E.D.I N°53 | novembre 201550
Par Thierry Bienfait
Actualités Business
Partir à la découverte de la cité du futur. Tel était
le thème des conférences Smart City + Smart Grid
durant le salon Intelligent Building Systems,
en octobre à Paris. Selon les intervenants, ce serait
aussi le projet de nombreux édiles français, qui
rêvent de bâtir des villes intelligentes. C’est même
un big bang annoncé. La dissémination des puces
et des capteurs dans les tuyaux, dans l’éclairage
public ou dans la voirie apparaît comme le nouveau
Graal des collectivités qui veulent répondre aux
besoins de leurs administrés par des services
publics reposant sur l’utilisation des TIC. Première
retombée concrète de ce phénomène, le marché
des capteurs croît de plus de 9 % par an et devrait
dépasser l’année prochaine
les 180 Mds € dans le monde,
selon Intechno Consulting. Ainsi
répartis dans la ville connectée,
ces capteurs représenteront,
d’ici à 2020, 4 Zo de données
échangés par an. Un eldorado
pour des équipementiers IT
comme Cisco, qui estime
ce marché des capteurs,
des matériels, des applications
et des services associés
à à 14 000 Mds $ dans
les dix prochaines années.
Les opérateurs télécoms
s’attendent, eux, à engranger
7 000 Mds $ pour faire
Le marché de la cité numérique
se bâtit. La baisse des prix des capteurs
et celle des télécommunications
ajoutées aux pressions budgétaires
publiques favoriseraient les projets.
communiquer tous ces capteurs entre eux.
L’enjeu suscite toutes les convoitises et la guerre
des standards de communication pour l’Internet
des objets est déjà déclarée dans l’Hexagone,
entre les réseaux Sigfox et LoRa (Long Range),
respectivement soutenus par des consortiums
de telcos et d’industriels. L’une et l’autre de ces
technologies sont à assurer une connectivité
à faible consommation d’énergie sur de longues
distances et à faibles coûts.
« C’est la question du coût
qui fera de ce secteur un marché
porteur à moyen terme, explique
Jean-Christophe Veissier,
Associate Partner Smart Cities
& Digital chez IBM Global
Business Services. Les mairies
sont contraintes de réaliser
des économies, et les services
numériques autour des objets
connectés leur permettent
de relever ce défi, pour la gestion
du chauffage urbain, la collecte
des déchets, l’éclairage public,
les horodateurs, les dispositifs
de télésurveillance, etc. Dans
ce contexte de contraintes budgétaires de plus
en plus fortes, la demande va également croître
dans la santé et l’éducation. »
Tous unis pour l’optimisation
Selon les exposants de Smart City + Smart Grid, les
expérimentations à grande échelle vont bon train.
« Les collectivités comprennent aisément que des
capteurs, reliés entre eux et connectés à un
ordinateur central par un réseau Sigfox ou LoRa
garantissent une meilleure gestion des
infrastructures, avance Lionel Jacquet, directeur
commercial chez le fabricant de cartes SIM
Matooma. L’important n’est plus de choisir
un fournisseur de bennes à ordures traditionnelles
mais d’opter pour le constructeur qui intégrera
de l’intelligence à ses compacteurs pour que
la collectivité surveille mieux le taux de remplissage
et de optimise les tournées de ses bennes. » Mais,
pour que ce type de solution futuriste se développe,
il restera à régler le problème du partage des
capteurs et de leurs informations entre les services
municipaux (généralement organisés en silos),
à adopter un même standard de communication
et à s’assurer que tous les systèmes d’information
soient interopérables. Surtout, la vente de ces
services novateurs proposés par des prestataires
et équipementiers IT devra s’accorder aux modèles
de gouvernance des collectivités parfois figés.
« Les marchés publics et la procédure d’appel
d’offres sont inadaptés aux projets des smart
cities » regrette Jean-Charles Bossard, président
de Localeo, entreprise spécialiste du déploiement
de services NTIC. Cependant les pratiques évoluent.
Ainsi, la règlementation la plus récente sur
les partenariats d’innovation a encore simplifié
la chaîne de décision, notamment en autorisant
le choix, en début de procédure, de l’entreprise
qui mettra sa R & D au service de la collectivité.
Les meilleures conditions de développement
seraient réunies pour créer des opportunités
de business pour les acteurs des TIC.
