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Metro paris dossier emploi

  1. 1. LES doSSiErS dE EmpLoi Et formation metrofrance.com lunDi 15 novembre 2010 Les handicapés n’ont pas trouvé leur place La Semaine pour l’emploi des personnes handicapées commence aujourd’hui Une mobilisation toujours nécessaire tant la situation demeure préoccupante La loi est claire. Depuis 2005, 6 % de personnes en situation de handicap doi-vent être embauchées dans les entreprises de plus de 20 salariés. Un bon objectif pour l’Adapt (association pour l’insertion sociale et professionnelle) chargée avec l’Agefiph (association de gestion du fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées et le FIPHFP (fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonc-tion publique) d’organiser la Semaine pour l’emploi des personnes handica-pées. “La loi a déclenché une prise de conscience dans les grandes entre-prises. Elles ont vu la nécessité d’employer des personnes en situation de handicap”, constate Emmanuel Forsans, prési-dent de l’Adapt. Si les entreprises ne satisfont pas au quota de 6 %, elles doi-vent verser une contribu-tion financière (entre 3 500 et 5 300 euros par salarié handicapé manquant) à l’Agefiph. Pourtant, encore 22 % des entreprises n’em-bauchent aucun salarié en situation de handicap et un établissement sur deux n’atteint pas le quota fixé ! La raison la plus invoquée : le manque de qualification des ces travailleurs. Seulement 20 % des per-sonnes en situation de han-dicap ont le niveau bac et les préjugés perdurent. “Je ne vois aucune évolution des mentalités dans la fonction publique”, s’alarme Didier Fontana, président de la FIPHFP. Un constat partagé par Vincent Angel, psycho-logue du travail. “Un sala-rié en situation de handi-cap est souvent considéré comme moins compétent”, explique-t-il. On a tendance à oublier que le handicap peut tou-cher tout le monde. Selon les statistiques établies par l’Adapt seulement 15 % des personnes handicapées le sont de naissance, les 85 % restants l’étant devenus au cours de leur vie. Et ils ne sont que 1,8 million dont le handicap est offi-ciellement reconnu, sur 5,5 millions d’actifs décla-rant un problème de santé. “Beaucoup de sala-riés en situation de handi-cap ne le savent pas. Ils ne connaissent pas les aména-gements de poste auxquels ils ont accès”, commente Perrine Aletti, responsable de la mission handicap chez Quick. Afin d’amélio-rer les conditions d’emploi des personnes handica-pées, l’Adapt profite de cette Semaine pour valori-ser l’alternance, mettre l’accent sur l’expérience professionnelle et faciliter l’intégration scolaire. Un vaste programme qui demanderait plus d’une semaine de mobilisation. Car le handicap, pour ceux qui sont concernés, se vit au quotidien. n.Dubot-Ducloyer www.mEtROfRanCE.COm “Je suis assez optimiste. La contrainte due au quota de 6 % accélère les choses.” emmanuel Forsans, De l’aDaPt “Je ne constate pas une évolution des mentalités face au handicap.” DiDier Fontana De la FiPHFP. faUjOUR/iCOnOvOx Inégaux face au chômage Les personnes handicapées rencontrent plus de difficultés sur le marché du travail que le reste des demandeurs d’emploi. 38% 28% 79% 59% 53% 37% Plus de 50 ans Sans le bac Un an ou plus au chômage 100 80 60 40 20 0 les demandeurs d’emploi handicapés - ensemble des demandeurs d’emploi SOURCE : EtUdE SUR la fORmatiOn pROfESSiOnnEllE dES pERSOnnES handiCapéS / tnS SOfRES/ OCtObRE 2010.
  2. 2. lundi 15 novembre 2010 dossier 14 www.metrofrance.com l’emploi des personnes handicapées L’étudiante et son fauteuil Comme les filles de son âge, Léonor va à la fac, sort avec ses copines et écoute de la musique Seule di=érence : elle ne peut pas marcher Quand on rencontre Leo-nor, elle a un grand sourire. Elle arrive en fauteuil dans l’appartement où elle vit avec sa maman. La jeune fille revient du cinéma. “Aujourd’hui, l’ascenseur du cinéma à Châtelet ne marchait pas. J’ai dû aller voir un dessin animé dans une salle du bas…”, com-mente cette étudiante de 21 ans. Ce genre de péripé-tie lui arrive souvent. “J’ai appris à attendre”, s’amuse-t- elle. Incapable de mettre la clé dans la porte, de se coucher ou de se laver toute seule, Léonor a toujours be-soin d’aide : “Quand je sors le soir, il faut que ce soit des copines ou ma mère qui me mettent dans mon lit, par-fois c’est fatigant mais j’ai appris à vivre avec.” Quand on lui demande si ce n’est pas trop dur d’aller à la fac tous les jours à Saint-Denis, elle répond avec fermeté : “Pourquoi je n’irais pas ? J’ai passé le bac, je continue mes études.” Pourtant, pour la plupart des “valides”, sa vie relèverait du parcours du combattant. Une heure avant ses cours en deuxième année de psycho-logie, un chauffeur vient la chercher. Une fois arrivée à l’université, elle se dé-brouille seule : “C’est un choix, je ne voulais pas d’un assistant pour sortir mes af-faires, aller aux sanitaires et tout ça. Ça coupe trop des autres et le côté relationnel est en général assez facile avec moi.” C’est vrai que Leonor sait mettre à l’aise. “La première fois qu’on me voit, on me demande sou-vent ce que j’ai, si ça va pas-ser… Je réponds facilement. Et non, ma maladie ne par-tira pas.” Originaire de Paris, elle a choisi l’université Paris VIII pour son accessibilité. Cela n’empêche pas Léonor de se retrouver plusieurs fois par mois devant un ascenseur bloqué. Dans ces cas-là, elle n’a pas le choix et doit re-tourner chez elle. Deux heures de trajet et pas de cours ! “Ce n’est pas grave, je les rattrape grâce à mes copines, explique-t-elle. De toute façon, je ne pourrais pas rester chez moi enfer-mée. Parfois j’en ai marre, mais ça ne dure jamais très longtemps.” Leonor a un mental d’acier et un rêve à réaliser : devenir psycho-logue. n.Dubot-DucLoyer www.metrofrance.com Léonor dans son appartement à Paris. nicolas richoffer/metro “C’est vrai que beaucoup de personnes avec un handicap n’ont pas de travail à responsabilités. J’aimerais avoir un poste important, même si je ne sais pas encore comment je vais me débrouiller.” Léonor Universités Des e-orts restent à faire C’est un constat : les univer-sités n’ont pas assez de moyens humains et finan-ciers pour se charger de la question du handicap selon Boris Bertin, président d’Ar-pejeh, une association qui aide les étudiants handica-pés. Pourtant, dès 1986, la charte des présidents des universités incitait à mettre en place un référent handi-cap. Résultat : ces derniers existent, mais ils ne sont pas souvent à temps plein sur leur poste. La vie à la fac n’est pourtant pas facile tous les jours pour les étu-diants handicapés (voir le portrait de Leonor ci-des-sus). Les cours devraient être mis en ligne systémati-quement pour eux, mais beaucoup de professeurs re-fusent. La loi de 2005 aurait dû faire avancer les choses, 20,5% des étudiants handicapés ont un handicap moteur. C’est le type le plus recensé en fac. (Source : ministère de l’Enseignement supérieur, 2008-2009.) 76,7% des étudiants handicapés sont en premier cycle (niveau licence). (Source : ministère de l’Enseignement supérieur, 2008-2009.) 6 000 C’est le nombre de lycéens handicapés recensés en 2007. (Source : Dress-2005.) 20000 enfants handicapés seraient non scolarisés. (Source : Inspection générale de l’Education nationale, 2008.) En chiffres l’université se devant d’être accessible aux personnes en situation de handicap (avec des rampes pour les aveu-gles, sans marches pour les fauteuils…). Mais cette accessibilité reste encore marginale. “Il y a de la vo-lonté collective, mais on part de loin”, constate, prag-matique, Boris Bertin. n.D.-D jiho/iconovox 8 783 Le nombre d’étudiants en situation de handi-cap inscrits en fac en 2007, soit 0,1 % de la population étudiante. Source : étude de la Dress-2005.
