Algérie et moyen orient

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Algérie et le terrorisme
L'éclatement du Moyen-Orient

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Algérie et moyen orient

  1. 1. actuel MAGHREB Algérie Pas de quartier face au terrorisme L’Algérie, légitimement préoccupée par sa sécurité et longtemps traumatisée par le djihadisme, a joué un rôle non négligeable dans la restauration de la paix au Mali. Aujourd’hui, elle renforce la sécurité sur ses frontières avec la Tunisie. Elle partage également de longues frontières avec la Libye, pays en proie aux conflits armés, qu’elle souhaite sécuriser… Pour ce faire, l’État algérien se munit de drones armés… Quel rôle peut jouer ce pays dans la pacification de toute la région ? L a lutte contre le terrorisme lie l’Algérie à la France par l’accord de coopération conclu entre les deux pays. C’est sur le sol algérien que se trouve le comité d’état-major opérationnel conjoint — CEMOC — opérant contre le terrorisme en zone sahélienne. Au Mali, le rôle de l’Algérie dans l’instauration de la paix et la réconciliation a été valorisé par Albert Gérard Bert Koenders, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, chef de la mission internationale intégrée pour la stabilité au Mali (Minusma.) Il souligné dans une conférence de presse tenue à Alger, le «travail important et le soutien crucial» apportés par l’Algérie à l’ONU dans le cadre de sa mission de paix au Mali. L’Algérie opère dans le domaine de la diplomatie à l’échelle internationale et les opérations militaires et sécuritaires sont renforcées sur son sol. Aujourd’hui, en concertation avec trois pays en proie à des conflits armés et un quatrième dont l’avenir sécuritaire est incertain, l’Algérie tente de conclure, avec la Russie, l’achat d’une trentaine de drones afin de renforcer la sécurité sur ses frontières. Ces drones sont connus pour leur force de frappe, mais aussi lors d’opérations de reconnaissance. D’un autre côté, les Algériens négocient avec les Chinois l’acquisition d’avions sans pilote et pouvant embarquer deux missiles et survoler jusqu’à 4000 km. Enjeux L’Algérie, première victime du terrorisme en Afrique du Nord et en ayant payé le prix fort pendant une décennie, n’est pas prête à réintégrer sur son sol des cellules djihadistes parties s’installer ailleurs depuis la fin de la guerre. Mais les chasser 28 - Réalités - N°1464 - du 16 au 22/1/2014 des pays où elles ont actuellement établi leurs quartiers, comme le Mali ou la Libye, risque fort de les ramener sur le sol algérien. C’est ainsi que l’Algérie joue essentiellement un rôle défensif sur ses propres terres, sans ingérence ailleurs, ni intervention armée directe dans d’autres pays et se limite à la médiation, comme elle l’a fait entre le Mali et les Touaregs en 2006 ou encore en soutien à l’ONU dans ses missions dans des pays de la région du Sahel. La vulnérabilité de l’Algérie vient aussi de la richesse naturelle dont elle dispose et de sa situation géostratégique qui attise les convoitises.Mais si le rôle sécuritaire de l’Algérie se limite à ses frontières et à une coopération avec les pays avoisinants, il n’en reste pas moins que les spécialistes lui accordent un rôle majeur à l’échelle régionale. Hajer Ajroudi
  2. 2. actuel Djihadisme en Syrie et en Irak Le Proche-Orient éclaté En moins de 24 heures, une trentaine de personnes ont trouvé la mort en Irak dans un affrontement entre insurgés et soldats de l’armée à Abou Ghraib. Du côté syrien, 500 personnes ont été tuées en une semaine dans le conflit interne au sein des forces extrêmes anti Bachar: Daâch et Jabhet Nosra. Ces conflits qui puisent leurs origines dans la confrontation confessionnelle entre chiites et sunnites en Irak et à l’intérieur du fondamentalisme sunnite en Syrie dessinent les traits d’un nouveau Moyen-Orient qui ne cesse de se fragmenter. D