République Tunisienne
Ministère del’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique
Université de Carthage
Institut Supérieur des Sciences et Technologies
De l'Environnement de Borj-Cédria
MEIV2
Cours
Présenté par
Thouraya Barhoumi
Professeure à ISSTE-TBC
thouraya.barhoumi@isste.ucar.tn
Résonance Magnétique
Nucléaire
RMN 1D
Introduction
• La spectroscopieRMN sert à identifier la structure des molécules.
• La RMN permet de détecter les noyaux atomiques et indique dans quel type
d’environnement chimique ils se trouvent dans la molécule
H
H
H
O
H
H
H H
H
La RMN du proton peut différencier les
hydrogènes de couleurs différentes
Spectre RMN = empreinte digitale d’une molécule
RMN 1D MEIV2 3
4.
I. Principe dela RMN
1. Notion de spin nucléaire
Seuls les noyaux de spin non nul sont actifs en RMN
• Est associé à ce spin un moment magnétique nucléaire μ=γI
(rapport gyromagnétique)
le noyau se comporte comme un petit aimant.
RMN 1D MEIV2 4
• En l’absencede champ magnétique (B0 = 0):
•orientation quelconque des aimants: les niveaux
dont dégénérés
En présence d’un champ magnétique B0 :
deux orientations possibles:
• Parallèle au champ
• Antiparallèle au champ
Levée de dégénérescence
2. Levée de dégénérescence
RMN 1D MEIV2 6
7.
Levée de dégénérescence
Cesdeux états donnent naissance à deux niveaux d’énergie (effet Zeeman) :
L’écart entre les deux niveaux d’énergie est proportionnel au champ B0
ΔE = ћγB0
B0 = 0
RMN 1D MEIV2 7
8.
3. Résonance
Excitation hν
EE
- ½ ћγB0
½ ћγB0
La RMN consiste à réaliser une transition entre les deux niveaux d’énergie
grâce à une onde électromagnétique de fréquence ν.
Energie à fournir: ΔE = ћγB0 Or ΔE = hν0 avec ν0 la fréquence de l’onde EM
D’où : ν0 = γβ0/2π
ν0 est la fréquence que doit avoir l’onde EM pour qu’il y ait transition:
fréquence de résonance
8
RMN 1D MEIV2
9.
Résonance
• La fréquencede résonance dépend de B0, et du noyau étudié.
• Elle est de l’ordre de la centaine de MHz
• Exemple : pour H, et B0=9,4T, ν0 = 400 MHz
Domaine RMN
9
RMN 1D MEIV2
10.
4. Schéma deprincipe du spectromètre RMN
• Echantillon placé dans un champ magnétique uniforme et constant B0
• Champ magnétique de fréquence variable ν appliqué.
• Lorsque ν= ν0 (fréquence propre), il y a transition (résonance).
• Lors du retour à l’équilibre, le basculement des moments magnétiques de
spin induit un courant électrique, enregistré, puis amplifié.
RMN 1D MEIV2 10
6. Le spectromètreRMN
Le champ magnétique doit être très
intense pour que la méthode soit
précise: 10- 15 Tesla
RMN 1D MEIV2 13
14.
II. Spectre RMN
Pouridentifier une structure à partir d’un spectre, on se sert de:
•Le déplacement chimique (en ppm): lié à la fréquence des signaux
•La courbe d’intégration : liée au nb de H concernés par un signal
• La multiplicité des signaux : forme des pics (doublet, triplet….)
