis : metropole@mairie-nanterre.fr. Vous pouvez également enregistrer votre contribution tous les jeudis, de 16h à 19h, à l’Agora, 20, rue de Stalingrad. Votre avis sera ensuite diffusé sur Radio Agora. http://radioagora-nanterre.fr «L’urbanisme se réfléchit d’en bas »
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    10 ARENA Limiter l’impactsur l’environnement tout en restant compatible avec les pratiques professionnelles du BTP, tel est l’enjeu d’un chantier à faibles nuisances comme celui de l’Arena Nanterre- La Défense. Un chantier vert Pour garantir la mise en œuvre de la démarche environnementale, Ouafa Mimouni (à gauche sur la photo), chargée de l’environnement et du développement durable, organise des réunions d’information et de sensibilisation sur le chantier. déchets,lamaîtrisedesressourceseneaueten électricité ainsi que la limitation des nuisances (voir photos ci-dessous). « Quand on parle de nuisances, il s’agit du bruit, de la poussière, des odeurs, de l’état du chantier, du trafic et des risques de pollution. Le plan d’installation du chantieretlesmodesopératoiresontétéétudiés demanièreàlimiteraumaximumcesnuisances. » Ainsi,lesabordsetlesvéhiculessortantduchan- tier sont régulièrement nettoyés, la circulation se fait exclusivement en marche avant pour éviter le déclenchement des signaux de recul, certains éléments comme les gradins sont pré- fabriquéspourlimiterl’utilisationdumatérielde coffrage,deskitsantipollutionsontaccessibles sur le chantier pour circonscrire rapidement un écoulement accidentel… Surleterrain,OuafaMimounitravailleenétroite collaboration avec les équipes pour sensibiliser l’ensemble du personnel, compagnons, sous- traitants et fournisseurs dès leur arrivée sur le chantier.« Nousorganisonségalementdecourtes réunionsmensuellesaucoursdesquellesilssont invités à réfléchir et à s’exprimer sur un thème donné. »Elleregardeégalementleséventuelles remarquesquepourraientfairelesriverainsvia les outils mis à leur disposition : Numéro vert (0 800 746 568), adresse mail (arena-riverain@ vinci-construction.fr), comités de suivi et boîte aux lettres installée à l’entrée du chantier. SOPHIE BOCARD traitantes,dumaîtred’ouvrageenvironnement et de l’Epadesa. C’est aussi à elle que revient la charge de faire respecter les obligations défi- nies dans ce domaine par VINCI Construction France, elles-mêmes fondées sur les exigences réglementaires, les référentiels de certification et les bonnes pratiques de la « maison ». Une démarche labellisée « Cet engagement se traduit notamment par la mise en place d’une charte Chantier à faibles nuisances à tous les stades d’avancement des travaux »,poursuitOuafaMimouni.Cettecharte couvre le tri, la valorisation et le recyclage des « Mon rôle consiste à veiller à ce que l’ensemble des intervenants sur le chantier prennent en compte l’environnement dans leurs tâches quo- tidiennes. » Après avoir exercé pendant quatre ans le métier de conductrice de travaux, Ouafa Mimounis’esttournéeverslemanagementen- vironnemental.Lajeunefemmeestaujourd’hui chargée de l’environnement et du développe- ment durable sur le chantier de l’Arena. « Si les techniques de construction me passionnent toujours, j’aime la transversalité et la richesse de cette fonction », commente-t-elle. De fait, elle est l’interlocutrice régulière et privilégiée de l’encadrementdechantier,desentreprisessous- PHOTOSCLAIREMACEL Gestion des déchets. Chaque grue a sa propre zone de bennes pour les inertes (gravats, béton, parpaing…), le bois, la ferraille et les déchets mélangés. Entre janvier et septembre 2014, 70 % des déchets ont été triés et 91 % de la matière valorisée. Préservation des ressources. Cette unité de lavage de bennes à béton permet de récupérer et de réutiliser les eaux de lavage par filtration et décantation. Limitation des nuisances sonores. Le niveau sonore est mesuré en permanence par un micro installé boulevard Aimé-Césaire. Le dépassement du seuil de 85 dB (A) déclenche une alerte et la mise en place de mesures correctives.
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    11 MATHIASGLIKMANS École Paul-Langevin : des moyensmaintenus L’école Paul-Langevin continuera à recevoir des moyens adaptés à la situation sociale et sco- lairedesélèvesquifréquententl’établissement. Telle est en substance la réponse apportée par Philippe Wuillamier, directeur académique des services de l’Éducation nationale des Hauts- de-Seine, au maire de Nanterre, Patrick Jarry, et à Zacharia Ben Amar, l’adjoint en charge des affaires scolaires. Les élus, alertés par la communauté enseignante sur le sort réservé à certains établissements dans le cadre de la réformedel’éducationprioritaire,ontétéreçus le 6 janvier. Le 9 décembre, un vœu avait été adopté à l’unanimité par le conseil municipal en faveur du maintien de l’école Paul-Langevin dans le nouveau réseau d’éducation prioritaire Le 9 décembre, un vœu a été adopté par le conseil municipal pour le maintien de l’école Paul-Langevin dans le nouveau réseau d’éducation prioritaire. ENSEIGNEMENT Qui entre dans les nouveaux réseaux d’éducation prioritaire (REP), qui y reste, qui en sort ? Les contours de la nouvelle carte des REP se précisent à Nanterre. (REP),applicableàlarentrée2015.Carc’estbien l’éventuelle exclusion de cet établissement qui pose problème. REP et REP + Pour comprendre, un petit rappel s’impose. Chaque REP est constitué d’un collège « tête deréseau »etdesécolesquiluisontrattachées. Si le collège sort du dispositif, les écoles en sortent automatiquement. C’est le cas à Nan- terre du collège Jean-Perrin et donc de l’école Paul-Langevin.Or,pourlesenseignantscomme pour les élus, cette réorganisation ne tient pas suffisamment compte de la situation sociale des familles. Si le directeur académique s’est montré rassurant en confirmant que l’établis- sement continuerait à bénéficier de moyens adaptés pendant trois ans, les élus ont insisté surl’importancedepérenniserlesdéchargesde direction en primaire et en maternelle. Le collège République (précédemment associé au dispositif Collège ambition, innovation et réussite) rejoint quant à lui Victor-Hugo, Paul- Eluard, André-Doucet dans le classement REP et Evariste-Galois est classé en REP +, c’est-à- dire parmi les établissements pour lesquels les difficultés sociales ont des incidences fortes sur la réussite scolaire. « Nous resterons néan- moins attentifs à la dotation horaire de tous les collèges de la ville, précise Patrick Jarry dans un communiqué, celle-ci n’ayant fait que décroître ces dernières années. » Aucune révision de la carte des lycées n’est envisagée. Les moyens sont donc maintenus. SOPHIE BOCARD Admission post-bac : le coup de pouce du CIO ENSEIGNEMENT Bon à savoir à quelques jours du lancement de la procédure d’admission post-bac : le centre d’information et d’orientation (CIO) tient des permanences hebdomadaires à la Maison de l’emploi et de la formation (MEF). Futursbacheliers,vousavezjusqu’au20mars pour vous inscrire sur le portail Admission post-bac (admission-postbac.fr), formuler et hiérarchiser vos vœux pour le choix de votre établissement supérieur. Cette plate-forme a été mise en place pour simplifier les dé- marches de préinscription dans l’enseigne- ment supérieur en regroupant sur un seul site plus de 10 000 formations publiques et privées. Il s’agit notamment de la première année de licence dans toutes les filières, de la première année commune aux études de santé, des classes préparatoires, des brevets detechniciensupérieur(BTS),desdiplômesde technicien supérieur (DUT)… C’est le passage obligépourlesélèvesdeterminale,lesanciens bacheliers et les titulaires d’un diplôme équi- valent dès lors qu’ils ont moins de 26 ans. Si vous ne maîtrisez pas (encore) toutes les subtilités de la procédure, pas d’inquiétude. Les conseillères d’orientation-psychologues ducentred’informationetd’orientation(CIO) proposent depuis le mois de novembre des permanences hebdomadaires à la Maison de l’emploietdelaformationdeNanterre(MEF). Le calendrier des permanences du deuxième trimestre est disponible sur le site Isnternet de la MEF : www.mefnanterre.fr. SOPHIE BOCARD Prochaines permanences : • Vendredi 13 février (après-midi). • Lundi 2 mars (matin). Sur rendez-vous auprès du CIO : 01 47 21 47 80. Maison de l’emploi et de la formation, 6, avenue Lénine.
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    12 MATHIASGLIKMANS JEUNESSE Dans lecadre de sa tournée acoustique, le rappeur Kery James reverse une partie de ses cachets pour aider des jeunes à financer leurs études. Le 19 décembre dernier, Jasmine et Amina ont reçu cette bourse à l’issue du concert à la Maison de la musique. Passe ton rap ! C’est le Comité local d’aide aux projets des jeunes (Clap : lire ci-dessous) qui lui a parlé de la bourse offerte par Kery James. Jasmine, étu- diante en master de microbiologie à l’institut Léonard-de-Vinci, s’est en effet rapprochée, il y aquelquessemaines,duservicemunicipalpour obtenir un soutien financier. « Mon école coûte 3 000 euros par année scolaire. J’avais jusqu’au mois de janvier pour verser cette somme. Mais malheureusement, je ne disposais pas de cet argent sur mon compte… » Cette jeune fille de 25 ans vit avec sa mère malade et ses deux frères dans le quartier du Vieux-Pont. « J’ai donc répondu à l’appel de l’association de Kery James en expliquant ma situation dans une vidéo de trois minutes. » Les mots – simples et sincères – convainquent le jury, composé du rappeur, du comédien Omar Sy et de quelques agents municipaux. Lorsque Jasmine reçoit le coup de téléphonel’informantqu’elleestlauréated’une boursede4 000euros,ellen’arrivepasàycroire. « C’était un cadeau de Noël avant l’heure. J’ai res- senti un immense soulagement. J’allais pouvoir financer ma formation ! Mon ambition est de devenir attachée de recherche clinique dans une entreprise pharmaceutique. » En route vers l’emploi ! Amina, 22 ans, est, quant à elle, en dernière année d’école de journalisme et se destine au métier de reporter d’images. Mais, pour cela, il lui manque une ligne sur son CV : le permis de conduire.Carelleenestcertaine :lepetitcarton rose l’aidera à trouver un emploi. Quand une amie la prévient à la dernière minute que Kery James propose une bourse dans le cadre de sa tournée, elle saisit aussitôt sa chance. « J’ai tourné une vidéo dans ma chambre. » Amina y raconte naturellement son histoire, sans trop croirequ’elleserasélectionnéeparlejury.Mais, fidèleàsoncredo :« Çanecoûteriend’essayer ! », elle se lance. Quelques jours plus tard, Kery Jameslacontacte« enpersonne »partéléphone pourluiannoncerqu’uneboursede2 000euros lui est attribuée. « Je n’ai pas trop réalisé sur le coup, ce n’est que le jour de la rencontre avec KeryJamesquej’aicompris. »Aminaetlerappeur ontdiscutélonguementlaveilleduconcert.Elle quin’écoutaitpasKeryJamesavantlemoisder- nier se met à apprécier les textes du rappeur. « Lors du concert à la Maison de la musique, je suis venue avec ma mère. À la fin du spectacle, elle a tenu à le remercier. Tout le monde était très ému… » GUILLAUME GESRET Jasmine et Amina (de gauche à droite), les deux Nanterriennes lauréates de la bourse d’étude octroyée par l’association de Kery James. Le Clap joue les entremetteurs C’est le Comité local d’aide aux projets des jeunes (Clap), dont la vocation est d’accom- pagner les projets des jeunes de la ville, qui a relayé l’initiative de Kery James. Quelques jours avant son concert à Nanterre, le Clap a effectuéuntravaildeterrainpourrepérerdes jeunes Nanterriens susceptibles de répondre à l’appel lancé par le rappeur et son associa- tionACESpourApprendre,comprendre,entre- prendreetservir.Leséducateursontmobilisé dix-septcandidatsquiontenvoyéaujuryune vidéo de présentation. « Nanterre était la pre- mière date de la tournée acoustique de Kery James. Il fallait communiquer sur cette initia- tive »,expliqueDavidAzoulay,responsabledu Clap.Lesmembresdelastructuremunicipale ont ensuite participé aux délibérations du jury.« Noussommestrèsheureuxqu’Aminaet Jasmine aient obtenu la bourse, c’est un beau coup de pouce pour elles. » G. G. Renseignements : 39 92. Demander la direction de l’action jeunesse.
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    13 Troc en stock Lasolidarité tisse sa toile RÉSEAUX SOCIAUX Aurélie Machado vient de créer un groupe sur Facebook pour inciter les Nanterriens à échanger des vêtements, des denrées alimentaires ou encore des meubles. RÉSEAUX SOCIAUX Comme Laëtitia Pelaud, de plus en plus de citoyens utilisent Facebook pour construire des réseaux de solidarité sur la toile mondiale. CLAIREROBERT L’idée est aussi simple que pertinente. Aurélie Machado, étudiante en master de droit public à l’université de Nanterre, a lancé cet appel sur Facebook : « Et si on troquait nos affaires ? » En quelques jours, une quarantaine d’amis rejoignent le groupe sur le réseau social pour « Quandj’aivouluaiderlessans-abriaudébutdel’hi- ver,monréflexeaétédecréerunepageFacebook.Je voulaismobilisermonentourage »,expliqueLaëtitia Pelaud, une Nanterrienne de 31 ans. Très vite, les « demandes en ami » et les « like » affluent sur la page. En un mois, le groupe comptabilise près de 900 membres. « Facebook est un outil formidable pour lancer une initiative. Beaucoup de personnes désiraient se rendre utiles, mais ne savaient pas par oùcommencer. »Avecsesamis,Laëtitiacommence parcollecterdesvêtementschaudspourlesdistri- procéderauxpremierséchanges.« J’habitedans la résidence de l’université depuis un an et demi. Nous autres, étudiants un peu fauchés, nous nous entraidons déjà. Par exemple, j’ai échangé l’autrejouruneplacedecinécontredescahiers… » Aurélie souhaite à présent étendre ces trocs à tous les habitants de Nanterre. Pour cela, ils sont attendus sur Facebook dans le « groupe de troc / don sur Nanterre ». « Avant d’arriver en région parisienne, je vivais à Pithiviers où un groupe semblable a réussi à réunirplusde500membres.Beaucoupdejeunes mamansyéchangentdesvêtementsetdesacces- soires pour leurs enfants. Les étudiants se sont également emparés de cette page pour troquer des ustensiles de cuisine ou des meubles au gré de leurs colocs. » Vers une autre société En bonne juriste, la jeune femme a rédigé une charte de bienséance pour éviter les membres malintentionnés et pour rappeler que l’argent est totalement proscrit dans le groupe. Mais, au-delà de cet aspect pratique, cette initiative estunecontributionàlasociétédontellerêve. « L’échangeetledonpermettentdesortirdelaso- ciétédeconsommation.J’aitoujoursaiméchiner danslesbrocantes,récupérerdesmeubleslaissés surletrottoir,plutôtqued’achetertoutletemps des objets neufs. » Pour Aurélie, cette alternative à la consomma- tion est aussi un moyen de créer du lien. Pas- santbeaucoupdetempsàétudier,elleregrette denepasconnaîtreplusdemondeàNanterre. « Ce groupe est une façon de m’intégrer à mon environnement.Danslarésidencedel’université, nous sommes un peu coupés des quartiers de Nanterre.J’aimeraisbiensortirducampusetren- contrer des Nanterriens », conclut-elle. GUILLAUME GESRET Groupe de troc / don sur Nanterre. buer aux SDF aux abords du Cash. Quelques jours plus tard, Laëtitia, Karima, Latifa et les autres pré- parent des repas chauds et des petits déjeuners complets grâce aux dons d’argent des membres du groupe Facebook. Karima, la bonne cuisinière de la troupe, s’occupe de la soupe, la fameuse chorba, et Latifa se charge de démarcher les com- merçants nanterriens pour collecter de la nourri- ture. « Nous avançons de manière artisanale, avec toute notre énergie, pour effectuer ces maraudes. L’autre dimanche, nous avons réussi à distribuer 200 repas. » Chaque week-end, le groupe d’amis s’élargit et s’organise pour transporter les repas dansunecamionnettequisillonnelesruesdeNan- terreetdeParis.« Lessans-abrinousaccueillentavec lesourire,certainscommencentànousreconnaître. » GUILLAUME GESRET  Aidons les SDF des Hauts-de-Seine et Paris. Pendant une maraude du groupe Facebook « Aidons les SDF des Hauts- de-Seine et Paris ». DR
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    14 Des assos asde com’ ASSOCIATIONS À l’Agora, les bénévoles des associations de la ville ont accès à des ateliers qui les familiarisent avec les outils de communication. En janvier, ils ont reçu une initiation à la wiki radio. MATHIASGLIKMANS Installés dans la mezzanine de l’Agora, les sept participantsécoutentsagementCatherine,chef de projet de Radio Agora, qui dispose de deux heurespourleurprésenterlaligneéditorialede la wiki radio et les outils techniques indispen- sables à la prise d’antenne. « Vous verrez, c’est très simple. L’utilisation des enregistreurs numé- riques et le logiciel de montage sont très intui- tifs »,explique-t-elled’emblée.Autourdelatable, Raphaël,responsabledelasectiondeNanterre PARTICIPEZ À LA RÉALISATION D’UNE FICTION RADIO delaLiguedesdroitsdel’Homme,n’enperdpas une miette. « J’aimerais proposer une émission sur les droits et les devoirs de chacun. J’ai déjà le découpagedufeuilletonradiophoniqueentête,je vienscematinpourapprendreàfairedelaradio. » Rosemine, de l’association Diva, rêve elle aussi deréaliseruneséried’interviewsdes« anciens » ayant connu l’époque des colonies françaises. « Ilsontdeshistoiresàraconter,pleind’anecdotes qui pourraient éclairer les jeunes générations. » En attendant de diffuser leurs émissions, les uns et les autres apprivoisent le matériel. « J’ai suivi plusieurs ateliers associatifs depuis la ren- tréeetchaqueséanceesttrèsintéressante,confie Chantal, de l’association Parole vole. L’objectif est d’améliorer la communication de notre asso- ciation. Au départ, je voulais créer un blog mais jevousavouequemescompétenceseninforma- tique étaient limitées… » Chantal a donc assisté auxcourssurledécryptagedupaysageweb,les logicielslibres,lamessageriegmail…« Cesateliers m’ont appris beaucoup de choses, les différents intervenants, graphistes, communicants sont pédagogues »,estime-t-elle.Pourl’heure,leblog desonassociationn’estpasencoreenligne.« J’y travaille, assure-t-elle. Mais ce matin, une autre idée m’est venue : pourquoi ne pas proposer une émission à Radio Agora ? » GUILLAUME GESRET Renseignements et inscriptions : Agora, 20, rue de Stalingrad. Tél. : 01 71 11 43 55. La philosophie du vivre ensemble CITOYENNETÉ Un collectif nanterrien lance une série de débats sur le thème de la démocratie. Ce nouveau rendez- vous, appelé Agora philo, débute samedi 7 février. Laphilosophieaideàseforgerunespritcritique. Un collectif, réunissant des habitants et des enseignantsdel’universitépopulairedesHauts- de-Seine, part de ce postulat pour proposer un cycle de débats philosophiques et citoyens. L’Agora philo réunira à chaque rendez-vous un philosopheetunspécialistedelaquestionsou- levée.Ilsengagerontundébataveclepublic.Le tout sera enregistré et diffusé sur Radio Agora. Ces rencontres ne sont (surtout) pas réservées auxspécialistesdelaphilosophie–chacunétant libre d’intervenir avec ses mots et sa façon de raisonner. Le thème de la démocratie sera le fil directeur des quatre Agora philo de l’année. Lors de la première soirée, samedi 7 février, le débatporteraplusspécifiquementsurlalaïcité. Le public sera dans un premier temps invité à découvrir le film Iranien de Mehran Tamadon, dans lequel ce réalisateur iranien athée réussit à convaincre quatre mollahs, partisans de la République islamique, de venir habiter et dis- cuter avec lui pendant deux jours. De ce huis closémergelaproblématiqueduvivreensemble en dépit des antagonismes religieux. Patrick Gatignol, enseignant de l’université populaire desHauts-de-Seine,apporteraensuitesonéclai- rage philosophique et introduira la notion de laïcité pour amorcer le débat avec la salle, en présence du réalisateur. G. G. Samedi 7 février à 20h30. Tarif : 5,30 euros. Cinéma Les Lumières, 49, rue Maurice-Thorez. Renseignements : agora@mairie-nanterre.fr ou 01 71 11 43 55. Vous aimez écrire, vous aimez interpréter, vous aimez jouer avec les sons, vous voulez prêter votre voix, vous avez envie de participer à la réalisation d’une fiction radiophonique ? Alors, contactez l’Agora ! Radio Agora cherche en effet à monter une équipe afin de réaliser des fictions radiophoniques qui seront diffusées sur la wiki radio de Nanterre lors du festival Déclics en octobre 2015. Renseignements : catherine.portaluppi@ mairie-nanterre.fr ou 01 71 11 43 53. radioagora-nanterre.fr. Les ateliers associatifs de l’Agora permettent aux associations de maîtriser leur communication et donc de mieux faire connaître leur action.
