Le Livre bLanc             dU reLieF (3ds)          aU cineMa eT a La TeLeviSiOn             Document réalisé sous l’égide...
PuBli-informationla recherche médicale au service                                                            Comfort &   d...
Les partenaires de ce livre blanc :      La Ficam (Fédération des Industries du Cinéma, de l’Audiovisuel et du      Multim...
Des remerciements plus particuliers à :A Pascal Buron (président délégué de la Ficam en charge de laCommission technique, ...
SOMMAIREPOUrqUOi Un Livre bLanc SUr La 3d STéréOScOPiqUe ?       PaGe 6PrinciPeS de La 3ds                                ...
POUrqUOi Un Livre bLancSUr La 3d STéréOScOPiqUe* (3ds) ?U        n an après l’explosion de l’équipement des salles de ciné...
A ce titre, il est crucial de mettre en place à toutes les étapesde la chaîne de fabrication des procédures de contrôle de...
PrinciPeS de La 3ds                                                      La stéréoscopie : un nouveau langage de réalisati...
la scénarisation d’une scène en relief                                                                              Dès l’...
tination de l’oeuvre, et justifier de son réglage     à une retransmission 2D. A l’inverse, certainsnon pas « visuel » mai...
aidera dans la recherche d’une homogénéité certains spectacles stéréoscopiques, en IMAX cdes choix d’axes et de focales re...
vrant une grande dynamique, afin d’obtenir des       de steadicam ou déplacements d’une caméra àimages capables de conserv...
la gestion de l’effet de jaillissement    Le jaillissement est l’un des        et lente si l’intensité est forte,    empir...
Exemple de modulation de la gamme stéréoscopique                                      sur la durée d’un filmun géant de ty...
riGS eT caMéraS                                      l’on veut obtenir du relief. C’est par exemple le cas                ...
DR                             Deux exemples de caméras 3D intégrées                                                 élect...
méthodes Pour aligner, synchroniser les caméras 3dsPour réaliser une prise de vues stéréoscopique parfaite à l’aide d’un r...
POSTPrOdUcTiOn 3ds :                                la direction du stéréographe du film ayant déjà                       ...
« étalonnage relief » spécifique, en harmonisant        spectateur.la gamme stéréoscopique de la fin du plan pré-cédent et...
différence de profondeur entre les plans, et de                                                                     laisse...
nage colorimétrique en fonction des contraintes              Tourner en 2D en respectantde perception de la 3Ds.          ...
dans l’image 3Ds reconstituée. Il est aussi né-          perception humaine du relief vers l’infini est encessaire de recr...
têtes, nausées, etc.). Un inconfort de plus forte Le relief a ses règles de grammaire propres etamplitude pourra aller jus...
de la 3D sur certains contenus ? La grammaire         laissée lors de la phase « d’étalonnage relief »,d’un film existant ...
un petit peu de l’image destinée à l’autre œil,                                                     générant une image dou...
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)
Prochain SlideShare
Chargement dans…5
×

Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)

2 110 vues

Publié le

Première version du livre blanc du relief (3Ds) à la télévision et au cinéma présentée lors du festival international du film de Cannes 2011.

0 commentaire
1 j’aime
Statistiques
Remarques
  • Soyez le premier à commenter

Aucun téléchargement
Vues
Nombre de vues
2 110
Sur SlideShare
0
Issues des intégrations
0
Intégrations
37
Actions
Partages
0
Téléchargements
34
Commentaires
0
J’aime
1
Intégrations 0
Aucune incorporation

Aucune remarque pour cette diapositive

Livre blanc du Relief (3Ds) au Cinéma et à la télévision (v 1.0)

  1. 1. Le Livre bLanc dU reLieF (3ds) aU cineMa eT a La TeLeviSiOn Document réalisé sous l’égide de la Ficam, la CST, UP3D, le HD-Forum et l’AFCCoordination éditoriale : Marc Bourhis (Ficam)Pilotes du groupe de travail Livre blanc du relief (3Ds) :Olivier Amato (Smartjog) et Philippe Gérard (3DLized)
  2. 2. PuBli-informationla recherche médicale au service Comfort & du confort visuel de la 3ds AcceptanceDepuis le début de l’année 2011, « 3D Comfort &Acceptance » regroupe deschercheurs, médecins et industriels du secteur de l’audiovisuel et du cinéma autourd’un projet de recherche visant à mesurer l’impact des défauts de fabrication et dediffusion de la 3D stéréoscopique sur le confort visuel du téléspectateur.Un domaine de recherche médicale et psychovisuelle encore peu exploré...Un consortium multidisci plinaireCompte tenu de la complexité du sujet et de son caractère fortement multidisciplinaire, cetteplate-forme d’acceptabilité des effets 3Ds regroupe des acteurs nationaux majeurs de la chaînede fabrication des images 3Ds :> La société 3DLized, qui, depuis le début de son existence est concernée par le confort de la3Ds a pris la coordination de ce groupe de travail. Elle a la charge de créer des contenus à façonpour les besoins de l’étude, afin d’analyser les règles de grammaire qui régissent la création decontenus 3Ds confortables. Cette création d’images 3Ds tentera d’envisager les inconforts propresà chaque type de contenus que l’on peut s’attendre à voirarriver en 3Ds sur les écrans.> La Ficam assure la promotion du projet auprès del’ensemble des industries techniques de la création> Un laboratoire de la vision et deux CHU mettent enplace les protocoles de tests cliniques. Les objectifs de 3D Comfort & Acceptance > Un premier objectif sera de trouver des garde-fous techniques mesurés de manière scientifi- que permettant in fine aux réalisateurs de réussir à faire passer les émotions souhaitées en 3Ds tout en conservant l’esthétique de l’oeuvre et le meilleur confort visuel possible. > Un second objectif vise à mesurer l’impact sur des populations à risque afin de pouvoir fournir, notamment via la Ficam partenaire de ce projet, des recommandations pratiques ou techniques aux instances publiques mais aussi aux prestataires techniques et diffuseurs TV en vue de définir des Prêts à Diffuser 3Ds (PAD 3Ds). Pour toute information supplémentaire, contacter Philippe Gérard (3DLized) : philippeg@3dlized.com 3D Comfort &Acceptance est soutenu par 2
  3. 3. Les partenaires de ce livre blanc : La Ficam (Fédération des Industries du Cinéma, de l’Audiovisuel et du Multimédia), présidée par Thierry de Segonzac, est une organisation professionnelle qui regroupe 180 entreprises dont l’activité couvre l’ensemble des métiers et du savoir-faire technique de l’image et du son. Véritable force de proposition, la Ficam représente, promeut et défend les intérêts nationaux et internationaux de la filière des Industries Techniques de la Création. La Commission Supérieure Technique de l’Image et du Son (CST), présidée par Pierre-William Glenn est une association de profession- nels du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia, de techniciens et d’artistes techniciens. La CST réunit aujourd’hui près de 700 mem- bres. Elle a pour buts de défendre la qualité de la production et la diffusion des images et des sons, défendre la créativité, l’innovation technologique et artistique du cinéma et de l’audiovisuel et défendre l’indépendance, la liberté d’action et d’expression dans nos activités professionnelles.hniques. UP3D (union des professionnels de la 3Ds) est une association professionnelle dont les objectifs sont : Fédérer et dynamiser la communauté des professionnels de la 3Ds, informer et communiquer sur les métiers, les savoir-faire et les matériels spécifiques à la 3Ds, promouvoir et structurer le développement de la 3Ds en Europe. Originellement composé de 17 membres, le HD Forum, présidé par Jean-Pierre Lacotte, compte aujourd’hui 51 membres, tous profession- nels conformément à ses statuts. La diversité des questions à régler autour de la HD a conduit le HD Forum à créer deux commissions : la « commission technique » et la « commission communication et marché », elles-mêmes divisées en groupes de travail qui collabore régulière- ment aux travaux de la Ficam et de la CST. L’AFC (Association Française des Directeurs de la Photographie Ciné- matographique) présidée par Caroline Champetier, regroupe la plupart des directeurs de la photographie français présents au plus haut ni- veau artistique et technique des productions françaises et étrangères. L’AFC défend l’existence d’une image cinématographique de qualité, teste les nouvelles techniques et affirme la compétence du Directeur photo en tant que collaborateurs de création des réalisateurs, dans la meilleure tradition du débat culturel et artistique français. 3
  4. 4. Des remerciements plus particuliers à :A Pascal Buron (président délégué de la Ficam en charge de laCommission technique, Recherche et Innovation) pour l’ensemble deson travail de coordination sur ce sujet comme sur tant d’autres.Un grand merci à Yves Pupulin (Binocle) pour sa contribution sur lesgrands principes et les fiches métiers liés à la stéréographie.Merci aussi à David Steiner et Cédric-Alexandre Saudinos (ParallellCinéma) pour leur contribution concernant les techniques de pré-production et de tournage, ainsi qu’à Franck Montagné (Directeurde postproduction, Image&Magie) ainsi qu’à Philippe Ros (directeurphoto AFC).Merci à Alain Derobe (stéréographe et directeur photo) pour avoiraccepter la reprise de sa contribution faite à la CST concernantl’adaptation de la 3Ds à la taille d’écran de diffusion, ainsi qu’à RipO’Neil et Alain Besse de la CST pour leurs contributions entre autressur la partie projection 3Ds au cinéma.Merci à Laurent Verduci (stéréographe) pour ses fiches pédagogiquessur la 3Ds qui nous ont servi de fil rouge.Merci à Marc Léger et Francis Mahieu (INA Sup) pour la rédactionavec Olivier Amato du chapitre sur les codecs et les modes dedistribution.Merci également à Alain Chaptal (Sonovision) et Thierry Gruszka (NDS),Eric Martin (Quinta Industries), Charles de Cayeux (France Télévisions),Pascal Charpentier (UP3D), Benoit Michel (stereoscopynews.com)pour leur participation active à l’élaboration de ce livre.Enfin, merci à tous pour la relecture attentive du document finalisé. 4
