1  AFRIC’ARTProjet culturel et pédagogique : Conférences, concertsRésidences artistiques de Daouda NDIAYE et Meïssa MBAYE
Disque de Meïssa Mbaye, auteur-compositeur-interprète. Ces textes ont été sé-lectionnés et traduits par Daouda Ndiaye, poè...
Introduction :Le chanteur sénégalais Meïssa M’Baye présente son album “Back To Africa”.                 après. Les voilà r...
L’objectif principal du projet Mémoires d’Afrique est de faire connaître                   venu en complément du programme...
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My lord                                                       Sang                                   Monseigneur     Shoul...
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Luis Gama (1830 - 1882, Brésil) était le fils d’un Portugais et d’une jeune esclave venant du Ghana,                 connu...
Minha Mãe                        Sama yaay                                My Mother                               Ma mèreE...
George Moses Horton (1797 – 1883) est le premier esclave d’Amérique à avoir contesté son sta-                 tut en écriv...
On liberty and slavery                                   Lu taq ci sañ-sañ ak njaam           De la Liberté et de l’esclav...
L’essayiste et poète péruvien Manuel González Prada (6 janvier 1848 - 22 juillet 1918, Lima) fut                 l’un des ...
Triolet                                    De la vida                        Triolet                                Triole...
Claude McKay (15 septembre 1889 - 22 mai 1948) est un romancier et poète né à la Jamaïque,                 puis naturalisé...
If we must die                                               Bu ñu naree dee                         Si nous devons mourir...
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Jacques Roumain (4 juin 1907 - 18 août 1944, Port-au-Prince), fut l’un des écrivains les plus                 respectés d’...
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Paul Laurence Dunbar (1872 - 1906, Dayton, Ohio) fut le premier poète Afro-Américain à recevoir                 des critiq...
We wear the mask                                            Nu ngiy wéeye sutura                  Nous portons le masque  ...
Marcus Mosiah Garvey (1887, Jamaïque - 1940, Londres) est un leader noir du XXe siècle, consi-                 déré comme ...
Oneness interests                                                  Bokk njariñ                            Afrique(Extrait ...
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Projet africart lq

  1. 1. 1 AFRIC’ARTProjet culturel et pédagogique : Conférences, concertsRésidences artistiques de Daouda NDIAYE et Meïssa MBAYE
  2. 2. Disque de Meïssa Mbaye, auteur-compositeur-interprète. Ces textes ont été sé-lectionnés et traduits par Daouda Ndiaye, poète depuis 2001.Les textes du « Retour du Pigeon voyageur », dont sont extraits les textes de « Backto Africa » ont été enregistrés sous le n° 2003. 01. 0071 / à la date du 06/01/2003à la Société des Gens de Lettres de France, sise Hôtel Massa, 38 rue FaubourgSaint-Jacques, 75014 Paris).La durée de validité de la protection du projet « Le retour du pigeon voyageur » parla Société des Gens de Lettres de France court jusqu’en avril 2014.Avec l’aimable autorisation de Harold Ober Associates Inc., New York, pour lestextes de Langston Hughes.Avec l’aimable autorisation du Schomburg Center for Research in Black Culture,New York, pour le texte de Claude Mc Kay. AFRIC’ART 2 3 AFRIC’ART
  3. 3. Introduction :Le chanteur sénégalais Meïssa M’Baye présente son album “Back To Africa”. après. Les voilà regroupés dans ce projet, pour porter le même verbe, histoire deTel un retour vers le futur, cet ambitieux projet fait suite à son opus dédié à Leopold dire que leurs origines transcendent naturellement les questions de langue. LesSédar Senghor, “Entre Seine et Sine”. Dans ce sillage « littéraire », il y célèbre voilà projetés au cœur de l’actualité, par une mise en sons qui remet en perspectiveles retrouvailles de cousins séparés par les siècles et les eaux, celles du tragique et en lumière leurs points de vue, différents mais convergents.Atlantique noir. Recoudre les coutures et les contours d’une déchirure historique,retisser les liens dénoués lors de la déportation esclavagiste, ce disque s’inspire duprojet d’anthologie de l’universitaire Daouda Ndiaye. Intitulé “Le retour du pigeon Pour leur rendre hommage, en paroles et musique, Meïssa a convié autour de sesvoyageur”, ce recueil de textes (traduits en wolof par Daouda Ndiaye) des auteurs compositions leurs héritiers, tambours africains comme le maître des baguettessurgis de l’autre côté de l’océan, héritiers d’une diaspora disséminée du Nord au made in Nigeria Tony Allen ou les balafons sénégalais, et tambours de boucheSud de l’Amérique, tous porteurs des fragments d’une mémoire que l’on crut en- américains comme les slammeurs-rappeurs Mike Ladd, Allonymous et Jayhem,fouie à tout jamais dans les cales des négriers. Ou plutôt de mémoires d’Afrique, mais aussi chants gorgés de soul et guitare à la coule, flûte spirituelle et chœurspuisque cette histoire ne peut s’inscrire dans une lecture univoque, qu’elle est la dignes des meilleurs gospel, rythmique aux accents latins et harmonique aux élanssomme d’expériences multiples, qu’elle continue de s’écrire aux pluriels de tous jazz. Tous réunis sous le vocable The Word Masters.ses subjectifs. « Ce n’est ni une dilution de l’Afrique dans un universalisme abstrait,ni une fragmentation d’une Afrique se complaisant dans un ghetto. Il s’agit d’une Jacques DENISdynamique culturelle