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  1. 1. L’ é m a n c i p a t i o n d e s t r a v a i l l e u r s s e r a l ’ œ u v re d e s t r a v a i l l e u r s e u x - m ê m e s 6 211 228 INFORMATIONS INFORMATIONS abonnés reçoivent OUVRIÈRES nouvelle série ce numéro. Et vous ? Semaine du OUVRIÈRES N0 (2622)29 novembre au 5 décembre 2012 1,5 euro (soutien 2 euros) (page 16) ISSN 0813 9500 POI ArcelorMittal : TRIBUNE LIBRE DE LA LUTTE DES CLASSES H E B D O M A D A I R E D U PA R T I O U V R I E R I N D É P E N D A N T Actualité politique nationalisation et sociale Ecole pour garantir A propos de la réforme des rythmes scolaires. l’emploi à Florange Pages 3 et 4 Santé et dans toute la sidérurgie ? Chiche ! Page 2 et éditorial page 3 Photo DR La mobilisation des internes. Pages 6 et 14 Politique La crise de l’UMP. Page 5 Vie du parti Décentralisation La proposition de loi pour le libre choix des communes. Page 8 Actualités internationales Espagne La signification des élections en Catalogne. Page 11 Un ouvrier : La semaine prochaine, “Tant qu’on vous pourrez lire ne me dira pas le compte rendu de la conférence qu’on va nationale pour l’unité et la résistance retravailler, Lisez du 1er décembre je n’y croirai pas !” Informations ouvrières ! Abonnez-vous ! Arnaud Montebourg, face aux sidérurgistes de Florange, le 27 septembre. Photo AFP
  2. 2. 2 > A la Une >>> INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 Photo AFP Des militants syndicaux réagissent à l’annonce par le gouvernement deL’ultimatum la possible“nationalisation temporaire”du site d’ArcelorMittal à Florangede Mittal expire (Moselle). Le gouvernement tiendra-t-il tête à l’ultimatum de Mittal, quile 1er décembre menace de fermer purement et simplement le site ? Des milliers d’emplois “La nationalisationDans un pays où l’on compte sont en jeu.désormais mille cinq centschômeurs de plus chaque jour, d’ArcelorMittal, à Florange,tous les regards sont tournésvers le site d’ArcelorMittal,à Florange (Moselle).Cette affaire qui met des milliers doit servir à garantird’emplois en péril (sous-traitantscompris), a pris une dimensionnationale. Au momentoù nous bouclons ce journal, les emplois”ce mardi 27 novembre en soirée,le P-DG du groupe, LakshmiMittal, est reçu par FrançoisHollande, à l’Elysée. isLe 1er octobre dernier, Arcelor- 1er déc. 2012 - ParMittal avait annoncé sa volontéde fermer une partie du sitede Florange, la filière liquide Co n f é r e n c e(la production d’acier brut pour l’UNITÉ E et la RÉSISTANCà partir de minerai de fer WALTER BROCCOLI, FRANÇOIS LOPERA, délégué CGT :et de charbon, où travaillent secrétaire général du syndicat FO « Montebourg s’est prononcé pour la nationa-environ 650 personnes). de Florange lisation ; j’espère que Hollande le suivra. Si Mit-Il avait alors laissé soixante jours « Les ouvriers s’inquiètent : qu’est-ce qu’on va tal n’est pas d’accord, qu’on nationalise Florange. faire, qu’est-ce qu’on va devenir ? Si les hauts- C’est le moyen pour défendre le maintien deau gouvernement pour trouver fourneaux ferment, le reste suivra, et on pas- tous les emplois. » Dans notre prochain numéroun repreneur pour les installa- Le 1er décembre, se tiendra à Paris sera de 2 800 salariés à 800. C’est un bras de fer : Propos recueillis par Albert DAL POZZOLO,tions en sursis, auxquelles il avait ou Mittal fait marche arrière ou le gouverne- le 27 novembre en journée I une conférence nationale « pourajouté la cokerie (cuisson ment nationalise. Nous, à FO, nous sommes l’unité et la résistance », appeléedu charbon). Ce délai expire pour la nationalisation. Depuis le début, FO l’a par 413 militants ouvriers de toutesdonc le 1er décembre. réclamée. Ainsi, on peut sauver les emplois. MaOr le gouvernement a annoncé surprise, c’est que les élus soient d’accord, et tendances.la semaine dernière avoir reçu cela me conforte. On dit au gouvernement : ne Une lettre ouverte aux députés Ils proposent de discuter des voiesdeux offres, mais seulement cédez pas, nationalisez ! » et aux sénateurs de Moselle et des moyens :pour l’intégralité du site, donc « Pour l’abrogation du TSCG JACQUES BIDARD, En Moselle, le POI, avec des élus, des militants de Merkel-Sarkozy-Hollande ;y compris le laminoir à chaud responsable CGT du PS, du PCF, des syndicalistes, avait pris l’ini-(transformation des grosses pour le groupe ArcelorMittal France tiative d’une lettre ouverte aux députés et aux — pour aider à réaliser l’unitéplaques d’acier, les brames, « Face à la destruction, quels moyens se donne- sénateurs du département, qui a recueilli à ce contre toutes les mesures d’austé-en rouleaux de tôle plus fine), t-on ? Par rapport aux déclarations gouverne- jour près de 1 000 signatures. rité prises par le gouvernementet les lignes de traitement mentales, on ne va pas faire la fine bouche : on « Repreneur ou pas, qui peut empêcher Hollande-Ayrault et sa majorité est pour la nationalisation. La question est sur que le 1er décembre des milliers de tra-et de finition de l’acier. parlementaire (souvent soutenus la table et on la soutient. Si on ne trouve pas de vailleurs ne restent sur le carreau ? Si quel-Face au refus d’ArcelorMittal