  5. 5. SOMMAIREPOUrqUOi Un Livre bLanc SUr La 3d STéréOScOPiqUe ? PaGe 6PrinciPeS de La 3ds PaGe 8riGS eT caMéraS STéréOScOPiqUeS PaGe 14POSTPrOdUcTiOn 3ds : cOrrecTiOnS eT wOrkFLOw PaGe 16Le cOnFOrT viSUeL de La 3ds PaGe 22cOnverSiOn 2d/3ds : La néceSSiTé d’Un SavOir-Faire PaGe 20La PrOjecTiOn 3ds aU cinéMa PaGe 24L’aFFichaGe Tv 3ds PaGe 27adaPTer Le reLieF à La TaiLLe de L’écran de diFFUSiOn PaGe 30GLOSSaire de La 3ds PaGe 33annexe 1 : déFiniTiOn deS MéTierS de La 3ds PaGe 36annexe 2 : TechniqUeS de TOUrnaGe en reLieF PaGe 38annexe 3 : cOdecS eT MOdeS de diFFUSiOn PaGe 43 5
  6. 6. POUrqUOi Un Livre bLancSUr La 3d STéréOScOPiqUe* (3ds) ?U n an après l’explosion de l’équipement des salles de ciné- ma en projecteurs « 3D » numériques, de nombreux longs métrages « 3D » sortent dans les salles avec des qualitésde traitement souvent disparates. Le marché de la télévision a luiaussi décidé de répondre rapidement à l’appétence du public pourles images en relief. Les fabricants de téléviseurs, prompts à par-ticiper à cet emballement technologique, fabriquent désormais àgrande échelle des téléviseurs à écrans plats équipés de systèmesd’affichage « Relief » permettant de visionner les programmes TV3Ds dans des conditions de confort visuel tout à fait acceptables. Cependant, le marché des équipements de diffusion TV etcinéma est très en avance, chronologiquement parlant, sur la pro-duction de contenus 3D stéréoscopiques. Il n’existe pas à ce joursuffisamment de contenus produits nativement en 3Ds pouvantalimenter l’ensemble des canaux de diffusion ad hoc. La barrièreest principalement économique et technologique, mais relève aussisouvent d’un manque d’informations sur les conditions pratiquesdans lesquelles il est possible aujourd’hui de produire des imagesen relief pour la télévision et le cinéma. Face à la carence actuelle en contenus 3Ds, on constateaussi que nombre d’œuvres et de programmes diffusés en reliefdans les salles de cinéma ou sur les premières chaînes de télé-vision 3Ds utilisent des procédures de mise en relief d’images 2Dautomatisées. Celles-ci ne tiennent pas suffisamment compte desgrands principes du confort visuel chez le spectateur et interrogentsur la notion de respect de l’oeuvre originale. Face à cet emballement actuel autour du relief, il est doncapparu nécessaire aux différentes organisations professionnellesde la filière technique cinématographique et télévisuelle (Ficam,CST, UP3D, AFC, HD-Forum…) de réaliser un livre blanc dressantl’état des lieux de la 3D stéréoscopique. Ce livre blanc a l’ambitionde pointer du doigt les différentes problématiques techniques etnarratives liées au tournage, à la postproduction, au confort visuel,à la conversion 2D/3Ds et à l’affichage sur un écran de cinéma et/ou de télévision. La 3D stéréoscopique est un dispositif artistique et techni-que qui nécessite une reconstruction mentale des images. Celle-ciest choisie par le réalisateur et contrainte par les règles physiolo-giques propres à la plupart des spectateurs. 6
  7. 7. A ce titre, il est crucial de mettre en place à toutes les étapesde la chaîne de fabrication des procédures de contrôle de la qualitédu relief supervisées par un personnel qualifié et formé à cette nou-velle manière de produire et de postproduire. En fait, la 3D stéréos-copique, si elle ajoute des possibilités nouvelles sur le plan narratif,comporte aussi des obligations nouvelles sur le plan technique liéesà l’acceptation cérébrale des spectateurs ou téléspectateurs. C’estpourquoi dans ce livre blanc de la 3Ds, notre objectif n’est pas debrider la créativité des réalisateurs qui doivent rester libre de leurscontenus artistiques, mais de fixer un cadre permettant de mieux serepérer dans l’addition des possibilités de mise en scène propres àla 3D stéréoscopique. Il est important aussi de préciser que l’étude de la stéréos-copie, déjà ancienne, a permis de définir clairement des zones deconfort visuel à l’intérieur desquelles un spectateur n’aura aucunegêne et encore moins de maux de tête. Nous disons aussi que l’artde la 3Ds n’en est qu’à ses débuts. Il y aura sans doute la possibilitépour des réalisateurs de films ou d’émissions de télévision de dé-passer ce cadre technique, au moins ponctuellement, afin de provo-quer des émotions toutes nouvelles chez le spectateur. Enfin, on remarque que la perception de la profondeur d’unobjet dans une scène 3Ds est modifiée suivant la taille d’affichagedes images in fine (écrans de cinéma ou téléviseurs). Ce livre blancdécrit donc les différentes technologies d’affichage et définit lescontours techniques des futurs programmes 3Ds livrés à la télévi-sion et au cinéma. En fait, si l’on devait résumer l’objectif principal de ce livreblanc, nous dirions qu’il consiste à informer suffisamment les pro-fessionnels de l’audiovisuel et du cinéma sur les possibilités de la3Ds, afin qu’ils s’approprient le plus largement possible ce nouveaulangage et que puisse être évitée une désillusion du public pour cenouveau champ artistique et technique, comme cela a pu être le caslors de la première vague d’engouement pour le relief au cinémadans les années 1950 et 1960.Ce document est un état de l’art en mai 2011. Il sera amené à évolueren fonction des développements technologiques et artistiques àvenir. Vous trouverez donc des versions mises à jour de ce livre blanctéléchargeables sur l’ensemble des sites web partenaires.* Plutôt que d’employer les termes relief ou «3d» assez imprécis pourl’un et source de confusion avec les images de synthèse pour l’autre,nous recommandons d’utiliser le terme 3ds pour 3d stéréoscopique. 7
  8. 8. PrinciPeS de La 3ds La stéréoscopie : un nouveau langage de réalisation La création au cinéma ou à la télévision n’est pasL a différence fondamentale entre les tenta- liée à la seule évolution des techniques de pro- tives du passé et l’essor actuel de la 3Ds duction ou de diffusion, mais également au rap- découle de la maîtrise technique du relief port émotionnel que ces images entretiennentsur l’ensemble de la chaîne de fabrication et de avec le cerveau humain. De ce point de vue, ladiffusion des images, permise par les technolo- 3Ds rend nécessaire de reconsidérer ce rapport,gies numériques. afin d’adapter les conditions de création d’uneL’utilisation des outils numériques et les pos- œuvre cinématographique ou télévisuelle à cettesibilités de modifications de l’image, pixel par problématique. La 3Ds induit une rupture danspixel, depuis la prise de vue jusqu’à la diffusion les pratiques de mise en scène qui nécessite desont autant d’étapes désormais incontournables réinventer une interprétation de l’espace décidéen constante évolution. Ils garantissent la qua- par le réalisateur. On constate aussi, en étudiantlité de l’image 3Ds nécessaire au confort visuel certains paramètres de tournage tels que la lu-du spectateur. mière ou le cadre que si rupture il y a entre la 2DLes outils numériques participent à la maîtrise et la 3Ds, elle se situe plus du côté de l’accepta-de la mise en scène stéréoscopique. C’est fort tion du cerveau du spectateur que du côté de lade ce constat que nous souhaitons aujourd’hui pratique artistique.favoriser l’émergence d’un nouveau langage ci- En 2D comme en 3Ds, le réalisateur reste doncnématographique ou télévisuel lié à l’usage de le principal juge de l’utilisation du relief afin dela 3Ds. servir son récit, qu’il s’agisse de film, de téléfilmUne conception purement technique de la 3Ds ou de programme télévisé. De la même manièreest un pari risqué. Il est préférable de s’appuyer qu’il décide de la mise en scène en 2D, il formu-sur le savoir-faire à la fois technique et artisti- lera une demande particulière au stéréographeque des techniciens ou entreprises de presta- qui veillera à sa concrétisation. Le travail com-tions techniques spécialisés, qui ont à la fois une mun du réalisateur et du stéréographe vise doncconnaissance théorique solide et une expérience à établir une « conduite relief » (modulation deempirique de la 3Ds avant de se lancer dans cet- la gamme stéréoscopique), matérialisée par unte aventure. graphique ou des annotations sur le script ou surLa mise en scène d’une séquence en 3Ds ne un story-board, qui servira de guide à l’équipe depeut se résumer à un algorithme de mise en tournage. Un relief trop fort risque d’amener unrelief automatique, aussi parfaitement calibré inconfort visuel sur la durée ; de même qu’un re-soit-il, ou se passer de l’expérience de terrain lief trop faible risque de frustrer le spectateur.d’un intervenant spécialisé en matière de 3Ds C’est principalement à l’intérieur de ces limites,qui s’adapte aux conditions de tournage le plus que le réalisateur pourra choisir ses intentionssouvent pleines d’imprévues. La réalisation de profondeur.d’une scène 3Ds, si l’on souhaite obtenir un Le stéréographe traduira ces intentions avec lesconfort visuel chez le spectateur, nécessite une outils dont il dispose et dont il supervisera lamise en scène parfaitement réglée et des angles maîtrise physique. De ce fait, il est responsablede caméras parfaitement maîtrisés. Si les équi- des réglages de l’angulation et de l’entraxe, etpes de production ne s’entourent pas de com- par conséquent du placement du plan de conver-pétences allant dans ce sens, elles risquent de gence (voir annexe 2).limiter leurs possibilités de générer des émo- Notons que la taille de l’écran de contrôle 3Dstions chez le spectateur spécifiquement liées à sur le tournage ne correspond pas forcémentla profondeur ou au jaillissement du relief, ou à celle de l’écran de diffusion final. Le stéréo-même dans certains cas « extrêmes » évoqués graphe devra clairement informer l’équipe dedans ce livre blanc, générer un inconfort visuel production des différences de sensation de pro-dans le public. fondeur suivant la dimension de l’écran de des- 8