  3. 3. lundi 15 novembre 2010 dossier 16 www.metrofrance.com l’emploi des personnes handicapées Karin raguin, responsable de la mission handicap chez lVmh “Le handicap, éLément constitutif du cV” Est-il nécessaire de parler de son handicap ? Doit-on l’indiquer dans le CV ? Autant de questions que se posent les personnes concernées lesquelles postulent à un emploi Les réponses d’une experte Est-ce qu’une personne en situation de handicap doit l’indiquer dans son CV ? C’est une stratégie glo-bale de recherche d’emploi au même titre que les ex-périences qui ressortent sur un CV. Il faut se poser les bonnes questions : est-ce que j’ai envie d’en par-ler ou pas ? Si on parle de son handicap dans le CV, on s’expose automatique-ment à des questions de la part du recruteur. Il faut alors avoir les bons mots pour parler de son handi-cap. Par contre, il n’est pas nécessaire de mentionner le type de handicap car il ne fait pas l’objet de l’en-tretien. Quand on envoie une candidature, il faut également savoir à qui l’on s’adresse. Dans les grands groupes, le CV d’une per-sonne en situation de han-dicap passe souvent par deux circuits : la mission handicap et le recruteur. Dans une entreprise qui n’affiche pas clairement sa volonté d’embauche de personnes en situation de handicap, quelqu’un qui est en situation de handi-cap peut s’exposer à des stéréotypes en l’indiquant sur son CV. Lors de l’entretien, faut-il parler de son handicap dès le début ? Beaucoup de personnes posent leur dossier médical sur la table dès le début et détaillent parfois beaucoup leur handicap. C’est une fa-çon de se “débarrasser du problème”. Il faut faire at-tention à ne pas employer de termes médicaux trop abstraits mais l’expliquer avec des situations concrètes, en précisant pourquoi ça fatigue, que faire dans ces cas-là … Cela évite une mauvaise compréhension entre l’em-ployeur et le candidat. Quelqu’un qui sait nom-mer sa pathologie peut être perçu positivement car cela veut dire que la personne a déjà pris du re-cul par rapport à son han-dicap. Certains candidats n’en parlent pas du tout lors de l’entretien et c’est d’ailleurs leur droit. La mission handicap conseille aux recruteurs d’aborder la question du handicap comme un élément consti-tutif du CV. Certains ne l’abordent qu’à la fin de l’entretien, comme une formalité administrative, c’est souvent parce qu’ils ne sont eux-mêmes pas à l’aise avec la question. Les aménagements du poste de travail relèvent-ils d’une négociation entre l’employeur et le salarié en situation de handicap ? On parlera plus d’un exercice de compréhen-sion. Les besoins ne sont pas toujours les mêmes pour le salarié. C’est une gymnastique dont l’entre-prise n’a pas l’habitude. Il est important que la dis-cussion continue sur le long terme. Une personne en traitement, médical, par exemple aura des mo-ments où elle sera plus fa-tiguée que d’autres, elle n’aura pas les mêmes be-soins tout au long de l’année. Existe-t-il vraiment beaucoup de différences de comporte-ment entre une personne qui a un handicap visible ou non visible ? Avec un handicap non visible, la personne a tou-jours le choix d’en parler ou non. Mais attention, ce n’est pas parce qu’on voit un handicap que l’on comprend la personne. Il faut que le candidat fournisse les explications nécessaires à la compré-hension de son handicap. Ainsi, par exemple, une personne dans en fauteuil roulant n’a pas forcément que des problèmes d’acces-sibilité, elle peut aussi avoir des douleurs muscu-laires fortes qui la fati-guent. n.dubot-ducloyer www.metrofrance.com “Ne pas employer de termes médicaux pour qualifier le handicap mais l’expliquer avec des situations concrètes.” Karine raguin “Avec un handicap non visible, la personne a le choix de ne pas en parler.” Karin raguin nicolas richoffer/metro focus Le rôle de Pôle emploi Une fois reconnu travail-leur handicapé par la MDPH*, celui-ci doit se tourner vers Pôle emploi afin de trouver un poste adapté. Il pourra alors être orienté vers plusieurs structures dont Cap em-ploi pour l’accompagner en formation ou Handi-pass, une agence de Pôle emploi spécialisée dans le handicap. “Le problème reste le manque d’infor-mation en amont”, selon Anne Roi, responsable du développement d’Unirh, fédération regroupant les CAP emploi d’Île-de- France. Le suivi individuel est privilégié mais un res-ponsable de CAP emploi doit gérer entre 150 et 200 dossiers. Pour retrou-ver du travail, il faut compter en moyenne deux ans et demi. Sans compter que 20 % des tra-vailleurs handicapés sont au chômage : c’est deux fois plus que la moyenne nationale. *MdPh : maison départe-mentale des personnes handicapées. De précieux sites spécialisés Handi-Cv, handijobs, handi-cap- monster. De plus en plus de sites se spécialisent dans la recherche d’emploi pour les personnes en situa-tion de handicap. Comme les sites traditionnels, il suf-fit de cliquer sur l’offre d’emploi qui correspond à son profil. Le candidat peut également y déposer son CV. Seule différence : l’in-ternaute n’a pas besoin d’annoncer à son éventuel recruteur qu’il est handi-capé, vu qu’il est sur un site dédié à cette recherche spé-cifique. “L’existence de tels sites permet de lever le voile sur le handicap, de ne plus le dénigrer ou le consi-dérer comme marginal. Ils sont une bonne interface pour éviter la discrimina-tion et évoquer ouverte-ment un sujet social mais sensible”, indique Philippe Manaël, webmaster de Handi-Cv. Ces sites sont éga-lement une bonne source d’information en matière de législation et d’actualité liées au handicap pour les entreprises et les candidats. “Les recruteurs ont compris que la notion du handicap est complexe et que la traiter seule dans son coin ne suffit plus”, ajoute encore Philippe Manaël. ProPos recueillis Par n.d.-d handi-cv.com, handijobs.fr, handicap.monster.fr “De tels sites permettent de lever le voile sur le handicap, de ne plus le dénigrer… Ils sont une bonne interface pour éviter la discrimination.” PhiliPPe Manaël, webMaster de handi-cv Karin Raguin, responsable chez LVMH. dr
