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3.
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Table
Couverture
Page de titre
Copyright
Lesauteurs
Préface
Introduction
Partie 1
Le cadre économique des finances publiques
1 Le cadre conceptuel des finances publiques
1 Keynésianisme et critique libérale
2 De l’impôt à la politique fiscale
2 Les finances publiques dans la comptabilité nationale
1 Catégoriser les dépenses publiques
2 Les dépenses publiques déclinées par sous-secteurs
institutionnels
3 Poids et évolution des dépenses publiques
3 Le financement des dépenses publiques
8.
1 La notionde prélèvements obligatoires abrite une réalité
diverse
2 Poids et évolution des prélèvements obligatoires : une
structure atypique
Partie 2
Le cadre institutionnel et constitutionnel des finances
publiques
4 Le cadre européen des finances publiques et sa traduction
en droit national
1 La nécessaire coordination des politiques économiques
et budgétaires
2 De l’encadrement du déficit public à l’intervention dans la
procédure budgétaire
3 La nécessaire pluriannualité et les obligations européennes
5 Les grands principes constitutionnels et la gouvernance de la
fiscalité
1 Les principes posés par la Déclaration des droits de l’homme
et du citoyen
2 La Constitution pose de grandes règles structurant la vie
des finances publiques
3 La gouvernance légale et réelle de la fiscalité
Partie 3
Le budget de l’État
6 Les principes budgétaires
1 Les principes classiques
9.
2 Les principesrécents
7 La structure du budget de l’État
1 Atteindre l’équilibre des finances publiques grâce à la LOLF
2 La formation de l’équilibre budgétaire
8 Les lois de finances
1 Les trois catégories de lois de finances
2 Domaines obligatoire, exclusif, partagé et interdit des lois de
finances
9 La préparation et l’adoption du budget de l’État
1 Les phases politiques et administratives de l’élaboration des
lois de finances
2 Les règles et modalités d’adoption des lois de finances par le
Parlement
10 L’exécution des lois de finances
1 Les modifications de la loi de finances initiale en cours
d’exécution
2 La chaîne de la dépense
Partie 4
Les règles comptables et le contrôle des finances publiques
11 La notion de comptabilité publique et les principes de
l’organisation comptable
1 La comptabilité, système d’organisation de l’information
financière et instrument de gestion publique
10.
2 Le bilanpermet la connaissance de la situation patrimoniale
3 Une comptabilité publique assurée par les comptables et… les
ordonnateurs
12 Le contrôle des finances publiques
1 Un contrôle politique : les contrôles parlementaires
2 Un contrôle juridictionnel
3 Les contrôles interne et externe
4 Les mécanismes du contrôle des collectivités territoriales
Partie 5
Les finances locales
13 Le cadre général des finances locales – autonomie
et dépendance
1 La situation générale des finances locales est globalement
saine mais cache des déséquilibres
2 L’autonomie financière n’est pas synonyme d’autonomie fiscale
14 La procédure budgétaire locale
1 La préparation des budgets locaux est l’œuvre de l’exécutif
local mais demeure encadrée par des règles strictes
2 L’adoption des budgets locaux appartient aux assemblées
délibérantes mais est soumise à un ensemble de contraintes
15 La fiscalité locale
1 La fiscalité locale est un ensemble composite
2 Réformer à nouveau la fiscalité locale ?
11.
16 L’endettement local
1L’endettement constitue un instrument courant de
financement des collectivités
2 La liberté d’emprunt dont jouissent les collectivités a pu
donner lieu à un usage excessivement imprudent
3 Le refinancement du secteur local se devait d’être plus
sécurisé et organisé
Partie 6
Les finances sociales
17 Les finances de la protection sociale
1 Une inadéquation entre le mode financement, le contexte
socio-économique et les objectifs
2 Vers une maîtrise de la dépense ?
18 Les lois de financement de la sécurité sociale
1 De l’inscription des finances sociales dans un cadre législatif
2 Pour une vision plus intégrée des finances publiques
Partie 7
Les finances de l’Union européenne
19 Le budget de l’Union européenne
1 La procédure budgétaire de l’Union européenne
2 La réforme des ressources propres de l’Union européenne
3 Les dépenses de l’Union européenne
20 L’exécution et le contrôle du budget de l’Union européenne
12.
1 L’exécution dubudget de l’UE
2 Les contrôles de l’exécution du budget
Partie 8
Les prélèvements obligatoires
21 La structure des prélèvements obligatoires
1 Les impôts s’inscrivent dans plusieurs typologies
2 Au regard de la structure moyenne dans l’OCDE, la France se
détache nettement
3 Un système fiscal complexe
22 Les dépenses fiscales, point de fuite de la dépense publique ?
1 Les niches fiscales ont un poids croissant sans avoir toutes
démontré leur efficacité
2 L’amélioration de la gouvernance des dépenses fiscales doit
permettre de les rationaliser
23 L’imposition des revenus
1 Les ménages sont soumis, sur leurs revenus, à plusieurs
impôts différents
2 Faut-il encore réformer l’impôt sur le revenu ?
24 La fiscalité du patrimoine
1 L’imposition du patrimoine est parcellaire et composite
2 Une fiscalité du patrimoine peu cohérente et peu efficace
25 La fiscalité des entreprises
13.
1 La fiscalitédes entreprises est composite et relativement
lourde
2 Le mouvement d’allégement de la fiscalité des entreprises
depuis 2010 doit être poursuivi
26 L’imposition de la consommation et des transactions
1 La TVA, les accises et les droits de douane
2 Les nouveaux défis de la fiscalité indirecte : taxation
des transactions financières et fiscalité environnementale
27 La concurrence et l’évasion fiscales internationales
1 La concurrence fiscale et l’harmonisation européenne
en matière d’imposition des sociétés
2 La lutte contre l’évasion et la fraude fiscales internationales
28 L’administration fiscale
1 Une dynamique de modernisation et d’amélioration du service
aux usagers
2 De nouveaux défis s’annoncent pour la DGFiP et le ministère
des finances
Partie 9
Les autres ressources publiques
29 Les ressources publiques non fiscales
1 Les ressources publiques non fiscales sont diverses mais d’un
poids modeste
2 L’État actionnaire représente des enjeux financiers mais
aussi des enjeux stratégiques
14.
30 La dettepublique
1 Les déficits nourrissent la dette
2 La soutenabilité économique de la dette française s’est érodée
mais le cadre juridico-politique protège sa signature
3 Si la dette de l’État est techniquement bien gérée, son
caractère excessif plaide pour une diversification du financement de
l’État
Sujet-type concours ENA
Abréviations
Index
15.
Les auteurs
Frédéric Brigaud,diplômé de Sciences Po et ancien élève de l’École
nationale supérieure de Sécurité sociale ou EN3S (major de la
53 promotion), est sous-directeur à la Mutualité sociale agricole après
avoir exercé des responsabilités au ministère des finances et en
URSSAF. Il est plus particulièrement spécialiste des questions
budgétaires, des finances sociales et des finances européennes. I
enseigne ou a enseigné à Sciences Po, à l’EN3S, à l’Université Toulouse
1 Capitole, au centre préparatoire aux concours administratifs de
l’Université Paris 1 et de l’ENS-Ulm (CIPCEA) et à la Ville de Paris.
Vincent Uher, diplômé cum laude de Sciences Po et ancien élève de
l’ENA, est administrateur civil du ministère des finances. Il est plus
particulièrement spécialiste de la fiscalité, des finances locales et des
questions juridiques. Il enseigne ou a enseigné les finances publiques
au centre de préparation aux concours administratifs de l’Université
Paris 1 et de l’ENS-Ulm (CIPCEA), à Sciences Po et à l’Institut d’études
politiques de Grenoble. Il est également correcteur pour l’épreuve de
finances publiques du concours de l’ENA.
Les lecteurs désireux de faire part aux auteurs de remarques sur ce
manuel de finances publiques peuvent le faire par mail aux adresses
suivantes : vincent.uher@gmail.com et frederic.brigaud@gmail.com.
e
16.
Préface
L’étude des financespubliques suppose aujourd’hui pour le candida
aux concours comme pour le spécialiste ou l’honnête homme d’adopte
une démarche rigoureusement pluridisciplinaire. Cette démarche
comporte nécessairement les éléments juridiques fondamentaux
propres au droit des finances publiques afin de bien comprendre les
éléments morphologiques et techniques des lois de finances, de la
comptabilité publique ou du droit fiscal et de leurs contentieux
respectifs. Elle impose de convoquer avec une force sans cesse
grandissante des éléments de droit international public, de droi
européen et de droit constitutionnel (surtout depuis l’introduction de la
question prioritaire de constitutionnalité).
L’entreprise requiert également de ne pas négliger les aspects
économiques et financiers des finances publiques tant sur leur vole
budgétaire (fiscal policy) que sur leur volet fiscal (tax policy). En effet
plus que jamais la maîtrise des comptes publics suppose ab initio
l’établissement de prévisions macro-économiques crédibles permettan
de définir une trajectoire des finances publiques dans leur ensemble –
toutes administrations confondues : APUC (administrations publiques
centrales : État+opérateurs), APUL (administrations publiques locales)
ASSO (administrations de sécurité sociale) permettant de rentrer en
cohérence avec nos engagements européens (respect des fameux
critères de Maastricht), conformité aux exigences nouvelles du TSCG
(traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance), etc. Enfin, le
chercheur comme l’étudiant ne doit pas écarter a priori l’apport de la
sociologie et de l’histoire des finances publiques. En effet, le nécessaire
consensus sur l’équilibre de nos comptes publics comme les
éventuelles résistances à l’impôt ou l’importance de la solidarité au
fondement de notre système de protection sociale constituent des
acquis de l’histoire et de la culture nationale.
17.
Ces contraintes dictenten partie les choix retenus par les décideurs
publics dans le cadre des ajustements budgétaires actuellement en
cours. Elles expliquent en particulier pourquoi la France a
structurellement pris du retard dans le redressement de ses comptes
Pourquoi par exemple elle a choisi pendant tant d’années de reporte
les efforts d’assainissement inévitables tout en prônant en apparence
l’application d’une stricte orthodoxie keynésienne de relance par la
consommation . En réalité la France a longtemps assumé une politique
financière où les arbitrages ont trop souvent différé les coupes
budgétaires en haut de cycle, alors que les stabilisateurs automatiques
marchaient à plein régime en phase de récession. Cela a enclenché un
processus en quatre temps : relance contra-cyclique (1) induisant des
ajustements par la hausse des prélèvements obligatoires (2)
concession de niches fiscales afin de ne pas ralentir l’investissemen
des particuliers ou le dynamisme des entreprises (3), puis baisses
d’impôts en phase de croissance (4). Sur le plan strictemen
budgétaire, cette propension à la dépense a conduit les administrations
publiques à présenter un déficit permanent depuis 1975 aboutissant à
une augmentation continue de la dette publique (près de 96 % du PIB
en 2016) . Sur le plan des recettes fiscales, la préférence pour des
taux marginaux élevés et des bases étroites a débouché sur la
constitution d’un volume de dispositifs fiscaux dérogatoires (dépenses
fiscales) inédit (jusqu’à près de 4 points de PIB) accroissant encore la
complexité d’une législation fiscale particulièrement développée e
mouvante.
