Le secteur bancaire au Maroc : un modèle de développement réussi
“ Le secteur bancaire est pour son économie ce qu’est
                                                                        le moulin à eau pour son champ ”




L'existence du moulin (du latin molinum issu de mola meule) à eau est attestée, peu avant l'ère chrétienne, en Illyrie. Sa roue à
palettes, en position horizontale dans le courant qui l'entraîne, est surmontée d'un axe vertical. Ce dernier, soumis à un mouvement
de rotation, traverse une meule inférieure gisante et fait tourner la meule supérieure dont il est solidaire. Les Romains adoptèrent
un moulin à eau dont le mécanisme disposé verticalement, tourne sur un arbre horizontal portant une roue à chevilles. Celles-ci, per-
pendiculaires au plan de la roue, s'engrènent sur la lanterne d'un axe vertical actionnant la meule extérieure. Le moulin hydraulique
aurait été connu en Chine dès le Ve siècle. Primitivement destiné au broyage du grain, le moulin à eau devient le générateur de force
motrice qui sera prédominant jusqu'à la mise au point de la machine à vapeur au XVIIIe siècle. Cette force sera utilisée pour d'innom-
brables applications : broyage du malt, des écorces, des olives, pour la défibration du papier et du chanvre, pour actionner les marti-
nets et les soufflets de forge, etc.
                                                                                                              Encyclopédie Universalis
Secteur bancaire




    Executive summary

« Une crise telle qu'il n'en arrive qu'une fois par siècle », tel est le propos tenu par Alan Greenspan pour décrire la
crise financière qui a débuté en 2007 et qui s’est caractérisée par une crise de liquidité interbancaire et une crise
du crédit, paralysant de ce fait le système financier international, et s’étendant à l’ensemble des places boursières
de la planète.

L’effondrement du secteur immobilier américain a donné naissance à une crise bancaire marquée par la faillite de
plusieurs établissements de crédit et par la paralysie du marché bancaire international. L’intervention du prêteur
en dernier ressort, à savoir l’État, a permis d’éviter une crise systémique et de redonner confiance au système
financier à travers l’injection massive de liquidités. La principale priorité des banques centrales consistait en la
résolution des problèmes de solvabilité et de liquidité des banques nationales. La recapitalisation et la nationali-
sation des établissements financiers des principaux pays européens et américains devenaient des nécessités abso-
lues pour éviter les banqueroutes en cascade.

Si l’intervention des banques centrales a permis d’éviter l’effondrement du système financier international, celles-
ci n’ont pu limiter la propagation de la crise à l’économie réelle, entraînant de ce fait l’entrée en récession du
monde développé et le ralentissement de la croissance des pays émergents.

Au Maroc, la forte régulation du secteur bancaire, sa politique de gestion du risque ainsi que son intégration limi-
tée au système financier mondial lui ont permis d’être épargné par la crise financière. La restructuration du sec-
teur à la fin des années 90 ainsi que le processus de modernisation du système financier ont permis d’améliorer la
qualité des actifs des établissements bancaires. Dans le même sens, les facilités de refinancement et la contribu-
tion croissante des dépôts à la clientèle dans les ressources globales ont participé également au renforcement de
la solidité financière des banques. Enfin, l’activité du secteur étant centrée principalement sur les métiers tradi-
tionnels de la banque, à savoir l’intermédiation bancaire et le crédit au marché domestique, principalement l’ac-
tivité Retail, a protégé le système des dérives de la finance internationale.

Sur le plan économique, la dynamique que connaît le pays durant ces cinq dernières années a permis au secteur
bancaire de renforcer son rôle de moteur de l’économie marocaine. Le financement bancaire s’est fortement déve-
loppé grâce à une conjoncture favorable marquée par la hausse de la consommation et de l’investissement de l’en-
semble des agents économiques. Ainsi, les performances enregistrées ces dernières années tant en termes de crois-
sance du PIB, de maîtrise de l’inflation et de hausse des investissements étrangers ont permis à l’économie maro-
caine d’être l’une des plus robustes et des plus compétitives de la région MENA.

Cependant, à l’instar de l’ensemble des pays émergents, la crise économique qui sévit en Occident a contaminé
notre pays en raison de la corrélation de son cycle économique avec celui de ses partenaires européens. Les contre-
performances enregistrées au niveau des principaux facteurs de contagion ainsi que leur récupération depuis le
début de l’année témoignent de la bonne résistance de l’économie à cette crise et laissent présager une reprise
durant le premier semestre 2011.

En effet, l’appréciation favorable de l’encours des crédits à l’économie et des dépôts à la clientèle en 2009 et au
premier semestre 2010 ainsi que l’amélioration du taux de contentieux montrent que le secteur bancaire marocain
a pu améliorer ses indicateurs d’activité malgré un contexte macro-économique moins euphorique.

Il faut dire que l’économie marocaine présente des leviers structurels de financement bancaire qui confortent le
développement de ce secteur même en temps de crise. Si le faible taux de bancarisation constitue à coup sûr un


    Achraf Bernoussi +212 522 43 68 31 • a.bernoussi@attijari.ma
Executive summary

    vecteur de croissance à long terme, la forte demande intérieure émanant de la consommation des ménages mais
    également de l’investissement des entreprises publiques et privées représentent à court terme des viviers impor-
    tants de croissance pour le secteur.

    En effet, le développement de la consommation des ménages de 8 % ainsi que celui de l’investissement (FBCF) de
    14 % sur la période 2005-2009 témoignent de la forte croissance de l’investissement tant privé que public durant
    ce dernier quinquennat. Il faut dire que l’État est engagé dans plusieurs chantiers économiques et programmes
    d’investissements structurels pour le pays, en témoigne l’enveloppe budgétaire de 160 MMDh consacrée pour l’an-
    née 2010. Dans le même sillage, le déficit chronique en logement érigeant de ce fait le secteur de l’habitat en
    priorité nationale pour le gouvernement ainsi que les différents fonds alloués à la PME à travers le plan Émergence
    II et visant à apporter un soutien financier à ce segment de clientèle, représentent d’importants gisements de
    développement pour le secteur bancaire dans les années à venir.

    Si du point de vue macro-économique, le secteur bancaire est bien loti pour accompagner le développement de
    l’économie marocaine, il est important de souligner que celui-ci dispose de fondamentaux solides, à même de lui
    permettre d’être la principale source de financement du pays. Le poids important des dépôts non rémunérés, soit
    plus de 61 % des dépôts à la clientèle en 2009, la baisse du taux de contentieux de plus de 8 points sur les cinq
    dernières années ainsi que le faible coefficient d’exploitation du secteur bancaire comparativement aux pays en
    développement confortent la solidité financière et la rentabilité du secteur. Aussi, la croissance bénéficiaire à
    deux chiffres a permis de renforcer les fonds propres du secteur, qui demeure suffisamment capitalisé dans sa glo-
    balité.

    Cependant, la forte concentration des banques marocaines les pousse naturellement à rechercher des relais de
    croissance. La tendance baissière de la marge d’intermédiation incite les établissements bancaires à rechercher
    de nouvelles sources de revenus tant sur le marché local qu’international. Si la banque de financement et d’in-
    vestissement ainsi que l’activité de bancassurance connaissent un développement croissant, les activités à l’in-
    ternational des principaux groupes bancaires constituent de véritables relais de croissance en raison du potentiel
    économique et financier des marchés ciblés.

    Ce processus d’internationalisation exige des banques candidates d’une part, de disposer d’un modèle financier
    rentable au niveau local et capable d’être exporté à l’international dans des pays réceptifs, et d’autre part de
    renforcer leur solidité financière afin de pouvoir répondre tant à la croissance interne qu’externe. La dynamique
    de croissance des crédits sur le plan local ainsi que le coût de déploiement à l’international nécessitent des res-
    sources importantes, ce qui pourrait contraindre certaines banques à recourir à d’autres moyens de financement
    que ceux généralement utilisés.

    Ainsi, nous essaierons dans cette étude de répondre à l’ensemble de ces problématiques en montrant :

               Comment le secteur bancaire résiste aux chocs exogènes et à leurs impacts sur l’économie marocaine ;

               Quelle est la réelle physionomie du secteur bancaire marocain, d’apparence atomisée ;

               Quels sont les principaux relais de croissance des banques marocaines sur le marché domestique ainsi
                qu’à l’international ;

               Quel poids du secteur bancaire dans le paysage boursier marocain pour quel niveau de valorisation.




3                                                                                                   Secteur bancaire
Sommaire


       Comment le secteur bancaire a répondu présent à l’heure de l’épreuve ?..........................5

            Un secteur bancaire évoluant dans un cadre réglementaire très régulé… ..........................9

            Une économie qui a pu faire face aux chocs exogènes en raison d'une demande
            intérieure résistante ........................................................................................11

            Des opérateurs bancaires qui déploient les moyens pour assurer leur croissance ...............20

            Des actifs bancaires de qualité et une assise financière solide .....................................24




       D'apparence atomisée, quelle est la réelle physionomie du secteur bancaire marocain ? ......33

            Banques universelles vs banques spécialisées : quels modèles dominent le secteur bancaire .35

            Trois groupes bancaires constituent le noyau dur du secteur........................................40




       Quels sont les relais de croissance de ces groupes bancaires sur les marchés domestique
       et international ?.................................................................................................63

            Une banque de détail au potentiel de développement quelque peu consommé .................67

            Les activités de marchés et d’Investissement, la bancassurance :
            des relais de croissance organique .......................................................................70

            L’expansion internationale, une ambition commune ..................................................74




       Appréciation des niveaux de valorisation .................................................................87

            Un secteur incontournable du paysage boursier marocain ...........................................89

            …dont l’indice superforme structurellement les comparables ......................................92

            …affichant ainsi une prime amplement justifiée ......................................................93




       Conclusion          .................................................................................................97




Secteur bancaire                                                                                                                 4
Partie 1




Comment le secteur bancaire a répondu
   présent à l’heure de l’épreuve ?
Comment le secteur bancaire a répondu présent à l’heure de l’épreuve ? .......5




            Un secteur bancaire évoluant dans un cadre réglementaire très régulé… ..........................9



            Une économie qui a pu faire face aux chocs exogènes en raison d'une demande
            intérieure résistante ........................................................................................11

                   Quelles ondes de contagion ont impacté l'économie marocaine ? .............................11

                   Une demande intérieure forte, pilier de la croissance économique ..........................15

                       La consommation des ménages, principale composante de la demande intérieure ...............15

                       L’investissement public et privé, leviers structurels de financement bancaire ....................16




            Des opérateurs bancaires qui déploient les moyens pour assurer leur croissance ...............20

                   Une stratégie volontariste d'extension du réseau d’agences ...................................20

                   Un soutien permanent à l'investissement des entreprises ......................................22



            Des actifs bancaires de qualité et une assise financière solide .....................................24

                   Une structure saine des ressources confortée par le poids des dépôts non rémunérés ....25

                   Des emplois dominés par l'activité de crédit à la clientèle.....................................26

                   Un secteur suffisamment capitalisé dans sa globalité ...........................................29

                   Des revenus d’activité et un couple risque/rendement en nette amélioration .............31




Secteur bancaire                                                                                                               6
Le secteur financier marocain a connu, durant ces deux dernières décennies, une profonde mutation marquée par
   des opérations de restructuration et d’assainissement des ex-Organismes de Financement Spécialisés (BNDE, CIH,
   CAM), la privatisation des banques publiques (BMCE, BCP) ainsi qu’une fusion majeure (BCM-Wafabank). Au-delà
   de la refonte du cadre réglementaire et institutionnel, la mise à niveau avant-gardiste du secteur bancaire a per-
   mis au secteur financier marocain d’être aujourd’hui l’un des plus organisés et des plus performants de la région
   Sud-méditerranéenne. Cette réforme structurelle du système financier a valu au pays d’être reconnu par le FMI
   comme disposant d’un « secteur bancaire stable, adéquatement capitalisé, rentable et résistant aux chocs » (IMF
   Country report).

   Les différentes réformes financières entamées au milieu des années 90, que ce soient celles visant à moderniser
   le marché des capitaux, à libéraliser les changes ou à restructurer le secteur bancaire, ont eu les fruits escomp-
   tés puisqu’elles ont permis au secteur bancaire de conforter son rôle de principale composante du système finan-
   cier, avec un total actif de 112,4 % du PIB en 2009. Aussi, les marchés de capitaux ont également fortement contri-
   bué au renforcement de la structure financière du pays avec une capitalisation boursière représentant 68,6 % du
   PIB durant cette même année.


   Évolution du total actif bancaire                             Évolution de la capitalisation boursière
   en % du PIB                                                   en % du PIB



                                                                                     95,0%
                                    110,8%      112,4%                                              77,2%
                        106,5%                                           72,3%                                     68,6%
            93,6%



            2006        2007        2008        2009                     2006        2007           2008           2009


                                                                                             Source : Direction Analyse et Recherche




   La politique monétaire rigoureuse de Bank Al Maghrib durant ces dernières années, marquée par une flexibilité du
   taux directeur visant à préserver la stabilité des prix et atténuer les risques inflationnistes ainsi que la fluidité du
   marché interbancaire ont permis à la banque centrale de jouer pleinement son rôle de régulateur de l’économie
   marocaine. Ainsi, cette politique judicieuse a permis à l’autorité centrale marocaine de faire face aux chocs éco-
   nomiques au moment où les banques centrales européennes et américaines ont failli à leurs missions.

   En effet, la crise financière internationale, la pire depuis 1929, a mis à nu les politiques de régulation de la BCE
   et de la FED qui ont échoué à atteindre leurs objectifs notamment le maintien de la croissance long terme et la
   maîtrise de l’inflation. La volonté de l’État américain de relancer l’économie du pays au début de cette décennie
   à travers une politique de taux d’intérêts bas visant à maintenir la croissance et accroître les liquidités, associée
   à une mauvaise appréciation des risques, ont accru de manière significative les crédits non performants.
   L’insolvabilité des emprunteurs à faibles revenus ainsi que le recouvrement des créances par les organismes de
   crédit a accentué la baisse des cours des prix de l’immobilier, provoquant ainsi l’éclatement de la bulle spécula-
   tive immobilière, initialement encouragée par la politique monétaire du pays.




Secteur bancaire                                                                                                                       7
Cette crise internationale a eu le mérite de nous apprendre quelques enseignements et de tirer les leçons de la
    dérégulation financière et de la mondialisation libérale. Il importe donc à la banque centrale d’œuvrer pour que
    la conjonction de plusieurs instruments monétaires puisse permettre à l’économie marocaine de maintenir une
    croissance saine dans les années à venir, à savoir :

          un taux directeur qui favorise la croissance et qui vise une inflation cible ;

          un interventionnisme remarqué sur le marché monétaire pour réguler, absorber ou injecter les flux de liqui-
           dité nécessaires ;

          un maintien d’un ratio de solvabilité à un niveau adéquat pour absorber des chocs externes, et une capa-
           cité à lever des fonds en cas de crise de liquidité ;

          une réflexion autour de l’instauration d’un ratio de levier ou « Leverage ratio » fixant un niveau d’endet-
           tement maximum pour les banques (un total bilan ne dépassant pas 25 fois les fonds propres). Ce ratio,
           déjà adopté aux Etats-Unis et qui était au centre des débats lors de la crise financière, mesure le bilan
           des banques à l’aune de leurs fonds propres réglementaires, et viendrait s’ajouter à celui prévu dans les
           accords de Bâle II. Il consiste pour la banque à disposer de fonds propres suffisants pour faire face aux
           risques de pertes en cas de crise financière, mais aussi à adopter des activités moins risquées. La discus-
           sion sur l’adoption de ce ratio à l’échelle internationale sera effective à partir de 2011.



    Au Maroc, le secteur bancaire a réussi à se sortir indemne de la crise, et ce pour plusieurs raisons tant structu-
    relles que conjoncturelles. En effet, la forte régulation du système financier ainsi que l’évolution macro-écono-
    mique favorable du pays ont permis au pays d’amortir considérablement les effets de cette crise.

    Cependant, si l’économie marocaine a été touchée depuis le premier trimestre 2009 par différents facteurs de
    transmission de la crise économique internationale, il n’en demeure pas moins que l’évolution favorable de la
    contre-performance de ces ondes de contagion, durant cette année, montre que le pays possède les boucliers
    nécessaires pour résister à la détérioration de ses équilibres macro-économiques. En effet, la forte demande inté-
    rieure, tant des ménages que des entreprises publiques et privées, a permis d’amortir ces chocs exogènes, soute-
    nue par un secteur bancaire disposant d’actifs de qualité et une solidité financière lui permettant de remplir par-
    faitement sa mission.




8                                                                                                   Secteur bancaire
Un secteur bancaire évoluant dans un marché financier très régulé
   Alors que la plupart des pays industrialisés ont libéralisé leurs secteurs financiers à partir des années 60 afin de
   permettre aux mécanismes du marché de réguler les systèmes financiers en lieu et place de l’État, la libéralisa-
   tion financière au Maroc n’a débuté qu’à partir des années 90 de façon progressive, avec comme objectifs la
   modernisation du secteur bancaire et le développement des activités de marché.

   Si la réforme du secteur bancaire a permis de libéraliser les taux d’intérêts, de moderniser les instruments de la
   politique monétaire et de renforcer la réglementation prudentielle, le système bancaire marocain dispose aujour-
   d’hui de fortes barrières à l’entrée. En effet, la faible exposition des banques à l’international (3,1 % du total actif
   des banques à fin 2009), la rigidité du marché des changes (restriction aux sorties de capitaux) ainsi que l’état
   embryonnaire de la titrisation et des marchés dérivés rend le secteur bancaire assez hermétique.


   Évolution de l’engagement des banques marocaines en devises et part en % du total actif


                                               Engagement en devises (MMDh)          Total actif
                                   4,6%
                                                 4,1%
                                                                  3,3%                3,1%
                                                 27,1                                  26,2
                                 25,2                              25,2




                                 2006             2007             2008                 2009


                                                                                                                   Source : Bank Al Maghrib

   Aussi, la structure des actifs bancaires demeure peu risquée puisque les ressources du secteur sont constituées à
   plus de 70 % de dépôts à la clientèle et que les emplois sont dominés par le crédit (73,2 % du total bilan). Les
   concours bancaires demeurent le principal mode de financement des agents économiques, comme en témoigne
   l’évolution croissante du taux de financement bancaire, qui s’établit à 77,2 % à fin 2009.

   Évolution du taux de financement bancaire de l’économie*


                                                                     76,9%                77,2%
                                                    69,7%

                                     57,5%




                                    2006            2007             2008                 2009
                                                                                                    Source : Direction Analyse et Recherche
                                                                          * Part des crédits à l’économie rapporté au Produit Intérieur Brut

   En effet, les crédits à l’économie accordés par les banques ont plus que doublé sur la période 2005-2009 portés
   par un contexte macro-économique favorable. L’évolution de la demande intérieure et la forte progression de l’in-
   vestissement ont été soutenues par des conditions de financement favorables tant au niveau des taux d’intérêts
   que celui des volumes octroyés par les établissements bancaires.


Secteur bancaire                                                                                                                               9
L’additionnel distribué en crédit bancaire ces deux dernières années s’établit en moyenne à 140 MMDh, avec une
     contribution majoritaire pour le financement du secteur immobilier, soit plus de 65 MMDh. Le ratio Crédits à l’éco-
     nomie / PIB est largement au-dessus de la moyenne de la région MENA qui s’établit à 62,0 %, mais demeure infé-
     rieur à la moyenne européenne qui dépasse les 110 %.

     Crédits à l’économie / PIB (%) et PIB par habitant (en milliers de $)


                           140%
                                                                 UAE                  Moyenne région MENA
                           120%
                           100%
                            80%        Maroc Liban                Koweit
                            60%           Tunisie                                                Qatar
                                                     Arabie Saoudite
                            40%       Egypte           Oman
                                         Algérie
                            20%
                            0%
                                  0           20 000          40 000       60 000      80 000       100 000
                                                                                                         Source : Banques Centrales, Bloomberg


     Enfin, le marché des capitaux est peu exposé à l’international : la part de l’investissement étranger représente
     28,5 % de la capitalisation boursière en 2009 et plus de 90 % de cette part relève des participations stratégiques
     réputées stables. Ainsi, la part volatile des capitaux étrangers investis à la bourse de Casablanca est marginale et
     ne représente que 2,5 % de la capitalisation boursière à fin 2009. Enfin, l’analyse de la répartition des investis-
     seurs étrangers par nationalité (personnes physiques) montre la prédominance des Ressortissants Marocains à l’É-
     tranger dont la part représente 71,0 % du nombre d’investisseurs en 2009.


     Évolution de la part des investisseurs étrangers et RME (% capitalisation boursière)


                                          29,8%               27,3%           29,1%             28,5%




                                          2006             2007              2008            2009
                                                                                                                                Source : CDVM




10                                                                                                                    Secteur bancaire
Une économie qui a pu faire face aux chocs exogènes en raison
   d’une demande intérieure résistante
   La récente crise mondiale a mis un terme à un cycle de conjoncture économique favorable, démarrant au début
   de la décennie, et dans lequel la plupart des pays industrialisés et émergents ont réalisé des taux de croissance
   significatifs et contribué au développement des échanges commerciaux internationaux.

   Le Maroc, économie émergente, a été exposé naturellement aux méfaits de la crise économique en 2009, à savoir
   la contraction des investissements étrangers, l’amenuisement des transferts RME, la baisse des échanges com-
   merciaux mais aussi le recul des revenus provenant d’activités érigées en tant que secteurs prioritaires de déve-
   loppement pour le gouvernement, à savoir le tourisme ainsi que l’Offshoring.


   Quelles ondes de contagion ont impacté l’économie marocaine ?
   L’économie marocaine, étant corrélée au cycle économique de ses partenaires européens, a dû faire face à plu-
   sieurs facteurs de contagion :

   • Les échanges commerciaux de biens : la baisse de la demande des pays étrangers a entraîné une baisse des
     exportations marocaines à destination de ces marchés, ce qui a creusé le déficit de la balance commerciale.
     Toutefois, la baisse prononcée des importations en 2009 a permis d’atténuer l’aggravation de ce déficit ;

   • Les transferts des travailleurs marocains résidents à l’étranger : la baisse de l’activité des principaux secteurs
     demandeurs d’emplois saisonniers ou de mains d’œuvre étrangère, notamment dans l’agriculture et le BTP a tou-
                                                                                                                ,
     ché de plein fouet les revenus des MRE, ce qui a limité les transferts d’argent à destination du Maroc. Ceci s’est
     négativement répercuté sur la consommation des ménages et le développement du marché immobilier et des biens
     de consommation ;

   • Les flux de capitaux étrangers : la crise a réduit l’attractivité de la région en terme de captation des capitaux
     privés, en raison du ralentissement économique mondial mais aussi des opportunités d’arbitrage que peuvent
     dorénavant offrir d’autres destinations dans le monde. Aussi, les lancements des différents projets d’investis-
     sements ont été retardés ou abandonnés faute de financement ;

   • Les recettes touristiques : la baisse des revenus des ménages dans les pays émetteurs de touristes limite le
     potentiel de consommation et d’investissement de ces derniers. À cela s’ajoutent les différents arbitrages en
     termes de prix et de qualité d’offre touristique de la part des ménages en temps de crise. En effet, la baisse des
     prix immobiliers dans les zones touristiques européennes (Espagne, Grande-Bretagne) a réduit la compétitivité
     des destinations marocaines.



                                            Crise économique mondiale




      Échanges commer-                        Facteurs de contagion
                                                                                                    Transferts MRE
        ciaux de biens                       de l’économie marocaine



       Flux de capitaux                                                                             Recettes touris-
          étrangers                                                                                     tiques


                                                                                         Source : Direction Analyse et Recherche




Secteur bancaire                                                                                                                   11
L’observation des différents facteurs de contagion de l’économie marocaine montre que le pays n’a pu échapper
     à la dégradation de ses indicateurs économiques du fait de la corrélation de son économie avec celle de ses par-
     tenaires européens. Néanmoins, l’évolution trimestrielle de ces différents indicateurs confirme la bonne résis-
     tance de l’économie à cette crise et laisse présager une reprise durant le premier semestre 2011.

     Transferts RME : un retour à la normale malgré la crise à l’international

     Les transferts MRE ont baissé de 5,3 %, pour s’élever à 50,2 MMDh en 2009. Cette décélération est identique à celle
     observée dans le monde, mais demeure meilleure que celle observée au niveau de certains pays comme le Mexique
     (-17,9 %), l’Egypte (-23,5 %) ou la Jordanie (-7,0 %). Cependant, l’évolution positive de ces transferts au quatrième
     trimestre de 9,5 % par rapport au T4 2008 ainsi que le maintien d’un encours des dépôts MRE au niveau des banques
     de 20,9 % dans les dépôts globaux, en hausse de 100 pbs par rapport à 2008 témoigne de la bonne résistance de
     cet agrégat à la crise. Aussi, la croissance des transferts MRE lors des trois trimestres de l’année 2010 de 7,7 % par
     rapport à la même période de l’année dernière confirme le renversement de cette tendance.


     Évolution trimestrielle des transferts RME (encours MDh, GA* en %)

                            18 000                                                                                15%
                            16 000                                                                8,5%            10%
                                                                                         13,0%            4,3%
                            14 000                                                9,8%
                                                                                                                  5%
                            12 000
                            10 000                                                                                0%
                             8 000      -5,5%
                                                                          -5,2%                                   -5%
                             6 000                               -10,0%                                           -10%
                             4 000               -16,2% -14,6%
                             2 000                                                                                -15%
                                 0                                                                                -20%
                                        T3 2008 T4 2008 T1 2009 T2 2009 T3 2009 T4 2009 T1 2010 T2 2010 T3 2010

     * Evolution calculée par rapport au même trimestre de l’année précédente                                            Source : Office des Changes



     Recettes voyage : le tourisme redécolle

     La politique macro-économique du Maroc a érigé l’activité touristique en secteur prioritaire. Ce secteur repré-
     sente 7,5 % du PIB, 14.7 % des recettes de la balance des paiements et 18,9 % des investissements directs étran-
     gers à fin 2009. Cependant, la vision 2010 pensée par le gouvernement et visant à atteindre 10 millions de tou-
     ristes, une capacité litière de 230 000 lits et la création de 600 000 emplois a eu des résultats mitigés. Sur les dix
     millions de touristes, on compte 8,3 millions de clients à fin 2009 et les arrivées de touristes depuis le début de
     cette année (+0,8 million) demeurent insuffisantes pour atteindre cet objectif à 100 %. Aussi, sur les six stations
     prévues dans le cadre de ce plan, seules deux sont opérationnelles (Saidia, Mazagan) en raison du retrait des inves-
     tisseurs étrangers, sous l’impact de la crise internationale.

     Toutefois, le gouvernement appuyé par les opérateurs privés est sur le pied de guerre et demeure mobilisé pour
     faire de ce secteur une priorité nationale. Ainsi, la multiplication des investissements et l’élaboration de la vision
     2020 (objectif : 20 million de touristes) témoignent de la volonté manifeste de poursuivre le développement de ce
     secteur. Cette politique d’investissement alimente l’activité de crédit des banques, étant naturellement parties
     prenantes dans le financement de ces projets.

     En 2009, les recettes voyages n’ont enregistré qu’une baisse modérée de 5,0 % en glissement annuel témoignant
     de la capacité du royaume à faire valoir ses atouts de proximité et de rapport qualité/prix pour préserver sa com-
     pétitivité, même en période de crise.




12                                                                                                                         Secteur bancaire
En effet, l’observation de l’évolution des recettes lors des trois premiers trimestres de l’année 2010 (+6,6%)
   montre une nette appréciation de ces revenus comparativement aux mêmes périodes des années précédentes. Dès
   lors, nous estimons que ces revenus s’amélioreront à partir de 2011 en raison de la reprise économique des pays
   émetteurs de touristes mais également en raison du soutien financier des pouvoirs publics pour consolider la valeur
   ajoutée du secteur dans le PIB.

   Évolution trimestrielle des recettes voyages (encours MDh, GA* en %)


                            25 000                                                                                      20%
                                                                                     14,1%   12,9%                      15%
                            20 000                                                                       6,1%           10%
                                                                                                                3,3%
                                                                             -2,4%                                      5%
                            15 000                                                                                      0%
                                        -8,3%                       -8,2%                                               -5%
                            10 000                                                                                      -10%
                                                 -17,1%
                                                                                                                        -15%
                                                          -23,3%
                             5 000                                                                                      -20%
                                                                                                                        -25%
                                 0                                                                                      -30%
                                      T3 2008 T4 2008 T1 2009 T2 2009 T3 2009 T4 2009 T1 2010 T2 2010 T3 2010

   * Evolution calculée par rapport au même trimestre de l’année précédente                                                    Source : Office des Changes



   Balance commerciale : la machine à exporter redémarre
   Les exportations de biens et services ont baissé en 2009 de 27,4%, tirées principalement par la baisse des ventes
   de phosphates et dérivés. En effet, l’OCP, acteur majeur dans l’exportation du phosphate et de ses dérivés a volon-
   tairement suspendu ses exportations pour maîtriser l’évolution du prix de sa matière et par la même occasion opé-
   rer des travaux d’entretien de son outil industriel. Hors phosphates, les exportations ont enregistré un recul de
   9,0%. Cependant, la baisse du niveau des importations de 19,0%, en raison du repli des importations des produits
   énergétiques et produits bruts a permis d’alléger le déficit de la balance commerciale puisque ce dernier s’est
   amélioré de 11,4% en glissement annuel. Les dix premiers mois d’exportation de l’année 2010 enregistrent une
   croissance de 27,0% par rapport à la même période de l’année précédente, tirés par la reprise de l’activité de
   phosphates à l’international (+87,0%). Les importations ne sont pas en reste puisque depuis le début de cette
   année, l’activité a enregistré une évolution de 13,5% par rapport à la même période de l’année précédente.
   Si à l’heure actuelle, les principaux secteurs exportateurs hors phosphate (textile, sous-traitance etc.) demeurent
   particulièrement impactés par le manque de visibilité et l’absence de signes de relance durables au niveau interna-
   tional, nous demeurons très confiants quant à la reprise de l’activité de phosphate en 2011 (FMB reports). En effet,
   l’évolution positive de la demande en phosphate et dérivés ainsi que la reprise économique en Europe devraient
   impacter positivement l’évolution de la balance commerciale durant cette année.

   Évolution des exportations de biens et services (encours MDh, GA* en %)


                            45 000                                                                                      50%
                                            41,0%                                                               41,0%   40%
                                                                                                 22,4%                  30%
                            35 000                                                       15,2%                          20%
                                                                                 -4,6%                                  10%
                            25 000               -11,0%                                                                 0%
                                                                                                                        -10%
                                                          -27,7%
                                                                   -37,4%                                               -20%
                            15 000
                                                                                                                        -30%
                                                                            -31,8%
                                                                                                                        -40%
                                 0                                                                                      -50%
                                      T3 2008T4 2008T1 2009T2 2009T3 2009T4 2009T1 2010T2 2010T3 2010


   * Evolution calculée par rapport au même trimestre de l’année précédente                                                    Source : Office des Changes




Secteur bancaire                                                                                                                                             13
Investissements directs étrangers : un niveau semestriel comparable à 2005-2006

     Les recettes IDE ont baissé de 26,1 % pour s’établir à 26,1 MMDh à fin 2009. Le secteur d’activité le plus concerné
     par cette baisse est le secteur du tourisme qui voit sa contribution passer de plus de 40 % du total IDE en 2007 à
     moins de 10 % en 2009. Ceci s’explique principalement par la dynamique qu’a connue le pays en 2006 avec le lan-
     cement des différents projets touristiques et dans lesquels les investisseurs des pays arabes ont pris part
     (18,5 MMDh investis en 2006-2007).

     Depuis le troisième trimestre 2010, nous observons une reprise des investissements puisque les recettes IDE enre-
     gistrent une hausse de 82,2 % au T3 2010 contre -16,7 % à la même période de l’année précédente. Toutefois,
     notons que le niveau de ces recettes demeure inférieur à la moyenne trimestrielle enregistrée durant la période
     2005-2009, soit 8,7 MMDh. La reprise en Europe et aux USA durant le premier trimestre 2011 pourrait accélérer les
     flux de capitaux étrangers à destination du Maroc, sachant que le pays érige le tourisme et l’immobilier comme
     secteurs prioritaires de développement (ces deux secteurs contribuent à plus de 70 % du total des recettes IDE).
     Notons que l’opération de cession de 40 % de Méditel à France Télécom (720 millions d’euros) va permettre au
     pays d’enregistrer en 2010 un volume d’investissements directs étrangers similaire à celui enregistré en 2009.


     Évolution des recettes IDE (En MDh, GA* en %)



                             14 000                        Moyenne trimestrielle sur la période 2005-2009         100%
                             12 500                                                                      83,8%
                                                                                                                  80%
                             12 000                                                                         82,2% 60%
                             10 500                                                  54,1%
                              9 000                                                                               40%
                              7 500                                                                               20%
                              6 000                                      -16,7%                                   0%
                              4 500     -33,0%            -23,4%
                                                                                                                  -20%
                              3 000
                              1 500                                                          -46,7%               -40%
                                                 -40,2%                 -51,1%
                                  0                                                                               -60%
                                       T3 2008 T4 2008 T1 2009 T2 2009 T3 2009 T4 2009 T1 2010 T2 2010 T3 2010

     * Evolution calculée par rapport au même trimestre de l’année précédente                                            Source : Office des Changes



     L’évolution positive de ces quatre facteurs de contagion depuis le début de l’année confirme bel et bien la résis-
     tance salutaire de l’économie marocaine à la dégradation de la conjoncture internationale. En effet, la forte
     demande intérieure des agents économiques constitue un véritable levier de développement pour le secteur ban-
     caire. Aussi, l’évolution positive des transferts RME ainsi que la reprise de l’activité à l’export constituent de véri-
     tables bouffées d’oxygène pour le secteur compte tenu du déficit structurel de liquidité sur le marché.




14                                                                                                                         Secteur bancaire
Une demande intérieure forte, pilier de la croissance économique

   Durant la période 2006-2009, le Produit Intérieur Brut a enregistré une croissance annuelle moyenne de 8,4 %.
   Cette dynamique de croissance économique a été consolidée par le poids important de la demande intérieure,
   principalement l’investissement et la consommation des ménages qui ont représenté à fin 2009 respectivement
   30,7 % et 57,0 % du produit intérieur brut.

   Demande intérieure en % du PIB nominal

                            66%                                                                                  35%
                            64%                                                                                  33%
                                                                       33,1%                                     31%
                            62%                        31,2%
                                                                                              30,7%              29%
                            60%    28,1%                                                                         27%
                            58%                                                                                  25%
                                                       58,4%           58,2%
                            56%   57,5%                                                                          23%
                                                                                               57,0%             21%
                            54%
                                                                                                                 19%
                            52%      Dépenses de consommation des ménages (G)                 FBCF (D)
                                                                                                                 17%
                            50%                                                                                  15%
                                   2006                2007            2008                    2009
                                                                                                                       Source : Rapport annuel BAM


   La consommation des ménages, principale composante de la demande intérieure

   La consommation des ménages a réalisé un taux de croissance annuel moyen de 8,1 % sur la période 2006-2009
   contre 4,4 % entre 2000-2004. Cette forte évolution s’explique par la consolidation du pouvoir d’achat des
   ménages, favorisée par :

         les allègements fiscaux à travers les trois réductions successives de l’impôt sur le revenu durant les années
           2007 et 2009 de 44 % à 38 % qui ont permis d’injecter plus de 8 MMDh dans le circuit de consommation ;

         la consolidation des transferts RME qui ont augmenté en moyenne de 15,5 % sur cette période, pour repré-
          senter en 2009 un encours de 53,1 MMDh ;

         la facilité d’accès au financement matérialisée par la tendance baissière des taux d’intérêts avec une
          moyenne des taux débiteurs sur les crédits à la consommation aux particuliers de 7,3 % sur les trois der-
          nières années contre plus de 9 % appliqué sur la période 2004-2006 et une simplification des conditions
          d’octroi.

    Dépenses de consommation des ménages                        Évolution des crédits à la consommation et des
    (en MMDh)                                                   taux débiteurs appliqués

                   TCAM de 8,1%                                   80             Crédit à la consommation                                      15%
                                                419               70             Taux d'intérêt débiteur moyen                       69,2      13%
                                   400
                           360                                                                                     61,2
                                                                  60       8,8%                                                                11%
            332                                                                                50,3
                                                                  50                       7,6%                                                9%
                                                                              40,8                          7,1%                 7,3%
                                                                  40                                                                           7%
                                                                  30                                                                           5%
                                                                  20                                                                           3%
                                                                  10                                                                           1%

            2006           2007    2008         2009               0                                                                           -1%
                                                                               2006            2007                2008              2009

                                                                                                                          Source : LDF 10, GPBM, APSF




Secteur bancaire                                                                                                                                        15
Paradoxalement, l’observation de l’endettement des ménages témoigne du lien direct entre la demande de cré-
     dit et l’augmentation du pouvoir d’achat. En effet, le rapport entre l’encours de crédits distribués et le revenu
     national brut disponible croît de manière linéaire, pour s’établir selon nos estimations à 24,4 % en 2009, en hausse
     de plus de 5,7 points par rapport à 2006. Ce ratio demeure largement inférieur à celui observé en Europe qui se
     situe entre 60 et 100 %.

     Évolution de l’endettement des ménages (MMDh)

                              900     RNBD            Crédits aux ménages / RNBD                                    50%
                              800                                                                  779,7            45%
                                                                            746,6
                              700                             671,6                                                 40%
                                      624,7                                                                         35%
                              600
                                                                                                                    30%
                              500
                                                                                                                    25%
                              400                                                  23,6%                  24,4%
                                                                  22,9%                                             20%
                              300             18,7%                                                                 15%
                              200                                                                                   10%
                              100                                                                                   5%
                               0                                                                                    0%
                                       2006                    2007          2008                    2009

                                                                                                                           Source : Bank Al Maghrib

     Toutefois, en période de conjoncture économique moins favorable, un endettement excessif des ménages pourrait
     se traduire par une hausse du contentieux, qui impacterait considérablement le niveau de risque encouru par les
     organismes de financement. Si l’observation de la structure de l’endettement des ménages montre que la part du
     crédit à la consommation croît de manière linéaire ces dernières années, particulièrement pour les tranches de
     revenus les plus faibles (49 % en moyenne en 2009 pour les revenus  3 000 Dh contre 35 % en 2004), le principe de
     quotité de financement de 50 % du salaire s’est avéré insuffisant pour maintenir la solvabilité des ménages. En effet,
     le taux de créances en souffrance constaté au niveau de la tranche de revenus la plus faible demeure élevée pour
     s’établir à 14 % et à une moyenne comprise entre 9 et 16% pour les autres tranches de revenus. C’est dans ce
     contexte que plusieurs mesures ont été prises afin de réduire ce ratio, notamment l’octroi de crédit aux fonction-
     naires sur la base du reliquat du salaire après déduction d’une somme de 1 500 Dh/mois et d’une dotation de 150 Dh
     par enfant. Aussi, la mise en place du Crédit Bureau (Centrale des risques), courant 2009, intervient à point nommé,
     traduisant la volonté de la banque centrale de doter le système bancaire d’un outil de prévention du risque de cré-
     dit, permettant de déterminer la solvabilité d’un emprunteur préalablement à l’octroi d’un crédit.

     L’investissement public et privé, leviers structurels de financement bancaire
     L’économie marocaine a connu une ascension continue des investissements ces quatre dernières années. La Formation
     Brute du Capital Fixe, agrégat mesurant l’investissement en capital fixe des différents agents économiques, a affiché
     une progression moyenne de 11,6 % sur la période 2006-2009, contre 4,4 % entre 2000 et 2004. Ainsi, le FBCF a contri-
     bué à hauteur de 30,7 % du Produit Intérieur Brut en 2009, en hausse de 5,5 points par rapport à 2005.

     Évolution de la FBCF (en MMDh)                                       Structure du FBCF (%, moy. 2005-2009)

                      TCAM de 11,6%
                                      227,9           226,1
                             192,6                                                    BTP
                                                                                     50,3%
              162,5
                                                                                                                                   Industrie
                                                                                                                                    41,9%


                                                                                                 Agriculture    Services
                                                                                             et services annexes 5,8%
               2006          2007     2008            2009                                           2,0%


                                                                                                                           Source : Bank Al Maghrib




16                                                                                                                         Secteur bancaire
L’observation de l’encours du FBCF, agrégat de mesure de l’investissement par agent économique, démontre le
   poids de l’investissement privé qui représente 55,8 % en moyenne sur la période 2004-2008, en évolution de 14 %
   en moyenne par an, soit le double du rythme de croissance observé sur la période 1998-2003.

   L’investissement des ménages, principalement dans le secteur du logement, représente quant à lui 34,2 % du FBCF
   sur la période, en hausse de 80 pbs par rapport à la période précédente. Le dynamisme de ce secteur s’explique
   par les conditions favorables mises en place par l’État et les banques pour faciliter l’accès des ménages au loge-
   ment, à travers l’adéquation de l’offre, la mise en place de fonds de garantie ainsi que des taux d’intérêts acces-
   sibles. Enfin, l’investissement des entreprises publiques, même s’il ne représente que 9,6 % du FBCF, continue de
   jouer son rôle de catalyseur de l’investissement privé.

   L’investissement des ménages : les beaux jours sont à venir

   Les ménages constituent les seconds contributeurs à la Formation Brute du Capital Fixe. Avec une moyenne de
   33,8 % depuis le début de la décennie, l’investissement des ménages, à travers l’acquisition de bien immobilier,
   s’est développé en moyenne de 7,5 % par an, soutenu par la dynamique des autorités publiques visant à résorber
   le problème de l’habitat en général, et l’habitat insalubre en particulier.

   Le système bancaire marocain contribue modestement au développement du secteur à l’habitat. Si les crédits à
   l’habitat représentent 29,4 % de l’encours des crédits à la clientèle, un niveau comparable à celui des pays indus-
   trialisés, il n’en demeure que sa contribution dans le PIB demeure relativement faible pour s’élever à 14 %, contre
   une moyenne de 39 % pour des pays de la zone euro-méditerranéenne.


   Évolution des crédits à l’habitat (en MMDh)              Crédits à l’habitat (en % PIB)


                                    %
                              e 18,4
                     TCAM d                    110,4              USA                                                     87%
                                        97,9
                      85,5                                     Espagne                                     62%
          66,3
                                                                France                   35%
                                                                 Italie            20%
                                                                Maroc        15%
                                                                Tunisie     10%
           2006        2007             2008    2009


                                                                                               Source : GPBM, Banques Centrales



   La crise internationale a eu un impact relativement modéré sur la croissance des crédits à l’habitat puisque l’en-
   cours a enregistré en 2009 une évolution positive de 11,7 % pour s’établir à 111,0 MMDh. S’il est certain que cette
   performance demeure inférieure à celle enregistrée durant la période 2005-2008, soit une croissance moyenne de
   22,7 %, nous pensons que cette évolution est salutaire dans un contexte de crise immobilière internationale.

   Ainsi, l’évolution favorable des crédits à l’habitat cette année provient principalement du logement économique
   et social qui connaît un fort engouement. Il faut dire que ces segments ont été érigés en priorité nationale par le
   gouvernement compte tenu des besoins en logement dans le royaume : le déficit en logement au Maroc s’élève à
   près de 984 000 unités auquel s’ajoute un besoin annuel de 120 000 unités en raison de l’accroissement démogra-
   phique et la hausse du taux d’urbanisation. Dans ce cadre, différentes réformes ont été lancées par l’État, à savoir




Secteur bancaire                                                                                                                  17
la mobilisation de fonds publics (FOGARIM, FOGA-LOGE) ainsi que l’aménagement et la cession du foncier public à
     des conditions préférentielles. Dans le même sillage, la mise en place de fonds de garantie, la politique fiscale et
     les conditions de financement favorables ont permis de consolider la dynamique de développement de ces deux
     segments d’activité.


     Le logement haut standing a, quant à lui, été frappé de plein fouet par la crise économique internationale cette
     année en raison du repli de la demande extérieure et de la forte augmentation des prix. Les différents projets lan-
     cés dans les villes touristiques n’ont pas trouvé acquéreur et les prix élevés pratiqués n’ont pas incité la clientèle
     locale à y investir. Toutefois, nous pensons que ce segment a un potentiel de développement élevé dans les années
     à venir dès lors que l’offre en logement se situe dans les villes à forte demande et qu’une révision des prix à la
     baisse ait lieu.


     Dans les années à venir, nous pensons que les différents segments immobiliers connaîtront un développement sou-
     tenu en raison de la demande persistante en matière d’accès à l’habitat intermédiaire, du déficit chronique en
     logement social et de la capacité du segment haut standing à se développer en dépit de la baisse de la demande
     extérieure.


     À cet effet, les nouvelles actions engagées par le gouvernement en 2010 en vue de soutenir le dynamisme du sec-
     teur immobilier plaident pour un développement du crédit à l’habitat pour les années à venir. Ainsi, l’État a mis
     en place différents leviers pour soutenir ce secteur dans les prochaines années :


           La mobilisation d’une réserve foncière additionnelle de 3 853 hectares destinée à la réalisation de 200 000
            unités d’habitation ;


           Le développement de l’habitat économique avec la mise en chantier de 2 100 unités dans le cadre du pro-
            gramme à 140 000 Dh, qui viendront s’ajouter aux 22 800 unités dont les travaux ont été lancés en 2008 ;


           La production de 50 000 villas économiques par an destinées aux classes moyennes ainsi que la poursuite
            du lancement de villes nouvelles, à l’exemple de Chrafat près de Tanger et Tagadirt à proximité d’Agadir,
            sur une superficie totale de 2 100 hectares.




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L’investissement public, un stimulateur de la croissance économique

   Le renforcement de la demande intérieure ne peut se faire sans une forte impulsion de l’investissement public,
   gage de confiance d’un pays dans son potentiel de croissance économique. Dans ce contexte, les efforts de l’exé-
   cutif en la matière se sont traduits par une croissance moyenne de l’investissement de 24,1 % sur la période 2006-
   2009, pour atteindre 133,4 MMDh en 2009.

   Les retombées de l’investissement public sur l’investissement privé sont considérables. Un défaut grave d’inves-
   tissement public peut menacer la croissance du secteur marchand. À l’inverse, une politique volontariste d’inves-
   tissement public stimule, voire encourage l’investissement privé.


   Évolution de l’effort d’investissement public (en MMDh)

                                       Administrations publiques      Etat et administrations publiques
                                                                                                            133,4
                                                        TCAM de 24,1%                109,9
                                                               90,2                                  84,9
                                       69,8                                 66,4
                                                        49,4
                                40,9




                                   2006                    2007                  2008                     2009
                                                                                                                    Source : Ministère des Finances


   Le pays est engagé depuis plusieurs années sur plusieurs réformes visant à rendre l’économie marocaine moins
   dépendante de la volatilité du secteur agricole et plus compétitive (stratégie du Plan Vert). Les investissements
   publics sont liés de près à l’amélioration de la capacité de production de l’économie. Ainsi, les différents pro-
   grammes d’investissement retenus ces cinq dernières années visent la poursuite en 2011 de la politique des grands
   chantiers d’infrastructure, à savoir :

         Le programme d’extension des autoroutes avec un objectif de plus de 1200 km à l’horizon 2011, et une
          réalisation annuelle de 160 km, ainsi que les participations aux différents projets du plan Azur ;
         Le programme ferroviaire visant principalement la réalisation de la ligne grande vitesse, la rénovation des
          gares existantes, ainsi que les lignes de tramway ;
         Le programme portuaire avec le lancement du deuxième port à conteneurs à Tanger Med ainsi que la mise
          à niveau des équipements des différents ports du royaume.

   C’est ainsi que l’effort d’investissement global du secteur public prévu pour 2011, se chiffre à 167,3 MMDh, en
   hausse de plus de 23 % par rapport à 2009. L’observation du budget d’investissement prévisionnel des établisse-
   ments publics pour cette année montre que le gouvernement entend consolider la dynamique de croissance éco-
   nomique du pays en 2011, à travers un soutien financier pour l’ensemble des secteurs (budget d’investissement de
   107,6 MMDh, en hausse de +26,7 % par rapport à 2009).

   Si le financement des investissements publics est assuré par l’impôt, les emprunts obligataires, mais aussi le
   recours de l’État à des emprunts auprès de la Banque centrale et des organismes internationaux, il n’est nul doute
   que le financement bancaire s’engagerait de même dans ces chantiers. La plupart des établissements publics ont
   des lignes de crédit avec l’ensemble des banques de la place, ce qui signifie que l’évolution du budget d’investis-
   sement de ces entreprises impactera directement l’évolution de l’encours de crédit dans les années à venir. Aussi,
   le facteur de transmission de l’investissement public à l’investissement privé, permettra d’impacter positivement
   la croissance de l’activité des entreprises privées, grandes consommatrices de crédit bancaire.




Secteur bancaire                                                                                                                                      19
Des opérateurs bancaires qui déploient les moyens pour assurer leur
     croissance
     Les banques marocaines ont joué un rôle majeur dans le développement du financement bancaire lors du dernier
     quinquennat. Confortés par une conjoncture favorable, les opérateurs bancaires ont mené des investissements
     importants en vue de bancariser la population, d’améliorer le taux d’équipement des ménages et d’assurer le
     financement des entreprises.


     Une stratégie volontariste d’extension du réseau d’agences

     Durant ces dernières années, les banques se sont investies dans le développement du financement bancaire à travers:
             L’industrialisation des process relatifs aux crédits à la consommation et aux crédits immobiliers, à travers
              le raccourcissement des délais d’obtention du crédit, la simplification des procédures ainsi que le packa-
              ging des produits ;

             L’augmentation de la quotité de financement (jusqu’à 120 %) ainsi qu’un effort sur les prix, à travers la baisse
              de la marge clientèle des banques et la réduction des frais annexes ;

             l’effort d’extension du réseau d’agences afin d’améliorer le taux de bancarisation. À fin 2009, le réseau ban-
               caire s’établit à 3 544 agences bancaires, en hausse de 55,2 % par rapport à 2005. Durant ces quatre dernières
               années, nous assistons à une accélération de l’implantation bancaire avec une moyenne d’ouverture
               d’agences de plus de 330 agences contre 105 agences sur la période 2002-2005. Si nous tenons compte du
               réseau de la Poste (rappelons que cette dernière a créé une filiale bancaire en 2009), un additionnel de plus
               de 800 agences est à inclure, portant ainsi à fin 2009 le réseau à plus de 5 200 guichets bancaires.


     Évolution de la densité bancaire* et du réseau d’agences au Maroc


                                       5 000                Densité bancaire            Nombre de guichets de banque au Maroc           14 000
                                       4 500
                                                                                                                                        12 000
                                       4 000                                                             9 935                  4 425
                                                      11 940                                                                            10 000
                                       3 500                                   10 716
                                       3 000                                                                                            8 000
                                       2 500                                                           3 138
                                                                               2 878                                            7 100   6 000
                                       2 000           2 555
                                       1 500                                                                                            4 000
                                       1 000
                                                                                                                                        2 000
                                        500
                                         0                                                                                              0
                                                         2006                    2007                   2008                    2009
     * Densité bancaire : rapport entre le nombre de la population dont l’âge est  15 ans au nombre de guichets bancaires                  Source : Bank Al Maghrib



     À fin 2009, le taux de bancarisation de la population marocaine s’établit à 47 % (réseau de Al Barid Bank compris).
     Ce taux est similaire à celui enregistré par les pays émergents mais demeure largement inférieur à celui de pays
     développés tels l’Espagne ou la France, qui s’élève respectivement à 92 % et 99 %. La densité bancaire s’établit
     de ce fait à 7 091 habitants. À terme, en prenant en compte l’ensemble du réseau de la Poste, le secteur bancaire
     enregistre une agence bancaire pour près de 6 000 habitants.

     Face à ce constat, il apparaît que l’amélioration du taux de pénétration bancaire représente un défi majeur pour
     le système financier marocain. En effet, le secteur dispose du levier de bancarisation de la population, pour
     accroître le développement de la consommation et de l’investissement des agents économiques. Il faut dire que
     l’économie marocaine devient de plus en plus une économie d’endettement, où le financement bancaire occupe
     une place centrale, ce qui présage d’une évolution favorable de la bancarisation dans le pays.




20                                                                                                                                          Secteur bancaire
Taux de bancarisation de pays émergents et développés (2008)


                                Sénégal      6%
                              Mauritanie      8%
                                 Egypte        10%
                                Algérie                 30%
                                Turquie                   33%
                                  Brésil                    37%
                                  Maroc*                           47%
                                  Italie                                             71%
                               Espagne                                                              92%
                                 France                                                                    99%


     * fin 2009                                                                                                      Source : Banques Centrales


   Si la course à l’extension du réseau d’agences par les banques, observée ces derniers années, permet d’améliorer
   la bancarisation du pays, force est de constater que celle-ci répond également à une logique de concurrence achar-
   née visant à acquérir une taille optimale et conquérir des parts de marché. Cette croissance extensive est liée au
   modèle de réseau intégré des banques. Le circuit de distribution de chaque établissement est exclusif, la variable
   distribution constitue le moteur de toute l’activité bancaire qui dépend de la collecte des dépôts.
   Ainsi, les banques ont accru leurs objectifs d’ouverture d’agences pour pallier le ralentissement de la croissance
   des dépôts clientèle en 2008 (+12,9 %) et 2009 (+4,4 %) mais également afin d’accompagner le développement à
   deux chiffres de l’activité de crédit.
   À l’horizon 2012, le réseau bancaire des principaux établissements de la place s’établirait à 4 400 agences, auquel
   s’ajoute le réseau de la Poste (1 880 agences à fin 2012), ce qui porterait le taux de bancarisation à un niveau
   supérieur à 55 %.

   Objectifs d’extension du réseau bancaire des principales banques de la place

                              Nombre d'agences       TCAM         Coefficient d'exploitation Objectifs d'ouverture     Réseau bancaire
                                 en 2009             06-09                à fin 2009           d'agence par an            à fin 2012

     Attijariwafa bank               791             12,7 %                40,90 %                   100                     1 091
     CPM                             850             11,8 %                45,00 %                   100                     1 150
     BMCE bank                       555             17,6 %                61,90 %                    70                     765
     Société Générale Maroc          317             11,0 %                46,60 %                    50                     467
     CDM                             266             16,1 %                49,90 %                    35                     371
     BMCI                            254             10,4 %                41,40 %                    25                     329
     CIH                             152             11,4 %                66,60 %                    25                     227
     Total                          3 185            12,8%                                           405                    4 400

                                                                                                      Source : Direction Analyse et Recherche


   Les plans d’action des différentes banques de la place prévoient pour les prochaines années des objectifs d’ou-
   verture de 400 agences en moyenne par an. Dans ce cadre, nous pensons que les principaux groupes bancaires
   concernés, à savoir Attijariwafa bank, BMCE bank et le Crédit Populaire du Maroc, qui représentent 66,7 % du
   réseau global, ont la capacité d’atteindre ces objectifs en raison de :
              la taille de leurs assises financières et leurs maîtrises des process qui leur permet de mener à bien leur
               politique d’extension du réseau, tout en veillant à rentabiliser les agences dans un court délai. La hausse
               des prix de l’immobilier ces dernières années a impacté fortement la valeur marché des fonds de com-
               merce, amenant les banques à faire des arbitrages entre l’acquisition et la location. Dans ce cadre, les
               banques dont le coefficient d’exploitation est favorable et qui parviendront à réduire le « break even »
               des agences disposeront de leviers intéressant pour accompagner le développement de leur réseau ;



Secteur bancaire                                                                                                                                  21
leur capacité à cibler les catégories sociales qui disposent de faibles revenus et qui se situent dans des
            zones géographiques très éloignées. C’est ainsi que le « low income banking », projet pilote lancé par les
            principales banques ces deux dernières années, constitue un véritable levier de développement puisqu’il
            cible une population à faible revenus estimée à plus de 8 millions d’habitants. Cependant, le coût et la
            rentabilité des produits commercialisés sont de vraies problématiques que les banques doivent anticiper
            au plus tôt. Aussi, la réduction de la TVA sur les produits bancaires alternatifs pourrait permettre aux
            banques de capter une population très sensible aux produits bancaires sans taux d’intérêt ;

           leur maîtrise du processus industriel de prospection et d’acquisition du foncier ;

     Si le développement des instruments financiers est un indicateur pertinent de la croissance du Produit Intérieur
     Brut d’un pays, plusieurs recherches empiriques ont montré que l’amélioration de la bancarisation peut faire
     gagner pour les pays en voie de développement jusqu’à 1 % de croissance par an (King  Levine (1993)). Rappelons
     que la crise financière a, au contraire, été en Europe un catalyseur de changement puisqu’elle a permis de posi-
     tionner le retail au cœur de la stratégie de croissance des établissements bancaires pour les années à venir,
     l’agence bancaire redevenant un enjeu central pour la banque de détail.


     Un soutien permanent à l’investissement des entreprises

     La croissance à deux chiffres de l’investissement privé national s’explique par l’environnement macro-économique
     favorable, marqué par la faiblesse des taux d’intérêt et de l’inflation, qui constituent des facteurs importants dans
     la prise de décision des investissements des agents économiques.

     L’observation de l’évolution de l’encours des crédits à l’équipement de 16,7 % en moyenne sur la période 2006-
     2009 témoigne du rôle grandissant des banques dans le financement de l’investissement privé (TCAM de 16,6 %),
     encouragé par la tendance baissière des taux débiteurs appliqués sur ce type de crédit et la stratégie des grands
     chantiers lancés dans le pays.


     Évolution des crédits à l’équipement (en MMDh)                                    Taux débiteurs moyens sur crédits à l’équipement
               Crédits à l'équipement            FBCF
        140                                             227,9          226,1     250     12%

        120                      192,6                                                   10%
                                                                           125,1 200
               162,4
        100                                                                               8%
                                                                99,4             150
        80                                                                                6%
                                          83,7                                   100
        60          78,8                                                                  4%

        40                                                                       50       2%

                                                                                          0%
        20                                                                       0
                                                                                               T2 - 2006

                                                                                                           T3 - 2006

                                                                                                                       T4 - 2006

                                                                                                                                   T1 - 2007

                                                                                                                                               T2 - 2007

                                                                                                                                                           T3 - 2007

                                                                                                                                                                       T4 - 2007

                                                                                                                                                                                   T1 - 2008

                                                                                                                                                                                               T2 - 2008

                                                                                                                                                                                                            T3 - 2008

                                                                                                                                                                                                                        T4 - 2008

                                                                                                                                                                                                                                    T1 - 2009

                                                                                                                                                                                                                                                T2 - 2009

                                                                                                                                                                                                                                                            T3 - 2009

                                                                                                                                                                                                                                                                        T4 - 2009

                                                                                                                                                                                                                                                                                    T1 - 2010

                                                                                                                                                                                                                                                                                                T2 - 2010




                2006               2007                  2008           2009



                                                                                                                                                                                                           Source : Bank Al Maghrib, GPBM


     La dynamique que connaît l’investissement privé, avec une évolution moyenne de 14 % par an, a permis de conso-
     lider le développement économique du pays, améliorant de ce fait la contribution des principales composantes
     telles la consommation des ménages, le niveau des exportations etc. à l’appréciation du taux de croissance du
     pays.




22                                                                                                                                                                                                                             Secteur bancaire
La promotion de l’investissement privé passe par plusieurs facteurs dont le plus important est le développement
   des PME/PMI sachant que ces dernières représentent plus de 95 % des entreprises marocaines et réalisent plus de
   50 % des investissements nationaux. Cependant, l’accès au financement bancaire par ces entreprises demeure très
   limité, ce qui entrave leur développement.


   La modernisation du secteur financier, à travers la consolidation du système bancaire et la dynamisation des mar-
   chés financiers durant le début de la décennie, n’a pas permis d’améliorer le financement bancaire de ce type
   d’entreprise. La mise en place de fonds de garantie, le développement du capital risque ainsi que l’appui des
   lignes de crédit étrangères n’ont pas réussi à ancrer le financement des PME dans les plans d’actions stratégiques
   des banques de la place.


   Certes, le profil de risque, le manque de maturité ainsi que la faiblesse des garanties et des fonds propres péna-
   lisent ce type d’entreprises, mais les marges sur ce segment sont élevées et les revenus découlant des activités
   de mise à niveau, de conseil et de restructuration représentent un potentiel non négligeable qui vient s’addition-
   ner à l’activité de crédit classique.


   En l’absence de critères communs définissant une PME par les banques et de statistiques récentes concernant la
   part du financement bancaire destiné à ce segment (les derniers chiffres datant de 2003), il nous paraît difficile
   de connaître l’évolution des crédits alloués à ce type d’entreprise ainsi que la tendance qui s’est dessinée ces der-
   nières années.


   Par contre, il nous paraît clair que le financement bancaire des PME présente une attention particulière de la part
   de l’exécutif. C’est ainsi que le plan Émergence II a placé la PME au cœur du dispositif d’aide lancé par le gou-
   vernement, afin d’améliorer sa compétitivité et lui apporter un soutien financier :


         Le fonds Moussanada consiste à accompagner les entreprises dans leur démarche de modernisation et
          l’amélioration de leur productivité. Il cible 500 entreprises par an et consiste en un financement étatique
          à hauteur de 60 % du coût global du projet, avec un plafond de 600 000 Dh ;


         Le programme Imtiaz accorde une prime à l’investissement plafonnée à 5 MDh, au profit de 50 entreprises
          par an. Cette mesure s’adresse aux PME désireux d’un appoint financier pour accéder au crédit bancaire.


   Le secteur bancaire semble conscient du gisement d’opportunités que représente le secteur des PME/PMI. Le posi-
   tionnement en amont des principales banques du royaume, dès le lancement de ce plan, témoigne de la niche de
   croissance que représente le segment des PME/PMI. La mise en place d’une plateforme de rating dans le cadre du
   programme Imtiaz, afin de distinguer les profils de PME risqués des moins risqués, l’engagement financier de l’É-
   tat, sont autant de mesures qui allègent le risque supporté par les banques et les confortent dans leur décision de
   financement.




Secteur bancaire                                                                                                           23
Des actifs bancaires de qualité et une assise financière solide
     La stabilité macroéconomique et financière d’un pays ne peut être assurée sans un système financier solide et
     réglementé. Les difficultés d’un système financier peuvent peser négativement sur la politique monétaire d’un
     pays, entraîner une crise économique ou encore peser sur le budget de l’État en raison de son rôle de prêteur en
     dernier ressort. La solidité du système financier d'un pays est donc importante pour son économie, ainsi que pour
     ses partenaires commerciaux et les pays avec lesquels il maintient des liens financiers.

     Notre analyse démontre que le système bancaire bénéficie d’un contexte macro-économique favorable, intéres-
     sons-nous dès à présent à la structure bilantielle du secteur afin de détecter ses forces et faiblesses.

     Dans un contexte plus général, quelles sont les principales mesures de fragilité et de vulnérabilité d’un système
     bancaire :


     Schématisation des indicateurs de vulnérabilité d’un système bancaire




                 Croissance exponentielle de                 Manque de provisionnement des
              l’encours des crédits à l’économie                  créances douteuses

                Appréciation négligée du risque
                           de crédit
                                                                       Volatilité des taux d’intérêts
                Hausse du taux de contentieux




                                            Indicateurs de vulnérabilité
                                               d’un système bancaire




                 Fonds propres insuffisants par                           Structure déséquilibrée
                  rapport à la taille des actifs                              des ressources



                                          Une réglementation prudentielle
                                                     passive



                                                                                        Source : Direction Analyse et Recherche




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Une structure saine des ressources confortée par le poids des dépôts non rémunérés
   Pour mener à bien leur activité de transformation, le principal défi pour les banques est de constituer une base
   de ressources stable, de préférence peu coûteuse et qui soit en adéquation avec les emplois. Dans ce sens, la ges-
   tion actif-passif (ALM) demeure au centre des préoccupations des directions des risques car elle permet de pilo-
   ter la marge d’intérêt et de mesurer les risques de liquidité.

   Le secteur bancaire marocain se caractérise par une relative stabilité de ses ressources globales, marquées par la
   prédominance des ressources clientèle. Les établissements bancaires se financent majoritairement par des dépôts
   à la clientèle, avec une moyenne de 76,5 % du total passif sur la période 2006-2009, alors qu’elles n’ont recours
   au marché interbancaire qu’à hauteur de 6,8 % du total bilan.

   Il y a lieu d’observer cependant, une hausse des emprunts obligataires, qui se multiplient par six durant cette
   période pour s’élever à 55,9 MMDh en 2009, tirés par les dettes subordonnées qui enregistrent une croissance
   annuelle moyenne de 130,0 % sur la période. Le recours aux emprunts obligataires s’est intensifié ces deux der-
   nières années en raison du resserrement des liquidités des banques eu égard à la forte croissance des crédits et
   aux exigences réglementaires en fonds propres. Ainsi, le ratio de solvabilité du secteur a vu son taux passer de 8 %
   à 10 % en 2009.


   Ressources bancaires (Base sociale),                                       Évolution des ressources bancaires
   % total passif (Moyenne 2006-2009)                                         (%, GA)

                           Dettes envers les Ets                               90%
                           de crédit et assimilés
             Fonds propres         6,8%                                        70%
                 8,2%                           Emprunts obligataires
                                                       4,6%                    50%
                                                                               30%
                                                                               10%
                                                                               -10%    2006                2007                2008               2009
                                                                               -30%   Dettes envers les Ets de crédit et assimilés      Emprunts obligataires
                                                   Dépôts de la clientèle
                                                           76,5%                      Dépôts de la clientèle                            Fonds propres
                                                                               -50%



   Sachant que les dépôts à la clientèle constituent les principales ressources du secteur bancaire, il est important
   d’observer que les ressources non rémunérées représentent 61,6 % des ressources clientèle à fin 2009. Une année
   auparavant, la forte hausse du coût des ressources rémunérées témoignait de la forte concurrence dans la collecte
   de dépôts, ce qui s’est traduit inévitablement par un renchérissement du coût des ressources pour le secteur.


   Structure des ressources clientèle                                             Structure des ressources clientèle / agent éco-
   (en %)                                                                         nomique (Moyenne 2006-2009)
              Ressources non rémunérées         Ressources rémunérées
                                                                                                                      Dépôts des entreprises
                                   39,0%                              38,4%                                                financières
                   41,8%                           42,3%                                            Dépôts RME                 6,8%
                                                                                                      20,8%




                   58,2%           61,0%           57,7%              61,6%
                                                                                                                                                Dépôts particuliers
                                                                                       Dépôts des entreprises                                         44,2%
                                                                                          non financières
            2006            2007            2008               2009                            28,3%


                                                                                                                                        Source : Bank Al Maghrib




Secteur bancaire                                                                                                                                                      25
Des emplois dominés par l’activité de crédit à la clientèle
     Durant ce dernier quinquennat, la structure bilantielle des banques marocaines a été caractérisée par un renfor-
     cement des créances sur clientèle (60,4 % du total des emplois à fin 2009), portant le total bilan à 827,0 MMDh,
     en hausse moyenne de 15,3 % sur la période.