  9. 9. la scénarisation d’une scène en relief Dès l’écriture, on peut prendre en compte le relief et l’utiliser comme un outil narratif. Il est possible d’imaginer des scènes dont l’intensité dramatique sera amplifiée si l’on joue avec la profondeur, le jaillissement ou les effets de gigantisme et de miniaturisation. Les scénaristes peuvent réfléchir aux effets relief à l’avance, parfois en intégrant directement leurs idées dans le scénario. Celles-ci peuvent être indiquées en majuscules - dans le monde anglo-saxon, elles sont parfois précédées de la mention « 3DFX ». Néanmoins, la logique du processus de création d’un film invite à confier au réalisateur et/ou au stéréographe le contrôle des effets stéréoscopiques. Pour exemple, dans OcéanoSaures (Sea Rex), film IMAX 3D écrit et réalisé par les français Pas- cal Vuong et Ronan Chapalain, les intentions de mise en scène stéréoscopique apparaissent dès le story-board. A noter que dans le cas de ce film, Pascal Vuong a réalisé lui-même le story-board et Ronan Chapalain a supervisé la stéréographie, permettant ainsi très tôt de concevoir chaque plan dans toute sa profondeur et non plus com- me une image 2D. Sur cet extrait de story-board, des indications colorées ajoutées au dessin initial permettent de repérer rapidement les éléments en jaillissementOcéanoSaures - Voyage au Temps des Dinosaures © 2010 - N3D LAND Productions ou le positionnement du personnage par rapport au plan de l’écran. Ces indications de mise en scène stéréoscopique, ajoutées au choix de ca- drage et de découpage permettent au réalisateur et à l’équipe du film de mieux préparer le tour- nage et la postproduction des images et d’éviter les écueils d’une stéréographie envisagée trop tardivement. 9
  10. 10. tination de l’oeuvre, et justifier de son réglage à une retransmission 2D. A l’inverse, certainsnon pas « visuel » mais « prévisionnel ». sports en salle comme le basket-ball où l’onDe plus en plus de paramètres de la « pro- peut être plus proche de l’action, offrent un re-fondeur » peuvent désormais être modifiés en lief qui renforce l’émotion du spectateur.postproduction. De ce fait, tout comme l’éta-lonnage couleur donne le ton des scènes d’un La préproductionfilm, « l’étalonnage 3Ds » devient une étape im- La préparation est essentielle pour la réussiteportante après le montage. Il permet de donner d’un tournage en 3Ds. Des repérages parti-une tonalité générale de perception du relief et culièrement minutieux (relevé des distances,de raccorder la 3Ds entre les plans en fonction vérification des lointains, prise en compte dede l’intention finale du réalisateur. l’encombrement du rig 3Ds) permettront de prévenir beaucoup de problèmes à l’avan-Penser la 3Ds en amont du tournage ce. La réalisation d’un story board 3Ds estSi l’on souhaite obtenir un effet de relief de conseillée.qualité, il peut être utile de vérifier au préala- Sans assistance logicielle, ce storyboard pour-ble la pertinence du choix de la 3Ds sur telle ra présenter, pour chaque plan au moins deuxou telle œuvre ou programme de télévision dès vues pour les cas les plus complexes :l’écriture du synopsis ou du scénario. Ainsi, un - Le plan lui-même, comme dans un film clas-récit se déroulant dans l’univers aéronautique, sique. Idéalement, le storyboardeur devra réa-aérien ou aquatique se prête totalement au liser un story board optiquement correct.relief de jaillissement, car les objets peuvent - Une vue « de côté » matérialisant l’emplace-être de manière illusoire « décollés » de tout ment du plan de l’écran, afin de bien distinguersupport, comme en lévitation dans un fluide ou les objets qui devront être en avant du plan dele vide. l’écran ( = en jaillissement) et ce qui devra êtreD’autre part, des plans plus longs et/ou des en arrière de celui-ci ( = en profondeur).mouvements plutôt lents et fluides des objets - Dans les cas les plus complexes, une vue deet des caméras favorisent aussi la perception dessus, avec l’emplacement du plan de l’écran,d’un relief plus confortable. Ils laissent le pourra également être utile.temps au public de le découvrir et de rentrer Au-delà de ces règles générales, il peut êtredans la profondeur de l’image. De même, des opportun d’utiliser un logiciel de prévisualisa-plans larges avec des cadrages en plongée ou tion qui simule ce que sera le plan pour dé-en contre-plongée favorisent l’effet de relief finir ses axes et mouvements de caméra enet intensifient les sensations de vertiges. Les 3Ds. Un tel logiciel permet de reconstituerformes géométriques, de bâtiments par exem- précisément, en images de synthèse, chaqueple, sont plus rapidement identifiées par notre lieu de tournage et la position caméra (quellecerveau et favorisent la rapidité d’immersion que soit le type du rig). Il permet de calculer etdans le relief. prévisualiser le cadre, l’entraxe et l’angulationConcernant les programmes de flux, aujourd’hui appliqués lors du tournage ou en postproduc-parmi les premières expérimentations de re- tion. Tous les paramètres tels que la focale,transmissions sportives en 3Ds, le football fait le diaphragme, la profondeur de champ, lesfigure de favori du fait de son audience très mouvements, etc peuvent être également pré-importante et de son public potentiellement déterminés.intéressé par le fait de visionner les matchs enrelief. Pour autant, la mise en scène actuelle L’importance du repérage des volumesde ce sport à la télévision, axée sur des tra- Lors des repérages ou en préparation d’un filmvellings latéraux et une profondeur de champ en 3Ds, il est nécessaire que le réalisateur et lesouvent difficile à maîtriser, n’est pas forcé- directeur de la photographie repèrent les ca-ment la mieux adaptée à une retransmission dres en tenant compte de l’évolution et de laen relief, à moins de repenser complètement répartition des volumes dans la profondeur. Ilsles axes caméra et les travellings par rapport peuvent s’appuyer sur le stéréographe qui les 10
  11. 11. aidera dans la recherche d’une homogénéité certains spectacles stéréoscopiques, en IMAX cdes choix d’axes et de focales relativement à la par exemple. Mais, pour la plupart des produc-3Ds. Cette étape doit permettre de déterminer tions cinématographiques, le cadre reste l’unla position du sujet au sein de la « boîte scé- des paramètres fondamentaux. C’est ce qui senique » contenant les volumes de la scène en passe à l’intérieur du champ ou hors-champ quitrois dimensions. Ce repérage est capital. justifie le mouvement de caméra selon le choixA ce stade, il est utile de faire remarquer qu’en du réalisateur. Dans les programmes de flux, lerègle générale, le relief s’apprécie mieux cadre est beaucoup plus déterminé par le suivilorsqu’on est en mouvement, près du sujet et de l’action qui, pour le sport par exemple, estplutôt en courtes focales. Toutefois, il est diffici- généralement centrée.le de réaliser tout un film sans plan serré. Pourles plans recourant aux moyennes et longues fo- Une caméra en mouvementcales, le repérage du positionnement des mas- Les plans en mouvement renforcent la percep-ses du décor devient encore plus décisif pour tion de la successiondéterminer la place des volumes dans lades comédiens et le scène. Cette mise enpoint de vue de la valeur des volumescaméra dans la s’obtient bien sûrprofondeur et en par le mouvementbordure de cadre. entre les comédiensLa sensation de et les objets dans lerelief obtenue, in cadre. Elle est éga-fine, même si elle lement accentuéeparaît réaliste ou par le déplacementadmissible pour du point de vue de laun plan, peut ne caméra qui renforce © Convergence3D.netplus l’être lors du la présence des co-montage de plu- médiens. Peut-êtresieurs plans dans un nouvel espaceleur continuité. entre cinéma etPar exemple, lors théâtre ?d’un tournage en2D, il est courant Capture d’écran d‘un logiciel de prévisualisation 3Ds La lumière en 3Dsde « tricher » la po- Si dans la cinémato-sition des comédiens graphie en 2D, la lu-(pour faciliter une prise de vue ou une perspec- mière et son contraste ne sont limités que par lative). Cette pratique doit susciter la plus grande normalisation de la projection et dans ce cadre,vigilance en 3Ds. la puissance du projecteur, il en va tout autre- ment de la stéréoscopie. Les forts contrastes,Le cadre plus particulièrement en bordure du champ, àLa précision du cadre cinématographique est travers des feuillages en contre-jour ou entrel’un des paramètres essentiels de la prise de les différentes composantes du sujet peuventvues 2D. Or, dans la stéréoscopie, où nous som- entraîner une véritable gêne cérébrale pour lemes plus proches des bas et/ou hauts reliefs, le spectateur.cadre présente une légère indécision en rapport L’abaissement du contraste est souvent conseilléavec les deux champs filmés qui ne se recou- sans que nous ne sachions encore le quantifiervrent exactement que dans le plan de conver- précisément aujourd’hui.gence ou plan de l’écran. Par ailleurs, la notion De ce fait, les prises de vues pour lesquelles lesd’immersion du spectateur est souvent mise en niveaux d’éclairement et de contraste ne sontexergue, avant même la notion de cadrage pour pas maîtrisables, demandent des capteurs cou- 11