Les présidences de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ont adopté
des politiques d’ajustement budgétaire relativement continues à parti
de 2011 qui ont été bien formalisées dans le cadre du PLF 2013. Le
constat a été fait que les ajustements devaient être les moins récessifs
possibles (d’autant que la plupart de nos voisins européens étaien
eux-mêmes engagés dans des processus de rééquilibrage
comparables) tout en renforçant la reprise de la croissance à moyen
terme. Ceci a débouché sur une synthèse que l’on peut qualifier de
« Callegari/Alesina » du nom des deux principaux économistes don
elle s’inspire. Celle-ci préconise de débuter l’ajustement par une
augmentation des impôts (effets en recettes plus rapides et moins
1
2
3
18.
récessifs que lescoupes budgétaires), puis dans une seconde phase de
poursuivre par une baisse des dépenses selon un ratio d’effort de 40 %
en recettes et de 60 % en économies afin de conforter la reprise à
moyen terme. Cette approche s’est ainsi traduite par une
augmentation depuis 2012 de 30 milliards des prélèvements
supplémentaires (après 22 milliards d’euros depuis 2011 sous le
précédent gouvernement ) et l’engagement de pratiquer à partir de
2014 60 milliards d’économies. Assez logiquement en 2014, la
perspective a été rectifiée afin de dégager 50 milliards d’économies
entre 2015 et 2017, suivant une répartition de 18 milliards sur l’État e
ses opérateurs, de 11 milliards sur les collectivités territoriales et de
21 milliards d’euros sur la sécurité sociale (dont 10 milliards su
l’assurance maladie).
Le bilan que l’on peut tirer de cette stratégie d’ajustement entre 2012
et 2017 est mitigé :
– En 2016, le déficit de la France est de 3,4 % du PIB, soit le
deuxième plus élevé de la zone euro après l’Espagne, l’ensemble
des autres pays européens étant à ou en dessous des 3 %.
– Depuis 2011, la croissance des dépenses publiques en France est
supérieure à la moyenne de la zone euro, alors que son PIB
augmente moins vite que celui de ses partenaires. La France
occupe le premier rang quant au niveau de ses dépenses
publiques en 2016 avec 56,2 %, devant la Finlande (56,1 %).
– Les prélèvements obligatoires décroissent après un pic en 2013
(44,8 %) pour atteindre 44,3 % en 2016, mais l’ajustement fiscal
a été massif entre 2012 et 2017, et aurait rapporté en moyenne
sur la période près de 50 milliards d’euros/an, dont 18 milliards
imputables à des mesures prises sous le quinquennat de
N. Sarkozy et 31,2 milliards sous celui de F. Hollande .
Enfin le plan de 50 milliards d’économies promis par l’exécutif a été
sérieusement révisé à la baisse. Les priorités gouvernementales dont la
lutte contre le terrorisme et les revalorisations salariales dans la
fonction publique à compter de 2016 (négociations PPCR
augmentation du point d’indice de 1,2 % entre mi-2016 et 2017)
4
5
19.
aboutissent à réviserl’objectif entre 40,5 et 41,8 milliards entre 2015
et 2017, dont seulement 10 milliards pour 2017.
Cependant, cette approche n’est pas unique. Elle se conjugue et gage
en partie la recherche assumée d’une politique de « dévaluation
budgétaire » (fiscal devaluation) se traduisant par une « dévaluation
fiscale » . Celle-ci est dictée par l’impossibilité de procéder à une
dévaluation monétaire du fait de la monnaie unique et de
l’indépendance de la BCE. La stratégie de la dévaluation fiscale cherche
par des allégements de charges sur les entreprises à produire un choc
de compétitivité coût (à court terme) et hors coût (à moyen terme)
permettant de restaurer les marges et d’accélérer les chances de
rebond de l’économie française (réduction du chômage et relance de
l’investissement) en assumant une politique de l’offre. Cette
dévaluation fiscale devrait se traduire par un déplacement de la
pression fiscalo-sociale des entreprises vers les ménages (notammen
au moyen de l’augmentation des taux de TVA et de la réduction des
niches fiscales).
Ce volet croissance s’est traduit par l’annonce de quatre dispositifs. Les
trois derniers étant exposés dans le cadre du discours de politique
générale du Premier ministre Manuel Valls le 8 avril 2014 :
– le CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) entré en vigueur au
1 janvier 2013, de 20 milliards en rythme de croisière à partir de
2015 gagé sur 10 milliards d’euros d’économies et 10 milliards de
recettes supplémentaires (dont 6 milliards d’augmentation de la
TVA) permettant de faire baisser les charges patronales jusqu’à
2,5 Smic ;
– un pacte de responsabilité de 10 milliards d’euros à compter de
2016 ;
– complété par un pacte de solidarité de 5 milliards d’euros ;
– et des allégements d’impôts sur les entreprises atteignant
20 milliards d’euros en 2017.
François Hollande a cependant souhaité procéder à une réorientation
de la dernière étape du Pacte de responsabilité et de solidarité le
30 juin 2016 afin de dégager des marges de manœuvres budgétaires
6
er
7
8
9
20.
nouvelles (4 milliardsenviron en 2017) tout en en respectant le volume
(5 milliards d’euros) mais en le décalant après 2017 : les 3,5 milliards
de la dernière tranche de la C3S et la réduction d’IS de 33,33 % à
28 % (1,5 milliard) ont été remplacés par une baisse d’IS réservée en
2017 aux petites entreprises (0,4 milliard), une augmentation de 6 à
7 % du taux du CICE (3,1 milliards), ainsi qu’une baisse
supplémentaire d’IR (1 milliard d’euros) pour 5 millions de ménages, e
diverses autres mesures (0,5 milliard). Cet exemple illustre la difficulté
pour l’exécutif à disposer de marges de manœuvres budgétaires
suffisantes pour faire face au financement de dépenses imprévues ou
jugées prioritaires.
Afin de faire face à une croissance plus faible que prévue dès 2014
(+0,4 point en LFI 2015 révisée à +0,2 point par l’INSEE le 13 ma
2015), et à une inflation également plus basse qu’anticipée en 2015
(+0 % dans le cadre du programme de stabilité 2015-2018 contre
0,9 % estimée en décembre 2014 dans la LPFP 2014-2019), la
perspective d’un retour du déficit à 3 % du PIB dès 2015 a été
repoussée avec l’accord du Conseil de l’Union européenne
(recommandation du 10 mars 2015) à 2017. Il a par ailleurs été
demandé à la France pour l’année 2015, un effort d’économies
supplémentaires de 4 milliards d’euros en sus des 21 milliards d’euros
d’économies tendancielles affichées dans le cadre du programme de
50 milliards d’économies à réaliser jusqu’en 2017, et un effor
complémentaire de 5 milliards d’économies en 2016, qui s’ajoutera aux
14,5 milliards d’économies tendancielles attendues cette même année
Ces deux correctifs ont été acceptés par la France afin de corriger le
ralentissement de la croissance de ses dépenses sous l’effet de la
faiblesse de l’inflation.
La France est parvenue à respecter à peu près ces objectifs en 2015 e
2016, avec un solde public de 3,6 % et de 3,4 % du PIB alors que le
programme de stabilité 2016-2019 annonçait 3,5 % et 3,3 % pour ces
deux années. Le différentiel s’expliquant par la difficulté de l’exécutif à
atteindre ses objectifs en matière de déficit de l’État et de déficits
sociaux (les collectivités s’ajustant mieux que prévu dans le cadre de
leur contribution au redressement des finances publiques (CRFP) initiée
21.
en 2014, setraduisant par une baisse substantielle de leurs dotations
(3,67 milliards théoriques par an entre 2015 et 2017) devant aboutir à
une baisse corrélative de leurs dépenses).
Si l’inflation basse, sur la période, fragilise mécaniquement le
dégagement d’économies tendancielles, notamment s’agissant des
économies par rapport à des dépenses indexées et frappées de ge
(point de fonction public, revalorisation des retraites etc.), elle perme
au contraire de produire des économies de « constatation » (la
régulation budgétaire est facilitée parce que des dépenses notammen
d’achat et de fonctionnement baissent mécaniquement en cours
d’exécution), ce qui a permis par exemple d’atteindre un déficit 2014
définitif de 3,9 % au lieu des 4,4 % anticipés dans le cadre du PLF
2015.
Le pilotage des finances publiques est donc délicat car il suppose de
prendre en compte les effets en sens inverse de variables
macroéconomiques en partie exogènes sur les comptes publics (prix
bas du pétrole, évolution de la parité euro/dollar, effets de la nouvelle
politique d’assouplissement quantitatif (quantitative easing) de la BCE
initiée par Mario Draghi le 22 janvier 2015 etc.). Par ailleurs, la volonté
de la France de ne pas brider la reprise de la croissance, l’a conduit à
proposer une trajectoire des finances publiques dans le cadre du
Programme de stabilité 2015-2018 sensiblement différente de celle
arrêtée par la recommandation du Conseil du 10 mars 2015 et même
de la loi de programmation des finances publiques 2014-2019 de
décembre 2014. Tout en retenant des hypothèses prudentes e
révisées en matière de croissance, d’inflation et d’élasticité des
prélèvements obligatoires, la France a décidé de recalculer sa
croissance potentielle en la réévaluant de +0,2 point à compter de
2016 où elle devait atteindre 1,5 %. De ce fait son ajustemen
structurel a voulu satisfaire au minimum requis par les traités
européens (0,5 point par an), mais pas davantage. Il en a résulté
cependant une absence de résorption préoccupante du défici
conjoncturel, stabilisé à 2,5 points de PIB en moyenne sur la période
2015-2018 d’après la Commission européenne, tandis que l’approche
10
22.
française présente unécart de production qui ne se referme jamais
avant 2018.
On le voit, les marges de manœuvre sont fragiles s’agissant des
finances publiques. Elles supposent des prévisions macro-économique
et macro-budgétaire fiables et une stratégie claire et réactive. Plus
largement, il s’impose à la France d’ores-et-déjà engagée dans une
procédure pour déficit excessif, de résorber dans les meilleurs délais
son déficit structurel sans aller au-delà de la troisième dérogation
accordée par les instances européennes (équilibre prévu pour 2019). I
est nécessaire enfin, de veiller pour l’État à atteindre rapidement un
solde stabilisant pour sa propre dette ; et pour cela, parvenir à
dégager dans un premier temps un excédent primaire, c’est-à-dire
réussir à ne plus financer ses propres dépenses courantes à crédit afin
dans un second temps de se refinancer sans alourdir la charge de sa
dette. Ainsi la France jusqu’en 2019 va devoir réaliser chaque année
environ 0,6 % de PIB d’économies supplémentaires. Gageons que les
écarts enregistrés par rapport à cette contrainte (entre – 0,1 et – 0,2
point par an) supposeront un effort volontariste du nouveau présiden
de la République Emmanuel Macron dans le cadre du PLF 2018. Un
effort qui devra nécessairement comporter des réformes structurelles
car une fois l’équilibre atteint, le volet désendettement du TSCG
européen rentrera alors en action, ce qui devrait imposer la réduction
de la dette au-delà de 60 % d’au moins 1/12 /an impliquant un effor
complémentaire de désendettement de 2 points de PIB/an.
La mise en place d’économies structurelles est donc prépondérante
Elle impose que, par rapport à la dynamique spontanée des dépenses
publiques (le tendanciel), des économies soient réalisées qu
l’infléchissent durablement. C’est en particulier à la réalisation de ce
type d’économies que devraient concourir les réformes en cours de
l’organisation des collectivités territoriales (lois MAPTAM et NOTRe du
27/01/2014 et 7/08/2015) : fusion des régions, suppression de la
clause de compétence générale (à l’échelon départemental e
régional), encouragement des fusions de communes, rationalisation
des syndicats intercommunaux et réforme de la dotation globale de
fonctionnement. Il appartiendra au prochain gouvernement de
e
11
23.
poursuivre cette politique: parvenir à une réforme de la DGF
(repoussée après 2017), l’introduction d’un dispositif de bonus/malus
après contractualisation de la baisse de leurs dépenses avec les
collectivités, gestion par objectif etc. Le programme présidentie
d’Emmanuel Macron prévoyant près de 10 milliards d’économies à
réaliser sur le bloc local dans les cinq ans à venir.
