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11ème baromètre de la finance solidaire édité par Finansol

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  1. 1. 1vendredi 1erjanvier 2010A61 ans, Karol Sachsn’est pas le plus malplacé pour décrypterles évolutions de lafinance solidaire.Alors qu’il venait derejoindre le CréditCoopératif, il a crééen 1983, en partenariat avec le CCFD, lepremier produit bancaire d’épargne so-lidaire de France. Baptisé Faim et Déve-loppement, ce Fonds Commun de Place-ment – qui arrive aujourd’hui parmi lespremiers dans les classements d’encours –a permis de distribuer 25 millions d’eurosde dons, en trente ans d’existence, poursoutenir des projets de développementdans les pays du Sud.Le regard pétillant derrière ses grosseslunettes carrées, Karol Sachs confie au-jourd’hui que s’il devait créer un nouveauproduit, « ce serait pour s’occuper du cli-mat ». Le climat? « Bien sûr, affirme-t-il.La raréfaction des ressources doit être vuecomme une formidable opportunité pourdoper la croissance économique et l’aideaux populations en difficulté. »Cette conviction est largement partagéedans le secteur de la finance solidaire.Ces placements, accessibles à tous lesépargnants (lire plus loin), financent desactivités à forte utilité sociale dans troisgrands domaines: l’insertion par l’activitééconomique en France et dans les paysen développement, le logement en faveurdes populations défavorisées et l’environ-nement. Avec, dans la majorité des cas,une sérieuse prise en compte des enjeuxenvironnementaux. « Les acteurs de lafinance solidaire ont toujours joué un rôleprécurseur, souligne Sophie des Mazery,directrice de Finansol. Certains ont com-pris dès le début de leur projet qu’ils avaienttout intérêt à rendre leur démarche com-patible avec les exigences environnemen-tales… »C’est le cas de la coopérative Enercoopfinancée par La Nef et Garrigue. Crééedès 2005, un an après l’ouverture à laconcurrence du marché de l’électricité,cette structure s’est donné pour missionde « lutter contre le dérèglement climatiqueet (de) faire face à la raréfaction des res-sources fossiles ». Aujourd’hui encore, elleest le seul fournisseur d’électricité à s’ap-provisionner directement – et à 100 % –auprès de producteurs d’énergieQue ce soit dans le logement ou l’insertion par l’activité économique en France et dans les paysen développement, la plupart des projets ne perdent pas de vue les exigences environnementalesLesentreprisessolidairescultiventaussileurfibre«écolo»Enercoop, qui s’approvisionne à 100 % auprès de producteurs d’énergie renouvelable (ici au salon Écobat 2010),s’est donné pour mission de « lutter contre le réchauffement climatique et (de) faire face à la raréfaction des ressources fossiles ».ALEXANDRERENAHY/JERRYCOMChoc de solidaritéIl y a tout juste trente ans qu’est née lafinance solidaire, avec le lancement parle Comité catholique contre la faim etpour le développement (le CCFD) du fondsFaim et Développement, destiné à ap-porter des capitaux aux institutions demicrocrédit et aux entreprises naissantesdes pays émergents. Que de chemin par-couru au cours de ces trois décennies !Confidentielle pendant près de vingt ans,la finance solidaire occupe désormaisune place, certes encore réduite, maisnon moins réelle, dans le financementd’activités vitales pour notre avenir, carà fort impact social et environnemental.La future loi-cadre sur l’économie so-ciale et solidaire est susceptible de pro-voquer un « choc de solidarité », enFRANÇOIS DE WITTPrésident de FinansolDOMINIQUE GREINERRédacteur en chef à La CroixÉDITORIALaccroissant de manière significative lavisibilité d’un secteur clairement dyna-mique de notre économie, au momentmême où sa croissance marque le pas.Encore est-il nécessaire que l’originalitédes initiatives solidaires reste lisible etque l’« épargne du cœur » continue àbénéficier en priorité aux personnes ensituation de précarité, avec le soutienlégislatif et fiscal indispensable pour at-teindre un jour le fameux seuil du « 1 %solidaire », celui que les adhérents deFinansol ont fixé comme objectif au pa-trimoine financier des Français.Le baromètre de laÉdition 2013-2014 finance solidaireAvecppp
  2. 2. 2vendredi 1erjanvier 2010TLesentreprisessolidairescultiventaussileurfibre«écolo»(Suite de la page 1.)renouvelable (solaire, éolien, hy-draulique et biogaz). Avec succès puisquela coopérative compte plus de 15 000consommateurs. Autre exemple d’entre-prise engagée dans la transition énergé-tique: Sinéo qui depuis 2004 propose unservice de nettoyage de voiture sans eauet uniquement avec des produits 100 %naturels et biodégradables. Une techniquequi permettrait d’économiser environ100 litres d’eau à chaque voiture nettoyée.Dans le domaine du logement aussi,les projets soutenus par l’épargne solidaireprennent en compte leur impact sur l’en-vironnement. Un des objectifs est delutter contre la précarité énergétique.C’est le cas du groupe Chênelet ou deTell’CoBois, une structure créée en 2007qui construit des maisons à faibleconsommationd’énergie, avec desmatériaux écolo-giques, ou encorede Solidarités Nou-velles pour le Lo-gement, qui a faitde cette exigencel’une des pierresangulaires de sespratiques. « Lesloyers bénéficient del’aide personnalisé au logement, mais pasles charges, explique Bernard Devert,président d’Habitat et Humanisme. Or,l’énergie pèse de plus en plus lourd dansles dépenses des personnes en difficulté.C’est pourquoi on construit ou rénovesystématiquement suivant les normes “bâ-timent basse consommation”. »La dimension environnementale n’estpas non plus absente d’un nombre crois-sant de projets de solidarité avec les paysdu Sud. Au Sénégal, Kayer s’est spéciali-sée, avec le soutien de la SIDI, dans l’ins-tallation d’unités de production d’énergiesolaire. De la petite lanterne individuellepppMÉLANIE-JANEFREYAu Sénégal, Kayers’est spécialisée,avec le soutiende la SIDI,dans l’installationd’unités de productiond’énergie solaire.Des salariés au Jardin de Cocagne de Blois (Loir-et-Cher). Créés dès 1991, les Jardins de Cocagne sont un réseauqui concilie exigence environnementale et soutien aux populations éloignées de l’emploi.financesolidaireLebaromètredelaLencours de lépargne solidaireAu 31/12, en millions deurosÉpargne salariale solidaire2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012Épargne salariale solidaire2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012ÉpaÉpargne bancaire (Livrets, OPCVM...)