« La poésie libère la magie des mots. » 
   Stéphane Jean



« La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même. »
   Charles Baudelaire
   Les formes de la poésie
   La métrique
   Les rimes
   Les figures de styles
   Forme fixe de poésie, d’origine italienne.

   Il se compose de quatorze vers disposés en 4
    strophes:
      Deux quatrains (strophes de 4 vers)
      Deux tercets (strophes de 3 vers)


   Ces rimes sont: ABBA ABBA CCD EDE
   Ou: ABBA ABBA CCD EED
A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

                     Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
   Pour mesurer un vers, il faut compter
    les syllabes prononcées:

      Sou/le/vant,/ ba/lan/çant/ le / fes/ton/ et/ l’our/let
                   12 syllabes


   Mais il existe certaines règles, notamment pour l e
    « e ». Parfois il se prononce et d’autres fois non.
   Le « e » se compte lorsque:

             il se trouve entre deux consonnes:
                    Une femme passa
            il se trouve entre une consonne et un « h » aspiré
                    Un tendre hérisson

   Il est muet, et ne compte donc pas, lorsque:

           Il se trouve à la fin du vers
           Il est devant une voyelle
                    Agile et noble
           Il est devant un « h » muet
                  Demandez quelle heure il est
   Copie ces vers dans ton cahier et compte les
    syllabes:

    1. La douceur qui fascine et le plaisir qui tue


    2. Un éclair…puis la nuit! – Fugitive beauté

    3. Ne te verrais-je plus que dans l’éternité?

    4. Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!
   Correction:

    La douceur qui fascine et le plaisir qui tue
    La/ dou/ceur/ qui/ fas/cine/ et/ le/ plai/sir/ qui/ tue


    Un éclair…puis la nuit! – Fugitive beauté
    Un/ é/clair/ … puis/ la/ nuit!/ - Fu/gi/ti/ve/ beau/té

    Ne te verrais-je plus que dans l’éternité?
    Ne/ te/ ve/rrais/-je/ plus/ que/ dans/ l´é/ter/ni/té?

    Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!
    Ô/ toi/ que/ j’eusse/ ai/mée/, ô/ toi/ qui/ le/ sa/vais!
   Chaque vers, selon le nombre de syllabes qu’il
    possède, a un nom spécifique:

1 syllabe   monosyllabe    7 syllabes Heptasyllabe
2 syllabes dissyllabe      8 syllabes Octosyllabe
3 syllabes trissyllabe     9 syllabes Ennéasyllabe
4 syllabes quadrisyllabe   10 syllabes Décasyllabe
5 syllabes pentasyllabe    11 syllabes Hendécasyllabe
6 syllabes hexasyllabe            12 syllabes Alexandrin


   Le vers le plus utilisé, le plus connu et
    considéré comme le plus noble est l’alexandrin
   Copie sur ton cahier les vers suivants et dis
    quel est le nom de chacun suivant son nombre
    de syllabes:

 Belle d’abandon
 On dirait un serpent qui danse
 Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan
o   L’alexandrin se divise en 2 hémistiches séparés
    par une césure, dans sa forme classique

       La douceur qui fascine/  et le plaisir qui tue /
          hémistiche 1                  hémistiche 2

                              césure



o   Dans sa forme moderne on peut diviser le vers
    en plusieurs parties:

      Je marcherai//les yeux fixés// sur mes pensées (Hugo)
   Un des éléments les plus importants de la
    poésie est la rime. Il existe plusieurs types de
    rimes.

   La nature des rimes:
       On la dit féminine lorsque le vers se termine par un
        « e » muet
        Une femme passa, d’une main fastueuse

       Elle est masculine si elle termine par tout autre son
        La rue assourdissante autour de moi hurlait
   La qualité des rimes: On les reconnait aux
    sonorités à la fin du vers

    Rime pauvre
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?


    Rime suffisante
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Rime riche

 La rue assourdissante autour de moi hurlait.
 Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
 Une femme passa, d'une main fastueuse
 Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

 Lesrimes, selon leur position dans la strophe, portent des
noms différents:

        1. Les rimes plates: AABB
        2. Les rime croisées: ABAB
        3. Les rimes embrassées: ABBA
        4. Les rimes redoublées: AAA (même si elle est plus rare)
Exercice: Le serpent qui danse

Replace les vers dans l’ordre:


         abab cdcd efef ghgh ijij
   Le nom des strophes:

1 vers monostiche              7 vers septain
2 vers distique                8 vers huitain
3 vers tercet                   9 vers neuvain
4 vers quatrain                10 vers dizain
5 vers quintil                 11 vers onzain
6 vers sizain                  12 vers douzain

   Les plus connus et utilisés sont le tercet et le
    quatrain
   L’allitération: c’est la répétition d’une consonne
    Se balance avec la mollesse (Le serpent qui danse, Baudelaire)

   L’assonance: c’est la répétition d’une voyelle
    Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire »
    (Phèdre, Racine)

   Le chiasme: dispose les termes de manière croisée
    suivant la structure AB / BA
    Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger.
        (Molière)