Il faudra pour cela résolument sortir des économies « conjoncturelles »
réalisées à périmètre constant et qui tiennent de la politique du rabot
baisse de l’enveloppe sous norme des dotations aux collectivités
territoriales, déremboursements dans le cadre de la maîtrise de
l’ONDAM, gel du point d’indice des fonctionnaires jusqu’en 2016, repor
d’indexation des prestations sociales (hors minima sociaux) jusqu’en
octobre 2015, effets de trésorerie au détriment des entreprises. Des
dispositifs qui produisent un décalage dans le temps des dépenses
sans véritablement toucher à leur tendanciel, ni interdire un éventue
rattrapage.
Le nouvel exécutif devra enfin sans doute ralentir la politique
d’émission sur souches anciennes des titres de la dette publique qu
permet de générer des primes d’émissions au bénéfice du Trésor. Cette
approche offre conjoncturellement, en période de taux bas, la
possibilité de faire baisser « facialement » la dette publique, bien que
le coût en intérêt en soit plus important par la suite. La politique
hyper-accommodante de la BCE ne pourra pas durer éternellement
Rééchelonner la maturité de dette et passer à une politique de
désendettement (excédents primaires) doivent devenir des axes
structurants de la stratégie de gestion de la dette publique pour les
années à venir.
Hauts fonctionnaires, rompus aux questions budgétaires et fiscales
(Direction de la législation fiscale, Conseil d’État, Budget, France
Domaine, Sécurité sociale), les deux auteurs de l’ouvrage ont en outre
été chargés d’enseignement des finances publiques à Sciences Po Paris
et dans le cadre de préparations au concours de l’ENA, notamment à la
Prep’ENA Paris I-ENS. Leur approche pragmatique vue de l’intérieur de
l’Administration permettra à tout lecteur, désireux de bénéficie
d’éclairages concrets et à jour, de comprendre au mieux les grands
24.
enjeux budgétaires etfiscaux liés à la programmation comme à
l’exécution des lois de finances et de financement de la sécurité
sociale, mais également relatifs à la gestion des deniers publics
centraux, locaux comme sociaux et plus largement à la modernisation
de l’action publique. La concision qui ne va pas sans clarté et précision
du propos en même temps que l’exploitation de documents
budgétaires de première main comme de la prise en compte des
enjeux économiques pour les entreprises et les ménages font de ce
ouvrage une entreprise unique en son genre. Nous lui souhaitons tou
le succès qu’elle mérite dans le cadre des incertitudes et des
opportunités budgétaires et financières qui nous entourent.
Fait à Meudon
Le 14 mai 2017
Samuel-Frédéric SERVIÈRE
Chercheur à la Fondation de l’institut français de recherche
sur les administrations et les politiques publiques
25.
Introduction
1 Quel manuelchoisir ? Ou du besoin d’un
manuel de référence
Ce manuel a été écrit en pensant aux élèves que nous étions il y a
encore quelques années et, plus encore, aux élèves et étudiants
auxquels nous enseignons les finances publiques, qui, souvent, ne
savent à quel manuel se vouer. Ceux qui s’attellent à l’apprentissage
des finances publiques ont en effet besoin d’un ouvrage de référence :
– 1°) traitant totalement le champ de la matière malgré son étendue
tout en conservant un regard synthétique et une écriture
uniforme ;
– 2°) doté d’une vision pratique indispensable à l’étude d’une
matière concrète, que l’excès d’abstraction peut rendre
incompréhensible ;
– 3°) didactique pour accompagner le lecteur dans son
apprentissage ;
– 4°) à jour car les finances publiques sont, plus que jamais,
vivantes !
Telle est la grande ambition qui nous a appelé à concevoir ce manue
de finances publiques.
1.1 Pas d’impasse pour un public large
Ce manuel s’adresse aux candidats aux concours administratifs de
catégorie A et A+, aux étudiants des facultés de droits et des instituts
d’études politiques, aux praticiens de la matière, professionnels ou
26.
élus, et àun public plus large de citoyens désireux de comprendre le
fonctionnement des finances publiques et d’appréhender mieux
l’actualité de son pays et de l’Union européenne, à la recherche d’un
ouvrage pédagogique qui contienne les connaissances qui fon
référence et donne les moyens à chacun de les approfondir.
Il a ainsi vocation à initier à la matière, plutôt que d’être réservé aux
initiés, et à placer le lecteur dans le contexte professionnel e
démocratique, plutôt que dans le seul contexte universitaire.
Cet ouvrage couvre l’ensemble du périmètre des finances publiques te
qu’il est défini par le programme de l’épreuve de finances publiques du
concours de l’École nationale d’administration, qui recouvre celui des
autres concours administratifs de la fonction publique.
1.2 Une approche des finances publiques
pluridisciplinaire et dépassant le cadre
national
Dans sa rédaction, nous avons entendu allier présentation de la
matière dans sa technicité et analyse économique : les finances
publiques ne peuvent être abordées sans traiter des incidences micro
économique et macro-économique des choix budgétaires et fiscaux.
De même, les finances publiques sont plurielles (finances de l’État
sociales, locales, de l’Union européenne) et, s’agissant de la France
résolument inscrites dans le cadre européen qui est le prisme à travers
lequel il convient désormais d’aborder nos finances publiques. Au-delà
de la restitution de l’état du droit des finances publiques, c’est toute
l’approche de la matière qui doit être mise à jour, en tenant compte
des évolutions potentielles que dessinent les comparaisons
internationales, les rapports publics et les travaux de réflexion de la
société civile.
27.
1.3 Servir debase à l’apprentissage des finances
publiques
Pour être pleinement pédagogique, un manuel doit être vivant e
didactique : le lecteur est accompagné dans la lecture de l’ouvrage e
l’assimilation de la matière par des exemples concrets, des graphiques
et tableaux retraçant des données importantes, des encadrés
proposant un éclairage particulier, des références bibliographiques e
de sites internet permettant d’aller plus loin.
Plus particulièrement, nous proposons, pour chaque chapitre – afin
d’aider le lecteur à en assimiler le contenu –, une liste de sujets
d’examen et de concours, généralement tirés des annales du concours
de l’ENA, ainsi que la liste des notions et données importantes qu’i
convient de maîtriser.
À cet égard, le présent ouvrage tient compte de la réforme des
concours de l’ENA et de l’INET. Il comporte des sujets adaptés au
nouveau format – écrit – de l’épreuve de finances publiques : certains
énoncés s’appuient sur un ou plusieurs documents. Pour accompagne
au mieux les lecteurs dans l’appropriation de la méthodologie de cette
nouvelle épreuve, un sujet sur document est proposé en fin d’ouvrage
et assorti d’éléments de corrigé rédigés.
2 L’organisation de l’ouvrage
Les parties I et II sont consacrées au cadre général des finances
publiques, économique et budgétaire d’abord (chapitres 1 à 3)
institutionnel et constitutionnel ensuite : l’extension e
l’approfondissement du cadre européen ont radicalement renouvelé le
contexte institutionnel (chapitre 4), tandis que le Consei
constitutionnel s’est érigé en acteur incontournable des finances
publiques en général et de la fiscalité en particulier (chapitre 5).
Les parties III à VII traitent des finances des administrations publiques
dans leur pluralité : finances de l’État (chapitres 6 à 10), enjeux de
28.
comptabilité et decontrôle des finances publiques (chapitres 11 et 12)
finances locales (chapitres 13 à 16), finances sociales (chapitres 17 e
18) et finances de l’Union européenne (chapitres 19 et 20).
La partie VIII est dédiée aux prélèvements obligatoires (chapitres 21 à
28), avec un accent mis sur la fiscalité française et ses enjeux
contemporains, qui invitent à comparer la France avec d’autres pays
La partie IX évoque les ressources non fiscales (chapitre 29) et porte
également sur les déficits et l’endettement publics, se posan
notamment la question de la soutenabilité de la dette publique
française et de la solvabilité de l’État (chapitre 30).
29.
PARTIE 1
LE CADREÉCONOMIQUE
DES FINANCES PUBLIQUES
SOMMAIRE
CHAPITRE 1 ■ Le cadre conceptuel des finances publiques
CHAPITRE 2 ■ Les finances publiques dans la comptabilité
nationale
CHAPITRE 3 ■ Le financement des dépenses publiques
30.
CHAPITRE 1
Le cadreconceptuel
des finances publiques
SOMMAIRE
1 Keynésianisme et critique libérale
2 De l’impôt à la politique fiscale
NOTIONS À MAÎTRISER
◆ Multiplicateur, bien public
◆ Impôt échange, impôt solidarité
◆ Courbe de Laffer
◆ Redistribution (verticale, horizontale)
◆ Stabilisateurs automatiques
◆ Taxe pigouvienne
Les finances publiques sont passées, au cours du XX siècle, du
financement des missions régaliennes à l’alimentation d’un État devenu
massivement dépensier. Le cadre des finances publiques s’est élargi à
l’intervention économique étatique consistant notamment à soutenir la
demande, voire à sa création à crédit, et à une vaste plateforme de
redistribution. Parce que la providence protectrice a un coût, le poids
de l’impôt s’est considérablement accru et ses fonctions diversifiées
L’explosion de la dépense publique et le caractère non soutenable de
l’endettement appellent l’élaboration et le nécessaire respect de règles
e
31.
budgétaires strictes ainsiqu’une interrogation relative aux effets
possiblement récessifs d’une forte imposition.
Ces finances publiques évoluent dans un cadre économique et dans un
cadre institutionnel et constitutionnel.
C’est dans la science économique que les finances publiques puisen
leurs sources. Les concepts économiques auxquels il est fait appel pou
expliquer et questionner la politique budgétaire, la politique fiscale ou
encore l’endettement public se rattachent à deux courants de pensée
également utiles que sont le libéralisme et le keynésianisme. L’impôt
malgré son ancienneté historique, s’inscrit également dans les
différentes fonctions économiques et sociales de l’État moderne.
1 Keynésianisme et critique libérale
En 1970, le républicain Richard Nixon s’exclamait « nous sommes tous
keynésiens ». La crise actuelle donne une nouvelle audience à la
théorie keynésienne et met de côté la révolution libérale des années
1980-1990. Il est avant tout attendu de l’État qu’il assure un bon
niveau d’emploi.
1.1 L’État keynésien est producteur de demande
a L’activité dépend du niveau de la demande
Selon la théorie keynésienne, le marché peut s’accommoder d’un
équilibre de sous-emploi. Pour dépasser cet équilibre non suffisammen
inclusif, elle propose de stimuler la demande afin qu’elle entraîne de
nouvelles embauches. La propension à consommer des ménages
modestes étant plus importante que celle des ménages aisés (qu
épargnent une part plus importante de leur revenu), un transfer
financier des seconds vers les premiers crée de la demande. L’effe
multiplicateur rend cet outil plus efficace. En effet, une nouvelle
32.
dépense publique stimulela production qui entraîne une hausse des
salaires consacrée, en partie, à la consommation appelant, à son tour
une hausse de la production. Le multiplicateur est cependant moins
efficace à mesure qu’une économie est ouverte puisque la demande
créée peut se diriger vers des biens étrangers ; c’est toute la différence
entre le succès de la relance Kennedy-Johnson des années 1961-1965
et l’échec de la relance française en 1981 et 1982. En outre, si l’offre
est peu élastique, la hausse de la demande provoque davantage une
hausse des prix.
b L’État a des leviers pour financer la création de demande
Pour relancer la demande, l’État peut, tout d’abord, baisser des impôts
Par exemple, une baisse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), en
réduisant les prix de vente, favorisera la demande dans l’hypothèse où
les offreurs répercutent la baisse de la TVA ; or il y a un risque de fuite
par les marges des entreprises. De la même façon, un risque de fuite
par l’épargne accompagne une baisse de l’impôt sur le revenu qu
serait destinée à renforcer le pouvoir d’achat. Dans ces deux cas de
figure existe le risque que la consommation se porte sur des produits
importés. Dès lors, la relance par le multiplicateur fiscal est un facteu
de relance par la consommation. Il soutient la distribution mais pas
nécessairement la production nationale.