qui ne perd pas son âme » résume Meïssa.Voilà ce dont parlent tous ces fils d’Afrique, dans le double sens du terme. Cer-tains ont connu l’esclavage, comme les Etats-Uniens Phillis Wheatley et GeorgeMoses Horton, comme le Péruvien Manuel Gonzalez Prada et le Brésilien LuìsGama. D’autres eurent leur heure de gloire comme le premier poète afro-américainreconnu comme tel Paul Laurence Dunbar et Marcus Garvey, le charismatiqueleader de la cause panafricaine, comme aussi l’Américain Langston Hughes etle Jamaïcain Claude McKay, deux des voix les plus singulières de la Harlem Re-naissance. D’autres enfin, comme le Cubain Nicolas Guillén et l’Haïtien JacquesRoumain, ont prolongé les écrits de leurs pairs, pour les inscrire dans la Négritude,le mouvement littéraire qui prend racines dès les années trente et se prolonge bien AFRIC’ART 4 5 AFRIC’ART
  4. 4. L’objectif principal du projet Mémoires d’Afrique est de faire connaître venu en complément du programme scolaire. Ainsi, les étudiants seront amenés àà un large public les précurseurs de la renaissance poétique né- s’exprimer lors des conférences-débats sur différents thèmes et pourront découvrirgro-africaine, en mettant en valeur la culture traditionnelle mais aus- l’usage des instruments traditionnels aux côtés de tendances modernes comme le slam.si en y introduisant des jeunes talents afin de leur transmettre ces savoirs. Au final, Mémoires d’Afrique compte susciter le regain d’intérêt pour la poésieCes poèmes et l’histoire de leurs auteurs ne sont pas étudiés en tant que africaine chez les étudiants, les élèves et le grand public ; la création d’un réseautels dans les établissements. Ensuite, il existe une frontière assez mar- régional, national et international d’artistes et d’intellectuels voués à la cause de laquée entre musiciens traditionnels, soit les griots, et la nouvelle génération. Renaissance Africaine ; le développement d’un public porteur pour la Musique etPeu d’échanges artistiques interagissent entre eux et ceci pose un problème la Poésie.puisque toutes les connaissances se transmettent seulement entre griots.De plus, on sait que le Sénégal est depuis longtemps une société de l’oralité etque ce socle de connaissances laisse rarement une trace écrite. Avec la produc-tion du livret-CD le projet a pour ambition d’agir sur le terrain à un moment don-né précis, mais également de perdurer dans le temps et de manière matérielle.L’offre de produits culturels est concentrée dans la région de Dakar ; capitale éco-nomique et touristique, celle-ci accueille le plus grand nombre de structures cultu-relles, d’artistes, d’événements… Le souhait de Mémoires d’Afrique sera doncde se déplacer dans les régions plus reculées du pays. Le message délivré devraêtre compris par tous et c’est pour cela que le livret sera publié en wolof, français etanglais. Le discours employé lors des ateliers pédagogiques sera également adap-té selon le public participant. L’artiste Meïssa, également médiateur culturel et avanttout pédagogue, a déjà eu à animer ce genre d’ateliers avec tous genres de publics.L’éducation et la culture vont de pair et c’est en cela que le projet souhaite in-tervenir. En effet, le public visé étant majoritairement les jeunes, le projet a pourvocation de s’inscrire comme un atelier d’apprentissage pédagogique et ludique, AFRIC’ART 6 7 AFRIC’ART
  5. 5. Phillis Wheatley (1753, Sénégal - 1784, Etat-Unis d’Amérique) est reconnue comme la première poétesse Afro-Américaine, avec « Poèmes sur divers sujets, religieux et moraux ». Son oeuvre reflète son éducation religieuse et classique de la Nouvelle-Angleterre. A l’exception de « On being brought from Africa to America » («Déportés d’Afrique en Amérique »), ses poèmes n’ont jamais parlé de l’égalité raciale. Largement applaudie pour son travail, elle fut affranchie en 1773, et s’éleva vivement contre l’esclavage et le travail asservi Elle fut précurseur à de nombreux niveaux : première femme Afro-Américaine à vivre de son écriture; première femme écrivain encouragée et financée par un groupe de femmes ; première femme de lettres Afro-Américaine accomplie. Elle fut honorée par de nombreux pères fondateurs de l’Amé- rique, y compris George Washington. Son livre est de nos jours considéré comme la base de la littérature afro-américaine, sa source et son inspiration. Un bâtiment a été nommé en l’honneur de Phillis Wheatley à l’Université du Massachusetts, Boston. Elle a également été classée parmi les « 100 plus grandes Afro-Américaines » par l’érudit Molefi Kete Asante, en 2002.AFRIC’ART 8 9 AFRIC’ART
  6. 6. My lord Sang Monseigneur Should you my lord, while you peruse my Su fekkoon ne sang bi boo jàngee Si vous deviez, Monseigneur, en song woy wii lisant mes vers, Wonder from whence my love of freedom Dinga jéema xam lu ma booleek Vous demander d’où me vient mon sprung cofeelug sañ-sañ amour de la Liberté, Whence flow these wishes for the common Bi jur yéene yu baax yi ñépp bokk D’où naquirent ces vœux pour le good Nga xam ne ku dul boroom xol bu bien commun By feeling hearts alone best understood laabiir du ko am Que seuls comprennent bien les I, young in life, by seeming cruel fate Xamal ne, cig ngone, la ma ndogal cœurs chaleureux, Was snatch’d from Afric’s fancy’d happy lu nuru lu tar Sachez que, toute jeune, un destin seat Këk ak jàmm, ci li nu wax, ci suufus qui semble cruel What spangs excruciating must molest Afrig M’arracha à la terre, heureuse, dit- What sorrows labor in my parent’s breast ? Ndaw metit wu tar ak coono ñaaw on, d’Afrique ; Steel’d was that soul and by no misery Yu xotti sama ruuwu bay Quelle douleur atroce et quels mov’d Boroom xolu xeer bu umpale tourments affreux That from a father seiz’d his babe belov’d yërmande Déchirent-ils encore l’âme de mon Such, such my case, and can I then but Moo sàcc bay doomam ju mu sopp père ? pray Loo looy sama mbir. Na may def ba C’était un cœur de pierre, ignorant Others many never feel tyrannic sway ? duma ñaan la pitié Ngir ñeneen mucc ci aay-biir yii Qui ravit à un père son enfant bien aimée Tel est mon cas. Comment, alors, ne prierais-je pas Pour que d’autres jamais ne souffrent des tyrans ?MY LORD AFRIC’ART 10 11 AFRIC’ART
