« La Vie est un Songe » :    Calderòn<br />Situation: (l’extrait se trouve vers la fin de la pièce)<br />Le roi Basyle est effrayé par un oracle, il maintient son fils Sigismond enfermé dans une tour, seul depuis sa naissance. Il est pris de remords et le fait revenir à la cour, le couvre de luxe mais le jeune prince ne réagit pas comme prévu, il est violent, ce qui confirme les présages dont il était l’objet. Le roi met fin à l’expérience en l’endormissant et l’envoyant dans sa prison. Rêves, cauchemars,  puis réveil de Sigismond. Clothalde le persuade que tout ce qu’il croit avoir vécu n’était qu’un songe.<br />I. Un Monologue Démonstratif<br />• Sigismond est soliloque : il s’adresse à lui-même mais aussi au public.<br />Le monologue remplit deux rôles capitaux:- didactique- dramatique<br />• La tirade suit un plan logique<br />Elle s’ouvre sur une décision prise par Sigismond … « réprimons »<br />Motivée par - la prudence (« au cas où » : modération // violence)<br />- Le leçon des évènements (« et l’expérience m’apprends que »)<br />Il s’agit d’une prise de conscience d’une vérité universelle sur la condition humaine<br />« Nous » et l’utilisation du présent général : Pour énoncer une thèse (v. 7)<br />• On a une démarche déductive : application à toutes les conditions sociales, il utilise des exemples pour illustrer sa thèse (le roi – limites de sa grandeur ; le riche ; le pauvre …)<br />Anaphore : ‘Il songe …’ ‘Il songe …’ ‘Il songe …’<br />(v. 29) « Moi, je songe. » et « mais nul ne s’en rend compte. »<br />• Retour à la situation présente (au dernier décimas)<br />Sigismond n’est plus en colère : c’est la résignation de la raison<br />- Le plus grand bien est peu de chose.<br />La force du dernier vers (dépit): Il s’agit d’une prise de conscience qui fait de lui un vainqueur<br />Jeu de questions-réponses qui mène à deux affirmations à la fin<br />• Sigismond a réussi à clarifier sa situation, son fort intérieur et le sens de la vie.<br /> II. La Métaphore Baroque [La vie est un songe]<br />• Le titre• v. 7<br />Deux termes : « vie » … « songe » - Abolition de la distinction entre vie éveillée et le sommeil<br />Thème Récurant- Montaigne, Essais II (ch. 12)<br />« Nous veillons dormant et nous dormons veillant. »<br />- Pascal, Pensées (no. 662)<br />«  Le vie est un songe, un peu moins inconsistant. »<br />Sigismond identifie réalité et songe : rime sémantique<br />« enseña » (apprendre)<br />« sueña »   (songer)<br />• La métaphore est filée dans l’œuvre <br />Vivre ne serait qu’un sommeil, peuplé de rêves<br />- Sueña : leitmotiv de l’extrait<br />- Sigismond absorbe la vie comme étant songe (il ne sait pas si la vie est réalité)<br />- Champs lexicaux : Délire, Illusion, Ombre, Fiction<br />- Sigismond nous donne la leçon que lorsqu’on en sort du rêve avec une prise de conscience, on est vainqueur. Il s’est ‘libéré de ses chaînes’.<br />- Image de la caverne Platonicienne : allégorie (la tour) La République<br />III. Comparaison avec L’Illusion Comique<br />A) Calderòn est radical : « tout n’est que songe » ; « tout est illusion »<br />« La vie, rien qu’un songe »<br />« Les songes, rien que des songes. »  Aucune réalité<br />B) corneille : Pridamant est désabusé par Alcandre, le théâtre sert de révélateur de réalité.<br />L’illusion est un moyen de dévoilement de la vérité<br />- Sigismond découvre une vérité supérieure, il trouve le sens du réveil : <br />« desengaño » // engaño (illusion)<br />- Le texte s’inscrit dans une perspective chrétienne : le monde n’est qu’illusion. La réalité est au-delà, la mort serait-elle le réveil de la vie ?<br />(v. 2992 – 2993) « Tournons nous vers l’éternité, la seule gloire durable. »<br />Conclusion :<br />• ‘La vie est un songe’ = topos baroque, traité de façon radical et démonstratif.<br />• Il s’agit d’un thème inscrit dans un enjeu religieux (catholicisme espagnol intransigeant)<br />• Est-ce que la mort serait le réveil ?<br />• L’homme ressort vainqueur, sa vie prends un sens à partir du moment où il en a conscience de la vanité et de l’inconsistance dans la réalité.<br />• C’est le moment important (sortie de l’illusion) : un saut dans l’éternité.<br />
La vie est un songe

La vie est un songe

