SlideShare une entreprise Scribd logo
La
décennie
décisive
yearbook
2021-2022
Le laboratoire du futur
des villes et des territoires
#weareleonard
http://leonard.vinci.com
Leonard en un coup d’œil !
TRANSITION ENVIRONNEMENTALE
RÉVOLUTION NUMÉRIQUE
ÉVOLUTION DES MODES DE VIE
ET DES USAGES
VEILLE
MISE EN DÉBAT
ÉVÈNEMENTS
PROSPECTIVE
ATELIERS
D’INNOVATION
COMMUNAUTÉS
LEONARD
L E O N A R D P A R I S / L E O N A R D D A C H
explorer les futurs des villes,
des territoires, des
infrastructures, de leurs
métiers et de leurs marchés
expérimenter et
accompagner les porteurs
de solutions, entrepreneurs
et innovateurs
INTRAPRENEURS
VINCI
DÉPLOIEMENT
TECHNOLOGIES
IA
INCUBATEUR
JEUNES POUSSES
PROJETS ISSUS
DE LA PROSPECTIVE
COLLABORATION
START-UP /
GRAND GROUPE
250
1 1 300
participants
issus de 55 pays
au Leonard Day
accueillis dans le
cadre des rencontres
et débats publics
organisés par Leonard
120
experts mobilisés
au sein du groupe VINCI
PLUS
DE
42
PROJETS
accélérés et
accompagnés
heures de formation
en IA, à l’entrepreneuriat
et à l’innovation dans
nos programmes
Premier incubateur
#CONTECH
EUROPÉEN
n° 
1
2021 en chiffres chez Leonard
200
intervenants
ÉTUDE
EMERGING
TRENDS
Hyperloop
Sommaire
Time to act
Entrez dans
la décennie
décisive
Ils accélèrent
la transition
La révolution
Contech
29
Le as a service,
allié de la transition
énergétique
— par Isabelle Lambert
31
Ces start-up qui
innovent pour le
financement de
la décarbonation
36
Quand l’IA
expérimente
tous azimuts
— par Quentin Panissod
39
Tech et prospective
mobilisées pour
la sécurité
42
La cartographie
des start-up
qui montent
45
Tous à bord de
la révolution Contech !
— par Guillaume
Bazouin
48
Drones et IA suivent
les chantiers
au centimètre près
51
Leonard
en un coup d’œil !
10
Building Beyond :
idées neuves et
pistes d’action
19
Quelles étapes pour
la décarbonation
de la mobilité
routière ?
— par Pierre Delaigue
23
Aux avant-postes
de la résilience
24
10 mots
dans le débat
1
3
4
2
4
La transition dans
notre agenda
7
Une décennie
de responsabilités
— par Julien Villalongue
1
Time
to
act
Il reste huit années avant la fin
de la « décennie décisive », ce
laps de temps modélisé par
les spécialistes pour parvenir
à limiter le dérèglement clima-
tique. En 2021, le 6e
rapport du
GIEC et les conclusions de la
COP26 ont confirmé l’urgence
de réduire sans délai les émis-
sions globales de gaz à effet
de serre et d’adapter villes et
infrastructures aux transfor-
mations du climat. Le secteur
de la construction et de l’amé-
nagement doit jouer un rôle
décisif dans cette transition.
2021
14 avril
8
s
eptembr
e
21 juin
27 mai
2
0
-
2
5
septe
m
b
r
e
2
0
janvie
r
Lancement
des promos
2021
Inauguration
du cycle
d’événements :
La filière
hydrogène,
acteur clé
de la transition
énergétique Publication du
rapport Sifted
x Leonard sur
la construction
tech en Europe
Demo Day
Leonard
Day
Festival
Building
Beyond,
4e
édition
4
4
La transition
dans notre agenda
2
0
22
juin
n
ovembre
1
er janvier
3
1octobre
1
2
janvier
s
e
ptemb
r
e
1
5
et 16 jui
n
1
1
n
ovemb
r
e
2
2
octob
r
e
Lancement
à Leonard de
la plateforme
« Les entreprises
s’engagent ! »
par Élisabeth
Borne, ministre
du Travail
Début de
la COP26 à
Glasgow
Festival Building
Beyond,
5e
 édition
COP27
en Égypte
Leonard Day,
2e
 édition
BuiltWorlds
Summit
à Paris
Entrée en
vigueur de
la RE2020
Lancement
des promos
2022
5
Finale de
la Construction
Startup
Competition
6
6
Une décennie de
responsabilités
L
es rapports, conférences, ­
tribunes
s’amoncellent. Les preuves scien-
tifiques de la dégradation de
notre environnement – que nous
parlions de biodiversité ou de climat – et de
la responsabilité des activités humaines dans
cette évolution s’accumulent.
Les activités humaines ont en effet modifié
et modifient notre environnement planétaire
à grande échelle, à une amplitude et un
rythme inédits. Le changement climatique
et les dérèglements environnementaux ne
sont plus une hypothèse et leurs impacts
s’observent et se mesurent avec une acuité
toujours plus aiguë.
Cette année 2021 a encore fourni son lot
d’illustrations des dynamiques à l’œuvre 
:
la première partie du 6e
rapport du Groupe
d’experts intergouvernemental sur l’évolu-
tion du climat (GIEC) confirme l’ensemble
des modélisations scientifiques et nous
éclaire sur cette ère de conséquences dans
laquelle nous sommes entrés, alors que
la COP26 à Glasgow, même si elle a pu
décevoir dans ses conclusions, a permis de
mettre en débat ces constats.
Qu’en retenir  ? La nécessité d’une trans-
formation profonde de nos modes de vie.
Quand on s’intéresse aux évolutions des
villes et des infrastructures, des bâtis, de
l’énergie, de la mobilité, on est rapidement
convaincu de la responsabilité particulière
qui est devant nous 
: 72 
% des émissions
mondiales de gaz à effet de serre (GES)
de l’humanité proviennent de l’énergie  ; le
pétrole assure 95 
% des besoins du trans-
port de marchandises dans le monde et les
transports représentent un quart des émis-
sions mondiales de CO2
 ; la consommation
énergétique des bâtiments représente 18 %
des émissions mondiales de gaz à effet
de serre (dont 8 % pour le seul béton) et 10 %
de la consommation d’eau potable.
Et nous avons bien compris cette responsa-
bilité qui nous incombe. L’édition 2021 du
Festival Building Beyond, qui avait pour thème
la décennie décisive, a permis de mettre en
lumière ces enjeux et d’en débattre. La pre-
mière édition du Prix de l’environnement
de VINCI quant à elle a mobilisé l’ensemble
des salariés du groupe autour de solutions
environnementales innovantes, qu’il reste
désormais à promouvoir à grande échelle
auprès des acteurs publics et privés.
Pour réussir cette décennie décisive, conti-
nuons à nous mobiliser et concrétisons
notre responsabilité collective en actions.
Elle réclame en effet de trouver les solu-
tions pour accélérer la transition. Celles-ci
ne seront pas univoques 
: l’innovation et
les technologies y joueront leurs rôles, tout
autant que les leviers de sobriété, en énergie
et en ressources notamment.
Chacun doit prendre sa part. Chez Leonard,
nous continuerons à orienter la prospective,
l’innovation et l’entrepreneuriat vers les
solutions de transition, à plaider pour une
demande qui leur soit favorable, ainsi qu’à
accompagner les logiques partenariales au
sein de nos secteurs et entre les start-up et
les grands groupes.
Si la décennie est décisive, nous en sommes
responsables, nous en serons comptables.
Le mot de Julien Villalongue
7
2
Entrez
dans
la
décennie
décisive
La« décenniedécisive »,
c’estcelledelatransition
environnementale des
villes et des territoires.
Pour bien s’y engager :
idées neuves, débats
et pistes d’action issus
de la 4e
édition du festi-
val « Building Beyond »,
trois étapes pour une
mobilité décarbonée et
des projets Leonard au
service de la résilience
des territoires.
10
Building
Beyond
RÉINVENTER NOTRE
RELATION AU VIVANT
L 
e vivant, y compris
sauvage, est de
retour dans les
villes, notamment
parce que celles-ci conquièrent
toujours plus d’espaces natu-
rels. Non sans risques 
: ceux
de dégrader la biodiversité
et les services vitaux qu’elle
fournit aux humains. Mais non
sans opportunités également
pour réinventer notre relation
avec le vivant. On a pris la
mesure du coût de sa dégra-
dation, on apprend désormais
à le restaurer, il inspire les ingénieurs. Pour Joëlle
Zask, professeure de philosophie à Aix-Marseille
Université, auteure de Zoocities – Des  animaux
sauvages dans la ville (Premier Parallèle, 2020), la
démocratie et le soin accordé au vivant vont de
pair, et les villes peuvent être le lieu où s’aménage
la bonne distance aux autres, le bon voisinage,
chacun jouissant de sa niche écologique. Cela
suppose de pouvoir compenser les atteintes
aux écosystèmes naturels occasionnées par les
projets d’aménagement et de construction, et
de prendre la mesure de la valeur des services
rendus par la nature. Isabelle Spiegel, directrice
de l’environnement de VINCI, rappelle que la règle
« Éviter, Réduire, Compenser » s’applique pour tous
les projets entrepris par le constructeur. Les tech-
niciens et écologues travaillant chez Equo Vivo, la
marque spécialisée dans la renaturation de VINCI
Construction, y contribuent, quand par exemple,
ils rétablissent les méandres naturels d’une
rivière. L’agence WALD de l’architecte paysagiste
Clément Willemin invente pour sa part de nou-
velles manières d’inviter la nature en ville, comme
en témoignent ses projets de filtres pluviaux végé-
taux sur les façades des bâtiments. Des travaux
auxquels fait écho le riche parcours de Jacqueline
Osty, Grand Prix de l’urbanisme en 2020, créatrice
de « zones artificiellement naturelles ».
Merci à ... Joëlle Zask, professeure de philosophie,
Aix-Marseille Université * Isabelle Spiegel, directrice de
l’environnement, VINCI * Harold Levrel, professeur, AgroParisTech
* Lionel d’Allard, directeur, EquoVivo * Anaël Mayeur, doctorant,
AgroParisTech * Clément Willemin, architecte paysagiste,
agence WALD * Clémence Béchu, associée et directrice du
développement, agence d’architecture Béchu et associés *
Kalina Raskin, directrice générale, CEEBIOS * Alain Renaudin,
président et fondateur, NewCorp Conseil * Jim Rhoné, président et
cofondateur, Soliquid * Jacqueline Osty, urbaniste, Osty et associés
* Aldo Bearzatto, cofondateur, festival Close Up
10
Entrez dans la décennie décisive
L
a transition environnementale s’inscrit
dans un contexte inédit de vieillisse-
ment des populations comme des
infrastructures. En 2030, les plus de
65 ans constitueront le premier groupe d’âge dans
de nombreux pays. Le patrimoine urbain pose des
enjeux de maintenance, de renouvellement et
d’adaptation tant aux nouveaux usages qu’aux
aléas climatiques. Comment concevoir alors
les infrastructures de demain 
? L’historien Alain
Schnapp, professeur émérite à l’université Paris 1
et auteur d’une monumentale Histoire universelle
des ruines (Le Seuil, 2020), invite à méditer sur les
traces des villes disparues pour inspirer l’avenir.
Les technologies les plus récentes – simulations,
Internet des objets (en anglais Internet of Things,
IoT), intelligence artificielle (IA) – sont mobilisées,
explique Vincent Louvot, directeur de départe-
ment adjoint immobilier d’entreprise chez VINCI
Immobilier, pour éviter l’obsolescence climatique
des infrastructures urbaines. Dans le même
temps, robots et exosquelettes s’invitent sur les
chantiers, et offrent une réponse à la pénurie
de main-d’œuvre que pourrait occasionner le
vieillissement démographique. L’enjeu : bâtir des
villes capables de durer, adaptées aux besoins de
populations vieillissantes. Comme le souligne Luc
Broussy, président de France Silver Eco, « 
la ville
dite “du quart d’heure”, c’est, de fait, celle des
seniors : c’est bien souvent leur périmètre de vie
au quotidien ».
Merci à ... Alain Schnapp, professeur émérite, université
Paris 1 * Vincent Louvot, directeur de département adjoint
Immobilier d’entreprise, VINCI Immobilier * Amelia Rung,
directrice du développement, VINCI Autoroutes * David Zambon,
directeur Infrastructures de transport et matériaux, CEREMA
* Pierre Barcelo, chef d’entreprise, Robots for Site * Romaric
Gomart, fondateur et CEO, PaintUp * Audrey Massy, responsable
marketing, Q-BOT * Philippe Portier, chef de projet Département
méthodes, Hilti * Luc Broussy, président, France Silver Eco *
Meriem Chabani, architecte urbaniste associée, New South *
Julien Damon, professeur associé, Sciences Po * Eric Lapierre,
cofondateur et P-DG, Ovelia * Pierre Bordage, auteur de science-
fiction * Stéphanie Leheis, urbaniste et chercheuse indépendante
PRÉPARER LE TEMPS LONG
DES VILLES ET DES TERRITOIRES
11
Building Beyond
12
Building
Beyond
CONSTRUIRE À PARTIR
DE NOS VULNÉRABILITÉS
A 
léas climatiques, burn out,
cyberattaques… les risques
évoluent, et la prospectiviste
Cécile Wendling, directrice
de la stratégie de sécurité et de l’anticipa-
tion des menaces d’AXA, ajuste ses outils
d’analyse en conséquence. Le monde était
volatil, incertain, complexe et ambigu (VUCA,
pour l’acronyme anglophone). Il  devient
fragile (un nouveau variant viral, une cybe-
rattaque), anxieux (la santé mentale est un
sujet majeur), non linéaire (l’informatique
quantique arrive dans le monde industriel)
et incompréhensible (même quand des
dirigeants expliquent et argumentent, le
« 
pourquoi 
» n’est plus compris). Le cumul
des vulnérabilités est un défi pour un nombre
croissant de territoires. Marseille en offre un
exemple saisissant, entre trait de côte en
recul et risques industriels. Pour y faire face,
élus, aménageurs et constructeurs doivent
éviter les « 
sept péchés territoriaux 
» – allant
de l’ignorance au cloisonnement, en passant
par le techno-­
solutionnisme – identifiés par
le think tank The Shift Project dans ses travaux
dédiés à la résilience territoriale. Pour les
entreprises, faire face aux nouveaux risques
passe par une attention réaffirmée à la sécu-
rité. Si le numérique, qui permet d’éloigner les
opérateurs des risques métiers, offre de nom-
breuses solutions, il figure aussi dans la boîte
à outils des villes face aux risques, à condition
de ne pas faire des smart cities des géants aux
pieds d’argile.
Merci à ... Cécile Wendling, directrice de la
stratégie de sécurité et de l’anticipation des menaces,
AXA * Mathilde Chaboche, adjointe au maire de Marseille
* Vincent Cottet, urbaniste paysagiste, Richez_Associés
* Corentin Riet, chargé de projet, The Shift Project * René
Amalberti, directeur, Fondation pour une culture de sécurité
industrielle (FONCSI) * Pierre-Yves Bigot, directeur de projet,
VINCI * Laure Girodet, directrice santé sécurité, SUEZ *
Louis Bandiera et Yves Travers, Nos quartiers ont du talent
* Patrick Choux, directeur général, Groupe ID’EES * Thierry
Covelo, directeur du développement RH, de l’inclusion et de
la diversité, VINCI * Juliette Gatignon, directrice générale,
Unis-Cité * Thibaut Guilluy, haut-commissaire à l’emploi
et à l’engagement des entreprises * Dominique Hiesse,
président, Fédération nationale des écoles de production
* Francis Lévy, secrétaire général, Fédération française des
Geiq * Athina Marmorat, fondatrice et directrice générale,
Rêv’Elles * Olivier Vigneron, directeur général, Réseau
étincelle * Pierre Coppey, directeur général adjoint, VINCI *
Pierrick Buret, chef d’escadron, Centre national d’assistance
cyber de la gendarmerie nationale * Jean-Baptiste Colas,
commandant, Agence de l’innovation de défense * Yves
Pellemans, CTO, Axians
12
Entrez dans la décennie décisive
Building Beyond
13
REDÉFINIR
LE PROGRÈS
L 
a décennie en cours appelle à
renouveler l’idée même de progrès,
en actant ce que la science nous a
appris 
: la nature nous impose des
limites, dans le cadre desquelles doit s’écrire le
débat sur l’innovation technologique. Comment
fixer aux économies et aux technologies un
cap acceptable par tous et compatible avec la
préservation de l’environnement 
? Si l’on suit les
modélisations du think tank The Shift Project,
décarboner la société impliquera très probable-
ment de dégrader les niveaux de productivité
obtenus grâce au pétrole. Les entreprises joueront
un rôle très important dans la transition à mettre
en place, à condition d’imaginer de nouveaux
indicateurs de performance, d’inventer de nou-
veaux modèles d’affaires, au service de la société.
Dans le secteur de la mobilité, par exemple, cela
passe selon Rémy Knafou, professeur émérite à
l’université Paris 1, par des déplacements choisis,
conscients, plus lents, moins extensifs – tels sont
les nouveaux horizons du voyage. Les innovations
technologiques joueront un rôle indéniable dans
la transition environnementale, à condition que
s’instaure un débat constructif quand l’opinion ne
leur est pas favorable. Cela implique d’en définir
le périmètre, ainsi que les marges de manœuvre
des parties prenantes, et d’assurer la sincérité des
informations versées au débat, en les circonscri-
vant au champ de la connaissance.
Merci à ... Étienne Klein, physicien et philosophe des
sciences, CEA * Élise Bon, directrice de l’environnement, VINCI
Autoroutes * Rémy Knafou, professeur émérite, université Paris 1 *
Agnès Plagneux-Bertrand, adjointe au maire de Toulouse * Arthur
Auboeuf, cofondateur, Time for the Planet * Matthieu Auzanneau,
directeur exécutif, The Shift Project * Pascale Ford Maurice,
Head of sustainable banking for corporate in Europe, Crédit
Agricole Corporate & Investment Bank * Claude Arnaud, président,
Efficacity * Sarah Grau, codirectrice, Décider ensemble * Thierry
Ménissier, professeur des universités, université Grenoble Alpes *
Luc Picot, secrétaire général du débat public « Éoliennes en mer
en Nouvelle-Aquitaine » * Michaël Hirsch, humoriste
14
14
Building
Beyond
Entrez dans la décennie décisive
Préservation des sols naturels, réduction de
l’usage des ressources naturelles, limitation
des émissions de CO2, accès à l’habitat abor-
dable… l’aménagement se réinvente pour
répondre à une conjonction inédite d’exi-
gences. Du temps long du planificateur au
quotidien de l’habitant, du territoire à l’opé-
ration, gouvernance et compétences sont
appelées à évoluer. De  nouveaux outils car-
tographiques d’aide à la décision permettent
de mieux appréhender les caractéristiques
socio-économiques des territoires, tandis
que certaines instances de concertation réus-
sissent à dépasser les frontières territoriales.
La modélisation numérique offre la possibilité
d’identifier les risques et de tester la perti-
nence de différentes options d’aménagement,
dans un contexte où, à l’échelle territoriale, les
maîtres mots sont désormais la densification
et le recyclage, en particulier dans les villes,
premières consommatrices d’énergie, de
matières premières et de sols. Le périurbain,
habité par un tiers des Français, suscite un
intérêt croissant, car s’y concentrent les défis
de la décarbonation des mobilités, de la densi-
fication de l’habitat et de la maîtrise de l’artifi-
cialisation des sols.