solution, on va fermer. Si on échoue, les tra- qu’un peut le faire, c’est bien le par des députés de l’UMP) ;d’élargir le périmètre de la vente, vailleurs vont prendre une claque. La nationa- gouvernement. Il peut le faire, en se por- — contre toute forme de compro-le gouvernement a brandi lisation, c’est un choix politique qui doit servir tant garant du maintien de tous les mis historique remettant en causela semaine dernière la menace à garantir les emplois. » emplois sur place et du redémarrage des l’indispensable indépendanced’une nationalisation temporaire. hauts-fourneaux (…). Messieurs les dépu- des organisations syndicales etUne prise de contrôle par l’Etat YVES FABBRI, tés, les sénateurs et les maires, vous ne secrétaire général du syndicat CGT pouvez pas vous dérober : vous devez cherchant à en faire une courroieserait « respectueuse de l’Etat de Florange vous prononcer pour que le gouverne- de transmission de l’Union euro-de droit français et européen », « La nationalisation, même temporaire, c’est ment se porte garant du maintien du site péenne et du gouvernement ;a déclaré le 26 novembre bon. Il faut foncer ! La nationalisation permet- de Florange dans sa totalité et de tous les — pour en finir avec la dictaturele ministre Arnaud Montebourg. tra d’une part de protéger nos hauts-fourneaux, emplois sur place ! de la troïka (FMI, Banque centraleNotre correspondant sur place et ensuite tout ce qui est organisation de la pro- La population vous le demande expres- duction, que ce soit pour le chaud ou le froid, sément face à la catastrophe imminente ! et Commission européenne). »a recueilli les réactions et, d’autre part, de maintenir les emplois, les Prenez la tête d’une délégation de la popu- Nous rendrons compte des déci-de plusieurs syndicalistes. compétences et de réaliser les investissements lation auprès du gouvernement ! » sions de cette conférence ouvrièreY. L. nécessaires. » dans notre prochain numéro.
  3. 3. INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 3François Hollande annonceEducation nationalele 20 novembre l’étalement de la réforme ÉDITORIAL é A Tout se concentre sur une questiondes rythmes scolaires sur deux ans Daniel Gluckstein, secrétaire national du POI u 1er décembre expire l’ul- timatum lancé par Arce-Nous donnons la parole à des élus, des enseignants et des syndicalistes lorMittal : passée cette date, si le gouvernementqui en expliquent l’enjeu et les conséquences. n’a pas trouvé un repre- neur, la filière chaude du site — notam-Laurence Fayard encouragerons à faire différem- par le gouvernement de réduire ficulté du gouvernement à avan- ment les hauts-fourneaux — sera ment. » les déficits publics en opérant cer dans la réalisation du consen- fermée. 629 emplois directs seraientS’exprimant au lendemain de l’an- En s’appliquant dès la rentrée pour dix milliards supplémen- sus avec les personnels et leurs ainsi liquidés, sans compter les inté-nonce par le président de la Répu- 2013 dans certaines communes, taires de coupes claires dans les organisations, et avec les élus. Rien rimaires et les sous-traitants !blique de l’étalement de la réforme cette réforme engendrerait les services publics. n’est joué. C’est dans ce contexte que ledes rythmes scolaires sur deux pires inégalités de traitement Enfants, enseignants, élus, per- Les articles que nous publions ministre Montebourg s’est prononcéans, le ministre de l’Education d’une école à l’autre et constitue- sonnels territoriaux, tous sont dans ces pages permettent d’af-nationale, Vincent Peillon, affir- rait l’une des pièces maîtresses de concernés. firmer que c’est maintenant qu’il pour une « nationalisation transitoire »,mait : « Le souhait du président la mise en œuvre de l’acte III de Mais voilà, en déclarant à l’adresse est possible de bloquer ce projet le temps de trouver un repreneur.de la République, du Premier la décentralisation et de la balka- des organisations syndicales : « On de dislocation de l’Ecole de la Deux semaines plus tôt, pourtant,ministre est que l’on laisse le maxi- nisation de la République. ne peut pas faire sans vous, on ne République. le gouvernement auquel appartientmum de place à l’autonomie Elle s’inscrit — comme les projets peut pas faire sans les parents Ces questions seront sans aucun Montebourg avait lancé son « pacte delocale, à la décision prise avec le d’abandonner aux régions l’orien- d’élèves, on ne peut pas faire sans doute débattues lors de la confé- compétitivité » inspiré du rapport Gal-conseil d’école (…). tation scolaire et la carte des for- les collectivités territoriales », rence nationale pour l’unité du lois, tout entier orienté sur la baisseNous n’interdirons pas de faire dif- mations professionnelles — dans le Premier ministre, Jean-Marc 1er décembre. du coût du travail et l’association desféremment. Au contraire, nous l’objectif récemment réaffirmé Ayrault, souligne à nouveau la dif- I syndicats à la mise en place de la flexi- bilité. Le journal Les Echos s’étonne des propos de Montebourg et leur oppose ce rapport Gallois « salué à droite comme à gauche », un rapport qui « cite une vingtaine de pistes pour redresser notre