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Nous avons l’ambition
de faire de la BOAD une
institution de référence
pour un impact durable
sur l’intégration et
la transformation de
l’Afrique de l’ouest
SERGE EKUÉ
PRÉSIDENT DE LA BANQUE OUEST
AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT (BOAD)
INFLATION, DETTE, OR NOIR, …
L’AFRIQUE FACE À LA SPIRALE DE
LA GUERRE EN UKRAINE
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
2
WWW.SIKAFINANCE.COM
3
A
près la crise sanitaire de
2020 où les économies
africaines ont été plus ou
moins résilientes avec au
final la première récession enregistrée
par le continent en un quart de siècle,
le répit a été court. A peine avons-nous
eu une année pour tenter de colmater
les brèches laissées par la Covid-19
qu’il a fallu aussitôt réactiver le mode
résilience pour espérer faire face
aux effets collatéraux de la guerre
en Ukraine. Cette fois, l’inflation
s’est invitée dans nos assiettes avec
fracas ! 12% au Sénégal et 37,2%
au Ghana en septembre, 20,5% au
Nigéria en août. Dans l’UEMOA,
l’inflation était de 8,5% en août,
bien loin des niveaux généralement
en deçà des 3% d’avant 2020.
Cette inflation est en grande partie
alimentaire ; autant les produits
alimentaires importés ont flambé,
autant nos productions agricoles
locales ont fait de même, l’Afrique
ayant abandonné sa souveraineté
alimentaire, laissant à d’autres le
labeur d’assurer ‘’son pain quotidien’’.
En 2020, selon la CNUCED, plus de
80 % des importations de produits
alimentaires consommés en Afrique
provenaientdel’extérieurducontinent.
Pour un continent qui concentre 60%
des terres arables non exploitées de
la planète, il est enfin grand temps de
fairedel’agriculturevivrièreunsecteur
stratégique comme cela est le cas pour
le cacao, le coton, ou encore l’arachide.
La guerre en Ukraine a également
fait resurgir la problématique du
financement de nos économies.
Entre la hausse du dollar américain
et le durcissement des politiques
monétaires, il devient plus cher
d’emprunter sur le marché
international. Et pour les Etats,
le fardeau du service de la dette,
constituée en bonne partie en
dollars, donne des sueurs froides. Les
agences internationales de notation
n’ont d’ailleurs pas tardé à brandir le
carton rouge au Ghana et au Congo …
Faillible et résiliente. Il en faut bien
plus. L’Afrique ne peut plus continuer
à se laisser ballotter à tout va par
des crises qui arrivent de manière
impromptue et sporadique et qui
continuent de balafrer à chaque
occasion son économie au point
d’anéantir des années d’efforts.
Maintenir le rythme et le niveau des
investissements dans les secteurs
clés, pourvoyeurs d’emplois et de
croissance, y compris en temps de
chocs, reste donc primordial. Aux
côtés des Etats donc, les banques de
développement jouent un rôle capital
pour nourrir la nécessaire dynamique
économique, y compris en période de
troubles.
Dans la zone UEMOA, la Banque
ouest-africaine de développement
(BOAD) qui se prépare à célébrer
ses 50 ans en 2023, tient le bon bout.
Au sortir de la crise de la Covid-19,
l’institution commune aux Etats de la
région a élaboré un plan quinquennal
dont l’ambition est d’investir plus de
3 000 milliards FCFA, soit environ 4,6
milliards d’euros, dans la zone entre
2021 et 2025. Un chiffre qui vient
traduire une réelle ambition de jouer
un rôle moteur dans ces économies.
Expertfinancierderenom,SergeEKUE,
le président, explore toutes les voies,
allant de l’augmentation du capital,
en accueillant de nouveaux membres
à son tour de table, au recours au
financement durable, en passant par la
mise en place de nouveaux instruments
de financement. Près de 250 mille
emplois devraient être générés via
les projets financés sans compter
les effets induits pour les Etats.
Il nous est apparu judicieux par
ces temps d’incertitude de mettre
sous la lumière une institution qui
symbolise, comme d’autres, une
Afrique en marche, qui se construit,
en dépit des vents contraires.
A la BRVM, après une fin 2021 faste,
les fruits ont bien tenu la promesse
des fleurs. Les investisseurs ont
empoché des dividendes mirobolants
et ont vite fait d’oublier la grande
frustration de ces dernières années.
Et le premier semestre a donné
l’espoir d’une consolidation …
Pour nos investisseurs, cette neuvième
édition fait un tour d’horizon des
valeurs cotées pour les aider à
se projeter et faire les meilleurs
arbitrages.Etretrouveznosarticlessur
la thématique de ce numéro, « Inflation,
dette, or noir, … : L’Afrique face à la
spirale de la guerre en Ukraine » et les
interviews de figures de premier plan.
Bonne lecture à tous.
L’édito
Au-delà de la résilience Daniel AGGRÉ
Directeur général de SIKA FINANCE
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
4
S O M M A I R E
06 30 38
6.
42.
46.
58.
16.
26.
20.
54.
62.
38.
LA GRANDE INTERVIEW
MARCHÉ
MARCHÉ
MARCHÉ
A LA UNE
A LA UNE
INTERVIEW
INTERVIEW
INTERVIEW
INTERVIEW
Serge Ekué : Président de la Banque Ouest
Africaine de Développement
BRVM : Les sociétés cotées distribuent 153
milliards FCFA de dividendes de plus en un an
BRVM : Un premier semestre dopé par les
publications des résultats annuels
UMOA : 3 660 milliards FCFA levés sur
le marché au 1er semestre 2022
Dette publique africaine : la
double peine induite par la crise
ukrainienne
Hausse des cours du pétrole,
inflation : L’envers du décor de la
guerre en Ukraine en Afrique
68. FOCUS
La transformation de l’hevea en
Côte d’Ivoire
73. FICHES VALEURS
34. À LA UNE
Afrique : Des économies à la
fois faillibles et résilientes
30. INTERVIEW
‘‘ Nous sommes un investisseur
d’intérêt général qui intervient
notamment en appui des
politiques publiques... ’’
Lassina FOFANA : Directeur
général de la Caisse des Dépôts
et Consignations de Côte d’Ivoire
PARTNERS
‘‘ Nous permettons aux
personnes qui n’ont pas de notion
financière d’investir en bourse ’’
Franck DIAGOU :
Directeur général de
NSIA Asset Management
‘‘ Nous projetons 2,1 milliards de dollars
d’investissement en Côte d’Ivoire sur 5 ans ’’
Cheick Oumar OUATTARA : Représentant de
la Banque Islamique de Développement
‘‘ Nous mettons notre expertise au
service de la sécurité routière ’’
David FOFANA : Président Directeur
général de Mayelia Automotive
‘‘ Nous mettons à disposition toute l’expertise
locale, régionale et internationale du
groupe Société Générale afin de contribuer
durablement au développement de
l’économie togolaise. ’’
Jocelyne N’GUESSAN
Directrice générale de Société Générale Togo
WWW.SIKAFINANCE.COM
5
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
6
« Nous avons l’ambition de faire de la BOAD
une institution de référence pour un impact
durable sur l’intégration et la transformation de
l’Afrique de l’Ouest »
SergeEKUE
PrésidentdelaBOAD
LA GRANDE INTERVIEW
Ces trois prochaines années ne seront pas de tout repos pour Serge EKUE. Le président de la BOAD, la banque de
développement des pays de l’UEMOA, porte un ambitieux projet, le plan quinquennal ‘’Djoliba’’, qui vise à investir plus de
3 000 milliards FCFA dans la région entre 2021 et 2025. Un volume d’investissement projeté qui représente tout de même
une hausse de 50% comparée au précédent plan quinquennal et qui est à la hauteur de la vision de ce banquier qui a fait
toutes ses classes sur les marchés des pays développés et émergents, et a choisi de revenir se mettre au service du continent
africain.
Expert reconnu des marchés financiers et des marchés de capitaux avec une vingtaine d’années d’expérience, Serge EKUE
a dirigé les activités de marchés de Natixis pour la zone Asie-Pacifique entre 2010 et 2016, avant d’assumer la direction
générale de la banque basée à Hong-Kong jusqu’à mars 2020, date à laquelle il a rejoint l’institution sous régionale.
« La Banque a besoin de décupler sa capacité de financement des économies et augmenter significativement les impacts
des projets financés … », affirme-t-il avec conviction. Et les chantiers sont nombreux, entre augmentation du capital,
financements innovants, etc., qui devront à terme générer près de 250 000 emplois dans la région, booster la production
électrique ou encore doper la production agricole, un domaine qui doit plus que jamais porter « la transformation
économique du continent ».
Rencontre avec un homme engagé qui a entamé la transformation d’une institution dont il veut faire le principal pilier du
développement de la région aux côtés des Etats.
WWW.SIKAFINANCE.COM
7
Banquier dans un important
groupe international, vous avez
pris en main une banque de
développement dans un contexte
totalement différent. Qu’est-ce qui
a pu motiver un tel virage ?
La Banque Ouest Africaine de
Développement est l’une des
institutions les plus prestigieuses
du continent. Elle bénéficie d’une
excellente réputation auprès
de la communauté financière
internationale, et fait partie des
banques les mieux notées par les
agences de notation internationales.
‘’J’ai juste accepté de
relever les challenges
portés par la BOAD et de
contribuer de manière plus
active, au développement
de notre continent, notre
région et nos pays.’’
Son actionnariat est composé des
Etats de l’UEMOA, de la Banque
Centrale des Etats de l’Afrique de
l’Ouest (BCEAO), la France, la Chine,
le Royaume de Belgique, l’Inde,
l’Allemagne, la Banque Africaine de
Développement(BAD),leRoyaumedu
Maroc et elle s’apprête à accueillir de
nouveauxactionnairesinternationaux,
dans les semaines à venir. Elle est un
acteur majeur du financement du
développement et jouit d’une stature
internationale reconnue de tous et
par tous. Je n’ai donc pas opéré de
virage. J’ai juste accepté de relever les
challenges portés par la BOAD et de
contribuer de manière plus active, au
développement de notre continent,
notre région et nos pays.
Mon métier n’a pas changé. Les
contingences liées à son exercice
sont juste différentes et les
missions assignées ont une forte
valeur contributive au bien-être
des populations. Depuis deux ans,
j’éprouve beaucoup de fierté à
diriger cette Institution, à porter
sa voix partout dans le monde, et à
accompagnernosEtatsmembresdans
leur politique de développement. J’ai
par ailleurs, la chance de bénéficier de
l’expertise éprouvée et reconnue de
l’ensemble des équipes de la Banque.
L’une des premières décisions que
vous aviez prises une fois à la tête
de la BOAD, fin août 2020, a été
de solliciter une augmentation du
capital. Pouvez-vous expliquer les
raisons d’un tel choix et, deux ans
après, comment évolue ce dossier ?
A mon arrivée à la tête de la BOAD,
il nous a fallu poser deux regards
francs. D’une part, un regard sur
notre présent, un état des lieux du
développement de notre sous-région
; d’autre part, un regard d’avenir
désirable, un regard stratégique pour
le mandat qui m’est assigné.
‘’ (…) en dépit des
efforts consentis par les
autorités, les besoins de
développement de la
sous-région sont encore
immenses et croissants,
pour lutter contre la
pauvreté endémique,
les inégalités socio-
économiques et faciliter
l’accès des populations, aux
services sociaux de base
…’’
Il ressort ainsi des diagnostics
qu’en dépit des efforts consentis
par les autorités, les besoins de
développement de la sous-région
sont encore immenses et croissants,
pour lutter contre la pauvreté
endémique, les inégalités socio-
économiques et faciliter l’accès des
populations, aux services sociaux de
base (éducation, santé, eau, énergie,
denrées alimentaires, …). Ces défis
ont été exacerbés ces dernières
années, par des chocs (Covid-19,
conflit en Ukraine, etc.) qui pourraient
annihiler, en cas d’inaction, les progrès
accomplis, favorisant la paupérisation
des populations.
« Avec DJOLIBA, nous
avons l’ambition de faire de
la BOAD une institution de
référence pour un impact
durable sur l’intégration
et la transformation de
l’Afrique de l’Ouest. »
Pour répondre véritablement à
ces défis, aux côtés de nos Etats
et du secteur privé, j’ai engagé
l’implémentation d’un nouveau plan
stratégique 2021-2025, dénommé
Plan DJOLIBA, en référence au
nom du majestueux fleuve Niger, si
caractéristique de notre sous-région.
Il est parfaitement en phase avec les
Plans Nationaux de Développement
(PND) des Etats membres et aligné
sur les ODD*. Avec DJOLIBA, nous
avons l’ambition de faire de la BOAD,
une Institution de référence pour
un impact durable sur l’intégration
et la transformation de l’Afrique de
l’Ouest. En clair, la BOAD veut être
une Institution « Cœur de Cible » du
développement en Afrique de l’Ouest.
Pour ce faire, la Banque a besoin de
décupler sa capacité de financement
des économies et augmenter
significativement les impacts des
projets financés, en vue d’améliorer
les conditions de vie des populations,
notamment les jeunes et les femmes
qui constituent les franges les plus
vulnérables. Nous devons donc
accroître les capitaux propres de la
BOAD, afin de pouvoir répondre à ces
ambitions légitimes.
« La BOAD veut être une
institution « Cœur de Cible
» du développement en
Afrique de l’Ouest. »
« La Banque a besoin
de décupler sa capacité
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
8
de financement des
économies et augmenter
significativement les
impacts des projets
financés … »
Selon les experts, l’opération de
renforcement des fonds propres de
la BOAD est une transaction inédite
au monde, tant dans sa structuration
que dans son implémentation. Je me
réjouis de vous informer qu’après
deux années de dur labeur, l’opération
a été couronnée de succès. En effet,
les organes délibérants ont approuvé
un renforcement des fonds propres
de la Banque de 1,5 milliard US$
dont 900 millions US$ en capital
règlementaire (CT1) et 600 millions
US$ en dette hybride.
« Selon les experts,
l’opération de
renforcement des fonds
propres de la BOAD est
une transaction inédite au
monde … »
Il convient de mentionner qu’avec
cette opération, de nouveaux
actionnaires prestigieux feront leur
entrée au capital de la BOAD. La
part des non régionaux, disposant de
meilleures notations internationales,
devrait passer dès lors, de 6% à 20%
du capital, ce qui sera de nature à
ancrer profondément le rating «
investment grade » de la BOAD, voire
l’améliorer.
« Avec l’opération
d’augmentation du capital,
de nouveaux actionnaires
prestigieux feront leur
entrée au tour de table de
la BOAD. »
C’est l’occasion pour moi d’adresser
mes vifs remerciements aux autorités
de l’UEMOA (Etats membres,
BCEAO), aux actionnaires non
régionaux (notamment l’Allemagne,
la Belgique, la France, la BEI, la BAD,
le Royaume du Maroc, la Chine) et
aux administrateurs de la Banque,
pour leur constante sollicitude dans la
réussite de ce projet structurant pour
nos actions futures.
Symbole de votre ambition
d’accroître l’impact de la BOAD
sur l’économie régionale, vous avez
lancé l’ambitieux Plan quinquennal
2021-2025 Djoliba. Un plan de plus
de 3 000 milliards FCFA, en hausse
de 50%, comparé au précédent.
Que contient ce plan et quelles en
sont les ambitions ?
La vision du plan Djoliba est de
faire de la « BOAD, la Banque de
référence, pour un impact durable
sur l’intégration et la transformation
de l’Afrique de l’Ouest ». Cette
vision s’articule autour de trois axes
stratégiques opérationnels et deux
axes transversaux qui sont : primo,
renforcer l’intégration régionale ;
secundo, contribuer à la création de
valeur et d’emplois productifs ; tertio ,
renforcer la résilience au changement
climatique ; quarto, augmenter les
capacités de financement et, quinto,
renforcer les ressources humaines et
les systèmes de gestion.
Nos actions mettent l’accent sur
les cinq domaines que sont : i) les
infrastructures de transport et TIC/
digitalisation,ii)laproductionetl’accès
équitable à l’énergie et aux ressources
naturelles, iii) la production agricole et
la sécurité alimentaire, iv) l’immobilier
et l’habitat, notamment l’habitat social
et v) la santé et l’éducation.
Par ailleurs, le rôle et les besoins de
financement des micros, petites et
moyennes entreprises (MPME) sont
mis en avant, afin de diversifier le tissu
économique et créer des emplois
dans des domaines porteurs, comme
la transformation des matières
premières et l’immobilier social. Une
attention particulière est également
accordée à l’emploi des jeunes et
l’inclusion des femmes, ainsi qu’au rôle
du secteur financier (banques, SFD,
autres établissements financiers),
dans l’appui à ces domaines.
« (…) sur la période 2021-
2025, nous espérons,
entre autres, concourir
à la création de 244 000
emplois, contribuer à
hauteur de 3 710 milliards
FCFA au PIB des Etats… »
A travers le financement des projets
de développement, sur la période
2021-2025, nous espérons, entre
autres, concourir à la création de 244
000 emplois, contribuer à hauteur
de 3 710 milliards FCFA au PIB des
Etats et de 580 milliards FCFA, aux
taxes fiscales, augmenter de 87 700
m3/jour la production moyenne
d’eau potable dans la zone UEMOA
ou encore mettre en place 12 700
km de routes, en vue de faciliter le
déplacement des populations et des
biens.
Dans le secteur agricole, nous
comptons aménager 12 170
hectares de terres, pour permettre la
production de 170 300 tonnes de riz
par an. S’agissant de l’accès à l’énergie,
notre objectif en termes de capacité
supplémentaire est de 380 MW, avec
une part minimale de 39% affectée
aux énergies renouvelables.
« Dans le secteur agricole,
nous comptons aménager
12 170 hectares de
terres, pour permettre
la production de 170 300
tonnes de riz par an. »
Ces défis liés au développement ne
doivent pas nous faire négliger la
préservationdenotreenvironnement.
Ainsi, nous escomptons éviter environ
18 millions de tonnes de CO2.
WWW.SIKAFINANCE.COM
9
REJOIGNEZ-NOUS ET PARTICIPEZ À
LA TRANSFORMATION DE LA RÉGION.
DEVENEZ CRÉATEURS D’AVENIR À LA BOAD.
C A R R I E R E S . B OA D.O R G
PARTICIPEZ AUX GRANDS
CHANTIERS DE DEMAIN
#CRÉATEURSDAVENIR
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
10
Comment comptez-vous mobiliser
ces ressources ?
Le renforcement des fonds propres
à travers l’augmentation du capital
devrait permettre de libérer des
ressources additionnelles, pour le
financement de nouveaux projets.
En outre, cette augmentation de
capital entraînera une amélioration
significative de notre capacité
d’endettement, passant de 235% en
2021 à moins de 200% sur les cinq
prochaines années, pour une norme
de 300% à ne pas dépasser.
Avec cette marge substantielle et
grâce à notre notation internationale
qui pourrait même se voir améliorée
pour autant que notre zone demeure
stable, il est possible pour nous
d’émettre de la dette senior sur les
marchés financiers, à un coût inférieur
aux taux de financement proposés à
la plupart des autres émetteurs de
la zone UEMOA. En la matière, nous
n’excluons aucun format, aucune
devise, aucune structure, seule la
performance nous guidera.
« Il deviendra possible
pour nous d’émettre de
la dette senior sur les
marchés financiers, à un
coût inférieur aux taux
de financement proposés
à la plupart des autres
émetteurs de la zone
UEMOA… »
Sur la période du plan, la Banque
continuera à solliciter des lignes
de financement auprès de ses
partenaires traditionnels. De
nouveaux partenaires seront
aussi démarchés en vue de la
diversification et de la consolidation
des liens de partenariat.
Nous avons également démarré
d’autres chantiers d’optimisation
bilancielle. A cet effet, deux
instruments sont à l’étude, à savoir la
titrisation et l’assurance partielle du
portefeuille de prêts.
« De nouveaux instruments
de financement sont à
l’étude dont la titrisation…»
La titrisation va consister à transférer
une partie de nos prêts, dans un
véhicule dédié. Les économies
en fonds propres, ainsi réalisées,
permettront de financer de nouveaux
actifs au bilan à due concurrence des
fonds propres libérés, renforçant
ainsi la capacité d’intervention de la
Banque.
La souscription à une série de polices
d’assurance permettra de couvrir
le risque de défaut d’une partie du
portefeuille de prêts financés et
d’optimiser la consommation de fonds
propres. Une première opération a
été réalisée avec succès, en décembre
2021, sur un certain nombre de prêts
et une deuxième est en cours, visant à
couvrir tout ou partie du portefeuille
des prêts du guichet marchand.
Après 18 mois de mise en œuvre
de ce plan, quel bilan pouvez-vous
dresser ?
Depuis le démarrage de la mise en
œuvre du Plan Djoliba, environ 675
milliards FCFA de financements ont
été consentis aux Etats membres
de l’Union, soit 20% de la cible
quinquennale.
Dans le cadre du renforcement de
ses capacités de financement, des
avancées majeures ont été observées.
Je pourrais citer trois points.
Il y a l’augmentation de capital,
l’épine dorsale du plan qui a connu un
aboutissement satisfaisant, comme je
l’indiquais.
Il faut aussi noter le renforcement
technique des fonds propres. La
Banque a bénéficié au premier
semestre 2022, d’une mesure
d’optimisation de son bilan visant
la comptabilisation dans ses fonds
propres de 90 milliards FCFA de don,
au titre du mécanisme de bonification
mis en place par le Conseil des
Ministres, en décembre 2015.
Je pourrais égaler citer les mesures
d’optimisation financière. Les projets
de titrisation classique de créances et
d’assurance des prêts ont été amorcés
et connaissent une bonne évolution.
Par ailleurs, au cours de la période, la
Banqueamobilisédesressourcesd’un
montant total de 619 milliards FCFA
pour le financement de ses activités,
soit un taux de réalisation d’environ
41% de l’objectif quinquennal.
Afin de renforcer les ressources
humaines et ainsi assurer une
exécution optimale du Plan DJOLIBA,
la Banque a mené en 2021, un projet
de transformation organisationnelle
et de conduite du changement. Ce
projet permet de doter la Banque
des capacités (organisation, capital
humain, culture) requises pour
accroîtresonefficacitéopérationnelle.
La Banque, à la faveur de cette
transformation organisationnelle,
s’est dotée d’un Département de
l’Innovation et du Développement
Durable. Il permet à la banque
de renforcer sa politique/son
approche RSE et de mieux assister
et accompagner nos Etats, à
adresser les problématiques liées
au Développement Durable et à la
lutte contre les effets du changement
climatique.
A terme, les financements approuvés
au cours des 18 premiers mois,
permettront entre autres, la
création de plus de 100 000
emplois, l’installation de 229 MW de
puissance électrique, l’aménagement
de 3 900 hectares de surfaces
agricoles irriguées, une production
d’eau potable supplémentaire de
24 000 m3/j, la construction et la
réhabilitation de 575 km de routes et
la réduction d’environ 93 400 tonnes
équivalent CO2 de gaz carbonique.
Avec la crise en Ukraine, les
conditions d’emprunt se sont
durcies sur le marché international.
Ce contexte est-il de nature à
WWW.SIKAFINANCE.COM
11
contrarier la mobilisation des
ressources, auprès de bailleurs de
fonds ?
Évidemment, les conditions
financières déterminent la manière
dont les coûts d’emprunt affectent la
disponibilité des fonds. Avec l’inflation
généralisée que nous connaissons
aujourd’hui, en raison entre autres, du
conflit en Ukraine, il était prévisible de
s’attendre à un relèvement des taux
directeurs des banques centrales,
ce qui entraîne un durcissement des
conditions de financement.