L’État peut également produire des biens publics, notamment en
investissant dans la recherche, l’éducation ou les infrastructures. La
relance par l’investissement produit, si ce dernier est socio
économiquement rentable, une action positive à long terme, quoique
ses effets puissent être longs à se révéler. L’environnement plus
favorable qui résulte de la production de biens publics favorise l’activité
économique, voire sa richesse en emplois. Dans cette optique, il a été
décidé, dès le PLF pour 2013, que l’éducation nationale ne participerai
pas à la réduction des effectifs de la fonction publique mais, au
contraire et à l’instar des départements ministériels de l’intérieur et de
la justice, verrait ses effectifs croître.
33.
La théorie keynésienneprévoit aussi la relance de la consommation e
de l’investissement au moyen d’une baisse des taux d’intérêt. Cette
baisse rend l’endettement plus aisé et favorise les projets de
consommation et d’investissement. Cependant, la dévolution de la
politique monétaire à la Banque centrale européenne (BCE) rend ce
instrument moins aisé d’utilisation. Dès lors, l’intervention de l’État doi
être revisitée dans la mesure où le policy mix est moins évident. Le
policy mix consiste en la complémentarité entre la politique budgétaire
et la politique monétaire. Aujourd’hui, les gouvernements de la zone
euro disposent exclusivement de la politique budgétaire ; cela peut les
conduire à en user de manière déséquilibrée.
c Le keynésianisme se matérialise aujourd’hui
par la permanence d’une forte dépense publique
La dépense publique – que l’on peut définir comme un flux qu
appauvrit l’administration – a fortement augmenté en cinquante ans
(cf. chapitre 3). En 1960, elle représentait, en France, 35 % du PIB
dans les années 1980, elle représentait la moitié du PIB. Le PLF pou
2017 prévoit un niveau de dépense publique à 54,6 % du PIB. À note
qu’en 1970, Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre de l’économie e
des finances estimait, « qu’au-delà de 40 %, la France basculerait dans
la société socialiste » ; ce plafond fut dépassé dès 1973.
Cette augmentation est notamment due à la croissance soutenue des
dépenses de protection sociale, lesquelles ont notamment été utilisées
pour préserver un niveau satisfaisant de consommation. Selon la loi de
Wagner, le développement économique s’accompagne d’une
industrialisation et d’une urbanisation et, par conséquent, d’une hausse
des dépenses publiques en proportion du PIB. En effet, de nouveaux
besoins apparaissent, conditions du bon fonctionnement de l’économie
Il est possible de distinguer, d’une part, les projets de type
infrastructures qui accompagnent la croissance et, d’autre part, le
souhait de la population de bénéficier d’un bon niveau d’instruction
d’un système efficace de santé et, de manière plus générale, d’une
large protection contre un nombre croissant de risques.
34.
ENCADRÉ 1
LA HAUSSEDES DÉPENSES PUBLIQUES EXPLIQUÉE PAR LA THÉORIE
ÉCONOMIQUE
La théorie économique s’est attachée à comprendre la progression séculaire
des dépenses publique. Outre la loi de Wagner (cf. supra), il existe d’autres
explications :
• « L’effet de déplacement » de Alan Peacock et Jack Wisemann. Ces
derniers montrent que la dépense publique progresse pour dépasser les
incidents historiques (crises, guerres), lesquels appellent plus de dépenses
et donc une augmentation de la pression fiscale pour assumer les
nouvelles contraintes. Au lendemain du choc, le nouveau niveau des
prélèvements obligatoires est admis par les citoyens qui acceptent, par
exemple, de voir des dépenses civiles se substituer aux dépenses
militaires (effet cliquet de la dépense publique).
• Pour d’autres, comme William Baumol, la hausse de la dépense publique
résulte de différentiels de productivité entre le secteur des biens
échangeables soumis à la concurrence internationale (industrie) et le
secteur des biens non-échangeables qui est protégé. Ce dernier comprend
majoritairement les services et notamment l’administration. Contrairement
au secteur concurrentiel qui réalise des gains de productivité redistribués
en salaires, l’administration réalise peu de gains car l’essentiel de ses
coûts concerne les traitements des agents. Pourtant, afin d’éviter un
transfert de main-d’œuvre vers le secteur des biens échangeables, les
traitements des agents publics ont tout de même été augmentés.
• Enfin, l’école du « Choix public », en les personnes des « Nobel » James
Buchanan (1986) et George Stigler (1982), s’est attachée à mettre en
avant la concentration différentielle des coûts et des bénéfices de l’action
publique comme un facteur de la hausse des dépenses. En effet, si à
l’origine l’État taxe presque uniformément l’ensemble des agents
économiques, certains vont s’organiser en groupe de pression dans le but
de bénéficier de davantage de dépenses publiques (des « retours »). Ce
gain se traduit par une perte pour les autres agents qui devraient à leur
tour chercher à influencer les pouvoirs publics. Dès lors, des dépenses
publiques incessantes vont être générées.
35.
1.2 La critiquelibérale met en garde contre
les externalités négatives de l’intervention
étatique
a L’État acteur peut freiner l’initiative privée
Les théories libérales remettent en cause, pour partie, les postulats
keynésiens. L’intervention keynésienne de l’État peut provoquer un
effet d’éviction des dépenses privées. Par exemple, l’endettement de
l’État, par l’émission de titres publics, provoque une hausse des taux
d’intérêt, rendant plus chers les projets d’investissement du secteu
privé. La hausse des prélèvements obligatoires, nécessaire au
financement des dépenses publiques, réduit le revenu des ménages e
des entreprises qui consommeront, épargneront et investiront moins
En outre, certains biens produits par l’État auraient pu l’être par des
entreprises, d’où une interrogation sur la légitimité de l’État en la
matière.
b L’absence de policy mix rend coûteuse l’intervention de l’État
En l’absence de politique monétaire expansionniste, l’effet d’éviction de
la dette privée par la dette publique ne peut être contrecarré. À la
faveur de la crise financière de 2008, les États européens se son
beaucoup endettés mais la BCE mène une politique monétaire
relativement restrictive , au regard de celles de ses homologues
américaine et japonaise par exemple, notamment du fait de son
mandat de stabilité des prix.
L’approfondissement de la crise l’a cependant conduite à utiliser des
instruments dits non conventionnels, telles les opérations de
refinancement de long terme (long term refinancing operations, LTRO)
destinées à refinancer les banques et, par là, l’économie. Cette
opération parfois dite « bazooka » en référence au mot célèbre du
secrétaire d’État au Trésor américain Henry Paulson , consistait à
mettre à la disposition des banques environ 1 000 milliards d’euros à
1
2
36.
un taux faibleet pour une durée de trois ans afin de relancer le cana
du crédit et par conséquent l’activité économique.
Un autre instrument non conventionnel est l’assouplissemen
quantitatif (ou quantitative easing) déployé par la BCE depuis
mars 2015, prévisionnellement jusqu’à fin 2017, pour racheter des
obligations d’État sur le marché secondaire à hauteur de 60 Md€ pa
mois (et même 80 Md€ par mois de mars 2016 à avril 2017). Cette
pression acheteuse a réduit le coût de financement des États de la
zone euro (cf. chapitre 30).
ENCADRÉ 2
Les politiques monétaires non conventionnelles aux États-Unis
Lorsque la faiblesse des taux d’intérêt ne permet plus à la banque centrale
de réduire davantage ses taux directeurs, sauf à risquer une déflation (la
baisse des prix), la politique monétaire peut recourir à des mesures
alternatives, étudiées notamment par Ben Bernanke, qui concluait à leur
efficacité potentielle sans exclure tout risque financier . Ces mesures
alternatives aux Zero Interest Rate policies, aussi dites non conventionnelles,
sont utilisées par la Fed depuis la crise. Elles sont essentiellement de trois
ordres.
Premièrement, l’assouplissement quantitatif (quantitative easing) consiste en
une sensible augmentation de son bilan par la banque centrale. Elle met à
disposition des agents économiques plus de monnaie. Plus communément, il
est possible d’évoquer la « planche à billets ».
Deuxièmement, cette mesure peut également s’accompagner de la facilité de
crédit (credit easing) qui consiste à dégrader la structure du bilan des
banques centrales. Dans cette hypothèse, alors que les banques
commerciales se refinancent normalement auprès de la banque centrale
contre des actifs de qualité, ces dernières acceptent des actifs plus risqués.
Le but est de sortir le risque des banques de second rang afin de renforcer la
solidité du secteur financier.
Enfin, afin de guider les anticipations de taux d’intérêt vers le niveau
souhaité et notamment d’éviter une hausse des taux d’intérêt à moyen
terme, il est également possible de jouer sur les modalités de refinancement
(durée, taux, lier les prêts à l’octroi de crédits : funding for lending),
d’influencer la courbe des taux (twist) ou encore d’adopter une
3
37.
communication rassurante apportantde la prévisibilité dans une période
fortement instable (forward guidance).
En l’absence d’une souveraineté monétaire, les nouveaux déficits ne
sont viables qu’en présence d’une forte épargne préalable ou d’un
financement par des capitaux extérieurs. Mais les balances des
capitaux excédentaires des uns font les balances déficitaires des
autres. La politique d’internationalisation de sa dette menée par la
France depuis les années 1990 tend à pallier l’instrument monétaire
qui lui échappe.
c « Il faudra imposer réellement un jour, pour se procurer
le gage de l’emprunt d’aujourd’hui » – Mirabeau (1787)
Les pouvoirs publics ne peuvent compter sur la cécité des ménages
Selon la théorie de l’équivalence néo-ricardienne, la relance pa
l’endettement public est d’autant moins efficace qu’il n’échappe pas
aux ménages que les dettes contractées par l’État devront être
remboursées. Par conséquent, les ménages consomment moins e
mettent de l’argent en réserve afin de faire face à l’augmentation des
impôts, inéluctable pour rembourser la dette. L’effet est d’autant plus
important que les ménages anticipent qu’un remboursement massi
interviendra, non pour les générations futures, mais pour eux. C’est le
cas lorsque l’endettement est très élevé. Les cas grec et espagno
fournissent des exemples aux ménages de nettes augmentations des
impôts, d’un chômage touchant plus du quart de la population active e
de baisses sensibles des salaires des fonctionnaires. L’environnemen
actuel est peu favorable à la consommation.
1.3 Une politique budgétaire crédible
est fortement encadrée
a Si la confiance ne se décrète pas, elle peut être installée
38.
La question desrègles budgétaires est ancienne. Déjà Paul Leroy
Beaulieu démontrait qu’il ne s’agissait pas tant de prohibe
l’endettement pour l’État, qui est un agent économique immorte
capable de lever des ressources supplémentaires, que de s’assurer que
le déficit soit productif, ne serve pas à financer son fonctionnement e
demeure dans une trajectoire soutenable (éviter l’effet « boule de
neige »).