      Structure des emplois du secteur bancaire                                                                                                             Évolution des emplois du secteur bancaire (en %)
                              Créances sur clientèle                                              Portefeuille titres                                              50%
                              Prêts interbancaires                                                Dépôts auprès de la banque centrale
                                                                                                                                                                   40%
             9,2%                                 9,5%                              8,1%                             5,3%                                          30%
                                                                                   13,0%                            12,9%                                          20%
          13,9%                              14,3%
                                                                                   16,4%                            17,9%                                          10%
          21,7%                              17,7%
                                                                                                                                                                    0%
                                                                                                                                                                  -10%            2006                    2007                  2008                2009

          51,3%                              54,9%                                 58,7%                            60,4%                                         -20%
                                                                                                                                                                  -30%           Prêts interbancaires            Portefeuille titres

                                                                                                                                                                  -40%           Créances sur clientèle          Dépôts auprès de la banque centrale
                     2006                                 2007                                2008                             2009



     En effet, les crédits à la clientèle ont progressé en moyenne de 21,7 % sur la période 2006-2009, tirés principalement
     par les crédits immobiliers et les crédits à l’équipement qui enregistrent des évolutions moyennes respectives de 33,4 %
     et 24,3 % pour des encours de 174,1 MMDh et 125,1 MMDh.
     L’encours des créances sur établissements de crédit et assimilés s’est établi en 2009 à 12,9 % du total des emplois,
     en baisse de 1,5 points par rapport à 2007. Les dépôts auprès de la banque centrale ont baissé de 4,2 pts sur la
     période pour s’établir à 5,3 % du total bilan en 2009. Il faut savoir que le taux de la réserve obligatoire est passé
     de 16,5 % en 2004 à 6,0 % cette année en raison du caractère durable des besoins de liquidité sur le marché moné-
     taire. Ce taux demeure cependant supérieur à celui de la zone Euro mais inférieur par rapport aux pays émergents.
     Enfin, l’encours du portefeuille titres, représente quant à lui 17,9 % du total actif. La baisse de la part du porte-
     feuille titres dans le total bilan s’explique par l’effet volume au niveau des opérations avec la clientèle mais éga-
     lement par la baisse des souscriptions des banques en bons du trésor, conséquence de la baisse des besoins de
     financement du trésor pendant cette période.

      Évolution des crédits à la clientèle (MMDh)                                                                                                           Évolution des crédits à la clientèle (en %)
                    Crédits équipement                        Crédits immobiliers                                                                                60%
                    Crédits de trésorerie et à la consommation                                          171                    174 170
                                                                                                                                                                 50%
                                                                  154                         152
                                                                                                                                                                 40%
                              119                                                                                        125
                                                        102                          99                                                                          30%
                                                  84                                                                                                             20%
                     73
               65
                                                                                                                                                                 10%
                                                                                                                                                                  0%
                                                                                                                                                                                2006                    2007                  2008                2009
                                                                                                                                                                -10%
                     2006                                 2007                                2008                             2009                                    Crédits équipement       Crédits immobiliers         Crédits de trésorerie et à la consommation

     Évolution du taux de la réserve obligatoire                                                                                                            Taux de la réserve obligatoire dans le monde (en %)

                                                                                                                                                                       Chine                                                                                  15,5%
              16,5%
                                                                                               15,0%                                                               Etats-Unis                                                          10,0%
                                                                                                          12,0%
                                                                                                                                                                      Algérie                                             8,0%
                                                                                                              10,0%                                                  Jordanie                                             8,0%
                                                                                                                               8,0%                                   Tunisie                                           7,5%
                                                                                                                                           6,0%
                                                                                                                                                                       Maroc                                   6,0%
                                                                                                                                                                        Inde                               5,0%
                                                                                                                                                              Afrique du Sud                  2,5%
                                                                                                                                                  Janv 10
                    Janv 04


                                        Janv 05


                                                               Janv 06


                                                                                    Janv 07


                                                                                                         Janv 08


                                                                                                                             Janv 09
          Juil 03


                              Juil 04


                                                    Juil 05


                                                                         Juil 06


                                                                                              Juil 07


                                                                                                                   Juil 08


                                                                                                                                       Juil 09




                                                                                                                                                                   Zone Euro                2,0%
                                                                                                                                                                                              Source : Bank Al Maghrib, GPBM, Banques Centrales



26                                                                                                                                                                                                                                      Secteur bancaire
Une faible exposition au risque de crédit malgré une conjoncture moins porteuse

   Le taux de contentieux au Maroc a évolué sur une tendance baissière depuis 2004, pour s’établir à 5,9 % en 2009.
   Si nous tenons compte uniquement des banques commerciales (hors CIH et Crédit Agricole du Maroc), le taux de
   contentieux s’établirait à 4,2 % et le taux de provisionnement à 77,1 %. Le taux de prêts non performants demeure
   largement inférieur à celui observé dans la région du Maghreb qui s’établit entre 6 et 12 %.
   La politique d’assainissement du portefeuille clientèle initiée par le secteur bancaire depuis 2004 a donné ses
   fruits puisque le taux de contentieux n’a cessé de baisser. La stabilisation de ce taux en 2009 témoigne de la bonne
   résistance des banques et de leur capacité à ne pas s’exposer au risque de crédit même en cas d’approfondisse-
   ment de la crise économique globale. Cependant, la légère hausse du taux de contentieux des principaux groupes
   bancaires cette année montre que l’on pourrait s’attendre à une dégradation de la qualité des portefeuilles des
   banques dans les années à venir.

   Évolution du taux de contentieux et du taux de provisionnement

                                                                       Taux de provisionnement                                                                     Taux de contentieux
                         12%                                                                                                                                                                                                                          77%
                                                                                                                                                                                                                                76,2%
                                                                                                    75,2%                                                75,3%                                                                                        76%
                         10%                10,9%
                                                                                                                                                                                                                                                      75%
                          8%                                                                                                                                                                                                                          74%
                                                                                                             7,9%                                                                                                                                     73%
                          6%
                                            71,2%                                                                                                                 6,0%                                                                                72%
                                                                                                                                                                                                                       5,9%
                          4%                                                                                                                                                                                                                          71%
                                                                                                                                                                                                                                                      70%
                          2%
                                                                                                                                                                                                                                                      69%
                          0%                                                                                                                                                                                                                          68%
                                                         2006                                                 2007                                                 2008                                                2009

   Un risque de liquidité maîtrisé jusqu’à ce jour par le régulateur

   La forte évolution de l’encours des crédits à l’économie a accentué le déficit des trésoreries bancaires malgré les
   réductions successives du taux de réserve obligatoire. L’intervention de Bank Al Maghrib pour combler les besoins du
   secteur bancaire en 2009, à travers les avances hebdomadaires, en moyenne quotidienne de 16,6 MMDh, a permis de
   réguler le marché monétaire. Au premier semestre de cette année, l’insuffisance des trésoreries bancaires s’est
   accentuée passant à 18,7 MMDh contre 16,6 MMDh au T4 2009, et ce en dépit de l’injection de plus de 8 MMDh durant
   le second trimestre de l’année, conséquence de la baisse du taux de réserve monétaire. Le taux directeur a été main-
   tenu à 3,25% malgré une hausse de l’inflation à partir du 4ème trimestre 2009. Toutefois, la reprise économique pro-
   bable en Europe et aux USA au second semestre 2010 entraînerait une hausse des matières premières sur les marchés
   internationaux, ce qui peut provoquer des tensions inflationnistes. Aussi, une croissance agressive des crédits sur la
   période 2011-2012 pourrait pousser la banque centrale à augmenter son taux directeur.

   Besoins et interventions BAM sur le marché interbancaire (en MMDh)

                       45000
                                                                                                Demande                                                                  Offre
                       40000
                       35000
                       30000
                       25000
                       20000
                       15000
                       10000
                       5000
                          0
                               02/01/2008
                                            05/03/2008
                                                         30/04/2008
                                                                      09/07/2008
                                                                                   03/09/2008
                                                                                                12/11/2008
                                                                                                              07/01/2009
                                                                                                                           18/03/2009
                                                                                                                                        13/05/2009
                                                                                                                                                     15/07/2009
                                                                                                                                                                   09/09/2009
                                                                                                                                                                                04/11/2009
                                                                                                                                                                                             06/01/2010
                                                                                                                                                                                                          03/03/2010
                                                                                                                                                                                                                        28/04/2010
                                                                                                                                                                                                                                     23/06/2010

                                                                                                                                                                                                                                                  18/08/2010

                                                                                                                                                                                                                                                                13/10/2010




                                                                                                                                                                                                                                                               Source : Bank Al Maghrib, GPBM




Secteur bancaire                                                                                                                                                                                                                                                                                27
Une faible volatilité des taux d’intérêts
     L’activité de transformation d’un système bancaire, marquée par le financement de crédits à long terme par des
     dépôts à court terme, fait que celui-ci est naturellement exposé au risque de taux d’intérêt. Ainsi, une hausse des
     taux d’intérêts, entraîne une hausse du coût des ressources, ce qui resserre mécaniquement la marge d’intermédia-
     tion des banques.
     Les ressources non rémunérées du secteur bancaire marocain représentent 42,7 % du total bilan du secteur en 2009.
     L’encours des dépôts à vue a progressé de 7,0 % en 2009, après s’être inscrit dans une tendance relativement bais-
     sière un an auparavant compte tenu de la forte concurrence entre les banques de la place pour la collecte de ce type
     de ressources. Les dépôts rémunérés ont baissé de 8,8 % contre une hausse de 20,4 % un an auparavant. Si certaines
     banques ont pu assurer une collecte axée sur les ressources non rémunérées, d’autres par contre ont dû accroître
     leurs ressources à travers la collecte de dépôts rémunérés et le refinancement actif sur le marché interbancaire.
     Le taux interbancaire s’est établit au S1 2010 à 3,30 % en moyenne quotidienne, contre 3,26% un an plus tôt. Le main-
     tien du taux directeur à 3,25% ainsi que les baisses successives de la réserve monétaire depuis Juin 2009 ont permis
     de maintenir le taux interbancaire à un niveau proche du taux directeur, et ce malgré l’intensification des pressions
     sur la liquidité bancaire durant cette année.
     Concernant la rémunération des dépôts auprès des banques, elle a enregistré en 2009 un niveau inférieur de 10 pbs
     par rapport à celui de 2008, atteignant 3,7 % en moyenne, un niveau similaire à celui observé en 2007 et 2006. Cette
     tendance à la baisse s’explique par la détente des conditions monétaires durant cette année, contrairement à l’an-
     née 2008 où la hausse du taux directeur ainsi que la vive concurrence dans la collecte de dépôts rémunérés avaient
     orienté les taux créditeurs à la hausse. Durant le premier semestre 2010, la tendance demeure toujours baissière
     avec un TMP moyen des dépôts 6 et 12 mois de 3,5 %.

     Évolution du TMP du marché interbancaire                                                                                                                                                                                          Évolution des taux créditeurs
       5,0%                                                                                                                                                                                                                                                                                                          TMP dépôts 6 mois                                        TMP dépôts 12 mois
                                 Taux interbancaire                         Taux directeur                            Taux des avances 24H                                                                                             4,5%
       4,5%                                                                                                                                                                                                                            4,3%
                                                                                                                                                                                                                                       4,1%
       4,0%                                                                                                                                                                                                                            3,9%
                                                                                                                                                                                                                                       3,7%
       3,5%
                                                                                                                                                                                                                                       3,5%
       3,0%                                                                                                                                                                                                                            3,3%
                                                                                                                                                                                                                                       3,1%
       2,5%                                                                                                                                                                                                                            2,9%
                                                                                                                                                                                                                                       2,7%
       2,0%
                                                                                                                                                                                                                                       2,5%
                                                                                                                                                                           juin-10
                       mars-08




                                                                                mars-09




                                                                                                                                                     mars-10
                                  mai-08




                                                                                          mai-09




                                                                                                                                                               mai-10
                                                              nov-08




                                                                                                                       nov-09
                                                     sep-08




                                                                                                             sep-09
                                           juil-08




                                                                                                   juil-09
              jan-08




                                                                       jan-09




                                                                                                                                       jan-10




                                                                                                                                                                                          sep-10




                                                                                                                                                                                                                                                    janv-06




                                                                                                                                                                                                                                                                                                  janv-07




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            janv-08




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  janv-09




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        janv-10


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           juil-10
                                                                                                                                                                                                                                                                          juil-06




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         juil-07




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               juil-08




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     juil-09
                                                                                                                                                                                                                                                                                         oct-06




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   oct-07




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         oct-08




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               oct-09
                                                                                                                                                                                                                                                                avr-06




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                avr-07




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      avr-08




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            avr-09




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  avr-10
     En ce qui concerne les conditions débitrices, nous observons une légère hausse des taux moyens pondérés des cré-
     dits en 2009 pour s’établir en moyenne à 6,6 %, en hausse de 30 pbs par rapport à 2008. Toutes les catégories de cré-
     dits à la clientèle ont été impacté par cette hausse variant entre 20 et 70 pbs, à l’exception des crédits à la consom-
     mation qui ont enregistré une baisse moyenne de 23 pbs. La hausse de 70 pbs des taux d’intérêts appliqués aux cré-
     dits immobiliers depuis le début de l’année traduit la volonté des banques de limiter leur exposition sur ce segment,
     appuyé par les recommandations de la Banque Centrale. Au premier semestre 2010, le taux débiteur global moyen
     s’établit à 6,4%, en baisse de 10 pbs par rapport à la même période de l’année précédente.

     Évolution des taux débiteurs
                                                                                                         9,0%                             Crédits de trésorerie                                                Crédits à l'équipement    Crédits immobiliers
                                                                                                         8,5%                                                                                                  Crédits à la consommation
                                                                                                         8,0%
                                                                                                         7,5%
                                                                                                         7,0%
                                                                                                         6,5%
                                                                                                         6,0%
                                                                                                         5,5%
                                                                                                         5,0%
                                                                                                         4,5%
                                                                                                                           T1 - 2008

                                                                                                                                                T2 - 2008

                                                                                                                                                               T3 - 2008

                                                                                                                                                                              T4 - 2008

                                                                                                                                                                                                   T1 - 2009

                                                                                                                                                                                                               T2 - 2009

                                                                                                                                                                                                                           T3 - 2009

                                                                                                                                                                                                                                        T4 - 2009

                                                                                                                                                                                                                                                              T1 - 2010

                                                                                                                                                                                                                                                                             T2 - 2010

                                                                                                                                                                                                                                                                                                    T3 - 2010




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  Source : Bank Al Maghrib




28                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                Secteur bancaire
Un secteur suffisamment capitalisé dans sa globalité
   Plus qu’un simple calcul réglementaire, le niveau des fonds propres constitue le reflet de la sagesse de la politique
   de conduite du risque d’un système bancaire. Au Maroc, les indicateurs de solidité financière observés ces quatre
   dernières années montrent que les banques sont suffisamment capitalisées dans leur globalité. Le ratio de solvabi-
   lité s’est établi en moyenne à 11,5 % sur la période, un niveau largement supérieur au minimum réglementaire de
   8 %. À partir de 2009, Bank Al Maghrib a rehaussé le ratio de solvabilité à 10 %, pour le porter à partir de 2010
   conformément aux dispositions du 2ème pilier de Bâle II, un niveau largement supérieur à celui exigé en Europe.

   Indicateurs de solidité financière – Activité Maroc (en %)

                                                    Ratio de solvabilité            Tier I

                                   12,3%
                                                                                                11,8%
                                                                            11,2%
                                   11,0%
                                                   10,6%

                                                                             9,6%
                                                    9,2%                                        9,2%




                                     2006             2007                    2008             2009



                                                                                                           Source : Bank Al Maghrib


   Les contraintes réglementaires et les besoins de croissance à l’international ont poussé la plupart des banques
   cotées à rehausser leurs niveaux de fonds propres en début d’année, à travers l’émission de dettes subordonnées
   ou d’augmentation de capital (numéraire ou actions).
   À cet effet, les banques cotées de la place, à l’image d’Attijariwafa bank et BMCE bank, ont levé plus de 14 MMDh
   d’emprunts subordonnées sur la période 2008-2009, alors que les opérations d’augmentation de capital se sont éle-
   vées à plus de 4 MMDh, portées principalement par BMCI et BCP. Le choix de l’émission de dettes subordonnées
   par rapport à l’émission d’actions réside dans l’intégration de ces fonds dans le calcul du ratio de solvabilité sans
   risque de dilution de l’actionnariat. Aussi, cet instrument est privilégié par les investisseurs car il présente un
   risque modéré et des taux d’intérêt attractifs incluant des primes de risque allant jusqu’à 125 pbs.
   Cependant, il est important que la maturité de la dette subordonnée ainsi que le taux de rémunération des titres
   émis n’obèrent pas la rentabilité des établissements concernés. Aussi, le plafonnement de ces dettes complé-
   mentaires à 50 % des fonds propres de base par Bank Al Maghrib, conduirait inévitablement les actionnaires des
   banques à la marge de manœuvre réduite à injecter de l’argent frais pour renforcer leur assise financière.

   Évolution des fonds propres réglementaires (en MMDh)



                                                  Fonds propres     Dettes subordonnées
                                                                                             69,0

                                                                           55,4
                                                  45,3
                                  39,7


                                                                                                    19,4
                                                                                  13,2
                                                           4,8
                                           1,6

                                    2006             2007                    2008              2009



                                                                                                           Source : Bank Al Maghrib




Secteur bancaire                                                                                                                      29
Nous estimons que le niveau des fonds propres des banques est un enjeu majeur pour les banques dans les années
     à venir, en raison de :


           La dynamique de croissance des crédits que connaît le pays ainsi que les différents plans de développe-
            ment lancés par les principales banques de la place tant au niveau national qu’international. Sur ce der-
            nier point, l’assainissement et la restructuration des différentes banques acquises en Afrique nécessitera
            l’injection d’argent frais. À cet effet, Attijariwafa bank et BMCE bank seront amenées à renforcer les fonds
            propres pour accompagner le développement de leurs filiales africaines ;

           La montée du coût du risque en période de conjoncture moins favorable, tant au niveau des filiales à l’in-
            ternational qu’au niveau local ainsi que les nouvelles contraintes réglementaires obligeront de facto les
            banques à augmenter leurs fonds propres.

     Dans ce cadre, les banques qui disposent d’un levier de dettes subordonnées favorable pourront utiliser ce moyen
     de financement pour accompagner la croissance de leurs activités. Cependant, le coût de ce financement dépend
     fortement de la signature de l’émetteur, de son taux d’endettement et de la capacité des actionnaires à injecter
     des fonds propres additionnels. Par contre, les banques dont la part des emprunts obligataires atteint les limites
     imposées par la banque centrale (≤ 50% des fonds propres de base) devront trouver d’autres moyens pour lever
     des capitaux, que ce soit à travers des augmentations de capital ou des opérations de titrisation de créances.

     Pour rappel, la titrisation de créances hypothécaires, moyen de financement très développé en Europe, permet à
     la banque de réduire la duration de ses emplois, libérer des fonds afin d’accroître son activité ou de générer des
     nouveaux actifs. Les banques européennes ont utilisé massivement la titrisation comme outil de gestion du capi-
     tal réglementaire imposé par le ratio Cooke dans le cadre des recommandations de Bâle I du Comité de Bâle.

     Au Maroc, la titrisation n’a pas eu le vent en poupe durant le début de cette décennie compte tenu de la surli-
     quidité du marché durant cette période (opérations de privatisation et octroi de licences téléphoniques). À cette
     époque, les banques disposaient de ressources abondantes et s’inscrivaient dans une logique d’augmentation des
     encours de crédit que de titrisation. Aujourd’hui, face au manque structurel de liquidité, cet instrument financier
     pourrait s’avérer très utile en vue d’augmenter la marge de manœuvre des banques. Dans ce cadre, la réforme de
     la loi 2009 a permis d’étendre le champ d’application de la titrisation à tous les types de créances détenues par
     les entreprises publiques, privées mais aussi les établissements de crédit. Ceci devrait permettre aux agents éco-
     nomiques de diversifier leurs sources de financement et optimiser leurs structures de ressources.




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Des revenus d’activité et un couple risque/rendement en nette amélioration
   Le secteur bancaire marocain a enregistré durant la période 2006-2009 une croissance à deux chiffres de l’en-
   semble de ces résultats d’activité :
         Le Produit Net Bancaire enregistre une évolution moyenne de 10,4 % sur la période en liaison avec l’ex-
          pansion de l’activité de crédit. La marge d’intérêt constitue en moyenne 76,0 % des revenus du secteur,
          représentant de ce fait la composante stable du PNB du secteur.
           Celle-ci a vu son poids se renforcer ces deux dernières années, compte tenu de la faible performance de
           la marge sur commissions, qui représente en moyenne 12,9 % du PNB. En effet, les années 2008 et 2009
           ont été marquées par la pression sur les tarifs par la concurrence, et dans une moindre mesure le repli des
           activités d’intermédiation et de conseil.
           Enfin, le résultat des opérations de marché enregistre une croissance moyenne de 10,6 %, tirée par les
           plus-values réalisées sur le portefeuille de trading des banques (principalement le compartiment obliga-
           taire) ainsi que l’activité de change.

    Évolution des résultats d’activité                                                        Structure du Produit Net Bancaire
    du secteur bancaire (MMDh, base sociale)                                                  (en %)
                                                                                                       Marge d'intérêt     Marge sur commissions          Résultat des Opérations de marché
         Produit Net Bancaire            Résultat d'exploitation     Résultat net
                                                                                                                12,0%              10,8%              8,7%                  10,7%
                                                                         29,9                                                                         13,3%
                                26,02                27,2                                                       12,1%              13,3%                                    12,7%
          22,22


                                13,0                 12,6             13,8
          10,3                                                                                                  76,3%              74,2%              78,4%                 75,3%

                                 9,0                 8,6               9,3
          6,7

          2006                  2007                 2008             2009                                  2006                2007               2008                2009



         Le résultat d’exploitation et le résultat net enregistrent respectivement des croissances moyennes de
          10,3 % et de 11,5 %, conséquence de l’amélioration du coefficient d’exploitation sur la période et de
          l’amélioration du coût du risque. En effet, le coefficient d’exploitation s’établit en moyenne à 47,7 %, un
          niveau largement inférieur à celui observé en Europe (entre 60 % et 65 %). Il y a lieu de souligner que les
          faibles niveaux de rémunérations salariales du secteur (par rapport à l’Europe) permettent à ce dernier de
          poursuivre l’extension du réseau d’agences tout en disposant d’un ratio de charges confortable. Enfin, le
          coût du risque s’inscrit dans une tendance baissière avec un ratio moyen de 0,6 % sur les trois dernières
          années, en raison d’un niveau de défaillance acceptable.

   Évolution du coefficient d’exploitation et du coût du risque (en %, rapport RBE)

                                                                   Coefficient d'exploitation (D)          Coût du risque (G)
                                   1,0%                                                                                                        60%
                                       0,9%                48,6%                                    47,9%                       47,5%
                                                                                    46,6%                                                      50%
                                       0,8%
                                       0,7%
                                                                                                                                               40%
                                       0,6%                                     0,7%
                                                       0,7%
                                       0,5%                                                         0,6%                                       30%
                                                                                                                                 0,5%
                                       0,4%
                                                                                                                                               20%
                                       0,3%
                                       0,2%
                                                                                                                                               10%
                                       0,1%
                                        0%                                                                                                     0%
                                                           2006                     2007            2008                        2009

                                                                                                                                                                 Source : Bank Al Maghrib




Secteur bancaire                                                                                                                                                                              31
Le secteur affiche une rentabilité financière moyenne de 17,0 % sur la période 2006-2009 contre un ROE
            moyen de 5,0 % entre 2002 et 2005. Cette forte évolution s’explique par l’effet positif de la restructura-
            tion du secteur qui a permis le redressement des banques publiques, mais aussi par la forte évolution de
            la croissance bénéficiaire du secteur durant ces trois dernières années. Le ROA quant à lui s’établit en
            moyenne à 1,3 %, contre 0,4 % sur la période 2002-2005.

     Évolution du ROE et ROA du secteur bancaire – Activité Maroc


                                                                                   ROA               ROE
                       30%                                                                                                    1,6%

                                                                                                                              1,4%
                       25%           1,5%
                                                              1,4%
                                                                                     1,3%                                     1,2%
                       20%
                                                                                                                   1,2%
                                                             20,6%                                                            1,0%
                                                                                                               15,2%
                       15%          17,4%                                           16,7%                                     0,8%

                                                                                                                              0,6%
                       10%
                                                                                                                              0,4%
                        5%
                                                                                                                              0,2%

                        0%                                                                                                    0,0%
                                     2006                     2007                  2008                       2009


                                                                                                                      Source : Bank Al Maghrib, Analyse et Recherche

     Le ROE du secteur bancaire marocain demeure supérieur à celui des pays nord-africains qui évolue en moyenne
     sur les cinq dernières années entre 6 % et 9,3 %. Cependant, ce ratio demeure inférieur à celui des pays du Golfe
     qui s’établit en moyenne à 17,6 %.

     Il y a lieu de préciser cependant, que les banques des pays de cette région sont exonérées d’impôt alors que les
     banques marocaines sont soumises à l’impôt sur les bénéfices qui a évolué sur la période entre 37% et 39,6%. Aussi,
     l’ensemble des établissements bancaires de la place se doivent de respecter le ratio de la réserve obligatoire, qui
     s’établit à 16,5 % entre 2003 et 2007, un ratio très élevé par rapport à celui exigé par les pays de la région MENA
     qui oscille entre 7 et 10 %.


     ROE du secteur bancaire des pays de la région MENA



                                    Tunisie        1,2%                                                ROE moyen 5 ans       ROA moyen 5 ans
                                                                          9,3%
                                       EAU                3,4%
                                                                                                     17,3%
                             Arabie Saoudite              3,4%
                                                                                                                                     26,5%
                                     Qatar                    4,7%
                                                                                                                                      27,0%
                                    Koweit                         6,0%
                                                                                             14,9%
                                   Jordanie                       5,3%
                                                                                 11,2%
                                    Egypte            2,7%
                                                                                 11,1%
                                    Bahrain                3,5%
                                                                                             14,9%
                                    Maroc           1,3%
                                                                                         12,7%
                                              0%             5%           10%              15%               20%            25%               30%
                                                                                                                                                    Source : Reuters




32                                                                                                                                             Secteur bancaire
Partie 2




D'apparence atomisé, quelle est la réelle
   physionomie du secteur bancaire ?
D'apparence atomisé, quelle est la réelle physionomie du secteur bancaire ?....33




            Banques universelles vs banques spécialisées : quels modèles dominent le secteur bancaire .35



            Trois groupes bancaires constituent le noyau dur du secteur........................................40

                   Des actifs bancaires concentrés parmi trois banques universelles.............................42
                   Une activité d’intermédiation bancaire au beau fixe............................................43
                       Une croissance à deux chiffres des ressources à la clientèle ..................................43
                           …avec une prédominance des dépôts non rémunérés ..............................................44
                           Les MRE, un segment de choix pour les banques ....................................................44
                           Une épargne globale de plus de 450 MMDh...........................................................45


                       Des encours de crédit en fort développement, tirés par l'équipement
                       et l'immobilier ...............................................................................................46
                           Un coefficient d’emploi qui s’améliore de plus de 20 points durant le quinquennat .........47
                           Un taux de contentieux au plus bas, synonyme d’une bonne appréhension des risques......48
                           Une activité hors-bilan multipliée par deux..........................................................49


                   Des revenus d’activité en amélioration, portés par deux principaux leviers ................50
                       L'effet volume : la croissance de l'activité compense la baisse de la marge
                       d’intermédiation ..................................................................................50
                           Un produit net bancaire tiré par l’évolution favorable de la marge d’intérêts ................51
                           Un resserrement de la marge d’intermédiation de 70 pbs sur les quatre dernières années .52
                           Une rentabilité confortée par un coefficient d’exploitation et un coût du risque bas .......52
                           Une rentabilité financière en baisse, qui demeure tout de même satisfaisante ...............56


                       Un élargissement de périmètre de consolidation aux effets bénéfiques
                       pour les actionnaires.......................................................................................57




Secteur bancaire                                                                                                                           34
Banques universelles vs banques spécialisées : quels modèles
   dominent le secteur bancaire

   Il existe traditionnellement deux modèles bancaires dans le monde : le modèle « anglo-saxon » et le modèle « euro-
   péen ». Le premier privilégie le cloisonnement des activités au nom de la lutte contre les conflits d’intérêts et le
   second préconise une banque universelle couvrant toutes les activités allant de la banque de détail à la banque
   d’affaires, en passant par la gestion collective et les services bancaires.


   Pendant longtemps, le modèle anglo-saxon, dont l’exemple principal était le système bancaire américain issu des
   réformes de 1933 (Glass-Steagall Act), préconisait une séparation des activités bancaires, obligeant même les
   grandes banques universelles de l’époque à scinder leurs activités. Ce n’est qu’à partir de la dernière décennie
   que les régulateurs américains ont autorisé la constitution de holdings réunissant les deux types d’activité.


   L’existence simultanée de ces deux modèles bancaires présente de nombreux avantages tant pour l’investisseur
   que pour le secteur bancaire dans sa globalité. En effet, ces deux types de banque présentent des profils de ren-
   tabilité/risque différents, en adéquation avec le degré d’aversion au risque de l’investisseur ; et la présence de
   banques universelles dans une économie permet de diversifier le risque et lisser les revenus d’exploitation globaux
   du secteur.


   Cependant, la récente crise financière a porté un coup dur aux banques spécialisées américaines et a confirmé la
   supériorité de la banque universelle. En effet, malgré la réforme d’universalisation des banques, initiée en 2000,
   le secteur financier américain demeure caractérisé par l’existence de nombreuses banques régionales et a permis
   le développement d’institutions de crédit spécialisés dans le crédit immobilier et à la consommation. De ce fait,
   la crise immobilière qui a éclaté en 2007 a placé les sociétés de crédit immobilier au cœur de la tourmente et pro-
   voqué de nombreuses faillites. Ces dernières disposaient de portefeuilles de crédit concentrés sur une catégorie
   d’emprunteurs et demeuraient fortement dépendantes du financement sur les marchés financiers.


   La paralysie du marché interbancaire durant la crise ainsi que le renchérissement des coûts de financement, avec
   une hausse des spreads de plus 1 000 pbs, a mis en difficulté ces établissements spécialisés, qui ne pouvaient plus
   se financer sur les marchés financiers. Il a donc fallu l’intervention de banques universelles afin d’alimenter ces
   banques en lignes de trésorerie en contrepartie de prises de participation majoritaires. Nous pouvons prendre, à
   titre d’exemple, le prêteur immobilier Countrywide Financial, qui a bénéficié d’un prêt de $ 2 milliards avant de
   se faire racheter quatre mois plus tard par Bank of America pour un montant de $ 4 milliards.


   Les banques d’investissement ont été également balayées par la crise par manque de diversification de leurs acti-
   vités et de leurs actifs à risque. Ces dernières n’ont du leur salut qu’aux banques universelles qui ont évité des
   faillites en cascade, à titre d’exemple, Merryll Lynch qui a été rachetée par Bank of America, Goldman Sachs et
   Morgan Stanley qui ont été transformées en banques universelles, par le biais de la création d’une holding.




Secteur bancaire                                                                                                          35
Il apparaît donc que le modèle de la banque universelle a confirmé sa résistance et sa capacité à absorber les chocs
     exogènes en période de stress des marchés financiers. En effet, l’existence de ressources, sous forme de dépôts,
     au niveau du passif de ce type de banque constitue un solide rempart face à l’assèchement des liquidités sur les
     marchés financiers et au renchérissement des coûts de financement. Aussi, l’association entre banque de détail et
     banque d’investissement réduit la volatilité de la croissance bénéficiaire de l’établissement bancaire, surtout en
     période de décadence économique.

     L’exemple le plus éloquent est celui des banques universelles françaises (Société Générale, BNP Paribas), qui ont
     pu résister à la crise financière en pleine tourmente de la finance mondiale. La solidité de l’activité de banque de
     détail au niveau local et à l’étranger et sa contribution significative au PNB de ces banques a permis de contre-
     carrer les pertes essuyées par l’activité de banque de financement et investissement (BFI) lors de la crise. Le réin-
     vestissement des profits de la BFI en période de conjoncture favorable dans les banques de détail à l’internatio-
     nal a permis d’amortir au mieux les contre-performances enregistrées par cette activité lors de la crise financière.

     Au Maroc, les deux dernières décennies ont été marquées par la réorganisation du secteur bancaire à travers des
     opérations d’assainissement et de rapprochement, donnant naissance à des banques multi-métiers. Dans ce
     contexte, essayons de distinguer les différents modèles bancaires existants au Maroc :


     Profil 1 : Attijariwafa bank et BMCE bank, des banques universelles par excellence


     Les modèles bancaires des groupes Attijariwafa bank et BMCE bank reposent sur l’existence de plusieurs métiers,
     allant de la banque de détail à la banque des marchés, en passant par la gestion collective. Ces deux groupes ban-
     caires disposent de plusieurs filiales spécialisées exerçant dans différentes activités, dont les plus importantes
     opèrent dans l’assurance, l’immobilier, le crédit à la consommation, etc. Le produit net bancaire des deux banques
     provient majoritairement de la banque de détail tant sur le plan local qu’à l’international, principalement Attijari
     Tunisie et CBAO pour Attijariwafa bank et le Groupe Bank Of Africa pour BMCE Bank.


     Structure du RNPG 2009 d’Attijariwafa bank et de BMCE bank par activité


                                        ATW                                                                        BMCE
                                Banque de détail                                                                       Activités
                                à l’international Sociétés de                                                       internationales Autres
                                      6,4%                                                      Services financiers
                                                  financemenrt                                                           4,3%       5,7%
                                                      9,2%                                          Spécialisés
                                                                                                      21,4%
                                                             Assurance et Immobilier
                                                                     18,9%

                                                                                       Gestion d’actif
                                                                                            2,8%


            Banque, Maroc europe et offshore                                                                                    Banque au Maroc
                        65,5%                                                                                                       74,7%

                                                                                                                        Source : Direction Analyse et Recherche




36                                                                                                                                       Secteur bancaire
Profil 2 : Le Groupe Banques Populaires, un modèle de banque universelle atypique
   Le modèle du Groupe Banques Populaires est atypique puisque la structure organisationnelle de la banque est dif-
   férente d’une banque universelle classique. En effet, le groupe bancaire est constitué du Crédit Populaire du
   Maroc, entité regroupant 10 Banques Populaires Régionales (coopératives) ainsi que de la Banque Centrale
   Populaire, organe coté du Groupe. Les Banques Populaires Régionales exercent l’activité de banque de détail dans
   leurs régions respectives alors que la BCP est la banque d’investissement et de financement du Groupe. Cette der-
   nière a pour principale activité le placement des excédents de trésorerie des banques régionales. Durant ce der-
   nier quinquennat, la banque s’est positionnée au niveau de l’activité Corporate afin de pallier à la baisse du ren-
   dement du portefeuille obligataire du groupe et de se positionner davantage sur un segment rentable. La récente
   fusion- absorption de la banque régionale de Casablanca (BPC) par la BCP va modifier la structure d’activité de
   cette dernière puisqu’elle va entrer de plein pied dans le segment retail, profitant ainsi d’un réseau de distribu-
   tion de 159 agences. Cette opération répond donc à une logique économique de positionnement similaire des deux
   banques au niveau de l’activité Corporate ainsi qu’à une tendance structurelle de renforcement du positionnement
   des banques sur le segment retail.

   Architecture du Groupe Banques Populaires


                                                                   Fonds de soutien
                           Prêts de restructuration                                                        Prêts de restructuration

                                                          Versement d’une contribution annuelle
                                                          (=2% produits d’exploitation bancaire)

                                                                          CPM
                                                                  Refinancement des BPR
            Banque Centrale                                                                                               Banques Populaires
               Populaire                              Remontées quotidiennes des excédents de trésorerie                      Régionales

      Gestion et placement               Attribution d’une commission
     des excédents de tréso-                  de gestion de 10,5%
              rerie

                                                                                              Rémunération sur la base d’un taux
           Marché                       Marché                                                   de rendement moyen annuel
          Obligataire                  Monétaire


                                                          Produits des différents place-
                                                                      ments


                                                                                                                 Source : Direction Analyse et Recherche


   Profil 3 : Les ex-OFS (CIH, CAM) ou la remise en cause des modèles de banques spécialisées
   Le Crédit Immobilier et Hôtelier ainsi que le Crédit Agricole du Maroc, ont longtemps pâti de la spécialisation de
   leurs activités, allant jusqu’à frôler la banqueroute. La concentration de l’actif de ces deux banques sur les sec-
   teurs agricoles et immobiliers a lourdement pesé sur les fonds propres des banques au début de cette décennie.
   Il a fallu l’intervention de l’État à maintes reprises pour faire face à la dégradation de la quasi-totalité du porte-
   feuille clientèle de ces banques (contentieux sur le secteur agricole et immobilier de plus de 10 MMDh). La prise
   de risque illimitée des dirigeants dans l’octroi de crédit (faiblesse des garanties exigées) ainsi que la défaillance
   des emprunteurs (agriculteurs, promoteurs immobiliers) a précipité ces banques vers des quasi-faillites. Les diffé-
   rents plans de redressement et d’assainissement lancés durant cette décennie ont lourdement impacté les per-
   formances financières de ces banques et l’adoption récente d’une stratégie « multi-métiers » pourrait porter ses
   fruits dans les années à venir, avec pour principaux objectifs la diversification des actifs ainsi que le positionne-
   ment dans les activités para-bancaires.


Secteur bancaire                                                                                                                                           37
Évolution de la concentration des crédits à la clientèle (% encours global des crédits clientèle)

                                                                             2006              2009
                                                             86,7%
                                                   80,6%


                                                                                                         55,0%

                                                                                                 33,3%




                                       Encours crédits immobiliers (CIH)            Encours crédits alloués aux agriculteurs (CAM)



                                                                                                                                   Source : Direction Analyse et Recherche



     Profil 4 : les filiales des banques françaises (BMCI, CDM, SGMB) : des banques universelles
                agissant sous l’égide de leurs maisons mères

     Les établissements bancaires à actionnariat étranger, principalement ceux détenus majoritairement par les
     banques françaises, exercent une activité de banque universelle au Maroc. Celle-ci demeure néanmoins particu-
     lièrement cadrée en raison de la stratégie des actionnaires de référence. En effet, ces derniers considèrent ces
     établissements bancaires comme des participations à l’étranger et s’inscrivent dans une logique de rendement et
     de développement rationnel de l’activité de crédit sur le plan local. Notons que le rendement du dividende des
     banques cotées, à savoir CDM et BMCI, est des plus élevés de la place, avec une moyenne de 5,0 % contre 2,3 %
     pour le secteur. Aussi, le faible poids de ces filiales dans les portefeuilles de ces groupes bancaires n’encourage
     pas le management de ces banques à y investir, que ce soit en terme d’injection de fonds propres, ou de déploie-
     ment de stratégies actives dans les marchés locaux respectifs. En effet, le faible développement du réseau de ces
     banques ces dernières années leur a fait perdre des parts de marché au niveau de la banque de détail et la taille
     insuffisante de leurs fonds propres ne leur permet pas de prendre part aux projets structurants développés par le
     pays.


      Extension du réseau bancaire 2006-2009                                            Évolution des PDM des banques françaises côtées


                       850                                                                                                            BMCI   CDM
           791                      2006              2009                                            9,9%
                                                                                                                        8,1%
                 609
        543                         555 Extension du réseau en moyenne                                                                       7,1%             6,7%
                                        de 88 agences contre 235 agences                                     6,0%              6,3%
                                         pour les banques conccurentes                                                                              5,4%             5,2%
                  +241        339                                            317
         +248    agences
       agences                                  254           266
                               +216         189                          218
                             agences                      165
                                              +65          +101            +99
                                           agences       agences        agences

        ATW       CPM         BMCE          BMCI             CDM     Société Générale                   2006                2007               2008               2009
                                                                                                            Crédits clientèle                      Dépôts clientèle


                                                                                                                                   Source : Direction Analyse et Recherche




38                                                                                                                                                   Secteur bancaire
Ainsi, nous remarquons à travers ces quatre profils, que le modèle de la banque universelle est le modèle domi-
   nant au Maroc. Toutefois, le développement des principales activités de ce modèle bancaire, à savoir la banque
   commerciale et la banque des marchés et d’investissement, demeure très disparate. En effet, les banques qui
   constituent le profil 1 et 2, en l’occurrence Attijariwafa bank, BMCE et le Groupe Banques Populaires, disposent
   d’un rapport revenu banque commerciale et banque d’investissement et marchés bien plus élevés que celui des
   filiales de groupes français ainsi que celui des ex-OFS.


   Ventilation des revenus consolidés des banques côtées en fonction du type d’activité (MDh)




                                                      5 000


                                                      4 000
             Banque des Marchés et d'Investissement




                                                      3 000


                                                      2 000


                                                      1 000


                                                         0
                                                               2 000   4 000   6 000   8 000   10 000           12 000
                                                      -1 000                                    Banque commerciale




                                                                                               Source : Direction Analyse et Recherche




Secteur bancaire                                                                                                                         39
Trois groupes bancaires constituent le noyau dur du secteur
     Le secteur bancaire marocain a connu au début des années 90 un mouvement de restructuration et de consolida-
     tion qui a permis de renforcer la concentration des établissements bancaires, de mettre sur pied des banques
     publiques qui étaient au bord de la faillite et de donner naissance à des « champions nationaux », capables de
     développer une dimension internationale.

     En 2009, le secteur se compose de dix-neuf banques, dont sept sont détenues par des banques étrangères et six
     détenues par l’État. Ces deux dernières années ont été caractérisées par le renforcement de la présence interna-
     tionale à travers l’obtention par deux banques espagnoles, à savoir Banco Sabadell et la Caixa, de licences ban-
     caires afin d’exercer sur le territoire, ainsi que l’obtention par Al Barid Bank d’un agrément bancaire. les 19
     banques peuvent être réparties en trois groupes bancaires compte tenu de la structure de leur actionnariat.

     Panorama du secteur bancaire marocain


        Groupe 1 : Actionnariat privé à                                     Groupe 2 : Actionnariat public
              dominance locale
                                                                          Crédit Agricole du Maroc
         Attijariwafa bank                                                CIH
         Crédit Populaire du Maroc                                        Fonds d'Équipement Communal
         BMCE bank                                                        CDG Capital
         Bank Al Amal                                                     Média Finance
         Union Marocaine de Banques                                       Al Barid Bank
         CFM




                                                   Secteur Bancaire




                                  Groupe 3 : Actionnariat privé à dominance
                                                  étrangère

                                  Société Générale Maroc
                                  BMCI
                                  Crédit Du Maroc
                                  Arab bank
                                  Caixa
                                  Banco Sabadell
                                  Citi bank Maroc


                                                                                                   Source : Bank Al Maghrib




40                                                                                                Secteur bancaire
Les trois groupes composant le secteur bancaire marocain se distinguent clairement de part la taille du réseau ainsi
   que de l’encours des dépôts et des crédits à la clientèle :

                  Le Groupe 1 – Actionnariat privé : ce groupe est constitué d’un réseau bancaire de 1 248 agences, et
                   gère des encours de dépôts et de crédits à la clientèle respectivement de 401, 6 et 310,7 MMDh, soient
                   des parts de marché de 68,1% et 60,4% ;

                  Le Groupe 2 – Actionnariat public : Ce groupe, constitué principalement d’anciennes banques
                   publiques restructurées, est composé d’un réseau bancaire de 431 agences et gère des encours de
                   dépôts et de crédits de 66,4 MMDh et 82,0 MMDh. pour des PDM respectives de 11,3% et 15,9% ;

                  Le groupe 3 – Actionnariat étranger : les banques à capitaux étrangers disposent d’un réseau de 760
                   agences et gèrent des encours de dépôt et crédit à la clientèle respectivement de 121,4 MMDh et
                   122,1 MMDh. Les parts de marché sur ces deux activités s’établissent à 20,6% et 23,7%.


   Principaux indicateurs bancaires des trois groupes (2009, en MMDh)

                                          Dépôts clientèle*      Crédits clientèle*   Activités marché**         Réseau d'agences

                                                                 Groupe 1

         Attijariwafa bank                      153,3                  125,4                48,8                       791
         Crédit Populaire du Maroc              160,8                  119,4                36,1                       850
         BMCE bank                              86,7                    64,8                36,2                       555
         Bank Al Amal                            0,0                    0,6                  0,0                        1
         Union Marocaine de Banques              0,8                    0,5                  0,3                        6
         CFM                                     0,0                    0,0                  0,4                        1
         Total G1                              401,6                   310,7               121,8                      2 204

                                                                 Groupe 2

         Crédit Agricole du Maroc                46,1                   44,6                11,0                        328
         CIH                                     17,7                   27,3                1,8                         152
         FEC                                      0,0                   8,8                 0,7                          1
         CDG Capital                              2,6                   1,3                 1,7                          1
         Média Finance                            0,0                   0,0                 1,0                          1
         Total G2                                66,4                  82,0                16,2                         483

                                                                 Groupe 2

         Société Générale Maroc                  45,8                   44,8                 6,1                       317
         BMCI                                    39,5                   41,9                 8,2                       254
         Crédit Du Maroc                         30,6                   32,3                 4,7                       266
         Arab bank                               3,6                    2,4                  1,8                        10
         Citi bank Maghreb                       1,9                    0,7                  1,8                        2
         Caixa                                    -                      -                    -                         1
         Banco Sabadell                           -                      -                    -                         1
         Total G3                               121,4                  122,1                22,6                       851

         Total secteur bancaire                 589,4                  514,8               160,6                      3538



     Ces banques marocaines, du fait de leurs parts de marché et de la taille
     de leurs réseaux, constituent le noyau dur du secteur bancaire.



   * à fin 2009 ** emplois                                                                                 Source : GPBM, Bank Al Maghrib




Secteur bancaire                                                                                                                            41
Des actifs bancaires concentrés parmi trois banques universelles

     Les trois premières banques de la place, à savoir Attijariwafa bank, le Groupe Banques Populaires et BMCE bank concen-
     trent 68,0 % des dépôts et distribuent 60,1 % des crédits à l’économie.


     Parts de marché – Crédits à l’économie                                                          Parts de marché – Dépôts à la clientèle

                                                                 2006     2007      2008      2009                                                             2006       2007        2008         2009

     24,3% 24,1% 24,0% 24,3%                                                                              26,1% 26,4% 26,7% 26,0%   26,3% 26,3% 26,8% 27,3%
                                                 22,3% 23,2%
                                         20,5%
                                 19,3%


                                                                  12,6% 12,9% 12,6% 12,6%                                                                             14,2% 13,9% 14,4% 14,7%




               ATW                           CPM                           BMCE                                        ATW                      CPM                              BMCE

                                                                                                                                                                                            Source : GPBM



     Aussi, l’observation de la structure financière du secteur bancaire montre que ces trois banques concentrant
     66,2 % du total actif, disposent de fonds propres réglementaires (base sociale) des plus élevés du secteur, se situant
     entre 12,8 MMDh pour la BMCE bank et 26,1 MMDh pour Attijariwafa bank et d’un réseau bancaire totalisant 2 196
     agences en 2009, soit 62,1 % de l’ensemble du secteur.


     Parts de marché – Total Actif secteur                                                            Évolution du réseau bancaire

       26,4% 25,6% 26,8% 27,3%                                 2006     2007     2008      2009                                                             2006      2007     2008         2009
                                         23,6% 23,6% 23,7%                                                                                            850
                                                                                                                             791
                                                                                                                                                745
                                                                                                                       703                690
                                                                                                                 624                609
                                                                                                                                                                                      555
                                 13,9%                           14,4% 14,7% 14,8% 15,3%                   543                                                                 511
                                                                                                                                                                         411
                                                                                                                                                                   339




                 ATW                         CPM                           BMCE                                    ATW                      CPM                              BMCE




                                                                                                                                                                                            Source : GPBM


     Compte tenu de l’ensemble des éléments précités, il nous paraît évident que l’évolution récente et les perspec-
     tives du secteur bancaire ne peuvent être analysées qu’à travers l’analyse intrinsèque des principales banques qui
     le composent. À cet effet, nous limiterons notre analyse aux trois premières banques de la place, à savoir
     Attijariwafa bank, le Crédit Populaire du Maroc (dont l’entité cotée est la Banque Centrale Populaire) et BMCE
     bank.




42                                                                                                                                                                       Secteur bancaire
Une activité d’intermédiation bancaire au beau fixe

   L’activité bancaire s’est fortement développée ces quatre dernières années, contribuant de ce fait à l’améliora-
   tion du financement de l’économie marocaine. Disposant d’une structure de ressources favorable, les banques de
   la place ont largement développé l’activité de crédit à la clientèle tout en améliorant leurs ratios de productivité
   et de risque.


   Une croissance à deux chiffres des ressources à la clientèle

   Le secteur bancaire marocain a enregistré sur la période 2006-2009 une évolution croissante des ressources col-
   lectées, soit une croissance annuelle moyenne de 11,5 %, pour s’établir à 589,5 MMDh en 2009. Ce trend haussier
   traduit l’effort réalisé par le secteur à mobiliser l’épargne nationale à travers l’effort d’extension du réseau
   d’agences ainsi que l’offre packagée à destination de segments de clientèle spécifiques. Les trois banques cotées
   ont réalisé sur cette période une croissance annuelle moyenne allant de 11,3 % pour Attijariwafa bank à 12,9 %
   pour la BMCE bank, un niveau similaire à celui enregistré par le secteur bancaire dans sa globalité.

   En décembre 2009, l’encours des dépôts collectés auprès de la clientèle a progressé de 4,4 % contre 12,9 % une
   année plus tôt. Ce résultat confirme la capacité du secteur à résister à la détérioration de l’environnement inter-
   national tant cette croissance demeure salutaire dans un contexte marqué par la baisse des transferts RME et des
   avoirs extérieurs de l’État.

   Encours des dépôts à la clientèle (MMDh)                                                    Croissance des dépôts clientèle (%, GA)

                                                      2006        2007      2008        2009                                                                   06/05      07/06     08/07        09e/08
                                                161                                                                                                               20,5%
                    151 153               151
                                                                                                         18,8%
              132                   131                                                                                                 17,4%                                     17,1%
                                                                                                 15,8%                                                                    15,0%
        111                   112                                                                                14,4%                          15,0%
                                                                                                                                13,7%
                                                                            81     87
                                                                    69
                                                             60
                                                                                                                                                        6,4%                              6,8%


                                                                                                                         1,5%

                ATW                   CPM                            BMCE                                   ATW                            CPM                               BMCE

                                                                                                                                                                                             Source : GPBM



   La structure des ressources clientèle du secteur laisse apparaître une prédominance des ressources non rémuné-
   rées qui représentent en moyenne 61,4 % des ressources globales sur la période 2006-2009. L’encours de ces res-
   sources enregistre une croissance moyenne de 13,1 % sur la période pour s’établir en 2009 à 364,8 MMDh, contre
   une évolution de 9,2 % pour les ressources rémunérées et un encours de 224,7 MMDh.

   La croissance moins prononcée des dépôts rémunérés sur la période s’explique par trois raisons principales :

         la tendance baissière de la rémunération des dépôts à terme qui baisse de 5,1 % en 2001 à une moyenne de
          3,6 % sur ces trois dernières années, soit une baisse de 150 pbs ;

         La concentration de la collecte de dépôts auprès de clients peu exigeants en terme de rendement ;

         L’orientation de l’épargne des ménages vers des produits plus rémunérateurs, à savoir les produits
          d’épargne commercialisés par les assurances qui offrent des rendements supérieurs à 5 %. mais également
          les OPCVM dont l’encours sous gestion s’établit à fin 2009 à 187,0 MMDh (+20,4 % par rapport à 2008).




Secteur bancaire                                                                                                                                                                                             43
…avec une prédominance des dépôts non rémunérés

     L’évolution favorable des dépôts non rémunérés durant cette période s’explique par des considérations macro-éco-
     nomiques, notamment l’évolution positive du taux de pénétration bancaire qui a un impact positif sur la déten-
     tion de dépôts à vue ainsi que la faiblesse des taux créditeurs qui limite l’intérêt de détention de comptes
     d’épargne faiblement rémunérés.

     Les trois premières banques disposent de structures de ressources relativement homogènes avec une part moyenne
     de dépôts non rémunérés, sur la période 2006-2009, de 62,9 % pour Attijariwafa bank et de 61,1 % pour le Crédit
     Populaire du Maroc, contre une moyenne de 57,4 % pour la BMCE bank.

     À l’avenir, les établissements bancaires à la structure de ressources favorable, disposeront d’une meilleure renta-
     bilité bancaire en raison d’un coût des dépôts plus faible et de commissions de gestion des dépôts à vue plus impor-
     tants.

     Structure des dépôts du secteur                                                 Structure des dépôts des trois premières banques
                                                                                                                                 2006   2007 2008    2009
                     Ressources rémunérées         Ressources non rémunérées   70%                  66%64%66%
                                                                                                                          62%64%63%
                                                                                                 59%                   59%                        59% 59%
                                                                               60%                                                             56% 56%
        41%          37%                     39%                  38%
                                                                               50%                                                 44% 44%
                                                                                     41%                    41%                       41% 41%
                                                                               40%                             38%36%37%
                                                                                       34%36%34%
                                                                               30%
        59%          63%                     61%                  62%          20%
                                                                               10%
                                                                               0%
              2006         2007                    2008                 2009
                                                                                           RR        RNR        RR         RNR           RR         RNR
                                                                                           ATW                  CPM                     BMCE

                                                                                                                                                    Source : GPBM


     Les MRE, un segment de choix pour le secteur
     Les dépôts des Marocains Résidents à l’Etranger constituent une part importante des ressources clientèle avec une
     part de 20,5 % en 2009, en baisse de 4,7 points par rapport à 2005. Si la part de ces ressources a fortement baissé
     en absolu passant de plus 80 MMDh d’additionnel entre 2000 et 2004 à moins de 30 MMDh sur la période 2005-2009,
     sa part dans le total dépôt demeure en moyenne à 21,9 %. Cependant, force est de constater que le comporte-
     ment économique du MRE a changé ces dernières années, en raison de la substitution de l’investissement à
     l’épargne. En effet, l’évolution de la consommation, les placements sur les marchés financiers ainsi que l’inves-
     tissement dans l’immobilier ont fortement augmenté, au dépends de la thésaurisation.
     Le Crédit Populaire du Maroc, acteur historique dans ce segment, demeure le leader de la collecte de dépôts
     auprès de ce type de clientèle avec une part de marché moyenne avoisinant 54,1 % sur la période 2006-2009 contre
     une part de marché moyenne de 26,8 % pour Attijariwafa bank et 10,3 % pour BMCE bank.

     L’obtention du passeport européen en 2008, autorisant l’exercice de l’activité bancaire dans les pays à forte com-
     munauté marocaine résidente à l’étranger va permettre d’accroître la concurrence sur ce segment, autrefois
     détenu à 90 % par le CPM. Dans ce cadre, Attijariwafa bank et le CPM qui disposent d’un réseau d’agences à
     l’étranger important et qui pourront distribuer l’ensemble des produits et services bancaires auraient une longueur
     d’avance par rapport à leurs concurrents. Les implantations prévues par les deux premières banques de la place
     de plus de 40 agences en Europe dans les années à venir témoignent du potentiel que représente ce segment tant
     en termes de vente croisée de produits financiers que de transferts de fonds.




44                                                                                                                                      Secteur bancaire
Structure des dépôts RME du secteur                                                           Parts de marché dépôts RME des trois banques
                                                                                                                                                                   2006       2007      2008   2009
    30%                   Ressources rémunérées   Ressources non rémunérées
                                                                                                         60%
                                                                                                                                         55,0% 54,4% 53,6% 53,3%
    25%   24,7%                                                                                          50%
                                  23,4%
                  21,3%                                                 21,9%
                                          19,9%   20,8%                                                  40%
    20%                                                   19,7%                 19,7%

    15%
                                                                                                         30%   26,8% 27,2% 26,6% 26,7%

    10%
                                                                                                         20%

                                                                                                         10%                                                              10,1% 10,4% 10,3% 10,3%
    5%
                                                                                                         0%
    0%
             2006                     2007          2008                  2009                                           ATW                      CPM                                BMCE



                                                                                                                                                                                      Source : GPBM


   Une épargne globale de plus de 450 MMDh

   En conclusion, le poids important des encours sous gestion ainsi que le potentiel de développement de la bancas-
   surance imposent une extension du périmètre de calcul des instruments d’épargne des ménages. En effet, ces nou-
   velles formes d’épargne émergent et représentent désormais une part importante des l’activité des banques uni-
   verselles. A ce titre, nous remarquons que le groupe Attijariwafa bank a géré en 2009 un encours de plus de
   200 MMDh, suivi du Crédit Populaire du Maroc avec un encours de 157 MMDh, et enfin de la BMCE bank avec un
   encours totalisant 107 MMDh.


   Encours des actifs gérés par les sociétés de gestion, filiales de groupes bancaires

                                                      Société Mère                                Encours Juin 2010 ( en MMDh)                              Part de marché
     Wafa Gestion                                   Attijariwafa bank                                               62,2                                            28,9%
     BMCE Capital Gestion                                 BMCE bank                                                 26,0                                            12,1%
     Upline Management                                            BCP                                               13,5                                             6,3%

                                                                                                                                                                          Source : Wafa Gestion




   Chiffre d’affaires généré par l’activité de bancassurance*

     Société Mère                                                               Encours 2009 ( en MDh)                                                  Part de marché
     Attijariwafa bank                                                                  1 936                                                                 42,4%
     BMCE bank                                                                          1 422                                                                 31,1%
     Groupe Banques Populaires                                                           668                                                                  14,6%

   * A défaut de disposer de l’encours épargne bancassurance (information non publique), nous présentons les flux                                         Source Ministère des Finances
   annuels générés par l’activité des bancassurance des trois banques de notre échantillon




Secteur bancaire                                                                                                                                                                                      45
Des encours de crédit en fort développement, tirés par l’équipement et l’immobilier
     L’activité de crédit au Maroc a connu une croissance exponentielle ces quatre dernières années, enregistrant une
     croissance moyenne de 20,1 %, pour s’établir à 514,9 MMDh. La distribution d’un additionnel de plus de 218 MMDh
     témoigne du rôle joué par les banques dans le développement de l’activité de transformation. Plus récemment,
     cette croissance revient à des niveaux normatifs, soit une évolution de 10 % en 2009.
     Les trois principales banques du Royaume ont enregistré des croissances moyennes, sur la période 2006-2009, de
     27,6 % pour le CPM, suivies d’Attijariwafa bank et de BMCE bank qui enregistrent des croissances moyennes res-
     pectives de 20,2 %. Actuellement, consolidant ainsi leurs parts de marché respectives aux dépends des autres ins-
     titutions de la place, Attijariwafa bank et Crédit Populaire du Maroc disposent en 2009 d’un encours de crédit res-
     pectivement de 125,4 MMDh et 119,4 MMDh contre 64,8 MMDh pour la BMCE. L’activité de crédit des trois groupes
     bancaires représente ainsi une part de marché cumulée de 60,1 % de l’encours global du secteur.

     Encours des crédits à la clientèle (MMDh)                                                                       Évolution de la croissance des crédits clientèle (%, GA)

                                                                        2006         2007     2008            2009                                                                                                                        06/05                 07/06           08/07        09/08
                                                                                                                                                                                                 35,5%
                                  125                                                                                                                                                                       33,9%
                                                                119                                                                                                                                                                                             31,0%
                           112                                                                                                   28,9%
                                                          104                                                                              26,8%
                    91
                                                                                                                                                     22,7%                             22,1%                                                      22,5%
                                                    78                                                                                                                                                                                                                    20,0%
             72
                                                                                                         65
                                              57                                                  59                                                                                                                   14,5%
                                                                                        49                                                                        11,7%
                                                                                 37                                                                                                                                                                                               10,4%



                      ATW                             CPM                                   BMCE                                                    ATW                                                   CPM                                                     BMCE

                                                                                                                                                                                                                                                                                 Source : GPBM

     Les crédits immobiliers et à l’équipement sont les moteurs de croissance de l’activité de crédit à la clientèle, en
     témoigne l’évolution moyenne des encours respectivement de 33,6 % et 24,6 % sur la période. La croissance de ces
     deux composantes intervient dans un contexte socio-économique caractérisé par l’évolution des mentalités indui-
     sant une demande accrue en logement et la naissance d’une véritable société de consommation.

     L’encours des crédits immobiliers est passé de 73,0 MMDh en 2006 à 152,0 MMDh en 2008, soit un additionnel de
     79 MMDh et une performance en glissement annuel de 40,1 % en 2007 et 48,6 % en 2008. Cette croissance à deux
     chiffres trouve son origine dans l’évolution exponentielle du crédit à la promotion immobilière qui enregistre une
     croissance moyenne de 180,0 % sur la période. Ce dernier se développe fortement en raison des différents projets
     d’infrastructure et de tourisme lancés à partir de 2005. Le crédit à l’équipement enregistre quant à lui une crois-
     sance moyenne de 24,0 % pour atteindre 99,4 MMDh à fin 2008.

     Plus récemment, en 2009, la machine d’investissement maintient son rythme de croissance en dépit d’une
     conjoncture internationale défavorable. En effet, l’encours des crédits à l’équipement et du crédit immobilier
     enregistre en 2009 une performance annuelle respectivement de 25,8 % et 14,5 %.


     Évolution des crédits clientèle par type (MMDh)                                                                 Taux débiteurs par type de crédit (%, GA)

                  Crédits équipement     Crédits immobiliers      Crédits de trésorerie et à la consommation           9,0%
       200                                                                                                                               Crédits de trésorerie                              Crédits à l'équipement                                   Crédits immobiliers
                                                                               171                  174 170            8,5%                                                                 Crédits à la consommation
       180
       160                                          154                152                                             8,0%
       140                                                                                  125                        7,5%
                            119
       120                                                                                                             7,0%
                                             102                99
       100                              84                                                                             6,5%
        80            73
              65                                                                                                       6,0%
        60
                                                                                                                       5,5%
        40
                                                                                                                       5,0%
        20
                                                                                                                       4,5%
         0
                                                                                                                                                      T3 - 2007

                                                                                                                                                                    T4 - 2007

                                                                                                                                                                                T1 - 2008

                                                                                                                                                                                              T2 - 2008

                                                                                                                                                                                                           T3 - 2008

                                                                                                                                                                                                                        T4 - 2008

                                                                                                                                                                                                                                      T1 - 2009

                                                                                                                                                                                                                                                    T2 - 2009

                                                                                                                                                                                                                                                                    T3 - 2009

                                                                                                                                                                                                                                                                                 T4 - 2009
                                                                                                                              T1 - 007

                                                                                                                                         T2 -2007




                     2006                    2007                     2008                        2009
                                                                                                                                 2




                                                                                                                                                                                                                                    Source : GPBM, Bank Al Maghrib




46                                                                                                                                                                                                                                                 Secteur bancaire
En terme de parts de marché, les trois banques de la place s’accaparent 57,4 % de l’encours global des crédits à
   l’équipement, 63,5 % de l’encours des crédits immobiliers et 63,1 % de l’encours des crédits de trésorerie et à la
   consommation. Sur la période 2006-2009, L’observation des parts de marché des trois banques montre :

         Un gain de PDM au niveau des crédits à l’équipement pour Attijariwafa bank et Crédit Populaire du Maroc,
          respectivement de 220 bps et 310 pbs, contre une baisse pour BMCE bank de 130 pbs ;

         Un gain de parts de marché au niveau des crédits immobiliers, allant de 180 pbs pour Attijariwafa bank à
          270 pbs pour BMCE bank ;

         Une baisse des PDM au niveau des crédits de trésorerie et à la consommation pour Attijariwafa bank et
          BMCE bank de -380 pbs et -170 pbs contre une hausse de 530 pbs pour le CPM.


   Parts de marché par type de crédit (%)

                                                                          2006      2007       2008          2009                                                              2006    2007      2008       2009
                           27,3%
         25,1%                                                                                                                                                   27,7% 27,4%
                                                                                                                                                   25,1% 25,8%
             22,3% 21,6%                                                                                                             23,7% 23,1%
                                                                                                                             22,4%
                                                                19,4%                                                21,2%
                                                        18,6%
                                                17,3%
                                        16,3%
                                                                                     13,2%                                                                                                    12,6% 13,1%
                                                                             12,0%           12,1%
                                                                                                     10,7%                                                                      10,4% 11,1%




                 ATW                               CPM                                 BMCE                                     ATW                         CPM                          BMCE
                                                                                                                                                          Immobilier
                                                Equipement

                                                                           2006       2007        2008        2009
          29,2% 29,0%
                        27,6%
                                25,4%                             24,5%
                                                          22,3%
                                                  20,6%
                                         19,2%
                                                                                 14,9% 14,8%
                                                                                               12,6% 13,2%




                   ATW                                  CPM                                BMCE
                                         Trésorerie et consommation



                                                                                                                                                                                                   Source : GPBM


   Un coefficient d’emploi qui s’améliore de plus de 20 points durant le quinquennat

   Le coefficient d’emploi s’établit à fin 2009 à 90,1 %, en hausse de 20,1 points par rapport à 2006. Dans le même
   sillage, le ratio Crédits / Dépôts du secteur, que l’on peut considérer comme une mesure de la liquidité bancaire,
   enregistre une forte évolution ces quatre dernières années pour s’établir à fin 2009 à 87,4 %. Il y a lieu de rappe-
   ler que ce ratio se situait à 69 % au début de la décennie. La hausse de 18 pts sur la période 2000-2009 témoigne
   de l’implication croissante des banques dans la transformation de l’épargne en financement et investissement,
   mais aussi de l’amélioration de la capacité d’expansion de l’économie.

   Ainsi, les trois banques de la place enregistrent des croissances significatives de leur coefficient d’emploi sur la
   période 2006-2009 allant de 12,8 points pour BMCE bank à 16,8 pts et 22,9 pts respectivement pour Attijariwafa
   bank et le Crédit Populaire du Maroc. La croissance plus rapide des crédits à la clientèle par rapport à celle des
   dépôts poussera indubitablement les banques les plus exposées à améliorer la collecte de dépôts auprès de la
   clientèle ou à rationner le crédit avec pour objectif la sélection des dossiers qui présenteront le meilleur profil
   risque.



Secteur bancaire                                                                                                                                                                                                   47
Enfin, le ratio crédits / dépôts du secteur se situe à des niveaux inférieurs par rapport à celui des économies déve-
     loppées, mais similaires à ceux observés par les économies émergentes, à l’exception de la Tunisie dont le ratio
     élevé s’explique par le taux de contentieux qui dépasse les 18 % en 2008.



     Évolution du ratio Crédits bruts / Dépôts                                          Ratio Crédits / Dépôts de pays développés et émergents

                          81,8%                                                          Tunisie                                                                   187,9%
                                                                      74,8%
                                                                                       Espagne                                                            155,0%
                      74,3%                    74,3%             72,4%
                 69,3%                    69,0%             70,6%                        France                                                  130,0%
            64,9%                                                                       jordanie                                   88,4%
                                                       61,9%
                                      59,3%                                           Allemagne                                   87,5%
                                  51,4%                                                   Maroc                                   87,4%
                                                                                        Turquie                                78,0%
              06 07 08 09
                                                                                         egypte                        53,7%
                                                                                         algerie                     48,0%
                                                                                          Liban              31,8%
                    ATW                   CPM                 BMCE


                                                                                                                                           Source : GPBM, Banques Centrales



     Un taux de contentieux au plus bas, synonyme d’une bonne appréhension des risques

     Le taux de contentieux du secteur s’inscrit dans un trend baissier depuis 2006 pour atteindre 5,9 % en 2009 contre
     14,5 % quatre ans plus tôt. La constante amélioration de ce taux s’explique par la restructuration des banques
     publiques, la politique efficace de recouvrement des banques privées de la place ainsi que la possession par les
     banques d’un stock de crédit beaucoup plus jeune et plus assaini.

     Actuellement, le taux de contentieux des trois premières banques de la place laisse apparaître une bonne gestion
     des risques. En effet, malgré une conjoncture économique moins porteuse, Attijariwafa bank et le Crédit Populaire
     du Maroc ont su contenir le niveau des créances en souffrance à moins de 4 %, alors que BMCE bank voit son taux
     de prêts non performants s’établir à 5,06 %, en hausse de 120 pbs par rapport à 2008. Cette forte évolution trouve
     son origine dans la dégradation de la qualité du portefeuille de crédit de la banque au niveau des secteurs immo-
     bilier et de textile.