En effet, les marchés, par le jeu de
l’offre et de la demande, font croître
davantage les taux d’intérêt à long
terme, rendant ainsi plus onéreuses,
les ressources pour les bailleurs
de fonds. C’est-à-dire que les
investisseurs n’acceptent de souscrire
à des obligations émises par ceux-ci,
qu’à condition d’avoir des rendements
plus élevés.
Le coût de la ressource devenant
ainsi plus important, sa rétrocession
par les bailleurs de fonds devient
naturellement plus chère. Il ne s’agit
donc pas de la difficulté d’accès aux
ressources, mais surtout du coût de
son acquisition. Nous assistons à une
réévaluation de tous les actifs. Ce
phénomène est global et mondial.
Le plan est construit autour de
5 domaines d’intervention dont
l’agriculture. Un secteur crucial
que la crise de la Covid-19 et celle
de l’Ukraine a remis au cœur des
priorités. Quel est le portefeuille
prévu pour le secteur agricole et
quelle est votre approche en la
matière ?
Dans notre zone d’intervention,
l’agriculture occupe une place
importante dans la vie économique
et sociale des Etats membres. Elle
constitue l’activité principale de près
de 60% des actifs de l’union. Depuis
les années 2000, sous le leadership
des autorités de l’union, plusieurs
politiques et instruments (Politique
Agricole de l’Union en 2001, Fonds
Régional de Développement Agricole
en2006,ProgrammeCommunautaire
Décennal de Transformation
de l’Agriculture pour la Sécurité
Alimentaire et Nutritionnelle en
2015, etc.) ont été adoptés, en vue de
contribuer de manière durable, à la
satisfaction des besoins alimentaires
de nos populations.
Ainsi, en 2021, l’agriculture a
contribué entre 11% et 30%, selon les
Etats membres, au PIB de l’UEMOA et
pour 28%, aux exportations totales de
l’union.
Toutefois, ces performances n’ont
pas permis au secteur de faire face
aux importants besoins alimentaires
des populations de la région. En effet,
notre zone reste structurellement un
importateurnetdeproduitscéréaliers,
malgré ses grandes potentialités en
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
12
matière de développement agricole.
C’est dans cette logique que nous
renforcerons ces interventions avec
près de 20% des financements prévus,
contre un historique de 13%.
Nous pensons également qu’au-delà
de la production, il faut encourager
la transformation de ces matières
premièresagricolespourcréerplusde
valeur et diversifier les exportations ;
ce que nous comptons accentuer
comme l’indique l’axe 2 de notre plan :
« contribuer à la création de valeur
et d’emplois productifs, en appui aux
Etats et au secteur privé ».
Par ailleurs, avec l’impact des chocs
récents (Covid-19, crise ukrainienne,
etc.), notre conseil d’administration
vient d’approuver un Programme
d’urgence à impacts rapides d’un
montant de 200 milliards FCFA sur
la période 2022-2024 en faveur de
nos Etats, pour leur permettre de
répondre à l’urgence liée notamment
aux besoins alimentaires en lien avec
la flambée des prix des produits.
En janvier 2021, la BOAD a réussi
la première émission obligataire
à objectifs de développement
durable du continent. Une
opération primée à l’échelle
internationale. Comptez-vous
réitérer ce type d’émission et à
quelle échéance prévoyez-vous le
faire ?
La première émission obligataire à
objectifs de développement durable
du continent était un défi majeur et
nousavonsréussiàlerelever,euégard
au volume levé (750 millions d’euros
pour un carnet de commandes de plus
de4milliardsd’euros)àdesconditions
avantageuses (maturité de 12 ans
au taux de 2,75%). Cette opération
a permis à la BOAD de décrocher le
prix de l’obligation durable de l’année
2021.
Des projets verts ou sociaux ont
déjà été financés sur ces ressources
et d’autres sont en cours de
préparation, afin d’y être imputés.
Nos Etats membres ont besoin
de ressources de cette nature
(notamment concessionnelles) et
nous travaillerons à renouveler ce
type d’opération, si les conditions du
marché sont favorables.
Vous avez passé une bonne partie
de votre carrière professionnelle
sur les marchés des capitaux au
niveau international. Et l’on se
souvient que la BRVM a été l’une
des premières institutions de la
région que vous avez visitée après
votre prise de fonction. La BOAD
compte-t-elle être plus active sur
le marché régional pour contribuer
à son dynamisme ? Avez-vous des
projets dans ce sens ?
La BOAD compte rester active sur
le marché régional des capitaux pour
contribuer à son dynamisme.
Je voudrais rappeler que
conformément à ses Statuts (cf.
article 41 « La Banque peut organiser
ou contribuer à l’organisation d’un
marché financier de l’Union et au
bon fonctionnement de celui-ci. »),
la BOAD joue un rôle important sur
le marché dont elle est un important
émetteur et investisseur en capital et
en dette notamment.
« La Banque contribuera au
verdissement du marché
des capitaux de l’UEMOA
et à la promotion de
l’innovation financière. »
S’agissant de nos perspectives sur le
marché des capitaux domestiques, le
Plan DJOLIBA sera la boussole de nos
actions futures :
En référence à l’axe 3 du plan
(renforcerlarésilienceauchangement
climatique), la Banque contribuera au
verdissement du marché des capitaux
de l’UEMOA, et à la promotion
de l’innovation financière, pour
accroître l’investissement privé en
faveur du climat. Nous entendons
réaliser prochainement, un emprunt
obligataire (all-purpose) sur le
marché. Une émission possible de
green ou ESG Bond, si les conditions
tarifaires sont favorables, pourrait
être considérée comme une émission
benchmark par les investisseurs.
La Banque est en phase avec la
promotion d’un nouvel instrument
financier par le CREPMF, pour les
Etats et le secteur privé sur le MFR,
dénommé obligations vertes, sociales
et durables (OVSD), qui bénéficie d’un
cadre règlementaire ad hoc.
Également, au titre de l’axe 4 du
plan (renforcer les capacités de
financement), la Banque œuvrera à
l’approfondissementdelamobilisation
de ressources domestiques et
au développement de services
financiers innovants, en l’occurrence
l’arrangement de financements, le
Conseil, le derisking et la titrisation
des créances.
En outre, la Banque va poursuivre ses
investissements dans les instruments
de trésorerie et continuera à investir,
en capital (de manière sélective) et en
dette, dans des véhicules stratégiques
cotés ou non à la BRVM (sociétés,
fonds et entreprises).
La crise de la Covid-19 et celle en
Ukraine ont ébranlé les économies
et en particulier, celles des pays
en développement. Ces chocs
ont montré les limites de la forte
croissance continue des économies
africaines, sur la décennie 2010-
2019. Ces crises devraient-elles
amener à un changement de
paradigme dans les politiques de
développement sur le continent ?
Quel rôle peut alors jouer ici une
banque de développement ?
Il est vrai que ces différentes crises
aux conséquences multiples, à la
WWW.SIKAFINANCE.COM
13
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
14
fois sanitaires, environnementales,
économiques et financières, ont révélé
lafragilitédenoséconomies.D’ailleurs,
leurs répercussions continueront de
se faire sentir pendant une longue
période. Il est donc important que les
pays africains puissent se saisir de
cette occasion, pour repenser leur
politique de développement.
« Le continent doit
centrer ses politiques de
développement sur ses
avantages compétitifs. »
Le continent doit centrer ses
politiques de développement sur ses
avantages compétitifs. Voyons cet
exemple illustratif ; l’Afrique recèle
65% des terres arables non cultivées
dans le monde, ainsi que des sources
d’eau douce en abondante quantité.
Paradoxalement,lecontinentcontinue
à dépendre fortement de l’extérieur
pour se nourrir. Les importations
de produits alimentaires pourraient
atteindre 110 milliards de dollars d’ici
à 2025.
Rien que cet exemple me conforte
dans l’idée que la transformation
économique du continent ne peut
se produire qu’avec une révolution
industrielle axée sur l’agriculture,
laquelledoits’appuyersurlesnouvelles
technologies et s’accompagner d’une
main-d’œuvre plus qualifiée.
« (…) la transformation
économique du continent
ne peut se produire qu’avec
une révolution industrielle
axée sur l’agriculture. »
Naturellement,la miseenœuvred’une
tellepolitiquededéveloppementdevra
être accompagnée d’investissements
conséquents, dans les infrastructures,
en particulier de transport et de
communication, indispensables non
seulement pour intégrer les secteurs
industrielsetagricoles,maisaussipour
densifier les échanges et accroître
l’intégration des économies de la sous-
région. Par ailleurs, une attention
particulière doit être accordée à
l’amélioration de la situation sanitaire
des populations, notamment par
la mise en place d’infrastructures
sociales de base, essentielles pour
combattre la pauvreté.
D’après les estimations récentes,
l’Afrique a besoin de 354 milliards
de dollars par an, pour atteindre les
ODD, en raison de la pandémie de
COVID-19 et de la crise en Ukraine,
alors que les États africains disposent
d’une marge de manœuvre budgétaire
limitée. C’est à ce niveau que les
banques de développement ont tout
particulièrement un rôle important à
jouer.
La BOAD pour sa part est en train de
se donner les moyens d’accompagner
convenablement les politiques de
développement de ses Etats membres,
notamment par un renforcement de
ses fonds propres.
Commentvoyez-vouslaBOADdans
les 10 ou 15 prochaines années ?
Nous allons commémorer les 50 ans
de l’institution en 2023. C’est l’âge de
la pleine maturité et nous comptons
consolider les acquis.
Il est clair que les actions engagées
depuis ma nomination en qualité de
Président, de même que celles en
perspective, seront déterminantes
pour l’avenir de la BOAD. Ainsi,
dans les 10 à 15 prochaines années,
nous ambitionnons de contribuer à
satisfaire une part importante des
besoins de financement des Etats
membres de l’UEMOA et soutenir
leurs objectifs d’émergence. C’est
dire avoir activement participé à la
transformation de l’Afrique de l’Ouest,
comme visé par le Plan Djoliba.
« J’ai la vision d’un groupe
bancaire financièrement
solide et performant, avec
une crédibilité et une
visibilité renforcées auprès
des investisseurs. »
A cet horizon, j’ai la vision d’un groupe
bancaire financièrement solide et
performant, avec une crédibilité et
une visibilité renforcées auprès des
investisseurs.
Si le secteur souverain est toujours
central, nous travaillerons au
développement d’une Banque
moderne qui s’inscrit dans son
temps avec de nouveaux métiers, de
nouvelles spécialisations et une agilité
financière permettant notamment
de mieux adresser le secteur privé.
Enfin, la croissance durable continuera
d’être notre boussole.
* Les ODD, les Objectifs du
Développement Durable des
Nations Unies, construits autour de
17 objectifs, visent globalement à
éradiquer la pauvreté sous toutes ses
formes et dans tous les pays, protéger
la planète et garantir la prospérité
pour tous.
Jean-Mermoz KONANDI
WWW.SIKAFINANCE.COM
15
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
16
Dette publique africaine :
la double peine induite par la crise ukrainienne.
Face à la rareté des ressources publiques, le recours à
l’endettement des Etats africains était devenu nécessaire
aux financements de nombreux projets de développement
sur le continent, mais la gestion de cette dette constitue
aujourd’hui un goulot d’étranglement pour plusieurs
économies de la région.
D
efait,aprèslesannulationsdedettessouveraines
intervenues au début des années 2000 dans
le cadre de l’initiative « Pays Pauvres Très
Endettés » (PPTE), le stock de dette extérieure
des pays d’Afrique subsaharienne a de nouveau fortement
augmenté pour atteindre 395 milliards de dollars fin 2019,
soit le triple de son niveau de 2006 où il avait touché son
plus bas consécutivement aux annulations.
Le PIB de la région ayant progressé moins rapidement
par rapport à l’encours de la dette sur la période (2006-
2019), le ratio d’endettement (dette/PIB) de l’Afrique
subsaharienne a en conséquence augmenté, passant de
33,5% en moyenne entre 2010 et 2017 à 50,4% en 2019
puis 57,3% fin 2020. Il a même atteint des niveaux très
élevés dans certains pays comme le Soudan (259,4%),
l’Érythrée (182%), le Cap-Vert (155,6%), la Libye (155%),
le Mozambique (122%) et la RDC (101,68%).
Dans le détail, l’encours de la dette extérieure par type
de créanciers a fortement progressé entre 2006-2019,
en particulier pour les créanciers multilatéraux (+179%),
les créanciers bilatéraux (+123%) et les créanciers privés
(+470%).
À LA UNE
Répartition du niveau de dette publique extérieure
(400,6 milliards de dollars) des pays d’Afrique
subsaharienne en 2019
Répartition du niveau de dette publique extérieure
(155,5 milliards de dollars) des pays d’Afrique
subsaharienne en 2009
Source : Banque mondiale
Dette obligatoire
Autres créanciers privés
latéraux
Créanciers multi
15%
12%
35%
38%
34
9%
26%
31%
L’augmentation du recours aux marchés financiers
(dette obligataire) entraîne des risques importants de
refinancement et de change, ce qui réduit la soutenabilité
de la dette publique des pays africains.
Ce niveau d’endettement complique sérieusement les
perspectives de développement économique des pays
africains, en raison du service de la dette publique qui a
plus que triplé entre 2010 et 2019, reflétant à la fois la
hausse de l’endettement et des taux d’intérêt plus élevés
servis aux créanciers privés. A titre d’illustration, le ratio
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17
25 ans au service des investisseurs
du Marché Financier Régional
- Conseil financier : privatisation, cession
d’entreprise, fusion & acquisition, evaluation
financière, restructuration financière
- Financement structuré : financement de
projets, syndication de crédits, titrisation
- Marché des capitaux : introduction en bourse,
structuration et placements de titres
(actions, obligations, titres de créances etc.)
- Activités boursières : négociation boursière,
gestion de portefeuilles titres, tenue de
compte et conservation de titres
- Services financiers aux émetteurs :
registraire, service aux assemblées
* 1ere SGI selon la valeur des transactions au 31 décembre 2021
2eme teneur de compte selon la valorisation des portefeuilles
au 31 décembre 2021
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MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
18
‘’L’augmentation du recours aux marchés
financiers peut cependant aussi entraîner
des risques importants de refinancement
et de change, venant réduire la
soutenabilité de la dette publique.’’
La pandémie de la Covid-19 dont les effets négatifs
étaient très marqués sur toute l’année 2020 a intensifié
et exacerbé la situation fragile de la dette africaine. Ses
effets négatifs se sont transmis aux finances publiques des
Etats par différents canaux, dont notamment la réduction
du PIB via le choc direct sur l’offre et l’affaiblissement de
la demande globale qui comprime les recettes, la chute
des prix des matières premières, la baisse des transferts
internationaux et l’impossibilité d’accéder aux marchés de
capitaux internationaux.
On note également l’accroissement des pressions
budgétaires survenu dans un contexte où les marges de
manœuvre des finances publiques étaient déjà très faibles,
voire inexistantes. Ainsi, en juin 2021, 6 pays africains
étaient en situation de surendettement et 15 en risque
élevé de surendettement.
Cette situation a suscité une solidarité internationale en
matière de coopération multilatérale, débouchant sur la
mise en place de l’Initiative de Suspension du Service de la
Dette (ISSD) par les membres du G20 et du Club de Paris le
15 avril 2020. Celle-ci visant à suspendre et rééchelonner
les échéances de dette bilatérale de l’année 2020 (à
rembourser entre 2022 et 2024). Sur les 35 pays pauvres
éligibles à cette facilité, 25 se trouvaient en Afrique pour
un montant total différé de 830 millions de dollars entre
mai et décembre 2020.
Le conflit russo-ukrainien a accentué les déséquilibres
L’année 2021 a amorcé la reprise des économies africaines
après la parenthèse des heures chaudes de la Covid-19 en
2020, entraînant notamment une réduction des déficits
budgétaires. Cette tendance qui devrait se consolider en
2022 a été contrariée par la guerre en Ukraine qui jette un
voile d’incertitude sur une région dont la résilience est à
nouveau mise à l’épreuve.
En effet, le conflit ukrainien a entraîné une hausse
de l’inflation qui a atteint aujourd’hui des niveaux
sans précédent dans le monde. Cette situation oblige
Part des pays d’Afrique subsaharienne en fonction du niveau du risque de surendettement
Source : FMI, juin 2021
service de la dette sur les recettes publiques a augmenté
jusqu’à 85,5% en 2021. Pis, le FMI prévoit qu’à fin 2026, le
Nigéria pourrait consacrer 139% de ses recettes publiques
au paiement du service de la dette.
En conséquence, le nombre de pays africains présentant
un risque faible de surendettement baisse depuis 2013,
tandis que la part des pays avec un risque élevé ou en
surendettement est en hausse.
WWW.SIKAFINANCE.COM
19
notamment les banques centrales des grandes économies
à durcir leur politique monétaire, relevant leurs taux
directeurs et donc le loyer de l’argent.
Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (la banque centrale)
a procédé depuis le début de l’année 2022 à plusieurs
relèvements de son taux directeur ; celui-ci est passé
de la fourchette 0 à 0,25% pour s’établir entre 2,25% et
2,50% depuis le 27 juillet 2022. Cette politique monétaire
restrictive des Etats-Unis a le don de renforcer la vigueur
dudollarquis’estfortementappréciéde9,82%parrapport
à l’euro notamment depuis fin décembre 2021.
Untelcontexte,enplusd’augmenterlescoûtsdesemprunts
internationaux, alourdit le fardeau de la dette des pays
africains, réduisant par ricochet la capacité du continent à
faire face à ses obligations extérieures. On rappelle à cet
effet que la plupart des levées de fonds effectuées par les
pays africains sur les marchés internationaux depuis 2010
étaient majoritairement libellées en dollars.
Répartition des émissions d’eurobonds par année en Afrique subsaharienne depuis 2010
Source : Thomson Reuters (Juillet 2021, hors Afrique du Sud)
‘’Sur les trois premiers trimestres
de 2022, aucun Etat n’est allé sur le
marché international de la dette alors
que les besoins de financement restent
importants.’’
Relevons qu’en 2021, nombre d’Etats africains ont pu
retourner sur le marché des eurobonds pour financer
leurs budgets. Et au regard du contexte actuel, sur les trois
premiers trimestres de 2022, aucun Etat n’est allé sur le
marché international de la dette alors que les besoins
de financement restent importants. C’est le cas de pays
comme la Côte d’Ivoire contrainte, selon Bloomberg, à
démarcher des banques internationales pour négocier un
prêt de 300 millions de dollars, soit près de 198 milliards
FCFA.
Globalement, les pays africains qui se sont fortement
endettéspourjugulerleseffetsnégatifsdelacrisesanitaire,
doivent à présent faire face à des coûts d’emprunts
exorbitants, doublés d’un alourdissement du fardeau de la
dette. Ce qui s’apparente bien à une double peine infligée
aux pays africains.
Dr Ange PONOU,
Economiste
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
20
INTERVIEW
Pas besoin d’être un intime des questions de finance pour
investir et gagner de l’argent à la bourse ! L’astuce : recourir
à une SGO, société de gestion d’OPCVM, entité habilitée,
chargée de gérer et faire fructifier l’épargne de ses clients
via le marché financier.
Peu connues du grand public, les SGO sont pourtant une
bonne alternative pour ‘’faire travailler’’ son argent et
revitaliser son pouvoir d’achat surtout que l’inflation
devient une vraie préoccupation sous nos cieux.
« Il est indéniable aujourd’hui qu’une épargne investie sur
le long terme doit impérativement inclure un portefeuille
boursier et cela est encore plus facile à travers une SGO »,
exhorte Franck DIAGOU, Directeur général de NSIA Asset
Management, une SGO en vue sur le marché régional de
l’UEMOA.
Titulaired’unMBAenFinanceobtenuàlaButlerUniversity
aux Etats-Unis, Franck DIAGOU est aussi actuaire
diplômé des Hautes Etudes en Assurances de l’INP-HB
de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. Avec plus de 20 ans
d’expérience, d’abord aux Etats-Unis et au Canada, il a
intégréen2011legroupeNSIAdontilaprislescommandes
de la SGO dix ans plus tard, en 2021.
Convaincu du potentiel du marché régional qui doit relever
le défi d’intégrer les habitudes des populations, il se livre
dans cette interview à un exercice pédagogique avec
comme illustration les performances financières générées
par les fonds gérés par NSIA Asset Management.
Les SGO restent relativement peu connues alors
qu’elles jouent pourtant un rôle important dans
l’animation du marché. Pouvez-vous nous dire ce qu’est
une SGO ?
Je vous remercie pour cette très bonne question que je me
permettrai d’élargir quelque peu. Je dirais qu’en plus de
notre rôle d’animateur du marché financier, nous jouons
un rôle crucial dans la gestion des épargnes et surplus de
trésorerie de nos clients. En réalité, nous démocratisons la
finance en donnant la possibilité à tout un chacun, financier
ou non, d’investir sur les marchés boursiers et financiers à
travers les produits que nous offrons.
Pour beaucoup, le monde de la bourse est un monde
inaccessible et incompréhensible. Et bien… le rôle des SGO
(Société de Gestion d’OPCVM) est de leur offrir un accès
facile au fort potentiel de rentabilité que la bourse peut
leur offrir.
Franck DIAGOU
Directeur général de NSIA Asset Management
« Nous permettons
aux personnes qui
n’ont pas de notion
financière d’investir
en bourse »
WWW.SIKAFINANCE.COM
21
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MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
22
Une SGO offre à ses clients d’investir en bourse ou sur
le marché financier à travers des fonds qu’elle crée et
gère pour leur compte. Pour faire simple, on peut décrire
un fonds comme un panier dans lequel plusieurs clients,
entreprises ou particuliers sans distinction, déposent leur
argent. La somme totale collectée est ensuite confiée à un
gestionnaire spécialisé, que nous sommes (SGO), pour être
investie selon une stratégie précisée au départ (exemple
investir dans les actions). Le but de la SGO est donc de
générer le maximum de rentabilité possible dans les limites
de la stratégie définie pour le fonds. Nos clients déposent
donc juste leur argent dans ce produit et attendent le
résultat de leur placement. Comme on dit, ils laissent
l’argent travailler pour eux.
Quelles sont vos offres sur le marché et comment y
souscrire ?
NSIA Asset Management commercialise des produits
(fonds) ouverts à tous types de clients sans distinction de
fortune, d’origine, etc... Nous désignons ces fonds sous
l’appellation de fonds grand public. Nous proposons
aussi des fonds que nous créons spécialement pour des
groupes de clients qui le souhaitent (employé de la même
entreprise, employé de sociétés d’un même groupe,
associations, mutuelles, etc…).
« Nous proposons aussi des fonds que
nous créons spécialement pour des
groupes de clients qui le souhaitent … »
Dans tous les cas, nous disposons d’une offre complète
adaptée à tout type de client, jeune ou plus âgé, riche ou
pauvre, particulier, entreprise ou associations, etc... Tous
trouveront chaussures à leurs pieds en souscrivant chez
nous.
Vous savez aussi certainement qu’en finance, comme dans
la vie en général, vos chances de gagner ou de perdre
s’accroissent avec le niveau de risque que vous prenez.
Nous offrons dans cette logique des produits pour des
personnes qui ne souhaitent pas prendre de risques et
d’autres pour des clients qui souhaitent en prendre un peu
ou beaucoup plus.
Nous proposons donc au grand public les fonds
« Obligataire » très peu risqué, « Aurore Sécurité » qui
est adapté à toute personne qui ne désire pas perdre son
capital mais souhaite s’offrir des chances de gagner plus
que les produits d’épargne habituels ou des entreprises qui
souhaitent mieux rentabiliser leur surplus de trésorerie.