  7. 7. James Mercer Langston Hughes (1er février 1902 – 22 mai 1967) est un poète, nouvelliste, dra- maturge et éditorialiste américain du XXe siècle. Il fut un acteur majeur dans le mouvement culturel qui a secoué Harlem dans les années 1920, plus communément appelé Renaissance de Harlem et qui verra émerger toute une série d’artistes noirs. Avec la publication de multiples recueils de poésies (le premier en 1926, « The Weary Blues » dont est extrait l’un de ses poèmes les plus célèbres : The Negro speaks of rivers), de pièces de théâtre, d’essais ou encore de scénarios pour le cinéma, Langston dépeint la vie des prolétaires Noirs partagée entre joies, désillusions, espoir…, le tout teinté de jazz et de blues. Il dira plus tard : «J’ai cherché à comprendre et à décrire la vie des Noirs aux États-Unis et, d’une manière éloignée, celle de tout humain». Par son travail, il a cherché à montrer l’importance d’une «conscience noire» et d’un nationalisme culturel qui unit les hommes plutôt que les opposer. Cette fierté a par la suite été reprise par de nombreux hommes de lettres comme Jacques Roumain, Nicolás Guillén, Léopold Sédar Senghor ou encore Aimé Césaire. Dans les années 50-60, la popularité de Hughes parmi les auteurs Afro-Américains a décliné en même temps qu’elle s’est accrue dans le monde. Il lui a été reproché de n’avoir pas modernisé son discours de la «fierté noire» par rapport à l’évolution de la condition des Noirs aux États-Unis qui s’améliorait à cette période. Néanmoins il reste un modèle pour bon nombre d’écrivains.AFRIC’ART 12 13 AFRIC’ART
  8. 8. The Negro speaks of rivers Dex Le Nègre parle des fleuves I’ve known rivers Nit ku ñuul a ngi wax ciy dex J’ai connu des fleuves I’ve known rivers ancient as the world and Xam naa ay dex J’ai connu des fleuves anciens older than Xam naa ay dex yu màgget na comme le monde et plus vieux The flow of human blood in human veins àdduna te gën fee yàgg Que le flux de sang humain dans les My soul has grown deep like the rivers Deret jiy daw ci sidditi doom aadama veines humaines I bathed in the Euphrates when dawns Samag ruu daldi xóot ni dex yi Mon âme est devenue aussi were young Sangu naa ci Efraat ca ngoneg njël yi profonde que les fleuves I look upon the Nile and raised the pyramids Tabax naa sama néegu nax ci wetu Je me suis baigné dans l’Euphrate above it Kongo gi ma yeetal quand les aubes étaient neuves I heard the singing of the Mississippi when Xool naa Niil dellu tabax ca kowam J’ai bâti ma hutte près du Congo et il Abe Lincoln went bàmmeeli buur ya a bercé mon sommeil Down to the New Orleans, and I’ve seen Dégg naa Woyu Misisipi ba Abaraam J’ai contemplé le Nil et au-dessus j’ai Turn all golden in the sunset Lincoln wàccee construit les pyramides I’ve known rivers : ancient, dusky rivers Nuwel Orleyaan, gis naa fa poto- J’ai entendu le chant du Mississippi My soul has grown deep like the rivers. poto buy wal quand Abraham Lincoln descendit Soppiku wurus ca marax A la Nouvelle Orléans, j’ai vu ses Xam naa ay dex nappes boueuses transfigurées Dex yu màgget te nëx En or au soleil couchant Samag ruu daldi xóot ni dex yi J’ai connu des fleuves : des fleuves anciens et ténébreux. Mon âme est devenue aussi RIVERS profonde que les fleuves. EGRO SPEAKS OFTHE N AFRIC’ART 14 15 AFRIC’ART
  9. 9. As I grew older Ndekke ni laa màgge Comme j’ai grandi (Shadow) It was a long time ago Il y a longtemps But it was there then, Loolu yàgg na lool J’ai presque oublié mon rêve In front of me, Daanaka fàtte naa sama gent gii Mais il était là, puis Bright like a sun Waaye batay mi ngi nii En face de moi, My dream Sama kanam Il scintillait comme un soleil And the the wall rose, Di nes-nesi ni jant Mon rêve Rose slowly Sama gent gi Et puis le mur s’éleva Between me and my dream Noonu rekk miir bi yéeg S’éleva lentement, peu à peu Rose slowly Di yéeg ndank ndank Entre moi et mon rêve Dimming Dox sama digganteek gent gi S’éleva jusqu’à toucher le ciel Hiding Mu yéegati ndank-ndank Le mur ! The light of my dream Di lëndëmal ba far nëbb L’ombre ! Rose until it touched the sky Leer gi sama gent Je suis un Noir The wall Yéeg nab a far laal asamaaan Je m’allonge dans l’ombre Shadow Wóoy miir bi Plus de lumière de mon rêve devant I am a black. Keppaar gi moi It lie down in the shadow. Man mi ñuul tëdd ci keppaar gi Au-dessus de moi No longer the the light of my dream before Ci sama kanam ak li ma tiim Seul le mur épais me Sama leeerug gent ne mes Seule l’ombre Above me. Miir bu tal bee fi des Only thick wall Akug keppaar Only the shadow Loolu yàgg lool Daanka fàtte naa sama gent giAS I G RE W OL DER AFRIC’ART 16 17 AFRIC’ART