Merci à ... Édouard Dequeker, professeur, Chaire
d’économie urbaine de l’ESSEC * Létizia Delorme, directrice,
Syndicat mixte du SCoT du Pays basque & du Seignanx *
Karine Hurel, déléguée générale adjointe, Fédération natio-
nale des agences d’urbanisme ; Virginie Leroy, directrice-
générale adjointe Aménagement et grands projets urbains,
directrice de département bureaux, VINCI Immobilier *
Justine Bichon, chargée de mission Transition écologique,
Agence Parisienne du Climat * Erwann Personne, maître de
conférences, AgroParisTech * Bruno Peuportier, directeur de
recherche, Mines Paris PSL * Karim Selouane, directeur et
fondateur, Resallience * Aristide Athanassiadis, chercheur
senior, École polytechnique de Lausanne * Justine Emringer,
Plaine Commune * Sylvain Grisot, dixit.net * Sophia Ouabi
Aïssi, VINCI Construction France * Maxence De Block,
chargé de projet, Vraiment Vraiment * Lucile Mettetal,
chargée d’études et de projets, Institut Paris Région *
Charlotte Girerd, directrice Transition, RSE et innovation,
SNCF Immobilier * Jean-Philip Lucas, associé, Ancoats *
Garance Paillasson, architecte * Aurore Rapin, coordina-
trice générale, Yes We Camp * Aldo Bearzatto, cofondateur,
festival Close Up
EXPLORER DE NOUVELLES
MANIÈRES D’AMÉNAGER
LES TERRITOIRES
15
312
30 %
1 à 2 
%
50 Mds
€
2030
Nombre de jours en
moyenne en France pour
détecter et confirmer
une fuite de données
des espèces figurant sur la
liste rouge de l’ Union
internationale pour la
conservation de la nature
(UICN) sont menacées de
disparition selon l’institution
seulement des ressources
employées sur les chantiers
de construction en France
proviennent du réemploi
C’est le montant
des investissements qu’il faudrait
engager par an en 2022 et en
2023 pour respecter la Stratégie
nationale bas-carbone, d’après
l’Institut d’économie pour
le climat (I4CE)
En France, dans le secteur
de la construction, un tiers
des compagnons devrait
partir à la retraite d’ici à
E N C H I F F R E S
Joëlle Zask
Professeur de philosophie
à Aix-Marseille Université
Étienne Klein
Physicien, philosophe des sciences, CEA
« L’arrivée des animaux sauvages
en ville réinitialise notre
vision de la ville. Je crois utile
de mobiliser l’idée de voisinage
pour transformer la ville en
cité et nous mettre sur la voie
d’une conscience écologique
élargie. Le voisinage,c’est la
recherche de la bonne distance,
qui n’éradique pas la nature ni ne
cherche à cohabiter avec elle. »
« Croire au progrès,
c’est commencer par voir
les défauts du monde.
Et si le fait que nous ne
cessions de parler de
“crise” était le signe qu’en
réalité,nous croyons
encore au progrès ? »
Entrez dans la décennie décisive
Building
Beyond
Intelligence
collective
La transformation des villes et des infrastructures doit mobiliser
l’expertise au-delà du cercle des spécialistes de la construction.
Les regards de prospectivistes, historiens, philosophes,
paysagistes et élus locaux inspirent le festival Building Beyond et
les rencontres organisées toute l’année par Leonard. Verbatim.
16
17
Jacqueline Osty
Paysagiste, Grand Prix de l’urbanisme 2020
Cécile Wendling
Directrice de la stratégie de sécurité et de
l’anticipation des menaces, AXA
Mathilde Chaboche
Adjointe au maire de Marseille
« Les grandes métropoles doivent
offrir ce qui fait qu’on consent à
vivre dans une ville,et cela implique
de réussir à détricoter cet imaginaire
qui regarde encore le périurbain
dépendant de la voiture comme un
idéal vertueux écologiquement. » 
« Pour répondre à
l’incertitude,il faut cultiver
sa créativité. Pour cela,il
faut réserver du temps
à l’ennui,pour laisser
l’esprit vagabonder,pour
lire des romans,fréquenter
des expositions – bref,
il faut donner de la place
à l’imagination. »
Verbatim de Building Beyond
« Le paysagiste a longtemps été
vu comme quelqu’un qui fait des
jardins,à la suite des plans conçus
par les architectes. Désormais,
ce travail se fait en interaction bien
plus intégrée,en raisonnant sur les
creux entre les bâtiments,et pas
seulement à partir du plein,du bâti.
La prégnance de la préoccupation
environnementale nous pousse
à regarder les sols autrement,
comme des milieux vivants. »
18
18
Entrez dans la décennie décisive
19
Interview
Quellesétapespour
la décarbonation
de la mobilitéroutière ?
Quelles sont les principales
étapes de la décarbonation de
la route en Europe ?
Commençons par l’horizon 2050 : la date la
plus lointaine, celle d’une mobilité neutre en
carbone, l’objectif ultime. Bien sûr, il faut des
étapes intermédiaires pour y arriver, parce
que la marche est assez haute. En 2030,
l’Europe va obliger beaucoup de secteurs
de l’industrie, dont les transports, à réduire
leurs émissions de CO2 de 55 % par rapport
au niveau actuel. En juillet dernier, un projet
de règlement européen a précisé la marche
à suivre pour y parvenir, et introduit de nou-
velles contraintes : par exemple, en 2030 la
nécessité pour les constructeurs de véhi-
cules légers de vendre des véhicules qui
émettent en moyenne 55 % de moins de CO2
que les véhicules vendus en 2021. Puis en
2035, l’interdiction pure et simple de la vente
de véhicules thermiques neufs. C’est une
mesure très forte, qui accélère le calendrier
pour certains pays, dont la France, qui visait
2040 pour cet objectif.
S’ajoutent à cela d’autres contraintes portant
non pas sur les ventes de véhicules mais
sur la circulation. En France, les zones à
Les transports représentent 30 % des émissions de CO2
de l’Union européenne. La route y contribue à hauteur
de 72 %. Or les efforts d’amélioration de l’efficacité
énergétique des véhicules thermiques atteignent
progressivement leurs limites. Un appel d’air pour
les véhicules électriques et les infrastructures de
recharge. Explications de PIERRE DELAIGUE, directeur
des projets de mobilité autonome, connectée et
électrique chez Leonard.
« En 2030,l’Europe
va obliger beaucoup
de secteurs de
l’industrie à réduire
leurs émissions de CO2
de 55 % par rapport au
niveau actuel. »
faibles émissions (ZFE), qui limitent l’accès
des centres urbains aux véhicules les plus
polluants, concernent aujourd’hui une
douzaine d’agglomérations. En 2025, la loi
climat et résilience adoptée en juillet 2021
étendra ces limitations à 34 agglomérations
– en pratique, toutes les villes de plus de
150 000 habitants. On compte déjà 247 ZFE
dans 13  pays d’Europe. L’environnement
législatif et réglementaire va nous faire
basculer à marche forcée vers une mobilité
décarbonée.
En Europe, on sait que la part des
véhicules électriques a pratique-
ment doublé entre 2020 et 2021,
mais que ces derniers ne repré-
sentent, aujourd’hui encore, que
moins de 2 
% du parc automobile
européen. Quelle place alors pour
les véhicules électriques dans la
transition bas carbone ?
Pour la catégorie des véhicules légers, la
technologie qui va permettre de décarboner
la mobilité est connue et ne fait plus débat :
ce sont les véhicules électriques à batterie.
Cela étant rappelé, il faut effectivement
avoir en tête quelques chiffres. En France,
par exemple, le parc automobile de véhi-
cules légers se compose de 33 millions
de véhicules. Grâce aux aides à l’achat, on
atteint jusqu’à 10 % de véhicules électriques
parmi les ventes de véhicules neufs. Mais si
l’on regarde la part cumulée des véhicules
électriques dans le parc roulant, on est
juste en dessous de 400 000 véhicules... sur
« L’environnement
législatif et
réglementaire va
nous faire basculer
à marche forcée
vers une mobilité
décarbonée. »
Entrez dans la décennie décisive
20
20
33 millions. Donc il y a un vrai enjeu sur le
renouvellement du parc. Or le surcoût d’un
véhicule électrique remplaçant un véhi-
cule thermique reste de l’ordre de 10 
000
à 15 
000  euros. Les  aides contribuent à
rattraper ce surcoût, et les mesures contrai-
gnantes comme les ZFE devraient accélérer
le mouvement.
Si l’on s’intéresse au cas des poids lourds, la
batterie électrique présente non seulement
des limites en termes d’autonomie, mais
aussi des limites opérationnelles à cause
de l’immobilisation nécessaire au temps
de charge ainsi que du volume et du poids
de la batterie, qui dégradent la charge utile.
Malgré ces limites, la batterie reste une
solution envisagée par certains construc-
teurs. D’autres font le choix de l’hydrogène.
Celui-ci ne présente pas de contraintes
aussi marquées pour la charge utile.
Il n’existe pas non plus de problème d’im-
mobilisation : faire le plein est très rapide.
La vraie limite est celle de la disponibilité
de l’hydrogène décarboné. La filière monte
en puissance, c’est certain, et les investisse-
ments sont importants – 9 milliards d’euros
de soutien public en France. Mais l’hydro-
gène est un vecteur de décarbonation de
nombreux secteurs. L’industrie lourde en
aura un usage majoritaire à court terme.
La disponibilité en masse d’un hydrogène
décarboné pour la mobilité avant 2030
reste donc à confirmer.
Les infrastructures routières
sont-elles prêtes pour la mobilité
­
décarbonée ?
Le déploiement de bornes de recharge pour
véhicules électriques sur les aires de service
est une condition indispensable à l’essor de
la mobilité électrique. C’est pourquoi VINCI
Autoroutes déploie des bornes de recharge
rapide (50 kW) et ultrarapide (150 kW) sur
ses aires de service. À date, près des deux
tiers des aires sont déjà équipées et l’ob-
jectif est d’équiper l’ensemble des aires
de service d’ici à 2023. C’est un plan de
marche très ambitieux.
Interview
21
22
22
Entrez dans la décennie décisive
Ces premiers déploiements sont indispen-
sables pour déclencher l’acte d’achat en
supprimant la crainte de la recharge longue
distance, mais vont rapidement devenir
insuffisants, car la croissance du véhicule
électrique est beaucoup plus rapide que
celle des infrastructures.
Dans un rapport de juillet 2021, RTE et
ENEDIS ont par exemple estimé que, dans
une dizaine d’années, pour répondre aux pics
de demande lors des grands départs, il fau-
dra en moyenne entre 4 et 12 MW par aire de
service. Cela représente entre 20 et 60 points
de charge de 200 kW par aire en moyenne,
les plus grandes aires allant jusqu’à 200
bornes et 40 MW. C’est l’équivalent de l’ali-
mentation électrique de l’aéroport d’Orly  !
Les investissements sont donc colossaux et
doivent être anticipés dès maintenant.
Quel rôle peut jouer la recharge
« 
dynamique 
», c’est-à-dire par in-
duction, caténaire ou rail ?
Elle mobilise des efforts de recherche et de
développement importants et fait l’objet
d’une feuille de route, en France, sous l’égide
du ministère des Transports et de la Direction
générale des infrastructures, des transports
et de la mer (DGITM), qui s’appuie sur les
travaux d’une soixantaine d’experts – et aux-
quels nous avons contribué. Dans le domaine
autoroutier, pour des questions d’exploi-
tation, de maintenance et d’intervention,
les gestionnaires d’infrastructure comme
VINCI Autoroutes privilégient l’induction.
Les solutions utilisant des caténaires ou des
rails sont en effet plus difficiles à entretenir.
Les technologies à induction – des boucles
émettrices enfouies sous la chaussée – sont
transparentes pour l’exploitation et les inter-
ventions. Les travaux français sur la recharge
dynamique préconisent un déploiement
massif des systèmes de routes électriques
dès 2030. Un rapport publié cet été par la
DGITM recommande d’équiper 5 000 km de
routes en recharge dynamique d’ici à 2030,
et 9 
000 à l’horizon 2035. C’est l’équivalent
de l’ensemble du réseau autoroutier natio-
nal. Ce déploiement massif vise les poids
lourds en priorité, et d’autres catégories de
véhicules en opportunité sur une voie dédiée.
Cela implique de réaliser d’importants chan-
tiers en parallèle, mais il n’existe pas de
freins majeurs, sur le plan technique. Quant
à l’alimentation électrique, un des avantages
de la recharge dynamique est de distribuer
le besoin de puissance sur un linéaire plus
étendu, limitant ainsi le dimensionnement
de points de puissance localisés. Surtout, il
faut bien prendre la mesure de l’avantage
de ces systèmes d’autoroute électrique en
matière de décarbonation. Cela pourrait
réduire les émissions de CO2 du transport
routier longue distance de 87 
% par rapport
au parc roulant diesel actuel. Il faut pour cela
que tout le monde avance en même temps :
constructeurs, opérateurs d’infrastructures,
gestionnaires et puissance publique.
« Le déploiement de bornes
de recharge pour véhicules
électriques sur les aires de service est
une condition indispensable à l’essor
de la mobilité électrique. »
Brèves
COMMUNS
Partir de nos rues pour bâtir la ville résiliente de demain
Construire la ville résiliente non pas d’en haut, telle que la conçoit la planification
urbaine, mais d’en bas, en partant de l’échelle de la rue et de ses usages : telle est
l’ambition du projet « La Rue commune ». Leonard, Richez_Associés et Franck Boutté
Consultants associent leurs expertises pour imaginer la rue de demain et créer un guide
méthodologique à l’usage des collectivités. À retrouver sur : www.ruecommune.com
E-LEARNING
Résilience climatique : une formation pour passer
du concept à l’action
Face au changement climatique, les constructions et infrastructures doivent être
plus résilientes dès la conception. De quelle manière ? Avec quel impact ? Parce
que les responsables de travaux et concessions, et plus largement les collabo-
rateurs de VINCI, sont de plus en plus en prise avec le concept de résilience et
ses applications opérationnelles, ce e-learning (90 minutes en français et anglais)
a été développé pour répondre à leurs interrogations et les doter d’outils utiles
au quotidien. À retrouver en ligne sur la plateforme UP de VINCI Academy.
ÉTUDE
Transition écologique : il faut renforcer
les compétences des territoires
À quelles conditions villes et territoires peuvent-ils réussir à faire mieux face
aux enjeux de la transition environnementale ? Leonard et la Chaire d’Économie
urbaine de l’Essec se sont associés pour identifier les compétences des villes et
des entreprises dans ce domaine. Le constat est clair : l’échelle et le rythme de
la transition écologique sont loin d’être suffisants. Les freins se situent au cœur
même de l’organisation territoriale française et dans la persistance de pratiques
trop rigides – organisation en silos, inadaptation de la commande publique –
en matière d’aménagement.
Aux avant-postes
de la résilience
Approche par les « communs », formations dédiées, décloisonnement
des compétences : aperçu des leviers de la résilience.
23
A C
N
H
M
B
Pour la première fois,un
rapport du Haut Conseil
pour le Climat,publié en juin
2021,s’est penché sur les
politiques d’adaptation au
changement climatique. Un
écho au programme de travail
biennal de Glasgow-Sharm el-
Sheikh sur l’objectif mondial
en matière d’adaptation,issu
de la COP26,qui prévoit un
doublement du financement
de l’adaptation d’ici à 2025 par
rapport aux niveaux de 2019.
Les mondes virtuels
persistants peuplés d’avatars
sont-ils l’avenir des usages
numériques ? Accéléreront-
ils le recours au télétravail ?
Modifieront-ils notre rapport
à l’espace et aux mobilités ?
Une chose est sûre : l’intérêt
pour le métavers a grimpé en
flèche après la décision de
Facebook d’en faire le terrain
de son développement – et de
se renommer « Meta ».
En France,les premiers
décrets d’application de
la loi antigaspillage pour
une économie circulaire
instaurent la responsabilité
élargie des producteurs (REP)
de matériaux de construction.
Des fonds vont devoir être
mobilisés en faveur du
réemploi,et la commande
publique devra être fléchée
dans ce sens. L’économie
circulaire est l’un des piliers
du Greendeal européen.
Aux États-Unis et en France,
les parcs nucléaires atteignent
un âge qui exige d’importantes
campagnes de maintenance.
Le nucléaire,faiblement
émetteur de CO2,garde
cependant une place importante
dans les scénarios prospectifs
nationaux,dont celui du
gestionnaire français du réseau
électrique,RTE. Les réacteurs
de petite taille (small modular
reactors) ouvrent de nouvelles
approches industrielles.
En 2020,la filière hydrogène a
bénéficié d’importants plans
d’investissement,notamment
pour le développement des
infrastructures nécessaires
à l’industrialisation de la
filière. La Commission
européenne entend instaurer
une gouvernance dédiée
aux réseaux de transport
d’hydrogène (European
Network of Network
Operators for Hydrogen).
Le Congrès mondial
de la nature s’est tenu
en septembre 2021 à
Marseille,sous le signe de
l’interconnexion des crises
de la biodiversité et du climat.
Pour la première fois,il a
inclus les peuples autochtones
en tant que membres votants à
part entière. Les négociations
de la COP15 sur la biodiversité
devraient se tenir d’ici à l’été
2022 en Chine.
Adaptation Métavers
Circulaire
Nucléaire
Hydrogène
Biodiversité
Entrez dans la décennie décisive
24
10 mots dans le débat
P
R
T
Z
Les métiers de la transition écologique
trouveront-ils à temps les talents dont
l’économie bas-carbone a besoin ? Dans un
rapport consacré à l’emploi,le think tank
The Shift Project estime qu’à l’horizon 2050,
la décarbonation de l’économie devrait
créer 300 000 emplois,avec un besoin
de 100 000 emplois dans la rénovation
des bâtiments et de 415 000 emplois
dans l’agriculture,quand le secteur
automobile perdrait 373 000 emplois et celui
de la construction neuve 90 000.
Tensions sur les approvisionnements
nécessaires à la reprise économique entre
deux vagues pandémiques,souveraineté
industrielle,enjeux pour l’emploi et l’empreinte
carbone nationale : la place de l’industrie dans
les territoires revient au coeur du débat public,
dans un contexte favorable : le volet industriel
du plan de relance est doté de 35 milliards
d’euros pour 2020-2022.
Après des mois d’intenses débats,
la Commission Européenne a publié un
« acte délégué » qui classe le nucléaire
et le gaz au nombre des énergies qui
soutiennent la transition environnementale
et qui pourront,à ce titre,bénéficier
à l’avenir de conditions de financement
avantageuses. Les projets de construction
de nouvelles centrales nucléaires devront
avoir obtenu un permis de construire avant
2045 tandis que pour les centrales à gaz,
les seuils limite d’émissions de CO2 seront
progressivement rehaussés.
Cet été,la loi climat et résilience a placé
l’enjeu de la sobriété foncière au coeur
de l’aménagement des territoires,avec un
objectif ambitieux : zéro artificialisation
nette à l’horizon 2050. Avec 456
mètres carrés de surface artificialisée
par habitant,la France se classe au-dessus
de la moyenne européenne (363 mètres
carrés par habitant).
Profils
Réindustrialisation
Taxonomie européenne
Zéro artificialisation
25
3
Ils
accélèrent
la
transition
Comment réussir la trans-
formationdu secteur de la
construction et de l’amé-
nagement et respecter
ainsi les engagements
environnementaux pris
par l’Europe ? Voici les
réponses de l’innovation,
au prisme des nouveaux
modèles d’affaires, des
technologies de rupture
ou d’optimisation, et de
l’appuicroissantdel’IAaux
métiers du secteur.