Notre fonds « NSIA FONDS DIVERSIFIE » est un peu plus
risqué mais son niveau de risque demeure très modéré
parce qu’il investit une part importante de ses actifs en
obligations. Ce fonds est adapté aux clients qui souhaitent
gagner plus que le précédent fonds tout en acceptant un
risque un peu plus important.
Et pour finir, notre fonds action, « Aurore Opportunités »,
que nous qualifions de risqué, investit principalement en
actions mais il offre l’opportunité de gagner gros. Je dirais
que ce fonds pourrait largement convenir aux jeunes qui
investissent sur le long terme ou aux personnes fortunées
à la recherche d’un surplus de rentabilité.
Comme vous le constatez, nous offrons des produits pour
tout type de client. En plus, nos clients ne sont pas obligés
d’investir tout leur argent dans un seul produit. Ils peuvent
le répartir sur plusieurs produits à leur guise.
Il est très facile de souscrire à nos produits et vous pouvez
le faire à partir de n’importe quel pays. Vous n’aurez qu’à
remplir quelques formulaires et nous fournir les éléments
habituels d’identification. Notre service client est toujours
disposé à vous assister et est disponible par mail à
serviceclient@nsiaasset.com ou par téléphone au +225 27
20 33 08 90.
Il vous faudra ensuite transférer le montant correspondant
à votre souscription sur le compte du ou des fonds désirés.
Pourquoi les épargnants devraient-ils confier à une
SGO comme la vôtre la gestion de leurs économies ?
C’était justement la question que j’attendais et je vous en
remercie. Comme je l’ai mentionné plus tôt, nos produits
offrent des avantages inestimables aux personnes ou
entreprises qui souhaitent s’offrir une chance de mieux
rentabiliser leur argent sans fournir d’effort particulier. Il
faut malheureusement reconnaître qu’ils sont peu connus
aujourd’hui.
Pourcommencer,etjel’aidéjàmentionné,nouspermettons
auxpersonnesquin’ontpasdenotionfinancièred’investiren
bourse;etc’estuneopportunitéànepasrater.Vouslesavez
sans doute, la bourse aujourd’hui permet à de nombreuses
personnes de générer des bénéfices considérables d’année
en année. Il est donc injuste que certaines personnes
soient exclues de cette opportunité majeure simplement
parce qu’elles ne la comprennent pas ou ne disposent pas
de suffisamment de temps pour y investir. Par contre, il
est aussi vrai que l’investissement boursier peut s’avérer
risqué, surtout sur le marché des actions qui offre aussi
le plus grand potentiel de revenus. Et c’est là que nous
intervenons… Nous gérons indirectement les placements
de nos clients sur le marché boursier. Ils n’ont donc pas
WWW.SIKAFINANCE.COM
23
besoin de connaître la bourse. Nous le faisons pour eux. En
prime, ils bénéficient de nos compétences techniques en
la matière, mais également d’un suivi journalier rapproché
de chacun des investissements que nous réalisons pour le
compte de nos fonds.
« (…) nous permettons aux personnes qui
n’ont pas de notion financière d’investir en
bourse ; et c’est une opportunité à ne pas
rater … »
Nos produits sont aussi très flexibles, nous donnons la
possibilitéànosclientsd’épargneràleurguise.Vouspouvez
épargner 1 000 FCFA ou plus sans limite de montant vers
le haut ou vers le bas. Vous épargnez également à votre
rythme, que vous souhaitiez faire un seul versement
l’année, chaque mois, chaque semaine, chaque jour… c’est
vous qui décidez. En plus, votre investissement n’est pas
bloqué… Vous pouvez donc en retirer une partie ou la
totalité à tout moment. Certes, nous ne recommandons pas
de le faire fréquemment mais il est important de savoir que
cette option reste disponible au cas où vous avez un besoin
urgent d’argent.
Nos produits peuvent aussi être nantis pour obtenir un
prêt auprès d’une institution de crédit. Dans ce cas, vous
vous offrez à la fois les chances de bien rentabiliser votre
épargne et de financer vos projets en sollicitant un prêt.
Vous pouvez épargner 1 000 FCFA ou
plus (…) que vous souhaitiez faire un seul
versement l’année, chaque mois, chaque
semaine, chaque jour… c’est vous qui
décidez. En plus, votre investissement
n’est pas bloqué…
Tous nos clients sont aussi mis sur un pied d’égalité. Un
particulier qui investit 5 000 FCFA bénéficiera du même
taux de rentabilité qu’une entreprise qui investit plusieurs
milliards dans le même fonds, le même jour. Nous offrons
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
24
donc les mêmes chances à tous.
Je vais m’arrêter là pour éviter d’en
dire trop. Mais sachez qu’il existe
encore de nombreux avantages que
nos conseillers se feront un plaisir
de vous détailler, qu’il s’agisse du
financement de vos projets ou de la
défiscalisation de nos produits. Il vous
suffira simplement de nous contacter
aux adresses mentionnées plus haut.
En la matière, la hantise est de
voir ses revenus s’effondrer en cas
de baisse du marché. Quels sont
vos garde-fous pour rassurer les
investisseurs ?
Nous offrons des garde-fous à
plusieurs niveaux. Pour faire simple,
un client, qui craint vraiment le risque,
peut simplement investir dans notre
fonds obligataire, peu risqué, mais
qui lui offrira de bonnes chances de
gagner plus que les produits d’épargne
classiques.
Mieux encore, l’une des forces
majeures de nos produits c’est la
flexibilité qu’ils vous offrent. Vous
pouvez donc sortir à tout moment
d’un fonds plus risqué vers un fonds
qui l’est moins et vice versa. Par
exemple, en cas de baisse du marché
des actions, vous pouvez sortir de
notre fonds actions pour souscrire
dans notre fonds obligataire qui est
très peu risqué. Dans tous les cas,
nos conseillers sauront vous orienter
selon la période.
Ilfautaussinoterqu’investirenbourse
est notre métier. Nous structurons
nos fonds de façon à diversifier leurs
placements et ainsi limiter les effets
que pourraient avoir la chute d’une
poignéedetitressurnotreportefeuille.
En plus, nous sélectionnons les titres
que nous incluons dans nos fonds en
fonction de la situation du marché et
des perspectives des entreprises qui
les ont émises. Le marché peut donc
baisser alors que la performance de
nos fonds progresse ou reste stable.
Il va sans dire, cependant, qu’en cas de
baisse de tous les titres sur un marché,
un fonds qui y investit accusera une
perte. Et si c’est le cas, le client peut
rapidement réagir tel que décrit plus
haut.
Pouvez-vous donner une idée des
performances des fonds que vous
gérez ?
Nos fonds grand public enregistrent
de très bonnes performances. Notre
fonds actions a enregistré, au 18
août, une hausse de 21,93% sur les
12 derniers mois. Il a généré une
performance de 23% sur l’année
2021. Depuis le début de l’année, il a
progressé de 11,90%.
Idem pour notre fonds NSIA FONDS
DIVERSIFIE, qui, à cette même
date, a progressé de 11,24% sur les
12 derniers mois. Il a généré une
performance de 13% en 2021 et
affiche au 18 Août une hausse de
+6,23% en 2022.
Pour finir, notre fonds le plus sécurisé,
« Aurore Sécurité » a seulement
débuté en fin d’année 2021 et a
progressé du début de l’année au 18
août de 5,07%.
La BRVM est sur une bonne
dynamique de reprise qui se renforce.
Que conseillerez-vous à ceux qui
hésitent encore à faire le choix du
marché en recourant aux services
d’une SGO ?
Je leur dirais qu’il est indéniable
aujourd’hui qu’une épargne investie
sur le long terme doit impérativement
inclure un portefeuille boursier et cela
est encore plus facile à travers une
SGO. Beaucoup oublient ou ignorent
ce que c’est que l’inflation, mais en
parlent tous les jours. L’argent perd de
la valeur avec le temps. La tomate, par
exemple, coûte plus cher aujourd’hui
qu’il y a 5 ans, etc… Et c’est ce que
mesure le taux d’inflation : le taux
auquel votre argent perd sa valeur.
Alors, si le taux d’inflation actuel est
évalué à 4%, cela signifie que mon
argent a perdu 4% de sa valeur depuis
le début de l’année. Donc lorsqu’une
personne place son épargne dans un
produit qui lui rapporte moins que ce
taux, son épargne perd de la valeur
avec le temps et l’inverse est aussi
vrai. C’est aussi simple que cela ! A
quoi sert-il d’épargner pour que notre
argent valle moins ?
« Lorsqu’une personne
place son épargne dans
un produit qui lui rapporte
moins que l’inflation, son
épargne perd de la valeur
avec le temps et l’inverse
est aussi vrai (…). A quoi
sert-il d’épargner pour
que notre argent vaille
moins ? »
En règle générale, épargner n’est pas
une chose facile, il est donc important
que les personnes qui souffrent pour
épargner puisse le faire dans des
produits qui leur offrent au moins
une rentabilité égale à l’inflation pour
éviter de perdre en pouvoir d’achat. Et
comme vous avez pu le constater plus
haut, nos produits vous offrent cette
opportunité.
Je finirai par dire que nous sommes les
seuls responsables de notre bien-être
financier. Il est important pour chacun
desavoirprendrelesbonnesdécisions
pour ne pas le regretter plus tard. Et
parmi ces bonnes décisions figure
l’investissement en bourse. Si vous
êtes prêts à prendre la bonne décision,
il vous suffit de nous contacter et nous
ferons le reste…
Jean-Mermoz KONANDI
WWW.SIKAFINANCE.COM
25
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
26
Les deux chocs pétroliers des années soixante-dix ont
largement ouvert la porte à la première grande crise
économique dans de nombreux pays africains. 50 ans
après, même si le contexte diffère, les fortes hausses du
prix du brut font contraignent fortement des économies
africaines dont plus des 4/5ème sont des importateurs.
À
l’aube du jeudi 24 février 2022, le président
russe Vladimir Poutine a annoncé le début d’une
opération militaire dans la région du Donbass,
dans l’est de l’Ukraine. Cette déclaration a eu
pour conséquence de précipiter le cours du pétrole au-delà
des 100 dollars US le baril, son plus haut niveau depuis
2014. Huit ans après que le prix de l’or noir ait navigué au-
dessus des 100 USD, l’Afrique doit à nouveau faire face à
une équation périlleuse pour la plupart de ses Etats.
Dans ce contexte marqué par de fortes tensions inflation-
nistes et un creusement du déficit budgétaire, nous dres-
serons les gagnants et perdants de ce nouveau choc sur les
économies du continent.
LA RENTE PÉTROLIÈRE FAIT DES HEUREUX
GAGNANTS
Pour la grande majorité des pays du continent, la guerre
en Ukraine intervient à un moment extrêmement diffi-
cile, alors que la pandémie de la Covid-19 entre dans sa
troisième année avec des finances publiques déjà mises
à l’épreuve et qui limitent les marges de manœuvres des
gouvernements. Dans ce contexte, la hausse des cours du
pétrole devrait générer des recettes exceptionnelles pour
les 8 grands pays exportateurs de la région.
A ce sujet, dans son dernier rapport sur les perspectives
économiques mondiales publié en juillet 2022, le FMI an-
ticipe que les pays africains riches en ressources naturelles
et plus particulièrement exportateurs d’or noir devraient
enregistrer un fort rebond après avoir été contraints à une
récession l’année dernière du fait de la crise sanitaire.
Hausse des cours du pétrole, inflation :
L’envers du décor de la guerre en Ukraine en Afrique
À LA UNE
Les produits les plus
exportés par les
pays africains
Premier produit exporté en valeur pour
chaque pays
d'Afrique en 2020
*autres minerais : aluminium, titane, sel.
**dont cacao, café, thé, noix, épices, coton, tabac, huiles essentielles.
Source : Observatoire de la complexité économique (OEC)
Métaux & minéraux
Or
Cuivre, fer ou autres minerais *
Diamants
Hydrocarbures
Pétrole
Gaz
Agriculture, forêt & pêche
Produits agricoles **
Bois
Poisson
Industrie
Voitures
Bateaux
Câbles électriques
Turbines
WWW.SIKAFINANCE.COM
27
Top 10 des pays devant enregistrer les plus forts rebonds de la croissance en 2022 (en %) – Source FMI
Ainsi, la Guinée équatoriale dont 80% des recettes fiscales
proviennent des revenus pétroliers, devrait enregistrer le
plus fort rebond du continent avec une croissance qui de-
vrait avoisiner 6% contre -3% en 2021.
Il en est de même pour l’Angola, troisième producteur pé-
trolier du continent dont la modeste croissance du PIB
enregistrée en 2021 devrait être stimulée par la forte aug-
mentation du prix du pétrole. Ainsi, le redressement du
prix du pétrole brut, d’environ 55 USD le baril en janvier
2021 à plus de 120 USD en juin 2022, devrait renforcer
les recettes et améliorer les perspectives de croissance à
moyen terme. En 2022, le pays devrait ainsi voir son PIB
croître de 2,9%, tandis que le taux d’endettement (ratio
dette/PIB) devrait baisser à 78,9% contre 135% en 2020.
DES BUDGETS QUI SE CREUSENT
Si les pays africains producteurs se réjouissent de la hausse
des cours, les pays non pétroliers quant à eux devront faire
face à une forte dégradation de leur trésorerie. La hausse
des cours du pétrole devrait en effet compliquer un exer-
cice d’équilibre budgétaire déjà délicat, avec à l’exigence
d’assurer, au minimum, les dépenses de fonctionnement et
faire face à la dette qui s’alourdit avec la hausse du dollar.
La moitié des pays du continent présentent déjà un risque
élevé de surendettement (une dizaine de pays africains
ont une dette correspondant à plus de 80% de leur PIB).
La hausse des cours du pétrole représente un coût bud-
gétaire direct pour les pays à travers les subventions aux
carburants.
En Côte d’ivoire par exemple, ce sont 500 milliards FCFA
de subvention que le gouvernement a injecté pour conte-
nir l’augmentation du coût du carburant sur le premier se-
mestre. Au Cameroun, cette subvention a coûté 317 mil-
liards de FCFA au Trésor public sur la même période.
Les tensions sur les dépenses ne feront que s’accentuer à
mesure que la croissance s’essoufflera. Parallèlement, sur
fond de hausse des taux d’intérêt dans les pays avancés, les
financements pourraient devenir plus onéreux et plus diffi-
ciles à obtenir pour certains pays.
INFLATION : UNE ÉQUATION DIFFICILE À RÉSOUDRE
L’un des principaux défis pour le continent reste bien l'infla-
tion. En effet, la hausse des prix des matières énergétiques
et alimentaires, combinée aux politiques accommodantes
des banques centrales a nourri l’inflation mondiale. Le
continent africain, importateur net de pétrole, devrait ainsi
enregistrer une inflation de 12,2% en 2022 soit la plus im-
portante depuis 2008. Au Ghana, face à l'inflation frôlant
désormais les 30 % et un important endettement, le pays
s’est récemment résigné à solliciter l'aide du FMI.
Rang
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
Pays
Guinée Equatoriale
Niger
Tchad
République de Centrafrique
République duCongo
Angola
Mauritius
Namibie
Gabon
Érythrée
2022
6,13
6,94
3,32
3,54
2,40
3,00
6,15
2,78
2,74
4,66
Écart
9,66
5,59
4,44
2,56
2,56
2,35
2,25
1,88
1,82
1,76
Source : BCEAO
2021
- 3,53
1,35
- 1,12
0,98
- 1,16
O,65
3,90
0,90
0,92
2,90
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
28
Classement des 10 pays africains avec l’inflation la plus élevée
Ces niveaux d'inflation très élevés ont obligé les banques
centrales à relever leurs taux directeurs, une politique
monétaire qui vise à réduire l’inflation mais qui pourrait
mettre à mal la croissance des entreprises et par ricochet
celui des Etats.
Pour conclure ce chapitre, il apparait indéniable que la
hausse du pétrole devrait réjouir les principaux pays afri-
cains producteurs mais à contrario aggraver les déséqui-
libres macroéconomiques des pays non pétroliers et faire
craindre des risques sociaux.
Ahmed DIALLO
Responsable de la Recherche
En effet, avec la crise de la covid-19
et la flambée des prix des matières
premières, l’économie ghanéenne fait
face à de nombreux défis tant budgé-
taires que monétaires. En deux ans, le
stock de la dette publique ghanéenne
a augmenté de 17 points de PIB (de
62,9% du PIB fin 2019 à 80,1% fin
2021). Le pays a également connu en
2020 un déficit record de 15,2% du
PIB sous l’effet combiné d’une baisse
historique des recettes et d’une
hausse des dépenses dans le contexte
de la crise à covid-19.
Il est à noter que l’inflation galopante
dans le pays ainsi qu’une dette pu-
blique en plein expansion ont incité
les principales agences de notation
à s’accorder sur la dégradation de la
note souveraine du pays, qui n’a ja-
mais été aussi basse. Début février,
Moody’s a ainsi dégradé la note du
Ghana de B3 à Caa1, puis à Caa2 fin
septembre. Début août 2022, c’était
au tour de Fitch de rabaisser la note
du pays à CCC contre B- en mi-janvier
2022 et S&P quant à elle a annoncé
une note de CCC+ avec des pers-
pectives négatives, soit un niveau de
risque plus élevé que le Burkina Faso
après le putsch.
Pays
Zimbabwe
Soudan
Ethiopie
Ghana
Sierra-Leone
Malawi
Angola
Rwanda
Nigeria
Burkina Faso
Dernier
257
149
33,5
31,7
28
23,5
22,96
19,6
18,6
17,8
Référence
2022-07
2022-06
2022-07
2022-07
2022-06
2022-06
2022-06
2022-07
2022-06
2022-06
Précédent
192
192
34
29,8
24,9
19;1
24,42
16,1
17,71
15,3
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MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
30
INTERVIEW
Nouveau venu dans l’écosystème financier ivoirien, la
Caisse des Dépôts et Consignations de Côte d’Ivoire (CDC-
CI), opérationnelle depuis la mi-2019, vient de réaliser
son premier coup d’éclat : sa participation au consortium
public qui a racheté, fin septembre, la BICICI, filiale de BNP
Paribas qui passe désormais sous pavillon de l’Etat ivoirien.
Instrument stratégique de développement en appui aux
politiques publiques, CDC-CI qui a vocation à devenir
l’un des principaux bailleurs de l’économie ivoirienne,
revendique déjà près de 200 milliards FCFA de fonds
investis. Une enveloppe qui devrait rapidement s’accroître
dans le sillage de la mise en place de son nouveau plan
stratégique triennal.
Aux commandes de l’institution depuis son lancement,
Lassina FOFANA, économiste et énarque - il est diplômé
du cycle supérieur de l’Ecole Nationale d’Administration
(ENA) d’Abidjan -, a été jusqu’à sa nomination en mars
2019, directeur général adjoint du trésor public ivoirien.
Il fait dans cette interview un tour d’horizon des missions
confiées à la CDC-CI qui se prépare activement à tenir son
rôle d’investisseur de choix.
Lancée il y a à peine trois ans, en 2019, la CDC-CI vient
de réaliser une très grande opération financière avec
sa participation au rachat des participations de BNP
PARIBAS et PROPARCO dans la BICICI. Pouvez-vous
nous en dire un mot ?
La Caisse des Dépôts et Consignations de Côte d’Ivoire
(CDC-CI), dans le cadre d’un consortium avec la BNI, la
CNPS et l’IPS-CGRAE, a participé au rachat des actions
du groupe BNP Paribas et PROPARCO dans le capital de
la BICICI.
La participation de la CDC-CI à cette opération lui permet
de détenir 12% du capital de la BICICI.
« La CDC s’est arrogée 12% du capital de la
BICICI. »
Cette opération rentre bien dans le cadre de nos missions.
En effet, l’article 6 de la loi portant création de la CDC-CI
stipule que « la CDC-CI peut prendre des participations
« Nous sommes un investisseur d’intérêt
général qui intervient notamment en appui
des politiques publiques… »
Lassina FOFANA
Directeur général de la Caisse
des Dépôts et Consignations
de Côte d’Ivoire
WWW.SIKAFINANCE.COM
31
ou créer toute filiale se rattachant directement ou
indirectement à son objet, sa mission ou à sa vocation. »
Cette opération, faut-il le rappeler, s’inscrit dans la vision
de SEM Alassane Ouattara, président de la République de
doter la Côte d’Ivoire d’un pool bancaire public de grande
envergure en vue de financer davantage l’économie.
Il faut donc s’attendre à voir la CDC-CI poursuivre ce
type d’investissement en capital. Plus globalement
quelle est votre stratégie d’investissement ?
Comme sus-indiqué, la prise de participation fait partie
des missions de la CDC-CI. Aussi elle pourra répéter des
opérations similaires si elles s’inscrivent dans la stratégie
globale de l’Etat.
IlestbonderappelerquelaCDC-CI,entantqu’investisseur
d’intérêt général, est une structure qui intervient
notamment en appui des politiques publiques.
Effectivement, nous disposons d’une stratégie
d’investissement récemment élaborée et encadrée
par nos doctrines d’investissement d’intérêt général,
d’investissement financier et du mandataire.
Quels sont les missions et les champs d’intervention de
la CDC-CI ?
Créée en 2018, ses activités ont effectivement démarré en
2019. La CDC-CI est un établissement public à vocation
financière, doté de la personnalité morale et de l’autonomie
financière. Elle est placée sous la tutelle du ministre chargé
des Finances et bénéficie de la garantie de l’Etat.
La CDC-CI a pour missions essentielles d’assurer la
conservation et la gestion sécurisée des fonds publics
et privés qui lui sont confiés et de contribuer au
financement de l’économie de la Côte d’Ivoire. Nos champs
d’intervention sont donc la mobilisation des ressources et
la contribution au financement de l’économie.
« Nos champs d’intervention sont
donc la mobilisation des ressources
et la contribution au financement de
l’économie. »
Youssouf FADIGA, DG de la BNI, Lassina FOFANA, DG de la CDC-CI, Yao KOUASSI, DG BICICI, Jean LEMIERRE, PCA de BNP Paribas, Charles Denis
KOUASSI, DG CNPS et Abdrahamane BERTE, DG CGRAE, lors de la finalisation du rachat de la BICICI le 29 septembre à Paris.
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
32
En ce qui concerne la mobilisation des ressources, la CDC-
CI assure la mobilisation et la gestion sécurisée des fonds
tels que ceux des Institutions de Prévoyance Sociale, des
concessionnaires de service public d’électricité, d’eau, de
téléphonie, des professions juridiques et judiciaires, des
cautionnements administratifs et judiciaires, des fonds en
déshérence auprès des compagnies d’assurance, des fonds
issus des comptes inactifs, des comptes dormants, etc.
Relativement à sa mission d’investisseur, elle intervient
en tant qu’investisseur d’intérêt général (infrastructures,
immobilier, soutien aux entreprises…). Elle intervient
également comme investisseur financier sur les marchés
monétaire et financier dans le cadre de la gestion de la
liquidité.
En trois ans, quel bilan pouvez-vous faire de l’action de
la CDC-CI ?
Il convient de préciser que les activités de la CDC-CI ont
commencé effectivement au deuxième semestre 2019
avec trois objectifs spécifiques à savoir mobiliser et gérer
les ressources, investir et renforcer la gouvernance et les
capacités opérationnelles.
EnmoinsdetroisanslaCDC-CIamultipliélespartenariats,
a su se positionner comme un acteur important de
l’écosystème financier national et sous-régional.
S’agissant de la mobilisation des ressources, la CDC-CI a
mobilisé d’importantes ressources auprès des institutions
de prévoyance sociale, des concessionnaires de service
public d’électricité, de téléphonie, des professions
juridiques et judiciaires, etc.
