« Les droits sexuels en tant que base à l’éducation sexuelle
en Suisse. Perceptions et pratiques dans l’éducation familiale
et informelle. »
« l’éducation sexuelle dans le contexte français et son
articulation avec les droits sexuels ».
16 septembre 2016 - Genève -
Caroline REBHI
Bureau national du Planning Familial
Plan d’intervention
• L’éducation : Un peu d’histoire dans nos pratiques …
- L’éducation sexualisée ?
- Vers une citoyenneté sexuelle ?
• Les enjeux de l’ES
• L’ES : comme outil permettant d’exercer ses droits
• Méthodes d’intervention
• Les jeunes dans tout ça?
• Contexte politique français et ses limites
• L’éducation : Un peu d’histoire dans nos
pratiques …
• Les premières permanences d’accueils
• Des constats :
- manque de connaissances du fonctionnement du corps, du corps des
femmes (règles, ovulation, grossesse ….)
- l’information donnée souvent insuffisante, culpabilisante et normée
↗ Importance de travailler avec les plus jeunes.
• Dès 1963 : Premières formations de professionnels
L’education sexualisée* ?
• la sexualité est évolutive
• la sexualité est subversive
• la sexualité comme une question politique
• Ouvrage de Simone Iff 1975, présidente du Planning
Vers une « Citoyenneté sexuelle »?
• Importance de relier la sexualité à l’idée de
citoyenneté
• Une éthique de la négociation fondée sur le
consentement des individus
• Rendre autonome les jeunes, dans une perspective émancipatrice, d’égalité des
sexes et des genres
• D’aider à se construire le/la futur.e citoyenn.e
• s’épanouir
• faire des propres choix éclairés dans le respect de soi et d’autrui.
• et ayant les outils pour se protéger contre les IST VIH et grossesses non prévues.
Ce socle social est la base pour vivre sa vie sexuelle, partager son plaisir, son
désir, son orientation sexuelle sans crainte, sans peur, sans jugement.
Les enjeux de l’ES
L’ES : outil permettant d’exercer ses droits
• droit de choisir son ou sa partenaire
• de décider d’avoir ou non des enfants
• quand et comment et avec qui
• d’avoir accès à l’information la plus claire et exhaustive
• droit de vivre la sexualité qu’il. elle veut sans peur de jugement.
Méthode d’intervention
• L’éducation populaire
• La mixité
• Approche globale de la sexualité
* Ouvrage de Simone Iff 1975, présidente du Planning
Contexte politique français favorable
• Loi 2001
• Accès à la contraception d’urgence dans les établissements
scolaires
• Renouvellement contraception par les infirmières scolaires
• Gratuité de la contraception d’urgence en pharmacie : sans
carte d’identité
• Mariage de couples de même sexe ;
• la loi sur l’avortement progresse, avec la suppression de la
notion de détresse,
• le remboursement à 100% de l’IVG, la suppression du délai de
réflexion, l’entretien reste obligatoire pour les mineures
Qu’en disent les jeunes ?
Exemple 1 : Elèves de 4ème (14 ans) – Collège César Franck- Paris
88 jeunes collégiens – projet avec la prof de SVT
Tous les 15 jours : en alternance avec le cours de biologie, le PF intervenait 1
heure, en complément du cours de « reproduction »- pendant 5 séances
Groupe mixte
Outils : le dessin et les questions des élèves
Dessinez un sexe féminin : face
Dessinez le corps nu d’un homme et d’une
femme
Dessinez les parties génitales : femme
Dessinez les parties génitales :
homme
Les objectifs de cette méthode
• Travailler sur les représentations des corps
• Connaitre son corps : un préalable nécessaire : avant
les droits ? les livres de SVT décrivent souvent
schématiquement les organes reproducteurs – utérus /
vagin / pénis et cycles.
• Connaitre son corps c’est d’accord connaitre aussi : la
vulve / les lèvres / le clitoris / le pénis.
• Connaitre ses droits la masturbation / l’excision / le
consentement / la sexualité des femmes et des hommes ?
L’égalité / l’homosexualité /les IST / Contraceptions / IVG
…
• Egalité femmes / hommes
Connaissent-ils leurs droits ?