     Évolution du taux de contentieux (Activité Maroc)


                                                                                                      6,3%
                                                                                 4,2%
                                  BMCE
                                                                              3,8%
                                                                                          5,1%
                                                                                                                                   9,4%
                                                                                                     6,1%
                                   CPM
                                                                        3,4%
                                                                      3,2%
                                                06                                                 5,8%
                                                07                                 4,2%
                                   ATW
                                                08                   3,0%
                                                09                          3,5%



                                                                                                                                                               Source : GPBM




48                                                                                                                                                 Secteur bancaire
Une activité hors-bilan multipliée par deux

   Au niveau des engagements hors-bilan, nous remarquons une évolution moyenne de 24,3 % sur la période 2006-
   2009, pour s’établir à 168,5 MMDh. Les trois groupes banques détiennent 63,8 % de PDM en engagements hors-bilan
   en 2009. Alors qu’Attijariwafa bank et BMCE bank voient leurs parts de marché baisser entre 2006 et 2009 res-
   pectivement de 3,7 pts et 4,7 points, le Crédit Populaire du Maroc enregistre une hausse de sa PDM de 12,4 points
   sur la période pour s’établir à fin 2009 à 25,8 %.

   La part des engagements hors-bilan du secteur demeure à fin 2009 à des niveaux raisonnables, soit 32,7 % de l’en-
   cours global des crédits à la clientèle.


   Il y a lieu de rappeler que ces engagements hors-bilan présentent eux aussi des risques et doivent être surveillés
   par l’ensemble des banques de la place. Un encours important d’engagements hors-bilan impacte fortement la
   banque en période d’instabilité financière. À titre d’exemple, Citigroup qui disposant d’un montant élevé de cré-
   dits toxiques dans son hors-bilan s’est vu obliger de provisionner les pertes, ce qui a impacté lourdement ses fonds
   propres, et a dû procéder à des augmentations de capital massives pour préserver sa solvabilité.




    Engagements hors-bilan du secteur (MMDh)                                                          Parts de marché des principales banques (en %)


              Engagements hors-bilan           % de l'encours global de crédit
                                                                                                                    ATW          BMCE   CPM
      180                                                                                      100%   35%
                                                                                 168,5
      160                                               157,8                                  90%    30%
      140                                                                                      80%
                               125,9                                                           70%    25%
      120
                                                                                               60%    20%
      100   87,7                                                                               50%
       80                                                                                             15%
                                                                                               40%
       60                                                                                      30%    10%
       40          29,5%               33,1%                    33,7%                    32,7% 20%
       20                                                                                      10%    5%
        0                                                                                      0%       0
            2006                2007                     2008                     2009                      2006          2007          2008   2009



                                                                                                                                                  Source : GPBM




Secteur bancaire                                                                                                                                                  49
Des revenus d’activité en amélioration, portés par deux principaux leviers

     L’évolution croissante des résultats d’activité des trois groupes bancaires durant ces quatre dernières années, s’ex-
     plique par l’effet volume au niveau de l’activité de dépôt et de crédit à la clientèle et par l’élargissement du péri-
     mètre de consolidation


     L’effet volume : la croissance de l’activité compense la baisse de la marge d’intermédiation

     Le secteur bancaire enregistre durant la période 2006-2009 une évolution notable de ses résultats d’activité. Le
     Produit Net bancaire a évolué en moyenne de 10,4 %, tiré par la croissance de la marge sur intérêts qui a crû de
     9,9 %, suivi du résultat sur activités de marché et de la marge sur commissions qui ont augmenté respectivement
     de 6,4 % et 12,1 %.

     L’évolution significative de la marge d’intérêt sur la période s’explique par l’effet volume enregistré au niveau des
     crédits à la clientèle qui ont augmenté de 23,3 % sur cette période, contrebalançant de ce fait le resserrement de
     la marge moyenne d’intermédiation. La marge sur commissions évolue également de manière positive en raison de
     l’amélioration du commissionnement au niveau des opérations avec la clientèle. En effet, le développement de
     l’équipement des ménages en produits monétiques et produits de bancassurance ainsi que la multiplication des
     opérations de marché (introductions en bourse, augmentation de capital etc.) ont fortement contribué à l’amé-
     lioration de cette marge durant la période. Enfin, la performance du résultat sur opérations de marché résulte en
     partie des plus-values réalisées sur cession de titres et de l’amélioration du résultat sur opérations de change.

     La ventilation du Produit Net Bancaire sur la période montre la prépondérance de la marge d’intérêt, qui repré-
     sente en moyenne 75,3 % du PNB sur la période, contre 12,7 % pour la marge sur commissions et 10,7 % pour le
     résultat sur opérations de marché. Cette composition témoigne de la prédominance des revenus sur intérêts, les-
     quels demeurent tributaires de l’évolution de l’encours des dépôts et des crédits et de la volatilité des taux d’in-
     térêts sur ces deux composantes.


     Évolution du Produit Net Bancaire                             Évolution de la structure du PNB
     du secteur (MMDh)                                             du secteur
                                                                             Marge d'intérêt   Marge sur commissions    Résultat des Opérations de marché
                                                  29,9
                            26,0       27,2                         100%                                                      8,7%
                                                                                  12,0%               10,8%                                         10,7%
                                                                     90%
                 22,2                                                             12,1%               13,3%                   13,3%                 12,7%
                                                                     80%
                                                                     70%
                                                                     60%
                                                                     50%
                                                                     40%          76,3%               74,2%                   78,4%                 75,3%
                                                                     30%
                                                                     20%
                                                                     10%
                                                                     0%
                 2006       2007      2008       2009                      2006                2007                    2008                  2009



                                                                                                                                                      Source : GPBM



     Dans un contexte de forte concurrence provoquant un renchérissement du coût des ressources et une politique de
     taux d’intérêts bas, la marge d’intermédiation du secteur s’inscrit naturellement dans une tendance baissière.
     Ainsi, pour assurer une croissance organique pérenne, la marge de manœuvre des banques se situe dans les acti-
     vités génératrices de commissions ainsi que les activités de marché.




50                                                                                                                                   Secteur bancaire
Évolution de la marge globale d’intermédiation

                                4,5%

                                       4,4%
                                4,0%          4,3%
                                                                              3,7%
                                                      3,8%
                                3,5%                          3,6%    3,6%           3,6%

                                3,0%                                                          3,2%
                                                                                                     3,1%
                                2,5%

                                2,0%
                                       2001    2002    2003    2004   2005   2006      2007   2008   2009


                                                                                                               Source : Bank El Maghrib



   Un Produit Net Bancaire tiré par l’évolution favorable de la marge d’intérêts

   Sur la période 2006-2009, les trois premiers groupes bancaires ont enregistré une croissance positive de leur
   Produit Net Bancaire, allant de 8,3 % pour la BMCE bank à 11,8 % et 11,7 % respectivement pour Attijariwafa bank
   et le Crédit Populaire du Maroc.

   La progression du Produit Net Bancaire des banques de notre échantillon s’explique par :

         La croissance moyenne de la marge d’intérêts de 9,7 %. Les trois groupes bancaires réalisent une progres-
          sion de la marge d’intérêts allant de 8,5 % pour la BMCE à 10,3 % pour Attijariwafa bank et le Crédit
          Populaire du Maroc. Ces performances s’expliquent par la forte progression de l’encours des crédits à la
          clientèle d’en moyenne 22,9 % sur la période ;

         L’évolution moyenne de la marge sur commissions de 9,8 % en raison de la progression des commissions per-
          çues sur la clientèle, conséquence de l’effet réseau et de la vente de produits croisés. Attijariwafa bank
          réalise une performance moyenne de 11,3 % de sa marge contre 9,7 % pour le CPM et 8,2 % pour BMCE bank ;

         Le résultat des opérations de marché enregistre quant à lui une progression moyenne de 9,0 %. Alors que
          le Crédit Populaire du Maroc voit son encours évoluer en moyenne de 2,6 %, BMCE bank et Attijariwafa
          bank enregistrent des croissances respectives de 6,8 % et 17,5 %. Si nous retraitons du résultat sur activi-
          tés de marché de la BMCE les plus-values sur cessions de titres réalisées en 2007, la banque enregistre une
          stabilisation de ses revenus d’activité entre 2006 et 2008.

   Évolution des composantes du Produit Net Bancaire (en MDh)

                       2006-2007-2008-2009
               6 000

               5 000

               4 000

               3 000

               2 000

               1 000
                   0
                         ATW       CPM         BMCE     ATW      CPM       BMCE       ATW     CPM       BMCE
                               Marge d'intérêt           Marge sur commissions                ROM

                                                                                                               Source : États financiers




Secteur bancaire                                                                                                                           51
Un resserrement de la marge d’intermédiation de 70 pbs sur les quatre dernières années

     La marge d’intermédiation sur opérations avec la clientèle évolue dans une tendance baissière entre 2006 et 2009
     avec une variation moyenne négative de 70 pbs pour les trois banques étudiées. Ceci s’explique par la croissance
     moyenne de 43 pbs du coût des dépôts au détriment d’une baisse du rendement des crédits de 27 pbs.
     L’observation des marges d’intermédiation des banques montre :

           Une hausse des coûts de dépôt allant de 26 pbs pour le CPM à 52 pbs pour Attijariwafa bank et BMCE bank.
            Ceci s’explique par la forte concurrence entre les banques de la place qui ont surenchéri pour collecter
            des ressources rémunérées afin d’accompagner le développement des crédits, ceci se traduisant inévita-
            blement par une hausse du coût des dépôts.

           Une baisse du rendement des crédits à la clientèle allant de 52 pbs pour le CPM à 39 pbs pour Attijariwafa
            bank. BMCE bank, quant à elle, voit son rendement de crédit augmenter de 9 pbs. Les principaux groupes
            bancaires subissent la rude concurrence au niveau de l’activité de crédit qui les contraint à réduire leurs
            marges pour préserver leurs parts de marché.


     Évolution de la marge d’intermédiation sur opérations avec la clientèle


                                                                                        2006     2007    2008    2009
                                                              5,2%
                                    4,8%                             4,9%
                                                                            4,6% 4,4%    4,5%
                                           4,2% 4,3%                                            4,1% 4,0% 4,1%
                                                       3,9%




                                             ATW                        CPM                       BMCE

                                                                                                            Source : Direction Analyse et Recherche


     Une rentabilité confortée par un coefficient d’exploitation et un coût du risque bas

     En dépit du coût des projets structurants entamés par l’ensemble des banques de la place visant la mise en applica-
     tion de Bâle II ainsi que la politique volontariste d’extension du réseau d’agences, le coefficient d’exploitation du
     secteur s’inscrit dans une tendance baissière passant de 48,6 % en 2006 à 47,5 % en 2009, soit une baisse de 110 pbs.

     L’observation du coefficient d’exploitation des principales banques de la place montre :

           Une baisse significative du coefficient d’exploitation d’Attijariwafa bank qui voit son ratio passer de 46,3 %
            en 2006 à 40,9 % en 2009, soit une baisse de 5,4 points. Fidèle à son modèle économique hérité de l’ex-
            BCM, la banque semble maîtriser ses charges et réaliser des économies d’échelle dans un contexte de
            hausse à deux chiffres de son Produit Net Bancaire (+11,8 %) et d’ouverture de plus de 248 agences ban-
            caires sur la période ;

           Une baisse de 1,2 points du coefficient d’exploitation du Crédit populaire du Maroc, qui s’établit à fin 2009
            à 45,0 %. Malgré la taille du réseau bancaire qui s’élève à 850 agences ainsi que l’importance des charges
            de personnel en raison d’un effectif groupe dépassant les 9000, le groupe bancaire semble contenir ses
            charges structurelles à des niveaux adéquats, confortées par un PNB en hausse de 11,6 % sur la période ;



52                                                                                                                        Secteur bancaire
Une hausse significative du coefficient d’exploitation de la BMCE bank qui s’établit en 2009 à 61,9 %, en
          hausse de 3,4 points par rapport à 2006. Historiquement, la BMCE affichait un coefficient d’exploitation
          élevé et éprouve du mal aujourd’hui à le contenir en raison d’une hausse modérée du PNB (+8,2 % sur la
          période) face à laquelle évolue une lourde structure de charges (ouverture de 216 agences sur la période).
          La banque, ne disposant plus de marge de manœuvre pour améliorer sa productivité, se doit d’enregistrer
          une croissance significative de son PNB pour ramener le coefficient d’exploitation à des niveaux compa-
          rables à la moyenne du secteur.



      Coefficient d’exploitation du secteur                                                Coefficient d’exploitation des trois groupes bancaires
              48,6%                46,6%                47,9%            47,5%                               ATW           BMCE         CPM
                                                                                                                                                   74,5%

                                                                                                 58,5%                                                                 61,9%
                                                                                                                        53,5%
                                                                                                46,3%
                                                                                                                           46,1%              41,5%                    45,0%
                                                                                                 46,2%                  43,8%                 43,9%                40,9%


                  2006                 2007                 2008             2009                 2006                    2007                    2008             2009



         Évolution de l’effectif groupe                                                     Évolution du réseau bancaire
              ATW CPM           BMCE                                         9068                 2006 2007 2008 2009
                                                            8653                                                                                  850
                                       7976                                                                       791
                  7547                                                                                                                      745
                                                                                                            703                       690
                                                                                                      624                       609
                                                                      5599                      543                                                                          555
                                4957                 5230                                                                                                              511
           4615                                                                     4592
                                                               4009                                                                                              411
                         3201                 3538                                                                                                         339




                  2005                 2006                 2007             2008                        ATW                            CPM                       BMCE


                                                                                                                                            Source : États financiers, rapports annuels



   Le coût du risque du secteur, qui est le rapport entre la part des provisions liées aux défaillances des clients et
   l’encours des crédits bruts à la clientèle, s’inscrit dans une tendance baissière passant de 0,7 % en 2006 à 0,6 %
   en 2009. Ainsi, sur la période, Attijariwafa bank enregistre un coût du risque moyen de 0,3 % alors que le Crédit
   Populaire du Maroc et la BMCE bank voient leurs charges de risque s’établir respectivement à 0,4 % et 0,6 % de
   l’encours des crédits bruts. Cette année, l’effort remarqué de provisionnement chez les trois banques a entraîné
   une hausse de 10 pbs du coût du risque pour Attijariwafa bank et de 40 pbs et 50 pbs respectivement pour le CPM
   et BMCE bank. Face à une conjoncture moins favorable, les banques de la place ont été amenées à se prémunir
   contre la hausse du contentieux dans certains secteurs, fortement exposés à l’international (Textile, tourisme,
   immobilier etc.)




Secteur bancaire                                                                                                                                                                          53
Le résultat courant du secteur bancaire enregistre ainsi une croissance moyenne de 10,3 % sur la période 2006-
     2009 pour s’établir à 13,8 MMDh à fin 2009, dans un contexte de baisse du coefficient d’exploitation et du coût du
     risque de 110 pbs. Attijariwafa bank enregistre la plus forte croissance de son résultat courant, soit 14,9 % contre
     9,2 % pour le Crédit Populaire du Maroc. BMCE bank réalise une contre-performance de 14,3 % en raison d’une
     charge de risque supportée en 2009 plus conséquente et un coefficient d’exploitation structurellement plus élevé
     que celui du secteur.



     Évolution du coût du risque                                                                       Évolution du résultat courant (en MMDh)

                                           2006      2007          2008   2009                                                                    ATW        CPM         BMCE
                                                                                  1,2%
                                                                                                                                                                                          4,3 4,0
                                                                                                                                                                           3,9
                                                                                                                                                                     3,5
                                                                                                                                          3,2
                                                                                                                  3,1                           3,0
                                                                                                           2,8
                                                    0,7%
                                                                           0,6%
                                                                                                0,5%                                                   1,8
                                  0,4%                             0,4%
                      0,3% 0,3%                                                                                            1,1
                                             0,2%                                                                                                                                 1,0
                                                                                                                                                                                                        0,7
               0,1%
                                                            0,1%                         0,0%
                         ATW                           CPM                           BMCE                         2006                          2007                       2008                  2009



                                                                                                                                                              Source : États financiers, rapports annuels



     Enfin, le résultat net du secteur bancaire s’établit à 9,3 MMDh, en hausse de 8,0 % par rapport à 2008, et en crois-
     sance moyenne sur la période 2006-2009 de 11,5 %. Cette évolution est tirée principalement par les performances
     positives de Attijariwafa bank et du CPM, qui réalisent une progression moyenne de 13,2 % sur la période. A contra-
     rio, BMCE bank réalise une baisse moyenne de son résultat net de 9,7 %.



     Résultat net du secteur-Activité Maroc (en MMDh)                                                   Évolution du résultat net (en MDh)

                                                                                   9,3                                                   2797                              2704
                                     9,0                     8,6                                                                                                   2 503
                                                                                                                                 2 358
                                                                                                                         2 140
              6,7
                                                                                                                 1 930                                 1 866 1 866


                                                                                                                                                                                              1 216

                                                                                                                                                                                        742           807
                                                                                                                                                                                                              547
                                                                                                                  06      07       08     09

              2006                  2007                     2008                 2009                                         ATW                                 CPM                            BMCE



                                                                                                                                                                                              Source : états financiers




54                                                                                                                                                                                        Secteur bancaire
L’observation du tableau ci-dessous montre qu’Attijariwafa bank dispose de ratios de productivité meilleurs que
   ceux de ses deux principaux concurrents. Le rapport de l’encours des crédits et des dépôts par agence et par agent
   est meilleur que celui de BMCE bank et du CPM. De plus, l’évolution sur la période 2006-2009 montre que l’éta-
   blissement bancaire parvient à améliorer ces ratios de productivité de manière significative.

   Évolution des principaux ratios de productivité (en milliers Dh)


     Crédits par agence            2006           2007           2008            2009               Rang        TCAM 09-06
     ATW                         132 300,5      145 876,9      159 721,6       159 343,0              1             6,4%
     CPM                         94 405,8       112 937,6      140 065,5       140 511,3              2            14,2%
     BMCE                        118 803,1      126 555,5      119 962,8       122 725,5              3             1,1%
     Dépôts par agence
     ATW                         215 603,0      211 512,2      214 847,7       193 798,5              1             -3,5%
     CPM                         183 727,1      190 432,8      202 887,5       189 135,2              2             1,0%
     BMCE                        192 802,9      192 975,5      174 411,0       173 523,3              3             -3,5%
     PNB / agence
     ATW                          9 284,3        9 480,8        9 342,4         8 913,5               2             -1,3%
     CPM                          9 215,6        9 318,0        9 453,2         9 205,5               1             0,0%
     BMCE                         8 627,6        8 933,3        5 725,0         6 691,6               3             -8,1%
     Résultat net / agence
     ATW                          3 554,1        3 429,1        3 353,7         3 536,0               1             -0,2%
     CPM                          3 064,7        2 704,8        3 359,7         3 181,6               2             1,3%
     BMCE                         2 188,9        2 959,4        1 579,2          906,2                3            -25,5%
     Crédit/agent
     ATW                         16 014,1       19 273,2       22 173,0         20 871,1              1            17,5%
     CPM                          8 278,4       10 658,9       13 903,9         14 949,9              2            25,1%
     BMCE                        11 383,3       12 974,4       13 349,5         13 900,5              3             9,8%
     Dépôt/agent
     ATW                         26 097,3       27 944,9       29 825,8         25 384,1              1             8,7%
     CPM                         16 110,8       17 972,7       20 140,1         20 123,3              2            10,8%
     BMCE                        18 473,8       19 783,7       19 408,5         19 654,2              3             3,8%
     PNB/agent
     ATW                          1 123,8        1 252,6        1 296,9         1 167,5               1             5,1%
     CPM                          808,1          879,4           938,4           979,4                2             4,6%
     BMCE                         826,7          915,8           637,1           757,9                3             -7,4%
     Résultat net /agent
     ATW                          430,2          453,1           465,6           463,2                1            16,6%
     CPM                          268,7          255,3           333,5           338,5                2            13,1%
     BMCE                         209,7          303,4           175,7           102,6                3             -3,9%


                                                                                         Source : États financiers, rapports annuels




Secteur bancaire                                                                                                                       55
Une rentabilité financière en baisse, qui demeure tout de même satisfaisante

     Le secteur bancaire affiche à fin 2009 un ROE de 15,2 % en baisse de 220 pbs par rapport à 2006. Cette tendance
     baissière s’explique par la progression beaucoup plus forte des fonds propres du secteur (+15.4 %) par rapport à la
     croissance bénéficiaire (+11,5 %). Le rendement moyen sur les actifs (ROA) baisse également de 30 pbs sur la
     période, pour s’établir à 1,2 % à fin 2009.

     Etant donné que la BCP constitue l’entité cotée du groupe CPM, nous comparerons ses ratios à ceux d’Attijariwafa
     bank et BMCE bank. Ainsi, sur la période 2006-2009 nous observons une hausse du ROE pour Attijariwafa bank et
     BCP respectivement de 1,6 pts et de 0,4 pts, pour s’établir à 17,5 % et 14,1 %, alors que BMCE bank enregistre une
     baisse de 4,8 pts de sa rentabilité financière, conséquence de la contre-performance du résultat net sur la période.

     Pour ce qui est du rendement moyen sur actifs (ROA), celui-ci s’établit à fin 2009 à 1,2 % pour le secteur, un niveau
     équivalent à celui enregistré par Attijariwafa bank et la BCP. BMCE, quant à elle, voit son ROA s’établir à 0,4 %,
     en baisse de 50 pbs par rapport à 2006.


     Évolution du ROE* et ROA** des trois banques (Activité Maroc)


                                                        2006    2007          2008            2009            Evol. 06-09


      ROE (hors dettes subordonnées)

      ATW                                               15,9%   16,2%        16,3%            17,5%            +1,6 pts
      BCP                                               13,7%   11,8%        13,2%            14,1%            +0,4 pts
      BMCE                                              12,3%   18,5%        11,3%            7,5%             -4,8 pts

      ROA

      ATW                                               1,4%    1,3%          1,2%            1,2%             -0,1 pts
      BCP                                               0,8%    0,7%          0,9%            1,2%             +0,4 pts
      BMCE                                              1,0%    1,3%          0,7%            0,4%             -0,5 pts


     * Résultat net rapporté aux fonds propres moyens                                      Source : Direction Analyse et Recherche
     ** Résultat net rapporté au total bilan




56                                                                                                       Secteur bancaire
Un élargissement de périmètre de consolidation aux effets bénéfiques pour les actionnaires

   L’élargissement du périmètre de consolidation des banques ces dernières années, principalement au niveau des
   activités à l’international, a changé fondamentalement la structure bilantielle consolidée des banques.
   Particulièrement, la stratégie de conquête des deux groupes bancaires marocains, à savoir Attijariwafa bank et
   BMCE bank, s’est matérialisée par des prises de participations majoritaires dans des banques maghrébines et afri-
   caines au potentiel de croissance considérable.

   En effet, le potentiel de développement de l’activité économique de ces pays, le faible taux de bancarisation, le
   stade avancé de développement de l’industrie bancaire ainsi que la présence limitée des banques étrangères ont
   motivé les principales banques de la place à se positionner en amont, dans le but de faire du développement en
   Afrique, un relais de croissance très profitable dans les années à venir. Il faut souligner que dans des économies
   en croissance, la première banque étrangère qui prend position s’adjuge un avantage considérable : elle préempte
   une clientèle demandeuse, et ensuite, établit une barrière aux dépens des prochains entrants.

   Si les stratégies de croissance externe diffèrent d’un groupe bancaire à un autre, il n’est nul doute que les acti-
   vités à l’international constituent un formidable levier de croissance pour les banques marocaines dans les années
   à venir. En effet, en dépit d’une forte demande intérieure, la concurrence âpre au niveau local, matérialisée par
   une guerre des prix, pousse les banques naturellement à se développer au-delà des frontières.

   Cependant, force est de constater que l’apport des filiales historiques de ces groupes, principalement les socié-
   tés de financement et les compagnies d’assurance qui affichent des résultats en forte croissance, permet d’assu-
   rer une croissance récurrente des résultats du groupe au niveau local. Le besoin de financement croissant des
   agents économiques, l’amélioration de la bancarisation et le développement de l’activité de bancassurance, per-
   mettra à coup sûr à ces filiales d’être des contributeurs importants à la croissance bénéficiaire du secteur dans
   les années à venir.

   Principales filiales constituant le périmètre de consolidation des trois groupes bancaires en 2009

     Attijariwafa bank                        BMCE bank                         Groupe Banques Populaires


     Banque Maroc, Europe et Zone Offshore    Banque au Maroc                   Banque de financement et
                                                                                investissement, Banque de détail
     Attijariwafa bank Activité Maroc         BMCE bank Activité Maroc          CPM (BCP + BPR)
                                                                                Fondation BP pour le micro-crédit
     Banque de détail à l'international       Activités à l'international       Banque de détail international
     Attijari bank Tunisie                    Bank of Africa                    Banque Chaabi du Maroc
     CBAO                                     La Congolaise de Banque           Banque Populaire Marocco-Centrafricaine
     Banque Internationale pour le Mali       Banque de Développement du Mali   Banque Populaire Marocco-Guinéenne
     Union Gabonaise de Banque                Médicapital bank
     Crédit du Congo                          BMCE International
     Société Ivoirienne de Banque
     Crédit du Sénégal
     Sociétés de financement et Assurance     Sociétés de financement           Société de financement spécialisés
     Wafa Salaf                               Salafin                           Maroc Leasing
     Wafa bail                                Maghrebail                        Assalaf Châabi
     Wafa immobilier
     Wafa Cash
     Wafa Assurance


                                                                                          Source : Direction Analyse et Recherche




Secteur bancaire                                                                                                                    57
Une croissance à deux chiffres des encours consolidés des emplois et ressources

     L’évolution des indicateurs bilantiels des trois groupes bancaires, sur la période 2006-2009, montre une croissance
     à deux chiffres des encours consolidés des crédits et des dépôts à la clientèle :
             Attijariwafa bank enregistre une croissance moyenne de 23,6 % de son encours de crédits à la clientèle et
              de 13,3 % de ses dépôts, pour s’établir respectivement à 185,3 MMDh et 194,7 MMDh. Cette évolution s’ex-
              plique par la croissance au niveau de l’activité Maroc mais aussi par la hausse des encours des filiales tuni-
              siennes et sénégalaises dont leur part de crédits clientèle s’établit à 17,1 % de l’encours de crédit brut
              global en 2009 contre 9,0 % en 2006. Aussi, la contribution de ces filiales au niveau des dépôts globaux a
              évolué de 8,0 % à 18,8 % sur la période ;
             BMCE bank voit son encours de crédits à la clientèle augmenter en moyenne de 33,0 % sur la période et
              son encours de dépôts à la clientèle s’améliorer de 21,8 %, tiré principalement par l’intégration de Bank
              Of Africa dans le périmètre de consolidation en 2008. En effet, alors que l’activité Maroc représente 68,0 %
              de l’encours global des crédits et 78,6 % des dépôts en 2009, l’activité à international enregistre une
              hausse exponentielle passant d’une contribution de 1,0 MMDh à 19,3 MMDh en 2009 au niveau des crédits.
              Ainsi, cette activité contribue à hauteur de 20,6 % de l’encours global des crédits en 2009 contre 1,7 % en
              2007. De l’autre côté, La contribution de l’activité Afrique au niveau des dépôts globaux passe de 2,4 % à
              20,9 % en 2009 ;
             Le Crédit Populaire du Maroc enregistre une croissance de 35,0 % des crédits à la clientèle, pour s’établir
              à 137,2 MMDh et une évolution des dépôts de 12,2 %, soit 163,2 MMDh. La contribution de l’activité Maroc
              au niveau des crédits et des dépôts représente respectivement 71,6 % et 87,6 % des encours globaux.
              L’activité Maroc demeure la principale contributrice à l’évolution de l’encours consolidé.
     Le ratio crédits/dépôts enregistre une forte augmentation pour s’établir en 2009 à 95,2 % pour Attijariwafa bank,
     84,1 % pour le CPM et 79,9 % pour BMCE bank.

     Évolution de l’encours des crédits et dépôts consolidés par banque (MMDh)

                               Prêts et créances sur clientèle (brut)                                                             Dettes envers la clientèle

                                   2006        2007            2008           2009         TCAM 06-09               2006          2007         2008     2009    TCAM 06-09
      Attijariwafa bank             98,1       124,7           158,9          185,3             24,9%               134,0         151,7        176,6    194,7      13,3%
      CPM                           55,7       85,9            114,4          137,2             35,0%               115,5         135,0        153,1    163,2      12,2%
      BMCE bank                     41,6       61,1             89,0           97,9             33,0%               67,8          82,0         113,4    122,5      21,8%
      BCP                           7,3        13,0             20,9           28,1             56,9%                8,0          12,3         16,3      17,7      30,1%

                                                                                                                                         Source : Direction Analyse et Recherche

     La hausse significative du coefficient d’emploi a conduit naturellement les banques en 2008 et 2009 à augmenter
     les fonds propres réglementaires, à travers la levée de dettes subordonnées, afin d’accompagner le développe-
     ment de l’encours des crédits. À cet effet, Attijariwafa bank a procédé à la levée de 8 MMDh sur la période 2007-
     2009 tandis que BMCE bank et GBP ont levé respectivement 3,0 et 1,5 MDh.

     Dettes subordonnées à fin 2009 (MMDH, % des capitaux propres)

                                                  Dettes subordonnées         % des capitaux propres                        60%
                                    9
                                               8,3                            55,5%
                                    8
                                                                                                                            50%
                                    7
                                    6                                   5,1                                                 40%
                                    5                 33,5%
                                                                                                                            30%
                                    4
                                    3                                                                                       20%
                                    2                                                                  1,6
                                                                                                                            10%
                                    1                                                                        6,1%
                                    0                                                                                       0%
                                               ATW                      BMCE                           GBP

                                                                                                                                         Source : Direction Analyse et Recherche




58                                                                                                                                                     Secteur bancaire
Des bénéfices en hausse, provenant des filiales para-bancaires et des activités à l’international

   L’observation de l’évolution du Produit Net Bancaire consolidé des banques sur la période 2006-2009 montre une
   croissance à deux chiffres allant de 13,7 % pour le CPM à 21,2 % pour BMCE bank et 21,4 % pour Attijariwafa bank.
   L’additionnel de revenus dégagés durant cette période s’établit à 5,8 MMDh pour Attijariwafa bank, 2,9 MMDh pour
   BMCE bank et 2,8 MMDh pour le Groupe Banques Populaires.

   Alors que l’activité Maroc de Attijariwafa bank enregistre une performance de 11,8 % sur la période, le PNB conso-
   lidé réalise une hausse de 21,4 %, dopé par les performances positives de filiales de financement et d’assurance
   de la banque au niveau local (TCAM de 30,3 % pour un encours de 3,7 MMDh) mais aussi celles de ses filiales afri-
   caines (TCAM de 54,1 % pour un encours de 2,0 MMDh à fin 2009).

   De son côté, la BMCE bank réalise une croissance de 21,2 % de son PNB consolidé contre une évolution de 8,3 % au
   niveau de l’activité Maroc. Cette performance s’explique principalement par l’intégration de Bank of Africa qui
   contribue à plus de 2 MMDh dans le PNB consolidé en 2009.

   Enfin, le Groupe Banques Populaires réalise une performance de 13,7 %, tiré par l’amélioration de la croissance
   bénéficiaire de la Banque Centrale Populaire de 33,3 % sur la période, conséquence de l’effet volume enregistré
   au niveau de l’activité corporate ainsi que des plus-values réalisées sur le portefeuille obligataire du groupe.


   Évolution du PNB consolidé (MDh) et du coefficient net d’exploitation par banque


                                                           Produit Net Bancaire                                                         Coefficient net d'exploitation


                                            2006          2007          2008             2009 Evol. 06-09         2006               2007        2008      2009    Evol. 06-09
     Attijariwafa bank                     7 415,3       8 793,1      10 967,0          13 255,2   21,4%          48,1%              48,1%      44,2%      40,8%     -7,4 pts
     CPM                                   6 093,2       7 294,1      8 144,3           8 963,4    13,7%          45,8%              43,0%       44,3%     46,9%     +1,1 pts
     BMCE bank                             3 606,5       4 265,2      6 018,5           6 414,0    21,2%          58,9%              54,7%       64,8%     65,3%     +6,3 pts


                                                                                                                                             Source : Direction Analyse et Recherche

   La contribution au PNB consolidé par activité montre une croissance significative des activités à l’international
   pour BMCE bank et Attijariwafa bank. Cette dernière enregistre une hausse de 5,5 pts entre 2007 et 2009, en rai-
   son de la contribution croissante des filiales tunisienne et sénégalaise. BMCE bank, quant à elle, voit la contribu-
   tion de ses activités internationales passer de 7,3 % en 2007 à 37,5 % cette année, sous l’effet de l’intégration de
   Bank Of Africa. Enfin, la banque de détail à l’international du Groupe Banques Populaires contribue très faible-
   ment au PNB consolidé du groupe (4,0 % en 2009).

   Contribution au PNB consolidé par activité

                                                                  Contribution au PNB par activité
     Attijariwafa bank                          2007      2008      2009 Evol 09/07                BMCE Bank                                       2007    2008    2009    Evol 09/07

     Banque Maroc et Europe                     65,7%     60,1%     58,7%    -7,0 pts              Banque au Maroc                                 84,1%   48,2%   48,7%   -35,3 pts
     Banque de Détail à l'international         9,6%      14,9%     15,1%    +5,5 pts              Gestion d'actifs                                 7,0%    4,2%    2,9%    -4,2 pts
     Sociétés de financement spécialisés        16,4%     16,1%     13,4%    -3,0 pts              Services financiers spécialisés                 11,0%    8,6%    9,1%    -1,9 pts
     Assurance et immobilier                     8,6%      9,4%     13,1%    +4,5 pts              Activités internationales                       7,3%    38,9%   37,5%   +30,2 pts


     GBP                                                  2008      2009 Evol 09/07

     Banque de détail Maroc                          -    76,6%     81,9%   +5,3 pts
     Banque de financement et investissement         -    15,9%     18,6%   +2,7 pts
     Stés de financement spécialisés                 -     7,0%      5,9%   -1,1 pts
     Banque de détail à l'international              -     3,2%      4,0%   +0,8 pts

                                                                                                                                             Source : Direction Analyse et Recherche




Secteur bancaire                                                                                                                                                                        59
Un couple risque/rentabilité favorable, néanmoins à surveiller

     En ce qui concerne l’évolution du coefficient net d’exploitation consolidé, nous remarquons que seule Attijariwafa
     bank parvient à améliorer sa charge d’exploitation qui s’établit à fin 2009 à 40,8 %, en baisse de 7,4 pts sur la
     période. La banque parvient à maîtriser ses charges générales d’exploitation en dépit de la politique d’ouverture
     d’agences (248 agences ouvertes sur la période) et de ses actions de restructuration à l’étranger. Le Groupe
     Banques Populaires parvient, quant à lui, à contenir la progression de son ratio qui s’établit 46,9 %, en hausse de
     1,1 pts. Malgré l’extension du réseau bancaire de 241 agences (TCAM de 11,8 %), le groupe bancaire parvient à
     contenir son ratio à un niveau satisfaisant par rapport à celui du secteur (47,5 %).

     BMCE bank, quant à elle, enregistre une hausse de 5,9 points de son coefficient d’exploitation sur la période, pour
     s’établir à 65,3 % en 2009. Pénalisée par la politique coûteuse d’ouverture d’agences au niveau national et de son
     investissement dans Médicapital bank (les charges de cette filiale passant de 228,8 MDh en 2007 à 359,3 MDh en
     2008 pour une contribution au PNB consolidé de 204 MDh seulement), la banque pâtit de la non-optimisation de
     ses coûts d’exploitation, contrairement aux deux autres groupes bancaires.


     Évolution du coefficient net d’exploitation                                               Évolution du coût du risque

                          Attijariwafa bank      GBP        BMCE bank
                                                                                                                                2006     2007         2008    2009
                                                          64,8%             65,3%
                  58,9%                                                                                                                                                              1,2%
                                      54,7%

                  48,1%
                                         48,1%         44,2%                 46,9%                                                                              0,6%
                  45,8%                                44,3%                40,8%                          0,5%          0,5%                                          0,5%
                                     43,0%
                                                                                                                  0,4%                 0,4%
                                                                                                                                                     0,3%
                                                                                                                                              0,2%
                                                                                                                                                                              0,1%
                                                                                                    0,0%                        0,0%
                   2006                2007             2008              2009                               ATW                         GBP                             BMCE



                                                                                                                                                     Source : Direction Analyse et Recherche



     Dans un contexte de hausse du coût du risque pour les trois banques en 2009, marqué par une évolution moyenne de
     cet indicateur de plus de 40 pbs, les résultats d’exploitation consolidés affichent une croissance moyenne de 11,7 %,
     tirés par les croissances à deux chiffres d’Attijariwafa bank qui enregistre une évolution moyenne de 21,3 % et du
     Groupe Banques Populaires qui croît de 6,2 %. En effet, l’effort de provisionnement réalisé par les banques au niveau
     local, en raison de la dégradation de l’environnement économique ainsi qu’à l’international, à travers l’assainisse-
     ment des filiales acquises en Afrique, explique cette évolution défavorable de la charge de risque cette année.

     Enfin, le résultat net part du groupe enregistre une évolution moyenne pour les trois banques allant de -22,7 %
     pour BMCE bank à 20,2 % pour Attijariwafa bank. La contre-performance de BMCE bank en 2009 s’explique par la
     constatation d’une charge de risque de 1,1 MMDh.


     Évolution du résultat courant et du résultat net part de groupe (en MDh)


                                                               Résultat d'exploitation                                                 Résultat Net Part de Groupe


                                       2006            2007             2008         2009     TCAM 06-09          2006          2007                 2008               2009           TCAM 06-09
      Attijariwafa bank               3843,3           3909,1           5488,1       6861,6     21,3%         2267,4            2454,4               3118,0            3940,8               20,2%
      CPM                             3622,3           3810,2           4302,3       4342,0      6,2%         2238,0            2600,3               2809,2            2833,0               8,2%
      BMCE bank                       1368,5           1418,8           2028,4       1092,5     -7,2%             834,1         853,0                830,4             384,8                -22,7%


                                                                                                                                                     Source : Direction Analyse et Recherche




60                                                                                                                                                                       Secteur bancaire
Un périmètre de consolidation qui améliore significativement le rendement des actionnaires

   L’observation de la structure du RNPG par activité montre la contribution croissante des filiales marocaines et de
   l’activité à l’international des groupes Attijariwafa bank et BMCE bank. En effet, les filiales à l’international, prin-
   cipalement les filiales africaines, enregistrent ces trois dernières années des hausses respectives de 4,1 pts pour
   ATW et de 15,7 pts pour BMCE, soit des contributions respectives au RNPG 2009 de 6,5 % et 4,3 %. Les performances
   réalisées par les filiales tunisiennes et sénégalaises de Attijariwafa bank ainsi que de l’intégration de Bank Of
   Africa dans le périmètre de consolidation de BMCE bank en 2008 expliquent la progression de cette activité sur la
   période. La Banque de détail à l’international du Groupe Banques Populaires ne constitue pas un véritable relais
   de croissance de la banque puisque sa contribution au RNPG s’établit à fin 2009 à 2,9 %.

   L’activité « Sociétés de Financement » d’Attijariwafa bank et du CPM enregistre quant à elle une décélération sur
   la période 2007-2009, soit des baisses respectives de 4,4 pts et 3,2 pts. BMCE bank voit, quant à elle, cette acti-
   vité s’améliorer de 7,8 pts, conséquence des performances réalisées par ses filiales de crédit, principalement
   Maghrébail. Au niveau de l’activité Assurance et Immobilier d’Attijariwafa bank, celle-ci gagne 3,6 pts sur la
   période pour s’établir à 18,9 % du RNPG 09, boostée par la croissance bénéficiaire positive de Wafa Assurance.

   Enfin, le Groupe Banques Populaire tire sa croissance principalement de ses activités « Banque de Financement et
   Investissement » et « Banque de détail au Maroc », à savoir la Banque Centrale Populaire et ses filiales de crédit,
   pour des contributions respectives au RNPG 2009 de 32,3 % et 64,2 %.


   Contribution par activité au Résultat Net Part de Groupe

     Attijariwafa bank                                      2007     2008      2009                BMCE Bank                                             2007    2008     2009

     Banque, Maroc Europe et offshore                       68,7%    66,7%     65,5%               Banque au Maroc                                       86,4%   68,7%    74,7%
     Sociétés de financement                                13,7%    15,5%     9,2%                Gestion d'actif                                       11,4%    5,9%     2,8%
     Assurance et Immobilier                                15,3%     9,7%     18,9%               Services financiers spécialisés                       13,6%   16,9%    21,4%
     Banque de détail à l'international                     2,3%     8,1%      6,4%                Activités internationales                            -11,4%   8,5%     4,3%
                                                                                                   Autres                                                  -        -      5,7%


     GBP                                                    2007     2008      2009

     Banque Financement et Investissement                     -      26,3%    32,3%
     Banque de détail au Maroc                                -      72,0%    64,2%
     Stés de financement spécialisés                          -       3,8%     0,6%
     Banque de détail international  offshore                -       1,8%     2,9%
     Intra-groupe                                             -      -3,8%     0,0%



                                                                                                                                           Source : Direction Analyse et Recherche



   Il apparaît à travers l’observation des ROE d’Attijariwafa bank et de BMCE bank que le périmètre de consolidation
   améliore de manière significative la rentabilité financière des établissements bancaires, et donc des actionnaires.
   À titre d’exemple, nous remarquons en 2009 que le périmètre de consolidation d’Attijariwafa bank lui permet de
   gagner 340 pbs de rendement par rapport à l’activité Maroc.

   Contribution par activité au Résultat Net Part de Groupe
                                                                    21%

                                                   17%     17% 18%             18%
                                          16%16%16%          16%                                                                     16%
                                                                                                    15%                                  15%15%
                                                                                                 13%             14% 13%14%
                                                                             12%              12%                   12%                13%
                                                                                      11%

                                                                                        7%               7%




                                               ROE            ROE                 ROE         ROE                     ROE         ROE
                                          Activité Maroc    consolidé        Activité Maroc consolidé            Activité Maroc consolidé
                                                     ATW                                    BMCE                                 BCP



                                                                                                                                           Source : Direction Analyse et Recherche




Secteur bancaire                                                                                                                                                                     61
Ainsi, les activités à l’international apparaissent comme les principaux relais de croissance pour les groupes ban-
     caires. Cependant, la levée de dette obligataire pour financer cette croissance externe risque de peser, à long
     terme, sur la charge d’intérêt des banques à la marge de profitabilité réduite.


     Le défi majeur des banques qui élargissent leur périmètre de consolidation réside dans les délais d’optimisation
     des actifs acquis. L’acquisition de banques à l’international est source de développement mais nécessite égale-
     ment de développer de nouvelles capacités de surveillance et de gestion des risques.


           de capter la croissance naturelle du marché ;


           de gagner au mieux des parts de marché dans des pays, qui feront l’objet, à long terme, d’une féroce
            course de vitesse entre des acteurs le plus souvent mondiaux ;


           d’optimiser les coûts d’exploitation et de mieux appréhender les risques ;


     Les déploiements à l’international ne seront pas de longs fleuves tranquilles : instabilité politique et juridique,
     chocs culturels sont susceptibles de pénaliser le management en place. La croissance économique de la majorité
     des pays africains reste tributaire de facteurs exogènes tels les flux de liquidité en provenance des pays les plus
     riches, les cours internationaux du pétrole ainsi que ceux des matières premières.


     Notons cependant que malgré ces contraintes, les investisseurs s’intéressent à ces pays parce que les taux de ren-
     dement sont élevés par rapport à ceux des marchés matures et les possibilités de diversification incomparables.
     Aussi, la majorité des pays sont engagés dans des programmes structurants marqués par de forts investissements
     publics tels la mise à niveau des infrastructures du pays, le développement du secteur des services etc.




62                                                                                                   Secteur bancaire
Partie 3




  Quels sont les relais de croissance
des banques sur le marché domestique
      ainsi qu’à l’international ?
Quels sont les relais de croissance des banques sur le marché domestique
        ainsi qu’à l’international ? ..............................................................................63




            Une banque de détail au potentiel de développement quelque peu consommé .................67



            Les activités de Marché et d’Investissement, la bancassurance : des relais
            de croissance organique....................................................................................70

                   Les activités de Marché et d’Investissement, des gisements de revenus inexploités.......70
                   La bancassurance, une activité en plein essor ....................................................72



            L’expansion internationale, une ambition commune ..................................................74

                   L'Afrique du Nord : un marché prometteur mais difficilement pénétrable ..................77
                   L'Afrique Sub-saharienne : un vivier de croissance encore inexploité ........................80
                          L'UEMOA : un potentiel de 80 millions de consommateurs ................................82
                          La CEMAC : terrain de chasse des banques marocaines.................................84




Secteur bancaire                                                                                                            64
La première section de notre note de recherche fait état du potentiel de croissance significatif du secteur ban-
   caire compte tenu du faible niveau de bancarisation et de la forte demande intérieure tant des ménages que des
   investisseurs privés. Interrogeons-nous dès à présent aux différentes niches de développement des groupes ban-
   caires dans les années à venir.

   La structure organisationnelle des banques marocaines repose sur différents segments d’activités, lesquels ciblent
   de multiples types de clientèle. Ainsi, si nous considérons l’architecture du groupe Attijariwafa bank comme
   exemple modèle de la banque commerciale marocaine, les différents segments d’activité existants sont :


   Modèle type d’une banque universelle au Maroc



                                               Banque des Particuliers            Banque des Marocains
             Banque de l’entreprise
                                                et des Professionnels                sans Frontière




                                                 Banque Universelle




                       Banque des Marchés et                           Banque de Détail à
                          d’Investissement                               l’International



                                                                                    Source : Direction Analyse et Recherche



   L’observation de la structure de l’activité bancaire montre qu’il existe deux grands compartiments :

             la banque commerciale qui regroupe la banque des particuliers et professionnels, la Banque des
              Marocains sans frontière et la banque de l’entreprise ;

             la banque des marchés et d’investissement qui réunit les activités de marché ainsi que le corporate
              finance.

   Intéressons-nous, dès lors, aux différents cycles de maturité de ces deux compartiments bancaires, au    niveau
   local et international, afin de déceler les opportunités de croissance de chacun des segments dans les années à
   venir.

   S’il est certain que tous ces segments connaîtront un développement favorable eu égard au besoin structurel de
   financement de l’économie, les groupes bancaires qui réaliseront une forte croissance bénéficiaire et qui amélio-
   reront la rentabilité de leurs actionnaires seront ceux qui se positionnent au niveau des segments qui constitue-
   ront à moyen terme de véritables relais de croissance.




Secteur bancaire                                                                                                              65
Cycle de maturité des segments d’activité – Marché local / international

          Segments d’activité              Marché local                                     Marché international*

          Banque des                       Degré de croissance : moyen                      Degré de croissance : très élevé
          Particuliers et des
                                           Intensité concurrentielle : forte                Intensité concurrentielle : faible
          Professionnels
                                           Limites : marges sous pression du fait de la     Limites : coût d’implantation, de
                                           volatilité des taux d’intérêts et de la          restructuration et de déploiement du
                                           concurrence élevée                               réseau, adaptation aux réalités locales
                                           Force : faible taux d’équipement de la           Force : faible degré de bancarisation,
                                           clientèle, faible taux d’investissement,         faible taux d’équipement de la clien-
                                           potentiel de développement des produits          tèle, marges d’intermédiation très éle-
                                           de bancassurance                                 vées


          Banque de l’entre-               Degré de croissance : faible (Grandes            Degré de croissance : très élevé
          prise                            Entreprises) ; moyen (PME)
                                                                                            Intensité concurrentielle : moyenne
                                           Intensité concurrentielle : très forte
                                                                                            Limites : nécessité d’une notoriété,
                                           Limites : segment à forte consommation de        flux d’affaires naturel entre les filiales
                                           fonds propres, marges très faibles sur le        étrangères et les banques du pays
                                           segment corporate, substitution progressive      d’origine des filiales
                                           du marché financier au financement ban-
                                                                                            Force : marges d’intermédiation très
                                           caire
                                                                                            élevées sur le segment corporate,
                                           Force : importance des projets d’investisse-     besoin structurel de financement des
                                           ment des entreprises publiques et privées        entreprises publiques et privées, forte
                                                                                            demande interne


          Banque des Marchés               Degré de croissance : très élevé                 Degré de croissance : très élevé
          et d’investissement
                                           Intensité concurrentielle : moyenne              Intensité concurrentielle : faible
                                           Limites : volatilité des résultats en fonction   Limites : réglementation et fiscalité
                                           des conditions de marché et des risques,         contraignantes (changes, taux,
                                           nécessité d’une notoriété                        matières premières)
                                           Force : potentiel de développement élevé,        Force : marché financier très peu
                                           activité peu déployée, marges élevées            développé, potentiel de croissance
                                                                                            élevé, marché boursier à l’état
                                                                                            embryonnaire


          Banque des Marocains                                                              Degré de croissance : moyen
          sans frontière
                                                                                            Intensité concurrentielle : très forte
                                                                                            Limites : évolution des transferts
                                                                                            dépendant de la conjoncture interna-
                                                                                            tionale,
                                                                                            Force : poids des dépôts RME dans les
                                                                                            ressources bancaires, développement
                                                                                            de l’activité de banque de détail dans
                                                                                            les pays d’implantation

     * marché actuel d’implantation des banques marocaines                                           Source : Direction Analyse et Recherche

                                                                Relais de croissance du secteur bancaire à moyen et long terme




66                                                                                                                 Secteur bancaire
Il apparaît donc que les principaux relais de croissance des banques marocaines se situent sur le marché interna-
   tional, avec une particularité sur le marché local pour la Banque des Marchés et d’Investissement ainsi que l’acti-
   vité de bancassurance. A contrario, le potentiel de développement de la banque de détail au niveau local appa-
   raît très faible compte tenu de plusieurs facteurs structurels.



   Une banque de détail au potentiel de développement quelque peu
   consommé
   La banque de détail a subi ces dernières années de profonds changements. L’intensification de la concurrence a
   exercé une pression accrue sur la tarification et la maturité des consommateurs se renforce sous l’effet de la
   réglementation en vigueur qui incite à davantage de transparence. Ainsi, le ralentissement de la croissance de la
   marge d’intérêt (+5,6 % en 2009 contre +10,7 % un an plus tôt) témoigne du resserrement de la marge d’intermé-
   diation des groupes bancaires, principalement celles concernant les opérations avec la clientèle.

   La forte concurrence qui règne au niveau de l’activité de crédit, principalement les crédits à l’immobilier et les
   crédits de trésorerie, qui représentent plus de 51,5 % des encours globaux du secteur, a fortement comprimé les
   marges commerciales des banques. En effet, ces marges demeurent très faibles, à savoir une moyenne des taux
   débiteurs en 2009 de 5,8 % et de 6,6 % respectivement contre 7,3 % pour les autres types de crédit. Sur le volet
   des ressources, la bataille se fait rage au niveau de la collecte de dépôts à la clientèle, tirant à la hausse le coût
   de refinancement des banques de la place.

   Si l’effet volume a légèrement atténué la dégradation continue de la marge ces quatre dernières années, avec une
   hausse moyenne des crédits à la clientèle de 20,1 % sur la période 2006-2009, nous pensons que le secteur ban-
   caire devrait rompre avec la croissance à deux chiffres de l’activité de crédit dans les années à venir. Ceci devrait
   indubitablement impacter les revenus de la banque de détail dans en raison de :

    La baisse continue de la marge d’intermédiation sur opérations avec la clientèle, en particulier au niveau de
     la clientèle corporate du fait de son fort pouvoir de négociation des taux d’intérêts. En effet, nous observons que
     les principaux crédits à la clientèle de ces banques sont distribués à la clientèle entreprise. Si nous considérons
     qu’au moins 70 % de ces crédits sont distribués à la clientèle grande entreprise, force est de constater que la
     marge sur cette catégorie d’emprunteur est très faible compte tenu de son profil risque et de la capacité de
     cette dernière à négocier des taux débiteurs bas. Aussi, nous observons que les crédits immobiliers, distribués
     principalement aux particuliers, connaissent eux aussi une forte concurrence de taux entre les banques de la
     place compte tenu du potentiel de développement de ce secteur.

   Répartition des principaux crédits à la clientèle par emprunteur

                                                                                                      Secteur Privé
                                                                Secteur Public                                                         Total 2009 (MMDh)
                                                                                        Entreprises            Particuliers  autres


                           Crédits de trésorerie
                           ATW                                       0,8%                 94,6%                       3,9%                   37,9
                           CPM                                       6,9%                 87,8%                       4,5%                   29,6
                           BMCE                                     17,8%                 74,1%                       4,1%                   17,3

                           Crédits à l'équipement
                           ATW                                       7,6%                 92,4%                                              34,1
                           CPM                                       5,4%                 93,2%                       1,4%                   24,3
                           BMCE                                     18,9%                 80,6%                                              14,1

                           Crédits immobiliers
                           ATW                                                            10,0%                       90,0%                  40,2
                           CPM                                                            35,5%                       64,5%                  47,6
                           BMCE                                                           42,8%                       57,2%                  22,8

    Forte concentration des crédits au niveau des grandes entreprises et des particu-
    liers, ce qui implique des marges commerciales très faibles, compensées par un
    effet volume                                                                                                  Source : Direction Analyse et Recherche




Secteur bancaire                                                                                                                                            67
L’évolution des spreads bancaires, qui correspondent à l’écart entre le taux débiteur moyen appliqué par les
     banques sur les principaux crédits à la clientèle et le taux sans risque (BDT selon maturité + marge minimale de
     150 pbs) témoigne des faibles marges des banques, principalement la clientèle grande entreprise, qui parvient à
     négocier des taux d’intérêts proches de ceux appliqués à un profil sans risque. En effet, nous observons que les
     marges bancaires au niveau des crédits immobiliers sont très faibles, voire nulles, ce qui témoigne de la forte com-
     pétition des banques de la place pour améliorer leur taux de captation, sur un segment en plein essor, au détri-
     ment de leurs marges.


     Évolution des marges bancaires sur les principaux crédits à la clientèle


            10,0%                                                                                                                                 7%
                                                                                                                                                  6%
             8,0%
                                                                                                                                                  5%
             6,0%                                                                                                                                 4%
                                                                                                                                                  3%
             4,0%                                                                                                                                 2%
                                                                                                                                                  1%
             2,0%
                                                                                                                                                  0%
             0,0%                                                                                                                                -1%


                                                                                                                                                         T1 2007

                                                                                                                                                                   T2 2007

                                                                                                                                                                             T3 2007

                                                                                                                                                                                       T4 2007

                                                                                                                                                                                                  T1 2008

                                                                                                                                                                                                             T2 2008

                                                                                                                                                                                                                          T3 2008

                                                                                                                                                                                                                                    T4 2008

                                                                                                                                                                                                                                              T1 2009

                                                                                                                                                                                                                                                         T2 2009

                                                                                                                                                                                                                                                                   T3 2009

                                                                                                                                                                                                                                                                             T4 2009
                                                                                                                                                 -2%
                    T1 2007

                               T2 2007

                                         T3 2007

                                                   T4 2007

                                                             T1 2008

                                                                       T2 2008

                                                                                 T3 2008

                                                                                           T4 2008

                                                                                                     T1 2009

                                                                                                               T2 2009

                                                                                                                          T3 2009

                                                                                                                                    T4 2009




                                                                                                                                                                   BDT 20 ans (3)                             Taux moyen appliqué aux Crédits immobiliers (1)
                              Taux BDT 5 ans (4)                       Taux moyen appliqué aux crédits à l'équipement (3)                                          BDT 10 ans (2)                             Ecart Crédit immobilier et BDT 10 ans (1)-(2)
                              Taux BDT 52s (2)                         Taux moyen appliqué aux crédits de trésorerie (1)                                                                                      Ecart Crédit immobilier et BDT20 ans (1)-(3)
                                                                       Ecart Crédit de trésorerie et BDT 5 ans (3)-(4)
                                                                       Ecart Crédit de trésorerie et BDT 1 an (1)-(2)



                                                                                                                                                                                                                       Source : Direction Analyse et Recherche



      La banque de détail demeure une activité fortement consommatrice de fonds propres : face à une croissance
       à deux chiffres de l’activité de crédit et une structure des ressources clientèle de moins en moins favorable,
       les banques marocaines seront amenées à effectuer des recapitalisations. Aussi, la hausse des besoins régle-
       mentaires de fonds propres (ratio de solvabilité de 10% en 2010) contraindra les banques leaders à procéder à
       des opérations d’augmentation de capital ou à l’émission de dettes subordonnées. Ce besoin de recapitalisation
       a plusieurs inconvénients pour les banques, à savoir la dilution de l’actionnariat, la hausse du coût des res-
       sources (principalement les quasi-fonds propres) ainsi que le besoin de prospection d’investisseurs en capital.
     * Moyenne des spreads sur dettes subordonnées émises par les banques cotées




       Évolution des spreads dettes subordonnées* (pbs)                                                                                       Évolution du ratio de solvabilité



                                                                                                                                                                                                 2007        2008            2009
                                                                       88,75                                             92,5                      * Activité consolidée
                                                                                                                                                                                                                                              14,10%
                                                                                                                                                                                                                                                   12,72%
                                                                                                                                                         11,80%    11,14%                                   12,05%                                      12,02%
                                    65
                                                                                                                                                              11,03%
                                                                                                                                                                                                                       10,12%
                                                                                                                                                                                                  8,88%




                               2007                                     2008                                    2009                                               ATW                                      BMCE                                        GBP




68                                                                                                                                                                                                                                                      Secteur bancaire
le coût du risque non négligeable de la clientèle PME qui constitue un frein pour la croissance de ce seg-
     ment : malgré le potentiel que représentent les petites et moyennes entreprises en tant que levier structurel
     de financement bancaire (cf. section 1), cette clientèle demeure très risquée pour les banques compte tenu de
     l’absence des garanties, la faiblesse des fonds propres et l’appartenance d’un grand nombre de PME à des sec-
     teurs très volatiles, voire risqués (textile, off-shoring, pêche etc..). Ainsi, nous estimons que la contribution, à
     moyen et long terme, des PME dans les revenus de la banque de détail ne sera pas suffisante pour constituer un
     vrai relais de croissance organique pour les principales banques de la place.

    la hausse du coût marginal d’acquisition de la clientèle des particuliers : si la politique d’extension du réseau
     bancaire répond à un besoin de développement de la bancarisation du pays, force est de constater que les
     régions qui disposent d’un faible potentiel économique enregistrent un taux de pénétration très bas. En effet,
     ces régions présentent peu d’intérêt pour les groupes bancaires car le flux d’affaires potentiel ne permet pas
     de rentabiliser l’effort d’investissement engagé. Ajoutons à cela que les groupes bancaires qui disposent d’un
     coefficient d’exploitation élevé ne disposent pas d’un levier financier suffisant pour se positionner dans des
     régions économiquement peu rentables. Ainsi, nous pensons que le coût d’acquisition d’une clientèle nouvelle
     limite la capacité de croissance de la banque de détail dans les années à venir.


   Répartition du réseau d’agences du secteur bancaire par région (2009)


                              1200
                                     1036                                                                                                                      49,4% du réseau bancaire du secteur est
                              1000                                                                                                                              implanté dans trois régions marocaines.
                               800

                               600
                                                        399
                               400                                      313 303
                                                                                267
                                                                                                                        218 186 180
                               200                                                                                                                                           135 132 127                                   97      82
                                                                                                                                                                                                                                                      32               24                        7
                                0
                                     Grand Casablanca

                                                           Rabat-Salé




                                                                                                                       Tensift-Al Haouz




                                                                                                                                                                             Doukkala-Abda
                                                        Zemmour-Zaêr
                                                                        Oriental

                                                                                   Tanger-Tétouan

                                                                                                    Souss-Massa-Draa




                                                                                                                                                             Fès-Boulemane




                                                                                                                                                                                                                      Béni Hssen
                                                                                                                                                                                                                 Taza-Al Hoceima
                                                                                                                                                                                                                        Taounate
                                                                                                                                                                                                                                   Tadla-Azilal
                                                                                                                                                                                                                                                  Laâyoune-Boujdour
                                                                                                                                                                                                                                                      Sakia El Hamra


                                                                                                                                                                                                                                                                                           Oued Ed-dahab
                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Lagouira
                                                                                                                             Marrakech




                                                                                                                                                                                                                   Gharb-Chrarda




                                                                                                                                                                                                                                                                       Guelmim-Es-semara
                                                                                                                                          Meknès-Tafilalet




                                                                                                                                                                                             Chaouia-Ouardigha




                                                                                                                                                                                                                                                                   Source : Direction Analyse et Recherche




Secteur bancaire                                                                                                                                                                                                                                                                                             69
Les activités de marchés et d’Investissement, la bancassurance :
     des relais de croissance organique

     Si la banque de détail et la banque de l’entreprise occupent aujourd’hui un rôle majeur dans le financement des
     agents économiques, représentant de ce fait plus de 75% des revenus du secteur bancaire (base sociale), nous pen-
     sons que la banque des marchés et d’investissement recèle un important potentiel de développement au Maroc.

     Ayant abordé lors de la première section les leviers de développement de la banque de détail, à travers la ban-
     carisation et le soutien de la demande intérieure, intéressons-nous dès à présent à la banque des marchés et d’in-
     vestissement afin de voir si cette activité constitue un relais de croissance interne pour les banques.

     En effet, malgré le développement progressif des marchés de capitaux au cours de cette dernière décennie, l’impact
     sur la structure de l’activité bancaire et sur les résultats des établissements de crédit est resté très limité. Les effets
     en ont été peu sensibles sur l’activité d’intermédiation bancaire classique pour donner lieu aux phénomènes de désin-
     termédiation des crédits et des ressources et à la « marchéisation » des conditions de financement bancaire.


     Les activités de marchés et d’investissement : des gisements de revenus inexploités

     La Banque de Financement et d’investissement regroupe plusieurs activités à savoir la banque d’investissement
     qui comprend le conseil en opérations de fusion et acquisition ainsi que le corporate finance ; la banque de mar-
     chés qui englobe en son sein les activités opérées sur le marché primaire et secondaire ainsi que les opérations de
     structuration ;

     L’observation des résultats de la Banque de Financement et d’Investissement laisse apparaître une contribution
     décroissante de cette activité dans les indicateurs consolidés des groupes bancaires. Ceci s’explique principale-
     ment par l’évolution croissante des revenus de la banque de détail en raison des performances enregistrées au
     niveau de l’activité Maroc et par le biais des établissements de financement spécialisés entrant dans le périmètre
     de consolidation du groupe.

     La contribution moyenne du résultat des opérations de marché et des commissions nettes sur activités de marché
     par rapport au PNB consolidé s’élève pour Attijariwafa bank à 22,7%, à 19,4% pour BMCE bank et à 10,0% pour le
     Groupe Banques Populaires. Ce dernier pâtit des faibles performances de son activité des marchés et d’investis-
     sement.

     Résultat sur opérations de marché et commissions sur activités de marché / PNB consolidé


                                                       29,2%            2006     2007     2008   2009
                                      28,1%
                                                                                             25,2%
                                                                                                     22,0%
                                          20,7%
                                               19,3%

                                                                                                                 13,9%
                                                                      10,9% 10,8% 10,1%                  10,9%
                                                               8,4%




                                              ATW                         GBP                          BMCE

                                                                                                                 Source : Direction Analyse et Recherche




70                                                                                                                             Secteur bancaire
Notons que si la banque de financement et d’investissement contribue de manière modérée au niveau du Produit
   Net Bancaire Consolidé, celle-ci participe de manière significative au résultat net part du groupe des banques
   compte tenu du faible coefficient d’exploitation de cette activité.


   Nous pensons que le potentiel de développement de la banque de financement et d’investissement dans les années
   à venir est élevé eu égard :


         Au développement de la bourse dans les années à venir : en l’espace de quatre ans seulement, les entre-
          prises qui ont fait appel au marché boursier ont levé près de 75 MMDh, que ce soit par le biais des opéra-
          tions d’introduction en bourse, d’augmentations de capital ou d’émission d’emprunts obligataires. Ces
          opérations de marché ont constitué et constitueront à l’avenir une source de revenus croissante pour la
          banque de marché. À titre d’exemple, la bourse de Casablanca dénombre plus de 500 émetteurs poten-
          tiellement aptes à s’introduire en bourse dans le seul secteur des industries de transformation ;


         À l’ouverture à l’international d’entreprises publiques et privées : de nombreuses compagnies à l’image de
          Maroc Télécom, de l’ONE ou de l’OCP exportent leur savoir-faire, conquièrent de nouveaux marchés, dans
          un contexte de saturation de leurs parts de marché respectives au niveau local. Le développement de ces
          entreprises devra être accompagné par les activités de banque de financement et d’investissement, que
          ce soit en termes de conseil financier ou en opérations de change et matières premières ;


         À l’ouverture de la banque de Financement et d’Investissement sur les marchés internationaux : la crois-
          sance externe des banques marocaines va permettre aux activités de banques de marché de se dévelop-
          per dans de nouveaux pays et de drainer des flux de trésorerie additionnels.




Secteur bancaire                                                                                                       71
La bancassurance : une activité en plein essor

     Le secteur des assurances a réalisé ces dernières années des performances satisfaisantes, à savoir :

           Un chiffre d’affaires de 20,9 MMDh en 2009, en croissance moyenne de 13,2% sur la période 2006-2009.
            L’activité de bancassurance représente 24,2% du volume d’activité global du secteur des assurances.

           Un résultat net des compagnies d’assurance de 3,0 MMDh, en évolution moyenne de 49,4% sur la période.
            Cette embellie des indicateurs financiers profite à l’ensemble des groupes bancaires disposant de filiales
            opérant dans ce secteur.

     L’activité du secteur a capitalisé sur la montée en puissance progressive de la branche vie grâce à l’essor de la
     bancassurance. Cette évolution, à partir de 2006, s’explique principalement par le développement de la commer-
     cialisation des produits d’assurance-vie à travers le réseau bancaire. Ainsi, nous pouvons prendre l’exemple des
     principales compagnies de la place qui, profitant des synergies avec leurs groupes bancaires respectifs, ont réa-
     lisé des performances très satisfaisantes au niveau de cette activité. En effet, la part de la bancassurance dans
     les primes émises Vie des trois principaux groupes bancaires s’établit à 90%.

     Les trois groupes bancaires ont donc réalisé un chiffre d’affaires de 4,3 MMDh dont plus de 90% émane du segment
     « vie et capitalisation », témoignant du succès des produits d’épargne retraite et éducation distribués dans les
     agences bancaires.


     Parts de marché des établissements bancaires – Primes émises bancassurance en 2008-2009



                                                            ATW           BMCE   CPM

                                                        14,6%

                                                                  14,7%

                                                                                 43,6%
                                                         28,4
                                                                                         42,4%

                                                31,1%



                                                                                                    Source : Ministère des finances



     L’assurance est un actif stratégique pour les banques. Celui-ci a permis aux groupes bancaires internationaux,
     notamment en période de crise des activités bancaires, de jouer le rôle d’amortisseur dans les comptes de résul-
     tat. En Europe, les banques les plus touchées par la crise des « subprimes » ne se sont pas séparées de leur acti-
     vité d’assurance, tant en vie qu’en dommages, en raison du poids prépondérant de cette dernière en termes de
     PNB et de résultats. En France, les activités d’assurance représentent en moyenne plus de 20% des résultats des
     banques de la place (hors résultat des activités de marché).

     Outre la part importante de l’assurance dans les bilans des banques européennes, le modèle retenu au lancement
     de l’activité d’assurance a toute son importance. Le modèle de filialisation est le plus créateur de valeur a contra-
     rio du modèle de l’intermédiation (partenariat sous forme de joint-venture entre banques et compagnies d’assu-
     rance pouvant être rompu à tout moment).




72                                                                                                          Secteur bancaire
À cet effet, au Maroc, le Groupe Banques Populaires pâtit de l’absence d’un modèle de filialisation qui pourrait
   apporter plus de synergies et qui constituerait un axe de développement stratégique pour la banque compte tenu
   de la taille de son réseau bancaire et de sa clientèle.