  10. 10. Homesick blues Pummu ray bi Le blues du paysDe railroad bridge’s Cii pomu raay bi Le pont du chemin de ferA sad song in the air La woy wu tiis di jolli C’est une chanson triste dans l’airDe railroad bridge’s Ci pomu raay bi Le pont du chemin de ferA sad song in the air woy wu tiisa ngi jolli C’est une chanson triste dans l’airEvery time de train pass Saa su saxaar rombe Chaque fois qu’un train passeI wants to go somewhere Ma bëgg dem Je veux m’en aller dans d’autres Ca yeneeni gox terresI went down to de station Ci pomu raay biMa heart was in ma mouth La woy wu tiiss di jolli Je descendis jusqu’à la gareWent down to de station Waaxu naa bat ci gaar bi Le cœur sur les lèvresHeart was in ma mouth Descendis jusqu’à la gareLookin’ for a box car Sama xol di waaja genn Le cœur sur les lèvresTo roll me to de south Sama gémmiñ Cherchant un wagon de May wër saxaarug njaay marchandisesHomesick blues, Lawd, Gu ma yóbbu xarfu Pour m’amener vers le sud‘S a terrible thing to have Ci pomu raay biHomesick blues is La woy wu tiis di jolli Le blues du pays, Seigneur,A terrible thing to have Ci pomu raay bi C’est triste de l’avoir pris,To keep from cryin’ Woy wu tiissa ngi jolli Le blues du pays, c’est une chose UESI opens my mouth an’ laughs Ci pomu raay bi Terrible de l’avoir pris La woy wu tiis di jolli Pour m’empêcher de pleurer B L J’ouvre ma bouche et je ris. Tiisum réew Boroom bi CK Tiis la ci ki mu dal ESI Tiisum réew Boroom bi Mbir mu diis la M Ci ki mu dal HO Ngir ma baña jooy Damay ubbi Sama gémmiñ ree Loolu yàgg lool Daanka fàtte naa sama gent gi AFRIC’ART 18 19 AFRIC’ART
  11. 11. Luis Gama (1830 - 1882, Brésil) était le fils d’un Portugais et d’une jeune esclave venant du Ghana, connue pour s’impliquer dans de nombreuses rébellions. A l’âge de dix ans, il fut vendu illégalement par son père à un sergent nommé Cardoso qui l’employa comme domestique dans sa ferme. En 1847, un étudiant, accueilli chez Cardoso, devint très vite ami avec Gama, et lui apprit à lire et à écrire. Prenant conscience de l’illégalité de sa condition, Gama s’enfuit à São Paulo, et y étudia le droit à l’Université ; mais il ne termina pas le cursus et travailla ensuite comme avocat non diplômé. Dans les années 1860 il fut journaliste, et fonda la revue Radical Paulistano en 1869 aux côtés de Ruy Barbosa. Il contribua aussi à créer le Parti républicain de São Paulo en 1873. Il libéra plus de mille esclaves à São Paulo, avant de mourir en 1882, victime du diabète. Gama publia en 1859 un livre de poésie, Primeiras Trovas Burlescas de Getulino (Premières Bal- lades Burlesques de Getulino). La plupart des poèmes sont des satires des mœurs de l’aristocratie brésilienne du 19e siècle.AFRIC’ART 20 21 AFRIC’ART
  12. 12. Minha Mãe Sama yaay My Mother Ma mèreEra mui bela e formosa, Moo gëna taaru ci jigeéen ju ñuul She was very beautiful and fair C’était la plus belle des femmesEra a mais linda pretinha, Lingeer la woon ca tàngooru Libi She was the most beautiful black girl noiresDa adusta Líbia rainha, Dellu di jaam bu toskare ci Bresil Adusta queen of Libya Elle était reine dans la chaleur deE no Brasil pobre escrava! Céy rabu jinne bu taaru bi And in Brazilia poor slave ! LybieEla a palmeira singela, Boroom jëmm ju ñuul ji nu yatt ci xeer Devenue pauvre esclave au Brésil !Na fulva areia nascida bu ñuul bi Oh Musa Guinea, jetty Oh belle muse noire sculptée dansNos roliços braços de ébano. Abal ma sab lekketu urucongo Granite statue denigrated le granitBrandinha a voz sonorosa, Jàngal ma tëgg ci sa balafon Before whom the Lion gets rendered Prête-moi ton « urucongo »Sentida como a Rolinha, Sol ma xam-xamu xërëm yi Naked fury of atrocious frown ; Apprends-moi à jouer du balafonGemendo triste sozinha, Yóbbu ma ci yoon yi ànd ak yëkkatiku Lend me the gurd of urucungo Insuffle-moi le savoir des fétichesAo som da aragem faceira. Xam-xam bu sës ak mbind jagleelu Teach me to brandish your marimba Emmène-moi sur les chemins deEscuro e ledo o semblante, ñu ko It inspires me to science candimba l’élévationDe encantos sorria a fronte, Janq bu ñuul bi ci tefes Pathways lead me high magnitude La science et l’écriture ne sont pas— Baça nuvem no horizonte Baal ma sama saxarit pour toi, dit-onDas ondas surgindo à flor. Suufi Tubaab yi ñu yilif Sciences and Letters they are not La jeune fille noire sur le rivage de laSe junto à cruz penitente, Amunu sax sañ-sañu xalaat for you merA Deus orava contrita, Black girl of the Cost Toi qui n’es rien aux yeux du mondeTinha uma prece infinita In the land of white man Excuse-moi, chère amie, nousComo o dobrar do sineiro, We haven’t the right to think n’avons même pas la liberté deAs lágrimas que brotavam, penserEram pérolas sentidas, Sur la terre des Blancs qui nousDos lindos olhos vertidas dirigent. MAENa terra do cativeiro. MINHA AFRIC’ART 22 23 AFRIC’ART
  13. 13. George Moses Horton (1797 – 1883) est le premier esclave d’Amérique à avoir contesté son sta- tut en écrivant des poèmes. Son premier poème, « On Liberty and Slavery » (Liberté et Esclavage), parut en 1829. Il voulut acheter sa liberté et partir au Libéria ; « The Hope of Liberty » (L’Espoir de Liberté), le premier livre publié dans le Sud par un homme noir, ne rapporta presque rien et il dut abandonner ses projets. Cet ouvrage fut réédité en 1837 sous le nom de « Poems by a Slave » (Poèmes d’un Esclave). Horton gagna l’admiration et le soutien d’hommes tels que des gouverneurs, des présidents de l’Uni- versité de Caroline du Nord, des journalistes. En 1845, un journal publia « Les Oeuvres Poétiques de George M. Horton, le barde de couleur de Caroline du Nord ». Il publia en 1865 son troisième livre, « Naked Genius » (Le Génie nu). De style classique, ses œuvres sur la campagne et sur l’esclavage sont émouvantes.AFRIC’ART 24 25 AFRIC’ART