• « pas besoin des parents pour venir au Planning »
• « pour une IVG, on a besoin de l’accord » - on parle de
sexualité avec nos parents : il y a des capotes dans la
salle de bain : mais je ne les prends pas car sinon ils vont
savoir que je l’ai déjà fait »
• « la pilule d’urgence c’est cher » « moi on me l’a refusée
1 fois- j’ai eu trop honte »
• « j’ai peur que mon médecin en parle à mes parents- est
ce que ça peut être confidentiel ? » / manque de
connaissance des lieux ressources
• Consensus : les violences sexuelles -
• Des familles où « on en parle »
• Des familles où c’est « tabou »
• Les questions des parents :
« Doit- on fouiller leur sac le soir ? drogue / préservatifs ? »
« Je pose plein de questions à mon fils : a-t-il une copine ? a-t-il besoin de
préservatifs ?
il répond toujours non ! Pourquoi, à vous, inconnues, ils se confie ? » …
Collège César Franck : le groupe de
parents
Exemple 2 : Focus auprès 454 jeunes, séances d’éducation à
la sexualité, organisées par l’association de Paris, en 2015
* 14 à 25 ans.
• Début de la séance : « c’est quoi pour vous le Planning ? » ou « c’est quoi la
sexualité ? ».
• Les premières fois : l’obligation de la douleur pour la femme et des saignements. La
virginité est un thème qui revient souvent : avant le mariage… Mais la possibilité,
d’avoir des rapports autres que vaginaux : « on ne pourrait pas tomber enceinte, ni
avoir de maladies »
• Sexualité féminine et masculine : les hommes, « qui parlent beaucoup de
sexualité » ; une obligation de discrétion pour les filles. « si on sort tard le soir, les
filles seront agressées ».
• Jalousie / violences / mariages forcés
• IST : « on peut attraper des maladies dans la piscine car des hommes éjaculent
dedans, comme la vidéo ? » « les préservatifs craquent trop souvent- on va passer à la
pilule seulement »- « Le préservatif féminin c’est vraiment pas glamour »- ou alors
« pour se protéger avant les soirées, on en met un, comme ça si on boit beaucoup/ ou
que l’on a quelque chose dans notre verre, on sera protégée »
• Homosexualité
Une application limitée des textes
• Absence d’application de la loi de 2001 dans le cadre scolaire
• Manque d’évaluations
• Recommandations inscrites dans le rapport du HCEFH*
confirment le rôle de l’éducation à la sexualité dans la lutte
contre les inégalités
• En 2013, suppression des ABCD de l’égalité- programme pilote
dans certains établissements scolaires en France qui promeut
l’égalité entre les filles et les garçons / le respect / la prévention
des violences sexistes, les droits …
* Rapport 2016
Et au quotidien … Dans les séances
• Refus d’accès à la contraception, et notamment à la
contraception d’urgence
• Des demandes de cartes d’identité pour y avoir accès
• Regards culpabilisants pour des grossesses adolescentes
souhaitées et aussi non prévues
• Difficultés d’accès aux structures de soins : horaires /
éloignement
• Sentiment de culpabilité / non connaissance des lieux relais :
violences
• Peur de la non confidentialité de la part du médecin de famille
et/ou infirmière scolaire
21
En conclusion
Résistances aujourd’hui à cette approche
• Approche par la maladie ou la violence plutôt que par
les droits et l’égalité
• L’approche biologique et par les risques
❑ Occulte les dimensions affectives et relationnelles de la sexualité, l'hégémonie de la
norme hétérosexuelle et l'impact des assignations de genre
❑ Compromet la sensibilisation aux risques encourus
❑ Confirme la perpétuation des inégalités femme/homme et la stigmatisation de
l’homosexualité.
• Tendance à délaisser les termes « Sexualité et
genre »
Pour que ça fonctionne !
23
• Développer les lieux d’écoute et de parole pour les jeunes
• Une information claire et non jugeante : dans les pays où, dès
le plus jeune âge, les enfants abordent la relation au corps et
apprennent à parler simplement de sexualité, les adolescent.e.s
gèrent plus facilement leur premières relations sexuelles et le
taux de grossesses non prévues y est le plus faible (ex : les
Pays Bas).
• Former les professionnels, éducateurs, parents à ces questions :
plus les « adultes » sont à l’aise avec ces questions, plus les
jeunes se sentent à l’aise pour se confier.
Es 2016 atelier 3 caroline rebhi
Es 2016 atelier 3 caroline rebhi

Es 2016 atelier 3 caroline rebhi

  • 1.