compétitivité », mais dans lequel on chercherait « en vain “Cette réforme le mot “nationalisation” ». Alors, de quoi s’agit-il ? met dangereusement en péril S’agit-il de répondre à cette attente d’un sidérurgiste cité par l’AFP : « Les la stricte séparation du scolaire propos de Montebourg ne sont pour La parole à… l’instant que des effets d’annonce.Tant et du périscolaire” qu’on ne me dira pas qu’on va retra- vailler, je n’y croirai pas » ? S’agit-il par Jacky Lüdi, conséquent de garantir le maintien de instituteur et maire tous les emplois sur Florange et plus de Millery (Côte-d’Or) généralement pour les 20 000 salariés du groupe en France ? S’agit-il à cet effet de se soustraire aux diktats deVous êtes maire de Millery. Que pensez- vail. Pour rappel, nous avons perdu 12 % de ÉCLAIRAGE l’Union européenne en procédant àvous de la réforme des rythmes scolaires ? pouvoir d’achat depuis l’année 2000 et nous une véritable nationalisation, sansEn tant que maire, depuis six ans, d’une com- ne pouvons pas vivre décemment en nousmune rurale d’un peu plus de 400 habitants, contentant des joies que nous procure notre Etalement de la réforme indemnité ni rachat, garantissant l’em- sur deux ans ploi de tous ?je refuse tout ce projet relatif aux rythmes sco- métier. Ou bien s’agit-il de suivre les res-laires. Alors même que l’Etat nous impose de Lorsque le ministre Peillon déclare : « Les gens ponsables politiques de l’UMP, du PS,nouvelles exigences de réduction des dépensespubliques, il est aberrant d’imposer à ces qui choisissent ce métier ne le choisissent pas d’abord pour l’argent, mais il serait digne de Signification, du PCF, des Verts de la région, qui, dansmêmes collectivités locales un surcoût lié àune pseudo-amélioration des conditions de les payer mieux si nous en avions les moyens… », et qu’il ajoute : « Dans ce moment budgétaire et conséquences une lettre commune à François Hol- lande, apportent leur soutien à Mon-l’enseignement. Ma commune ne dispose plus que nous vivons, nous leur demandons de reve- Le 20 novembre, devant le congrès des tebourg en précisant : « Nousd’école, mais je n’ose imaginer les retombées nir une demi-journée de plus sans les payer », maires, François Hollande a annoncé l’éta- réaffirmons notre détermination àinévitables sur le budget communal pour faire je reste, comme de très nombreux collègues, lement de la réforme des rythmes sco- appliquer les conclusions du rapportface aux nouvelles charges financières qu’im- scandalisé par de tels propos provocateurs. laires sur deux ans, en 2013 et 2014. Faure commandé par le gouverne-poserait la réforme Peillon, en augmentant le Selon Vincent Peillon, invité sur France Info, c’est une décision « courageuse (…) ment » ? Rappelons que le rapportcoût des frais de scolarisation que nous réglons Le gouvernement prétend que c’est au nom Faure met comme condition pour laaux communes voisines accueillant nos nom- de la réussite des élèves… et sage » et il ajoute : « Vous ne faites pas une réforme contre les gens, vous ne faites reprise du site que celui-ci puisse « at-breux enfants scolarisés tant dans les écoles La réussite des élèves passe avant tout pourpubliques maternelles qu’élémentaires. moi par le rétablissement des dizaines de pas une réforme de l’école contre les pro- teindre une meilleure rentabilité ». On fesseurs, vous ne faites pas une réforme sait à quoi cette exigence de « meilleure milliers de postes d’enseignant supprimés de l’école contre les collectivités locales. »Et qu’en pense l’enseignant que vous êtes (en particulier, les titulaires remplaçants, les rentabilité » a conduit à PSA, à Petro- Tel est bien en effet le problème du gou-aussi ? Rased [1]) et non par une contre-réforme des plus, à Doux, à Sanofi : à des milliers vernement. D’après le ministre, « il fautInstituteur, devenu professeur des écoles, rythmes scolaires qui voit le temps d’ensei- qu’il y ait une entente, une compréhen- de suppressions d’emplois.depuis trente-cinq années, je suis scanda- gnement auprès des élèves diminuer, alors sion, une façon d’avancer qui n’oppose Alors, de quoi s’agit-il ? Nul doutelisé par le projet de loi, qui porterait mieux le que, dans le même temps, celui desdits ensei- pas les uns et les autres, mais qui essaye que la réponse à cette question seranom de contre-réforme, sur les rythmes sco- gnants augmente encore. de les rassembler ». Autrement dit, il fau- donnée dans les prochains jours.laires. Je refuse ce « toujours plus d’austérité » au nom drait le consensus. En réponse, les res- Pour ce qui les concerne, les comi-Ce projet met dangereusement en péril la de la « dictature de la dette » qui sacrifie les ponsables du SE-UNSA ont jugé bon de tés du POI du bassin sidérurgiquestricte séparation du scolaire et du périsco- dépenses publiques, les salaires et le pouvoir saluer le « pragmatisme » de la décision de Hollande et demandé que « la mise mènent campagne depuis des annéeslaire, conduisant à une véritable mise sous d’achat pour réduire un endettement publictutelle des enseignants par les collectivités dont les salariés ne sont pas responsables. en œuvre de ce choix soit déclinée de pour la