  14. 14. On liberty and slavery Lu taq ci sañ-sañ ak njaam De la Liberté et de l’esclavage (Xalaas) Alas ! and I am born for this, Hélas ! Ne suis-je donc né To wear this slavis chain ? Xalaas ! xanaa du dama juddu Que pour porter cette chaîne Deprived of all created bliss, Ngir rekk takk ceenug njaam d’esclave ? Through hardship, toil and pain ! Umpale mépp mbégte ci sos Privé de toutes les joies de la création How long have I in bondage lain, Ne ci toskare, coonok naqar Par la misère, la peine et la douleur ! And languished to be free ! Alas ! and must I still complain- Bama nekkee jaam ak léegi Que de temps déjà suis-je en Deprived of liberty. Mu ngi bëgg yàgg esclavage Namm naa moom sama bopp Et me languis d’être libre ! Oh, Heaven ! and is the no relief Xalaas ! xanaa duma dëkke ci xultu Hélas ! Faut-il encore que je me This side silent grave- Liñ ma xañub sañ-sañ plaigne To soothe the pain-to quell the grief Privé de ma liberté ? And angish of a slave ? Céy Yàlla, xanaa amoo saafara Laata may xam wéetaayu bàmmeel Oh Ciel ! N’y a-t’il donc point de Buy seral samaw metit ngir sippil remède mab coono Avant le silence de la tombe Ak tiitange gi ci njaam Pour calmer la douleur, pour apaiser la peine Et l’angoisse de l’esclave ? D S L AVERY ANON TY L IBER AFRIC’ART 26 27 AFRIC’ART
  15. 15. L’essayiste et poète péruvien Manuel González Prada (6 janvier 1848 - 22 juillet 1918, Lima) fut l’un des polémistes les plus dynamiques de la fin du 19e siècle dans l’Amérique espagnole. Il se battit pour le changement et le progrès et dénonça les vestiges du colonialisme espagnol. Après 1883, il voyagea en Europe. De retour à Lima, il prit immédiatement une place prépondérante dans l’avant-garde de la conscience nationale péruvienne. Des écrivains et des personnalités poli- tiques furent gagnés par sa ferveur révolutionnaire. Il parla avec éloquence non seulement contre la classe aristocratique figée d’où il était issu, mais aussi contre le rejet de l’Indien comme un élé- ment caractéristique de la nation, contre le clergé et l’oligarchie militaire dominante, qu’il considérait comme les sources de nombreux maux chroniques du pays. Il devint le porte-étendard d’une nou- velle génération de Péruviens. Les principaux ouvrages de prose publiés de son vivant sont « Páginas libres » (1894) et « Horas de Jucha » (1908). Après sa mort, plus d’une demi-douzaine de volumes en prose parurent. Ses collec- tions les plus célèbres de poésie sont « Minúsculas « (1901), « Presbiterianas » (1909), et « Exóticos » (1916). D’autres ouvrages importants de sa poésie sont « Trozos de vida » (1933), « Libertarios » (1938), et « Peruanas Baladas » (1939).AFRIC’ART 28 29 AFRIC’ART
  16. 16. Triolet De la vida Triolet TrioletLos bienes y las glories de la vida Am-am yeek ndami adduna The property and the glories of life Les biens et gloires de la vieO nunca vienen o nos llegan tarde Dunu àgsi ba mukk mbaa muy lu Or never come or come to us later N’arrivent jamais ou très tard,Lucen de cerca, pasan de corrida yéex Look closely, go to run, Brillent de près, en courant, passentLos bienes y las glorias de la vida Danuy nes-nesi jege romb ne mes Goods and glories of life Les biens et gloire de la vie Am-am yeek ndami adduna Sad the old man in florida Triste qui, à la fleur de l’âge,Triste del hombre que en la edad florida Tiis la ci gone gu ci manula am Get live flowers wait ! Tarde à cueillir les fruits de la vieCoger las flores del vivir aguarde ! Ba man cee taataan dund The property and the glories of life Les biens et gloires de la vieLos bienes y las glorias de la vida Or never come or come to us later N’arrivent jamais ou très tardO nunca vienen o nos llegan tarde Am-am yeek ndami addunaPara verme con los muertos Dunu àgsi ba mukk mbaa muy lu For me with the dead Pour me voir au milieu des mortsYa no voy al campo santo, yéex I do not go to the cemetery Je ne vais plus au cimetièreBusco plazas, no desiertos, Bu ma bëggee gis sama bop ciy Seeking seats, no deserts Places je cherche et non désertsPara verme con los muertos néew To see with the dead Pour me voir avec les mortsCorazones hay tan yertos ! Dootuma dem almeer ya Hearts are so stiffAlmas que hieden tanto ! Duy mandiŋ ay barb laay wër They are souls that stinks as ! Il y a des cœurs si glacés !Para verme con los muertos Ngir nekk ci biiri néew For me with the dead Des âmes qui sentent si forts !Ya no voy al campo santo Ndaw xol yu ëmb tiis I do not go to the cemetry Pour me voir au milieu des morts Ruu yuy xeeñ lool Je ne vais plus au cimetière Su ma bëgge gis sama bopp ciy néew Dootuma dem almeer yaT RIOL ET AFRIC’ART 30 31 AFRIC’ART
  17. 17. Claude McKay (15 septembre 1889 - 22 mai 1948) est un romancier et poète né à la Jamaïque, puis naturalisé américain. Il a fait partie du mouvement littéraire de la Harlem Renaissance ou Renais- sance de Harlem. Il est l’auteur de trois romans : « Home to Harlem » en 1928 (« Ghetto noir »), un best-seller qui lui valut le Harmon Gold Award for Literature, « Banjo » en 1929, et « Banana Bottom » en 1933, un recueil de nouvelles : « Gingertown », en 1932, et deux autobiographies : « A Long Way from Home » en 1937 et « Harlem : Negro Polis » en 1940. Sa poésie, lyrique, nostalgique, et sociale, en fait un auteur majeur de la littérature afro-américaine de la première moitié du vingtième siècle. Il fut un grand voyageur, passant la majeure partie de sa vie entre les États-Unis, l’Europe et le Maroc. Il visita longuement la Russie après la Révolution bolchévique. Marqué par le racisme et la ségrégation, il fut un auteur engagé dans les milieux révolutionnaires, mais il resta toujours critique des appareils politiques. Malade et sans illusion, il se convertit au catholicisme à la fin de sa vie.AFRIC’ART 32 33 AFRIC’ART