Ils accélèrent la transition
28
29
Interview
Le as a service,
allié de la transition
énergétique
Quelles sont les caractéristiques
d’un modèle d’affaires as a ser-
vice ?
Je retiens du travail prospectif que nous
menons sur le as a service trois dimensions
structurantes. La première est celle des
propositions de valeurs 
: elles deviennent
plus flexibles, on demand, proches du temps
réel. La deuxième est celle de la monétisa-
tion : paiement à l’usage, modèles freemium
et, plus globalement, importance croissante
de l’OPEX (les coûts d’opération) plutôt que
du CAPEX (les coûts d’investissement) dans
les offres. La troisième concerne l’organisa-
tion de la production, notamment la place
accordée aux offres construites avec des
partenaires ou l’utilisation de plateformes
digitales.
Quels sont les secteurs qui offrent
le plus de potentiel pour le dévelop-
pement du as a service ?
Nous avons identifié trois grands domaines
de développement. Le premier, celui de la
mobilité, questionne la manière dont les
acteurs de ce secteur pourraient se posi-
tionner comme un gestionnaire des flux de
mobilité auprès des collectivités, qui sont
ses principaux clients. Le deuxième domaine
que nous explorons, celui des énergies, doit
être abordé sous l’angle de la décarbonation.
Quant au troisième, il réunit le bâtiment,
l’infrastructure et l’aménagement. Nous
pouvons y identifier plusieurs types d’offres
dans le segment du real estate as a service ou
qui intéressent la logistique, singulièrement
celle du dernier kilomètre, en ville.
Les offres as a service sont-elles
déjà déployées ?
Toutes les briques existent, et tout l’intérêt
de la démarche prospective, c’est de mettre
en musique ces briques-là. L’enjeu, c’est
aujourd’hui de donner un coup d’accéléra-
teur. Les projets existants ont des niveaux de
maturité variés. Dans la gestion du bâtiment
ou la mobilité, par exemple, l’offre est consti-
tuée, des partenaires sont déjà identifiés, et
nous cherchons des terrains d’expérimen-
tation – les discussions sont en cours. Pour
Des offres agencées au plus près de la demande,
flexibles, allégeant les besoins en investissement pour les
clients : les atouts de l’approche as a service n’échappent
pas aux réflexions prospectives sur les modèles d’affaires
de VINCI en lien avec la transition environnementale.
Explications d’ISABELLE LAMBERT, responsable
de la prospective, Leonard.
d’autres sujets, comme dans le domaine des
énergies, nous serons bientôt capables de
conduire les premières expérimentations de
nouvelles offres. C’est très concret.
Quels types de solutions le chan-
tier decarbonation as a  service
recouvre-t-il ?
C’est un sujet qui a beaucoup de potentiel
en actionnant trois leviers complémentaires
pour nos clients : éviter les émissions de gaz
à effet de serre, les réduire et les ­
compenser.
Avec les collectivités, par exemple, nous
allons pouvoir agencer des solutions déjà
existantes, adaptées à leurs problématiques,
pour réduire leurs émissions de gaz à effet
de serre, et leur proposer des solutions
complémentaires, notamment en matière
de compensation carbone. Certaines
solutions existent déjà, comme SunMind
(VINCI  Concessions) et Greendeed (VINCI
Energies), issues du parcours Intrapreneurs
de Leonard.
Quels sont les points de conver-
gence entre l’approche as a ­
service
et les enjeux de la transition envi-
ronnementale ?
Ainsi que le rappellent régulièrement les
experts, la question du financement est au
cœur de la transition environnementale.
Toutes les entreprises ou collectivités n’ont
pas forcément les moyens d’acquérir les
infrastructures ou les outils nécessaires à
leur modernisation. Le as a service peut être
un moyen pour elles d’y avoir accès et de
continuer à avoir accès aux technologies les
plus performantes au fil du temps, plutôt que
de posséder un actif dont l’obsolescence
risque de dégrader la valeur. De manière plus
générale, dans la façon dont on va concevoir
une offre as a service, l’impact environnemen-
tal va systématiquement être pris en compte.
C’est désormais un réflexe chez nos colla-
borateurs, parce que la politique environne-
mentale est forte au sein du groupe, avec un
objectif de neutralité carbone en 2050.
Ils accélèrent la transition
« L’impact environ-
nemental va être
systématiquement
pris en compte dans
la conception d’une
offre as a service. »
30
Ces start-up
qui innovent pour
le financement de
la décarbonation
Maîtriser son impact sur l’environnement et
contribuer à une économie décarbonée : ces
objectifs tendent désormais à s’imposer comme
des évidences pour les entreprises. Encore faut-il
réussir à les traduire en actes. Cela passe à la fois
par une prise de conscience et un engagement
partagésauseindesorganisations,etparla capa-
cité à mettre en œuvre les solutions techniques à
même de faire la différence. Sur ces deux volets
– celui des équipes et celui des technologies,
de nouveaux modèles d’affaires permettent aux
entreprises d’accélérer, au premier rang desquels
l’approche as a service.
Accompagné par Leonard dans le cadre du
parcours Intrapreneurs, Greendeed propose
une solution globale alliant expertise technique,
travaux et financement, pour maximiser l’effi-
cacité desrénovationsénergétiquesindustrielles.
SunMind, filiale de VINCI Concessions, dont le
fondateur a également bénéficié du soutien du
parcours Intrapreneurs, offre aux entreprises une
électricité locale et décarbonée as a service.
Lumière sur deux solutions innovantes qui
viennent donner corps à l’approche émergente
de la « décarbonation as a service ».
Grand angle
31
Ils accélèrent la transition
En France, l’industrie perd chaque
année plus de 7 milliards d’euros
(chiffres ADEME, 2019) 
: ce mon-
tant correspond à l’énergie fatale
issue des procédés industriels. La
rénovation des sites et l’installation
de dispositifs de production de
chaleur ou de froid plus perfor-
mants peuvent améliorer signifi-
cativement l’efficacité énergétique
de l’industrie. Mais les investis-
sements à consentir, le manque
d’expertise technique comme
l’incertitude sur les économies réa-
lisées peuvent faire hésiter les pro-
priétaires des sites de production.
Des outils juridiques et financiers
existent cependant, qui permettent
de transférer les risques et incer-
titudes à un partenaire expert.
C’est la démarche de Greendeed,
nouvelle marque de VINCI
Energies, portée par Emmanuel
Fleurier et Eddy Sovic, et issue du
parcours Intrapreneurs de Leonard.
Greendeed optimise les énergies
fatales des industriels en finançant
les projets d’efficacité énergétique,
via les contrats de performance
énergétique (CPE) et des dispositifs
comptables dédiés au tiers finan-
cement, dans le cadre de special
purpose vehicle (SPV). En pratique, les
experts de Greendeed réalisent un
diagnostic, conçoivent l’ingénierie
et le financement et prennent en
charge la phase de travaux ainsi
que le suivi post-travaux. Les indus-
triels achètent ainsi non pas des
équipements et des travaux, mais
des économies d’énergie, sans qu’il
leur soit nécessaire d’investir, et en
disposant d’une garantie sur les
économies réalisées.
GREENDEED
L’efficacité énergétique industrielle
sans prise de risque
32
PROFIL
• 
Fondé par
Emmanuel Fleurier
et Eddy Sovic
(VINCI Energies,
intrapreneur)
• 
Premiers clients :
Groupe Cémoi,
Grands Chais
de France,
Mademoiselle de
Margaux
• Parcours
Intrapreneurs 2021
SUNMIND
Donner accès à l’électricité
locale et renouvelable
Nombreuses sont les entreprises
et collectivités qui disposent de
surfaces aptes à être équipées de
panneaux photovoltaïques  ; moins
nombreuses sont celles qui fran-
chissent le pas et investissent dans
ces équipements. Outre le coût de
l’installation, ce type d’opération
requiert des capacités d’étude,
d’ingénierie, de gestion de contrat…
Autant de freins que propose de
lever SunMind, nouvelle activité de
VINCI Concessions, issue du par-
cours Intrapreneurs de Leonard.
SunMind assure en premier lieu le
développement, le financement,
la construction et la maintenance
de centrales solaires en auto-
consommation, sur les surfaces non
utilisées de ses clients (ombrières,
toitures ou surfaces au sol). Les
clients de SunMind ont ainsi accès
à une électricité locale, renouvelable,
et à un prix compétitif et garanti
sur le long terme. Et comme le
relève Maxime Varin, « 
d’ici à 2028,
la France prévoit de quadrupler la
puissance photovoltaïque installée.
Dans  ce contexte, l’autoconsom-
mation d’énergie sera un fort relais
de croissance 
». SunMind propose
également à ses clients d’injecter
l’électricité produite sur le réseau.
Dans ce cas, SunMind verse un
loyer à l’entreprise ou à la collectivité
cliente pour la mise à disposition des
surfaces accueillant la centrale de
production photovoltaïque.
« D’ici à 2028,
la France prévoit de
quadrupler la puissance
photovoltaïque installée. »
Grand angle
33
PROFIL
• 
Fondé par Maxime
Varin (VINCI
Concessions,
intrapreneur)
• 
Premiers clients :
Aéroports de Faro
et de Stockholm-
Skavsta (VINCI
Airports), VINCI
Construction,
Weber (Groupe
Saint-Gobain)
• Parcours
Intrapreneurs 2017
Ils accélèrent la transition
34
La climatisation bas-carbone,
c’est possible
Chaque année dans le monde, les dispositifs de climatisation
génèrent l’équivalent de l’empreinte carbone du Japon.
Le fonctionnement de la très grande majorité des climatiseurs
repose sur un principe physique (cycles de compression et
détente) utilisé depuis des décennies. Des solutions bien
plus performantes existent pourtant, et sont désormais
industrialisables. C’est le cas des dispositifs développés par
Caeli Energie à partir des résultats de recherche issus de son
partenariat avec le LOCIE, une unité mixte USMB / CNRS.
La start-up, intégrée au parcours Seed de Leonard, revendique
60 % de gain d’efficacité énergétique et une consommation
énergétique divisée par trois. Ses appareils (des rafraîchisseurs
adiabatiques indirects à point de rosée), destinés aux bâtiments
résidentiels et au petit tertiaire, n’utilisent ni compresseur
ni fluides frigorigènes.
Parcours
gagnants
Optimisation de la conception, automatisation de la gestion
de chantier, disruption technologique, nouveaux équipements
de sécurité... L’innovation fait progresser la construction sur
tous les fronts. Focus sur quatre start-up accompagnées par
Leonard en 2021, qui révolutionnent nos métiers.
L’ACV en confiance et en SaaS
Mesurer rapidement l’impact environnemental d’un projet de construction,
de manière fiable, transparente et conforme à la RE2020 : c’est ce que permet
la plateforme en ligne Nooco. Nooco a bénéficié des parcours Intrapreneurs
et IA de Leonard et appuie son expertise sur des partenariats avec le
CSTB, l’IFPEB et la DHUP. Son pari ? « Faire gagner des parts de marché aux
solutions bas-carbone », répond Guillaume Jarlot, CEO. La plateforme permet
de comparer différentes options de conception, d’optimiser les choix de
matériaux et les procédés, pour un impact environnemental maîtrisé.
Automatiser
la gestion
des commandes
de granulats
La commande, la livraison et le
suivi des flux de granulats et de
sable sur les chantiers sont le plus
souvent traités manuellement,
par bordereaux en papier.
Par manque de données, ce
processus manuel peut entraîner
des erreurs, des délais et des
émissions de CO2 évitables, et
générer des frais d’expédition
plus élevés. La plateforme
Rockease est un guichet unique
qui facilite la commande, le
suivi et la centralisation des
commandes de granulats.
« Notre but, c’est d’automatiser
la chaîne d’approvisionnement
pour la rendre plus efficace et
efficiente », explique Guillaume
Richer, son fondateur. Rockease
est soutenue par le programme
Seed de Leonard, et a été
labellisée « Efficient Solution » par
la Fondation Solar Impulse.
Les EPI connectés qui sauvent des vies
Projet porté par Thomas Cazor et Mathias Arbet-Pont, dans le cadre
du parcours Seed de Leonard, la start-up Neoratech a cette année officialisé
la commande en présérie de 270 gants connectés CheckGlove. Avec ces
premiers équipements de protection individuelle (EPI) connectés, les deux
fondateurs ont un seul but : « Réduire le nombre d’accidents électriques
dans l’industrie. » Leurs gants CheckGlove, premiers gants de protection
électrique équipés d’un instrument de mesure et connectés à un système
d’affichage sur la visière du casque, préfigurent la prochaine génération
d’EPI augmentés, faisant progresser la sécurité des techniciens de chantier
travaillant sur des installations électriques.
35
Ils accélèrent la transition
Quand l’IA
expérimente
tous azimuts
Quelles sont les caractéristiques de
la « promo » 2021 du parcours IA ?
Cette promotion est placée, d’abord, sous le
signe de la continuité et de la diversité. On y
trouve beaucoup de projets qui relèvent de
l’ingénierie, de la maintenance prédictive.
La vision artificielle y figure en bonne place,
tant au service des métiers que de la maîtrise
de leur impact environnemental. Ensuite,
il faut noter que les projets sont plus nom-
breux cette année : une petite quinzaine et
autant d’entreprises de VINCI qui se sont
engagées. Je voudrais par ailleurs signaler
une nouveauté importante. Cette année, avec
Bruno Daunay, qui codirige le parcours IA,
nous avons choisi de former quatre coaches
issus des entités opérationnelles du groupe,
afin qu’ils diffusent cette expertise dans leurs
entreprises. Autre spécificité de cette édition
du parcours IA : nous observons que les pro-
jets sont davantage appréhendés d’emblée
avec le regard client – la co-construction est
plus marquée. L’un des projets accompagnés
cette année travaille par exemple étroite-
ment avec une entreprise de distribution,
pour améliorer la gestion des magasins
grâce à l’IA.
Quels sont les projets embléma-
tiques du parcours IA en 2021 ?
DIANE, l’entreprise dédiée au développe-
ment de projets d’IA au service des métiers
de VINCI Energies, a continué sa progression,
recrutant de nouveaux experts, montant en
compétences et en échelles d’application.
Un premier projet avait porté, il y a deux ans,
sur l’optimisation des réseaux d’extincteurs
automatiques (les sprinklers), avec l’idée qu’à
terme, tous les réseaux des lots techniques
d’un bâtiment pourraient être optimisés par
l’IA, facilitant la convergence de la recherche
d’optimisation économique et environne-
mentale. L’année dernière, DIANE a déve-
loppé un nouveau cas d’usage permettant
Les équipes de Leonard portent un regard prospectif
et opérationnel sur l’intelligence artificielle.
Elles accompagnent des projets imaginés par les
équipes de terrain. L’IA ouvre aussi de nouveaux
horizons pour la maîtrise de l’impact environnemental
des projets. Revue de détail avec QUENTIN
PANISSOD, responsable des projets IA.
36
l’optimisation de l’éclairage dans les bureaux,
avec une approche inédite : il s’agissait d’op-
timiser le réseau de luminaires de manière
à minimiser la consommation d’énergie.
Cette année, les équipes de DIANE se sont
attaquées au sujet de la ventilation et de la
climatisation, dans le but de développer une
solution qui conçoit automatiquement les
réseaux de climatisation, à partir des plans
du bâtiment.
Où en sont les projets dédiés à la
maintenance des lignes à grande
vitesse ?
Chez VINCI Concessions, l’IA est sollicitée
en appui à LISEA (société concessionnaire)
et MESEA (entreprise de maintenance), qui
travaillent conjointement pour optimiser le
niveau de performance et le cycle de vie de
la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. Un
outil de prédiction de durée de vie des voies
ferrées a vu le jour l’année dernière, qui per-
met d’optimiser les opérations de renouvel-
lement des voies. Aujourd’hui, les efforts se
poursuivent pour développer des solutions
de maintenance prédictive en respectant
strictement les contraintes de sécurité et
en croisant modèles théoriques et don-
nées empiriques. Cette année, l’IA pourrait
aussi être mise au service de l’optimisation
des aiguillages.
Comment l’IA va-t-elle être mo-
bilisée au service de la rénovation
énergétique ?
Nousavionsl’ambitiondepouvoirrassembler
de larges corpus de données et de travailler
avec des partenaires externes, de prendre le
temps de faire de la RD pour développer des
outils durablement utiles à la conception et à
la gestion des bâtiments.
Nous avons eu l’occasion de répondre à un
appel à projets portant sur les enjeux de
gestion des crises et de résilience en début
d’année, soutenu par Bpifrance et la DLR en
Allemagne. Nous nous sommes rapprochés
de plusieurs partenaires pour constituer un
consortium, appelé Renovaite, et développer
une plateforme de technologies d’IA pour
accélérer la rénovation en Europe. On trouve
dans le consortium l’expertise de Leonard,
celle de plusieurs entités de VINCI, celle de
RESALLIENCE, le bureau d’étude de VINCI
pour l’adaptation au changement climatique,
mais aussi celles d’Action Logement, premier
acteur du logement social en France, du
laboratoire allemand OFFIS (recherche en
IA), ou encore de l’entreprise ALEIA, membre
de Gaia-X [lire ci-après]. Avec ce projet, nous
avons l’opportunité de mettre l’IA de manière
transverse, dans la durée, au service des
métiers, avec un fort impact environnemen-
tal et social. Les optimisations envisagées
pour le parc ­
d’­
Action Logement pourraient
contribuer, à elles seules, à la réduction de
0,02  % de la consommation énergétique
de l’ensemble du parc immobilier français.
Le chiffre peut sembler faible, mais c’est en
réalité considérable !
37
Interview
Ils accélèrent la transition
Pour accélérer la rénovation éner-
gétique, et réduire délais et coûts
des opérations, tout en limitant la
consommation de ressources et en
améliorant la résilience climatique,
les technologies d’intelligence arti-
ficielle sont des alliés précieux. Elles
offrent en effet la possibilité d’opti-
miser et d’automatiser la concep-
tion des plans de rénovation urbaine
et le diagnostic environnemental,
comme les plans de rénovation
des routes ; elles permettent égale-
ment d’anticiper les risques futurs
– ­
évolution de l’enveloppe des bâti-
ments, des chaussées, des réseaux...
Il est nécessaire pour cela de réunir
et consolider des jeux de données
spécifiques (images satellites, BIM,
données de gestion des bailleurs,
photogrammétrie...) et de rendre
les briques technologiques d’IA in-
teropérables. C’est l’ambition que
s’est donnée le consortium RENO-
VAITE, qui rassemble six entités du
groupe VINCI (Eurovia et Roadcare,
VINCI Energies et Qivy, le lab re-
cherche environnement, VIA IMC,
RESALLIENCE), le groupe Action
Logement, le laboratoire de re-
cherche allemand en IA OFFIS, et
l’entreprise ALEIA, spécialiste de
l’infrastructure informatique dédiée
à l’IA, membre du cloud souverain
européen GAIA-X. RENOVAITE a ré-
pondu à l’appel à projets « L’IA pour
la prévention des risques, la gestion
des crises et la résilience », porté par
les ministères français et allemands
de l’Économie, Bpifrance et la DLR.
Le  premier consortium centré sur
l’IA appliquée à la construction sera
opérationnel dès mars 2022, et dé-
ploiera ses solutions en mars 2025.
L’IA pour accélérer
la rénovation
énergétique
En Europe, 85 % des bâtiments devront avoir fait l’objet d’efforts
conséquents de rénovation énergétique d’ici à 2050. Leur efficacité
énergétique devra être améliorée d’au moins 60%. Le consortium
RENOVAITE va contribuer à relever ce défi, en mobilisant l’IA au service
des métiers de la rénovation des bâtiments et des infrastructures.