Le défi est d’installer une politique budgétaire crédible. La confiance en
l’action de l’État et la maîtrise de son endettement doivent reposer su
des règles. Si ces dernières sont crédibles, les anticipations néo
ricardiennes fonctionneront à l’inverse. Les mesures d’ajustemen
budgétaire redonneront confiance aux ménages qui consommeron
une part plus importante de leurs revenus quand bien même
l’ajustement budgétaire implique, au moins dans un premier temps
une hausse des impôts ou une baisse de la dépense publique. En
parallèle, la confiance des marchés maintiendra les taux d’intérêt à un
faible niveau.
Afin d’asseoir et de garantir l’autorité de règles, il convient de
développer un constitutionnalisme économique, terme issu de la
théorie des choix publics (Buchanan). Le niveau supra étatique de
l’Union européenne semble approprié. La méthode non contraignante
ne semble guère suffisante comme en témoigne l’échec du pacte de
stabilité et de croissance. Ainsi, depuis 2003, l’Allemagne et la France
ont violé ce pacte sans être inquiétées. En 2008 a été révélée la
falsification de ses comptes publics par la Grèce. Enfin, la crise actuelle
conduit la grande majorité des États membres à ne pas respecter le
pacte (cf. chapitre 4) ; ainsi, malgré la règle d’un endettement public
inférieur ou égal à 60 points de produit intérieur brut (PIB), le ratio de
dette publique atteint 90 points de PIB en 2015 dans la zone euro e
même 177 points pour la Grèce, 132 pour l’Italie et 129 pour le
Portugal (96 pour la France).
Par conséquent, l’idée est d’inscrire l’interdiction de l’endettement e
de mise en œuvre de politiques non soutenables dans des textes supra
législatifs sous la forme d’une « règle d’or ». La crise et les
4
a magyarországi aranykönyvben.Úgy adta át azt költeményestül
együtt az uskók hősnek.
Az elzárta azt tüszőjébe.
– Két hét mulva ő nála leszek. Csak most innen menekülhessek ki
gyorsan és biztosan.
– Kigondoltam én azt már igen jól, mondá Milióra.
– Ha ezeket az összeszakgatott köntösöket újra fölveszem,
mindenki megismer bennük, hogy uskók vagyok.
– Nem is azokat veszed föl, hanem ezeket itt ni.
S azzal Milióra előhúzott egy csomagot a zugból, a mit szobájából
hozott le. Az ő saját öltönyei voltak benne.
– Ezeket vegyem föl?
– Hisz olyan sima arczod van, mint egy leánynak, termeted is
olyan karcsú. Kicsinynyel vagy magasabb nálamnál. Minden ruhám
rád fog illeni. S ez nagyon jó bugyola lesz neked. A ki innen meglát
kimenni, mind azt hiszi, én vagyok, tőlem pedig félnek, elfutnak, a
Margueritának vélnek, senki sem fogja utadat állni ebben az
álczában, bátran keresztül mehetsz vele a határon.
– De hogy jutok ki innen a várból? Azon az úton, a melyen
feljöttem, nő gúnyában nem kúszhatok.
– Arról is gondoskodtam már. Axamita a várkaput mindig zárva
tartja, a kulcsok az övébe vannak dugva. Hozzám rendesen délben,
meg este szokott feljönni, máskor odalenn van a puntában – és fon.
Nem tudja leányvoltát megtagadni, fon, mikor nem látják. Majd ma,
ha feljön hozzám, pálinkát adok neki inni, addig itatom, míg elalszik,
akkor aztán elveszem tőle a kulcsokat, s kibocsátalak a várkapun. A
kert rácskapuja a Valle felé nyitva van, arra, Rovinon keresztül
legjobb lesz menekülnöd.
41.
– Angyal vagy,szólt az uskók vitéz, megszorítva gyöngéden a
leány kezét.
Milióra nagyot fohászkodott.
– Szeretnék még nagyon sokáig együtt lenni veled, szólt két
kezét az ifju vállaira téve. De ha menned kell, menj mentül elébb.
És aztán sokáig nézett az ifjú szemébe, míg könyei el nem
takarták előle. Hogy még ilyenkor sem szabad egymásnak egy
csókot adni! Nem, egyetlen egy búcsucsókot sem. Úgy kell megválni
egymástól csókolatlanul. Ebben a rettenetes házban, a hol annyian
haltak meg azért, mert csókot adtak és vettek.
Milióra ruhái egészen ráillettek az uskók hős termetére. A vállfüző
segített hozzá. Mikor készen volt az öltöztetéssel, Milióra maga is
meg volt elégedve a művével. Tökéletes asszonyi alak állt előtte.
A valóságos «lady Adamina».
A szél megállt. Úgy szokta, egyszerre megszakad, mintha a
tengerbe ölte volna magát, s a hullám még sokáig zúg, csattog, de
már ellenfele eltünt, a lég csöndes, a nap egyszerre melegen süt, a
jég, a hó szennyes patakokban olvad alá a szikláról.
Axamita leányasszony azt gondolta, hogy most már mégis ideje
lesz letenni a kezéből az orsót s felnézni a toronyba a
kisasszonyához és meggyújtani a kandallójában a tüzet és aztán
ebédet főzni. Felballagott a várba.
A mint a várkapun belépett s azt ismét bezárta, a háta mögött
megütötte az orrát a nagy füstszag.
– Eh ha! Valahol ugyan tüzelnek, még pedig olajfával.
42.
Egybe megakadt atekintete az udvar középen álló kutállványon,
a füst abból jött elő.
– Ohó! Az én kisasszonyom csakugyan megtette azt a hóbortot,
hogy a pinczébe ment le tüzet rakni a reggelijéhez. Mind az ördögé
leszünk ma!
Előbb azonban kitekintett a kertajtón, nem találja-e őt ottan?
Miliórát nem találta ott, hanem igenis a handzsárt a hegyével a
földbe furódva. Néhány vércsepp is volt látható a jéghalmazon.
Bizonyosan az uskók megsértett lába hagyta ottan. Axamita
meggyőződött felőle, hogy ez a bóra lábának a vére. A megsántult
rém azért ment haza gunnyasztani. Már most bizonyosan tudta,
hogy Milióra tündér, a ki elő tudja hivni a vihart és vissza tudja
kergetni az odujába. De jó volna, ha több rendbeli ördögökkel nem
töltené meg ezt a kastélyt.
Azért is most már elszántan indult a pincze felé, hogy Miliórát
felhivja onnan. Nem jó dolog az, a mit most cselekszik.
Nem is jó volt, de már meg volt.
Axamita felnyitá a pinczeajtót, a mi soha sem szokott kulcscsal
bezárva lenni s már a lépcsőgádorból látta, hogy a cseppkőbarlang
szádából erős tűzvilág szüremlik ki.
Még épen a barlangban rakni tüzet, a hol a manók tanyáznak!
Keresztet vetett magára s szent Györgyöt hivta segítségül. Azzal
nekibátorítva magát, robogott előre a barlang száda felé, mint mikor
Borodinónál ágyúüteget ostromolt.
Csakhogy ez félelmesebb látvány volt egy ágyúütegnél.
A barlang bevilágítva a közepén rakott tűztől. A stalaktit
bálványok, ki átlátszó fehér, ki ragyogó vörös, és valamennyi között
áll, háttal a tűznek fordulva, maga a Vila, a tündér, fél kezét a
43.
csipőjére téve, apokol fecskéi, a denevérek úgy röpködnek délczeg
alakja körül.
Axamita még most sem engedte a gyáva félelemnek, hogy erőt
vegyen a szívén. Megismerte a földalatti alakon Milióra ruháit, s azt
hitte, hogy őt látja maga előtt.
– De ugyan, kisasszony, az Isten szerelméért, mit csinál idelent?
Ne játszszék a tűzzel. Jőjjön fel a szobájába.
Azzal odament a félelmes alakhoz s megfogta annak azt a kezét,
a melyik a csipőjére volt téve.
Erre az a hölgyalak a másik kezével hirtelen torkon ragadta s
olyan erővel, a minővel túlvilági lények rendelkeznek, úgy vágta
Axamitát a falhoz, hogy a lélekzete elállt, s ugyanakkor leszakította
az övéről az egész kulcscsomagot s aztán rohant ki a pinczéből.
Axamita, az első rémületből felocsudva, annyira visszanyerte, ha
nem is a bátorságát, de a kötelességérzetét, hogy utána futott a
nőalaknak, s még jól láthatta, a mint az a hosszú oszlopos corridoron
végig suhanva, a várkapuhoz rohant, azt a kulcscsomaggal
felnyitotta, a kulcsokat lehúzta, a kapun kiugrott, azt bevágta maga
után s aztán a kulcsokkal újra bezárta.
Axamitának a homlokán csurgott a veriték.
Milióra megszökött a várból!
Ez volt az első gondolatja.
Aztán jött a másik: felfutni a toronyba s onnan utána nézni, hogy
merre szökik?
Rohant fel a lépcsőkön a legfelső szobába.
S a mint oda benyitott, maga előtt látta Miliórát, a valóságos élő
Miliórát, a ki nyugodtan jött eléje az égő kandalló elől, s azt kérdé
tőle szeliden: «Nos, Axamita, strázsamester leányasszony, hát mi
történt?»
AZ UTOLSÓ JÁTSZMA.
BabiagoraiRiparievich Metell szokatlan órában tért haza a
szállására, ebéd után hat órakor, a mikor minden gentleman vagy a
színházba, vagy a clubba megy, de haza semmi esetre sem.
Még mindig ott lakott lord Camelborough Adam palotájában. Az
tartozott neki ezért még hálával, különben távolléte alatt a cselédjei
mind eladogatták volna a ritkaságait, porczellánját és ezüstneműit.
Mikor a boudoir ajtaját felnyitotta az óralánczán függő kis
kulcscsal, az a meglepetés várt rá, hogy a bezárt szobában egy férfit
talált az ottománon heverészve és szivarozva, a kit eltávozásakor
nem hagyott ottan.
A meglepetés azonnal átváltozott örömre, a mint az ottománon
heverő szemközt fordult feléje.
– Ah, lord Adam! Ön megérkezett?
– Épkézláb, a hogy ön látja.
– No ennek sokszorosan örülök, hogy ön itt van.
– Magam is, de mi az ördögért nem tegezzük mi egymást?
– Már egészen megfeledkeztem, hogy így szoktuk. Nekem ugyan
egészen apropos jöttél most meg.
– Hogyan? Talán kifogyott a pénztárad?
– Ellenkezőleg. Megtelt. Már el akartam hagyni Párist.
– A gutát! Hát egészen rendbeszedted a dolgodat? Minden
juhocskád a szárazon van? a hogy a német mondja.
46.
– Mind. Apénzem itt van egy arasznyi papiron, a fiumei
Augustich házra szóló váltóban.
– Az igen jó firma.
– Hát te azt hogy tudod?
– Hiszen jártam Fiuméban. Tudod, «akkor».
– Igen, de azóta az uskókok kirabolták Fiumét.
– Annak a háznak nem tettek kárt. Hát már te is tudsz erről a
putsról.
– Itt van a hirlapban. Ez a hír határozott épen, hogy minél előbb
elmenjek; azt irják a lapok, hogy Deli Markó a fiumei kaland után
Porto-Rét is meglátogatta, s az én Frangipáni váramba is be akart
törni, s csak a rovinoi lázárok rémpofáitól riadt vissza. Szegény
húgom, hogy félhetett!
– Ne búsulj! Azóta már tönkre verték az uskókokat az osztrákok
és a törökök, a hajóikat is elsülyesztették.
– De a legújabb hirek szerint Deli Marko maga elmenekült, s
annak az átkozott ficzkónak nem lehet hinni, a míg eleven. Azonfelül
még azt is irják a lapok, hogy egész Dalmatiában éhinség van, azt
sem tudom, hogy szegény húgom nincs-e a legnagyobb nyomorban?
alig várom, hogy ott lehessek mellette, s elhozhassam magammal
arról az átkozott helyről.