renationalisation.locales, voire diverses associations, à la faveur façon opérationnelle et concertée avec Le POI ne varie pas : nous sommesde la mise en place des « projets éducatifs Mais Hollande n’a-t-il pas donné deux ans l’ensemble des partenaires ». pour la réquisition, sans indemnité nilocaux ». Les enseignants perdraient ainsi leur aux communes ? Il n’en reste pas moins qu’à ce jour, le rachat, de la filière sidérurgique. Maisstatut de fonctionnaires d’Etat. Mais n’est-ce Après les annonces du président de la Répu- ministre ne peut pas se prévaloir d’un nous n’en faisons pas une condition.pas là, justement, l’un des buts recherchés ? blique au congrès des maires, laissant toute lati- consensus. Quelle que soit la forme retenue, le POI Mais, en fait de « pragmatisme », la déci- tude aux communes quant à l’application de soutiendra, comme il l’a toujours fait, sion prise par Hollande constituerait, siPeillon a annoncé que « les enseignants la réforme, je vois pointer le spectre d’une école tout ce qui contribuera à forger l’unité elle était appliquée, un éclatement géné-accepteront, sans doute, de travailler une territorialisée (communes riches « contre » com- ralisé de l’Ecole républicaine dès la ren- sur une exigence : maintien du site etdemi-journée supplémentaire sans être munes pauvres) en lieu et place de l’Ecole trée 2013. La décision des collectivités de tous les emplois !payés davantage »… publique laïque dans la République une et indi- locales d’en rester provisoirement à la Alors, si c’est de cela qu’il s’agit,Je reste résolument opposé à une augmenta- visible. semaine de quatre jours ou de passer, dèstion du temps de travail des enseignants en d’une vraie nationalisation garantis- 2013, à quatre jours et demi instaureraitgénéralisant, par exemple, le travail le mer- Interview réalisée le 25 novembre sant le maintien de tous les emplois et une inégalité de traitement entre les élèves,credi matin et bien souvent aussi l’après-midi. par Dominique GROS I les communes, les enseignants et les per- de tous les sites, sans crainte de déro-Il est totalement inacceptable de travailler plus sonnels territoriaux. ger aux normes de l’Union européennepour gagner moins ; il l’est tout autant de vou- Nicole FISHER I et du FMI, il n’y a qu’un mot à dire :loir aggraver l’annualisation du temps de tra- (1) Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté. chiche !
  4. 4. 4 > L’actualité politique et sociale >>> INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012Ce que contient le projet du ministre Peillon La manifestationsur les rythmes scolaires des infirmières scolaires fait reculerLe ministre Peillon a déclaré vouloir “laisser le maximum à l’autonomie locale” avec sa réformedes rythmes scolaires et substituer à l’institution scolaire le “projet éducatif local”, plaçant l’école le gouvernementet les enseignants entre les mains des collectivités locales et du monde économique etassociatif. Nous revenons sur deux aspects de son projet.CorrespondantLA 24e HEURE HEBDOMADAIREDÉTERMINÉE LOCALEMENTPour la première fois, une forme de mise soustutelle des collectivités territoriales serait intro-duite dans les obligations de service des pro-fesseurs des écoles. Ces obligations de service,qui définissent ce que font les enseignants dans Le ministreles écoles et l’organisation de leurs heures, sont présentaitaujourd’hui déterminées exclusivement par sa réforme Photo AFPl’Education nationale. Avec la réforme Peillon, le 11 octobre.en plus de leurs 23 heures hebdomadaires d’en-seignement — contre 24 heures d’enseigne-ment dues aux élèves actuellement —, lesenseignants du premier degré devraient effec- C’est ce que confirme d’ailleurs le ministre après-midi. S’il y a classe pour les 305 le mer-tuer avec les enfants une heure hebdomadaire Peillon en déclarant que « ce temps laissé dans credi matin, et suppression d’une heure de classe« flottante » dont l’organisation (quatre fois un la journée ne devra pas être cannibalisé par chaque jour, il va nécessairement y avoir beau-quart d’heure ou deux fois une demi-heure, ou l’institution scolaire » ! coup plus d’enfants qui vont rester à la cantineencore une fois une heure par semaine), le fonc- le midi et aux activités périscolaires chaque jour.tionnement et le contenu seraient déterminés LA “DÉSACRALISATION” DE LA CLASSE Or, comme dans de nombreuses écoles, il y adans le cadre du projet éducatif local que le Le 12 novembre, le ministre a annoncé aux déjà des problèmes de locaux. Et là, on en revient Photo DRministre veut inscrire dans la loi. organisations syndicales son projet d’inscrire au projet éducatif local et à la convention tri-Ainsi, par cette 24e heure (qui n’est pas une dans la loi d’orientation sur l’école la signa- partite. L’ensemble des locaux scolaires — quiheure d’enseignement), les obligations de ser- ture de conventions tripartites sur l’utilisation sont aujourd’hui placés sous la responsabilitévice des enseignants ne seraient plus déter- des locaux scolaires entre établissements sco- unique du directeur d’école, seul habilité à en Plus de 1 500 infirmières de l’Education nationaleminées nationalement par l’Education