« La CDC-CI a réalisé des investissements
financiers d’un montant de 190 milliards
FCFA sur les marchés financier et
monétaire »
Concernant les investissements, la CDC-CI a réalisé
exclusivement des investissements financiers d’un
montant de 190 milliards F CFA dont 60 milliards FCFA
investis sur le marché financier et 130 milliards sur le
marché monétaire.
Relativement au renforcement des capacités
opérationnelles, la CDC-CI a élaboré des outils de
pilotage stratégiques tels que le dispositif de gestion et de
maîtrise des risques, le modèle prudentiel, les doctrines
d’investissements, le schéma directeur du système
d’information et le plan d’affaires 2021-2025 avec l’appui
de l’AFD, d’Expertise France et de la CDC France.
« En 2021, la CDC-CI a généré 4,18
milliards FCFA de résultat net ».
Ainsi au 31 décembre 2021, après mobilisation de toutes
ces ressources, elle a enregistré un total bilan de plus de
250 milliards FCFA, un résultat net de 4,18 milliards FCFA
et des fonds propres de 8,4 milliards FCFA.
La CDC-CI, on le voit, doit jouer un rôle majeur dans
l’économie ivoirienne. Quelle est votre stratégie pour
réalisercetteambitionetquellessontvosperspectives
de développement ?
Pour le démarrage de ses activités, la CDC-CI s’est dotée
d’un plan stratégique 20-22 dont la mise en œuvre lui a
permis de s’insérer dans l’écosystème financier.
En termes de perspectives de développement, la CDC-CI
est en train de finaliser son plan stratégique 2023-2025
décliné sur trois axes à savoir l’accroissement de nos
capacités de mobilisation de ressources, la réalisation
d’investissement dans les domaines des infrastructures,
de l’immobilier et du soutien aux entreprises et également
des investissements financiers sur les marchés monétaire
et financier. Et le troisième point porte sur le renforcement
du capital humain et le maintien de la gouvernance selon
les meilleures pratiques.
Il est bon d’indiquer que les missions et activités de la
CDC-CI sont complémentaires de celles des autres
acteurs du secteur bancaire et financier avec lesquels elle
entretient d’excellentes relations et entend collaborer en
synergie avec l’écosystème financier pour le financement
de l’économie ivoirienne.
Jean-Mermoz KONANDI
WWW.SIKAFINANCE.COM
33
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
34
Afrique :
Des économies à la fois
faillibles et résilientes
En moins de trois ans, entre 2020 et 2022, les économies africaines, parmi les moins
développées au monde, ont dû faire face successivement à deux chocs majeurs : la crise de la
Covid-19 et la guerre en Ukraine. Des chocs qui ont eu pour effet de remettre en cause près
d’un quart de siècle de croissance régulière et qui rappellent de nouveau la fragilité de ces
économies.
À LA UNE
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35
A
vant la pandémie de la Covid-19, l’économie
africaine se trouvait sur une longue période
de croissance. En Afrique subsaharienne,
cette période est estimée à 25 années avant la
récession de 2020 qui s’est traduite par une contraction
de 1,41% du PIB (Produit intérieur brut), selon la Banque
mondiale.
La crise sanitaire s’est aussi traduite pour les pays d’Afrique
par une détérioration des soldes budgétaires couplée
d’une augmentation du niveau d’endettement. Toutefois,
sous l’effet de la hausse des prix des produits de base qui
a accompagné l’assouplissement des mesures strictes de
confinement, conjuguée à la reprise du commerce mondial,
l’économie africaine a fortement rebondi en 2021 avec un
taux de croissance de 6,9%, selon la Banque Africaine de
Développement (BAD).
Ce rebond a surtout été accompagné par des mesures de
relancebudgétairesetmonétaires.Lemontantdesmesures
de relance budgétaire déployées par les gouvernements
africains s’est élevé depuis janvier 2020 à 2,8% du PIB,
selon le FMI.
Le soutien budgétaire apporté par certains pays africains
aux entreprises et aux ménages a toutefois été très limité,
en raison du niveau insoutenable de la dette publique. C’est
notamment le cas des pays comme l’Angola et la Zambie qui
ont été contraints d’appliquer des mesures d’austérité, là
où une politique budgétaire anticyclique aurait pu amortir
le choc induit par la pandémie.
Au niveau de la politique monétaire, les banques centrales
de la région avaient procédé à un assouplissement des
conditions de financement en abaissant leurs principaux
taux directeurs, à l’effet de relancer la consommation
intérieure et l’investissement.
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
36
Malgré ces importants efforts, les
pays africains n’ont pas réussi à
mettre en place des mesures de
relance budgétaire adéquates pour
permettre une reprise durable,
génératrice d’emplois de meilleure
qualité, en raison de la faiblesse
de la consommation privée et de
la formation brute du capital fixe
(investissement). A titre d’illustration,
le déficit de financement de l’Afrique
subsaharienne a été estimé à 290
milliards de dollars en 2020, selon le
FMI.
Par ailleurs, la hausse de la dette
publique en Afrique à environ 70% du
PIB en 2021, a contribué à fragiliser
l’état des finances publiques, selon la
BAD. De plus, ces pays ont désormais
un accès limité aux marchés
internationaux de capitaux pour
financer leurs déficits budgétaires.
C’est dans ce contexte qu’est apparu
le conflit en Ukraine qui, en infligeant
le choc de la hausse des prix au reste
du monde, a jeté un voile d’incertitude
sur les perspectives économiques en
Afrique.
Les tensions inflationnistes ont
obligé les banques centrales du
continent à relever leurs principaux
taux directeurs, à l’instar de ceux
des banques centrales des pays
développés. Ce durcissement de la
politique monétaire qui se traduit par
un renchérissement du coût du crédit
à un effet négatif sur la croissance
économique.
STAGFLATION ?
C’est pourquoi dans les rapports
officiels de la Banque mondiale et
du Fonds Monétaire International,
il est de plus en plus question de
stagflation, un néologisme qui reflète
la situation d’une économie dans
laquelle se conjuguent la stagnation
de l’activité, de la production (faible
croissance économique et chômage
élevé) et la hausse des prix (inflation).
Ainsi, la croissance économique en
Afrique devrait ralentir à 4,2% en
2022, selon la dernière édition des
Perspectives économiques en Afrique
de la BAD. Pour sa part, la Banque
mondiale prévoit, à travers la dernière
édition du rapport Africa’s Pulse,
une croissance de 3,6% fin 2022 en
Afrique subsaharienne, en baisse par
rapport aux 4% enregistrés en 2021.
Dans l’UEMOA, par exemple, la
croissance économique devrait
ralentir légèrement à 5,8% en 2022,
contre une réalisation de 6% un an
auparavant. Dans le même temps,
le taux d’inflation devrait ressortir à
6,2% en 2022, contre 3,6% en 2021,
selon la BCEAO.
En somme, même si l’on note une
certaine résilience des économies
africaines dans le contexte actuel,
force est de reconnaître que leurs
perspectives de croissance restent
soumises à de fortes incertitudes,
avec des risques plutôt défavorables.
Les principaux facteurs de risques
qui pèsent sur la croissance sont
en effet liés à la forte vulnérabilité
des finances publiques due au
niveau d’endettement élevé, au
resserrement des conditions
financières internationales en lien
avec l’augmentation des pressions
inflationnistes. A cela s’ajoutent
égalementl’accroissementdesrisques
climatiques et environnementaux et
les problèmes sociopolitiques et de
sécurité.
A défaut d’évoquer une probable
remise en cause de la trajectoire
de croissance en Afrique après la
Covid-19, l’on pourrait indiquer
que l’économie africaine s’essouffle
clairement sous l’effet de nouveaux
chocs exogènes.
Pour stopper cette spirale négative,
des politiques audacieuses visant
à accélérer les transformations
structurelles des économies sont
notamment appelées de tous leurs
vœux, ainsi qu’un règlement définitif
de la question de la dette.
Dr Ange PONOU
		 Economiste
WWW.SIKAFINANCE.COM
37
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
38
INTERVIEW
Société Générale TOGO est dédiée
à la clientèle des entreprises. Quels
services leur apportez-vous ?
Société Générale Togo fait partie du
Groupe Société Générale qui affiche
une volonté forte d’accompagnement
des entreprises africaines. Société
Générale est présent dans une dizaine
de pays sur le continent, ce qui fait de
lui, le seul groupe français et interna-
tional à maintenir cette croissance en
Afrique. Cette ambition de renforcer
sa présence en Afrique s’est révélée
au travers de son plan stratégique «
Transform to Grow » lancé en 2017.
Plan qui met en lumière la volonté
du groupe de contribuer collective-
ment au développement durable de
l’Afrique. Il en a découlé une initiative
dédiée « Grow With Africa » dont les
4 axes principaux sont : accompagner
les financements innovants (Agro &
énergies renouvelables), financer les
projets d’infrastructures, soutenir et
contribuer à l’inclusion financière, et
enfin accompagner les PME, moteur
de croissance de nos économies.
Pour revenir à votre question, Socié-
té Générale au Togo fait partie de nos
implantations les plus récentes avec
un peu plus de 7 années de présence.
Elle a pour cible principale le segment
corporate c’est-à-dire les entreprises
de taille intermédiaires locales, les
multinationales et les institutions.
Capitalisant sur plusieurs expertises
métiers régionale et internationale,
Société Générale Togo offre des ser-
vices de financements en soutien à
l’exploitation et aux investissements,
de structuration et de financement
Jocelyne N’GUESSAN
Directrice générale de
Société Générale Togo :
« Nous mettons
à disposition
toute l’expertise
locale, régionale
et internationale
du groupe Société
Générale afin
de contribuer
durablement au
développement de
l’économie togolaise. »
Société Générale Togo enchaîne un septième exercice sur le disputé marché togolais. Dédiée au segment corporate, la
succursale a pu surfer sur l’expertise éprouvée du groupe Société Générale pour consolider sa présence locale. Prochaine
étape de son développement : « ouvrir ses guichets aux PME », nous explique Jocelyne N’GUESSAN, la directrice générale,
dans cet entretien.
Alatêtedel’établissementdepuisjuillet2021,JocelyneN’GUESSANaétéjusteavantsanominationdirectriceadjointede
la clientèle entreprise chez Société Générale Côte d’Ivoire, la plus importante banque de la zone UEMOA. Cette diplômée
en finance de IFG Executive Education (MBA) et de IAE Paris – Sorbonne Business School, entend bien faire de Société
Générale Togo le principal acteur du financement du secteur productif.
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39
VOTRE PARTENAIRE
DE CONFIANCE POUR
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GRANDS DÉFIS
Un réseau International, une expertise
avérée pour vous accompagner dans
le développement de vos projets
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
40
de projets, d’accompagnement sur les
opérations de commerce à l’interna-
tional (Trade finance, Change, Fx) et
des solutions de cash management et
monétique.
Dans un contexte post COVID et en
pleine guerre Russo-Ukrainienne,
comment Société Générale Togo,
seule banque internationale de la
place Togolaise, peut-elle contri-
buer à faciliter les opérations à l’in-
ternational de ses clients ?
Les crises récentes ont mis en
exergue le besoin des entreprises en
financement accru, afin de faire face
aux imprévus et soulager leur tréso-
rerie, mais également une tendance :
la volatilité des cours sur les marchés
financiers. Ce dernier point fait porter
un risque sur les importateurs avec
une évolution défavorable des cours
mondiaux, le dollar s’étant apprécié
de près de 17% depuis 2021.
La gestion du risque est partie pre-
nante de l’activité bancaire d’un
groupe international, cette variable
risque est plus importante en temps
de crise. Le groupe Société Générale
à travers ses filiales et lignes métiers
spécialisées met en avant toute son
expertise pour conseiller et accom-
pagner ses clients en leur proposant
des solutions de financements à court
terme ainsi que des garanties néces-
saires pour la bonne exécution de
leurs opérations à l’international.
« Société Générale Togo
(…) permet aux clients
de bénéficier d’une
profondeur de liquidité
mais également de
couverture du risque
de change à travers le
Forward, change à terme
sec, et l’American Forward,
change à terme flexible. »
Société Générale Togo, avec l’appui
des salles de marchés à Paris & Abi-
djan, permet aux clients de bénéficier
d’une profondeur de liquidité mais
également de couverture du risque de
change à travers le Forward - change
à terme sec et l’American Forward -
change à terme flexible.
« A travers ses produits,
Société Générale Togo
permet à ses clients de se
prémunir de l’appréciation
ou la dépréciation de
devise étrangère (Dollar)
en sécurisant leur paiement
à l’international avec un
cours fixé jusqu’à plusieurs
mois à l’avance. »
Ces produits permettent aux clients
de se prémunir de l’appréciation ou
la dépréciation de devise étrangère
(Dollar) en sécurisant leur paiement
à l’international avec un cours fixé
à l’avance jusqu’à plusieurs mois en
avance.
Quel est le dispositif mis en place
par votre banque pour accompa-
gner la croissance des petites et
moyennes entreprises (PME) ?
A ce jour, Société Générale Togo n’in-
tervient pas sur la cible des PME. Tou-
tefois, au regard de la prépondérance
ces dernières (plus de 80%) dans le
tissu économique togolais, une ré-
flexion a été conduite et des actions
sont en cours, pour une ouverture
très prochaine de nos guichets aux
PME.
« (…) des actions sont en
cours, pour une ouverture
très prochaine de nos
guichets aux PME. »
Il est bon de rappeler que le 4ème
pilier de l’initiative Grow With Africa
est « Accompagner les PME, moteur
de croissance de nos économies ».
Société Générale Togo ne restera
donc pas en marge de cette dyna-
mique et s’inscrira, progressivement,
dans une approche multidimension-
nelle d’accompagnement des PME to-
golaises à l’instar des autres filiales du
groupe en Afrique. Le développement
de l’Afrique passe, indubitablement,
par un soutien fort de nos économies
et de nos entreprises.
Nous sommes déjà au second se-
mestre de cette année 2022. En
termes de priorité, quels sont les
challenges à relever par Société
Générale Togo sur un marché local
très concurrentiel ?
Vous l’avez dit, marché très concur-
rentiel avec la présence de quatorze
banques. Dans un tel environne-
ment, Société Générale Togo compte
capitaliser, essentiellement, sur les
facteurs de différentiations et son
positionnement à l’international mais
également accélérer le processus
d’élargissement de sa cible aux PME.
Enfin, d’autres challenges, inhérents
au renforcement des financements de
projets structurants et en ligne avec
la Feuille de route 2025 Togo, sont à
relever courant ce semestre.
« Société Générale Togo
compte capitaliser,
essentiellement, sur les
facteurs de différentiations
et son positionnement
à l’international mais
également accélérer le
processus d’élargissement
de sa cible aux PME. »
Nous comptons mettre à disposition
toute l’expertise locale, régionale et
internationale du Groupe Société
Générale afin de contribuer durable-
ment au développement de l’Econo-
mie Togolaise.
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41
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
42
Avec une cagnotte bien garnie, les sociétés cotées se sont
montrées particulièrement généreuses, servant de belles
gratifications à leurs actionnaires.
L
a parenthèse de la crise sanitaire de la Covid-19
refermée, la relance des économies amorcée en
2021 a également profité aux sociétés cotées à la
BRVM. Si en 2020 ces dernières avaient enregistré
une enveloppe bénéficiaire en repli, l’exercice 2021 a
tenu toutes ses promesses avec des indicateurs clés de
performance (Chiffre d’affaires, bénéfice) qui se sont bien
orientés. Conséquence : le marché boursier s’est montré
BRVM :
Les sociétés cotées distribuent 153 milliards FCFA
de dividendes de plus en un an
MARCHÉ
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43
LE RÉSULTAT NET FLAMBE DE 57%
Dans la même veine que l’évolution du chiffre d’affaires,
les bénéfices des sociétés, pour leur part, ont cru plus que
proportionnellement. En effet, ces dernières ont dégagé
997,6 milliards FCFA de résultats nets en 2021, ce qui
représente une forte progression de 57% relativement aux
637 milliards FCFA réalisés en 2020.
L’exercice 2021 aura tenu toutes ses promesses. 37 des
sociétés ont généré des bénéfices en progression contre
seulement 27 en 2020. De plus, le nombre de sociétés
ayantréalisédespertesestpasséde5en2020à3en2021.
Il s’agit notamment de Filtisac (-1,28 milliard FCFA), Safca
(-603 millions FCFA, à sa 3e perte d’affilée) et Sucrivoire
(-6,57 milliards FCFA).
Les sociétés qui se sont le mieux illustrées à l’issue de l’année 2021
PALMARES CHIFFRE D’AFFAIRES
Le plus élevé SONATEL : 1 335 milliards FCFA
Plus forte progression (en montant) ETI : +128,8 milliards FCFA
Plus forte progression (en %) PALMCI: +63%
Les entreprises qui ont réalisé les meilleurs résultats bénéficiaires en 2021
PALMARES RESULTAT NET
Le plus élevé SONATEL : 252,46 milliards FCFA
Plus forte progression (en montant) ETI : +147,31 Milliards FCFA
Plus forte progression (en %) PALMCI: +1 106%
plus généreux comme pour récompenser la patience des
investisseurs.
Notons que 4 des 46 sociétés cotées n’avaient pas encore
publié leurs états financiers de 2021 au moment de la
rédaction de cet article, en l’occurrence, Air Liquide CI,
Movis, Sicor et Trituraf qui est en liquidation. De même,
les données financières de Movis, Sicor et Trituraf au
titre de l’année 2020 n’étaient pas encore publiées. Les
évolutions entre 2020 et 2021 sont présentées sur la base
des entreprises ayant publié en 2020 et les 42 dont les
données 2021 sont disponibles. Ce qui sous-entend que
ces chiffres évolueront très certainement mais auront un
impact négligeable sur les chiffres de ce présent article.
LE CHIFFRE D’AFFAIRES ATTEINT LA BARRE DES
6 900 MILLIARDS FCFA
Commençons par la performance commerciale de nos
sociétéscotéesquiaétécouronnéeparunchiffred’affaires
de 6 917,8 milliards FCFA en 2021, en progression de
11,92% en glissement annuel. Dans les détails, cette
avancée notable a été rendue possible grâce à 34 sociétés
dontleschiffresd’affairesontconnudescroissancescontre
8 qui ont vu leurs chiffres d’affaires replier. Précisons
par ailleurs qu’un an plus tôt, ce sont 25 des sociétés qui
avaient généré des revenus en hausse contre 18 autres qui
avaient vu leurs chiffres d’affaires reculer.
Sonatel, la plus grosse capitalisation de la BRVM
revendique non seulement le plus important chiffre
d’affaires, mais également la plus forte progression en
termes absolus, tandis que Palmci affiche le plus important
taux de croissance. Cette envolée de Palmci est due à la
forte demande mondiale en produits agricoles qui a permis
à la plupart des sociétés du secteur agricole de réaliser de
bonnes performances commerciales.
Dans le tableau suivant, nous vous présentons les sociétés
qui se sont le mieux illustrées à l’issue de l’année 2021.
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
44
LA RÉMUNÉRATION DES ACTIONNAIRES DE LA
BRVM BONDIT À 511 MILLIARDS FCFA
Avec une cagnotte bien garnie, les sociétés cotées se sont
montrées particulièrement généreuses, servant de belles
gratifications à leurs actionnaires. En effet, le marché a
enregistré son meilleur score en termes de dividendes sur
ces trois derniers exercices, en droite ligne avec le bénéfice
global généré. Ainsi, la somme des dividendes distribués
est passée de 361,3 milliards FCFA en 2020 à 511,37
milliards FCFA en 2021, soit une augmentation de 153
milliards FCFA représentant une hausse annuelle de 41%.
Rappelons qu’en 2019, ce montant s’établissait à 312,6
milliards FCFA.
Sékou Karamoko
Analyste junior
PALMARES RESULTAT NET
Le plus élevé SONATEL : 155,6 milliards FCFA
Plus forte progression (en montant) ETI : +23 Milliards FCFA
Plus forte progression (en %) PALMCI: +1 106%
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45
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
46
BRVM:
Un premier semestre dopé par les publication des résultats annuels
FIN JUIN 2022
ÉVOLUTION COURS - BRVM COMPOSITE SUR UN AN AU 30/06/2022
VOLUMES ÉCHANGÉS (EN MILLIONS FCFA)
MARCHÉ
Marqué par de fortes volatilités des cours de bourse, d’importants volumes de transactions, des performances
financières records et des rémunérations en dividendes plus conséquentes, le marché actions de la BRVM a été
relativement plus actif au premier semestre 2022. Par ailleurs, celui-ci n’a pas échappé aux effets du contexte
économique général. En effet, la forte hausse de l’inflation dans toute la sous-région a eu un impact plus ou moins
maîtrisé sur notre marché financier.
Alors que certaines sociétés (dont UNIWAX, NESTLE CI et SMB) ont souffert de la hausse des prix de leurs matières
premières, couplée à l’appréciation du taux de change EUR/USD, d’autres (dont PALMCI, SAPH et SOGB), ont
quant à elles, profité de cette conjoncture. Il convient également de noter que quelques sociétés semblent ne pas
véritablement être inquiétées par les effets de la guerre en Ukraine. Cette situation se transcrit dans les résultats
financiers du premier trimestre 2022.
WWW.SIKAFINANCE.COM
47
MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
48
Sur les 37 sociétés ayant publié leur performances financières
sur la période, à fin juin, 25 ont affiché une hausse de leur
résultatnetcontre12quiontaffichéenbaisse.Parconséquent,
le résultat net au premier trimestre des sociétés cotées s’est
établi à 261 milliards FCFA (contre 223 milliards FCFA sur la
même période en 2021), essentiellement porté par les trois
plus grandes sociétés cotées à la bourse que sont SONATEL
(hausse de 14% à 62,7 milliards FCFA), Société Générale
CI (hausse de 26% à 18,6 milliards FCFA) et ETI - groupe
ECOBANK (hausse de 30% à 53,8 milliards FCFA).
Sur la BRVM, l’évolution des cours a été mitigée sur la première
moitié de l’année 2022, au regard d’un équilibre entre les
valeurs en hausse (22) et celles en baisse (21).
ANALYSE DU MARCHÉ ACTIONS
Performances au premier semestre
ANALYSE DU MARCHÉ ACTIONS À LA BRVM - RÉCAP DU PREMIER SEMESTRE 2022
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49
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MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9
50
La hausse des valeurs Société Générale CI (+39,69% à 14
800 FCFA), PALMCI (+80,62% à 12 625 FCFA), NESTLE
CI (+55,92% à 7 180 FCFA) et SONATEL (+3,69% à 14 490
FCFA) a essentiellement tiré le marché à la hausse. En effet,
la progression de leurs capitalisations boursières respectives
(+131 milliards FCFA, +87 milliards FCFA et +57 milliards
FCFA) a largement compensé les plus fortes baisses, en
capitalisation boursière, enregistrées par CFAO Motors (perte
de 56 milliards FCFA), CORIS Bank (-53 milliards FCFA) et
BOLLORE CI (-50 milliards FCFA).
La capitalisation boursière globale du marché a donc progressé
de 2,65% à 6 251 milliards FCFA fin juin 2022, contre 6 090
milliards FCFA au 31 décembre 2021. En glissement annuel,
celle-ci a grimpé de 30% comparé au niveau de 4 817 milliards
FCFA de fin juin 2021.