– De csak nem akarsz engemet úgy itt hagyni, hogy még csak ki
sem beszéltük magunkat egymással.
– Ellenkezőleg. Ez az egész éjszakám a tied. Épen most adtam
számot a közjegyzőnek egész rám bizott vagyonodról, hogy
visszatértedig vegye át; ezt mind átnézheted.
– Vesződjék vele a közjegyző, ha rá van bízva; én egyébről
akarok veled fecsegni, a mi nem kerül a bélyegzett papirosra.
47.
– No igen,azokról is számot adok. Itt van egy csomó kartell;
ezek közül a behasított fülűek később a küldőik által visszavonattak,
kielégítő magyarázat után, az átlikasztottak pisztolylyal, a levágottak
karddal lettek elintézve egész lovagiasan, minden nagyobb
szerencsétlenség nélkül. Ez a teherlap egészen tiszta, semmi kihivás
nem vár rád; Lady Adamina rég el van felejtve, csak az egy muszka
gróf duzzog még, a kinek mylady korodban egyszer egy pofont adtál.
De azt is megnyugtattam azzal, hogy ha visszatérsz, egy csókot
fogsz neki adni arra a helyre.
– Vagy egy kardcsapást, a hogy jönni fog. – Hát aztán?
– A versenyparipáid közül kettő nyert, egy pedig kitörte a nyakát.
– Béke hamvaira!
– A leveleidet, a mik érkeztek, felbontottam, s a melyikre tudtam,
válaszoltam; itt találod őket az iróasztal fiókjában, a válaszok
másolataival együtt.
– Majd ha egyszer nem lesz egyéb dolgom.
– No még aztán hátra van az értesítésem arról a kis hölgyről, a ki
a vivienne-utczai 98-ik számú házban lakik, s a ki egyedül volt arról
értesülve, hogy lady Adamina nem az ő neméhez tartozik.
– Ah! A Brilianta! Hát meg van még?
– Megvan és folyvást ragyog; utasításod szerint, nem voltam reá
féltékeny, s ennélfogva nekem semmibe sem került, úgy hiszem,
hogy a muszka jobban tudja, hogy hol laknak a hitelezői?
– S a búcsúestét nem töltöd nála?
– Nem. Azt átengedem neked. Legyen a búcsúból viszontlátás.
– Ah, nagylelkű jó barát! És te mivel akartad tölteni az éjszakát?
– Nevess ki érte. Mandolinon játszom.
É
48.
– Mi azördög? Mandolinon? És kinek?
– Hát csak magamnak. – Megvallom neked őszintén, hogy mikor
arra a szegény leányra gondolok, ott abban a puszta várban, úgy
lehangolódik a kedélyem, szinte sírhatnám. Olyankor bújok az
emberek elől. Bezárkózom négy fal közé, s előveszem a mandolint és
egyedül magamban eldanolom azt a csónakdalt, a mit utoljára
danoltam neki, mikor gondolámon a Frangipáni várig vittem. Azt
igértem szegénynek, hogy majd mikor visszatérek hozzá, hogy
magammal hozzam, messziről meghallja ezt a dalt, a mint
közeledem a csónakommal.
– Ah, ez nagyon szép! Egy barcarola, a miről rád ismernek. Hát
nekem nem danolnád azt el?
– Bohóság! – Kinevetni való. – Minden embernek vannak ilyen
gyöngeségei. – Én mikor szegény kis hugomra gondolok, akkor
ellágyulok, megolvadok. – Szegény kis majmocskám!
– No hát vedd kézbe azt a mandolint. Ha te ráérsz barcarolát
danolni, én ráérek azt hallgatni. Képzeld, mintha lady Adamina
volnék s annak danolnád.
Metell felvette a mandolint és dalolt hozzá.
49.
«Eljött az estiszellő,
Ringatva csónakom,
Az ő nevét susogta,
Kiért imádkozom
Reggel gondolámban,
Este nyoszolyámban:
Milióra! Milióra!»
– Nagyon szép! Igen szép gondolat, ismerős dallal tudatni
messziről megérkezésedet! Ő a torony ablakából fogja azt hallgatni s
aztán lefut eléd a partra. Te is így gondoltad ezt ki, ugy-e? Ez szép
találkozás lesz.
S aztán Metell még a második és a harmadik versét is eldalolta a
csónakdalnak, akár meg is tanulhatta azt tőle Adam lord.
– Tehát te nagyon szereted a hugodat, Metell?
– Voltaképen az egész nőnemből ezt az egyet szeretem igazán.
– S nem fáj a szived, mikor itt hagyod Párist, a Palais-Royalt, a
tatár tábort, azért, hogy a Quarnero szikláit meglásd újra?
– Bizony semmit sem hagyok itt a miért visszakivánkozzam.
– Ejh, hát én sem vagyok senki rád nézve?
Metell megölelte lord Adamot.
– Te kivétel vagy rám nézve az egész emberi fajból. Mikor
asszonynak hittelek, akkor is úgy szerettelek, mint egy jó barátot.
Tudod, hogy én ezt nem szoktam mondani.
– Hanem tettekben nyilvánítod. Például most, a midőn elhagysz,
úgy szólván menekülsz előlem.
– Igaz, tudod, az irántad való szeretetembe egy neme a
félelemnek vegyül.
– Tőlem félsz?
50.
– Igen. Teazt mondtad nekem egyszer, mikor búcsút vettél
tőlem, hogy egyet nem bocsátasz meg nekem soha, azt, hogy
kényszerítettelek női álczádat elvetni s férfi alakban jelenni meg. –
Ezért valahányszor rád gondolok, mindig olyan érzés fog el, mintha
egy lefizethetetlen nagy adósságom volna nálad, a mi elől legjobb
lesz megszöknöm. S mikor elém jösz, mosolyogva megölelsz, kezet
szorítasz, rám bizod a vagyonodat, a szeretődet, az ellenségeidet,
sőt még a lovaidat is, még sem tudok attól a gondolattól menekülni,
hogy itt van nekem egy igen kedves jó barátom, a ki engem nagyon
szeret, hanem azért mindig azon töri a fejét, hogyan találjon ki
valami olyan tromfot, a mivel nekem ezt az elrontott mulatságát
visszatorolja.
– S ebben a hitedben megerősít az, hogy én egy izben az igazi
nevednek a titka után fürkésztem. De hiszen láthatod, hogy a mint
az adataiddal felvilágosítottál, megnyugodtam a titkolódzásodban, s
tovább nem háborgattalak semmi kérdezéssel. Ha neheztelnék rád,
nem volnék most itten, nem szorítanám meg a kezedet.
– Én mégis érzem azt, hogy nincs köztünk minden kiegyenlítve.
Ez olyan, mint mikor a társaságunkban valaki egy másik
gentlemannek valami olyan élczet mondott, a min a többiek
nevettek; annak egész életén át készen kell arra lennie, hogy azért
az egy élczért valamikor okvetlenül kell jönni olyan alkalomnak, a
mikor a társaság őtet fogja, ha lehet, épen olyan nagyon kinevetni;
ha ez nem lehet, épen olyan nagyon megsiratni.
– No hát quitteld le ezt a tartozást ma s légy egészen
tehermentes velem szemben.
– Mivel?
– Azzal, hogy ne készülj még holnap reggel a dalmatiai utadra,
hanem jöjj el velem még ma este a l’hombre clubba.
– Én nem kártyázom többet.
– Micsoda? Te nem kártyázol?
51.
– Tudod jól,hogy miért tettem eddig? mi vetette újra kezembe az
elátkozott kártyát? Azt a czélt már elértem. Hugomnak a vagyonát, a
mit a diplomaták és financierek elsinkófáltak, én a magam
tudományával a játékasztalnál, tisztességesen, gavallérosan
visszaszereztem. Többet semmi okom nincsen játszani. Ezentul csak
egyedül fogok l’hombrezni szalmaemberekkel.
– De még ma el kell velem oda jönnöd. Ez a velem való
végleszámolásod. Tudod, hogy a mint én abba a társaságba, a hol
mint lady Adaminát adoráltak, most mint lord Adam belépek, a
legfurcsább helyzetben fogom magamat találni. Nem tudhatom,
hogyan fogadnak? Egy hamis megállás és rám omlik az egész világ.
Ennél a visszatérésnél olyan szükségem van egy jó barátra, mint a
jobb kezemre. Elől, hátul szememnek kell lenni. Szükséges, hogy
legyen egy gentleman barátom, kivel karöltve járhassak a termeken
végig. Ez mulhatatlan kötelességed, hogy te, a ki annyi kényes
ügyben képviselted személyemet, mellettem légy és biztosítsd
tanuságoddal, hogy ezek az ügyek rendben és lovagiasan vannak
elintézve.
– Igazad van! Ezt a tartozásomat le kell rónom.
– Tehát még ezt az éjt a clubban töltjük együtt. S onnan
elmegyünk a Vivienne-utczai házba.
– Ha a muszka meg nem előz.
– S csakugyan komolyan boszut állt volna rajtam a muszka lady
Adamináért egy separat invásióval, minden mandatum nélkül, az én
suverain országomba? – No akkor a restauratióhoz komolyan hozzá
kell látnunk. Brillianta Francziaország, mi: Anglia, Russia, Austria
együtt valóságos triple alliance.
– Én kimaradok a szent szövetségből.
– De majd rajta leszek, hogy a muszka is kimaradjon, én a
continentál-zárt helyreállítom. A többi ország mind fœminini generis,
csak «Albion» masculini.
52.
A két ifjua titkos lépcsőn keresztül hagyta el Camelborough
palotáját, a nélkül, hogy a cselédség megtudta volna igazi gazdája
hazaérkeztét világkörutjából.
A clubban még akkor nem játszottak, csak egy pár öreg úr
sakkozott, hogy teljék az idő. A két belépő ifjut egyszerre körül
fogták az ismerősök, Adam lord sokkal szivélyesebb fogadásra talált,
mint a milyent képzelt. Rászedett udvarlóinak elpárolgott már a
haragja, a tréfát sikerültnek találták s a mi komoly utóhangja volt,
azt a conventionatus pisztolydurranás, kardcsattogás kiegyenlítette.
A két karöltve járó ifjut Orestes és Pyladesnek nevezték.
Csak az egy muszka fintorgatott különös képeket.
– Te talán még nem kaptál elégtételt? szólítá meg őt lord Adam
egyenesen belékötelőzködve.
– Vettem magamnak azt, igen is.
– Ugyan hol?
– A rue Vivienneben, a hôtel des acaciasban.
– Távollétemben… fitymálódék lord Adam.
– Jelenlétedben is, ha úgy tetszik.
E hetykélkedésre lord Adam oda sugta Metell fülébe.
– Te! Foglald le nekem ezt a muszkát.
– Hogyan?
– Nem bánom én, akárhogyan. Ülj le vele kártyázni.
– De én már megfogadtam, hogy mától fogva nem kártyázom
többet.
– Postdatáld a fogadásodat egy nappal – az én kedvemért.
– Jól van. Hát a te kedvedért. Pour la dame.
53.
– A mígte az ellenséggel szemben harczolsz, az alatt én
elfoglalom a rue Viviennei redoutot.
– Úgy hiszem, nem nagy ostrom kell hozzá.
Azzal Metell felhivta a muszkát a játékra. Annak úgy is tartozott
revancheal.
Ezuttal Metell rosszul játszott, folyvást vesztett. A kártya is oly
szeszélyesen járt rá nézve, mint még soha. A mellett olyan hibákat
követett el, a mikért egy kezdő játékos is pirulna.
Valami egy óra mulva a muszka megsokalta a folytonos balsikert
ellenfele részéről.
– Ön ma nincs jól disponálva.