ÉÉpapaÉpargne investie dans le capitald’entreprises solidairesÉÉpapad’entreprises solidai1 2291 626 1 6302 4003 0813 5484 712Les dons issus des produits de partageEn milliers deurosÉpargne bancaire (FCP, SICAV...)2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012ÉpaÉpargne bancaire (Livrets)ÉÉpapaÉpargne investie dans le capitald’entreprises solidairesÉÉpapad’entreprises solidaid’entreprises solidai3 8045 1305 7835 3694 9706 0517 021Le financement solidaireAu 31/12, en millions deuros2006 2007 2008 2009 2010 2011 20121952843795076858791 024IDÉIDÉIDÉEn 2012, l’intérêt des Français pour les produitsd’épargne solidaire ne s’est pas démenti avec un encoursrecord de 4,71 milliards d’euros, en hausse de 32,9 %sur un an. L’épargne salariale contribue grandementà ces excellents résultats, son encours ayant progresséde plus de 50 % et s’élevant désormais à 2,6 milliardsd’euros (source A.F.G.). L’épargne bancaire afficheune croissance de 16 %, portée par des conditionsde marché favorables, tandis que la souscriptiond’actions au capital d’entreprises solidairespoursuit son développement en cumulantprès de 400 millions d’euros d’encours (+ 14,1 %).Les associations bénéficiaires de produits de partageont reçu plus de 7,02 millions d’euros de dons, en 2012.Ce montant, le plus haut jamais atteint, a progressépour la seconde année consécutive (+ 16,2 %). La haussedes taux d’intérêt a pleinement bénéficié aux livretsde partage qui ont permis de verser via ce support plusde 4,6 millions d’euros de dons aux différentsbénéficiaires, dont 3,3 millions d’euros pour le seulLivret Agir du Crédit Coopératif. Habitat et Humanisme,le CCFD–Terre Solidaire et Terre et Humanismerestent les trois premières associations bénéficiaires,en cumulant 39 % des dons reçus.L’encours du financement solidaire, en 2012, dépasse pourla première fois le cap du milliard d’euros atteignant1,024 milliard d’euros (+ 16,5 %). Si les projets qui ont pus’appuyer sur ces ressources pour se créer ou sedévelopper sont de nature très diverse, ils défendent tousune vision de la solidarité via l’activité économique. Cettesolidarité s’exprime vis-à-vis de personnes vulnérables enFrance (insertion par l’emploi, logement très social…) et àl’étranger (soutien à l’entrepreneuriat dans les pays endéveloppement). Elle s’exprime également vis-à-vis desgénérations futures, la finance solidaire soutenant une partimportante d’activités écologiques.à la mini-centrale photovoltaïque, elleéquipe des entreprises ou des famillesvivant en milieu rural. Au Paraguay, lacoopérative Manduvira, a aussi fait de laprotection de l’environnement l’une deses priorités. Les 1 700 petits paysans quila composent cultivent toute leur pro-duction en bio. Et fin 2011, elle a obtenudes fonds, notamment d’Oikocredit, afinde construire une usine de productionde sucre de canne biologique à très faibleimpact environnemental, sans rejets no-cifs et autosuffisante en énergie.L’insertion par l’activité économiquen’est pas en reste. Depuis longtemps, lerecyclage constitue l’un des poumonsdu secteur, comme le montrent lesexemples de La Varappe, une entreprised’insertion très investie dans la valori-sation des déchets et la productiond’énergie nouvelle avec des salariés eninsertion, et de Vitamine T (voir page 4).Sur un autre modèle, les Jardins deCocagne, financés par la SIFA et La Nef,parviennent aussi à concilier exigenceenvironnementale et soutien aux popu-lations éloignées de l’emploi. Créé dès1991, bien avant la première AMAP etl’émergence de l’agriculture biologique,ce réseau associatif produit et distribuedes légumes biologiques à des adhé-rents-consommateurs. Les 120 jardinsrépartis dans toute la France emploient4 000 jardiniers en insertion et comptent20 000 familles adhérentes. Et avec unesurface totale d’environ 360 hectares, ilsfigurent parmi les premiers maraîchersbio de France.SÉVERIN HUSSON2013/2014
  3. 3. 3vendredi 1erjanvier 2010Plus de 20 millionsde bénéficiairesdans les paysfinancesolidaireLebaromètredelaIDÉIDÉIDÉIDÉ12 000 entreprises 4 400 personnes Approvisionnementde 4 000 ménagesLa « transition énergétique »? Leconcept n’est finalement pas sidifficile à saisir et à Bourguébus,Garcelles et Saint-Aignan, ce sontles enfants qui en parlent le mieux. Situéesau sud de Caen, les écoles de ces troiscommunes du Calvados viennent en effetd’être équipées de panneaux photovol-taïques, qui captent l’énergie du soleilpour produire de l’électricité et la revendreà EDF.À l’origine de cette initiative inédite, setrouve Plaine Sud Énergies, une coopé-rative d’intérêt collectif (SCIC), créée àl’initiative de la communauté de com-munes Plaine Sud de Caen et de l’Asso-ciation régionale pour le développementde l’économie solidaire. « Dès le départ,nous avons tenu à sensibiliser les enfantsau projet, explique Patricia Oury, une desquatre cogérantes de la SCIC. Les enfantsont par exemple joué les détectives urbainspour découvrir comment une ville est ali-mentée en électricité. Mais à travers lesjeunes, nous voulons aussi montrer auxparents et aux habitants qu’il est possibled’agir localement sur un projet d’énergierenouvelable. »Pour constituer ses 20 000 € de capital,Plaine Sud Énergies a fait appel à l’épargnelocale, collectée auprès d’une vingtained’habitants, et à l’épargne solidaire mo-bilisée par Énergie Partagée Investisse-ment. Une formule qui constitue l’unedes marques de fabrique de ce fonds d’in-vestissement, créé en 2010 par des acteursde l’économie solidaire comme Enercoop,la Nef ou le Comité de liaison des énergiesrenouvelables.« Les constructions d’éoliennes ou demicrocentrales hydroélectriques mettentlongtemps à mûrir et les besoins d’inves-tissements sont très importants, souligneJoël Lebossé, un des fondateurs d’ÉnergiePartagée. En associant mobilisationd’épargne locale et financements solidaires,nous donnons du temps à ces projets etpermettons aux citoyens d’en garder lecontrôle, sans être nous-mêmes majori-taires. »Énergie Partagée Investissement a déjàlevé 2,7 millions d’euros auprès de 2 200actionnaires. Un souscripteur sur cinq asélectionné un projet particulier. « Avecce fléchage, chacun sait combien de kilo-wattheures ses euros ont permis de pro-duire », poursuit Joël Lebossé. Une ving-taine de projets sont déjà en cours, dontl’ambitieux projet d’éoliennes en Pays deVilaine ou la Biocoop du Mantois. Fortde ces succès, le fonds a lancé un nouvelappel à l’épargne de 3 millions d’euros,ouvert jusqu’en octobre prochain. Et aconstaté que les mentalités évoluent :chaque installation en énergies renouve-lables entraîne des baisses de consom-mation d’électricité.ÉRIC LARPINCe fonds d’investissement, qui a levé2,7 millions d’euros, finance une vingtaine deprojets de production d’énergies renouvelablesEnergiePartagéeassocieépargnelocaleetfinancementssolidairesENTRETIEN FRANÇOIS DE WITT, président de FinansolDe multiples voies restent à explorer pour aidercette épargne à changer d’échelle« Pouratteindrele1 %solidaire »Où se situe le principalpotentiel de croissancede l’épargne solidaire?François de Witt: Il passepar les fonds dits « 90/10 », prudentsparce qu’investis au maximum à 10 %dans des activités solidaires. Deux pistesde développement se dégagent. La pre-mière concerne l’assurance-vie solidaire.En mai, une initiative spectaculaire aété annoncée par Predica, filiale dugroupe Crédit Agricole Assurances.D’autres établissements devraient suivre.Cette piste est extrêmement prometteusecar l’assurance-vie représente 40 % dupatrimoine financier des Français. Uneseconde voie est à chercher du côté dessociétés civiles de placement immobilier.On pourrait en imaginer une versionsolidaire, avec 10 % des fonds placésdans des structures comme Habitat etHumanisme ou Solidarités Nouvellespour le Logement. Cette poche est moinsprofonde, 30 milliards d’euros d’encours,mais elle se développe bien.Quelles sont les opportunitésconcernant l’investissement en directchez les entreprises solidaires?F. de W.: Il s’agit, cette fois, d’inves-tissement à 100 % solidaire. Sur ce sec-teur, le crowdfunding ou finance parti-cipative est l’outil qui se développe vite.Pour des montants relativement mo-diques, on peut investir dans Babyloan,SPEAR et bientôt dans d’autres sites In-ternet solidaires qui vont se créer. L’en-gouement est énorme, mais il faut luitrouver un cadre juridique adapté etprotecteur pour les épargnants. La ré-flexion est en cours. D’autres produitsapparaissent aussi, mais ils s’adressentprincipalement à des investissementsinstitutionnels ou indirectement àl’épargne salariale. Je pense au Comptoirde l’innovation ou aux Fonds d’entre-preneuriat social européens, qui serontouverts à partir du 22 juillet.Qu’en est-il pour les livrets solidaires?F. de W.: Il serait astucieux de créerdes livrets verts. Le principe en serait lesuivant: le titulaire du livret accepte unerémunération moindre de son épargne,ce qui permettrait à la banque d’accor-der des prêts avantageux à des particu-liers désireux de s’équiper, par exemple,en pompes à chaleur ou en panneauxsolaires. Les Banques Populaires ontdéjà mis en place ce système avec succès.Mais pour l’étendre, il faut que l’Étataccepte de défiscaliser ces produits.L’an dernier, vous vous êtes fixél’objectif de faire grimper les financessolidaires à hauteur de 1 %du patrimoine financier des Français.