  12. 12. vrant une grande dynamique, afin d’obtenir des de steadicam ou déplacements d’une caméra àimages capables de conserver du modelé dans l’épaule soulignent la position relative des ob-les hautes et basses lumières. Cela permet jets les uns par rapport aux autres.également un meilleur ajustement du contraste - La taille des objets décroît avec la distance. Onlors de l’étalonnage des films stéréoscopiques peut utiliser cela pour « tricher » certains plans,ou des programmes TV. sous condition de garder une vraisemblanceDe même, il est conseillé de faire attention à des effets de réduction si on veut conserver unel’écrêtage des hautes lumières, car celles-ci image réaliste.peuvent produire une disparité de forme entre - La gradation des textures : briques, herbes,les deux images stéréoscopiques, comme lors pavés, etc., deviennent moins définis avec lad’un arrière-plan flou sur des feuillages éclai- distance.rés en contre jour. - La « dispersion atmosphérique » (effet de bru- me) : elle est due à la pollution du milieu traver-Se servir des indices visuels sé en fonction de son épaisseur. Elle joue pour les infinis comme pourde profondeur pour la une pièce enfumée.mise en scène 3Ds - L’effet de perspectiveConstruire un plan en est un indice très im-relief ne signifie pas portant : notre regardseulement savoir ré- recherche de manièregler la stéréoscopie, permanente les lignesc’est aussi se servir de fuite d’une scènedes indices qui vont pour comprendre safaciliter la compré- perspective en utilisanthension de la profon- les routes, les voies fer-deur de l’image. rées, les immeubles.Il faut donc savoir - Le relief est avant toututiliser les indices comparatif. Le cerveaustéréosopiques mais est plus performantaussi les indices non- pour comparer parstéréoscopiques. exemple les couleursLa peinture et la pho- que les analyser. Il entographie nous rap- va de même pour la sté-pellent qu’en 2D, de réoscopie. Une réparti-nombreux facteurs tion des volumes danspermettent au cer- la profondeur favoriseraveau d’analyser et de l’impression de relief. Ilcomprendre la pro- Visualisation de la zone de confort visuel qui fait aura plus de peine s’ilfondeur d’une image. référence en matière de 3Ds n’y a qu’un élément auOn conserve d’ailleurs premier plan détachécette faculté lorsqu’on d’un autre élément placéferme un oeil. L’utilisation de ces indices non- à l’infini sans volume intermédiaire. Par exem-stéréoscopiques va faciliter la compréhension ple : une abeille en jaillissement sur un fond dede l’espace et participer à la sensation de relief. montagnes lointaines à l’infini ne favroriseraParmi ces facteurs, on peut citer : pas l’impressipon de relief.- Un objet proche masque un objet lointain. Cet - Par ailleurs, on préfère parfois placer les ti-effet qui peut être obtenu par le mouvement des tres en jaillissement sur fond texturé plutôt quecomédiens ou des objets dans la profondeur est sur un fond noir.renforcé par le mouvement du point de vue ca- - Les textures et les ombres sont des objets sté-méra. Les travellings, mouvements de grue ou réoscopiques, des « indices » supplémentaires 12
  13. 13. la gestion de l’effet de jaillissement Le jaillissement est l’un des et lente si l’intensité est forte, empirique qu’il y a un phénomène effets propres au relief. Il donne pour préserver le confort visuel. d’apprentissage du spectateur la sensation que les objets Un même jaillissement peut être dans sa capacité à « lire » avec sortent de l’écran en direction du d’une intensité variable et réalisé confort les effets jaillissement spectateur. en deux temps : faible puis fort, : au début d’un film il faut Toutefois, il y a des règles à afin de renforcer l’effet final. environ 3 secondes pour que le respecter pour que cet effet La durée totale du jaillissement cerveau se plie au décalage entre ne produise pas d’inconfort ne peut être trop longue, afin convergence et accommodation visuel. Les éléments ou parties de préserver le confort visuel. qu’on lui impose, tandis qu’au d’éléments jaillissants doivent Toujours pour des raisons bout de dix minutes d’un film être contenus dans le champ des de confort visuel et de souci en 3D stéréoscopique, ce temps caméras. La vitesse d’apparition d’équilibre narratif, la fréquence d’accommodation est réduit à du jaillissement doit être ni trop des jaillissements au long d’un 1/2 sec. Il est donc fortement lente, ni trop rapide. Il faut film ou d’un programme TV doit déconseillé d’abuser des effets de laisser un temps suffisant au être un savant dosage suivant la jaillissements brutaux en début spectateur pour que son cerveau durée du film entre la répétition de film, car ils pourraient devenir s’habitue à cette apparition. des jaillissements et leurs douloureux et mal interprétés par Celle-ci peut être rapide si différences d’intensités. le cerveau des spectateurs. l’intensité de l’effet est faible Enfin, on constate de manièrepour comprendre la profondeur. C’est pour- La gamme stéréoscopique est une mesure dequoi certains chefs opérateurs préfèrent uti- la quantité de relief d’une image. Il s’agit de laliser des lumières plus directionnelles qu’en différence entre le décalage de l’objet le plus2D, pour marquer les ombres. Les régions non loin et le décalage de l’objet le plus prochedétaillées de l’image : un ciel complètement dans un plan.blanc, un intérieur avec des zones totalement La gamme stéréoscopique est amenée à variernoires, sont moins favorables à la compréhen- à l’intérieur d’un plan, entre deux plans et sursion au relief qu’un ciel nuageux ou un inté- la durée d’un film. Dans l’ensemble de ces cas,rieur dans lequel la pénombre laisse voir la on peut parler de « modulation des gammessubtilité des détails. stéréoscopiques ».- Il faut également veiller à la cohérence des La gamme stéréoscopique est une donnée ma-profondeurs, et éviter les « collisions » d’un ti- thématique mesurable pour chaque image entrage placé sur le plan de l’écran avec un objet pourcentage de sa largeur ou en pixels.en jaillisement. L’« erreur de fenêtre » carac- Le terme « budget stéréo », traduction de l’an-térise, elle, la collision entre un bord d’écran glais « depth budget » est parfois utilisé pouret un objet en jaillissement. désigner, soit la gamme stéréo, soit la modu- lation des gammes stéréos, ce qui peut prêter à confusion.Il est important d’utiliser l’ensemble de ces indices Cette mesure mathématique (la gamme sté-pour enrichir les paramètres de mise en scène sté- réoscopique) donne une impression de reliefréoscopique. variable selon taille de l’écran : une même gamme stéréo peut donner une impression deLa gamme stéréoscopique relief faible sur un petit écran, plus importanteet la modulation des gammes stéréoscopiques sur un écran de cinéma et très puissante sur 13
  14. 14. Exemple de modulation de la gamme stéréoscopique sur la durée d’un filmun géant de type IMAX©. L’acceptation par lespectateur d’une gamme stéréo choisie pourun écran donné est, de plus, variable selon les Assurer la continuité de la modulation de gammeindividus. stéréoscopique tout au long d’un filmDes études scientifiques sont toutefois en Il est indispensable de penser un film ou uncours en France (3D Acceptance & Comfort) et programme TV en 3Ds dans sa continuité.aux Etats-Unis (BanksLab, Université de Ber- Pour le cinéma en 3Ds, comme en 2D, on mo-keley) pour éclaircir les rapports entre gamme difie souvent l’ordre des séquences et desstéréoscopique et confort visuel. plans aux différentes étapes de la fabricationSans repères fiables à 100 % dans ce domaine, d’un film et en particulier au montage.nous préconisons de tester au cas par cas, lors La modulation de la gamme stéréoscopiquede la réalisation d’un teaser ou d’un test, les risque d’être modifiée par l’inversion desplans litigieux qui vont s’écarter des limites plans lors du montage. Par exemple, un gros« acceptables » de la stéréoscopie. plan très en jaillissement raccordera mal avecGénéralement, l’usage veut que l’on modère un plan large de paysage très en profondeur :le dépassement de ces limites au profit de la cette alternance fatigue le spectateur. Donc,mise en scène. il faut prendre garde dans l’agencement desA noter qu’il existe déjà des recommandations plans à assurer des transitions de profondeurtechniques définissant les limites acceptables en douceur pour le public.des gammes stéréoscopiques pour la diffusion3Ds en télévision (ex: BSkyB 3D). L’établisse-ment de recommandations techniques est encours d’étude en France. 14