   Dans un marché mûr et très concurrentiel en matière bancaire, les principaux établissements bancaires trouvent
   dans la bancassurance une nouvelle source de profit. Les principaux facteurs de succès de la bancassurance dans
   les années à venir seront :


         L’environnement légal et fiscal : la réglementation nationale joue un rôle primordial et les avantages fis-
          caux octroyés par l’État favorisant l’épargne individuelle sont les clés du succès de la bancassurance. Dans
          ce cadre, le nouveau contrat-programme du secteur des assurances prévoit plusieurs mesures phares dont
          les principales sont l’instauration de nouvelles assurances obligatoires, la suppression de la taxe de 3,5%
          sur les produits de capitalisation ainsi que la couverture de 5,5 millions de micro-entrepreneurs à l’hori-
          zon 2014;


         L’amélioration du taux de bancarisation ainsi que le développement de l’activité de crédit : l’expansion
          des zones urbaines incite les banques à ouvrir de nouvelles agences, ce qui permettra au secteur de la ban-
          cassurance de s’imposer davantage sur le marché. Aussi, la croissance des crédits immobiliers et des cré-
          dits à la consommation favorisera naturellement l’expansion de cette activité dans les années à venir;


         Le faible taux de pénétration de l’assurance-vie : le potentiel de développement de l’activité vie est
          important, ce qui va permettre aux banques d’accroître leurs parts dans la collecte de l’épargne longue.
          Le projet de LDF 2011 accorde dans ce sens une attention particulière au développement de l’épargne à
          long terme à travers les incitations fiscales en faveur des différents plans d’épargne (Action, Education,
          Logement) ;


         La libéralisation des autres branches de l’assurance, dont l’assurance sur les biens immobiliers et les
          risques divers qui représente plus de la moitié des recettes globales enregistrées par le secteur;


         La prise en compte des besoins et de l’environnement du client au-delà de la logique d’offre produit
          basique : il s’agit pour les groupes bancaires marocains de repenser la logique de l’offre pour satisfaire les
          nouveaux besoins des clients et s’ouvrir aux marchés de la santé, de la prévoyance et de la retraite.




Secteur bancaire                                                                                                           73
L’expansion internationale, une ambition commune
     Dans un environnement marqué par la mondialisation, le progrès technologique et la déréglementation, l’indus-
     trie bancaire a connu durant cette dernière décennie une profonde évolution. L’intensification de la concurrence
     interne a incité l’ensemble des banques, dans le monde, à mener une réflexion sur leur chaîne de valeur sur les
     marchés domestiques mais également sur les modalités de croissance externe. Si les banques se sont installées à
     l’étranger par la voie de la croissance organique, les opérations de fusion et acquisition ont constitué le vecteur
     de la stratégie d’internationalisation des banques. L’exemple le plus frappant est celui du Royaume-Uni, dont plus
     de la moitié des actifs bancaires est détenue par des banques étrangères.

     L’internationalisation des banques dépend de plusieurs facteurs, principalement le potentiel de croissance des
     marchés ciblés, la compréhension des réalités locales et les relations historiques entre pays. Ce besoin de déve-
     loppement à l’international peut s’expliquer par :

                La maturité du marché local : Un faible potentiel de croissance sur le marché national pousse natu-
                 rellement les banques à rechercher des relais de croissance externe. Aussi, une forte concentration
                 bancaire réduit les banques cibles sur le marché local et conduit à la recherche d’opportunités à l’in-
                 ternational. Enfin, dans un marché fortement concurrentiel, la tendance baissière de la marge d’in-
                 termédiation incite les banques à rechercher des taux de croissance élevés sur des marchés à fort
                 potentiel de développement ;

                Le phénomène de globalisation : la déréglementation des marchés, la mondialisation ainsi que l’im-
                 portance des flux financiers et commerciaux entre les pays d’origine et les pays cible ont poussé les
                 établissements bancaires à accompagner leurs clients dans leur développement hors de leurs marchés
                 domestiques.. Aussi, les opérations de privatisation et/ou d’assainissement du système financier de
                 pays émergents ou en voie de développement facilitent l’acquisition de banques locales ;

                La recherche de nouveaux relais de croissance : l’appétence pour le développement international
                 se justifie par la volonté des banques de rechercher des relais de croissance dans des marchés à faible
                 maturité : le besoin de bancarisation, le développement des ventes croisées, la gestion d’actifs sont
                 autant de facteurs qui motivent l’acquisition des banques dans ces marchés.

     Principaux facteurs d’internationalisation bancaire



                   Maturité du marché local                            Globalisation et mondialisation




                                            Internationalisation bancaire




                                          Recherche de relais de croissance


                                                                                          Source: Direction Analyse et Recherche




74                                                                                                      Secteur bancaire
Au Maroc, le besoin d’internationalisation des principaux groupes bancaires est né de la conjonction des trois fac-
   teurs précités :


   • Le marché bancaire marocain est fortement concentré avec une part de marché cumulée dans la banque de
     détail de plus de 60%, détenue par les trois premiers groupes bancaires marocains. Aussi, la tendance baissière
     de la marge d’intermédiation pousse ces derniers à rechercher des sources de revenus au-delà des frontières.
     Notons cependant que le marché bancaire marocain est loin d’être un marché mature compte tenu du faible
     taux de bancarisation et de l’évolution croissante de la demande intérieure ;


   • Le poids important des secteurs exportateurs dans l’économie marocaine, ainsi que le positionnement de
     grandes entreprises à l’international tels OCP, IAM, Managem etc poussent les banques à se développer à l’in-
     ternational pour attirer ce flux d’affaires. Aussi, les opérations de privatisation récentes du secteur bancaire de
     certains pays africains incitent les banques marocaines à se positionner en amont ;


   • Enfin, le faible taux de bancarisation ainsi que le potentiel de croissance de l’activité économique des pays
     voisins sont autant de facteurs qui incitent les groupes bancaires marocains à se positionner au niveau de ces
     marchés.


   Ainsi, si nous observons les marchés cibles potentiels que les banques marocaines peuvent atteindre, en tenant
   compte des aspects économiques de ces régions, et de leurs degrés de maturités, nous pouvons tirer les conclu-
   sions suivantes :


         Le marché nord-américain et européen : ce sont des marchés très matures, particulièrement concurren-
          tiels, avec des taux de pénétration bancaire des plus élevés dans le monde. Les pays de ces régions pos-
          sèdent des taux de bancarisation très élevés avec une moyenne de plus de 2000 comptes bancaires pour
          1 000 adultes en comparaison avec une moyenne de 661 comptes pour 1 000 adultes dans les pays en déve-
          loppement. À titre d’exemple, la France, l’Allemagne et les Etats-Unis qui disposent de taux de bancari-
          sation dépassant les 95% et d’un nombre d’établissements de crédit allant de 349 banques pour la France
          à plus de 16 878 institutions bancaires aux USA. L’internationalisation des banques marocaines vers ces
          régions est impossible, si ce n’est pas le biais de l’implantation de filiales dans les pays à forte commu-
          nauté maghrébine, afin d’attirer les flux financiers de ces derniers vers le Maroc ;


         Le marché asiatique et d’Amérique du Sud : ces deux marchés représentent des potentiels de développe-
          ment pour les pays européens et américains qui ont des relations économiques et politiques historiques
          avec ces marchés cibles. Aussi, les barrières économiques et linguistiques ne permettent pas aux banques
          marocaines de s’implanter dans ces régions ;


         Le marché africain : il s’agit d’un marché peu bancarisé, au système financier peu développé. Les pays de
          ce continent ont un potentiel de croissance économique très important. Les banques marocaines peuvent
          implanter des relais de croissance dans ces pays.




Secteur bancaire                                                                                                           75
Marché cible pour les banques marocaines




                                                       Le continent africain constitue le mar-
                                                        ché bancaire cible pour les banques
                                                       marocaines désireuses de réaliser des
                                                          opérations de croissance externe



                                                                                          Source: Direction Analyse et Recherche


     La croissance des pays africains en moyenne de plus de 5% sur cette décennie témoigne du potentiel économique
     et financier que représente ce continent dans les années à venir. Cependant, la pérennité de cette croissance ne
     peut se faire sans un secteur financier solide, capable d’améliorer le climat des affaires et de jouer le rôle de
     locomotive pour l’économie de ces pays. Sachant que les places boursières de ces pays sont à l’état embryonnaire,
     le secteur bancaire apparaît comme le principal outil de financement des économies. Notons toutefois, que dans
     le continent africain, l’Afrique du Sud sort du lot puisqu’il s’agit d’une économie développée, disposant d’un sys-
     tème financier stable, bien régulé et dont le taux de bancarisation est le plus élevé d’Afrique (près de 60%).

     Dans ce contexte, nous allons nous intéresser à deux régions, à savoir l’Afrique du Nord et l’Afrique Subsaharienne
     qui représentent des marchés potentiels pour l’exportation des banques marocaines.




76                                                                                                      Secteur bancaire
L’Afrique du Nord : un marché prometteur mais difficilement pénétrable

   Les pays d’Afrique du Nord connaissent ces dernières années, une croissance économique soutenue, marquée par
   une hausse des revenus des hydrocarbures pour les pays exportateurs de pétrole, tels l’Algérie et la Libye, et par
   une dynamique au niveau des secteurs secondaires et tertiaires de pays tels la Tunisie et l’Egypte. Les systèmes
   financiers de ces pays se caractérisent par un manque de services bancaires et financiers, une domination des
   banques publiques, et un faible taux de bancarisation. La plupart de ces pays se sont engagés au début des années
   2000 à moderniser le secteur bancaire à travers des opérations de privatisation et de restructuration. Ainsi, l’im-
   plantation d’établissements bancaires internationaux a favorisé la modernisation du secteur mais le poids des
   banques publiques demeure élevé, marqué par des taux de contentieux à deux chiffres et de faibles taux de pro-
   visionnement.




                                                                                        Source : Direction Analyse et Recherche



   Les secteurs bancaires de ces pays se caractérisent par :

         Algérie : le secteur bancaire est composé de six banques publiques. Douze banques étrangères, dont cinq
          banques françaises détiennent 10% des actifs du secteur. Le taux de bancarisation dans ce pays est faible
          avec un guichet bancaire pour 25 000 habitants. Le taux de contentieux est très élevé, au-delà des 20% des
          encours de crédit accordés. Le marché interbancaire est peu dynamique et les entreprises publiques se
          financent majoritairement auprès des banques étatiques. Le FMI a encouragé l’État à ouvrir les banques
          aux capitaux privés, et à poursuivre le processus de privatisation dans le cadre de la réforme du secteur
          financier. Les modes de financement non bancaires sont peu développés, le marché action étant à l’état
          embryonnaire. Les banques françaises installées, disposent d’un réseau de plus de 100 agences et accom-
          pagnent les entreprises exportatrices et les filiales françaises installées.

         Mauritanie : la modernisation du secteur bancaire mauritanien a débuté en 2007 et s’est traduite par l’ou-
          verture du secteur à la concurrence. Plusieurs banques étrangères ont obtenu des agréments pour s’im-
          planter dans ce pays au faible taux de bancarisation (4%, soit le plus faible taux de la région). Le système
          bancaire de ce pays se caractérise par l’étroitesse du marché compte tenu de la taille de la population
          (3,4 millions d’habitants), par le taux de contentieux le plus élevé de la région, soit 28.0% en 2008 ainsi
          que l’absence de culture du crédit puisque plus de 80% des transactions sont réalisées en monnaie fidu-
          ciaire.




Secteur bancaire                                                                                                                  77
Libye : le pays est en pleine mutation économique. L’abondance des ressources pétrolières et gazières
             assure à l’économie libyenne une sécurité financière et économique. Des réformes structurelles ont été
             engagées par le pays visant à libéraliser l’économie et à privatiser le secteur public. La banque centrale
             détient plus de 40% des actifs bancaires, ce qui a poussé l’état libyen à s’engager dans un processus de
             privatisation du secteur, encourageant l’entrée de banques étrangères dans le pays. Plus de 20 bureaux de
             représentation de banques étrangères sont implantés à Tripoli.

            Tunisie : le secteur bancaire tunisien s’est métamorphosé durant cette décennie, passant d’un secteur pro-
             tégé et fermé à un acteur jouant le rôle de moteur de la croissance économique du pays. L’ouverture éco-
             nomique du pays a nécessité la restructuration du système financier et la privatisation du secteur ban-
             caire. Ainsi, en 2008, le secteur dispose de 20 établissements bancaires, dont 30% de banques publiques.
             Le taux de pénétration de comptes bancaires auprès de la population adulte s’établit à 1 125 comptes pour
             1 000 adultes, soit le niveau le plus élevé au Maghreb. Cependant, le taux de contentieux dans ce pays
             demeure élevé pour s’établir à plus de 17% en 2008.

            Egypte : La restructuration du secteur bancaire lancée en 2004 a permis un mouvement de concentration
             des banques de la place, passant de 62 banques à 39 banques en 2008. La nouvelle réglementation ban-
             caire favorise le rachat des banques existantes et non l’attribution de licences nouvelles. Le secteur reste
             dominé par trois banques publiques qui concentrent la moitié du réseau d’agences et des dépôts. Les
             banques privées se développent de plus en plus favorisant l’expansion du crédit.


     Indicateurs bancaires des pays d’Afrique du Nord


                                                Algérie         Mauritanie          Tunisie            Libye           Egypte
      Population                              35,2 millions    3,4 millions      10,5 millions      6,2 millions    81,7 millions
      Taux de bancarisation                       34%             4,0%              50,0%                nd             30,0%
      Nombre de banques                            20              10                 20                 13              39
      Nombre de guichets                         1 301             72                1 167               nd             3 443
      Ratio crédits / dépôts                      0,0%           119,0%             106,3%             173,7%           52,7%
      Taux de contentieux                       20-23%*           28,0%             17,8%              20,2%            4,6%
      Ratio de solvabilité                       16,5%            31,9%             11,7%              16,2%            14,3%

                                                                              Source : Banques centrales, Direction Analyse et Recherche



     Le passage en revue des différents secteurs bancaires de la région d’Afrique du Nord, montre que les systèmes
     financiers de ces pays sont en pleine modernisation, avec un désengagement progressif de l’État. Les opérations
     de privatisation, principalement en Algérie, devraient encourager les banques marocaines, à l’avenir, à se posi-
     tionner en amont. Cependant, les différends politiques ainsi que le durcissement de la loi sur les banques étran-
     gères (obligation de l’État de détenir au minimum 51 % des banques étrangères et droit de préemption en cas de
     cession) pourraient freiner les ambitions de développement de banques marocaines dans ce pays. L’acquisition de
     banques en Egypte et en Libye paraît difficile compte tenu de la forte présence de banques anglo-saxonnes et de
     barrières linguistiques et légales qui pousseront naturellement ces États à favoriser des banques historiquement
     et culturellement bien installées. Enfin, le marché bancaire mauritanien est un marché certes prometteur mais
     étroit eu égard à la taille de sa population et au nombre de banques déjà installées.

     Si la Tunisie dispose d’un secteur financier parmi les plus modernes de la région, le positionnement des banques
     marocaines dans ce pays permettrait à ces dernières d’accompagner le processus de concentration des banques
     de la place. En effet, ce pays connaît une restructuration de son système bancaire, passage obligé pour l’amélio-
     ration des performances et des indicateurs de risque du secteur dans sa globalité.




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C’est dans ce cadre qu’Attijariwafa bank, en Novembre 2005, répondant à l’appel de privatisation de la Banque
   du Sud en Tunisie remporte la mise en s’adjugeant 53% de cette banque. Attijariwafa bank était consciente de ses
   atouts, à savoir la connaissance fine et pertinente des réalités du pays, qu’elles soient réglementaires, juridiques
   ou relationnelles, ainsi que sa capacité à déployer son modèle de développement tout en permettant une large
   adaptation locale. Après une période de consolidation des fonds propres et de redressement, Attijariwafa bank
   réussit son pari puisque les performances commerciales d’Attijari Tunisie sont très satisfaisantes ; preuve en est la
   croissance moyenne du PNB de 22% et le retour à un résultat bénéficiaire en l’espace de trois ans.


   Évolution des principaux indicateurs d’Attijari bank (Tunisie)


     (millions DTN)                               2006            2007           2008           2009            TCAM 06/09
     Dépôts à la clientèle                       1 730,6         1 941,6        2 410,4        2 799,0             17,4%
     Crédits à la clientèle                      1 514,6         1 704,0        1 963,0        2 232,0             13,8%
     Total bilan                                 2 169,8         2 367,6        2 839,7        3 477,1             17,0%
     Total fonds propres                          100,0           95,7           137,0         240,8               34,0%
     PNB                                          81,5            104,8          128,6         147,9               22,0%
     RBE                                          25,8            41,5           60,0           69,5               39,1%
     Résultat net                                 -176,4          -9,4           40,8           46,8                 ns
     Coefficient d'exploitation                   68,3%           60,4%          53,3%         53,0%              -15,3 pts
     Réseau d'agences                             92,0            99,0           138,0         142,0               15,6%

                                                                                                         Source : Attijari Tunisie



   L’implantation réussie de la filiale marocaine montre que le déploiement régional des banques marocaines peut
   être créateur de valeur dès lors que:


            l’on considère ce marché cible comme un vecteur de croissance pour le groupe,


            l’on tienne compte des réalités locales et que l’on s’inscrive dans une politique volontariste de dévelop-
             pement du crédit et de financement bancaire de l’économie.




Secteur bancaire                                                                                                                     79
L’Afrique Sub-saharienne : un vivier de croissance encore inexploité

     L’Afrique sub-saharienne apparaît comme étant le marché cible idéal pour toute banque internationale désireuse
     de diversifier ses activités et d’améliorer sa rentabilité. Cette région du monde est caractérisée par une croissance
     économique en constante évolution du fait de la richesse des pays en matières premières et ressources naturelles.
     Malheureusement, les systèmes financiers de ces pays sont peu développés et ne permettent pas aux banques de
     jouer parfaitement leur rôle de transformation du fait de la faible bancarisation de la population.

     Plusieurs régions ou communautés économiques et monétaires existent en Afrique Sub-saharienne, à savoir :

           L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) regroupant huit pays d’Afrique de l’Ouest,
            à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, Niger, le Sénégal et le Togo

           La Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) regroupant six pays : le Congo,
            le Cameroun, la Centrafrique, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad ;

           La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) regroupant le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Burundi et le
            Rwanda

           La Communauté de développement d’Afrique Australe (SADC) comprenant quinze pays, notamment
            l’Afrique du Sud, la Namibie, l’Angola, la Zambie etc..


     Principales unions et communautés économiques monétaires africaines




                                   UEMOA
                                             CEMAC


                                                   EAC

                                                    SADC




                                                                                           Source : Direction Analyse et Recherche




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Les pays de ces deux régions se différencient par leur géographie (pays enclavés, côtiers), par la diversité de leurs
   ressources naturelles (pétrolières, non pétrolières etc..) et par leur dépendance aux investissements directs étran-
   gers. L’observation des indicateurs macro-économiques de ces régions durant cette décennie montre une amélio-
   ration notable des équilibres fondamentaux des pays, à savoir une croissance positive du PIB, une hausse de la part
   de l’investissement, de la masse monétaire etc.

   Évolution des principaux indicateurs macro-économiques des régions d’Afrique Sub-saharienne

                                                              UMEAO                                CEMAC
                                                1997-2003   2004-2009      Evol.       1997-2003   2004-2009    Evol.
     Croissance PIB réel (%)                      3,2%        3,5%        +0,3 pt        5,8%        5,4%      -0,4 pt
     Croissance PIB réel, hors pétrole (%)        3,2%        3,4%        +0,2 pt        5,7%        8,1%      +2,4 pt
     Prix à la consommation (%)                   2,7%        3,1%        +0,4 pt        2,7%        3,1%      +0,4 pt
     Investissement total (% PIB)                16,1%        18,9%       +2,8 pt        23,7%      23,8%      +0,1 pt
     Épargne intérieure (% PIB)                  13,4%        11,6%       -1,8 pt        30,0%      38,0%      +8,0 pt
     Masse monétaire (% PIB)                     22,8%        28,7%       +5,9 pt        13,6%      16,0%      +2,4 pt
     Exportations de BS (% PIB)                 30,0%        30,8%      +0,8 pt         42,0%      53,2%      +11,2 pt
     Importations de BS (% PIB)                 32,5%        37,2%       +4,7 pt        35,8%      36,8%      +1,0 pt
     Balance commerciale (% PIB)                  2,3%        -1,7%       -4,0 pt        17,4%      28,5%      +11,1 pt
     Réserves (mois import. BS)                   3,6         6,1        +2,5 pt         1,0         4,9      +3,9 pt

                                                               EAC                                   SADC
                                                1997-2003   2004-2009      Evol.       1997-2003   2004-2009     Evol.
     Croissance PIB réel (%)                      4,0%         6,3%       +2,3 pt         3,2%       5,3%       +2,1 pt
     Croissance PIB réel, hors pétrole (%)        4,0%         6,3%       +2,3%           3,4%       5,5%       +2,1 pt
     Prix à la consommation (%)                   6,9%         9,5%       +2,6 pt        19,8%       8,1%       -11,7 pt
     Investissement total (% PIB)                 15,1%       21,9%       +6,8%          17,4%       20,0%      +2,6 pt
     Épargne intérieure (% PIB)                   6,4%        10,0%       +3,6 pt        17,9%       19,4%      +1,5 pt
     Masse monétaire (% PIB)                      25,3%       29,3%       +4,0 pt        48,9%       59,4%      +10,5 pt
     Exportations de BS (% PIB)                  16,2%       21,5%       +5,3 pt        30,9%       36,3%      +5,4 pt
     Importations de BS (% PIB)                  24,7%       32,4%       +7,7 pt        30,4%       36,0%      +5,6 pt
     Balance commerciale (% PIB)                  -7,4%       -12,4%      -5,0 pt         2,7%       3,7%       +1,0 pt
     Réserves (mois import. BS)                   4,5         5,1        +6,0 pt         3,6         4,2       +6,0 pt

                                                                                                    Source : Banque Mondiale



   Dans ces conditions, intéressons-nous dès à présent à la structure et aux fondamentaux des secteurs bancaires de
   ces régions.

   Nous limiterons notre recherche aux régions d’Afrique Centrale et d’Afrique de l’Ouest sachant que les régions
   d’Afrique de l’Est et d’Afrique Australe sont pour la plupart d’anciennes colonies britanniques. En effet, nous
   considérons que l’implantation des banques marocaines dans ces régions est très difficile en raison de :

    la taille des secteurs bancaires : ces régions sont composées d’un nombre élevé de banques et d’un réseau
     d’agences important et les établissements anglo-saxons sont fortement présents, occupant les rangs de leader
     en termes d’actifs et de dépôts. À titre d’exemple, au Kenya et en Tanzanie, le secteur est composé respecti-
     vement de 45 et 36 banques, et des banques telles Barclays, Sandard chartered, Citi bank concentrent plus de
     50% des actifs, et plus de 50% des dépôts et crédits ;

    les barrières politiques, culturelles et linguistiques, qui constituent un réel handicap pour l’exportation des
     banques marocaines dans ces deux régions ;




Secteur bancaire                                                                                                               81
L’UEMOA : un potentiel de 80 millions de consommateurs

     Les secteurs bancaires de la région d’Afrique de l’Ouest se caractérisent par un faible taux de bancarisation, qui
     s’établit en moyenne à 6,1% en 2008. Le nombre de banques implantées dans chacun des pays de la région ne
     dépasse pas la vingtaine et le taux de contentieux est très élevé, s’établissant en moyenne à 18,3%. Le Sénégal et
     la Côte d’Ivoire s’accapare 52,1% du total actif bancaire de la région. La marge d’intermédiation s’élève en
     moyenne à 7,9% et le ROE s’établit à 11,0%.

     L’ensemble de ces indicateurs bancaires témoigne du potentiel de développement de cette région compte tenu du
     levier de bancarisation mais surtout de l’importance des revenus sur opérations avec la clientèle qui demeure par-
     ticulièrement élevé par rapport à l’ensemble des pays industrialisés et émergents.

     Indicateurs bancaires des pays de la région UEMOA

                                      Bénin Burkina-Faso         Côte d'Ivoire      Guinée               Mali          Niger        Sénégal           Togo       UEMOA
      Population                 7,4 millions    13,1 millions    18,8 millions 1,3 millions    11,1 millions   12,4 millions   10,6 millions   5,2 millions 79,9 millions
      Taux de bancarisation           9,60%            10,0%           10,70%        4,70%           10,20%           1,90%          11,60%         21,60%         6,10%
      Nombre de banques                   12                12              18            4                13             10              16             11            96
      Parts de marché*                12,6%            11,2%            28,1%         0,7%              12,7%          4,4%           24,0%           6,5%        100,0%
      Taux brut de contentieux        17,5%            15,6%            17,9%         7,0%              27,6%         15,9%           16,7%          13,5%         18,3%
      Taux de provisionnement         50,7%            65,9%            79,2%        48,9%              65,9%         88,3%           49,3%          71,6%         64,5%
      Marge d'intermédiation           6,7%             7,5%             8,5%        10,6%               7,9%          8,3%            7,1%           6,8%          7,9%
      ROE                              0,3%             6,3%            11,2%         5,0%              13,3%         20,7%           13,5%          11,9%         11,0%

     * Total bilan UEMOA                                                                                        Source: rapports commissions bancaires UEMOA, CEMAC



     Dans ce sillage, les banques marocaines se sont fortement intéressées aux possibilités d’internationalisation dans
     cette région. C’est ainsi que :

      Attijariwafa bank acquiert en 2007 plus de 66% de la Banque Sénégalo-Tunisienne, après avoir développé ses acti-
       vités en Greenfield au Sénégal pendant plus de six mois, et saisit une opportunité de marché, à savoir la cession
       de la participation du groupe agro-industriel Mimran de 79% de la Compagnie Bancaire d’Afrique Occidentale.
       Ainsi, CBAO devient la banque leader au Sénégal avec un réseau bancaire de 54 agences bancaires une part de
       marché au niveau de l’activité de crédit et de dépôt dépassant les 25%. La filiale sénégalaise du groupe
       Attijariwafa bank devient de ce fait la première banque de l’UEMOA en termes d’actifs et d’encours de dépôts.

     Principales banques de la région MENA

      Banque                                        Pays                                       PDM Bilan                                        PDM Dépôts
      CBAO                                        Sénégal                                        6,3%                                               6,0%
      SGBCI                                     Côte d'Ivoire                                    5,5%                                               5,7%
      SGBS                                        Sénégal                                        4,9%                                               4,9%
      BOA                                          Bénin                                         4,2%                                               3,9%
      BICICI                                    Côte d'Ivoire                                    3,2%                                               3,6%

                                                                                                                                        Source : rapports UEMOA, CEMAC

     En 2008, la banque continue son expansion régionale et acquiert 51% de la Banque Internationale pour le Mali.
     Cette récente acquisition permet au groupe bancaire de devenir la deuxième banque du pays avec un réseau de
     60 agences et une part de marché de 46% au niveau de l’activité de collecte de dépôts.




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À la fin de l’année 2008, Crédit Agricole France cède ses participations dans cinq filiales africaines permettant
   ainsi au groupe Attijariwafa bank de s’implanter dans quatre pays nouveaux, dont la Côte d’Ivoire.

   Le groupe bancaire devient donc le troisième groupe bancaire de la région en terme de PDM Total bilan et le deux-
   ième plus grand réseau bancaire, suite à l’intégration de la Société Ivoirienne de Banque et le Crédit du Sénégal
   dans le périmètre de consolidation en 2009.

   Principaux groupes bancaires de l’UEMOA

     Principaux groupes bancaires   Nbre de pays d'implantation      PDM actifs totaux   PDM réseau bancaire       PDM comptes clientèle
     Eco bank                                                8                  13,2%                 12,8%                            12,2%
     Société Générale                                        4                  12,8%                  9,2%                            10,6%
     ATW                                                     3                  11,3%                 11,5%                             9,9%
     BoA                                                     6                  10,8%                  5,8%                             7,7%
     BNP Paribas                                             5                   9,4%                  8,6%                             7,8%
     AFG                                                     8                   5,1%                 10,1%                             2,7%
     Groupe Crédit Agricole                                  2                   3,4%                  1,7%                             2,7%
     Total                                                                      62,5%                 56,8%                            49,8%


                                                                                                               Source: rapports UEMOA, CEMAC


    BMCE bank montre également son intérêt pour le continent noir en 2007 avec l’acquisition de 35% de Bank Of
     Africa en 2007, 7,5% d’additionnel en 2008 et enfin 12,5% du capital du groupe africain acquis en 2010. Cette
     acquisition va permettre à l’établissement de détenir un groupe bancaire, classé quatrième au niveau de
     l’UEMOA. Il faut savoir que BOA est implanté également en Afrique Australe (SADC) à travers des filiales au
     Kenya, en Tanzanie et en Uganda.

   Le groupe bancaire possède également 27,4% de la Banque de Développement du Mali, première banque du pays
   avec des PDM respectives de 29,3% et 20,3% au niveau des dépôts et crédits.


   Réseau Bank Of Africa implanté dans la région UEMOA

     Bank Of Africa                                          Nombre d'agences                                  Part actionnariat BOA
     BOA Sénégal                                                   11                                                 66,40%
     BOA Burkina-Faso                                              12                                                 50,60%
     BOA Côte d'Ivoire                                             11                                                 74,00%
     BOA Bénin                                                     15                                                 45,20%
     BOA Mali                                                      13                                                 48,50%
     BOA Niger                                                     10                                                 44,40%

                                                                                                               Source: rapports UEMOA, CEMAC



    Le Groupe Banques Populaires possède, quant à lui, une filiale en Guinée. Si le secteur bancaire de ce pays
     est composé de quatre banques seulement, la contribution de celui-ci au niveau de la région est très faible, soit
     0,7% de PDM au niveau du total bilan. La filiale de la banque, la BP Maroco-Guinéenne dispose d’un réseau de
     trois agences bancaires.




Secteur bancaire                                                                                                                               83
La CEMAC : terrain de chasse des banques marocaines

     Au niveau de la région d’Afrique Centrale, il existe 43 établissements bancaires répartis entre six pays. Le taux de
     bancarisation moyen est similaire à celui observé dans la région UEMOA. Le Cameroun, le Congo et le Gabon
     détiennent plus de 88% de PDM au niveau des crédits et 76% des dépôts à la clientèle. Le taux de contentieux de
     la région s’établit à 8,4% et la marge d’intermédiation dépasse les 8%, des ratios plus favorables que ceux de la
     région UEMOA.

     Indicateurs bancaires des pays de la région CEMAC

                                 Cameroun          Centrafrique            Congo             Gabon Guinée Equatoriale               Tchad                  CEMAC
      Population               18,5 millions        4,5 millions      3,9 millions      1,5 millions      0,6 millions        11,3 millions          40,3 millions
      Nombre de banques                   12                   4                 7                 7                 4                    9                     43
      Nombre de guichets                 128                  12                46                43                14                   20                    263
      PDM total bilan               41,12%               1,93%            11,96%            23,90%            15,08%                6,02%                 100,0%
      PDM réseau bancaire            52,2%                 4,9%            18,8%             17,6%               5,7%                 8,2%                100,0%
      PDM dépôts                     42,0%                 2,0%            13,0%             21,0%             16,8%                  5,7%                100,0%
      Taux brut de contentieux       12,9%               30,1%               1,6%              7,9%            10,7%                  8,5%                   8,4%
      Taux de provisionnement        96,5%               88,2%            100,0%             88,6%            139,1%               100,0%                   99,6%
      Ratio Crédits / dépôts         59,8%              102,0%             33,2%             61,3%             49,5%                77,7%                   61,8%
      Marge d'intermédiation           7,0%                7,6%            11,0%               9,8%            10,3%                  9,9%                   8,7%
                                                                                                                                   Source: rapports UEMOA, CEMAC


     Les trois grands groupes marocains sont implantés dans cette région qui bénéficie de conditions macro-écono-
     miques très favorables, marquées par une croissance moyenne du PIB de 6,0% contre 3,6% pour la région UEMOA.

      Attijariwafa bank détient 91,0% du Crédit du Congo, banque disposant de 7 agences. Elle détient également
       59% de l’Union Gabonaise des Banques, qui occupe le troisième rang du pays avec des parts de marché supé-
       rieures à 20% au niveau des crédits et des dépôts et d’un réseau de 3 agences. Enfin, le groupe possède 65% de
       la Société Camerounaise de Banque, quatrième banque du pays avec un réseau de 15 agences et une part de
       marché de 15% au niveau de l’activité de banque de détail.

      BMCE bank détient 25% de La Congolaise de Banque. La banque est leader au Congo avec des parts de marché
       respectives de 27,6% et 26,5% au niveau des dépôts et crédits. Le secteur se compose de six banques et
       concentre 13,0% des dépôts de la région CEMAC.

      Le Groupe Banques Populaires est présent en Centrafrique depuis les années 80, à travers une filiale dénom-
       mée la BP Maroco-Centrafricaine. Le système bancaire en Centrafrique est composé de quatre banques et d’une
       PDM bilan et dépôts dans la région MENA avoisinant 2%.

     Implantation des banques marocaines dans les principaux pays de la région CEMAC


     Cameroun         Nbre guichets   Actionnariat principal       % détenu   Congo                      Nbre guichets   Actionnariat principal   % détenu
     BICEC               27,0         SIBP                            52,5%   BCI                            16,0        SIBP                       99,0%
     SGBC                21,0         SG                              58,1%   La Congolaise de Banque        9,0         Particuliers               56,0%
     Eco Bank            15,0         Eco bank                        79,6%   ATW                            7,0         ATW                        81,0%
     SCB - Groupe ATW    15,0         ATW                             65,0%   BGFI bank                      3,0         BGFI                       60,0%
     CBC bank            9,0          Particulier                     25,0%   Eco Bank                       1,0         Eco bank                  100,0%
     Amity bank          9,0          Particulier                     51,3%   BESC                           1,0         ESA                        90,0%
     NFC Bank            8,0          Particulier                     62,0%
     Citibank            2,0          Citi bank                     100,0%
     UBA                  2,0         UBA                             99,9%
     Gabon           Nbre guichets    Actionnariat principal       % détenu   République de Centrafrique Nbre guichets   Actionnariat principal   % détenu
     BCI                  15,0        BNP                            47,0%    Eco bank                     3             Eco bank transnational     75,0%
     BGB                  10,0        Etat                          100,0%    BP Maroco-Centrafricaine     1             BCP                        62,5%
     BGFI bank            7,0         Entreprises et privés          53,0%    BSIC - RCA                                 Etat Libyen                45,0%
     UGB - Groupe ATW     3,0         ATW                            58,8%    Commercail Bank centrafrique 3             Particuliers               53,3%
     Citibank             2,0         Citi bank                     100,0%
     BHG                   1,0        BGD                            78,4%
     FBC                   1,0        FBC                            81,1%

                                                                                                                                   Source: rapports UEMOA, CEMAC




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L’observation des secteurs bancaires des deux unions ou communautés économiques et monétaire de l’Afrique de
   l’Ouest et de l’Afrique Centrale montre que les groupes bancaires marocains, principalement Attijariwafa bank et
   BMCE bank sont fortement implantés. Cependant, les stratégies d’internationalisation des trois groupes bancaires
   sont foncièrement différentes.

   Attijariwafa bank, l’export d’un modèle qui a fait ses preuves à l’échelle locale

   Attijariwafa bank se positionne dans des pays, à l’affût de potentielles cessions ou privatisations de banques
   locales avec pour principal objectif la prise de participation majoritaire et la gestion de la filiale. L’objectif étant
   de permettre au groupe bancaire d’exporter son modèle de développement local qui lui a permis de devenir lea-
   der au Maroc.

   Le succès d’Attijari bank Tunisie et de CBAO conforte la stratégie d’expansion régionale du groupe puisqu’il montre
   que le groupe bancaire a réussi à tenir compte du degré de maturité de ces marchés et de son potentiel de déve-
   loppement. La politique agressive d’ouverture d’agences a permis de favoriser la collecte de l’épargne et de déve-
   lopper l’activité de crédit, confortée par des modèles de recouvrement efficaces et un système Si qui a fait ses
   preuves. Notons que les principales caractéristiques du modèle de développement du groupe sont la consolidation
   des fonds propres, l’assainissement du portefeuille clientèle ainsi que le développement des parts de marché.

   BMCE bank, un modèle de développement à l’épreuve

   La stratégie d’internationalisation de BMCE bank a depuis 2003 été ambiguë alliant à la fois l’acquisition et l’im-
   plantation de banques d’affaires (BMCE Capital Dakar, Axis Afrique) et la prise de participation minoritaire dans
   des banques de détail africaines. Ce n’est qu’à partir de 2007 que le groupe BMCE s’est véritablement positionné
   au niveau de la banque de détail avec l’acquisition de 55,0% de la BOA. Cette opération a permis au groupe de
   détenir 12 banques commerciales implantées majoritairement dans les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique de
   l’Est.

   Si cette acquisition permet à la banque d’avoir un véritable relais de croissance en Afrique, la banque commu-
   nique peu sur la stratégie et le modèle de développement qu’elle souhaite déployer. Seule certitude, les action-
   naires du groupe BOA ont entamé une recapitalisation générale de l’ensemble des filiales, ce qui confirme la
   volonté du management de développer et d’améliorer les revenus de ces banques dans le futur.

   Groupe Banques Populaires, une politique prudente de croissance externe

   Si le Groupe Banques Populaires a été le premier à implanter ces filiales en Afrique, ce n’est tout simplement que
   pour des considérations politiques : l’État désireux de dynamiser les échanges économiques entre le Maroc, la
   Guinée et la Centrafrique a poussé la banque à s’installer dans ces pays. Malheureusement, le groupe bancaire
   s’est contenté de considérer ces filiales comme des bureaux de représentation, ne s’inscrivant pas de ce fait dans
   une démarche proactive visant l’extension du réseau bancaire, et le développement de son activité.

   L’annonce du groupe en 2008 de l’implantation d’une filiale en Mauritanie a sonné le glas de la volonté de crois-
   sance externe de la banque. Cependant, la banque semble frileuse dans sa stratégie d’expansion régionale puis-
   qu’elle a décidé de conquérir ce marché avec Attijariwafa bank, à travers l’acquisition d’une participation mino-
   ritaire dans BNP Mauritanie.

   Enfin, l’acquisition des participations minoritaires de Bank El Maghrib dans des banques installées en Europe et qui sont
   implantées en Afrique du Nord et au Moyen-Orient démontre la politique réservée de croissance externe du groupe.



Secteur bancaire                                                                                                               85
Pays d’implantation des groupes bancaires en Afrique (Activité Retail)




     Il apparaît donc que le potentiel de développement des banques marocaines en Afrique est très important eu égard à:

      La dynamique de croissance économique de ces pays : les taux élevés de croissance du PIB, la faible banca-
       risation et les leviers structurels d’investissement public et privé permettront aux banques marocaines à coup
       sûr de tirer profit de cette dynamique ;

      L’existence d’une niche de banques cibles : Le tissu bancaire de ces pays que ce soit en Afrique du Nord ou
       en Afrique Subsaharienne comprend des banques étatiques, étrangères et familiales. Ainsi, les banques maro-
       caines n’auront aucun mal à se positionner en amont des opérations de privatisation et des éventuelles cessions
       de banques privées.

      L’importance des échanges économiques avec ces pays : les entreprises marocaines ayant des échanges com-
       merciaux avec les pays africains sont nombreuses (IAM, OCP, ONE, Managem etc.), ce qui constitue un flux d’af-
       faires non négligeable qui contribuera positivement aux revenus des banques qui désirent s’implanter dans ces
       régions.

     Échanges commerciaux entre le Maroc et les marchés ciblés en 2009

                                          Importations (MDh)            Exportations (MDh)                Taux de couverture
      Algérie                                  5 635,7                       1 046,0                              19%
      Cameroun                                  26,38                        150,39                              570%
      Congo                                      20,7                          325                              1 570%
      Côte d'Ivoire                             118,8                        245,05                              206%
      Egypte                                    3 005                         862,3                               29%
      Gabon                                     151,4                         167,5                              111%
      Libye                                     379,6                         342,3                               90%
      Mali                                       52,4                         113,8                              317%
      Mauritanie                                 0,7                          365,2                             5 503%
      Sénégal                                   101,2                         692,4                              684%
      Tunisie                                  1 826,2                        666,3                               36%

                                                                                             Source: Ministère du Commerce Extérieur



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Partie 4




Appréciation des niveaux de valorisation
Appréciation des niveaux de valorisation........................................................87




            Un secteur incontournable du paysage boursier marocain ...........................................89

                   Premier contributeur à la capitalisation globale .................................................89
                   … et à la liquidité du marché ........................................................................89
                   Contributeur de taille à la croissance bénéficiaire du marché.................................90
                   Un secteur qui demeure moins risqué que le MASI ...............................................90
                   …justifiant son omniprésence dans le MSCI........................................................91



            …dont l’indice superforme structurellement les comparables ......................................92



            …affichant ainsi une prime amplement justifiée ......................................................93

                   Au niveau national : BMCE, une valeur qui pèse sur son secteur ..............................94
                   À l’échelle internationale : les valeurs bancaires marocaines affichent des niveaux
                   de valorisation élevés .................................................................................96



            Conclusion ....................................................................................................98




Secteur bancaire                                                                                                                88
Un secteur incontournable du paysage boursier marocain…
   Le secteur bancaire constitue un investissement de choix pour les institutionnels publics ou privés, nationaux ou
   internationaux. En effet, le poids du secteur bancaire dans la capitalisation, les volumes d’échange ainsi que le
   profil risque des valeurs bancaires justifient l’engouement observé par les investisseurs ces cinq dernières années.

   Premier contributeur à la capitalisation globale du marché
   Au 03 décembre 2010, le secteur bancaire contribue à hauteur de 29,5% de la capitalisation globale du marché,
   soit la première contribution sectorielle devançant les Télécoms (23,3 %) et les Cimenteries (11,9 %). Les trois
   banques de notre échantillon contribuent à la capitalisation globale à hauteur de 12.6 % pour Attijariwafa bank,
   7,0 % pour BMCE bank et 4,6 % pour la Banque Centrale Populaire.

   Contribution à la capitalisation globale                             Contribution des banques de notre échantillon à
   marché                                                               la capitalisation globale


        30%                                                    29,5%
                                                       26,6%                                     BCP
                            24,6%      25,2%   24,7%                                            4,6%
        25%
                  21,0%
        20%
                                                                                                                                 ATW
        15%                                                                                                                     12,6%
                                                                                BMCE
                                                                                 7,0%
        10%

         5%

         0%
                   2005      2006      2007    2008     2009    2010*
              * arrêté au 03 Décembre 2010


                                                                                                              Source : Direction Analyse et Recherche



   … et à la liquidité du marché
   Concernant les volumes moyens quotidiens échangés sur le marché central, le secteur bancaire confirme sa position d’ac-
   teur leader dans le dynamisme de la place boursière de Casablanca, puisque sa contribution s’établit au 03 décembre 2010
   à 17,3 %, soit un volume moyen quotidien de 75,4 MDh. Ainsi, le secteur bancaire est le principal animateur du marché,
   suivi de l’Immobilier (65 MDh) et des Télécoms (44 MDh). Attijariwafa bank contribue à hauteur de 9.6 % du volume glo-
   bal du marché suivi respectivement de 4.0 % pour la Banque Centrale Populaire et 2.1 % pour la BMCE bank.


   Contribution au volume annuel échangé                                Contribution des banques de notre échantillon au
   sur le marché central                                                volume annuel (MC)

        40%
                                      34,4%                                                            BCP
        35%
                                                                                                       4,0%
        30%
                  24,7%                                24,1%
        25%                 22,5%
                                               20,9%
        20%                                                                                                                         ATW
                                                               17,3%
        15%                                                                                                                        9,6%

        10%
         5%                                                                             BMCE
                                                                                         2,1%
         0
                  2005      2006       2007    2008    2009    2010*
              * arrêté au 03 Décembre 2010

                                                                                                              Source : Direction Analyse et Recherche



Secteur bancaire                                                                                                                                        89
Contributeur de taille à la croissance bénéficiaire du marché

     Sur le volet de la croissance des résultats, le secteur bancaire représente en moyenne 22,7 % de la croissance béné-
     ficiaire globale du marché sur la période 2005-2009, soit la deuxième plus forte contribution après le secteur des
     Télécoms (32,0 %). Attijariwafa bank contribue à hauteur de 12,3 % de la croissance bénéficiaire globale du mar-
     ché contre respectivement 3,3 % pour la BCP et 1,2 % pour BMCE bank.



     Contribution à la croissance bénéficiaire globale                                                               Contribution des banques de notre échantillon à
                                                                                                                     la croissance bénéficiaire globale

                RNPG secteur / RNPG marché          Contribution du secteur à la variation
        25%    218,3%                               de la croissance bénéficiaire du marché           250%
                              24,4%
                                               24,0%                                                                                          BCP
        24%                           189,4%                                                          200%                                   3,3%
                                                                  23,4%
        23%                                                                                           150%
                                                                                                                                BMCE
        22%                                                                                           100%                      1,2%
                                                        91,6%                                                                                                              ATW
              21,0%                                                                                                                                                       12,3%
        21%                                                                          20,7%            50%

        20%                                                                                     16,9% 0%

        19%                                                               -38,8%                      -50%

        18%                                                                                           -100%
               2005            2006              2007              2008                  2009


                                                                                                                                                      Source : Direction Analyse et Recherche




     Un secteur qui demeure moins risqué que le MASI

     L’investissement dans les valeurs bancaires est moins risqué comparé à la majorité des autres secteurs en raison
     du profil risque statistique du secteur qui demeure inférieur par rapport à celui du marché. En effet, le bêta sta-
     tistique moyen (52 semaines) du secteur en 2010 s’établit à 0,7.


     Évolution du Bêta statistique moyen du secteur bancaire

                                               1,2
                                                                                                               1,1
                                               1,1                                                                        1,1

                                               1,0                                 0,9

                                               0,9                                                                                     0,8
                                               0,8                                                                                                  0,7

                                               0,7
                                                                       0,6
                                               0,6
                                               0,5
                                               0,4
                                                                2005               2006                      2007      2008       2009        2010


                                                                                                                                                      Source : Direction Analyse et Recherche




90                                                                                                                                                                  Secteur bancaire
…justifiant son omniprésence dans le MSCI

   Sur le plan de la représentativité du secteur bancaire au niveau des indices étrangers, le MSCI Maroc était com-
   posé jusqu’au 11 novembre 2009 par deux banques marocaines, en l’occurrence Attijariwafa bank et BMCE bank.
   Le manque de liquidité ainsi que la baisse du flottant de BMCE bank a conduit l’organisme MSCI Barra à reclasser
   cette valeur. La prochaine redéfinition du MSCI Maroc en novembre 2010 devrait très probablement réintégrer de
   nouvelles valeurs afin de revenir à des niveaux de représentativité similaires à ceux observés en 2008, à savoir six
   valeurs. Nous pensons que la valeur BCP pourrait intégrer cet indice lors de la prochaine réévaluation, ce qui per-
   mettrait de conforter le poids du secteur bancaire au niveau de cet indice.


   Evolution du flottant des trois banques de notre échantillon (date de révision annuelle)


                                                        BMCE      ATW        BCP
                             30%

                             25%

                             20%

                             15%

                             10%

                             5%

                              0
                                    2005      2006       2007      2008      2009      2010

                                                                                                Source : Bourse de Casablanca




Secteur bancaire                                                                                                                91
…dont l’indice surperforme structurellement les comparables…
     Fort de ses atouts, le secteur bancaire a vu son indice réaliser sur la période 2005-2008 une performance de
     201,8 %. Cette performance a conduit le Moroccan Bank Index à sur-performer le MASI (142,9 %) ainsi que le MSCI
     Emerging Market Banks (+0,3 %). La faible évolution du MSCI EM Banks sur la période s’explique par la contre-per-
     formance de l’ensemble des indices boursiers internationaux en 2008, conséquence de la crise financière interna-
     tionale. En effet, le MSCI EM Banks corrige de 53,1 % sur l’année alors que l’indice bancaire marocain n’affiche
     qu’une contre-performance de 11,9 %.

     Depuis janvier 2009, l’indice bancaire marocain enregistre une performance de 15,4 % contre +10,3 % pour le MASI
     et +107,2 % pour le MSCI EM Banks. Cette évolution à deux chiffres est louable car elle intervient dans une conjonc-
     ture marquée par un rationnement des crédits aux promoteurs et à certaines industries en difficulté et une mon-
     tée des risques en général et pour les crédits de consommation en particulier.

     Evolution du secteur sur 5 ans vs MASI vs MSCI Emerging Market Banks (base 100=01/01/2005)



                                                                                                  MSCI EMB*                     MBI**          MASI


            450            MSCI EMB : +47%                         MSCI EMB : +32%                         MSCI EMB : +15%                                                                 MSCI EMB : +83%                           MSCI EMB : +13%
                           MBI : +28%                              MBI : +88%                              MBI : +42%                                                                      MBI : 0%                                  MBI : +15%
            400            MASI : +23%                             MASI : +71%                             MASI : 34%                                                                      MASI : -5%                                MASI : +16%

            350
            300
            250
            200
            150
            100
                                                                                                                                                     MSCI EMB : -53%
            50                                                                                                                                       MBI : -12%
                                                                                                                                                     MASI : -14%
             0
                  déc-04

                             mars-05

                                       juin-05

                                                 sep-05

                                                          déc-05

                                                                     mars-06

                                                                               juin-06

                                                                                         sep-06

                                                                                                  déc-06

                                                                                                            mars-07

                                                                                                                      juin-07

                                                                                                                                   sep-07

                                                                                                                                            déc-07

                                                                                                                                                     mars-08

                                                                                                                                                               juin-08

                                                                                                                                                                         sep-08

                                                                                                                                                                                  déc-08

                                                                                                                                                                                           mars-09

                                                                                                                                                                                                     juin-09

                                                                                                                                                                                                               sep-09

                                                                                                                                                                                                                        déc-09

                                                                                                                                                                                                                                 mars-10

                                                                                                                                                                                                                                           juin-10

                                                                                                                                                                                                                                                     sep-10




                    *MSCI EMB : MSCI Emerging Market banks
                    **MBI : Moroccan Bank Index (Indice Banques)

                                                                                                                                                                                   Source : Direction Analyse et Recherche, Bloomberg




92                                                                                                                                                                                                                                Secteur bancaire
L’évolution rapide de l’indice bancaire sur la période étudiée, couplée à une croissance moins euphorique des résul-
   tats, a porté les niveaux de valorisation du secteur à 4,6x les capitaux propres en 2008. À partir de 2009, la crois-
   sance moins soutenue de l’indice a tiré à la baisse le P/B du secteur pour le ramener, selon nos estimations 2010, à
   3,3x les capitaux propres. Il ressort donc que le secteur traite à un ratio toujours supérieur à son multiple moyen
   sur 10 ans qui s’établit à 2,8x. En comparaison avec les autres régions du monde, l’arbitrage est défavorable.

   Cependant, si l’on retraite le P/B du secteur bancaire marocain du titre BMCE (P/B10e de 4,7x), celui-ci s’établi-
   rait à 2,8x les capitaux propres, soit un niveau similaire à celui enregistré en Egypte et en Afrique du Sud. Dans
   ce contexte, nous pensons que le maintien d’une croissance bénéficiaire régulière par les banques marocaines dans
   les années à venir va permettre au secteur d’atteindre des niveaux de valorisation plus favorables.

   Positionnement du Maroc en terme de P/B 10e                                               P/B sectoriel par rapport à sa moyenne 10 ans


             4                                                                                   6,0
            3,5                                                                                                                                               4,8
                  3,3                                                                            5,0
                               3,0                                                                                                                                       4,6
             3
                                                                                                                                                                                4,0
            2,5                                                                                  4,0                                                     4,0
                                                2,1                                                                                                                                     3,3
             2                                                                                   3,0
                                                            1,5
            1,5
                                                                           1,2
                                                                                                 2,0
             1                                                                                                                          2,1
                                                                                                            1,7   1,8    1,7      1,8           1,7
            0,5                                                                                  1,0
             0
                                                                                                  0
                  Maroc   Amérique Latine      Afrique   Middle-east      Europe
                                                                                                        2000      2001   2002    2003   2004    2005   2006     2007   2008    2009    2010e


                                                                                                                                Source : Direction Analyse et Recherche, Reuters




   …affichant ainsi une prime amplement justifiée
   En termes de multiples de valorisation, le secteur bancaire affiche le troisième multiple le plus élevé du marché
   avec un P/E 10e de 26,9x contre 26,6x pour le secteur des assurances et 38,8x pour l’immobilier. Ainsi, le secteur
   présente une prime de 16,5% par rapport au MASI. Concernant les multiples de fonds propres, le secteur traite à
   3,3x les fonds propres contre 4,6x pour le marché, tiré par la valeur BMCE qui enregistre sur la période un P/B 10e
   de 4,7x les capitaux propres.

   Cette prime du secteur bancaire par rapport au marché nous paraît justifiée compte tenu des performances enreg-
   istrées par l’indice bancaire, du poids du secteur dans la capitalisation globale et dans la liquidité du marché ainsi
   que du profil risque du secteur.

   Principaux indicateurs boursiers du secteur bancaire au 03/12/2010


     Banques                                Cours         Capitalisation           P/E 10e      P/B 10e                   D/Y 10e                 Performance                  Performance
                                                         boursière (MUSD)                                                                           absolue*                     relative*
     ATW                                    369,0              8 706,1              17,7              3,1                       1,9%                   36,7%                          15,1%
     BMCE                                   234,0              4 847,7              54,8              4,7                       1,5%                   -11,7%                     -25,6%
     BMCI                                   1 069,0            1 735,3              17,7              2,2                       5,0%                   15,6%                          -2,7%
     BCP                                    398,0              3 216,0              17,2              2,2                       1,7%                   63,8%                          37,9%
     CDM                                    940,0                 994,3             17,8              3,1                       3,3%                   39,4%                          17,4%
     CIH                                    325,6                 907,8             28,1              2,5                       1,9%                   3,4%                       -12,9%
     Secteur                                520,3             20 407,3              26,9              3,3                       2,1%                   21,3%                          2,2%
     Marché                             12 401,0              69 279,6              23,1              4,6                       3,7%                   21,3%

   * performance du 01 Janvier au 03 Décembre 2010                                                                                            Source : Direction Analyse et Recherche




Secteur bancaire                                                                                                                                                                               93
Au niveau national : BMCE, une valeur qui pèse sur son secteur
     Trois matrices nous paraissent intéressantes pour déterminer parmi les valeurs bancaires du secteur les titres qui
     offrent les meilleurs multiples boursiers ou de fonds propres, à savoir :
      P/E 10e vs BPA 10e (TCAM 2010-2012e)

      P/B 10e vs ROE 10e

      D/Y 10e vs Pay-out 10e

     P/E 10e vs BPA (TCAM 2010-2012e)                                                                           P/B 10e vs ROE 10e


       60         P/E 10e                                                                                        5       P/B 10e
                                                                                                                                                         BMCE
                                                                                                    BMCE
       50
                                                                                                                 4

       40
                                                                                                                                                                               CDM         ATW
                                                                                                                 3
       30                                                                                                                                          CIH             BCP
                                                                                       CIH
                                        BMCI            CDM                                                      3
                                                                                                                 2                                          BMCI
       20
                                                                     ATW                     BCP
                                                                                                                 1
       10
                                                                                TCAM BPA 10-12e                                                                                 ROE 10e
        0                                                                                                        0
             0              2%               4%               6%           8%          10%                12%        0        2%   4%   6%   8%    10%      12%    14%   16%         18%    20%




     D/Y10 e vs Pay-out 10e


      6,0%        D/Y 10e

      5,0%                                                                                         BMCI

      4,0%
                                                                         CDM
      3,0%

      2,0%                                                         CIH
                                       ATW         BCP                                   BMCE
      1,0%
                                                                                   Pay-out 10e
      0,0%
             0%                  20%              40%                60%         80%                  100%




                                                                                                                                                  Source : Direction Analyse et Recherche




     Sur la base des trois graphiques ci-dessous, BMCE se démarque de l’ensemble des valeurs du secteur, que ce soit
     au niveau des multiples de bénéfices ou de fonds propres. En effet, le titre BMCE traite à 54,8x les bénéfices et à
     4,7x les fonds propres, un niveau largement supérieur à la moyenne du secteur, soient respectivement 26,9x les
     bénéfices et 3,3x les fonds propres. Partant du principe que sur les marchés financiers, la valorisation d’une
     banque en multiple d’actif net est d’autant plus élevée que son ROE, nous remarquons que sur le marché boursier
     marocain, BMCE bank présente des niveaux de valorisation très élevés par rapport à son ratio de rentabilité (10,3%
     vs 15,0% pour le secteur).




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Afin de déceler le potentiel de croissance des valeurs bancaires ayant fait l’objet de notre étude, intéressons-nous
   dès à présent à apprécier la valorisation de ces titres par la méthode des multiples boursiers. Notre approche de
   valorisation se base sur six indicateurs clés.

   Synthèse des indicateurs de valorisation utilisés au 03/12/2010

     Banques                           P/E 10e         P/B 10e         D/Y 10e          ROE 10e*   Capi/PNB        Capi/RBE     Prime/Décote**
     ATW                                17,7             3,1             1,9%             5,6%       5,3              8,9            15,2%
     BMCE                               54,8             4,7             1,5%             1,8%       5,9              16,5          -35,6%
     BMCI                               17,7             2,2             5,0%             5,6%       5,1              8,6            47,8%
     BCP                                17,2             2,2             1,7%             5,8%       5,6              9,0            20,3%
     CDM                                17,8             3,1             3,3%             5,6%       4,2              8,1            32,7%
     CIH                                28,1             2,5             1,9%             3,6%       5,0              11,6           -1,9%
     Moyenne secteur pondérée           26,9             3,3             2,1%             4,7%       5,4              10,8


   * ROE calculé sur la valeur marché des banques                                                             Source : Direction Analyse et Recherche
   ** Prime/Décote calculée sur la base de la moyenne des indicateurs de valorisation



   Sur la base de la moyenne des indicateurs de valorisation utilisés, nous remarquons que les valeurs bancaires
   cotées présentent des primes (décotes) allant de 35,6 % pour BMCE bank à (32,7 %) pour Crédit du Maroc.




Secteur bancaire                                                                                                                                        95
A l’échelle internationale : les valeurs bancaires marocaines affichent des niveaux de
     valorisation élevés
     Nous avons vu précédemment que le secteur bancaire marocain présentait une prime par rapport aux marchés
     étrangers. Si nous considérons que les secteurs bancaires de la région MENA et d’Afrique semblent être les plus
     comparables par rapport au marché marocain, nous retenons donc un échantillon de trois banques par pays, pré-
     sentant des niveaux de capitalisation similaires à ceux observés par les banques marocaines. Les cinq pays choisis
     sont les Emirats Arabes Unis, le Qatar, l’Egypte, l’Arabie Saoudite ainsi que l’Afrique du Sud.

     Principaux indicateurs de valorisation de notre échantillon

      UAE                                     Capitalisation boursière (MUSD)            P/E 10e               P/B 10e   D/Y 10e     ROE*           C/PNB**
      National bank of Abu Dhabi                           7 195,6                         9,0                   1,3      0,9%       12,6%            3,0
      First Gulf Bank                                      5 260,5                         6,4                   0,9      3,5%       14,9%            2,2
      Emirates NBD                                         3 783,0                         4,2                   0,4      8,0%       21,2%            0,8
      Moyenne                                             16 239,1                         7,0                   0,9      3,4%       15,3%            2,2
      Qatar                                   Capitalisation boursière (MUSD)            P/E 10e               P/B 10e   D/Y 10e     ROE*           C/PNB
      Qatar Islamic Bank                                   4 321,6                         10,8                  1,7      8,3%        9,7%            6,5
      The Commercial Bank of Qatar                         4 157,8                          9,3                  1,2      9,0%       10,9%            3,7
      Doha Bank                                            2 312,0                          6,2                  1,4      11,3%      12,7%            2,8
      Moyenne                                             10 791,4                         9,2                   1,4      9,2%       10,8%            4,6
      Egypt                                   Capitalisation boursière (MUSD)            P/E 10e               P/B 10e   D/Y 10e     ROE*           C/PNB
      Commercial International Bank                       3 750,2                          16,6                  3,1      2,1%        8,5%            4,0
      National Société Général Bank                       2 367,8                          10,4                  2,2      3,4%       10,3%            3,1
      Credit Agricole Egypt                                556,1                            8,4                  1,5      10,0%      12,6%            2,0
      Moyenne                                             6 674,1                          13,7                  2,6      3,2%       9,5%             3,5
      Arabie Saoudite                         Capitalisation boursière (MUSD)            P/E 10e               P/B 10e   D/Y 10e     ROE*           C/PNB
      The Saudi British Bank                               8 899,3                         16,4                  2,6      1,9%       7,4%             5,3
      Banque Saudi Fransi                                  8 793,6                         13,4                  2,1      2,2%       8,6%             6,2
      Arab National Bank                                   6 794,1                         10,7                  1,8      2,6%       8,7%             4,8
      Moyenne                                             24 487,0                         13,7                  2,2      2,2%       8,2%             5,5
      Afrique du Sud                          Capitalisation boursière (MUSD)            P/E 10e               P/B 10e   D/Y 10e     ROE*           C/PNB
      Nedbank                                              8 220,1                         14,6                  1,5      3,2%       6,8%             1,0
      African Bank                                         3 689,2                         15,0                  2,2      5,5%       6,7%             2,3
      Capitec Bank                                         1 375,2                         23,8                  6,4      1,7%       4,2%             3,1
      Moyenne                                             13 284,5                         15,7                  2,2      3,7%       6,5%             1,6


     * ROE calculé sur la base de la valeur marché des banques       ** Capitalisation boursière / PNB                                       Source : Reuters


     Ainsi, la moyenne des indicateurs de valorisation observés par pays s’établit à 11,9x les bénéfices 10e, 1,9x les fonds
     propres 10e, 4,3 % le rendement de dividendes 10e, 10,1 % le ROE 10e ainsi que 3,5x le produit net bancaire 10e.

     Synthèse des indicateurs de valorisation au 03/12/2010

                                                  P/E 10e                    P/B 10e              D/Y 10e                ROE 10e       Capi /PNB
      Moyenne UAE                                   7,0                         0,9                3,4%                  15,3%               2,2
      Moyenne Qatar                                 9,2                         1,4                9,2%                  10,8%               4,6
      Moyenne Egypt                                13,7                         2,6                3,2%                   9,5%               3,5
      Moyenne Arabie Saoudite                      13,7                         2,2                2,2%                   8,2%               5,5
      Moyenne Afrique du Sud                       15,7                         2,2                3,7%                   6,5%               1,6
      Moyenne des 5 pays                           11,9                        1,89                4,3%                  10,1%               3,5


     Par conséquent, les niveaux de valorisation des banques marocaines cotées, sur la base de la moyenne des mul-
     tiples de notre échantillon international s’établissent comme suit :

                                ATW                   BMCE                     BMCI                      BCP                CDM               CIH
      Prime/Décote             -41,3%                -65,2%                   -21,9%                 -37,7%                -31,4%            -47,2%




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Conclusion

   Le secteur bancaire joue le rôle de moteur des économies développées. La solidité financière d’un système ban-
   caire constitue un rempart contre les effets de ralentissement économique ou de chocs exogènes. Dans ce cadre,
   la récente crise financière internationale a été riche en enseignements et a mis au grand jour les travers de sys-
   tèmes bancaires et financiers des plus développées dans le monde. Pour preuve, les différents stress tests sur les
   banques, réalisés jusqu’à aujourd’hui, en Europe ou aux États-Unis sont de plus en plus observés et présentent de
   véritables enjeux, comme le rétablissement de la confiance dans le circuit financier.

   Il apparaît donc que la principale problématique aujourd’hui pour les banques centrales est de savoir si leurs sys-
   tèmes bancaires disposent de suffisamment d’appuis pour résister à un nouveau choc. En d’autres termes, si les
   établissements bancaires ont assez de fonds propres pour faire face à une nouvelle détérioration de l’environne-
   ment économique tant sur le plan domestique qu’étranger. Par conséquent, face à des risques de plus en plus crois-
   sants et contagieux, la bonne santé d’un secteur bancaire repose avant tout sur la qualité des fonds propres de
   ces établissements bancaires, au-delà des ratios de solvabilités qui demeurent, malgré la crise, des garde-fous
   nécessaires.

   Au Maroc, le secteur bancaire connaît, depuis ces cinq dernières années, un développement considérable en rai-
   son de l’évolution du cadre réglementaire, de l’environnement économique propice et de la volonté manifeste de
   développement des opérateurs. Cependant, l’effet volume enregistré au niveau de l’activité de crédit, la forte
   concurrence et son impact négatif sur les taux de marges ainsi que l’engagement des banques à financer certains
   secteurs, érigés en priorité nationale par le gouvernement, multiplient l’exposition au risque des établissements
   bancaires.

   Fort de ce constat, notre département a mené une réflexion autour de la solidité du système bancaire marocain
   afin de mesurer son degré de résistance face à la crise bancaire internationale, sa réelle physionomie ainsi que ses
   relais de croissance tant sur le marché domestique qu’à l’international. Les principales conclusions issues de cette
   étude sont les suivantes :

    Nous pensons que le secteur bancaire marocain est capable de résister aux différents chocs exogènes en raison
     de sa faible exposition à l’international et de la réglementation de son marché financier. La consolidation de la
     demande intérieure ces dernières années ainsi que le déploiement par les opérateurs des moyens pour assurer
     leur croissance traduisent la capacité du secteur à se développer de manière organique. Enfin, le secteur
     affiche, dans sa globalité, des actifs bancaires de qualité et une assise financière solide, confortées par le poids
     des ressources non rémunérées, la qualité des fonds propres et l’amélioration constante des indicateurs de
     risque/rendement. Notons également le rôle actif joué par Bank Al Maghrib afin de réguler les besoins de liqui-
     dité du système bancaire, permettant ainsi s’alléger les tensions observées sur le marché interbancaire.

    Les trois banques universelles Attijariwafa bank, le Crédit Populaire du Maroc ainsi que la BMCE bank, du fait
     de leurs parts de marché, de la taille de leurs réseaux et de leurs assises financières, constituent le noyau dur
     du secteur bancaire. Ces trois groupes bancaires s’accaparent plus de 60 % de l’activité de crédit et de dépôt
     à la clientèle et concentrent plus de 60 % des actifs bancaires et du réseau d’agences. Ces trois établissements
     bancaires ont, dans leur globalité, amélioré leurs revenus d’activité, portés par l’effet volume, l’amélioration
     du couple risque/rendement ainsi que par l’élargissement du périmètre de consolidation ;




Secteur bancaire                                                                                                            97
Face au potentiel de développement quelque peu consommé de la banque de détail, nous pensons que les prin-
       cipaux relais de croissance organique du secteur bancaire national seraient les activités de marchés,
       d’Investissement et de bancassurance. En effet, le développement des marchés financiers, l’ouverture à l’in-
       ternational des entreprises marocaines ainsi que l’assouplissement de la réglementation des changes augurent
       d’une évolution croissante de cette activité dans les années à venir. Sur le volet de la bancassurance, le faible
       taux de pénétration de l’assurance vie, la croissance à deux chiffres des encours de crédit, ainsi que le niveau
       de taux de bancarisation modéré permettraient aux banques, qui possèdent des liens capitalistiques avec des
       compagnies d’assurance, de disposer d’une source de profit supplémentaire.

       Sur le volet externe, la maturité du marché local, le phénomène de globalisation ainsi que la recherche de nou-
       veaux relais de croissance poussent les banques à s’internationaliser. Notre étude montre que le marché cible
       potentiel pour les opérateurs marocains est le continent africain. La proximité géographique et culturelle, le
       niveau de développement et le potentiel de croissance économique des pays africains constituent de solides
       atouts, justifiant l’exportation des banques marocaines dans cette zone géographique.