À quelle échéance est-ce possible?F. de W.: Cet objectif est ambitieuxpuisqu’il s’agit de multiplier l’encourspar plus de dix. L’an dernier, j’avais es-timé le temps nécessaire à quinze oudix-sept ans mais la progression desderniers chiffres montre qu’on pourraity arriver plus vite, peut-être douze àquinze ans. Autant dire que c’est à notreportée.RECUEILLI PARSÉVERIN HUSSONsoutenues logéesen électricité renouvelableen développementEn 2012, lesfinancementssolidaires ontsoutenu plusde 12 000entreprisesen France,permettantla création oula consolidation de plus de 36 000emplois. Près de 20 000 d’entre euxconcernent des personnesqui rencontrent des difficultés d’accèsà l’emploi (création et développementde plus de 10 000 micro-entreprises,notamment dans des zones urbainesen difficulté et/ou par des personnesbénéficiaires de minima sociaux,création ou consolidation de plusde 4 500 postes en insertion– cf. Vitamine T, p. 4). Pour le restede ces emplois, il s’agit de postes plus« classiques » créés ou consolidés dansdes entreprises dont l’activité répondà une problématique socialeou environnementale.En 2012, les acteurs de l’accèsau logement bénéficiant de l’épargnesolidaire ont logé plus de 4 400nouvelles personnes. En situationde précarité, elles ont ainsi pu accéderà un logement décent à des conditionsfavorables et bénéficier d’unaccompagnement social avec pourobjectif, à moyen terme, de retrouverun logement dans le parc HLM ouprivé. Au-delà de ces 4 400 nouveauxbénéficiaires, les entreprises solidairesdu logement géraient en 2012 un parcde près de 7 000 logements.Afin de limiter la facture énergétique,ces entreprises développent desdémarchesderéhabilitationde leur parcet d’éco-construction(à l’imaged’HabitatsSolidaires,p. 4).Lesinstallationsdeproductiond’énergierenouvelablefinancéesen 2012grâceà l’épargnesolidaireont permis la productionde 12,4 MWh/an,ce qui correspondà la consommation électriqueannuelle de plus de 4 000 ménages.Ces financements sont trèsmajoritairement orientésvers les énergies solaire et éolienne.Par ailleurs, la finance solidairea également soutenule développement d’une agriculturerespectueuse de l’environnement(plus de 60 nouvelles exploitationsfinancées) ainsi que de la filière bio.Les financements solidaires orientésvers l’international ont permisde soutenir près d’un millierd’Institutions de microfinancedans le monde. Elles soutiennentpar le microcrédit la créationet la croissance d’entreprises dans lespays en développement. En 2012, plusde 20 millions de personnes (dont unelarge proportion de femmes) ont ainsi euaccès à un prêt leur permettant dedévelopper leur activité. Lesfinancements solidaires permettentaussi le développement, dans ces pays,d’entreprisesdont l’activitéréponddirectement àuneproblématiquesociale ouenvironnementale(cf. l’exemplede Kayer p. 2).2013/2014
  4. 4. 4vendredi 1erjanvier 2010chets arrivent par camions entiers pourêtre démantelés et transformés en ma-tières premières : lesmousses polyuréthanessont utilisées comme com-bustibles dans les cimen-teries; les plastiques recy-clés en pare-cho csautomobiles ou chaises dejardin; l’acier réutilisé dans les aciéries…Au total, plus de 85 % des composantstrouvent une seconde vie, au lieu d’êtreincinérés, ou pire enterrés au risque depolluer les nappes phréatiques.Ce cercle vertueux correspond à la phi-losophie du groupe Vitamine T, très im-pliqué dans l’économie verte. « Notreprincipale préoccupation est de créer desemplois accessibles à des personnes trèséloignées du travail, explique Jean-YvesDoisy, directeur général adjoint du groupe,chargé des nouvelles filières. Le “greenbusiness” offre de grandespossibilités dans ce do-maine. Mais pour demeurercompétitifs, nous devonsêtre en avance sur laconcurrence et donc inves-tir constamment en re-cherche et développement.L’apport des finances soli-daires nous permet de me-ner des recherches sur denouveaux gisements. »Dernierexempleendate,le développement d’unefilière de recyclage des dé-chets d’éléments d’ameu-blement. Vitamine T a ré-pondu à des appels d’offrespour le nord de Paris. Cequi implique de fabriquerune nouvelle matière pre-mière à partir de panneauxde particules de bois. « En-vie 2e Nord a engagé le pro-gramme de recherche et dedéveloppement avec l’Écoledes mines de Douai, sou-ligne Jean-Yves Doisy. L’as-pect industriel est mené enpartenariat avec deux in-dustriels de la région. Cette filière permettrade retirer du circuit des matériaux polluantstout en créant des dizaines d’emplois. »En concurrence avec les grandes en-treprises présentes dans le traitement desdéchets – qui, elles, n’ont pas lescontraintes liées à l’insertion sociale, es-timées à un surcoût de 11 % du budgetde l’entreprise –, Vitamine T est condam-née à innover.FLORENCE QUILLEn’est pas normal qu’ils payent parfoisplus cher en charges qu’en loyer! »Ce projet, baptisé « Un toit, un avenir »,a été élaboré par le Secours Catholiqueet Habitats Solidaires et pourra héberger80 personnes, surtout des femmes et desenfants. « Il va coûter plus de 3 millionsd’euros, détaille François Taconet, direc-teur général d’Habitats Solidaires. Leconseil régional et Amallia, un acteur im-portant du 1 % logement, vont nous aider,mais notre action n’aurait pas pu démar-rer sans l’appui des souscripteurs d’Habi-tats Solidaires. » Parmi eux, il y aura trèsbientôt le Secours Catholique, conscientque les besoins en logements sociaux dequalité sont encore très importants enÎle-de-France.ÉRIC LARPINfinancesolidaireLebaromètredelaLILLE (Nord)De notre correspondante régionaleAperte de vue, d’énormes caissesregorgeant d’écrans d’ordina-teur, de portes de frigos et autresdéchets en tous genres. Le longd’une chaîne de démantèlement, desemployés, casques sur les oreilles, décor-tiquent des tubes cathodiques pour enextraire les différents composants, indif-férents au ballet des chariots élévateursqui déchargent avec une dextérité éton-nante congélateurs et lave-vaisselle pro-venant des déchetteries. Nous sommesici sur la plate-forme de recyclage d’Envie2e Nord, une entreprise d’insertion crééeen 2006 par le groupe Vitamine T.Cette année-là, une directive euro-péenne rend obligatoire le recyclage detous les déchets d’équipements électriqueset électroniques. Une opportunité pourle groupe nordiste qui a déjà lancé, dixans plus tôt, Envie Nord, une entreprisede rénovation et de vente d’électroména-ger. Après une étude de faisabilité, Vita-mine T signe un partenariat avec VanGansewinkel, spécialiste du recyclage enBelgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg.L’activité démarre en 2006, à Lesquin,près de Lille, dans un site de 14 000 m2laissé vacant par la fermeture du fabricantd’électroménager Selnor. Une partie dessalariés licenciés, qui hier assemblaientréfrigérateurs et congélateurs, contribueaujourd’hui à les recycler. Au total, 216salariés travaillent sur la plate-forme. Lesdeux tiers sont en situation de précarité,chômeurs de longue durée ou cumulantproblèmes sociaux et personnels.Collectés dans les déchetteries et chezles distributeurs au nord de Paris, les dé-Les logements des pauvres ne doi-vent plus être des logementspauvres. Sur la base de cette pro-fession de foi, les investisseurssolidaires dans l’habitat social participentdésormais à la construction de bâtiments« éco-conçus », à la fois économes enénergie et bâtis avec des matériaux aussirespectueux de l’environnement que pos-sible.