Votre ancêtre était une femme... à travers les archives militaires !
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Conférence présentée aux Deuxièmes Généalogiques le 10 novembre 2013 dans les Salons de l’Aveyron, Paris 12e. ...

Conférence présentée aux Deuxièmes Généalogiques le 10 novembre 2013 dans les Salons de l’Aveyron, Paris 12e.
Organisée à Vincennes le 26 juin 2012, la première Journée du généalogiste a vu la publication d’un guide pratique, édité par le Service historique de la Défense (SHD) afin de faciliter la recherche d’un ancêtre dans les archives militaires. Le chapitre intitulé « Votre ancêtre était… une femme » a immédiatement rencontré un vif succès. C’est pourquoi il a semblé opportun de détailler dans le cadre des Deuxièmes Généalogiques les ressources conservées par le Service historique de la Défense sur l’ensemble de ses implantations.

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  • 1. Votre ancêtre était une femme… à travers les archives militaires 10 novembre 2013 Sandrine HEISER Adjointe scientifique auprès du délégué aux Commémorations nationales au Service interministériel des archives de France (SIAF)
  • 2. Préambule… Au Service historique de la Défense (SHD), il n’existe aucun répertoire général décrivant simplement la grande variété des fonds ouvrant aux recherches sur les personnes… Mais des centaines d’inventaires et plusieurs bases de données nominatives donnant accès à une grande partie des archives de personnels, civils et militaires, depuis près de trois siècles. Il est donc impossible de retrouver en un clic votre ancêtre dans les archives militaires… qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme ! Cela nécessite une démarche personnelle d’investigation dans les fonds et collections conservés par le SHD Ce sont l’ensemble des renseignements en Votre possession qui permettent de déterminer la série d’archives ou le lieu de conservation du document que vous recherchez… Ces recommandations ne valent pas bien sûr pour les archives du SHD qui sont numérisées et consultables sur Mémoire des HOMMES, site de la DMPA qui permet depuis début novembre d’accéder en une seule recherche à plusieurs fonds.
  • 3. Implantations du SHD
  • 4. Sommaire      Sous l’Ancien Régime : « Femmes militaires et filles débauchées » ! Cantinières, vivandières et blanchisseuses Les femmes « pensionnées » ou « décorées » Mères et épouses de militaires Des femmes dans la Grande Guerre  Les femmes « personnel civil »  Combattantes sans combattre ?  Agents secrets et espionnes !  La Seconde Guerre mondiale  Les femmes dans la Résistance  La mobilisation des femmes À Pau, 100000 dossiers de femmes conservés par le CAPM  La longue quête des femmes et pilotes militaires dans l’armée de l’Air  Après Guerre 
  • 5. Introduction Jusqu’au XXe siècle, l’armée semble a priori être une affaire d’hommes. En réalité, vous trouverez au Service historique de la Défense de nombreux dossiers sur des femmes militaires ainsi que les traces de milliers de femmes, veuves ou mères de militaires. En effet, le SHD offre une mine d’informations sur les femmes de plus en plus concernées par la chose militaire à partir de la Première Guerre mondiale.
  • 6. Sous l’Ancien Régime… Pour l’anecdote, le SHD conserve un carton dans la sous-série GR Ya regroupant curieusement les « femmes militaires et les filles débauchées » (GR Ya 507). Il s’agit essentiellement de femmes enrôlées dans les troupes sous une fausse identité ou d’espionnes. On y trouve notamment le dossier individuel de Charles d’Éon de Beaumont, le célèbre chevalier d’Éon.