laires, Education nationale et collectivités autoriser ou non l’utilisation — ferait l’objet — un cinquième du corps national — ont mani-nationale, mais fluctueraient en fonction des locales. Cette décision bouleverserait profon- d’une répartition. Ce qui aboutirait nécessai- festé le jeudi 22 novembre à l’initiative du SNICS-besoins et des décisions politiques prises par dément le fonctionnement des écoles, et abou- rement à la mise à disposition des salles de FSU.les collectivités locales. Les enseignants se tirait inévitablement à ce que les salles de classes pour les activités périscolaires. Sans par- Chantal Chantoiseau, secrétaire académique duretrouveraient ainsi « prêtés » par l’Education classes qui sont aujourd’hui réservées à l’en- ler des multiples conflits que cela va inévita- SNICS-FSU Paris, nous explique pourquoi.nationale aux collectivités locales. Ce serait seignement se transforment en salles d’acti- blement générer entre les différents “utilisateurs”une grave remise en cause de l’égalité des droits vités diverses (scolaires, périscolaires…). des salles de classes, cette situation va être une l s’agissait de revendiquer le maintien de la gou-des enfants devant l’instruction, qui est liée àl’existence de programmes nationaux, garan-tis par le statut national de fonctionnaire d’Etat Un enseignant, délégué à la conférence du 1er décembre, explique : « Dans mon école où il y a 305 élèves inscrits, moins de cinquante res- source de confusion pour les élèves : la sacrali- sation de la classe, c’est la protection d’un lieu qui est réservé à la transmission des savoirs, I vernance et du pilotage de la santé à l’Ecole par le ministère de l’Education nationale. Dès 2011, un rapport sur la médecine scolaire recommandaitdes enseignants. tent actuellement au centre de loisirs le mercredi donc à l’école. » I déjà de confier le pilotage aux agences régionales de santé (ARS). Lors des groupes de travail sur la “Le mécontentement des collègues INTERVIEW refondation de l’école organisés par le nouveau ministre, on a quasiment empêché les infirmières Les syndicats parisiens et des syndiqués est fort” de parler. Le 17 novembre sort un rapport de l’As- SNUipp-FSU, Snudi-FO, semblée nationale daté du 9 novembre recom- SE-Unsa et Sud Education mandant ce transfert et proposant l’entrée des professionnels de santé de l’Education nationale se prononcent pour l’abandon dans un corps interministériel de l’Etat. Dans ce du projet ministériel cadre, les missions des infirmières se seraient sur les rythmes scolaires Une syndicaliste SNUipp-FSU, membre du bureau réduites à la mise en place des dépistages systé- matiques, notamment par classe d’âge. Cette mis- de la section départementale de son syndicat sion incombait jusqu’à présent aux médecins. Les « Les syndicats SNUipp-FSU, Snudi-FO, Que penses-tu des dernières en charge des élèves lors du Le mécontentement est fort et infirmières n’auraient plus la possibilité d’exercer SE-Unsa et Sud Education affirment déclarations de Peillon sur temps périscolaire. Les discours a déjà obligé les secrétaires leur mission d’accueil des élèves des collèges et des leur opposition au projet ministériel les rythmes scolaires ? de Hollande et de Peillon devant nationaux à changer de ton. lycées au quotidien, pour quelque motif que ce soit de réforme des rythmes scolaires et Les collègues sont de plus en les maires montrent qu’ils ne On est passé de « le président ayant une incidence sur la santé ou la scolarité des réclament son abandon. Le projet plus inquiets. Si, à l’arrivée de reculent pas. Ils veulent seule- s’engage », qui était le titre du enfants et des jeunes. ministériel n’est pas acceptable. Il Peillon, beaucoup étaient prêts ment donner une « prime de journal du syndicat à la mi- Dans la mesure où le nouveau ministre ne nous dégrade les conditions de travail et à revoir les choses, même à mérite » aux communes zélées octobre, à « tout reste à faire » répondait pas sur le fait de savoir s’il conservait la d’emploi de tous les personnels. Il ne accepter les quatre jours et qui appliqueront cela dès la ren- un mois après. Mais, au fur et gouvernance et le pilotage de la santé, nous avons comporte aucune amélioration des demi si ça permettait de finir trée 2013 ! à mesure des annonces suc- lancé un appel à la mobilisation. Cet appel a été conditions d’apprentissage des élèves la journée plus tôt, avec cinq cessives de Peillon, on a l’im- massivement suivi. et n’améliorera pas leur réussite sco- heures pour les élèves, main- Quelles sont les réactions pression qu’on en est à ne Le jour même de notre manifestation, M. Pierre laire. tenant c’est terminé ! Ils com- dans ton syndicat ? revendiquer qu’une compen- Mancel, conseiller santé auprès du ministre délé- Par ailleurs, ils rappellent que les obli- prennent que ce n’est pas une J’ai un peu le sentiment que nos sation financière au coût gué, Mme George Pau-Langevin, a reçu une délé- gations de service des enseignants doi- question de « rythmes sco- dirigeants ne nous entendent qu’engendrerait le travail du gation de notre syndicat. Il avait le mandat du vent rester sous la seule responsabilité