âach, abréviation de l’État islamiste en Irak et et au Cham (Syrie),issu de l’organisation de l’État islamiste d’Irak, a été au premier rang des combattants djihadistes en Syrie. Ayant trouvé dans l’insurrection contre le régime de Bachar Assad une occasion d’expansion, Abou Baker Baghdadi, père spirituel de l’organisation État islamiste d’Irak, a dépêché ses milices en Syrie pour 30 - Réalités - N°1464 - du 16 au 22/1/2014 combattre le régime. Jebhat Nosra est née en 2011 sur les terres syriennes et, en 2013, Abou Baker Baghdadi annonçait intention d’unifier les deux organisations, irakienne et syrienne, rebaptisées «État islamiste de l’Irak et de la Syrie». Mais la cellule Jebhet Nosra a refusé de prêter allégeance à l’organisation mère. L’usage de l’appellation historique de la Syrie — Chem — au lieu de son nom moderne, dans les ambitions de Daâch, n’est pas sans signification. Le territoire historique du Chem ou Biled Echem regroupe en effet la Syrie, la Palestine et le Liban. Abou Baker Baghdadi avait alors l’ambition de sévir dans toute cette étendue, mais là où il prétend unir ses troupes et luimême divisent et créent les clivages.
  3. 3. MONDE actuel Le Proche-Orient est menacé d'éclatement sur une base confessionnelle La nouvelle carte du Proche-Orient se dessine sous nos yeux par le sang Aujourd’hui, les spécialistes estiment que Dâach compte entre 6000 et 7000 combattants en Syrie et entre 5000 et 6000 en Irak. Épuration En Irak, le combat ne vise pas l’instauration d’un État islamiste réunissant toutes les écoles de pensées musulmanes. Il s’agit essentiellement d’une lutte de pouvoir entre sunnisme et chiisme pourtant les deux plus grandes branches de l’Islam. Cette véritable guerre sur fond de querelles confessionnelles convoite les richesses pétrolières et le pouvoir bien temporel au nom d’Allah. En Syrie, étrangement, Al-Qaïda a fragilisé l’opposition et l’armée libre face à l’armée de Bachar Assad. Les combats qui se déroulent aujourd’hui achèvent l’espoir d’une opposition capable de présenter une alternative au régime de Bachar Assad et transforment la Syrie en un large territoire tribalisé, fragmenté, chaotique, lui promettant un retour certain au Moyen-Âge. En effet, l’élite intellectuelle, la minorité chrétienne, les investisseurs, et tous ceux qui ont les moyens de fuir le font aujourd’hui, désertant ainsi le pays en le laissant entre les mains de tribus et de clans s’engagent dans ce qui s’apparente à une guerre des cents ans. À qui profite le chaos ? Aujourd’hui, en Irak, des villes telles que Fallouja et Anbar sont hors de contrôle de l’armée et de l’État. La balkanisation de la Syrie et de l’Irak est en train de se produire. Le Liban, pays multiconfessionnel, est constamment au bord du précipice et est secoué presque tous les mois par des attentats meurtriers. L’équilibre y est très précaire. L’éclatement de la région, réalisé par des instruments islamistes, ne peut guère profiter aux populations locales. Il a déjà été démontré que l’intervention américaine en Irak en 2003 n’avait pas eu lieu pour démocratiser ce pays. Le « chaos créatif » tant vanté par les néoconservateurs américains a enfanté d’un monstre confessionnel. Tout en donnant le pouvoir aux chiites, jadis opprimés par Saddam Hussein, les États-Unis ont mis le pays aux portes de l’enfer. Bien entendu, Israël restera le seul bénéficiare de cet émiettement de la région. Non seulement l’État hébreu ne craindra plus d’offensives de la part de ses voisins, mais apparait comme le seul État capable d’offrir aux capitaux un environnement propice à l’investissement, sans compter l’image d’un Etat démocratique et d’un allié sûr de l’Occident. Entre temps, les Arabes du Moyen-Orient continuent à avancer dans l’Histoire… à reculons ! Hajer Ajroudi du 16 au 22/1/2014 - N°1464 - Réalités - 31

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