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Chomage et crise aux USA

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  1. 1. Note de veille, 4 avril 2011L’apparition du chômage de longue durée aux États-UnisFin 2010, des chercheurs du BLS (Bureau of Labour Statistics) se sont intéressés aux effets dela crise économique de 2007 sur le marché du travail américain. La comparaison avec lescrises économiques de 1969, 1973, 1981, 1990 et 2001 a permis de mettre en évidence unphénomène nouveau aux États-Unis : le chômage de longue durée.En octobre 2009, le taux de chômage aux États-Unis a atteint un pic à 9,6%, son plus hautniveau depuis plus de 30 ans. Toutefois, c’est la part du chômage de longue durée 1 dans lechômage total qui représente la grande nouveauté. Elle atteint un pic de 46 % en mai 2010, cetaux représente alors 4,4% de la population active américaine. Le précédent taux « record »avait été atteint lors de la crise des années 1980 : il représentait alors 26 % du chômage totalet 2,6 % de la population active étaient concernés.On note moins de disparités dans la répartition du chômage de long terme que dans larépartition du chômage global : toutes les catégories (sociales, professionnelles, ethniques)sont touchées. Deux phénomènes sont toutefois à souligner.Les secteurs d’activités comme la finance, le management ou le commerce sont davantagetouchés par le chômage de long terme, alors que leur taux de chômage global est assez faible :seuls 6,2 % des employés du secteur financier sont au chômage, mais 38,3 % des chômeurs dece secteur le sont depuis plus de 27 semaines, soit 7,3 points de plus que la moyenne globale.Les chiffres sont similaires pour les activités du commerce et du management, pourtant moinsdirectement touchées par la crise. Selon les experts, l’érosion rapide des compétences dans cessecteurs rendrait les chômeurs de longue durée « inemployables ».Le taux de chômage de longue durée est plus important pour les travailleurs âgés que pour lesjeunes : 26 % des chômeurs de 20 à 24 ans le sont depuis plus de 27 semaines, contre 39,4 %pour les 55 ans et plus. À compétences égales et en période de récession, les entreprisesprivilégieraient l’embauche des chômeurs jeunes, augmentant ainsi la période de chômage desseniors.Cette tendance n’a jusqu’à présent eu qu’un impact modéré sur le taux d’emploi des seniorsaméricains, qui est traditionnellement très élevé aux États-Unis (plus de 60 % en 2010 2), où ilest souvent nécessaire de rester sur le marché du travail le plus longtemps possible pourbénéficier de revenus de pension décents. Ainsi, lorsqu’ils le peuvent, les travailleursaméricains resteraient sur le marché du travail jusqu’à 65 ans afin d’être éligibles au système1 Période de chômage supérieure à 27 semaines.2 SOK Emy. « Record unemployment among older workers does not keep them out of the job market ». Office ofPublications and Special Studies, BLS, mars 2010,http://www.bls.gov/opub/ils/summary_10_04/older_workers.htm© Futuribles, Système Vigie, 4 avril 2011 1
  2. 2. Medicare 3. En 2009, les chômeurs de plus de 65 ans se disaient prêts à sacrifier en moyenne15 % de leur salaire initial pour retrouver du travail 4.La part du chômage de longue durée dans le chômage global est un bon indicateur de la santééconomique du pays, il indique la capacité de ce dernier à « remettre sa population active autravail ». Or, les experts du BLS ont mis en avant le fait que, depuis les années 1990, aprèschaque crise et malgré le rétablissement du taux de chômage au niveau initial, la part duchômage de longue durée dans le chômage global avait tendance à rester élevée. Ainsi, onnote une escalade de la part du chômage de longue durée dans le chômage total : en 2001,alors que le taux pré crise était de 11 %, le taux post crise était de 16 %.L’article met en avant une moindre capacité des États-Unis, depuis 10 ans, à créer des emploisen période de récession : en 1982, 3,1 millions d’emplois avaient vu le jour, permettant ainsiune réduction de la part du chômage de longue durée dans le chômage total à son niveau debase en moins de 12 mois ; mais, en 2010, seuls 816 000 emplois ont été créés. Or, si lacréation d’emplois reste relativement faible, les employeurs auront tendance à privilégier, àcompétences égales, les chômeurs de courte durée aux dépens des chômeurs de long terme, cequi pourrait donc contribuer à maintenir un certain niveau de chômage de long terme sur lemarché du travail américain.Le chômage de long terme, quasiment inconnu aux États-Unis, s’est donc progressivementinstallé depuis le début des années 2000 et a connu un bond important suite à la crise de 2007.Le BLS a décidé de s’adapter à l’allongement de la durée de chômage en ajoutant unecatégorie supplémentaire à ses enquêtes. Dans les chômeurs de longue durée, il existedésormais un sous-groupe « sans emploi depuis plus de cinq ans », alors qu’avant janvier2011, la catégorie s’arrêtait à deux ans et plus 5. Il semblerait donc que les experts considèrentcette situation comme une recomposition durable du marché du travail et non comme unesituation transitoire due à la crise.Sans adaptation des aides traditionnelles aux chômeurs, certaines populations, notamment lesclasses moyennes, pourraient courir un risque de déclassement. Cette réalité nouvelle pourraitaggraver les tendances déjà existantes comme la dégradation du pouvoir d’achat, l’accèsrestreint à la protection sociale (liée à l’emploi et à la carrière aux États-Unis) et la baisse dusyndicalisme.Afin de faire face à cette situation, certains États ont prolongé la durée d’indemnisation duchômage, de 72 à 99 semaines. Il s’agit, toutefois, de financements fédéraux exceptionnelsqui risquent de se révéler inefficaces si le chômage de long terme perdure. Par ailleurs, lesmesures prises par la Maison Blanche en 2010, notamment la Middle Class Task Force 6,visent à renouer avec l’emploi et à améliorer le pouvoir d’achat des classes moyennes. Si lechômage de long terme s’installe réellement sur le marché du travail, une indemnisation duchômage plus étendue devra peut-être être envisagée.3 PURCELL Patrick. « Older Workers: Employment Retirement Trends ». Working Paper, 16 septembre 2009,Congressional Research Service, http://aging.senate.gov/crs/pension34.pdf.4 Chiffres du ministère du travail des États-Unis (US Department of Labor), voir DAMON Julien. « Les classesmoyennes aux États-Unis : situations, évolutions, perspectives face à la crise ». Note d’analyse prospective,n° 85, 9 mars 2011, Futuribles International.5 BLS. « Changes to data collected on unemployment duration », 4 mars 2011, BLS,http://www.bls.gov/cps/duration.htm6 Voir le site de la Middle Class Task Force, http://www.whitehouse.gov/strongmiddleclass© Futuribles, Système Vigie, 4 avril 2011 2
  3. 3. © Futuribles, Système Vigie, 4 avril 2011 3
  4. 4. Laurie GrzesiakSource : ALLEGRETTO Sylvia et LYNCH Devon. « The composition of the unemployedand long-term unemployed in tough labour markets ». Monthly Labour Review, 2010, BLS,site Internet: http://www.bls.gov/opub/mlr/2010/10/art1full.pdf© Futuribles, Système Vigie, 4 avril 2011 4

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