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    15 SOCIAL En févrieret mars, un groupe de détenus de la maison d’arrêt de Nanterre va participer à la rénovation de son plateau sportif. Une initiative de l’association Ensemble contre la récidive, fondée en 2010 par l’homme d’affaires Pierre Botton, lui-même ancien détenu. Les explications d’Edith Bizot, responsable des actions de terrain. « Apporter un peu d’humanité en prison » Quel est l’objectif de ce projet ? Edith Bizot : Ils’agitd’apporterunpeud’huma- nité dans la prison et de permettre à des déte- nus de travailler en étant rémunérés au Smic. Nous allons refaire la piste d’athlétisme et le terrain de sport, planter des arbres et installer des bancs pour se reposer ou faire de la mus- culation. Les détenus, tous volontaires, seront sélectionnés par l’administration pénitentiaire et accompagnés par les entreprises en charge du chantier. Nous espérons qu’ils seront au moins douze. Nous avons mené le même type de projet à la prison de Fresnes, au printemps dernier. C’était un terrain vague infesté de rats qui a été complètement transformé, avec no- tamment la réalisation de fresques le long du mur d’enceinte. Pourquoi le travail est-il si important pour prévenir la récidive ? E. B : Il apporte de l’estime de soi, de la recon- naissance et permet d’indemniser les victimes. C’est un temps qui devient utile pour des gens qui sont enfermés 23 heures sur 24, parfois à quatre dans une cellule de 9 m2 . Une telle expérience provoque souvent un déclic : ils se rendentcomptequ’onleurfaitconfiance,qu’ils sont capables de bien faire et ils ont envie de continuer. Quels autres projets l’association Ensemble contre la récidive mène-t-elle ? E. B : Nous avons mis en place un dispositif contrelechoccarcéral :diffusionenboucled’un filmexpliquanttouteslesétapesquiattendent la personne après sa garde à vue, apposition d’un panneau sur les droits de l’Homme, instal- lation de bancs dans les cellules, amélioration del’hygiènedesdouchesetdestoilettes,etc.La maisond’arrêtdeNanterread’ailleursétél’éta- blissementpiloteenjuillet2010et,aujourd’hui, vingt en France en bénéficient. Pour financer cela, nous sommes soutenus par plusieurs mécènes en contact avec Pierre Botton. Le chantier de Nanterre a reçu, quant à lui, une aidede50 000eurosduConseilgénéral,viason appel à projets d’économie sociale et solidaire. Est-ce difficile de faire changer les choses en prison ? E. B : Oui, c’est compliqué car la hantise de la sécurité domine. Heureusement, depuis un an etdemi,nousavonslachanced’avoirunedirec- trice de l’administration pénitentiaire, Isabelle Gorce, très ouverte et nous espérons étendre ces actions à d’autres établissements. PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE FRUCHARD ensemblecontrelarecidive.com. EN BREF Les commerçants seront de la partie ! ECOZONE Attention, écologie populaire, concrète et participative en vue ! Samedi 9 mai, Ecozone, le festival de l’écologie au quotidien, revient au parc des Anciennes-Mairies avec sa cohorte de bons plans, sa bonne humeur et ses stands ludiques recouvrant des thèmes aussi variés que l’écoconstruction, le jardinage, la consommation équitable ou encore la mobilité alternative. Nouveauté cette année : les commerçants sont invités à participer en tenant des stands de vente ou de conseil en lien avec l’écologie et le développement durable. Intéressé ? Alors contactez sans plus attendre la mission écologie urbaine au 39 92 ou envoyez un courriel à coralie.richard@mairie-nanterre.fr. La 378 renforcée TRANSPORTS La ligne de bus 378, qui relie la gare RER Nanterre-Ville aux Courtilles, à Asnières, s’est adaptée aux besoins des usagers. Depuis le début de l’année, sa fréquence de passage a été améliorée et ses horaires étendus en soirée. Désormais, du lundi au vendredi, un bus circule toutes les quatre minutes aux heures de pointe sur le tronçon Victor Basch- Les Courtilles. Pendant les heures creuses, un bus passe toutes les sept minutes sur toute la ligne et, du lundi au dimanche, le service est étendu jusque 0h30. Petits mais triés ENVIRONNEMENT Les consignes de tri concernant les petits emballages métalliques évoluent. Désormais, qu’ils soient petits ou grands, plus aucune différence ! Vos capsules, opercules, collerettes, bouchons en acier et en aluminium peuvent désormais être recyclés s’ils sont déposés dans le bac jaune. Si vous avez encore des doutes sur les consignes, un guide du tri est disponible à l’hôtel de ville, dans les mairies de quartier et est téléchargeable sur www.nanterre.fr, rubrique cadre de vie. Edith Bizot, responsable des actions de terrain de l’association Ensemble contre la récidive. DR
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    THÉÂTRE La scènedu théâtre des Amandiers se peuple peu à peu d’une, dix, trente puis cent personnes, entrant sur le plateau comme sur un podium. Ce dimanche 25 janvier, les comédiens sont comptables, retraités, animateurs, consultants, SDF ou collégiens. Ces cent habitants de Nanterre, de tous âges et de toutes conditions sociales, ont accepté de se prêter, pendant une semaine, à une expérience hors du commun : participer à une performance théâtrale, conçue comme « une sculpture sociale » par un duo d’artistes portugais, Ana Borralho et João Galante. Inspiré d’une comptine pour enfants, ce spectacle est la cartographie d’une population, d’où jaillit des paroles de révolte et d’espoir. Créé en 2011 à Lisbonne, le spectacle a déjà tourné au Brésil, en Suède et en Italie. Atlas-Nanterre en est la 26e déclinaison. Retour en images sur une belle aventure collective et humaine. ISABELLE FRUCHARD, PHOTOS MATHIAS GLIKMANS La bourrasque Atlas Le principe d’Atlas est que, tour à tour, chaque participant décline sa profession, son statut social, ses coups de cœur, avec la même tournure de phrase. Magali murmure : « Si 58 danseuses en situation de handicap, contraintes de travailler à l’étranger faute de propositions artistiques en France, dérangent beaucoup de gens… » Tiago Gandra, l’assistant son et lumière, entouré de Ana Borralho, à gauche, et de Catarina Gonçalves qui coordonne le groupe. Dimanche 25 janvier, dernier échauffement avant le spectacle. Première répétition, lundi 19 janvier. Sur la grande scène du théâtre des Amandiers, les participants se présentent et parlent de ce qui les anime. Au centre, le metteur en scène, Ana Borralho, et ses assistants collectent toutes ces informations. « Le moment des histoires » : crescendo, puis decrescendo, les performers d’Atlas vont livrer leur histoire au public. 16
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    Séances d’embrassades pourfavoriser la bienveillance, l’absence de jugement et l’énergie positive du groupe. Une partie du groupe pendant le spectacle. Avec Atlas, l’ambition d’Ana Borralho et João Galante est de créer « une sculpture sociale ». Une danse endiablée comme moyen de conjurer le trac avant le spectacle. À la fin du spectacle, les participants goûtent les applaudissements d’une salle pleine à craquer. Mohamed, 33 ans, vendeur de thé ambulant et comédien d’un jour, offre à tous les participants une tournée générale après le spectacle. 17
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    Pour vaincre lacrise du logement et fluidifier les parcours résidentiels, la ville actionne tous les leviers. De la construction de logements sociaux, en accession libre ou encadrée à la rénovation du bâti ancien, en passant par des opérations de démolition-reconstruction et la recherche de solutions innovantes, petit tour d’horizon d’une politique qui vise à offrir à chacun un logement qui correspond à ses moyens et à ses besoins. ∞ Interview d’André Cassou, adjoint au maire délégué à l’habitat ������������ P 19 ∞ 600 logements livrés en 2014 �������� P 20 ∞ Logement social : transparence et équité ����������������������������������������������� P 21 ∞ Fini le loyer, vive la propriété ! �������� P 22 ∞ Deux générations, un même toit �� P 23 ∞ Mon premier chez moi���������������������� P 23 ∞ Une aide gratuite pour rénover son logement ������������������������������������� P 24 ∞ Aotep ne perd pas la Boule ������������� P 25 ∞ Démolir pour reconstruire ��������������� P 25 ∞ En 2015 et 2016, la ville poursuit ses efforts ������������������������������������������� P 26 LOGEMENT : MOBILISATION À TOUS LES ÉTAGES ! À LIRE DANS CE DOSSIER DOMINIQUEJASSIN
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    19 DOSSIER Nanterre est-elle uneville attractive ? AndréCassou :Oui,Nanterreestunevilleattrac- tive à plus d’un titre. Elle compte davantage d’emplois que d’habitants, elle est dotée d’un incomparable réseau de transports et elle pré- senteuneoffredelogementsdiversifiéequel’on ne trouve pas dans les villes limitrophes. Nan- terre dispose également de réserves foncières qui en font un véritable réservoir à projets. La médaille de l’attractivité a-t-elle un revers ? A. C. : La pression sur le logement social et la spéculation financière en sont les principales conséquences. Nanterre compte 19 000 loge- ments sociaux et nous en attribuons environ 1 000 par an. Alors que les demandes sont en progression constante avec 80 demandeurs de plus par mois, la mobilité a fortement diminué en dix ans. Et nous savons, par le biais du nou- veau système d’enregistrement régional, que les demandes continuent et continueront à affluer (1) . Deuxième point : l’augmentation des prix qui touche le secteur privé comme le public. Ainsi, 54 % des loyers sont conventionnés mais ils ne sontpastousaumêmeprix.Ilsvarientde3 euros le m² pour une construction ancienne à 7 euros le m² dans le neuf, le tout sans les charges. Cela n’estpasàlaportéedetouteslesboursesetpeut créer une rupture dans le parcours résidentiel, mêmedanslelogementsocial.Àl’achat,lesprix duneufsontpassésde2 500 eurosà5 300euros lem²endixansetlecoûtd’unlogementancien n’est guère moins élevé. Quelle politique la ville met-elle en œuvre pour faire en sorte que chacun puisse se loger à Nanterre ? A. C. : D’abord, Nanterre construit et construit beaucoup.En2014,nousavonslancé1 472loge- ments.C’est,aprèsParis,lavillequiconstruitle plus en Île-de-France. Ensuite, nous appliquons le principe de la diversité sociale en proposant à la fois de l’accession à la propriété, libre et encadrée, du logement locatif avec priorité au social et du logement pour étudiants. Le par- coursrésidentiels’entrouvefacilité.Nousallons également créer des logements locatifs inter- médiairesdanslecadreduprogrammelocalde l’habitat intercommunal. Quant au dispositif NanterreHabitatPlus,destinéauxpropriétaires de logements anciens, il permet de rénover les habitations dégradées et de lutter contre la précarité énergétique. Le conseil municipal a adopté un vœu pour étendre à Nanterre l’encadrement des loyers, une des dispositions de la loi Alur (2) . Allez- vous être entendus ? A. C. : À long terme, nous aurons gain de cause carNanterren’estpaslaseulevilleàdemander l’encadrement des loyers. À court terme, cela semble plus difficile. Seule Paris intra-muros a étéagrééaumotifqu’iln’yapasd’observatoire capable de vérifier l’état des loyers en Île-de- France. Ce qui reste à prouver… Qu’apporte le programme local de l’habitat intercommunal (PLHI) en matière de résorption de la crise du logement ? A. C. : Nous avons élaboré, avec Suresnes et Rueil,unprogrammed’investissementtrèsam- bitieux.Ilfixeà12 000lenombredelogementsà construiredanslessixprochainesannées,dont 6 500 à Nanterre. S’il se doit de répondre aux besoins des habitants, l’objectif pour Nanterre est ambitieux : 1 000 logements par an, c’est 10 programmes à suivre simultanément ! Se pose également la question du financement du logement social auquel la ville apporte des subventions en plus du financement de la surcharge foncière. À la fin de l’année, c’est plusieurs millions d’euros pris sur le budget de la ville dans un contexte financier déjà très contraint. Et le plan local d’urbanisme (PLU), actuellement en révision, comment peut-il agir en faveur du logement ? A.C. :LePLUreprendtouteslesorientationsdu PLHI :constructiondelogementsdiversifiésavec une part de 40 % de logements sociaux, mixité sociale, parcours résidentiel… Il fixe également des objectifs aux bailleurs sociaux en matière de rénovation de leur patrimoine. Quand on parle réserve foncière à Nanterre, on pense immédiatement aux Groues. Concernant l’aménagement de ce secteur, quel est votre souhait ? A.C. :QueceonzièmequartierdeNanterresoit unquartieràéchellehumaine :4 500logements d’ici 2025, cela nous semble raisonnable. Ces constructions nous permettraient de reloger deshabitantsduParc-SudetduChemin-de-l’Île pourréintroduiredelamixitédanscesquartiers. C’est ce que nous avons fait au Petit-Nanterre et aux Provinces-Françaises, dans le cadre des opérations de rénovation urbaine. PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE FRUCHARD ET SOPHIE BOCARD (1) 19 500 personnes ont cité Nanterre parmi leurs choix de résidence en Île-de-France. (2) Loi du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur). Entretien avec André Cassou, adjoint au maire délégué à l’habitat. CLAIREMACEL André Cassou, adjoint au maire délégué à l’habitat. « APRÈS PARIS, NANTERRE EST LA VILLE QUI CONSTRUIT LE PLUS EN ÎLE-DE-FRANCE »
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    LIVRÉS EN 2014 500m La Défense COLOMBES LA GARENNE- COLOMBES COURBEVOIE SURESNES CHATOU RUEIL-MALMAISON PUTEAUX BEZONS HOUILLES CARRIÈRES-SUR-SEINE Gare Nanterre- Université Gare Nanterre- PréfectureGare Nanterre-Ville Parc André- Malraux Parc des Chènevreux la Seine N A N T E R R E 500 m République Chemin-de-l'Île Vieux-Pont Université Parc Nord Parc Sud La Boule- Champs Pierreux Centre Plateau - Mont-Valérien Petit Nanterre République Chemin-de-l'Île Vieux-Pont Université Parc-Nord Parc- Sud La Boule- Champs Pierreux Centre Plateau - Mont-Valérien Petit-Nanterre Université Paris X Hôtel de ville Centre hospitalier Max-Fourestier Préfecture des Hauts-de-Seine Tribunal de grande instance Hôtel du département 600 logements livrés en 2014 Locatif social Accession libre Accession encadrée Les logements livrés en 2014 À Nanterre, quand on parle construction de logements, on pense souvent aux Terrasses et aux quartiers de l’Université et du Petit-Nanterre bénéficiant de projets de renouvellement urbain et social (Prus). Pourtant, en 2014, ce sont d’autres programmes immobiliers, souvent de moindre importance et donc moins visibles, qui ont essaimé en ville. Que cela soit en accession libre à la propriété, en locatif social ou en accession encadrée, en 2014, 600 nouveaux appartements ont été livrés. Rue de l’Avenir 6, rue Ampère 70, av. Hoch Rue Germaine-Tillion Rue de Bezons 10 Total 1515 5252 67 2828 8282 110 49 3232 5252 84 1818 3030 48 14 59-61 rue Henri- Barbusse 2, rue de Saint-Cloud 24-26 rue Pasteur 344-356 av. Georges- Clemenceau 3737 6060 97 1717 5454 117117 188 20 DOSSIER 600 LOGEMENTS À Nanterre, quand on parle construction de logements, on pense souvent aux Terrasses et aux quartiers de l’Université et du Petit-Nanterre bénéficiant de projets de renouvellement urbain et social (Prus). Pourtant, en 2014, ce sont d’autres programmes immobiliers, souvent de moindre importance et donc moins visibles, qui ont essaimé en ville. Que cela soit en accession libre à la propriété, en locatif social ou en accession encadrée, en 2014, 600 nouveaux appartements ont été livrés.