  4. 4. www.metrofrance.com 19 lundi 15 novembre 2010 faujour/iconovox INfoS pRatIqUeS Deux initiatives prometteuses • AssociAtion Arpejeh Depuis 2008, cette association qui regroupe plusieurs entreprises s’est donné pour mission d’aider les jeunes en situation de handicap à accéder au monde du travail. Elle mène plu-sieurs interventions en milieu scolaire à la de-mande des élèves ou des professeurs : animations en milieu scolaire et visites en entreprise pour découvrir des mé-tiers insolites, aide à la recherche de stages, formules de tutorat avec un employé dans une situation de handicap… www.arpejeh.com • BAc pro commerce et BeAuté de l’oréAl Depuis l’année dernière, la sociétéL’Oréal a mis en place un bac pro com-merce (option 2 Il faut en moyenne 2 ans et demi à une personne en situation de handicap pour trouver un emploi. Source UNIRH/Cap emploi. métiers de la beauté) en partenariat avec le groupe Casino. Le but : former une dizaine de jeunes en situation de handicap, tout en leur garantissant un emploi à la sortie de l’école. Une initiative que Michel Forget, directeur de la diversité à L’Oréal, veut renouveler en 2011, voire élargir à d’autres secteurs d’activité tels que la distribution ou la fabrication. www.loreal.fr
  5. 5. lunid 15 novembre 2010 dossier 20 www.metrofrance.com l’emploi des personnes handicapées Sébastien Caillarez travaille à l’accueil d’un hôtel Ibis à Paris. Il a un handicap visuel important. Des aménagements de son poste ont dû être eFectués pour qu’il puisse exercer son métier dans de bonnes conditions. Aujourd’hui, Sébastien est complètement autonome sébastien, un salarié (presque) comme un autre ôtel Ibis Paris Berthier Sébas-tien bonjour”, annonce Sébas-tien Caillarez en décrochant le téléphone. Comme tous les autres employés de la récep-tion, Sébastien répond au téléphone, prend les réser-vations, renseigne les clients. Rien d’exceptionnel pour son métier sauf que tout ce qu’il entreprend lui demande plus d’efforts de concentration car il a un handicap visuel important. Les clients n’y prêtent pas souvent attention car Sébas-tien réagit, la plupart du temps, comme ses col-lègues. “Parfois je suis plus lent, le plus dur c’est les tickets de réservation écrits en tout petit,” confesse-t-il. Justement, un client arrive avec le fameux ticket de ré-servation. Le réceptionniste est obligé de l’approcher très près de ses lunettes pour pouvoir lire. “Certains s’impatiente, un jour on m’a dit ‘il faut changer de lunettes’”, se rappelle-t-il non sans regret. Depuis tou-jours, sa vision est faible. “Il faut bien que je vive et tra-vaille avec”, commente-t-il. Après avoir passé un bac technologique d’hôtellerie, le jeune homme qui a au-jourd’hui 24 ans, a testé plu-sieurs métiers grâce à des stages. “En cuisine, c’était trop dur pour moi, il fallait que je fasse attention à tout. En service, je ne voyais pas tous les obstacles”, se sou-vient- il avec un petit sou-rire. Au final, il a opté pour le métier de réceptionniste. Avant d’être embauché à l’hôtel Ibis, il avait déjà es-suyé plusieurs refus. “L’en-tretien se passait bien, se souvient-t-il, puis quand je disais mon handicap on me répondait, ‘là ça va coin-cer’”. Des moments diffi-ciles à encaisser pour Sébastien. S’il est vrai que le groupe Accor, dont fait partie l’hô-tel Ibis où travaille Sébas-tien, n’a pas atteint le quota obligatoire de 6 % de sala-riés en situation de handi-cap (à ce jour, il n’enregistre que 3,74 %), il semble qu’il y ait une volonté de s’adap-ter. Avant son arrivée, il y a huit mois, Sébastien avait rencontré son futur chef de réception et lui avait exposé ses besoins. Résultat : on lui a installé un logiciel grossis-sant sur les ordinateurs et les feuilles de briefing avec les instructions de la jour-née sont photocopiées en A3 pour qu’il puisse les lire. Des mesures qui ont changé les habitudes de travail de ses collègues et qui auraient pu devenir source de ten-sions. Mais, prévenus à l’avance de son handicap, ils se sont tous soudés autour de lui. “Il est très mi-nutieux et réalise les en-caissements avec beaucoup d’attention”, commente La-tifa Karaoui, une de ses col-lègues. Pendant ce temps, à la réception, le jeune homme a toujours du mal à lire le ticket, sa collègue ar-rive discrètement pour l’ai-der. “Ils sont si prévenants que je me dis parfois que certains doivent être jaloux”, plaisante Sébastien. n.Dubot-Ducloyer www.metRofRance.com infoS pratiqueS Que dit le code du travail ? • le statut de travailleur handicapé Ce statut n’est pas re-connu de manière auto-matique. Ainsi, il faut le demander à la CDAPH (commission des droits et de l’autonomie des per-sonnes handicapées) sur présentation d’un dossier. • le handicap fait partie de la vie privée Un salarié handicapé n’est en aucun cas tenu de révéler son handicap. Son unique obligation, comme pour tous les sala-riés, est de passer la visite médicale d’embauche qui attestera de son aptitude à occuper l’emploi pour lequel il a été embauché. • les motifs de discrimination Une personne ne peut pas être sanctionnée ou même licenciée au motif qu’elle est handicapée. De plus, le handicap ne peut en aucun cas constituer un refus d’embauche. Si c’est le cas, l’employeur s’expose à des sanctions pour discrimination. • le droit du travail reste le même Le salarié en situation de handicap a un salaire, une période d’essai, ou encore des congés iden-tiques à ceux d’une per-sonne valide. Seule diffère la durée du préavis de licenciement, qui est doublée dans la limite de trois mois. plus d’infos sur www.juritravail.com “Pour le moment, j’habite loin et je viens en métro. Au début c’était difficile de se repérer mais maintenant je connais le trajet par coeur.” SébaStien H nicolas RichoffeR/metRo n.R/metRo
  6. 6. l’emploi des personnes handicapées Vincent Angel, psychologue du travail “attention à la surempathie” Quand une personne en situation de handicap arrive au sein d’une équipe de tra-vail, il peut y avoir des ten-sions. Vincent Angel, psychologue du travail*, ex-plique comment réagir face à un collègue en situation de handicap. Quand une personne avec un handicap arrive dans l’entre-prise, doit-on lui en parler ? Cela dépend si la per-sonne qui a un handicap a déjà abordé le sujet. On est dans le domaine de l’in-time. Si, en amont de l’ac-cueil d’un collègue handicapé, l’équipe a une formation, l’intégration peut bien se passer. Le pro-blème c’est qu’aujourd’hui, les salariés ne sont pas assez préparés à la façon de réagir et manquent souvent de sa-voir- vivre. Ils jugent les comportements de l’autre www.metrofrance.com 23 lundi 15 novembre 2010 dossier et ils ont des stéréotypes dans la tête. Ils pensent qu’une personne en situa-tion de handicap est plus lente, moins compétente. Faut-il faire plus attention à un collègue en situation de handicap ? On pense souvent que cette personne a besoin d’as-sistance mais il ne faut pas anticiper ses besoins. Celle-ci cherche