La Solive forme les spécialistes
de la rénovation énergétique
38
La rénovation énergétique peut compter
sur l’IA, mais elle a aussi besoin de pro-
fessionnels de terrain. Accueillies en rési-
denceparLeonard,leséquipesdeLaSolive
proposent des parcours de reconversion
professionnelle en format bootcamp, dé-
diés à la rénovation énergétique. Onze se-
maines de formation intensive, s’appuyant
sur une pédagogie innovante, et deux
semaines de stage en entreprise donnent
accès à la qualification de « Chef de projet
en rénovation énergétique », reconnue par
les entreprises et le ministère du Travail
(­
niveau5–équivalentBAC+2).
GÉRER LES RISQUES LIÉS AUX
ACTIVITÉS DE L’INDIVIDU
Réduire le nombre de chutes (de hauteur / plain-pied)
Sécuriser les travailleurs isolés
Diminuer les risques d’électrocution
GÉRER LES RISQUES DE
LONG TERME
Prévenir les troubles musculo squelettiques
Sécuriser l’exposition sonore
Sécuriser l’exposition à un environnement potentiellement
toxique : exposition vapeurs toxiques / poussières
GÉRER L’ORGANISATION
D’UN CHANTIER
Améliorer l’organisation du chantier (aléas, coactivité)
S’assurer de la réalisation des amenées /replis en sécurité
Gérer les interfaces
GÉRER LES RISQUES LIÉS
À L’ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL
Éviter les collisions par engin / matériel de chantier
(entre engins / avec un piéton)
Sécuriser l’intervention en circulation routière : collision piéton /
véhicule tiers / engin
Éviter l’écrasement par chute de charge
Gérer les projections / explosions / incendies
Contrer les agressions / intrusions
Améliorer la gestion de la sécurité sur site (zone d’exclusion,
computer vision pour alerte)
Améliorer l’exploitation / l’analyse des données de prévention /
préaccident /accident (Newmetrix, IA)
Améliorer la formation et optimiser la transmission
(VR, cenareo)
AMÉLIORER L’UTILISATION
DES DONNÉES POUR PRÉVENIR
Premiers
enjeux
opérationnels
identifiés
Prévenir l’effondrement d’ouvrage (provisoire) /
Ensevelissement
Techetprospective
mobiliséespour
la sécurité
La sécurité des compagnons et des collaborateurs
est l’enjeu numéro 1 dans les métiers de la construction.
Pour détecter les nouvelles opportunités technologiques
et solutions innovantes à implémenter sur les chantiers,
Leonard a développé le programme Sécurité, Santé
et Innovation.
P 
our la première fois cette
année, toutes les compo-
santes de Leonard – exper-
tise en IA, parcours start-up,
démarche prospective, veille technologique
– réunissent leurs talents au service de la
prévention et de la sécurité au travail. Une
première cartographie des risques a été
réalisée, ainsi qu’une revue des solutions
existantes, comme la plateforme logicielle
vHive, qui consiste à inspecter des sites par
essaims de drones, ou Eave, technologie
auditive industrielle de réduction des bruits
sur les chantiers. Quatre thématiques clés
(collision engin-piéton, formation, tra-
vailleur isolé, situations à risques) sont en
cours d’approfondissement. Les risques
futurs et le potentiel de l’IA sont également
explorés par des groupes de travail dédiés.
39
Programme Safety
4
La
révolution
Contech
« Pour relever
les défis actuels
de la construction,
la Contech
s’impose comme
un indispensable
vivier de
solutions. »
Guillaume Bazouin
RESPONSABLE DES PROGRAMMES
START-UP ET INTRAPRENEURS
La révolution Contech
La révolution Contech
42
Illustration de couverture du rapport « Construction Tech » (Sifted x Leonard, 2021)
73
Origine des start-up
Amérique Latine 1
Asie Pacifique 6
Moyen Orient 8
North America
Amérique du Nord 14
Europe 45
start-up au
total
Comment lire
Des programmes d’accélération Leonard
CATALYST SEED Intrapreneur
Fait partie
Du Top 39 de la  Construction Startup
Competition 2021
productivité environnement sécurité
Impact
Gestion de la chaîne
d'approvisionnement,
logistique et fin de vie
Akanthas
ampd
Energy
bex
technologies
GmbH
HIBOO
Instagrid
InStock
Rockease
Schüttflix
GmbH
StructShare
Voyage
Control
Waste
Marketplace
e-béton
Wastebox
ProcurePro
Machine26
Méthodes et matériaux
de construction innovants
Aerial
COBOTICUS
Aeternum
Apellix
BRC
Swiss
Carbix
Corporation
Carbon Upcycling
Technologies
HausBots
Hovering
Solutions
hyperTunnel
Integrated
Roadways
SkyMul
SMART
CAST
Inergeen
Soliquid
EAVE
Neoratech
Roborigger
Conception et
gestion de projet
Arsenio
SoftSystems
Kenzen
AI Clearing
ATLAS Group
London
Ception
CONVERGE
HoloBuilder
Document
Crunch
fostr.ai
GoContractor
JustManage
Mastt
MATEREO
NEWMETRIX
Nodes  Links
Nplan
Oculai
PLINX
SafeAI Inc
Saqara Sidcodx
Roomies
Devisubox
Spacemaker
Structure
Plus
Structure-Pal
Swapp
UltraWis
Conxai
Technologies
GmbH Modulize
Trusstor
vHive
Kraaft
SustainEcho
Nooco
RatedPower
SiteHive
Vizcab
Buildots
Build2B
Pour plus de détails, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse contact.leonard@vinci.com.
Cette cartographie présente les meilleures
start-up en développement rapide qui font
avancer les technologies de la construction, selon
leur domaine d'innovation et l'impact recherché.
Elle a été obtenue à partir des résultats de la
Construction Startup Competition 2021, le plus
grand concours mondial de jeunes entreprises du
secteur de la construction - dont Leonard est
partenaire - ainsi que de nos programmes
d’accélération Intrapreneur, SEED et CATALYST.
La cartographie
des start-up qui
montent dans la
Contech
Tous à bord
de la révolution
Contech !
Les investissements en capital-risque dans la Contech
sont passés de 2 milliards d’euros en 2020 à plus de
3,5 milliards d’euros en 2021. GUILLAUME BAZOUIN,
responsable des programmes Start-up et Intrapreneurs,
décrypte les ressorts de cette dynamique prometteuse
pour le futur de la construction.
Pourquoi la Contech est-elle une
bonne réponse aux défis aux-
quels la construction fait face
­
aujourd’hui ?
La Contech apporte un large éventail de
solutions innovantes. Or nous avons besoin
d’une grande diversité de solutions, parce
que le champ des problèmes a crû et s’est
intensifié ces dernières années. Les défis
de la productivité, des impacts des activités
sur l’environnement, de la protection des
compagnons ou encore du recrutement ne
sont pas nouveaux – mais ils entrent dans
une zone critique. La nécessité de s’équiper,
de faire évoluer certaines pratiques, n’est plus
optionnelle  ; d’autant que les changements
sont aussi appelés par certaines modifica-
tions en profondeur des lois et règlements
qui encadrent le secteur de la construction.
Or, les approches actuelles ne suffisent pas
à répondre aux problèmes que nous devons
traiter. La Contech s’impose alors comme
un vivier de solutions nouvelles, d’autant
plus clairement que des technologies qui
n’existaient pas, ou étaient inaccessibles
économiquement jusqu’à très récemment,
sont aujourd’hui mobilisables et répondent
précisément aux enjeux opérationnels de la
construction.
Quelles sont les technologies clés
de la Contech ?
Sans garantie d’exhaustivité, et dans le
désordre, citons d’abord les drones. Ils sont
désormais peu chers et la réglementation
existe pour les applications professionnelles :
ils s’affirment donc comme une technologie
transformatrice. Un autre élément transfor-
mateur  : tout simplement, le smartphone.
La construction ne pouvait pas être digitalisée
tant qu’il n’était pas possible de disposer d’un
terminal léger et d’une connectivité robuste
sur tous les terrains. C’est aujourd’hui une
évidence. L’information peut remonter direc-
tement, en numérique, depuis les chantiers.
Parmi les technologies clés pour la Contech,
46
jouissant d’une forte dynamique, il
faut bien sûr citer aussi l’intelligence
artificielle, sous la forme à la fois de la
reconnaissance automatique d’images,
et de dispositifs robotisés, plus ou
moins autonomes. Les outils de compu-
ter vision se multiplient, pour identifier
des objets, prendre des cotes… Le suivi
en temps réel de chantier est un cas
d’usage très clairement intéressant.
La même technologie va par ailleurs
permettre de répondre efficacement
à l’évolution de la loi, qui oblige les
constructeurs à maîtriser leurs flux de
déchets. Des solutions existent aujourd’hui
pour automatiser leur suivi, à faible coût.
Où en est l’appropriation des solu-
tions Contech par les entreprises ?
Pour faire face aux enjeux réglementaires
et environnementaux et pour améliorer la
productivité, les très grandes structures
ont depuis longtemps mis en place des
méthodes et des outils, souvent assez com-
plexes par rapport aux solutions Contech.
Ces dispositifs sont là, et il peut être difficile
de les remplacer par des solutions en SaaS,
intégrant de l’IA, par exemple. Les petites
entreprises sont en général bien moins
dépendantes de procédés complexes. Leurs
dirigeants et conducteurs de travaux ont
plus de facilité à déployer des solutions inno-
vantes. Et ils le font d’autant plus volontiers
que, le plus souvent, ce sont des solutions qui
exigent peu ou pas d’investissement : ce sont
des plateformes as a service, des modèles
de location…. Les  entrepreneurs saisissent
très bien l’intérêt de la Contech. Bien sûr, les
grandes entreprises sont aussi susceptibles
de bénéficier de la révolution Contech, dès
lors qu’elles s’organisent pour intégrer à leurs
outils existants les solutions nouvelles et
centrées sur l’utilisateur, propres à la Contech.
Où la dynamique de la Contech
est-elle la plus forte ?
Très nettement, en premier lieu, aux États-
Unis ; on trouve, au deuxième rang, Israël, et
ensuite les pays nordiques. Et c’est bien parce
que nous aimerions que la France prenne la
place qu’elle mérite que nous défendons
la Contech dans les programmes Start-up
de Leonard. La France est un des pays qui
forment le plus d’ingénieurs en génie civil
et travaux publics par habitant, et trois des
dix plus grandes entreprises mondiales du
secteur sont françaises...
Que retenir de la Construction
­
Startup Competition 2021, dont
Leonard était partenaire ?
Deux choses. La première : nous voyons arri-
ver des entreprises très disruptives, plus seu-
lement des projets d’optimisation de l’exis-
tant. Je pense par exemple à hyperTunnel, qui
propose une solution radicalement nouvelle
pour creuser des tunnels. La seconde, c’est
le nombre et la qualité des start-up de la
compétition 
: incomparable 
! On voit s’in-
vestir dans des projets des profils de CEO
avec 20 ans d’expérience : j’y vois la preuve
que la Contech devient un des secteurs qui
attirent le plus de talents, parce qu’ils sont
sûrs d’avoir de l’impact.
Interview
La révolution Contech
La Contech (contraction
de construction et tech-
nology) s’est imposée en
quelques années comme
un accélérateur essentiel de
la ­
transformationdusecteurde
la construction. En apportant
des solutions nouvelles à des
défis structurants, les start-up
delaContechattirentplusque
jamais talents et investisse-
ments. Pour une plus grande
efficacité et une moindre
empreinteenvironnementale.
48
La révolution Contech
49
AI Clearing
La technologie développée par AI Clearing
(États-Unis) cartographie rapidement un
chantier au centimètre près, grâce aux
photographies prises par un drone. Elle
permet de visualiser en détail la progression
du chantier, et de la comparer facilement au
plan et au planning. AI Clearing figure parmi
les projets accompagnés par le programme
CATALYST de Leonard, et faisait partie
des dix finalistes du challenge mondial
« 
Construction Startup Competition 
» 2021,
qui recense 2 000 start-up particulièrement
prometteuses dans l’écosystème mondial
de la Contech.
Drones et
IA suivent
les chantiers au
centimètre près.
Laurent Allidieres, Air Liquide • Lucille Alonso, RESALLIENCE • René Amalberti, Foncsi • Mathias Arbet-Pont, Noeoratech • Claude Arnaud, Efficacity • Christophe
Arnold, Airbus • Aristide Athanassiadis, École polytechnique fédérale de Lausanne • Arthur Auboeuf, Time for the Planet • Vincent Augiseau, CitéSource •
Matthieu Auzanneau, The Shift Project • Louis Bandiera, Nos Quartiers ont du Talent • Pierre Barcelo, Robots for Site • Noé Basch, Mobius • Pascal Baylocq,
Geostock (VINCI Construction) • Aldo Bearzatto, Festival Close Up • Clémence Béchu, Agence d’architecture Béchu et associés • Steven Beckers, Bopro • Ila
Bêka, réalisateur • Manon Berlioz, Roomies Design • Ben Blume, Atomico • Mathilde Bommier, Voies Ferrées de France • Élise Bon, VINCI Autoroutes • Nicolas
Boquet, Afep • Olivier Bordelanne, DEMETER • Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion • Éric Bothorel, député des Côtes d’Armor •
Philippe Boucly, France Hydrogène • Hervé Bougon, Festival Close Up • Pierrick Boyer, OROK • Loïc Brault, Eurovia • Luc Broussy, France Silver Eco • Jeremy
Brown, Foundamental • Pierrick Buret, Centre national d’assistance cyber au commandement de la gendarmerie dans le cyberespace (C3N) • Clémentine
Cazenave, Bpifrance • Meriem Chabani, New South • Mathilde Chaboche, adjointe au maire de Marseille • Laurent  Champaney, Arts et Métiers • Farouk
Chaouch, Citeos • François Chaslin, critique d’architecture • Jean-Baptiste Colas, Agence de l’innovation de défense • FREAKS Architecture • Darren Collinswood,
Freyssinet UK • Pierre Coppey, VINCI • Jean-Pierre Cordier, Société d’encouragement pour l’industrie nationale • Antoine Courmont, Sciences Po • Alexandre
Cousin, Synaps’Up • Fermin Cuevas, ICMPE • Stéphanie Dadour, ENSA Paris-Malaquais • Lionel d’Allard, Equo Vivo • Julien Damon, Sciences Po • Maxence de
Block, Vraiment Vraiment • Arnaud de la Tour, Hello Tomorrow • Jean Yves de Lépinay, programmateur indépendant • Jérôme de Tomasi, Waste Marketplace
• Adrian Deboutière, Métropole du Grand Paris • Jean-Michel Dedôme, VINCI Energies France • Rémy Defay, VINCI Immobilier • Éric Delobel, VINCI Airports
• Létizia Delorme, Syndicat mixte du SCoT du Pays basque  du Seignanx • Ludovic  Demierre, VINCI Construction • Stéphane Denis Delobel, Air Products •
Cyril Ebersweiler, SOSV • Andrew Egglesden, Soletanche Bachy • Michael Einhaus, université des sciences appliquées de Leipzig • Justine Emringer, Plaine
Commune • Philippe Erman, VINCI Autoroutes • Victorien Erussard, Energy Observer • Yvan Estienne, VINCI Energies Europe East • Pierre-Yves Estrade, VINCI
Concessions • Mathias Flattin, Axeleo Capital • Emmanuelle Font, VINCI Construction France • Pascale Ford Maurice, Crédit Agricole CIB • Binta Gamassa,
Lokimo • Juliette Gatignon, Unis-Cité • Sébastien Gendron, TransPod • Laetitia George, Contrast-e • Charlotte Girerd, SNCF Immobilier • Laure Girodet, SUEZ •
Marine Glon, Supernova Invest • Albane Godard, Fondation GoodPlanet • Marie Godard-Pithon, VICAT • Romaric Gomart, PaintUP • Arthur Gosset, réalisateur
• Sarah Grau, Décider ensemble • Sylvain Grisot, Dixit.net • Thibaut Guilluy, haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises • Nicolas Hélas-
Othenin, LISEA • Patric Hellermann, Foundamental • Marc Henriot, Roadcare • Sylvain Hété, Toyota • Dominique Hiesse, Fédération nationale des écoles de
production • Julia Himmelsbach, Visco • Michaël Hirsch, humoriste • Christophe Hug, VINCI Autoroutes • Xavier Huillard, VINCI • Karine Hurel, Fédération
nationale des agences d’urbanisme • Erwan Jacquin, CMA CGM • Guillaume Jarlot, Nooco • Tony Jaux, VEDECOM • Stephane Kaba, Alstom • Étienne Klein,
CEA • Rémy Knafou, université Paris 1 • Marcus Kottinger, Visco • Florence Lambert-Hognon, Genvia • Armelle Langlois, VINCI Construction France • Déborah
Le Bloas, Confkids • Rémi Lefeuvre, VINCI Construction France • Stéphanie Leheis, consultante indépendante • François Lemaistre, VINCI Energies • Louise
Lemoine, réalisatrice • Thierry Lepercq, Soladvent • Virginie Leroy, VINCI Immobilier • Ray Levitt, Blackhorn Ventures • Harold Levrel, AgroParisTech • Francis
Lévy, Fédération française des Geiq • Paul Lieberherr, SustainEcho • Vincent Louvot, VINCI Immobilier • Jean-Philip Lucas, Ancoats • Sébastien Magat, AVUS
• Tom Malo, e-béton • Belen Marcos, VINCI Concessions • Athina Marmorat, Rêv’Elles • Nathalie Martin-Sorvillo, VINCI • Audrey Massy, Q-Bot • Stéphane
Maviel, DIANE • Marie Mawad, Sifted • Anaël Mayeur, AgroParisTech • Lucile Mettetal, Institut Paris Région • Jean-François Monteils, Société du Grand Paris
• Antoine Morand, Soletanche Bachy • Alex Muresan, Aethernum Technologies • Patrick Naujocks, Visco • Bruno Nicolas, Actemium • Claudius Noack, HAW
Hambourg university • Martin Noël, Lokimo • Marjolaine Normier, réalisatrice • Jacqueline Osty, Osty et Associés paysage urbanisme • Sophia Ouabi Aïssi, La
Ressourcerie du BTP • Wilfrid Paillard, VINCI Construction • Garance Paillasson, architecte • Bruno Paul-Dauphin, Exegy • Yves Pellemans, Axians • Rémi Pérony,
Caeli Energie • Erwan Personne, AgroParisTech • Agnès Plagneux-Bertrand, adjointe au maire de Toulouse • Philippe Portier, Hilti • Armin Przirembel, Axians
Allemagne • Aurore Rapin, Yes We Camp • Kalina Raskin, Ceebios • Thomas Reynaud, Free • Jim Rhoné, Soliquid • Guillaume Richer, Rockease • Corentin Riet,
The Shift Project • Robin Rivaton, IDInvest • Natacha Robert, Carapace • Amelia Rung, VINCI Autoroutes • Reinhard Schlemmer, VINCI Energies Europe East
• Alain Schnapp, université Paris 1 • Karim Selouane, RESALLIENCE • Hugues Seutin,  VINCI Construction • Isabelle Spiegel, VINCI • Karim Tamarzist, Build2b
• Terence Thiel, Rockease • Lola Vallejo, Iddri • Maxime Varin, SunMind • Gloria Vendrell, TotalEnergies • Thomas Vessiot, VINCI Construction Terrassement •
Olivier Vigneron, Réseau Etincelle • Chloë Voisin-Bormuth, La Fabrique de la Cité • Cécile Wendling, AXA • Michal Werle, WARBUD • Clément Willemin, Wald
• David Zambon, Cerema • Joëlle Zask, Aix-Marseille Université
remercie tous
les intervenants 2021
50
Direction de la publication : Leonard
Conception éditoriale et graphique :
Usbek  Rica
Textes : François Lassagne
Couverture : Ludwig Hernandez
Intérieur :
Benoit Billard (page 33) • AI Clearing
(pages 48 et 49) • Deva Darshan/
Unsplash (page 30) • Nora
Houguenade (page 1) • Seb Jarnot
(portraits crayonnés pages 16 et
17) • Evelina Judeikyte (infographie
pages 43 et 44) • Leonard DR
(pages : 11, 14 et 32) • Sifted (pages 4
et 42) • La Solive (page 38) • Alexis
Toureau (pages 1, 4, 5, 6, 12, 18, 28, 37
et 46) • Nicolas Vercellino (pages
10 et 13) • Jeroen van de Water/
Unsplash (page 20)
À PROPOS
Leonard est la plateforme de
prospective et d’innovation du
groupe VINCI. Construction,
mobilité, immobilier,
énergie, ville durable : nous
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JEUNES POUSSES
PROJETS ISSUS
DE LA PROSPECTIVE
COLLABORATION
START-UP /
GRAND GROUPE
250
1 1 300
participants
issus de 55 pays
au Leonard Day
accueillis dans le
cadre des rencontres
et débats publics
organisés par Leonard
120
experts mobilisés
au sein du groupe VINCI
PLUS
DE
42
PROJETS
accélérés et
accompagnés
heures de formation
en IA, à l’entrepreneuriat
et à l’innovation dans
nos programmes
Premier incubateur
#CONTECH
EUROPÉEN
n° 
1
2021 en chiffres chez Leonard
200
intervenants
ÉTUDE
EMERGING
TRENDS
Hyperloop
La
décennie
décisive
yearbook
2021-2022
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Yearbook Leonard 2021-2022 (FR)

  • 1. La décennie décisive yearbook 2021-2022 Le laboratoire du futur des villes et des territoires #weareleonard http://leonard.vinci.com
  • 2. Leonard en un coup d’œil ! TRANSITION ENVIRONNEMENTALE RÉVOLUTION NUMÉRIQUE ÉVOLUTION DES MODES DE VIE ET DES USAGES VEILLE MISE EN DÉBAT ÉVÈNEMENTS PROSPECTIVE ATELIERS D’INNOVATION COMMUNAUTÉS LEONARD L E O N A R D P A R I S / L E O N A R D D A C H explorer les futurs des villes, des territoires, des infrastructures, de leurs métiers et de leurs marchés expérimenter et accompagner les porteurs de solutions, entrepreneurs et innovateurs INTRAPRENEURS VINCI DÉPLOIEMENT TECHNOLOGIES IA INCUBATEUR JEUNES POUSSES PROJETS ISSUS DE LA PROSPECTIVE COLLABORATION START-UP / GRAND GROUPE 250 1 1 300 participants issus de 55 pays au Leonard Day accueillis dans le cadre des rencontres et débats publics organisés par Leonard 120 experts mobilisés au sein du groupe VINCI PLUS DE 42 PROJETS accélérés et accompagnés heures de formation en IA, à l’entrepreneuriat et à l’innovation dans nos programmes Premier incubateur #CONTECH EUROPÉEN n°  1 2021 en chiffres chez Leonard 200 intervenants ÉTUDE EMERGING TRENDS Hyperloop
  • 3. Sommaire Time to act Entrez dans la décennie décisive Ils accélèrent la transition La révolution Contech 29 Le as a service, allié de la transition énergétique — par Isabelle Lambert 31 Ces start-up qui innovent pour le financement de la décarbonation 36 Quand l’IA expérimente tous azimuts — par Quentin Panissod 39 Tech et prospective mobilisées pour la sécurité 42 La cartographie des start-up qui montent 45 Tous à bord de la révolution Contech ! — par Guillaume Bazouin 48 Drones et IA suivent les chantiers au centimètre près 51 Leonard en un coup d’œil ! 10 Building Beyond : idées neuves et pistes d’action 19 Quelles étapes pour la décarbonation de la mobilité routière ? — par Pierre Delaigue 23 Aux avant-postes de la résilience 24 10 mots dans le débat 1 3 4 2 4 La transition dans notre agenda 7 Une décennie de responsabilités — par Julien Villalongue
  • 5. Il reste huit années avant la fin de la « décennie décisive », ce laps de temps modélisé par les spécialistes pour parvenir à limiter le dérèglement clima- tique. En 2021, le 6e rapport du GIEC et les conclusions de la COP26 ont confirmé l’urgence de réduire sans délai les émis- sions globales de gaz à effet de serre et d’adapter villes et infrastructures aux transfor- mations du climat. Le secteur de la construction et de l’amé- nagement doit jouer un rôle décisif dans cette transition.