La confiance des investisseurs a été aussi boostée par les
publications des résultats financiers au terme de l’exercice
2021 (publication dans le courant du 1er semestre 2022)
où la grande majorité des sociétés cotées a vu ses bénéfices
augmenter. A fin juin 2022, ce sont 42 sociétés cotées (sur
45) qui ont publié leurs résultats financiers de l’exercice
2021. Elles ont réalisé des bénéfices annuels globaux 2021
de 998 milliards FCFA contre 639 milliards FCFA l’année
précédente, soit une augmentation de 56%. Seulement trois
sociétés, à savoir SAFCA, SUCRIVOIRE et FILTISAC, ont
affiché des résultats net déficitaires. Par ailleurs, plus de 511
milliards FCFA provenant des fonds propres de 32 sociétés
ont été annoncés en dividende dont 346 milliards FCFA (de 15
sociétés) déjà distribués aux actionnaires à la date du 30 juin
2022.
Mécaniquement, les montants de dividendes, provenant des
fonds propres des sociétés cotées, sont détachés de leurs
capitalisations boursières. Cette situation entraîne alors des
baisses de cours, tirant le marché vers le bas.
N’eût été ces détachements de dividendes, la capitalisation
boursière du marché serait de 6 596 milliards FCFA, soit une
croissance depuis le début de l’année de 8,32% (au lieu de
2,65% en réalité).
Au vu de ce qui précède, il convient d’indiquer que le marché se
consolide et demeure sur une bonne dynamique, en dépit des
baisses récentes enregistrées.
Sur les 45 sociétés cotées, 13 ont réalisé des performances de
ANALYSE DU MARCHÉ ACTIONS - RÉCAP DU PREMIER SEMESTRE 2022
Capitalisations Boursières (Millions FCFA)
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  • 1. Nous avons l’ambition de faire de la BOAD une institution de référence pour un impact durable sur l’intégration et la transformation de l’Afrique de l’ouest SERGE EKUÉ PRÉSIDENT DE LA BANQUE OUEST AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT (BOAD) INFLATION, DETTE, OR NOIR, … L’AFRIQUE FACE À LA SPIRALE DE LA GUERRE EN UKRAINE
  • 2. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 2
  • 3. WWW.SIKAFINANCE.COM 3 A près la crise sanitaire de 2020 où les économies africaines ont été plus ou moins résilientes avec au final la première récession enregistrée par le continent en un quart de siècle, le répit a été court. A peine avons-nous eu une année pour tenter de colmater les brèches laissées par la Covid-19 qu’il a fallu aussitôt réactiver le mode résilience pour espérer faire face aux effets collatéraux de la guerre en Ukraine. Cette fois, l’inflation s’est invitée dans nos assiettes avec fracas ! 12% au Sénégal et 37,2% au Ghana en septembre, 20,5% au Nigéria en août. Dans l’UEMOA, l’inflation était de 8,5% en août, bien loin des niveaux généralement en deçà des 3% d’avant 2020. Cette inflation est en grande partie alimentaire ; autant les produits alimentaires importés ont flambé, autant nos productions agricoles locales ont fait de même, l’Afrique ayant abandonné sa souveraineté alimentaire, laissant à d’autres le labeur d’assurer ‘’son pain quotidien’’. En 2020, selon la CNUCED, plus de 80 % des importations de produits alimentaires consommés en Afrique provenaientdel’extérieurducontinent. Pour un continent qui concentre 60% des terres arables non exploitées de la planète, il est enfin grand temps de fairedel’agriculturevivrièreunsecteur stratégique comme cela est le cas pour le cacao, le coton, ou encore l’arachide. La guerre en Ukraine a également fait resurgir la problématique du financement de nos économies. Entre la hausse du dollar américain et le durcissement des politiques monétaires, il devient plus cher d’emprunter sur le marché international. Et pour les Etats, le fardeau du service de la dette, constituée en bonne partie en dollars, donne des sueurs froides. Les agences internationales de notation n’ont d’ailleurs pas tardé à brandir le carton rouge au Ghana et au Congo … Faillible et résiliente. Il en faut bien plus. L’Afrique ne peut plus continuer à se laisser ballotter à tout va par des crises qui arrivent de manière impromptue et sporadique et qui continuent de balafrer à chaque occasion son économie au point d’anéantir des années d’efforts. Maintenir le rythme et le niveau des investissements dans les secteurs clés, pourvoyeurs d’emplois et de croissance, y compris en temps de chocs, reste donc primordial. Aux côtés des Etats donc, les banques de développement jouent un rôle capital pour nourrir la nécessaire dynamique économique, y compris en période de troubles. Dans la zone UEMOA, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) qui se prépare à célébrer ses 50 ans en 2023, tient le bon bout. Au sortir de la crise de la Covid-19, l’institution commune aux Etats de la région a élaboré un plan quinquennal dont l’ambition est d’investir plus de 3 000 milliards FCFA, soit environ 4,6 milliards d’euros, dans la zone entre 2021 et 2025. Un chiffre qui vient traduire une réelle ambition de jouer un rôle moteur dans ces économies. Expertfinancierderenom,SergeEKUE, le président, explore toutes les voies, allant de l’augmentation du capital, en accueillant de nouveaux membres à son tour de table, au recours au financement durable, en passant par la mise en place de nouveaux instruments de financement. Près de 250 mille emplois devraient être générés via les projets financés sans compter les effets induits pour les Etats. Il nous est apparu judicieux par ces temps d’incertitude de mettre sous la lumière une institution qui symbolise, comme d’autres, une Afrique en marche, qui se construit, en dépit des vents contraires. A la BRVM, après une fin 2021 faste, les fruits ont bien tenu la promesse des fleurs. Les investisseurs ont empoché des dividendes mirobolants et ont vite fait d’oublier la grande frustration de ces dernières années. Et le premier semestre a donné l’espoir d’une consolidation … Pour nos investisseurs, cette neuvième édition fait un tour d’horizon des valeurs cotées pour les aider à se projeter et faire les meilleurs arbitrages.Etretrouveznosarticlessur la thématique de ce numéro, « Inflation, dette, or noir, … : L’Afrique face à la spirale de la guerre en Ukraine » et les interviews de figures de premier plan. Bonne lecture à tous. L’édito Au-delà de la résilience Daniel AGGRÉ Directeur général de SIKA FINANCE
  • 4. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 4 S O M M A I R E 06 30 38 6. 42. 46. 58. 16. 26. 20. 54. 62. 38. LA GRANDE INTERVIEW MARCHÉ MARCHÉ MARCHÉ A LA UNE A LA UNE INTERVIEW INTERVIEW INTERVIEW INTERVIEW Serge Ekué : Président de la Banque Ouest Africaine de Développement BRVM : Les sociétés cotées distribuent 153 milliards FCFA de dividendes de plus en un an BRVM : Un premier semestre dopé par les publications des résultats annuels UMOA : 3 660 milliards FCFA levés sur le marché au 1er semestre 2022 Dette publique africaine : la double peine induite par la crise ukrainienne Hausse des cours du pétrole, inflation : L’envers du décor de la guerre en Ukraine en Afrique 68. FOCUS La transformation de l’hevea en Côte d’Ivoire 73. FICHES VALEURS 34. À LA UNE Afrique : Des économies à la fois faillibles et résilientes 30. INTERVIEW ‘‘ Nous sommes un investisseur d’intérêt général qui intervient notamment en appui des politiques publiques... ’’ Lassina FOFANA : Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations de Côte d’Ivoire PARTNERS ‘‘ Nous permettons aux personnes qui n’ont pas de notion financière d’investir en bourse ’’ Franck DIAGOU : Directeur général de NSIA Asset Management ‘‘ Nous projetons 2,1 milliards de dollars d’investissement en Côte d’Ivoire sur 5 ans ’’ Cheick Oumar OUATTARA : Représentant de la Banque Islamique de Développement ‘‘ Nous mettons notre expertise au service de la sécurité routière ’’ David FOFANA : Président Directeur général de Mayelia Automotive ‘‘ Nous mettons à disposition toute l’expertise locale, régionale et internationale du groupe Société Générale afin de contribuer durablement au développement de l’économie togolaise. ’’ Jocelyne N’GUESSAN Directrice générale de Société Générale Togo
  • 6. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 6 « Nous avons l’ambition de faire de la BOAD une institution de référence pour un impact durable sur l’intégration et la transformation de l’Afrique de l’Ouest » SergeEKUE PrésidentdelaBOAD LA GRANDE INTERVIEW Ces trois prochaines années ne seront pas de tout repos pour Serge EKUE. Le président de la BOAD, la banque de développement des pays de l’UEMOA, porte un ambitieux projet, le plan quinquennal ‘’Djoliba’’, qui vise à investir plus de 3 000 milliards FCFA dans la région entre 2021 et 2025. Un volume d’investissement projeté qui représente tout de même une hausse de 50% comparée au précédent plan quinquennal et qui est à la hauteur de la vision de ce banquier qui a fait toutes ses classes sur les marchés des pays développés et émergents, et a choisi de revenir se mettre au service du continent africain. Expert reconnu des marchés financiers et des marchés de capitaux avec une vingtaine d’années d’expérience, Serge EKUE a dirigé les activités de marchés de Natixis pour la zone Asie-Pacifique entre 2010 et 2016, avant d’assumer la direction générale de la banque basée à Hong-Kong jusqu’à mars 2020, date à laquelle il a rejoint l’institution sous régionale. « La Banque a besoin de décupler sa capacité de financement des économies et augmenter significativement les impacts des projets financés … », affirme-t-il avec conviction. Et les chantiers sont nombreux, entre augmentation du capital, financements innovants, etc., qui devront à terme générer près de 250 000 emplois dans la région, booster la production électrique ou encore doper la production agricole, un domaine qui doit plus que jamais porter « la transformation économique du continent ». Rencontre avec un homme engagé qui a entamé la transformation d’une institution dont il veut faire le principal pilier du développement de la région aux côtés des Etats.
  • 7. WWW.SIKAFINANCE.COM 7 Banquier dans un important groupe international, vous avez pris en main une banque de développement dans un contexte totalement différent. Qu’est-ce qui a pu motiver un tel virage ? La Banque Ouest Africaine de Développement est l’une des institutions les plus prestigieuses du continent. Elle bénéficie d’une excellente réputation auprès de la communauté financière internationale, et fait partie des banques les mieux notées par les agences de notation internationales. ‘’J’ai juste accepté de relever les challenges portés par la BOAD et de contribuer de manière plus active, au développement de notre continent, notre région et nos pays.’’ Son actionnariat est composé des Etats de l’UEMOA, de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la France, la Chine, le Royaume de Belgique, l’Inde, l’Allemagne, la Banque Africaine de Développement(BAD),leRoyaumedu Maroc et elle s’apprête à accueillir de nouveauxactionnairesinternationaux, dans les semaines à venir. Elle est un acteur majeur du financement du développement et jouit d’une stature internationale reconnue de tous et par tous. Je n’ai donc pas opéré de virage. J’ai juste accepté de relever les challenges portés par la BOAD et de contribuer de manière plus active, au développement de notre continent, notre région et nos pays. Mon métier n’a pas changé. Les contingences liées à son exercice sont juste différentes et les missions assignées ont une forte valeur contributive au bien-être des populations. Depuis deux ans, j’éprouve beaucoup de fierté à diriger cette Institution, à porter sa voix partout dans le monde, et à accompagnernosEtatsmembresdans leur politique de développement. J’ai par ailleurs, la chance de bénéficier de l’expertise éprouvée et reconnue de l’ensemble des équipes de la Banque. L’une des premières décisions que vous aviez prises une fois à la tête de la BOAD, fin août 2020, a été de solliciter une augmentation du capital. Pouvez-vous expliquer les raisons d’un tel choix et, deux ans après, comment évolue ce dossier ? A mon arrivée à la tête de la BOAD, il nous a fallu poser deux regards francs. D’une part, un regard sur notre présent, un état des lieux du développement de notre sous-région ; d’autre part, un regard d’avenir désirable, un regard stratégique pour le mandat qui m’est assigné. ‘’ (…) en dépit des efforts consentis par les autorités, les besoins de développement de la sous-région sont encore immenses et croissants, pour lutter contre la pauvreté endémique, les inégalités socio- économiques et faciliter l’accès des populations, aux services sociaux de base …’’ Il ressort ainsi des diagnostics qu’en dépit des efforts consentis par les autorités, les besoins de développement de la sous-région sont encore immenses et croissants, pour lutter contre la pauvreté endémique, les inégalités socio- économiques et faciliter l’accès des populations, aux services sociaux de base (éducation, santé, eau, énergie, denrées alimentaires, …). Ces défis ont été exacerbés ces dernières années, par des chocs (Covid-19, conflit en Ukraine, etc.) qui pourraient annihiler, en cas d’inaction, les progrès accomplis, favorisant la paupérisation des populations. « Avec DJOLIBA, nous avons l’ambition de faire de la BOAD une institution de référence pour un impact durable sur l’intégration et la transformation de l’Afrique de l’Ouest. » Pour répondre véritablement à ces défis, aux côtés de nos Etats et du secteur privé, j’ai engagé l’implémentation d’un nouveau plan stratégique 2021-2025, dénommé Plan DJOLIBA, en référence au nom du majestueux fleuve Niger, si caractéristique de notre sous-région. Il est parfaitement en phase avec les Plans Nationaux de Développement (PND) des Etats membres et aligné sur les ODD*. Avec DJOLIBA, nous avons l’ambition de faire de la BOAD, une Institution de référence pour un impact durable sur l’intégration et la transformation de l’Afrique de l’Ouest. En clair, la BOAD veut être une Institution « Cœur de Cible » du développement en Afrique de l’Ouest. Pour ce faire, la Banque a besoin de décupler sa capacité de financement des économies et augmenter significativement les impacts des projets financés, en vue d’améliorer les conditions de vie des populations, notamment les jeunes et les femmes qui constituent les franges les plus vulnérables. Nous devons donc accroître les capitaux propres de la BOAD, afin de pouvoir répondre à ces ambitions légitimes. « La BOAD veut être une institution « Cœur de Cible » du développement en Afrique de l’Ouest. » « La Banque a besoin de décupler sa capacité
  • 8. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 8 de financement des économies et augmenter significativement les impacts des projets financés … » Selon les experts, l’opération de renforcement des fonds propres de la BOAD est une transaction inédite au monde, tant dans sa structuration que dans son implémentation. Je me réjouis de vous informer qu’après deux années de dur labeur, l’opération a été couronnée de succès. En effet, les organes délibérants ont approuvé un renforcement des fonds propres de la Banque de 1,5 milliard US$ dont 900 millions US$ en capital règlementaire (CT1) et 600 millions US$ en dette hybride. « Selon les experts, l’opération de renforcement des fonds propres de la BOAD est une transaction inédite au monde … » Il convient de mentionner qu’avec cette opération, de nouveaux actionnaires prestigieux feront leur entrée au capital de la BOAD. La part des non régionaux, disposant de meilleures notations internationales, devrait passer dès lors, de 6% à 20% du capital, ce qui sera de nature à ancrer profondément le rating « investment grade » de la BOAD, voire l’améliorer. « Avec l’opération d’augmentation du capital, de nouveaux actionnaires prestigieux feront leur entrée au tour de table de la BOAD. » C’est l’occasion pour moi d’adresser mes vifs remerciements aux autorités de l’UEMOA (Etats membres, BCEAO), aux actionnaires non régionaux (notamment l’Allemagne, la Belgique, la France, la BEI, la BAD, le Royaume du Maroc, la Chine) et aux administrateurs de la Banque, pour leur constante sollicitude dans la réussite de ce projet structurant pour nos actions futures. Symbole de votre ambition d’accroître l’impact de la BOAD sur l’économie régionale, vous avez lancé l’ambitieux Plan quinquennal 2021-2025 Djoliba. Un plan de plus de 3 000 milliards FCFA, en hausse de 50%, comparé au précédent. Que contient ce plan et quelles en sont les ambitions ? La vision du plan Djoliba est de faire de la « BOAD, la Banque de référence, pour un impact durable sur l’intégration et la transformation de l’Afrique de l’Ouest ». Cette vision s’articule autour de trois axes stratégiques opérationnels et deux axes transversaux qui sont : primo, renforcer l’intégration régionale ; secundo, contribuer à la création de valeur et d’emplois productifs ; tertio , renforcer la résilience au changement climatique ; quarto, augmenter les capacités de financement et, quinto, renforcer les ressources humaines et les systèmes de gestion. Nos actions mettent l’accent sur les cinq domaines que sont : i) les infrastructures de transport et TIC/ digitalisation,ii)laproductionetl’accès équitable à l’énergie et aux ressources naturelles, iii) la production agricole et la sécurité alimentaire, iv) l’immobilier et l’habitat, notamment l’habitat social et v) la santé et l’éducation. Par ailleurs, le rôle et les besoins de financement des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) sont mis en avant, afin de diversifier le tissu économique et créer des emplois dans des domaines porteurs, comme la transformation des matières premières et l’immobilier social. Une attention particulière est également accordée à l’emploi des jeunes et l’inclusion des femmes, ainsi qu’au rôle du secteur financier (banques, SFD, autres établissements financiers), dans l’appui à ces domaines. « (…) sur la période 2021- 2025, nous espérons, entre autres, concourir à la création de 244 000 emplois, contribuer à hauteur de 3 710 milliards FCFA au PIB des Etats… » A travers le financement des projets de développement, sur la période 2021-2025, nous espérons, entre autres, concourir à la création de 244 000 emplois, contribuer à hauteur de 3 710 milliards FCFA au PIB des Etats et de 580 milliards FCFA, aux taxes fiscales, augmenter de 87 700 m3/jour la production moyenne d’eau potable dans la zone UEMOA ou encore mettre en place 12 700 km de routes, en vue de faciliter le déplacement des populations et des biens. Dans le secteur agricole, nous comptons aménager 12 170 hectares de terres, pour permettre la production de 170 300 tonnes de riz par an. S’agissant de l’accès à l’énergie, notre objectif en termes de capacité supplémentaire est de 380 MW, avec une part minimale de 39% affectée aux énergies renouvelables. « Dans le secteur agricole, nous comptons aménager 12 170 hectares de terres, pour permettre la production de 170 300 tonnes de riz par an. » Ces défis liés au développement ne doivent pas nous faire négliger la préservationdenotreenvironnement. Ainsi, nous escomptons éviter environ 18 millions de tonnes de CO2.