  15. 15. riGS eT caMéraS l’on veut obtenir du relief. C’est par exemple le cas pour les prises de vues depuis un hélicoptère.STéréOScOPiqUeS Le rig à miroir semi-transparentO n appel rig, les supports réglables sur les- CLes caméras sont placées verticalement à 90° quels peuvent être agencées et réglées les l’une de l’autre et se trouvent en coïncidence caméras. Il en existe de deux types, selon optique dans un miroir semi aluminé. Ce miroir,que l’on place les caméras « cote à côte » ou en appelé également « lame séparatrice », permetcoïncidences dans un « miroir ». On les appelle pour l’une des caméras de filmer au travers etdonc naturellement rig « côte à côte » et rig « pour l’autre de filmer en réflexion sur le côté ré-miroir ». C’est la nécessite d’obtenir ou non des fléchissant.entraxes faibles ou importants qui détermine le Pour cette application, la transmission et la ré-choix d’un rig. Si l’on veut de grands entraxes, gé- flexion des miroirs sont égales à 50 % afin que lanéralement pour une prise de vue sur hélicoptère perte de un diaphragme qui est induite pour cha-ou pour des plans lointains on utilise un rig « côte cune des caméras soit identique ou proche. Leà côte ». miroir permet donc de filmer avec un entraxe égalLa sophistication des rigs côte à côte ou miroir à zéro et de s’affranchir ainsi des problèmes liés àn’est pas liée au dispositif mais à la définition faite l’encombrement des caméras et des optiques.par le fabriquant. Chez certains constructeurs, les On peut donc réduire l’entraxe jusqu’à 0 mm, cerigs sont versatiles et sont simplement assemblés qui permet d’aligner parfaitement les caméras.différemment pour être installés en côte à côte ou Le rig miroir permet principalement d’obtenir deen miroir.. petits entraxes indispensables pour filmer près du sujet, ce qui est le cas de la grande majoritéLe rig côte-à-côte (side-by-side) des plans d’une fiction.Les deux caméras identiques sont placées l’une On utilise les rigs miroir sur steadicam, crosseà côté de l’autre sur des rigs mécaniques ou d’épaule et la plupart des machineries classiques.électroniques plus ou moins rudimentaires. Les rigs miroirs présentent deux types deL’avantage de ce dispositif est d’être souvent plus conception ou d’agencement quand il peuventrigide et d’éviter les aberrations liées au miroir. être retournés autour de l’axe optique :Son inconvénient est qu’il favorise les grands - la première, dite zénithale, favorise la protectionentraxes d’où résulte l’effet « maquette » lié à la du miroir. La caméra verticale est placée en des-miniaturisation apparente des objets filmés. On ne sous de l’axe optique et dirigée vers le haut. Cesait pas éviter cet effet aujourd’hui, mais, obtenu dispositif permet une protection plus simple desdès lors que l’on dépasse l’entraxe visuel humain, lumières parasitant le miroir.il peut être subi ou recherché selon la volonté de - La seconde dite « position grue » présente l’avan-mise en scène du réalisateur. tage, ayant sa caméra verticale placée au dessusDans tous les cas, il n’y a pas d’autre solution du miroir, de pouvoir rapprocher l’axe optiquequand on film de loin, avec des objets premier très près du sol et par conséquent d’effectuer desplan situés à grande distance de la caméra, et que contre-plongées verticales importantes.DR Deux types de rigs côte-à-côte 15
  16. 16. DR Deux exemples de caméras 3D intégrées électroniquement avec précision via un ordinateur.La caméra 3Ds intégrée Plus récemment, des instruments d’analyseApparaissent aussi sur le marché des des images 3Ds émergent avec notamment lacaméscopes professionnels qui enregistrent possibilité de réaliser un traçage temps réeldeux vues d’une même scène à précis des problèmes de disparitétravers deux axes optiques intégrés au sein d’un couple d’imagesdans le même corps caméra. Ce stéréoscopiques et de lestype de technologie tout intégrée a corriger en temps réel.le mérite de limiter les problèmes Tous ces facteurs fontde disparité entre les deux points qu’aujourd’hui, on voit apparaîtrede vues stéréoscopiques que l’on chez plusieurs équipementierssouhaite fusionner, notamment des solutions à la fois matériel-les problèmes d’alignement, de les et logicielles de traitementdifférences de mise au point et de en temps réel de la prise de vueszoom... Toutefois, la caméra 3Ds 3Ds qui permettent d’automa-intégrée a l’inconvénient de ne tiser une partie des correctionsproposer généralement qu’un seul telles que les disparités vertica-réglage de l’écart interaxial et un les, la détection des problèmesréglage de vergence limité. Des de rotation et de déformationrestrictions qui engendrent des trapézoïdale. Certains logiciels DRcontraintes fortes quand il s’agit permettent également d’auto-de filmer une scène en relief de matiser l’ajustement de l’écartprès et plus généralement qui ne Exemple de rig interoculaire et de convergence...permettent pas la maîtrise de la semi-transparent installé Des solutions de ce type conçuesmise en scène de la stéréoscopie grâce sur un steadicam en France ou à l’étranger, permet-aux réglages des deux paramètres que tant de corriger ces problèmes ousont l’entraxe et la vergence. de maîtriser ces paramètres en temps réel, sont d’ores et déjà utilisées sur les lieux de tournage,Le progrès des rigs 3Ds notamment dans la production sportive en direct.et le contrôle des disparités Les correcteurs de relief sont également intégrésDepuis la fin des années 90, les Industries dans des outils de visualisation utilisés en fictionTechniques de la Création ont vu l’essor de ou en captation afin de juger des effets obtenusrigs motion control capables d’être opérés sans fatigue cérébrale pour l’équipe. 16
  17. 17. méthodes Pour aligner, synchroniser les caméras 3dsPour réaliser une prise de vues stéréoscopique parfaite à l’aide d’un rig ou d’une caméra 3Ds intégrée, les deuxoptiques émanant des deux caméras doivent, bien évidemment, être identiques en tout point. L’alignementparfait, au pixel près, des caméras, est crucial pour le confort visuel du spectateur final. La moindre disparitéverticale doit être éliminée, car elle force un œil à regarder en haut, et l’autre en bas…De nombreux autres facteurs peuvent provoquer des disparités verticales gênantes : - Problème de hauteur entre les caméras - Problème de panoramique vertical entre les caméras - Problème de rotation entre les caméras - Différence (même infime) entre les focales des caméras, qui est une des raisons expliquant la difficulté pour zoomer en relief - Aberrations optiques différentes entre les optiquesUne solution consiste à minimiser ces problèmes de disparité au tournage (même si c’est quasiment impossibledans la pratique), en mettant les caméras à 0 cm d’entraxe et en utilisant des mires et le moniteur 3Ds pourrégler finement l’alignement.De même, on veillera à ce que la colorimétrie et la luminosité des caméras soient identiques. Le vectorscope dumoniteur 3Ds permet de contrôler cela avec précision.Enfin, la synchronisation des caméras est nécessaire, au timecode (pour le monteur), mais surtout au balayageprès, sous peine de fatigue visuelle chez le spectateur due au décalage temporel entre les balayages des CCDs.Pour le timecode, il faut connecter les caméras, et mettre une caméra en TC « master » et l’autre en « slave ».Pour les balayages, mettre une caméra en Genlock master et l’autre en Genlock slave n’est pas assez précis, saufexception comme avec certaines paluches ou des caméras conçues à cet effet. On préfère donc avoir recours à unboitier de synchronisation externe en Tri-level Sync, connecté sur les entrées Genlock des caméras.Les caméras dépourvues d’entrée Genlock, comme les appareils photo numérique sont problématiques. Certainsmoniteurs 3Ds permettent toutefois de visualiser les balayages et de tenter une synchronisation « à la main » ou« à la volée » en déclenchant les caméras simultanément. Mais, ceci ne présente pas les garanties indispensa-bles à un projet de long métrage ou de direct à la télévision. 17
  18. 18. POSTPrOdUcTiOn 3ds : la direction du stéréographe du film ayant déjà oeuvré au moment du tournage.cOrrecTiOnS eT wOrkFLOw Les raccords de plansr éaliser une postproduction en 3Ds n’est lors du montage d’images 3Ds pas très différent d’une postproduction Le rythme des plans montés en stéréoscopie traditionnelle, si ce n’est qu’elle nécessite est logiquement plus lent que celui d’un mon-de gérer des volumes de fichiers deux fois plus tage à partir d’images 2D car il faut environ uneimportants. Il est également nécessaire d’assu- seconde au cerveau pour apprécier, au momentrer une continuité de la profondeur des scènes du changement de plan, le nouvel univers à ex-3Ds, à la fois en soignant l’enchaînement de leur plorer. Un apprentissage du spectateur pourraitgamme stéréoscopique et en corrigeant les dis- toutefois réduire le temps d’accommodation né-parités entre les deux images gauche et droite. cessaire à chaque changement de plan. Mais, à ce jour ce n’est qu’une supposition.Le visionnage des rushes 3Ds au cœur du process Afin de limiter la gêne cérébrale et raccourcir leLa postproduction des images relief oblige à re- temps d’adaptation entre chaque plan, il est éga-venir à des méthodes de travail plus rigoureu- lement possible d’utiliser le principe de « fonduses qu’auparavant et à une définition plus pré- au relief » qui permet d’adoucir le passage d’uncise des tâches de chacun, de la préparation du plan à l’autre pour des reliefs manifestementtournage à la postproduction. Ces précautions, trop différents.prises en amont des différentes opérations, per- Du fait de ces contraintes, il serait dans l’absolumettent de limiter l’alternance de séquences re- plus pratique que le montage stéréoscopique selief incohérentes entre elles. fasse « on-line » directement à partir des ima-Toutefois, même si un stéréographe a parfaite- ges stéréoscopiques déjà corrigées. Toutefois,ment réglé les rigs et pris garde de limiter les pour des raisons de fatigue visuel sur la durée« mauvais » raccords de plan, le monteur devra mais également d’économie et/ou de non-dis-vraisemblablement, comme c’est le cas en 2D, ponibilité des outils de montage 3Ds on-line, cechanger l’ordre du montage prévu à l’origine. De n’est que rarement le cas.ce fait, il sera nécessaire de vérifier à nouveau Par conséquent, lors des montages « off-line »les raccords de plan lors de chaque visionnage de films ou programmes 3Ds, il est impératif dedes rushes ou du montage 3Ds. visualiser les montages 3Ds et de les valider ré-Par ailleurs, suivant la méthode de postpro- gulièrement sur un écran stéréoscopique d’uneduction envisagée et le budget de production, taille proche de celle qui sera utilisée lors de lail pourra être utile de consacrer du temps aux diffusion finale. Ainsi, il sera