    « Les droitssexuels en tant que base à l’éducation sexuelle en Suisse. Perceptions et pratiques dans l’éducation familiale et informelle. » « l’éducation sexuelle dans le contexte français et son articulation avec les droits sexuels ». 16 septembre 2016 - Genève - Caroline REBHI Bureau national du Planning Familial
  • 2.
    Plan d’intervention • L’éducation: Un peu d’histoire dans nos pratiques … - L’éducation sexualisée ? - Vers une citoyenneté sexuelle ? • Les enjeux de l’ES • L’ES : comme outil permettant d’exercer ses droits • Méthodes d’intervention • Les jeunes dans tout ça? • Contexte politique français et ses limites
  • 3.
    • L’éducation :Un peu d’histoire dans nos pratiques … • Les premières permanences d’accueils • Des constats : - manque de connaissances du fonctionnement du corps, du corps des femmes (règles, ovulation, grossesse ….) - l’information donnée souvent insuffisante, culpabilisante et normée ↗ Importance de travailler avec les plus jeunes. • Dès 1963 : Premières formations de professionnels
  • 4.
    L’education sexualisée* ? •la sexualité est évolutive • la sexualité est subversive • la sexualité comme une question politique • Ouvrage de Simone Iff 1975, présidente du Planning
  • 5.
    Vers une «Citoyenneté sexuelle »? • Importance de relier la sexualité à l’idée de citoyenneté • Une éthique de la négociation fondée sur le consentement des individus
  • 6.
    • Rendre autonomeles jeunes, dans une perspective émancipatrice, d’égalité des sexes et des genres • D’aider à se construire le/la futur.e citoyenn.e • s’épanouir • faire des propres choix éclairés dans le respect de soi et d’autrui. • et ayant les outils pour se protéger contre les IST VIH et grossesses non prévues. Ce socle social est la base pour vivre sa vie sexuelle, partager son plaisir, son désir, son orientation sexuelle sans crainte, sans peur, sans jugement. Les enjeux de l’ES
  • 7.
    L’ES : outilpermettant d’exercer ses droits • droit de choisir son ou sa partenaire • de décider d’avoir ou non des enfants • quand et comment et avec qui • d’avoir accès à l’information la plus claire et exhaustive • droit de vivre la sexualité qu’il. elle veut sans peur de jugement.
  • 8.
    Méthode d’intervention • L’éducationpopulaire • La mixité • Approche globale de la sexualité * Ouvrage de Simone Iff 1975, présidente du Planning
  • 9.
    Contexte politique françaisfavorable • Loi 2001 • Accès à la contraception d’urgence dans les établissements scolaires • Renouvellement contraception par les infirmières scolaires • Gratuité de la contraception d’urgence en pharmacie : sans carte d’identité • Mariage de couples de même sexe ; • la loi sur l’avortement progresse, avec la suppression de la notion de détresse, • le remboursement à 100% de l’IVG, la suppression du délai de réflexion, l’entretien reste obligatoire pour les mineures
  • 10.
    Qu’en disent lesjeunes ? Exemple 1 : Elèves de 4ème (14 ans) – Collège César Franck- Paris 88 jeunes collégiens – projet avec la prof de SVT Tous les 15 jours : en alternance avec le cours de biologie, le PF intervenait 1 heure, en complément du cours de « reproduction »- pendant 5 séances Groupe mixte Outils : le dessin et les questions des élèves
  • 11.
    Dessinez un sexeféminin : face
  • 12.
    Dessinez le corpsnu d’un homme et d’une femme
  • 13.
    Dessinez les partiesgénitales : femme
  • 14.
    Dessinez les partiesgénitales : homme
  • 15.
    Les objectifs decette méthode • Travailler sur les représentations des corps • Connaitre son corps : un préalable nécessaire : avant les droits ? les livres de SVT décrivent souvent schématiquement les organes reproducteurs – utérus / vagin / pénis et cycles. • Connaitre son corps c’est d’accord connaitre aussi : la vulve / les lèvres / le clitoris / le pénis. • Connaitre ses droits la masturbation / l’excision / le consentement / la sexualité des femmes et des hommes ? L’égalité / l’homosexualité /les IST / Contraceptions / IVG … • Egalité femmes / hommes
  • 16.