À Aubervilliers, dans un quartier pour-tant marqué par la crise, Angela ZingaNzumba est locataire avec ses quatre en-fants d’un joli chalet en bois, construitpar les Bâtisseurs d’Emmaüs, avec Habi-tats Solidaires comme maître d’ouvrage.Arrivée d’Angola en 1999, cette réfugiéepolitique a d’abord navigué entre héber-gement d’urgence, foyers et hôtels, enrégion parisienne ou en province.Puis, fin 2012, la mairie d’Aubervilliersl’a déclarée prioritaire pour un des deuxchalets construits par des salariés en in-sertion, avec des palettes récupérées. De-puis, le centre communal d’action socialede la ville renouvelle tous les mois soncontrat d’hébergement, pour un loyer de250 €. « Avec les enfants qui sont scolariséssur place, nous sommes venus plusieurs foisvoir le chantier, raconte Angela ZingaNzumba. Je ne pensais pas pouvoir habiterune maison en bois à deux niveaux. Cethiver, nous n’avons pas ressenti le froid, carleschambressontbienisolées.Nousespéronsrester encore un moment, même si on saitqu’il y aura d’autres familles après nous… »Sur le même principe de résidencesconfortables à faibles loyers, HabitatsSolidaires va lancer en septembre 2013une opération de 23 logements sociauxà Limeil-Brévannes, sur un terrain cédépar le diocèse de Versailles. « Nous allonsc o n s t r u i re u ncentre d’héberge-ment d’urgence,près des transportset des écoles, ex-plique BernardBaudry, du Se-cours Catholiquedu Val-de-Marne.Ce sera aussi unbâtiment à faibleconsommation, avec utilisation du solairethermique, récupération d’eau et potagersur le toit. Nous voulons donner aux pluspauvres ce qu’il y a de meilleur, car ilEn recyclant des appareils électroménagers, cette entreprise crée les matières premières de demain. Ellefait partie du groupe d’insertion Vitamine T, dont le respect de l’environnement est l’une des prioritésCette coopérative construit des logements « éco-conçus » pour des personnes à faibles revenusDansleNord,Envie2econjugueinsertionetdémarcheenvironnementaleHabitatsSolidairesredonnedel’énergieauxplusdémunisUn employé d’Envie 2e Nord récupère des déchets d’objets électroniques à des fins de recyclage.PASCALINECHOMBARTAu total,216 salariéstravaillentsur la plate-forme.« Nous voulons donneraux plus pauvresce qu’il y a de meilleur,car il n’est pas normalqu’ils payent parfoisplus cher en chargesqu’en loyer! »2013/2014
  5. 5. 5vendredi 1erjanvier 2010financesolidaireLebaromètredelaTÉMOIGNAGES Ils ont souscritdes placements solidaireset nous expliquent pourquoiContre une caution de 1 €, cette entreprise loue et venddes gobelets dans des festivals français. Le consommateur peutrepartir avec son verre, ce qui évite d’accumuler des déchets«La cohérenceavec mes valeurs humaines »ANTOINE DUPONTSalarié de Schneider Electricet souscripteur du FCPE Schneider Énergie« J’ai souscrit au FCPE Schneider Énergie pour leplaisir de faire un acte solidaire. Cela constituait pourmoi une alternative idéale aux fonds classiques, puisquecela me permettait d’épargner en cohérence avec mesvaleurs humaines, et ceci dans le cadre de mon pland’épargne entreprise. Aussi, j’ai pu utiliser ma partici-pation pour investir sur ce fonds solidaire qui contribueà la lutte contre la précarité énergétique en France etfavorise l’accès à l’électricité des populations ruralesdans des pays en développement. Par ailleurs, le faitque ce fonds soit labellisé Finansol me rassure sur labonne utilisation de mon épargne. »« Des projets utiles à la sociétéet à l’environnement »CHLOÉ MICHOUSouscriptrice du Livret Agir (Crédit Coopératif)« Sensibiliser à la transition énergétique, appliquerdes gestes simples au quotidien pour préserver l’envi-ronnement, parler de développement durable me sembleessentiel, voire indispensable. Je suis de près les prisesde parole de Pierre Rabhi et les actions du MouvementColibris, et ai eu envie de m’investir plus. J’ai ainsi prisla décision, il y a quelques mois maintenant, d’épargnersolidaire pour soutenir une action qui me tient à cœuret répondant aux enjeux écologiques de demain. Au-jourd’hui, je partage mes intérêts avec l’association Terre& Humanisme et participe au travers de mon épargneà des projets utiles à la société et à l’environnement. »« Je me suis interrogé surl’impact de ma consommation »FRANCK BERNARDActionnaire de la foncière de Terre de Liens« En revenant d’Espagne, j’ai pu constater un nombreincroyable de camions sur l’autoroute. Je me suis alorsinterrogé sur l’impact de ma consommation et plusparticulièrement sur l’acheminement des produitsnécessaires à mon alimentation. J’ai alors décidé deconsommer “local”. J’ai assisté, par ailleurs, à une réunionorganisée par Terre de Liens sur la finance solidaire. Jesuis désormais happé par ce projet qui nous a permiscollectivement d’acheter une partie de la Ferme deChalonne, située dans le nord de l’Isère. Enfin, je suisravi de pouvoir orienter une partie de mes impôts dansdes projets qui ont du sens. »Lesgobeletssolidairesd’EcocupfontcartonpleinCÉRET (Pyrénées-Orientales)De notre envoyée spécialeDifficile, quand on regardele succès actuel, d’imagi-ner que tout a commencédans un garage, à Céret,dans les Pyrénées-Orientales. Alorsqu’ils tiennent chaque année le barde la fête annuelle du village, Emma-nuel Torrent, Brice Buscato et FlavienCasellas, trois amis de longue date,ont l’idée, en 2005, de mettre en placeun système de gobelets consignés enpolypropylène, un plastique rigiderecyclable. « Un verre contre une cau-tion de 1 €, explique Brice Buscato.Ensuite, on lave les verres et on lesréutilise. L’objectif est d’éviter les amasde verres jetables en fin de soirée. »L’initiative est un succès: alors que,jusqu’ici, les concerts se terminaientpar un sol jonché de verres en plas-tique, le public laisse désormais der-rière lui un terrain d’une propretéétonnante. « Même nous, on ne s’yattendait pas. Ça dépassait nos espé-rances », se souvient Brice Buscato.Ils créent une première associationen2006,puislaSARLEcocupen2008.Agent municipal, fonctionnaire etprofesseurdemathématiques,lestroisamis placent leurs quelques écono-mies dans l’achat de verres sérigra-phiés et dans une machine à laverd’occasion. Si la démarche est d’abordécologique, le modèle économiquese révèle imparable: bon nombre defestivaliers repartent avec le gobeletà l’effigie de l’événement.Créés pour la petite bodega deCéret, les verres Ecocup débarquentdans les plus grands festivals du pays:Eurockéennes de Belfort, Solidays,férias… Les contrats se multiplient etle besoin