  18. 18. If we must die Bu ñu naree dee Si nous devons mourir If we must die, let it not be like hogs Bu ñu naree dee, bu ñu mel ni Si nous devons mourir, que ce ne Hunted and penned in an inglorious spot mbaam-xuux soit pas comme des porcs While round us bark the mad and hungry Yi ñu kar jóor leen ci barab bu suufe Traqués et parqués en un lieu sans dogs bii gloire Making their mock at our accursed lot. Te xaj yi xoñoñ ba dof wër ko Entourés de chiens fous et enragés If we must die, oh, let us nobly die, Di bow aka kókëli sunu muj gu bon Aboyant et raillant notre sort maudit So that our precious blood may not shed Bu ñu naree dee, éy ! nañu dee cig Si nous devons mourir, ah ! mourons In vain ; the even the monsters we defy ngor noblement Shall be constrained to honour us though Na sunu dereer ju sell ji baña tuuru Que notre sang précieux ne soit dead ! ci neen versé en vain Oh, Kinsmen ! we must meet the common Te njuuma yi nuy tëkku faf di nu Que les monstres que nous défions foe ; sargal bu ñu dee ! soient contraints de nous honorer Through far outnumbered, let show us Ëy sama mbokk yi ! war nanoo song morts ! brave, noon bi nu mbokk Oh mes chers frères ! Nous devons And for their thousand blows deal one Donte ñoo néewle ciy nit, nanu wone affronter l’ennemi commun deathblow ! sunug njambaar Bien que nous soyons moins What though before us lies the open grave Buñ nu dóoree junni yoon nañ leen nombreux, montrons notre bravoure ? door benn bu leen faat Pour leurs mille coups reçus nous Like men we’ll face the murderous, Bu yabboo ëllëg ñu gasal nu leur rendrons un coup mortel cowardly pack, bàmmeel Qu’importe demain s’ils nous Pressed to the wall, dying, but fighting Dooni góor, jàkkaarlook gàddu creusent une fosse commune back ! bóomkat yu baqar yi En hommes, nous ferons face à ces Wéeru ci taax mi, noyyi, waaye ku nu lâches assassins, door nu feyyu Le dos au mur, expirant, mais nous rendrons coup pour coupIF WE MUST DIE AFRIC’ART 34 35 AFRIC’ART
  19. 19. Nicolás Guillén (1904-1989) est le grand nom de la poésie cubaine au vingtième siècle. Issu d’un milieu ouvrier, il fit des études de droit et devint avocat avant de se tourner vers le journalisme. Les traductions de ses oeuvres ont permis à un vaste public de s’initier à la culture afro-cubaine. C’est en 1930 que Guillén publia ses premiers poèmes, « Motivos de son », dans une revue de La Havane. Inspirés de la tradition musicale populaire afro-cubaine, ses textes empruntent leur thème à la vie et au langage des Noirs et des mulâtres de La Havane. Guillén inaugura ainsi ce qui devait fonder l’essentiel de sa poétique, l’appel au respect de la personne humaine et l’éloge du métissage entre les cultures noires et européennes. Il développa ces thèmes dans ses recueils « Sóngoro Cosongo » (1931), « West Indies Limited » (1934), « Elegías » (1948-1958), « La Paloma de vuelo popular » (1958), « Tengo » (1964), où s’affir- mait son refus de l’injustice, de la colonisation et de l’impérialisme. Il lutta en faveur des pauvres et des opprimés. En 1937, il quitta Cuba pour voyager au Mexique, en Amérique du Sud et en Espagne, où il prit part à la guerre civile aux côtés des Républicains. S’étant exilé à Paris après le coup d’état de Batista en 1952, il y revint en 1959, après la révolu- tion castriste. Il fut élu président de l’Union des écrivains et artistes de Cuba en 1961 et proclamé « poète national ».AFRIC’ART 36 37 AFRIC’ART
  20. 20. Me matan Mematan They kill me On me tueMe matan, si no trabajo Su ma liggéeyee nu rey ma They kill me if I am not working On me tue si je ne travailleY si no trabajo, me matan ; Su ma liggéeyul nu rey ma And if I work they kill ; Et si je travaille on me tue ;Siempre me matan, me matan Rey ma la nu dëkke They kill me always, they kill me Toujours on me tueSiempre me matan Dañ ma rey dañ ma rey They kill me always Toujours on me tueAyer via un hombre mirando, Démb gis naas waay Yesterday I saw a man looking, Hier j’ai vu un homme : il regardaitMirando el sol que salía Mu doon xool Watching the sun rising Il regardait le soleil qui naissait ;El hombre estaba muy serio, Mu doon xool jant bi fenk Yesterday I saw a man watching, Hier j’ai vu un homme : il regardait,Porque el hombre no veía. Waay si dafa ne woon yàcc Watching the sun rising, Il regardait le soleil qui naissait ;Ay ! Ndaxte du woon gis The man was very serious Mais l’homme restait impassible,Los ciegos viven sin ver Ax ! Because he couldn’t see L’homme, car il ne voyait pas.Cuando sale el sol, Gumba yi dunu gis Ay ! Aïe,Cuando sale el sol, Jant biy fenk Live without seeing the blind Les aveugles vivent sans voirCuando sale el sol Jant biy fenk When the sun rises Le soleil lorsqu’il naît Jant biy fenk When the sun rises Le soleil lorsqu’il naît,Ayer vi a un niño jugando When the sun rises Le soleil lorsqu’il naît !A que mataba a otro niño : Démb gis naag gone Hier, j’ai vu un enfant : il jouaitHay niños que se parecen Gu doon fo A qui tuait un autre enfant ;A los hombres trabajando Di rey beneen moroomam Yesterday I saw a child playing Hier j’ai vu un enfant : il jouaitQuién les dira cuando crezcan Démb gis nab gone To kill another child : A qui tuait un autre enfant ;Que los hombres son niños Gu doon fo They are children who seem Il est des enfants qui ressemblentQue no lo son Di rey beneen moroomam Men working A leurs aînés lorsqu’ils travaillent.Que no lo son Am nay gone yu nurook Who will tell them when they grow up Qui leur dira une fois grandsQue no lo son ! Seeni mag bu nuy liggéey Those men are not children, Que les hommes ne sont pas des Ku leen ne bun u jëmee mag They are not, enfants,Me matan, si no trabajo, Mag ñooñu dunuy gone They are not Pas des enfantsY si trabajo, me matan : Dunuy gone They are not ! Pas des enfantsSiempre me matan, me matan, Dunuy gone AN Pas des enfants !Siempre me matan ! Dunuy gone T They kill me if I am not working MA On me tue si je travaille M Su ma liggéeye nu rey ma And if I work they kill me : Et si je ne travaille on me tue : E Su ma liggéeyul nu rey ma They kill me always, they kill me Toujours on me tue, on me tue, Rey ma la nu dëkke They kill me always ! Toujours on me tue ! Dañma rey dañ ma rey AFRIC’ART 38 39 AFRIC’ART