  • 6. 2021 14 avril 8 s eptembr e 21 juin 27 mai 2 0 - 2 5 septe m b r e 2 0 janvie r Lancement des promos 2021 Inauguration du cycle d’événements : La filière hydrogène, acteur clé de la transition énergétique Publication du rapport Sifted x Leonard sur la construction tech en Europe Demo Day Leonard Day Festival Building Beyond, 4e édition 4 4 La transition dans notre agenda
  • 7. 2 0 22 juin n ovembre 1 er janvier 3 1octobre 1 2 janvier s e ptemb r e 1 5 et 16 jui n 1 1 n ovemb r e 2 2 octob r e Lancement à Leonard de la plateforme « Les entreprises s’engagent ! » par Élisabeth Borne, ministre du Travail Début de la COP26 à Glasgow Festival Building Beyond, 5e  édition COP27 en Égypte Leonard Day, 2e  édition BuiltWorlds Summit à Paris Entrée en vigueur de la RE2020 Lancement des promos 2022 5 Finale de la Construction Startup Competition
  • 8. 6 6
  • 9. Une décennie de responsabilités L es rapports, conférences, ­ tribunes s’amoncellent. Les preuves scien- tifiques de la dégradation de notre environnement – que nous parlions de biodiversité ou de climat – et de la responsabilité des activités humaines dans cette évolution s’accumulent. Les activités humaines ont en effet modifié et modifient notre environnement planétaire à grande échelle, à une amplitude et un rythme inédits. Le changement climatique et les dérèglements environnementaux ne sont plus une hypothèse et leurs impacts s’observent et se mesurent avec une acuité toujours plus aiguë. Cette année 2021 a encore fourni son lot d’illustrations des dynamiques à l’œuvre  : la première partie du 6e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolu- tion du climat (GIEC) confirme l’ensemble des modélisations scientifiques et nous éclaire sur cette ère de conséquences dans laquelle nous sommes entrés, alors que la COP26 à Glasgow, même si elle a pu décevoir dans ses conclusions, a permis de mettre en débat ces constats. Qu’en retenir  ? La nécessité d’une trans- formation profonde de nos modes de vie. Quand on s’intéresse aux évolutions des villes et des infrastructures, des bâtis, de l’énergie, de la mobilité, on est rapidement convaincu de la responsabilité particulière qui est devant nous  : 72  % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) de l’humanité proviennent de l’énergie  ; le pétrole assure 95  % des besoins du trans- port de marchandises dans le monde et les transports représentent un quart des émis- sions mondiales de CO2  ; la consommation énergétique des bâtiments représente 18 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (dont 8 % pour le seul béton) et 10 % de la consommation d’eau potable. Et nous avons bien compris cette responsa- bilité qui nous incombe. L’édition 2021 du Festival Building Beyond, qui avait pour thème la décennie décisive, a permis de mettre en lumière ces enjeux et d’en débattre. La pre- mière édition du Prix de l’environnement de VINCI quant à elle a mobilisé l’ensemble des salariés du groupe autour de solutions environnementales innovantes, qu’il reste désormais à promouvoir à grande échelle auprès des acteurs publics et privés. Pour réussir cette décennie décisive, conti- nuons à nous mobiliser et concrétisons notre responsabilité collective en actions. Elle réclame en effet de trouver les solu- tions pour accélérer la transition. Celles-ci ne seront pas univoques  : l’innovation et les technologies y joueront leurs rôles, tout autant que les leviers de sobriété, en énergie et en ressources notamment. Chacun doit prendre sa part. Chez Leonard, nous continuerons à orienter la prospective, l’innovation et l’entrepreneuriat vers les solutions de transition, à plaider pour une demande qui leur soit favorable, ainsi qu’à accompagner les logiques partenariales au sein de nos secteurs et entre les start-up et les grands groupes. Si la décennie est décisive, nous en sommes responsables, nous en serons comptables. Le mot de Julien Villalongue 7
  • 11. La« décenniedécisive », c’estcelledelatransition environnementale des villes et des territoires. Pour bien s’y engager : idées neuves, débats et pistes d’action issus de la 4e édition du festi- val « Building Beyond », trois étapes pour une mobilité décarbonée et des projets Leonard au service de la résilience des territoires.
  • 12. 10 Building Beyond RÉINVENTER NOTRE RELATION AU VIVANT L  e vivant, y compris sauvage, est de retour dans les villes, notamment parce que celles-ci conquièrent toujours plus d’espaces natu- rels. Non sans risques  : ceux de dégrader la biodiversité et les services vitaux qu’elle fournit aux humains. Mais non sans opportunités également pour réinventer notre relation avec le vivant. On a pris la mesure du coût de sa dégra- dation, on apprend désormais à le restaurer, il inspire les ingénieurs. Pour Joëlle Zask, professeure de philosophie à Aix-Marseille Université, auteure de Zoocities – Des  animaux sauvages dans la ville (Premier Parallèle, 2020), la démocratie et le soin accordé au vivant vont de pair, et les villes peuvent être le lieu où s’aménage la bonne distance aux autres, le bon voisinage, chacun jouissant de sa niche écologique. Cela suppose de pouvoir compenser les atteintes aux écosystèmes naturels occasionnées par les projets d’aménagement et de construction, et de prendre la mesure de la valeur des services rendus par la nature. Isabelle Spiegel, directrice de l’environnement de VINCI, rappelle que la règle « Éviter, Réduire, Compenser » s’applique pour tous les projets entrepris par le constructeur. Les tech- niciens et écologues travaillant chez Equo Vivo, la marque spécialisée dans la renaturation de VINCI Construction, y contribuent, quand par exemple, ils rétablissent les méandres naturels d’une rivière. L’agence WALD de l’architecte paysagiste Clément Willemin invente pour sa part de nou- velles manières d’inviter la nature en ville, comme en témoignent ses projets de filtres pluviaux végé- taux sur les façades des bâtiments. Des travaux auxquels fait écho le riche parcours de Jacqueline Osty, Grand Prix de l’urbanisme en 2020, créatrice de « zones artificiellement naturelles ». Merci à ... Joëlle Zask, professeure de philosophie, Aix-Marseille Université * Isabelle Spiegel, directrice de l’environnement, VINCI * Harold Levrel, professeur, AgroParisTech * Lionel d’Allard, directeur, EquoVivo * Anaël Mayeur, doctorant, AgroParisTech * Clément Willemin, architecte paysagiste, agence WALD * Clémence Béchu, associée et directrice du développement, agence d’architecture Béchu et associés * Kalina Raskin, directrice générale, CEEBIOS * Alain Renaudin, président et fondateur, NewCorp Conseil * Jim Rhoné, président et cofondateur, Soliquid * Jacqueline Osty, urbaniste, Osty et associés * Aldo Bearzatto, cofondateur, festival Close Up 10 Entrez dans la décennie décisive
  • 13. L a transition environnementale s’inscrit dans un contexte inédit de vieillisse- ment des populations comme des infrastructures. En 2030, les plus de 65 ans constitueront le premier groupe d’âge dans de nombreux pays. Le patrimoine urbain pose des enjeux de maintenance, de renouvellement et d’adaptation tant aux nouveaux usages qu’aux aléas climatiques. Comment concevoir alors les infrastructures de demain  ? L’historien Alain Schnapp, professeur émérite à l’université Paris 1 et auteur d’une monumentale Histoire universelle des ruines (Le Seuil, 2020), invite à méditer sur les traces des villes disparues pour inspirer l’avenir. Les technologies les plus récentes – simulations, Internet des objets (en anglais Internet of Things, IoT), intelligence artificielle (IA) – sont mobilisées, explique Vincent Louvot, directeur de départe- ment adjoint immobilier d’entreprise chez VINCI Immobilier, pour éviter l’obsolescence climatique des infrastructures urbaines. Dans le même temps, robots et exosquelettes s’invitent sur les chantiers, et offrent une réponse à la pénurie de main-d’œuvre que pourrait occasionner le vieillissement démographique. L’enjeu : bâtir des villes capables de durer, adaptées aux besoins de populations vieillissantes. Comme le souligne Luc Broussy, président de France Silver Eco, «  la ville dite “du quart d’heure”, c’est, de fait, celle des seniors : c’est bien souvent leur périmètre de vie au quotidien ». Merci à ... Alain Schnapp, professeur émérite, université Paris 1 * Vincent Louvot, directeur de département adjoint Immobilier d’entreprise, VINCI Immobilier * Amelia Rung, directrice du développement, VINCI Autoroutes * David Zambon, directeur Infrastructures de transport et matériaux, CEREMA * Pierre Barcelo, chef d’entreprise, Robots for Site * Romaric Gomart, fondateur et CEO, PaintUp * Audrey Massy, responsable marketing, Q-BOT * Philippe Portier, chef de projet Département méthodes, Hilti * Luc Broussy, président, France Silver Eco * Meriem Chabani, architecte urbaniste associée, New South * Julien Damon, professeur associé, Sciences Po * Eric Lapierre, cofondateur et P-DG, Ovelia * Pierre Bordage, auteur de science- fiction * Stéphanie Leheis, urbaniste et chercheuse indépendante PRÉPARER LE TEMPS LONG DES VILLES ET DES TERRITOIRES 11 Building Beyond
  • 14. 12 Building Beyond CONSTRUIRE À PARTIR DE NOS VULNÉRABILITÉS A  léas climatiques, burn out, cyberattaques… les risques évoluent, et la prospectiviste Cécile Wendling, directrice de la stratégie de sécurité et de l’anticipa- tion des menaces d’AXA, ajuste ses outils d’analyse en conséquence. Le monde était volatil, incertain, complexe et ambigu (VUCA, pour l’acronyme anglophone). Il  devient fragile (un nouveau variant viral, une cybe- rattaque), anxieux (la santé mentale est un sujet majeur), non linéaire (l’informatique quantique arrive dans le monde industriel) et incompréhensible (même quand des dirigeants expliquent et argumentent, le «  pourquoi  » n’est plus compris). Le cumul des vulnérabilités est un défi pour un nombre croissant de territoires. Marseille en offre un exemple saisissant, entre trait de côte en recul et risques industriels. Pour y faire face, élus, aménageurs et constructeurs doivent éviter les «  sept péchés territoriaux  » – allant de l’ignorance au cloisonnement, en passant par le techno-­ solutionnisme – identifiés par le think tank The Shift Project dans ses travaux dédiés à la résilience territoriale. Pour les entreprises, faire face aux nouveaux risques passe par une attention réaffirmée à la sécu- rité. Si le numérique, qui permet d’éloigner les opérateurs des risques métiers, offre de nom- breuses solutions, il figure aussi dans la boîte à outils des villes face aux risques, à condition de ne pas faire des smart cities des géants aux pieds d’argile. Merci à ... Cécile Wendling, directrice de la stratégie de sécurité et de l’anticipation des menaces, AXA * Mathilde Chaboche, adjointe au maire de Marseille * Vincent Cottet, urbaniste paysagiste, Richez_Associés * Corentin Riet, chargé de projet, The Shift Project * René Amalberti, directeur, Fondation pour une culture de sécurité industrielle (FONCSI) * Pierre-Yves Bigot, directeur de projet, VINCI * Laure Girodet, directrice santé sécurité, SUEZ * Louis Bandiera et Yves Travers, Nos quartiers ont du talent * Patrick Choux, directeur général, Groupe ID’EES * Thierry Covelo, directeur du développement RH, de l’inclusion et de la diversité, VINCI * Juliette Gatignon, directrice générale, Unis-Cité * Thibaut Guilluy, haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises * Dominique Hiesse, président, Fédération nationale des écoles de production * Francis Lévy, secrétaire général, Fédération française des Geiq * Athina Marmorat, fondatrice et directrice générale, Rêv’Elles * Olivier Vigneron, directeur général, Réseau étincelle * Pierre Coppey, directeur général adjoint, VINCI * Pierrick Buret, chef d’escadron, Centre national d’assistance cyber de la gendarmerie nationale * Jean-Baptiste Colas, commandant, Agence de l’innovation de défense * Yves Pellemans, CTO, Axians 12 Entrez dans la décennie décisive
  • 15. Building Beyond 13 REDÉFINIR LE PROGRÈS L  a décennie en cours appelle à renouveler l’idée même de progrès, en actant ce que la science nous a appris  : la nature nous impose des limites, dans le cadre desquelles doit s’écrire le débat sur l’innovation technologique. Comment fixer aux économies et aux technologies un cap acceptable par tous et compatible avec la préservation de l’environnement  ? Si l’on suit les modélisations du think tank The Shift Project, décarboner la société impliquera très probable- ment de dégrader les niveaux de productivité obtenus grâce au pétrole. Les entreprises joueront un rôle très important dans la transition à mettre en place, à condition d’imaginer de nouveaux indicateurs de performance, d’inventer de nou- veaux modèles d’affaires, au service de la société. Dans le secteur de la mobilité, par exemple, cela passe selon Rémy Knafou, professeur émérite à l’université Paris 1, par des déplacements choisis, conscients, plus lents, moins extensifs – tels sont les nouveaux horizons du voyage. Les innovations technologiques joueront un rôle indéniable dans la transition environnementale, à condition que s’instaure un débat constructif quand l’opinion ne leur est pas favorable. Cela implique d’en définir le périmètre, ainsi que les marges de manœuvre des parties prenantes, et d’assurer la sincérité des informations versées au débat, en les circonscri- vant au champ de la connaissance. Merci à ... Étienne Klein, physicien et philosophe des sciences, CEA * Élise Bon, directrice de l’environnement, VINCI Autoroutes * Rémy Knafou, professeur émérite, université Paris 1 * Agnès Plagneux-Bertrand, adjointe au maire de Toulouse * Arthur Auboeuf, cofondateur, Time for the Planet * Matthieu Auzanneau, directeur exécutif, The Shift Project * Pascale Ford Maurice, Head of sustainable banking for corporate in Europe, Crédit Agricole Corporate & Investment Bank * Claude Arnaud, président, Efficacity * Sarah Grau, codirectrice, Décider ensemble * Thierry Ménissier, professeur des universités, université Grenoble Alpes * Luc Picot, secrétaire général du débat public « Éoliennes en mer en Nouvelle-Aquitaine » * Michaël Hirsch, humoriste
  • 16. 14 14 Building Beyond Entrez dans la décennie décisive Préservation des sols naturels, réduction de l’usage des ressources naturelles, limitation des émissions de CO2, accès à l’habitat abor- dable… l’aménagement se réinvente pour répondre à une conjonction inédite d’exi- gences. Du temps long du planificateur au quotidien de l’habitant, du territoire à l’opé- ration, gouvernance et compétences sont appelées à évoluer. De  nouveaux outils car- tographiques d’aide à la décision permettent de mieux appréhender les caractéristiques socio-économiques des territoires, tandis que certaines instances de concertation réus- sissent à dépasser les frontières territoriales. La modélisation numérique offre la possibilité d’identifier les risques et de tester la perti- nence de différentes options d’aménagement, dans un contexte où, à l’échelle territoriale, les maîtres mots sont désormais la densification et le recyclage, en particulier dans les villes, premières consommatrices d’énergie, de matières premières et de sols. Le périurbain, habité par un tiers des Français, suscite un intérêt croissant, car s’y concentrent les défis de la décarbonation des mobilités, de la densi- fication de l’habitat et de la maîtrise de l’artifi- cialisation des sols. Merci à ... Édouard Dequeker, professeur, Chaire d’économie urbaine de l’ESSEC * Létizia Delorme, directrice, Syndicat mixte du SCoT du Pays basque & du Seignanx * Karine Hurel, déléguée générale adjointe, Fédération natio- nale des agences d’urbanisme ; Virginie Leroy, directrice- générale adjointe Aménagement et grands projets urbains, directrice de département bureaux, VINCI Immobilier * Justine Bichon, chargée de mission Transition écologique, Agence Parisienne du Climat * Erwann Personne, maître de conférences, AgroParisTech * Bruno Peuportier, directeur de recherche, Mines Paris PSL * Karim Selouane, directeur et fondateur, Resallience * Aristide Athanassiadis, chercheur senior, École polytechnique de Lausanne * Justine Emringer, Plaine Commune * Sylvain Grisot, dixit.net * Sophia Ouabi Aïssi, VINCI Construction France * Maxence De Block, chargé de projet, Vraiment Vraiment * Lucile Mettetal, chargée d’études et de projets, Institut Paris Région * Charlotte Girerd, directrice Transition, RSE et innovation, SNCF Immobilier * Jean-Philip Lucas, associé, Ancoats * Garance Paillasson, architecte * Aurore Rapin, coordina- trice générale, Yes We Camp * Aldo Bearzatto, cofondateur, festival Close Up EXPLORER DE NOUVELLES MANIÈRES D’AMÉNAGER LES TERRITOIRES
  • 17. 15 312 30 % 1 à 2  % 50 Mds € 2030 Nombre de jours en moyenne en France pour détecter et confirmer une fuite de données des espèces figurant sur la liste rouge de l’ Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sont menacées de disparition selon l’institution seulement des ressources employées sur les chantiers de construction en France proviennent du réemploi C’est le montant des investissements qu’il faudrait engager par an en 2022 et en 2023 pour respecter la Stratégie nationale bas-carbone, d’après l’Institut d’économie pour le climat (I4CE) En France, dans le secteur de la construction, un tiers des compagnons devrait partir à la retraite d’ici à E N C H I F F R E S