  • 7. Demande de gratification de Françoise de Courvoisy, soldat au régiment de Normandie SHD, GR Ya 507
  • 8. Des filles de mauvaise vie… Dans le Recueil des ordres de Louis XIV sur les galères provenant de la bibliothèque du Service hydrographique de la marine, il est également fait mention de femmes dans une ordonnance datant de 1668, mais au titre des filles de joie ! Pour un tel commerce, la punition est pour le moins sévère…
  • 9. SHD, BV SH3 folio 39
  • 10. Correspondances de femmes Dans la série GR A, constituée de plus de 4000 articles regroupant la correspondance du secrétaire d’État de la guerre antérieurement à 1792 on peut également retrouver des lettres de femmes… On y notera notamment la présence d’une correspondance entre Mme de Lafayette et Louvois.
  • 11. Œuvres de Mme de Lafayette SHD, GR 1A 845 folio 21
  • 12. Cantinières, vivandières et blanchisseuses Parmi les rares femmes militaires (GR 1 Yi), on retrouve des grades et des fonctions très variés allant de la capitaine à la femme de troupe en passant par la concierge. Les cantinières sont habituellement femmes de cantinier et n’étaient pas militaires, mais autorisés par le biais d’une convention à exercer leurs activités auprès des troupes. Civiles, elles ne sont donc pas prises en compte dans les effectifs même si le SHD détient un échantillon de dossier de cantinières, vivandières et blanchisseuses dans sa sous-série GR 2Yi.
  • 13. Décret de pension en faveur de Marie Pierrelle, blanchisseuse SHD, GR 2 Yi 4
  • 14. Au sein de la Grande Armée Non combattantes mais bien là aux côtés des soldats, les vivandières et blanchisseuses sont autorisées à marcher à la suite des corps par l’arrêté du 7 thermidor an VIII (26 juillet 1800). La vente des vivres et des boissons ainsi que le blanchissage leur échoient. Leur place est bien ancrée au sein de l’armée puisqu’elles sont souvent mariées à l’un des hommes du corps qu’elles suivent. Hormis un brevet ou une médaille, elles n’ont pas d’existence officielle puisqu’elles ne perçoivent ni solde ni vivres de la part de l’intendance militaire.
  • 15. Le système des pensions Les archives de la Guerre ne conservent aucun registre, aucune liste nominative et encore moins exhaustive de ces femmes qui ont été, elles aussi, des actrices des campagnes de la Grande Armée. Aussi n’est-il pas rare qu’elles demandent quelque secours à l’administration de la Guerre pour les services auxquels elles ont consenti. Mais le système des pensions, qu’elles soient d’invalidité, de retraite, viagère ou alimentaire, n’est pas encore fermement établi sous l’Empire et trop de femmes, de familles et même de soldats n’ont pu en bénéficier.
  • 16. Pensions accordées à des veuves de combattants vendéens SHD, GR Xu 34/3
  • 17. Les femmes « décorées » En l’absence d’un dossier constitué, les femmes peuvent être aussi mentionnées dans les lois et décrets… par exemple à l’occasion d’une décoration. Marie Vialar, née Cholé est originaire de Lorraine. Cantinière au 131e régiment d’infanterie de ligne elle est médaillée militaire par décret du 24 juin 1886 SHD, GR X1 948
  • 18. Mères et épouses de militaires De manière plus générale, les archives militaires conservent des informations sur les femmes, mères ou épouses de militaires et ce de l’Ancien Régime à nos jours. Les informations d’état civil du militaires mentionnées sur les contrôles puis les matricules peuvent être précieuses pour les généalogistes, surtout si les archives d’état civil n’existent plus.
  • 19. Registre matricule des sous-officiers et du personnel de la Prison de Porquerolles Nommé sergent-major surveillant à la fin de l’année 1963, André BRUN est le fils de Jeanne BERTRAND et il a épousé, le 28 juillet 1864, une dénommée Antoinette Désirée BRUNCLER On y trouve également son signalement : taille, visage, front, yeux, nez, bouche, menton, etc. SHD, GR 41Yc 21
  • 20. Prison militaire de Porquerolles SHD, GR 13J 1809
  • 21. Ne pas négliger les fonds privés Constitués d’archives le plus souvent versées par les familles ou les veuves, les fonds privés conservés par le SHD au sein des entrées par voie extraordinaire contiennent encore davantage d’informations relatives aux épouses, mères et filles de militaires. Certains dossiers d’officiers renferment également des correspondances.