souvent plus d’au-tonomie. Certains collègues développent une surempa-thie. On pense que celui en situation de handicap a be-soin de parler de ses pro-blèmes. On ne ferait pas ça pour une personne “valide”. Le relationnel prend souvent le pas sur le professionnel. Est-il plus difficile de s’inté-grer avec un handicap non visible ? Les salariés avec un han-dicap non visible suppri-ment souvent leurs émotions. Pourtant, même avec un handicap non visi-ble, elles sont confrontées à des choses qu’elles ne peu-vent plus faire au travail. Le temps d’intégration dans une équipe est-il plus long pour une personne en situation de handicap ? Les entreprises vou-draient des gens qui soient tout de suite capables d’in-tégrer les postes avec la motivation et les connais-sances. Avec une personne en situation de handicap, il faut un temps d’adaptation plus long, avec un aménage-ment progressif du poste de travail. Les problèmes d’intégration sont-ils fréquents ? Souvent, on demande au salarié en situation de han-dicap d’effectuer des tâches périphériques. Par exemple, une assistante maternelle dans une école doit aussi faire le ménage en plus de sa tâche éducative. C’est une tâche en plus, impossi-ble à réaliser pour elle. Un salarié en situation de han-dicap est embauché pour un coeur de métier dont il a les compétences. Le travail doit se réorganiser autour, car si c’est mal fait, cela peut créer des tensions. Les autres salariés estiment alors que leur collègue han-dicapé n’est pas capable. A contrario, une personne handicapée peut vouloir montrer encore plus de compétences, même si elle est dans l’incapacité de le faire. n. dubot-ducloyer www.metroFrAnce.com *egalement doctorant en psy-chologie du travail au labora-toire de psychologie cognitive et sociale de l'université de nice-sophia Antipolis michel bernouin/metro subventions : un système detourné Corinne, 43 ans, assistante comptable de la fonction publique, discriminée à cause de son handicap. “J’ai été licenciée en 2004 pour inaptitude au poste de caissière. Mon entreprise avait ob-tenu des subventions car j’étais une travailleuse handicapée mais elle n’avait jamais aménagé mon poste de travail. A la suite de mon licencie-ment, j’ai saisi la Halde. J’ai obtenu gain de cause. J’ai retrouvé un emploi et, une fois de plus, ils ont eu des subventions et n’ont rien fait. Cette fois, je n’ai pas ressaisi la Halde car les procédures sont trop longues. Certains em-ployeurs sont très profi-teurs de la loi sur le handicap. Ce n’est pas le CV qui les intéresse mais les subventions qu’ils vont obtenir.” les mentalités évoluent Chantal, 56 ans, professeure des écoles. “A la suite d’un accident en 1979, j’ai eu de grosses difficultés à marcher à cause de ma cheville. Je suis quand même retour-née travailler en béquilles. Il y avait des escaliers, per-sonne ne s’en préoccupait. Je ne me plaignais pas, je m’arrangeais pour que mon handicap se voie le moins possible, c’est long d’admettre qu’on a un problème. Il y a seulement trois ans, j’ai demandé ma reconnaissance de travail-leur handicapé. J’ai ob-tenu deux demi-journées de repos et un siège pour faire la classe assise. J’ai noté une légère évolution dans les mentalités de mes collègues, mais on me de-mande toujours si mon handicap est réel car il y a des jours où je marche mieux. Je suis très fatiguée et je ne sais pas si je vais pouvoir aller jusqu’à la retraite.” communiquer entre collègues Florence, 26 ans, équipière polyvalente chez Quick. “Je suis sourde mais je n’ai pas de difficultés par rap-port à la communication, car j’utilise le langage des signes et j’écris. Je suis ve-nue à Paris dans l’espoir de trouver un emploi car je n’essuyais que des refus chez moi dans le Sud- Ouest. Un jour Quick m’a appelée et m’a proposé de m’embaucher en CDI. Au début, je n’avais pas l’ha-bitude de communiquer avec mes collègues. Main-tenant tout se passe nor-malement. On ne me parle jamais de mon han-dicap. On a aménagé mon poste de travail en m’ins-tallant un biper de mes-sage pour me signaler qu’il y a des clients au drive, qu’il faut que je re-vienne au comptoir ou que je fasse le ménage par exemple. Je dis ‘bonjour-au revoir’ aux clients en langage des signes. Souvent, ils n’osent pas me répondre par les signes et me font un sourire.” Vos témoignages “Certains employeurs ne sont pas intéressés par un CV mais par les subventions qu’ils vont obtenir.” corinne, licenciée à cAuse de son hAndicAp “Avec une personne en situation de handicap, le relationnel prend souvent le pas sur le professionnel.” vincent Angel, psychologue du trAvAil
  7. 7. Jeunes diplômés : un job malgré la crise Lors de la crise, les jeunes diplômés ont été les actifs les plus touchés par le chô-mage en France. Mais depuis la fin de l’année 2009, une tendance se con-firme : le chômage des 15- 24 ans recule (- 0,8 points). Une amélioration qui cependant reste fragile. “Malgré tout, je suis moins pessimiste pour l’em-ploi jeune qu’à la même date l’an dernier, indique Christian Darantière, direc-teur délégué de l’Afi. Il y a des signes très timides de reprise de l’embauche, ce qui permet de freiner la chute.” Pour Mathieu Plane, économiste à l’OCDE (Organisation de coopéra-tion et de développement économiques), si le taux de chômage a légèrement baissé, c’est à cause de la reprise des emplois intéri-maires et des petits bou-lots : “Les jeunes sont cinq fois plus représentés dans les emplois précaires. Les entreprises restent frileuses et préfèrent embaucher des intérimaires.” Autre phéno-mène : les 15-24 ans sont souvent prêts à accepter des postes en dessous de leurs compétences. “Prendre un emploi non qualifié entraîne un risque de déclassement. C’est ensuite beaucoup plus dur de remonter au niveau de son diplôme. Il faut faire atten-tion à ne pas rester trop longtemps dans son petit boulot”, conseille Christian Darantière. Mais ne pas accepter un “petit boulot” peut entraîner des soucis financiers. En dessous de 25 ans, très peu de jeunes diplômés ont en effet accès au RSA (revenu de solidarité active), car il faut avoir tra-vaillé En France Le taux de chômage, par tranche d’âge… deux ans à temps 50 % plein dans les trois der-nières années, ce qui est rarement le cas des jeunes sortant des études. LES DOSSIERS de Population la plus fragile face au chômage, les jeunes diplômés sont aussi les premiers touchés par la crise Avec la légère reprise de ces derniers mois, leur avenir pourrait s’éclaircir Qu’en est-il vraiment ? N. DEBOT!DUCLOYER WWW.METROFRANCE.COM CORBIS Depuis la fin 2009, le chômage des 15-24 ans recule. metrofrance.com supplément LUNDI "# SEPTEMBRE "#$# “Faire du bénévolat quand on est jeune diplômé et sans emploi permet d’élargir son réseau relationnel et professionnel.” CHRISTIAN DARANTIÈRE, DIRECTEUR DE L’AFIJ 0 23,3 8,4 6,1 !"#$% &'( !"#$% &'( ") &'( *+ + !e SEMESTRE !"#" $ L’INSEE. Retrouvez l’intégralité du dossier sur notre site metrofrance.com/ jeunesdiplomes