  21. 21. Jacques Roumain (4 juin 1907 - 18 août 1944, Port-au-Prince), fut l’un des écrivains les plus respectés d’Haïti. Petit-fils du président Tancrède Auguste, il fréquenta des écoles catholiques à Port-au-Prince, puis étudia en Belgique, en Suisse, en France et en Allemagne. À vingt ans, il revint en Haïti et fut co-créateur de La Revue Indigène. Il y publia « La proie et l’ombre », « La montagne ensorcelée » et « Les fantômes ». Très actif dans la lutte contre l’occupation américaine d’Haïti (1915-1934), il fut emprisonné en 1933 et en 1934 alors qu’il venait de fonder le Parti Communiste Haïtien. De retour d’Europe, il gagna les États-Unis en 1939. Pendant cet exil, il travailla et se lia d’amitié avec de nombreux écrivains et poètes, comme Langston Hughes. Il voyagea beaucoup et séjourna presque un an aux côtés du poète Nicolás Guillén à La Havane. En 1941 il rentra en Haïti et fut in- vesti en 1942 d’une charge de diplomate à Mexico. Il compléta à la même époque deux de ses livres les plus influents : le recueil de poésie « Bois d’Ebène » et le roman « Gouverneurs de la Rosée ». La majorité du travail de Roumain exprime la frustration et la rage d’un peuple qui a été piétiné durant des siècles. Il incluait tous les Haïtiens dans ses écrits, et appelait les pauvres à s’unir contre la misère. Son œuvre continue d’influencer la culture haïtienne et panafricaine en général.AFRIC’ART 40 41 AFRIC’ART
  22. 22. Guinée Gine Guinea C’est le lent chemin de Guinée Yoon wu yéex a ngi jëm Gine It’s the long road to Guinea La mort t’y conduira Dee la fay jëme Death takes you down Voici les branches, les arbres, la forêt Bànqaas yaa ngi nii, garab yi, àll bi Here are the boughs, the trees, the Ecoute le bruit du vent dans les longs Déglul riiru ngelaw li forest cheveux d’éternelle nuit Ci biir karaw yu gudd yi Listen to the sound of the wind in its C’est le lent chemin de Guinée Ci gudd gu dul dakk long hair of eternal night Tes pères t’attendent sans impatience Yoon wu yéex wi jëm Gine It’s the long road to Guinea Sur la route ils palabrent Dee la fay jëme Where your fathers await you without Ils t’attendent Say bay a ngi xaar impatience Voici où les ruisseaux grelottent Ànd ak teey ci tali bi Along the way – They talk Comme des chapelets d’os Ñu ngay waxtaan They wait C’est le lent chemin de Guinée Ñung lay xaar This is the hour when the streams Il ne te sera pas fait de lumineux accueil Fii nag la dex yu ndaw yiy pët-pëtee rattle Au pays des hommes noirs Mel ni kurusi yax Like beads of bone Sous un ciel fumeux, percé de cris Yoon wu yéex wi jëm Ginee d’oiseaux Dee la fay jëmee It’s the long road to Guinea Autour de l’œil du marigot Dun la fa tertu tertu bu neex No bright welcome will be made for Les cils des arbres s’écartent sur la clarté Ca réew mu ñuul ma you pourrissante Nit ñuul ña dëkkee In the dark land of dark men Là t’attend au bord de l’eau un paisible Te suufas asamaan say saxaar Under a smoky sky, pierced by the village et Booleek picc yay sab cry of birds La case de tes pères et la dure pierre Li wër bëtu mango gi Around the eye of the river familiale Yéeni garab yaa nga fireeku There, there awaits you beside the Où reposer ton front Ci leer giy gilli water a quiet village Foo fu ci wetu ndox mi And the hut of your fathers, and theG UINÉE Am na fa dëkkub jàmm hard ancestral stone Sa néegu baay yaa ngi lay xaar When your head will rest at least Ak xeer wu dëggër Wi nga wara teg sa jë Yoon wu yéex a ngii jëm Gine Dee la fay jëmee AFRIC’ART 42 43 AFRIC’ART
  23. 23. Paul Laurence Dunbar (1872 - 1906, Dayton, Ohio) fut le premier poète Afro-Américain à recevoir des critiques élogieuses. Il était le seul Afro-Américain de sa classe au lycée de Dayton et, alors qu’il eut souvent du mal à trouver un emploi en raison de sa race, il fut un des meilleurs à l’école. Il écrivit un grand nombre de poèmes en dialecte, de poèmes anglais classiques, d’essais, de romans et de nouvelles. Sa première collection, « Oak and Ivy », fut publiée en 1892. Son deuxième livre, « Majors and Minors », publié en 1895, le propulsa vers la gloire nationale. Après 1902 et jusqu’à sa mort, il produisit douze livres de poésie, quatre livres de nouvelles, une pièce de théâtre et cinq romans. Son travail a souvent abordé les difficultés rencontrées par les membres de sa race et les efforts des Afro-Américains pour réaliser l’égalité en Amérique. Il fut salué tant par les meilleurs critiques littéraires de son temps que par ses contemporains littéraires.AFRIC’ART 44 45 AFRIC’ART