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    21 DOSSIER TRANSPARENCE ET ÉQUITÉ Beaucoupdecandidats,peudereçus.L’offrede logementssociaux en Île-de-France est très en deçà des besoins, et Nanterre n’échappe pas à cettesituation.Malgrédeseffortssubstantiels de la ville – qui compte 56 % de logements so- ciaux (1) etenprévoit40 %danschaquenouveau programmedeconstruction (2) –,lalistedesde- mandeurss’allongeinexorablement.Ilsétaient 3 390 en mai 2013, près de 300 de plus un an plus tard (3 670 en mai 2014). À cela s’ajoute unemobilitéàl’intérieurduparcdelogements sociaux beaucoup plus faible qu’auparavant, liée à la perte du pouvoir d’achat qui met un freinàl’évolutionduparcoursrésidentiel.Cette pénurierendd’autantplusimportantelabonne compréhension des procédures d’attribution. Ainsi, la ville, qui est dite « réservataire », au mêmetitrequed’autresorganismes(Conseilgé- néral,bailleurssociaux,1 %logement…),dispose d’un certain nombre de logements à attribuer, en contrepartie de son effort de financement d’une partie des programmes de construction. Chargé de mission « parcours résidentiels » au servicemunicipaldel’habitat,BenjaminNeuville LOGEMENT SOCIAL : Comment les logements sociaux sont-ils attribués ? Du côté de la ville comme de l’office municipal HLM, l’ancienneté de la demande reste le critère prédominant. Explications. expliquelesdifférentesétapesquigarantissent l’équité dans le traitement des dossiers : « Les bailleurs sociaux (3) nous préviennent lorsqu’un logement se libère. Nous proposons trois candi- dats enregistrés dans notre logiciel, répondant à deux critères : les ressources qui doivent être au moins trois fois supérieures au loyer et la composition du ménage devant correspondre à la typologie du logement. Nous hiérarchisons ensuitecescandidatsenfonctiondel’ancienneté deleurdemandeetdel’urgencedeleursituation. C’estensuitelebailleurquiexamineledossieren commission d’attribution. » Plus de transparence À l’office municipal HLM, qui possède environ la moitié du parc social de la ville, le critère de l’anciennetéestégalementprédominant.Lefait d’habiteràNanterreoud’ytravaillerpèseégale- ment, l’objectif de la municipalité étant d’attri- buer 70 logements sur 100 à des Nanterriens. Afin d’améliorer la transparence dans ce qu’on appelle les mutations, c’est-à-dire les déména- gementsauseinduparcsocial,l’officeamisen placeen2013unbarèmedesmutations.« C’est un système de points dans lequel nous prenons en compte l’ancienneté dans le logement, mais égalementlasuroccupation,lesquartierschoisis et le nombre de secteurs demandés », indique Patrice Marchal, président de la commission d’attributiondel’officemunicipalHLM.Ducôté de la ville, l’objectif est de mettre en place un nouveausystèmeinformatiquepermettantaux demandeursdeconnaîtrel’avancéedeleurdos- sier et de l’actualiser le cas échéant. ISABELLE FRUCHARD (1) La loi « Duflot » du 18 janvier 2013 fixe à 25 % la part de logements sociaux dans les communes de plus de 1 500 habitants en Île-de-France. (2) 40 % de logements sociaux pour tout programme de plus de 1 200 m2 , à l’exception des grands quartiers d’habitat social. (3) Parmi les principaux, on peut citer l’office municipal HLM, Hauts-de-Seine Habitat et la Logirep. Où adresser sa demande de logement ? Pour faire une demande de logement, il faut d’abord remplir deux formulaires. Le premier est un document national qui permet d’attribuer un numéro unique régional. Le second est un questionnaire spécifique à la mairie de Nanterre. Ces formulaires sont disponibles à l’accueil de l’hôtel de ville, dans les mairies et antennes de quartier, et sont téléchargeables sur le site Internet de la ville : www.nanterre.fr/cadre de vie/logement-habitat. Ensuite,pourconstitueretdéposersademandedelogement,ilfauts’adresserauservicehabi- tat. Deux conditions sont exigées pour y déposer un dossier : résider à Nanterre ou y travailler (en CDI) depuis plus d’un an. I. F. Service habitat : niveau 1 de l’hôtel de ville, 88-118, rue du 8 Mai 1945. Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 13h15, sauf le jeudi matin. Samedi matin uniquement sur rendez-vous au 39 92. Qui sont les demandeurs ? Environ1 000logementssociauxsontattri- buéschaqueannée.Parmiles3 670deman- deurs de logements sociaux, 1 000 ont fait leursdémarchesdepuismoinsd’unan,35 % sont sur la liste d’attente depuis un à trois ans et 35 % depuis plus de trois ans. 62 % des demandeurs sont déjà logés dans le parc social, dont la moitié sont des jeunes décohabitants. Sur l’ensemble des deman- deurs, 38 % ont moins de 30 ans et n’ont pastoujourslesressourcesnécessairespour accéder au logement social. 44 % sont en situationprécaire(chômage,CDD,intérim) et 40 % ont des ressources très faibles. I. F. DOMINIQUEJASSIN
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    22 DOSSIER VIVE LA PROPRIÉTÉ ! Devenirpropriétaire grâce à un prix du mètre carréinférieurde25à30 %parrapportàceluidu marché :c’estleprincipedel’accessionencadrée. Depuis2006etconformémentàl’objectifdéfini parleProgrammelocaldel’habitat(PLH),laville négocieunepart(environ10 %)delogementsen accession encadrée dans un certain nombre de programmesdeconstruction.Dansdessecteurs telsquelesTerrasses,l’écoquartierHoche,lesZAC Sainte-Geneviève ou encore Rouget-de-Lisle, ce dispositif est rendu possible grâce à un effort conjuguédelamairieetdesaménageurs(Semna et Epadesa), ces derniers consentant à un prix de vente minoré des terrains. L’accession enca- drée est réservée aux ménages sous conditions deressources,enprioritéauxNanterriensvenus du parc social. Précisons cependant, face aux nombreuses demandes infructueuses, qu’il est nécessaired’avoirunapportpersonnelsuffisant et des ressources régulières pour en bénéficier. En contrepartie, ces nouveaux propriétaires doivent se soumettre à des clauses antispécu- latives pendant sept ans, en cas de revente de leur logement. Par ailleurs, le bien est acheté à titrederésidenceprincipaleetnepeutpasêtre misenlocation.Nouveautédepuis2013,lespro- priétairesd’unlogementenaccessionencadrée quisouhaitentacquérirunnouvelappartement peuventresterdansledispositif.Autotal,365 lo- gements en accession encadrée ont été livrés depuis 2006, et 101 autres devraient être com- mercialisés en 2015 (lire ci-dessous). ISABELLE FRUCHARD • L’inscription s’effectue par courrier dans lequel est précisé que l’on habite ou travaille à Nanterre, adressé au service habitat de la ville qui transmet ensuite les demandes aux promoteurs. Depuis 2009, ce sont ces derniers qui instruisent les dossiers. Service habitat, hôtel de ville, BP 1406, 92014 Nanterre Cedex. • L’Association départementale d’information sur le logement (Adil) propose des conseils gratuits pour élaborer un plan de financement avant l’achat d’un logement. Sur rendez-vous au 08 20 16 92 92. Adil, 17, rue Salvador-Allende. DOMINIQUEJASSIN Sous certaines conditions, la ville donne un coup de pouce aux aspirants propriétaires. Gros plan sur l’accession encadrée. Centre / Sainte-Geneviève 5, rue de la Croix Programme En Aparté, dans le cadre de l’opération de la ZAC Sainte-Geneviève 15 logements République • Rue Anatole-France /  avenue de la République Programme Les voiles blanches 43 logements • Avenue Gallieni Dans le cadre de l’opération de l’usine du Docteur Pierre (site Natalys), 25 logements Aspirants propriétaires, des programmes immobiliers comprenant une part de logements en accession encadrée sont en cours de construction. À bon entendeur… FINI LE LOYER, Vieux-Pont Rue Thomas-Lemaître (ex Bateau) 58 logements Petit-Nanterre • 353-357, avenue de la République Programme Les passages République 31 logements • 426, avenue de la République Programme Atrium 50 logements • 450, avenue de la République 63 logements Parc • Jardins de l’Arche, programme One, 9 logements Université • 41, boulevard des Provinces-Françaises Programme Quartett, dans le cadre de l’opération Cœur de quartier 18 logements • Boulevard des Provinces-Françaises Programme Les Hauts de jardin, dans le cadre du projet de renouvellement urbain et social du quartier 49 logements • Boulevard Emile-Zola /  boulevard Honoré-de-Balzac Secteur dit des Bizis 70 logements • Boulevard du 17 octobre 1961 / boulevard Soufflot Programme Green Home, Terrasse 9, dans le cadre de l’opération Seine-Arche 31 logements LES PROGRAMMES À VENIR Devenir propriétaire : un rêve qui peut devenir réalité avec l’accession encadrée.
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    MON PREMIER SOUS UNMÊME TOIT CHEZ MOI L’appartement est situé au quatrième étage d’un immeuble neuf donnant sur la place Nel- son-Mandela.Clairetspacieux,ilaccueilledepuis six mois deux générations d’habitants et trois parcoursdevie.IlyalàMoussa,77ans,retraité, dontlasantéestfragile ;Aminata,28ans,mère célibatairededeuxjeunesgarçonsetAminata, 31 ans, employée intérimaire dans le secteur de la restauration collective. Jusqu’en août der- nier,lajeunefemmevivaitchezsesparents.« Je voulais être autonome et je cherchais un T2 à Nanterre », explique-t-elle. Mais la décohabita- tions’avèredifficilecomptetenudel’irrégularité de ses revenus. « C’est une assistante sociale de la ville qui m’a proposé cette solution, poursuit Aminata.Audébut,j’étaisunpeuréticente,jene voyais pas les choses comme ça… Finalement, ça se passe super bien ! J’apprends à connaître mescolocsetjejouevolontiersaveclesenfants. » Solidaires Pour 300 euros par mois charges comprises et dans le cadre d’un bail d’un an, Aminata béné- ficie d’une chambre de 10 m² et de sanitaires qu’elle partage avec la seconde Aminata. Le logement compte trois chambres supplémen- taires – deux pour la petite famille et une pour Moussa–deuxsallesdebains,unsalon-cuisine etunbalcon.Letoutdansunappartementmo- derneetconfortable,aupieddeLaDéfenseetà quelquesmètresdelagaredeRERNanterre-Pré- fecture. « Chacun fait ses courses et s’occupe de sonlinge,préciseAminata.Pourleménage,c’est deux fois par semaine à tour de rôle. Et pour les repas, ça dépend des occupations et du rythme de chacun. En semaine, nous dînons rarement ensemblemaisilnousarrivedepartagerunplat le week-end. Moi, j’aime bien cuisiner pour les autres ! » Pour favoriser le bon fonctionnement de la vie en collectivité, les colocataires signent une « charte du vivre ensemble » et les équipes de l’association Habitat et Humanisme, qui gère le logement, assurent un suivi, personnalisé si besoin. Pour certaines personnes, l’habitat intergénérationnelconstitueuneétapedansun parcours de vie fragilisé par l’isolement ou les accidents de la vie. Dans tous les cas, l’accom- pagnement encourage la solidarité entre les résidents. SOPHIE BOCARD Le saviez-vous ? Le concept est simple : faire cohabiter dans la même habitation des personnes degénérationsdifférentespourrésoudre les problèmes de logement et d’isole- ment. Une idée mise en pratique pour lapremièrefoisen1997enEspagneavec le programme « Vivir y convivir ». Depuis une dizaine d’années maintenant, il se développe en France, notamment grâce au travail de plusieurs associations. CLAIREMACEL Àpeinelestravauxachevésennovembre,lavilla Clotaire a immédiatement trouvé preneurs. Il faut dire que ce foyer de jeunes travailleurs flambant neuf est idéalement situé en plein centre-ville. Géré par l’association Relais accueil du Vallona, qui dispose de deux autres foyers à Nanterre-Préfecture et à Courbevoie, la villa Clotairecomprend24logements,quinzestudios simplesetneufdoublespourlescouples.Ilssont réservés aux jeunes de 18 à 25 ans, en situation de travail, de recherche d’emploi ou de forma- tion,ayantentre650et1 350eurosderessources Trouver un logement pas cher tout en tenant compagnie à quelqu’un qui en a besoin : le logement intergénérationnel, encore méconnu en France, rapproche les générations à Nanterre. Le foyer de jeunes travailleurs : une solution temporaire et utile avant d’intégrer un logement vraiment autonome. L’exemple de la villa Clotaire qui vient d’être inaugurée. 23 DOSSIER mensuelles. « C’est un hébergement temporaire, d’une durée d’un an, renouvelable une fois, une étape intermédiaire entre le départ de la famille etl’appartementpérenne  »,expliqueJean-Baptiste Kieffer, directeur de l’association. Les jeunes y trouvent des services communs, cuisine, salon avectélévisionetaccèsInternet,buanderiebon marché… Une équipe de conseillères en écono- miesocialeetfamilialeetdetravailleurssociaux est également à leur disposition. « C’est la même vie que dans un autre immeuble, avec des habitants très sages et d’autres plus fê- tards », assure Jean-Baptiste Kieffer qui, parfois, doit rappeler les consignes en matière de vivre ensemble ou de consommation énergétique. Reste que, selon lui, une grande majorité de résidentssortentplusmûrsdecetteexpérience, avec un emploi stable ou un vrai projet profes- sionnel.Signesmoinspositifs,laduréemoyenne deséjour,autourdevingtmois,commeletemps d’attentepourobtenirunstudio,quatremois,se sont allongés, symptômes d’une crise du loge- ment qui touche d’abord les jeunes. ISABELLE FRUCHARD DEUX GÉNÉRATIONS Moussa et Aminata sont colocataires.
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    En plein cœurdu centre ancien, la cour Saint-Germain a bénéficié du dispositif communal OPAH-RU. 24 DOSSIER UNE AIDE GRATUITE POUR RÉNOVER SON LOGEMENT Réaliser des devis, trouver le bon entrepreneur, financersonprojet…Pourpeuquel’onsoitbien conseillé, faire des travaux dans son logement ne vire pas toujours au cauchemar. Avec Nan- terreHabitatPlus,opérationaniméeparlePact Paris / Hauts-de-Seine / Val-d’Oise,lesNanterriens peuvent bénéficier d’un accompagnement per- sonnalisé et de conseils techniques gratuits pour la réalisation de leur projet. Pour qui ? Nanterre Habitat Plus s’adresse aux proprié- taires et copropriétaires privés, occupants ou bailleurs, qui prévoient des travaux d’améliora- tiondeleurlogementoudespartiescommunes de leur immeuble. Ce dispositif municipal, re- conduit au mois de septembre 2014 pour cinq ans, est soumis à conditions, parmi lesquelles leniveaude revenu pourlespropriétairesoccu- pants et le montant des loyers pratiqués pour les propriétaires bailleurs. Pour quoi ? Au-delà de l’assistance gratuite pour la défini- tion du projet et des conseils tout au long de la réalisation des travaux, le dispositif offre un accompagnementdanslarecherchedefinance- ments auprès des organismes publics. Tous types d’interventions de rénovation et d’amélioration de l’habitat sont éligibles à l’accompagnement technique. Toutefois, pour obteniruneaidefinancière,prioritéestdonnée aux travaux d’amélioration thermique permet- tant de réaliser des économies d’énergie, de réhabilitation de l’habitat dégradé et d’adapta- tion au vieillissement. Nouveauté cette année : un appel à candidature est lancé en direction des copropriétés voulant effectuer des travaux d’amélioration thermique ambitieux. Comment ? Le Pact Paris / Hauts-de-Seine / Val d’Oise a été choisi par la ville pour animer l’opération. Pour bénéficier de son expertise, il suffit de prendre rendez-vous,dulundiauvendredide9hà12het de14hà17h.L’équipeduPactvouspermettrade définirprécisémentvotreprojet,vousexpliquera quelles sont les possibilités de financement et d’accompagnement. CHRISTELLE GARANCHER PACT Paris / Hauts-de-Seine / Val-d’Oise, 101, avenue Jules-Quentin à Nanterre. Renseignements et rendez-vous : 01 55 17 19 68 ou nanterrehabitatplus@pact-habitat.org. UN DISPOSITIF POUR LUTTER CONTRE L’INSALUBRITÉ Pour résorber l’habitat indigne qui touche principalement les logements privés et revitaliser le centre ancien, Nanterre a lancé en 2009 une opéra- tion programmée d’amélioration de l’habitat de renouvellement urbain (OPAH-RU). L’objectif de ce dispositif, qui a pris fin en 2014, était d’éliminer l’habitatanciendégradétoutenpréser- vant le patrimoine bâti et d’améliorer lecadredevieduquartier.Encinqans, plusde500logementsontbénéficiédu dispositif et plus 5 millions d’euros de travaux ont été engagés. C. G. DR CLAIREMACEL Depuis 2001, 1 900 logements ont bénéficié de travaux de rénovation dans le cadre du dispositif Nanterre Habitat Plus. Le 28 janvier, la ville a lancé la quatrième édition de l’opération. Détails et nouveautés. Dans cet immeuble du Mont-Valérien, des travaux d’isolation thermique ont été réalisés avec l’aide de Nanterre Habitat Plus.