  8. 8. LUNDI 20 SEPTEMBRE 2010 plus 20 www.metrofrance.com Sachez bien utiliser les réseaux sociaux Facebook, Viadéo… les jeunes diplômés ont tout intérêt à les exploiter pour leur recherche d’emploi Mais attention, il y a des règles à respecter • FACEBOOK, COPAINS D’AVANT… Etudiants, jeunes diplô-més… La majorité des 15- 24 ans a un profil Facebook. Entre photos de soirée et réelle motivation d’em-bauche, mieux vaut faire at-tention à ne pas raconter toute sa vie sur son “wall”. “ Je conseille d’avoir deux profils : un professionnel et un pour les amis”, préco-nise Frédéric Canevet, res-ponsable de conseil-marketing. fr. S’il est vrai que Facebook regroupe 20 millions de Français, ce n’est pas pour autant plus facile de trouver la bonne personne à contacter pour un emploi. “Le mieux est de combiner les réseaux so-ciaux en utilisant aussi Co-pains d’avant, par exemple, pour recréer un réseau”, continue Frédéric Canevet. Les anciens camarades d’école peuvent alors deve-nir des professionnels inté-ressants. Un jeune diplômé croit souvent ne pas avoir de réseaux. C’est faux. Sur les réseaux sociaux, il re-trouvera toujours quelqu’un qu’il connaît. • LES RÉSEAUX SOCIAUX PROS Pour une recherche d’em-ploi dans les règles, mieux vaut opter pour des réseaux sociaux professionnels. “Au-jourd’hui, c’est devenu une étape incontournable. Les jeunes diplômés doivent constituer et animer un ré-seau Internet sur du long terme”, conseille Nicholas Vieuxloup, porte-parole de viadeo.fr. Dès sa première année d’études, il ne faut pas hésiter à créer son pro-fil avec une photo, son cur-sus scolaire, sa participation à des projets… Tous les moyens sont bons pour se présenter. “Un profil pauvre et jamais renouvelé a peu de chances d’être contacté”, constate Nicholas Vieuxloup. Plus international, le ré-seau professionnel Linkedln regroupe des employeurs du monde entier. Pour ceux qui souhaitent trouver du travail à l’étranger et plus spécialement aux Etats- Unis, ce réseau est très effi-cace. Autre site : Xing.fr, plateforme d’origine alle-mande qui permet égale-ment de rentrer en contact avec les recruteurs d’outre- Rhin. Que ce soit pour pos-tuler en France ou ailleurs, participer à un réseau social implique des codes à respec-ter : “Il faut appliquer les mêmes règles de politesse que dans la vraie vie, insiste Nicholas Vieuxloup, on dit bonjour, s’il vous plaît, au revoir.” Les réseaux sociaux peuvent faciliter la recherche d’emploi. CORBIS CV VIDÉO OU CV CLASSIQUE QUEL EST LE PLUS EFFICACE ? Le CV vidéo n’est pas tou-jours un exercice facile à réaliser. Mieux vaut parfois privilégier le bon vieux CV écrit. Jacques Froissant, fon-dateur du cabinet de recru-tement Altaïde, donne ses conseils. • LE CV VERSION “ÉCRITE” Pour qui ? Pour tous. Des jeunes di-plômés aux seniors. Comment l’envoyer ? Par mail. Il est beaucoup plus facile de les transférer dans les services de l’entre-prise sous cette forme. Les CV “écrits” sont-ils gardés ? Beaucoup d’entreprises ont des bases de données où les CV sont stockés. Combien de temps le recru-teur prend-il pour le lire ? Il le lit en à peine une mi-nute. Si c’est un CV bien écrit, il voit ce qui l’inté-resse tout de suite. • LE CV VIDÉO Pour qui ? Principalement, pour les métiers de l’informatique mais, attention, il faut être très bon en graphisme et à l’aise avec le maniement de la vidéo. Quels sont les risques du CV vidéo ? C’est le risque d’être très mauvais. Seulement cinq ou six candidats se démar-quent par an. Combien de temps le recru-teur prend-il pour le lire ? Il faut au moins trois mi-nutes pour lire un CV vi-déo. C’est plus long que de lire un CV normal. Faut-il se lancer dans le CV vidéo ? Le CV dit “classique” fonc-tionne encore bien. Le CV vidéo n’intéresse pas spé-cialement les recruteurs. RECUEILLIS PAR N.D.!D A vos blogs ! FILON. Pour se faire connaître, un blog est une bonne vitrine. Poster ses travaux réalisés pen-dant ses études, ses pro-jets, son CV sur son blog permet à un employeur de mieux connaître son éventuel futur employé. “Il faut savoir se faire dé-sirer en tant que produit et utiliser tous les canaux virtuels qui existent”, insiste Frédéric Canevet, responsable de conseil-marketing. fr. Et souvent ça marche, comme Elisa qui s’est vu proposer un entretien d’embauche à la suite de l’ouverture de son blog. “Le réseau virtuel est un moyen de nouer des relations effica-cement”, commente-t-elle. Et pour les jeunes diplômés, utiliser Inter-net est rarement un pro-blème. Alors, à vos blogs ! RECUEILLIS PAR N.D.!D Zoom DR N. DEBOT!DUCLOYER WWW.METROFRANCE.COM Et Twitter ? A la première approche Twitter ne paraît pas très simple d’utilisation. Une fois le langage assimilé – beaucoup d’informations en très peu de mots –, il peut s’utiliser pour faire part de son actualité professionnelle en temps réel. Beaucoup d’offres d’emploi dans le domaine de l’informatique et de l’Internet sont d’abord postées sur Twitter puis sur les sites d’offres d’emploi. Il suffit juste de suivre (“follow” en langage Twitter) les bonnes personnes. 5 % Sur 200 000 personnes inscrites à viadeo.fr, 5 % d’entre elles sont des jeunes diplômés. Un cadre sur deux parisien est inscrit sur viadeo.fr. Linkedln compte 70 millions de membres. “Je conseille d’avoir deux profils : un pro et un pour les amis.” FRÉDÉRIC CANEVET, RESPONSABLE DE CONSEILMARKETING.FR “Si un CV est bien écrit, l’employeur voit ce qui l’intéresse tout de suite.” JACQUES FROISSANT DR