La poésie française

  • 2.
    « La poésie libèrela magie des mots. »  Stéphane Jean « La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même. » Charles Baudelaire
  • 3.
    Les formes de la poésie  La métrique  Les rimes  Les figures de styles
  • 4.
    Forme fixe de poésie, d’origine italienne.  Il se compose de quatorze vers disposés en 4 strophes: Deux quatrains (strophes de 4 vers) Deux tercets (strophes de 3 vers)  Ces rimes sont: ABBA ABBA CCD EDE  Ou: ABBA ABBA CCD EED
  • 5.
    A une passante Larue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d'une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ; Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté Dont le regard m'a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ? Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être ! Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais ! Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
  • 6.
    Pour mesurer un vers, il faut compter les syllabes prononcées: Sou/le/vant,/ ba/lan/çant/ le / fes/ton/ et/ l’our/let 12 syllabes  Mais il existe certaines règles, notamment pour l e « e ». Parfois il se prononce et d’autres fois non.
  • 7.
    Le « e » se compte lorsque:  il se trouve entre deux consonnes: Une femme passa  il se trouve entre une consonne et un « h » aspiré Un tendre hérisson  Il est muet, et ne compte donc pas, lorsque:  Il se trouve à la fin du vers  Il est devant une voyelle Agile et noble  Il est devant un « h » muet Demandez quelle heure il est
  • 8.
    Copie ces vers dans ton cahier et compte les syllabes: 1. La douceur qui fascine et le plaisir qui tue 2. Un éclair…puis la nuit! – Fugitive beauté 3. Ne te verrais-je plus que dans l’éternité? 4. Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!
  • 9.
    Correction: La douceur qui fascine et le plaisir qui tue La/ dou/ceur/ qui/ fas/cine/ et/ le/ plai/sir/ qui/ tue Un éclair…puis la nuit! – Fugitive beauté Un/ é/clair/ … puis/ la/ nuit!/ - Fu/gi/ti/ve/ beau/té Ne te verrais-je plus que dans l’éternité? Ne/ te/ ve/rrais/-je/ plus/ que/ dans/ l´é/ter/ni/té? Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais! Ô/ toi/ que/ j’eusse/ ai/mée/, ô/ toi/ qui/ le/ sa/vais!
  • 10.
    Chaque vers, selon le nombre de syllabes qu’il possède, a un nom spécifique: 1 syllabe monosyllabe 7 syllabes Heptasyllabe 2 syllabes dissyllabe 8 syllabes Octosyllabe 3 syllabes trissyllabe 9 syllabes Ennéasyllabe 4 syllabes quadrisyllabe 10 syllabes Décasyllabe 5 syllabes pentasyllabe 11 syllabes Hendécasyllabe 6 syllabes hexasyllabe 12 syllabes Alexandrin  Le vers le plus utilisé, le plus connu et considéré comme le plus noble est l’alexandrin
  • 11.
    Copie sur ton cahier les vers suivants et dis quel est le nom de chacun suivant son nombre de syllabes:  Belle d’abandon  On dirait un serpent qui danse  Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan
  • 12.
    o L’alexandrin se divise en 2 hémistiches séparés par une césure, dans sa forme classique La douceur qui fascine/ et le plaisir qui tue / hémistiche 1 hémistiche 2 césure o Dans sa forme moderne on peut diviser le vers en plusieurs parties: Je marcherai//les yeux fixés// sur mes pensées (Hugo)
  • 13.
    Un des éléments les plus importants de la poésie est la rime. Il existe plusieurs types de rimes.  La nature des rimes:  On la dit féminine lorsque le vers se termine par un « e » muet Une femme passa, d’une main fastueuse  Elle est masculine si elle termine par tout autre son La rue assourdissante autour de moi hurlait
  • 14.
    La qualité des rimes: On les reconnait aux sonorités à la fin du vers Rime pauvre Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté Dont le regard m'a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ? Rime suffisante Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
  • 15.
    Rime riche Larue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d'une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;  Lesrimes, selon leur position dans la strophe, portent des noms différents: 1. Les rimes plates: AABB 2. Les rime croisées: ABAB 3. Les rimes embrassées: ABBA 4. Les rimes redoublées: AAA (même si elle est plus rare)
  • 16.
    Exercice: Le serpentqui danse Replace les vers dans l’ordre: abab cdcd efef ghgh ijij
  • 17.
    Le nom des strophes: 1 vers monostiche 7 vers septain 2 vers distique 8 vers huitain 3 vers tercet 9 vers neuvain 4 vers quatrain 10 vers dizain 5 vers quintil 11 vers onzain 6 vers sizain 12 vers douzain  Les plus connus et utilisés sont le tercet et le quatrain
  • 18.
    L’allitération: c’est la répétition d’une consonne Se balance avec la mollesse (Le serpent qui danse, Baudelaire)  L’assonance: c’est la répétition d’une voyelle Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire » (Phèdre, Racine)  Le chiasme: dispose les termes de manière croisée suivant la structure AB / BA Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger. (Molière)