Géopolitique du cyberespace

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Géopolitique du cyberespace

  1. 1. Géopolitique du cyberespace : quellestratégie adopter en matière de cyber-sécurité ?IRIS | 30.05.11 | 10h29 • Mis à jour le 30.05.11 | 10h29Le Printemps arabe, outre les conséquences politiques quil a entrainées, a été loccasionde confirmer limportance, voire la prépondérance des moyens de communication dansle déroulement des événements. Twitter, Facebook, Youtube et autres ont permis à toutun chacun de suivre en temps réel les révoltes, mais également dagir en organisant desmanifestations ou en dénonçant les exactions commises par les autorités. Ces dernièresont été clairement dépassées par ces entités du cyberespace, transfrontalier pardéfinition et qui rend délicat toute tentative de neutralisation. Les coupures daccès àinternet nont été que temporaires et peu efficaces, dautres moyens technologiques(serveurs VPN) étant mis en place pour contrer ces censures. Les puissances internationales avaient déjà intégré dans leur stratégie de sécurité etde défense le paramètre internet ; mais lutilisation massive des services internet par lesopposants au pouvoir en place, que ce soit dans le Monde arabe ou en Chine, a renforcéla nécessité de repenser le cyberespace et de mettre en œuvre une véritable cyber-sécurité.Cest dans ce contexte que peut se comprendre le "E-G8 forum" organisé cette semainepar le Président Sarkozy avant le G8 de Deauville, mais aussi et surtout le document deréflexion du Département dEtat présenté la semaine dernière par Hillary Clinton quisintitule "Stratégie internationale pour le cyberespace".Passons sur le "E-G8 forum" qui napporte aucun élément concret. La couverturemédiatique de lévénement et la présence de célèbres grands patrons tels MarkZuckerberg (Facebook) ont sans doute suscité trop despoirs pour ce qui nest au finalquun exercice de communication. Certes des tables rondes ont été organisées maislabsence de spécialistes en charge des aspects techniques a empêché la possibilité dundébat de fond. Seul le discours du Président Sarkozy donne au final quelques indices surce que devrait être Internet, et par extension le cyberespace. Le président français, touten louant les progrès qua permis Internet, a souligné les risques que son utilisationsous-entend et a appelé à de nombreuses reprises à la "responsabilité" de chacun, que cesoit du côté des acteurs de linternet ou des autorités concernées. Comment comprendrecette "responsabilité" ? Des contrôles supplémentaires sont-ils nécessaires pour assurerune plus grande sécurité dans le cyberespace ? Qui décidera de les mettre en place ? Nya-t-il pas le risque dun Internet sous contrôle ? Le président a répondu par la négative,jugeant que cela serait impossible. Mais limpossibilité ne signifie pas labsence devolonté…
  2. 2. Les Etats-Unis sont clairement en avance sur le reste du monde en matière de stratégiedu cyberespace, comme le montre le rapport du Département dEtat qui sarticule autourde trois axes : construire une politique en matière de cyberespace, en envisager le futuret en définir les priorités politiques. Les Etats-Unis ont intégré dans leur politique ladimension cybernétique qui touche aussi bien les secteurs économique quediplomatique et militaire.Le rapport commence par rappeler quun tiers de la population mondiale utiliseaujourdhui internet, aidée par plus de quatre milliards dappareils sans-fil. Ceformidable développement na pu se faire que parce que les principes d "ouverture etdinteropérabilité" ont été respectés. La politique américaine du cyberespace repose sur"la croyance que les NTIC représentent un potentiel immense pour la nationaméricaine, et pour le monde". Le cyberespace est vu comme un moyendenrichissement individuel, daccélérateur économique pour les entreprises maiségalement comme un "marché global des idées", où les valeurs américaines pourraientplus rapidement se propager. Trois concepts doivent être pris en compte pour uncyberespace sûr : le respect des droits fondamentaux, la vie privée et la libre circulationde linformation. Revendiqués à plusieurs reprises, ils ne représentent pourtant pas laréalité. Le Patriot Act mis en place sous Bush confère aux autorités policières etjudiciaires de très nombreux et puissants pouvoirs en matière de cybercriminalité quioutrepassent le respect de la vie privée. De même, la France avec la loi Hadopi possèdedes outils de contrôle parmi les plus sophistiqués au monde qui peuvent sapparenter àune censure de linternet.Les Etats-Unis perçoivent le futur du cyberespace comme le lieu absolu des échanges etdes associations, aussi bien privées / publiques quinterétatiques, la stratégie étant queplus il y aura dEtats qui travailleront ensemble, moins la cybercriminalité sera forte.Cest ainsi que la Silicon Valley et le Département dEtat sont désormais associés à ladiplomatie américaine et forment des "délégations technologiques", baptisées tech.d.Lobjectif final est donc de créer une " toile de partenariats à tous les niveaux " afin queles normes futures en matière de cyber-sécurité soient applicables par tous. Les Etats-Unis entendent bien sûr en conserver le leadership et se proposent même daider lesEtats incapables davoir un cyberespace sûr. En effet, il suffit dun Etat "faible" pourquun cyber-crime soit commis. Le principe dinteropérabilité, affirmé par 174 nationslors du sommet mondial de Tunis (2005), est loutil majeur de cette influence mondiale,à même déviter linternet fragmenté qui tend à se mettre en place (systèmes alternatifsmis en place en Asie par exemple).Conscients de la nécessité dagir vite, les Etats-Unis entendent mener une intensecampagne de lobbying lors des grands sommets qui sannoncent : Union africaine,OSCE, OCDE, G8… Les principes de libre-échange (qui permet linnovationtechnologique), de propriété intellectuelle et de primauté des standards techniquessécurisés seront mis sur la table des négociations. Nul doute que ces dernières serontplus que délicates à mener et ce pour plusieurs raisons : - Les Etats-Unis prônent lebilatéralisme et le multilatéralisme dans leurs échanges mais de façon inégale, le partagedinformations étant toujours défavorable aux partenaires.- Les Etats-Unis encouragent laccès aux logiciels libres (modifiables et interopérables),alors quApple et Microsoft, sociétés américaines, ont des écosystèmes très verrouillés.
  3. 3. - Le cyberespace pose la question des frontières qui sont abolies, de lingérence possibleet de savoir qui fixe les normes en matière de cyber sécurité dans la mesure où unconsensus semble délicat.- Internet est devenu un outil de diplomatie certain, voire de guerre, à linstar desattaques cybernétiques menées contre des systèmes informatiques (France, Allemagne,Iran…). Il est très difficile de repérer le commanditaire exact dune utilisation criminelledu cyberespace et le rapport ne propose aucune solution concrète.- Les Etats-Unis entendent mener une diplomatie du cyberespace très active,revendiquant clairement lintervention lorsque les principes de liberté dexpression nesont pas respectés.Ce dernier point fera débat car il interfère directement dans le rôle de lEtat concerné quivoit son autorité remise en question et ses moyens daction entravés. Les révoltes qui sepoursuivent dans le Monde arabe permettront de voir si les Etats-Unis mettentréellement en pratique leur stratégie ou sils se bornent à des menaces.En vérité, pour assurer un équilibre entre respect des individus et des souverainetésnationales, pour créer un lieu de sécurité et de confiance, le cyberespace devrait fairelobjet dune supra gouvernance.

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