possible d’identifiercorrections de disparités involontaires entre d’emblée les gênes visuelles qui résultent desles images. Il s’agira de corriger ces disparités disparités stéréoscopiques non corrigées ou degéométriques et colorimétriques involontaires, valeurs de relief différentes entre les plans.même indiscernables, résultants inévitablement Si possible, il est même souhaitable que les rac-des dispositifs de prise de vue, entre les images cords de plans soient étudiés lors de la prépara-gauche et droite de sorte que chacun des pixels tion du tournage, afin d’harmoniser les espacescorrespondant soit situé à la même altitude. At- relief en amont et aval de la transition en rédui-tention, ces corrections faites obligatoirement sant au maximum les différences d’écartementen direct pour une captation deviennent une et de convergence des caméras. Néanmoins,opération de post-production pour la fiction. des ajustements seront souvent à prévoir enCette opération pourra se faire sur les rushes postproduction par translation horizontale desavant montage mais elle se fait généralement images gauche et droite.après montage aujourd’hui, pendant ou juste Le changement de localisation dans l’espace duavant l’étape de l’étalonnage du relief du film. point d’accroche du regard, d’un plan à l’autre,Elle sera l’œuvre d’un technicien stéréogra- peut également entraîner un inconfort visuel.phe connaissant les outils de correction sous D’où la nécessité d’une écriture adaptée et d’un 18
  19. 19. « étalonnage relief » spécifique, en harmonisant spectateur.la gamme stéréoscopique de la fin du plan pré-cédent et du début du plan suivant. Le matte-painting en 3Ds Le matte-painting est une technique qui peutType de relief en fonction toujours être utilisée en 3Ds pour des décors audes entrées de champ loin, en arrière-plan vers l’infini, là où le paramé-Le spectateur ressent un inconfort visuel si l’un trage relief est au plus près de la vision humaine,de ses yeux voit trop longtemps une partie d’élé- sans perception véritable du relief. Il est toutefoisment que l’autre œil ne perçoit pas encore dans indispensable dans ce cas de figure de créer unl’entrée de champ latérale. Un savant dosage en- matte-painting s’intégrant très précisément danstre intensité du relief et vitesse d’entrée de champ l’espace en trois dimensions « composité ».sera donc à déterminer. Cela ne pose en revanche Le discernement par le spectateur d’élémentspas de problème quand cette entrée de champ se 3D stéréoscopiques composités est en effet bienfait soit au niveau du plan de convergence (plan de plus fin qu’au cœur d’une image 2D. Une com-l’écran) soit verticalement (par le haut ou le bas position imprécise de l’image en relief sera toutde l’écran), car dans ces cas les deux yeux voient de suite repérée comme une incohérence par leapparaître le même élément au même instant. spectateur, et ceci d’autant plus que la taille de l’écran de diffusion sera importante.Vitesse, accélérationet trajectoire des caméras Le compositing en 3Ds Afin de compositer précisément les différentsLes mouvements doivent être de préférence flui- éléments de la scène finale, il va falloir se doterdes, lents, avec de faibles accélérations ou décé- d’outils permettant en temps réel de visualiserlérations et des trajectoires en courbes larges. et de modifier les paramètres de chaque élé-Si le scénario impose des effets rapides éloignés ment. Et, si possible sur une taille d’écran la plusde telles préconisations, on optera pour un relief proche de la taille définitive de diffusion, afin deplus faible : à l’extrême, les axes optiques des tenir compte du facteur de grandissement.caméras gauche et droite pourront peu à peu Le truquiste doit donc être formé au relief et sa-être confondus de manière à filmer en quasi mo- voir mesurer et placer précisément les différentsnoscopie, préservant ainsi le confort visuel. éléments d’une image composite dans une scène en 3D stéréoscopique. Le placement de ces élé-Chasse aux contrastes trop forts ments devra être nécessairement très précis.Les systèmes de diffusion 3Ds (filtres et lunettes L’objectif de l’effet visuel est de modifier la per-polarisants, lunettes à cristaux liquides…) n’ayant ception de l’espace relief de chaque élément àpas un pouvoir séparateur absolu, chaque œil intégrer par :perçoit plus ou moins le fantôme de l’image des- • La translation horizontale des images gau-tiné à l’autre œil. Il faut donc limiter le contraste che et droite, modifiant le point de conver-trop fort entre les éléments en avant et en arrière gence et donc la localisation en profondeurplan, en fonction de l’intensité des effets relief et de chaque objet dans la scène. (« horizontaldes disparités horizontales créées. shifts »). • Le redimensionnement de la taille desRéglage de la lumière pour un jaillissement images après suppression des partiesPour renforcer la sensation d’immersion, il faut non communes aux vues gauche et droiteremplir le champ visuel du spectateur. Le mieux (« crop » and « resize »).est d’estomper progressivement les zones de • La correction des disparités verticales,l’objet jaillissant qui coupent les bords du cadre. notamment les effets de trapèzePour cela, une méthode consiste à diminuer la (« keystones ») dus à la convergence deslumière d’une scène progressivement vers les deux caméras.bords de l’écran. Le volume de la scène filméesemble alors être entièrement centré sur le Régler la convergence en postproduction 19
  20. 20. différence de profondeur entre les plans, et de laisser un léger sursaut de 3Ds à la coupe. Bien entendu, rien n’empèche d’utiliser un effet copyright : Technicolor de raccord 3Ds brutal pour provoquer une sen- sation particulière chez le spectateur. La gestion des fichiers 3Ds De plus en plus de tournages en 3Ds utilisent des caméras qui enregistrent en « mode fichier ». Il devient alors très intéressant de récupérer les informations X et Y des caméras pour les inté- grer aux métadonnées. En postproduction 3Ds, Exemple de correction de disparités une des questions centrales est la gestion du géométriques stockage qui devient cruciale. Le mieux est d’op- ter pour une sauvegarde régulière des images auIl est important de noter que les convergences fur et à mesure de la production, car les quanti-3Ds peuvent être réglées en postproduction et tés de données à traiter sont doublées.ceci tout particulièrement pour les séquences La méthode qui consiste à réaliser le montagetruquées contenant des effets visuels. Dans ce on-line directement en 3Ds est utilisée le pluscas, le tournage s’effectue souvent en mode « pa- souvent pour les programmes courts (publicité,rallèle » et c’est en postproduction qu’est réalisé films corporate, films documentaires…). Cettela convergence, ce qui est beaucoup plus simple. méthode suppose de disposer de stations deNotons qu’une faible partie latérale des images montage suffisamment performantes pour pou-sera perdue, alors que la vergence sur le plateau voir traiter en temps réel des images 3Ds dansamènera plutôt une légère perte en haut et bas de leur pleine résolution.l’image lors de l’élimination des effets de trapèze. Un montage plus longL’adaptation de convergence et le montage : Le montage d’un projet 3Ds est réalisé dans cer-le raccord relief entre 2 plans tains cas à partir d’un seul point de vue, par exem-En 3Ds, la convergence entre deux plans suc- ple l’image gauche. Pour apprécier la cohérencecessifs doit être ajustée. Généralement, on rap- du montage final, on sera amené à faire réguliè-prochera en postproduction les plans de conver- rement des conformations en 3Ds, permettant augence au moment de la coupe, s’ils sont trop monteur de modifier la structure et le rythme dudifférents. Sinon, le spectateur risque de ressen- film selon les effets de relief obtenus.tir un inconfort visuel.La durée de cet ajustement peut également va- Allongement de la durée d’étalonnagerier. Des expériences menées durant la produc- Le calibrage de l’écran d’étalonnage 3Ds doit setion de Legend of the Guardians: The Owls of faire en fonction des technologies de lunettesGa’Hoole (2010) ont permis de mettre en lumière utilisées (passives ou actives). En outre, il estque la transition la plus douce en 3Ds est obte- difficile d’envisager d’étalonner (colorimétrie etnue lorsque la vergence des entrées de plans densité) avec des lunettes 3Ds de nombreusesest ajustée progressivement en fonction du plan heures consécutives, sous peine de fatigue ocu-précédent. Dans ce film, la durée de l’adaptation laire. Généralement, on étalonne en 2D. Puis,de vergence entre les plans variait d’une sé- lors du visionnage en 3Ds, on applique une cor-quence à l’autre de 8 à 40 images. Par ailleurs, rection sur l’écran de visualisation (LUT) pourplutôt que de faire en sorte que les caractéristi- compenser l’incidence de l’utilisation des lunet-ques de profondeur de chaque plan correspon- tes sur la perception des images.dent exactement au niveau du point de coupe, il A cette étape, il sera nécessaire d’ajuster laa été constaté qu’il était possible sur la plupart gamme stéréoscopique du film appelée aussides séquences d’éliminer seulement 50% de la «étalonnage du relief» ou de modifier l’étalon- 20