de matériel se fait sentir…« Notre activité nécessite des investis-sements lourds, explique EmmanuelTorrent, PDG de l’entreprise. Nousavons donc sollicité le conseil régional,qui nous a orientés vers le réseauFrance Active. En mars 2010, nousavons obtenu un prêt de 100 000 € àdes conditions avantageuses, ce quinous a aidés à grandir sereinement.Sans ce soutien, nous aurions essayéde convaincre une banque, mais ellen’aurait sans doute pas pris le risquede nous suivre. »Ce prêt leur permet d’acquérir deuxnouvelles chaînes de lavage avec sé-cheuse. Leurs gobelets débarquentensuite dans les bars du Stade deFrance, les tournées du chanteur Met du groupe anglais Muse, ou encoreà la féria de Bayonne… où deux mil-lions de verres sont écoulés en cinqjours, évitant ainsi la bagatelle de40 tonnes de déchets. « Ecocup répon-dait à nos critères d’éligibilité, indiqueWilly Martija-Ochoa, chargé de mis-sion pour le financement des entre-prises solidaires à l’Airdie, membredu réseau France Active. C’est uneentreprise d’insertion, qui œuvre pourledéveloppementdurabledanslecadred’un vrai projet. Leur modèle écono-mique est allié à un modèle social. »Cinq ans après la création de l’en-treprise, le chiffre d’affaires atteint5,2 millions d’euros. Plus d’un milliond’euros a été investi. Ecocup a évi-demment quitté le garage d’Emma-nuel Torrent, pour s’installer dans leslocaux de l’an-cienne cave coopé-rative du village.Elle possède égale-ment un entrepôtà Rennes et tra-vaille avec cinqétablissements etservices d’aide parle travail (Esat)pourlestockageetlelavagedesverres.Labellisée entreprise d’insertion,la société emploie également sixpersonnes en insertion, en plus des20 en contrat à durée indéterminée.Et si plusieurs entreprises se sontmaintenant positionnées sur lemême créneau, Emmanuel Torrentne le voit pas d’un mauvais œil, aucontraire: « Mon concurrent, c’est leverre jetable. »YSIS PERCQCréés pour la petitebodega de Céret,les verres Ecocupdébarquentdans les plus grandsfestivals.Flavien Casellas, Brice Buscato et Emmanuel Torrentavec les verres Ecocup, nés d’une démarche écologique.ECOCUPAUTOPROMOLACROIXDès aujourd’hui, téléchargezl’application la-croix.com*pour iPhone, iPadet Android et suivezen direct toute l’actualitéDécouvrez un site* réactif, clair,offrant une information de référence.Retrouvez dans la rubrique « Solidarité »,les initiatives les plus porteusesdans le domaine de la finance solidaire.www.la-Croix.com Donnons du sens au quotidien1s’est agrandi : contrats d’assurance-vie,livrets d’épargne, fonds communs deplacements souscrits via son épargnesalariale, investissement direct au capi-tal des entreprises solidaires… Quantaux investisseurs, ils veulent toujourssoutenir ces projets utiles à la société,mais ils souhaitent aussi y trouver unDix ans : voilà dix ans,déjà, que l’associa-tion Finansol pu-blie chaque annéele baromètre de lafinance solidaire.Évidemment,lechemin parcouruest immense. En 2002, le nombred’épargnants solidaires s’élevait à39 000. Finansol avait labellisé 33 pro-duits, quasiment 100 de moins qu’au-jourd’hui.Petits, ces chiffres ? À l’époque pour-tant, ils pouvaient être annoncés surle ton de la victoire. Le secteur s’étaitdéjà nettement professionnaliséet lesinvestisseurs pouvaient s’appuyer surdes établissements solides, comme leCrédit Coopératif. Les produits propo-sés répondaient à une gamme diversi-fiée, avec des thématiques précises : lelogement, l’emploi, la solidarité inter-nationale, l’environnement.Bref, on en était déjà à la deuxièmegénération de financeurs solidaires.Les premières pierres avaient été poséesvingt ans plus tôt par quelques militantssoucieux de mettre leurs économiesau service de projets de proximité enmal de financement : fermes bio, ma-gasins de commerce équitable… C’estainsi qu’a été créé, dès 1983, à Paris, lepremier Club d’Investisseurs pour uneGestion Alternative et Locale del’Épargne Solidaire. Une CIGALES, dansle langage actuel.Aujourd’hui, la finance solidaire estdevenue plus pragmatique. Quasimenttoutes les grandes banques y ont mis unpied. Le nombre de placements possiblesGROUPELaVaRaPPEDéVELOPPEmEntDans le secteur, beaucouprêvent de créerun produit bancairesimple et solidaire,une sorte de livretd’épargne grand public.Lebaromètredelafinancesolidaireédition 2012-201310eanniversaireLafinancesolidaireveutchangerd’échelleLes encours ne cessent d’augmenter et aucune crise ne semble l’affecter.La finance solidaire a le vent en poupe. C’est l’heure de la réinventer AvecSur cechantier,le groupeLa Varappe,financé parPhitrustPartenaires,la SIFA,SOFINEIet le fondssolidaire deSchneiderElectric,met àdispositiondes bennes àordures afind’assurerle tri sélectifdes déchets.pppLe 1 % solidaireRassurez-vous : il ne s’agit pas d’une nou-velle taxe, mais de l’ambition désormaisaffichée par les adhérents de Finansol. 1 %de quoi, au juste ? La fortune des Françaisest de l’ordre de 10 000 milliards d’euros.La terre et la pierre en représentent unpeu moins des deux tiers. Le reste, soittout de même 3 500 milliards d’euros, estfinancier. Il s’agit du total de l’argent placésur les livrets et les contrats d’assurance-vie, investi en actions de sociétés cotéesou non en Bourse, ou tout simplementlaissé sur les comptes en banque. Et sichacun d’entre nous décidait volontaire-ment d’affecter ne serait-ce qu’un petitpour cent de son patrimoine financier àdes placements dont tout ou partie sert àréinsérer les chômeurs de longue durée,à loger les plus démunis, à installer desagriculteurs biologiques ou à vaincre lapauvreté dans les pays du Sud ? Eh bien,notre baromètre n’afficherait pas 3,5 mais35 milliards d’épargne solidaire. Dix foisplus ! Et que de problèmes sociaux ou en-vironnementauxréglés grâce à cetteépargne du cœur.Le 1 % solidaire ne peut être qu’un objec-tif « à long terme », comme on dit. Iln’empêche que 500 000 salariés placentdésormais dans les fonds solidaires prèsde 3 % de leur épargne salariale, quandilsn’investissentpasdirectementenactionsde leur entreprise. Ils nous montrent clai-rement le chemin à suivre.François de WittPrésidentdeFinansolÉditoriaLSommaireLes indicateurs .........................p.2-3Les reportages......................... p. 3-4Les Françaiset l’épargne solidaire .................. p. 5Les placements solidaireslabellisés Finansol................... p. 6-7L’entretien avecMichel Barnier .............................p. 8dominique GreinerRédacteurenchefà«LaCroix»petit profit personnel, sous forme d’in-térêt ou d’avantage fiscal.