  • 18. Joëlle Zask Professeur de philosophie à Aix-Marseille Université Étienne Klein Physicien, philosophe des sciences, CEA « L’arrivée des animaux sauvages en ville réinitialise notre vision de la ville. Je crois utile de mobiliser l’idée de voisinage pour transformer la ville en cité et nous mettre sur la voie d’une conscience écologique élargie. Le voisinage,c’est la recherche de la bonne distance, qui n’éradique pas la nature ni ne cherche à cohabiter avec elle. » « Croire au progrès, c’est commencer par voir les défauts du monde. Et si le fait que nous ne cessions de parler de “crise” était le signe qu’en réalité,nous croyons encore au progrès ? » Entrez dans la décennie décisive Building Beyond Intelligence collective La transformation des villes et des infrastructures doit mobiliser l’expertise au-delà du cercle des spécialistes de la construction. Les regards de prospectivistes, historiens, philosophes, paysagistes et élus locaux inspirent le festival Building Beyond et les rencontres organisées toute l’année par Leonard. Verbatim. 16
  • 19. 17 Jacqueline Osty Paysagiste, Grand Prix de l’urbanisme 2020 Cécile Wendling Directrice de la stratégie de sécurité et de l’anticipation des menaces, AXA Mathilde Chaboche Adjointe au maire de Marseille « Les grandes métropoles doivent offrir ce qui fait qu’on consent à vivre dans une ville,et cela implique de réussir à détricoter cet imaginaire qui regarde encore le périurbain dépendant de la voiture comme un idéal vertueux écologiquement. »  « Pour répondre à l’incertitude,il faut cultiver sa créativité. Pour cela,il faut réserver du temps à l’ennui,pour laisser l’esprit vagabonder,pour lire des romans,fréquenter des expositions – bref, il faut donner de la place à l’imagination. » Verbatim de Building Beyond « Le paysagiste a longtemps été vu comme quelqu’un qui fait des jardins,à la suite des plans conçus par les architectes. Désormais, ce travail se fait en interaction bien plus intégrée,en raisonnant sur les creux entre les bâtiments,et pas seulement à partir du plein,du bâti. La prégnance de la préoccupation environnementale nous pousse à regarder les sols autrement, comme des milieux vivants. »
  • 20. 18 18 Entrez dans la décennie décisive
  • 21. 19 Interview Quellesétapespour la décarbonation de la mobilitéroutière ? Quelles sont les principales étapes de la décarbonation de la route en Europe ? Commençons par l’horizon 2050 : la date la plus lointaine, celle d’une mobilité neutre en carbone, l’objectif ultime. Bien sûr, il faut des étapes intermédiaires pour y arriver, parce que la marche est assez haute. En 2030, l’Europe va obliger beaucoup de secteurs de l’industrie, dont les transports, à réduire leurs émissions de CO2 de 55 % par rapport au niveau actuel. En juillet dernier, un projet de règlement européen a précisé la marche à suivre pour y parvenir, et introduit de nou- velles contraintes : par exemple, en 2030 la nécessité pour les constructeurs de véhi- cules légers de vendre des véhicules qui émettent en moyenne 55 % de moins de CO2 que les véhicules vendus en 2021. Puis en 2035, l’interdiction pure et simple de la vente de véhicules thermiques neufs. C’est une mesure très forte, qui accélère le calendrier pour certains pays, dont la France, qui visait 2040 pour cet objectif. S’ajoutent à cela d’autres contraintes portant non pas sur les ventes de véhicules mais sur la circulation. En France, les zones à Les transports représentent 30 % des émissions de CO2 de l’Union européenne. La route y contribue à hauteur de 72 %. Or les efforts d’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules thermiques atteignent progressivement leurs limites. Un appel d’air pour les véhicules électriques et les infrastructures de recharge. Explications de PIERRE DELAIGUE, directeur des projets de mobilité autonome, connectée et électrique chez Leonard. « En 2030,l’Europe va obliger beaucoup de secteurs de l’industrie à réduire leurs émissions de CO2 de 55 % par rapport au niveau actuel. »
  • 22. faibles émissions (ZFE), qui limitent l’accès des centres urbains aux véhicules les plus polluants, concernent aujourd’hui une douzaine d’agglomérations. En 2025, la loi climat et résilience adoptée en juillet 2021 étendra ces limitations à 34 agglomérations – en pratique, toutes les villes de plus de 150 000 habitants. On compte déjà 247 ZFE dans 13  pays d’Europe. L’environnement législatif et réglementaire va nous faire basculer à marche forcée vers une mobilité décarbonée. En Europe, on sait que la part des véhicules électriques a pratique- ment doublé entre 2020 et 2021, mais que ces derniers ne repré- sentent, aujourd’hui encore, que moins de 2  % du parc automobile européen. Quelle place alors pour les véhicules électriques dans la transition bas carbone ? Pour la catégorie des véhicules légers, la technologie qui va permettre de décarboner la mobilité est connue et ne fait plus débat : ce sont les véhicules électriques à batterie. Cela étant rappelé, il faut effectivement avoir en tête quelques chiffres. En France, par exemple, le parc automobile de véhi- cules légers se compose de 33 millions de véhicules. Grâce aux aides à l’achat, on atteint jusqu’à 10 % de véhicules électriques parmi les ventes de véhicules neufs. Mais si l’on regarde la part cumulée des véhicules électriques dans le parc roulant, on est juste en dessous de 400 000 véhicules... sur « L’environnement législatif et réglementaire va nous faire basculer à marche forcée vers une mobilité décarbonée. » Entrez dans la décennie décisive 20 20
  • 23. 33 millions. Donc il y a un vrai enjeu sur le renouvellement du parc. Or le surcoût d’un véhicule électrique remplaçant un véhi- cule thermique reste de l’ordre de 10  000 à 15  000  euros. Les  aides contribuent à rattraper ce surcoût, et les mesures contrai- gnantes comme les ZFE devraient accélérer le mouvement. Si l’on s’intéresse au cas des poids lourds, la batterie électrique présente non seulement des limites en termes d’autonomie, mais aussi des limites opérationnelles à cause de l’immobilisation nécessaire au temps de charge ainsi que du volume et du poids de la batterie, qui dégradent la charge utile. Malgré ces limites, la batterie reste une solution envisagée par certains construc- teurs. D’autres font le choix de l’hydrogène. Celui-ci ne présente pas de contraintes aussi marquées pour la charge utile. Il n’existe pas non plus de problème d’im- mobilisation : faire le plein est très rapide. La vraie limite est celle de la disponibilité de l’hydrogène décarboné. La filière monte en puissance, c’est certain, et les investisse- ments sont importants – 9 milliards d’euros de soutien public en France. Mais l’hydro- gène est un vecteur de décarbonation de nombreux secteurs. L’industrie lourde en aura un usage majoritaire à court terme. La disponibilité en masse d’un hydrogène décarboné pour la mobilité avant 2030 reste donc à confirmer. Les infrastructures routières sont-elles prêtes pour la mobilité ­ décarbonée ? Le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques sur les aires de service est une condition indispensable à l’essor de la mobilité électrique. C’est pourquoi VINCI Autoroutes déploie des bornes de recharge rapide (50 kW) et ultrarapide (150 kW) sur ses aires de service. À date, près des deux tiers des aires sont déjà équipées et l’ob- jectif est d’équiper l’ensemble des aires de service d’ici à 2023. C’est un plan de marche très ambitieux. Interview 21
  • 24. 22 22 Entrez dans la décennie décisive Ces premiers déploiements sont indispen- sables pour déclencher l’acte d’achat en supprimant la crainte de la recharge longue distance, mais vont rapidement devenir insuffisants, car la croissance du véhicule électrique est beaucoup plus rapide que celle des infrastructures. Dans un rapport de juillet 2021, RTE et ENEDIS ont par exemple estimé que, dans une dizaine d’années, pour répondre aux pics de demande lors des grands départs, il fau- dra en moyenne entre 4 et 12 MW par aire de service. Cela représente entre 20 et 60 points de charge de 200 kW par aire en moyenne, les plus grandes aires allant jusqu’à 200 bornes et 40 MW. C’est l’équivalent de l’ali- mentation électrique de l’aéroport d’Orly  ! Les investissements sont donc colossaux et doivent être anticipés dès maintenant. Quel rôle peut jouer la recharge «  dynamique  », c’est-à-dire par in- duction, caténaire ou rail ? Elle mobilise des efforts de recherche et de développement importants et fait l’objet d’une feuille de route, en France, sous l’égide du ministère des Transports et de la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer (DGITM), qui s’appuie sur les travaux d’une soixantaine d’experts – et aux- quels nous avons contribué. Dans le domaine autoroutier, pour des questions d’exploi- tation, de maintenance et d’intervention, les gestionnaires d’infrastructure comme VINCI Autoroutes privilégient l’induction. Les solutions utilisant des caténaires ou des rails sont en effet plus difficiles à entretenir. Les technologies à induction – des boucles émettrices enfouies sous la chaussée – sont transparentes pour l’exploitation et les inter- ventions. Les travaux français sur la recharge dynamique préconisent un déploiement massif des systèmes de routes électriques dès 2030. Un rapport publié cet été par la DGITM recommande d’équiper 5 000 km de routes en recharge dynamique d’ici à 2030, et 9  000 à l’horizon 2035. C’est l’équivalent de l’ensemble du réseau autoroutier natio- nal. Ce déploiement massif vise les poids lourds en priorité, et d’autres catégories de véhicules en opportunité sur une voie dédiée. Cela implique de réaliser d’importants chan- tiers en parallèle, mais il n’existe pas de freins majeurs, sur le plan technique. Quant à l’alimentation électrique, un des avantages de la recharge dynamique est de distribuer le besoin de puissance sur un linéaire plus étendu, limitant ainsi le dimensionnement de points de puissance localisés. Surtout, il faut bien prendre la mesure de l’avantage de ces systèmes d’autoroute électrique en matière de décarbonation. Cela pourrait réduire les émissions de CO2 du transport routier longue distance de 87  % par rapport au parc roulant diesel actuel. Il faut pour cela que tout le monde avance en même temps : constructeurs, opérateurs d’infrastructures, gestionnaires et puissance publique. « Le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques sur les aires de service est une condition indispensable à l’essor de la mobilité électrique. »
  • 25. Brèves COMMUNS Partir de nos rues pour bâtir la ville résiliente de demain Construire la ville résiliente non pas d’en haut, telle que la conçoit la planification urbaine, mais d’en bas, en partant de l’échelle de la rue et de ses usages : telle est l’ambition du projet « La Rue commune ». Leonard, Richez_Associés et Franck Boutté Consultants associent leurs expertises pour imaginer la rue de demain et créer un guide méthodologique à l’usage des collectivités. À retrouver sur : www.ruecommune.com E-LEARNING Résilience climatique : une formation pour passer du concept à l’action Face au changement climatique, les constructions et infrastructures doivent être plus résilientes dès la conception. De quelle manière ? Avec quel impact ? Parce que les responsables de travaux et concessions, et plus largement les collabo- rateurs de VINCI, sont de plus en plus en prise avec le concept de résilience et ses applications opérationnelles, ce e-learning (90 minutes en français et anglais) a été développé pour répondre à leurs interrogations et les doter d’outils utiles au quotidien. À retrouver en ligne sur la plateforme UP de VINCI Academy. ÉTUDE Transition écologique : il faut renforcer les compétences des territoires À quelles conditions villes et territoires peuvent-ils réussir à faire mieux face aux enjeux de la transition environnementale ? Leonard et la Chaire d’Économie urbaine de l’Essec se sont associés pour identifier les compétences des villes et des entreprises dans ce domaine. Le constat est clair : l’échelle et le rythme de la transition écologique sont loin d’être suffisants. Les freins se situent au cœur même de l’organisation territoriale française et dans la persistance de pratiques trop rigides – organisation en silos, inadaptation de la commande publique – en matière d’aménagement. Aux avant-postes de la résilience Approche par les « communs », formations dédiées, décloisonnement des compétences : aperçu des leviers de la résilience. 23
  • 26. A C N H M B Pour la première fois,un rapport du Haut Conseil pour le Climat,publié en juin 2021,s’est penché sur les politiques d’adaptation au changement climatique. Un écho au programme de travail biennal de Glasgow-Sharm el- Sheikh sur l’objectif mondial en matière d’adaptation,issu de la COP26,qui prévoit un doublement du financement de l’adaptation d’ici à 2025 par rapport aux niveaux de 2019. Les mondes virtuels persistants peuplés d’avatars sont-ils l’avenir des usages numériques ? Accéléreront- ils le recours au télétravail ? Modifieront-ils notre rapport à l’espace et aux mobilités ? Une chose est sûre : l’intérêt pour le métavers a grimpé en flèche après la décision de Facebook d’en faire le terrain de son développement – et de se renommer « Meta ». En France,les premiers décrets d’application de la loi antigaspillage pour une économie circulaire instaurent la responsabilité élargie des producteurs (REP) de matériaux de construction. Des fonds vont devoir être mobilisés en faveur du réemploi,et la commande publique devra être fléchée dans ce sens. L’économie circulaire est l’un des piliers du Greendeal européen. Aux États-Unis et en France, les parcs nucléaires atteignent un âge qui exige d’importantes campagnes de maintenance. Le nucléaire,faiblement émetteur de CO2,garde cependant une place importante dans les scénarios prospectifs nationaux,dont celui du gestionnaire français du réseau électrique,RTE. Les réacteurs de petite taille (small modular reactors) ouvrent de nouvelles approches industrielles. En 2020,la filière hydrogène a bénéficié d’importants plans d’investissement,notamment pour le développement des infrastructures nécessaires à l’industrialisation de la filière. La Commission européenne entend instaurer une gouvernance dédiée aux réseaux de transport d’hydrogène (European Network of Network Operators for Hydrogen). Le Congrès mondial de la nature s’est tenu en septembre 2021 à Marseille,sous le signe de l’interconnexion des crises de la biodiversité et du climat. Pour la première fois,il a inclus les peuples autochtones en tant que membres votants à part entière. Les négociations de la COP15 sur la biodiversité devraient se tenir d’ici à l’été 2022 en Chine. Adaptation Métavers Circulaire Nucléaire Hydrogène Biodiversité Entrez dans la décennie décisive 24
  • 27. 10 mots dans le débat P R T Z Les métiers de la transition écologique trouveront-ils à temps les talents dont l’économie bas-carbone a besoin ? Dans un rapport consacré à l’emploi,le think tank The Shift Project estime qu’à l’horizon 2050, la décarbonation de l’économie devrait créer 300 000 emplois,avec un besoin de 100 000 emplois dans la rénovation des bâtiments et de 415 000 emplois dans l’agriculture,quand le secteur automobile perdrait 373 000 emplois et celui de la construction neuve 90 000. Tensions sur les approvisionnements nécessaires à la reprise économique entre deux vagues pandémiques,souveraineté industrielle,enjeux pour l’emploi et l’empreinte carbone nationale : la place de l’industrie dans les territoires revient au coeur du débat public, dans un contexte favorable : le volet industriel du plan de relance est doté de 35 milliards d’euros pour 2020-2022. Après des mois d’intenses débats, la Commission Européenne a publié un « acte délégué » qui classe le nucléaire et le gaz au nombre des énergies qui soutiennent la transition environnementale et qui pourront,à ce titre,bénéficier à l’avenir de conditions de financement avantageuses. Les projets de construction de nouvelles centrales nucléaires devront avoir obtenu un permis de construire avant 2045 tandis que pour les centrales à gaz, les seuils limite d’émissions de CO2 seront progressivement rehaussés. Cet été,la loi climat et résilience a placé l’enjeu de la sobriété foncière au coeur de l’aménagement des territoires,avec un objectif ambitieux : zéro artificialisation nette à l’horizon 2050. Avec 456 mètres carrés de surface artificialisée par habitant,la France se classe au-dessus de la moyenne européenne (363 mètres carrés par habitant). Profils Réindustrialisation Taxonomie européenne Zéro artificialisation 25
  • 29. Comment réussir la trans- formationdu secteur de la construction et de l’amé- nagement et respecter ainsi les engagements environnementaux pris par l’Europe ? Voici les réponses de l’innovation, au prisme des nouveaux modèles d’affaires, des technologies de rupture ou d’optimisation, et de l’appuicroissantdel’IAaux métiers du secteur.