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    25 DOSSIER AOTEP DÉMOLIR NE PERD PASLA BOULE POUR RECONSTRUIRE C’est un grand ensemble qui se vide. Bientôt, il laissera place à de nouveaux immeubles, plus petits, qui s’inscrivent dans la requalification globale de la place de la Boule, nouvelle entrée de ville en 2030 du fait de l’arrivée du métro Grand Paris Express. Ici,onl’appelle« labarreAotep ».Situéàl’angle desavenuesJoliot-CurieetGeorges-Clemenceau, l’immeublede17étagesconstruitaudébutdes années soixante sera bientôt démoli. Parce qu’uneréhabilitationlourdedubâtiment,souf- frantdevétusté,n’auraitpaspermisd’offrirun meilleurcadredevieàseshabitants,lebailleur social France Habitation et la ville ont signé, le 11 avril 2013, un protocole d’accord pour sa démolition-reconstruction. Une décision suivie de la signature d’une charte de relogement, le 9 juillet 2013, avec l’amicale de locataires CNL (Confédération nationale du logement). Ce document officiel, outil indispensable pour la prise en compte la plus fine des besoins des familles vivant dans les 289 appartements de l’immeuble, a permis d’ouvrir une enquête socialepourdéterminerlesattentesdechacun, du choix du quartier au type de logement, en passant par le niveau des loyers. Dix-huit mois plus tard, près de 130 ménages ontétérelogés,lamoitiédansdesprogrammes immobiliers neufs situés à proximité, avenue Clemenceau et rue de Saint-Cloud, mais aussi dans le secteur Hoche. Tourner la page ensemble Mais,àl’heuredudéménagement,abandonner lâchementleurssouvenirsetlaisserl’âmedece lieu emblématique se perdre dans les cartons estimpossiblepourleshabitants.Unprojetmé- moireadoncétéengagépourgarderunetrace de ces cinq décennies qui ont vu défiler tant de familles nanterriennes. Porté par la ville et l’associationdedéveloppementsocialdeFrance Habitation, le projet Arbre vise à valoriser ce passé riche de vivre ensemble et à maintenir uneviesocialedansl’immeublependantlerelo- gement. Actuellement en cours d’élaboration, en partenariat avec l’association Sangs Mêlés, il sera officiellement lancé, avec les habitants qui en deviendront les acteurs principaux, au printemps. CHRISTELLE GARANCHER Mieux comprendre L’Insee fait le distinguo entre popula- tion municipale, population comptée à part et population totale. Lapopulationmunicipale(90 722habi- tants) comprend les personnes ayant leur résidence habituelle sur le terri- toire, les personnes sans-abri et celles résidant dans une habitation mobile recensée dans la commune. La population comptée à part (2 016 habitants) comprend les per- sonnesdontlarésidencehabituelleest dansuneautrecommunemaisquiont conservéunerésidencesurleterritoire. La population totale (92 738 habi- tants) est la somme de la population municipale et de la population comp- tée à part. MAIRIEDENANTERREXXX 3 554. C’est le nombre de logements construits à Nanterreentre2008et2013.Etcestroisdernières années, le phénomène s’est accéléré avec la livrai- son de 712 logements par an en moyenne. De son côté, la population municipale n’a augmenté que de 0,4 % par an. Ainsi, selon les chiffres de l’Insee publiésle29décembre,90 722personnes(lireenca- dré) vivaient à Nanterre au 1er janvier 2012. Étonnant ? Pas tant que ça ! Dans notre ville, les nouvelles constructions permettent en partie de relogerlesfamillesconcernéesparlesdeuxprojets derenouvellementurbainsetsociauxprogrammés dans les quartiers du Petit-Nanterre et de l’Univer- sité. S’y ajoutent des opérations de démolition-re- constructionplusponctuelles,commecelledelacité dite« duBateau »,maisaussicelledel’immeublede la place de La Boule (289 logements) et de l’allée Buffon (70 logements). Et, parfois, décohabitation desjeunesoblige,ilfauttrouverplusieurslogements pourunemêmefamille !Depuis2007,plusd’untiers des logements sociaux neufs construits l’ont été pourrenouveleretaméliorerleparcsocialdelaville. CHRISTELLE GARANCHER Vouée à la démolition, la barre de la place de la Boule voit ses habitants partir un à un. Pour ne pas oublier le passé de ce bâtiment emblématique, un projet mémoire est en cours d’élaboration. Plus une ville construit de logements, plus sa population augmente : cette idée reçue a la dent dure . À Nanterre, les chiffres prouvent le contraire. L’immeuble situé à l’angle des avenues Joliot-Curie et Georges-Clemenceau commence à se vider. Il sera démoli pour laisser place à de petites unités d’habitation.
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    TRIMESTRE 1 TRIMESTRE2 TRIMESTRE 3 TRIMESTRE 4 2015 1 34, rue Maurice-Thorez 2 Rue des Primevères 6 340, avenue Georges-Clemenceau 7 Bd Emile-Zola/bd Honoré-de-Balzac 8 12, rue Waldeck-Rochet 4 41, bd des Provinces-Françaises 5 Rue Anatole-France/ avenue de la République 3 5, rue de la Croix Accession encadrée Locatif social Accession libre 34, rue Maurice-Thorez Rue des Primevères 41, bd des Provinces-Françaises Bd Emile-Zola/ bd Honoré-de-Balzac Rue Anatole-France/ avenue de la République 18 logements en accession libre 31 logements en locatif privé 5, rue de la Croix 2 1 3 5 340, avenue Georges-Clemenceau 6 7 4 Programme Quartett dans le cadre de l’opération Cœur de quartier Secteur des Bizis Programme En Aparté Programme Les Voiles Blanches 354 logements 157 logements 137 logements 44 logements 70 logements Une résidence hôtelière avec 104 studios 55 Locatif social Accession encadrée Accession libre Accession encadrée Locatif social Locatif social Accession libre Locatif socialLocatif social pour étudiants 47 Résidence sociale pour jeunes actifs 50 Locatif social pour étudiants18 Accession encadrée 66 Accession libre 118 Logements privés pour étudiants + 43 26 45 18 25 47 47 88 15 54 Crédit:Nexity Crédit:AFL-Spirit Crédit:GroupeBatiterre Crédit:Domaxis Crédit:Eiffage/PhilippeDubois Crédit:Eiffage/PhilippeDubois Crédit:Boudoin-Bergeron Accession encadrée Locatif social 12, rue Waldeck-Rochet 8 33 logements 20 13 Crédit:ClaireMacel Locatif social Accession libre 26 DOSSIER LA VILLE POURSUIT SES EFFORTS Aperçu non exhaustif des programmes qui sortiront de terre en 2015 et 2016.
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    2016 TRIMESTRE 1 TRIMESTRE2 TRIMESTRE 3 TRIMESTRE 4 1 57, rue Joffre 2 Bd du 17 Octobre 1961 4 Bd des Provinces-Françaises 5 353-357, av. de la République 6 121, rue des Trois-Fontanot 7 Rue Jean-Jaurès et rue Thomas-Lemaître 3 426, avenue de la République 121, rue des Trois-Fontanot57, avenue Joffre 1 68 logements 27 41 Crédit:Bouyguesimmobilier Accession libre Locatif social Bd du 17 Octobre 1961 2 147 logements 33 3183 Crédit:ZundeletCristea/Bouygues 426, av. de la République 3 70 logements Crédit:ToursPromotion,SamyTabet Accession libre Locatif social Locatif social Accession encadrée Accession encadrée Bd des Provinces-Françaises 4 6 129 logements 31 logements 40 49 40 Crédit:Bouyguesimmobilier Crédit:CalqArchitecture Accession libre Accession libre Accession encadrée Locatif social Locatif social Les Hauts de Jardin 19 12 Programme Atrium Programme Green Home Terrasse 9 50 20 353-357, avenue de la République 5 103 logements Crédit:Bouygues/Quadrifiore Locatif social Accession encadrée Programme Les Passages République 50 20 Rue Jean-Jaurès et rue Thomas-Lemaître (ex-Bateau) 7 153 logements Crédit:DR Accession à la propriété Locatif social 95 58 27 DOSSIER
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    28 DOMINIQUEJASSIN Un sourire etbeaucoup d’altruisme PETIT-NANTERRE ∞ Maïssa Goudy a lancé l’association Le sourire de Neyila pour venir en aide aux personnes hospitalisées et aux sans-abri. Acteur de son quartier EN VILLE ∞ Les conseils de quartiers évoluent. Afin de renforcer la participation des habitants au collectif d’animation de ces instances participatives, un appel à volontaires est lancé. Petit-Nanterre de 33 ans. Elle décide alors de déposerlesstatutsdesapropreassociation.« Je viens toujours en aide aux sans-abri mais, paral- lèlement, j’effectue des visites dans les hôpitaux auprès des personnes seules. » MaïssaGoudyappellesonassociationLesourire de Neyila, en hommage à sa fille qui lui donne l’énergie de se battre tous les jours. Très vite, elle prend contact avec l’hôpital Max-Foures- tieretsigneuneconventiondepartenariatavec l’établissementquisetrouveàcôtédechezelle. Entouréedequelquesamis,Maïssaserenddeux fois par mois au chevet des patients. « Je lance aussi des appels de don sur Facebook quand je vois des enfants malades issus de familles défa- vorisées. » En quelques mois, une quarantaine de bénévoles la rejoignent. Tous effectuent également des maraudes pour apporter de la nourriture et des kits d’hygiène aux sans-abri. « Je suis très surprise de l’engouement autour de moi. Je reçois d’innombrables soutiens. » GUILLAUME GESRET  le sourire de Neyila grâce à l’adaptation constante de ces rendez- vousauxattentesetauxnouveauxbesoinsdes habitants, ainsi qu’aux enjeux de territoire en constante évolution. Cette année, le collectif d’animation chargé de veiller au bon fonctionnement des conseils de quartier, d’établir l’ordre du jour, de fixer les dates de réunions et d’assurer le suivi des pointstraitésestremodelé.Désormais,untiers d’élus, un tiers de citoyens tirés au sort et un tiers d’habitants volontaires le composent. Les habitants qui souhaitent se porter volontaires peuventdéposerleurcandidatureparmail.Une opportunité offerte à tous, pour porter la voix de son quartier. CHRISTELLE GARANCHER Dépôt des candidatures : appelavolontariat.conseilsdequartier@mairie- nanterre.fr. En juin 1977, le conseil municipal de Nanterre créelespremiersconseilsdequartiersd’Europe. Depuis bientôt quarante ans, ils permettent aux habitants de participer activement à la vie de leur quartier. Aménagement, équipements publics, gestion des déchets, transports… tous lessujetsysontabordés.Unelongévitéacquise Il lui a fallu un déclic pour convertir ses bonnes intentions en actes. Maïssa a frôlé la mort l’an dernier. « La maladie m’a aidée à prendre du recul. Cela fait longtemps que je voulais aider les démunis, mais j’étais prise par le travail et les obligations vaines. » En sortant de l’hôpital, elle se rapproche d’un ami qui effectue béné- volement des maraudes dans les rues de Paris. « J’ai rencontré des personnes très humaines. On dit souvent que les gens sont égoïstes, mais ce n’estpasvrai !Entoutcas,pastoutlemonde.J’ai discuté avec des bénévoles qui sont solidaires et généreux. Seulement, ils ne le crient pas sur les toits. » Cette vision positive de la société contri- bue au rétablissement de cette habitante du L’association Le sourire de Neyila effectue des maraudes auprès des SDF et des visites aux malades du Cash. CLAIREROBERT
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    29 DR CLAIREMACEL Homme-femme : mode d’emploi Depuisdeux ans, la compagnie du Théâtre du bout du monde travaille autour des relations filles-garçons via une pièce d’Aristophane, Lysistrata. PETIT-NANTERRE/CHEMIN-DE-L’ÎLE ∞ La compagnie du Théâtre du bout du monde donne la parole aux jeunes de Nanterre, Asnières et Colombes dans une pièce qui aborde l’épineuse question des relations hommes-femmes. À découvrir samedi 28 février. pouvoir. Une première version de la pièce a été donnée l’an dernier suite à une série d’ateliers menés avec les jeunes fréquentant le centre social Hissez Haut. Dans le spectacle présenté àlasalledesfêtesdeNanterre,lesadolescents donnaient la réplique à quatre comédiens pro- fessionnels et à quatre résidents du Cash. « Le théâtre est une façon de valoriser la parole des jeunes. La mise en scène et le texte leur offrent eneffetuncadre.Ilspeuventainsiexprimerleurs points de vue », explique Philippe Guérin, direc- teur de la compagnie du Petit-Nanterre. Plus loin pour l’égalité Depuis la rentrée de septembre, la troupe du Théâtre du bout du monde a élargi son projet enassociantlecollectifMasquesquiintervient auprès des adolescents de Colombes et d’As- nières. « Nos collègues travaillent davantage sur lacomédieetlejeudemasque,poursuitPhilippe Guérin. Notre sensibilité nous amène, de notre côté, à questionner la citoyenneté des jeunes et à leur offrir une place pour les exprimer. » Une trentaine d’adolescents de Nanterre, Co- lombes et Asnières participent au projet. Tous serassemblerontdurantlesvacancesdefévrier pourcréeruneformethéâtralecommune,qu’ils présenteront à la maison du Chemin-de-l’Île. « Lysistrata reste la trame du spectacle. Mais je peux affirmer que la pièce n’aura plus rien à voir avec la première version. Elle sera le fruit des improvisations et des histoires des jeunes des trois communes. » GUILLAUME GESRET Samedi 28 février à 16 heures, Maison du Chemin-de-l’Île, 61-63, bd du Général-Leclerc. Renseignements : 01 47 84 23 38. Depuis deux ans, le directeur de la compagnie part d’une comédie grecque écrite en 411 avant Jésus-Christ pour réfléchir sur la discrimination et l’équilibre entre les garçons et les filles dans lemonde.Lysistratad’Aristophanemeteneffet en scène des femmes qui se révoltent contre la domination des hommes et prennent le Cœur de quartier : les commerces doivent ouvrir en 2015 ! UNIVERSITÉ ∞ L’Établissement public d’aménagement de La Défense Seine Arche (Epadesa), maître d’ouvrage de l’opération Cœur de quartier, épingle l’enseigne Casino qui semble retarder l’ouverture de sa moyenne surface. de mise en exploitation. Dansuncourrierdatédu17décembre,l’Établis- sement public d’aménagement de La Défense Seine Arche, maître d’ouvrage de l’opération, a rappelé à l’enseigne Casino qu’il était impératif que le supermarché ainsi que les boutiques associées puissent ouvrir dans les meilleurs délais. « Tout retard supplémentaire mettrait en causel’engagementprisparlesdifférentsacteurs du projet d’assurer la continuité commerciale du site », est-il précisé. Les commerces existants doiventeneffetfermeraucoursdel’année2015. S. B. Nanterre info en faisait état dans son numéro de janvier : l’opération Cœur de quartier prévoit l’implantation de 5 390 m² de surfaces com- merciales acquises par Casino, comprenant un supermarchédetaillemoyenneetcinqsurfaces plus petites. Initialement prévue en juin 2015, puis en sep- tembre, l’ouverture du supermarché au public serait désormais annoncée pour le mois de novembre. Sans compter que les autorisations administratives,notammentencequiconcerne l’aménagementd’unétablissementrecevantdu public (ERP), conditionnent également la date Dans le quartier de l’Université, on devine déjà les coques commerciales de Cœur de quartier.
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    30 MATHIASGLIKMANS CLAIREMACEL La Mission localeen perm’ CHEMIN-DE-L’ÎLE / UNIVERSITÉ ∞ La Mission locale ouvre deux permanences dans les quartiers pour aider les jeunes à entrer dans la vie active. Place au jeu ! À la Lud’Hoche, trois matinées par semaine sont réservées aux assistantes maternelles et aux enfants dont elles s’occupent. Nadia Dalal, conseillère à la Mission locale. CHEMIN-DE-L’ÎLE ∞ Le jeu rassemble ! Démonstration à la Lud’Hoche, la nouvelle ludothèque du Chemin-de-l’Île. Précisersonsouhaitdeformation,sepréparerà unentretiend’embauche,décrocherunpremier emploi… Dans le parcours semé d’embûches que constitue pour les jeunes l’entrée dans la vie active, le soutien de la Mission locale est précieux. Afin de mieux faire connaître ce ser- vice,despermanencessontmisesenplacedans plusieurs quartiers. Après le Petit-Nanterre en 2003, le Parc en 2007, c’est au tour du Chemin- de-l’Îleetdel’Universitédebénéficierdecenou- veau service. Un jeudi sur deux en alternance, au centre social et culturel des Acacias et à la maison Daniel-Féry, Nadia Dalal, conseillère en insertion professionnelle, reçoit individuelle- ment les jeunes pour les aider à construire leur projet professionnel. « Je m’efforce de les rendre autonomes dans leur recherche d’emploi ou de formation. Ils doivent comprendre que cela met du temps, mais qu’en général ça marche. D’ail- leurs, je croise régulièrement des jeunes que j’ai accompagnés et qui ont décroché un CDI. » Lorsque d’autres freins apparaissent, comme des soucis de santé ou de logement, Nadia oriente son jeune public vers les interlocuteurs EN CHIFFRE 2 007jeunes ont été suivis par la Mission locale en 2014. adaptés. Cette première phase de maturation conduitensuitenaturellementles16-25ansvers la maison mère : la MEF (Maison de l’emploi et de la formation). Place de la Boule, toute une série d’ateliers (simulation d’entretien, rédac- tion de la lettre de motivation et du CV, tech- niquesderecherched’emploi,etc.)sontlàpour les booster. « Et si ils ne sentent pas à l’aise en groupe, ils peuvent toujours revenir me voir ! », ajoute Nadia. Les permanences de la mission locale sont ou- vertes à tous les 16-25 ans non scolarisés avec ou sans rendez-vous. ISABELLE FRUCHARD Les Perm’ de la Mission locale • Centre social et culturel des Acacias, 1, rue des Sorbiers, un jeudi sur deux (semaine impaire), de 14h à 18h. Tél. : 01 47 29 13 12. • Maison Daniel-Féry, 10, boulevard Jules-Mansart, un jeudi sur deux (semaine paire), de 14h à 18h. « JeproposelecolonelMoutarde,avecuncouteau danslacuisine »,formulelentementSaoudatou à ses trois camarades de jeu. Comme tous les mercredis,lesquatrecopinesde10et12ansne rateraient pour rien au monde leur après-midi jeuàlaLud’hoche.Ellesyontdéjàappristoutes sortesdejeux,etcejourlà,avecleCluedo,elles découvrent le plaisir de se glisser dans la peau dudétective.Àlatablevoisine,SamietAymen, cinqans,s’endonnentàcœurjoiepourappuyer leplusvitepossiblesurlasonnetted’HalliGalli, alors que leurs copains du centre de loisirs Arc en ciel ont jeté leur dévolu sur la trousse du docteur et la mallette de bricolage. Ouverte le 18 octobre dernier, au pied d’un des immeubles de l’écoquartier Hoche, la nouvelle Lud’hoche a conquis très vite son jeune public. « Nous avons acheté beaucoup de jeux, plus de 500, et les enfants peuvent maintenant en em- prunter, explique Lucie Verrière, l’une des deux animatrices du lieu. En général, ils sont attirés parceuxqu’ilsconnaissentetc’estànousdeleur en faire découvrir de nouveaux. » Ens’installantdansdeslocauxflambantneufs, laLud’Hocheagrandementgagnéenespace,en luminositéetadoubléseshorairesd’ouvertureà destinationdesdifférentspublics,enfantsbien sûr, mais aussi parents et assistantes mater- nelles. Depuis le mois de janvier, elle sort aussi de ses murs et se rend le jeudi après-midi au foyer des Sorbiers et à la Maison du Chemin- de-l’Île, en alternance. Une façon de susciter des rencontres conviviales autour d’une bonne partie de dames ou de dominos ! ISABELLE FRUCHARD La Lud’Hoche, espace Hoche, 31, avenue de la Commune-de- Paris. Tél. : 09 53 14 07 18. Cotisation : 5 € par an. Soirée jeux de société ouverte à tous, vendredi 13 février de 18h à 21h.