  9. 9. LUNDI 20 SEPTEMBRE 2010 plus “L’Angleterre offre plus de chances” “C’est avec Erasmus au pays de Galles que j’ai eu le coup de coeur pour la Grande-Bre-tagne. Je suis quand même rentrée en France pour faire un master de traduction à Lille mais ça ne me plaisait pas vraiment et je suis re-partie tenter ma chance dans une université an-glaise l’année d’après”, pré-cise Lucie. “J’ai obtenu mon master de traduction et d’interprétariat en 2007 à l’université de Bath. En-suite, pendant dix mois j’ai travaillé comme serveuse avant de trouver le job de mes rêves ! Je suis désor-mais traductrice chez Sony. L’Angleterre donne plus de chances aux jeunes diplô-més et c’est pour ça que je suis restée. J'ai vu les oppor-tunités qui se présentaient à la sortie de mon master et je me suis dit : ‘Jamais je trouverais ça en France, sur-tout à la sortie de la fac.’ Ici, quand tu as un di-plôme anglais et que ta DR langue maternelle est le français, tu as forcément un job à la clé. Et puis, les sa-laires sont bien plus élevés et les possibilités d’évolu-tion aussi. Si je décidais de rentrer travailler en France, il faudrait d'abord que je consacre plusieurs mois à ma réintégration à la cul-ture française !” N.D!D 22 www.metrofrance.com Partir à l’étranger, la bonne pioche ? Pascal, !" ans, est parti travailler au Canada avant de revenir en France Lucie, !# ans, travaille depuis deux ans en Grande-Bretagne Parcours croisés de jeunes diplômés qui ont choisi de s’expatrier Ces secteurs qui recrutent Le recrutement des jeunes diplômés redémarre timide-ment mais pas pour tous les métiers. Metro a demandé à Laurence Bricteux, direc-trice marketing du site de recherche d’emploi en ligne Monster, quels sont les sec-teurs qui embauchent le plus en ce moment. • LE SECTEUR DE L’ÉNERGIE L’énergie est un gros pour-voyeur d’emplois mais il existe peu de diplômes dans le domaine. Les entreprises de l’énergie embauchent souvent des jeunes qui ont un diplôme d’ingénieur et qui ont fait une spécialisa-tion dans l’énergie. • LES SECTEURS EN RECHERCHE DE “JEUNES PROFILS” On n’y pense peu mais le commerce en ligne recrute beaucoup de candidats. Pas besoin d’avoir énormé-ment d’expérience pour ces types de postes, les di-plômes demandés sont gé-néralement moins élevés que dans le secteur du com-merce “classique”. La santé et le tourisme embauchent également beaucoup de jeunes diplô-més. Selon les études sui-vies (du BEP au master), les embauchés ont souvent moins de 25 ans. • LES SECTEURS DITS “CLASSIQUES” Les métiers de la finance, de la banque et aussi de la communication n’hésitent pas à embaucher des jeunes diplômés. Avant d’être défi-nitivement installés dans l’entreprise, ils ont souvent effectué un stage et un ou plusieurs CDD. “Une entrée classique dans ces secteurs”, selon Laurence Bricteux. Les collectivités territo-riales bénéficient égale-ment d’un grand vivier de jeunes tout juste sortis de leur formation. Ces derniers ont souvent été stagiaires au sein de la collectivité avant d’être embauchés. Du côté des grandes en-treprises, le recrutement des jeunes diplômés re-prend. S’ils ont peu d’expé-rience, ce n’est pas forcément un problème car les entreprises les intègrent souvent dans des processus de recrutement afin de les former. N.D!D “Le Canada m’a rendu plus mobile” “En mai 2009, je suis parti de Marseille pour aller à Montréal. J’avais obtenu mon diplôme de master en économie des entreprises depuis deux ans et demi et je travaillais comme con-seiller de clientèle dans une agence bancaire. J’ai dé-marré dans la vie active tout de suite après l’université et j’ai ressenti le besoin de vi-vre une expérience à l’étran-ger pour découvrir autre chose”, explique Pascal. “Le déclic est venu d’un ami d’enfance qui était parti au Canada avec un visa permis vacances travail (PVT). Ce visa autorise un Français à travailler un an partout au Canada. Là-bas j’ai fait quelques petits bou-lots via des agences d’inté-rim. Vivre à Montréal m’a permis de partager une co-location avec des Québé-cois, des Mexicains et des Français. J’ai passé des mois inoubliables. Je n’étais pas parti dans l’esprit d’immi-grer mais plutôt pour faire une pause. S’il est vrai qu’au Canada, les salaires sont plus élevés à un niveau d’études équivalent, il faut décrocher ses diplômes dans le pays d’accueil pour pouvoir prétendre à des postes à responsabilité, et les universités coûtent très cher. Je suis rentré en France en décembre 2009 et j’ai trouvé du travail rapide-ment dans une compagnie d’assurances à Lyon. Travail-ler au Canada m’a rendu plus mobile et je suis proba-blement plus adaptable maintenant.” N.D!D “Il faut décrocher ses diplômes dans le pays d’accueil pour pouvoir prétendre à des postes à responsabilité.” PASCAL DR “Ici, si tu as un diplôme anglais et que tu parles français, tu trouves forcément un job.” LUCIE En chiffres Ils embauchent les jeunes diplômés. 19 6 3 1 "#$%&'#" !"#$%&'!( )O&(++('!( ,-"%&'$,&!-" ./'!,$+&$'( 71 Pascal, 27 ans, jeune diplomé, a travaillé au Canada pour acquérir de l’expérience. Lucié, 27 ans. !""# $ INSEE En pourcentage
  10. 10. !" plus www.metrofrance.com !"#$% &' ()*+),-.) &'/' “PENDANT L’ENTRETIEN, RESTEZ SPONTANÉ !” Savoir mettre en valeur son CV, bien négocier son premier salaire... Amélie Fray, responsable des res-sources humaines pour Leroy Merlin, nous conseille pour passer avec succès l’étape de l’entretien d’embauche Comment préparer son pre# mier entretien d$embauche ? Il est crucial que le jeune diplômé se renseigne sur l’entreprise. Il doit faire le point sur les métiers et les postes proposés, et mettre en relation son parcours et son expérience profession-nelle par rapport au poste auquel il postule. Recherchez-vous des candidats via les réseaux sociaux ? Nous comptons en fait beaucoup sur les réseaux sociaux traditionnels. Notre sourcing reste avant tout les sites d’emploi et de recrutement. La cooptation est également un moyen de recruter. Comment le jeune diplômé peut-il mettre son peu d’expérience en valeur aux yeux du recruteur ? Dans un CV, il ne faut jamais oublier la partie “centres d’intérêt”. Au cours de l’entretien d’em-bauche, si le jeune n’a pas d’expérience profession-nelle, il pourra néanmoins partager ses expériences sportives ou associatives. Il témoignera ainsi de qualités comme l’esprit d’initiative, d’ouverture, d’adaptabilité et de sou-plesse, ce qui facilitera, pour le recruteur, la mise en perspective sur le poste. Avoir eu des expériences professionnelles aupara-vant est bien sûr toujours un plus sur une candida-ture, même si ce sont des jobs d’été. Comment un jeune diplômé doit#il se comporter en entretien d$embauche ? Mieux vaut rester simple, sincère et spon-tané. Un jeune trop sûr de lui, alors qu’il n’a que peu d’expérience, ne sera pas forcément bien perçu par le recruteur. Si lors d$un entretien un candidat panique, quels conseils lui donneriez#vous ? Le tout premier entretien peut être parfois anxiogène. Le candidat doit continuer de montrer son intérêt pour le poste, rester concentré, à l’écoute, et reformuler les questions s’il ne com-prend