  • 22. Lettre de la mère de Dumont d’Urville au ministre de la Marine « Mon fils est parti il y a bientôt deux ans Commandant le vaisseau l’Astrolabe […]. Depuis je n’ai eu que quelques nouvelles indirectes […] vous pouvez concevoir les allarmes et les inquiétudes d’une mère ! » SHD, MV CC7 alpha 772
  • 23. Des femmes dans la Grande Guerre L’engagement massif des femmes pendant la Première Guerre mondiale s’est surtout manifesté dans le monde du travail par le remplacement dans les champs et les usines des hommes partis au front. De nombreuses femmes sont mobilisées dans les usines, notamment d’armement. On trouvera ainsi de nombreux dossiers de femmes dans la sous-série GR 6Yg se rapportant au personnel civil de 1854 à 1947.
  • 24. Les femmes « personnel civil » Le Centre des archives de l’armement et du personnel civil (CAAPC) à Châtellerault conserve des archives individuelles des personnels et des archives des établissements qui offrent d’intéressantes pistes susceptibles d’illustrer l’évolution du droit au travail des femmes et la protection de la mère et de l’enfant. On y trouve notamment des permissions pour allaitement, dès le début du XXe siècle.
  • 25. Fiches individuelles d’ouvrières SHD, CAAPC
  • 26. Combattantes sans combattre ! Nombreuses aussi sont celles qui ont servi aux Armées en tant que conductrices, ambulancières ou infirmières de la Croix-Rouge française. Pendant la Grande Guerre, ces femmes n’étaient pas militaires, leurs dossiers sont donc à rechercher dans les archives de la Croix-Rouge internationale.
  • 27. Agents secrets et espionnes ! L’importance du renseignement pendant la Première Guerre mondiale offre un nouveau rôle à la femme qui passe des travaux à l’arrière à l’espionnage en territoire occupé. On retrouve par exemple au SHDVincennes un dossier sur Louise de Bettignies [Alice Dubois], qui espionna pour le compte de l’armée britannique
  • 28. De la résistance à l’espionnage Louise Marie Jeanne Henriette de Bettignies, née le 15 juillet 1880 à SaintAmand-les-Eaux est arrêtée en septembre 1915. Elle meurt le 27 septembre 1918 dans un hôpital de Cologne « après avoir appris que la fin de la guerre était proche ». SHD, GR Yh 36 / GR 9M 587
  • 29. Les dossiers de la Justice militaire Les archives militaires détiennent aussi la trace de femmes qui ont eu maille à partir avec l’institution. On y trouve notamment la procédure n° 135 rendue par le 6e conseil de guerre concernant l’affaire Louise Michel (SHD, GR 8J 211). Margaretha Geertruida Zelle, plus connue sous son nom de scène, Mata Hari, a été condamnée par un conseil de guerre français pour espionnage au profit de l'Allemagne et exécutée le 15 octobre 1917 au polygone de tir de Vincennes.
  • 30. SHD, GR 9J 968
  • 31. Attention aux idées reçues…La guerre a émancipé les femmes Selon Nicolas Offenstadt : « le travail féminin était déjà en croissance avant 1914 et, dès la guerre finie, de nombreuses femmes retournent à leurs tâches antérieures […] Des travaux récents mettent l’accent sur cette période comme temps de transition amorçant les évolutions à venir ».
  • 32. La Seconde Guerre mondiale Il faut en effet attendre la Deuxième Guerre mondiale pour que s’ouvrent aux femmes la « carrière militaire ». Ce n’est qu’à partir de la Seconde Guerre mondiale que les femmes acquièrent un véritable statut notamment en raison de leur action décisive au sein de la Résistance.