  • 30. Ils accélèrent la transition 28
  • 31. 29 Interview Le as a service, allié de la transition énergétique Quelles sont les caractéristiques d’un modèle d’affaires as a ser- vice ? Je retiens du travail prospectif que nous menons sur le as a service trois dimensions structurantes. La première est celle des propositions de valeurs  : elles deviennent plus flexibles, on demand, proches du temps réel. La deuxième est celle de la monétisa- tion : paiement à l’usage, modèles freemium et, plus globalement, importance croissante de l’OPEX (les coûts d’opération) plutôt que du CAPEX (les coûts d’investissement) dans les offres. La troisième concerne l’organisa- tion de la production, notamment la place accordée aux offres construites avec des partenaires ou l’utilisation de plateformes digitales. Quels sont les secteurs qui offrent le plus de potentiel pour le dévelop- pement du as a service ? Nous avons identifié trois grands domaines de développement. Le premier, celui de la mobilité, questionne la manière dont les acteurs de ce secteur pourraient se posi- tionner comme un gestionnaire des flux de mobilité auprès des collectivités, qui sont ses principaux clients. Le deuxième domaine que nous explorons, celui des énergies, doit être abordé sous l’angle de la décarbonation. Quant au troisième, il réunit le bâtiment, l’infrastructure et l’aménagement. Nous pouvons y identifier plusieurs types d’offres dans le segment du real estate as a service ou qui intéressent la logistique, singulièrement celle du dernier kilomètre, en ville. Les offres as a service sont-elles déjà déployées ? Toutes les briques existent, et tout l’intérêt de la démarche prospective, c’est de mettre en musique ces briques-là. L’enjeu, c’est aujourd’hui de donner un coup d’accéléra- teur. Les projets existants ont des niveaux de maturité variés. Dans la gestion du bâtiment ou la mobilité, par exemple, l’offre est consti- tuée, des partenaires sont déjà identifiés, et nous cherchons des terrains d’expérimen- tation – les discussions sont en cours. Pour Des offres agencées au plus près de la demande, flexibles, allégeant les besoins en investissement pour les clients : les atouts de l’approche as a service n’échappent pas aux réflexions prospectives sur les modèles d’affaires de VINCI en lien avec la transition environnementale. Explications d’ISABELLE LAMBERT, responsable de la prospective, Leonard.
  • 32. d’autres sujets, comme dans le domaine des énergies, nous serons bientôt capables de conduire les premières expérimentations de nouvelles offres. C’est très concret. Quels types de solutions le chan- tier decarbonation as a  service recouvre-t-il ? C’est un sujet qui a beaucoup de potentiel en actionnant trois leviers complémentaires pour nos clients : éviter les émissions de gaz à effet de serre, les réduire et les ­ compenser. Avec les collectivités, par exemple, nous allons pouvoir agencer des solutions déjà existantes, adaptées à leurs problématiques, pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, et leur proposer des solutions complémentaires, notamment en matière de compensation carbone. Certaines solutions existent déjà, comme SunMind (VINCI  Concessions) et Greendeed (VINCI Energies), issues du parcours Intrapreneurs de Leonard. Quels sont les points de conver- gence entre l’approche as a ­ service et les enjeux de la transition envi- ronnementale ? Ainsi que le rappellent régulièrement les experts, la question du financement est au cœur de la transition environnementale. Toutes les entreprises ou collectivités n’ont pas forcément les moyens d’acquérir les infrastructures ou les outils nécessaires à leur modernisation. Le as a service peut être un moyen pour elles d’y avoir accès et de continuer à avoir accès aux technologies les plus performantes au fil du temps, plutôt que de posséder un actif dont l’obsolescence risque de dégrader la valeur. De manière plus générale, dans la façon dont on va concevoir une offre as a service, l’impact environnemen- tal va systématiquement être pris en compte. C’est désormais un réflexe chez nos colla- borateurs, parce que la politique environne- mentale est forte au sein du groupe, avec un objectif de neutralité carbone en 2050. Ils accélèrent la transition « L’impact environ- nemental va être systématiquement pris en compte dans la conception d’une offre as a service. » 30
  • 33. Ces start-up qui innovent pour le financement de la décarbonation Maîtriser son impact sur l’environnement et contribuer à une économie décarbonée : ces objectifs tendent désormais à s’imposer comme des évidences pour les entreprises. Encore faut-il réussir à les traduire en actes. Cela passe à la fois par une prise de conscience et un engagement partagésauseindesorganisations,etparla capa- cité à mettre en œuvre les solutions techniques à même de faire la différence. Sur ces deux volets – celui des équipes et celui des technologies, de nouveaux modèles d’affaires permettent aux entreprises d’accélérer, au premier rang desquels l’approche as a service. Accompagné par Leonard dans le cadre du parcours Intrapreneurs, Greendeed propose une solution globale alliant expertise technique, travaux et financement, pour maximiser l’effi- cacité desrénovationsénergétiquesindustrielles. SunMind, filiale de VINCI Concessions, dont le fondateur a également bénéficié du soutien du parcours Intrapreneurs, offre aux entreprises une électricité locale et décarbonée as a service. Lumière sur deux solutions innovantes qui viennent donner corps à l’approche émergente de la « décarbonation as a service ». Grand angle 31
  • 34. Ils accélèrent la transition En France, l’industrie perd chaque année plus de 7 milliards d’euros (chiffres ADEME, 2019)  : ce mon- tant correspond à l’énergie fatale issue des procédés industriels. La rénovation des sites et l’installation de dispositifs de production de chaleur ou de froid plus perfor- mants peuvent améliorer signifi- cativement l’efficacité énergétique de l’industrie. Mais les investis- sements à consentir, le manque d’expertise technique comme l’incertitude sur les économies réa- lisées peuvent faire hésiter les pro- priétaires des sites de production. Des outils juridiques et financiers existent cependant, qui permettent de transférer les risques et incer- titudes à un partenaire expert. C’est la démarche de Greendeed, nouvelle marque de VINCI Energies, portée par Emmanuel Fleurier et Eddy Sovic, et issue du parcours Intrapreneurs de Leonard. Greendeed optimise les énergies fatales des industriels en finançant les projets d’efficacité énergétique, via les contrats de performance énergétique (CPE) et des dispositifs comptables dédiés au tiers finan- cement, dans le cadre de special purpose vehicle (SPV). En pratique, les experts de Greendeed réalisent un diagnostic, conçoivent l’ingénierie et le financement et prennent en charge la phase de travaux ainsi que le suivi post-travaux. Les indus- triels achètent ainsi non pas des équipements et des travaux, mais des économies d’énergie, sans qu’il leur soit nécessaire d’investir, et en disposant d’une garantie sur les économies réalisées. GREENDEED L’efficacité énergétique industrielle sans prise de risque 32 PROFIL • Fondé par Emmanuel Fleurier et Eddy Sovic (VINCI Energies, intrapreneur) • Premiers clients : Groupe Cémoi, Grands Chais de France, Mademoiselle de Margaux • Parcours Intrapreneurs 2021
  • 35. SUNMIND Donner accès à l’électricité locale et renouvelable Nombreuses sont les entreprises et collectivités qui disposent de surfaces aptes à être équipées de panneaux photovoltaïques  ; moins nombreuses sont celles qui fran- chissent le pas et investissent dans ces équipements. Outre le coût de l’installation, ce type d’opération requiert des capacités d’étude, d’ingénierie, de gestion de contrat… Autant de freins que propose de lever SunMind, nouvelle activité de VINCI Concessions, issue du par- cours Intrapreneurs de Leonard. SunMind assure en premier lieu le développement, le financement, la construction et la maintenance de centrales solaires en auto- consommation, sur les surfaces non utilisées de ses clients (ombrières, toitures ou surfaces au sol). Les clients de SunMind ont ainsi accès à une électricité locale, renouvelable, et à un prix compétitif et garanti sur le long terme. Et comme le relève Maxime Varin, «  d’ici à 2028, la France prévoit de quadrupler la puissance photovoltaïque installée. Dans  ce contexte, l’autoconsom- mation d’énergie sera un fort relais de croissance  ». SunMind propose également à ses clients d’injecter l’électricité produite sur le réseau. Dans ce cas, SunMind verse un loyer à l’entreprise ou à la collectivité cliente pour la mise à disposition des surfaces accueillant la centrale de production photovoltaïque. « D’ici à 2028, la France prévoit de quadrupler la puissance photovoltaïque installée. » Grand angle 33 PROFIL • Fondé par Maxime Varin (VINCI Concessions, intrapreneur) • Premiers clients : Aéroports de Faro et de Stockholm- Skavsta (VINCI Airports), VINCI Construction, Weber (Groupe Saint-Gobain) • Parcours Intrapreneurs 2017
  • 36. Ils accélèrent la transition 34 La climatisation bas-carbone, c’est possible Chaque année dans le monde, les dispositifs de climatisation génèrent l’équivalent de l’empreinte carbone du Japon. Le fonctionnement de la très grande majorité des climatiseurs repose sur un principe physique (cycles de compression et détente) utilisé depuis des décennies. Des solutions bien plus performantes existent pourtant, et sont désormais industrialisables. C’est le cas des dispositifs développés par Caeli Energie à partir des résultats de recherche issus de son partenariat avec le LOCIE, une unité mixte USMB / CNRS. La start-up, intégrée au parcours Seed de Leonard, revendique 60 % de gain d’efficacité énergétique et une consommation énergétique divisée par trois. Ses appareils (des rafraîchisseurs adiabatiques indirects à point de rosée), destinés aux bâtiments résidentiels et au petit tertiaire, n’utilisent ni compresseur ni fluides frigorigènes. Parcours gagnants Optimisation de la conception, automatisation de la gestion de chantier, disruption technologique, nouveaux équipements de sécurité... L’innovation fait progresser la construction sur tous les fronts. Focus sur quatre start-up accompagnées par Leonard en 2021, qui révolutionnent nos métiers.
  • 37. L’ACV en confiance et en SaaS Mesurer rapidement l’impact environnemental d’un projet de construction, de manière fiable, transparente et conforme à la RE2020 : c’est ce que permet la plateforme en ligne Nooco. Nooco a bénéficié des parcours Intrapreneurs et IA de Leonard et appuie son expertise sur des partenariats avec le CSTB, l’IFPEB et la DHUP. Son pari ? « Faire gagner des parts de marché aux solutions bas-carbone », répond Guillaume Jarlot, CEO. La plateforme permet de comparer différentes options de conception, d’optimiser les choix de matériaux et les procédés, pour un impact environnemental maîtrisé. Automatiser la gestion des commandes de granulats La commande, la livraison et le suivi des flux de granulats et de sable sur les chantiers sont le plus souvent traités manuellement, par bordereaux en papier. Par manque de données, ce processus manuel peut entraîner des erreurs, des délais et des émissions de CO2 évitables, et générer des frais d’expédition plus élevés. La plateforme Rockease est un guichet unique qui facilite la commande, le suivi et la centralisation des commandes de granulats. « Notre but, c’est d’automatiser la chaîne d’approvisionnement pour la rendre plus efficace et efficiente », explique Guillaume Richer, son fondateur. Rockease est soutenue par le programme Seed de Leonard, et a été labellisée « Efficient Solution » par la Fondation Solar Impulse. Les EPI connectés qui sauvent des vies Projet porté par Thomas Cazor et Mathias Arbet-Pont, dans le cadre du parcours Seed de Leonard, la start-up Neoratech a cette année officialisé la commande en présérie de 270 gants connectés CheckGlove. Avec ces premiers équipements de protection individuelle (EPI) connectés, les deux fondateurs ont un seul but : « Réduire le nombre d’accidents électriques dans l’industrie. » Leurs gants CheckGlove, premiers gants de protection électrique équipés d’un instrument de mesure et connectés à un système d’affichage sur la visière du casque, préfigurent la prochaine génération d’EPI augmentés, faisant progresser la sécurité des techniciens de chantier travaillant sur des installations électriques. 35
  • 38. Ils accélèrent la transition Quand l’IA expérimente tous azimuts Quelles sont les caractéristiques de la « promo » 2021 du parcours IA ? Cette promotion est placée, d’abord, sous le signe de la continuité et de la diversité. On y trouve beaucoup de projets qui relèvent de l’ingénierie, de la maintenance prédictive. La vision artificielle y figure en bonne place, tant au service des métiers que de la maîtrise de leur impact environnemental. Ensuite, il faut noter que les projets sont plus nom- breux cette année : une petite quinzaine et autant d’entreprises de VINCI qui se sont engagées. Je voudrais par ailleurs signaler une nouveauté importante. Cette année, avec Bruno Daunay, qui codirige le parcours IA, nous avons choisi de former quatre coaches issus des entités opérationnelles du groupe, afin qu’ils diffusent cette expertise dans leurs entreprises. Autre spécificité de cette édition du parcours IA : nous observons que les pro- jets sont davantage appréhendés d’emblée avec le regard client – la co-construction est plus marquée. L’un des projets accompagnés cette année travaille par exemple étroite- ment avec une entreprise de distribution, pour améliorer la gestion des magasins grâce à l’IA. Quels sont les projets embléma- tiques du parcours IA en 2021 ? DIANE, l’entreprise dédiée au développe- ment de projets d’IA au service des métiers de VINCI Energies, a continué sa progression, recrutant de nouveaux experts, montant en compétences et en échelles d’application. Un premier projet avait porté, il y a deux ans, sur l’optimisation des réseaux d’extincteurs automatiques (les sprinklers), avec l’idée qu’à terme, tous les réseaux des lots techniques d’un bâtiment pourraient être optimisés par l’IA, facilitant la convergence de la recherche d’optimisation économique et environne- mentale. L’année dernière, DIANE a déve- loppé un nouveau cas d’usage permettant Les équipes de Leonard portent un regard prospectif et opérationnel sur l’intelligence artificielle. Elles accompagnent des projets imaginés par les équipes de terrain. L’IA ouvre aussi de nouveaux horizons pour la maîtrise de l’impact environnemental des projets. Revue de détail avec QUENTIN PANISSOD, responsable des projets IA. 36
  • 39. l’optimisation de l’éclairage dans les bureaux, avec une approche inédite : il s’agissait d’op- timiser le réseau de luminaires de manière à minimiser la consommation d’énergie. Cette année, les équipes de DIANE se sont attaquées au sujet de la ventilation et de la climatisation, dans le but de développer une solution qui conçoit automatiquement les réseaux de climatisation, à partir des plans du bâtiment. Où en sont les projets dédiés à la maintenance des lignes à grande vitesse ? Chez VINCI Concessions, l’IA est sollicitée en appui à LISEA (société concessionnaire) et MESEA (entreprise de maintenance), qui travaillent conjointement pour optimiser le niveau de performance et le cycle de vie de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. Un outil de prédiction de durée de vie des voies ferrées a vu le jour l’année dernière, qui per- met d’optimiser les opérations de renouvel- lement des voies. Aujourd’hui, les efforts se poursuivent pour développer des solutions de maintenance prédictive en respectant strictement les contraintes de sécurité et en croisant modèles théoriques et don- nées empiriques. Cette année, l’IA pourrait aussi être mise au service de l’optimisation des aiguillages. Comment l’IA va-t-elle être mo- bilisée au service de la rénovation énergétique ? Nousavionsl’ambitiondepouvoirrassembler de larges corpus de données et de travailler avec des partenaires externes, de prendre le temps de faire de la RD pour développer des outils durablement utiles à la conception et à la gestion des bâtiments. Nous avons eu l’occasion de répondre à un appel à projets portant sur les enjeux de gestion des crises et de résilience en début d’année, soutenu par Bpifrance et la DLR en Allemagne. Nous nous sommes rapprochés de plusieurs partenaires pour constituer un consortium, appelé Renovaite, et développer une plateforme de technologies d’IA pour accélérer la rénovation en Europe. On trouve dans le consortium l’expertise de Leonard, celle de plusieurs entités de VINCI, celle de RESALLIENCE, le bureau d’étude de VINCI pour l’adaptation au changement climatique, mais aussi celles d’Action Logement, premier acteur du logement social en France, du laboratoire allemand OFFIS (recherche en IA), ou encore de l’entreprise ALEIA, membre de Gaia-X [lire ci-après]. Avec ce projet, nous avons l’opportunité de mettre l’IA de manière transverse, dans la durée, au service des métiers, avec un fort impact environnemen- tal et social. Les optimisations envisagées pour le parc ­ d’­ Action Logement pourraient contribuer, à elles seules, à la réduction de 0,02  % de la consommation énergétique de l’ensemble du parc immobilier français. Le chiffre peut sembler faible, mais c’est en réalité considérable ! 37 Interview
  • 40. Ils accélèrent la transition Pour accélérer la rénovation éner- gétique, et réduire délais et coûts des opérations, tout en limitant la consommation de ressources et en améliorant la résilience climatique, les technologies d’intelligence arti- ficielle sont des alliés précieux. Elles offrent en effet la possibilité d’opti- miser et d’automatiser la concep- tion des plans de rénovation urbaine et le diagnostic environnemental, comme les plans de rénovation des routes ; elles permettent égale- ment d’anticiper les risques futurs – ­ évolution de l’enveloppe des bâti- ments, des chaussées, des réseaux... Il est nécessaire pour cela de réunir et consolider des jeux de données spécifiques (images satellites, BIM, données de gestion des bailleurs, photogrammétrie...) et de rendre les briques technologiques d’IA in- teropérables. C’est l’ambition que s’est donnée le consortium RENO- VAITE, qui rassemble six entités du groupe VINCI (Eurovia et Roadcare, VINCI Energies et Qivy, le lab re- cherche environnement, VIA IMC, RESALLIENCE), le groupe Action Logement, le laboratoire de re- cherche allemand en IA OFFIS, et l’entreprise ALEIA, spécialiste de l’infrastructure informatique dédiée à l’IA, membre du cloud souverain européen GAIA-X. RENOVAITE a ré- pondu à l’appel à projets « L’IA pour la prévention des risques, la gestion des crises et la résilience », porté par les ministères français et allemands de l’Économie, Bpifrance et la DLR. Le  premier consortium centré sur l’IA appliquée à la construction sera opérationnel dès mars 2022, et dé- ploiera ses solutions en mars 2025. L’IA pour accélérer la rénovation énergétique En Europe, 85 % des bâtiments devront avoir fait l’objet d’efforts conséquents de rénovation énergétique d’ici à 2050. Leur efficacité énergétique devra être améliorée d’au moins 60%. Le consortium RENOVAITE va contribuer à relever ce défi, en mobilisant l’IA au service des métiers de la rénovation des bâtiments et des infrastructures. La Solive forme les spécialistes de la rénovation énergétique 38 La rénovation énergétique peut compter sur l’IA, mais elle a aussi besoin de pro- fessionnels de terrain. Accueillies en rési- denceparLeonard,leséquipesdeLaSolive proposent des parcours de reconversion professionnelle en format bootcamp, dé- diés à la rénovation énergétique. Onze se- maines de formation intensive, s’appuyant sur une pédagogie innovante, et deux semaines de stage en entreprise donnent accès à la qualification de « Chef de projet en rénovation énergétique », reconnue par les entreprises et le ministère du Travail (­ niveau5–équivalentBAC+2).