     Nous pensons que le secteur bancaire est suffisamment capitalisé, dans sa globalité, pour assurer une croissance
     soutenue de ses indicateurs d’activité dans les années à venir. Cependant, l’évolution à deux chiffres de l’activité
     de crédit, le manque structurel de liquidité sur le marché financier ainsi que les stratégies d’internationalisation
     des principaux groupes bancaires marocains obligeront ces derniers à lever des capitaux à court et moyen terme.
     Dans ce cadre, la réforme du projet Bâle 3 arrivent à point nommé pour inciter les banques à injecter des fonds
     propres, principalement ceux concernant le capital « Tier 1 ».

     Enfin, au niveau des valorisations, il apparaît que l’indice bancaire a surperformé le marché ainsi que le MSCI
     Emerging Markets durant ces cinq dernières années, justifiant de ce fait la prime par rapport aux marchés étran-
     gers. En effet, la solidité financière du secteur bancaire, sa faible exposition à l’international ainsi que ses niveaux
     de rentabilité élevés par rapport à la région MENA légitiment les niveaux de prix affichés.




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États financiers




Secteur bancaire                      99
ATTIJARIWAFA BANK

     Bilan IFRS ( en milliers de Dh)


     ACTIF IFRS                                                                          31/12/2008     31/12/2009
     Valeurs en caisse, Banques Centrales, Trésor public, Service des chèques postaux     15 729 694     13 937 027
     Actifs financiersà la juste valeur par résultat                                      20 996 239     23 415 807
     Instruments dérivés de couverture
     Actifs financiers disponibles à la vente                                             25 694 850     25 812 646
     Prêts et créances sur les Etablissements de crédit et assimilés                      25 703 520     27 240 871
     Prêts et créances sur la clientèle                                                  153 472 051    178 992 641
     Ecart de réévaluation actif des portefeuilles couverts en taux
     Placements détenus jusqu'à leur échéance
     Actifs d'impôts exigibles                                                                37 766         60 972
     Actifs d'impôts différés                                                                781 239        732 402
     Comptes de régularisation et autres actifs                                            5 204 763      6 539 854
     Actifs non courants destinées à êtres cédés
     Participation des assurés aux bénéfices différée                                        149 002        317 846
     Participations dans des entreprises mises en équivalence                                 93 571         97 734
     Immeubles de placement                                                                  791 331      1 077 449
     Immobilisations corporelles                                                           4 330 027      4 490 309
     Immobilisations incorporelles                                                           902 636      1 222 753
     Ecarts d'acquisition                                                                  5 055 213      6 408 911
     TOTAL ACTIF IFRS                                                                   258 941 902    290 347 222




     PASSIF IFRS                                                                           31/12/08       31/12/09
     Banques centrales, Trésor public, Service des chèques postaux                           116 881        111 049
     Passifs financiers à la juste valeur par résultat                                     2 801 068      2 145 888
     Instruments dérivés de couverture
     Dettes envers les Etablissements de crédit et assimilés                              25 240 708     26 093 428
     Dettes envers la clientèle                                                          176 592 755    194 705 935
     Titres de créances émis                                                               4 453 141      6 550 653
     Ecart de réévaluation passif des portefeuilles couverts en taux
     Passif d'impôt courant                                                                  476 826        804 006
     Passid d'impôt différé                                                                1 461 961      1 498 993
     Comptes de régularisation et autres passifs                                           5 067 048      8 481 286
     Dettes liées aux actifs non courants destinés à être cédés
     Provisions techniques des contrats d'assurance                                       13 805 743     15 628 317
     Provisions pour risques et charges                                                    1 182 392      1 062 927
     Subventions, fonds publics affectés et fonds spéciaux de garantie                       219 660        210 746
     Dettes subordonnés                                                                    6 432 961      8 271 775
     Capital et réserves liées                                                             7 366 523      7 366 523
     Réserves consolidées                                                                  9 129 970     12 123 880
     -Part du groupe                                                                       7 292 229      9 149 861
     -Part des minoritaires                                                                1 837 741      2 974 019
     Gains ou pertes latents ou différés                                                     956 901        700 923
     Résultat net de l'exercice                                                            3 637 363      4 590 892
     -Part du groupe                                                                       3 117 998      3 940 837
     -Part des minoritaires                                                                  519 365        650 055
     TOTAL PASSIF IFRS                                                                  258 941 902    290 347 222




Secteur bancaire                                                                                                      100
Compte de produits et charges IFRS (en milliers de Dh)


      ACTIF IFRS                                                                                           31/12/2008           31/12/2009
      Intérêts et produits assimilés                                                                        11 177 309           12 298 097
      Intérêts et charges assimilés                                                                          4 214 716            4 929 556
      MARGE D'INTERET                                                                                       6 962 593            7 368 541
      Commissions perçues                                                                                    2 318 490            2 407 257
      Commissions servies                                                                                      166 682              203 683
      MARGE SUR COMMISSIONS                                                                                 2 151 808            2 203 574
      Gains ou pertes nets sur instruments financiers à la juste valeur par résultat                           944 361            1 510 262
      Gains ou pertes nets sur actifs financiers disponibles à la vente                                        379 054            1 556 706
      RESULTAT DES ACTIVITES DE MARCHE                                                                      1 323 415            3 066 968
      Produit des autres activités                                                                           4 157 547            4 337 748
      Charges des autres activités                                                                           3 628 396            3 721 661
      PRODUIT NET BANCAIRE                                                                                 10 966 967           13 255 170
      Charges générales d'exploitation                                                                       4 357 164            4 762 794
      Dotations aux amortissements et aux dépréciations des immobilisations incorporelles et corporelles       489 443              642 495
      RESULTAT BRUT D'EXPLOITATION                                                                          6 120 360            7 849 881
      Coût du risque                                                                                          -632 288             -988 329
      RESULTAT D'EXPLOITATION                                                                               5 488 072            6 861 552
      Quote-part du résultat net des entreprises mises en équivalence                                            9 093               12 394
      Gains ou pertes nets sur autres actifs                                                                     2 382               -6 262
      Variations de valeurs des écarts d'acquisition                                                                 0                    0
      RESULTAT AVANT IMPOTS                                                                                 5 499 547            6 867 684
      Impôt sur les bénéfices                                                                                1 862 183            2 276 792
      RESULTAT NET                                                                                          3 637 364            4 590 892
      Résultat hors groupe                                                                                     519 365              650 055
      RESULTAT NET PART DU GROUPE                                                                           3 117 999            3 940 837
      Résultat par action (en adh)                                                                               16,16                20,42
      Résultat dilué par action (en dh)                                                                         16,16                20,42




101                                                                                                                      Secteur bancaire
BMCE BANK

     Bilan IFRS ( en milliers de dh)


     ACTIF IFRS                                                                          31/12/2008     31/12/2009
     Valeurs en caisse, Banques Centrales, Trésor public, Service des chèques postaux      8 761 642     11 961 191
     Actifs financiersà la juste valeur par résultat                                      16 830 734     23 125 255
     Instruments dérivés de couverture
     Actifs financiers disponibles à la vente                                              1 396 746      1 554 089
     Prêts et créances sur les Etablissements de crédit et assimilés                      21 586 233     20 940 147
     Prêts et créances sur la clientèle                                                   85 709 392     93 592 762
     Ecart de réévaluation actif des portefeuilles couverts en taux
     Placements détenus jusqu'à leur échéance                                              5 928 425      6 367 928
     Actifs d'impôts exigibles                                                               602 944        527 064
     Actifs d'impôts différés                                                                369 578        543 064
     Comptes de régularisation et autres actifs                                            4 210 653      3 568 660
     Actifs non courants destinées à êtres cédés
     Participations dans des entreprises mises en équivalence                                191 437        362 904
     Immeubles de placement                                                                  505 076        508 990
     Immobilisations corporelles                                                           3 570 068      4 225 756
     Immobilisations incorporelles                                                           547 948        642 344
     Ecarts d'acquisition                                                                    249 969        485 515
     TOTAL ACTIF                                                                        150 460 845    168 405 669




     PASSIF IFRS                                                                           31/12/08       31/12/09
     Banques centrales, Trésor public, Service des chèques postaux
     Passifs financiers à la juste valeur par résultat                                          280              0
     Instruments dérivés de couverture
     Dettes envers les Etablissements de crédit et assimilés                              12 647 116     13 284 784
     Dettes envers la clientèle                                                          113 449 746    122 496 072
     Titres de créances émis                                                               4 587 442      8 501 072
     Ecart de réévaluation passif des portefeuilles couverts en taux
     Passif d'impôt courant                                                                  375 331        171 994
     Passid d'impôt différé                                                                  935 380      1 069 008
     Comptes de régularisation et autres passifs                                           5 719 501      8 236 571
     Dettes liées aux actifs non courants destinés à être cédés
     Provisions techniques des contrats d'assurance
     Provisions pour risques et charges                                                     325 453        300 492
     Subventions, fonds publics affectés et fonds spéciaux de garantie
     Dettes subordonnés                                                                    4 155 748      5 119 822
     Capital et réserves liées                                                             3 300 401      4 210 239
     Réserves consolidées                                                                  3 626 137      4 205 608
     -Part du groupe                                                                       1 524 790      1 539 126
     -Part des minoritaires                                                                2 101 347      2 666 482
     Gains ou pertes latents ou différés PDG                                                 -98 699          4 935
     Gains ou pertes latents ou différés, part minoritaires                                                 -14 979
     Résultat net de l'exercice                                                            1 437 009        819 651
     -Part du groupe                                                                         830 442        384 421
     -Part des minoritaires                                                                  606 567        435 230
     TOTAL PASSIF                                                                       150 460 845    168 405 269




Secteur bancaire                                                                                                      102
Compte de produits et charges IFRS (en milliers de Dh)


      ACTIF IFRS                                                                                           31/12/2008          31/12/2009
      Intérêts et produits assimilés                                                                        9 206 758            9 870 994
      Intérêts et charges assimilés                                                                         5 081 832            5 613 890
      MARGE D'INTERET                                                                                      4 124 926            4 257 104
      Commissions perçues                                                                                   1 279 540            1 397 247
      Commissions servies                                                                                     129 230              175 333
      MARGE SUR COMMISSIONS                                                                                1 150 310            1 221 914
      Gains ou pertes nets sur instruments financiers à la juste valeur par résultat                          477 446              743 968
      Gains ou pertes nets sur actifs financiers disponibles à la vente                                        25 335               -9 015
      RESULTAT DES ACTIVITES DE MARCHE                                                                       502 781              734 953
      Produit des autres activités                                                                            419 443              506 266
      Charges des autres activités                                                                            179 000              306 284
      PRODUIT NET BANCAIRE                                                                                 6 018 460            6 413 953
      Charges générales d'exploitation                                                                      3 569 552            3 758 012
      Dotations aux amortissements et aux dépréciations des immobilisations incorporelles et corporelles      331 554              429 526
      RESULTAT BRUT D'EXPLOITATION                                                                         2 117 354            2 226 415
      Coût du risque                                                                                           88 996            1 133 960
      RESULTAT D'EXPLOITATION                                                                              2 028 358            1 092 455
      Quote-part du résultat net des entreprises mises en équivalence                                          32 771               16 514
      Gains ou pertes nets sur autres actifs                                                                   48 777               53 733
      Variations de valeurs des écarts d'acquisition
      RESULTAT AVANT IMPOTS                                                                                2 109 906            1 162 702
      Impôt sur les bénéfices                                                                                 672 897              342 651
      RESULTAT NET                                                                                         1 437 009              820 051
      Résultat hors groupe                                                                                    606 567              435 230
      RESULTAT NET PART DU GROUPE                                                                            830 442              384 821




103                                                                                                                     Secteur bancaire
Banque Centrale Populaire

     Bilan IFRS ( en milliers de dh)


     ACTIF IFRS                                                                         31/12/2008     31/12/2009
     Valeurs en caisse, Banques Centrales, Trésor public, Service des chèques postaux   16 552 970       8 551 030
     Actifs financiers à la juste valeur par résultat                                       26 462          35 854
     Instruments dérivés de couverture
     Actifs financiers disponibles à la vente                                            7 344 032      15 228 405
     Prêts et créances sur les Etablissements de crédit et assimilés                    20 209 620      24 851 953
     Prêts et créances sur la clientèle                                                 20 815 265      39 191 689
     Ecart de réévaluation actif des portefeuilles couverts en taux
     Placements détenus jusqu'à leur échéance                                           26 094 816      21 618 374
     Actifs d'impôts exigibles                                                             168 781         555 005
     Actifs d'impôts différés                                                              147 339         171 487
     Comptes de régularisation et autres actifs                                          1 205 881       1 243 807
     Actifs non courants destinées à êtres cédés
     Participations dans des entreprises mises en équivalence                              106 580         17 235
     Immeubles de placement
     Immobilisations corporelles                                                          1 892 454      3 018 877
     Immobilisations incorporelles                                                           67 334        242 708
     Ecarts d'acquisition                                                                                  477 488
     TOTAL ACTIF IFRS                                                                   94 631 534    115 203 912



     PASSIF IFRS                                                                          31/12/08       31/12/09
     Banques centrales, Trésor public, Service des chèques postaux                              22         25 877
     Passifs financiers à la juste valeur par résultat
     Instruments dérivés de couverture
     Dettes envers les Etablissements de crédit et assimilés                            66 867 608      77 337 502
     Dettes envers la clientèle                                                         16 276 393      20 288 256
     Dettes représentées par un titre
     Titres de créances émis                                                                              188 096
     Ecart de réévaluation passif des portefeuilles couverts en taux
     Passif d'impôt courant                                                                 200 530        382 932
     Passid d'impôt différé                                                                 409 924        495 382
     Comptes de régularisation et autres passifs                                          1 404 528      1 812 820
     Dettes liées aux actifs non courants destinés à être cédés
     Provisions techniques des contrats d'assurance                                         154 362        161 965
     Provisions pour risques et charges                                                     388 798        381 185
     Subventions, fonds publics affectés et fonds spéciaux de garantie                    2 255 572      2 916 077
     Dettes subordonnés                                                                                  1 544 840
     Capital et réserves liées                                                            4 149 715      5 399 103
     Réserves consolidées                                                                 1 563 994      2 865 727
     -Part du groupe                                                                      1 375 641      1 429 141
     -Part des minoritaires                                                                 188 353      1 436 586
     Gains ou pertes latents ou différés                                                    102 983        260 782
     Résultat net de l'exercice                                                             857 105      1 133 368
     -Part du groupe                                                                        825 987      1 064 688
     -Part des minoritaires                                                                  31 118         68 680
     TOTAL PASSIF IFRS                                                                  94 631 534    115 203 912




Secteur bancaire                                                                                                     104
Compte de produits et charges IFRS (en milliers de Dh)



      ACTIF IFRS                                                                                           31/12/2008          31/12/2009
      Intérêts et produits assimilés                                                                        3 933 981            5 423 373
      Intérêts et charges assimilés                                                                         2 973 214            3 985 377
      MARGE D'INTERET                                                                                        960 767            1 437 996
      Commissions perçues                                                                                     303 380              384 461
      Commissions servies                                                                                       4 963                4 504
      MARGE SUR COMMISSIONS                                                                                  298 417              379 957
      Gains ou pertes nets sur instruments financiers à la juste valeur par résultat                           61 685              207 737
      Gains ou pertes nets sur actifs financiers disponibles à la vente                                       357 203              444 178
      RESULTAT DES ACTIVITES DE MARCHE                                                                       418 888              651 915
      Produit des autres activités                                                                            240 392              353 160
      Charges des autres activités                                                                            160 891              150 829
      PRODUIT NET BANCAIRE                                                                                 1 757 573            2 672 199
      Charges générales d'exploitation                                                                        362 712              648 384
      Dotations aux amortissements et aux dépréciations des immobilisations incorporelles et corporelles      126 900              157 534
      RESULTAT BRUT D'EXPLOITATION                                                                         1 267 961            1 866 281
      Coût du risque                                                                                           47 799              296 820
      RESULTAT D'EXPLOITATION                                                                              1 220 162            1 569 461
      Quote-part du résultat net des entreprises mises en équivalence                                          23 233                 -419
      Gains ou pertes nets sur autres actifs                                                                   28 786               -7 903
      Variations de valeurs des écarts d'acquisition                                                                0
      RESULTAT AVANT IMPOTS                                                                                1 272 181            1 561 139
      Impôt sur les bénéfices                                                                                 415 075              427 771
      RESULTAT NET                                                                                           857 106            1 133 368
      Résultat hors groupe                                                                                     31 118               68 680
      RESULTAT NET PART DU GROUPE                                                                            825 988            1 064 688
      Résultat par action (en adh)                                                                              133,8                 16,2
      Résultat dilué par action (en dh)                                                                         133,8                 16,2




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                                        FILIGRANE