  • 33. Marie-Madeleine Fourcade Puisque les hommes ont déposé les armes, c’est au femmes de les relever… Résistante dès 1940, Marie-Madeleine Fourcade (SHD, GR 16P 90753) fut la seule femme reconnue comme chef d’un grand réseau de résistance français, le réseau Alliance. « Les chemins de la Mémoire », n° 239, octobre 2013, p. 12
  • 34. Les femmes dans la Résistance
  • 35. Les femmes dans la Résistance
  • 36. Joséphine Baker Pour l’armée de l’Air, les dossiers des premiers personnels féminins avant 1973 et des sous-officiers honoraires sont classés dans la soussérie AI 1P. Dans le dossier de Joséphine Baker (AI P 6679/3), on retrouve notamment sont acte d’engagement pour la durée de la guerre
  • 37. La mobilisation des femmes La loi du 11 juillet 1938 relative à l’organisation de la Nation en temps de guerre prévoit l’engagement volontaire de personnel de sexe féminin… Mais les assimile à des civils ! Les femmes sont réparties dans 4 catégories : - Réquisitionnées dans les usines travaillant pour la Défense nationale ; - Affectées comme infirmières militaires ou comme infirmières et ambulancières de la Croix-Rouge française ; - Incorporées dans les formations sanitaires de l’armée ; - Volontaires féminines souscrivant un engagement pour la durée de la guerre.
  • 38. À Pau, 100000 dossiers de femmes Le Centre des archives du personnel militaire (CAPM) conserve les archives administratives des personnels féminins nés avant 1983. Les dossiers ne sont pas encore cotés mais classés suivant l’année de recrutement, par numéro matricule. Le plus ancien dossier concerne Félicie Lebasteur née le 13 juin 1877, qui porte le matricule 1 de la classe 1897.
  • 39. Félicie Lebasteur, épouse Chadelec de Lavalade Engagée volontaire pour la durée de la guerre (EVDG), l’intéressée entre au service à compter de mars 1943 dans les FFL à Londres. Le CAPM conserve l’ensemble des dossiers des personnels féminins ayant servi dans la Résistance puis rengagés dans l’armée régulière. Le SHD-Vincennes conserve également le dossier d’homologation de Félicie Lebasteur, coté GR 16P 345754.
  • 40. La longue quête des femmes et pilotes militaires de l’armée de l’Air 8 mars 1910 : Élise Deroche première détentrice du brevet de pilote de l’aéroclub de France ;  12 février 1976 : Élisabeth Boselli reçoit le premier brevet de pilote militaire accordé à une femme ;  1er avril 1976 : Valérie André promue premier général féminin d’armée de l’Air, issue des services de santé ; 
  • 41. Témoignage d’Élisabeth Boselli (SHD, AI 8Z 229)
  • 42. Après guerre… Au début des années 50, un corps de personnel féminin est créé dans chaque armée et vingt ans plus tard, en 1970, l'école Polytechnique ouvre ses portes aux femmes. C’est la loi du 13 juillet 1972 qui offre aux femmes un statut militaire analogue à celui des hommes.
  • 43. RHA 272 : Aux armes citoyennes 28 mai 1999 : Caroline Aigle est la première femme à être brevetée pilote de chasse, affectée au sein d’un escadron de combat de l’armée de l’Air française, après l’ouverture aux femmes du concours d’entrée à l’école de l’Air trois ans plus tôt.
  • 44. Conclusion En 2013, l’armée française accueille plus de 48000 femmes dans ses rangs, soit près de 15 % des effectifs totaux. Et les « femmes militaires » sont au cœur des préoccupations… comme le prouve le colloque qui se tiendra les 12 et 13 novembre prochain au musée des l’armée.
  • 45. Le mot de la fin… « La vie militaire implique des contraintes sévères, une disponibilité totale, et si l’on veut accéder à des postes de responsabilité et de commandement ainsi qu’à des emplois réputés nobles, il faut y faire face et donner l’exemple, que l’on soit un homme ou une femme » Médecin général Inspecteur Valérie André