pas. Combien de temps dure un entretien au sein de votre entreprise ? Tout dépend des régions et du poste, mais cela va généralement de 45 minutes à une heure. Comment bien négocier son premier salaire ? Ce n’est surtout pas une question à aborder de prime abord avec le recru-teur ! C’est mieux pour le candidat d’aborder la ques-tion à la fin de l’entretien et, si possible, d’attendre que le recruteur la pose. A compétences égales, qu$est#ce qui fait, pour vous, la différence entre deux candidats ? L’esprit d’entreprise, le goût de l’autonomie et le sens des responsabilités feront la différence. Une ouverture d’esprit et la volonté de grandir au sein de l’entreprise sont aussi très importantes. La mobilité géographique est#elle un atout chez un jeune diplômé ? La mobilité ouvre un champ des possibles important. Je conseille d’avoir une vraie réflexion sur la mobilité, elle permet d’évoluer plus facilement au sein d’une entreprise. “Mieux vaut aborder la question de la rémunération en fin d’entretien.” AMÉLIE FRAY “Un jeune trop sûr de lui, alors qu’il n’a que peu d’expérience, ne sera pas forcément bien vu par le recruteur.” AMÉLIE FRAY N. DEBOT!DUCLOYER WWW.METROFRANCE.COM NICOLAS RICHOFFER/METRO Amélie Fray, responsable des ressources humaines. Salaires de débutants, quelques exemples Faire son stage aux... Nations unies ASSOCIATION. Pour un jeune sans relations, ni vraies ressources finan-cières, partir à l’étranger pour effectuer un stage dans une organisation internationale, comme l’ONU, reste un rêve inaccessible. Créée en 2010, l’association ARIEtta souhaite faire bouger les choses. Elle se donne pour but d’aider les jeunes à découvrir l’univers de ces grandes structures prestigieuses. ARIEtta, imaginée par la Mission des fonction-naires internationaux, souhaite, à terme, deve-nir un vivier pour facili-ter la relève des Français servant dans les organisa-tions internationales. Fin 2010, ARIEtta espère être en mesure d’offrir une di-zaine de bourses à des jeunes, en master II, ayant candidaté et étant retenus par une organisa-tion pour y faire un stage de quatre à six mois. N.D.!D Plus d’infos www.arietta.fr et www.diplomatie.gouv.fr/mfi En bref CORBIS • Secrétariat de direction Rémunération globale brute : 23 430 euros par an. Niveau de diplôme : BTS, licence ou maîtrise. La connaissance d’une ou de plusieurs langues étran-gères est importante. • Assistant marketing Rémunération globale brute : 24 280 euros par an. Niveau de diplôme : master dans une école de commerce ou une école d’ingénieurs. • Ingénieur technico-commercial Rémunération globale brute : 32 890 euros par an. Niveau de diplôme : BTS ou DUT. • Assistant achat Rémunération globale brute : 21 000 euros par an. Niveau de diplôme : BTS, licence ou master dans une école de com-merce ou d’ingénieur. C’est une fonction très accessible aux jeunes diplômés. • Assistant export Rémunération globale brute : 20 540 euros par an. Niveau de diplôme : licence ou master dans une école de commerce ou d’ingénieurs. • Assistant RH Rémunération globale brute : 21 620 euros par an. Niveau de diplôme : mas-ter 1 ou 2 dans une école de commerce, à l’univer-sité ou dans un IEP (insti-tut d’études politiques) • Juriste d’entreprise Rémunération globale brute : 30 150 euros par an. Niveau de diplôme : master 1 ou master 2 avec une spécialisation dans le domaine d’activité de l’en-treprise. N.D.!D Infos sur www.guide-des-salaires. com. Les nouveaux chiffres de l’Apec sur les jeunes diplômés pour "##$ paraîtront le "$ septembre. BANQUE ET ASSURANCE COMMERCE RESSOURCES HUMAINES JURIDIQUE
  11. 11. www.metrofrance.com 23 lundi 21 mars 2011 Il a écrit Tant d’histoires pour un fauteuil “La discrimation, j’y fais face tous les jours” Michaël Jérémiasz, 29 ans, est handicapé depuis dix ans suite à une mauvaise chute de ski. Un accident qui ne l’a pas empêché de devenir joueur de tennis professionnel en fauteuil. Aujourd’hui, il milite pour que les personnes en situa-tion de handicap soient plus autonomes, y compris au travail. Il a créé une asso-ciation “Comme les autres” et a co-écrit un livre : Tant d’histoires pour un fauteuil, (Michel Lafon). Rencontre. Pour vous, quelle sont les rai-sons qui peuvent empêcher une personne en situation de handicap de trouver sa place dans le monde du travail ? Ce sont les problèmes d’accessibilité. Les per-sonnes en situation de han-dicap on peu d’accès à l’emploi car l’accès à la plupart des entreprises est compliqué et les postes de travail sont rarement amé-nagé. L’autre problème c’est la sous-qualification des personnes en situation de handicap. Vous parlez de sous-qualifica-tion, pensez-vous que les personnes en situation de handicap ont du mal à accéder à l’éducation ? Oui. Dès l’enfance, ces personnes sont rassem-blées dans des établisse-ments spécialisés, elles n’ont pas accès à la société. Dès l’école, elles sont dis-criminées. Si on mettait des valides et des handica-pés dans les mêmes classes, ils seraient capa-bles plus tard, de travailler efficacement ensemble dans les entreprises. Au travail, quels sont les principaux problèmes que rencontre un salarié en situation de handicap ? Souvent, les autres sala-riés ne savent pas com-ment réagir. Ils sont mal à l’aise car ils ont du mal à comprendre la différence. Le problème vient aussi du manque d’informations. Il faudrait des conférences sur le handicap en entre-prise, de la sensibilisation dans les écoles … Certaines actions sont déjà menées dans ce sens mais elles sont minimes. Il faut mon-trer que le handicap est aussi synonyme de mala-die, de souffrance. Il y a des comportements à adop-ter face à ça. Etes-vous souvent discriminés en tant que personne en situa-tion de handicap ? Malgré mon statut de sportif professionnel où je suis reconnu comme handicapé, la discrimina-tion, j’y fais face chaque jours. Parfois, j’ai des fa-veurs comme le jour où un policier ne m’a pas verba-lisé quand il a vu mon fau-teuil, d’autre fois, les personnes adoptent des comportements gênants pour moi, en me touchant la tête par exemple. Pensez-vous que la lutte contre les discriminations au travail est encore un long combat ? Oui, beaucoup de personnes en situation de handicap sont au chômage. La loi handicap de 2005 n’est pas assez forte pour changer les choses. Et beaucoup de salariés n’osent pas se déclarer travailleur handicapé par peur de perdre leur boulot ou de ne plus être traités normalement. noémie d.-ducloyer www.meTRofRance.com michel lafon Michaël Jérémiasz.