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    31 CLAIREMACEL DOMINIQUEJASSIN Son foyer, sabataille Arrivé en France à neuf ans, ce père de quatre enfants a dû quitter l’appartement familial de la cité Berthelot à la suite de son divorce. Depuisplusdequinzeans,AzouaouAïdhabite dans une petite chambre du foyer Adoma de la rue des Sorbiers, comme 520 autres rési- dents, pour la plupart travailleurs ou retraités migrants. Deux tours de seize étages dont Azouaou Aïd connaît les moindres recoins et les nombreuses failles. Ce matin de début janvier, devant la porte obstinément ouverte d’un des deux ascenseurs du bâtiment A, ce retraité de 64 ans, originaire de Tizi Ouzou, se désespère. « Parfois, les deux ascenseurs sont Azouaou Aïd (à gauche) devant un ascenseur en panne aux côtés d’un autre membre du comité de résidents, Taher Berzaque. CHEMIN-DE-L’ÎLE ∞ Défendre les conditions de vie au foyer des Sorbiers : c’est la lourde tâche qui incombe à Azouaou Aïd, membre du comité de résidents. en panne. L’autre jour, une infirmière est venue pour faire une piqûre d’insuline et a dû grimper quinze étages à pied. Je ne pense pas qu’elle re- vienne une deuxième fois… Il faudrait remplacer cesascenseursquidatentde1969,maisonnous dit que c’est trop cher. Alors on fait du bricolage pourlesréparer,maisçanetientpaslongtemps. » Danslevastehalld’entrée,Azouaousaluedeux messieurs âgés assis sur le radiateur, faute de sièges. « Avant, ici, c’était une salle de télévision avec des fauteuils. On y jouait aux dominos », soupirent-ils. Au service de ses voisins Depuis2006,AzouaouAïdestunintermédiaire précieuxentrelasociétéAdoma,propriétairedu foyer, et les résidents. Avec deux autres loca- taires,ilparticipeaucomitéderésidentsquise tientchaquetrimestre,parfoisplusenfonction desurgences.Àforcedebatailler,ilobtientpar- fois des petites victoires. Ainsi, depuis le mois de février, quatre agents de sécurité ont été recrutés entre 18 heures et 5 heures du matin pour empêcher les intrusions extérieures. « Je ne baisse jamais les bras », confie Azouaou qui a exercé toutes sortes de métiers : magasinier, agentdebureau,commercial…Sonénergietou- joursintacte,illametaujourd’huiauservicede ses nombreux voisins. ISABELLE FRUCHARD Le prix du loyer d’une chambre au foyer des Sorbiers va de 100 € à 471 € en fonction des revenus des résidents. Les berges bucoliques entrent en Seine CHEMIN-DE-L’ÎLE / PETIT-NANTERRE ∞ Sur près de trois kilomètres, entre le pont de Bezons et Rueil-Malmaison, les berges de Seine nanterriennes se refont une beauté. Les trois kilomètres de promenade plantée en borduredefleuveretrouveront,d’iciàmai2016, tout leur attrait. Le conseil général des Hauts- de-Seine vient en effet d’engager des travaux, cofinancés par la ville, de réhabilitation des berges de Seine qui cheminent à Nanterre. Ces aménagementssecaractérisentparlarevégéta- lisationdestalusquiontsouffertdel’érosion,la réhabilitationdelapromenadebasselelongdu fleuve (elle deviendra ainsi accessible à tous), la rénovationd’ouvragesexistantspouroffrirplus depointsdevueetlapréservationdesespaces naturels.Enoutre,146arbres,21 111arbusteset 139 m2 de surface parsemée de plantes semi- aquatiques seront plantés. Ce programme fait partie du projet de recon- quête des 39 kilomètres des berges de Seine dudépartement.Lespremierstravauxontcom- mencé en 2010 avec, entre autres chantiers, la constructiondelapasserellepiétonneauniveau de la darse de la ZAC des Guilleraies. CHRISTELLE GARANCHER 4,5 millions d’euros (hors achats de végétaux), dont 1,327 million financé par la ville de Nanterre, ont été engagés pour rénover les berges de Nanterre. Sur cette photo, la passerelle piétonne construite lors de la première phase des travaux.
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    Q uiestcettefemmequivitdansunecaravane à 150 kmde Paris ? Qui est cette femme de 86ansqueleConsuld’Algérievientvoir,dans ce camping loin de tout, pour prendre des nouvelles ?Quiestcettefemmequiarompu avec sa famille et ses amis à l’âge de trente ans pour vivre aux côtés des Algériens parqués dans le bidonville de Nanterre ? Pour le savoir, il faut rouler pendant deux heures en direction de Troyes. Monique Hervo habite au bord d’un étang, au milieu de grands arbres, dans une petite caravane équipée du strict mini- mum : un lit une place, un bureau et une kitchenette. « Les sanitaires sont à 50 mètres, c’est pratique ! » Cette femme ne possède rien, à l’exception d’une Fiat Panda d’occasion. « Le confort m’embarrasse, on perd du temps avec le matériel, la vie est ailleurs… » Sa vie, elle l’a consacrée aux immigrés. Tout débute en 1959,aumomentoùelleétudieauxBeaux-ArtsdeParis et fréquente une bande d’amis qui connaît le sculpteur César.MoniqueHervodécouvrealorsdansunquotidien dusoirl’existencedesbidonvillesauxportesdeParis.« J’ai décidédem’yrendreavecdescopinespourcomprendreet discuter avec ceux qui vivent dans ces baraques. » Cette zone laissée à l’abandon, cernée par la police en pleine guerred’Algérie,estdécritecommedangereuse.Monique, avecladéterminationdeses30 ans,franchitleseuildu bidonvilleoùelleestreçueàbrasouvertsparlesfamilles qui lui offrent le thé et ne demandent qu’à rencontrer desFrançais.Dixmillepersonnesviventlà,surleterrain vaguedelaFolie,entasséesdansdescabanonssanseau, niélectricité.« Unincendievenaitdeseproduire.J’aivoulu les aider à reconstruire les cabanes. » Le soir, Monique reste sur place. Elle ne le sait pas encore, mais elle va vivre douze ans dans le bidonville de Nanterre… Partisane de l’indépendance Très vite, elle épouse la cause algérienne. « Je suis une enfant de la Seconde Guerre mondiale, l’occupation alle- mande à Paris m’a marquée. Je ne supportais pas que les Françaisoccupentl’Algérie. »Laguerreestomniprésente dans la vie de Monique Hervo. Depuis sa plus tendre enfance,elleentendsonpèreressassersessouvenirsde 14-18. À 16 ans, elle brancarde les rescapés du camp de Buchenwald.« C’estlàquej’aidécouvertjusqu’oùpouvait conduire la haine de l’autre. » En 1960, la jeune femme refuse de porter les valises pour le FLN. Elle préfère rester visible en aidant les familles dans le bidonville. La nuit, la pression policière estinsoutenable.Lesfouillesaveclesbergersallemands sontquotidiennes.« Le17octobre1961,leshabitantsdes bidonvillesontvoulumanifesteràParis,maislapoliceles attendaitsurlepontdeNeuilly.Ilsonttirédansletas :au moins 300 hommes ont été tués, certains jetés dans la Seine. »MoniqueHervoad’ailleurstémoignéen1999au procès de Maurice Papon, préfet de l’époque, décrivant les horreurs commises en ce jour funeste. Après la guerre d’Algérie, elle n’abandonne pas le bi- donville. « J’étais déterminée. J’ai tout quitté pour aider mes amis à trouver un logement, à vivre dignement. Je ne voyais plus mes parents et mes amis parisiens. Ils ne comprenaient pas mon engagement. » Elle passe ses journées à remplir des dossiers de demande de loge- mentetrefusederejoindreuneassociation,oupire,un partipolitique.« Jesuisunefemmelibre,lesassociations dépendent des subventions et les partis politiques mani- pulentetlouvoient ! »En1971,lebidonvilledelaFolieest rasé.Ellea42ans,pasdemari,nid’enfants.« J’aifaitdes choix, je ne les regrette pas. » La Cimade lui offre alors son premier emploi. Celle qui n’avait jamais touché un salaire s’occupe de reloger les travailleurs africains rési- dant dans les hôtels meublés, puis de résorber les cités de transit de Nanterre. « Je me suis battue pour trouver des appartements pendant treize ans. » Mémoire du bidonville À 57 ans, elle se retire en Savoie chez une amie pour se replonger dans ses notes et enregistrements audio réalisés dans le bidonville. Son premier livre – Nanterre en guerre d’Algérie, Chroniques du bidonville – sort aux éditionsduSeuil.Quelquesannéesplustard,ActesSud publie Demain, demain, Nanterre, bidonville de la Folie, 1962-1966,unebandedessinéedontelleestl’auteuravec LaurentMaffre :« C’estcapitaldelaisserunetracedecette époque.LesAlgériens,qu’ilsviventenFranceoudel’autre côté de la Méditerranée, ne savent pas grand-chose de cette période. » Elle qui a vécu aux premières loges l’arrivée des popula- tions venues des anciennes colonies françaises estime, avec le recul, que l’intégration a très mal fonctionné. « Les Français n’ont pas dialogué, ils ont voulu mettre les immigrésdansunmoule.Maiscelanemarchepascomme ça. Aujourd’hui, je constate que les gens ont peur, que les enfants d’immigrés sont frustrés. Les communautés se replient, les filles mettent le voile alors que leur mère ne le mettaient pas, et certains enfants de la troisième génération rejettent avec violence la société française. » À l’écart du monde, dans sa caravane, Monique prépare unnouveaulivrepourrevenirsurlesproblématiquesdu logementchezlesimmigrés.« À86ans,jepréfèrevivreà deuxheuresdeNanterre,sinonjeseraistoujoursinvitéeà boire le thé chez des amis ! » Ici, Monique a au moins la tranquillité pour écrire et la nature pour rêver. GUILLAUME GESRET PHOTO CLAIRE MACEL Nanterre en guerre d’Algérie, Chroniques du bidonville paru au Seuil, 28,99 euros. Demain, demain, Nanterre, bidonville de la Folie, 1962-1966, paru chez Actes Sud, 23,40 euros. MONIQUE HERVO MONIQUE HERVO A VÉCU PENDANT DOUZE ANS DANS LE BIDONVILLE DE LA FOLIE, SOLIDAIRE DES FAMILLES MAGHRÉBINES QUI Y ÉTAIENT PARQUÉES. 33 DATES CLÉS 1929 Naissance à Paris 1959-1971 Active dans le bidonville de Nanterre 1973-1979 Salariée à la Cimade 1979-1986 Mission de résorption des cités de transit à Nanterre 2001 Parution du livre Chroniques du bidonville au Seuil 2012 Diffusion et mise en ligne du documentaire http:// bidonville-nanterre.arte.tv
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    34 CLAIREMACEL BASKET C’est sansfilet, en toute honnêteté et avec volubilité que Pascal Donnadieu, le coach de la JSF Nanterre réputé pour sa discrétion, s’est prêté au jeu des petits papiers. La règle de l’interview est simple : un mot tiré au sort, une réaction. Joueur français de légende « Alain Gilles d’abord, décédé il y a quelques semaines, parce que c’est un joueur qui, dans le contexte du basket actuel, aurait pu jouer dans un club européen ou en NBA. Et il a été fidèle à Villeurbanne avec qui il a tout gagné. Et puis TonyParker.Ungarçonaupalmarèshorsnorme. » Ambition « Notre faculté à Nanterre est d’avoir essayé de conserver un certain état d’esprit tout en ayant del’ambition.Pourpartirduniveauleplusbaset monter comme nous l’avons fait, il faut en avoir. Oui, j’ai beaucoup d’ambition, je ne supporte pas de perdre. Mais avoir de l’ambition ce n’est pas claironneràdroiteetàgauchequ’onveutgagner ci ou ça, c’est se donner les moyens d’aller tou- jours plus loin et le travail que l’on met en place avec les joueurs. » Mam Jaiteh « C’estungarçonquiaénormémentprogresséet nous lui souhaitons le meilleur. Nous faisons en sorte qu’il soit bon collectivement et qu’il s’épa- nouisse pour concrétiser ses ambitions : jouer en NBA. C’est un objectif très élevé et, aujourd’hui, je pense que sportivement il est dans les clous. » En avant Guingamp « Cela fait partie des belles rencontres que l’on peut faire [l’an dernier, les staffs des deux clubs se sont rencontrés, NDLR]. Tout est parti de deux de nos supporters également supporters de Guingamp. Nos parcours respectifs et notre philosophie commune ont fait le reste. Le sport est un monde parfois superficiel et pas toujours très authentique, mais pas avec eux. Ça fait plai- sir. Et puis, étant Breton et très attaché à cette région, je pense que ça a renforcé les liens. » Collectif « C’est un mot très important pour moi, car on peut assembler plein de joueurs sans que l’os- mose prenne. Ici, on a toujours considéré le col- lectifcommecapital.Ilfautsedonnerlesmoyens d’avoir un collectif fort, et un collectif fort passe parlerespectsurleterrainetendehorsmaisaus- si par l’épanouissement des joueurs qui doivent se sentir bien dans leurs baskets. » Co-leader « C’est notre situation actuelle [l’interview a été réaliséele13janvier,NDLR].Seretrouverentête avec Strasbourg et Limoges, deux équipes profi- léespourl’Europe,etêtresuivipardesformations commeVilleurbanneetLevallois,c’estunegrosse performance. Pas sûr que les gens s’en rendent compteetsurtoutqu’ilsacceptentquel’onpuisse rétrograder.Denotrecôté,nousrestonslucideset savouronscemomentcarçapeutvitechanger. » EuroChallenge « C’est une compétition que je prends très au sérieux. J’ai dit aux joueurs qu’une saison très réussieseraitd’allerleplusloinpossibleenEuro- Challenge en participant au Final Four même si ça risque d’être compliqué. » Formation « De tout temps à Nanterre, on a considéré que c’étaitimportantetc’estdevenuunephilosophie. Notreobjectifestdepermettreàpleindejeunes Nanterriens de jouer au basket, de s’éclater en faisantunsportcollectif.J’estimequelesportc’est l’école de la vie. Nous remplissons là un rôle de coachspourlapartietechniquemaisaussid’édu- cateurs. » Leaders Cup « Lefaitd’yparticiperestpournousunepremière victoire, car seules les huit premières équipes des phases allers du championnat sont sélec- tionnées. Certains y voient une compétition au rabais mais, à quelques jours du rendez-vous, ils bataillenttouspouryêtre.Pasmoi.C’estlaseule compétitionfrançaise,etelleesttrèsélevée,que nous n’avons pas gagnée avec Nanterre. J’espère que cette année le public nanterrien se mobili- sera, contrairement à l’an dernier. J’étais déçu du manque de soutien. » PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTELLE GARANCHER Leaders Cup : les 20, 21 et 22 février à Disneyland Paris. Renseignements abonnés et non-abonnés auprès de lucie.rigaudeau@jsfnanterre.com. EuroChallenge : dernier match du Last 16 à domicile contre Le Mans : mardi 17 février à 20h30. Places en vente sur wwww.jsfnanterre.com. Pascal Donnadieu, coach de la JSF Nanterre. Dans les petits papiers de Pascal Donnadieu
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    Dan Carter enciel et blanc En 2017, le Racing Métro 92 quittera son historique stade Yves-du-Manoir à Colombes pour fouler la pelouse synthétique de l’Arena à Nanterre (lire p. 10). Mais avant cela, le club connaî- traunmomenthistoriqueavecl’arrivée, fin 2015 après la coupe du monde, de l’ouvreur vedette des All Blacks, Dan Carter.À32 ans,lejoueurnéo-zélandais, recordman des points inscrits en sélec- tion (1 457 en 102 matchs) s’est engagé pourtroissaisonsavecleclubfrancilien. Dan Carter a déjà fréquenté le Top 14 en 2008-2009 sous les couleurs du club de Perpignan. Blessé au talon d’Achille, il n’avait pu disputer que cinq matchs, mais avait néanmoins hérité d’un titre de champion de France. SOPHIE BOCARD Prochain match Racing Métro 92 / ASM Clermont, samedi 21 février, stade Yves-du- Manoir, 12, rue François-Faber à Colombes. racing-metro92.com. 35 CLAIREMACEL Ils mesurent tout juste 1,50 m et font déjà quelques prouesses avec leurs crampons aux couleurs clinquantes. Tous ont un rêve : per- cer dans le football. Mais cela reste un rêve de gosse. En grandissant, ils prennent vite conscience que les élus se comptent sur les doigts de la main. Chez les apprentis de l’école de football de l’ESN, qu’ils évoluent ou non en compétition, cela semble déjà assimilé. Ous- man Diaby et ses éducateurs sportifs se font undevoirdeveilleràcequeleursélèvesgardent la tête sur les épaules. Sur le terrain du stade Gabriel-Péri, la grosse tête à l’entraînement ou aprèsunevictoiren’apassaplace.Outrelatech- Les jeunes pousses du ballon rond FOOTBALL Depuis plusieurs années, l’école de foot de l’Entente sportive nanterrienne (ESN) fait le plein. Un succès lié à l’engouement national mais aussi à l’ambiance et aux valeurs insufflées par le club. nique, l’équipe éducative est là pour « inculquer des valeurs, car leur transmission fait partie de notretravail »,expliqueDjamelLayachi,l’undes quatreentraîneursdescatégoriesU12etU13(U signifiantUnderou« moinsde »,12et13ansen l’occurrence). Rien que du plaisir ! Lerespect,leplaisiretlegoûtdel’effortsontle leitmotiv de chaque entraînement des U8, U9, U10, U11, U12 et U13. « Pour éviter la champion- niteaiguë,iln’yapasdeclassementchezlesplus petits. Cela commence chez les U12 seulement, continue Ousman Diaby, le responsable de l’école de foot. Pour eux, nous n’imposons au- cun objectif de résultat. Il faut juste qu’ils jouent sérieusement », poursuit-il. Ici, pas d’individualité qui vaille non plus ! Tout le monde a sa place dans l’équipe, le collectif étant la base du jeu. « Prendre les meilleurs, ce n’estpasnotrepolitique.Nousvoulonsquetous lesenfantsjouentaumoinsunefoistouslesdeux matchs et sur les deux mi-temps à chaque fois », poursuitlecoach.Mais,sirigueuretassiduiténe sontpasaurendez-vouslorsdesentraînements, la sanction peut tomber : suspension pour les prochains matchs ou entraînements. « L’état d’esprit, la combativité, c’est aussi ça le foot », justifieDjamel.Etlarecettesemblefonctionner puisque aujourd’hui les moins de 12 et 13 ans caracolententêtedeleurchampionnatenpre- nant du plaisir et en produisant du beau foot. CHRISTELLE GARANCHER Les U12 et U13 à l’entraînement au stade Gabriel-Péri. Dan Carter, l’ouvreur vedette des All Blacks, rejoindra le Racing Métro 92 fin 2015. RACINGMETRO92
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    36 Le spectacle continue ! Àun mois de la représentation, les répétitions vontbontraindanslagrandesalledelamaison du Chemin-de-l’Île. Le Club amitié et loisirs des seniors prépare Mozart, l’âge d’or. La deuxième partie de ce spectacle musical, initié en 2012, sera présentée à la fin du mois sur la scène de la Maison de la musique. « C’est un gros travail et un véritable défi pour les participants, insiste Carole Sainturat, l’animatrice, qui compte 17 spectacles à son actif. Mais ça leur apporte beaucoup. » Travail de la mémoire, confiance en soi, dynamisme… c’est aussi pour certains le moyen de traverser des périodes de deuil ou de maladie. « Les costumes et les décors sont entièrement réalisés par les adhérents, ajoute Eric Frémont, le directeur du club. C’est un pro- jet qui rassemble toutes les bonnes volontés. » Linda,80 ans,monterasurscènepourlasixième foisavecsonjolibrindevoix :« J’aitoujoursaimé chanter. L’an dernier, j’interprétais la mère de Mozart. Cette année, je chante le Requiem. » Quant à Gérard, 73 ans, un grand monsieur au regard rieur, il interprète l’intendant du roi. Il estégalementl’undespiliersdel’atelierthéâtre qui assure cette année la première partie du spectacle musical. Il endossera donc plusieurs rôlesetenchaîneralesdeuxreprésentationsde PHOTOSCLAIREMACEL COMÉDIE MUSICALE Le deuxième opus de Mozart, l’âge d’or, le spectacle musical proposé par le Club amitié et loisirs des seniors sera joué le 28 février à la Maison de la musique. En attendant, en coulisses, c’est l’effervescence ! l’après-midi. « Ça va être physique mais, quand on est sur scène, on retrouve sa jeunesse. Et ça, c’est magnifique ! » SOPHIE BOCARD Dormez je le veux de Georges Feydeau et Mozart, l’âge d’or, samedi 28 février à 14h et 18h, Maison de la musique, 8, rue des Anciennes-Mairies. Réservation au Club des seniors : 01 46 69 96 35. Pour le 17e spectacle du Club amitié et loisirs des seniors, Mozart, l’âge d’or, ils sont 35 à monter sur scène pour deux représentations. Séance d’essayage. Les costumes, comme les décors, sont réalisés par les adhérents du club. Inspiré de l’opéra rock Mozart, le spectacle mêle chant, comédie et danse.