À n’en pas douter, les premiers cha-pitres du livre sont porteurs d’espoir. Lasuite reste àinventer. « Lafinance soli-daire progressetrès vite, maisles montantsne sont pasé n o r m e s   :0,1 % du patri-moine finan-cier des Fran-çais, reconnaîtFrançois de Witt, président de Finansol.Nous devons trouver les moyens de chan-ger d’échelle. »Les pistes existent et elles sont nom-breuses. Première possibilité : développerde nouveaux produits d’épargne. Dans lesecteur, beaucoup rêvent de créer unproduit bancaire simple et solidaire,(Lire la suite page 2.)Dest immense. En 2002, le nombred’épargnants solidaires s’élevait à39 000. Finansol aduits, quasimenjourd’hui.Petits, ces chiffres tant, ils pouvale ton de la victoire. Le secteur s’étaitdéjà nettement professionnaliséet lesinvestisseurs poudes établissements solides, coCrédit Coopératisés répondaienfiée, avec des thématiques précises : lelogement, l’emploi, la solidarinationale, l’envirBref, on en était dégénération de financeurs solidaires.Les premières pierres avaient été povingt ans plus tôt par quelquessoucieux de metau service de promal de financement : fermes bigasins de commerce équitable… C’estainsi qu’a été créépremier Club d’InvestisseuGestion Alternative et Locale del’Épargne Solidaire. Une CIGALle langage actuel.Aujourd’hui, la findevenue plus pragmatique. Quasimetoutes les grandes banques y ont mis unpied. Le nombre de p% solidaireRassurez-vous : il ne s’agit pas d’une nouvelle taxe, mais de l’ambitionaffichée par les adhérentde quoi, au juste ? La fortuneest de l’ordre de 10 000La terre et la pierre en reprépeu moins des deux tiers. Le reste, soittout de même 3 500 milliards d’eurosfinancier. Il s’agit du total de l’argent plasur les livrets et les contrats d’assurance-ÉditoriaLDest immense. En 2002, le nombred’épargnants solidaires s’élevait à39 000. Finansol aduits, quasimenjourd’hui.Petits, ces chiffres tant, ils pouvale ton de la victoire. Le secteur s’étaitdéjà nettement professionnaliséet lesinvestisseurs poudes établisseCrédit Coopératisés répondaienfiée, avec des thématiques précises : lelogement, l’emnationale, l’envirBref, on en était dégénération de financeurs solidaires.Les premières pierres avaient été povingt ans plus tôt par quelquessoucieux de metau service de promal de financegasins de commerce équitable… C’estainsi qu’a été créépremier Club d’InvestisseuGestion Alternative et Locale del’Épargne Solidaire. Une CIGALle langage actuAujourd’hui, la findevenue plus pragmatique. Quasimetoutes les grandes banques y ont mis unpied. Le nombre de pLe 1 % solidaireRassurez-vousvelle taxe, maisaffichée par les adhérentde quoi, au juest de l’ordre de 10La terre et la pierre en reprépeu moins des deux titout de même 3financier. Il s’agit du total de l’argent plasur les livrets et les contrats d’assurance-Éditoria*Sur2013/2014
  6. 6. 6vendredi 1erjanvier 2010Cetteannée,123produitsfinanciersont reçu le label Finansol, contre128 l’an dernier. Dans le détail,sept sont entrés et douze ont été« délabellisés », soit à la demande du pro-moteur, soit pour non-retour du dossierde contrôle, ou bien encore pour une non-conformité aux critères demandés. « Leprincipal motif de retrait est le défaut depromotion active du produit labellisé »,souligne-t-on chez Finansol.Lesmodificationsapportéesparlecomitédu label peuvent expliquer aussi les évo-lutions. Désormais, pour être certifiées, lesassurances-vie d’investissement solidairedoivent justifier qu’au minimum 5 % desactifs sont investis dans des activités soli-daires. De même, Finansol impose main-tenant que les actifs cotés des fonds« 90/10 » (c’est-à-dire la poche des 90 %)soient gérés de façon socialement respon-sable, donc selon les principes de l’Inves-tissement Socialement Responsable (ISR).Côté nouveaux produits, on trouve troisFonds Communs de Placement (ou FCP:« Finance et Solidarité » et « Protect Soli-daire » d’Amundi, « Reflex Solidaire » deCPR AM), la SICAV « Danone.Communi-ties » gérée par Amundi, les actions deSPEAR (Société Pour une Épargne Active-ment Responsable), le Contrat solidaire dePredica(groupeCréditAgricoleAssurances)etenfinlesobligationsassociativesd’Acted.Symbole de la percée de l’épargne soli-daire, tous les grands réseaux bancaires oumutualistes disposent aujourd’hui d’aumoins un produit labellisé (le plus souventun FCP).Souscrire via sonétablissement financierLagammed’Amundi,lasociétédegestionduCréditAgricoleetdelaSociétéGénérale,continue de s’accroître, avec la labellisationde plusieurs nouveaux fonds. Concernantles produits de partage, quelques établis-sements, comme le Crédit Coopératif etAmundi, ont choisi de faire évoluer leursOPCVM vers des fonds « mixtes », quicumulent don et investissement solidaireà hauteur de 5 à 10 % des actifs.Souscrire via son entrepriseAprès des années d’expansion, lenombre de nouveaux Fonds Communsde Placement d’Entreprise Solidaires(FCPES) a diminué. C’est le signe d’unecertaine maturité du marché. Les établis-sements semblent d’ailleurs rationaliserleur gamme, en procédant à des fusionsde certains fonds.Souscrire au capitald’une entreprise solidaireCrééen2012,SPEARestunnouvelacteursurcemarché.Cettecoopérativedefinanceparticipative apporte des capitaux, dansdes conditions avantageuses, à des projetssociauxouenvironnementaux.Cetteformed’épargne solidaire est en plein dévelop-pement et « plusieurs projets sont en coursde labellisation », annonce Finansol.SÉVERIN HUSSONLe tableau des produits d’épargne solidaire révèle que tous les grandsréseaux bancaires ou mutualistes disposent d’au moins un produit labelliséSeptnouveauxproduitsontétélabellisésen201212 3Trois possibilités pour devenirépargnant solidaire Vous avez des économies que vous souhaitez faire fructifiertout en soutenant l’accès à l’emploi et au logement pourdes personnes en difficulté, des activités écologiques oul’entrepreneuriat dans les pays en développement.Vous avez le choix de…Souscrire dans votrebanque ou mutuelled’assurance…Placercetargentsurvotre pland’épargneentreprise ensouscrivant unfonds solidaire.La somme que vousavez investie (si elleest bloquée au moins5 ans) et les intérêtsperçus sont alorsexonérés d’impôt surle revenu.Voir la liste desproduits portantla note 2 dansle tableau page 7Voir la liste des produits portant la note1 dans le tableau page 7Voir la liste des produits portant la note3 et/ou 4 dans le tableau page 7… si vous conservezvotre titre au moins5 ans, vousbénéficierez d’uneréduction de votreimpôt sur le revenuégale à18 % du montant dela souscription(réduction plafonnéeà 10 000 €).… si vous êtes assujettià l’ISF et que vousconservez votre titreau moins 5 ans, vousbénéficierez d’uneréduction d’impôtégale à 50 %du montantde la souscription(réduction plafonnéeà 45 000 €).un produitd’investissementsolidaire (FCP, SICAV…).Tout ou partie del’argent placé sera alorsinvesti dans des projetsà forte utilité sociale ouenvironnementale.Vous conserverezvotre rémunérationpotentielle.un produitde partage (livretd’épargne solidaire,OPCVM solidaire).Vous donnerez alorsau moins 25 %de votrerémunération(intérêts, dividendes)à une association devotre choix...… 66 % ou75 %* de lasomme que vousavez donnée àl’association(aprèsapplicationdu PFL) estdéductiblede l’impôt sur lerevenu.