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    « La Vie estun Songe » : Calderòn<br />Situation: (l’extrait se trouve vers la fin de la pièce)<br />Le roi Basyle est effrayé par un oracle, il maintient son fils Sigismond enfermé dans une tour, seul depuis sa naissance. Il est pris de remords et le fait revenir à la cour, le couvre de luxe mais le jeune prince ne réagit pas comme prévu, il est violent, ce qui confirme les présages dont il était l’objet. Le roi met fin à l’expérience en l’endormissant et l’envoyant dans sa prison. Rêves, cauchemars, puis réveil de Sigismond. Clothalde le persuade que tout ce qu’il croit avoir vécu n’était qu’un songe.<br />I. Un Monologue Démonstratif<br />• Sigismond est soliloque : il s’adresse à lui-même mais aussi au public.<br />Le monologue remplit deux rôles capitaux:- didactique- dramatique<br />• La tirade suit un plan logique<br />Elle s’ouvre sur une décision prise par Sigismond … « réprimons »<br />Motivée par - la prudence (« au cas où » : modération // violence)<br />- Le leçon des évènements (« et l’expérience m’apprends que »)<br />Il s’agit d’une prise de conscience d’une vérité universelle sur la condition humaine<br />« Nous » et l’utilisation du présent général : Pour énoncer une thèse (v. 7)<br />• On a une démarche déductive : application à toutes les conditions sociales, il utilise des exemples pour illustrer sa thèse (le roi – limites de sa grandeur ; le riche ; le pauvre …)<br />Anaphore : ‘Il songe …’ ‘Il songe …’ ‘Il songe …’<br />(v. 29) « Moi, je songe. » et « mais nul ne s’en rend compte. »<br />• Retour à la situation présente (au dernier décimas)<br />Sigismond n’est plus en colère : c’est la résignation de la raison<br />- Le plus grand bien est peu de chose.<br />La force du dernier vers (dépit): Il s’agit d’une prise de conscience qui fait de lui un vainqueur<br />Jeu de questions-réponses qui mène à deux affirmations à la fin<br />• Sigismond a réussi à clarifier sa situation, son fort intérieur et le sens de la vie.<br /> II. La Métaphore Baroque [La vie est un songe]<br />• Le titre• v. 7<br />Deux termes : « vie » … « songe » - Abolition de la distinction entre vie éveillée et le sommeil<br />Thème Récurant- Montaigne, Essais II (ch. 12)<br />« Nous veillons dormant et nous dormons veillant. »<br />- Pascal, Pensées (no. 662)<br />«  Le vie est un songe, un peu moins inconsistant. »<br />Sigismond identifie réalité et songe : rime sémantique<br />« enseña » (apprendre)<br />« sueña » (songer)<br />• La métaphore est filée dans l’œuvre <br />Vivre ne serait qu’un sommeil, peuplé de rêves<br />- Sueña : leitmotiv de l’extrait<br />- Sigismond absorbe la vie comme étant songe (il ne sait pas si la vie est réalité)<br />- Champs lexicaux : Délire, Illusion, Ombre, Fiction<br />- Sigismond nous donne la leçon que lorsqu’on en sort du rêve avec une prise de conscience, on est vainqueur. Il s’est ‘libéré de ses chaînes’.<br />- Image de la caverne Platonicienne : allégorie (la tour) La République<br />III. Comparaison avec L’Illusion Comique<br />A) Calderòn est radical : « tout n’est que songe » ; « tout est illusion »<br />« La vie, rien qu’un songe »<br />« Les songes, rien que des songes. » Aucune réalité<br />B) corneille : Pridamant est désabusé par Alcandre, le théâtre sert de révélateur de réalité.<br />L’illusion est un moyen de dévoilement de la vérité<br />- Sigismond découvre une vérité supérieure, il trouve le sens du réveil : <br />« desengaño » // engaño (illusion)<br />- Le texte s’inscrit dans une perspective chrétienne : le monde n’est qu’illusion. La réalité est au-delà, la mort serait-elle le réveil de la vie ?<br />(v. 2992 – 2993) « Tournons nous vers l’éternité, la seule gloire durable. »<br />Conclusion :<br />• ‘La vie est un songe’ = topos baroque, traité de façon radical et démonstratif.<br />• Il s’agit d’un thème inscrit dans un enjeu religieux (catholicisme espagnol intransigeant)<br />• Est-ce que la mort serait le réveil ?<br />• L’homme ressort vainqueur, sa vie prends un sens à partir du moment où il en a conscience de la vanité et de l’inconsistance dans la réalité.<br />• C’est le moment important (sortie de l’illusion) : un saut dans l’éternité.<br />