laires », que, contrairement à pas ! Ils n’ont plus conscience mercredi. Peillon dit qu’il n’y ministère pour nous répondre que le projet de corps de l’Etat. ce que le gouvernement avait de ce que faire classe veut dire : aura pas de discussion sur interministériel et le transfert de la gouvernance D’autre part, ils demandent que les annoncé, il ne cherche pas l’in- l’implication des enseignants l’augmentation du point d’in- aux ARS étaient écartés, et que des négociations professeurs de la Ville de Paris (PVP) térêt des enfants. On voit bien auprès de leurs élèves, la fatigue dice avant 2014. allaient être ouvertes sur une évolution renforcée continuent à intervenir sur le temps qu’il s’agit de donner un autre liée au fait de faire classe et de Nous n’avons plus eu d’aug- de nos missions auprès des élèves. scolaire. rôle à l’école, un rôle de gar- préparer la classe. mentation depuis 2009. Beau- Nous considérons que notre manifestation nous a Aucune modification de l’organisation derie. Certains collègues n’ont Les militants sont débousso- coup d’enseignants ont voté permis d’être entendues. I de la semaine scolaire ne doit être mise pas toujours conscience de ce lés, ils se sentent un peu seuls, pour Hollande parce qu’ils ne Propos recueillis par Michèle Lepeuve en place par la mairie de Paris à la ren- que signifie l’inscription des sachant que le SGEN-CFDT et voulaient plus de Sarkozy. On trée 2013. projets éducatifs locaux (PEL) le SE-UNSA sont d’accord avec a autre chose à faire que d’ac- Les syndicats SNUipp-FSU, Snudi-FO, dans la loi. Ils sont parfois Peillon. Je suis inquiète, car j’ai cepter ce que propose Peillon : Informée de la tenue de la conférence du SE-Unsa et Sud Education appellent incrédules quant au fait que le sentiment qu’il y a un risque travailler plus pour gagner 1er décembre, Chantal Chantoiseau a sou- les personnels à se rassembler en les maires pourraient leur réel de faire imploser le syn- moins ! Si la question de la ligné qu’« effectivement il est très impor- assemblée générale dans les arron- imposer des choses. Mais cela dicat. Dans les discussions que grève est posée, ce devrait être tant de préserver l’indépendance des dissements et à l’assemblée générale se précise : dans la grande ville nous avons entre nous, les pour dire : non au travail le organisations syndicales et la défense des parisienne du mardi 11 décembre, à du département, dirigée par camarades disent : « Il est hors mercredi ! D’autres militants revendications des personnels, quel que 17 h 30 à la Bourse du travail, pour le PS, les élus sont dans les de question de tout accepter commencent à en parler. J’ai soit le gouvernement ». décider des modalités d’actions afin starting-blocks, et ils veulent sous prétexte qu’on a un gou- tenu une réunion d’informa- Le succès de la mobilisation des infirmières de leur permettre d’être enfin enten- que la classe reprenne à vernement socialiste ! Si c’était tion syndicale cette semaine où montre que ce point de vue est largement dus (vendredi 23 novembre 2012). » 15 heures l’après-midi afin de Chatel qui avait fait ça, on cette question a été discutée. partagé. faire des économies sur la prise aurait déjà été dans la rue ! » I
  5. 5. INFORMATIONS OUVRIÈRES N0 228 SEMAINE DU 29 NOVEMBRE AU 5 DÉCEMBRE 2012 5Interview Ville de ParisCatherine Remermier, collectif nationaldes conseillers d’orientation-psychologues du SNES Face à face entre les syndicats CGT et FO et les élus PS-PCF“Nous voulons garder le réseau des CIOdans l’Education nationale, Daniel Shapira G D’un coté, les syndicats CGT etgarder notre statut et nos missions” FO ont appelé les personnels de la Ville de Paris à la grève les 20 et 21 novembre, et à nouveau le 26 pour le syndicat FO. Les revendi-Quelle est la portée générale de la cations sont claires. Elles portentbataille des conseillers d’orientation- sur les salaires et les déroulementspsychologues avec leurs organisations ? de carrière, sur les postes, et la titu-Les dernières annonces du cabinet du larisation des emplois précaires.ministre Peillon, disant qu’il n’y aurait plus Au nom de la « rigueur », revendi-rien concernant l’orientation dans la future quée et appliquée par le maire PS,loi pour la refondation de l’école et que Bertrand Delanoë, tout s’accumuletout serait traité dans la loi de décentrali- contre les personnels : ainsi, le joursation, en disent long sur son devenir. On de carence s’applique sur la paievoit bien que l’orientation devient essen- de novembre, des agents ont jus-tiellement un moyen de régulation des poli- qu’à cinq jours de retenue de salairetiques d’emploi des jeunes. L’orientation qui se répercutent sur toute lades élèves — qui se fait actuellement par feuille de paie (cotisations et durée Photo DRl’intermédiaire des centres d’information de la retraite, congés, etc.) ; ainsi,et d’orientation (CIO) et des conseillers une prime de fin d’année appeléed’orientation-psychologues — serait ainsi Manifestation en janvier 2012. « reliquats », est supprimée pour Photo DRsortie de l’Education nationale et placée à certaines catégories d’agents, quiun niveau interministériel. Cela nous