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    37 L’Hemingway iranien LITTÉRATURE Savie est une aventure et il pourrait être un personnage de roman. Entraîneur de boxe, réfugié politique, communiste, Issa Safa est aussi l’auteur de textes politiques sur l’Iran. Son dernier ouvrage, Le Séparé, récit d’un nomade d’Iran, est un roman qui rend hommage à la culture nomade perse. Rencontre. les islamistes d’Iran ont volé la révolution au peuple de gauche. À Nanterre, notre homme, âgé de 59 ans, est surtout connu pour être entraîneur de boxe au gymnasePablo-Picasso.Aujourd’hui,quandonle croise au pied des tours Aillaud, l’« Hemingway iranien » a le sourire. Avec son bel accent perse, ilnousannoncequ’ilvientdepublierunroman auxéditionsL’Harmattan.« Jereviensàmespre- mièresamours,lalittérature.Danscelivre,jefais revivre la culture nomade de mon enfance… » Issa Safa est en effet né dans une grande tribu du Nord-Ouest de l’Iran, victime de la pression dugouvernementduShah.« Lesnomadessont unpeuplerebelle,fieretinsoumis »,précise-t-il.En bonhéritierdesaculture,ilsouhaiteaujourd’hui perpétuer les belles histoires racontées en fa- mille, les chants et les danses au coucher du soleil. « J’ai imaginé une épopée héroïque d’un nomade vivant en Iran. Le récit mêle des faits réels, des personnages de ma famille et des his- toires imaginaires. » Un autre regard sur l’Iran Le récit d’Issa Safa nous plonge dans les pay- sagesmajestueuxdel’Iran.Lestyleemprunteau réalisme magique où le héros croise des djinns etadoptedespanthères.JamaisLeSéparé,récit d’un nomade d’Iran ne tombe dans la nostalgie cafardeuse. L’auteur porte au contraire un regard optimiste sur son héros, qui est certes coupé de sa tradition mais aspire à devenir un rebelle moderne. « À travers ce roman, j’ai envie d’aider les jeunes à rêver leur vie. » Ce livre parle à tous les déracinés, à tous les opprimés à qui on interdit de parler leur langue maternelle et de promouvoir leur culture ancestrale. « Je m’adresse à la fois aux Iraniens, qui ont accès à une traduction gratuite en perse sur Internet, pour leur redonner de l’espoir. Et j’écris aussi pour rappeler aux Français que tous les Iraniens ne sont pas des mollahs. À commencer par le peuple nomade qui accorde une grande place auxfemmesetquiaunrapportquejequalifierais de folklorique à la religion. » GUILLAUME GESRET Le Séparé, récit d’un nomade d’Iran, éd. L’Harmattan, 18,50 €. CLAIREMACEL Avec sa carrure massive, sa moustache fournie et sa chemise rouge, Issa Safa ne passe pas inaperçu. Ce réfugié iranien vit à Nanterre de- puis qu’il a fui le régime de l’ayatollah Khomei- ny en 1982. Engagé au parti communiste, il a publié d’innombrables articles politiques dans les journaux de la diaspora iranienne. Il est également l’auteur d’un livre remarquable sur Khomeiny, qui explique comment, en 1979, Rock the Casbah ! MUSIQUE DU MONDE Les samedis 7 et 14 février, la scène nanterrienne accueille un beau plateau de musique, tout droit venu d’Algérie. met un point d’honneur à rendre hommage à sarégionnatale,laKabylie.Àtraverssestextes et ses mélodies, il contribue à populariser la musique kabyle, méconnue du grand public. Il n’en demeure pas moins un artiste ouvert quicomposesonproprestyle,leyal,enrichide sonorités venues des quatre coins du monde. Enbêtedescèneetchanteurgénéreux,Takfa- rinas électrisera, à n’en pas douter, la Maison de la musique. Une semaine plus tard, le 14 février, c’est la musique de Reda Taliani, un subtil alliage de chaâbi,raïetautresstylesmusicauxtradition- nels du Maghreb, qui envoûtera le public de la Maison Daniel-Féry. Chanteur non consen- suel qui décrit la réalité des jeunes en Algérie, son pays natal, l’artiste sait également puiser ses influences chez James Brown, Santana ou encore Alpha Blondy. CHRISTELLE GARANCHER Takfarinas : samedi 7 février à 20h30 à la Maison de la Musique, 8, rue des Anciennes-Mairies. Reda Taliani : samedi 14 février à 20h30 à la Maison Daniel-Féry, 10-14, boulevard Jules-Mansart. Réservations : 39 92 ou www.nanterre.fr. Virtuose de la mandole, instrument qu’il a adapté à son jeu et à son style, Takfarinas, le plusrockdeschanteurskabyles,n’hésitepasà bousculerlesfrontièresdelamusique.L’artiste Issa Safa, entraîneur de boxe, réfugié politique et écrivain.
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    3e DÉBAT : Les métropolesdans le monde MERCREDI 11 FÉV. 2015 À 19H30 À L’AGORA, 20 rue de Stalingrad
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      Les textes accueillisdans ces pages sont sous la seule responsabilité de leurs auteurs. Nanterre est Charlie Les 7, 8 et 9 janvier, notre pays a traversé de ter- ribles événements. Face à ces actes lâches et ignobles, nous éprouvons horreur et révulsion. À Nanterre, comme partout ailleurs en France, plu- sieurs hommages ont été organisés en souvenir des 17 victimes innocentes de ces attentats ter- roristes. Des hommages nécessaires pour que chacun puisse réaffirmer son attachement aux valeurs de la République et adresser ses sincères condo- léances aux familles et aux proches des victimes. Et maintenant ? Il ne faut pas sombrer dans le désespoir et céder à la peur. Nous avons un mandat pour rendre ce mondemeilleur.Nousdevonsrétablirlaculturede Paix dans la pratique du pouvoir, dans nos com- munes, et dans nos actes du quotidien car notre République est en crise. Ce travail, nous devons y réfléchircollectivementetélaborerunprogramme local d’actions civiques, pédagogiques, culturelles et sociales et s’assurer de sa mise en œuvre dans les meilleurs délais. Car, si nous sommes tous des Charlie, il faut que nous soyons tous plus fraternels. Chacun de nous a besoin d’apprendre à vivre en- semble.Cessonsdenousdresserlesunscontreles autres,debâtirunmurdehaineaucœurdenotre République et luttons contre toutes les discrimi- nations, notamment celles dont sont victimes de trop nombreux Nanterriens. Ce changement d’attitude, c’est l’affaire de tous et pas seulement celle des plus jeunes à qui on ré- pète sans cesse qu’ils doivent s’intégrer, faire des efforts, respecter les règles... Nousdevonschangerd’attitude,ycomprislesélus. Et, si ensemble nous changeons, alors les choses se débloqueront. Des élus exemplaires, Nanterre y a aussi droit ! En 2014, nous avons été la seule liste candidate à prendreclairementdesengagementspourplusde transparenceetd’éthique,ensignantlachartede l’associationAnticor.Cesengagements,auregard des dernières actualités politico-judiciaires dans notre ville, prennent tout leur sens. Il n’est pas acceptable que les agissements d’élus isolésternissentl’imagedelamajoritéd’entrenous, mais quand de tels événements se déroulent au sein même de la majorité municipale, la responsa- bilité est d’autant plus grande. Nousinvitonsdoncmonsieurlemaireàs’engager fermementpourremettredel’ordredanssamajo- rité.Noussuggérons,notamment,lamiseenplace d’« une commission éthique indépendante », com- prenantélus(majoritéetopposition)etcitoyens,à laquelleilneparticiperapas,chargéeentreautres de contrôler les déclarations d’intérêts privés et associatifs des élus. Monsieur le maire doit éga- lement s’engager publiquement à suspendre les fonctions exécutives et les délégations d’un élu dès lors que celui-ci est mis en examen, en parti- culier pour un délit d’atteinte à la probité dans l’exercice d’un mandat électif. Il ne s’agit ici que de deux propositions qui pour- raient être prises immédiatement mais nous sommes disposés à soutenir toute autre mesure qui permettra de vous redonner confiance dans les élus que nous sommes. Maguy Edorh, Alexandre Ampilhac et Florence Boîtelet. Pour nous retrouver : www.monnanterre.fr. Pour nous contacter : contact@monnanterre.fr 07 63 18 53 58. Groupe l’Alternative, PRG et Citoyens Nanterre et la France après #Charlie À l’heure où nous envoyons ces lignes pour publica- tion(le19janvier),laFrancevientdetraverserunmo- ment exceptionnel de gravité et de dignité. Nousavonsressentidansnotrechairladouleurde ces femmes et hommes devenus héros, assassinés par la monstruosité terroriste. Nousavonsétéuna- nimes,auconseilmunicipal,ànousrassemblerpour la République. Ces événements ont également rap- pelédurementànotrevillel’assassinatde8conseil- lersmunicipauxen2002.Nouspensonsaussiàceux qui ont vécu cette tragédie. Enjanvier,ceuxquisontmortsétaientdessinateurs, journalistes, agent d’entretien, policiers, simples passants. Ils avaient le tort de parler fièrement, de faire dignement leur métier, d’exercer leur liber- té,d’êtreJuifs,etd’êtrelàaumauvaismoment,au mauvais endroit. À Nanterre, peut-être plus qu’ailleurs, dans notre belle ville populaire, nous savons combien la peur, le manque de respect et l’ignorance peuvent susci- terlahaine,l’angoisseoul’amalgame.Noussavons les dangers du repli identitaire et communautaire. Nous savons que l’amour de notre pays doit être, plus que jamais, transmis aux jeunes générations. C’est pour cela que nous devons être fermes avec la défense de la République et de ses valeurs, sans compromission :lalaïcitéquipermetàtousdeprati- querlibrementsareligionmaisimposeuneréserve publique ; l’exemplarité, le respect de la Loi et la sé- curité, fondements de notre démocratie ; la liberté qui nous grandit ; l’égalité qui donne à chacun l’op- portunité de réussir ; la fraternité qui nous réunit. C’est aussi pour cela que nous devons plus que ja- maisêtreauxcôtésdeceuxquifontvivrecesvaleurs auquotidien,dansleursmétiers :lespoliciers,lesen- seignantset,demanièregénérale,lesfonctionnaires. Nousdevonslesaccompagnerenexerçantchacunà notreplacenotreresponsabilité :celledumaireest entre autres de mettre en place une police munici- pale, formée, armée, travaillant main dans la main avec la police nationale, afin de mieux protéger les citoyens et de faire respecter la loi. Nous avons aussi le devoir d’expliquer ce qu’il se passe, sans excuser ni justifier. Contrairement à ce que dit le journal Cerises, re- layé par « Gauche citoyenne » (de M. Jarry et Mme Fraysse), nous ne croyons pas que les difficultés so- cialesconduisentàl’extrémisme :cen’estpasparce qu’ongranditdansunquartierdifficilequ’onestun fanatique en puissance ! Nous nous élevons forte- mentcontrecettevisiondelasociété,prêteàtout excuser, y compris l’inexcusable ; prête à tout justi- fier,ycomprisl’injustifiable.C’estinsultertousceux qui,ayantgrandidansdesconditionsdifficiles,ont surmonté les obstacles, par leur travail et leur mé- rite, et sont devenus des citoyens exemplaires. Ils sont nombreux, ceux qui s’en sortent ! Ils sont ma- joritaires. Ne les trahissons pas. À Nanterre, peut-être plus qu’ailleurs, nous savons doncquel’Écoleestunenjeumajeur.Nousenavons faitlecœurdenotrecombatpolitique,lapremière de nos priorités, en proposant la généralisation du soutienscolaire,l’ouverturedenouvellesécolespour soulager les classes, ou en agissant concrètement par l’accompagnement scolaire. À Nanterre, nous devons faire vivre l’élan qui a pris forme le 11 janvier 2015, pour faire ensemble une villequimontreraàlaFranceque,richedesadiver- sité, la République est grande ! Camille Bedin, Gilles Norroy, Madeleine Maufrais, Michel Ripoteau, Marie Tran, Cedric Martins, Lorraine Régis, Alexandre Guillemaud contact@nanterre-ensemble.fr - 50 bis, rue de Suresnes à Nanterre - 09 54 99 22 67. Groupe d’union de l’opposition UMP-UDI-DVD 39
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    Lesattaquesterroristessurvenuesausiège de Charlie Hebdoet dans l’Hyper Casher de Vincennes et à Montrouge, ont fait 17 morts. Nous redisons ici notre vive émo- tionetnotresolidaritéàl’ensembledesvic- times,auxfamilles,ainsiqu’àleursproches et amis. Nous condamnons la barbarie de ces actes inhumains qui touchent aux fon- dements de notre démocratie. Les terroristes n’ont pas seulement tou- ché les familles des victimes auxquelles nous pensons particulièrement. Ils ont at- teintchacuneetchacund’entrenous,tous cellesetceuxquiparticipentjouraprèsjour àconstruireunesociétéplusjuste,plusfra- ternelle et plus solidaire. En réaction à ce drame, à Nanterre et par- tout en France des rassemblements histo- riques ont montré la volonté de toute la Nation de faire front ensemble pour dé- fendre la République et ses valeurs de li- berté, d’égalité, de fraternité et de laïcité. En criant haut et fort « Nous sommes tous Charlie ! », la France a vou- lu dire avec force que nous sommes libres et debout. Nous avons voulu affirmer avec une détermination iné- branlable que la li- berté d’expression est une valeur fondamentale de notre so- ciété et que rien ne nous fera y renoncer. Nous faisons nôtres les paroles de VOL- TAIRE, philosophe engagé contre toute forme d’intolérance : « Je ne suis pas d’ac- cordaveccequevousdites,maisjemebat- trai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire »... Cet épisode effroyable ne peut que nous rappeler à quel point il est important de nous réunir et de défendre l’idée que la li- berté, la justice, la fraternité et la défense de la dignité humaine ont été au cœur de multiples combats de celles et ceux qui n’ont jamais désespéré face à l’ignominie et à la barbarie, même lorsque leur vie ou celle de leur proche ont été malmenées. Restons unis, ne laissons personne nous faire basculer dans la haine, le racisme, la xénophobie ou le rejet de telle ou telle re- ligion. Aucun extrémiste, aucun fanatique nedoitjamaismettreàmalnotrefraternité. Cette actualité tragique nous conduit à nous rappeler à quel point il est important de préserver ce qui est devenu notre bien le plus précieux dans notre démocratie et notre plus grande richesse : la volonté et la faculté de vivre ensemble. Nanterreréunitunepopulationàl’histoire et aux origines multiples. Cette diversité et notre solidarité sont une chance ; conti- nuonstousensembleàfairevivrecetidéal sans aucune concession. http://www.ps-nanterre.net. Les événements de ce début d’année 2015 n’auront laissé personne indifférent. Ces attaques contre la liberté, qu’elle soit d’ex- pression,d’engagementoudecroyance,ont marquélepays.Cescrimes,maisaussitout ce qui en a découlé depuis, soulèvent de gravesproblèmes,d’importantesquestions. Ilnes’agitpasdeprétendreapporterici toutes les réponses, mais plutôt de contri- buer à la réflexion qui ne peut être que col- lective, la plus large possible. D’abord, refusons l’amalgame qui as- simileraitlajeunessemusulmanedenotre pays avec les criminels. Toute réponse qui oublierait cela ferait le jeu du terrorisme. Il nous faut lutter contre toutes les dis- criminations, les divisions, les racismes, les fascismes et les haines religieuses. Ne pas renoncer aux valeurs de liberté, d’éga- lité, de fraternité, mais bien les faire vivre pleinement, et ainsi combattre toutes les haines. Dans le cadre de ma délégation « mémoire et an- ciens combat- tants », j’ai enten- du de nombreux témoignages concernant l’une des périodes les plus sombres de notre histoire, et c’est notamment en faisant persister ces valeurs, en les défendant, que la haine fut vaincue.Nousdevonspouvoirdécider,tous ensemble, de notre avenir et des choix de société pour (re)donner un sens à la Répu- blique. C’est un ensemble de droits qui ga- rantit l’égalité, la liberté, la fraternité. Souvenons-nousdenotrehistoire,elle est le témoin de nos erreurs, comme de nos victoires passées. Sachons l’analyser, et la questionner, y trouver la force d’agir. L’ignorance est un poison mortel pour la société, un levier absolu pour les fascistes de tout genre. Soyons vigilants à ne pas prendre pour acquis tout ce qui nous est dit, montré. Continuons à défendre l’accès aux loisirs et à la culture pour tous et par tous, l’éducation de qualité, à développer les espaces et outils d’un véritable vivre ensemble, à lutter contre toutes formes de discriminations... Apprenons de nous- mêmes, des autres, du collectif. La diversi- té n’est pas une faiblesse, mais bien une ri- chesse pour la France. « Vivre ensemble, c’est commencer par se comprendre et que le plus fort aide le faible. » Magyd Cherfi, écrivain et chan- teur du groupe Zebda. Le groupe CIC et moi-même adressons nos plus sincères condoléances aux familles et proches de toutes les victimes. Une grande et profonde pensée aux disparus et aux blessés, physiquement comme psychologiquement. GWENN HERBIN Groupe Communistes et initiative citoyenne STÉPHANIE LAMORA Groupe socialiste 40