  • 9. WWW.SIKAFINANCE.COM 9 REJOIGNEZ-NOUS ET PARTICIPEZ À LA TRANSFORMATION DE LA RÉGION. DEVENEZ CRÉATEURS D’AVENIR À LA BOAD. C A R R I E R E S . B OA D.O R G PARTICIPEZ AUX GRANDS CHANTIERS DE DEMAIN #CRÉATEURSDAVENIR
  • 10. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 10 Comment comptez-vous mobiliser ces ressources ? Le renforcement des fonds propres à travers l’augmentation du capital devrait permettre de libérer des ressources additionnelles, pour le financement de nouveaux projets. En outre, cette augmentation de capital entraînera une amélioration significative de notre capacité d’endettement, passant de 235% en 2021 à moins de 200% sur les cinq prochaines années, pour une norme de 300% à ne pas dépasser. Avec cette marge substantielle et grâce à notre notation internationale qui pourrait même se voir améliorée pour autant que notre zone demeure stable, il est possible pour nous d’émettre de la dette senior sur les marchés financiers, à un coût inférieur aux taux de financement proposés à la plupart des autres émetteurs de la zone UEMOA. En la matière, nous n’excluons aucun format, aucune devise, aucune structure, seule la performance nous guidera. « Il deviendra possible pour nous d’émettre de la dette senior sur les marchés financiers, à un coût inférieur aux taux de financement proposés à la plupart des autres émetteurs de la zone UEMOA… » Sur la période du plan, la Banque continuera à solliciter des lignes de financement auprès de ses partenaires traditionnels. De nouveaux partenaires seront aussi démarchés en vue de la diversification et de la consolidation des liens de partenariat. Nous avons également démarré d’autres chantiers d’optimisation bilancielle. A cet effet, deux instruments sont à l’étude, à savoir la titrisation et l’assurance partielle du portefeuille de prêts. « De nouveaux instruments de financement sont à l’étude dont la titrisation…» La titrisation va consister à transférer une partie de nos prêts, dans un véhicule dédié. Les économies en fonds propres, ainsi réalisées, permettront de financer de nouveaux actifs au bilan à due concurrence des fonds propres libérés, renforçant ainsi la capacité d’intervention de la Banque. La souscription à une série de polices d’assurance permettra de couvrir le risque de défaut d’une partie du portefeuille de prêts financés et d’optimiser la consommation de fonds propres. Une première opération a été réalisée avec succès, en décembre 2021, sur un certain nombre de prêts et une deuxième est en cours, visant à couvrir tout ou partie du portefeuille des prêts du guichet marchand. Après 18 mois de mise en œuvre de ce plan, quel bilan pouvez-vous dresser ? Depuis le démarrage de la mise en œuvre du Plan Djoliba, environ 675 milliards FCFA de financements ont été consentis aux Etats membres de l’Union, soit 20% de la cible quinquennale. Dans le cadre du renforcement de ses capacités de financement, des avancées majeures ont été observées. Je pourrais citer trois points. Il y a l’augmentation de capital, l’épine dorsale du plan qui a connu un aboutissement satisfaisant, comme je l’indiquais. Il faut aussi noter le renforcement technique des fonds propres. La Banque a bénéficié au premier semestre 2022, d’une mesure d’optimisation de son bilan visant la comptabilisation dans ses fonds propres de 90 milliards FCFA de don, au titre du mécanisme de bonification mis en place par le Conseil des Ministres, en décembre 2015. Je pourrais égaler citer les mesures d’optimisation financière. Les projets de titrisation classique de créances et d’assurance des prêts ont été amorcés et connaissent une bonne évolution. Par ailleurs, au cours de la période, la Banqueamobilisédesressourcesd’un montant total de 619 milliards FCFA pour le financement de ses activités, soit un taux de réalisation d’environ 41% de l’objectif quinquennal. Afin de renforcer les ressources humaines et ainsi assurer une exécution optimale du Plan DJOLIBA, la Banque a mené en 2021, un projet de transformation organisationnelle et de conduite du changement. Ce projet permet de doter la Banque des capacités (organisation, capital humain, culture) requises pour accroîtresonefficacitéopérationnelle. La Banque, à la faveur de cette transformation organisationnelle, s’est dotée d’un Département de l’Innovation et du Développement Durable. Il permet à la banque de renforcer sa politique/son approche RSE et de mieux assister et accompagner nos Etats, à adresser les problématiques liées au Développement Durable et à la lutte contre les effets du changement climatique. A terme, les financements approuvés au cours des 18 premiers mois, permettront entre autres, la création de plus de 100 000 emplois, l’installation de 229 MW de puissance électrique, l’aménagement de 3 900 hectares de surfaces agricoles irriguées, une production d’eau potable supplémentaire de 24 000 m3/j, la construction et la réhabilitation de 575 km de routes et la réduction d’environ 93 400 tonnes équivalent CO2 de gaz carbonique. Avec la crise en Ukraine, les conditions d’emprunt se sont durcies sur le marché international. Ce contexte est-il de nature à
  • 11. WWW.SIKAFINANCE.COM 11 contrarier la mobilisation des ressources, auprès de bailleurs de fonds ? Évidemment, les conditions financières déterminent la manière dont les coûts d’emprunt affectent la disponibilité des fonds. Avec l’inflation généralisée que nous connaissons aujourd’hui, en raison entre autres, du conflit en Ukraine, il était prévisible de s’attendre à un relèvement des taux directeurs des banques centrales, ce qui entraîne un durcissement des conditions de financement. En effet, les marchés, par le jeu de l’offre et de la demande, font croître davantage les taux d’intérêt à long terme, rendant ainsi plus onéreuses, les ressources pour les bailleurs de fonds. C’est-à-dire que les investisseurs n’acceptent de souscrire à des obligations émises par ceux-ci, qu’à condition d’avoir des rendements plus élevés. Le coût de la ressource devenant ainsi plus important, sa rétrocession par les bailleurs de fonds devient naturellement plus chère. Il ne s’agit donc pas de la difficulté d’accès aux ressources, mais surtout du coût de son acquisition. Nous assistons à une réévaluation de tous les actifs. Ce phénomène est global et mondial. Le plan est construit autour de 5 domaines d’intervention dont l’agriculture. Un secteur crucial que la crise de la Covid-19 et celle de l’Ukraine a remis au cœur des priorités. Quel est le portefeuille prévu pour le secteur agricole et quelle est votre approche en la matière ? Dans notre zone d’intervention, l’agriculture occupe une place importante dans la vie économique et sociale des Etats membres. Elle constitue l’activité principale de près de 60% des actifs de l’union. Depuis les années 2000, sous le leadership des autorités de l’union, plusieurs politiques et instruments (Politique Agricole de l’Union en 2001, Fonds Régional de Développement Agricole en2006,ProgrammeCommunautaire Décennal de Transformation de l’Agriculture pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle en 2015, etc.) ont été adoptés, en vue de contribuer de manière durable, à la satisfaction des besoins alimentaires de nos populations. Ainsi, en 2021, l’agriculture a contribué entre 11% et 30%, selon les Etats membres, au PIB de l’UEMOA et pour 28%, aux exportations totales de l’union. Toutefois, ces performances n’ont pas permis au secteur de faire face aux importants besoins alimentaires des populations de la région. En effet, notre zone reste structurellement un importateurnetdeproduitscéréaliers, malgré ses grandes potentialités en
  • 12. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 12 matière de développement agricole. C’est dans cette logique que nous renforcerons ces interventions avec près de 20% des financements prévus, contre un historique de 13%. Nous pensons également qu’au-delà de la production, il faut encourager la transformation de ces matières premièresagricolespourcréerplusde valeur et diversifier les exportations ; ce que nous comptons accentuer comme l’indique l’axe 2 de notre plan : « contribuer à la création de valeur et d’emplois productifs, en appui aux Etats et au secteur privé ». Par ailleurs, avec l’impact des chocs récents (Covid-19, crise ukrainienne, etc.), notre conseil d’administration vient d’approuver un Programme d’urgence à impacts rapides d’un montant de 200 milliards FCFA sur la période 2022-2024 en faveur de nos Etats, pour leur permettre de répondre à l’urgence liée notamment aux besoins alimentaires en lien avec la flambée des prix des produits. En janvier 2021, la BOAD a réussi la première émission obligataire à objectifs de développement durable du continent. Une opération primée à l’échelle internationale. Comptez-vous réitérer ce type d’émission et à quelle échéance prévoyez-vous le faire ? La première émission obligataire à objectifs de développement durable du continent était un défi majeur et nousavonsréussiàlerelever,euégard au volume levé (750 millions d’euros pour un carnet de commandes de plus de4milliardsd’euros)àdesconditions avantageuses (maturité de 12 ans au taux de 2,75%). Cette opération a permis à la BOAD de décrocher le prix de l’obligation durable de l’année 2021. Des projets verts ou sociaux ont déjà été financés sur ces ressources et d’autres sont en cours de préparation, afin d’y être imputés. Nos Etats membres ont besoin de ressources de cette nature (notamment concessionnelles) et nous travaillerons à renouveler ce type d’opération, si les conditions du marché sont favorables. Vous avez passé une bonne partie de votre carrière professionnelle sur les marchés des capitaux au niveau international. Et l’on se souvient que la BRVM a été l’une des premières institutions de la région que vous avez visitée après votre prise de fonction. La BOAD compte-t-elle être plus active sur le marché régional pour contribuer à son dynamisme ? Avez-vous des projets dans ce sens ? La BOAD compte rester active sur le marché régional des capitaux pour contribuer à son dynamisme. Je voudrais rappeler que conformément à ses Statuts (cf. article 41 « La Banque peut organiser ou contribuer à l’organisation d’un marché financier de l’Union et au bon fonctionnement de celui-ci. »), la BOAD joue un rôle important sur le marché dont elle est un important émetteur et investisseur en capital et en dette notamment. « La Banque contribuera au verdissement du marché des capitaux de l’UEMOA et à la promotion de l’innovation financière. » S’agissant de nos perspectives sur le marché des capitaux domestiques, le Plan DJOLIBA sera la boussole de nos actions futures : En référence à l’axe 3 du plan (renforcerlarésilienceauchangement climatique), la Banque contribuera au verdissement du marché des capitaux de l’UEMOA, et à la promotion de l’innovation financière, pour accroître l’investissement privé en faveur du climat. Nous entendons réaliser prochainement, un emprunt obligataire (all-purpose) sur le marché. Une émission possible de green ou ESG Bond, si les conditions tarifaires sont favorables, pourrait être considérée comme une émission benchmark par les investisseurs. La Banque est en phase avec la promotion d’un nouvel instrument financier par le CREPMF, pour les Etats et le secteur privé sur le MFR, dénommé obligations vertes, sociales et durables (OVSD), qui bénéficie d’un cadre règlementaire ad hoc. Également, au titre de l’axe 4 du plan (renforcer les capacités de financement), la Banque œuvrera à l’approfondissementdelamobilisation de ressources domestiques et au développement de services financiers innovants, en l’occurrence l’arrangement de financements, le Conseil, le derisking et la titrisation des créances. En outre, la Banque va poursuivre ses investissements dans les instruments de trésorerie et continuera à investir, en capital (de manière sélective) et en dette, dans des véhicules stratégiques cotés ou non à la BRVM (sociétés, fonds et entreprises). La crise de la Covid-19 et celle en Ukraine ont ébranlé les économies et en particulier, celles des pays en développement. Ces chocs ont montré les limites de la forte croissance continue des économies africaines, sur la décennie 2010- 2019. Ces crises devraient-elles amener à un changement de paradigme dans les politiques de développement sur le continent ? Quel rôle peut alors jouer ici une banque de développement ? Il est vrai que ces différentes crises aux conséquences multiples, à la
  • 14. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 14 fois sanitaires, environnementales, économiques et financières, ont révélé lafragilitédenoséconomies.D’ailleurs, leurs répercussions continueront de se faire sentir pendant une longue période. Il est donc important que les pays africains puissent se saisir de cette occasion, pour repenser leur politique de développement. « Le continent doit centrer ses politiques de développement sur ses avantages compétitifs. » Le continent doit centrer ses politiques de développement sur ses avantages compétitifs. Voyons cet exemple illustratif ; l’Afrique recèle 65% des terres arables non cultivées dans le monde, ainsi que des sources d’eau douce en abondante quantité. Paradoxalement,lecontinentcontinue à dépendre fortement de l’extérieur pour se nourrir. Les importations de produits alimentaires pourraient atteindre 110 milliards de dollars d’ici à 2025. Rien que cet exemple me conforte dans l’idée que la transformation économique du continent ne peut se produire qu’avec une révolution industrielle axée sur l’agriculture, laquelledoits’appuyersurlesnouvelles technologies et s’accompagner d’une main-d’œuvre plus qualifiée. « (…) la transformation économique du continent ne peut se produire qu’avec une révolution industrielle axée sur l’agriculture. » Naturellement,la miseenœuvred’une tellepolitiquededéveloppementdevra être accompagnée d’investissements conséquents, dans les infrastructures, en particulier de transport et de communication, indispensables non seulement pour intégrer les secteurs industrielsetagricoles,maisaussipour densifier les échanges et accroître l’intégration des économies de la sous- région. Par ailleurs, une attention particulière doit être accordée à l’amélioration de la situation sanitaire des populations, notamment par la mise en place d’infrastructures sociales de base, essentielles pour combattre la pauvreté. D’après les estimations récentes, l’Afrique a besoin de 354 milliards de dollars par an, pour atteindre les ODD, en raison de la pandémie de COVID-19 et de la crise en Ukraine, alors que les États africains disposent d’une marge de manœuvre budgétaire limitée. C’est à ce niveau que les banques de développement ont tout particulièrement un rôle important à jouer. La BOAD pour sa part est en train de se donner les moyens d’accompagner convenablement les politiques de développement de ses Etats membres, notamment par un renforcement de ses fonds propres. Commentvoyez-vouslaBOADdans les 10 ou 15 prochaines années ? Nous allons commémorer les 50 ans de l’institution en 2023. C’est l’âge de la pleine maturité et nous comptons consolider les acquis. Il est clair que les actions engagées depuis ma nomination en qualité de Président, de même que celles en perspective, seront déterminantes pour l’avenir de la BOAD. Ainsi, dans les 10 à 15 prochaines années, nous ambitionnons de contribuer à satisfaire une part importante des besoins de financement des Etats membres de l’UEMOA et soutenir leurs objectifs d’émergence. C’est dire avoir activement participé à la transformation de l’Afrique de l’Ouest, comme visé par le Plan Djoliba. « J’ai la vision d’un groupe bancaire financièrement solide et performant, avec une crédibilité et une visibilité renforcées auprès des investisseurs. » A cet horizon, j’ai la vision d’un groupe bancaire financièrement solide et performant, avec une crédibilité et une visibilité renforcées auprès des investisseurs. Si le secteur souverain est toujours central, nous travaillerons au développement d’une Banque moderne qui s’inscrit dans son temps avec de nouveaux métiers, de nouvelles spécialisations et une agilité financière permettant notamment de mieux adresser le secteur privé. Enfin, la croissance durable continuera d’être notre boussole. * Les ODD, les Objectifs du Développement Durable des Nations Unies, construits autour de 17 objectifs, visent globalement à éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes et dans tous les pays, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous. Jean-Mermoz KONANDI
  • 16. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 16 Dette publique africaine : la double peine induite par la crise ukrainienne. Face à la rareté des ressources publiques, le recours à l’endettement des Etats africains était devenu nécessaire aux financements de nombreux projets de développement sur le continent, mais la gestion de cette dette constitue aujourd’hui un goulot d’étranglement pour plusieurs économies de la région. D efait,aprèslesannulationsdedettessouveraines intervenues au début des années 2000 dans le cadre de l’initiative « Pays Pauvres Très Endettés » (PPTE), le stock de dette extérieure des pays d’Afrique subsaharienne a de nouveau fortement augmenté pour atteindre 395 milliards de dollars fin 2019, soit le triple de son niveau de 2006 où il avait touché son plus bas consécutivement aux annulations. Le PIB de la région ayant progressé moins rapidement par rapport à l’encours de la dette sur la période (2006- 2019), le ratio d’endettement (dette/PIB) de l’Afrique subsaharienne a en conséquence augmenté, passant de 33,5% en moyenne entre 2010 et 2017 à 50,4% en 2019 puis 57,3% fin 2020. Il a même atteint des niveaux très élevés dans certains pays comme le Soudan (259,4%), l’Érythrée (182%), le Cap-Vert (155,6%), la Libye (155%), le Mozambique (122%) et la RDC (101,68%). Dans le détail, l’encours de la dette extérieure par type de créanciers a fortement progressé entre 2006-2019, en particulier pour les créanciers multilatéraux (+179%), les créanciers bilatéraux (+123%) et les créanciers privés (+470%). À LA UNE Répartition du niveau de dette publique extérieure (400,6 milliards de dollars) des pays d’Afrique subsaharienne en 2019 Répartition du niveau de dette publique extérieure (155,5 milliards de dollars) des pays d’Afrique subsaharienne en 2009 Source : Banque mondiale Dette obligatoire Autres créanciers privés latéraux Créanciers multi 15% 12% 35% 38% 34 9% 26% 31% L’augmentation du recours aux marchés financiers (dette obligataire) entraîne des risques importants de refinancement et de change, ce qui réduit la soutenabilité de la dette publique des pays africains. Ce niveau d’endettement complique sérieusement les perspectives de développement économique des pays africains, en raison du service de la dette publique qui a plus que triplé entre 2010 et 2019, reflétant à la fois la hausse de l’endettement et des taux d’intérêt plus élevés servis aux créanciers privés. A titre d’illustration, le ratio
  • 17. WWW.SIKAFINANCE.COM 17 25 ans au service des investisseurs du Marché Financier Régional - Conseil financier : privatisation, cession d’entreprise, fusion & acquisition, evaluation financière, restructuration financière - Financement structuré : financement de projets, syndication de crédits, titrisation - Marché des capitaux : introduction en bourse, structuration et placements de titres (actions, obligations, titres de créances etc.) - Activités boursières : négociation boursière, gestion de portefeuilles titres, tenue de compte et conservation de titres - Services financiers aux émetteurs : registraire, service aux assemblées * 1ere SGI selon la valeur des transactions au 31 décembre 2021 2eme teneur de compte selon la valorisation des portefeuilles au 31 décembre 2021 Bénéficiez d’un accompagnement par nos conseillers : contactez-nous au +225 27 20 21 50 00 ou écrivez-nous à l’adresse eicbourse@ecobank.com EDC Investment Corporation (EIC)*
  • 18. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 18 ‘’L’augmentation du recours aux marchés financiers peut cependant aussi entraîner des risques importants de refinancement et de change, venant réduire la soutenabilité de la dette publique.’’ La pandémie de la Covid-19 dont les effets négatifs étaient très marqués sur toute l’année 2020 a intensifié et exacerbé la situation fragile de la dette africaine. Ses effets négatifs se sont transmis aux finances publiques des Etats par différents canaux, dont notamment la réduction du PIB via le choc direct sur l’offre et l’affaiblissement de la demande globale qui comprime les recettes, la chute des prix des matières premières, la baisse des transferts internationaux et l’impossibilité d’accéder aux marchés de capitaux internationaux. On note également l’accroissement des pressions budgétaires survenu dans un contexte où les marges de manœuvre des finances publiques étaient déjà très faibles, voire inexistantes. Ainsi, en juin 2021, 6 pays africains étaient en situation de surendettement et 15 en risque élevé de surendettement. Cette situation a suscité une solidarité internationale en matière de coopération multilatérale, débouchant sur la mise en place de l’Initiative de Suspension du Service de la Dette (ISSD) par les membres du G20 et du Club de Paris le 15 avril 2020. Celle-ci visant à suspendre et rééchelonner les échéances de dette bilatérale de l’année 2020 (à rembourser entre 2022 et 2024). Sur les 35 pays pauvres éligibles à cette facilité, 25 se trouvaient en Afrique pour un montant total différé de 830 millions de dollars entre mai et décembre 2020. Le conflit russo-ukrainien a accentué les déséquilibres L’année 2021 a amorcé la reprise des économies africaines après la parenthèse des heures chaudes de la Covid-19 en 2020, entraînant notamment une réduction des déficits budgétaires. Cette tendance qui devrait se consolider en 2022 a été contrariée par la guerre en Ukraine qui jette un voile d’incertitude sur une région dont la résilience est à nouveau mise à l’épreuve. En effet, le conflit ukrainien a entraîné une hausse de l’inflation qui a atteint aujourd’hui des niveaux sans précédent dans le monde. Cette situation oblige Part des pays d’Afrique subsaharienne en fonction du niveau du risque de surendettement Source : FMI, juin 2021 service de la dette sur les recettes publiques a augmenté jusqu’à 85,5% en 2021. Pis, le FMI prévoit qu’à fin 2026, le Nigéria pourrait consacrer 139% de ses recettes publiques au paiement du service de la dette. En conséquence, le nombre de pays africains présentant un risque faible de surendettement baisse depuis 2013, tandis que la part des pays avec un risque élevé ou en surendettement est en hausse.
  • 19. WWW.SIKAFINANCE.COM 19 notamment les banques centrales des grandes économies à durcir leur politique monétaire, relevant leurs taux directeurs et donc le loyer de l’argent. Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (la banque centrale) a procédé depuis le début de l’année 2022 à plusieurs relèvements de son taux directeur ; celui-ci est passé de la fourchette 0 à 0,25% pour s’établir entre 2,25% et 2,50% depuis le 27 juillet 2022. Cette politique monétaire restrictive des Etats-Unis a le don de renforcer la vigueur dudollarquis’estfortementappréciéde9,82%parrapport à l’euro notamment depuis fin décembre 2021. Untelcontexte,enplusd’augmenterlescoûtsdesemprunts internationaux, alourdit le fardeau de la dette des pays africains, réduisant par ricochet la capacité du continent à faire face à ses obligations extérieures. On rappelle à cet effet que la plupart des levées de fonds effectuées par les pays africains sur les marchés internationaux depuis 2010 étaient majoritairement libellées en dollars. Répartition des émissions d’eurobonds par année en Afrique subsaharienne depuis 2010 Source : Thomson Reuters (Juillet 2021, hors Afrique du Sud) ‘’Sur les trois premiers trimestres de 2022, aucun Etat n’est allé sur le marché international de la dette alors que les besoins de financement restent importants.’’ Relevons qu’en 2021, nombre d’Etats africains ont pu retourner sur le marché des eurobonds pour financer leurs budgets. Et au regard du contexte actuel, sur les trois premiers trimestres de 2022, aucun Etat n’est allé sur le marché international de la dette alors que les besoins de financement restent importants. C’est le cas de pays comme la Côte d’Ivoire contrainte, selon Bloomberg, à démarcher des banques internationales pour négocier un prêt de 300 millions de dollars, soit près de 198 milliards FCFA. Globalement, les pays africains qui se sont fortement endettéspourjugulerleseffetsnégatifsdelacrisesanitaire, doivent à présent faire face à des coûts d’emprunts exorbitants, doublés d’un alourdissement du fardeau de la dette. Ce qui s’apparente bien à une double peine infligée aux pays africains. Dr Ange PONOU, Economiste
  • 20. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 20 INTERVIEW Pas besoin d’être un intime des questions de finance pour investir et gagner de l’argent à la bourse ! L’astuce : recourir à une SGO, société de gestion d’OPCVM, entité habilitée, chargée de gérer et faire fructifier l’épargne de ses clients via le marché financier. Peu connues du grand public, les SGO sont pourtant une bonne alternative pour ‘’faire travailler’’ son argent et revitaliser son pouvoir d’achat surtout que l’inflation devient une vraie préoccupation sous nos cieux. « Il est indéniable aujourd’hui qu’une épargne investie sur le long terme doit impérativement inclure un portefeuille boursier et cela est encore plus facile à travers une SGO », exhorte Franck DIAGOU, Directeur général de NSIA Asset Management, une SGO en vue sur le marché régional de l’UEMOA. Titulaired’unMBAenFinanceobtenuàlaButlerUniversity aux Etats-Unis, Franck DIAGOU est aussi actuaire diplômé des Hautes Etudes en Assurances de l’INP-HB de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. Avec plus de 20 ans d’expérience, d’abord aux Etats-Unis et au Canada, il a intégréen2011legroupeNSIAdontilaprislescommandes de la SGO dix ans plus tard, en 2021. Convaincu du potentiel du marché régional qui doit relever le défi d’intégrer les habitudes des populations, il se livre dans cette interview à un exercice pédagogique avec comme illustration les performances financières générées par les fonds gérés par NSIA Asset Management. Les SGO restent relativement peu connues alors qu’elles jouent pourtant un rôle important dans l’animation du marché. Pouvez-vous nous dire ce qu’est une SGO ? Je vous remercie pour cette très bonne question que je me permettrai d’élargir quelque peu. Je dirais qu’en plus de notre rôle d’animateur du marché financier, nous jouons un rôle crucial dans la gestion des épargnes et surplus de trésorerie de nos clients. En réalité, nous démocratisons la finance en donnant la possibilité à tout un chacun, financier ou non, d’investir sur les marchés boursiers et financiers à travers les produits que nous offrons. Pour beaucoup, le monde de la bourse est un monde inaccessible et incompréhensible. Et bien… le rôle des SGO (Société de Gestion d’OPCVM) est de leur offrir un accès facile au fort potentiel de rentabilité que la bourse peut leur offrir. Franck DIAGOU Directeur général de NSIA Asset Management « Nous permettons aux personnes qui n’ont pas de notion financière d’investir en bourse »
  • 21. WWW.SIKAFINANCE.COM 21 FCP AURORE OPPORTUNITÉS Rentabilisez vos placements avec le FCP Aurore Opportunités ! ** * FCP : Fonds Commun de Placement * La rentabilité provient de la diversité des titres les plus performants du marché placé dans le fonds le vrai visage de la Banque. Tour NSIA Banque, 15ème étage - Plateau, 8-10 avenue Joseph Anoma Mail : nsiaam@nsiaasset.com | Suivez-nous également sur V-88/CSP/D/22