perdent 300 à 400 euros !inquiète beaucoup. Pour nous, la réflexion l’orientation. C’est inacceptable ! Il n’y a G De l’autre côté, Delanoë refusedes élèves sur leur orientation est une pas de meilleur label que le recrutement de répondre aux revendications Les personnels de la Ville de Paris en manifestation le 21 novembre.démarche éducative, elle s’inscrit dans les de fonctionnaires dans le service public, et, pire, il envoie, mardi 20 no-objectifs éducatifs de l’école. C’est une qui défend un travail ambitieux auprès des vembre, les CRS déloger les gré- orientations budgétaires de la Ville, niveau d’investissements. » On nedémarche qui aide les élèves à grandir et jeunes, et en particulier auprès des jeunes vistes en plusieurs endroits où ils Ian Brossat (PCF, président du peut dire plus clairement qu’il s’agit,à développer leur esprit critique, leur issus des milieux populaires. Donc, rien étaient rassemblés. groupe Front de gauche), a pour le président du groupe Frontréflexion, la compréhension du social. Cela n’a changé par rapport aux conceptions Pourquoi cette violence de Delanoë déclaré : « Soit on considère que ce de gauche, d’un bon budget !fait partie des missions de l’Education globales des réformes précédentes. contre les grévistes et leurs syndi- sont les politiques d’austérité qui Les 10, 11 et 12 décembre pro-nationale. En prenant cette décision, le cats CGT et FO ? D’une part, il a reçu nous permettront de sortir de la chains, le Conseil de Paris a à sonministre cherche à nous isoler. L’intersyndicale formule la question de le soutien des syndicats CFDT et crise, soit on considère au contraire ordre du jour l’adoption du bud-Il prétend que le chômage des jeunes est la grève en janvier et appelle à la pour- UNSA qui ont dénoncé la grève. que ce qui nous permettra de sor- get. Nul doute que le face-à-facelié au dysfonctionnement de l’Education suite de la mobilisation. N’est-ce pas Mais, de plus, ne puise-t-il pas de tir de la crise dans laquelle nous entre les personnels et leurs syn-nationale. Il n’y a aucune prise de distance un point d’appui pour l’ensemble des l’assurance dans l’appui ouvert qu’il sommes, c’est une relance de l’ac- dicats CGT et FO d’une part, et lavis-à-vis du rapport Gallois. personnels ? a reçu du groupe du Front de gauche tivité. Ce budget répond à cette ques- mairie d’autre part, va se repro-Ce qu’ils veulent, c’est supprimer les CIO. Oui. Tout d’abord, lors d’une semaine de au Conseil de Paris ? tion, lorsqu’il fait le choix d’en rester duire à cette occasion. Que ferontCe n’est même pas une question de trans- mobilisation début décembre, nous appe- En effet, lors du débat mené en à un niveau d’investissements élevé, à ce moment-là les élus du Frontfert. Mais ce que nous mesurons de plus lons nos collègues à informer largement octobre au Conseil de Paris sur les voire d’augmenter encore notre de gauche ? Ien plus, c’est que les régions vont utiliser les enseignants, les parents, les élus, à faireles personnels dans des espaces polyva- signer la pétition intersyndicale et à adop-lents, des espaces métiers, des cités des ter des motions dans les établissements. Ilmétiers… Dans cette situation, nos reven- y aura interpellation des recteurs et des Politiquedications demeurent plus que jamais. Ce présidents de régions, des conférences deque nous voulons, c’est préserver le réseaudes CIO dans l’Education nationale. Nousvoulons garder notre statut de conseillers presse… Et se posera la question de la grève en janvier si le ministre ne renonce pas. Nos collègues enseignants ne sont pas d’ac- Lorsque la crise de l’UMPd’orientation-psychologues, nos missionset continuer à travailler en amont à la pré- cord pour que les conseillers d’orientation- psychologues soient moins souvent dans devient celle de l’Etat dans son ensemblevention, comme nous le faisons aujour- les établissements scolaires. Ils ne veulentd’hui au sein des équipes éducatives et des pas prendre en charge les tâches que nousCIO. ne pourrons plus faire. Je pense qu’il faut Gérard Bauvert point de vue, pris dans un étauCette mesure concernant les CIO et les faire converger les revendications des dif- férents personnels dans l’Education natio- u cœur de la crise de “Les cercles du capital tous les partis, en particulier celui qui a été taillé dès l’origine commeconseillers d’orientation n’est-elle pasreliée à la politique d’ensemble du gou-vernement, entre autres les 30 milliards nale. Finalement, derrière l’offensive contre l’orientation, il y a un débat très idéolo- A décomposition de l’UMP qui, sous diverses formes, a assuré la « continuité » de l’UDR ne cachent plus leurs craintes” le bras armé de l’Etat via les insti- tutions gaullistes auxquelles il s’est identifié. Comme par un effetde restrictions budgétaires supplé- gique. Ce que l’on nous reproche à nous, puis du RPR, vient de franchir une mécanique, la décomposition dementaires d’ici à 2017 ? conseillers d’orientation-psychologues, nouvelle étape dont il est prati- l’UMP a nourri la dislocation deEffectivement. Le ministère avait un autre c’est de ne pas valoriser suffisamment l’en- quement avéré qu’elle sonne le l’Etat