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      DEBOUT ET FIERSD’ÊTRE ENSEMBLE Les événements dramatiques qui se sont déroulés du 7 au 9 janvier dernier nous ont tous bouleversés. Difficile d’exprimer en quelques mots notre tristesse, notre rage, nos peurs et notre incompréhension. Nous sommes tous Charlie, juifs, musul- mans, chrétiens, athées et policiers. Nous sommestousdescitoyensdumondequela violence et les morts heurtent au plus pro- fond. Les libertés d’expression, de pensée, dereligionontéténoyées,encoreunefois, dans le sang. Mais les marches citoyennes, dont celle du dimanche 11 janvier où de nombreux Nanterriens étaient présents, permettentd’espérer.Cesmarchesontété des moments de convivialité républicaine où tous les Français, quelle que soit leur histoire, se sont rassemblés en un peuple uni et unanime pour dénoncer cette hor- reur. Impossible pour nous de faire un des- sindanscettetribune,aucundenousn’ale talent d’un Cabu, d’un Charb, d’un Honoré, d’un Tignous, d’un Wolinski… Alors jouons avec les mots : Faire retour à la République L’année 2015 commence dans la douleur. Nos émotions sont encore incandescentes, mê- lées d’effroi, de colère et d’espoir. Dans notre mé- moire se bouscule la sauvagerie des attentats et desprisesd’otages,maisaussilasplendideréaction nationale et internationale qui a suivi démontrant que la France n’était pas seulement un pays mais aussi une idée. Effroi, parce que l’on a assassiné des journalistes pour faire taire leurs idées, des policiers symboles delaloietdel’ordrerépublicain,desjuifsparcequ’ils étaient juifs. Colère, de voir resurgir la bête immonde de l’antisé- mitisme. Colère de voir bafouer l’héritage de la Ré- volutionfrançaisequeconstituelaDéclarationdes droits de l’Homme et du citoyen qui garantit la li- berté d’expression à l’article 11. Espoir,cetteformidableexplosiondepatriotismeet d’uniténationale.LaMarseillaiseetlesdrapeauxtri- coloresdepuistroplongtempsconfinésauxterrains de sport. Manifestation sans précédent de notre histoire contemporaine. La République et ses va- leurs, que certains avaient décrétées ringardes ont été revendiquées avec force et conviction. Le 11 jan- vier 2015, on a retrouvé le chemin qui va de la Ré- publique à la Nation, d’un parcours cela redevient un programme. Quelles traces laisseront ces événements ? Vont-ils creuser des fossés ou bien au contraire permettre detranscendernosclivages,nosdiversitésd’origine oudecroyances ?L’histoiren’estpasécriteàl’avance. Il faut espérer mais surtout agir et nous montrer à la hauteur. Notre victoire sur la barbarie sera notre dignité, notre confiance dans la force des valeurs républicaines. LaRépubliquecen’estpasquedebonssentiments c’est aussi des exigences. C’est un effort, une disci- pline. La République, c’est la laïcité, c’est la liberté dansunesociété,depratiquersareligionetl’obliga- tiondelaisserlesautrespratiquerlaleur.Cen’estpas la mise en commun de tous les interdits. La laïcité, c’estlefaitdedirequetouslescitoyens,quellesque soient leurs croyances ou non, sont libres et égaux. C’est la liberté de conscience et le principe de non- discrimination pour raison de religion. La laïcité fut un mot trop peu prononcé durant la dernière pé- riodeetaveclaquelledes« accommodements »ont été recherchés jusqu’à la remettre en cause. LaRépublique,c’estlerefusdescommunautarismes. Cette doctrine étrangère à l’esprit français prétend quelesindividusappartiennentd’abordàleurscom- munautésoriginellesàbaseethniqueoureligieuseet quelaNationn’estquelafédérationdecescommu- nautés. Le peuple de France a dit le 11 janvier 2015 qu’iln’envoulaitpas,attachéàuneFrancelaïquequi ne reconnaît que des individus et non des commu- nautésselonlemotcélèbreduducdeClermontTon- nerresouslaRévolution« Ilfauttoutrefuserauxjuifs commenation,ettoutleuraccordercommeindividus. Ilfautqu’ilssoientcitoyens. »LaRépubliquenerecon- naîtqu’unecommunauté :lacommunauténationale. Enfin, la République, c’est l’éducation pour redon- nerdesperspectivessocialesàtoutenotrejeunesse et en faire des citoyens éclairés. Mais on ne peut pas demander à l’école de fabriquer l’esprit public en continuant à la concevoir comme un lieu d’ani- mationplutôtqued’instruction,conditionindispen- sable à l’émancipation. On ne pourra pas non plus luttercontrel’exclusionsocialesansemploietpour celailfautrompreavecladémarchemortifèreenga- géeparnosdirigeantsenEurope.Enimposantlegel delacroissanceparl’austérité,ilsontaccruledéses- poirdesbanlieues,l’exclusiondesjeunes,l’angoisse de la précarité, des quartiers que l’on appelait « po- pulaires » et que l’on qualifie aujourd’hui de « sen- sibles », où souvent plus de 40 % des jeunes sont au chômage ! Nous ressentons tous le caractère décisif de cette période d’où peut sortir le meilleur comme le pire. À Nanterre comme ailleurs, en tous points, il faut faire retour à la République. Cet idéal universaliste quinousvientdelaphilosophiedesLumières.C’est autour de ces valeurs – et d’elles seules – que nous feronssociété.Liberté,Égalité,FraternitéetLaïcité plus que jamais ! Les textes accueillis dans ces pages sont sous la seule responsabilité de leurs auteurs. ANDRÉ CASSOU ET FRANCIS MASANÈS Groupe Mouvement républicain et citoyen Groupe Europe Écologie / les Verts 41 Chaleureux camarades Humoristes impertinents Anti-nucléaires Réactifs contre la bêtise Libérés et sans complexes Intelligents humanistes Engagés citoyens Complexité et modernité Humanisme et fermeté Amour et religions République et engagements citoyens Laïcité et refus de tout amalgame Information et libertés Ecolos et éducation
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    42 Le groupe desenfants espagnols venant d’arriver à Nanterre en 1937, parmi lesquels Conchita Gonzalez et Emilio Rubiera (photo prise devant l’actuelle médiathèque Flora-Tristan, rue des Anciennes-Mairies). Fonds Ochando. E n 1937, l’Espagne est en proie à la guerre civile provoquée, l’année précédente, par un coup d’État militaire.LaRépubliqueespagnole aux abois évacue de nombreux enfants, par bateau, en direction de l’Union soviétique où ils sont attendus pour être pris en charge. L’un de ces bateaux est immobilisé sur les côtes françaises à cause d’une panne mécanique. Les enfants sont débarqués et acheminés vers la région parisienne où de nombreuses villes vontlesaccueilliretparmielles,Nanterre,admi- nistréedepuislesélectionsmunicipalesde1935 par Raymond Barbet. Sur la photographie ci-dessus, récemment retrouvée, nous avons reconnu deux enfants arrivant dans notre ville. Conchita Gonzalez, née en 1924 en Galice, est l’une des fillettes de ce regroupement. Elle est accueillieàNanterreparlafamilleRobin,au98, avenuedelaRépublique.PierreRobin,cheminot, militantcommuniste,étaitàl’époqueconseiller municipal. À la fin de la guerre, Conchita ren- contreraAntonioOchando,rescapéducampde Mauthausen où de nombreux espagnols « apa- trides » (c’est ainsi que les nazis appelaient les républicains vaincus) trouvèrent la mort. Ils se En 1936, l’Espagne plonge dans la guerre civile suite au coup d’État du général Francisco Franco. La guerre d’Espagne opposera républicains et nationalistes putschistes et se terminera, en 1939, par la victoire de ces derniers. C’est au cours de cette guerre civile que de nombreux réfugiés espagnols, évacués, arrivent à Nanterre. Réfugiés espagnols à Nanterre marient en 1947. Plus tard, Antonio Ochando ouvrira un salon de coiffure dans la rue Henri- Barbusse. Emilio Rubiera, né en 1927 dans les montagnes des Asturies, fait aussi partie de ce groupe d’enfants accueillis à Nanterre. Il sera élevé dans le quartier des Fontenelles, puis renvoyé en Espagne par les troupes allemandes durant l’Occupation.En1956,deretourenFrance,c’est dans notre ville qu’il s’installera à nouveau, rue delaSource,avecsafemmeAmorRocesetleurs trois filles. L’une d’elles, Maria Rubiera, devien- dra conseillère municipale de la ville, bien des années plus tard. La ville de Nanterre n’est pas seulement un point de chute pour les « rojos » (les « rouges », nomdonnéauxcombattantsdelaRépublique espagnole),elleestaussiunappuiprécieuxdans l’activité politique en leur faveur. Ainsi, entre 1937 et 1939, les jeunes communistes de Nan- terre organisent des collectes d’argent dans la rue de Saint-Germain (aujourd’hui rue Henri- Barbusse), et ce « tous les dimanches » comme le rappelle Vincent Pascucci, qui participait à cette activité. Malgré les différentes expressions mondiales de soutien, la jeune République espagnole est
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    43 J. A. Isla-Garciaa conservé son drapeau des combattants de la République espagnole, hérité de son grand-père Bernabe Dorrego. La jeunesse militante de Nanterre organise le soutien matériel aux combattants de la République espagnole (devant la boucherie située au 27 de l’actuelle rue Henri-Barbusse). Fonds Pascucci. Dessin original de Loïc Ramirez. Fonds Alonso. vaincueparlestroupesfranquistesenavril1939. Le parti communiste d’Espagne (PCE), interdit sur le sol ibérique, est condamné à l’exil. Il sur- vit en France grâce à l’aide du parti commu- niste français (PCF). Les militants espagnols se lancentalorsdansunelonguebataillepolitique clandestine contre la dictature de Franco, avec la France pour base arrière. En 1950, le gouver- nementfrançais,quicraintlaprésencemassive de« rougesarmés »surlesolnational,prononce l’interdictionduPCEenFranceetorganiseune rafle policière qui débouche sur l’arrestation de plusieurs réfugiés républicains. Ceux qui en réchappent sont désormais condamnés à être des militants de l’ombre, des deux côtés des Pyrénées. Le combattant Francisco Martinez Lopez, aujourd’hui résidant à Alicante, raconte : « À Nanterre, nous avions des relations avec la mu- nicipalité et la population. Pendant longtemps, on a même eu un local où l’on emmagasinait le matérielutilisépourlaFêtedel’Humanitéettout le reste. » Francisco Sanchez, qui habite actuellement à Rueil-Malmaison, se souvient d’avoir aidé une femme à accoucher clandestinement : « Les ca- maradesnousontlogésdanslaruedesAlouettes avec son mari qui était clandestin. Nous avons été là avec un médecin, du parti communiste lui aussi, qui nous soignait gratuitement. Ici, à Nanterre,avecl’ancienmaireBarbet,onaététrès bon avec nous ». GerardoIslaGarciaétaitégalementunmilitant du PCE. Il est arrivé après la guerre à Nanterre où il a rencontré Antonia Bernabe Gomez, qu’il a épousée. Les parents de celle-ci étaient des exilés,lepère,BernabeDorrego,avaitcombattu lesfranquistesettravaillaitdansuneentreprise de plomberie. Antonia sera employée dans la boulangerie si- tuéeau5,rueduCastel-Marly,puisàlaclinique de la Boule (actuellement centre de loisirs ma- ternel) puis au sein de l’entreprise Forvil (usine du Docteur-Pierre). Tous deux habitaient dans un des logements appartenant à l’entreprise Portier-Dielhy.Antoniasupportaitdifficilement lesallers-retoursclandestinsdeGerardoentrela France et l’Espagne, pour le PCE. Leur fils aîné habite toujours Nanterre. Durant toute cette période d’exil, des Nanter- riens aideront ces Espagnols à traverser les Pyrénées, à transporter des tracts et des jour- naux.Ilexistaitalorsuneintimeetquasisecrète collaborationentremilitantsduPCFetduPCE. En1975,ledictateurmeurtets’ouvreainsipour l’Espagne une perspective de changement, de transition, qui verra la mise en place d’une mo- narchie parlementaire et le retour de figures importantesdel’exilrépublicain.ÀNanterreles enfantsde« rojos »restentpourlaplupartdans la ville qui les a vus grandir. Quant aux parents qui,commeEmilioRubiera,sontrepartis,ilsont emmené avec eux un peu de cette ville au sud des Pyrénées. LOÏC RAMIREZ Auteur de l’ouvrage L’Espagne dans nos cœurs. Le parti communiste français dans la lutte antifranquiste, 1944-1975, éditions Atlantica, novembre 2012. SOCIÉTÉ D’HISTOIRE DE NANTERRE PHOTOSDR
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    44 LOISIRS Fanfare La fanfarede Nanterre organise son concert hiver- nalsamedi7février2015à20h,àlasalledesfêtes. Dans un esprit festif et populaire, les musiciens amateurs de la fanfare municipale passent du jazzàlajava,dufunkaumusette.Concertgratuit. Vous pouvez apporter pâtes, riz, pots pour bébés, etc., pour les Restos du cœur de Nanterre. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Réser- vation conseillée au 06 11 66 86 46 ou par mail: contact@fanfare-de-nanterre.fr. Salledesfêtes,2,ruedesAnciennes-Mairies. Gospel L’association gospel J’ouvre mon cœur propose des ateliers de chant les lundi et vendredi dans la salle municipale Soufflot (à côté de la maternelle Soufflot), de 19h à 20h30. Inscriptions possibles toute l’année. L’association recherche également des musiciens. Contacter Josela au 06 25 14 58 62. Par mail: gospel.assos.jouvremoncoeur@gmail.com. Loto, danse, handball et… Amap Le centre social et culturel Hissez Haut organise un loto samedi 7 mars à 14h, salle du parc des Anciennes-Mairies. Activités proposées par le centre: des cours de danse orientale le mardi soir de 19h à 20h à par- tir du mardi 4 mars, un atelier handball pour les enfants de 6 à 10 ans, le mercredi de 14h à 16h. Une Amap existe aussi dans le centre, en parte- nariat avec un maraîcher de l’Oise. La livraison des paniers est prévue tous les lundis entre 18h et 19h y compris pendant les vacances scolaires. Pourtouteinformation,appelezHissezHautau 09 52 74 91 42. Club de rire Vous avez besoin de remettre du rire, de la joie et de la créativité dans votre vie quotidienne? Stéphanie, rigologue, vous attend au Club de rire de Nanterre. Au programme: yoga du rire, jeux coopératifs, sti- mulation de la joie de vivre, détente, lâcher prise. Salle du parc des Anciennes-Mairies, les 1ers et 3es mardis du mois de 20h à 21h. Tarif: 10 € la séance (possibilité d’abonnement). Touslesrenseignementssur: http://club.rire92.over-blog.com. Mail:club.rire92@yahoo.fr. Tél.:06 63 66 04 82. Cours de zumba LaMaisonpourtousproposedescoursdezumba le jeudi de 19h à 20h au Palais des sports et le samedi de 10h à 11h à la salle Pablo-Picasso, 75, avenue Pablo-Picasso. Tarifs: 120 € de janvier jusqu’à la fin de l’année, hors vacances scolaires. Tél.:01 41 37 64 80ou06 69 39 28 38. Mail:ciediepa@yahoo.fr. Remise en forme pour tous! Jusqu’au 14 juin 2015, le dispositif Parc Courons Hauts-de-Seine propose, chaque semaine, un pro- gramme (gratuit) de remise en forme encadré par des éducateurs sportifs spécialisés. Neuf parcs des Hauts-de-Seine participent à cette opération qui a lieu le samedi et le dimanche matin, de 10h à 12h. Au programme, étirements, assouplisse- ments et jogging. À Nanterre, rendez-vous parc André-Malraux, près du poste de garde. Pourtoutrenseignement:siteParcCourons 2014/2015danslesparcsdesHauts-de-Seine. Chanter… parler L’association Voix-E propose des ateliers pour tra- vaillerlavoixenpetitgroupegrâceàuneméthode originale et efficace (exercices ludiques, prise de consciencedelarelationcorps-voix,relaxation).Le répertoire est individuel et varié. Il n’y a pas de limite d’âge et aucune connaissance particulière de la musique n’est requise. Les séances ont lieu en centre-ville, une heure par semaine, le jeudi entre 18 heures et 22 heures et le samedi entre 12h30 et 15h30. Cours d’essai sans engagement. Renseignementsau0662442170. Mail:voix-e@neuf.fr. Qi gong, éventail, tai-chi- chuan Acqua-Toffana propose des cours de qi gong, d’éventail, de tai-chi-chuan, de remise en forme et d’autodéfense. ∞ Qi gong et éventail: lundi de 19h30 à 21h et de 21h à 21h45, salle de danse du Palais des sports, 136, av. Joliot-Curie. ∞ Remise en forme et autodéfense: lundi de 19h30 à 21h, mairie de quartier du Mont-Valérien, 207, rue Paul-Vaillant-Couturier. ∞ Tai-chi-chuan: mardi de 19h30 à 21h, mairie de quartier du Mont-Valérien. ∞ L’association organise aussi des stages un dimanche par mois de 10h30 à 16h: qi gong, tai- chi, éventail. Prochain stage le 15 février au Palais des sports (salle de danse). Tarifs: 20 € annuels pour l’adhésion, 165 € annuels pour une activité hebdomadaire, tarif dégressif pour plusieurs activités hebdomadaires. Tél.:Joau06 16 13 70 60,Cathyau01 39 69 64 29. Site:www.acquatoffana-qigong.org. Gymnastique douce, relaxation, sophrologie Ateliers de gymnastique douce, relaxation et sophrologie avec l’association Écoute en corps. ∞ Séances hebdomadaires: le mercredi de 16h15 à 18h, de 18h à 19h30 et de 19h30 à 21h. La gymnastique douce s’inspire des méthodes Pilates et Feldenkrais et s’accompagne de tech- niques de relaxation, de sophrologie et de res- piration. ∞ Séances individuelles sur rendez-vous, accom- pagnement personnalisé. ∞ Stage mensuel: le prochain a lieu samedi 7 février de 14h30 à 17h30. Les séances se déroulent salle Le Corbusier, à 2 mn du RER Nanterre-Préfecture. ContactezGisèleAbécéraau06 07 69 87 16. Site:http://ecoute.en.corps.free.fr. Cours de zumba et de baïlothérapie L’ART 17 (Association des résidents Terrasse 17) propose des cours de baïlothérapie et de zumba, tous les vendredis de 19h à 20h et de 20h à 21h jusqu’en juillet 2015 (y compris une semaine sur deux pendant les vacances scolaires). Salle le Corbusier, 49, esplanade Charles-de-Gaulle à 2 mn du RER A Nanterre-Préfecture. Pourtousrenseignements,appelezau 06 86 69 95 57oucristina.rodado@gmail.com. Premiercoursd’essaigratuit. Kung-fu wushu L’association Convergences kung-fu wushu pro- pose, depuis plus de douze ans, des cours de kung-fu wushu, autodéfense, shuai-jiao/shoubo (coups de pieds/poings, projections) et tai-chi- chuan. ∞ Lundi de 18h30 à 19h30 pour les 10/15ans (Pass 92 accepté). ∞ Lundi de 19h30 à 21h30 pour les adultes. Gymnase Voltaire, 44, rue de l’Union. Les cours sont encadrés par un professeur diplômé d’État. Stage de qi gong, dimanche 8 février de 10h à 13h. Site:http://association.convergences.over-blog.fr. Renseignementsau06 63 73 49 54. Mail:convergences.kungfuwushu@gmail.com. Ateliers bébés chanteurs Le chant est un vecteur de communication très précieux avec les tout-petits. Cet atelier vous pro- pose de vivre avec eux des moments de détente autour des sons et des chansons… Séances de chant pour les 0-3 ans accompagnés d’un adulte, tous les vendredis de 10 heures à 11 heures. Salle de danse, 14, rue Salvador Allende. AssociationGrandirEnsemble92 Tél.:06 63 96 09 99. Ateliers danse du monde Cet atelier permet de découvrir les pas de base dans une ambiance détendue et joyeuse. Styles de danse très variés, en cercle ou en ligne. Tous les lundis de 14 heures à 15h30, salle de danse au 14, rue Salvador Allende. AssociationGrandirEnsemble92 Tél.:06 63 96 09 99.