    Connaissent-ils leurs droits? • « pas besoin des parents pour venir au Planning » • « pour une IVG, on a besoin de l’accord » - on parle de sexualité avec nos parents : il y a des capotes dans la salle de bain : mais je ne les prends pas car sinon ils vont savoir que je l’ai déjà fait » • « la pilule d’urgence c’est cher » « moi on me l’a refusée 1 fois- j’ai eu trop honte » • « j’ai peur que mon médecin en parle à mes parents- est ce que ça peut être confidentiel ? » / manque de connaissance des lieux ressources • Consensus : les violences sexuelles -
  • 17.
    • Des famillesoù « on en parle » • Des familles où c’est « tabou » • Les questions des parents : « Doit- on fouiller leur sac le soir ? drogue / préservatifs ? » « Je pose plein de questions à mon fils : a-t-il une copine ? a-t-il besoin de préservatifs ? il répond toujours non ! Pourquoi, à vous, inconnues, ils se confie ? » … Collège César Franck : le groupe de parents
  • 18.
    Exemple 2 :Focus auprès 454 jeunes, séances d’éducation à la sexualité, organisées par l’association de Paris, en 2015 * 14 à 25 ans. • Début de la séance : « c’est quoi pour vous le Planning ? » ou « c’est quoi la sexualité ? ». • Les premières fois : l’obligation de la douleur pour la femme et des saignements. La virginité est un thème qui revient souvent : avant le mariage… Mais la possibilité, d’avoir des rapports autres que vaginaux : « on ne pourrait pas tomber enceinte, ni avoir de maladies » • Sexualité féminine et masculine : les hommes, « qui parlent beaucoup de sexualité » ; une obligation de discrétion pour les filles. « si on sort tard le soir, les filles seront agressées ». • Jalousie / violences / mariages forcés • IST : « on peut attraper des maladies dans la piscine car des hommes éjaculent dedans, comme la vidéo ? » « les préservatifs craquent trop souvent- on va passer à la pilule seulement »- « Le préservatif féminin c’est vraiment pas glamour »- ou alors « pour se protéger avant les soirées, on en met un, comme ça si on boit beaucoup/ ou que l’on a quelque chose dans notre verre, on sera protégée » • Homosexualité
  • 19.
    Une application limitéedes textes • Absence d’application de la loi de 2001 dans le cadre scolaire • Manque d’évaluations • Recommandations inscrites dans le rapport du HCEFH* confirment le rôle de l’éducation à la sexualité dans la lutte contre les inégalités • En 2013, suppression des ABCD de l’égalité- programme pilote dans certains établissements scolaires en France qui promeut l’égalité entre les filles et les garçons / le respect / la prévention des violences sexistes, les droits … * Rapport 2016
  • 20.
    Et au quotidien… Dans les séances • Refus d’accès à la contraception, et notamment à la contraception d’urgence • Des demandes de cartes d’identité pour y avoir accès • Regards culpabilisants pour des grossesses adolescentes souhaitées et aussi non prévues • Difficultés d’accès aux structures de soins : horaires / éloignement • Sentiment de culpabilité / non connaissance des lieux relais : violences • Peur de la non confidentialité de la part du médecin de famille et/ou infirmière scolaire
  • 21.
  • 22.
    Résistances aujourd’hui àcette approche • Approche par la maladie ou la violence plutôt que par les droits et l’égalité • L’approche biologique et par les risques ❑ Occulte les dimensions affectives et relationnelles de la sexualité, l'hégémonie de la norme hétérosexuelle et l'impact des assignations de genre ❑ Compromet la sensibilisation aux risques encourus ❑ Confirme la perpétuation des inégalités femme/homme et la stigmatisation de l’homosexualité. • Tendance à délaisser les termes « Sexualité et genre »
  • 23.
    Pour que çafonctionne ! 23 • Développer les lieux d’écoute et de parole pour les jeunes • Une information claire et non jugeante : dans les pays où, dès le plus jeune âge, les enfants abordent la relation au corps et apprennent à parler simplement de sexualité, les adolescent.e.s gèrent plus facilement leur premières relations sexuelles et le taux de grossesses non prévues y est le plus faible (ex : les Pays Bas). • Former les professionnels, éducateurs, parents à ces questions : plus les « adultes » sont à l’aise avec ces questions, plus les jeunes se sentent à l’aise pour se confier.