bonapartiste (et récipro-choix. Il pouvait décider de garder les CIO treprise. Mais notre rôle n’est-il pas de favo- glas du parti fondé par de Gaulle Celle-ci, naturellement, existe et quement). Ce dernier endossait àet envisager une coordination entre le ser- riser la découverte, la prise de conscience, (en tout cas tel que nous l’avons joue son rôle. Mais l’origine de la son tour la crise profonde des ins-vice public d’orientation Education natio- la connaissance de ce que font ceux qui connu), qui s’est identifié aux ins- décomposition de l’UMP est à titutions de l’Union européennenale autour des CIO et les missions locales, travaillent ? En fait, on nous reproche de titutions réactionnaires de la Ve rechercher dans la lente agonie (elles-mêmes au bord de l’explo-Pôle emploi, etc. Il a choisi une position ne pas diffuser uniquement le point de vue République depuis 1958. Rien ne d’un régime politique, celui de la sion et menaçant à leur tour d’em-radicale : la suppression des CIO. de l’employeur. sera plus comme avant. Au cours V e République, qui s’est trouvé porter chacun et tous les des décennies écoulées, même si confronté dès son origine — mal- protagonistes). C’est en ce sensVos revendications ne recoupent-elles Comment apprécies-tu le front commun la formule peut prêter à discus- gré le soutien éhonté des sommets que — par-delà les rebondisse-pas celles d’autres personnels, par des syndicats SNES, FO, CGT et SUD dans sion, le régime de la Ve République des partis se réclamant du mou- ments — la crise de l’UMP résonneexemple ceux de l’AFPA (1), qui étaient cette bagarre ? avait toujours été qualifié, du vement ouvrier et de la démocra- pour la classe dominante, pour laen grève et manifestation le 22 no- Cette unité est nécessaire, car les risques temps où il avait des opposants tie — à la résistance de la classe bourgeoisie, comme un avertis-vembre ? pour la profession, et plus globalement (en tout cas officiels), d’« Etat- ouvrière et de ses organisations sement de première importance.Oui, les personnels de l’AFPA sont confron- pour l’Education nationale, sont grands. UDR » puis d’« Etat-RPR ». que l’appareil d’Etat n’a jamais Les cercles du capital ne cachenttés à la casse de leur métier. On les empêche Les propositions sur l’orientation sont en Au moment où nous écrivons réussi à intégrer. plus — au-delà de leur exaspéra-de continuer à faire tout le travail qu’ils fai- lien avec la question de la carte des for- (mardi 27 novembre), François La nécessité de s’adapter aux ins- tion — leur stupéfaction et leurssaient auprès des usagers, un travail de mations professionnelles. En confiant l’éla- Fillon vient de constituer un nou- titutions supranationales de craintes.qualité vraiment au service du public. C’est boration de cette carte aux régions qui veau groupe parlementaire. Ce qui, l’Union européenne, les coups de Derrière les appels au « cessez-le-précisément pour cela que nous nous bat- établiront des priorités, l’Etat se prive dans la forme comme dans le fond, boutoir répétés de ces dernières feu », ces derniers comptent plustons. Nous n’en voulons pas ni pour nous d’avoir une véritable politique de forma- correspond à un acte scissionniste pour modifier le système bâtard que jamais sur les dirigeants duni pour eux. Tout cela relève de la défense tion professionnelle et technologique, car qui peut marquer l’implosion géné- du bonapartisme français pour en PS pour endosser davantagedu service public. Dans la mise en place vingt-six politiques régionales, cela n’a rale (dont la date reste à préciser) faire un outil mieux adapté aux encore la responsabilité de proté-du projet gouvernemental de « service ter- jamais fait une politique d’orientation d’un parti qui, au cours des décen- exigences du capital, ont agi ger l’essentiel. En sachant que l’im-ritorialisé d’orientation », toute une par- nationale. C’est quand même bien un pro- nies passées, a colonisé les princi- comme un puissant facteur de plosion en cours de l’UMP,tie des missions et actions faites aujourd’hui blème. Donc la bagarre à mener implique paux rouages de l’appareil d’Etat. déstabilisation générale, non seu- entraînant une déstabilisationpar le service public seraient externalisées. que nous soyons le plus possible réunis et On aurait tort de réduire les mul- lement de l’UMP (ainsi que de tous générale, vient de rendre cetteEt l’idée, c’est d’accorder des labels à des que l’on se batte sur ces enjeux-là. tiples rebondissements qui ont les partis) mais également de l’ap- tâche encore bien plus compli-organismes associatifs ou privés. Personne Propos recueillis par Laurence Fayard I lieu (et ceux qui vont avoir lieu) à pareil de l’Etat lui-même. quée. Ine vérifiera la qualification des interve- une haine farouche mettant aux Les puissantes luttes de classe dunants, et pourtant, ils pourront entrer dans (1) Association nationale pour la formation pro- prises des individus menés par une prolétariat, le référendum de 2005les collèges et les lycées pour travailler sur fessionnelle des adultes. ambition féroce. et ce qui a suivi ont, d’un certain

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