Le secteur bancaire au maroc

  • 1.
    Le secteur bancaireau Maroc : un modèle de développement réussi
  • 2.
    “ Le secteurbancaire est pour son économie ce qu’est le moulin à eau pour son champ ” L'existence du moulin (du latin molinum issu de mola meule) à eau est attestée, peu avant l'ère chrétienne, en Illyrie. Sa roue à palettes, en position horizontale dans le courant qui l'entraîne, est surmontée d'un axe vertical. Ce dernier, soumis à un mouvement de rotation, traverse une meule inférieure gisante et fait tourner la meule supérieure dont il est solidaire. Les Romains adoptèrent un moulin à eau dont le mécanisme disposé verticalement, tourne sur un arbre horizontal portant une roue à chevilles. Celles-ci, per- pendiculaires au plan de la roue, s'engrènent sur la lanterne d'un axe vertical actionnant la meule extérieure. Le moulin hydraulique aurait été connu en Chine dès le Ve siècle. Primitivement destiné au broyage du grain, le moulin à eau devient le générateur de force motrice qui sera prédominant jusqu'à la mise au point de la machine à vapeur au XVIIIe siècle. Cette force sera utilisée pour d'innom- brables applications : broyage du malt, des écorces, des olives, pour la défibration du papier et du chanvre, pour actionner les marti- nets et les soufflets de forge, etc. Encyclopédie Universalis
  • 3.
    Secteur bancaire Executive summary « Une crise telle qu'il n'en arrive qu'une fois par siècle », tel est le propos tenu par Alan Greenspan pour décrire la crise financière qui a débuté en 2007 et qui s’est caractérisée par une crise de liquidité interbancaire et une crise du crédit, paralysant de ce fait le système financier international, et s’étendant à l’ensemble des places boursières de la planète. L’effondrement du secteur immobilier américain a donné naissance à une crise bancaire marquée par la faillite de plusieurs établissements de crédit et par la paralysie du marché bancaire international. L’intervention du prêteur en dernier ressort, à savoir l’État, a permis d’éviter une crise systémique et de redonner confiance au système financier à travers l’injection massive de liquidités. La principale priorité des banques centrales consistait en la résolution des problèmes de solvabilité et de liquidité des banques nationales. La recapitalisation et la nationali- sation des établissements financiers des principaux pays européens et américains devenaient des nécessités abso- lues pour éviter les banqueroutes en cascade. Si l’intervention des banques centrales a permis d’éviter l’effondrement du système financier international, celles- ci n’ont pu limiter la propagation de la crise à l’économie réelle, entraînant de ce fait l’entrée en récession du monde développé et le ralentissement de la croissance des pays émergents. Au Maroc, la forte régulation du secteur bancaire, sa politique de gestion du risque ainsi que son intégration limi- tée au système financier mondial lui ont permis d’être épargné par la crise financière. La restructuration du sec- teur à la fin des années 90 ainsi que le processus de modernisation du système financier ont permis d’améliorer la qualité des actifs des établissements bancaires. Dans le même sens, les facilités de refinancement et la contribu- tion croissante des dépôts à la clientèle dans les ressources globales ont participé également au renforcement de la solidité financière des banques. Enfin, l’activité du secteur étant centrée principalement sur les métiers tradi- tionnels de la banque, à savoir l’intermédiation bancaire et le crédit au marché domestique, principalement l’ac- tivité Retail, a protégé le système des dérives de la finance internationale. Sur le plan économique, la dynamique que connaît le pays durant ces cinq dernières années a permis au secteur bancaire de renforcer son rôle de moteur de l’économie marocaine. Le financement bancaire s’est fortement déve- loppé grâce à une conjoncture favorable marquée par la hausse de la consommation et de l’investissement de l’en- semble des agents économiques. Ainsi, les performances enregistrées ces dernières années tant en termes de crois- sance du PIB, de maîtrise de l’inflation et de hausse des investissements étrangers ont permis à l’économie maro- caine d’être l’une des plus robustes et des plus compétitives de la région MENA. Cependant, à l’instar de l’ensemble des pays émergents, la crise économique qui sévit en Occident a contaminé notre pays en raison de la corrélation de son cycle économique avec celui de ses partenaires européens. Les contre- performances enregistrées au niveau des principaux facteurs de contagion ainsi que leur récupération depuis le début de l’année témoignent de la bonne résistance de l’économie à cette crise et laissent présager une reprise durant le premier semestre 2011. En effet, l’appréciation favorable de l’encours des crédits à l’économie et des dépôts à la clientèle en 2009 et au premier semestre 2010 ainsi que l’amélioration du taux de contentieux montrent que le secteur bancaire marocain a pu améliorer ses indicateurs d’activité malgré un contexte macro-économique moins euphorique. Il faut dire que l’économie marocaine présente des leviers structurels de financement bancaire qui confortent le développement de ce secteur même en temps de crise. Si le faible taux de bancarisation constitue à coup sûr un Achraf Bernoussi +212 522 43 68 31 • a.bernoussi@attijari.ma
  • 4.
    Executive summary vecteur de croissance à long terme, la forte demande intérieure émanant de la consommation des ménages mais également de l’investissement des entreprises publiques et privées représentent à court terme des viviers impor- tants de croissance pour le secteur. En effet, le développement de la consommation des ménages de 8 % ainsi que celui de l’investissement (FBCF) de 14 % sur la période 2005-2009 témoignent de la forte croissance de l’investissement tant privé que public durant ce dernier quinquennat. Il faut dire que l’État est engagé dans plusieurs chantiers économiques et programmes d’investissements structurels pour le pays, en témoigne l’enveloppe budgétaire de 160 MMDh consacrée pour l’an- née 2010. Dans le même sillage, le déficit chronique en logement érigeant de ce fait le secteur de l’habitat en priorité nationale pour le gouvernement ainsi que les différents fonds alloués à la PME à travers le plan Émergence II et visant à apporter un soutien financier à ce segment de clientèle, représentent d’importants gisements de développement pour le secteur bancaire dans les années à venir. Si du point de vue macro-économique, le secteur bancaire est bien loti pour accompagner le développement de l’économie marocaine, il est important de souligner que celui-ci dispose de fondamentaux solides, à même de lui permettre d’être la principale source de financement du pays. Le poids important des dépôts non rémunérés, soit plus de 61 % des dépôts à la clientèle en 2009, la baisse du taux de contentieux de plus de 8 points sur les cinq dernières années ainsi que le faible coefficient d’exploitation du secteur bancaire comparativement aux pays en développement confortent la solidité financière et la rentabilité du secteur. Aussi, la croissance bénéficiaire à deux chiffres a permis de renforcer les fonds propres du secteur, qui demeure suffisamment capitalisé dans sa glo- balité. Cependant, la forte concentration des banques marocaines les pousse naturellement à rechercher des relais de croissance. La tendance baissière de la marge d’intermédiation incite les établissements bancaires à rechercher de nouvelles sources de revenus tant sur le marché local qu’international. Si la banque de financement et d’in- vestissement ainsi que l’activité de bancassurance connaissent un développement croissant, les activités à l’in- ternational des principaux groupes bancaires constituent de véritables relais de croissance en raison du potentiel économique et financier des marchés ciblés. Ce processus d’internationalisation exige des banques candidates d’une part, de disposer d’un modèle financier rentable au niveau local et capable d’être exporté à l’international dans des pays réceptifs, et d’autre part de renforcer leur solidité financière afin de pouvoir répondre tant à la croissance interne qu’externe. La dynamique de croissance des crédits sur le plan local ainsi que le coût de déploiement à l’international nécessitent des res- sources importantes, ce qui pourrait contraindre certaines banques à recourir à d’autres moyens de financement que ceux généralement utilisés. Ainsi, nous essaierons dans cette étude de répondre à l’ensemble de ces problématiques en montrant : Comment le secteur bancaire résiste aux chocs exogènes et à leurs impacts sur l’économie marocaine ; Quelle est la réelle physionomie du secteur bancaire marocain, d’apparence atomisée ; Quels sont les principaux relais de croissance des banques marocaines sur le marché domestique ainsi qu’à l’international ; Quel poids du secteur bancaire dans le paysage boursier marocain pour quel niveau de valorisation. 3 Secteur bancaire
  • 5.
    Sommaire Comment le secteur bancaire a répondu présent à l’heure de l’épreuve ?..........................5 Un secteur bancaire évoluant dans un cadre réglementaire très régulé… ..........................9 Une économie qui a pu faire face aux chocs exogènes en raison d'une demande intérieure résistante ........................................................................................11 Des opérateurs bancaires qui déploient les moyens pour assurer leur croissance ...............20 Des actifs bancaires de qualité et une assise financière solide .....................................24 D'apparence atomisée, quelle est la réelle physionomie du secteur bancaire marocain ? ......33 Banques universelles vs banques spécialisées : quels modèles dominent le secteur bancaire .35 Trois groupes bancaires constituent le noyau dur du secteur........................................40 Quels sont les relais de croissance de ces groupes bancaires sur les marchés domestique et international ?.................................................................................................63 Une banque de détail au potentiel de développement quelque peu consommé .................67 Les activités de marchés et d’Investissement, la bancassurance : des relais de croissance organique .......................................................................70 L’expansion internationale, une ambition commune ..................................................74 Appréciation des niveaux de valorisation .................................................................87 Un secteur incontournable du paysage boursier marocain ...........................................89 …dont l’indice superforme structurellement les comparables ......................................92 …affichant ainsi une prime amplement justifiée ......................................................93 Conclusion .................................................................................................97 Secteur bancaire 4
  • 6.
    Partie 1 Comment lesecteur bancaire a répondu présent à l’heure de l’épreuve ?
  • 7.
    Comment le secteurbancaire a répondu présent à l’heure de l’épreuve ? .......5 Un secteur bancaire évoluant dans un cadre réglementaire très régulé… ..........................9 Une économie qui a pu faire face aux chocs exogènes en raison d'une demande intérieure résistante ........................................................................................11 Quelles ondes de contagion ont impacté l'économie marocaine ? .............................11 Une demande intérieure forte, pilier de la croissance économique ..........................15 La consommation des ménages, principale composante de la demande intérieure ...............15 L’investissement public et privé, leviers structurels de financement bancaire ....................16 Des opérateurs bancaires qui déploient les moyens pour assurer leur croissance ...............20 Une stratégie volontariste d'extension du réseau d’agences ...................................20 Un soutien permanent à l'investissement des entreprises ......................................22 Des actifs bancaires de qualité et une assise financière solide .....................................24 Une structure saine des ressources confortée par le poids des dépôts non rémunérés ....25 Des emplois dominés par l'activité de crédit à la clientèle.....................................26 Un secteur suffisamment capitalisé dans sa globalité ...........................................29 Des revenus d’activité et un couple risque/rendement en nette amélioration .............31 Secteur bancaire 6
  • 8.
    Le secteur financiermarocain a connu, durant ces deux dernières décennies, une profonde mutation marquée par des opérations de restructuration et d’assainissement des ex-Organismes de Financement Spécialisés (BNDE, CIH, CAM), la privatisation des banques publiques (BMCE, BCP) ainsi qu’une fusion majeure (BCM-Wafabank). Au-delà de la refonte du cadre réglementaire et institutionnel, la mise à niveau avant-gardiste du secteur bancaire a per- mis au secteur financier marocain d’être aujourd’hui l’un des plus organisés et des plus performants de la région Sud-méditerranéenne. Cette réforme structurelle du système financier a valu au pays d’être reconnu par le FMI comme disposant d’un « secteur bancaire stable, adéquatement capitalisé, rentable et résistant aux chocs » (IMF Country report). Les différentes réformes financières entamées au milieu des années 90, que ce soient celles visant à moderniser le marché des capitaux, à libéraliser les changes ou à restructurer le secteur bancaire, ont eu les fruits escomp- tés puisqu’elles ont permis au secteur bancaire de conforter son rôle de principale composante du système finan- cier, avec un total actif de 112,4 % du PIB en 2009. Aussi, les marchés de capitaux ont également fortement contri- bué au renforcement de la structure financière du pays avec une capitalisation boursière représentant 68,6 % du PIB durant cette même année. Évolution du total actif bancaire Évolution de la capitalisation boursière en % du PIB en % du PIB 95,0% 110,8% 112,4% 77,2% 106,5% 72,3% 68,6% 93,6% 2006 2007 2008 2009 2006 2007 2008 2009 Source : Direction Analyse et Recherche La politique monétaire rigoureuse de Bank Al Maghrib durant ces dernières années, marquée par une flexibilité du taux directeur visant à préserver la stabilité des prix et atténuer les risques inflationnistes ainsi que la fluidité du marché interbancaire ont permis à la banque centrale de jouer pleinement son rôle de régulateur de l’économie marocaine. Ainsi, cette politique judicieuse a permis à l’autorité centrale marocaine de faire face aux chocs éco- nomiques au moment où les banques centrales européennes et américaines ont failli à leurs missions. En effet, la crise financière internationale, la pire depuis 1929, a mis à nu les politiques de régulation de la BCE et de la FED qui ont échoué à atteindre leurs objectifs notamment le maintien de la croissance long terme et la maîtrise de l’inflation. La volonté de l’État américain de relancer l’économie du pays au début de cette décennie à travers une politique de taux d’intérêts bas visant à maintenir la croissance et accroître les liquidités, associée à une mauvaise appréciation des risques, ont accru de manière significative les crédits non performants. L’insolvabilité des emprunteurs à faibles revenus ainsi que le recouvrement des créances par les organismes de crédit a accentué la baisse des cours des prix de l’immobilier, provoquant ainsi l’éclatement de la bulle spécula- tive immobilière, initialement encouragée par la politique monétaire du pays. Secteur bancaire 7
  • 9.
    Cette crise internationalea eu le mérite de nous apprendre quelques enseignements et de tirer les leçons de la dérégulation financière et de la mondialisation libérale. Il importe donc à la banque centrale d’œuvrer pour que la conjonction de plusieurs instruments monétaires puisse permettre à l’économie marocaine de maintenir une croissance saine dans les années à venir, à savoir : un taux directeur qui favorise la croissance et qui vise une inflation cible ; un interventionnisme remarqué sur le marché monétaire pour réguler, absorber ou injecter les flux de liqui- dité nécessaires ; un maintien d’un ratio de solvabilité à un niveau adéquat pour absorber des chocs externes, et une capa- cité à lever des fonds en cas de crise de liquidité ; une réflexion autour de l’instauration d’un ratio de levier ou « Leverage ratio » fixant un niveau d’endet- tement maximum pour les banques (un total bilan ne dépassant pas 25 fois les fonds propres). Ce ratio, déjà adopté aux Etats-Unis et qui était au centre des débats lors de la crise financière, mesure le bilan des banques à l’aune de leurs fonds propres réglementaires, et viendrait s’ajouter à celui prévu dans les accords de Bâle II. Il consiste pour la banque à disposer de fonds propres suffisants pour faire face aux risques de pertes en cas de crise financière, mais aussi à adopter des activités moins risquées. La discus- sion sur l’adoption de ce ratio à l’échelle internationale sera effective à partir de 2011. Au Maroc, le secteur bancaire a réussi à se sortir indemne de la crise, et ce pour plusieurs raisons tant structu- relles que conjoncturelles. En effet, la forte régulation du système financier ainsi que l’évolution macro-écono- mique favorable du pays ont permis au pays d’amortir considérablement les effets de cette crise. Cependant, si l’économie marocaine a été touchée depuis le premier trimestre 2009 par différents facteurs de transmission de la crise économique internationale, il n’en demeure pas moins que l’évolution favorable de la contre-performance de ces ondes de contagion, durant cette année, montre que le pays possède les boucliers nécessaires pour résister à la détérioration de ses équilibres macro-économiques. En effet, la forte demande inté- rieure, tant des ménages que des entreprises publiques et privées, a permis d’amortir ces chocs exogènes, soute- nue par un secteur bancaire disposant d’actifs de qualité et une solidité financière lui permettant de remplir par- faitement sa mission. 8 Secteur bancaire
  • 10.
    Un secteur bancaireévoluant dans un marché financier très régulé Alors que la plupart des pays industrialisés ont libéralisé leurs secteurs financiers à partir des années 60 afin de permettre aux mécanismes du marché de réguler les systèmes financiers en lieu et place de l’État, la libéralisa- tion financière au Maroc n’a débuté qu’à partir des années 90 de façon progressive, avec comme objectifs la modernisation du secteur bancaire et le développement des activités de marché. Si la réforme du secteur bancaire a permis de libéraliser les taux d’intérêts, de moderniser les instruments de la politique monétaire et de renforcer la réglementation prudentielle, le système bancaire marocain dispose aujour- d’hui de fortes barrières à l’entrée. En effet, la faible exposition des banques à l’international (3,1 % du total actif des banques à fin 2009), la rigidité du marché des changes (restriction aux sorties de capitaux) ainsi que l’état embryonnaire de la titrisation et des marchés dérivés rend le secteur bancaire assez hermétique. Évolution de l’engagement des banques marocaines en devises et part en % du total actif Engagement en devises (MMDh) Total actif 4,6% 4,1% 3,3% 3,1% 27,1 26,2 25,2 25,2 2006 2007 2008 2009 Source : Bank Al Maghrib Aussi, la structure des actifs bancaires demeure peu risquée puisque les ressources du secteur sont constituées à plus de 70 % de dépôts à la clientèle et que les emplois sont dominés par le crédit (73,2 % du total bilan). Les concours bancaires demeurent le principal mode de financement des agents économiques, comme en témoigne l’évolution croissante du taux de financement bancaire, qui s’établit à 77,2 % à fin 2009. Évolution du taux de financement bancaire de l’économie* 76,9% 77,2% 69,7% 57,5% 2006 2007 2008 2009 Source : Direction Analyse et Recherche * Part des crédits à l’économie rapporté au Produit Intérieur Brut En effet, les crédits à l’économie accordés par les banques ont plus que doublé sur la période 2005-2009 portés par un contexte macro-économique favorable. L’évolution de la demande intérieure et la forte progression de l’in- vestissement ont été soutenues par des conditions de financement favorables tant au niveau des taux d’intérêts que celui des volumes octroyés par les établissements bancaires. Secteur bancaire 9
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    L’additionnel distribué encrédit bancaire ces deux dernières années s’établit en moyenne à 140 MMDh, avec une contribution majoritaire pour le financement du secteur immobilier, soit plus de 65 MMDh. Le ratio Crédits à l’éco- nomie / PIB est largement au-dessus de la moyenne de la région MENA qui s’établit à 62,0 %, mais demeure infé- rieur à la moyenne européenne qui dépasse les 110 %. Crédits à l’économie / PIB (%) et PIB par habitant (en milliers de $) 140% UAE Moyenne région MENA 120% 100% 80% Maroc Liban Koweit 60% Tunisie Qatar Arabie Saoudite 40% Egypte Oman Algérie 20% 0% 0 20 000 40 000 60 000 80 000 100 000 Source : Banques Centrales, Bloomberg Enfin, le marché des capitaux est peu exposé à l’international : la part de l’investissement étranger représente 28,5 % de la capitalisation boursière en 2009 et plus de 90 % de cette part relève des participations stratégiques réputées stables. Ainsi, la part volatile des capitaux étrangers investis à la bourse de Casablanca est marginale et ne représente que 2,5 % de la capitalisation boursière à fin 2009. Enfin, l’analyse de la répartition des investis- seurs étrangers par nationalité (personnes physiques) montre la prédominance des Ressortissants Marocains à l’É- tranger dont la part représente 71,0 % du nombre d’investisseurs en 2009. Évolution de la part des investisseurs étrangers et RME (% capitalisation boursière) 29,8% 27,3% 29,1% 28,5% 2006 2007 2008 2009 Source : CDVM 10 Secteur bancaire
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    Une économie quia pu faire face aux chocs exogènes en raison d’une demande intérieure résistante La récente crise mondiale a mis un terme à un cycle de conjoncture économique favorable, démarrant au début de la décennie, et dans lequel la plupart des pays industrialisés et émergents ont réalisé des taux de croissance significatifs et contribué au développement des échanges commerciaux internationaux. Le Maroc, économie émergente, a été exposé naturellement aux méfaits de la crise économique en 2009, à savoir la contraction des investissements étrangers, l’amenuisement des transferts RME, la baisse des échanges com- merciaux mais aussi le recul des revenus provenant d’activités érigées en tant que secteurs prioritaires de déve- loppement pour le gouvernement, à savoir le tourisme ainsi que l’Offshoring. Quelles ondes de contagion ont impacté l’économie marocaine ? L’économie marocaine, étant corrélée au cycle économique de ses partenaires européens, a dû faire face à plu- sieurs facteurs de contagion : • Les échanges commerciaux de biens : la baisse de la demande des pays étrangers a entraîné une baisse des exportations marocaines à destination de ces marchés, ce qui a creusé le déficit de la balance commerciale. Toutefois, la baisse prononcée des importations en 2009 a permis d’atténuer l’aggravation de ce déficit ; • Les transferts des travailleurs marocains résidents à l’étranger : la baisse de l’activité des principaux secteurs demandeurs d’emplois saisonniers ou de mains d’œuvre étrangère, notamment dans l’agriculture et le BTP a tou- , ché de plein fouet les revenus des MRE, ce qui a limité les transferts d’argent à destination du Maroc. Ceci s’est négativement répercuté sur la consommation des ménages et le développement du marché immobilier et des biens de consommation ; • Les flux de capitaux étrangers : la crise a réduit l’attractivité de la région en terme de captation des capitaux privés, en raison du ralentissement économique mondial mais aussi des opportunités d’arbitrage que peuvent dorénavant offrir d’autres destinations dans le monde. Aussi, les lancements des différents projets d’investis- sements ont été retardés ou abandonnés faute de financement ; • Les recettes touristiques : la baisse des revenus des ménages dans les pays émetteurs de touristes limite le potentiel de consommation et d’investissement de ces derniers. À cela s’ajoutent les différents arbitrages en termes de prix et de qualité d’offre touristique de la part des ménages en temps de crise. En effet, la baisse des prix immobiliers dans les zones touristiques européennes (Espagne, Grande-Bretagne) a réduit la compétitivité des destinations marocaines. Crise économique mondiale Échanges commer- Facteurs de contagion Transferts MRE ciaux de biens de l’économie marocaine Flux de capitaux Recettes touris- étrangers tiques Source : Direction Analyse et Recherche Secteur bancaire 11
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    L’observation des différentsfacteurs de contagion de l’économie marocaine montre que le pays n’a pu échapper à la dégradation de ses indicateurs économiques du fait de la corrélation de son économie avec celle de ses par- tenaires européens. Néanmoins, l’évolution trimestrielle de ces différents indicateurs confirme la bonne résis- tance de l’économie à cette crise et laisse présager une reprise durant le premier semestre 2011. Transferts RME : un retour à la normale malgré la crise à l’international Les transferts MRE ont baissé de 5,3 %, pour s’élever à 50,2 MMDh en 2009. Cette décélération est identique à celle observée dans le monde, mais demeure meilleure que celle observée au niveau de certains pays comme le Mexique (-17,9 %), l’Egypte (-23,5 %) ou la Jordanie (-7,0 %). Cependant, l’évolution positive de ces transferts au quatrième trimestre de 9,5 % par rapport au T4 2008 ainsi que le maintien d’un encours des dépôts MRE au niveau des banques de 20,9 % dans les dépôts globaux, en hausse de 100 pbs par rapport à 2008 témoigne de la bonne résistance de cet agrégat à la crise. Aussi, la croissance des transferts MRE lors des trois trimestres de l’année 2010 de 7,7 % par rapport à la même période de l’année dernière confirme le renversement de cette tendance. Évolution trimestrielle des transferts RME (encours MDh, GA* en %) 18 000 15% 16 000 8,5% 10% 13,0% 4,3% 14 000 9,8% 5% 12 000 10 000 0% 8 000 -5,5% -5,2% -5% 6 000 -10,0% -10% 4 000 -16,2% -14,6% 2 000 -15% 0 -20% T3 2008 T4 2008 T1 2009 T2 2009 T3 2009 T4 2009 T1 2010 T2 2010 T3 2010 * Evolution calculée par rapport au même trimestre de l’année précédente Source : Office des Changes Recettes voyage : le tourisme redécolle La politique macro-économique du Maroc a érigé l’activité touristique en secteur prioritaire. Ce secteur repré- sente 7,5 % du PIB, 14.7 % des recettes de la balance des paiements et 18,9 % des investissements directs étran- gers à fin 2009. Cependant, la vision 2010 pensée par le gouvernement et visant à atteindre 10 millions de tou- ristes, une capacité litière de 230 000 lits et la création de 600 000 emplois a eu des résultats mitigés. Sur les dix millions de touristes, on compte 8,3 millions de clients à fin 2009 et les arrivées de touristes depuis le début de cette année (+0,8 million) demeurent insuffisantes pour atteindre cet objectif à 100 %. Aussi, sur les six stations prévues dans le cadre de ce plan, seules deux sont opérationnelles (Saidia, Mazagan) en raison du retrait des inves- tisseurs étrangers, sous l’impact de la crise internationale. Toutefois, le gouvernement appuyé par les opérateurs privés est sur le pied de guerre et demeure mobilisé pour faire de ce secteur une priorité nationale. Ainsi, la multiplication des investissements et l’élaboration de la vision 2020 (objectif : 20 million de touristes) témoignent de la volonté manifeste de poursuivre le développement de ce secteur. Cette politique d’investissement alimente l’activité de crédit des banques, étant naturellement parties prenantes dans le financement de ces projets. En 2009, les recettes voyages n’ont enregistré qu’une baisse modérée de 5,0 % en glissement annuel témoignant de la capacité du royaume à faire valoir ses atouts de proximité et de rapport qualité/prix pour préserver sa com- pétitivité, même en période de crise. 12 Secteur bancaire
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    En effet, l’observationde l’évolution des recettes lors des trois premiers trimestres de l’année 2010 (+6,6%) montre une nette appréciation de ces revenus comparativement aux mêmes périodes des années précédentes. Dès lors, nous estimons que ces revenus s’amélioreront à partir de 2011 en raison de la reprise économique des pays émetteurs de touristes mais également en raison du soutien financier des pouvoirs publics pour consolider la valeur ajoutée du secteur dans le PIB. Évolution trimestrielle des recettes voyages (encours MDh, GA* en %) 25 000 20% 14,1% 12,9% 15% 20 000 6,1% 10% 3,3% -2,4% 5% 15 000 0% -8,3% -8,2% -5% 10 000 -10% -17,1% -15% -23,3% 5 000 -20% -25% 0 -30% T3 2008 T4 2008 T1 2009 T2 2009 T3 2009 T4 2009 T1 2010 T2 2010 T3 2010 * Evolution calculée par rapport au même trimestre de l’année précédente Source : Office des Changes Balance commerciale : la machine à exporter redémarre Les exportations de biens et services ont baissé en 2009 de 27,4%, tirées principalement par la baisse des ventes de phosphates et dérivés. En effet, l’OCP, acteur majeur dans l’exportation du phosphate et de ses dérivés a volon- tairement suspendu ses exportations pour maîtriser l’évolution du prix de sa matière et par la même occasion opé- rer des travaux d’entretien de son outil industriel. Hors phosphates, les exportations ont enregistré un recul de 9,0%. Cependant, la baisse du niveau des importations de 19,0%, en raison du repli des importations des produits énergétiques et produits bruts a permis d’alléger le déficit de la balance commerciale puisque ce dernier s’est amélioré de 11,4% en glissement annuel. Les dix premiers mois d’exportation de l’année 2010 enregistrent une croissance de 27,0% par rapport à la même période de l’année précédente, tirés par la reprise de l’activité de phosphates à l’international (+87,0%). Les importations ne sont pas en reste puisque depuis le début de cette année, l’activité a enregistré une évolution de 13,5% par rapport à la même période de l’année précédente. Si à l’heure actuelle, les principaux secteurs exportateurs hors phosphate (textile, sous-traitance etc.) demeurent particulièrement impactés par le manque de visibilité et l’absence de signes de relance durables au niveau interna- tional, nous demeurons très confiants quant à la reprise de l’activité de phosphate en 2011 (FMB reports). En effet, l’évolution positive de la demande en phosphate et dérivés ainsi que la reprise économique en Europe devraient impacter positivement l’évolution de la balance commerciale durant cette année. Évolution des exportations de biens et services (encours MDh, GA* en %) 45 000 50% 41,0% 41,0% 40% 22,4% 30% 35 000 15,2% 20% -4,6% 10% 25 000 -11,0% 0% -10% -27,7% -37,4% -20% 15 000 -30% -31,8% -40% 0 -50% T3 2008T4 2008T1 2009T2 2009T3 2009T4 2009T1 2010T2 2010T3 2010 * Evolution calculée par rapport au même trimestre de l’année précédente Source : Office des Changes Secteur bancaire 13
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    Investissements directs étrangers: un niveau semestriel comparable à 2005-2006 Les recettes IDE ont baissé de 26,1 % pour s’établir à 26,1 MMDh à fin 2009. Le secteur d’activité le plus concerné par cette baisse est le secteur du tourisme qui voit sa contribution passer de plus de 40 % du total IDE en 2007 à moins de 10 % en 2009. Ceci s’explique principalement par la dynamique qu’a connue le pays en 2006 avec le lan- cement des différents projets touristiques et dans lesquels les investisseurs des pays arabes ont pris part (18,5 MMDh investis en 2006-2007). Depuis le troisième trimestre 2010, nous observons une reprise des investissements puisque les recettes IDE enre- gistrent une hausse de 82,2 % au T3 2010 contre -16,7 % à la même période de l’année précédente. Toutefois, notons que le niveau de ces recettes demeure inférieur à la moyenne trimestrielle enregistrée durant la période 2005-2009, soit 8,7 MMDh. La reprise en Europe et aux USA durant le premier trimestre 2011 pourrait accélérer les flux de capitaux étrangers à destination du Maroc, sachant que le pays érige le tourisme et l’immobilier comme secteurs prioritaires de développement (ces deux secteurs contribuent à plus de 70 % du total des recettes IDE). Notons que l’opération de cession de 40 % de Méditel à France Télécom (720 millions d’euros) va permettre au pays d’enregistrer en 2010 un volume d’investissements directs étrangers similaire à celui enregistré en 2009. Évolution des recettes IDE (En MDh, GA* en %) 14 000 Moyenne trimestrielle sur la période 2005-2009 100% 12 500 83,8% 80% 12 000 82,2% 60% 10 500 54,1% 9 000 40% 7 500 20% 6 000 -16,7% 0% 4 500 -33,0% -23,4% -20% 3 000 1 500 -46,7% -40% -40,2% -51,1% 0 -60% T3 2008 T4 2008 T1 2009 T2 2009 T3 2009 T4 2009 T1 2010 T2 2010 T3 2010 * Evolution calculée par rapport au même trimestre de l’année précédente Source : Office des Changes L’évolution positive de ces quatre facteurs de contagion depuis le début de l’année confirme bel et bien la résis- tance salutaire de l’économie marocaine à la dégradation de la conjoncture internationale. En effet, la forte demande intérieure des agents économiques constitue un véritable levier de développement pour le secteur ban- caire. Aussi, l’évolution positive des transferts RME ainsi que la reprise de l’activité à l’export constituent de véri- tables bouffées d’oxygène pour le secteur compte tenu du déficit structurel de liquidité sur le marché. 14 Secteur bancaire
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    Une demande intérieureforte, pilier de la croissance économique Durant la période 2006-2009, le Produit Intérieur Brut a enregistré une croissance annuelle moyenne de 8,4 %. Cette dynamique de croissance économique a été consolidée par le poids important de la demande intérieure, principalement l’investissement et la consommation des ménages qui ont représenté à fin 2009 respectivement 30,7 % et 57,0 % du produit intérieur brut. Demande intérieure en % du PIB nominal 66% 35% 64% 33% 33,1% 31% 62% 31,2% 30,7% 29% 60% 28,1% 27% 58% 25% 58,4% 58,2% 56% 57,5% 23% 57,0% 21% 54% 19% 52% Dépenses de consommation des ménages (G) FBCF (D) 17% 50% 15% 2006 2007 2008 2009 Source : Rapport annuel BAM La consommation des ménages, principale composante de la demande intérieure La consommation des ménages a réalisé un taux de croissance annuel moyen de 8,1 % sur la période 2006-2009 contre 4,4 % entre 2000-2004. Cette forte évolution s’explique par la consolidation du pouvoir d’achat des ménages, favorisée par : les allègements fiscaux à travers les trois réductions successives de l’impôt sur le revenu durant les années 2007 et 2009 de 44 % à 38 % qui ont permis d’injecter plus de 8 MMDh dans le circuit de consommation ; la consolidation des transferts RME qui ont augmenté en moyenne de 15,5 % sur cette période, pour repré- senter en 2009 un encours de 53,1 MMDh ; la facilité d’accès au financement matérialisée par la tendance baissière des taux d’intérêts avec une moyenne des taux débiteurs sur les crédits à la consommation aux particuliers de 7,3 % sur les trois der- nières années contre plus de 9 % appliqué sur la période 2004-2006 et une simplification des conditions d’octroi. Dépenses de consommation des ménages Évolution des crédits à la consommation et des (en MMDh) taux débiteurs appliqués TCAM de 8,1% 80 Crédit à la consommation 15% 419 70 Taux d'intérêt débiteur moyen 69,2 13% 400 360 61,2 60 8,8% 11% 332 50,3 50 7,6% 9% 40,8 7,1% 7,3% 40 7% 30 5% 20 3% 10 1% 2006 2007 2008 2009 0 -1% 2006 2007 2008 2009 Source : LDF 10, GPBM, APSF Secteur bancaire 15
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    Paradoxalement, l’observation del’endettement des ménages témoigne du lien direct entre la demande de cré- dit et l’augmentation du pouvoir d’achat. En effet, le rapport entre l’encours de crédits distribués et le revenu national brut disponible croît de manière linéaire, pour s’établir selon nos estimations à 24,4 % en 2009, en hausse de plus de 5,7 points par rapport à 2006. Ce ratio demeure largement inférieur à celui observé en Europe qui se situe entre 60 et 100 %. Évolution de l’endettement des ménages (MMDh) 900 RNBD Crédits aux ménages / RNBD 50% 800 779,7 45% 746,6 700 671,6 40% 624,7 35% 600 30% 500 25% 400 23,6% 24,4% 22,9% 20% 300 18,7% 15% 200 10% 100 5% 0 0% 2006 2007 2008 2009 Source : Bank Al Maghrib Toutefois, en période de conjoncture économique moins favorable, un endettement excessif des ménages pourrait se traduire par une hausse du contentieux, qui impacterait considérablement le niveau de risque encouru par les organismes de financement. Si l’observation de la structure de l’endettement des ménages montre que la part du crédit à la consommation croît de manière linéaire ces dernières années, particulièrement pour les tranches de revenus les plus faibles (49 % en moyenne en 2009 pour les revenus 3 000 Dh contre 35 % en 2004), le principe de quotité de financement de 50 % du salaire s’est avéré insuffisant pour maintenir la solvabilité des ménages. En effet, le taux de créances en souffrance constaté au niveau de la tranche de revenus la plus faible demeure élevée pour s’établir à 14 % et à une moyenne comprise entre 9 et 16% pour les autres tranches de revenus. C’est dans ce contexte que plusieurs mesures ont été prises afin de réduire ce ratio, notamment l’octroi de crédit aux fonction- naires sur la base du reliquat du salaire après déduction d’une somme de 1 500 Dh/mois et d’une dotation de 150 Dh par enfant. Aussi, la mise en place du Crédit Bureau (Centrale des risques), courant 2009, intervient à point nommé, traduisant la volonté de la banque centrale de doter le système bancaire d’un outil de prévention du risque de cré- dit, permettant de déterminer la solvabilité d’un emprunteur préalablement à l’octroi d’un crédit. L’investissement public et privé, leviers structurels de financement bancaire L’économie marocaine a connu une ascension continue des investissements ces quatre dernières années. La Formation Brute du Capital Fixe, agrégat mesurant l’investissement en capital fixe des différents agents économiques, a affiché une progression moyenne de 11,6 % sur la période 2006-2009, contre 4,4 % entre 2000 et 2004. Ainsi, le FBCF a contri- bué à hauteur de 30,7 % du Produit Intérieur Brut en 2009, en hausse de 5,5 points par rapport à 2005. Évolution de la FBCF (en MMDh) Structure du FBCF (%, moy. 2005-2009) TCAM de 11,6% 227,9 226,1 192,6 BTP 50,3% 162,5 Industrie 41,9% Agriculture Services et services annexes 5,8% 2006 2007 2008 2009 2,0% Source : Bank Al Maghrib 16 Secteur bancaire
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    L’observation de l’encoursdu FBCF, agrégat de mesure de l’investissement par agent économique, démontre le poids de l’investissement privé qui représente 55,8 % en moyenne sur la période 2004-2008, en évolution de 14 % en moyenne par an, soit le double du rythme de croissance observé sur la période 1998-2003. L’investissement des ménages, principalement dans le secteur du logement, représente quant à lui 34,2 % du FBCF sur la période, en hausse de 80 pbs par rapport à la période précédente. Le dynamisme de ce secteur s’explique par les conditions favorables mises en place par l’État et les banques pour faciliter l’accès des ménages au loge- ment, à travers l’adéquation de l’offre, la mise en place de fonds de garantie ainsi que des taux d’intérêts acces- sibles. Enfin, l’investissement des entreprises publiques, même s’il ne représente que 9,6 % du FBCF, continue de jouer son rôle de catalyseur de l’investissement privé. L’investissement des ménages : les beaux jours sont à venir Les ménages constituent les seconds contributeurs à la Formation Brute du Capital Fixe. Avec une moyenne de 33,8 % depuis le début de la décennie, l’investissement des ménages, à travers l’acquisition de bien immobilier, s’est développé en moyenne de 7,5 % par an, soutenu par la dynamique des autorités publiques visant à résorber le problème de l’habitat en général, et l’habitat insalubre en particulier. Le système bancaire marocain contribue modestement au développement du secteur à l’habitat. Si les crédits à l’habitat représentent 29,4 % de l’encours des crédits à la clientèle, un niveau comparable à celui des pays indus- trialisés, il n’en demeure que sa contribution dans le PIB demeure relativement faible pour s’élever à 14 %, contre une moyenne de 39 % pour des pays de la zone euro-méditerranéenne. Évolution des crédits à l’habitat (en MMDh) Crédits à l’habitat (en % PIB) % e 18,4 TCAM d 110,4 USA 87% 97,9 85,5 Espagne 62% 66,3 France 35% Italie 20% Maroc 15% Tunisie 10% 2006 2007 2008 2009 Source : GPBM, Banques Centrales La crise internationale a eu un impact relativement modéré sur la croissance des crédits à l’habitat puisque l’en- cours a enregistré en 2009 une évolution positive de 11,7 % pour s’établir à 111,0 MMDh. S’il est certain que cette performance demeure inférieure à celle enregistrée durant la période 2005-2008, soit une croissance moyenne de 22,7 %, nous pensons que cette évolution est salutaire dans un contexte de crise immobilière internationale. Ainsi, l’évolution favorable des crédits à l’habitat cette année provient principalement du logement économique et social qui connaît un fort engouement. Il faut dire que ces segments ont été érigés en priorité nationale par le gouvernement compte tenu des besoins en logement dans le royaume : le déficit en logement au Maroc s’élève à près de 984 000 unités auquel s’ajoute un besoin annuel de 120 000 unités en raison de l’accroissement démogra- phique et la hausse du taux d’urbanisation. Dans ce cadre, différentes réformes ont été lancées par l’État, à savoir Secteur bancaire 17
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    la mobilisation defonds publics (FOGARIM, FOGA-LOGE) ainsi que l’aménagement et la cession du foncier public à des conditions préférentielles. Dans le même sillage, la mise en place de fonds de garantie, la politique fiscale et les conditions de financement favorables ont permis de consolider la dynamique de développement de ces deux segments d’activité. Le logement haut standing a, quant à lui, été frappé de plein fouet par la crise économique internationale cette année en raison du repli de la demande extérieure et de la forte augmentation des prix. Les différents projets lan- cés dans les villes touristiques n’ont pas trouvé acquéreur et les prix élevés pratiqués n’ont pas incité la clientèle locale à y investir. Toutefois, nous pensons que ce segment a un potentiel de développement élevé dans les années à venir dès lors que l’offre en logement se situe dans les villes à forte demande et qu’une révision des prix à la baisse ait lieu. Dans les années à venir, nous pensons que les différents segments immobiliers connaîtront un développement sou- tenu en raison de la demande persistante en matière d’accès à l’habitat intermédiaire, du déficit chronique en logement social et de la capacité du segment haut standing à se développer en dépit de la baisse de la demande extérieure. À cet effet, les nouvelles actions engagées par le gouvernement en 2010 en vue de soutenir le dynamisme du sec- teur immobilier plaident pour un développement du crédit à l’habitat pour les années à venir. Ainsi, l’État a mis en place différents leviers pour soutenir ce secteur dans les prochaines années : La mobilisation d’une réserve foncière additionnelle de 3 853 hectares destinée à la réalisation de 200 000 unités d’habitation ; Le développement de l’habitat économique avec la mise en chantier de 2 100 unités dans le cadre du pro- gramme à 140 000 Dh, qui viendront s’ajouter aux 22 800 unités dont les travaux ont été lancés en 2008 ; La production de 50 000 villas économiques par an destinées aux classes moyennes ainsi que la poursuite du lancement de villes nouvelles, à l’exemple de Chrafat près de Tanger et Tagadirt à proximité d’Agadir, sur une superficie totale de 2 100 hectares. 18 Secteur bancaire
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    L’investissement public, unstimulateur de la croissance économique Le renforcement de la demande intérieure ne peut se faire sans une forte impulsion de l’investissement public, gage de confiance d’un pays dans son potentiel de croissance économique. Dans ce contexte, les efforts de l’exé- cutif en la matière se sont traduits par une croissance moyenne de l’investissement de 24,1 % sur la période 2006- 2009, pour atteindre 133,4 MMDh en 2009. Les retombées de l’investissement public sur l’investissement privé sont considérables. Un défaut grave d’inves- tissement public peut menacer la croissance du secteur marchand. À l’inverse, une politique volontariste d’inves- tissement public stimule, voire encourage l’investissement privé. Évolution de l’effort d’investissement public (en MMDh) Administrations publiques Etat et administrations publiques 133,4 TCAM de 24,1% 109,9 90,2 84,9 69,8 66,4 49,4 40,9 2006 2007 2008 2009 Source : Ministère des Finances Le pays est engagé depuis plusieurs années sur plusieurs réformes visant à rendre l’économie marocaine moins dépendante de la volatilité du secteur agricole et plus compétitive (stratégie du Plan Vert). Les investissements publics sont liés de près à l’amélioration de la capacité de production de l’économie. Ainsi, les différents pro- grammes d’investissement retenus ces cinq dernières années visent la poursuite en 2011 de la politique des grands chantiers d’infrastructure, à savoir : Le programme d’extension des autoroutes avec un objectif de plus de 1200 km à l’horizon 2011, et une réalisation annuelle de 160 km, ainsi que les participations aux différents projets du plan Azur ; Le programme ferroviaire visant principalement la réalisation de la ligne grande vitesse, la rénovation des gares existantes, ainsi que les lignes de tramway ; Le programme portuaire avec le lancement du deuxième port à conteneurs à Tanger Med ainsi que la mise à niveau des équipements des différents ports du royaume. C’est ainsi que l’effort d’investissement global du secteur public prévu pour 2011, se chiffre à 167,3 MMDh, en hausse de plus de 23 % par rapport à 2009. L’observation du budget d’investissement prévisionnel des établisse- ments publics pour cette année montre que le gouvernement entend consolider la dynamique de croissance éco- nomique du pays en 2011, à travers un soutien financier pour l’ensemble des secteurs (budget d’investissement de 107,6 MMDh, en hausse de +26,7 % par rapport à 2009). Si le financement des investissements publics est assuré par l’impôt, les emprunts obligataires, mais aussi le recours de l’État à des emprunts auprès de la Banque centrale et des organismes internationaux, il n’est nul doute que le financement bancaire s’engagerait de même dans ces chantiers. La plupart des établissements publics ont des lignes de crédit avec l’ensemble des banques de la place, ce qui signifie que l’évolution du budget d’investis- sement de ces entreprises impactera directement l’évolution de l’encours de crédit dans les années à venir. Aussi, le facteur de transmission de l’investissement public à l’investissement privé, permettra d’impacter positivement la croissance de l’activité des entreprises privées, grandes consommatrices de crédit bancaire. Secteur bancaire 19
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    Des opérateurs bancairesqui déploient les moyens pour assurer leur croissance Les banques marocaines ont joué un rôle majeur dans le développement du financement bancaire lors du dernier quinquennat. Confortés par une conjoncture favorable, les opérateurs bancaires ont mené des investissements importants en vue de bancariser la population, d’améliorer le taux d’équipement des ménages et d’assurer le financement des entreprises. Une stratégie volontariste d’extension du réseau d’agences Durant ces dernières années, les banques se sont investies dans le développement du financement bancaire à travers: L’industrialisation des process relatifs aux crédits à la consommation et aux crédits immobiliers, à travers le raccourcissement des délais d’obtention du crédit, la simplification des procédures ainsi que le packa- ging des produits ; L’augmentation de la quotité de financement (jusqu’à 120 %) ainsi qu’un effort sur les prix, à travers la baisse de la marge clientèle des banques et la réduction des frais annexes ; l’effort d’extension du réseau d’agences afin d’améliorer le taux de bancarisation. À fin 2009, le réseau ban- caire s’établit à 3 544 agences bancaires, en hausse de 55,2 % par rapport à 2005. Durant ces quatre dernières années, nous assistons à une accélération de l’implantation bancaire avec une moyenne d’ouverture d’agences de plus de 330 agences contre 105 agences sur la période 2002-2005. Si nous tenons compte du réseau de la Poste (rappelons que cette dernière a créé une filiale bancaire en 2009), un additionnel de plus de 800 agences est à inclure, portant ainsi à fin 2009 le réseau à plus de 5 200 guichets bancaires. Évolution de la densité bancaire* et du réseau d’agences au Maroc 5 000 Densité bancaire Nombre de guichets de banque au Maroc 14 000 4 500 12 000 4 000 9 935 4 425 11 940 10 000 3 500 10 716 3 000 8 000 2 500 3 138 2 878 7 100 6 000 2 000 2 555 1 500 4 000 1 000 2 000 500 0 0 2006 2007 2008 2009 * Densité bancaire : rapport entre le nombre de la population dont l’âge est 15 ans au nombre de guichets bancaires Source : Bank Al Maghrib À fin 2009, le taux de bancarisation de la population marocaine s’établit à 47 % (réseau de Al Barid Bank compris). Ce taux est similaire à celui enregistré par les pays émergents mais demeure largement inférieur à celui de pays développés tels l’Espagne ou la France, qui s’élève respectivement à 92 % et 99 %. La densité bancaire s’établit de ce fait à 7 091 habitants. À terme, en prenant en compte l’ensemble du réseau de la Poste, le secteur bancaire enregistre une agence bancaire pour près de 6 000 habitants. Face à ce constat, il apparaît que l’amélioration du taux de pénétration bancaire représente un défi majeur pour le système financier marocain. En effet, le secteur dispose du levier de bancarisation de la population, pour accroître le développement de la consommation et de l’investissement des agents économiques. Il faut dire que l’économie marocaine devient de plus en plus une économie d’endettement, où le financement bancaire occupe une place centrale, ce qui présage d’une évolution favorable de la bancarisation dans le pays. 20 Secteur bancaire
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    Taux de bancarisationde pays émergents et développés (2008) Sénégal 6% Mauritanie 8% Egypte 10% Algérie 30% Turquie 33% Brésil 37% Maroc* 47% Italie 71% Espagne 92% France 99% * fin 2009 Source : Banques Centrales Si la course à l’extension du réseau d’agences par les banques, observée ces derniers années, permet d’améliorer la bancarisation du pays, force est de constater que celle-ci répond également à une logique de concurrence achar- née visant à acquérir une taille optimale et conquérir des parts de marché. Cette croissance extensive est liée au modèle de réseau intégré des banques. Le circuit de distribution de chaque établissement est exclusif, la variable distribution constitue le moteur de toute l’activité bancaire qui dépend de la collecte des dépôts. Ainsi, les banques ont accru leurs objectifs d’ouverture d’agences pour pallier le ralentissement de la croissance des dépôts clientèle en 2008 (+12,9 %) et 2009 (+4,4 %) mais également afin d’accompagner le développement à deux chiffres de l’activité de crédit. À l’horizon 2012, le réseau bancaire des principaux établissements de la place s’établirait à 4 400 agences, auquel s’ajoute le réseau de la Poste (1 880 agences à fin 2012), ce qui porterait le taux de bancarisation à un niveau supérieur à 55 %. Objectifs d’extension du réseau bancaire des principales banques de la place Nombre d'agences TCAM Coefficient d'exploitation Objectifs d'ouverture Réseau bancaire en 2009 06-09 à fin 2009 d'agence par an à fin 2012 Attijariwafa bank 791 12,7 % 40,90 % 100 1 091 CPM 850 11,8 % 45,00 % 100 1 150 BMCE bank 555 17,6 % 61,90 % 70 765 Société Générale Maroc 317 11,0 % 46,60 % 50 467 CDM 266 16,1 % 49,90 % 35 371 BMCI 254 10,4 % 41,40 % 25 329 CIH 152 11,4 % 66,60 % 25 227 Total 3 185 12,8% 405 4 400 Source : Direction Analyse et Recherche Les plans d’action des différentes banques de la place prévoient pour les prochaines années des objectifs d’ou- verture de 400 agences en moyenne par an. Dans ce cadre, nous pensons que les principaux groupes bancaires concernés, à savoir Attijariwafa bank, BMCE bank et le Crédit Populaire du Maroc, qui représentent 66,7 % du réseau global, ont la capacité d’atteindre ces objectifs en raison de : la taille de leurs assises financières et leurs maîtrises des process qui leur permet de mener à bien leur politique d’extension du réseau, tout en veillant à rentabiliser les agences dans un court délai. La hausse des prix de l’immobilier ces dernières années a impacté fortement la valeur marché des fonds de com- merce, amenant les banques à faire des arbitrages entre l’acquisition et la location. Dans ce cadre, les banques dont le coefficient d’exploitation est favorable et qui parviendront à réduire le « break even » des agences disposeront de leviers intéressant pour accompagner le développement de leur réseau ; Secteur bancaire 21
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    leur capacité àcibler les catégories sociales qui disposent de faibles revenus et qui se situent dans des zones géographiques très éloignées. C’est ainsi que le « low income banking », projet pilote lancé par les principales banques ces deux dernières années, constitue un véritable levier de développement puisqu’il cible une population à faible revenus estimée à plus de 8 millions d’habitants. Cependant, le coût et la rentabilité des produits commercialisés sont de vraies problématiques que les banques doivent anticiper au plus tôt. Aussi, la réduction de la TVA sur les produits bancaires alternatifs pourrait permettre aux banques de capter une population très sensible aux produits bancaires sans taux d’intérêt ; leur maîtrise du processus industriel de prospection et d’acquisition du foncier ; Si le développement des instruments financiers est un indicateur pertinent de la croissance du Produit Intérieur Brut d’un pays, plusieurs recherches empiriques ont montré que l’amélioration de la bancarisation peut faire gagner pour les pays en voie de développement jusqu’à 1 % de croissance par an (King Levine (1993)). Rappelons que la crise financière a, au contraire, été en Europe un catalyseur de changement puisqu’elle a permis de posi- tionner le retail au cœur de la stratégie de croissance des établissements bancaires pour les années à venir, l’agence bancaire redevenant un enjeu central pour la banque de détail. Un soutien permanent à l’investissement des entreprises La croissance à deux chiffres de l’investissement privé national s’explique par l’environnement macro-économique favorable, marqué par la faiblesse des taux d’intérêt et de l’inflation, qui constituent des facteurs importants dans la prise de décision des investissements des agents économiques. L’observation de l’évolution de l’encours des crédits à l’équipement de 16,7 % en moyenne sur la période 2006- 2009 témoigne du rôle grandissant des banques dans le financement de l’investissement privé (TCAM de 16,6 %), encouragé par la tendance baissière des taux débiteurs appliqués sur ce type de crédit et la stratégie des grands chantiers lancés dans le pays. Évolution des crédits à l’équipement (en MMDh) Taux débiteurs moyens sur crédits à l’équipement Crédits à l'équipement FBCF 140 227,9 226,1 250 12% 120 192,6 10% 125,1 200 162,4 100 8% 99,4 150 80 6% 83,7 100 60 78,8 4% 40 50 2% 0% 20 0 T2 - 2006 T3 - 2006 T4 - 2006 T1 - 2007 T2 - 2007 T3 - 2007 T4 - 2007 T1 - 2008 T2 - 2008 T3 - 2008 T4 - 2008 T1 - 2009 T2 - 2009 T3 - 2009 T4 - 2009 T1 - 2010 T2 - 2010 2006 2007 2008 2009 Source : Bank Al Maghrib, GPBM La dynamique que connaît l’investissement privé, avec une évolution moyenne de 14 % par an, a permis de conso- lider le développement économique du pays, améliorant de ce fait la contribution des principales composantes telles la consommation des ménages, le niveau des exportations etc. à l’appréciation du taux de croissance du pays. 22 Secteur bancaire
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    La promotion del’investissement privé passe par plusieurs facteurs dont le plus important est le développement des PME/PMI sachant que ces dernières représentent plus de 95 % des entreprises marocaines et réalisent plus de 50 % des investissements nationaux. Cependant, l’accès au financement bancaire par ces entreprises demeure très limité, ce qui entrave leur développement. La modernisation du secteur financier, à travers la consolidation du système bancaire et la dynamisation des mar- chés financiers durant le début de la décennie, n’a pas permis d’améliorer le financement bancaire de ce type d’entreprise. La mise en place de fonds de garantie, le développement du capital risque ainsi que l’appui des lignes de crédit étrangères n’ont pas réussi à ancrer le financement des PME dans les plans d’actions stratégiques des banques de la place. Certes, le profil de risque, le manque de maturité ainsi que la faiblesse des garanties et des fonds propres péna- lisent ce type d’entreprises, mais les marges sur ce segment sont élevées et les revenus découlant des activités de mise à niveau, de conseil et de restructuration représentent un potentiel non négligeable qui vient s’addition- ner à l’activité de crédit classique. En l’absence de critères communs définissant une PME par les banques et de statistiques récentes concernant la part du financement bancaire destiné à ce segment (les derniers chiffres datant de 2003), il nous paraît difficile de connaître l’évolution des crédits alloués à ce type d’entreprise ainsi que la tendance qui s’est dessinée ces der- nières années. Par contre, il nous paraît clair que le financement bancaire des PME présente une attention particulière de la part de l’exécutif. C’est ainsi que le plan Émergence II a placé la PME au cœur du dispositif d’aide lancé par le gou- vernement, afin d’améliorer sa compétitivité et lui apporter un soutien financier : Le fonds Moussanada consiste à accompagner les entreprises dans leur démarche de modernisation et l’amélioration de leur productivité. Il cible 500 entreprises par an et consiste en un financement étatique à hauteur de 60 % du coût global du projet, avec un plafond de 600 000 Dh ; Le programme Imtiaz accorde une prime à l’investissement plafonnée à 5 MDh, au profit de 50 entreprises par an. Cette mesure s’adresse aux PME désireux d’un appoint financier pour accéder au crédit bancaire. Le secteur bancaire semble conscient du gisement d’opportunités que représente le secteur des PME/PMI. Le posi- tionnement en amont des principales banques du royaume, dès le lancement de ce plan, témoigne de la niche de croissance que représente le segment des PME/PMI. La mise en place d’une plateforme de rating dans le cadre du programme Imtiaz, afin de distinguer les profils de PME risqués des moins risqués, l’engagement financier de l’É- tat, sont autant de mesures qui allègent le risque supporté par les banques et les confortent dans leur décision de financement. Secteur bancaire 23
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    Des actifs bancairesde qualité et une assise financière solide La stabilité macroéconomique et financière d’un pays ne peut être assurée sans un système financier solide et réglementé. Les difficultés d’un système financier peuvent peser négativement sur la politique monétaire d’un pays, entraîner une crise économique ou encore peser sur le budget de l’État en raison de son rôle de prêteur en dernier ressort. La solidité du système financier d'un pays est donc importante pour son économie, ainsi que pour ses partenaires commerciaux et les pays avec lesquels il maintient des liens financiers. Notre analyse démontre que le système bancaire bénéficie d’un contexte macro-économique favorable, intéres- sons-nous dès à présent à la structure bilantielle du secteur afin de détecter ses forces et faiblesses. Dans un contexte plus général, quelles sont les principales mesures de fragilité et de vulnérabilité d’un système bancaire : Schématisation des indicateurs de vulnérabilité d’un système bancaire Croissance exponentielle de Manque de provisionnement des l’encours des crédits à l’économie créances douteuses Appréciation négligée du risque de crédit Volatilité des taux d’intérêts Hausse du taux de contentieux Indicateurs de vulnérabilité d’un système bancaire Fonds propres insuffisants par Structure déséquilibrée rapport à la taille des actifs des ressources Une réglementation prudentielle passive Source : Direction Analyse et Recherche 24 Secteur bancaire
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    Une structure sainedes ressources confortée par le poids des dépôts non rémunérés Pour mener à bien leur activité de transformation, le principal défi pour les banques est de constituer une base de ressources stable, de préférence peu coûteuse et qui soit en adéquation avec les emplois. Dans ce sens, la ges- tion actif-passif (ALM) demeure au centre des préoccupations des directions des risques car elle permet de pilo- ter la marge d’intérêt et de mesurer les risques de liquidité. Le secteur bancaire marocain se caractérise par une relative stabilité de ses ressources globales, marquées par la prédominance des ressources clientèle. Les établissements bancaires se financent majoritairement par des dépôts à la clientèle, avec une moyenne de 76,5 % du total passif sur la période 2006-2009, alors qu’elles n’ont recours au marché interbancaire qu’à hauteur de 6,8 % du total bilan. Il y a lieu d’observer cependant, une hausse des emprunts obligataires, qui se multiplient par six durant cette période pour s’élever à 55,9 MMDh en 2009, tirés par les dettes subordonnées qui enregistrent une croissance annuelle moyenne de 130,0 % sur la période. Le recours aux emprunts obligataires s’est intensifié ces deux der- nières années en raison du resserrement des liquidités des banques eu égard à la forte croissance des crédits et aux exigences réglementaires en fonds propres. Ainsi, le ratio de solvabilité du secteur a vu son taux passer de 8 % à 10 % en 2009. Ressources bancaires (Base sociale), Évolution des ressources bancaires % total passif (Moyenne 2006-2009) (%, GA) Dettes envers les Ets 90% de crédit et assimilés Fonds propres 6,8% 70% 8,2% Emprunts obligataires 4,6% 50% 30% 10% -10% 2006 2007 2008 2009 -30% Dettes envers les Ets de crédit et assimilés Emprunts obligataires Dépôts de la clientèle 76,5% Dépôts de la clientèle Fonds propres -50% Sachant que les dépôts à la clientèle constituent les principales ressources du secteur bancaire, il est important d’observer que les ressources non rémunérées représentent 61,6 % des ressources clientèle à fin 2009. Une année auparavant, la forte hausse du coût des ressources rémunérées témoignait de la forte concurrence dans la collecte de dépôts, ce qui s’est traduit inévitablement par un renchérissement du coût des ressources pour le secteur. Structure des ressources clientèle Structure des ressources clientèle / agent éco- (en %) nomique (Moyenne 2006-2009) Ressources non rémunérées Ressources rémunérées Dépôts des entreprises 39,0% 38,4% financières 41,8% 42,3% Dépôts RME 6,8% 20,8% 58,2% 61,0% 57,7% 61,6% Dépôts particuliers Dépôts des entreprises 44,2% non financières 2006 2007 2008 2009 28,3% Source : Bank Al Maghrib Secteur bancaire 25
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    Des emplois dominéspar l’activité de crédit à la clientèle Durant ce dernier quinquennat, la structure bilantielle des banques marocaines a été caractérisée par un renfor- cement des créances sur clientèle (60,4 % du total des emplois à fin 2009), portant le total bilan à 827,0 MMDh, en hausse moyenne de 15,3 % sur la période. Structure des emplois du secteur bancaire Évolution des emplois du secteur bancaire (en %) Créances sur clientèle Portefeuille titres 50% Prêts interbancaires Dépôts auprès de la banque centrale 40% 9,2% 9,5% 8,1% 5,3% 30% 13,0% 12,9% 20% 13,9% 14,3% 16,4% 17,9% 10% 21,7% 17,7% 0% -10% 2006 2007 2008 2009 51,3% 54,9% 58,7% 60,4% -20% -30% Prêts interbancaires Portefeuille titres -40% Créances sur clientèle Dépôts auprès de la banque centrale 2006 2007 2008 2009 En effet, les crédits à la clientèle ont progressé en moyenne de 21,7 % sur la période 2006-2009, tirés principalement par les crédits immobiliers et les crédits à l’équipement qui enregistrent des évolutions moyennes respectives de 33,4 % et 24,3 % pour des encours de 174,1 MMDh et 125,1 MMDh. L’encours des créances sur établissements de crédit et assimilés s’est établi en 2009 à 12,9 % du total des emplois, en baisse de 1,5 points par rapport à 2007. Les dépôts auprès de la banque centrale ont baissé de 4,2 pts sur la période pour s’établir à 5,3 % du total bilan en 2009. Il faut savoir que le taux de la réserve obligatoire est passé de 16,5 % en 2004 à 6,0 % cette année en raison du caractère durable des besoins de liquidité sur le marché moné- taire. Ce taux demeure cependant supérieur à celui de la zone Euro mais inférieur par rapport aux pays émergents. Enfin, l’encours du portefeuille titres, représente quant à lui 17,9 % du total actif. La baisse de la part du porte- feuille titres dans le total bilan s’explique par l’effet volume au niveau des opérations avec la clientèle mais éga- lement par la baisse des souscriptions des banques en bons du trésor, conséquence de la baisse des besoins de financement du trésor pendant cette période. Évolution des crédits à la clientèle (MMDh) Évolution des crédits à la clientèle (en %) Crédits équipement Crédits immobiliers 60% Crédits de trésorerie et à la consommation 171 174 170 50% 154 152 40% 119 125 102 99 30% 84 20% 73 65 10% 0% 2006 2007 2008 2009 -10% 2006 2007 2008 2009 Crédits équipement Crédits immobiliers Crédits de trésorerie et à la consommation Évolution du taux de la réserve obligatoire Taux de la réserve obligatoire dans le monde (en %) Chine 15,5% 16,5% 15,0% Etats-Unis 10,0% 12,0% Algérie 8,0% 10,0% Jordanie 8,0% 8,0% Tunisie 7,5% 6,0% Maroc 6,0% Inde 5,0% Afrique du Sud 2,5% Janv 10 Janv 04 Janv 05 Janv 06 Janv 07 Janv 08 Janv 09 Juil 03 Juil 04 Juil 05 Juil 06 Juil 07 Juil 08 Juil 09 Zone Euro 2,0% Source : Bank Al Maghrib, GPBM, Banques Centrales 26 Secteur bancaire
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    Une faible expositionau risque de crédit malgré une conjoncture moins porteuse Le taux de contentieux au Maroc a évolué sur une tendance baissière depuis 2004, pour s’établir à 5,9 % en 2009. Si nous tenons compte uniquement des banques commerciales (hors CIH et Crédit Agricole du Maroc), le taux de contentieux s’établirait à 4,2 % et le taux de provisionnement à 77,1 %. Le taux de prêts non performants demeure largement inférieur à celui observé dans la région du Maghreb qui s’établit entre 6 et 12 %. La politique d’assainissement du portefeuille clientèle initiée par le secteur bancaire depuis 2004 a donné ses fruits puisque le taux de contentieux n’a cessé de baisser. La stabilisation de ce taux en 2009 témoigne de la bonne résistance des banques et de leur capacité à ne pas s’exposer au risque de crédit même en cas d’approfondisse- ment de la crise économique globale. Cependant, la légère hausse du taux de contentieux des principaux groupes bancaires cette année montre que l’on pourrait s’attendre à une dégradation de la qualité des portefeuilles des banques dans les années à venir. Évolution du taux de contentieux et du taux de provisionnement Taux de provisionnement Taux de contentieux 12% 77% 76,2% 75,2% 75,3% 76% 10% 10,9% 75% 8% 74% 7,9% 73% 6% 71,2% 6,0% 72% 5,9% 4% 71% 70% 2% 69% 0% 68% 2006 2007 2008 2009 Un risque de liquidité maîtrisé jusqu’à ce jour par le régulateur La forte évolution de l’encours des crédits à l’économie a accentué le déficit des trésoreries bancaires malgré les réductions successives du taux de réserve obligatoire. L’intervention de Bank Al Maghrib pour combler les besoins du secteur bancaire en 2009, à travers les avances hebdomadaires, en moyenne quotidienne de 16,6 MMDh, a permis de réguler le marché monétaire. Au premier semestre de cette année, l’insuffisance des trésoreries bancaires s’est accentuée passant à 18,7 MMDh contre 16,6 MMDh au T4 2009, et ce en dépit de l’injection de plus de 8 MMDh durant le second trimestre de l’année, conséquence de la baisse du taux de réserve monétaire. Le taux directeur a été main- tenu à 3,25% malgré une hausse de l’inflation à partir du 4ème trimestre 2009. Toutefois, la reprise économique pro- bable en Europe et aux USA au second semestre 2010 entraînerait une hausse des matières premières sur les marchés internationaux, ce qui peut provoquer des tensions inflationnistes. Aussi, une croissance agressive des crédits sur la période 2011-2012 pourrait pousser la banque centrale à augmenter son taux directeur. Besoins et interventions BAM sur le marché interbancaire (en MMDh) 45000 Demande Offre 40000 35000 30000 25000 20000 15000 10000 5000 0 02/01/2008 05/03/2008 30/04/2008 09/07/2008 03/09/2008 12/11/2008 07/01/2009 18/03/2009 13/05/2009 15/07/2009 09/09/2009 04/11/2009 06/01/2010 03/03/2010 28/04/2010 23/06/2010 18/08/2010 13/10/2010 Source : Bank Al Maghrib, GPBM Secteur bancaire 27
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    Une faible volatilitédes taux d’intérêts L’activité de transformation d’un système bancaire, marquée par le financement de crédits à long terme par des dépôts à court terme, fait que celui-ci est naturellement exposé au risque de taux d’intérêt. Ainsi, une hausse des taux d’intérêts, entraîne une hausse du coût des ressources, ce qui resserre mécaniquement la marge d’intermédia- tion des banques. Les ressources non rémunérées du secteur bancaire marocain représentent 42,7 % du total bilan du secteur en 2009. L’encours des dépôts à vue a progressé de 7,0 % en 2009, après s’être inscrit dans une tendance relativement bais- sière un an auparavant compte tenu de la forte concurrence entre les banques de la place pour la collecte de ce type de ressources. Les dépôts rémunérés ont baissé de 8,8 % contre une hausse de 20,4 % un an auparavant. Si certaines banques ont pu assurer une collecte axée sur les ressources non rémunérées, d’autres par contre ont dû accroître leurs ressources à travers la collecte de dépôts rémunérés et le refinancement actif sur le marché interbancaire. Le taux interbancaire s’est établit au S1 2010 à 3,30 % en moyenne quotidienne, contre 3,26% un an plus tôt. Le main- tien du taux directeur à 3,25% ainsi que les baisses successives de la réserve monétaire depuis Juin 2009 ont permis de maintenir le taux interbancaire à un niveau proche du taux directeur, et ce malgré l’intensification des pressions sur la liquidité bancaire durant cette année. Concernant la rémunération des dépôts auprès des banques, elle a enregistré en 2009 un niveau inférieur de 10 pbs par rapport à celui de 2008, atteignant 3,7 % en moyenne, un niveau similaire à celui observé en 2007 et 2006. Cette tendance à la baisse s’explique par la détente des conditions monétaires durant cette année, contrairement à l’an- née 2008 où la hausse du taux directeur ainsi que la vive concurrence dans la collecte de dépôts rémunérés avaient orienté les taux créditeurs à la hausse. Durant le premier semestre 2010, la tendance demeure toujours baissière avec un TMP moyen des dépôts 6 et 12 mois de 3,5 %. Évolution du TMP du marché interbancaire Évolution des taux créditeurs 5,0% TMP dépôts 6 mois TMP dépôts 12 mois Taux interbancaire Taux directeur Taux des avances 24H 4,5% 4,5% 4,3% 4,1% 4,0% 3,9% 3,7% 3,5% 3,5% 3,0% 3,3% 3,1% 2,5% 2,9% 2,7% 2,0% 2,5% juin-10 mars-08 mars-09 mars-10 mai-08 mai-09 mai-10 nov-08 nov-09 sep-08 sep-09 juil-08 juil-09 jan-08 jan-09 jan-10 sep-10 janv-06 janv-07 janv-08 janv-09 janv-10 juil-10 juil-06 juil-07 juil-08 juil-09 oct-06 oct-07 oct-08 oct-09 avr-06 avr-07 avr-08 avr-09 avr-10 En ce qui concerne les conditions débitrices, nous observons une légère hausse des taux moyens pondérés des cré- dits en 2009 pour s’établir en moyenne à 6,6 %, en hausse de 30 pbs par rapport à 2008. Toutes les catégories de cré- dits à la clientèle ont été impacté par cette hausse variant entre 20 et 70 pbs, à l’exception des crédits à la consom- mation qui ont enregistré une baisse moyenne de 23 pbs. La hausse de 70 pbs des taux d’intérêts appliqués aux cré- dits immobiliers depuis le début de l’année traduit la volonté des banques de limiter leur exposition sur ce segment, appuyé par les recommandations de la Banque Centrale. Au premier semestre 2010, le taux débiteur global moyen s’établit à 6,4%, en baisse de 10 pbs par rapport à la même période de l’année précédente. Évolution des taux débiteurs 9,0% Crédits de trésorerie Crédits à l'équipement Crédits immobiliers 8,5% Crédits à la consommation 8,0% 7,5% 7,0% 6,5% 6,0% 5,5% 5,0% 4,5% T1 - 2008 T2 - 2008 T3 - 2008 T4 - 2008 T1 - 2009 T2 - 2009 T3 - 2009 T4 - 2009 T1 - 2010 T2 - 2010 T3 - 2010 Source : Bank Al Maghrib 28 Secteur bancaire
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    Un secteur suffisammentcapitalisé dans sa globalité Plus qu’un simple calcul réglementaire, le niveau des fonds propres constitue le reflet de la sagesse de la politique de conduite du risque d’un système bancaire. Au Maroc, les indicateurs de solidité financière observés ces quatre dernières années montrent que les banques sont suffisamment capitalisées dans leur globalité. Le ratio de solvabi- lité s’est établi en moyenne à 11,5 % sur la période, un niveau largement supérieur au minimum réglementaire de 8 %. À partir de 2009, Bank Al Maghrib a rehaussé le ratio de solvabilité à 10 %, pour le porter à partir de 2010 conformément aux dispositions du 2ème pilier de Bâle II, un niveau largement supérieur à celui exigé en Europe. Indicateurs de solidité financière – Activité Maroc (en %) Ratio de solvabilité Tier I 12,3% 11,8% 11,2% 11,0% 10,6% 9,6% 9,2% 9,2% 2006 2007 2008 2009 Source : Bank Al Maghrib Les contraintes réglementaires et les besoins de croissance à l’international ont poussé la plupart des banques cotées à rehausser leurs niveaux de fonds propres en début d’année, à travers l’émission de dettes subordonnées ou d’augmentation de capital (numéraire ou actions). À cet effet, les banques cotées de la place, à l’image d’Attijariwafa bank et BMCE bank, ont levé plus de 14 MMDh d’emprunts subordonnées sur la période 2008-2009, alors que les opérations d’augmentation de capital se sont éle- vées à plus de 4 MMDh, portées principalement par BMCI et BCP. Le choix de l’émission de dettes subordonnées par rapport à l’émission d’actions réside dans l’intégration de ces fonds dans le calcul du ratio de solvabilité sans risque de dilution de l’actionnariat. Aussi, cet instrument est privilégié par les investisseurs car il présente un risque modéré et des taux d’intérêt attractifs incluant des primes de risque allant jusqu’à 125 pbs. Cependant, il est important que la maturité de la dette subordonnée ainsi que le taux de rémunération des titres émis n’obèrent pas la rentabilité des établissements concernés. Aussi, le plafonnement de ces dettes complé- mentaires à 50 % des fonds propres de base par Bank Al Maghrib, conduirait inévitablement les actionnaires des banques à la marge de manœuvre réduite à injecter de l’argent frais pour renforcer leur assise financière. Évolution des fonds propres réglementaires (en MMDh) Fonds propres Dettes subordonnées 69,0 55,4 45,3 39,7 19,4 13,2 4,8 1,6 2006 2007 2008 2009 Source : Bank Al Maghrib Secteur bancaire 29
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    Nous estimons quele niveau des fonds propres des banques est un enjeu majeur pour les banques dans les années à venir, en raison de : La dynamique de croissance des crédits que connaît le pays ainsi que les différents plans de développe- ment lancés par les principales banques de la place tant au niveau national qu’international. Sur ce der- nier point, l’assainissement et la restructuration des différentes banques acquises en Afrique nécessitera l’injection d’argent frais. À cet effet, Attijariwafa bank et BMCE bank seront amenées à renforcer les fonds propres pour accompagner le développement de leurs filiales africaines ; La montée du coût du risque en période de conjoncture moins favorable, tant au niveau des filiales à l’in- ternational qu’au niveau local ainsi que les nouvelles contraintes réglementaires obligeront de facto les banques à augmenter leurs fonds propres. Dans ce cadre, les banques qui disposent d’un levier de dettes subordonnées favorable pourront utiliser ce moyen de financement pour accompagner la croissance de leurs activités. Cependant, le coût de ce financement dépend fortement de la signature de l’émetteur, de son taux d’endettement et de la capacité des actionnaires à injecter des fonds propres additionnels. Par contre, les banques dont la part des emprunts obligataires atteint les limites imposées par la banque centrale (≤ 50% des fonds propres de base) devront trouver d’autres moyens pour lever des capitaux, que ce soit à travers des augmentations de capital ou des opérations de titrisation de créances. Pour rappel, la titrisation de créances hypothécaires, moyen de financement très développé en Europe, permet à la banque de réduire la duration de ses emplois, libérer des fonds afin d’accroître son activité ou de générer des nouveaux actifs. Les banques européennes ont utilisé massivement la titrisation comme outil de gestion du capi- tal réglementaire imposé par le ratio Cooke dans le cadre des recommandations de Bâle I du Comité de Bâle. Au Maroc, la titrisation n’a pas eu le vent en poupe durant le début de cette décennie compte tenu de la surli- quidité du marché durant cette période (opérations de privatisation et octroi de licences téléphoniques). À cette époque, les banques disposaient de ressources abondantes et s’inscrivaient dans une logique d’augmentation des encours de crédit que de titrisation. Aujourd’hui, face au manque structurel de liquidité, cet instrument financier pourrait s’avérer très utile en vue d’augmenter la marge de manœuvre des banques. Dans ce cadre, la réforme de la loi 2009 a permis d’étendre le champ d’application de la titrisation à tous les types de créances détenues par les entreprises publiques, privées mais aussi les établissements de crédit. Ceci devrait permettre aux agents éco- nomiques de diversifier leurs sources de financement et optimiser leurs structures de ressources. 30 Secteur bancaire
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    Des revenus d’activitéet un couple risque/rendement en nette amélioration Le secteur bancaire marocain a enregistré durant la période 2006-2009 une croissance à deux chiffres de l’en- semble de ces résultats d’activité : Le Produit Net Bancaire enregistre une évolution moyenne de 10,4 % sur la période en liaison avec l’ex- pansion de l’activité de crédit. La marge d’intérêt constitue en moyenne 76,0 % des revenus du secteur, représentant de ce fait la composante stable du PNB du secteur. Celle-ci a vu son poids se renforcer ces deux dernières années, compte tenu de la faible performance de la marge sur commissions, qui représente en moyenne 12,9 % du PNB. En effet, les années 2008 et 2009 ont été marquées par la pression sur les tarifs par la concurrence, et dans une moindre mesure le repli des activités d’intermédiation et de conseil. Enfin, le résultat des opérations de marché enregistre une croissance moyenne de 10,6 %, tirée par les plus-values réalisées sur le portefeuille de trading des banques (principalement le compartiment obliga- taire) ainsi que l’activité de change. Évolution des résultats d’activité Structure du Produit Net Bancaire du secteur bancaire (MMDh, base sociale) (en %) Marge d'intérêt Marge sur commissions Résultat des Opérations de marché Produit Net Bancaire Résultat d'exploitation Résultat net 12,0% 10,8% 8,7% 10,7% 29,9 13,3% 26,02 27,2 12,1% 13,3% 12,7% 22,22 13,0 12,6 13,8 10,3 76,3% 74,2% 78,4% 75,3% 9,0 8,6 9,3 6,7 2006 2007 2008 2009 2006 2007 2008 2009 Le résultat d’exploitation et le résultat net enregistrent respectivement des croissances moyennes de 10,3 % et de 11,5 %, conséquence de l’amélioration du coefficient d’exploitation sur la période et de l’amélioration du coût du risque. En effet, le coefficient d’exploitation s’établit en moyenne à 47,7 %, un niveau largement inférieur à celui observé en Europe (entre 60 % et 65 %). Il y a lieu de souligner que les faibles niveaux de rémunérations salariales du secteur (par rapport à l’Europe) permettent à ce dernier de poursuivre l’extension du réseau d’agences tout en disposant d’un ratio de charges confortable. Enfin, le coût du risque s’inscrit dans une tendance baissière avec un ratio moyen de 0,6 % sur les trois dernières années, en raison d’un niveau de défaillance acceptable. Évolution du coefficient d’exploitation et du coût du risque (en %, rapport RBE) Coefficient d'exploitation (D) Coût du risque (G) 1,0% 60% 0,9% 48,6% 47,9% 47,5% 46,6% 50% 0,8% 0,7% 40% 0,6% 0,7% 0,7% 0,5% 0,6% 30% 0,5% 0,4% 20% 0,3% 0,2% 10% 0,1% 0% 0% 2006 2007 2008 2009 Source : Bank Al Maghrib Secteur bancaire 31
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    Le secteur afficheune rentabilité financière moyenne de 17,0 % sur la période 2006-2009 contre un ROE moyen de 5,0 % entre 2002 et 2005. Cette forte évolution s’explique par l’effet positif de la restructura- tion du secteur qui a permis le redressement des banques publiques, mais aussi par la forte évolution de la croissance bénéficiaire du secteur durant ces trois dernières années. Le ROA quant à lui s’établit en moyenne à 1,3 %, contre 0,4 % sur la période 2002-2005. Évolution du ROE et ROA du secteur bancaire – Activité Maroc ROA ROE 30% 1,6% 1,4% 25% 1,5% 1,4% 1,3% 1,2% 20% 1,2% 20,6% 1,0% 15,2% 15% 17,4% 16,7% 0,8% 0,6% 10% 0,4% 5% 0,2% 0% 0,0% 2006 2007 2008 2009 Source : Bank Al Maghrib, Analyse et Recherche Le ROE du secteur bancaire marocain demeure supérieur à celui des pays nord-africains qui évolue en moyenne sur les cinq dernières années entre 6 % et 9,3 %. Cependant, ce ratio demeure inférieur à celui des pays du Golfe qui s’établit en moyenne à 17,6 %. Il y a lieu de préciser cependant, que les banques des pays de cette région sont exonérées d’impôt alors que les banques marocaines sont soumises à l’impôt sur les bénéfices qui a évolué sur la période entre 37% et 39,6%. Aussi, l’ensemble des établissements bancaires de la place se doivent de respecter le ratio de la réserve obligatoire, qui s’établit à 16,5 % entre 2003 et 2007, un ratio très élevé par rapport à celui exigé par les pays de la région MENA qui oscille entre 7 et 10 %. ROE du secteur bancaire des pays de la région MENA Tunisie 1,2% ROE moyen 5 ans ROA moyen 5 ans 9,3% EAU 3,4% 17,3% Arabie Saoudite 3,4% 26,5% Qatar 4,7% 27,0% Koweit 6,0% 14,9% Jordanie 5,3% 11,2% Egypte 2,7% 11,1% Bahrain 3,5% 14,9% Maroc 1,3% 12,7% 0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% Source : Reuters 32 Secteur bancaire
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    Partie 2 D'apparence atomisé,quelle est la réelle physionomie du secteur bancaire ?
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    D'apparence atomisé, quelleest la réelle physionomie du secteur bancaire ?....33 Banques universelles vs banques spécialisées : quels modèles dominent le secteur bancaire .35 Trois groupes bancaires constituent le noyau dur du secteur........................................40 Des actifs bancaires concentrés parmi trois banques universelles.............................42 Une activité d’intermédiation bancaire au beau fixe............................................43 Une croissance à deux chiffres des ressources à la clientèle ..................................43 …avec une prédominance des dépôts non rémunérés ..............................................44 Les MRE, un segment de choix pour les banques ....................................................44 Une épargne globale de plus de 450 MMDh...........................................................45 Des encours de crédit en fort développement, tirés par l'équipement et l'immobilier ...............................................................................................46 Un coefficient d’emploi qui s’améliore de plus de 20 points durant le quinquennat .........47 Un taux de contentieux au plus bas, synonyme d’une bonne appréhension des risques......48 Une activité hors-bilan multipliée par deux..........................................................49 Des revenus d’activité en amélioration, portés par deux principaux leviers ................50 L'effet volume : la croissance de l'activité compense la baisse de la marge d’intermédiation ..................................................................................50 Un produit net bancaire tiré par l’évolution favorable de la marge d’intérêts ................51 Un resserrement de la marge d’intermédiation de 70 pbs sur les quatre dernières années .52 Une rentabilité confortée par un coefficient d’exploitation et un coût du risque bas .......52 Une rentabilité financière en baisse, qui demeure tout de même satisfaisante ...............56 Un élargissement de périmètre de consolidation aux effets bénéfiques pour les actionnaires.......................................................................................57 Secteur bancaire 34