LA VILLE
INTELLIGENTE
EN CHANTIER
NOUVEAU ! Téléchargez notre APPLICATION gratuite
«Les municipalités sont contraintes de réaliser
des économies, et les services numériques autour des
objets connectés leur permettent de relever ce défi »
Jean-Christophe Veissier, Associate Partner Smart Cities & Digital, IBM

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    E.D.I N°53 |novembre 201550 Par Thierry Bienfait Actualités Business Partir à la découverte de la cité du futur. Tel était le thème des conférences Smart City + Smart Grid durant le salon Intelligent Building Systems, en octobre à Paris. Selon les intervenants, ce serait aussi le projet de nombreux édiles français, qui rêvent de bâtir des villes intelligentes. C’est même un big bang annoncé. La dissémination des puces et des capteurs dans les tuyaux, dans l’éclairage public ou dans la voirie apparaît comme le nouveau Graal des collectivités qui veulent répondre aux besoins de leurs administrés par des services publics reposant sur l’utilisation des TIC. Première retombée concrète de ce phénomène, le marché des capteurs croît de plus de 9 % par an et devrait dépasser l’année prochaine les 180 Mds € dans le monde, selon Intechno Consulting. Ainsi répartis dans la ville connectée, ces capteurs représenteront, d’ici à 2020, 4 Zo de données échangés par an. Un eldorado pour des équipementiers IT comme Cisco, qui estime ce marché des capteurs, des matériels, des applications et des services associés à à 14 000 Mds $ dans les dix prochaines années. Les opérateurs télécoms s’attendent, eux, à engranger 7 000 Mds $ pour faire Le marché de la cité numérique se bâtit. La baisse des prix des capteurs et celle des télécommunications ajoutées aux pressions budgétaires publiques favoriseraient les projets. communiquer tous ces capteurs entre eux. L’enjeu suscite toutes les convoitises et la guerre des standards de communication pour l’Internet des objets est déjà déclarée dans l’Hexagone, entre les réseaux Sigfox et LoRa (Long Range), respectivement soutenus par des consortiums de telcos et d’industriels. L’une et l’autre de ces technologies sont à assurer une connectivité à faible consommation d’énergie sur de longues distances et à faibles coûts. « C’est la question du coût qui fera de ce secteur un marché porteur à moyen terme, explique Jean-Christophe Veissier, Associate Partner Smart Cities & Digital chez IBM Global Business Services. Les mairies sont contraintes de réaliser des économies, et les services numériques autour des objets connectés leur permettent de relever ce défi, pour la gestion du chauffage urbain, la collecte des déchets, l’éclairage public, les horodateurs, les dispositifs de télésurveillance, etc. Dans ce contexte de contraintes budgétaires de plus en plus fortes, la demande va également croître dans la santé et l’éducation. » Tous unis pour l’optimisation Selon les exposants de Smart City + Smart Grid, les expérimentations à grande échelle vont bon train. « Les collectivités comprennent aisément que des capteurs, reliés entre eux et connectés à un ordinateur central par un réseau Sigfox ou LoRa garantissent une meilleure gestion des infrastructures, avance Lionel Jacquet, directeur commercial chez le fabricant de cartes SIM Matooma. L’important n’est plus de choisir un fournisseur de bennes à ordures traditionnelles mais d’opter pour le constructeur qui intégrera de l’intelligence à ses compacteurs pour que la collectivité surveille mieux le taux de remplissage et de optimise les tournées de ses bennes. » Mais, pour que ce type de solution futuriste se développe, il restera à régler le problème du partage des capteurs et de leurs informations entre les services municipaux (généralement organisés en silos), à adopter un même standard de communication et à s’assurer que tous les systèmes d’information soient interopérables. Surtout, la vente de ces services novateurs proposés par des prestataires et équipementiers IT devra s’accorder aux modèles de gouvernance des collectivités parfois figés. « Les marchés publics et la procédure d’appel d’offres sont inadaptés aux projets des smart cities » regrette Jean-Charles Bossard, président de Localeo, entreprise spécialiste du déploiement de services NTIC. Cependant les pratiques évoluent. Ainsi, la règlementation la plus récente sur les partenariats d’innovation a encore simplifié la chaîne de décision, notamment en autorisant le choix, en début de procédure, de l’entreprise qui mettra sa R & D au service de la collectivité. Les meilleures conditions de développement seraient réunies pour créer des opportunités de business pour les acteurs des TIC. LA VILLE INTELLIGENTE EN CHANTIER NOUVEAU ! Téléchargez notre APPLICATION gratuite «Les municipalités sont contraintes de réaliser des économies, et les services numériques autour des objets connectés leur permettent de relever ce défi » Jean-Christophe Veissier, Associate Partner Smart Cities & Digital, IBM