RMN 1D MEIV2 14
15.
d en ppm(partie par million) (de 0 à15ppm)
n Fréquence par rapport au TMS en Hz
nref = 0 Hz: Fréquence de la référence : TMS
n0 Fréquence du spectromètre en Hz
1. Le déplacement chimique
13
D ne dépend pas de B0:
𝛿 =
𝜐 𝑠𝑖𝑔𝑛𝑎𝑙 −𝜐(𝑇𝑀𝑆)
𝐵0
ex: 𝛿 =
2000 𝐻𝑧 −0 𝐻𝑧
500 𝑀𝐻𝑧
= 4 ppm
ppm = parts per million = 1/1 000 000
Les noyaux avec un environnement différent ont une fréquence de résonance différente
Nombre des signaux = nombre des noyaux avec un environnement différent
Les signaux sont déplacés déplacement chimique
RMN 1D MEIV2
On mesure la position d’un signal en proportion du signal d’un
substance de référence: La fréquence de référence fixée
à 0 d est celle des protons du tétraméthylesilane TMS, Si(CH3)4
16.
2. Blindage etdéblindage
n Fréquence plus basse, d↓
Beff plus haut : résonance à champ fort
Blindage
n Fréquence plus haute, d ↑
Beff plus bas : résonance à champ faible
Déblindage
d
(ppm)
TMS
0
RMN 1D MEIV2 16
17.
d = déplacementchimique
Fréquence plus bas
Beff plus haut
blindage
Fréquence plus haut
Beff plus bas
déblindage
Exemple
RMN 1D MEIV2 17
18.
18
• Effet fortseulement selon une liaison
• Effet cumulatif
3. Les facteurs qui influencent le déplacement chimique :
• Les effet électroattracteurs des substituants (-I, -M)
diminuent la densité des électrons autour du noyau
déblindage, champ plus bas, gros d
RMN 1D MEIV2
19.
19
• Les effetélectrodonneurs des substituants
(+I, +M) augmentation de la densité des
électrons autour du noyau blindage, champ
plus haut, petit d
19
charge partielle négative
augmentation de la densité des électrons
blindage, champplus haut, petit d
L’aniline
RMN 1D MEIV2
20.
l’effet de mésomérie
20
chargepartielle négative
augmentation de la densité des
électrons blindage, champplus
haut, petit d
L’aniline
charge partielle positive diminution
de la densité des électrons
déblindage, champplus bas, gros d
L’nitrobenzène
RMN 1D MEIV2
21.
l’effet de mésomérie
21
chargepartielle négative
augmentation de la densité des
électrons blindage, champ
plus haut, petit d
L’aniline
charge partielle positive
diminution de la densité des
électrons
déblindage, champplus bas,
gros d
Le nitrobenzène
La cyclohexénone Le dihydropyrane
RMN 1D MEIV2
22.
• L’effet d’anisotropie: Le champ induit n’a pas la même grandeur dans toutes
les directions: anisotrope) on observe: un blindage ou un déblindage selon
la portion de l’espace où il se trouve.
+ :zone de blindage
- :zone de déblindage
20
RMN 1D MEIV2
23.
L’effet d’anisotropie
23
Cone dublindage
Cham
p
sec.
Courant de cycle
Règle de Hückel:
4n + 2
électrons délocalisables
dans un système cyclique
benzène [18]-annulène
éthén cyclooctatraène
6 p électrons (n=1)
RMN 1D MEIV2
4. Equivalence desnoyaux
• Equivalence chimique : les noyaux qui sont chimiquement équivalents (grâce à la
symétrie moléculaire et/ou l’interconversion conformationnelle) donnent lieu à un seul signal
au même déplacement chimique (δ) ils sont isochrones ou homotopiques.
• Equivalence magnétique : les noyaux ont le même déplacement chimique et les mêmes
constantes de couplage nJij avec les noyaux voisins (à voir dans paragraphe Couplage de spin)
Exemples
Les énantiomères sont identiques dans le milieu achiral (même spectre). Si on a un groupe
chiral situé à côté d’un groupe CH2, les deux protons Ha et Hb ne sont pas chimiquement
équivalents. le group CH2 est diastéréotopique
Remarque
Protons homotopiques Protons diastéréotopiques 23
Ha : doublet dédoublé
RMN 1D MEIV2
26.