– Az ám, másutt jár az eszem.
– Akkor jobb lenne, ha abba hagynók a játékot.
– Miattam ne. Majd később belemelegszem.
– Az én kedvemért ne folytassuk.
– Nem az ön kedvéért játszom.
– Ha pedig a dioscur kedvéért játszik ön velem, akkor meg épen
fölösleges áldozatot hoz a baráti kötelességnek, mert Brillianta ma
este elutazott s rajtam kívül nem mondta meg senkinek, hogy hová?
Mylord ezóta vissza is került a hôtel des acaciasból a saját hôtelébe,
s boszujában maga főzi otthon a punchot.
– Ez jó tromf volt, mondá Metell, akkor csakugyan
összeszámolhatunk.
Azzal elkezdték a táblán följegyzett számokat összeadni.
E közben egy clubszolga jött oda Metell háta mögé s ezt sugá a
fülébe:
54.
– Egy idegenúr van odakinn az utczán, batardban, sürgős
izenetet hozott Dalmatiából.
Metellnek Milióra jutott az eszébe. Voltaképen mindig is az járt az
eszében, ez az izenet csak elevenebben odahozta őt eléje. Nem is
gondolhatott másra.
Engedelmet kért játszótársától, hogy egy pár pillanatra
eltávozhassék. Bevett szokás volt, hogy idegent, szabályszerü
bevezetés nélkül a l’hombre-club palotájába be nem eresztettek,
hanem ha a clubtagok közül valakinek dolga volt, sürgetősen
elintézni való, az kimehetett az utczára s ott végezhette azt el
zaklatójával.
Tél volt az idő, február közepe, Metellnek fel kellett öltenie a
ruhateremben a sok galléros redingotját, s úgy menni ki az utczára.
Nemsokára valami dördülés, vagy csattanás hangzott odakinn;
nem lehetett jól kivenni, hogy mi, sem azt, hogy az utczán történt-e,
vagy a folyosón? Az urak idebenn egyébbel voltak elfoglalva.
Nehány percz mulva Metell visszatért a játszószobába, a hol
társát magára hagyta. Feltünhetett volna arczának szokatlan
sápadtsága; meg az, hogy a hosszú redingotot itt sem vetette le.
Azonban ki törődik azzal, hogy egy játékos, a ki vesztett, miért
sápadt arczú? a felöltőt pedig igazolta az, hogy menni készül.
– Mennyi a veszteségem? kérdé a muszkától.
Az megmutatta neki a táblát.
Metell elővette a tárczáját az oldalzsebéből és fizetett.
– Micsoda dördülés volt az odakinn? kérdé a muszka. Lőttek,
vagy ajtót csaptak be?
– Ajtócsattanás volt, mondá Metell, kissé rekedtes hangon.
– Ön most hazamegy?
55.
– Egyenesen haza.
–Jó éjszakát.
S még megajándékozta Metellt egy szivarral, a mit az
meggyújtott a gyertyánál s aztán kezet szorított s szivarozva ment le
a kocsijáig.
Mikor a rejteklépcsőn felment a hálószobáig, már csakugyan
otthon találta lord Camelborough Adamot. A punchégetésnél kapta.
– Nos? Hát te már abbahagytad a játékot? kérdé Adam lord a
belépőtől. Ilyen korán?
– Valami jött közbe, a mi félbeszakított, mondá tompán Metell. –
A nagybátyám rámtalált s lehivatott az utczára.
– Nos? De csak nem tett veled valami bolondot?
– Csak azt tette, a mit megigért, keresztül lőtt.
Azzal leveté magáról a bő burkonyt. Akkori divat szerinti hosszú,
sárga selyem mellény volt rajta, az egész mellény csupa vér volt.
– Te meg vagy sebesítve?
– Még pedig halálosan. – Ne csengess a cselédeknek, kérlek.
Nem kell a dologból lármát ütni. A gyilkost nem szabad üldözni. Jó
volt ez így. Nem kell nekem orvos. Tudom, hogy meg kell halnom.
Egy pár órai időm van csupán, a míg eszméletemnél vagyok, s azt jól
fel kell használnom. – Maradj mellettem. – Rád kell bíznom minden
ügyemet, a mit félbehagyok. – Senki mással nem közölhetem ezeket.
Adam lord a kerevetig vezette barátját s karjaival tartá fenn, míg
az elhelyezé a fejét a vánkoson. Már ekkor sok vért kellett vesztenie.
– Nem tennéd le a szivart a szádból? mondá neki Adam lord.
– Nem. Nagyon jól szelel. Azt hiszem, hogy eltart addig. Ha
szivességet akarsz velem tenni, kérlek, told ide az irótámlányt, hadd
56.
irok levelet ahugomnak.
S Metell hanyat dőlve szivarozott és irt. Az egyik kezét a sebére
nyomva tartá, a másikkal irt. Néhány percz mulva azt mondá:
– Igazad van. Ez a szivarfüst kápráztatja a szememet.
S eldobta a szivart. Néhány szó leirása után megint felsohajtott.
– Biz én nekem így is káprázik a szemem. Nem tudom mi lelte,
alig látom a mit irok. Kérlek, hajolj ide fölém s mondd fönnhangon,
hogy mit irtam.
Adam lord odahajolt Metell fölé s leolvasta neki a papirról, a mit
az tétovázó betűkkel odairt.
– Kedves Miliórám. – Én haldoklom. – Keresztül lőttek párbajban.
– Nem mehetek érted. – A pénz, a mit neked igértem, megvan. – De
te ne váltsd ki azon az ősi birtokot. – Maradj távol mindenkitől, a ki
rokonunk. – Az, a ki neked ezt a levelet át fogja adni, egyuttal a
váltót is odaadja, a mely vagyonodat képviseli. – Ő majd elfog
magával vinni szomorú magányodból, keres számodra boldogabb
menedéket, úgy fog rólad gondoskodni, mintha helyettem bátyád
volna. – Ez az én egyetlen igaz barátom, lord Adam of
Camelborough. Isten oltalmazzon. Légy áldott! – Bátyád Metell.
Az utolsó szavak olvastára megölelte a haldoklót Adam lord, s
halkan suttogá:
– Elfogadom a rámbizottat.
Metell kezét nyujtá neki s megrázta szótalanul Adam lord jobbját.
Azután összehajtá a levelet, belerekeszté a pénzről szóló váltót, s
lehúzta az újjáról a gyűrűjét, azt odanyujtá lord Adamnak, hogy
pecsételje le a boritékot. Majd a gyűrűt is átadhatja Miliórának,
családjuk czímere van rajta.
– És most hivass nekem egy papot, görög unitus pópát; ne
orthodoxot, mert azoknál a gyónás nem járja. – Teher nyomja a
57.
lelkemet. – Azthiszem, hogy az a mesterség, a mivel én vagyont
szereztem, egészen hasonlít a banditáéhoz. – Ki tudja, hogy itélnek
odaát a másvilágon? – Tesz-e külömbséget az a codex a kártyás és a
tengeri rabló között? – Pedig szeretnék a másvilágon legalább olyan
helyre jutni, a hol megint megláthatom az én szegény kis Miliórámat.
– Kedves kis ártalan madárkám! – Ő nem tud arról semmit, hogy én
mi úton szereztem számára ezt a pénzt? Az ő lelkére nem vet
árnyékot. Azt hiszi, a léghajót találtam fel, azzal szereztem. Azt ám.
Megyek is már rajta fel az égbe. – Szegény kis árva majmocskám! –
Nem fogom már neki énekelni a barcarolát, mikor a part felé
közeledik a csónakom. – Bajtárs! Tudod mit? énekeld te helyettem
azt a dalt, mikor arrafelé vitorlázol a maltempói csatornán végig. –
Adj ide egy hangjegy papirt, én lekottázom azt neked, tanuld be. –
Örvendeztesd meg vele majd szegény kis bolondomat. – Aztán eredj,
hozass nekem addig egy pópát. – Siess vele, míg a hagymáz utól
nem ér.
És aztán leirta az eléje tett vonalozott papirosra a csónakászdal
hangjegyeit iromba vonásokkal, a míg lord Adam odajárt papot
keresni.
Biz ez nagy időbe kerül, a míg az ember Páris városában, késő
éjjeli órában egy görög unitus papot feltalálhat. Mire a pópával
visszatért lord Adam, már akkorra Metell készen volt – a
hangjegyzéssel is, meg az élettel is.
Mikor a pap odatartá neki a fülét, hogy gyónja meg neki lelke
terheit, Metell gyönge lélekzetével elkezdé neki a barcarola utolsó
verseit dudolni:
«Menj vissza esti szellő,
Suhanj be ablakán!
Mondd meg szerelmesemnek:
Ő a legszebb leány!
Nyomj ott ajakára
Egy csókot éjszakára,
Milióra… Milióra…!»
58.
A pópa megáldotta,felodotta… Ezt bizony megbocsáthatják neki
a tulvilági itélő birák!…
59.
ÉS NEKI MÉGISIGAZA VAN.
Szép temetése volt Metellnek. A tatár tábor minden celebritása
ott volt a végtisztességtételén. Lord Camelborough Adam pompás
gránitobeliszkot rendelt meg a sirkőfaragónál legkedvesebb barátja
hamva fölé. Csupán egy clubtagot nem lehetett ott látni a
temetésen, a muszkát; bár a gyászjelentést neki is megküldte a lord,
sajátkezüleg czímezve. Ezért föl is tette magában Adam lord, hogy a
mint visszatér, ki fogja őt hivni párbajra.
A muszka azonban megelőzte őt, mikor lord Adam a palotájába
visszatért, már ott várt rá a salonjában.
– Ön nem jött el a mi barátunknak a temetésére! szólt a lord,
egyenesen rátámadva a muszka grófra.
– Nem mentem el, viszonzá a gróf, mert nem akartam azt
koczkáztatni, hogy az egész világ füle hallatára mondjam önnek
szemébe azt a három szót, a mit ott, a hol önnel találkozom, ki kell
mondanom. Ön lord Camelborough Adam kém, orgyilkos és
szemfényvesztő.
– Három nehéz szó!
– Három olyan szó, a miért nem szokás megverekedni, hanem a
miért vagy bocsánatot kérünk attól, a kinek ez mondva volt, ha el
tudta hárítani magáról; vagy kirekesztjük a társaságból, ha nem volt
mentsége.
– Halljam önnek a vádjait, gróf úr.
– Meghallja. Önnek tudomása volt Metellnek egy titkáról,
miszerint egy nagybátyja, a kinek az egyetlen fia öngyilkos lett
60.
Metell kártyaszerencséje miatt,azzal fenyegette őt hogy ha még
egyszer kártyát vesz a kezébe, ő ott, a hol előtalálja, keresztüllövi.
Ezért viselt Metell Párisban álnevet. Ön megtudta Metellnek az igazi
nevét, s denunciálta őt a nagybátyja előtt, a kit könnyű volt azután
feltalálni, minthogy ő is ugyanazon nevet viselé, s azon a vidéken, a
hol ő lakik, minden ember tudja, hogy az ő fia lőtte magát főbe. A
nagybátyja idejött, az ön utasítása nyomán rátalált Metellre, épen
mikor kártyázott s megölte őt. Ez az ön műve volt.
– Ön nagyon pontosan van értesülve, gróf úr.