  • 41. GÉRER LES RISQUES LIÉS AUX ACTIVITÉS DE L’INDIVIDU Réduire le nombre de chutes (de hauteur / plain-pied) Sécuriser les travailleurs isolés Diminuer les risques d’électrocution GÉRER LES RISQUES DE LONG TERME Prévenir les troubles musculo squelettiques Sécuriser l’exposition sonore Sécuriser l’exposition à un environnement potentiellement toxique : exposition vapeurs toxiques / poussières GÉRER L’ORGANISATION D’UN CHANTIER Améliorer l’organisation du chantier (aléas, coactivité) S’assurer de la réalisation des amenées /replis en sécurité Gérer les interfaces GÉRER LES RISQUES LIÉS À L’ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL Éviter les collisions par engin / matériel de chantier (entre engins / avec un piéton) Sécuriser l’intervention en circulation routière : collision piéton / véhicule tiers / engin Éviter l’écrasement par chute de charge Gérer les projections / explosions / incendies Contrer les agressions / intrusions Améliorer la gestion de la sécurité sur site (zone d’exclusion, computer vision pour alerte) Améliorer l’exploitation / l’analyse des données de prévention / préaccident /accident (Newmetrix, IA) Améliorer la formation et optimiser la transmission (VR, cenareo) AMÉLIORER L’UTILISATION DES DONNÉES POUR PRÉVENIR Premiers enjeux opérationnels identifiés Prévenir l’effondrement d’ouvrage (provisoire) / Ensevelissement Techetprospective mobiliséespour la sécurité La sécurité des compagnons et des collaborateurs est l’enjeu numéro 1 dans les métiers de la construction. Pour détecter les nouvelles opportunités technologiques et solutions innovantes à implémenter sur les chantiers, Leonard a développé le programme Sécurité, Santé et Innovation. P  our la première fois cette année, toutes les compo- santes de Leonard – exper- tise en IA, parcours start-up, démarche prospective, veille technologique – réunissent leurs talents au service de la prévention et de la sécurité au travail. Une première cartographie des risques a été réalisée, ainsi qu’une revue des solutions existantes, comme la plateforme logicielle vHive, qui consiste à inspecter des sites par essaims de drones, ou Eave, technologie auditive industrielle de réduction des bruits sur les chantiers. Quatre thématiques clés (collision engin-piéton, formation, tra- vailleur isolé, situations à risques) sont en cours d’approfondissement. Les risques futurs et le potentiel de l’IA sont également explorés par des groupes de travail dédiés. 39 Programme Safety
  • 43. « Pour relever les défis actuels de la construction, la Contech s’impose comme un indispensable vivier de solutions. » Guillaume Bazouin RESPONSABLE DES PROGRAMMES START-UP ET INTRAPRENEURS La révolution Contech
  • 44. La révolution Contech 42 Illustration de couverture du rapport « Construction Tech » (Sifted x Leonard, 2021) 73 Origine des start-up Amérique Latine 1 Asie Pacifique 6 Moyen Orient 8 North America Amérique du Nord 14 Europe 45 start-up au total Comment lire Des programmes d’accélération Leonard CATALYST SEED Intrapreneur Fait partie Du Top 39 de la  Construction Startup Competition 2021 productivité environnement sécurité Impact Gestion de la chaîne d'approvisionnement, logistique et fin de vie Akanthas ampd Energy bex technologies GmbH HIBOO Instagrid InStock Rockease Schüttflix GmbH StructShare Voyage Control Waste Marketplace e-béton Wastebox ProcurePro Machine26 Méthodes et matériaux de construction innovants Aerial COBOTICUS Aeternum Apellix BRC Swiss Carbix Corporation Carbon Upcycling Technologies HausBots Hovering Solutions hyperTunnel Integrated Roadways SkyMul SMART CAST Inergeen Soliquid EAVE Neoratech Roborigger Conception et gestion de projet Arsenio SoftSystems Kenzen AI Clearing ATLAS Group London Ception CONVERGE HoloBuilder Document Crunch fostr.ai GoContractor JustManage Mastt MATEREO NEWMETRIX Nodes Links Nplan Oculai PLINX SafeAI Inc Saqara Sidcodx Roomies Devisubox Spacemaker Structure Plus Structure-Pal Swapp UltraWis Conxai Technologies GmbH Modulize Trusstor vHive Kraaft SustainEcho Nooco RatedPower SiteHive Vizcab Buildots Build2B Pour plus de détails, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse contact.leonard@vinci.com. Cette cartographie présente les meilleures start-up en développement rapide qui font avancer les technologies de la construction, selon leur domaine d'innovation et l'impact recherché. Elle a été obtenue à partir des résultats de la Construction Startup Competition 2021, le plus grand concours mondial de jeunes entreprises du secteur de la construction - dont Leonard est partenaire - ainsi que de nos programmes d’accélération Intrapreneur, SEED et CATALYST. La cartographie des start-up qui montent dans la Contech
  • 45. Tous à bord de la révolution Contech ! Les investissements en capital-risque dans la Contech sont passés de 2 milliards d’euros en 2020 à plus de 3,5 milliards d’euros en 2021. GUILLAUME BAZOUIN, responsable des programmes Start-up et Intrapreneurs, décrypte les ressorts de cette dynamique prometteuse pour le futur de la construction. Pourquoi la Contech est-elle une bonne réponse aux défis aux- quels la construction fait face ­ aujourd’hui ? La Contech apporte un large éventail de solutions innovantes. Or nous avons besoin d’une grande diversité de solutions, parce que le champ des problèmes a crû et s’est intensifié ces dernières années. Les défis de la productivité, des impacts des activités sur l’environnement, de la protection des compagnons ou encore du recrutement ne sont pas nouveaux – mais ils entrent dans une zone critique. La nécessité de s’équiper, de faire évoluer certaines pratiques, n’est plus optionnelle  ; d’autant que les changements sont aussi appelés par certaines modifica- tions en profondeur des lois et règlements qui encadrent le secteur de la construction. Or, les approches actuelles ne suffisent pas à répondre aux problèmes que nous devons traiter. La Contech s’impose alors comme un vivier de solutions nouvelles, d’autant plus clairement que des technologies qui n’existaient pas, ou étaient inaccessibles économiquement jusqu’à très récemment, sont aujourd’hui mobilisables et répondent précisément aux enjeux opérationnels de la construction. Quelles sont les technologies clés de la Contech ? Sans garantie d’exhaustivité, et dans le désordre, citons d’abord les drones. Ils sont désormais peu chers et la réglementation existe pour les applications professionnelles : ils s’affirment donc comme une technologie transformatrice. Un autre élément transfor- mateur  : tout simplement, le smartphone. La construction ne pouvait pas être digitalisée tant qu’il n’était pas possible de disposer d’un terminal léger et d’une connectivité robuste sur tous les terrains. C’est aujourd’hui une évidence. L’information peut remonter direc- tement, en numérique, depuis les chantiers. Parmi les technologies clés pour la Contech, 46 jouissant d’une forte dynamique, il faut bien sûr citer aussi l’intelligence artificielle, sous la forme à la fois de la reconnaissance automatique d’images, et de dispositifs robotisés, plus ou moins autonomes. Les outils de compu- ter vision se multiplient, pour identifier des objets, prendre des cotes… Le suivi en temps réel de chantier est un cas d’usage très clairement intéressant. La même technologie va par ailleurs permettre de répondre efficacement à l’évolution de la loi, qui oblige les constructeurs à maîtriser leurs flux de déchets. Des solutions existent aujourd’hui pour automatiser leur suivi, à faible coût. Où en est l’appropriation des solu- tions Contech par les entreprises ? Pour faire face aux enjeux réglementaires et environnementaux et pour améliorer la productivité, les très grandes structures ont depuis longtemps mis en place des méthodes et des outils, souvent assez com- plexes par rapport aux solutions Contech. Ces dispositifs sont là, et il peut être difficile de les remplacer par des solutions en SaaS, intégrant de l’IA, par exemple. Les petites entreprises sont en général bien moins dépendantes de procédés complexes. Leurs dirigeants et conducteurs de travaux ont plus de facilité à déployer des solutions inno- vantes. Et ils le font d’autant plus volontiers que, le plus souvent, ce sont des solutions qui exigent peu ou pas d’investissement : ce sont des plateformes as a service, des modèles de location…. Les  entrepreneurs saisissent très bien l’intérêt de la Contech. Bien sûr, les grandes entreprises sont aussi susceptibles de bénéficier de la révolution Contech, dès lors qu’elles s’organisent pour intégrer à leurs outils existants les solutions nouvelles et centrées sur l’utilisateur, propres à la Contech. Où la dynamique de la Contech est-elle la plus forte ? Très nettement, en premier lieu, aux États- Unis ; on trouve, au deuxième rang, Israël, et ensuite les pays nordiques. Et c’est bien parce que nous aimerions que la France prenne la place qu’elle mérite que nous défendons la Contech dans les programmes Start-up de Leonard. La France est un des pays qui forment le plus d’ingénieurs en génie civil et travaux publics par habitant, et trois des dix plus grandes entreprises mondiales du secteur sont françaises... Que retenir de la Construction ­ Startup Competition 2021, dont Leonard était partenaire ? Deux choses. La première : nous voyons arri- ver des entreprises très disruptives, plus seu- lement des projets d’optimisation de l’exis- tant. Je pense par exemple à hyperTunnel, qui propose une solution radicalement nouvelle pour creuser des tunnels. La seconde, c’est le nombre et la qualité des start-up de la compétition  : incomparable  ! On voit s’in- vestir dans des projets des profils de CEO avec 20 ans d’expérience : j’y vois la preuve que la Contech devient un des secteurs qui attirent le plus de talents, parce qu’ils sont sûrs d’avoir de l’impact. Interview La révolution Contech La Contech (contraction de construction et tech- nology) s’est imposée en quelques années comme un accélérateur essentiel de la ­ transformationdusecteurde la construction. En apportant des solutions nouvelles à des défis structurants, les start-up delaContechattirentplusque jamais talents et investisse- ments. Pour une plus grande efficacité et une moindre empreinteenvironnementale.
  • 47. 49 AI Clearing La technologie développée par AI Clearing (États-Unis) cartographie rapidement un chantier au centimètre près, grâce aux photographies prises par un drone. Elle permet de visualiser en détail la progression du chantier, et de la comparer facilement au plan et au planning. AI Clearing figure parmi les projets accompagnés par le programme CATALYST de Leonard, et faisait partie des dix finalistes du challenge mondial «  Construction Startup Competition  » 2021, qui recense 2 000 start-up particulièrement prometteuses dans l’écosystème mondial de la Contech. Drones et IA suivent les chantiers au centimètre près.
  • 48. Laurent Allidieres, Air Liquide • Lucille Alonso, RESALLIENCE • René Amalberti, Foncsi • Mathias Arbet-Pont, Noeoratech • Claude Arnaud, Efficacity • Christophe Arnold, Airbus • Aristide Athanassiadis, École polytechnique fédérale de Lausanne • Arthur Auboeuf, Time for the Planet • Vincent Augiseau, CitéSource • Matthieu Auzanneau, The Shift Project • Louis Bandiera, Nos Quartiers ont du Talent • Pierre Barcelo, Robots for Site • Noé Basch, Mobius • Pascal Baylocq, Geostock (VINCI Construction) • Aldo Bearzatto, Festival Close Up • Clémence Béchu, Agence d’architecture Béchu et associés • Steven Beckers, Bopro • Ila Bêka, réalisateur • Manon Berlioz, Roomies Design • Ben Blume, Atomico • Mathilde Bommier, Voies Ferrées de France • Élise Bon, VINCI Autoroutes • Nicolas Boquet, Afep • Olivier Bordelanne, DEMETER • Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion • Éric Bothorel, député des Côtes d’Armor • Philippe Boucly, France Hydrogène • Hervé Bougon, Festival Close Up • Pierrick Boyer, OROK • Loïc Brault, Eurovia • Luc Broussy, France Silver Eco • Jeremy Brown, Foundamental • Pierrick Buret, Centre national d’assistance cyber au commandement de la gendarmerie dans le cyberespace (C3N) • Clémentine Cazenave, Bpifrance • Meriem Chabani, New South • Mathilde Chaboche, adjointe au maire de Marseille • Laurent  Champaney, Arts et Métiers • Farouk Chaouch, Citeos • François Chaslin, critique d’architecture • Jean-Baptiste Colas, Agence de l’innovation de défense • FREAKS Architecture • Darren Collinswood, Freyssinet UK • Pierre Coppey, VINCI • Jean-Pierre Cordier, Société d’encouragement pour l’industrie nationale • Antoine Courmont, Sciences Po • Alexandre Cousin, Synaps’Up • Fermin Cuevas, ICMPE • Stéphanie Dadour, ENSA Paris-Malaquais • Lionel d’Allard, Equo Vivo • Julien Damon, Sciences Po • Maxence de Block, Vraiment Vraiment • Arnaud de la Tour, Hello Tomorrow • Jean Yves de Lépinay, programmateur indépendant • Jérôme de Tomasi, Waste Marketplace • Adrian Deboutière, Métropole du Grand Paris • Jean-Michel Dedôme, VINCI Energies France • Rémy Defay, VINCI Immobilier • Éric Delobel, VINCI Airports • Létizia Delorme, Syndicat mixte du SCoT du Pays basque du Seignanx • Ludovic  Demierre, VINCI Construction • Stéphane Denis Delobel, Air Products • Cyril Ebersweiler, SOSV • Andrew Egglesden, Soletanche Bachy • Michael Einhaus, université des sciences appliquées de Leipzig • Justine Emringer, Plaine Commune • Philippe Erman, VINCI Autoroutes • Victorien Erussard, Energy Observer • Yvan Estienne, VINCI Energies Europe East • Pierre-Yves Estrade, VINCI Concessions • Mathias Flattin, Axeleo Capital • Emmanuelle Font, VINCI Construction France • Pascale Ford Maurice, Crédit Agricole CIB • Binta Gamassa, Lokimo • Juliette Gatignon, Unis-Cité • Sébastien Gendron, TransPod • Laetitia George, Contrast-e • Charlotte Girerd, SNCF Immobilier • Laure Girodet, SUEZ • Marine Glon, Supernova Invest • Albane Godard, Fondation GoodPlanet • Marie Godard-Pithon, VICAT • Romaric Gomart, PaintUP • Arthur Gosset, réalisateur • Sarah Grau, Décider ensemble • Sylvain Grisot, Dixit.net • Thibaut Guilluy, haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises • Nicolas Hélas- Othenin, LISEA • Patric Hellermann, Foundamental • Marc Henriot, Roadcare • Sylvain Hété, Toyota • Dominique Hiesse, Fédération nationale des écoles de production • Julia Himmelsbach, Visco • Michaël Hirsch, humoriste • Christophe Hug, VINCI Autoroutes • Xavier Huillard, VINCI • Karine Hurel, Fédération nationale des agences d’urbanisme • Erwan Jacquin, CMA CGM • Guillaume Jarlot, Nooco • Tony Jaux, VEDECOM • Stephane Kaba, Alstom • Étienne Klein, CEA • Rémy Knafou, université Paris 1 • Marcus Kottinger, Visco • Florence Lambert-Hognon, Genvia • Armelle Langlois, VINCI Construction France • Déborah Le Bloas, Confkids • Rémi Lefeuvre, VINCI Construction France • Stéphanie Leheis, consultante indépendante • François Lemaistre, VINCI Energies • Louise Lemoine, réalisatrice • Thierry Lepercq, Soladvent • Virginie Leroy, VINCI Immobilier • Ray Levitt, Blackhorn Ventures • Harold Levrel, AgroParisTech • Francis Lévy, Fédération française des Geiq • Paul Lieberherr, SustainEcho • Vincent Louvot, VINCI Immobilier • Jean-Philip Lucas, Ancoats • Sébastien Magat, AVUS • Tom Malo, e-béton • Belen Marcos, VINCI Concessions • Athina Marmorat, Rêv’Elles • Nathalie Martin-Sorvillo, VINCI • Audrey Massy, Q-Bot • Stéphane Maviel, DIANE • Marie Mawad, Sifted • Anaël Mayeur, AgroParisTech • Lucile Mettetal, Institut Paris Région • Jean-François Monteils, Société du Grand Paris • Antoine Morand, Soletanche Bachy • Alex Muresan, Aethernum Technologies • Patrick Naujocks, Visco • Bruno Nicolas, Actemium • Claudius Noack, HAW Hambourg university • Martin Noël, Lokimo • Marjolaine Normier, réalisatrice • Jacqueline Osty, Osty et Associés paysage urbanisme • Sophia Ouabi Aïssi, La Ressourcerie du BTP • Wilfrid Paillard, VINCI Construction • Garance Paillasson, architecte • Bruno Paul-Dauphin, Exegy • Yves Pellemans, Axians • Rémi Pérony, Caeli Energie • Erwan Personne, AgroParisTech • Agnès Plagneux-Bertrand, adjointe au maire de Toulouse • Philippe Portier, Hilti • Armin Przirembel, Axians Allemagne • Aurore Rapin, Yes We Camp • Kalina Raskin, Ceebios • Thomas Reynaud, Free • Jim Rhoné, Soliquid • Guillaume Richer, Rockease • Corentin Riet, The Shift Project • Robin Rivaton, IDInvest • Natacha Robert, Carapace • Amelia Rung, VINCI Autoroutes • Reinhard Schlemmer, VINCI Energies Europe East • Alain Schnapp, université Paris 1 • Karim Selouane, RESALLIENCE • Hugues Seutin,  VINCI Construction • Isabelle Spiegel, VINCI • Karim Tamarzist, Build2b • Terence Thiel, Rockease • Lola Vallejo, Iddri • Maxime Varin, SunMind • Gloria Vendrell, TotalEnergies • Thomas Vessiot, VINCI Construction Terrassement • Olivier Vigneron, Réseau Etincelle • Chloë Voisin-Bormuth, La Fabrique de la Cité • Cécile Wendling, AXA • Michal Werle, WARBUD • Clément Willemin, Wald • David Zambon, Cerema • Joëlle Zask, Aix-Marseille Université remercie tous les intervenants 2021 50 Direction de la publication : Leonard Conception éditoriale et graphique : Usbek  Rica Textes : François Lassagne Couverture : Ludwig Hernandez Intérieur : Benoit Billard (page 33) • AI Clearing (pages 48 et 49) • Deva Darshan/ Unsplash (page 30) • Nora Houguenade (page 1) • Seb Jarnot (portraits crayonnés pages 16 et 17) • Evelina Judeikyte (infographie pages 43 et 44) • Leonard DR (pages : 11, 14 et 32) • Sifted (pages 4 et 42) • La Solive (page 38) • Alexis Toureau (pages 1, 4, 5, 6, 12, 18, 28, 37 et 46) • Nicolas Vercellino (pages 10 et 13) • Jeroen van de Water/ Unsplash (page 20) À PROPOS Leonard est la plateforme de prospective et d’innovation du groupe VINCI. Construction, mobilité, immobilier, énergie, ville durable : nous accompagnons les projets qui inventent le futur des villes et des territoires. Retrouvez-nous sur leonard.vinci.com et @WeAreLeonard Veille, événements, actualités, rejoignez notre communauté en vous inscrivant à notre newsletter : bit.ly/Leonard_NL Rendez-vous à Leonard:Paris ! 6, place du Colonel Bourgoin 75012 Paris – France contact.leonard@vinci.com
  • 49. Leonard en un coup d’œil ! TRANSITION ENVIRONNEMENTALE RÉVOLUTION NUMÉRIQUE ÉVOLUTION DES MODES DE VIE ET DES USAGES VEILLE MISE EN DÉBAT ÉVÈNEMENTS PROSPECTIVE ATELIERS D’INNOVATION COMMUNAUTÉS LEONARD L E O N A R D P A R I S / L E O N A R D D A C H explorer les futurs des villes, des territoires, des infrastructures, de leurs métiers et de leurs marchés expérimenter et accompagner les porteurs de solutions, entrepreneurs et innovateurs INTRAPRENEURS VINCI DÉPLOIEMENT TECHNOLOGIES IA INCUBATEUR JEUNES POUSSES PROJETS ISSUS DE LA PROSPECTIVE COLLABORATION START-UP / GRAND GROUPE 250 1 1 300 participants issus de 55 pays au Leonard Day accueillis dans le cadre des rencontres et débats publics organisés par Leonard 120 experts mobilisés au sein du groupe VINCI PLUS DE 42 PROJETS accélérés et accompagnés heures de formation en IA, à l’entrepreneuriat et à l’innovation dans nos programmes Premier incubateur #CONTECH EUROPÉEN n°  1 2021 en chiffres chez Leonard 200 intervenants ÉTUDE EMERGING TRENDS Hyperloop
  • 50. La décennie décisive yearbook 2021-2022 Le laboratoire du futur des villes et des territoires #weareleonard http://leonard.vinci.com