Les spectromètres RMNsont équipés d’un intégrateur électronique qui trace une courbe
d’intégration au dessus de chaque pic. Les hauteurs de ces courbes d’intégration sont
proportionnelles aux surfaces des pics.
5. Intégration
9
L’absorption pour un signal est proportionnelle au nombre de noyaux entrant en
résonance à la fréquence de ce signal.
RMN 1D MEIV2
27.
exemple
Détermination du nombren de H concernés par un signal
n= (h/H). N
H : hauteur totale de la courbe d’intégration
(ici : 35 + 14+7 = 56 mm)
h : hauteur du palier étudié
(par exemple: 35 mm)
N : le nombre de protons total de la molécule (ici : 8)
Le pic à 7,28 ppm correspond à : 35*8/56 = 5 protons (ce sont les 5 H aromatiques)
Le pic à 4,58 ppm correspond à : 14*8/56 = 2proton s ( protons du CH2)
Le pic à 2,43 ppm correspond à : 2*8/56 = 1 proton (proton de OH)
RMN 1D MEIV2 27
28.
6. Couplage spin-spin
a.Cas des composés aliphatiques
Responsable du motif des signaux = multiplicité : singulet, doublet, triplet…
Origine: interaction avec le spin des noyaux voisins
Exemple: interaction de deux protons Ha et Hb
B0
b
C C
H H
RMN 1D MEIV2 28
29.
E
blindage déblindage
B0
b
B0
b
J
Couplage spin-spin
Dufait de l’interaction avec Hb, Ha
présente deux fréquences de résonance
: doublet
J = constante de couplage
(indépendante de B0)
Ordre de grandeur: quelques Hz.
RMN 1D MEIV2 29
Couplage spin-spin
• Règledes n+1
Lorsqu’un proton H est couplé avec n protons équivalents, son signal est
éclaté en (n+1) raies
• Les intensités des pics sont données par le triangle de Pascal
RMN 1D MEIV2 31
H non couplé
Hcouplé avec 1 HA
H couplé avec HA
et HB
H couplé avec HA, HB
et HC
Doublet de
doublets de
doublets
Doublet de doublet
doublet
singulet
Signal de H
b. Cas des composés éthyléniques (les alcènes)
Un noyau peut être impliqué dans plusieurs couplages (avec des voisins non
équivalents dans ce cas). Le multiplet correspondant est alors plus complexe et fait
apparaître les différentes constantes de couplages.
31
En général, le signal de H
apparait sous forme de 2n
pics
RMN 1D MEIV2
34.
c. Nomenclature dessystèmes de spins
Le système de spins est l’ensemble de spins couplés les uns aux autres. La notation de Pople
permet de décrire les systèmes de spins:
- des spins ayant des déplacements chimiques éloignés sont désignés par des lettres
éloignées dans l’alphabet (A et X par exemple) dans le cas de couplage faible : Δν/J ≥ 10
et le spectre est dit de premier ordre.
- des spins ayant des déplacements chimiques proches sont désignés par des lettres
proches dans l’alphabet (A et B par exemple) dans le cas de couplage fort : Δν/J < 10
et le spectre est dit de second ordre.
32
A3 X2
RMN 1D MEIV2
35.
A mesure queΔν diminue; la composante intérieure de chaque doublet augmente
en intensité, alors que les composantes extérieures diminuent. Cette déformation
de l’intensité des multiplets est connue sous le nom d’‘effet de toit’’
d. Couplages faibles / Couplages forts
’effet de toit’
Couplage faible
Couplage fort
Couplage fort
Couplage faible
33
RMN 1D MEIV2
36.
e. Exemples desystèmes AmXp
Exemple 1
Remarque : H de OH devrait être couplé avec les 2 H de CH2 et réciproquement.
Mais ce H de OH est mobile et le couplage est, très souvent, non observé.
Ceci est fréquent avec les protons des alcools et amines.