… vous serez soumis aucadre du prélèvement fiscallibératoire (PFL) :les intérêts donnés àl’association bénéficierontd’un prélèvement réduit à 5% tandis que les intérêts quevous conserverez seronttaxés au taux normal de 24 %(hors prélèvement socialde 15,5 %).Souscrireau capital d’uneentreprise solidairequi exerce uneactivité à forte utilitésociale et environnementale,non délocalisable et qui réinvestitla majorité de ses bénéfices dansla perspective de sondéveloppement…*enfonctiondutyped’associationIDÉREPÈRESLE LABELFINANSOLP À travers lelabel Finansol,l’association entend participer àla promotion d’une économie pluséquitable. Ce label Finansol distingue,depuis 1997, les placements d’épargnesolidaire: actionnariat solidaire, livretsou fonds solidaires proposés par lesbanques ou mutuelles d’assurance etfonds solidaires d’épargne salariale.P Attribué par un comité d’expertscomposé de personnalitésindépendantes, représentativesde la société civile, le label reposesur des critères de solidarité etde transparence. Il garantit lefinancement d’activités à forteutilité sociale et environnementalequi ne pourraient être financéespar les circuits plus classiques. Ilatteste également l’engagement del’intermédiaire financier de donner uneinformation fiable sur le placementlabellisé et les activités financées.P Il existe à ce jour 123 produitsd’épargne solidaire labellisés Finansol.FINANCE SOLIDAIRE ET ISRP L’Investissement SocialementResponsable (ISR) désigne uneméthode de sélection des entreprisescotées en Bourse en fonction deleur performance financière et d’uneappréciation de leur comportementéthique, social et/ou environnemental.La finance solidaire repose quant àelle sur un degré d’engagement plusfort que dans l’ISR. Les activitésfinancées ne sont pas cotées en Bourseet sont choisies en fonction de leurforte utilité effective en matière delutte contre l’exclusion, de cohésionsociale ou de développement durable.LES ENTREPRISES SOLIDAIRESP Les entreprises solidairesproduisent des biens ou desservices ayant une forte utilitésociale et environnementale.Elles sont présentes dans lesecteur du logement très social, del’environnement, du financement dePME créatrices d’emplois (appeléesalors financeurs solidaires) ou encorede la santé. Non délocalisables, ellesréinvestissent majoritairement lesbénéfices réalisés dans leur activité.Une partie de leurs ressourcesprovient de l’épargne solidaire.financesolidaireLebaromètredela 2013/2014PROMOFRANCEINFO(JEUDIMATIN)
  7. 7. 7vendredi 1erjanvier 2010IDÉfinancesolidaireLebaromètredelaSOUSCRIRE VIA SON ÉTABLISSEMENT FINANCIERSOUSCRIRE AU CAPITAL D’UNE ENTREPRISE SOLIDAIRESOUSCRIRE VIA SON ENTREPRISE (P.E.E. ou P.E.R.C.O.)Établissements Produits ContactsEntreprenariatdanslespaysendévelop.ActivitésécologiquesAutres***Domaines financéspar lépargne solidaireAccèsaulogementAccèsàlemploiFiscalité**Partage*Investissementsolidaire*•••••••••••••••••* Pour plus de détails sur les mécanismes de solidarité voir page 6. ** Voir explications sur la fiscalité en page 6. *** Santé, culture, urgence humanitaire, etc. **** Prix d’un appel local depuis un poste fixe ou selon opérateur.Les produits dépargne solidairelabellisés FinansolAmundiBanque Fédérale MutualisteBanques PopulairesBNP ParibasCaisse dEpargneCaracCICCovéa FinanceCrédit AgricoleCrédit CoopératifCrédit Municipal de NantesCrédit Muncipal de ToulouseCrédit MutuelEcofi InvestissementsLa Banque PostaleLCLMacifMAIFMandarine GestionMeeschaertAG2R LA MONDIALEAmundi GroupBNP Paribas AMCovéa FinanceEcofi InvestissementsFongeparInter ExpansionLa Banque Postale AMMacif GestionNatixis InterépargneACTEDAutonomie et SolidaritéBabyloanCaisse Solidaire du Nord-Pas de CalaisChêneletCLEFE (Club Local dEpargnepour les Femmes qui Entreprennent)Cofides Nord-SudEHD (Entreprendre pour Humaniserla Dépendance)EPI (Energie Partagée Investissement)ESIS (Epargne Solidaire pour lImmobilierSocial)Femu QuìFinanCitésGarrigueHabitat & HumanismeHabitats SolidairesHerrikoaIéS (Initiatives pour une éco. Solidaire)La NefMicrofinance SolidaireMouvement dAide au LogementOikocreditPierres dHistoirePhiTrust PartenairesSIDI (Solidarité Internationale pourle Développement et lInvestissement)SIFA (Société dInvestissementde France Active)SNL-ProloguesSPEAR (Société Pour une EpargneActivement Responsable)Terre de LiensFCP Finance et SolidaritéFCP Avenir Partage ISRLivret CODEVair (Fédérations : Alsace, Alpes, Loire et Lyonnais, Sud, Occitane,Aquitaine Centre Atlantique)FCP BNP Paribas Obli EthéisSICAV Natixis Impact Nord Sud DéveloppementFCP Insertion Emplois Dynamique, FCP Insertion Emplois Equilibre,FCP Insertion Emplois ModéréFCP Ecureuil Bénéfices EmploiAssurance-vie EntraidEpargne CaracLivret dEpargne pour les Autres, FCP CM-CIC France EmploiFCP Covéa Actions SolidairesFCP Solidarité - Amundi, FCP CPR Patrimoine Solidaire, FCP Amundi Protect SolidaireFCP Solidarité - CA Contre la Faim, FCP Solidarité - CA Habitat et HumanismeContrat solidaire (assurance-vie)Livret Agir, Livret Jeune Agir, Livret Codesol, Livret A comme AgirLivret NefLivret Caisse Solidaire Nord-Pas de CalaisLivret CODEVairLivret Solidaire AssociationsFCP Epargne Solidaire, FCP Agir avec la Fondation Abbé Pierre, Crédit CoopératifAgir UNICEF, Faim et Développement Agir CCFD, Agir avec la Fondation Nicolas Hulot,FCP Faim et Développement Equilibre, Solidarité, TrésorerieSICAV Choix Solidaire, FCP Confiance Solidaire, FCP Babyfund Taux Fixe 2013,FCP Ecofi Agir Développement DurableMunisolidarité PlacementLivret solidaireLivret dEpargne pour les Autres - CM 11 (Fédérations de Strasbourg, Lyon, Paris,Annecy, Toulouse, Caen, Marseille, Nantes, Orléans, Valence et Angers)Livret dEpargne pour les Autres - Crédit Mutuel Nord EuropeLivret dEpargne pour les Autres - Crédit Mutuel Arkéa (Fédérations de Bretagne,du Massif Central et du Sud-Ouest)FCP CM-CIC France EmploiSchneider Energie SICAV SolidaireFCP Ecofi Contrat SolidaireSICAV Libertés et SolidaritéFCP LBPAM Responsable Actions SolidaireSICAV Danone.Communities (Parts S1, S2, S3)FCP Solidarité - Habitat & Humanisme et SICAV Solidarité - CCFD - Terre SolidaireFCP Macif Croissance Durable et SolidaireLivret Epargne AutrementFCPR Mandarine Capital SolidaireFCP Ethique et PartageFCPE AG2R LA MONDIALE Solidaire Euro ISRFCPE Amundi Label Equilibre Solidaire, Amundi Label Actions Solidaire,Amundi Label Obligataire Solidaire et Arcancia Actions Ethique et SolidaireSICAV Danone.Communities (Part ISR Prudent)FCPE Multipar Solidaire Dynamique Socialement Responsable,Multipar Solidaire Oblig Socialement ResponsableFCPE Saur Epargne Solidaire ISRFCPE Covea Solidaire ESFCPE Choix Responsable Engagement, Choix Responsable Développementet Choix Responsable PrudenceFCPE Schneider Energie SolidaireFCPE Amplitude Dynamique Solidaire, Destination Avenir Solidaire,Fongépargne Insertion Emplois Equilibre Solidaireet Fongépargne Insertion Emplois Dynamique SolidaireFCPE Grand Ouest Expansion Solidaire, Région Nord Solidaire, Languedoc-RoussillonExpansion Solidaire, Péri Ethique Solidaire et Expansor Taux SolidaireFCPE Décisiel Responsable Actions 70 SolidaireFCPE Macif Croissance Durable et Solidaire ESFCPE Carrefour Equilibre SolidaireFCPE Impact ISR Rendement SolidaireFCPE Natixis ES Insertion Emplois SolidaireFCPR Natixis SolidaireObligations associatives (2ème émission)Actions non cotées dAutonomie et SolidaritéMicro-prêt solidaire BabyloanCompte dépargne solidaireActions non cotéesActions non cotées de la Foncière ChêneletClubs CLEFECompte courant dassocié solidaire de la Cofides Nord-SudActions non cotées dEHDActions non cotées dEPIActions non cotées dESISActions non cotées de Femu QuìActions non cotées de FinanCitésActions non cotées de GarrigueActions non cotées de la Foncière Habitat & HumanismeActions non cotées dHabitats SolidairesActions non cotées de HerrikoaActions non cotées dIéSActions non cotées de la Nef (1,3,4)Plan épargne Nef (1), Compte à terme Nef, Compte épargne insertion,Compte épargne nature, Dépôt à terme microfinanceActions non cotéesObligations associatives du Mouvement dAide au LogementParts sociales, Depository receiptsActions non cotées de Pierres dHistoireActions non cotées de PhiTrust PartenairesActions non cotées de la SIDIActions non cotées de la SIFAParts B de capital de SNL-ProloguesActions non cotées de SPEARActions non cotées de la Foncière Terre de Liens•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••www.amundi.comwww.bfm.frwww.developpementdurable.banquepopulaire.frwww.bnpparibas-ip.frwww.am.natixis.comwww.carac.frwww.cic.frwww.covea-finance.frwww.ca-sicavetfcp.frn° Azur 