– Igen pontosan. Itt van nálam a nagybátyájának hozzám irt
levele, ebben értesít körülményesen az egész esetről, miután épen
én voltam azon az estén Metellnek a játszó ellenfele. Azért tudatja
velem az egész dolgot, nehogy ártatlan embereket üldözzenek
miatta. Ő volt a gyilkos. Ez ő náluk dalmatáknál divatos szokás;
vérboszunak hívják. Ha processust akarunk ellene indítani, menjünk
Ragusába, ott igen jó törvényszékek vannak. Ő ezt a levelet a
hajóraszálláskor irta hozzám. Ebből tehát kisül, hogy ön kém volt, a
ki egy gentlemant elárult, orgyilkos volt, a ki a jó barátját megölette,
és végül szemfényvesztő, a ki obeliszkot faragtat annak a számára, a
kit meggyilkoltatott. Igaz-e ez a három állítás?
– Mind a három igaz.
– S van önnek rá valami mentsége?
– Van.
Azzal lord Adam szétgombolta a mellénye csipkefodrait s az inge
alól egy nyolczágú arany csillagot vont elő.
E csillag láttára a muszka csak lesütötte a fejét. – Egyszerre vége
volt az arczán a támadó büszkeségnek. Rabbá tett fogoly lett belőle.
Lord Adam, azzal az öntudatos büszkeséggel, mely lefegyverez,
lépett megtámadója elé s egész bátran tekinte a szemébe.
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– Jöjj adolgozószobámba, mondá neki, ott majd megtudod a
többit.
Azzal ő maga előre ment, vendégét engedte hátul jönni.
A könyvtárakkal körül megrakott s nagy térképekkel diszített
szobába érve, helyet mutatott a pamlagon az orosznak; ő maga egy
kerekes székbe vetette magát, a zsinórra akasztott arany csillagot
ujja körül szélmalmoztatva.
– Te tudod, hogy mi ez a csillag? A szojusz blagodensztoiga
jelvénye, a minek te is tagja vagy. Ez az egyessége minden
szabadságra törekvő szláv népnek, a mihez tartoznak a hellenek,
oláhok s talán majd a magyarok is.
– De te angol vagy. Hogy kerülsz bele?
– Az nem tesz semmit. A hol csak szabadságharcz van a világon,
mindenütt találsz angolokat. Majd lesznek Moldvában, lesznek
Hellászban is, ha a hetairia megindítja cselekvését. Én már tettem is
valamit, azért birom az arany csillagot. Az én nevem «Deli Markó».
– Micsoda? te voltál az, a ki az uskók népet fellázítottad s a
dalmata partot fellármáztattad velük?
– Az szép kis lárma volt. Az osztrákoknak egy hadsereget kellett
miatta mozgósitaniok; már eddig egy pár millió forintjuk füstöt
vetett.
– De hát mit vétettek neked épen az osztrákok?
– Azt is megmondom. Azt is tehetném ugyan, hogy a magas
pathos hangján beszéljek veled, hogy fenkölt diatribákat
zengedezzek szabad népekről, s azokat elnyomó zsarnokokról; de
ezt hagyom akkorra, majd – mikor az angol felsőházban fognak
megtámadni az ellenfeleim; itt most négy fal között s te előtted nem
erőteltem meg a fantáziámat, igazat mondok. A lord kanczellár
engemet proponált Bécsben nagykövetnek, s erre Metternich azt
felelte, hogy nem bánja, küldjön ő felsége akár egy egész okos
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embert, akár egyegész bolondot követül Bécsbe, de ne egy
félbolondot. Élcznek elég jó ez egy osztrák minisztertől. Én erre
aztán azt mondtam, no hát legyünk egész bolondok, hogy
megnyerjük Metternich tetszését. S megcsináltam neki az adriai
tengerparti lázadást. Voltam három hónapig uskók fejedelem,
hordattam magam előtt dárdára tűzött fejeket s viseltem háborút két
nagy hatalom ellen szárazon és tengeren.
– Csakhogy már most vége van a fejedelemségnek is, meg a
hadviselésnek is.
– Csak most kezdődik mind a kettő. Most jön a java. Én teszek, a
míg ti cunctatorkodtok. Ezért kellett meghalni Metellnek, mert ő is a
halogatás embere volt. Én nem vagyok az. Valahol, valakinek el kell
kezdeni a dolgot. Ypsilanti tűzze ki a zászlót Moldvában, Germanos
Mauromichalis a Peloponnesusban, Moreában, én fölveszem azt az
adriai parton, a hol Metellnek lett volna kötelessége a
szabadsághősök élére állni. Mert nem tette, meghalt.
A te kötelességed pedig, a mint meghallod, hogy a Karst és a
Vellebit között újra fellobbant a harcz, a hajóddal, a mi rád van
bizva, betörni a cattaroi öbölbe s fegyverre hívni a fekete hegyek
lakóit.
Lord Adam olyan hangon beszélt a muszkához, a minőn vezér
szokott beszélni az alárendeltjéhez.
– Én tudom a kötelességemet, szólt a muszka, csakhogy előre
mondhatom, hogy az a vállalat most a legnagyobb nehézségekkel
fog járni. A segnai rosszul sikerült lázadás talpra állította az
osztrákokat; most azok minden pontot megszállva tartanak, minden
közeledő hajót megmotoznak s a mint egy puskalövést meghallanak,
azonnal minden oldalról ott teremnek, szétverik a csoportozókat.
– Csakhogy nem fogják a puskalövést meghallani. Van nekem
egy új találmányom: olasz alchymistától szereztem. Nézz ide. Itt egy
csipetnyi gyapot. Az ember azt gondolná, rheuma ellen akarom
dugni a fülembe. Nem; pisztolyba teszem, golyót a tetejébe. Most
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nézd azt apléh kályha-ellenzőt, ugy-e nincs rajta lyuk? Egy, kettő,
ugy-e most már keresztül van lyukasztva?
A pisztoly csöve egy kis fehér füstöt lövellt ki, alig észrevehető
lánggal és semmi durranással.
– Nos, látod? Ez a néma fegyver. A ki el nem árulja magát se
lobbanással, se durranással. Elejti az osztrák előörsöt észrevétlenül,
leöli az előcsapatot, hiradás nélkül; golyózáporral borítja el bokrok
mögül, sziklaodukból az ellenséget, a nélkül, hogy az tudná, honnan
jött a lövés? s aztán a mellett olyan ártatlan portéka, hogy mindenütt
be lehet csempészni. Ugyan ki gyanakodnék rá? Azt hiszik, vatta, téli
kabátba béllésnek való.
– Rettenetes stratagéma! szólt elszörnyedve a muszka. S te ezt
akarod az uskókok, morlákok kezébe adni? De hisz ezzel te az egész
hadviselési rendszert fel fogod forgatni, az nem lesz többé harczolás,
hanem tömeges orgyilkolás.
– «Mais c’est la guerre!» mondá lord Adam vállvonva.
Hát bizony «ilyen a háború!»
– Metellnek is kifogása volt ez ellen, folytatá Adam lord. Most
már nem szól ellene.
– Olyan kedves barátod volt és megöletted.
– «Mais c’est la politique.»
Hát bizony ilyen a politika.
– Van egy igen kedvező hadállásom, a honnan az új mozgalmat
megindíthatom, folytatá Adam lord. Egy elátkozott vár az adriai
tengerparton. Nem rég, az illyr királyság idejében, ott tartották a
francziák azokat a betegeiket, a kiket az a ragály lepett meg, a mit
Egyptomból hoztak magukkal, Marguerita a neve. Ettől az
asszonynévtől jobban irtózik osztrák és dalmata, mint a
kartácstűztől. Még a tájékára sem mernek közelíteni a
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skriljevospitálnak. Pedig ezta ragályt nem kaphatni meg más által,
mint ha egy férfi és egy asszony egymást megcsókolják. És erre a
Frangipáni várban igazán nagy a kisértés. Ott lakik a legszebb leány,
a kit valaha életemben láttam. Oda rejtette el Metell barátunk a
hugát, mint biztos helyre, addig, a míg ő számára itten mi tőlünk egy
kis vagyonkát összekapargat a kártyán. Ezt ő nekem maga fedezte
fel.
– S te aztán oda mentél és elcsábítottad a leányt.
– Nem egyszerre. Mert a milyen szép, olyan bámulatra méltó.
Mint a havasi csúcs, mikor hajnalfény éri, rózsaszinű, mikor közel
érjük, tiszta fehér. Mikor az első találkozásnál, diadalmas hadjáratom
után, fejedelmi pompában jelentem meg előtte, mint nagylelkű
szabadító, (akkor már az éhhalállal küzdött) három lépésnyire nem
bocsátott magához közel, kész volt inkább rám huszítani emberképű
kutyáját s a kutyaképű embereit, hanem mikor másodszor kerültem
eléje, mint üldözött skoko, rongyosan, tépetten, kimerülten, akkor
ölébe vett, elrejtett sötét oduba, ott levetkőztetett, én ájultnak
tetettem magamat s a míg villanyos kezeivel életre dörzsölt,
mondhatom, hogy még csak el sem pirult az arcza. Olyan ártatlan,
mint egy gyermek s oly heves fantaziájú, mint egy háremhölgy,
egyesülve benne a szűz és a tündér. Igazi dalmata leány, jég
közepéből kisugárzó tűz. Mint a felhőből a villám, úgy delejezik ki
belőle az eszményi gyönyör-szikra. Csak egyszer látott, s ettől a
benyomástól múzsává alakult át, nézd, ezt a verset, a mit Deli
Markóról irt: ennyi láng három költőnek elég volna, hogy meleget
öntsön a verseibe.
A gróf meglátta a ballada hátlapjára irt levelet.
– S mikor neked adta ezt a verset a leány, akkor a bátyjához is irt
izenetet s nem tudva, hogy az álnevet visel itt, az igazi nevét irta
oda, te ő tőle tudtad ezt meg. És így Metellt a hugától elvett
fegyverrel ölted meg.
– «Mais c’est la diplomatie.»
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Hát bizony ilyena diplomatia.
– S most azután nem elég, hogy Metellt eltetted a láb alól,
hanem még vissza is akarsz menni a dalmata partra, hogy a
védtelenül maradt leányt prédára ejtsed. Bizonyosan rád bizta őt
végakaratával a haldokló, mint legjobb barátjára, hogy hozd el
onnan, vidd el oda, a hol legjobb helye lesz. És te, minthogy a
Frangipáni várban, az egyiptomi mirigy rémes árnyékában
szerelmeskedni magad sem mersz, elviszed őt magaddal a zenggi
sziklavölgyek közé az uskókok népéhez, a kik elébb elrabolják az
asszonyt, azután megszolgáltatják, azután megverik, azután élik vele
világukat, s csak azután esküsznek meg vele az oltárnál, s az a
leány, a ki oly ártatlan, és oly lángoló vérű, követni fog vakon,
őrülten! s büszke lesz rá, hogy meggyalázod, azt hiszi, királynévá
teszed!
– «Mais c’est l’amour!»
Hát bizony ilyen a szerelem!
– És aztán ott a vad, szilaj erkölcsű nép között, melynek minden
vallása a babona, a hol minden kalandort Deli Markónak s minden
csavargó nőt Margarita tündérarának néznek, ő csakugyan annak
fogja hinni magát, s megy veled és társaival minden csatába,
portyázásba, rablókalandba; tölti a fegyvereiteket, s dalolja a
csatadalaitokat s viszi utánatok a csatában levágott ellenség fejét,
üstökénél fogva, és tánczolja a kolót, átugrálja a tüzet, a fekete
bortól megittasodva, s dalolja a véres hőstetteit egy orgyilkos
csordának.
– «Mais c’est la poésie!»
Hát bizony ilyen a költészet.
– És aztán, ha csáléra talál menni az egész dolog, ha kiesik a
világ feneke, ha az osztrákok, meg a törökök szétverik a dalmata
lázadók csoportjait, a ladikjaikat elégetik, a váraikat széthányják, a
fegyvertáraikat lerombolják, élelmiszereiket elveszik, a megmenekült