  21. 21. nage colorimétrique en fonction des contraintes Tourner en 2D en respectantde perception de la 3Ds. les contraintes du relief Toutefois, lorsqu’on filme en 2D en vue d’une La cOnverSiOn 2d/3ds : conversion vers de la 3Ds en postproduction, il est impératif de tourner en extrapolant déjà lesLa néceSSiTé d’Un SavOir-Faire effets relief et en ayant en tête les contraintes propres au relief. C’est ainsi que les amorcesc de plan où les personnages sont la plupart du hoisir la conversion suivant les conditions de temps coupés lors d’un tournage 2D par les tournage bords du cadre, peuvent empêcher d’utiliser des Aujourd’hui, quelques blockbusters effets de jaillissement dans la scène. On peutaméricains qui sont diffusés dans les salles de tricher légèrement pour avoir un petit effet decinéma en 3Ds sont le fruit d’une conversion jaillissement, mais avec le risque d’engendrerd’images 2D en 3Ds à la postproduction. La rai- un début d’inconfort visuel sur une partie du pu-son principale est économique et tient à ce que blic, surtout si ce choix est répété tout au long dules producteurs, face aux obstacles liés au tour- film. D’une manière plus générale, des plans se-nage en 3Ds, préfèrent répondre à la demande raient superbes en jaillissement à condition dedu marché des salles numériques en relief via garder une certaine « aération » dans le cadre,une conversion 2D/3Ds souvent plus facile à gé- ce qui nécessite de reculer le groupe caméra ourer quand il s’agit de films intégrant un grand bien d’éloigner ou recentrer les personnages dunombre de plans truqués en numérique. premier plan.Il est par exemple possible pour les besoins d’une Certaines transitions et certains fondus déjà enmise en relief de détourer des personnages qui place dans un film ou un programme TV tournéont été filmés sur fond vert, de retraiter en 3Ds en 2D vont devoir être adaptés aux contraintesun décor qui a été tracké par une caméra virtuel- des transitions entre espaces relief, sous peinele... Généralement, ce décor aura été étendu en de visualiser des volumes imbriqués les unsmatte-painting avec des créatures en images de dans les autres sans cohérence spatiale.synthèse insérées dans la scène et, dans ce cas, Par conséquent, la mise en relief d’images 2Dle traitement en stéréoscopie au tournage peut est un processus métier qui nécessite le plusrevenir plus cher et plus lourd à gérer qu’une grand soin si l’on ne veut pas générer un in-conversion 2D/3Ds en postproduction à partir confort visuel, voire un rejet chez le spectateurd’un tournage 2D. et respecter un certain réalisme du relief. LorsIl est aussi possible de mixer les techniques au d’une conversion 2D/3Ds, le relief devra être pa-sein d’un même film. De tels projets « compo- ramétré essentiellement pour assurer le confortsites » comportent alors des plans tournés en visuel des spectateurs, avec de beaux effets de3Ds et d’autres convertis de la 2D vers la 3D, lor- fenêtre mais avec peu de jaillissements efficacesque ces séquences sont plus faciles à traiter en et confortables vu la difficulté à bien les régler.conversion 2D/3Ds plutôt qu’au tournage. C’estle cas par exemple des séquences tournées en Corrections des disparitéslongue focale en mode stéréoscopique qui peu- La conversion 2D/3Ds réalisée de manière auto-vent donner un effet de « plaques » successives. matisée à l’aide de machines de postproductionCet effet d’aplatissement lié au tournage en lon- est certes de plus en plus performante, mais ilgue focale est particulièrement gênant si l’on n’en demeure pas moins que des étapes ma-tourne un portait en plan serré. Le plus simple nuelles et l’intervention d’un spécialiste, de-et le plus économique est alors de filmer la sé- meurent indispensables sans quoi on risque dequence en 2D et ensuite de redonner du modelé proposer un confort visuel insuffisant. Nombresau visage grâce à une rotoscopie du personnage, de disparités entre les deux points de vue imagede sorte que l’on donne au spectateur l’illusion doivent être corrigées manuellement.qu’il voit deux points de vue différents. De même, lorsque les lointains sont flous dans l’image 2D d’origine, on devra redéfinir l’infini 21
  22. 22. dans l’image 3Ds reconstituée. Il est aussi né- perception humaine du relief vers l’infini est encessaire de recréer de la matière 3Ds sur les zo- effet quasi inexistante (à cause du faible espa-nes où l’effet relief est accentué… cement entre nos deux pupilles, comparé à la distance les séparant des objets observés). Il estLa conversion 2D-3Ds automatique, une aberration… donc possible de leurrer facilement le cerveauLa plupart des systèmes de conversion automati- via ce type d’opération en compositing.que actuels donnent à voir une stéréoscopie trai- Pour les matte-painting et effets visuels numé-tée uniquement dans le sens de la profondeur et riques plus proches des caméras virtuelles sté-de l’immersion sans jaillissement. Ces machines réoscopiques, il faudra en revanche modéliser lefonctionnent à l’aide d’algorithmes reposant en- décor en images de synthèse en 3D, afin d’avoirtre autres sur un principe de reconnaissance des véritablement deux perspectives des objets (unecouleurs, avec une répartition organisée sur le pour l’œil gauche et l’autre pour l’œil droit). Surfait que les tons chauds sont plutôt sur le devant ce type de plans précis, une sortie classique d’und’une scène et les tons froids derrière dans les film ou programme TV en 2D ne pourra plus êtrelointains. Le seul problème de cette règle soit di- récupéré pour servir de base au relief. Il fautsant « naturelle » est qu’elle comprend bien des alors reprendre tous les fichiers 3D dans le com-exceptions, ne serait ce que dès que l’on est dans positing au niveau des matte-paintings et effetsun univers éclairé artificiellement ou lorsqu’ un visuels numériques.personnage a un vêtement d’un ton froid au pre-mier plan, alors qu’en fond, on observe des tonschauds. De ce fait, la conversion automatique Le cOnFOrT viSUeL de La 3ds Lgénère beaucoup d’artefacts et d’ambiguïtés vi-suels. Ces ambiguïtés vont rapidement détour- orsque ces inconforts sont faibles ils peu-ner le spectateur de ce type d’images qui don- vent être quasiment imperceptibles maisnent une vision tronquée de la réalité. ils produiront tout de même une gêne qui se cumulera dans le temps et produira des ef- fets secondaires plus ou moins détectables par…nécessaire pour le traitement d’antenne 3Ds le spectateur (douleur ou gêne oculaire, maux deToutefois, les diffuseurs TV seront rapidementcontraints à utiliser la conversion automatiquede la 2D vers la 3Ds, afin de réaliser des raccordsd’antenne en 3Ds suffisamment doux et accepta-bles pour le téléspectateur entre différents pro-grammes, comme par exemple entre des bandesannonces et des publicités qui auront été réali-sées avec des valeurs de relief différentes.Animation en images de synthèse,matte-painting et stéréoscopieTous les plans d’un film ou d’un programme detélévision utilisant du matte-painting de décor enarrière-plan sont à étudier en préambule de lapostproduction si l’on souhaite les convertir de la2D vers la 3Ds. Il est notamment indispensable de Un ophtalmologiste britannique Archibald Stanley Percival adéterminer quels seront les éléments de matte démontré dès 1920 dans l’ouvrage « The Prescribing of Specta- cles » qu’il existait un lien direct entre la vergence, c’est-à-direpainting qui devront être recréés par des modèles la distance mesurée par notre œil avec un objet donné et la fa-d’image de synthèse 3D pour obtenir un deuxième culté d’accommodation du cerveau qui ajuste en permanencepoint de vue caméra cohérent visuellement. la focalisation de nos yeux pour ajuster le regard à la bonnePour des matte-painting de décors en arrière distance par rapport à cet objet. L’analyse de ce phénomèneplan vers l’infini, il est en effet possible de « tri- a permis de définir une zone de confort à mi-chemin entre lacher » en créant du relief en compositing. Notre distance de vergence de nos deux yeux et la distance focale. 22
  23. 23. têtes, nausées, etc.). Un inconfort de plus forte Le relief a ses règles de grammaire propres etamplitude pourra aller jusqu’à l’impossibilité les ignorer produira des inconforts certains.de regarder le contenu, voire même entraîner A mi-chemin entre la technique et la création,un rejet de la technologie chez certains spec- le suivi de ces règles impacte l’ensemble de latateurs. C’est pourquoi des études françaises chaîne de création (mode de narration, mise enet internationales sont en cours afin de fournir scène, entrée de champs des acteurs, cadrage,aux diffuseurs TV et producteurs de films et de maquillage, costumes, montage, rythme, etc.).programmes TV des éléments scientifiques pour Par exemple, il est de mise dans la narration 2Djuger la qualité du confort visuel. d’utiliser des amorces, celles-ci sont souvent enLa notion d’inconfort visuel face à des images bord cadre et il serait tentant de les faire sortir3Ds peut intervenir à n’importe quel niveau de la de l’écran en 3Ds. Cependant, des mesures psy-chaîne de perception et de reconstruction men- cho visuelles sur des audiences tests (source :tale de cet effet visuel permanent qu’est la 3D projet 2020 3D Media) montrent que pour un effetstéréoscopique. C’est pourquoi il est assez ur- de relief jaillissant moyen, un objet représentantgent de définir des procédures de mesures, de quelques dizaines de pixels de large en bord ca-nouveaux outils pour effectuer ces mesures et dre produit un inconfort sur les 2/3 de l’image.pour corriger certains défauts, mais également En d’autres termes, 2% d’erreur sur la fabrica-d’effectuer des études psychovisuelles permet- tion d’une image 3D peut produire un inconforttant de comprendre les règles de « grammaire » sur 75 % de la surface de l’image.propre à une narration en 3D. D’autre part, cet inconfort visuel a un effet de la-Ainsi, au niveau du tournage, il existe les erreurs tence et produit un dommage de reconstructionliées aux imperfections mécaniques et électroni- mentale sur le ou les plans suivants. Comme ilques des rigs de caméra n’est pas concevable de brider la3Ds. Parmi l’inconfort création 3Ds à venir, les éditeursles plus