  24. 24. We wear the mask Nu ngiy wéeye sutura Nous portons le masque We wear the mask that grins and lies Nu ngiy wéeye sutura Nous portons le masque qui ment It hides our cheeks and shades our eyes Sutura siy nëbb li nuy dundee et grimace This debt we pay to human guile Dox sunu digganteek yeen bun u Il dérobe aux regards notre visage et With torn and bleeding hearts we smile gañaxu nos yeux And mouth with myriad subtleties Sutura siy nëbb sunu kanam ak C’est là le tribut de la perfidie humaine Why should the world be overwise sunuy bët Le cœur saignant et déchiré, nous In counting all our tears and sighs ? Loolooy peyooru mbonug doom sourions Nay, let them only see us, while aadama Et faisons des grimaces avec mille We wear the mask Xol bu dog di nàcc nuy muñ subtilités We smile, but, O great Christ, our cries Tey gañaxu ci sutura A quoi nous servirait d’en dire trop To thee from tortured souls arise Na fekk buñ nuy xool au monde We sing, but oh, the clay is vile Nu nekk ci géeju sutura De lui faire dénombrer nos soupirs et Beneath our feet, and long the smile Nu ngi muñ fu nu tollu nos larmes ? But let the world dream otherwise Céy Isaa mu màgg mi Mieux vaut seulement qu’on nous We wear the mask Sunuy yuuq yaa ngi jolli jëm ci yow voie seulement pendant que Jóge sunu ruu yii nu faagaagal Nous portons le masque Nu ngi woy fu nu tollu, waaye, Ax ! Nous sourions, mais ô Grand Christ, Suuf seeka yées sunu suufi tànk nos crisWE WEAR T Bu nuy dox, ndaw yoon wu gudd ! Montent vers toi de notre âme Waaye bàyyileen addinaaki naxem torturée HE M Te dés di wéeye sutura Nous chantons, mais ah ! que la terre est ignoble ASK Sous nos pieds, et long le chemin ! Mais laissez le monde à ses illusions Nous portons le masque. Traduction de François Dodat AFRIC’ART 46 47 AFRIC’ART
  25. 25. Marcus Mosiah Garvey (1887, Jamaïque - 1940, Londres) est un leader noir du XXe siècle, consi- déré comme un prophète par les adeptes du mouvement rastafari. Il est né un an après l’abolition de l’esclavage à Cuba, où la ségrégation raciale et le travail asservi règnent toujours. L’Afrique est en proie à la colonisation européenne à cette époque, mais certains Afro-Caribéens parviennent à y partir. Il devient vite un orateur de premier plan, journaliste, et activiste politique. Précurseur du pana- fricanisme, il se fait le chantre de l’union des Noirs du monde entier à travers son journal The Negro World et le promoteur obstiné du retour des descendants des esclaves noirs vers l’Afrique (ce qu’on appelle le «Back to Africa»). Arrivé aux États-Unis en 1916 où il rencontre tous les mouvements visant à émanciper les Afro-Amé- ricains, il y fonde en 1917 l’Association Universelle pour l’Amélioration de la Condition Noire (United Negro Improvement Association, UNIA, toujours en activité). La devise de cette association était One God! One aim! One destiny! (Un Dieu ! Un But ! Une Destinée!). Il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire. Installé à Harlem de 1918 à 1922, Marcus Garvey est mondialement connu. Ne croyant pas que les Afro-Américains pourraient vivre libres et respectés hors d’Afrique, il crée en 1919 la Black Starline, compagnie maritime censée servir son projet de rapatriement, et ses bateaux se préparent à emmener Antillais et Afro-Américains en Afrique. En 1922, après la banque- route de la Black Starline, Garvey est poursuivi par les tribunaux. Emprisonné à Atlanta, il est exilé en 1927 en Jamaïque où il devient le grand héros national. Les Jamaïcains écoutent avec beaucoup d’enthousiasme ses meetings et la vie politique de l’île s’en trouve bouleversée. Mais il meurt à Londres sans jamais atteindre l’Afrique.AFRIC’ART 48 49 AFRIC’ART
  26. 26. Oneness interests Bokk njariñ Afrique(Extrait d’un discours de 1923) Ku ne xam na ne amul xàjjeek Chacun sait qu’il n’y a aucuneEverybody knows that there is absolutely seen diggante doomi Afrig, juddu différence entre les Africainsno difference between the native African jéeri beek Amerikee bi ak Cembe natifs d’Afrique, ceux d’Amériqueand the American and the West Indian bu ñuul bi bawoo Sowu, bu loolu et les Nègres Antillais, car nousNegroes, in that we are descendants wéeye nun ñépp bokk Maam mu nu descendons de la même souchefrom one common family stock. It is only jógee, ndogal rekk a tax nu réeroo familiale. C’est seulement para matter of accident that we have been ku ne wéy saw yoon ci lu ëpp ñetti accident que nous avons été divisésdivided and kept apart for over three xarnu, waaye jamonoy dellu Afrig et séparés plus de trois siècleshundred years, but it is felt that when the ñëw na, ñu wara ñibbi ci cofeelu nit durant, mais est venu le momenttime has come for us to get back together, ak mbokkam, te Nit ku Ñuul ku doon pour que nous nous retrouvionswe shall do so in the spirit of brotherly love, xaar jamono jii war nan laa dimmëli ensemble, nous devons le faireand any Negro who expects that he will be nga àggali sa yéene fii ak foo mana dans l’esprit de l’amour fraternel, etassisted here, there and anywhere by the ne Mbootaayu dunya Gi Taaxaw Ngir chaque Nègre qui le souhaite devraUniversal Negro Improvement Association Yokkute Ñit ku Ñuul dina la taxawu être soutenu ici, là-bas ou n’importeto exercise a haughty superiority over the ngir nga fonk sa askan te weg lépp où par l’Association Universelle pourfellows of his own race, and makes a lu tukke saw xeet, Nit ku Ñuul ku l’Amélioration de la Condition Noire,tremendous mistake. Such men had better yaakaar ne yaa gën sa moroom yaa tout nègre mu par le sentimentremain where they are and not attempt to ngi ci njuumte gu réy te sula yaboo d’une supériorité hautaine enversbecome in any way interested in the higher toog fa nga ne te xam ne bokkoo ci ses compagnons de même racedevelopment of Africa. ñiy jëmale Afrig kanam. commet une erreur monumentale. De telles personnes feraient mieux de rester là où elles sont et ne devraient aucunement s’intéresser au développement de l’Afrique. ER ESTS INT EN ESSN AFRIC’ART 50 51 AFRIC’ART
  27. 27. AFRIC’ART 52

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