  12. 12. www.metrofrance.com Lundi 21 mARs 2011 plus Sur les bords du canal Saint-Martin à Paris, La Ruche est un espace collaboratif où les entrepreneurs sociaux A l’heure du déjeuner, les résidents de La Ruche échangent leurs bonnes pratiques . zOé duCOuRNAu /METRO viennent résider. Metro les a rencontrés à l’occasion de leur déjeuner du vendredi. À La Ruche, les idées bourdonnent omme tous les ven-dredis à midi, la plupart des rési-dents de La Ruche viennent “buzzer” pendant le déjeuner. Dans la cuisine, lieu convivial où les idées fusent à longueur de journée, chacun apporte sa bonne nouvelle de la se-maine en faisant retentir une petite sonnette. Autour de la table : que des entre-preneurs sociaux. “Le par-tage est très important, commente Charlotte Hoch-man, la créatrice de La Ruche. Les entrepreneurs doivent se sentir comme chez eux.” Elle a importé ce concept des pays anglo-saxons. “En revenant en France il y a trois ans, je trouvais qu’il manquait un espace pour les innovations sociales. Je voulais lier les gens aux initiatives sépa-rées”, explique-t-elle. Café dans une main et portable dans l’autre, Gil-berte Caron semble à son aise. Elle est la créatrice de Fil rouge conseil et média-tion, une entreprise de ressources humaines “lu-diques”. Elle a rejoint La Ruche en juin dernier avec 16 autres entrepreneurs so-ciaux. Aujourd’hui, La Ruche compte plus de 80 ré-sidents. “Malgré des critères très sélectifs, on est tou-jours plein”, continue Char-lotte Hochman. Pour être admissible, il faut avoir un projet social innovant qui répond à un défi de société. C’est le cas de Malik Badsi, 26 ans, qui a créé L’entre-prise Yoola afin de rendre accessibles les évÉnements sportifs aux personnes en situation de handicap. Pour son premier projet, il a or-ganisé un voyage en Afrique du Sud pour la Coupe du monde de football. Un évé-nement qui fut un réel suc-cès. Pour ce jeune entrepre-neur, travailler à La Ruche lui a permis d’agrandir son réseau. “Le fait d’être ici ou-vre des portes, on partage nos savoir-faire”, s’enthou-siasme- t-il. Dans l’open space de 600 mètres carrés au décor de bois et de verdure, beaucoup d’entreprises tra-vaillent sur le thème de la diversité. Certaines ont pris tellement d’importance qu’elles ont dû partir de La Ruche. Comme Mozaïk RH, un cabinet de recrutement spécialisé créé par Saïd Hammouche. Son objectif : dénicher “les vrais talents” dans les quartiers de ban-lieues. Ceux qui ont fait des études mais qui n’ont au-cun réseau. “Ces jeunes sont souvent confrontés aux préjugés, explique Ma-riam Khattab, la responsa-ble du recrutement de MozaÏk RH, nous les accom-pagnons dans leur dé-marche pour trouver un emploi et les recruteurs sont souvent épatés par la variété des profils.” Au-jourd’hui, le modèle écono-mique sociale et solidaire de La Ruche a prouvé qu’il fonctionne et d’autres struc-tures semblables devraient naître en France avec des entrepreneurs tout aussi en-thousiastes qu’à Paris. Comme autour de cette ta-ble du déjeuner où l’assem-blée a grossi et où les bonnes nouvelles ne s’arrê-tent plus. Passer une journée à La Ruche c’est comme avoir butiné des idées toute la journée. C noéMie d.-ducloyer www.METROFRANCE.COM Des clés pour aller vers l’entrepreneuriat social Comment lancer son en-treprise solidaire ? Cathe-rine Leroy -Jay, membre d’Ashoka, une organisa-tion internationale qui participe à la structura-tion et au développement du secteur de l’entrepre-neuriat social, donne ici quelques conseils. • Qu’est-ce qu’un entrepre-neur social ? Il intervient dans des domaines variés comme la santé, l’éducation, la lutte contre les discriminations etc. Son objectif premier n’est pas le profit mais la résolution d’un problème sociétal. • Quel profil faut-il avoir pour être un bon entrepre-neur social ? Les études importent peu. Le plus important, c’est d’être novateur et avoir envie de changer les choses. • Quelles compétences parti-culières doit avoir un entre-preneur social ? Il doit avoir les mêmes compétences que tout en-trepreneur, comme la vi-sion à long terme, la téna-cité, etc. Mais il doit aussi faire preuve de désintéres-sement et d’altruisme. • Faut-il un budget consé-quent pour se lancer dans l’entrepreneuriat social ? Il faut surtout y consa-crer beaucoup de temps et d’énergie. Il existe de plus en plus de fonds de sou-tien pour les entrepre-neurs sociaux qui démarrent, notamment au niveau régional. Plus d’infos sur www.ashoka.asso.fr “Grâce à La Ruche, je peux donner vie à mon projet en faveur des personnes en situation de handicap.” Malik Badsi spécial diversité

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