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    Banques universelles vsbanques spécialisées : quels modèles dominent le secteur bancaire Il existe traditionnellement deux modèles bancaires dans le monde : le modèle « anglo-saxon » et le modèle « euro- péen ». Le premier privilégie le cloisonnement des activités au nom de la lutte contre les conflits d’intérêts et le second préconise une banque universelle couvrant toutes les activités allant de la banque de détail à la banque d’affaires, en passant par la gestion collective et les services bancaires. Pendant longtemps, le modèle anglo-saxon, dont l’exemple principal était le système bancaire américain issu des réformes de 1933 (Glass-Steagall Act), préconisait une séparation des activités bancaires, obligeant même les grandes banques universelles de l’époque à scinder leurs activités. Ce n’est qu’à partir de la dernière décennie que les régulateurs américains ont autorisé la constitution de holdings réunissant les deux types d’activité. L’existence simultanée de ces deux modèles bancaires présente de nombreux avantages tant pour l’investisseur que pour le secteur bancaire dans sa globalité. En effet, ces deux types de banque présentent des profils de ren- tabilité/risque différents, en adéquation avec le degré d’aversion au risque de l’investisseur ; et la présence de banques universelles dans une économie permet de diversifier le risque et lisser les revenus d’exploitation globaux du secteur. Cependant, la récente crise financière a porté un coup dur aux banques spécialisées américaines et a confirmé la supériorité de la banque universelle. En effet, malgré la réforme d’universalisation des banques, initiée en 2000, le secteur financier américain demeure caractérisé par l’existence de nombreuses banques régionales et a permis le développement d’institutions de crédit spécialisés dans le crédit immobilier et à la consommation. De ce fait, la crise immobilière qui a éclaté en 2007 a placé les sociétés de crédit immobilier au cœur de la tourmente et pro- voqué de nombreuses faillites. Ces dernières disposaient de portefeuilles de crédit concentrés sur une catégorie d’emprunteurs et demeuraient fortement dépendantes du financement sur les marchés financiers. La paralysie du marché interbancaire durant la crise ainsi que le renchérissement des coûts de financement, avec une hausse des spreads de plus 1 000 pbs, a mis en difficulté ces établissements spécialisés, qui ne pouvaient plus se financer sur les marchés financiers. Il a donc fallu l’intervention de banques universelles afin d’alimenter ces banques en lignes de trésorerie en contrepartie de prises de participation majoritaires. Nous pouvons prendre, à titre d’exemple, le prêteur immobilier Countrywide Financial, qui a bénéficié d’un prêt de $ 2 milliards avant de se faire racheter quatre mois plus tard par Bank of America pour un montant de $ 4 milliards. Les banques d’investissement ont été également balayées par la crise par manque de diversification de leurs acti- vités et de leurs actifs à risque. Ces dernières n’ont du leur salut qu’aux banques universelles qui ont évité des faillites en cascade, à titre d’exemple, Merryll Lynch qui a été rachetée par Bank of America, Goldman Sachs et Morgan Stanley qui ont été transformées en banques universelles, par le biais de la création d’une holding. Secteur bancaire 35
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    Il apparaît doncque le modèle de la banque universelle a confirmé sa résistance et sa capacité à absorber les chocs exogènes en période de stress des marchés financiers. En effet, l’existence de ressources, sous forme de dépôts, au niveau du passif de ce type de banque constitue un solide rempart face à l’assèchement des liquidités sur les marchés financiers et au renchérissement des coûts de financement. Aussi, l’association entre banque de détail et banque d’investissement réduit la volatilité de la croissance bénéficiaire de l’établissement bancaire, surtout en période de décadence économique. L’exemple le plus éloquent est celui des banques universelles françaises (Société Générale, BNP Paribas), qui ont pu résister à la crise financière en pleine tourmente de la finance mondiale. La solidité de l’activité de banque de détail au niveau local et à l’étranger et sa contribution significative au PNB de ces banques a permis de contre- carrer les pertes essuyées par l’activité de banque de financement et investissement (BFI) lors de la crise. Le réin- vestissement des profits de la BFI en période de conjoncture favorable dans les banques de détail à l’internatio- nal a permis d’amortir au mieux les contre-performances enregistrées par cette activité lors de la crise financière. Au Maroc, les deux dernières décennies ont été marquées par la réorganisation du secteur bancaire à travers des opérations d’assainissement et de rapprochement, donnant naissance à des banques multi-métiers. Dans ce contexte, essayons de distinguer les différents modèles bancaires existants au Maroc : Profil 1 : Attijariwafa bank et BMCE bank, des banques universelles par excellence Les modèles bancaires des groupes Attijariwafa bank et BMCE bank reposent sur l’existence de plusieurs métiers, allant de la banque de détail à la banque des marchés, en passant par la gestion collective. Ces deux groupes ban- caires disposent de plusieurs filiales spécialisées exerçant dans différentes activités, dont les plus importantes opèrent dans l’assurance, l’immobilier, le crédit à la consommation, etc. Le produit net bancaire des deux banques provient majoritairement de la banque de détail tant sur le plan local qu’à l’international, principalement Attijari Tunisie et CBAO pour Attijariwafa bank et le Groupe Bank Of Africa pour BMCE Bank. Structure du RNPG 2009 d’Attijariwafa bank et de BMCE bank par activité ATW BMCE Banque de détail Activités à l’international Sociétés de internationales Autres 6,4% Services financiers financemenrt 4,3% 5,7% 9,2% Spécialisés 21,4% Assurance et Immobilier 18,9% Gestion d’actif 2,8% Banque, Maroc europe et offshore Banque au Maroc 65,5% 74,7% Source : Direction Analyse et Recherche 36 Secteur bancaire
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    Profil 2 :Le Groupe Banques Populaires, un modèle de banque universelle atypique Le modèle du Groupe Banques Populaires est atypique puisque la structure organisationnelle de la banque est dif- férente d’une banque universelle classique. En effet, le groupe bancaire est constitué du Crédit Populaire du Maroc, entité regroupant 10 Banques Populaires Régionales (coopératives) ainsi que de la Banque Centrale Populaire, organe coté du Groupe. Les Banques Populaires Régionales exercent l’activité de banque de détail dans leurs régions respectives alors que la BCP est la banque d’investissement et de financement du Groupe. Cette der- nière a pour principale activité le placement des excédents de trésorerie des banques régionales. Durant ce der- nier quinquennat, la banque s’est positionnée au niveau de l’activité Corporate afin de pallier à la baisse du ren- dement du portefeuille obligataire du groupe et de se positionner davantage sur un segment rentable. La récente fusion- absorption de la banque régionale de Casablanca (BPC) par la BCP va modifier la structure d’activité de cette dernière puisqu’elle va entrer de plein pied dans le segment retail, profitant ainsi d’un réseau de distribu- tion de 159 agences. Cette opération répond donc à une logique économique de positionnement similaire des deux banques au niveau de l’activité Corporate ainsi qu’à une tendance structurelle de renforcement du positionnement des banques sur le segment retail. Architecture du Groupe Banques Populaires Fonds de soutien Prêts de restructuration Prêts de restructuration Versement d’une contribution annuelle (=2% produits d’exploitation bancaire) CPM Refinancement des BPR Banque Centrale Banques Populaires Populaire Remontées quotidiennes des excédents de trésorerie Régionales Gestion et placement Attribution d’une commission des excédents de tréso- de gestion de 10,5% rerie Rémunération sur la base d’un taux Marché Marché de rendement moyen annuel Obligataire Monétaire Produits des différents place- ments Source : Direction Analyse et Recherche Profil 3 : Les ex-OFS (CIH, CAM) ou la remise en cause des modèles de banques spécialisées Le Crédit Immobilier et Hôtelier ainsi que le Crédit Agricole du Maroc, ont longtemps pâti de la spécialisation de leurs activités, allant jusqu’à frôler la banqueroute. La concentration de l’actif de ces deux banques sur les sec- teurs agricoles et immobiliers a lourdement pesé sur les fonds propres des banques au début de cette décennie. Il a fallu l’intervention de l’État à maintes reprises pour faire face à la dégradation de la quasi-totalité du porte- feuille clientèle de ces banques (contentieux sur le secteur agricole et immobilier de plus de 10 MMDh). La prise de risque illimitée des dirigeants dans l’octroi de crédit (faiblesse des garanties exigées) ainsi que la défaillance des emprunteurs (agriculteurs, promoteurs immobiliers) a précipité ces banques vers des quasi-faillites. Les diffé- rents plans de redressement et d’assainissement lancés durant cette décennie ont lourdement impacté les per- formances financières de ces banques et l’adoption récente d’une stratégie « multi-métiers » pourrait porter ses fruits dans les années à venir, avec pour principaux objectifs la diversification des actifs ainsi que le positionne- ment dans les activités para-bancaires. Secteur bancaire 37
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    Évolution de laconcentration des crédits à la clientèle (% encours global des crédits clientèle) 2006 2009 86,7% 80,6% 55,0% 33,3% Encours crédits immobiliers (CIH) Encours crédits alloués aux agriculteurs (CAM) Source : Direction Analyse et Recherche Profil 4 : les filiales des banques françaises (BMCI, CDM, SGMB) : des banques universelles agissant sous l’égide de leurs maisons mères Les établissements bancaires à actionnariat étranger, principalement ceux détenus majoritairement par les banques françaises, exercent une activité de banque universelle au Maroc. Celle-ci demeure néanmoins particu- lièrement cadrée en raison de la stratégie des actionnaires de référence. En effet, ces derniers considèrent ces établissements bancaires comme des participations à l’étranger et s’inscrivent dans une logique de rendement et de développement rationnel de l’activité de crédit sur le plan local. Notons que le rendement du dividende des banques cotées, à savoir CDM et BMCI, est des plus élevés de la place, avec une moyenne de 5,0 % contre 2,3 % pour le secteur. Aussi, le faible poids de ces filiales dans les portefeuilles de ces groupes bancaires n’encourage pas le management de ces banques à y investir, que ce soit en terme d’injection de fonds propres, ou de déploie- ment de stratégies actives dans les marchés locaux respectifs. En effet, le faible développement du réseau de ces banques ces dernières années leur a fait perdre des parts de marché au niveau de la banque de détail et la taille insuffisante de leurs fonds propres ne leur permet pas de prendre part aux projets structurants développés par le pays. Extension du réseau bancaire 2006-2009 Évolution des PDM des banques françaises côtées 850 BMCI CDM 791 2006 2009 9,9% 8,1% 609 543 555 Extension du réseau en moyenne 7,1% 6,7% de 88 agences contre 235 agences 6,0% 6,3% pour les banques conccurentes 5,4% 5,2% +241 339 317 +248 agences agences 254 266 +216 189 218 agences 165 +65 +101 +99 agences agences agences ATW CPM BMCE BMCI CDM Société Générale 2006 2007 2008 2009 Crédits clientèle Dépôts clientèle Source : Direction Analyse et Recherche 38 Secteur bancaire
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    Ainsi, nous remarquonsà travers ces quatre profils, que le modèle de la banque universelle est le modèle domi- nant au Maroc. Toutefois, le développement des principales activités de ce modèle bancaire, à savoir la banque commerciale et la banque des marchés et d’investissement, demeure très disparate. En effet, les banques qui constituent le profil 1 et 2, en l’occurrence Attijariwafa bank, BMCE et le Groupe Banques Populaires, disposent d’un rapport revenu banque commerciale et banque d’investissement et marchés bien plus élevés que celui des filiales de groupes français ainsi que celui des ex-OFS. Ventilation des revenus consolidés des banques côtées en fonction du type d’activité (MDh) 5 000 4 000 Banque des Marchés et d'Investissement 3 000 2 000 1 000 0 2 000 4 000 6 000 8 000 10 000 12 000 -1 000 Banque commerciale Source : Direction Analyse et Recherche Secteur bancaire 39
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    Trois groupes bancairesconstituent le noyau dur du secteur Le secteur bancaire marocain a connu au début des années 90 un mouvement de restructuration et de consolida- tion qui a permis de renforcer la concentration des établissements bancaires, de mettre sur pied des banques publiques qui étaient au bord de la faillite et de donner naissance à des « champions nationaux », capables de développer une dimension internationale. En 2009, le secteur se compose de dix-neuf banques, dont sept sont détenues par des banques étrangères et six détenues par l’État. Ces deux dernières années ont été caractérisées par le renforcement de la présence interna- tionale à travers l’obtention par deux banques espagnoles, à savoir Banco Sabadell et la Caixa, de licences ban- caires afin d’exercer sur le territoire, ainsi que l’obtention par Al Barid Bank d’un agrément bancaire. les 19 banques peuvent être réparties en trois groupes bancaires compte tenu de la structure de leur actionnariat. Panorama du secteur bancaire marocain Groupe 1 : Actionnariat privé à Groupe 2 : Actionnariat public dominance locale Crédit Agricole du Maroc Attijariwafa bank CIH Crédit Populaire du Maroc Fonds d'Équipement Communal BMCE bank CDG Capital Bank Al Amal Média Finance Union Marocaine de Banques Al Barid Bank CFM Secteur Bancaire Groupe 3 : Actionnariat privé à dominance étrangère Société Générale Maroc BMCI Crédit Du Maroc Arab bank Caixa Banco Sabadell Citi bank Maroc Source : Bank Al Maghrib 40 Secteur bancaire
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    Les trois groupescomposant le secteur bancaire marocain se distinguent clairement de part la taille du réseau ainsi que de l’encours des dépôts et des crédits à la clientèle : Le Groupe 1 – Actionnariat privé : ce groupe est constitué d’un réseau bancaire de 1 248 agences, et gère des encours de dépôts et de crédits à la clientèle respectivement de 401, 6 et 310,7 MMDh, soient des parts de marché de 68,1% et 60,4% ; Le Groupe 2 – Actionnariat public : Ce groupe, constitué principalement d’anciennes banques publiques restructurées, est composé d’un réseau bancaire de 431 agences et gère des encours de dépôts et de crédits de 66,4 MMDh et 82,0 MMDh. pour des PDM respectives de 11,3% et 15,9% ; Le groupe 3 – Actionnariat étranger : les banques à capitaux étrangers disposent d’un réseau de 760 agences et gèrent des encours de dépôt et crédit à la clientèle respectivement de 121,4 MMDh et 122,1 MMDh. Les parts de marché sur ces deux activités s’établissent à 20,6% et 23,7%. Principaux indicateurs bancaires des trois groupes (2009, en MMDh) Dépôts clientèle* Crédits clientèle* Activités marché** Réseau d'agences Groupe 1 Attijariwafa bank 153,3 125,4 48,8 791 Crédit Populaire du Maroc 160,8 119,4 36,1 850 BMCE bank 86,7 64,8 36,2 555 Bank Al Amal 0,0 0,6 0,0 1 Union Marocaine de Banques 0,8 0,5 0,3 6 CFM 0,0 0,0 0,4 1 Total G1 401,6 310,7 121,8 2 204 Groupe 2 Crédit Agricole du Maroc 46,1 44,6 11,0 328 CIH 17,7 27,3 1,8 152 FEC 0,0 8,8 0,7 1 CDG Capital 2,6 1,3 1,7 1 Média Finance 0,0 0,0 1,0 1 Total G2 66,4 82,0 16,2 483 Groupe 2 Société Générale Maroc 45,8 44,8 6,1 317 BMCI 39,5 41,9 8,2 254 Crédit Du Maroc 30,6 32,3 4,7 266 Arab bank 3,6 2,4 1,8 10 Citi bank Maghreb 1,9 0,7 1,8 2 Caixa - - - 1 Banco Sabadell - - - 1 Total G3 121,4 122,1 22,6 851 Total secteur bancaire 589,4 514,8 160,6 3538 Ces banques marocaines, du fait de leurs parts de marché et de la taille de leurs réseaux, constituent le noyau dur du secteur bancaire. * à fin 2009 ** emplois Source : GPBM, Bank Al Maghrib Secteur bancaire 41
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    Des actifs bancairesconcentrés parmi trois banques universelles Les trois premières banques de la place, à savoir Attijariwafa bank, le Groupe Banques Populaires et BMCE bank concen- trent 68,0 % des dépôts et distribuent 60,1 % des crédits à l’économie. Parts de marché – Crédits à l’économie Parts de marché – Dépôts à la clientèle 2006 2007 2008 2009 2006 2007 2008 2009 24,3% 24,1% 24,0% 24,3% 26,1% 26,4% 26,7% 26,0% 26,3% 26,3% 26,8% 27,3% 22,3% 23,2% 20,5% 19,3% 12,6% 12,9% 12,6% 12,6% 14,2% 13,9% 14,4% 14,7% ATW CPM BMCE ATW CPM BMCE Source : GPBM Aussi, l’observation de la structure financière du secteur bancaire montre que ces trois banques concentrant 66,2 % du total actif, disposent de fonds propres réglementaires (base sociale) des plus élevés du secteur, se situant entre 12,8 MMDh pour la BMCE bank et 26,1 MMDh pour Attijariwafa bank et d’un réseau bancaire totalisant 2 196 agences en 2009, soit 62,1 % de l’ensemble du secteur. Parts de marché – Total Actif secteur Évolution du réseau bancaire 26,4% 25,6% 26,8% 27,3% 2006 2007 2008 2009 2006 2007 2008 2009 23,6% 23,6% 23,7% 850 791 745 703 690 624 609 555 13,9% 14,4% 14,7% 14,8% 15,3% 543 511 411 339 ATW CPM BMCE ATW CPM BMCE Source : GPBM Compte tenu de l’ensemble des éléments précités, il nous paraît évident que l’évolution récente et les perspec- tives du secteur bancaire ne peuvent être analysées qu’à travers l’analyse intrinsèque des principales banques qui le composent. À cet effet, nous limiterons notre analyse aux trois premières banques de la place, à savoir Attijariwafa bank, le Crédit Populaire du Maroc (dont l’entité cotée est la Banque Centrale Populaire) et BMCE bank. 42 Secteur bancaire
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    Une activité d’intermédiationbancaire au beau fixe L’activité bancaire s’est fortement développée ces quatre dernières années, contribuant de ce fait à l’améliora- tion du financement de l’économie marocaine. Disposant d’une structure de ressources favorable, les banques de la place ont largement développé l’activité de crédit à la clientèle tout en améliorant leurs ratios de productivité et de risque. Une croissance à deux chiffres des ressources à la clientèle Le secteur bancaire marocain a enregistré sur la période 2006-2009 une évolution croissante des ressources col- lectées, soit une croissance annuelle moyenne de 11,5 %, pour s’établir à 589,5 MMDh en 2009. Ce trend haussier traduit l’effort réalisé par le secteur à mobiliser l’épargne nationale à travers l’effort d’extension du réseau d’agences ainsi que l’offre packagée à destination de segments de clientèle spécifiques. Les trois banques cotées ont réalisé sur cette période une croissance annuelle moyenne allant de 11,3 % pour Attijariwafa bank à 12,9 % pour la BMCE bank, un niveau similaire à celui enregistré par le secteur bancaire dans sa globalité. En décembre 2009, l’encours des dépôts collectés auprès de la clientèle a progressé de 4,4 % contre 12,9 % une année plus tôt. Ce résultat confirme la capacité du secteur à résister à la détérioration de l’environnement inter- national tant cette croissance demeure salutaire dans un contexte marqué par la baisse des transferts RME et des avoirs extérieurs de l’État. Encours des dépôts à la clientèle (MMDh) Croissance des dépôts clientèle (%, GA) 2006 2007 2008 2009 06/05 07/06 08/07 09e/08 161 20,5% 151 153 151 18,8% 132 131 17,4% 17,1% 15,8% 15,0% 111 112 14,4% 15,0% 13,7% 81 87 69 60 6,4% 6,8% 1,5% ATW CPM BMCE ATW CPM BMCE Source : GPBM La structure des ressources clientèle du secteur laisse apparaître une prédominance des ressources non rémuné- rées qui représentent en moyenne 61,4 % des ressources globales sur la période 2006-2009. L’encours de ces res- sources enregistre une croissance moyenne de 13,1 % sur la période pour s’établir en 2009 à 364,8 MMDh, contre une évolution de 9,2 % pour les ressources rémunérées et un encours de 224,7 MMDh. La croissance moins prononcée des dépôts rémunérés sur la période s’explique par trois raisons principales : la tendance baissière de la rémunération des dépôts à terme qui baisse de 5,1 % en 2001 à une moyenne de 3,6 % sur ces trois dernières années, soit une baisse de 150 pbs ; La concentration de la collecte de dépôts auprès de clients peu exigeants en terme de rendement ; L’orientation de l’épargne des ménages vers des produits plus rémunérateurs, à savoir les produits d’épargne commercialisés par les assurances qui offrent des rendements supérieurs à 5 %. mais également les OPCVM dont l’encours sous gestion s’établit à fin 2009 à 187,0 MMDh (+20,4 % par rapport à 2008). Secteur bancaire 43
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    …avec une prédominancedes dépôts non rémunérés L’évolution favorable des dépôts non rémunérés durant cette période s’explique par des considérations macro-éco- nomiques, notamment l’évolution positive du taux de pénétration bancaire qui a un impact positif sur la déten- tion de dépôts à vue ainsi que la faiblesse des taux créditeurs qui limite l’intérêt de détention de comptes d’épargne faiblement rémunérés. Les trois premières banques disposent de structures de ressources relativement homogènes avec une part moyenne de dépôts non rémunérés, sur la période 2006-2009, de 62,9 % pour Attijariwafa bank et de 61,1 % pour le Crédit Populaire du Maroc, contre une moyenne de 57,4 % pour la BMCE bank. À l’avenir, les établissements bancaires à la structure de ressources favorable, disposeront d’une meilleure renta- bilité bancaire en raison d’un coût des dépôts plus faible et de commissions de gestion des dépôts à vue plus impor- tants. Structure des dépôts du secteur Structure des dépôts des trois premières banques 2006 2007 2008 2009 Ressources rémunérées Ressources non rémunérées 70% 66%64%66% 62%64%63% 59% 59% 59% 59% 60% 56% 56% 41% 37% 39% 38% 50% 44% 44% 41% 41% 41% 41% 40% 38%36%37% 34%36%34% 30% 59% 63% 61% 62% 20% 10% 0% 2006 2007 2008 2009 RR RNR RR RNR RR RNR ATW CPM BMCE Source : GPBM Les MRE, un segment de choix pour le secteur Les dépôts des Marocains Résidents à l’Etranger constituent une part importante des ressources clientèle avec une part de 20,5 % en 2009, en baisse de 4,7 points par rapport à 2005. Si la part de ces ressources a fortement baissé en absolu passant de plus 80 MMDh d’additionnel entre 2000 et 2004 à moins de 30 MMDh sur la période 2005-2009, sa part dans le total dépôt demeure en moyenne à 21,9 %. Cependant, force est de constater que le comporte- ment économique du MRE a changé ces dernières années, en raison de la substitution de l’investissement à l’épargne. En effet, l’évolution de la consommation, les placements sur les marchés financiers ainsi que l’inves- tissement dans l’immobilier ont fortement augmenté, au dépends de la thésaurisation. Le Crédit Populaire du Maroc, acteur historique dans ce segment, demeure le leader de la collecte de dépôts auprès de ce type de clientèle avec une part de marché moyenne avoisinant 54,1 % sur la période 2006-2009 contre une part de marché moyenne de 26,8 % pour Attijariwafa bank et 10,3 % pour BMCE bank. L’obtention du passeport européen en 2008, autorisant l’exercice de l’activité bancaire dans les pays à forte com- munauté marocaine résidente à l’étranger va permettre d’accroître la concurrence sur ce segment, autrefois détenu à 90 % par le CPM. Dans ce cadre, Attijariwafa bank et le CPM qui disposent d’un réseau d’agences à l’étranger important et qui pourront distribuer l’ensemble des produits et services bancaires auraient une longueur d’avance par rapport à leurs concurrents. Les implantations prévues par les deux premières banques de la place de plus de 40 agences en Europe dans les années à venir témoignent du potentiel que représente ce segment tant en termes de vente croisée de produits financiers que de transferts de fonds. 44 Secteur bancaire
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    Structure des dépôtsRME du secteur Parts de marché dépôts RME des trois banques 2006 2007 2008 2009 30% Ressources rémunérées Ressources non rémunérées 60% 55,0% 54,4% 53,6% 53,3% 25% 24,7% 50% 23,4% 21,3% 21,9% 19,9% 20,8% 40% 20% 19,7% 19,7% 15% 30% 26,8% 27,2% 26,6% 26,7% 10% 20% 10% 10,1% 10,4% 10,3% 10,3% 5% 0% 0% 2006 2007 2008 2009 ATW CPM BMCE Source : GPBM Une épargne globale de plus de 450 MMDh En conclusion, le poids important des encours sous gestion ainsi que le potentiel de développement de la bancas- surance imposent une extension du périmètre de calcul des instruments d’épargne des ménages. En effet, ces nou- velles formes d’épargne émergent et représentent désormais une part importante des l’activité des banques uni- verselles. A ce titre, nous remarquons que le groupe Attijariwafa bank a géré en 2009 un encours de plus de 200 MMDh, suivi du Crédit Populaire du Maroc avec un encours de 157 MMDh, et enfin de la BMCE bank avec un encours totalisant 107 MMDh. Encours des actifs gérés par les sociétés de gestion, filiales de groupes bancaires Société Mère Encours Juin 2010 ( en MMDh) Part de marché Wafa Gestion Attijariwafa bank 62,2 28,9% BMCE Capital Gestion BMCE bank 26,0 12,1% Upline Management BCP 13,5 6,3% Source : Wafa Gestion Chiffre d’affaires généré par l’activité de bancassurance* Société Mère Encours 2009 ( en MDh) Part de marché Attijariwafa bank 1 936 42,4% BMCE bank 1 422 31,1% Groupe Banques Populaires 668 14,6% * A défaut de disposer de l’encours épargne bancassurance (information non publique), nous présentons les flux Source Ministère des Finances annuels générés par l’activité des bancassurance des trois banques de notre échantillon Secteur bancaire 45
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    Des encours decrédit en fort développement, tirés par l’équipement et l’immobilier L’activité de crédit au Maroc a connu une croissance exponentielle ces quatre dernières années, enregistrant une croissance moyenne de 20,1 %, pour s’établir à 514,9 MMDh. La distribution d’un additionnel de plus de 218 MMDh témoigne du rôle joué par les banques dans le développement de l’activité de transformation. Plus récemment, cette croissance revient à des niveaux normatifs, soit une évolution de 10 % en 2009. Les trois principales banques du Royaume ont enregistré des croissances moyennes, sur la période 2006-2009, de 27,6 % pour le CPM, suivies d’Attijariwafa bank et de BMCE bank qui enregistrent des croissances moyennes res- pectives de 20,2 %. Actuellement, consolidant ainsi leurs parts de marché respectives aux dépends des autres ins- titutions de la place, Attijariwafa bank et Crédit Populaire du Maroc disposent en 2009 d’un encours de crédit res- pectivement de 125,4 MMDh et 119,4 MMDh contre 64,8 MMDh pour la BMCE. L’activité de crédit des trois groupes bancaires représente ainsi une part de marché cumulée de 60,1 % de l’encours global du secteur. Encours des crédits à la clientèle (MMDh) Évolution de la croissance des crédits clientèle (%, GA) 2006 2007 2008 2009 06/05 07/06 08/07 09/08 35,5% 125 33,9% 119 31,0% 112 28,9% 104 26,8% 91 22,7% 22,1% 22,5% 78 20,0% 72 65 57 59 14,5% 49 11,7% 37 10,4% ATW CPM BMCE ATW CPM BMCE Source : GPBM Les crédits immobiliers et à l’équipement sont les moteurs de croissance de l’activité de crédit à la clientèle, en témoigne l’évolution moyenne des encours respectivement de 33,6 % et 24,6 % sur la période. La croissance de ces deux composantes intervient dans un contexte socio-économique caractérisé par l’évolution des mentalités indui- sant une demande accrue en logement et la naissance d’une véritable société de consommation. L’encours des crédits immobiliers est passé de 73,0 MMDh en 2006 à 152,0 MMDh en 2008, soit un additionnel de 79 MMDh et une performance en glissement annuel de 40,1 % en 2007 et 48,6 % en 2008. Cette croissance à deux chiffres trouve son origine dans l’évolution exponentielle du crédit à la promotion immobilière qui enregistre une croissance moyenne de 180,0 % sur la période. Ce dernier se développe fortement en raison des différents projets d’infrastructure et de tourisme lancés à partir de 2005. Le crédit à l’équipement enregistre quant à lui une crois- sance moyenne de 24,0 % pour atteindre 99,4 MMDh à fin 2008. Plus récemment, en 2009, la machine d’investissement maintient son rythme de croissance en dépit d’une conjoncture internationale défavorable. En effet, l’encours des crédits à l’équipement et du crédit immobilier enregistre en 2009 une performance annuelle respectivement de 25,8 % et 14,5 %. Évolution des crédits clientèle par type (MMDh) Taux débiteurs par type de crédit (%, GA) Crédits équipement Crédits immobiliers Crédits de trésorerie et à la consommation 9,0% 200 Crédits de trésorerie Crédits à l'équipement Crédits immobiliers 171 174 170 8,5% Crédits à la consommation 180 160 154 152 8,0% 140 125 7,5% 119 120 7,0% 102 99 100 84 6,5% 80 73 65 6,0% 60 5,5% 40 5,0% 20 4,5% 0 T3 - 2007 T4 - 2007 T1 - 2008 T2 - 2008 T3 - 2008 T4 - 2008 T1 - 2009 T2 - 2009 T3 - 2009 T4 - 2009 T1 - 007 T2 -2007 2006 2007 2008 2009 2 Source : GPBM, Bank Al Maghrib 46 Secteur bancaire
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    En terme departs de marché, les trois banques de la place s’accaparent 57,4 % de l’encours global des crédits à l’équipement, 63,5 % de l’encours des crédits immobiliers et 63,1 % de l’encours des crédits de trésorerie et à la consommation. Sur la période 2006-2009, L’observation des parts de marché des trois banques montre : Un gain de PDM au niveau des crédits à l’équipement pour Attijariwafa bank et Crédit Populaire du Maroc, respectivement de 220 bps et 310 pbs, contre une baisse pour BMCE bank de 130 pbs ; Un gain de parts de marché au niveau des crédits immobiliers, allant de 180 pbs pour Attijariwafa bank à 270 pbs pour BMCE bank ; Une baisse des PDM au niveau des crédits de trésorerie et à la consommation pour Attijariwafa bank et BMCE bank de -380 pbs et -170 pbs contre une hausse de 530 pbs pour le CPM. Parts de marché par type de crédit (%) 2006 2007 2008 2009 2006 2007 2008 2009 27,3% 25,1% 27,7% 27,4% 25,1% 25,8% 22,3% 21,6% 23,7% 23,1% 22,4% 19,4% 21,2% 18,6% 17,3% 16,3% 13,2% 12,6% 13,1% 12,0% 12,1% 10,7% 10,4% 11,1% ATW CPM BMCE ATW CPM BMCE Immobilier Equipement 2006 2007 2008 2009 29,2% 29,0% 27,6% 25,4% 24,5% 22,3% 20,6% 19,2% 14,9% 14,8% 12,6% 13,2% ATW CPM BMCE Trésorerie et consommation Source : GPBM Un coefficient d’emploi qui s’améliore de plus de 20 points durant le quinquennat Le coefficient d’emploi s’établit à fin 2009 à 90,1 %, en hausse de 20,1 points par rapport à 2006. Dans le même sillage, le ratio Crédits / Dépôts du secteur, que l’on peut considérer comme une mesure de la liquidité bancaire, enregistre une forte évolution ces quatre dernières années pour s’établir à fin 2009 à 87,4 %. Il y a lieu de rappe- ler que ce ratio se situait à 69 % au début de la décennie. La hausse de 18 pts sur la période 2000-2009 témoigne de l’implication croissante des banques dans la transformation de l’épargne en financement et investissement, mais aussi de l’amélioration de la capacité d’expansion de l’économie. Ainsi, les trois banques de la place enregistrent des croissances significatives de leur coefficient d’emploi sur la période 2006-2009 allant de 12,8 points pour BMCE bank à 16,8 pts et 22,9 pts respectivement pour Attijariwafa bank et le Crédit Populaire du Maroc. La croissance plus rapide des crédits à la clientèle par rapport à celle des dépôts poussera indubitablement les banques les plus exposées à améliorer la collecte de dépôts auprès de la clientèle ou à rationner le crédit avec pour objectif la sélection des dossiers qui présenteront le meilleur profil risque. Secteur bancaire 47
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    Enfin, le ratiocrédits / dépôts du secteur se situe à des niveaux inférieurs par rapport à celui des économies déve- loppées, mais similaires à ceux observés par les économies émergentes, à l’exception de la Tunisie dont le ratio élevé s’explique par le taux de contentieux qui dépasse les 18 % en 2008. Évolution du ratio Crédits bruts / Dépôts Ratio Crédits / Dépôts de pays développés et émergents 81,8% Tunisie 187,9% 74,8% Espagne 155,0% 74,3% 74,3% 72,4% 69,3% 69,0% 70,6% France 130,0% 64,9% jordanie 88,4% 61,9% 59,3% Allemagne 87,5% 51,4% Maroc 87,4% Turquie 78,0% 06 07 08 09 egypte 53,7% algerie 48,0% Liban 31,8% ATW CPM BMCE Source : GPBM, Banques Centrales Un taux de contentieux au plus bas, synonyme d’une bonne appréhension des risques Le taux de contentieux du secteur s’inscrit dans un trend baissier depuis 2006 pour atteindre 5,9 % en 2009 contre 14,5 % quatre ans plus tôt. La constante amélioration de ce taux s’explique par la restructuration des banques publiques, la politique efficace de recouvrement des banques privées de la place ainsi que la possession par les banques d’un stock de crédit beaucoup plus jeune et plus assaini. Actuellement, le taux de contentieux des trois premières banques de la place laisse apparaître une bonne gestion des risques. En effet, malgré une conjoncture économique moins porteuse, Attijariwafa bank et le Crédit Populaire du Maroc ont su contenir le niveau des créances en souffrance à moins de 4 %, alors que BMCE bank voit son taux de prêts non performants s’établir à 5,06 %, en hausse de 120 pbs par rapport à 2008. Cette forte évolution trouve son origine dans la dégradation de la qualité du portefeuille de crédit de la banque au niveau des secteurs immo- bilier et de textile. Évolution du taux de contentieux (Activité Maroc) 6,3% 4,2% BMCE 3,8% 5,1% 9,4% 6,1% CPM 3,4% 3,2% 06 5,8% 07 4,2% ATW 08 3,0% 09 3,5% Source : GPBM 48 Secteur bancaire
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    Une activité hors-bilanmultipliée par deux Au niveau des engagements hors-bilan, nous remarquons une évolution moyenne de 24,3 % sur la période 2006- 2009, pour s’établir à 168,5 MMDh. Les trois groupes banques détiennent 63,8 % de PDM en engagements hors-bilan en 2009. Alors qu’Attijariwafa bank et BMCE bank voient leurs parts de marché baisser entre 2006 et 2009 res- pectivement de 3,7 pts et 4,7 points, le Crédit Populaire du Maroc enregistre une hausse de sa PDM de 12,4 points sur la période pour s’établir à fin 2009 à 25,8 %. La part des engagements hors-bilan du secteur demeure à fin 2009 à des niveaux raisonnables, soit 32,7 % de l’en- cours global des crédits à la clientèle. Il y a lieu de rappeler que ces engagements hors-bilan présentent eux aussi des risques et doivent être surveillés par l’ensemble des banques de la place. Un encours important d’engagements hors-bilan impacte fortement la banque en période d’instabilité financière. À titre d’exemple, Citigroup qui disposant d’un montant élevé de cré- dits toxiques dans son hors-bilan s’est vu obliger de provisionner les pertes, ce qui a impacté lourdement ses fonds propres, et a dû procéder à des augmentations de capital massives pour préserver sa solvabilité. Engagements hors-bilan du secteur (MMDh) Parts de marché des principales banques (en %) Engagements hors-bilan % de l'encours global de crédit ATW BMCE CPM 180 100% 35% 168,5 160 157,8 90% 30% 140 80% 125,9 70% 25% 120 60% 20% 100 87,7 50% 80 15% 40% 60 30% 10% 40 29,5% 33,1% 33,7% 32,7% 20% 20 10% 5% 0 0% 0 2006 2007 2008 2009 2006 2007 2008 2009 Source : GPBM Secteur bancaire 49
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    Des revenus d’activitéen amélioration, portés par deux principaux leviers L’évolution croissante des résultats d’activité des trois groupes bancaires durant ces quatre dernières années, s’ex- plique par l’effet volume au niveau de l’activité de dépôt et de crédit à la clientèle et par l’élargissement du péri- mètre de consolidation L’effet volume : la croissance de l’activité compense la baisse de la marge d’intermédiation Le secteur bancaire enregistre durant la période 2006-2009 une évolution notable de ses résultats d’activité. Le Produit Net bancaire a évolué en moyenne de 10,4 %, tiré par la croissance de la marge sur intérêts qui a crû de 9,9 %, suivi du résultat sur activités de marché et de la marge sur commissions qui ont augmenté respectivement de 6,4 % et 12,1 %. L’évolution significative de la marge d’intérêt sur la période s’explique par l’effet volume enregistré au niveau des crédits à la clientèle qui ont augmenté de 23,3 % sur cette période, contrebalançant de ce fait le resserrement de la marge moyenne d’intermédiation. La marge sur commissions évolue également de manière positive en raison de l’amélioration du commissionnement au niveau des opérations avec la clientèle. En effet, le développement de l’équipement des ménages en produits monétiques et produits de bancassurance ainsi que la multiplication des opérations de marché (introductions en bourse, augmentation de capital etc.) ont fortement contribué à l’amé- lioration de cette marge durant la période. Enfin, la performance du résultat sur opérations de marché résulte en partie des plus-values réalisées sur cession de titres et de l’amélioration du résultat sur opérations de change. La ventilation du Produit Net Bancaire sur la période montre la prépondérance de la marge d’intérêt, qui repré- sente en moyenne 75,3 % du PNB sur la période, contre 12,7 % pour la marge sur commissions et 10,7 % pour le résultat sur opérations de marché. Cette composition témoigne de la prédominance des revenus sur intérêts, les- quels demeurent tributaires de l’évolution de l’encours des dépôts et des crédits et de la volatilité des taux d’in- térêts sur ces deux composantes. Évolution du Produit Net Bancaire Évolution de la structure du PNB du secteur (MMDh) du secteur Marge d'intérêt Marge sur commissions Résultat des Opérations de marché 29,9 26,0 27,2 100% 8,7% 12,0% 10,8% 10,7% 90% 22,2 12,1% 13,3% 13,3% 12,7% 80% 70% 60% 50% 40% 76,3% 74,2% 78,4% 75,3% 30% 20% 10% 0% 2006 2007 2008 2009 2006 2007 2008 2009 Source : GPBM Dans un contexte de forte concurrence provoquant un renchérissement du coût des ressources et une politique de taux d’intérêts bas, la marge d’intermédiation du secteur s’inscrit naturellement dans une tendance baissière. Ainsi, pour assurer une croissance organique pérenne, la marge de manœuvre des banques se situe dans les acti- vités génératrices de commissions ainsi que les activités de marché. 50 Secteur bancaire
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    Évolution de lamarge globale d’intermédiation 4,5% 4,4% 4,0% 4,3% 3,7% 3,8% 3,5% 3,6% 3,6% 3,6% 3,0% 3,2% 3,1% 2,5% 2,0% 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Source : Bank El Maghrib Un Produit Net Bancaire tiré par l’évolution favorable de la marge d’intérêts Sur la période 2006-2009, les trois premiers groupes bancaires ont enregistré une croissance positive de leur Produit Net Bancaire, allant de 8,3 % pour la BMCE bank à 11,8 % et 11,7 % respectivement pour Attijariwafa bank et le Crédit Populaire du Maroc. La progression du Produit Net Bancaire des banques de notre échantillon s’explique par : La croissance moyenne de la marge d’intérêts de 9,7 %. Les trois groupes bancaires réalisent une progres- sion de la marge d’intérêts allant de 8,5 % pour la BMCE à 10,3 % pour Attijariwafa bank et le Crédit Populaire du Maroc. Ces performances s’expliquent par la forte progression de l’encours des crédits à la clientèle d’en moyenne 22,9 % sur la période ; L’évolution moyenne de la marge sur commissions de 9,8 % en raison de la progression des commissions per- çues sur la clientèle, conséquence de l’effet réseau et de la vente de produits croisés. Attijariwafa bank réalise une performance moyenne de 11,3 % de sa marge contre 9,7 % pour le CPM et 8,2 % pour BMCE bank ; Le résultat des opérations de marché enregistre quant à lui une progression moyenne de 9,0 %. Alors que le Crédit Populaire du Maroc voit son encours évoluer en moyenne de 2,6 %, BMCE bank et Attijariwafa bank enregistrent des croissances respectives de 6,8 % et 17,5 %. Si nous retraitons du résultat sur activi- tés de marché de la BMCE les plus-values sur cessions de titres réalisées en 2007, la banque enregistre une stabilisation de ses revenus d’activité entre 2006 et 2008. Évolution des composantes du Produit Net Bancaire (en MDh) 2006-2007-2008-2009 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 0 ATW CPM BMCE ATW CPM BMCE ATW CPM BMCE Marge d'intérêt Marge sur commissions ROM Source : États financiers Secteur bancaire 51
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    Un resserrement dela marge d’intermédiation de 70 pbs sur les quatre dernières années La marge d’intermédiation sur opérations avec la clientèle évolue dans une tendance baissière entre 2006 et 2009 avec une variation moyenne négative de 70 pbs pour les trois banques étudiées. Ceci s’explique par la croissance moyenne de 43 pbs du coût des dépôts au détriment d’une baisse du rendement des crédits de 27 pbs. L’observation des marges d’intermédiation des banques montre : Une hausse des coûts de dépôt allant de 26 pbs pour le CPM à 52 pbs pour Attijariwafa bank et BMCE bank. Ceci s’explique par la forte concurrence entre les banques de la place qui ont surenchéri pour collecter des ressources rémunérées afin d’accompagner le développement des crédits, ceci se traduisant inévita- blement par une hausse du coût des dépôts. Une baisse du rendement des crédits à la clientèle allant de 52 pbs pour le CPM à 39 pbs pour Attijariwafa bank. BMCE bank, quant à elle, voit son rendement de crédit augmenter de 9 pbs. Les principaux groupes bancaires subissent la rude concurrence au niveau de l’activité de crédit qui les contraint à réduire leurs marges pour préserver leurs parts de marché. Évolution de la marge d’intermédiation sur opérations avec la clientèle 2006 2007 2008 2009 5,2% 4,8% 4,9% 4,6% 4,4% 4,5% 4,2% 4,3% 4,1% 4,0% 4,1% 3,9% ATW CPM BMCE Source : Direction Analyse et Recherche Une rentabilité confortée par un coefficient d’exploitation et un coût du risque bas En dépit du coût des projets structurants entamés par l’ensemble des banques de la place visant la mise en applica- tion de Bâle II ainsi que la politique volontariste d’extension du réseau d’agences, le coefficient d’exploitation du secteur s’inscrit dans une tendance baissière passant de 48,6 % en 2006 à 47,5 % en 2009, soit une baisse de 110 pbs. L’observation du coefficient d’exploitation des principales banques de la place montre : Une baisse significative du coefficient d’exploitation d’Attijariwafa bank qui voit son ratio passer de 46,3 % en 2006 à 40,9 % en 2009, soit une baisse de 5,4 points. Fidèle à son modèle économique hérité de l’ex- BCM, la banque semble maîtriser ses charges et réaliser des économies d’échelle dans un contexte de hausse à deux chiffres de son Produit Net Bancaire (+11,8 %) et d’ouverture de plus de 248 agences ban- caires sur la période ; Une baisse de 1,2 points du coefficient d’exploitation du Crédit populaire du Maroc, qui s’établit à fin 2009 à 45,0 %. Malgré la taille du réseau bancaire qui s’élève à 850 agences ainsi que l’importance des charges de personnel en raison d’un effectif groupe dépassant les 9000, le groupe bancaire semble contenir ses charges structurelles à des niveaux adéquats, confortées par un PNB en hausse de 11,6 % sur la période ; 52 Secteur bancaire
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    Une hausse significativedu coefficient d’exploitation de la BMCE bank qui s’établit en 2009 à 61,9 %, en hausse de 3,4 points par rapport à 2006. Historiquement, la BMCE affichait un coefficient d’exploitation élevé et éprouve du mal aujourd’hui à le contenir en raison d’une hausse modérée du PNB (+8,2 % sur la période) face à laquelle évolue une lourde structure de charges (ouverture de 216 agences sur la période). La banque, ne disposant plus de marge de manœuvre pour améliorer sa productivité, se doit d’enregistrer une croissance significative de son PNB pour ramener le coefficient d’exploitation à des niveaux compa- rables à la moyenne du secteur. Coefficient d’exploitation du secteur Coefficient d’exploitation des trois groupes bancaires 48,6% 46,6% 47,9% 47,5% ATW BMCE CPM 74,5% 58,5% 61,9% 53,5% 46,3% 46,1% 41,5% 45,0% 46,2% 43,8% 43,9% 40,9% 2006 2007 2008 2009 2006 2007 2008 2009 Évolution de l’effectif groupe Évolution du réseau bancaire ATW CPM BMCE 9068 2006 2007 2008 2009 8653 850 7976 791 7547 745 703 690 624 609 5599 543 555 4957 5230 511 4615 4592 4009 411 3201 3538 339 2005 2006 2007 2008 ATW CPM BMCE Source : États financiers, rapports annuels Le coût du risque du secteur, qui est le rapport entre la part des provisions liées aux défaillances des clients et l’encours des crédits bruts à la clientèle, s’inscrit dans une tendance baissière passant de 0,7 % en 2006 à 0,6 % en 2009. Ainsi, sur la période, Attijariwafa bank enregistre un coût du risque moyen de 0,3 % alors que le Crédit Populaire du Maroc et la BMCE bank voient leurs charges de risque s’établir respectivement à 0,4 % et 0,6 % de l’encours des crédits bruts. Cette année, l’effort remarqué de provisionnement chez les trois banques a entraîné une hausse de 10 pbs du coût du risque pour Attijariwafa bank et de 40 pbs et 50 pbs respectivement pour le CPM et BMCE bank. Face à une conjoncture moins favorable, les banques de la place ont été amenées à se prémunir contre la hausse du contentieux dans certains secteurs, fortement exposés à l’international (Textile, tourisme, immobilier etc.) Secteur bancaire 53
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    Le résultat courantdu secteur bancaire enregistre ainsi une croissance moyenne de 10,3 % sur la période 2006- 2009 pour s’établir à 13,8 MMDh à fin 2009, dans un contexte de baisse du coefficient d’exploitation et du coût du risque de 110 pbs. Attijariwafa bank enregistre la plus forte croissance de son résultat courant, soit 14,9 % contre 9,2 % pour le Crédit Populaire du Maroc. BMCE bank réalise une contre-performance de 14,3 % en raison d’une charge de risque supportée en 2009 plus conséquente et un coefficient d’exploitation structurellement plus élevé que celui du secteur. Évolution du coût du risque Évolution du résultat courant (en MMDh) 2006 2007 2008 2009 ATW CPM BMCE 1,2% 4,3 4,0 3,9 3,5 3,2 3,1 3,0 2,8 0,7% 0,6% 0,5% 1,8 0,4% 0,4% 0,3% 0,3% 1,1 0,2% 1,0 0,7 0,1% 0,1% 0,0% ATW CPM BMCE 2006 2007 2008 2009 Source : États financiers, rapports annuels Enfin, le résultat net du secteur bancaire s’établit à 9,3 MMDh, en hausse de 8,0 % par rapport à 2008, et en crois- sance moyenne sur la période 2006-2009 de 11,5 %. Cette évolution est tirée principalement par les performances positives de Attijariwafa bank et du CPM, qui réalisent une progression moyenne de 13,2 % sur la période. A contra- rio, BMCE bank réalise une baisse moyenne de son résultat net de 9,7 %. Résultat net du secteur-Activité Maroc (en MMDh) Évolution du résultat net (en MDh) 9,3 2797 2704 9,0 8,6 2 503 2 358 2 140 6,7 1 930 1 866 1 866 1 216 742 807 547 06 07 08 09 2006 2007 2008 2009 ATW CPM BMCE Source : états financiers 54 Secteur bancaire
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    L’observation du tableauci-dessous montre qu’Attijariwafa bank dispose de ratios de productivité meilleurs que ceux de ses deux principaux concurrents. Le rapport de l’encours des crédits et des dépôts par agence et par agent est meilleur que celui de BMCE bank et du CPM. De plus, l’évolution sur la période 2006-2009 montre que l’éta- blissement bancaire parvient à améliorer ces ratios de productivité de manière significative. Évolution des principaux ratios de productivité (en milliers Dh) Crédits par agence 2006 2007 2008 2009 Rang TCAM 09-06 ATW 132 300,5 145 876,9 159 721,6 159 343,0 1 6,4% CPM 94 405,8 112 937,6 140 065,5 140 511,3 2 14,2% BMCE 118 803,1 126 555,5 119 962,8 122 725,5 3 1,1% Dépôts par agence ATW 215 603,0 211 512,2 214 847,7 193 798,5 1 -3,5% CPM 183 727,1 190 432,8 202 887,5 189 135,2 2 1,0% BMCE 192 802,9 192 975,5 174 411,0 173 523,3 3 -3,5% PNB / agence ATW 9 284,3 9 480,8 9 342,4 8 913,5 2 -1,3% CPM 9 215,6 9 318,0 9 453,2 9 205,5 1 0,0% BMCE 8 627,6 8 933,3 5 725,0 6 691,6 3 -8,1% Résultat net / agence ATW 3 554,1 3 429,1 3 353,7 3 536,0 1 -0,2% CPM 3 064,7 2 704,8 3 359,7 3 181,6 2 1,3% BMCE 2 188,9 2 959,4 1 579,2 906,2 3 -25,5% Crédit/agent ATW 16 014,1 19 273,2 22 173,0 20 871,1 1 17,5% CPM 8 278,4 10 658,9 13 903,9 14 949,9 2 25,1% BMCE 11 383,3 12 974,4 13 349,5 13 900,5 3 9,8% Dépôt/agent ATW 26 097,3 27 944,9 29 825,8 25 384,1 1 8,7% CPM 16 110,8 17 972,7 20 140,1 20 123,3 2 10,8% BMCE 18 473,8 19 783,7 19 408,5 19 654,2 3 3,8% PNB/agent ATW 1 123,8 1 252,6 1 296,9 1 167,5 1 5,1% CPM 808,1 879,4 938,4 979,4 2 4,6% BMCE 826,7 915,8 637,1 757,9 3 -7,4% Résultat net /agent ATW 430,2 453,1 465,6 463,2 1 16,6% CPM 268,7 255,3 333,5 338,5 2 13,1% BMCE 209,7 303,4 175,7 102,6 3 -3,9% Source : États financiers, rapports annuels Secteur bancaire 55
  • 57.
    Une rentabilité financièreen baisse, qui demeure tout de même satisfaisante Le secteur bancaire affiche à fin 2009 un ROE de 15,2 % en baisse de 220 pbs par rapport à 2006. Cette tendance baissière s’explique par la progression beaucoup plus forte des fonds propres du secteur (+15.4 %) par rapport à la croissance bénéficiaire (+11,5 %). Le rendement moyen sur les actifs (ROA) baisse également de 30 pbs sur la période, pour s’établir à 1,2 % à fin 2009. Etant donné que la BCP constitue l’entité cotée du groupe CPM, nous comparerons ses ratios à ceux d’Attijariwafa bank et BMCE bank. Ainsi, sur la période 2006-2009 nous observons une hausse du ROE pour Attijariwafa bank et BCP respectivement de 1,6 pts et de 0,4 pts, pour s’établir à 17,5 % et 14,1 %, alors que BMCE bank enregistre une baisse de 4,8 pts de sa rentabilité financière, conséquence de la contre-performance du résultat net sur la période. Pour ce qui est du rendement moyen sur actifs (ROA), celui-ci s’établit à fin 2009 à 1,2 % pour le secteur, un niveau équivalent à celui enregistré par Attijariwafa bank et la BCP. BMCE, quant à elle, voit son ROA s’établir à 0,4 %, en baisse de 50 pbs par rapport à 2006. Évolution du ROE* et ROA** des trois banques (Activité Maroc) 2006 2007 2008 2009 Evol. 06-09 ROE (hors dettes subordonnées) ATW 15,9% 16,2% 16,3% 17,5% +1,6 pts BCP 13,7% 11,8% 13,2% 14,1% +0,4 pts BMCE 12,3% 18,5% 11,3% 7,5% -4,8 pts ROA ATW 1,4% 1,3% 1,2% 1,2% -0,1 pts BCP 0,8% 0,7% 0,9% 1,2% +0,4 pts BMCE 1,0% 1,3% 0,7% 0,4% -0,5 pts * Résultat net rapporté aux fonds propres moyens Source : Direction Analyse et Recherche ** Résultat net rapporté au total bilan 56 Secteur bancaire
  • 58.
    Un élargissement depérimètre de consolidation aux effets bénéfiques pour les actionnaires L’élargissement du périmètre de consolidation des banques ces dernières années, principalement au niveau des activités à l’international, a changé fondamentalement la structure bilantielle consolidée des banques. Particulièrement, la stratégie de conquête des deux groupes bancaires marocains, à savoir Attijariwafa bank et BMCE bank, s’est matérialisée par des prises de participations majoritaires dans des banques maghrébines et afri- caines au potentiel de croissance considérable. En effet, le potentiel de développement de l’activité économique de ces pays, le faible taux de bancarisation, le stade avancé de développement de l’industrie bancaire ainsi que la présence limitée des banques étrangères ont motivé les principales banques de la place à se positionner en amont, dans le but de faire du développement en Afrique, un relais de croissance très profitable dans les années à venir. Il faut souligner que dans des économies en croissance, la première banque étrangère qui prend position s’adjuge un avantage considérable : elle préempte une clientèle demandeuse, et ensuite, établit une barrière aux dépens des prochains entrants. Si les stratégies de croissance externe diffèrent d’un groupe bancaire à un autre, il n’est nul doute que les acti- vités à l’international constituent un formidable levier de croissance pour les banques marocaines dans les années à venir. En effet, en dépit d’une forte demande intérieure, la concurrence âpre au niveau local, matérialisée par une guerre des prix, pousse les banques naturellement à se développer au-delà des frontières. Cependant, force est de constater que l’apport des filiales historiques de ces groupes, principalement les socié- tés de financement et les compagnies d’assurance qui affichent des résultats en forte croissance, permet d’assu- rer une croissance récurrente des résultats du groupe au niveau local. Le besoin de financement croissant des agents économiques, l’amélioration de la bancarisation et le développement de l’activité de bancassurance, per- mettra à coup sûr à ces filiales d’être des contributeurs importants à la croissance bénéficiaire du secteur dans les années à venir. Principales filiales constituant le périmètre de consolidation des trois groupes bancaires en 2009 Attijariwafa bank BMCE bank Groupe Banques Populaires Banque Maroc, Europe et Zone Offshore Banque au Maroc Banque de financement et investissement, Banque de détail Attijariwafa bank Activité Maroc BMCE bank Activité Maroc CPM (BCP + BPR) Fondation BP pour le micro-crédit Banque de détail à l'international Activités à l'international Banque de détail international Attijari bank Tunisie Bank of Africa Banque Chaabi du Maroc CBAO La Congolaise de Banque Banque Populaire Marocco-Centrafricaine Banque Internationale pour le Mali Banque de Développement du Mali Banque Populaire Marocco-Guinéenne Union Gabonaise de Banque Médicapital bank Crédit du Congo BMCE International Société Ivoirienne de Banque Crédit du Sénégal Sociétés de financement et Assurance Sociétés de financement Société de financement spécialisés Wafa Salaf Salafin Maroc Leasing Wafa bail Maghrebail Assalaf Châabi Wafa immobilier Wafa Cash Wafa Assurance Source : Direction Analyse et Recherche Secteur bancaire 57
  • 59.
    Une croissance àdeux chiffres des encours consolidés des emplois et ressources L’évolution des indicateurs bilantiels des trois groupes bancaires, sur la période 2006-2009, montre une croissance à deux chiffres des encours consolidés des crédits et des dépôts à la clientèle : Attijariwafa bank enregistre une croissance moyenne de 23,6 % de son encours de crédits à la clientèle et de 13,3 % de ses dépôts, pour s’établir respectivement à 185,3 MMDh et 194,7 MMDh. Cette évolution s’ex- plique par la croissance au niveau de l’activité Maroc mais aussi par la hausse des encours des filiales tuni- siennes et sénégalaises dont leur part de crédits clientèle s’établit à 17,1 % de l’encours de crédit brut global en 2009 contre 9,0 % en 2006. Aussi, la contribution de ces filiales au niveau des dépôts globaux a évolué de 8,0 % à 18,8 % sur la période ; BMCE bank voit son encours de crédits à la clientèle augmenter en moyenne de 33,0 % sur la période et son encours de dépôts à la clientèle s’améliorer de 21,8 %, tiré principalement par l’intégration de Bank Of Africa dans le périmètre de consolidation en 2008. En effet, alors que l’activité Maroc représente 68,0 % de l’encours global des crédits et 78,6 % des dépôts en 2009, l’activité à international enregistre une hausse exponentielle passant d’une contribution de 1,0 MMDh à 19,3 MMDh en 2009 au niveau des crédits. Ainsi, cette activité contribue à hauteur de 20,6 % de l’encours global des crédits en 2009 contre 1,7 % en 2007. De l’autre côté, La contribution de l’activité Afrique au niveau des dépôts globaux passe de 2,4 % à 20,9 % en 2009 ; Le Crédit Populaire du Maroc enregistre une croissance de 35,0 % des crédits à la clientèle, pour s’établir à 137,2 MMDh et une évolution des dépôts de 12,2 %, soit 163,2 MMDh. La contribution de l’activité Maroc au niveau des crédits et des dépôts représente respectivement 71,6 % et 87,6 % des encours globaux. L’activité Maroc demeure la principale contributrice à l’évolution de l’encours consolidé. Le ratio crédits/dépôts enregistre une forte augmentation pour s’établir en 2009 à 95,2 % pour Attijariwafa bank, 84,1 % pour le CPM et 79,9 % pour BMCE bank. Évolution de l’encours des crédits et dépôts consolidés par banque (MMDh) Prêts et créances sur clientèle (brut) Dettes envers la clientèle 2006 2007 2008 2009 TCAM 06-09 2006 2007 2008 2009 TCAM 06-09 Attijariwafa bank 98,1 124,7 158,9 185,3 24,9% 134,0 151,7 176,6 194,7 13,3% CPM 55,7 85,9 114,4 137,2 35,0% 115,5 135,0 153,1 163,2 12,2% BMCE bank 41,6 61,1 89,0 97,9 33,0% 67,8 82,0 113,4 122,5 21,8% BCP 7,3 13,0 20,9 28,1 56,9% 8,0 12,3 16,3 17,7 30,1% Source : Direction Analyse et Recherche La hausse significative du coefficient d’emploi a conduit naturellement les banques en 2008 et 2009 à augmenter les fonds propres réglementaires, à travers la levée de dettes subordonnées, afin d’accompagner le développe- ment de l’encours des crédits. À cet effet, Attijariwafa bank a procédé à la levée de 8 MMDh sur la période 2007- 2009 tandis que BMCE bank et GBP ont levé respectivement 3,0 et 1,5 MDh. Dettes subordonnées à fin 2009 (MMDH, % des capitaux propres) Dettes subordonnées % des capitaux propres 60% 9 8,3 55,5% 8 50% 7 6 5,1 40% 5 33,5% 30% 4 3 20% 2 1,6 10% 1 6,1% 0 0% ATW BMCE GBP Source : Direction Analyse et Recherche 58 Secteur bancaire
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    Des bénéfices enhausse, provenant des filiales para-bancaires et des activités à l’international L’observation de l’évolution du Produit Net Bancaire consolidé des banques sur la période 2006-2009 montre une croissance à deux chiffres allant de 13,7 % pour le CPM à 21,2 % pour BMCE bank et 21,4 % pour Attijariwafa bank. L’additionnel de revenus dégagés durant cette période s’établit à 5,8 MMDh pour Attijariwafa bank, 2,9 MMDh pour BMCE bank et 2,8 MMDh pour le Groupe Banques Populaires. Alors que l’activité Maroc de Attijariwafa bank enregistre une performance de 11,8 % sur la période, le PNB conso- lidé réalise une hausse de 21,4 %, dopé par les performances positives de filiales de financement et d’assurance de la banque au niveau local (TCAM de 30,3 % pour un encours de 3,7 MMDh) mais aussi celles de ses filiales afri- caines (TCAM de 54,1 % pour un encours de 2,0 MMDh à fin 2009). De son côté, la BMCE bank réalise une croissance de 21,2 % de son PNB consolidé contre une évolution de 8,3 % au niveau de l’activité Maroc. Cette performance s’explique principalement par l’intégration de Bank of Africa qui contribue à plus de 2 MMDh dans le PNB consolidé en 2009. Enfin, le Groupe Banques Populaires réalise une performance de 13,7 %, tiré par l’amélioration de la croissance bénéficiaire de la Banque Centrale Populaire de 33,3 % sur la période, conséquence de l’effet volume enregistré au niveau de l’activité corporate ainsi que des plus-values réalisées sur le portefeuille obligataire du groupe. Évolution du PNB consolidé (MDh) et du coefficient net d’exploitation par banque Produit Net Bancaire Coefficient net d'exploitation 2006 2007 2008 2009 Evol. 06-09 2006 2007 2008 2009 Evol. 06-09 Attijariwafa bank 7 415,3 8 793,1 10 967,0 13 255,2 21,4% 48,1% 48,1% 44,2% 40,8% -7,4 pts CPM 6 093,2 7 294,1 8 144,3 8 963,4 13,7% 45,8% 43,0% 44,3% 46,9% +1,1 pts BMCE bank 3 606,5 4 265,2 6 018,5 6 414,0 21,2% 58,9% 54,7% 64,8% 65,3% +6,3 pts Source : Direction Analyse et Recherche La contribution au PNB consolidé par activité montre une croissance significative des activités à l’international pour BMCE bank et Attijariwafa bank. Cette dernière enregistre une hausse de 5,5 pts entre 2007 et 2009, en rai- son de la contribution croissante des filiales tunisienne et sénégalaise. BMCE bank, quant à elle, voit la contribu- tion de ses activités internationales passer de 7,3 % en 2007 à 37,5 % cette année, sous l’effet de l’intégration de Bank Of Africa. Enfin, la banque de détail à l’international du Groupe Banques Populaires contribue très faible- ment au PNB consolidé du groupe (4,0 % en 2009). Contribution au PNB consolidé par activité Contribution au PNB par activité Attijariwafa bank 2007 2008 2009 Evol 09/07 BMCE Bank 2007 2008 2009 Evol 09/07 Banque Maroc et Europe 65,7% 60,1% 58,7% -7,0 pts Banque au Maroc 84,1% 48,2% 48,7% -35,3 pts Banque de Détail à l'international 9,6% 14,9% 15,1% +5,5 pts Gestion d'actifs 7,0% 4,2% 2,9% -4,2 pts Sociétés de financement spécialisés 16,4% 16,1% 13,4% -3,0 pts Services financiers spécialisés 11,0% 8,6% 9,1% -1,9 pts Assurance et immobilier 8,6% 9,4% 13,1% +4,5 pts Activités internationales 7,3% 38,9% 37,5% +30,2 pts GBP 2008 2009 Evol 09/07 Banque de détail Maroc - 76,6% 81,9% +5,3 pts Banque de financement et investissement - 15,9% 18,6% +2,7 pts Stés de financement spécialisés - 7,0% 5,9% -1,1 pts Banque de détail à l'international - 3,2% 4,0% +0,8 pts Source : Direction Analyse et Recherche Secteur bancaire 59
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    Un couple risque/rentabilitéfavorable, néanmoins à surveiller En ce qui concerne l’évolution du coefficient net d’exploitation consolidé, nous remarquons que seule Attijariwafa bank parvient à améliorer sa charge d’exploitation qui s’établit à fin 2009 à 40,8 %, en baisse de 7,4 pts sur la période. La banque parvient à maîtriser ses charges générales d’exploitation en dépit de la politique d’ouverture d’agences (248 agences ouvertes sur la période) et de ses actions de restructuration à l’étranger. Le Groupe Banques Populaires parvient, quant à lui, à contenir la progression de son ratio qui s’établit 46,9 %, en hausse de 1,1 pts. Malgré l’extension du réseau bancaire de 241 agences (TCAM de 11,8 %), le groupe bancaire parvient à contenir son ratio à un niveau satisfaisant par rapport à celui du secteur (47,5 %). BMCE bank, quant à elle, enregistre une hausse de 5,9 points de son coefficient d’exploitation sur la période, pour s’établir à 65,3 % en 2009. Pénalisée par la politique coûteuse d’ouverture d’agences au niveau national et de son investissement dans Médicapital bank (les charges de cette filiale passant de 228,8 MDh en 2007 à 359,3 MDh en 2008 pour une contribution au PNB consolidé de 204 MDh seulement), la banque pâtit de la non-optimisation de ses coûts d’exploitation, contrairement aux deux autres groupes bancaires. Évolution du coefficient net d’exploitation Évolution du coût du risque Attijariwafa bank GBP BMCE bank 2006 2007 2008 2009 64,8% 65,3% 58,9% 1,2% 54,7% 48,1% 48,1% 44,2% 46,9% 0,6% 45,8% 44,3% 40,8% 0,5% 0,5% 0,5% 43,0% 0,4% 0,4% 0,3% 0,2% 0,1% 0,0% 0,0% 2006 2007 2008 2009 ATW GBP BMCE Source : Direction Analyse et Recherche Dans un contexte de hausse du coût du risque pour les trois banques en 2009, marqué par une évolution moyenne de cet indicateur de plus de 40 pbs, les résultats d’exploitation consolidés affichent une croissance moyenne de 11,7 %, tirés par les croissances à deux chiffres d’Attijariwafa bank qui enregistre une évolution moyenne de 21,3 % et du Groupe Banques Populaires qui croît de 6,2 %. En effet, l’effort de provisionnement réalisé par les banques au niveau local, en raison de la dégradation de l’environnement économique ainsi qu’à l’international, à travers l’assainisse- ment des filiales acquises en Afrique, explique cette évolution défavorable de la charge de risque cette année. Enfin, le résultat net part du groupe enregistre une évolution moyenne pour les trois banques allant de -22,7 % pour BMCE bank à 20,2 % pour Attijariwafa bank. La contre-performance de BMCE bank en 2009 s’explique par la constatation d’une charge de risque de 1,1 MMDh. Évolution du résultat courant et du résultat net part de groupe (en MDh) Résultat d'exploitation Résultat Net Part de Groupe 2006 2007 2008 2009 TCAM 06-09 2006 2007 2008 2009 TCAM 06-09 Attijariwafa bank 3843,3 3909,1 5488,1 6861,6 21,3% 2267,4 2454,4 3118,0 3940,8 20,2% CPM 3622,3 3810,2 4302,3 4342,0 6,2% 2238,0 2600,3 2809,2 2833,0 8,2% BMCE bank 1368,5 1418,8 2028,4 1092,5 -7,2% 834,1 853,0 830,4 384,8 -22,7% Source : Direction Analyse et Recherche 60 Secteur bancaire
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    Un périmètre deconsolidation qui améliore significativement le rendement des actionnaires L’observation de la structure du RNPG par activité montre la contribution croissante des filiales marocaines et de l’activité à l’international des groupes Attijariwafa bank et BMCE bank. En effet, les filiales à l’international, prin- cipalement les filiales africaines, enregistrent ces trois dernières années des hausses respectives de 4,1 pts pour ATW et de 15,7 pts pour BMCE, soit des contributions respectives au RNPG 2009 de 6,5 % et 4,3 %. Les performances réalisées par les filiales tunisiennes et sénégalaises de Attijariwafa bank ainsi que de l’intégration de Bank Of Africa dans le périmètre de consolidation de BMCE bank en 2008 expliquent la progression de cette activité sur la période. La Banque de détail à l’international du Groupe Banques Populaires ne constitue pas un véritable relais de croissance de la banque puisque sa contribution au RNPG s’établit à fin 2009 à 2,9 %. L’activité « Sociétés de Financement » d’Attijariwafa bank et du CPM enregistre quant à elle une décélération sur la période 2007-2009, soit des baisses respectives de 4,4 pts et 3,2 pts. BMCE bank voit, quant à elle, cette acti- vité s’améliorer de 7,8 pts, conséquence des performances réalisées par ses filiales de crédit, principalement Maghrébail. Au niveau de l’activité Assurance et Immobilier d’Attijariwafa bank, celle-ci gagne 3,6 pts sur la période pour s’établir à 18,9 % du RNPG 09, boostée par la croissance bénéficiaire positive de Wafa Assurance. Enfin, le Groupe Banques Populaire tire sa croissance principalement de ses activités « Banque de Financement et Investissement » et « Banque de détail au Maroc », à savoir la Banque Centrale Populaire et ses filiales de crédit, pour des contributions respectives au RNPG 2009 de 32,3 % et 64,2 %. Contribution par activité au Résultat Net Part de Groupe Attijariwafa bank 2007 2008 2009 BMCE Bank 2007 2008 2009 Banque, Maroc Europe et offshore 68,7% 66,7% 65,5% Banque au Maroc 86,4% 68,7% 74,7% Sociétés de financement 13,7% 15,5% 9,2% Gestion d'actif 11,4% 5,9% 2,8% Assurance et Immobilier 15,3% 9,7% 18,9% Services financiers spécialisés 13,6% 16,9% 21,4% Banque de détail à l'international 2,3% 8,1% 6,4% Activités internationales -11,4% 8,5% 4,3% Autres - - 5,7% GBP 2007 2008 2009 Banque Financement et Investissement - 26,3% 32,3% Banque de détail au Maroc - 72,0% 64,2% Stés de financement spécialisés - 3,8% 0,6% Banque de détail international offshore - 1,8% 2,9% Intra-groupe - -3,8% 0,0% Source : Direction Analyse et Recherche Il apparaît à travers l’observation des ROE d’Attijariwafa bank et de BMCE bank que le périmètre de consolidation améliore de manière significative la rentabilité financière des établissements bancaires, et donc des actionnaires. À titre d’exemple, nous remarquons en 2009 que le périmètre de consolidation d’Attijariwafa bank lui permet de gagner 340 pbs de rendement par rapport à l’activité Maroc. Contribution par activité au Résultat Net Part de Groupe 21% 17% 17% 18% 18% 16%16%16% 16% 16% 15% 15%15% 13% 14% 13%14% 12% 12% 12% 13% 11% 7% 7% ROE ROE ROE ROE ROE ROE Activité Maroc consolidé Activité Maroc consolidé Activité Maroc consolidé ATW BMCE BCP Source : Direction Analyse et Recherche Secteur bancaire 61
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    Ainsi, les activitésà l’international apparaissent comme les principaux relais de croissance pour les groupes ban- caires. Cependant, la levée de dette obligataire pour financer cette croissance externe risque de peser, à long terme, sur la charge d’intérêt des banques à la marge de profitabilité réduite. Le défi majeur des banques qui élargissent leur périmètre de consolidation réside dans les délais d’optimisation des actifs acquis. L’acquisition de banques à l’international est source de développement mais nécessite égale- ment de développer de nouvelles capacités de surveillance et de gestion des risques. de capter la croissance naturelle du marché ; de gagner au mieux des parts de marché dans des pays, qui feront l’objet, à long terme, d’une féroce course de vitesse entre des acteurs le plus souvent mondiaux ; d’optimiser les coûts d’exploitation et de mieux appréhender les risques ; Les déploiements à l’international ne seront pas de longs fleuves tranquilles : instabilité politique et juridique, chocs culturels sont susceptibles de pénaliser le management en place. La croissance économique de la majorité des pays africains reste tributaire de facteurs exogènes tels les flux de liquidité en provenance des pays les plus riches, les cours internationaux du pétrole ainsi que ceux des matières premières. Notons cependant que malgré ces contraintes, les investisseurs s’intéressent à ces pays parce que les taux de ren- dement sont élevés par rapport à ceux des marchés matures et les possibilités de diversification incomparables. Aussi, la majorité des pays sont engagés dans des programmes structurants marqués par de forts investissements publics tels la mise à niveau des infrastructures du pays, le développement du secteur des services etc. 62 Secteur bancaire
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    Partie 3 Quels sont les relais de croissance des banques sur le marché domestique ainsi qu’à l’international ?
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    Quels sont lesrelais de croissance des banques sur le marché domestique ainsi qu’à l’international ? ..............................................................................63 Une banque de détail au potentiel de développement quelque peu consommé .................67 Les activités de Marché et d’Investissement, la bancassurance : des relais de croissance organique....................................................................................70 Les activités de Marché et d’Investissement, des gisements de revenus inexploités.......70 La bancassurance, une activité en plein essor ....................................................72 L’expansion internationale, une ambition commune ..................................................74 L'Afrique du Nord : un marché prometteur mais difficilement pénétrable ..................77 L'Afrique Sub-saharienne : un vivier de croissance encore inexploité ........................80 L'UEMOA : un potentiel de 80 millions de consommateurs ................................82 La CEMAC : terrain de chasse des banques marocaines.................................84 Secteur bancaire 64
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    La première sectionde notre note de recherche fait état du potentiel de croissance significatif du secteur ban- caire compte tenu du faible niveau de bancarisation et de la forte demande intérieure tant des ménages que des investisseurs privés. Interrogeons-nous dès à présent aux différentes niches de développement des groupes ban- caires dans les années à venir. La structure organisationnelle des banques marocaines repose sur différents segments d’activités, lesquels ciblent de multiples types de clientèle. Ainsi, si nous considérons l’architecture du groupe Attijariwafa bank comme exemple modèle de la banque commerciale marocaine, les différents segments d’activité existants sont : Modèle type d’une banque universelle au Maroc Banque des Particuliers Banque des Marocains Banque de l’entreprise et des Professionnels sans Frontière Banque Universelle Banque des Marchés et Banque de Détail à d’Investissement l’International Source : Direction Analyse et Recherche L’observation de la structure de l’activité bancaire montre qu’il existe deux grands compartiments : la banque commerciale qui regroupe la banque des particuliers et professionnels, la Banque des Marocains sans frontière et la banque de l’entreprise ; la banque des marchés et d’investissement qui réunit les activités de marché ainsi que le corporate finance. Intéressons-nous, dès lors, aux différents cycles de maturité de ces deux compartiments bancaires, au niveau local et international, afin de déceler les opportunités de croissance de chacun des segments dans les années à venir. S’il est certain que tous ces segments connaîtront un développement favorable eu égard au besoin structurel de financement de l’économie, les groupes bancaires qui réaliseront une forte croissance bénéficiaire et qui amélio- reront la rentabilité de leurs actionnaires seront ceux qui se positionnent au niveau des segments qui constitue- ront à moyen terme de véritables relais de croissance. Secteur bancaire 65
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    Cycle de maturitédes segments d’activité – Marché local / international Segments d’activité Marché local Marché international* Banque des Degré de croissance : moyen Degré de croissance : très élevé Particuliers et des Intensité concurrentielle : forte Intensité concurrentielle : faible Professionnels Limites : marges sous pression du fait de la Limites : coût d’implantation, de volatilité des taux d’intérêts et de la restructuration et de déploiement du concurrence élevée réseau, adaptation aux réalités locales Force : faible taux d’équipement de la Force : faible degré de bancarisation, clientèle, faible taux d’investissement, faible taux d’équipement de la clien- potentiel de développement des produits tèle, marges d’intermédiation très éle- de bancassurance vées Banque de l’entre- Degré de croissance : faible (Grandes Degré de croissance : très élevé prise Entreprises) ; moyen (PME) Intensité concurrentielle : moyenne Intensité concurrentielle : très forte Limites : nécessité d’une notoriété, Limites : segment à forte consommation de flux d’affaires naturel entre les filiales fonds propres, marges très faibles sur le étrangères et les banques du pays segment corporate, substitution progressive d’origine des filiales du marché financier au financement ban- Force : marges d’intermédiation très caire élevées sur le segment corporate, Force : importance des projets d’investisse- besoin structurel de financement des ment des entreprises publiques et privées entreprises publiques et privées, forte demande interne Banque des Marchés Degré de croissance : très élevé Degré de croissance : très élevé et d’investissement Intensité concurrentielle : moyenne Intensité concurrentielle : faible Limites : volatilité des résultats en fonction Limites : réglementation et fiscalité des conditions de marché et des risques, contraignantes (changes, taux, nécessité d’une notoriété matières premières) Force : potentiel de développement élevé, Force : marché financier très peu activité peu déployée, marges élevées développé, potentiel de croissance élevé, marché boursier à l’état embryonnaire Banque des Marocains Degré de croissance : moyen sans frontière Intensité concurrentielle : très forte Limites : évolution des transferts dépendant de la conjoncture interna- tionale, Force : poids des dépôts RME dans les ressources bancaires, développement de l’activité de banque de détail dans les pays d’implantation * marché actuel d’implantation des banques marocaines Source : Direction Analyse et Recherche Relais de croissance du secteur bancaire à moyen et long terme 66 Secteur bancaire
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    Il apparaît doncque les principaux relais de croissance des banques marocaines se situent sur le marché interna- tional, avec une particularité sur le marché local pour la Banque des Marchés et d’Investissement ainsi que l’acti- vité de bancassurance. A contrario, le potentiel de développement de la banque de détail au niveau local appa- raît très faible compte tenu de plusieurs facteurs structurels. Une banque de détail au potentiel de développement quelque peu consommé La banque de détail a subi ces dernières années de profonds changements. L’intensification de la concurrence a exercé une pression accrue sur la tarification et la maturité des consommateurs se renforce sous l’effet de la réglementation en vigueur qui incite à davantage de transparence. Ainsi, le ralentissement de la croissance de la marge d’intérêt (+5,6 % en 2009 contre +10,7 % un an plus tôt) témoigne du resserrement de la marge d’intermé- diation des groupes bancaires, principalement celles concernant les opérations avec la clientèle. La forte concurrence qui règne au niveau de l’activité de crédit, principalement les crédits à l’immobilier et les crédits de trésorerie, qui représentent plus de 51,5 % des encours globaux du secteur, a fortement comprimé les marges commerciales des banques. En effet, ces marges demeurent très faibles, à savoir une moyenne des taux débiteurs en 2009 de 5,8 % et de 6,6 % respectivement contre 7,3 % pour les autres types de crédit. Sur le volet des ressources, la bataille se fait rage au niveau de la collecte de dépôts à la clientèle, tirant à la hausse le coût de refinancement des banques de la place. Si l’effet volume a légèrement atténué la dégradation continue de la marge ces quatre dernières années, avec une hausse moyenne des crédits à la clientèle de 20,1 % sur la période 2006-2009, nous pensons que le secteur ban- caire devrait rompre avec la croissance à deux chiffres de l’activité de crédit dans les années à venir. Ceci devrait indubitablement impacter les revenus de la banque de détail dans en raison de : La baisse continue de la marge d’intermédiation sur opérations avec la clientèle, en particulier au niveau de la clientèle corporate du fait de son fort pouvoir de négociation des taux d’intérêts. En effet, nous observons que les principaux crédits à la clientèle de ces banques sont distribués à la clientèle entreprise. Si nous considérons qu’au moins 70 % de ces crédits sont distribués à la clientèle grande entreprise, force est de constater que la marge sur cette catégorie d’emprunteur est très faible compte tenu de son profil risque et de la capacité de cette dernière à négocier des taux débiteurs bas. Aussi, nous observons que les crédits immobiliers, distribués principalement aux particuliers, connaissent eux aussi une forte concurrence de taux entre les banques de la place compte tenu du potentiel de développement de ce secteur. Répartition des principaux crédits à la clientèle par emprunteur Secteur Privé Secteur Public Total 2009 (MMDh) Entreprises Particuliers autres Crédits de trésorerie ATW 0,8% 94,6% 3,9% 37,9 CPM 6,9% 87,8% 4,5% 29,6 BMCE 17,8% 74,1% 4,1% 17,3 Crédits à l'équipement ATW 7,6% 92,4% 34,1 CPM 5,4% 93,2% 1,4% 24,3 BMCE 18,9% 80,6% 14,1 Crédits immobiliers ATW 10,0% 90,0% 40,2 CPM 35,5% 64,5% 47,6 BMCE 42,8% 57,2% 22,8 Forte concentration des crédits au niveau des grandes entreprises et des particu- liers, ce qui implique des marges commerciales très faibles, compensées par un effet volume Source : Direction Analyse et Recherche Secteur bancaire 67
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    L’évolution des spreadsbancaires, qui correspondent à l’écart entre le taux débiteur moyen appliqué par les banques sur les principaux crédits à la clientèle et le taux sans risque (BDT selon maturité + marge minimale de 150 pbs) témoigne des faibles marges des banques, principalement la clientèle grande entreprise, qui parvient à négocier des taux d’intérêts proches de ceux appliqués à un profil sans risque. En effet, nous observons que les marges bancaires au niveau des crédits immobiliers sont très faibles, voire nulles, ce qui témoigne de la forte com- pétition des banques de la place pour améliorer leur taux de captation, sur un segment en plein essor, au détri- ment de leurs marges. Évolution des marges bancaires sur les principaux crédits à la clientèle 10,0% 7% 6% 8,0% 5% 6,0% 4% 3% 4,0% 2% 1% 2,0% 0% 0,0% -1% T1 2007 T2 2007 T3 2007 T4 2007 T1 2008 T2 2008 T3 2008 T4 2008 T1 2009 T2 2009 T3 2009 T4 2009 -2% T1 2007 T2 2007 T3 2007 T4 2007 T1 2008 T2 2008 T3 2008 T4 2008 T1 2009 T2 2009 T3 2009 T4 2009 BDT 20 ans (3) Taux moyen appliqué aux Crédits immobiliers (1) Taux BDT 5 ans (4) Taux moyen appliqué aux crédits à l'équipement (3) BDT 10 ans (2) Ecart Crédit immobilier et BDT 10 ans (1)-(2) Taux BDT 52s (2) Taux moyen appliqué aux crédits de trésorerie (1) Ecart Crédit immobilier et BDT20 ans (1)-(3) Ecart Crédit de trésorerie et BDT 5 ans (3)-(4) Ecart Crédit de trésorerie et BDT 1 an (1)-(2) Source : Direction Analyse et Recherche La banque de détail demeure une activité fortement consommatrice de fonds propres : face à une croissance à deux chiffres de l’activité de crédit et une structure des ressources clientèle de moins en moins favorable, les banques marocaines seront amenées à effectuer des recapitalisations. Aussi, la hausse des besoins régle- mentaires de fonds propres (ratio de solvabilité de 10% en 2010) contraindra les banques leaders à procéder à des opérations d’augmentation de capital ou à l’émission de dettes subordonnées. Ce besoin de recapitalisation a plusieurs inconvénients pour les banques, à savoir la dilution de l’actionnariat, la hausse du coût des res- sources (principalement les quasi-fonds propres) ainsi que le besoin de prospection d’investisseurs en capital. * Moyenne des spreads sur dettes subordonnées émises par les banques cotées Évolution des spreads dettes subordonnées* (pbs) Évolution du ratio de solvabilité 2007 2008 2009 88,75 92,5 * Activité consolidée 14,10% 12,72% 11,80% 11,14% 12,05% 12,02% 65 11,03% 10,12% 8,88% 2007 2008 2009 ATW BMCE GBP 68 Secteur bancaire
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    le coût durisque non négligeable de la clientèle PME qui constitue un frein pour la croissance de ce seg- ment : malgré le potentiel que représentent les petites et moyennes entreprises en tant que levier structurel de financement bancaire (cf. section 1), cette clientèle demeure très risquée pour les banques compte tenu de l’absence des garanties, la faiblesse des fonds propres et l’appartenance d’un grand nombre de PME à des sec- teurs très volatiles, voire risqués (textile, off-shoring, pêche etc..). Ainsi, nous estimons que la contribution, à moyen et long terme, des PME dans les revenus de la banque de détail ne sera pas suffisante pour constituer un vrai relais de croissance organique pour les principales banques de la place. la hausse du coût marginal d’acquisition de la clientèle des particuliers : si la politique d’extension du réseau bancaire répond à un besoin de développement de la bancarisation du pays, force est de constater que les régions qui disposent d’un faible potentiel économique enregistrent un taux de pénétration très bas. En effet, ces régions présentent peu d’intérêt pour les groupes bancaires car le flux d’affaires potentiel ne permet pas de rentabiliser l’effort d’investissement engagé. Ajoutons à cela que les groupes bancaires qui disposent d’un coefficient d’exploitation élevé ne disposent pas d’un levier financier suffisant pour se positionner dans des régions économiquement peu rentables. Ainsi, nous pensons que le coût d’acquisition d’une clientèle nouvelle limite la capacité de croissance de la banque de détail dans les années à venir. Répartition du réseau d’agences du secteur bancaire par région (2009) 1200 1036 49,4% du réseau bancaire du secteur est 1000 implanté dans trois régions marocaines. 800 600 399 400 313 303 267 218 186 180 200 135 132 127 97 82 32 24 7 0 Grand Casablanca Rabat-Salé Tensift-Al Haouz Doukkala-Abda Zemmour-Zaêr Oriental Tanger-Tétouan Souss-Massa-Draa Fès-Boulemane Béni Hssen Taza-Al Hoceima Taounate Tadla-Azilal Laâyoune-Boujdour Sakia El Hamra Oued Ed-dahab Lagouira Marrakech Gharb-Chrarda Guelmim-Es-semara Meknès-Tafilalet Chaouia-Ouardigha Source : Direction Analyse et Recherche Secteur bancaire 69