  • 22. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 22 Une SGO offre à ses clients d’investir en bourse ou sur le marché financier à travers des fonds qu’elle crée et gère pour leur compte. Pour faire simple, on peut décrire un fonds comme un panier dans lequel plusieurs clients, entreprises ou particuliers sans distinction, déposent leur argent. La somme totale collectée est ensuite confiée à un gestionnaire spécialisé, que nous sommes (SGO), pour être investie selon une stratégie précisée au départ (exemple investir dans les actions). Le but de la SGO est donc de générer le maximum de rentabilité possible dans les limites de la stratégie définie pour le fonds. Nos clients déposent donc juste leur argent dans ce produit et attendent le résultat de leur placement. Comme on dit, ils laissent l’argent travailler pour eux. Quelles sont vos offres sur le marché et comment y souscrire ? NSIA Asset Management commercialise des produits (fonds) ouverts à tous types de clients sans distinction de fortune, d’origine, etc... Nous désignons ces fonds sous l’appellation de fonds grand public. Nous proposons aussi des fonds que nous créons spécialement pour des groupes de clients qui le souhaitent (employé de la même entreprise, employé de sociétés d’un même groupe, associations, mutuelles, etc…). « Nous proposons aussi des fonds que nous créons spécialement pour des groupes de clients qui le souhaitent … » Dans tous les cas, nous disposons d’une offre complète adaptée à tout type de client, jeune ou plus âgé, riche ou pauvre, particulier, entreprise ou associations, etc... Tous trouveront chaussures à leurs pieds en souscrivant chez nous. Vous savez aussi certainement qu’en finance, comme dans la vie en général, vos chances de gagner ou de perdre s’accroissent avec le niveau de risque que vous prenez. Nous offrons dans cette logique des produits pour des personnes qui ne souhaitent pas prendre de risques et d’autres pour des clients qui souhaitent en prendre un peu ou beaucoup plus. Nous proposons donc au grand public les fonds « Obligataire » très peu risqué, « Aurore Sécurité » qui est adapté à toute personne qui ne désire pas perdre son capital mais souhaite s’offrir des chances de gagner plus que les produits d’épargne habituels ou des entreprises qui souhaitent mieux rentabiliser leur surplus de trésorerie. Notre fonds « NSIA FONDS DIVERSIFIE » est un peu plus risqué mais son niveau de risque demeure très modéré parce qu’il investit une part importante de ses actifs en obligations. Ce fonds est adapté aux clients qui souhaitent gagner plus que le précédent fonds tout en acceptant un risque un peu plus important. Et pour finir, notre fonds action, « Aurore Opportunités », que nous qualifions de risqué, investit principalement en actions mais il offre l’opportunité de gagner gros. Je dirais que ce fonds pourrait largement convenir aux jeunes qui investissent sur le long terme ou aux personnes fortunées à la recherche d’un surplus de rentabilité. Comme vous le constatez, nous offrons des produits pour tout type de client. En plus, nos clients ne sont pas obligés d’investir tout leur argent dans un seul produit. Ils peuvent le répartir sur plusieurs produits à leur guise. Il est très facile de souscrire à nos produits et vous pouvez le faire à partir de n’importe quel pays. Vous n’aurez qu’à remplir quelques formulaires et nous fournir les éléments habituels d’identification. Notre service client est toujours disposé à vous assister et est disponible par mail à serviceclient@nsiaasset.com ou par téléphone au +225 27 20 33 08 90. Il vous faudra ensuite transférer le montant correspondant à votre souscription sur le compte du ou des fonds désirés. Pourquoi les épargnants devraient-ils confier à une SGO comme la vôtre la gestion de leurs économies ? C’était justement la question que j’attendais et je vous en remercie. Comme je l’ai mentionné plus tôt, nos produits offrent des avantages inestimables aux personnes ou entreprises qui souhaitent s’offrir une chance de mieux rentabiliser leur argent sans fournir d’effort particulier. Il faut malheureusement reconnaître qu’ils sont peu connus aujourd’hui. Pourcommencer,etjel’aidéjàmentionné,nouspermettons auxpersonnesquin’ontpasdenotionfinancièred’investiren bourse;etc’estuneopportunitéànepasrater.Vouslesavez sans doute, la bourse aujourd’hui permet à de nombreuses personnes de générer des bénéfices considérables d’année en année. Il est donc injuste que certaines personnes soient exclues de cette opportunité majeure simplement parce qu’elles ne la comprennent pas ou ne disposent pas de suffisamment de temps pour y investir. Par contre, il est aussi vrai que l’investissement boursier peut s’avérer risqué, surtout sur le marché des actions qui offre aussi le plus grand potentiel de revenus. Et c’est là que nous intervenons… Nous gérons indirectement les placements de nos clients sur le marché boursier. Ils n’ont donc pas
  • 23. WWW.SIKAFINANCE.COM 23 besoin de connaître la bourse. Nous le faisons pour eux. En prime, ils bénéficient de nos compétences techniques en la matière, mais également d’un suivi journalier rapproché de chacun des investissements que nous réalisons pour le compte de nos fonds. « (…) nous permettons aux personnes qui n’ont pas de notion financière d’investir en bourse ; et c’est une opportunité à ne pas rater … » Nos produits sont aussi très flexibles, nous donnons la possibilitéànosclientsd’épargneràleurguise.Vouspouvez épargner 1 000 FCFA ou plus sans limite de montant vers le haut ou vers le bas. Vous épargnez également à votre rythme, que vous souhaitiez faire un seul versement l’année, chaque mois, chaque semaine, chaque jour… c’est vous qui décidez. En plus, votre investissement n’est pas bloqué… Vous pouvez donc en retirer une partie ou la totalité à tout moment. Certes, nous ne recommandons pas de le faire fréquemment mais il est important de savoir que cette option reste disponible au cas où vous avez un besoin urgent d’argent. Nos produits peuvent aussi être nantis pour obtenir un prêt auprès d’une institution de crédit. Dans ce cas, vous vous offrez à la fois les chances de bien rentabiliser votre épargne et de financer vos projets en sollicitant un prêt. Vous pouvez épargner 1 000 FCFA ou plus (…) que vous souhaitiez faire un seul versement l’année, chaque mois, chaque semaine, chaque jour… c’est vous qui décidez. En plus, votre investissement n’est pas bloqué… Tous nos clients sont aussi mis sur un pied d’égalité. Un particulier qui investit 5 000 FCFA bénéficiera du même taux de rentabilité qu’une entreprise qui investit plusieurs milliards dans le même fonds, le même jour. Nous offrons
  • 24. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 24 donc les mêmes chances à tous. Je vais m’arrêter là pour éviter d’en dire trop. Mais sachez qu’il existe encore de nombreux avantages que nos conseillers se feront un plaisir de vous détailler, qu’il s’agisse du financement de vos projets ou de la défiscalisation de nos produits. Il vous suffira simplement de nous contacter aux adresses mentionnées plus haut. En la matière, la hantise est de voir ses revenus s’effondrer en cas de baisse du marché. Quels sont vos garde-fous pour rassurer les investisseurs ? Nous offrons des garde-fous à plusieurs niveaux. Pour faire simple, un client, qui craint vraiment le risque, peut simplement investir dans notre fonds obligataire, peu risqué, mais qui lui offrira de bonnes chances de gagner plus que les produits d’épargne classiques. Mieux encore, l’une des forces majeures de nos produits c’est la flexibilité qu’ils vous offrent. Vous pouvez donc sortir à tout moment d’un fonds plus risqué vers un fonds qui l’est moins et vice versa. Par exemple, en cas de baisse du marché des actions, vous pouvez sortir de notre fonds actions pour souscrire dans notre fonds obligataire qui est très peu risqué. Dans tous les cas, nos conseillers sauront vous orienter selon la période. Ilfautaussinoterqu’investirenbourse est notre métier. Nous structurons nos fonds de façon à diversifier leurs placements et ainsi limiter les effets que pourraient avoir la chute d’une poignéedetitressurnotreportefeuille. En plus, nous sélectionnons les titres que nous incluons dans nos fonds en fonction de la situation du marché et des perspectives des entreprises qui les ont émises. Le marché peut donc baisser alors que la performance de nos fonds progresse ou reste stable. Il va sans dire, cependant, qu’en cas de baisse de tous les titres sur un marché, un fonds qui y investit accusera une perte. Et si c’est le cas, le client peut rapidement réagir tel que décrit plus haut. Pouvez-vous donner une idée des performances des fonds que vous gérez ? Nos fonds grand public enregistrent de très bonnes performances. Notre fonds actions a enregistré, au 18 août, une hausse de 21,93% sur les 12 derniers mois. Il a généré une performance de 23% sur l’année 2021. Depuis le début de l’année, il a progressé de 11,90%. Idem pour notre fonds NSIA FONDS DIVERSIFIE, qui, à cette même date, a progressé de 11,24% sur les 12 derniers mois. Il a généré une performance de 13% en 2021 et affiche au 18 Août une hausse de +6,23% en 2022. Pour finir, notre fonds le plus sécurisé, « Aurore Sécurité » a seulement débuté en fin d’année 2021 et a progressé du début de l’année au 18 août de 5,07%. La BRVM est sur une bonne dynamique de reprise qui se renforce. Que conseillerez-vous à ceux qui hésitent encore à faire le choix du marché en recourant aux services d’une SGO ? Je leur dirais qu’il est indéniable aujourd’hui qu’une épargne investie sur le long terme doit impérativement inclure un portefeuille boursier et cela est encore plus facile à travers une SGO. Beaucoup oublient ou ignorent ce que c’est que l’inflation, mais en parlent tous les jours. L’argent perd de la valeur avec le temps. La tomate, par exemple, coûte plus cher aujourd’hui qu’il y a 5 ans, etc… Et c’est ce que mesure le taux d’inflation : le taux auquel votre argent perd sa valeur. Alors, si le taux d’inflation actuel est évalué à 4%, cela signifie que mon argent a perdu 4% de sa valeur depuis le début de l’année. Donc lorsqu’une personne place son épargne dans un produit qui lui rapporte moins que ce taux, son épargne perd de la valeur avec le temps et l’inverse est aussi vrai. C’est aussi simple que cela ! A quoi sert-il d’épargner pour que notre argent valle moins ? « Lorsqu’une personne place son épargne dans un produit qui lui rapporte moins que l’inflation, son épargne perd de la valeur avec le temps et l’inverse est aussi vrai (…). A quoi sert-il d’épargner pour que notre argent vaille moins ? » En règle générale, épargner n’est pas une chose facile, il est donc important que les personnes qui souffrent pour épargner puisse le faire dans des produits qui leur offrent au moins une rentabilité égale à l’inflation pour éviter de perdre en pouvoir d’achat. Et comme vous avez pu le constater plus haut, nos produits vous offrent cette opportunité. Je finirai par dire que nous sommes les seuls responsables de notre bien-être financier. Il est important pour chacun desavoirprendrelesbonnesdécisions pour ne pas le regretter plus tard. Et parmi ces bonnes décisions figure l’investissement en bourse. Si vous êtes prêts à prendre la bonne décision, il vous suffit de nous contacter et nous ferons le reste… Jean-Mermoz KONANDI
  • 26. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 26 Les deux chocs pétroliers des années soixante-dix ont largement ouvert la porte à la première grande crise économique dans de nombreux pays africains. 50 ans après, même si le contexte diffère, les fortes hausses du prix du brut font contraignent fortement des économies africaines dont plus des 4/5ème sont des importateurs. À l’aube du jeudi 24 février 2022, le président russe Vladimir Poutine a annoncé le début d’une opération militaire dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Cette déclaration a eu pour conséquence de précipiter le cours du pétrole au-delà des 100 dollars US le baril, son plus haut niveau depuis 2014. Huit ans après que le prix de l’or noir ait navigué au- dessus des 100 USD, l’Afrique doit à nouveau faire face à une équation périlleuse pour la plupart de ses Etats. Dans ce contexte marqué par de fortes tensions inflation- nistes et un creusement du déficit budgétaire, nous dres- serons les gagnants et perdants de ce nouveau choc sur les économies du continent. LA RENTE PÉTROLIÈRE FAIT DES HEUREUX GAGNANTS Pour la grande majorité des pays du continent, la guerre en Ukraine intervient à un moment extrêmement diffi- cile, alors que la pandémie de la Covid-19 entre dans sa troisième année avec des finances publiques déjà mises à l’épreuve et qui limitent les marges de manœuvres des gouvernements. Dans ce contexte, la hausse des cours du pétrole devrait générer des recettes exceptionnelles pour les 8 grands pays exportateurs de la région. A ce sujet, dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales publié en juillet 2022, le FMI an- ticipe que les pays africains riches en ressources naturelles et plus particulièrement exportateurs d’or noir devraient enregistrer un fort rebond après avoir été contraints à une récession l’année dernière du fait de la crise sanitaire. Hausse des cours du pétrole, inflation : L’envers du décor de la guerre en Ukraine en Afrique À LA UNE Les produits les plus exportés par les pays africains Premier produit exporté en valeur pour chaque pays d'Afrique en 2020 *autres minerais : aluminium, titane, sel. **dont cacao, café, thé, noix, épices, coton, tabac, huiles essentielles. Source : Observatoire de la complexité économique (OEC) Métaux & minéraux Or Cuivre, fer ou autres minerais * Diamants Hydrocarbures Pétrole Gaz Agriculture, forêt & pêche Produits agricoles ** Bois Poisson Industrie Voitures Bateaux Câbles électriques Turbines
  • 27. WWW.SIKAFINANCE.COM 27 Top 10 des pays devant enregistrer les plus forts rebonds de la croissance en 2022 (en %) – Source FMI Ainsi, la Guinée équatoriale dont 80% des recettes fiscales proviennent des revenus pétroliers, devrait enregistrer le plus fort rebond du continent avec une croissance qui de- vrait avoisiner 6% contre -3% en 2021. Il en est de même pour l’Angola, troisième producteur pé- trolier du continent dont la modeste croissance du PIB enregistrée en 2021 devrait être stimulée par la forte aug- mentation du prix du pétrole. Ainsi, le redressement du prix du pétrole brut, d’environ 55 USD le baril en janvier 2021 à plus de 120 USD en juin 2022, devrait renforcer les recettes et améliorer les perspectives de croissance à moyen terme. En 2022, le pays devrait ainsi voir son PIB croître de 2,9%, tandis que le taux d’endettement (ratio dette/PIB) devrait baisser à 78,9% contre 135% en 2020. DES BUDGETS QUI SE CREUSENT Si les pays africains producteurs se réjouissent de la hausse des cours, les pays non pétroliers quant à eux devront faire face à une forte dégradation de leur trésorerie. La hausse des cours du pétrole devrait en effet compliquer un exer- cice d’équilibre budgétaire déjà délicat, avec à l’exigence d’assurer, au minimum, les dépenses de fonctionnement et faire face à la dette qui s’alourdit avec la hausse du dollar. La moitié des pays du continent présentent déjà un risque élevé de surendettement (une dizaine de pays africains ont une dette correspondant à plus de 80% de leur PIB). La hausse des cours du pétrole représente un coût bud- gétaire direct pour les pays à travers les subventions aux carburants. En Côte d’ivoire par exemple, ce sont 500 milliards FCFA de subvention que le gouvernement a injecté pour conte- nir l’augmentation du coût du carburant sur le premier se- mestre. Au Cameroun, cette subvention a coûté 317 mil- liards de FCFA au Trésor public sur la même période. Les tensions sur les dépenses ne feront que s’accentuer à mesure que la croissance s’essoufflera. Parallèlement, sur fond de hausse des taux d’intérêt dans les pays avancés, les financements pourraient devenir plus onéreux et plus diffi- ciles à obtenir pour certains pays. INFLATION : UNE ÉQUATION DIFFICILE À RÉSOUDRE L’un des principaux défis pour le continent reste bien l'infla- tion. En effet, la hausse des prix des matières énergétiques et alimentaires, combinée aux politiques accommodantes des banques centrales a nourri l’inflation mondiale. Le continent africain, importateur net de pétrole, devrait ainsi enregistrer une inflation de 12,2% en 2022 soit la plus im- portante depuis 2008. Au Ghana, face à l'inflation frôlant désormais les 30 % et un important endettement, le pays s’est récemment résigné à solliciter l'aide du FMI. Rang 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Pays Guinée Equatoriale Niger Tchad République de Centrafrique République duCongo Angola Mauritius Namibie Gabon Érythrée 2022 6,13 6,94 3,32 3,54 2,40 3,00 6,15 2,78 2,74 4,66 Écart 9,66 5,59 4,44 2,56 2,56 2,35 2,25 1,88 1,82 1,76 Source : BCEAO 2021 - 3,53 1,35 - 1,12 0,98 - 1,16 O,65 3,90 0,90 0,92 2,90
  • 28. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 28 Classement des 10 pays africains avec l’inflation la plus élevée Ces niveaux d'inflation très élevés ont obligé les banques centrales à relever leurs taux directeurs, une politique monétaire qui vise à réduire l’inflation mais qui pourrait mettre à mal la croissance des entreprises et par ricochet celui des Etats. Pour conclure ce chapitre, il apparait indéniable que la hausse du pétrole devrait réjouir les principaux pays afri- cains producteurs mais à contrario aggraver les déséqui- libres macroéconomiques des pays non pétroliers et faire craindre des risques sociaux. Ahmed DIALLO Responsable de la Recherche En effet, avec la crise de la covid-19 et la flambée des prix des matières premières, l’économie ghanéenne fait face à de nombreux défis tant budgé- taires que monétaires. En deux ans, le stock de la dette publique ghanéenne a augmenté de 17 points de PIB (de 62,9% du PIB fin 2019 à 80,1% fin 2021). Le pays a également connu en 2020 un déficit record de 15,2% du PIB sous l’effet combiné d’une baisse historique des recettes et d’une hausse des dépenses dans le contexte de la crise à covid-19. Il est à noter que l’inflation galopante dans le pays ainsi qu’une dette pu- blique en plein expansion ont incité les principales agences de notation à s’accorder sur la dégradation de la note souveraine du pays, qui n’a ja- mais été aussi basse. Début février, Moody’s a ainsi dégradé la note du Ghana de B3 à Caa1, puis à Caa2 fin septembre. Début août 2022, c’était au tour de Fitch de rabaisser la note du pays à CCC contre B- en mi-janvier 2022 et S&P quant à elle a annoncé une note de CCC+ avec des pers- pectives négatives, soit un niveau de risque plus élevé que le Burkina Faso après le putsch. Pays Zimbabwe Soudan Ethiopie Ghana Sierra-Leone Malawi Angola Rwanda Nigeria Burkina Faso Dernier 257 149 33,5 31,7 28 23,5 22,96 19,6 18,6 17,8 Référence 2022-07 2022-06 2022-07 2022-07 2022-06 2022-06 2022-06 2022-07 2022-06 2022-06 Précédent 192 192 34 29,8 24,9 19;1 24,42 16,1 17,71 15,3
  • 29. WWW.SIKAFINANCE.COM 29 Pour plus d’informations, contactez le centre d’appel SOCRE au 25 38 15 15 ou rendez-vous dans l’agence la plus proche SOCIETE GENERALE BURKINA FASO, Société Anonyme au Capital de 12.800.000.000 fcfa - RCCM de Ouagadougou sous le n° bfoua 2001b 1946 - agrément n° c 0074 P IFU n° 00004430 - Adresse postale : 01 BP 585 Ouagadougou 01 Siège Social : 248, rue de l’hôtel de ville Ouagadougou - Tél. : (+226) 25 32 32 32 - Fax : (+226) 25 31 05 61 - Avec le livret junior, profitez d’une épargne au taux exceptionnel de 3,75%. GARANTISSEZ UN MEILLEUR AVENIR À VOTRE ENFANT AVEC LE LIVRET JUNIOR
  • 30. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 30 INTERVIEW Nouveau venu dans l’écosystème financier ivoirien, la Caisse des Dépôts et Consignations de Côte d’Ivoire (CDC- CI), opérationnelle depuis la mi-2019, vient de réaliser son premier coup d’éclat : sa participation au consortium public qui a racheté, fin septembre, la BICICI, filiale de BNP Paribas qui passe désormais sous pavillon de l’Etat ivoirien. Instrument stratégique de développement en appui aux politiques publiques, CDC-CI qui a vocation à devenir l’un des principaux bailleurs de l’économie ivoirienne, revendique déjà près de 200 milliards FCFA de fonds investis. Une enveloppe qui devrait rapidement s’accroître dans le sillage de la mise en place de son nouveau plan stratégique triennal. Aux commandes de l’institution depuis son lancement, Lassina FOFANA, économiste et énarque - il est diplômé du cycle supérieur de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) d’Abidjan -, a été jusqu’à sa nomination en mars 2019, directeur général adjoint du trésor public ivoirien. Il fait dans cette interview un tour d’horizon des missions confiées à la CDC-CI qui se prépare activement à tenir son rôle d’investisseur de choix. Lancée il y a à peine trois ans, en 2019, la CDC-CI vient de réaliser une très grande opération financière avec sa participation au rachat des participations de BNP PARIBAS et PROPARCO dans la BICICI. Pouvez-vous nous en dire un mot ? La Caisse des Dépôts et Consignations de Côte d’Ivoire (CDC-CI), dans le cadre d’un consortium avec la BNI, la CNPS et l’IPS-CGRAE, a participé au rachat des actions du groupe BNP Paribas et PROPARCO dans le capital de la BICICI. La participation de la CDC-CI à cette opération lui permet de détenir 12% du capital de la BICICI. « La CDC s’est arrogée 12% du capital de la BICICI. » Cette opération rentre bien dans le cadre de nos missions. En effet, l’article 6 de la loi portant création de la CDC-CI stipule que « la CDC-CI peut prendre des participations « Nous sommes un investisseur d’intérêt général qui intervient notamment en appui des politiques publiques… » Lassina FOFANA Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations de Côte d’Ivoire
  • 31. WWW.SIKAFINANCE.COM 31 ou créer toute filiale se rattachant directement ou indirectement à son objet, sa mission ou à sa vocation. » Cette opération, faut-il le rappeler, s’inscrit dans la vision de SEM Alassane Ouattara, président de la République de doter la Côte d’Ivoire d’un pool bancaire public de grande envergure en vue de financer davantage l’économie. Il faut donc s’attendre à voir la CDC-CI poursuivre ce type d’investissement en capital. Plus globalement quelle est votre stratégie d’investissement ? Comme sus-indiqué, la prise de participation fait partie des missions de la CDC-CI. Aussi elle pourra répéter des opérations similaires si elles s’inscrivent dans la stratégie globale de l’Etat. IlestbonderappelerquelaCDC-CI,entantqu’investisseur d’intérêt général, est une structure qui intervient notamment en appui des politiques publiques. Effectivement, nous disposons d’une stratégie d’investissement récemment élaborée et encadrée par nos doctrines d’investissement d’intérêt général, d’investissement financier et du mandataire. Quels sont les missions et les champs d’intervention de la CDC-CI ? Créée en 2018, ses activités ont effectivement démarré en 2019. La CDC-CI est un établissement public à vocation financière, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Elle est placée sous la tutelle du ministre chargé des Finances et bénéficie de la garantie de l’Etat. La CDC-CI a pour missions essentielles d’assurer la conservation et la gestion sécurisée des fonds publics et privés qui lui sont confiés et de contribuer au financement de l’économie de la Côte d’Ivoire. Nos champs d’intervention sont donc la mobilisation des ressources et la contribution au financement de l’économie. « Nos champs d’intervention sont donc la mobilisation des ressources et la contribution au financement de l’économie. » Youssouf FADIGA, DG de la BNI, Lassina FOFANA, DG de la CDC-CI, Yao KOUASSI, DG BICICI, Jean LEMIERRE, PCA de BNP Paribas, Charles Denis KOUASSI, DG CNPS et Abdrahamane BERTE, DG CGRAE, lors de la finalisation du rachat de la BICICI le 29 septembre à Paris.
  • 32. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 32 En ce qui concerne la mobilisation des ressources, la CDC- CI assure la mobilisation et la gestion sécurisée des fonds tels que ceux des Institutions de Prévoyance Sociale, des concessionnaires de service public d’électricité, d’eau, de téléphonie, des professions juridiques et judiciaires, des cautionnements administratifs et judiciaires, des fonds en déshérence auprès des compagnies d’assurance, des fonds issus des comptes inactifs, des comptes dormants, etc. Relativement à sa mission d’investisseur, elle intervient en tant qu’investisseur d’intérêt général (infrastructures, immobilier, soutien aux entreprises…). Elle intervient également comme investisseur financier sur les marchés monétaire et financier dans le cadre de la gestion de la liquidité. En trois ans, quel bilan pouvez-vous faire de l’action de la CDC-CI ? Il convient de préciser que les activités de la CDC-CI ont commencé effectivement au deuxième semestre 2019 avec trois objectifs spécifiques à savoir mobiliser et gérer les ressources, investir et renforcer la gouvernance et les capacités opérationnelles. EnmoinsdetroisanslaCDC-CIamultipliélespartenariats, a su se positionner comme un acteur important de l’écosystème financier national et sous-régional. S’agissant de la mobilisation des ressources, la CDC-CI a mobilisé d’importantes ressources auprès des institutions de prévoyance sociale, des concessionnaires de service public d’électricité, de téléphonie, des professions juridiques et judiciaires, etc. « La CDC-CI a réalisé des investissements financiers d’un montant de 190 milliards FCFA sur les marchés financier et monétaire » Concernant les investissements, la CDC-CI a réalisé exclusivement des investissements financiers d’un montant de 190 milliards F CFA dont 60 milliards FCFA investis sur le marché financier et 130 milliards sur le marché monétaire. Relativement au renforcement des capacités opérationnelles, la CDC-CI a élaboré des outils de pilotage stratégiques tels que le dispositif de gestion et de maîtrise des risques, le modèle prudentiel, les doctrines d’investissements, le schéma directeur du système d’information et le plan d’affaires 2021-2025 avec l’appui de l’AFD, d’Expertise France et de la CDC France. « En 2021, la CDC-CI a généré 4,18 milliards FCFA de résultat net ». Ainsi au 31 décembre 2021, après mobilisation de toutes ces ressources, elle a enregistré un total bilan de plus de 250 milliards FCFA, un résultat net de 4,18 milliards FCFA et des fonds propres de 8,4 milliards FCFA. La CDC-CI, on le voit, doit jouer un rôle majeur dans l’économie ivoirienne. Quelle est votre stratégie pour réalisercetteambitionetquellessontvosperspectives de développement ? Pour le démarrage de ses activités, la CDC-CI s’est dotée d’un plan stratégique 20-22 dont la mise en œuvre lui a permis de s’insérer dans l’écosystème financier. En termes de perspectives de développement, la CDC-CI est en train de finaliser son plan stratégique 2023-2025 décliné sur trois axes à savoir l’accroissement de nos capacités de mobilisation de ressources, la réalisation d’investissement dans les domaines des infrastructures, de l’immobilier et du soutien aux entreprises et également des investissements financiers sur les marchés monétaire et financier. Et le troisième point porte sur le renforcement du capital humain et le maintien de la gouvernance selon les meilleures pratiques. Il est bon d’indiquer que les missions et activités de la CDC-CI sont complémentaires de celles des autres acteurs du secteur bancaire et financier avec lesquels elle entretient d’excellentes relations et entend collaborer en synergie avec l’écosystème financier pour le financement de l’économie ivoirienne. Jean-Mermoz KONANDI
  • 34. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 34 Afrique : Des économies à la fois faillibles et résilientes En moins de trois ans, entre 2020 et 2022, les économies africaines, parmi les moins développées au monde, ont dû faire face successivement à deux chocs majeurs : la crise de la Covid-19 et la guerre en Ukraine. Des chocs qui ont eu pour effet de remettre en cause près d’un quart de siècle de croissance régulière et qui rappellent de nouveau la fragilité de ces économies. À LA UNE
  • 35. WWW.SIKAFINANCE.COM 35 A vant la pandémie de la Covid-19, l’économie africaine se trouvait sur une longue période de croissance. En Afrique subsaharienne, cette période est estimée à 25 années avant la récession de 2020 qui s’est traduite par une contraction de 1,41% du PIB (Produit intérieur brut), selon la Banque mondiale. La crise sanitaire s’est aussi traduite pour les pays d’Afrique par une détérioration des soldes budgétaires couplée d’une augmentation du niveau d’endettement. Toutefois, sous l’effet de la hausse des prix des produits de base qui a accompagné l’assouplissement des mesures strictes de confinement, conjuguée à la reprise du commerce mondial, l’économie africaine a fortement rebondi en 2021 avec un taux de croissance de 6,9%, selon la Banque Africaine de Développement (BAD). Ce rebond a surtout été accompagné par des mesures de relancebudgétairesetmonétaires.Lemontantdesmesures de relance budgétaire déployées par les gouvernements africains s’est élevé depuis janvier 2020 à 2,8% du PIB, selon le FMI. Le soutien budgétaire apporté par certains pays africains aux entreprises et aux ménages a toutefois été très limité, en raison du niveau insoutenable de la dette publique. C’est notamment le cas des pays comme l’Angola et la Zambie qui ont été contraints d’appliquer des mesures d’austérité, là où une politique budgétaire anticyclique aurait pu amortir le choc induit par la pandémie. Au niveau de la politique monétaire, les banques centrales de la région avaient procédé à un assouplissement des conditions de financement en abaissant leurs principaux taux directeurs, à l’effet de relancer la consommation intérieure et l’investissement.