Exemple 2
34
RMN 1D MEIV2
37.
AMX AMX2 AM2XAM2X2
Doublet de
doublet
Doublet de
triplets
Triplet de
triplets
Triplet de
doublets
Autres exemples du signal de A :
35
Du fait du blocage à la libre rotation due à la
présence de la double liaison, les protons HA, HM
et HX ne sont pas chimiquement équivalents.
Leurs signaux sont respectivement observées
pour nA, nM et nX.
HA et HM sont couplés en 3J avec une constante de
couplage notée JAM.
HM et HX sont couplés en 3J avec une constante de
couplage notée JMX.
HA et HX sont couplés en 2J avec une constante de
couplage notée JAX.
Exemple : Système AMX :
f. Cas de trois types de H non chimiquement équivalents et couplés entre eux.
RMN 1D MEIV2
38.
Cas de groupesméthylènes enchaînés. CHA3CHM2CHX2Z : en toute rigueur couplage A3M2X2
mais 4JAX 0 et JAM JMX. Tout se passe comme si M était couplé à 5 H équivalents. Le signal de M est
un sextuplet.
Le spectre de systèmes AaMmXp peut être simplifié par l’existence de couplages quasi-identiques et
des couplages nuls
Exemple
36
g. Cas de spectres simplifiés :
RMN 1D MEIV2
8. Protons mobiles
Leproton mobile est un proton lié à un hétéroatome: OH, NH, SH
Très agile
Il forme des ponts hydrogène
d dépend de la concentration, de la température, du solvant
réaction d’échange rapide avec D2O (D n’est pas visible en RMN-1H!):
ROH + D2O ROD + HOD
le signal de ROH disparait, au même temps le signal d’HOD apparait 24
39
RMN 1D MEIV2
Conclusion: dépouillement d’unspectre RMN-1H
1. Exploitation de la courbe d’intégration: détermination
du nombre de protons par pics.
2. Etude de la multiplicité des signaux. Reconnaître les
motifs courants.
3. Se servir des tables de déplacements chimiques pour
attribuer les signaux restants.
RMN 1D MEIV2 44
La RMN du13C donne des informations sur la structure des molécules (squelette carboné)
Rappel : Énergie des spins :
γ → rapport gyromagnétique
(dépend du noyau) (rad.s-1.T-1)
RMN-13C a une sensibilité plus faible (l’abondance naturelle est
faible: 1,1 %) que RMN 1H
→ Acquisition en RMN 13C plus longue qu’en RMN 1H
Spectroscopie RMN du carbone 13
48
RMN 1D MEIV2
Aucun couplage carbone-carbone
•puisque l’abondance naturelle de 13C est faible, il est peu probable d’en trouver deux à
côté l’un de l’autre dans assez de molécules pour donner lieu aux couplages
observables
– pas de couplage C-C!
• 13C peut coupler à 1H, mais la plupart des spectres 13C RMN sont enregistrés avec
découplage du proton en bande large.
• spectres plus simples: un pic par C équivalent
Déplacements chimiques en RMN 13C
• rapportés par rapport au signal de TMS et varie de 0 à 220 ppm
• affectés par le blindage et le déblindage comme on a vu pour les protons
Exemple
49
RMN 1D MEIV2
55.
Tableau des valeursδ de 13C
• valeurs approximatives de δC pour certains groupes fonctionnels:
50
RMN 1D MEIV2
56.
Spectres RMN 13Csans découplage
• en enregistrant un spectre sans découplage 13C-1H, on peut déterminer le nombre
d’hydrogènes sur chaque carbone
• la règle N + 1 s’applique:
– C avec 0 H: singulet
– C avec 1 H: doublet
– C avec 2 H: triplet
– C avec 3 H: quadruplet
• par contre, la superposition des pics des multiplets rend ces spectres souvent difficiles
à interpréter
51
RMN 1D MEIV2