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    Les activités demarchés et d’Investissement, la bancassurance : des relais de croissance organique Si la banque de détail et la banque de l’entreprise occupent aujourd’hui un rôle majeur dans le financement des agents économiques, représentant de ce fait plus de 75% des revenus du secteur bancaire (base sociale), nous pen- sons que la banque des marchés et d’investissement recèle un important potentiel de développement au Maroc. Ayant abordé lors de la première section les leviers de développement de la banque de détail, à travers la ban- carisation et le soutien de la demande intérieure, intéressons-nous dès à présent à la banque des marchés et d’in- vestissement afin de voir si cette activité constitue un relais de croissance interne pour les banques. En effet, malgré le développement progressif des marchés de capitaux au cours de cette dernière décennie, l’impact sur la structure de l’activité bancaire et sur les résultats des établissements de crédit est resté très limité. Les effets en ont été peu sensibles sur l’activité d’intermédiation bancaire classique pour donner lieu aux phénomènes de désin- termédiation des crédits et des ressources et à la « marchéisation » des conditions de financement bancaire. Les activités de marchés et d’investissement : des gisements de revenus inexploités La Banque de Financement et d’investissement regroupe plusieurs activités à savoir la banque d’investissement qui comprend le conseil en opérations de fusion et acquisition ainsi que le corporate finance ; la banque de mar- chés qui englobe en son sein les activités opérées sur le marché primaire et secondaire ainsi que les opérations de structuration ; L’observation des résultats de la Banque de Financement et d’Investissement laisse apparaître une contribution décroissante de cette activité dans les indicateurs consolidés des groupes bancaires. Ceci s’explique principale- ment par l’évolution croissante des revenus de la banque de détail en raison des performances enregistrées au niveau de l’activité Maroc et par le biais des établissements de financement spécialisés entrant dans le périmètre de consolidation du groupe. La contribution moyenne du résultat des opérations de marché et des commissions nettes sur activités de marché par rapport au PNB consolidé s’élève pour Attijariwafa bank à 22,7%, à 19,4% pour BMCE bank et à 10,0% pour le Groupe Banques Populaires. Ce dernier pâtit des faibles performances de son activité des marchés et d’investis- sement. Résultat sur opérations de marché et commissions sur activités de marché / PNB consolidé 29,2% 2006 2007 2008 2009 28,1% 25,2% 22,0% 20,7% 19,3% 13,9% 10,9% 10,8% 10,1% 10,9% 8,4% ATW GBP BMCE Source : Direction Analyse et Recherche 70 Secteur bancaire
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    Notons que sila banque de financement et d’investissement contribue de manière modérée au niveau du Produit Net Bancaire Consolidé, celle-ci participe de manière significative au résultat net part du groupe des banques compte tenu du faible coefficient d’exploitation de cette activité. Nous pensons que le potentiel de développement de la banque de financement et d’investissement dans les années à venir est élevé eu égard : Au développement de la bourse dans les années à venir : en l’espace de quatre ans seulement, les entre- prises qui ont fait appel au marché boursier ont levé près de 75 MMDh, que ce soit par le biais des opéra- tions d’introduction en bourse, d’augmentations de capital ou d’émission d’emprunts obligataires. Ces opérations de marché ont constitué et constitueront à l’avenir une source de revenus croissante pour la banque de marché. À titre d’exemple, la bourse de Casablanca dénombre plus de 500 émetteurs poten- tiellement aptes à s’introduire en bourse dans le seul secteur des industries de transformation ; À l’ouverture à l’international d’entreprises publiques et privées : de nombreuses compagnies à l’image de Maroc Télécom, de l’ONE ou de l’OCP exportent leur savoir-faire, conquièrent de nouveaux marchés, dans un contexte de saturation de leurs parts de marché respectives au niveau local. Le développement de ces entreprises devra être accompagné par les activités de banque de financement et d’investissement, que ce soit en termes de conseil financier ou en opérations de change et matières premières ; À l’ouverture de la banque de Financement et d’Investissement sur les marchés internationaux : la crois- sance externe des banques marocaines va permettre aux activités de banques de marché de se dévelop- per dans de nouveaux pays et de drainer des flux de trésorerie additionnels. Secteur bancaire 71
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    La bancassurance :une activité en plein essor Le secteur des assurances a réalisé ces dernières années des performances satisfaisantes, à savoir : Un chiffre d’affaires de 20,9 MMDh en 2009, en croissance moyenne de 13,2% sur la période 2006-2009. L’activité de bancassurance représente 24,2% du volume d’activité global du secteur des assurances. Un résultat net des compagnies d’assurance de 3,0 MMDh, en évolution moyenne de 49,4% sur la période. Cette embellie des indicateurs financiers profite à l’ensemble des groupes bancaires disposant de filiales opérant dans ce secteur. L’activité du secteur a capitalisé sur la montée en puissance progressive de la branche vie grâce à l’essor de la bancassurance. Cette évolution, à partir de 2006, s’explique principalement par le développement de la commer- cialisation des produits d’assurance-vie à travers le réseau bancaire. Ainsi, nous pouvons prendre l’exemple des principales compagnies de la place qui, profitant des synergies avec leurs groupes bancaires respectifs, ont réa- lisé des performances très satisfaisantes au niveau de cette activité. En effet, la part de la bancassurance dans les primes émises Vie des trois principaux groupes bancaires s’établit à 90%. Les trois groupes bancaires ont donc réalisé un chiffre d’affaires de 4,3 MMDh dont plus de 90% émane du segment « vie et capitalisation », témoignant du succès des produits d’épargne retraite et éducation distribués dans les agences bancaires. Parts de marché des établissements bancaires – Primes émises bancassurance en 2008-2009 ATW BMCE CPM 14,6% 14,7% 43,6% 28,4 42,4% 31,1% Source : Ministère des finances L’assurance est un actif stratégique pour les banques. Celui-ci a permis aux groupes bancaires internationaux, notamment en période de crise des activités bancaires, de jouer le rôle d’amortisseur dans les comptes de résul- tat. En Europe, les banques les plus touchées par la crise des « subprimes » ne se sont pas séparées de leur acti- vité d’assurance, tant en vie qu’en dommages, en raison du poids prépondérant de cette dernière en termes de PNB et de résultats. En France, les activités d’assurance représentent en moyenne plus de 20% des résultats des banques de la place (hors résultat des activités de marché). Outre la part importante de l’assurance dans les bilans des banques européennes, le modèle retenu au lancement de l’activité d’assurance a toute son importance. Le modèle de filialisation est le plus créateur de valeur a contra- rio du modèle de l’intermédiation (partenariat sous forme de joint-venture entre banques et compagnies d’assu- rance pouvant être rompu à tout moment). 72 Secteur bancaire
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    À cet effet,au Maroc, le Groupe Banques Populaires pâtit de l’absence d’un modèle de filialisation qui pourrait apporter plus de synergies et qui constituerait un axe de développement stratégique pour la banque compte tenu de la taille de son réseau bancaire et de sa clientèle. Dans un marché mûr et très concurrentiel en matière bancaire, les principaux établissements bancaires trouvent dans la bancassurance une nouvelle source de profit. Les principaux facteurs de succès de la bancassurance dans les années à venir seront : L’environnement légal et fiscal : la réglementation nationale joue un rôle primordial et les avantages fis- caux octroyés par l’État favorisant l’épargne individuelle sont les clés du succès de la bancassurance. Dans ce cadre, le nouveau contrat-programme du secteur des assurances prévoit plusieurs mesures phares dont les principales sont l’instauration de nouvelles assurances obligatoires, la suppression de la taxe de 3,5% sur les produits de capitalisation ainsi que la couverture de 5,5 millions de micro-entrepreneurs à l’hori- zon 2014; L’amélioration du taux de bancarisation ainsi que le développement de l’activité de crédit : l’expansion des zones urbaines incite les banques à ouvrir de nouvelles agences, ce qui permettra au secteur de la ban- cassurance de s’imposer davantage sur le marché. Aussi, la croissance des crédits immobiliers et des cré- dits à la consommation favorisera naturellement l’expansion de cette activité dans les années à venir; Le faible taux de pénétration de l’assurance-vie : le potentiel de développement de l’activité vie est important, ce qui va permettre aux banques d’accroître leurs parts dans la collecte de l’épargne longue. Le projet de LDF 2011 accorde dans ce sens une attention particulière au développement de l’épargne à long terme à travers les incitations fiscales en faveur des différents plans d’épargne (Action, Education, Logement) ; La libéralisation des autres branches de l’assurance, dont l’assurance sur les biens immobiliers et les risques divers qui représente plus de la moitié des recettes globales enregistrées par le secteur; La prise en compte des besoins et de l’environnement du client au-delà de la logique d’offre produit basique : il s’agit pour les groupes bancaires marocains de repenser la logique de l’offre pour satisfaire les nouveaux besoins des clients et s’ouvrir aux marchés de la santé, de la prévoyance et de la retraite. Secteur bancaire 73
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    L’expansion internationale, uneambition commune Dans un environnement marqué par la mondialisation, le progrès technologique et la déréglementation, l’indus- trie bancaire a connu durant cette dernière décennie une profonde évolution. L’intensification de la concurrence interne a incité l’ensemble des banques, dans le monde, à mener une réflexion sur leur chaîne de valeur sur les marchés domestiques mais également sur les modalités de croissance externe. Si les banques se sont installées à l’étranger par la voie de la croissance organique, les opérations de fusion et acquisition ont constitué le vecteur de la stratégie d’internationalisation des banques. L’exemple le plus frappant est celui du Royaume-Uni, dont plus de la moitié des actifs bancaires est détenue par des banques étrangères. L’internationalisation des banques dépend de plusieurs facteurs, principalement le potentiel de croissance des marchés ciblés, la compréhension des réalités locales et les relations historiques entre pays. Ce besoin de déve- loppement à l’international peut s’expliquer par : La maturité du marché local : Un faible potentiel de croissance sur le marché national pousse natu- rellement les banques à rechercher des relais de croissance externe. Aussi, une forte concentration bancaire réduit les banques cibles sur le marché local et conduit à la recherche d’opportunités à l’in- ternational. Enfin, dans un marché fortement concurrentiel, la tendance baissière de la marge d’in- termédiation incite les banques à rechercher des taux de croissance élevés sur des marchés à fort potentiel de développement ; Le phénomène de globalisation : la déréglementation des marchés, la mondialisation ainsi que l’im- portance des flux financiers et commerciaux entre les pays d’origine et les pays cible ont poussé les établissements bancaires à accompagner leurs clients dans leur développement hors de leurs marchés domestiques.. Aussi, les opérations de privatisation et/ou d’assainissement du système financier de pays émergents ou en voie de développement facilitent l’acquisition de banques locales ; La recherche de nouveaux relais de croissance : l’appétence pour le développement international se justifie par la volonté des banques de rechercher des relais de croissance dans des marchés à faible maturité : le besoin de bancarisation, le développement des ventes croisées, la gestion d’actifs sont autant de facteurs qui motivent l’acquisition des banques dans ces marchés. Principaux facteurs d’internationalisation bancaire Maturité du marché local Globalisation et mondialisation Internationalisation bancaire Recherche de relais de croissance Source: Direction Analyse et Recherche 74 Secteur bancaire
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    Au Maroc, lebesoin d’internationalisation des principaux groupes bancaires est né de la conjonction des trois fac- teurs précités : • Le marché bancaire marocain est fortement concentré avec une part de marché cumulée dans la banque de détail de plus de 60%, détenue par les trois premiers groupes bancaires marocains. Aussi, la tendance baissière de la marge d’intermédiation pousse ces derniers à rechercher des sources de revenus au-delà des frontières. Notons cependant que le marché bancaire marocain est loin d’être un marché mature compte tenu du faible taux de bancarisation et de l’évolution croissante de la demande intérieure ; • Le poids important des secteurs exportateurs dans l’économie marocaine, ainsi que le positionnement de grandes entreprises à l’international tels OCP, IAM, Managem etc poussent les banques à se développer à l’in- ternational pour attirer ce flux d’affaires. Aussi, les opérations de privatisation récentes du secteur bancaire de certains pays africains incitent les banques marocaines à se positionner en amont ; • Enfin, le faible taux de bancarisation ainsi que le potentiel de croissance de l’activité économique des pays voisins sont autant de facteurs qui incitent les groupes bancaires marocains à se positionner au niveau de ces marchés. Ainsi, si nous observons les marchés cibles potentiels que les banques marocaines peuvent atteindre, en tenant compte des aspects économiques de ces régions, et de leurs degrés de maturités, nous pouvons tirer les conclu- sions suivantes : Le marché nord-américain et européen : ce sont des marchés très matures, particulièrement concurren- tiels, avec des taux de pénétration bancaire des plus élevés dans le monde. Les pays de ces régions pos- sèdent des taux de bancarisation très élevés avec une moyenne de plus de 2000 comptes bancaires pour 1 000 adultes en comparaison avec une moyenne de 661 comptes pour 1 000 adultes dans les pays en déve- loppement. À titre d’exemple, la France, l’Allemagne et les Etats-Unis qui disposent de taux de bancari- sation dépassant les 95% et d’un nombre d’établissements de crédit allant de 349 banques pour la France à plus de 16 878 institutions bancaires aux USA. L’internationalisation des banques marocaines vers ces régions est impossible, si ce n’est pas le biais de l’implantation de filiales dans les pays à forte commu- nauté maghrébine, afin d’attirer les flux financiers de ces derniers vers le Maroc ; Le marché asiatique et d’Amérique du Sud : ces deux marchés représentent des potentiels de développe- ment pour les pays européens et américains qui ont des relations économiques et politiques historiques avec ces marchés cibles. Aussi, les barrières économiques et linguistiques ne permettent pas aux banques marocaines de s’implanter dans ces régions ; Le marché africain : il s’agit d’un marché peu bancarisé, au système financier peu développé. Les pays de ce continent ont un potentiel de croissance économique très important. Les banques marocaines peuvent implanter des relais de croissance dans ces pays. Secteur bancaire 75
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    Marché cible pourles banques marocaines Le continent africain constitue le mar- ché bancaire cible pour les banques marocaines désireuses de réaliser des opérations de croissance externe Source: Direction Analyse et Recherche La croissance des pays africains en moyenne de plus de 5% sur cette décennie témoigne du potentiel économique et financier que représente ce continent dans les années à venir. Cependant, la pérennité de cette croissance ne peut se faire sans un secteur financier solide, capable d’améliorer le climat des affaires et de jouer le rôle de locomotive pour l’économie de ces pays. Sachant que les places boursières de ces pays sont à l’état embryonnaire, le secteur bancaire apparaît comme le principal outil de financement des économies. Notons toutefois, que dans le continent africain, l’Afrique du Sud sort du lot puisqu’il s’agit d’une économie développée, disposant d’un sys- tème financier stable, bien régulé et dont le taux de bancarisation est le plus élevé d’Afrique (près de 60%). Dans ce contexte, nous allons nous intéresser à deux régions, à savoir l’Afrique du Nord et l’Afrique Subsaharienne qui représentent des marchés potentiels pour l’exportation des banques marocaines. 76 Secteur bancaire
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    L’Afrique du Nord: un marché prometteur mais difficilement pénétrable Les pays d’Afrique du Nord connaissent ces dernières années, une croissance économique soutenue, marquée par une hausse des revenus des hydrocarbures pour les pays exportateurs de pétrole, tels l’Algérie et la Libye, et par une dynamique au niveau des secteurs secondaires et tertiaires de pays tels la Tunisie et l’Egypte. Les systèmes financiers de ces pays se caractérisent par un manque de services bancaires et financiers, une domination des banques publiques, et un faible taux de bancarisation. La plupart de ces pays se sont engagés au début des années 2000 à moderniser le secteur bancaire à travers des opérations de privatisation et de restructuration. Ainsi, l’im- plantation d’établissements bancaires internationaux a favorisé la modernisation du secteur mais le poids des banques publiques demeure élevé, marqué par des taux de contentieux à deux chiffres et de faibles taux de pro- visionnement. Source : Direction Analyse et Recherche Les secteurs bancaires de ces pays se caractérisent par : Algérie : le secteur bancaire est composé de six banques publiques. Douze banques étrangères, dont cinq banques françaises détiennent 10% des actifs du secteur. Le taux de bancarisation dans ce pays est faible avec un guichet bancaire pour 25 000 habitants. Le taux de contentieux est très élevé, au-delà des 20% des encours de crédit accordés. Le marché interbancaire est peu dynamique et les entreprises publiques se financent majoritairement auprès des banques étatiques. Le FMI a encouragé l’État à ouvrir les banques aux capitaux privés, et à poursuivre le processus de privatisation dans le cadre de la réforme du secteur financier. Les modes de financement non bancaires sont peu développés, le marché action étant à l’état embryonnaire. Les banques françaises installées, disposent d’un réseau de plus de 100 agences et accom- pagnent les entreprises exportatrices et les filiales françaises installées. Mauritanie : la modernisation du secteur bancaire mauritanien a débuté en 2007 et s’est traduite par l’ou- verture du secteur à la concurrence. Plusieurs banques étrangères ont obtenu des agréments pour s’im- planter dans ce pays au faible taux de bancarisation (4%, soit le plus faible taux de la région). Le système bancaire de ce pays se caractérise par l’étroitesse du marché compte tenu de la taille de la population (3,4 millions d’habitants), par le taux de contentieux le plus élevé de la région, soit 28.0% en 2008 ainsi que l’absence de culture du crédit puisque plus de 80% des transactions sont réalisées en monnaie fidu- ciaire. Secteur bancaire 77
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    Libye : lepays est en pleine mutation économique. L’abondance des ressources pétrolières et gazières assure à l’économie libyenne une sécurité financière et économique. Des réformes structurelles ont été engagées par le pays visant à libéraliser l’économie et à privatiser le secteur public. La banque centrale détient plus de 40% des actifs bancaires, ce qui a poussé l’état libyen à s’engager dans un processus de privatisation du secteur, encourageant l’entrée de banques étrangères dans le pays. Plus de 20 bureaux de représentation de banques étrangères sont implantés à Tripoli. Tunisie : le secteur bancaire tunisien s’est métamorphosé durant cette décennie, passant d’un secteur pro- tégé et fermé à un acteur jouant le rôle de moteur de la croissance économique du pays. L’ouverture éco- nomique du pays a nécessité la restructuration du système financier et la privatisation du secteur ban- caire. Ainsi, en 2008, le secteur dispose de 20 établissements bancaires, dont 30% de banques publiques. Le taux de pénétration de comptes bancaires auprès de la population adulte s’établit à 1 125 comptes pour 1 000 adultes, soit le niveau le plus élevé au Maghreb. Cependant, le taux de contentieux dans ce pays demeure élevé pour s’établir à plus de 17% en 2008. Egypte : La restructuration du secteur bancaire lancée en 2004 a permis un mouvement de concentration des banques de la place, passant de 62 banques à 39 banques en 2008. La nouvelle réglementation ban- caire favorise le rachat des banques existantes et non l’attribution de licences nouvelles. Le secteur reste dominé par trois banques publiques qui concentrent la moitié du réseau d’agences et des dépôts. Les banques privées se développent de plus en plus favorisant l’expansion du crédit. Indicateurs bancaires des pays d’Afrique du Nord Algérie Mauritanie Tunisie Libye Egypte Population 35,2 millions 3,4 millions 10,5 millions 6,2 millions 81,7 millions Taux de bancarisation 34% 4,0% 50,0% nd 30,0% Nombre de banques 20 10 20 13 39 Nombre de guichets 1 301 72 1 167 nd 3 443 Ratio crédits / dépôts 0,0% 119,0% 106,3% 173,7% 52,7% Taux de contentieux 20-23%* 28,0% 17,8% 20,2% 4,6% Ratio de solvabilité 16,5% 31,9% 11,7% 16,2% 14,3% Source : Banques centrales, Direction Analyse et Recherche Le passage en revue des différents secteurs bancaires de la région d’Afrique du Nord, montre que les systèmes financiers de ces pays sont en pleine modernisation, avec un désengagement progressif de l’État. Les opérations de privatisation, principalement en Algérie, devraient encourager les banques marocaines, à l’avenir, à se posi- tionner en amont. Cependant, les différends politiques ainsi que le durcissement de la loi sur les banques étran- gères (obligation de l’État de détenir au minimum 51 % des banques étrangères et droit de préemption en cas de cession) pourraient freiner les ambitions de développement de banques marocaines dans ce pays. L’acquisition de banques en Egypte et en Libye paraît difficile compte tenu de la forte présence de banques anglo-saxonnes et de barrières linguistiques et légales qui pousseront naturellement ces États à favoriser des banques historiquement et culturellement bien installées. Enfin, le marché bancaire mauritanien est un marché certes prometteur mais étroit eu égard à la taille de sa population et au nombre de banques déjà installées. Si la Tunisie dispose d’un secteur financier parmi les plus modernes de la région, le positionnement des banques marocaines dans ce pays permettrait à ces dernières d’accompagner le processus de concentration des banques de la place. En effet, ce pays connaît une restructuration de son système bancaire, passage obligé pour l’amélio- ration des performances et des indicateurs de risque du secteur dans sa globalité. 78 Secteur bancaire
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    C’est dans cecadre qu’Attijariwafa bank, en Novembre 2005, répondant à l’appel de privatisation de la Banque du Sud en Tunisie remporte la mise en s’adjugeant 53% de cette banque. Attijariwafa bank était consciente de ses atouts, à savoir la connaissance fine et pertinente des réalités du pays, qu’elles soient réglementaires, juridiques ou relationnelles, ainsi que sa capacité à déployer son modèle de développement tout en permettant une large adaptation locale. Après une période de consolidation des fonds propres et de redressement, Attijariwafa bank réussit son pari puisque les performances commerciales d’Attijari Tunisie sont très satisfaisantes ; preuve en est la croissance moyenne du PNB de 22% et le retour à un résultat bénéficiaire en l’espace de trois ans. Évolution des principaux indicateurs d’Attijari bank (Tunisie) (millions DTN) 2006 2007 2008 2009 TCAM 06/09 Dépôts à la clientèle 1 730,6 1 941,6 2 410,4 2 799,0 17,4% Crédits à la clientèle 1 514,6 1 704,0 1 963,0 2 232,0 13,8% Total bilan 2 169,8 2 367,6 2 839,7 3 477,1 17,0% Total fonds propres 100,0 95,7 137,0 240,8 34,0% PNB 81,5 104,8 128,6 147,9 22,0% RBE 25,8 41,5 60,0 69,5 39,1% Résultat net -176,4 -9,4 40,8 46,8 ns Coefficient d'exploitation 68,3% 60,4% 53,3% 53,0% -15,3 pts Réseau d'agences 92,0 99,0 138,0 142,0 15,6% Source : Attijari Tunisie L’implantation réussie de la filiale marocaine montre que le déploiement régional des banques marocaines peut être créateur de valeur dès lors que: l’on considère ce marché cible comme un vecteur de croissance pour le groupe, l’on tienne compte des réalités locales et que l’on s’inscrive dans une politique volontariste de dévelop- pement du crédit et de financement bancaire de l’économie. Secteur bancaire 79
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    L’Afrique Sub-saharienne :un vivier de croissance encore inexploité L’Afrique sub-saharienne apparaît comme étant le marché cible idéal pour toute banque internationale désireuse de diversifier ses activités et d’améliorer sa rentabilité. Cette région du monde est caractérisée par une croissance économique en constante évolution du fait de la richesse des pays en matières premières et ressources naturelles. Malheureusement, les systèmes financiers de ces pays sont peu développés et ne permettent pas aux banques de jouer parfaitement leur rôle de transformation du fait de la faible bancarisation de la population. Plusieurs régions ou communautés économiques et monétaires existent en Afrique Sub-saharienne, à savoir : L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) regroupant huit pays d’Afrique de l’Ouest, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, Niger, le Sénégal et le Togo La Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) regroupant six pays : le Congo, le Cameroun, la Centrafrique, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad ; La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) regroupant le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Burundi et le Rwanda La Communauté de développement d’Afrique Australe (SADC) comprenant quinze pays, notamment l’Afrique du Sud, la Namibie, l’Angola, la Zambie etc.. Principales unions et communautés économiques monétaires africaines UEMOA CEMAC EAC SADC Source : Direction Analyse et Recherche 80 Secteur bancaire
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    Les pays deces deux régions se différencient par leur géographie (pays enclavés, côtiers), par la diversité de leurs ressources naturelles (pétrolières, non pétrolières etc..) et par leur dépendance aux investissements directs étran- gers. L’observation des indicateurs macro-économiques de ces régions durant cette décennie montre une amélio- ration notable des équilibres fondamentaux des pays, à savoir une croissance positive du PIB, une hausse de la part de l’investissement, de la masse monétaire etc. Évolution des principaux indicateurs macro-économiques des régions d’Afrique Sub-saharienne UMEAO CEMAC 1997-2003 2004-2009 Evol. 1997-2003 2004-2009 Evol. Croissance PIB réel (%) 3,2% 3,5% +0,3 pt 5,8% 5,4% -0,4 pt Croissance PIB réel, hors pétrole (%) 3,2% 3,4% +0,2 pt 5,7% 8,1% +2,4 pt Prix à la consommation (%) 2,7% 3,1% +0,4 pt 2,7% 3,1% +0,4 pt Investissement total (% PIB) 16,1% 18,9% +2,8 pt 23,7% 23,8% +0,1 pt Épargne intérieure (% PIB) 13,4% 11,6% -1,8 pt 30,0% 38,0% +8,0 pt Masse monétaire (% PIB) 22,8% 28,7% +5,9 pt 13,6% 16,0% +2,4 pt Exportations de BS (% PIB) 30,0% 30,8% +0,8 pt 42,0% 53,2% +11,2 pt Importations de BS (% PIB) 32,5% 37,2% +4,7 pt 35,8% 36,8% +1,0 pt Balance commerciale (% PIB) 2,3% -1,7% -4,0 pt 17,4% 28,5% +11,1 pt Réserves (mois import. BS) 3,6 6,1 +2,5 pt 1,0 4,9 +3,9 pt EAC SADC 1997-2003 2004-2009 Evol. 1997-2003 2004-2009 Evol. Croissance PIB réel (%) 4,0% 6,3% +2,3 pt 3,2% 5,3% +2,1 pt Croissance PIB réel, hors pétrole (%) 4,0% 6,3% +2,3% 3,4% 5,5% +2,1 pt Prix à la consommation (%) 6,9% 9,5% +2,6 pt 19,8% 8,1% -11,7 pt Investissement total (% PIB) 15,1% 21,9% +6,8% 17,4% 20,0% +2,6 pt Épargne intérieure (% PIB) 6,4% 10,0% +3,6 pt 17,9% 19,4% +1,5 pt Masse monétaire (% PIB) 25,3% 29,3% +4,0 pt 48,9% 59,4% +10,5 pt Exportations de BS (% PIB) 16,2% 21,5% +5,3 pt 30,9% 36,3% +5,4 pt Importations de BS (% PIB) 24,7% 32,4% +7,7 pt 30,4% 36,0% +5,6 pt Balance commerciale (% PIB) -7,4% -12,4% -5,0 pt 2,7% 3,7% +1,0 pt Réserves (mois import. BS) 4,5 5,1 +6,0 pt 3,6 4,2 +6,0 pt Source : Banque Mondiale Dans ces conditions, intéressons-nous dès à présent à la structure et aux fondamentaux des secteurs bancaires de ces régions. Nous limiterons notre recherche aux régions d’Afrique Centrale et d’Afrique de l’Ouest sachant que les régions d’Afrique de l’Est et d’Afrique Australe sont pour la plupart d’anciennes colonies britanniques. En effet, nous considérons que l’implantation des banques marocaines dans ces régions est très difficile en raison de : la taille des secteurs bancaires : ces régions sont composées d’un nombre élevé de banques et d’un réseau d’agences important et les établissements anglo-saxons sont fortement présents, occupant les rangs de leader en termes d’actifs et de dépôts. À titre d’exemple, au Kenya et en Tanzanie, le secteur est composé respecti- vement de 45 et 36 banques, et des banques telles Barclays, Sandard chartered, Citi bank concentrent plus de 50% des actifs, et plus de 50% des dépôts et crédits ; les barrières politiques, culturelles et linguistiques, qui constituent un réel handicap pour l’exportation des banques marocaines dans ces deux régions ; Secteur bancaire 81
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    L’UEMOA : unpotentiel de 80 millions de consommateurs Les secteurs bancaires de la région d’Afrique de l’Ouest se caractérisent par un faible taux de bancarisation, qui s’établit en moyenne à 6,1% en 2008. Le nombre de banques implantées dans chacun des pays de la région ne dépasse pas la vingtaine et le taux de contentieux est très élevé, s’établissant en moyenne à 18,3%. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire s’accapare 52,1% du total actif bancaire de la région. La marge d’intermédiation s’élève en moyenne à 7,9% et le ROE s’établit à 11,0%. L’ensemble de ces indicateurs bancaires témoigne du potentiel de développement de cette région compte tenu du levier de bancarisation mais surtout de l’importance des revenus sur opérations avec la clientèle qui demeure par- ticulièrement élevé par rapport à l’ensemble des pays industrialisés et émergents. Indicateurs bancaires des pays de la région UEMOA Bénin Burkina-Faso Côte d'Ivoire Guinée Mali Niger Sénégal Togo UEMOA Population 7,4 millions 13,1 millions 18,8 millions 1,3 millions 11,1 millions 12,4 millions 10,6 millions 5,2 millions 79,9 millions Taux de bancarisation 9,60% 10,0% 10,70% 4,70% 10,20% 1,90% 11,60% 21,60% 6,10% Nombre de banques 12 12 18 4 13 10 16 11 96 Parts de marché* 12,6% 11,2% 28,1% 0,7% 12,7% 4,4% 24,0% 6,5% 100,0% Taux brut de contentieux 17,5% 15,6% 17,9% 7,0% 27,6% 15,9% 16,7% 13,5% 18,3% Taux de provisionnement 50,7% 65,9% 79,2% 48,9% 65,9% 88,3% 49,3% 71,6% 64,5% Marge d'intermédiation 6,7% 7,5% 8,5% 10,6% 7,9% 8,3% 7,1% 6,8% 7,9% ROE 0,3% 6,3% 11,2% 5,0% 13,3% 20,7% 13,5% 11,9% 11,0% * Total bilan UEMOA Source: rapports commissions bancaires UEMOA, CEMAC Dans ce sillage, les banques marocaines se sont fortement intéressées aux possibilités d’internationalisation dans cette région. C’est ainsi que : Attijariwafa bank acquiert en 2007 plus de 66% de la Banque Sénégalo-Tunisienne, après avoir développé ses acti- vités en Greenfield au Sénégal pendant plus de six mois, et saisit une opportunité de marché, à savoir la cession de la participation du groupe agro-industriel Mimran de 79% de la Compagnie Bancaire d’Afrique Occidentale. Ainsi, CBAO devient la banque leader au Sénégal avec un réseau bancaire de 54 agences bancaires une part de marché au niveau de l’activité de crédit et de dépôt dépassant les 25%. La filiale sénégalaise du groupe Attijariwafa bank devient de ce fait la première banque de l’UEMOA en termes d’actifs et d’encours de dépôts. Principales banques de la région MENA Banque Pays PDM Bilan PDM Dépôts CBAO Sénégal 6,3% 6,0% SGBCI Côte d'Ivoire 5,5% 5,7% SGBS Sénégal 4,9% 4,9% BOA Bénin 4,2% 3,9% BICICI Côte d'Ivoire 3,2% 3,6% Source : rapports UEMOA, CEMAC En 2008, la banque continue son expansion régionale et acquiert 51% de la Banque Internationale pour le Mali. Cette récente acquisition permet au groupe bancaire de devenir la deuxième banque du pays avec un réseau de 60 agences et une part de marché de 46% au niveau de l’activité de collecte de dépôts. 82 Secteur bancaire
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    À la finde l’année 2008, Crédit Agricole France cède ses participations dans cinq filiales africaines permettant ainsi au groupe Attijariwafa bank de s’implanter dans quatre pays nouveaux, dont la Côte d’Ivoire. Le groupe bancaire devient donc le troisième groupe bancaire de la région en terme de PDM Total bilan et le deux- ième plus grand réseau bancaire, suite à l’intégration de la Société Ivoirienne de Banque et le Crédit du Sénégal dans le périmètre de consolidation en 2009. Principaux groupes bancaires de l’UEMOA Principaux groupes bancaires Nbre de pays d'implantation PDM actifs totaux PDM réseau bancaire PDM comptes clientèle Eco bank 8 13,2% 12,8% 12,2% Société Générale 4 12,8% 9,2% 10,6% ATW 3 11,3% 11,5% 9,9% BoA 6 10,8% 5,8% 7,7% BNP Paribas 5 9,4% 8,6% 7,8% AFG 8 5,1% 10,1% 2,7% Groupe Crédit Agricole 2 3,4% 1,7% 2,7% Total 62,5% 56,8% 49,8% Source: rapports UEMOA, CEMAC BMCE bank montre également son intérêt pour le continent noir en 2007 avec l’acquisition de 35% de Bank Of Africa en 2007, 7,5% d’additionnel en 2008 et enfin 12,5% du capital du groupe africain acquis en 2010. Cette acquisition va permettre à l’établissement de détenir un groupe bancaire, classé quatrième au niveau de l’UEMOA. Il faut savoir que BOA est implanté également en Afrique Australe (SADC) à travers des filiales au Kenya, en Tanzanie et en Uganda. Le groupe bancaire possède également 27,4% de la Banque de Développement du Mali, première banque du pays avec des PDM respectives de 29,3% et 20,3% au niveau des dépôts et crédits. Réseau Bank Of Africa implanté dans la région UEMOA Bank Of Africa Nombre d'agences Part actionnariat BOA BOA Sénégal 11 66,40% BOA Burkina-Faso 12 50,60% BOA Côte d'Ivoire 11 74,00% BOA Bénin 15 45,20% BOA Mali 13 48,50% BOA Niger 10 44,40% Source: rapports UEMOA, CEMAC Le Groupe Banques Populaires possède, quant à lui, une filiale en Guinée. Si le secteur bancaire de ce pays est composé de quatre banques seulement, la contribution de celui-ci au niveau de la région est très faible, soit 0,7% de PDM au niveau du total bilan. La filiale de la banque, la BP Maroco-Guinéenne dispose d’un réseau de trois agences bancaires. Secteur bancaire 83
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    La CEMAC :terrain de chasse des banques marocaines Au niveau de la région d’Afrique Centrale, il existe 43 établissements bancaires répartis entre six pays. Le taux de bancarisation moyen est similaire à celui observé dans la région UEMOA. Le Cameroun, le Congo et le Gabon détiennent plus de 88% de PDM au niveau des crédits et 76% des dépôts à la clientèle. Le taux de contentieux de la région s’établit à 8,4% et la marge d’intermédiation dépasse les 8%, des ratios plus favorables que ceux de la région UEMOA. Indicateurs bancaires des pays de la région CEMAC Cameroun Centrafrique Congo Gabon Guinée Equatoriale Tchad CEMAC Population 18,5 millions 4,5 millions 3,9 millions 1,5 millions 0,6 millions 11,3 millions 40,3 millions Nombre de banques 12 4 7 7 4 9 43 Nombre de guichets 128 12 46 43 14 20 263 PDM total bilan 41,12% 1,93% 11,96% 23,90% 15,08% 6,02% 100,0% PDM réseau bancaire 52,2% 4,9% 18,8% 17,6% 5,7% 8,2% 100,0% PDM dépôts 42,0% 2,0% 13,0% 21,0% 16,8% 5,7% 100,0% Taux brut de contentieux 12,9% 30,1% 1,6% 7,9% 10,7% 8,5% 8,4% Taux de provisionnement 96,5% 88,2% 100,0% 88,6% 139,1% 100,0% 99,6% Ratio Crédits / dépôts 59,8% 102,0% 33,2% 61,3% 49,5% 77,7% 61,8% Marge d'intermédiation 7,0% 7,6% 11,0% 9,8% 10,3% 9,9% 8,7% Source: rapports UEMOA, CEMAC Les trois grands groupes marocains sont implantés dans cette région qui bénéficie de conditions macro-écono- miques très favorables, marquées par une croissance moyenne du PIB de 6,0% contre 3,6% pour la région UEMOA. Attijariwafa bank détient 91,0% du Crédit du Congo, banque disposant de 7 agences. Elle détient également 59% de l’Union Gabonaise des Banques, qui occupe le troisième rang du pays avec des parts de marché supé- rieures à 20% au niveau des crédits et des dépôts et d’un réseau de 3 agences. Enfin, le groupe possède 65% de la Société Camerounaise de Banque, quatrième banque du pays avec un réseau de 15 agences et une part de marché de 15% au niveau de l’activité de banque de détail. BMCE bank détient 25% de La Congolaise de Banque. La banque est leader au Congo avec des parts de marché respectives de 27,6% et 26,5% au niveau des dépôts et crédits. Le secteur se compose de six banques et concentre 13,0% des dépôts de la région CEMAC. Le Groupe Banques Populaires est présent en Centrafrique depuis les années 80, à travers une filiale dénom- mée la BP Maroco-Centrafricaine. Le système bancaire en Centrafrique est composé de quatre banques et d’une PDM bilan et dépôts dans la région MENA avoisinant 2%. Implantation des banques marocaines dans les principaux pays de la région CEMAC Cameroun Nbre guichets Actionnariat principal % détenu Congo Nbre guichets Actionnariat principal % détenu BICEC 27,0 SIBP 52,5% BCI 16,0 SIBP 99,0% SGBC 21,0 SG 58,1% La Congolaise de Banque 9,0 Particuliers 56,0% Eco Bank 15,0 Eco bank 79,6% ATW 7,0 ATW 81,0% SCB - Groupe ATW 15,0 ATW 65,0% BGFI bank 3,0 BGFI 60,0% CBC bank 9,0 Particulier 25,0% Eco Bank 1,0 Eco bank 100,0% Amity bank 9,0 Particulier 51,3% BESC 1,0 ESA 90,0% NFC Bank 8,0 Particulier 62,0% Citibank 2,0 Citi bank 100,0% UBA 2,0 UBA 99,9% Gabon Nbre guichets Actionnariat principal % détenu République de Centrafrique Nbre guichets Actionnariat principal % détenu BCI 15,0 BNP 47,0% Eco bank 3 Eco bank transnational 75,0% BGB 10,0 Etat 100,0% BP Maroco-Centrafricaine 1 BCP 62,5% BGFI bank 7,0 Entreprises et privés 53,0% BSIC - RCA Etat Libyen 45,0% UGB - Groupe ATW 3,0 ATW 58,8% Commercail Bank centrafrique 3 Particuliers 53,3% Citibank 2,0 Citi bank 100,0% BHG 1,0 BGD 78,4% FBC 1,0 FBC 81,1% Source: rapports UEMOA, CEMAC 84 Secteur bancaire
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    L’observation des secteursbancaires des deux unions ou communautés économiques et monétaire de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique Centrale montre que les groupes bancaires marocains, principalement Attijariwafa bank et BMCE bank sont fortement implantés. Cependant, les stratégies d’internationalisation des trois groupes bancaires sont foncièrement différentes. Attijariwafa bank, l’export d’un modèle qui a fait ses preuves à l’échelle locale Attijariwafa bank se positionne dans des pays, à l’affût de potentielles cessions ou privatisations de banques locales avec pour principal objectif la prise de participation majoritaire et la gestion de la filiale. L’objectif étant de permettre au groupe bancaire d’exporter son modèle de développement local qui lui a permis de devenir lea- der au Maroc. Le succès d’Attijari bank Tunisie et de CBAO conforte la stratégie d’expansion régionale du groupe puisqu’il montre que le groupe bancaire a réussi à tenir compte du degré de maturité de ces marchés et de son potentiel de déve- loppement. La politique agressive d’ouverture d’agences a permis de favoriser la collecte de l’épargne et de déve- lopper l’activité de crédit, confortée par des modèles de recouvrement efficaces et un système Si qui a fait ses preuves. Notons que les principales caractéristiques du modèle de développement du groupe sont la consolidation des fonds propres, l’assainissement du portefeuille clientèle ainsi que le développement des parts de marché. BMCE bank, un modèle de développement à l’épreuve La stratégie d’internationalisation de BMCE bank a depuis 2003 été ambiguë alliant à la fois l’acquisition et l’im- plantation de banques d’affaires (BMCE Capital Dakar, Axis Afrique) et la prise de participation minoritaire dans des banques de détail africaines. Ce n’est qu’à partir de 2007 que le groupe BMCE s’est véritablement positionné au niveau de la banque de détail avec l’acquisition de 55,0% de la BOA. Cette opération a permis au groupe de détenir 12 banques commerciales implantées majoritairement dans les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique de l’Est. Si cette acquisition permet à la banque d’avoir un véritable relais de croissance en Afrique, la banque commu- nique peu sur la stratégie et le modèle de développement qu’elle souhaite déployer. Seule certitude, les action- naires du groupe BOA ont entamé une recapitalisation générale de l’ensemble des filiales, ce qui confirme la volonté du management de développer et d’améliorer les revenus de ces banques dans le futur. Groupe Banques Populaires, une politique prudente de croissance externe Si le Groupe Banques Populaires a été le premier à implanter ces filiales en Afrique, ce n’est tout simplement que pour des considérations politiques : l’État désireux de dynamiser les échanges économiques entre le Maroc, la Guinée et la Centrafrique a poussé la banque à s’installer dans ces pays. Malheureusement, le groupe bancaire s’est contenté de considérer ces filiales comme des bureaux de représentation, ne s’inscrivant pas de ce fait dans une démarche proactive visant l’extension du réseau bancaire, et le développement de son activité. L’annonce du groupe en 2008 de l’implantation d’une filiale en Mauritanie a sonné le glas de la volonté de crois- sance externe de la banque. Cependant, la banque semble frileuse dans sa stratégie d’expansion régionale puis- qu’elle a décidé de conquérir ce marché avec Attijariwafa bank, à travers l’acquisition d’une participation mino- ritaire dans BNP Mauritanie. Enfin, l’acquisition des participations minoritaires de Bank El Maghrib dans des banques installées en Europe et qui sont implantées en Afrique du Nord et au Moyen-Orient démontre la politique réservée de croissance externe du groupe. Secteur bancaire 85
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    Pays d’implantation desgroupes bancaires en Afrique (Activité Retail) Il apparaît donc que le potentiel de développement des banques marocaines en Afrique est très important eu égard à: La dynamique de croissance économique de ces pays : les taux élevés de croissance du PIB, la faible banca- risation et les leviers structurels d’investissement public et privé permettront aux banques marocaines à coup sûr de tirer profit de cette dynamique ; L’existence d’une niche de banques cibles : Le tissu bancaire de ces pays que ce soit en Afrique du Nord ou en Afrique Subsaharienne comprend des banques étatiques, étrangères et familiales. Ainsi, les banques maro- caines n’auront aucun mal à se positionner en amont des opérations de privatisation et des éventuelles cessions de banques privées. L’importance des échanges économiques avec ces pays : les entreprises marocaines ayant des échanges com- merciaux avec les pays africains sont nombreuses (IAM, OCP, ONE, Managem etc.), ce qui constitue un flux d’af- faires non négligeable qui contribuera positivement aux revenus des banques qui désirent s’implanter dans ces régions. Échanges commerciaux entre le Maroc et les marchés ciblés en 2009 Importations (MDh) Exportations (MDh) Taux de couverture Algérie 5 635,7 1 046,0 19% Cameroun 26,38 150,39 570% Congo 20,7 325 1 570% Côte d'Ivoire 118,8 245,05 206% Egypte 3 005 862,3 29% Gabon 151,4 167,5 111% Libye 379,6 342,3 90% Mali 52,4 113,8 317% Mauritanie 0,7 365,2 5 503% Sénégal 101,2 692,4 684% Tunisie 1 826,2 666,3 36% Source: Ministère du Commerce Extérieur 86 Secteur bancaire
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    Partie 4 Appréciation desniveaux de valorisation
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    Appréciation des niveauxde valorisation........................................................87 Un secteur incontournable du paysage boursier marocain ...........................................89 Premier contributeur à la capitalisation globale .................................................89 … et à la liquidité du marché ........................................................................89 Contributeur de taille à la croissance bénéficiaire du marché.................................90 Un secteur qui demeure moins risqué que le MASI ...............................................90 …justifiant son omniprésence dans le MSCI........................................................91 …dont l’indice superforme structurellement les comparables ......................................92 …affichant ainsi une prime amplement justifiée ......................................................93 Au niveau national : BMCE, une valeur qui pèse sur son secteur ..............................94 À l’échelle internationale : les valeurs bancaires marocaines affichent des niveaux de valorisation élevés .................................................................................96 Conclusion ....................................................................................................98 Secteur bancaire 88
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    Un secteur incontournabledu paysage boursier marocain… Le secteur bancaire constitue un investissement de choix pour les institutionnels publics ou privés, nationaux ou internationaux. En effet, le poids du secteur bancaire dans la capitalisation, les volumes d’échange ainsi que le profil risque des valeurs bancaires justifient l’engouement observé par les investisseurs ces cinq dernières années. Premier contributeur à la capitalisation globale du marché Au 03 décembre 2010, le secteur bancaire contribue à hauteur de 29,5% de la capitalisation globale du marché, soit la première contribution sectorielle devançant les Télécoms (23,3 %) et les Cimenteries (11,9 %). Les trois banques de notre échantillon contribuent à la capitalisation globale à hauteur de 12.6 % pour Attijariwafa bank, 7,0 % pour BMCE bank et 4,6 % pour la Banque Centrale Populaire. Contribution à la capitalisation globale Contribution des banques de notre échantillon à marché la capitalisation globale 30% 29,5% 26,6% BCP 24,6% 25,2% 24,7% 4,6% 25% 21,0% 20% ATW 15% 12,6% BMCE 7,0% 10% 5% 0% 2005 2006 2007 2008 2009 2010* * arrêté au 03 Décembre 2010 Source : Direction Analyse et Recherche … et à la liquidité du marché Concernant les volumes moyens quotidiens échangés sur le marché central, le secteur bancaire confirme sa position d’ac- teur leader dans le dynamisme de la place boursière de Casablanca, puisque sa contribution s’établit au 03 décembre 2010 à 17,3 %, soit un volume moyen quotidien de 75,4 MDh. Ainsi, le secteur bancaire est le principal animateur du marché, suivi de l’Immobilier (65 MDh) et des Télécoms (44 MDh). Attijariwafa bank contribue à hauteur de 9.6 % du volume glo- bal du marché suivi respectivement de 4.0 % pour la Banque Centrale Populaire et 2.1 % pour la BMCE bank. Contribution au volume annuel échangé Contribution des banques de notre échantillon au sur le marché central volume annuel (MC) 40% 34,4% BCP 35% 4,0% 30% 24,7% 24,1% 25% 22,5% 20,9% 20% ATW 17,3% 15% 9,6% 10% 5% BMCE 2,1% 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010* * arrêté au 03 Décembre 2010 Source : Direction Analyse et Recherche Secteur bancaire 89
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    Contributeur de tailleà la croissance bénéficiaire du marché Sur le volet de la croissance des résultats, le secteur bancaire représente en moyenne 22,7 % de la croissance béné- ficiaire globale du marché sur la période 2005-2009, soit la deuxième plus forte contribution après le secteur des Télécoms (32,0 %). Attijariwafa bank contribue à hauteur de 12,3 % de la croissance bénéficiaire globale du mar- ché contre respectivement 3,3 % pour la BCP et 1,2 % pour BMCE bank. Contribution à la croissance bénéficiaire globale Contribution des banques de notre échantillon à la croissance bénéficiaire globale RNPG secteur / RNPG marché Contribution du secteur à la variation 25% 218,3% de la croissance bénéficiaire du marché 250% 24,4% 24,0% BCP 24% 189,4% 200% 3,3% 23,4% 23% 150% BMCE 22% 100% 1,2% 91,6% ATW 21,0% 12,3% 21% 20,7% 50% 20% 16,9% 0% 19% -38,8% -50% 18% -100% 2005 2006 2007 2008 2009 Source : Direction Analyse et Recherche Un secteur qui demeure moins risqué que le MASI L’investissement dans les valeurs bancaires est moins risqué comparé à la majorité des autres secteurs en raison du profil risque statistique du secteur qui demeure inférieur par rapport à celui du marché. En effet, le bêta sta- tistique moyen (52 semaines) du secteur en 2010 s’établit à 0,7. Évolution du Bêta statistique moyen du secteur bancaire 1,2 1,1 1,1 1,1 1,0 0,9 0,9 0,8 0,8 0,7 0,7 0,6 0,6 0,5 0,4 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Source : Direction Analyse et Recherche 90 Secteur bancaire
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    …justifiant son omniprésencedans le MSCI Sur le plan de la représentativité du secteur bancaire au niveau des indices étrangers, le MSCI Maroc était com- posé jusqu’au 11 novembre 2009 par deux banques marocaines, en l’occurrence Attijariwafa bank et BMCE bank. Le manque de liquidité ainsi que la baisse du flottant de BMCE bank a conduit l’organisme MSCI Barra à reclasser cette valeur. La prochaine redéfinition du MSCI Maroc en novembre 2010 devrait très probablement réintégrer de nouvelles valeurs afin de revenir à des niveaux de représentativité similaires à ceux observés en 2008, à savoir six valeurs. Nous pensons que la valeur BCP pourrait intégrer cet indice lors de la prochaine réévaluation, ce qui per- mettrait de conforter le poids du secteur bancaire au niveau de cet indice. Evolution du flottant des trois banques de notre échantillon (date de révision annuelle) BMCE ATW BCP 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Source : Bourse de Casablanca Secteur bancaire 91
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    …dont l’indice surperformestructurellement les comparables… Fort de ses atouts, le secteur bancaire a vu son indice réaliser sur la période 2005-2008 une performance de 201,8 %. Cette performance a conduit le Moroccan Bank Index à sur-performer le MASI (142,9 %) ainsi que le MSCI Emerging Market Banks (+0,3 %). La faible évolution du MSCI EM Banks sur la période s’explique par la contre-per- formance de l’ensemble des indices boursiers internationaux en 2008, conséquence de la crise financière interna- tionale. En effet, le MSCI EM Banks corrige de 53,1 % sur l’année alors que l’indice bancaire marocain n’affiche qu’une contre-performance de 11,9 %. Depuis janvier 2009, l’indice bancaire marocain enregistre une performance de 15,4 % contre +10,3 % pour le MASI et +107,2 % pour le MSCI EM Banks. Cette évolution à deux chiffres est louable car elle intervient dans une conjonc- ture marquée par un rationnement des crédits aux promoteurs et à certaines industries en difficulté et une mon- tée des risques en général et pour les crédits de consommation en particulier. Evolution du secteur sur 5 ans vs MASI vs MSCI Emerging Market Banks (base 100=01/01/2005) MSCI EMB* MBI** MASI 450 MSCI EMB : +47% MSCI EMB : +32% MSCI EMB : +15% MSCI EMB : +83% MSCI EMB : +13% MBI : +28% MBI : +88% MBI : +42% MBI : 0% MBI : +15% 400 MASI : +23% MASI : +71% MASI : 34% MASI : -5% MASI : +16% 350 300 250 200 150 100 MSCI EMB : -53% 50 MBI : -12% MASI : -14% 0 déc-04 mars-05 juin-05 sep-05 déc-05 mars-06 juin-06 sep-06 déc-06 mars-07 juin-07 sep-07 déc-07 mars-08 juin-08 sep-08 déc-08 mars-09 juin-09 sep-09 déc-09 mars-10 juin-10 sep-10 *MSCI EMB : MSCI Emerging Market banks **MBI : Moroccan Bank Index (Indice Banques) Source : Direction Analyse et Recherche, Bloomberg 92 Secteur bancaire
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    L’évolution rapide del’indice bancaire sur la période étudiée, couplée à une croissance moins euphorique des résul- tats, a porté les niveaux de valorisation du secteur à 4,6x les capitaux propres en 2008. À partir de 2009, la crois- sance moins soutenue de l’indice a tiré à la baisse le P/B du secteur pour le ramener, selon nos estimations 2010, à 3,3x les capitaux propres. Il ressort donc que le secteur traite à un ratio toujours supérieur à son multiple moyen sur 10 ans qui s’établit à 2,8x. En comparaison avec les autres régions du monde, l’arbitrage est défavorable. Cependant, si l’on retraite le P/B du secteur bancaire marocain du titre BMCE (P/B10e de 4,7x), celui-ci s’établi- rait à 2,8x les capitaux propres, soit un niveau similaire à celui enregistré en Egypte et en Afrique du Sud. Dans ce contexte, nous pensons que le maintien d’une croissance bénéficiaire régulière par les banques marocaines dans les années à venir va permettre au secteur d’atteindre des niveaux de valorisation plus favorables. Positionnement du Maroc en terme de P/B 10e P/B sectoriel par rapport à sa moyenne 10 ans 4 6,0 3,5 4,8 3,3 5,0 3,0 4,6 3 4,0 2,5 4,0 4,0 2,1 3,3 2 3,0 1,5 1,5 1,2 2,0 1 2,1 1,7 1,8 1,7 1,8 1,7 0,5 1,0 0 0 Maroc Amérique Latine Afrique Middle-east Europe 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010e Source : Direction Analyse et Recherche, Reuters …affichant ainsi une prime amplement justifiée En termes de multiples de valorisation, le secteur bancaire affiche le troisième multiple le plus élevé du marché avec un P/E 10e de 26,9x contre 26,6x pour le secteur des assurances et 38,8x pour l’immobilier. Ainsi, le secteur présente une prime de 16,5% par rapport au MASI. Concernant les multiples de fonds propres, le secteur traite à 3,3x les fonds propres contre 4,6x pour le marché, tiré par la valeur BMCE qui enregistre sur la période un P/B 10e de 4,7x les capitaux propres. Cette prime du secteur bancaire par rapport au marché nous paraît justifiée compte tenu des performances enreg- istrées par l’indice bancaire, du poids du secteur dans la capitalisation globale et dans la liquidité du marché ainsi que du profil risque du secteur. Principaux indicateurs boursiers du secteur bancaire au 03/12/2010 Banques Cours Capitalisation P/E 10e P/B 10e D/Y 10e Performance Performance boursière (MUSD) absolue* relative* ATW 369,0 8 706,1 17,7 3,1 1,9% 36,7% 15,1% BMCE 234,0 4 847,7 54,8 4,7 1,5% -11,7% -25,6% BMCI 1 069,0 1 735,3 17,7 2,2 5,0% 15,6% -2,7% BCP 398,0 3 216,0 17,2 2,2 1,7% 63,8% 37,9% CDM 940,0 994,3 17,8 3,1 3,3% 39,4% 17,4% CIH 325,6 907,8 28,1 2,5 1,9% 3,4% -12,9% Secteur 520,3 20 407,3 26,9 3,3 2,1% 21,3% 2,2% Marché 12 401,0 69 279,6 23,1 4,6 3,7% 21,3% * performance du 01 Janvier au 03 Décembre 2010 Source : Direction Analyse et Recherche Secteur bancaire 93
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    Au niveau national: BMCE, une valeur qui pèse sur son secteur Trois matrices nous paraissent intéressantes pour déterminer parmi les valeurs bancaires du secteur les titres qui offrent les meilleurs multiples boursiers ou de fonds propres, à savoir : P/E 10e vs BPA 10e (TCAM 2010-2012e) P/B 10e vs ROE 10e D/Y 10e vs Pay-out 10e P/E 10e vs BPA (TCAM 2010-2012e) P/B 10e vs ROE 10e 60 P/E 10e 5 P/B 10e BMCE BMCE 50 4 40 CDM ATW 3 30 CIH BCP CIH BMCI CDM 3 2 BMCI 20 ATW BCP 1 10 TCAM BPA 10-12e ROE 10e 0 0 0 2% 4% 6% 8% 10% 12% 0 2% 4% 6% 8% 10% 12% 14% 16% 18% 20% D/Y10 e vs Pay-out 10e 6,0% D/Y 10e 5,0% BMCI 4,0% CDM 3,0% 2,0% CIH ATW BCP BMCE 1,0% Pay-out 10e 0,0% 0% 20% 40% 60% 80% 100% Source : Direction Analyse et Recherche Sur la base des trois graphiques ci-dessous, BMCE se démarque de l’ensemble des valeurs du secteur, que ce soit au niveau des multiples de bénéfices ou de fonds propres. En effet, le titre BMCE traite à 54,8x les bénéfices et à 4,7x les fonds propres, un niveau largement supérieur à la moyenne du secteur, soient respectivement 26,9x les bénéfices et 3,3x les fonds propres. Partant du principe que sur les marchés financiers, la valorisation d’une banque en multiple d’actif net est d’autant plus élevée que son ROE, nous remarquons que sur le marché boursier marocain, BMCE bank présente des niveaux de valorisation très élevés par rapport à son ratio de rentabilité (10,3% vs 15,0% pour le secteur). 94 Secteur bancaire
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    Afin de décelerle potentiel de croissance des valeurs bancaires ayant fait l’objet de notre étude, intéressons-nous dès à présent à apprécier la valorisation de ces titres par la méthode des multiples boursiers. Notre approche de valorisation se base sur six indicateurs clés. Synthèse des indicateurs de valorisation utilisés au 03/12/2010 Banques P/E 10e P/B 10e D/Y 10e ROE 10e* Capi/PNB Capi/RBE Prime/Décote** ATW 17,7 3,1 1,9% 5,6% 5,3 8,9 15,2% BMCE 54,8 4,7 1,5% 1,8% 5,9 16,5 -35,6% BMCI 17,7 2,2 5,0% 5,6% 5,1 8,6 47,8% BCP 17,2 2,2 1,7% 5,8% 5,6 9,0 20,3% CDM 17,8 3,1 3,3% 5,6% 4,2 8,1 32,7% CIH 28,1 2,5 1,9% 3,6% 5,0 11,6 -1,9% Moyenne secteur pondérée 26,9 3,3 2,1% 4,7% 5,4 10,8 * ROE calculé sur la valeur marché des banques Source : Direction Analyse et Recherche ** Prime/Décote calculée sur la base de la moyenne des indicateurs de valorisation Sur la base de la moyenne des indicateurs de valorisation utilisés, nous remarquons que les valeurs bancaires cotées présentent des primes (décotes) allant de 35,6 % pour BMCE bank à (32,7 %) pour Crédit du Maroc. Secteur bancaire 95
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    A l’échelle internationale: les valeurs bancaires marocaines affichent des niveaux de valorisation élevés Nous avons vu précédemment que le secteur bancaire marocain présentait une prime par rapport aux marchés étrangers. Si nous considérons que les secteurs bancaires de la région MENA et d’Afrique semblent être les plus comparables par rapport au marché marocain, nous retenons donc un échantillon de trois banques par pays, pré- sentant des niveaux de capitalisation similaires à ceux observés par les banques marocaines. Les cinq pays choisis sont les Emirats Arabes Unis, le Qatar, l’Egypte, l’Arabie Saoudite ainsi que l’Afrique du Sud. Principaux indicateurs de valorisation de notre échantillon UAE Capitalisation boursière (MUSD) P/E 10e P/B 10e D/Y 10e ROE* C/PNB** National bank of Abu Dhabi 7 195,6 9,0 1,3 0,9% 12,6% 3,0 First Gulf Bank 5 260,5 6,4 0,9 3,5% 14,9% 2,2 Emirates NBD 3 783,0 4,2 0,4 8,0% 21,2% 0,8 Moyenne 16 239,1 7,0 0,9 3,4% 15,3% 2,2 Qatar Capitalisation boursière (MUSD) P/E 10e P/B 10e D/Y 10e ROE* C/PNB Qatar Islamic Bank 4 321,6 10,8 1,7 8,3% 9,7% 6,5 The Commercial Bank of Qatar 4 157,8 9,3 1,2 9,0% 10,9% 3,7 Doha Bank 2 312,0 6,2 1,4 11,3% 12,7% 2,8 Moyenne 10 791,4 9,2 1,4 9,2% 10,8% 4,6 Egypt Capitalisation boursière (MUSD) P/E 10e P/B 10e D/Y 10e ROE* C/PNB Commercial International Bank 3 750,2 16,6 3,1 2,1% 8,5% 4,0 National Société Général Bank 2 367,8 10,4 2,2 3,4% 10,3% 3,1 Credit Agricole Egypt 556,1 8,4 1,5 10,0% 12,6% 2,0 Moyenne 6 674,1 13,7 2,6 3,2% 9,5% 3,5 Arabie Saoudite Capitalisation boursière (MUSD) P/E 10e P/B 10e D/Y 10e ROE* C/PNB The Saudi British Bank 8 899,3 16,4 2,6 1,9% 7,4% 5,3 Banque Saudi Fransi 8 793,6 13,4 2,1 2,2% 8,6% 6,2 Arab National Bank 6 794,1 10,7 1,8 2,6% 8,7% 4,8 Moyenne 24 487,0 13,7 2,2 2,2% 8,2% 5,5 Afrique du Sud Capitalisation boursière (MUSD) P/E 10e P/B 10e D/Y 10e ROE* C/PNB Nedbank 8 220,1 14,6 1,5 3,2% 6,8% 1,0 African Bank 3 689,2 15,0 2,2 5,5% 6,7% 2,3 Capitec Bank 1 375,2 23,8 6,4 1,7% 4,2% 3,1 Moyenne 13 284,5 15,7 2,2 3,7% 6,5% 1,6 * ROE calculé sur la base de la valeur marché des banques ** Capitalisation boursière / PNB Source : Reuters Ainsi, la moyenne des indicateurs de valorisation observés par pays s’établit à 11,9x les bénéfices 10e, 1,9x les fonds propres 10e, 4,3 % le rendement de dividendes 10e, 10,1 % le ROE 10e ainsi que 3,5x le produit net bancaire 10e. Synthèse des indicateurs de valorisation au 03/12/2010 P/E 10e P/B 10e D/Y 10e ROE 10e Capi /PNB Moyenne UAE 7,0 0,9 3,4% 15,3% 2,2 Moyenne Qatar 9,2 1,4 9,2% 10,8% 4,6 Moyenne Egypt 13,7 2,6 3,2% 9,5% 3,5 Moyenne Arabie Saoudite 13,7 2,2 2,2% 8,2% 5,5 Moyenne Afrique du Sud 15,7 2,2 3,7% 6,5% 1,6 Moyenne des 5 pays 11,9 1,89 4,3% 10,1% 3,5 Par conséquent, les niveaux de valorisation des banques marocaines cotées, sur la base de la moyenne des mul- tiples de notre échantillon international s’établissent comme suit : ATW BMCE BMCI BCP CDM CIH Prime/Décote -41,3% -65,2% -21,9% -37,7% -31,4% -47,2% 96 Secteur bancaire
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    Conclusion Le secteur bancaire joue le rôle de moteur des économies développées. La solidité financière d’un système ban- caire constitue un rempart contre les effets de ralentissement économique ou de chocs exogènes. Dans ce cadre, la récente crise financière internationale a été riche en enseignements et a mis au grand jour les travers de sys- tèmes bancaires et financiers des plus développées dans le monde. Pour preuve, les différents stress tests sur les banques, réalisés jusqu’à aujourd’hui, en Europe ou aux États-Unis sont de plus en plus observés et présentent de véritables enjeux, comme le rétablissement de la confiance dans le circuit financier. Il apparaît donc que la principale problématique aujourd’hui pour les banques centrales est de savoir si leurs sys- tèmes bancaires disposent de suffisamment d’appuis pour résister à un nouveau choc. En d’autres termes, si les établissements bancaires ont assez de fonds propres pour faire face à une nouvelle détérioration de l’environne- ment économique tant sur le plan domestique qu’étranger. Par conséquent, face à des risques de plus en plus crois- sants et contagieux, la bonne santé d’un secteur bancaire repose avant tout sur la qualité des fonds propres de ces établissements bancaires, au-delà des ratios de solvabilités qui demeurent, malgré la crise, des garde-fous nécessaires. Au Maroc, le secteur bancaire connaît, depuis ces cinq dernières années, un développement considérable en rai- son de l’évolution du cadre réglementaire, de l’environnement économique propice et de la volonté manifeste de développement des opérateurs. Cependant, l’effet volume enregistré au niveau de l’activité de crédit, la forte concurrence et son impact négatif sur les taux de marges ainsi que l’engagement des banques à financer certains secteurs, érigés en priorité nationale par le gouvernement, multiplient l’exposition au risque des établissements bancaires. Fort de ce constat, notre département a mené une réflexion autour de la solidité du système bancaire marocain afin de mesurer son degré de résistance face à la crise bancaire internationale, sa réelle physionomie ainsi que ses relais de croissance tant sur le marché domestique qu’à l’international. Les principales conclusions issues de cette étude sont les suivantes : Nous pensons que le secteur bancaire marocain est capable de résister aux différents chocs exogènes en raison de sa faible exposition à l’international et de la réglementation de son marché financier. La consolidation de la demande intérieure ces dernières années ainsi que le déploiement par les opérateurs des moyens pour assurer leur croissance traduisent la capacité du secteur à se développer de manière organique. Enfin, le secteur affiche, dans sa globalité, des actifs bancaires de qualité et une assise financière solide, confortées par le poids des ressources non rémunérées, la qualité des fonds propres et l’amélioration constante des indicateurs de risque/rendement. Notons également le rôle actif joué par Bank Al Maghrib afin de réguler les besoins de liqui- dité du système bancaire, permettant ainsi s’alléger les tensions observées sur le marché interbancaire. Les trois banques universelles Attijariwafa bank, le Crédit Populaire du Maroc ainsi que la BMCE bank, du fait de leurs parts de marché, de la taille de leurs réseaux et de leurs assises financières, constituent le noyau dur du secteur bancaire. Ces trois groupes bancaires s’accaparent plus de 60 % de l’activité de crédit et de dépôt à la clientèle et concentrent plus de 60 % des actifs bancaires et du réseau d’agences. Ces trois établissements bancaires ont, dans leur globalité, amélioré leurs revenus d’activité, portés par l’effet volume, l’amélioration du couple risque/rendement ainsi que par l’élargissement du périmètre de consolidation ; Secteur bancaire 97
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    Face au potentielde développement quelque peu consommé de la banque de détail, nous pensons que les prin- cipaux relais de croissance organique du secteur bancaire national seraient les activités de marchés, d’Investissement et de bancassurance. En effet, le développement des marchés financiers, l’ouverture à l’in- ternational des entreprises marocaines ainsi que l’assouplissement de la réglementation des changes augurent d’une évolution croissante de cette activité dans les années à venir. Sur le volet de la bancassurance, le faible taux de pénétration de l’assurance vie, la croissance à deux chiffres des encours de crédit, ainsi que le niveau de taux de bancarisation modéré permettraient aux banques, qui possèdent des liens capitalistiques avec des compagnies d’assurance, de disposer d’une source de profit supplémentaire. Sur le volet externe, la maturité du marché local, le phénomène de globalisation ainsi que la recherche de nou- veaux relais de croissance poussent les banques à s’internationaliser. Notre étude montre que le marché cible potentiel pour les opérateurs marocains est le continent africain. La proximité géographique et culturelle, le niveau de développement et le potentiel de croissance économique des pays africains constituent de solides atouts, justifiant l’exportation des banques marocaines dans cette zone géographique. Nous pensons que le secteur bancaire est suffisamment capitalisé, dans sa globalité, pour assurer une croissance soutenue de ses indicateurs d’activité dans les années à venir. Cependant, l’évolution à deux chiffres de l’activité de crédit, le manque structurel de liquidité sur le marché financier ainsi que les stratégies d’internationalisation des principaux groupes bancaires marocains obligeront ces derniers à lever des capitaux à court et moyen terme. Dans ce cadre, la réforme du projet Bâle 3 arrivent à point nommé pour inciter les banques à injecter des fonds propres, principalement ceux concernant le capital « Tier 1 ». Enfin, au niveau des valorisations, il apparaît que l’indice bancaire a surperformé le marché ainsi que le MSCI Emerging Markets durant ces cinq dernières années, justifiant de ce fait la prime par rapport aux marchés étran- gers. En effet, la solidité financière du secteur bancaire, sa faible exposition à l’international ainsi que ses niveaux de rentabilité élevés par rapport à la région MENA légitiment les niveaux de prix affichés. 98 Secteur bancaire
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    ATTIJARIWAFA BANK Bilan IFRS ( en milliers de Dh) ACTIF IFRS 31/12/2008 31/12/2009 Valeurs en caisse, Banques Centrales, Trésor public, Service des chèques postaux 15 729 694 13 937 027 Actifs financiersà la juste valeur par résultat 20 996 239 23 415 807 Instruments dérivés de couverture Actifs financiers disponibles à la vente 25 694 850 25 812 646 Prêts et créances sur les Etablissements de crédit et assimilés 25 703 520 27 240 871 Prêts et créances sur la clientèle 153 472 051 178 992 641 Ecart de réévaluation actif des portefeuilles couverts en taux Placements détenus jusqu'à leur échéance Actifs d'impôts exigibles 37 766 60 972 Actifs d'impôts différés 781 239 732 402 Comptes de régularisation et autres actifs 5 204 763 6 539 854 Actifs non courants destinées à êtres cédés Participation des assurés aux bénéfices différée 149 002 317 846 Participations dans des entreprises mises en équivalence 93 571 97 734 Immeubles de placement 791 331 1 077 449 Immobilisations corporelles 4 330 027 4 490 309 Immobilisations incorporelles 902 636 1 222 753 Ecarts d'acquisition 5 055 213 6 408 911 TOTAL ACTIF IFRS 258 941 902 290 347 222 PASSIF IFRS 31/12/08 31/12/09 Banques centrales, Trésor public, Service des chèques postaux 116 881 111 049 Passifs financiers à la juste valeur par résultat 2 801 068 2 145 888 Instruments dérivés de couverture Dettes envers les Etablissements de crédit et assimilés 25 240 708 26 093 428 Dettes envers la clientèle 176 592 755 194 705 935 Titres de créances émis 4 453 141 6 550 653 Ecart de réévaluation passif des portefeuilles couverts en taux Passif d'impôt courant 476 826 804 006 Passid d'impôt différé 1 461 961 1 498 993 Comptes de régularisation et autres passifs 5 067 048 8 481 286 Dettes liées aux actifs non courants destinés à être cédés Provisions techniques des contrats d'assurance 13 805 743 15 628 317 Provisions pour risques et charges 1 182 392 1 062 927 Subventions, fonds publics affectés et fonds spéciaux de garantie 219 660 210 746 Dettes subordonnés 6 432 961 8 271 775 Capital et réserves liées 7 366 523 7 366 523 Réserves consolidées 9 129 970 12 123 880 -Part du groupe 7 292 229 9 149 861 -Part des minoritaires 1 837 741 2 974 019 Gains ou pertes latents ou différés 956 901 700 923 Résultat net de l'exercice 3 637 363 4 590 892 -Part du groupe 3 117 998 3 940 837 -Part des minoritaires 519 365 650 055 TOTAL PASSIF IFRS 258 941 902 290 347 222 Secteur bancaire 100
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    Compte de produitset charges IFRS (en milliers de Dh) ACTIF IFRS 31/12/2008 31/12/2009 Intérêts et produits assimilés 11 177 309 12 298 097 Intérêts et charges assimilés 4 214 716 4 929 556 MARGE D'INTERET 6 962 593 7 368 541 Commissions perçues 2 318 490 2 407 257 Commissions servies 166 682 203 683 MARGE SUR COMMISSIONS 2 151 808 2 203 574 Gains ou pertes nets sur instruments financiers à la juste valeur par résultat 944 361 1 510 262 Gains ou pertes nets sur actifs financiers disponibles à la vente 379 054 1 556 706 RESULTAT DES ACTIVITES DE MARCHE 1 323 415 3 066 968 Produit des autres activités 4 157 547 4 337 748 Charges des autres activités 3 628 396 3 721 661 PRODUIT NET BANCAIRE 10 966 967 13 255 170 Charges générales d'exploitation 4 357 164 4 762 794 Dotations aux amortissements et aux dépréciations des immobilisations incorporelles et corporelles 489 443 642 495 RESULTAT BRUT D'EXPLOITATION 6 120 360 7 849 881 Coût du risque -632 288 -988 329 RESULTAT D'EXPLOITATION 5 488 072 6 861 552 Quote-part du résultat net des entreprises mises en équivalence 9 093 12 394 Gains ou pertes nets sur autres actifs 2 382 -6 262 Variations de valeurs des écarts d'acquisition 0 0 RESULTAT AVANT IMPOTS 5 499 547 6 867 684 Impôt sur les bénéfices 1 862 183 2 276 792 RESULTAT NET 3 637 364 4 590 892 Résultat hors groupe 519 365 650 055 RESULTAT NET PART DU GROUPE 3 117 999 3 940 837 Résultat par action (en adh) 16,16 20,42 Résultat dilué par action (en dh) 16,16 20,42 101 Secteur bancaire
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    BMCE BANK Bilan IFRS ( en milliers de dh) ACTIF IFRS 31/12/2008 31/12/2009 Valeurs en caisse, Banques Centrales, Trésor public, Service des chèques postaux 8 761 642 11 961 191 Actifs financiersà la juste valeur par résultat 16 830 734 23 125 255 Instruments dérivés de couverture Actifs financiers disponibles à la vente 1 396 746 1 554 089 Prêts et créances sur les Etablissements de crédit et assimilés 21 586 233 20 940 147 Prêts et créances sur la clientèle 85 709 392 93 592 762 Ecart de réévaluation actif des portefeuilles couverts en taux Placements détenus jusqu'à leur échéance 5 928 425 6 367 928 Actifs d'impôts exigibles 602 944 527 064 Actifs d'impôts différés 369 578 543 064 Comptes de régularisation et autres actifs 4 210 653 3 568 660 Actifs non courants destinées à êtres cédés Participations dans des entreprises mises en équivalence 191 437 362 904 Immeubles de placement 505 076 508 990 Immobilisations corporelles 3 570 068 4 225 756 Immobilisations incorporelles 547 948 642 344 Ecarts d'acquisition 249 969 485 515 TOTAL ACTIF 150 460 845 168 405 669 PASSIF IFRS 31/12/08 31/12/09 Banques centrales, Trésor public, Service des chèques postaux Passifs financiers à la juste valeur par résultat 280 0 Instruments dérivés de couverture Dettes envers les Etablissements de crédit et assimilés 12 647 116 13 284 784 Dettes envers la clientèle 113 449 746 122 496 072 Titres de créances émis 4 587 442 8 501 072 Ecart de réévaluation passif des portefeuilles couverts en taux Passif d'impôt courant 375 331 171 994 Passid d'impôt différé 935 380 1 069 008 Comptes de régularisation et autres passifs 5 719 501 8 236 571 Dettes liées aux actifs non courants destinés à être cédés Provisions techniques des contrats d'assurance Provisions pour risques et charges 325 453 300 492 Subventions, fonds publics affectés et fonds spéciaux de garantie Dettes subordonnés 4 155 748 5 119 822 Capital et réserves liées 3 300 401 4 210 239 Réserves consolidées 3 626 137 4 205 608 -Part du groupe 1 524 790 1 539 126 -Part des minoritaires 2 101 347 2 666 482 Gains ou pertes latents ou différés PDG -98 699 4 935 Gains ou pertes latents ou différés, part minoritaires -14 979 Résultat net de l'exercice 1 437 009 819 651 -Part du groupe 830 442 384 421 -Part des minoritaires 606 567 435 230 TOTAL PASSIF 150 460 845 168 405 269 Secteur bancaire 102
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    Compte de produitset charges IFRS (en milliers de Dh) ACTIF IFRS 31/12/2008 31/12/2009 Intérêts et produits assimilés 9 206 758 9 870 994 Intérêts et charges assimilés 5 081 832 5 613 890 MARGE D'INTERET 4 124 926 4 257 104 Commissions perçues 1 279 540 1 397 247 Commissions servies 129 230 175 333 MARGE SUR COMMISSIONS 1 150 310 1 221 914 Gains ou pertes nets sur instruments financiers à la juste valeur par résultat 477 446 743 968 Gains ou pertes nets sur actifs financiers disponibles à la vente 25 335 -9 015 RESULTAT DES ACTIVITES DE MARCHE 502 781 734 953 Produit des autres activités 419 443 506 266 Charges des autres activités 179 000 306 284 PRODUIT NET BANCAIRE 6 018 460 6 413 953 Charges générales d'exploitation 3 569 552 3 758 012 Dotations aux amortissements et aux dépréciations des immobilisations incorporelles et corporelles 331 554 429 526 RESULTAT BRUT D'EXPLOITATION 2 117 354 2 226 415 Coût du risque 88 996 1 133 960 RESULTAT D'EXPLOITATION 2 028 358 1 092 455 Quote-part du résultat net des entreprises mises en équivalence 32 771 16 514 Gains ou pertes nets sur autres actifs 48 777 53 733 Variations de valeurs des écarts d'acquisition RESULTAT AVANT IMPOTS 2 109 906 1 162 702 Impôt sur les bénéfices 672 897 342 651 RESULTAT NET 1 437 009 820 051 Résultat hors groupe 606 567 435 230 RESULTAT NET PART DU GROUPE 830 442 384 821 103 Secteur bancaire
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    Banque Centrale Populaire Bilan IFRS ( en milliers de dh) ACTIF IFRS 31/12/2008 31/12/2009 Valeurs en caisse, Banques Centrales, Trésor public, Service des chèques postaux 16 552 970 8 551 030 Actifs financiers à la juste valeur par résultat 26 462 35 854 Instruments dérivés de couverture Actifs financiers disponibles à la vente 7 344 032 15 228 405 Prêts et créances sur les Etablissements de crédit et assimilés 20 209 620 24 851 953 Prêts et créances sur la clientèle 20 815 265 39 191 689 Ecart de réévaluation actif des portefeuilles couverts en taux Placements détenus jusqu'à leur échéance 26 094 816 21 618 374 Actifs d'impôts exigibles 168 781 555 005 Actifs d'impôts différés 147 339 171 487 Comptes de régularisation et autres actifs 1 205 881 1 243 807 Actifs non courants destinées à êtres cédés Participations dans des entreprises mises en équivalence 106 580 17 235 Immeubles de placement Immobilisations corporelles 1 892 454 3 018 877 Immobilisations incorporelles 67 334 242 708 Ecarts d'acquisition 477 488 TOTAL ACTIF IFRS 94 631 534 115 203 912 PASSIF IFRS 31/12/08 31/12/09 Banques centrales, Trésor public, Service des chèques postaux 22 25 877 Passifs financiers à la juste valeur par résultat Instruments dérivés de couverture Dettes envers les Etablissements de crédit et assimilés 66 867 608 77 337 502 Dettes envers la clientèle 16 276 393 20 288 256 Dettes représentées par un titre Titres de créances émis 188 096 Ecart de réévaluation passif des portefeuilles couverts en taux Passif d'impôt courant 200 530 382 932 Passid d'impôt différé 409 924 495 382 Comptes de régularisation et autres passifs 1 404 528 1 812 820 Dettes liées aux actifs non courants destinés à être cédés Provisions techniques des contrats d'assurance 154 362 161 965 Provisions pour risques et charges 388 798 381 185 Subventions, fonds publics affectés et fonds spéciaux de garantie 2 255 572 2 916 077 Dettes subordonnés 1 544 840 Capital et réserves liées 4 149 715 5 399 103 Réserves consolidées 1 563 994 2 865 727 -Part du groupe 1 375 641 1 429 141 -Part des minoritaires 188 353 1 436 586 Gains ou pertes latents ou différés 102 983 260 782 Résultat net de l'exercice 857 105 1 133 368 -Part du groupe 825 987 1 064 688 -Part des minoritaires 31 118 68 680 TOTAL PASSIF IFRS 94 631 534 115 203 912 Secteur bancaire 104
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    Compte de produitset charges IFRS (en milliers de Dh) ACTIF IFRS 31/12/2008 31/12/2009 Intérêts et produits assimilés 3 933 981 5 423 373 Intérêts et charges assimilés 2 973 214 3 985 377 MARGE D'INTERET 960 767 1 437 996 Commissions perçues 303 380 384 461 Commissions servies 4 963 4 504 MARGE SUR COMMISSIONS 298 417 379 957 Gains ou pertes nets sur instruments financiers à la juste valeur par résultat 61 685 207 737 Gains ou pertes nets sur actifs financiers disponibles à la vente 357 203 444 178 RESULTAT DES ACTIVITES DE MARCHE 418 888 651 915 Produit des autres activités 240 392 353 160 Charges des autres activités 160 891 150 829 PRODUIT NET BANCAIRE 1 757 573 2 672 199 Charges générales d'exploitation 362 712 648 384 Dotations aux amortissements et aux dépréciations des immobilisations incorporelles et corporelles 126 900 157 534 RESULTAT BRUT D'EXPLOITATION 1 267 961 1 866 281 Coût du risque 47 799 296 820 RESULTAT D'EXPLOITATION 1 220 162 1 569 461 Quote-part du résultat net des entreprises mises en équivalence 23 233 -419 Gains ou pertes nets sur autres actifs 28 786 -7 903 Variations de valeurs des écarts d'acquisition 0 RESULTAT AVANT IMPOTS 1 272 181 1 561 139 Impôt sur les bénéfices 415 075 427 771 RESULTAT NET 857 106 1 133 368 Résultat hors groupe 31 118 68 680 RESULTAT NET PART DU GROUPE 825 988 1 064 688 Résultat par action (en adh) 133,8 16,2 Résultat dilué par action (en dh) 133,8 16,2 105 Secteur bancaire
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    Direction Analyse etRecherche AVERTISSEMENT Risques L’investissement en valeurs mobilières est une opération à risques. Ce document s’adresse à des investis- Directeur de la Recherche seurs avertis. La valeur et le rendement d’un investissement peuvent être influencées par plusieurs aléas notamment Abdelaziz Lahlou l’évolution des taux d’intérêt, des taux de change devises, de l’offre et la demande sur les marchés. Les performances antérieures n’assurent pas une garantie pour les réalisations postérieures. Aussi, les +212 522 43 68 37 estimations des réalisations futures pourraient être basées sur des hypothèses qui pourraient ne pas se ab.lahlou@attijari.ma concrétiser. Limites de responsabilité L’investisseur admet que ces opinions constituent un élément d’aide à la décision. Il endosse la totale res- ponsabilité de ces choix d’investissement. Attijari Intermédiation ne peut en aucun moment être considéré Analystes Senior comme étant à l’origine de ses choix d’investissement. Ce document ne peut en aucune circonstance être considéré comme une confirmation officielle d’une Achraf Bernoussi transaction adressée à une personne ou une entité et aucune garantie ne peut être donnée sur le fait que cette transaction sera conclue sur la base des termes et conditions qui figurent dans ce document ou sur +212 522 43 68 31 la base d’autres conditions. a.bernoussi@attijari.ma La Direction analyse et Recherche n’a ni vérifié ni conduit une analyse indépendante des informations figurant dans ce document. Par conséquent, La Direction Analyse et Recherche ne fait aucune déclaration ou garantie ni ne prend aucun engagement envers les lecteurs de ce document, de quelque manière que Taha Jaidi ce soit (expresse ou implicite) au titre de la pertinence, de l’exactitude ou de l’exhaustivité des informations qui y figurent ou de la pertinence des hypothèses auxquelles elle fait référence. +212 522 43 68 23 En tout état de cause, il appartient aux lecteurs de recueillir les avis internes et externes qu’ils estiment t.jaidi@attijari.ma nécessaires ou souhaitables, y compris de la part de juristes, fiscalistes, comptables, conseillers financiers, ou tous autres spécialistes, pour vérifier notamment l’adéquation de la transaction qui leurs sont présen- tées avec leurs objectifs et contraintes et pour procéder à une évaluation indépendante. La décision finale est la seule responsabilité de l’investisseur. La Direction Analyse et Recherche ne saurait être tenue pour responsable des pertes financières ou d’une Economiste quelconque décision prise sur le fondement des informations figurant dans la présentation. Sources d’information Rabie Baddou Nos publications se basent sur une information publique. La Direction Analyse et Recherche œuvre pour +212 522 54 50 54 l’exhaustivité et la fiabilité de l’information fournie. Néanmoins, elle n’est en mesure de garantir ni sa véra- cité ni son exhaustivité. Les opinions formulées émanent uniquement des analystes rédacteurs. r.baddou@attijariwafa.com Ce document et toutes les pièces jointes sont fondés sur des informations publiques et ne peuvent en aucune circonstance être utilisés ou considérés comme un engagement de la Direction Recherche. Changement d’opinion Analystes Financiers Les recommandations formulées reflètent une opinion constituée d’éléments disponibles et publiques pen- dant la période de préparation de la dite note. Les avis, opinions et toute autre information figurant dans ce document sont indicatifs et peuvent être modifiés ou retirés à tout moment sans préavis. Fatima Azzahraa Belmamoun Indépendance de la Direction AnalyseRecherche +212 522 43 68 26 Attijari Intermédiation peut procéder à des décisions d’investissement qui sont en contradiction avec les f.belmamoun@attijari.ma recommandations ou les stratégies publiées dans les notes de recherche. Rémunération et courant d’affaires Fatima Zahra Benjdya Les analystes financiers responsables de l’édition de la préparation de ce rapport reçoivent des rému- +212 522 43 68 26 nérations basées sur des facteurs divers, tels que la qualité de la Recherche et la pertinence des sujets abordés. f.benjdya@attijari.ma Attijari Intermédiation et/ou sa maison mère maintiennent un courant d’affaires avec les sociétés couvertes dans les publications de la Direction Analyse et Recherche. Adéquation des objectifs Analyste Taux La Direction Analyse et Recherche ne produit pas des notes de recherche à la demande. Ses publications ont été préparées abstraction faite des circonstances financières individuelles et des objectifs des person- Lamyae Oudghiri nes qui les reçoivent. Les instruments et les stratégies traitées pourraient ne pas convenir à l’ensemble des investisseurs. Pour +212 522 43 68 01 cette raison, reposer une décision d’investissement uniquement sur ces opinions pourrait ne pas mener l.oudghiri@attijari.ma vers les résultats escomptés. Propriété et diffusion Ce document est la propriété de la Direction Recherche d’Attijari Intermédiation. Ce support ne peut être dupliqué, copié en partie ou en globalité sans l’accord écrit de la Direction Recherche. Analyste Tunisie Ce document ne peut être distribué que par Attijari Intermédiation ou une des filiales du Groupe. Aymen Benzina Autorité de tutelle La Direction Analyse et Recherche est soumise à la supervision du Conseil Déontologique des Valeurs +216 71 108 917 Mobilières. aymen.benzina@attijaribank.com.tn Toute personne acceptant la réception de ce document est liée par les termes ci-dessus.
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    Vos Contacts Actions Attijari Intermédiation SalmaAlami +212 522 43 68 09 s.alami@attijari.ma Wafabourse.com Abdelaziz Selkane +212 522 54 50 50 a.selkane@attijariwafa.com Attijari Intermédiation Tunisie Abdelaziz Hammami +216 71 84 10 34 abdelaziz.hammami@attijaribank.com.tn FILIGRANE