0810.63.44.44****www.creditmunicipal-nantes.frwww.credit-municipal-toulouse.frwww.creditmutuel.frwww.cmne.frwww.cmarkea.comwww.cmcic-am.frwww.ecofi.fr(concerne uniquement les investisseurs avertis)www.labanquepostale-am.fr/index.htmlwww.sicavetfcp.lcl.frwww.macifgestion.frwww.maif.frwww.mandarine-gestion.comTél : 01.53.40.24.13www.pradoepargne.comwww.amundi-ee.com/entrwww.societegeneralegestion.fr(concerne uniquement les salariés de Danone)www.epargne-retraite-entreprises.bnpparibas.com(concerne uniquement les salariés de Saur)www.covea-finance.frwww.ecofi.fr(concerne uniquement les salariés de Schneider Elec.)www.fongepar.frwww.interexpansion.frwww.labanquepostale-am.fr/index.htmlwww.macifgestion.fr(concerne uniquement les salariés de Carrefour)www.interepargne.natixis.comwww.acted.orgwww.autonomieetsolidarite.frwww.babyloan.orgTél : 03.20.81.99.70www.chenelet.orgwww.racines-clefe.comwww.cofides.orgwww.pierre-angulaire.eu/ehdwww.energie-partagee.orgTél : 06.12.24.24.54www.femu-qui.comwww.financites.frwww.garrigue.netTél : 04.72.27.42.50www.habitats-solidaires.frwww.herrikoa.comwww.ies.coopwww.lanef.comwww.microfinancesolidaire.comTél : 01.40.19.15.40www.oikocredit.orgwww.pierresdhistoire.frwww.phitrustpartenaires.comTél : 01.40.46.70.00Tél : 01.80.27.01.66Tél : 01.42.41.22.99Tél : 01.44.05.42.38www.terredeliens.org••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••11111111111111112222222222222223+4433+43+43+43+43+43+43+43+43+43+43+43+4cf.produits2013/2014
  8. 8. 8vendredi 1erjanvier 2010Ces trois dimensions sont liées?C. F. : Les travaux d’Éloi Laurent lemontrent clairement. Quand la gouver-nance démocratique est défaillante, lespolitiques publiques préservant l’envi-ronnement manquent d’ampleur, ce quirenforce les inégalités sociales. Et l’inverseest également vrai: la vulnérabilité envi-ronnementale renforce la vulnérabilitésociale qui affaiblit la citoyenneté. On levoit avec le problème colossal, en trainde surgir, de la précarité énergétique. Ellefrappe en premier lieu les familles mo-noparentales, les retraités et le monderural. On ne peut donc pas dissocier lejuste, au sens de contrat social, de la ques-tion de l’accès aux ressources. Toute ladifficulté est qu’il faut agir en même tempsà tous les niveaux: local, national et glo-bal. C’est la gageure du moment. Souventperçue comme un univers de contraintes,de restriction et de renoncement, la ques-tion environnementale est donc aussi uneformidable occasion d’invention démo-cratique.Y a-t-il aussi un lien entre solidaritéet environnement?C. F.: Oui, il est à chercher dans le re-gard que l’on porte sur le monde. Le pre-mier geste de la solidarité consiste à dé-ployer un regard de vérité, de non-cécitésur « ce qui nous environne ». Il n’est doncpas surprenant que ce soient précisémentles associations équitables et solidairesqui se sont prioritairement approprié laquestion de la relation à la nature. Ellesle font dans un geste empathique global.La solidarité demeure le contraire de l’au-tisme intellectuel.RECUEILLI PAR SÉVERIN HUSSONfinancesolidaireLebaromètredelaLes projets soutenuspar la finance solidaireapportent-ils une réponsecrédible à la crise?Cynthia Fleury: Il me semble primor-dial de soutenir ces initiatives. D’abordparce que, en protégeant des individus,en leur donnant du travail, en les relogeant,en les aidant concrètement à transformerleur vie, elles préservent leur intégritémorale. Cette façon de créer du lien socialpermet de lutter contre le ressentiment.C’est essentiel pour la santé de la démo-cratie. Mais malheureusement, ce typed’initiative reste peu valorisé car mal me-suré par les indicateurs traditionnels, axéssur la performance économique pure. Cesprojets doivent aussi être soutenus parcequ’ils sont souvent pionniers. Ceux quiles initient n’attendent personne pours’engager. Leur démarche est aventureuse,innovante et pas donneuse de leçon. Elleaffronte le réel, au lieu de se laisser guiderpar le système. Elle se nourrit de sciences,de conscience, d’éthique. D’une certainemanière, c’est l’opposé de la banalité dumal que Hannah Arendt caractérise parl’absence de pensée et l’obéissance.En même temps, ces projetsne pèsent pas grand-chose…C. F.: C’est vrai, ils ne peuvent, à euxseuls, renverser le système. Quantitative-ment, le résultat n’est pas encore là, maisqualitativement, leur apport est précieux.Ils inaugurent un seuil. Prouvent que,avec de la volonté, une stratégie à longterme, et un peu de moyens, on peut agirlocalement. C’est la résistance et l’inven-tivité, par nature, de « l’échelle humaine »face au simulacre du système. Tout celaest important à un moment où l’échelleglobale fait souvent émerger un sentimentd’impuissance.Comment peuvent-ils peser davantage?C. F.: Il leur manque des leviers qui sesituent à un autre niveau. Il faudrait, parexemple, comme le souligne Gaël Giraud,une redéfinition de l’article 1832 du codecivil, selon lequel le profit de l’entrepriseest sa finalité et pas uniquement sonmoyen, au service d’une utilité sociale.Ou encore, travailler sur un différentieléquilibré des salaires, sur la responsabi-lité des actionnaires… Cela dit, on s’aper-çoit que ces projets sont aussi des sourcesd’inspiration. Ils sont copiés, peuventmême servir à déclencher un déclic. Audépart ils paraissent isolés, semblent n’êtrequ’une goutte d’eau. Et progressivement,une sorte de sédimentation se produit etmodifie un peu le rapport de force.Comment expliquez-vousque la société civile se montre plusconstante que les pouvoirs publicsdans la prise en compte des enjeuxenvironnementaux?C. F.: La conscience de la rareté desressources est plus grande, c’est vrai, maisil ne faut pas la surévaluer. Il reste degrandes différences entre les déclarationsetlespratiques.Beaucoupdegensaffirmentêtre proches des préoccupations environ-nementales… mais avancent aussi desarguments économiques, de temps ou deconfort pour justifier un acte non-écolo-gique.Néanmoinslaconsciencequ’ilexisteune spirale négative entre dégradationsenvironnementales, vulnérabilité socialeet la carence démocratique se construit.ENTRETIEN CYNTHIA FLEURY, philosophe et psychanalystePour la philosophe, le fourmillement d’initiatives citoyennes doit être soutenu,à un moment où l’échelle globale fait émerger un sentiment d’impuissance« Laquestionenvironnementaleestuneformidableoccasiond’inventiondémocratique »Cynthia Fleury: « Qualitativement, l’apport de ces projets est précieux. »FLORENCEJOUBERT/MADAMEFIGAROLe baromètre de la finance solidaire est soutenu par :Édité par BAYARD PRESSE S.A., société anonyme à directoire et conseil de surveillance. 18, rue Barbès, 92128 MontrougeCedex. Téléphone : 01.74.31.60.60. 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Droits de reproduction et de diffusion réservésà La Croix et Finansol.Imprimé sur du papier recyclé à 100 %.REPÈRESL’ASSOCIATION FINANSOLP Créée en 1995, l’association Finansol a pour missionde développer la solidarité dans l’épargne et la finance.P Collectif des acteurs de la finance solidaire,elle fédère aujourd’hui 70 entreprises solidaires,banques, sociétés de gestion et mutuelles d’assurance.P Pour contacter Finansol :58, rue Regnault, 75013 Paris.Tél. : 01.53.36.80.60.Fax : 01.53.36.80.69.Courriel : contact@finansol.orgSite Internet : www.finansol.org2013/2014

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