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    45 Formations gratuites L’Afpa deNanterre propose les formations sui- vantes, gratuites pour les personnes en contrat de sécurisation emploi ou déclarées travailleur handicapé: ∞ Secrétaire assistant (niveau bac), employé administratif et d’accueil (niveau BEP): 20 avril au 9 octobre 2015 (dont quatre semaines en entreprise). ∞ Assistant ressources humaines (niveau BTS): 2 mars au 18 septembre 2015 (dont quatre semaines en entreprise). ∞Gestionnaire de petite ou moyenne structure (niveau BTS): 9 février au 9 septembre 2015, 13 avril au 6 novembre 2015 (dont cinq semaines en entreprise). Laformationgestionnairedepetiteoumoyenne structure est également gratuite pour les de- mandeurs d’emploi. ContactezMC_CENTRE_NANTERRE@afpa.fr. Détaildesformationssurwww.afpa.fr. Université de la culture permanente Depuis trente ans, l’université de la culture permanente (UCP), à l’université de Paris-Ouest Nanterre-La Défense, propose des cours ouverts à tous. Seule condition d’accès: votre curiosité. Aucun diplôme n’est délivré. De nombreuses disciplines sont accessibles: histoire de l’art, musique, littérature… Sont organisés des cours spécifiques, des cycles de conférences, des ate- liersengroupesrestreints,desvisitesdemusées et d’expositions, des voyages en Île-de-France ou à l’étranger… De plus, vous pouvez assister, sous réserve de places disponibles et avec l’accord de l’enseignant, aux cours magistraux. En vous inscrivantàl’UCP,vousavezaccèsaumeilleurde la vie étudiante, le campus, les infrastructures, les cours… sans la pression des examens! Tousrenseignementssurwww.u-paris10.fr, rubriqueformation/offredeformation/ universitédelaculturepermanente. 45FORMATION Pharmacies de garde Dimanche 1er février ALFANDARY 76, route des Fusillés-de-la-Résistance Tél.: 01 42 04 28 93. Dimanche 8 février BENEZRA 15, rue de Courbevoie Tél.: 01 47 21 17 42. Dimanche 15 février CARNELOS 25, rue Sadi-Carnot Tél.: 01 47 21 32 94. Dimanche 22 février LE BOURHIS 123, rue de Suresnes Tél.: 01 42 04 09 97. Café des familles, ateliers sophrologie, gym douce, équilibre et mémoire Entre les démarches administratives, les rendez- vous médicaux, les soins à domicile, les préoccu- pations financières, les décisions à prendre, vous assumez parfois seul le quotidien de votre proche âgé, malade ou handicapé. Venez partager votre expérience et trouver du soutien auprès d’autres aidants. Le Clic (Centre local d’information et de coordina- tiongérontologique)organise,samedi14févrierde 10h15 à 12h à l’Agora, 20, rue de Stalingrad, un café des familles destiné aux aidants familiaux et ani- mé par Claire Saillour, psychologue clinicienne, sur le thème suivant: «L’agressivité de mon proche: je ne la comprends pas… Peut-elle être atténuée? Où trouver des réponses?» Le Clic met aussi en place des ateliers sophrologie, gym douce, équilibre et mémoire. Pourtousrenseignements,téléphonez auClicau01 41 91 10 30. SANTÉ INFORMATIQUE Limon@de et pixels ∞ Comment accéder à distance à un ordinateur? Samedi 28 février de 14h à 16h Vous cherchez le moyen d’aider un ami à instal- ler un programme? Découvrez Teamviewer, un logiciel gratuit permettant de manière sécurisée d’accéder à distance à une machine. Cela permet d’être dépanné, de se connecter à un ordinateur et de voir l’écran comme si vous étiez en face de celui-ci. Ateliersgratuits,inscriptionobligatoireàl’Agora, 20,ruedeStalingrad.Tél:39 92. Initiations collectives ∞ Découverte de l’ordinateur: 11, 12 et 13 février de 16h à 18h Matériel basique, périphériques, utilisation de la souris,lebureau,lesfenêtres,lesdossiers,appren- tissage du clavier, saisie de texte, enregistrement. ∞ Découverte d’Internet: 17, 19 et 20 février de 16h à 18h Les principes, les usages et le fonctionnement, les annuaires et les moteurs de recherche, créer et utiliser sa boîte e-mail. Initiationsgratuites,inscriptionsuniquementsur placeàpartirduvendredi9janvierà14h. Ateliers associatifs ∞ S’initier à la réalisation d’émission de radio: samedi 7 février de 10h à 12h ∞ Créer et animer un blog avec Wordpress: samedi 14 février de 10h à 13h et de 14h à 17h Ateliersgratuitsetsurinscriptionàdestination desbénévolesassociatifs. EMPLOI Club des seniors Naissance, jeudi 8 janvier 2015, du club des seniors à la Maison de l’emploi et de la formation. Après le succès du club Innov’elles, dédié aux femmes créatrices d’entreprises, le club des seniors accueil- lera les plus de 45 ans en recherche d’emploi ou désireux de créer une entreprise. De nombreuses actions sont en préparation. Pourtoutrenseignement,téléphonez àLaureChaubarouxau01 47 29 79 77.
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    NAISSANCES David Carneiro, DaoudGhorab, Benicio Pitard, Mohamed-Sadek Djari, Nouh Amrane, Rayhan Hasni, Lyam Yoyotte Remy, Abderrahmane Abdi, Wladimir Remérand Ramambason, Imran Amghar, Nolann Prigent, Mathéo Quément, Ayoub Moreau, Sarah Auguste, Harena Randriarimalala Rapanarivosoa, Basma Belfouzy, Anissa Mamou, Lina Fortin, Wijdane Ben Aoun, Rayan Tahiri, Lou Lacombe, Ketsiane Jean Pierre, Océane Antoniucci, Salih Rabah, Rayan Djaber, Léon Roger, Mohamed Rezig, Sanoussy Cissokho, Anass Mouchtahi, Proshu Lubanzadio Tambwe, Rayane Ndzeuko, Baptiste Leboucher, Ismaël Rezig, Sirine El Khal, Sofia Bencherrat, Meryem Latreche, Sana Sayah, Zeïnab Drame, Dominique Kinzonzi Bandzouzi, Heïzer Weigel, Chahine Zahzouh, Sarah Aoudjit, Ilyes Nita, Raphaël Martin, Nohlan Chahbi, Samy Houche, Jade Menasria, Louise Plansot Rigot, Helin Yosma, Malak Akhchoun, Jana Idali, Valentina Viana Jankovic, Jade Halloin, Killian Lawrence Desvergnes, Anaë Rakotosalama, Iliana Abadli, Wanis Abadli, Sirine Noubli, Morgane Dollet, Camille Fraillon, Sinem Köylü, Romain Sechaud, Ismaël Ben Boujemâa, Youssef En Nasri, Alicia Fontanel, Lucie Pires Alves, Lucas Ciocan, Carolina Da Silva De Sousa, Kiyan Di Prima, Jihane El Fekih, Zélie Tran, Charles Kerkaert, Manel Mohamed Ben-Ali, Yann Paquet, Cheikh Mangane, Elie Mao, Lila Rocher, Tasneem Said Bacar, Louise Bezi, Anna Braga Chauvire, Maflani Fofana, Lou Lunel, Fetiche Doerr, Eva Liu, Juliette Anton, Naël Meraouna, Raoul Popovici, Coralie Becquet Thomet, Amudan Ramaswamy, Noah Doucouré, Yeni Doucoure, Evan Lacoste, Souhayl Dribek, Kiana Kesri, Zoé Loyant, Paul Bourbon, Wayann Malabar, Louis Souillart, Jordan Trinchete Da Cunha, Mila Le Chanony, Dieynaba Toure Siracus, Eliakim Angbonou, Manon Le Goff, Wided Lemghaïrbat, Chahïn Asri, Elie Banzouzi Tchikouta, Lucia Lagha Serna, Nour-Hanaël Moali, Eva Vo Dinh, Chahd Zidane. CARNET PÉRIODE DU 16 NOVEMBRE AU 15 DÉCEMBRE NAISSANCES David Carneiro, Mohamed-Sadek Djari, Lyam Yoyotte Remy, Remérand Ramambason, Prigent, Auguste, Basma Belfouzy, Wijdane Ben Aoun, Ketsiane Jean Pierre, Rabah, Sanoussy Cissokho, Lubanzadio Tambwe, Leboucher, Bencherrat, Drame, Weigel, Raphaël Martin, Menasria, Akhchoun, Jade Halloin, Rakotosalama, Noubli, Köylü, Youssef En Nasri, Lucas Ciocan, Prima, Manel Mohamed Ben-Ali, Mangane, Louise Bezi, Lou Lunel, Naël Meraouna, Thomet, Yeni Doucoure, Kiana Kesri, Malabar, Mila Le Chanony, Angbonou, Chahïn Asri, Serna, Zidane. EN BREF BÉNÉVOLAT Journée portes ouvertes L’institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) organise une journée portes ouvertes mercredi 4 février de 14h à 18h. Ifsi,ImmeubleAxeSeine,1à3,ruedu1er Mai. Tél.:0149034170. Permanence juridique La prochaine permanence juridique gratuite aura lieu mercredi 11 février de 14h à 16h. Uniquement sur rendez-vous. Pourtouteinformationoupourprendrerendez- vous,appelezlecentresocialetculturelHissez Hautau0952749142ouau0147242307. Un jour, une expo L’association Acri Liberté organise désormais une exposition d’un jour, un dimanche toutes les six semaines, intitulée «artistes en liberté». Elle pro- pose aux artistes nanterriens l’usage gratuit de son espace d’exposition (jusqu’à une quarantaine d’œuvres de moyen format). L’Acri prend à sa charge le «pot» du vernissage et facilite la mise en place et le démontage de l’exposition. Renseignements:acriliberte@yahoo.fr. ACRILiberté,28-40,rueSalvador-Allende. Tél.:0147215975(pendantlapermanence, lemercredide21hà22h). Mail:acriliberte@yahoo.fr. Flash ton patrimoine Vous avez entre six et 25 ans? Partagez votre vi- sion du patrimoine en Île-de-France en participant, du15janvierau15mars2015,auconcoursorganisé par les conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) d’Île-de-France. Seul, en groupe ou avec votre classe, photographiez une maison, un paysage, un coin de rue, une usine, un fleuve… ou votre vieux voisin. Publiez vos photos sur le site www.flash-ton-patrimoine.fr et accom- pagnez-les d’un texte libre inspiré par votre sujet (poème, légende, dialogue, récit…). Tous les envois, même les plus décalés, construiront une carte inte- ractive illustrant le patrimoine de la région tel que vous vous le représentez. Les thèmes du concours sont les suivants: Grand Paris, sud du métro du GrandParis,architecture,ville,paysage,patrimoine immatériel, autour de Le Corbusier. Remisedesprixsamedi11avrilà14h30àlaCitéde l’architectureetdupatrimoineàParis. Attention à la fraude! Une société du nom de Veva contacte les habi- tants de Nanterre et se prétend, à tort, manda- tée par la ville pour vous permettre de réduire vos impôts. Cette société propose en fait des produits financiers avec des méthodes plus que discutables pour trouver des clients. Attention donc à ne pas accorder de crédit à ces appels mensongers. 46 MARIAGES Olivier Bergeal et Cinthia Meunier, Noureddine Souici et Meriem Mzoughi, Youcef Derdega et Maria Dumitru, Arezki Belkessam et Yasmine Kadri, Imad Cherghou et Loubna Ettamiri, Samir Nait-Hamoud et Fatima Oukil, Farid Ayache et Madina Kenane, El Haoues Mehiri et Kelline Ilehmadne, Chakib Amouri et Maha Bitari, Eric Chuet et Cécile Menivier, Louis Zephir et Wilzlie Milord, Omar Entabi et Nora Fahham, Fares Boudjeddi et Imène Boudjedi. DÉCÈS Georges Butaux (90 ans), Fatima Karkouri (64 ans), Simonne Costenoble (72 ans), Ahmed Benzahra (64 ans), Danielle Yao (66 ans), Marianne Mazzocchi (83 ans), Gisèle Fillion (84 ans), Hippolyte Labry (79 ans), Paulette Marey (92 ans), Pierre Caillet (87 ans), Gérard Thierry (63 ans), Omar Ramdani (62 ans), Ginette Guessab (79 ans), Thérèse Patras (83 ans), Moussa Abed (68 ans), Ackah Zoukrou (52 ans), Kurusamuthu Joseph Antony (76 ans), Sami Boutar (45 ans), Corinne Laissaoui (51 ans), Brahim Yamani (85 ans), Christiane Gomis (72 ans), Patrick Martin (66 ans), Giselle Guiguen (101 ans), Paulette Duret (84 ans), Jacqueline Poubennec (69 ans), Joséphine Darré (90 ans), Michel Belligon (67 ans), Elena Trevisiol (95 ans), Zahia Labssi (73 ans), Daniel Lievin (66 ans), Micheline Sage (89 ans), Mohammed- Salah Khiri (73 ans), Mebarka Bakhati (83 ans), Chabha Hasniou (70 ans), Hervé Le Corre (55 ans). Restos du cœur Les Restos du cœur de Nanterre recherchent des bénévoles pour la distribution et l’acceuil, les lundis, mardis, jeudis, vendredis, de 8h à 12h. Attention, l’adresse a changé! Rendez-vous désor- mais au 95, avenue de la Liberté. Pourtousrenseignements, appelezau01 47 21 87 22. Défense des consommateurs L’association locale de défense des consommateurs UFC Que Choisir 92 Nord (11 communes du 92 Nord dont Nanterre) recrute des bénévoles pour le traite- ment des litiges de la consommation, des enquêtes de la consommation, de la rédaction de bulletins d’information, des représentations diverses, etc. Si vous êtes intéressés, envoyez un message à contact@92nord.ufcquechoisir.fr en indiquant en objet:renseignementpourbénévolatUFC(suiviMD). Site: http://www.ufc-quechoisir-92nord.fr/
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    250 RECRUTEURS ÀCONVAINCRE GRANDE HALLE DE LA VILLETTE 211 AVENUE JEAN JAURÈS, PARIS 19e STATION PORTE DE PANTINENTRÉE LIBRE ET GRATUITE, SE MUNIR DE CV JEUDI12FÉVRIER 2015-10H/18H INFORMEZ-VOUS : 01 53 95 15 15 PRÉPAREZ-VOUS : WWW.GPS-EMPLOI.FR