désagréable, de contenus 3Ds ont entamé unemais aussi facilement réflexion poussée avec leursmesurable, on peut ci- partenaires habituels, commeter l’inconfort lié à la la CST et la Ficam, sur la miseprésence d’un décalage Le flare : une source d’inconfort en place de services de contrôlevertical entre les deux axes visuel qualité formés à la vérification desoptiques des caméras d’un images TV3Ds sur la base de re-rig. Puisque les capteurs commandations techniques clairesd’une caméra sont indépendants, tout écart de adoptées par l’ensemble de la filière.géométrie, de coplanarité, de colorimétrie ou en- Les systèmes de projections ou d’affichage decore de vitesse et de synchronisation des « obtu- contenus 3D ne sont pas non plus neutres enrateurs » viendront altérer le confort du relief. terme de génération d’inconforts visuels. ParQuelques outils du marché permettent d’ailleurs exemple, il est particulièrement désagréable dedéjà de corriger certains de ces défauts en temps visionner un contenu à forts effets de jaillisse-réel. Les chaînes de production 3Ds européennes ment sur un système à fort taux d’images fan-sont même équipées de matériels de correction tômes résiduelles (voir chapitre la 3Ds dans lesà base d’un « feedback » mécanique automati- salles de cinéma).que sur les rigs qui fonctionne sur la base d’une La conversion 2D/3D répond à une forte deman-analyse en temps réel du contenu filmé. de de disponibilité de contenus 3D. On voit mêmeCes outils de correction destinés à la captation émerger des solutions de conversion automati-s’adressent principalement à des inconforts sur que intégrées sous forme de boitiers pour lesl’ensemble d’une image. Les inconforts les plus studios de postproduction et les régies de diffu-difficiles à détecter et à corriger sont probable- sion TV, mais également sous forme de compo-ment les inconforts locaux, souvent liés à des sants électroniques dans certains téléviseurs. Ildifférences locales entre les deux images (exem- est toutefois nécessaire de se questionner sur laple : effet de flare ou de reflets différents entre possibilité et l’intérêt de tout convertir en 3Ds.l’œil droit et l’œil gauche). Y a-t-il un intérêt artistique et narratif à faire 23
  24. 24. de la 3D sur certains contenus ? La grammaire laissée lors de la phase « d’étalonnage relief »,d’un film existant est-elle compatible avec une il est important d’utiliser cette étape comme uneremise en relief ? A partir de quel taux d’erreurs phase d’adaptation entre la grammaire existantede reconstruction 3Ds est-il inacceptable pour du film 2D et celle de la 3D.un diffuseur ou un spectateur de diffuser une L’inconfort visuel sur la conversion 2D-3D estœuvre fruit d’une conversion 2D-3D ? Comment souvent lié à des erreurs de reconstruction, d’in-faire la distinction entre une remise en relief terprétation des profondeurs ou encore de qualitéréelle où les images 3D finales sont proches de d’exécution. En général, les outils de conversioncelles qui auraient pu être tournées en 3D et une automatique génèrent un relief de profondeurgénération de « faux » relief où seules certaines (derrière l’écran) et procure un jaillissement trèscouches sont mises en profondeur sans notion léger, voire inexistant. L’inconfort est donc po-de volume ? Il faut également se demander si tentiellement faible lorsqu’il n’y a pas (ou peu)tous les éléments captés en 2D sont vraiment d’erreurs d’interprétation des profondeurs danstransformables en relief (transparences, flous, une gamme d’effet relief réduit. Cependant, laprofondeurs de champs, rythme, etc.) ? sécurisation du confort visuel par la fabricationBien que plus aisée que la colorisation d’un d’un relief faible peut décevoir le spectateur.film, la remise en relief nécessite une étape Les inconforts produits par des artefacts de misede contrôle de qualité (et dans certains cas de en relief peuvent produire des incompréhensionscorrection de défauts) et une interprétation ar- partielles d’une scène filmée. Le plus flagranttistique qui s’apparente un peu à l’étape de l’éta- est lié à la rupture franche de profondeur surlonnage et qui doit être effectuée avec la même une zone continue de l’image : on voit ainsi unrigueur technique et artistique. Puisqu’une même élément sur deux niveaux différents decertaine latitude dans l’ajustement du relief est l’espace. Comme l’inconfort peut avoir des effets La PrOjecTiOn 3ds aU cinéMa Autre difficulté : la fluidité de la projection. Afin d’améliorer ce point, et donc d’améliorer laa ctuellement, les technologies de projec- perception du relief, chaque image est projetée tion 3Ds utilisées dans les salles de ci- 3 fois (triple flash) dans le créneau d’une image, néma reposent sur l’envoi de deux flux soit au total 6 images en 1/24ème de seconded’images distincts et successifs, et un système (3 images par œil).permettant à chaque œil de ne recevoir que les Dernière difficulté de la projection relief : lesinformations qui lui sont destinées. réglages de synchronisation. Il est important,Trois solutions technologiques sont proposées afin de ne pas fatiguer la vision, que la syn-pour réaliser cette séparation : chronisation de l’affichage des images avec les• la polarisation de la lumière, commutations des systèmes séparateurs par• le filtrage spectral de la lumière, œil soit parfaite. Ces réglages sont à faire sur• l’obturation active de la vision. chaque installation.Elles se heurtent toutes à un vrai problème derendement lumineux, car en moyenne, entre La polarisation de la lumière75 et 85% du flux lumineux se perdent dans Pour mémoire, ce principe est également uti-les systèmes (filtres, lunettes). Les puissances lisé, depuis longtemps, en projection 35 mm.des brûleurs xénon étant limitées (aujourd’hui Un système de polarisation de la lumière estmaximum 7.000W), les dimensions d’image placé devant l’objectif de projection. Il s’agit deéclairables en projection 3Ds avec un seul pro- polariser alternativement la lumière dans desjecteur sont nécessairement limitées (14 à 15 m états circulaires opposés. Toutes les imagesau format cinémascope). Au-delà, il est recom- destinées à l’oeil gauche sont donc projetéesmandé d’utiliser deux projecteurs superposés. avec une polarisation dans un sens, et cellesLa luminance des images est un facteur fonda- destinées à l’œil droit avec une polarisation in-mental de la perception des effets stéréosco- verse. Pour réaliser cela, on place devant l’ob-piques. jectif des systèmes de filtres à cristaux liquides 24
  25. 25. un petit peu de l’image destinée à l’autre œil, générant une image double légère appelée « ghosting ». Afin de pallier cette problémati- que, il est possible de disposer de fichiers DCP dits « ghostés », c’est-à-dire intégrant pour chaque œil une image inverse de l’image para- site. Les lunettes sont vendues au spectateur (coût très faible) qui peut les conserver et les réutiliser pour d’autres séances utilisant les mêmes technologies. Les deux principaux fournisseurs de ce type de technologies sont RealD et MasterImage. La polarisation de la lumière L’obturation active de la vision Au niveau du projecteur, il n’y a pas de modifi-(solution RealD) ou à disques rotatifs (MasterI- cation. On connecte simplement au port GP/IOmage). Une liaison au port GP/IO du projecteur un émetteur infra rouge, positionné en généralpermet d’assurer la synchronisation de ces fil- derrière le hublot de cabine. Cet émetteur en-tres avec l’affichage des images. voie un signal de synchro, réfléchi par la toileIl peut apparaître des problèmes au niveau du d’écran, ce qui permet de couvrir aisément l’en-hublot de projection, la plupart des verres, pour semble des fauteuils. Plusieurs émetteurs peu-traitement de sécurité (au feu notamment) inté- vent être placés dans les grandes salles.grant des couches dépolarisant la lumière. L’écran classique du cinéma peut être conser-La lumière est réfléchie par la surface d’un vé. Moins le gain sera élevé, meilleur sera leécran de type « métallisé ». En fait, il s’agit résultat qualitatif (uniformité de luminance no-d’un écran peint avec une peinture contenant tamment).des éléments d’aluminium. Cette peinture à la Le spectateur dispose de lunettes dites actives.particularité de conserver la polarisation de la Ces lunettes sont équipées de cristaux liquideslumière lors de la réflexion. Ce n’est pas le cas dont on peut modifier l’orientation. Selon l’œildes toiles blanc mat classique. et le signal de synchro envoyé par l’émetteurPar contre, ces toiles métallisées sont très infra rouge, ces cristaux liquides vont alterna-directives, c’est-à-dire qu’elles réfléchissent tivement obturer la vision, ou laisser passerl’essentiel de la lumière selon les axes inciden- la lumière. Chaque œil voit donc son image, etces/réflexion. Il en résulte un « point chaud » seulement son image (pas d’effet de « ghost »).dont l’emplacement est variable selon l’endroit Les lunettes doivent être alimentées électrique-où l’on se trouve dans la salle. On obtient doncdes valeurs d’uniformité d’éclairement trèsinférieures aux normes récentes pour la pro-jection numérique (ISO, Afnor). Acceptable enprojection 3Ds, dont les caractéristiques quali-tatives ne sont pas normalisées, cette particu-larité est très dommageable pour la qualité desprojections 2D. Il est donc conseillé que les sal-les équipées ainsi soient dédiées à la 3Ds. Parailleurs, cette méthode reste peu appropriéepour les salles larges et peu profondes.Pour percevoir séparément les images, lespectateur porte des lunettes disposant d’unfiltre sur chaque œil, chacun ne laissant pas-ser la lumière qu’en fonction de sa polarité. Ce L’obturation active de la visionfiltrage n’est pas parfait, et chaque œil perçoit 25

×