  • 36. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 36 Malgré ces importants efforts, les pays africains n’ont pas réussi à mettre en place des mesures de relance budgétaire adéquates pour permettre une reprise durable, génératrice d’emplois de meilleure qualité, en raison de la faiblesse de la consommation privée et de la formation brute du capital fixe (investissement). A titre d’illustration, le déficit de financement de l’Afrique subsaharienne a été estimé à 290 milliards de dollars en 2020, selon le FMI. Par ailleurs, la hausse de la dette publique en Afrique à environ 70% du PIB en 2021, a contribué à fragiliser l’état des finances publiques, selon la BAD. De plus, ces pays ont désormais un accès limité aux marchés internationaux de capitaux pour financer leurs déficits budgétaires. C’est dans ce contexte qu’est apparu le conflit en Ukraine qui, en infligeant le choc de la hausse des prix au reste du monde, a jeté un voile d’incertitude sur les perspectives économiques en Afrique. Les tensions inflationnistes ont obligé les banques centrales du continent à relever leurs principaux taux directeurs, à l’instar de ceux des banques centrales des pays développés. Ce durcissement de la politique monétaire qui se traduit par un renchérissement du coût du crédit à un effet négatif sur la croissance économique. STAGFLATION ? C’est pourquoi dans les rapports officiels de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International, il est de plus en plus question de stagflation, un néologisme qui reflète la situation d’une économie dans laquelle se conjuguent la stagnation de l’activité, de la production (faible croissance économique et chômage élevé) et la hausse des prix (inflation). Ainsi, la croissance économique en Afrique devrait ralentir à 4,2% en 2022, selon la dernière édition des Perspectives économiques en Afrique de la BAD. Pour sa part, la Banque mondiale prévoit, à travers la dernière édition du rapport Africa’s Pulse, une croissance de 3,6% fin 2022 en Afrique subsaharienne, en baisse par rapport aux 4% enregistrés en 2021. Dans l’UEMOA, par exemple, la croissance économique devrait ralentir légèrement à 5,8% en 2022, contre une réalisation de 6% un an auparavant. Dans le même temps, le taux d’inflation devrait ressortir à 6,2% en 2022, contre 3,6% en 2021, selon la BCEAO. En somme, même si l’on note une certaine résilience des économies africaines dans le contexte actuel, force est de reconnaître que leurs perspectives de croissance restent soumises à de fortes incertitudes, avec des risques plutôt défavorables. Les principaux facteurs de risques qui pèsent sur la croissance sont en effet liés à la forte vulnérabilité des finances publiques due au niveau d’endettement élevé, au resserrement des conditions financières internationales en lien avec l’augmentation des pressions inflationnistes. A cela s’ajoutent égalementl’accroissementdesrisques climatiques et environnementaux et les problèmes sociopolitiques et de sécurité. A défaut d’évoquer une probable remise en cause de la trajectoire de croissance en Afrique après la Covid-19, l’on pourrait indiquer que l’économie africaine s’essouffle clairement sous l’effet de nouveaux chocs exogènes. Pour stopper cette spirale négative, des politiques audacieuses visant à accélérer les transformations structurelles des économies sont notamment appelées de tous leurs vœux, ainsi qu’un règlement définitif de la question de la dette. Dr Ange PONOU Economiste
  • 38. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 38 INTERVIEW Société Générale TOGO est dédiée à la clientèle des entreprises. Quels services leur apportez-vous ? Société Générale Togo fait partie du Groupe Société Générale qui affiche une volonté forte d’accompagnement des entreprises africaines. Société Générale est présent dans une dizaine de pays sur le continent, ce qui fait de lui, le seul groupe français et interna- tional à maintenir cette croissance en Afrique. Cette ambition de renforcer sa présence en Afrique s’est révélée au travers de son plan stratégique « Transform to Grow » lancé en 2017. Plan qui met en lumière la volonté du groupe de contribuer collective- ment au développement durable de l’Afrique. Il en a découlé une initiative dédiée « Grow With Africa » dont les 4 axes principaux sont : accompagner les financements innovants (Agro & énergies renouvelables), financer les projets d’infrastructures, soutenir et contribuer à l’inclusion financière, et enfin accompagner les PME, moteur de croissance de nos économies. Pour revenir à votre question, Socié- té Générale au Togo fait partie de nos implantations les plus récentes avec un peu plus de 7 années de présence. Elle a pour cible principale le segment corporate c’est-à-dire les entreprises de taille intermédiaires locales, les multinationales et les institutions. Capitalisant sur plusieurs expertises métiers régionale et internationale, Société Générale Togo offre des ser- vices de financements en soutien à l’exploitation et aux investissements, de structuration et de financement Jocelyne N’GUESSAN Directrice générale de Société Générale Togo : « Nous mettons à disposition toute l’expertise locale, régionale et internationale du groupe Société Générale afin de contribuer durablement au développement de l’économie togolaise. » Société Générale Togo enchaîne un septième exercice sur le disputé marché togolais. Dédiée au segment corporate, la succursale a pu surfer sur l’expertise éprouvée du groupe Société Générale pour consolider sa présence locale. Prochaine étape de son développement : « ouvrir ses guichets aux PME », nous explique Jocelyne N’GUESSAN, la directrice générale, dans cet entretien. Alatêtedel’établissementdepuisjuillet2021,JocelyneN’GUESSANaétéjusteavantsanominationdirectriceadjointede la clientèle entreprise chez Société Générale Côte d’Ivoire, la plus importante banque de la zone UEMOA. Cette diplômée en finance de IFG Executive Education (MBA) et de IAE Paris – Sorbonne Business School, entend bien faire de Société Générale Togo le principal acteur du financement du secteur productif.
  • 39. WWW.SIKAFINANCE.COM 39 VOTRE PARTENAIRE DE CONFIANCE POUR RELEVER VOS PLUS GRANDS DÉFIS Un réseau International, une expertise avérée pour vous accompagner dans le développement de vos projets
  • 40. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 40 de projets, d’accompagnement sur les opérations de commerce à l’interna- tional (Trade finance, Change, Fx) et des solutions de cash management et monétique. Dans un contexte post COVID et en pleine guerre Russo-Ukrainienne, comment Société Générale Togo, seule banque internationale de la place Togolaise, peut-elle contri- buer à faciliter les opérations à l’in- ternational de ses clients ? Les crises récentes ont mis en exergue le besoin des entreprises en financement accru, afin de faire face aux imprévus et soulager leur tréso- rerie, mais également une tendance : la volatilité des cours sur les marchés financiers. Ce dernier point fait porter un risque sur les importateurs avec une évolution défavorable des cours mondiaux, le dollar s’étant apprécié de près de 17% depuis 2021. La gestion du risque est partie pre- nante de l’activité bancaire d’un groupe international, cette variable risque est plus importante en temps de crise. Le groupe Société Générale à travers ses filiales et lignes métiers spécialisées met en avant toute son expertise pour conseiller et accom- pagner ses clients en leur proposant des solutions de financements à court terme ainsi que des garanties néces- saires pour la bonne exécution de leurs opérations à l’international. « Société Générale Togo (…) permet aux clients de bénéficier d’une profondeur de liquidité mais également de couverture du risque de change à travers le Forward, change à terme sec, et l’American Forward, change à terme flexible. » Société Générale Togo, avec l’appui des salles de marchés à Paris & Abi- djan, permet aux clients de bénéficier d’une profondeur de liquidité mais également de couverture du risque de change à travers le Forward - change à terme sec et l’American Forward - change à terme flexible. « A travers ses produits, Société Générale Togo permet à ses clients de se prémunir de l’appréciation ou la dépréciation de devise étrangère (Dollar) en sécurisant leur paiement à l’international avec un cours fixé jusqu’à plusieurs mois à l’avance. » Ces produits permettent aux clients de se prémunir de l’appréciation ou la dépréciation de devise étrangère (Dollar) en sécurisant leur paiement à l’international avec un cours fixé à l’avance jusqu’à plusieurs mois en avance. Quel est le dispositif mis en place par votre banque pour accompa- gner la croissance des petites et moyennes entreprises (PME) ? A ce jour, Société Générale Togo n’in- tervient pas sur la cible des PME. Tou- tefois, au regard de la prépondérance ces dernières (plus de 80%) dans le tissu économique togolais, une ré- flexion a été conduite et des actions sont en cours, pour une ouverture très prochaine de nos guichets aux PME. « (…) des actions sont en cours, pour une ouverture très prochaine de nos guichets aux PME. » Il est bon de rappeler que le 4ème pilier de l’initiative Grow With Africa est « Accompagner les PME, moteur de croissance de nos économies ». Société Générale Togo ne restera donc pas en marge de cette dyna- mique et s’inscrira, progressivement, dans une approche multidimension- nelle d’accompagnement des PME to- golaises à l’instar des autres filiales du groupe en Afrique. Le développement de l’Afrique passe, indubitablement, par un soutien fort de nos économies et de nos entreprises. Nous sommes déjà au second se- mestre de cette année 2022. En termes de priorité, quels sont les challenges à relever par Société Générale Togo sur un marché local très concurrentiel ? Vous l’avez dit, marché très concur- rentiel avec la présence de quatorze banques. Dans un tel environne- ment, Société Générale Togo compte capitaliser, essentiellement, sur les facteurs de différentiations et son positionnement à l’international mais également accélérer le processus d’élargissement de sa cible aux PME. Enfin, d’autres challenges, inhérents au renforcement des financements de projets structurants et en ligne avec la Feuille de route 2025 Togo, sont à relever courant ce semestre. « Société Générale Togo compte capitaliser, essentiellement, sur les facteurs de différentiations et son positionnement à l’international mais également accélérer le processus d’élargissement de sa cible aux PME. » Nous comptons mettre à disposition toute l’expertise locale, régionale et internationale du Groupe Société Générale afin de contribuer durable- ment au développement de l’Econo- mie Togolaise.
  • 42. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 42 Avec une cagnotte bien garnie, les sociétés cotées se sont montrées particulièrement généreuses, servant de belles gratifications à leurs actionnaires. L a parenthèse de la crise sanitaire de la Covid-19 refermée, la relance des économies amorcée en 2021 a également profité aux sociétés cotées à la BRVM. Si en 2020 ces dernières avaient enregistré une enveloppe bénéficiaire en repli, l’exercice 2021 a tenu toutes ses promesses avec des indicateurs clés de performance (Chiffre d’affaires, bénéfice) qui se sont bien orientés. Conséquence : le marché boursier s’est montré BRVM : Les sociétés cotées distribuent 153 milliards FCFA de dividendes de plus en un an MARCHÉ
  • 43. WWW.SIKAFINANCE.COM 43 LE RÉSULTAT NET FLAMBE DE 57% Dans la même veine que l’évolution du chiffre d’affaires, les bénéfices des sociétés, pour leur part, ont cru plus que proportionnellement. En effet, ces dernières ont dégagé 997,6 milliards FCFA de résultats nets en 2021, ce qui représente une forte progression de 57% relativement aux 637 milliards FCFA réalisés en 2020. L’exercice 2021 aura tenu toutes ses promesses. 37 des sociétés ont généré des bénéfices en progression contre seulement 27 en 2020. De plus, le nombre de sociétés ayantréalisédespertesestpasséde5en2020à3en2021. Il s’agit notamment de Filtisac (-1,28 milliard FCFA), Safca (-603 millions FCFA, à sa 3e perte d’affilée) et Sucrivoire (-6,57 milliards FCFA). Les sociétés qui se sont le mieux illustrées à l’issue de l’année 2021 PALMARES CHIFFRE D’AFFAIRES Le plus élevé SONATEL : 1 335 milliards FCFA Plus forte progression (en montant) ETI : +128,8 milliards FCFA Plus forte progression (en %) PALMCI: +63% Les entreprises qui ont réalisé les meilleurs résultats bénéficiaires en 2021 PALMARES RESULTAT NET Le plus élevé SONATEL : 252,46 milliards FCFA Plus forte progression (en montant) ETI : +147,31 Milliards FCFA Plus forte progression (en %) PALMCI: +1 106% plus généreux comme pour récompenser la patience des investisseurs. Notons que 4 des 46 sociétés cotées n’avaient pas encore publié leurs états financiers de 2021 au moment de la rédaction de cet article, en l’occurrence, Air Liquide CI, Movis, Sicor et Trituraf qui est en liquidation. De même, les données financières de Movis, Sicor et Trituraf au titre de l’année 2020 n’étaient pas encore publiées. Les évolutions entre 2020 et 2021 sont présentées sur la base des entreprises ayant publié en 2020 et les 42 dont les données 2021 sont disponibles. Ce qui sous-entend que ces chiffres évolueront très certainement mais auront un impact négligeable sur les chiffres de ce présent article. LE CHIFFRE D’AFFAIRES ATTEINT LA BARRE DES 6 900 MILLIARDS FCFA Commençons par la performance commerciale de nos sociétéscotéesquiaétécouronnéeparunchiffred’affaires de 6 917,8 milliards FCFA en 2021, en progression de 11,92% en glissement annuel. Dans les détails, cette avancée notable a été rendue possible grâce à 34 sociétés dontleschiffresd’affairesontconnudescroissancescontre 8 qui ont vu leurs chiffres d’affaires replier. Précisons par ailleurs qu’un an plus tôt, ce sont 25 des sociétés qui avaient généré des revenus en hausse contre 18 autres qui avaient vu leurs chiffres d’affaires reculer. Sonatel, la plus grosse capitalisation de la BRVM revendique non seulement le plus important chiffre d’affaires, mais également la plus forte progression en termes absolus, tandis que Palmci affiche le plus important taux de croissance. Cette envolée de Palmci est due à la forte demande mondiale en produits agricoles qui a permis à la plupart des sociétés du secteur agricole de réaliser de bonnes performances commerciales. Dans le tableau suivant, nous vous présentons les sociétés qui se sont le mieux illustrées à l’issue de l’année 2021.
  • 44. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 44 LA RÉMUNÉRATION DES ACTIONNAIRES DE LA BRVM BONDIT À 511 MILLIARDS FCFA Avec une cagnotte bien garnie, les sociétés cotées se sont montrées particulièrement généreuses, servant de belles gratifications à leurs actionnaires. En effet, le marché a enregistré son meilleur score en termes de dividendes sur ces trois derniers exercices, en droite ligne avec le bénéfice global généré. Ainsi, la somme des dividendes distribués est passée de 361,3 milliards FCFA en 2020 à 511,37 milliards FCFA en 2021, soit une augmentation de 153 milliards FCFA représentant une hausse annuelle de 41%. Rappelons qu’en 2019, ce montant s’établissait à 312,6 milliards FCFA. Sékou Karamoko Analyste junior PALMARES RESULTAT NET Le plus élevé SONATEL : 155,6 milliards FCFA Plus forte progression (en montant) ETI : +23 Milliards FCFA Plus forte progression (en %) PALMCI: +1 106%
  • 46. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 46 BRVM: Un premier semestre dopé par les publication des résultats annuels FIN JUIN 2022 ÉVOLUTION COURS - BRVM COMPOSITE SUR UN AN AU 30/06/2022 VOLUMES ÉCHANGÉS (EN MILLIONS FCFA) MARCHÉ Marqué par de fortes volatilités des cours de bourse, d’importants volumes de transactions, des performances financières records et des rémunérations en dividendes plus conséquentes, le marché actions de la BRVM a été relativement plus actif au premier semestre 2022. Par ailleurs, celui-ci n’a pas échappé aux effets du contexte économique général. En effet, la forte hausse de l’inflation dans toute la sous-région a eu un impact plus ou moins maîtrisé sur notre marché financier. Alors que certaines sociétés (dont UNIWAX, NESTLE CI et SMB) ont souffert de la hausse des prix de leurs matières premières, couplée à l’appréciation du taux de change EUR/USD, d’autres (dont PALMCI, SAPH et SOGB), ont quant à elles, profité de cette conjoncture. Il convient également de noter que quelques sociétés semblent ne pas véritablement être inquiétées par les effets de la guerre en Ukraine. Cette situation se transcrit dans les résultats financiers du premier trimestre 2022.
  • 48. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 48 Sur les 37 sociétés ayant publié leur performances financières sur la période, à fin juin, 25 ont affiché une hausse de leur résultatnetcontre12quiontaffichéenbaisse.Parconséquent, le résultat net au premier trimestre des sociétés cotées s’est établi à 261 milliards FCFA (contre 223 milliards FCFA sur la même période en 2021), essentiellement porté par les trois plus grandes sociétés cotées à la bourse que sont SONATEL (hausse de 14% à 62,7 milliards FCFA), Société Générale CI (hausse de 26% à 18,6 milliards FCFA) et ETI - groupe ECOBANK (hausse de 30% à 53,8 milliards FCFA). Sur la BRVM, l’évolution des cours a été mitigée sur la première moitié de l’année 2022, au regard d’un équilibre entre les valeurs en hausse (22) et celles en baisse (21). ANALYSE DU MARCHÉ ACTIONS Performances au premier semestre ANALYSE DU MARCHÉ ACTIONS À LA BRVM - RÉCAP DU PREMIER SEMESTRE 2022
  • 49. WWW.SIKAFINANCE.COM 49 Le FCP SOGELIQUID est un Fonds Commun de Placement obligataire court terme de distribution, dédié aux personnes morales. Il est essentiellement composé de titres du marché monétaire et de titres du marché obligataire (bons ou billets de trésorerie, obligations court terme, certificats de dépôt...) à durée de vie courte et à maturité résiduelle inférieure ou égale à 2 ans. L’horizon recommandé pour investir sur ce FCP est compris entre 6 mois et 2 ans. Pour toute souscription, veuillez nous contacter: Côte d’Ivoire : +225 27 20 20 73 01 Sénégal : +221 33 83 95 307 Burkina Faso : + 226 25 32 54 50 RENTABILISEZ ET SÉCURISEZ VOS INVESTISSEMENTS SUR LE COURT TERME AVEC LE FCP SOGELIQUID SOCIETE GENERALE CAPITAL SECURITIES West Africa Siège social Abidjan - Cocody, Ivoire Trade Center, tour A 2ème étage à l’angle du boulevard HASSAN II et de la rue BOOKER- WASHINGTON 01 BP 1355 Abidjan 01 Tel. : +225 27 20 20 12 65 ; +221 27 20 20 72 72 www.afrique.societegenerale.com ; www.societegenerale.com RCCM CI-ABJ-1998-B-223991 Capital Social : 150 000 000 FCFA N°C.C 9811642 B N° CREPMEF 15/12/009/97
  • 50. MAGAZINE TRIMESTRIEL - OCT. 2022 - #9 50 La hausse des valeurs Société Générale CI (+39,69% à 14 800 FCFA), PALMCI (+80,62% à 12 625 FCFA), NESTLE CI (+55,92% à 7 180 FCFA) et SONATEL (+3,69% à 14 490 FCFA) a essentiellement tiré le marché à la hausse. En effet, la progression de leurs capitalisations boursières respectives (+131 milliards FCFA, +87 milliards FCFA et +57 milliards FCFA) a largement compensé les plus fortes baisses, en capitalisation boursière, enregistrées par CFAO Motors (perte de 56 milliards FCFA), CORIS Bank (-53 milliards FCFA) et BOLLORE CI (-50 milliards FCFA). La capitalisation boursière globale du marché a donc progressé de 2,65% à 6 251 milliards FCFA fin juin 2022, contre 6 090 milliards FCFA au 31 décembre 2021. En glissement annuel, celle-ci a grimpé de 30% comparé au niveau de 4 817 milliards FCFA de fin juin 2021. La confiance des investisseurs a été aussi boostée par les publications des résultats financiers au terme de l’exercice 2021 (publication dans le courant du 1er semestre 2022) où la grande majorité des sociétés cotées a vu ses bénéfices augmenter. A fin juin 2022, ce sont 42 sociétés cotées (sur 45) qui ont publié leurs résultats financiers de l’exercice 2021. Elles ont réalisé des bénéfices annuels globaux 2021 de 998 milliards FCFA contre 639 milliards FCFA l’année précédente, soit une augmentation de 56%. Seulement trois sociétés, à savoir SAFCA, SUCRIVOIRE et FILTISAC, ont affiché des résultats net déficitaires. Par ailleurs, plus de 511 milliards FCFA provenant des fonds propres de 32 sociétés ont été annoncés en dividende dont 346 milliards FCFA (de 15 sociétés) déjà distribués aux actionnaires à la date du 30 juin 2022. Mécaniquement, les montants de dividendes, provenant des fonds propres des sociétés cotées, sont détachés de leurs capitalisations boursières. Cette situation entraîne alors des baisses de cours, tirant le marché vers le bas. N’eût été ces détachements de dividendes, la capitalisation boursière du marché serait de 6 596 milliards FCFA, soit une croissance depuis le début de l’année de 8,32% (au lieu de 2,65% en réalité). Au vu de ce qui précède, il convient d’indiquer que le marché se consolide et demeure sur une bonne dynamique, en dépit des baisses récentes enregistrées. Sur les 45 sociétés cotées, 13 ont réalisé des performances de ANALYSE DU MARCHÉ ACTIONS - RÉCAP DU PREMIER SEMESTRE 2022 Capitalisations Boursières (Millions FCFA)